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˜˜˜˜˜˜ROUE DU RP → Güzis, Rosa & Taël
maybe life should be about more than just surviving


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28/05/2014 Le Grand Manitou 1989 Nobody 290
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Sujet: ROUE DU RP → Güzis, Rosa & Taël
Ven 16 Fév - 0:04

Roue du RP → Güzis, Rosa & Taël


L'hiver est là, bien installé, et la neige étreint encore le sol gelé de la forêt naori. L'île toute entière a souffert du cyclone et même une partie de l'Arbre de Vie s'est envolée. L'hiver a toujours été synonyme de disette pour les Naoris, mais désormais avec les réfugiées kovariis qui se sont ajoutés à la population du village, chercher de la nourriture devient encore plus important. Les réserves sont trop justes, n'ont pas été prévues pour accommoder des réfugiés. Alors, on envoie les animistes chercher toujours un peu plus loin tout ce qu'ils peuvent trouver. Racines, baies gelées, fruits secs, petit gibier, peu importe. Travailler en groupe assure une meilleure sécurité pour ces expéditions loin du village, aussi les animistes sont souvent groupés par deux ou trois. Aujourd'hui, Rosa et Güzis s'aventurent bien loin dans la forêt, là où les conifères commencent à être plus nombreux. Plus ils s'approchent de la mer, plus le climat est doux, et ils espèrent trouver quelque chose de satisfaisant en chemin. Mais cela les rapproche aussi fortement du campement des jeunes tombés du ciel...



précisions


→ GM ne repassera plus sauf si demande explicite par mp. Dans ce cas, contactez Harlan Tikaani. De même si vous avez la moindre question ou précision à quémander.

→ Ce rp est laissé entre vos mains et votre imagination, n'hésitez pas à être créatif quant à vos aventures    


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19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 730 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 57


Sujet: Re: ROUE DU RP → Güzis, Rosa & Taël
Dim 25 Fév - 20:18

GÜZIS
& ROSA
& TAËL

For Now I am Winter

Tu souffles et regardes sans trop la voir la fumée glacée qui perce tes lèvres alors que tu enfonces aussi machinalement que délicatement ta main dans ton sac un peu trop vide pour y glisser les trois petites baies au moins aussi gelées que tes doigts que tu viens de récupérer. Aujourd’hui comme tous les autres jours tu es de sortie dans la forêt, aujourd’hui comme tous les autres jours tes pieds fouleront le sol gelé et humide des bois pour trouver de quoi faire vivre les tiens. Tout fera l’affaire, inutile de faire le sélectif, vous n’avez dernièrement pas ce loisir. Le froid gèle la forêt et la laisse dans cet état endormi depuis ce qui te paraît être une éternité. Des hivers, tu en as vu, tu les as tous passé avec un brio qui parfois te surprend compte tenu d’une santé qui n’est pas toujours au rendez vous, mais celui-ci se classe facilement comme l’un des plus longs, l’un des plus désagréables, peut-être l’un des plus tristes.

Seuls le froid, le givre et la neige sont venus recouvrir les plaies béantes laissées dans la forêt depuis le passage du cyclone, et ne laissent à personne le loisir d’oublier ce qu’il s’est passé. Si pour vous, Naoris, les dégât ne furent à peu près que matériels, tu ne peux t’empêcher de voir ce cyclone comme un coup de hache porté à cette forêt que tu chéries tant. Puis votre village a lui aussi les marques de la tempête encrées dans les tripes. Toi qui avais l’habitude de vivre presque aux cimes, t’es retrouvé les pieds dans la boue, tu as perdu ce que tu avais mis des années à construire, et avec ça, ta routine s’est effondrée. Mais pas le temps d’être égoïste, ce n’est d’ailleurs pas un trait qui te conviendrait, vos réserves aussi se sont effondrées. L’arrivée des âmes restantes des Kovariis dans le village ravie ta curiosité et te permet d’essayer de penser à autre chose, mais il faut se rendre à l’évidence: à ce rythme, ce sont vos denrées qui ne passeront pas l’hiver, et si vous ne pouvez plus manger, inutile d’être un érudit pour savoir ce que cela présage. Et une famine, tout l’optimisme du monde ne peut en venir à bout.

Alors vous marchez, chaque jour un peu plus loin, pour trouver de quoi nourrir toutes ces bouches qui, tu en as bien peur, risquent tôt ou tard de se refermer sur du vide. Tu es de nature plutôt solitaire, et tu as l’habitude de parcourir les bois seul, avec pour seule compagnie les oiseaux, le chant du vent, et l’ombre presque omniprésente de ce cerf que tu as élevé. Lui aussi souffre de l’hiver, et tu pries chaque soir aux esprits de la forêt pour qu’ils le protègent comme ils l’ont protégé du cyclone et de tous les ennuis avant lui. Aujourd’hui, sa présence se fait discrète, tu l’as entrevu, un peu loin de toi, un peu loin de vous, mais il ne s’est pas approché. Il ne le fera pas, tu le lui as appris. Ne pas s’approcher d’autres que toi. Car aujourd’hui tu n’es pas seul. Si tu as l’habitude et l’expérience requises pour t’éloigner seul parfois plusieurs jours, ce n’est pas le cas de tout le monde, et ce encore moins par ce froid, par ce temps. Aujourd’hui tu es accompagné par des pas que tu connais plutôt bien. Tu aurais pu moins bien tomber. La jeune fille qui t’accompagne te ressemble et tu l’apprécies, sans pouvoir cependant t’empêcher de porter sur elle un œil aussi bienveillant que protecteur. Elle pourrait être ta fille, comme bien des jeunes dans votre village… C’est que tu n’es plus tout jeune. Le froid qui mord tes mains, ton visage, et ta peau malgré ta tenue adaptée te le rappelle avec verve. Tu marches certainement moins vite qu’avant, en faisant plus attention, une chute est vite arrivée et ton visage qui porte déjà cette bien connue de tous cicatrice pas très jolie depuis des années, n’a pas encore réussi à totalement récupérer de ta chute lors du cyclone. Là, au dessus de ton œil gauche, l’entaille encore rouge te pince à chaque coup de vent, la peau est encore trop fine, pas vraiment remise, et le temps ne joue pas en sa faveur. Mais tu ne te plains pas. D’aussi loin que tu te souviennes, tu ne t’es jamais plaint, tu es bien trop discret pour ça, loin de toi le désir d’attirer l’attention ou l’inquiétude sur tes actes. Tu fais plaisir à Caleb, tu soignes consciencieusement la plaie en attendant que des jours meilleurs lui laissent un peu de répit pour finir de se remettre, mais c’est tout. Tu refuses de rester enfermer pour une si minime convalescence; les tiens ont besoin de leurs animistes, te retirer maintenant serait assassin.

Vous êtes partis depuis plus d’une journée déjà, chargés de vos sacoches et autres peaux pour passer la nuit. Les abords du villages ne sont plus suffisants pour rapporter de quoi nourrir tout le monde, alors il faut aller plus loin. Tu connais cette partie de la forêt, comme tu la connais presque toujours, tu y es déjà venu. Moins cependant, que la proximité du village, assez pour vous éviter de vous perdre en cas d’ennui. Dans d’autres circonstances tu aurais pu plaisanter et souffler à Rosa que tu l’emmenais voir du pays, mais l’ambiance n’est pas à la plaisanterie. Tes yeux d’azur qui s’accordent presque trop bien au manteau de givre de l’hiver scrutent sol et hauteurs pour trouver des denrées un peu trop rares. Tu ne chasses pas, tu n’as jamais chassé, aussi te reposes tu entièrement sur tes capacités à trouver baies et autres fruits d’hiver. Tu as l’habitude, tu sais ou regarder et que récolter, mais tu trouves pourtant ta sacoche encore trop légère. D’aucun pourrait te dire qu’elle est déjà lourde mais compte tenu du temps que vous avez déjà passé dans les bois, et de ce que tu as pu apprendre avec les années, tu peux sans soucis affirmer que ce n’est pas assez. Le cyclone a épuisé la forêt et ses habitants, animaux comme végétaux. Les moindres baies sont plus petites que d’habitude, les fruits gelés d’hiver n’arrivent pas à murir, mais il n’y a que cela, et il faudra que cela suffise.

Ici, la neige s’est estompée. Le froid règne toujours et la terre reste gelée, mais le temps semble plus doux, autant que cela puisse se faire. La journée déjà bien avancée, ton corps te susurre qu’il fatigue mais tu n’en tiens pas compte, pas encore. Tu t’assures régulièrement que Rosa n’est pas trop loin, que vous ne vous perdez pas de vue et si vous ne parlez que peu, c’est pour vous économiser, pour aller encore un peu plus loin. Puis ce silence te convient à toi, tu n’as pas besoin de plus, et c’est peut-être aussi pour cela que tu apprécies Rosa, vous n’êtes pas si différents. Depuis la nuit tombée la veille, Keryon a cessé de vous suivre, où tout du moins a-t-il pris ses distances, tu ne l’entends plus ou ne parvient plus  à l’apercevoir. Tu préférerais qu’il ait fait demi tour, car tu as beau connaître un minimum les lieux, tu ignores s’ils sont dangereux ou non pour le cerf. L’après midi t’as paru passer bien trop vite et si la nuit n’est pas encore tombée, tu sens la température redescendre, annonçant que le temps tourne. À chaque nuit supplémentaire passée loin du village, il vous faudra ajouter autant de temps pour revenir, pour rentrer chez vous. Cela t’inquiète un peu, tu espères du fond du cœur que ton corps ne fera pas de caprice, que le démon sur tes épaules ne se fâchera pas que tu tires toujours peu plus sur la corde bien maigre de ta santé. Tu n’es certes pas seul, mais l’idée de perdre le contrôle est quelque chose qui te fait peur, tu ne veux l’imposer à personne et certainement pas à la jeune Rosa. Elle serait au moins aussi impuissante que toi de toute façon. Tu secoues la tête pour chasser cette éventualité de ton esprit. Tu tends la main après avoir pris quelques mètres pour attraper quelques baies discrètes, avant de redescendre et te rapprocher de la jeune fille.

« La température chute. Il ne faudra pas tarder à penser à s’arrêter si l’on ne veut pas que la nuit nous surprenne. »

Inutile pour le moment de s’arrêter sans attendre mais il te parait utile de signaler qu’il ne faudra pas trop tarder. Ainsi vous ne vous éloignerez pas trop l’un de l’autre et surtout, si l’un de vous remarque un endroit propice pour passer la nuit en limitant le froid et les dépenses d’énergie, ce sera peut-être le moment de s’arrêter pour de bon. Tu ne penses pas te souvenir d’une auberge proche, mais vous portez avec vous une quantité assez lourde de fourrures qui vous ont déjà permis de passer une nuit, alors une autre… Tant que la pluie ne sonne pas présente, tout ira bien. Il serait certainement bon de vous éloigner un peu de la rivière que vous suivez depuis quelques kilomètres déjà, afin d’éviter le froid et l’humidité qu’elle causera une fois la nuit tomber. Tu allais repartir à tes occupations lorsque tu te figes, ton regard toujours un peu sauvage s’en va presque brusquement scruter l’horizon invisible, caché par les troncs plus ou moins bancals qui s’accrochent pour rester debout d’un côté et le lit glacé de la rivière de l’autre. Tu lèves une main en direction de Rosa, pour lui signifier de faire attention. Elle l’a certainement elle aussi entendu, ce bruit qui t’a brusquement fait changer de comportement. Tu as sans attendre pris une posture plus aux aguets, plus farouche peut-être, une main contre la petite poche où tu gardes la seule chose que l’on pourrait considérer comme une arme sur toi… Ce petit couteau qui te sert uniquement à récupérer proprement les fruit, baies et autres végétaux comestibles que tu trouves sur ton chemin… Rien de très agressif et tu les sais très bien mais c’est tout ce que tu as. Tu ne t’es jamais fait assez confiance pour porter quelque chose de vraiment dangereux, pas avec tes démons, tu as beau vivre plus ou moins en paix avec les esprits, tu n’as guère envie d’être la source du malheur de quelqu’un vers toi un jour où l’un de ces esprits serait de mauvaise humeur. Puis tu as toujours préféré la prudence à l’attaque, généralement, tu ne regrettes pas ton absence d’arme.

Tu abaisses à peine ta main, toujours en direction de Rosa, tourne vers elle un regard qui en dis long alors que tu portes ton index à tes lèvres. Chut, pas de bruit, la base de toute méfiance, un geste si bête que l’on pourrait oublier de le faire remarquer, mais un geste qui peut en certains cas, sauver des vies. Les bruits qui vous parviennent ne sont pas loin, et tu connais assez bien la forêt et la nature pour savoir qu’il ne s’agit là pas de bruits dus à un animal. Tu fronces les sourcils, presses le pas sans pour autant faire plus de bruit, tu sais marcher avec la plus grande discrétion, conséquence directe de tes heures passées à l'observation de la faune. Tu cherches l’origine de ces bruits, comme des coups portés au sol, ou à une surface gelée… Tu ne souhaites pas risquer le conflit mais tu as toujours préféré t’assurer de savoir d’où peut venir un danger potentiel. Se mettre à fuir sans savoir pourrait être stupide, si vous veniez à, sans le vouloir traverser une zone où vous ne seriez pas seuls, ce serait sans doute le meilleur moyen de croiser un indésirable. Ce n’est peut-être rien, un être isolé pour le mieux, qui sait. Ni toi ni Rosa n’avez rien de véritablement hostile, vous n’êtes que deux animistes à la recherche d’un moyen de subsistance pour votre tribu, mais tu n’es pas sans savoir qu’il n’y a pas que vous dans cette forêt. Tu presses le pas sur quelques dizaines de mètres, suivant les coups, aux abois, avant de bifurquer un peu plus dans le bois, sans quitter le lit de la rivière des yeux.

« Il y a quelqu’un. » Tu préviens la jeune fille qui t’accompagne, lui faisant signe de ne pas rester en vue. Là bas, un peu plus loin sur le chemin que vous suiviez le long de la rivière, une silhouette, visiblement seule. Tu es curieux, alors tu l’observes faire. Est-il seul? Il ne t’as pas l’air bien vieux, pas vraiment menaçant à première vue mais tu es toujours un peu trop prudent. Personne n’approcherait un inconnu à bras ouverts, n’est-ce pas? Alors tu préfères rester là, à couvert des buissons, à l’observer tout en écoutant alentours. Tu espères que ce n’est qu’une âme isolée, car loin de toi l’idée de vouloir te confronter à qui que ce soit aujourd’hui. « On ferait mieux de contourner par les bois…» en espérant qu’il ne vous ait pas remarqué et que personne ne l’accompagne, vous éviteriez bien des ennuis. La journée est bien trop avancée, tu n’as guère envie de perdre un temps précieux à gérer une éventuelle confrontation, alors tu te prépares déjà à te retirer, en silence, comme un animal qui fuirait un danger anticipé. Tu passes en revue dans ton esprit, tes souvenirs, tes connaissances, tu cherches à te remémorer où vous vous trouvez, et qui pourrait s’y trouver en même temps… Tu ne connais pas assez bien les lieux pour être sûr de quoi que ce soit, et tu te demandes si vous ne vous seriez pas aventurés un peu trop loin. Tu n’as pas envie qu’il arrive quoi que ce soit à la jeune fille qui t’accompagne, et tu n’aimes guère l’idée de devoir composer avec cet évènement non planifié. Ton esprit s’emballe déjà à l’idée qu’il ne soit pas seul, et tu regrettes l’absence de Caleb qui t’aurais certainement rassuré, même si tu déplores souvent son sang chaud. Lui au moins possède la force et la prestance nécessaires en cas de conflit. Mais il n’est pas là, et ce que tu peux proposer de mieux est de contourner cet obstacle en espérant ne rien croiser en chemin. Tu jettes un œil à la jeune fille, la pressant légèrement d’un regard. « On va s’éloigner pour trouver un endroit à l’abri pour la nuit. Ce n’est pas assez sûr ici. » Et déjà la pénombre commence à se faire sentir… Il vous faut vous presser, pour mettre le plus d’espace possible entre vous et et individu, pour peu qu’il soit seul.


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CODAGE PAR AMIANTE

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16/04/2015 Isaïah/Burning Soul Ozvan & Hyacinthe & Ten & Celeste ( ex Elouan ) & Tam-Tam 12594 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna & Rowen & Harlan Cuisinier - Aide soignant/Leader Camp de vie Cent / Ex-kidnappé 85
- Hit the Road -




Rosa & Güzis & Taël @Winter


Le dernier été elle s'en est allée chez les Kovariis en lui laissant la garde de son fils. Cet automne Un cyclone à tout dévasté, ainsi que l'île sur laquelle elle devait se rendre. Alors Tael il a crû qu'elle reviendrait... Peut-être. Il n'osait bien entendu pas en parler au petit James, les fausses joies mitraillent le cœur comme une carabine à petits plombs. Il s'est plongé dans la reconstruction du camp.

Tant d'efforts anéantis depuis leur arrivée. Ils avaient vaincu la guerre, ils étaient revenus du désert, ils se relevèrent du tremblement de terre... Chaque fois avec pertes et fracas, mais toujours l'esprit combatif, et le courage de soutenir les désespérés. Cependant leur lieu de vie se retrouvait tout simplement anéanti. Ils durent courir dans tous les sens pour réparer le plus essentiel, mais ça ne suffisait pas, et de loin ... L'herbe coupée sous le pied par l'hiver ils reprendraient leur travail au printemps. En attendant ils se contentaient de survivre, tous agglutinés dans le vaisseau.

Plus d'abris les condamnait à la promiscuité des uns sur les autres. Après, leur nombre n'augmentait pas avec les années, il diminuait au contraire, alors ils ne ressemblaient pas complètement à des sardines dans une boîte à conserve. Néanmoins habitué pendant dix ans à dormir dans une cellule en solitaire, trop de respirations la nuit, perturbaient son sommeil. Le bouclé il n'appréciait pas tellement la proximité avec les siens.


Le cuisinier opta une fois ou deux pour la somnolence prêt du foyer, mais trois saisons hivernales sur cette Isle ne suffirent pas à l'endurcir assez pour qu'il puisse se permettre ce genre de lubie. Il retournait donc avant l'aube, frigorifié, le nez gelé, les oreilles rouges s'enrouler dans des couvertures bien épaisses. Ce genre de péripétie entravait son travail, le laissant engourdi toute la journée, menaçant de se faire happer par la narcolepsie qui veillait toujours derrière un bâillement impromptu.

Taël renonça donc à ses folies, parvenant parfois à dormir avec James dans l'infirmerie, sous prétexte la tranquillité de ce dernier, et de celle des autres. Pour s'isoler tout en veillant sur des éventuels malades.

Bien que tous et toutes y mirent du leur, la nourriture parfois manquait cruellement, les chasseurs aussi doués qu'ils fussent n'abattaient pas chaque jour assez de proies eux tous. Privilégié ses derniers coulait de source afin qu'ils conservent la capacité de traquer sans tomber dans les pommes. Néanmoins les mécaniciens, les bâtisseurs, les soigneurs aucun ne se révélait inutile ou sacrifiable ... Cette erreur, faite par leurs aînés, ils ne la reproduiraient pas. Jamais.

Taël se proposa donc, un jour, pour tenter la pêche, Arméthyse l'y ayant initié très vite lors de leur rencontre deux printemps précédent. Il s'améliora fortement avec beaucoup de pratique. On le lui accorda en lui déclarant explicitement de revenir vivant de cette première expédition.


Ainsi? si il réussissait, le débarqué y retournerait régulièrement, et pourquoi pas accompagné d'un volontaire pour une prise plus fructueuse ? Lors de troc avec Nahyri et d'autres pikunis, il se procura du lainage, un bonnet, une écharpe, des pulls, dont un qu'il transforma en parti en mitaine. Il se risquait donc à l'extérieur bien couvert. Il entreprit ainsi le chemin vers la rivière, pas toute proche, en s'imaginant prémuni contre les intempéries.

Et au début, l'effort de la marche le réchauffa, ce qui lui fit accélérer le pas. Cependant, une mauvaise bourrasque le poussait parfois dans le dos, ou inversement. Le bout de ses narines commencèrent à le picoter, et il agita frénétiquement les doigts et les orteils pour que le sang y circula plus vite. Entre continuer ou retourner chez les siens, il se découvrait à mi-chemin. Et s'avouer vaincu signifiait renoncer à améliore la vie de tous.

Avec ses maigres moyens. Taël persista donc, tandis que quelques flocons se mirent à danser devant ses prunelles fixées vers l'horizon. Dans sa tête il se devait de s'honorer de sa mission, prouver qu'il ne savait pas que cuisiner, ou simplement partir à la cueillette de quelques herbes. Bien pratique pour certaine d'accord, mais il désirait ( se ) prouver sa valeur. Aussi ne pas faiblir, ne pas plier les genoux, surtout ne pas se détourner de la difficulté ... Après il était bien ressorti vivant des griffes d'un ours. Avec quelques cicatrices d'accord, mais vivant.


Un pied devant l'autre. La neige crissa sous ses pieds. Il s’enfonça mais l'enfant du ciel s'obstinait. Sans doute aurait-il dû attendre une matinée plus clémente, mais les ventres affamés résisteraient-ils ? Rien n'assurait qu'il ne finirait pas bredouille à la fin de la journée. Mais l'inverse demeurait vrai aussi jusqu'à preuve du contraire.

Et cette froidure qui le poursuivait comme la morsure d'un serpent déversant son venin dans les veines. Le voilà sur le rivage, enfin, il hésitait un peu, parce que la dite rivière on ne la distinguait plus, recouverte par toute une couche blanche. Cela flottait-il au-dessus comme des nuages. Mais non *Arrête de jouer à l'idiot* Il prierait pour que ce fut la solution, car l'imbécile, ni un autre de ses pairs n'a songé à ce qu'il découvrait en se risquant sur la surface. Elle est gelée. Il circulait tout bonnement sur un glaçon géant.

Avec son pied il dégagea un petit bout, parce que ça le décevrait bien Tael de ne pas dénicher un moyen de triompher de cet obstacle imprévu. Là tout de suite, il en oubliait ses joues qui pinçaient, il se mordait les lèvres dans une intense réflexion. Yep  son regard se posa sur un grosse branche au pied d'un arbre. Sans doute brisé par le poids de la masse blanche ... Qu'importait la raison, il va s'en saisir dans les prochaines minutes puis frapper la couche pour vérifier son épaisseur, et avec un peu de chance elle se brisera ...


Son morceau de bois dans les mains il tape une première fois. Un son minime lui répondit qui selon son oreille imite une légère moquerie. Evidemment s'il ne frappe pas plus fort demain à l'aube rien n'aura avancé. Alors Taël leva les épaules plus haut montant les bras au-dessus de sa tête faisant appel à tout sa force ... Il abat son pic, et manque de se crever l'œil alors qu'il lui échappa des mains lors de son rebond.

Ses prunelles ne distinguaient qu'une petite éraflure sur la cible visée. D'accord. il reparti à l'assaut tout en s'accrochant à son équilibre ... En voilà une, deux, trois, quatre ..... Trente ... Une pause miséricordieuse... Qu'il parvienne à déboutonner sa veste alors que la chaleur envahit son visage et tout son corps sous l'effort.

Le bouclé vérifia un instant les alentours pour s'assurer de ne pas attirer un prédateur quelconque avec tout ce boucan. La derrière de la végétation, ne serait-ce pas une ombre ? L’enfant du ciel se frotta les yeux avant de vérifier une seconde fois. Rien. Tael il à certainement rêvé avec l'adrénaline qui se répand dans son sang, transportant un étrange gout dans sa gorge.

Le jeune homme admirait son œuvre, un peu désespéré de n'avoir qu’abîmé l'eau gelée. Il lui apparaissait que l'épaisseur se rapprochait d'un mur de pierre épais comme il en avait découvert dans ses vieilles ruines. Peut-être qu'en le molestant davantage, pour terminer par sauter dessus il parviendrait à la fendre ?


Il livrait une guerre, il se devait de triompher, ce qui se passerait après il n'y songeait pas encore. Comment faire venir le poisson vers l'extérieur, juste dans l'ouverture qu'il tentait de construire, et surtout comment l'attraper ? Oui, venant ici le cœur en bandoulière, il s'équipa du matériel pour reproduire un semblant de canne à pêche, mais où trouver un ver de terre ou une mouche en cette saison ?

Pour le moment il s'ingéniait à sauter sur l'endroit exact qu'il s'échinait à faire rompre. Soudainement, sans prévenir - ça eut été la moindre des politesses -, il senti son pied glisser, s'enfoncer dans un liquide glacial qui s'infiltrait avidement sous ses vêtements.

La loi de l'attraction fit que tout le corps du bouclé suivit pendant qu'il s'accrochait désespérément sur le rebord, une épaule encore enfoncé dans la neige. Mais les vêtements s'alourdissaient dangereusement, menaçant de l'emporter au plus profonde de la rivière qu'il visionnait désormais aussi profonde qu'un océan. Un bruit attira son attention ... Un animal ? Non ... Mais cette silhouette là-bas qui lui tournait le dos, rêvait-il ?


« Au secours ! » Le comprendrait-on ? Dans son esprit brouillon il ne parvenait pas à récupérer le dialecte des terriens, si ce ou ceux qu’ils apercevaient se révélaient des autochtones

« Help help ! » Termina-t-il dans un murmure alors qu'il s'étouffait à essayer de hurler tout en combattant ce foutu hiver ...





@Güzis T. Cinksi @Rosa Oakley Pour vous

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19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 730 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 57



GÜZIS
& ROSA
& TAËL

For Now I am Winter

Tu avais toujours été un être curieux, un peu trop peut-être même. Généralement incapable de t’interdire d’assouvir cette curiosité, tu avais souvent une aptitude plutôt développée à t’inviter dans les ennuis, mais pas aujourd’hui. Non, aujourd’hui, tu avais froid, le temps était tout sauf clément même durant ses éclaircies, tu pouvais sentir le vent glacé, l’humidité ambiante, passer au travers de la barrière de fourrure qui te tenait au chaud, où du moins qui essayait. Tant que vous restiez en mouvements, tout allait bien, ce n’était pas le moment de s’arrêter en si bon chemin. La nuit tombait vite à cette saison, et il vous fallait trouver un abri pour la passer au chaud. Il était trop tard pour risque les ennuis, tu ignorais à qui vous pourriez avoir à faire et tu n’avais guère envie de redécouvrir, pas avec une jeune protégée à tes côtés. Quelques part, tu te sentais responsable de ce qu’il pouvait lui arriver et ce fut la raison pour laquelle ta première réaction fut de vous éloigner. Tu glissas derrière les buissons avec le geste de l’habitude, silencieux comme le lynx en chasse, hors de question de perdre une seconde, s’il y avait quoi que ce soit d’offensif ici, vous ne pourriez que difficilement y faire face.

Un lourd craquement, bien différents des bouts portés à la glace peu avant , raisonna dans votre dos. Tu te figeas un instant en entendant le bruit de l’eau, aux abois, avant de presser la jeune fille pour t’assurer que vous soyez tous les deux camouflés par la végétation, quoi que sinistre qui vous abritait. Tu sommas la jeune fille de passer devant toi, même si tu n’étais pas armé, ou pas assez, tu préférais t’assurer d’être celui qui devrait protéger la plus jeune, pas l’inverse. La voix qui vous parvint, tu tentas de l’ignorer, mais même si les mots semblaient se mélanger chez l’inconnu, tu ne pus t’empêcher de fronce les sourcils… Ses appels à l’aides résonnaient dans le vide dans un écho qui ne semblait trouver preneur… Tu n’entendais pas de bruit de lutte, et aucune âme alentours ne te semblait s’approcher… État-il seul après tout? Ses appels t’empêchait d’y songer sereinement, mais il ne te fallut guère plus de temps pour recoller les morceaux entre ses appels et les bruits sur la glace que vous aviez pu entendre peu avant. « Éloignes toi, va chercher un endroit à l’abri pour la nuit. Je saurai te retrouver, et je pense qu’il est seul. Tu ne risques rien, mais la nuit tombe, alors va. » Tu la poussas légèrement, espérant qu’elle obéirais à ta demande, avant de repartir en arrière.  Le pauvre bougre continuait de sonner l’alarme… Le meilleur moyen sans doute pour attirer brigands ou prédateurs, pour peu que ces derniers comprennent sa détresse.

Un coup d’oeil au ciel qui s’assombrissait trop rapidement à ton goût, tu restais camouflé derrière les branchages grisâtres des buissons dans lesquels tu avais disparu. Tes yeux d’azur cherchèrent la silhouette aperçue un peu plus tôt tout abord sans succès. Il te fallut changer de point de vu, te grandir un peu, pour le retrouver enfin. Tu serras les dents. L’inconnu était avalé jusqu’au cou par l’eau aussi vile que gourmande dans laquelle il avait été happé. Définitivement, ce ne de ait pas être un brigand de quelque facture qu’il soit… Les erreurs arrivaient, mais la glace ici devait être assez épaisse pour presque marcher dessus… Ce fut en tout les cas ce que tu espéras lorsque tel un animal tu sortis du sous bois pour te glisser à terrain découvert, les yeux rivés sur ce qui s’avéra être un jeune homme, inoffensif dans son état. Tu ne pus t’empêcher de scruter les environs à la recherche d’un piège éventuel, mais l’urgence du moment t’obligeas à braver tes méfiances pour t’avancer sur le lit de la rivière. Ton pas se faisait délicat, attentif, prudent,, alors que tu t’approchais, la fourrure qui t’enveloppait te donnant certainement l’air bien plus impressionnant que ce que tu n’étais réellement… Cela avait parfois son utilité. Une fois assez proche, une main sur ta boucheras un geste le sommant de se taire, tu t’agenouillas, méfiant toujours, observateur aussi, cherchant le meilleur moyen de le sortir rapidement de là sans risquer de vous faire tomber tous les deux. La glace fendue était dangereuse, tu le savais.

Tu ne lui soufflas mot, alors que tu agrippas fermement son vêtement à l’échine, comme une mère félin l’aurait fait avec son petit. Le stabiliser pour l’empêcher de s’enfoncer dans l’eau aussi glacée que tumultueuse qui s’agitait sous l’épaisse couche de glace. N’avait-il pas conscience de cela? La neige, la glace, tout cela qui semblait si paisible mais qui cachait aussi la fougue de la nature… C’était là les bases si l’on souhaitait survivre dans cette Nature. Celle là même que tu connaissais si bien, comme on connaitrait une vieille amie, avec encore ses farces et ses surprises… Tu te penchas vers lui, tenant toujours fermement son échine, lui soufflant dans presque un murmure, avec un anglais presque parfait: « Ne t’agites pas. Étends tes bras sur le côté et n’utilises que tes bras pour remonter. » Pas de précipitations, pas de panique, elles étaient les deux pires ennemis de ce genre de situations. Toi tu tiras le gamin avec autant de force que possible, ses vêtements l’alourdissaient et tu ne fus pas certain d’avoir la force nécessaire pour le sortir de là, pas tant que la majeure partie de son torse n’était pas enfin sur la glace. Le sortir de son piège une fois arrivé à fut plus aisé, et tu ne daignas pas perdre une minute de plus sur l’instabilité de la rivière, aussi ne lui laissas tu pas le choix en le menant sans attendre sur la berge, enneigée mais stable.

Tu ne t’accordas de le laisser souffler qu’une fois posé là, alors que ton regard électrique, perçant presque, se posa sur lui, sur ses vêtements trempés, dégoulinants d’une eau qui lui donnait un air fragile, comme un petit animal nouveau né encore mouillé et vulnérable… Avec la lumière qui tombait, même la tiédeur relative du Soleil allait disparaitre, si tu le laissais ici ainsi, autant le remettre dans son trou d’eau, ses chances de rentrer chez lui, où que cela soit, étaient réduites à néant. Tu roulas des yeux, soupiras, et secouas la tête, te maudissant d’être trop sensible certainement. Tu commenças à détacher de tes épaules les affaires que tu trainais avec toi, parmi elle des fourrures supposer te tenir au chaud pour la nuit. « Il va falloir que tu retires ce qui es mouillé. Tu ne passeras pas la nuit si tu restes ainsi… » tu ne t’en faisais pas vraiment pour sa potentielle pudeur, cette idée ne t’effleurant même pas l’esprit, alors que tu défaisais avec délicatesse et habitude les liens qui enserraient tes fourrures. «  Ne traines pas. La nuit tombe vite. » A genoux près du jeune homme, tu sortis de tes sacoches, un morceau de tissu plus ou moins carré, d’apparence assez fine, pas vraiment douce… « On va te sécher comme on peut, ce ne sera pas parfait, mais tu ne peux pas rester comme ça. » et s’il fallait que tu le frictionnes toi même pour être plus efficace, tu le ferais sans hésiter. De ton autre main, tu lui désignas une fourrure épaisse. « Ça, ça te tiendra chaud après. »

Tu restais méfiant, mais tu ne pouvais t’empêcher de t’inquiéter. Tu n’étais pas un sauvage, quand bien même tu avais toujours mieux compris la nature que les humains, tu avais l’âme bien trop lourde pour t’autoriser à laisser ce pauvre inconnu à son sort. Cela te perdrait un jour…


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Sujet: Re: ROUE DU RP → Güzis, Rosa & Taël
Jeu 21 Juin - 23:32


Rosa & Güzis & Taël @Winter


Ce nouveau monde, au bout de trois années on croyait avoir rencontré toutes les embûches, du moins les plus mortelles. Alors on se montrait trop confiant, ou imprévoyant, ou ... Et on apprenait à ses dépens un peu plus sur cette terre, ses richesses, et ses secrets. Evidemment, il fallait mieux ne pas perdre la vie, sinon on disparaissait tout simplement de la surface de la planète. Parfois on retrouvait votre corps, parfois non. Voilà très certainement ce qui risquait de se produire si les doigts gelés de Tael finissait par lâcher la glace à laquelle il se cramponnait désespérément. Menaçant de se craqueler puis de céder d'un moment à l'autre sous son poids. Non qu'il fut très épais le bouclé, en réalité sa silhouette fluctuait selon les saisons.

En été, ses joues s’arrondissaient comme celle d'un poupon, en hiver son visage prenait des angles plus anguleux. Une chance pour lui que ce fut la saison froide, cependant, en été il ne se retrouverait pas non plus dans une telle situation. Chaque événement possédait donc son revers. Mais lui le cuisinier ne réfléchissait pas à tous ces petits détails ironiques. Il s'infiltrait en lui cette impression du temps qui ralentissait en pesant lourdement sur ses épaules, lui offrant une perspective sur une fin qui apparaissait inéluctable, si un miracle ne se produisait pas. Pourtant il luttait avec acharnement, chaque millième de seconde devenait une victoire...


Mais chaque autre moitié le rapprochait dangereusement de l'engourdissement, celui qui le ferait sombrer dans un sommeil dont il ne se réveillerait jamais. Et le cuisinier, il ne se sentait pas prêt à abdiquer cette vie que longtemps il refusa quand il posa les pieds sur ce qui se nommait une éradication de toutes les espèces. A la fois il se découvrit émerveillé devant la nature mais mitigé face aux hommes qui la peuplaient et les rejetaient avec tant de rage. Peu importait, désormais il désirait creuser son nid, planter son drapeau en ces lieux pour réclamer son droit d'y vivre même en compagnie des plus hostiles. Après tout, les terriens ne s'appréciaient pas tous non plus, alors ça leur laissait une chance à eux les cent, les débarqués, les célestes de s'intégrer, d'amener un sang nouveau...

Tael, il s'accrochait à toutes les pensées morcelées qui s'entrechoquaient dans son esprit afin de surnager au-dessus de l'obscurité qui tentait de le submerger. Mais surtout de cette petite voix qui lui murmurait aux oreilles *Lâche, c'est trop tard, c’est finit de toute façon, lâche ...* Ses vêtements s'alourdissaient du liquide qui s'imprégnait au plus profond de leur fibre, tout en les raidissant sous la température glaciale sévissant en cette saison la plus fraîche. Le fil de son existence se réduisait de plus en plus... Chaque instant ou l'enfant du ciel respirait toujours lui semblait capital. Taël se rejouait à l'infini tous les gestes qui l'amenèrent ici.. Et tous ceux qu'il aurait dû faire pour éviter ce drame.


Dieu il n'y croyait pas, il ne l'envisageait pas, mais pourtant il se surprenait à lui parler en lui promettant silencieusement, que s'il le sortait de là il profiterait désormais aux maximum de la vie, il ne se plaindrait plus jamais de rien, il ne céderait plus à sa timidité maladive, il... Des cris ? Quelqu'un ? Ou ça ?

Taël il ne parvenait plus à distinguer quoi que ce soit avant de comprendre que les sons qu'il entendait partaient de sa propre gorge. Qui donc pourrait le percevoir ici ? A part des animaux sauvages ... et Dangereux, la prudence lui soufflait de se taire. Mais son corps se révoltait, ne lui obéissait plus, se débattait obstinément avant de sombrer comme un navire...

Un nuage passa au-dessus de lui, lui déclenchant un claquement de dents intempestif, lui cachant son soleil déjà si timide. Étonnamment ces cumulus parlaient, délirait-il maintenant ? Néanmoins le jeune homme cessa de s'agiter pour vérifier si son ouïe lui jouait des tours. Et levant la tête il faillit avaler une bonne tasse d'eau en remarquant deux yeux aussi bleus que le ciel. Bizarrement voilà ce qui le perturba, comme si des morceaux d'Azur se détachaient de la-haut pour descendre à son secours. Non la nature ne souhaitait pas qu'il meurt, elle lui offrait son aide. Seulement alors le visage s'imposa à lui, la respiration qui s'échappait de ces lèvres, dessinait d'étranges volutes. Un vivant .. Enfin


« Oh »

Taël claquetait des dents, ce qui l'empêchait d'expulser un autre mot de sa bouche.

Cet humain-là, lui attrapa les mains, ou les bras, et l'extirpa vers l'extérieur, en dehors de la rivière. Avec ses coudes il essayait de s'accrocher, d'avancer, de ramper pour appuyer le mouvement. Sous l'émotion, la joie de s'éloigner de la faucheuse, un surplus d'énergie le gorgeait d'une puissance qui le le laisserait terrasser peu après. Mais pour l'instant, il mettait du cœur à s'échapper de ce piège.

Une fois que cet exploit fut réalisé, Tael voulu s’appuyer sur les genoux, mais ceux-ci se dérobèrent, tandis que l'autre continuait à l'éloigner de ce trou de malheur sans lui laisser le choix. Et d'ailleurs pourquoi eut-il souhaité y rester davantage ?
« La nourriture » Murmura-t-il sans s’en rendre compte tout en se tournant pour embrasser la vision de ce lieu qui prenait soudainement des allures de fin du monde. La respiration demeurait difficile, sifflante, coupante, douloureuse ... Et ses habits pesaient une tonne l'obligeant à courber le dos comme un vieillard. Ou sa mère malade telle que sa mémoire la visionnait encore. Un soupir s'échappa de l'être à côté de lui

« Je suis désolé ... Je suis désolé  » S'excusa le Bouclé en bredouillant. Ça devenait compliqué d'assembler des mots, des idées pour exprimer ou construire des paroles sensées. Mais par contre il découvrait une signification dans celles de l'inconnu. Et comme un automate il s'y accrochait tel le seul signe de piste qui indiquait comment fuir définitivement la froidure qui l'envahissait.

« Oui oui tout est mouillé, ma peau, mes cheveux ... tout  » Enlevé. Tout. Il entendait, il décortiquait, il cherchait la logique de cette demande qui lui échappait à cause de son cerveau endormi, compromis. Devait-il se couper les cheveux aussi ? S'écorcher à vif pour que la chaleur de son sang le fasse renaître ? Et finalement était-ce Dieu en face de lui ?

 « Ciel ? » Interrogea-t-il mécaniquement en obéissant sans rechigner au natif. Et finalement il ne devrait probablement pas arracher son derme, vu qu'en se collant contre sa peau le tissu qui le revêtait s'en chargeait à la perfection.

Il traversa soudain les songes énigmatiques de l'enfant du ciel, que l'autochtone souhaitait éventuellement lui dérober ses biens. Les vêtements des débarqués les intriguaient toujours et certains en volaient comme des trophées. Son regard un peu vitreux, s'éleva vers les pépites bleus de l'homme ce qui lui rappela qu'il s'en venait du dessus. Probablement vivait-il un coma dans lequel un ange essayait de lui faire croire que tout se terminerait bien pour lui
 

« Non non » Déclara-t-il tout haut en fixant ses pieds ou un ou deux de ses orteils bleus semblait virés au noir. Il en oubliait même qu'il se retrouvait nu, lui plutôt pudique. Tael attrapa cependant rapidement le bout de tissu pour se sécher car il supportait très mal la proximité des gens, même d'un possible être céleste. Il se sécha avec toute l'ardeur qu'il pouvait tout en désignant un de ses pieds  « Pourquoi ... Noir ?  » Ce fait inquiétait particulièrement le bouclé, au point qu'il en oubliait la fourrure, attendant une réponse de l'inconnu  « Merci... Merci »



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Sujet: Re: ROUE DU RP → Güzis, Rosa & Taël
Lun 9 Juil - 14:45

GÜZIS
& ROSA
& TAËL

For Now I am Winter

Tu avais la réputation d’être plus proche des bêtes que des hommes. Ton temps tu le passais avec les animaux, la nature, la forêt, et quand bien même tu remplissais sans bavure ton rôle d’animiste, il allait sans dire que quelque part en toi ronronnait une sauvagerie que les plus récalcitrants à apprécier les natifs s’empresseraient d’utiliser comme une généralité pour ton peuple. Sauvage. Voilà un adjectif qui te décrivait plutôt bien, même si cela dépendait de la variation que l’on voulait bien lui donner. Tu n’étais pas un être violent et dangereux, oh, tu savais te défendre, tu l’avais appris au fil des ans, tu savais faire ce qui était nécessaire pour te protéger et protéger les tiens quand bien même il y avait bien meilleur guerrier que toi, mais tu n’étais pas dangereux. Ta violence se cantonnait à ta défense, à celle des tiens, au strict nécessaire. Tu n’avais pas peur de la mort mais ton esprit s’effrayait à l’idée de la voir sur d’autres, qu’ils te soient connus ou non. Si elle devait venir te chercher, tu l’accueillerais comme une amie attendue trop longtemps, mais laisser d’autres partir sans agir, prendre une vie, tant d’idées qui te dépassaient malgré toi. Tu étais farouche mais pas assez encore pour ne pas avoir regretté presque instantanément d’avoir tourné le dos, d’avoir imaginé fuir en laissant derrière vous ce gamin appeler à l’aide. Certains ne seraient sans doute pas revenus, certains peut-être se seraient même dit que cela ferait un ennemi potentiel en moins mais pas toi. Tu avais regretté car tu étais trop gentil, peut-être, trop naïf, car dans ton esprit, le laisser à son triste sort aurait été égoïste. Le mauvais œil guettait, et il suffisait de moins que cela pour qu’il ne profite d’une brèche pour s’infiltrer. Laisser mourir quelqu’un sans essayer de le sauver, c’était s’assurer que la malchance trouverait sans traîner une autre proie, et tu serais la première dans son viseur.


Alors tu avais rebroussé chemin, en espérant dans le fond qu'il ne soit pas déjà trop tard… Tu savais ô combien l’eau pouvait être meurtrière, d’autant plus lorsqu’elle se combinait au froid. Ce gamin savait-il au moins ce qui pouvait se cacher sous la surface de la glace qu’il s’était adonné à briser de toutes ses forces? Au delà de l’eau, au delà du froid, les dangers dans cette forêt étaient partout lorsqu’on ne les connaissait pas, et il allait sans dire que cet enfant là ne les connaissait pas. Dans ton esprit tu revoyais au bord du ruisseau cette biche qui n’avait même pas pu fuir lorsque tu t’étais approché, attiré d’une curiosité certaine, cette pauvre bête qui trainait avec elle ses boyaux comme un fardeau. Tu n’avais pu la sauver, et tu avais certainement fait pour elle le plus doux acte que tu était en mesure de faire à cet endroit là, à cet instant là. Aujourd’hui encore tu le regrettais, et tirer ce gosse de l’eau te faisait peur. Peur car tu ne le connaissais pas, peur car tu ignorais d’où il venait, s’il était hostile, dangereux, armé, seul? Était-ce un piège, une embuscade, ou bien juste un pauvre être qui n’aurait jamais du venir jusqu’ici si c’était pour y mourir? Qu’est-ce qui l’avait poussé à essayer ainsi de briser la glace? Cette réponse là te paraissait presque couler de source, au delà du fait qu’il te l’ait soufflé malgré lui. Il suffisait de voir depuis combien de temps vous aviez quitté le village Naori malgré le froid et les risques car vos ressources ne tarderaient pas à manquer si vous ne faisiez rien. Si les Naoris commençaient à manquer, tu te doutais que tous les autres devaient déjà commencer à manger la neige.

Tu obtiendrais peut-être les réponses à tes questions, mais ça, c’était à condition de le sortir de là, de t’assurer qu’il rentrerait chez lui en vie, à défaut d’être en santé. Tu sentais venir le détour qui te couterait cher en temps et en ressources mais tu te refusais à le laisser ici, comme ça. Le sortir de l’eau était une chose, mais le laisser seul maintenant… autant le noyer directement, cela lui procurerait une mort plus agréable. Avais-tu été si lent à revenir qu’il tremblait déjà ainsi? Dans quel état était-il avait d’arriver jusqu’ici? Aux vêtements que tu lui retiras, tu devinas qu’il était un enfant du Ciel. Difficile de se tromper tant leurs apparats te semblaient toujours désuets face aux éléments. Tes fourrures te protégeaient bien mieux de la pluie et du froid que leurs mailles maigrelettes dans un tissu qui te laissait toujours perplexe. Les tremblements du plus jeune étaient normaux, il avait fait un plongeon bien rafraichissant mais tu restais sur le qui-vive, il fallait qu’il se réchauffe rapidement. La température extérieure commençait déjà à chuter et tu espérais que ta coéquipière avait trouver un refuge pour la nuit comme tu le lui avais conseillé. Quant à ce garçon là, il commencerait bien mal la nuit. Toi aussi, par extension. Tu lui donnais tes fourrures, tu trempais par son biais les tissus supposés te tenir chaud… Où avais-tu la tête? Tu pouvais imaginer sans grande difficulté le regard plein de jugement de Caleb qui te couvait sans doute toujours un peu trop, mais que pouvais-tu faire d’autre, tu n’allais pas le laisser à son triste sort, pas maintenant.

Tu l’entendais s’excuser, tu ne pouvais ignorer ses mots maladroits lancés comme des objets sans but et ses gestes désordonnés qui te faisaient froncer les sourcils chaque fois un peu plus. Tu n’aimais pas ça. Cette agitation qui au delà du choc ne laissait présager rien de bon. Tu n’étais pas un guérisseur quand bien même tu aies développé des notions de soins à cause de tes propres affections, mais tu avais tout de même notions de l’urgence de la situation. Les tremblement, ces gestes désordonnés, son attitude… Dans ton esprit, une sonnette d’alerte, dans ton regard pourtant, un calme étrange, toujours ce bleu paisible et éveillé, pensif mais pas empressé. Tu avais l’âge de savoir que montrer la panique ne pouvait aider personne, encore moins celui qui a déjà peur de mourir. Tu n’étais pas un curieux malsain, ni un voleur, et tu ne lui voulait aucun mal. Tu devais pourtant l’aider à se sécher, tu ne pouvais pas rester là à le regarder, misérable et tremblant avec ses lèvres toutes bleues et sans peau qui n’en clamait pas mieux.

Ciel? La question te stoppa un instant dans tes gestes, tu fronças les sourcils, et ton regard un instant le fixa sans comprendre. Quoi « Ciel? » Qu’entendait-il par là? Tu ne connaissais du ciel que les astres qui le peuplaient, tu n’avais rien en commun avec son peuple si c’était ce qu’il essayait de te demander? «  Non. Terre. » Tu te contentas de lui répondre, pressant ta besogne d’essayer de le remettre sur pieds aussi vite que possible. Le trou de glace dont il avait été extirpé commençait déjà à ressembler à cette neige à demie glacée qui s’entassait au bord de l’eau lorsqu’elle commençait à tomber mais pas assez pour tenir. Le froid arrivait et tu le sentais dans tes doigts malgré ta tenue d’hiver, tes mains rendues humides par les gamin te laissaient un bref aperçu de ce qu’il pouvait ressentir de son côté. Tu ne t’attardais pas vraiment sur ses bredouillements préférant t’assurer qu’il s’en sorte, vous parleriez plus tard s’il le désirait. Tu fus bien content de voir qu’il reprenait de la vivacité pour commencer à se sécher lui-même, tu préférais cela pour tout dire, et alors que tu prenais un peu de recul, pour lui laisser de l’air, son interrogation tomba. Noir… quoi, noir? Ton regard suivit le sien, intrigué et curieux, et cette fois malgré toi tes sourcils se froncèrent certainement un peu trop. En toute logique, cela n’aurait pas du arriver, pas si vite, pas maintenant. Tu n’avais jamais eu affaire à ça, mais tu connaissais la théorie, il fallait des heures, voire des jours pour que cela arrive… Normalement. Tu ignorais tout de son passé, des jours qu’il venait d’encaisser, de l’endroit où il vivait… Sa chute n’avait certainement pas aidé. Tu ne répondis pourtant pas à son interrogation, de peur peut-être, de l’affoler.

« Merde.» Le mot t’échappa à toi d’habitude si paisible et réfléchi, heureusement, il ne comprenait certainement pas un traitre mot de ton dialecte, et quand bien même cela eut été le cas, est-ce que cela aurait eu une quelconque importance? «  Sèche toi, et couvre toi. » Il te sembla bon de le lui rappeler, à lui qui avait laissé glisser la fourrure. Tu la lui remontas jusqu’à l’arrière de la nuque, empêcher le froid de se glisser dans son cou, de lui apporter la mort comme il savait si bien le faire. Toi, tu laissas ton attention se reporter sur tes affaires que tu te mis à fouiller avec presque un zeste de fébrilité. Tu connaissais la théorie, mais la pratique était toute autre. Tu ne savais faire les miracles et tu en aurais pourtant bien besoin. D’un œil, tu surveillais qu’il t’obéisse et continue de se frictionner, de l’autre tu sortis de tes affaires des bandes de tissus, bandages de premier secours que tu promenais toujours avec toi, en particulier lors d’expéditions comme celle-ci. «  Je ne te ferai pas de mal. » lui assuras-tu d’une voix aussi douce que possible, rassurante tu l’espérais. Ici, maintenant, tu ne pouvais rien faire pour ce pied, tu n’avais pas les connaissances requises pour le soigner, et les connaissances que tu avais de ce genre de choses ne présageaient rien de bon. Tu savais cependant qu’il te fallait le couvrir, l’empêcher de geler plus, le froid et l’eau étaient ses pires ennemis… Peut-être pourrais tu le maintenir dans un état encore soignable assez longtemps pour qu’il retourne auprès des siens, ils devaient bien avoir un guérisseur là bas… Le bander sans serrer, l’enfermer au chaud comme tu pouvais dans un tissu, de la fourrure, ne pas se précipiter, ne pas montrer l’incertitude, il n’avait pas besoin de ça.

Tu hésitas un instant alors que tu enfermais son pied dans une chaussure de fortune, avant de reporter tes yeux d’azur dans les siens, lui soutenir le menton pour s’assurer qu’il t’écoute, te comprenne. «  Il nous faut un abris. La nuit vient. » Et il ne devait pas ignorer les dangers que la grande sombre amenait avec elle. Vous ne pouviez rester ici au bord de l’eau, le vent qui s’engouffrait dans le lit de la rivière aurait raison de vous avant l’aube. «  Ta tribu, où est-elle? » Dans la pénombre grandissante tu es presque déçu de ne pouvoir voir de lumières qui vous indiqueraient que vous seriez plus proches que tu ne le pensais… «  Est-ce que c’est assez proche pour rentrer chez toi? Je t’aiderai à marcher… » Au vu de l’état de son pied il avait déjà du marcher seul sans aide mais tu ne pourrais le laisser faire, son corps serait certainement encore trop froid pour qu’il se débrouille seul de toute manière et tu ne serais pas tranquille tant qu’il ne serait pas en sécurité. «  Tu me remercieras si tu le souhaites lorsque nous serons en sécurité. Finis de t’habiller, attaches les vêtements mais ne serres pas, et garde la fourrure sur ta tête. » Tes mots s’écoulaient dans un calme et une réflexion qui te surprenaient toi-même. Pas d’urgence dans ta voix malgré celle de la situation. Tu insisterais bien pour que la fourrure couvre correctement le haut de son corps comme la tienne qui reposait sur tes épaules à la manière d’une épaisse crinière, à laquelle se mêlaient tes cheveux peut-être un brin trop longs. Tu commenças sans attendre à replier tes affaires pour être prêt à repartir. Si sa tribu était trop loin, tu trouverais un endroit pour la nuit, il vous fallait du feu, un abri contre le vent, et une zone plus sécuritaire qu’une rive gelée.

Tu attrapas sur ton épaule tes affaires et tendis ta main libre en direction du jeune homme. « Aller. Il faut que nous bougions. Ne t’en fais pas, ça va aller. » Même si toi-même, tu n’en étais pas vraiment sûr.


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Sujet: Re: ROUE DU RP → Güzis, Rosa & Taël
Mar 14 Aoû - 23:34


Rosa & Güzis & Taël @Winter


Quatre ans auparavant il se fut laissé glisser dans ce liquide gelé sans se débattre. Tout simplement parce que depuis dix ans il attendait la mort dans une petite cellule à peine assez grande pour rêver. Certainement pas pour y vivre avec la dignité d'un être humain. A l'époque, lorsqu'ils se retrouvèrent sur cette terre, envahit par une végétation dans laquelle il se perdait, il refusa de se laisser séduire par l'idée de nouvelle chance. Taël il n'en pouvait plus d'attendre, il désirait tout simplement en finir, et cesser de reculer ce moment fatidique par lequel tout le monde passait.

Mais plus aujourd'hui alors qu'il se débattait comme un beau diable pour survivre. L'ironie du sort. Le bouclé ignorait le cheminement exact parcouru par son esprit pour épouser enfin l'idée de demeurer en vie. Mais il se rappelait parfaitement le moment où il se senti enfin heureux d'avoir échappé au pire. Cette nuit passée dans une grotte, quand Tristam, pourtant si sauvage, le protégea, le réchauffa, le nourrit, et le quitta en lui indiquant la sentier de son camp. Tout ne lui offrant une lame et une fourrure pour ne pas se refroidir les nuits d'hiver futures. Il possédait toujours ses objets, même l'arme blanche ne le quittait plus jamais, ni le souvenir du cent perdu, égaré, solitaire qui fuyait la folie l'envahissant peu à peu.


Les conditions de vie de ce monde se révélèrent tout un mystère, même si on vous apprenait les saisons lors des études, ça ne restait qu'une idée. Le vivre sur place s'avérait autrement problématique quand on s'était vu exposé à une température qui ne variait jamais ou si peu. Bien entendu, il savait Tael que s'élancer dans l'espace sans combinaison se résumait à mourir, mais il ne fut jamais tenté de le tester. Alors le chaud, le froid ... Tout d'abord ça vous rendait malade, puis ça brûlait. L'expérience du désert il refusait de la traverser à nouveau. Jusqu'ici l'hiver ils se terraient tous dans leur tente, les plus courageux se risquaient à chasser mais on en faisait pas plus que nécessaire. Alors Tael il s'imaginait en toute bonne foi que rien de désastreux ne lui tomberait sur la tête à partir du moment où il s'emmitouflait bien.

Il s'appliquait bien à ne jamais se mettre en danger plus longtemps que la nécessité. Puis le voilà, téméraire, voulant assumer la charge de leader de camp et nourrir les siens. Ça lui incombait un peu non ? En tant que Cuisinier. Du moins lui, il l'envisageait de la sorte. Le Débarqué il s'estimait assez endurci après trois hivers sur la planète, il n'envisageait pas cette escapade comme dangereuse, tout du moins ça lui mangerait du temps, ou bien il reviendrait bredouille mais rien de moins.


Cette fois, Tael crut se confronter aux derniers instants de son existence. Une poussée d'énergie électrisa son corps, si bien qu'il se raccrochait avec ses ongles à tout ce qui permettait de le faire. Mais les doigts glissaient, et probablement que sans cette main secourable, les vêtements alourdis l'eussent entraîné dans les profondeurs pour très longtemps. A moins qu'il fut remonté au printemps prochain, défiguré, méconnaissable sans que quiconque ne sache jamais ce qui fut advenu de lui.

Son esprit déchiré s'entrechoquait comme les nuages au cour d'un orage. Des éclairs surgissaient dans sa caboche, accompagnés d'un bruit effrayant. Une douleur atroce qui l'empêchait de réfléchir, de comprendre tout ce qui se trafiquait autour de lui. Tael il hallucinait, persuadé que les cieux répondaient à ses prières en lui envoyant un ange pour apaiser son dernier souffle. Mais peu à peu au milieu des paroles incohérentes qu'il adressait à une entité bien humaine, une douce chaleur chatouilla sa peau, luttant contre la froidure hivernale, et l'humidité  qui s'acharnait à piquer le derme du jeune homme, pendant qu'elle aspirait à devenir glace.

En vain, la fourrure qui le recouvrait désormais apaisait cet état trop fébrile pour qu'il puisse réfléchir à tête reposée, non tout s'entremêlait, le passé, le présent, ainsi que le futur ...


Cependant l'archange lui confirmait qu'il continuait à consommer l'oxygène de l'isle et non dans les cieux. Tout prenait un sens un peu allégorique dans les images qui traversaient ses songes - cerveau débranché -. Au fond de son âme, il se doutait le bouclé, que rien d'aussi magnifique ne l'attendait nul part, mais il s'efforçait de rester dans ses illusions pour ne pas atterrir dans la dure réalité. Glacée. Obscure.

« Merde ? » Ça il comprenait bien, un juron. Un danger quelque part ? Tael il frotta ses yeux qui ne percevaient plus que des images assez flous, puis aléatoirement très précises, mais qui retombaient vite dans ce qui ressemblait à un nuage cotonneux « Problème ? » Il essaya de se relever quand le mystérieux être lui "intima" de se sécher puis de se couvrir.

Le bouclé il s'exécuta sans moufter une parole. Il cédait. Parce que toute sa personne ne retrouvait plus une parcelle d'énergie. Et si malencontreusement un évadé du paradis, ayant perdu ses ailes, devenu cannibale souhaitait le dévorer, il n'opposerait pas la moindre résistance. Bon en réalité il se préparait à bondir dans sa tête pour se défendre, mais malheureusement il ne contrôlait plus ses jambes. La paranoïa l'envahissait comme une pulsion, avec des fulgurances extrêmes pour l'abandonner peu après à l'état de loque indécise, misérable, effrayée mais terriblement désireuse d'émerger de cette folie.


« D'accord tu ne me feras pas de mal » Il captait le désespoir dans les mots que lui adressaient l'inconnu, ou alors sa propre inquiétude se répercutait chez l'autre. Comme un écho, un effet miroir qu'on ne contrôlait plus. Qui a peur de.. ou pour ... celui qui se tient sur le même horizon que lui ? Des douleurs crieront-elles par ses lèvres qu'on le rassurait ainsi ? Doit-il mordre ses doigts ?

Ah oui ses orteils, le sauveur il bandait ses pieds, allait-il perdre des bouts de lui-même autre que sa sanité mentale ? En vérité toute cette opération lui parait indolore, ni chaud, ni froid. Tael il tenta de recroqueviller tout ça, mais il lui apparut que cette partie de lui ne répondait plus présente


« Des fois je m'endors sans prévenir » Répondit-il ses yeux gris droit dans le bleu de celui dont les formes se précisaient un peu plus. Une étrange réponse à ce qu'il tentait de faire comprendre à Tael. L'enfant du ciel secoua sa chevelure trempée dans tous les sens pour appuyer la dernière phrase du terrien. Oui. Plus d'ange, pas descendu de tout en haut en tout cas, mais celui-ci s'en apparentait bien à un en chair et en os « Oui un abri, d'accord, c'est juste que cette maladie, parfois je m'endors comme ça ... Surtout ... dans des conditions difficiles » Et plus ardues que ça ... Difficile de faire mieux, bien qu'avec un petit coup pouce.

Le débarqué il inspirait longuement, expirait, mais l'air lui raclait les poumons, rare, il ne parvenait qu'à capturer de petites bouffées qui s'élevaient tel un brouillard entre leur deux visages. Mais cette fois il savait que ça n'annonçait rien de magique. Non. Il poussa sur la  plante de ses pieds comme s'il désirait atteindre la lune et parvint à se mettre debout

« Ou ? » Un rire cristallin, moqueur se fraya un chemin jusqu'à leurs oreilles. Un lutin farceur ? Non lui, ça se déclenchait tout seul, sans méchanceté, une réaction à la faucheuse qui s'éloignait doucement mais veillait encore sur lui « Je ne sais pas, je suis perdu, tout droit, loin la bas ...  » Le jeune homme désigna une direction au hasard. Le sens de l'orientation il ne l'avait jamais complètement assimilé. Tael il se repérait selon des petits trucs, mais maintenant il ne se rappelait plus exactement à quoi il devait se référer pour se diriger vers son campement

« J'ai j'ai marché quelques heures .... Je croyais être revenu pour la nuit » Imprudent oui, il l'avouait volontiers. L'envie de nourrir les siens, de les admirer repus pour un jour le taraudait si fort qu'il se lança dans cette équipée sans véritable renfort « Ce... J’ai... Pas attrapé de poisson  » se confessa-t-il auprès du natif comme s'il parlait d'un crime affreux et sanglant.

L'homme il s'en foutait lui de son butin, de l'estomac de tous les cent, il souhaitait que Tael lui dise si la route jusqu'à chez lui occuperait une grosse partie de sa ... nuit. Oui parce que le soleil il cavalait très loin désormais. Le bouclé rassemblait tous ses neurones afin de d'offrir une parole convenable à celui qui proposait de le ramener au bercail « Des heures »

Le débarqué il s'appliquait à canaliser les détails qui intéressaient plus particulièrement son compagnon « Des heures ... Des jours » Non non il fallait se recentrer, les semaines ça datait de son enlèvement par les Rahjaks. Maintenant on comptait  pour se déplacer de la carcasse de leur vieux vaisseau à la rivière   « Une heure, deux peut-être ou trois  » Même quatre quand on se perdait trop facilement. Comme un môme perdu ses prunelles décortiquaient ce qui l'entourait pour découvrir un indice

« Je ne sais plus, je n'arrive plus .... Mes traces ? Si on les trouve on peut les suivre, ça nous ramènera au bon endroit » Il expulsa ces derniers mots avec rudesse, comme si on les lui arrachait de la gorge. Ses jambes flanchèrent, il trébucha se retrouvant à genoux sur un tapis blanc, glacial, qui lui pinça la peau à travers le tissu. Cela l'électrisa au point qu'il réussit à retrouver son assiette verticale. Mais ça s'apparentait à un mirage d'échafauder de le voir déambuler dans cette piteuse condition plus de vingt minutes...

« On cherche ? » Soumit Taël dans un élan de bonne volonté tandis que son vis-à-vis lui conjurait de bien boutonner ses affaires, de maintenir la fourrure sur sa tête, et que l'instant des remerciements se passeraient à la seconde nécessaire. D'accord, les mouvements au ralenti ses doigts partirent à la recherche des boutons pour les enfiler dans les premiers trous qu'il rencontrait. Un peu dépenaillé le bouclé, mais lui éprouvait une certaine fierté comme s'il venait de réussir un exploit impossible.

L'attitude de son interlocuteur chassait toute angoisse. Plus de danger nul part, plus d'eau méchante qui le saisirait par la cheville dans le but de l'entraîner dans les profondeurs. Néanmoins il ne s'estimait pas encore invincible, sinon Tael il trotterait tout seul, les joues rouges, les iris brillantes gorgées de joie jusqu'à chez lui pour se précipiter directement prêt de James. Ah oui le gamin, pour lui, il se refusait d'abandonner, de se perdre dans ce monde parfois si cauchemardesque.

Pour toujours il tiendrait la promesse faite à Alex
« faut faut que je  retrouve James, il ne peut pas devenir Orphelin » Balbutia-t-il l'âme toute  retournée, alors que de ses deux mains il maintenant bien la fourrure sur sa chevelure encore humide « Je je ... je vais me rappeler » Adressa-t-il comme une promesse à son sauveur.

Une main se tendit vers lui, il ne rechigna pas pour la prendre. Oh le souffle lui manquait, et quand il esquissa le premier pas cette impression de ne pas plus avoir de pied éveilla un tourment dans les morceaux de son cerveau qui reformaient le puzzle encore un peu brouillé de la réalité. Après deux pas son estomac se retournait dans son ventre, si bien que d'horribles nausées le firent grimacer « Oui oui ça ira » Répéta-t-il pour se convaincre avant de faire une halte au bout du troisième pas

« Vous êtes terrien ... vous êtes pas un rahjak hein .... Parce que je ne retournerais pas dans le désert » Mais Tael il se morigéna aussitôt, ne prétendait-il pas cet inconnu le reconduire chez lui, ne s'enquerrait-il pas de la route qui les y conduirait ? Tael, il n'a pas lâché la main. Il sourit penaud, les lèvres bleuis par le gel, aussi pâle qu'un fantôme, il se marierait bien avec cette étendue de neige « Je ne crois pas ... que je vais pouvoir aller jusque-là ... je ne sens pas vraiment mes pieds » s'excusa-t-il bien dépité de causer autant de tracas à cette bonne personne « Peut-être que vous pourriez me laisser dans une grotte ?  »



@Güzis T. Cinksi  

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19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 730 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 57



GÜZIS
& ROSA
& TAËL

For Now I am Winter

Parfois tu te demandes, pourquoi est-ce que tu es comme ça? Pourquoi est-ce que tu ne peux t’empêcher de venir en aide à autrui, qu’ils soient animaux, humains, peu importe, c’est toujours plus fort que toi. tu es incapable de laisser derrière toi un être en mauvaise posture, quand bien même ce dernier pourrait représenter pour toi, un risque potentiel. Toi, le si réfléchi, le si calme, le si prudent, toi petit animal farouche parmi les terriens, tu finies toujours par fermer les yeux et t’avancer sur les chemins glissants qui s’offrent à toi. Est-ce parce que tu as grandi parmi les Naoris? Est-ce parce que sans l’aide de bons samaritains, toi aussi tu y serais passé, à cause de ce mal qui te ronge depuis presque aussi loin qui tu puisses t’en souvenir? Tu ne saurais dire, mais une chose est sûre, si tu savais, parfois, juste tourner le dos et t’enfoncer dans les bois comme une bête sauvage, cela t’éviterait bien des tracas… Et pourtant, tu ne changerais rien à tes actes, pour rien au monde. Tu ignores dans quel état  tu vas bien pouvoir ramener ce jeune homme aux siens, mais cela te sera toujours moins douloureux que la certitude de l’avoir laissé là, à son triste sort. L’inquiétude n’a qu’un temps, les regrets eux, pèsent sur les épaules de chacune jusqu’à la fin, et rares sont ceux qui parviennent à s’en débarrasser avant.  Et pourtant, cette inquiétude aussi tu essaies de la minimiser, non, tu essaies qu’elle ne se propage pas, parce que cet enfant du ciel il n’en a pas besoin, il a bien assez à penser. Tu disposes de tous tes moyens, pour le moment en tout cas, rien n’entrave tes pensées, ce n’est pas aussi simple pour lui, tu t’en doutes.

Un problème? Tu lui jettes un regard, à peine une seconde, avant de continuer de t’affairer avec tes gestes aussi calmes et doux que possible, comme toujours. Tu grognes en secouant doucement la tête, mouvement que ta crinière suit docilement malgré l’air trop frais qui circule maintenant que le soleil s’est caché derrière les cimes. « Rien dont tu ne puisses te tirer, ne t’en fais pas. » Tu n’es pas bien habile pour paraitre vraiment rassurant, mais tu n’as jamais été très doué pour enrober la vérité. Tu n’es pas guérisseur, tu connais les symptômes, tu connais les gestes de bases, mais tu n’as pas la prétention de pouvoir remplacer ceux qui soignent, ce genre de choses encore moins. Toi, tu peux juste essayer de le leur confier, ce sera ta part du travail, rien de plus. Et tu essaies de l’occuper, détourner son attention d’éventuelles inquiétudes, d’une panique éventuelle et à peine évitable. Tu ne lui veux pas de mal, et tu essaies de t’assurer qu’il le comprenne, parce que tu n’as aucune garantie à lui offrir. C’est vrai, tu pourrais être n’importe qui, il n’a que ta parole à laquelle se raccrocher. Mais tu espère que lorsque son esprit y verra plus clair, il parviendra à se dire que si tu avais réellement souhaiter son malheur, tu ne l’aurait pas sorti de son cercueil gelé.

« Des fois, je m’endors sans prévenir. » Tu relèves vers lui un regard analyste. Tu te demandes si tu as tout compris correctement un instant mais tu as confiance en ta compréhension de leur langue, et tu fronces les sourcils. Il s’endort sans prévenir? Un fragment de secondes, le temps de te remémorer ce que tu sais, ce que les années t’ont appris. Tu ne réponds pas tout de suite, tu le laisses t’expliquer plus en détails, il te parle d’une maladie, et tu comprends un peu, dans ton silence. C’est lorsqu’il a fini que tu lui glisses sur un ton que tu souhaites rendre rassurant: « D’accord. Je le saurai. Essaie de rester calme, et si tu peux, essaies de ne pas dormir. Si ça arrive… Je me débrouillerai, ne t’en fais pas. » Il n’est pas si différent de toi cet enfant là… Tu ne t’endors pas, tu pars en transe, tu convulses, tu tombes, mais est-ce bien différent? Ses démons à lui sont peut-être juste plus calmes, mais les tiens aussi t’incombent souvent d’endormir ton esprit, d’être ailleurs… Elles sont connues, chez les Naoris, tes absences plus ou moins longues à regarder le vide comme si d’un coup, tout le monde qui t’entoure avait disparu, s’était arrêté… S’il doit tomber endormi, tu ne le laisseras pas là, tu ne l’abandonneras pas à son triste sort, qu’il en soit certain. Mais il te parait devenir urgent de bouger, vous éloigner de la froideur de l’eau, vous rapprocher de son village.

Alors tu lui demandes, car il est mieux placé que toi pour savoir… Mais la réponse ne t’aide pas vraiment. Tu restes à ses côtés dès qu’il se met debout, prêt à le maintenir s’il perd l’équilibre, prêt à le rattraper s’il doit chuter. Ton regard suit la direction qu’il t’indique, sans y voir plus clair. Le bleu de la nuit commence à s’installer, et c’est un peu grâce à la neige au sol que tout parait encore vaguement lumineux comme un froid paysage d’histoires. Mais dans cette pénombre, tu ne vois rien, et c’est ce qui t’inquiète: pas de lumière, pas de vie assez proche pour être visible. Ce gamin ne vient pas d’ici… Et ses mots ne viennent pas te rassurer. Il te parle de poisson, et ton visage se ferme un petit peu. Il est venu ici pour trouver de quoi se nourrir, tout comme toi qui marches depuis des jours pour la maigre récolte que tu portes dans tes affaires… Vous comme eux, vos n’êtes pas mieux. Il a faim, ils ont faim, certainement, comme vous. « Ce n’est rien pour le poisson. Ça arrive. Ils préféreront que tu rentres vivant, même sans. » Du moins tu l’espères, tu espères qu’ils ont cette humanité qui te paraît normale mais qui sait, peut-être ne son-ils pas tous comme ça.

Tu le vois se débattre avec ses pensées, ses mots sont malhabiles, hésitants, tu sens sa volonté de bien faire mais il te parait encore bien bancal, le froid, son état, sa faim peut-être aussi, tout un tas de choses qui ne doivent pas jouer en sa faveur. Il propose de suivre ses traces, une proposition qui te parait intelligente, d’autant que la neige n’est pas retombée pour recouvrir de son manteau le passage du jeune homme. Seulement voilà, il trébuche, tu te précipites, presque, pour l’empêcher de tomber plus bas. Ton regard une fois encore se tourne vers la direction qu’il t’a vaguement indiquée, et un instant, c’est un soupçon d’impuissance qui s’y glisse. Vous n’irez nulle part dans ces conditions et tu n’as pas la force de le porter jusqu’aux siens. Non, parce que tu es vieux, fatigué de ta marche du jour, ton estomac n’est pas vide mais il sonne le creux quand même, il fait nuit, froid et ton barda pèse sur tes épaules dans une lourde demande pour une pause. « On va chercher oui. Si tu n’es parti que dans la journée, ce ne doit pas être si loin. » Surtout qu’il semble perdu, il ne doit pas avoir fait chemin droit, tu l’espère, car cela réduirait considérablement le distance qu’il vous faudra parcourir… Lorsque vous aurez trouvé comment faire. Tu l’entends prononcer ce qui te semble être un prénom, un que tu ne connais pas, mais le reste de sa phrase t’attriste un peu. Un enfant. « Il ne le deviendra pas. » Tu lui assures. Tu as vécu plus de quarante ans dans cette nature mesquine sans jamais voir ton amour pour elle baisser, tu vas trouver un moyen de le ramener chez lui. Mais son état t’inquiète, et tu aimerais lui assurer qu’il fait bien, qu’il n’a pas à s’en faire, que ça va venir… Mais tu ne sais pas trop comment t’y prendre.

Tu hausses un sourcil en l’entendant te demander si tu n’es pas un Rahjak… C’est ton tour de sourire, de laisser échapper un petit rire, discret comme tu l’es. Moqueur peut-être, mais pas envers lui. « Non, il fait bien trop froid ici, pour qui tu croises un Rahjak. Ils préfèrent manger le sable. Tu as déjà été dans le désert? » Parce que tu es trop curieux, comme toujours. Et que toi, tu n’as jamais été là bas… Une chance ou une occasion manquée, tu n’en sais rien. C’est le mal qui te ronge qui t’empêche d’aller voir le monde. On t’a dit que le soleil pourrait t’être d’un grand danger, alors tu ne t’y es jamais aventuré. « Je suis Naori. Je m’appelle Güzis. Et toi, petit glaçon, je dois t’appeler comment? » Tu te dis qu’il te fera plus facilement confiance s’il peut poser un nom sur ton visage, quand bien même tu ne saches pas s’il t’arrivera de le recroiser un jour. Son sourire penaud te fend le cœur, et ses mots qui le suivent encore plus. Tu secoues la tête, presque trop énergiquement. Tu ne le connais pas, tu ne connais pas les siens, mais il est hors de question pour toi de le laisser là, autant le remettre à l’eau si tu voulais accepter. « Je pense que tu as raison. Et je ne peux pas te porter jusque chez toi… Mais il est hors de question que je t’abandonne dans une grotte. J’aurais plus vite fait de te tuer directement si je faisais cela… Et j’ai promis de te ramener chez toi, et vivant. Mais c’est vrai, on ne peut pas rester là, le lit des rivières est toujours plus froid que la forêt, il y a toujours du vent, et il attire les animaux. » Tu réfléchis un instant qui te paraît trop long, jette s un regard au plus jeune, et à la forêt… Il ne pourra aller bien loin dans cet état, il a raison.

« Je peux te porter un peu, trouver un endroit pour la nuit, et je te ramène chez toi demain matin. Tu pourras te reposer et un feu ne te fera pas de mal, ça pourra te sécher un peu mieux. Ça te va? Je sais que tu as mal aux pieds, mais je ne peux pas faire mieux. » Les feux, trouver un coin abrité, l’emmitoufler, le sécher, tout ça, tu sais faire, mais tu ne peux le soigner, tu ignores d’ailleurs si quelqu’un le peux, même si quelque part, tu l’espères… Peut-être que ce n’est pas trop avancé… Tu n’en sais rien et ça t’agace profondément. Tes mots ont sonné comme une proposition mais n’en sont pas réellement une, tu ne lui laisseras pas le choix le moment venu. Tu reposes tes affaires à vos pieds et lui intime d’un geste de se rasseoir. « Je te laisse mes affaires là, je vais chercher un endroit pas trop loin pour s’abriter, et je reviens te chercher. » Tu te baisses, attrapes d’un geste une petite sacoche que tu lui mets entre les mains. « Tient, ça t’occupera… Ne mange pas tout. » tu essaie d’avoir un ton léger, pour le rassurer. Sans parler tu t’assures que les fourrures le couvrent bien, et ton regard appuyé à son encontre lui signifie qu’il doit les garder ainsi. ne main sur son épaules que tu sers délicatement, avant de faire volte face, t’enfoncer dans la forêt comme tu es venu, comme un animal partirait en chasse, sans un bruit, comme toujours, une ombre dans les bois, à la recherche d’un recoin où vous pourriez passez la nuit. Tu ne prendras pas trop de temps, il faut que tu puisses l’y porter, et tu ne t’imagines pas chercher avec ce gamin dans les bras… Autant repérer d’abord, cela t’économisera. Et tu es sûr d’une chose: il ne pourra pas aller bien loin en t’attendant.

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CODAGE PAR AMIANTE


@Taël D'Arbanville

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16/04/2015 Isaïah/Burning Soul Ozvan & Hyacinthe & Ten & Celeste ( ex Elouan ) & Tam-Tam 12594 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna & Rowen & Harlan Cuisinier - Aide soignant/Leader Camp de vie Cent / Ex-kidnappé 85
- Hit the Road -




Rosa & Güzis & Taël @Winter


Il respirait comme dans un rêve. A tâtons... Tous ses gestes lui paraissaient ralentis comme s'il circulait dans un épais brouillard gélatineux, mais possédant la texture de la ouate. Le bouclé ne s'expliquait rien de tout ce qui l'entraînait hors du danger. S'il craignit quelques secondes de se faire dévorer par des cannibales, Taël oublia vite ce songe effrayant. Il s'abandonnait à la bonté d'un autre être - Ange ? Humain ? Démon ? ... Peu lui importait -, à la présence chaude et rassurante.

Aujourd'hui il ne serait pas celui qui tend la main vers un autre, il attraperait celle qui le retenait de glisser au fond du gouffre noir, humide et froid ou vivait les poissons. Leur nourriture. Parmi ses pensées confuses, circulaient quelques certitudes en béton qu'il utilisait comme des bouées au milieu de cet océan de précarité. Un ne jamais croire ce que vous raconte un Rahjak sauf Arméthyse, Deux ne jamais tourner le dos à un Odysséen, Trois pour la plupart des terriens ils se sont montrés jusque-là plus sociables avec lui que les siens - les cent -, Quatre la troisième assertion n'était plus vraie depuis quelques temps. Néanmoins, bien qu'il sût que rôdaient des drôles d'hurluberlus dans le coin, le cuisinier offrait le bénéfice du doute en tout premier aux natifs qui croisaient son chemin. Et dans le cas présent possédait-il vraiment le choix ? S'il réfléchissait un peu, le Brun se perdait rapidement dans les étranges circonvolutions de son esprit ne le menant  que vers le néant. De plus la blancheur qui s'étendait à ses pieds l'aveuglait, il s'y enfonçait comme si la neige cherchait à l'engloutir.

Impression. Déraison. Finalement la voix automnale de celui qui le soutenait lui affirmait qu'aucun problème ne se profilait à l'horizon. D'accord, alors on ne s'inquiétera pas des ours, des loups, ou d'autres prédateurs, on dira qu'ils ont été attirés à l'autre bout de l'ile. Ou alors ils seraient tous repus, ce qui les rendrait invincible, lui et le terrien pour cette soirée, nuit, aube ? Il n'en débattra pas le bouclé, l'énergie, trop volatile qui se terrait dans ses muscles serviraient à des fins bien plus utiles. Des phénomènes il s'en produirait, toujours, l'enfant du ciel ne se souvenait pas d'une seule aventure qui ne dérapas pas à un instant donné. L'attaque de l'ours, la chute de la falaise, L'agression lors de sa première sortie, Son errement dans la grande forêt complétement désorienté ...

Et pourtant le voilà encore présent grâce à des revirements heureux. Et lui, l'autochtone qui le tirait, représentait celui de la noyade en plein hiver. Le tournant qui le maintenait bien vivant. Ainsi il se devait de l'avertir des dangers de sa condition de narcoleptique. Tael n'énonça pas la maladie, elle échappait à sa mémoire, et son sauveur l'eut-il seulement entendu une fois au cours de son existence ? Oui l'autre entendait mais il y manquait des bouts « Je dois ... Moi ... Pas me réveiller parce ... Mauvais ... Transe ... » Comment parvenir à expulser une phrase entière de sa gorge une fois de plus ? Chaque mot lui coutait presque plus que les enjambées qu'il accomplissait par un étonnant miracle « Alors ... Calme, surtout calme ... Moi, je vais tout faire ... Pour ne pas être paralyser au milieu de la tempête »  

Quelle tempête ? Celle qui secouait son cerveau au point qu'il confondait le nord, le sud, l'est et l'ouest. Oui, depuis son débarquement sur cette terre le sens de l'orientation se dérobait à son entendement. Mais il apprenait, jour après jour, après mois, années ... A se repérer parmi la multitude d'arbres si similaires pour lui.

Taël ne les ferait pas progresser pour le moment. Le bouclé en ressentait une tristesse infinie, il ne souhaitait qu'une chose retourner chez lui « James ... James, il va avoir peur » Hoqueta-t-il juste quand le Naori lui expliquait que son retour vivant compenserait la mauvaise pêche. Vraiment ? Ça le rendait dubitatif le cuisinier, avec tous ses estomacs qui criaient famine. Son imagination lui envoyait des images ou il lisait la déception sur les visages des siens « Je ne sais pas, leur faim ne sera pas apaisée, ils manqueront de force pour chasser »

Le gibier devenait si rare, si subtil, si rapide, on s'épuisait à le poursuivre. Et subsister avec des noix, et quelques vieux légumes et fruits ramassés pour remplir une réserve qui se viderait bien avant le printemps les décimerait tous. Son état assombrissait probablement le tableau qu'il se peignait dans sa tête. Le débarqué forçait sur ses maigres réserves internes, trois pas et le voilà à terre, il observa la difficulté du terrien à le soulever « Je suis suis désolé d'être aussi lourd » Un poids Mort. Encore un peu il pleurnicherait le bouclé, et ça lui déplait fortement. Ça le dérangeait de se montrer faible dans de telles circonstances et d'empêcher ce natif de retourner dans son village « Oui je suis parti ce matin dès l'aube »
Confirma-t-il
 

Tandis que le prénom de son fils - Oui James - s'élevait à nouveau comme une mélopée dans sa caboche. Ainsi sautant du coq à l'âne il s'en inquiéta tout haut. Aussitôt son compagnon fit en sorte de le rassurer, mais en vérité ça ne dépendait pas de ce dernier, qui savait prédire le futur ? Personne ne pourrait le jurer sur la croix, et d'ailleurs cette relique-là signifiait-elle quoi que ce soit pour eux ?

Telle une ritournelle la peur des rahjaks chassa les angoisses à propos de son môme, oubliant dans ses songes chaotiques qu'un peu auparavant il écarta l'hypothèse du peuple du désert. Idiot, évidement qu'ils fuyaient la neige comme la peste « Oui ... J'y suis allé, contraint et forcé » Tael eut pu s'étendre des heures sur son expérience dans la cité de feu, mais l'épuisement mental qu'il éprouvait l'eut pousser à retomber dans trou noir de désespérance ou il se referma au point de ne plus parler pendant des mois « Ce sont les Naoris qui nous ont libérés » la seule information intéressante et importante à retenir !

Soudainement la noirceur se fraya un chemin vers ses pupilles qu'il éleva malencontreusement vers le ciel alors que le terrien lui révélait son appartenance. Naori ? Le destin ? « Il fait nuit ... Güzis, ça me fait penser à un fruit » La sonorité lui plaisait « Güzis ça une signification ? Moi ... Moi c'est Archentaël mais tout le monde dit Taël »

La plupart ignorait que Taël avait été raccourci de l'entièreté de son nom de baptême lors de son arrestation. Plus simple, plus facile, une erreur, il ne le découvrit jamais mais ne le rectifia pas. Après tout pourquoi eut-il était pointilleux sur la manière dont on l'appelait alors qu'il ne vivrait pas assez pour qu'on en usa très longtemps.

Le choix le plus judicieux demeurait celui de lui trouver un lieu un peu à l'abri, démarrer un feu, lui procurer des couvertures dans la mesure du possible et retourner chez son peuple. Pourquoi faire un tel détour au risque de perdre un temps précieux, ou de mettre en danger sa vie ? Pour le cuisinier, un seul en mauvaise posture suffisait « Pourquoi risquer ta vie alors que je, ni toi, ni moi ne sommes certains que je passerais cette nuit »

Oh il ressent bien la gelure qui progresse sur son nez, et ses lèvres qui se fendillent dangereusement, mais au-dessous des genoux, Taël n’a plus la certitude de posséder encore des jambes. L'enfant du ciel parvient bien à se mettre debout, il effectue le mouvement mais deux fois sur quatre il trébuche « Je te dédie de ta promesse » Lâche-t 'il pour encourager le terrien à sauver sa propre peau.

Néanmoins il doute que ça puisse véritablement le convaincre si celui-ci accorde une grande importance à la parole donnée. Au fond sur cette planète ou rien ne perdure, il se peut que seuls les mots, la loyauté équivalent à la valeur que l'on accordait à l'or dans les temps anciens.

« Des animaux ? mais les ours dorment non en cette période ? » Oui ces grosses bestioles ont imprimé son esprit au fer rouge, mais surtout son épaule gauche. Et si l'un deux se dressait par malheur juste devant eux, il y a fort à parier qu'il s'ensuivrait une belle débandade. Et lui Tael, tout au fond de son corps il perçoit la révolte qui grignote son estomac. Cela lui redonne quelques forces pour se battre, racler toute l'énergie encore disponible « Dans la forêt ? On y sera plus protégé du vent ? On dormira dans la neige ? »

Si ses pieds le heurtaient ? Le bouclé dirigea son regard à l'endroit où ils s'enfonçaient dans la poudreuse. Ses pupilles ne captèrent pas grand-chose, tout devenait vitreux autour de lui comme si des vitres invisibles se fendillaient. Pourtant il ne désirait pas se lamenter plus « Oh oh oh ça va, je n'ai pas si mal » Puisque qu'il n'éprouvait rien. Mais à quoi bon le mentionner ? Rajouter de l'huile sur le feu ? Guzïs le bien nommé se démenait alors aussi faible soit-il son devoir résidait dans la bonne volonté dont il ferait preuve désormais. Ronchon, grognon il se découvrirait bien ingrat ce qui ne lui ressemblait pas du tout.

Sa poitrine battit un peu plus fort quand le terrien annonça qu'il s'en allait. Une déchirure se creusait dans son palpitant, l'abandonnait-il ? Alors qu'il venait juste de l'encourager à s'en aller chez lui ? Son souffle s'accéléra juste à l'instant ou le Naori expliquait qu'il reviendrait une fois trouvé une place acceptable pour se reposer « Ah oui oui ... Et comme ça je pourrais peut-être retrouver un peu de force, et marcher et comme ça tu ne devras pas me porter »

Les rêves s'attardaient tout au long de son âme. Taël il en profiterait pour masser ses jambes, pour que le sang y circule à nouveau et lse prouver que rien d'irrémédiable ne se concoctait à l'intérieur de lui. Taël il ne protestait même pas, il tomba sur le tapis blanc comme un vieux sac obéissant au geste du terrien, alors qu'une sacoche miraculeuse lui arrivait dans ses mains tremblantes. A manger ? « Merci, je vais bien garder tes affaires, et je ne jouerais pas au gourmand » L'adrénaline le tient éveillé, lui insuffle une vie à laquelle il ne croyait plus.

 

L'obscurité avala la silhouette de Guzïz dont Tael gardait l'empreinte de sa main rassurante sur son épaule après y avoir ajuster des fourrures. La couleur des flocons rassemblés sur la terre en tapis n'illuminait pas comme des réverbères. La complainte du blizzard grinçait sinistrement à ses oreilles, couvrant un silence inquiétant. Là au milieu de nulle part, il ne verrait jamais arrivé l'ennemi, quel qu'il soit, humain ou animal. Loin de lui l'idée de fouiller le sac puis de manger, il s'inquiétait désormais du devenir du Naori. Et s'il ne le voyait pas revenir quoi ? Au bout de combien de minutes, d'heures devrait-il se lever pour partir à sa recherche ? Et surtout vers où ? Car il ignorait Taël ,désormais, ou se trouvait le terrien. Devant, derrière, à droit ou à gauche ?

Et lui, Guzïs se souviendrait-il de là où il venait de laisser Taël ? Bien sûr, le cuisinier ne doutait pas que l'homme fut bien plus malin qu'un cent pour ce genre de problématique. Et s'il chantait un peu ? Pour que le courage ne s'envola pas vers cette lune si peu visible ? Oui cette chanson qu'il destinait à la Thyziri la sorcière blonde pour qu'elle vienne à sa rencontre. Qui sait elle y répondrait peut-être cette fois ? Ses conseils lui manquaient cruellement. Courage ! Sa voix chevrotante s'éleva dans l'air « Qu'est-ce qui se passe ici si tard, Compagnons de la Marjolaine ? Qu'est-ce qui se passe ici si tard, Gai, gai, dessus le quai ? C'est le chevalier du guet, Compagnons de la Marjolaine. C'est le chevalier du guet, Gai, gai, dessus le quai. »


@Güzis T. Cinksi  

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