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˜˜˜˜˜˜Déjà vu [Demyan]
maybe life should be about more than just surviving


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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1490 Jessica Parker Kennedy lara (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 224
† Game of survival †


Sujet: Déjà vu [Demyan]
Jeu 8 Mar - 20:01


Cette impression de déjà vu. Ce sentiment étrange qui vous pousse à croire que vous avez déjà vécu cette scène. Sentiment qui ne peut qu'exister. Bel et bien cette même idée. Encore à me demander comment j'avais pu m'en retrouver là. Peut-être à cause de cette pointe d'arrogance. Peut-être à cause de ce monde dans lequel je vivais. Peut-être parce qu'ici les esclaves n'avaient leur mot à dire. L'esclavage qui ne sonnait que comme un semblant de normalité. Prisonnière de nouveau de ce cycle perpétuel.

Ne pouvant fuir la foule oppressante. Ne pouvant éviter les regards qui étaient pressés dans ma direction. Un cercle formé autour. Des badauds qui s'approchaient. Le clou du spectacle. Les regards curieux de certains. D'autres qui ne pouvaient que faire des pas de côté pour s'éloigner. Certains qui pressaient le pas, ne souhaitant s'attarder. La peur. Toujours ce semblant de peur, autant que certains ne souhaitaient simplement pas être mêlés au spectacle qui allait se jouer là. Un spectacle qui apparaissait non pas comme tragique ou dramatique, juste banal. Un spectacle dans lequel il était dangereux de prendre part. Si les lois de la cité protégeaient les esclaves domestiques, interdisant à quiconque de poser une main dessus sans l'autorisation de leur maître, il ne leur restait pas moins que la situation pouvait toujours dérapé. Et il ne faisait aucun doute qu'il serait préférable que je me taise. Un fil fin sur lequel je marchais. N'étant pas bon de se montrer arrogante alors que facile était la chute.

Roan qui n'était là, en voyage. Pour ainsi dire à leur portée de main. Certain que si j'avais été au bordel, ou au mauvais endroit, les questions ne se seraient pas posées. Certaines consciences qui n'avaient besoin d'être apaisées. Une certaine moralité que certains n'avaient aucun problème à ignorer. Non pas qu'il paraissait important d'accorder un point de vue à un esclave, de lui permettre de placer un mot. Des esclaves, esclave que j'étais qui n'étaient que des objets pour eux. Et autant que je pouvais prononcer son prénom, qu'il avait apposé sa marque sur mon pied, il ne restait pas moins que cette fois-ci j'étais seule. Shanareth qui n'était pas autour pour empêcher que la situation dégénère. Bien que la question aurait pu autant se poser sur le fait que la jolie brune intervienne. Après tout aux yeux des autres elle était une mercenaire. Ne pouvant être vu comme mon amante. Car si Roan savait, il ne restait pas moins que chaque pas devait être esquissé avec prudence. Shanareth qui n'avait pas été non plus là alors que je m'étais retrouvée quelques mois plutôt prisonnière des griffes de Shell. Ne pouvant que continuer de penser que cette dernière restait jalouse de Shanareth, bien qu'il était certain qu'il restait préférable que je taise cet énième secret tant en sa présence qu'en celle de Roan ou Shanareth. Une préférence de taire le fait que Radoslav auquel tenait particulièrement Shell, meilleur ami de Roan avait été un de mes clients au bordel. Des secrets tus. Toujours ce même désir de survivre. Mais à cet instant, j'étais de nouveau seule. Arméthyse qui n'était pas non plus là pour me donner un coup de main. Et il n'y avait certainement nul prince en vue.

Seule. A la merci, ou presque. Un regard qui restait posé sur l'homme au visage rustre qui se trouvait devant moi. Souvent une simple bousculade. Une première excuse de trouvée pour attaquer. Un homme qui cherchait à attirer le regard de la foule, qui ne voulait que combattre. Pouvant sentir de là non pas tant son haleine de chacal que l'odeur de l'alcool qu'il portait sans lui. Mais au-delà de cela l'homme était reconnaissable. Un homme qui m’injuriait aujourd'hui et qui savait pourtant à qui il avait affaire. Conscient sans aucun doute que Roan n'était là, sans quoi il n'aurait osé prendre la parole. Un homme que j'avais connu au bordel. Un joueur qui en voulait toujours plus. Éconduit et éjecté. N'ayant visiblement digéré le passé. Un regard qui ne flanchait pas alors qu'il était là, plus arrogant que jamais. Assuré dans sa position. Et un homme qui restait dangereusement proche. Ne lui manquant que de tendre la main pour la poser sur mes courbes. Et pouvant ores et déjà sentir le frisson dans mon dos à cette pensée. Une personne que je n'étais plus. N'étant plus cette esclave prostituée. Ayant bel et bien changée. Et si auparavant j'aurai été une des premières à jouer de mes charmes pour m'assurer de gagner de l'or, tentée d'assurer ma fuite, il ne restait pas moins que cette hypothèse était désormais oubliée. Ne pouvant que garder la tête haute et tenter d'en finir vite. Or si des excuses avaient été prononcées, cela ne comptait pas. Autant que je n'avais pu que m'excuser non sans penser le pire, et prier le dieu du soleil de rétablir justice, ce grain de vengeance ne pouvait que germer dans mon esprit. Comme à chaque fois. Ne pouvant que jouer délicatement, alors que je ne pouvais que faire un pas de côté. Et consciente pour autant que tenter de l'approcher directement ne fonctionnerait pas cette fois-ci bien que cette pensée de le ridiculiser ne pouvait qu'autant exister dans mon esprit. Et pourtant dans un sens des mains qui restaient liées alors que je ne pouvais qu'attendre que les secondes s'écoulent, attendant de voir quel serait le prochain mouvement réalisé.

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05/03/2018 Authenticity 403 Michiel Huisman @luxaeterna Prince | Diplomate & Stratège Rahjak 111


Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Dim 18 Mar - 22:09

déjà vu
Ezra Demyan

 
The severity of punishments ought to be relative to the state of the nation itself. Stronger and more easily felt impressions have to be made on a people only just out of the savage state. A lightning strike is needed to stop a fierce lion who is provoked by a gunshot.
Cesare Beccaria

L'océan de couleurs s'étale sous tes yeux. Y'a pas à dire, tu trouves ça magnifique. T'as toujours été impressionné par le marché et par tous ces trucs qu'ils peuvent essayer de vendre. Tu ne serais même pas étonnée si quelqu'un venait à tenter de te vendre une main de singe, avec des doigts magiques qui exauceraient des vœux. Mais t'es pas si idiot, toi le Draghsteel à la belle gueule. Est-ce que tu crois réellement que y'a une forme de magie ici prête à exaucer tous tes vœux ? Pas le moins du monde. Il te faudrait bien plus que ça pour y croire. Un chaudron, des animaux sacrifiés et une lune rouge sang, peut-être. Après tout, t'en as déjà vu, des diseurs de bonne aventure, des prêtres ou toute sorte de sorciers prêts à te vendre moultes potions pour soigner ton cœur perdu. Encore aurait-il fallu eu ton cœur soit réellement perdu. T'as déjà aimé une femme Demyan ? Ta sœur, mais c'est pas réellement le genre de femmes auxquelles pensent ces vaudous qui veulent te vendre leurs solutions miracles. Oh, ils étaient là pendant la grippe, et ils ont tenté plein de trucs. Surement plus que t'en aurais fais toi-même, mais après tout, t'es pas un sorcier. T'as l'air d'en avoir rien à faire, mais au fond, tu les respectes. Autant que ton peuple les respecte, parce que t'as pas envie de ta vie devienne un ramassis de mauvaises choses. T'es un prince, et la drôle de dame derrière toi te la rappelle bien. T'as toujours eu envie de t’asseoir sur l'autorité, mais malheureusement t'as pas réussi à te débarrasser de celle-là. Les grands sages ont décidé que tu devais te parer d'une garde, tant pis. Du moins, t'as pas encore essayé de la perdre sous une dune. Elle t'as même traîné deux ou trois fois à des trucs "officiels" comme elle dit, mais ça te passe au-dessus de la tête, toi, ça.

Y'en a d'autres, qui n'ont pas de garde. Tu te retrouves d'un coup les yeux sur une situation familière. un truc que t'as déjà vécu, sans aucun doute. T'as le chic pour te retrouver dans les situations les plus banales de la vie quotidienne et t'en mêler comme un chef. Tu arrives, tu mets le souk et tu t'en vas. T'as l'air totalement insouciant quand tu fais ça, mais en réalité t'as jamais réellement fais de mal à personne. Le truc dont t'es conscient, c'est que la moindre chose que tu dis, c'est une vérité. "Coupez-lui la tête", dira-tu, et on le fera. Mais tu te sens pas assez légitime pour couper la tête de quelqu’un, quand Isaak le ferait très bien pour toi, et sans même te le dire. Tu décroches pas des yeux ce qui se passe à l'étal à côté de celui où tu regarde le couscous depuis quelques secondes. Tu sais qu'il se passe un truc, quelque chose que tu connais, avec une tête que tu connais. Mais on t'as demandé de retenir assez de noms dans toute ta courte vie pour que tu ne te souviennes plus de celui-là. T'es certain que c'est une esclave, et qu'elle n'a toujours rien demandé. Parce que t'as déjà été là, à regarder la situation comme si c'était un procès juridique et que tu devais trancher. Parce que t'adores intervenir sur ce genre de choses, surtout quand tu es convaincu que tu as raison. T'as toujours raison, Demyan, n'est-ce pas ? Quand tu dis que t'es le plus beau; quand tu dis que t'es un prince cool; quand tu dis que Irina est trop impulsive; t'as raison, donc tu trouves que t'as assez de raisons pour croire tout ce que tu penses juste de croire.

Seulement, le truc que t'as remarqué, c'est le regard de lassitude de la jeune file. Tu vois qu'elle est mal à l'aise, et qu'elle essaie même pas de répondre. T'as à quelques mètres d'elle, mais t'entends les accusations de là. Tu vois les joues gonflés de colère du marchand rustre. Elle s'excuse, tu l'entends depuis ton étal. Alors, t'es là, du haut de tes douze pommes et demie, et tu t'avances. « A-t-on demandé un oeil avisé pour faire la part des choses de cette histoire ? » T'avais pas plus narcissique comme approche. T'aurais crié « mes oreilles sifflent que la présence d'un juge royal est nécessaire », que t'aurais surement eu les mêmes réactions. Est-ce que les gens t'écoutent réellement ? T'en es pas certain. Peut-être ont-ils peur de toi, ou envie de te trancher la tête, cela restes à voir. Mais tu te laisseras pas marcher sur les pieds, t'es même pas certain qu'un seul des pigeons ici ait la capacité de te marcher sur les pieds, après tout. T'avances, comme un lion entre dans l'arène, et tu pousses gentiment les moutons qui entourent la scène. « Vous l'avez entendue, elle n'a rien fait. » Tu saisis le poignet de l'homme, qui s'était refermé sur celui de la jeune fille. « Lâchez-là. » Fais pas trop le con, Demyan; tu ne sais pas si ce mec est prêt à se payer ta tête ou pas. Est-ce que t'as pas déjà fais ce geste, sur le dernier joufflu qui a voulu se payer la tête de l'esclave ? T'aimes pas spécialement qu'on touche aux faibles, alors tu deviens le héros. Bon, t'as seulement l'avantage d'être un héros royal, ce qui te facilite la vie.

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Dernière édition par Demyan Draghsteel le Lun 24 Sep - 21:23, édité 2 fois

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Sam 24 Mar - 21:16


Toujours ce moment délicat. Un choix à faire. Une direction à emprunter. Ne suffisant de choisir de tourner à droite ou à gauche. Chaque choix avait son lot de conséquences. Et si j'avais gardé la tête haute, il ne restait pas moins que pour le moment je n'avais pas franchi ce point de non-retour. Toujours ce mouvement dangereux, glissant où je me retrouvais à me monter trop téméraire. L'insolence qui n'allait guère aux esclaves. Presque une pulsation suicidaire lorsque cela était le cas. Ce qui pouvait semblait paraître d'un point de vue extérieur. Et peut être était-ce un peu le cas. Peut-être étais-je un peu suicidaire ou bien trop fière. Les rahjaks avec leur fierté. Nombreux étaient bornés. Nombreux avaient le sang chaud. Nombreux étaient violents. Et il y avait autant dans cette violence, une trace de beauté de magnificence. Comme en venir à regarder un prédateur droit dans les yeux, se rappeler qu'il n'avait qu'un mouvement à faire pour nous tuer et autant en venir à se rendre compte qu'il était de cette beauté rude et magnifique. Mais autant que certains pouvaient dégager des ombres, n'être pas seulement dangereux mais ensorcelants, certains êtres étaient simplement ragoûtant.

Ce qui était le cas de nouveau. Certes il n'était pas des hommes les plus laids face auquel j'avais joué de mon charme, mais il ne restait pas moins qu'il n'était pas magnifique. Et peut être que cela aurait été plus simple si j'étais tombée sur une autre personne. Mais non il avait fallut que je tombe sur un de mes anciens clients. L'un qui était peu recommandable. Pas tant une loque qu'un homme qui pouvait être dangereux sous l'effet de l'alcool, qui détestait encore plus qu'on lui dise non. Ce que j'avais fait. Ce qu'il ne pouvait que vouloir me faire regretter je le savais. Et une situation que j'aurai sans doute préféré évitée même si ce n'était la première fois. Une approche délicate pour tenter d'éviter une scène même s'il suffisait de voir son regard pour comprendre que cela ne serait aussi aisé pour cette fois-ci.

Et soudain une voix en écho qui retentissait. La foule qui n'en masquait pas suffisement l'écho. Des regards qui se retournaient vers le nouveau venu. Ne pouvant encore entrevoir son visage. Et ne sachant si je ne pouvais que le remercier ou l'inviter à s'échapper. Car autant que le geste n'était qu'admirable, je doutais qu'il serait vu comme un de bienvenue à cet instant. Presque un jeu aussi dangereux que de prendre la défense d'un esclave alors que chacun ne pouvait que faire cavalier seul. « A-t-on demandé un oeil avisé pour faire la part des choses de cette histoire ? » Une main qui se refermait sur mon poignet. Mon regard qui ne pouvait que fusiller l'homme qui m'en retenait prisonnière. Les badauds qui s'écartaient pour laisser entrer dans cette arène improvisée l'homme qui avait pris la parole. « Vous l'avez entendue, elle n'a rien fait. » Comme si cela comptait dans la cité. Comme si les mots d'un esclave avaient son poids dans la balance. Pouvant presque en rire si cette personne n'était pas venue en alliée. Mon regard qui se détournait un court instant. Un chevalier blanc. Du moins ce qu'il semblait vouloir devenir. Et au-delà d'un chevalier blanc, un prince dans cette cité. Une impression de déjà-vu et un semblant de sourire qui manquait de se dessiner sur un visage. Presque un mensonge de dire que je n'étais pas soulagée de voir une silhouette familière autant que je pouvais détester ses semblables ou lui-même. « Lâchez-là. » « Lâche moi Amir ! » Et presque autant un ordre. La scène qui se précipitait. Un poignet lâché certes. Mais autant un coup qui partait. Le craquement des jointures. On aurait pu accuser l'alcool. Mais il était facile de discerner la vérité et le mensonge ou la fine limite entre les deux. Ne pouvant blâmer l'ignorance alors que chaque personne dans la cité connaissait l'histoire des rahjaks et plus particulièrement les membres de la famille royale. Bien qu'il fallait avouer qu'il n'était pas donné à tout le monde d'en entrevoir le visage, ce n'était une fois mais deux. Du moins il ne restait pas moins que si les secondes n'avaient pas défilé rapidement, si mon attention n'avait pas été détournée, il aurait été facile de remarquer l'expression de surprise sur mon visage. Toujours cette petite expression de surprise à l'idée que les membres de la royauté se joignaient pour ainsi dire au commun des mortels, bien qu'il était certaine que leur version n'était en rien de celle que d'autres connaissaient. Des versions plus sombres, désastreuses de la cité bien que le portrait donné par la famille royale était autant un portrait brisé, tâché. Et des cris qui ne pouvaient résonner en écho alors que je me positionnais entre les deux, un regard qui se posait aussitôt sur cet héro royal. Et des questions sans réponses pour le moment alors que la situation ne faisait qu'évoluer crescendo.

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05/03/2018 Authenticity 403 Michiel Huisman @luxaeterna Prince | Diplomate & Stratège Rahjak 111


Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Dim 22 Avr - 19:17

déjà vu
Ezra Demyan

 
The severity of punishments ought to be relative to the state of the nation itself. Stronger and more easily felt impressions have to be made on a people only just out of the savage state. A lightning strike is needed to stop a fierce lion who is provoked by a gunshot.
Cesare Beccaria

Tu fais comme si t'étais le roi, mas tu l'es absolument pas. Tu fais comme si tous les imbéciles du coin te reconnaissaient au premier coup d'œil, mais en vrai la plupart d'entre-eux n'en ont rien à faire de ta sale tronche. Qu'est-ce qu'un prince, après tout ? C'est une figure de la société, censé représenter des choses. D'accord, tu te résumes pas qu'à ça. Mais mis-à-part la main mise que tu as parfois sur ton frère, et toute la partie stratégique qui te reviens de droit, t'es pas le plus utile des cowboys dans ce désert.

« Lâche moi Amir ! » C'est le dernier truc que t'entend avant de te prendre le coup. Mais quel imbécile. Toi ou lui ? Probablement les deux. Il t'érafle la joue sans aucun scrupules. Génial, t'as gagné un bleu, ou peut-être même deux. Ta main se porte directement à ta machoire, tandis que tu tombes sur un genou, encaissant le choc. En réalité, t'as pas si mal que ça, mais il te faut jouer du spectacle. Il faut du beau, du vrai et du réaliste. Les Rahjaks veulent voir de la souffrance autant qu'ils veulent voir de la résistance. Prouves que tu es vaillant et fort et que tout ce qu'il y a autour de toi n'est que ton arène. Ton jeu.

Tu vois la-jeune-fille-dont-tu-as-oublié-le-nom s'interposer entre l'alcoolique et toi. Bah non ma jolie ! C'est pas du tout ce qu'il fallait faire. Si Demyan arrive pour te sauver la vie, ta seule action est de rester derrière et de le laisser faire. Mais non, hein, fallait qu'elle se mettre entre vous deux. Après tout, le marchand avait levé la main sur le Prince. Sur un Membre de la famille royale C'est plutôt le genre de choses que l'on ne fait pas ici. T'es loin de te considérer comme un Dieu, mais t'es également loin d'être touchable. Ainsi donc, tu es intouchable. C'est pas de sa faute. Mais t'es né comme ça. T'es né au bout d'une fleur d'or, t'as même pas choisi. T'es né avec toute la grâce et la - ahem -sagesse des Draghsteel.  T'as bien pris ton temps pour que tout le monde te regarde, mais tu finis par te relever avec toute ta dignité. Tu pousses d'un geste las mais doux la jeune fille sur le côté, et claques de doigts vers ta garde. Vas-y Demyan, montre leur tout ce que tu sais faire. Mais sans jamais te salir les doigts, c'est bien. T'attends un peu que ton garde ai saisi l'imbécile par le col, et tu t'approches en le regardant mi dans les yeux, mi dans la foule. Faut que tu t'assures que tout le monde est bien en train de suivre votre échange, et que rien ne détourne leur attention.

« C'est une faute grave. » Tu hoches la tête et tu fais un tour sur toi-même, regardant la foule. Tu entends les murmures cesser dès lors que tu poses ton regard sur eux, où sont donc les applaudissements ? Voilà que tu dois bouger bien plus que le petit doigt. T'es comme un enfant sur une scène de théâtre, t'es puéril et bruyant. « Bien que tu sembles en piteux état, l'alcool n'excuse pas les tords.  » Tu te tournes vers l'homme. Tu chuchotes, mais assez fort pour que tout le monde t'entende. « Tu ne mérites même pas de prendre des coups de fouet.  » Dans un geste théatral, tu te retournes : « Tu te battras à mort dans l'arène ! » Tu entends la foule qui répète derrière toi : l'arène. Tu te retournes à nouveau, pire qu'une girouette, et lance : « On ne pose pas la main sur le prince, ni sur les demoiselles innocentes. », ajoute-tu, tendant la main à la jeune fille. Une fois que t'as pris sa main, tu la lui fais lever au ciel, en attendant les applaudissements.

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Dernière édition par Demyan Draghsteel le Lun 24 Sep - 21:24, édité 2 fois

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28/02/2016 Glacy Chris Wilson 1490 Jessica Parker Kennedy lara (avatar) esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée Rahjak 224
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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Sam 28 Avr - 21:30


Ecartée. Poussée sur le côté doucement mais fermement. Ne pouvant que suivre le mouvement alors que le ton changeait. Et soudain le prince qui apparaissait. Pas juste l'homme, celui qui s'interposait. Non le sang royal coulait dans ses veines. Et il ne suffisait que d'un claquement de doigts pour que les gardes surgissent. Déjà là. Un homme soulevé de terre. Un prince qui s'approchait. Tous les regards qui se tournaient vers lui. Chacun hypnotisé. Personne qui ne détournait la tête alors que tous le regardait désormais. Les battements de coeur qui s'accéléraient. Manquant un souffle. Cet instant d'attente où chacun ne pouvait que rester figé sur place, autant impatient de voir ce qui se passerait après que redoutant le prochain mouvement qu'il ferait. Car s'il le pouvait, il pourrait autant le couvrir d'or que le tuer. Et ne pouvant détourner le regard alors qu'il reprenait la parole sans quitter Amir des yeux. Un ivrogne qui ne pouvait qu'ores et déjà tremblé, pouvant presque déjà voir sa chute.

« C'est une faute grave. » Chacun qui retenait son souffle. Chacun se taisant. Chacun qui savait que c'était une faute mais dans ce monde-ci, les actions ou les mots n'avaient forcément de sens. Les forts l'emportaient sur les faibles. Et autant fascinée par ce pouvoir qu'il tenait entre les mains que répugné par la vision qu'il offrait. Comme si là encore il ne savait rien de ce qui se passait dans la cité ou comme s'il ne pouvait qu'attendre qu'on l'applaudisse. Des membres de la royauté autant adoré que détesté. Certains qui ne pouvaient que courber l'échine, certains qui ne pouvaient que le regarder avec crainte et d'autres avec colère. Et pourtant unis alors qu'au fond le peuple n'attendait que du pain et des jeux. « Bien que tu sembles en piteux état, l'alcool n'excuse pas les tords.  » Tu te tournes vers l'homme. Tu chuchotes, mais assez fort pour que tout le monde t'entende. Et autant que j'avais voulu être sauvé, je ne pouvais que redouter la suite. Nullement sûr d'apprécier ce qui se passerait après. Lèvre inférieure mordillée. La sentence qui allait tomber je le savais alors que là n'était qu'une démonstration de force. Mais autant que ses contacts me répugnaient, que j'aurai voulu qu'il en soit autrement, que je pouvais détester ces mains baladeuses et ces regards, il semblait que difficile de penser que la mort ou le fouet serait un châtiment qu'il méritait. Mais autant que cette voix ne pouvait que me souffler d'avoir de l'empathie et de l'avoir de la compassion, une autre ne pouvait que me crier de taire. Avoir de la compassion ou des sentiments ne permettaient pas de survivre. Bien loin de là. Ceux qui avaient un coeur ne pouvaient que voir ce dernier se faire écraser. L'impossibilité de faire preuve de compassion encore moins là, alors que je n'étais qu'un esclave, que je ne pouvais que haïr ces spectacles chaque jour. Autant attirée par lui, par ce pouvoir qu'il possédait que je n'aurai jamais. Sans doute autant dégoûtée par la vision qu'il donnait et représentait. Un enfant gâté et riche. Une loyauté de ses sujets qui n'était forcément réelle si ce n'était achetée. Et des pensées qui pouvaient autant me coûter la vie. Me forçant à me taire. Que consciente que ces signes d'insolence que j'avais déjà manifesté pouvaient me coûter la vie. « Tu ne mérites même pas de prendre des coups de fouet.  » Et une vision qui se transformait. Un sort scellé. Le visage du prisonnier qui se transformait lui aussi, alors que ses yeux s'agrandissaient de peur. Une sentence prononcée, définitive. « Tu te battras à mort dans l'arène ! » Du sang. Des applaudissements. Un murmure qui devenait une clameur. Une foule qui timide jusqu'à là pouvait sentir l'adrénaline coulait dans ses veines. Du pain et des jeux ce qu'il voulait. Et du sang. Toujours plus de sang qui coulait le long des pavés. Un masque qui s'affichait pourtant sur mon visage. Ne pouvant montrer la moindre pitié. Ayant compris rapidement que toute trace de faiblesse ne leur donnait qu'un levier. M'y refusant.

« On ne pose pas la main sur le prince, ni sur les demoiselles innocentes. » L'innocence. Un concept bien relatif. Toute trace d'innocence envolée quand j'avais tenté de tuer mon premier maître. Une innocence qu'il avait autant dévoré en prenant mon corps, en se servant de moi pour satisfaire ses désirs avant de m'envoyer en bordel. Personne n'était innocent. Etant loin d'être la blanche colombe alors qu'au coeur de mon esprit germait des plans pour fuir. Demyan Draghsteel qui n'était pas conscient de ce désir de vengeance, de ce sentiment de haine qui obscurcissait mon coeur à l'égard de sa famille, des mercenaires ou des maîtres. Ne pouvant que rêver de voir cet empire tomber. Ne pouvant que rêver de voir leur sang couler et de voir la donne changeait. Ne pouvant que rêver de ce jour où je n'aurai plus de chaînes à mes poignets, de ce jour où je ne serai plus enchaînée. Ne pouvant que rêver d'être libérée de cette cage dorée dans lequel j'étais enfermée. Rêvant de fuir loin de cette cité dans lequel je me sentais oppressée, prisonnière. Mais des rêves qui étaient tus.

Un homme désormais envoyé aux arènes qui ne pouvait que se jeter par terre pour supplier sa majesté, demandant pitié. Demandant miséricorde. Erreur. Doutant que cette grâce lui soit faite alors même que je tournais mon regard vers Demyan. N'ayant jusqu'à alors prononcé aucun mot non pas que j'en pensais moins. Me demandant s'il allait changer d'avis. En doutant. Mon regard qui se posait sur Amir. Ce dernier qui portait son regard sur moi. Regard qui n'était pas quitté. Condamné et ne pouvant qu'adresser une prière au dieu soleil pour qu'il soit le dernier juge de sa vie. A la fin we are just savages...

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Mar 5 Juin - 22:22

déjà vu
Ezra Demyan

 
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C'est pas un de tes meilleurs spectacles, c'est clair. Tu lâches la main de la jeune fille, laissant retomber les applaudissements. Ils sont plutôt timides, se demandant probablement s'ils ne seront pas les prochains. Pourtant, t'es vraiment pas un tyran. T'as réglé une situation d'une manière bien plus rocambolesque que ton frère l'aurait fait, ou même ton père. T'es théâtral toi, pas tyrannique. Tu te demandes s'ils auraient peur de toi... Probablement pas. T'es la bonne figure, pas le monstre. T'as jamais porté la main sur qui que ce soit, t'as jamais fais un geste de travers, c'est vraiment pas ton genre. T'as jamais tué quelqu'un, et t'en a clairement pas envie. Ôter la vie... C'est trop compliqué pour toi. Tu te sens pas légitime pour ce genre de choses, parce que t'as des droits sur personne. Bien que... envoyer quelqu'un dans l'arène, c'est pas forcément ce qui te donne la meilleure des consciences. A vrai dire, t'as même pas spécialement envie de savoir comment ça va se terminer... C'est compliqué pour toi, de regarder ce genre de spectacle sans grimacer. L'homme se jette à terre, te suppliant de lui accorder pardon. Tu te sens tellement horrible, de devoir le laisser aller se battre. Tu ne lui jettes même pas un coup d’œil, tandis qu'il est emmené. C'est quelque chose qui te paraît totalement insupportable, en réalité. Du moins... si seulement tu pensais au dénouement de cette histoire. Après tout, tu as peut-être empêché un crime, ou un viol. qui sait ce qu'il aurait pu se passer, tu n'es pas dans la tête des autres. On ne pense pas à leur place, et on aimerait vraiment pas avoir leurs idées, en fait. Ce serait... désagréable. Même avec l'alcool, ses idées semblent plutôt claires, finalement.

Tu remarques le regard de la jeune fille sur l'alcoolique. Du moins... Sur celui qui a eu la malchance d'aujourd'hui boire un verre de trop, et de tomber sur la mauvaise personne. leurs yeux se croisent, mais tu te sens étranger à cette relation. Probablement qu'ils se connaissent, tu ne sais pas réellement à qui appartient cette esclave, ni à qui est son maître. De ton avis, cela ne lui donne pas énormément de légitimité pour être d'une quelconque supériorité aux autres esclaves, mais ce n'est pas grave. Ce n'est probablement pas à toi de porter un jugement là-dessus. Avoir un esclave  à toi, tu ne voudrais pas. C'est trop compliqué à gérer. Tes yeux glissent sur la silhouette de la jeune fille, tu te demandes ce qu'elle a vécu. Mais après tout, tu n'es pas son maître. Tu es un Prince, ouais, super. Y'a probablement meilleur rôle, parce que toi ça te passe au-dessus de la tête tout ça. C'est étrange mais... La demoiselle semble à la fois totalement proche et éloignée de ta petite sœur, Tasha. La famille royale ne doit tellement pas grandir de la même manière que les autres personnes de la cité. Après tout, les moyens et l'éducation ne sont pas du tout les mêmes. Bien que ton père ait pas mal délaissé ses deux derniers enfants, tu as eu la bonne éducation royale. Ce truc que t'as jamais aimé. Après tout, tes fonctions royales sont l'une des choses qui t'insupportent le plus dans cet endroit. Si un jour tu trouves un moyen pour y déroger, tu le feras sans aucun regrets. Bien que... Tu aimerais quand même garder la main le plus possible sur ton peuple, histoire de ne pas le voir se décimer de l'intérieur. Après tout, peut-être qu'un grand feu, dans le désert, pourrait brûler pendant des jours entiers. Des mois même. Sans aucune pluie pour venir l'assécher...

L'homme a disparu depuis quelques minutes maintenant, et petit à petit, la foule se dissipe autour de toi, probablement lassée. Les Rahjaks ne sont pas vraiment des comédiens, ils sont plutôt sanguins, et c'est beaucoup plus compliqué de maintenir l'attention longtemps. Ils sont... très réactifs. C'est dans leur nature, ils sont des félins, attendant que la moindre proie leur passe sous la main. Avoir réussi à instaurer des règles à un tel peuple, tu admires le mec qu'à réussi ça. Le dompteur des Rahjaks, bravo. C'est un des trucs pour lesquels t'aurais jamais pu être roi, et que c'est finalement pas pire que ce soit on frère qui obtienne la main, un de ces quatre. Alors que la foule s'est dissipée lentement autour de vous, tes gardes finissent par revenir vers toi et engagent la conversation sur ce qu'il vient de se passer. Tu hoches la tête, les écoutant d'une oreille plutôt distraite. A vrai dire, t'espères plutôt que la fille va pas se sauver, parce que t'aimerais lui toucher quelques mots, plus discrètement. C'est la deuxième fois que tu la retrouves dans ce genre de situation, et t'es pas une pendule qu'on remonte toutes les heures en espérant que tu viendras la sauver à chaque fois. Peut-être que cela vient d'une part de lassitude de son maître, qui la laisse vagabonder et faire les aventureuses. Peut-être que c'est simplement de la malchance et que cette gamine n'a finalement rien trouvé de mieux que toujours passer au mauvais endroit au mauvais moment. Tu pourras pas définitivement intervenir pour elle à chaque fois. Ou alors, cela vient d'un comportement totalement indifférent à ce qui se passe autour d'elle. Après tout, si elle est une esclave, d'où peut-elle venir... Et quelles sont les règles de ces lieux de vie lointains. Il se peut que les Rahjaks récupèrent leurs domestiques d'un peu n'importe où.

Lorsque ta conversation se termine, tu jette un œil à l'esclave. Te penchant rapidement vers elle, tu lui murmures : « Marche avec moi.  » Ta voix est dénuée d'émotion, et tu marches tranquillement, la laissant caler ses pas sur les tiens. C'est pas vraiment difficile, de se faire suivre, quand on a du sang bleu dans les veines. C'est même... plutôt relaxant de ne pas avoir à se battre constamment avec tout le monde. que tous se plient à tes volontés. Tu te sens jamais seul dans ces rues, même quand tu cherches à être le plus discret possible. A vrai dire, la sécurité est plutôt primordiale, et elle sait se faire discrète. Mais toi, tu les remarque toujours. « Rappelle-moi ton nom  », dis-tu en te grattant la barbe. T'as rencontré tellement de gens. Probablement qu'elle te dira le nom de son maître aussi, mais celui là te parlera encore moins. T'aurais besoin d'une photo, pour te rappeler si tu l'as déjà vu. Ou bien c'est quelqu'un qui passe souvent au palais, mais... c'est pas ton truc de faire le pigeon et de regarder les papiers de tous ceux qui passent. « Que cherches-tu ? »

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Dernière édition par Demyan Draghsteel le Lun 24 Sep - 21:24, édité 1 fois

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Mer 6 Juin - 16:33


Mon regard qui restait posé sur lui alors qu'il était emmené de force. Me contentant de le regarder jusqu'à disparaître enveloppé par la foule. Une foule qui n'allait pas tarder à se disperser. C'était toujours ainsi. Les badauds s'attroupaient, intéressés de voir les réactions à chaud puis disparaissaient. Charognards sans aucun doute, pas tant attirés par l'odeur du sang que de l'or. Certaines bourses qui repartiraient plus vides, délestée de leur dû alors que des paris n'avaient pu être faits tandis que le prince proclamait sa sentence. Chacun qui pensait que telle condamnation serait plus adaptée. Parfois de la chance. Certains définitivement plus chanceux que celui qui venait d'être condamné. Et chanceuse je le savais que je l'étais alors. Sauvée par lui une deuxième fois. Ce qui n'était pas rien. Visage que je n'avais pas oublié. Le don de me mettre dans le pétrin pour ainsi dire. Bien entendu que cette fois-ci l'histoire était tout autre, mais j'avais autant conscience d'être un maillon de la chaîne. Espérant simplement que le dieu du soleil continuerait d'être en ma faveur. Foule que je regardais tantôt disparaitre avant de reporter mon attention sur le prince.

Homme qui ne tardait à se pencher avec moi pour murmurer quelques mots à mon oreille. Frisonnement alors que je ne pouvais qu'hocher la tête. Des simples mots dénués d'expression. Des mots qui restaient avant tout un ordre. Pouvoir qu'il détenait sur moi même s'il n'était le roi. Peu oserait chercher des noises aux membres de la royauté. Leur rang qui valait plus. Au-dessus du bas peuple, si ce n'était inférieur au dieu du soleil, le seul et l'unique. « Marche avec moi.  » Et je ne pouvais que tarder à caler mon pas sur le sien. Note de méfiance encore là alors que je ne pouvais que jeter un regard autour. M'attendant à ce que les regards nous suivent. M'attendant à ce que sa garde personnelle nous accompagne. Mais non, chacun n'avait pu que retourner à ses habitudes du moins cela avait été le cas pour le peuple. Badauds très rapidement dispersés qui n'avaient pu que retourner admirer les étalages, le savoir-faire des rahjaks. Ce qu'il fallait reconnaître tantôt bien qu'une foire ne se tiendrait pas encore avant des années. Et ne pouvant que me rappeler que je devais le remercier. Une nécessité. « Merci. » Voix qui se voulait chaleureuse. Consciente qu'il n'aurait été obligé de faire ce geste. Il aurait pu tout autant décider de continuer son chemin. Choix qu'il avait pris pour lequel je lui étais reconnaissant. Mais pour autant s'il n'avait pu que m'aider, cela ne voulait pas non plus dire qu'il se rappelait de la personne que j'étais, de mon identité. « Rappelle-moi ton nom  » « Ezra. Je suis l'esclave de Roan Ezeriel. Il est un mercenaire.  » Doutant qu'il le connaisse. Peut être de réputation mais sans plus. Les possibilités et probabilités étaient bien plus élevées que les autres mercenaires le connaissent ou au sein du palais Irina voir peut être Isaak. Certaines affaires qui étaient conclues avec eux pour ce que j'en savais. Des informations que je notais sans forcément en demander plus à moins que cela ne soit dans un but particulier. Me paraissant improbable que Demyan le connaisse alors que l'homme n'était pas connu pour être un militaire. Rien que son pas ne confirmait cette idée.

Et néanmoins face à sa question je ne pouvais que m'arrêter. « Que cherches-tu ? » Surprise en effet de cette question bien que l'instant d'après je ne pouvais que remettre en marche pour le rattraper. « Pardon ? Que voulez-vous dire ?  » Question dont je ne comprenais pas le sens. Question qui ne me faisait que m'en poser d'autres. Ne pouvant que me demander si par là il se demandait si je cherchais de l'or. Ce qui n'était pas le cas alors que je ne pouvais que penser à pouvoir me faufiler parmi la foule sans difficulté. Scène que je n'avais pas provoquée, pas cette fois-ci. Me demandant s'il voulait dire par là que je cherchais l'attention. Ce qui aurait été sans doute stupide alors qu'aucun esclave ne cherchait à attirer l'attention de cette manière. Personne n'espérait se faire humilier en pleine place publique, entourée de badauds ou risquer un des nombreux châtiments possibles. Chacun tentait de survivre certes. Chacun espérait pour une position plus avantage mais prendre des coups n'en faisait pas partie. Cherchant à fuir mais cela je ne pouvais le dire, encore moins faire part de cette rêve. A croire que d'apparence il semblerait que comme de nombreux je ne puisse que chercher à vivre. Ne cherchant pas d'apparence à forcément évolue dans ma position si ce n'est d'avoir la possibilité de continuer ce que je faisais. Mensonge. Nombreux qui se contentaient de leur position. Nombreux qui acceptaient ces faits. Ce que je ne réussissais toujours pas. Ce qui n'aurait été pas moins préférable. Et ne pouvant que me demander alors s'il pensait que je cherchais à attirer son attention à lui, délibérément. Certes la deuxième fois qu'il venait à ma rescousse, que je ne pouvais que lui en être grès. « Est-ce que vous pensez que je voulais attirer votre attention en particulier ?  » Eclat de curiosité dans mon regard alors que je ne pouvais que l'observer. Tentative de cerner en effet l'homme qui marchait à mes côtés. Homme face auquel j'avais des préjugés bien que je ne pouvais que reconnaître son utilité. Ce qu'il était le cas alors que nombreux le confirmaient, faisaient tout pour être bien vu des membres de la royauté, s'attirer leur faveur. Ce qui n'avait été toutefois pas mon attention bien que de nouveau je ne pouvais que tenter de comprendre où il voulait en venir.

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05/03/2018 Authenticity 403 Michiel Huisman @luxaeterna Prince | Diplomate & Stratège Rahjak 111


Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Mar 25 Sep - 20:40

déjà vu
Ezra Demyan

 
The severity of punishments ought to be relative to the state of the nation itself. Stronger and more easily felt impressions have to be made on a people only just out of the savage state. A lightning strike is needed to stop a fierce lion who is provoked by a gunshot.
Cesare Beccaria

Tu n'attendais aucun remerciement. C'est ton truc à toi de détester les conflits, et pourtant t'es un stratège indéniable quand il s'agit de les gagner. Tout autour de vous la foule se disperse, et tu l'invites à marcher avec toi. Tu attends de comprendre ce qu'elle cherche, ce qu'elle veut, quel genre de comportement elle compte mener avec toi.... Tu la trouves quelque peu agressive, peut-être cache-t-elle un œuf dans son nid. Quel genre de femme peut-elle être ? Tu guides ses pas, laissant passer un silence entre-vous, et tu lui demandes sur un ton monocorde. « Rappelle-moi ton nom  » Tu ne te souviens déjà plus du son de sa voix, tellement il te semble l'avoir peu entendue, mais elle ne tarde pas à te répondre : « Ezra. Je suis l'esclave de Roan Ezeriel. Il est un mercenaire. »Ce nom ne te parle pas, pourtant, tu cherches dans les bas-fonds de ta mémoire. Il n'a probablement rien fait d'exceptionnel, si ce n'est un mercenaire dont le nom lui parle. A vrai dire, tu vois passer tellement de visages, tout le temps, que tu ne sais parfois même plus comment ils s'appellent. C'est parfois juste des traits, qui passent. Tu ne prétends pas pouvoir retenir tout le monde. Tu n'es pas un magicien et aucun livre ne s'ouvre sous tes yeux pour t'amener à la page du répertoire où il est rangé, malheureusement. Tu trouves étrange, cette qualité de mettre toujours le nom de son maître derrière le sien. Mais... C'est pour ainsi dire leur seul droit de vivre ici, alors ils subissent.

Tu l'observes, du coin de l’œil. Tu guettes ses réactions comme si elles allaient t'apporter des éléments sur elle. Après tout, que peut-il y avoir d'intéressant chez ces esclaves ? Ils ne sont pas là par hasard. Mais c'est uniquement ce qu'on voudrait te faire croire, qu'ils ne sont pas intéressants, et qu'ils n'ont aucun intérêt pour les gens comme toi. Pourtant, tu es curieux. Tu aimerais pouvoir comprendre les spécificités de chacun d'eux, les traiter comme des humains et des semblables. Mais c'est très utopique. « Que cherches-tu ? » Tu lui poses la question, cherchant l'essentiel. Tu sais qu'elle n'a pas volé, mais peut-être que ses gestes trahissent d'une autre envie. Une recherche d'adrénaline ou de sensations qui lui feraient oublier sa condition. C'est apparemment très fréquent. « Pardon ? Que voulez-vous dire ?  » Tu ne réponds pas, attendant que la jeune fille réfléchisse un peu à ta question. Qu'est-ce qu'elle pourrait bien attendre de toi ? Elle ne cherchait probablement pas d'attention, trop occupée à passer inaperçue. Bien qu'elle semble assez montée sur ses épaules pour se permettre d'attirer l'attention sur elle. « Est-ce que vous pensez que je voulais attirer votre attention en particulier ?  » « Je préfère ne pas poser ce genre d'hypothèses. » Tu laisses une pause quelques instants, te demandant ce qu'elle peut penser de toi. Après tout, tu n'es qu'un étranger, qui se donne des droits de lui demander ce qu'elle pense. Parce que tu t'attribues tout ce que tu veux. Peut-être que si demain, tu la réclamais comme esclave, on serait obligé de te la donner.

« Je sais que tu ne cherchais pas d'attention. » Tu sondes ses yeux, voir ce qu'elle en pense. Peut-être qu'au final, tu lui accordes trop d'importance, en te disant qu'elle avait un autre intérêt dans cette histoire, alors que non. Elle n'avait rien en tête à ce moment, probablement. Mais son ton ne te donnes pas cette impression. « Qu'est-ce que tu voulais, en te mettant dans cette situation ? » Tu lui laisses entendre que tu as presque compris ce qu'elle tramait. Que ce n'est qu'un jeu de pions pour toi, auquel tu as envie de tirer des ficelles. Et celle-là... Tu te demandes si elle aspire à devenir reine, ou bien être le valet de l'histoire, ou rester à jamais un pion. Après tout, rien n'exclue des idées rebelles de la part des esclaves qui marchent dans les rues sous le palais. « Ton maître t'as laissée dehors ? » Ce sreait la traiter comme un objet, de lui parler ainsi, mais tu veux comprendre la raison de cette mise en danger. Est-ce qu'elle est si entêtée qu'elle serait sortie d'elle-même ? Pas de panier, elle ne semblait pas faire le marché.
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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Lun 1 Oct - 14:14


Mon regard qui était posé sur lui. « Je préfère ne pas poser ce genre d'hypothèses. » Ne disant rien de plus alors que je l'observais une brève seconde avant de continuer de marcher devant moi. Etant dans un certain sens protégé désormais alors que j'évoluais au côté du prince. Le dieu du soleil savait pourtant que je n'avais pas visé à me retrouver dans cette situation à la base. Pouvant admettre que j'étais insolente. Pouvant admettre que bien trop souvent je jouais avec le feu, mais ce n'était pas toujours le cas. Ce côté qui faisait que je ne pouvais pas simplement être silencieuse sans arrêt comme ils le voudraient. Je le devrais sans doute pourtant. Cette fois-ci, chanceuse. Me demandant ce qu'il croyait, ce qu'il pensait. Ils n'avaient pas la même opinion que nous. Ils étaient différents. Ils pensaient différemment. Ils étaient issus de la royauté. Ils étaient des princes et princesses alors que nous étions issus du bas peuple. Ayant toujours des difficultés à croire qu'ils puissent avoir la même opinion que nous, ou qu'il soit possible de trouver des points communs à nos histoires. En doutant réellement. Mais pourtant il avait pris ma défense alors dans certaines situations, je ne pouvais que réfléchir de nouveau sur le sujet.

« Je sais que tu ne cherchais pas d'attention. » Un hochement de tête subtil bien que je ne pouvais que m'interroger. Me demandant s'il le savait réellement, s'il croyait réellement aux mots qu'il venait de prononcer. Me demandant même si ce n'était pas là une question qu'il me posait. Une réponse qu'il cherchait qui n'était pas celle que je lui avais donné peut être. Ce que je ne pouvais que me dire alors qu'il reprenait aussitôt la parole pour me poser une nouvelle question. « Qu'est-ce que tu voulais, en te mettant dans cette situation ? » « Qu'est-ce que vous pensez que je voulais ? » Ne répondant pas à sa question. Non. Au contraire, je ne pouvais que lui répondre par une autre question sur un ton aussi léger que le sien. Nous étions deux à tenter de cerner l'autre. Si je pensais pendant une brève seconde qu'il avait compris que je ne cherchais rien de particulier, il ne paraissait visiblement pas le croire. Plus curieuse de savoir ce qu'il pensait de cette situation lui que de lui offrir une véritable réponse. Une réponse qui ne serait jamais dite ouvertement devant un prince. N'étant pas naïve à ce point, ni stupide. Ne comptant pas lui dévoiler les rêves auquel j'aspirais en secret. Ne lui parlant pas de ce sentiment grisant de liberté que je cherchais à capturer, ni à quel point ce rêve pouvait se concrétiser. Il pouvait m'avoir sauvé mais il y aurait toujours deux mondes qui nous séparerait. Il y aurait toujours ce fossé baillant entre les membres de la royauté et le peuple. Ils n'étaient pas comme nous. Ils n'avaient pas les mêmes ascendances. Ils ne pouvaient pas être nos amis, nos confidents, nous comprendre totalement. Il pouvait m'avoir sauvé une nouvelle fois mais ce n'était pas pour autant que je pouvais lui accorder ma confiance ou juste me confier. Alors au lieu de parler de moi, je n'avais pu que tenter de détourner le sujet, ne pouvant qu'attendre de voir s'il allait emprunter cette voix ou exiger une réponse. Ce qu'il pouvait aussi faire. Il était prince. Il avait tous les droits ou presque. Ils avaient tous des droits à notre exception. « Ton maître t'as laissée dehors ? » « Oui. » Mais pour autant il ne m'avait pas donné l'ordre de m'embarquer dans ce genre de situation. L'homme issu de mon passé qui m'avait repéré en premier, qui avait décidé de se venger en souvenir de cette époque au bordel. Non, cela ne faisait aucun doute que Roan n'avait pas voté pour que je m'engage dans ce genre de situation, pour que je me retrouve délivrée de justesse par un membre de la royauté. Ne manquant plus que son honneur soit de nouveau salie pour que ce soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase. Ce que je ne cherchais alors pas. Ne cherchant pas à le mettre en colère alors que je tentais de continuer de me faire discrète, de me montrer docile. J'exécutais les tâches qu'il me demandait de faire sans sourciller, mais là encore il semblerait que la situation soit un tant soit peu plus compliquée que je ne le prévoyais. Pourtant ce n'était pas ainsi que c'était prévu. L'autorisation de me rendre au temple du feu. Passer par la grande place était de ce fait une nécessité. N'ayant simplement pas compté être retenue en route alors que je comptais profiter de cet instant de liberté pour reprendre le contrôle de mon esprit, chasser mes doutes et retrouver un peu de confort auprès du dieu du soleil. Si Roan me laissait y aller, il ne restait pas moins que là était l'une des seules concessions faites en l'ordre de la religion. Et consciente tout aussi que l'argument pouvait paraître faible aux yeux du prince qu'il m'ait simplement laissé partir. Mais là était le cas, obéissant à ses ordres, à ce pacte conclu. Mon regard qui se posait de nouveau sur le visage du prince, curieuse de savoir si là aussi il allait me croire ou pas. Rien ne le poussant à le faire alors que les doutes semblaient surgir dans son esprit. Curieuse de voir comment il allait réagir, ou s'il allait remettre de nouveau en question mes propos.

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05/03/2018 Authenticity 403 Michiel Huisman @luxaeterna Prince | Diplomate & Stratège Rahjak 111


Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Mar 9 Oct - 18:26

déjà vu
Ezra Demyan

 
The severity of punishments ought to be relative to the state of the nation itself. Stronger and more easily felt impressions have to be made on a people only just out of the savage state. A lightning strike is needed to stop a fierce lion who is provoked by a gunshot.
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Tu marches avec elle, les rues sont isolées, personne ne fais probablement attention à vous. Derrière vous, les gardes, qui se tiennent à l'écart et fusillent les passants trop curieux d'un regard. Tu lui poses une question, gardant tes yeux sur elle. Tu ne sais pas à quelle réponse tu t'attends, mais tu aimerais qu'elle ne mente pas. « Qu'est-ce que vous pensez que je voulais ? » « C'est à toi que je pose la question », réponds-tu sèchement. Tu détestes ne pas obtenir de réponses. C'est un genre de besoin insatiable de tout connaître, pour tout maîtriser. Tu détestes qu'on te pose des questions à toi, tu te sens trop mis à nu, trop personnel. Tu n'es pas quelqu'un qu'on dévoile. Mais même sans ça, ce n'est pas sa place de poser des questions. Peut-être son maître lui laisse énormément de libertés. Peut-être lui donne-t-il plus que son rôle. Tu n'es pas mauvais, avec tes esclaves. Tu les ignore, la plupart du temps, ou tu passes la communication par un regard.Parfois, tu places un petit merci, ou un s'il te plaît. Mais ce n'est pas réellement dans vos coutumes, encore moins quand on est issu de la famille royale.

Les esclaves attirent des convoitises, dans la ville. Plus les pièces d'or sont échangées, plus ceux-ci ont de la valeur. Toi, tu te demandes combien le maître de la jeune esclave aurait pu tirer de pièces pour la revente de celle-ci. « Ton maître t'as laissée dehors ? » Elle réponds simplement, sans jamais donner plus de précisions : « Oui. » Son air détaché et ses réponses courtes commencent légèrement à te faire tiquer. Parler avec le Prince ne la perturbe pas plus que cela. tu ne t'attendais pas à ce qu'elle se confonde en excuses pour l'avoir extirpée de sa situation, mais au moins un quelconque enthousiasme à passer quelques minutes en ta compagnie. Tu détestes avoir l'impression de ne pas être important. Les ruelles défilent, et elle reste silencieuse. Que diable peut-on trouver d'intéressant chez les personnes qui se refusent à dévoiler quoi que ce soit d'elle-mêmes. « Ezra, ma compagnie te dérange-t-elle ? », demandes-tu. Après tout tu n'as aucune obligation à rester là. Tu peux très bien te permettre de planter la jeune esclave, sans demander ton reste. Tu as fais ton boulot en la sortant de cette situation hasardeuse, mais elle ne peut rien te demander d'autre. Que se serait-il passé, si tu l'avais laissée là-bas ? Personne n'aurait rien demandé aux autorités, si cette fille avait été agressée. On l'aurait tirée dans un coin, et elle aurait été punie pour son vol. Qu'elle ait volée ou non, il n'y a pas de de différence. Les Rahjaks ne sont pas connus pour être conciliants.

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Sam 13 Oct - 8:45


« Ezra, ma compagnie te dérange-t-elle ? » Mon regard qui se posait sur lui en entendant sa question. Me demandant s'il craignait que ma réponse soit oui. Peut être était-ce le cas pour qu'il en vienne la poser. Me demandant s'il s'inquiéter pour sa réputation, pour son amour propre. Pour certains ils n'importaient pas d'être aimés en retour, pour d'autres si. Certains adoraient être glorifiés, être appréciés par le peuple et pour d'autres cela n'importait pas, c'était un grain de sable dans le désert. Me demandant ce qu'il en était pour lui. Me demandant s'il appréciait d'être considérer. Me demandant s'il voulait que je me mette à genoux et que je lui dise que oui j'adorais sa compagnie. Peut être aimerait-il plus de compliments. Peut être aurais-je du me répandre en courbette encore et encore alors qu'il m'avait bien sauvé ma vie, mais je ne l'avais pas fait.

Me demandant autant quelles seraient les conséquences si je répondais par la négative. Me laisserait-il en plan ou au contraire les conséquences seraient plus graves. Il y avait toujours un risque. S'il pouvait paraître un peu moins fou qu'Isaak il ne restait pas moins qu'il était pour dire presque impossible de savoir ce qui se passait dans sa tête. N'ayant jamais vu de personnes autant capables de changer d'humeurs. Peut être aussi qu'il leur était si facile de faire ce qu'ils souhaitaient alors que nous restions pour dire des jouets entre leurs mains. Alors il était certain qu'avancer une réponse négative consistait en un jeu plus dangereux. Il venait de me sauver la vie, cela ne serait certainement pas une bonne idée. Doutant qu'il apprécie une réponse négative. Me demandant si le châtiment pouvait exister parce que je lui donnerai une réponse négative. Je savais pourtant très bien que c'était le cas. Ils décidaient.

Me demandant s'il serait blessé toutefois si je lui répondais par la négative, si cela lui ferait quelque chose. Il avait des dizaines de pauvres fous pour l'idolâtre, me demandant si cela comptait réellement qu'il y en ait un de plus ou un de moins sur la liste. Il était certain que je n'allais pas être des celles qui viendrait les idolatrait. Ce n'était pas mon cas. La plupart des fibres de mon corps vibrait de haine à leur égard. Ne les portant pas dans mon coeur alors qu'ils représentaient ce que je détestais, et aussi qu'une part de moi enviait. Eux n'avaient pas à se préoccuper du reste, il leur suffisait de claquer des doigts pour que le monde leur soit servi sur un plateau d'argent mais pour le reste du peuple cela ne fonctionnait pas ainsi. Ce n'était pas en claquant des doigts que j'allais pouvoir être sauve, ne devant encore cette fois-ci ma vie qu'à sa présence.

Alors il était certain qu'une part de moi se sentait redevable mais là était une autre question de savoir si sa compagnie m'importunait ou non. Dans un sens, cela n'était pas le cas. Il était toujours plaisant de se retrouver en compagnie d'un bel homme. Il était certain que je préférai de loin la vue de Demyan à celle d'Isaak. N'ayant jamais réussi à comprendre ce qu'Ariane trouvait à son frère ainé. Un physique qui n'était pas celui qui m'attirait le plus. Non, Demyan avait ce petit quelque chose en plus qui à mes yeux faisait qu'il était plus agréable de se retrouver en sa compagnie que celui d'Isaak. Ayant vu des hommes et femmes au bordel, ou même dans la cité, de là il était facile de dire qu'au niveau de la beauté, certains se distinguaient du reste. Il n'avait aucune honte à l'admettre même si ce n'était pas tant la beauté physique qui comptait que celle intérieure. Plus difficile d'imaginer chacun des membres de la famille Draghsteel avec un coeur. Comme il paraissait autant difficile d'imaginer que Roan avait un coeur.

Etre en compagnie d'une autre personne pouvait toujours se révéler une expérience fortuite ou non. Difficile de qualifier Demyan d'ennuyeux quand il venait de me sauver la vie. Mais ce n'était pas pour autant qu'une réelle conversation avait existé, me permettant de me décider sur la question. Il était difficile de juger un livre après avoir seulement lu deux chapitres. Difficile de juger un personnage sans en savoir plus. Mon regard qui se reposait sur lui alors qu'il paraissait légèrement agacé. Je n'avais toujours pas répondu à sa question, ayant laissé quelques secondes remplies de blanc s'installer. Simplement pensive ou ne voulant pas donner une réponse à la légère. Tentée pour autant de répondre par la négative juste pour fois sa réaction, curieuse de voir si le prince serait offensé. Mais aussi consciente que cela ne serait pas un bon choix. Ne pouvant me permettre cela. Personne ne pouvait se le permettre, ce qui signifiait autant que la plupart des mots prononcés dans la bouche des gens du peuple était mensonge. Personne ne voulait perdre sa tête ou mourir. Alors il y avait des mensonges. Il y avait des mots qu'on disait et qu'on ne pensait pas, prétendant. Tout n'était qu'illusion dans la cité, un peu comme des mirages apercevables dans le désert. Et il était certain que le mensonge existait. Un sourire qui se dessinait pourtant sur mon visage alors que je reprenais finalement la parole. « Vous voir me fait toujours plaisir, mon prince. » Ce qui était jusqu'à là la vérité alors qu'à chaque fois que je l'avais vu il m'avait sauvé la vie. Une présence qu'il restait plus agréable à retrouver que celles d'autres. Sans doute l'une des moins pires. Une phrase qui résumait un cheminement de pensées, me demandant s'il comprendrait que par là je pensais déjà être tombée sur pire que lui.

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Ven 26 Oct - 21:10

déjà vu
Ezra Demyan

 
The severity of punishments ought to be relative to the state of the nation itself. Stronger and more easily felt impressions have to be made on a people only just out of the savage state. A lightning strike is needed to stop a fierce lion who is provoked by a gunshot.
Cesare Beccaria

Ses yeux te regardent, semblent porter un petit intérêt à ta personne. Elle te semble complètement perdue, sans comprendre ce qu'elle est en train de faire. Elle t'agace, à éviter tes questions, ou à ne donner aucune réponse. A un moment, tu te demandes si cela ne peut pas venir de toi, finalement. Est-ce qu'elle ne comprends pas, que tu cherches quelque chose ? Est-ce que tu t'exprimes bien, quand tu lui demandes ce que tu aimerais entendre ? Elle n'a l'air de n'avoir rien à fire de ce qui se passe réellement ici. Elle ne ressent pas la pointe d'agacement dans ta voix, et pourtant, tu l'as de plus en plus marquée, inconsciemment. Elle va te faire perdre patience, si elle continue, et même les regards indiscrets sont loin de vous, tu n'es pas ce genre de personne. Tu ne lèverais pas la main sur elle, mais peut-être l’effraierais-tu pour tenter d'en tirer quelque chose. Tu es le Prince, et aucune personne ici ne te reprochera de t'énerver un petit peu. En un sens, tu te dis que si elle a des choses à cacher, elle le fait parfaitement. Son ton détaché et son insouciance te font penser qu'elle retient les choses qu'elle pourrait te dire, et pourtant elle ne ment peut-être pas. Elle est peut-être comme ça. Vide.

Ses lèvres laissent échapper un sourire, et quelques paroles. « Vous voir me fait toujours plaisir, mon prince. » Tu sers le poing. Ce n'est donc pas comme ça que tu obtiendras tes réponses, visiblement. Elle semble s’embourber dans un fonctionnement qui t'échappes, et tu n'aimes pas que les choses t'échappent. Si tu venais à bouger tes poins sur un échiquier, tu aurais besoin de tous les comprendre. Qui dit qu'un jour elle ne sera pas un pion, et qu'il ne faut pas que t'accroches pour être certain que celle-ci sera sur les bonnes cases ?

« Pourquoi fais-tu l'idiote, alors ? » Tu saisis son bras, la retourne fermement vers toi. Tes yeux fixent les siens, accrochant son sourire que tu espères voir s'arrêter. Elle te semble trop hypocrite, et elle ne cesse de t'agacer. Peut-être sans raison, peut-être que tu es le problème. « Pourquoi... » Tu secoue ses épaules, comme pour la réveiller. « ...n'essaie-tu pas... » Vos pas vous mènent en arrière, laissant le dos de la jeune fille effleurer le mur. « ...de faire ce que je demande ? » Tu serres fermement son bras, d'une emprise qu'elle ne peut pas défaire. Comme l'homme, juste avant. Mais toi, tu n'es pas un monstre. Tu t'agaces juste face aux réactions inexistantes de l'esclave.

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Sam 3 Nov - 22:03


La situation qui pouvait toujours basculer en un éclat de secondes. Ayant le temps d'apercevoir ses poings se serrer. Son humeur qui changeait. Une réponse qui n'était pas celle qu'il attendait. Une réponse qui n'était visiblement pas elle qu'il attendait alors que les traits de son visage se fermaient. Toujours cet éclat de secondes avant que la tempête ne surgisse, avant que la tempête ne fasse des ravages. Presque impressionnant de voir comment il était facile pour les hommes de se retrouver au coeur des tempêtes, de faire naître ces tempêtes. Qu'un éclat de seconde avant qu'ils ne perdent le contrôle. Cet éclat de seconde où le masque pouvait tomber. Ayant toujours imaginé que par le biais de la colère, il semblait plus facile de voir les masques tombaient, de se rendre compte de la réelle personne qui se trouvaient devant nous. Aussi par la colère, ou sous le coup de sentiments plus néfastes que les uns et autres perdaient le contrôle. Quand bien même on pouvait essayer, il restait difficile de garder la situation en main tous les jours, à chaque instant. Et il n'était que presque risible de voir combien certain changeaient d'humeur si rapidement. Ce qu'il faisait alors. Perdant le contrôle.« Pourquoi fais-tu l'idiote, alors ? » L'image du prince, ou chevalier blanc qui s'effaçait alors que j'effectuais une grimace tandis qu'il retournait mon bras. N'allant qu'attirer l'attention sur nous. Ce que je ne voulais pas. Ne comptant encore moins me retrouver prisonnière. Une situation qui paraissait soudainement bien plus dangereuse, comme si l'explosion allait avoir lieu à quelques secondes. Paraissant que tôt ou tard il ne suffirait que d'une étincelle pour que les flammes se répandent ou puisse gagner du terrain. Me contentant de le regarder sans bouger. Ne comptant pas lui répondre par une nouvelle question cette fois-ci. Il n'était pas Roan. Il n'était pas Shanareth. Il n'était ni un mercenaire, ni un soldat, ni un marchant, ni un client du bordel. Il était un prince et autant que possible gâté, trop gâté. Sachant autant que possible que là n'était pas le moment plus précisément de jouer avec le feu ou dire des mots déplacés. Gardant cette fois-ci le silence alors que je me contentais de l'observer sans un mot. Ne lui demandant pas non plus de me relâcher parce que j'avais le pressentiment qu'il le ferait. Doutant qu'il puisse vouloir causer une scène quand bien même il en avait la possibilité, tous les droits. S'il voulait créer un spectacle et que je sois un pion sur son échiquier, alors je le serai. Du moins si j'avais le pressentiment qu'il me relâcherait, il ne restait pas moins que le tôt ou tard était là. Une notion de temps plus longue que je ne le pensais. « Pourquoi... » Comme une poupée de chiffon entre ses mains. Un corps qu'ils pouvaient secouer autant qu'ils voulaient, un corps qu'ils pouvaient avoir tant qu'ils voulaient mais ne pouvant avoir ce qui se cachait derrière des murailles de chair. Immobile comme j'aurai pu l'être au bordel entre les mains d'autres. Me contentant de le regarder sans piper un mot. « ...n'essaie-tu pas... » Mon dos qui effleurait le mur et qui s'y retrouvait bientôt contre. Sortant de ma liturgie alors que je plongeais mon regard dans le sien, moins inexpressive que je ne l'avais été un instant avant. « ...de faire ce que je demande ? » « Et que demandez-vous ? que voulez-vous que je fasse ? » La réelle question. N'étant pas dans esprit. Question qui m'engageait mais je savais déjà que les dés étaient jetés. Non seulement redevable mais il restait prince. Doutant que s'il donne un ordre je ne puisse ne répondre du contraire parce que j'avais un autre maître. Qu'un rappel de plus que je restais qu'une simple esclave, qu'ils avaient le pouvoir et décidaient. Pouvant lui décider de me sauver ou même là de décider de la suite des événements. Et une réponse que je ne pouvais que formuler à sa place. Mais autant que possible je ne pouvais que vouloir savoir alors que jusqu'à là ses réponses n'avaient été que sources d'incertitude. N'expliquant ou ne donnant pas non plus réellement le fond de sa pensée. Si jusqu'à là j'avais pour dire répondu ainsi pour de bonne raison, il ne restait pas moins que lui n'avait aucune raison de taire le fond de sa pensée alors qu'il avait tous les droits ou presque. Nullement le premier sur le fil de la succession mais restant un prince. Un prince qui avait perdu le masque du justicier alors qu'à cet instant il ne valait pas plus qu'un autre, n'étant tombé qu'à mes yeux au même titre.

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Dim 25 Nov - 21:38

déjà vu
Ezra Demyan

 
The severity of punishments ought to be relative to the state of the nation itself. Stronger and more easily felt impressions have to be made on a people only just out of the savage state. A lightning strike is needed to stop a fierce lion who is provoked by a gunshot.
Cesare Beccaria

Ce n'est  même plus de l'exaspération, arrivé à un moment. Elle t'hérisses le poil plus que tu ne voudrais l'admettre. Elle est complètement innocente, dans ses propos, dans ses regards, dans ses gestes. Elle est vide et sans intérêt. Elle élude toutes tes questions. Elle se permet de t'en poser d'autres. Tu n'aimes pas ce genre de comportement. Tu veux des réponses, pas des délires d'une gamine. Tu la braques contre le mur, et pourtant, elle ne semble pas plus se réveiller. Elle n'est qu'un pantin articulé, sans but particulier. Ezra n'a aucune réaction qui ne pourrait te satisfaire. Tu sens monter ce genre d'énervement auquel tu n'aimes pas te fier, mais elle te tapes sur les nerfs plus qu'il ne le faudrait. Ses yeux frôlent les tiens, te regardent. Elle semble perdre un peu de sa raideur et de son incompréhension.

Tu n'as pas été élevé avec l'idée que les gens pouvaient te résister. on t'as élevé Prince, fort. Tu n'es pas l'héritier, mais tu n'aurais jamais voulu de sa couronne. Mais tu es né homme, et fort. Pas comme ta sœur, qui est faible et fragile. D'autres femmes ne le sont pas, mais Tasha a été tellement préservée qu'elle n'a aucune force en elle. Elle est  enfermée entre les murs de la Cité, sans saveurs et sans autre chose que de la raideur et de la fermeté. Tu aurais aimé, qu'elle ne soit pas là, sortie uniquement quand le vent se lève et qu'elle fera une jolie décoration. Mais non, ce serait trop simple. Elle est encore jeune, mais elle n'a rien vu de la vie. Pas comme cette Ezra, cette esclave qui a du voir des tas de choses. Tu ne sais rien d'elle, mais tu as l'impression de lire des souffrances que tu veux à tout pris épargner à ta petite sœur.  Peut-être que cette esclave n'est finalement pas sans saveurs, qu'elle n'est qu'une petite fille maltraitée, enfermée dans une vie d'adulte et un corps d'adulte sans n'avoir jamais joui de la vie. Comme Tasha.

Ton souffle est proche du sien, quand tu la pousses contre le mur. « Et que demandez-vous ? que voulez-vous que je fasse ? » Tu serres le poing, essaie de respirer un peu. Ses yeux, tu les vois. Mais c'est la question de trop. Elle t'agaces, plus que nécessaire. Elle te cherche sur un terrain dans lequel tu n'as pas envie de jouer. Alors ton poing se desserre et tes doigts claquent sur sa joue. « Arrêtez de répondre à mes questions par des questions. », tu dis, le souffle court. Tu n'as jamais giflé personne, tu lèves très rarement la main, mais c'est ton unique recourt pour te faire entendre. Pour obtenir ce que tu veux. Tu as l'impression d'avoir été touché dans le respect qu'on doit te porter. Tu veux montrer ta juste place, mais tu regretteras ton geste.

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Si jamais ça ne te va pas, hésites pas à me MP, je retirerais la gifle

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Sujet: Re: Déjà vu [Demyan]
Ven 30 Nov - 23:16


La gifle qui partant. Sentant la morsure du froid contre mon cuir chevelu, celui du mur. Et sa main qui laisserait peut être une trace. Me demandant s'il était conscient qu'il avait sans doute dépassé une ligne. Me demandant ce qu'il en était des princes qui dépassaient des lignes. Il ne s'agissait pas d'un autre homme. Si un autre homme de n'importe quel rang aurait levé sa main sur moi sans l'accord de Roan, le châtiment serait tombé. Mais il n'était pas n'importe quel homme. Il était un prince. Peut être aussi encore un enfant gâté, trop gâté mais il restait au-dessus des lois que je connaissais. N'étant pas comme si je pouvais aller me plaindre. Sachant que je ne le ferai pas de toute manière. La loi du silence qui s'appliquait. Un fait que je ne reporterai pas à Roan. Un fait que je ne reporterai pas au palais non plus. Ce n'était pas comme si mon avis là-bas compterait. Ne croyant pas en la justice du roi. Ne croyant qu'à la justice du dieu du soleil. Et espérant à cet instant que chacun payerait à juste titre. Ma haine pour la royauté qui grandissait un peu plus à cet instant alors qu'ils restaient chacun d'entre eux au-dessus des règles. Il n'y avait pas de mots pour expliquer le système. Un système qui était là depuis des décennies, qu'il semblait impossible de croire pourrait changer. Un système que certains espéraient changer. Ne pouvant mentir alors que j'espérai aussi que ce rêve se concrétise, mais les probabilités restaient que je meure avant. Me demandant si cela pouvait être encore le cas. Me demandant si la situation pouvait encore s’envenimer sans que les règles ne changent. Forcément. Les règles n'allaient pas changer maintenant. Trop compliqué de rentrer dans le moule et quand bien même je savais que j'y mettais du mien, peut être que je pourrai y arriver. Mais je n'y arrivais pas. N'arrivant pas à les vénérer complètement. N'arrivant pas à les estimer complètement. Les enviant, oui. Les jalousant, certainement. Les haïssant sans doute autant parce qu'ils étaient de ceux qui faisaient les règles, qu'à côté il n'était que possible de se taire. Les règles étaient injustes. Sans doute aurais-je dû l'accepter depuis le début mais je n'y arrivais toujours pas, malheureusement pour moi.

Mon regard posé sur lui alors qu'il reprenait la parole. « Arrêtez de répondre à mes questions par des questions. » Presque tentée de sourire alors qu'il semblait aussi difficile de lui répondre correctement sans risquer sa tête. Peut être était-ce qu'il recherchait. Peut être recherchait-il une vérité crue et savoir ce que l'on pensait de lui à cet instant. Peut être recherchait-il un mensonge. Je n'en savais rien. Ne réussissant à deviner ce qu'il voulait. L'objet de cette question mais il ne pouvait que me croire plus insolente, lui manquant de respect. Ce qui serait tout autant le cas si je me proclamais à ses pieds alors qu'il pensait le contraire. Ce qui était sans doute plus compliqué alors qu'avec eux chaque mot prononcé de travers pouvait être considéré comme un manque de respect, conduire un châtiment. Un châtiment que je préférai éviter. Préférant éviter cette situation. Et en venant finalement à reprendre la parole, d'une voix qui se voulait mesurée. Sans aucun doute hésitante alors qu'à chaque fois il semblait qu'une épée de damoclès pouvait s'abattre sur ma tête. « Je ne sais pas quoi répondre à votre question. Je ne sais pas ce que vous attendez de moi. Je ne sais pas ce que vous voulez m'entendre dire. Je ne sais pas si vous préférez une vérité crue et tranchante ou si vous préférez que je me prosterne à vos pieds. Si je peux vous être grès de m'avoir sauvé un instant plutôt et d'en venir à apprécier votre compagnie et autant la redouter, il parait difficile désormais de vous estimer alors que vous venez de me gifler. Il me parait que difficile de parler sans crainte quand des têtes peuvent tomber. Alors je vous le redemande en toute sincérité, qu'attendez-vous de moi ? » Les mots qui avaient jailli trop vite de ma bouche. Peut être trop sincère sur le coup. Me demandant si je n'aurai pas mieux faire de me taire avant. Me demandant si je n'aurai pas mieux fait de retourner sept fois ma langue dans ma bouche. Me demandant si je n'aurai pas mieux fait de ne pas prononcer certains de ses mots. Ne sachant comment il allait réagir. Ce qui m'effrayait. Ce qui m'effrayait au plus profond de mon être alors qu'il restait difficile de parler sans crainte. Ce que je n'avais pas non plus fait. Et maintenant je ne pouvais qu'attendre de voir avec une pointe d'anxiété comment il allait réagir. Ne pouvant qu'attendre presque violemment de savoir comment il allait réagir, s'il allait se radoucir ou plus s'énerver. N'en sachant strictement rien et pourtant déterminée à ne pas montrer cette peur qui tentait de prendre en étau mon coeur alors que mon regard restait posé sur son visage. N'hésitant pas à soutenir son regard quand bien même je ne savais pas si ce dernier geste me coûterait la vie. Mais il m'avait posé une question et j'y avais finalement répondu sans pour autant savoir si la réponse allait lui plaire ou non. Ce qu'il ne pourrait que décider. Ce que je ne pouvais qu'attendre, alors spectatrice de ma propre vie.

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