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˜˜˜˜˜˜The world turns too fast (Devos)
maybe life should be about more than just surviving

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1205 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 96
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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Sam 14 Juil - 10:34




The world turns too fast.
25 FEVRIER 2118

Le chemin n’avait pas été de tout repos, mais aucun obstacle n’était apparu pour autant. Ce qui rassurait Devos qui sortait trop peu pour connaitre tous les dangers qui pouvaient exister à l’extérieur. Sa cheville, cependant, continuer à être un frein à ses envies. Même cette marche représentait une tâche longue et douloureuse. Pourtant, Devos prenait sur lui. Il tâchait de minimiser les dégâts et de s’appuyer sur son autre jambe et sur sa béquille. Ses muscles en souffraient, mais ce n’était que provisoire. Un effort à faire pour être tranquille plus tard. Une étape à franchir. C’était toujours ainsi que l’informaticien fonctionnait. Étape par étape. Son organisation maladive se ressentait à chacune de ses actions. C’était un homme qui n’aimait pas s’éparpiller dans tous les sens. Qui aimait se diriger vers un point précis pour ensuite aller ailleurs. Et quand il commençait quelque chose, bonne chance pour qu’il s’arrête avant la fin ! Il allait jusqu’au bout, quitte à se retrouver face à un mur. Les années dans l’espace lui avaient donné un côté méticuleux et réfléchi. Le rythme habituel des journées lui avait offert une certaine aisance à se glisser dans un univers qui n’appartenait qu’à lui. À sa manière, il reproduisait un peu tout ça ici. Devos essayait de retrouver un quotidien dans lequel il pourrait évoluer. Il cherchait un chemin pour ne pas perdre définitivement tout ce qu’il connaissait et surtout, pour mettre en pratique le moindre de ses savoirs. Il n’avait pas toujours les bons outils, ni les bonnes techniques, mais sa capacité à trouver d’autres solutions faisait de lui un mécanicien à ne pas ignorer. C’était sans doute parce qu’il n’avait pas baigné entièrement dans ce domaine, qu’il avait la possibilité de prendre du recul et de ne pas se focaliser sur une manière de faire. Un avait un œil neuf, un œil aiguisé. Il pouvait regarder une pile d’objets et construire mentalement ce dont il avait besoin.

Mais aujourd’hui, ce dont la communauté a besoin, c’est de bonne nouvelle. Après la tempête, il y avait tant à refaire ici et ailleurs, que certains avaient le moral à plat. Lui le premier. L’accès bouché du métro l’avait amené à sombrer dans une place de son esprit qu’il aurait aimé éviter. C’était comme un retour en arrière, à ses tout premiers pas sur terre. À ce moment où la nouveauté l’avait perturbée, déstabilisée, rendue nerveuse pour un rien. Il était en colère, en colère d’être si loin de son travail, comme lorsqu’il était si loin de son monde numérique. Être privée de ce qu’il chérissait le torturer. Même, maintenant, alors qu’il est avec Murphy. La flamme brûlait encore en lui, impatience et prête à tout prendre sur son passage. Il avait un peu peur de sa réaction si son prototype avait été emporté ou détruit, mais par chance, tout était encore là. Parfaitement enterré. Cette fois, il pouvait se reposer. S’asseoir, profiter du calme et du son paisible des cascades. Malgré le froid et la neige, Devos se sentait bien. Son corps était en surchauffe due à l’effort, mais maintenant qu’il était en arrêt, il pouvait sentir sa température corporelle baissait. Et surtout, il pouvait sentir la flamme s’éloigner.

Amusé par la remarque de son amie, il tâcha de sortir une seconde pelle identique. Quand même… Il avait pensé à ça. Et puis, ils iraient plus vite à deux, c’est certain. Cela ne prendra pas plus d’une demi-heure, peut-être bien moins ensemble.

Il est utile ton chien, alors. Il ne l’aurait jamais cru, mais c’était temps mieux. Puis, cela devait être quelque chose de chasser avec lui. Devos se demanda quel âge l’animal pouvait bien avoir et, s’il y en avait d’autres comme lui. Il acquiesça quand Murphy se proposa pour la viande – lui ne pourrait pas l’aider à moins de faire de la bouillie comme Tennessee avec son poisson. Il se redressa un peu, observant la jeune femme s’approche de la rivière puis affirmait que Chris disait beaucoup de bêtise. Ce qui, étrangement, fit sourire Devos.

Non, justement… Elle avait utilisé des pierres, Ten. Quelque chose comme ça. Mais Devos préférait suivre les directives de Murphy et se releva pour chercher du bois sec. Ça, ce n’était pas si difficile. Je m’en occupe. Je te ramène du bois et de l’eau. C’est vrai que leurs gourdes étaient pratiquement vidées, du moins pour lui surtout. Par chance, l’eau de la rivière était encore meilleure ici, près de sa source. Alors, calmement et boitant en douceur, Devos allait récupérer du bois dans les alentours, évitant ceux qui étaient humides ou trop gros. Il trouva plusieurs morceaux qu’il tâcha de ramener au fur et à mesure et de poser dans le cercle de pierres conçu par son amie. Il fit quelques allers et retours avant de prendre les différents récipients et d’aller vers la cascade. Il remonta la manche de sa veste et son pull, puis tendit ses mains dans l'eau glacée. Il en profita pour boire un peu. Quel délice !

Tiens. Il tendit à Murphy son eau, puis se posa de nouveau en grimaçant – c’était souvent ce qui était le plus compliqué, s’asseoir et se lever. Il observa ensuite la militaire dans ses tâches, curieux, mais aussi assez attentif. Soudain, une question apparut dans son esprit si paisible. Dis-moi, as-tu repensé aux rebelles ? Surtout depuis leur dernière grosse discussion, sans doute. Celle où il a tout fait pour qu’elle lui pardonne, mais dans la conversation, sa place chez les rebelles avait été remise en question. Sur le moment, il s’était dit qu’il pouvait comprendre. Après ce qu’il avait fait, elle avait tous les droits de ne plus se sentir à sa place, mais surtout, avec la nouvelle qu’ils ont tous ici… Après-tout, à quoi servaient-ils et quels étaient leurs buts ? Devos avait ses idées, il s’accrochait à certaines volontés, mais Murphy ? Il ne savait pas… Il décida donc que ce break avant le retour pouvait être un moment idéal pour parler de la situation, ou même simplement l’effleurer en attendant qu’ils se retrouvent tous.



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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36448 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1638
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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Lun 6 Aoû - 23:57



❝ The world turns too fast ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(25 février 2118)


Ils étaient arrivés à bon port mais Murphy le savait, ce n'était que l'étape de mi-chemin. Il ne fallait pas être aveuglé par l'arrivée sur les lieux convoités pour oublier qu'il y avait la même distance à faire dans l'autre sens, lorsque leurs muscles et leurs esprits avaient déjà accumulé trop d'épuisement. On s'y faisait, à force : tout devait ramener au village quoiqu'il arrive, et il fallait toujours tenir compte du retour à échelle égalitaire avec l'aller. L'aller, c'était toujours le plus facile. Même avec Devos, elle aimait se considérer comme celle des deux qui était responsable du trajet. Amener à bon port et ramener à bon port, voilà quelles étaient ses missions aujourd'hui. Elle s'intéressait authentiquement à ce qui avait poussé Devos à faire ce trajet dans un état pareil, mais comme elle s'intéressait à tout ce qui pouvait faire évoluer leur confort de vie, ou comme tout ce qui suscitait l'intérêt d'un ami et était capable de bouffer tout son temps, toutes ses pensées et toute son énergie. Elle savait que ce qui tirait Devos aussi loin du village était de cet acabit. Il était trop passionné pour ne faire les choses qu'à moitié, quelles qu'elles soient.

Pourtant et malgré la simple étape que cette arrivée représentait dans l'organisation mentale du voyage que s'était faite Murphy, elle appréciait à juste valeur l'endroit. Un peu trop éloigné du village pour qu'ils puissent y venir régulièrement, il laissait émaner une paix et un calme presque oniriques, mais en cette période glacée de l'année qui donnait l'impression que tout ce qui vous entourait était mort. Ici, tout était encore vivant, tout vivait d'une autre manière. Au loin, là où l'eau était plus calme, Murphy pouvait deviner des blocs de glace voguer sur l'eau froide. Elle ne resta pourtant guère plus longtemps dans cette phase d'admiration; il y avait à faire, ici. Ce n'était une pause que sur le papier. Il fallait se requinquer, récupérer ce qui devait l'être, et repartir. Il n'avait été question à aucun moment de s'éterniser dans les parages. On était trop loin du village pour se permettre le moindre écart; il fallait rentrer avant que les températures ne tombent trop bas pour la nuit. Ca avait été l'une des seules conditions qu'elle avait posées lorsque Devos lui avait demandé de l'accompagner : que le voyage ne dure qu'une journée. En plein hiver, il fallait éviter les folies tant que possible et même elle renonçait chaque année à ses plaisirs d'exploratrice avide de découvertes, nouvelles rencontres et nouveaux paysages.

Avec un petit sourire, elle attrapa la petite pelle que Devos lui tendit et la posa à côté de celle de son ami, préparant le terrain pour lorsqu'ils seraient rassasiés et un peu reposés. « T'en doutais ? » demanda-t-elle avec un petit sourire empreint de défi alors qu'elle se relevait. Époussetant son jean et son manteau, elle récupéra la viande qu'Antarès leur avait fièrement ramenée. « Et appelle-le Antarès, il y tient » exigea-t-elle avec un brin de malice. Ton chien. Richard aussi aurait pu désigner son ami à quatre pattes de la sorte. S'ils l'appelaient par son prénom, ce serait une première victoire à savourer. Le lapin sanglant dans les mains, elle laissa Devos derrière elle le temps de commencer à installer leur campement de quelques heures. Elle aimait quand les choses étaient au moins un peu organisées, et elle avait choisi de s'installer non loin de la rive de la rivière, là où le vent n'était pas trop cruel et la vue pas trop dégueulasse. En préparant les limites du feu à l'aide de quelques galets trouvés sur le rivage, Murphy pesta un peu alors que ses idées s'étaient dirigées vers Chris. Non, elle refusait de le laisser s'immiscer dans des moments agréables comme celui-là et entre Devos et elle.

Organiser le partage des tâches, c'était plus judicieux et plus utile -elle avait bien compris que rien qui était lié à Chris ne pouvait être utile à quiconque de près ou de loin. Il y avait relativement de quoi faire pour s'organiser un déjeuner qui requinquerait comme il faut. Antarès avait fait ce qui aurait pu s'avérer le plus compliqué en leur offrant la viande, mais le reste demeurait au point mort. Les galets s'entassaient en un cercle alors que Murphy et Devos discutaient de la répartition des tâches. L'informaticien accepta sans rechigner les propositions de la brune et elle lui fit un petit signe de la main alors qu'il s'éloignait pour récupérer du bois, d'abord. Les choses prenaient doucement forme et ils allaient bientôt pouvoir se vanter d'avoir su créer un petit espace cosy pour leur déjeuner.

Quelques minutes plus tard, elle jetait la viande sur le feu et le doux son des crépitements de la viande qui cuisait doucement accompagna les premiers parfums carnés. Elle releva la tête vers un Devos visiblement réhydraté et attrapa sa gourde nouvellement remplie avec un sourire. « Merci ! » Du menton, elle désigna le feu devant elle. « Bravo pour le bois, le feu a pris nickel ! » Les bras encerclant les genoux qu'elle avait remontés vers sa poitrine, elle guettait la cuisson attentivement, bien décidée à ne pas laisser la pièce maîtresse de leur repas se carboniser sous sa surveillance. Du coin de l’œil, elle regardait Devos s'installer de l'autre côté du feu et il lui sembla un instant que les choses s'avéraient laborieuses -elle n'aurait peut-être pas du lui demander de crapahuter pour chercher du bois et de l'eau. « Ca va ? » demanda-t-elle timidement, de l'air coupable de celle qui regrettait d'avoir imposé elle-même la répartition des tâches au sein du duo. Mais l'esprit du scientifique était perdu bien loin de là, du côté d'autres sujets que Murphy ne prenait la peine de considérer que lorsqu'on la forçait à le faire. Pour une multitude de raisons, depuis l'été précédent, elle avait préféré laisser la rébellion de côté. Sans le vouloir, elle lança un regard noir à Devos et soupira en tâtant d'un baton de bois le morceau de viande qui cuisait. « Pas vraiment. De toute façon je suis pas sûre qu'elle existe encore, si ? » Son regard s'était levé très brièvement vers lui pour évaluer sa réaction. Ca faisait trop longtemps que le groupe avait éclaté -à moins qu'ils aient continué à trafiquer quelques trucs dans son dos, le mouvement avait à la fois prouvé qu'il n'était pas nécessaire et qu'il n'avait jamais été suffisamment uni et déterminé. « Je crois que la viande est cuite. Y'a quelques baies dans mon sac, si tu veux. » Elle désigna son sac posé entre eux, à côté du feu, et retira précautionneusement les morceaux de viande pour les lâcher dans les deux gamelles qu'elle avait amenées. « Bon appétit. » Elle tendit celle de Devos à celui-ci, l'air un peu ailleurs alors qu'elle pensait à Chris et à la rébellion, et se demandait si elle n'avait pas juste été traînée dans un guet-apens.

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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Sam 25 Aoû - 15:34




The world turns too fast.
25 FEVRIER 2118

Une partie du voyage avait été fait. Un long trajet, oui, mais un ce n’était encore rien comparé à ce qui allait arriver par la suite. Le transport de son prototype, allait les ralentir. Peut-être qu’ils mettraient le double de force et de temps dans cette suite, mais Devos ne s’en soucier pas plus que ça. Comme si ce n’était pas grave, comme si c’était qu’un détail. Après tout, l’importance pour lui et ce qui était la cause principale de son stress, c’était surtout de trouver la mallette et son travail encore intact. Lorsqu’il s’était retrouvé seul face à la cascade et qu’il avait décidé d’enterrer son travail, il n’avait pensé qu’à l’idée de faciliter son travail en laissant sur place ce dont il avait besoin. Il ne s’était pas imaginé que le métro s’effondrerait et bloquerait l’accès à tout ce qu’ils avaient réussi à conserver. Il restait tout de même l’option d’aller jusqu’au vestige de l’Odyssée, mais, vu son état Devos avait préféré laisser d’autres se charger de s’y rendre. S’il était curieux du retour des voyageurs, il savait tout de même qu’aussi féroce ait été la tempête, la carcasse a sans doute tenu le choc. La plupart des gros serveurs qui ne pouvaient pas être déplacés, se trouvaient dans des pièces bien protéger. Lui-même s’était chargé de la solidité de la salle avant le grand déménagement. Il préférait cependant ne pas s’en préoccuper plus que ça. Ce qui comptait, c’était son travail toujours là. Toujours prêt a l’emploi. Il pouvait le ramener aux autres mécaniciens et bricoleurs comme lui et l’espoir allait renaître.

Ces derniers mois à tout reconstruire a été épuisant. Aussi bien mentalement que physiquement. Si Devos était habitué à toujours travailler, certains avaient fini par croire que le rythme serait moins lourd, mais cette tempête avait détruit leur volonté. Survivre était redevenu une priorité. Peut-être que d’ici l’été, le calme pourra revenir. En attendant, il fallait de nouveau supporter le froid, le manque de nourriture et de chaleur. Cet hiver, pourtant, restait moins catastrophique que le tout premier vécu. Devos s’en souvient encore parfaitement tant cela avait impacté leur nombre. Beaucoup étaient mort. Beaucoup étaient tombées malades – lui-même une fois. Lorsqu’il avait proposé à Murphy de l’accompagner, il avait calculé le temps nécessaire. Et, comme assez souvent, Devos se trompait rarement. Il avait pris en compte son propre rythme, ainsi que le poids potentiel et le transport du retour. Ils devraient être de retour avant qu’il ne soit trop tard et que les températures chutes.

Assis, prêt à se reposer et à laisser sa cheville tranquille, Devos observa Antarès. L’animal ne l’effrayait pas, mais il n’en était pas fan pour autant. Cependant, de le voir ramener de la nourriture fraîchement chassé, ce n’était pas négligeable. « Je doute de beaucoup de choses sur cette planète, tu sais. » Dit-il honnêtement. Il se frotta les mains, réfléchissant à ce dont il avait besoin pour le feu puis ajouta : « Antarès, hein ? Il sort d’où, ce nom ? » Petit à petit, les deux amis s’installèrent, préparant l’espace pour le feu. Ils allaient rester ici quelques heures, le temps de manger et de reprendre de l’énergie, puis de creuser un peu et de sortir le trésor de la terre. Devos s’y était pris très méticuleusement d’ailleurs. Il avait d’abord creusé un trou de la forme de sa mallette, avec une vingtaine de centimètres en plus de profondeur. Il s’était servi d’eau et de boue pour coller un peu partout des larges feuilles d’arbres afin de protéger l’espace et son contenant qu’il posa ensuite au fond et qu’il recouvrit aussi de feuille. Puis, en guise de protection, il avait ajouté quelques galets puis de la terre et ensuite quelques mottes d’herbes pour éviter de remarquer que la terre avait été énormément retourné à cet endroit. Des galets supplémentaires au-dessus accompagnés de branches et autres lui permettaient de se remémorer l’endroit où il avait laissé le tout.

De nouveau assis, Devos rapprocha ses mains du feu où Murphy faisait cuire la viande. Il offrit un sourire quand Murphy le complimenta pour le bois et se rassura sur ses capacités à aider dans ce genre de moment. « Je vais bien. » Il aurait aimé rajouter qu’elle n’avait pas besoin de lui poser la question aussi souvent, mais ne le fit pas. Après tout, c’était de l’inquiétude sincère et il ne pouvait pas lui reprocher une si belle chose, non ? Il s’autorisa alors à parler des rebelles, mais en croisant le regard de Murphy, une petite voix dans sa tête lui indiqua qu’il n’aurait peut-être pas dû. De toute manière, elle n’était pas obligée de lui répondre et il ne la forçait aucunement.

« C’est ce que tu crois ? » Ce n’était pas vraiment une question, vu le ton qu’il avait employé. Mais à ses yeux, elle existait encore. Ils étaient encore des rebelles. Mais, préférant ne pas s’attarder sur le sujet, il ajouta : « Non, ne me dis rien. De toute façon, on devrais plutôt tous se réunir pour en parler plus sérieusement... » Il s’étira les bras, se sentant déjà beaucoup mieux. L’odeur du repas réveilla la faim de Devos. « Je veux bien, merci. » Pendant qu’elle retira la viande, il tâcha de prendre les baies qu’elle avait dans son sac et les partagea équitablement dans chacune des gamelles. « Bon appétit. » Comme toujours, il tâchait de manger lentement pour éviter de finir tout, trop vite. Ce moment ne cessa de lui rappeler @Tennessee Brontë-Sand et son poisson, et, sans s’en rendre compte, il ajouta : « Tu ne trouves pas que Tennessee est étrange, en ce moment ? » Il avala une baie puis posa son regard sur la militaire. « Je veux dire que je la vois de moins en ce moment, c’est presque comme si elle avait disparu. » De sa vie...


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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Jeu 13 Sep - 1:30



❝ The world turns too fast ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(25 février 2118)


Quitter le village, ce n'était jamais négligeable. Les plus habitués ne s'en rendaient plus vraiment compte, mais en quittant les limites de leur maison, ils quittaient aussi son confort, et surtout, sa sécurité. Chaque centaine de mètres qui séparait du village quiconque s'enfonçait dans la forêt alentour était une centaine de mètre qui le séparait de leur stock de nourriture, de leurs armes, de leurs médecins, de la protection de leur bâtiments. Dehors, tout le monde était plus vulnérable. Il ne pouvait compter que sur lui-même et au mieux, les quelques accompagnants à ses côtés. Les patrouilleurs et les gardes étaient, avec les cartographes et autres chasseurs, les plus habitués à laisser cette sécurité derrière eux. A mesure des mois, puis des années, ils avaient appris à parer aux incidents imprévisibles. Ces imprévisibles devenaient alors prévisibles et ils devenait prévoyants, mais ils ne faisaient que toucher du doigt tous les scénarios qui pouvaient se mettre en travers de leur chemin. C'était quand elle avait quelqu'un sous sa responsabilité que Murphy prenait à nouveau cette dure vérité en pleine gueule. L'habitude anesthésiait des inquiétudes; la responsabilité réveillait ces vieux démons de jeune débarquée sur cette Terre. Le trajet avait donc été tendu, même si plus à ses débuts que lorsqu'ils s'approchèrent de leur destination. Murphy avait régulièrement jeté des coups d'oeil inquiets à celui qu'elle accompagnait ce jour-là; elle ne craignait pas seulement les éléments extérieurs, mais cette fois-ci s'y ajoutaient la santé de son acolyte. Elle ne voulait pas être rabat-joie; elle savait à quel point répéter des conseils pouvait avoir l'effet l'inverse -psychologie inversée, à ce que certains disaient. Même avec une jambe immobilisée, Murphy aurait sans doute incendié quiconque aurait tenté de la dissuader de faire ce qu'elle aurait pu avoir dans la tête, y compris partir en expédition. Il était difficile de déloger des idées de sa tête, aussi aberrantes puissent-elles parfois être. Elle ne voulait pas être cette moralisatrice pour Devos. Elle ne voulait pas le pousser encore plus dans ses idées en cherchant à faire l'inverse. Se contenter de l'accompagner pour les réaliser, c'était encore le plus sage. C'était tout ce qu'elle pouvait faire, et tout ce qu'elle aurait toléré d'autrui si elle avait été à sa place. Ca ne l'empêchait pas de s'inquiéter pour lui, en plus de le faire pour tout ce qui pouvait les prendre par surprise au détour de chaque arbre. Mais elle préférait s'inquiéter et se savoir à ses côtés que de le faire pendant des heures, au village, sans aucune forme de réponse avant son retour.

L'arrivée sur les lieux vit Murphy respirer un peu plus sereinement. Il y avait un terrain à apprivoiser et à définir, mais s'installer, même le temps d'une heure ou deux, avait l'avantage de les laisser prendre quelques marques et un peu de repos. La cheville de Devos serait moins sollicitée et pourrait peut-être reprendre quelques forces avant le retour, qui se présageait déjà beaucoup plus éprouvant. L'air grave de Devos fit presque oublier à la brune qu'ils s'apprêtaient à déguster l'animal venait de leur apporter. « Arrête de douter. C'est mauvais pour la santé. » Comme si c'était un argument valable et en cherchant l'appréciation de Devos dans son regard, elle le fixait gravement. Douter d'Antarès étaient une chose, surtout lorsque l'on avait jamais eu à faire à lui -dans le cas contraire, douter de lui était une faute grave-, mais douter de toutes ces choses qu'il semblait englober dans son discours. C'était triste, et c'était mettre en péril tous les projets pour lesquels elle se battait, auprès des autres rebelles mais avant tout personnellement. Douter, c'était une pente glissante. Pour tenir un discours pareil, il n'avait pas du voir tous les trésors dont ce monde regorgeait, comme pour se faire pardonner de tous les bâtons qu'elle mettait dans les roues des moins expérimentés. Mais ce n'était pas à propos de la rébellion -ça ne l'était plus depuis longtemps. Douter, c'était baisser les bras, et ça, de la part de quelqu'un comme Devos qui incarnait l'espoir et le renouveau, elle ne l'acceptait pas. « Il paraît que ça rend impuissant. » Son argument n'était pas sérieux; ses expressions l'étaient totalement. Elle s'accrochait au regard de Devos pour l'entendre la rassurer, lui dire qu'il ne doutait pas tant que ça, juste de quelques petits détails comme d'un chien qu'il n'avait pas encore pris la peine de connaître. Mais il n'était pas trop tard pour ça et il était en train de le lui prouver. Était-il sérieusement intéressé par l'origine du nom qu'elle avait attribué à son compagnon à quatre pattes ? Une part d'elle en doutait, l'autre se plaisait à croire qu'il pouvait l'être. « J'te laisse faire tes devoirs. On verra si tu t'intéresses vraiment à celui qui vient de t'ramener ton déj » lança-t-elle avec un petit sourire taquin et un sourcil arqué. Ce défi lui donnerait peut-être un premier élément de réponse. Ce serait beaucoup trop simple de lui donner la réponse comme ça. La machine de l'informaticien laissée derrière eux le temps de s'offrir un déjeuner, les deux rebelles entreprirent de s'installer convenablement. En plein hiver comme c'était le cas maintenant, le feu était de rigueur -si ce n'était pour faire cuire de la viande, au moins pour éviter que l'immobilisme ne paralyse leurs articulations et que leurs corps gelés ne pompent toute leur précieuse énergie en tenant de se réchauffer.

Installés près du feu qui crépitait furieusement et laissait voler ses flammes au gré du vent froid, ils pouvaient commencer à casser la croûte. Antarès s'était sagement installé entre eux, savourant la douceur qui émanait de l'âtre. Il était déjà en train de digérer, ça ne faisait aucun doute. Il avait apporté leur repas aux Hommes seulement après s'être octroyé un petit festin de son côté. Dans le calme de la nature, Devos répéta une énième fois qu'il allait bien et le regard fuyant de la brune signifiait toute la geste qu'elle avait à insister malgré elle. Sans oser l'avouer, elle redoutait déjà le chemin inverse, avec la machine sur le dos ou sous le bras -elle ne savait pas encore comment ils allaient procéder, mais une chose était sûre, le trajet n'en serait que plus laborieux. Mais toutes ces inquiétudes volèrent en éclat lorsque la question de la rébellion fut abordée. Elle se raidit instantanément en entendant le nom du groupe, comme si elle faisait face à un vieux démon. Elle était mise au pied du mur, et elle se demandait si la raison de sa présence ici n'avait pas quelque chose à voir avec le mouvement. Peut-être que c'était pour ça que ce n'était pas Chris à ses côtés, aujourd'hui. Il fallait travailler la rabat-joie. C'était donc ça ? Ce qu'elle imaginait être les considérations des autres leaders n'empêchèrent pas la patrouilleuse de répondre avec l'honnêteté qui la caractérisait. Elle n'y croyait plus, à la rébellion, et c'était à se demander si elle y avait jamais réellement cru. Leurs idéaux étaient louables; elle partageait leurs idées et n'aurait jamais rejoint un groupe pareil si ça n'avait pas été le cas, même au nom de sa meilleure amie. Mais l'Odyssée en avait-elle jamais eu besoin ? Elle n'avait jamais contesté leurs décisions, là-haut. Elle avait été à leur service tout du long. C'était des choix difficiles mais les leaders avaient toujours pensé au bien du groupe. C'était ce qu'avait impliqué la vie dans l'espace, avec des ressources et un espace restreint. Sur Terre, ils avaient semblé un peu perdu. Mais qui ne l'avait pas été ? Ils avaient accédé à toutes leurs requêtes secrètes : ils avaient lancé des explorations, s'étaient rapproché des jeunes; ils avaient déménagé dans un village où tout pouvait être reconstruit comme un vrai projet communautaire et pour une vraie maison; ils avaient noué contact avec les Terriens du Nord. Que pouvaient-ils attendre maintenant ? Pourquoi devaient-ils se battre ? Le groupe avait explosé avant que le Conseil ne fasse le moindre faux pas, ce que certains d'entre eux semblaient attendre avec la même ferveur qu'une nuit d'amour passionnée. Et si on lui disait que le groupe était destiné à renaître de ses cendres, alors Murphy lui éclaterait de rire au nez. On pouvait toujours ignorer une année de vide, elle serait toujours là, avec le poids de ce qu'elle signifiait. Ils n'étaient pas assez solides pour faire face à l’inattendu. Alors, si elle y croyait ? La réponse était évidente, et elle ne comptait pas laisser Devos dans le doute, malgré le fait qu'il battait en retraite. « Non, j'dis ça pour rire. Tu rigoles bien ? Moi jsuis morte de rire, regarde. » Le ton était plus sec que ce qu'elle aurait aimé, consciente que Devos avait déjà fait amende honorable auprès d'elle. Le problème n'était même plus les raisons qui les avaient poussés à la rupture. Le problème, c'était la rupture elle-même et ce qu'elle signifiait. En parler ? Elle haussa les épaules. Il n'y avait plus grand chose à dire, si ? « C'est pour ça que tu m'as demandé de venir ? » Le regard plissé, elle le fixait gravement, redoutant la réponse et de tomber de haut.

Mais Devos avait raison, il fallait peut-être mieux fuir le sujet et battre en retraite. Les morceaux de viande étaient cuits. Quelques instants plus tard, ils se délectaient du festin qu'ils s'étaient préparés. La viande était presque luxueuse -peut-être un peu moins pour Murphy qui disposait de son chasseur attitré-, mais le goût fumé changeait de la façon dont elle cuisinée au village, où elle était salée et séchée pour être conservée. Le regard perdu dans le vide et les mains plongées dans son repas, Murphy marquait le coup du sujet qu'ils venaient d'aborder. Peut-être que Devos le ressentit ou s'en rendit compte -peut-être qu'il avait une intelligence sociale dont il n'avait pas conscience, mais c'est lui qui brisa le silence et les mâchonnements de viande. Elle en reposa une baie dans sa gamelle pour fixer Devos. La frappèrent subitement les souvenirs du mensonge bricolé avec Tennessee pour satisfaire John. Devos en était l'élément central, et elle s'était promis de creuser le sujet auprès de son amie. Ce à quoi elle ne s'était attendu à aucun moment, par contre, c'était la symétrie de cette drôle de curiosité... « Non... » tenta-t-elle en cherchant ses mots pour ne pas heurter Devos et compliquer une relation qui semblait déjà bien assez compliquée. « Pourquoi, ça va pas avec elle ? » Très sérieuse, elle goba plusieurs baies d'un coup et s'enfila son dernier morceau de viande pour poser la gamelle à côté d'elle et se concentrer sur le récit de Devos. A croire qu'elle était amatrice de potins -mais détrompez-vous, elle était juste curieuse de la relation entre ses deux amis. La bouche pleine et très peu élégante, elle demanda : « il ch'est paché un chtruc enchtre vous ? Ch'veux dire... » Elle avala une première partie du mélange avec une soudaine conscience de son manque de classe, posant pudiquement la main sur sa bouche. « Vous vous ch'êtes dit des chtrucs ? Y'aurait une raichon pour qu'elle t'évite ? Cha lui rechemble pas, en pluche... »

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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Dim 30 Sep - 13:24




The world turns too fast.
25 FEVRIER 2118

Maintenant qu’ils sont là, Devos veut en profiter. Il doit d’abord se reposer et laisser sa cheville respirer. Ensuite, ils devront sortir de la terre gelée son travail scellé et ensuite trouvé de quelle manière le transporter. Ça, aussi, c’est toute une complication. Autant y réfléchir le moment venue, même si Devos sait déjà, plus ou moins, de quelle manière aborder le chemin du retour. Pour l’instant, il profite du calme, de la cascade et des quelques rayons de soleil qui daigne se poser sur lui et le réchauffer malgré la neige sous ses fesses. Devos n’est tellement pas habitué à sortir du village, qu’il remarque tous les détails embêtants. Il essaye pourtant de ne pas se laisser faire par les broutilles pour respecter le planning mis en place et ne pas perdre inutilement du temps à essayer de trouver un confort improbable. Heureusement, il est accompagné de la seule personne qu’il peut supporter à l’extérieur. De la seule personne à qui il peut, sans soucier, confier ses craintes vis-à-vis d’une planète traîtresse. Il sait qu’avec Murphy, tout est possible, mais surtout, il sait que cette journée peut être bénéfique pour souder le lien qu’ils ont. Surtout après ce qui s’est produit dans le bunker, Devos fait de son mieux pour ne pas laisser de vide, de malentendu ou d’incompréhension, s’installer. Il essaye, lui qui ne comprend jamais rien aux expressions les plus basiques, mais il sait surtout qu’il lui fait confiance et qu’à ses côtés, il a plus de chances de survie. Logique, Murphy a plus de scénarios en tête de possibilité que lui, vis-à-vis d’événement catastrophique. Des bêtes qui volent et qui attaquent, au sol qui se fend en deux pour les avaler. Des hypothèses monstrueuses, il peut en faire aussi, mais elle a plus de donnés que lui pour trouver le résultat le plus probable.

« Ah ! Fais-moi rire. » Dit-il, amusé par la réplique de Murphy. Douter, c’est essentiel. S’il ne doute pas de tout, comment peut-il aborder l’improbable ou l’inexplicable ? Comment peut-il se préparer à ce qu’il s’est déjà produit et qui risque de se produire de nouveau ? Alors oui, peut-être qu’il n’est pas nécessaire de douter de ce chien, mais Devos n’a pas le choix que d’hésiter et de ne pas se lancer corps et âme dans l’acceptation de quelque chose qu’il ne connaît pas. Le lien avec l’impuissance, il ne la comprit pas et ne chercha pas à la comprendre. C’est tout lui, ça. Pourtant, le regard de Murphy semble insistant. Comme si, pour elle, cette idée de Devos qui doute, ne lui plaît pas. Alors il se met à la fixer aussi, à partager son regard et à lui dire, sans un mot, qu’elle n’a pas à douter de lui. « Je dois présumer qu’Antarès, ça sort des étoiles, c’est ça ? » Il n’est certain de rien et aurait préféré qu’elle le lui dise clairement, mais puisqu’elle ne semble pas vouloir tout lui révéler, alors tant pis. Ce n’est qu’une question innocente venant d’un intérêt léger. Il n’y a que Murphy pour tout transformer en jeu et devinette.

Ce qu’il y a de bien, avec le froid, c’est que ça cheville l’apprécie. Vraiment, il se sent déjà mieux et la neige sous sa jambe contribue sans doute à ça. Cependant, il n’est pas bête et a conscience que de trop rester dans une température si basse, peut avoir des contrecoups qui ralentiraient leur retour. Par chance, le feu se met rapidement en place et Devos peut déjà se réchauffer les doigts. Le chien s’installe également, paisiblement, prenant une pause tout à fait méritée après sa petite chasse improvisée. La viande crépite et lance une odeur des plus agréables, indiquant alors à Devos que oui, il a faim. Il a même très faim.

Pour ne pas partir dans un débat qu’ils ne devaient pas faire seul, Devos tâcha d’ignorer Murphy. Il préfère que le groupe soit réuni ensemble, mais sur le coup, il n’a pas vraiment réfléchi lorsqu’il a posé la question. « Non. » Sans la moindre hésitation. « J’aurais pu te poser la même question, demain, au village. J’y ai juste pensé, là, comme on parlait de Chris. » Il pourrait se sentir offensé que Murphy le croit si manipulateur, mais ne peut pas lui en vouloir. La majorité du village doit le penser ainsi. Trop intelligent pour réfléchir simplement. Pourtant, il n’a pas vu les choses comme ça, lui. Murphy à ses côtés, c’est parce qu’il le veut, pas parce qu’il désire lui rappeler la rébellion. Il sent bien qu’elle n’y croit plus, mais espère lui rappeler ce pour quoi elle s’est battu par le passé et ce qu’elle peut encore accomplir à l'avenir. Il trouve ça presque triste, de la voir ainsi. Finalement, elle a bien changé depuis qu’ils sont sur terre. Mais passons, c’est une conversation pour une autrefois et il espère qu’elle sera là.

Mangeant tranquillement – et doucement – son repas, il reprit la parole. Un souvenir lui est apparu et, il ne trouva rien d'autre à faire qu'exposer son questionnement à Murphy. Murphy qui connaît très bien Tennessee, d’ailleurs et qui, peut-être, trouvera une réponse à lui offrir. C’est assez rare qu’il se confie, qu’il expose ainsi des choses qu’il garde souvent pour lui, mais cela fait partie des détails qu’il essaye d’améliorer. Surtout vis-à-vis de Murphy. La mécanicienne a presque disparu de sa vie et le vide, Devos, le sent chaque jour un peu plus. C’est horrible, cela le dévore presque et le consume d’une façon vraiment étrange.

« Qu’est-ce que t’as dit ? » Par chance, elle reprit la parole : « Une raison ? Je n’en sais rien. Elle est distante, c’est tout et peut-être bien qu’elle ne s’en rend pas compte, mais j’ai fini par laisser tomber moi aussi. » Il avale sa dernière baie et posa sa gamelle à son tour. « Elle ne t'a pas paru différente, ces derniers mois ? » Ses objectifs l’ont éloigné de lui, voilà tout. Peut-être qu’il y avait d’autres détails, comme une jalousie inconsciente et une fierté blessée qui poussent Devos à croiser les bras et à ne pas aller vers elle, mais la jeune femme ne prend même plus le temps de lui tenir compagnie. Au fond, Devos se sent coupable. « Elle m’a assuré ne pas m’en vouloir, mais je crois que j’ai brisé quelque chose d’irréparable. » Il n’en sait rien, il suppose.

Il se lève alors, nettoie la neige qui se colle à lui et prend l’une des petites pèles pour se poser près de là où il a enterré son travail. Il s’installe de manière à toujours laisser sa cheville se reposer, mais vérifie tout de même que le sang circule normalement. Puis, il commence à piocher et à faire un petit tas à côté.


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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36448 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1638
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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Lun 1 Oct - 0:10



❝ The world turns too fast ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(25 février 2118)


Se retrouver en tête à tête face à Devos, ce n'était pas chose commune pour Murphy. Leur relation, quelle qu'elle soit, avait toujours tourné autour de la rébellion, autour de Faust. Sans Faust et seulement avec ce qu'il restait du mouvement rebelle, ils avaient appris progressivement et sans s'en rendre compte à se découvrir autrement que comme des rebelles ou activistes. Ce n'est qu'en comprenant qu'elle avait été si proche de le perdre que Murphy avait compris qu'il n'agissait pas que de la connaissance utile qu'il avait été autrefois. Ami ? Peut-être même ami. Mais elle ne pouvait pas nier toute l'incompréhension qui pouvait encore être la sienne face à lui, et toute la confiance qu'elle avait encore à retrouver. Il lui arrivait parfois de voir revenir comme un boomerang toutes les inquiétudes qui l'avaient saisie lorsqu'elle avait compris qu'il était la fameuse taupe qu'ils avaient tant cherchée. Il ne s'agissait pas des retombées du geste mais de tout ce qu'il avait révélé de Devos. Il était déterminé, mais de cette détermination dont Murphy ne savait plus très bien où elle s'arrêtait, et à quel prix il était prêt à atteindre ses objectifs. C'était les conversations les plus futiles qui la rassuraient, parce qu'elle savait à quel point elle avait besoin de voir l'humain derrière le rebelle pour apprendre à refaire confiance à ce dernier. Et ça passait par toutes les bêtises dont Murphy était spécialiste; les blagues, les devinettes, et toutes ces conneries qui lui permettaient, sans qu'elle s'en rende compte, de cerner un peu mieux la personne qui lui faisait face. Mais même au milieu de ces frivolités pouvait toujours se cacher quelque chose de plus sérieux, comme la gravité avec laquelle Devos semblait appréhender l'entrée d'Antarès dans leur vie à tous. Mais s'il lui faisait confiance à elle, il devait être capable de croire en son jugement et en toute l'affection qu'elle avait pour la boule de poils, n'est-ce pas ? Les remarques de la brune étaient un mélange savant et subtil du fond grave et important et de la forme plus légère, presque enfantine. Le doute était humain. Le doute était ce qui permettait d'avancer, de découvrir, de ne pas s'avancer trop vite et au-delà des limites du raisonnable. Mais comme tout, il devait être utilisé avec parcimonie. Le doute était aussi ce qui pouvait retenir en arrière, ce qui pouvait figer dans un demi-confort qu'on se persuadait d'aimer, juste par peur d'affronter la suite. Avec le doute, on se contentait du médiocre. On refusait les découvertes et les nouveautés, les rencontres et ce qu'elles pouvaient nous apporter. S'ils avaient écouté le doute, ils seraient encore dans les ruines de leur chère Odyssée, qui ressemblait probablement aujourd'hui à un tas de ferraille informe, peu apte à avoir protégé qui que ce soit en novembre. Mais malgré toute l'inquiétude qui était la sienne de voir Devos empreint à tous ces doutes, Murphy choisit de rebondir sur la seule réponse qu'il lui offrit. « J'accepte le challenge ! » Les sourcils froncés, le regard perdu dans le vide quelques instants, elle réfléchissait. « Mais ce sera pas pour tout de suite. Ca demande du travail, je veux pas me planter. » En retrouvant le regard de Devos, Murphy savait qu'ils n'avaient fait qu'éluder le fond du problème. Silencieusement, il lui disait de laisser tomber, de passer son chemin. « Mais si un jour t'es pas capable de... » Avec un peu sourire malicieux, elle dressa sa main en l'air, comme pour expliquer la fin de sa phrase qui ne viendrait jamais. « ... tu sauras d'où ça vient. » Peut-être qu'au moins, elle lui donnait matière à réfléchir. Mais dans son esprit à elle s'inscrivait le défi de le faire aimer cette planète au point d'en laisser de côté les dangers, de temps en temps. S'interdire d'apprécier ce qui pouvait l'être était un sacrifice inutile, même au nom de la sécurité ou de leur vie d'autrefois.

Sa devinette, elle ne dura pas bien longtemps -peut-être parce que Devos la connaissait un peu mieux que ce qu'elle pensait. Son amour des étoiles semblait l'avoir devancée et pendant un instant, Murphy se demandait ce qu'il pouvait savoir d'autre à son sujet sans qu'elle en ait conscience. Peut-être les autres étaient-ils trop bavards, ou peut-être gardait-elle moins bien les secrets que ce qu'elle aurait cru. « Oui... » avoua-t-elle à contrecœur, regrettant que le défi n'ait pas duré plus longtemps -de quoi garder Antarès à l'esprit de Devos même lorsqu'ils ne seraient plus ensemble. « C'est une étoile. Le cœur du Scorpion. Je te laisserai chercher ça un soir où tu te feras chier. »

Ils ne s’éternisèrent pas davantage près de la machine dévoilée, s'accordant une pause bien méritée au coin d'un feu qu'ils contribuèrent tous les deux à faire prendre. Un peu de chaleur n'était pas de refus, même s'ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion de se laisser ronger par le froid pendant leur marche. Mais les extrémités souffraient toujours, peu importe les heures de randonnée. Les doigts, les pieds, le nez, le visage tout entier. Pendant que la viande cuisait, Murphy appréciait la douceur du foyer, bien loin de réaliser seulement maintenant l'importance que pouvait avoir une source de chaleur en plein hiver, loin du village. Tout ça, elle le savait déjà : quand on quittait la maison, il fallait savoir ce qu'on faisait, où on allait mais surtout de quelles façons on allait pouvoir affronter les éléments, qu'ils soient prévisibles ou pas. En hiver, le froid et la neige étaient toujours de la partie; par conséquent, le feu était toujours le bienvenu.

Ce qui refroidissait, c'était la perspective brutale que Devos ait eu dans l'idée autre chose que le retour de sa machine au bercail. Elle devait l'admettre : peu importaient les réconciliations récentes avec la plupart des rebelles avec qui ça avait chauffé; la rébellion ne signifiait plus grand chose pour elle. Elle se demandait régulièrement si elle avait réellement signifié quelque chose pour elle un jour. Après tout, elle avait rejoint le mouvement en tant que remplaçante, le temps que Faust réapparaisse. Mais ils l'avaient su dès cette première réunion de reconstruction : le temporaire finirait par devenir définitif, et le temporaire avait fini par devenir définitif. Elle croyait aux idées de la rébellion, mais elle réalisait qu'elle croyait autant en celles du Conseil. Elle connaissait Marlene, elle connaissait Nadja, elle connaissait Wyatt. Elle connaissait Adelaide. Peu importaient leurs histoires communes et personnelles, elle savait que le Conseil était constitué de personnes aux idées proches des siennes et des leurs, malgré ce que certains pouvaient penser. Ils n'étaient pas stupides, et la simple conviction que Devos ait été le déclencheur du déménagement montrait que la rébellion se faisait sans doute une idée bien loin de la réalité. La rébellion semblait se placer en tant qu'adversaire du Conseil. Mais sa réalité à elle, c'était que si le Conseil avait besoin de quelque chose, c'était d'épaules supplémentaires, d'alliés nouveaux. Pas d'opposants persuadés que travailler dans leur coin était la solution la plus à même d'aider le groupe odysséen. La rébellion à laquelle elle croyait aujourd'hui n'en était pas une; c'était un groupe d'associés aux idées fraîches et innovantes, avec un pied ferme déjà ancré dans ce nouveau monde. « Non non, comme tu parlais de Chris » le corrigea-t-elle en lui jetant un coup d'oeil furtif. Mais elle le croyait, et ça lui suffisait. La rébellion serait à aborder un autre jour peut-être, avec d'autres protagonistes sans doute, mais définitivement pas aujourd'hui, entre quatre yeux, et en un si paisible journée.

Tout ça, elle préférait le balayer d'un revers de main. Le temps d'en reparler finirait par arriver bien assez tôt, elle n'en doutait pas. En attendant, elle préférait profiter de Devos, celui qui n'était pas plus rebelle que taupe, celui qui s'était révélé doucement au fil des années. Et celui-là avait encore bien des surprises à lui dévoiler, visiblement. Qui aurait pu penser qu'il était de ceux à se poser ce genre de questions ? Qui aurait pu penser que ses relations pouvaient le travailler ? Et qui aurait pu penser que ce genre de doutes, il les aurait exprimés ? « Choi ? Ch'es chourd ou choi ? » Elle s'offusqua avant de saisir l'opportunité. « Ah oui, les doutches cha rend chourd, auchi ! » Elle mâcha et avala à la hâte la fin de sa viande en écoutant Devos exprimer ces fameux doutes, fronçant progressivement les sourcils. « Non, enfin... ça fait que quelques mois qu'on s'est retrouvées, tu sais. » Les coudes posés sur les genoux, elle se pencha vers Devos, comme si ça pouvait l'aider à mieux comprendre la situation. « Tu veux dire... par rapport à ce qui s'est passé en juillet ? » Brutalement, violemment, elle réalisa son égoïsme. Elle ne s'était jamais demandé ce qui avait pu se passer du côté des autres, trop préoccupée par ce qui avait été détruit de son côté. Depuis qu'elle avait retrouvé Tennessee, puis Devos, tout ce sur quoi elle avait jeté son dévolu, c'était le soulagement que les choses aient avancé, que les mains se soient retrouvées. On lui avait trop fait comprendre qu'elle avait été le facteur de rupture et la vraie chieuse, dans cette histoire, pour qu'elle ait pensé une seule seconde que d'autres dégâts aient pu naître de cette première réunion rebelle. Silencieuse, elle regarda l'informaticien se lever dans la neige, marquant la fin de leur pause de midi. Elle attrapa sa gourde pour boire une gorgée d'eau glacée et se leva à son tour, le regardant s'éloigner. « Laisse pas tomber, crétin. » Elle s'épousseta les fesses et s'enfonça à son tour entre les arbres, laissant derrière elle un chien allongé qui savourait le feu crépitant, les paupières mi-closes. Elle s'approcha de lui, jeta un coup d'oeil à la pelle qu'il lui avait laissée, mais se refusa à l'exercice pour l'instant. Elle s'approcha de lui et lui saisit l'épaule pour le faire arrêter de creuser et le forcer à la regarder, plantant son regard très sérieux dans le sien. « J'vais te dire ce que j'dis à tous ceux qui ont besoin de l'entendre. » Notamment à Richard et à Skylar, pour ses oeuvres les plus récentes. « La vie est trop courte pour les embrouilles avec ceux qu'on aime. » Elle laissa son bras retomber et retourna chercher sa pelle à un mètre de là. « Jdis pas que vous allez mourir demain, j'dis juste qu'on peut plus rien faire contre des regrets. »  Elle commençait à déblayer le coin opposé à celui dont Devos avait commencé à se charger un peu plus tôt. « Si t'as réussi à me parler, tu peux arriver à lui parler à elle aussi. » La pelle plantée dans la terre froide, appuyée de ses deux bras sur le manche, elle jeta un coup d'oeil à son compagnon. « Vous vous ressemblez trop pour que ça soit insurmontable. » Peu importe ce dont il pouvait bien s'agir.

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1205 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 96
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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Lun 29 Oct - 20:47




The world turns too fast.
25 FEVRIER 2118

Il peut le dire, sa relation avec Murphy est loin d’être parfaite. En réalité, elle est ficelée d’inquiétude et de doutes. Devos, pourtant, aime croire qu’il a cerné le personnage. Qu’il sait. Qu’il calcule parfaitement toutes ses prochaines manœuvres, qu’il aperçoit souvent la réalité de son âme. Pourtant, souvent, Murphy réagit avec tellement d’imprévisibilité, qu’il a du mal à suivre sa logique. Peut-être qu’aujourd’hui, plus qu’avant, elle remet tout en question. Qu’elle réévalue ce qui lui tiens à cœur et sa manière d’agir pour avancer. Pour atteindre ses objectifs. C’est l’effet qu’à la terre, par exemple, sur une grande partie de leur communauté. Du jour au lendemain, ils ne sont tous plus que des enfants qui ouvrent les yeux et aperçois le monde différent. Adieu les étoiles et la boîte de conserve qui leur avait servi de toit pendant plus d’un siècle. Retour à la terre, parfois trop faible pour faire pousser quoi que soit, parfois trop dure et dangereuse. Il y a des mystères qui ne demandent qu’à être découvert, et des bonheurs qui ne demandent qu’à être accepté. Devos sait, ils doivent changer. S’adapter. Tous. Tout comme il sait que Murphy a son mot à dire et qu’elle représente, à ses yeux, ce que l’humain peut être de plus juste. Un peu particulier, mais souvent très droit dans sa façon de penser. Elle n’est pas égoïste, Murphy. Elle ne s’éparpille pas pour récolter des prix et pour que son nom soit appris de tous. Elle tend le bras à tous, même aux bêtes, et affectionne son utilité et sa place au sein du campement. Il se demande, du coup, si elle prend aussi le temps de penser à elle-même. De penser à ses propres envies, ses propres désirs. Au fond, elle a des points communs avec Faust qu’il ne saurait nier. Elles sont différentes, mais partagent des ambitions indéniablement similaires. Et puisqu’il pense à Faust, son doigt glisse jusqu’à l’anneau qu’il a rapidement confectionné à partir d’un des anciens bracelets de la jeune femme disparue. Dès qu’il pense à elle, il a besoin de le toucher. De le tourner autour de son doigt et de ne plus réfléchir. De se vider l’esprit. Au point, presque, qu’il en oublie Murphy et la conversation qu’ils tiennent sur le chien. Quand il pense à Faust, il s’évade. Il se demande, aussi, pourquoi elle n’est plus avec eux. Peut-être qu’un jour, il craquera. Qu’il se laissera emporter par le regret de ne lui avoir jamais dit ce que lui-même, avant, ne comprenait pas. Et des choses, il en a tellement à dire, qu’il ne saurait même pas par quoi commencer. Ça n’a plus d’importance, de toute façon, et son regard se pose sur Murphy qui semble déçue. Oui, il a deviné. Parce qu’il la connaît et, comme une petite victoire, il lui sourit. Il lui sourit parce qu’il veut qu’elle sache : il est son ami, son allié et il sait qui elle est.

C’est nécessaire de le dire, mais il n’y arrive pas forcément. Leur relation, elle n’a jamais été simple et il sait que Murphy a largement assez d’amis sur qui compter, qu’elle peut très bien se passer de lui. L’avoir à ses côtés, aujourd’hui, lui réchauffe quand même le cœur d’une certaine façon. Leur relation, elle n’a jamais été simple et il sait que Murphy a largement assez d’amis sur qui compter, qu’elle peut très bien se passer de lui. Étrange, pour l’insensible qu’il semble être, mais depuis ce qui s’est passé avec la rébellion, il essaye. Il ne saisit pas tout, il ne fait peut-être pas les bonnes choses, mais il essaye. Il essaye d’analyser davantage ce qui se passe, ce que les autres pensent. Il persiste à croire qu’il n’a rien fait de mal, qu’il a agi de la bonne manière, mais il voit encore les conséquences et ne peut s’empêcher de se dire que la partie n’est pas finie.

Il penche la tête face aux expressions de Murphy, comme un enfant devant une radio cassée qui ne saisit pas du tout les mots prononcés. Sans doute que la jeune femme remarqua son air curieux et qu’elle reprit une nouvelle fois, sans aliment dans la bouche. C’est dingue l’innocence qu’elle peut dégager, parfois. C’est presque ce qui pousse Devos à vouloir la protéger, en fait. Même avec une cheville fragile et aucun background de combattant aguerri. « Oui, par rapport à ce qui s’est passé en juillet… Même si, je lui ai tout dit en Mars. » Il peut encore sentir le coup que @Tennessee Brontë-Sand lui avait porté sur le torse, faible mais percutant. Il est bien trop incapable de lui mentir, en fait. Il n’y arrive pas, il n’y arrivera jamais. Cependant, il sent une fissure. Comme un trou géant qui a grandi et pris de l’ampleur. Et parce qu’il a besoin de faire quelque chose quand il essaye de s’exprimer, il se lève et commence à creuser.

Petit à petit, de manière à ne pas trop forcer sur sa jambe. Il se concentre et tente d’éloigner la vision et surtout, la douleur, que cette distance lui apporte. En fait, ce n’est pas vraiment une douleur, mais surtout une perte. Il a l’impression d’avoir perdu une amie. De n’avoir plus aucun droit de l’approcher, de lui raconter des blagues binaires ou de parler de serveur informatique. Peut-être que ce n’est lié à rien, peut-être qu’il s’imagine des choses, mais il ne peut s’empêcher de se dire que tout ça, c’est de sa faute. Qu’il est responsable de cette situation et qu’il ne peut que se blâmer pour ce quelque chose qui s’est brisé entre eux.

Il s’arrête au moment où Murphy attrapa son épaule. Ce geste le surprend, vraiment. Mais quand Murphy veut dire quelque chose, elle se lance. La vie est trop courte pour les embrouilles avec ceux qu’on aime. Il le sait. Il le sait trop bien, même… mais ce n’est pas vraiment une embrouille, ou peut-être bien que si. Il n’en sait rien. C’est plus compliqué, vraiment. Il observe alors Murphy chercher sa pelle, prête à l’aider. « Je sais. » Dit-il, de nouveau songeur. De nouveau, triste, en fait. C’est peut-être bien ça, la réalité. Devos est triste, au fond. Il ne le dit pas, il ne le montre pas. Il grogne des fois parce que ça le soûle de réparer un truc à la con, mais il est triste. Triste de savoir ce que s’est d’aimer quelqu’un, mais ne pas avoir su le dire. Il sait ce que s’est de perdre ce quelqu’un et de rester dans l’attendre, dans l’espoir et dans la crainte aussi. Il a peur, même, au fond, qu’on retrouve son corps et que plus rien ne soit possible. Et puis, peut-être, aussi, il a peur de ressentir ce quelque chose pour quelqu’un d’autre. Car Devos, malgré son univers bloqué dans l’informatique, est d’une réelle loyauté. « J’ai essayé de lui parler, déjà. Mais c’était comme si elle avait planté un mur entre nous et quoi que je lui dise, rien à faire. Tout allait bien, à ses yeux. » C’est l’impression qu’elle lui a donnée. D’un coup, sa pelle rencontra le métal de sa boîte et Devos continua à creuser avec un peu plus de précision.



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Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Ven 2 Nov - 0:28



❝ The world turns too fast ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(25 février 2118)


Avec Devos, les choses avaient toujours été particulières. Il suffisait de les voir en tête-à-tête, même maintenant, pour se rendre compte que leur relation n'avait pas été évidente ou un long fleuve tranquille. C'était des circonstances étranges qui les avaient réunis en premier lieu. C'était des circonstances dramatiques qui les avaient unis pour de vrai, pour un peu plus de temps. Mais entre eux demeuraient toujours deux fantômes : celui de Faust et celui de la rébellion qu'elle avait laissée derrière elle. Ils étaient là à chaque mot qu'ils échangeaient, et leur poids continuait de peser sur l'amitié qu'ils construisaient, progressivement, à partir d'un lien qui avait autrefois était bien plus simple car bien plus superficiel et bien plus entendu. Il ne s'agissait plus seulement de Faust; il ne s'agissait plus seulement du mouvement rebelle. Et c'était peut-être pour que ça Murphy s'échauffait si vite lorsque le sujet de Chris apparaissait entre eux. Avec Devos, elle voulait l'oublier, Chris. Elle voulait oublier toutes les envies malveillantes et déraisonnables que son simple prénom faisait surgir chez elle. Il était peut-être l'une des raisons pour lesquelles, d'ailleurs, elle ne croyait plus en la rébellion. Le recul qu'elle prenait sur le mouvement était dû à bien plus qu'un simple crétin, pourtant, mais l'incompétence et l'égocentrisme de leur leader était sans aucun doute parmi les arguments les plus électrisants pour la militaire. Il suffisait à Devos de voir dans quel état la simple évocation de leur leader pouvait la mettre pour s'en rendre compte : elle avait trop donné à Chris; trop de chances de se rattraper, trop d'occasions de s'expliquer, pour que ça ne laisse pas de traces indélébiles. Alors peut-être que Devos devraient éviter ce sujet tant qu'il était encore brûlant, mais peut-être qu'il le serait toujours, brûlant. Peut-être qu'ils devaient apprendre à se trouver sur autre chose, et à définitivement tourner cette page de la rébellion. Peut-être qu'ils devaient abandonner les fantômes qui les avaient d'abord unis.

Et peut-être que c'était ça, l'amitié. Se suffire à deux. Quand Devos souffla quelques confidences étranges à la brune, il fallut à celle-ci quelques instants pour réaliser leur poids et leur importance. En quelques secondes à peine, il avait fait d'elle une oreille et une épaule de confiance. C'était une sensation étrange, pour Murphy, de comprendre qu'ils avaient déjà fait tout ce chemin, tous les deux. Peut-être qu'il avait fallu tous ces drames pour réaliser qu'ils étaient quand même mieux, l'un aux côtés de l'autre. Sans la rébellion, sans Faust, sans les intérêts communs qu'ils avaient trouvé à l'un et à l'autre, ils ne se seraient probablement jamais connus. Sans la disparition de leur amie commune, sans l'incident de l'été précédent, sans les frayeurs du cyclone, ils ne se seraient peut-être jamais vraiment trouvés. Maintenant, à cet instant précis, Murphy trouvait même une saveur étrange et toute particulière à cette relation, de celles qui caractérisaient les amitiés les plus tendres. En se confiant à elle, Devos venait de s'en remettre à son jugement, à ses conseils, à tout ce qu'il considérait qu'il ne pouvait pas s'apporter lui-même et qu'elle pouvait lui apporter, elle. En se confiant à elle, Devos donnait à Murphy la sensation d'être utile à quelqu'un, d'être appréciée, peut-être même précieuse au regard de quelqu'un de nouveau; de quelqu'un d'insoupçonné des années auparavant, et même des mois encore auparavant. Mais ces aveux ne venaient pas sans renvoyer à Murphy son égocentrisme. Tous ces mois, depuis juillet, elle avait été enfermée dans ses propres considérations, dans les conséquences que cette seule réunion avait eues dans sa seule existence. Ca l'avait impactée plus qu'elle n'aurait pu le deviner lorsqu'elle avait dit tout ce qu'elle avait eu à dire, ce jour-là. En se coupant de la rébellion, en se coupant de ceux qui étaient devenus parmi ses plus proches, elle s'était coupée d'un des piliers qui la maintenaient à flot. L'équilibre avait été rompu. Les semaines s'étaient doucement métamorphosées en mois, et il avait fallu qu'elle se rende à l'évidence : ce qui avait été détruit ce jour-là n'était pas réparable. Elle avait vécu avec ce poids pendant des mois, partagée entre les remords et la conviction plus forte que jamais d'avoir exprimé ce qui avait dû être crié et hurlé pour être entendu. C'était peut-être ça, séparer ses convictions de sa vie privée : accepter que l'un puisse impacter l'autre, et apprendre à en payer le prix fort. Mais pendant tout ce temps, avant que Tennessee et elle ne se retrouvent sous une lune enneigée, Murphy était restée dans sa propre bulle. Elle n'avait probablement pas eu le choix, mais elle n'avait jamais cherché à se l'offrir, le choix. Elle le réalisait maintenant. L'impact que cette réunion avait eu sur les autres, elle n'avait pas cherché à en connaître l'étendue. C'était peut-être inconsciemment volontaire; peut-être que pour ce qu'ils lui avaient fait vivre, ils avaient mérité d'en payer le prix, eux aussi. C'était quelque chose elle n'avait jamais réfléchi, égoïstement, mais personne n'était ressorti indemne de cette rencontre -sauf peut-être Chris, comme toujours.

Tennessee et Devos, pour elle, avaient toujours formé une sorte d'unité étrange. Ils faisaient partie du même monde, sans qu'elle ne puisse le définir. Quand Murphy avait découvert le pot aux roses l'été précédent, elle s'était pris en pleine figure leur proximité, qui lui faisait prendre conscience qu'elle, elle était bien loin d'eux. Tennessee avait tenté de lui expliquer ce qui l'avait poussée à prendre cette décision de garder le secret, mais lorsqu'elle avait précisé que c'était elle qui avait conseillé à Devos de la fermer, elle avait décidé purement et simplement de fermer les écoutilles. Elle acceptait les choses petit à petit, encore. Même les drames de novembre ne parvenaient pas à faire disparaître la douleur qu'avait fait naître cette forme de trahison inattendue. Ce qui avait pu se passer entre Devos et Tennessee la dépassait, mais peut-être aussi parce qu'elle avait fait le choix de se laisser dépasser. Elle n'était pas sûre de vouloir connaître l'origine des décisions, dans cette histoire. Mais la constatation, à ce moment précis, allait bien plus loin que tout ça. Peu importe la façon dont les choses avaient pu se passer entre les deux amis, cette histoire les avait impactés, eux aussi. Et c'était la première fois qu'elle le réalisait vraiment.

Voir Devos souffrir de se poser ce genre de questions, d'ailleurs, n'était pas chose courante. On ne pouvait pas dire que Murphy connaissait l'homme par cœur. Malgré ce qui les liait aujourd'hui, il y avait encore beaucoup trop de choses qu'elle avait du mal à saisir chez lui. Mais elle se souvenait d'avant le cyclone, Murphy. Elle se souvenait de cet appel que leur avait lancé John, à Tennessee et à elle. Elle se souvenait de la parade qu'elles avaient utilisée pour expliquer qu'elles se soient tenues éloignées l'une de l'autre si longtemps. Chris ? Impossible de rester sérieuses une seconde en imaginant qu'il ait pu se glisser entre elles. Mais Devos ? Le naturel avait lequel Tennessee avait amené cet argument avait marqué Murphy, à sa façon. Il y avait sans doute bien des choses, entre eux, qu'elle ne connaissait pas ou n'était pas en mesure de comprendre. Mais ce qu'elle comprenait, c'est que Tennessee avait brandi Devos comme défense dans un réflexe qui laissait subodorer que ce qu'elle pensait de lui n'avait rien à voir avec ce qu'elle pouvait penser de Chris. A ce moment-là, Murphy s'était promis de garder cette constatation dans un petit coin de sa tête, de le ressortir à l'occasion, pour embêter Tennessee peut-être. Mais il y avait une évidence qui trônait au milieu de tout ça... « Peu importe tout ce qui s'est passé, elle tient à toi tu sais. » Le reste ne lui appartenait pas.

Il prenait la fuite, sans doute, Devos. Il fuyait ce qu'avait laissé Tennesse derrière elle. Mais Murphy était tenace, et le fait qu'il ait choisi de se confier à elle la confortait dans son rôle protecteur, peut-être un peu trop donneur de leçons pour certains. Peu importait le trésor qu'ils avaient à déterrer et le retour qui les attendait déjà. Elle posa sa main sur l'épaule de l'homme pour le forcer à la regarder. Entre quatre yeux, les messages étaient encore plus limpides. Devos restait silencieux et peut-être que c'est qu'elle avait touché une corde sensible, réveillé quelque chose. C'est tout ce qu'elle pouvait espérer de son intervention. S'ils avaient perdu le chemin l'un de l'autre, alors il faudrait qu'ils partent à la recherche l'un de l'autre, à nouveau. Si Murphy avait réussi à leur pardonner à eux deux, à vivre avec ce qui s'était passé et apprenait doucement à le laisser appartenir au passé, alors ils étaient aussi capables. Ca ne voulait pas dire que ce serait simple ou que ça ne prendrait pas de temps. Les relations et le pardon demandent du travail; c'est à l'implication qu'on lui accorde qu'on reconnait la valeur d'une amitié. Deux mots soufflés dans son dos alors qu'elle ramassait sa pelle et Murphy, dans son coin, sourit discrètement. « Je sais que tu sais. » Elle se retourna en le couvant du regard, d'un regard bienveillant et optimiste. Elle ne lui disait pas ça parce qu'elle le pensait ignorant à ce point-là; elle lui disait ça parce que c'était de telles évidences qu'on avait parfois tendance à les oublier, à les laisser se faire ensevelir sous le raz-de-marées d'autres conneries qui semblent alors prévaloir sur tout le reste. Mais c'était ça, ce qui comptait : ceux qu'on aimait, ceux pour qui on était prêt à se dépasser, juste pour ne pas connaître la séparation ou le regret de la séparation. A Devos, elle avait fait une piqûre de rappel, espérant de tout son cœur qu'elle prendrait. Peut-être pas tout de suite, sur l'instant, mais le soir venu, ou le lendemain, ou dans une semaine ou un mois. Elle fit le pas qui la séparait du trou qu'avait commencé à déblayer Devos et planta sa pelle dans la terre froide, déjà découverte de sa couche de neige depuis un moment. « Dis-lui ça... » Après quelques coups de pelle seulement, son regard se leva vers Devos. Il venait de toucher du métal. Le but. Le Graal. Ce qu'ils étaient venus chercher. Ce ne serait pas ce qui leur aurait pris le plus de temps, de le sortir de sa cachette. D'un regard, elle fit comprendre à Devos qu'ils allaient sortir l'objet à deux, se posta de l'autre côté, s'agenouilla et chercha sous la terre l'autre extrémité du... machin. « Pète-le ce mur, et dis lui ce que tu ressens. C'est pas facile mais... » Un peu essoufflée, elle passa une main le revers de sa main sur son front pour en écarter quelques mèches de cheveux. « un abcès, c'est fait pour être crevé. C'est ce qui laisse place à la cicatrisation. » Elle haussa les sourcils d'un air malicieux pour conclure. « Cette métaphore aurait plu à ma mère, je suis sûre. » A sa mère l'aide soignante. Son cœur se serra brièvement. Certains au revoir étaient définitifs. Contre tous les autres, on pouvait encore se battre.

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1205 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 96
— Chi cerca, trova —


Sujet: Re: The world turns too fast (Devos)
Sam 10 Nov - 21:57




The world turns too fast.
25 FEVRIER 2118

Devos est constant. Depuis toujours, il est fidèle et loyal à ses propres principes. A ses propres logiques. Une fois qu’il se lance, il ne remet plus en action sa position. Ses choix sont inscrits dans la roche, gravé à jamais dans les abysses de sa conscience toujours éclairés. Il réfléchit déjà beaucoup trop pour, constamment, remettre tout en question. Surtout avec la rébellion, par exemple. Une fois qu’il s’est engagé, impossible d’imaginer la dissolution de celle-ci ou son arrêt, à moins d’avoir atteint l’objectif : une société et un environnement plus saint. A ses yeux, ils étaient encore loin d’avoir réussi quoi que ce soit et il est vrai que les derniers événements et le peu d’action avait enfoui la rébellion dans un coin reculé. Avec un conseil qui ne fait rien de mauvais, comment exister ? Clairement, à l’heure actuel, ils n’ont rien à reproché à un conseil en retrait, qui prend le temps de réfléchir à toutes situations et tout changement. Oui, il le sait. Est-ce que cela veut dire la fin de la rébellion ? Non. Une bonne action n’efface pas des années d’oppressions. C’est bien l’environnement qui joue en la faveur du peuple : la possibilité de vivre sur terre et de respirer retirer l’option ultime de tuer comme punition ultime pour les crimes. La justice, sur terre, est en changement. La hiérarchie doit l’être aussi. Le conseil est trop nombreux et le chancelier n’a pas sincèrement besoin d’exister. Pour Devos, il y a des choses à modifier, à améliorer. Toutes les existences sont comme un circuit en perpétuel construction. Ils ne seront jamais parfaits, mais rien ne les empêchent de trouver un équilibre, quelque chose. Que se passera-t-il si le conseil vote en faveur d’ouvrir les portes à ceux qui, pour beaucoup, sont encore des criminels ? Ou quand l’un des leurs, tentera de faire du mal à l’une des autres ? Les situations peuvent se compter à l’infini, y pensent-il ? Dois-on laisser ceux qui semblaient fermés les yeux là-haut, gérer les choses ici ? Non. Que Murphy semble s’éloigner de la rébellion, cela l’étonne. Il se souvient encore trop bien de sa position, auparavant, et ne peut que se questionner sur les déclics qui la font fuir le groupe. Et si, finalement, c’est simplement son besoin de vivre pour elle-même, qui a pris le dessus ? Après tout, avec tout ce qu’elle fait en tant que militaire, la situation est peut-être déjà trop lourde. Il ne peut pas comprendre, lui, qui reste le plus souvent dans le village à bricoler. Il y a peut-être des sacrifices qu’elle n’est plus prête à prendre ? Il ne sait pas et, franchement, préfère ne pas y penser pour l’instant. Tout ça, ils en reparleront le moment venu, de toute façon. Il n’y a pas de bon ou de méchant, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Mais pour Devos, il est évident que ça ne doit pas être la fin d’une rébellion qui est née d’un réel problème est que ce problème, il ne faut pas l’oublier sous prétexte que pour l’instant, tout va bien.

Pour l’instant.

Il peut clairement le dire, avec Murphy, il s’inquiète moi. Il pense moins, aussi. Peut-être parce qu’ils n’ont qu’une tâche à accomplir aujourd’hui et que, logiquement, ce n’est pas très compliqué. Il a plus, cependant, à ce lien qui les unit et cela, en soi, apporte une certaine chaleur à Devos. Il n’est pas habitué à passer autant de temps avec elle, mais il doit bien l’avouer : il est content d’être là. Content de partager ça avec Murphy. Loin de la rébellion, loin de Faust, ils étaient finalement capable d’être tout simplement amis – un concept encore assez particulier pour Devos qui, jusqu’ici, ne voit que Tennessee comme étant son amie, mais tout semble différent aujourd’hui. Il y a un trou, béant, dévorant, entre lui et celle qui, auparavant, le comprenais toujours. Un trou tellement grand que Devos a l’impression d’y être déjà tombé une fois et de ne pas avoir réussi à en sortir. C’est vraiment glauque comme sensation. Comme si, Tennessee était différente, changé, ou alors que son corps était là, mais que son esprit si habituellement attendrissant, s’en était allé plus loin. Souvent, il s’est amusé à l’observer de loin, chérissant l’idée que c’est lui le problème et rien d’autre. Qu’il ne peut pas la blâmer d’avoir casser quelque chose. Murphy, alors, lui avoue que la mécanicienne tenait à lui. Il croise son regard silencieux, essaye de peser les mots qui entrent dans sa tête, puis baisse la tête. Il doute, en fait. Il doute qu’elle soit capable de ressentir, car comme lui, au fond, Tennessee n’est pas du genre à s’attarder sur ses émotions. Et encore, pour Devos, les choses se sont métamorphosés depuis le cyclone, comme si cette blessure et cette cheville blessé, avait ouvert les portes vers un monde étrange et complexe, un monde plus proche de tout ce qu les autres ont l’habitude de ressentir.

Il y a comme un poids qui diminue, sur son âme. Quelque chose en lui est plus léger et il sait que ça, c’est l’effet de parler à Murphy. Au fond, il sait. S’il y a bien quelqu’un qui est capable de le bousculer, c’est elle. C’est que Murphy à son caractère, c’est une force de la nature. C’est une bouffée de réalisme, mais parfois, elle s’emporte. Elle se laisse glisser sur la pente des sentiments et s’accroche aux plus douloureux.

Il lève la tête et se note intérieurement sa propre phrase. « Je le lui dirais. » Il tente, dans une manœuvre un peu particulièrement, de se baisser et de se préparer à soulever la malle. Quand elle lui dit qu’un abcès, c’était fait pour être crevé, il ne peut que revoir la scène où il lui est tombé dessus, dans l’espèce de cantine qui est la leur. Il repense à la manière dont il a abordé Murphy et cherché, au plus profond de lui, tout ce devait être dit. « Elle me plait bien, à moi aussi. » Et puis, après avoir compté, ils soulevèrent ensemble l’objet qui va, peut-être, changer l’histoire de la communauté…



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