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˜˜˜˜˜˜[Intrigue n°20] When the Sun's gone dim and the sky turned black. [Caleb]
maybe life should be about more than just surviving


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19/12/2017 Mika. / LittleMagitek 175 Jared Leto A: Schizophrenic / S. beylin Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. 320


Sujet: [Intrigue n°20] When the Sun's gone dim and the sky turned black. [Caleb]
Mer 10 Jan - 2:21

GÜZIS
&
CALEB
When the Sun's gone dim and the sky turned black.

Le silence. Un silence tout relatif qui plane autour de toi, autour de vous. C’est un silence étouffé et étouffant, humide, glacé, un silence qui ne présage rien de bon. Tes yeux clair son immobiles, tu n’as pas bougé depuis de longues minutes, de longues heures peut-être, peut-être même as-tu fermé les yeux et t’es tu assoupi, qui sait. tu ne sais pas, parfois tu perds le compte, tu ne sais plus trop ce que tu as fait ou non, ni quand, ni où, en particuliers lorsque tu luttes pour ne pas t’assoupir, lorsque tu empêche ton corps d’obtenir ce qu’il te réclame avec tant d’ardeur. tu sais que c’est mal, tu sais que tu as besoin de repos, de calmes, tu as besoin d’être vigilant au rythme que tu impose à ton esprit et à tout ce qui sommeille en toi. Mais qu’importe. Ce rythme tu l’as perdu durant ces dernières heures, comme tous les tiens. Vous vous êtes réfugiés à l’abri mais impossible d’ignorer les ronflements colériques de la forêt, les sifflement anarchiques du vent et le claquement comme tant de fouets d’une pluie qui ne cesse de tomber. Personne n’a pu ignorer les sinistres craquement des arbres en détresse, qui ont résonné à ton oreille comme tant de longues plaintes meurtries. Tu es resté adossé à la place que tu t’es trouvé dans votre refuge de fortune, et tu n’as rien avalé, rien bu, depuis que tu es assis là. Tes iris clairs ont pendant un temps bien trop long observé sans vraiment les voir les faits et gestes de tes compagnons d’infortune. toi qui es d’habitude si prompt à venir en aide à ceux dans le besoin, tu es juste resté prostré là, statue bien trop pâle dans l’humidité d’une grotte dans laquelle tu estimes n’avoir rien à faire. Mais avais-tu vraiment le choix? tu n’as fait que suivre les tiens, évidemment, tous auraient préféré pouvoir rester bien au chaud chez eux, mais vous êtes là, bien loin de vos hauteurs, quelque mètres sous terre s’il le faut. Vous avez évité le pire, tout le monde est ici, n’est-ce pas?

Ton regard d’azur semble bien grisâtre, figé à fixer sans le voir un point que tu ne regardes pas vraiment. Les pleurs déchaînés de la forêt dans le lointain ne te parviennent plus aussi forts qu’il l’ont été quelques heures auparavant, mais tu ne réalises pas, pas tout de suite. Ton corps te parait fatigué, peut-être car tu l’as un peu trop négligé, le temps que passe cette tempête. ton estomac toujours serré, tu n’avalerait quelque chose pour rien au monde. Là où le temps semblait ne cesser de courir, tu as maintenant l’impression que tout s’est arrêté, comme une poussière suspendue dans un souffle. Le Soleil au dehors est trop timide pour se montrer mais tu sais qu’il devrait être en train de se lever, tu connais les horaires de la nature sans avoir besoin de les voir. elles arrivent tous les jours après tout, elles sont comme le temps qui coure sans jamais s’arrêter, elles n’attendent pas. Peu importe les caprices du Ciel, le temps, les heures, la danse des astres ne s’arrêteront pas pour vous attendre, ni toi, ni les tiens. et tu le sais, le soleil timide est en train de se lever. tu n’entends plus les vrombissements du vent dehors, seuls le froid et l’humidité subsistent pour vous rappeler à tous que vous n’êtes pas au bon endroit, maîtres des arbres confinés sous la pierre.

Ton regard soudain s’éveille comme un souffle, comme si tout à coup le temps reprenait son cours après une courte pause. Tu tournes autour de toi un regard inquiet, silencieux, le regard de celui qui s’apprête peut-être, à faire quelque chose qu’il ne devrait pas. Tu ignores les lamentations de ton corps engourdi qui te réclame son du, ou a défaut, que tu lui octroies au moins un minimum d’attention. tes démons attendront. Tu resserres autour de tes épaules la fourrure qui maintient ton cou au chaud en tirant d’une main ta crinière pour la libérer de l’étreinte de la fourrure dans un geste lourd d’habitude. Lorsque tu te lèves et glisse le long de la partie rocheuse, tu ne fais pas un bruit, pareil à un grand chat en chasse, tu glisses dans la pénombre dans un empressement qui ne te ressemble pas. L’on te connait pour ta discrétion jusque sur les feuilles du sous bois, les pierres froides de la grottes ne pourraient en rien trahir de tes déplacements. Tu trébuches. cela ne te ressemble pas, mais tu ne peux t’attarder, tu dois te hâter. Il est peut-être trop tôt pour sortir de la protection toute relative de ce lourd amas de pierre mais tu n’en tient pas compte. Pour une fois dans ton existence, tu oublies la prudence.

L’air est si humide à l’extérieur que tu as l’impression que tes vêtements s’alourdissent en un rien de temps, ton visage te laisse la sensation d’être passé sous l’eau et le sol sous tes pas s’enfonce comme jamais il ne s’est enfoncé. Tu regardes autour de toi comme un animal aux abois, ne sachant ou poser ton regard, les pupilles dilatées par la pénombre et par l’empressement. Tu avais peut-être tort, peut-être que le soleil n’a pas encore décidé de se lever, ou peut-être fait-il juste trop sombre pour que tu aies l’impression que le jour devrait être là. Tu n’y vois pas grand chose emportant, tu as l’habitude de parcourir cette forêt même lorsque la nuit est venue. ne t’arrive-t-il pas souvent après tout, de partir plusieurs jours, parfois loin du village, parfois moins, pour passer tes nuits au calme, un peu loin de tout? Tu connais cette forêt comme n’importe qui connaîtrait son meilleur amis me ce matin pourtant, tu à l’impression que l’on te l’a arraché. Tes yeux se posent sans cesse sur des formes que tu ne connais pas, des cadavre tristes d’arbres qui n’ont pas su résister aux violentes rafales qui allaient crier jusqu’au fond de la grotte dans laquelle tu as passé la nuit. Au sol, tu as l’impression qu’il y a plus d’eau de que terre, le sol gorgé d’eau à tes pieds semble tenter de te retenir, t’empêcher d’avancer. Ne va pas plus loin semble-t-il te supplier et tu as peur que cela ne soit un mauvais présage, alors tu avance, ignorant sans trop y parvenir, le poids qui pèse à tes pieds. Ton silence est tout relative mes les longs pans de tes vêtements flottent derrière toi comme à leur habitude. Dans ce sinistre tableau tu es le fantôme dont on n’aperçoit que le regard, de temps à autre, à la lueur d’une torche.

tu t’essouffles et tu commences à regretter cette nuit à lutter malgré toi contre le sommeil. L’inquiétude pourtant continue de te porter. La pénombre règne toujours en maître et tu à l’impression d’entendre dans l’air pesant les râles agonisants des fantômes que tu côtoies chaque fois que le Soleil passe derrière l’horizon. Les arbres à moitié couchés, ceux qui ont fini leur course contre un autre tronc, plus fort, te donnent l’impression qu’au loin, les bêtes s’accrochent à l’écorce en l’attente d’heure plus clémentes. Un bruit à ta droite, tu sursautes. Lorsque tu tournes les yeux, tu n’as le temps que de voir disparaître dans un bruit aqueux la queue trempée d’un renard paniqué. Ton cœur un instant t’as semblé s’arrêter et s’est bien tristement qu’il reprend sa course effrénée. Tu fais de même, lorsque tu le peux, tu utilise les troncs ou les larges branches tombée au sol pour éviter la boue omniprésente dans le sous bois habituellement déjà bien humide. Tu refuses de prendre de la hauteur, quoique cela pourrait économiser de l’énergie. lorsque l’idée te passe par la tête il ne te faut que quelques secondes pour écouter le craquement qu’émettent encore les troncs les plus fragiles ceux qui ne tiendront pas face à de nouvelles bourrasque, ceux qui ne tiendraient pas non plus face à ton poids. Tu as peut-être laissé ta méfiance dans cette grotte, mais tu n’es pas décidé à mourir tout de suite. Tu veux le retrouver d’abord, c’est tout ce qui te fait avancer, c’est tout ce qui te tient en tête.

«  Keryon ! »

Tu passes ton temps à hurler son nom, dans une forêt qui pour toute réponse te renvoie les échos de tes propres mots qui s’échouent un peu plus loin, et qui parfois laissent derrière eux le froissement d’aile d’une volée d’oiseaux. La lueur du jour a commencé à poindre, apportant avec elle le cadavre humide des pluies torrentielles qui ont noyé les sol et emporté sur leur passage les feuilles et autre plantes juvéniles, pour ne laissé que la terre à nu. L’eau qui glisse de la cime des arbres s’écrase sur tes épaules avec la force d’autant de petits clous glacés, et tu peines à les ignorer. Les dents serrées , tu repousses de ton visage les cheveux qui s’y collent sans cesse. Tu pestes. Ce n’est pas dans tes habitudes, mais tu jures, incapable de retenir l’angoisse qui t’animes alors que tu continues de vociférer un nom qui ne te répond pas. les animaux sentent les tempêtes, tune cesses de te le répéter, mais tu ne peux aussi t’empêcher de penser que ces derniers ne quittent jamais leur territoire. Ils se cacheront, ils fuiront comme ils le pourront, mais où pourraient-ils bien aller, la pluie s’est abattue partout, le vent n’a rien épargné, le froid se promène encore, tes mains glacées en témoignent malgré que tu te refuses à t’arrêter.

Sont-ce là des sanglots? Tu les essais d’un revers de bras, tu mets ça sur le dos de la fatigue, cette voix tremblante et perdue qui elle non plus, ne te ressemble guère. Tu tentes tout ce que tu sais, toutes tes méthodes tous tes appels, tu t’égosilles comme un petit oiseau à la gorge brisée alors que ton passage dans votre petite clairière t’as laissé avec la même réponse que le reste: rien. La pluie a cachés les trace, déformé le paysage, tu es fatigué et ton corps te tire comme jamais. Tu trébuches. Encore. Et c’est un genou dans la boue qui te rattrape cette fois alors que tu t’appuies au tronc gorgé d’eau d’un vieil arbre vaillant. Tu aimerais que les arbres puissent parler parfois. Qu’il te murmure ce qu’il sait, mais si la nature sait parler aujourd’hui elle es muette, malgré que tu l’implores d’un peu d’aide, tout ce que tu entends en retour ce sont ces gouttes qui tombent à rythme régulier, froides et minuscules mais qui te paraissent pourtant tellement violentes. Tu ne demandes pas grand chose. tu sais que les animaux s’effraient facilement, tu les connais bien assez pour cela, ils ont raison après tout, vous avez fait la même chose en quittant votre village pour vous abriter dans les grottes, mais tu aimerais quelque chose… n’importe quoi. juste un signe, une silhouette, une trace, n’importe quoi pour t’assurer que tu t’inquiètes trop, que tout va bien, qu’il suffit de lui laisser un peu de temps.

Pas le temps de flancher. Les terres parcourues par les cervidés sont vastes et peu importe que les tremblements de tes mains soient dus au froid où à ton corps qui te prévient qu’il faut que tu t’arrêtes un peu, tu l’ignores. Tu es têtu quand tu t’y mets, puis tu es loin de tous, s’il faut que tu craques, personne ne le verra. Tu te relèves donc non sans mal, essaies de resserrer la fourrure contre ta nuque avant de te rendre compte que c’est inutile, elle est aussi trempée que toi, elle ne te réchauffera plus. Tu paniques un peu sans te l’avouer et pourtant tu essaies de te rassurer. Tu n’es pas parti depuis si longtemps, tu as le temps. il a déjà disparu plusieurs jours et est toujours revenu. Il est certainement bien plus solide que ton corps déjà fatigué que tu refuses d’écouter. Est-ce tu écoutes encore quelque chose de toute façon? le moindre renard te fait sursauter et ton corps qui te hurle au repos reste sans réaction de ta part. Combien de mètres fais-tu seulement encore à courir à corps perdu, à continuer d’appeler cette pauvre bête en sachant pertinemment que s’il devait répondre présent, il ‘aurait déjà fait? Combien de temps glisses-tu ainsi dans la pénombre de la forêt à ignorer tes vêtements devenus trop lourd à cause de l’eau qui s’y est logé, à plier le genoux entre deux appels tremblants? Tu le sais, ce qui doit bien arriver à un moment ou un autre finira par arriver, mais tu es parti dans ta frénésie. C’est un petit ravin qui a raison de ta course malheureuse. tu aurais du l’anticiper, tu l’a vu pourtant, mais tu as glissé, encore, et cette fois ce n’est pas la boue qui t’a accueilli, c’est la pierre. Il fallait que ça arrive, mais maintenant tu es bien loin de toutes les grottes du monde, et si la pierre était déjà dure pour attendre la fin du déluge, elle n’a plus rien à te prouver lors que la heurte avec pertes et fracas sans pouvoir freiner ta chute.

Tes yeux d’azur s’ouvrent malgré eux mais tu ne bouges pas, le flou t’entoure et tu ne comprends rien. Le repos que ton corps t’as réclamé, c’est bien malgré toi qu’il l’a finalement obtenu. Tu resteras là encore un moment, de toute façon, tu n’as pas vraiment le choix.
CODAGE PAR AMIANTE


Dernière édition par Güzis T. Cinksi le Jeu 18 Jan - 1:29, édité 2 fois

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18/12/2017 Léonard // Parnassius 181 Michael Fassbender Parnassius Zoologie // Orientation 236


Sujet: Re: [Intrigue n°20] When the Sun's gone dim and the sky turned black. [Caleb]
Sam 13 Jan - 2:27


The Sky turned Black
Caleb & Güzis

«Hell is empty and all the devils are here.»

Shatter Me
Le vent au dehors rendrait fou n’importe quelle créature, tu ne fais pas exception. Vous êtes peut-être à l’abri pour quelques temps mais ce ne peut être que temporaire alors que la forêt rugit au dehors comme un animal en panique. Tu as l’impression de tourner en rond à n’en plus finir, le moindre Naori manquant à l’appel te glace d’effroi et tu as beau savoir que la Nature a survécu à bien pire tu te peine de regarder au dehors et d’imaginer ce qu’elle endure actuellement.
Cela semble vous être tombé dessus comme une bombe, pas de raison apparente et difficile de se dire que quelques jours avant les arbres se nourrissaient encore du soleil bienveillant qui planait au dessus des cimes.
Tu fais les cents pas, toi qui passe habituellement la plus grande partie de ton temps au milieu des troncs tu es comme dans une cage alors tu t’échauffes, tu bous de l’intérieur et tu as l’impression d’imploser. Là-bas les branches craquent comme autant d’os qui se brisent et tu te mords la langue : L’arbre a tenu bien des Lunes, il ne craint rien. Il n’est pas là pour rien. Votre tribu est comme une multitude de ces arbres ; Ensemble vous ne craignez rien.

Tu prends le temps de rester auprès des enfants, eux plus que quiconque ne cessent de jeter des regards au dehors et tu te sens étrangement proche d’eux. Tu es pourtant bien plus habile à rassurer ces enfants que tu ne l’es pour leurs parents dont les inquiétudes sont plus réfléchies mais pas forcément plus simples à apaiser.
Alors quand enfin tu réussis à fermer les yeux le sommeil sonne comme une délivrance et tu oublie l’espace de quelques heures seulement l’idée de peut-être ne jamais revoir les lieux que tu appelle “maison” ; Le sommeil est salvateur et tu n’aurais pourtant jamais penser le trouver ici, recroquevillé sous une peau qui te recouvre tout juste les épaules, à semi assis sur la pierre froide et humide.
C’est un lieu ingrat pour le repos, mais rien n’est fait pas hasard, c’est peut-être grâce à ce sommeil fait de verre que tu es incommodé d’un son de pas un peu plus loin qui semble te tirer des nues, un son qui te parvient jusque dans le rêve dans lequel tu vagabondais.
Il te faut quelques minutes pour revenir sur Terre, pour que tes oreilles ne captent de nouveau le bruit de l’orage et de la tempête qui gronde dehors, qui donne des coups contre les barreaux de ta cage pour te forcer à riposter.

Puis tes sourcils se froncent, tu es certain que la place vide se trouvant plus loin était habitée quelques minutes -ou peut-être est-ce des heures- avant. Tu tâches de te remémorer tes allers et venues. Et la connexion se fait comme un coup de fouet, aussitôt toute sensation de fatigue quitte ton corps, tu te relèves en le cherchant des yeux ; Tu interroges la personne la plus proche qui grogne qu’elle ne sait pas.
Tu attrapes les peaux roulées auprès de toi en plus de celle que tu porte déjà, lançant ta ceinture autour de ta taille, couteaux à portée de mains, l’adrénaline te fais rater les passants de cuir alors que tu ne peux te permettre une seconde de retard. Güzis ; S’il fallait que tu t’attends à ce que l’un des Naoris ne sortent par ce temps c’était lui. Ton aîné mais aussi celui qui partageait le même amour pour toi pour cette forêt dans laquelle un combat de la Nature faisait rage ; Peut-être en était-il encore plus proche et pourtant tu avais abaissé ton attention.
Tu pestes, tu siffles et tu regardes la forêt qui s’étend devant toi d’un air complètement perdu : Jamais une telle immensité ne t’as semblé si incompréhensible. Tu n’as pas le choix, tu refuses d’avoir le choix et de le laisser dehors. Tu l’as bien vu, ses yeux sont creux, son air était éteins et bien qu’il n’ait l’art de sourire tu sais que l’homme à la Lune est aussi bon menteur qu’il n’est animiste. Ombre, non lui collant comme un gant alors que la forêt semblait déjà l’avoir engloutis.
Par chance, peut-être, tu connaissais les lieux pour les avoir parcouru tant de fois ; alors tu baisses les yeux, remarques les infimes traces laissées dans le sol en train de s’enfoncer sous la pluie et la boue et ta course commence au travers des arbres.

Combien de fois as-tu manqué de perdre sa trace? Tu ne les comptes plus, tu fais un détour puis un autre, tu hurles son nom mais la forêt le couvre dans une giclée d’eau glacée ou un éclair tonitruant ; Ta recherches te pousse à courir dans un temps tout sauf clément, tu trébuche, tu tombes les mains dans la boue, tu te relèves, repère les traces et reprends ton inlassable course. Tu devrais abandonner, rentrer à la grotte avant de te perdre… Puis tu l’entends, d’abord étouffée puis en tendant l’oreille sa voix se fait bien plus claire, loin d’être un mirage. Tu sais que tu t’es approché, tu es juste derrière lui. Tu forces la course, tes muscles se tendent à chaque pas pour ne pas glisser sur le sol meuble et sous l’effet des bourrasques et tu freines des quatre fers lorsque les pierres s’élancent devant toi à la place d’arbres.
Tu n’es pas fous, tu as entendu quelque chose ; Tu ne peux pas l’avoir imaginé.
« Güzis ! »
Tes poumons se vident de leur air ; Qui sait s’il t’écouterais seulement… Il est comme un animal; à moitié sauvage, que sa façon de disparaître le prouve plus que ses actes.
Alors tu entreprends d’avancer encore, il ne doit plus être loin maintenant, les lieux sont beaucoup plus abruptes, difficile d’avancer au pas de course. Tu y mets un pied puis l’autre, l’eau ruisselle sur tes doigts, tu baisse les yeux pour faire attention à ton prochain geste… « Oh non… Non non non.»
Comment as-tu pu être aussi bête? Tu abandonnes toute conscience, lâche ta prise pour dévaler le mur de pierre en manquant de perdre l’équilibre à plusieurs reprise, tu y laisse quelques bouts de peau épars, ce n’est que du vernis ce sera rapidement oublié.
Aussitôt à sa hauteur de voilà à genoux, attrapant la fourrur que tu porte pour la mettre au dessus de vous. « Güzis debout, réveille toi ce n’est pas le moment de rester là. Aller debout! »
Toi, d’habitude si calme, semble perdre tout ton apprentissage. Tu te tais, inspire profondément, ses yeux bougent, il n’est pas mort malgré son silence alors tu l’attrapes par le bras, le relève non sans mal, assez pour pouvoir le passer sur ton épaule. Le traîner comme tu peux sans le blesser ; Tu regrettes d’être parti seul.

Un peu plus loin se dessine un renfoncement dans la paroie rocheuse et boueuse, tu y assieds l’animiste, retire ses fourrures l’une après l’autre pour les vider de leur eau avant de les lui remettre sur le corps quoiqu’elles ne semblent bien froides. Faire un feu est peine perdu compte tenu de la météo.
« Bon sang, mais où est-ce que tu avais la tête… »
Tu te laisses tomber au sol, tête contre le mur.
Ce n’est que maintenant que le triste spectacle de la forêt te saute aux yeux, les arbres se débattant, la pluis hurlant au sol, le rideau vous séparant du reste du monde se composant d’un mélange d’eau boueuse et de branches brisées… Tu te rends seulement compte du triste état de tes mains, te penches pour les passer sous les filets d’eau.
Vous voilà dans un bien triste état, tout les deux, loin des vôtres dans une forêt qui a oublié la clémence pour laisser place à l’enfer.
(c) DΛNDELION

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19/12/2017 Mika. / LittleMagitek 175 Jared Leto A: Schizophrenic / S. beylin Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. 320


Sujet: Re: [Intrigue n°20] When the Sun's gone dim and the sky turned black. [Caleb]
Sam 10 Fév - 0:34

GÜZIS
&
CALEB
When the Sun's gone dim and the sky turned black.

Tu as été inconscient. Ce n’est pourtant pas ton genre. Toi qui habituellement calcules toujours, enfonces ton esprit dans des possibles et des impossibles, réfléchis encore et toujours, toi qui donnes toujours les conseils de sécurité, ceux qui peuvent sauver une vie, ou tout du moins empêcher une catastrophe… Toi, tu viens de te jeter dans la gueule d’un loup affamé que tu ne peux contrôler. Tu as fermé les yeux, tu as prié pour une accalmie, mais elle fut trop courte, à peine le nez dehors, quelques centaines de mètres, et le ronronnement de l’orage s’est réveillé, il a roulé jusqu’à toi sans que tu n’y prêtes attention, la morsure du froid ne t’atteignant que bien trop peu. Tu aurais du rentrer à la grotte, tu sais très bien que ton état de santé ne jouera jamais en ta faveur. Depuis combien d’heures n’as-tu pas trouvé un sommeil décent, depuis combien de jours peut-être? Tu t’inquiètes trop, c’est là l’une de tes pires failles. Tu t’inquiètes pour le village, pour la forêt, pour ta tribu, mais tu t’inquiètes surtout pour Keryon. Il ne bénéficie pas du couvert tout relatif de la caverne dans laquelle vous avez pu vous réfugier à temps. Il n’est qu’un animal parmi tant d’autres, perdu au milieu de ce désastre sans nom, et tu le connais, tu l’as élevé, tu l’a vu grandir, tu as partagé avec lui presque plus de temps que tu as pu en partager avec certains autres Naoris. Il est le seul à être capable de te faire sortir de ton chemin si discret, si droit, si précieux.

Pour lui, tu as fait un faux pas. Ton regard bleu aux pupilles dilatées comme celles d’une bête acculée, tranchant dans le temps grisonnant, n’a pas su te prévenir de la chute qui s’annonçait. Tu as voulu aller trop vite, tu t’es précipité. Tu connais pourtant cette forêt comme personne, ou comme très peu. Tu vis ici, tu en connais ses moindres recoins, tu fais partie de ces rares Naoris à passer régulièrement leurs nuits dans les bois, et pourtant, tu as trébuché. Ton pied, ta jambe se sont dérobés sous ton poids et tu n’as rien pu y faire, juste serrer les dents, les paupières et attendre la chute. Elle n’est jamais en retard celle-ci, jamais. Tu aurais pu être rattrapé par la boue, l’eau, n’importe quoi, mais c’est le sol de pierre qui t’accueille avec toute sa force. Le noir prend place avant que tu n’aies le temps de ressentir une vraie douleur, la dernière fois qu’une chute t’as assommé de la sorte, elle a laissé sur ton visage cette large cicatrice en forme de croissant de Lune qui scinde ton front et ta pommette comme pour te rappeler les esprits qui sommeillent en toi, prêts à te faire connaître leur mécontentement à la moindre contrariété…

Un sifflement te brûle les tympans, tes yeux sont ouverts sur un vide qu’ils ne voient pas vraiment, tu à l’impression que tout est sombre et tes lèvres s’agitent sans que tu ne parviennes à en entendre ou en ressentir le moindre son. Tu essaies de bouger les mains pour te redresser mais le froid, la pluie et une force qui te dépassent t’en rendent incapable. C’est là que tu la sens enfin, la douleur sur ton front qui te ferait hurler dès lors que tu essaies de tourner les yeux, de percevoir quelque chose dans cette pénombre, ce voile qui occupe tes iris. À l’intérieur tu paniques, tu es sans défense dans une forêt en colère, tu es incapable de bouger et tu sens la tiédeur d’un liquide précieux contre ton front, qui glisse le long de ton œil alors que tu restes au sol, ton corps trop lourd pour bouger malgré le vent et la pluie qui se brise contre ta peau comme tant de microscopiques échardes. Tu es comme cette biche qui hante tes nuits, au bord de son petit ruisseau, cette biche que tu n’as pu sauver. Keryon. tu dois retrouver Keryon, t’assurer qu’il n’ait rien. Tu entends quelques mots sans en comprendre le sens et tu essaies de repousser les mains qui s’accrochent à toi comme s’il s’agissait d’un prédateur. Tu n’as pas grande force, assez peut-être pour l’encombrer et l’incommoder quelques peu, mais sans plus. tu renonces vite à te débattre, et il faut attendre ce moment là pour que, quelque part, ton cerveau s’actionne, que tu comprennes. Il ne s’agit pas d’un prédateur, il s’agit de cette petit lueur qui veille sur ton épaule, quelque part, et qui t’as toujours empêché de rencontrer cette mort prématurée que tu aurais sans doute méritée. Il te demande de te lever, de te réveiller…, tu n’arrives guère qu’à murmurer son nom sans trop y croire, tu es dans le vague, tu ne vois qu’une brume inexistante et tu as peine à te reconnecter au monde du dehors.

Tu ne te défends plus lorsqu’il t’assied comme un mannequin de paille. Te rends tu seulement compte de ce qu’il vient de faire, du poids que les fourrure sur tes épaules pèsent ainsi gorgées d’eau, du danger dans lequel ton inconscience vient de mettre l’un des membres du Conseil? Non, tu ne réalises pas tout cela, tu commences seulement à revenir à la réalité, tes grands yeux clairs se posent sur le Naori qui t’accompagne, avec ce regard lunaire que l’on te connait bien lorsque l’on te côtoie un minimum. Où avais-tu la tête, qu’il te demande. Tu ne réponds pas, tournant juste les yeux vers l’extérieur, peu clément, déchaîné… Bien plus que lors de ton départ de la grotte. La lumière dehors te semble aussi bien plus sombre, et ce n’est cette fois pas ton esprit qui te joue des tours. Soit le soir arrive, soit le temps n’annonce rien de bon, peut-être encore pire qu’avant. tu ne sais pas, mais tu te rends peu à peu compte que vous n’êtes que tous les deux dans cette cavité qui vous protège à peine, tu trembles sous le froid des fourrures sur tes épaules. Caleb les a essorées comme il a pu, mais il ne fait pas de magie, il ne peut rien faire de plus.

« Keryon est en danger… » Ta langue se délie enfin, il aura fallu plusieurs minutes, longues, silencieuses, uniquement interrompues par les hurlements du vent qui s’est réveillé lui aussi, et les pleurs des arbres qui grincent et craquent sous la force du temps qui ne leur laisse pas de répit. Pas plus qu’à vous. Est-ce que Caleb sait au moins qui est Keryon? Tu n’es plus vraiment sûr, tu n’as plus trop la notion des choses et ta tête crie douleur même si tu ne dis rien. Tu la sens lourde et tu préfères la laisser retomber contre la pierre froide qui te soutient et te maintient assis. Keryon est en danger et tu n’es plus apte à aller le chercher. Et pourtant. Pourtant, tu essaies de te redresser, tu t’appuies sur tes mains douloureuses dans une grimace inutile. « Je Peux pas… Je veux pas le laisser dehors. » Et où pourrais tu seulement le mener, si tu arrivais à le trouver? Les animaux fuient les tempêtes comme ils fuiraient un prédateur, peut-être est-il terriblement loin à l’heure qu’il est… Peut-être est-il, comme toi, tombé après avoir fait un faux pas. Tu te crispes à cette pensée -ou peut-être est-ce la douleur- . Non. Tu refuses d’envisager cette éventualité. Le cerf ne peut avoir traversé toutes ces années pour finir ainsi. Tu mènes une main à ton front, douloureux, brûlant. « Tu n’aurais pas du me suivre. » Tu aurais du le remercier, mais tu ne le fais pas. Pourquoi t’a-t-il suivi? Tu n’es qu’une âme vagabonde dans la tribu, un fantôme, une Ombre. C’est comme cela que l’on t’appelle après tout n’est-ce pas? Tu n’as jamais réfuté ce nom, tu l’apprécies, tu trouves qu’il te va bien. Et tu aurais du rester une ombre aujourd’hui aussi. Au lieu de cela, tu as mis en danger la vie d’un membre du Conseil, et vous êtes deux maintenant, coincés dans ce temps infernal, loin de tous.

Tu tentes une nouvelle fois de reprendre contenance, de te redresser, te lever même, peut-être, mais les sifflements assourdissent tes oreilles, encore, et tu retombes assis contre la parois humide. Tu fronces douloureusement les sourcils, et tu répètes, presque inaudible: « Je peux pas le laisser là bas. » Tu es entêté lorsque quelque chose te tient à cœur, ton esprit fatigué est focalisé sur le cerf. C’est peut-être pour oublier la douleur et la honte de vous avoir mis dans ce pétrin. Pourvu que tout s’arrête, tu donnerais n’importe quoi pour que le Silence, le vrai, retombe autour de vous, et au lieu de cela, c’est un nouvel éclair qui craque et fait trembler le sol, certainement trop proche de vous.  
CODAGE PAR AMIANTE

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] When the Sun's gone dim and the sky turned black. [Caleb]
Jeu 15 Fév - 23:22


The Sky turned Black
Caleb & Güzis

«Hell is empty and all the devils are here.»

RSM - Endlessness

Tu sais que ta réaction est inconsidérée, qu’avoir sauter au travers la tempête pour tâcher de retrouver un seul habitant était une grave erreur pourtant tu n’as pas hésité une seule seconde. Tu n’as même pas réfléchis et n’en as parlé à personne ; Si aujourd’hui quelque chose venait à t’arriver personne ne saurait où chercher et ça ne ramènerait pas non plus l’animiste après lequel tu courais, t’égosillant comme un beau diable au milieu d’une forêt sans dessus dessous.
Si seulement tu y avais pensé, peut-être aurais tu gardé un oeil sur lui, peut-être aurait pu réaliser que des Naoris il serait celui qui se faufilerait le plus silencieusement jusqu’à l’extérieur. Ombre parmi les vivants, tu t’étais plus d’une fois dis que Güzis ressemblait en tout point à ces animaux que vous étudiez tout deux dans les bois. Alors pourquoi n’en aurait-il pas le même caractère sauvage?

Et pourtant par chance ou malheur tu as réussis à suivre sa piste, plus par panique que par expérience, jouant sur le fait qu’aucun humain ne pouvait laisser de traces dans cette boue par ce temps autre que le Naori lui même. Tu avais mis tout ton apprentissage de côté à cause de lui, te basant sur des estimations et sur la maigre chance qui coule dans tes veines.
Mais il était bien là, entier et apparemment en bon état… Tu n’es pas guérisseur aussi son silence t’alerte-t-il plus que de raison mais tu te dis une chose : Güzis est étrange. Là où tes hallucinations semblent être de simples guides tu sais que ses démons sont bien plus sordides, encrés au plus profond de son coeur pour ressortir dans les pires moments et tu dois avouer te sentir désarmé si l’un d’eux venait à se montrer aujourd’hui… Tu tâches d’ignorer, de passer outre, de ne pas regarder ses lèvres s’agiter sans qu’aucun son assez puissant n’en sorte pour couvrir les hurlements du vent. Tu le traînes comme tu peux sous la cavité rocheuse, l’appuyant à la paroie tout en pressant les fourrures le plus fort possible pour en faire couler l’eau. Tu as froid et pourtant tu ne cesses de bouger alors inutile d’être guérisseur pour savoir que le corps de l’animiste peut perdre sa chaleur aussi rapidement qu’il n’a chuté. Tu fais de même pour ce que tu portes, pestant sur l’humidité ambiante et le vent glacé qui s’engouffre au coeur de votre cachette. Vous êtes à l’abri mais tu ne voudrais pas parier sur le temps qu’il reste avant que cet endroit ne devienne invivable… Une heure, peut-être deux?
Puis soudain une voix s’élève par dessus le bruit des arbres qui se meurent. Tu te retourne vivement, terminant de lacer les lanières de cuirs fermant ton vêtement. Pourquoi n’y as-tu pas penser ; Tes yeux roulent dans leur orbite de ton manque de sérieux. Keryon ; Tu le connais de nom, l’animal t’es étrangement farouche et ne t’as jamais fait l’honneur de t’approcher. Tu t’es parfois demandé s’il existait mais tu sais que si Güzis est dans la lune, il n’est pas un menteur.

« Non… Non non non. Assieds-toi. » Impuissant face à ses troubles tu reprends rapidement contenance pour venir le maintenir au sol. Accroupis à côté de lui tu regarde son front une second laissant ton regard tomber sur ses cheveux… Tu remarques tout juste la couleur mêlée de ces derniers ; Tendant la main pour t’assurer que tu ne rêves pas. Merde. Tu ne fais pas de commentaire, attrapant dans l’une de tes sacoches une lanière de cuir et de tissu, trempés tout les deux mais il faudra faire avec. Ils ne sont pas fait pour soigner mais pour sauver en cas d’urgence. Tu enroules la lanière autour de son crâne, le tissu roulé en boule à l’arrière de ce dernier avant de serrer le pansement de fortune autour de son front. « Écoutes. Je sais que Keryon compte beaucoup pour toi. Mais c’est fini. C’est fini pour aujourd’hui, on ne peut plus sortir... » Tu rentres la tête entre tes épaules au claquement de fouet que représente le tonnerre au dehors. Bon sang tu détestes cette situation. Heureusement les autres Naoris sont en sécurité dans la grotte et tu sais qu’ils sont sous bonne garde  du moins tentes tu de t’en persuader… Tout iras bien.
« Écoutes moi Güzis, écoutes moi. » Tu attrapes les joues de l’animiste entre tes paumes gelées de façon à le regarder en face, affronter cet étrange démon qui sommeillait en lui quelques minutes avant autant que tu affrontes ton ami. « Je suis certain qu’il va bien. Tu t’occupes de cet animal depuis des années, ce n’est pas un orage qui aura raison de lui je te le promets. » Tu ne te crois pas toi même mais ton mensonge semble plus sincère que tu ne l’aurais cru. Qu’il accepte de te croire ou non est autre chose, cependant tu ne peux pas décemment le laisser partir alors qu’il ne tient même pas debout et tant que le temps empire il est hors de question de se risquer dehors. « Aucun de nous ne peut s’occuper de cette bête au village. Si tu te tues aujourd’hui… On ne pourras rien faire pour Keryon tu comprends? » Loin du Caleb sceptique, loin de celui qui semble aigri par le temps tu es ici avec ta famille, ton peuple et si tes expressions pourraient habituellement te faire passer pour une brute sauvage, c’est ce soir le Conseiller qui parle, celui que les enfants adorent pour ses belles histoires.
Alors oui, choisir sa bataille en mettant l’un des êtres les plus cher si ce n’est le plus cher aux yeux de Gûzis en première ligne de défense est un coup bas… Mais vous n’êtes plus des enfants, ni l’un ni l’autre et tu connais assez bien l’autre Naori pour savoir que si tu ne sors pas le grand jeu ce dernier partira dès qu’il retrouvera l’équilibre.
Pourtant tu le lache, libère son visage et lui rends l’espace vital qu’il recherche autant que toi. Un soupire traverse tes lèvres et tu ressens soudain la fatigue de ces derniers jours s’abattre sur toi comme une massue. Tu passes la main dans ta barbe et te redresse pour jeter un oeil dehors, au travers du rideau d’eau qui vous sépare du monde extérieur.
« Tu es blessé et la nuit arrive… Rester ici est notre seule chance de pouvoir partir à sa recherche dès que le temps sera plus clément. Ni toi, ni moi ne pouvons voir dans le noir. » Il va être difficile de passer la nuit et cette dernière sera longue. Vos fourrures sont trempées, le sol aussi et si tu remarques des arbres dehors tu ne doutes pas qu’allumer un feu dans ces conditions est mission impossible.

Mais vous allez trouver une solution. C’est le propre des gens de ce monde que de devoir s’adapter n’est ce pas? C’est ainsi que vous vivez depuis tant d’années… C’est ça, ou aucun de vous deux ne reverra ceux qu’il aime au petit matin.
(c) DΛNDELION

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19/12/2017 Mika. / LittleMagitek 175 Jared Leto A: Schizophrenic / S. beylin Animiste pour la vie & Des aptitudes en Notions de soins, Zoologie mais aussi Gardien du Savoir. 320


Sujet: Re: [Intrigue n°20] When the Sun's gone dim and the sky turned black. [Caleb]
Ven 16 Fév - 23:35

GÜZIS
&
CALEB
When the Sun's gone dim and the sky turned black.

Que t’arrive t’il, pour que tu perdes ainsi ta retenue et ta prudence? Est-ce là le bruit des arbres qui pleurent tout autour de toi, de vous, les hurlements du vent dans les cimes qui claquent, craquent et parfois même cèdent sans pouvoir plus supporter les violentes bourrasques? Tu n’es guère plus capable de contrôler tes émotions sous ce temps qui ressemblent à une déferlante, que l’animal perdu au cœur de la forêt que tu recherchais avec tant de verve. Tu aurais tout fait pour un simple signe, une trace, un coup d’œil, mais tu savais que ce serait peine perdue et pourtant, tu es parti quand même. Impossible pour toi de rester au sec dans la grotte, à l’abri avec tous les autres à attendre que le déluge passe parce que vous ne pouviez de toutes façons rien faire d’autre, rien faire de plus, rien faire de mieux. Tu te savais impuissant, tu savais aussi en partant que ta santé n’appréciait guère ce que tu lui infligeais depuis quelques jours et pourtant tu es parti quand même, sans demander à personne, comme un fantôme, comme une ombre silencieuse. Silencieux, mais pas assez. Ton absence pour une fois s’est faite remarquer, quelqu’un a remarqué que tu n’étais plus là où tu t’étais installé depuis des heures qui à toi t’avaient parues bien trop longues, et voilà que tu l’avais entrainé dans ton sillage sans le vouloir. Serais-tu parti si tu t’en était douté, ou si tu l’avais su? Tu ne le sais pas, et tu ne le sauras jamais. Les choses sont faites maintenant et impossible de revenir en arrière. Tu ne peux rendre à ton Peuple le conseiller dont ils auraient certainement bien plus besoin que toi. Tu es allé te perdre seul dans cette tourmente, dans une forêt que tu peines à reconnaitre alors que tu y a passé le plus clair de ta vie. Tu aurais du être capable de t’en sortir seul, il n’aurait pas du te suivre, et tu aimerais le lui faire savoir, pourtant, quelque part, tu apprécies qu’il soit là. Tu n’es pas seul à écouter le tonnerre. Serais tu seulement là s’il n’était pas intervenu? Tu lui devras quelque chose.

Pourtant, un instant ton regard s’assombrit lorsqu’il te somme de te rasseoir. Cela ne dure qu’une seconde, peut-être deux, mais ton regard pendant ce temps l’appelle au défi. Ton calme, tu as la plus grande peine du monde à le garder lorsque tu t’inquiètes. Tu ne peux te défaire de ce souvenir, cette biche dans le ruisseau, ce souvenir qui revient dès lors que cette boule dans le creux de ton estomac se forme. L’inquiétude, celle là qui ronge tes nerfs, tes rêves, tes pensées. Mais tu n’es pas agressif, tu ne l’as jamais été. L’animosité , l’ombre qui est passé quelques secondes dans ton regard, cette colère docile n’ira pas plus loin. Tu es trop faible de toutes façons, pour une raison que tu ignores, ou que tu préfère oublier. Ton corps te semble comme lourd, douloureux et ankylosé… Tu es juste tombé pourtant, ce n’est pas la première fois que cela t’arrive. Tu roules des yeux dans une demie grimace lorsqu’il soulève la mèche de cheveux trempés qui cachait ton front, lorsqu’il s’agite presque précipitamment pour colmater tout ça. Tu as envie de lui dire de ne pas s’en faire, mais tu ne dis rien, tu te laisses faire comme une poupée de chiffon, tu penches même la tête, presque docilement, pour lui faciliter la tâche. Aie, une douleur lance dans ta nuque mais tu ne mouftes pas, tu as l’habitude, les douleurs sont présentes de plus en plus souvent pour un oui, pour un non, en ce moment. Tu n’es plus tout jeune et tu te malmènes certainement un peu trop malgré que tu sois d’apparence si calme et si posé. La plaie à ton front te lance sous le tissu, tu y sens battre ton cœur, un peu trop fort. Et les mains froides du conseiller qui enserrent tes joues sans que tu t’y attendes -sans que tu ne l’écoutes vraiment non plus- n’aident en rien. Tu ne peux que lever tes mirettes azurées vers lui, planter dans son regard ton air inquiet. Tu n’es qu’un gamin qui vient de perdre sa peluche, tu as juste peur de ne plus la retrouver.

Tu ne dis rien, tu l’écoutes, oui, il te l’a demandé, mais tu ne réponds pas, tu le laisses parler. Il est fourbe le Caleb, il sait où appuyer pour te toucher sans pour autant vraiment te blesser, mais assez pour que tu retiennes ses paroles par dessus n’importe quelle mauvaise volonté qui pourrait passer par là. Il a raison. Tu a toujours habitué Keryon à n’approcher personne, tu t’es toujours assuré que l’animal reste sauvage et méfiant face aux inconnus, et aux connus. Même tes proches, tu les as toujours tenus loin de lui, car il reste un cerf, un enfant de la forêt, un animal qui a ses besoins et ses racines dans ce bois. Tu n’as jamais souhaité lui imposer l’homme. s’il s’était détourné de toi en grandissant, tu l’aurais accepté, cela t’aurait peut-être blessé, mais tu l’aurais accepté. Il ne l’a pas fait, c’est presque quotidiennement qu’il t’accompagne dans les profondeurs des bois, de près ou de loin, qu’il vient à tes côtés lorsque tu médites dans cette clairière que tu ne connais que trop bien maintenant… Tu sais que lorsque tu n’es pas là il se débrouille très bien seul, mais tu as toujours cette crainte dans le fond,qu’il lui arrive malheur. La chasse, les inconnus profanes, les autres animaux, son âge qui commence à être avancé même s’il a encore de beaux jours devant lui… Et aujourd’hui cette tempête qui fait voler au loin des branches plus grandes que toi à plusieurs mètres au dessus du sol. Tu espères du fond du cœur qu’il est à l’abri. Vraiment. Caleb ne t’a pas encore lâché que tu roules des yeux, tentes de tourner la tête, tu masques à peine ce grognement désapprobateur qui passe tes lèvres. « Je ne me serais pas tué. » tu affirmes comme si tu le lui avais déjà dit cent fois. Tu sais très bien ce qu’il en est pourtant, et il sait que c’est le cas, que tu ne souhaites pas réellement minimiser son aide, vous vous connaissez assez bien pour cela, mais tu ne veux pas non plus le laisser gagner sur ce jeu là. Oui, tu es conscient que sans lui, tu serais sans doute encore dans le ravin, mais ce serait baisser les bras que de lui accorder ça.

Tu t’accordes enfin à inspirer lorsqu’il te lâche, te laisse de l’espace, s’éloigne. Tu le connais depuis des années, mais ce genre de proximité t’a toujours mis mal à l’aise, quelque part. Tu préfères l’ignorer. Ton regard se repose sur le triste paysage à l’extérieur et tu frissonnes. Le vent, l’eau, tout ce qui s’engouffre dans ce petit renfoncement rocheux que Caleb vous à trouvé te glace le sang. « Ne fais pas comme si tu l’ignorais… ce n’est pas qu’un simple orage Caleb… » Tu lui réponds enfin, comme si les mots avaient attendu cette inspiration pour pouvoir enfin sortir librement. Tu apprécies ses tentatives de te rassurer, il a le ton convainquant tu dois bien le lui céder, mais cela ne marche pas sur toi. Pas aujourd’hui, pas comme ça. Tu soupires et ton soupir se perdrait presque dans le bruit tonitruant des bourrasques qui grondent au moins aussi fort que le tonnerre au dehors. « Qu’est-ce qu’on a bien pu faire pour mériter ça? » Tu t’inquiètes pour le cerf, cela va sans dire, mais tu connais la nature tu la parcours de jour en jour, tu connais aussi ta tribu, et ce qu’elle peut endurer… Est-ce que le village tiendra bon? Qu’est-ce que vous allez perdre lorsque le vent retombera et que le tonnerre partira derrière les montagnes? Ton ton pour une fois semble accablé, navré. Toi qui parviens habituellement si bien à être détaché du monde tu es cloué au sol ce soir, incapable de détacher ton esprit de cette forêt mise à mal par les intempéries.

Il marque un point. Encore. Tu ne peux voir le Soleil, caché sous cette épaisse couche de nuages menaçants, mais il est clair que la luminosité au dehors décline. La forêt ne ressemble plus qu’à une grosse masse informe et gémissante, une mer d’arbres malmenés par les vents et les éclairs crachés par le ciel. Vous ne voyez pas dans le noir, il a raison. Rester en forêt est une chose qui est loin de t’être étrangère d’habitude. Combien de fois as-tu découché pour rester dans les bois, à observer fantômes et ombres occuper les lieux lorsque la nuit tombe sur les bois, apportant avec elle le tintamarre des animaux nocturnes… Cette nuit pourtant, tu ne t’imagines pas la passer seul là bas. Les troncs ne sont plus tes amis lorsqu’ils se battent désespérément pour rester debout, la pluie et le froid auraient raison de toi… Auront peut-être raison de toi si tu ne parviens pas à te réchauffer, sous ta pelisse trempée malgré les efforts de Caleb pour la débarrasser de son eau… Tu soupires, encore. « Tu as raison. » Tu lui accordes cette manche sans grand combat, ta tête se posant contre la roche froide sur laquelle tu es adossé. « Je ne donne guère d’espoir à celui qui sera englouti par la forêt cette nuit si les éléments ne se calment pas… » tu essaies de te redresser dans une grimace, repoussant d’une main les mèches de cheveux trempés qui collent à ton visage. « Je te suis reconnaissant d’être venu, mais tu aurais du rester avec les autres. » Tes épaules s’affaissent. « Et qu’est-ce qu’on fera une fois la nuit tombée? On est trempés jusqu’à l’os, et tu sais aussi bien que moi le froid qu’il fait la nuit. » et le temps n’arrange certainement rien. Ton regard se porte sur le conseiller, l’un de ces regards appuyés que tu sais si bien faire. « Je m’excuse… Je suppose que ce n’était pas le moment pour t’embarquer dans le genre de mésaventures auxquelles on aurait peut-être survécu il y a dix ans. » Tu réprimes un frisson alors qu’un énième coup de vent vient siffler à vos oreilles. Il est certainement trop tard pour rentrer retrouver les autres Naoris, tu arrives à peine à te tenir droit en étant assis, tu ne serais certainement même pas capable de te lever, alors braver les éléments... « Je n’aurais pas du t’entraîner là dedans… Je n'ai jamais vu le ciel si en colère... » mais est-ce vraiment utile de ressasser ce fait comme un disque rayé? Tu sais bien que non, et pourtant, tu ne peux t’empêcher de revenir dessus. Personne ne devrait voler au Naoris l'un de leurs précieux conseillers. Pourquoi les éléments se déchaînent il ici, sur vous, sur la forêt? Qu'avez vous bien pu faire de si mal pour être punis de la sorte? De mémoire, tu n'as jamais vu quelque chose d'aussi violent, et pourtant tu n'es pas né de la dernière pluie. Tu ne dis rien mais tout ton corps parle pour toi, ce soir, tu es mort de peur, rongé par l'inquiétude, celle d'ignorer où se trouve Keryon, celle d'ignorer ce qu'il restera de votre village. Tu as peur et tu lui en veux, malgré tout ton amour pour elle, à cette nature qui semble s'acharner à détruire tout ce qu'elle à mis si longtemps à créer. Tu as hâte de revoir le Soleil pointer derrière les nuages, mais le reverras-tu seulement? La boule dans le creux de ton estomac a migré jusqu'à ta gorge, elle est à fleur de peau, mais tu n'en dis rien. Caleb est là, tu n'es pas seul... C'est peut-être pire au final.
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[Intrigue n°20] When the Sun's gone dim and the sky turned black. [Caleb]

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