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˜˜˜˜˜˜“ destiny still arrives ” (astrid)
maybe life should be about more than just surviving


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11/03/2017 ELOW ; DEVOS, IRINA & JONAS ; 474 MATHIAS LAURIDSEN ELOW ; CRÉATEUR D'ARCS ET DE FLÈCHES, HOMME DE MAIN ET DE FOI DÉVOUÉ. FAUX IDIOT AUX PENSÉES PRONONCÉS. KOVARII ; 41
— hand gon wamplei —






destiny still arrives
14 JANVIER 2118

Il y a des choses qui ne changent jamais. Des personnes qui restent fidèles à elles-mêmes. Des arbres qui ne se laissent pas courber par le vent qui passe et repasse. Malgré le temps qui file, malgré les saisons qui se terminent. Certaines vérités étaient incrustées dans la roche. L’artisan croyait que sa maison ferait partie de ces détails de la vie qui ne pouvait pas se transformer. Qu’il finirait par mourir là-bas, sur son île. Enterré près de son père. Son existence entièrement vécue près de la jungle, à confectionner les arcs les plus impressionnants. Il aimait croire que son nom s’était répandu dans le continent, que beaucoup rêvaient peut-être d’avoir ce qu’il créait. Il rêvait peut-être un peu, mais c’était un petit détail qui lui plaisait. Qui le poussait à toujours faire mieux, à se dépasser, à chercher le meilleur. Il avait évolué. Grandis dans son petit atelier, et même si une partie de ses bénéfices revenaient toujours à sa mère, cela ne l’avait pas empêché de garder de quoi acheter des matériaux appropriés et efficaces. Mais tout ça était désormais sous l’eau. Brisé, emporté par une boue dévastatrice. Lui qui ne s’énervait pas, avait envie de hurler face à tout ce qu’il avait perdu. Puis il reprenait son calme et se disait qu’avec un peu de patience, il pourrait reprendre les choses en mains. Il savait que le volcan lui fournirait des minerais nécessaires pour les pointes de ses flèches. En revanche, la saison froide et l’humidité lui donnaient quelques doutes quant au bois qu’il trouverait.

Ćiro ne s’attendait pas à vivre avec une tribu dont il savait si peu de choses. Pourtant, les Naoris étaient une partie de son héritage. Il l’a toujours su. Les années qu’il avait vécues sur l’île des Kovariis, ne l’avaient pas empêché d’entendre parler des autres. Son petit commerce fonctionnait parce qu’il rencontrait parfois des âmes venues d’ailleurs. Chacun avait le droit de vivre à sa manière, à sa façon. Si certains hommes étaient à ses yeux complètement “égarés”, il ne remettait pas en cause la manière dont ces sociétés s’étaient forgées. Il était même prêt à en savoir plus, pour s’intégrer complètement. Faire honneur au souvenir de son père, d’une certaine façon. Il était Kovarri avant tout, ça, c’était certain. Très fidèle à la Kuhani, il priait souvent la déesse que l’avenir soit plus doux avec eux. Mais maintenant qu’ils étaient face aux Naoris, il ne pouvait s’empêcher de poser d’autres questions. De savoir plus. Surtout, depuis qu’il a rencontré Tamara, quelques jours plus tôt. Le Ćiro habituel était de retour. Sa stupidité sous les feux des projecteurs, il avait mis un terme à ce silence qu’il avait conservé depuis qu’ils étaient arrivés près du grand arbre de vie. C’était fini de se lamenter sur ce qui n’existait plus. Il devait redoubler d’efforts, aider les siens et améliorer cette nouvelle vie qui commençait. Un changement dans son comportement qui n’était pas passé inaperçu pour sa mère. Le regard méfiant posé sur lui, elle l’observait dès qu’elle le pouvait, elle donnant toujours une chose à faire. Elle faisait partie des Kovariis qui étaient loin d’être satisfait par la situation actuelle. Des réfugiés, voilà ce qu’ils étaient. Des mendiants qui demandaient de l’aide. Leurs fiertés étaient ébranlées.

C’était étrange, mais maintenant, il se sentait plus motivé que jamais à l’idée de réparer la cabane que les Naoris avaient été assez généreux pour le confier à sa famille. L’endroit n’était pas très grand, mais la structure fut rapidement remise sur place pour permettre à la famille de Ćiro d’avoir un toit sur la tête et un lieu réchauffé pour éviter la neige et le froid. Ils devaient faire avec le bois que les Naoris possédaient déjà, puisqu’ils ont une façon bien à eux de traiter les arbres. Une autre particularité, c’était que Ćiro ne dormait plus seul, dehors. Avec un temps pareil, il ne pouvait pas. Sa sœur offrait ses services de chausseuse là où sa mère se contentait de s’occuper en partie de leurs nouvelles maisons avec Ćiro. Elle ne faisait pas vraiment grand-chose, mais quelques détails pour vérifier que l'air glacial ne se faufilait pas. D’une certaine façon, il aimait bien passer du temps. Mais il n’avait pas l’impression que le sentiment était réciproque. Il ne l’a probablement jamais été. Il fut donc convenu qu’un mur de tissu séparé un coin de la cabane pour Ćiro. C’était un homme après tout. L’endroit n’était constitué que de deux pièces. Une espèce de chambre où sa soeur dormait avec sa mère, et une pièce centrale. À la fois pour manger, cuisiner, servir quelqu’un. Avec le temps, sans doute que l’endroit allait finir par ressembler à quelque chose de décent. Et puis, il fallait que Ćiro se remette à travailler, voilà une chose que sa mère ne cesse de lui répéter. Lui-même, l’envie le démange. Trop préoccuper par les dégâts et l’aide de main-d’oeuvre pour se laisser de nouveau plonger dans ce qu’il aime.

Ce qui ne l’a pas empêché, tôt ce matin-là, de se faufiler dans le bois, un peu grincheux face au froid. Par respect pour la nature et les coutumes Naoris, il ne pouvait pas couper un arbre comme ça. Alors en attendant, il se disait qu’il pourrait peut-être chercher des branches tombées, des choses assez épaisses ne serait-ce que pour évaluer la matière et voir ce qu’il pouvait faire avec. Le bois des Iskaars lui manquait déjà ! La seule bonne chose de cette tribu… Arc accroché, quelques flèches survivantes avec, Ćiro s’est donc aventuré dans les bois. On l’a prévenu : il faut être prudent, il y a des pièges aux alentours. De toute façon, il ne compte pas aller trop loin et marche avec une lenteur qui lui est propre.

C’est trop fin, trop fin. Dit-il en jetant une branche et l'écorce qu’il venait de retirer. Il avait l’impression qu’il ne pourrait vraiment rien faire. Il aurait vraiment dû prendre du bois avec lui, quitte à se tuer le dos et à se faire hurler dessus que ce n’est qu’un idiot. D’ailleurs, il n’est pas habitué à porter de la fourrure. Parfois, il se met à réfléchir tout en caressant son pelage artificiel.

Il se baissa pour prendre une branche beaucoup plus épaisse que les autres, et beaucoup plus long. Voilà qui pourra faire l’affaire. Il sortit sa petite hache et coupa une des extrémités pour vérifier l’intérieur. Cela avait l’air correct. Il décida donc de couper l’autre extrémité et de ranger l’objet dans le sac qu’il transportait - et qui était vide depuis une bonne heure. Et alors qu’il se releva, le sac bien en place, il aperçut quelque chose. Pendant une fraction de seconde. Une forme. Humaine, sans aucun doute. Il se mit à marcher dans la même direction, en parallèle, avant de retrouver la personne. Il regarda où il mettait les pieds et en relevant la tête… plus rien. La personne avait disparu.

Du moins, c’est ce qu’il croyait.


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28/07/2015 avengedinchains Charlie, Baelfire, Meeka, Elias & Richard 1412 Rose Leslie sign by beylin ;; ava by lux Mercenaire et voleuse Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. 30
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Destiny still arrives

Pour Astrid, il a toujours été très difficile de vivre dans le désert. La chaleur la consume doucement, et chaque jour un peu plus, et parfois, les chose sont intenables et destructrices. Elle n'a pas particulièrement envie de chercher plus loin mais pour le reste, elle sait que les choses sont comme elles sont. Ses possibilités sont presque impossibles et insupportables. Quitter la cité du désert est impossible, pourtant. Et elle ne peut pas disparaître de la zone juste parce qu'elle pourrait le vouloir. La lourde trahison qui lui tomberait sur le coin de la tête n'est pas supportable. Elle ne sait pas, elle n'a pas non plus envie de savoir en réalité. Tout est compliqué, en tout cas, et il n'est pas vraiment nécessaire de chercher plus loin. De toute manière, la mercenaire ne s'imagine pas vraiment vivre ailleurs. La liberté que lui donne le désert est grande. Elle peut le quitter pendant de longues journées tout comme elle peut y rester de longs moments. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle doit à chaque fois revenir et signaler, avant de partir, pour quelle raison elle s'éloigne. Et une durée approximative. Mais c'est une affaire un peu plus compliquée, déjà. Elle n'a pas particulièrement envie d'y réfléchir. Bien qu'elle comprenne que ça n'ait rien d'évident. Enfin bon, ce n'est pas vraiment à elle de juger alors qu'elle doit beaucoup à cette tribu, finalement. Et en même temps, elle doit surtout beaucoup à Tom, quand les autres voulaient uniquement s'en prendre à elle. La tuer pour sa différence.

M'enfin bon, c'est un débat sur lequel elle n'a pas envie de s'attarder un jour de plus. Les choses sont très bien comme elles sont, et il n'est donc pas nécessaire de réfléchir plus loin. A quoi bon, hein ? Un soupir s'échappe des lèvres de la jeune femme alors qu'elle se faufile au milieu des arbres. Le sable est partout, dans la cité et il met du temps à disparaître. Il y en a plein dans la maison et Saoirse a beau nettoyé, elle a l'impression que ça revient, à chaque fois. Et ça gratte le nez. Oui, c'est surtout cette sensation qui est désagréable, en réalité. Mais elle fait avec, dans un sens. Ou en tout cas, elle essaie. Mais ça ne veut pas dire que c'est facile, au contraire. Alors aujourd'hui, elle s'est faufilée en dehors de la cité, se glissant au coeur de la fraîcheur de la forêt, histoire de se reposer, et de profiter un peu. Un besoin, d'une certaine manière. Mais les choses ne sont pas forcément faciles. Le froid est frappant, ou encore les arbres qui ont chuté, et qui laissent une forêt souffrante. Mais elle n'est pas vraiment une amie de la nature, alors ça va, il y a pire. Ou mieux, il n'est pas vraiment facile de se pencher sur le sujet ni nécessaire, d'ailleurs. Elle s'en moque, c'est juste un constat.

La température autour d'elle change doucement alors qu'elle reconnaît un bruit. Une branche qui se brise, une présence. Elle n'imagine pas un animal, et il faut toujours être prudent. Après tout, ça peut être n'importe qui et la rousse n'envisage jamais un visage ami. La mercenaire se concentre toujours sur les mauvais côtés qu'une situation peut bien prendre. Il n'est pas nécessaire de chercher plus loin. Tout peut vite devenir plus simple. Dans un sens, du moins. Mais ce n'est pas toujours aussi simple. Alors elle se faufile et une fois à l'abri, elle attend de voir de qui il s'agit. Visage connu ou inconnu ? Ami ou ennemi ? Bien sûr, ce n'est pas avec un simple regard qu'elle va pouvoir déterminer de qui il 'agit, ce n'est pas si simple que ça. Mais vaut mieux ça que d'être prise par surprise.

Comme ça arrive à l'homme. Lorsque son regard se pose sur lui, elle se met à sourire. Elle ne le reconnaît pas tout de suite mais il ne lui faut que quelques secondes. Ciro. Il est vrai que son île a été détruite, de ce qu'elle a pu entendre. Cependant, elle ne cache pas qu'elle a longuement imaginé qu'il avait perdu la vie. Elle sait que certains ont pris refuge dans certaines tribus, mais pour le reste, elle ne connaît pas tous les détails. En réalité, Astrid ne brille pas par ses espoirs. Elle n'est pas très optimiste dans l'âme. Mais pour autant, la jeune femme est contente de réaliser qu'il va bien. Alors elle finit par sortir de sa cachette, alors qu'il est dos à elle. Un sourire sur les lèvres, les bras croisés. " Quelle surprise que de te trouver à nouveau sur ma route.". Une surprise agréable en tout cas, malgré le contexte qui l'a touché, lui. " Je suis contente de voir que tu vas bien, Ćiro".

notes » w/ Ciro, le 14 janvier 2118.

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destiny still arrives
14 JANVIER 2118

Il ne s’imaginait plus de surprise. Après tout ce qui s’était déjà produit, il doutait que la déesse ait envie de lui faire subir davantage de complication. Vraiment, il avait trop souffert, perdant sa maison et son paradis. Son univers tout entier venait de s’écrouler sans qu’il ne parvienne à trouver une véritable raison. Les décisions de la déesse lui étaient propres et lui, il n’était rien. Il ne pouvait pas deviner ses volontés. Il devait simplement accepter. Prendre sur lui, ne pas se poser trop de questions et saisir l’unique vérité qui comptait : il était en vie. En vie et en bonne santé. Il tenait sur deux jambes, il respirait l’air sain de la nature et possédait encore une voix propre. Pourquoi se plaindre ? Pourquoi pleurer ce que la déesse pourrait sans doute lui redonner un jour ? De plus, l’ambiance était désormais au calme et à la reconstruction. Chacun se débrouillait pour s’installer avec les Naoris, même si beaucoup n’étaient pas en accord complet avec cette situation. Ils devaient tous se remettre des nuages qui leur sont tombés dessus. Lui le premier. Ils devaient tous améliorer ce qui restait encore debout, par crainte qu’une fois de plus ils soient emportés par le vent furieux. Les dégâts étaient considérables et cela n’avait pas échappé à Ćiro. Ils avaient tous perdu dans cette bataille. Les Kovariis n’étaient pas seuls et cela aurait été idiot de le croire. C’est souvent dans la peine que la compréhension et la générosité ressortent. Les Naoris avaient une belle âme, Ćiro n’en doutait pas. Il l’avait déjà aperçu à travers son père, il le voyait encore plus aujourd’hui. Cela ne le dérangeait pas d’être parmi eux, tant que son identité propre n’était pas effacée et ignorée.

Incapable de rester inactif, Ćiro se disait que rien ne l’empêcherait de reprendre ses travaux passés. Il devait certes retrouver pas mal de choses, mais il ne partait pas de zéro : il avait un savoir-faire unique et il avait pris avec lui ses outils. Cette journée allait être longue, comme les prochains mois. Ses doigts ne semblaient pas apprécier la température, mais il refusait d’abandonner ou de s’arrêter. Il avait besoin de continuer, de chercher, quitte à y perdre des semaines. Se rendre utile, c’est inscrit dans son sang.

Mais lorsque la forme humaine effleure son regard, il doute. Ce n’est pas un animal et sa peur de jaguar semble, en partie, s’être noyé avec son ancienne habitation. Il n’ignore pas qu’il y a des monstres ici, aussi. Que n’importe quoi peut lui tomber dessus. Cependant, il sait faire la différence entre ce qui possède un semblant de conscience, et ce qui n’en a aucune. Il y avait quelqu’un dans cette forêt et sans attendre quoi que ce soit, Ćiro se mit en tête de découvrir qui. Il ne connaît pas encore bien les visages des Naoris, en dehors de ceux du conseil et de sa cousine. Il ne communiquait pas assez avec les autres pour avoir le temps de garder en mémoire une trace d’eux. Alors c’était peut-être l’occasion pour lui de faire la connaissance de quelqu’un de nouveau. Cependant, lorsqu’il se retrouvait face à rien, il se mit à douter. Est-ce que son esprit lui jouait des tours ?

Absolument.

Je n’ai pas besoin de te demander si tu es réelle, n’est-ce pas ? Son sourire se fait plus grand. La flamme de l’autre côté de l’océan était devant ses yeux. Il avait beaucoup repensé à elle, un peu comme on repense à un rêve. Avec beaucoup d’émotion. Il n’avait plus à avoir peur désormais, il n’y avait pas de monstre dans cette forêt. Juste un enchantement bien trop élégant pour les mortels.

Je le savais ! Je n’avais pas douté une seule fois ! J’étais persuadé que nos chemins allaient de nouveau se croiser, même si, je ne pensais pas que ça arriverait aussi tôt. Il pose son sac près d’un arbre, refusant de supporter le poids tant qu’il était là avec Astrid. Je suis tellement content de te voir. Dit-il en posant ses yeux sur elle. Astrid ne semblait pas avoir changé, pourtant de long mois séparaient ce moment de leur rencontre.

Je vais vraiment finir par croire que tu vis dans ces arbres. Avoue-t-il en regardant autour de lui. Même si, je pense que la dernière fois, nous étions bien plus à l’ouest.



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Destiny still arrives


Bien sûr qu'elle a régulièrement pensé à Ciro au cours des mois qui se sont faufilés depuis la première et dernière fois qu'ils se sont vus. Pourtant, à bien y regarder de plus près, pas un seul instant elle ne s'est dit qu'ils se reverraient. Elle ne saurait pas expliquer pourquoi et pourtant, ça semblait couler de sens. Il ne pouvait pas sortir comme il le voulait, pris au piège par une dictature féminine où l'homme n'est qu'un moins que rien. Pour qu'il puisse revenir sur l'île, il aurait fallu que sa soeur le veuille et qu'elle l'emmène avec lui. Les possibilités et les chances n'étaient pas nombreuses alors elle s'est contentée de penser à lui jusqu'à aujourd'hui, s'imaginant que de toute manière, ils ne se reverraient jamais. Et pourtant, elle le voulait. La rousse n'ayant jamais rencontré quelqu'un comme lui, elle se rendait compte qu'il pouvait lui apporter bien des choses. Sa vie totalement différente de la sienne était intéressante.

Est-ce qu'elle se serait imaginée aller sur son île ? Pas vraiment. Avec le trajet jusque là-bas, il aurait fallu faire attention à la distance, au temps et à bien des choses. Des points sur lesquels elle n'avait pas vraiment envie de s'arrêter. Il faut dire que dans le désert, certaines lois sont un peu strictes. Et aller sur une île lointaine l'aurait peut-être faite passer pour une traîtresse. M'enfin bon, c'est la version courte encore que voilà. Son existence lui convient comme elle est et elle s'est juste contentée de penser à lui, régulièrement. Cet être étrange, naïf et rêveur. Ils sont tellement différents l'un de l'autre que c'est peut-être ce qui lui donne justement envie d'en savoir plus sur lui. En réalité, le plus compliqué dans tout ça, c'est qu'elle n'y comprend pas grand chose. Elle observe de loin et s'imagine que les choses sont beaucoup plus simples comme ça.

Je n’ai pas besoin de te demander si tu es réelle, n’est-ce pas ?. Un fin sourire se glisse sur ses traits au souvenir de la première rencontre. Le sourire qu'elle trouve sur son visage à lui est tout aussi plaisant. " Tu peux tout de même me poser la question. Des fois que tu en veuilles la preuve une nouvelle fois.". Ce jeu se glisse à nouveau entre eux, et elle ne peut se résoudre à agir contre ça.

Les choses ont changé avec le cyclone. Elle n'avait encore pas eu de preuve ou de confirmation, mais elle a pu entendre que l'île des Kovariis a été détruite. Le peuple de Ciro. Et en réalité, elle s'est mise à croire qu'il n'avait pas survécu. Elle ne saurait dire pourquoi. Peut-être parce qu'elle ne l'imagine pas se rebeller contre les siens et qu'il n'est peut-être pas suffisamment fort pour survivre. Mais on ne peut pas toujours avoir raison et la jeune femme ne se voit pas vraiment lui dire qu'elle ne le pensait pas vivant. C'est par ailleurs une très agréable surprise et elle est heureuse de s'être trompée sur ce point.

Je le savais ! Je n’avais pas douté une seule fois ! J’étais persuadé que nos chemins allaient de nouveau se croiser, même si, je ne pensais pas que ça arriverait aussi tôt.. Elle non plus, mais pas pour les mêmes raisons. Dans le fond, avec son parcours à lui et l'existence qu'il a mené jusque là, même sans le cyclone, elle n'y aurait pas cru. Mais elle à la fierté déplacée et stupide, elle est contente de s'être trompée. Parce qu'ils ont besoin de personnes comme Ciro dans le coin. Et elle, aux sales manières, elle se dit qu'une personne comme lui, ça ne peut pas être un problème. Bien qu'elle ne sache pas vraiment comment se comporter vis à vis de tout ça. Elle s'y perd tellement elle est contente. Elle n'aurait jamais pu imaginer qu'elle serait à ce point contente de le revoir. Mais on ne peut pas savoir ce genre de chose avant que ça se passe, n'est-ce pas ? " C'est ta déesse qui te l'avait dit ?". Elle lui sourit, amusée. Elle se souvient que c'était un cas particulier que cette déesse, à laquelle il voulait l'inciter à croire. Je suis tellement content de te voir.. Et elle aussi. Pourtant, elle ne se souvient pas de la dernière fois où elle a été contente de revoir quelqu'un. " Moi aussi j'en suis contente". Et ce sourire qui ne quitte pas ses lèvres. Qu'est-ce qu'elle pourrait en faire hein ? Astrid la mercenaire, celle qu'on dit sans coeur. Mise au tapis par un Kovarii qui se juge inférieur. C'est que ça n'a pas vraiment de sens, tout ça. Est-ce que ça doit vraiment en avoir un ?

Je vais vraiment finir par croire que tu vis dans ces arbres. . Ah non ça c''est sûr que non, elle ne vit pas dans les arbres. Quoique, au coeur de cette forêt, il fait quand même bien meilleur que dans le désert. Elle se demande s'il l'a déjà visité, mais elle ne le pense pas. Il se serait sans doute fait dévorer là-bas. Elle n'en doute même pas. Il ne faut pas qu'il y mette les pieds. " Ah non, je ne suis pas certaine de pouvoir m'endormir là-haut, quand même !". Elle n'en est absolument pas là. Et son lit, dans sa maison, est bien assez confortable pour qu'elle ne cherche pas plus loin. Même si, je pense que la dernière fois, nous étions bien plus à l’ouest.. Oui clairement. Ici, ils sont plus près de la zone possible de vie des Naoris. Elle ne se souvient plus vraiment et pourtant, elle y a débarqué quand une maladie étrange a touché la cité. " Je vis dans le désert en réalité. Et toi alors ? Comment va ta tribu ?". Elle espère qu'à travers cette question, il comprendra aussi qu'elle veut savoir où il se trouve désormais.



notes » w/ Ciro, le 14 janvier 2118.

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destiny still arrives
14 JANVIER 2118

La vie était une suite d’instants imprévisible. Quoique son cœur désir, Ćiro sache que rien n’est jamais décidé. Que tout peut se transformer. Il sait aussi que ses envies ne sont pas une priorité. La déesse à d’autres besoins et en ce moment, il pouvait le comprendre. Sa demeure était sous l’eau, sympathisant avec les poissons. Son paradis était dévasté, lui exilé avec les siens. Ils ne sont plus aussi nombreux et Ćiro repensait souvent à ceux qui étaient restés là-bas. À la mort, féroce, qu’ils avaient subi. Il priait souvent pour que leurs âmes aient trouvé refuge. Que pouvait-il faire d’autres ?

près avoir croisé une fille aussi impressionnante et différente qu’Astrid, il ne pouvait espérer la revoir si vite. Il n’y a pas songé plus que ça, protégeant surtout son souvenir dans ses rêves, se demandant combien d’années, il faudrait pour que leurs chemins se croisent de nouveau. À part pour accompagner sa sœur, il n’avait pas vraiment remis les pieds sur le continent. Une fois, il s’était laissé croire que l’aventure serait une chose facile et il s’était rapproché du volcan, trouvant des minerais particuliers pour ses flèches. Le problème, c’était que Ćiro n’était pas quelqu’un de solitaire. Il aimait la compagnie, l’entourage. Il ne tenta donc pas l’expérience, préférant rester proche des siens. Proche des femmes avec qui il avait grandi toute sa vie.

Son étonnement était total quand son regard reconnut le visage si particulier de la flamme, car seuls les mois s’étaient envolés et non les années. Et son souvenir était encore si précieux dans son esprit qu’il était des plus comblés à l’idée de passer un peu de temps à ses côtés. Il serait bien capable de la prendre dans ses bras, comme pour vérifier encore une fois si elle était réelle ou non. Il devait simplement accepter le fait que cette simple rencontre le rendait heureux. Et il n’avait pas souri ainsi depuis longtemps. Trop triste par ses pertes. Trop perdu sur cette terre. Il n’osait pas encore trop s’éloigner, il devait d’abord faire son devoir et faire ce qu’il fallait pour sa famille. Pourtant, maintenant qu’Astrid était sous ses yeux, il était bien capable d’ignorer sa vie et ses devoirs pour la contempler pendant des siècles.

Et si j’ai envie de garder cette preuve pour plus tard ? Dit-il, essayant de jouer le jeu – ce qui était assez nouveau pour lui. Mais si ses souvenirs sont bons, cette preuve en question, c’était un baiser. Un baiser qui l’avait surpris, bousculé et marqué. Bien que c’était très tentant, il ne voulait pas être de ceux qui profitent d’une situation. Il sait Astrid capable de se rapprocher sans le moindre problème.

Non, pas la déesse. Pourtant, Astrid n’avait pas tort. Il lui parlait souvent, la vénérait comme les autres, demandant son aide lorsqu’il en avait besoin, mais ce n’était pas elle qui avait tant affirmé qu’Astrid réapparaîtrait sur sa route. C’est mon cœur qui me l’a dit. Sans le moindre doute. Sans arrière penser. Il n’avait jamais rien prédit en ce monde, mais il croyait honnêtement que la vie pouvait bien répondre à un cœur vrai, parfois – aider par les volontés de la Déesse, même si Ćiro doute que son île ait été détruire simplement pour qu’il retrouve Astrid au milieu de la forêt. Non, pour une fois, c’était simplement autre chose. Autre chose de plus compliquée, peut-être une faille dans leurs destins respectifs, quelque chose que personne ne pouvait contrôler, qui n’appartenait qu’à eux. Qu’elle soit contente, elle aussi, le réchauffe instantanément.

Ça me paraît compliqué aussi. J’aurais bien trop peur de tomber… et ça serait une mort bien stupide ! Les yeux posés sur les branches plus hauts, il se demande comment font les Naoris, si habitué à se trouver en hauteur. Lui était bien mieux près du sol, près de la terre.

Dans le désert ? Qu’est-ce que c’est ? Voilà une chose qu’il n’avait jamais vue. Et peut-être que le mot lui paraît familier, mais il n’arrive pas à visualiser ce que ça peut-être. Lui, il connaît la jungle et la forêt, les plaines et les montagnes. Puisqu’il est assez fatigué par ses longues marches, il s’installe sous un grand arbre, le dos posait contre le tronc. Pour une fois, il a le temps, le temps de lui parler, de rester à ses côtés, de l’écouter. Il n’a pas peur d’être surpris, il n’a pas peur que ce moment soit écouté.

Eh bien, nous nous en sortons comme nous le pouvons. Les Naoris ont été assez aimables pour nous accueillir et nous vivons avec eux. Mais une partie des nôtres est restée sur l’île et je doute qu’elles soient encore en vie. Il marque une pause. Cela le rendait triste, vraiment. Perdre sa maison, son monde de toujours. C’est notre Kuhani qui nous a sauvées. Euh, c’est un peu comme une… prêtresse . Elle avait prédit la tempête, alors nous l’avons suivi. Sans elle, je serais probablement mort.

Une réalité qui le terrifie. Il avait échappé à la mort, mais la mort n’était pas une chose qui disparaissait complètement. Elle reviendrait le hanter sans doute. Une des choses qui l’attrister aussi, c’était de ne plus pouvoir se rendre sur la tombe de son père, désormais quelque part sous un tas de boue et de moustique. Mais son père était un Naori et il pouvait le retrouver dans chacune des choses qui appartenaient à ce clan. Plus il en découvrait, plus il se rapprochait de l’homme qui l’avait élevé et aimé.

Mais tu sais, comme mon père était un Naori, j’ai pu rencontrer une cousine à moi. Incroyable, non ? C’est étrange, mais je me dis que finalement, c’est peut-être chez moi aussi, ici. Une maison qu’il n’avait jamais cherché à connaître et qui était désormais son seul repère. Mais il n’était pas encore familier de toutes les coutumes Naoris et avait du mal à se rapprocher des autres. Pour l’instant, il restait dans son coin.


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28/07/2015 avengedinchains Charlie, Baelfire, Meeka, Elias & Richard 1412 Rose Leslie sign by beylin ;; ava by lux Mercenaire et voleuse Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. 30
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time fly like the night upon our heads


14 janvier 2118 ;; Astrid est une personne particulière à cause de son caractère et de certains de ses choix. Elle a grandi en étant à côté d’un homme qui ne ressentait que bien peu de choses et pendant de longues années, elle s’est retrouvée dans le même cas. Finalement, c’est à sa mort que les choses ont fini par changer et évoluer différemment. Tom était un homme formidable qui a fait d’elle la personne qu’elle est devenue. Quelqu’un de fort, qui ne se fait pas marcher sur les pieds. Quelqu’un en mesure d’être suffisamment responsable aussi. Mais lorsqu’il est parti, elle s’est rendue compte que ses sentiments étaient un peu plus compliquées. Oh, bien sûr qu’elle n’est pas devenue une autre personne et sa personnalité n’a pas pris une grosse claque. Elle reste celle qu’elle devait être et ne changera pas juste comme ça. Elle a grandi, évolué dans une direction qu’elle a fait sienne et pour cette raison, elle ne changerait pour rien au monde. Même si cela a pris du temps, elle a fini par devenir qui elle devait être. Son tuteur ne l’aurait pas supporté, il ne l’aurait pas jugé suffisamment forte, il aurait été déçu. Elle a laissé s’échapper un débarqué qui aurait pu lui rapporter un or incroyable. Il ne s’en serait sans doute jamais remis. Le fait qu’elle ait pris une esclave, ça aurait pu lui plaire, cependant.

Un soupir s’échappe des lèvres de la jeune femme face à l’homme qui se tient devant elle. Il est particulier, lui aussi, et à son contact, elle ne sait pas toujours où elle est supposée se mettre. Elle a parfois peur de le blesser, ou d’être déplacée. Elle ne sait pas. Mais c’est plaisant de ne pas savoir. Parce que d’ordinaire, les situations ne sont pas déplacées. C’est compliqué. Et avec lui, elle a l’impression de débarquer dans un nouveau monde. Et le pire, c’est qu’elle aime ça. Ou du moins, disons que ça l’intrigue tellement que ça lui plaît. Jouer avec lui, le pousser à bout, c’est une manière intéressante et plaisante, à n’en pas douter. Et en même temps, même pour elle, c’est une bonne sensation, une histoire qu’il ne comprend pas vraiment. Quand elle pense au fait qu’elle l’a déjà embrassé plusieurs fois, ça la fait même encore sourire. Et elle n’est absolument pas contre l’idée de recommencer.

Et si j’ai envie de garder cette preuve pour plus tard ?. Elle sourit doucement. Voilà qu’il se met lui-même à jouer le jeu et c’est une chose à laquelle elle ne s’attendait pas. Son intention n’est pas non plus de le traumatiser ou de le pousser à bout. Elle ne veut pas l’inviter à faire des erreurs puisque ce serait ridicule et qu’elle veut qu’il soit libre de ses mouvements. C’est ce que la tempête lui a offert, en détruisant son île. C’est une chose qu’elle n’a pas entendu souvent. ” Et bien on usera de preuves autant de fois que tu le voudras alors !”. Elle accompagne la phrase d’un clin d’oeil et d’un sourire en coin, un sourire joueur. Puisqu’il décide de rentrer dans son jeu, elle a envie de voir jusqu’où il pourrait bien aller. Il était libre ou du moins, ses précédentes règles et lois ne tenaient plus réellement ici. Elles devaient être bien ancrées en lui mais ça restait un peu différent ou du moins, elle parvenait elle-même à s’en convaincre. N’était-ce pas déjà suffisant ?

Il est difficile de croire qu’il ait pu entendre d’une manière ou d’une autre sa déesse ou la divinité en laquelle il croit, lui dire qu’ils se reverraient. Pourtant, la logique elle-même aurait pu le laisser entendre. Il n’est pas rare de ne voir personne pendant des années, surtout pour la rouquine qui vient du désert. Mais ce n’est même pas forcément de ça qu’il est question, justement. Ici, il est question de lui et du fait qu’il ait quitté sa tribu et qu’il en est investi une autre. Une sur la grande île, ce qui fait que leur contact était bien plus réalisable qu’il ne l’était avant. C’est une pensée qui l’a traversée dès le premier instant, lorsqu’elle a su, pour l’île. Elle s’est dit qu’il serait possible pour eux de se revoir. Jusque là, elle n’y croyait pas vraiment, s’imaginant que la seule possibilité serait de croire fortement au hasard. Parce qu’il était hors de question pour elle de s’y rendre. Elle ne savait rien de cette île. Et elle n’avait jamais navigué, bien que ça l’intriguait. Non, pas la déesse.. Elle le fixe un instant, oui, il a sûrement eu cette impression lui-même, l’illusion qu’ils seraient à nouveau amené à se voir un jour. Et c’est bien, du moins, pour elle. C’est mon cœur qui me l’a dit.. Son sourire s’élargit, elle ne s’attendait pas à une telle réponse. Se pourrait-il qu’elle fasse battre son coeur ? C’est une sensation qu’elle ne connaît pas, à laquelle elle n’a jamais fait face et contre laquelle elle ne saurait véritablement pas quoi dire. Et face à cette réponse, elle ne sait qu’à moitié comment répondre. Elle ne veut pas être maladroite mais elle sait que c’est le genre de chose qui est bien vite arrivé. Surtout pour elle, elle ne maîtrise pas forcément les sentiments humains. Surtout les positifs, les mignons. ” Ton coeur s’affole à mon contact ? C’est une bonne chose j’espère ?”. Si ça se trouve, il s'affole parce qu’il stresse, ce serait une éventualité ça aussi, non ? Et dans ce cas, ne serait-il pas bon de le laisser tranquille ? Elle n’en a vraiment pas la moindre idée.

Elle ne vit pas dans les arbres. D’ailleurs, d’où elle vient, il n’y en a pas beaucoup. Mais bref, tout ça pour dire qu’elle ne se voit pas vraiment s’installer en haut d’un arbre. Pas comme les Naoris. Ça me paraît compliqué aussi. J’aurais bien trop peur de tomber… et ça serait une mort bien stupide !. Du coup, il s’est installé sur le sol lui, c’est ça ? Bien sûr, ils ne peuvent pas tous vivre dans les arbres. Elle n’a pas vraiment eu l’occasion de juger, lorsqu’elle s’y est rendue. ” Pourtant, certains Naoris vivent dans les arbres non ?”. Elle ne sait plus vraiment ce qu’elle a vu mais elle sait ce qu’elle a entendu. Nombreuses sont les histoires sur le peuple de la forêt.

Dans le désert ? Qu’est-ce que c’est ?. Esprit naïf et innocent. Encore une preuve de cela et on ne peut pas vraiment dire qu’il soit possible de s’y attendre vraiment. C’est marrant, et ça, c’est vrai, mais pour le reste, ça s’arrête là, en général. Astrid a envie de lui faire découvrir le monde et pourtant, elle n’ose presque pas le lui demander, le lui proposer. Où en est-il, dans son existence ? Vis à vis de sa propre tribu ? ” c’est un endroit chaud. Je t’y emmènerais si tu veux”. Et pour une fois, ce n’est pas dans l’intention d’en faire un esclave. Une chose qui change considérablement. Astrid évolue et elle évolue dans le bon sens. Les gens n’en ont juste pas encore conscience.

Bien sûr qu’elle lui demande comment ça se passe dans sa tribu, ou du moins, dans la nouvelle. Elle a envie de comprendre, elle a envie de faire le point et d’analyser comment les choses ont pu évoluer. Elle ne sait pas, elle ne parvient pas à tout comprendre mais elle fait de son mieux. Eh bien, nous nous en sortons comme nous le pouvons. Les Naoris ont été assez aimables pour nous accueillir et nous vivons avec eux. Mais une partie des nôtres est restée sur l’île et je doute qu’elles soient encore en vie.. Il est difficile d’imaginer la perte et la douleur que ça a pu apporté. Ils ont perdu tout ce qu’ils avaient et sont désormais contraints de se reconstruire ailleurs. C’est une histoire qu’on ne peut comprendre qu’après l’avoir vécue, elle ne peut que le prendre en compte. Mais ce n’est pas évident pour autant. C’est notre Kuhani qui nous a sauvées. Euh, c’est un peu comme une… prêtresse . Elle avait prédit la tempête, alors nous l’avons suivi. Sans elle, je serais probablement mort.. Un peu étrange de réussir à déterminer ce que la météo va bien pouvoir faire. Oh bien sûr que tout ceci ne la concerne qu’à moitié. Et puisqu’elle ne croit pas vraiment à tout ça, elle a un peu de mal. Déjà dans sa tribu, elle ne porte pas vraiment attention à ça, ce n’est pas pour que les choses changent du jour au lendemain, juste comme ça. Impossible. Mais tu sais, comme mon père était un Naori, j’ai pu rencontrer une cousine à moi. Incroyable, non ? C’est étrange, mais je me dis que finalement, c’est peut-être chez moi aussi, ici.. Le hasard n’est pas de mise ici. Forcément, son père avait lui même une famille. Mais il est plaisant de retrouver des gens qu’on a connu, du moins, elle l’imagine. ” Tant mieux alors, je suis contente pour toi”. Un voile se glisse pourtant dans son regard, sans qu’elle ne puisse y faire grand chose. Elle, mis à part le désert, elle n’a rien. Et puisqu’elle n’a jamais su d’où elle venait, elle ne sait pas où c’est, chez elle.
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11/03/2017 ELOW ; DEVOS, IRINA & JONAS ; 474 MATHIAS LAURIDSEN ELOW ; CRÉATEUR D'ARCS ET DE FLÈCHES, HOMME DE MAIN ET DE FOI DÉVOUÉ. FAUX IDIOT AUX PENSÉES PRONONCÉS. KOVARII ; 41
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destiny still arrives
14 JANVIER 2118

Il aurait pu tomber sur n’importe qui – sauf un enfant du ciel, ça, il n’y croyait toujours pas – mais voilà que c’est elle qui apparaît. Astrid était une vision. Un enchantement qu’il aimerait saisir à chaque occasion. L’apercevoir était suffisant pour que son cœur palpite et pour qu’il ait la sensation de vivre quelque chose d’extraordinaire. C’était un peu comme lorsqu’il était avec Hécate, mais d’une façon complètement différente en même temps. Parce qu’il ne la connaissait pas et n’avait saisi d’elle que quelques reflets. Il voudrait en savoir plus, sur elle et sur son existence. Sur elle et son passé. Comment une femme aussi forte et formidable se retrouvait-elle toujours seule ? Cela le dépassait. La solitude n’était pas une faiblesse, mais cela le rendait triste. Parce que lui-même savourait une solitude particulière due à son genre et il avait bien compris que sur le continent, les rôles étaient inversés. Il y avait des civilisations qui étaient l’opposés même des Kovariis. Des tribus qui ne voyaient rien de significatif à être une femme et poser sur les hommes toute la pression du monde. Ridicule et injustifié. Un homme pouvait être fort, il en était la preuve. Donnez-lui un arc et il pourrait bien surpasser les femmes qu’ils apprécient tant. Mais il y avait quelque chose de malsain à mettre plus bas que terre celles qui ont tant d’importance à la vie. Voilà pourquoi il croyait si fort à la déesse. Voilà pourquoi il lui parlait toujours et qu’il espérait qu’elle puisse un jour ouvrir l’esprit le plus fermé.

Mais dernièrement, c’était un peu plus compliqué. Avec la tempête, la plupart des Kovariis mortes sur l’île, Ćiro se sentait attiré par une force nouvelle. Si son cœur appartenait à ses femmes, son esprit commençait à entrevoir de nouvelles possibilités. Il ne veut pas que son monde change, mais il veut croquer un petit peu au monde d’Astrid. Et quand elle est là, il est dans cet entre-deux enivrant. Elle doit sûrement le trouver drôle et se moquer un peu de ses manières, mais cela ne le dérange pas. Il aimait sa présence, il aimait la manière dont ses mots étaient imprévisibles. C’était un bonheur de la retrouver ! Au point presque où il aimerait la garder à ses côtés. Presque. Parce que le problème dans ce genre de situation, c’est qu’ils doivent forcément retourner à leurs réalités plus tard…

Il rit face à sa réponse. Autant de preuves que nécessaires, voilà qui le fait rougir ! Il n’aura pas tenu longtemps pour jouer le jeu, mais c’était un début amusant. La tentation était toujours là, comme si elle ne s’en irait jamais. Bien sûr,’il aimerait goûter à ses lèvres dès que l’envie lui en prend, mais l’envie ne risque pas de disparaître et c’est là un cercle dangereux ! Il se gratta alors la tête, un peu pensif. Non, il n’osera pas s’approcher et l’embrasser ainsi. Peut-être plus tard. Il ne veut pas forcer les choses. Et puis Astrid est vraiment belle aussi. Elle a une peau si blanche qu’on pourrait craindre qu’elle soit froide. Ses yeux aussi, son inévitable. À côté, il pourrait paraître si sombre… Un peu comme l’ombre du soleil, suivant celle-ci sans un mot et sans pensées secondaires. C’était une image qui lui plaisait.

Bien sûr que c’est une bonne chose ! Un cœur qui bat est un cœur en bonne santé, un cœur qui s’affole et un cœur enivré. Il ne préférait pas en ajouter, se disant que c’était trop sensible pour le dire à voix haute, mais oui ce muscle s’accélère dans tous les sens. Il est si comblé qu’un rêve se réalise, car au fond, ce moment est un rêve. Un rêve qu’il espérait et qu’il désirait. Peut-être bien qu’en étant chez les Naoris, ils auront plus de chance encore de se voir, mais c’était la première fois qu’il se retrouvait et ça, c’était un moment à savourer.

Oui, la plupart. C’est assez particulier, mais par chance, ils nous ont offert un petit habitat sur la terre ferme. Il hausse les épaules. C’est plus simple comme ça, nous ne sommes pas habitués à leurs façons de vivre et c’était déjà si compliqué de quitter notre île… Il repense à toutes ses affaires, à ce chemin si familier qui l’amener près des vagues, au marché et au petit port où certains étrangers arrivait. Ses souvenirs étaient précieux et il essayait souvent d’y repenser par criante de tout oublier. Ici, ils n’avaient pas encore le quart de ce qu’elles avaient accompli là-bas. C’était dur de recommencer à zéro. Dur et terrifiant.

C’est vrai ? Il y fait chaud ?! Alors oui, ça sera avec plaisir ! Le soleil me manque terriblement… Il boude presque ce froid continental. Il ne sait pas, cependant, quand est-ce qu’il pourrait partir. Certainement pas comme ça, d’un coup. Sa mère et sa sœur ne le laisseront jamais. Mais je dois d’abord finir notre installation, vérifiais que nous avons tout ce qu’il faut ma famille et moi pour vivre ces prochaines années. Une pensée très réaliste pour un homme qui avait tendance à montrer le plus souvent une naïveté effarante. Elle était là, sa faille. Finalement, malgré tout ce qu’il pouvait dire ou être, il arrivait toujours à garder un certain regard très sérieux sur la situation et ses responsabilités. Car il se sentait responsable d’elle, autant qu’elles l’étaient de lui. Mais je te suivrais avec plaisir, dès que l’occasion s’en présentera. Et il le pensait vraiment. Il n’avait pas la curiosité que la plupart possèdent, mais vis-à-vis d’Astrid, il serait bien capable de vouloir en saisir plus sur ce continent dont il ignorait le plus important. Un moyen comme un autre d’apprendre et d’avancer. Il ne désirait pas tout voir, mais elle lui donnait la volonté d’aller au moins quelque part.

Et toi, ta famille vit dans le désert aussi ? Peut-être qu’elle avait des sœurs, qui sait ? Il l’imaginait parfaitement avec une famille nombreuse et parfois éprouvante. Peut-être qu’elle était l’ainé et que ses longs voyages étaient nécessaires pour prendre soin d’eux ?


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28/07/2015 avengedinchains Charlie, Baelfire, Meeka, Elias & Richard 1412 Rose Leslie sign by beylin ;; ava by lux Mercenaire et voleuse Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. 30
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time fly like the night upon our heads


14 janvier 2118 ;; Ils ne sont pas vraiment nombreux, ceux qui peuvent laisser entendre qu’ils sont ravis de voir la jeune rousse. il faut dire qu’au coeur de la forêt, de manière général, lorsqu’elle croise quelqu’un, c’est très souvent pour le travail. Et son travail n’a rien de plaisant ou de réconfortant. Elle ne prétend pas s’en plaindre, elle s’y plaît et c’est ainsi qu’elle a toujours vécu. Mais tout ça pour dire que de manière général, au coeur de la forêt, ceux qui la connaissent ne s’avancent guère vers elle en se disant qu’ils sont contents de la voir. Mais c’est sans doute mieux comme ça, et il n’est pas nécessaire de chercher plus loin. Oui, sûrement, mais pas besoin d’aller plus loin. Puisque de toute façon, ça ne servirait pas à grand chose d’essayer de comprendre les gens. Oui, autant garder les choses pour soi, autant ne pas chercher plus loin ou même réfléchir. De toute manière, ça ne servirait pas à grand chose. Oh, elle ne le reproche à personne et elle n’en veut à personne, de toute manière. Mais les choses sont comme elles sont alors bon. Elle se contente en général de hausser les épaules et d’afficher un sourire en coin. Elle s’en prend au gens avec plaisir, juste pour le fun, si on peut le dire ainsi. Et il n’est pas nécessaire d’aller plus loin.

Une chose est sûre, lorsqu’elle s’aventure en forêt, elle ne s’imagine pas une seule seconde que sa route finira par croiser celle de cet homme. S’il est de compagnie agréable et s’il est adorable, ça ne rend pas la chose plus facile. En réalité, il est un être à part, quelqu’un que sa route n’a jamais croisé et un type de personne qui continue de l’intriguer à outrance. Il faut dire qu’elle ne s’attache pas aux gens et qu’elle a du mal à les cotoyer trop longtemps. Ils finissent, en général, par la saouler et sincèrement lui donner envie de prendre la fuite. Mais elle sait que les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait. Mais puisque ça doit se passer comme ça, très bien. Il n’est pas nécessaire de chercher plus loin. D’une certaine manière, du moins. Pour le reste, pourquoi faudrait-il chercher plus loin ? Quand elle est avec lui, en réalité, elle ne réfléchit pas vraiment, elle ne fait attention à rien et ses mots dépassent très vite sa pensée. Ses gestes aussi, au vu de ce qui a pu se passer par le passé entre eux. Et ces baisers, notamment.

L’idée que son corps s’affole à son contact la fait sourire malgré elle. Oui, à son contact elle devient plus douce, plus délicate. Elle ne maîtrise pas forcément tout ça, toutes ces émotions et dans le fond, elle ne cherche jamais à faire le lien dans tout ça. Mais les choses sont comme elles sont et il n’est pas nécessaire de chercher plus loin. Et puisqu’il le dit lui-même, c’est une bonne chose alors autant en profiter. ” Alors tant mieux. Je ne crois pas que le mien s’accélère. Même la peur ne le fait pas battre plus vite”. L’excitation oui. Et il n’est pas vraiment question de ça, ici. Encore que, si elle s’écoutait vraiment, ça pourrait changer. Mais son intention n’est pas vraiment de le traumatiser. Et c’est ce qu’elle finirait par faire, si elle le touchait d’un peu trop près. Avec lui, elle prend des pincettes et c’est pour ça que c’est si compliqué. Elle n’a pas pour habitude de se freiner dans ce qu’elle fait ou ce qu’elle dit.

La tribu de la forêt lui échappe un peu, bien qu’elle n’y prête pas vraiment d’intérêt. Elle ne cherche jamais à faire en sorte que les choses se passent bien ou mal, puisque de toute manière, ça ne servirait pas à grand chose. Il n’est pas nécessaire de réfléchir plus longtemps. Mais au moins, ils ont aidé le peuple de Ciro en leurs permettant de vivre chez eux. ” J’imagine. Comment ça se passe du coup pour vous ? Tout se passe bien ?”. Comment est-ce qu’elle le vivrait, elle, si le désert venait à disparaître et qu’elle se retrouvait contrainte de vivre dans une autre tribu ? Elle ne saurait le dire et pour tout dire, elle n’a pas vraiment envie de réfléchir à la question. Elle n’aime pas la chaleur qui traîne dans le désert et qui glisse des plaques rouges sur sa peau mais c’est chez elle. Quitter sa tribu serait sans doute une affaire compliquée et elle ne préfère pas y réfléchir. Elle sait que ce n’est pas vraiment chez elle et que c’est une tribu d’adoption. Mais ils ont été là pour elle et ils ont su faire d’elle quelqu’un de fort. Alors elle ne va certainement pas se mettre à s’en vouloir pour tout ça.

L’emmener dans le désert n’est sans doute pas l’idée du siècle et pourtant, elle a envie de lui présenter son monde. La mercenaire devra sans doute le préserver de certaines choses et épargner son regard pour les bassesses de sa tribu. Mais elle a envie de lui faire découvrir chez elle, puisque désormais, il vit sur l’île, pourquoi ne pas se le permettre ? Elle n’ose pourtant pas lui dire quel est son métier, parce qu’elle trouve qu’il est au-dessus de ça et elle n’est pas certaine qu’il serait en mesure de le comprendre. Il est compliqué de plaire à un esprit comme celui de Ciro, qui paraît si innocent. ” Nous avons le temps. Désormais il sera plus facile de nous voir, d’ailleurs. Nous pourrons organiser des retrouvailles assez régulières”. En tout cas, elle en a envie et elle espère que c’est également son cas. Comment savoir ce qui se passe dans sa tête ? Elle n’a jamais fait face à quelqu’un comme lui. Alors elle ne parvient pas à déterminer comment elle doit s’y prendre pour que ça se passe bien. C’est compliqué. Tout simplement. Face à lui, elle veut paraître bien, et elle ne parvient pas à déterminer la place d’un mercenaire dans sa tête.

La question de la famille est compliquée. Clairement compliquée. Astrid n’en a pas, n’en a jamais eu. Si elle a longtemps considéré Tom comme étant un père de substitution, les choses restent quand même un peu différentes à ce niveau là. Une seconde, elle détourne le regard, observe l’horizon, s’attarde. Elle n’aime pas la pitié, tolère à peine la compassion. Mais que pourrait-elle dire ? Elle n’est pas du genre menteuse et ne va certainement pas se permettre de commencer maintenant. La franchise ne plaît pas à tout le monde et n’a jamais vraiment plu mais dans le fond, à quoi bon ? ” Je n’ai pas la chance d’avoir une famille, en réalité”. Et elle sourit, pour lui montrer que ce n’est pas bien grave. Ou en tout cas, elle espère que c’est comme ça qu’il prendra les choses.
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destiny still arrives
14 JANVIER 2118

Impossible d’oublier. La rencontre avec Astrid est gravée dans sa mémoire depuis des mois. Il a souvent repensé à elle, souvent rêvé d’elle, il a même toujours su qu’ils se retrouveraient, un jour. Aujourd’hui, donc. Comme si la déesse a, secrètement, exaucé des prières qu’il n’a jamais osées prononcé et qui, pourtant, sont là dans son cœur. Il ne sait pas pourquoi, mais il a l’impression d’avoir toujours connu Astrid. Qui qu’elle soit vraiment, c’est comme si elle a toujours fait partie de son destin. Quoi qu’il arrive, demain, il la retrouvera encore. Peut-être, un jour, comprendra-t-il ce qu’elle peut lui offrir. Peut-être, un jour, elle lui ouvrira les portes vers un monde nouveau. Elle l’intrigue à sa manière unique, femme féroce et pourtant, il peut voir en elle quelque chose que personne ne peut. Si elle aime jouer avec les mots, il ne peut pas ignorer ses yeux. Elle pose sur un lui un regard autre. Un regard sincère, peut-être. Il ne sait pas l’expliquer, il ne sait pas vraiment comment comprendre les multiples facettes des femmes, mais il se sent serein face à Astrid. Comme si, avec un peu de magie, elle arrive à briser toutes les barrières. Oui, il n’a pas besoin de prétendre, en fait. Il n’a pas besoin d’être ce qu’il n’est pas. Il peut, tout simplement, être lui.

Alors son cœur s’emballe. C’est une très bonne chose. C’est même signe d’un événement extraordinaire. Puissant. Ćiro se demande alors, ressent-elle la même chose ? Porte-t-elle, elle aussi, un masque à chaque jour de sa vie ? Se libère-t-elle de toutes pressions face à lui ? Peuvent-ils se sauver, l’un l’autre, d’une vie condamnée à être ce qu’ils ne sont pas entièrement ?

« Tu n’as donc peur de rien ? » Il s’avance d’un pas, curieux et sérieux. Il veut savoir, serait-il en face d’une femme sans peur ? Cela ne l’étonnerait même pas. Elles sont si fortes, les femmes. Astrid pourrait très bien être une Kovarii tant il émane d’elle, tout ce qui représente cette tribu. Il aurait aimé lui montrer tellement de choses, qu’il se rend compte maintenant que ce n’est plus possible. Avec la tempête, il n’y a rien à dévoiler. Elle pourrait, peut-être, venir lui rendre visite, il lui présenterait sa tribu… mais au fond, qui est-il pour se transformer en porte-parole ? Personne. Qu’un faible homme lié par le sang a deux tribus, dont le cœur appartient à celles qui pourraient si facilement le rejeter.

« Tout se passe bien. Je m’occupe de tout. » Et ça, il gère. Il gère le confort de sa famille, de sa tribu. C’est son but dans la vie. Il est là pour elles et il fait ce qui doit être fait. Il apprécie, néanmoins, qu’Astrid lui pose la question. S’inquiéterait-elle pour lui ? Pour sa survie ? Son nouvel habitat, pourtant, bien que modeste, est largement à la hauteur. L’hiver est compliqué, mais elles vont s’en sortir. Elles vont s’y habituer. Peut-être qu’un jour, elles pourront retourner là où tout a commencé, mais en attendant, elles acceptent l’aide donnée par les Naoris. Bien sûr, il est évident qu’à un moment ou à un autre, les différences culturelles vont se confronter. Mais pas maintenant, c’est trop tôt. Les Kovariis ont trop à perdre. « Elles sont fortes, les femmes de ma tribu. Elles peuvent survivre à tout, même aux pires. » Et en disant ça, il a l’impression que c'est des mots qui vont résonner en Astrid. Qui vont lui parler. Peut-être que la tribu du désert n’est pas si différente de celle des Kovariis . Il n’en sait rien. Il peut bien lui demander, à elle. Un jour, sans doute, mais pas tout de suite.

« C’est vrai ? Tu veux bien ? Il faudrait trouver un lieu que l’on reconnaîtrait rapidement et que je peux trouver simplement. Tu n’as pas envie que je me perdre en te cherchant, si ? » Il se met à réfléchir, mais ce n’est pas vraiment à lui de choisir. Que connaît-il de cette forêt ? Pas grand-chose encore ! Et, franchement, il n’est pas le plus doué en orientation. Sur l’île, c’était différent. Ici, tout semble être un mystère à résoudre.

Naturellement, puisqu’il parle de sa mère et de sa sœur, il se demande à quoi la famille d’Astrid peut bien ressembler. Il est assez étonné de l’entendre dire qu’elle n’en a pas. Ce n’est pas triste, la manière dont elle le dit, mais il y a quelque chose qui le dérange. Comme si, en réalité, elle ne sait pas. Comme si, il manque quelque chose et qu’elle n’a pas de réelle réponse à lui fournir en dehors de la simple réalité qui est qu’elle n’a personne, à ses côtés, qui partage son sang.

« Tu es extraordinaire, même sans famille. » Avoue-t-il, offrant à son tour un sourire sincère. « Tu n’as besoin de personne. J’aimerais bien en dire autant… » Il est lié à sa tribu, jusqu’à la mort. Il le sait, il le sent. Il ne peut pas les quitter, il a peur même, d’être exclu. Depuis toujours, il sait que sa tribu est sa raison de vivre. Sa peur est si grande, qu’il est tombé dans le jeu. Le naïf, l’idiot, l’innocent. Il a accentué tout ça pour ne jamais être un danger. Pour ne jamais être considéré comme un homme capable de faire du mal, capable de briser les règles qui sont celles de Kovariis. Il aime sa tribu, il la respecte, il veut en faire partie malgré toutes ses différences. Malgré ce qu’il représente, rien qu’en étant un homme. C’est à son tour de se perdre vers l’horizon, de s’échapper une fraction de seconde.

« Qu’est-ce qui te rend heureux ? » Il glisse son regard vers elle, sans perdre son sourire. « Je veux dire, on fait tout ce qu’on peut pour vivre, mais est-ce qu’il y a quelque chose qui te rend heureux ? Quelque chose qui te fait sourire, instantanément ? » D’où lui vient cette question ? Il l’ignore. Il sait simplement, qu’avec Astrid, il ne veut pas parler de choses superficielles. Il ne veut pas rester sur des politesses. Il veut aller plus loin. Il veut toucher son âme.


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