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˜˜˜˜˜˜third wave ¬ ((ALIAM))
maybe life should be about more than just surviving


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29/01/2016 Sial nope 145 Cara Delevingne balaclava Soins & quelques aptitudes en tant qu'herboriste 0
Solitude à la douce odeur de ciguë


Sujet: third wave ¬ ((ALIAM))
Mar 6 Mar - 2:57



— Quelques brindilles cassées et une allumette craquée. La lueur de quelque chose de nouveau, quelque chose de brillant, un peu plus chaud que les dernières brises d’hiver. Elle a le silence au bout des lèvres et pourtant la parole au creux de la gorge. Elle t'observe, Alaska – et son regard de cristal vient faire miroiter son sourire, comme une prière silencieuse, alors que tu t’affaires là-bas, un peu plus loin.



Elle n’a pas oublié. Les regards et les quelques rires qui venaient briser le quotidien. Les rêves échangés les soirs un peu trop longs et les derniers soupirs avant le sommeil. Le froid de l’acier et la chaleur de tes mots. Ce sont comme des poèmes d’antan, des souvenirs si lointains qu’on les appellerait légendes, tant votre réalité est différente aujourd’hui. Et pourtant, tout semble si intact dans son esprit, comme ces vieilles reliques que même le temps cherche à épargner. Comme si, juste vous deux, vous étiez restés en suspend, une parenthèse jamais fermée, qui s’étire sans pourtant s’étioler.

Ça la réconforte, juste un peu. Une étoile peut-être pour la guider. Longtemps masquée, dans les brumes un peu trop épaisses et les volutes marines. Elle s’est sentie naufragère au milieu des Bermudes avant que tu ne viennes prendre sa main, de ta simple apparition. Quelques doutes envolés – celui d’avoir perdu quelque chose qu’elle savait impossible à retrouver.
Elle l’a su, dès lors qu’elle t’a touché. Les peaux se meurent mais l’esprit demeure – les paumes sont endurcies et les doigts recouverts de corne, les rides creusées et le regard soucieux, mais pourtant, tu étais bien toi. Fidèle à ce qu’elle avait toujours connu, les artifices au placard et l’expression hargneuse. Le sentiment qu’enfin, elle avait retrouvé quelque chose de familier.

Et pourtant vous avez été pris tous les deux par vos occupations. Visites, discussions – justifications, dans son cas. À expliquer où elle était. À expliquer où elle voguait, partie en terres inconnues, sur des océans sous contrôle de d’autres nations. Alaska n’avait pas eu le coeur à s’étendre en explications. Elle s’était tenue à un discours simple, et à ces sourires qui glissent et qui épousent la courbe de ses mots pour venir adoucir les conversations. Pas qu’elle n’ait rien à dire – elle en a tellement, de choses à raconter. Mais pas d’oreilles sincères, compréhensives pour l’écouter.

Sauf peut être les tiennes.

Son pas est sûr alors qu’elle se dirige vers toi, à venir saisir doucement ton poignet. La courbe de ses lèvres ne tombe pas alors que ses yeux s’illuminent.

Tu aurais un moment ? On a pas vraiment eu le temps de discuter, toi et moi.

Il leur avait fallu plusieurs années pour se découvrir, s’aimer dans leur simplicité. Connaître l’autre jusqu’au bout des doigts, et ce jusqu’aux plus profonds de leurs secrets. Elle n’a pas peur, Alaska. Elle sait que tu es le même, en face d’elle. Que ton esprit s’est sans doute forgé sous l’enclume de l’atmosphère terrestre, battue aux fers des natifs et des évènements traversés. Mais elle est certaine que ton coeur n’a sûrement pas changé.

Elle a confiance. Elle l’a toujours eu, de ce premier contact à la froideur de l’immaculée prison d’acier.

Un peu à l’écart, faces l’un à l’autre. À s’observer une nouvelle fois. Sa main vient naturellement épouser l’arrête de ta mâchoire, la chaleur de ta joue. Alaska peut la sentir, la boule qui s’est formée dans sa gorge – parce que ça frappe, parce que ça tabasse ; cette inquiétude longtemps gardée, et désormais difficile à expirer. T’es là, et elle n’est pas sûre de le réaliser.

Et puis ça sort, ça s’échappe, comme une bourrasque de vent. Comme une claque, sans doute – ça ne prévient pas et ça tape.


J’ai sincèrement cru t’avoir perdu.

À foutre le doigt sur quelque chose de muet, d’étouffé. Jusqu’ici ignoré. Elle avait savouré la joie de te revoir, le soulagement de te toucher. De te sentir tangible, vrai, en face d’elle. Mais c’était comme quelque chose d’inachevé – un regard incertain, un dernier au-revoir bateau. À s’être croisés avant de devoir repartir, pas pouvoir se parler, avec la sensation de s’être encore manqués comme un train ou une belle occasion. Qu’il y avait des choses à dire. Des choses qu’il fallait nommer. Parce que ça fait mal de se dire que, peut-être, vous deux ça s’était terminé sur une esquisse, un brouillon griffonné – l’un qui part à la dérive et l’autre qui se demande où ça a foiré.

J’t’ai cherché tu sais.

Elle inspire, expire une nouvelle fois. Le sourire est toujours présent – il scintillerait presque au soleil.

Tu m’as manqué.

Pas juste un peu. Pas juste beaucoup. Peut-être passionnément, voir à la folie. À se raccrocher à ce petit bout de rien, ce petit bout de quelque chose – quand on racontait que beaucoup ont survécu. Puis te savoir en vie, enfermé quelque part. Et devoir repartir. Et se demander si tu vas y passer, qu’est-ce qui pourrait te terrasser – comme une vie entre parenthèses, en l’attente du jugement dernier. 

L’ignorance.
C’est sûrement le pire.
C’était le pire.
À pas savoir. À se demander. À réclamer quelque chose – plus qu’un signe. Une preuve. Pas des rumeurs, des murmures de couloirs.

Tellement de choses ce sont passées.

Elle en rirait presque, Alaska, parce que sur le papier ça ressemble à une mascarade, à un spectacle, une mauvaise blague. À se croiser sans se saisir. Le destin qui s’est foutu de votre gueule.

Et pourtant nous sommes là. Toi, et moi.

À se demander pour combien de temps encore ça va durer.

J’ai eu peur, tu sais, Liam.



Mais ça va mieux, sans doute, maintenant.


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04/11/2014 Mystery Light Elijah & Near & Saoirse & Cassandre 26506 Thomas B.-Sangster lux aeterna (Mumu ♥) Signa perséphone Aaron Ancien kidnappé des Rahjaks. Apprenti soignant ancien traqueur Cent 241
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Sujet: Re: third wave ¬ ((ALIAM))
Mar 27 Mar - 3:52



third wave ¬ ((ALIAM))


Alaska& Liam
Ils sont là pour quelques jours. C’est si grand ici, ça change de leur campement, c’est sur mais il y est attaché malgré tout. Il se sentirait bien perdu ici. Il pourrait voir Richard, sa mère, Alaska et tant d’autres mais ça lui fait étrange. Ils ont eu une petite visite pas plus tard que tout à l’heure et Liam ne sait pas s’il pourra s’y faire de vivre dans ce lieu même si c’est vrai que c’est agréable, que ça doit leur changer du vaisseau et des souvenirs pas toujours si joyeux qui s’y renferment, qui resteront là-bas comme abandonnés, oubliés au profit d’une nouvelle vie. Ils y ont droit à cette vie sur terre eux aussi, elle est plus facile, il ne lui semble pas que ces autres venus du ciel si ressemblants et différents d’eux à la fois ont connu les mêmes difficultés qu’eux. C’est plus simple lorsqu’arrive la seconde vague. Ça l’est toujours. Quand il a entendu les remarques de Thaïs lors de la visite, c’est sans surprise qu’il a noté l’ironie, sans surprise là aussi de remarquer qu’ils viennent tous plus ou moins en observateurs. C’est trop tôt. Personne n’est prêt même si revoir des têtes familières fait du bien, aide à croire que ce futur ensemble est possible mais leur campement, celui qu’ils ont construit sans leur aide, ils y tiennent tout autant. C’est une part de leur vie qu’ils ont passé là-bas. Il ne sait pas s’il doit leur en vouloir dans l’fond au départ il aurait préféré être mort et voilà qu’il est encore en vie après plus de trois ans.

Il aurait pu y passer à maintes reprises, dès le premier hiver mais il tient bon comme la poignée d’entre ceux qui ont bien voulu faire le premier pas vers l’Odyssée comme certains d’entre eux sont venus les voir à Noël. Noël. C’est loin dans sa tête, il a l’impression qu’une éternité s’est écoulée entre Noel et aujourd’hui. C’est tellement bizarre, tellement étrange de se retrouver-là. Il est un peu stressé, un peu inquiet.

Alaska.

Cet endroit est trop grand si grand qu’il ne parvient pas à la retrouver, si grand qu’il pense bêtement que ses pas le guideront vers elle comme autrefois où c’était si facile finalement de se retrouver lorsqu’ils étaient là-bas.

Là-haut.

C’est moins facile aujourd’hui : c’est différent et pourtant quelque part il sait que c’est l’une des rares avec qui il pourrait reparler comme s’ils s’étaient quittés la veille. Alors pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Pourquoi est-il resté avec les siens le temps d’une visite, juste assez de temps pour qu’elle puisse s’éclipser à nouveau.

Il se demande ce qu’il s’est passé pour elle pendant tout ce temps, si c’était plus facile, si ça ne l’était pas et le pourquoi. Ils ont eu une vie similaire et différente un peu comme là-haut mais cela ne les a pas empêché de se voir le temps qu’ils étaient en prison, le temps qu’il était encore là et non pas lâché sur Terre sans personne pour être mis au courant avant le fait accomplit. Sauf le Conseil bien sur. Il ne veut pas y penser maintenant, c’est du passé. Il ne leur en veut pas autant. C’est compliqué parce que ça n’a jamais été facile pour eux ici et pourtant il y a quelques moments ici avec les siens, avec d’autres qui font que cet enfer n’en est plus un, il est différent, il parvient à le comprendre, à mieux le cerner.

Il essaye, du moins.

Il se demande si Alaska y est arrivée. Il s’interroge « Tu aurais un moment ? On a pas vraiment eu le temps de discuter, toi et moi. » Il hoche la tête d’un petit sourire à la fois ravi et intimidé. C’est un mélange assez curieux mais Liam ne s’en préoccupe pas, c’est vrai ça fait un moment qu’ils n’ont pas eu le temps de discuter elle et lui, de la faute des deux et au mauvais karma. C’est toujours comme ça ils n’y peuvent rien mais finissent toujours par se retrouver. Et c’est aujourd’hui, comme si cette venue au campement de l’Odyssée n’avait eu pour autre but que de la voir, de se rassurer de la savoir en vie, de lui parler.

C’est elle qui parle comme c’est elle qui l’a trouvé en premier comme l’autre fois quand il s’est crispé puis détendu en la reconnaissant, inquiété en la voyant tant en colère. Ca aussi il n’en connait pas la raison même s’il a cru qu’elle était peut-être dirigée vers lui pour ne pas être venue la voir, (pour avoir essayé, parce que ce n’est pas la première fois qu’il vient voir les Odysséens) mais que trop souvent le maître du destin s’est amusé à leur jouer des tours à sa façon. Et pourtant ils sont tous les deux là à s’observer à se rapprocher comme ils l’ont toujours fait de cette façon si spéciale qui ne le gêne pour autant pas lui qui a tellement du mal parfois lors des démonstrations d’affection mais c’est différent.

C’est Alaska et il ne l’a pas vue depuis trois ans.

C’est long trois ans à se demander si elle va bien. Il ne s’est pas posé la question tous les jours, toutes les secondes. Ce serait mentir et si ça lui est arrivé, que trop rarement ça lui arrive de mentir en la présence de celle que la terre a changé mais pas tant que ça. Il reconnait les traits fins, endurcit par la vie et cette lueur d’espoir qui le tétanise encore aujourd’hui. « J’ai sincèrement cru t’avoir perdu. »

Je me suis perdu.

Il a envie de le lui dire mais préfère attendre sans la couper dans ses mots, elle qui a toujours eu l’art de manier les mots bien mieux que lui. « J’t’ai cherché tu sais. Tu m’as manqué. » « Tu m’as manqué. » C’est une phrase qu’il souffle depuis leur étreinte. Il pourrait dire d’avantage mais même s’il est plus bavard aujourd’hui, l’a toujours un peu été en sa présence, il préfère écouter, juste lui dire qu’il est présent avec ses mots parfois maladroits. Ils ont le sourire un peu fatigué parce qu’il se doute seulement qu’il doit avoir le même, fatigué mais heureux de savoir l’autre vivant. « J’ai eu peur aussi. » Il a eu peur ici alors qu’elle était en haut. Il a eu peur de se perdre là-bas dans le sable, d’y rester alors qu’il s’était donné une chance avec eux de s’en sortir. Il a eu peur pour eux, il a eu peur pour elle, et quelque part, c’est ça le plus dur à admettre, il a toujours eu peur. « Tu vas rester ? » Qu’il lui demande en la scrutant du regard, cherchant la réponse de savoir si elle partira en le sachant en vie, si elle s’est faite à la vie loin d’ici, peut-être un peu plus de calme, à tout ce qu'il lui est arrivé lorsqu'il n'était pas là. Il est un peu brut parce qu’il en a connu des départs plus douloureux que d’autres et égoïstement, aussi, plus peut-être parce qu’il voudrait qu’elle reste.

— code by lizzou —

 

third wave ¬ ((ALIAM))

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