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˜˜˜˜˜˜I can't look at you anymore... [Atlas & Chiraz]
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: I can't look at you anymore... [Atlas & Chiraz]
Lun 8 Jan - 22:27

La tentative d'il y a trois jours avait été avortée. Un retour forcé. Chiraz était sortie du campement dans la volonté de rejoindre celui des Cent pour s'assurer que les adolescents qu'elle chérissait allait bien après cette maudite tempête. L'idée n'était pas ailleurs que dans sa tête. Trop pressée pour organiser bien les choses. Trop pressée pour faire bien les choses. Elle avait pris la mauvaise direction, se dirigeant nullement vers les Cent, mais suivant un chemin qu'elle avait reconnu, sans se dire que c'était une fausse piste. En route vers les vestiges de l'Odyssée. Le campement qu'ils avaient quittés puisque pas assez solide. Trop loin. La qualité de vie était bien meilleure ici, depuis l'installation. Et pas seulement la qualité, c'était aussi plus durable. Au milieu des tribus pour une meilleure entente et une meilleure proximité avec le campement des Cent justement. Et pourtant, la misérable orientation de Wexforth lui avait joué des tours. Mais outre ces repères minables et sa stupidité, elle s'était fait surprendre par une bête maudite. Un lynx aux griffes et aux crocs acérés. Le jeu du sort. Fatalement, l'image ne pouvait que demeurer dans sa tête. Parce qu'elle était récente, certes, mais aussi parce qu'elle avait eu si peur qu'elle ne pouvait qu'en rester marquée.

Mais la chance lui était tombé dessus aussi, parce qu'un Naori avait réglé la situation, éloignant la bête. Et si sur le moment, elle avait cru toujours être dans la bonne direction, il lui expliqua clairement qu'elle faisait erreur. Et le long chemin parcouru, elle avait dû le refaire dans le sens inverse, pour être certaine de ne plus se tromper. Préférant jeter l'éponge et rentrer. Mais elle en avait profiter pour demander quelques conseils à Chris. Loin d'être totalement fêlée, la blonde avait noté les instructions du garçon, même s'il avait essayé de la dissuader. L'idée de rejoindre le campement, de voir Liam et les autres. De les voir biens. De les voir en vie. Un campement qui tenait toujours debout. Non, tant qu'elle n'aurait pas vue tout ça de ses propres yeux, elle ne serait pas rassurer. Et puisque tout le monde se mettait en tête de la forcer à s'ouvrir un peu et de sortir de l'infirmerie ou de se sortir la tête de ses cours, c'est bien ce qu'elle comptait faire. Tentant l'expérience à nouveau. Ne pas abandonner après un échec ! Jamais !

Alors c'est au levé du jour qu'elle gagna l'infirmerie, s'assurant qu'elle pouvait bien partir. Que de nouveau, on n'aurait pas besoin d'elle. Et elle fila. Avec une détermination encore plus prononcée que la fois précédente. Suivant donc les instructions que Chris lui avait donné. Apportant toujours de quoi manger et de quoi camper au cas où. Ne plus reproduire les erreurs. Et elle ne se trompa plus. Ne s'arrêtant pas cette fois-ci, par peur de croiser une nouvelle bête. Bien sûr qu'elle avait peur, mais elle continuait. Se disant que plus vite elle arriverait, plus vite elle serait en sécurité. Plus vite elle retrouverait de vieux camarades et surtout, que tout irait bien. Et que le retour se faire comme l'allée, sans égratignure et sans mal. Mais le chemin était pourtant bien long. Très fatiguant. Et au fur et à mesure de son avancée, elle se disait simplement qu'elle dormirait peut-être là-bas pour ne rentrer que le lendemain. Si elle en obtenait la possibilité en tout cas. Parce qu'elle n'avait pas la certitude que ça soit possible, ou bien envisageable.

Des heures plus tard, elle foulait enfin le sol du campement des Cent. La plupart des gens la regardaient. Elle songea alors à cette Ailina, peut-être bien qu'encore et toujours on la prenait pour elle. Peut-être était-ce pour cela qu'elle avait pu entrer sans trop de mal ? Sans doute, parce qu'elle n'avait pas eu besoin de se présenter. Pas dans le détails en tout cas. Elle parlait l'anglais sans accent étrange, alors elle avait simplement pu passer en expliquant d'où elle venait et surtout le but de sa visite. Rien de plus. N'étant jamais venue ici, elle observait les lieux avec insistance et les gens aussi. De nombreux visages dont elle se souvenait, même s'il était impossible de les connaitre tous réellement. Les souvenirs ne pouvaient que jaillir dans sa tête. Mais c'est bien la fierté qui prédominait d'enfin avoir pu atteindre son but. Elle se voyait déjà le raconter à Chris et aux autres. C'était presque un effort surhumain pour elle que de venir jusqu'ici. Et ça, même si elle était couverte de boue. Aussi sale qu'un cochon. La tempête et la pluie avait rendu le sol boue, aussi boueux que celui du campement d'où elle venait et sur le chemin, elle s'était écroulée de nombreuses fois. Glissant à chaque fois avec l'impression de ne pas savoir marché, comme un nouveau-né apprenant à marché. Mais elle avait vaincue chacune de ses peurs mais surtout, elle avait réussi à vaincre ce sol en piteux état. Elle avait survécu à tout ça. Et maintenant, elle semblait plus joyeuse, ce qui était loin d'être habituelle, une sorte de sourire sur les lèvres, les traits détendues. L'idée de voir Liam la rendait guillerette, un retour à sa personnalité d'antan et non plus la Chiraz renfermée du quotidien.

Et pourtant. Ses prunelles plongèrent subitement dans celle de quelqu'un de son passé. Des prunelles auxquels elle avait longtemps songé. Qu'elle n'avait jamais voulu recroiser, pas même maintenant et surtout pas maintenant ! Toute la gaieté fuyait déjà. Ils ne s'étaient pas revus depuis bien longtemps, et pourtant... tout revenait déjà dans sa tête. La rancoeur la première. Elle tournait déjà les talons. Prête à repartir immédiatement. Quitte à mourir de fatigue. Il était hors de question qu'elle reste là une seconde de plus. Pas alors qu'il l'avait vue. Elle se sentait incapable de lui adresser la parole. Pas sans hurler en tout cas. Et elle ne voulait pas faire éclater de scandale. Et pour une fois dans sa vie, elle l'avait totalement occulté. Car comme pour sa mère, il n'y avait pas eu une seule journée où elle n'avait pas pensé à ce sale type-là. Et elle regrettait chaque jour d'y penser autant. Sauf qu'aujourd'hui et pendant tout son voyage, elle n'avait pas pensé une seule seconde qu'il était possible de le voir, de le croiser étant donné qu'il vivait tout simplement là. Et elle se sentait absolument stupide. Regrettant même de ne pas s'être fait manger la veille.

Mais elle chuta de nouveau. Se ratatinant sur le sol à cause de la boue qui avait demeuré sur ses chaussures pendant tout ce temps. « Merde...» Ronchonna-t-elle en frottant ses avants-bras. Les yeux déjà voilés par la tristesse. Non parce qu'elle souffrait de cette chute, mais parce que c'était son coeur qui lui donnait la sensation de se briser violemment pour la troisième fois. La première, lorsqu'elle avait entendu dire qu'il l'avait volé et qu'il était en prison. La seconde lorsque sa mère était décédée... Et la troisième, était sur le point de commencer.

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06/02/2016 838 Ben Dahlhaus Blondie (ava) ; anaëlle (signa) Cartographie & Combat rapproché The 100 21


Sujet: Re: I can't look at you anymore... [Atlas & Chiraz]
Lun 26 Mar - 22:58






I can't look at you anymore


Atlas & Chiraz - décembre 2117
Tout est terne. Morne. Mort. C’est comme si vos âmes avaient été balayées par l’ouragan, en même temps que votre campement. L’horizon n’est plus que ruines et désolation. Le vent, invisible, insaisissable, mais surpuissant, a gravé ses marques dans votre environnement, sur ce qui était votre campement. Il n’en reste plus rien. Tout est détruit, tout est parti. Il ne reste plus rien de vos abris, de vos réserves, de vos maigres possessions. Les stocks de nourriture ont été éparpillés dans la nature, vos plantations ont courbé l’échine. Le feu de camp, autrefois votre point de rassemblement, n’est plus que de l’histoire ancienne. Partout où ton regard se pose, tu ne vois que les fantômes d’un passé encore récent. Tu revois la vie qui animait le campement. Tu revois chaque chose à son emplacement, chaque personne à son poste. Tu revois les efforts fournis et la fierté d’avoir accompli un travail de plusieurs années pour parvenir à une vie relativement confortable. Et quand tu clignes des yeux, tout n’est plus que poussière, débris, désespoir. Le vide qui remplace désormais la vie a rongé ton cœur également, le perforant de toutes parts, laissant à peine assez de matière pour que ton palpitant se serre à l’idée de tout ce que vous avez perdu. Quelques minutes ont suffi à anéantir des années d’efforts et d’espoirs. La Terre, encore une fois, vous rappelle que c’est elle qui a tous les droits.

Tu noies ton chagrin dans l’effort physique. Bien que la catastrophe et ses désastreuses conséquences vous aient porté un coup au cœur, aucun de vous n’a accepté de baisser les bras. Ton cœur s’est brièvement réchauffé au son unanime des voix de tes camarades, pleines de défi et d’assurance, martelant avec certitude que reconstruire la vie était possible. Des voix qui faisaient écho à tes propres pensées, que tout le monde semblait partager. Votre cohésion, fondée sur une blessure commune, a été votre force depuis votre arrivée sur la planète. Encore une fois, vous vous interdisez de baisser les bras. Pas pour vous-mêmes, mais pour vous tous. Aussi essayes-tu de ne rien laisser paraître de tes soudains accès de désespoir, trop fréquents ces derniers temps. Lorsque le sentiment d’anéantissement se fait trop grand, tu préfères t’éloigner, masquer tes noires pensées et les chasser en aidant à la reconstruction du camp. Quand tu n’arpentes pas les sentiers inexplorés de cette planète hostile, tu restes au campement et apportes ton aide pour les tâches auxquelles ton imposante carrure te prédestinait. Tu coupes le bois déjà mort, déraciné par la tempête quelques jours plus tôt, et te charges de le ramener jusqu’au campement en reconstruction. D’autres se chargeront d’alimenter un feu nouveau ou de construire des abris temporaires avec le fruit de ton labeur. Un travail mécanique et épuisant qui occupe ton esprit, à défaut de te vider la tête. Comment réellement oublier les récents évènements ? Comment oublier les cris d’effrois de tes compagnons, arrachés de leur sommeil par de furieuses bourrasques ? Comment oublier ce déchirant cri d’agonie couvrant les mugissements du vent ? Comment oublier les visages décomposés, déchirés d’une douleur muette, à l’annonce de la mort de l’un des vôtres ? De nouveau, tu te sens submergé par le chagrin. Les larmes viennent taquiner le coin de tes yeux. Tu les ignores et redoubles d’effort. Les branches mortes ne survivent pas plus aux coups que tu leur portes qu’à la tempête qui les a tuées. Ta rage et ton impuissance se noient dans le fracas de la hache qui tranche le bois. Les copeaux volent par éclats, t’éclaboussent et se collent à ta peau ruisselante de sueur. Malgré le froid du début de l’hiver, tu transpires comme pour évacuer la douleur et la peine qui te rongent. Depuis plusieurs jours déjà. Mais rien n’y fait. Seul le temps sera en mesure de guérir pareille blessure, tu le sais bien. Il est trop temps encore pour oublier la violence de la mort.

Tu t’arrêtes un instant pour reprendre ton souffle. Tu passes une main tremblante sur ton front moite, faisant chavirer les copeaux de bois tout autour de toi comme les premiers flocons de l’année. Tu jettes un œil aux bûches qui s’entassent déjà à quelques pas de là. D’un regard, tu juges que ça suffit largement pour le moment. Le ciel couvert de nuages est encore clair, et tu veux en profiter pour te rendre utile ailleurs. Vite. Car le retour du froid signe aussi le retour de la nuit. Les jours se font plus courts, la lumière se fait aussi rare que la chaleur. Tu n’aimes pas l’hiver. Tu n’aimes pas l’obscurité quasi permanente, l’atmosphère glaçante. Surtout, tu n’aimes pas le froid. Il est comme une nouvelle prison dans ta vie d’ancien condamné, une malédiction, un poison. La seule façon d’échapper au gel mortel est de se réfugier auprès d’un brasier chaleureux. Brasier dont tu crains la vue, le crépitement, l’odeur, et même le nom qui te donne des frissons. Jongler entre ta phobie et la morsure du froid est un calvaire, et tu en viens à redouter l’arrivée de l’hiver. Alors que les premières neiges ne sont pas encore tombées, tu regrettes déjà la douceur de l’été.

Tu inspires de longues bouffées d’air froid, qui te glacent les poumons. Lorsque ton cœur retrouve un rythme convenable, tu décides de rentrer au camp. Tu sais qu’il va te falloir faire plusieurs allers-retours afin de ramener ton travail de la matinée. Aussi ne perds-tu pas de temps. Tu hisses deux troncs relativement maigres sur ton épaule, t’assures qu’ils sont bien en équilibre, et te diriges vers un chez-toi qui n’existe plus. Qui n’existe pas encore.

La forêt était silencieuse, autrefois. Elle l’était avant le cyclone. Depuis que les arbres sont tombés, déracinés, les bruits ne rencontrent plus d’obstacles. Ils se propagent librement, emplissant un quotidien auparavant muet. De là où tu es, tu entends à présent distinctement les clameurs provenant du campement, quelques centaines de mètres plus loin. Tes compagnons y sont affairés à diverses tâches en vue de remettre votre village de fortune sur pieds. En dépit de toutes les horreurs qui auraient pu avoir raison de votre cohésion, tu es content de voir que chacun semble tenir à ce que votre petit groupe de survivants maintienne le cap, indépendamment des derniers débarqués de l’Odyssée. Plus que jamais, tu es fier des tiens. Fier de les voir forts, volontaires et invaincus. Vous vous donnez mutuellement la force d’avancer la tête haute, malgré les épreuves qui vous affaiblissent. Vous avez frôlé la mort de trop près pour vous laisser abattre. Vous avez trop souffert de vos années de prison pour céder aux caprices de la nature et rejoindre vos anciens geôliers. Vous avez gagné votre indépendance et votre liberté au fil des années, et n’êtes pas prêts à y renoncer. Surtout pas toi, l’explorateur chevronné obnubilé par la découverte de nouvelles contrées. Tes escapades sont devenues ta raison de vivre, ta raison de croire en l’avenir. Tu rêves d’explorer chaque recoin de ce monde gorgé de mystères, comme si le visiter te permettait de le maîtriser. Pourtant, aussi loin que te poussent tes pas, ils maintiennent le cap dans une direction toujours opposée à celle de la carcasse de l’Odyssée. Tu en es bien conscient, tu as peur à l’idée de croiser l’un de ceux qui vous appellent encore les Cents. Tu as toujours fait en sorte de te tenir loin des derniers survivants du cosmos. A tes yeux, ils sont toujours ces monstres calculateurs et arbitraires. Tu imagines sans peine que votre liberté soudaine les gêne. Et tu refuses de leur offrir une nouvelle occasion de t’enfermer. Plutôt te battre contre une armée de Terriens que de t’approcher des Odysséens.

Il y a du mouvement, non loin. Des bruits de pas qui se noient dans le vacarme lointain. Tu n’y prêtes pas attention. La boue étouffe la présence de l’âme égarée. La masque également. Tu n’entrevois sa silhouette qu’au dernier moment alors que tu passes devant. Couverte de boue de la tête aux pieds, l’ombre se fond dans un décor aux teintes effacées. Son regard esseulé change aussitôt qu’il croise le tien. Tu n’y lis pas l’ouragan déchirant qui anime l’étrangère au même instant. Son visage s’assombrit soudainement. Sans crier gare, la silhouette change de cap, préférant revenir sur ses pas. Dans la précipitation, les jambes couleur de glaise s’emmêlent et l’intruse se retrouve brutalement sur le sol. Un fracas sourd accompagne sa chute. C’est instinctif chez toi, cette envie d’aider autrui. Sans te poser de question, défait de toute méfiance, guidé simplement par l’inquiétude, tu te précipites à la rencontre de la jeune femme. Les lourds morceaux de bois que tu transportais avec toi s’écrasent à leur tour dans un bruit sourd que tu n’entends pas. Tu rejoins la jeune femme affolée et lui tends la main alors qu’elle tente de se redresser. Puis tu comprends que quelque chose ne va pas. L’intruse refuse ton aide. Ses doigts n’agrippent pas ta main, son regard se fige bien loin du tien. Tout dans son attitude reflète son irrémédiable envie de fuir. D’être n’importe où, sauf ici, à ce moment précis. Tu ne comprends pas. Tes sourcils se froncent, ta main solitaire s’abaisse. Tu restes silencieux, interdit, ne sachant que faire face à cette femme qui se brise en plein envol. Face à cette femme agitée d’obscurs doutes, puisque malgré sa crainte, elle n’ose plus bouger. Pas plus qu’elle n’ose te regarder. T’affronter. Las de devoir effacer les quiproquos quant à ton identité, c’est d’une voix fermée que tu t’entends maugréer :

- Je ne suis pas un Terrien, si c’est ce qui vous effraie.

Peut-être as-tu piqué juste. La jeune femme sursaute. Prise au dépourvu, elle se tourne un bref instant vers toi, bien contre son gré. C’est suffisant. Toute la tourbe du monde ne saurait masquer ces traits à jamais gravés dans ton âme. Les reflets blonds sous la vase grise sont un coup de tonnerre qui te déchire le cœur. Les yeux bleus voilés de tristesse sont une déferlante de souvenirs amers. Derrière ces lèvres qui se pincent pour ne pas trembler, tu entends distinctement les éclats de rire d’antan. Tout ton corps implose alors que le monde autour de toi s’effondre. Ton cœur te semble lourd et mort, alors que pourtant il cogne fort, il cogne à t’en perforer le corps. Tes forces t’abandonnent, tu te sens vide alors que ton âme est soudainement remplie de souvenirs brûlants.

-Si belle…

Ta gorge nouée à t’en étouffer ne t’accorde pas un mot de plus. Il n’y a pas besoin d’en rajouter. Elle sait, elle aussi. Elle reconnaît les mots de votre enfance, le jeu de l’adolescence, cette tendresse mêlée de facétie qui vous liait, faisait de vous des amis. T’entendre prononcer ces mots surgis du passé ancre l’illusion dans une cruelle réalité. Tu te sens suffoquer. Tu ne sais à quoi te raccrocher alors que tu te sens chavirer. Et pourtant tu restes droit, comme si la tempête ne t’effleurait pas. Tu fixes sans ciller le fantôme d’une vie que tu voulais oublier. Le fantôme d’une amitié que tu avais enterrée. Le fantôme d’un souvenir que tu croyais prisonnier des étoiles pour l’éternité. Trois ans. Trois ans que les derniers naufragés du ciel avaient rejoint les rives terrestres. Trois ans pendant lesquels tu avais songé, espéré, avant de capituler. Elle aussi était morte avant d’avoir touché terre. Elle non plus n’avait pas survécu au crash du vaisseau. Elle non plus ne verrait jamais cette Terre dont elle avait tant rêvé, qu’elle avait tant espéré pouvoir un jour fouler. Et pourtant, elle est là, ici et maintenant, des années après la mort que tu lui avais imaginée. C’est elle qui te fait face, incapable de détourner les yeux maintenant qu’ils défient les tiens. C’est elle qui te jauge et qui te fuit, qui affronte ses peurs, ses regrets, ses envies. Toi, tu restes immobile, incapable d’esquisser le moindre geste. Ton corps ne t’obéit plus. Il est prisonnier des sentiments contraires qui t’agitent. L’amour que tu lui portais. Les rêves que vous dessiniez à deux. Les espoirs qui vous unissaient. La solitude soudaine alors que ta vie basculait. Le silence radio qui t’assourdissait. Le manque empreint d’incertitude qui te lacérait. Les nuits d’angoisse où seule l’imagination te sauvait. Tout te revient en mémoire. Tout te revient en même temps. Tu te retrouves submergé par un raz-de-marée d’émotions beaucoup trop intenses, beaucoup trop violentes. Incapable de les démêler, tu laisses l’ouragan passer. Priant, quelque part, pour qu’elle mette elle-même un terme au silence qu’elle a instauré il y a déjà tant d’années.


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Sujet: Re: I can't look at you anymore... [Atlas & Chiraz]
Mer 30 Mai - 19:38

A peine affalée dans la boue qu'il débarquait déjà, le bougre. Le parfait imbécile. Divers noms d'oiseaux passèrent dans l'esprit de la blonde tandis qu'elle essayait vainement de se redresser, seule, sans aide. Sa fierté venant d'en prendre déjà un sacré coup pour le peu qu'elle en avait. Au lieu de continuer son chemin avec le bois qu'il portait, il avait fallu qu'il abandonne tout. Pour elle. Pour venir l'aider. L'avait-il reconnu ou non ? Elle n'en était même pas certaine. Peut-être qu'il l'avait oublié. Ça ne serait même pas étonnant pour elle, mais douloureux, rien que cette pensée faisait mal. Mais qu'il la touche, elle, après tout ce temps, à cause de pareil retrouvaille. Non. Jamais. Une main tendue qu'il est hors de question de saisir. Plutôt mourir ici, dans un tas de boue que de revenir sur ses convictions. Que lui adresser un mot gentil ou un sourire. Ce type-là ne le méritait tout simplement pas.  A la limite de lui cracher dans la main qu'il continuait à tendre alors qu'elle s'y refusait, elle baissa le regard et frotta les manches de son manteau pleines de boue pour la retirer. De même avec son pantalon ensuite. Et pourtant, elle était incapable de se relever. Non qu'elle n'en ait pas l'envie. Mais parce que trop de sentiments contradictoires s'insinuaient en elle et la clouait simplement sur place. Là, assisse sur son cul, les jambes tendues et le garçon détesté penché en sa direction. Patient. Bougon. Expliquant que sa pilosité faciale n'avait rien à avoir avec un terrien. Il ne formula pas la chose ainsi, bien sûr, mais c'était bien ce que ça voulait signifier. Atlas était à la fois comme avant et totalement différent de celui qu'elle avait connu. Comment s'y retrouver après ça ?

« J'aurais largement préféré. »

Une réponse glaciale. Honnête. Sans doute plus virulente qu'elle ne le voulait vraiment. Mais la colère qu'elle lui avait voué depuis toutes ses années était là, revenue au galop. De la méchanceté gratuite et pourtant, à voir son visage, elle regrettait déjà. Baissant les yeux sur le sol. Sur ses choses encore crasseuses du voyage. Pourquoi culpabilisé alors qu'il était le méchant de l'histoire ? Mais ce doute de toujours persistait. En fait, elle ne savait plus quoi penser de lui. Méchant ou victime ? Elle ne voulait plus connaitre la vérité, longtemps elle aurait aimé savoir, mais plus maintenant, ça ne changerait plus rien, si ? Mais elle disait la vérité. Plutôt que le voir, elle aurait préféré sur un terrien. La pensait-il stupide ? Elle venait jusqu'ici, au campement des cents. Comment pourrait-il être un terrien, juste là, au milieu du camp ? Imbécile. Toujours. Jusqu'à ce qu'il ne réalise. Qu'il ne comprenne. Et c'est à son tour d'être surpris. En bien, en mal. Peu importait. Mais déjà il prononçait des mots à eux. Qu'eux seuls pouvaient comprendre. Serrant la mâchoire, elle demeura triste. Triste de devoir le détester. Vivre sans le revoir aurait bien plus simple à vivre. Elle s'était remise de ne plus le voir. Essayant de vivre comme si elle ne l'avait pas connu, pas apprécié, pas aimé comme une dingue. Mais là, devant lui. Tout revenait de plein fouet. Surtout s'il usait de son surnom d'antan. S'il employait un ton si doux.

« Orphée, je dois être en plein enfer. »

Toujours avec cet optique de lui faire mal. Autant qu'il lui avait fais mal en volant et se retrouvant en cellule. Coupant les ponts avec elle brusquement. Pour des conneries de gamins... Qu'elle ne parvenait pas à comprendre. Et sans crier gare, une larme qui vient rouler sur la joue de Chiraz. Elle entendrait presque un craquement dans sa poitrine tant son coeur se fissurait de nouveau. Brusquement et violemment. La barrière cédait. La colère ne pouvait pas demeurer, pas devant une frimousse pareil, pas devant des mots si tendre. Pas devant Atlas. Elle avait beau essayer de le détester, c'était impossible. Pas en étant face à lui.

« Pourquoi t'as fais ça ? Pourquoi tu m'as abandonnée ?! Et volée ?! »

Un revirement brutale de situation. Sanglotant comme une fillette alors qu'elle s'était jurée de ne plus pleurer, le jour où elle avait décidé de reprendre sa vie en main après la mort de sa mère. Et là, elle pleurait. Pour lui. Ou plutôt, à cause de lui. A cause d'une vie qu'elle regrettait. Tout aurait pu être différent, mais non... tout avait été gâché. Le jour précisément où elle avait décidé de lui confesser son amour, il avait été emprisonné.

« J-Je t'aurais tout donné...moi.... tout... j'te déteste... »


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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 6965 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 1753
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Sujet: Re: I can't look at you anymore... [Atlas & Chiraz]
Mer 22 Aoû - 20:20

RP archivé suite au départ de Chiraz

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Sujet: Re: I can't look at you anymore... [Atlas & Chiraz]

 

I can't look at you anymore... [Atlas & Chiraz]

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