Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜Surrender #rachris
maybe life should be about more than just surviving

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Dim 17 Juin - 7:22


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]L’importance de ne pas mentir sur le reste. Un misérable prix de consolation vu le nombre de fois que j’affichais un faux sourire sur mon visage simplement pour que les autres ne s’inquiètent pas. Une Rachel complètement différente, quand je me tenais avec lui. Notre expédition jusqu’à la mer fut certainement l’un des souvenirs qui m’apportaient encore un peu de joie. Partir, voguer sur l’eau … l’horizon m’inspira bien des idées, une folle envie d’aventures. Le calme qui règne sur ces lieux, c’est certainement le même que j’essaie d’atteindre encore aujourd’hui, au détriment du reste. Malheureusement, tout comme la mer, j’ai mes moments où rien ne va, où la tempête se lève et le monde semble prendre des tons bien plus menaçants. À observer mon reflet dans l’eau, je me rendis compte que j’étais exactement comme ça, que malgré sa présence, je ne garderais pas le cap très longtemps. Des pensées noires que je délaissais, que je refoulais. Je ne voyais pas l’intérêt de passer ma journée à me plaindre si nous n’étions pas là pour ça. Il avait passé un très mauvais moment, lui aussi, et je ne voulais pas qu’il retombe dans la noirceur. Un sacrifice qu’il ne comprendrait certainement pas, une vérité que je lui cachais. Malgré tout le reste, il restait un être très cher à mes yeux. De voir l’inquiétude ou la tristesse sur son visage ne m’aurait fait que plus mal. Vous pouvez vous imaginer comment je me sens en ce moment, regrettant plus que jamais de m’être adressée à lui. Pourquoi avais-je pensé être capable de jouer le jeu avec quelqu’un tel que Chris, qui me connaissait depuis ma plus tendre enfance? L’exploit du masque que je ne réussissais pas à répéter devant lui, maintenant qu’on en venait à la chair du problème. L’honnêteté qui me permettait de garder le contrôle de la situation, ne lui dévoilant qu’une partie, gardant mes secrets pour moi et moi seule. « T’avais surpassé tes problèmes. Si je m’étais mise à raconter les miens, alors que tu venais à peine de remonter du gouffre, j’ai peine à croire que tu ne te serais pas retrouvé à y repenser. » Une certitude qu’il se serait remis en question, tout comme je l’ai fait, après l’enterrement de Robb. Comme les drogues, comme n’importe quelle substance créant de la dépendance; dès qu’on se perd là-dedans, il est rare d’en parler sans en ressentir les sensations. Un vieux démon qui nous hante, même si on le croit disparu.

Une première mission échouée, alors que je me croyais capable de maintenir un certain silence. Je ne voulais pas lui en dire trop, préférait qu’il en sache le moins possible. Quelle sotte, que de croire que je serais capable de raccourcir la conversation, de m’imaginer qu’il ne s’apercevrait de rien. Non seulement creusa-t-il encore et encore, à la recherche d’explications, mais en plus, il essaya de changer mon humeur, de me voir rigoler à ses petites blagues, ici et là. Oh, il pouvait bien continuer si ça lui chantait. Cela ne marcherait pas. Je resterais de glace devant ses farces, comme je le lui signalais. Toujours le même, ce Chris. Même quand je le mets en garde contre ma mauvaise humeur étant maintenant devenu constante, il trouve encore le moyen de reprendre un ton humoristique. « Non, je ne l’oublie pas. Ce qui ne veut pas dire que ça changera quoi que ce soit. » J’étais parvenue à accepter la voie sur laquelle je m’engageais. Je n’en reculais pas. La portant avec moi, jour et nuit. J’avais le pressentiment qu’en fait, ce destin m’était déjà tracé, tout comme celui de Robb. Une vision ‘morbide’, peut-être, mais se transformant peu à peu en quelque chose de bien familier. Après tout, ayant été les premiers à débarquer sur cette ‘nouvelle’ Terre, être horrifié ne devint qu’un sentiment de plus dans notre quotidien. Des scènes assez choquantes, on en vit plus d’une. Pourquoi, dans ce cas, fut-ce si différent avec mon frère? De voir les corps d’autres Cents me remplirent de tristesse, mais ce n’était rien en comparaison à Robb, à un tas de …. De charbon, méconnaissable et pourtant bien là. « Peut-être pour toi, mais ce n’est pas plus morbide que ce qu’on a bien pu voir, de la part des Grounders en arrivant ici. » Ripostant ainsi à son sarcasme. Un doux mélange d’amertume pour cette rétrospective personnelle non-voulue, et la haine envers ces gens. Tendre ma main à l’un d’eux me semblait la pire des décisions, et pourtant, c’est bien ce dont ils discutèrent pendant la réunion. Non mais ils s’imaginent quoi? Qu’ils finiront tous ensemble, à jouer de la musique au feu de camp? Pathétique, de s’allier ainsi avec les ennemis. « Tu fait ce que tu veux, Chris, mais ne t’attend pas à revoir la même Rachel qu’avant. Alors si tu restes, eh bien accepte-moi comme je suis maintenant. Sinon, part. » Pas une menace, mais un conseil très explicite. Le connaissant, rester signifierait qu’il essayerait par tous les moyens possibles de me forcer à retrouver mes vieilles habitudes. Alors que pour lui, j’étais tombée dans un trou noir en me coupant de mes émotions, moi je voyais exactement le contraire. De pleurer constamment, que de revivre ma peine, jour après jour, c’était exactement ça, atteindre le fond. J’étais en vie que parce que j’avais fait une croix sur le reste. Je m’étais extirpée du trou seule. « Je tiendrais le coup. Puis de toute façon, tu crois qu’en ce moment, j’apprécie passer mon temps avec les autres? Dès que j’en ai l’occasion, je prends l’initiative d’être seule. Je tiendrais aussi longtemps que je pourrais, c’est tout. » Je n’avais certainement pas tous les outils avec moi. Advenant une attaque, je ne survivrais peut-être pas. Cependant, grâce à mes connaissances en botanique, je n’avais aucun problème à me nourrir ou à guérir une quelconque blessure. À vrai dire, mes habitudes alimentaires avaient pris un sale coup. Ironiquement, je passais plus de temps à faire les repas pour le reste du campement que pour moi. Je prétextais déjà avoir manger, ou que je n’avais pas envie de viande juste pour que les autres ne me posent pas trop de questions. « Quand l’appétit est là. » Je n’avais pas non plus besoin de continuer à glisser sur ce sujet. Il s’en apercevrait bien rapidement, rien qu’avec mes vêtements ou mes bras et jambes. Moins de chair sur les os qu’avant. J’avais parfois l’impression de ressembler de plus en plus à un mort-vivant. Tout ces changements que je gardais pour moi, que j’espérais ne pas être trop flagrants, pas parce que je refusais l’aide des autres, mais parce qu’ils ne me la proposèrent pas au bon moment. Trop tard. Ces mots se répétaient dans ma tête. « Il n’étaient pas là quand j’en avais de besoin. Je me suis débrouillée. C’pas ça qu’on est supposé faire? S’envoler de nos propres ailes? On m’a lancé sans explication, j’me suis écrasée, mais j’ai continué quand même. » Compter sur les autres pour qu’ils me rattrapent, ce n’était pas sur quoi je comptais. En fait, de les affronter signifierait une défaite, un retour à l’ancienne Rachel … et donc, je devrais faire face à mes émotions. Le bémol que je préférais éviter. « Tu peux bien essayer, mais vu ton poste, j’ai l’impression que tu ne pourras rester là, jour après jour. Il y a probablement des gens qui demanderont que tu reviennes. » Cherchant peut-être à voir s’il avait quelqu’un dans sa vie. Un faible espoir que ce ne soit pas le cas, mais cette voix nasillarde qui continuait à me torturer. J’aurais dû parler plus tôt. De ne rien lui avouer laissa probablement la voie ouverte à quelqu’un d’autre. « Je t’ai déjà dit, je ne veux pas en parler à qui que ce soit. Encore moins à un docteur. Je ne suis pas blessée ni malade. » Je n’osais même pas me mettre à penser à ce qu’il pouvait bien planifier. J’avais fait une erreur, en allongeant la discussion, en lui révélant plus sur mon état actuel. J’avais la nette impression que peu importe mes arguments, je me retrouverais à devoir parler à quelqu’un. Je ne me laisserais certainement pas faire … mais il était bien plus fort que moi. J’aurais beau essayé, il ne me lâcherait pas.

Une preuve de ce que j’affirmais, quand ses mains se refermèrent sur mes épaules, son regard plongé dans le mien. Brisée. Qu’il en croit ce qu’il veut, mais c’est exactement ce que voyais, à chaque fois que j’apercevais mon reflet. « Je le suis, Chris. Tu peux répéter le contraire, mais ça ne changera rien. Je sais très bien que je ne suis plus que l’ombre de moi-même. Vide de sens. » Mes yeux qui s’attardèrent sur son visage. Le même qu’avant, celui sur qui mon frère comptait constamment. Celui à qui il demanda la tâche la plus ingrate, celle de garder un œil sur moi. Pourquoi l’avait-il obligé à tenir une telle promesse? Pourquoi lui et pas un autre? La réponse juste là, devant moi. Rare sont ceux qui font tout et n’importe quoi pour les gens qu’ils aiment. À la fois l’image de ce que je n’aurais jamais et de ce que je ne voulais pas perdre. Une torture, puisque mes sentiments pour lui changeaient la donne de cette confrontation. Je voudrais lui avouer tout, vraiment tout, mais j’ai si peur. Il est probablement déjà heureux, il vit pleinement, il sourit … il a changé. Oui, c’est vrai. L’affirmation silencieuse qu’il n’était plus seul. La nécessité que de m’enfermer une fois de plus dans ma carapace, soutenant ne rien regretter de mes décisions. « Si j’le regrette, ça ne retombera que sur moi. C’est mon problème, ce sera moi qui a tout foiré, pas toi. Ne sens pas le besoin de ressentir quoi que ce soit, à ma place. Tu perds ton temps. » Mais déjà, je sentais que les murs depuis si longtemps érigés en arrivaient à leur fin. Il ne suffirait que d’une phrase de trop pour que ça s’écroule.

Ce que je craignais arriva. À trop m’asséner de culpabilité, de ce choix extrême pour finalement me promettre la paix et la tranquillité. Une seule chose à faire; lui prouver que d’adopter cette personnalité froide et lugubre en valait la peine. Un effort surhumain en prononçant les premiers mots, mais bien vite, je perdis le contrôle de mes émotions. À trop les refouler, pendant que lui, cherchait à les faire ressortir, eh bien ce fut une véritable explosion. Les larmes prirent possession de ma vue, embrouillée, pendant que mes poings retombaient sur lui, exprimant d’abord ma rage, en revoyant le moment où il me laissa là, sans aucune explication. Des mots que j’attendais depuis très longtemps, mais qui ne firent qu’empirer mon état. Il me prit une fois de plus dans ses bras, me serrant, pendant que je continuais à babiller quelques phrases, ici et là, recrashant tout ce que je taisais depuis très longtemps. Soubresauts qui m’assaillirent en sentant sa main sur mon dos, exactement comme lorsque mon frère me consolait. Il était là, oui, et pourtant, je ne savais pas si je voulais de sa présence. Moi qui avait tenu bon depuis presque deux semaines, sans une once de larmes ou de peine, je le voyais maintenant comme celui qui me forcerait à revivre ce que j’évitais. Mal. Non, ce n’étais pas exactement ça. « Pas juste mal. Chris … il était le lien qu’il me restait avec mes parents. Il savait ce que je ne savais pas. Ce n’est pas une douleur … c’est … » Mes mains tremblaient, alors que j’apprêtais à parler. « La mort. En voyant Robb, c’est comme si une partie de moi était morte. Je suis devenue poussière quand il l’est devenu aussi. » Je ne me calmais pas, mais je tentais de reprendre tout de même mon souffle. « Il le faut Chris. Je ne peux pas vivre comme ça. Je ne veux pas vivre comme ça. J’ai mal. Constamment. Chaque jour qui passe sans qu’il ne soit là me parait horriblement long. Je ne dors plus, je ne mange presque pas. J’espère juste qu’en me coupant de tout ça, je réussisse à aller de l’avant, et arrête d’avoir des cauchemars, d’imaginer ses cris, de croire entendre sa voix … Sinon, j’vais devenir folle. » Même si j’avouais mes faiblesses, en ce moment, je précisais ne pas vouloir revivre le même état d’âme. Je continuais à croire que d’adopter une froideur vis-à-vis un quelconque sentiment futile me permette de m’accrocher à un semblant de vie, même si celle-ci avait perdu de ses couleurs et de son intérêt. Une demande qui le laissa certainement bouche-bée, alors qu’il me serra encore. Me suppliant de ne pas le repousser. « Si je ne te repousse pas, je sais très bien que tu essayerais par tous les moyens de me sauver. Je ne veux pas qu’on m’aide, je veux juste qu’on accepte mes décisions. » Je savais déjà que cette bataille contre moi-même, je venais d’en perdre la première manche. De pleurer autant, je sentais mon corps fatigué. Je vins donc poser ma tête contre lui, les yeux rouges et les joues vraisemblablement imbibées d’eau. Je fixais les fleurs et leur couleur qui m’animait autrefois, mais mon esprit était ailleurs. « Je n’ai plus été voir sa tombe, tu sais. Dès que je crois être assez forte pour le faire, je le revois, tel qu’il était quand tu l’as déposé par terre. J’ai enterré les quelques trucs qu’il me restait de lui, je … je veux juste l’oublier. Oublier qu’il existait, qu’il est mort … probablement dans les pires souffrances qu’il soit. » Un soupir, alors que je verbalisais des pensées pourtant si bien gardées. « Ça aurait dû être moi. Pas lui. » Je m’accrochais un peu plus à Chris. Oui, j’aurais dû prendre la place de Robb. Il aurait été plus fort que moi, aurait su aller de l’avant. Il aurait protégé le campement, aurait même pu aider Chris, s’il adoptait la même solitude que cette fois. Moi, je n’ai rien fait de ça. Je ne suis pas aussi forte qu’eux.  
(c) DΛNDELION

avatar
01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
- Whatever it takes -


Sujet: Re: Surrender #rachris
Dim 17 Juin - 16:25


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« T’avais surpassé tes problèmes. Si je m’étais mise à raconter les miens, alors que tu venais à peine de remonter du gouffre, j’ai peine à croire que tu ne te serais pas retrouvé à y repenser. » Elle avait raison. Pouvant que se douter que j'y aurai pensé. Ce qui aurait été le cas. Mais ce qui ne voulait pas dire que je n'aurai pas été là pour elle. Pourtant je comprenais. Immobile alors qu'en effet la colère disparaissait. Ne pouvant lui hurler dessus alors qu'elle s'était tu, n'ayant le coeur à cela. Et au-delà, j'en venais en effet à comprendre son choix. Des circonstances qu'il était impossible de changer alors que je ne pouvais que désormais tenter de l'aider, de la sauver. Son ton qui ne tranchait pas moins alors qu'elle reprenait la parole. Un ultimatum. « Tu fait ce que tu veux, Chris, mais ne t’attend pas à revoir la même Rachel qu’avant. Alors si tu restes, eh bien accepte-moi comme je suis maintenant. Sinon, part. » «  Alors je reste. » Aussi affirmatif qu'elle. Affirmatif alors que je comptais rester même si cela ne voulait pas dire que cela serait facile. Devant accepter qu'elle n'était plus la même personne. Chacun qui changeait. Autant que j'avais déjà du accepté qu'elle n'était plus cette même gamine qui était toujours dans nos pattes. Enfin ce fait là je tentais encore de l'accepter. Certaines choses qui prenaient plus de temps avant. Peut être ce qui était plus simple avant. Les difficultés qui faisaient parties de la vie aussi simplement que cela. Et ce que je devais accepter alors qu'autant elle était différente, elle était toujours là, en vie, plus forte qu'avant dans un sens.

Et en effet malgré les dommages autour, elle continuait de tenir le coup. Ce qui m'inquiétait aussi, l'idée de savoir si elle tiendrait le coup aussi demain. Craignant qu'elle craque. Non pas que je remettais en cause ses compétences. En fait si là était le cas alors que je pouvais que m'inquiéter. Conscient que je devrais lui faire plus confiance, elle avait survécu au crash, elle avait survécu à la guerre. Imaginant qu'il était juste plus difficile de faire confiance dans ce cas là alors qu'elle semblait rester dans mon esprit une sorte de petite boule de poil que je devais protéger. Devant tenter autrement. « Je tiendrais le coup. [...] Je tiendrais aussi longtemps que je pourrais, c’est tout. » Là non plus elle n'avait pas tort. Alors je ne pouvais qu'hocher la tête tout en imaginant des plans de secours en parallèle, peut être parler à Devos, trouver la bonne technique. Borné autant qu'elle.

« Il n’étaient pas là quand j’en avais de besoin. Je me suis débrouillée. C’pas ça qu’on est supposé faire? S’envoler de nos propres ailes? On m’a lancé sans explication, j’me suis écrasée, mais j’ai continué quand même. » Comparaison un peu brutale. Plus qu'elle avait pris son envol et que maintenant elle était en train de se crasher. Ce qui me semblait. Là aussi qu'une question de perspective. « Tu peux bien essayer, mais vu ton poste, j’ai l’impression que tu ne pourras rester là, jour après jour. Il y a probablement des gens qui demanderont que tu reviennes. » « Je vais devoir partir oui, mais cela ne va pas dire que je ne vais pas revenir tu m'entends. Je suis sérieux, j'ai dit que j'allais pas te laisser tomber et cela ne sera pas le cas. » Comptant ores et déjà aller voir mes supérieurs pour m'arranger avec, pour trouver un arrangement bel et bien. Comptant en effet revenir à son campement, et déjà en train de faire des plans. Comptant aussitôt en parler avec Chiraz dès que je rentrerai. Bel et bien inquiet même si je pouvais que tenter d'accepter sa décision. « Je t’ai déjà dit, je ne veux pas en parler à qui que ce soit. Encore moins à un docteur. Je ne suis pas blessée ni malade. » Levant les bras en l'air comme pour lui montrer ma reddition. Elle n'était pas blessée physiquement, non, mais au fond d'elle-même elle l'était. Douleur ressentie au niveau de son coeur qui ne disparaitrait pas tout de suite malheureusement.

Ne l'interrompant pas. La laissant parler. La laissant se dévoiler et mettre des mots. Ne la lâchant pas alors que je la gardais près de moi. Une poupée de porcelaine alors. « La mort. En voyant Robb, c’est comme si une partie de moi était morte. Je suis devenue poussière quand il l’est devenu aussi. » « Tu es toujours là. » N'étant pas devenue poussière. Encore vivante. Et je ne pouvais que vouloir qu'elle soit toujours là, ne pouvant que croire qu'une part d'elle était toujours là. Ce que je pensais. Ce que j'espérai. Douleur que je connaissais. Douleur qui finissait par s'estomper. Et ne pouvant que la supplier de ne pas me repousser. Ne comptant pas partir. Ne comptant pas l'abandonner de nouveau comme je l'avais fait la première fois. « Il le faut Chris. Je ne peux pas vivre comme ça. [...] Sinon, j’vais devenir folle. » « ... si c'est ce qu'il faut... » Elle seule qui était capable de savoir ce qu'elle voulait réellement. Ne voulant la voir dépérir en s'éloignant de tous mais ne voulant la voir souffrir encore plus si elle restait dans cet état. « Si je ne te repousse pas, je sais très bien que tu essayerais par tous les moyens de me sauver. Je ne veux pas qu’on m’aide, je veux juste qu’on accepte mes décisions. » Ce qui était plus difficile. Non pas l'idée d'accepter sa décision mais l'idée qu'elle puisse vouloir se laisser aller « ... j'essayerai... » Voulant lui montrer que j'étais là, par tous les moyens possibles. Ce qui était le cas. Voulant être possible mais ce n'était pas pour autant qu'il était facile d'accepter sa décision. Choix difficile. Son choix, non le mien. « Je n’ai plus été voir sa tombe, tu sais. [...] probablement dans les pires souffrances qu’il soit. » Comprenant qu'elle ait pu vouloir s'en tenir éloignée. J'avais fait de même que pour en trouver la sérénité auprès. « Tu n'as pas y aller maintenant. Tu n'as pas à te forcer à faire quoique ce soit. Mais si un jour tu veux y aller et ne pas être seule, je serai là. J'attendrai le temps qu'il faudra. » Une promesse non seulement de veiller sur elle comme je l'avais promis mais bien d'être là auprès d'elle. Comptant l'aider. Comptant la soutenir. Et si elle voulait du temps comme elle le désirait, j'étais prêt à lui donner. Non pas que pour autant je n'en viendrais pas à veiller sur elle dans l'ombre. Conscient qu'à l'instant où je partirai, je resterai inquiet. Prêt à veiller sur elle dans les ombres.

« Ça aurait dû être moi. Pas lui. » Et soudainement en colère. Pas forcément contre elle mais ne pouvant comprendre qu'elle puisse penser cela. En colère qu'elle puisse imaginer qu'elle se sentait coupable. La culpabilité je la ressentais toujours. La ressentant parce que Robb était mort, que j'avais survécu. Mais en aucun il était mort par sa faute. En autant cas c'était sa faute si un loup, attiré par la faim n'avait pu que s'approcher. Rendu dangereux à cause de l'hiver. Cela n'était pas de sa faute si Robb était mort. Et en aucun cas, elle aurait dû être celle qui aurait dû être morte à sa place. Elle l'avait dit. Personne n'aurait dû mourir. Mais Robb était mort. Et nous vivions encore. « Ne dis pas cela ! » Voulant l'empêcher de penser une chose pareille. « Il n'est pas mort pas ta faute. Tu n'aurais pu rien faire. Et en aucun cas, tu aurais dû être morte à sa place ! » Innocence même. « Personne n'aurait dû mourir. En aucun cas tu es responsable de sa mort. » Mots qui cinglaient. Elle ne l'était pas. Elle n'était pas responsable. « Et si tu serais morte, que crois-tu que nous serons tu devenus ? Tu penses vraiment que si c'était toi à sa place, cela nous aurait pas démoli ?! » Stupide de penser cela. La douleur qui aurait été là immédiate. Incapable de savoir comment je pourrai réagir à la prochaine mort. Personne ne savait comment ils allaient réagir face aux disparitions, morts. La serrant un peu plus près de moi. « J'ai déjà perdu Robb. Je ne compte pas te perdre toi non plus ! »
(c) DΛNDELION

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Lun 18 Juin - 3:27


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Je pensais toujours aux autres avant ma propre personne. En prenant la décision de tomber dans la monotonie, je m’éloignais des autres pour qu’ils ne se mettent pas à s’inquiéter. C’est idiot, à bien y penser, maintenant, mais je continuais à croire que ceci aiderait tout le monde à continuer leur chemin, à se concentrer sur des trucs plus importants. La preuve que ma méthode avait fonctionné; le rassemblement avec les grounders. En jouant le jeu, en feignant les sourires, le campement pu connaître une évolution, quoique de mon point de vue, celle-ci ne soit pas nécessairement la meilleure. Opinion mise de côté; ce n’était pas vraiment le temps. Ce que je devais faire, à la place, c’était lui parler bien franchement, dire à Chris ce qui n’allait pas, tout en l’assurant que je n’avais rien à changer. Je me voulais rassurante, malgré ma froideur, mon ton tranchant. Devant, par la même occasion, lui faire comprendre que pour rester à mes côtés, il lui faudrait accepter mon choix. Réponse affirmative qui aurait probablement dû me rassurer. Faux. Aussi borné que moi. Je savais parfaitement qu’il essayerait, encore et encore, jusqu’à ce que je reprenne le bon chemin. Je ne pouvais qu’espérer continuer dans cette voie puisque ça m’aidait grandement à ne plus penser à ces détails douloureux du passé. Enfin, j’arrivais à me concentrer sur le présent! Certes, je me donnais corps et âme au travail, ce qui, en fait, n’était pas si mal. J’aidais les autres à bien manger, je donnais même un coup de main au niveau des soins, en leur procurant les bons remèdes.

Craquer n’était pas une impossibilité, malheureusement, même si je faisais tout ce que je pouvais pour me tenir éloignée de futilités. Sentiments qui me feraient chavirer, qui me feraient couler, exactement comme un bateau sur la mer. Forte. J’avais survécu à beaucoup. Je ne pouvais pas me sous-estimer. Je tiendrais le coup, comme toujours. Peu importe ce que je devrais affronter, je continuerais à me couper de ce qui me reliais encore au passé. Tant pis, si je devenais un zombie. L’important, ce n’était pas l’aspect physique. La seule chose qui comptait, c’était la survie. Mon rôle de cuisinière ayant une place importante dans la vie des Cents. Je devais assurer non pas pour mon bien, mais celui des autres. Petit hochement de tête qui me convenait, quoique je pouvais lire dans ses yeux ses manigances. Des plans, il en aurait pleins. Il me connaissait mieux que je ne me connaissais moi. Il savait que tôt ou tard, le poids de mes sentiments me retomberait dessus. Je viendrais à regretter de m’être couper du monde … ou pas. Je ne sais pas. Tout ce que je peux affirmer, c’est que je ne suis aucunement prête à reprendre ma vie d’avant.

Détestant me revoir, repenser à mon enfance, à notre arrivée sur Terre. Faible, dépendante de mon frère, de Chris, de Devos, de bien des proches … jamais de moi. Une sotte, une pauvre fille sans défense. Bon d’accord, sur ce dernier point, c’était encore le cas. En fait, cela avait empiré, depuis que je ne mangeais plus aussi convenablement. Mes forces s’étaient amenuies, ce qui n’aidait en rien mes lacunes au niveau du combat. Un détail, pour une cuisinière, de toute façon. « Je sais bien que tu reviendras. Mais tu ne pourras pas toujours compter sur ça. Il y aura des fois où je voudrais vraiment être seule. Est-ce que tu seras prêt à t’éloigner, si c’est le cas? » Tester ses intentions, savoir si j’aurais des prises de têtes avec Chris, à l’avenir. Une possibilité plus que réelle, maintenant qu’il était au courant du fléau qui m’accable depuis un bon moment. Il en savait beaucoup trop, même, alors que je savais déjà qu’il en parlerait à certains, que je recevrais la visite de personnes à ma tente. Lever les bras au ciel n’était qu’un geste. Je n’avais pas la capacité de lire dans ses pensées, ni deviner ce qu’il pouvait bien préparer, de son côté.

Toujours cette capacité à me faire avouer tout, même ce que j’aurais préféré garder pour moi. Qui sait si ce n’est pas pour ça que Robb lui confiait tout, y compris la tâche de garder un œil sur moi. Ce qu’il n’avait pas fait par le passé, mais qu’il comptait changer. La vérité qui continuait d’affluer, puisque je n’avais vraiment plus la force de tenir ce masque plus longtemps. Pas devant lui. Il y avait trop de sa manière de me parler, de me tenir, qui me faisait rappeler un temps lointain. Un temps où tout semblait allé mieux, malgré les problèmes survenus de part et d’autre. « Pas vraiment. Je ne suis là qu’à moitié. » Une mission claire, un guide qui me forçait à garder le cap, à m’en tenir à mes habitudes. Me réveiller … ou plutôt, mieux me réveiller, puisque je n’arrivais pas vraiment à dormir de toute façon. Puis, je me préparais, avant de sortir, chercher les plantes, légumes et fruits, et me diriger par la suite jusqu’à la cuisine. Tous les jours. Exactement la même routine. Un seul pas de moins ou de trop et je me remettais à douter, à paniquer. Croiser des gens que je n’avais pas tendance à voir me débalançais aussi. C’était réellement comme marcher dans un couloir minuscule, où je ne pouvais me dévier un seul instant. Ce que je lui fis comprendre, ce qu’il dit accepter, quoique j’en doute. Il ne voudrait pas voir qu’il s’agissait d’un mal pour un bien. Même si je paraîtrais froide, au moins, je serais encore là, présente. La part la plus importante encore bien ancrée dans ce monde.

Pourtant, la souffrance m’assaillait encore et encore. J’avais beau l’ignorer, la cacher, rien à faire. Comme une éruption volcanique, je pourrais éclater à tout moment, et celui-ci fut l’un d’eux. Je parlais du fond du cœur, s’il m’en restait encore un, lui expliquant misérablement ce qui n’allait pas. Ma frustration devant l’incapacité à aller visiter la tombe de Robb. Forte, oui … mais. Et c’est exactement ça qui me fâche. Ce ‘mais’ qui persiste, qui me rend la vie dure. « Je n’ai pas la force d’y aller, Chris. Je préférerais ne pas savoir qu’il est là plutôt que de l’imaginer six pieds sous terre. » Je remettais tout en question. Pourquoi se remémorer quelqu’un si cela ne laisse place qu’à plus de douleur? Pourquoi enterrer les gens, alors qu’ils ne sont simplement plus là? Pourquoi parler dans le vide, en sachant qu’il ne serait pas là pour m’écouter? Pourquoi … pourquoi est-ce que ce ne fut pas moi qui prit sa place. Cette phrase-là, c’était certainement celle qui me hantait plus souvent. Remettant en cause toutes les décisions prises, cette journée-là. Trouvant une mince consolation dans le fait qu’à remonter le temps, je prendrais sa place sans hésiter une seule seconde. Les débuts du deuil qui me revinrent en tête, alors que j’accusais tout le monde, moi y compris. « Ça aurait dû, Chris, ça aurait dû. Il ne méritait pas ça … il avait changé, il n’était plus du tout la même personne qu’on mit en prison. » Ma voix qui se brisait, encore et encore. « Il n’était pas mon égal, il était mieux. Il savait pardonner, il savait avancer, … » J’aspirais à devenir la personne qu’il devint, en arrivant sur Terre. Il s’était adapté rapidement, il avait l’air encore plus heureux que moi, même à l’époque. Il embrassait la différence, il trouvait sa place partout où il allait. Je le suivais, j’essayais de l’imiter. Mais maintenant qu’il n’est plus là, je n’avais plus ce rayon de soleil constant. Je suis aigrie, faussement heureuse seulement quand les autres regardent et me parlent. « Je suis responsable de ça et bien plus. Je suis … j’étais sa sœur, je devrais être là, peu importe l’heure et l’endroit. J’aurais dû le conseiller de faire attention, tout comme j’aurais dû le faire dans le vaisseau, avant qu’il ne se fasse prendre. » J’en était venu à une seule conclusion. « L’univers me punit. C’est le karma, j’en suis sûre. » Je n’avais pas agi correctement, je n’aurais pas dû m’emporter, pas dû frapper ce garde. J’aurais … trop de regrets, je n’arrivais plus à penser clairement. « Tu en es la preuve, Chris, que malgré tout, vous auriez réussi à surpasser ça. Toi et Robb … vous étiez toujours les plus forts dans le groupe. J’vous enviais ça … et je l’envie toujours. Parce que plus les jours passent, et plus je m’enfonce sans même me débattre. La lumière au bout du tunnel, c’t’une connerie inventée. » Ne m’imaginant même pas ce qui m’arriverait, s’il arrivait malheur à Chris. La folie assurée, c’était certain. Me donnant la sensation qu’il écoutait mes préoccupations silencieuses, alors qu’il me serra un peu plus contre lui. « C’est comme si tu m’aurais déjà perdu … je ne prends aucune joie à cette vie, si ce n’est que pour le bien des autres, et non du mien. » Penser ce genre de chose, c’est difficile, mais lorsque je me le répétais dans ma tête, cela sonnait un peu moins atroce. Toutefois, le verbaliser me fit comprendre au combien j’avais changé. J’essayais de me dégager de lui, par instinct, comme si refusais d’entendre ce que je venais de dire. Mes bras, un peu plus squelettiques qu’avant, n’eurent aucun impact. Je ne bougeais pas d’un centimètre. Devant ça et bien d’autres non-dits de ce soir, j’éclatais en sanglots. « Fais que ça cesse! Je ne veux plus de douleur, je ne veux plus … plus rien. » Exactement la même phrase qui me vint en tête dès que je revins à ma tente, après avoir vu le corps de Robb. Et le bruit du pot de fleur que je brisais, en furie contre le monde entier. Oh, il n’aurait certainement pas aimé me voir cette journée-là.
(c) DΛNDELION

avatar
01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
- Whatever it takes -


Sujet: Re: Surrender #rachris
Lun 18 Juin - 21:47


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Je sais bien que tu reviendras. Mais tu ne pourras pas toujours compter sur ça. Il y aura des fois où je voudrais vraiment être seule. Est-ce que tu seras prêt à t’éloigner, si c’est le cas? » « Si c'est ce qu'il faut pour que je puisse continuer de veiller sur toi, je te dis oui sans hésiter. » Ce qui était le cas. Autant réaliste comme elle alors que nous savions tous deux que je ne pourrai pas être là sans arrêt. Ce qui n'avait été possible avant. Des allers et des retours à faire, à calculer. Des heures où je ne serai pas au campement. Une présence qui n'était fortement indispensable mais chacun qui devait mettre la main à la pâte. La possibilité toutefois de s'organiser si des rendez-vous pour ainsi dire étaient fixées. Ce qu'il serait peut être préférable pour qu'elle ait si ce n'est l'impression que je ne sois pas toujours sur le dos mais aussi pour que ce soit plus simple. Mais en parallèle j'étais autant tenté de ne pas prévoir des rencontres ne serait-ce que pour débarquer à l'improviste. Peut être qu'au final il y avait une pointe de confiance qui s'était envolée doucement de crainte qu'elle ne veuille de nouveau tenter de m'éviter. Méfiance qui restait malgré moi face à l'idée qu'elle puisse vouloir me raconter des mensonges, après tout elle n'avait pu que me proposer de fermer les yeux. Et pas moins la recherche d'un terrain neutre. Appréciant de voir que petit à petit elle s'ouvrait de nouveau, commencer à accepter l'idée même difficilement que j'allais bel et bien continuer de veiller sur elle comme je lui avais promis, comme je l'avais promis à Robb. « De toute façon avec les patrouilles et les gardes, je pourrai pas toujours venir. Et tu es aussi occupée... » Peut être note sur laquelle j'insistais trop lourdement, non pas que je voulais retourner le couteau dans le pied. Ou peut être que si justement, peut être que tout comme elle il y avait une pointe d'amertume. Pointe qu'elle avait eu en bouche alors que je n'étais pas restée, et pointe d'amertume là alors qu'elle m'avait évitée délibérément, qu'elle pourrait le faire de nouveau. Sa vie privée à respecter mais l'idée bel et bien de la laisser se morfondre toute seule ne me plaisait guère. Non pas que c'était mon choix, simple spectateur ou presque. Mais tout aussi si l'ambiance aurait été différente, moins mélancolique j'aurai sans doute tenté de plaisanter, d'arguer qu'elle allait se lasser de moi mais je ne le fis pas. Y aller pas à pas. Tentative de continuer de l'apprivoiser bien que le sujet restait sensible, continuait de faire mal, à elle en particulier. Vulnérable plus qu'elle ne l'avait jamais été en ma présence. Et pouvant pourtant comprendre qu'elle ne veuille que je vois cet écran de vulnérabilité, que j'avais pour ma part décider de masquer ou si peu réussi à le faire. Des rôles inversés tout simplement.

« Pas vraiment. Je ne suis là qu’à moitié. » « Alors tu es là à moitié, c'est déjà cela. » Hochement de tête. Rien qui n'était perdue, elle me le prouvait elle-même. Flamme que je refusais de voir s'éteindre. Comptant bel et bien la motiver et s'assurer qu'elle reprenne du poil de la bête. Presque à faire peur. Etat fantomatique. Ce que je ne voulais pas. Ce que je ne souhaitais pas qu'elle disparaisse dans la brume, qu'elle s'éteigne et devienne totalement transparente. Ce qui était différent de ce que j'avais fait. Si je m'étais renfermé sur moi-même, avançant au ralenti, j'avais alors plus l'impression qu'au-delà de s'écarter des autres, elle était simplement en train de devenir invisible. Comme si petit à petit elle perdait son essence et disparaissait. Un refus net de voir cette transformation à l'oeuvre. Et tentative de sourire de nouveau, alors que je pouvais que reprendre la parole d'un ton un peu plus léger. « On a plus qu'à rechercher ton autre moitié alors. » Pas une idée romantique, ni l'idée de trouver l'homme ou la femme de sa vie, cette personne qui s'emparerait de son coeur. Au contraire sur le coup je ne pouvais que penser à cette autre part d'elle-même désormais cachée comme une partie de l'iceberg. Masque au-delà. « Peut-être que si on placardait des affiches cela fonctionnerait genre récompense pour tous ceux qui trouveront l'autre bout de Rachel... » Tentative de lui arracher un sourire. Nullement certain que là aussi ce plan fonctionnerait ou que seulement un sourire se dessinerait sur son visage. Essayant.

Essayant tout comme je pouvais essayer d'être là pour elle. Promesse que je lui faisais tantôt d'être là. Et aussi prêt à la soutenir si elle ne souhaitait pas se rendre au cimetière toute seule. Ce qui ne voudrait dire se déroulerait tout de suite. Baby steps. « Je n’ai pas la force d’y aller, Chris. Je préférerais ne pas savoir qu’il est là plutôt que de l’imaginer six pieds sous terre. » « C'est sûr que si tu l'imagines sous terre c'est un peu morbide. Je sais pas, c'est plus comme s'il était là tout autour.. » Regard nostalgique. Non pas cette idée que j'avais de le voir en-dessous de terre, d'imaginer son corps. Cadavre qui avait d'ailleurs été brûlé. Cendres répandues au vent. Ce n'était pas ainsi que je voyais cela. Imaginant plus qu'il était une présence, qu'il continuait autant de vivre à travers nos souvenirs. Chacun qui suivait sa propre religion, ses propres croyances. Non pas que je croyais en un dieu particulier ou que je pouvais comprendre en particulier les religions des grounders. Mais je pouvais au contraire comprendre qu'ils puissent vouloir se rattacher à quelque chose, trouver la paix.

« Ça aurait dû, Chris, ça aurait dû. Il ne méritait pas ça … il avait changé, il n’était plus du tout la même personne qu’on mit en prison. » Et heureusement. Il avait changé oui. Une seconde chance donnée. Une seconde chance qui leur était tous donné. Autant un envoi en enfer avec des chances élevées de mourir mais autant la possibilité de trouver la rédemption, de prendre un nouveau départ. « Il n’était pas mon égal, il était mieux. Il savait pardonner, il savait avancer, … » Et peut être que l'un des problèmes était qu'elle l'idéalisait. « Et il avait ses défauts. » Ton peut être plus froid mais ce qui était aussi la vérité. Pardonner certes, mais chacun y avait mis du temps. Chacun qui n'avait fait la paix qu'avec l'autre à son lit de mort. Rien de réjouissant. Chacun autant borné que l'autre. Des défauts qui existaient. Un penchant pour les femmes qui lui avait aussi valu de se retrouver en prison, ce qui n'était pas rien. « Je suis responsable de ça et bien plus. Je suis … j’étais sa sœur, je devrais être là, peu importe l’heure et l’endroit. J’aurais dû le conseiller de faire attention, tout comme j’aurais dû le faire dans le vaisseau, avant qu’il ne se fasse prendre. » Secouant la tête. « L’univers me punit. C’est le karma, j’en suis sûre. » « Tu n'es responsable de rien du tout. Tu n'aurais pas pu empêché Robb de se retrouver en prison le premier jour. Je ne pense pas que quelqu'un lui ait mis un couteau sur la gorge pour qu'il s'envoie en l'air avec Arwen, avec la femme d'un officier. Il était borné, presque autant que toi. Tu étais jeune alors. Il devait être responsable de toi pas l'inverse. Tu n'étais pas sa grande soeur, tu étais celle qu'il devait protéger. » Ton qui sonnait sec et tranchant. Ce n'était pas pour rien que le fossé s'était creusé. « Il s'est fait prendre. Cela serait arrivé un jour ou l'autre que tu étais là ou pas. Ce n'est pas ta faute s'il pensait pas par son cerveau. » Seulement le sexe qui le guidait alors pour ainsi dire. Et encore je n'avais pu que m'empêcher d'user de mots bien moins adapté. Gardant une certaine retenue. Il avait enfreint les règles. Il s'était fait prendre. Rachel qui n'avait rien à voir dedans, enfant. « Ta seule erreur autant mémorable fut d'avoir voulu défendre son honneur. » Emprisonnée pour avoir frapper un garde. Pointe de déception alors que j'avais du les séparer, fermer la porte de la cellule derrière elle. N'ayant pu fermer les yeux. En ayant autant voulu à Robb pour cela. La jolie brune qui n'aurait pas dû à se retrouver à défendre son honneur, derrière les barreaux. Visage qui se fermait alors que je me forçais de retrouver mon calme. C'était avant. « Peu importe, c'est dans le passé. Je lui en ai voulu assez longtemps pour ces conneries, et j'ai même été trop con comme lui d'attendre qu'il meure pour revenir complètement vers lui... » Pointe de culpabilité de retour. Une autre raison pour lequel je m'en voulais. Masque alors sur mon visage. Inexpressif alors que je n'en venais pas moins à me tourner de nouveau vers elle. « Mais dans aucun cas ce n'était ta faute ! Tu étais un enfant non de dieu, et c'est encore moins de ta faute s'il est mort sur terre tu m'entends ?! » Un poids qu'elle n'avait à porter.

« Tu en es la preuve, Chris, que malgré tout, vous auriez réussi à surpasser ça. [...] La lumière au bout du tunnel, c’t’une connerie inventée. » « Je ne sais pas si on était fort mais j'imagine qu'on voulait le croire. » Chacun qui voulait se croire invinscible mais cel n'était pas forcément vrai. Loin de là. Des fissures qui existaient. Des blessures parfois physiques et parfois invisibles à l'oeil nus. Des masques qu'on portait. Des sourires affichaient même si les pensées étaient toutes autres. Ce qui était véritable. Mais ce qui n'était dit. « Alors bat-toi, rend nous fiers ou ne serait-ce que moi. » Et pas moins des encouragements, espérant alors qu'elle se battrait. Ce que je voudrais qu'elle fasse. Un défi. Tentative encore. Ce que je pouvais espérer toujours. « C’est comme si tu m’aurais déjà perdu … je ne prends aucune joie à cette vie, si ce n’est que pour le bien des autres, et non du mien. » « Je ne t'ai pas encore perdu, et je ne compte pas le faire. » Des sous-entendus que je ne voyais pas. N'imaginant pas un instant que pour elle il ne s'agissait que d'une relation fraternelle. Des sentiments là. Inconscient de ce fait alors que je ne pouvais que la serrer contre moi sans la relâcher. Les pleurs qui viendraient après la colère. Morceau de sucre qui semblait sur le point de fondre au soleil pour le coup. Et autant tristement. Ce que je préférerai éviter. « Fais que ça cesse! Je ne veux plus de douleur, je ne veux plus … plus rien. » « Chuuut... » Murmure alors que je ne pouvais que rester près d'elle tandis que les larmes dévalaient ses joues, trempant mon haut. « Je suis là. Tout va bien se passer. Tôt ou tard la douleur va s'effacer et tu vas te mettre à sourire de nouveau. Pas forcément aujourd'hui mais tu vas y arriver. Je crois en toi mini-Miller et quoiqu'il se passe je te soutiendrai. »
(c) DΛNDELION

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Mar 19 Juin - 5:24


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Un véritable soulagement que de savoir qu’il respecterait ma décision de le voir, ou de ne pas le voir, plutôt, dépendamment de la journée où il se pointe. Incapable de simplement lui dire de partir, de ne plus revenir, car le connaissant, il ferait exactement le contraire. Tenant à ce que j’aille mieux, quoique que j’en doutais. Pas tant la force de marcher de l’avant, mais plutôt de rester dans le moment présent, sans grande appréciation du reste. L’impression qu’il viendrait m’embêter, comme il le faisait sur le vaisseau, que je ne réussirais pas à l’éviter comme avant. Bien plus difficile d’effectuer un tel tour de passe-passe maintenant qu’il me savait instable. Il me faudrait revoir ma manière d’interagir avec tout le monde, éviter qu’il ne vienne me voir pendant que je suis en plein milieu du repas. Une discussion qui se ferait plus abrupte et dont je ne pourrais que lui en vouloir. Ne pas lui faire part de tout ça, garder certains secrets pour moi. Une technique bien plus efficace, s’il me croyait plus ouverte à l’idée qu’il veille sur moi. Des sorties qu’il me faudrait calculées, l’heure du couché que je devrais avancée. Mimer la fatigue et le sommeil profond, comme je faisais pour le reste. « Je me tiens occupée, avec la cuisine et les repas, oui. » Pas vraiment un travail stressant, pas un poste bien demandant. Certains se donnaient corps et âme parce qu’ils aimaient la position qu’ils occupaient ou justement parce qu’ils voulaient aider les autres. Bien que j’eusse débuté dans cette toute dernière catégorie, je ne pouvais plus vraiment me décrire ainsi. La cuisine devenait un moyen de me concentrer sur autre chose et ne pas passer toute la journée perdue, dans un recoin, à fixer l’horizon, ou quelque chose dans le genre.

Pas tout à fait connectée au monde, pas toujours très présente. Mon esprit sautait d’un souvenir à l’autre, pour finalement s’écraser dans un fossé noir. La nécessité de ne jamais passé trop de temps dans un tel silence, de me tenir occupée, mentalement. Qu’importe, si j’avais l’air d’une morte-vivante, au teint blafard et aux cernes horribles. Au moins, j’étais là. « Pas la bonne moitié, crois-moi. Il ne reste qu’une coquille vide, une Rachel comptant sur ses tâches quotidiennes pour trouver une bonne raison de sortir de sa tente. Autrement, elle y resterait bien. » Ne cherchant même plus d’autre motivation. Les fleurs que j’aimais tant cueillir, je n’y touchais que si elles étaient nécessaires pour la cuisine ou l’infirmerie. Le jardin, je l’entretenais pour que tout le monde puisse manger des légumes et des fruits. Tout se basait sur les ‘besoins primaires’. Les autres besoins ne passaient simplement pas. La seule chose que je voulais réellement, je ne pouvais malheureusement pas l’obtenir. Ne me relayant rien que sur le vital, un état d’âme pas très agréable mais nécessaire. Pas étonnant que je tordis mon nez, en l’entendant dire qu’il suffisait de retrouver l’autre moitié. « Bonne chance. » La personne que j’étais devenue n’en voulait pas, voyait cette part d’elle-même comme faible et sans but réel. Coupée en deux, des reflets parfaits, mais les opposés l’un de l’autre. Devant expulser, pour mon propre bien, la Rachel trop émotive, quoiqu’une faible partie restait en permanence. Cette même faiblesse qui sourit brièvement en entendant la blague de Chris. « Petit hic, dans ce plan; je ne veux pas qu’on découvre ce qu’il m’arrive. Il y a bien une raison pour laquelle je n’en ai pas parlé à qui que ce soit. Des pancartes ne feraient que les alarmer alors qu’ils ne devraient pas s’en faire pour moi. » Zappé la bonne humeur, mon seul véritable talent, ces derniers temps. Non plus voir le bon côté des choses, comme avant. Mon esprit en était à un tel point que le côté négatif des choses ressortait plus rapidement que le reste.

Les ténèbres qui rendaient ma vision plus fade, qui me faisait voir des détails vraisemblablement horribles, mais bien vrai. Le mensonge qu’on répétait, qu’on nous enseignait, quand quelqu’un mourrait. Se trouver là, autour de nous, scrutant nos moindres faits et gestes, nous protégeant. Le spirituel qui disparut rapidement, une route que je ne voyais autrement que nous menant vers la mort, un point, c’est tout. Pas de réunion familiale, dans l’au-delà, pas de petits anges qui veillent sur les vivants. Un grand vide. La noirceur. Plus rien. « Si ça t’aide, de penser comme ça, alors fais comme tu le vois. Moi, je ne le sens nulle part. Il a juste cessé d’exister. Et rien ne me feras changer d’avis. » Regard vide, ne cherchant plus à faire sens de quoi que ce soit. « Mais au moins, ça m’a fait comprendre que la mort, c’est vraiment la fin. Il n’y a plus rien après. On vit comme on peut, en attendant de simplement ne plus rien voir ni ressentir. » Étrangement, cette dernière phrase semblait décrire parfaitement ma manière d’agir, ces derniers temps. Je faisais mon possible pour trouver une ligne droite assez simple à suivre, mais au long de la route, les couleurs passaient au noir et blanc.

Un morceau du puzzle qui manquait, pour que le ciel reprenne son ton de bleu, et que les fleurs regagnent une belle odeur parfumée. Celui que je chérissais plus que n’importe quel objet de valeur. À mes yeux, il était parfait, malgré ses fautes. Tout le monde en faisait, c’était humain. Je ne m’attardais pas sur ses détails, ne me remémorant que les raisons pourquoi j’avais le sourire d’étampé sur mon visage en le voyant débarqué. Une bulle que Chris ne put que venir percer avec son ton froid et son commentaire particulièrement critique. La haine subsistait donc encore. Pas étonnant, vu leur dernière discussion assez échauffée, mais tout de même assez triste. Ils étaient des amis, … ou c’était ce que je cru, pendant des années. « Peu importe ses défauts … il m’accueillit, il m’accepta, m’aida à ne pas me sentir mise de côté. Sans lui, j’aurais certainement grandi parmi des gens avec qui je ne me serais pas entendu, qui ne m’auraient pas traité de la même façon. Je n’en faisais pas assez pour lui … je n’en ai pas fait assez, même une fois sur Terre. » Les critiques que je n’aimais pas, la raison pour laquelle je frappais justement ce garde. « Il a commis des erreurs, c’est tout. J’en ai commis aussi, comme tu le dis. Mais la vérité est que je ne le regrette pas. Peu importe ce que Robb a fait, ce n’est pas une raison pour parler en mal de lui quand il n’est pas là. Ce garde l’a cherché, et à vrai dire, je n’hésiterais pas à le refaire. » La rage qui m’emportait dans des recoins plus noirs. Le besoin de m’éloigner de ces pensées, cependant, car je savais parfaitement qu’elles me causeraient plus de tort. Me rappeler le visage de Chris, alors qu’il refermait la grille juste devant moi me tordait le cœur à chaque fois. « S’il est mort sans savoir tout ce que tu ressentais, alors ça ne vaut pas la peine d’y repenser. Vivre avec ce genre de regrets, ça te tue de l’intérieur. T’as juste à me regarder pour le voir. » Le feu qui semblait s’éteindre, petit à petit. Même mon vague espoir d’avouer mes sentiments à Chris disparaissait. « Je suis incapable de voir ça autrement. J’ai blâmé tout le monde, et puis personne … mais de ne laisser ça qu’au destin, c’est pas assez. C’est plus facile de me pointer du doigt que de croire qu’il n’y a aucune explication à tout cela. » Un fardeau que je transporterais certainement avec moi. Un voile sur mes yeux, m’imaginant d’ici quelques années exactement à ce même stade, quoique la solitude serait d’autant plus présente, vu que je repousserais continuellement les autres.

Les armes déjà rendues, je n’étais plus qu’un petit bateau voguant au gré des vagues, attendant celle qui l’emportera. Pas assez forte jeter l’ancre ou hisser les voiles, aimant presque rester là où les choses semblaient compliquées. Regardant avec une pointe de jalousie ceux et celles qui retrouvaient la terre ferme rapidement. Exactement de la même manière que j’observais Chris, Devos et Robb, ces trois hommes avec une force phénoménale, non pas juste physique, mais mentale surtout. Ils retombaient toujours sur leurs pattes, alors que moi, je restais plus longtemps perdue, à réfléchir, mon lapin en peluche jamais bien loin. Qu’il le croit ou non, à mes yeux, il l’était. Il avait surpassé bien des choses, il avait su s’adapter très rapidement à cette vie sur Terre. Si j’en avais fait autant, je le devais à mon frère, qui me poussait constamment dans le dos, pour que j’apprivoise un peu mieux les environs, me livrant ainsi à ma passion pour l’aventure. « Je suis vraiment désolée, Chris, mais je n’ai plus la force de me battre. Cela ne me rapportera rien, que de revenir aux sentiments, que de repasser par cette sensation que je perds le contrôle, que le sol se dérobe sous mes pieds. Je ne veux pas la fierté, je n’en ai jamais voulu, de toute façon. » Des encouragements qui ne tombaient pas dans l’oreille d’un sourd, mais qui se faisaient engloutir par les pensées plus sombres, incapable de surpasser la noirceur qui entourait mon cœur. « J’en ai presque honte de dire ça, mais moi … mais moi j’ai tout perdu en perdant Robb. J’ai beau avoir tout ces gens qui essaient de me parler, je me sens seule. Je comptais sur lui pour me montrer le bon chemin … mais je m’en sens incapable maintenant qu’il est parti. » L’amertume présente, avec les minutes qui passaient, sachant parfaitement qu’il ne s’agissait pour lui que d’une relation fraternelle, que mes chances d’une évolution quelconque n’existent plus. Même si avec le temps, je réussirais à surpasser le reste, je ne sais pas si je resterais plus longtemps au campement, en sachant qu’il n’est pas loin. Voir l’inatteignable, jour après jour, c’est insupportable. Encore ces futilités émotives, ces sensations que je voulais éradiquer de mon esprit. Révolte verbalisée soudainement, mais qui cessa dès que je l’entendis murmurer. Les larmes qui cessèrent finalement de couler, alors qu’il ne me restait que les hoquets. « Pourquoi est-ce que tu t’entêtes à vouloir m’aider? Je ne veux pas sourire parce que ça voudra dire que j’ai passé cette étape, que sa mort ne m’affectera plus. » D’écouter son cœur battre dans un rythme si répétitif me permit de me détendre un peu, me surprenant même à vouloir fermer les yeux. L’envie de m’endor … Non! Je ne pouvais pas m’endormis. J’avais encore des trucs à faire, puis de toute façon, je referais le même cauchemar, me réveillant en sursaut et m’empêchant de retomber dans les bras de Morphée. Un autre vrai périple, cependant, que de se battre contre ce besoin vital.
(c) DΛNDELION

avatar
01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
- Whatever it takes -


Sujet: Re: Surrender #rachris
Mar 19 Juin - 21:37


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« Pas la bonne moitié, crois-moi. Il ne reste qu’une coquille vide, une Rachel comptant sur ses tâches quotidiennes pour trouver une bonne raison de sortir de sa tente. Autrement, elle y resterait bien. »  « Bonne chose que je sois là alors. » Note de moquerie. Comme avant je ne pouvais que lui confirmer que je comptais bel et bien la faire sortir de sa tourmente. Comptant bel et bien la faire sortir de cette sphère. Comptant bel et bien lui rendre visite à son campement ou m'assurer qu'on veillerait sur elle, même si cela ne serait pas chaque jour ou tout le temps. La mission de sauver le soldat Rachel qui était lancée. Et brin de légèreté alors que je tentais de faire craquer un sourire sur son visage. « Petit hic, dans ce plan; je ne veux pas qu’on découvre ce qu’il m’arrive. Il y a bien une raison pour laquelle je n’en ai pas parlé à qui que ce soit. Des pancartes ne feraient que les alarmer alors qu’ils ne devraient pas s’en faire pour moi. » Si dramatique. « Très bien je n'en parlerai pas précisément.. » Ne promettant pas de ne pas leur demander de veiller sur elle, simplement de ne pas forcément préciser le sujet. « Tu sais que voir tes amis pourrait te faire du bien, te changer les esprits ? Je suis sûr que Devos serait ravi que tu viennes le voir, ou que je serai ravi si tu venais me voir moi. » Doutant qu'elle irait jusqu'à là, mais tentant bel et bien de faire quelques propositions sait-on jamais.

Des avis qui divergeaient. Et peut être que j'aurai été plus du même avis avant, mais plus maintenant. Vision qui changeait qui ne demeurait jamais fidèle. Des propos qu'elle tenait là mais qu'elle ne tiendrait pas forcément dans quelques jours. Alors je ne pouvais que la laisser parler. Toujours aussi entêtée. Une partie que je n'emporterai pas aujourd'hui. Préférant me satisfaire plutôt de ce qui était acquis ou du fait qu'elle n'avait pu que reprendre la parole, qu'elle avait commencé à se confier. Un début de nouveau.

« Peu importe ses défauts … [...] je n’en ai pas fait assez, même une fois sur Terre. » « Et je n'ai pas dit qu'il n'avait pas de bons côtés. Mais... tu sais quoi cela importe pas. » Levant les mains en l'air en signe de reddition. Ne voulant pas me disputer avec elle à ce sujet ou sur le fait qu'il l'idéolisait tout simplement, comme s'il était un Dieu alors qu'elle lui avait toujours trouvé des excuses avant. Là aussi le cas. N'étant pas tout blanc ou tout noir. C'était plus compliqué que cela. Chaque personne qui était compliquée. Et à la fin de la journée, il restait mort. Seuls les souvenirs continuaient de perdurer à la fin. « Il a commis des erreurs, c’est tout. J’en ai commis aussi, comme tu le dis. [...] Ce garde l’a cherché, et à vrai dire, je n’hésiterais pas à le refaire. » La rage qui était là. Elan de colère. Colère qui se peignait sur ses traits alors que les expressions de son visage se transformaient. Un volcan camouflé derrière des murailles. « S’il est mort sans savoir tout ce que tu ressentais, alors ça ne vaut pas la peine d’y repenser. [...] T’as juste à me regarder pour le voir. » Sujet sur lequel je me refermais à mon tour. Peut être parce que je n'aimais pas la tournure de la conversation ou alors parce que je ne pouvais que lui répondre un peu plus froidement. « Alors c'est une bonne chose qu'on s'est tout dit. » Ton froid mais aussi une pointe de légèreté ou un soupir qui sortait de ma bouche. Un sujet toujours difficile alors qu'autant qu'elle prétendait ne plus vouloir entendre parler de lui, elle ne pouvait que prendre sa défense, proclamer le refaire alors même qu'elle disait qu'à ses yeux il n'existait plus. Contradictions. Loin de l'avoir oublié visiblement. « Je suis incapable de voir ça autrement. [...] C’est plus facile de me pointer du doigt que de croire qu’il n’y a aucune explication à tout cela. » « J'ai jamais dit qu'il était facile d'accepter cette explication... » N'ayant pas non plus dit que je l'avais encore totalement accepté, alors que je continuais de ressentir cette pointe de la culpabilité. Mais à la différence, je n'avais pu que faire mon deuil. Toujours là. Ayant tiré un trait sur les rancunes du passé. Des histoires d'avant qui nous avaient fait perdre du temps, conscient que je changerait cela si c'était possible. Mais il n'était pas possible de remonter le temps ou même d'inverser le rôle de la Faucheuse.

« Je suis vraiment désolée, Chris, [...] Je ne veux pas la fierté, je n’en ai jamais voulu, de toute façon. »
« Tu ne le sais pas, mais pour moi tu continues de le faire. » Ce que j'avais l'impression qu'elle faisait, certes elle ne le faisait pas de toutes ses forces. Mais à cet instant elle ne pouvait que me parler, se livrer. Ce qu'elle n'avait pas fait avant. La difficulté de la convaincre de mes propos ou même de trouver une raison pour laquelle elle pouvait se battre. Cela restait son choix, de se battre ou non. Ne pouvant que l'appuyer du mieux que je le pouvais, tout ce qui était en mon possible.

« J’en ai presque honte de dire ça, mais moi … mais moi j’ai tout perdu en perdant Robb. [...] mais je m’en sens incapable maintenant qu’il est parti. »
Un visage impassible même si à vrai dire une part de mon ego en prenait un coup. Tentative de ne pas s'offusquer alors même qu'elle m'indiquait que je ne faisais pas partie de l'image, du tableau. Peut être qu'elle n'avait pas tort mais dans un autre sens, elle faisait partie de ma famille. Visiblement hors du tableau qu'elle dessinait elle. Alors je ne pouvais que me taire sans savoir exactement quoi lui répondre, gardant le silence pour ne pas non plus prononcer une phrase que je pourrai regretter par la suite. Ne voulant l'offusquer ou la voir se refermer de nouveau alors même qu'elle continuait de s'ouvrir doucement. Ce qui comptait. Comptant qu'elle puisse continuer de parler. Parler aider. Enfin ce que j'en venais à dire maintenant, que plus cynique alors que je n'avais pas du tout appliqué ses conseils, que je n'avais pu que me refermer sur moi-même et rester silencieux. Mais elle était différente. La situation qui n'avait pas à se répéter.

« Pourquoi est-ce que tu t’entêtes à vouloir m’aider? Je ne veux pas sourire parce que ça voudra dire que j’ai passé cette étape, que sa mort ne m’affectera plus. » « Je te l'ai dit, tu fais partie de la famille, je ne vais pas te laisser derrière. » Ne comptant pas l'abandonner. Un sourire qui naissait sur mon visage alors que je pouvais reprendre la parole l'instant d'après. « Et je ne pense pas que le but est que sa mort ne t'affecte plus, juste de se rappeler les bons moments. Mais j'imagine que je te donnerai la réponse quand je l'aurai réellement trouvé. » Une réponse que je cherchais toujours. Des hauts et des bas. Des moments qui se superposaient. Des moments qui étaient plus satisfaisants que d'autres. Parfois l'impression qu'il n'y avait plus rien pour nous retenir. Parfois l'impression qu'on avait plus aucune raison de se battre. Mais étrangement peu importait le temps, peu importait les jours, on revenait toujours sur le ring. Peut être parce que l'espèce humaine avait un instinct de survie particulièrement développé. Ce que je ne saurai dire, ce que j'imaginais. La volonté finale de vivre, de ne pas trouver la mort. Cet instant où tout menaçait de basculer. Arrivant ce qui devait arriver. Ne pensant pas qu'elle se sentirait forcément mieux demain mais j'espérai oui qu'une progression existe, que son humeur change vers le mieux. Petits pas de bébé. Des pas qui pouvaient être petits alors que tout ce qui comptait étaient qu'ils mènent dans la bonne direction.

(c) DΛNDELION

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Mer 20 Juin - 5:55


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« On dirait que tu débarques toujours quand on s’en attend le moins. » Pas une critique, loin de là. Je ne croyais simplement pas le croiser ici, pas en ce moment. Ou peut-être était-ce plutôt l’espoir de l’éviter, juste pour qu’il ne me voit pas ainsi, sachant qu’il viendrait à me pousser dans la bonne direction. La bulle dans laquelle je me trouvais me protégeant de ce chemin trop sinueux, pleins d’obstacles éprouvant pour quelqu’un comme moi. J’essayais de taire tout ce qui me rendait instable, de mettre un terme aux larmes, à la douleur, question que celle-ci ne me prenne plus au dépourvu, qu’elle ne m’affecte plus. Une décision qu’il n’accepterait pas, j’en était certaine. Il avait beau dire verbalement qu’il ne reviendrait pas là-dessus, mais je le connaissais trop bien pour prendre sa promesse au sérieux. J’en eus la preuve en l’entendant parler des pancartes à afficher, ainsi qu’aux termes qu’il utilisa. ‘Précisément’. Comment faire pour en alerter les autres et ne pas leur dire tout? Il discuterait de ça avec mes amis proches, ou du moins ceux qui l’étaient avant que je ne vienne à m’en éloigner, doucement. J’avais foiré. J’aurais vraiment dû prétexter devoir revenir au campement. À la place, me voilà qui devait maintenant envisager mes prochaines conversations avec les autres, les rendre plus courte, dire que je n’avais pas le cœur à parler. « Je n’ai rien à leur dire, Chris, et je ne crois pas qu’ils s’attendent à passer du temps avec moi, silence, ou que je réponde avec de simples hochements de tête. Devos doit être occupé, et toi aussi, tu l’es. On l’est tous, on a des responsabilités importantes. » Je n’irais certainement pas jusqu’au campement de l’Odyssée juste pour les visiter. Je n’avais pas la force ni le cran pour ça. Je préférais traîner dans les alentours, question de chercher de nouvelles plantes. C’est tout.

La spiritualité, un sujet qui ne m’intéressait déjà pas, mais qui m’affolait, maintenant. N’ayant plus vraiment de vision bien optimiste, traitant la mort comme le fait physique, la personne qui disparait à jamais, qu’on ne revoit plus. Pas d’autre chance, pas de place dans l’au-delà, juste cette vie. Une seule chance, et dès que celle-ci s’envole, eh bien c’est la fin. Pas de preuve que Robb me surveillait de là où il se trouvait, pas de réponses à mes questions ni de signe. À chaque fois que j’essayais de lui parler, c’était le silence qui me répondait en retour. Ainsi, vu le manque de conséquences ou de remontrances, je ne bifurquais pas de la route sur laquelle j’étais engagée. Mon doute, cependant, est qu’il n’en a fini que pour aujourd’hui, qu’il retenterait sa chance une prochaine fois. Il me fallait être aux aguets, puisque cela voulait dire qu’il viendrait me voir sans que je ne m’en attende.

Une certaine crainte mon état actuel ne s’aggrave, que chaque pas qu’il fasse vers moi me force à m’éloigner, à m’enfermer. Sa présence qui me ferait tout de suite penser à notre conversation de ce soir, à nos mains retours sur nos passés communs, et bien sûr, celui de Robb. Une personne pas de mon sang, mais pourtant, que je voyais comme tel. Un frère sans l’être, quelqu’un avec qui j’avais une certaine complicité. Le refus que d’entendre parler de ses défauts, marque sur un tableau parfait, à mes yeux. Ma perception des zones de gris qui disparut, moi qui ne voyait que le noir et le blanc. Une étrange sensation, comme si mon esprit n’arrivait plus à voir au-delà des frontières, qui se gardait de trop réfléchir. Parfois, des chamboulements soudains, des moments où je laissais entrevoir un sentiment plus fort que les autres. Cette fois-ci, c’était la rage, alors que je me remémorais les traits de son visage, en m’enfermant, après que je me sois jetée sur un garde. Attaque que je ne regrettais pas. Ces futiles remords qui ne servent qu’au tourment, y compris celui de Chris, probablement. En tout cas, vu sa brève réponse, je ne pouvais penser autrement. Un sujet qui devait l’affliger tout autant que moi, à vrai dire, vu que les premiers jours suivant son décès, je me mis à écrire une longue liste des non-dits que j’aurais dû lui avouer. « Pourquoi est-ce qu’il faut que tout soit si compliqué? Je déteste ça. » Voulant au minimum avoir un moyen d’expliquer logiquement sa mort. Une nécessité que de voir la raison d’un départ aussi soudain, n’acceptant le simple ‘destin’.

« Ce n’est que pour un moment. Pour l’instant, tout cela me semble plus logique, je parle plus qu’à l’habitude. Mais je reviendrais à mes habitudes rapidement. » Pas vraiment l’impression qu’une seule conversation servira à changer mon point de vue, à incorporer ces changements dans mon quotidien. La présence plus constante de Chris, Liam, Ali et Devos, aussi, qui devrait probablement aider. L’idée de ne plus être seule dans ma tente qui fit soudainement apparition, mais que j’éloignais presque immédiatement. Non. Je ne serais pas capable de tenir ce masque très longtemps, si je passais le plus clair de mes soirées avec de la compagnie. Ne rien lui dire, de peur qu’il ne se mette à préparer son plan d’attaque rapidement et contacte certains amis proches pour leur demander leur avis.

Et comme toujours, vint le moment de la gaffe cruciale. Une autre des raisons pourquoi je ne voulais pas nécessairement parler avec les autres. Des mots qui ne sortaient pas vraiment de la façon que je souhaitais, qui étaient trop directs, mal interprétés, et qui, selon le silence de Chris, pourraient facilement faire changer la donne, me rendre plus intolérable à leurs yeux. « Je ne voulais pas … j’ai … encore gaffé, tu vois? Je savais à quoi m’attendre quand il était là. Sans lui, les choses ont changé, on m’a passé une carte sans explication, on m’a foutu au beau milieu de nulle part sans boussole. Je ne sais pas si mes explications sont claires, mais en aucun cas ça ne remet en doute ta place dans ma vie. J’ai simplement beaucoup de mal à rouvrir les portes, à accueillir les gens et à prendre les mains que l’on me tend. Rien que sa mort m’a mis dans cet état. Je n’ose pas imaginer ce qui m’arriverait, si toi, ou Devos, ou Ali, ou Liam ou Tael ne meure. J’en perdrais certainement la tête. » La terreur que de devoir revivre toutes les premières étapes du deuil et en arriver exactement au même point, mais avec le double de douleur et de chagrin. « Si c’est pour empirer mon cas, je préfère juste être perdue. » Ma plus grande peur; qu’il arrive malheur à Chris. Sans lui, c’est sûr et certain que je laisserais doucement périr.

Oui, c’est vrai, je l’aimais. Plus qu’un frère, un sentiment particulièrement fort. Mais on était de la … famille. Rien d’autre. Mes yeux qui ne supportaient pas le fait de le fixer, préférant simplement regarder le sol, devant moi. « Je ne veux pas que tu perdes du temps à essayer de m’aider, si jamais tu as trop de trucs à faire, ou que tu veuille passer du temps avec tes amis. » Sa vie qui ne devrait pas s’arrêter par ma faute. Moi, la seule à blâmer s’il comptait passer trop de temps au campement des Cents, à la place du sien. « Les bons moments ? » Il y en avait beaucoup. Tous ou presque sur le vaisseau. Tous très difficiles à se rappeler, me laissant toujours désemparée, en proie à une désolation horrible. « Ça me fait trop mal au cœur que d’y penser. » Cette dernière pensée plus pour moi que pour lui. Lui avouant tout de même ça, car il en savait déjà beaucoup. Il ne me servait à rien de lui cacher quoi que ce soit. « Si tu la trouve … » Je m’accrochais à lui. Les larmes séchaient enfin, les soubresauts avaient cessé aussi. Je ne reprenais pas nécessairement le poil de la bête, mais au moins, je trouvais la force de me calmer, maintenant. Soudainement, les gargouillis d’estomac, débarquèrent, comme pour alléger l’ambiance. Oh, je n’avais pas d’appétit. Pas depuis quelques jours. Tout ce que j’essayais de manger ne restait pas bien longtemps dans mon estomac. Non, ce n'est pour autant que j'irais voir un stupide docteur.
(c) DΛNDELION

avatar
01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
- Whatever it takes -


Sujet: Re: Surrender #rachris
Ven 22 Juin - 7:51


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« On dirait que tu débarques toujours quand on s’en attend le moins. » Ce qui état peut-être le cas. Ne sachant si je devais prendre cela pour un compliment ou non. N’ayant encore déterminé si c’était une remarque plus ou moins hostile de sa part ou non. Ce qui pouvait être autant le cas. Il n’était pas forcément appréciable de constater qu’une personne en venait toujours à débarquer dans sa vie au moment où vous attendez le moins. Ce que je faisais un peu bien qu’en soit cette arrivée avait plutôt été annoncée. Arrivée qui avait été bel et bien annoncée alors que je n’avais pu que roder sur son campement, la chercher. Y ayant croisé Raya si ce n’était Solveig. Mais aucune des deux ne connaissait l’emploi du temps de la jolie brune ou ne l’avait vu récemment. Ce qui ne pouvait que me conduire à renouveler tentative après tentative. Et finalement, c’était elle qui m’avait trouvé. Enfin, ce n’était pas comme si elle me cherchait. Cela ne faisait aucun doute que si elle n’avait pas été certaine que j’allais me rendre compte de sa présence, qu’elle serait partie en courant. Et désormais nous en étions là à nous observer ou plutôt j’en été là à tenter de lui remettre du plomb dans le crâne. Nullement certain que j’y arrivais. « Je n’ai rien à leur dire, […] On l’est tous, on a des responsabilités importantes. » « C’est vrai on a tous nos responsabilités mais c’est pas cela qui va empêcher personne de prendre soin des amis, de la famille. » Des responsabilités qui seraient toujours aussi là demain. Ce qui ne fonctionnait pas toujours ainsi.

« Pourquoi est-ce qu’il faut que tout soit si compliqué? Je déteste ça. » « Je ne sais pas ». N’ayant aucune idée de pourquoi le monde était si compliqué. Mais ce n’était pas ce fait qui était difficile à gérer. Non ce qui était plus difficile à accepter était le sentiment d’impuissance qui s’ensuivait. L’impression d’avoir les bras liés. Sentiment des plus détestables. Le monde qui resterait toujours aussi compliqué demain. Des faits pour lequel il n’était pas possible de trouver une réponse. Ce qui n’était pas facile à accepter mais qui était parfois le cas. Ce qui arrivait. Se torturer le cerveau dans tous les sens qui n’y changerait rien autant qu’on voudrait que ce soit le cas. Certains faits qui se réalisaient peut être pour de bonnes raisons. Certes, on cherchait toujours une explication mais à vrai dire ce n’était pas tous les jours, pas à chaque fois qu’on en avait la réponse. Et cette réponse-ci qu’elle cherchait, je ne l’avais pas. Prêt à lui soutenir que peut être tout était si compliqué pour une bonne raison, mais là non plus cela n’aurait pas réellement de sens. Doutant qu’elle accepte aussi facilement cette idée. Doutant qu’elle soit juste prête à accepter que ce qui était arrivé était arrivé sans aucune réponse à la clef. Doutant qu’elle soit prête à accepter que si le monde était compliqué, c’était comme ça. Tentant un sourire pas moins. « Arrête de te torturer le cerveau, tu vas te faire des nœuds ». Touche de moquerie alors qu’autant qu’elle était fatiguée, elle restait entêtée. Me demandant si ce genre de problèmes la tenait éveillée la nuit. Des cernes sous ses yeux qui m’indiquaient qu’elle non plus, elle ne dormait pas beaucoup. Fait qui s’était calmé même si parfois les insomnies étaient bien de retour. N’insistant pas alors qu’elle n’avait pu que me donner les raisons de cette quête vaine du sommeil, ou du moins il m’était fort possible d’additionner a et b.

« Ce n’est que pour un moment. Pour l’instant, tout cela me semble plus logique, je parle plus qu’à l’habitude. Mais je reviendrais à mes habitudes rapidement. » Haussant les épaules d’un ton nonchalant. Ce qui pouvait se passer en effet. Mais au contraire, elle pouvait se mettre à parler tout autant plus, que petit à petit les pas qu’elle en venait à emprunter l’entraînent dans la bonne direction. Ce que j’espérai mais ce dont je n’essayais pas forcément plus de la convaincre, quoique face à certaines paroles prononcées le silence ne pouvait être que de mise. Commençant à mon tour à me renfermer, autant que je ne pouvais que m’efforcer contradictoirement à me détendre. Le passé qui restait le passé. Devant faire autre chose que jeter un coup d’œil derrière mon épaule si je voulais continuer à avancer. Alors je ne pouvais que lever les mains au ciel, comme pour lui faire comprendre que j’abandonnais cette partie.  « Je ne voulais pas … j’ai … encore gaffé, tu vois? […] Je n’ose pas imaginer ce qui m’arriverait, si toi, ou Devos, ou Ali, ou Liam ou Tael ne meure. J’en perdrais certainement la tête. » « Tu sais que l’inverse serait aussi vrai hein ?! » Ne considérant pas qu’elle avait gaffé, n’ayant juste pas la même opinion que moi sur certains sujets. Et ne voulant définitivement pas me chamailler alors avec elle. « Tu as pas gaffé tu sais. Et en soit si tu n’oses pas imaginer ce qui se passerait si on mourrait, ce qui arrivera forcément un jour ou l’autre que ce soit programmé pour demain ou non, penses-tu vraiment qu’il est nécessaire que tu uses tout ce temps pour nous éviter ? J’ai fait pareil, et j’ai juste perdu du temps. Des moments que je pourrai jamais remplacer parce que c’est que du temps perdu. Vraiment fais pas comme moi. Fais pas les mêmes erreurs alors qu’on pourrait s’accrocher à ceux qu’on aime et profiter avant que la mort s’empare de nous à tour de tour. » Ce qui arriverait un destin qui n’était pas programmé en avance mais chacun qui finirait par mourir. Certains qui mourraient plus rapidement que d’autres, certains qui mourraient des années plus tard. L’impossibilité de savoir de quoi demain sera fait. Ayant mis trop de temps à réaliser ces faits. Maintenant il n’y avait que les regrets, et il était certain que je préférerai qu’elle ne vive pas avec.

« Je ne veux pas que tu perdes du temps à essayer de m’aider, si jamais tu as trop de trucs à faire, ou que tu veuille passer du temps avec tes amis. » « Tu sais que la famille passe avant le reste. » Voix qui me criait que j’étais un menteur, que le mouvement rebelle passait avant. Mensonge enveloppé dans un papier cadeau alors que j’avais fait passé les rebelles avant Ailina, que je ne m’en étais pas voulu. Tourbillon qui manquait de m’emporter alors qu’elle reprenait la parole.  « Les bons moments ? » Hochement de tête peut être alors un peu trop forcé. « Ça me fait trop mal au cœur que d’y penser. » Et n’ayant rien à dire cela car autant qu’il était apaisant de se remémorer les bons moments, c’était aussi douloureux. Ce qu’on savait tous deux. « Si tu la trouve … » « Je te le dirai, promis. » Sourire dessiné sur mon visage et mon regard qui se reposait un peu plus loin sur les fleurs abandonnées sur le sol. Et soudain son ventre qui gargouillait. « Ok tu as définitivement faim ! Heureusement que j’ai pensé à tout ! » Et venant doucement à me décoller d’elle, non sans m’assurer qu’elle allait plus ou moins bien. Repartant chercher mon sac que je ne tardais à ouvrir. « Par contre, je t’avoue que c’est toujours aussi peu mon dada. Enfin on pourra peut être faire un truc de potable, si tu m’aides. » Proposition délicate de savoir si elle voulait m’aider. Conscient et sans doute elle aussi, qu’elle serait fort utile. « Puis, tu sais que j’ai besoin que toi sinon je risquerai de nous empoisonner tous deux. Mourir par intoxication alimentaire, pas la mort que je choisirai en premier. » Ton plus léger malgré la plaisanterie autant douteuse. Pourtant ce qui était vrai, alors qu’autant que j’essayais désormais de donner un coup de main de ce côté je n’étais pas aussi douée qu’elle, si peu.
(c) DΛNDELION


Dernière édition par Chris Wilson le Mar 3 Juil - 14:33, édité 1 fois

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Lun 2 Juil - 7:20


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Pas tant une critique, que de m’exprimer ainsi. Déjà, à l’époque, il arrivait toujours de façon impromptue, prêt à discuter avec mon frère et à partir rejoindre le reste de leur petit groupe d’amis. Apparu à l’improviste aussi, quand il m’escorta jusqu’à ma cellule, ou quand l’Odyssée débarqua sur Terre et qu’on se retrouva tous. Le hasard qui faisait supposément bien les choses. Sauf maintenant. M’enfin, pas que je ressente pour lui une quelconque haine. Je crois que j’avais surtout planifié de garder mes problèmes pour moi, de ne pas encombrer qui que ce soit avec. C’est exactement pour cette raison que j’évitais Chris quand il venait faire le tour du campement. N’ayant pas d’horaire fixe, il n’y avait personne pour lui indiquer où me trouver et à quel moment. À quelques reprises, je le remarquais, de dos, en train de discuter avec Raya, mais dès que c’était le cas, je me retournais et partait rapidement. Trop d’explications, et surtout, pas la force de garder le poids de mon chagrin pour moi. Il possédait le talent que de voir à travers mes masques et mes mensonges. La preuve était juste là, devant mes yeux, alors que je révélais bien plus que je n’aurais voulu. Une discussion que je ne pus contourner, en fin de compte. Pire encore, il ne cessait de me faire changer d’idée, comme si Chris croyait que cela fonctionnerait si facilement. Des relations humaines dont je ne voyais plus tellement l’utilité, surtout puisque chacun avait ses tâches routinières. « Prendre soin, prendre soin … je n’aime pas tant cette tournure. Je ne suis pas un enfant, je peux très bien me passer de supervision. » L’idée d’épine dans le pied qui refaisait surface, comme si, à mes yeux, j’étais beaucoup trop de travail à moi toute seule, et que les cents devaient continuer à faire avancer les choses pour la survie de tous.

Mais rien n’était aussi simple. Rien de blanc et de noir, pas complètement, en tout cas. Beaucoup trop de zones grises, ce qui me complexait constamment, et la réponse de Chris ne me rassura aucunement. N’y avait-il donc personne pour m’expliquer pourquoi la vie était devenue si compliquée, à mes yeux? Quoique cela fasse bien plus longtemps que cela en réalité, il me semble qu’hier encore je me promenais candidement parmi les arbres, ne me posant pas vraiment de questions. Ne songeant pas au futur, essayant de ne pas trop rester coincée dans le passé … il n’y avait que le moment présent, qui comptait. Une manière de voir les choses à première vue bénéfique, question de faire son deuil, mais qui en réalité, me brisait le cœur. Les jours qui passaient comme des années, chacun plus fade que l’autre. La vie avait perdue de sa beauté et peut-être aussi de son intérêt. Pas tant célébrer le fait d’avoir survécu un autre jour, mais bien de se dire que je pourrais remplir les estomac vides des jeunes au campement. Oui, j’avais trouvé une utilité, à ma présence ici. Rien de plus. Mon esprit ne voulait penser à rien d’autre, le fait de ne pouvoir rien faire de plus l’énervant déjà bien assez. « Mon cerveau un vrai nœud géant, tellement j’me repose toujours les mêmes questions. » Ne pas donner d’explication à sa mort était insoutenable. Il fallait trouver quelqu’un à blâmer. La réalité du karma ou du destin qui ne me plaisait guère, n’ayant pas le contrôle sur ça. De l’insomnie constante qui me donnait trop de temps pour réfléchir à tout ça.

Changement d’attitude qu’il croyait sincèrement être le début d’un retour à la normale. Oui, je lui faisais la conversation. Oui, je lui révélais ce qui clochait depuis un bon moment. Cependant, je ne me voyais pas rentrer dans le moule d’avant. Cette Rachel-là n’existait plus du tout. Ma vision des choses évolua bien trop pour que j’en revienne à la personne d’avant. Faux. Il y avait bien un défaut qui me suivait encore aujourd’hui, et c’est le manque de réflexion. En effet, en parlant du passé, un peu par inadvertance, je me mis à dévoiler les pensées noires de mon temps en cellule. Je lui en voulu terriblement, à Chris, de me juger ainsi. N’était-ce donc pas le rôle d’une sœur que de vouloir tout le bien du monde pour son frère? Je l’idolâtrais, certes, mais au moins, j’eus quelqu’un avec qui parler. Je ne retrouvais pas seule, placée dans une famille qui n’aurait pas voulu de moi. Sa réaction, donc, à mes propos un peu trop tranchants, je la remarquais. Il se renfermait, exactement comme avant. Une nécessité que de demander pardon, d’une certaine manière, expliquant ensuite pourquoi j’érigeais es murs entre moi et le monde. « Peut-être. Mais je n’ai pas la même capacité que vous à tourner la page et continuer mon chemin. » Alors qu’eux, ils continuaient sur le bon chemin, j’étais de celles qui regardait les différentes directions sans jamais prendre de décisions. « Je sais, ça peut paraître contradictoire, mais en adoptant cette façon de vivre, je m’évite d’aggraver mon état actuel. En ne m’accrochant à personne, je ne reçois pas une autre vague géante de tristesse. Je nage, je reste la tête hors de l’eau … ça me permet de continuer. J’ai des bons souvenirs, c’est tout ce qui m’importe. » Faux. Le fait est que j’étais dans un entre deux terrible, où me remémorer de mon temps avec Robb me laissait hors de moi, alors qu’en comparaison, repenser à ceux et celles avec qui je m’entendais bien me faisait ressentir beaucoup de mélancolie. Je ne savais pas, en fait, ce qui était vraiment mieux, entre ces deux sentiments. Probablement aucun qui n’aide à changer les idées.

La famille. Le mot qui avait le plus perdu de son éclat. Oui, Chris était cher à mes yeux. Mes amis aussi. Mais … est-ce qu’ils pourraient réellement remplacer ce que j’avais perdu? Non. Comparer les trois est un vrai crime. Chacun m’a apporté … et m’apporte encore aujourd’hui, pour certains, un bref moment de joie. Ces quelques instants où j’affichais un maigre sourire sans qu’il ne soit forcé, ils se font malheureusement de plus en plus rare. Rien du jour à jour ne me laissait épanouie. Impossible que de voir dans cet état-là. L’épanouissement, c’était pour quelqu’un d’autre, mais pas moi. Un haut le cœur me saisit, en pensant à ça. Malgré tout, il ne broncha pas. J’avais beau lui lancé phrase après phrase, toutes très dépressives, il continuait à trouver le moyen de sourire. Promesse tenue, comme quoi il trouverait une juste explication à tout ça. Le silence s’établit ensuite, mais seulement quelques instants. Bientôt, mon ventre se mit à gargouiller, indiquant ma fin de loup. Chris ne perdit pas une seconde, se décollant doucement de moi, se rassurant que j’allais aussi bien que je le pouvais, avant de partir chercher son sac. En l’ouvrant, il ne put s’empêcher d’indiquer son manque de connaissance en ce qui attrait à la cuisine. « Te fie pas aux gargouillements. Je n’ai pas un appétit d’ogre, quoique que mon estomac pense le contraire. » Chris fit également référence à notre fameuse aventure en mer, quand j’aurais supposément ‘presque’ causé une ‘intoxication’ alimentaire, avec ma cuisine. Oh, il en avait, de la chance, que je ne m’emporte pas autant qu’avant. « Intoxication alimentaire? Non mais je rêve. Ce n’était pas si mal, d’accord? La preuve; t’a survécu. » Il avait réussi à détendre un peu l’atmosphère. Cette énergie plus positive, j’absorberais ce qu’il faut pour ce soit, avant que je ne retombe dans la routine. « Si tu veux donc tenter ta chance, avec le repas, il faudrait avant tout faire un feu. Les aliments crus, entre autres certaines plantes, sont dangereuses à consommer sans passer par un processus de cuisson ou de grillade. » Pourquoi avait-il allégé l’atmosphère? Et comment réussir un tel prodige? En tout cas, si je voulais continuer dans la voie que j’avais choisie, je devrais calculer mes rencontres avec lui.
(c) DΛNDELION

avatar
01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
- Whatever it takes -


Sujet: Re: Surrender #rachris
Mar 3 Juil - 14:32


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Peut-être. Mais je n’ai pas la même capacité que vous à tourner la page et continuer mon chemin. » Certains qui décriraient les capacités des autres comme les capacités d'une petite cuillère. Ce dont il était possible de décrire mes capacités. Mais elle avait raison alors que personne ne gérait de la même manière les morts, les disparitions. Des disparitions, des morts qui marquaient toujours autant, qui faisaient toujours aussi mal et qui faisaient fléchir cette petite lueur d'espoir entretenue. « Je sais, ça peut paraître contradictoire, mais en adoptant cette façon de vivre, je m’évite d’aggraver mon état actuel. En ne m’accrochant à personne, je ne reçois pas une autre vague géante de tristesse. Je nage, je reste la tête hors de l’eau … ça me permet de continuer. J’ai des bons souvenirs, c’est tout ce qui m’importe. » Hochement de tête silencieux. Une conversation qui restait à vrai dire pesante malgré les sourires parfois qui s'effaçaient trop rapidement. Cette difficulté à trouver les bons mots, à savoir exactement quoi dire. Des tentatives oui. Mais au moins la conversation était de nouveau là entre nous deux, ce qui était bien plus préférable que dans le silence premier dans lequel elle s'était plongée. Ce qui comptait de maintenir ce lien existant et de m'assurer qu'elle allait bien.

« Te fie pas aux gargouillements. Je n’ai pas un appétit d’ogre, quoique que mon estomac pense le contraire. » « Je pensais à moi. » Semi-vérité. Sans doute capable de manger pour deux. Faim dont je n'étais pas rendue compte avant que son estomac ne se mette à gargouiller. Ce qui était suffisant pour que le monde arrête de tourner et que l'on en vienne à se poser. « Intoxication alimentaire? Non mais je rêve. Ce n’était pas si mal, d’accord? La preuve; t’a survécu. » « ... avec grande difficulté.. » Sourire moqueur. Ce n'était pas comme si j'avais été malade pourtant. De l'or au bout de ses doigts quand il s'agissait de cuisiner mais comme à chaque fois je ne pouvais que m'empêcher de l'embêter avec, de mettre en doute ses talents culinaires ou de comparer les notres. Petit jeu entre nous qui durait depuis très longtemps à vrai dire. Brève seconde où je tentais de retrouver à quel moment ces chamailleries avaient commencé à ce sujet avant de laisser tomber. « Si tu veux donc tenter ta chance, avec le repas, il faudrait avant tout faire un feu. Les aliments crus, entre autres certaines plantes, sont dangereuses à consommer sans passer par un processus de cuisson ou de grillade. » « Je connais les basiques tu sais, juste que c'est pas autant mon truc que le tien. » Ce qui paraissait simple à dire. Une pointe d'ego prise au vif alors qu'elle sous-entendait que je n'en savais rien. Connaissant pourtant les basiques, m'étant forcé à les apprendre si ce n'était elle qui me les avait répété. Les bases je connaissais. Faire simple je connaissais. Mais il était aussi vrai d'affirmer que je me sentais bien plus à l'aise avec un poignard entre les doigts. « Le feu je sais faire, je m'en occupe. » Dans mes compétences en effet. Celle de faire un feu bien plus que de faire la cuisine, ou de dépouiller un lapin. Certes je m'entraînais mais ce n'était pas pour autant que j'étais un as, ou que je voulais en faire une passion. La cuisine qui était sa passion au contraire. Ce qui avait toujours été le cas même sur l'arche, même avec des rations réduites. Toujours ce regard et cette volonté d’impressionner le monde. Des compétences que chacun développait, propre à chacun. Chacun qui se spécialisait. Une hiérarchie qui était établie. Mais un champs de compétence qui déviait selon les campements, les tribus. Rien qu'entre ceux venus du ciel, la hiérarchie n'était pas la même. Rien n'était pareille. Pouvant comprendre leur choix. On les avait envoyé sur terre. Mais autant que possible, ils avaient pris en premier le goût de la liberté. Réussissant à s'organiser, à vivre. Et désormais des semblants de projets de fait. Une entente paisible mais fragile qui s'installait bel et bien avec les grounders. Sentiment agréable. « Je reviens je vais chercher du bois. » Ce dont j'avais besoin. Regard protecteur posé sur elle alors que je n'en venais pas moins à me pencher vers elle. Une lame récupérée. Ne pouvant que lui tendre le poignard. Contact presque électrisant alors que je déposais l'arme entre ses mains. Un regard posé dans les siens, sérieux. « Au cas-où. » Ne comptant pas m'absenter longtemps. Le bois qui se trouvait tout autour. Mais préférant être prudent. Des notions de combat que j'avais tenté de lui apprendre. Préférant autant la savoir en sécurité ou la savoir armée. Lui jetant un regard avant de m'éloigner pour aller ramasser du bois.

Un feu qui était fait à l'ancienne. Ici il n'y avait aucune électricité. Pas encore. Des tentatives des ingénieurs pour améliorer notre niveau de vie, de confort. Mais ici sur terre, les gestes étaient bien plus basiques, plus rudimentaires. De retour que rapidement. Rien qui n'avait bougé. Aucune présence de grounders autour. Les premières flammes qui n'apparurent pas tout de suite, seulement plus tard au bout de plusieurs minutes. Des crépitements. Un brin de souffle pour les alimenter. Des crépitements qui se faisaient retentir. Toujours cette même lueur de fascination quand la première flamme naquit. Cette lueur dans mon regard, hypnotisé par l'attrait des flammes. Source de chaleur qui ne pouvait que réchauffer nos corps, mais qui devenait aussi rapidement indispensable pour améliorer le quotidien, faire cuire à manger d'autant. Restant là à surveiller les flammes qui grandissaient au fur à mesure, au fil des minutes. « C'est magnifique. » Ce qui était le cas. Ne lui parlant pas en particulier mais ne pouvant que rester là à contempler les flammes pendant l'espace d'un instant avant de finalement me tourner de nouveau vers elle. « Tu veux que je vienne te donner un coup de main ? »
(c) DΛNDELION

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Jeu 12 Juil - 5:57


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]J’enviais souvent ces gens capables de passer par-dessus la douleur, ou de l’affronter de façon si efficace qu’ils retombaient avec grâce sur leurs jambes, continuant de plus belle sur leur chemin. Ce faible espoir que d’accomplir la même chose s’évapora dès que je sentis le poids des jours qui passaient. Chaque levé et chaque couché ne venait pas atténuer le sentiment de perte, bien au contraire. On aurait dit que je ne compte plus le temps en futur, en ce qui adviendrait ensuite. La seule chose que je voyais, c’est toute ces journées qui passent et qui se ressemblent. Fades, sans grand intérêt, et surtout, très lentes. Dès que je me levais, je ne pouvais qu’espérer pouvoir avoir un peu de temps pour moi. La cuisine, source d’épanouissement auparavant, était maintenant reléguée à une simple tâche quotidienne agissant comme bouée de sauvetage. Même chose pour la cueillette de plantes et de fleurs. Des moments dans la journée où je pourrais demander un peu de paix, de silence, sans que ce soit étrange. Pas la chance d’en faire autant lorsqu’il fallait s’adresser aux autres. Problème que je craignais en voyant Chris non loin du ruisseau. Soupçons qui se réalisèrent, car la conversation s’était engagée bien trop rapidement et longuement pour que je puisse simplement arrêter de parler. Son plan. Il voulait sans aucun doute me forcer à extérioriser ce que je gardais normalement pour moi. Des techniques qui ne changeaient pas, mais qui me montraient justement que mes vagues espoirs qu’on ne s’aperçoive pas de ma dépression coulaient maintenant à l’eau.

Gargouillements qui vinrent rompre le silence. Une faim, oui, mais pas nécessairement des plus grandes. Mon régime alimentaire avait nettement changé, depuis, et même s’il ne disait rien à se propos, je savais qu’il avait remarqué mon physique probablement différent de celui que j’avais, la dernière fois qu’on se croisait. Une descente qui se faisait en plusieurs étapes et qui continuait encore. Il soutint, cependant, qu’à ce moment précis, c’était lui qui avait faim. Oh, je n’avais pas besoin d’un détecteur de mensonges pour voir qu’il y avait quelques miettes de mensonges dans ses propos. Je me retins de faire d’autres commentaire sur ce niveau-là, mais certainement pas lorsqu’il s’en prit à sa façon de cuisiner. Alors ça, pas question! « T’avais le choix, quand même. Tu pouvais aussi juste ne rien manger. » Pourquoi tant de difficulté? Ce n’est pas comme si je cuisinais si mal que ça. Et puis oh! Si c’était le cas, on m’aurait conseillé de trouver un autre poste parmi le campement. Sourire moquer coller aux lèvres, je me rappelais toutes les fois où celui-ci influença ma propre bonne humeur. Malheureusement, dans ce cas, je ne fis que bouder, croisant mes mains et le fixant pendant quelques minutes. Puis, je lui dis où commencer, exactement, pour qu’il puisse se nourrir avant de mourir de faim. Les basiques? Peut-être pour lui, oui. Mais c’est que dans mon cas, cela me prit des années avant de pouvoir en arriver à mon niveau actuel. Alors toute information, aussi petite et simple soit-elle, je la partageais constamment. « Je ne doute pas de tes connaissances générales. Et puis de toute façon, ça s’équivaut. Je suis douée en cuisine alors que ce n’est pas ton fort. De ton côté, tu excelles au combat, alors que moi, je tombe plus vite que je ne frappe. » Petite blague bien stupide qui ne la fit pas plus sourire. Des faits, rien de plus. Pas vraiment important en ce moment. Ce qui leur fallait, c’était de préparer le nécessaire pour préparer à manger. La première étape, c’est-à-dire le feu, il s’en occupa. Tant mieux, car elle n’avait aucun talent pour ça. Autant qu’il le fasse à sa place, même si cela voulait dire qu’il devrait partir chercher du bois. Un poignard qu’il me tendit, cependant, avant de quitter. Le dédain qui se lisait sur mon visage, prenant sans trop de conviction ladite arme.

Les plantes qu’elle put trouver autour, je les pris afin de préparer le repas. Certaines furent lavées à l’eau du ruisseau, et d’autres attendaient d’être bouillies. Le poignard, pendant ce temps, je le tenais éloigné, par le bout de ses doigts. Pourquoi fallait-il impérativement tout ça? Ce n’est pas comme si j’étais intéressée par ce genre de choses, et que j’avais du talent pour ce genre de choses. Heureusement pour moi, Chris revint rapidement. Je lui redonnais donc l’arme sans hésiter. « Tient, reprend-le. » Maintenant qu’il était là, il pouvait bien le reprendre. Ça lui serait certainement plus utile, en tout cas. J’avais déjà à manipuler des couteaux dans mon quotidien, c’en était assez comme ça. Puis il devait s’occuper du feu, de toute façon. Je retournais donc à mon travail pendant qu’il essayait de voir apparaître les premières flammes. Ma concentration ailleurs. Des légumes du jardin qui traînaient encore dans mon sac. Certains qui seraient parfaits pour le feu, bien meilleurs une fois cuits. Un murmure, sa voix qui transperça une fois de plus le silence. « Si tu le dis. » L’odeur et le bruit que dégageait un feu de camp aurait suffi à la relaxer et à l’endormir, auparavant. Ce temps était révolu. « Bah si tu as trouvé des branches pas trop grosses, mais qui permettent à ce que je puisse les utilisées pour y planter les légumes, ce serait un très bon commencement. »
(c) DΛNDELION

avatar
01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
- Whatever it takes -


Sujet: Re: Surrender #rachris
Jeu 12 Juil - 10:40


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« T’avais le choix, quand même. Tu pouvais aussi juste ne rien manger. » « Et mourir de faim ?! » Ton que je prenais comme étant indigné. Ce qui n'était que plaisanterie et amusement. La jolie brune qui avait raison alors que j'avais toujours eu le choix. Et si je m'étais toujours amusé à la charrier, à remettre en cause ses compétences, il ne restait pas moins que j'appréciais ce qu'elle faisait. Douée. Cela ne faisait aucun doute qu'elle savait très bien mélanger les ingrédients et vous mettre l'eau à la bouche. Ce que je préférai en général ne pas lui avouer sans quoi elle me poursuivrait jusqu'au bout. Prétendant au contraire à chaque fois que je la voyais que j'avais des doutes sur ses talents culinaires, avouant avec difficulté que j'adorais sa cuisine. Mais là était la vérité alors que j'adorais en effet sa cuisine. Des talents qu'elle possédait que je ne possédais pas, pas de ce côté du moins. « Je ne doute pas de tes connaissances générales. Et puis de toute façon, ça s’équivaut. Je suis douée en cuisine alors que ce n’est pas ton fort. De ton côté, tu excelles au combat, alors que moi, je tombe plus vite que je ne frappe. » « C'est vrai mais tu as fait des progrès. » Ce qui était le cas. Du moins si j'avais abandonné la première fois, renonçant à l'idée de faire quelque chose d'elle sur l'odyssée, il ne restait pas moins que sur terre, elle m'avait prouvé qu'elle était capable de frapper. Des compétences que je pensais qu'il était nécessaire d'avoir. Elle avait survécu aux premiers combats entre les grounders et ceux descendus du ciel. Elle avait survécu. Mais elle aurait aussi pu mourir. L'une des raisons pour lesquelles je me jetais tant dans le combat. La nécessité de savoir se défendre et de frapper. Ce qui ne remontait pas tant à la volonté de rendre mon père fier en suivant ses pas si ce n'était de savoir répondre à ses coups. Et capable de rendre des coups, j'en étais capable. Doué pour cela, en effet. Appréciant autant de donner des conseils aux plus jeunes. Ce que j'aimais faire alors qu'elle aimait trouver de nouvelles saveurs. « Si tu veux on pourrait reprendre l'entraînement..? » Jouant avec le feu alors qu'il était possible que j'étais en train de la pousser un peu trop. Si j'avais l'impression qu'elle commençait à s'ouvrir de nouveau, que peut être que rien n'était perdu, il ne restait pas moins possible que j'étais en train de l’asphyxier. Y allant trop fort. Mais les mots avaient déjà été prononcés. Je ne pouvais donc que tenter d'alléger mes propos, d'y aller plus ou moins en douceur alors que d'un autre côté mon instinct ne pouvait que la pousser à aller plus loin. « Et en échange tu pourrais m'apprendre à cuisiner plus.. si cela te dis bien entendu pour plus tard ? » Pas après pas. Comme l'impression de marcher sur des oeufs alors que je ne voulais pas non plus mettre fin à ce semblant de conversation. Espérant au contraire la convaincre. Tentative en effet qu'elle puisse se réveiller par tous les moyens. Et ce qui était aussi un défi alors que je lui proposais qu'elle m'enseigne son savoir. Certain tout autant que ce n'était pas la proposition vers laquelle je me serai jetée, mais peut être qu'ainsi elle serait plus apte à accepter. Non pas que l'idée me réjouissait dans le sens même de devoir de faire cuisiner, mais ainsi si elle acceptait je pourrai passer du temps à ses côtés et m'assurer qu'elle allait bien. C'était ce qui comptait alors que je comptais en effet passer plus du temps à ses côtés si je le pouvais, veiller sur elle.

Mais avant cela, avant que des leçons ne puissent être mises en place, le repas devait être préparé. Du bois que j'allais chercher. Lui confiant autant une de mes lames. Des bijoux. Un peu comme des peluches dont je ne me séparais pas. Un peu comme sa peluche en forme de lapin qu'elle possédait lorsqu'elle était petite, sur l'odyssée. Des lames qui ne me quittaient pas. Celles avec lesquelles j'étais le plus à l'aise bien qu'auprès des autres, auprès des grounders, je ne pouvais que tenter d'apprendre de nouvelles techniques de combat. Toujours volontaire pour apprendre de nouvelles techniques, pour apprendre à manier de nouvelles armes. Cette fascination pour les combats, pour cette décharge d'adrénaline. Chaque style de combat était différent. Chacun qui avait son propre style. Mais dans tous les cas il était certain que ses poignards m'accompagnaient toujours. En prenant le plus grand soin alors que leur lame brillait toujours. Étincelant. Des poignards dont je me séparais avec difficulté, autant que mon instinct ne pouvait que me conduire à m'en emparer dès lors qu'une silhouette s'approchait. Un poignard dont je m'étais toutefois défait pour lui en donner un. Préférant qu'elle en ait un avec elle. Une mesure de précaution, de sécurité. Si une paix fragile s'était installée, il ne restait pas moins qu'il fallait toujours être prudent. Et ne tardant à revenir. La jolie brune qui était toujours là au coeur de notre bivouac improvisé. Et un poignard qu'elle me rendit aussitôt. « Tient, reprend-le. » « Merci. » Arme que je ne tardais à ranger.

L'instant d'après en train de me concentrer pour faire un feu. Fasciné par les lueurs qui naissaient. Fasciné par les flammes qui étaient en train de naître, de voir que de rien le feu pouvait jaillir. Mon regard qui se reportait alors sur elle. Autant de fascination alors que je la regardais pendant l'espace d'un instant, de l'autre côté du feu, occupée à préparer le repas. Et sa voix qui ne tardait à résonner. « Bah si tu as trouvé des branches pas trop grosses, mais qui permettent à ce que je puisse les utilisées pour y planter les légumes, ce serait un très bon commencement. » « J'y ai pensé oui. » L'instant d'après je ne pouvais que me relever pour lui tendre les branches avant de me raviser. « Attend j'ai une idée. » Un poignard que j'attrapais de nouveau pour tailler à tour de rôle la pointe des branches, en faisant des piques. Les épluchures qui tombaient pour ainsi dire sur le sol alors que je lui tendais au fur à mesure les différentes branches plus fines, mais autant solides. « Cela devrait faire l'affaire. » Cela le devrait en effet. Et si un repas ne tarderait à être consommé, il ne restait pas moins que j'avais conscience qu'il me faudrait tôt ou tard revenir au campement. Le soleil qui n'était pas encore couché, mais il me restait du chemin à faire bien plus que de son côté. Et ne tardant à penser que je pourrai bel et bien l'accompagner jusqu'à son campement ne serait-ce que pour m'assurer qu'elle l'atteignait bien avant de faire demi-tour. La cartographie qui allait cette fois-ci dans notre sens alors qu'avec les deux rapprochements des campements, il était bien plus facile de faire le trajet aller-retour. Mais ces retrouvailles s'étaient aussi jouées grâce à la chance. Un éclat qui apparaissait dans mon regard alors que je reprenais soudainement la parole. « On a que des légumes ou de la viande ? » Bien plus intéressé par manger de la viande que des légumes, bien qu'à vrai dire tout valait plus que les rations qu'on devait manger là-haut sur l'arche auparavant.
(c) DΛNDELION

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Sam 14 Juil - 7:45


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Alors là, c’est hors de mon contrôle. C’est toi qui a trop faim pour ne pas manger. » Le ton avec le plus de légèreté, depuis le début de notre discussion. Qualifier cela de plaisanterie serait certainement y aller trop loin. Cependant, j’avais finalement réussi à ne pas m’éterniser sur la douleur, faisant exactement comme lorsque nous sommes partis à l’aventure, à la mer. Je prenais le temps de faire comme si tout allait bien, me créant ainsi une fausse impression que le pire était passé. Dès que je repartirais au campement, je referrais face à tout ce qui ne va pas. Mais mon esprit semble avoir besoin de distraction, pour le moment, et c’est bien pour ça que j’entasse les mauvais souvenirs, les met de côté pendant quelques heures. Que je le veuille ou pas, sa bonne humeur est contagieuse, dès qu’on se trouve près de lui. Chris avait non seulement réussi à me faire avouer ce que je cachais au reste du campement, mais en plus, il me sortait ses petites blagues habituelles, me donnant la sensation horrible que rien de grave n’était jamais arrivé. Dangereux, que de penser ainsi, car c’est une chute de très haut. Heureusement, je n’eus pas à en arriver à ce point, car en bifurquant vers le combat, je me retrouvais une fois de plus sur un sujet de conversation plus tendu. « Des progrès? Bah si j’en ai fait, à force de ne pas pratiquer, j’ai perdu le peu que je connaissais. » C’est vrai que l’éviter pendant si longtemps fut ce qui me projeta vers une certaine nonchalance vis-à-vis le corps à corps. Je ne m’étais pas entraînée, depuis tout ce bordel. Je devais probablement être rouillée à ce niveau. De voir ses heures et jours passés à me montrer certains mouvements s’envoler d’un coup, ce ne devrait pas être très agréable. L’envie immédiate de refuser son offre, de part la honte que je lui ferais, mais également vu que la fougue et l’adrénaline du combat ne m’intéressaient plus du tout. En fait, tout ce que je souhaitais, c’est de rester bien tranquille. Des plans aux opposés, alors qu’il proposa, en échange, que je lui montre à cuisiner un peu plus. Pas tout de suite. Des mots qu’il souhaitait probablement être rassurants. « Il y a bien longtemps que j’ai compris mon immense inaptitude pour le combat. Il y a d’autres jeunes, dans le campement, qui veulent apprendre. Montre-leur. Je préfère nettement la tranquillité de ma cuisine. Je m’y sens … bien. » Maigre description, c’est vrai. La vérité, non le moins. Travailler avec les aliments, c’était un univers stable, qu’elle connaissait comme le fond de sa poche. Pas de surprises. L’entraînement, c’était différent. « Peut-être quand j’aurais plus d’énergie. » Régime pas très propice pour tout ce qui impliquait de la force physique. Décourage facile et automatique, deux sentiments d’autant plus présents à cause de ma dépression.

Notre petit campement improvisé qui devrait s’améliorer, si on voulait pouvoir manger. Un sac dans lequel je cherchais mes récoltes de ce matin, celles qui étaient déjà en surplus. Une estimation du repas à venir. Pas nécessairement un festin, mais cela devrait suffire pour le moment. Un pique-nique auquel je ne m’attendais certainement pas, et encore moins avec Chris qui pourtant avait continué à me chercher au campement des Cents. Comme quoi je savais me cacher à la perfection, sans compter l’immense aide d’un horaire très peu fixe. Quelqu’un que je ne pus éviter plus longtemps. Certains secrets que je croyais garder pour moi pendant le restant de mes jours ici, eh bien, je les lui avais révélés. Un soupçon de haine envers moi-même, incapable de juste me la fermer, pour mon propre bien. Une bien drôle de situation, maintenant, puisqu’il quitta les lieux quelques instants afin de trouver du bois, non sans me laisser un de ses poignards. Me défendre? Je serais plus du style à partir en sens inverse. Pas le temps de lui faire savoir ce que j’en pensais. Je me saisis de l’arme, avant de reporter mon attention sur ce que je préparerais. Une concentration telle que je ne remarquais le retour de Chris que lorsque je relevais les yeux et l’aperçu, au loin. Lorsqu’il se trouva non loin de moi, je lui redonnais immédiatement son poignard. Qu’il la tienne loin de moi, c’est tout ce que je demande.

Le feu s’allumant finalement, après quelques tentatives, je ne pus que pousser un soupir de soulagement. Je me voyais mal manger certaines de ses plantes sans les passer par les flammes avant. Un seul petit hic, à ce que l’on puisse prendre place et s’assoir; comment faire pour cuire sans pour autant avoir à se brûler les doigts? La réponse est simple; des branches où je pourrais y accrocher un légume, et hop, voilà, pas besoin de plus d’effort. Est-ce que Chris y aurait pensé? En tout cas, à en juger par ce qu’il m’apporta, je ne pus que comprendre le grand esprit d’analyse de cet homme. Sans compter qu’il décida de tailler les pointes afin de nous faciliter les choses. Comme quoi être sur Terre n’était peut-être pas si mal pour lui. « Oui, c’est très bien. Merci. » Sur ce, j’approchais mon sac près de moi, et lui tendant par la suite les légumes et plantes que j’avais déjà ramassé. « Je n’ai malheureusement de viande fraîche dans mon sac. Mais j’ai de la viande séchée, si tu veux? » Un processus de conservation qui aidait grandement à utiliser tout de l’animal, et ce, pendant un bon moment. Je lui passais toutes mes trouvailles, pour notre repas, et attendis une quelconque réponse de sa part. « Il faudra que je rentre, après avoir manger. J’ai encore quelques trucs à faire au campement. » Ne parlant ni des autres, ni même d’une possibilité qu’il m’accompagne. Je n’étais pas dupe; il ne ferait ça que parce qu’il ne me sait pas nécessairement dans la meilleure des formes, et c’est sa manière de me surveiller.
(c) DΛNDELION

avatar
01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
- Whatever it takes -


Sujet: Re: Surrender #rachris
Sam 14 Juil - 21:25


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Une conversation qui bifurquait, relative avant à la cuisine et soudainement au combat. Terrain sur lequel j'étais bien plus à l'aise où je ne passerai pas pour un estomac sur patte. « Des progrès? Bah si j’en ai fait, à force de ne pas pratiquer, j’ai perdu le peu que je connaissais. » « Peut être mais certains mouvements peuvent aussi être ancrés dans ta mémoire. On devrait voir. » Le mieux pour juger cela, pour voir si elle avait régressé ou non serait de la voir à l'oeuvre. Il n'y avait rien de mieux que la pratique pour apprendre. Faire des erreurs était permis. C'était ainsi qu'on apprenait, en échouant puis en tentant de nouveau pour réussir à s'améliorer. C'était ce qui comptait d'essayer encore et encore. Certes lui apprendre des techniques de combat restait compliquée mais à force de persévérance j'avais réussi à lui enseigner quelques techniques. Une fierté personnelle alors que j'avais cru pendant longtemps que tout espoir était vain. Ayant cru qu'elle ne pourrait jamais retenir la moindre des leçons. « Tu te rappelles toujours le coup que je t'ai montré ? » Un éclat qui passait dans mon regard. Si elle était en terrain connu lorsqu'elle s'attaquait aux plantes pour les mélanger, les cuisiner, j'étais de mon côté en terrain connu en termes de combat et de maniement d'armes. Ores et déjà en train de voir si elle avait retenu ou non certains faits. N'en doutant pas à vrai dire. Si les souvenirs pouvaient être lointains, la mémoire était une alliée de taille quand il s'agissait de se rappeler des détails. Des mécanismes automatiques qui étaient activés. Conscient tout autant que je ferai mieux d'y aller étape par étape, ne pas la pousser trop loin. Mais déjà je ne pouvais que m'être pris au jeu, commençant à parler avec bien plus d'enthousiasme. Cette même lueur que j'avais vu s'allumer dans son regard avant qu'elle parlait de certains mets s'était maintenant allumée dans mon regard. Tentative aussi de freiner des fers alors que de l'autre côté une voix me soufflait de m'arrêter là, de ne pas y aller trop vite. Son domaine d'aptitude était la cuisine. Mieux valait en premier qu'elle retrouve cette lueur d'intérêt ou de plaisir pour la cuisine. Car en effet, en vue de la description donnée, j'avais bien l'impression que tout comme je l'avais fait avant elle, ses mouvements n'étaient plus que mécaniques. Robotiques. « Il y a bien longtemps que j’ai compris mon immense inaptitude pour le combat. [...] Je préfère nettement la tranquillité de ma cuisine. Je m’y sens … bien. » Ne tardant toutefois pas à la reprendre alors que je ne partageais pas son point de vue. « Tu n'es pas inapte pour le combat. Tu n'as juste pas encore découvert l'élément déclencheur. » Ce que je pensais. Certes apprendre à combattre pouvait devenir une passion mais dans tous les cas, il y avait un élément déclencheur. Il était différent pour chacun. Au départ, il ne pouvait y avoir qu'une simple volonté de s'exercer sans aller plus loin puis la cadence devenait différente. Un levier était toujours existentiel. « ... puis, je ne suis pas certain que la tranquillité existe. » Ce qu'elle pouvait trouver en cuisine, certes. Mais le terme de paix restait toujours relatif, fragile comme celui de tranquillité. Peut être que c'était toutefois là qu'elle y trouvait son havre de paix autant que je trouvais le mien en maniant les lames. Chacun avait sa propre interprétation des mots prononcés. « Je me suis vraiment à me battre à cause de mon père. Au départ je faisais cela que pour lui plaire, le rendre fier puis il est allé trop loin. Et toute cette colère, elle s'est trouvée parfaitement canalisée dans le combat. C'est devenu ma bouée de sauvetage... Je peux comprendre que la cuisine l'est pour toi, mais si.. si jamais un jour cela te dit alors on pourrait revoir des techniques... » Une idée lancée. Nullement certaine si c'était ce qu'elle voulait vraiment. Pour certains apprendre à se battre et se défendre devenait plus qu'un moment de plaisir, un moment pour canaliser l'énergie. Une nécessité selon moi que je ne pouvais trouver en cuisine. Chacun qui avait toutefois ses propres idées. Et ne voulant nullement la forcer.  « Peut-être quand j’aurais plus d’énergie. » Un sourire qui se dessinait alors sur mon visage en entendant ses mots. « Cela me va. On fera comme tu voudras. » Rachel qui avait toujours le choix.

Les minutes qui continuaient de défiler. Un bivouac installé plus tranquillement. Des brochettes improvisées pour faire cuire des légumes sur le feu. Là encore les gestes pouvaient paraître primitifs, mais ils n'étaient pas moins utiles. Tout qui résidait dans les détails. Bien qu'il était certain là aussi que ceux qui s'y prêtaient le plus à créer de nouveaux plans, de nouvelles idées, ou améliorer le niveau de vie au campement étaient les ingénieurs, mécaniciens. Ce que je pensais, bien que chacun ne pouvait apporter que sa main à la pâte. Et le campement qui avait pris forme de nouveau après un changement cartographique. Chaque campement, village où était installé les tribus différaient entre eux. Il y avait des détails techniques toujours propres à chaque groupe cohabitant ensembles. Mais à la fin, il était aussi possible d'échanger des connaissances techniques, de s'entraider dans les moments plus compliqués.  « Oui, c’est très bien. Merci. » Attrapant ensuite les légumes qu'elle me tendait. Des légumes que je m'amusais en effet à empiler les uns à la suite. Ou plutôt je les embrochais peut être avec une pointe de satisfaction en tentant de varier les goûts. M'approchant ensuite, muni de ces brochettes de légumes improvisées. Prêt à les faire rôtir ou cuire un tant soit peu. Une cuisson qui serait pourtant approximative à moins qu'elle ne vienne à me guider. « Je n’ai malheureusement de viande fraîche dans mon sac. Mais j’ai de la viande séchée, si tu veux? » « De la viande séchée, c'est parfait ! » Bien plus pratique à transporter. Ce qui avait déjà été emmené lors des expéditions. Mais il ne restait pas moins qu'à mes yeux, rien ne valait la viande fraiche. Il était toutefois possible de faire plus simple sans se compliquer la tête, ni se faire des noeuds au cerveau. Une attention presque méthodique qui ne restait pas moins concentrée sur ces brochettes de légume que je tentais de dorer à point, ou trouver cette pointe de croustille. « Il faudra que je rentre, après avoir manger. J’ai encore quelques trucs à faire au campement. » « Je t'accompagnerai, puis je repartirai. » Lui tendant les brochettes de légume finalement cuites sans croiser son regard. Ne pouvant que me douter que ce n'était pas ce qu'elle voulait, qu'elle voulait simplement rentrer seule. De surcroît elle connaissait le chemin, n'ayant pas besoin de moi. Cependant pour le moment, j'étais trop prudent ou peut être trop méfiant pour ne pas lui coller aux basques. Ce que j'avais vu m'avait suffit. Préférant de loin passer pour celui lourd que celui qui ne s'assurerait pas qu'elle arrive saine et sauve au campement des 100. Que conscient que Robb me tuerait littéralement s'il savait que je n'avais pas fait attention à elle jusqu'au bout. Et tout ce que je savais maintenant était qu'elle n'allait pas bien comme elle avait pu l'être avant. Son état de santé ou plutôt mental qui me préoccupait bien plus que le reste ou son avis sur ma personne. Alors je ne pouvais que mordre dans la viande séchée comme si de rien n'était non sans cesser de programmer de prochains plans, ou trouver ce que je pourrai faire pour lui remonter le moral.
(c) DΛNDELION

Membre du mois
avatar
07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
Membre du mois


Sujet: Re: Surrender #rachris
Mar 17 Juil - 6:16


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Me maintenir dans un sujet de conversation beaucoup plus près de ce que je connaissais, voilà ce qui me rendait plus à l’aise. Malheureusement, la vie n’était pas faite que de cuisine, ce qui explique cette bifurcation vers le combat. Un terrain encore rocailleux pour moi, alors que je ne portais pas tant dans mon cœur l’idée de m’entraîner sans cesse, juste pour ma protection, alors qu’en réalité, je prenais la fuite la plupart du temps. Je n’avais pas l’âme d’une guerrière. Je préférais nettement pouvoir me cacher dans un recoin, en attendant que les choses se calment, plutôt que d’affronter les ennemis, au risque de mourir par la même occasion. « Même s’ils le sont, je sais pertinemment que mes coups n’ont pas d’impact. Peu importe l’effort que je fais, un poing dans le visage ressemble plus à une petite claque. Je ne suis pas faite pour ça, et tu le sais bien. » Une source de querelle qui revenait sans cesse.  Mauvais signe, pour ceux ne les connaissant pas du tout. Cependant, cela devint un jeu, ou presque, que de taquiner l’autre, et le pousser jusqu’au bout. Des discussions qui me revinrent en tête, mais que je délaissais rapidement, n’ayant pas le cœur léger comme autrefois. De la réticence qui ne m’avait jamais quitté et qui pourtant, ne m’empêcha pas d’apprendre certains mouvements. Oh, mais cela ne tient pas que de moi. En fait, c’est surtout à Chris, que je dois cela, et en grande partie parce qu’il ne me lâchait pas une seule seconde, jusqu’à ce que je puisse reproduire les mêmes mouvements. « Je crois, oui. » Un mouvement qui se trouvait dans un recoin de mon esprit, caché, sous une bonne quantité de poussière. Des trucs qu’on me dit être forts utiles mais qui, au final, ne purent servir, si ce n’est parce que Chris voulait établir une distance, lors de la mort de Robb. Des entraînements qui prirent soudainement fin, et que je ne demandais pas à continuer, vu que je l’évitais depuis un bon moment déjà. Je ne voulais rien dire, préférait garder le silence, en voyant la lueur dans ses yeux et en entendant l’enthousiasme dans sa voix. Au moins ça. Il semblait être redevenu fidèle à lui-même. Une bonne nouvelle, quoique je ne m’imaginais pas suivre dans ses pas. Une mort qui laissa une trace indélébile, qui la changea à tout jamais. Il n’y avait rien qui serait comme avant. Lorsque ce chapitre se ferma, une grande partie de sa vie passée prit fin, également. La seule chose qui lui restait? Son pessimise inébranlable. « Tu crois sincèrement que cet élément déclencheur existe encore? Même après tout ça? Arrête de rêver, Chris. Je suis incapable de me défendre comme il le faut. Autant m’apprendre à courir plus rapidement, ça me sera plus utile. » Petit soupir, en entendant la suite de sa réplique. « Je sais bien, que la tranquillité ne semble pas exister. Mais c’est ma seule source de plaisir, en ce moment, et c’est en cuisine que je la trouve. J’aime bien, juste ne plus sentir le poids de quoi que ce soit. » La cuisine, un havre de paix où je pouvais parfaitement me concentrer sur mes mains, jusqu’à en oublier le monde autour de moi. « Tant mieux, si ça te permet de canaliser ta colère. Si on s’était croisés un peu plus tôt, peut-être que j’aurais eu cette même colère pour donner mon 100%. Mais là, j’en ai plus. On peut toujours revoir les techniques, mais sans conviction, ça n’ira pas très loin, tout ça. » Une certaine appréhension que de recommencer à le voir de façon plus constante. Il en reviendrait très certainement au sujet de mon humeur, de ma manière d’agir. Que d’accepter son offre signalerait une porte ouverte … ce que je ne voulais pas. Piètre excuse que de parler de mon énergie actuelle. Cela fut suffisant, cependant, pour qu’il accepte mon choix d’attendre.

L’heure du repas qui sonnait, alors que le feu s’animait et que les ingrédients étaient tous réunis. Pas un festin de roi, non, mais au moins, ça en boucherait un coin. Puis ça varie de ce qu’ils pouvaient bien manger, sur le vaisseau. Appliquée dans mon travail, je me concentrais toujours afin de donner le meilleur de moi-même afin de servir de bonnes portions. Des techniques que je gardais pour moi, que je ne souhaitais pas partager avec les autres tribus. Je les soupçonnais toujours de cacher un vil secret. Peut-être se préparaient-ils à les attaquer de nouveau? En tout cas, peu importe, personne ne saurait comment je me débrouiller pour mélanger différentes saveurs. Pensées négatives qui me harcelaient constamment, mais que j’oubliais, le temps d’apporter mon sac près de nous et lui passer les légumes afin qu’il les mette sur les brochettes improvisées. Une fois le travail terminé, je lui fis signe de les rapprocher des flammes. Il s’enquit ensuite de la viande. Malheureusement, je n’en avais que de la sèche. Il parut assez satisfait, même si à vrai dire, cela n’arrivait pas à la cheville de la viande fraîche. « Tant mieux, alors. » Je lui tendis quelques morceaux enroulés dans des feuilles. Mon attention se redirigea vers les légumes qui ne semblaient pas très loin du point de cuisson parfaite. « Je suis assez débrouillarde pour retrouver mon chemin. Je sais où le campement se trouve, j’ai fait ce chemin plusieurs fois. » Pourquoi la suivre ainsi? Oh, je me doutais bien qu’il s’inquiétait pour moi, après avoir vu ma réaction et entendu mes propos. Mais de là à me suivre jusqu’au campement? Franchement, ce n’était pas si grave. La preuve, je mangeais mes légumes, puisque je n’avais pas tant envie de viande, en ce moment. Un vilain manque, dans mon régime, car vivre de plantes et légumes ne suffiraient pas à me remplir complètement l’estomac.
(c) DΛNDELION

Contenu sponsorisé


Sujet: Re: Surrender #rachris

 

Surrender #rachris

Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

 Sujets similaires

-
» No Surrender 30 Septembre 2012 (Carte)
» No Surrender 30 Septembre 2012 (Résultats)
» [No Surrender] La riqueza de mi gloria!!!
» [No Surrender] Alberto y los otros...
» I surrender [Lysander]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: Il était une fois des jolies histoires-