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˜˜˜˜˜˜Stranger from the past - feat Murphy
maybe life should be about more than just surviving


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04/05/2018 LOLITA CLIO ELLCRYS 284 AMBER HEARD DSK ; CRACKINTIME MECANICIENNE 23


Sujet: Stranger from the past - feat Murphy
Mer 9 Mai - 18:49







stranger from the past





S'il y avait bien quelque chose dont Raya avait particulièrement horreur, c'était de se retrouver au centre des attentions. Pas que cela ne lui soit arrivé très souvent ces dernières années, fort heureusement, mais tout de même. Dans une autre vie, celle qu'elle avait vécut dans l'espace, cela ne la dérangeait pas tant que ça. Elle n'en était pas non plus une adepte, mais au moins, elle n'en avait pas fait une phobie. Il fallait bien dire que, sur l'Odyssée, ce n'était jamais pour ce qu'elle redoutait le plus qu'elle attirait l'attention. Là-bas, la blonde attirait les regards parce qu'elle riait si fort que l'on devait probablement l'entendre à l'autre bout de la station. Là-bas, ses crises d'asthme n'existaient plus depuis des années, plus précisément depuis son enfance. Enfance, qu'elle avait passé à vouloir cacher ce qui était considéré comme un symptôme assez rare chez les Odysséens. L'asthme était la plupart du temps une conséquence génétique, ou bien dû à certains allergènes, pourtant absents dans l'espace. Pour Raya, ce n'était aucun de ces deux cas, seulement Dame nature qui lui avait fait cadeaux de bronches légèrement plus faibles que la moyenne. Au fil des années, et grâce aux médicaments présents sur le vaisseau, les quelques crises qu'elle avait eût dans son enfance n'avaient plus été que des mauvais souvenirs, mais à son arrivée sur Terre, tout avait changé. Les Cent avaient été si occupés dans les premiers temps, que la blonde n'avait même pas réalisé qu'à présent, elle devrait se débrouiller sans médicaments. La première crise ne s'était déclenchée que plusieurs mois après le grand débarquement, et lui avait servit de piqûre de rappel. Heureusement, à cet instant-ci, elle avait trouvé l'occasion de s'isoler, et, puisqu'elle n'était pas victime de crises trop graves, Raya avait réussi à se calmer seule, après un moment. Ce qu'elle considérait comme son secret d'enfance, en était restée un, et cela l'avait rassuré. Après ça, elle avait mit plusieurs semaines à se décider à en parler à quelqu'un, pour trouver une solution. Elle avait, entre-temps, prit conscience que quelqu'un finirait bien par s'en rendre compte si cela devenait plus fréquent. Ça n'avait pas été le cas, mais en apercevant plusieurs fois une fille traîner dans l'infirmerie du campement, en prodiguant quelques soins avec des herbes et plantes trouvées dans le coin, la blonde s'était décidé à sauter le pas.

Pendant quelques temps, Raya avait eu des doutes, quant à ces infusions de plantes verdâtres, mélangées avec des orties. Elle savait bien que jamais, cela n'aurait le même effet que les médicaments qu'elle avait l'habitude de prendre sur l'Odyssée, mais elle avait dû se rendre à l'évidence après un an sans nouvelle crise ; cela marchait plutôt bien. Cela faisait maintenant quelques années que les Cents avaient débarqués sur Terre, autant de temps que la blonde avait mit à profits. Au fil des semaines et des mois, elle avait apprit à trouver les meilleurs endroits pour dénicher les deux plantes dont elle avait besoin. Si les orties n'étaient pas très difficiles à trouver dans une forêt de cette taille, la plante verdâtre qui poussait toujours autour de certains arbres seulement, s'avérait être plus difficile à mettre la main dessus. Environ une fois par mois, Raya avait tendance à s'éloigner du campement, un peu plus que d'habitude. L'endroit où elle se procurait ces plantes, se trouvait presque à égale distance du camp des Cents que de celui des Odysséens. Avec le temps, la blonde avait apprit à ne plus craindre de croiser l'un d'eux. Ils ne traînaient jamais dans ce coin-là en règle générale, et le printemps avait ramené avec lui une agréable envie de paix entre eux. Du moins, c'est ce qu'elle espérait.

Ramasser des orties depuis son campement avait valut à Raya des démangeaisons assez douloureuses sur les paumes des mains. Cela faisait bien une heure qu'elle marchait en se mordillant la lèvre, luttant contre l'envie lancinante de se gratter. La blonde avait quitté son camp à l'aube, pour éviter d'avoir à croiser du monde. Comme d'habitude, elle était partie seule. La Raya qu'elle était avant ne se serait probablement pas reconnue, elle qui adorait être entourée, mais celle d'aujourd'hui, se sentait beaucoup mieux ainsi. Pas besoin d'avoir de conversation forcée avec n'importe qui, que demander de mieux ?
Dès qu'elle avait repéré le type d'arbre qui l'intéressait, quelques heures après le début de sa balade, la blonde avait dégainé son couteau. C'était probablement la seule arme qu'elle pouvait avoir dans la main sans se sentir mal à l'aise, probablement parce qu'elle ne s'en servait pas comme telle. Raya, ce n'était pas une guerrière, ni même une soldate. Se battre, ça ne l'intéressait pas. Elle ne savait même pas le faire, à vrai dire. Si elle aurait pu rester dans un atelier à bricoler toute sa vie, elle l'aurait probablement fait. Quand la blonde passa à deux doigts de s'en couper un avec sa lame, elle comprit que même ramasser des plantes, ce n'était pas pour elle. Elle rangea les quelques tiges qu'elle avait pu ramasser dans une besace en tissu, et se releva. Elle s'apprêtait à se retourner, et à continuer sa recherche, quand son pied se posa sur quelque chose. Avant même d'identifier l'objet en question, elle recula vivement, faisant tomber sa besace au passage. Qu'est-ce-que ... avait commencer la blonde avant de s'interrompre brusquement, les yeux rivés sur le lapin mort qui traînait à ses pieds. Son regard passa alors du petit cadavre au chien qui se tenait à peine un peu plus loin, comme pour lui montrer sa proie. Qu'est-ce-que tu fais là, toi ? avait-elle demandé à voix haute, surprise. Elle avait été si perdue dans ses pensées qu'elle ne l'avait même pas entendu s'approcher.

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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 35006 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1112
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Sujet: Re: Stranger from the past - feat Murphy
Dim 13 Mai - 2:56



❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


Une échappée belle d'une petite journée en plein printemps renaissant, il n'y avait rien de tel pour s'aérer l'esprit. Depuis que les dernières neiges et froids glaçants s'étaient retirés pour laisser place à l'agréable douceur du printemps, le quotidien se reconstruisait autour de ces explorations qui faisaient chavirer le cœur de la brune. Elle n'oubliait pas l'hiver et tout ce qui l'avait accompagné, mais à l'image de la maison dont elle reprenait les rénovations avec Tennessee, elle apprenait à vivre avec. Elle passait voir Thaïs un peu moins souvent, mais la jeune fille comprendrait. L'appel de la forêt était plus fort que la mélancolie de l'absence. La curiosité primait sur les regrets du passé. Thaïs n'aurait jamais dû mourir; d'une façon ou d'une autre, Murphy aurait dû être à ses côtés pour la protéger, pour lui éviter de vivre l'instant qui avait fait basculer son existence. Mais les regrets ne portaient pas le pouvoir de changer le passé. Avec l'hiver la militaire avait laissé derrière elle son abattement. Le chagrin ne disparaissait pas vraiment; il s'atténuait progressivement et on apprenait à vivre avec. Dans le deuil, il n'y avait pas d'alternative que l'acceptation. Murphy l'avait appris à ses dépens. Au moins, cette fois-ci, elle avait une tombe sur laquelle se recueillir. Elle pouvait lui lire, paragraphe par paragraphe, le dernier livre qu'elle n'avait pas eu l'occasion de lui offrir. Mais le deuil de Thaïs s'accompagnait de réminiscences désagréables. Elle retournait parfois sur les derniers lieux dont elle savait qu'ils avaient accueillis Faust, mais ce n'était pas pareil. Elle n'était pas là.

Antarès courait devant elle, disparaissait de longues minutes entre les arbres avant de réapparaître pour s'assurer qu'elle n'était jamais loin. Il arrivait parfois à Murphy de se surprendre à se demander qui était celui des deux qui veillait sur l'autre et ça la rassurait. Elle n'était plus tout à fait toute seule, depuis qu'Antarès était entré dans sa vie. Faust aurait-elle apprécié cette nouvelle présence ? Probablement. Murphy aimait même l'imaginer jalouse de leur complicité, et un sourire un peu rêveur étirait alors ses lèvres jusqu'à ce qu'on la tire de ses pensées.

Les heures défilaient, les kilomètres s’enchaînaient. Avec une pointe d'amertume, Murphy était passée devant la grotte, encore hantée par quelques souvenirs liés aux montagnes. La chute lui était revenue, les lueurs bleutées jalousement gardées dans ses profondeurs, les adieux, les retrouvailles, et puis les cris. Elle ne s'était pas éternisée, s'enfonçant un peu plus dans la forêt, avide de découvrir de nouveaux secrets, de quoi rêver un peu plus, de quoi nourrir sa curiosité inaltérable. Le soleil grimpait au-dessus des hauteurs feuillues; ses rayons se faisaient plus tranchants et l'estomac de la brune commençait à se réveiller. Elle sera sa prise autour de son arc, déterminée à trouver un coin où s'installer dans la prochaine heure pour faire une pause. Même si elle n'était pas naïve, même si elle connaissait déjà relativement bien le terrain entre le camp des jeunes et leur village, elle espérait encore trouver un petit coin de paradis caché quelque part derrière de hauts arbres ou une roche dissuasive. Elle longeait la rivière de loin, mais elle ne comptait pas tomber dessus. Elle préférait rester à la douce ombre des hauts arbres. Elle entendait Antarès faire craquer des branches au loin, courir dans les herbes, s'agiter après quelque curiosité stimulante. Il n'était pas encore revenu les babines couvertes de sang et elle ne doutait pas que ça finirait par être le cas. Il était le seul responsable de ses propres festins, et même s'il lui arrivait d'être couvert de quelques gourmandises par des femmes trop attendries, il savait que les sorties étaient pour lui l'occasion de se remplir la panse.

Aux aguets, le regard vif, Murphy ne perdait pas une miette des environs. Chaque mètre offrait de nouvelles perspectives mais ouvrait aussi à de potentiels nouveaux dangers. Même portée par son envie de découvertes, elle n'oubliait pas que ce milieu n'était pas régi par des constantes confortables et adaptées à l'Homme que celles qui avaient bercé son quotidien sur l'Odyssée. Tout ici était susceptible de se transformer en piège. Ce jour-là, le ciel était de son côté, mais il demeurait des incertitudes de chaque instant : la faune et la flore, mais aussi les éventuelles rencontres que l'on pouvait faire au détour d'une clairière ou d'un arbre. La méfiance était devenue un réflexe automatique et elle se surprenait parfois à s'imaginer s'enraciner peu à peu dans des habitudes qui ne poussaient que sur cette planète. Etre aux aguets, ici, c'était une preuve d'adaptation.

« Qu'est-ce-que tu fais là, toi ? » La voix soufflait entre les arbres, presque aussi fort que le vent frais qui s'amusait avec quelques unes de ses mèches. Murphy s'immobilisa soudainement, les sourcils froncés, attentive au moindre signe supplémentaire de vie. On avait parlé dans sa langue. Elle n'avait suivi aucun des siens et n'avait pas été suivie non plus -quoiqu'elle semblait plutôt mauvaise pour se rendre compte qu'elle était pistée. Un Cent ? Méfiante, alerte, le nez dressé, elle serra sa prise autour de son arc et s'approcha à pas feutrés de la source de la voix. C'est d'abord Antarès qu'elle trouva -ou ses fesses, plutôt. Assis sagement, les oreilles dressées, preuve qu'il était en quête d'approbation ou d'attention, il lui tournait le dos. Le regard de la brune chercha aussitôt le responsable et elle trouva une belle blonde. Son sang ne fit qu'un tour.

Elle se raidit entièrement et put sentir ses jambes se transformer en coton -ou en air, peut-être- en un rien de temps. C'était Faust. Faustine. Sa vision se troubla une seconde et elle s'accrocha au premier arbre à sa droite, lâchant son arc sans s'en rendre compte. Il tomba dans un bruit de feuilles peu convaincant. Du coin de l’œil, elle percevait un point blanc qui se déplaçait -Antarès, sûrement, qui retrouvait sa maîtresse autant qu'il cherchait encore à apprécier cette nouvelle rencontre. « Faust ? Faustine ? » La voix chevrotante, le regard brouillé, elle lâcha l'arbre et se jeta dans un élan désespéré vers et sur la jeune femme pour la prendre dans ses bras. Enfin, elle était revenue. Antarès l'avait retrouvée pour elle. Elle avait eu tort d'abandonner les recherches. Elle aurait jamais dû perdre espoir. Tout ce temps, Faust avait été là. Tout ce temps, elle avait dû l'attendre. Elle avait dû semer des indices, et l'anneau qu'elle portait autour du coup en était probablement un dont elle avait manqué les messages secrets. Elle avait eu tort et elle était tellement heureuse d'avoir tort. Elle n'avait jamais été aussi heureuse de s'être trompée. Elle avait retrouvé sa famille, elle avait retrouvé son guide, elle avait retrouvé la part d'elle qui avait toujours su rendre la vie plus douce. Son visage se logea dans le creux de son cou et elle ferma les yeux un instant pour savourer ces retrouvailles et pour savourer cette victoire face à la fois au passé et à l'avenir.

Elle ne sentait pas comme Faust. Elle paraissait un peu plus grande, aussi -mais ces deux années avaient peut-être déformé ses souvenirs ? Elle la lâcha brusquement et s'éloigna, interloquée, pour s'assurer de ne pas encore être victime d'une de ces hallucinations qui faisaient voir des morts. Elle détailla d'un œil aguerri et terrifié le visage de celle qu'elle venait de prendre dans ses bras. Sa peau était un peu plus foncée -mais ce n'était peut-être que le travail du soleil sur ces deux années ? Ses lèvres étaient plus fines, ses cheveux plus foncés, son visage plus fin... « Tu... t'es pas Faust ! » Le choc lui fit manquer quelques inspirations et elle la fixa. Son corps se noyait entre les restes d'un soulagement qui n'avait plus lieu d'être et la terreur qui se répétait. Elle avait eu raison tout du long et elle n'avait jamais autant détesté avoir raison. Faust était morte.

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04/05/2018 LOLITA CLIO ELLCRYS 284 AMBER HEARD DSK ; CRACKINTIME MECANICIENNE 23


Sujet: Re: Stranger from the past - feat Murphy
Mer 30 Mai - 21:45




stranger from the past





Une bête assise sagement à moins de deux mètres de Raya, et une dépouille de lapin entre eux, voilà une situation assez incongrue. Depuis le temps, la blonde en avait entendu des histoires et des rumeurs sur cette forêt. Des animaux sauvages mutants aux inconnus agressifs bien loin de la culture des gens du ciel, elle pensait alors que tout y était passé. Certaines de ces histoires s'étaient vérifiées par le temps - ainsi que par les mauvaises rencontres, du moins, c'est ce qu'elle en avait comprit, puisqu'elle s'aventurait assez peu, seule, dans cette immense forêt, sauf quand, comme dans ce cas-là, les circonstances ne lui laissaient pas le choix. La plupart de ces rumeurs s'étaient tout de même avérées être fausses, racontées par des vaniteux dans le campement pour attirer l'attention et passer pour les héros du moment. En général, les effusions autour de ces racontars s'évanouissaient presque aussi vite qu'elles étaient apparues. En revanche, sur toutes les histoires plus fantastiques les unes que les autres que Raya avaient pu entendre et qui parlaient en général d'un loup ou d'un puma très agressif, jamais il n'avait été question d'un chien, déposant aux pieds d'une étrangère sa dernière proie.

Un instant, la blonde se demanda si l'on n'était pas en train de lui faire une blague, ou bien de lui tendre un piège. Les tensions semblaient plus ou moins apaisées avec la plupart des tribus, mais sur Terre, on n'était jamais à l'abris de rien, et ça, Raya l'avait déjà bien compris. Elle releva la tête, s'apprêtant à fouiller le coin du regard pour voir si l'animal était seul, mais ce fût à cet instant qu'une voix attira son attention. Faust ? Faustine ? Elle releva les yeux, croisa immédiatement ceux d'une jolie brune, se tenant à quelques mètres de là. La blonde ne l'avait jusque là jamais vu, mais à ses vêtements, elle n'eût aucun doute qu'elle venait de l'Odyssée. L'inconnue ne devait pas être bien plus vieille qu'elle, et pourtant, son visage ne lui rappelait vraiment rien. Raya ne réalisa pas de suite qu'elle lui adressait la parole, pensant, en voyant que l'animal s'était dirigé d'un pas enjoué vers qu'elle, que c'était à lui qu'elle parlait. Pourtant, la blonde se rendit rapidement compte que c'était elle que l'inconnue ne lâchait pas des yeux. L'expression sur son visage, elle n'aurait su la décrire. Ses yeux étaient grands ouverts, comme si elle allait se mettre à pleurer. Avec un peu de recul, elle aurait sûrement pu remarquer que sa voix tremblait, mais sur le moment, ces petits détails n'attirèrent pas son attention. En revanche, voir l'inconnue lâcher l'arc qu'elle tenait entre les doigts et se jeter sur elle, ça, elle n'eût aucun mal à le voir venir.

Raya aurait dû faire quelque chose, s'apprêter à riposter, ou bien à se défendre. Pourtant, elle ne bougea pas d'un millimètre. Se battre ? Très peu pour elle. Pas qu'elle était contre, mais la seule technique de défense qu'elle connaissait, était d'agiter les mains dans tous les sens comme pour faire fuir une mouche. Elle n'eût même pas le réflexe d'attraper son couteau dans sa poche, et resta là, les bras ballants, se demandant bien ce qu'elle avait pu faire pour se faire attaquer ainsi. Au moment de l'impact pourtant, la brune se contenta de la prendre dans ses bras, mais elle ne se détendit pas pour autant. Cela faisait déjà quelques années que Raya tentait de minimiser autant qu'elle le pouvait tous contacts physiques. Les gestes d'affections, elle les réservait uniquement au peu de gens qu'elle considérait encore un tant soit peu, et ceux-ci se faisaient de plus en plus rare. Plus que de la gêner, cette embrassade soudaine la troublait Euh, fût le seul son que sa bouche fût capable de produire, tant elle était mal à l'aise de se retrouver dans les bras d'une inconnue sans même en comprendre la raison. Pas très efficace pour repousser quelqu'un, mais le son de sa voix sembla interloquer la brune, qui la lâcha brusquement, comme si elle venait de se rendre de son geste. D'un oeil méfiant, presque terrifié, elle détailla Raya, qui observait lentement la jeune femme se décomposer.Tu ... t'es pas Faustine ? C'est à l'entente de cette phrase que la blonde comprit enfin ce qu'il se passait. L'inconnue l'avait confondu avec une autre. Bien qu'elle n'ait jamais entendue parler d'une Faustine, cela expliquait beaucoup de chose, notamment cette étreinte si soudaine. Hum, non, désolée,avait répondu Raya encore plus mal à l'aise avant de reprendre. Je connais aucune Faustine. Elle avait prononcé ces mots en reculant d'un pas, se sentant bien mieux en prenant ses distances comme elle le faisait depuis ce qui lui semblait être une éternité. A présent, une ambiance étrange régnait entre les deux jeunes femmes, tandis que le silence s'éternisait. Les yeux de la blonde croisèrent ceux de l'animal qui se tenait toujours non loin de là, regardant tour à tour les deux jeunes femmes, la langue pendue. Ce... C'est avec toi ? fit-elle en désignant l'animal. Parce que, c'est pas que je suis pas flattée qu'on me montre un lapin mort si fièrement, mais ... Elle avait dit ça avec un air encore un peu gênée, bien qu'elle espérait que ses paroles détende un peu cette atmosphère.
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Sujet: Re: Stranger from the past - feat Murphy
Dim 3 Juin - 21:38



❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


Elle avait attendu ce moment pendant deux ans. Deux ans que ses souvenirs devenaient progressivement un peu plus flous chaque jour, qu'il lui semblait oublier les traits de celle qui avait rempli sa vie depuis leur enfance. Deux ans d'inquiétudes, de scénarios élaborés sans aucune preuve, d'espoirs et d'angoisses; deux ans sans réponses, deux ans où la quantité de réponses probables l'avaient noyée, deux ans sans certitude, deux ans à rejeter la plus raisonnable d'entre elles. Alors Faust, elle la serrait contre elle comme son bien le plus précieux, en oubliant même pendant quelques secondes de chercher l'oxygène dont ses poumons avaient besoin. Les deux années de torture s'étaient évaporées dès qu'elle avait pris ses épaules entre ses doigts tout fébriles. Le soulagement la faisait trembler contre Faust; son amie pouvait sans aucun doute sentir tout ce qu'elle lui avait fait subir pendant tout ce temps -malgré elle, sûrement, mais le temps des explications viendrait bien assez tôt. Pour l'instant, c'était elle qui comptait. Elle était là, elle était vivante, elle pouvait la serrer contre elle, la sentir; elle était palpable, encore de ce monde. Elle avait envie de rire et de l'insulter, de l'engueuler, de la serrer jusqu'à l'étouffer, de pleurer un torrent de larmes, de rire encore un peu, de lui foutre une baffe, et puis de la serrer jusqu'à en rendre endoloris tous les muscles de son corps. Mais elle était contre elle, elle la retrouvait enfin, pouvait la toucher. Elles avaient tellement de temps à rattraper, tellement de choses à se raconter. Faust venait de rencontrer Antarès mais elle avait tant à lui dire de son ami canidé. Elles avaient tant à se dire qu'elles n'en dormiraient plus pendant des jours, des semaines peut-être. Murphy lui présenterait le nouveau village et la maison qu'elle retapait avec Tennessee. Peut-être qu'elles pourraient y vivre ensemble -il y avait de quoi retrouver deux chambres, de son côté de la bâtisse.

Mais lorsqu'enfin ses poumons se remplirent du parfum de Faust, Murphy se raidit. Quelque chose ne collait pas. Plusieurs choses ne collaient pas. Les cheveux contre lesquels elle soufflait paraissaient un peu plus foncés; son odeur n'avait rien à voir avec celle de Faust, et puis elle réalisa qu'elle s'était mise sur la pointe des pieds pour lover son nez au creux de son cou. Son cœur manqua un battement, ou alors il s'emporta subitement. Il réalisait pour elle qu'elle venait de vivre l'illusion la plus douloureuse de son existence. Et si ses poumons criaient de douleur, ce n'était plus sous le coup de la même émotion. Elle était submergée par la retombée subite du soulagement et de mélange d'endorphines et d'adrénaline qui avait envahi ses veines. Le monde devint brutalement fade, comme si le choc de la réalisation venait de lui faire perdre toutes ses dimensions, tous ses contrastes, toutes ses couleurs.

Elle n'avait pas besoin de prendre du recul pour comprendre. En se détachant la blonde inconnue, Murphy posa une question rhétorique, comme pour demander confirmation, comme dans l'espoir qu'on lui répondrait que si, c'était Faustine. Mais elle n'avait pas besoin de réponse. Elle la connaissait déjà, et l'expression perdue et gênée qui se dessinait sur les traits de la blonde achevait de confirmer ce qu'elle avait déduit quelques secondes plus tôt. Murphy avait perdu la notion du temps, mais il avait sans aucun doute suffi d'une minute, peut-être même trente secondes, pour la faire passer de la plus enivrante des exaltations à la déception qui ancrait jusqu'au profondeurs les plus inexplorées de la planète. C'était trop d'émotions pour un cœur fragilisé par la disparition d'une soeur, d'une confidente, d'une meilleure amie, d'une moitié, d'un double; de tout ce qui l'avait rendu entier.

Murphy entendit à peine la réponse de la femme qui lui faisait face. Sa tête tournait un peu et elle pouvait deviner le teint blafard de celle qui se faisait gouverner par ses émotions et toute la série de réactions physiologiques qui la prenaient par surprise. Son corps répondait pour elle au désabusement et elle n'était pas encore tout à fait redescendue sur Terre. Dans son champ de vision flouté, dont les informations commençaient à peine à lui parvenir de nouveau, elle discerna le recul de la jeune femme. L'Odysséenne commençait seulement et doucement à atterrir, et elle jeta un regard maladroit et gêné à celle avec qui elle avait été bien trop intime bien trop vite. « J'ai pas... pas voulu... te piéger... J'ai cru que... » tentait-elle d'expliquer gauchement, cherchant ses mots et un arbre auquel s'accrocher. Le silence demeura s'abattit et demeura longtemps, donnant à la scène un air hors du temps. Les lèvres de Murphy bougeaient de temps à autres, au rythme des idées qui se remettaient en place et des mots qui commençaient à revenir. C'est l'inconnue qui enfin se décida à redonner tout son concret au moment en prenant la parole. L'Odysséenne avait presque oublié qu'Antarès traînait dans les environs et ses prunelles retrouvèrent le chien entre elles deux, les babines ensanglantées, un lapin crevé posé sur le sol mousseux. « C'est mon chien... » lâcha-t-elle en même temps que l'écorce à laquelle elle s'était agrippée sous l'émotion. « Antarès ! » L'animal se dressa sur ses quatre pattes en la fixant, attendant sans doute la suite. Elle s'accroupit en le fixant et se laissa tomber par terre, comme une invitation pour lui à lui offrir tout ce réconfort dont il était capable. « Tu peux être flattée, il offre par des festins à tout le monde... » Elle essayait de se détendre mais le sourire était crispé. Elle s'accouda sur le genou qu'elle avait replié vers elle et se massa le front, toujours sonnée par ce qu'elle venait de vivre. « Tu devrais t'en occuper vite si tu veux pas perdre la fourrure et la viande » Elle ferma les yeux en avalant avec difficulté sa salive, reprenant ses esprits avec une lenteur incroyable, signe qu'elle tombait réellement de haut. Elle pouvait sentir la truffe humide d'Antarès qui cherchait sa main et lui offrit mollement. « Tu fais partie du camp des Cents ? » La question fut accompagnée du soupir haletant de celle qui manquait encore un peu d'air. « Je t'ai jamais vue chez nous... »

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Stranger from the past - feat Murphy

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