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˜˜˜˜˜˜“ stay away of my burning mind. ” (Mila)
maybe life should be about more than just surviving

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1124 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 211
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Sujet: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Sam 17 Fév - 20:39




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118


C’était une catastrophe. Un enchaînement de malchance et de peine. Un nuage qui le suivait à chacun de ses boitements. Oui. Car Devos traînait. Sa cheville fracturée, il avançait à un rythme lent et inefficace. Oh, il allait mieux. Mieux qu’il y a quelques mois, mais tout de même. L’hiver était là, présent, étouffant. Les réparations étaient limitées, les dégâts conséquents. Son travail enfoui dans un gouffre fermé. Devos n'avait aucune possibilité et sa jambe l’empêchait d’aller dans les vestiges de l’Odyssée vérifiait l’état des autres matériaux. Il était devenu, d’une certaine façon, un fardeau. Déjà chez les jeunes, sont inutilités avaient été palpable, bien qu’il s’était donné de lui-même pour aider à la reconstruction de leurs faibles habitats. Il avait reporté à son maximum le retour chez ses compères, persuadés qu’un tel voyage endommagerait davantage sa cheville. Il avait donc fait de son mieux. Pour ne pas sombrer, pour ne pas rester dans un coin. Toujours éveillé, toujours prêt à donner un conseil, Devos avait fait ce qu’il pouvait, dans la mesure de ses capacités. Impossible de partir sans être persuadé que ces jeunes étaient sur la bonne voie. Sans se dire qu’ils allaient y arriver.

Le père de Devos disait toujours que les échecs étaient nécessaires à la réussite. Qu’il valait mieux se retrouver devant une porte fermée, que de croire qu’elle serait toujours ouverte. C’était donc évident qu’une partie de Devos imagine cette tempête comme une raison de rassembler deux groupes. Il ne doutait pas des dégâts du village – et d’ailleurs, il en était encore consterné, des semaines après son retour, le visage plus fermé qu’autrefois – mais sans doute était-ce moins pire et plus réparable que ces gamins avaient subi. Oui, certains n’a plus l’âge de l’adolescence, certains sont des adultes matures, travailleurs, réfléchis. Mais à ses yeux, c’étaient des gamins. Des survivants, oui. Des gamins tout de même. Peut-être que d’ici le printemps, un regroupement finirait par se faire et le rebelle en lui ne pouvait qu’espérer un tel évènement. En attendant, il avait remercié à sa façon, sachant pertinemment que ça ne serait jamais assez pour effacer la culpabilité toujours présente et vive. Cependant, ce temps, même à ne plus être capable d’être lui-même à 100%, lui avait permis d’en apprendre plus sur ses jeunes. De leur parler un peu plus, mais surtout, de les écouter. Un piètre invité, mais l’informaticien avait su garder une discrétion évidente pour ne pas gêner.

Non vuoi sorridere, un po '? (Tu ne veux pas sourire, un peu ?) Demanda son père, tendant un outil à Devos, assis depuis des heures. Les cuisines étaient l’un des premiers points à réparer et si la plupart des dégâts avaient étés pris en main par certains mécaniciens – dont son père – il restait toujours quelques détails. D’une part, il fallait absolument consolider au maximum en cas de prochaine tempête, d’une autre, améliorer certains aspects techniques, bien que rudimentaires. Les ingénieurs encore en vie se débrouillaient plutôt pas mal.

Quando l'inverno è finito. (Quand l’hiver sera fini.) Répondit Devos, dans un ton bien trop sec. Soupirant, le père Acciaro se frotta la barbe, déjà grise. Voilà quelques semaines qu’il essayait de convaincre Devos que tout n’était pas perdu, mais lui-même s’était retrouvé avec ses propres problèmes physiques, dont un dos qui lui lançait d'affreuses douleurs. Ce mal, n’était pas causé par la catastrophe. C’était l’âge. L’âge qui faisait trembler ses mains, grincer ses os et qui désormais l’effrayait. À 64 ans, Filipe Acciaro avait peur. Peur de ne plus être aussi performant qu’autrefois. Et il s’inquiétait pour son fils. Cet homme qui a toujours désirait une vie ordinaire, se sentait épuisé par avance par toutes ses tâches qu’il ne pouvait pas accomplir pour les autres. Il avait senti, face aux remarques de Devos, que les réparations déjà faites, auraient pu être préparé plus rapidement. Mais Devos s’était retrouvé ailleurs et d’autres avaient dû se débrouiller.

Tu sais, figlio, tu ne peux pas tout faire dans la vie. Et je sais qu’attendre, c’est difficile, mais… Que son père abandonne ce langage secret qui était le leur, força Devos à être plus attentif. Ce n’est pas grave Devos. Crois-moi. Consterné, Devos tâcha de s’éloigner et de se relever en s’accrochant au mur. Il grimaça quand son pied toucha le sol.

Rien n’est jamais grave pour toi, je crois savoir de qui je tiens ce cœur de pierre. Ni une, ni deux, il laissa les cuisines et se retrouva dehors. Dehors là où un léger vent lui glaça le visage. Perdre l’accès au métro, perdre peut-être ses recherches – rien ne pouvait lui indiquer que la terre avait enseveli tout le tunnel… Bref, la colère était monstrueuse. Et c’était bien la première fois que Devos se sentait aussi impuissant. Debout, devant le gouffre de l’accès, il fronça les sourcils.

Il aurait dû prendre cette foutue carte avec lui. Cette carte qu’il avait dessinée du métro et qui se trouvait dans l’une de ses vestes, posait dans l’un des coins de la rame avec le matos. Il aurait dû la prendre. Il avait tenté d’en faire une autre, mais sa mémoire l’avait lâché comme si sa propre conscience essayée de lui dire quelque chose. Peut-être qu’il y avait d’autres entrées, peut-être qu’il pourrait retourner à l’intérieur, en passant par un autre chemin… Mais comment faire, dans son état actuel ?

Porca puttana troia (insulte), grogna-t-il en frappant dans une motte de terre qui retomba plus bas, avant de remarquer que Mila se tenait à ses côtés.




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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 404 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 166


Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Jeu 22 Fév - 21:35

You've been escaping the desert. Now you reminisce the sand. You hide yourself to open up. Now it's like you miss the sun. You just followed your sense. Losing yourself more than once. You kept walking that way. Do you understand me ? Are you reading my words ? Did you see ? (@rilès // beerus)
☆ Devos
&
Mila


Au milieu du chaos tu t’élèves, laissant les ténèbres graviter autour de toi sans jamais parvenir à t’effleurer. D’une certaine façon, le trouble provoqué par la violence de la tempête te permet de trouver ton équilibre. Tu ne te l’expliques pas. A vrai dire, tu t’en rends à peine compte. Contrairement aux autres membres de ton peuple, les dégâts causés ne te mettent pas dans un état profond de déception. Parce que la Terre que tu chéris de tes mains est capable de se protéger seule, de revenir à son état initial, de retrouver toute sa splendeur. Ainsi, tu sais que le temps est nécessaire pour revoir tes plantations grandir et mûrir. Tu sais qu’elles finiront par s’épanouir à nouveau sans que tu n’aies eu besoin d’intervenir. Tu sais qu’elles survivront quoi qu’il arrive. Mère nature ne t’abandonnera jamais, tu pourras toujours compter sur sa présence pour te rassurer. Comme tu l'as depuis l'aube de ton l’enfance. C’est bien pour cette raison que ta relation avec elle est si paisible et pacifique. Ainsi, malgré le fracas, tu sembles étrangement calme, presque immunisé contres les émotions négatives qui vacillent de tous les côtes. Certains pensent que tu ne réalises pas ce qui se passe, d’autres sont certains que tu prends sur toi pour agir de la sorte. Ils ont tous les deux raison, d’une certaine façon. Ils ont tous les deux tort, sans le moindre doute.

Suis-le. C’est devenu une habitude comme un jeu auquel tu te complais. Ayant l’impression d’apprendre à les connaître chaque fois que tu marches dans leurs pas, chaque fois que tu découvres leurs petits secrets. Parfois ils ne te dévoilent rien que tu ne saches déjà mais Murphy est l’exemple parfait de la récompense gagnée. La preuve même que tes efforts ne sont pas vains.

Alors tu continues ton divertissement, ton penchant, ayant pris en filature un autre collègue de l’Odyssée depuis son retour parmi vous. C’est étrange de le revoir sans Thalia à proximité. Tu te rappelles de leurs silhouettes côtes à côtés dès que tu fermes tes yeux pour te replonger au creux de tes souvenirs. Attention. Tu prends soin de ne pas te faire repérer par la cible, ayant cru comprendre qu’il est mal venu de ne pas signaler sa présence. Un concept que tu peines à saisir. Tu observes Devos devant le gouffre du métro, essayant de deviner ce qu’il peut bien faire ici. Quand son pied s’agite subitement pour expulser la frustration qui le ronge, tu en profites pour t’avancer vers lui. « Tu comptes te fracturer l’autre cheville ? » Pensée personnelle qui franchit tes lèvres presque spontanément. Tu n’as jamais su quoi penser de lui, n’ayant guère eu l’occasion de pouvoir te faire une idée de sa personne. En effet c’est la toute première fois que tu te retrouves en tête-à-tête sans un tiers individu qui fasse pencher la balance. Alors tu tâtes le terrain, essayant de découvrir qui se cache derrière ce visage fermé, cette silhouette imposante et ce regard du qui te lorgner. « Qu’est-ce que tu cherches ici ? » Non, tu n’as nullement l’intention de te justifier, préférant t’intéresser à sa présence ici plutôt qu’à la tienne. Un raisonnement qui fait sens à tes yeux.


→ devos, aux alentours de l'odyssée, 17 février 2118

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1124 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 211
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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Ven 30 Mar - 11:10




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118


Devos n’était pas d’humeur. Il ne l’était jamais. Toujours à cogiter sur des choses qui n’intéressaient que lui et qui pourtant, devraient effrayer les autres. Il n’est pas du genre à se laisser prendre par la tempête, mais cette fois, il n’avait pas réussi à s’en sortir. Le tremblement de terre l’avait déjà marqué à vie. Voilà qu’un ouragan avait décidé d’en rajouter une couche. Dans l’espace, une fracture comme la sienne aurait vite été réparée. C’est tellement rare que quelqu’un se brise un os, que ça ne demande pas grand-chose en matière d’investissement. Il aurait déjà probablement retrouvé ses fonctions de bases sans le moindre problème. Mais pas ici. L’informaticien n’était pas une priorité. Il ne passait pas avant les autres et les médicaments qu’ils possédaient ne devaient pas être épuisés pour lui. De toute manière, il avait déjà passé des semaines chez les jeunes, véritable fardeau qui traînait pour ne rien accomplir. Une situation qu’il avait détestée et qui n’avait en rien épargné son humeur. Devos était grincheux. Grincheux depuis des jours, grincheux depuis cette longue attente dans la grotte aux côtés de Charlie. Il ressemblait à un ours en colère, ni heureux, ni épanoui. Autrefois, il lui suffisait de travailler et le tour était joué. Plus d’inquiétude, plus de problèmes. Mais ses recherches étaient désormais dans le ventre d’un métro bouché et têtu qui, encore une fois, n’était pas une priorité. Il faudra attendre la fin de l’hiver. Le printemps et des temps plus cléments pour parvenir à arranger les choses et à prier. Prier pour que le seul souci soit cette entrée bouchée et rien d'autre.

Il était en colère. Tellement en colère. Surtout contre cette planète, contre tout ce qu’il ignorait de sa manière d’être et de penser. Il commençait à visualiser cette terre comme une entité à part entière, haineuse et parfois terrible. Peut-être avait-elle une dent contre lui ? Contre les gens qui avaient une intelligence décalée, une vision des choses oubliées. Devos était un lien. Entre la vie d’avant, celle sur terre dont ses ancêtres lui ont tant parlé. Et la vie d’après, celle qu’il a vécu dans l’espace et qu’il conservait encore entre ses doigts. Aujourd’hui, ils étaient tous des proies. Condamnés peut-être à revivre une fin avant même d’avoir essayé quoi que ce soit. Clairement, la terre était encore instable et sujette à des drames.

F… Il s’arrêta. La voix de Mila le surprit. Il ne s’attendait pas à la croiser, encore moins à lui parler. Voilà des mois qu’il n’a jamais rien dit, plus depuis la mort de Thalia. C’était un peu comme si elle était la seule raison de votre relation, alors sans elle, il n’y avait presque plus rien. Le fait qu’elle soit l’arrêtait donc dans sa tentative d’expulser la rage qui sommeillait en lui depuis des jours.

Qu’est-ce que ça peut te faire ? Il posa son regard déterminé dans les yeux de la jeune femme, comme s’il était capable de voir à travers ses pupilles, ses plus honteux secrets. Dans le genre à ne jamais trop en dire, Devos était un champion. Il n’allait certainement pas déverser sa rage sur une pauvre plante. Il déposa de nouveau son regard sur le trou géant qui était devant lui. Un gouffre idéal pour terminer ses jours et ses ambitions.

T’avais un truc à me dire où tu t’inquiétais simplement pour ma cheville valide ? Il y avait forcément une raison à sa présence. Quelque chose qui expliquait pourquoi elle lui faisait face, à moins vraiment que ça ne le dépasse. Il avait tendance à croire que certaines personnes avaient des façons bien aléatoire de faire les choses. Il n’était pas capable de comprendre le hasard qui entourait ses âmes-là.




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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 404 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 166


Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Dim 8 Avr - 13:05

You've been escaping the desert. Now you reminisce the sand. You hide yourself to open up. Now it's like you miss the sun. You just followed your sense. Losing yourself more than once. You kept walking that way. Do you understand me ? Are you reading my words ? Did you see ? (@rilès // beerus)
☆ Devos
&
Mila


La météo est particulièrement capricieuse sur Terre, ainsi il faut toujours composer avec ses exigences. Autant en hiver qu’en été, les conditions peuvent se montrer particulièrement dures. Tu le sais, et la tempête est la preuve même qu’il ne faut jamais oublier les dangers provoqués par Mère Nature. Si ton peuple subit les dégâts causés par cette dernière, il s’en sort bien compte tenu de la situation. En effet, les dommages pourraient se révéler plus importants encore, comme en témoignent ceux de certaines tribus terriennes. Tu ne les as pas vus de tes propres yeux mais es tout à fait capable de les imaginer. De la même façon, tu devines le tourbillon qui boulonne dans le regard de ton interlocuteur. Bien qu’il semble surpris par ta présence, Devos ne présente aucun signe d’embarras à ton encontre. A vrai dire, il  ne cherche même pas à cacher la rage qui sommeille en lui, seulement à la contenir. Le ton de sa voix est assez rude mais les quelques mots qui sortent de sa bouche te donnent l’occasion de maintenir la conversation. Tu le regardes une poignée de secondes avant de finalement décider de répondre. Enfin, tu penses surtout à voix haute, ne te rendant pas compte de ce petit détail quand tu lui adresses une remarque. « Ouh quelqu’un passe une mauvaise journée. » Remarque qui t’échappe et que tu balaies d’un revers de la main.

Tu t’approches de lui, l’air de rien, pour finir par observer le gouffre à ton tour. Tu n’es jamais descendue dans le métro souterrain, restant toujours à la surface de la Terre. Si une part de toi aimerait bien changer la donne, l’autre ne souhaite absolument pas s’y aventurer. D’après les dires de tes compères, il s’y trouve une obscurité terrifiante, un silence agonisant et une ambiance glaciale. De quoi décourager le peu de vaillance qui t’abrite. Entre courage et insouciance, il est difficile de juger ton comportement d’après tes actions. Tu finis par reporter ton attention sur l'homme à tes côtés dont le regard croise le tien l'espace d'un instant. « Tu comptais faire une expédition ? » Question légitime ou intérêt curieux, nul ne le sait mais tu ne peux t’empêcher de l’interroger. Ces jours-ci, tu recherches des visages familiers comme des souvenirs passés qui stagnent à l’orée de ta mémoire. Le sien en fait partie. Probablement car tu penses souvent à elle, Thalia. Tu ne penses pas à vos jours ensemble dans la romance de vos élans mais plutôt à vos dernières paroles. Quelques secondes avant que tu ne lui fracasses le crâne avec un rocher. Cela remonte à quelques mois déjà pourtant tu t’en souviens comme si c’était hier. Comme si c’était ce matin. Tu devines presque le sang sur tes mains alors qu’il n’est plus. Et quand Devos pose ses prunelles sur toi, tu as l’impression qu’il connaît la vérité. Toute la vérité. Qu'il peut entrevoir ton crime, ton adrénaline. Qu'il perçoit ton véritable visage.


→ devos, aux alentours de l'odyssée, 17 février 2118

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1124 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 211
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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Mer 25 Avr - 20:27




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118


Il s’était trop habitué à ses logiques, à ses calculs, à son langage binaire. Il regrettait l’époque où son univers était infini et, en même temps, limité à un écran qui n’appartenait qu’à lui. Il n’était pas le genre d’homme à fuir la réalité pour le virtuel, mais la réalité lui donnait envie de s’échapper vers un monde moins compliqué et plus sensible à ses désirs. Malléable. Différent. Acceptable. Il n’était pas à sa place et chaque jour, cette foutue planète le lui rappelait. Un homme des étoiles ne pouvait pas prétendre sacrifier son ciel pour la terre. Mais plus encore, il subissait des humeurs incompréhensibles, enfouissant – au sens propre du terme – ses travaux les plus complexes. Seul le temps lui donnait espoir quant à la possibilité de récupérer quelque chose de viable. De réparable. En attendant, c’était sa cheville qui devait se remettre de sa chute et son esprit qui devait patienter du mieux possible. Son utilité n’était pas remise en question, mais ses ambitions se retrouvaient face à un mur épais qu’il ne pouvait pas détruire. Que les choses s’accélèrent bon sang !

La dernière chose dont il avait besoin, c’était de tenir une conversation. C’était trop lui demander. Ses préoccupations étaient déjà concentrées sur le futur et certaines bidouilles dont il s’était occupé à son retour. Heureusement que les mécanos, bricoleurs inventifs et autres ingénieurs, étaient un minimum nombreux pour que son absence d’un mois passe inaperçu. Certes, son père avait râlé. Inquiet, mais toujours prêt à mettre la main à la pâte. Au final, le retour de Devos n’a pas été une réelle surprise, certain jeune ayant réassuré de la présence de l’informaticien chez eux. Blessés, oui, mais le premier à faire un commentaire pour épauler, pour motiver et parfois, pour énerver. Pas toujours facile de rester assis à regarder les autres faire un travail pas parfait.

Tu en connais, toi, des bonnes journées, ici ? Dit-il dans une rapidité alimentée par sa colère. Même Devos était capable de répondre en se basant sur des émotions qui étaient trop forte pour être ignorées. Il y avait des subtilités qu’il ne comprenait pas toujours – comme la relation que Thalia avait entretenue avec Mila – et d’autres qui étaient bien trop familière, même aux robots les plus insensibles. La colère était au top de sa liste, même s’il s’était habitué à la camoufler dans un coin. Cela ne servait jamais à rien, il le savait. Mais sa colère s’était transformée en rage. Il voulait hurler, tout laisser sortir pour ne plus rien ressentir. Pour revenir à l’état qui était si aisément le sien.

Tu comptes me faire chier ? Expliquer sa présence n’était pas nécessaire. Du moins, c’est ce qu’il pensait. Il s’y était perdu tellement de fois, là-dessous, que c’était devenu son refuge. Sa maison. Il avait peur de ce qu'allaient devenir ses recherches, ses trouvailles, de toutes ses choses qu’ils avaient tenté de sauvegarder, de ce passé électronique qui était si proche et si loin en même temps. Il y avait tant de choses à découvrir sur terre, tant de choses à accomplir également. Devos ne perdait pas la foi quant à son travail, mais la terre ne voulait pas l’aider. Elle se foutait même assez bien de sa gueule.

Je ne sais pas ce que Thalia t’a raconté sur moi, mais j’espère qu’elle n'a pas oublié de te prévenir. Il était temps de reculer, de prendre ses distances. Boitant sans complexe, il préfèra observer Mila plutôt que le trou à côté. Son regard était toujours aussi sévère. Difficile de faire autrement. Qu’on lui foute la paix.

C'était une jolie femme, Mila, et c’est sans doute tout ce que Thalia lui trouvait. Peut-être qu’avec le temps, leurs relations s’étaient fanées comme une fleur hors saison. Pétale après pétale. Il faut dire qu’à un moment, Thalia ne lui parlait presque plus de son histoire, soit parce que c’était évidemment toujours aussi bien, soit parce que ça n’avait plus de raison d’être partagé.




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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 404 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 166


Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Jeu 26 Avr - 12:29

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☆ Devos
&
Mila


Tu ne réponds pas à sa question, consciente qu'il n'attend pas un retour de ta part. En réalité, il semble chercher le silence que tu lui concèdes quelques secondes. Juste le temps d'avaler ta salive. Effectivement, tu connais des bonnes journées, des très bonnes mêmes qui occupent tes pensées. Des matins meurtriers, des après-midi secrets, des soirées fructueuses. Ces souvenirs ont tous un point commun que tu réalises à cet instant précis : tu n'es jamais seule. Bien au contraire, tu es toujours en compagnie d'un autre individu. Les noms effleurent le bout de tes lèvres mais tu les retiens captifs, ne souhaitent pas dévoiler leur identité. Ne souhaitant pas admettre cette vérité qui te ronge. La solitude t'effraie. « Ça dépend. » La franchise de Devos te ramène brutalement au moment présent. Néanmoins cela te plaît. Il a cette façon de s'exprimer à travers la colère qui tire ses traits, comme si les mots sifflaient entre ses dents. Qu'est-ce qui peut bien le mettre dans cet état ? Tu imagines que le trou vous observant est surement en cause mais c'est la seule information que tu peux deviner à l'heure actuelle. « Elle ne parlait pas vraiment de toi, de vous. » Référence à toutes ces personnes qu'elle connaissait, appréciait, gardait précieusement dans sa vie.

Thalia avait cette manière étrange de t'intégrer à son monde sans vraiment le faire comme si les deux côtés pouvaient se côtoyer mais devaient conserver une distance.

Instinct de préservation.
Jalousie dissimulée.

Tu ignores, encore aujourd'hui, la raison de son comportement. Et face à son ami, tu dois bien avouer que tu t'interroges sur le sujet. Pourquoi ne pas te parler de lui, d'eux ? A l'époque, tu ne t'intéressais pas vraiment à ses proches parce qu'ils te paraissaient insipides en comparaison de sa personne. Ce que vous aviez te suffisait. Aujourd'hui ce n'est plus cas. Aujourd'hui vous n'avez plus rien. « Alors non, je n'ai pas eu la mise en garde te concernant. » L'informaticien éveille ta curiosité et amplifie l'intérêt que tu lui portes. Hormis son air grincheux, son regard sévère et son ton autoritaire, tu n'as pas remarqué quelque chose qui sort de l'ordinaire. Est-ce qu'il a des tendances violentes ? Des penchants singuliers ? Tu plantes son regard dans le sien sans bouger pour autant malgré l'envie de le faire. Tel un chatouillement le long de tes membres qui commencent sérieusement à te démanger. « J'ai du mal à imaginer qu'il en existe une. » C'est faux, sans l'ombre d'un doute et tu espères bien qu'il te contredise avec toute la véhémence dont il est capable. Tu espères bien qu'il te montre son vrai visage, pas celui contenu par son self control. Tu veux voir celui que la rage possède quand personne ne regarde dans son sillage. C'est celui-là même que tu veux voir.

→ devos, aux alentours de l'odyssée, 17 février 2118

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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Ven 4 Mai - 10:55




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118


Qu’est-ce que c’était, une bonne journée ? Un jour calme, un jour paisible ? Un jour sans accroche, sans action, sans conséquence ? Un jour de dérision, d’ennuis ? Un jour sans vie ? Car dès qu’il y avait un semblant de souffle, tout s’effondrait comme un château de cartes. Un petit courant d’air et voilà que le monde s’animait pour mieux se décomposer. Que les collines s’effritaient pour préparer des catastrophes qui tomberaient sur leurs têtes. Devos en avait marre. Marre de ce manque de sécurité, de cette peur de demain, de cette obligation de survivre. Il en avait marre de se battre pour chacune de ses respirations, de devoir forcer sur une cheville encore faible pour tenir debout, de regarder le trou dans lequel étaient enterrées toutes ses possibilités. Jusqu’ici, l’informaticien s’était toujours accroché à son travail pour ne pas se faire prendre dans le cercle vicieux de la peur. Pour ne pas sombrer sur toutes ses choses incontrôlables qui constituaient son nouvel environnement de vie depuis plus de deux ans. Ou peut-être trois. Devos avait une très mauvaise notion du temps. Des jours pouvaient être des mois, et des mois pouvaient être des secondes. C’était un effet de cette nouvelle existence, loin de l’espace, loin du monde qu’il avait toujours su contrôler et construire. Et puis loin des autres aussi.

Là-bas, personne ne venait à lui. Là-bas, il était ignoré.

Aujourd’hui, si sa relation avec les autres était toujours très superficielle, cela ne l’empêchait pas d’être vue. Remarqué, appelé, sollicité. Il faisait ce qu’il devait être fait, mais sa solitude, celle du mec qui personne ne veut comprendre, elle lui manquait. Surtout ces derniers temps. Le métro était ce qui se rapprochait le plus de la bulle solitaire dans laquelle il avait évolué. Cela faisait trop longtemps qu’il était dehors. Trop longtemps qu’il croisait des regards. Trop longtemps qu’il rêvait de hurler sa fureur sur le premier venu.

Il soupira, espérant qu’il n’ait pas à en dire plus, espérant qu’il puisse se barrer sans être retenu par des mots. Sauf que c’est Mila. Elle était l’élément qui lui rappelait la perte. La mort de Thalia, qui l’exprime ou non, l’avait affecté. Prise par les tripes tant elle semblait irréel. Il aurait pu ne pas y croire, se moquer d’une mauvaise blague, jusqu’à ce que le corps se dévoile. Plus il observait cette fille, puis il essayait de comprendre. Que s'était-il passé, là-bas, dans l'obscurité de la forêt ? Qu'est-ce qui avait causé la mort d'une si belle âme ?

J’imagine que ça n’avait pas d’importance, pour elle. Que d’une façon ou d’une autre, tu n’aurais jamais eu une place entière dans son monde. Nous n’avions pas à savoir que tu étais et t’avais pas à savoir qui nous étions. Il ne la lâchait pas des yeux, elle et son regard envoûtant. Elle et ses yeux clairs qui emportaient tout sur leur passage. Ils étaient presque innocents, innocents avec un air un peu rusé. Un peu particulier. Alors Devos, il osait se rapprocher. Comme pour la pousser à reculer. Avec sa carrure et sa grande taille, il arrivait facilement à regarder les gens de haut. Comme des fourmis dont la présence dérangée.

Maintenant que j’y pense, au fond, t’étais peut-être qu’un secret. Facilement délaissée dans un coin de son esprit quand elle retrouvait ceux qui comptaient à ses yeux.

Dire que la plupart pensaient Devos calmé. Depuis son arrivée sur terre, ils n’avaient pas été si odieux, gardant plutôt ses distances vues la situation. Si quelqu’un le dérangeait, il s’éloignait. Il était devenu presque rare de l’entendre aussi empreint de cruauté.



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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 404 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 166


Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Sam 12 Mai - 16:23

You've been escaping the desert. Now you reminisce the sand. You hide yourself to open up. Now it's like you miss the sun. You just followed your sense. Losing yourself more than once. You kept walking that way. Do you understand me ? Are you reading my words ? Did you see ? (@rilès // beerus)
☆ Devos
&
Mila


Ses mots résonnent en toi comme une douce mélodie qui te berce. Pourtant, l’instant d’après, ils t’ébranlent subitement. Tu es à la fois subjuguée et bouleversée par ses propos. C’est bien la première fois qu’une personne s’adresse à toi de cette façon. Et ça te plait, au fond, d’être percutée de plein fouet. Il est si différent des autres. Tu commences à comprendre la raison pour laquelle Thalia s’est chargée de vous tenir loin : vous vous ressemblez étrangement. Si ce n’est que tu prends toujours le temps d’évaluer tes pairs avant de leur révéler ton vrai visage. Elle le connaissait bien. Elle connaissait le sien également. Comme le reflet d’un miroir. Tu ne peux t’empêcher de sourire à cette idée. « Alors c’était quoi, de l’auto préservation ? » A ton tour, tu n’attends pas vraiment une réponse de sa part. Tu penses simplement à voix haute, sans vraiment t’en rendre compte. Les voix se bousculent au creux de ton esprit, se mélangent les unes aux autres. Tu te perds presque dans leur écho. « J’en doute fort. » Ta tendre et chère compagne n’avait pas un instinct de survie aussi décuplé. La preuve, tu es ici à cet instant précis, quand son corps lui, repose sous terre. Quand les derniers fragments de sa personne se trouvent dans les tréfonds de ta mémoire. Là où personne ne peut les voir. Là où personne ne peut les dérober. Ils t’appartiennent depuis que tu as fracassé son crâne avec un rocher et tu les emporteras probablement dans la tombe.

Cependant, tu commences à te questionner. Peut-être qu’il se doute des circonstances de sa disparition. Peut-être qu’il attend le bon moment pour t’extirper la vérité. Peut-être qu'il attend que tu viennes à lui. Tu es consciente qu’il est bien plus sournois que tu ne l’imaginais et dois bien avouer que cela te fait frissonner. Tu ressens un certain plaisir à jouer ainsi avec le feu. « Tu sais ce qu’on dit des secrets ? » Il fait un pas dans ta direction alors tu l’imites sans plus attendre, réduisant considérablement les centimètres restants entre vous. Jamais tu ne le quittes des yeux, complètement happée par la lueur qui semble y brûler. Une lueur clandestine aux sombres desseins. « Ils font des dégâts lorsqu’ils sont révélés. » Raison pour laquelle tu prends soin de ne pas trahir les tiens. Tu connais parfaitement les conséquences de tes actes, même si tu préfères prétendre le contraire. A croire que le déni est devenu une habilité chez toi. C’est ce qui t’empêche de ressentir les émotions dévastatrices du chagrin, principalement causées par la perte de tes parents. Pas une, mais deux fois. Comme si le destin te mettait à l’épreuve, tentait encore de t’atteindre. Il y parvient, petit à petit mais tu retardes l’inévitable. L’inévitable moment où tu ne seras plus capable de le repousser, de le rejeter, de le remodeler. Tu vis dans l’illusion que ce moment n’arrivera pas. Pourtant, tu sais bien que tôt ou tard, ce passé destructeur finira par te rattraper. Il le fait déjà, subtilement, t’entraînant sur une pente glissante. Et la chute n’en sera que plus violente.

→ devos, aux alentours de l'odyssée, 17 février 2118

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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Lun 21 Mai - 12:25




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118


Comme il était aisé de dévier une colère d'un point à un autre. De se défouler sur la première venue plutôt que sur la véritable raison. De se lâcher sur un souffre-douleur par besoin, par envie, comme ça. Face à la déception, l'incapacité de pouvoir changer quoi que ce soit, Devos se retrouvait à haïr tout un tas de choses. Tous ses facteurs qui l'amenaient face à ce gouffre de métro ensevelit, coincé. Il y avait derrière la terre et la boue, ses aspirations et ses projets. La planète a décidé de lui refuser d'avancer. Il était face à un mur, littéralement. Ou plutôt un trou dont le fond était trop épais. Et puis dans son état physique, il était lui-même limité. Merci la tempête. Ce vent, cette pluie, ces arbres qui tombent et qui s'enflamment comme chacune de ses pensées aujourd'hui. La tempête, finalement, elle était toujours là, à l'intérieur de lui. Elle continuait de dévaster chacune de ses volontés, le clouant à terre. Lui imposant des décisions qui le faisait souffrir plus qu'autre chose. Et face à autant d'émotions, le voilà qui faisait comme n'importe qui d'autres : il préférait les ignorer. Les refuser. Quitte à les balancer sur la première tête venue, quitte à les balancer sur Mila.

Mila, qui restait un mystère. Un épais nuage de doutes.

Qu'est-ce qu'elle a bien pu lui trouver, Thalia. Qu'est-ce qui alimentait ces sentiments ? Qu'est-ce qui construisait ce lien qui n'existait plus ? Elle n'était plus de ce monde, elle avait été emportée par la mort comme d'autres, mais sa mort était différence. Encore une fois, c'était la terre qui décidait. La terre qui choisissait qui devait respirer et qui devait s'arrêter. Pourtant, Devos, il n'a toujours pas réalisé ce décès. Ce n'était pas comme Faust, oh non. Faust elle a disparu, elle était peut-être encore en vie. Il n'y a pas de réponse à cette question, là où Thalia était tout ce qu'il y a de mort. Mais quelque part, il n'y comprend rien. C'est soudain, oui, mais il y a un parfum inexplicable qui suivait cette mort. Ils ne savaient pas tout. C'est ce qu'il se disait la plupart du temps. Il manquait quelque chose à ce puzzle, sans pour autant qu'il sache quoi. Alors, le plus souvent, il balayait cette pensée dans un coin et ne s'y attardait pas. À quoi bon, cela ne la ramènera pas en vie. Cela ne ramènerait personne du monde des morts.

En remarquant Mila s'avançait vers lui, il ne put s'empêcher d'avoir l'impression qu'elle le provoquait. Elle n'avait pas peur, ni de lui, ni des autres. Et pendant un instant, il avait l'impression de finalement être en face d'un miroir. Et la flamme dévorante dans son regard lui semblait si familière...

Et tu en as fait des dégâts, n'est-ce pas ? Mais dis-moi, c'était avant où après sa mort ? Ils sont étranges, là, debout face à un vide. Là, l'un devant l'autre. Si quelqu'un les apercevait, il se demanderait sans doute ce qui pouvait être discuté avec autant de sérieux. Parce qu'avec Devos, c'était toujours sérieux. Murphy pouvait en attester. L'humour, il ne connaissait pas. Les non-dits non plus, du moins parfois il donnait l'impression de parler en énigme. Cela paraissait pourtant si clair pour lui. Il ne connaissait pas les détails de sa relation, vraiment. Il se doute qu'il y a eu des hauts et des bas. Elles se sont peut-être fait du mal, autant que de bien, qui sait ?

T'as l'air d'être le secret d'une autre, maintenant. Grogne-t-il, presque comme une trahison. Oh, il n'en savait rien et elle pouvait trainer avec qui elle voulait. Ou d'un autre. Ajouta-t-il, ne sachant pas si elle avait vraiment une préférence. Bon sang, c'est fou comme parfois, Thalia lui manque. Surtout maintenant. Et certaines personnes étaient souvent reliées à d'autres, par automatisme. Mila, à ses yeux, sera toujours celle que son amie a aimée.

Il pouvait affirmer que Thalia l'aimait. Qu'elle avait eu de profonds sentiments à son égard, que cette relation avait compté. Mais l'inverse... Est-ce que Mila a aimé Thalia de la même manière ? Il n'en avait pas la moindre idée. Il se souvient, parfois, du jour fatal. Du jour où la planète lui avait arraché une alliée. Il se souvient avoir croisé le regard de Mila. Il y avait de la tristesse dans ses yeux, une profonde et terrible tristesse. Quelque chose qui vous empoigne le coeur, aussi froid soit-il. Il aimait se raccrocher à se souvenir pour se dire que Mila ferait toujours honneur à la mémoire de Thalia. Mais aujourd'hui, il balançait ses souvenirs dans un coin sans la moindre hésitation, trop consumé par ses propres problèmes pour se calmer. Il était prêt à tout remettre en question.




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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 404 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 166


Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Dim 3 Juin - 12:08

You've been escaping the desert. Now you reminisce the sand. You hide yourself to open up. Now it's like you miss the sun. You just followed your sense. Losing yourself more than once. You kept walking that way. Do you understand me ? Are you reading my words ? Did you see ? (@rilès // beerus)
☆ Devos
&
Mila


C’est la première fois qu’une personne voit cette facette de toi d’un simple coup d’œil. A moins qu’il n’ait pris le temps de t’observer, t’étudier, t’inspecter sous tous les angles. Tu l’ignores, n’as pas besoin de le savoir, te contentant de l’impression qu’il te renvoie. Tu es agréablement surprise de l’effet qu’il produit sur ta personne, pourtant tu ne devrais pas l’être. Tu ne devrais pas appréciée d’être percée en plein jour. Tu ne devrais pas accepter d’être troublée de la sorte. C’est que tu ressens quelque chose d’étrange quand il délie ses lèvres et te sonde de ses yeux transcendants. « Probablement les deux. » Tu n’as pas envie de lui mentir, de toute façon ce serait inutile. Il est tout à fait capable de décrypter les expressions de ton visage. « Probablement plus depuis sa mort. » Tu les accumules les dégâts que tu provoques sur ton passage, laissant des dommages collatéraux comme des traînées de boue à chaque fois. D’abord le docteur, ensuite l’athna, enfin le lieutenant Cavendish. Qui sera le prochain ? Lui ? Certainement pas, il est bien trop malin pour se faire avoir par tes airs innocents. Il te ressemble même si cela ne se voit absolument pas. « Sa disparition a changé bien des choses, n’est-ce pas ? » Tu parles rarement de Thalia, conservant son souvenir à l’abri de ta mémoire parce que la plupart des gens que tu côtoies ne la connaisse pas suffisamment. Ne l’ont pas vraiment connu de son vivant.

Devos est l’exception qui confirme la règle.
Devos est l’énigme qui pose le problème.

« Et toi tu as l’air en colère. » Tu ne comptes pas répondre à son affirmation pour la simple et bonne raison qu’il connaît d'ores et déjà la réponse. C’est pourquoi il ne te pose pas la question. Il se contente d’énumérer des faits, d’expliciter des hypothèses qui n’ont nul besoin d’être vérifiées. Il lit en toi comme un livre ouvert et la réciprocité s’avère exacte. Le reflet du miroir n’a jamais été aussi net. « Très en colère. » Il n’hurle pas, il ne profane pas des horreurs à ton encontre, il ne remue pas le couteau dans la plaie. Il se contente d’incarner cette émotion, de brûler de l’intérieur, de t’éblouir d’un simple regard. « Et pourtant tu ne craques pas. » Tu es fascinée par son comportement, sa répartie, son expression et souhaites comprendre les raisons qui l’amènent à agir ainsi. Tu souhaites savoir comment il peut se retenir alors que tu aurais probablement déjà succombé à la tentation. Quand la rage s’empare de toi, tu ne réponds plus de rien, ne réalises même pas ce qui t’arrive. C’est un état de transe exceptionnel. Il ne s'éveille que lorsque tu es affrontée à tes pires craintes, à tes peurs les plus profondes. A ce sentiment d’abandon qui te hante depuis la nuit des temps. Depuis qu’ils ont décidé de mettre fin à leur jour sans se préoccuper un seul instant de ta propre vie.


→ devos, aux alentours de l'odyssée, 17 février 2118

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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Mar 5 Juin - 16:21




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118


Devos n’était pas le genre à être associé à des sentiments tels que la sécurité ou l’amabilité. Il avait son caractère, c’est certain, mais c’est surtout la façon dont son cerveau analysait les choses qui perturbaient. Trop malin, sans doute. Trop intelligent pour une population de plus en plus réduire face aux différentes humeurs d’une planète meurtrière. Il aimerait bien, lui, n’être qu’un électron partie tant d’autres. Le genre facilement oubliable. Mais son physique ne le lui permettait pas. Grand mur humain aux larges épaules, il aurait pu être confondu avec un guerrier s’il avait porté des vêtements terriens. Sauf qu’il n’avait aucune compétence dans l’art des armes et qu’il préférait s’éloigner de toute violence. Pourtant, quand le feu brûle, il détruit. Et Devos se consumer à chaque seconde un peu plus, incapable d’exprimer sa colère comme n’importe qui, lui qui n’avait pas eu l’occasion de comprendre les différentes réactions de son cœur face à la vie. Il en a manqué des choses. Des cœurs brisés, des trahisons, oui, les détails futiles d’une vie comme une autre lui ont échappé. Il était trop collé à ces ordinateurs, à ces robots, à ces intelligences artificielles qui constituaient une partie de la main-d'oeuvre spatiale. Un ami, c’est quelqu’un qui ne juge pas. Alors il s’était plu à se faire comprendre par des programmes. Il avait tant aimé ça qu’il ne s’était senti heureux qu’une fois en face d’un écran. C’est dire à quel point il était sujet à des découvertes sur terre, libre de contempler son propre reflet sur les faces mouvantes de la rivière. Il n’y avait plus de monde numérique, mais il y avait Devos et ses émotions déchaînés. Devos et ses envies de frapper le sol en espérant pouvoir blesser la terre de ses poings.

Alors c’est la tristesse qui est responsable de ton minable comportement, ou la culpabilité ? Ou les deux, se dit-il à lui-même. Lui, en tout cas, c’était la colère, l’incompréhension, l’injustice, la frustration. Tout était lié, coincé dans une brique qui tombait en boucle sur sa tête. Un moyen comme un autre de raviver la flamme qui était là et qui ne comptait pas s’échapper. Histoire d’emporter dans son attitude quelques âmes qui s’égaraient, comme Mila. Maintenant qu’il y pensait, c’était vrai. Sa disparition a changé des choses. Devos pouvait sentir son absence. Il aurait sans doute pu lui parler, à Thalia. Elle l’aurait envoyé chié avec une délicatesse certaine.

Parce que ça sert à rien. Il n’était pas là pour raconter sa vie ou chercher chez Mila un semblant de Thalia. Ce n’était clairement pas elle qui allait le calmer ou l’aider, non. Impossible. Au fond, elle pourrait bien le faire craquer. Et il en ferait de même avec elle. Deux bombes explosant l’un en face de l’autre sans se soucier des dégâts. C’est le plus inutile des sentiments. Ajoute-t-il, convaincu, persuadé qu’un acte de haine, n’était qu’un acte idiot. Il se retenait, comme s’il était au centre d’une cage invisible. Une cage qui le protégeait d'une bêtise. Parce qu’il sait. Un putain de cercle vicieux. Les choses s’accumulaient, formaient une masse dérangeante, puis c'était l’explosion. L’espace d’une demi-seconde le corps se réjouissait. Tout allait pour le mieux. Tout était enfin dehors, tout était sorti. Et puis ça recommençait. Encore et encore. Alors Devos préférait arrêter tout. Conserver, avaler, enfouir, oublier. Il en était capable, il l’a toujours fait. Il continuerait.

Trouvant d’un seul coup la proximité avec Mila dérangeante, il recula et reposa de nouveau son regard vers le trou béant juste à côté. Le métro était juste là, juste en bas. Et ses rêves aussi. Stopper par ce qu’il ne pourra jamais contrôler.

Y’a pas de remède miracle à cette haine. Surtout quand on l’éprouve pour soi-même, n’est-ce pas ?



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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS nope 404 anna speckhart BOREΛLIS // ENDLESS LOVE // HALSEY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 166


Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Dim 5 Aoû - 12:08

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☆ Devos
&
Mila


Tu le regardes de ses billes enfantines qui cherchent à comprendre ce qu'ils ne connaissent pas. Dont ces mots étranges qui sortent de sa bouche comme une évidence. Tentant en vain de deviner la signification de certains termes. Culpabilité. Celui-là, il t'interpelle particulièrement. Tu l'entends souvent au détour de conversations volées sans jamais la subtilité de ce sentiment. Parce que c'est bien sa nature, n'est-ce pas ? Comme une gamine devant une question inédite, interdite, tu fronces les sourcils. Il doit sans aucun doute la connaître, lui la culpabilité, sinon il n'utiliserait pas ce vocabulaire. En réalité, t'es persuadée que les gens ne parlent que de ce qu'ils connaissent pour la simple et bonne raison que c'est ton cas. Alors t'es curieuse, piquée à vif par cette inconnue qui vient de s'immiscer entre vous. « C'est quoi la culpabilité ? » Involontairement, tu lui donnes la réponse qu'il souhaitait. Inconsciemment, tu lui dévoiles le défaut qui est tien. Tu ne ressens aucun regret, ignore même ce que cela peut faire, peut causer au plus profond du cœur. À quel point ca ronge les racines de l'esprit jusqu'à empoisonner les poumons. Tu ne regrettes pas d'avoir commis des actes répressibles, au contraire, t'as l'impression qu'ils te gardent en vie. Qu'ils te nourrissent comme des miettes de pain après des mois de famine. Ils ont éveillé quelque chose en toi qui fait vibrer les os de ton squelette. Et tu ne demandes qu'à revivre ça, qu'à ressentir ce flux hors du commun.

« Y'a qu'un remède à ça. » Tu n'as pas besoin de le nommer pour qu'il comprenne. Ton regard entier le décrit telle une ombre planant sur vos vies à chaque seconde. La haine entraîne la haine et le seul moyen de l'arrêter est de la stopper soi même. De mettre un terme à cette mascarade, cette agonie sans fin. C'est ça, la solution. Écrire sa propre fin, se libérer du poids du passé, partir là bas, où les autres ne reviennent pas. Un jour, tu le feras. Quand le moment sera venu, tu décideras de quitter ce monde pour le prochain. Pour retrouver tes proches disparus. Parce que c'est bien connu, les enfants suivent le chemin de leurs parents. Tu n'échapperas pas au suicide, c'est comme un gêne familial que la mort préserve dans ton sillage. À l'abri des regards défendus. À l'abri des anges déchus. Tu l'observes s'éloigner de toi, à croire que la proximité de vos silhouettes vient subitement de lui exploser au visage. À moins que ce ne soit cette conversation qui le dérange. Faut dire que tu aimes bine débusquer les gens quand ils ne s'y attendent pas, quand ils n'ont pas forcément envie de trouver là. « Tu regardes ce trou comme si ton âme en était prisonnière.  » À nouveau la remarque t'échappe subitement. Nul doute qu'elle appartient au rang de tes pensées fugaces et tu la prononces sans même réaliser qu'il peut l'entendre, qu'il peut t'entendre.


→ devos, aux alentours de l'odyssée, 17 février 2118

Spoiler:
 


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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Sam 18 Aoû - 11:40




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118


Dans ce genre de moment, tout ce qui comptait, c’était la flamme qui le brûlait de l’intérieur. Qui s’emparait de chacun de ses organes pour les réduire en cendres petit à petit. Dans ce genre de moment, Devos pourrait arracher un arbre de ses mains nues, ne serait-ce que pour expulser la rage en lui. L’argument idéal pour partir en courant à l’opposé de toute civilisation. Au moins, là-haut, quand il avait besoin de s’exprimer, il y avait son refuge. Il y avait le monde virtuel et parfois la salle de sports pour apporter plus d’énergie à l’odyssée et contribuait à sa manière. Mais là, dans cette nouvelle vie de survie où respirer était un privilège, les os de Devos se brisaient et il se retrouvait coincé dans l’attente d’une meilleure situation.

« Si tu n’es pas capable de comprendre un truc pareil, je me demande vraiment comment tu as fait pour l’aimer. » Vraiment, ça le dépasse. Lui, il était seul. Un robot bricoleur qui passe plus de temps avec ses outils qu’avec la présence des autres. Ce n’était pas la personne idéale à qui posaient des questions sur les sentiments ou les émotions. Il était d’ailleurs persuadé qu’il n’en connaissait que trop peu. Il pouvait lui donner une forme, cependant. Associez la culpabilité à un geste. Quand on fait une chose qu’on n'aurait pas dû. Une action qui fait plus de mal que de bien. « Franchement, je me demande si y a quelque chose sous ton crâne ou si t’aime juste prétendre être idiote. » Mais bizarrement, il n’avait pas l’impression qu’elle prétendait quoi que ce soit. Peut-être bien qu’elle était capable de se détacher de toutes ses émotions et leur donner une autre signification.

La mort. Ou plutôt, le suicide dans ce cas-là, était une étrange option. Mais un remède comme un autre qui traverserait l’esprit de chacun. Mila, avait-elle envisagé sa fin, déjà ? Y pensait-elle ? Sait-elle que sa mort, elle la choisirait ? Quelque part, c’était peut-être mieux que d’attendre que la planète leur tombe dessus.

« C’est la planète, la prison. » Il observe Mila. Avec cette nouvelle distance, il se rend compte que de loin, elle aurait tous les traits pour charmer n’importe qui. Jusqu’à ce que les mots sortent de sa bouche pour mieux prouver sa différence. « Tu penses qu’elle t’attend ? » Demande-t-il en pensant à ce qui se passe après la mort, ayant plutôt l’impression qu’il n’y avait rien du tout de l’autre côté. Mais il avait la sensation que Mila ne pensait pas du tout de cette façon. Peut-être même qu’elle visualisait peut-être une autre vie. « Tu penses que Thalia t’attend ? »




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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Sam 18 Aoû - 14:23

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☆ Devos
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Il soulève un point intéressant. Cela fait longtemps que tu es consciente de ta différence fondamentale. Tu n’aimes pas comme eux, comme les autres. Tu aimes d’une manière intense, étouffante, compliquée. Tu aimes à la vie à la mort. Et bien souvent, c’est toi qui incarne la mort. Même quand tu n’engendres pas directement leur perte, tu en gardes une responsabilité. C’est ainsi. « Je l’aimais à ma façon. » Tu ignores s’il comprend quelque chose à cette explication, si elle est suffisamment claire pour avoir un sens. Bien souvent, communiquer avec tes collègues n’est pas une mince affaire. Ils sont préoccupés par des soucis qui t’indiffèrent au plus haut point tandis que tu es absorbée par toutes les voix qui se succèdent dans ta tête. C’est un cercle vicieux. Cela s’applique également à Devos dont le monde ne ressemble en rien au tien, dont les connaissances cognitives le rendent uniques, l’isolent assurément. Dans le fond, vous vous ressemblez. Lui, trop intelligent pour être compris. Toi, trop perturbée pour être guérie. Il y a quelque chose de similaire et à la fois de si différent en vous. Un quelque chose qui t’attire, t’incite à graviter autour de lui, à t’approcher quand il s’éloigne. « Nous sommes nos propres prisons, il faut te faire à l’idée. » Remettre la faute sur la Terre est inutile, insultant et inacceptable. Elle est la raison de tout, l’origine de la nature, la mère de tous les êtres vivants. Jamais tu ne la rendras coupable d’un crime. Encore moins des tiens. Et tu n’apprécies pas qu’il l’accuse à tort.

« Je pense qu’elle n’est jamais partie. » Il ne peut pas le savoir mais tu l’entends encore te parler, te conseiller, te détester. Thalia demeure une part de toi, c’est ainsi que les choses fonctionnent. Tu lui ôtes la vie pour garder un morceau de son être et celui-ci perdure à jamais. C’est bien pour cette raison que tu n’éprouves pas le manque de sa personne. Parfois tu aimerais la retrouver près de ces falaises pour l’apercevoir une dernière fois mais tu n’en as pas vraiment besoin. Tu sais qu’elle n’est pas loin, il te suffit de penser. « Pourquoi ça t'importe subitement ? » Depuis votre entrevue, tu es la seule à manifester un quelconque intérêt à son égard quand il semble profondément agacé par ta présence. A croire que tu n’es pas la bienvenue sur son territoire. Alors, oui, tu es interpellée par ses questions. Son attitude toute entière te rend curieuse en vérité. Principalement parce qu’il ne ressemble pas aux autres odysséens, que ce soit le ton agressif qu’il emploie, le regard glacial qu’il détient, l’esprit affûté qu’il aiguise. Devos est une énigme. Une énigme à lui tout seul. « Tu veux la retrouver ? » Il ne croit probablement pas à un autre monde, une autre dimension. Il doit être, quel est ce terme déjà ? Cartésien. Quel gâchis de ne pouvoir concevoir cet après. De rester figé dans ce présent. Sans jamais anticiper le futur, le vrai, le prochain. Pas celui de demain. Celui qui suit la mort.


→ devos, aux alentours de l'odyssée, 17 février 2118


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Sujet: Re: “ stay away of my burning mind. ” (Mila)
Dim 26 Aoû - 12:01




stay away of my burning mind
17 FEVRIER 2118

Elle l’aimait à sa façon. Peut-être qu’il pouvait comprendre, peut-être pouvait-il l’imaginer. Peut-être pouvait-il la laisser sur cette fin et ne pas chercher plus loin une explication qui n’était pas nécessaire. Thalia n’était plus de ce monde, mais Mila continuait-elle à penser à elle ? Continuait-elle à éprouver quelque chose pour une âme qui ne croisera plus jamais son chemin ? Il se demandait alors si, quelque part, ce n’était pas si différent de la manière dont il avait lui-même éprouvé quelque chose pour Faust. Disparue depuis des années, mais pourtant bien encore présente dans son esprit. Il l’imagine souvent revenir comme si rien n’avait changé, reprenant en charge la rébellion d’une main de fer. Il pourrait alors de nouveau l’embêter, lui murmurer qu’elle devrait se défaire un peu de cette position de leader pour profiter d’une vie plus simple. Elle lui manquait, tout simplement, mais il ne pouvait pas l’exprimer. Cela l’attaquait une petite seconde pour disparaitre aussitôt.

« Parle pour toi. » Non, il ne comprenait pas. C’était trop métaphorique pour prendre du sens dans sa tête. Il avait besoin de quelque chose de plus concret et de réel pour exprimer la cage qui l’entourait et à ses yeux, les limites qu’il rencontrait le plus souvent étaient liées à ce que cette planète posait sous ses yeux. À la boue sous ses pieds qui ont fermé l’accès à son plan de travail. À la tempête qui a fracturé sa cheville. C’est cette terre qui décidait. Qui l’entourait d’interdictions et qui le forçait à puiser dans des connaissances plus basiques pour faire des choses nouvelles. Depuis qu’ils sont là, ils ont tous fait un énorme pas en arrière. La technologie qu’ils avaient connu toutes leurs vies, avait été anéantie à jamais par la chute de l’Odyssée. La seule certitude qu’avait Devos, c’était qu’ils retrouveraient une évolution similaire dans le futur, mais pas de son vivant.

« Elle vient te hanter, alors. » Comme un fantôme. Après tout, aussi ridicule que cela puisse être scientifiquement parlant, l’esprit pouvait bien être capable de l'imaginer, non ? Et peut-être qu’au fond, Faust le hantait lui aussi… Mais était-ce finalement une bonne chose ? Et si, au final, ce n’était pas plutôt un signe de culpabilité, ça ? Car Devos n’avait pas toujours été des plus tendres avec Faust… Alors qu’avait commis Mila pour que Thalia ne la quitte plus ? « J’essaye de te comprendre, est-ce un crime ? » C’était déjà bien plus que n’importent qui d’autres ici. D’ailleurs, lui, qui essayait de le comprendre ? Qui essayait de voir plus loin que le génie condescendant qu’il semblait être ?

« C'est ce que tu veux, toi ? » Non, la mort ne faisait pas partie de ses objectifs. Il ne l’envisageait pas le moins du monde. Il en avait même peur. Peur de disparaître, peur d’être dans le noir le plus complet. Soudain, alors qu’il attend la question qu’elle allait sans doute lui donner en guise de réponse, la neige se mit à tomber sur eux.



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“ stay away of my burning mind. ” (Mila)

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