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˜˜˜˜˜˜une leçon en attend une autre ⊰ Liam
maybe life should be about more than just surviving


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07/05/2018 Dumbass*Angel non 138 Chloe Bennet Minibouh (avatar), ASTRA (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 130




une leçon en attend une autre
En plein coeur de la nuit. L’herbe sous mes pieds qui semble humide. Je cours, pieds nus, haletante, comme si je fuyais quelqu’un, ou quelque chose. La peur régit chaque décision prise, tournant tantôt à droite, tantôt à gauche. Du bruit, derrière moi. Les frissons me parcourent le dos, alors que j’essaie d’entrevoir celui ou celle qui me pourchasse. Malheureusement, la lune me l’empêche, ses rayons n’atteignant jamais le sol. Un autre grondement, cette fois plus prononcé. Pas question de me retourner une fois de plus. J’augmente la cadence, m’obligeant à respirer de façon plus saccadée. Au loin, l’ombre de quelques habitations, probablement le campement. Un certain soulagement m’assaillit, puis ce fut le désarroi le plus complet. Non, ce n’était pas une bonne idée. En m’approchant ainsi des autres, je conduisais mon assaillant tout droit vers un terrain ouvert, vers d’autres victimes. Confuse, ne sachant pas quel choix prendre, sans pour le moins m’arrêter. Pas après pas, je sentais venir l’heure de la décision. Ma concentration restant sur ma cadence, mais également sur mes maigres options. Puis, soudainement, j’aperçu une ombre, courant dans la direction opposée à la mienne. Étonnée, je m’immobilisais, en reconnaissant la personne ayant décidé affronter mon ennemi. Robb. Il se tenait là, à l’orée de cette immense forêt, se tenant prêt à l’éventuel combat. Un cri strident s’échappa de ma bouche, alors que je le voyais se faire engloutir par la noirceur. Je voulus m’élancer, essayer de le sauver, mais je sentis un bras me retenir. Pas besoin de voir c’était qui. Tout ce que je pouvais faire, c’était supplié qu’on sauve mon frère.

*******-*******-*******-*******-*******

Je sursautais du lit, en proie à un énième cauchemar. En sueur, les yeux boursoufflés, témoins de mon affolement, de mes larmes, que ce soit dans le monde des rêves ou dans la réalité. Comme à chaque fois, je me sentais horrible, dégoûtante, tremblante … bref, je n’osais jamais pointer le bout du nez dehors, dans un tel état. Je prenais toujours soin de rester quelques minutes à récupérer mentalement, à essuyer les gouttes de sueur sur mon front et à respirer un peu plus normalement. « Tout ira bien. » Ce n’est qu’une journée comme une autre, rien ne m’attend de moins ou de plus aujourd’hui. Les jours se suivent et s’emboîtent bien souvent. La routine est toujours la même, je n’y change rien, éprouve vraisemblablement une impression de contrôle en suivant les mêmes étapes de façon constante. Les soins personnels en premier, puis m’habiller, avant de sortir faire un tour dans le potager. À la place de passer près des tentes des autres, je prenais le chemin le plus long, celui qui me permettait un peu plus de temps seul. Encore sous la poigne de fer de la dépression, dû au deuil, je ne m’aventurais pas dans les grandes conversations. Je faisais mon boulot sans poser de questions, et dès qu’on pouvait prendre un peu de repos, je profitais pour faire le tour des environs, finissant ma petite promenade par un bref moment zen sous les arbres, préférablement dans un recoin peu fréquenté.

Ce matin, donc, je passais prendre quelques légumes et herbes avant de me diriger dans ce qui nous servait de cuisine, préparant le feu, cherchant les outils essentiels lorsqu’on se prépare à faire les repas d’une bonne quantité d’affamés. Mieux valait commencer immédiatement, quitte à ne pas courir et décompresser graduellement. On vint rapidement déposer les gibiers avant de quitter les lieux. Ouf! Une qualité des chasseurs, c’était leur silence. Au moins eux, ils ne poseraient pas de questions inutiles. Ce ne serait certainement pas le cas de Taël, s’il venait m’aider. Oh, il ne faut pas croire que je le détestais, bien au contraire! Lorsqu’on se trouve tout les deux en cuisine, on réussit à faire beaucoup, et ce, dans un temps record. On faisait une très bonne équipe. Cependant, je n’avais pas tant le cœur au sourire et aux blagues, aujourd’hui. Je voulais rapidement mettre l’eau à bouillir, afin de pouvoir m’occuper de la viande. Et surtout, je ne voulais pas repenser à ce foutu cauchemar! La pitié des autres, je pouvais bien m’en passer. Le temps des excuses était passé. Personne ne réussit à le sauver, ce jour-là. Alors à quoi bon écouter ce qu’on aurait à me dire? Le silence préférable au reste ou du moins, c’est ce que j’aurais souhaité. Malheureusement, le rassemblement s’approchait à grand pas, et toute excuse semblait bonne pour venir cogner à ma porte. En observant la personne faisant irruption dans mon environnement de travail, je reconnus immédiatement Liam. Un certain soulagement me traversa l’esprit, puisqu’il s’agissait de quelqu’un que je connaissais bien. Par contre, cela signifiait qu’il remarquerait également des détails dans mon humeur plus rapidement qu’un quelconque autre aidant en cuisine. « Coucou, Liam. » Lui dis-je, un demi-sourire collé aux lèvres, pendant que je coupais les légumes.
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une leçon en attend une autre


Rachel & Liam

Il tournait en rond. Ce n’était pas bon signe même s’il aimait faire le tour du campement pour voir un peu ce dont chacun avait besoin peut-être qu’il pourrait trouver les choses manquantes pour l’amélioration du campement. Il ne trouverait pas tout, l’était pas magicien dans cette histoire mais au moins il avait toujours quelque chose en tête et c’était important pour lui. Il avait toujours eu besoin de mettre entre parenthèse certains épisodes de sa vie pour ne pas ne faire qu’y penser et déprimer. Depuis son emprisonnement sur l’Odyssée, il y avait eu par épisodes comme ça des moments qui l’avaient angoissé plus que d’autres et ça s’était un peu calmé. Il ne se sentait plus trop menacé lorsqu’il posait un pied en dehors du campement même si c’était vrai qu’il faisait plus attention que d’habitude, les cauchemars revenaient moins souvent et ce même s’il dormait peu. La perte de Thaïs lui était toujours aussi douloureuse mais en se focalisant sur ce qu’il se passait au jour le jour comme s’il n’y avait jamais eu de passé, ça facilitait les choses. Certains disaient qu’ils se mettaient le doigt dans l’œil mais ça avait toujours fonctionné ainsi chez lui, dès qu’il avait du mal à quelque chose, le petit sentiment du déni venait s’installer et pendant un moment du moins, tout allait mieux.

Il ne devrait partir chez les Pikunis que dans quelques jours mais c’était la bonne excuse pour avoir des choses à penser sur ce dont ils avaient besoin maintenant. Le présent c’était quelque chose de pas si abstrait surtout avec le cyclone qui avait balayé un peu tout ce dont ils s’étaient acharné à construire. C’était plus difficile pour un peu tout le monde même si certaines choses avaient pu être récupérées dans le vaisseau. Cela ne restait pas grand-chose mais parfois lorsque le temps était à l’orage aux vents violents, ils rangeaient tout dans le vaisseau même s’ils ne s’étaient pas doutés, n’aurait pas pu prévoir qu’une catastrophe d’une telle ampleur se serait déroulé sous leurs yeux impuissants quelques mois plus tôt.

Il s’était levé à l’aube comme souvent, avait pris soin de ne pas réveiller Rachel et Aliénor et avait principalement été vers la protection du campement qu’ils essayaient de consolidaient avec les matériaux qu’ils avaient sous la main, ceux là qui avaient échappé à la colère d’une nature bien sévère avec eux. Ce n’était pas grand-chose comme barrière de protection contre les animaux sauvages mais c’était déjà mieux que rien. ils allaient devoir trouver des solutions même s’ils en avaient déjà soulevé quelques unes mais ce n’étaient pas les plus simples. Il avait fait le tour, noté quelques passages plus fragiles que d’autres puis s’était dirigé facilement vers les cuisines en pensant que personne ne serait encore présent alors que le campement s’éveillait à peine. L’endroit était un peu plus à l’écart, peut-être était-ce ce qu’il cherchait depuis le début pour avoir les idées assez claires lorsqu’ils devraient partir. Ils n’allaient certes pas tous lui dire ce qui n’allait pas, lui demander tout ce dont ils auraient besoin mais c’était vrai que c’était un sujet de conversation qui animait bien de leurs soirées depuis deux trois jours, depuis que les émissaires Pikunis étaient arrivés devant leur campement de fortune comparé à leur village construits en bonne forme.

Il n’avait pas beaucoup entendu parler des terriens ces derniers mois, était resté principalement ici ou était allé du côté des Odysséens et pour une fois avait préféré se concentrer sur leur monde à eux que celui de ceux qui les entourait. Peut-être qu’ils avaient beaucoup perdu eux aussi, il n’en savait rien, le saurait bien en arrivant là-bas. « Coucou, Liam. » Il n’était pas si surpris de voir Rachel déjà présente même s’il avait voulu prendre un truc en catimini et filer penser à tout ça au calme mais maintenant qu’il était là, il pouvait tout aussi bien rester et parler avec celle qui avait tout autant perdu que lui, qu’eux tous depuis qu’ils étaient arrivés sur terre. Les pertes étaient différentes, vécues autrement par chacun si bien qu’il était plus facile de ne pas en parler, de voir simplement comment elle se sentait aujourd’hui, si elle n’avait pas besoin d’un peu d’aide contre un encas devant un gargouillement qui voulu se faire entendre alors qu’il n’avait pas prononcer un mot. « Hey Rachel, déjà là pour nourrir le monde ? » Façon malhabile de cacher qu’il avait faim même si c’était rien par rapport à ce qu’il avait connu dans le désert même si c’était simplement une protestation de ce corps qui n’en faisait qu’à sa tête parce qu’on était le matin et que c’était synonyme d’un repas même tout petit s’il le fallait. « Tu t’es levée tôt toi aussi ? » Il n’avait pas fait attention lorsqu’il s’était réveillé aux aurores, tellement dans l’idée de ne pas les réveiller qu’il n’avait pas regardé si l’une d’entre elle ou les deux n’était pas déjà partie.


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une leçon en attend une autre
J’osais croire que je n’avais réveillée personne. Jusqu’à ce jour, en tout cas, ni Liam ni Ali ne remarquèrent mon insomnie, vu que je m’éclipsais toujours avec subtilité. Mon but était de ne pas les inquiéter. Ce n’est pas parce que je ne dormais plus vraiment qu’ils devaient faire pareil. Puis de toute façon, il n’y avait pas vraiment de solution miracle à ce problème, à part si quelqu’un savait comment se débarrasser de cauchemars constants. Bon, à vrai dire, je pourrais toujours trouver des plantes m’aidant à relâcher la tension et m’endormir plus facilement. Cela fonctionnerait probablement les premiers jours, mais je me doute de leur utilité à long terme. Trop de tourments pour être étouffés. Pas le choix que de me taire, ne pas m’attarder là-dessus, et me concentrer sur le travail à faire. Et si on en avait! Une longue liste vraisemblablement interminable. Je ne pouvais cependant pas me plaindre, car je n’avais surtout qu’à replanter et regarnir. Mes réserves de plantes pêlemêle, et le jardin détruit de A à Z … ça n’annonçait rien de bon. Le garde-manger était heureusement assez garni pour que toutes ces pertes, dues au passage du cyclone, ne causent pas trop de problèmes pour les repas. Un soulagement, si vous voulez mon avis, et un bon exemple de mon assiduité à entreposer ce dont on aurait de besoin, même si cela signifiait que de sécher certaines plantes et herbes.

Mon regard fixait le sol, essayant de me remémorer dans quel ordre j’avais planté les divers légumes. Peut-être un peu trop pointilleuse, je l’admets, mais cela m’aidait grandement à me concentrer sur tout sauf ce qui me tracassait. Je n’avais pas vu Liam, en sortant de la tente, mais Ali, elle, était couchée, dormait profondément. Un soulagement, oui, mais je m’inquiétais aussi de ce qu’ils pouvaient bien penser de moi, de mes habitudes qui changèrent, du temps en trop que je passais sur les plantes, mes balades en forêt et dans la cuisine. Je ne les évitais pas, comparativement à Chris, pour la simple et bonne raison qu’il m’était impossible de le faire, et que toute tentative se serait vite faite remarquée. Difficile que de jouer le jeu constamment, porter un masque où je n’affichais qu’un semblant d’humeur passable. Pour l’instant, ils ne remarquèrent rien. Ça, ou ils jouaient le jeu un peu trop bien. Une certaine tension, à quelques moments, vu qu’une partie de moi aurait préférée ravoir un petit recoin de solitude. Est-ce que je songeais concrètement à partir en solo, trouver l’endroit propice pour une tente à moi toute seule? Seulement quand je me sentais cloîtrée dans mes sentiments, coincée entre l’envie de tout leur révéler et celle de juste me la fermer. Pas de meilleure option, car les deux me tourmentaient.

Petit hochement de tête, en voyant le rendu. Tout était replanté, en espérant seulement que ça ne prendrait pas trop de temps à pousser. Ah, et puis qu’on ne soit plus attaqués par une telle météo, aussi. Autrement, je devrais constamment refaire ce même travail, alors que j’avais d’autres tâches qui m’attendaient. Justement, il fallait que je parte de mon jardin, autrement le repas ne serait jamais terminé à temps. Je pris soin d’apporter avec moi les quelques misérables légumes survivants du cyclone et quittait les lieux, non sans jeter un dernier coup d’œil aux petits amas de terre un peu partout. Ça m’avait l’air bien. En tout cas, ce serait assez pour tout de suite. Prochain arrêt, la cuisine, là où m’attendait de la viande à préparer et les légumes à couper. Sans compter une petite sélection d’herbes séchées, pouvant aider à rehausser des ingrédients autrement fades. Entrant dans mon monde, là où je réussissais à ne plus penser aux tracas quotidiens. Ma concentration inébranlable, du moins jusqu’au moment où Liam entra. Une certaine panique s’installa, quelques instants, le temps que je sache quelle attitude avoir afin que la conversation ne tourne pas au vinaigre et que je garde des liens convenables avec les autres, quoique je maintenais quand même une distance, me gardant de leur dévoiler quoi que ce soit. Un demi-sourire fit son apparition, alors que je le saluais, sans pourtant quitter mes légumes des yeux. Un léger gargouillement dans la pièce me dévoila que le pauvre avait faim. Il chercha certainement à se glisser en douce dans le garde-manger, question d’y prendre un petit encas. Je ne pouvais pas vraiment lui reprocher quoi que ce soit, sinon, je ne me considérerais pas une bonne cuisinière. « Oui, déjà là. Il le faut, de toute façon, puisque le repas ne se préparera pas tout seul. » Je finis de couper une carotte avant de me tourner légèrement vers lui. « Tu as faim? Si tu veux, j’ai encore quelques ingrédients du repas d’hier soir, qui sont restés. Ça, ou des légumes du jardin. » Aucune idée de ce qu’il recherchait, s’il voulait quelque chose de plus salée ou plus sucrée. En tout cas, je ne pouvais pas m’arrêter. Je continuais mon rituel habituel, entamant la marinade de la viande. « Oui. Je préfère commencer tôt, question d’avoir moins de trucs à faire pendant le reste de la journée. » Pas nécessairement une bonne nouvelle, puisque j’avais le temps de me ressasser ce qui n’allait pas. « Et toi, alors, pourquoi t’être réveillé aux aurores? » Tant qu’ils s’en tenaient à des questions purement simples, relatives à leur poste ou leur quotidien, je m’en porterais bien.  
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une leçon en attend une autre


Rachel & Liam

Peut-être se réveillaient-ils de façon à ne pas déranger les autres, peut-être était-ce leur nature d’être ainsi, d’être aussi différents d’Aliénor qui avait toujours autant du mal à se lever le matin. Il l’enviait quelque part à être ainsi, à parvenir à gagner facilement Morphée. Ce n’était pas évident, cela ne voulait pas dire qu’elle souffrait moins, ça voulait simplement dire qu’ils géraient ce qu’il s’était passé de façon différente et il préférait ça à ce qu’ils s’écroulent tous sans pouvoir se relever. Ce n’était pas encore arrivé et il leur était arrivé tellement de choses déjà depuis leur arrivée qu’il était assez persuadé que rien ni personne ne parviendrait à leur retirer ce maigre espoir de ce dire que demain, peut-être cela irait mieux. Il s’était dirigé naturellement vers les cuisines. Pourtant pas grand mangeur, il était éveillé alors que beaucoup dormaient encore et si l’estomac ne criait pas famine, s’il ne mangeait pas rien qu’un peu, il allait le lui faire payer quelques heures plus tard, il le savait bien que pour ne pas ignorer la petite faim qui s’installait maintenant que Rachel l’avait repéré.

« Oui, déjà là. Il le faut, de toute façon, puisque le repas ne se préparera pas tout seul. » Logique même s’il trouvait qu’ils se levaient tous les deux bien tôt par rapport au reste du campement. C'est vrai aussi qu'il ne les voyait pas tous se lever. Haussement d’épaules. Du mal à dormir, ça ils l’avaient tous pour des raisons différentes, chacune d’entre elles étant tout autant valable les unes que les autres. Il n’avait pas vécu la guerre, juste un désert et des cachots, rien de bien différent à ce qu’ils avaient tous vécus là-haut. Petit mensonge qu’il était bon de garder de temps à autre qui l’aidait finalement à ne pas trop perdre pied. Chacun semblait s’en sortir à sa façon. Parfois, il lui semblait qu’ils n’étaient pas aussi soudés que ça sinon beaucoup d’entre eux n’auraient pas choisi de partir. Un abandon n’était jamais facile à vivre pour ceux qui le vivaient plusieurs fois, parfois de façon violente : une maladie incurable, la mort, l’absence sans réponse de quelqu’un qui a de l’importance. Quelqu’un qui est ailleurs sur cette terre sans moyen de savoir comment il va parce qu’ils ont choisi de fuir alors oui chacun a sa façon d’appréhender les choses, de choisir de passer à autre chose ou pas. Toujours est-ils qu’ils sont un groupe par défaut parce qu’on a choisi de les placer là mais ils s’y sont fait et s’il espère qu’ils resteront un groupe fort et uni, même avec le rapprochement des Odysséens, c’est parce qu’il se doute bien qu’il aurait du mal à supporter un autre abandon causé par la faucheuse ou choisi délibérément. La vie est trop précieuse, trop rare, ils ont tendance à l’oublier bien trop facilement, lui le premier.

Il devrait faire attention, dormir plus souvent. Le sommeil c’est important, c’est ce qui permet de tenir la journée, de tenir éveillé pour ne pas perdre pied. Alors s’il ne promet pas que les cauchemars finiront par partir il peut promettre de ne pas chercher à les éviter en restant éveillé comme il l’avait fait, souvent, sur l’Odyssée, dans la cité, quelques temps encore après son retour parmi les siens, les Cent. « Tu as faim? Si tu veux, j’ai encore quelques ingrédients du repas d’hier soir, qui sont restés. Ça, ou des légumes du jardin. » Il lève la tête, perdu dans ses pensées pas toujours joyeuses mais teintées d’espoir pour un futur possible, du moins, l’espère t-il, il n’a pas tout entendu, juste qu’elle a encore quelque chose à grignoter pour son estomac plus que pour lui-même. Il hoche la tête. « Des légumes c’est parfait. » « Oui. Je préfère commencer tôt, question d’avoir moins de trucs à faire pendant le reste de la journée. » « Je vois, c’est sur qu’ici, il n’y a pas de quoi nous ennuyer. » Le ton n’est pas forcément triste ou moqueur mais c'est tout aussi vrai que le double du travail à fournir leur est demandé depuis le cyclone. Le cyclone qui a beaucoup détruit sur son passage. Il préfère ne pas trop y penser, comme Andrew, il ne sait que trop bien ce qu’il va arriver s’il se permet d’y penser trop : il y a des images qui ne vous quittent jamais.

« Et toi, alors, pourquoi t’être réveillé aux aurores? »  « En fait, je ne dors jamais beaucoup. »  Il se tait, ne sait pas s’il doit lui proposer son aide. Il devrait surement, le fera après, sans doute. Pour l’heure c’est sur sa raison qui le tient réveillé qu’il doit se pencher. « J’ai parlé à Morgan hier, à d’autres aussi. C’est la cuisine qui t’a appris à ne pas dormir beaucoup ? » Il a se petit sourire taquin sans pouvoir trop s’en empêcher. Ils ont chacun leurs raisons, il sait très bien qu’il est souvent l’un des premiers debout et qu’elle n’est jamais loin à suivre ou qu’elle est déjà réveillée depuis longtemps, qu’il n’a pas fait assez souvent attention. Avant le cyclone, peut-être mais c’est depuis un moment qu’ils partagent leur tente avec Ali, il devrait avoir remarqué cette habitude de Rachel. Thaïs avait bien remarqué les siennes.

Il regarde ses légumes pour penser à autre chose, penser à l’aider aussi. « Qu’est-ce qui est prévu pour aujourd’hui et qu’est-ce que je peux prendre ? Je suppose que tout le monde ne partira pas chez les Pikunis. » Ça aussi c’est un sujet délicat. Il ne lui demande pas de venir si elle n’en a pas envie, il veut juste savoir ce qu’il pourra prendre ce matin en pensant à ceux qui resteront pour ne pas leur priver des réserves qui restent même si tout se reconstruit petit à petit. « Tu as besoin d’aide ? » Il est là et n’a pas vraiment envie d’être à ne rien faire en attendant que le campement se réveille. « Il est encore tôt pour qu’on y aille puis faut qu’on attente Ali. » Alors ils pourraient attendre un moment ou partir avant en deux groupes séparés, il ne sait pas trop, ne voudrait pas arriver en retard à ce rassemblement d’après cyclone organisé par les Pikunis avec les autres tribus.


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une leçon en attend une autre
J’observais Ali, de temps à autre, pendant qu’elle s’endormait. C’est qu’elle tombait comme une roche! Pire encore, elle peinait à se lever le matin, probablement trop confortable dans son petit nid bien douillet pour en sortir. Même si je savais bien ne pas être en mesure d’en faire autant, je ne pouvais m’empêcher d’être jalouse, de désirer cette facilité à se reposer sans soucis. Pourquoi n’arrivais-je pas à fermer les yeux et simplement me déconnecter de mes problèmes? Aucune idée. Tout ce que je sais, c’est que je ne tenais pas plus de dix à quinze minutes avant de me réveiller en sursaut, parfois même en sueur. Je bouge comme une folle, mes cheveux sont dans un sale état … c’est toujours comme ça. Je sens mon cœur battre à mille à l’heure, et mon corps tremble, que ce soit de peur ou de colère. Alors que le sommeil était censé nous aider à se reposer, le mien me donnait encore plus d’anxiété. Voilà pourquoi je ne me permettais plus ce genre de chose. Je préférais de loin passer les premières minutes dans la tente, avec les autres, puis sortir rapidement lorsque tout le monde semblait entre les bras de Morphée. Là, je passais le restant de la nuit à la belle étoile, fermant et ouvrant constamment les yeux, si proche d’un état de veille et pourtant, je n’y arrivais pas, comme on pouvait facilement en juger par mes cernes.

Il me parut logique de répondre ainsi, entre autres parce que ça me semblait plus naturel que de sortir une quelconque autre connerie pointant trop directement mes problèmes personnels. Mieux valait toujours en accuser la cuisine, le fait de devoir préparer les repas pour tous et de surveiller le garde-manger, afin qu’on ne manque jamais de quoi que ce soit. En utilisant ce genre d’excuses, j’évitais de dévoiler mes véritables raisons, notamment celle de ne pas rencontre tant de gens, à cette heure-ci. Je sais bien qu’on est un groupe, que nous avons dû comptés les uns sur les autres lorsqu’on arriva sur Terre. Néanmoins, le temps apporta son lot de changements. Je remarquais bien que nous n’étions plus aussi uni, et bien que cela ne m’enchante guère pour les autres, je ne pourrais pas mentir en disant que ça m’affecte vraiment. Je m’éloignais de tous, préférant souvent trouver un recoin à distance du groupe, plutôt que de chercher à parler de ce qui ne fallait pas. À quoi bon, de toute façon? Ils étaient tous occupés avec leurs propres dilemmes, avaient des responsabilités envers le campement. Je ne devrais pas les déranger avec mes troubles, mais bien me débrouiller seule.

Je devrais changer beaucoup de mes tendances, je le sais bien. Si quelqu’un découvrait un jour tout ce que je fais … ou plutôt, ce que je ne fais pas, j’ai comme l’impression qu’on me retomberait tous dessus. On me jugerait, on me croirait folle de ne pas être plus attentive à mes actions. Tant pis pour ceux qui ne comprendraient pas, car ce sont ces mêmes personnes qui, à mes yeux, ne savent pas ce que c’est le lien fraternel. Oh, je me doute qu’ils essaieraient de me faire changer d’avis, dire que tout ça, c’est temporaire. À cela, je leur répondrais tout simplement que le chemin ne fait que s’enfoncer, que chaque matin n’est qu’un parmi tant d’autres, éphémère, et au combien lourd à mes yeux. « Dans ce cas, ce sera un plat de légume pour toi, question de bien commencer la matinée. » Je n’essayais pas de le dire sur un ton jovial, de peur que ça ne sonne faux. Je m’en tenais à un ton un peu moins neutre, mais sans plus. « J’aime bien être occupée. Les journées passent plus vites. » C’est plutôt mes pensées noires qui pestaient, à chaque fois que je me concentrais sur le travail à faire, et non sur le reste.

« Ah non? On dirait qu’il n’y a qu’Ali pour profiter de notre tente. » Un brin d’humour dans la conversation, ce serait le style de l’ancienne Rachel, et comme je ne voulais pas mettre la puce à l’oreille de Liam, il me fallait impérativement garder des manies d’autrefois, même si je ne le faisais que par automatisme. « Peut-être bien, oui. Puis j’aime bien m’organiser avant que tout le monde ne débarque. »  C’est pas pour rien que l’endroit était assez bien organisé. Je passais clairement plus de temps ici que dans la tente. Mon repos se trouvait au plus bas de ma liste de priorités en ce moment. Une tendance que Liam ne semblait pas avoir remarqué. Tiens, en voilà une bonne nouvelle! Il y avait au moins une personne qui ne viendrait pas me poser des questions à ce propos.

« Suis-moi. » Je parvins à l’autre bout de la cuisine, sur la longue table juste au fond. « Cette partie-ci, c’est ce qui est prévu pour aujourd’hui. Donc tu peux prendre cette section-ci. Libre à toi de choisir ce que tu préfères. » Bien que la ration pour la journée semblât plus grande, il y avait une variété et quantité respectable de légumes qu’il pouvait manger tout de suite, sans que cela n’affecte les repas. « Je resterais, question de nourrir tout le monde. De toute façon, tu sais bien que j’ai encore du mal avec les grounders. » Ça, je ne le cachais pas aussi facilement, ayant évité toute rencontre avec les tribus environnantes jusqu’à maintenant. Chacun avait son propre point de vue, et je crois qu’à ce sujet, on ne pourrait certainement pas passer des heures à me questionner. « Je ne dis pas non. Tous les légumes pour aujourd’hui, il faut que je les lave et que je les coupe. Ils seront plus faciles à faire bouillir par la suite. » Une partie de moi craignais qu’il ne vienne à faire la conversation sur des sujets que j’évitais normalement, mais ce n’est pas comme si refuser son aide lui donnerait l’impression que j’allais bien. « Si tu veux, j’irais la réveiller tout à l’heure, question que vous ne partiez pas trop tard. » Sur ce, je sortis deux couteaux afin que l’on puisse se mettre au travail.
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