Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜From dusk till dawn (ft Murphy)
maybe life should be about more than just surviving


avatar
26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS 265 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 161


Sujet: From dusk till dawn (ft Murphy)
Mar 17 Avr - 20:11

Not tryna be indie. Not tryna be cool. Just tryna be in this. Tell me, are you too. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. We were shut like a jacket. So do your zip. We would roll down the rapids. To find a wave that fits. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. (@zayn ft sia // beerus)
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
☆ Murphy &
Mila


Après les dommages causés par le cyclone, il règne comme un air d’espoir virevoltant dans les airs. En effet, les pluies printanières déposent sur la terre un effluve délicieux. Celui de la renaissance. Délicat parfum qui enivre tes sens, tu es persuadée que tes plantations vont rapidement se remettent des dégâts subis. L’œil vif, tu passes plus de temps à t’occuper de ces dernières qu’à te soucier de tes compères. Il faut dire que tu évites l’humeur maussade qui saisit ton peuple en cette dure période. Tout le monde paraît si focalisé sur les préjudices connus quand toi tu ne vois que les horizons à explorer. Quand tu ne conçois que les futurs à découvrir. Si tu n’es pas d’un naturel optimiste, tu sembles pourtant en posséder l’état d’esprit. A moins que ce ne soit cette indifférence particulière qui fait vaciller ton empathie d’un moment à un autre, d’une personne à une autre. Aujourd’hui pourtant, tu n’es pas aussi sereine que d’habitude. Tu rumines silencieusement, commençant à trouver son absence pesante. Tu as l’impression que son souvenir s’effrite au fil des mois, persuadée qu’il va bientôt disparaître de ta mémoire. Tu as beau te remémorer votre conversation, les mots finissent par s’évaporer les uns après les autres. Le terrien n’est plus qu’un songe, se dilapidant tous les jours davantage. Bientôt il ne sera plus, bientôt il aura disparu. Il te faut quelque chose pour te raccrocher à lui. Pour ne pas l’oublier complètement. Pour réussir à le retrouver.

Perdue dans tes pensées tu mets un pied dans la cuisine sans prêter attention, répétant mécaniquement les mêmes gestes qu’hier, les mêmes que demain. Cela ne change pas de l’Odyssée, les habitudes deviennent systématiques ici aussi. Néanmoins, quand tu croises le regard de Murphy l’espace de quelques secondes, tu es subitement ramenée au moment présent. Un présent aux innombrables possibilités. Ainsi, tu t’avances dans sa direction avant de t’asseoir face à elle, bien déterminée à lui extraire des informations. La dernière fois que tu as tenté le coup, la situation a pris une tournure inattendue. Depuis, le lieutenant t’évite comme la peste, à croire que tu pourrais la contaminer d’un seul toucher. « Je souhaite en savoir plus. » Fidèle à toi-même, tu balaies d’un revers de la main les formalités et politesses qui définissent le genre humain pour entre dans le vif du sujet. Tu estimes avoir le droit de connaître la vérité et ne comptes pas repartir sans un morceau de cette part. « Comment as-tu connu Elias ? » Dire son nom est étrange, d’autant que tu l’as appris au cours d’une conversation volée. Néanmoins, tu es persuadée que vous parlez du même individu, te rappelant très bien la réaction de son compagnon quand tu as mentionné le fantôme. Moïra. Tu t’amuses souvent à imaginer votre ressemblance déconcertante sans imaginer que cela puisse autant perturber. Tu le serais si tu avais pu poser tes yeux sur son visage. Si tu avais pu apercevoir ton propre reflet le long de ses traits.


→ murphy, les cuisines, mi-avril 2118

avatar
06/12/2015 Lux Aeterna 32374 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 372


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)
Ven 20 Avr - 23:28

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ From dusk till dawn ❞
Murphy Cavendish & Mila Swann
(17 avril 2118)


Le printemps s'était fait attendre, mais il s'était enfin installé. Les journées étaient plus douces; plus longues aussi. Elles retrouvaient de l'agréable qui suscitait tant d'envies d'aventures dans l'esprit de Murphy. Mais cette année tout particulièrement, elle avait attendu bien plus de l'arrivée des beaux jours que ce qu'elle pouvait lui offrir. La lourdeur qui pesait sur ses épaules depuis l'hiver ne venait pas seulement du maussade du ciel. Elle n'avait pleuré qu'une fois la disparation de Thaïs, mais elle était persuadée d'avoir perdu toutes ses forces dans cette crise de larmes. Elle se demandait si le corps humain était fait pour supporter de telles peines. L'esprit pouvait-il être suffisamment solide pour encaisser continuellement la déception ? Et le corps, lui, pouvait-il se relever de telles fatigues ? Des inquiétudes, des insomnies, des souvenirs d'autrefois qui corrodaient le cœur ? Pouvait-il seulement générer toutes les larmes qu'il laissait couler ? Il arrivait parfois à Murphy de penser que non, qu'on lui avait trop volé de larmes et que ses prunelles étaient devenues incapables de continuer à en produire. Par paresse peut-être, pour se préserver de nouvelles crises de larmes probablement. Elle s'interdisait de penser à Thaïs, pourtant. Elle n'avait plus les étreintes de la montagne pour absorber sa détresse. Elle devait se relever, réapprendre à apprécier la douceur retrouvée des rayons du soleil. Elle devait accepter la réalité telle qu'elle était. C'était peut-être ça, faire son deuil. Ne pas vivre malgré la disparition de l'être aimé, mais vivre avec cette disparition. Elle n'en était pas à son coup d'essai, pourtant. Tous devenaient malgré eux progressivement maîtres dans l'art de perdre des proches. Cette Terre, malgré l'amour qu'elle lui portait, lui avait pris sa mère et sa meilleure amie sans un seul remord. Elle comptait les disparitions depuis qu'elle foulait cette planète. Mais Murphy, c'était la première fois qu'elle avait enterré un corps. Ça changeait peut-être quelque chose. Ça changeait définitivement quelque chose. Mais ça ne changeait pas le manque ou la peine. Jamais elle ne reverrait Thaïs, comme jamais elle ne reverrait Ofelia et Faustine.

Il fallait se relever, pourtant. Coûte que coûte. Pleurer tant que nécessaire, laisser la peine vous traverser et la ressentir pour mieux la dépasser. Elle l'avait compris par nécessité, Murphy. Pleurer c'était accepter, mais accepter c'était passer à autre chose. Ce n'était pas oublier, c'était juste reprendre le cours de sa vie. Elle comptait trop souvent ses larmes mais lorsqu'elle s'abandonnait à elles, c'était des cascades salées entières qui coulaient sur ses joues pâles. Ça l'épuisait, de pleurer. Ça volait les ressources qu'elle s'évertuait à réunir tout le reste du temps.

Les beaux jours marquaient un nouveau départ pour le monde qui l'entourait. La vie reprenait après de longs mois de dormance calme. Pourquoi n'en serait-il pas de même de son côté ?

Les journées se faisaient plus longues. Le soleil donnait l'illusion d'un monde plus éveillé, plus longtemps. Ses journées à elle, pourtant, ne changeaient pas réellement. Les patrouilles s’enchaînaient. Lorsqu'elle y parvenait, elle s'éclipsait quelques heures; quelques jours lorsqu'elle était chanceuse et arrivait à convaincre Richard ou Skylar de les lui accorder. Ne s'était ajoutés à ses routines que quelques passages réguliers du côté de Thaïs, à qui elle laissait parfois une petite fleur ou lisait quelques lignes du livre qu'elle n'avait pas eu l'occasion de lui donner. Ça rendait le deuil plus acceptable, de garder ce lien vivant. Ça ponctuait ses longues journées d'un peu de la douceur que Thaïs avait apportée à sa vie pendant un an.

La lumière commençait à prendre des teintes chaudes et à allonger les ombres. A la fin de son chapitre, Murphy ferma le livre pour le ranger dans son sac. Elle resta assise quelques longues minutes supplémentaires, arrachant nerveusement quelques brins d'herbe qui poussaient là. Antarès tournait dans les environs, passait la voir de temps en temps, restait auprès d'elle le temps de comprendre qu'elle n'était pas encore prête à laisser Thaïs, et repartait fouiner un peu plus loin, chercher la compagnie d'un autre Odysséen ou de quoi se mettre sous le croc. Quand enfin Murphy se décida à se relever, le chien accourût, vif et alerte, comme s'il avait gardé sur elle un œil vigilant. C'était l'heure de se sociabiliser, c'était l'heure d'aller manger.

Son sac était soigneusement posé sur le banc, à côté d'elle, alors qu'elle observait la fourmilière qu'était devenu le réfectoire à cette heure de la soirée. Les amis ou collègues se retrouvaient après une longue journée de labeur ou en prévision d'une dure nuit de garde. Murphy reposa sa fourchette dans le petit tas de légumes qu'elle avait laissé refroidir malgré elle. A ses pieds, Antarès s'était allongé, le museau posé sur ses pattes, observant silencieusement l'agitation à laquelle il s'était habitué depuis son plus jeune âge.

Le sang de Murphy ne fit qu'un tour lorsqu'elle croisa son regard. Depuis le début de l'hiver, c'était devenu un automatisme : elle le fuyait comme si le soutenir revenait à défier sa chance et promettait les pires des emmerdes. Nerveusement, elle chercha le regard de ses légumes, puis d'Antarès, mais du coin de l’œil, elle la voyait s'approcher. Quelques secondes plus tard, Mila s'était installée en face d'elle et Murphy se paralysait, cherchant toutes les façons possibles d'ignorer leur dernière entrevue. Mais Mila, elle le savait, ne s'était pas installée pour parler de la pluie, du beau temps ou de ses dernières découvertes botaniques.

Elle avait presque oublié tout ça, Murphy. Elle s'était faite au confort du silence que lui avait offert l'agricultrice depuis qu'elle l'avait suivie au cœur de la forêt. A force de temps, elle avait laissé cette inquiétude glisser dans la liste de ses priorités. Thaïs était passée par là. Elle avait espéré que ça s'arrêterait là, que les premiers jours et les premières semaines depuis l'incident avaient été révélatrices des intentions de la brune. Laisser ça derrière elles, pour de bon. A aucun moment Murphy n'avait eu l'intention de revenir sur ce qui avait été dit. Elle avait forcé le silence, d'abord, puis le temps avait fait le reste. Mila n'avait pas insisté. C'est qu'elle avait laissé ça derrière elle, non ?

Pas vraiment. La menace lui paraissait à nouveau imminente. Elle se dressait de l'autre côté de la table, et Murphy leva presque timidement son regard vers la brune. Ça ne lui ressemblait pas, à la militaire, de faire preuve d'effacement, mais comme ça ne lui ressemblait pas de cacher un homme à quiconque. Elle n'avait jamais eu honte de qui elle était ou des hommes qui avaient trouvé le chemin entre ses cuisses. Pourquoi était-ce si différent, aujourd'hui ? Pourquoi son sang se glaçait-il à l'idée que quelqu'un d'autre qu'Isdès et elle puisse savoir qu'il y avait un 'eux' ? Aucune sorte de politesse ne franchit les lèvres de Mila. La question était frontale et directe. « Et moi j'aimerais que les gens me suivent pas quand je sors me promener, mais écoute hein, on a pas toujours ce qu'on veut. » Alors qu'elle pouvait sentir poindre l'agacement, Murphy abandonna son assiette pour de bon et croisa les bras sur sa poitrine. La curiosité était un vilain défaut, et elle ne comptait pas la nourrir à coups de réponses. Elle n'était pas sourde : elle avait entendu les requêtes d'Isdès avant qu'il ne lui tourne le dos. Elle n'était pas aveugle : elle avait vu toute la méfiance et l'inquiétude que Mila avait suscité et par sa simple présence, et par les questions qu'elle n'avait eu de cesse de répéter. Murphy ne céderait pas. Parce que ce n'était pas ses affaires, mais aussi parce qu'elle s'inquiétait des raisons qui avaient poussé Isdès dans ses retranchements de la sorte. « A ton avis ? On s'est rencontré à un bal masqué. » Elle ne cachait même pas son sarcasme; le sourire moqueur creusa ses fossettes un instant qu'elle soutenait enfin le regard de Mila, bien décidée à ne lui laisser gagner aucun semblant de terrain. « Je sais pas ce que tu leur as fait, à ces deux-là, mais ça a fait son effet, Moïra. » A croire qu'il était de coutume parmi les Odysséens de se présenter sous un nom qui n'était pas le sien. N'est-ce pas, Pamplemousse ?

avatar
26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS 265 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 161


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)
Dim 22 Avr - 22:56

Not tryna be indie. Not tryna be cool. Just tryna be in this. Tell me, are you too. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. We were shut like a jacket. So do your zip. We would roll down the rapids. To find a wave that fits. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. (@zayn ft sia // beerus)
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
☆ Murphy &
Mila


Tu as l'impression d'être seule au monde. Seule avec elle. Pourtant le réfectoire est plein à craquer, les gens se succèdent les uns après les autres en quête d'une place pour s'installer à table. Les couverts résonnent sur le creux du bois, les dents grincent à chaque bouchée. Tu as l'impression d'être seule au monde. Seule avec elle. Pourtant, tu sens le regard de son chien sur ta peau comme s'il avait flairé une menace, un potentiel danger, une tension provoquée par ta simple présence. Ce bon vieux compagnon te fait presque de la peine, à suivre la silhouette de Murphy partout sans jamais rechigner. Hélas la dépendance n'épargne personne. Tu as l'impression d'être seule au monde. Seule avec elle. Pourtant les voix résonnent dans ta tête, te donnent presque le vertige à trop s'exprimer en même temps. Tu perds le fil de la conversation, si bien que tu en loupes un morceau. Cependant, cela ne t'empêche pas de relever la pointe d'agacement qui surgit de ton interlocutrice. Pourquoi diantre adopter une attitude pareille ? Tu ne saisis pas vraiment les raisons qui l'exaspèrent, sous-estimant les conséquences de tes actes précédents. « Je n'ai rien fait de particulier à vrai dire. » Si elle ne semble pas décider à te communiquer des informations, tu prends l'initiative de le faire. En réalité, cela te fait beaucoup de bien. Tu as besoin d'en parler, de partager ce moment. Pour ne pas l'oublier. Pour le préserver du temps qui passe et emporte tout sur son passage.

« Je suis allée rendre hommage à Thalia et il est apparu, comme ça. » Ta version des faits est quelque peu voilée par ta perception de la réalité. Une perception que tes troubles mentaux mettent à rude épreuve. C'est ce qui te différencie principalement de tes semblables. « Il pensait que j'étais cette femme, Moïra. » Un sourire traverse tes lèvres, un simple instant qui finit par s'évaporer. Parce que tu te souviens à peine de son visage. A croire que tu mentionnes un fantôme qui n'existe déjà plus. « Ton ami aussi semble la connaître. » Tu te contentes de relever un fait établi, pourtant cela ne sonne pas juste dans ta bouche. L'innocence de tes traits laisse place à la malice de ton esprit. Un esprit profondément perturbé qui cherche un support auquel se raccrocher. « Myrtille. » Tu penses à voix haute, sans même t'en rendre compte, te remémorant leur conversation. Tu trouves ces surnoms vraiment ridicules mais doit reconnaître qu'il y a quelque chose d'affectueux derrière eux. Quelque chose d'intime là-dedans. Une complicité qui donne envie d'y goûter pour savourer le moment présent. « Ou pamplemousse, je ne sais plus qui est qui. » Tes mots, aussi candides soient-ils, prennent la tournure d'un piège qui se referme petit à petit. Tu n'as pas l'intention de la laisser t'échapper, pas encore. Tu comptes bien lui donner l'impression d'être seule. Seule avec toi. Malgré le réfectoire plein, malgré le chien à ses pieds, malgré les voix qui lui disent de se taire.


→ murphy, les cuisines, mi-avril 2118

avatar
06/12/2015 Lux Aeterna 32374 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 372


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)
Lun 23 Avr - 0:38

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ From dusk till dawn ❞
Murphy Cavendish & Mila Swann
(17 avril 2118)


Mila, elle ne l'avait pas oubliée. Elle l'avait laissée de côté, rassurée chaque jour un peu plus de son silence. Elle l'avait glissée dans l'incertitude et la crainte s'était progressivement apaisée, s'installant dans un état de chronicité qui devenait viable. Murphy avait fui la confrontation de peur d'envenimer les choses, de la pousser à répandre ce qu'elle avait entendu ou de se perdre dans une histoire qui n'était pas la sienne, mais elle l'avait aussi fuie parce que la jeune femme demeurait une preuve vivante de ce qui appartenait maintenant au passé. Mila était devenue un mélange de tout ce dont elle cherchait à se délester. Il lui était arrivé à plusieurs reprises de se jeter à corps perdu dans des tentatives d'explications, mais les souvenirs qui lui revenaient de cette entrevue près de la grotte s'embrumaient progressivement. Il n'y avait que quelques images qui avaient imprimé ses neurones et rétines; il n'y avait qu'elles qui lui revenaient, accompagnées de quelques échos dont elle n'était plus sûre qu'ils avaient été réels un jour. Elle revoyait les regards d'Isdès, celui de l'incompréhension, du choc, de la méfiance, de la colère. Elle revoyait ses gestes, ses hésitations, ses consignes, sa fuite. Il s'était agi de bien plus que juste d'eux deux. Et Murphy était restée bornée mais surtout bête, attendant que le moment passe. Et le moment était passé.

Elias, elle ne l'avait pas revu depuis la fin du monde. Il était étrange pour elle d'imaginer qu'il puisse vivre là-haut, près des cimes que côtoyait Isdès, et qu'un merdier pareil prenne vie au cœur de la forêt pour tous les lier de la façon la plus mystérieuse qui soit la laissait plus bête encore que la rencontre entre Isdès et Mila. Et les réponses, elle ne les trouvait pas. Pour ça, il faudrait qu'elle se mette à poser des questions qu'elle n'avait pas envie de poser. Elle ne voulait pas gratter la surface, maintenant qu'un semblant d'équilibre avait été retrouvé. Fuir Mila, ça fonctionnait. Elle n'insistait pas, les secrets demeuraient secrets et les questions non résolues. C'était le seul équilibre qui les protégerait et Isdès le lui avait bien fait comprendre.

Mais il suffit d'un instant pour qu'elle le sente vaciller. Elle le voyait déjà s'effondrer. Mila s'était installée en face d'elle et ses muscles se figèrent sous l'attaque d'adrénaline. L'interrogatoire ne se fit pas attendre et elle n'en avait pas moins attendu de la part de la fouineuse. Elle se demanda un instant pourquoi elle lui avait accordé tous ces mois de répit si c'était pour mieux venir au front ensuite. Peut-être avait-ce été son but tout du long. Peut-être avait-elle travaillé toute son approche et peut-être que Murphy s'apprêtait à être mangée toute crue.

Non.

Pas Murphy.

La façon dont elle lui répondit donna le ton de ce qui allait suivre. Mila attaquait, Murphy mordait, Antarès observait. Il ne pouvait rien ressortir de bon de cette entrevue et les deux compagnons le savaient très bien. Mila ? Probablement pas. Elle s'acharnait pour une raison qui demeurait obscure à Murphy. Elle n'avait même pas les réponses qu'elle cherchait et si elle les avait, elle n'en aurait pas moins suivi les conseils d'Isdès. Tout ça ne la regardait pas, et une part d'elle hoqueta de terreur en réalisant qu'elle cherchait à protéger Elias de tout ce merdier. La fin du monde avait révélé quelques obscurités nouvelles dont elle souhaitait qu'il se défasse. Quel que soit le poids que pouvait représenter Mila, Murphy n'en voulait pas pour l'Athna. « Ha... » rit-elle jaune, « ça doit juste être ta tête, alors... » Elle haussa un sourcil d'agacement, réalisant que Mila attendait d'elle une honnêteté dont elle-même était incapable.

Thalia ? Encore un prénom nouveau. A croire qu'on présentait tous les saints du calendrier, ces jours-ci. Mais rendre hommage... ça, elle connaissait. Suffisamment pour garder le silence quelques instants, la mine assombrie, par respect pour le deuil et la perte, et peut-être aussi un peu parce que se posaient sur ses épaules ses propres fantômes. Même entre deux Odysséens que tout opposait, il existerait toujours ce lien silencieux du deuil. Si on n'avait pas perdu de proches à l'atterrissage, alors c'était une expérience que l'on avait connue sur Terre, dans les mois suivants. Aucun d'entre eux n'était sorti indemne de cette nouvelle vie. Elle gigotait nerveusement sur son banc et finit par s'accouder à la table. Son silence la rappelait à toute l'agitation environnante. A une heure pareille, le réfectoire devenait un lieu de vie comme il n'en existait aucun comparable sur le village. Mila avait bien choisi le lieu et l'endroit. Ici, aucun esclandre n'était possible si l'on souhaitait garder ses secrets pour soi. « Apparu. Comme un fantôme » lâcha-t-elle finalement d'un air plus que dubitatif, à deux doigts de remettre en cause l'expérience de Mila. Mais les faits collaient et le prénom ne sortait pas de nulle part. Elle avait rencontré Elias, elle aussi. Mais à chaque seconde et réponse de la jeune femme qui lui faisait face, la curiosité de Murphy s'éveillait un peu. Elle avivait son intérêt de quelques petites révélations qui n'en demeuraient pas moins insuffisantes. C'était peut-être ça, sa technique : la faire plonger avec elle dans le grand bain des questions sans réponses. « Oui, mais t'es pas Moïra. Manifestement. » Et pourtant, ça expliquait la réaction d'Isdès. Lui aussi avait cru voir un fantôme. Lorsqu'il s'agissait de lui, Murphy était toujours perdue. Elle ne le comprenait pas, ou au contraire le comprenait beaucoup trop -peu importait. Elle le connaissait juste suffisamment pour avoir saisi toute la singularité de cette rencontre. Il avait vu un fantôme. « Peut-être que tu ressembles à sa mère ou à son raton-laveur de compagnie, je sais pas moi », glissa-t-elle sur un ton détaché, haussant les épaules pour faire comprendre que ça lui importait peu.

Son regard se leva presque violemment vers Mila lorsqu'elle ajouta qu'Isdès avait réagi de la même façon. Elle avait envie de lui hurler que ce n'était pas son ami mais un sourire triste glissa fugacement sur ses traits alors qu'elle repensait à leur dernière rencontre. Il n'était pas grand chose si ce n'était sa bouée de sauvetage, son phare en pleine tempête. Elle pouvait presque sentir ses bras s'enrouler autour de sa taille tremblante pour la serrer contre lui. « Ils sont tous les deux des montagnes » fut le seul fait qu'elle s'accorda à divulguer. Des connaissances communes, ils devaient en avoir par dizaines.

Ses doigts s'étaient perdus sur la fourchette froide alors qu'elle se murait à nouveau dans le silence, perdue dans des pensées qui appartenaient à un autre monde. Elle repensait à Thaïs et aux pleurs qui l'avaient secouée au point de lui voler jusqu'à la dernière de ses forces. Elle repensait au moment où Isdès avait compris qu'elle ne viendrait pas et quelles étaient les raisons de son absence. Lui vinrent à l'esprit d'autres idées liées au prénom dont ni Mila ni elle ne savait rien. Qui était Moïra ? Et pour Elias, et pour Isdès ? Pour Isdès, surtout, qui était-elle ?

Son majeur s'écrasa subitement sur la fourchette, projetant un morceau de légume sur une table adjacente. C'est un regard irrité qui se leva vers la botaniste. Sa respiration s'était emportée alors qu'elle faisait son possible pour garder son calme. Elle venait de lui voler leur identité et leur intimité. Elle venait d'empiéter sur leur terrain, lui rappelant sans aucune subtilité qu'elle avait tout entendu. Personne d'autre n'avait le droit d'utiliser ce surnom. Pas devant elle et pas en parlant de sa Myrtille. Elle surenchérissait, en plus, rappelait qu'elle se souvenait aussi du pamplemousse. Elle avait dû être là pendant toute la conversation et ça ne surprenait pas la militaire, mais lui révélait toute l'étendue des dégâts. Une part d'elle avait espéré que la discrétion avait voulu qu'elle reste éloignée d'eux pendant quelques temps avant de les rejoindre. « Ne t'avise pas de... » fulminait-elle sans savoir où ça la menait, « t'avais rien à foutre là, sale fouineuse. Utilise pas ma vie privée pour obtenir des infos que j'ai même pas. » Sa voix rauque sifflait alors qu'Antarès s'était redressé sur ses quatre pattes, inquiet des réactions de sa maîtresse.

avatar
26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS 265 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 161


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)
Lun 23 Avr - 11:08

Not tryna be indie. Not tryna be cool. Just tryna be in this. Tell me, are you too. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. We were shut like a jacket. So do your zip. We would roll down the rapids. To find a wave that fits. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. (@zayn ft sia // beerus)
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
☆ Murphy &
Mila


Tu as cette capacité particulière à filtrer les informations comme bon te semble, laissant de côté les inepties singulières qui ne t'intéressent guère. En d'autres termes, tu balaies d'un revers de la main le venin de ton interlocutrice pour te concentrer sur les réponses qu'elle t'offre. Une vraie mine d'or. Et ce, sans même se rendre compte de la valeur de ses propos. Tu ignores tout du terrien, de ses origines, ses anecdotes, ses souvenirs. Tu ne connais de lui que son prénom, volé au cours d'une conversation privée. Jusqu'à maintenant. Jusqu'à la mention révélatrice. La montagne. Très vite, tu fais le rapprochement avec la tribu Athna. Tu en sais très peu sur cette dernière, ayant seulement entendu des bribes à son sujet. Néanmoins, c'est une découverte qui te permettra peut-être de retrouver sa trace. Murphy l'ignore à cet instant mais elle vient de raviver en toi un espoir pratiquement éteint. Un espoir qui t'imprègne de sa force. « Alors tu n'as pas envie de savoir ? » La curiosité n'est pas un vilain défaut mais une tare, un vice, une malade incurable qui creuse son trou, encore et encore. Elle engendre l'obsession, la déraison, l’annihilation. Tu le sais très bien pour souffrir de tous ces symtômes. « Tu ne sens pas ton estomac s'enflammer à l'idée que Moïra était probablement plus qu'un simple animal de compagnie pour ton fruit exotique ? » Malgré la tournure de la conversation, tu demeures étrangement calme, déversant ton poison comme si tu lui récitais une poésie. Ton regard s'arrête quelques secondes sur le chien, alertée par l'agitation récente, avant de reporter ton attention sur sa maîtresse.

Tu as attendu des mois qu'elle baisse sa garde, se berce de douces illusions, retrouve un semblant de normalité. Tu as attendu des mois pour la tromper dans le plus grand secret du monde. Tu as attendu des mois pour la piéger. Parce que la patience est un luxe que tu peux t'offrir jusqu'à une certaine limite. Jusqu'à aujourd'hui. « Tu ne sens pas ta gorge se nouer quand tu repenses à la façon dont il a posé ses yeux sur moi ? » Tu sais qu'elle brûle d'envie de te faire taire, peut-même de te fracasser la tête sur cette table de bois. Tout comme tu sais parfaitement que tes mots résonnent en elle, ayant saisi les démons qui l'habitent. Dont un qui te dépasse complètement. La jalousie est un concept étranger, abstrait à tes yeux. Pourtant, elle l'imbibe de la tête aux pieds, s'évaporant par tous les pores de son corps. « Tu ne sens pas ton coeur s'agiter quand tu repenses à la pâleur de son visage face à l'émotion soudaine ? » Tu ne comptes pas t'arrêter en si bon chemin mais tu n'as pas non plus l'intention de l'achever sur place. Tu as encore besoin d'elle. Tout comme tu as besoin de lui, son amant. Enfin, s'il occupe encore cette place dans sa vie. « Parce que de mon point de vue, l'ignorance te bouffe lentement mais surement tel un serpent qui se glisse en toi. » Il est rare que tu parles autant, d'ordinaire tu te contentes du strict minimum, n'ayant aucun intérêt à communiquer davantage avec les autres. Cette fois c'est différent. Cette fois, il te faut maintenir la conversation.

→ murphy, les cuisines, mi-avril 2118

avatar
06/12/2015 Lux Aeterna 32374 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 372


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)
Lun 23 Avr - 23:30

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ From dusk till dawn ❞
Murphy Cavendish & Mila Swann
(17 avril 2118)


Elle ne lui donnerait aucune réponse. Il suffirait de quelques minutes pour qu'elle lâche l'affaire. Mila pouvait se penser tenace, mais Murphy l'était bien plus encore. Elle laisserait filtrer quelques banalités, des semblants d'informations, pour lui donner une impression de victoire. Dès l'instant où elle l'avait vue s'installer face à elle, la militaire n'avait eu qu'une hâte : qu'elle disparaisse de son champ de vision et qu'elle se fasse à nouveau oublier. Mais elle n'était pas stupide. Si la botaniste avait entendu si longtemps avant de mener sa seconde attaque, ce n'était pas sans raisons. Elle savait sans aucun doute quelles étaient les meilleures techniques pour pousser à bout : l'user lentement mais sûrement, y revenir régulièrement, ne jamais se laisser oublier plus que nécessaire, juste le temps de laisser se ramollir l'adversaire mais pas suffisamment pour avoir à reprendre le travail à ses débuts. Mais Mila non plus n'avait pas à faire à une débutante. Seconde après seconde, réplique après réplique, Murphy reprenait ses esprits, retrouvait ses réflexes de défense. Tout le reste ne comptait pas vraiment. Elle saurait un jour tous les mystères qui obscurcissaient l'esprit de Mila ; ou peut-être n'en saurait-elle jamais rien. C'était elle que ça regardait, peut-être aussi Isdès, mais surtout Elias. Dans tous les cas, Mila n'avait rien à faire là. Elle n'avait jamais rien eu à faire là. « La curiosité est un vilain défaut, Mila. Suivre les gens à leur insu c'est trop loin de mes valeurs. » Pour une raison qui demeurait mystérieuse même à son regard, Murphy parlait d'un ton calme et neutre. Seul son regard trahissait toute l'incisivité de ses reproches. Le peu qui avait pu les lier, toutes les deux, avait disparu au moment précis où elle s'était rendu compte que Mila n'était pas arrivée à leur grotte par la magie du hasard. Elle l'avait suivie et ça, ça rompait toute sorte de respect ou de confiance, et tout dialogue à peine entamé.

Mais force était de l'admettre, elle était coriace, la jeune. Le regard de Murphy se fronçait sous les allégations et les choix sémantiques qu'elle faisait. Elle voulait taper là où ça faisait mal, elle l'avait bien compris. Elle lisait le dédain, l'arrogance et plus encore, elle lisait l'offensive agressive dans le choix de ses mots. Elle ne se laisserait pas berner. C'était donc ainsi que la partie commençait, qu'elle commençait vraiment. « Tu sens pas ta mâchoire essayer de prendre la fuite en sentant venir mon poing ? » Le ton était calme, d'un calme qui la surprit elle-même. Si on partait sur les sensations organiques, alors qu'il en soit ainsi. Murphy serait ravie de lui rappeler l’existence et l’innervation d'organes dont elle n'avait pas conscience.

La conversation jouait sur deux jeux totalement différents. La forme demeurait calme et neutre, presque factuelle, et Antarès lui-même semblait s'y perdre, se redressant et se rasseyant à plusieurs reprises, guettait les réactions de sa maîtresse sans arriver à percevoir les informations dont il s'enquérait. Le fond, quant à lui, était presque plus subtil. Si on occultait les menaces physiques sur lesquelles Murphy venait de s'appuyait, un troisième parti aurait sans doute pu s'imaginer qu'elles ne cherchaient que le bien l'une de l'autre. Mais les deux protagonistes, elles, savaient tout du jeu qui se jouait. C'était une danse avec les mots et entre elles, et elles ne s'arrêteraient pas tant qu'il n'en ressortirait aucune perdante.

Il ne fallait pas le nier, pourtant, Mila gagnait du terrain. En quelques secondes, elle avait trouvé le point le plus douloureux et l'asticotait doucement, de plus en plus cruellement. Elle retournait le couteau dans la plaie. Bien sûr qu'elle voulait des réponses. Bien sûr que ses tripes se nouaient quand elle repensait à la façon dont Isdès avait réagi en posant les yeux sur Mila. Bien sûr qu'elle s'imaginait Moïra comme tout ce qu'elle ne souhaitait pas imaginer. Bien sûr qu'elle la voyait sourire à Isdès, qui qu'elle soit, et qu'elle imaginait la montagne charmée par cette femme dont elle ne savait rien. Bien sûr qu'elle avait ressenti l'horrible rejet lorsque la brune était arrivée, comme s'il ne comptait plus que Moïra. Mais tout ça, elle se garderait bien de le dire à son adversaire ; ce serait lui accorder un pouvoir qu'elle comptait bien garder pour elle. Elle en savait déjà bien trop, bien plus que ce qu'elle lui aurait confié si elle n'avait pas forcé les choses. « Ta gueule », lâcha-t-elle, tendue, alors que ses doigts trouvaient nerveusement le chemin du couteau planté dans les légumes. Mais Mila ne cessait pas les attaques. Elle les rendait plus tranchantes et vives encore à mesure qu'elle en assénait la patrouilleuse. « TA GUEULE ! » Le couteau à la main, Murphy tapa violemment du poing sur la table de bois. Sa voix s'était suffisamment élevée pour attirer l'attention de leurs voisins de tablées. Elle s'en moquait. Son regard était rivé sur la brune, la fusillant de toutes les armes dont il disposait. « Ton point de vue de petite arrogante prétentieuse vicieuse fouineuse et pète-couilles, j'en ai rien à foutre ! Tu crois que de m'avoir suivie comme une lâche ça te donne du pouvoir ? Oh non... » Elle rit en haussant les sourcils, alors que sa main serrait beaucoup trop fort le manche du couteau dont elle s'était saisi quelques instants plus tôt. « Ça a juste montré ton vrai visage. Et je partage rien avec les gens comme toi. » Avec violence, elle avait planté le couteau dans le bois, entre son adversaire et elle. Elle ne l'avait pas quittée des yeux et s'était relevée pour la scruter par-dessus la table. « Dégage, t'as rien à foutre là. »

avatar
26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS 265 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 161


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)
Mar 24 Avr - 9:38

Not tryna be indie. Not tryna be cool. Just tryna be in this. Tell me, are you too. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. We were shut like a jacket. So do your zip. We would roll down the rapids. To find a wave that fits. Can you feel where the wind is. Can you feel it through. (@zayn ft sia // beerus)
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
☆ Murphy &
Mila


Tu as trouvé son point sensible, au milieu de cette carapace redoutable qui lui permet d'éviter les projections de ton venin, au milieu de cette stabilité impénétrable qui lui permet de rester calme. Tu as trouvé comment user sa corde, à quelle fréquence déchiqueter les fils entrelacés, avec quel outil procéder. Tu as trouvé et c'est tout ce qui occupe tes pensées à cet instant. Sans oublier de mentionner les voix qui ne se taisent pas, qui s'élèvent face à la tournure de la situation, qui t'incitent à réagir. Tu n'en fais rien, immobile, silencieuse, tu observes comme tu sais si bien t'y prendre. Tu observes les gens aux alentours vous dévisager d'un air curieux, préoccupé. Tu observes le chien perdre le fil de votre conversation. Tu observes le visage de Murphy dévoré par une rage sans nom. Et à cet instant, tu te demandes bien ce qui l'empêche de te planter ce couteau en plein coeur. Parce que tu l'aurais fait, si tu avais perdu le contrôle comme elle. Le nombre de personnes aux alentours doit probablement l'inciter à ne pas te blesser physiquement mais tu dois avouer ne pas du tout les prendre en considération. « Sinon quoi ? La prochaine fois tu vas viser ma main ? » Sur ces mots, tu lui présentes la cible telle une offrande, dissimulant une sombre provocation. En réalité, cette perte de temps t'agace plus qu'autre chose. Tu aimerais déjà passer à l'étape suivante de ton plan mais les êtres humains ne sont pas de simples équations qu'il suffit d'ajouter ensemble pour obtenir le résultat voulu. Ils sont imbibés de complications.

Tu sais pertinemment que tu es la cause de son déraillement mais semble l'oublier lorsque tu avales une bouchée de tes légumes. Le déni est une notion que tu connais bien, ayant souvent eu recours à son utilisation pour ne pas affronter la réalité. Parce que cette dernière est rarement aussi douce et délicate que tu l'aimerais. Cette dernière est bien souvent un fléau. « Tu as fini ou tu veux encore te donner en spectacle ? » Malgré le calme olympien dont tu fais preuve, tu es consciente qu'il reste deux possibilités à l'issue de ta remarque. Soit elle accepte d'écouter ta proposition malgré sa colère, soit elle part ou t'incite à le faire pour te replonger dans l'ignorance. Dans le second cas, cela signifiera que tu devras revenir à la charge plusieurs fois. Et si cette manœuvre ne se révèle pas concluante, tu devras trouver son terrien à défaut de trouver le tien. Quitte à faire appel à des connaissances qui ont l'expérience de la montagne. Cela ne te plaît guère parce que tu vas leur devoir une faveur en échange, quelque chose qui a de la valeur à leurs yeux. Or, tu préfères largement manipuler que d'être manipulée. C'est pour toi, de cette façon, que se résume la survie. Tu as grandi en usant et abusant de la confiance des adultes, des médecins, des psychologues. Cherchant à leur dissimuler tes troubles mentaux. Une manière étrange de procéder qui te fait défaut car tu obtiendras certainement plus en adoptant un comportement différent. Un comportement bienveillant.


→ murphy, les cuisines, mi-avril 2118

avatar
06/12/2015 Lux Aeterna 32374 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 372


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)
Mar 24 Avr - 22:23

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ From dusk till dawn ❞
Murphy Cavendish & Mila Swann
(17 avril 2118)


Murphy perdait contrôle, Mila était en train de gagner. Elle était la plus disposée à attaquer mais aussi la mieux armée pour le faire. Dès qu'elle s'était assise face à elle, la militaire avait su que ce n'était alors qu'une question de temps avant qu'elle n'appuie là où ça faisait mal. Elle n'aurait jamais pensé que ça serait si tôt. Mila n'essayait même pas les politesses classiques ou de la brosser dans le sens du poil. Elle attaquait de front, et si Murphy avait conscience qu'elle préférait sa sincérité à toute l'hypocrisie à laquelle elle avait échappé, la rapidité avec laquelle le ton était monté et le cœur du sujet abordé rendait encore plus explosifs ses réflexes de défense.

La lame du couteau couverte de légumes s'était violemment logé dans le bois de la table. Debout par-dessus son banc, penchée vers Mila, elle avait donné à son adversaire un unique ordre. Qu'elle dégage, maintenant. Qu'elle dégage avant de rendre les choses encore, avant de dépasser la limite. Elle avait volé son intimité et voilà qu'elle prenait un malin plaisir à lui exposer l'affront comme une fierté. Le calme de Murphy l'avait quittée au moment où elle avait senti le sang bouillir jusqu'au moindre capillaire, au moment où elle avait senti ses boyaux se tordre de colère. Mila lui volait leur histoire comme si elle y avait une quelconque légitimité. Elle n'avait pas même pas le droit de savoir ; ce droit, elle l'avait volé sans aucun respect, sans aucune considération, aucune pudeur, aucun égard. Elle l'avait suivie volontairement et suffisamment longtemps pour qu'il ne s'agisse pas d'une erreur. Elle avait gagné là une arme et elle le savait. Murphy la détestait pour ça. Elle regrettait chacun des sourires qu'elle avait pu lui lancer, bien loin d'imaginer tout le vicieux qui la caractérisait. Son histoire avec Isdès, peu importe ce qu'elle avait pu devenir, n'avait appartenu qu'à eux deux, et elle s'était invitée dans leur bulle d'un pas lourd de privilégiée, comme si le monde entier lui était dû, comme si leur monde à eux lui était dû.

Et elle continuait de la provoquer. Sa main se serrait autour du manche du couteau qu'elle n'avait toujours pas lâchée. Sa peau moite glissait sur le métal et elle fixait Mila, le visage déformé par la rage. Elle ne savait pas à quel point elle la poussait. Elle ne connaissait pas les colères de la militaire. Murphy avait oublié tous ceux qui étaient venus manger et trouver ici un semblant de vie sociale. « Dans la main ? Tu me connais moins bien que ce que t'aimerais croire. » Sa voix rauque la quittait comme du venin. Si elle avait pu l'empoisonner avec des mots, elle l'aurait fait. Un bref rire sardonique et méprisant apaisa ses traits tendus l'espace d'une seconde. « Sois pas ridicule. J'ai pas besoin que tu me tendes la main pour viser la tête. » Moqueuse, elle la toisait de sa hauteur. Si Mila croyait l'impacter d'une quelconque façon en réagissait de la sorte à sa colère, elle se mettait le doigt dans l’œil jusqu'au petit orteil. Mieux encore, Murphy se rendait compte de son amateurisme. Elle pouvait lui tendre sa main en la provoquant, en utilisant sa emportement contre elle, elle ne céderait pas.

Elle ne céderait pas.

Elle ne céderait pas, mais elle ne tiendrait guère plus longtemps. Qu'elle leur rende le service de prendre la poudre d'escampette avant que les gestes de Murphy ne dépassent ses mots. Elle avait déjà poussé bien trop loin et si elle mentionnait à nouveau et ne serait-ce qu'une fois Isdès, sa Myrtille ou son fruit exotique, et elle la dévisagerait sans aucun regret. Elle ferait disparaître cet air angélique et candide qui l'avait bernée elle-même pendant des mois. Elle cachait bien son jeu, la gamine, mais Murphy n'était plus dupe. Elle avait été mise face à ses amoralités non pas une fois, mais deux fois maintenant. Elle savait à quoi s'attendre. « Ma conclusion était pas assez claire ? C'est terminé ! » siffla-t-elle ente ses dents, arrachant le couteau au bois pour le laisser retomber dans son assiette.Les paumes de ses mains vinrent trouver le bord de table pour mieux se pencher vers la jeune femme. « Te donne pas l'impression que t'as du pouvoir. Une fille comme toi mérite pas de savoir une seule chose sur lui. » Elias méritait la paix. Il méritait de reprendre la possession de sa propre vie, peu importe ce qui avait pu le faire confesser ce qu'il avait confessé à Murphy pendant ces quelques heures d'apocalypse. Même Isdès, qui avait clairement exprimé son méprit pour l'Athna, avait insisté dans ses consignes. Qu'elles reste éloignées de tout ça. Elle nourrirait sa curiosité un jour, peut-être, mais pas aux dépens d'un homme qu'elle était doucement amenée à considérer comme un ami -ou en tout cas, quelqu'un digne de son respect et d'un peu d'humanité. Mila volait ces choses-là aux gens. Elle les lui avait volées, mais elle ne la laisserait pas les voler à Elias.

Moïra demeurerait un mystère pour elle aussi. Elle n'avait d'autre choix que de laisser un fantôme guider ses pensées jusqu'à y faire germer des idées qui lui collaient des sueurs froides. C'était prendre sur elle, aussi, que d'accepter qu'elle ne maîtrisait pas les questions et encore moins les réponses, qu'elle les laissait au hasard et à la seule connaissance des deux hommes. Mais elle aimait croire que c'était une preuve d'estime à l'égard d'Elias, et une preuve de détachement à l'égard d'Isdès.

Elle attrapa son assiette et, sans se faire prier une seule seconde de plus, contourna la table pour s'arrêter à côté de Mila une seconde, vérifiant au passage qu'Antarès avait compris le message. « C'est dommage. T'avais presque l'air de quelqu'un de bien quand je t'ai rencontrée » lâcha-t-elle dans un soupir amer. Elle s'était laissée berner comme une bleue. Elle ne lui donnerait jamais le pouvoir. Leur monde n'appartenait encore qu'à Isdès et elle.

Contenu sponsorisé


Sujet: Re: From dusk till dawn (ft Murphy)

 

From dusk till dawn (ft Murphy)

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» From Dusk Till Dawn [PV Mü - Shion - Ahina - Alucar]
» but you'll never be alone, I'll be with you frow dawn till dusk (ft. Richerd)
» Between dusk and dawn
» As inaccessible as dusk and dawn : Untouch girl | Emilia Daniels
» Dawn Of War II

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: Il était une fois des jolies histoires-