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˜˜˜˜˜˜Wish we could... [Roan, Arméthyse]
maybe life should be about more than just surviving


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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1381 Jessica Parker Kennedy praimfaya (avatar) esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 843
† Game of survival †


Sujet: Wish we could... [Roan, Arméthyse]
Ven 6 Avr - 21:01


   
Wish we could
Ezra & Roan

   
« Wish we could turn back time, to the good old days »
« Je ne peux plus rester. » Il fallait que je reparte. Obligée de le faire. « Elle était là. Je peux pas faire comme si ce moment n'avait pas existé. » Ne pouvant pas faire comme si son apparition sur la plage n'avait pas été une illusion. Ne pouvant faire comme si ce moment n'avait pas existé. Elle avait percé cette bulle que j'avais tenté de créer de nouveau. Elle m'avait rappeler ce que c'était d'être près d'elle et autant loin d'elle. Ce même serrement au coeur. Ayant tenté de l'oublier. Ayant fait tout ce que j'avais pu alors que d'elle-même elle avait jeté notre histoire aux flammes. Elle était partie sans un mot et si je n'avais pu que me rappeler la volonté d'Arméthyse que je la retrouve, que je tente de la retenir. Il ne restait pas moins que ce même déchirement au bord de mon coeur était là. De nouveau là. Une plaie rouverte à chaque fois que je la revoyais. M'ayant hypnotisée. Détestant autant cette emprise qu'elle avait sur moi alors que tout se mélangeait dans ma tête.

J'avais enfin trouvée une place pourtant. Ayant retrouvée Arméthyse. Ayant tentée de réaliser ces projets les plus fous. Ayant pu sourire de nouveau. Enfin libre. Des sacrifices qui en avaient valu le coup alors que je n'avais seulement retrouvé le sourire mais j'avais pu voyager autour. Si l'on passait au-delà de ce sentiment de peur, de la paranoïa, de cet élan de méfiance, du sang sur les mains, de la crainte que Roan me retrouve, les mercenaires ne la fassent ou même elle, cette histoire avait pris l'allure d'une fin heureuse. Erreur. De retour avec cette pointe de naïveté alors que ce petit monde s'était de nouveau brisé, effondré.

Des pensées qui se bousculaient. Ce sentiment de paranoïa de retour. Elle m'avait retrouvée. Plus tombée sur elle que l'inverse. Ce qui ne voulait pas dire que Roan ne pouvait pas le faire. Ce qui ne voulait pas dire que d'autres mercenaires n'étaient pas sur nos poursuites. Ce qui ne voulait pas dire qu'elle ne jetterait pas mon nom aux flammes. Ce qui ne voulait pas dire que je ne serai pas dénoncé. Ce sentiment d'insécurité de retour. La crainte de mettre Arméthyse en danger, ou encore Hyacinthe ou les dernières personnes qui avaient croisées ma route. Sentiment d'insécurité que je détestai. Sentiment que je détestais alors que je ne pouvais qu'avoir cette impression de les laisser gagner. Laissant la peur gagner. Laissant Roan gagner. Laissant un monde où les mercenaires l'emportaient alors qu'entendre leur nom suffisait à apporter terreur et grondement.

N'étant pourtant aussi faible qu'avant alors que je n'avais pu qu'apprendre à me battre. Un corps qui s'était renforcé musculairement. Une dague qui ne pouvait que se retrouver entre mes mains que désormais trop rapidement. Des réflexes désormais acquis. Ce qui ne voulait pas dire qu'ils seraient suffisants. Consciente que j'avais été de nouveau chanceuse alors que là-bas sur cette plage au sable fin elle aurait pu me tuer de nouveau. Vivante de nouveau. Vivante certes mais à quel prix alors que mon regard était de nouveau hanté. Un visage que je ne pouvais que rêver. Et des yeux qui changeaient. Un visage qui se transformait. Une décision pourtant prise. « Je t'aimerai toujours princesse mais je dois partir. Je peux pas rester et te mettre en danger. Et c'est peut être fou mais il faut que je la retrouve. Je dis pas que je me jetterai dans la gueule du loup mais il faut que je tente quelque chose, que je m'en aille ici. » Un dernier regard.

Chevauchée depuis. Argo, toujours là. Fidèle compagnon qui ne m'avait plus quitté, continuant de prendre soin de moi. Une promesse accomplie. Et ne pouvant que continuer de m'éloigner de cette bulle que j'avais formée près de la mer, là où le calme régnait. M'éloignant de cette bulle pour me diriger vers la cité. Un coup de tête. L'espoir de revoir le visage de Shanareth. De la folie. Aucun plan en tête. Ne pouvant que suivre mon coeur. Des tentatives sans savoir ce que je faisais réellement. Des flammes qui continuaient de brûler alors que je m'enfonçais plus profondément parmi les arbres. Et la nécessité pas moins de s'arrêter. Un sifflement. Le camélidé qui ralentissait le pas, avant de s'arrêter. Une caresse. Descendant souplement sur le sol. Oublié les robes. Oubliée cette fois-ci les beaux tissus, et les bijoux. La pratique préférée à la beauté pour cette fois-ci. Ombre de changement dans cette tenue qui moulait peut être autant mes courbes. Ombre de changement alors que je n'étais plus cette esclave qui avait quitté la cité. Toujours en fuite, certes. Mais sans aucun doute plus maître de mon destin que je ne l'avais été avant, du moins c'était ce que je tentais de croire. Tentant de croire que le dieu du soleil n'avait pu qu'exaucer ma volonté, et que ses plans se dessinaient. Et alors que je posais mon regard autour, je ne pouvais que laisser Argo en liberté. Ce dernier qui ne s'en irait pas, loyal. Une gourde d'eau attrapée. Gorgée d'eau avalée. Précieuse denrée que je n'avais jamais trouvée si abondante qu'en dehors de la cité de feu. Et des oiseaux qui se taisaient soudainement. Battements de coeur qui s'accéléraient. L'adrénaline qui affluait dans mes veines alors que la dague se retrouvait entre mes doigts. Non il était certain que je ne ressemblais plus en rien la personne auquel j'étais auparavant. Des fragments laissés derrière. Ce qui était sans doute mieux. Ne m'attendant toutefois pas à replonger dans ce même passé. Erreur. Encore.
(c) DΛNDELION


Dernière édition par Ezra Aerys le Ven 17 Aoû - 8:31, édité 1 fois

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Sujet: Re: Wish we could... [Roan, Arméthyse]
Lun 25 Juin - 23:32


 
Wish we could...
Ezra & Roan & Arméthyse

 
« L'esclave peut vivre esclave, sans trop en souffrir ; mais l'homme qui a conquis la liberté ne saurait plus vivre sans elle. »
Elle s’était enfuie, il devait bien s’y attendre ? Au moins… qu’un jour elle décide de prendre la poudre d’escampette, mais peut-être l’eut-il pensé pas assez forte pour le faire ? Il l’avait sentie glisser entre ses doigts quand ses yeux se posèrent sur elle et la mercenaire. Pas une seule journée s’écoulait sans qu’il pensât à elle, à la manière dont il la ramènerait, à la manière dont il la briserait en mille morceaux. Il laissa Shanareth partir à la recherche d’Ezra. Il avait eu d’autres chats à fouetter dont cette Arméthyse. Elle qui avait pris part au plan de l’esclave pour s’échapper. Puis, aucune nouvelle de la mercenaire, elle semblait faire profil bas à son retour. L’avait-elle croisée ou seulement vue ? Shanareth pouvait faire preuve d’une telle bonté ? Il n’y croyait pas un instant.

Roan fit des provisions, en vue d’un long voyage, et les attacha à sa monture. Il était déterminé à la retrouver et à lui faire payer. Perdre son esclave ainsi, faisait de lui un maître faible… un mercenaire faible. La honte ravivait cette ancienne rage qu’il entretenait plus jeune, celle qui le poussa à être qui il était maintenant. Certainement la même qui fit fuir Erika.

Une fois dans le désert, il avait peine à croire qu’Ezra s’en soit sortie. Quoiqu’elle ne fût pas à pieds, car elle avait volé la monture de la mercenaire. La jeune femme avait commis plus d’un crime.

Des arbres apparurent à l’horizon, il approchait de la forêt et comptait bien s’y enfoncer. Le mercenaire voyageait souvent, mais il ne s’aventurait pas si loin, les esclaves pouvaient rarement se rendre à ce stade. Le désert les ralentissait trop. Ezra avait su se rendre encore plus loin. Il restait à l’affût du moindre bruit, du moindre mouvement. Se permettant quelques arrêts à l’occasion pour boire. Il arriva finalement à la lisière des arbres.

Le chameau trouve son bonheur lorsqu’il s’arrêta pour prendre du repos. Le lendemain, une nouvelle journée éprouvante à s’enfoncer plus loin dans la forêt. Cette fois, au moins, le soleil n’était pas aussi tapant que dans le désert.

Où avait-elle pu aller ? Chez quelle tribu ou encore chez ceux tombés du ciel ? Roan continua son voyage, peut-être approcher de la côte ? Pour un esclave rêvant de liberté, l’endroit semblait être idéal. Malgré son manque d’informations quant à sa situation, il n’abandonnerait pas sa chasse. Elle lui appartenait et il n’allait pas rentrer bredouille à la cité de feu, sous le regard de ses comparses mercenaires. Quelle honte.

Quelques jours sans trace, sans aucun indice d’où pouvait être l’esclave. Fruit du hasard, de loin, il aperçut une silhouette se déplaçant sur un camélidé.  Le mercenaire ralenti le pas de sa monture, continua vers sa cible. Il s’arrêta, descendit de l’animal, il prit soin qu’il ne s’enfuit pas. Il s’approcha de la silhouette, maintenant, elle aussi arrêtée. Roan constata que cette personne était bien celle qu’il cherchait depuis un bon moment. Les oiseaux perchés sur les branches des arbres avaient brusquement arrêté leur chant à son approche. Ces bêtes trahissaient sa présence. Le mercenaire cessa sa subtilité pour apparaître derrière la demoiselle. Sans aucune arme dégainée, arborant la même fierté, la même confiance et cet air arrogant qui déplaisait à plusieurs. Silence. Son esprit vagabondait entre l’idée de mettre fin à sa misérable vie et celle de la ramener vivante. Une punition était néanmoins nécessaire. Il pencha la tête, remarquant la dague qu’elle tenait qui ne manqua pas de déclencher un rire.

« Tu crois que ça va m’arrêter ? »

Il fit un pas de côté, marchant autour d’elle comme un prédateur ferait avec sa proie. C’était belle et bien ce qu’elle était. Une proie. Calme… Le mercenaire était trop calme, il se contenait. Ezra l’avait mis dans une telle fureur que si elle explosait, peut-être la jeune femme n’en sortirait pas vivante. S’il la tuait, il comptait le faire à mains nues. Il croyait pas qu’elle puisse l’atteindre avant qu’il ne fasse quoi que ce soit.

La revoir écarta l'espace d'un moment sa rage pour réaliser qu'elle lui manquait; sa présence, leurs altercations fréquentes, quelques discussions abordées. Il exécrait toujours les esclaves, mais la sienne… un peu moins quoiqu'il refusait, pour l'instant, de se l'avouer. Le reconnaître serait pour lui nier tout ce qu'il était et accepter ses origines. Hors de questions. Ces retrouvailles seraient son malheur. Voilà. Des retrouvailles malheureuses.

Retour à la colère.

« J'espère que tu as profité de ta liberté, car je viens reprendre mon dû. » Siffla-t-il au travers de ses dents serrées.

(c) DΛNDELION

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Sujet: Re: Wish we could... [Roan, Arméthyse]
Mar 26 Juin - 22:35


   
Wish we could
Ezra & Roan & Arméthyse

   
« Wish we could turn back time, to the good old days »
L’impression que le monde disparaissait. Ou peut être qu'il n'avait pas disparu. Peut être qu'il avait simplement éclaté en de milliers de fragments comme mon coeur.

Vague émotionnelle qui me submergeait alors que je me retrouvais soudainement incapable de bouger. Silhouette qui s'avançait. Aussi majestueuse, hypnotique que mortelle. Ce même regard qui avait le don de vous mettre à genou que de vous glacer le sang. Incapable de prononcer un mot alors que les battements de mon coeur s'étaient accélérés. L'impression que mon coeur allait exploser. Ce n'était pas Shanareth. Non. Il n'y avait aucun bondissement en avant, il n'y avait que ce soudain étau de peur qui emprisonnait mon coeur. Incapable de détacher mon regard de la silhouette qui s'avançait dans ma direction. Silhouette dont je ne pouvais détacher mon regard alors qu'il s'approchait de sa démarche féline. Aura de dangerosité tout autour de lui. Tout mon instinct qui me criait de lui réellement, de prendre mes jambes à mon cou. Mais comme une idiote je ne pouvais que rester là alors que la distance se réduisait. Distance qui se réduisait bel et bien. A chaque pas qu'il effectuait, Roan était un peu plus proche.

Il m'avait retrouvé. Ces mêmes mots qui tournaient en boucle dans mon esprit, à toute vitesse, presque à me rendre folle. Ne me demandant pas comment il avait fait pour me retrouver. Ne me posant pas cette question du pourquoi. Ne me demandant pas comment il avait réussi à remonter ma piste alors que les mois s'étaient écoulés depuis mon départ de la cité. Ne me demandant pas s'il avait réussi à faire parler Shanareth. Ne me demandant pas si la jolie brune avait avoué la vérité sous le coup de la haine, après que j'avais piétiné son coeur. Ne me demandant pas pourquoi il n'apparaissait que maintenant, alors même que des mois, voir même plus d'une année s'était écoulée. Non, je ne me posais pas toutes ces questions. Pas tout de suite. Comme si mon cerveau n'était pas en capacité de se poser toutes ses questions. Ce qu'il n'était sans doute pas en capacité de faire, comme geler. L'ironie. Je pensais être prête à lui faire face. Mais en fait je ne l'étais pas. Tout le courage qui s'était emparé de mon corps alors que j'en étais venue à décider de fuir. Tout le courage qui s'était emparé de mon corps alors que j'avais passé les murailles de la cité sans me retourner, que j'avais fui la cité et lui. Tout ce courage ressenti il n'était soudainement plus là. Il m'avait déserté aussi simplement que cela. Figée sur place alors que je ne pouvais que le regarder s'approcher toujours un peu plus. Il m'avait retrouvé. Unique constat qui tournait en boucle dans mon cerveau. J'avais toujours su qu'il me retrouverait, que ce soit lui ou Shanareth ou un autre mercenaire. Je m'étais toujours doutée qu'ils me retrouveraient. Shanareth l'avait fait. Je n'avais aucune expérience dans la fuite. Je n'avais sans doute pas si bien masquer mes traces. Une erreur de se croire en sécurité. Une erreur de croire que la peur pouvait nous quitter, que pendant l'espace d'un instant il n'y avait plus besoin de regarder en arrière. J'aurai toujours du être en mouvement. Je n'aurai jamais du m'arrêter. Ce qui aurait été le choix logique à faire mais au contraire j'avais décidé de mordre la vie à pleine dent, de ne pas me retourner à chaque seconde sur le passé. Peur que j'avais décidé de reléguer au second plan. Consciente là aussi que si le choix était à refaire, je le referais. Mais alors qu'il s'avançait toujours un peu plus, je ne pouvais que me dire que ce magnifique rêve que j'avais vécu il venait subitement de prendre fin. Un retour autant brutal à la réalité. Un retour encore plus brutal que lorsque j'avais vu Shanareth. Avec elle, je pensais avoir une chance. Là, j'avais l'impression de voir la mort en face de moi.

Et la seule arme que je possédais était cette minuscule lame. Je ne possédais que cette dague que je tentais de maintenir sans trembler. Enfin ce n'était pas tout à fait exact alors que je possédais cette lame si ce n'était ce savoir que j'avais retenu. Des leçons aussi que m'avaient données à la fois Shanareth et Arméthyse. Savoir qui semblait bien dérisoire alors que mon regard ne le quittait pas. Me forçant de rester en place. Me forçant de ne pas trembler. « Tu crois que ça va m’arrêter ? » Réponse que je connaissais déjà. Réponse qu'il connaissait déjà. Nous savions tous deux que cela ne l'arrêterait pas. Rien ne pouvait l'arrêter. Et pourtant alors qu'il avait cru qu'il pouvait me faire sa prisonnière, je l'avais défiée. J'avais réussi à fuir. Des plans que j'avais fait. Un choix que j'avais fait qu'il allait me faire payer. Durement. Il paraissait si facile d'imaginer la suite de cette rencontre. Les scénarios qui ne pouvaient que faire la queue dans un coin de mon esprit alors qu'il ne pouvait qu'en rire. Et ce rire qui autant me faisait frisonner ne pouvait que me faire me remettre en mouvement. Cette immobilisation qui prenait fin alors que je ne pouvais que suivre le mouvement. Fauve sur le point d'attaquer. Prédateur qui tournait autour de sa proie, m'encerclant. Cette arrogance que reconnaissable. Cette pointe d'arrogance autant attirante que détestable. Ayant été autant attirée par lui qu'en étant autant venue à le haïr. Pointe d'arrogance qui l'avait pourtant perdu. Ce trop plein de confiance en lui-même. Sans aucun doute que mon départ avait été une douche froide. Je n'en doutais pas. Il ne suffisait que de voir son regard pour comprendre que la colère était là. Cette même colère qui s'était déjà dessinée sur mon visage alors qu'il me brisait morceau par morceau. Colère qui s'emparait de lui alors que l'homme laissait la bête courir. Le monstre qui prenait le dessus. Les coups qui étaient rendus. La bête qui faisait surface tôt ou tard. L'erreur de jouer avec les flammes. Coeur que j'avais tenté de voir comme je l'avais vu en Shanareth. Mais alors que mon regard était posé sur lui, il semblait difficile de croire qu'un coeur pouvait battre derrière cette cuirasse. Car la bête était là, cela ne faisait aucun doute. Tout comme lui, elle ne pouvait que me tourner autour. Guettant le moindre moment de faiblesse, la moindre faille dans la muraille pour se jeter sur sa proie. Colère illustrée sur son visage alors qu'il prenait la parole, son visage transformé sous la rage. « J'espère que tu as profité de ta liberté, car je viens reprendre mon dû. »

Une dague que je m'efforçais de serrer de toutes mes mains sans trembler. « Je ne t'appartiens pas. » Ton que je voulais affirmatif. Un mensonge. Nous le savions tous deux. Je lui appartenais, même encore là. La marque qui était toujours sur ma peau. Titre d'esclave que je trainais même là. J'avais cru en cette parenthèse mais je restais cette esclave, je restais sienne autant que je pouvais que clamer mon indépendance. Tentative de reprendre courage alors que de nouveau j'avais conscience que je me risquais auprès du feu. Tout ce que je connaissais. Toujours ce même ton mordant avec lequel j'avais l'habitude de lui répondre, quitte à risquer ma peau. Parce que ce masque était le seul que je connaissais. L'unique masque qui permettait de camoufler la peur ou si peu, alors qu'il me connaissait à la perfection. « Et comment tu vas faire pour me garder ? Tu vas m'enfermer comme la dernière fois ?! » Ton que je voulais moqueur alors que de nouveau je ne pouvais que le défier. Qu'un rappel. Un rappel alors qu'en effet je n'avais pu que me retrouver enfermée à l'intérieur. « Cela ne m'avait pas empêché la première fois. Tu croyais vraiment qu'une porte fermée allait m'empêcher de revoir Shanareth ?! » Ego que je visais à la perfection. Mouvement sans doute suicidaire mais un ego que je comptais bel et bien piquer. Car même là-bas, même sous sa surveillance après qu'il ait découvert notre liaison, je n'avais pu que réussir à la retrouver. « Tu croyais vraiment que j'aimais me retrouver dans tes bras alors que je n'avais que son visage en tête ?! » Venin. Une histoire qui n'était plus rien. Une histoire que j'avais sacrifié sans me retourner ou presque. Une histoire qui n'était plus que des cendres mais qui n'était que vérité. Car, en effet ce n'était qu'entre ses bras que je ne pouvais que vouloir retrouver. Ce n'était que son visage que je pouvais imaginer. Non pas le sien. Ce qui n'était pas non plus encore tout à fait la vérité. Mais en guerre comme en amour, tous les coups étaient permis. Et à cet instant, ce n'était pas l'art de la guerre que je maîtrisais à la perfection. Loin de là. Dans cet art, je n'étais que novice mais je savais où faire mal. « Tu n'as pas réussi à me retenir la première fois. Je t'ai défié. J'ai fui la cité. Ton nom ne doit plus être que poussière désormais dans la cité, car une esclave a réussi à te tenir tête et t'échapper. En quoi tu es puissant maintenant ? » Ce qu'il ne me ferait que payer, je le savais. Là pour récupérer son dû. Un dû qui n'avait pu que prendre la poudre d'escampette. Conscient tout comme moi que je ne céderai pas. L'impossibilité de revenir en arrière, de se conforter d'une vie derrière quatre murs maintenant que j'avais goûté à la liberté. La nostalgie qui n'avait été que momentané et maintenant que l'adrénaline était là, je ne pouvais que me battre plus farouchement. Tentative de me battre pour lui montrer que je ne lui appartenais pas alors même que nous savions tous deux que tant qu'il ne me vendrait pas, ou que je ne mourrai pas, je resterai son dû. Une esclave qui était peut être en fuite, mais à la fin de la journée si je pouvais que prétendre, je ne restais pas moins qu'une esclave.

Pas que j'esquissais de côté alors que je ne pouvais que tenter de suivre le mouvement qui m'imposait. Des conseils que j'essayais de me rappeler. A vrai dire tout conseil m'avait déserté. Il n'y avait plus rien. Il n'y avait que moi et lui. Faux, il y avait moi, lui, la peur et cet instinct de survie qui me criait de tout faire pour m'en sortir en vie. Et le provoquer n'était sans doute pas l'une des meilleures stratégies. Le calme qui était aussi dangereux que ses éclats de colère. Mais comme avant, comme auparavant je ne pouvais que tenter de le provoquer. Comme si j'espérai qu'il tombe dans ces mêmes pièges, qu'il commette les mêmes erreurs du passé. Or nous avions tous deux changés. Chacun qui avait appris de ses erreurs ou si peu. Un passé qui à vrai dire continuait de nous coller à la peau. On pouvait prétendre, on pouvait faire semblant mais il semblait difficile de croire qu'on pouvait complètement y échapper. A croire au contraire que tôt ou tard, qu'on le veuille ou non, il finissait toujours par nous rattraper. Ce que je ne pouvais que penser alors que mon regard ne le quittait pas. « Est-ce que tu as vraiment fait tout son chemin pour récupérer ton dû ou seulement parce que je te manquais ? » Et un ton soudainement plus calme. Tournant autant que je ne pouvais que tenter de destabiliser. Les questions qui commençaient à faire surface désormais à chaque seconde où la peur montait d'un créneau. La peur qui restait bel et bien, autant que je pouvais espérer être plus forte. Ce que nous verrons.
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Sujet: Re: Wish we could... [Roan, Arméthyse]
Mer 1 Aoû - 5:24


Wish we could...
Ezra & Roan & Arméthyse

« L'esclave peut vivre esclave, sans trop en souffrir ; mais l'homme qui a conquis la liberté ne saurait plus vivre sans elle. »
« Je ne t’appartiens pas. » Bien sûr, elle devait rétorquer, bien sûr elle devait le dire à haute voix pour tenter de se convaincre qu’elle ne lui appartenait pas. C’était faux. Il lui prouverait le contraire, tentant une énième fois d’éteindre le feu ardent qui l’animait. Un nouveau rire sortait de sa bouche, trouvant sordide les propos de l’esclave. On sait tous les deux que non. « Et comment tu vas faire pour me garder ? Tu vas m’enfermer comme la dernière fois ?! » La rage était de nouveau ravivée. Il bouillonnait. « Cela ne m’avait pas empêché la première fois. Tu croyais vraiment qu’une porte fermée allait m’empêcher de revoir Shanareth ?! » Le mercenaire secoua la tête. Piquer au vif, son égo était directement atteint. Elle savait viser juste, trop juste, elle regretterait. « Tu croyais vraiment que j’aimais me retrouver dans tes bras alors que je n’avais que son visage en tête ? » Roan se surprit à sentir son cœur se serrer l’espace d’un instant. Un grognement s’échappa de sa gorge. « Et pourtant, même Shanareth n’a pas su tourner complètement le dos à ses convictions pour toi. Maintenant qu’elle se sent trahie, tu crois vraiment que j’en quelque chose à foutre ? Je n’ai même pas eu à bouger le petit doigt pour que tu ruines ta relation! Tout faire foirer, tu es une championne! C’est le tour de ta liberté maintenant. » Un pas vers elle. Plus la distance se réduisait, plus il s’imaginait en train de la violenter, la faire payer tout ce qu’il avait perdu; son nom et sa réputation. Son être n’était que dicter par la violence. Il pouvait la battre à mort, mais quelque chose le retenait. Bon sang qu’il détestait cette raison! Il en devenait de plus en plus acerbe.

« Tu n’as pas réussi à me retenir la première fois. Je t’ai défié. J’ai fui la cité. Ton nom ne doit plus être que poussière désormais dans la cité, car une esclave a réussi à te tenir tête et t’échapper. En quoi tu es puissant maintenant ? » Silence. Son souffle s’accélérait, devenait un peu plus bruyant. Il pouvait percevoir son sang affluer partout dans son être, un feu lui brûlait les veines. La colère était si vive qu’il souffrait de ne pouvoir l’extérioriser. Il se retenait. Ô combien il désirait la voir souffrir, la voir mourir pour qu’il puisse reprendre une vie décente. Refaire sa réputation. Mais, non ! Il savait que le soulagement serait de courte durée. Elle comblait un vide chez lui… Un vide qu’il ‘Avait ressenti qu’à partir de la disparition d’Erika. Il n’arrivait pas à se lasser d’Ezra, pourtant, il avait essayé. Sa fougue, sa bataille constante pour la liberté, ses quelques victoires qu’elle gagnait à ses dépens. Il la haïssait et l’appréciait à la fois. Toute cette histoire partant d’une curiosité… curiosité devenu malsaine. Au fond, il n’était qu’un homme détestant profondément les esclaves de par son histoire et il se retrouvait maintenant face à un débat intérieur. Depuis sa fuite, Roan devait faire face à plusieurs contradictions.

« Est-ce que tu as vraiment fait tout son chemin pour récupérer ton dû ou seulement parce que je te manquais ? » Esquissant sans cesse un pas de côté. Le calme dont elle fit preuve le déstabilisa après cette joute verbale véhémente. Il ne répondit pas. Récupérer son dû… absolument… Elle lui manquait ? Absolument. Sa mâchoire se crispa, ses poings également. « Assez ! » Le mercenaire s’élança vers Ezra, tenta de la désarmer en saisissant son poignet. Puis, lui saisir à pleine main sa longue tignasse noire pour l’obliger à se soumettre. Un coup dans les côtes, se foutant si elles allaient se rompre sous l’impact. Ses doigts tentèrent de se glisser le long de sa gorge, resserrant leur emprise, lui couper la respiration jusqu’au moment fatidique où toute vie quitterait son corps... Il aurait pu se douter que cette esclave n’était plus si inoffensive… que ses chances de l’atteindre lui étaient bien plus élevées qu’il ne l’imaginait. Le rahjak avait peut-être perdu beaucoup de chose, mais son arrogance en était pour le moins intacte. La surprise était une douche froide, ne pouvant pas atteindre ses espérances aussi facilement. Elle était armée et lui se retrouvait à mains nues, se sentant invincible. Intouchable face à elle et ses piètres connaissances en combat… du moins il le croyait.

« Tu vas revenir à la cité. Tu seras punie. » Dans son regard brillait son désir de vengeance. « Sans aucune pitié. » Il savait qu’il allait y prendre un malin plaisir. « Je compte retrouver ma réputation et si je dois mettre fin à ta misérable vie, tu te doutes bien que je n’hésiterai pas. » Convaincs-toi Roan, elle serait déjà morte si ce n’était que de ça.
(c) DΛNDELION

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Sujet: Re: Wish we could... [Roan, Arméthyse]
Sam 4 Aoû - 18:51


   
Wish we could
Ezra & Roan & Arméthyse

   
« Wish we could turn back time, to the good old days »

Un seul but, celui de le blesser. La volonté qu'il souffre. Une part plus sombre. Une souffrance de l'autre qu'il fallait bel et bien vouloir. Ce que je voulais alors. Voulant que mes propos me blessent. La rage qui commençait à prendre le pas sur la peur. Voulant qu'il souffre comme si j'avais souffert. Il n'avait plus que moi et que lui. Ne cherchant pas à voir cette part humaine que j'avais recherchée chez lui. Ne cherchant pas à voir son coeur battre derrière ses murailles de ronce. Je ne pouvais que le regarder, les yeux flamboyants. Nous avions dépassé ce stade. Nous avions dépassé le stade où les allers-retours étaient possibles, où il était possible de s'amender. Cela ne l'était pas. Il n'y avait que ce feu dévorant. Il n'y avait plus rien si ce n'était les flammes. Le monde qui brûlait tout autour. Espérant qu'il se brûle. Espérant qu'il se brûle tout comme je m'y étais brûlée. J'avais toujours eu conscience des risques. J'avais toujours eu conscience du péril existant de jouer avec les flammes. Mais je n'avais pu m'en empêcher. Tout comme Icare, j'avais voulu voler plus près du soleil. Mais à force de jouer avec le feu, je m'étais brûlée les ailes.

En dépit des sourires, de ces illusions, la douleur ne pouvait que se transformer en colère, en rage sourde. Rage sourde que je ressentais alors pour lui. Bourreau. Monstre de mes cauchemars plus que ne l'aurait jamais été Shanareth. Pourtant, ce n'était pas seulement dans les bras de la jolie mercenaire dans lesquels je m'étais retrouvée la nuit si ce n'est dans les siens. Cela aurait été mentir de dire qu'il n'y avait jamais eu cette attirance charnelle. Et cela n'aurait été que mentir de nouveau de dire que je n'avais pas été attirée par lui. L'ayant été. Peut-être qu'une part de moi l'était toujours. Autant létal que sublime. Il y avait cette dangerosité et cette grâce que seul un félin pouvait avoir.  Mon regard qui ne le quittait pas.

Mais la différence était qu’il était là alors qu’elle ne l’était pas. Il devenait la parfaite cible. Au-delà de cette rage source que je ressentais, au-delà de la douleur que j’avais subi à ses côtés, il était celui contre lequel je voulais déverser toute cette douleur. Parce qu’il était là alors qu’elle m’avait laissée. Si je l’avais laissée la première, il ne restait pas moins que je l’avais perdue. Je le savais désormais. Quand bien même j’avais tenté de la rattraper, de la convaincre que ce n’était pas un jeu elle ne m’avait pas cru. Quand bien même que j’avais tenté de la convaincre que notre amour était réel alors que je n’étais pas censé avoir à le faire, elle avait décidé de me tourner le dos. Vivante certes. Mais à quoi servait-il d’être vivante si ceux qu’on aimait vous tournait le dos ? Sans doute n’était-ce qu’un juste retour du boomerang. La culpabilité là. Je l’avais abandonnée, je l’avais laissée derrière. Il était juste qu’elle fasse de même. Et pourtant au-delà des sentiments, au-delà des souvenirs plus heureux, alors même que je lui avais proposé de partir avec moi, de fuir la cité elle avait dit non. Refusant d’abandonner les rahjaks pour moi. Refusant de tuer pour moi. Refusant de renier sa nature de mercenaire pour moi. J’avais essayé et j’avais échoué. Alors il ne restait que la douleur et lui.

Il se trouvait là, représentant à cet exact moment tout ce que je détestais. Il incarnait les maîtres. Il incarnait l’esclavagisme. Il incarnait les mercenaires. Il incarnait le sang et la violence. Il était celui que je voulais blâmer. Il était celui que je voulais accuser de tous les torts. Peut-être parce que c’était plus facile. Sans aucun doute. Il était là, elle non. Elle n’était pas là pour que je l’accuse. Peut être aussi parce que je ne voulais garder cette rancœur et cet arrière-goût amer en bouche à son égard. Mais pour lui, je le pouvais. Pouvant me convaincre de le détester encore plus. Pouvant me convaincre que chaque fibre de mon corps le haïssait. Il était celui qui me retenait dans sa cage dorée. Il était celui face auquel j’avais enduré les coups et la violence. Ce même éclat de violence que je lisais dans son regard à cet instant. Et un sourire venimeux qui se dessinait sur mon visage alors que je crachais ses mots. Des mots que j’espérai se transformeraient en poignard en cours de route. Des poignard que j’espérai viendraient se planter dans son dos un à un. Un ego que je voulais toucher. Voulant lui faire mal, oui. Consciente que j’en avais le pouvoir alors qu’à chaque instant je l’avais humilié. Une erreur qu’il avait faite. Ne pouvant qu’imaginer qu’il regrettait du plus profond de son être ce jour-là. Regrettant le jour où Astrid était venue le voir. La mercenaire embrassée par le feu n’avait pu que m’arrêter dans ma fuite avant même que je ne franchisse les portes de la cité. Et depuis, je ne l’avais qu’humilié. L’humiliant en m’enfuyant sous son nez. L’humiliant en ayant une relation avec une autre mercenaire sous son nez là aussi. L’humiliant alors que cette relation avait continué quand bien même il avait tout fait pour m’empêcher de l’approcher. Je l’avais humilié. Et à chaque fois, sa réputation de mercenaire en avait pris un coup. Ses amis qui savaient. Responsable de sa descente en enfer. Et si j’avais ressenti de la compassion, si j’avais pensé en lui en d’autres termes que ceux brutaux que je tenais à son égard lorsque ses amis étaient morts, lorsque Radoslav et Shell étaient morts ; là n’était plus le cas. Il n’y avait plus de compassion. Il n’y avait pas de larmes. Il n’y avait rien si ce n’était les morts et cette joute verbal voire mortelle.

« Et pourtant, même Shanareth n’a pas su tourner complètement le dos à ses convictions pour toi. Maintenant qu’elle se sent trahie, tu crois vraiment que j’en quelque chose à foutre ? Je n’ai même pas eu à bouger le petit doigt pour que tu ruines ta relation! Tout faire foirer, tu es une championne! C’est le tour de ta liberté maintenant. » Frissonnante. Ses propos qui m’atteignaient en plein cœur. Il avait toujours su comment me briser. Il avait toujours comment briser chacune de mes articulations. Il avait toujours su comment me détruire en prononçant de simples mots. Il avait toujours su comment me laisser dans le noir, pantelante, glacée. Il avait toujours su comment me couper le souffle et non pas forcément de la manière la plus plaisante. Et cela faisait mal de savoir qu’il disait la vérité. Elle avait préféré choisir les mercenaires que moi. Frissonnement. Je n’étais plus la même. Je n’étais plus cette même poupée. Refusant qu’il me brise. Refusant qu’il éteigne ce feu qui continuait à brûler en moi. Faisant un pas vers lui alors que je ne pouvais que me dompter de courage. Comme si crier, donner de la voix pouvait m’aider. Comme si je pouvais lui faire mal moi aussi et espérant de tout cœur y arriver. Lui qui disait n’en n’avoir rien à faire d’avec qui j’étais. L’humiliation là. En fait alors même où je pensais reporter des points, il réussissait de nouveau à me rappeler qui j’étais. Il réussissait à me rappeler en ne prononçant que quelques mots qu’il était le maître de la partie qui se déroulait alors. Ses mots qui sonnaient tantôt comme une menace, alors qu’il était là pour me ramener de force, pour me récupérer. Ce moment que j’avais redouté. Mais je ne pouvais plus reculer.

« Peut-être que oui j’ai tout foiré, mais j’ai connu quelque chose de bien plus beau et fort que tu n’as jamais connu… que tu ne connaîtras jamais. » Car là était sans aucun doute le goût de la victoire. Cette histoire était terminée mais j’avais connu l’amour. L’aimant toujours. Un part de moi qui l’aimerait toujours. En fait je ne pouvais que le plaindre, car il ne connaîtrait jamais cela. Il ne saurait jamais ce que cela faisait de vivre pleinement. Doutant que pendant ces deux années, quelqu’un ait réussi à lui ravir son cœur. Un ton decrescendo. « Je me sens désolée pour toi car tu ne seras jamais complètement vivant. Et quand tu mourras, il n’y aura personne pour se rappeler ton nom ou qui tu as été. » Car oui, autant que la rage était là, des fragments de pitié existaient. Ayant pitié de lui alors qu’il ne faisait que survivre. Certes il était connu pour ses exploits en tant que mercenaire mais hormis cela… hormis cela qui se rappellerait de lui ? Sans aucun doute personne. Des mots qui visaient autant à le blesser comme lui en avait le pouvoir. Il survivait, certes mais il ne vivait pas, pas complètement. Il ne savait pas ce que c’était réellement de vivre. Et à la fin il mourrait. Il rejoindrait la pile des corps, il rejoindrait Radoslav et Shanareth et il y aurait si peu pour se souvenir de lui. Ne disant pas qu’il y aurait plus de personnes pour se souvenir de moi. Je restais une esclave, mais au moins j’avais réussi à croquer la vie à pleine dent ne serait-ce que pour l’espace d’une minute.

Mais si les mots avaient son importance, il restait difficile d’imaginer qu’il n’y aurait que des mots. Il me l’avait fait comprendre. Il n’était pas là pour cela. Il n’était pas là pour prendre le thé ou pour même discuter. Une discussion auquel il mettait fin aussitôt alors que je ne pouvais que jouer de ses sentiments. « Assez ! » Une conversation qui ne lui plaisait pas ou la tournure de la conversation qui lui plaisait encore moins. Comme si faire appel à ses sentiments était un terrain glissant pour lui où il ne pouvait que se sentir acculé, prisonnier à son tour. Une lame que j’avais dans la main mais qui ne l’empêcherait pas de désarmer s’il le voulait. Pouvant être armé. Cependant alors qu’il s’élancer vers moi, que mon poignet était saisi, je ne pouvais que résister. Me forçant à ne pas lâcher le couteau. me forçant à ne pas lâcher la lame alors que je continuais de me débattre. Ma tête qui était tirée en arrière alors qu’il empoignait ma masse de cheveux bruns. Poussant un cri. Des cheveux que j’avais refusé de couper même s’ils étaient attachés. Une fierté trop personnelle. Cette touche de féminité auquel je n’avais pas su résisté même si au contraire les robes avaient été remplacées par des tenues plus pratiques. Ariane qui ne pouvait plus me servir de modèle à la différence d’Arméthyse. Une de perdue. Une retrouvée. Et commençant à manquer de souffle alors que la peur recommençait à me prendre en étau tandis qu’il glissait ses doigts le long de ma gorge. Mon instinct qui parlait pour moi alors que je ne pouvais que lui envoyer dans un mouvement défensif mon pied en direction de son entrejambe. Une cible atteinte. Pouvant respirer de nouveau alors que je donnais un coup de lame dans le vide sans savoir si j’allais l’atteindre et toucher sa peau, le blesser et lui laisser une cicatrice. N’ayant le temps de me masser la gorge ni d’effacer les marques rouges qui s’étaient dessinées sur mon poignet. Des marques rouges qui avaient elles aussi commencé à apparaître au niveau de ma gorge. Une bouffée d’oxygène reprise alors qu’aussitôt je reculais.

Survivre. Ce que me criait de me faire mon cerveau. Ce qu’il m’avait crié la première fois lorsque j’avais ôté ma première vie. Il me croyait la même mais je ne l’étais plus, non. Du sang sur mes mains. Le même sang que lui avait sur ses mains. Trouvant plus de résistance auquel il s’était sans doute attendu. Me remettant en position aussitôt. Toujours la lame entre mes doigts. Si je pouvais fuir, je ne le cherchais pas. Je n’avais aucune chance. Où que j’irai, il irait. L’impossibilité de le fuir, ne pouvant qu’espérer me battre. Ce que je n’aurai sans doute jamais imaginer. Et Roan qui reprenait la parole, plus arrogant que jamais. « Tu vas revenir à la cité. Tu seras punie. » Et alors que brillait la vengeance, il continuait. « Sans aucune pitié. » Si difficile de maintenir le masque. Si difficile de ne pas se contenir. « Je compte retrouver ma réputation et si je dois mettre fin à ta misérable vie, tu te doutes bien que je n’hésiterai pas. » Et là je ne pus qu’éclater de rire. Ne l’ayant fait exprès, ne pouvant alors juste pas m’empêcher. Trouvant soudainement risible qu’il puisse le vouloir si calmement. Ce qui était une évidence s’il réussissait à m’emmener de force à la cité. Ne me faisant pas d’idée. Mais il était ridicule de croire qu’en me punissant comme on punirait un enfant, il vaincrait. Ou peut-être que je ne pouvais que préférer rire que d’imaginer l’horreur de ses propos. Préférant rire plutôt que de me laisser tétanisée par la peur. Riant comme je n’avais jamais ri, presque à en pleurer sans jamais laisser ma lame. Ne pouvant que rire alors que je savais qu’il n’aurait aucune pitié. Il n’en n’avait jamais une. Des menaces qui ne changeraient rien à mon potentiel sort. Mais reprenant contenance alors que les nerfs eux lâchés. « Tu m’as déjà brisée tant de fois et tu crois toujours que tes mots vont changer quoique ce soit. » Secouant la tête avant de reprendre la parole doucement. « On sait tous deux que si tu voulais me tuer, tu l’aurais déjà fait. Tu aurais pu le faire de nombreuses fois mais tu n’as jamais franchi le pas. » Il aurait pu mais il ne l’avait pas fait. « As-tu si peur de te retrouver seul de nouveau ? As-tu si peur de devenir humain ? » Faisant un pas vers lui de nouveau. « Cela doit être terrible pour toi, savoir qu’on préférait choisir ô grand même la mort que toi. »

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Wish we could... [Roan, Arméthyse]

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