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˜˜˜˜˜˜The collateral damage of a misguided pride {Eris
maybe life should be about more than just surviving


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Le grand déménagement avait sans conteste constitué un événement marquant, empreint d’une profonde symbolique : laisser derrière la carcasse éventrée de l’Odyssée, l’arche qui les avait finalement conduits vers la terre promise, représentait un choc psychologique important pour leur petite communauté. Ils laissaient ainsi derrière eux un passé scripté pour se tourner vers un avenir franchement incertain et, surtout, qui ne dépendait plus d’eux seuls. Un grand pas qui les éloignait des étoiles. Et, il ne fallait pas se le cacher, la scène qu’offrait la petite caravane erratique qu’ils formaient avait de quoi faire sourire.

John, de son côté, avait vécu très extérieurement ce changement de paradigme. Il n’avait guère participé aux débats, haussant les épaules avec fatalisme chaque fois qu’il participait à une discussion sur le sujet. Que sera, sera. Ce n’est non pas sans cynisme qu’il se comparait silencieusement au matériel électronique que les odysséens décidèrent d’emmener avec eux. La relique inerte d’un passé révolu, mais sans grand espoir de réanimation.

Une fois installé, les dirigeants passèrent au deuxième volet de leur plan – le rapprochement avec les Cents. Aux yeux de John, tout ceci empestait la manœuvre politique, et à défaut de laisser les jeunes tranquilles (c’était comme ça qu’il faisait référence aux Cents – les jeunes), the next best thing to do serait de leur demander s’il voulait bien accueillir avec miséricorde les odysséens, dans LEUR structure déjà existante. Néanmoins, l’idée d’échanges plus fréquents avec les Cents, et le rêve d’un campement uni, impliquait qu’il verrait Aliénor plus souvent, et ça, il ne pouvait l’ignorer.

C’est donc avec un grand intérêt qu’il observa l’arrivée d’une nouvelle délégation de Cents, premiers visiteurs du nouveau refuge des odyséens- situé de façon fort à propos dans une ruine. Il examine les visages, de loin. Assiste à distance aux joies et aux tensions de ceux qui se retrouvent, et ne peut s’empêcher de sourire chaque fois qu’il reconnait un visage d’un des membres de la délégation des jeunes. Jusqu’à ce que son regard ne tombe sur une jeune femme qu’il croyait ne jamais revoir.

« Eris… ? », murmura-t-il, incrédule. Il savait bien ne pas avoir rencontré l’ensemble des membres survivants de la communauté des Cents, et encore moins de disposer d’une liste officielle, mais sa fille lui avait sommairement énuméré ceux qu’elle savait qu’il connaissait, lors de leur dernière rencontre. Et Eris n’en faisait pas partie.

Sa gorge se noua sous l’émotion de la savoir en vie. À défaut d’être de son sang, il avait fait d’elle son héritière spirituelle alors qu’il veillait à sa formation professionnelle. La savoir condamnée pour meurtre l’avait terrassé, à l’époque. Aujourd’hui, cela ne signifiait plus rien.

Dès qu’il eut repris le contrôle de sa respiration, il brisa son immobilisme et se dirigea doucement vers Eris. Il n’aurait rien voulu de plus que de la serrer dans ses bras, mais cette initiative ne lui appartenait pas. Il finit par la rejoindre en arrivant dans son angle-mort, alors qu’elle semblait examiner tout ce qui l’entourait avec une immense attention.

« Eris? »

Elle ne répondit pas à son premier appel. Il fit donc un nouveau pas dans sa direction.

« Eris? C’est bien toi ? C’est John. »

Lorsqu’elle se retourna finalement dans sa direction, il l’accueillit avec un sourire tremblant et des yeux humides. C’était si bon de la revoir vivante.

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21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 227 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 50
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Today could be my death.



L’invitation était tombée comme un cheveu sous la soupe, alors que le groupe avait observé le rapprochement de loin. Pourquoi les Odysséens se rapprochaient-ils désormais ? Ils n’avaient aucune raison, sachant qu’ils étaient responsables de leur envoi sur cette terre inhospitalière. Les cents auraient pu crever que tout le monde s’en serait foutu. Evidemment, on voulait qu’ils survivent, pour permettre l’arrivée des autres par la suite. Néanmoins, quel était leur pourcentage de chances de survie dans cet atterrissage ? Proche de zéro Eris dirait, à vue de nez. Après, elle n’avait jamais pris le temps de faire le calcul, pour ne pas créer une haine qu’elle ne possédait pas à leur encontre. La gamine faisait partie des rares à ne pas être bouffée par la colère lorsqu’il s’agissait de leurs aînés. Certes, ce n’était pas le grand amour avec eux, et les voir en face à face lui apporterait certainement plus de blessures que de réel plaisir, cependant, il y avait plus de la...Rancune d’avoir été traitée comme une moins que rien qu’autre chose.

Alors, elle s’interrogeait la gamine : pourquoi les Odysséens leur proposaient-ils de venir, s’ils savaient que bon nombre des cents ne les estimaient pas ? Voulaient-ils utiliser leurs connaissances en matière de survie ? Beaucoup trop de questions, qui resteraient sans réponse, sauf si… Sauf si elle se décidait à bouger, et y allait.

Eris, elle n’était jamais trop sortie de l’enceinte sécurisante de leur campement, même juste pour visiter. Elle avait bien trop peur des bruits environnants, des animaux qui se trouvaient dans la nature, qui pouvaient l’attaquer à tout moment. Phobique de ces grands espaces et de la nature reine qu’elle n’avait jamais connus dans l’espace. Et quand elle les voyait, tous ces autres, qui courraient, chassaient, cartographiaient les environs, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour eux, de paniquer.

Et aujourd’hui, elle serait de ceux participant à cette visite, marchant des heures pour rejoindre le nouveau camp, et les Odysséens. Ses yeux se posèrent sur les ruines qu’ils avaient investi, et l’instinct de constructrice reprit le dessus. Elle analysa les pierres, les matériaux, de son regard affûté. En fait, elle était tellement perdue dans sa contemplation, qu’elle ne remarqua pas qu’elle ralentissait, par rapport à ses collègues. Légèrement plus lente, elle se retrouva en queue de cortège, sans pour autant entendre la personne prononcer son nom. Le silence était de mise dans son cerveau, quand elle entreprenait une quelconque réflexion…

Elle ne perçut pas l’arrivée de l’homme dans son angle mort, s’attardant bien plus sur les rénovations que sur le reste. Voilà pourquoi elle ne put empêcher un sursaut quand son prénom résonna dans la bouche d’un autre, à deux reprises. Heureusement qu’il n’avait pas établi un contact physique, sinon, elle aurait frôlé la crise cardiaque. Le regard s’accrocha à la silhouette connue, et elle tomba violemment des nues. Merde… Voilà pourquoi elle ne voulait pas venir au campement des Odysséens : revoir certains visages connus ne lui plaisait pas forcément. D’ailleurs, elle ne s’était jamais demandée s’ils avaient survécu. Ses parents, ses professeurs, ses « amis », son mentor.  Morts, ils ne la dérangeraient plus… « Bonjour John. »  Murmure et froideur, elle s’était refermée comme une huître, maintenant que le groupe s’éloignait. « Vous vous en êtes sortis donc... » Il n’y avait pas vraiment d’émotions dans sa voix, tellement elle était sur ses gardes. Les bras se croisèrent, les mirettes se durcirent. « Vous vous êtes bien installés par ici dis-donc. Votre ancien campement ne vous plaisait plus ? »

Essayer de faire la conversation, pour donner la répartie. Eris n’avait jamais été la plus sociable des jeunes filles de l’Odyssée, et cela se ressentait toujours. « Je suis désolée. » De ce que j’ai pu faire, par le passé, et la froideur que je montre… De tout, finalement.


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Il ne savait pas à quoi il s’était attendu. En rétrospective, Eris n’avait jamais été très démonstrative. Il s’imaginait cependant, très naïvement, que de revoir un visage connu dans le petit purgatoire dans lequel ils avaient tous élus domicile aurait au moins su lui arracher l’un de ses sourires maladroits. Ils avaient, après tout, passé un nombre conséquents d’heure en compagnie l’un de l’autre à bâtir et rebâtir les outils de leur subsistance. Au point qu’avant l’incident qui avait conduit Eris à sa cellule, John la considérait comme son héritière spirituelle.

En version taciturne.

Il n’avait pas réalisé qu’un même événement s’interprétait bien différemment du côté de la majorité que de celui des exclus…

Ne sachant soudainement plus sur quel pied danser, tiraillé par l’apparente non-réciprocité au niveau de l’appréciation du miracle qui leur avait permis de se retrouver à nouveau, John demeura coi quelques instants. Avant de trouver refuge avec elle dans le small talk qu’elle initia.  

«Ouais, je fais parti des lucky few. Ça fait de nous des sacrés veinards, quand tu penses aux milliards qu’on a laissés derrière lorsque les arches ont été lancées. »

Est-ce là tout ce que valait pour elle tous les moments passés ensembles ? Un ‘ah ben, t’es pas mort ?’

«Il y a… moins d’insectes, ici. C’est franchement mieux. Et puis, l’architecture est fantastiquement inspirante. Tu trouvais voir les châteaux de sable qu’on se fait, avec Kayden…»

C’était quoi, l’étape d’après ? Discuter conditions météorologiques, rayonnements UV et pluies acides ?

«T’es désolée ? Franchement, Eris.»

Il s’avança pour la prendre dans ses bras, mais quelque chose l’arrêta au dernier moment. Quelque chose qui n’y était pas lors de leur dernière rencontre. Quelque chose du côté d’Eris, ou du sien, ça, il n’aurait pas pu le dire.

«Tu es comme une fille pour moi. J’espère que tu le sais, ça. Quand j’ai su qu’on vous avait envoyé ici… T’as pas idée de ce que j’aurais donné pour prendre votre place, et vous éviter de courir ces risques. T’es une jeune fille fantastique, Eris, et la clé pour reconstruire ce monde, elle est en toi. Pas dans un vieux rouillé comme moi. Alors t’as pas à être désolé de quoi que ce soit, tu m’entends ? Je t’ai appris à réparer des trucs, pas à te morfondre quand quelque chose se casse…»

Étrange comment même un meurtre prenait maintenant une toute autre perspective…Ils vivaient décidément à une époque complètement folle.

«Maintenant, pourrais-tu au moins faire semblant que t’es contente de me voir ? Juste pour aider le vieux John à se complaire dans l’illusion qu’il a encore une petite place ici ?»

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21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 227 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 50
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Elle n’aimait guère, se retrouver face à ses souvenirs, ces images d’un passé qu’elle avait longtemps considéré comme révolu. Pour son équilibre, elle avait fait un trait sur cet avant trop douloureux, trop quelqu’un d’autre. Elle ne s’attendait pas à ce que John comprenne. Après tout, il avait été de ceux la poussant dans une voie qu’elle jugeait trop logique, trop carrée, trop froide, pour son esprit plus volatile. Se rendait-il compte du mal que ça avait pu lui faire, la pression sur les épaules, les doigts serrés autour de son cœur ? Elle avait fait semblant, parce que c’était ce que tout le monde voulait qu’elle soit, qu’elle fasse. Et elle avait suivi le mouvement. Ah, le bon petit mouton qui maintenant n’allait créer que de la déception dans le regard des autres. Après tout, elle était une tueuse. Elle avait arraché, de sang-froid selon les dires, la vie d’un honnête citoyen, un de ces gardes qui protégeaient la station. Foutaises. Que de foutaises….

Eris n’avait jamais été très démonstrative. Ses sentiments, ses émotions, elle les gardait au fond d’elle. Parce qu’on lui avait enseigné à agir ainsi, pour se protéger dans un premier temps, mais surtout pour éviter d’emmerder les autres. La notion d’utilité sur l’Odyssée… Tout ce qui était lié à la dépression pouvait être éliminé. Et Eris, elle craignait bien trop de se retrouver tuée à cause de ses états d’âme. Alors elle taisait. Elle enfermait. Et elle s’brisait. L’autre ne comprendrait pas. Personne n’avait jamais réellement compris. Trop compliquée, la psychologie humaine… « Quand on pense aux centaines d’autres qui ont été balancés dans l’espace aussi, pour des raisons tout aussi obscures. » Qui aurait pu cautionner que des personnes soient balancées par un trou dans l’espace, soi-disant parce que la station ne pouvait plus les accueillir ? De toute façon, que ce soit sur Terre ou dans les cieux, avant ou après, leur hiérarchie n’avait pas beaucoup changé. Les plus puissants avaient toujours plus de chance de s’en sortir. Et cette inégalité, la gamine avait juste baissé la tête devant.

« Tu connais Kayden ? » La question était sortie, spontanée, avec ce tutoiement presque dérangeant. La tête se pencha légèrement. Elle avait du mal à les imaginer traîner ensemble, oui. Parce qu’ils étaient un peu comme la lune et le soleil. Différents, l’un trop terre-à-terre là où l’autre se perdait dans les nuages. Puis il eut un geste. Il se rapprocha. Et elle, elle était juste étonnée. Intriguée. Effrayée aussi. Peut-être qu’elle avait beaucoup changé depuis qu’elle était arrivée sur terre. Elle avait un peu perdu l’innocence depuis son geste mortel, les quelques mois de prison, et l’envoi ici. Elle n’en voulait réellement à personne, mais c’était détaché de tous. Il était nettement plus facile d’ignorer le passé, pour se construire à nouveau, sur des bases différentes. Elle écouta la tirade de John, ce discours qui aurait tiré de la colère chez beaucoup de cents. Si on avait pu prendre votre place… Mais en réalité, personne ne l’aurait fait. Personne n’avait bougé le petit doigt quand ils étaient en prison, ni même pour ceux qui arrivaient à leur majorité et se faisaient éjecter. Hypocrisie. « C’est bien beau de dire ça. Mais y’a personne qui n’a rien vu, personne qui ne s’est jamais inquiétée pour les gamins enfermés. Je peux reconstruire n’importe quoi autour de moi, tant que c’est matériel. Mais ça fait bien longtemps que j’ai abandonné l’idée d’arriver à quoi que ce soit sur moi-même. »

Elle s’était brisée depuis bien longtemps, la poupée de porcelaine. Elle était parvenue à donner illusion, à faire comme si. Puis y’avait eu la chute, la vraie. Celle réelle, qui l’avait fait relativiser sur tout. Et surtout sur son passé. « Tu as toujours ta place. Mais y’a… Beaucoup de choses qui ont changé depuis trois ans. C’est compliqué, de garder les mêmes relations avec des êtres dont les aléas de la vie nous ont éloigné. » C’était elle qui avait changé dans l’histoire, juste elle. Et elle l’avouait. Mais qui ressortirait identique de telles épreuves ?




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«Bien sûr que je connais Kayden – ça serait vraiment mesquin de ne pas m’intéresser à chacun du peu qu’il nous reste. Il a des goûts aussi glorieux que raffinés, Kayden, ça, c’est certain… »

Parce qu’il fallait un raffinement exceptionnel pour savourer chacun des 11 403 épisodes de The Young and the Restless qui avaient été, curieusement selon certains, déposés dans les archives. Ou du moins, d’en avoir le projet.

La bonne nouvelle de cette question, surtout, résidait dans le fait que Kayden semblait avoir de l’importance pour elle. Sa vanité survivrait, se consolant de savoir qu’Éris s’accrochait encore à de bonnes personnes. Même s’il n’en faisait plus réellement parti, selon toute vraisemblance.

Il encaissa, non sans peine, les reproches qu’elle lui adressa ensuite indirectement, et encore plus difficilement la façon dont elle parlait d’elle-même. Les envoyer sur terre avait constitué un geste horrible, bien entendu, même s’il résultait d’une décision d’un groupe beaucoup plus restreint que ce qu’avançait Eris. Mais il était complètement odieux qu’on laisse une jeune femme seule au point qu’elle décide de s’abandonner elle-même aussi ouvertement. Et pour ça, John ne pourrait jamais prétendre ne pas avoir sa part de responsabilité. Même s’il ne réalisait pas encore toute l’ampleur de celle-ci….

Il aurait voulu lui dire tout ça. Que malgré les doutes qu’elle émettait, il était sincère. Que s’il avait pu prendre sa place, ou celle de sa fille, il l'aurait fait sans hésiter une seconde. Qu’il ne demandait rien de plus au monde que de pouvoir lui tenir la main, dans la futur, alors qu’elle traverserait le pont qui la séparait de la personne qu’elle pourrait être. Mais comme elle le soulignait si bien, il ne s’agirait alors que de mots, aussi honnêtes soient-ils.

Et elle avait doublement raison – les gestes ne viendraient pas aisément, séparés comme ils l’étaient des Cents. Naïvement, peut-être même thérapeutiquement, John avait vu dans cette visite l’occasion rêvée de se retrouver plongé dans la relative harmonie d’un passé imaginaire où ils vivaient tous heureux sur l’Odyssée. Le retour à la réalité se faisait avec autant de douceur que leur arrivée sur terre…

«Tout a changé, depuis votre départ… »

Il ne prévoyait pas s’aventurer dans le territoire non-défriché de ses propres états d’âme depuis l’éjection des Cents, mais il s’agissait d’un terrain commun, et force était d’admettre qu'ils se faisaent plus rares entre Eris et lui. De toute façon, il n’avait rien à gagner à tenter de la convaincre qu’elle était loin d’être la seule à avoir vécu des épreuves ardues. C’était lui, l’aîné, après tout.

«Écoute, t’as raison. Je ne peux pas m’imaginer ce par quoi tu as passé. La trahison, l’abandon, la peur… et une tonne de trucs dont je ne suis même pas au courant. Mais je t’ai connu. J’ai connu la jeune femme fantastique que tu es. Et je serai toujours disponible pour te raconter son histoire. À toi ou à quiconque me la demandera. »

Parce que c’était, sans conteste, l’une des plus belles de son répertoire.

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21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 227 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 50
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Evidemment qu’il connaissait Kayden. Et c’était bien sa veine à Eris. Elle appréciait l’homme, ses connaissances, et sa maladresse légendaire dès lors qu’il s’agissait de la technologie de l’Odyssée – n’avait-elle pas dû venir à son secours un nombre incalculable de fois quand les tablettes décidaient de s’éteindre toutes seules, ou que les supports de cours refusaient de se projeter de la bonne manière ? –. Pourtant, savoir que lui et John se côtoyaient la tendait. Le mécanicien pouvait très bien discuter avec l’ancien professeur, et la gamine, elle ne voulait plus revoir les fantômes de son passé. John, c’était déjà trop pour son pauvre petit cœur. Et pourtant, elle avait accepté de venir jusqu’ici. Parce qu’Eris, contrairement à beaucoup, elle n’avait pas forcément de haine envers les Odysséens. Même si son esprit influençable tendait à être impacté par les propos des uns et des autres au campement, il n’y avait qu’une peur irrationnelle d’être poussée à nouveau dans ses retranchements, et de redevenir une criminelle. Elle n’avait pas voulu tuer la rousse, et pourtant, elle n’était pas certaine de parvenir à se contrôler. C’était un mélange de stress, d’anxiété, de peur et de colère dans son cœur, qui menaçait d’exploser à tout moment, quand elle saurait qu’il n’y avait pas d’échappatoire possible à son supposé Destin…

« Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-mêmes s’il n’en reste qu’aussi peu. Il aurait fallu que le vaisseau descende bien plus tôt, pour se poser avec nettement moins de violence sur la terre. » Elle avait écouté les histoires Eris, les rumeurs qui courraient depuis les retrouvailles avec les Odysséens. « Même si le Conseil a pris la meilleure décision possible pour vous sortir d’une mort certaine. » A l’instant T, ils ne pouvaient pas avoir d’autres choix, d’après ce qu’elle avait compris. Malheureusement, l’attente de la certitude que la Terre était habitable leur avait coûté les dernières ressources du vaisseau. En fait, tout le dilemme était là : décider de descendre plus tôt quitte à créer une panique générale, ou attendre d’être certains de ce qui les attendait quitte à pousser la vieille carcasse métallique au bout de ses forces. Tout n’était qu’une histoire de balance ou de choix. Il n’y avait rien de bon, rien de mauvais, juste un équilibre. Et il fallait savoir ce et ceux qu’on était prêt à sacrifier dans cette histoire.

Après, les propos étaient mal choisis, certainement prompts à déclencher au mieux un débat politique, au pire une colère sèche et un regain de tension entre Odysséens et Cents. Eris n’avait jamais été la personne la plus empathique, et si elle connaissait John, elle restait sur les nerfs. Néanmoins, elle savait qu’il n’irait pas au conflit. Aucune réaction extrême n’était à prévoir de sa part. Même si la gamine devait l’avoir secoué, avec ses propos ou même son comportement. Elle naviguait, entre la partie d’elle ayant changé, ne serait-ce qu’un peu, et celle qui n’attendait que de se replonger dans son passé, trop effrayée par le présent. C’était là le paradoxe : la jeune fille avait beau détesté ce qu’on l’obligeait à faire avant, la routine avait toujours eu un côté terriblement aguicheur par rapport à cette Terre de tous les dangers… « Oui, tout a changé… » Les Odysséens avaient eu besoin des cents, ils avaient eu besoin de cette famille qu’ils avaient envoyé sur Terre pour s’assurer qu’elle était à nouveau habitable. Et à cette pensée, Eris se sentit mal. Malgré tout, on les avait envoyés comme chair à canon, et aucun autre n’avait eu envie de les suivre et de descendre pour venir les aider. Alors tout, absolument tout, n’était que des mots en l’air. Mais Eris, cela lui importait peu. Elle la première aurait eu bien trop peur pour se précipiter en bas d’elle-même…
 
Elle avait failli rire aux propos de John, pendant quelques secondes. Jamais elle n’avait aimé les compliments, et elle savait bien que tout ce qui était dit ne l’était que pour la brosser dans le sens du poil. Ou alors l’imaginait-elle… « Fantastique, tu pousses le bouchon un peu trop loin je pense. » Eris n’avait jamais eu de tels mots pour se décrire. Et à vrai dire, elle n’estimait pas avoir le droit de les recevoir, qu’importe qu’elle soit brillante dans son domaine. Elle s’était toujours sentie traitresse. Comme si elle empêchait une personne réellement motivée de prendre sa place dans les rouages parfaitement lisses du vaisseau. Il fallait croire que le scolaire lui avait trop bien réussi… « Mais tu peux parler du passé. Il faut bien un espoir pour penser que tout n’est pas terminé… » Un mince espoir, une mince lueur dans le paquet de haine qui se promenait. Que ce soit Eris envers elle-même, ou, à son grand dam, les siens envers les Odysséens…


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Peu importe les variations d’angles, de sujet ou d’intonation, John se heurtait constamment à un mur, froid et impersonnel. Comme un moteur sans carburant auquel aucune étincelle ne parvient à redonner vie.

He had brought flowers to a knife fight . Et il regardait béatement son assaillante comme un poisson hors de l’eau, alors qu’elle lui suggérait de continuer de se leurrer dans l’espoir que leur passé n’était pas révolu. Ce n’était pas possible, il avait du mal comprendre. Ou bien y voir une allégorie où il n’y en avait pas?

Mais force était d’admettre qu’elle ne lui donnait pas beaucoup de prises auxquelles se raccrocher. Avait-elle réellement tout simplement tourner la page ? Mis derrière elle un passé qui l’avait conduit au meurtre ?

John ne pourrait l’en blâmer, bien entendu. Ça devait être un poids incroyablement lourd à porter, qui valait la peine d’évacuer quelques fragments de moments potentiellement heureux. Sauf qu’il aurait espéré qu’un tel revirement permettre d’Eris de trouver une forme de sérénité, justement. Une sérénité qu’il ne parvenait pourtant pas à détecter en elle.

Peut-être étais-ce que sa présence à lui suffisait à l’éteindre ?

Cette pensée le fit frissonner. Était-ce cela qu’il devenu ? Un membre infecté dont il fallait se débarrasser ?

Et c’est avec un octave d’optimisme en moins qu’il tenta de poursuivre la conversation.

«Ouais, tu dois avoir raison. Fantastique, c’est peut-être un peu fort. Avec tout ce qui s’est passé, et le temps qui s’est écoulé, je t’ai probablement idéalisée. Avec l’âge, la personne que tu es et la personne que tu es pour moi se sont probablement confondues. Mais pour ça aussi, comme tu dis, je n’ai que moi à blâmer. Pardonne-moi.»

Comment ne pas se rappeler de la jeune femme avec laquelle il partageait son quotidien, jadis ? Dans un monde de précision chirurgicale et de répétition incessante, elle avait ensoleillé chacune de ses journées avec sa douceur et ses doutes. Mais surtout avec le processus organique par lequel elle se préparait, à son rythme, à éclore.

Il croyait qu’en l’aidant à se faire une niche au sein de l’équipe de mécanos, en lui permettant lentement de prendre conscience de son talent inné pour comprendre les machines, ainsi que de la précision de son doigté et de son sens de l’observation, il lui fournissait les fondations nécessaires pour qu’elle puisse un jour parvenir à se définir. À trouver la force de se construire suffisamment solidement pour ensuite le crier au monde.

Jusqu’à maintenant, il s’était refusé de croire que le crime qui l’avait ultimement conduit à rejoindre les Cents était peut-être cette affirmation tant attendue de son individualité. Il s’était évertué à répéter à qui voulait l’entendre, et aux autres aussi, que ce n’était qu’un malencontreux concours de circonstances. Un malheureux accident parcours. Qu’il fallait lui donner une seconde chance.

Jusqu’à maintenant.

«Alors, dis-moi, Eris, maintenant que les cordialités d’usages ont été échangées, quel bon vent te ramène dans l’enclave du Conseil ? Est-ce que t’es devenue une sorte de représentante de ton campement, venue discuter des termes d’une charte du savoir vivre ensemble ? »

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21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 227 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 50
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Etait-elle trop claire, trop imagée, ou au contraire pas assez ? Y’avait une tonne de questions chez elle, dans son esprit, et plus rien qui tournait rond. Elle avait beau vouloir y croire, être positive, y’avait toujours quelque chose qui la freinait. En fait, son souci, c’était cette peur panique d’accorder sa confiance et d’être abandonnée, d’être trainée dans la boue et oubliée parce qu’elle ne suivait pas la bonne voie, qu’elle n’agissait pas comme il faut. Et à vouloir contenter tout le monde, elle s’auto-détruisait, se perdait, piétinait sa confiance et ce qu’elle était vraiment. Sa personnalité, son caractère, tout avait été effacé, réduit à néant. Y’avait rien d’autre que du vide en elle. Alors, John ne le percevait pas, il ne comprenait pas. Il ne pouvait pas, parce que se mettre à la place d’un autre, l’appréhendant, peu d’humains le pouvaient. Elle n’en avait jamais croisé Eris, d’êtres capables d’empathie et de compréhension. Souvent, on jugeait par rapport à ses expériences, à son passé, à son appréciation. John ne pouvait pas se mettre à sa place, parce que tout était bien plus compliqué qu’il ne le pensait. La rousse n’avait pas choisi, elle accusait simplement le coup. Et elle réagissait, pour se protéger. Parce qu’elle ne souhaitait pas que cela recommence.

Et il avait perdu son optimisme. Elle le sentait, dans sa voix, et ça serrait son cœur, ça jouait sur ses émotions. Elle était si influençable, si manipulable la gamine… Attirer sa pitié, ses sentiments, et elle retomberait dans n’importe quelle relation, même la plus toxique. Les doigts tremblaient, les doigts se tordaient, sans qu’elle ne parvienne à les contrôler. Et elle ravalait, ses peurs, ses angoisses, ses interrogations. Elle cachait tout, s’offrait plus assurée qu’elle ne l’était jamais. Mais qui parviendrait à voir au-delà des apparences, si bien jouées ? Elle avait revêtu le masque de l’ingrate, de la tueuse. Elle préférait faire croire cela plutôt que de se perdre en émotions à nouveau. « Tu voulais quelqu'un avec qui partager ta passion. Tu pensais que ce serait moi, parce que j’ai toujours eu des facilités. Mais ça m'a juste bouffée jusqu’à l’irréparable, de vouloir être la petite fille parfaite aux yeux de tout le monde. » La pression, c’était destructeur. Et finalement, ce serait certainement elle-même qu'elle aurait tué si cela avait continué… Le suicide en dernier recours, et son corps aurait été balancé sans cérémonie. Elle était remplaçable Eris, contrairement à la machinerie de l’odyssée. Depuis quand l’être humain avait-il été relégué au second plan comme ça ?

« Tu as dû trouver quelqu’un d'autre, plus proche de tes idéaux et de ta personnalité. C’est mieux pour toi que d’avoir une dépressive dans les pattes. » Elle était en partir sarcastique la gamine, mais en réalité, elle pensait réellement que c’était le mieux. Parce qu'elle ne pourrait jamais partager ses idées, son caractère, le besoin qu'il avait de sentir la confiance que l’autre lui portait... C’était impossible pour elle désormais. Même s'il n'avait rien fait en soi. A part penser que tout irait toujours pour le mieux…

Elle rirait presque aux propos suivants. Elle n’avait jamais eu un tempérament de leader Eris, loin de là. Dès qu’il fallait parler en public, elle se cachait derrière un autre, ou bégayait simplement en virant rouge fluo. La prise de parole, ça n’avait jamais été son truc, et encore plus depuis qu’elle était sur Terre. Fallait croire que l’environnement n’avait fait qu'empirer les pires défauts de sa personnalité ébranlée… John la considérait certainement comme un monstre aujourd’hui, et il avait raison. Y’avait bien longtemps que l’humanité s’était fait la malle… « Je suis loin de faire partie des leaders. » Ne s'en doutait-il pas ? « Je venais juste voir comment vous étiez installés. Et les cent pourraient chercher à se rapprocher oui, mais cela est laissé au choix de chacun. »

Oui, tous décidaient de ce qu’ils allaient faire individuellement, tant que cela ne mettait pas en péril la communauté. Ils étaient loin des règles drastiques de l'Odysée. Et pourtant, le meurtre ne passerait pas non plus. Elle resterait monstrueuse. « Puis y’a toujours des connaissances à échanger, si le Conseil n’a pas dans l’idée de remettre tout le monde en prison. » Elle aurait pu dire, qu’elle avait voulu voir ses parents, ceux qui l’avaient abandonnée. Mais même elle, elle ne savait pas trop ce qu’elle ferait une fois face à eux. Ils étaient les rares qu’elle ne pardonnerait jamais…


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Cette conversation le sidérait. Parce qu’elle avait tout en même temps incroyablement tort et raison, révélant l’existence d’un enfer insoupçonné duquel John était à la fois l’architecte et le résident. Mais où tout cela plaçait Eris ?

Estomaqué, il encaissa le tout avec un silence non-caractéristique, la parole paralysée par la surprise et le doute. Bouffé jusqu’à l’irréparable ? Pour jouer la fille parfaite à ses yeux ?

Dès les premières semaines du début de leur relation, dans cette vie d’avant sur l’Odyssée, John avait senti qu’Eris avait besoin d’aide. Il voyait bien que derrière cette volonté de plaire et ce caractère réservé se dissimulait un manque d’assurance qui la consommait lentement de l’intérieur. En la prenant sous son aile, John en avait fait son projet humain, s’imaginant l’aider à se bâtir les ailes dont les aléas de la vie l’avaient privée. Et c’était parce qu’il était intimement persuadé de l’imminence de sa réussite que la tragédie ayant conduite Eris en prison l’avant tant affecté, lui. Il avait alors maudit le hasard, souhaitant seulement d’avoir pu disposer d’un peu plus temps avec elle…

Et voilà qu’aujourd’hui, elle lui laissait plutôt entendre que c’était tout au contraire pour s’échapper de lui qu’elle s’était résolu à l’inimaginable. Il avait tant voulu avoir une influence positive sur sa jeune protégée qu’il n’avait rien vu d’autre.

Il y a un dicton qui dit que tout ce qui est fait par amour est au-delà du bien et du mal. Cela ne pourrait être plus faux.

Oscillant entre la culpabilité d’avoir fait partie du problème, la colère qu’elle ne lui ait jamais rien dit et tristesse de la savoir encore dans un endroit où personne ne devrait se trouver, John ne put qu’assister passivement à la dérive de la conversation vers des sujets moins personnels. Discuter de la vie de groupe, plutôt que de l’individuel. Nonchalamment ignorer que tout explosait autour d’eux. You know, like cool kids do ?

Mais il réalisait que ce n’était probablement que de dans son univers à lui que se produisaient les déflagrations – dans celui d’Eris, tout cela s’était produit, et éteint, il y a fort longtemps…

«Oh», répondit-il avec grandiloquence, toute trace de confrontation drainée de sa voix. Tout comme le sang de son visage.

«Oui, des connaissances à échanger. Pour que l’on s’en trouve tous grandis. Une bonne vieille recette de succès collectif, la collaboration.»

Il s’était demandé, il y a quelques années, comment il avait pu être si aveugle. Avec le temps, il avait accepté que rien ni personne n’aurait pu voir venir le coup (pas même le garde). Parviendrait-il à se contenter de la même réponse cette fois-ci ?

Il poursuivit, en se raclant la gorge.

«Je ne veux pas te retenir dans ce que tu es venue faire ici. Je suis vraiment… heureux… que ma route ait croisé la tienne. Autant aujourd’hui qu’à bord de l’Odyssée. Tu m’as beaucoup manqué… N’hésite pas à passer me voir, quand le cœur t’en dira. Tu seras toujours la bienvenue, peu importe la raison…»

Il s’efforça de sourire.

Il aurait voulu lui dire qu’il ne cherchait personne lorsqu’il l’avait rencontrée. Et que jamais il ne la remplacerait. Par qui que ce soit.

Mais il n’était plus sûr de rien. Et ça le rendait fou.

Était- ce ainsi qu’elle vivait, depuis toutes années ?

La question muette ne trouva malheureusement pas de réponse dans les iris céruléennes de son ancienne apprentie.

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21/12/2017 Thinkky / Angel Rowena Chakraan 227 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 50
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The collateral damage of a misguided pride
Today could be my death.



Tu t’es trop souvent remis en question, par le passé. A te demander si tu étais assez bien, si tu jouais bien ton rôle, si t’étais suffisamment douée à l’école, dans les matières indiquées par tes parents. Tu n’as jamais été le genre de personnes à te sentir prétentieuse, quand bien même les facilités s’accumulaient à tes côtés. Tu pouvais prétendre à tellement de formations, à part dans le combat pur et dur. Mais ton rêve, on te l’a fauchée. T’étais brillante, alors, on t’a forcée à aller dans une direction bien précise. Il faut être utile sur le vaisseau, on ne s’embarrasse pas de ceux qui ne font rien, on dénigre les métiers les moins intéressants pour la survie de tous. On crée un tas de petits robots, juste bon à répéter les gestes de leurs ancêtres, sans réfléchir. Parce que quand les consciences s’éveillent, les peuples réfléchissent, la population finit par exploser. Y’a rien qui peut arrêter ça, t’as suffisamment bouffé de livres électroniques pour t’en être rendue compte. Tant que les petits moutons suivent, tout ira bien. Et t’en es un, t’en seras toujours un. Trop jeune, trop influençable, t’écoutes, tu bois les paroles de ces autres qui ne te veulent pas forcément que du bien…

Pourtant, aujourd’hui, tu passes ton temps à rejeter la faute sur les êtres ayant fait partie de ton passé, d’une manière ou une autre. C’est bien facile d’un côté, de te dire que ce n’est pas toi, ce sont les autres. En fait, t’es pas du tout extrême, c’est ça qui est bien avec toi. Dans ton monde, y’a pas de gentils ou de méchants. Y’a que des gens qui ont fait de leur mieux, mais parfois, faire de son mieux n’est pas assez. On a beau se battre, y’a toujours ce point de non-retour qui peut être atteint. Et toi, t’as foncé dedans. Si jeune, si fragile, et tous les éclats de ta vie se sont retrouvés à tes pieds, futur brisé en mille morceaux par la faiblesse de l’âme.

Puis tu perçois, l’impact de tes mots sur le visage de John. Tu n’as jamais été des plus douées lorsqu’il s’agit d’échanger avec un autre être humain, de faire comprendre tes émotions et opinions sans renier celles des autres. Tu ne sais pas faire, parce qu’on ne t’a jamais vraiment appris. T’as préféré supprimer les ressentis, de façon malsaine, plutôt que d’accepter ce qui arrivait. Tes parents étaient ainsi. Ton regard passe par-dessus l’épaule de l’odysséen, comme si soudainement, tu te rappelais que tu avais des géniteurs. Mieux vaut qu’ils ne soient pas là finalement, que tu puisses souffler, et continuer à vivre à nouveau. Il a fallu du temps pour que tu trouves une place au sein des cents, que tu te détendes face à cette Nature parfois effrayante. Et malgré les derniers évènements, tu peux doucement murmurer que tu commences à te sentir bien. « J’espère… J’espère qu’on arrivera à se réunir. Vous avez beaucoup de connaissances théoriques à nous apporter. » Ton regard fuit une nouvelle fois, se réfugiant dans les arbres, dans les failles des différents bâtiments. Ca a toujours été ton moyen de te protéger, de ne pas regarder quelqu’un droit dans les yeux. « Mais c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, avec le passé qui s’est figé dans beaucoup d’esprits. » Toi tu ne peux pas parler pour les autres. Toi, t’as juste peur, t’as pas envie de revoir certaines personnes, pas tout à fait certaine de pouvoir assumer tes actes…

Puis les mots se bloquent en travers de ta gorge, tes dents mordillent ta lèvre inférieure. Tu ne tiens plus trop en place, et tu finis par écouter une petite voix dans ta tête, réminiscence de ce passé révolu. En quelques pas, tu fais face à John. En quelques pas, tu peux enrouler tes bras autour de lui, dans un contact aussi surprenant qu’étrange. Y’a qu’un murmure qui quitte alors tes lèvres : « Je suis désolée. Ca ira mieux la prochaine fois. » Promesse d’une nouvelle venue alors que tu t’écartes, retrouves un espace vital qui te va mieux. T’as besoin de ta bulle, et finalement, ce n’est pas aujourd’hui que cela changera.


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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 7450 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 691
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RP archivé suite au départ de John

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