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˜˜˜˜˜˜Déjà vu [Demyan]
maybe life should be about more than just surviving


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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 988 Jessica Parker Kennedy les roses noires (avatar) esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 118
† Game of survival †


Sujet: Déjà vu [Demyan]
Jeu 8 Mar - 20:01


Cette impression de déjà vu. Ce sentiment étrange qui vous pousse à croire que vous avez déjà vécu cette scène. Sentiment qui ne peut qu'exister. Bel et bien cette même idée. Encore à me demander comment j'avais pu m'en retrouver là. Peut-être à cause de cette pointe d'arrogance. Peut-être à cause de ce monde dans lequel je vivais. Peut-être parce qu'ici les esclaves n'avaient leur mot à dire. L'esclavage qui ne sonnait que comme un semblant de normalité. Prisonnière de nouveau de ce cycle perpétuel.

Ne pouvant fuir la foule oppressante. Ne pouvant éviter les regards qui étaient pressés dans ma direction. Un cercle formé autour. Des badauds qui s'approchaient. Le clou du spectacle. Les regards curieux de certains. D'autres qui ne pouvaient que faire des pas de côté pour s'éloigner. Certains qui pressaient le pas, ne souhaitant s'attarder. La peur. Toujours ce semblant de peur, autant que certains ne souhaitaient simplement pas être mêlés au spectacle qui allait se jouer là. Un spectacle qui apparaissait non pas comme tragique ou dramatique, juste banal. Un spectacle dans lequel il était dangereux de prendre part. Si les lois de la cité protégeaient les esclaves domestiques, interdisant à quiconque de poser une main dessus sans l'autorisation de leur maître, il ne leur restait pas moins que la situation pouvait toujours dérapé. Et il ne faisait aucun doute qu'il serait préférable que je me taise. Un fil fin sur lequel je marchais. N'étant pas bon de se montrer arrogante alors que facile était la chute.

Roan qui n'était là, en voyage. Pour ainsi dire à leur portée de main. Certain que si j'avais été au bordel, ou au mauvais endroit, les questions ne se seraient pas posées. Certaines consciences qui n'avaient besoin d'être apaisées. Une certaine moralité que certains n'avaient aucun problème à ignorer. Non pas qu'il paraissait important d'accorder un point de vue à un esclave, de lui permettre de placer un mot. Des esclaves, esclave que j'étais qui n'étaient que des objets pour eux. Et autant que je pouvais prononcer son prénom, qu'il avait apposé sa marque sur mon pied, il ne restait pas moins que cette fois-ci j'étais seule. Shanareth qui n'était pas autour pour empêcher que la situation dégénère. Bien que la question aurait pu autant se poser sur le fait que la jolie brune intervienne. Après tout aux yeux des autres elle était une mercenaire. Ne pouvant être vu comme mon amante. Car si Roan savait, il ne restait pas moins que chaque pas devait être esquissé avec prudence. Shanareth qui n'avait pas été non plus là alors que je m'étais retrouvée quelques mois plutôt prisonnière des griffes de Shell. Ne pouvant que continuer de penser que cette dernière restait jalouse de Shanareth, bien qu'il était certain qu'il restait préférable que je taise cet énième secret tant en sa présence qu'en celle de Roan ou Shanareth. Une préférence de taire le fait que Radoslav auquel tenait particulièrement Shell, meilleur ami de Roan avait été un de mes clients au bordel. Des secrets tus. Toujours ce même désir de survivre. Mais à cet instant, j'étais de nouveau seule. Arméthyse qui n'était pas non plus là pour me donner un coup de main. Et il n'y avait certainement nul prince en vue.

Seule. A la merci, ou presque. Un regard qui restait posé sur l'homme au visage rustre qui se trouvait devant moi. Souvent une simple bousculade. Une première excuse de trouvée pour attaquer. Un homme qui cherchait à attirer le regard de la foule, qui ne voulait que combattre. Pouvant sentir de là non pas tant son haleine de chacal que l'odeur de l'alcool qu'il portait sans lui. Mais au-delà de cela l'homme était reconnaissable. Un homme qui m’injuriait aujourd'hui et qui savait pourtant à qui il avait affaire. Conscient sans aucun doute que Roan n'était là, sans quoi il n'aurait osé prendre la parole. Un homme que j'avais connu au bordel. Un joueur qui en voulait toujours plus. Éconduit et éjecté. N'ayant visiblement digéré le passé. Un regard qui ne flanchait pas alors qu'il était là, plus arrogant que jamais. Assuré dans sa position. Et un homme qui restait dangereusement proche. Ne lui manquant que de tendre la main pour la poser sur mes courbes. Et pouvant ores et déjà sentir le frisson dans mon dos à cette pensée. Une personne que je n'étais plus. N'étant plus cette esclave prostituée. Ayant bel et bien changée. Et si auparavant j'aurai été une des premières à jouer de mes charmes pour m'assurer de gagner de l'or, tentée d'assurer ma fuite, il ne restait pas moins que cette hypothèse était désormais oubliée. Ne pouvant que garder la tête haute et tenter d'en finir vite. Or si des excuses avaient été prononcées, cela ne comptait pas. Autant que je n'avais pu que m'excuser non sans penser le pire, et prier le dieu du soleil de rétablir justice, ce grain de vengeance ne pouvait que germer dans mon esprit. Comme à chaque fois. Ne pouvant que jouer délicatement, alors que je ne pouvais que faire un pas de côté. Et consciente pour autant que tenter de l'approcher directement ne fonctionnerait pas cette fois-ci bien que cette pensée de le ridiculiser ne pouvait qu'autant exister dans mon esprit. Et pourtant dans un sens des mains qui restaient liées alors que je ne pouvais qu'attendre que les secondes s'écoulent, attendant de voir quel serait le prochain mouvement réalisé.

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05/03/2018 Authenticity 281 Michiel Huisman @luxaeterna Prince | Diplomate & Stratège Rahjak 57


Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Dim 18 Mar - 22:09

L'océan de couleurs s'étale sous tes yeux. Y'a pas à dire, tu trouves ça magnifique. T'as toujours été impressionné par le marché et par tous ces trucs qu'ils peuvent essayer de vendre. Tu ne serais même pas étonnée si quelqu'un venait à tenter de te vendre une main de singe, avec des doigts magiques qui exauceraient des vœux. Mais t'es pas si idiot, toi le Draghsteel à la belle gueule. Est-ce que tu crois réellement que y'a une forme de magie ici prête à exaucer tous tes vœux ? Pas le moins du monde. Il te faudrait bien plus que ça pour y croire. Un chaudron, des animaux sacrifiés et une lune rouge sang, peut-être. Après tout, t'en as déjà vu, des diseurs de bonne aventure, des prêtres ou toute sorte de sorciers prêts à te vendre moultes potions pour soigner ton cœur perdu. Encore aurait-il fallu eu ton cœur soit réellement perdu. T'as déjà aimé une femme Demyan ? Ta sœur, mais c'est pas réellement le genre de femmes auxquelles pensent ces vaudous qui veulent te vendre leurs solutions miracles. Oh, ils étaient là pendant la grippe, et ils ont tenté plein de trucs. Surement plus que t'en aurais fais toi-même, mais après tout, t'es pas un sorcier. T'as l'air d'en avoir rien à faire, mais au fond, tu les respectes. Autant que ton peuple les respecte, parce que t'as pas envie de ta vie devienne un ramassis de mauvaises choses. T'es un prince, et la drôle de dame derrière toi te la rappelle bien. T'as toujours eu envie de t’asseoir sur l'autorité, mais malheureusement t'as pas réussi à te débarrasser de celle-là. Les grands sages ont décidé que tu devais te parer d'une garde, tant pis. Du moins, t'as pas encore essayé de la perdre sous une dune. Elle t'as même traîné deux ou trois fois à des trucs "officiels" comme elle dit, mais ça te passe au-dessus de la tête, toi, ça.

Y'en a d'autres, qui n'ont pas de garde. Tu te retrouves d'un coup les yeux sur une situation familière. un truc que t'as déjà vécu, sans aucun doute. T'as le chic pour te retrouver dans les situations les plus banales de la vie quotidienne et t'en mêler comme un chef. Tu arrives, tu mets le souk et tu t'en vas. T'as l'air totalement insouciant quand tu fais ça, mais en réalité t'as jamais réellement fais de mal à personne. Le truc dont t'es conscient, c'est que la moindre chose que tu dis, c'est une vérité. "Coupez-lui la tête", dira-tu, et on le fera. Mais tu te sens pas assez légitime pour couper la tête de quelqu’un, quand Isaak le ferait très bien pour toi, et sans même te le dire. Tu décroches pas des yeux ce qui se passe à l'étal à côté de celui où tu regarde le couscous depuis quelques secondes. Tu sais qu'il se passe un truc, quelque chose que tu connais, avec une tête que tu connais. Mais on t'as demandé de retenir assez de noms dans toute ta courte vie pour que tu ne te souviennes plus de celui-là. T'es certain que c'est une esclave, et qu'elle n'a toujours rien demandé. Parce que t'as déjà été là, à regarder la situation comme si c'était un procès juridique et que tu devais trancher. Parce que t'adores intervenir sur ce genre de choses, surtout quand tu es convaincu que tu as raison. T'as toujours raison, Demyan, n'est-ce pas ? Quand tu dis que t'es le plus beau; quand tu dis que t'es un prince cool; quand tu dis que Irina est trop impulsive; t'as raison, donc tu trouves que t'as assez de raisons pour croire tout ce que tu penses juste de croire.

Seulement, le truc que t'as remarqué, c'est le regard de lassitude de la jeune file. Tu vois qu'elle est mal à l'aise, et qu'elle essaie même pas de répondre. T'as à quelques mètres d'elle, mais t'entends les accusations de là. Tu vois les joues gonflés de colère du marchand rustre. Elle s'excuse, tu l'entends depuis ton étal. Alors, t'es là, du haut de tes douze pommes et demie, et tu t'avances. « A-t-on demandé un oeil avisé pour faire la part des choses de cette histoire ? » T'avais pas plus narcissique comme approche. T'aurais crié « mes oreilles sifflent que la présence d'un juge royal est nécessaire », que t'aurais surement eu les mêmes réactions. Est-ce que les gens t'écoutent réellement ? T'en es pas certain. Peut-être ont-ils peur de toi, ou envie de te trancher la tête, cela restes à voir. Mais tu te laisseras pas marcher sur les pieds, t'es même pas certain qu'un seul des pigeons ici ait la capacité de te marcher sur les pieds, après tout. T'avances, comme un lion entre dans l'arène, et tu pousses gentiment les moutons qui entourent la scène. « Vous l'avez entendue, elle n'a rien fait. » Tu saisis le poignet de l'homme, qui s'était refermé sur celui de la jeune fille. « Lâchez-là. » Fais pas trop le con, Demyan; tu ne sais pas si ce mec est prêt à se payer ta tête ou pas. Est-ce que t'as pas déjà fais ce geste, sur le dernier joufflu qui a voulu se payer la tête de l'esclave ? T'aimes pas spécialement qu'on touche aux faibles, alors tu deviens le héros. Bon, t'as seulement l'avantage d'être un héros royal, ce qui te facilite la vie.

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Sam 24 Mar - 21:16


Toujours ce moment délicat. Un choix à faire. Une direction à emprunter. Ne suffisant de choisir de tourner à droite ou à gauche. Chaque choix avait son lot de conséquences. Et si j'avais gardé la tête haute, il ne restait pas moins que pour le moment je n'avais pas franchi ce point de non-retour. Toujours ce mouvement dangereux, glissant où je me retrouvais à me monter trop téméraire. L'insolence qui n'allait guère aux esclaves. Presque une pulsation suicidaire lorsque cela était le cas. Ce qui pouvait semblait paraître d'un point de vue extérieur. Et peut être était-ce un peu le cas. Peut-être étais-je un peu suicidaire ou bien trop fière. Les rahjaks avec leur fierté. Nombreux étaient bornés. Nombreux avaient le sang chaud. Nombreux étaient violents. Et il y avait autant dans cette violence, une trace de beauté de magnificence. Comme en venir à regarder un prédateur droit dans les yeux, se rappeler qu'il n'avait qu'un mouvement à faire pour nous tuer et autant en venir à se rendre compte qu'il était de cette beauté rude et magnifique. Mais autant que certains pouvaient dégager des ombres, n'être pas seulement dangereux mais ensorcelants, certains êtres étaient simplement ragoûtant.

Ce qui était le cas de nouveau. Certes il n'était pas des hommes les plus laids face auquel j'avais joué de mon charme, mais il ne restait pas moins qu'il n'était pas magnifique. Et peut être que cela aurait été plus simple si j'étais tombée sur une autre personne. Mais non il avait fallut que je tombe sur un de mes anciens clients. L'un qui était peu recommandable. Pas tant une loque qu'un homme qui pouvait être dangereux sous l'effet de l'alcool, qui détestait encore plus qu'on lui dise non. Ce que j'avais fait. Ce qu'il ne pouvait que vouloir me faire regretter je le savais. Et une situation que j'aurai sans doute préféré évitée même si ce n'était la première fois. Une approche délicate pour tenter d'éviter une scène même s'il suffisait de voir son regard pour comprendre que cela ne serait aussi aisé pour cette fois-ci.

Et soudain une voix en écho qui retentissait. La foule qui n'en masquait pas suffisement l'écho. Des regards qui se retournaient vers le nouveau venu. Ne pouvant encore entrevoir son visage. Et ne sachant si je ne pouvais que le remercier ou l'inviter à s'échapper. Car autant que le geste n'était qu'admirable, je doutais qu'il serait vu comme un de bienvenue à cet instant. Presque un jeu aussi dangereux que de prendre la défense d'un esclave alors que chacun ne pouvait que faire cavalier seul. « A-t-on demandé un oeil avisé pour faire la part des choses de cette histoire ? » Une main qui se refermait sur mon poignet. Mon regard qui ne pouvait que fusiller l'homme qui m'en retenait prisonnière. Les badauds qui s'écartaient pour laisser entrer dans cette arène improvisée l'homme qui avait pris la parole. « Vous l'avez entendue, elle n'a rien fait. » Comme si cela comptait dans la cité. Comme si les mots d'un esclave avaient son poids dans la balance. Pouvant presque en rire si cette personne n'était pas venue en alliée. Mon regard qui se détournait un court instant. Un chevalier blanc. Du moins ce qu'il semblait vouloir devenir. Et au-delà d'un chevalier blanc, un prince dans cette cité. Une impression de déjà-vu et un semblant de sourire qui manquait de se dessiner sur un visage. Presque un mensonge de dire que je n'étais pas soulagée de voir une silhouette familière autant que je pouvais détester ses semblables ou lui-même. « Lâchez-là. » « Lâche moi Amir ! » Et presque autant un ordre. La scène qui se précipitait. Un poignet lâché certes. Mais autant un coup qui partait. Le craquement des jointures. On aurait pu accuser l'alcool. Mais il était facile de discerner la vérité et le mensonge ou la fine limite entre les deux. Ne pouvant blâmer l'ignorance alors que chaque personne dans la cité connaissait l'histoire des rahjaks et plus particulièrement les membres de la famille royale. Bien qu'il fallait avouer qu'il n'était pas donné à tout le monde d'en entrevoir le visage, ce n'était une fois mais deux. Du moins il ne restait pas moins que si les secondes n'avaient pas défilé rapidement, si mon attention n'avait pas été détournée, il aurait été facile de remarquer l'expression de surprise sur mon visage. Toujours cette petite expression de surprise à l'idée que les membres de la royauté se joignaient pour ainsi dire au commun des mortels, bien qu'il était certaine que leur version n'était en rien de celle que d'autres connaissaient. Des versions plus sombres, désastreuses de la cité bien que le portrait donné par la famille royale était autant un portrait brisé, tâché. Et des cris qui ne pouvaient résonner en écho alors que je me positionnais entre les deux, un regard qui se posait aussitôt sur cet héro royal. Et des questions sans réponses pour le moment alors que la situation ne faisait qu'évoluer crescendo.

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Dim 22 Avr - 19:17

Tu fais comme si t'étais le roi, mas tu l'es absolument pas. Tu fais comme si tous les imbéciles du coin te reconnaissaient au premier coup d'œil, mais en vrai la plupart d'entre-eux n'en ont rien à faire de ta sale tronche. Qu'est-ce qu'un prince, après tout ? C'est une figure de la société, censé représenter des choses. D'accord, tu te résumes pas qu'à ça. Mais mis-à-part la main mise que tu as parfois sur ton frère, et toute la partie stratégique qui te reviens de droit, t'es pas le plus utile des cowboys dans ce désert.

« Lâche moi Amir ! » C'est le dernier truc que t'entend avant de te prendre le coup. Mais quel imbécile. Toi ou lui ? Probablement les deux. Il t'érafle la joue sans aucun scrupules. Génial, t'as gagné un bleu, ou peut-être même deux. Ta main se porte directement à ta machoire, tandis que tu tombes sur un genou, encaissant le choc. En réalité, t'as pas si mal que ça, mais il te faut jouer du spectacle. Il faut du beau, du vrai et du réaliste. Les Rahjaks veulent voir de la souffrance autant qu'ils veulent voir de la résistance. Prouves que tu es vaillant et fort et que tout ce qu'il y a autour de toi n'est que ton arène. Ton jeu.

Tu vois la-jeune-fille-dont-tu-as-oublié-le-nom s'interposer entre l'alcoolique et toi. Bah non ma jolie ! C'est pas du tout ce qu'il fallait faire. Si Demyan arrive pour te sauver la vie, ta seule action est de rester derrière et de le laisser faire. Mais non, hein, fallait qu'elle se mettre entre vous deux. Après tout, le marchand avait levé la main sur le Prince. Sur un Membre de la famille royale C'est plutôt le genre de choses que l'on ne fait pas ici. T'es loin de te considérer comme un Dieu, mais t'es également loin d'être touchable. Ainsi donc, tu es intouchable. C'est pas de sa faute. Mais t'es né comme ça. T'es né au bout d'une fleur d'or, t'as même pas choisi. T'es né avec toute la grâce et la - ahem -sagesse des Draghsteel.  T'as bien pris ton temps pour que tout le monde te regarde, mais tu finis par te relever avec toute ta dignité. Tu pousses d'un geste las mais doux la jeune fille sur le côté, et claques de doigts vers ta garde. Vas-y Demyan, montre leur tout ce que tu sais faire. Mais sans jamais te salir les doigts, c'est bien. T'attends un peu que ton garde ai saisi l'imbécile par le col, et tu t'approches en le regardant mi dans les yeux, mi dans la foule. Faut que tu t'assures que tout le monde est bien en train de suivre votre échange, et que rien ne détourne leur attention.

« C'est une faute grave. » Tu hoches la tête et tu fais un tour sur toi-même, regardant la foule. Tu entends les murmures cesser dès lors que tu poses ton regard sur eux, où sont donc les applaudissements ? Voilà que tu dois bouger bien plus que le petit doigt. T'es comme un enfant sur une scène de théâtre, t'es puéril et bruyant. « Bien que tu sembles en piteux état, l'alcool n'excuse pas les tords.  » Tu te tournes vers l'homme. Tu chuchotes, mais assez fort pour que tout le monde t'entende. « Tu ne mérites même pas de prendre des coups de fouet.  » Dans un geste théatral, tu te retournes : « Tu te battras à mort dans l'arène ! » Tu entends la foule qui répète derrière toi : l'arène. Tu te retournes à nouveau, pire qu'une girouette, et lance : « On ne pose pas la main sur le prince, ni sur les demoiselles innocentes. », ajoute-tu, tendant la main à la jeune fille. Une fois que t'as pris sa main, tu la lui fais lever au ciel, en attendant les applaudissements.

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Sam 28 Avr - 21:30


Ecartée. Poussée sur le côté doucement mais fermement. Ne pouvant que suivre le mouvement alors que le ton changeait. Et soudain le prince qui apparaissait. Pas juste l'homme, celui qui s'interposait. Non le sang royal coulait dans ses veines. Et il ne suffisait que d'un claquement de doigts pour que les gardes surgissent. Déjà là. Un homme soulevé de terre. Un prince qui s'approchait. Tous les regards qui se tournaient vers lui. Chacun hypnotisé. Personne qui ne détournait la tête alors que tous le regardait désormais. Les battements de coeur qui s'accéléraient. Manquant un souffle. Cet instant d'attente où chacun ne pouvait que rester figé sur place, autant impatient de voir ce qui se passerait après que redoutant le prochain mouvement qu'il ferait. Car s'il le pouvait, il pourrait autant le couvrir d'or que le tuer. Et ne pouvant détourner le regard alors qu'il reprenait la parole sans quitter Amir des yeux. Un ivrogne qui ne pouvait qu'ores et déjà tremblé, pouvant presque déjà voir sa chute.

« C'est une faute grave. » Chacun qui retenait son souffle. Chacun se taisant. Chacun qui savait que c'était une faute mais dans ce monde-ci, les actions ou les mots n'avaient forcément de sens. Les forts l'emportaient sur les faibles. Et autant fascinée par ce pouvoir qu'il tenait entre les mains que répugné par la vision qu'il offrait. Comme si là encore il ne savait rien de ce qui se passait dans la cité ou comme s'il ne pouvait qu'attendre qu'on l'applaudisse. Des membres de la royauté autant adoré que détesté. Certains qui ne pouvaient que courber l'échine, certains qui ne pouvaient que le regarder avec crainte et d'autres avec colère. Et pourtant unis alors qu'au fond le peuple n'attendait que du pain et des jeux. « Bien que tu sembles en piteux état, l'alcool n'excuse pas les tords.  » Tu te tournes vers l'homme. Tu chuchotes, mais assez fort pour que tout le monde t'entende. Et autant que j'avais voulu être sauvé, je ne pouvais que redouter la suite. Nullement sûr d'apprécier ce qui se passerait après. Lèvre inférieure mordillée. La sentence qui allait tomber je le savais alors que là n'était qu'une démonstration de force. Mais autant que ses contacts me répugnaient, que j'aurai voulu qu'il en soit autrement, que je pouvais détester ces mains baladeuses et ces regards, il semblait que difficile de penser que la mort ou le fouet serait un châtiment qu'il méritait. Mais autant que cette voix ne pouvait que me souffler d'avoir de l'empathie et de l'avoir de la compassion, une autre ne pouvait que me crier de taire. Avoir de la compassion ou des sentiments ne permettaient pas de survivre. Bien loin de là. Ceux qui avaient un coeur ne pouvaient que voir ce dernier se faire écraser. L'impossibilité de faire preuve de compassion encore moins là, alors que je n'étais qu'un esclave, que je ne pouvais que haïr ces spectacles chaque jour. Autant attirée par lui, par ce pouvoir qu'il possédait que je n'aurai jamais. Sans doute autant dégoûtée par la vision qu'il donnait et représentait. Un enfant gâté et riche. Une loyauté de ses sujets qui n'était forcément réelle si ce n'était achetée. Et des pensées qui pouvaient autant me coûter la vie. Me forçant à me taire. Que consciente que ces signes d'insolence que j'avais déjà manifesté pouvaient me coûter la vie. « Tu ne mérites même pas de prendre des coups de fouet.  » Et une vision qui se transformait. Un sort scellé. Le visage du prisonnier qui se transformait lui aussi, alors que ses yeux s'agrandissaient de peur. Une sentence prononcée, définitive. « Tu te battras à mort dans l'arène ! » Du sang. Des applaudissements. Un murmure qui devenait une clameur. Une foule qui timide jusqu'à là pouvait sentir l'adrénaline coulait dans ses veines. Du pain et des jeux ce qu'il voulait. Et du sang. Toujours plus de sang qui coulait le long des pavés. Un masque qui s'affichait pourtant sur mon visage. Ne pouvant montrer la moindre pitié. Ayant compris rapidement que toute trace de faiblesse ne leur donnait qu'un levier. M'y refusant.

« On ne pose pas la main sur le prince, ni sur les demoiselles innocentes. » L'innocence. Un concept bien relatif. Toute trace d'innocence envolée quand j'avais tenté de tuer mon premier maître. Une innocence qu'il avait autant dévoré en prenant mon corps, en se servant de moi pour satisfaire ses désirs avant de m'envoyer en bordel. Personne n'était innocent. Etant loin d'être la blanche colombe alors qu'au coeur de mon esprit germait des plans pour fuir. Demyan Draghsteel qui n'était pas conscient de ce désir de vengeance, de ce sentiment de haine qui obscurcissait mon coeur à l'égard de sa famille, des mercenaires ou des maîtres. Ne pouvant que rêver de voir cet empire tomber. Ne pouvant que rêver de voir leur sang couler et de voir la donne changeait. Ne pouvant que rêver de ce jour où je n'aurai plus de chaînes à mes poignets, de ce jour où je ne serai plus enchaînée. Ne pouvant que rêver d'être libérée de cette cage dorée dans lequel j'étais enfermée. Rêvant de fuir loin de cette cité dans lequel je me sentais oppressée, prisonnière. Mais des rêves qui étaient tus.

Un homme désormais envoyé aux arènes qui ne pouvait que se jeter par terre pour supplier sa majesté, demandant pitié. Demandant miséricorde. Erreur. Doutant que cette grâce lui soit faite alors même que je tournais mon regard vers Demyan. N'ayant jusqu'à alors prononcé aucun mot non pas que j'en pensais moins. Me demandant s'il allait changer d'avis. En doutant. Mon regard qui se posait sur Amir. Ce dernier qui portait son regard sur moi. Regard qui n'était pas quitté. Condamné et ne pouvant qu'adresser une prière au dieu soleil pour qu'il soit le dernier juge de sa vie. A la fin we are just savages...

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]

 

Déjà vu [Demyan]

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