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˜˜˜˜˜˜Guide-moi dans les méandres de la douleur | Grace
maybe life should be about more than just surviving


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15/06/2015 Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye 368 Colin Farrell ABΔИDON ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak Rahjak 10



Kyran n’était plus, son ami était mort. Eirik ne s’était pas rendu compte qu’il tenait à lui avant de le perdre. Maintenant il souffrait et il se sentait terriblement seul. Il n’avait pas pu sauver son ami, pas pu empêcher sa mort, il était bien loin quand le dirigeant du mouvement rebelle était mort. Depuis l’homme était perdu. Il s’était éloigné le plus possible du désert et il errait. Il ne savait pas où aller, qui il était. Les hallucinations avaient repris de plus belles et il se sentait mal au fond de lui. Il ne savait pas quoi faire. Il s’était éloigné du mouvement rebelle, non il l’avait déserté. Lui qui avait été une figure dirigeante, sans Kyran, il n’était rien qu’une âme peinée. Il avait une vague idée à qui écrire. Il n’oubliait pas Grace avec qui il s’était lié. Ils avaient partagé leur histoire de vie, échangé plusieurs heures. Ce n’était pas de l’amour passionnel, ce n’était pas du désir. C’était autre chose qui ne s’expliquait pas forcément. Il y avait, des fois, dans la vie des choses qui ne s’expliquaient pas. Eirik avait été dans une auberge et avait fait du troc pour pouvoir obtenir une buse pour envoyer un message. Emprunter un oiseau était monnaie courante, de toute manière, l’animal reviendrait au bercail une fois le message délivré. L’homme se demandait comment allait Grace depuis l’ouragan, il avait besoin de la voir, c’était vital. Il décida de lui écrire un message codé qu’elle seule comprendrait. Il lui donna rendez-vous aux ruines et signa « l’homme qui danse », elle seule comprendrait et se souviendrait de leur danse.

Il avait besoin de la belle rousse, elle lui était vitale. Il laissa l’oiseau partir en direction du village des pikunis, là où vivait cette femme qui semblait connectée à son âme. Eirik n’était pas pressé, il faudrait plusieurs heures à la buse pour arriver à destination et pour que Grace le rejoigne. L’homme lui avait donné rendez-vous le lendemain quand le soleil serait le plus haut dans le ciel. Il aurait le temps ainsi de dormir, de se lever et d’aller sur place. L’homme passa sa dernière soirée à l’auberge avant de s’endormir et de faire des cauchemars. Il était hanté par le passé, les démons et les morts qui ne le quitteraient jamais vraiment. Il se réveilla alors que le soleil n’était pas encore levé. Il avait décidé de partir avant l’aurore. Il alla récupérer son étalon gris et nerveux dans les écuries et partit en route des ruines. Il laissa l’animal galoper sur quelques mètres avant de le faire ralentir pour pouvoir tenir les distances. Le cheval avait besoin de se dépenser et il botta, agacé de devoir obéir à son cavalier qui claqua sa langue contre son palet, lui aussi contrarié à présent. « Suffit. » Les mots claquèrent comme les fouets de Rahjak et aussitôt l’animal s’apaisa. Il fallait être ferme, voire dur avec cette bête qu’Eirik avait récupéré voici bien des années d’une femme dont il avait oublié le nom, mais pas le visage. Cet étalon lui rappellerait toujours son ancienne vie et qu’il avait appartenu à des gens.

Plusieurs heures de monte après, il arriva finalement aux ruines et passa entre les maisons qui tenaient à peine debout. Certaines étaient en meilleur état et il pensa à la maison d’Elouan. Il aurait voulu sa maison à lui, mais cela n’être qu’un mirage pour Eirik. Il n’avait assurément pas les épaules pour avoir une maison et rester sur place. L’idée de voir Grace le mettait dans un certain état d’euphorie et d’impatience. Allait-elle venir à cheval ? Probablement, c’était du moins ce qu’il supposait. Eirik descendit de selle et alla attacher sa monture à un vieux poteau qui semblait encore solide. Il décida de faire un tour aux alentours pour s’assurer que la zone était en sécurité et que Grace ne risquait rien. Il avait un besoin féroce de la protéger. Il avait besoin de lui parler, de lui dire que Kyran était mort et que lui, et bah il ne savait pas quoi faire de sa vie. Son aventure avec Kyran à propos de la rébellion l’avait maintenu en vie, animé depuis sa tentative de revenir à Rahjak pour essayer de mourir. C’était son ami qui l’avait empêché de mourir là-bas. Il n’était plus que l’ombre de lui-même, les yeux cernés, une barbe dévorant son visage. Ses cheveux avaient même un peu poussé, pour dire dans quel état il se trouvait. Eirik entendit un bruit et tourna la tête. Lentement, il dégaina sa dague, prêt à chasser l’intrus. Il alla au-devant du bruit, ignorant si c’était Grace.

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Les mots. Les morts. Un air les sépare les uns des autres. Malgré tout, ils se rapprochent parfois, par hasard les uns pour soutenir, les autres pour éloigner.
Les mots ne sont que les accompagnants des morts. A travers eux, le présent s’éloigne du passé des mémoires. Qu’il se concrétise, s’affirme, éclatant cette vérité aux yeux de tous. Nul ne souhaite l’entendre, d’ailleurs personne ne sourit ce jour-là. Personne n’esquisse un trait fin sur ses lèvres le jour où les mots sont prononcés pour libérer le défunt de sa carapace terrestre afin qu’il s’envole dans l’univers céleste.
Aux morts funestes, les mots protestent. S’étendent, s’insurgent, s’étranglent, par le biais de l’intonation claire et propre de la voix. La réalité s’accroche, les rêves mélancoliques prennent de la distance, remplis de souvenirs. La pensée s’échappe au-delà des frontières du réel dans la quête d’un monde désormais disparu. Au temps sera lancé le blâme, à la fatalité, ou plus encore à l’univers.

Pauvres êtres insignifiants que nous sommes dans cette coquille, il ne nous reste qu’à lancer le contre-courant pour donner à la vie sa palette de couleurs et d’expression. Car si l’existence n’a pas de sens, alors autant lui donner celui qui satisfait le plus à celui qui n’a d’autre choix que de suivre cette évolution contrainte sur les sentiers d’une terre défrichée, sauvage. Aux mots encore sonnent cette douceur enfantine de l’insouciance. Qu’ils soient dans du recto ou du verso de la page, ils s’orientent  en courbes rebelles sans mesurer la surface stricte et contrainte de la matière sur laquelle se glisse la plume trempée d’encre. Déjà la mémoire s’échappe, à mesure qu’elle inscrit les lignes de la main sur le parchemin.

Les sentiers ressemblent à ces mots se promenant sur les lignes du palimpseste : à mesure que la végétation disparait, le chemin apparaît. Entretenus par les voyageurs égarés, de passage, habitués, qui sait combien de couleurs passent à travers ces lieux, ne laissant que de trace que les images des souvenirs que leur mémoire a emmagasiné ? Ou peut-être que ce détail n’aura de signification qu’une fois lié à d’autres détails pour former ensemble une unité pour faire sens. Ce leitmotiv est incessant, au point d’en devenir nécessaire, fondamental. Philosophie de vie, le sens se heurte au hasard, à l’insignifiance, l’errance. La pensée s’emballe, panique. Le cœur prend le relais, se contentant d’écouter. Quoi donc ? Cette vibration.

Ce battement séquencé, à fréquences irrégulières, offre une opportunité à celle qui nous lie d’exister. C’est ce qui l’anime, l’emporte au milieu de cette forêt. Accompagnée par son enfant qu’elle n’a pu se résoudre à encore une fois abandonner pour une raison à laquelle elle se raccroche. Elle n’est pas valable, c’est une occasion de plus de fuir face à ce qui l’angoisse. La peur de mal faire, de défaire, détruire. Fuir accentue en réalité toutes les craintes qu’elle tente d’éviter. Fatalement, le lien de la mère et de l’enfant se fragilise. A des fréquences succinctes, son cœur l’emporte au-delà de ses angoisses, qu’elle traverse sans ciller. Le chemin est long, le petit s’agite. Il ne parle pas. Toujours. A deux ans passés, pas un mot, pas un son n’a franchi sa bouche. Enfermé dans un mutisme profond, il sait pourtant exprimer ses besoins. Sans qu’un mot ne sorte de sa bouche. Son regard glace la plupart des adultes qui se sentent dévisagé, jugé par cet enfant qui se contente en réalité de les observer avec une intense clairvoyance. Il en souffrira, Grace en a parfaitement conscience. La différence a toujours suscité des angoisses diverses, propres à chaque individu. Daario ne sera pas une exception.

Le sentier escarpé est trop étroit pour le cheval qui refuse de le traverser. Mère et fils descendent, puis laissent leur monture à l’orée du bois touffu, au milieu de la clairière. Ces lieux désertés des populations humaines laissent place à un climat naturellement détendue. Le chaos vient majoritairement si ce n’est presque exclusivement que de la colère des Hommes. La nature ne se comporte finalement que comme une survivante aux cataclysmes, se frayant un chemin pour subsister. L’ouragan n’avait pas conforté sa pensée principale. Les morts. Les mots.

« Daario ? Daario ! »

Disparu de son champ de vision, le cœur de la mère s’emballe d’angoisses illusoires. Un égarement dans ses pensées a suffi à perdre le contrôle, chose à laquelle elle se raccroche face à l’aléatoire, le hasard. S’écartant du sentier, elle en oublie la raison principale de sa présence en ces lieux. Une missive d’un ami lui est parvenue. A travers les mots, les sentiments. Entre les lignes, un besoin, une nécessité de faire le déplacement pour Eirik. Le cyclone ressoudait les hommes entre eux, unique raison pour laquelle il aura été bénéfique. Ensemble, contre la catastrophe naturelle.
Soulagement.

« Tu es là petit chenapan »

Son attention un bref instant focalisée sur l’enfant se porte rapidement en direction du son à l’opposé de sa direction. Eirik. Ses prunelles dans les siennes suffisent à tourmenter son cœur : sa peine n’a pas besoin de mots pour s’exprimer. Elle le ressent, et c’est particulièrement douloureux à supporter. Peut-être est-elle trop sensible à la douleur d’autrui : son empathie souvent lui joue des tours. La tension sur ce couteau n’est qu’une manifestation supplémentaire à cette insécurité qui le ronge. Prenant la main de son fils, elle s’approche du guerrier, pose sa main sur son poignet pour détendre cette tension palpable, insoutenable.  

« Dis-moi »

Dis-moi ce que ce qui pèse si lourd à ton cœur.

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15/06/2015 Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye 368 Colin Farrell ABΔИDON ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak Rahjak 10



Il s’attendait à la voir, mais pas aussi vite, pas maintenant, alors même qu’il avait prévu ce rendez-vous. Il resta sans voix face à elle et surtout, face à un enfant. Lui avait-elle déjà parlé de cet enfant ? Peut-être, mais Eirik était dans un tel état qu’il avait la mémoire bien courte. Il regarda cet enfant au regard intense. La main de Grace sur son poignet le centra sur le présent et il leva son regard foncé sur la rousse. Il la regarda durant de longues secondes et décida de ranger sa dague. Elle était là, il était en sécurité. Il posa sa main libre sur l’épaule de la femme et souffla un grand coup. « Il est mort. » Elle savait des choses sur lui car il avait parlé. Eirik lui avait dit faire parti de la résistance. Mais maintenant tout était différent, il avait fui quand il avait appris la mort de Kyran. Il n’avait pu en supporter davantage. Il regarda la femme droit dans les yeux et souffla un grand coup pour essayer de se calmer. Il n’était pas ainsi habituellement. D’habitude, il était plus courageux. Là, il se sentait mal, tellement mal. Eirik passa une main sur son visage usée. Il ne se mettrait jamais à pleurer car ce n’était absolument pas son genre malgré toute la tension qui le traversait en ce moment-même.

« Il est mort. » Il ne précisa pas qui au début. Il l’avait juste et rien que le dire, cela l’épuisa. Il se sentit vidé de toute son énergie et prit une grande inspiration. « Ils l’ont eu. Il a été pris et ils l’ont tué, Kyran. » C’était la première fois qu’il disait ce prénom en l’associant à la mort et cela le fit frissonner. Le Rahjak se dit que Grace ne comprendrait rien à son histoire, qu’elle serait en proie à des doutes peut-être. « Il s’occupait de la résistance avec moi. » Il parlait pour deux. Il parlait comme jamais il n’avait parlé. Il parlait énormément. D’habitude c’était un taiseux qui n’enchaînait pas plus de deux mots et là, il les alignait. Il ressentait le besoin intense de parler, mais ne savait pas comment s’y prendre pour dire les choses biens. Peut-être que juste les dire était un début ? Après le comment, c’était probablement secondaire. « Je me suis enfui, je ne peux plus aider les miens. » Et les ombres envahirent son regard foncé. Il n’était qu’une ombre défaite, épuisée. Il haussa simplement les épaules comme pour avouer encore plus sa défaite, c’était ainsi et rien ne pouvait y changer. Il recula, il avait besoin d’air. Même s’il s’entendait très bien avec Grace, il avait besoin de respirer. Il avait l’impression d’étouffer. Il posa un instant son regard sur l’enfant aux côtés de son amie et cela lui rappela sa propre possible paternité. Il n’était même pas sûr d’être père, que ce bébé soit né, vingt ans auparavant.

Tout s’accumulait et il détourna la tête. La colère menaçait de le déborder, d’exploser, alors il respira un grand coup. Inutile de s’énerver, c’était ce qu’il se répétait. Mais la douleur était là, elle voulait s’exprimer et il l’étouffait depuis des semaines, depuis la mort de Kyran. Apprendre la mort de ce vieil ami l’avait complètement bouleversé. Il s’était cru immortel rien qu’un temps et il avait cru les autres immortels. Maintenant, Eirik découvrait que la mort était étrangement proche d’eux et que viendrait bientôt son heure. Il regarda Grace et se demanda quand viendrait son temps à elle. Il venait à peine de la rencontrer et il avait déjà peur de la perdre.

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