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˜˜˜˜˜˜Surrender #rachris
maybe life should be about more than just surviving

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01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
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Sujet: Surrender #rachris
Lun 14 Mai - 19:02


   
Surrender
#rachris

   
« I'm still learning. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Filament d'eau. Cette manie que j'avais de retourner aux endroits qui m'avaient marqués. Tout pour avancer n'est-ce pas. Tout pour aller de l'avant. A se demander ce qu'il s'était passé dans ma tête. A se demander pourquoi je tenais tant à me convaincre de ne pas me retourner vers le passé si je faisais l'exact opposé. Pourtant j'avais bel et bien avancer, évoluer. N'étant plus dans cet état léthargique. Ayant changé. N'étant plus tout à ce fait ce connard arrogant qui se prétendait sans âme. Certes je l'étais peut être encore mais les étapes de la vie nous poussait qu'à nous évoluer.

Ou peut être que j'avais besoin de venir ici pour cette sérénité, pour réfléchir. Non pas que je n'avais que cela à faire. Un corps militaire qui passait avant le reste. Mais autant cette possibilité de s'échapper quand j'avais accompli mes tâches. La possibilité de retaper ces ruines qui devenaient désormais plus une demeure qu'autre chose. La possibilité de donner des conseils aux jeunes. La possibilité de s'entraîner, d'apprécier la vie. La possibilité de faire autre chose mais aussi de réfléchir. Réfléchir un état de fait qui était aussi important. Un instant nécessaire pour se remettre en question. Ce que je ne faisais forcément. Pas ce qui était le plus appréciable à faire.

Cailloux envoyé dans l'air. Un pied qui shootait dedans. La pierre qui volait avant retomber dans un plop dans le ruisseau qui coulait juste à côté. Un ruisseau qui n'était pas situé du côté de mon campement. Un campement qui avait certes été démangé. Un campement qui se trouvait désormais près du gouffre du métro, et autant plus proche du campement des cents. Une facilité d'accès. Un ruisseau qui ne correspondait en soit qu'à un filet d'eau s'écoulant entre les arbres. Mais un ruisseau qui n'en n'était pas juste un. Un lieu chargé d'histoire. De la terre qui n'était pas juste un semblant de terre ferme. L'exact endroit où je me tenais. Et à quelques pas l'exact endroit où Robb était mort. Des yeux qui se fermaient.

Le visage de Robb. Robb qui meure. Les cris de Robb. Ma silhouette pivotant sur ses talons. Le loup géant qui bondissait. Les griffes acérés qui s'enfonçaient dans le corps du soldat. Les battements de mon coeur qui s'accélèrent. Mes pas précipités sur le sol. Les poignards qui s'enfonçaient dans le pelage touffu du loup géant. Comme si j'échouais encore et encore. M'interposant. Les griffes. La lame qui se plante encore et encore dans la bête. Le sang. Les touffes de poil qui volent. Le visage de Robb. Robb qui meure.

« Putain ! » Et poing fermé qui ne pouvait rencontré que le tronc du chêne à côté. La douleur ressentie aussitôt. Le sang qui commençait à couler. Flot de jurons qui s'échappait de ma bouche. Des flash-backs qui n'étaient pas revenus depuis un moment. Ou peut être que je n'étais pas venu seulement là pour trouver la paix si ce n'est pour les provoquer, pour me torturer un peu plus. Les mêmes démons. Les mêmes insomnies. Le même manque de sommeil.

On faisait semblant d'aller mieux mais dans le fond je n'étais pas certain d'aller tout à fait mieux. Certes j'étais satisfait de voir que des avancées tentaient d'être faites. J'étais satisfait de voir que des négociations avaient commencé, qu'une véritable réunion avec les grounders. Mais d'un autre côté il y avait toujours cette même pointe d'obscurité. Il y avait toujours ces mêmes sujets que je devais gérer. Regrettant que Mila n'est pas été là il y a deux nuits quand je n'étais pas en patrouille, lorsque le sommeil m'avait quitté. Habitué au final à retrouver la jeune femme au coeur de la nuit pour partager ces mêmes démons. Un allié ou peut être que l'un ne pouvait qu'entraîner l'autre vers le fond un peu plus. Toujours ces mêmes questions. N'ayant non plus croisé Chiraz récemment. Celle que j'avais tenté de croiser au contraire, c'était Rachel. Encore un essai pourtant. De nombreux tests qui faisaient que mes pas se dirigeaient vers le campement des cents pour prendre de ses nouvelles. Mais à chaque fois je semblais vouloir juste m'arrêter là où Robb était. Robb qui n'était pas là physiquement, peut être plus son esprit. Mais ici, non il n'y avait rien. Robb qui n'était pas là réellement. Il n'y avait que des souvenirs. Des souvenirs qui étaient tout sauf être agréable. Ils étaient la caractère même du désagréable, de ce goût amer que je portais en bouche. Des souvenirs que je tentais de bloquer, d'effacer mais qui étaient toujours là. Des souvenirs qui me rappelaient que la culpabilité existait. Cette culpabilité que je n'avais pas ressentie en dénonçant mon père, mais que je ressentais que plus particulièrement depuis la mort de Robb. L'impression que le titre d'assassin était collé à moi. Comme une cible dans mon dos. Une cible dont il suffirait de lancer des fléchettes. Poing qui se serrait. Responsable je l'étais. Je pouvais autant accepter que je ne l'étais pas, que c'était arrivé simplement mais il y avait toujours cette petite voix diabolique qui me rappelait que c'était à cause de moi. Voix que je parvenais à étouffer, ignorer mais pas cette fois-ci.

Tout pour prétendre que je ne ressentais rien. Tout pour prétendre que ce coeur qui battait était fait de glace. Tout pour prétendre que tout allait bien. Des masques. Masques qui ne pouvaient que se fissurer. La colère qui réveillait les hommes. Et après la colère, il n'y avait que ce sentiment de solitude qui restait. Prétendant l'indifférence toujours. Prétendant que cela ne faisait pas quelque chose de voir les autres s'éloignait. Mais c'était faux. Car cette même solitude elle me terrassait et me terrorisait à la fois. Vérité brute et implacable qui ne me laissait pas de glace si ce n'était vulnérable. Poing contre l'arbre. Et avec ce front posé contre ce poing, je n'avais rien de la posture d'un soldat ou de l'arrogance. Loin de là. Car si un aurait pu s'approcher de plus près, il n'aurait pas vu un mur devant lui, il n'aurait pas vu un visage fermé si ce n'était une larme coulée le long de ma joue. Weakness.
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07/05/2018 Dumbass*Angel non 61 Chloe Bennet Valtersen (avatar), ROGERS (signature) cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine 85
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Lun 21 Mai - 3:44


   
Surrender
#rachris

   
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Le choc. Voir le corps de Robb dans les bras de Chris me laissa complètement figée sur place, à la recherche de réponses. Le déni. Même en voyant l’absence d’une quelconque étincelle de vie dans ses yeux, je refusais de le croire mort. Il était simplement endormi, il faisait une sieste, ou avait tombé de si haut qu’il cogna sa tête, et maintenant, il se trouvait dans un coma. Toutes les possibilités les plus tirés par les cheveux me vinrent en tête. La seule option la plus logique, la plus valable, c’était celle que je contournais. La douleur. Je n’ai jamais autant crié. En fait, je me suis complètement effondrée, mes jambes soudainement trop lourdes. Désemparée, je ne cherchais pas à cacher ma peine, à jouer la fille distante. Une seule phrase qui jouait en boucle; mon frère est mort. Une voix nasillarde, on aurait presque dit qu’elle se moquait de la situation. La parcelle de famille qu’il me restait, même s’il n’était pas de mon sang. La personne qui me connaissait le mieux, a qui je me confiais sans me soucier des jugements. Pas de commentaires négatifs en retour, juste des mots tendres et quelques sages conseils. Oui, Robb adorait flirter avec les filles, mais ce serait une erreur que de le définir simplement par ce vilain défaut.

La culpabilité. C’est le chaos total, me voyant comme la pire des sœurs, incapable garder un œil sur lui ou de lui venir en aide, dans des situations plus dangereuses. Pourquoi n’étais-je pas meilleure combattante? Bonne qu’à préparer les repas, je me sentais comme une fourmi parmi des géants. Il y avait des gens aux postes beaucoup plus vitaux, comme la défense ou l’organisation. Pendant que certains donnaient leur vie à ce que le reste du groupe puisse se lever en un morceau, le lendemain matin, moi, je faisais cuir des légumes. Oui, j’aurais dû être là, pour lui, ici comme sur l’Odyssée. Malheureusement, je n’avais pas su faire les bons choix, et j’en payais maintenant le prix. L’heure de la douleur, de la culpabilité, mais également de la colère, avait sonné. Un paquet de nerfs, quelqu’un qui ne dormait visiblement pas, vu les cernes sous mes yeux. Le repos n’existait pas, je me sentais vivre comme un robot, me perdant dans mes repas pour ne pas penser au reste. Et quand cela ne fonctionnait pas, quand quelque chose brûlait parce que je divaguais, eh bien des excès de rage me submergeaient. Un coup de poing maladroit par ici, une course brusque vers l’extérieur, plus loin du campement pour crier, laisser libre cours à ma consternation brûlante.

La chose à ne pas faire, le chemin à ne pas suivre, c’est exactement ce que je fis. Pourquoi est-ce que c’était Chris, qui revint avec Robb? N’avait-on pas des gens pour s’assurer de la sécurité du campement? Comment n’ont-ils pas remarqué l’absence de mon frère? Le blâme ne retombait plus seulement sur moi, à partir de ce moment. Je jugeais plus d’une personne ici, je relançais la balle en leur direction. Un soulagement, une manière de ne pas étouffer sous le poids de la noirceur qui se formait en moi. Voilà où j’en étais. La 5e étape du deuil, celle qui apportait son lot de dangers, la dépression. Les discussions entre les différents membres, je m’en éloignais. Ma routine se résumait en ma présence dans la cuisine, dans le petit potager construit dans les environs, et mon petit recoin, l’endroit que j’appelais mon chez-moi, n’ayant pas tout de suite le cœur de me mêler aux autres. Passivement, sans une pointe d’émotion, quand je me trouvais devant les autres. Faire mon boulot et dormir. La vie n’avait, de toute façon, plus autant de sens qu’avant. Je continuais sans vraiment avoir envie d’avancer, respirais sans y voir d’intérêt.

Besoin de changer d’air, besoin de m’échapper à tout le monde qui me posait un peu plus de questions que d’habitude. Je souhaitais un tantinet de solitude, un lieu calme, où je trouverais refuge pour quelques heures. Le ruisseau, l’endroit le plus approprié pour trouver des cressons et la renouée bistorte, deux plantes qui s’accorderaient parfaitement pour ses repas de la soirée. Un moyen de me concentrer sur autre chose que mes problèmes, que cette voix qui continuait de me harceler, jour et nuit. En parler à quelqu’un? Je n’en avais pas la force. La preuve; j’évitais Chris depuis un certain moment, question de ne pas sentir le poids de la peine rien qu’en le regardant. Néanmoins, le karma en décida autrement. On ne voulait pas me laisser seule, avec mes démons intérieurs, car en arrivant près de l’eau, je remarquais la présence de Chris. Enragé, il avait probablement choisi l’endroit pour les mêmes raisons que moi. Quoi dire? Quoi faire? Je ne voulais pas le brusquer, et sincèrement, je préférerais faire demi-tour. Le connaissant, je savais pertinemment que ce ne serait pas possible. J’entendis, de la part d’autres Cents, qu’il n’arrêtait pas de me chercher. Cela ne lui prendrait que quelques secondes pour me remarquer là, alors autant annoncer ma présence, non sans continuer ma recherche, le regard fixé sur les plantes le long du cours d’eau. « Salut, Chris. » Pas un seul mot de plus. C’était la seule phrase qui ne sortirait pas avec des trémolos.
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01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Lun 21 Mai - 11:39


   
Surrender
#rachris

   
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Et des bruits de pas. Larme écrasée à la va-vite sur ma joue. Larme effacée aussitôt. Moment de vulnérabilité envolé. Volonté de ne pas dévoiler cet instant de faiblesse ou simplement d'humanité. La volonté d'être seul. La volonté d'être seul pour pouvoir reprendre ma respiration, éviter les regards.

Un visage qui paraissait alors fatigué. Une simple larme qui avait coulé le long de ma joue. Une seule. N'ayant pas fondu en larmes mais ne pouvant prétendre non plus que je n'avais pas craqué. Ne pouvant pas prétendre que le sang ne coulait pas le long de mon poing. Un poing qui était toujours fermé, appuyé contre le tronc de l'arbre. Colère. Tristesse. Des émotions de retour. Sentiments que j'aurai préféré éviter mais qui me rappelait autant par cette douleur que j'étais encore humain. Passé au-delà des cinq étapes du deuil. Deuil que j'avais fait. Mais ce qui ne m'empêchait pas réellement de me tourner vers l'arrière, ou de refaire face à ce mordant de culpabilité. Sentiment de culpabilité qui était là étouffant. Comme si je manquais d'enlever mon tee-shirt pour pouvoir respirer. Comme si j'étouffais. Ce qui était le cas. Oxygène qui me manquait alors que je reprenais ma respiration. Des battements de mon coeur qui s'accéléraient. Un visage fermé. Des cernes le long de mes yeux, trace de fatigue là. Des insomnies que je n'avais jamais connu avant même lorsque j'avais commis le pire des crimes, même lorsque j'avais jeté Ailina aux loups. Je n'avais jamais ressenti autant cet élan de culpabilité qu'après la mort de Robb. Mais la terre m'avait changé. Les regrets qui naissaient. Les regrets qui étaient là. Les insomnies aussi comme pour m'empêcher de dormir réellement, de succomber dans un repos apaisant. Alors la fatigue était là, effective. Une fatigue que je me savais capable de surmonter. Moins terrible que celle qui avait suivi la mort de Robb. N'étant plus le même zombie. Mais les cernes étaient bien là.

Et ces yeux... Des yeux qu'on aurait presque pu croire comme étant rougis. Prétention que cela ne serait qu'une poussière dans l'oeil. Mais à cet instant ce n'était pas vers cette prétention que je pouvais tendre alors que mes doigts se refermaient sur mes lames. Mon corps qui se tendait comme un arc. Sur le territoire des cents, certes. Mais en vue des récents événements catastrophiques, suite au cyclone qui avait tout dévasté, face aux attaques des loups, ou même face à la présence hostile d'un adversaire, il semblait juste impossible de ne pas se retourner au moindre écho de pas. Un écho de pas qui pouvait que réveiller mon instinct de soldat. Des doigts qui se posaient sur mes lames simultanément sans chercher alors à savoir si c'était un ami ou un ennemi. Ne cherchant pas à savoir si c'était un des jeunes, ou le membre d'une autre tribu. Je ne pouvais que vouloir échanger avec les grounders. Je ne pouvais que vouloir développer des liens avec eux ne serait-ce qu'avec le troc ou comme auparavant espérer une alliance pour survivre par la suite. Mais autant que je pouvais être idéaliste quant à la création de ces relations, j'étais aussi méfiant. Nullement naïf. Certains qui n'étaient pas aussi amicaux. Certains qui ne pouvaient que regarder avec méfiance, et manquer de se faire violence face à la présence de ceux descendus du ciel. Ayant toujours écouté mes instincts. La préférence d'être prêt quitte à s'excuser ensuite plutôt que d'attendre la mort passivement.

Alors je me retournais à la seconde où des mots étaient prononcés. « Salut, Chris. » Voix reconnaissable aussitôt autant que sa silhouette. Des doigts qui quittaient mes lames pour retomber le long de mon corps. Presque soudainement surpris par cette apparition ou qu'elle puisse même se trouver là. Ne m'étant pas attendu cette fois-ci à sa présence. Car si je l'avais recherché précédemment au sein de leur campement, autour, je ne l'avais jamais trouvé. Ne l'ayant pas non plus vue au sein de la foule qui s'était réunie pour assister à l'échange avec les grounders, le campement de l'odyssée ou les cents. Non elle était restée invisible. Hors de portée. Ne me doutant pourtant pas lorsque j'avais fait ces précédents aller-retours qu'elle avait entendu ses mots, qu'elle savait que je l'avais cherché. Comme deux navires qui se croisent dans la brume sans se voir. Brève seconde où je me demandais si elle m'avait cherché elle aussi. Pourtant ce n'était pas comme si j'étais passé au coeur de leur campement cette fois. Et il y avait ce doute qui était surgi. Ne pouvant pas éviter chaque hypothèse alors que je m'étais en effet demander si la jolie brune n'avait pas cherché à me fuir. Mouvement pourtant difficile à croire alors que des retrouvailles avaient eu lieu, que nous étions quittés même après cette expédition auprès de la côte qui remontait maintenant à plusieurs mois sur des notes positives. Mais la question s'était quand même posée. Une éventualité. Et une question qui restait à cet instant sans réponse. Et de moindre d'importance alors que j'étais heureux de la voir enfin. « Salut Rachel. » Dommage qu'il n'y avait pas de miroir ou que j'étais trop loin pour jeter un regard à mon reflet au bord de l'eau. Ne pouvant m'assurer qu'il n'y avait plus aucune trace de cet instant d'émotion. Le sang qui avait coulé le long de ma main, qui ne restait pas moins. Jointures abîmées.

Des premiers pas que je fis dans sa direction que pour m'arrêter la seconde d'après. Un visage fuyant que je n'avais pas remarqué auparavant. Un regard qui était fixé sur les plantes qui bordaient le long du ruisseau. Hypothèse précédente qui semblait se confirmer ou peut être qu'elle était en train d'admirer la vue. Maigre espoir alors que je ne pouvais que préférer qu'elle admire la vue qu'elle m'évite moi. Comportement que je ne comprenais alors pas. Mais faisant comme si de rien n'était. « Je t'ai cherché. » Ce qu'elle savait sans doute. Un ton usé, plus léger. Volonté de ne faire comme si de rien n'était alors même que je m'approchais en douceur. Comme si je craignais de l'effrayer, comme si elle était un animal sauvage qu'il fallait apprivoiser. Ce qu'elle n'était pas.  « J'ai presque cru que tu tentais de m'éviter. » Note de moquerie. Un masque. D'apparence détendu alors que ce n'était pas le cas. Une distance courte qui nous séparait qui était couverte que rapidement, alors que je me retrouvais devant elle. Et toujours en train de fuir. Sourcils qui se fronçaient alors que je l'observais une brève seconde. Brève seconde avant que délicatement mes doigts ne se posent sur son menton pour soulever son visage, pour la forcer à me regarder. Des cernes aux bords des yeux. Dans un état plus effrayant que je n'étais. Comme si elle était prête à exploser. Comme une bombe à retardement. Et peut être dans ce regard une pointe de colère. Lueur indéchiffrable qui passait dans le mien. « Quelqu'un s'est levé de mauvais poil ce matin on dirait... » Toujours cette note de légèreté et pourtant ce ton à la fois sérieux, ce regard inquiet. Ma colère qui était au contraire retombée alors que mon attention était soudainement focalisée sur mini-Miller.  « Tu n'as pas trouvé ton lapin en peluche ou ? » Peut être que la référence à son lapin en peluche n'était pas le plus approprié. Mais sans doute plus habitué aux piques échangés, aux souvenirs d'avant qu'aux conversations réellement sérieuses avec elle. Ce domaine avait été réservé à Robb avant l'expédition à la mer. Et si je ne pouvais que vouloir tenir ma promesse, et la protéger, il ne restait pas moins que là encore je ne pouvais que chercher à l'approcher. Peut être parce que dans le fond de mon esprit elle reste encore cette petite fille qui se baladait dans les couloirs, toujours dans nos pattes, trainant derrière elle par son oreille une peluche en forme de lapin. Pourtant conscient qu'elle n'était plus cette gamine. Et paraissant à cet instant même hors de portée.  « PLus sérieusement, qu'est-ce qui ne va pas ? »
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Sam 26 Mai - 7:19


   
Surrender
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Un dilemme, une indécision que de la manière dont je devrais passer par-dessus la mort de mon frère. L’option la plus évidente; en parler aux autres. Avouer ses angoisses et son chagrin lui ferait peut-être du bien, ou du moins, c’est ce que j’entendis dire. Un poids qui disparaitrait de mes épaules, des émotions à partager et non plus garder pour moi jusqu’à en éclater. Une tempête à calmer, quoiqu’au final, je ne me permettais pas une telle chose. En fait, je n’en glissais pas un seul mot. Je divergeais vers d’autres sujets, recevait les condoléances des autres de façon complètement déconnectée, avant de relancer la discussion dans une autre direction. Un processus facile, du moins, quand je me retrouvais avec des connaissances de notre temps sur l’Odyssée. En revanche, avec Ali, Liam, Devos, Taël et surtout Chris, ma tactique se transformait, alors que je préférais porter des masques variés, selon la personne avec qui je parlais. Je me collais au visage des traces de joie quand, au fond, tout ce que je voudrais faire, ce serait commencer à pleurer. Des explications trop douloureuses, des questions qui reviendraient constamment. Pourquoi devoir entendre les mêmes choses, jour après jour? Ce n’est pas comme si on se trouvait encore dans l’espace, il y avait une organisation à laquelle se tenir. Une liste de choses à faire, des rôles divisés, chacun une pièce de puzzle de la plus grande importance.

Le vilain petit canard, la personne en trop, l’intruse … c’est parfois comme ça que je me sentais. Plusieurs cents perdirent des êtres chers, que ce soit des proches ou de simples amis. Pourtant, ils ne sont pas là, à pleurer et à repenser sans cesse à ce qu’ils auraient pu faire de différent. Ces jeunes gens avaient la capacité à passer outre la douleur qu’apportait le deuil beaucoup plus rapidement. Pourquoi n’avais-je pas ce même talent? Quelle question! Je savais pertinemment ce qui clochait avec moi. Pas tant une question de froideur, si ce n’était leur habitude de ne pas se réfugier seul, de prendre appui sur les autres pour avancer. Trop solitaire de nature, j’optais plutôt pour les longues réflexions en silence, dans mon coin. Oh, j’avais beaucoup de temps pour ça, justement. Entre les repas, pendant que j’attend le retour des chasseurs, ou une fois dans le confort de mon minuscule chez-moi, entourée des souvenirs de mon frère. En bref, bien que je sois présente, physiquement pour préparer des repas et parler un peu, mon esprit s’égarait tout le temps ailleurs, soit dans les souvenirs les plus touchants, ou alors dans les limbes du cauchemar. À bien y repenser, j’agissais presque comme une tortue, se cachant à l’intérieur de sa carapace dès qu’on se mettait à parler trop longuement de Robb.

Ses balades lorsqu’elle partait à la recherche d’herbes et d’épices lui donnaient exactement la chance d’oublier ses problèmes et ne se concentrer que sur ce qu’elle faisait. Mais même avec une telle concentration, rien ne pu la faire passer à côté de Chris sans qu’elle ne le remarque. Mal en point, autant physiquement que mentalement. Des soucis personnels, des trucs dont je n’osais pas me mêler. J’osais croire qu’il en ferait autant, mais, au contraire, s’approcha doucement de moi, alors que j’essayais justement d’éviter ce genre de situation. Je n’étais venue près du ruisseau simplement parce qu’il manquait de la verdure pour le repas du midi, et aussi profiter d’un moment zen, où la nature m’aiderait à ne pas sombrer dans mes mauvaises habitudes. Fatiguée qu’on me croit grincheuse ou même malade parce que j’avais une drôle de mine. Oui, c’est vrai, je ne mangeais plus autant, mes portions devant un peu plus petites. Une perte d’appétit, mais vu que je contrôlais le comment diviser les repas, ce n’était pas si difficile, que de leur faire croire le contraire. Il me fallut apprendre à taire mon estomac, le pauvre se lamentant parfois du manque de bouffe dans mon système. Malheureusement, le cœur reprenait toujours le dessus, me saisissait d’un tsunami d’émotions et ne donnant plus vraiment envie de manger.

Une réponse presque immédiate à mes salutations, alors que le sol se mit à craquer. Je n’avais pas besoin de deviner qu’il s’approcha, pour ensuite s’arrêter quelques minutes, vu que le bruit s’estompa soudainement. Mes yeux qui l’évitèrent, qui cherchèrent plutôt les plantes que je cherchais. Une simple politesse, une façon pour lui de ne pas trop sursauter en me voyant. Pour Chris, il s’agissait plutôt d’une invitation à venir me rejoindre, profitant de cette rencontre impromptue pour me rappeler que notre dernière rencontre remontait à loin, que depuis tout ce temps, j’évitais de le croiser très souvent. J’aurais bien voulu être honnête avec lui, avouer qu’effectivement, j’essayais d’éviter tout le monde ces temps-ci. Surtout lui. « On était très occupés en cuisine, ces derniers mois. » Pas un mensonge. Une exagération, plutôt. Rien n’expliquait, en fait, la raison de mon éloignement, ni même de ma manière d’agir, en ce moment. Une bizarrerie certainement remarquée, alors que je sentis les doigts se poser sur mon menton afin de me faire doucement soulever le visage, puis le tourner vers lui, question qu’il puisse m’observer d’un peu plus près. « Ça arrive à tout le monde, de se lever de mauvais poil, non? » Une légère frustration me traversa l’esprit. Ne comprenait-il pas que je ne voulais pas vraiment d’attentions. Tout ce que je souhaitais, c’était la paix. S’attendre à une telle chose de la part d’un homme m’ayant connue jeune, je ne fus pas tout du tout étonner de l’entendre blaguer de mon lapin en peluche. « Très drôle, Chris. Tu t’es vraiment dépassé niveau blagues. » Un lapin en peluche qui me serait d’une grande aide, en ce moment. Des souvenirs perdus, un frère perdu, … sa vie pourrait-elle prendre des tournures encore plus cataclysmiques? « Rien. Je vais bien, je suis juste fatiguée. Mais ça passera. Il faut juste que je me mette au boulot, question de me réveiller un peu. »  Mes cernes prononcés, mes yeux se fermant momentanément, c’était apparent que j’avais surtout besoin d’un lit, et peut-être d’une de ses fameuses herbes aidant à la détente. Le seul hic, là-dedans, c’est que je n’aimais pas dépendre de telles choses pour m’endormir rapidement. En fait, ce qu’il me faudrait, en ce moment, c’est une substance lui donnant assez d’énergie pour finir la journée en un seul morceau. Une tâche ardue, puisque je me concentrais à peine sur ce que je cherchais. Ah oui, les cressons! Et … ils étaient où, exactement? Aucune idée. Il faudrait que je continue à chercher. Qui sait si ça dissuaderait Chris, qu’il partirait avant moi.
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Sam 26 Mai - 18:06


   
Surrender
#rachris

   
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« On était très occupés en cuisine, ces derniers mois. » « Bien sur, le boulot avant tout. » Presque une note de sarcasme ou peut être plus précisément d'amertume que je tentais de cacher. Ne pouvant lui en vouloir de faire passer son campement avant. Chacun était occupé. Le boulot qui passait avant tout. Chacun ayant besoin d'une petite aide en plus, d'un coup de main aux heures perdues. Il n'y avait pas de répit pour le brave. Et de surcroît leur campement avait subi bien plus de dégâts que le nôtre. Des dommages qui avaient été exposés lors de la rencontre entre leur campement, le nôtre et les tribus vivant au nord de leur campement. Des dégâts que nous avons subis qui étaient au contraire bien minimes. Eux n'ayant pas seulement subis des dommages matériels, mais ayant aussi connus des pertes humaines. Paraissant logique qu'elle doive travailler, qu'elle soit indispensable en tant que cuisinière. Tentative de trouver une raison à son amertume. Peut être parce qu'elle paraissait totalement indifférente. Non pas qu'elle avait à retourner l'appel mais sans doute aurais-je espéré un peu plus d'enthousiasme alors que je l'avais cherché. Mais non. Et autant sentiment que je n'avais aucun droit à être sarcastique ou amer.

Tentative de revenir à la normal alors que je ne pouvais pas moins continuer de lui poser des questions bien qu'avec un ton légèrement moqueur. « Ça arrive à tout le monde, de se lever de mauvais poil, non? » Un ton plus agressif. Non plus ce regard fuyant. Il y avait quelque chose. Il y avait un détail qui indiquait qu'il y avait autre chose. Non pas un simple saut d'humeur. Non pas que j'avais l'opportunité de la voir tous les jours alors que de la distance nous séparait. Non pas que j'avais l'opportunité de voir si elle était de mauvais poil tous les matins. Non pas que la question était réellement de savoir si elle était de mauvais poil que de tenter de trouver la source à tous ces nuages noirs qui flottaient au-dessus de sa tête. Ce qui semblait plus qu'une passade. Un moment que je ne l'avais vu désormais. Et ce doute que j'avais. Ce doute il semblait se confirmer malgré ses justifications. Ne comprenant toutefois pas encore ce revirement de situation alors qu'auparavant nos dernières rencontres s'étaient terminés sur une note positive. La difficulté de parler de rencontre. Plus un aller-retour. Des jours qui s'écoulaient avant de la revoir. L'avantage de retrouvailles. Bien que celles-ci semblaient un peu plus maussades que les précédentes. Ayant sans aucun doute préféré pouvoir la trouver de bonne humeur. Bien qu'à vrai dire ce n'était pas moi qui l'avait trouvé. Pas cette fois. C'était elle. Et elle n'était pas aussi enchantée que je ne l'étais. « Tu as totalement le droit de te lever de mauvais poil, mini-miller, je ne te juge pas. » Pas tout à fait, juste un petit peu...

Certes maladroit alors que je ne pouvais que mentionner son lapin en peluche. Doutant que la référence à la peluche qu'elle emmenait avec elle lorsqu'elle était de petite saurait de bonne augure. Une question plus sérieuse que de savoir si elle avait perdu son lapin en peluche. Et je ne pouvais que me demander ce qu'était devenu le sort de sa peluche. Peut être envolée dans l'espace, perdue entre les confins des astres. Peut être qu'elle s'était crashée aussi. Ou peut être qu'elle était quelque part parmi les vestiges de l'arche ou ores et déjà poussière. Des hypothèses. Toujours des hypothèses. Des scénarios qui différaient facilement selon les possibilités. Un résultat qui n'était pas possible alors qu'il y en avait une multiplicité. Et là encore il y avait une multiplicité de réactions possibles venant de sa part. « Très drôle, Chris. Tu t’es vraiment dépassé niveau blagues. » « J'ai jamais dit que j'étais doué à cela. » Robb qui était bien plus doué à ce sujet. Robb qui était doué pour faire le pitre. Il y avait ces personnes qui existaient ou qui pouvaient illuminer votre journée. Ces personnes qui réussissaient toujours à détendre l'atmosphère ou faire naître un sourire sur vos lèvres même quand le naufrage était proche. N'étant pas certain d'appartenir à ces catégories de personnes qui étaient capables de dérider une situation en un claquement de doigts. C'était dans ces moments-là quand le vide se faisait ressentir. N'étant pas non plus là pour revendiquer un titre ou tenté d'être doué à faire des blagues. Bien que je tentais en effet de la dérider non sans certitude d'y réussir.

Tentative alors qu'une lueur inquiète existait dans mon regard. Car en effet je ne pouvais que me demander ce qui n'allait pas. « Rien. Je vais bien, je suis juste fatiguée. Mais ça passera. Il faut juste que je me mette au boulot, question de me réveiller un peu. » Mon regard qui restait ancré dans le sien. N'y croyant pas un mot. Pourtant ce n'était pas comme si j'étais là pour la fliquer. N'étant pas son père ou son grand-frère. Bien qu'une promesse faite que je tentais de respecter, celle de veiller sur elle. Mais pas moins je ne pouvais que laisser couler. Faisant comme si l'excuser était valable. En doutant. Connaissance de cause alors qu'il s'agissait toujours plus que d'une simple fatigue, que d'un simple manque de sommeil. Il y avait toujours ces petits détails qui s'accumulaient. Mais au lieu de tenter de lui tirer les vers du nez, je ne pouvais que sourire. « Okay dis-moi ce que je peux faire pour t'aider. » Geste naturel. Ce n'était pas comme si donner un coup de main m'embêtait bien loin de là. « Et puis ce n'est pas comme si j'allais rester ici une éternité de toute façon. » Ne pouvant prendre racine bien que cela faisait autant du bien que mal que revenir ici. Main pour ainsi dire dissimiler. Le sang qui n'avait pu que sécher. Oui revenir là était aussi douloureux. C'était certain. Regard que je jetais au ruisseau. Pouvant toujours revenir plus tard. « Est-ce que tu retournes au campement ou ? Tu semblais plus le fuir... » Mon attention qui était de nouveau focalisée sur elles.

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Sujet: Re: Surrender #rachris
Mer 6 Juin - 5:38


   
Surrender
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Des excuses, toujours plus d’excuses. Son sarcasme qui venait m’atteindre en plein cœur, alors que je sentais le mensonge déborder, comme un vase trop plein d’eau. Je faisais tâche, en ce moment, justement parce que je n’étais pas la plus travaillante dans les cents. Oui, je prenais part aux tâches quotidiennes reliées à la cuisine, mais ce n’est pas pour autant que je cours à droite et à gauche, comme une poule sans tête. Pour ça, je préfère nettement mon rôle, ayant beaucoup moins de stress que certains. À vrai dire, rien qu’avec ma dépression je ne semblais plus tout à fait humaine. Je marchais comme un zombie et fonctionnais comme un robot, mis sur pilote automatique. Je n’ose pas imaginer ce que cela donnerait, si on ajoutait à tout ça le poids de la protection du campement. Alors là, je ne sais même pas si j’oserais sortir de ma petite tente. Heureusement, je n’avais qu’à préparer les repas, à nourrir les gens. Des directives plus claires, moins encombrantes. Un moule qui m’allait à merveille, duquel je ne me séparais jamais. « Tu le fais, pour le campement de l’Odyssée, non? On a tous des responsabilités, et si on se dévie trop, ce sont les autres qui en paient le prix. » Une mince réflexion en lien avec mon frère, des gens qui auraient dû faire leur boulot et qui ne le firent pas. Des créatures un peu trop proches qui ne l’épargnèrent pas. Oui, dans un sens, ma dernière phrase était un indice de ce qui n’allait pas. Mais qui sait s’il en découvrait vraiment les raisons. Peut-être qu’il ne se douterait de rien, croirait que j’avais mauvaise mine, tout simplement. Que j’étais grincheuse.

De mauvais poil. Pas d’humeur. Une anormalité chez moi, alors que j’étais quelqu’un de positif, de joyeuse et de bruyante, parfois. Les seules fois que je ruminais seule dans mon coin, eh bien c’est Robb qui venait me voir pour me changer les idées. Pas que je voulais voir Chris dans ce même rôle, alors que je ne le voyais pas du tout comme un frère. Des sentiments inavoués, une crainte terrible que de ne jamais être à la hauteur de quoi que ce soit, et encore moins dans une relation quelconque. Des conversations mémorables avec lui, toujours dans la bonne humeur. Nos rencontres qui se faisaient plus brèves et moins constantes, maintenant. Un semblant de mur qui se construisit, entre moi et lui, alors que je devenais plus réticente à lui avouer quoi que ce soit. Un surnom, toujours le même. Mini-Miller. Dur retour à la réalité. Je n’étais rien d’autre que la petite sœur de son meilleur ami, la peste qui les suivait constamment dans le passé. Une enfant. « Tant mieux. » Rien de plus à dire. Un sujet que j’espérais clore rapidement. Une nécessité de passer à autre chose avant que je ne parte brusquement, sans même cueillir quoi que ce soit.

Mais toujours un retour sur ma vie d’avant. Des détails qui n’aidaient en rien ma tristesse devenue habituelle. Le lapin en peluche que je trainais partout, que mon frère m’aida souvent à trouver, alors que je m’affolais, le croyant perdu. Un petit animal que je perdis, avec le temps, mais que je ne voulais pas non plus retrouver. Des vestiges à enterrer, une fois pour toute, l’innocence d’une fillette qui s’écroula, peu après son aller simple derrière les barreaux. L’espoir que tout redevienne comme avant disparu, ça, et l’envie de prouver à Chris que je n’avais pas agit de la sorte pour rien. Son regard désapprobateur et ses commentaires qui ne vinrent que me convaincre de ma solitude, à partir de ce moment. Un enfermement complet, alors que je refusais de voir qui que ce soit. Oui, j’avais finalement accepté de devenir ce que les gens me disaient être. Une criminelle. Et un ton humoristique que je ne voulais pas du tout retrouver, en ce moment, puisque je broyais du noir. « Ouais, je sais. » Du groupe de mousquetaires duquel faisait parti mon frère, ce n’était certainement pas Chris celui qui faisait rire les gens autour de lui. Robb, … ah, le nombre de fois que je rigolais pour un rien, quand on se trouvait ensemble, à marcher dans les couloirs. Il avait la gaieté dans le cœur, un sourire de collé sur le visage. Une personne à laquelle je voulais pouvoir ressembler. La défaite, vu que je m’enfonçais seule dans les sables mouvants.

Un secret non-révélé. Tout allait bien. Un masque que je m’entêtais à remettre, encore et encore. Je blâmais la fatigue et le fait que je n’avais pas vraiment encore commencer mon train-train quotidien. Son regard ancré dans le mien, si intense, me fit presque craquer. Heureusement, il passa à autre chose, me demandant ce qu’il pouvait bien faire pour m’aider, rajoutant à cela qu’il n’allait pas rester ici une éternité. Je le savais bien. On était toujours voués à ce genre de moments très courts, me donnant peu espoir qu’il y a quoi que ce soit entre nous, autre qu’un brin d’amitié, dû à Robb. « Il faut que je trouve des cressons et de la renouée bistorte, pour le repas, un peu plus tard. Ils poussent près des ruisseaux, et je crois en avoir vu, un peu plus loin, par là. » Je lui pointais une certaine section du courant d’eau. Je les voyais, elles étaient plus qu’apparentes, maintenant. Un travail qui se ferait rapidement, une sortie que j’espérais plus longue et qui se terminerait en quelques minutes à peine. Chris n’eut aucun problème à comprendre, justement, que je voulais surtout me tenir loin du campement. « Il faudra que j’y retourne, c’est sûr, vu que je dois préparer la viande. » Ton monotone, un simple fait, une routine qui s’apprenait rapidement. « À vrai dire, j’aime bien être à une distance raisonnable de tout le monde. Trop de gens, trop de bruits. Au moins ici, c’est calme, silencieux. » Est-ce que j’allais lui dire directement que mon désir était la solitude justement parce que mon humeur n’aiderait en rien les progrès dans le campement? Non. Mieux valait coudre autour, cacher tout ça sous des prétextes.
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Mer 6 Juin - 8:00


   
Surrender
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« Tu le fais, pour le campement de l’Odyssée, non? On a tous des responsabilités, et si on se dévie trop, ce sont les autres qui en paient le prix. » Sa voix qui était plus amère. Ne pouvant que le regarder. L'impression qu'il y avait une boule dans sa gorge alors qu'elle pensait tout autre chose. Et que presque trop certain de ce qu'elle voulait dire. Les innocents qui en payaient le prix. Ceux qui ne pouvaient se défendre eux mêmes. Ceux qui étaient blessés parce qu'on avait pas fait ce qu'il fallait. Un métier pris au sérieux. Rôle de soldat que je respectais, qui me convenait. Pas cette idée de tant suivre les ordres que de pouvoir être là pour veiller sur les autres. Mais même cela, cela n'empêchait pas les morts. Robb qui l'était. Le seul pour lequel elle pouvait être dans cette attitude. Question posée alors que je me demandais si elle blâmait ceux de son responsable, ceux responsables de la protection du campement bien que leur organisation était différente de la nôtre ou la mienne. Conscient qu'elle m'avait affirmé qu'elle ne m'en voulait pas, mais soudainement je ne pouvais que me demander s'il n'y avait pas cette pointe de rancoeur qui refaisait surface maintenant. Culpabilité du survivant. Celle que j'avais ressenti, qui était toujours là. Culpabilité ressentie alors qu'il m'avait sauvé la vie, était mort en se sacrifiant. Et réponse que je devais savoir alors que je ne pouvais que poser mon regard dans le sien. « Est-ce que tu m'en veux que je sois en vie, et lui non ? » Pas fait dans sa direction. Question qui existait alors que le sous-entendu était là, alors que je ne pouvais que me demander si elle préférerait à cet instant me voir morte à sa place. Ce que j'avais voulu. Mais la machine à remonter dans le temps n'existait pas. Les rôles n'était pas inversés. Et si j'avais cru qu'elle était passée au-delà plus rapidement que moi, je n'en venais qu'à me demander le contraire. « Est-ce que tu aurais voulu que ce soit moi à sa place ? » Ayant besoin de l'entendre dire ou de l'affirmer si c'était ce qu'elle pensait. Culpabilité que je pouvais gérer désormais, le pensant. Mais son avis qui importait avant tout. Son avis qui comptait alors que je ne pouvais qu'à me retrouver me poser de nouvelles questions. La possibilité qu'elle m'en veuille autant de ne pas l'avoir protégé. S'il était mon meilleur ami, il était pour elle son grand frère. Lien familial que je ne pouvais remplacer, qu'il m'était impossible de le faire. Ne voulant remplacer Robb ou être sa place. Ne pouvant que respecter ma promesse et veiller sur elle. Et à cet instant cela ne faisait aucun doute que cette lueur d'inquiétude dans mon regard n'était rien à comparé de ce que je ressentais à son égard. Inquiétude en effet. Brève seconde à me demander ce qu'il aurait fait lui. L'inutilité de cette question alors qu'il n'était plus. Devant me débrouiller tout seul simplement et tenter de trouver un moyen pour qu'elle se confie, ou ne serait-ce que pour savoir ce qu'elle pensait. Tentative de la comprendre, de l'aider.

Des tentatives pour détendre l'atmosphère pour la faire rire, sans succès. Si auparavant je ne pouvais que lui envoyer des piques et me morfondre de la voir trainer dans nos pattes, je ne me retrouvais que face à elle, changée. La jolie brune qui semblait encore plus broyée du noir qu'au début. Si ce n'était pour m'aider cela. Volonté pas moins de faire comme si de rien n'était ou espérant qu'en parlant de ce qu'elle faisait, ou même en l'aidant, elle changerait d'humeur. « Il faut que je trouve des cressons et de la renouée bistorte, pour le repas, un peu plus tard. Ils poussent près des ruisseaux, et je crois en avoir vu, un peu plus loin, par là. » « Je vais t'aider à les ramasser alors si tu m'indiques quelle plante est la bonne, parce que je suis toujours nul de ce côté. » Une certitude comme je lui avais dit de lui donner un coup de main. Conscient qu'elle ne tentait que de s'éloigner du campement. L'idée la plus logique. Des questions pourtant posées avec soin. Des questions qui j'espérai l'inciterait à se confier. L'expression dans son visage « Il faudra que j’y retourne, c’est sûr, vu que je dois préparer la viande. » « Tu veux pas rester plus longtemps ? Cela fait longtemps qu'on s'est pas vu... » Ton qui se voulait conciliant, amical. Essayant de ne pas retourner le couteau dans la plaie si ce n'était déjà fait. Retenant une note de sarcasme alors que cela ne faisait aucun doute dans mon esprit désormais qu'elle avait tenté de m'éviter. Ce que j'avais pensée, qu'elle me fuyait. Et sans doute en avais-je la raison, le motif explicatif au sujet de Robb. Sourire que je lui adressais pas moins comme si c'était naturel, comme si je voyais pas le mur qu'elle tentait de dresser. Difficulté alors même après quand j'avais tenté de relier avec elle, elle ne paraissait si renfermée, si cloîtrée dans ce monde. Semblant aller bien. La culpabilité de retour alors que je ne pouvais que m'en vouloir de ne pas être venu plus souvent. Conscient qu'elle m'avait évité, mais peut être aurais-je du m'acharner encore plus. Me demandant si elle n'avait pas fait semblant depuis le début, si cela n'avait été qu'un masque lors de cette expédition près des côtes. En train de chercher à comprendre ce revirement, ou cette douleur qui était toujours là bien que mieux dissimilée auparavant. « À vrai dire, j’aime bien être à une distance raisonnable de tout le monde. Trop de gens, trop de bruits. Au moins ici, c’est calme, silencieux. » « Raison de plus pour rester alors. » Sourire adressée bien que je ne me doutais que non cela n'était pas forcément ce qu'elle avait en tête, encore moins si ce moment de calme qu'elle recherchait n'incluait pas ma personne.

Et pourtant je ne pouvais que me diriger vers les endroits qu'elle m'avait indiqué pour chercher les plantes demandées. Plantes dont je ne connaissais pas grand chose bien que je tentais d'apprendre. Aussi le cas pour la cuisine même s'il était certain que c'était elle qui était douée, moi beaucoup moins. « Ce type de plante-ci ? » Un cancre de ce côté même si la bonne volonté restait et que je donnais un coup de main sur le campement. Chaque coup de main qui était le bienvenue aux heures perdues. Et un coup de main que les natifs avaient proposés en échange de leur aide. Réunion auquel elle n'était pas venue. « Je t'ai pas vu à la réunion. » Le sous-entendu que je l'avais cherché même si cela ne faisait aucun doute qu'Aliénor aurait transmis le message alors que j'avais demandé à la jolie brune si elle était venue. « Qu'est-ce que tu as pensé des échos dit ? »  Curieux à vrai dire de savoir son opinion au sujet, ce qu'elle en pensait. N'ayant pas encore eu l'opportunité d'en discuter avec elle, ni de cela ni d'un autre sujet. Jolie blonde que je chassais de mon esprit. Pour le moment mon attention était entièrement focalisée sur mini-Miller. Comptant bel et bien m'assurer qu'elle allait bien. Mais chaque chose qui devait venir en son temps.
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Sam 9 Juin - 7:49


   
Surrender
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]J’avais merdé. Il lui suffirait de quelques minutes pour comprendre mon insinuation. Et de là, il estimerait facilement la raison de tout le reste. Pourtant, j’avais franchi cette étape. J’en avais voulu à tout le monde, avant de finalement, en arriver à ma propre personne. Je pointais le doigt vers l’un ou l’autre, je suis même allée jusqu’à blâmer cette Terre si horrifiante, si étrangère aux descriptions qu’on me fit d’elle. Pas un paradis, pas un endroit où leur vie reprendrait son cours. Un cimetière, un terrain fragile où les tribus locales se sont adaptées, mais que nous, jusqu’à ce que ce soit vraiment le cas, on continuerait à perdre d’autres cents. Robb qui n’aurait certainement pas dû trop s’éloigner du campement. Une décision qui lui coûta cher, et qui marqua les gens qu’il laissa derrière. Le vide immense qui subsisterait jusqu’à la fin, ou jusqu’à ce qu’elle connaisse une mort soudaine. La difficulté que de répondre à Chris sans qu’il ne s’offusque trop. Son regard qui vint se poser dans le mien, alors qu’il s’avançait, avec ses interrogations toutes désignées. Rien qu’en l’entendant, j’étais sûre qu’il avait tout compris, et qu’il s’en souviendrait. « Non, je ne t’en veux pas. » Elle s’excusa silencieusement à Robb, peu importe où il se trouvait. « Dans le meilleur des mondes, j’aurais voulu que personne ne crève. » Ce dernier mot, inhabituel chez moi. C’était trop agressif, mais essentiel dans ce cas-ci. « Mais il est mort, un point c’est tout. Il est plus là, il n’existe plus. » Regard fade, je me gardais bien de lui montrer une quelconque once de sentiment. Crue, on aurait dit que ces derniers mots fusaient de ma bouche, pour ensuite me laisser un arrière-goût. Un frère, quelqu’un de confiance, la pièce manquante d’un puzzle, la personne qui vous connait le mieux … il s’évapore. À partir de ce moment-là, je ne vivais plus en me projetant dans un futur lointain, comme je le faisais si souvent avec lui. Non. Là, je marchais droit, n’avait pas de gaieté dans le cœur, pas d’espoir. Juste un jour, puis l’autre, me réveillant, ou plutôt, ne dormant pas.

Plus de larmes, les ayant probablement asséchées. Le rire ne faisait plus parti de mes habitudes. Un flashback à nos sorties dans le vaisseau, quand Chris s’acharna sur moi, souvent parce qu’il ne voulait pas d’une jeune fille dans les pattes de leur petit groupe d’amis. Des discussions hautes en couleurs, alors que je lui répondais constamment. En nous regardant maintenant, on dirait que tout cela n’a jamais existé. « D’accord. Les cressons ont des feuilles rondes, et comme ils poussent directement dans le ruisseau, on dirait que les feuilles flottent sur l’eau. On n’a qu’à se mettre en bordure, on les trouvera. Et justement, en chemin, on trouverait la renouée bisorte. Pour la reconnaître, t’a qu’a chercher des plantes avec des feuilles plus longues et des fleurs roses en épi. » Des informations que j’avais notée depuis un moment et qu’à force de chercher les diverses plantes, je récitais par cœur. Une activité des plus reposantes, mais lui permettant surtout de ne pas avoir à répondre aux questions et inquiétudes des autres. « Je peux bien rester un peu plus longtemps, quoique je n’ai rien d’intéressant à dire. » Les conversations, j’espérais éviter. Quand, au campement, on me posait trop de questions, je m’emportais, balançant des trucs à gauche et à droite avant de déguerpir dans ma tente. S’il voulait parler, pas de problème, je l’écouterais. Cependant, je ne révèlerais rien de plus puisque de toute façon, je ne voyais pas en quoi ma routine l’intéressait. « Ouais, tu as sans doute raison. » Très mince sourire qui apparut et disparu en un clin d’œil.

Je le suivis, alors qu’il se dirigea vers l’endroit que je lui avais indiqué. Au loin, je pouvais déjà voir une bonne quantité de renouée, et, dans l’eau, une belle poignée de cressons. Avant même que je ne puisse lui montrer un exemple, il demanda, en indiquant justement l’épi de fleurs roses, s’il s’agissait de la bonne plante. « Oui, c’est ça, la renouée bistrote. Il m’en faudra un peu plus, mais il y en a pas mal dans les alentours. » Pas vraiment un signe de changement, mais au moins, mon ton de voix descendait d’un cran. La botanique, les plantes … un très bon moyen de me changer les idées. Me baissant un peu pour observer les plantes et les fleurs, cherchant à voir s’il était possible d’en replanter par la suite. « Non, je n’y suis pas allé. Je ne fais que préparer les repas, pourquoi devrais-je me mêler à ce genre de choses. » Ayant trouvé toutes les excuses imaginaires pour qu’on ne me traîne pas là-bas. Détail qui Chris nota, en me demandant si j’avais entendu les échos de cet évènement. « À quoi beau dire ce que j’en ai pensé? Les gens veulent trouver la solution miracle, leur permettant d’avoir de bonnes ententes entre eux et les tribus. Quant à moi, ils ne sont que des sauvages. Leur faire confiance? Certainement pas. Et encore moins leur préparer de quoi manger. Qu’ils se débrouillent seuls, eux et tous cents et odysséens voulant leur tendre la main. Je préfère ma tente à tout ça. » Je gardais la rancune de toute la violence qu’on subit, peu après l’écrasement. Pour moi, ces gens ne sont certainement pas venus nous voir en paix; ils voulaient tous nous tuer.
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Sam 9 Juin - 18:29


   
Surrender
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Mon regard qui restait posé sur Rachel. Questions réelles que je me posais. Sans doute pointe d'inquiétude à l'idée d'entendre sa réponse. Cette nécessité de savoir sa réponse. Cette nécessité de savoir si c'était ce qu'elle pensait, si elle aurait voulu que je sois mort à la place de Robb. La culpabilité qui existait. Culpabilité qui existait toujours, de retour de nouveau par intermittence. « Non, je ne t’en veux pas. » Mon regard qui ne pouvait se poser dans le sien. Pointe de soulagement. Ce qui était peut être pire à l'idée qu'elle ne puisse pas m'en vouloir pour être vivant. Ne sachant ce qui était pire et ce qui m'induisait à me sentir coupable savoir qu'elle ne puisse pas me vouloir mort à sa place ou le contraire. Les deux cas qui étaient aussi pires. Et dans un sens sa réception ne pouvait que me soulager mais faisait autant rejaillir une pointe de culpabilité. Car il n'était pas là. Les choses qui seraient plus simples s'il était là. Ce qui n'était pas le cas, devant juste avancer. Ce que chacun faisait, à son rythme. « Dans le meilleur des mondes, j’aurais voulu que personne ne crève. » Ton trop agressif. Et une lueur de tristesse dans mon regard alors que je l'observais. Ne voulant pas qu'elle s'autodétruise ou qu'elle ressente cette douleur. Douleur qu'elle ressentait pour autant. Mais ce qui était aussi inquiétant était l'absence d'expression sur son visage. Fade. Distante. Comme une étoile lointaine qui commençait doucement à perdre sa gloire, à s'éteindre. Ce qui semblait être le cas et nullement certain de savoir ce que je pourrais lui dire. Sentiment d'impuissance qui existait pas moins alors que j'étais aussi tenté de la serrer dans mes bras. Mais je ne pouvais que me douter qu'elle me repousserait. Des statistiques que trop importants qui le prouveraient sans doute. Non elle n'était plus la petite fille qu'elle était avant. Elle était différent et à cet instant elle ressentait cette douleur sourde, que j'avais tantôt ressenti. Douleur sourde que je ne ressentais plus autant alors que j'avais fait mon deuil. Mais alors que je la regardais, je ne pouvais que penser le contraire. Cela ne semblait être son cas. « Mais il est mort, un point c’est tout. Il est plus là, il n’existe plus. » « Non. » Il n'existait plus. Pourtant il était peut être aussi possible qu'il soit là à nous observer. Sans aucun doute attristé de la voir ainsi, alors si fermée. Aucun sourire qui n'était peint sur son visage mais dieu savait que j'aurai préféré voir un sourire se dessiner sur son visage. Et je ne pouvais que m'approcher d'elle doucement, délicatement comme si je craignais de l'effrayer. Ce qui était peut être le cas. M'approchant jusqu'à poser ma main à l'endroit où se trouvait son coeur, recouvert par la chair si ce n'est les couches de vêtement. « Mais il est toujours ici. Et c'est toujours ce qui compte. »

Rire que je parvenais toutefois à lui arracher. Longtemps du moins depuis aujourd'hui c'était la première fois que je la voyais rire et sourire. Ne pouvant cependant que me rendre utile. Ce que je comptais faire même si je n'étais pas aussi certain d'être aussi doué qu'elle pour reconnaître les plantes. De ce côté beaucoup à apprendre comme pour la cuisine. « D’accord. [...] des fleurs roses en épi. » Voyant bien qu'elle connaissait chacun de ces termes, qu'elle savait exactement ce qu'elle recherchait. Au contraire, je ne pouvais que noter ses informations dans un coin de ma tête pour repérer les fleurs qu'elle voulait que je trouve. « Et tu as jamais pensé à en faire que des bouquets. » Un sujet sur lequel je n'avais pu que la taquiner lors d'une précédente réponse, étonné de ne pas la trouver en train de ramasser des fleurs. Des fleurs que je réussissais pourtant à repérer non sans jeter un coup d'oeil à ce qu'elle faisait. Des mouvements que je n'entrevis pas mais que je ne pus que tenter d'effectuer pour ramasser les plantes recherchées. Conversation que je continuais pourtant alors que je ne pouvais qu'avoir le sentiment qu'elle ne voulait pas rentrer au campement. Certes elle affirmait le contraire mais j'étais quasiment certain qu'elle ne pouvait que le fuir, fuir les gens qui s'y trouvaient. Solitude recherchée qu'elle semblait recherchée alors. Sentiment que je comprenais alors que parfois il était plus que nécessaire de sortir du campement. Nécessité de s'en éloigner pour obtenir une bouffée d'oxygène. Nécessité de s'éloigner pour reprendre son souffle et oublier les voix. Sentiment de solitude qui s'était éloigné face à la présence de Chiraz à mes côtés. Sujet que je n'avais pas encore mentionné. Sujet que je ne pourrai que mentionner le moment venu, mais certainement pas à cet instant. « Je peux bien rester un peu plus longtemps, quoique je n’ai rien d’intéressant à dire. » « Humm... je suis certaine que si mais si tu veux pas parler, le silence me va aussi. » Un sourire que je lui adressais. Ne voulant pas la forcer, préférant au contraire qu'elle prenne la parole d'elle-même et décide de me parler. Ce que j'espérai mais ce que je n'étais pas certaine qu'elle en viendrait à faire. Invitation que je lui lançais pour qu'elle reste. Et un nouvel sourire que je réussissais à lui arracher. Un plaisir. Mais autant une illusion éphémère alors que ce sourire ne pouvait que tarder à disparaître. « Ouais, tu as sans doute raison. » Ne pouvant pas moins que continuer. « Je suis certain qu'on peut trouver pleins de trucs à faire. » Ce dont je ne doutais pas alors que j'étais certain qu'il était possible de trouver de nouvelles activités. Ce que nous réussissons toujours à faire auparavant même sur l'arche. Même auparavant quand nous nous retrouvions tous deux alors que Robb avait déserté, il y avait toujours un moyen de trouvé pour se chamailler. Le temps qui passait bien plus vite. Souvenirs qui restaient mais qui faisaient toujours aussi sourire. « Tu te rappelles que je t'avais caché ton lapin en peluche, je crois que j'avais que cela à faire à l'époque.. » Moment d'ennui où je n'avais rien pu trouver de mieux à faire que de l'embêter. Sans aucun doute que cela m'amusait tout autant alors. Pas des plus tendres avec elle. Non, loin de là. « J'étais pas le plus sympa alors... »

Et tout en chassant les souvenirs, je ne pouvais que me mettre à ramasser les plantes indiquées non sans m'assurer auprès d'elle que je me trompais pas. « Oui, c’est ça, la renouée bistrote. Il m’en faudra un peu plus, mais il y en a pas mal dans les alentours. » Ne tardant à relever la tête pour jeter un coup d'oeil sur les berges. L'avantage d'être grand alors qu'il était que plus facile de noter les détails. « Je crois qu'il y a en a là-bas. » Et bouquet de fleurs aux pétales roses en effet aperçu. « Oui il y en a. Tu vas en faire quoi ? » Me demandant si elle allait plus s'en servir pour les remèdes ou pour la cuisine. A vrai dire, je ne pouvais qu'estimer à première vue qu'il s'agissait de plantes qui servaient autant de remède. Toujours la difficulté même maintenant d'imaginer que certaines plantes en particulier pouvaient être mangées. Ce qui était le cas, bien que tout autant je n'avais qu'une préférence pour la viande. Mais chacun ne faisait qu'avec les rations du bord, alors qu'en plein coeur de l'hiver il n'était que plus compliqué de quoi se substituer.

Mais tout autant que je pouvais travailler, je continuais de réfléchir. Réfléchissant en effet si ce n'était que je restais curieux de connaître son avis sur les grounders, sur ce qui se passait en ce moment autour. « Non, je n’y suis pas allé. Je ne fais que préparer les repas, pourquoi devrais-je me mêler à ce genre de choses. » Des yeux levés au ciel. « On sait très bien tous deux que tu es pas juste une vulgaire cuisinière. » Ce qu'elle n'était certainement pas alors qu'elle était plus douée que faire simplement de la cuisine. Mais elle se contentait de ce rôle. Peut être que ce rôle lui convenait à vrai dire. Ce qui était aussi possible. Ses choix. Les siens, non les miens. La vie qu'elle décidait de mener bien qu'à cet instant j'étais avant tout certain qu'elle passait ses journées à se morfondre sur elle-même. Sans doute une pointe d'arrogance de penser cela mais ce qui semblait être le cas. Si son regard commençait à s'animer, il ne restait pas moins que je n'avais encore moi la Rachel qui avait l'habitude de sourire. Sourire qu'éclatant qui n'était pas en train de se dessiner sur son visage. Au contraire ce même visage ne pouvait que se durcir à l'encontre des avancées faites entre les grounders et ceux descendus du ciel.  « À quoi beau dire ce que j’en ai pensé? [...] Je préfère ma tente à tout ça. » Une opinion que je ne partageais pas. Si j'étais conscient qu'ils étaient venus ici en premier, qu'ils avaient vécu la guerre, il ne restait pas moins que des progrès étaient faits. Ne pensant pas qu'ils étaient des sauvages mais qu'au contraire nous avons beaucoup à apprendre d'eux. Mais des deux côtés, certains étaient plus méfiants, plus sceptiques. Certains ne pensaient pas qu'une entente pourrait se concrétiser. « Alors appelle-moi un idéaliste. » Ce que j'étais sans doute. Mouvement révolutionnaire dont je faisais partie, dont elle ne savait rien. Mouvement révolutionnaire avec un bouton pause appuyé dessus. Mouvement révolutionnaire que je ne pouvais que penser aller au fur à mesure passer dans les ombres. Ce qui paraissait être la solution la plus probable alors que les esprits ou plutôt les arguments fléchissaient tandis que le conseil remontait en popularité. Avis mis de côté alors que je reportais mon attention sur elle. « C'est mon point de vue et je comprend le tien mais je pense pas qu'ils sont des sauvages, pas tous. Je pense qu'on peut apprendre d'eux et qu'on devrait, autant qu'on peut apprendre de vous. » Ce que je pensais aussi alors que chacun pouvait apprendre des uns et des autres. Avide de ces nouvelles connaissances, de ces échanges. « Tu ne voudrais pas que chacun vive en paix, à défaut d'avoir une entente encore fragile. » Ce qui pouvait être difficile à réaliser, mais qui restait possible. Des liens entre certaines tribus qui s'étaient consolidés. Sans doute qu'il n'était pas possible que tout le monde vive en paix, que c'était sans doute une utopie mais tout aussi il était possible de consolider des liens, d'apprendre. « L'idée est peut être trop idéaliste, naïve mais je pense que oui on peut apprendre. » Hochement de tête alors que je manquais de replonger dans mes pensées.

Attention que je reportais néanmoins sur la jeune femme. « On est plus dans l'arche, on est libre ! » Ce qui était le cas. Là sur terre. Un monde différent mais qui pour certains pouvaient aussi être considérés comme une seconde chance. La vérité. Nous étions là. Nous étions encore en vie. Plus beaucoup. Le nombre de personnes venus du ciel qui était venu à décroître au fur à mesure. Des morts, il y en avait toujours. Mais nous, nous étions encore en vivants. « Tu pense pas qu'on devrait plus que simplement survivre ? » Ce pour quoi je m'étais forcé à reprendre pied. Et ne pensant pas qu'il s'agissait seulement de survivre, non, plus tout à fait maintenant. Mon regard qui se reportait aussi sur elle alors que je la rejoignais. Fleurs déposées au sol. Doigts que je déposais délicatement sur son visage pour la forcer à me regarder. « J'ai été un zombie pendant des mois, mais je suis là maintenant. Et on sait tous les deux qu'il aurait voulu qu'on croque la vie à pleine dent, qu'on rigole plutôt que de continuer de se morfondre sur notre sort. » Message que je voulais lui faire passer en effet. Message qui lui était destiné alors qu'il n'aurait voulu la voir ainsi. « Tu n'as pas à t'auto-détruire, ou à rester seule. Je suis là si tu veux parler ou simplement parce que tu veux te changer les idées. Je comprends que tu puisses vouloir rester seul, mais j'aimerai autant voir un sourire sur ton visage que des larmes. » La vérité. Alors que je préférai la voir croquer la vie à pleine dent qu'ainsi, dans cet état.
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Dim 10 Juin - 8:36


   
Surrender
#rachris

   
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]La pure vérité. Je ne pouvais lui en vouloir, lui qui était resté aux côtés de mon frère du début à la fin. De vrais amis, des esprits pas toujours ressemblants, mais au moins, qui s’entendaient. Le tout qui changea quand on mit Rob en prison. L’attitude qui changeait, une certaine froideur et une certaine tristesse. Rien de comparable, toutefois, au regard qu’il me porta, lorsque je fus moi-même contrainte d’être prisonnière, mon comportement soi-disant catastrophique. Des conneries, je vous dis. Les figures d’autorités dans le vaisseau qui voulaient simplement mettre leurs nez partout et nous rendre la vie dire. Le seul bon côté de nous être retrouvés sur cette nouvelle Terre; l’éloignement de ces mêmes gens que j’appris à détester. Je crus, à tort, que Chris en faisait partie, quand en fait, une fois que l’Odyssée arriva, ce fut comme un retour dans le passé, alors que Rob traîna de nouveau avec lui. Les deux dans des rôles leur permettant une telle chose, pendant que moi, je trouvais ma place parmi les cuisiniers. Je préférais cela au reste, et puis ça me donnait la chance de préparer quoi manger à leur petit groupe de copains. Une impression de stabilité qui ne dura pas. Une mort qui n’aurait jamais dû se produire. L’agressivité qui s’ensuivit, chaque phrase que je répondis était à trancher au couteau. Lui donner l’impression que tout allait bien, quand en fait, c’était tout le contraire. Un sujet auquel je voulais mettre rapidement fin, mais visiblement, Chris pensait autrement. En le voyant s’approcher, je fis quelques pas par derrière, voulant garder mes distances. Pas assez d’effort, car il réussit à combler l’espace nous séparant, allant jusqu’à poser sa main sur mon cœur, continuant à essayer de me faire voir les choses d’une autre façon. Peine perdue. « C’est ce qu’on me répète, mais à force de l’entendre, cette phrase ne fait plus de sens. Il. Est. Plus. Là. Fini. » Main que je pris et éloigna de moi, ne voulant pas qu’on me console, pas qu’on me vienne radoter de belles paroles toutes préparées.

Les plantes, mon dada, la raison de mes brefs instants de sérénité. En temps normal, avec Chris non loin, je pourrais presque croire que tout allait pour le mieux. De faux espoirs, alors qu’en fait, rien n’allait. Le désordre, le peu de joie, une monotonie mortelle. Je m’éloignais de tout et ne ressentait aucun remord face à ça. Au contraire même; ce fut ma plus importante décision, et certainement celle qui m’aida à ne pas avoir l’air d’une pauvre folle. « Non. À quoi beau en faire un bouquet, si elles meurent après quelques jours. » L’éclat qu’elles perdaient, passant d’un beau rose à un brun desséché. Un pâle reflet de ma propre personne, alors que je m’approchais de ce même état, l’appétit presque inexistant ces derniers jours. Les plantes étaient ce que je grignotais parfois, mais seulement quand la faim me démangeait plus que le reste, ce qui était rare. Des détails que j’omis de lui dire, sachant qu’il en ferait tout un plat. Lui et sa promesse de garder un œil sur moi. Il ne rendait les choses que plus difficiles, en fait. « Crois-moi, il n’y a rien d’intéressant à dire. Tous les jours sont exactement pareils, rien ne change, rien n’évolue. Don c’est parfait, le silence. » Oh, mais c’est que les choses évoluaient, en fait … mais seulement pour le pire. Je passais de moins en moins de temps avec les gens, ne passant que mon temps en cuisine pour ensuite retrouver la paix. Pas d’Ali, pas de Liam, pas de Tael. Juste moi et ma tente. « On est dans un endroit où le fait de trop s’éloigner du campement peut facilement nous tuer. Et ce qu’il y a dans les environs ne me semble pas du tout intéressant. » Une grande différence, entre la vie d’avant et la vie maintenant. Petite, on s’amusait tous ensemble, trouvant facilement des jeux pour nous changer les idées. « Je m’en souviens, oui. Je détestais me sentir loin de ce lapin en peluche, c’en était presque ridicule. » Des souvenirs beaucoup trop amers d’un temps où les choses allaient nettement mieux. « On me taquinait toujours, ça devenait une habitude, avec le temps. »

L’heure du travail sonna. La renouée bistrote se trouvait un peu partout, près des berges. Le fait que Chris en ramasse me facilitait la tâche, certes, mais cela voulait également dire que je n’avais la distraction que j’osais espérer. Normalement, je me concentre sur les plantes aux alentours, prend note de ce que je vois. Tout ce que je pouvais faire, pour l’instant, c’était d’observer les différents endroits où elle poussait. « Oui, je crois les voir. » Dis-je en me mettant sur le bout de mes orteils. Lui qui avait toujours été le géant du groupe. Beaucoup d’avantage, mais probablement des désavantages que je ne voyais pourtant pas. « Je vais m’en servir pour le repas, du moins une certaine partie. Je garde les fleurs pour qu’elles sèchent. La poudre sera utile, en cas de blessure non-mortelle, mais qui continue de saigner. Puis ça aide à soulager les douleurs au niveau des dents, aussi. » Encore du part-cœur. Une passion pour les plantes qui s’entendait, non pas au ton de voix, mais plutôt à ce que j’en savais. Un rôle que je continuais pourtant à voir comme bien peu utile, remplaçable. « Je prépare à manger et trouve des plantes. Ça en fini là. Je ne fais rien d’autre. Donc oui, c’est juste ça, et ça me suffit amplement. Je ne vois pas en quoi autre chose me serait utile. » Ne voulant pas apprendre à me battre, quoique qu’on me le reproche encore. Une perte de temps, des heures consacrées sur ma personne et qui, en fin de compte, seraient perdues. Aucune force physique, pas d’aptitudes pour ce genre de choses. Encore moins la patience que de parler d’une possible entente entre tous. Un monde meilleur … un rêve qui n’existait pas. « Eh bien apprend ce que tu veux d’eux. Moi, je ne veux pas en voir un seul devant moi. En fait, je préfère les ignorer. Qu’ils ne se mêlent pas de ce que je fais, et j’en ferais autant. » Ne voulant absolument pas qu’on me présente un grounder et qu’on me dise d’apprendre de lui. Le pire des affronts. « La paix n’existe pas. Mais faites vos ententes, moi je m’en fiche, je ne signe rien. » Rien à faire, j’étais têtue et continuait à les voir comme l’ennemi sournois.

Une discussion qui tournait bien vite au vinaigre, alors qu’on abordait des sujets que j’aurais préféré éviter. « Si t’appelle ça la liberté, fais-toi plaisir. » Supposée être une seconde chance, oui, mais pourtant, ce ne le fut pas pour l’un d’entre nous. Liberté éphémère, alors qu’à la mort de Rob, ce fut comme si je m’enfermais de mon propre vouloir dans la cellule d’autrefois. « Non. Survivre suffit. Il n’y a rien d’autre à faire sur cette fichue Terre, de toute façon. Les jours sont exactement tous les mêmes, rien d’intéressant, rien d’exceptionnel. Du fade, à répétition. Donc de me réveiller le lendemain en un morceau, c’est suffisant. » J’en avais assez, d’y aller avec des phrases simples, voulant éviter les détails. De toute façon, comment en faire autrement, alors qu’il délaissa le bouquet de fleur pour venir déposer ses doigts sur mon visage, me forçant à le regarder. Cœur qui se tordit de douleur, mais mes traits restaient impassibles. « Bravo, toutes mes félicitations, si tu t’en es sorti. Je fais du mieux que j’peux, mais de croquer la vie à pleine dent m’est impossible. Elle est insipide, insignifiante et sincèrement, que ce soit gris ou ensoleillé, cela ne change en rien mon humeur. C’est du pareil au même. » La rage qui montait en vague; j’en étais à détester de plus en plus la bonne humeur des gens, autour de moi, et de leur positivisme. « Cela ne te regarde pas, ce que je fais de ma vie. Parler ne sert à rien, et peu de choses réussissent à me distraire. J’aime la solitude, c’est un fait, et en ce moment, c’est exactement ce qui m’aide. » Je m’éloignais de lui et me baissais pour prendre les fleurs par terre, avant de me diriger vers les autres plantes. « Si tu t’attends à voir un sourire, désolé, mais c’est peine perdu. Et les larmes non plus. » Je lui fis dos, question qu’il ne puisse pas voir la douleur dans mes yeux. « À force de pleurer, j’crois que j’ai asséché tout. Les larmes, la joie … tout. » Je regardais une nouvelle fleur m’étant encore inconnue et essayait d’en prendre note, ma concentration chancelante, autant de part notre conversation que mon manque d’alimentation ces dernières semaines. « Si tu cherches la Rachel d’avant, eh bien va la voir là où Rob est enterré. Elle doit être là, à passer ses misérables jours à se lamenter. Moi je continue, je marche de l’avant, et si, pour ça, je dois couper toute émotion inutile, alors j’accepte. »
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01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Dim 10 Juin - 16:12


   
Surrender
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« C’est ce qu’on me répète, mais à force de l’entendre, cette phrase ne fait plus de sens. Il. Est. Plus. Là. Fini. » « Cela veut pas dire qu'il ne doit plus compter. » Toujours là. L'attention qui comptait autant l'amour, les souvenirs qui restaient.

« Non. À quoi beau en faire un bouquet, si elles meurent après quelques jours. » Regard qui s'attardait trop longuement sur elle. Comme si elle perdait la joie de voir les couleurs. Tous finissaient par dépérir à vrai dire mais ce n'était pas pour autant qu'il fallait s'attarder que sur les détails négatifs. Tentant différentes approches, de voir ce qu'elle pensait. « Donc tu es en train de me dire que c'est mort pour t'offrir des fleurs ? » Ton que j'avais gardé léger expressément. Ce que j'avais déjà fait avant. Cadeau qu'elle avait accepté mais qu'il paraissait qu'elle ne voudrait pas là. Cherchant à créer un lien, à trouver un point d'accroche pour lui arracher un sourire plus que pendant quelques secondes. « Crois-moi, il n’y a rien d’intéressant à dire. Tous les jours sont exactement pareils, rien ne change, rien n’évolue. Don c’est parfait, le silence. » Comme si elle cachait quelque chose ou comme si elle se murait dans la monotonie comme je l'avais fait. Ce que j'avais fait, me murant dans le silence encore plus précisément. Ce que j'avais fait alors que j'avais repoussé tout le monde. Ce que je craignais alors qu'elle se réfugie dans le silence et qu'elle fasse comme moi. Ce que je ne voulais pas pour elle. « On est dans un endroit où le fait de trop s’éloigner du campement peut facilement nous tuer. Et ce qu’il y a dans les environs ne me semble pas du tout intéressant. » « C'est parce que tu n'as pas essayé de voir ce qu'il y avait autour. » Ce que je pensais alors que j'étais certain qu'en effet il y avait des choses à faire. Trouvant toujours des choses à faire ma sa vision du monde était devenue plus froide. Comme si avec la mort de Robb, soudainement elle avait perdu tout intérêt dans le reste de la vie. « Je m’en souviens, oui. Je détestais me sentir loin de ce lapin en peluche, c’en était presque ridicule. » « T'étais chou avec. » Ce qui était le cas. Mais le lapin en peluche avait disparu. Elle avait grandi, eux encore plus vite alors qu'ils étaient envoyés sur terre. Ils devaient apprendre à survivre. Ce qu'ils avaient fait. Dans un sens, elle était toujours aussi mignonne mais il ne restait pas moins qu'elle avait grandi, trop vite oui. Elle était différente. Ce qui s'expliquait mais qui rappelait aussi la différence d'âge ou les différences. « On me taquinait toujours, ça devenait une habitude, avec le temps. » « Je crois que j'avais pas aidé pour que cela ne soit pas le cas. » Ayant en effet rajouter quelques couches à ce sujet. Non je n'avais pas été le plus sympa avec elle alors. Abusant sans doute un peu de la situation. Des souvenirs qui restaient pas moins, qui faisaient toujours rire alors que c'était une autre époque.

Et si je ne pouvais que cueillir les plantes recherchées, il ne restait pas moins que la conversation commençait en effet à tourner au vinaigre. Ce que j'aurai préféré éviter mais plus je pouvais lui poser des questions, plus elle se braquait. Caractère entêté qui avait été toujours le sien mais qui se révélait encore plus à cet instant. Sujet des grounders contre lequel elle était hostile si ce n'était même de vivre ou de croquer la vie à pleine dent.  « Cela ne te regarde pas, ce que je fais de ma vie. Parler ne sert à rien, et peu de choses réussissent à me distraire. J’aime la solitude, c’est un fait, et en ce moment, c’est exactement ce qui m’aide. » Là où elle se trompait. Si certes sa vie en soit ne me regardait pas il ne restait pas moins que je tenais à elle. J'avais fait une promesse à Robb de m'assurer qu'elle allait bien, ce que je comptais faire. Ne comptant pas la lâcher d'une semelle avant de m'assurer qu'elle aille mieux. « J'ai promis à Robb que j'allais veiller sur toi, et je vais le faire que tu sois d'accord ou non. » Ce qui était le cas bien que je me doutais que l'idée ne pourrait que l'énerver de plus belle. Déjà elle s'éloignait, me tournant le dos. « Si tu t’attends à voir un sourire, désolé, mais c’est peine perdu. Et les larmes non plus. » « Alors quoi je suis censé te regarder souffrir sans rien faire ?! » Une question alors que je ne comptais pas la regarder souffrir ou s'enfermer dans sa solitude. « À force de pleurer, j’crois que j’ai asséché tout. Les larmes, la joie … tout. » Ce que je ne croyais pas. « Si tu cherches la Rachel d’avant, eh bien va la voir là où Rob est enterré. [...] je dois couper toute émotion inutile, alors j’accepte. » « Parce que tu appelles cela marcher de l'avant ?! » Yeux levés au ciel alors que je ne pouvais que la rattraper. Ma main qui se refermait sur mon poignet pour l'obliger à pivoter vers moi. « C'est hors de question que je te regarde devenir l'exact même zombie que j'étais. » Ce que j'avais fait, me coupant de tout le monde. Ce qui n'était pas une solution, qui ne rendait que la situation pire. « Je tiens à toi. Et même si tu veux pas de cela, je vais pas te lâcher d'une semelle. Je te laisserai pas devenir une coquille vide. » Ce qu'elle disait faire alors qu'elle se coupait de toutes émotions. « On est une famille. On s'accroche. On reste ensembles. » Ce qui comptait. Ce qu'elle était. Membre de ma famille, tout comme l'était Robb. Ne comptant pas la laisser derrière ou la regarder s'éteindre, ou faner comme une fleur qui perdrait toutes ses pétales.
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Lun 11 Juin - 5:57


   
Surrender
#rachris

   
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Les conseils, les petites phrases fétiches que tout le monde disait ne font que remuer le couteau dans la plaie. Ce ne serait certainement pas grâce à ça que je changerais d’avis, que je retrouverais cette joie de vivre. « Et puis qu’il s’il compte, ça change quoi? Rien. Ressasser le passé n’apporte rien d’autre que la tristesse et l’amertume de ne plus le voir. J’ai d’autant mieux regardé vers un futur vide de sens qu’un passé trop pleins de souvenirs. Il ne reviendra pas, ça ne me sert à rien de me rappeler de lui. » Faire un trait sur mon frère était réellement la décision la plus horrible à prendre, mais nécessaire car à chaque flashback, je perdais l’envie de survivre. Un monde sans lui me semblait insoutenable.

Les fleurs, j’aimais tant les cueillir, avant. Leurs multiples couleurs, leurs formes … elle avaient pour moi plus de valeur que n’importe quelles pierres précieuses. Je faisais toujours de jolis bouquets sachant que mon frère les remarquerait, juste à l’extérieur de notre tente, un peu comme une preuve que je m’étais réveillée et que tout allait bien. « Mauvaise nouvelle, on dirait, mais il vaut mieux ne pas m’en donner, je n’en vois pas l’intérêt. » Essayant du mieux que je pouvais de ne pas lui répondre trop brusquement, sachant pertinemment qu’il irait m’en chercher justement parce que je n’en veux pas. Sa personnalité qui n’avait pas tant changé sur ce point. Tout aussi têtu que moi tant changé sur ce point. Tout aussi têtu que moi mais vu son optimisme actuel, cela m’énervait un peu. Le silence de mise, vu que je ne voulais pas que la conversation se dirige vers des sujets qui ne me plaisent pas. Croyant sincèrement qu’il accepterait de ne parler qu’un strict minimum. Le contraire ne me surprenant pas, quoique cela voulait dire que je devrais changer mon jeu. Mon masque devrait rester plus longtemps collé à mon visage. « Des arbres, des montagnes, des étendues d’eau. Voilà ce qu’il y a aux alentours. Je ne vois pas ce qu’il y a de si exceptionnel. » Pessimiste à souhait, alors qu’avant, j’avais le cœur à partir explorer. Vu la mort de Robb, je faisais plus attention. Nous n’étions plus dans le vaisseau, il n’y avait plus vraiment de haute surveillance. « J’étais un enfant, c’est normal. Heureusement, j’ai grandi, je n’ai plus besoin de cette peluche » Tenir ce lapin dans mes mains maintenant serait le comble du malheur. Rien qu’à en juger par mon humeur quotidienne, qui sait si je ne le brûlerais pas. « Peu importe ce que tu as fait, c’est dans le passé. Ça n’a plus d’importance maintenant. » Pas entièrement vrai, alors que je demandais souvent à Robb ce que j’avais bien lui faire pour mériter ses mauvais tours.

Un début de travail qui s’imposait, lui expliquant les plaintes que je cherchais et ce que j’en ferais. Un semblant de paix, le pire évité. Ou pas. En fait, peut-être n’était-ce qu’une de ses tactiques. Détendre l’atmosphère afin que je me sente un peu plus à mon aise, avant de poser plus de questions par la suite. Le sujet de la réunion et des grounders me mettant déjà les nerfs à vif, mais rien en comparaison à celui de ma vie, de mon nouveau quotidien, et bien sûr, de mon frère, de la promesse que Chris lui fit. « Il n’est plus parmi nous, donc tu n’as pas à tenir parole. » Il avait bien raison sur ce point; je ne voulais pas de quelqu’un me surveillant, comme si j’étais une enfant, une personne fragile. « Tu n’as pas besoin de regarder. Tu peux rester avec les odysséens. Ça t’évitera de voir quoi que ce soit. » Pas une invitation à ce qu’il parte, mai plutôt lui montrer qu’il y avait une autre solution, qu’il n’avait pas besoin de se mêler de mes problèmes. Tenant à lui montrer que je ne souffrais pas, que j’étais passée outre cette étape, et que je ne ressentais plus rien. Ce que j’aurais voulu qu’il comprenne, et pourtant, il n’entendait pas en rester là. « J’appelle ça survivre. Autrement, je ne sais pas si j’aurais bougé de ma tente. En fait, c’est grâce à ce genre de décision que je sors, que je me promène pour ramasser des plantes. Sinon, eh bien, tu ne m’aurais juste plus revu. Un point, c’est tout. » Dos à lui, je ne s’attendais pas à ce qu’il m’agrippe le poignet. M’obligeant à pivoter vers lui, à devoir le regarder droit dans les yeux, pendant qu’il me faisait ses remontrances et m’affirmait me surveiller de bien plus près, maintenant qu’il me savait dans cet état. « Tu as senti le besoin de sortir de cet état. C’est ta décision. Moi, je suis bien tel que je suis, en ce moment. Zombie ou pas, je fonctionne. Je fais le strict minimum, oui, mais ça aide le campement, c’est tout ce qui compte. » Je n’arrivais pas à soutenir son regard, mes yeux fixés au sol. « Tu n’as pas le droit de faire ça. Ma vie est privée, je me suis débrouillée seule depuis sa mort, et je continuerais de le faire. Et ne va pas raconter ça au campement. Pas à Ali, Liam ou Devos. Ils ont leurs propres problèmes, et je ne veux surtout pas qu’ils me posent plus de questions. » Peine perdue. Le connaissant, il dirait que non, mais par la suite, il irait les voir afin qu’ils puissent garder un œil sur moi pendant qu’il est occupé. « Je ne m’accroche plus à rien. La famille, ça ne sert qu’à causer plus de douleur, quand il leur arrivera malheur. Parce que c’est exactement la raison de notre présence ici. Tôt ou tard, on y passera tous, un par un. Autant prendre mes distances, mais au moins, ne plus m’attacher à qui que ce soit. » De la famille. C’est tout ce que j’étais à ses yeux, visiblement. Moi qui croyait en la possibilité qu’il puisse me voir d’un autre œil, … eh bien ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. « Lâche-moi tout de suite. » J’essayais de me défaire de sa poigne, quoiqu’il soit physiquement bien plus fort que moi. « Pourquoi tu t’entêtes? À quoi ça sert, tout ça? La joie n’apporte que peine, c’est un cercle vicieux. » Plus on parlait, plus je voulais partir et me réfugier dans ma tente. Mais ce soupçon de l’ancienne Rachel, celle que j’étouffais depuis le début de ma dépression, voulait au contraire se réfugier dans ses bras, avec l’espoir que mes problèmes s’envoleraient.
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01/11/2015 Glacy Ezra 2013 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 252
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Lun 11 Juin - 21:20


   
Surrender
#rachris

   
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« Et puis qu’il s’il compte, ça change quoi? [...] Il ne reviendra pas, ça ne me sert à rien de me rappeler de lui. » « Alors t'es prêt à tirer un trait sur lui comme cela, un peu radical non ? » Question posée d'un ton neutre. Regard ancré dans le sien alors que je cherchais des réponses. Ce qu'elle voulait faire. Ce qu'elle faisait déjà alors qu'elle tirait un trait sur le passé. Et s'il était là il n'aurait pu que se retourner un nombre incalculable de fois dans sa tombe. Ce qu'il n'aurait voulu. Crétin auquel nous étions trop attaché pour en finir dans cet état. Des flammes qui s'éteignaient. Au final que des braises qui continuaient de brûler. Autour il n'y avait que le vent. Paquet de fleurs abandonnés à nos pieds. Fleur qu'elle n'oserait même plus cueuillir pour faire un bouquet alors même qu'elle était douée pour cela. Des paysages qui ne l'enchantaient plus alors même que tout comme moi elle n'avait pu être que ravie de faire face à l'étendue d'eau. La mer. Etendue d'eau dont on ne voyait pas la fin. Spectacle à couper le souffle. Cette expédition qui nous avait permis de resserrer encore plus les liens. Liens qui se détendaient alors. « Des arbres, des montagnes, des étendues d’eau. Voilà ce qu’il y a aux alentours. Je ne vois pas ce qu’il y a de si exceptionnel. » « Voir la mer n'était pas exceptionnel donc ? est-ce que ce n'était qu'un masque depuis le début ou ? » Ton neutre et pourtant des questions que je me posais réellement. Des questions que je ne pouvais que me poser pas tant pour savoir pour moi que pour tenter de comprendre, de savoir depuis quand. « Qu'est-ce qui a changé ? » Elément déclencheur recherché.

« J’étais un enfant, c’est normal. Heureusement, j’ai grandi, je n’ai plus besoin de cette peluche »
Ce qui était même triste. « Peu importe ce que tu as fait, c’est dans le passé. Ça n’a plus d’importance maintenant. » Ce que je ne pensais pas. Promesse qui était elle dans le passé mais qui tenait toujours. « Il n’est plus parmi nous, donc tu n’as pas à tenir parole. »« C'est dommage, je comptais justement t'embêter un peu plus. » Note de plaisanterie ou de sarcasme à savoir alors qu'en effet je comptais veiller sur elle. Comptant en effet m'assurer qu'elle allait bien quitte à m'installer un bivouac. « Tu n’as pas besoin de regarder. Tu peux rester avec les odysséens. Ça t’évitera de voir quoi que ce soit. » Comprenant exactement où elle voulait en venir alors que je pouvais juste fermer les yeux sur ce qui se passait. Ce qui n'était pourtant possible. « Tu as pas fermé les yeux quand moi j'étais au fond du trou, pourquoi je ferai pareil ? » Dans un sens peut être que si alors que je ne l'avais pas réellement revu avant d'aller mieux, ne voulant pas qu'elle me voit dans cet état de larve. Dans un sens peut être qu'elle avait fermé les yeux. Ne lui ayant jamais à vrai dire poser la question. Question que je ne comptais pas non plus poser là si cela voulait dire qu'elle ne verrait qu'un nuage noir au-dessus d'elle. « J’appelle ça survivre. [...] Un point, c’est tout. » « Mais est-ce que cela en vaut vraiment la peine ? »  

L'obligeant à pivoter vers moi alors que mes doigts s'étaient refermés sur son poignet. A la recherche d'une réaction ou ne serait-ce que pour mieux lire les expressions de son visage. La forçant à me regarder bel et bien. « Tu as senti le besoin de sortir de cet état. [...] Je fais le strict minimum, oui, mais ça aide le campement, c’est tout ce qui compte. » Tout ce qui comptait. Loin d'être une vie. Plus l'ombre d'une flamme dans son regard. Comme si je m'attendais à une réaction, préférant sans doute qu'elle se mette à crier alors que je saurai qu'elle réagirait, qu'elle éprouvait encore des émotions. Zombie que j'avais été, que je n'étais plus heureusement. Et pourtant elle n'avait pas tort, alors qu'en effet là était le point, sa décision. « Tu n’as pas le droit de faire ça. [...] Ils ont leurs propres problèmes, et je ne veux surtout pas qu’ils me posent plus de questions. » Pique que je me prenais en pleine tête. Conscient que je le méritais alors que je l'avais bien laissé en plan au bord de la route pour ainsi dire. M'étant détourné sans un mot alors qu'elle était en pleurs. Nuage flou d'un souvenir trop embrumé. « Alors tu veux pas qu'ils s'inquiètent pour toi même s'ils le font sans doute déjà ? » Ce que je ne doutais pas. Et déjà l'idée qu'elle me donnait elle-même de leur demander de garder un oeil sur elle. Pensant déjà à aller voir Devos pour savoir ce qu'il pensait. Un plan qui devait se destiner pour sauver le soldat mini-miller. Soldat qui portait plus le nom que Miller que Gomez. Mini-miller oui. Ne comptant pas la lâcher derrière. Conscient qu'autant que possible que Devos m'avait aussi fait un cadeau inestimé en m'offrant du temps. Mais là, je doutais que ce soit autant adapté. Que la volonté limite de la gifler pour qu'elle se réveille. Tentative de trouver un pont qui la ferait passer de l'autre côté de la rive. Tentative de trouver un point d'accroche. Et sans doute que non je n'avais pas le droit de me mêler de sa vie privée. Ne pouvant être le juge de sa vie alors que j'avais fait quasiment pareil. Mais là encore, ce n'était pas nous qui décidons d'aimer, seulement les autres.

« Je ne m’accroche plus à rien. [...] Autant prendre mes distances, mais au moins, ne plus m’attacher à qui que ce soit. » « J'ai fait cela un nombre de fois incalculable. » La vérité. Ce que j'avais fait avec Robb, Ailina, Faust, elle, Devos, Murphy. Les ayant tous repoussé à un moment l'autre. Ce que je pensais faire des mieux. De multiples raisons à cette pensée. « J'ai repoussé des personnes un nombre incalculable de fois parce que je pensais qu'auprès d'eux, je ne finirai que par souffrir. » Ce qui n'était pas tout à fait vrai. Et me livrant alors à ce sujet plus que je ne l'avais fait avec personne. Sujet que je n'avais mentionné à Chiraz bien que la jolie blonde connaissait bon nombre des passages de ma vie désormais. « Je les ai autant repousser parce que je pensais que s'ils étaient loin de moi, ils souffriraient pas, que moi je souffrirai pas. J'ai trouvé un nombre inexcusable de raisons pour les repousser. Mais tu veux la vérité. Cela ne fonctionne pas. Peu importe que tu décides de les repousser, ces personnes elles seront toujours là pour toi. » Là encore semi-vérité. Continuant en enfonçant le clou plus loin. « Non,... cela c'est quand t'es chanceux. Parce que certaines personnes, elles seront plus là pour t'attendre. Et elles auront raison parce que tu les auras traité comme des moins que rien, tu n'auras pu que le repousser. Et au fond de toi, tu sais exactement que c'est ce que tu mérites. Ce sentiment de culpabilité il restera parce que tu diras que c'est ta faute si t'as perdu des gens en or, c'est ta faute si tu as perdu Robb. Tu te blâmeras. Ou alors tu finiras par te pardonner... mais tu auras perdu dieu sait combien de temps. » Du temps perdu. On pouvait dire quoique ce soit mais le temps défilait trop vite. « Et ce laps de temps c'est pas certain que tu pourras le récupérer. La vie est trop courte pour. Et il y a qu'un seul truc que tu peux apprendre, c'est que c'est pas à toi de prendre la décision pour les autres. Tu peux pas décider de qui décidera t'aimer. C'est eux qui décident pas toi. » Leur choix. Leur choix de rester ou de partir. Pouvant être l'élément déclencheur mais en aucun cas personne ne pouvait les forcer à décider d'aimer. Ne parlant que d'expérience. « Fais pas comme moi. Tu vas le regretter après. » Ce que je ne voulais pas, pas pour elle alors que oui elle méritait de sourire, d'être heureuse.

« Lâche-moi tout de suite. » Ce que je ne fis pas. Désobéissant à son ordre alors qu'au contraire je ne pouvais que resserrer ma prise pour la serrer contre moi. Ce que je ne faisais jamais. Des câlins qui entre nous n'avaient jamais duré plus de quelques minutes alors que trop souvent je m'échappais de ce contact. N'ayant jamais été porté contact physique ou n'ayant du moins jamais ressenti ce besoin viscéral de faire des câlins. Plus son genre avant. Définitivement pas à cet instant alors qu'elle ne pouvait sans doute qu'espérer me fuir. Me donnant encore plus envie de la protéger. A cet instant elle ne paraissait pas tant entêtée que vulnérable. Vulnérabilité ou douleur que j'aimerai effacer, mais dont je ne savais si j'avais la capacité. Une question qui ne dépendait pas de moi si ce n'était d'elle. Elle seule qui pouvait décider si elle voulait être sauver, si elle était prête à retourner du côté de la lumière.

« Pourquoi tu t’entêtes? À quoi ça sert, tout ça? La joie n’apporte que peine, c’est un cercle vicieux. » « Parce que sinon cela ne voudrais dire que tu n'acceptes de vivre qu'à moitié. » Me demandant si c'était ce qu'elle voulait. Ce qu'elle faisait à vrai dire déjà alors qu'en effet elle éteignait ses émotions. Ce qui sonnait comme tel alors qu'elle oubliait de sourire, de vivre. Coquille creuse que je ne voulais qu'elle devienne. Comptant trop pour juste la voir se replier sur elle-même à son tour, comme je l'avais fait. Refusant de la voir devenir plus maigre, ou désenchantée. Une dépression. Ce qui semblait sonner comme tel et encore ce n'était pas comme si j'étais un spécialiste dans la question. Ce qui était peut être une dépression. Tentative de mettre des mots sur ce qu'elle vivait alors, bien que j'avais été incapable dans mon cas de faire de même. M'étant juste refermé sur moi-même. Erreur que je ne voulais pas qu'elle commette. « La vie mérite d'être vécue même si elle est merdique, sinon autant se tuer dessus et alors il y aura plus rien. Mais tout ce que t'auras vécu avec cette personne, cela disparaîtra, envolé. La douleur, ouai elle est là mais elle permet aussi de te rappeler d'exister... » Tout qui disparaîtrait si elle abandonnait la partie. Certes il n'y aurait plus que le silence mais cela serait comme jeté cet amour aux flammes, comme tout envoyé en l'air. Ce qui n'en valait la peine à moins que cela ne veuille dire que rien n'avait compté depuis le début, qu'elle n'avait jamais tenu à lui.« Tu sais quoi si tu me regardes dans les yeux, que tu me dis oui sans flancher que tout cela, tout ce nuage noir au-dessus de ta tête en vaut la peine alors promis je t'embêterai plus à ce sujet... ou j'essayerai. Mais sinon je te promets que je ferai tout pour que tu sois de nouveau plus vivante, même si cela veut dire te laisser du temps. » Lueur de défi dans mon regard. Son choix.

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Sujet: Re: Surrender #rachris
Mar 12 Juin - 6:32


   
Surrender
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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Parfois, il faut y aller de la manière forte. Autrement, dans mon cas, je ne serais juste plus dans un état convenable. Je ne le suis déjà pas vraiment, mais ce serait certainement pire. » Robb qui devait vouloir me donner une bonne claque au visage, peu importe où il se trouve. Que dirait-il, de voir sa sœur complètement perdue, n’ayant même plus l’envie de vivre? C’est sûr que l’un de ses premiers conseils serait que j’arrête de faire l’enfant. Une attitude trop gamine, que de tomber de si haut et s’effondrer sans l’envie de remonter. Comme un enfant qui boude et mime la tristesse. Cependant, dans ma situation, il ne s’agissait pas de faire semblant; je ressentais réellement des vagues d’émotions négatives trop constamment. Trop flagrant, j’appris avec le temps à savoir cacher ce fait, en peignant un sourire sur mes lèvres, faisant croire à tout le monde que je me sentais parfaitement bien. La nécessité que de me distancer en rallongeant mes promenades dans la nature. Ainsi, les autres penseraient que j’étais simplement partie ramasser des fleurs ou des plantes. C’est ma tâche quotidienne, après tout. Les paysages qu’auparavant, je passais un temps fou à observer. L’émerveillement d’une Terre bien plus belle, plus verte que ce que j’aurais pu imaginer. Malheureusement, telles les fleurs qui fanaient, ma passion flétrissait de jour en jour. Voir la mer en sa compagnie, une sortie qui me toucha beaucoup, ne semblait plus me donner la même sensation qu’avant. « Oui, autrefois, je me suis émerveillée devant la mer. Ce n’était ni masque ni politesse, juste la Rachel d’avant. » En l’entendant s’interroger à propos et de ce qui avait changé, je ne sus pas quoi dire, dès le départ. Qu’est-ce qui avait déclenché tout ça? On en revenait aux étapes du deuil, celle juste avant la dépression. « Je ne sais pas. Je me suis doucement éloignée de tout le monde, je crois. Je voulais essayer de vivre le deuil sans que personne ne me dérange. Et puis j’ai essayé de m’accrocher à de brefs moments, comme lorsqu’on est parti en expédition, mais une seule journée comme ça n’a su qu’anesthésier la douleur quelques heures. » Pas vraiment un élément déclencheur à chercher, juste des étapes à franchir pour en arriver à l’acceptation. En revanche, je m’étais arrêtée à mi-chemin, dans l’étape de la dépression et la douleur, et ne me voyait pas la traverser. C’était devenu comme un cocon, une protection. Envisager la reconstruction de soi et de vaquer à mes occupations de façon plus optimiste ne m’effleurant même plus l’esprit.

Devoir perdre son âme d’enfant, cette petite étincelle qui fait de chacun une personne pleine de vie, … ça, je le devais à l’emprisonnement de Robb, puis au mien. J’ai appris à la dure que les choses n’étaient pas si belles, que de vivre était certainement la chose la plus difficile à vivre. Même les taquineries de Chris n’arrivaient pas à la cheville de la vie derrière les barreaux. Mais c’est qu’il était une vraie tête de cochon, et malgré mon âge actuel, il ne pouvait s’empêcher de vouloir remonter dans le temps, à cette époque. Quelque chose que je ne comprenais pas. « Si ça te fait plaisir, tu peux bien essayer de m’embêter. Mais vu mon état actuel, je crois que j’en resterais de glace. » Un fait, alors que je ne riais pas à ses blagues et étrangement, me renfrognait beaucoup trop facilement, pour des détails sans importance. Comme si j’étais à deux doigts d’exploser. Devoir trouver ce point de zénitude; beaucoup plus difficile à atteindre qu’on ne le pense. Néanmoins, ces temps-ci, je n’avais qu’à me replier sur moi-même pour m’ouvrir sur le silence complet. « Tu t’es éloigné, quand tu étais au fond du trou. Ou dois-je te rappeler que tu ne voulais pas que je te voie comme ça? Dans mon cas, je me fiche si ce que tu vois, t’aime ou pas. J’ai choisi cette voie, ou peut-être qu’elle m’avait déjà choisi, après sa mort. » Toujours une vision noire du destin. Une compréhension à l’opposée, puisqu’à mes yeux, il était déjà écrit dans les étoiles que ce qui m’arrivait aujourd’hui me serait destiné. « Pour fonctionner un minimum, oui, ça en vaut la peine. Tant que je pourrais et voudrais aider en cuisine, je le ferais. Quand l’envie me quittera, j’espère juste qu’on acceptera mon choix et qu’on ne vienne plus me déranger. » Des idées particulières, alors que je ne croyais plus tenir un tel rythme bien plus longtemps. Tôt ou tard, je hisserais le drapeau blanc, et ne mettrait mon nez dehors que pour aller faire le tour des plantes.

Trop de douleur que d’avoir une telle conversation. Cela aurait dû se faire dès ce jour fatidique, quand il me déposa le corps de mon frère et parti sans rien dire, alors que je cherchais à ce moment-là de ne pas me briser en mille morceaux. Les coups que je donnais sur la poitrine de Robb, le faible espoir qu’il se réveille. Besoin de lui, des gens que je connus pour le vaisseau pour m’aider, me soutenir. Que misérables paroles de pardon, de condoléances. Que piètre pitié dans les yeux des autres, alors que le lendemain, les activités reprirent comme si ne rien n’était. L’envie de crier, de tous les gifler, de leur obliger à ressentir tout le déchirement que je subissais. Mais rien ne sorti de ma bouche. Comme un chien avec sa queue entre ses pattes, je me tus, je repris ma routine, alors qu’à l’intérieur, les braises prenaient feu. En sortant de la tente, pas une larme versée, un bref sourire, et quelques paroles échangées. Les journées passaient toujours de façon si lente, me forçant à rester dans ce moule un peu plus longtemps. Mais dès que je me réfugiais dans ma tente, un peu plus éloignée du campement, je laissais tout sortir, je frappais le sol jusqu’à n’en plus sentir mes mains. Une rage plus vaste que l’océan, grand témoin de l’amour éternel d’une sœur pour son frère. Rien à en foutre maintenant. Ces sentiments ne changent rien. Ils ne font que nous pourrir de l’intérieur. « Et où est-ce qu’elles étaient, ces inquiétudes, les jours suivant la mort de Robb? On m’a probablement entendu crier, pleurer … pourquoi personne n’est venu à ce moment-là? » Mes traits se durcirent, je rattrapais le temps perdu, les soirs passés à me demander si on m’ignorait, tout simplement, ou si on croyait que de retourner à une certaine normalité m’aiderait. « Maintenant, c’est trop tard. J’en suis à un point de non-retour. À me lancer une bouée ou un harnais, et je ne les prendrais pas. » Plus vraiment de vie à sauver. Je sentais que mon âme était déjà engloutie par les ténèbres, par mes idées noires.

Ce fut à son tour de me parler de ce qu’il avait vécu, de comment il avait agi et l’impact des décisions qu’il a pris. Oh, j’avais bien vu qu’il avait également repoussé les gens, qu’il s’était retrouvé dans son coin, refusant ne serait-ce que je vienne le visiter. « Qu’ils partent. Je m’en fiche complètement. Ils trouveront mieux ailleurs, ils se lieront d’amitié avec des gens qui ne seront pas brisés, qui ne trouvent plus rien qui vaille la peine de continuer. » Je ne comprenais pas son point de vue, puisque mon but était exactement que tout le monde s’éloigne de moi. Non, je ne les traitais pas comme des moins que rien, mais mes conversations restaient minimes, voire probablement froides, … très froides, parfois. Ce qu’ils ne devaient pas apprécier. « J’ai passé l’étape du blâme. Il n’y a plus personne vers qui pointer le doigt. Ce n’est pas pour autant que je prévois pardonner qui que ce soit, y compris moi. » Trop de peine refoulée pour gracier, pour tourner la page et passer à la suite. Un détail que j’omettais de notre conversation, pour l’instant. « C’est à leurs risques et périls, s’ils veulent ainsi se jeter dans la gueule du loup. Je n’accueille personne à bras ouverts, ma tente est fermée pour cette même raison. » Trop malaisée pour tenir ce genre de propos directement aux personnes concernées. Un changement dans ma personnalité que je croyais assez flagrant pour qu’ils comprennent de ne pas m’approcher. Un signal que certains ne voyaient pas encore. « Je ne le regretterais pas. » Froid, sec. J’avais déjà une idée en tête, je choisis ma route. Seule, mais au moins, sans qui que ce soit pour me remettre en doute. Chose que Chris faisait constamment.

Ça, et me prendre complètement au dépourvu. Alors que je lui ordonnais de me lâcher, il fit exactement le contraire, resserrant sa prise pour ensuite me tirer contre lui, me serrant dans ses bras. Un câlin, une telle démonstration d’amour, de tendresse … il les fuyait en temps normal. La seule et unique chose que j’aurais voulu qu’il fasse, en venant me voir, cette fatidique journée. Ne pouvant maintenant qu’essayer de le repousser, non sans trembloter. Certaines larmes vinrent doucement descendre alors que je m’entêtais à les étouffer. Une voix mesquine, celle de mes cauchemars qui continuait de me répéter qu’il était trop tard. J’avais passé ce cap, ce genre de choses ne devraient plus me toucher. Toujours la solitude, vile tentatrice, qui reprenait le dessus, du moins momentanément. C’est elle qui me poussa à lui répondre autrement. « Je vis. Je croyais que c’était le plus important. Que ce soit à moitié, je suis encore là. » Un fait qui ne serait que pur mensonge, si je continuais à suivre mon régime alimentaire actuel. La dépression, un fléau qui te prend tout. Ta volonté de te battre, la joie de vivre, les amis, l’homme à qui tu voudrais avoir la force d’exprimer tes sentiments mais que tu ne peux pas … tout ça, envolé. « C’est là où nos avis changent. Si la vie est merdique, pour se torturer de la sorte? Et puis qu’est-ce que ça peut me faire, si mes souvenirs de Robb disparaissent? À vrai dire, j’ai vu exactement ce qui s’est produit après sa mort, et je saurais à quoi m’attendre avec la mienne. Le retour à la routine. Comme si rien n’était. » Je tenais à mon frère. Je l’aimais de tout mon cœur … tant et si bien qu’il le prit, avec lui, quand il rendit son dernier souffle. Depuis, je me cherche, je me perds, et j’en viens à souhaiter des choses que je ne devrais probablement pas.

Un défi lancé, une impression que cela ne serait pas la pure vérité. Un besoin que d’essayer. Regard que je fixais. « Ça en vaut la peine. Je ne saurais vivre sa… » Mes jambes qui cédèrent. Incapable de faire face à ce que je m’apprêtais à dire. Les larmes qui coulaient de nouveau, alors que mes mains se mirent à frapper sa poitrine. « TU M’AS LAISSÉ LÀ! » Je criais, je ne faisais même plus attention à mon comportement. « J’étais seule, j’avais peur, je ne savais pas quoi faire d… du … de son corps. » Front que je finis par poser sur lui. Enfin, j’exprimais toute la douleur emprisonnée au fond de moi. « J’ai tout perdu. J’ai tout perdu et pourtant, les autres ont continué à travailler sur le campement. » Mon visage était réellement tordu, comme si j’allais exploser. Plus aucune contenance possible. « Il fallait que je fasse quelque chose, Chris. Je passais mes nuits à crier, à pleurer, à désespérer toujours un peu plus. Je n’étais plus normale, je ne fonctionnais plus du tout, chaque petit bruit, chaque mouvement, chaque visage que je croisais me donnais envie de m’effondrer. » Je me sentais terriblement honteuse, maintenant, de lui avouer la suite. « Grâce à ce changement, j’ai appris à ne plus réagir … du tout. Oui, j’ai encore des crises terribles, oui, ça fait des mois que je ne dors pas et que mon appétit est au plus bas, mais j’essaie de me rebâtir autrement. Plus forte, même si c’est au détriment de mes émotions. » Je fermais les yeux, écoutant nos cœurs battre mais sentant qu’il en manquait un de plus. « Je t’en supplie, ne me fait pas revivre tout ça. Malgré mon choix radical, je tiens un peu mieux debout. »
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Sujet: Re: Surrender #rachris
Sam 16 Juin - 18:14


   
Surrender
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« I'm still learning. »
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Voulant savoir si c'était un masque. Voulant savoir si tout n'avait été qu'un mensonge ou si le moment que nous avions partagé avait été réel. Une expédition qui avait été réelle. Les souvenirs qui avaient existé. Les souvenirs qui avaient été là. Me rappelant m'être tenu en face de l'horizon à ses côtés. Ne pouvant juste croire que c'était une illusion. Ne pouvant croire que le sourire qui s'était dessiné sur son visage quand nous avions contemplé la mer avait été une illusion. Refusant de croire que cela n'avait été qu'une illusion pour elle. L'espoir que cela n'ait pas été le cas. L'inquiétude pour elle qui était là inexorable. Et ores et déjà prêt à être blessé face à l'idée qu'elle me réponde par l'affirmative. Craignant en effet qu'elle me réponde par l'affirmative et convienne qu'elle souffrait déjà là-bas. Ce que je ne voulais croire. Ce que je ne pouvais croire, pas face à ses mots, pas face à notre conversation, pas face aux rires. Mais pas moins cette nécessité de connaître la vérité, de savoir ce qu'elle pensait. Réponse que je cherchais que je méritais d'obtenir. « Oui, autrefois, je me suis émerveillée devant la mer. Ce n’était ni masque ni politesse, juste la Rachel d’avant. » Pointe de soulagement. Un poids qui s'ôtait de mes épaules. Mais autant de questions. Comment était-il possible de changer à ce point ? Comment était-il possible d'agir un jour d'une façon puis réagir à l'opposé des mois plus tard ? A vrai dire il n'y avait pas de bonne réponse. Il y avait juste une lente progression d'un côté ou de l'autre. Tombé au fond du gouffre mais j'étais remonté. Elle qui était désormais au fond de ce gouffre. Une lueur dans les ténèbres que je ne pouvais que me douter était inexistante. Une version différente. Une évolution aussi radicale que celle que j'avais pris. Un chemin qu'il aurait été préférable de ne pas prendre. Mais ce qui devait arriver arrivait sans doute. Et désormais je ne pouvais que la contempler. Tentative de comprendre à mon tour ce qui s'était passé dans son esprit. Voulant comprendre. Voulant l'aider et être là pour elle. « Je ne sais pas. Je me suis doucement éloignée de tout le monde, je crois. [...] mais une seule journée comme ça n’a su qu’anesthésier la douleur quelques heures. » Se raccrocher à quelques heures. Croire qu'il était possible de sourire puis se convaincre que c'était une illusion. La douleur qui restait. La souffrance qui restait. Souffrance qui existait mais il fallait passer outre. Ou un deuil qui était pour elle encore existant. Ne pouvant qu'être là pour la soutenir. Et déjà je ne pouvais qu'espérer faire plus, précipiter le mouvement comme d'autres l'avaient fait. Mais parfois il était juste nécessaire de laisser le temps. Presque un soupir qui s'échappait de mes lèvres. « J'aurai aimé que tu me le dises... » Ce qui était le cas. J'aurai aimé qu'elle me l'avoue. Ce n'était pas une pointe de déception qui se lisait alors dans mon regard. Il n'y avait pas ce sentiment de déception que j'avais ressenti en refermant la porte derrière-elle. Non il y avait une confusion de sentiments. Autant en train de compatir que voulant lui crier dessus pour qu'elle se réveiller. Comme si crier pourrait la forcer à se réveiller, à s'arracher à sa liturgie. Ce qui avait marché au moi lorsque j'avais été confronté au pied du mur. Ce qui ne voulait pas dire que cela fonctionnerait pour elle. Mais là restait le fait qu'en effet j'aurai préféré qu'elle me le dise. Ne pouvant toutefois m'appesantir sur le passé.

« Si ça te fait plaisir, tu peux bien essayer de m’embêter. Mais vu mon état actuel, je crois que j’en resterais de glace. » De glace, ce qu'elle était alors. Autant de similitudes que de différence. L'impression de pouvoir espérer encore à voir une flamme. Comme si je tentais de la défier de se réveiller. Ce que je voulais. Voulant qu'elle se réveille. Et peut être le sentiment que c'était déjà le cas alors qu'elle me répondait. Ne se murant alors pas dans le silence comme je l'avais fait. Ce qu'elle avait toutefois fait au début de cette conversation. Nécessité de continuer de parler, de la maintenir éveillée par tous les moyens possibles. A la recherche d'une réaction. « Tu as oublié que j'ai la palme en cette matière ? » Note de moquerie. Comme s'il était encore possible de rire. Ce que je faisais avant. Quand elle venait m'embêter et que je tenais à tout prix à rester sérieux, imperturbable en mode monsieur glaçon. Ce qui n'arrivait forcément alors qu'elle réussissait à faire craquer un sourire sur mon visage. Les rôles qui s'inversaient. Et ses paroles qui sonnaient accusatrices. « Tu t’es éloigné, quand tu étais au fond du trou. [...] J’ai choisi cette voie, ou peut-être qu’elle m’avait déjà choisi, après sa mort. » « Vision un peu morbide non ? » Note de sarcasme. Alors sur la défensive. Elle avait raison. Je n'avais pu que m'éloigner. N'étant que revenu après. Ce qu'elle me proposait de faire. Me proposant de fermer les yeux à mon tour. Proposition que je refusais. Tentative de se justifier ou de trouver une raison. « Et oui j'étais censé être là pour toi. Censé être un exemple. Mais j'ai échoué... J'ai échoué avant. Je suis parti mais cette fois je ne partirai pas. » Ne comptant pas l'abandonner dans cet état, ce qui était certain. Mécanismes qu'elle m'expliquait alors que chacun avait ses propres tentatives de repli. Chacun qui se refermait derrière sa carapace pour se protéger, pour être invulnérable. Une plaisanterie à vrai dire. « Pour fonctionner un minimum, [...] j’espère juste qu’on acceptera mon choix et qu’on ne vienne plus me déranger. » « Tu tiendras pas un instant seule ! » Là encore en train de la défier de le faire. Ce qui n'était pas la solution. Peut être ce qui paraissait une solution alors à mes yeux ou des propos qui ne pourraient que l'entraîner sur la mauvaise foi. Ce qu'elle pouvait aussi faire que pour me prouver le contraire. Plus entêtée que Robb. Une tête de mule. Et déjà en train de me dire que j'aurai peut être du me taire. Toujours à constater mes potentielles erreurs après. « On sait tous deux que tu as besoin d'autres personnes autour pour vivre, que la solitude va pas à ton teint... »  Solitude qui n'allait pas en effet à son teint, alors qu'à cet instant elle dépérissait juste. Une fleur qui était en train de faner. « Est-ce que tu manges au moins  ? » Inquiétude avant tout là alors que les cernes sur son visage avait été remarqué, comme si elle semblait flotter un peu plus dans ses vêtements. Sans doute le cas. En train de me transformer en papa poule. L'inquiétude là, réelle et persistante. « Et où est-ce qu’elles étaient, ces inquiétudes, les jours suivant la mort de Robb? On m’a probablement entendu crier, pleurer … pourquoi personne n’est venu à ce moment-là? » Voulant lui dire que peut être ils voulaient la laisser faire son deuil en paix. A vrai dire je n'en savais rien. Des mensonges que je pourrai lui énoncer. Ce que je ne voulais. Ne voulant lui mentir. La vérité était que je n'avais pas de réelle réponse à lui donner. N'ayant pas été là parce que j'étais autant au fond du gouffre. « Je ne sais pas mini-Miller pourquoi ils n'étaient pas là. Mais cela ne veut pas dire qu'ils ne seront pas là demain. Je suis là moi ! » Le cas. « Maintenant, c’est trop tard. J’en suis à un point de non-retour. À me lancer une bouée ou un harnais, et je ne les prendrais pas. » « Alors je t'empêcherai de te noyer. » Ce que je comptais faire. Solution radicale alors qu'il m'était insupportable de la voir se laisser dépérir. Ce qu'elle faisait. Refusant toute aide. Ne voulant pas être sauvée. Pas à cet instant, voulant être seule. Dépression. En dépression plus qu'en deuil. « Peut être que tu devrais parler à quelqu'un... ? voir un docteur ... ? » En train de me dire que je pourrai l'emmener voir Nadja ou Elijah. Rayant la dernière idée. Pas le thérapeute à choisir. Idée déjà remplacée par le prénom de Devos. Oui, il fallait que j'aille voir Devos. La difficulté d'aider une personne à se soigner quand elle ne le voulait pas. Difficulté encore plus alors qu'elle n'était pas malade, pas physiquement. Il y avait juste un trou là où se trouvait à son coeur. Cherchant peut être autant son courroux alors qu'au lieu de garder ma langue je ne pouvais que parler à voix haute. Prenant les décisions à sa place comme si son avis ne comptait pas. Là non plus ce qui n'était pas une solution.

« Qu’ils partent. Je m’en fiche complètement. [...] qui ne trouvent plus rien qui vaille la peine de continuer. »
Des mains qui se refermaient sur ses épaules alors que mon regard était plongé dans le sien. « Tu n'es pas brisée tu m'entends ?! » Ce qu'elle n'était pas. N'étant pas une chose qu'on devait réparer. N'étant pas brisée, plus perdue en pleine souffrance. Ce que je ne croyais pas. La jolie brune qui ne voulait tourner la page. Et si encore elle remontait la pente, il lui faudrait se pardonner. Incapable de dire si elle pourrait le faire, si elle pourrait trouver la force de le faire. Ne l'ayant pas encore trouvé. Ne m'étant pas pardonné, pas entièrement. Ce que je n'avais pas encore fait. Culpabilité qui existait encore. Sur le chemin du pardon certainement mais n'ayant pas atteint le bout du tunnel. Et elle alors elle en était loin. Tentant de la convaincre qu'elle ne devait pas emprunter ce chemin, qu'elle allait le regretter. « Je ne le regretterais pas. » Secouant la tête. « J'ai dit la même chose Rach... J'espère pour ton bien que tu ne regretteras rien, mais je crains le contraire. Je crains que tu le feras d'une manière ou d'une autre. » Ne voulant pas qu'elle ressente ce poids. Elle méritait d'être heureuse, elle méritait de sourire. Elle ne méritait pas de porter ce fardeau ou de baigner dans des pensées plus obscures que d'autres. Instinct protecteur exacerbé. Instinct protecteur encore plus rendu réel maintenant. La tentative de trouver les mots. Mais je n'étais pas doué pour cela. Je n'étais pas doué pour les speech de motivation. Déjà une épave. La difficulté d'aider les autres. La difficulté de réussir là où j'avais auparavant échoué. Vie qui méritait toutefois d'être vécue mais nos avis ne pouvaient que diverger en effet.

Et en train de céder. Tentant d'adopter la bonne attitude, de lui laisser le temps dont elle avait besoin. Ce que je lui proposais de faire, non sans tenter une dernière fois de la réveiller. La défiant de nouveau. Cette fois-ci la défiant de la laisser tranquille à condition qu'elle me convainque. Et cet espoir que cela ne soit le cas. « Ça en vaut la peine. Je ne saurais vivre sa… » Ne la lâchant pas. Ne la lâchant pas alors que les larmes se mettaient à dévaler ses joues. Ne la lâchant pas alors que ses poings se levaient. N'esquissant pas un mouvement alors qu'elle frappait ma poitrine. « TU M’AS LAISSÉ LÀ! » « Je suis désolé. » Ce qui était la vérité. Ne sachant pas à quel point je m'en étais voulu de l'avoir laissé de côté. Ne sachant pas à quel point la culpabilité était de nouveau là pour avoir commis l'erreur de croire qu'elle allait bien. Egoïste. Me haïssant à cet instant alors que je ne pouvais que la serrer contre moi. « J’étais seule, j’avais peur, je ne savais pas quoi faire d… du … de son corps. » Corps qui n'était jamais resté. Brûlé. Des cendres qui s'étaient envolés. Fumée qui s'était dégagée alors que je m'éloignais robotiquement sans un regard pour elle. Un coin pourtant dégagé au cimetière. Morceau de bois que j'avais fini par graver. Des fleurs que je n'avais pas déposé mais n'ayant pu que revenir là-bas après. « J’ai tout perdu. J’ai tout perdu et pourtant, les autres ont continué à travailler sur le campement. » « Je suis là... Je suis là maintenant... » Des mots que je répétais. Elle était ma famille et je ne comptais l'abandonnait. Ma main qui glissait le long de son dos. Volonté de la calmer. Ne la lâchant pas. Prêt à devenir cette bouée dont elle avait désespérément besoin. Ne comptant pas partir. Pas à cet instant. « Il fallait que je fasse quelque chose, Chris. [...], chaque visage que je croisais me donnais envie de m’effondrer. » « Tu as le droit de pleurer Rachel, tu as le droit d'avoir mal. On est humain non de dieu. » Vulnérables. Se fissurant, craquant et rebondissant. Ce qui se passait. Chacun qui réagissait d'une différente manière face à la mort, face aux pertes. Et non en train de la juger. Incapable de le faire. « Grâce à ce changement, j’ai appris à ne plus réagir … [...] Plus forte, même si c’est au détriment de mes émotions. » « Tu ne peux pas arrêter de ressentir... cela va te détruire... » Ce que je craignais autant que j'avais pu penser que les sentiments étaient une faiblesse, mais aussi ce qui nous rendait plus fort. Et ayant que conscience de son état qu'elle finissait par avouer. « Je t’en supplie, ne me fait pas revivre tout ça. Malgré mon choix radical, je tiens un peu mieux debout. » Soudainement incapable de répondre alors que je ne pouvais que la serrer contre moi. « ... je ne le ferai pas... mais ne me repousse pas s'il te plait... je veux être là pour toi... » Voulant la protéger. Voulant l'aider à remonter la pente. Ce dont elle avait besoin. Ne pouvant la laisser seule à la croisée des chemins. Impossible de le faire. Et ne la lâchant pas.
(c) DΛNDELION

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Sujet: Re: Surrender #rachris

 

Surrender #rachris

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