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˜˜˜˜˜˜I can't be strong all the time [Murphy]
maybe life should be about more than just surviving

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01/11/2015 Glacy Ezra 2319 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 173
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Sujet: I can't be strong all the time [Murphy]
Sam 27 Jan - 18:41


Le jour qui succédait à la nuit. La nuit qui succédait au jour. Jamais de changement. Toujours ce même perpétuel mouvement. Un aller-retour. Comme le tic-tac d'une horloge. Pourtant chaque jour était différent. L'impossibilité de définir quel jour il était précisément autant que je pouvais tenter de compter tenir le compte. Bien plus à l'aise pour me repérer dans les heures grâce au soleil. Non pas que la notion de temps avait une grande importance sur terre. Au fond la notion de temps n'en n'avait jamais eu sauf pour chronométrer chaque minute de notre vie. Cette volonté de ne pas en gaspiller une seconde comme si c'était une bouffe d'oxygène. Comme si une pépite d'or avait été trouvée, qu'il fallait conserver précieusement. Un trésor. Bien que nombre des trésors recherchés se retrouvait souvent dans les éclats des rires, dans des souvenirs que trop heureux. Chaque jour qui ne pouvait être similaire à celui précédent. Il y avait toujours un petit détail qui changeait. Un événement qui se produisait même si on ne l'avait souhaité. Le carrousel de la vie qui continuait de tourner imperturbablement. Personne ne pouvait l'arrêter. Autant qu'on ne pouvait éviter que le tic-tac de l'horloge continue de résonner. Il n'y avait rien à faire pour l'éviter. Et si certains mouraient, d'autres prenaient leur premier souffle. Un nouveau cycle qui continuait. Et toujours si peu de réponses à mes questions. Il n'y avait rien, rien que le vide ou des tentatives parfois vaines de le combler, de retrouver des sensations perdues. Ne sachant si la partie était encore gagnée. Parfois l'impression que le combat était toujours aussi vain, qu'on se battait pour du vent ou qu'on courrait juste après des chimères. La difficulté de toujours trouver cette lumière parmi les ténèbres. La difficulté de trouver le soleil qui se cachait derrière les nuages. Mais au final, c'était ce qui était fait. Peu importait l'heure et le jour, on n'en venait qu'à se relever. A croire qu'autant que l'espèce humaine était douée pour se tuer elle-même, autant elle était douée pour survivre.

Et mon regard qui ne pouvait que se détourner des étoiles. Le même spectacle imperturbable. Le seul qui ne semblait réellement changer. Pas de nouvelles teintes dans le paysage. Juste des étoiles qui étaient là toujours d'une manière ou d'autre, visibles ou non. Et toujours cette habitude de les retrouver même si pour ainsi dire j'étais toujours aussi incapable d'en nommer les constellations. Non pas que cela comptait réellement à mes yeux alors que le spectacle de la voûte céleste me suffisait, comme à chaque fois que je me retrouvais à l'extérieur de la chaleur du foyer, à marcher en silence ou juste là à contempler le ciel étoilé. Toujours ce même sommeil qui me désertait en qui en gagnait d'autres, même quand je n'étais de garde. Préférant parfois à vrai dire rester dehors la nuit et être de fonction que devoir me retourner sur le lit de campement. Comme s'il était plus facile de trouver le sommeil le jour ou quand j'étais totalement épuisé que la nuit. Et cette fois-ci debout de nouveau.

Un regard qui se détournait du ciel pour se poser sur le groupe de gardes un peu loin. Là, continuant de veiller dans l'ombre et ne pouvant que me diriger vers les cuisines silencieusement. Me repérant facilement alors que si je n'étais de la tâche, il ne restait pas moins que j'avais déjà pu mettre la main à la pâte comme n'importe qui. Et une nécessité que plus importante après que la tempête ait fait surface. Le campement qui n'avait toutefois pas été le plus touché ou qui ne s'était retrouvé dans l'oeil du cyclone même si des pierres étaient tombées, que la boue s'était écoulée le long du campement. Un campement qui avait toutefois repris une certaine forme. Et ne pouvant que ressortit du bâtiment consolidé emportant avec moi les boissons chaudes que j'avais préparé. Me dirigeant rapidement vers les gardes les plus proches bien que la personne que je recherchais n'était pas parmi eux. Une discussion qui ne pouvait que se dérouler. Des mots échangés, des renseignements trouvés avant que je n'en vienne qu'à me mettre en mouvement de nouveau. Que bien heureux de dégourdir mes jambes pour ne ressentir le froid. Et m'éloignant un peu plus de l'entrée du campement dans la direction indiquée pour finalement apercevoir la silhouette bel et bien recherchée. Immobile. En faction. Ce qui n'était toutefois mon cas, du moins pas pour cette nuit. M'approchant silencieusement bien qu'en n'en venant qu'à faire craquer des brindilles exprès pour qu'elle puisse me repérer facilement. Voulant autant éviter qu'elle ne puisse croire que je sois une potentielle menace. Ce qui n'était le cas même si notre relation était toute sauf des plus simples dernièrement. Et n'en venant qu'à m'approcher d'elle un peu plus, non sans garder une certaine distance par précaution. Toujours peut être ce bref instant d'hésitation alors qu'il était difficile de savoir sur quel pied danser même maintenant. Ce que je ne pouvais qu'arrêter de faire toutefois pour faire un pas de plus dans sa direction avant de lui tendre la boisson chaude. Me rappelant qu'elle avait toujours détesté ces nuits-ci où le froid prenait. « Tiens, je pensais que tu en aurais besoin. »

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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36174 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1314



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❝ I can't be strong all the time ❞
Murphy Cavendish & Chris Wilson
(27 janvier 2118)


La voix de Thaïs raisonnait encore dans son crâne, parfois. Elle n'avait pas besoin de la chercher pour la trouver. Elle glissait quelques mots dans le silence des nuits trop longues. Elle riait de ce qui faisait sourire Murphy. Elle n'avait plus vraiment quitté le village odysséen depuis que ses amis l'y avaient emmenée, portés par l'espoir vain que les médecins ici seraient mieux équipés. Elle n'avait plus vraiment quitté l'épaule de Murphy depuis que celle-ci l'avait vu s'éteindre, dans un de ces lits qui porteraient toujours la marque d'une vie disparue. Mais le monde continuait de tourner; les jours continuaient de laisser place à de trop longues nuits desquelles le sommeil restait le grand absent. Elle n'avait personne à blâmer pour cette perte. Elle se demandait parfois si elle aurait pu faire les choses différemment, être avec elle au moment où le cyclone avait décidé de la lier de la pire des façons à cet objet, courir plus vite pour prévenir Nadja. Elle pleurait la mort de la jeune fille avec une pointe de lassitude, comme si elle ne faisait plus qu'attendre la prochaine victime de ce monde. On lui offrait des amitiés et des relations qu'on lui reprenait aussitôt. Un an pour connaître quelqu'un comme Thaïs, c'était bien insuffisant. Elle se demandait tout ce qu'elle lui avait caché, tout ce qu'elle aurait encore pu découvrir d'elle. Elle pensait à tous les bouquins entassés dans sa tente, là-bas, qui attendaient une propriétaire qui ne reviendrait jamais. La vie continuait, mais un poids supplémentaire contribuait à l'ancrer au sol avec une force nouvelle. Elle se demandait de plus en plus souvent à quoi bon continuer tout ça, puisque même ceux qui auraient pu changer le monde pour le meilleur n'en voyait pas le lendemain, de ce monde. Alors, toutes ces idées, elle les avait laissées de côté. Elle avançait pas à pas, se souvenait de ce que sa mère lui répétait lorsque l'avenir lui semblait sombre, morose ou trop compliqué à appréhender. A chaque jour suffit sa peine.

L'hiver, par contre, ne paraissait pas encore prêt à tirer sa révérence. Il semblait à Murphy qu'il durait depuis une éternité. Elle avait oublié l'agréable douceur des rayons solaires au printemps, le parfum de la nature qui se réveillait progressivement, sortait de sa torpeur glacée. Elle avait oublié les sentiments qui la traversaient entière lorsqu'elle se sentait à sa place, lorsqu'elle se sentait appartenir au monde, désirée par lui. Elle avançait à une cadence lassée, n'osait plus réellement se retourner vers un passé qui ne faisait qu'humidifier ses iris tristes. Elle enchaînait les patrouilles et les gardes avec une détermination dont elle cherchait encore le moteur. Pour une raison qui lui restait totalement inconnue, elle s'accrochait désespérément à l'idée de revoir le printemps. Elle y liait une renaissance et un espoir qui lui paraissaient capables de la libérer de tout ce qui la retenait. Mais avant de le voir réapparaître, il fallait traverser l'hiver, et là résidait tout le défi qu'elle relevait pas après pas, jour après jour.

Antarès devait dormir auprès de Tennessee. C'était là qu'elle l'avait laissé, et c'était là qu'elle le souhaitait. La nuit était tombée à une heure qui paraissait encore irraisonnable et ridicule, mais c'était ainsi que le voulaient les lois de la physique. Les gardes se relevaient, les habitants du village se retrouvaient pour manger. Les heureux élus chargés de la surveillance des lieux restaient dans le froid, s'accrochaient à l'idée d'un peu de chaleur plus tard dans la nuit. Murphy détestait ces tâches. Elle détestait rester fixe, trouvait impossible de demeurer vive dans une situation qui poussait à l'ennui. Mais plus que rester immobile, elle détestait rester immobile dans le froid, se sentir coupable de son manque de vigilance qui croissait au fur à mesure que l'ennui prenait le pas sur le reste. Elle se forçait à faire quelques pas lorsqu'elle le pensait nécessaire; ça réveillait l'esprit autant que ça irriguait les membres gelés. Mais dans la nuit on n'entendait que les pas des collègues au loin, quelques mots ou rires de temps en temps, et ne demeurait que le noir et le silence. Chaque minute ressemblait à celle qui l'avait précédée et celle qui allait la suivre. Murphy soupirait lourdement, se donnait bonne conscience en scrutant de toute sa concentration les formes obscures qui bordaient la palissade. Du haut de sa tour de guet, elle avait une vue privilégiée sur les alentours, pouvait voir les lueurs du grand feu de camp au centre du village. Elle enviait la chaleur qui devait en émaner et enfonçait un peu plus son bonnet à chaque fois que son regard le croisait. Elle avait posé son arc dans un coin de la petite tourelle mais les flèches étaient accrochées dans son dos, comme pour lui rappeler constamment qu'il fallait qu'elle demeure vigilante. Elle n'avait jamais eu à regretter son ennui pendant ses nuits de garde, mais elle savait qu'il suffisait d'une fois pour que tout bascule, et elle ne voulait pas connaître ce regret-là. Elle utilisait toutes les armes à sa disposition pour ne pas se laisser happer par la fatigue.

Il pouvait être une heure ou trois heures du matin, Murphy n'était plus très sûre. Elle attendait qu'on vienne la libérer de cette garde qui n'en finissait plus. Une fois les derniers habitants partis se coucher, il ne demeurait plus que ceux contraints à rester éveillés pour permettre aux autres de dormir, et chaque heure ressemblait à la suivante jusqu'à ce que le monde s'éveille à nouveau. Elle se pencha au-dessus de la petite palissade de la tour, du côté intérieur, en entendant la neige craquer sous des pas et soupira sans s'en cacher en reconnaissant la silhouette qui la rejoignait. Elle retourna se poster du côté extérieur et s'accouder au garde-corps en attendant qu'il arrive en haut de la petite tour. La voix de Chris s'éleva dans les airs glacés, confirmant ses premiers soupçons. Elle ne lui accorda d'abord qu'un bref coup d'oeil, feignant un intérêt soudain pour l'extérieur du camp, et, après s'être offert quelques secondes, se retourna, s'appuyant à la balustrade. « Tu l'as empoisonné ? » demanda-t-elle en désignant le gobelet d'un mouvement du menton mais d'un air peu convaincu, qui tendrait presque à laisser entendre qu'elle était lassée de ses propres remarques. « T'es pas de garde, cette nuit ? »

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01/11/2015 Glacy Ezra 2319 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 173
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Un bref coup d'oeil. Tout ce que j'ai eu droit. Et ne pouvant que faire comme si de rien n'était, comme si je ne l'avais pas vu se désintéresser subitement de mon arrivée alors que je n'avais fait qu'un pas vers elle. Tout qui indiquait que je n'étais pas le bienvenue. Non pas que j'avais fait de même avant, non pas que j'avais autant repousser des personnes. Le revers de la pièce de monnaie même si j'avais cru que des progrès auraient pu être faits. Visiblement une erreur ou la jeune femme qui était juste rancunière, particulièrement. Ce que je savais déjà toutefois avant. Non pas que le détail avait réellement compter quand j'avais pris cette décision. Et la discussion au sein du bunker n'avait rien fait pour arranger les choses. S'il me semblait que Devos avait été lui parlé, il ne restait pas moins que je ne lui avais pas demandé comment cela s'était passé. Son visage suffisament expressif pour répondre à ma question. Une tâche difficile, celle de regagner sa confiance. Que conscient qu'il paraissait impossible de pouvoir revenir sur ce qui s'était passé. Que conscient qu'il était sans doute impossible de créer le lien que nous avons. Un lien qui s'était un peu créé par hasard. Si je la connaissais, sachant qu'elle était la meilleure amie de Faust, il ne restait pas moins que nous ne nous étions jamais réellement parlés avant que l'odyssée s'écrase sur terre. Et maintenant il semblerait que cette relation revenait à son point de départ, ou qu'il semblait difficile de croire qu'il était possible de recréer quelque chose sur ces ruines. Non pas que je ne voulais pas tenter. Cette pointe d'espoir qui était finalement de retour. Plus décidé à voire le verre à moitié vide, préférant désormais de nouveau voir le verre à moitié plein. Et tentant de le faire alors qu'elle ne m'avait toujours pas tué. Ne pouvant que me demander si elle le voulait, sans doute que si elle en avait la possibilité, peut être que l'idée se serait immiscé dans son esprit et qu'elle aurait réalisé ce plan. Une question. Mais par ailleurs, elle ne m'avait pas non plus repoussé ou giflé, elle m'avait juste accordé un bref regard avant de s'en désintéresser. N'ayant besoin de plus pour prendre ce geste de sa part comme une invitation silencieuse pour m'avancer. Se retournant finalement alors que je lui tendais le gobelet. « Tu l'as empoisonné ? » « Non, je ne suis pas vicieux à ce point. Et puis le poison n'est-il pas l'arme des faibles, à moins que ce soit celui des femmes, je ne sais plus.. » Ce qui me semblait être le cas, bien qu'il y avait cet bref instant d'hésitation où je ne pouvais que chercher à me rappeler quelle était la phrase exacte. Non pas que cela importait. « Est-ce que tu veux que je boive dedans en premier pour apaiser tes craintes ? » Une question, tentant d'empêcher la petite pointe de moquerie qui allait avec. Que conscient qu'il y avait autant de possible que chaque remarque devienne une arme que je me planterai moi-même dans le coeur. Ce que je ne comptais faire même s'il semblait qu'un peu compliqué d'oublier les pointes de sarcasme, de moquerie alors que c'était légèrement ridicule. Ne comptant pas la tuer. Ne m'étant sans doute aucun doute pas donné tout ce mal pour la tuer, mais la méfiance était là. Tout comme elle avait existé avant. Et une barrière que j'allais tenter d'abaisser, si je le pouvais.

« T'es pas de garde, cette nuit ? » « Non. » Et ne pouvant que me déplacer pour m'appuyer la balustrade contre son tour non sans lui donner le gobelet un peu de force. Si elle ne voulait le boire, elle pouvait toujours se réchauffer les mains avec. La possibilité de préciser que non, je n'étais pas de garde, ayant fini avant, que j'allais toutefois reprendre dans quelques heures. Mais je ne précisais pas cette information, de même que je ne lui précisais pas que le sommeil n'était pas au rendez-vous. Qu'un rendez-vous de plus avec le ciel étoilé et mes pensées. Bien que cette fois, il n'y avait personne pour se tenir à mes côtés alors que Mila semblait avoir trouvé le sommeil. Ce qui était sans doute mieux alors qu'elle méritait de trouver la paix. Chacun le méritant. Seulement, le vide ne se produirait pas ce soir. Peut-être demain soir mais en attendant je restais éveillé. Et ne pouvant que lever le gobelet pour en prendre une gorgée. Ayant presque pu trinquer avec elle, mais là encore je ne l'avais fait. Comme si je préférai apprécier le silence qui résonnait alors que j'observais la voûte céleste. Comme si je préférai apprécier ces quelques minutes de répit avant que la conversation ne soit réellement lancée, avant que je ne vienne prendre la parole ou elle à son tour. Et que lui dire, que ce n'était pas pour lui parler que j'étais venu, simplement parce que je me rappelais qu'elle détestait ces nuits-là, que j'avais juste agi instinctivement pour lui apporter une boisson chaude. Sans doute un peu léger comme raison, bien que ce n'était pas moins la vérité. Non pas que cela ne voulait pas dire que je n'avais pas de sujets à discuter avec elle. Mais à cet instant, je préférai juste prétendre que tout était comme avant. Du moins, c'était l'impression que j'avais pendant un bref instant si l'on pouvait faire abstraction du reste. Comme cette fois où je m'étais retrouvé à venir la voir, lui apportant une boisson chaude avant de me tenir à ses côtés pendant un moment. Le silence suffisant. Manquant ces moments-là avec elle.


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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36174 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1314



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❝ I can't be strong all the time ❞
Murphy Cavendish & Chris Wilson
(27 janvier 2118)


La rudesse récente du monde avec elle était venue avec une pointe de nostalgie nouvelle, qui semblait peu à peu transformer les anciens réflexes de Murphy. On ne bâtissait jamais rien sur la rancoeur et elle en avait toujours eu conscience, mais ce rappel à la mort et à la vie venait avec tous les regrets de ce qui ne pourrait jamais arriver. Il ramenait de la façon la plus concrète à la simplicité, à ce qui comptait, à ce qui devrait compter. Elle n'oubliait pas le passé, elle n'oubliait pas tout ce qui l'avait torturé pendant des mois, tout ce qui la torturait encore. Mais la douleur l'avait lassée de ce qui était désespéré. Ne comptait plus à nouveau que ce qui valait la peine d'être défendu, ce qui valait la peine que l'on se batte. Elle attendait février avec crainte, en avait fait son ultime objectif. Après février se reconstruirait un tout autre avenir où elle ne serait plus porteuse de la nouvelle mais en deviendrait réceptrice à part entière. Et après février s’installerait progressivement un printemps dont elle attendait plus que le raisonnable. En attendant, pas après pas, elle encaisserait ce qui aurait à l'être, accepterait ce qui devait l'être.

Et dans ce qu'elle devait gérer, elle n'aurait jamais deviné trouver Chris. Elle avait tiré un trait sur lui depuis bien longtemps. Elle aurait dû comprendre aux premiers signes que rien ne serait plus jamais comme avant, mais elle s'était obstinée un peu trop longtemps. Elle n'avait pas voulu croire aussi facilement qu'on puisse lui refuser une place à ses côtés, même quand on subissait les pires épreuves que pouvait imposer la vie. La chute en avait été d'autant plus vertigineuse. Chacun des gestes du garde avait nourri la haine qu'elle éprouvait à son égard depuis qu'elle s'était fait une raison. Sa stupidité avait atteint son paroxysme lorsqu'il avait défendu Devos et tout s'était brisé soudainement; le moindre espoir de le voir revenir dans sa vie s'était évanoui en même temps que les dernières traces de respect qu'elle avait pour lui. Elle se demandait maintenant comme elle avait pu supporter de lui tout ce qu'elle avait supporté. Elle se rappelait avec regret des remarques que Richard avait pu lui faire, lui qui n'avait jamais compris ce qu'elle pouvait lui trouver. Elle non plus ne comprenait pas la Murphy qui s'était attachée à Chris. Les protections abaissées par un deuil commun, sans doute. Avait-il seulement été toujours aussi stupide ? Il lui arrivait parfois de penser que non, que leur amitié avait été sincère et réelle, et puis lui revenait en mémoire toutes les raisons qui l'avaient poussé, lui, à se rapprocher d'elle. Depuis le début, il n'avait eu aucun honneur. Depuis le début, il n'avait eu aucun respect pour elle.

Mais si elle devait réapprendre à vivre avec, alors qu'il en soit ainsi. Il ne lui inspirait plus que de l'indifférence, de toute façon. Il ne méritait plus ni sa haine ni le moindre signe de son intérêt. Il avait perdu ce privilège au moment où il avait laissé entendre que son avis importait peu et qu'elle était une gamine capricieuse. Qu'il la rejoigne en haut de la tour de guet qu'elle habitait pour la nuit ne lui faisait plus guère ni chaud ni froid. Elle attendrait qu'il comprenne de lui-même qu'il n'était pas le bienvenue ici. Elle accepterait quelques quelques banalités si c'était ce qu'il voulait. Elle n'accepterait pas davantage. Elle était armée, désormais; elle n'avait plus ni la force ni le courage d'opposer à sa stupidité des arguments qu'il ne prendrait pas la peine d'écouter, elle n'avait plus l'envie de lui faire entendre raison.

La question fut accompagnée d'un rire jaune et d'un haussement de sourcils qui exprimait déjà tout le découragement de Murphy. Si ça ne lui avait pas coûté le peu d'énergie que la nuit avait laissé, elle se serait sans doute montrée davantage inquisitrice. Mais à dire vrai, elle se moquait bien de la présence de Chris en ces lieux et des raisons qui l'avaient mené jusqu'ici. Elle savait reconnaître une cause désespérée lorsqu'elle en voyait une. C'est un rire grinçant qui répondit à Chris. « Les faibles et les femmes, du pareil au même, non ? » ironisa-t-elle, amère, sans quitter du regard le domaine extérieur du village, celui qui était isolé de leur lieu de vie par de hautes palissades qu'ils protégeaient jour et nuit. Chris n'avait pas perdu de ce truc qui l'agaçait dès qu'il prenait la parole; de la stupidité ou de la maladresse, elle n'était plus réellement sûre de ce dont il s'agissait. La vraie différence, dorénavant, c'était qu'elle s'en moquait bien. Qu'il confonde les faibles ou les femmes, qu'il les lie les uns aux autres avec tant d'aisance si ça lui chantait. « Non merci », lâcha-t-elle en levant la tête vers lui avec un sourire fugace qui prédisait déjà de la teneur du reste de sa réplique, « t'es sûrement porteur de toutes les souches de l'herpès et je suis pas aussi accueillante. » Le regard plissé par son manque de clémence, elle attrapa le gobelet qu'il lui tendait et le posa sur le rebord de la rambarde de bois, à côté de son coude. « Merci », lâcha-t-elle dans un soupir en reportant toute sa concentration sur la surveillance, qui restait, la présence de Chris ne suffisait pas à le lui faire oublier, sa mission dont elle était responsable cette nuit.

Non, il n'était pas de garde ce soir. Elle en voulut une seconde à Richard de l'avoir épargné au moins cette nuit-là, mais ne pût se résoudre à lui en tenir rigueur plus longtemps. Richard faisait son travail, voilà tout. Il avait réussi à la faire échapper à bien des gardes de nuit elle-même; elle se considérait déjà bien privilégiée pour en demander davantage de son ami barbu. « Du coup tu te fais chier au point de venir faire chier les autres, c'est ça ? » demanda-t-elle peu aimablement sans plus aucune de cette bestialité qui avait caractérisé l'amie blessée. Elle n'était plus ni son amie, ni blessée.

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« Les faibles et les femmes, du pareil au même, non ? » Et levant les yeux au ciel aussitôt. « Tu sais que je déteste quand tu fais cela, quand tu mets des mots dans ma bouche que je n'ai pas dit ou que je ne pense pas. Même si on a nos différents, je pensais que tu savais au moins que je n'ai jamais assimilé des femmes à des faibles. Et ce n'est pas comme si je le ferai demain non plus. » Détestant réellement quand elle faisait cela. N'ayant jamais sous-estimé les femmes, ou pensait qu'elles étaient faibles, que fier quand une nouvelle intégrait les rangs du corps militaire. Loin de penser qu'elle n'avait pas leur place ou était incapable de faire les mêmes choses que les hommes ou de combattre, autant que j'avais pu taquiner Rachel sur ce point. Et que lors de ma rencontre avec Arméthyse, je n'avais pu que voir que ce fait était véridique. Froissé cette fois-ci car il était certain que cela ne serait jamais des mots que je prononcerai ou assimilé ensembles. Non pas que j'aurai pu m'attendre à autre chose alors que tous les moyens semblaient bons pour creuser un peu plus en large ce fossé. Non pas que j'allais compter la laisser faire.

« Non merci » Un gobelet reposé. Un geste que je m'étais attendu qu'elle aurait. « t'es sûrement porteur de toutes les souches de l'herpès et je suis pas aussi accueillante. » « Qu'un pas entre l'amour et la haine... » Ce qui n'était pas tant une question qu'une remarque. Ne parlant toutefois pas de cet amour fusionnel, si ce n'était fraternel à cet instant. « Tu peux pas me haïr pour toujours tu sais cela ? » Ou si c'était le cas, elle allait s'épuiser à la tâche. Espérant qu'elle ne le ferait pas même si elle avait été clair sur le fait que j'avais été rayé de sa carte. Non pas que je ne pouvais pas tenter le coup, autant que sa remarque avait rebondi. « Merci » « Pour ? » Et surpris car ce n'était pas un mot que je ne pensais pas entendre, presque à m'en demander la soudaine signification ou si ce n'était qu'ironie. Comme s'il était trop beau pour l'accepter en ne disant rien, en l'appréciant simplement.

« Du coup tu te fais chier au point de venir faire chier les autres, c'est ça ? » « A la base je ne comptais pas venir, et vu ton accueil il serait aussi tentant de repartir aussitôt, mais je pense que je vais rester un peu plus longtemps. » Et sincère alors qu'en effet, je ne comptais pas venir. Mais que conscient que partir était ce qu'elle demandait. Et ne comptant pas la rendre si heureuse en partant, alors qu'au contraire, je comptais bien rester et voir un peu plus où cela pourrait aller. Même s'il était certain que tout moment de sérénité allait s'effacer quand elle prendrait la parole, au moins elle aurait moins froid si elle s'énervait. Et qu'un sourire qui manquait de naître sur mon visage alors que je reprenais une gorgée.

« Tu n'en n'as pas marre qu'on se batte toujours. J'ai compris tu as pas aimé que je prenne le parti de Devos, que je te compare à une gamine capricieuse. Mais tu ne penses pas qu'il y a les mots qu'on dit dans une situation et ceux qu'on pense réellement à propos d'une personne ? Ou ce titre ne s'applique qu'à toi princesse ? » Des mots que j'avais dit dans le bunker. Un sujet que j'osais aborder sur le tapis même si je savais que cela n'allait sans doute apporter que cris et éclats de colère. Sachant qu'elle m'en voulait à cause cela, et un surnom que je n'avais pu qu'utiliser même si elle l'avait toujours détesté. Tentative d'avoir une réaction de sa part. Préférant avoir une réaction de sa part que de l'indifférence alors qu'il était certain qu'on ne se mettait pas dans tous ces états pour une personne qui ne comptait pas, du moins, c'était ce que j'avais toujours pensé. « Je pense toujours que se battre entre nous cela mène à rien, ce qui veut pas dire qu'on doit pas se battre pour nos amis ou les personnes auquel on tient. Tu penses vraiment que c'est pas mieux de vivre, de profiter de ces amis tant que l'on peut que de perdre du temps à se battre ? » Et c'était la vérité alors que je trouvais inutile de se déchirer comme on tenterait d'avoir le dernier morceau de viande. Une vie qui valait d'être vécue et non d'être gaspillée à des tourments selon moi. Une vie qui était bien trop courte alors qu'il était si facile de perdre des amis qu'on tenait et ressentir le poids de la culpabilité parce qu'on avait été trop fier pour ne pas revenir en arrière. Un arrière-goût amer qui était toujours même lors de ces nuits-là, autant que je pouvais tenter de l'effacer par tous les moyens possibles.

« Qu'est-ce qui t'es arrivée ? Tu étais toujours celle qui se battait pour les autres, toujours admiratif devant cela. Je sais que cela n'a jamais été mon cas, que je trouvais toujours plus... certain, sûr de repousser les autres pour qu'ils souffrent pas par la suite des conneries que je débite, et pour pas souffrir moi-même, mais toi tu as toujours été celle qui se battait pour les autres, même pour les causes perdues. Qu'est-ce qui s'est passé ? » Ayant en effet toujours été admiratif devant ces personnes qui ne cessaient de se battre pour ceux qu'ils aimaient, même si cela semblait vain. Ce que je n'avais jamais réellement fait, autant que je pouvais tenter de changer. Mais pour autant, il y avait que ces questions qui flottaient dans ma tête alors que je ne pouvais que me demander pourquoi elle avait arrêté de se battre. Ne pensant pas tant à moi qu'à une situation plus générale alors que malgré les murs, à cet instant tout ce qui me laissait penser était qu'elle n'était que vulnérable. Et ce soudain désir de la prendre dans mes bras même si je savais que faire cela, ne ferait que l'énerver davantage. Non pas que l'idée n'était pas là tentante, même si elle pourrait peut être que me détester pour avoir seulement cette idée.

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❝ I can't be strong all the time ❞
Murphy Cavendish & Chris Wilson
(27 janvier 2118)


Si elle avait eu un moyen quelconque de s'épargner la présence de Chris, nul doute que Murphy en aurait fait usage. La tranquillité et le calme de la nuit, aussi ennuyante puissent-ils la rendre, lui manquèrent dès qu'elle comprit qui faisait craqueler la neige en contrebas de la tourelle de garde. Mais elle n'était plus dans la défense et encore moins dans l'attaque. Chris ne méritait plus rien de tout ça. Il ne méritait plus la moindre de ses émotions et puisqu'il possédait le pouvoir de lire dans les esprits, il s'en rendrait compte bien assez tôt -mais sans doute déjà trop tard pour changer les choses. Il avait laissé passer trop de chances pour avoir le moindre espoir, maintenant, d'en saisir une. Qu'il continue d'essayer; au moins il trouverait le moyen de flatter son ego sans en passer un mot, et au pire il continuerait de racler les fonds sous-marins à la recherche de la moindre once de respect qu'elle pouvait encore avoir à son égard.

Et les fonds-marins, il les explorait encore avec toute la maladresse qui le caractérisait. Le voilà qui s'emportait dans une grande tirade qui la fit lever les yeux au ciel. Elle abandonna l'écoute de la diatribe passionnée au bout de quelques mots à peine, ferma les écoutilles et offrit à nouveau toute son attention à la tâche qui l'avait amenée en haut de cette tour de garde en pleine nuit. Le sentinelle révolté à côté servait au moins à lui redonner une vivacité et intérêt perdu pour son poste de garde et toute la responsabilité qu'il impliquait. Il pouvait continuer à s'égosiller, peut-être qu'au final, ça lui rendait au moins un peu service. « Ouais ouais c'est ça... » souffla-t-elle quand enfin le silence fut revenu, lasse, exprimant plus que clairement tout le manque d'intérêt qui était le sien. Maintenant, elle ne répondait plus, ne contre-attaquait plus, ne surenchérissait plus : elle se contentait d'ignorer, d'attendre et de laisser passer. C'était inutile de se battre pour des cas désespérés, et il lui avait fallu du temps pour le comprendre. Heureusement pour elle et pour la leçon qu'elle en avait apprise, elle avait fini par faire la rencontre de Chris.

Et quand il lui proposa de tester la boisson pour elle, Murphy ne manqua pas l'occasion. Elle était trop belle. Une petite remarque piquante, mais pas une attaque. Elle aurait pu la faire, plus taquine, à un ami. Mais Chris n'était plus un ami et elle était à peine taquine. Elle blaguait sans être sûre de vraiment le faire. Mais l'amour et la haine... que venaient-ils faire là ? Murphy s'était encore trompée au sujet de Chris. C'était peut-être plus courant que ce qu'elle aurait aimé admettre, d'ailleurs, mais la stupidité était l'un des traits les moins prévisibles, après tout, non ? « Te haïr ? » s'esclaffa-t-elle en haussant un sourcil moqueur, « t'aimerais bien. » Il se donnait beaucoup plus d'importance que celle qu'il avait. C'était beaucoup moins fatiguant de les abandonner, les cas désespérés. Lui, celui qui abandonnait, devrait au moins comprendre ça. Elle ne pouvait pas haïr quelqu'un qui était redevenu un parfait étranger à ses yeux. Elle ne ressentait guère plus que de la pitié à son égard. Elle se demandait comment il arriverait à progresser dans sa vie avec de telles façons de la considérer et la si faible considération qu'il avait pour n'importe qui d'autre que lui-même.

Pour... pour quoi ? Elle lui jeta un coup d'oeil étonné, se demanda un instant s'il s'était senti agressé. Peut-être allait-il finalement comprendre toute l'indifférence qu'il lui inspirait et passer à autre chose. Elle était devenue la neutralité face à toute la haine qu'elle avait autrefois déversée et qui n'avait jamais mené nulle part. « Merci pour le jus d'herpès parfumé au cyanure », lâcha-t-elle en désignant du menton la boisson qu'elle avait posée à sa gauche, sur la rambarde de bois. Elle n'y touchait pas encore. La boisson chaude serait la bienvenue un peu plus tard, peut-être. Elle était encore trop concentrée l'extérieur du village pour laisser ses doigts se réchauffer et lui rappeler à quel point elle souffrait des températures que seules les nuits hivernales savaient apporter.

La question qu'elle posa ensuite était presque polie mais totalement neutre et indifférente. Elle ne voulait pas engager la conversation ou l'entendre épiloguer sur un des termes choisis ou la question elle-même. C'était le genre de civilités détachées qu'elle réservait à ceux dont les réponses ne lui importaient guère, aux inconnus et à tous qui ne retenaient pas son attention. La réponse de Chris, par contre, ne se fit pas attendre, toujours aussi cinglante qu'au premier jour, lui rappelant à quel point il pouvait être difficile de se débarasser des parasites les plus tenaces. Comme elle l'avait déjà trop fait depuis qu'il s'était joint à elle, Murphy leva les yeux au ciel et soupira. Quand il partit dans une énième de ces répliques infinies, elle s'accouda au garde-corps et posa son menton sur son poing fermé sans cesser d'observer les alentours. Quelques mots de l'homme parvenaient à rejoindre son cerveau épuisé par le silence qu'il brisait de sa simple présence. Elle rit jaune à plusieurs reprises, haussa les sourcils encore plus souvent, mais ne le coupa pas. Elle n'avait plus la passion qui nourrissait les débats et insufflait l'envie immédiate de prendre la parole. « Si, je pense qu'il faut mieux arrêter de se battre et profiter de nos amis. » Elle leva son regard fatigué vers lui. « Moi, maintenant, j'y arrive très bien, merci de t'en inquiéter. » Mais il reprit la parole comme s'il était détenteur des grandes vérités du monde. Le sang de Murphy restait impassible face à l'éloquence de l'homme, preuve ultime de tout le désintérêt qu'il lui inspirait. « Je me bats toujours pour les autres. Juste plus pour toi. » Elle haussa les épaules et laissa à nouveau son regard vagabonder sur les hauts arbres enneigés dispersés sur le terrain de l'ancienne ville qui n'appartenait pas à celle qu'ils avaient choisi de reconstruire. Il s'était passé lui, en fait, et il était tellement égocentrique que Murphy s'étonna qu'il ne se rende pas compte de tout ça. C'était lui, le problème. Devos avait merdé, mais les choses n'avaient jamais été pareilles avec Devos. Il ne s'était jamais vraiment agi de lui. Il s'agissait de tout ce que Chris s'était évertué à lui révéler de lui-même au fil des mois. Il était même devenu assez stupide pour penser que c'était elle qui avait changé. Quelle hypocrisie. « Et deux minutes après avoir prétendu ne pas être sexiste, je t'aurais plutôt conseillé d'éviter de m'appeler princesse. Ça joue pas en ta faveur. » Elle haussa les épaules; car après tout, au point où il en était...  Bercée par un calme olympien, elle continuait de scruter les environs. « Les mots sont toujours importants. »

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« Ouais ouais c'est ça... » La difficulté de trouver un terrain d'approche, de juste réussir à éveillé son intérêt ou de trouver une base. Comme en face d'un mur. Des tentatives pour obtenir des réactions qui échouaient. Que des claques à la figure. Et des joues qui se marbraient de rouge sans même l'être. « Te haïr ? » Haussant les épaules. « t'aimerais bien. » « Peut-être. Au moins je saurai que tu ressens quelque chose. » Tentative d'être nonchalant alors qu'en effet c'était ce que je recherchais. A la recherche d'une simple réaction de sa part. La colère, la haine et la brutalité des mots que plus envisageable que ce silence et cet air d'ignorance qu'elle affichait alors qu'elle ne répondait que par automatisme. Comme un robot dont il fallait désarmer le système et dont je ne connaissais les rouages. Mais pas moins sincère alors qu'en effet là était la vérité. Pas moins un échec, ce qui était certain.

« Merci pour le jus d'herpès parfumé au cyanure » « Je pense pas qu'on puisse trouver aussi facilement du cyanure, et puis si j'avais voulu t’empoissonner ou te tuer, j'aurai trouvé un autre moyen de le faire. » Ne désespérant pas même s'il n'était qu'enrageant de voir cette boisson chaude se refroidir. Jetant un coup d'oeil à la mienne qui n'était encore terminée, presque tenté de boire des gorgées de celle que j'avais préparé pour elle. L'objectif d'avoir une réaction de sa part ou simplement le sentiment que c'était du gâchis. « Tu sais que cette boisson ne t'a rien demandée ou ne t'as rien fait. Elle attendait juste d'être bu mais si tu en veux pas, préfère l'insulter, cela me dérangera pas de la boire. » Une boisson qui n'avait véritablement rien demandé et qui se retrouvait à être insultée, maltraitée, comparée de la pire façon qu'il soit. Même si je ne faisais qu'embellir tout ceci, manquant de ne pas paraître offusqué. Comme s'il était trop compliqué de boire une gorgée de boisson chaude. N'attendant pas forcément un remerciement, mais pas moins conscient qu'elle avait toujours détesté ce froid qui engourdissait les membres et ces nuits-ci. Trop de fierté des deux côtés. « Mais si j'en bois une gorgée, tu voudras plus jamais y toucher donc autant que tu te décides si tu veux en boire une gorgée pour te réchauffer ou si je la finis. » Tentant toujours de pousser le bouchon un peu plus loin même si à première vue cela ne semblait compliqué, et qu'il ne restait pas moins vrai qu'une simple boisson chaude ne serait sans doute pas suffisante à mes yeux pour ressentir un élan de chaleur.

« Si, je pense qu'il faut mieux arrêter de se battre et profiter de nos amis. » Un point sur lequel nous étions sur la même longueur d'onde. « Moi, maintenant, j'y arrive très bien, merci de t'en inquiéter. » Passant une main dans mes cheveux. Manquant d'attraper mes lames. Me morigénant d'être nerveux. Toujours ces mêmes ombres au tableau alors qu'en effet je m'inquiétais. Même s'il était plus facile de faire du mal aux autres que de leur montrer qui on était vraiment, que tout n'était pas qu'égocentrisme. Un masque qui s'était forgé. Et depuis il n'y avait rien sauf peut être le vide pourtant ce n'était que mensonge de laisser croire que je ne pensais qu'à moi. Ou peut qu'être qu'un éclat de la réalité. Ce qui faisait autant peur. La peur de lui ressembler. Et ces mêmes mensonges dans lequel je m'enfonçais. Tel père tel fils alors que je commettais les mêmes erreurs. Lui ressemblant bel et bien. Mais ce n'était pas tant pour moi que j'étais pour inquiet que réellement pour elle. La fatigue lisible sur son visage. Et qu'un regard scrutateur alors que sa réaction face à la mort n'était pas la même. Les corps qui continuaient de tomber et à la fin les mêmes qui continuaient de se réveiller. Et un sujet que difficile à aborder alors que dans un sens à ses yeux je n'aurai sans aucun doute droit de lui demander comment elle allait réellement alors que mon nom avait été rayé de la carte. Qu'une difficulté d'aborder certains sujets que vulnérables. « Je me bats toujours pour les autres. Juste plus pour toi. » Et ne lui demandant pas de se battre pour moi si ce n'était pour ceux qui ne pouvaient se protéger d'eux mêmes. Préférant qu'elle se batte pour les personnes du rébellion ou ses amis comme elle disait plutôt que pour moi. Et ne pouvant que me demander si elle rangeait Devos ou Tennessee dans la même catégorie, ou ce si ce n'était que moi qui était rangé là. Une question que je ne posais toutefois pas alors que les traits de son visage étaient suffisants pour me donner une réponse. « Et deux minutes après avoir prétendu ne pas être sexiste, je t'aurais plutôt conseillé d'éviter de m'appeler princesse. Ça joue pas en ta faveur. » « Je doute que quelque chose joue en ma faveur depuis le début, donc j'imagine qu'au point où j'en suis... » Haussant les épaules. Aucun point d'ancrage. Aucun. Ne réussissant à trouver aucune faille. Une gorgée avaler. Comme por faire avaler cet arrière-goût amer en bouche que j'avais moi-même créé. « Les mots sont toujours importants. » Ce que je ne pensais pas. Les mots qui se révélaient être des mensonges, des illusions. Un avis que je ne partageais pas, alors qu'à mes yeux seules les actions comptaient. Certes les mots étaient importants car ils pouvaient autant blessés que permettre d'apaiser un coeur, mais à la fin il ne semblait que rester des illusions.

Mon regard qui se reportait sur la voûte céleste. Une gorgée d'avaler. Comme si la chaleur pouvait vaincre la froideur de ce silence. Un silence qu'il était peut être préférable de retrouver alors que rien qui ne semblait être dit ne semblait être digne de son intérêt ou retrouver grâce à ses yeux. Tout ce qui était cassé ne pouvant être réparé même si on essayait. Et des sujets que difficiles à aborder alors que aborder le sujet du rébellion était autant compliqué que prononcer le prénom de Thaïs. Et mon regard qui se reportait pas moins sur elle. « Comment tu te sens réellement ? »

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Murphy Cavendish & Chris Wilson
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Pour ce qui concernait Murphy, Chris ne méritait plus guère qu'une attention évasive. Plus serait lui accorder plus d'importance qu'il n'en méritait. Elle se surprenait parfois à sentir son sang s'échauffer, mais elle demeurait fidèle à ses résolutions. Quelqu'un qu'elle n'estimait pas ne devait pas avoir ce pouvoir sur elle. Qu'il parte dans ses tirades et considérations insensées; elle n'avait plus rien à lui répondre, à lui le convaincu, lui le borné, lui le révolté. De toute façon, il ne l'écouterait pas. « Oh, je ressens plein de choses, t'inquiète pas. Juste pas pour toi » lâcha-t-elle de ce ton calme auquel elle-même n'était pas habituée. Elle énonçait des faits, voilà tout ce qu'elle faisait depuis qu'il s'était pointé. C'était là toute la neutralité à laquelle n'importe qui avait le droit, et il était devenu n'importe qui. Il était devenu anonyme, inconnu, presque comme si tout lien pouvait être recrée de rien, mais elle savait pertinemment que son indifférence n'irait jamais jusque-là. Ils étaient coincés dans une obscurité opaque de laquelle il n'y avait plus vraiment de sortie possible. S'ils s'y croisaient, c'était pour mieux se séparer ensuite. Les politesses simples seraient tout ce qu'elle serait capable de lui offrir, et à constater la patience qu'elle devait encore forcer à certains instants, elle comprenait que c'était déjà trop lui offrir. Pour ce qu'il lui avait fait, pour tout ce qu'il lui avait dit, pour la rébellion et les rebelles qu'il semblait si peu estimer, pour les mensonges qu'elle n'avait pas oubliés, il aurait mérité pire que ses cris, son mépris ou son indifférence. Il aurait mérité de ne plus jamais croiser son chemin ou son regard mais ça, ils le savaient tous les deux, c'était impossible. La vie continuait sur le village. Les militaires continuaient de garder et de patrouiller et rien de la vie n'avait changé depuis qu'ils ne s'adressaient plus la parole.

Mais Murphy n'avait rien à voir avec ce qu'il pensait d'elle. Elle était assez mature pour savoir qu'une stratégie d'évitement ne serait pas viable à long terme. Parce que rien d'autre n'avait changé, eux ne pouvaient pas se permettre de se tourner le dos dès qu'ils se croisaient. Il lui arrivait d'arriver à éviter Chris quelques jours, parfois une semaine lorsqu'elle avait un peu de chance, mais elle avait totalement conscience de l'exception que ça pouvait représenter. Dans un village aussi petit, tout tendait à la fluidité, aux rencontres régulières, et d'autant plus lorsque deux personnes travaillaient aux mêmes rôles, il devenait évident que les rencontres et les échanges étaient inévitables. Mais elle s'en tenait aux faits, aux politesses qu'exigeaient les échanges minimalistes. Ça lui suffisait bien assez. Au fil des mois, ça lui avait permis de prendre un peu de recul et de se détacher de toute la haine viscérale qu'il s'était forgée. Le temps lui avait permis, non pas d'oublier, mais de tout laisser derrière elle. Murphy n'oubliait pas, elle n'oubliait jamais. Elle était trop tenace et rancunière pour ça. Tout s'était cumulé depuis trop longtemps pour qu'elle se permette de prétendre n'en avoir aucun souvenir. Elle se souvenait de tout à la perfection. Elle se souvenait de ses mensonges, de ses insultes, et puis de ces excuses qui ne valaient plus rien à ses yeux. Sa mère lui avait glissé, lorsqu'elle était à peine en âge de le comprendre, qu'on ne pouvait offrir son pardon à quelqu'un qu'une fois. Une fois, c'était le doute de l'erreur, c'était offrir une seconde chance à laquelle tout le monde devrait avoir le droit. Pardonner une fois, c'était prouver que l'on était plus grand qu'une simple erreur que l'on avait encore le droit de considérer comme de parcours. Mais pardonner deux fois, ce n'était plus la même chose. Pardonner deux fois, c'était accepter la répétition d'un comportement dont on ne voulait pas dans sa vie. Le pardon, lorsqu'il était répété, perdait toute sa valeur. Il devenu vulgaire et insignifiant.

Ses remarques étaient acides mais pas mauvaises, et ça, il ne semblait pas le comprendre. Que comprenait-il, de toute façon ? Jamais rien. Peut-être s'était-il déshabitué du cynisme de Murphy; peu importait. Il était encore parti dans un discours sans fin et les yeux de la jeune femme roulèrent alors que son index pensait innocemment à pousser la coupe remplie de la boisson chaude pour ébouillante accidentellement le garde. S'il pensait que trouver du cyanure était difficile, il serait bien surpris de connaître la réponse que Murphy aurait pu lui donner. Mais oui, de toute façon, elle avait bien compris; il n'était pas une femme ou un faible, ou une femme faible. Il n'aurait pas choisi d'empoisonner. Planter des couteaux dans le dos de ceux qu'il prétendait être ses amis, c'était ça, sa spécialité. Sous l'insistance de l'homme, elle poussa un soupir qui manqua de lui faire perdre son souffle. « Bah vas-y, bois-la... » souffla-t-elle, détachée, un peu las de toute la polémique qu'un seul homme pouvait faire éclater autour d'une simple boisson.

Et lorsqu'enfin il aborda un sujet en son cœur, Murphy choisit de conserver cette même désinvolture. Ce n'était même pas qu'elle essayait de démontrer ou de prouver quoi que ce soit. Elle espérait qu'il finirait par comprendre, mais c'était son problème à lui. Elle était passée à autre chose depuis longtemps. Elle s'était accrochée, pourtant; l'avait pardonné lorsqu'il avait confessé n'avoir trouvé d'intérêt pour elle que son amitié avec Faust; lui avait laissé du temps lorsqu'il avait perdu Robb; lui avait même donné l'occasion de se montrer raisonnable lorsque Devos ne l'avait pas été. A tout ça, il avait échoué. S'il faisait maintenant face à un mur, c'était de son propre fait. Elle avait donné tout ce qu'elle avait pu.

Peut-être qu'il commençait à comprendre, d'ailleurs. Peut-être que la lumière s'était enfin allumée là-haut; c'était ce que lui suggérait le silence par lequel il lui répondait. C'était aussi ce que lui suggérait son aveu. Non, rien ne jouait vraiment en sa faveur depuis le début. Il ne savait pas trouver les mots. Lorsqu'il s'agissait des choses importantes, il n'avait jamais réellement su trouver les mots, et à ce qu'il venait de lui avouer, les mots n'avaient jamais réellement eu d'importance pour lui. C'était peut-être tout le fond du problème, mais en réalité, de son problème à lui. Ce n'était plus celui de Murphy depuis longtemps maintenant. Les mots avaient toujours leur importance. Les insultes n'étaient jamais tout à fait nées de la colère ou du désir de blesser l'autre. Les réactions maladroites n'étaient jamais tout à fait de la simple maladresse. On pouvait lire l'autre à travers ses mots, deviner tout ce qu'il ne disait pas le reste du temps. Et Murphy avait exécré la personne qu'elle avait découverte à travers les mots que choisissaient Chris. Maintenant, ça ne lui importait plus. Il ne changerait pas, il resterait convaincu que tout pouvait être pardonné parce que rien n'était assez important. Ou peut-être que même du pardon, il n'avait plus grand chose à faire; elle ne se souvenait pas avoir entendu une quelconque excuse depuis leur rendez-vous apocalyptique de la rébellion en juillet. Il était sans doute trop important et trop grand pour se prête à ce jeu-là. De toute façon, c'était trop tard pour ça. Il ne faisait que lui confirmer tout l'ego qui était le sien, l'incapacité qu'il avait à se remettre en question ne serait-ce qu'une seconde.

La rencontre aurait dû se finir là. Ils n'avaient plus à rien à se dire, plus rien à partager. Ils venaient de se prouver une ultime fois que plus rien ne les liait. Mais alors, pourquoi restait-il là ? La présence de Murphy était-il si agréable, même dans de telles circonstances ? Le silence dominait à nouveau la tourelle et si elle ne voyait pas l'homme gigoter à sa gauche, elle aurait pu oublier sa présence. Mais il reprit la parole, et Murphy dut admettre qu'il lui coûtait de plus en plus de garder son calme... Elle n'était pas là pour faire la conversation. Elle n'était pas là pour le faire se sentir mieux à propos d'erreurs passées. Elle n'était pas là pour le rassurer, pour le remercier, pour le pardonner. Elle n'était pas là pour lui donner une utilité quelconque ou le faire se sentir utile à autrui. Elle n'avait plus besoin de lui. « Je me sens gelée et fatiguée. Parce qu'il fait froid et qu'on est au milieu de la nuit. » Le ton devenait un peu sec et elle savait que c'était encore quelque chose qu'il saurait utiliser contre elle. Elle attendait déjà le monologue perché. Ce qu'elle ne savait pas, en revanche, c'était pourquoi il continuait de s'accrocher désespérément à elle, comme un mauvais parasite à son hôte. Elle n'avait plus rien à lui offrir, putain, quand est-ce qu'il le comprendrait ? Voilà comment elle se sentait. Comme un animal blessé sur lequel la malchance s'acharnait.

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« Oh, je ressens plein de choses, t'inquiète pas. Juste pas pour toi » Des mots qui n'étaient pas cruels que des faits alors que pour elle plus rien ne restait. Une partie que je n'abandonnais pourtant pas alors que je pouvais d'une certaine manière déformait la vérité qu'un peu plus. Disant que les mots ne comptaient pas à mes yeux au contraire des actions et pourtant ces mêmes mots qu'elle prononçait avait de l'enfoncer. Comme des poignards tranchants qui laissaient une plaie béante derrière. Des mots que je savais que je méritais même s'il était plus facile de faire le fier que de supplier, que d'avouer la vérité. Pouvant prétendre autant que je le voulais auprès des autres mais il ne restait qu'à la fin de la journée ce serait les mêmes scénarios qui seraient rejoués dans ma tête, et le même sentiment cuisant d'échec. Cet arrière-goût d'amertume qui restait en bouche alors que si je pouvais tenter d'encourager de Devos, de le convaincre qu'on allait réussir à retrouver Murphy, il n'en restait pas moins que je n'avais cette certitude. Ne sachant comment faire pour l'apprivoiser de nouveau. Ne sachant encore comment faire pour aborder des sujets qui n'étaient que sensibles que celui-ci du rébellion alors que je tentais de m'expliquer, de trouver un chemin dans un brouillard que trop poisseux.

Tentative de l'amadouer alors que je ne pouvais que lui apporter une boisson chaude. Tentant un peu tous les moyens pour la faire réagir comme si la menace de terminer sa boisson après serait suffisant pour qu'elle en boive une gorgée. N'ayant jamais vu une personne aussi déterminée qu'elle alors qu'elle reprenait la parole. « Bah vas-y, bois-la... » Presque mon tour de pousser un soupir même si je ne pouvais que me forcer à sourire comme s'il n'y avait pas le vide autour. « Avec plaisir. T'es sûr que tu ne le regretteras pas ? » Comme des non-dits même si j'avais déjà la réponse, qu'elle ne regrettai pas. Un regard ancré dans le sien alors que de nouveau je tentais de la faire réagir, d'obtenir une autre réaction qu'un soupir alors que chaque mot semblait économisé, déposé à bout de souffle.

« Je me sens gelée et fatiguée. Parce qu'il fait froid et qu'on est au milieu de la nuit. » Poussant de nouveau la boisson chaude dans sa direction dans un certain silence. Comme si je pouvais la vaincre à l'usure. Sans doute une tentative un peu triste mais de loin seule cette solution lui permettrait se réchauffer, de ressentir l'ombre d'éclat de chaleur. Pourtant là n'était la réelle question. Ne voulant savoir comment elle se sentait physiquement. Une question directe que je ne lui avais pas adressé. Une question que je ne savais si elle avait saisi le fondement et décidé de l'ignorer ou pas. Doutant qu'elle puisse vouloir parler de Thaïs avec moi et n'osant de plus la forcer à aborder le sujet. Ce que je ne pouvais exiger des autres alors que ceux qui y avaient tenté avaient échoué. Ayant échoué à me faire parler après la mort de Robb, à me faire parler alors que je m'étais juste enfoncé dans cette spirale. Me murant simplement dans le silence comme s'il était plus simple de vivre dans le passé que de parler avec des mots et d'ancrer dans la réalité dans le présent. Ce qui avait semblé une alternative ne l'était à vrai dire pas. Mais ne comptant la forcer. Si elle voulait en parler, je savais qu'elle ne pourrait que venir qu'à s'ouvrir si elle le souhaitait. Ce que j'avais conscience ne serait sans doute pas le cas alors que comme elle ne l'avait fait remarqué qu'à de multiples reprises, il ne restait dans un sens que des cendres. Un silence dans lequel je m'enfonçais de nouveau. Toujours cette hésitation peut être préférable à partir pour revenir plus tard. Mais que conscient que le point serait le même. Que conscient qu'il ne pouvait qu'être plus compliqué d'aborder le sujet du rébellion même si autant que Devos j'avais promis de le faire. Mais pas tant cette raison qui me poussait à m'accrocher alors que tout simplement elle me manquait. Ce qu'elle ne croirait sans doute pas. Des mots que je prononçais qui n'avaient pas de sens pour elle et auquel je n'avais jamais réellement cru alors qu'il n'était que facile de mentir. Des masques de porter, des illusions que chacun entretenait. Et pourtant que de nouveau, je ne pouvais que rompre le silence de la nuit bien qu'il n'était que clair qu'une nouvelle réaction hostile ou aussi froide que les précédentes pouvaient m'attendre. Des gifles que je tentais de ne pas tenir compte alors que je savais qu'il ne serait que plus apprécié pour la jeune femme que je m'en aille tout simplement et la laisse tranquille. Ce que je ne voulais pourtant alors que de nouveau je me retrouvais à retourner en arrière. Jouer avec les coeurs. Ce que je faisais dans un sens et qu'une raison suffisante qui n'aurait pu que justifier son attitude même si ses raisons propres ne pouvaient que se valoir et se mériter. « Je sais que cela ne vaut rien mais si jamais tu as besoin de parler, je suis là. » Qu'une proposition et le loisir qu'elle aurait de nouveau décliné cette proposition même si cela ne voudrait dire que mon épaule ne serait pas libre si elle en avait besoin un jour. Une gorgée chaude que je ne pouvais qu'autant que m'avaler en sentant que le froid polaire. Frisson que je ne pouvais effacer alors que les degrés ne pouvaient que descendre un peu plus sans que le silence vienne. Mince tentative d'apprécier ces instants là où le silence régnait où je pouvais tenter dans un certain sens de me convaincre que cette relation auquel je tenais pouvait encore s'améliorer. Mais ce qui n'était pas moins sincère alors que je me retrouvais à lui faire cette proposition. Dernière chance où je ne pouvais que lui proposer de s'ouvrir avant de savoir peut être battre en retrait pour tenter de nouveau le coup. L'espoir faisant vivre.

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De la bonne volonté, aux noms de Tennessee et de Devos, Murphy était prête à en mettre. C'était loin d'être avec joie qu'elle accueillait cette discussion nocturne, mais elle se faisait un point d'honneur et à l'agrémenter d'une neutralité polie. C'était, après tout, le mieux qu'elle avait à lui offrir. Ne pas lui sauter à la gorge dès qu'il prenait la parole tenait d'un effort qu'elle préférait laisser de côté pour privilégier l'indifférence fatiguée, l'indifférence détendue de celle qui n'espérait plus rien de plus grand chose. Elle savait ce qu'il attendait de cet instant, pourtant. Pas le pardon sincère, puisqu'il ne s'était pas excusé. Il attendait de recevoir cette attention qu'il attendait de tout le monde. Il attendait de se poser en sauveur de cette rébellion à laquelle elle ne croyait plus vraiment. Les idées étaient tenaces, elles, mais lorsque l'on abordait le sujet de la rébellion avec Murphy, elle n'arborait plus que quelques sourires de façade. Elle la savait morte, la rébellion. Elle était morte au moment où ils s'étaient tous séparés, dans leur nouveau QG, au moment où la dernière arrivante avait tiré sa révérence, au moment où le mensonge avait été dressé comme une technique défendable et, pire que ça, la technique de laquelle ils avaient tous besoin sans le savoir. Murphy n'était pas déraisonnée; elle acceptait les regrets. Elle avait accepté ceux de Devos et ceux de Tennessee, car ils avaient accepté d'entendre les craintes que le mensonge avait éveillées en elle. Avec Chris, la discussion était impossible. Il ne l'avait jamais suffisamment écoutée pour la rendre envisageable.

Et même maintenant, même maintenant qu'elle affichait l'indifférence comme l'ultime rempart de celle qui n'en avait plus grand chose à faire, il ne l'écoutait pas. Il s'échauffait des remarques cyniques qui l'avaient toujours définie. Il partait dans de longs discours qu'elle ne voulait pas entendre et qui n'avaient pas grand chose à voir avec grand chose d'autre. Il pouvait lui faire un présentation en trois parties sur les poisons qu'il aurait pu mettre dans sa boisson ou non, elle s'en moquait. Le geste que Chris avait fait en lui emmenant de quoi se réchauffer était un peu doux au milieu de tout ça, mais il trouvait toujours un moyen de tout briser. Il ne la comprenait définitivement plus; ou bien peut-être que tout ce temps où elles les avait cru sur la même longueur avait été un énorme malentendu ? On l'avait prévenue, pourtant. On s'était étonné de cette amitié bizarre, de cette relation alienoïde qui s'était tissée entre les deux militaires. Qu'elle lui pète à la gueule une fois n'avait pas été suffisant. Il avait fallu qu'elle explose une seconde fois, avec tous les dégâts que ça avait engendré, pour qu'elle comprenne qu'il s'agissait de plus que quelques maladresses et désaccords.

Et même lorsqu'il faisait un premier pas, il arrivait à le ponctuer de cette arrogance dont elle s'était tant lassée. Il la fatiguait tellement à lui expliquer qu'il n'avait rien empoisonné qu'elle ne se fit pas prier lorsqu'il lui proposa de la boire à sa place. Elle n'était pas contre un peu de chaleur au milieu de ce froid glaçant, mais si à la place de ses remerciements il ne retenait que ses sarcasmes, alors elle lui laissait bien volontiers la boisson. Elle ne se fatiguerait pas à lui expliquer ce qu'il ne comprenait pas pour une boisson chaude; ce serait trop cher payé. Ce n'était plus du ressentiment, de la rancoeur, de l'animosité ou de la colère. Il n'y avait plus rien de tout ça qui s'éveillait lorsqu'elle considérait Chris. Elle était simplement passé à autre chose. Le temps lui avait appris à différencier les combats qui valaient la peine d'être menés de ceux dont on ne pouvait ressortir gagnant. Le regard toujours rivé sur la végétation extérieure au village, Murphy ne devinait Chris que du coin de l’œil, ne pouvait que constater qu'il n'abandonnait pas. Pour autant, elle n'abandonnait pas son poste. A aucun moment elle ne laisserait ses responsabilités de côté. Il avait au moins le mérite de la réveiller dans son immobilité nocturne. Elle guettait encore et toujours les environs, cherchait entre les souffles le moindre signe d'une présence indésirée au pied de la palissade qui les séparait des restes des ruines encore possédées, elles, par la végétation.

Alors, quand il lui demanda comment elle se sentait, Murphy répondit sans lui jeter un regard, et un peu agacée, il serait mentir que de prétendre le contraire, qu'il se prétende subitement son ami. C'était évident, pourtant, comme elle se sentait : il la rejoignait en plein milieu de la nuit, d'une de ces glaçantes nuits d'hiver qui plus est, et passées dans l'immobilité à lutter contre le sommeil et l'ennui. Elle détestait monter la garde, elle la patrouilleuse, et par-dessus tout elle détestait monter la garde pendant la nuit et dans des températures pareilles. Quelle autre réponse pouvait-il attendre de sa part à cet instant précis ? Le gobelet bougea à sa gauche, sur la rambarde, irradiant de sa chaleur la main qu'elle avait posée sur le bois. Elle jeta un coup d'oeil bref au verre puis à l'homme, et dans un soupir d'abdication, glissa ses doigts vers la boisson. Sa chaleur était presque brûlante mais ses mains se serrèrent autour du gobelet, prêtes à en découdre avec le choc thermique qu'il leur faisait subir. Secrètement, elle admit l'agréable de l'instant. Elle sentait disparaître toute la torpeur dans laquelle ses doigts s'étaient gelés, forcés à l'immobilité; ils se réveillaient en même temps que le moindre des capillaires qui reprenait vie, accueillait à nouveau un peu du sang qui leur redonnait progressivement dans l'obscurité une couleur physiologiquement cohérente. Le silence, en compagnie de Chris, était d'or. Murphy pensait presque qu'il le respectait et la respectait en même temps. Mais ses doigts se serrèrent autour du gobelet alors qu'il reprenait la parole. Une fois de plus, une fois de trop.

Elle comprenait subitement où il avait voulu en venir quelques instants plus tôt. Et incapable de se contenter de son indifférence, il appuyait à nouveau là où ça faisait mal, espérant sans aucun doute éveiller ses instincts. Puisque lui ne lui inspirait plus grand chose, il devait compter sur la mémoire de Thaïs pour le faire à sa place. Elle avait envie de lui rire à la figure, de lui dire qu'elle ne parlait qu'à ceux qui écoutaient, ou bien que c'était bien là l'hôpital qui se foutait de la charité. Il ne savait rien de ce qui avait pu la lier à Thaïs. Il n'avait pas été là lors de leurs longues soirées au coin du feu, lorsqu'elle lui avait fièrement fait visiter la maison qu'elle reconstruisait avec Tennessee, quand Thaïs s'était prise d'affection pour un Antarès qui en débordait lui-même, à chaque fois qu'elle lui avait donné des livres ou qu'elle l'avait entendue rire. Si Murphy n'avait pu s'empêcher de ressentir une reconnaissance discrète mais entière lorsque Chris leur apporté un peu de son aide, juste suffisamment, au moment où la jeune fille était arrivée au village, elle ne pouvait aujourd'hui s'empêcher de voir la question comme une tentative ultime d'approche ou d'accroche. Thaïs n'avait jamais rien été de tout ça : une excuse ou un prétexte, un argument quelconque. Elle ne l'avait pas été de son vivant, elle ne le serait pas dans la mort. Chris ne pouvait pas l'approcher de façon altruiste; s'il était sincèrement désolé, il l'aurait fait en novembre. Mais Murphy sentait sa gorge se nouer à mesure que ses pensées s'abandonnaient à Thaïs et à leurs souvenirs communs. Elle n'avait plus envie de rire ou de pointer à Chris toute l'ironie et l'hypocrisie de sa proposition. Ses doigts, plaqués au gobelet, commençaient à brûler. Son attention ne se détournait pas de la zone dont elle était responsable de la surveillance. Ses lèvres dessinèrent un sourire jaune et crispé sur son visage alors qu'elle hochait de la tête, dépitée, fuyante. « Mais bien sûr. » Sa souffle était rauque et elle se racla la gorge, espérant de tout son être que quelque chose en contrebas puisse la distraire. Un lapin ou un ours perdu, un renard furtif, un Homme curieux, peu importait. Elle consentit enfin à lâcher le verre et le repoussa à nouveau à sa gauche pour lâcher la balustrade et attraper nerveusement son arc, qu'elle arma d'un geste précis avant de le tendre vers la neige en contrebas de la tourelle, à l'extérieur du village, là où la végétation était encore saillante. Quelque chose avait attiré son attention et son œil vif avait appris de celui de son chien chasseur. Elle jeta un regard bref à Chris, dans l'obscurité, l'invitant silencieusement à la discrétion. La flèche fendit l'air et fit craquer violemment la neige à une dizaine de mètres de là. Calmement, Murphy posa son arme contre le garde-corps et se pencha par-dessus, le regard fendu en espérant sans doute mieux y voir. Putain, elle l'avait eu, le lièvre. Un sourire de satisfaction dérida son visage crispé. Antarès serait fier d'elle.

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01/11/2015 Glacy Ezra 2319 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 173
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« Mais bien sûr. » Des mots auquel elle ne semblait croire. Ne pouvant réellement lui en vouloir de ne pas croire en ses mots. Si elle avait certes raison de dire que les mots étaient importants, il ne restait pas moins que la meilleure manière de lui prouver ce fait était d'être là quand elle en aurait besoin. Ce que je comptais faire. Comptant bien être là si un soir ou l'autre ou même au coeur de la journée qu'elle avait besoin de parler. Bien que pour autant, il n'était pas certain qu'elle le fasse. Quoiqu'il en soit si elle le décidait, je comptais y être. Et autant que possible une autre idée ne pouvait que surgir dans mon esprit alors qu'elle en était finalement venue à se saisir de la boisson chaude pour en boire une gorgée. L'idée de faire passer des gobelets jusqu'à elle si elle se retrouvait de nouveau de garde la nuit. Ce qui n'était pas grand-chose même s'il était souvent préférable de trouver un peu de chaleur pour rester éveillé. Tous les moyens étaient bons pour rester debout alors qu'il était nécessaire de rester éveillé. L'impossibilité de fermer les yeux aussitôt alors qu'un soldat était de garde. Là justement pour s'assurer qu'aucune menace ne sortirait de l'ombre au crépuscule quand tout le monde dormirait. L'impossibilité de s'endormir ou de juste se perdre dans ses pensées. Une minute d'inattention qui pouvait être fatale autant qu'il semblait nécessaire de rester prudent. Si certes jusqu'à là il n'y avait eu aucun adversaire physique auquel il avait fallu faire face, il ne restait pas moins que personne ne pouvait prédire ce qui se passerait dans le futur. Ne pouvant prédire les catastrophes naturelles, seulement éviter ce qui pourrait se passer par la suite. Prudence qui restait mère de sécurité. Mais pour autant, il était certain qu'au coeur de l'hiver, il n'était guère agréable de rester là debout, immobile. Des conditions climatiques qui étaient moins favorables que celles qui existaient sur l'arche. Là-bas, il n'y avait pas besoin de s'inquiéter sur la baisse de températures. Il n'y avait pas besoin de faire face à des conditions physiques plus difficiles. Mais autant que possible, il était peut être autant appréciable de se trouver au coeur de la nuit, seul ou en bonne compagnie. Ce qui n'était peut-être pas le cas à ses yeux même si l'idée de s'assurer qu'elle aurait de quoi se réchauffer la nuit était bien née.

Et cela même alors que la jeune femme ne pouvait qu'être fuyante. Mon attention détourné alors que je ne pouvais que reporter mon regard sur le paysage qui se trouvait devant moi. Mouvement furtif dans la nuit. L'adrénaline qui manquait de courir dans les veines alors que les muscles se tendaient. La corde de l'arc qui vibrait. Sa flèche qui partait dans l'air. Une tâche qui tombait dans la neige. Une cible atteinte. Un éclat de fierté dans le regard alors qu'elle avait en effet atteint sa cible. Le lièvre gisant dans la neige. Elle était douée cela ne faisait aucun doute. Et qu'il n'était plus que ridicule de penser que les femmes n'étaient pas douées avec les armes, ou ne pouvaient aussi être compétentes que les hommes. Douée, elle l'était, cela ne faisait aucun doute. Et ne pouvant que me douter qu'elle ne pouvait qu'en être fière alors que cet arc elle l'avait voulu il y a longtemps. Un arc qu'elle semblait maîtrisé à la perfection. Le silence autour. « Tu es vraiment douée avec. » Un constat. Ce qui était le cas. Me penchant un peu plus alors que mon regard se posait de nouveau sur le lèvre qui gisait dans la neige. « Je vais aller te le chercher. » Ce qui semblait d'autant plus simple alors qu'un devait rester en poste. Ce qui ne me dérangeait pas alors que je me retrouvais quelques instants plus tard à marcher dans la neige. Des empreintes laissés derrière alors que j'avançais avec précaution. Ne pouvant que faire attention à ce qui se trouvait autour alors que si cela n'avait été qu'un lièvre, il ne restait pas moins que l'animal aurait pu être de taille ou être un être vivant aussi simplement qu'il soit. Ne pouvant que continuant à m'avancer en direction de l'endroit où semblait se trouver la proie qu'elle venait de tuer. Un lièvre mort que je ne pouvais que finir par retrouver. M'accroupissant pour l'attraper. Et ne pouvant que voir qu'elle avait bel et bien atteint sa cible directement. Une cible qu'elle avait percé en plein mille. Une flèche que j'enlevais. Et ne pouvant que revenir vers elle non sans faire attention où je marchais tout en transportant le gibier avec moi. Un gibier que les cuisiniers du campement ne tarderaient à transformer en un succulent repas. Des cuisiniers qui étaient plus que doués même si autant que possible le mérite revenait le plus principalement aux chasseurs. Quelques instants plus tard, où je la retrouvais déposant la proie à ses pieds et lui tendant au passage la flèche qu'elle avait visé. « Est-ce que tu veux que je l'emmène aux cuisines ou tu veux t'en charger ? » Ne comptant pas m'en attribuer le mérite bien au contraire, même si la question se posait surtout de savoir si l'animal survivrait à cette nuit. Autant qu'il était certain qu'en terme de conservation, les températures restaient fraîches. Ne pouvant que me retourner en direction de la balustrade. Attrapant le gobelet. Une nouvelle gorgée avalée, la dernière. Et les environs qui n'étaient que revenus silencieux alors qu'il n'y avait plus aucun crépitement. Rien qui n'attirait les regards, seulement un paisible silence. « Avec Antarès, vous devez être invincibles à la chasse. » Ce que je ne pouvais qu'imaginer pour avoir entrevu Antarès passait autour. Et si elle ne ratait pas sa cible, alors il n'était que certain que la réserver de provisions du campement ne pouvait que se remplir. Chacun s'assurant à sa manière d'apporter de nouveaux vivres, bien que pas tous ne partait en chasse en compagnie d'un petit chien. « Est-ce que tu as déjà vu Frost, la chienne de Skylar, plutôt adorable. » Ce qui était le cas alors que comme Antarès, Frost ne pouvait qu'apporter une touche de gaieté au campement. Ne faisant aucun doute qu'il était facile de succomber devant les petites boules de poil. Un coeur de glace de certains qui ne pouvait que fondre face à leur présence. Mais Antarès qui n'était pas là, si ce n'était au campement alors que seul ou en compagnie d'autres soldats, la garde devait être accomplie. Mais de petites boules de poil qui ne pouvaient qu'être choyées, même si pour le coup il s'en était auparavant fallut de peu pour qu'Antarès ne soit pas emporté par les rapides. Qu'heureux de voir qu'il ne semblait pas avoir été traumatisé par sa mésaventure même si là encore, avec mes erreurs, il avait autant fallut de peu pour qu'un conflit ne soit pas envenimé alors qu'Elouan avait cru qu'il s'agissait de son chien. Des histoires qui s'étaient toutefois bien terminées. Et ne pouvant qu'espérer que celle-ci se termine bien aussi.

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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36174 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1314



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❝ I can't be strong all the time ❞
Murphy Cavendish & Chris Wilson
(27 janvier 2118)


La rencontre ne menait nulle part; il n'y avait pas besoin d'être particulièrement clairvoyant pour s'en rendre compte. Murphy était loin d'y mettre d'y sien; pas qu'elle ne le souhaite pas un petit peu, au moins pour apaiser les esprit le temps de la nuit, mais simplement qu'elle s'en constatait totalement incapable. Chris l'avait trop malmenée, trop insultée, trop blessée pour qu'elle arrive désormais à baisser la garde. Il récoltait ce qu'il avait commencé à semer plus d'un an auparavant. Elle, elle était conscience de la rancune qui l'animait mais n'arrivait plus à s'en défaire. Il était trop tard pour faire marche arrière, il était trop tard pour oublier tout ce qu'il avait fait ou n'avait pas fait, tout ce qu'il avait dit ou n'avait pas dit. Et puis, oublier, ce n'était possible que lorsque c'était la volonté des deux partis. Murphy ne pouvait pas laisser de côté ce que Chris considérait comme des réalités légitimes et impartiales. Elle était trop bornée pour ça, trop convaincue de la justesse et du réel de ses propres opinions. Le réel problème n'était pas sa rancune; elle, elle n'était que la forme, que l'expression de tout le reste. Le fond, c'était l'incapacité qu'il avait à se remettre en cause, à s'excuser, à regretter quoi que ce soit. Même les rares fois où les mots franchissaient ses lèvres, comme ça avait été le cas dans le bunker, leur fadeur donnait l'impression de fantômes. Ils n'existaient pas réellement, ils ne pesaient rien. Parce que même alors, il les avait accompagnés de ces remarques dont il semblait être seul capable, s'était présenté comme indispensable à un groupe et à un mouvement qui ne disparaissait pas lorsqu'il le faisait. Pour tout ça, pour tout l'imbu qu'il était de lui-même, elle lui en voudrait probablement toujours. On ne changeait pas un Homme. On vivait avec ses défauts ou on choisissait de séparer son chemin du sien. A force de plier, Murphy avait cédé. Leurs chemins étaient séparés et il n'y avait plus de possibilité de retour.

Mais peut-être que cette nuit pourrait être un peu différente. Peut-être qu'on pouvait oublier les chemins croisés et séparés, les rancœurs tenaces et les remarques acides. Tout était devenu un réflexe qui tenait de l'instinct pour la patrouilleuse, mais la nuit, cette vieille alliée parée d'étoiles rassurantes, appelait à autre chose, à une quiétude hors du temps, à un pardon de quelques heures, à un oubli un peu plus tolérant. Mais le mieux qu'elle arrivait à faire, c'était de se taire. De laisser filer le temps, de laisser s'installer la nuit, juste un peu plus, de la laisser les envelopper tous les deux de sa douceur onirique.

La flèche siffla dans le silence nocturne. Un son feutré leur indiqua que l'animal était tombé au loin dans la neige. Fourrure claire sur sol blanc; sans plus aucun mouvement, de là où ils étaient, il était difficile de retrouver le lièvre. Murphy ne parvenait pas à retenir le sourire satisfait qui animait son visage jusque-là fermé. Elle ne pourrait jurer avoir dégainé son arc si Chris n'avait pas été là; c'était lui, par-dessus, qui animait sa fierté, car encore, elle se sentait un besoin malsain de démontrer tout le besoin qu'elle n'avait pas de lui, tout le bien qu'était devenue sa vie sans qu'il ne la parasite. L'aveu qu'il lui accorda transperça le silence; sa consonance devenait presque irréelle aux oreilles de la brune. Un regard furtif vers l'homme la convainquit de sa sincérité et la gêna presque. « Je sais, mais merci. » Elle repensa à ces arcs qu'ils auraient dû construire ensemble, si Chris n'avait pas été si... Chris. Ce n'était pas de la nostalgie, c'était un regard qu'elle portait sur ce qui semblait maintenant appartenir à une autre vie, presque aussi vieille et lointaine que l'était celle qu'elle avait vécue parmi les étoiles. Ses prunelles retrouvèrent la neige en contrebas, à l'extérieur du campement, et constatèrent qu'une mare foncée s'étendait peu à peu au milieu de l'immaculé. Le lapin était en train de se vider de son sang. Pendant un instant, les deux militaires restèrent silencieux, le regard rivé sur l'animal mort qui déversait toute son hémoglobine sur une neige fondante. « Merci », répondit-elle simplement à la proposition de Chris, avant de le suivre d'un coin de regard vers l'échelle qui la guida hors de la tourelle de garde. « Ramène la flèche, aussi. J'en ai besoin. » C'était ça, aussi, la réalité de l'archère qu'elle était devenue. Le matériel restait rare, et elle devait construire ses flèches elle-même. Elle s'appliquait beaucoup trop à la tâche pour les laisser dans la nature une fois qu'ils étaient passés par son arc. Elle quémandait parfois l'aide des armuriers du camp, sans aucun doute bien plus adroits à l'exercice, mais les fameuses flèches restaient un produit de luxe, presque autant que pouvaient l'être les antibiotiques ou l'alcool. Tous les facteurs, avec elles, limitaient leur fabrication ou forçaient à leur recyclage perpétuel : le matériel, le temps nécessaire à l'ouvrage, la dextérité et les connaissances techniques.

Les pas de Chris en contrebas faisaient crépiter la poudreuse. Elle entendit quelques échanges de voix un peu plus loin, sur sa droite. L'homme se faisait ouvrir les portes sur l'extérieur. Elle imaginait et espérait le garde alerte, même à une heure pareille -surtout à une heure pareille. Chris apparût finalement dans la neige, vif. Le temps lui parût infiniment long jusqu'à son retour dans la tour de garde; elle continuait d'observer les alentours, les ruines qui entouraient le village en reconstruction et toute la végétation qui les habitaient. Outre ce lièvre qui avait laissé ses marques dans la neige en dessous de la tourelle, il n'y avait guère de signe de vie. Quelques bruits d'oiseaux nocturnes parfois, des bruissements de feuille suffisamment légers pour être attribués à d'autres animaux et ne pas l'inquiéter. Au passage, non sans se le reprocher un instant, elle but de brèves gorgées du breuvage chaud que Chris lui avait proposé. Le gobelet retrouva rapidement sa place sur la balustrade, à sa gauche, alors qu'elle s'accoudait à nouveau pour épier et analyser ce qu'une garde en fonction devait épier et analyser. Les pieds de Chris sur l'échelle firent à nouveau raisonner toute la petite construction de bois, annonçant son retour. La brune lui lança un bref regard avant qu'il ne la retrouve, déposant le cadavre à ses pieds. Elle attrapa la flèche avec un petit sourire et la fit retrouver son carquois de fortune. Elle la nettoierait plus tard, à l'eau fraîche -si elle y pensait. Après tout, les flèches n'étaient destinées qu'à ça ou presque : arracher du sang à leurs victimes. « Il faut que je finisse ma garde », soupira-t-elle, dépitée à l'idée de passer encore une, deux ou trois heures ici. Elle chercha dans le ciel l'aide des étoiles et de leur course inlassable, mais les nuages l'empêchèrent d'estimer l'heure. « S'il y en a pour trop longtemps, emmène-le toi-même. Ce serait con de perdre la viande. Ou au pire... » Son regard quitta le ciel pour se poser tristement sur le cadavre à ses pieds. Elle n'avait pas pensé à ça sur le coup, mais peut-être que la seule solution serait de le dépecer ici. Peu importe l'heure à laquelle ils pouvaient l'amener aux cuisines au plus tôt; s'il n'y avait pas de cuisinier là-bas prêt à s'en occuper, la viande risquait tout autant qu'ici -voire plus, puisque l'endroit était chauffé. Mais elle le savait, ce n'était pas de l'extérieur que l'on redoutait le plus la contamination aussi tôt après la mort; c'était des propres tripes de l'animal. Et ça, tant que l'on avait pas écarté cette menace-là, le froid n'y pouvait pas grand chose. A côté d'elle, Murphy pouvait deviner Chris se réchauffer après cette échappée surprise à l'extérieur, dans les hautes neiges. Elle, elle ne quittait pas le lièvre des yeux. Ou en tout cas, pas jusqu'à ce qu'il mentionne son chien. « C'est lui qui chasse, quand on est dehors » fut-elle forcée d'admettre. « Même quand je pars plusieurs jours, j'ai jamais besoin de le faire. » Elle devait l'admettre, elle avait eu beaucoup de chance, parmi tous les chiens qu'elle aurait pu rencontrer, de tomber sur Antarès. Mais peut-être aussi était-ce justement parce que c'était sur ce chien particulier qu'elle était tombée que leurs chemins ne s'étaient plus séparés. A ses yeux, il n'était pas seulement bon chasseur et utile à ses longs déplacements; il était un compagnon fidèle, un ami bienveillant, une compagnie tendre et affectueuse, presque clairvoyante. Il savait toujours venir chercher son contact lorsqu'elle le trouvait pas le sommeil, assaillie par des idées qui appartenaient au passé ou attaquée par celles dont elle avait peur que son avenir soit fait. A la question de Chris, elle leva les yeux au ciel, à la fois amusée et un peu agacée de son ignorance. « Je l'ai même vue avec sa mère. Je connais le nom que lui avait donné sa première maîtresse », se contenta-t-elle d'abord de répondre. Il n'était pourtant pas invraisemblable que Chris ne sache rien de l'histoire et de l'aventure qui entouraient l'adoption de Frost. C'était peut-être mieux comme ça, d'ailleurs; leur secret, au petit groupe qui avait été témoin de la première rencontrer entre Skylar et sa compagne à quatre pattes. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle pensait avec tendresse à Skylar et à la pudeur avec laquelle il devait garder pour lui ce moment. « Antarès et elle s'entendent bien. C'est une des choses qu'on redoutait, que ça soit pas le cas. » Après un regard à l'extérieur de la tourelle, elle tira le couteau de Faust de l'étui accroché à sa cuisse et s'accroupit près de la bête. « T'as une idée de l'heure ? Je pense pas que ça puisse attendre beaucoup plus longtemps, et les cuistots doivent dormir, les chanceux. » Le sous-entendu était limpide. Elle passa ses doigts froids dans le pelage encore chaud de l'animal, loin de l'entaille que sa flèche avait creusée. Sa fourrure était douce et réconfortante, et elle se surprit à penser à celle, immense, qui l'attendait sous son lit, dans le dortoir.

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« Je sais, mais merci. » Presque ma bouche qui s'ouvrait dans le vide avant de se refermer aussitôt. L'impression donnée que j'allais gober des mouches. Ou peut être cet éclat de surprise alors qu'elle avait bel et bien donné un merci. Une première ou un début. Et sans doute que j'aurai pu la taquiner à ce sujet pour la forcer à répéter ces remerciements, mais j'avais autant compris que parfois il valait mieux se taire. Ce que je ne pus que faire, acceptant silencieusement ces remerciements. Ce qui n'était peut être pas grand-chose pour d'autres mais qui à cet instant disait beaucoup. Les braises du feu qui se rallumaient. Un sourire qui se dessinait subtilement sur mon visage qu'elle ne vit pas alors que je me détournais pour tenter d'apercevoir la position du lièvre. Ne voulant briser ce moment ou ce qui semblait être un première pas. Une petite goutte d'espoir qui était suffisant. Certes des erreurs étaient commises mais à cet instant c'était suffisant. Et ne pouvant que penser un bref moment à Devos, rien n'était perdu. Il fallait juste persévérer encore et encore. « Ramène la flèche, aussi. J'en ai besoin. » Un hochement de tête avant que je n'en vienne à m'éclipser dans la nuit pour retrouver la proie qu'elle avait atteinte dans sa cible. Un tir net. Du gibier qui n'avait pas été abîmé alors qu'elle était douée. Ce qui n'avait jamais fait aucun doute alors qu'elle l'avait toujours été quand on y réfléchissait. Et de retour quelques instants plus tard, le gibier en main.

Mais des questions qui se posaient autant quant à sa conservation. Des questions qui existaient et mon regard qui se portait sur elle. « Il faut que je finisse ma garde » Ne lui proposant pas de la remplacer. N'allant pas jusqu'à là. Un geste chevaleresque que certains pourraient décliner. Des petits pas de fait mais y allant autant doucement. N'étant pas non plus là de garde alors que ce n'était parce que je n'avais pas trouvé le sommeil que cette idée m'avait traversée l'esprit. Ne le regrettant pas bien que la conversation pouvait autant être bancale voir compliquée ou creuse. Un début. Et mon regard qui se reportait autant sur le gibier à ses pieds, qui ne se conserverait pas si elle restait trop longtemps de garde. Un gibier qui serait alors perdu. Et autant des bouches à nourrir. Tout était bon à prendre. « S'il y en a pour trop longtemps, emmène-le toi-même. Ce serait con de perdre la viande. Ou au pire... » « Ou au pire ? » Prudent alors que mon regard se reportait sur elle. Des questions qui courraient dans ma tête. Est-ce qu'elle voulait que je reste plus longtemps ? Est-ce qu'elle voulait l'emporter elle-même ? Des questions dont je n'avais pas la réponse et presque un silence insoutenable alors que mon regard était posé sur elle. D'autres idées qui me traversaient l'esprit alors qu'en vue de la neige, de la fraîcheur hibernale, il y avait d'autres moyens pour conserver le gibier tué. « ... On peut l'enterrer dans la neige si tu le veux conserver quelques heures de plus ou le mettre en hauteur pour que les prédateurs ou charognards ne s'en chargent pas. Il fait suffisamment froid pour...» Ne pouvant que mentionner la température alors qu'il était certain que mes muscles n'avaient pu qu'apprécier ce court trajet. Tous les moyens qui étaient bons pour se réchauffer encore plus quand l'un était de garde la nuit. Bien qu'il était autant certain que les boissons chaudes étaient une alternative qu'agréable.

Mon attention qui se reportait sur Murphy alors que je ne pouvais que lui poser des questions sur la chasse, et Antarès. Ne doutant pas qu'ils devaient très bien s'en sortir à eux deux. « C'est lui qui chasse, quand on est dehors » Ce qui pouvait paraître dans un sens logique. « Même quand je pars plusieurs jours, j'ai jamais besoin de le faire. » « Tu as quand même atteint ta cible alors qu'elle était en mouvement avec une seule flèche, pas tout le monde n'aurait pu le faire. » Ce qui était autant le cas. Elle pouvait accorder du crédit à Antarès, mais il ne restait pas moins qu'à cet instant elle avait atteint une cible en mouvement. Sa flèche avait atteint sa cible. « Antarès était pas là donc quoique tu dises, tu es douée. » Ce qui était le cas alors qu'elle n'était pas seulement douée avec un arc, mais aussi excellente combattante. Conscient que j'aurai dû être avec elle pour créer ces mêmes arcs mais qu'importait. Le passé était le passé. Ayant de nouveau accepté l'idée que se retourner pour regarder en arrière n'aidait pas loin de là. De nouveau tourné vers le futur alors que je ne pouvais qu'avancer et faire du mieux pour réparer de potentielles erreurs commises. Bien qu'il était autant certain qu'il y aurait toujours des personnes pour critiquer, être mécontents. L'impossibilité qu'il en soit autrement.

Et une conversation plus légère qui ne pouvait pas moins s'installer. « Je l'ai même vue avec sa mère. Je connais le nom que lui avait donné sa première maîtresse » « Oh. » Manquant un épisode. Ne pouvant que me demander par là à  qui elle pensait alors qu'en effet, je ne connaissais pas l'histoire de la petite chienne. Et ne pouvant que me demander si autant par là, elle me jugeait ou me critiquait. Idée que je mettais de côté pour l'écouter reprendre la parole. « Antarès et elle s'entendent bien. C'est une des choses qu'on redoutait, que ça soit pas le cas. » « Oui heureusement. » Presque un ton banal. L'instant où je me demandais si à la prochaine étape nous en viendront à parler de la météo, ce que nous avons faits pour en arriver là. Chassant des pensées plus sombres de mon esprit. Ce qui était fait était fait. Et mon regard qui se posait autant sur le couteau qu'elle tenait à la main, que je reconnais celui de Faust. La jolie blonde qui nous avait lié pour la première fois alors que j'avais porté mon attention sur Murphy parce qu'elle était sa meilleure amie. Ne lui demandant pas si elle continuait de la chercher par intermittence comme je le faisais. Me doutant que la réponse serait négative, elle avait commencé à faire son deuil pendant que je continuais de la chercher. Une part de mon esprit qui savait qu'elle était sans doute morte mais préférant autant m'imaginer qu'elle allait bien, qu'elle était vivante alors que je ne pouvais que la rechercher. Continuant de le faire, certes plus raisonnablement mais continuant pas moins. Autant que je ne pouvais que tenter d'apercevoir la chevelure blonde d'Ailina même si récemment avec le cyclone mon attention s'était focalisée sur le campement. Ne lui posant pas cette question alors que les mots restaient en suspens dans l'air tandis que mon regard s'attardait trop longtemps sur son couteau de chasse. Un regard que songeur même si je ne pouvais que finalement lever la tête en attendant sa question.

« T'as une idée de l'heure ? Je pense pas que ça puisse attendre beaucoup plus longtemps, et les cuistots doivent dormir, les chanceux. » « Aucune idée à vrai dire, je n'ai pas pensé à regarder. J'imagine qu'il te reste quelques heures à tenir. » Ce qui était sans doute le cas alors que je n'avais pas pensé à y jeter un coup d'oeil. Une idée qui ne m'avait pas traversé l'esprit réellement alors que je savais d'avance qu'il était encore la nuit. Ayant juste accepté le fait que je ne pourrai simplement pas me rendormir. Un lièvre qui ne tiendrait sans doute pas jusqu'à là alors que je ne pouvais que l'attraper. Le sous-entendu clair. M'arrêtant un dernier instant pour attraper mon gobelet non sans jeter un rapide regard au sien. Me décidant à lui laisser alors qu'au passage, j'attrapai le mien pour le ramener à la cuisine. « A plus tard alors. » Un dernier regard. Et des gestes pourtant peut être délibérément lents, lui offrant la possibilité de me retenir, de me demander de rester si elle le souhaitait. Ou peut être l'espoir qu'elle le fasse. Ecartant doucement sa main qui tenait le couteau alors que les cuisiniers s'en chargeraient. Frisson qui parcourrait mon dos. Sans doute l'un des seuls contacts physiques que j'avais alors avec elle, que je n'avais eu depuis longtemps. Faisant comme si là n'était rien alors que je me relevai, le gibier tué de nouveau entre mes bras. Et doucement, seuls mes pas qui rompaient l'écho du silence, je n'en venais qu'à la laisser seule. Un début.

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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36174 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1314



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❝ I can't be strong all the time ❞
Murphy Cavendish & Chris Wilson
(27 janvier 2118)


Le silence de Chris était assez exceptionnel pour démontrer d'un respect nouveau. Presque étrange tant il était inattendu. On n'entendait plus que la voix de Murphy soulever le silence de la nuit. Chris disparût hors de la tourelle un instant plus tard, la laissant à son tour silencieuse, confrontée à nouveau à la fatigue, les mains posées sur un gobelet plus bienvenu que ce qu'elle était prête à admettre devant témoins. La silhouette de l'homme se détacha en contrebas, juste le temps de trouver le lièvre, de l'attraper et de repasser les hautes portes à quelques centaines de mètres de là. Si elle n'avait pas attendu le retour de Chris, elle se serait sans doute à nouveau perdue dans ses contemplations nocturnes, de celles qui appellent le sommeil et font abandonner progressivement la vigilance de rigueur. Mais cette fois-ci, Murphy demeurait aux aguets, guettait l'extérieur, l’œil vif et inquisiteur malgré l'obscurité. La neige avait l'avantage de faire ressortir les mouvements suspects et se détacher les silhouettes plus foncées. Mais après que le lièvre fut arraché à sa mare de sang, plus rien ne bougea. Le calme était retombé sur les environs.

Ce ne fut que lorsque Chris réapparût dans la tour de garde avec le lèvre à la main que Murphy réalisa tout ce que leur trouvaille impliquait. Un animal mort devait être géré le plus vite possible si on comptait le conserver pour s'en nourrir ou récupérer sa fourrure. Elle avait appris ça au fil des années et de l'expérience, avec Cassandre mais aussi un Terrien dont le nom ne lui revenait plus sans lui causer quelques frissons de peine. Au pire... Ses prunelles se déportèrent vers l'un des couteaux qu'elle portait encore à sa cuisse. Elle avait appris à se débrouiller seule lorsque ça s'avérait nécessaire. Lorsqu'elle quittait le camp pour un ou plusieurs jours, elle ne pouvait compter que sur les quelques réserves qu'elle avait pu réussir à mobiliser et à ses propre débrouillardise -fort heureusement aujourd'hui continuellement accompagnée de celle de son fidèle chien chasseur.  Elle avait commencé par apprendre à reconnaître les végétaux comestibles et à fuir ceux qui lui feraient plus de bien que de mal. C'était le travail intellectuel que pouvait impliquer la survie; il fallait retenir les différentes apparences et caractéristiques de ce qu'elle pouvait croiser en forêt, fruits et baies, racines, feuilles, bois. Le moindre faux pas pourrait la laisser en bien mauvaise posture au milieu d'une forêt hostile ou pire encore. Le reste avait été plus long à apprendre : chasser, ce n'était pas ce à quoi elle avait entraînée. Elle avait entraînée aux armes et aux combats, mais ici, le matériel n'était plus le même. Il fallait tout réinventer, tout réadapter, y compris ses propres gestes et réflexes. La chasse, elle n'avait commencé à se l'approprier que lorsqu'Antarès était entré dans sa vie. Ce ne fut qu'à partir de ce moment-là qu'elle s'autorisa à se considérer un peu différemment que dans son rôle de militaire, lieutenant et patrouilleuse. D'un coup, il était devenu possible pour elle de ramener un peu de viande au camp, même si son chien en était le seul méritant. Et une fois un arc entre les mains, il devint possible pour elle d'entrer dans la cour des grands, elle aussi, d'être de ceux qui ne rentraient pas les mains vides, d'apporter un peu plus aux siens que ce qu'on attendait strictement d'elle. « Au pire », soupira-t-elle à l'idée de se prêter à une telle activité au milieu de la nuit, « au pire faudra qu'on s'en occupe nous-mêmes. » Elle aurait probablement dû penser à ce genre de détails avant de chercher à prouver quoi que ce soit à quelqu'un dont elle n'avait plus grand chose à faire. Elle n'était pas d'humeur à dépecer un animal -pas qu'il y ait vraiment de moment propice à ce genre de choses, mais une fois était sûre, s'il y en avait un, ce n'était définitivement pas au milieu de la nuit et d'une garde épuisante et ennuyante. En se penchant au-dessus du cadavre qu'il avait laissé à ses pieds, elle entendait Chris proposer des solutions, mais un soupir fatigué lui échappa à nouveau. « J'ai peur qu'il se contamine tout seul... » Du bout des doigts, elle frôla le pelage en bordure de la plaie qu'avait laissée sa flèche. Elle ne s'y connaissait pas suffisamment pour décréter que les intestins n'avaient pas été touchés et qu'aucune contamination bactérienne n'était à craindre.

Mais Chris, lui, ne pensait pas seulement au pauvre lièvre à leurs pieds. Une façon peut-être de se racheter, encore et encore, sans aucune excuse en vue mais à tâtons, à coups de petits pas, de quelques mains tendues. Fatiguée de rester sur la défensive, peut-être, ou apaisée par les étoiles qui les protégeaient, Murphy acceptait la parenthèse qui s'offrait à eux. « Je travaille dur », lâcha-t-elle finalement en haussant les épaules, incapable d'accepter le compliment de Chris, qu'une part d'elle trouvait toujours mal placée. On n'était pas doué pour ces choses-là, on travaillait. Et elle, elle avait travaillé d'arrache-pieds, inlassablement, pour faire de son bon niveau en visée un niveau meilleur encore, approchant de façon asymptotique de la perfection sans jamais l'atteindre. En cette nuit sombre, avec une visibilité limitée, elle ne pouvait ignorer cette part de chance qui avait dû se lier à la partie. Etre porté par le besoin de se prouver à quelqu'un ne suffisait pas à s'en rendre capable.

La question de Frost était innocente et légère, elle le savait. Mais Murphy ne put s'empêcher de ressortir les griffes, très factuelle dans sa réponse. Elle avait connu Frost alors qu'elle portait encore le nom que sa première maîtresse lui avait donné et même si elle ne s'en vanterait jamais, elle n'était pas innocente dans la rencontre de Skylar avec sa nouvelle compagne à quatre pattes. Elle avait été le lien entre les deux. Elle ne pouvait pas en vouloir à Chris d'ignorer tout ça, mais elle lui en voulait tout de même un peu de la croire extérieure à cette rencontre au point de penser qu'elle puisse ne pas connaître la jeune chienne. Elle savait la réponse de Chris neutre, des plus neutres qu'il puisse lui offrir, et elle apprécia secrètement que pour une fois, il ne surenchérisse pas. Trouvait-il un semblant de recul dans cette nuit sombre ? Elle acquiesça aux répliques banales qui, partagées avec Chris, avait quelque chose de bien poli que rien d'autre n'aurait pu leur offrir. C'était doux, de laisser les banalités prendre le dessus.

Mais, accroupie devant la bestiole, Murphy n'oubliait pas les secondes et les minutes qui s’égrainaient. Elle dégaina dans un frottement le couteau de Faust, celui qui avait remplacé celui qu'elle avait offert à Tamara. Avec son anneau, il était l'une des seules choses qu'elle gardait de son amie. Elle était retournée plusieurs fois au campement qu'elle avait trouvée au fond des bois, seule ou avec Tennessee, mais n'y avait fait aucune autre découverte fructueuse. Voilà tout ce qu'elle avait pu retrouver d'elle : un anneau, un couteau, quelques morceaux de papier griffonnés et des babioles qui avaient plus d'utilité que de symbolique. A la réponse de Chris, les doigts immobilisés dans la fourrure tiède, elle soupira une nouvelle fois. Les cuisiniers dormaient, il fallait s'en charger ici. L'idée de se retrouver face aux tripes de l'animal à une heure pareille ne l'enchantait guère, mais...

Quoi ? Le lièvre avait décollé du sol et elle leva son regard vers l'homme, qui avait attrapé l'animal sans poser plus de questions. Interdite, Murphy faisait face au fin filet de sang qui se déversait encore sur le sol. Les gestes de l'homme étaient lents et le regard de la brune criait son incompréhension alors qu'elle le regardait récupérer son gobelet. « Heu... » lâcha-t-elle, se sentant forée à émettre un doute sur la démarche de Chris. Ils ne se comprenaient décidément plus. Lorsqu'il abaissa sa main, celle qui tenait le couteau, alors perdue dans le vide, Murphy avait froncé les sourcils et leva finalement les yeux au ciel. « Tu vas le dépecer et l'étriper, c'est ça ? Tu sais faire ? » Son regard s'était fait un brin moqueur. Elle ne pouvait qu'accepter une telle proposition, mais elle doutait plus sévèrement que ce soit ce dont il s'agisse. « Tu réalises qu'il faut s'en occuper maintenant, hein ? Les cuistos dorment, ça dépend encore de nous. » Chris s'était avancé vers l'échelle et Murphy s'était relevée pour garder un œil sur le terrain dont elle était responsable de la surveillance.

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01/11/2015 Glacy Ezra 2319 Brett Dalton Murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 173
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« Au pire » Mon regard qui restait posé sur elle, alors que j'attendais tout simplement la suite de sa phrase. « au pire faudra qu'on s'en occupe nous-mêmes. » « Si on pouvait trouver une alternative cela ne serait pas mal. » Une idée de le dépecer là qui ne m'enchantait guère et que je préférai autant éviter. Pouvant plutôt réfléchir à des moyens pour que la viande ne dépérisse pas bien qu'il était certain que je n'avais pas alors pensé au risque de contamination. « J'ai peur qu'il se contamine tout seul... » « Je ne pense pas que cela puisse être le cas. A première vue, ton tir était net et tranchant. » Il n'y avait aucun dégât extérieur a mentionné alors que le tir avait bel et bien été net. La flèche qui s'était plantée directement dans sa cible en mouvement sans donner l'impression d'un autre fait. Mais là non plus, comme elle, je n'étais pas un expert, ne pouvant confirmer si oui ou non un organe avait été touché, si la viande allait se détériorer rapidement. N'ayant peut être pas l'habitude de me poser autant de questions bien que je ne pouvais que tenter de m'améliorer au sujet de la chasse, ou de la cuisine. Autant là pour en apprendre toujours plus et qu'un peu plus curieux alors que je me retrouvais à observer l'animal qui gisait à nos pieds. Ne pouvant qu'au passage mentionner ses exploits. Délicatement. Petit pas après petit pas que j'espérai me guideraient dans la bonne direction.

« Je travaille dur » « Et je n'ai pas dit le contraire. » Tentant de garder un sourire charmeur sur ses lèvres, de ne pas sembler agacé ou agressif alors qu'il paraissait difficile d'accepter un compliment. Ce qui n'était pourtant trop difficile à faire alors que je ne comptais pas tant la flatter, que je mentionnais la vérité. Du moins une vérité telle que je la percevais alors qu'elle était bel et bien douée. Ne diminuant toutefois pas les heures et jours d'entraînement à viser dans une cible encore et encore, malgré la souffrance causée par les bras. Ne sous-estimant pas ses efforts ou quoique ce soit, souhaitant juste qu'elle accepte ce compliment.

« Heu... » Et m'apprêtant bel et bien partir, non sans espérer qu'elle me retienne. Bien que cela ne fut réellement ce qu'elle fit si ce n'était se préoccuper de l'animal mort. Adorable. « Tu vas le dépecer et l'étriper, c'est ça ? Tu sais faire ? » « Moi ? Non je comptais le donner au cuisiniers mais oui je sais faire. » Morigénant presque dans ma barbe. A vrai dire heureux de percevoir cette pointe de moquerie dans son ton. Certain que je n'étais pas tout à fait fier de ne pas être un expert dans la cuisine et qu'à première vue mon instinct ne m'avait pas porté à le dépecer là, mais non je n'étais pas non plus totalement inutile sur la question. Du moins, je l'espérai.« Tu réalises qu'il faut s'en occuper maintenant, hein ? Les cuistos dorment, ça dépend encore de nous. » « Oui je sais qu'ils dorment bien sûr mais.. » M'apprêtant à préciser que dans le pire des cas on pouvait toujours les réveiller. Et me demandant si l'excuse ne serait pas acceptée. Ce n'était pas si d'un point de vue hygiénique là était le meilleur endroit pour dépecer la pièce de gibier. Et là n'était qu'une des multiples raisons qui pouvaient me diriger vers l'échelle au-delà du sous-entendu implicite que je pouvais partir. Et si il était certain que je ne pouvais qu'être content qu'elle ait fait un geste, bien qu'elle pensait certainement plus à sauver la viande encore comestible qu'à me retenir, il ne restait pas moins que je n'étais pas un cuisinier. « Je dis pas que je peux pas m'occuper de le dépecer avec ton aide, mais je doute que ce sera aussi propre de ce qu'ils pourraient faire ou de ce dont serait capable de faire Rachel. » Il était certain que dans le dernier cas la jolie brune n'aurait pas hésiter. Ce qui était presque amusant alors qu'auparavant il aurait été difficile de l'imaginer dépecer un gibier ou même commencer finalement à apprendre à porter un coup à quelqu'un. Son temps sur terre l'avait changé et désormais il n'était plus possible d'entrevoir la petite fille qui nous suivait partout avec sa peluche à la main. Non cette fillette qui était toujours dans nos pattes avait laissé place à une magnifique jeune femme. Et peut être que ce fait la rendait autant dangereuse qu'accessible. Avant elle était juste Mini-Miller, mais depuis elle était Rachel. Et les épreuves traversées n'avaient pu que nous rapprocher, ce qui n'était pas pour me déplaire alors qu'elle était la famille. L'importance de rester ensembles finalement comprise. Pouvant encore me rappeler sa facilité à mélanger les ingrédients et nous cuisiner autant que je n'avais pu que la taquiner en prétextant que c'était immangeable. Et que conscient que e devrai de nouveau m'adresser à Skylar alors que je comptais lui rendre visite rapidement maintenant que le gros des dégâts avait été commencé à être déblayé. Me perdant dans mes pensées pendant cet espace d'instant avant de me rappeler que je tenais toujours le gibier mort. Ne m'étant rendu compte que je m'étais immobilisé avant de revenir vers Murphy. Et si je n'avais pas été d'une particulière aide lorsqu'il avait fallut dépecer le cerf après la tempête, il ne restait pas moins que par la suite je n'avais pu qu'évoluer auprès des cuisiniers. Etant désormais plus au point là-dessus et de réaliser un travail convenable. « Dépeçons-le alors. »


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