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Demyan Draghsteel
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le Mar 10 Avr - 22:51
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Saoirse Demyan

 
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Earl Nightingale

Panique. C'est ce qui résume la journée derrière les murs de la cité Rahjak. Une seule étincelle, et tout part en vrille. Tout semble avoir éclaté en un seul instant. D'un coup, le calme et la bataille se sont entremêlés dans une danse macabre à laquelle la plupart ne semblaient pas prêt d'échapper. Il y a eu révolte, fuite, coups et blessures. Le palais a semblé sens dessus dessous pendant des heures. Isaak était probablement furieux, lançant ordres sur ordres pour démêler tout ce chantier. Mais remettre en l'état une corde emmêlée depuis des années est bien vain. Il n'y avait pas eu tel fouillis dans la cité depuis des lustres. Le massacre des mines de sel a fait froid dans le dos à une bonne partie de la population du désert, et la royauté n'y a surement pas échappé. Mais toi, Demyan, tu en penses quoi ? On sait bien que tout ce qui est un peu trop réglementé te passes au dessus de la tête. Mais des massacres... Des "innocents" tués. T'enrages, tu trouves ça incroyable. On te parle de groupes rebelles, et ce sont des mots que tu entends, qui te touchent. T'as beau essayer de tuer les idées dans l’œuf, t'es conscient que ce pays manque d'égalité. Mais quel prix à payer pour l'égalité ? Celui du sang, de la vie des innocents. Tu sais pas réellement comment tout le monde va se dépatouiller de toute cette situation, mais tu sens que c'est pas la dernière fois que t'auras à imaginer passer la lavette derrière tous ces corps ensanglantés. Ces gens pensent peut-être qu'ils rendront le monde meilleur, et tu penses que leurs actes sont honorables, jusqu'à un certain point. T'es juste pas certain que leur manière de remettre en cause l'autorité royale sois la bonne.

Une foule de gens abasourdie revient des mines, tandis que toi, t'es la belle gueule à qui on a demandé "d'aller faire un tour et de tâter la température". Bien sur qu'ils espèrent que tu feras des miracles et que tout le monde va t'écouter. En soi, les gens ici t'écoutent, ils pensent que t'es pas le pire des pourris de la famille. T'espère qu'ils t'applaudiront pour le super discours que tu as préparé. En général, on te préviens bien avant, mais cette fois-ci c'était tellement le capharnaüm que c'était pas possible. Mais tant pis, c'est ton truc à toi de savoir être parfait en toute situation. Tu vois des visages apeurés, perdus ou colérique. Ces gens ont été trimbalés d'un coin à l'autre de la ville et du désert en si peu de temps. Enfermés sur un coup de tête, puis sauvés puis récupérés, ce ne sont pas de vulgaires chameaux après tout. Même si c'est ce que porte à  leur faire croire  les gardes, visiblement. Y'a des visages et des visages... Tu ne les compte plus. Et toi, tu es là, sur ton petit piédestal, attendant que les murmures se tournent vers toi. On t'a remarqué, forcément. T'es le prince, forcément qu'on t'as vu. Même le plus sot des imbéciles aurait compris qu'il est nécessaire de te respecter. Mais t'es pas là pour faire valoir tes droits, t'es là pour vérifier que ça va pas éclater de nouveau. T'es le démineur de la situation, mais sans aucun manuel. Au moins, t'as préparé un super discours et ta voix de prince enchantera tout le monde, c'est certain.

Voilà. Tu as parlé. Les grands esprits se sont rencontrés. T'as donné ton avis, dis à tout le monde de se calmer, t'as parlé de belles choses. Mais tes yeux ont parcouru la foule pendant que tu faisais ce qu'on t'avais demandé de faire, et t'as bien vu que certains ne suivaient pas vraiment. Après tout, c'est leur droit. Pourquoi s'en priveraient-ils ? Regarder les beautés du ciel bleu au lieux d'écouter un singe dansant tenter de lui apprendre la vie. Lui-même aurait été le premier à lever les yeux au ciel et tenter de dessiner des lapins à l'aide d'un caillou dans le sable. Seulement, c'est pas vraiment bon pour ton image. Tu préfères quand tout le monde t'écoutes, quand t'es le grand, le pouvoir. Tu veux qu'ils t'applaudissent, même lorsqu'ils sont mous et perdus. Alors tu mises sur une autre option : la participation active mais factice du peuple à cette remise en ordre. Tu parcoures la foule, tournant autour des rescapés des mines de sel, jetant parfois un regard à ceux qui ont été escortés pour être soignés, les autres interrogés. T'en vois une, une jeune fille, qui semble pas spécialement intéressée par ce que tu dis, et du'n coup, tu t'approches d'elle et la montre du doigt. Tu sais que tous les yeux sont tournés vers elle désormais, et tu ne tardes pas à reprendre la parole. « Toi, qu'en penses-tu? N'es-tu pas outrée par le traitement que tu as subis ? » Eh voilà, Demyan t'as l'air d'un prince sur son cheval blanc. T'espères juste que cette demoiselle ne te donnera pas des raisons d'ordonner son exécution, parce que c'est clairement pas ton job à toi ça.

(c) DΛNDELION


Dernière édition par Demyan Draghsteel le Lun 24 Sep - 14:44, édité 2 fois
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le Mar 22 Mai - 1:15


Sauver les vivants


Demyan & Saoirse
Elle avait pensé s’y faire, pouvoir se dire qu’à force de les côtoyer elle finirait par s’y faire, par trouver les habitants de cette ville pas plus étranges que les autres. Sans Succès. Cette tribu ne pouvait décidément rien faire comme tout le monde. Elle vivait dans un désert, se retrouvait face à des gens tellement conditionnés dans leur petit monde que priver quelqu’un de sa liberté ne semblait pas les offusquer. Mais au fond, ça, elle avait fini par s’y faire, pas parce qu’elle approuvait, qu’elle était devenue une Rahjak à part entière mais simplement parce que le choix le plus intelligent était de se taire et de penser que peut-être un jour, ça irait mieux pour elle. Elle avait eu de la chance dans sa déprime, sa tentative de suicide manquée lui avait donné un autre maître, maîtresse et elle sait très bien qu’elle a eu de la chance, qu’elle aurait pu tomber sur beaucoup moins bien compréhensif qu’elle. Ce n’était pas forcément le bon mot mais au moins, Astrid la traitait bien, du mieux qu’elle le pouvait lorsque l’on parlait d’esclave.

Ce qu’il s’était passé aujourd’hui l’avait à la fois interpellée et effrayée même si elle ne se disait pas comme quelqu’un de craintif, au manque de répondant flagrant. Sa première vente l’avait rendue disons plus fantomatique, elle ne gardait de l’ancienne Saoirse que l’apparence. Tout avait commencé par des voix s’élevant dans les rues, des esclaves qui se révoltent et elle qui restait près d’Astrid en sachant bien que toute révolte dans ce lieu ne se terminait pas de façon heureuse. Elle s’était retrouvée dans des cachots puis emmenée dans des mines de sel avec des blessures légères mais ce n’était rien comparé à la violence dont avait fait preuve le prince héritier dans l’exécution sommaire de ceux qui leur avait résisté, aux esclaves qui avaient cru un jour pouvoir l’emporter en ces lieux.

Elle avait vu les mines de sel, s’était fait promettre à elle-même de ne jamais en arriver jusque là, de survivre assez longtemps pour espérer qu’Astrid change d’avis sur l’esclavagisme mais que d’ici là elle agirait comme il le faudrait. Si elle n’avait fait que se douter du prix à payer d’un tel affrontement contre le système à la cité, elle venait d’y assister et elle était  encore sous le choc quand on les avait tous ramené à la cité. Elle n’avait pas fait attention, s’était laissée emporter par la foule et Astrid était déjà bien loin. Il lui avait fallut un moment pour le réaliser mais déjà la foule l’emportait à nouveau dans un autre endroit ou s’élèverait une voix qu’elle n’avait pas si souvent entendue. La Grand Place.

Elle est encore un peu ailleurs, p’etre encore dans les mines. Quand son regard se perd dans la foule, il doit y en avoir deux trois comme elle mais qui fixent un point devant eux comme si quelque chose allait se passer. Elle se retourne rapidement, pas très certaine de vouloir savoir ce qu’il va se passer, ce qu’on va leur dire. Ce qu’il s’est passé ils le savent déjà. Elle remarque celui qui attire le regard, qui semble chercher une bonne poire à interpeller. Les rares fois ou elle suit les mouvements de foule, c’est souvent lui qui parle, qui interpelle, qui apaise. Elle a cette envie de ne pas rester là quand il se déplace de son piédestal mais c’est déjà trop tard parce qu’il fait vite et la désigne. « Toi, qu'en penses-tu? N'es-tu pas outrée par le traitement que tu as subis ? »

Elle ne sait pas trop comment s’y prendre ni même ce qu’elle va dire. Elle est encore un peu perdue que pour avoir un avis cohérent sur ce qu’il s’est passé, du moins, s’il est cohérent dans sa tête ce n’est pas pour autant qu’elle le dira de façon cohérente. Voilà. C’est ça tout le problème. Puis, elle ne parle pas beaucoup alors devoir se mettre à parler ici, ça la bloque un peu. Les murmures se font entendre, ils veulent l’entendre, entendre ce qu’il va se passer, ce que le Draghsteel va leur dire. Elle n’est pas si impatiente, n’est pas venue de son gré, s’est vue emportée par la foule. Elle ne veut pas être le centre d’un tout même pour un quart de seconde, même pour une interpellation qui ne restera pas gravée dans les esprits. « C’était un peu du grand n’importe quoi, Prince. » Sa voix n’est pas calme et assurée mais c’est qu’il aurait pu prendre n’importe qui d’autre ayant un peu plus d’aisance dans ce qu’il lui demande de réaliser. C’est simple juste deux questions et en même temps pas si simple que ça. Ce qu’elle lui a balancé c’est la seule chose qu’elle veut bien admettre. Elle n’aurait jamais du se retrouver dans les cachots et encore moins dans les mines de sel, pas si tôt. Jamais : c’est ce qu’elle espère. Elle ne voit pas ce qu’il attend d’elle dans ces questions, préfère ne pas répondre à la deuxième qui dépasserait le cadre de ce qu’il s’est passé juste aujourd’hui. Ce qu’il s’est passé ? Ces exécutions, elle n’aurait jamais du y assister.


— code by lizzou —



Dernière édition par Saoirse Crowley le Mar 9 Oct - 13:55, édité 1 fois
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le Mar 25 Sep - 20:40
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« C’était un peu du grand n’importe quoi, Prince. » Elle n'a pas tord, la gamine. Toi-même, t'as l'impression que t'as rien compris à tout ce bazar. C'est complètement la folie, ce genre d’événements. On te demande rarement ton avis, ni même celui du peuple. Mais toi, t'es la voix du peule hein. T'es celui qui est capable de manier les foules et de ramener tout le monde dans une terre propice. Si seulement tout ça n'était pas pourri jusqu'à l'os. Si t'entrevoyais encore l'espoir de quelque chose de concret et d'idéalise, dans le futur de ce monde, t'aurais sauté les pieds dedans sans aucun doute. Les idées futuristes d'égalité ne sont probablement pas pour ce monde, ça c'est certain. T'observes l'esclave, quand elle prononce les quelques mots. Elle n'a pas l'air bien sereine, probablement qu'elle aurait préféré qu'on lui laisse la paix. Mais il n'y a pas de paix entre les murs de la cité. Pas plus qu'il n'y en a en dehors.

Après tout, si t'avais été esclave, toi, t'aurais été efficace. T'aurais pas été un rebelle, ni un charlatan. T'aurais grignoté les bords du pain dur qu'on t'aurais laissé sans faire de tâches. On t'aurais probablement pas demandé la lune. Tu sais passer le balai et faire la cuisine. Du moins c'est ce que tu penses, parce qu'on t'as jamais vraiment laissé l'occasion de le faire, après tout. T'aurais mélangé les épices par les couleurs, ou les odeurs, empoisonnant ton prochain sans même préméditer ce crime. Sur tes bons et loyaux services tu aurais peut-être gagné une paille. Mais non, fallait que tu naisses là où tu ne risque aucun crime culinaire, aucun coup de balai.

Au fond, cette gamine, elle a l'air de ne rien ressentir. Les mots lui ont échappés comme s'ils n'avaient jamais été suggérés d'une autre manière à son esprit. La foule murmure, derrière toi. Diable, qu'ils sont agaçants. Tu ne sais même plus ce que tu dois leur montrer au juste. Que tout ceci n'est que sottises ? Elle l'a bien résumé. Il n'y avait pas mieux à dire. « Du grand n'importe quoi ? » Tu lâches un petit rire, c'est plus fort que toi. Tu hausses un sourcil et tu regardes la foule. Après tout, tu pourrais leur faire avaler n'importe quoi. « Regardez autour de vous les ravages de ces rebelles. »T’attrapes la main de la demoiselle du bout des doigts. Qu'est-ce que tu vas en faire, t'en sais rien. Tu la lèves en l'air, pour la montrer à tout le monde. Pour avoir l'attention d'une foule, qui cherche autour d'elle ce qu'il y aurait à voir. « Regardez ce qu'ils font à nos esclaves. » Tu la lâches, sans lui laisser forcément plus d'air. Malheureusement l'exemple est tombé sur elle. « Ils nous les martyrisent. Ils nous les ont entraînés aujourd'hui dans un combat qu'ils ne sauraient mener. » Tu marques une pause. Tu prends un air dramatique, et tu regardes la jeune fille droit dans les yeux. T'espères en un sens qu'elle saura jouer le jeu. « Tu as vu ta propre mort aujourd'hui, n'est-ce pas ? » T'es sacrément gonflé, de demander ce genre de choses à une gamine qui n'a rien demandé. Qui sait si elle n'est pas elle-aussi une rebelle, finalement.

Les murmures derrière toi cessent, ils attendent le souffle coupé qu'elle leur annonce la fatalité. « Oui je me suis vue mourir », ou « J'ai cru qu'ils m’ôteraient la vie, mon Prince », c'est ça les mots qu'ils veulent entendre. Pour murmurer de plus belle, après, pour montrer qu'ils ont eu peur, qu'ils ne veulent pas être exécutés. Après tout, certains d'entre-eux ont probablement pensé que cette rébellion était de bonne augure, qu'ils allaient enfin changer le monde. « Ce ne sont pas des innocents qui sont morts. Ce ne sont que les traîtres qui ont été exécutés, nous avons arrêté les fauteurs de troubles, pour éviter qu'ils n'envahissent nos foyers et saignent à blanc cette cité. Grâce au Prince héritier, ils ont laissé les innocents en paix. » Tu le sais hein que tous les regards sont braqués sur toi. T'honores les actes de ton frère sans même le penser, tu passes dessus quelques instants, mais t'es conscient que tout le monde autour de toi sait que les exécutions ont été sommaires et sans préavis. Traîtres ou non. « Pensez aux larmes que nous aurions versé, en laissant nos enfants et nos esclaves, ou nos mères. » Tu caresses la joue de la jeune esclave, devant toi, brièvement, et tu te retournes face à la foule, lui tournant le dos. « Est-ce qu'on va laisser ce grand n'importe quoi nous démunir ? » Tu rattrapes la main de l'esclave et la lève en l'air. « Nous sommes plus forts qu'eux !  », dis-tu, attendant les applaudissements. Même toi, t'es pas vraiment sûr de ton discours, t'as l'impression de les mener sur une voix mi-apaisée mi-farfelue. Au moins, t'as eu le mérite d'avoir des applaudissements, même si tu laisses les gens sceptiques.
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Dernière édition par Demyan Draghsteel le Lun 15 Oct - 20:31, édité 1 fois
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le Mar 9 Oct - 1:14



Sauver les vivants


Demyan & Saoirse
Elle n’y a pas fait attention jusqu’au moment ou les murmures se sont tus. Elle se demande encore ce qu’elle fait là, pourquoi s’est-elle laissée entraîné par la foule, pourquoi s’est-elle laissé emmenée dans le désert, s’était demandée tout un tas de chose si bien que c’était comme si elle n’avait pas fait attention à ce qu’il élève la voix pour qu’ils soient forcés de l’écouter. Elle ne se fait pas à cet endroit depuis un bon bout de temps déjà mais aujourd’hui était pire que les autres jours, elle l’a vu prendre la vie des autres, pas lui, un autre. Celui là qu’elle espère ne jamais recroiser un jour. Elle ne réalise pas tellement qu’il l’interroge en fait si bien qu’elle trouve sa phrase débile en réalité mais que pouvait-elle bien dire d’autre, s’énerver ? Ce n’était pas son style. Elle préférait ruminer dans son coin, se taire puisque c’était ce qu’on leur demandait puis aviser après peut-être préparer le pire, peut-être que la prochaine fois serait la bonne. Oh, depuis un temps aussi qu’elle allait mieux mais après aujourd’hui comment encore pourrait-elle faire l’effort d’aller mieux, en avait-elle seulement envie.

Aucune idée. Elle lui avait répondu sans trop savoir quoi dire puis avait sorti la phrase qu’il voulait entendre, peut-être ? C’était pas à elle qu’on posait les questions d’habitude, il y avait ses périodes ou elle ne parlait pas du tout et c’était pour le mieux car ce n’était jamais vraiment bon signe quand on vous désignait parmi la foule. Aujourd’hui n’était pas son jour de chance, tout de suite, elle essayait déjà de se faire toute petite à peine avait-elle parlé. Ce mouvement de foule avait beau en intriguer plus d’un, ceux qui voulaient des réponses mais ce n’était pas son cas. Elle les avait déjà ses réponses, ce mouvement de foule étaient prévu pour les rassurer eux, pas elle. Jamais ces autre qu’on avait laissé tombé, qui ne savaient plus vraiment à qui accorder leur confiance, s’ils retrouveraient le goût de la vie un jour, pas même après avoir échappé au pire, pas même après aujourd’hui. « N'es-tu pas outrée par le traitement que tu as subis ? » Il s’est adressé à la mauvaise personne. Elle n’a pas répondu. Elle n’est pas l’une des leur, ne veut pas l’être. Tout ce qu’elle souhaite c’est qu’un jour, elle pourra retourner chez les siens mais sait pour autant sa requête sera toujours bonnement rangée dans la boites des impossibles.

« Du grand n'importe quoi ? » Il a beau être celui qui calme les foules en colère, elle ne l’aime pas. Y a-t-il une once de vérité dans ce qu’ils leur balance, au fond, elle n’a même pas envie de le savoir, elle a comme une envie de jouer des coudes pour sortir de la mais là voilà comme coincée à n’avoir pas d’autre choix que de rester, de regarder celui là se donner en spectacle pour qu’ils oublient ce qu’il s’est passé parce que c’est exactement ce qu’il fait et il le sait. « Regardez autour de vous les ravages de ces rebelles. »

Elle n’avait qu’à y aller. Tant mieux, il avait déjà passé à autre chos… Et voilà que non, voilà qu’ils n’en ont pas assez de leur priver de liberté, la voilà résignée au rôle de pantin et ça, elle le supporte difficilement. Elle a du mal à rester impassible et pourtant elle essaye, c’est beaucoup mieux pour elle. « Regardez ce qu'ils font à nos esclaves. » C’est qu’elle fulmine l’esclave, n’ont-ils donc aucune conscience pour voir ce qu’ils font aux autres ? A ceux dans sa condition, à ceux qui sont morts dans les mines, qui y crèveront encore ? Et pourtant là encore, elle ne voit pas comment elle pourrait agir, elle trouve crétin ceux qui décident de fuir, ceux qui choisissent de se rebeller contre un système établis d’avance, qui ne changera pas. Elle l’a déjà vu pour les plus hauts placés qui ont essayé. Rien ne changera jamais avec ces gens au pouvoir, rien ne changera jamais avec ces gens du désert qui, au fond, ne veulent pas que cela chance. Colère. Frustration. Désespoir, lorsqu’elle se rend compte qu’ils ne peuvent rien faire, que même le plus déterminé rebelle de cette cité ne fera que se heurter à un mur.

« Ils nous les martyrisent. Ils nous les ont entraînés aujourd'hui dans un combat qu'ils ne sauraient mener. » Il continue sa tirade bien rodée, comme s’il avait mis des heures avant de se décider sur quoi dire aujourd’hui et d’un coup elle se demande s’ils connaissent la spontanéité, s’ils ont déjà connu autre chose que cette façon d’être inculqué par ces autres aussi qui n’ont connus que ça.

Probablement pas.

Probablement qu’en dehors de cette cité, aucun d’entre eux ne saurait comment agir alors qu’elle s’en sortirait très bien. En dehors de leur cocon de sable, ils ne sont pas bons à grand-chose. Est-ce que ça la rassure, elle n’en sait rien mais ça la conforte dans l’idée que le désert les protège comme les enferme. Sans lui, ils ne seraient rien. C’est bien évidemment ce moment que choisi le marionnettiste pour agir à nouveau. C’est déjà bien qu’il décide de faire d’elle ce qu’elle veut, un hochement de tête suffira pour répondre à sa question, elle espère du moins. Elle n’a rien à dire au fond, c’est son discours à lui. Et ça l’emmerde parce que ça ne suffit pas. Ils l’ont vu aussi non ? Pas tous. «  Oui je me suis vue mourir. » Elle s’est vue mourir ici pendant deux ans et si cela allait mieux, cela va recommencer parce que même les belles paroles du Prince ne parviennent pas à la rassurer, ne parviendront pas à rassurer un seul esclave dans les environs.

Elle l’écoute à moitié mais eux boivent ses paroles. Les Rahjaks dormiront plus sereinement ce soir, certains d’entre eux, les mieux lotis de la population. Elle ne va pas argumenter, cesse tout simplement de se dire que tout ce qu’il dit n’est que foutaise, pour eux, c’est la vérité et c’est la seule chose qui compte. Aurait-elle agit de la même façon si elle avait été l’une des leurs ? Elle n’en sait rien. Peut-être se serait-elle plu dans un tel système, elle ne peut pas le deviner, elle n’est qu’une Pikunis enfermée dans les murs de cette cité. « Pensez aux larmes que nous aurions versé, en laissant nos enfants et nos esclaves, ou nos mères. » Elle réprime un soupir las de ses phrases toutes faites quand elle sursaute surprise et à la fois en colère par son toucher. S’il n’avait pas été prince surement qu’elle l’aurait giflé peut importe les conséquences. Elle se demande quand cette comédie cessera, quand elle cessera tout aussi bien d’être ce centre de l’attention rien que pour une fraction de seconde même si elle sait tout autant qu’ils auront tourné la page dès l’instant ou ils se seront détournés d’eux. C’est ce qui arrive après quelques applaudissements, certains plus fort que d’autres mais seuls les plus forts seront retenus pour ce jour. Elle attend un peu, ne sait pas comment réellement agir. Les mouvements de foule sont des plus dangereux même si on lui a laissé un peu d’espace. Le sien, c’est tout autre chose. La foule se disperse un peu même s’ils sont encore présents autour d’eux eux aussi à jouer des coudes tout en évitant le prince, tout en ne l’évitant pas elle. «  Mais attention. » Elle parle d’une voix calme, ne s’adresse pas réellement au prince qu’elle suppose être déjà parti tout en le bousculant par inadvertance. Chacun à son tour envahit l’espace personnel de l’autre sauf que pour elle c’est beaucoup plus grave. « Joli discours. » C'est tout ce qu'il trouve à dire. La voilà qu’elle ne fait pas attention en oubliant le titre de noblesse utilisé pourtant plus tôt, la voilà peut-être qui utilise un ton un peu plus sec d’avoir aidé bien malgré elle ceux qui ont instauré ce qu’elle est devenue aujourd’hui, celui qui ne lui rendra jamais la pareille parce qu’il ne lui doit rien, selon eux c’est même totalement l’inverse.


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le Ven 26 Oct - 21:11
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Saoirse Demyan

 
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Ton discours doit paraître pitoyable, aux yeux des rebelles. tu ne penses pas en connaître un seul, et pourtant, ils doivent être là, autour de toi et de vous. Ta main lâche celle de l'esclave quand tu penses que ce n'est plus utile de la mettre en avant. Tes yeux scrutent les réactions autour : les sourires, les grimaces, les rires. Rien n'est laissé au hasard, ici, et même si ils se cachent parmi la population, ils ne resteront pas indéfiniment à découvert. Tu espères que cette histoire ne prendra pas de tournure mauvaise.

Les mains claquent, autour de toi. Le bruit serait insoutenable pour quiconque n'aime pas être vu ou reluqué. Mais toi, Demyan, t'as peur d'aucun de ces regards. Ils sont tournés vers toi, tu les as demandés, tu les as cherchés. Tes yeux voient cette foule abondante. Même si ce n'est pas toi qui les as réunis, tu les as happés et entraîné dans ton petit jeu. Ils ont écouté tes sornettes bien tournées. Maintenant, ils tapent leurs mains l'une contre l'autre. Dans un autre monde, tu serais le Vaniteux. Celui qui tient son chapeau d'une main et l'abaisse dès que les mains se choquent entre-elles. Mais tu n'as pas de chapeau. Tu es bien plus subtil, te contentant de sourire. Autour de toi, la foule se disperse sans jamais te toucher. Elle t'évite, comme un mauvais venin. Tu es un cristal qu'on craint de briser à la moindre poussière, on ne touche pas au Prince. A moins de ne pas vouloir garder sa tête ailleurs que sur une pique.

L'esclave te percute. Elle est ballottée par les autres, poussée un coup à gauche, un coup à droite. Elle n'est pas épargnée. «  Mais attention. » Elle brise en une fraction de seconde l'espace vital qui t'entoure. Elle entre dans ton cercle privé, et aucun de tes gardes ne pense à poser une main devant elle, pour la faire reculer. Tu leur en feras cas plus tard, tes yeux sont happés par l'esclave. Elle ne semble pas beaucoup plus jeune que toi, et pourtant, elle a cette innocence juvénile que tu ne saurais qualifier. Tu ne relève pas le manque de respect dans sa voix, qui semble plus usée et calme que colérique. «  Ne bouge pas », dis-tu, en lui saisissant le bras. Tu n'apprécies pas réellement que la foule ne se soucie pas de là où elle mettes les pieds. Qu'elle marche sur la jeune fille, sans se demander quel mal elle causera. Qu'importe ce que penses la foule, tu la maintiens là; pour éviter qu'elle ne soit emportée ou piétinée.

« Joli discours. » « Tu n'en crois pas un mot », lances-tu, sans plus de cérémonies, lâchant son bras. T'es un peu plus sec, que quand tu parlais à la foule. Tu as l'impression d'avoir épuisé tes mots, d'être un peu fatiguée, même si les réactions de celle-ci auraient dû te revigorer. Cette journée t'as semblé éprouvante. La rébellion n'est pas chose aisée à suivre, et les actes de ton père et de ton frère ne sont pas une mince affaire non plus. Vous n'êtes passés qu'à un pouce de la catastrophe. « Tu regrettes, de t'être trouvée là », dis-tu. T'affirmes un peu avec certitude qu'elle n'a pas apprécie ce bain de foule. C'est ce que tu as eu l'impression d'entendre dans ses mots et de voir dans ses yeux. Pourtant, elle n'a pas fuit. Elle est restée là, quand la foule se poussait, au lieu de disparaître.

Probablement pas de sa volonté.

Rien n'est volonté des esclaves, ici bas. T'as l'impression de voir en elle l'incarnation de toutes les valeurs que tu te tues à cacher au fond. Cette injustice te révolte, mais c'est monnaie courante de se taire. Ce ne sont que des non-dits, des regards. Au fond, l'action rebelle n'a pas tord, mais elle ne changera absolument pas le monde. Les rébellions n'ont jamais mené bien loin, c'est connu. Même si le trône était renversé, ce ne serait que chaos et feu. A ville finirait par se transformer en cendres. Qu'il y ait un Prince pour prévenir, ou non. Même toi, tu n'es qu'un pion qu'il faudra un jour faire bouger contre son gré.

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Saoirse Crowley
DATE D'INSCRIPTION : 13/04/2016 PSEUDO/PRENOM : Mystery Light MULTICOMPTES : Liam, Near, Elijah, Cassandre MESSAGES : 2252 CELEBRITE : Taissa Farmiga COPYRIGHT : balaclava. & Signa : ishtar ÐVÆLING, Soan METIER/APTITUDES : Esclave Rahjaks, ancienne Pikuni (botaniste, soin) TRIBU : Ancienne Pikuni POINTS GAGNES : 218
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Sauver les vivants (Saoirse) Empty Re: Sauver les vivants (Saoirse)

le Dim 9 Déc - 0:27




Sauver les vivants


Demyan & Saoirse
Elle a l’impression de jouer un rôle. C’est ce qu’elle fait. A-t-elle le choix ? Beaucoup lui diraient que oui, on a toujours le choix. A-t-elle réellement le choix ? Elle n’en est pas si certaine. Elle a eu le choix de tenter de fuir, ce qu’elle n’a pas fait avec raison. Elle sait ce qui attend à ceux qui tentent de faire quoique ce soit, elle a préféré en finir à sa façon mais là aussi, la tentative s’est révélée vaine. Elle aurait pu plus mal finir, on aurait pu l’envoyer aux mines mais heureusement, ce n’est que son premier faux pas dans sa vie d’esclave. Est-ce pour ne pas dévier de la trajectoire de sa vie qu’on a en partie choisi pour elle qu’elle agit ainsi comme un automate depuis quelques mois ? Cela ne lui ressemble pas aurait dit l’ancienne Sao mais l’ancienne Saoirse n’est plus là. Ne reste que l’amère qui reste en vie, qui ne sait pas quoi faire de la sienne. ‘Ils nous les martyrisent. Ils nous les ont entraînés aujourd'hui dans un combat qu'ils ne sauraient mener.’ Elle sait bien évidemment de qui il veut parler, ils le savent tous. Il veut, la famille royale veut que tout le monde croie que tout est remis dans l’ordre. Vraiment ? Là encore, c’est le vide qui lui répond. Il y a comme un vide qui l’enveloppe depuis des mois.

Qu’ils ne sauraient mener.’ Elle a beau leur en vouloir, c’est une vérité qu’il énonce ici. Elle ne voit pas comment quiconque pourrait agir ici. Ils pourraient réfléchir à leur situation pendant des années, il y aura toujours la foule en grande partie favorable pour le pouvoir mis en place même s’il est sévère, impitoyable et ce même si le Prince est mis en avant comme pour adoucir leur vision des choses, il n’est est pas moins que lui aussi souhaiterait que tout se calme, que cette rébellion s’étouffe à son commencement, c’est ce qu’il s’est passé là-bas, ils ne pourront pas se relever : aucun d’entre eux. Elle a ressenti de la colère bien sur mais maintenant c’est surtout la lassitude qui revient en comprenant ce qu’elle a compris dès ses premiers mois ici : jamais rien ne change. Tout restera ici, chaque chose à sa place et le peuple s’endormira apaisé comme à chaque fois.

Elle fait à moitié attention quand elle se déplace, quand elle le bouscule, quand elle lui balance cette phrase spontanée pourtant bien mensongère même si c’est assez vrai quelque part. Pour le peuple lambda, ce discours devait être beau, ce discours a été dit de façon admirable. Le peuple dormira mieux ce soir. Elle ne sait pas trop ce qu’elle fait, comment elle doit s’y prendre parce qu’elle n’a jamais eu à leur faire face même si l’ombre de leurs visages se dessine dans sa tête. Il en est un qui sera plus précis aujourd’hui, celui qui lui tient à nouveau le bras. ‘Encore ?’ Elle ne comprend pas tout de suite, il lui faut un moment de réflexion avant de comprendre qu’il ne veut pas attirer l’attention de la foule, c’est inutile, son discours est terminé. Ce qu’il lui reste c'est qu’il veut simplement l’aider à se dégager de cette foule qui peut être meurtrière si l’on n’y prend pas garde. Elle se fait toute petite, préférerait être déjà loin plutôt qu’ici mais dans toute sa raison elle sait que c’est mieux ici qu’ailleurs, que ballottée à en avoir des bleus pour une foule qui joue des coudes pour s’en sortir mieux qu’elle. Chacun pour soi.

« Tu n'en crois pas un mot. » Elle ne répond pas. Il n’est pas idiot, aucun d’entre eux ne l’est même celle qui a l’air d’être tout le temps la plus belle ne doit pas l'être. La plus jeune non plus même si elle parait comme écrasée par le charisme des trois autres. Si seulement ils pouvaient lui laisser un peu de place, elle volerait de ses propres ailes. Elle sait ce que cela fait de se sentir comme de trop, pas nécessaire dans ce monde ou le plus imposant restera vainqueur, sortira indéniablement du lot. Ici, elle s’est toujours montrée plus effacée, n’a jamais eu de problème avec ça jusqu’au moment où on a commencé à l’oublier, à la mettre de côté. Une esclave importante ? Ce n’est pas ce qu’elle souhaitait non mais une esclave oubliée c’est être un fantôme.

C’est la mort sans la vivre.

« Tu regrettes, de t'être trouvée là. » Il parle pour deux, semble comme fatiguée d’avoir ce rôle de réparateur. Que pense t-il de tout cela, elle n’en sait rien. « Pas plus que de m’être retrouvée là-bas. » Le même scénario s’est reproduit par deux fois aujourd’hui. Eux l’ont emmenée dans les mines, lui s’est servi d’elle pour le bien de la royauté, deux schémas identiques pour deux causes qui leur sont propres, deux causes et elle ne peut se rattacher réellement à aucune d’entre elles. Éternel néant, lassitude d’avoir appris à se taire pendant deux ans si bien qu’elle ne parvient même pas à se dire qu’ils ont eu raison ces esclaves parce qu’au moins cela fera bouger les choses. Elle n’en est pas si sûre, ne voit pas comment un système tel que celui là pourrait changer, évoluer.

Ils n’ont pas envie que cela change. Ils se ferment dans un moule. Ils seraient totalement perdus n’importe où ailleurs sur l’île. Ils sont bien ici. Là où elle se sent mal de ne pas ne serait-ce qu’approuver à cent pour cent le geste de cette rébellion dont elle ne connaissait pas l’existence jusqu’à ce jour.

« Et vous ? » Elle ne devrait pas poser la question. L’interroger c’est le remettre en cause, se demander, lui demander, oser lui demander ce qu’il aurait dit à quelqu’un qui en aurait rien eu à cirer de tout ça sauf d’avoir cette curiosité surement mal placée. C’est celle qui l’habite en ce moment, ce n’est qu’un jeu de pouvoir pour eux, c’est la vie pour ceux d’en bas. Elle se demande où est la limite pour ceux d’en haut de jouer avec leurs vies. Elle reste sans bouger, sa limite à elle d’esclave à un membre de la famille royale, elle l’a déjà dépassée. Elle n’aurait pas du lui dire ça.

Spoiler:

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Demyan Draghsteel
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le Mer 17 Avr - 22:50
sauver les vivants
Saoirse Demyan

Learn to enjoy every minute of your life. Be happy now. Don't wait for something outside of yourself to make you happy in the future. Think how really precious is the time you have to spend, whether it's at work or with your family. Every minute should be enjoyed and savored.
Earl Nightingale

Les contacts semblent irréels, dans cette foule qui se masse. Elle embrasse chaque parcelle de vos corps, si fébriles devant tant de vent. Elle est pressante et oppressante. Projetés, l'un l'autre. Perte de contrôle, quelques instants. Tu n'es pas vraiment apeuré, par cette foule qui se déplace. Mais un instant, un tout petit moment, tu te prends de plein fouet le vent de la rébellion. Que feriez-vous face à des foules en colère ? Quelques minutes, vous savez les contrôler. Quelques instants, vous pouvez gronder. Mais vous êtes si peu, si futiles devant tant de violence. Peu importe les armes que vous portez ou les drapeaux que vous agitez. Face à une telle colère, un tel empressement, vous ne seriez que des insectes. Vainement petits face à des colosses.

Vous êtes là, face à face. Quand la foule se desserre, tu respires enfin. Vous échangez, quelques mots rapides. A peine murmurés, si peu audibles après tout ce vacarme. Elle est jolie, la jeune esclave. Tu l'as exposée aux yeux de la foule, en t'adressant à elle. Peu importe, finalement, son consentement. Elle a été contrainte, probablement juste parce qu'elle a levé les yeux. Croisé ton regard. Tu avais besoin d'un modèle, de quelqu'un qui vienne là pour détourner leur attention. Les Rahjaks sont fougueux, ils savent difficilement traiter les autres avec équité ; quoi de mieux que la voix des oppressés pour détourner leur regard des actes rebelles. Quelque chose qui leur fasse dire « mais on s'en fiche », « il n'y a rien d'intéressant ici ». Tandis que les autres, se diront qu'on les écoute. Peu importe au final les mots qui sont prononcés, ils voulaient entendre des choses pour être rassurés. Chacun dans leur condition. Elle-même, n'y a pas cru. « Joli discours », c'est tout ce qu'elle en retient. Cela aurait probablement pu être un brin moqueur, si elle avait eu l'audace de te parler ainsi. Mais c'est simplement, un constat. Tu parles bien, pour ne pas dire grand chose. Tu ne te convaincs même pas toi-même. Tu leur donnes du spectacle, des jolies phrases. Mais ce n'est que du vide.

Tu regardes ses yeux un instant. Avant qu'elle ne te réponde. Elle est jolie, pas banale, un petit tableau d'originalité dans les diversités de couleur de la cité Rahjak. Le teint blanc, très froid, tu te demandes parfois si elle voit assez le soleil. Dans le désert, elle devrait avoir de jolies couleurs. Mais sa peau semble intouchée, insensible au soleil. Ses yeux bruns, loin du gris des tiens. Elle réponds à ta question, d'un air détaché. « Pas plus que de m’être retrouvée là-bas. » Bien sûr, qu'elle n'aurait voulu ni être ici ni être dans les mines. Ils ont pris des gens au hasard, ont empoigné d'une main de fer des esclaves et des gens qui n'avaient pas spécialement demandé d'être secoués. Ils ont beau dos, finalement. Un instant, un éclair traverse ton esprit. Un poil paranoïaque, parfois, tu t'imagines qu'elle y est allée de son plein gré. Peut-être que d'autres, ici, font partie de ces rebelles qui veulent tout changer. Peut-être, qu'à un moment, elle a trouvé leurs idées justes. Mais elle semble si détachée, si peu intéressée.

« Et vous ? » Elle te demande, presque innocemment. Elle a l'air aussi perdue que sûre d'elle. Tu n'arrives pas à saisir les émotions qui passent dans ses yeux. Tu réfléchis, te demandant s'il est vraiment opportun de lui donner une réponse. Les mots peuvent avoir une portée trop importante, s'ils sont entendus par les mauvaises personnes. Tu regardes autour de toi quelques instants. Quelques oreilles, traînent probablement. Les rumeurs courent vite, elles deviennent un vent qui devient insaisissable dès lors qu'il commence. Il est impossible à arrêter. Seulement, tu pèses tes mots, quelques instants. Tu dis : « Une nécessité pour le peuple. ». Fortement décalé, différent des autres. Inconsciemment, tu te places supérieur à loin. Pourtant, tu te détestes ainsi. Traiter chacun des êtres de la cité comme un seul homme, comme un peuple. Comme si aucun n'était aussi important que toi.

Tu lui emboîte le pas. Très léger, tout doucement, vous commencer une marche d'une lenteur infinie. Tu imposes, d'un geste de la main l'obligeant à suivre tes pas. La foule dispersée, vous pouvez vous mouvoir sans risque d'être à nouveau bousculés. « Qu'as-tu retenu, de ce que j'ai dis ? », demandes-tu doucement. Une manière douce d'engager la conversation. Tu n'as pas nécessairement envie de parler des rebelles, vu l'intérêt porté à ces événements toute la journée. Tu ne veux pas non plus remuer le couteau dans la plaie. D'un regard, tu la dévisages pour te demander si elle n'a aucune égratignure. « Ce n'est pas toujours agréable de se retrouver face à la foule », lances-tu, un sourire en coin. Bien sûr, toi, tu aimes les applaudissements et les regards. Tu as l'impression qu'ils te rendent indestructible.

Si seulement c'était vraiment le cas.

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