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Raya Gabrilhov
DATE D'INSCRIPTION : 04/05/2018 PSEUDO/PRENOM : lolita MULTICOMPTES : clio l'intrépide MESSAGES : 1470 CELEBRITE : amber heard COPYRIGHT : avatar + ultraviolences | signa + sial | quote + nikita gill METIER/APTITUDES : mécanicienne POINTS GAGNES : 50
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le Mer 9 Mai - 18:49






stranger from the past





S'il y avait bien quelque chose dont Raya avait particulièrement horreur, c'était de se retrouver au centre des attentions. Pas que cela ne lui soit arrivé très souvent ces dernières années, fort heureusement, mais tout de même. Dans une autre vie, celle qu'elle avait vécut dans l'espace, cela ne la dérangeait pas tant que ça. Elle n'en était pas non plus une adepte, mais au moins, elle n'en avait pas fait une phobie. Il fallait bien dire que, sur l'Odyssée, ce n'était jamais pour ce qu'elle redoutait le plus qu'elle attirait l'attention. Là-bas, la blonde attirait les regards parce qu'elle riait si fort que l'on devait probablement l'entendre à l'autre bout de la station. Là-bas, ses crises d'asthme n'existaient plus depuis des années, plus précisément depuis son enfance. Enfance, qu'elle avait passé à vouloir cacher ce qui était considéré comme un symptôme assez rare chez les Odysséens. L'asthme était la plupart du temps une conséquence génétique, ou bien dû à certains allergènes, pourtant absents dans l'espace. Pour Raya, ce n'était aucun de ces deux cas, seulement Dame nature qui lui avait fait cadeaux de bronches légèrement plus faibles que la moyenne. Au fil des années, et grâce aux médicaments présents sur le vaisseau, les quelques crises qu'elle avait eût dans son enfance n'avaient plus été que des mauvais souvenirs, mais à son arrivée sur Terre, tout avait changé. Les Cent avaient été si occupés dans les premiers temps, que la blonde n'avait même pas réalisé qu'à présent, elle devrait se débrouiller sans médicaments. La première crise ne s'était déclenchée que plusieurs mois après le grand débarquement, et lui avait servit de piqûre de rappel. Heureusement, à cet instant-ci, elle avait trouvé l'occasion de s'isoler, et, puisqu'elle n'était pas victime de crises trop graves, Raya avait réussi à se calmer seule, après un moment. Ce qu'elle considérait comme son secret d'enfance, en était restée un, et cela l'avait rassuré. Après ça, elle avait mit plusieurs semaines à se décider à en parler à quelqu'un, pour trouver une solution. Elle avait, entre-temps, prit conscience que quelqu'un finirait bien par s'en rendre compte si cela devenait plus fréquent. Ça n'avait pas été le cas, mais en apercevant plusieurs fois une fille traîner dans l'infirmerie du campement, en prodiguant quelques soins avec des herbes et plantes trouvées dans le coin, la blonde s'était décidé à sauter le pas.

Pendant quelques temps, Raya avait eu des doutes, quant à ces infusions de plantes verdâtres, mélangées avec des orties. Elle savait bien que jamais, cela n'aurait le même effet que les médicaments qu'elle avait l'habitude de prendre sur l'Odyssée, mais elle avait dû se rendre à l'évidence après un an sans nouvelle crise ; cela marchait plutôt bien. Cela faisait maintenant quelques années que les Cents avaient débarqués sur Terre, autant de temps que la blonde avait mit à profits. Au fil des semaines et des mois, elle avait apprit à trouver les meilleurs endroits pour dénicher les deux plantes dont elle avait besoin. Si les orties n'étaient pas très difficiles à trouver dans une forêt de cette taille, la plante verdâtre qui poussait toujours autour de certains arbres seulement, s'avérait être plus difficile à mettre la main dessus. Environ une fois par mois, Raya avait tendance à s'éloigner du campement, un peu plus que d'habitude. L'endroit où elle se procurait ces plantes, se trouvait presque à égale distance du camp des Cents que de celui des Odysséens. Avec le temps, la blonde avait apprit à ne plus craindre de croiser l'un d'eux. Ils ne traînaient jamais dans ce coin-là en règle générale, et le printemps avait ramené avec lui une agréable envie de paix entre eux. Du moins, c'est ce qu'elle espérait.

Ramasser des orties depuis son campement avait valut à Raya des démangeaisons assez douloureuses sur les paumes des mains. Cela faisait bien une heure qu'elle marchait en se mordillant la lèvre, luttant contre l'envie lancinante de se gratter. La blonde avait quitté son camp à l'aube, pour éviter d'avoir à croiser du monde. Comme d'habitude, elle était partie seule. La Raya qu'elle était avant ne se serait probablement pas reconnue, elle qui adorait être entourée, mais celle d'aujourd'hui, se sentait beaucoup mieux ainsi. Pas besoin d'avoir de conversation forcée avec n'importe qui, que demander de mieux ?
Dès qu'elle avait repéré le type d'arbre qui l'intéressait, quelques heures après le début de sa balade, la blonde avait dégainé son couteau. C'était probablement la seule arme qu'elle pouvait avoir dans la main sans se sentir mal à l'aise, probablement parce qu'elle ne s'en servait pas comme telle. Raya, ce n'était pas une guerrière, ni même une soldate. Se battre, ça ne l'intéressait pas. Elle ne savait même pas le faire, à vrai dire. Si elle aurait pu rester dans un atelier à bricoler toute sa vie, elle l'aurait probablement fait. Quand la blonde passa à deux doigts de s'en couper un avec sa lame, elle comprit que même ramasser des plantes, ce n'était pas pour elle. Elle rangea les quelques tiges qu'elle avait pu ramasser dans une besace en tissu, et se releva. Elle s'apprêtait à se retourner, et à continuer sa recherche, quand son pied se posa sur quelque chose. Avant même d'identifier l'objet en question, elle recula vivement, faisant tomber sa besace au passage. Qu'est-ce-que ... avait commencer la blonde avant de s'interrompre brusquement, les yeux rivés sur le lapin mort qui traînait à ses pieds. Son regard passa alors du petit cadavre au chien qui se tenait à peine un peu plus loin, comme pour lui montrer sa proie. Qu'est-ce-que tu fais là, toi ? avait-elle demandé à voix haute, surprise. Elle avait été si perdue dans ses pensées qu'elle ne l'avait même pas entendu s'approcher.

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Murphy Cavendish
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le Dim 13 Mai - 2:56


❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


Une échappée belle d'une petite journée en plein printemps renaissant, il n'y avait rien de tel pour s'aérer l'esprit. Depuis que les dernières neiges et froids glaçants s'étaient retirés pour laisser place à l'agréable douceur du printemps, le quotidien se reconstruisait autour de ces explorations qui faisaient chavirer le cœur de la brune. Elle n'oubliait pas l'hiver et tout ce qui l'avait accompagné, mais à l'image de la maison dont elle reprenait les rénovations avec Tennessee, elle apprenait à vivre avec. Elle passait voir Thaïs un peu moins souvent, mais la jeune fille comprendrait. L'appel de la forêt était plus fort que la mélancolie de l'absence. La curiosité primait sur les regrets du passé. Thaïs n'aurait jamais dû mourir; d'une façon ou d'une autre, Murphy aurait dû être à ses côtés pour la protéger, pour lui éviter de vivre l'instant qui avait fait basculer son existence. Mais les regrets ne portaient pas le pouvoir de changer le passé. Avec l'hiver la militaire avait laissé derrière elle son abattement. Le chagrin ne disparaissait pas vraiment; il s'atténuait progressivement et on apprenait à vivre avec. Dans le deuil, il n'y avait pas d'alternative que l'acceptation. Murphy l'avait appris à ses dépens. Au moins, cette fois-ci, elle avait une tombe sur laquelle se recueillir. Elle pouvait lui lire, paragraphe par paragraphe, le dernier livre qu'elle n'avait pas eu l'occasion de lui offrir. Mais le deuil de Thaïs s'accompagnait de réminiscences désagréables. Elle retournait parfois sur les derniers lieux dont elle savait qu'ils avaient accueillis Faust, mais ce n'était pas pareil. Elle n'était pas là.

Antarès courait devant elle, disparaissait de longues minutes entre les arbres avant de réapparaître pour s'assurer qu'elle n'était jamais loin. Il arrivait parfois à Murphy de se surprendre à se demander qui était celui des deux qui veillait sur l'autre et ça la rassurait. Elle n'était plus tout à fait toute seule, depuis qu'Antarès était entré dans sa vie. Faust aurait-elle apprécié cette nouvelle présence ? Probablement. Murphy aimait même l'imaginer jalouse de leur complicité, et un sourire un peu rêveur étirait alors ses lèvres jusqu'à ce qu'on la tire de ses pensées.

Les heures défilaient, les kilomètres s’enchaînaient. Avec une pointe d'amertume, Murphy était passée devant la grotte, encore hantée par quelques souvenirs liés aux montagnes. La chute lui était revenue, les lueurs bleutées jalousement gardées dans ses profondeurs, les adieux, les retrouvailles, et puis les cris. Elle ne s'était pas éternisée, s'enfonçant un peu plus dans la forêt, avide de découvrir de nouveaux secrets, de quoi rêver un peu plus, de quoi nourrir sa curiosité inaltérable. Le soleil grimpait au-dessus des hauteurs feuillues; ses rayons se faisaient plus tranchants et l'estomac de la brune commençait à se réveiller. Elle sera sa prise autour de son arc, déterminée à trouver un coin où s'installer dans la prochaine heure pour faire une pause. Même si elle n'était pas naïve, même si elle connaissait déjà relativement bien le terrain entre le camp des jeunes et leur village, elle espérait encore trouver un petit coin de paradis caché quelque part derrière de hauts arbres ou une roche dissuasive. Elle longeait la rivière de loin, mais elle ne comptait pas tomber dessus. Elle préférait rester à la douce ombre des hauts arbres. Elle entendait Antarès faire craquer des branches au loin, courir dans les herbes, s'agiter après quelque curiosité stimulante. Il n'était pas encore revenu les babines couvertes de sang et elle ne doutait pas que ça finirait par être le cas. Il était le seul responsable de ses propres festins, et même s'il lui arrivait d'être couvert de quelques gourmandises par des femmes trop attendries, il savait que les sorties étaient pour lui l'occasion de se remplir la panse.

Aux aguets, le regard vif, Murphy ne perdait pas une miette des environs. Chaque mètre offrait de nouvelles perspectives mais ouvrait aussi à de potentiels nouveaux dangers. Même portée par son envie de découvertes, elle n'oubliait pas que ce milieu n'était pas régi par des constantes confortables et adaptées à l'Homme que celles qui avaient bercé son quotidien sur l'Odyssée. Tout ici était susceptible de se transformer en piège. Ce jour-là, le ciel était de son côté, mais il demeurait des incertitudes de chaque instant : la faune et la flore, mais aussi les éventuelles rencontres que l'on pouvait faire au détour d'une clairière ou d'un arbre. La méfiance était devenue un réflexe automatique et elle se surprenait parfois à s'imaginer s'enraciner peu à peu dans des habitudes qui ne poussaient que sur cette planète. Etre aux aguets, ici, c'était une preuve d'adaptation.

« Qu'est-ce-que tu fais là, toi ? » La voix soufflait entre les arbres, presque aussi fort que le vent frais qui s'amusait avec quelques unes de ses mèches. Murphy s'immobilisa soudainement, les sourcils froncés, attentive au moindre signe supplémentaire de vie. On avait parlé dans sa langue. Elle n'avait suivi aucun des siens et n'avait pas été suivie non plus -quoiqu'elle semblait plutôt mauvaise pour se rendre compte qu'elle était pistée. Un Cent ? Méfiante, alerte, le nez dressé, elle serra sa prise autour de son arc et s'approcha à pas feutrés de la source de la voix. C'est d'abord Antarès qu'elle trouva -ou ses fesses, plutôt. Assis sagement, les oreilles dressées, preuve qu'il était en quête d'approbation ou d'attention, il lui tournait le dos. Le regard de la brune chercha aussitôt le responsable et elle trouva une belle blonde. Son sang ne fit qu'un tour.

Elle se raidit entièrement et put sentir ses jambes se transformer en coton -ou en air, peut-être- en un rien de temps. C'était Faust. Faustine. Sa vision se troubla une seconde et elle s'accrocha au premier arbre à sa droite, lâchant son arc sans s'en rendre compte. Il tomba dans un bruit de feuilles peu convaincant. Du coin de l’œil, elle percevait un point blanc qui se déplaçait -Antarès, sûrement, qui retrouvait sa maîtresse autant qu'il cherchait encore à apprécier cette nouvelle rencontre. « Faust ? Faustine ? » La voix chevrotante, le regard brouillé, elle lâcha l'arbre et se jeta dans un élan désespéré vers et sur la jeune femme pour la prendre dans ses bras. Enfin, elle était revenue. Antarès l'avait retrouvée pour elle. Elle avait eu tort d'abandonner les recherches. Elle aurait jamais dû perdre espoir. Tout ce temps, Faust avait été là. Tout ce temps, elle avait dû l'attendre. Elle avait dû semer des indices, et l'anneau qu'elle portait autour du coup en était probablement un dont elle avait manqué les messages secrets. Elle avait eu tort et elle était tellement heureuse d'avoir tort. Elle n'avait jamais été aussi heureuse de s'être trompée. Elle avait retrouvé sa famille, elle avait retrouvé son guide, elle avait retrouvé la part d'elle qui avait toujours su rendre la vie plus douce. Son visage se logea dans le creux de son cou et elle ferma les yeux un instant pour savourer ces retrouvailles et pour savourer cette victoire face à la fois au passé et à l'avenir.

Elle ne sentait pas comme Faust. Elle paraissait un peu plus grande, aussi -mais ces deux années avaient peut-être déformé ses souvenirs ? Elle la lâcha brusquement et s'éloigna, interloquée, pour s'assurer de ne pas encore être victime d'une de ces hallucinations qui faisaient voir des morts. Elle détailla d'un œil aguerri et terrifié le visage de celle qu'elle venait de prendre dans ses bras. Sa peau était un peu plus foncée -mais ce n'était peut-être que le travail du soleil sur ces deux années ? Ses lèvres étaient plus fines, ses cheveux plus foncés, son visage plus fin... « Tu... t'es pas Faust ! » Le choc lui fit manquer quelques inspirations et elle la fixa. Son corps se noyait entre les restes d'un soulagement qui n'avait plus lieu d'être et la terreur qui se répétait. Elle avait eu raison tout du long et elle n'avait jamais autant détesté avoir raison. Faust était morte.
Raya Gabrilhov
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le Mer 30 Mai - 21:45



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Une bête assise sagement à moins de deux mètres de Raya, et une dépouille de lapin entre eux, voilà une situation assez incongrue. Depuis le temps, la blonde en avait entendu des histoires et des rumeurs sur cette forêt. Des animaux sauvages mutants aux inconnus agressifs bien loin de la culture des gens du ciel, elle pensait alors que tout y était passé. Certaines de ces histoires s'étaient vérifiées par le temps - ainsi que par les mauvaises rencontres, du moins, c'est ce qu'elle en avait comprit, puisqu'elle s'aventurait assez peu, seule, dans cette immense forêt, sauf quand, comme dans ce cas-là, les circonstances ne lui laissaient pas le choix. La plupart de ces rumeurs s'étaient tout de même avérées être fausses, racontées par des vaniteux dans le campement pour attirer l'attention et passer pour les héros du moment. En général, les effusions autour de ces racontars s'évanouissaient presque aussi vite qu'elles étaient apparues. En revanche, sur toutes les histoires plus fantastiques les unes que les autres que Raya avaient pu entendre et qui parlaient en général d'un loup ou d'un puma très agressif, jamais il n'avait été question d'un chien, déposant aux pieds d'une étrangère sa dernière proie.

Un instant, la blonde se demanda si l'on n'était pas en train de lui faire une blague, ou bien de lui tendre un piège. Les tensions semblaient plus ou moins apaisées avec la plupart des tribus, mais sur Terre, on n'était jamais à l'abris de rien, et ça, Raya l'avait déjà bien compris. Elle releva la tête, s'apprêtant à fouiller le coin du regard pour voir si l'animal était seul, mais ce fût à cet instant qu'une voix attira son attention. Faust ? Faustine ? Elle releva les yeux, croisa immédiatement ceux d'une jolie brune, se tenant à quelques mètres de là. La blonde ne l'avait jusque là jamais vu, mais à ses vêtements, elle n'eût aucun doute qu'elle venait de l'Odyssée. L'inconnue ne devait pas être bien plus vieille qu'elle, et pourtant, son visage ne lui rappelait vraiment rien. Raya ne réalisa pas de suite qu'elle lui adressait la parole, pensant, en voyant que l'animal s'était dirigé d'un pas enjoué vers qu'elle, que c'était à lui qu'elle parlait. Pourtant, la blonde se rendit rapidement compte que c'était elle que l'inconnue ne lâchait pas des yeux. L'expression sur son visage, elle n'aurait su la décrire. Ses yeux étaient grands ouverts, comme si elle allait se mettre à pleurer. Avec un peu de recul, elle aurait sûrement pu remarquer que sa voix tremblait, mais sur le moment, ces petits détails n'attirèrent pas son attention. En revanche, voir l'inconnue lâcher l'arc qu'elle tenait entre les doigts et se jeter sur elle, ça, elle n'eût aucun mal à le voir venir.

Raya aurait dû faire quelque chose, s'apprêter à riposter, ou bien à se défendre. Pourtant, elle ne bougea pas d'un millimètre. Se battre ? Très peu pour elle. Pas qu'elle était contre, mais la seule technique de défense qu'elle connaissait, était d'agiter les mains dans tous les sens comme pour faire fuir une mouche. Elle n'eût même pas le réflexe d'attraper son couteau dans sa poche, et resta là, les bras ballants, se demandant bien ce qu'elle avait pu faire pour se faire attaquer ainsi. Au moment de l'impact pourtant, la brune se contenta de la prendre dans ses bras, mais elle ne se détendit pas pour autant. Cela faisait déjà quelques années que Raya tentait de minimiser autant qu'elle le pouvait tous contacts physiques. Les gestes d'affections, elle les réservait uniquement au peu de gens qu'elle considérait encore un tant soit peu, et ceux-ci se faisaient de plus en plus rare. Plus que de la gêner, cette embrassade soudaine la troublait Euh, fût le seul son que sa bouche fût capable de produire, tant elle était mal à l'aise de se retrouver dans les bras d'une inconnue sans même en comprendre la raison. Pas très efficace pour repousser quelqu'un, mais le son de sa voix sembla interloquer la brune, qui la lâcha brusquement, comme si elle venait de se rendre de son geste. D'un oeil méfiant, presque terrifié, elle détailla Raya, qui observait lentement la jeune femme se décomposer.Tu ... t'es pas Faustine ? C'est à l'entente de cette phrase que la blonde comprit enfin ce qu'il se passait. L'inconnue l'avait confondu avec une autre. Bien qu'elle n'ait jamais entendue parler d'une Faustine, cela expliquait beaucoup de chose, notamment cette étreinte si soudaine. Hum, non, désolée,avait répondu Raya encore plus mal à l'aise avant de reprendre. Je connais aucune Faustine. Elle avait prononcé ces mots en reculant d'un pas, se sentant bien mieux en prenant ses distances comme elle le faisait depuis ce qui lui semblait être une éternité. A présent, une ambiance étrange régnait entre les deux jeunes femmes, tandis que le silence s'éternisait. Les yeux de la blonde croisèrent ceux de l'animal qui se tenait toujours non loin de là, regardant tour à tour les deux jeunes femmes, la langue pendue. Ce... C'est avec toi ? fit-elle en désignant l'animal. Parce que, c'est pas que je suis pas flattée qu'on me montre un lapin mort si fièrement, mais ... Elle avait dit ça avec un air encore un peu gênée, bien qu'elle espérait que ses paroles détende un peu cette atmosphère.
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Je suis désolée, vraiment, c'est méga nul Stranger from the past - feat Murphy 665777697 Je me rattraperais dès que je serais sortie de ces bordel de partiels, promis Stranger from the past - feat Murphy 171928021
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le Dim 3 Juin - 21:38


❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


Elle avait attendu ce moment pendant deux ans. Deux ans que ses souvenirs devenaient progressivement un peu plus flous chaque jour, qu'il lui semblait oublier les traits de celle qui avait rempli sa vie depuis leur enfance. Deux ans d'inquiétudes, de scénarios élaborés sans aucune preuve, d'espoirs et d'angoisses; deux ans sans réponses, deux ans où la quantité de réponses probables l'avaient noyée, deux ans sans certitude, deux ans à rejeter la plus raisonnable d'entre elles. Alors Faust, elle la serrait contre elle comme son bien le plus précieux, en oubliant même pendant quelques secondes de chercher l'oxygène dont ses poumons avaient besoin. Les deux années de torture s'étaient évaporées dès qu'elle avait pris ses épaules entre ses doigts tout fébriles. Le soulagement la faisait trembler contre Faust; son amie pouvait sans aucun doute sentir tout ce qu'elle lui avait fait subir pendant tout ce temps -malgré elle, sûrement, mais le temps des explications viendrait bien assez tôt. Pour l'instant, c'était elle qui comptait. Elle était là, elle était vivante, elle pouvait la serrer contre elle, la sentir; elle était palpable, encore de ce monde. Elle avait envie de rire et de l'insulter, de l'engueuler, de la serrer jusqu'à l'étouffer, de pleurer un torrent de larmes, de rire encore un peu, de lui foutre une baffe, et puis de la serrer jusqu'à en rendre endoloris tous les muscles de son corps. Mais elle était contre elle, elle la retrouvait enfin, pouvait la toucher. Elles avaient tellement de temps à rattraper, tellement de choses à se raconter. Faust venait de rencontrer Antarès mais elle avait tant à lui dire de son ami canidé. Elles avaient tant à se dire qu'elles n'en dormiraient plus pendant des jours, des semaines peut-être. Murphy lui présenterait le nouveau village et la maison qu'elle retapait avec Tennessee. Peut-être qu'elles pourraient y vivre ensemble -il y avait de quoi retrouver deux chambres, de son côté de la bâtisse.

Mais lorsqu'enfin ses poumons se remplirent du parfum de Faust, Murphy se raidit. Quelque chose ne collait pas. Plusieurs choses ne collaient pas. Les cheveux contre lesquels elle soufflait paraissaient un peu plus foncés; son odeur n'avait rien à voir avec celle de Faust, et puis elle réalisa qu'elle s'était mise sur la pointe des pieds pour lover son nez au creux de son cou. Son cœur manqua un battement, ou alors il s'emporta subitement. Il réalisait pour elle qu'elle venait de vivre l'illusion la plus douloureuse de son existence. Et si ses poumons criaient de douleur, ce n'était plus sous le coup de la même émotion. Elle était submergée par la retombée subite du soulagement et de mélange d'endorphines et d'adrénaline qui avait envahi ses veines. Le monde devint brutalement fade, comme si le choc de la réalisation venait de lui faire perdre toutes ses dimensions, tous ses contrastes, toutes ses couleurs.

Elle n'avait pas besoin de prendre du recul pour comprendre. En se détachant la blonde inconnue, Murphy posa une question rhétorique, comme pour demander confirmation, comme dans l'espoir qu'on lui répondrait que si, c'était Faustine. Mais elle n'avait pas besoin de réponse. Elle la connaissait déjà, et l'expression perdue et gênée qui se dessinait sur les traits de la blonde achevait de confirmer ce qu'elle avait déduit quelques secondes plus tôt. Murphy avait perdu la notion du temps, mais il avait sans aucun doute suffi d'une minute, peut-être même trente secondes, pour la faire passer de la plus enivrante des exaltations à la déception qui ancrait jusqu'au profondeurs les plus inexplorées de la planète. C'était trop d'émotions pour un cœur fragilisé par la disparition d'une soeur, d'une confidente, d'une meilleure amie, d'une moitié, d'un double; de tout ce qui l'avait rendu entier.

Murphy entendit à peine la réponse de la femme qui lui faisait face. Sa tête tournait un peu et elle pouvait deviner le teint blafard de celle qui se faisait gouverner par ses émotions et toute la série de réactions physiologiques qui la prenaient par surprise. Son corps répondait pour elle au désabusement et elle n'était pas encore tout à fait redescendue sur Terre. Dans son champ de vision flouté, dont les informations commençaient à peine à lui parvenir de nouveau, elle discerna le recul de la jeune femme. L'Odysséenne commençait seulement et doucement à atterrir, et elle jeta un regard maladroit et gêné à celle avec qui elle avait été bien trop intime bien trop vite. « J'ai pas... pas voulu... te piéger... J'ai cru que... » tentait-elle d'expliquer gauchement, cherchant ses mots et un arbre auquel s'accrocher. Le silence demeura s'abattit et demeura longtemps, donnant à la scène un air hors du temps. Les lèvres de Murphy bougeaient de temps à autres, au rythme des idées qui se remettaient en place et des mots qui commençaient à revenir. C'est l'inconnue qui enfin se décida à redonner tout son concret au moment en prenant la parole. L'Odysséenne avait presque oublié qu'Antarès traînait dans les environs et ses prunelles retrouvèrent le chien entre elles deux, les babines ensanglantées, un lapin crevé posé sur le sol mousseux. « C'est mon chien... » lâcha-t-elle en même temps que l'écorce à laquelle elle s'était agrippée sous l'émotion. « Antarès ! » L'animal se dressa sur ses quatre pattes en la fixant, attendant sans doute la suite. Elle s'accroupit en le fixant et se laissa tomber par terre, comme une invitation pour lui à lui offrir tout ce réconfort dont il était capable. « Tu peux être flattée, il offre par des festins à tout le monde... » Elle essayait de se détendre mais le sourire était crispé. Elle s'accouda sur le genou qu'elle avait replié vers elle et se massa le front, toujours sonnée par ce qu'elle venait de vivre. « Tu devrais t'en occuper vite si tu veux pas perdre la fourrure et la viande » Elle ferma les yeux en avalant avec difficulté sa salive, reprenant ses esprits avec une lenteur incroyable, signe qu'elle tombait réellement de haut. Elle pouvait sentir la truffe humide d'Antarès qui cherchait sa main et lui offrit mollement. « Tu fais partie du camp des Cents ? » La question fut accompagnée du soupir haletant de celle qui manquait encore un peu d'air. « Je t'ai jamais vue chez nous... »

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Mais ton rp est parfait Stranger from the past - feat Murphy 171928021
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le Jeu 11 Oct - 21:57





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Le sentiment de perte n'était pas étranger à Raya. Bien au contraire, une part d'elle se disait qu'elle n'avait jamais rien connu d'autre. C'était pourtant faux. Certes, la blonde ne gardait pas beaucoup de souvenirs de sa mère, partie bien trop tôt, mais, même si grandir sans maman n'avait pas toujours été facile, elle avait toujours eu la chance d'avoir un père assez aimant et patient pour remplir le rôle du parent manquant. Elle avait toujours su que l'homme qui l'avait élevé, et qui lui avait inculqué les quelques valeurs qui lui servaient ici, sur Terre, avait toujours été quelqu'un de formidable. Elle n'en avait jamais douté, et s'était, toute son enfance, puis son adolescence, estimée très heureuse d'avoir une relation aussi particulière avec son père. Pourtant, elle n'avait réellement comprit la chance qu'elle avait, qu'une fois qu'il l'ait quitté. Pour un monde meilleur, certaines personnes lui avaient répétés, comme si cela pouvait apaiser, ne serait-ce qu'un centième de la peine qu'elle avait pu ressentir à la perte du seul homme qu'elle ait jamais vraiment aimé et admiré. En réalité, ces mots n'avaient jamais rien changé. Seul le temps avait, peu à peu effacé son chagrin, pour qu'il n'en subsiste plus qu'une ombre dans son regard – et dans son cœur.

Dans le regard de l'inconnue, qui l'avait si affectueusement prise dans ses bras, la prenant pour quelqu'un d'autre, Raya crut pouvoir y lire la même douleur, le temps d'un instant, qu'elle puisse reprendre ses esprits. Pas besoin d'être un génie, pour comprendre l'évidence. L’ascenseur émotionnel que la petite brune venait de subir se lisait tout simplement sur son joli visage. Ses grands yeux bruns exprimaient sa déception, tandis que son teint semblait tout à coup avoir pâlit, comme si elle avait vu un fantôme. Peut-être était-cela que Raya avait représenté pour cette inconnue : un fantôme ressurgit du passé. La blonde n'avait peut-être pas connu cette Faustine, il n'empêche qu'elle n'avait aucunes difficultés à comprendre qu'elle avait dû être très importante aux yeux de l'inconnue qui lui faisait face. J'ai pas... pas voulu... te piéger... J'ai cru que... s'était-elle mise à balbutier, probablement mal à l'aise et très déçue de voir que Raya n'était pas la personne qu'elle aurait tant aimé revoir. Laisse tomber, c'est rien s'entendit dire la blonde, ce qui ne lui ressemblait pas. Elle avait tant fuit, autant les contacts physiques que les liens qu'elle aurait pu avoir avec les autres de son camp, qu'être prise dans les bras de quelqu'un qu'elle ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam, l'avait quelque peu perturbé. A présent que les émotions contradictoires semblaient s'être dissipées, chez l'une comme chez l'autre, et qu'elles avaient prit un peu de distance, la gêne qui s'était emparée de Raya avait peu à peu disparue. La blonde avait beau ne plus avoir l'habitude des contacts physiques, elle ne voulait pour autant pas entendre la petite brune se confondre en excuse. Elle devait se sentir assez mal sans qu'elle n'ait besoin d'en rajouter. A sa place, elle aurait probablement été dévastée par le faux espoir qui avait dû l'envahir. Ce genre de déception ne nous quittait jamais vraiment.

Un petit jappement échappa à la bête qui se trouvait à présent entre les deux jeunes femmes, leur rappelant au passage son existence. Raya ne pût s'empêcher de sursauter, n'ayant pas un amour fou pour les animaux, qu'elle craignait en général plus qu'autre chose. Si les années qu'ils venaient de passer sur Terre avait bien apprit quelque chose aux humains, débarqués du Ciel, c'était bien qu'il fallait se méfier de tout. Même la bestiole qu'il avait déposé aux pieds de la blonde comme une offrande aurait pu être dangereuse, qui sait ? C'est mon chien se contenta de répondre la brune quand elle lui avait demandé si l'animal l'accompagnait. Elle ne pût s'empêcher de tilter sur le déterminant possessif. Dans son enfance, elle avait entendu quelques histoires, qui racontaient que leurs ancêtres, ceux qui avaient vécu sur Terre, ceux qui l'avaient détruite mais aussi ceux qui les avaient précédés pendant des siècles, s'étaient entichés d'animaux, qu'ils avaient adoptés, domptés, et parfois même aimés. Sur l'Odyssée, cela n'avait été qu'une légende, qu'un compte de fée en plus sur la vie qu'ils n'avaient pas eu, sur une planète qu'il n'avait pas connu. Raya ne pouvait donc pas s'empêcher d'être intriguée, par la relation qu'une fille de l'Odyssée, comme elle, avait tissé avec cet animal. Antarès ! appela alors la brune. Ni une ni deux, l'animal avait bondit sur ses pattes, répondant automatiquement à l'appel de sa maîtresse. Aucun doute, il lui obéissait au doigt et à l’œil. Dis donc, c'est pas commun, comme compagnon de voyage, s'exclama-t-elle un peu amusée par la situation, sans lâcher l'animal des yeux. La blonde n'était tout de même pas très confiante, et fût soulagée en voyant le chien, se diriger vers sa maîtresse qui s'était agenouillée. Son visage, toujours aussi pâle, n'échappa pas à Raya tandis que l'inconnue lui proposait de prendre le gibier dont son chien venait apparemment de lui faire cadeau. Oh, non non, refusa-t-elle poliment, surprise de cette offre avant d'ajouter. Je ne suis pas chasseuse. De toute façon, mon sac est déjà plein. A ces mots, elle avait montré du doigt son sac, qui, en effet, était rempli d'ortie. Ses doigts qui la démangeaient affreusement s'en étaient assurés. Tu fais partie du camp des Cents?, lui avait-elle demandé avant d'ajouter qu'elle ne l'avait jamais vu jusqu'à présent. Et pour cause, il fallait bien admettre que Raya ne s'approchait jamais vraiment de l'Odyssée. La plupart des gens qui la connaissait là-bas, ne lui rappelait pas de bons souvenirs, il y en avait même qu'elle fuyait comme la peste. Une personne en particulier. C'est pas étonnant que tu ne m'aies jamais vu, en général, je me fond dans la masse. Les grandes réunions, c'est pas vraiment mon truc. Et je n'aime pas trop sortir de ma grotte de mécano. Entre autre.

Étrangement, c'était peut-être la première conversation qu'elle avait eu depuis un long moment, et qui n'éveillait pas en Raya, un certain sentiment d'agacement. La personne qu'elle était devenue, était aux antipodes de celle qu'elle avait été autrefois, pourtant, allez savoir si c'est parce qu'elle était simplement de bonne humeur ou parce qu'elle avait cru reconnaître chez cette femme quelque chose qu'elle ne connaissait que trop bien, cette fois, pas de sarcasme ni d'ironie. C'était la première fois depuis un bon moment qu'elle n'avait pas adressé la parole à quelqu'un sans arrière pensée. Tu te sens bien? ne pût s'empêcher de demander la blonde, en voyant qu'elle était toujours aussi pâle. Au fait, je suis Raya.
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Murphy Cavendish
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le Sam 13 Oct - 2:53


❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


Maintenant qu'elle réalisait que cette jeune femme n'avait jamais été Faust, Murphy se demandait si au fond, elle ne l'avait pas su dès qu'elle avait posé son regard sur elle et si son inconscient ne s'était pas joué de ses capacités d'observation pour la laisser vivre quelques secondes fugaces de retrouvailles. Drôle de chose que l'inconscient -Elijah ne débattrait pas avec elle à ce sujet. Le temps avait déjà tant passé depuis qu'elle avait posé son regard sur son amie pour la dernière fois que Murphy était souvent saisie par l'idée qu'elle n'arrivait plus à détailler son visage comme avant. Chaque jour semblait faire perdre au souvenir qu'elle en avait quelques détails, un peu de netteté. Mais en serrant cette illustre inconnu contre elle, tout lui était revenu subitement. Le parfum de ses cheveux, sa taille, la façon dont elle l'avait toujours serrée contre elle; elle n'avait rien retrouvé de ça chez cette belle blonde. Cette blonde n'était pas sa belle blonde. Elle aurait aimé pouvoir le nier un peu plus longtemps encore, juste pour faire taire un peu plus longtemps tout le manque qu'elle avait de sa soeur de cœur, mais l'inconscient avait tiré sa révérence. La vérité frappait violemment son antagoniste et sa conscience avait décidé d'arrêter les frais là. Murphy devait réaliser, comprendre, s'éloigner, et accepter que la vérité de quelques minutes auparavant n'avait toujours rien d'erroné. Faust était toujours officiellement portée disparue, officieusement morte dans un coin. Elle ne voulait pas y penser, Murphy, à l'état dans lequel devait se trouver sa meilleure amie. Il lui manquait une certitude mais aussi une tombe, un vrai au revoir. Lorsqu'elle allait voir Thaïs dans le petit cimetière de leur village, Murphy regrettait toujours l'absence d'une stèle pour Faust. Pour Faust, il n'y avait eu ni cérémonie ni adieux. Oh, Tamara l'avait bien aidée à construire un petit quelque chose sur les restes du dernier campement connu à la disparue, mais c'était loin, et puis ça lui rappelait qu'il y avait tant de choses qu'elle ne savait pas de la fin de Faust. Au lieu d'apporter des réponses, trouver les restes de l'installation avait fait naître plus de questions encore. Et au lieu de la ravir d'un sentiment incommensurable de bonheur, ces presque-retrouvailles la détruisaient.

Il fallait reprendre pied. Plus vite on arrachait le pansement, plus vite on pouvait retourner à la réalité. Maintenant éloignée de la belle blonde et disposée à détailler ses traits, Murphy comprenait qu'elle aurait dû, dès les premières secondes, voir tout ce qui la différenciait de Faust plutôt que d'attraper le moindre commun pour y fonder tout ce qui venait de causer sa perdition.

Mais elle avait de la chance, et elle s'en rendait compte. C'était probablement parce qu'elle avait été surprise par la précipitation du geste, mais la blonde qui lui faisait face réagissait presque comme elle à toute l'étrangeté de la situation. Pas de violences, là où des dizaines d'autres personnes auraient perçu dans cette drôle et soudaine proximité un envahissement de leur intimité. Mais il y avait chez cette jeune femme quelque chose qui parvenait à apaiser la Murphy perdue qui peinait à retrouver ses esprits. Ses gestes étaient doux et son regard un peu perdu ne reflétait aucune animosité. Elle attendait sans doute quelques réponses au pourquoi du comment, et c'était à elle de les lui donner.

Elle essayait de se mettre à la place de l'inconnue, Murphy. Son état rendait les choses difficiles mais elle parvenait à se rappeler que chacune de ses rencontres en forêt avaient d'abord été dirigées par la méfiance. Ici, malgré elles, on y avait coupé court directement. On était passé à une drôle de phase de présentations, presque comme si elles venaient de vivre une de ces expériences uniques qui rapprochent les inconnus, n'importe quels inconnus. Pour Murphy, c'était le cas. Peut-être parce que malgré la réalité, elle voyait toujours en cette Odysséenne un peu de Faust, ou peut-être parce que secrètement, elle appréciait de ne pas avoir été poignardée dans un réflexe fatal de défense. Elle l'aurait mérité. C'est probablement le premier geste qui lui serait venu si quelqu'un s'était jeté dans ses bras comme elle l'avait fait un peu plus tôt. Alors, si elle se confondait en excuses, ce n'était pas pour se protéger. C'était dans une sincérité authentique, de celles qui venaient à la fois du cœur, de l'âme et des tripes. Cette forme de bienveillance que démontrait son interlocutrice ne lui inspirait plus de l'inquiétude mais une reconnaissance étrange et profonde, qui ne naissaient habituellement chez Murphy que lorsqu'elle était catalysée par la confiance.

Sa tête lui tournait un peu moins et ses pieds avaient retrouvé le sol. Elle sourit à la jeune femme. « Je suis pas comme ça, d'habitude » se sentit-elle obligée d'expliquer, comme pour justifier l'incroyable maladresse qui avait mené à leurs premiers échanges. Mais si Murphy l'avait presque oublié, elles n'étaient pas tout à fait seules. Son fidèle compagnon à quatre pattes jappa, rappelant sa présence aux deux femmes. Encore sonnée, la voix toujours un peu chevrotante, sa maîtresse expliqua en quelques mots la présence du canidé. En lâchant l'arbre qu'elle avait utilisé comme une béquille, elle appela Antarès et s'agenouilla, comme pour prouver ses dires à l'inconnue. Chez elle, certains ne comprenaient pas encore Antarès et pourquoi Antarès. Ca avait été son cas jusqu'à ce qu'il lui apporte lui-même des réponses tacites. A tous ceux qui ne l'avaient pas encore suffisamment côtoyé, il fallait tenter d'expliquer ce qui lui paraissait maintenant si évident. Un lien entre un animal et son humain ne se déchiffrait pas, ne se justifiait pas. En plongeant un instant son regard dans celui du canidé, qui s'était redressé, alerte et enthousiaste, Murphy le réalisait une énième fois, espérant au passage rassurer la jeune femme à ses côtés, qui avait semblé peu à l'aise à l'idée de se laisser approcher par le bête. « C'est mieux que certains d'entre nous, comme compagnon de voyage » sourit-elle en levant la tête vers son interlocutrice. Si elle faisait partie des Cents comme son allure et son niveau d'anglais le laissaient suggérer, elle devait en croiser régulièrement un chez elle, aussi. Mais après avoir fait la connaissance de Frost, Murphy avait compris ce qu'Oona avait tant tenté de lui expliquer lorsqu'elle lui disait que parmi les chiens, tous, comme les Humains, avaient leur propre caractère et leurs propres aspirations. Elle ne savait quels pouvaient être ceux du canidé qui fréquenté le présupposé village de la blonde. Comme pour la remercier de sa patience, ou peut-être pour lui prouver tout le bien que pouvait apporter un chien, Murphy proposa à la jeune femme de ramener chez elle la bête qu'Antarès était venue laisser à ses pieds. « Moi non plus, je suis pas chasseuse. Mais y'en a qui le croient, depuis qu'Antarès m'accompagne. » Sa torpeur passée laissait place à une malice nouvelle. Il lui arrivait d'utiliser son arc pour abattre quelques animaux, mais ce n'était pas l'utilité première qu'elle dédiait à son arme. Elle était patrouilleuse, exploratrice peut-être, mais pas chasseuse. Elle apprenait pour savoir se débrouiller seule, car elle savait ce genre de compétences plus qu'utile en ce moment, et particulièrement pour quelqu'un comme elle qui s'échappait parfois de la vie en collectivité pour vivre ses propres aventures. Mais avec Antarès, Murphy avait la meilleure arme de chasse qui soit. Elle rentrait très régulièrement au village avec des victimes ensanglantées de son chien à la main, et certains continuaient à ne pas faire le rapprochement entre le canidé et les compétences de chasse subitement acquises par sa maîtresse. Elle insistait, bornée comme elle l'était, persuadée que la mésaventure qu'elle venait de lui faire subir valait au moins un peu de viande en retour. En quand elle eut sa réponse, Murphy comprit que ses déductions n'étaient pas totalement mauvaises. C'était bien une Cent qui se tenait devant elle. Quelque part à mi-chemin entre les deux villages, les probabilités avaient réuni deux de leurs habitantes. Si celui des Cents était à moins d'une heure de marche -ce dont elle doutait-, la jeune femme pourrait ramener la viande sans s’embarrasser du dépeçage. « Si je t'avais vue au village... » ...tu te serais pas fondue dans la masse. Murphy avait de la peine à croire que si elles avaient été entourées, les choses auraient été différentes. Peut-être que les circonstances l'auraient forcée à voir la réalité en face plus tôt. Qu'est-ce qu'aurait pu faire Faust au milieu du village des Cents alors qu'ils la cherchaient depuis deux ans ? Mais comme au milieu de cette forêt et avec tous les indices qu'elle avait ignorés, ce n'est peut-être pas le genre d'informations qu'elle aurait écoutées si elle avait vu un peu de Faust dans cette jeune femme.

Encore un peu déséquilibrée par les émotions, Murphy se laissa tomber sur les fesses, dans la terre un peu sèche du printemps, les jambes remontées et écartées pour voir Antarès, qui continuait à la fixer, la langue pendue, les babines pleines de sang. « Jte jure, si tu prends pas la viande, tu vas nous le vexer. Jpeux m'en occuper, si tu veux. » Enlever au moins les tripes de la bête pour éviter la contamination bactérienne. Elle lui devait bien ça, à la blonde, même si c'était un cadeau ridicule en comparaison à l'ours dont Elias lui avait offert les ressources lors de leur première rencontre. « Oh heu... oui... oui, oui, ça va. C'est juste... heu... Elle soupira en se frottant nerveusement le front. « ... beaucoup d'émotions. Encore désolée. » Encore un peu fébrile, elle releva son regard clair vers la belle blonde qui se présentait. Un sourire amical se dessina sur ses lèvres alors qu'elle fit de même. « Murphy. Tu l'auras deviné, je suis de l'autre village. » Comme s'il s'agissait d'une anecdote drôle, elle désigna vaguement derrière elle d'un index. « Tu chassais quoi, ici, avant qu'une folle t'interrompe ? » D'un mouvement du menton elle montra le fameux sac rempli, qui trouverait un peu d'espace encore pour de la viande et de la fourrure.

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Le plus important c'est qu'on soit back on track Stranger from the past - feat Murphy 171928021 contente de relancer ça avec toi !
Raya Gabrilhov
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le Sam 17 Nov - 19:12







stranger from the past




Il était arrivé plusieurs fois à Raya de revoir son père. Dans sa tête du moins, au détour d'un rêve. Parfois, ce n'était qu'une vague apparition, sans parole, sans aucun son, ni mouvement. L'image semblait elle-même flou, comme si le souvenir du seul parent qu'elle ait jamais eu s'estompait de son esprit peu à peu. C'était peut-être cela que la blonde craignait le plus, l'oublier. Elle ne cessait de se répéter que cela n'était pas imaginable, qu'il lui serait à jamais impossible d'oublier cette si grande partie de sa vie, mais comment pouvait-elle en être si sûre, quand il ne lui restait aucun souvenir de la femme qui l'avait elle-même mise au monde ? Pas un visage, pas une voix, à mettre sur ce rôle. Elle ne pouvait même pas dire que cela lui manquait, puisqu'elle n'avait jamais ressenti ce besoin, d'avoir sa mère auprès d'elle. Pourquoi y aurait-elle pensé, quand elle avait eu un homme aussi formidable pour l'élever ?
Si quelques un de ses songes ne ressemblaient en rien à son père, certains des rêves que faisait Raya, étaient pourtant d'un réalisme à couper le souffle. Dans ceux-là, il n'était, ni statique, ni silencieux, et alors que cela aurait dû être un soulagement, de pouvoir entendre de nouveau sa voix, c'était en réalité une pure torture. C'est de ta faute. C'est de ta faute. C'est de TA faute. C'était les seuls mots qu'il semblait capable de pouvoir prononcer dans les cauchemars de la jolie blonde. Comme si son inconscient semblait vouloir la rappeler à sa culpabilité, même dans son propre sommeil. En général, son père venait la hanter, quand elle se sentait mieux. Durant certaines périodes, elle était tellement occupée sur le camp, ou en dehors, qu'elle ne pensait même plus à son ancienne vie sur l'Odyssée, ni même à la trahison de Kayden. Dans ces moments là, la plaie qui hantait son cœur semblait se mettre à cicatriser, juste un tout petit peu. Hélas, cette sensation ne durait jamais bien longtemps, et même ses rêves semblaient vouloir la ramener à la réalité. N'était-ce pourtant pas le but du sommeil, d'aider à lui échapper ? Après ce genre de songes, le réveil suivait généralement en conséquences. Elle se levait dans un sursaut, en sueur, persuadée que ce qu'il s'était passé dans sa tête était bel et bien arrivé. Il lui fallait toujours un petit moment pour réaliser que cela n'était qu'un rêve, ou plutôt, qu'un cauchemar, même si ce n'était plus la première fois. Cela avait beau s'être répété plusieurs fois, les sentiments qui l'avaient envahie à chaque fois était restés les mêmes. La culpabilité, à cause de la phrase qu'il ne cessait de répéter dans chaque songes, dans lequel son père apparaissait. La joie d'avoir revu son visage, et d'avoir entendu le son de sa voix, rapidement suivit par la douleur, de savoir que cela n'arrivera plus jamais dans la vraie vie.

Après avoir elle-même ressenti cette douleur plus d'une fois, Raya ne pouvait pas s'empêcher de se sentir coupable du faux espoir qu'elle venait de faire à l'inconnue qui se tenait en face d'elle. Bien évidement, elle savait que ce n'était en rien sa faute, si elle partageait des traits similaires avec cette Faustine, il n'empêchait que la douleur de la perte devait être la même pour tout le monde, quoi que l'on en dise. Le deuil prenait plus ou moins de temps selon les personnes, et les conditions, mais le sentiment d'être incomplet sans l'être perdu, lui, restait à jamais, la blonde en était certaine. Comme l'espoir, dans certains cas. L'espoir que, elle s'en doutait bien, venait de réduire à néant chez une femme dont elle ne savait pourtant rien. Je ne suis pas comme ça d'habitude... se justifia la brune pour expliquer ce si soudain moment de tendresse. En réalité, elle n'avait pas besoin de s'expliquer. Raya se doutait tout naturellement que la jeune femme ne devait pas sauter sur tous les inconnus qu'elle croisait en forêt pour les prendre dans ses bras. Sur Terre, personne n'agissait comme ça. Le maître mot en ce qui concernait les inconnus, était en général méfiance. Elle-même faisait partie des gens qui n'avaient plus confiance en grand monde ces jours-ci, et pourtant, si elle avait été à la place de la brune, elle savait parfaitement qu'elle aurait réagit, exactement de la même manière. Elle s'apprêtait à lui répondre d'oublier cette histoire, quand le jappement de l'animal qui se tenait entre les deux jeunes femmes la coupa dans son élan, la faisant même sursauter. Il fallait bien admettre, qu'elle ne s'était pas vraiment approché d'une aussi grosse bête depuis son arrivée sur Terre, et que, même s'il ne l'avait toujours pas mangé jusque là, l'animal restait très impressionnant. C'est mieux que certains d'entre nous, comme compagnon de voyage expliqua la brune en s'agenouillant auprès de son chien, qui s'était rapproché d'elle, alors qu'elle lui avait fait signe de venir. Ça, je n'en doute pas, fit la blonde avec un petit sourire. Depuis la mort de son père, elle n'avait pas eût un comportement modèle en société, elle devait bien l'avouer. En général, la présence de trop de gens l'agaçait plus qu'autre chose, si bien qu'elle préférait rester dans son coin. Au moins, lui, il ne passe pas son temps à râler, ou à parler pour ne rien dire, avait marmonné Raya, plus pour elle qu'autre chose. Aucun doute, la jeune femme était en confiance avec son animal, qui secouait gaiement la queue, heureux d'être ainsi le centre de toutes les attentions. Quand elle refusa poliment l'offrande que l'inconnue et son chien lui faisait, la blonde se sentit dans l'obligation qu'elle n'était pas chasseuse, et qu'elle ne se trouvait pas en pleine forêt pour ramener de la viande. En effet, elle savait à peine se servir de son couteau, et elle le devait à Charlie, qui, elle, maniait sa parfaitement sa lame. Moi non plus, je suis pas chasseuse. Mais y'en a qui le croient, depuis qu'Antarès m'accompagne. Ce n'était pas étonnant. Il suffisait d'observer la bête pour voir que sa mâchoire, qui, une fois qu'elle se refermait autour de sa proie, devenait un véritable étau, pouvait venir à bout d'animaux bien plus impressionnant qu'elle. Avec lui, tu es sûre de ne jamais mourir de faim, c'est déjà ça, fit la blonde en accordant un regard à la bestiole morte qui gisait encore à ses pieds, là où le fameux Antarès l'avait laissé. Pourquoi Antarès ?, demanda-t-elle curieuse, puisque ce prénom lui rappelait vaguement quelque chose.

Si je t'avais vu au village... avait commencé la brune sans finir sa phrase. Mais même si elle l'avait voulu, elle n'aurait pas pu la croiser chez les Odysséens, puisque Raya ne s'y était jamais rendue. Par manque de temps, disait-elle en général, mais en réalité, elle avait surtout la trouille de voir la réalité en face. Au fond d'elle, elle espérait encore que Kayden n'avait jamais mit les pieds sur Terre, et qu'il faisait partie de la grande majorité de personnes, restées sur l'Odyssée, à ne pas survivre à l'atterrissage. Je n'ai jamais mis les pieds là-bas, expliqua-t-elle en haussant les épaules.Chez vous. Elle ne prit pas la peine de s'étaler sur les raisons du pourquoi, ou du comment. Quand elle avait demandé si elle était sûre que la brune se sentait bien, celle-ci s'était de nouveau platement excusé quand à son arrivée tonitruante. Laisse tomber, fit Raya, pleine consciente que cette situation les rendaient mal à l'aise à toutes les deux. On a qu'à faire comme si ce n'était jamais arrivé, d'accord ? Cela leur éviterait beaucoup de gêne. Elles se présentèrent alors, et Murphy lui confirma qu'elle venait bien de l'autre village, même si elle n'avait pas eu de doute là-dessus. Très peu de personne ayant réellement grandit sur Terre, maniaient aussi bien l'anglais, peu importe leur tribu. En voyant que la brune s'était assise par terre, la blonde s'appuya contre l'arbre le plus proche, pour en faire de même, en tenant précieusement son sac pour éviter que son contenu ne se renverse au sol. Jte jure, si tu prends pas la viande, tu vas nous le vexer. Jpeux m'en occuper, si tu veux. Pendant un moment, elle hésita, en faisant une petite grimace.  Je t'avoue que je ne sais pas vraiment... comment m'en occuper expliqua-t-elle en reprenant ses mots.  Peut-être qu'on pourrait ... le partager ? proposa-t-elle, hésitante. Après tout, le dernier repas de Raya remontait à la vieille au soir, n'ayant presque rien avalé avant de partir à la chasse aux orties à l'aube, et le soleil, qui semblait presque à son zénith, semblait déjà indiquer le milieu de la journée. Quand Murphy lui demanda ce que contenait son sac, ou du moins, ce qu'elle était venue faire dans le coin, la blonde se contenta de lui montrer le tas d'orties qu'il contenait. Une amie du camp s'en sert pour faire des mixtures étranges. Apparemment, ça a de bons effets sur la santé, et vu que je n'avais rien à faire... Elle ne prit pas la peine de préciser qu'elle en avait besoin. Ce n'était, après tout, qu'un demi mensonge.

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le Dim 18 Nov - 19:40


❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


Même si elle ne comprenait pas tellement cette expression, Murphy pouvait clairement dire que son cœur venait de vivre des montagnes russes. L'espoir mort avait ressuscité en une seconde, s'était métamorphosé en bonheur et en soulagement en à peine une seconde supplémentaire. C'était peut-être à cause d'eux, bonheur et soulagement, qu'il lui avait fallu tant de temps avant de comprendre la supercherie. Elle aurait dû s'en rendre compte avant de la prendre dans ses bras, que ce n'était pas Faust. Les indices lui sautaient aux yeux, maintenant. Elle avait tellement voulu y croire qu'elle avait laissé derrière elle la raison qui lui hurlait de prendre un peu plus de temps pour évaluer la situation. C'était étrange, comme réflexe, pour quelqu'un qui n'avait plus osé espérer retrouver sa meilleure amie depuis bien longtemps. Tomber sur elle au détour de quelques arbres, au cœur de la forêt, ça avait été une attente les premiers jours, un espoir les premières semaines, un fantasme tous les mois qui avaient suivi. Elle n'aurait pas dû y croire; elle était assez raisonnée et raisonnable pour ne pas plonger à corps perdu dans une illusion pareille, aussi réconfortante et séductrice soit-elle. Mais quand ça concernait Faust, la raison n'avait plus réellement de poids. Il suffisait de voir le temps qu'elle avait mis à accepter sa mort comme une réalité pour comprendre à quel point le sujet était particulier, sensible et compliqué à appréhender. Pour Faust, elle voulait toujours voir le plus optimiste, tout ce qui lui rendra son amie, quitte à se mettre des œillères. Elle s'était offert de longs mois de répit comme ça, partagée entre l'angoisse de la perspective de la mort de son amie et l'espoir encore vivant qu'elle puisse réapparaître. Rester coincée dans l'incertitude n'était pas confortable, mais accepter la réalité étai apparu beaucoup trop douloureux pendant si longtemps... En acceptant que Faust était probablement morte, elle s'était effondrée. Mais peut-être qu'elle avait dû passer par là. Peut-être que c'était ce dont elle avait eu besoin tout ce temps pour s'autoriser à revivre sans rester en suspend, à l'affût du moindre indice, jusqu'à ceux qu'elle inventait.

Mais en voyant la silhouette entre les arbres, Murphy avait laissé tomber tout ça, tout le travail qu'elle avait fait, l'acceptation qu'elle avait fini par forcer, les pleurs et les cris qu'elle avait cachés, les longues nuits sans sommeil, l'appétit perdu. Peut-être qu'elle l'avait su dès le début, qu'elle se mentait; l'inconscient était capable des jeux les plus vicieux. Parfois, lorsque la réalité le rattrapait, il ne faisait plus le poids, et Murphy avait fini par se rendre accessible à la vérité. Elle s'était éloignée de l'inconnue, confuse, déçue, brisée, gênée. Et elle n'avait de cesse de s'excuser, maintenant, de tenter de s'expliquer. Mais elle n'était pas douée pour expliquer ce qui crevait son cœur, encore moi face à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Quand on rencontrait un inconnu, ici, on tendait les armes avant les bras. C'était la première fois que Murphy avait fait les choses à l'envers, et si vite. Maintenant, poussée dans ses retranchements, coincée face à son erreur, elle ne savait plus ce qu'il était raisonnable de faire. S'excuser, sans aucun doute; c'était pour ça qu'elle le faisait encore et encore. Mais tendre un couteau ou bander son arc devant l'inconnue, ce n'était plus une option, parce que c'était dépassé et que ce serait déplacé. Que faisait-on, dans ces cas-là ? Quelles étaient les politesses quand on s'était jeté dans les bras d'une inconnue sur cette planète, au milieu de la forêt ? On s'excusait, une fois, deux fois, on reprenait le contrôle de ses propres émotions et on essayait de prétendre qu'on maîtrisait la situation.

Affalée au sol, Murphy reprenait peu à peu possession de ses moyens. Comment avait-elle pu croire que Faust était encore de ce monde, qu'elle pouvait croiser son chemin aussi facilement ? Elle se lapidait intérieurement, insultait la naïve qui demeurait en elle malgré tout le temps qui s'était écoulé depuis la disparition de son amie. Tant qu'il n'y aurait pas de corps, tant qu'il n'y aurait pas de tombe, tant qu'il n'y aurait pas d'adieux, et peu importe toute la conviction qu'elle tentait de s'insuffler tous les jours, Murphy continuerait à croire, même de façon infinitésimale, que Faust foulait encore le sol de cette planète. C'était bête, ce n'était pas sensé, mais il demeurait cette part d'elle qui s'affranchissait des règles probabilistes et statistiques.

Alors parler de son chien, c'était peut-être encore la chose la plus simple, la plus accessible et la plus maline à faire. Antarès était décidément multi-usage : il chassait, protégeait, réconfortait, et il était aussi capable d'aider à sortir de situations sociales un peu embarrassantes. La dénommée Raya -définitivement pas Faust- ne semblait pas très à l'aise aux côtés de la bête, et c'est peut-être ce qui mena Murphy à l'inviter du regarder à lui accorder une petite caresse, lui aussi. Si le labrador avait une dent contre la femme, nul doute que l'une des siennes serait déjà planté dans sa chair. Murphy ne comprenait toujours pas quel radar il pouvait utiliser pour voir si justement les gens, là où il lui arrivait elle-même d'échouer. C'était peut-être aussi parce qu'il n'avait pas sauté sauvagement sur la blonde qu'elle avait si vite abandonné l'idée des armes. Elle se demandait s'il réagirait pareil, face à Faust. Comprendrait-il de qui il s'agirait ? Comprendrait-il que c'était de son absence qu'il avait si souvent réconforté sa maîtresse ? Grattant derrière l'oreille du chien, elle leva le regard vers la blonde, qui lui répondait. Malgré elle, Murphy se sentit concernée par les frustrations que Raya exprimait à l'encontre des autres humains, ceux qui bavassaient pour ne rien dire. Elle en était, Murphy. Elle parlait beaucoup trop pour certains, râlait un peu trop pour d'autres. « Il paraît que râler, c'est bon pour la santé. Je suis en bonne santé, moi ! » Elle ne s'offusquait pas de la remarque de la blonde, pourtant, mais réalisait que le courant ne passerait probablement jamais aussi bien que pendant les premières secondes de leur rencontre, pendant lesquelles elles avaient été meilleures amies de toujours, sœurs de cœur, famille et confidentes.

Mais pour autant, elle avait des excuses à faire accepter, une gêne à faire passer. Elle demeurait dans l'atmosphère, la gêne. Aucune des deux n'oubliait l'étreinte forcée et passée et plutôt que de les laisser dans les non-dits, Murphy préférait percer l'abcès, et c'était pour ça qu'elle s'excusait encore et encore, dès que le silence prenait à nouveau possession des lieux ou que les images de l'étreinte lui revenaient. « Oui, merci ! » lâcha-t-elle en levant les bras au ciel avec un sourire radieux et le regard brillant, comme si la blonde venait de révéler l'évidence. Certains ne comprenaient toujours pas son attachement à l'animal. Les plus ignorants arguaient qu'il volait des ressources aux leurs et à leur village, alors qu'ils en manquaient encore -sans savoir qu'en plus de ne pas puiser dans leurs réserves, il les faisait gonfler régulièrement. D'autres se contentaient de ne pas -vouloir- comprendre qu'on puisse s'attacher à d'autres êtres que les humains auxquels ils s'étaient cantonnés là-haut. Pour les moins sensibles d'entre eux, il restait pourtant tous les services qu'un chien pouvait rendre à son compagnon humain : Antarès chassait, Antarès défendait, Antarès attaquait, Antarès anticipait, Antarès pistait. « Pour l'étoile, dans la constellation du Scorpion... » Elle eut un petit sourire. Les étoiles, c'était peut-être un des trucs qui unissait ceux qui venaient de là-haut. Ils les avaient tous vues d'un peu plus près, perchés en orbite au-dessus de la planète dont ils foulaient aujourd'hui le sol. Il y avait bien une chose sur laquelle elles n'avaient pas besoin de s'expliquer : elles savaient l'une et l'autre d'où elles venaient. Même si elles ne s'étaient jamais vues avant cette première étreinte forcée...

Et voilà Raya qui expliquait qu'effectivement, elle n'avait jamais mis les pieds au village de Murphy. Et puisqu'on ne pouvait pas dire que cette dernière visitait celui des jeunes tous les quatre matins, on pouvait facilement expliquer que cette rencontre était une première rencontre. « Je comprends... » Son regard fatigué et encore rempli de toutes les émotions qu'elle venait de vivre se perdait sur le chien qui appréciait les papouilles de sa maîtresse. Si elle disait qu'elle comprenait, c'est parce qu'elle comprenait vraiment les réserves qui pouvaient subsister entre les deux groupes. Les relations n'étaient pas toutes noires -heureusement- ou toutes blanches -dommage. Elles étaient grises et dépendaient du regard avec lequel on décidait de les voir. Si Murphy était persuadée que l'idéal viendrait avec une réunion des deux groupes, elle savait aussi que ce n'était pas ce que tous concevaient. Il faudrait du temps aux dubitatifs, et même le temps ne suffirait pas aux plus fermés. Entre l'animosité et l'acceptation la plus totale, il y avait une infinité de marches à gravir, d'étapes à passer. Et pour ça, le temps était le meilleur allié. Peu importaient les raisons exactes qui retenaient Raya si longtemps loin du village odysséen; un jour, peut-être, serait-elle prête à leur rendre visite. « Si un jour tu passes... » commença-t-elle sans savoir où sa phrase la menait. Elle haussa les épaules sans l'achever, consciente que ses pensées étaient bien plus claires que n'importe quel mot qu'elle pourrait trouver, mais que ça ne servait pas à grand chose. Si un jour elle passait, elle serait ravie de lui faire visiter. Si un jour elle passait, Antarès lui ferait probablement sa fête. Si un jour elle passait... et bien, elle serait la bienvenue. Mais les rapports entre les groupes étaient encore trop complexes, et les raisons qui avaient empêché la blonde de les visiter ne la regardaient pas. Alors, puisque le silence s'installait à nouveau, Murphy s'excusa une nouvelle fois. Elle regarda la blonde s'asseoir à un mètre d'elle, contre un arbre, et sourit faiblement, heureuse de la tournure que prenaient les choses. Un peu de temps en tête à tête avec une inconnue, c'était doux, surtout après de telles montagnes russes émotionnelles. Raya lui accordait un peu de son temps, un peu de son calme, un peu de son écoute. C'était agréable -et c'était une preuve qu'entre les deux groupes, rien n'était vraiment brisé. Il suffisait de trouver les bonnes personnes et entre quatre yeux, les choses étaient aussi plus faciles. On rencontrait une personne avant son groupe. « Ca me va... » accepta-t-elle, se promettant de ne plus répéter ses excuses.

En attendant, Murphy refusait le refus poli de la blonde. Elle lui devait bien la viande et la fourrure de ce pauvre lapin qui les avait réunies. Mais elle gagnait du terrain, et le sourire et le regard brillant qui habillaient son visage en étaient témoins. « Je suis dure en affaire. » Antarès, sans doute lassé, fit volte face pour trotter dans le coin, entre les arbres, sans doute à la recherche d'une nouvelle victime. Il la laissa là, les jambes écartées au-dessus du sol mousseux, le regard posé sur la blonde un peu plus loin. « Je m'en occupe et tu le ramènes chez toi. Faudra pas trop tarder, c'est tout. Et puis t'auras une jolie fourrure pour l'hiver prochain. » Elle se redressa vaguement pour se mettre à quatre pattes et s'approcher du cadavre du lapin, avant de dégainer son couteau préféré. « Antarès va sûrement me retrouver un truc en rentrant en plus. » Argument ultime pour forcer la Cent à accepter sa proposition. Elle ne tolérerait aucun refus. Sur le sol, face à elle, elle installait la bête, prête à l'éventrer. « Oh, c'est... c'est quoi ? Des orties ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés et le regard fendu, faisant appel à ses quelques bases de botanique pour ne pas se ridiculiser. « T'aimes bien être seule, si je comprends bien ? » Et deux femmes qui aimaient être seules se retrouvaient à l'être ensemble. Ce n'était pas Faust qu'elle avait face à elle, mais elle trouvait à la femme quelque chose de bienveillant et de réconfortant. Peut-être que si elle ne s'était pas jetée dans ses bras dès qu'elle l'avait vue, elles en seraient encore à se regarder en chiens de faïence. « Tu fais quoi, chez toi ? Quand tu chasses pas les orties ? » Le couteau se planta dans les poils de la bête. Commençons donc par dépecer.
Raya Gabrilhov
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le Sam 5 Jan - 22:35







stranger from the past




A son arrivée sur Terre, la vision qu'avait Raya, de la vie et de la mort, avait été complètement bouleversée. Sa vision générale de voir les choses avait changé. Peut-être parce qu'elle avait été élevée sur l'Odyssée, en pensant qu'elle ne la quitterait jamais. Peut-être parce qu'elle avait grandit avec l'idée que jamais ses pieds ne fouleraient le sol d'une planète, que jamais elle ne respirerait de l'air pur, que jamais elle n'aurait la chance de voir de ses propres yeux un animal, un vrai de vrai, et pas seulement un croquis dessiné dans un vieux carnet, que l'on se refilait là-haut, de génération en génération. Alors qu'elle pensait déjà avoir passé le début sa vie dans une cage d'acier dans l'espace, il lui avait fallut commettre l'irréparable pour comprendre que l'Odyssée, même si elle était une boîte métallique, était une prison bien plus luxueuse que celle où elle avait passé ses derniers mois avant d'être envoyée sur Terre. Elle aurait pu se justifier, en disant que c'était l'emprisonnement qui l'avait changé, mais la vérité, c'est qu'elle n'était plus la même bien avant d'être arrêtée. Les quelques mois qu'elle avait passé entre quatre murs n'avaient, certes pas aidé, mais cela aurait été hypocrite de dire qu'ils étaient la raison pour laquelle elle était devenue si effacée. Son arrivée sur la planète qu'ils pensaient inhabitables pour encore un bon moment avait, en revanche, été le déclencheur de beaucoup de chose. Ce que les Cents, avaient cru être une punition pour leurs actes, tous autant qu'ils soient, s'était avérée être un cadeau, une libération. Là, alors qu'ils avaient pu découvrir peu à peu un tout nouveau monde, bien loin de ce que l'Humanité avait laissé derrière elle des décennies auparavant, la vie dans l'espace avait commencé à s'effacer. Pas entièrement bien-sûr, mais pour ceux sans attache comme Raya, à qui il ne restait personne là haut, les choses avaient été plus faciles. Les cicatrices et la douleur étaient restées, mais les souvenirs s'étaient dispersés. Ils avaient été tellement occupés dans les premiers temps, qu'ils n'avaient pas remarqués de suite que, pour certains d'entre eux, la vie sur Terre était devenue bien plus naturelle qu'aucun geste quotidien sur l'Odyssée ne l'avait jamais été. De plus, leurs années passées sur cette planète, aussi incroyable que dangereuse avait bouleversé leur vision de la vie, si fragile, qui pouvait s'en aller en un coup de vent, mais aussi de la mort, qui pouvait frapper à n'importe quel moment, et d'une manière bien plus sauvage et sanglante que dans l'espace. Comme quoi, la vie ne cessait jamais d'étonner, parfois même d'impressionner, ou de marquer à jamais un esprit. Les moments que Raya avait vécut sur cette planète, des plus terribles aux plus merveilleux serait gravés dans sa tête jusqu'à son dernier souffle, c'était certain. Les pertes avaient été nombreuses, les moments d'horreur, de deuil, de confusion aussi, mais elle avait à présent conscience de la chance qu'elle avait, et que nombre d'Odysséens n'avaient pas eût. Que son père n'aurait jamais.

Les animaux avaient toujours rendu Raya curieuse à en crever. Elle s'était souvent posé des tonnes de questions, enfant, sur les gribouillis qu'elle avait aperçus dans des livres, dans des carnets, ou sur les histoires que son père lui avait raconté, sans jamais avoir de vraies réponses. La petite fille blonde et indiscrète qu'elle avait été il fût un temps, aurait été émerveillée devant l'animal qui restait sagement aux pieds de Murphy. Créer un lien aussi fort - parce qu'il était impossible de douter de la façon dont la jeune femme regardait son chien, et de la manière dont la bête semblait bien le lui rendre, avec un animal, cela semblait inimaginable dans la tête de quelqu'un ayant grandit dans l'espace, isolé de ce privilège. Même en en ayant un exemple juste en face d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce que cela pouvait bien faire, d'avoir un tel lien. Surtout qu'avec un animal, pas de risque de dispute ou de trahison. Encore mieux. Cela rendait cette relation encore plus enviable. Quand la brune expliqua que râler était bon pour la santé, en rajoutant qu'elle, par exemple, était en bonne santé, Raya ne pût s'empêcher de sourire.Je ne m'inquiète plus pour l'humanité dans ce cas là, expliqua-t-elle en haussant les épaules, sans se défaire de son sourire.On va devenir immortel. Ses paroles étaient plutôt ironiques. En réalité, la jolie blonde était la première à râler sur tout, absolument tout le temps. A croire qu'elle ne supportait juste pas que les autres le fasse près d'elle. La conversation repartit sur l'animal qui se tenait entre les deux jeunes femmes. Il fallait dire qu'en plus d'être un bon compagnon, il servait bel et bien de moyen pour briser la glace entre les deux inconnues qu'elle et Murphy étaient. Deux inconnues, qui semblaient tout de même partager une même vision sur plusieurs sujets, notamment sur les points positifs à avoir un chien comme compagnon. Pour l'étoile, dans la constellation du Scorpion... dit-elle pour expliquer le nom qu'elle avait attribué à l'animal. Pendant un instant, la blonde réfléchi, se demandant pourquoi cela ne lui disait rien, avant de se rappeler que, quand elle était dans l'espace, ce qui l'entourait ne l'avait jamais intéressé. Son père et ses professeurs avaient bien essayer d'attirer son attention, sur autre chose que sur la mécanique, mais c'était trop tard ; elle était déjà en plein dedans jusqu'au cou. Les étoiles te manquent ? Elle regretta cette question, au moment où elle sortit de sa bouche. D'ici aussi, il était aisé de voir les étoiles, mais être sur l'Odyssée signifiait être au milieu de celles-ci. Moi je crois bien que je préfère les regarder d'ici, ajouta-t-elle en haussant les épaules. Par réflexe, elle avait jeté un coup d’œil au ciel, encore bien clair grâce au soleil. L'espace avait toujours été quelque chose d'incroyablement impressionnant, parfois même effrayant pour Raya. Parce qu'il était infini. Parce qu'il était froid. Parce qu'il était vide. Ou peut-être simplement parce que c'était là que chaque exécutés, chaque corps humains étaient envoyés en fin de vie. Allez savoir.

Murphy ne parût pas très surprise, de savoir que jusque là, la blonde ne s'était jamais aventurée dans leur camp. Il fallait dire que les tensions restaient nuancées, et pas toujours des plus faciles à désamorcer. Elle était bien placée pour le savoir, elle qui fuyait l'un des leurs comme la peste. De plus, la brune n'avait pas dû venir souvent chez les Cents, elle non plus. Certes, Raya n'était pas des plus attentives dans le camp, il n'empêchait qu'elle aurait sûrement remarqué Antarès, qui semblait accompagner sa maîtresse partout où elle allait. Si un jour tu passes... avait commencé la brune sans être capable de finir sa phrase, probablement parce qu'elle ne savait pas vraiment quoi dire. Si un jour je passe, compléta la blonde, j'attendrais qu'Antarès me trouve, m'offre une carcasse, et tu me feras faire le tour du propriétaire. Ça te va ? Juste une proposition, une supposition. A vrai dire, elle n'était pas sûre d'être un jour capable de mettre les pieds là-bas, et de découvrir une vérité qu'elle aurait préféré ne jamais connaître. Etait-il vivant ? Tant pis, elle préférait encore rester dans l'ignorance. Quand Murphy expliqua qu'elle était dure en affaire, tout en dégainant son couteau pour s'occuper du lapin chassé par son chien, Raya ne pût la contredire.  J'espère bien, fit-elle avec un petit sourire en observant l'animal qui était reparti à la recherche d'une proie. Je me sentirais coupable de partir avec un repas et une fourrure s'il ne trouve rien. Quoi qu'elle ne doutait pas des capacités de chasse de la bête, qui reviendrait probablement dans quelques minutes avec une nouvelle proie, tout fier de sa trouvaille. Quand la conversation dériva sur le contenu de son sac, elle ne pût s'empêcher de se gratter les mains, comme si en parler avait réveillé les piqûres d'orties, qui lui étaient, jusque là, sorties de l'esprit.  C'est ça, expliqua-t-elle en hochant la tête.  Ça paye pas de mine comme ça, et c'est pas très ragoutant quand c'est cuisiné, mais de ce que j'ai entendue, ça marche bien. Pas besoin d'expliquer consciencieusement que le remède en question était pour elle. Avec un peu de chance, Murphy ne poserait pas trop de question à ce sujet, et la conversation passerait vite sur autre chose. T'aimes bien être seule, si je comprends bien ? Cette question lui arracha un petit sourire nostalgique. A une époque, la réponse à cette question aurait été non, ô grand Dieu, non. Pas qu'elle détestait se sentir seule, mais être entourée était tellement naturel il fût un temps, qu'elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse en être autrement. Elle était joviale, souriante, extrêmement sociable, mais tout cela avait changé. Je suppose que oui, fit-elle en haussant les épaules. Je sais pas, je crois que je suis juste plus à l'aise comme ça ... Tu vois ce que je veux dire ? Aujourd'hui, elle se sentait bien plus à l'aise dans son coin qu'au milieu d'une foule. Elle n'aurait pas cru cela possible un jour. Quoique, si tu me prêtes Antarès, je devrais pouvoir supporter sa compagnie, dit-elle pour rire, en guettant le retour de l'animal. En réalité, malgré son admiration, la complexité que comprenait le lien de la jeune femme avec son chien était totalement étrangère à Raya. Tu fais quoi, chez toi ? Quand tu chasses pas les orties ? Il était vrai que les plantes et la cartographie, c'était loin d'être son domaine. La  blonde se considérait déjà chanceuse d'avoir un sens de l'orientation assez développé pour savoir se repérer dans les bois, tant qu'elle ne s'enfonçait pas trop profondément dans la forêt. Je suis mécanicienne. Enfin, je l'étais là-haut, expliqua-t-elle en montrant le ciel du bout du doigt.Ici il n'y a pas de vaisseau, ni d'ordinateur de bord à réparer, alors je bricole ici et là. Et toi ? A vrai dire, elle n'avait absolument aucune idée de ce que Murphy pouvait faire dans la vie. Il fallait dire que les métiers et aspirations avaient pas mal évolués depuis leur débarquement sur Terre.

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Murphy Cavendish
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le Ven 11 Jan - 23:16


❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


Quand elle plaisantait sur sa capacité à râler, Murphy ne plaisantait pas vraiment. Dans un vieux réflexe chopé autrefois, elle se défendait des attaques et des reproches, des non-dits et de ceux qu'on lui gueulait à la figure. On l'avait discréditée pour ce qu'elle était et surtout ce qu'elle n'était pas -un homme. On avait pointé du doigt ce qui ne l'était jamais chez ses homologues masculins. Râler faisait partie d'elle. Privilégier la discussion et l'écoute à la violence faisait partie d'elle. C'était comme ça qu'elle voyait son métier et qu'elle concevait le rôle qu'on lui avait donné là-haut, qu'elle avait choisi par passion. Sa passion, ça n'avait jamais été la concurrence des collègues ou l'opposition à ceux qui n'appartenaient pas à la garde. Cette voie, c'était pour ce qu'elle considérait être les bonnes raisons, qu'elle l'avait choisie. Elle avait pesté, désespéré longtemps. Ca aurait été mentir de prétendre qu'elle n'avait jamais pensé à jeter l'éponge. C'était trop pour une gamine, de subir les mecs bourrés de testostérone en même temps que les entraînements qui poussaient les jeunes dans leurs retranchements, comme un ultime test avant d'intégrer la garde pour de vrai. Mais elle avait trouvé Richard dans le pire des moments, et sans le savoir, il était devenu son coach personnel, celui qui la supportait autant qu'il ravivait l'envie et l'espoir de grandes choses. Les premières années de la militaire étaient passées comme ça, sans qu'elle ne parvienne à se défaire de ce qui faisait d'elle ce qu'on lui reprochait tant. Et c'était peut-être parce qu'elle râlait, parce qu'elle n'était pas tout à fait comme les autres à foncer dans le tas, parce qu'elle préférait l'humain à l'inhumain, parce qu'elle usait de stratégie plutôt que de poings, qu'elle avait été propulsée jusqu'à son rang de lieutenant. Alors râler, ça faisait partie d'elle. Elle le brandissait comme un étendard, comme une fierté, comme une des raisons qui l'avaient menée si loin dans ses rêves de carrière. « Tu serais pas en train de râler ? » Elle pencha la tête sur le côté, taquine. « T'as raison, on s'y prend jamais assez tôt pour construire son immortalité... » Murphy souriait, se reconnectant progressivement à la réalité, mais il demeurait encore ces impressions persistantes nées quelques minutes plus tôt. Le millier de décharges électriques qui avait explosé dans sa tête et dans son cœur quand elle avait cru reconnaître sa Faustine n'avait pas tout à fait disparu. Elle tremblait encore un peu, et elle pouvait sentir que son visage portait encore de drôles de couleurs, soit beaucoup trop rouges, soit beaucoup trop pâles. Peut-être était-elle soulagé de ne pas avoir retrouvé son amie, en fait. Peut-être que ça laissait toujours planer ce doute suprême auquel elle s'accrochait depuis trop longtemps. Peut-être que si elle l'avait retrouvée, elle se serait rendu compte en quelques secondes que celle qu'elle avait connue n'existait plus réellement. Trop de temps avait passé. Elles n'auraient pas pu se contenter de reprendre les choses là où elles les avaient laissées. Murphy avait vécu, ces deux années. Oh oui, elle avait vécu. Deux ans, surtout dans ce monde et surtout pour ceux qui l'apprivoisaient encore, c'était énorme. Faust, si elle était encore vivante quelque part, avait vécu, elle aussi. Celle qu'elle avait laissée derrière elle n'aurait pas probablement pas été celle qu'elle aurait retrouvée, celle qu'elle avait cru serrer si fort dans ses bras. C'était peut-être un mal pour un bien, que ça ne soit pas elle. C'était peut-être un mal pour un bien parce qu'elle pouvait reprendre le cours de son existence, avec l'équilibre qu'elle lui avait trouvé. C'était à ça qu'elle s'accrochait en reprenant son calme, en laissant derrière elle cet espoir violemment avorté par la réalisation des choses.

Et si Faust était absente de cette réalité, Antarès y était confortablement installé. Murphy n'imaginait plus vraiment son quotidien sans lui et elle ne se voilait pas la face : son entrée dans sa vie l'avait aidée à encaisser la disparition de sa meilleure amie. Ils ne se connaîtraient jamais, tous les deux, mais dans ses moments les plus sombres, de ceux qu'elle trouvait au cœur des nuits, en l'absence de sommeil, Murphy se disait qu'ils s'étaient passé le rôle d'ange gardien. Elle n'y croyait pas, à ces conneries, pourtant. Personne n'avait de rôle précis dans cet univers. Personne n'était né avec une histoire toute tracée. Accepter l'inverse serait nier l'existence d'un libre arbitre. Mais c'était doux, presque poétique, de s'imaginait que ses deux amis puissent tenir ce rôle commun. Antarès était apparu à un des moments de sa vie les plus sensibles et délicats. C'était le hasard, mais parfois le hasard donnait envie de ne plus croire en lui. Le hasard pouvait rendre les choses douces, aussi. Il n'était pas toujours cruel. « D'ici, elles sont différentes. » Parce qu'elle ne les regardait plus avec sa mère, sans doute. Parce qu'elle ne les regardait plus avec Wyatt non plus et quand elle levait le nez, c'était aussi eux qu'elle voyait. Ici, les étoiles venaient avec une pointe de mélancolie, l'impression d'avoir été forcée à abandonner une période de sa vie qu'elle avait à peine pris le temps de savourer. Elle n'avait jamais pensé finir ici, Murphy. On en parlait, là-haut, mais comme on parlait de bien d'autres choses. Elle, elle était censée vivre comme sa mère, et comme ses grands-parents avant elle. Elle n'était pas censée découvrir ce monde, dire adieu au ciel d'encre sur lequel se détachaient points brillants, planètes et étoiles. Raya, elle n'aimait pas les étoiles comme elle. Ca se voyait. Peut-être que sa condition de Cent n'y était pas pour rien. Pour ceux qui avaient été les premiers à descendre ici, le choses étaient bien différentes. Personne n'avait choisi ce monde; tous avaient été forcés par les autorités à revenir ici. Et les autorités, elles, avaient été forcées par les circonstances. Mais pour les Cents, les choses étaient différentes : leur venue ici leur avait offert une liberté nouvelle. Ils avaient remplacé l'enfermement par la possibilité de tout recommencer. Alors les étoiles, Raya avait sans doute ses raisons de les préférer d'ici. A son tour, Murphy haussa les épaules. « Tu sais qu'Antarès, on pourra plus jamais la voir... » C'était peut-être une des raisons qui l'avaient conduite à choisir cette étoile pour nommer son chien. « On est du mauvais côté de la Terre. On a perdu la moitié du ciel pour toujours. » Elle regardait le canidé avec un petit sourire tendre. Peut-être qu'elle lui avait donné ce nom justement pour qu'il garde avec lui un peu de leur monde disparu. Lui, comme ça, il appartenait un peu aux deux.

Mais leurs différences et leurs différends, à elles deux, ne cessaient de resurgir. Il demeurait ce poids invisible des camps, celui qu'on s'était construit par habitude, parce que c'était plus facile de blâmer quelqu'un, n'importe qui, que de n'avoir personne pour prendre les coups. Murphy regrettait, tous les jours, que les non-dits persistent. Parce que s'ils s'installaient maintenant dans le secret, elle n'était pas dupe : ils n'étaient pas moins réels. Elle avait vu la haine des Cents, chez elle. Elle avait vu la haine des siens, chez eux. Peu importe ce dont elle rêvait, cette cission continuait d'exister. Il suffisait de constater le refus de Raya de mettre les pieds dans le village qu'ils installaient pour s'en rendre compte. Mais Murphy ne pouvait pas la blâmer. Elle avait vécu, elle, les violences. Des deux côtés. Ca ne voulait pas dire qu'elle ne croyait plus en une réunion : au contraire, c'était l'une des choses qu'elle souhaitait le plus pour leur avenir, proche ou non. Il faudrait y travailler, ça se ferait à force de petits pas, mais c'était un des plus beaux projets qu'elle avait pour eux, les Débarqués, les adoptés de cette Terre. Peu importe ce qu'ils pouvaient se reprocher dans un écho sans fin, ils venaient du même monde. Et s'ils avaient besoin de se réapprivoiser, alors ils se réapprivoiseraient. Ils étaient tous Odysséens. « Ca me va ! » Elle s'enthousiasmait un peu trop, peut-être, mais l'idée d'aider quelqu'un à faire un pas dans le sens de la cohabitation lui faisait du bien. Pas à pas.

Mais entre elles deux, Cents ou pas, peu importait. Elles étaient bel et bien deux Odysséennes. Elles s'étaient trouvées au milieu de la forêt, se sépareraient sans doute en un clin d'oeil, mais c'était un lien qui s'était formé. Et chaque lien entre les camps renforçait l'union naissante, Murphy en était persuadée. « Surtout pas ! » la gronda-t-elle, les sourcils froncés, en relevant la tête de la petite affaire sanguinolente sur laquelle elle avait commencé à s'afférer. « S'il trouve rien en rentrant, il trouvera demain. J'te jure, il est aussi bon chasseur que l'espèce humaine est râleuse. » Elle sourit en découpant la peau du lapin autour de l'une de ses pattes, avant de passer à la suivante. « Je sais que là la fourrure ça t'envoie pas du rêve, mais tu verras, tu seras contente de l'avoir l'hiver prochain. Tu penseras à l'étoile qu'on peut plus voir et à la folle qui se jette sur toi. » Avec un sourire en coin, elle acheva de déshabiller la bête et posa la peau à côté d'elle avant de reprendre. L'étape suivant, c'était d'éviscérer. Loin d'être la partie la plus ragoûtante, elle n'en était pas moins nécessaire et délicate. Attendre trop longtemps ou mal gérer son affaire, c'était prendre le risque de contaminer la viande. La pauvre bête n'avait pas donné sa vie pour être abandonnée aux bactéries. Son destin, c'était les estomacs d'une poignée d'humains affamés. « Ca marche pour quoi, alors ? Tu parlais de santé ? » Les intestins de la bête étaient sortis dans des gestes précis du bide de l'animal alors que Murphy était passée en apnée, sans penser à inviter son interlocutrice à en faire de même. « Oh, au fait ! ça va pas sentir très bon... » Elle leva rapidement le regard vers Raya en espérant la prévenir à temps, mais un haut-le-cœur lui rappela que même parler, quand on éviscérait une bête, pouvait titiller les estomacs fragiles. Elle tourna la tête de la viande pour ne pas risquer d'avoir un accident et toussa en espérant ne pas rendre son dernier repas. Il lui fallut se concentrer et respirer un bol d'air un peu plus frais fans la manche de son tee-shirt pour reprendre son travail là où elle l'avait laissé. « Oui, je vois... » Mais elle ne voyait sans doute pas vraiment. Pas autant que Raya, en tout cas. Elle, c'était avant tout auprès des autres qu'elle se ressourçait. Trop de solitude finissait par lui coûter. Elle l'aimait seulement quand elle la choisissait. Elle ne pouvait la savourer que quand elle savait qu'une fin y viendrait rapidement. « Oh bah c'est à lui qu'il faudrait demander ! » Les intestins jonchaient à présent de l'autre côté de la bête, loin de la fourrure. Elle non plus, il ne fallait pas la contaminer. Au loin, entre les arbres, on pouvait entre Antarès s'agiter. Peut-être avait-il déjà trouvé son bonheur.

Elle sourit quand Raya lui confia être mécanicienne; ou l'avoir été. Les mécaniciens l'étaient toujours un peu. Elle pensa à Tennessee, qui vaquait partout où on pouvait avoir besoin d'elle sur le camp. Mais elle demeurait mécanicienne avant tout. Peut-être se connaissaient-elles ? Peut-être Raya connaissait-elle Devos ? Les questions tentèrent Murphy, qui voulait une raison de plus de prouver au monde qu'il était bien petit, bien plus petit que certains semblaient vouloir leur faire croire. Elle n'eut pas vraiment le temps de mentionner le prénom de ses amis; la question lui fut rapidement retournée, et même si elle s'y attendait, la brune se pétrifia subitement, les deux plongées dans la viande étendue à ses genoux. Son métier était toujours délicat quand elle le présentait à un Cent. Et elle ne voulait pas s'en défendre : elle l'avait choisi et l'aimait, son métier. Mais certains ne comprenaient pas qu'on puisse servir ceux qui les avaient envoyés sur Terre contre leur gré. Certains ne comprenaient pas, ou ne voulaient pas comprendre, qu'on leur avait donné une nouvelle chance, pas seulement à eux seuls mais à eux tous. La deuxième vague d'arrivants n'avait pas choisi non plus d'être là. Elle serait bien restée là-haut, avec sa mère, Murphy. Mais elle non plus n'avait pas choisi. « Je suis de ceux que tu dois détester. » Son sourire avait disparu, s'attendant déjà à des remarques cinglantes, voire des coups si Raya était aussi excessive et irresponsable qu'Andromeda. « Jsuis lieutenant dans la garde. Mais le bon côté, c'est que si tu viens un jour chez nous et que tu sais pas à quoi t'attendre, tu pourras compter sur moi pour veiller sur toi. » Elle releva le nez avec un petit sourire avant de replonger dans sa viande, prête à en trancher les premiers morceaux pour le trajet de la blonde.
Raya Gabrilhov
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le Lun 25 Fév - 19:17







stranger from the past




Jamais les étoiles n'avaient paru à Raya, aussi étouffantes que lorsqu'elle avait été emprisonnée, quelques mois avant d'avoir été enoyée sur Terre. Ce n'était pas comme si elle avait toujours follement apprécié la vue que l'on avait depuis le reste de l'Odyssée, mais, malgré l'infini obscur qui s'étendait de l'autre côté des parois vitrées, l'impression de pouvoir respirer était bien plus réelle. Ce n'était pas non plus comme si elle avait eu la chance de grandir sur Terre, et de voir le soleil se lever tous les matins, comme c'était le cas à présent. A l'époque, elle ne connaissait rien d'autre que l'espace. La planète sur laquelle elle vivait depuis un bon moment maintenant, n'avait été pendant des années, des décennies qu'une légende, un compte de fée, un but inaccessible. Elle ne savait pas et ne pouvait pas savoir ce qu'elle manquait. Elle n'avait jamais rien vu d'autre que les étoiles, qu'il lui arrivait tout de même de regarder, et d'apprécier parfois, mais jamais comme la blonde aimait voir le jour se lever sur la forêt encore endormie, à l'aube. Mais ces étoiles, qu'elle avait observé avec une curiosité enfantine, puis royalement ignoré comme les adolescents le font si bien, avaient fini par se retourner contre Raya sans même qu'elle ne voit venir le coup.
Depuis la minuscule fenêtre de sa cellule, pas plus large qu'une vingtaine de centimètre, sa vision des étoiles avait changé. Alors que pour la plupart des gens, son père le premier, elles avaient toujours étaient une représentation du mystère et de la liberté, elles n'étaient à présent plus que synonyme de son enfermement. A vrai dire, elles rendaient même sa captivité encore pire. Jamais la blonde ne s'était sentie claustrophobe avant de commettre l'acte qui l'avait emmené à se faire arrêter. Mais là, dans la minuscule cellule dans laquelle, pendant quelques mois, elle avait passé le plus clair de son temps, elle avait vite comprit pourquoi l'emprisonnement était une punition. Pour elle, cela s'était avéré être une véritable torture, et l'obscurité à laquelle elle faisait face dès qu'elle jetait un regard à la vitre n'aidait pas. Elle s'était même découvert une légère claustrophobie, qu'elle avait vite oubliée une fois sur Terre, Dieu merci. D'ici, elles sont différentes, avait répondu Murphy. Sur cela, Raya ne pouvait pas la contre-dire. Plus lointaines, moins réelles, elle n'aurait probablement pas su expliquer en quoi les étoiles avaient changées, peut-être parce que cela ne provoquait pas en elle un quelconque regret ou manque. Il n'empêchait qu'elle écoutait attentivement ce que la brune lui racontait, à propos des étoiles qu'ils n'apercevraient plus jamais parce qu'ils se trouvaient du mauvais côté de la planète. QUI SAIT ? fit la blonde en haussant les épaules. Peut-être qu'un jour on arrivera à se déplacer à l'autre bout de la Terre, qui sait! Cette hypothèse relevait actuellement plus du rêve que de la possibilité en vue de leur adaptation déjà compliquée sur la planète, mais si leurs ancêtres avaient réussi à les envoyer dans l'espace, n'étaient-ils pas eux-même capables de projet de cette ampleur ? Il leur restait tellement de chose à faire et à découvrir, sur cette planète aux allures nouvelles bien qu'elle existait déjà depuis des milliards d'années, et qu'elle existerait bien longtemps encore après le passage des êtres humains. Ils avaient déjà accompli tant de miracles depuis qu'ils avaient débarqués, qu'aux yeux de Raya, il n'y avait pas de doute : les choses continueraient de changer. Après tout, en tant que mécanicienne, c'était son rôle de faire en sorte que cela soit possible.

Leur conversation sur la nature râleuse de l'être humain faisait sourire la blonde, à qui cela n'était pas arrivé depuis un bon moment. Il fallait dire qu'elle ne dérogeait pas à la règle, et qu'elle-même se plaignait très souvent, même si en général, elle restait la seule à l'entendre, puisqu'elle était rarement entourée. Au moins, personne ne pouvait se plaindre d'elle, c'était déjà ça. Quand Murphy lui dit qu'il n'était jamais trop tôt pour préparer son immortalité, elle s'autorisa même à pouffer. C'est peut-être parce qu'elle râlait trop, que l'espèce humaine a survécu, fit-elle en haussant les épaules. Peut-être pour ça aussi que la Terre a essayé de s'en débarrasser. J'aurais fais pareil. Après tout, si la planète avait traité si mal leurs ancêtres, c'était parce qu'ils l'avaient eux-même détruit. Un prêté pour un rendu. C'était de cette manière qu'elle avait eu l'habitude de penser, à une époque. C'était d'ailleurs cette mentalité qui l'avait aussi mené en prison, en y réfléchissant bien.  
Quand Murphy insista sur le fait qu'elle ne pouvait vraiment pas refuser son offre, Raya abandonna l'idée d'essayer. Après tout, c'était une proposition très généreuse que n'importe qui n'aurait pas fait. Peut-être faisait-elle cela pour s'excuser de leur première rencontre assez bourrue. Ou peut-être que c'est juste quelqu'un de gentil. Malgré tout, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être méfiante. C'était sa nature, à présent. J'te jure, il est aussi bon chasseur que l'espèce humaine est râleuse! promit même la brune pour alléger la conscience de Raya. Cette référence lui arracha un sourire. Alors il vivra bien plus longtemps que nous, pas de doute là-dessus ! Des crocs, quatre pattes pour courir plus vite, des muscles  habitués à courir des heures, un flair hors pair et, au-delà de tout ça, un instinct de survie des plus aiguisés ; voilà pourquoi ces animaux vivraient bien plus longtemps, malgré la cruauté sans fin des hommes. Quand la brune lui expliqua que la fourrure n'était pas très ragoutante pour l'instant mais qu'elle serait très utile une fois l'hiver terminé, la blonde hocha la tête, gênée par ce cadeau. Merci. Vraiment. Alors qu'elle avait entendu des dizaines d'histoires de Cent, qui se baladaient dans la forêt, et avaient fait de mauvaises rencontres, voilà qu'elle, allait repartir avec une fourrure, de la nourriture, et une toute nouvelle connaissance, qui, jusque là, avait su éveiller son intérêt. Habituellement méfiante, elle avait l'impression d'être sur la même longueur d'onde que Murphy, alors qu'elles ne se connaissaient même pas depuis une heure. Cependant, elle ne pût s'empêcher de se tendre en l'entendant lui poser des questions sur ses plantes, les orties qu'elle était venue ramasser. Elle n'était pourtant pas dans l'obligation de dire la vérité, et d'avouer qu'elles étaient pour elle. Je crois que c'est pour les problèmes de respirations. Les crises d'asthme, ou de panique, elle avait répondu en haussant les épaules, comme si elle n'était pas très sûre. En réalité, elle savait très bien les effets positifs que cela pouvait apporter. Elle se disait simplement que moins elle en dirait, mieux elle se porterait.

Quand les tripes jaillirent du corps du petit animal, Raya se contenta de détourner le regard, et d'arrêter de respirer par le nez. Elle n'était pas vraiment une petite nature. La vue du sang ne l'avait jamais horrifié au point qu'elle ne tourne de l’œil. Il n'empêchait qu'elle était loin d'être une chasseuse, ou une tueuse. De toute façon, elle savait à peine manier le couteau qu'elle ne quittait jamais vraiment. Je suis de ceux que tu dois détester, avait expliqué la brune quand elle lui avait retourné la question, à propos de ses occupations. Il ne fallut pas plus de quelques secondes à la blonde pour comprendre que Murphy était un soldat, avant qu'elle ne précise qu'elle était lieutenant. Pour être surprise, ça oui, Raya l'était. Vraiment ? fit-elle avant de reprendre. Oh, moi, je ne déteste pas les soldats. Quoi qu'elle comprenait très bien pour la brune y avait fait allusion. Bon, d'accord, certains sont des connards. J'irais pas jusqu'à dire que je porte les autorités de l'Odyssée dans mon coeur. Mais je n'ai rien contre les soldats. L'un de mes amis en est un d'ailleurs. Elle pensa à Chris, à qui elle n'avait pas parlé depuis une éternité, alors qu'elle l'avait pourtant aperçut plusieurs fois au campement. Elle s'imaginait mal vouer une haine à tous les soldats, quand elle savait qu'elle avait mérité de finir en prison. De plus, toute sa haine était déjà vouée à quelqu'un d'autre. Murphy lui expliqua que, si un jour elle s'aventurait dans son camp, elle serait sous sa protection. Cela arracha un petit sourire à la blonde. Dieu savait qu'elle en aurait probablement besoin. C'est réciproque, si un jour tu veux venir faire un tour, dit-elle en souriant. Quoi que je suis pas sûre de pouvoir te protéger de grand chose, je dois pas intimider grand monde. Pas faux.



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Murphy Cavendish
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le Lun 25 Mar - 0:56


❝ Stranger from the past ❞
Murphy Cavendish & Raya Gabrilhov
(9 mai 2118)


En quelques minutes seulement, Murphy était parvenue à reprendre ses esprits, à oublier le bonheur avorté, l'espoir annulé. Il fallait s'accrocher au réel, au tangible, à la personne qui lui faisait face et qui n'avait finalement pas grand chose de Faust, une fois l'allégresse évanouie. En retrouvant le contact de la terre, en s'accrochant au premier arbre qui s'était présenté à elle, c'était ce que Murphy avait cherché à faire : s'ancrer dans ce qui était présent plutôt que de se morfondre de la disparition de tout un avenir rempli de joies qui s'était dessiné pendant quelques secondes. Ici, il y avait le monde qu'elle fréquentait depuis qu'elle avait atterri en panique sur terre. Un monde dans lequel Faust n'évoluait plus depuis longtemps déjà, mais un monde qu'elle n'avait eu de cesse de découvrir et d'aimer même en l'absence de celle à qui elle aurait aimé tout raconter, avec qui elle aurait aimé tout partager. Il fallait qu'elle accepte que c'était son monde, maintenant, celui dans lequel Faust n'était plus. Il n'était pas si mal, ce monde, même s'il n'était plus aussi bien. Il regorgeait d'autres richesses et d'autres rencontres qui ne prétendraient jamais remplacer son amie disparue, mais qui lui avait offert une multitude d'autres perspectives à la fois inespérées et inavouées. Alors se forcer à s'ancrer à nouveau sur terre, forcer sa tête à quitter les nuages de ce qui aurait pu être et n'était pas et ne serait pas, c'était la seule façon de passer à autre chose. C'était la seule matière qu'elle pouvait donner à son corps pour lui faire oublier le traumatisme de l'espoir mort dans l’œuf. En quelques minutes et avec quelques mots échangés avec la victime de ces retrouvailles qui n'en étaient pas, Murphy avait repris quelques couleurs et un sens de l'humour qui laissait apparaître celle qu'elle était le reste du temps, quand elle ne pleurait pas ses morts et ne se ruait pas dans le bras d'inconnus.

La voilà même qui rêvait à ses étoiles d'autrefois et à celle qu'lele avait retrouvées ici-bas. C'était différent, ici. Leurs lueurs n'étaient plus tout à fait les mêmes ; les points brillants et nets sur tissu noir opaque avaient laissé place à des éclats plus diffus, fruits d'une atmosphère aux propriétés déformantes. D'ici, on pouvait presque oublier son appartenance à ce monde immense qui s'étendait par-delà les dernières limites d'air retenues par la planète bleue. On pouvait même presque comprendre comment, une centaine d'annés auparavant, les Hommes s'étaient intoxiqués eux-mêmes, obnubilés par eux-mêmes, persuadés d'être le centre d'un univers qui n'avait pourtant rien à faire de leur piètre existence. Ici, oubliée la grandeur infinie du noir obscur qui entourait cette planète et la petite capsule qui l'avait orbitée toutes ces année. Oubliée la petitesse de l'humanité, le pathétique de son égoïsme, le ridicule de ses guerres et de son apocalypse. Oubliées aussi la moitié des étoiles, à laquelle Murphy n'avait pas même eu le temps de faire ses adieux. Elles avaient été laissées à l'autre côté de l'horizon. En donnant à son chien le nom de l'une des étoiles qu'il ne pourrait jamais voir, elle lui avait apporté un peu du monde dans lequel elle avait grandi. Raya venait d'arracher un sourire doux à Murphy en lui glissant que rien n'était perdu; que peut-être un jour ils accéderaient à cette autre partie de la planète où les étoiles disparues réapparaîtraient à leurs yeux émerveillés par les retrouvailles. Un élan de tendresse pour la jeune femme la saisit et elle répondit simplement, avec un petit sourire. « J'espère que je serai là pour voir ça... et Antarès aussi. Même si je crois qu'il est un peu insensible aux étoiles. » Elle ne pouvait pas lui en vouloir. On ne pouvait sans doute pas apprendre à un chien à lever la truffe vers la voûte céleste. C'était une préoccupation de ceux qui rêvaient, les étoiles; de ceux qui ne trouvaient pas vraiment leur place ici-bas et qui aspiraient à l'évasion, aux grandes aventures, aux grandeurs vertigineuses que ce monde préférait modérer. Antarès, lui, fréquentait ce monde comme s'il le possédait entièrement ou comme s'il en était un enfant privilégié. C'était sans doute là la seule vraie façon de vivre une vie ici-bas, mais réussir à penser de cette façon semblait être un privilège réservé à ceux qui avaient toujours évolué dans ce monde, qui le connaissaient et qui en étaient connus au point de se demander où finissait le monde et où commençait l'individu. Etre mêlé au monde, c'était la meilleure façon de le vivre. Mais être mêlé au monde, c'était un idéal asymptotique que les célestes n'atteindraient sans doute jamais. Il aurait fallu faire ses premiers pas dans la terre, s'écorcher les genoux sur les rochers, grandir dans les rivières, apprendre à grimper dans les arbres, s'approprier son appartenance à ce monde avec tous ses habitants. Rien de tout ça n'était un exercice naturel pour les Débarqués. Rien de tout ça ne le serait probablement jamais. Ils avançaient doucement, progressaient, évoluaient à une vitesse faramineuse dans ce monde apprenaient à apprivoiser, mais jamais ils n'auraient l'aisance et l'expérience de ceux qui l'avaient toujours fréquenté. Leurs enfants, peut-être; et ce serait peut-être leurs enfants qui accéderaient à cet autre bout du monde duquel on pouvait voir l'Antarès qui brillait au milieu du Scorpion.

Mais il n'y avait pas les étoiles qui réunissait les Débarqués, tous autant qu'ils étaient ; il y avait cette capacité qu'ils avaient de râler, et peut-être même que cette qualité n'était pas à limiter à ceux qui étaient tombés du ciel. Il suffisait de voir les deux presque inconnues rire de ce point commun que les humains semblaient tous avoir. « Oui, c'est notre super-pouvoir, de râler. » Murphy n'était encore qu'aux premières bribes de son apprentissage des animaux et des plantes, mais elle était à peu près persuadée qu'un scarabée ou une fougère n'avait pas été doté de ce pouvoir. « La pauvre Terre. Elle a essayé d'évacuer les parasites comme si elle avait une bonne colique, et nous on est restés accrochés là. » Murphy leva le nez vers les environs pour savourer le fait de pouvoir à nouveau apprécier la douceur du vent printanier qui caressait sa peau encore chaude et sèche des larmes qui avaient coulé plus tôt. Elle était un peu peinée pour la Terre, mais elle appréciait trop sa vie et ce monde pour compatir pleinement à la peine de Dame Nature. Elle se remettait plutôt bien de la malveillance de l'Homme, et l'Homme d'aujourd'hui semblait avoir appris des erreurs de ses ancêtres. Homme et Terre semblaient avoir trouvé un équilibre qui convenait aux deux parties. L'Homme coupait des arbres pour se chauffer, tuait des animaux pour se nourrir, dégageait des terrains pour construire des refuges. La Nature envoyait de temps en temps des rappels de son existence et de son pouvoir indéniable à coups de cyclones, de tremblement de terre, de pluies torrentielles ou de températures à peine supportable. L'un et l'autre s'acceptaient comme ça. « Mais on est sage, nous. Je pense que même si notre espèce râle beaucoup, elle a l'avantage d'apprendre de ses erreurs », finit-elle sur une remarque plus positive et optimiste. Avec un peu de chances, l'humanité saurait faire en sorte de ne pas retomber dans un des cycles destructeurs qui avaient failli coûter lui coûter son existence.

Et elles parlaient d'étoiles, et elles parlaient d'humanité et de super-pouvoirs et de super-faiblesses, mais Murphy n'en oubliait pas toute la confusion qui était encore la sienne face à Raya. Malgré toute son envie que ça soit le cas, elle ne pouvait pas faire oublier à la blonde ce premier contact. Si elles se recroisaient ou se reparlaient un jour, ce serait sans doute la première chose qui reviendrait à Raya pour mettre un nom sur son visage. La tarée qui a pleuré dans mes bras, comment elle s'appelle ? Pour lui faire oublier cette mésaventure, ou au moins tenter de se faire pardonner ou de prouver qu'elle n'était pas cette personne bizarre le reste du temps, Murphy imposa à Raya de lui offrir la bête qu'Antarès avait fièrement ramenée. Il était bien meilleur chasseur qu'elle et sans doute que bon nombre de Débarqués, le canidé. « Oh oui, il paraît que la chasse c'est presque aussi efficace que le râlage en terme de survie », sourit-elle, un peu amusée.

Affairée sur la bête, Murphy baissa son regard sur son travail pour le reprendre. La peau était la première à y passer. Comme d'habitude, le premier ennemi de ce genre de manœuvre était la contamination de la viande -à la fois pour la fourrure et pour la viande. Avec l'expérience, Murphy parvenait à tenir une conversation pendant l'exercice, mais un air dégoûté demeurait dans ses traits. On ne se faisait que vaguement aux odeurs et à la vue des boyaux. Cassandre serait probablement fière de la voir gérer aussi bien les choses, d'ailleurs. Il n'y avait pas d'autre secret que l'expérience. Quand on n'avait pas le choix, qu'on était seul au milieu de la forêt avec une bête morte sur les bras, destinée à être consommée immédiatement ou ramenée sur le village, on ne pouvait compter que sur soi-même, ses connaissances et ses compétences. C'était comme ça qu'elles évoluaient, comme ça qu'on avançait : sous la contrainte. Mais il ne fallait pas s'y tromper pour autant : si elle pouvait éviter le dépeçage et l'éviscération, Murphy le faisait. Elle avait juste appris qu'elle ne pouvait pas toujours les éviter, et que son dégoût ne méritait pas de perdre autant de matière animale; surtout maintenant qu'elle avait Antarès à ses côtés. « De rien, vraiment » lança-t-elle avec un petit sourire en levant le nez du lapin une seconde pour croiser le regard de la blonde. En reprenant ses découpes dans la carcasse, elle ajouta, toujours souriante. « Ca te fera peut-être oublier ce qui s'est passé tout à l'heure... » Quelque chose lui disait que cette première rencontre ne la suivrait pas très longtemps. Raya semblait être quelqu'un de généreux et de bienveillant. Ca se lisait dans ses sourires, dans son regard et dans ce merci criant de sincérité et d'une reconnaissance que Murphy ne parvenait pas à comprendre. Entre elles, il y aurait peut-être d'autres choses à retenir qu'une tarée qui se ruait dans les bras d'une inconnue en espérant y trouver le réconfort d'une disparue. « Oh ! C'est vraiment bien foutu, les plantes... » On ne pouvait pas dire de Murphy qu'elle était experte en botanique, mais ses attraits pour le médical la poussaient, depuis qu'elle était sur Terre, à s'intéresser à toutes les méthodes alternatives qui pouvaient remplacer les stocks épuisés ou en passe de l'être de l'être de l'Odyssée. Certaines plantes étaient nocives : il était bon de savoir les reconnaître avant de les ingérer. Certaines plantes pouvaient sauver une vie ou un membre : il était bon de les avoir dans son catalogue mental lorsque les circonstances exigeaient une réponse médicale.

Sous ses doigts, le sang commençait sérieusement à couler et à tacher le sol. C'était peu ragoûtant, et Murphy coupa plus ou moins volontairement sa respiration pour ne reprendre son souffle dans son épaule que de temps en temps.

Mais ce qui devait arriver arrivait doucement. Il était temps d'aborder son rôle au village, et Murphy gardait trop en tête les réactions de certains jeunes pour ne pas redouter celle de la jeune femme qui lui faisait face. Elle était fière d'être militaire; elle avait bossé toute sa vie pour ça, pour grimper les échelons, pour être reconnue dans son métier et que ses opinions soient écoutées, à défaut d'être respectées. Elle avait toujours tout fait au mieux pour son métier et c'était parce qu'elle l'aimait. Mais elle n'oubliait pas ce que lui avait dit Andromeda, et elle n'oubliait pas que les relations entre les deux villages portaient encore en eux une part d'aléatoire qui faisait dépendre chaque rencontre des personnes concernées. Alors quand elle disait que Raya allait sans doute la détester, ce n'était pas par sentiment de honte; c'était par méfiance. C'est donc un regard un peu surpris qui se releva brièvement vers la blonde. Et c'est un sourire doux qui se dessina sur les lèvres de l'Odysséenne, avant qu'elle ne replonge dans les entrailles de pauvre lapin. Quelqu'un de raisonnable, avec un peu de jugeote et un avis plus contrasté que certains, autant du côté des jeunes que du groupe duquel ils avaient été séparés. « Je suppose que c'est comme partout... il y a des connards partout. Jte confirme qu'il y en a chez nous, d'ailleurs. » Est-ce que Chris pouvait être considéré comme un connard ? Au moins comme un con, c'était certain. « C'est qui, ton ami ? » Les rangs étaient suffisamment clairsemés depuis qu'ils étaient là que Murphy n'avait aucun doute sur le fait qu'elle connaissait cet ami, peu importe qui il était. A moins qu'il ne s'agisse de l'un de ses deux seuls supérieurs, elle lui avait d'ailleurs probablement déjà donné de ses ordres de lieutenant.

Mais peu importait la réelle teneur de cette rencontre faite en pleine forêt; il y aurait peut-être une suite. Peut-être que c'était le début de quelque chose de nouveau qui naissait sous leurs yeux, à l'image de ces rapprochements entre leurs deux villages respectifs. Peut-être qu'un jour, Raya parviendrait à visiter son foyer, et ce jour-là, Murphy se ferait un plaisir de l'y accueillir, de la rassurer si besoin. « Je viens chez vous de temps en temps. Je passerai te dire bonjour la prochaine fois », dit-elle avec un petit sourire en découpant la viande pour la glisser à l'intérieur de la fourrure. Ce serait encore comme ça que tout serait le plus sécurisé. Le travail terminé, elle releva ses mains trempées devant elle, apeurée de toucher quoi que ce soit et de le tacher, et chercha le regard de Raya en se demandant si elle avait un truc à lui dépanner. Mais qui se baladait avec un chiffon prêt à être taché de sang ? Elle ne pouvait pas demander à Raya de sacrifier ses vêtements, pas plus qu'elle ne voulait sacrifier les siens, et elle se décida à plonger ses mains dans le sol, mélange de terre et d'herbes plus ou moins séchées. « Il faudra pas trop tarder pour ramener tout ça chez toi. T'as de la place dans ton sac ? » De ses doigts encore tachés d'un sang qui avait au moins eu le mérite d'à peu près s'assécher, elle finit d'envelopper proprement la viande dans la fourrure qu'il l'avait contenue d'une toute autre façon.

Spoiler:
Elle était parfaite ta réponse Stranger from the past - feat Murphy 484338566 je sais pas si t'as assez de contenu avec la mienne, donc n'hésite pas à m'écrire si tu préférerais que je rajoute quelques trucs Stranger from the past - feat Murphy 171928021
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