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˜˜˜˜˜˜Take your side, that’s what I’m here to do (Harlan)
maybe life should be about more than just surviving


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03/05/2018 Margot. 372 Karrueche Tran BLACAVA(avatar) Apprentie conseillère druide (notion de soin et orateur/diplomate) Naori 20




 
   
 

 
Take your side, that’s what I’m here to do

 
Oh I’ll keep on, keep on the fight

 
C'était l'un de ces jours où sa mère allait si mal qu'Ashiri peinait à rester à ses côtés. Son coeur semblait se déchirer un peu plus à chaque fois qu'elle la voyait chercher de l'air, espérer un peu de répit. Dans ces moments, ses connaissances n'étaient jamais suffisantes pour la soulager pleinement, pour l'aider à supporter la journée. Elle reprendrait du poil de la bête, elle irait un peu mieux parce que c'était toujours ainsi, parce qu'Ashiri s'accrochait à cette idée à chaque fois. En attendant, la jeune femme s'était approchée du corps fatigué de sa mère pour l'aider à boire une infusion, quelque chose qui l'aiderait à dormir un peu, à reposer son esprit et son corps. Elle restait à son chevet, la mâchoire serrée et le coeur lourd, elle l'observait en silence, attendant qu'elle s'assoupisse.

Après un instant qui lui avait semblé être une éternité, elle laissa sa mère pour retrouver l'extérieur, inspirer un grand bol d'air. L'atmosphère était si pesante à l'intérieur qu'elle avait la sensation d'étouffer. Elle avait besoin de respirer un bon coup pour garder la tête haute et retenir les larmes, ravaler ses peurs. Elle ne voulait pas nourrir ses inquiétudes, elle ignorait cette voix en elle qui lui disait qu'il y aurait une fin, elle refusait de l'écouter, comme toujours. Il fallait qu'elle se change les idées, qu'elle aussi elle repose son esprit.

Elle avait laissé ses pas la mener hors de son cher village, pour retrouver la nature luxuriante. Elle se sentait ressourcer en s'éloignant du village, en s'éloignant des siens. Elle avait besoin de ces moments pour gommer ses craintes et revenir parmi pleinement, écouter leurs histoires, compatir ou rire avec eux. Cette solitude n'était jamais un fardeau, plutôt quelque chose d'essentiel pour la jeune apprentie, comme un moyen de méditer, de ne pas laisser son âme partir en charpie. Elle s'installa au pied d'un arbre alors que les rayons du soleil traversaient les feuilles pour illuminer son doux visage. Elle libéra ses cheveux, laissant les boucles retomber en cascade le long de ses épaules. Elle ferma les yeux un instant, profitant de cette chaleur, un instant de répit.

Seulement, après un moment, le soleil de se couvrit de manière un peu soudaine, une ombre venait protéger son minois. Elle ouvrit alors un oeil sur les deux, peu inquiétée par la situation. Un sourire se dessina sur son visage en découvrant Harlan face à elle. Naturellement, elle se redressa et posa un regard interrogateur sur son mentor. « Devrais- je croire au hasard ou tu me cherchais ? ». Les deux étaient possibles mais instinctivement, elle penchait pour la deuxième option. Sans doute qu'elle pensait ainsi parce qu'elle n'avait que peu vu son mentor dernièrement, il avait été occupé dans le désert alors qu'elle était restée au village.

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Dernière édition par Ashiri Rodakaar le Lun 28 Mai - 12:31, édité 1 fois

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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 7233 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 120
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Le soleil caresse ta peau, lui donne la chaleur et la couleur qui t'ont manqué durant ce long hiver, lui faisant retrouver peu à peu ces teintes hâlées qui te sont naturelles. Il y a l'odeur de la terre fraîche dans l'air, tout juste remuée par une fine pluie survenue durant la nuit. Tes doigts s'égarent sur des troncs, des feuilles, tes yeux examinent les alentours, mais il s'agit plus d'une escapade, d'une balade qu'une réelle recherche de remèdes. Non, tu viens ici pour te ressourcer, pour t'éloigner de l'agitation du village, pour te recentrer. Oublier, juste le temps de quelques heures, tes responsabilités et la situation politique. Calmer ton esprit sans cesse en éveil, bouillonnant de plans, d'idées. Ici, tu es calme. Ici, tu respires.

Si les chamans et même certains druides préfèrent méditer au temple, ton temple à toi est la forêt, la nature qui vous entoure. Les troncs des arbres sont les piliers de ta cathédrale tandis que leur cime est pareille aux voûtes, aux dômes. Le soleil qui joue entre les feuilles est comme les vitraux d'antan. Les chants des oiseaux, les nouvelles prières et choeurs. Tu trouves ta paix ici, là où d'autres se tournent vers les esprits. Tu préfères la solidité du sol, des arbres, plutôt que vénérer des esprits invisibles, des ancêtres morts depuis longtemps. Non, tu n'as jamais été le plus croyant d'entre vous.

À vrai dire, tu ne sais que trop penser de toute la foire avec les Rahjaks. Tu as obtenu peu d'informations pertinentes, au final, mais tu as pu croiser des Draghsteel – venus en nombre, à ta grande surprise – et discuter quelque peu avec d'autres. Le commerce s'est relativement bien passé, il n'y a pas eu d'incident majeur, mais tu t'inquiètes néanmoins. Sûrement les Rahjaks ont-ils un agenda caché ? Des desseins non révélés ? Traiter avec les gens du désert est toujours un exercice qui t'attire, te révulse et te fatigue à la fois. Trop différents de vous, et pourtant fascinants dans leur monstruosité. Non, tu ne cautionneras jamais leurs actions, mais tu peux au moins leur reconnaître une chose : ils ont su se forger une identité propre, unique et riche. Si seulement la défiance et le conflit n'imprégnaient pas tant vos relations.

Un soupir t'échappe, tandis que tu t'enfonces un peu plus loin dans la forêt. Plus loin des hommes, plus proche de la quiétude.

Tu n'es qu'à moitié étonné de voir que quelqu'un a eu la même idée que toi, a cherché le repos dans la nature à son tour, au pied d'un arbre. Tu vois ses traits reposés, mais qui cachent une fatigue intérieure et instinctivement, tu t'avances, jusqu'à ce que ton ombre ne masque le soleil sur sa peau. Quand un iris sombre te fixe et qu'un sourire l'accompagne, tu y réponds. Tu finis par rejoindre Ashiri au sol, t'encombrant peu des manières. Elle est ton apprentie, presque ta fille ou ta sœur par moments aussi, ce n'est pas comme si tu devais faire attention au protocole ou à la façon dont tu es perçu.

« Simplement le hasard. On doit avoir les mêmes mécanismes pour s'échapper un peu du village ou de nos pensées. » réponds-tu avec un sourire. Avant de prendre un ton un peu plus sérieux, poser une main sur son bras. « Comment vas-tu ? »

Question empreinte de sollicitude, sincère. Parce qu'il est tout de même rare pour Ashiri de s'isoler ainsi. Tu te demandes si elle a rencontré des soucis avec les autres jeunes du villages, avec les Kovariis ou bien s'il s'agit simplement de l'état de sa mère qui s'est dégradé.
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03/05/2018 Margot. 372 Karrueche Tran BLACAVA(avatar) Apprentie conseillère druide (notion de soin et orateur/diplomate) Naori 20




 
   
 

 
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Le sourire d’Harlan venait, comme toujours réchauffer son cœur. Elle l’observa s’installer à ses côtés sans broncher, sa présence était toujours la bienvenue. Le conseiller avait pris un rôle essentiel dans la vie de son apprentie, il était à ses côtés depuis de nombreuses années, elle s’était forgée avec lui et grâce à lui. Il l’avait guidé à chaque étape et il n’était pas innocent quant à la personne que la jeune Naori était devenue. Il était à bien des égards, comme un père pour elle. « Simplement le hasard. On doit avoir les mêmes mécanismes pour s'échapper un peu du village ou de nos pensées. ». Il n’avait pas tort et elle acquiesça avec un sourire. Ce n’était pas la première fois qu’ils se retrouvaient au milieu de la forêt pour laisser les problèmes trouver une autre voie, se taire ou se résoudre. Il faut dire qu’Harlan et Ashiri n’avaient pas besoin de temple, pas nécessairement pour les mêmes raisons mais en partie parce qu’ils parvenaient à retrouver leur quiétude ici, dans la nature. Ashiri ne se tournait vers les esprits que lorsque la situation lui échappait, quand elle savait qu’elle ne pourrait pas résoudre le problème d’elle-même ou que les conséquences la dépassaient largement.
« Comment vas-tu ? ». La main qu’il venait de poser sur son épaule était rassurante, en contraste avec le sérieux qu’elle percevait dans sa voix. Ashiri était tel un puzzle, elle livrait ses pièces, des parties d’elle doucement, avec le temps mais il ne fallait jamais faire l’erreur de penser la connaître, l’avoir réellement cerné. Elle avait ses secrets et ses mystères, ses insécurités, il y avait toujours une pièce manquante, une pièce perdue dans l’obscurité, caché dans un endroit improbable. Seulement, Harlan était l’exception, il la connaissait trop bien. Il était celui qui détenait toutes les pièces du puzzle et plus encore, qui en devenait le gardien. Elle aurait dit à n’importe qui d’autre qu’elle allait bien, sans que cela ne soulève la moindre question mais cela faisait des années maintenant qu’elle ne pouvait plus duper son mentor. « Je vais bien mais, ma mère, pas vraiment. Je l’ai laissé dormir… ». Elle ne pouvait rien faire de plus et c’était bien là le problème, Ash ne savait plus comment faire pour l’aider même si elle continuait d’essayer. « Je déteste être aussi impuissante. ». Ce n’était pas dans sa nature, Ashiri voulait aider les autres, elle avait appris à aider les autres. Elle avait motivée par la maladie de sa mère mais l’ironie faisait qu’elle ne pouvait pas la secourir, elle. A l’intérieur, Ashiri fulminait, il y avait cette petite fille en colère qui grondait, qui voulait se faire entendre mais, elle inspirait longuement pour la faire taire, l’ignorer.

Elle se tourna légèrement vers son mentor, posant à son tour sa main sur celle d’Harlan, toujours sur son épaule. « Et toi, tu as des soucis ? ». Elle se doutait que lui aussi cherchait à se vider l’esprit alors bien sûr qu’Ash voulait savoir. Peut-être était lié à Rowena ? Ou alors cela était dû à cette foire ? Ashiri n’avait pas eu énormément d’échos mais, elle jugeait que c’était un bon signe. Cela dit, si quelqu’un avait quelque chose à lui dire à ce sujet, ce ne pouvait être qu’Harlan. Enfin, peu importe la raison, Ashiri était toujours prête à l’écouter, tout comme il le faisait avec elle.


  ☾ anesidora

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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 7233 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 120
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Il y a peu de gens à qui tu fais véritablement confiance, à qui tu peux t'ouvrir. Tu détestes la vulnérabilité, détestes admettre que tu peux être faillible. Peut-être est-ce parce que tu as eu très jeune à porter la responsabilité d'être un futur conseiller, à devoir penser à la tribu avant toi-même, à toujours songer à sa sécurité, à son bien-être. À t'effacer toi pour seulement laisser la place au conseiller, au final. À quelqu'un qui devait être un des piliers de la communauté, qui ne devait pas être en proie aux doutes, aux erreurs. Petit à petit, tu t'es forgé des murailles pour éviter les écarts, mais tu as en même temps empêché les autres de t'approcher, de te voir toi tel quel tu es. Aujourd'hui, tu t'es tellement fait à cette carapace que tu n'es même plus certain de savoir ce qu'il y a dessous. Où s'arrête Harlan et où commence le conseiller. Peut-être n'y a-t-il plus de différence, désormais. Cela fait trop longtemps que tu as effacé l'un pour être l'autre.

Mais Ashiri...Ashiri est une des rares qui pourraient prétendre te connaître. Une des seules à qui tu peux faire part de tes hésitations, tes incertitudes sans crainte d'être jugé. Un répit, une bouffée d'air frais, un soutien indéfectible. C'est un peu tout ça qu'elle est à la fois et tu ne pourras jamais assez la remercier d'avoir accepté d'être ton apprentie. Aujourd'hui, tu as terriblement du mal à imaginer quelqu'un d'autre pour te succéder.

Mais pour toi, c'est une relation qui va dans les deux sens. Si Ashiri est là pour toi, tu es là pour elle également. Et c'est pour cela que tu t'inquiètes quelque peu de la voir ici, quand tu devines qu'elle veut s'éloigner, se couper un peu du monde et de ses tracas. Que tu devines que derrière le sourire se cache un élan de tristesse.

L'aveu que sa mère ne va pas bien ne te surprend pas, même s'il te remplit toujours de regret et d'une colère fatiguée. C'est un fléau que tu n'arrives pas à comprendre ou endiguer, malgré les années, malgré tes recherches dans les connaissances des autres tribus. La mère d'Ashiri est forte, à tenir depuis aussi longtemps, mais tu te sens impuissant aussi face à cette maladie que tu ne comprends pas, que tu ne connais pas. Parfois, tu te demandes si les esprits lui ont jeté une malédiction, l'empêchent d'aller mieux pour une raison ou une autre. Mais ton esprit trop rationnel veut balayer cette idée. Car la possibilité qu'elle soit vraie te remplit d'effroi.

« Ta mère est forte. J'ai foi en elle. »

C'est tout ce que tu peux lui offrir comme consolation. Car tu ne veux pas mentir et dire que tout ira bien. Qu'elle guérira. Tu ne veux pas offrir des promesses que tu ne peux pas tenir. Pas à Ashiri.

« Tu fais tout ce que tu peux. » fais-tu à voix plus basse. Tu re-songes à la foire. « Je n'ai pas trouvé de remèdes que je ne connaissais pas déjà, chez les Rahjaks. Mais je continuerais de chercher pour toi. »

La question d'Ashiri ne devrait pas te surprendre, étant donné que vous fonctionnez presque de la même façon. Que la forêt est un exutoire, pour vos problèmes, pour vos pensées. Mais tu n'as pas vraiment formulé de pensées concrètes, pas vraiment une chose précise qui te pousse à trouver refuge parmi les arbres. C'est un mélange d'un peu de tout, des inquiétudes, surtout, mais n'est-ce pas ton lot quotidien ? Ton côté pessimiste t'a toujours poussé à imaginer le pire en premier lieu.

« Pas exactement. » réponds-tu, avec un léger soupir. « Juste des inquiétudes sur les relations avec les Rahjaks. J'ai l'impression qu'ils préparent quelque chose, mais je n'ai rien de concret sur quoi me baser. » La foire t'avait donné bien peu d'informations, à ton grand dam. « Et la situation avec les Kovariis...je ne sais pas, peut-être que certaines voudront partir, comme les beaux jours sont revenus ? Être incertain sur l'avenir me dérange. » finis-tu avec un sourire auto-dépréciateur.

Tu as toujours eu un esprit d'analyse, à vouloir anticiper les mouvements, préparer tes coups en avance. Cette fois, tu ne le peux pas, et cela t'irrite. Ta tendance à tout vouloir contrôler te perdra.
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03/05/2018 Margot. 372 Karrueche Tran BLACAVA(avatar) Apprentie conseillère druide (notion de soin et orateur/diplomate) Naori 20




 
   
 

 
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Harlan savait combien l’état de sa mère pouvait influer sur Ashiri. Si la jeune apprentie avait trouvé refuge et réconfort au côté de son mentor, s’il lui avait permis de trouver une toute autre famille, elle ne délaissait jamais sa mère. Elle avait toujours été l’une de ses sources de motivation, elle avait même été la première. Elle était sa force et sa faiblesse, un vieux cliché pourtant dégoulinant d’une douloureuse réalité. « Ta mère est forte. J'ai foi en elle. ». Oui, elle était forte mais pas invincible et c’était bien là le problème, un jour elle ne serait plus assez forte, à force de sa battre, à force de lutter. Ils le savaient tous les deux mais ils n’avaient pas besoin d’en parler, pas besoin de se faire du mauvais sang maintenant parce que pour le moment, elle était là. « Tu fais tout ce que tu peux. ». Sa voix était plus basse et dans un murmure elle compléta. « Je reste persuadée que je pourrais faire plus. ». Sans savoir quoi, sans savoir où trouver de l’aide. Ashiri avait ce sentiment ancré en elle depuis toujours, le sentiment qu’elle pouvait et qu’elle devait faire plus, qu’elle n’avait pas le droit d’abandonner parce qu’il y avait un remède, quelque part. C’était sans doute une douce illusion qu’elle se faisait là mais c’était celle qui lui permettait de continuer à porter un regard émerveillé sur la vie. Elle avait besoin d’y croire. « Je n'ai pas trouvé de remèdes que je ne connaissais pas déjà, chez les Rahjaks. Mais je continuerais de chercher pour toi. ». Elle se tourna vers Harlan avec ce sourire enfantin, tellement reconnaissant. Il n’était pas obligé de faire cela mais elle savait bien qu’il ne la laisserait pas tomber. « Merci Harlan. ». Elle n’avait rien d’autre à ajouter parce qu’elle n’avait pas plus à offrir que sa gratitude.

Évidemment, Ashiri s'empressa de retourner l'inquiétude vers Harlan, avec sincérité. Si lui aussi avait besoin de ce calme, de ce contact avec les arbres c'est qu'il avait beaucoup en tête. Quelque part c'était étrange, ils étaient venus pour se vider l'esprit, se reconnecter dans la solitude mais ils s'étaient trouvés, sans se gêner toutefois. « Pas exactement. ». Elle le regardait, l'écoutait attentivement. « Juste des inquiétudes sur les relations avec les Rahjaks. J'ai l'impression qu'ils préparent quelque chose, mais je n'ai rien de concret sur quoi me baser. ». « L'instinct. ». Elle avait répondu sans attendre. Ashiri avait confiance en son instinct et en ses intuitions et elle croyait en l'instinct d'Harlan aussi. Il n'avait pas besoin de preuves pour écouter le fond de sa pensée, ses craintes et ses inquiétudes. « Que crois-tu qu'ils pourraient faire ? ». Ou plutôt, qu'avaient-ils à gagner ? Parce qu'il y avait forcément quelque chose, il était difficile de laisser le bénéfice du doute au peuple Rahjak. Malgré son ouverture d'esprit, Ashiri avait du mal à imaginer qu'un jour elle puisse entendre parler d'un grand élan d'humanité venant d'eux. Cela dit, son regard était faussé par le régime actuel mais, peut-être que ce régime tomberait un jour, libérant des êtres opprimés. Peut-être, en tout cas elle l'espérait.

« Et la situation avec les Kovariis...je ne sais pas, peut-être que certaines voudront partir, comme les beaux jours sont revenus ? Être incertain sur l'avenir me dérange. ». Un sourire amusé étira ses lèvres, elle le reconnaissait bien là, l’incertitude ne lui plaisir pas vraiment. Dans la situation actuelle, il y avait trop d’options et trop peu de décisions prises pour savoir. « On le saura au moment venu mais… je doute qu’elles désirent toutes rester. ». Elle avait peut-être tort mais elle lui donnait son avis, comme pour faire écho à ses pensées. C’était aux yeux d’Ashiri l’option la plus probable. « Dans tous les cas, je sais que tu sauras t’adapter à la situation. ». Et faire des choix dans l’intérêt de chacun. «Et puis, je suis certaine que tu as envisagé autant de cas de figure que possible, non ? ». Elle laissa un légar rire lui échapper, elle, elle l'avait fait.


  ☾ anesidora

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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 7233 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 120
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Tu n'as jamais été terriblement proche de ta famille.

Peut-être est-ce dû à la façon dont tu as été élevé. Fils unique de parents tous deux druides, peu démonstratifs mais te poussant à toujours t'améliorer, aller plus loin. Trop doué pour ton âge, trop solitaire, trop sûr et trop conscient de ta maîtrise dans ton domaine. Isolé dans ton monde, puis isolé par ton statut et tes responsabilités. Tu t'es tourné davantage vers Hakon comme figure familiale que tes propres parents, au fil du temps, passant plus de temps avec ton mentor, plus humain, étrangement, qu'avec eux. Quand tes parents sont morts et ont effectué leur réincarnation, tu étais triste, mais tu ne ressentais pas de colère, d'injustice. Leur heure était venue. Contrairement à la mort de ton mentor, toujours suspecte, ton impossibilité à le venger pour toujours l'éternel regret de ta vie. Tes liens familiaux avec tes cousins sont distants, polis mais sans réelle chaleur. Et peut-être à une époque, oui, tu as songé à fonder une famille, mais tu étais jeune, idiot et amoureux. Cette idée est totalement morte aujourd'hui. Le fait est que ta vision de la famille n'a jamais été très classique, que, par les circonstances de ta vie, tu n'y as jamais porté autant d'importance qu'à d'autres. Tu comprends son influence de façon abstraite, comme s'il s'agissait presque d'une chose que tu connaissais plus en théorie qu'en pratique. Tu considères Ashiri comme ta famille mais ce n'est pas la même chose. Tu le sais. Tu réconfortes du mieux que tu le peux, quand tu vois des familles éplorées, des proches qui s'efforcent de tenir le coup. Le plus possible, tu essaies de sauver des vies. Mais tu n'y arrives pas toujours. Et il y a des fois où tu ne peux rien faire, rien du tout.

Ton impuissance face à la maladie de la mère d'Ashiri est un de tes innombrables regrets. Il est vrai, tu as songé à interroger les gens du ciel sur leur médecine, tu as espéré, en rencontrant Alaska, puis Najda. Mais toujours, toujours, le refrain était le même : sans leur technologie, ils ne peuvent rien faire. Alors, tu as enterré l'espoir, tu n'en as pas parlé à ton apprentie. À quoi bon, quand faire refléter une possibilité était plus cruel ? Tu aimerais pouvoir offrir à Ashiri plus que de faibles mots, mais ils sont tout ce que tu as désormais. Des mots, des prières à des esprits auxquels tu ne crois plus autant que tu le devrais et des espoirs dans des remèdes encore inconnus mais qui seront peut-être découverts, un jour.

Ashiri est déterminée, a toujours la volonté d'aller plus loin, de se perfectionner et c'est là que tu te reconnais un peu en elle. Son énergie est plus positive que la tienne et tu espères qu'elle le restera toujours, qu'elle gardera toujours cette étincelle en elle. Tu passes un bras autour de ses épaules, un geste de réconfort quand elle dit qu'elle est persuadée qu'elle pourrait faire plus.

« Si quelqu'un peut trouver le remède, c'est bien toi. »

Et tu es sincère, quand tu dis cela. Ton apprentie a dépassé toutes tes espérances, montrant un don naturel pour le druidisme et tu serais plus que fier qu'elle te dépasse, trouve le moyen de guérir sa mère. Ce ne serait que justice pour la famille Rodakaar.

Tu ne fais que répondre à son sourire quand elle te remercie. Tu aimerais toujours la voir joyeuse ainsi.

Ashiri ne se moque pas de tes inquiétudes, au contraire, elle les valide, et ça te soulage quelque peu. Certains, plus optimistes, diraient que tu vois toujours les choses en noir, mais c'est ton devoir d'anticiper le pire, de ne pas croire que tout se passera bien parce qu'on le veut. Tu crains les Rahjaks. Tu serais fou de ne pas le faire.

Ta bouche se tord légèrement quand elle te demande ce qu'ils pourraient faire. « Je ne sais pas. Un conflit armé ouvert me semble fou, mais qui sait ce qui peut bien se passer dans la tête du roi. Il veut toujours affirmer son pouvoir, sa puissance. » Un soupir. « Des attaques insidieuses semblent plus possibles mais je ne sais pas d'où elles pourraient venir. Peut-être que j'imagine trop le pire, peut-être que les relations pourraient enfin s'améliorer. » Un rêve fou, te semble-t-il. Une chimère. Même si tu as fini par trouver Isaak plus nuancé que son père, tu sais qu'il est également pour une ligne dure, martiale. Changer Arkhip pour Isaak ne serait peut-être pas forcément un bien.

La situation des Kovariis est une autre affaire. Définitivement moins dangereuse, ou du moins tu le penses, mais pas beaucoup moins compliquée. Ashiri est d'avis que certaines partiront. C'est aussi ce que tu crois, même si pour l'instant, celles que tu as croisées semblent plutôt bien se faire au mode de vie naori. L'avenir vous dira ce qu'il en est, tu imagines.

« Hm, on verra bien pour s'adapter quand il faudra, j'imagine. » Même si c'est dur à admettre pour toi qui aimes tout contrôler. Tu souris, amusé, quand Ashiri devine que tu as déjà envisagé plusieurs cas de figures. « Tu me connais trop bien. Mais je ne suis pas capable de tout anticiper non plus. C'est pour ça que je t'ai toi. »

L'indéfectible soutien et ton héritière. Presque ta fille, parfois.
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« Si quelqu'un peut trouver le remède, c'est bien toi. ». Les paroles d’Harlan venaient de lui arracher un sourire radieux au milieu de ses inquiétudes. C’était ce soutien sans faille qui venait réchauffer son cœur, il croyait vraiment en elle, il l’avait toujours fait. Au début, elle avait été intimidée par cette confiance, elle avait douté d’elle dans sa fonction d’apprentie, elle s’était sincèrement interrogée sur ce qui avait motivé le choix d’Harlan. Elle avait été bien trop honorée pour refuser mais elle avait été incertaine, elle avait craint de le décevoir. Cependant, la bienveillance dans les yeux d’Harlan à son égard et le lien qu’ils avaient créé n’avait que la pousser vers l’avant. Aujourd’hui, elle savait qu’elle était à sa place et qu’elle l’avait lui.

Elle estimait qu’Harlan avait raison d’écouter son ressenti. Il n’avait pas à se soucier d’être trop pessimiste, oiseau de mauvais augure surtout pas face à elle. Les Rahjaks étaient un sujet complexe et il faudrait être fou pour ne pas faire preuve de méfiance, prendre leur bon comportement exceptionnel pour acquis. « Je ne sais pas. Un conflit armé ouvert me semble fou, mais qui sait ce qui peut bien se passer dans la tête du roi. Il veut toujours affirmer son pouvoir, sa puissance. ». C’était complètement fou, même si les Naoris ne feraient sans doute pas le poids face aux forces armées de Rahjaks, cela restait dangereux, du suicide. « Des attaques insidieuses semblent plus possibles mais je ne sais pas d'où elles pourraient venir. Peut-être que j'imagine trop le pire, peut-être que les relations pourraient enfin s'améliorer. ». Une nouvelle fois, elle haussa les épaules. L’idée que les relations s’améliorent avec les Rahjaks avait toujours quelque chose d’utopique, les différences étaient toujours trop fortes et le passé trop ancré. Il y avait ce conflit, ce désir d’être supérieur qui pour l’instant ne permettait pas de laisser sortir le meilleur. L’adversité entre les deux tribus intoxiquait leurs relations. « Je ne crois pas que tu penses trop au pire, pour n’importe quelle autre tribu je t’aurais dit l’inverse mais… à quand remonte la dernière fois qu’on a pu faire confiance aux Rahjaks ? ». Douter d’eux, c’était comme une deuxième nature, un mécanisme de défense. « Je serais la première à me réjouir de pouvoir apprendre de leur culture mais, je crois que leur faire confiance est vraiment prématuré. ». En partie parce qu’Ashiri était trop droite pour accorder sa confiance aux Rahjak. Elle n’était pas de celle qui acceptait la trahison et les Rahjaks représentaient un risque. Pourtant, elle aurait aimé connaître plus de cette culture ou du moins, des bonnes choses de cette dernière. Elle leur laissait volontiers les techniques de torture et l’esclavage.

Quoiqu’il en soit, Ashiri était plus confiante concernant les Kovariis, elle avait moins de craintes les concernant. « Hm, on verra bien pour s'adapter quand il faudra, j'imagine. ». Elle hocha la tête avant d’ajouter quelque peu songeuse. « Oui… cela dit je dois admettre qu’il y a certaines d’entre elles que je préférerai voir partir. ». Ce n’était peut-être pas totalement juste mais l’image de Ciro lui revenait en tête. Elle n’avait aucunes certitudes concernant les bleus et les traces sur son corps mais elle ne pouvait pas s’empêcher de croire que quelqu’un lui avait fait cela, quelqu’un qui était proche au jeune homme. Cette idée révulsait complètement Ashi, elle ne pouvait pas tolérer ou envisager une telle violence.

Dans tous les cas, le conseiller et son apprentie avaient dans leur esprit une liste de possibilités, prêts à affronter l’avenir. « Tu me connais trop bien. Mais je ne suis pas capable de tout anticiper non plus. C'est pour ça que je t'ai toi. ». Elle lui rendit son sourire, complice. « A nous deux, ça devrait aller. ». Elle rit doucement, non, même à eux deux ils ne pouvaient pas prédire l’avenir mais, elle avait confiance en leur duo, en leur complémentarité.


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Tu lui redonnes le sourire, au moins un peu, et ça te met un peu de baume au coeur. Tu sais que tu ne pourras jamais remplacer sa mère ou sa famille, mais tu essaies au moins un peu d'améliorer les choses, à ta façon, de lui offrir le soutien, l'entourage qui lui manque. Toi, si peu doué avec les gens, tu veux faire des efforts pour Ashiri. Parce qu'elle mérite que le sort s'acharne un peu moins sur elle, au moins un instant, qu'elle mérite qu'on fasse attention à elle, elle qui se dévoue aux autres. Et si un compliment, ou plutôt une affirmation – car tu ne dis pas ça simplement dans le but de flatter, en dissimulant la vérité – suffit pour lui donner un peu de joie, tu peux bien faire ce simple geste.

Dos appuyé contre le tronc, tu te ressources dans la nature, songes un instant que tu peux presque sentir la vie sous tes pieds, l'esprit prendre vie aux racines. Ça a toujours été davantage la spécialité de Rowena, des chamans, de sentir la nature vivante, mais c'est un des rares enseignements des chamans que tu apprécies. Tu aimerais seulement pouvoir t'offrir plus à ces choses-là, avant que ton esprit implacablement logique ne revienne tout mettre en question. Parfois, tu aimerais juste pouvoir profiter de ça, de tes enseignements. Être druide, peut-être aider les gens, ta tribu. Mais de loin, sans y être un participant actif. Sans y avoir un rôle majeur à jouer. Mais que serais-tu alors ? Comment serais-tu ? Tu ne sais pas vraiment.

Ashiri t'arrache un bref rire amusé quand elle te demande, terre-à-terre, à quand remonte la dernière fois qu'on a pu faire confiance aux Rahjaks. Un rire un peu amer, aussi. Elle a tellement raison, ton apprentie.

« Probablement à jamais. » réponds-tu, avec un soupir. « J'aimerais croire qu'ils s'amélioreront un jour, qu'ils abandonneront leurs manières révoltantes mais... » Tu ne finis pas ta phrase, la laisses en suspens. Ça ne vaut pas vraiment la peine que tu continues : vous savez tous les deux qu'il est probablement impossible de changer la mentalité rahjak. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. T'allier à des rebelles qui auraient pu faire la différence, s'ils n'avaient pas usé de méthodes trop radicales, s'ils n'avaient pas été tués. Songer un moment à t'allier à Irina, avant que tu ne te rendes compte que vos tempéraments étaient trop différents et vos buts, plus vraiment en alignement. Isaak paraissait presque une valeur plus sûre, moins traître. Tout aussi brutal, certes, mais suivant son propre code, d'une certaine façon, droit dans ses idées. Tu n'étais pas certain qu'Irina avait un quelconque code moral, même si tu y avais cru, à une époque. Les choses étaient différentes, alors, et peut-être t'étais-tu laissé berner par des apparences trop douces, comme d'autres avant toi.

Le ton d'Ashiri quand elle parle d'une des Kovariis te fait froncer les sourcils et tourner la tête vers elle.

« Tu as rencontré des soucis ? » demandes-tu, inquiet. Instinct protecteur à la fois envers celle que tu considères comme ta famille mais aussi l'inquiétude d'un conseiller envers son apprentie. Est-ce un souci personnel, qui peut être réglé à l'amiable ? Est-ce une chose qui peut mettre en danger l'harmonie de la tribu ? Tu sais qu'Ashiri a tendance à ne pas trop vouloir exposer ses problèmes, à essayer de les régler elle-même. Mais certaines choses pouvaient dépasser la volonté d'une seule personne, parfois, et tu ne souhaitais pas voir ton apprentie rencontrer des problèmes. Surtout pas si tu pouvais agir, à ton échelle. « Tu sais que tu peux me parler. »
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Elle connaissait ce rire d’Harlan, elle savait desceller l’amusement mais aussi l’amertume qu’il y avait derrière cela. La question de l’apprentie était presque rhétorique et la réponse de son mentor venait soulever une réalité des plus douloureuses. « Probablement à jamais. ». Elle hocha la tête, approuvant. Elle pouvait bien espérer le changement, la confiance était quelque chose qui se gagnait et les Rahjaks n’avaient jamais cherché à obtenir celle des Naoris. Par moment, Ashiri pensait que si le destin se révélait noir, il ne pourrait y avoir qu’une seule des tribus pour survivre sur cette Terre, que leur animosité finirait par les décimer, d’une manière ou d’une autre. « J'aimerais croire qu'ils s'amélioreront un jour, qu'ils abandonneront leurs manières révoltantes mais... ».  Elle posa son regard sur Harlan qui laissait sa phrase en suspens, il n’avait nul besoin de la finir, elle savait. En dépit du soulèvement rebelle, en dépit de tout ce qu’ils avaient pu envisager pour que cela arrive, c’était hautement improbable. Ashiri doutait m6eme qu’ils puissent compter sur les générations à venir pour abolir cette violence, parce qu’au fond, c’était leur normalité. Il n’y avait que ceux qui souffrait de cette oppression qui pouvaient se soulever mais, avec quelles armes ? Malheureusement, le régime Rahjak était solide et il faire basculer leurs traditions n’était probablement pas au programme.

Passant au sujet des Kovariis, Ashiri laissa tristement entendre qu’elle ne voulait pas toutes les voir rester, ses craintes et ses inquiétudes prenant le dessus sur sa générosité. « Tu as rencontré des soucis ? ». Harlan était aussitôt inquiet, protecteur vis-à-vis de son apprentie. Cependant, elle fit un signe négatif de la tête, elle ne pouvait pas dire cela, elle n’avait pas rencontré d’ennuis, pas personnellement. « Non, aucun. ». Néanmoins, cette réponse n’était pas suffisante, Harlan la connaissait trop bien, il savait qu’elle ne dirait pas cela sans raison. Il savait combien Ashiri gardait les choses pour elle, dans la tribu, il n’y avait que lui pour prétendre connaître ses secrets. Même Rürik dont elle était très proche ne connaissaient pas les démons d’Ashiri mais, il avait accepté son côté secret, comme elle acceptait le sien. « Tu sais que tu peux me parler. ». Elle posa son regard hésitant sur Harlan, bien sûr qu’elle savait qu’elle pouvait lui parler, là n’était pas la question. Elle ne savait pas si elle devait lui en parler, sans preuve, souffler sur les braises sans savoir si elle pourrait éteindre le feu. « C’est juste que je n’ai aucune preuve. ». Cela dit, elle-même lui avait dit plutôt de faire confiance en son instinct alors elle allait faire de même. « J’ai fait la rencontre de Ciro, c’est l’un des rares hommes qui est avec les Kovariis… ». En cela, ce n’était du coup pas difficile de le louper dans cette tribu dominée par les femmes. Elle baissa doucement les yeux, se souvenant des marques sur son corps et ne pouvait balayer cette affreuse idée qu’ils n’étaient liés à une chute. « Il avait des marques sur son corps et… je suis intimement persuadée que quelqu’un lui fait... mais, comme je te l’ai dit, je n’ai aucune preuve. ». Seulement son expérience en matière de bleus et cet instinct qui lui sifflait de faire quelque chose, d’intervenir pour lui s’il ne le pouvait pas, ce besoin irrationnel de le défendre. « Si l’une d’entre elles lui fait ça, je n’aimerai pas la voir rester parmi nous. ». Elle haussa les épaules comme pour balayer l’inquiétude qui pesait dans son esprit mais, Ashiri voulait vraiment obtenir des preuves de ce qu’elle avançait, pour protéger Ciro.



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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 7233 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 120
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C'est d'abord le soulagement qui te saisit, égoïstement, quand Ashiri nie avoir rencontré des problèmes avec les Kovariis. Non, tu n'as rien contre ces femmes, malgré vos différences, tu penses que leur présence peut être bénéfique, peut vous apprendre et vous apporter beaucoup. Tu as toujours apprécié découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles façons de penser, même si parfois celles-ci peuvent te choquer, te dégoûter ou t'être totalement incompréhensibles. C'est de la curiosité, une façon de mieux pouvoir appréhender le monde, parce qu'en sachant comment le monde tourne, comment est ton environnement, tu es persuadé, au fond de toi, de pouvoir mieux le maîtriser. Peut-être est-ce maladif, ce besoin de contrôle, tu n'en sais rien, mais jusqu'à présent, il t'a plutôt servi que desservi. Et en général, tu sais où poser les limites.

L'entente entre vos deux tribus semble suffisamment solide, à tes yeux, et relativement aisée. Toutefois il serait vain de nier qu'il n'y a pas parfois quelques difficultés, qu'il faut de l'adaptation des deux côtés et certains n'aiment pas le changement. Tu n'as pas encore eu l'occasion de voir de telles résistantes, heureusement, mais tu n'es pas naïf au point de croire que dans les coeurs de certains, il n'y a pas un peu de rancoeur, quelque part. Tu te demandes si l'affaire qui tracasse Ashiri est une histoire de rancoeur. Et cela t'inquiète.

Tu sais pertinemment que si tu devais choisir entre ton apprentie et les Kovariis, tu risquerais fort de choisir ton apprentie. Tu ne t'attaches pas souvent, mais quand tu le fais, c'est terriblement trop, au point de totalement troubler ton jugement. Te pousser à te lancer dans des guerres irréfléchies, prendre des décisions radicales et extrêmes. Non, tu n'as jamais su comment bien gérer tes émotions.

Tu attends que Ashiri reprenne la parole, t'explique, tandis que tu la fixes d'un air calme, mais quelque peu troublé.

Et puis les révélations tombent, petit à petit. Tes lèvres se pincent légèrement en entendant qu'apparemment, un homme kovarii serait potentiellement maltraité. Tu comprends la réaction d'Ashiri, tu imagines qu'il s'agit d'un instinct protecteur envers cet homme, qui ne peut probablement pas réellement se défendre parmi les siens. Mais dans ce cas de figure, c'est toi qui gardes la tête froide, toi qui as le recul nécessaire pour penser en tant que conseiller, pas en tant que Harlan. Si Ashiri est affectée, toi, tu ne l'es pas.

« Je ne connais pas ce Ciro mais je pourrais tenter d'en apprendre un peu plus. Nous ne pouvons pas accuser sans preuve, malheureusement, tu le sais. » Et même alors, tu étais plutôt réticent à l'idée d'accuser. Tu étais pour le respect des coutumes des Kovariis, autant que possible. Tu n'aimais pas l'inégalité homme-femme, mais tu reconnaissais le fait que tu n'avais pas vraiment d'autorité sur elles, et que toute intervention de ta part serait perçue comme une ingérence malvenue, d'autant plus qu'elle était masculine. « Tente peut-être de l'éloigner de celle qui lui a potentiellement fait ça ? De l'intégrer davantage aux Naoris ? Ou de soutirer des informations de sa part ? » Tu soupires, repenses à un autre cas, beaucoup plus vieux, quand tu n'étais pas encore conseiller. Une sœur, et un frère qui la maltraitait et que tu détestais pour son comportement indigne d'un Naori. Tu n'avais rien pu faire, si ce n'était essayer de représenter une influence positive pour la jeune fille et l'éloigner de son frère de malheur. Ça n'avait fonctionné qu'en partie. « Parfois, il y a de l'attachement aux bourreaux. Peu importe à quel point tu essaies de les éloigner, ça ne fonctionne pas. »
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Ashiri avait toujours eu ce côté protecteur presque maternel avec son entourage, avec sa tribu, avec quiconque qu’elle pouvait protéger. Elle cherchait constamment à aider les autres, à prendre soin d’eux, bien plus qu’elle ne le faisait pour elle-même. Pour autant, elle jugeait que chacun était responsable de son bonheur et de son malheur, de ses erreurs et de l’impacts qu’elles pouvaient avoir mais cela, ne faisaient que rendre chacun humain. C’était un fait qui n’empêchait absolument pas l’apprentie de tendre la main, de vouloir donner le meilleur, quitte à le voir mis à mal. Cependant, ce n’était pas une tâche facile qu’elle se donnait et parfois, elle ne savait pas comment aider, pourquoi elle voulait aider alors même que personne ne lui demandait. Bien souvent, c’était ce désir qui torturait son esprit, cette impossibilité d’accepter d’être impuissante, de baisser les bras et de laisser les choses suivre leur cours. « Je ne connais pas ce Ciro mais je pourrais tenter d'en apprendre un peu plus. Nous ne pouvons pas accuser sans preuve, malheureusement, tu le sais. ». L’apprentie posa son regard sur son mentor, elle savait qu’à cet instant il était celui qui avait la tête froide, il était l’objectivité dont elle avait besoin « En effet, je sais Je t’en parle parce que je sais qu’avec toi, mes confidences sont sauves mais, je ne vais aller accuser personne. ». C’était une promesse qu’elle pouvait faire mais, c’était la seule. Elle ne ferait pas cela mais elle ne ferait pas rien, elle avait bien l’intention d’intervenir, de ne pas laisser les choses se produire. Nul doute qu’Harlan connaissait suffisamment Ashiri pour savoir que son silence n’était pas dénoué de sens. « Tente peut-être de l'éloigner de celle qui lui a potentiellement fait ça ? De l'intégrer davantage aux Naoris ? Ou de soutirer des informations de sa part ? ». Une grimace étira les lèvres d’Ashiri, Ciro ne lui dirait rien, il protégeait son bourreau et elle en avait parfaitement conscience. Elle ne savait pas ce qu’il craignait de pire, elle ne savait pourquoi il protégeait cette personne. L’amour était le terme qui faisait écho à ses pensées mais Ashiri ne cessait de le balayer. Elle refusait d’envisager qu’un sentiment puisse être si fort que l’on accepte d’en être brisé, elle refusait de croire que l’amour puisse être si puissant. C’était une idée qu’elle niait en bloc alors même qu’au plus profond d’elle-même, elle savait combien elle avait tort. « J’essaye d’obtenir des informations même si le mensonge n’est pas son fort, je n’en sais pas plus. ». Pour le moment, parce qu’il en fallait bien plus pour biaiser la détermination de la jeune Naori.

« Parfois, il y a de l'attachement aux bourreaux. Peu importe à quel point tu essaies de les éloigner, ça ne fonctionne pas. ». Elle devrait vraiment lui demander comment il faisait cela, elle avait la sensation qu’il lisait en elle, qu’il savait exactement ce à quoi elle pensait, ce qui l’inquiétait. « Il est comme un oiseau aveuglé par le soleil, tu sais ? ». Elle porta son regard sur l’horizon, un voile se posant sur ses yeux. « Il n’a de cesse de se cogner mais, il essaye encore et encore parce que c’est la seule chose qu’il sait faire, la seule chose qu’il croit pouvoir faire… ». Seulement, ils savaient tous les deux ce qui arrivaient à un oiseau aveuglé par le soleil, c’était ce qu’Ashiri refusait. « Je ne peux pas le laisser subir ça. ». Pourquoi pas ? Après tout, c’était sa vie à lui, il était libre de choisir, quand bien même elle jugeait qu’il avait tort. Seulement, elle croyait qu’il n’avait pas vu les choix qui s’offraient à lui, elle voulait lui montrer l’étendue de sa liberté. Elle voulait l’aider, comme elle voulait aider Devos, Karah ou Rürik, elle voulait l’aider, comme tout le monde, comme sa mère. Elle poussa un long soupir, comme épuisée d’être elle-même. « Mais peut-être que je suis l’oiseau aveuglée par le soleil à force de refuser que je ne peux pas aider tout le monde. ». Et même si elle le savait, elle allait continuer d’essayer jusqu’à ce qu’elle soit à bout de force.


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Ashiri a toujours été plus humaine que toi. A toujours eu davantage de facilité à tisser des liens, à se soucier des autres, à s'en occuper. Là où le relationnel te fait défaut, toi qui es toujours trop sérieux et froid, Ashiri y excelle. Tu le sentais, ce potentiel, chez cette jeune fille, plus une enfant, non, quand tu l'as choisie pour te succéder. Ce n'était pas une bonne période, pour toi, déchiré que tu étais par la perte de ton mentor, par la trahison (ou ce que tu percevais comme une trahison) de Caleb et Rowena, par tes nouvelles responsabilités auxquelles tu ne voulais pas faire face. Mais c'est probablement la meilleure décision que tu aies pu prendre, alors, et tu ne regrettes pas un seul instant avoir fait ce choix. Si tu as pu surmonter cette période noire de ta vie, c'est en grande partie grâce à Ashiri. Pas seulement ton obligation à la former, mais simplement parce que cette connexion humaine t'était probablement nécessaire, après que tu aies violemment et irrémédiablement brisé tes liens précédents. Même alors, alors qu'elle avait juste treize ans, elle te tirait déjà vers le haut, montrait sa sollicitude pour autrui. C'est cette même capacité que tu admires que tu vois aujourd'hui dans ses yeux, une qualité qui en fera vraiment une bonne conseillère, tu n'en as pas le moindre doute.

Ashiri veut sauver tout le monde, et c'est une chose admirable. Elle a un coeur énorme, et tu espères que ce sera pour elle toujours une bénédiction qu'une malédiction.

Tu hoches la tête, quand elle déclare ne pas avoir ébruité ses soupçons, n'en avoir parlé qu'à toi. C'est une manœuvre prudente, en effet.

Tu proposes des solutions concernant ce Ciro. La grimace de ton apprentie te répond avant ses paroles – elle a certainement déjà tenté une des méthodes que tu proposes, sans succès. La situation est délicate, et tu as déjà vécu un cas un peu similaire. Même s'il s'agissait davantage d'abus moral que physique et qu'alors, tu aurais peut-être eu le droit d'intervenir. Apprenti conseiller, tu avais certainement moins de voix que Hakon, mais tu faisais partie du Conseil, malgré tout. Mais c'étaient tes principes fondamentaux qui t'avaient aussi arrêté. Tu n'as jamais aimé trop te mêler d'affaires qui ne te regardent pas, souhaitant respecter la vie privée de chacun. Mais c'était difficile, quand on voyait l'autre souffrir. Difficile de ne pas sacrifier ses principes. Ton sens moral – tout tordu qu'il fut concernant les autres tribus, tu avais toujours visé le bien de la tribu Naori avant tout – avait presque toujours primé sur tes émotions. Mais tu savais que ce n'était pas le cas de tout le monde.

Trop attaché, trop loyal. C'était apparemment le problème de Ciro. Il ne vendrait probablement pas son bourreau. Il était rare que les victimes le fassent. Peur et attachement mêlés.

« Tu ne peux pas le forcer. Il faut qu'il veuille lui-même s'en tirer. Qu'il réalise qu'il est possible pour lui de se défaire de cette emprise. » réponds-tu d'une voix douce, avant de pousser un soupir. « Sa situation est difficilement compréhensible pour quelqu'un qui ne l'a jamais vécu. La logique ne fonctionne pas, dans ces cas-là. L'attachement est souvent irrationnel. Malsain. » Le mot est fort, peut-être trop. Après tout, tu ne connais la situation qu'à travers Ashiri. Mais d'une façon ou d'une autre, tu as l'impression que ce mot peut s'appliquer dans ce cas-ci.

Ça la blesse d'être impuissante, Ashiri. Tu peux le voir, clair comme de l'eau de roche. Tu passes un bras autour de ses épaules, soutien moral au support physique. Tu la comprends. Gaïa sait que tu la comprends. Mais elle risque de se détruire à petit feu, avec ce coeur trop grand. Tu lui envies en même temps que tu aimerais qu'elle ne porte pas ce fardeau. Il est parfois plus facile de construire des murailles et de ne rien ressentir. « Vouloir aider tout le monde est tout à ton honneur. C'est en partie pour ça que je t'ai choisie comme apprentie. » Un vague sourire. « Mais tu ne peux pas régler tous les problèmes toute seule ou tu vas finir par brûler la chandelle par les deux bouts. Essaie peut-être d'alerter son entourage ? Peut-être que les Kovariis elles-mêmes pourront mieux gérer la situation. J'ose espérer qu'elles ne tolèrent pas toutes des mauvais traitements. »
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Se confier à Harlan lui faisait du bien, l’espace d’un instant, elle avait l’impression de pouvoir prendre du recul, que le problème était moins lourd sur ses épaules. Elle avait conscience qu’elle était la seule responsable de ce poids qui la pesait, personne ne lui avait demandé de s’en soucier, elle aurait pu s’en éloigner seulement, Ashiri en était incapable. Elle avait le besoin de mettre son cœur dans ses actions et de le donner à chaque personne qui croisait son chemin. Ciro n’avait pas fait exception à cela, quand bien même il n’avait jamais demandé son aide. « Tu ne peux pas le forcer. Il faut qu'il veuille lui-même s'en tirer. Qu'il réalise qu'il est possible pour lui de se défaire de cette emprise. ». La voix douce d’Harlan faisant écho à ses pensées venait l’apaiser quelque peu. Il avait raison, elle aurait seulement voulu lui montrer qu’il pouvait mais, ce n’était pas à elle de le faire. « Sa situation est difficilement compréhensible pour quelqu'un qui ne l'a jamais vécu. La logique ne fonctionne pas, dans ces cas-là. L'attachement est souvent irrationnel. Malsain. ». Ashiri hocha la tête, ne reniant pas cela. Ciro était bien trop attaché à cette personne, quand bien même cette relation était malsaine, il ne ferait contre cela. Pour la Naori c’était bien irrationnel mais plus encore, c’était intolérable. Il faut dire que la jeune femme était en conflit permanent avec l’idée même de s’attacher à quelqu’un. Un peu paradoxale Ashiri elle était prête à sauver tout le monde, à se battre pour chacun mais, elle refusait de s’attacher, du moins de s’attacher ainsi. Elle dessinait une limite bien floue mais très claire pour elle, entre l’attachement qu’elle pouvait tolérer et l’attachement qui lui faisait peur, celui qui conduisait à l’amour. Ashiri avait peur de qui elle serait si elle confiait son cœur à quelqu’un, si elle acceptait d’être vulnérable, si elle acceptait d’aimer. Harlan et sa mère faisaient exception à cette règle, ils pouvaient la voir vulnérable, ils étaient les seuls à pouvoir prétendre connaître les tourments de l’apprentie parce qu’ils en étaient les gardiens.

Les bras du conseiller entourèrent les épaules de son apprentie qui laissa ses paupières de fermer, posant sa tête sur son premier soutien, son pilier. « Vouloir aider tout le monde est tout à ton honneur. C'est en partie pour ça que je t'ai choisie comme apprentie. ». Elle a un sourire amusé Ashiri, elle a presque envie de rire. Elle voyait plutôt cela comme un défaut, comme une raison de ne pas la prendre comme apprentie. Cela dit, elle le voyait ainsi parce qu’elle le vivait ainsi actuellement, parce qu’elle s’oubliait un peu trop. « Mais tu ne peux pas régler tous les problèmes toute seule ou tu vas finir par brûler la chandelle par les deux bouts. Essaie peut-être d'alerter son entourage ? Peut-être que les Kovariis elles-mêmes pourront mieux gérer la situation. J'ose espérer qu'elles ne tolèrent pas toutes des mauvais traitements. ». C’est vrai qu’elle n’y avait pas vraiment songé, par peur de mettre en danger Ciro. Cela dit, elle savait que dans chaque tribu il y avait quelqu’un pour penser différemment, pour faire évoluer les choses, peut-être que si elle trouvait cette personne, elle pourrait en parler ? « Ça peut être une solution, oui… je vais essayer. ». Elle ne connaissait pas encore bien la plupart des Kovariis mais quelque part, ce serait l’occasion. « Merci pour tes conseils, Harlan. ». Comme toujours, il savait être là, l’écouter, lui parler et elle ne savait pas bien ce qu’elle ferait sans lui.


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