Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜I’ve been dreaming of things yet to come [Rowena]
maybe life should be about more than just surviving


avatar
19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 733 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 71



GÜZIS
&
ROWENA
I’ve been dreaming of things yet to come.

Le temps passe, toujours fidèle à son rythme si soutenu, si connu. Tu peux sentir l’arrivé de la pénombre par la froideur de l’air qui vient paresseusement effleurer tes poignets et ton visage. Tu voudrais rester encore un peu, dans ce petit coin de clairière qui t’apporte calme et sérénité. Tu aimes à venir y passer quelque longues minutes, qui se transforment parfois en heures, chaque jour, lorsque tu n’as plus rien à faire, ou peut-être juste lorsque tu as besoin d’être seul. c’est vrai, cela t’arrive souvent, tu apprécies les moment de silence où tu peux à loisir écouter les murmures de cette forêt que tu aimes tant, tu apprécies ce calme presque immobile, stagnant autour de toi qui te détend, t’endormirait presque, mais cela, tu t’y refuses. Dormir seul dans la forêt serait une idée bien saugrenue pour n’importe qui. Ta santé ne te le permettrait sans doute pas, et si tu disparaît parfois plusieurs jours du village au profit de la forêt, tu ne le fais jamais sans prévision. Tu es comme ça, tu aimes t’assurer que tout ira bien, que tu ne prends pas de risques inutiles. Là bas, dans les bois, lorsque tu t’enfonces assez loin, personne ne pourraient entendre un appel à l’aide sans le chercher, ou du moins tu en doutes. Inutile de titiller la chance, celle-ci est déjà assez lunatique à ton goût. Tu relève la tête, ouvres sur le crépuscule ton regard d’azur. A cette heure, tu peux commencer à loisir à observer des formes nouvelles, cachées à la lueur du jour, tant d’ombres habitant potentiellement tout autant de secrets.

Tu te relèves, délicatement, presque prudemment, glissant machinalement les mains sur tes vêtements pour les remettre en ordre. Un peu plus loin, tu peux déjà entendre les bruits de pas d’animaux qui commencent à sortir de leurs cachettes. Pour eux, la tombée du jour sonne l’heure de réveil, eux aussi aiment sortir lorsqu’ils ont l’impression d’être entourés d’une sécurité toute relative. La plupart du temps, ils ne te craignent pas. tu ne leur fais jamais de mal, et tu es si calme qu’ils te prennent peut-être juste pour un élément du décor, qui sait. Toi, tu as à loisirs de les observer, plus ou moins furtivement, et cela te convient parfaitement. Keryon n'était pas là aujourd'hui, tu ne t'inquiètes pas vraiment, cela lui arrive de disparaître quelques jours parfois, tu reviendras demain. Tu ne t’attardes pas cependant, tu aimerais être de retour au village avant qu’il ne soit trop tard. Tu as à faire et loin de toi l’idée de réveiller qui que ce soit au beau milieu de la nuit. Oserais-tu seulement? Cela n’est pas vraiment ton genre. Mais tu veux la voir, tu as déjà la sensation d’avoir trop attendu, quoiqu’elle soit à peine revenue, tu es comme ça, tu t’inquiètes toujours un peu trop. Peut-être t'appuies tu toujours un peu trop sur des sensations, des pressentiments, on pourrait te le reprocher, c'est vrai. Cependant, depuis ce jour gris où tu as trouvé Keryon, tu ne peux t'empêcher d'accrocher une importance toute particulière à ce que ton esprit te dicte, de manière consciente comme de manière inconsciente. Si tu n'avais pas suivi ce lynx qui t'avait guidé dans ce rêve presque éveillé, que serait-il advenu du petit faon chétif, de la biche dans le ruisseau? Tu n'aimes pas te souvenir de cela, mais malgré ta mémoire souvent un peu trop défaillante, ce sont là des images qui ne te quittent pas. Rowena n'est pas une biche, et elle n'est pas mourante, tu le sais, si cela avait été le cas, le village aurait été bien moins ensommeillé depuis son retour, bien moins silencieux à tes oreilles qui entendent tout, ou presque. Tu ne peux cependant t'empêcher d'avoir cette impression désagréable dans le fond de ta poitrine, comme si elle risquait encore quelque chose alors qu'elle est de retour dans la sécurité du village. Puis tu aimerais la voir, t'assurer que tout va bien, savoir peut-être, ce qu'il lui est arrivé là bas. Tu es un curieux après tout, et elle a été exposée tu t'en doutes, à toute une foule de savoir qui te fait sans doute lacune.

Tu connais le chemin par cœur, tu n’as pas besoin de très longtemps pour rejoindre le village, sans un bruit sans un doute, tu ne coures pas, tu ne fais que presser le pas par instants. Rapidement, les lueurs du village t’entourent alors que tu glisses comme une ombre jusqu’à ton chez toi, un peu loin de tout, toujours un peu isolé, mais toujours assez proche pour observer les alentours, grand curieux que tu es. Chez toi, tout es immobile, placé avec minutie, tout a sa place comme une réalité figée qui te ressemble bien. Tu n’aimes pas avoir à chercher les choses, la précipitation ne te sied guère, et sans basculer dans une maniaquerie drastique, tu apprécies l’ordre. Tu sais exactement où trouver tout ce que tu veux, et tu ne perds pas de temps. Tu enfiles quelque chose de sec, que l’humidité de la forêt n’a pas rendu froid et désagréable à porter, tu n’as aucunement dans l’idée d’avoir à impressionner qui que ce soit, mais tu portes toujours attention à ta présentation, à ton confort aussi.

Tu hésites un instant lorsque tu te plantes sans un bruit devant sa porte, lançant un regard à droite, à gauche, avant de soupirer. C’est peut-être avec un peu trop de délicatesse -comme d’habitude- que tu frappes à la porte. Tu attends un peu, peut-être est-elle un peu trop longue à ouvrir, ou à te répondre. Là où certains dans leur empressement auraient sans doute ouvert la porte avec fracas, tu pousses la poignée délicatement, sans vraiment ouvrir, sans vraiment entrer, tu gardes la main contre la porte, dans une dernière hésitation, tu n’avances pas. Une courte seconde passe, avant que tu n’ouvres la bouche pour glisser par l’entrebâillement de la porte ta voix pleine de prudence. « Rowena? Tu es là? » Question idiote, tu as vu la lumière, tu refuses juste d’entrer sans qu’elle ne t’en ait donné l’autorisation. Pousser la porte a déjà été le geste de trop, même si tu es venu en paix… certainement plus en paix que ton ami animiste. Tu ne l’as pas vu depuis le retour de Rowena, mais tu le connais bien assez pour savoir qu’il n’a pas du attendre aussi longtemps que toi pour venir à sa rencontre. tu te demandes ce qui a bien pu être dit entre les membres du conseil, entre les autres aussi… Et comme pour assurer que tu ne viens pas pour semer le trouble, tu ajoutes sur un ton qui semble presque cacher un sourire, amusé peut-être, par ce que tu t’apprêtes à lancer. « J’ai apporté de quoi faire du thé, et manger un peu. » Pas grand chose, quelques herbes dont tu apprécies l’odeur lorsqu’elles infusent, et quelques poignées de noix. La nourriture apaise les tensions et délie les langues, puis tu n’as rien avalé depuis que tu es parti au matin, et tu ne doutes pas que ton corps finira bien par réclamer son du si tu n’y remédies pas rapidement.

Tu passes finalement la tête par l’entrebâillement de la porte pour jeter un regard à l’intérieur, ta longue crinière suivant le mouvement dans une vague souple. « Je peux entrer? »  
CODAGE PAR AMIANTE

Admin
avatar
02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1123 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 89
Admin





Be my guide
I’ve been dreaming of things yet to come.



Le regard se perdait dans le feu dansant dans l’âtre de la cheminée. Le temps humide pourrait empirer son état, elle en avait parfaitement conscience. Et on le lui avait suffisamment répété aussi. Chaque personne qui passait par sa petite cabane le lui soulignait, ou sous-entendait. Harlan, Caleb, Rürik, Ashiri, ils semblaient s’être donné le mot pour lui dire à quel point son choix avait été stupide, encore plus à cause du fait qu’elle n’en avait parlé à personne, et que seule une lettre avait été laissée, avec de succinctes explications. En y repensant, elle ne pouvait pas imaginer la réaction de ses deux collègues, le sentiment d’abandon qu’ils avaient dû ressentir. En fait, Rowena, elle avait du mal à croire qu’on pouvait tenir à elle d’une quelconque manière. Elle avait donné, en matière de sentiments. Elle avait sacrifié aussi, au passage. Alors, aujourd’hui, elle évitait les nouvelles attaches, cherchait à ne pas inquiéter les plus anciennes et ancrées. Elle esquivait, tout en sachant que cela ne serait que temporaire. La chamane finissait toujours par revenir, par rechercher du réconfort, de l’aide chez les autres. Yuma le lui avait dit, que malgré tout, elle ne pourrait pas s’en défaire.

Caleb était venu la veille, Harlan n’était pas repassé depuis… Depuis qu’il l’avait rarement. Depuis qu’elle avait évoqué le suicide face à lui, brisant ce masque si parfait qu’elle portait au quotidien. Finalement, elle s’y était accrochée à ce masque, de façon à ce qu’il ne fasse plus qu’un avec elle, aux yeux du monde, mais aussi à ses propres yeux... Elle avait refusé de percevoir sa faiblesse émotionnelle, elle qui avait toujours été un pilier pour la tribu, elle refusait cette simple idée de ne plus parvenir à la porter. En avait-elle réellement le choix désormais ? Ses doigts faisaient des ronds sur la table en bois, suivaient les veines dessinées dans celui-ci. Un voile de tristesse était tombé sur son regard, alors qu’elle se perdait un peu plus dans ses pensées. Une introspection intérieure n’avait jamais fait de mal, mais se remettre en question aussi violemment, sans préparation… Elle ne pouvait pas en ressortir indemne. Il lui aurait fallu aller voir l’une des seules personnes en qui elle avait entièrement confiance, notamment pour ne pas la juger. Pourtant, elle restait plantée là, assise sur sa chaise, n’ayant même pas la force de se lever pour se faire quelque chose à manger. Elle était faible Rowena, derrière la fermeté qu’elle renvoyait.

Les bras se croisèrent sur la table, la tête y prit appui. Morphée l’enveloppant, tentant de la basculer dans un monde merveilleux, loin des questions qui se perdaient dans son esprit, sans réponse. Mais elle s’accrochait à sa conscience, refusait de se laisser chuter. Tout aurait été plus simple si elle avait lâché prise, non ? Si elle avait accepté cette possibilité…

Coups secs portés contre une surface dure. Quelques-uns, suffisants pour la faire émerger, sans pour autant qu’elle devine d’où cela venait. Elle releva la tête, à moitié alerte, en réalité encore dans le brouillard. Un instant, elle pensa aux autres conseillers, avant de se rappeler de l’entrée de Caleb, hautes en couleur. Il n’avait pas pris la peine de toquer la première fois, pourquoi le ferait-il la seconde ? Frottant ses paupières, bâillant, elle entreprit de se lever, ou essaya. Elle manqua de tomber, soupira. Au moins, cela eut le mérite de la réveiller. Une voix lui parvint, terminant de l’ancrer dans la réalité. « Güzis ! » Finalement, celui qu’elle devait aller voir était venu à elle. Cela signifiait qu’elle avait trop tardé, et la culpabilité rongea instantanément ses entrailles. Elle s’en voulait oui, de ne pas lui avoir donné de nouvelles, alors qu’il était important à ses yeux. La conseillère traversa la pièce d’un pas plus lent que voulu, à cause des restes de son voyage à la cité de feu.

Seule la dernière phrase lui parvint clairement, et elle ne put s’empêcher de lâcher, toujours tendue par les derniers échanges eus : « Ca dépend, si toi aussi tu viens pour me faire la morale, je ne suis pas certaine d’en avoir besoin. » Il y en avait déjà eu deux, si c’était pour entendre la même chanson une troisième fois, elle préférait se rouler en boule dans un coin de sa masure. Cependant, sans réellement attendre de répondre, elle se rapprocha de la porte, dans une tenue bien loin de celle qu’elle portait habituellement. Nettement plus simple et épuré, étant donné que l’intérieur était chauffé. Il avait déjà passé la tête dans l’entrebâillure de la porte, et un sourire fatigué se dessina sur les lèvres de la chamane : « Je suis désolée, ce n’était pas sympathique, je suis juste à bout de nerfs avec tout cela. » Le rectangle fut ouvert, pour le laisser pénétrer à l’intérieur, et elle referma derrière lui. D’un geste, elle indiqua une table et quelques chaises, s’il souhaitait s’y asseoir. « Ne fais pas trop attention au manque de rangement, je n’ai pas eu le courage de le faire en rentrant. » Elle sortait tout, mais ne rangeait rien, l’esprit trop occupé, le corps trop faible. Ses fesses se reposèrent sur un tabouret, jusqu’à ce que la mémoire lui revienne.

« Tu as parlé de thé sinon ? » Ses yeux pétillaient. Elle aimait le thé Rowena, mais aujourd’hui, la femme n’avait pas pris le temps d’en faire. Alors, si Güzis en proposait… Elle ne dirait jamais non, et il le savait, après tout.


avatar
19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 733 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 71



(J'ai fait une boulette et édité en voulant citer.... A remettre en page donc TuT (heureusmeent qu eje garde mes rp omg) )

GÜZIS
&
ROWENA
I’ve been dreaming of things yet to come.

Debout derrière la barrière de bois qui te sépare d’elle, tu t’inquiètes encore. Tu as toujours été doué pour cela, t’inquiéter. C’est étrange, tu ne t’es jamais considéré comme quelqu’un d’habile avec les autres, tu ne t’es jamais réellement considéré proche de qui que ce soit, tu connais du monde, tu apprécies plus ou moins certaines personnes, c’est vrai, mais la symbiose, c’est avec la Nature que tu la ressens. Mais tu n’as jamais pu t’empêcher pour autant de t’occuper des plus jeunes, leur accorder du temps tant qu’ils daignent t’écouter, ou même les moins jeunes, t’assurer peut-être qu’ils aillent bien. Si certains te regardent en coin comme l’on regarderait un fantôme, avec cet air de ne pas trop y croire mais la crainte, quelque part dans le fond du regard, généralement, la plupart t’apprécient. Tu n’es pas de ceux qui cherchent les ennuis, au contraire, tu aimes ton calme, ta routine, et tu as toujours aspiré à la paix, quels que soient les moments. Alors tu n’es pas considéré comme hostile, quand bien même tes crises et ta maladie interpellent, on t’a toujours laissé ta place dans le village, parmi les tiens, et c’est peut-être pour cela que dans le fond tu es attaché à toutes ces têtes avec qui tu cohabites depuis tant d’années. Tu les aimes tous, dans le fond, de ta manière un peu trop pure de voir les choses. Puis il y a celles et ceux qui sortent du lot. Caleb par exemple, tu ne le comprends pas toujours, il a le sang vif et chaud, bien plus que toi, mais tu le connais depuis si longtemps, et vous vous complétez. Il hausse la voix là où tu préféreras baisser les yeux, il courre avant de penser, tu aimes le charrier, mais tu ne peux lui en vouloir pour rien. Rowena aussi est une exception, d’une toute autre sorte. Tu la respectes pour ce qu’elle est au sein des Naoris, l’idée qu’elle fasse partie du Conseil étant peut-être plus présente lorsque tu t’adresses à elle que lorsque c’est à Caleb que tu as affaire… Aucune raison à cela pourtant, si ce n’est que tu la comprends peut-être un peu mieux. Tu aimes à te dire que vous n’êtes pas si différents. Loin de toi l’idée de la protéger, tu te considères comme un bien piètre protecteur de toute manière, puis elle est bien assez grande, elle sait le faire seule, de même que tu la considères bien assez lucide pour peser le poids de ses propres choix. Cependant, tu t’inquiètes. Tu tiens à elle peut-être plus qu’à bien d’autres, tu as de l’estime pour elle, et peut-être aussi quelque chose qui s’approche de l’amour. tu la connais depuis si longtemps.

Lorsqu’elle est partie, tu n’as pu que subir. Quand bien même tu en aurais eu l’opportunité, tu n’aurais pas essayé de la retenir. La mettre en garde, peut-être, l’enchaîner, non. Mais cette confiance que tu as en ses capacités ne t’empêchera jamais de vouloir son bien, et de vouloir à ta mesure, veiller un peu sur elle aussi. Tu hésites, tes petites affaires entre les mains, l’air mordant commençant à courir le long de tes vêtements décidément un peu trop légers; tu ne souhaites pas entrer sans son accord, tu t’es toujours refusé ce genre de choses, une certaine pudeur qui te caractérise assez bien. Lorsque tu entends sa voix pourtant, tu oublies un instant ta retenue, te précipitant un peu trop sans doute, mais sans lâcher cette retenue pour autant. Entendant ses conditions, si tu peux nommer cela ainsi, tu hausses un sourcil. Lui faire la morale? Tu jettes un regard autour de toi sans lui répondre tout de suite, machinalement, comme si tu t’attendais à voir à tes côtés quelqu’un que tu n’aurais pas remarqué. Non, tu n’es pas bon pour les morales sitôt que ces dernières s’éloignent du bien être des bois. Puis tu te doutes que tu n’es pas le premier à venir, à la voir, tu te doutes de qui est passé avant toi, et tu sais ce qui a pu se dire sans avoir besoin d’une grande concertation préalable. Selon toi, il n’y a pas meilleure morale que l’action, et c’est peut-être un peu ce qui t’amène. Tu aimerais savoir ce qu’il s’est passé, comment elle se sent. Tu secoues la tête lorsque ses excuses te parviennent, levant ta main libre pour la secouer comme si tu chassais de ce revers de main quelques mots inutiles. « Ne t’excuses pas. Je ne suis pas venu pour ça. Visiblement, j’ai raison de me dire que de toutes façons, je serais en retard, on m’a devancé. Et puis, tu sais que je ne suis pas doué pour les leçons. » Tu te déprécies peut-être un peu trop, tu l’as toujours fait, mais pour cette fois, personne ne s’en plaindra n’est-ce pas? Ton sourire lorsque tu entres se veut rassurant et sincère. Tes yeux d’azur eux, ne se détachent de la chamade que lorsque cette dernière évoque le désordre de l’endroit. Malgré ton application à maintenir ton chez toi ordonné, ce n’est pas le genre de choses que tu remarques chez les autres, et pour ce soir, tu t’appliques peut-être un peu trop à la détailler. Tu cherches dans ses gestes à savoir comment elle se porte, et ses mots te mettent eux aussi sur la voie.

« Je n’ai rien vu. » Tu lui réponds dans un sourire taquin. Tu appuies délicatement ta main libre contre le bois de l’une des chaises, sans t’asseoir pour le moment, tu observes, sale habitude que tu as. Tu l’observes elle, ses gestes, sa façon de se tenir de t’accueillir. Pas le courage dit-elle. Tu imagines bien. Elle te donne l’impression d’avoir eu de meilleurs jours. « Si tu as besoin, je peux t’aider à mettre un peu d’ordre, mais je ne vois rien de bien terrible, ne t’inquiètes pas. » Ranger les affaires, voilà le genre de services que tu te laisses à lui proposer car tu te sens assez à l’aise avec elle pour le faire. Une proposition légère qui n’attend pas vraiment de réponse, mais tu espères que cela suffira à lui faire comprendre qu’au besoin, tu es là, et pas uniquement pour faire le ménage. «  Le thé?.. Ah oui, le thé! » Tu ne changes pas avec les années, la tête toujours occupée ailleurs. Tu lèves, presque avec fierté, les provisions que tu as menées avec toi. Tu sors les noix et autres petites choses à avaler. «  Je me suis dit qu’à cette heure, ce serait impoli de venir les mains vides. Je m’occupe du thé, ne bouges pas. » Qu’elle ne craigne rien, tu n’es pas maladroit, chauffer de l’eau et laisser infuser n’est pas si dangereux. Tu ne lui laisses pas vraiment le choix, tes actes sont parfois un peu trop spontanés. Puis ne mentons pas, tu as bien remarqué qu’elle te parait fatiguée… Ou peut-être est-ce autre chose?

« Alors? Comme ça tu es partie à l’aventure. » Tu penches légèrement la tête en sa direction, tes grands yeux se posant sur elle avec la curiosité d’un enfant. « Tu aurais pu m’emmener. » Tu plaisantes, évidemment, quand bien même l’idée de découvrir du pays ne te déplaise pas, tu l’avoueras volontiers. Cependant, tu doutes que ta santé te laisse la liberté d'une telle épopée. Tu as besoin de cette routine dans laquelle tu vis depuis des années, tu ne connais pas bien le mal qui t'habites et il t'effraie assez pour t'obliger à éviter les folies. Tu souries, mais ton regard un instant reprend du sérieux, passer du sourire à la droiture, c’est quelque chose dont tu as l’art. « Que s’est-il passé là bas qui te vaille les grandes phrases de tous ceux qui sont passés avant moi? » Une question qui ne trompera personne: elle relève plus de l’inquiétude que du désir de jugement. Tu laisses l’eau chauffer, revenant à la chaise où tu reposes tes mains délicatement, tu attends sa réponse. Peu t’importes qu’elle soit vague ou non, tu souhaites juste en savoir un peu plus. Tes yeux clairs posés sur la conseillère, tu lui lances sans t’en rendre compte ce regard préoccupé qui donne l’impression de les sonder d’un peu trop près, avec un peu trop de minutie. « Est-ce que tout va bien? » la voilà, la question qui te brûlait les lèvres, celle qui t’a poussé à venir jusque ici. Est-ce qu’elle va bien? Car elle ne t’en donne pas l’impression. Un voyage fatigant, c’est possible, mais tu ne peux t’empêcher de te dire qu’il n’y a pas que cela, et tu ignores pourquoi. Alors tu repousses ta curiosité, juste assez pour en priorité t’assurer qu’elle n’a besoin de rien. Tu ne la jugeras pas, quelle que soit la réponse qu’elle te donnera, et tu espères de tout coeur qu’elle en est consciente.
CODAGE PAR AMIANTE


Dernière édition par Güzis T. Cinksi le Jeu 26 Avr - 14:23, édité 2 fois

Admin
avatar
02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1123 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 89
Admin





Be my guide
I’ve been dreaming of things yet to come.



Elle avait réagi trop violement, avec ces émotions qu’elle tentait pourtant de réprimer. Pourtant, Güzis n’y était pour rien, au contraire, il avait toujours été là pour elle, pour la soutenir. Et voilà comment elle le remerciait… Et même si elle s’était excusée rapidement, ce n’était pas pour autant qu’elle avait le droit de se comporter ainsi. Les doigts se glissèrent dans ses cheveux, tremblants, alors qu’elle osait à peine relever le regard sur l’homme. Il l’avait accompagné pendant des années, était un ami proche, sans ambiguïté. Puis, Rowena, elle n’avait jamais forcé dans une quelconque direction. Si on regardait son passé, c’était quand même logique. Depuis Harlan, elle ne s’était jamais investie dans une relation durable. Elle avait évité, blessée dans son orgueil, et ses sentiments. Mais elle n’en avait jamais parlé à personne, de tout ce qui s’était passé. Peut-être que Caleb avait décidé, compris, vu comment ils étaient proches, tels des frères et sœurs. Mais rien n’avait été verbalisé. Parce qu’elle en était incapable la chamane. Trop dur, trop choquée surtout, elle avait chuté ce jour-là. Et elle ne s’en était jamais réellement remise, malgré tous ses efforts. Elle était tombée si bas après tout…

Elle sourit, aux paroles de Güzis. Il était toujours si attentionné, si doux. Et ça la rendait encore plus malade, de se comporter comme une connasse. Un long soupir, et la main qui passa devant son visage. Un murmure quitta ses lèvres, voix légèrement étranglée : « Oui. Harlan m’a ramenée… Et Caleb est passé peu de temps après mon retour. Ils avaient beaucoup de reproches à faire tous les deux. » Elle souriait, mais ce n’était pas dans une optique joyeuse, non. Il n’y avait que de la fatigue qui était lisible dans son regard, sur ses traits. Une fatigue profonde, ancrée dans son visage. Comme si elle l’avait masquée trop longtemps. Il n’avait rien vu… Pourtant, elle, il suffisait qu’elle tourne le regard sur la pièce principale pour que chaque défaut, chaque objet déplacé lui saute aux yeux. Parce qu’elle était folle, parce qu’elle avait eu le temps de s’attarder sur tout cela. Chaque petite chose qui attirait son attention, trop même. Il était si agréable comme homme, comme présence. Jamais un mot plus haut que l’autre, une douceur au quotidien… Oui, ça la changeait de l’attitude parfois rustre de Caleb, bien qu’elle l’appréciait réellement, et de la froideur d’Harlan. « Tu es tellement gentil. J’ai l’impression de profiter de ça, je m’en veux un peu. »

Pourtant, elle était manipulatrice Rowena, c’était l’essence-même de son travail en tant que conseillère, et actuellement principale diplomate de la tribu. C’était pour cela qu’elle tentait de changer la donne parmi les apprentis. Devoir tout gérer de ce point de vue était une charge mentale et émotionnelle qui pouvait étouffer, tuer quelqu’un. Alors, si elle arrivait au moins à enseigner à Rürik et à Ashiri les rudiments de la diplomatie, qu’ils puissent se partager la charge… Elle en serait heureuse, vraiment. Elle le vit se lever, à l’évocation du thé, et il déposa quelques noix et compléments sur la table. Elle en attrapa un, pour grignoter, alors que son estomac lui rappelait qu’elle avait évité la nourriture pendant quelques jours. Mauvaise idée, très clairement. Déjà, elle perdait en force. Et en plus, elle avait besoin d’énergie, pour la guérison… Avant qu’Harlan ne revienne lui passer un savon. Bordel, qu’elle avait juste envie de fuir avant de le revoir. Parce qu’il y avait aussi eu des révélations, des envies de suicide lancées dans les airs. Ca avait été furtif, mais il avait demandé des explications. Et la chamane… Elle ne savait pas bien pourquoi elle était comme ça. C’était le cœur qui était lourd, et l’esprit qui ne suivait plus. « Tu n’es pas obligé de le faire tu sais. Je ne veux pas que tu prennes mes mots pour des ordres. »

Après tout, il était son seul ami, le seul qui n’était pas un collègue. Se couper du travail, plonger dans quelque chose de plus détendu… Il lui permettait cela, à sa manière. L’œil sur le feu émettait un doux clapotis, reposant son esprit agité. « Merci de passer en tout cas. » Et elle sourit, à la remarque emplie de curiosité qu’il lui fait. Elle soutint son regard, celui-là qui ne se faisait pas violent, ni jugeur. Elle avait l’impression de pouvoir être elle-même, de ne pas avoir vraiment à se justifier. Les bras se laissèrent tomber sur la table, les doigts jouèrent entre eux, dans l’optique vaine de se détendre. D’oublier la douleur aussi, tantôt physique, tantôt mentale. Que s’est-il passé ? Tant de choses… Sa tête se posa dans le creux de ses bras quelques secondes, pour réfléchir, pour penser. Jusqu’à ce que Güzis revienne s’asseoir auprès d’elle, à cette même table. Y’avait ce visage qui se relevait, et la question fatidique. Celle à laquelle elle n’aurait pu échapper. Et sur le coup, elle ne sut que répondre, à part un silence, pesant. « Je crois que je vais bien. Mais… C’est un peu plus compliqué. » L’eau bouillonnant accompagna ses propos, en même temps qu’un long soupir. « J’ai été blessée par les gardes royaux de la cité. Gravement. Un sorcier sur place m’a sauvée, avant qu’Harlan vienne me récupérer. » Pause. Elle tâtait le terrain, en venait à se demander si elle devait continuer. Elle n’était qu’à un pas d’une révélation. De sa faiblesse. « Et j’ai évoqué des envies de suicide. »

Un murmure, juste un murmure pour le dire. Parce que c’était déjà trop dur de le verbaliser, alors si en plus elle devait le hurler… Les doigts se tordaient, s’attachaient, comme un soutien. Maintenant, elle ne savait plus à quoi s’attendre….


avatar
19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 733 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 71



GÜZIS
&
ROWENA
I’ve been dreaming of things yet to come.

Tu étais comme à tes habitudes, doux et calme,pas un geste plus rapide que l’autre, habitué à te faire silencieux et observateur. Et c’était ce que tu faisais, tu observais, tu écoutais, sans juger jamais, mais tu ne te pardonnerais pas de ne pas être présent, attentif, attentionné. Tu n’étais pas une personne publique tu n’était même pas vraiment une personne sociable à proprement parler, tu préférais laisser cela à vos orateurs, vos chefs, aux autres, mais tu appréciais la compagnie de l’individu, tu appréciais de pouvoir observer les autres, tu appréciais de pouvoir te rendre utile. Tu ne savais pas vraiment encore pourquoi mais tu avais l’impression qu’à ce moment, Rowena avais besoin de ça, un peu au moins, quelqu’un qui ne soit là que pour veiller sur elle, mais aussi quelqu’un qui n’aurait rien à lui reprocher. Car tu étais bien le dernier à avoir le droit de lui reprocher quoi que ce soit n’est-ce pas? Toi aussi il t’arrivait de disparaître parfois de longs jours sans avoir averti personne, chacun sa vie, chacun ses actes. Tu ignorais les tenants et les aboutissants de l’escapade de ton amie, mais tu aurais eu l’occasion d’y aller, aurais-tu refusé? Tu savais très bien que non. L’envie de découvrir, d’apprendre, de voir le monde, aussi fortes tes attaches soient à ta tribu, tu aurais difficilement pu refuser à l’appelle d’une curiosité toujours grandissante, jamais rassasiée. La différence peut-être avec Rowena, était que tu n’avais au village, pas la même importance pas la même nécessité de présence. Cela t’affectais peu dans tes raisonnements, tu la voyais comme une amie avant tout, quelqu’un pour qui tu t’inquiétais, quelqu’un que tu appréciais et respectais. Tu la savais intelligente, et tu lui faisais confiance, si elle avait ressenti le besoin de partir, il y avais une raison.

Des reproches. Un léger et infime sourire sans étonnement, ton regard clair qui s’égara un instant sur les lieux avant de revenir sur ton amie dans un lent clignement de paupières. « Quand n’en auraient ils pas, des reproches, mh? » Tu la sens fatiguée, éreintée même peut-être, et tu n’as guère envie de mette encore plus de poids sur ses épaules déjà lourdes. Loin de toi l’idée de faire passer Caleb et Harlan pour ce qu’ils n’étaient pas, ce n’était pas ton genre non plus, tu cherchais juste à la rassurer, amenuiser peut-être un peu, le poids qu’elle te semblait supporter. Y avait-il besoin d’être fin observateur pour remarquer sa fatigue, tu ne t’autoriserais pas à parler d’une quelconque faiblesse en la regardant, mais aurait-ce été si faux? D’aucun pouvait être faible en était toujours une personne forte. Tes sourcils un instant se froncèrent. Elle s’en voulait d’avoir l’impression de profiter de ta gentillesse. Non non non. Tu secouas délicatement la tête, emportant ta longue crinière dans ton mouvement. « Inutile de t’en vouloir. À quoi me servirais la gentillesse si personne n’était là pour en profiter au moins un peu? » Tu n’étais pas très habile pour apprécier les compliments mais tu ne les rejetais pas. Tu ignorais si tu étais si gentil que cela, attentionné, peut-être, pour racheter tes dangers et tes fautes, celles là que tu te trainais comme un boulet que tu t’étais toi-même accroché à la cheville… Tu montrais aux autres une douceur que tu était incapable de t’offrir à toi-même. Mais après tout, n’étais-ce pas votre lot à tous?

Tu connaissais bien Rowena, depuis de longues années. Tu n’avais évidemment jamais cherché à être plus proche d’elle que de n’importe qui dans le village, mais tu l’appréciais beaucoup, pour ce qu’elle était, pour son intelligence, pour cette curiosité que vous partagiez, pour vos ressemblances. Tu la connaissais et tu avais toujours estimé qu’elle te connaissait bien assez pour savoir que tu ne ferais rien que tu aurais à te forcer à faire. Tu étais comme un animal sauvage, tu venais tenir compagnie, offrais ta présence et parfois même ta protection lorsque tu l’entendais, lorsque tu sentais que ceux que tu aimais en avaient besoin, mais te mettre des fers, te forcer dans un chemin que tu n’aurais pas voulu emprunter, c’était quelque chose qui t’était étranger. Tu naviguais dans un monde à toi, et il était bien rare de te voir en sortir. Peut-être était-ce pour cela, en partie, que tu avais toujours vécu comme un solitaire, enchaîné uniquement à ses propres démons. Ton regard se faisait toujours aussi doux lorsque tu répondis à la chamane : « Nous savons très bien tous les deux que j’ignore ce que c’est qu’un ordre. » Tu tentais de donner à ton ton un air de légèreté, car tu n’appréciais pas la lourdeur des mots lorsque ceux-ci n’avaient pas lieu d’être. Tu aurais aimé qu’elle cesse de s’en faire, mais tu savais bien que cela n’était pas toujours facile. Tu étais l de ton propre chef. Tu avais, selon toi, un peu trop trainé à venir, mais tu n’aurais pas voulu croiser la route de quelqu’un d’autre, puis il y avait la Nature qui t’avait appelé comme toujours un peu trop. tu étais venu dès qu’elle t’avait laissé un moment. Tu ne répondis à ses remerciements que par un bref signe de tête qui parlait de lui-même. C’était normal, c’était ce que les amis faisaient selon toi. Tu t’inquiétais pour elle, et une petite part de toi aussi, se montrait un peu curieuse. Elle avait vu des choses que tu ne verrais sans doute jamais avec les années qui s’écoulaient toujours un peu plus vite, ta santé discutable et toutes ces choses à prendre en compte…

Assis près d’elle, ton regard ne la quittait pas, tu l’observais comme si tu essayais de décoller les fissures et autres craquelures desquelles tu devais te méfier. Ton regard n’était en rien dans le jugement, tu étais toujours fidèle à toi même: observateur peut-être même un peu trop, tu t’accrochais au détail, sa posture, son ton, ses mots, son visage. Tu attrapais machinalement de quoi combler le léger creux qui se formait dans ton estomac, mais tu ne la quittais pas du regard. C’était compliqué. Tu voulais bien le croire, le contraire t’aurait paru étonnant, suspect même peut-être. Tes sourcils se froncèrent cependant lorsqu’elle t’avoua avoir été blessée durant son voyage. Tu n’avais qu’un maigre aperçu de ce qu’il avait pu se passer, et il ne te plaisait guère. Tu étais dérangé dans ton calme et tes yeux qui s’étaient mis à cligner un peu plus comme un tic maladroit devaient potentiellement te vendre. Tant pis. Tu ne t’autorisas pas à la couper, la laissant parler, c’était son histoire. Tes inquiétudes auraient leur place un peu plus tard. Son aveux en revanche fut le coup suffisant pour faire lâcher tes barrières. Ton regard, ton visage, toujours un peu trop expressifs ne perdirent pas un instant pour se gorger d’une inquiétude réelle, naturelle. Un « Oh… » indécis, pensif, inquiet aussi t’échappa malgré toi. Tu reposas avec délicatesse la noix de tu tenais en main et te  tourna pour lui faire face, comme si cela allait changer quoi que ce soit à ta perception des choses.

« Je te mentirais si je ne t’avouais pas que j’aurais préféré que tu m’annonces que cela s’était passé pour le mieux. » Ton esprit tournait rapidement, un peu trop à ton goût. Tu ne t ‘étais pas apprêté à réagir à une annonce de cette sorte et te sentais quelques peu pris au dépourvu. « Je suis désolé de tout cela… Tu sais que je ferai tout ce que je peux pour que tu te sentes aussi bien que possible, n’est-ce pas? » Tu tiens à le lui assurer. tu n’es pas là pour la juger, ou la prendre en pitié. Tu jettes un regard alentours comme si les murs avaient la capacité de vous entendre. « Tu en as parlé à qui? Harlan? »  Caleb aussi peut-être? Tu comprendrais peut-être un peu mieux pourquoi les reproches quoi qu’ils te paraitraient inutiles. Mais au moins pour le second, tu connaissais son impulsivité. Doucement et avec la plus grande douceur, tu tendis tes mains vers celles de la conseillère pour les prendre entre tes doigts, les empêcher des tordre ainsi et de se faire violence. Un léger soupir, les mots se mélangeaient, se perdaient. Tu n’avais jamais été un très grand parleur, mais tu ne pouvais la laisser ainsi. elle t’avais fait cet aveux de faiblesse, elle te faisait assez confiance pour se confier ainsi, tu ne pouvais te permettre de perdre ta langue. « Je connais bien ces idées là tu sais. » Combien de fois l’idée de faire taire ces démon dans ta tête qui te faisaient si peur avait pu être alléchante? Aujourd’hui encore, ils étaient la raison pour laquelle tu avais bien peu de considération pour toi-même et préférais être l’ancre d’autrui. « N’essaies pas de les combattre toute seule, d’accord? » Tu aimerais lui offrir ton aide, c'était la seule chose que tu saches faire. « Tu as parlé de blessures… Elles sont encore là? Je peux faire quelque chose? » La douleur physique après tout était aussi difficile à contrer que la douleur mentale, si tu pouvais essayer d’en soulager une, cela pourrait aider à soulager l’autre. Tu ne lâchais pas ses mains, ta prise était ferme certes, mais délicate, si elle souhaitait s’en défaire, tu ne l’en empêcherais pas. « Je suis terriblement désolé que tu en sois arrivée là. J’aurais aimé pouvoir voir les choses avant. » Mais tu le savais bien toi aussi, que c’étaient la des pensées mesquines qui savaient se tenir à l’écart des regard. Oui, tu le savais très bien. L’idée qu’elle puisse mettre ces pensées en pratique en revanche te terrifiait. Peut-être était-ce une peur égoïste, peut-être pas… Si tu devais la perdre, c’est bien plus qu’une conseillère que tu viendrais à perdre. Plus de quarante hivers, et toujours incapable de te défaire de ceux que tu aimais.
CODAGE PAR AMIANTE

Admin
avatar
02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1123 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 89
Admin





Be my guide
I’ve been dreaming of things yet to come.



Güzis, il avait toujours été différent des autres. En fait, il lui ressemblait. D’un naturel plus emphatique, il lui était plus facile de garder son calme dans ce genre de situation, puisqu’il comprenait la personne d’en face. Pour Caleb, elle avait dû user de colère et de manipulation, pour lui créer un choc, et qu’il se calme. Pour Harlan… Ca avait été de malheureux mots qui n’auraient jamais dû être prononcés. Ca avait été sa faiblesse qui lui avait permis d’échapper aux reproches. Pourtant, elle le savait, que tout cela n’était dû qu’à de l’inquiétude. Elle le savait, qu’aucun ne voulait réellement la blesser, lui faire du mal. Ils avaient juste besoin de s’assurer qu’elle allait bien, de faire disparaître leur peur d’avoir cru la perdre. Rowena, elle ne s’était jamais réellement considérée comme important pour les autres. Certes, son rôle imposait en quelque sorte qu’elle soit au-dessus mais elle ne s’était jamais sentie particulière. C’était ce qui faisait des Naoris une tribu à part. Le conseil était renouvelé régulièrement, les changements étaient basés sur les compétences et non l’hérédité et enfin, ils ne se prenaient pas pour des dieux. Rien à voir avec les Rahjaks donc…

« D’un côté, je ne peux pas leur en vouloir, j’ai faussé compagnie à la tribu en laissant une simple lettre… » Et elle avait failli mourir. Donc, elle était en tort, et les reproches devaient être faits. Juste… Il y avait l’épuisement, aussi bien physique que moral, qui la rendait facilement irritable. Les nerfs à vif, ses faiblesses ressortaient. Parce qu’elle n’était pas infaillible Rowena. Non, elle était terriblement humaine… Elle sourit à Güzis. Il parvenait vraiment à choisir les meilleurs mots pour qu’elle arrête de s’enfoncer, pour la rassurer. Et c’était bienvenue aujourd’hui. Elle se frotta doucement les yeux, pour se réveiller un peu. C’était étonnant et étrange, d’avoir l’impression d’être écrasée, sur le point de s’évanouir, mais à côté, ne pas avoir envie de dormir. Ce n’était pas physique, juste moral, émotionnel. Son sourire s’accentua aux propos suivants. « Evidemment, tu es un électron libre. » Ce n’était pas un reproche de sa part, au contraire. La liberté, elle l’enviait un peu, elle qui était accrochée à ses responsabilités. Pour autant, elle ne dénigrait pas ce qu’elle était, le rôle qu’elle jouait. Elle appréciait être conseillère, et mener sa tribu au mieux. Cependant, il fallait le dire, ça pouvait être lourd à porter parfois, de toujours la faire passer en premier, avant même ses sentiments…

Et puis elle avait parlé. Elle avait laissé les mots couler. Elle avait verbalisé des pensées qu’elle avait longtemps ignorées, et détestées. Des pensées qu’elle n’aurait jamais cru avoir un jour. Pas elle, pas la dame de fer. Le regard chocolat se détourna quelques secondes sur ses doigts. La chamane avait honte oui. Pourtant, elle se souvenait de ce qu’avait dit Harlan. Il fallait en parler. Et si elle avait voulu l’évoquer avec le druide dans un premier temps, elle se doutait que cela ne suffirait pas. Et Güzis était son plus fidèle ami, et la personne en laquelle elle avait le plus confiance, elle qui avait décidé de ne plus s’attacher il y a douze ans. Il fallait peut-être arrêter de s’accrocher au passé, et accepter d’aller de l’avant, quitte à montrer toutes ses failles, une bonne fois pour toute.

Et elle l’avait fait. Maintenant, elle attendait la réaction de Güzis. Elle attendait l’aide sans réellement savoir comment la demander. « J’aurais préféré annoncer que tout s’était bien passé aussi, mais je dois attirer la poisse. » Elle souriait, tristement. Elle l’écoutait, de sa voix douce, exempte de tout jugement. « Tu es un ami précieux Güzis. Merci d’être là. » Elle le remerciait vraiment, avec une sincérité à crever le plafond. Elle le laissa prendre ses mains, avant que les ongles s’attaquent à la peau, aillent jusqu’à la rencontre du sang. Parce qu’elle aurait été capable de se faire du mal, pour éviter la douleur mentale, et les tourments de ses pensées. « Oui, je l’ai évoqué avec Harlan. C’est avec lui que ma langue a fourché. » Comme si c’était négatif, comme si c’était mal. Et finalement, elle gardait une réelle confiance en lui. Elle reprit : « Je n’ai pas osé avec Caleb, il est bien trop impulsif, tu le connais. Et… Et je n’ai pas grand monde, à part vous trois. » Autant l’avouer, que ses amis, ses proches, se comptaient sur les doigts d’une main. Y’avait Meeka aussi, Meeka la liberté, qui se promenait sur le continent. Elle n’avait pas à lui mettre cette pression sur les épaules, c’était terriblement égoïste… Et pourtant, elle l’avait fait avec deux autres, parce qu’elle avait craqué. « C’est si… Compliqué d’en parler. C’est si loin de l’image qu’on se fait de moi Güzis. » C’était dur, d’avouer ses faiblesses. C’était si dur, quand on était à la tête d’une tribu…

Elle secoua négativement la tête à la question, passa sa langue sur ses lèvres asséchées. Elle hésitait, cherchait ses mots. La fatigue était présente, et elle était au bord des larmes, sans même s’en rendre compte. « Harlan les a soignées. Y’a encore des cicatrices, mais rien de bien grave. » Aucune infection possible, aucune douleur. C’était juste désagréable, puisqu’elle pouvait les sentir quand elle bougeait trop vite, ou tout simplement trop. Il fallait faire attention, évidemment, mais ce n’était plus un problème à proprement parler. Cette fois, ce fut à elle de serrer les doigts de l’homme entre les siens, et de murmurer : « Tu n’as pas à t’excuser. Tu n’as absolument pas à t’excuser, d’accord ? Tu ne pouvais pas le voir. Je pense que personne ne pouvait le voir, parce que j’y refusais. » Pause. « Et je n’ai pas été jusqu’à mettre ces pensées en application. » C’était supposé être rassurant. L’était-ce vraiment ?


avatar
19/12/2017 mika. Teagan S. Peverell 733 Jared Leto A: Schizophrenic Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. Naori 71



GÜZIS
&
ROWENA
I’ve been dreaming of things yet to come.

« D’un côté, je ne peux pas leur en vouloir, j’ai faussé compagnie à la tribu en laissant une simple lettre… »À ses mots, tu souris. Une simple lettre. «Tu sais, je fausse souvent compagnie à la tribu, et avec moins que ça. » Tes mots sont légers, tu essaies de libérer un peu la pression qu’elle se laisse tomber sur les épaules. Évidemment,t u sais bien que tu n’as pas le rang, ni le statu de Rowena. Non, tu es juste une ombre dans le village, un ancêtre presque d’ailleurs, mais loin de l’image que ‘low pourrait s’en faire… Sauf peut-être la barbe, qui sait. Tu n’as pas la tribu à protéger, ni de grandes décisions à prendre, tu n’es pas un leader, tu ne l’as jamais été. Non, toi tu es un personnage de soutien, un pilier qui fait partie du paysage, un élément du décor immuable, presque immortel, celui qui est là, partout et tout le temps, tu as les yeux et les oreilles partout, peut-être du fait de ton âge qui te permet de si bien connaître une grande partie des Naoris, tu aurais sans doute le potentiel pour avoir la même importance que Rowena, mais tu te contentes de la tienne. Tu n’as pas les épaules de la Conseillère, tu vis dans un monde un peu trop à toi pour cela. Tu peux te permettre de disparaître pendant des jours, des semaines peut-être même, et revenir ensuite, à qui auras-tu réellement manqué, hormis les enfants qui te courent après dans le village pour que tu leur racontes une énième histoire comme tu sais bien le faire? Tu as des proches, plus de famille, mais des amis, des gens proches du cœur comme Rowena, Caleb aussi, et tu aimes ton village, ta tribu, mais tu le sais bien, tu n’es pas indispensable à son bon fonctionnement. Pas comme Rowena. Pas comme Rowena qui vient de partir dans une tribu hostile au beau milieu du désert. Tu lui parles avec légèreté car tu sais parfaitement qu’elle n’a aucun besoin de reproches, elle est de retour en vie, mais tu sais que c’est important.

Un électron libre. « Mh… Ce terme me plait bien. » Cela te décrit plutôt bien, tu ne peux le nier. Tu vas et agis au gré de ta volonté et de celle de la forêt, jamais au détriment de ta tribu, tu t’es toujours arrangé pour remplir ton rôle d’animiste aussi bien que possible malgré que tu n’aies jamais chassé, tu laisses cette tâche à d’autres, plus aguerris et avec un rapport aux bêtes différent du tien. « Mais tu sais que même comme ça, je ne suis jamais très loin. » Tu insistes sans cesse, parce que tu veux qu’elle sache que si elle a besoin de toi, tu seras là, toujours. A ta façon, peut-être, mais présent quand même. Parce que tu sais que parfois, il n’est pas facile de parler sérieusement avec un Caleb, gentil, mais qui a plus de mal que toi à garder son calme dans une situation qui l’embarrasse ou l’inquiète. Toi, le calme, tu en as fait ta façon de vivre, parce que sans ça, tu en serais peut-être mort, qui sait? Alors tu as appris à tendre l’oreille, à écouter, et agir seulement lorsque c’est nécessaire. Et ce soir, tu es là pour l’écouter, Rowena, pas en tant que conseillère, mais en tant qu’amie.

Et tu fais bien. Parce que si tu gardes toujours cette douceur dans tes gestes, ton regards, ta voix, peut-être qu’elle-même peut sentir transparaître ton inquiétude. Tu as vu des Naoris naître et mourir après et avant toi, et même lorsque tu n’avais pas de réelle connexion avec eux, cela t’as toujours été douloureux, alors imaginer que cela puisse arriver, prématurément de surcroît, à l’une des rares personnes que tu t’accordes à considérer comme tes proches… Évidemment, cela t’inquiète. Et tu comprends lorsqu’elle te dit qu’elle n’a rien dit à Caleb, parce que tu peux aisément imaginer sa réaction, ses mots parfois un peu brutes alors qu’il veut juste dire qu’il s’inquiète, mais à sa façon. C’est comme ça qu’il est, c’est ce qui le rend unique aussi. Tu offres à Rowena un regard aussi doux qu’attristé. Ses mots sont douloureux à entendre, et tu aimerais pouvoir la rassurer et les lui faire oublier, mais tu sais que ce n’est pas comme ça que cela marche, parce que l’ombre de la mort, tu la côtoies depuis des dizaines d’années. Elle n’est pas simple en affaires et elle prend plus qu’elle ne donne, toujours. « Je comprends, Caleb est un ours. Il sait être très doux, mais il faut l’approcher en douceur. Ça lui aurait peut-être fait beaucoup à assimiler d’un coup. Mais tu sais, même s’il ne doit y avoir que nous trois, et je suis sûr que d’autres tiennent à toi, tu trouveras toujours du soutien auprès de l’un de nous, j’en suis sûr. » Tu lui accordes un petit sourire que tu veux taquin malgré la gravité du sujet. « Même monsieur Hakara. » Parce qu’il est bourru, mais tu sais qu’il n’abandonnera jamais ceux qu’il aime, il n’exprimera juste pas son inquiétude de la même façon que toi, mais il sera là.

Tu secoues la tête. « Non non non, ne dis pas ça. » Elle a raison pourtant. Ce n’est pas ce que l’on attend d’un conseiller que d’avoir ce genre de pensées, mais elle est humaine, elle n’échappe pas aux règles de votre espèce, conseillère ou non. « Je sais qu’il faut que tu fasses montre de stabilité et j’oserais dire, de force, au Conseil, mais tu n’es pas toute puissante. C’est ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes, ceux qui nous dirigent, nous conseillent, ils sont humains avant d’être gouvernants. » Pas comme les Rahjaks, pas comme beaucoup. « Vous avez tous les trois de lourdes responsabilités, c’est parfois difficile à porter, et je pense qu’ici, tout le monde en est conscient. » Tu ne dis pas qu’il serait bon que ses soucis soient connus publiquement, mais tu essaies e lui faire comprendre qu’elle ne doit pas s’en vouloir, pas avoir honte. Tu n’as pas lâché ses mains que tu tiens toujours comme si elle risquait de disparaître entre tes doigts, comme pour lui prouver que tu es bien là, physiquement, et moralement aussi, que tu l’écoutes, comme une éponge qui viendrait prendre un peu de ses maux pour la délester.

Tu ne pouvais pas le voir. Un instant, tu fermes les yeux, les sourcils presque froncés, mais pas dans la colère, plutôt dans un sentiment similaire à de la culpabilité. elle te dit que tu n’as pas à t’excuser, mais tu t’en veux quand même, toi, si observateur de la forêt, des animaux, de la nature, toi tu n’as pas été là pour voir que le mal la rongeait, depuis combien de temps au juste? Tu as l’impression, quelque part, d’avoir manqué quelque chose, et cela va bien au delà de sa petite excursion chez vos voisins du désert. elle a peut-être raison, elle est peut-être celle qui t’as empêché, qui vous a empêché de voir que quelque chose n’allait pas, mais tu ne peux t’empêcher de  penser qu’en ayant passé plus de temps à ses côtés, en ayant plus prêté attention… Ses derniers mots te font définitivement relever les yeux vers elle. Tu sais qu’elle souhaite se montrer rassurante, tu aurais certainement dit la même chose, mais ses mots t’attristent. Pourtant, tu ne sais quoi lui dire. Les mots, un instant, te manquent et s’échappent sans que tu saches comment les choisir, toi, celui qui pourtant les trouves toujours, d’habitude. « … Je suis heureux que tu ne l’aies pas fait. » Qui ne le serait pas après tout, mais tu sens qu’il est nécessaire qu’elle l’entende. Parce que c’est important. « Je comprends que ce soit difficile de parler de ça. A vrai dire, je comprends qu’il soit plus facile de partir visiter la cité Rahjak, sans m’en parler parce que tu sais très bien que je t’aurais accompagnée, et je trouve ça presque méchant de m’avoir laissé rater cette occasion… » tu lui fait tout de même un petit clin d’oeil taquin, avant de continuer sur ta lancée. « Pour beaucoup, c’est plus facile de comprendre et de juger les actes une fois faits. C’est difficile de comprendre lorsque l’on parle de quelque chose qui se passe là… » Tu lâches une de ses mains et avec cette main libre, tu viens délicatement tapoter son front avec ton index. « Et ça fait peur, parce qu’on en fait pas trop comment on doit réagir. Parce qu’on n’a aucun contrôle sur ce qu’il se passe. Si tu voulais mourir demain, je pourrais te dire tous les mots rassurants que je veux, est-ce que je pourrais t’en empêcher? C’est vrai qu’il me serait plus facile d’en vouloir à un Rahjak qui t’aurait fait du mal. » Tu sais aussi te montrer sérieux dans tes mots, mais ces derniers restent posés, calmes, presque lents, comme lorsque tu racontes une histoire. « J’ai longtemps contemplé la mort, et elle me parle à l’oreille tous les soirs. Je sait qu’elle est attirante, qu’elle fait un tas de belles promesses, mais je sais aussi qu’elle ne partage pas, et le vide que tu laisserais derrière toi serais bien plus important que ce que tu imagines. Et je ne parle pas de la Conseillère. » Tu te redresses un peu, laisse le silence se refaire une beauté un instant avant de terminer, aussi sincèrement que possible. « Mais au delà des autres, c’est toi. Tu n’imagines pas toutes les choses que tu raterais en partant trop tôt. Tu mérites bien plus que ça, parce que tu es l’une des meilleures personnes que je connaisse tu sais. »

Depuis combien de temps aurais tu quitté ce monde si tu avais écouté les murmures de ceux que tu appelles tes démons? La douce mélodie de la faucheuse avide de nouvelles âmes à voler? Et pourtant tu es là, aujourd’hui et tu essaies de faire comprendre à Rowena ô combien elle est importante, pour toi, pour la tribu, pour elle même. Si tu avais succombé à ses promesses, tu n’aurais jamais été là pour lui parler aujourd’hui, ni pour la voir grandir et évoluer, devenir certainement bien plus forte que tu ne le seras jamais. Et tu fais bonne figure mais tu aurais presque les yeux humides avec tes beaux mots et ton gros cœur. Tu es un animal farouche, mais tu es parfois un peu trop humain. « Je sais que je ne peux pas effacer tes pensées, et jeune veux pas non plus te faire penser qu’elles ne sont pas importantes, parce qu’elles le sont. Mais pour tout ce que ça vaut… Je t’assure que tu mérites autant que n’importe qui d’être heureuse. Plus que beaucoup même. Et il n’y a rien d’heureux dans la mort. Rien du tout. » Parce que ton esprit essaie de t’envoyer ces images d’une Rowena qui aurait mis ses pensées à exécution, parce qu’elle se présente à toi comme un gouffre cette idée d’arriver trop tard , comme cette nuit là, lorsque tu as trouvé cette biche, que tu n’as rien pu faire que la regarder mourir avec tes mains tremblantes et ton impuissance. C’était peut-être égoïste mais l’idée de revivre ça, tu ferais tout pour la combattre.
CODAGE PAR AMIANTE


Spoiler:
 

Admin
avatar
02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1123 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 89
Admin





Be my guide
I’ve been dreaming of things yet to come.



Elle rêvait parfois, de ne jamais avoir atteint ce rang, ce rôle qu'elle appréciait pourtant tout particulièrement. Pas pour le pouvoir non, mais parce qu’elle pouvait rendre la vie des siens plus douce, plus agréable par les choix du Conseil. Elle pouvait choisir de maintenir loin d'eux les affres et les horreurs de la guerre. Et tout cela avait souvent été fait au détriment d’elle-même, de ses émotions, de ses envies. Cela impliquait aussi qu’elle ne puisse plus faire ce qu’elle désirait. Partir du jour au lendemain, disparaître sous une impulsion, voilà qui lui était interdit. Et avec son expédition chez les Rahjaks, elle s'en était particulièrement rendue compte. Sa place l’obligeait à être présente, sauf si elle prévenait bien en avance. Güzis n'avait pas cette réflexion à avoir. S'il restait important, pour le soutien qu’il apportait, pour son écoute en toutes circonstances, il n'avait toute la dimension politique qui allait avec chacun de ses gestes, chacune de ses paroles. « Tu me laisserais ta place ? » La tête se secoua doucement et un sourire mi-amusé, mi-triste prit possession de ses traits. Elle enchaîna : « Ma place ne me permet pas de faire ce genre de disparition pour le moment. Mais je préviendrai juste la prochaine fois. » Ils sauraient où elle se trouvait à chacun de ses déplacements. Cela rassurera tout le monde… Normalement.

Elle sourit doucement, malgré la pression, la fatigue qui balayait ses traits. « Je sais que je peux toujours compter sur toi. » Mais parviendra-t-elle à tout lui dire, à venir chercher de l'aide ? Elle n'en était pas sûre la conseillère. Ce serait aller contre elle-même, contre sa personnalité. En revanche, elle avait bien compris avec Harlan qu'il était temps de crever les abcès, d’exprimer ce qu’elle ressentait au sujet de tous et tout. Elle sentait, qu’elle avait atteint un point très dangereux pour sa santé mentale et physique. Et à un moment, il fallait s’écouter, écouter ses besoins. Le cerveau était une machine intelligente, il tirait les signaux d’alarme, et il lui fallait les écouter. Alors, aujourd'hui, elle avait pris la décision d’arrêter de donner aux autres et de réclamer à la place. Prendre soin de soi ne devrait pas être une honte, ou un problème. C’était nécessaire à son équilibre finalement, encore plus quand on savait que son travail était de toujours s’inquiéter pour les autres. Envers et contre tout. « Tu as raison oui. Je… Je n'aime juste pas inquiéter les gens. Et je me dis qu’ils ont mieux à faire que de m’écouter me plaindre… » Elle préférait agir pour combattre ou enfermer sa morosité, quand bien même cela la détruisait. « Mais oui, je préfère le lui dire progressivement à Caleb. Si j’étais trop directe, il se marquerait. » Et elle aussi dans la foulée....

Et elle continuait de m’écouter religieusement cet homme. Il était comme un pilier dans un environnement sur le point de se briser. Ses paroles étaient empreintes d'une sagesse qu'elle-même avait perdu depuis le temps. Elle aurait aimé dire que ce n’était pas le cas, que c’était une phase à passer, mais elle avait été bien trop loin dans celle-ci, et désormais, il relevait quasiment de l’impossible de faire marche arrière. « Je verrai comment je peux évoquer cela. » Ne pas paraître faible, ne pas s’écrouler, et pourtant rester droite, rester digne, et ne pas se négliger. La vie était un équilibre fragile.

Les doigts serraient contre ceux de l’homme la rassuraient, l’ancraient dans un présent troublé, dans un avenir vacillant. Rowena ne voulait pas abandonner, mais aurait-elle le choix quand tout s’écroulerait dans son esprit ? Et finalement, au discours, à la tirade de Güzis ne répondit que le silence de la chamane. Elle intégrait, chaque parole, prononcée avec une sincérité déconcertante. Il avait raison sur de très nombreux points. Il était facile d’écouter les petites voix, beaucoup moins de passer le cap et de mettre fin à ses jours. Rowena, elle n’était pas de ceux qui pensaient le suicide comme une forme de lâcheté. Sans le glorifier, elle était capable de comprendre les raisons qui avaient poussé quelqu’un jusque-là. Et cette épreuve, les proches devaient la supporter, passer au-dessus. Cela leur offrait beaucoup à eux aussi, en termes de réflexion, d’introspection. Evidemment, toute mort apportait son lot de tristesse et de haine, de questions et de doutes. Et si j’avais été plus présent, aurais-je pu empêcher cela ? devait être ce qui revenait le plus souvent. Et la réponse se résumait à : non. Y’avait toujours plus de raisons qu’un simple manque affectif. Si l’aide peut permettre à une personne de s’en sortir, une seule personne peut rarement changer la donne. Il fallait s’y habituer, à ce que la Mort gagne le cœur des mortels, dans une dernière valse macabre…

« J’ai pris conscience des petites voix après avoir dansé avec la Mort une fois de trop. » Pause. « Je ne suis pas partie chez les Rahjaks dans l’optique d’y trouver une délivrance, je voulais juste… Aider quelqu’un. Et si j’avais su comment ça tournerait, je t’y aurais convié pour me sauver avant le désastre ! » Et pour me protéger de moi-même. Puis, il aurait été plus mesuré lui, il ne se serait pas précipité dans la gueule du loup. Elle souriait avec douceur désormais, une certaine tranquillité brillant dans le fond de ses pupilles. « Je ne sais pas si ça m’en empêcherait. Cependant, je ne veux pas que ma mort crée le moindre problème, alors, ce ne sera jamais de la main de quelqu’un d’autre… » Mais avait-elle réellement le contrôle là-dessus ? On choisissait rarement où on mourrait ou par qui. « Mais cette discussion a calmé beaucoup de ces vois tu sais ? » Réflexion. « Harlan m’avait conseillé de l’évoquer à quelqu’un d’autre, et je pense qu’il avait raison. » Malgré tout ce qui passait, le druide restait de bon conseil. Ce qui rendait la séparation d’autant plus difficile, malgré les années qui creusaient l’écart…

Elle serra les doigts de Güzis un peu plus entre ses mains, pour le rassurer, pour effacer la lueur triste qu’elle percevait dans son regard. Elle ne voulait pas le blesser, pas lui faire du mal avec ses propos, alors, y’avait une boule dans sa gorge qui se formait. « Je… Non, il n’y a rien d’heureux dans la mort Güzis, tu as raison. » Le ton était pourtant calme, quand elle reprit : « Mais je ne disparaîtrais pas vraiment tu sais. Mon âme restera toujours ici, et elle reviendra. » La réincarnation, le cycle de l’existence. Rowena y croyait, par son rang, par l’activité qu’elle pratiquait. Même si elle savait, qu’au fond, bien peu étaient capables de prendre une mort aussi sereinement…


Contenu sponsorisé



 

I’ve been dreaming of things yet to come [Rowena]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» 1.06 All Good Things Must Come to an End
» i was dreaming for so long (hope&delysia)
» eurydice&basile ❝ all these little things ❞
» Flavia Albina ¤ Real things in the darkness seem no realer than dreams...
» CHRISTIAN ∆ dreaming about the things that we could be

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: memories are precious :: Zone de Flashback-