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˜˜˜˜˜˜Until the end (Kayden)
maybe life should be about more than just surviving


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21/12/2017 Thinkky / Angel 76 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 24
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Sujet: Until the end (Kayden)
Ven 5 Jan - 1:53



Until the end
Today could be my death.



Il y avait ce silence qui envahissait l’espace, maintenant que la tempête était passée. Les pertes n’avaient pas été humaines, ils pouvaient s’estimer heureux. Pourtant, Eris ne parvenait pas à voir le bon côté. Dans son esprit, il y avait seulement les heures de travail à venir qui s’accumulaient, et les plans qui se dessinaient. Jusqu’ici, la Terre n’avait pas été une telle garce. Certes, le campement avait dû être modifié à plusieurs reprises, à cause de manifestations naturelles dont elle n’avait entendu parler que dans des livres, mais rien n’avait été tel que ce… Cyclone ? La jeune fille n’était pas certaine du terme à utiliser, dans ses souvenirs, plusieurs étaient possibles en fonction de la puissance de la tempête… Néanmoins, elle n’était pas météorologue, du coup, elle choisissait l’un d’entre eux au hasard. Tout ce dont elle avait besoin, c’était de savoir comment se prémunir de la prochaine catastrophe. Il allait falloir reconstruire et renforcer les… abris le plus rapidement possible. Leurs tentes de fortune ne résisteront jamais aux aléas de la Nature, elle aurait dû s’en douter. Cependant, elle n’était pas celle qui prenait les décisions. Elle ne pouvait que donner son expertise, si on la lui demandait. Jamais un ordre lancé de sa part. Elle était une suiveuse, un bon petit mouton.

Et aujourd’hui, elle avait pris une décision par elle-même, à l’ombre d’un arbre encore debout malgré le cyclone. La discrète Eris allait fuir le campement quelques heures, ou une journée. Il faudrait déjà presqu’une demi-journée pour faire un aller, donc… Avec un bâton, elle dessinait sur la terre retournée, pesant le pour et le contre de ses actes. Elle ne voulait rien faire de mal. En fait, la débarquée se souvenait des infrastructures qu’elle avait aperçues, lorsque les Odysséens les avaient invités à leur nouveau camp. Les matières utilisées, la façon dont elles avaient été agencées… Ce qui faisait que les bâtiments étaient nettement plus solides que les leurs. Après, ils s’étaient appuyés sur du déjà-existant. Pourtant, les rénovations faites lui avaient paru extraordinaires. C’était d’ailleurs la seule chose qui l’était. Le reste… Elle avait croisé des visages familiers, souvent de loin, puisqu’elle avait tenté tout le long de la visite de se cacher derrière ses camarades. Ces êtres qu’elle pensait, et espérait, ne jamais revoir. Le pessimisme dans les veines la gamine…

Un coup d’oeil vers le ciel. Si elle se mettait en route dans l’heure qui suivait, elle aurait une chance d’atteindre son but avant la nuit noire. C’était ce dont elle avait besoin, plus de temps pour tergiverser. Le corps se releva, et le regard se porta sur sa tente, à quelques mètres de là. Personne ne la regardait, personne ne la voyait jamais. Elle était discrète, petite Eris. Douce plante verte ignorée. Tant mieux. Elle pourrait s’éclipser, dans ce silence qui la caractérisait tant…

Elle enfonçait les mains dans les poches de sa geste, alors que l’essoufflement se faisait sentir. Elle ne sortait que peu du campement. En fait, sauf cas extrême, elle évitait cette nature qu’elle ne pouvait dompter. Et la voilà désormais se plongeant dedans, suivant cet instinct si longtemps réprimé…

Il lui en avait fallu du temps, pour arriver aux abords du campement. Elle accompagnait la nuit, lune majestueuse et discrète. Les gardes ne faisaient pas attention à l’ombre se déplaçant, notamment parce qu’elle avait décidé de passer par des chemins dérivés. Son but n’était pas d’être remarquée, bien au contraire. Elle tenait juste à faire quelques plans, quelques dessins, dans le but de reproduire au mieux le tout… Ce serait son excuse si on la découvrait. Si on ne la tuait pas sur le coup. C’était toujours une possibilité. Mais le jeu en valait la chandelle. Tout en valait la chandelle…

Accroupie au sol, en train d’examiner du bout des doigts les matériaux, elle ne fit pas attention à la larme qui lui échappa, s’écrasa sur la terre. Mirage et souvenirs… Pourquoi remontaient-ils si soudainement à sa mémoire ?


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05/10/2015 Electric Soul 6151 Dan Stevens Tik Tok & tumblr Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture 25
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Sujet: Re: Until the end (Kayden)
Lun 8 Jan - 22:02

Il a toujours bien aimé la nuit, Kay.

Peut-être parce que c'est tellement calme. Ça repose. Il n'y a pas de gens autour, pas d'agitation, pas de questions, pas de choses qui demandent son attention. Il peut être tranquille, se ressourcer, dans un silence presque complet.

Sur l'Odyssée, il y avait toujours le vrombissement des machines, en sourdine. Ces moteurs qui tournaient doucement et qui faisaient comme une berceuse moderne, à ses oreilles. La vieille carcasse de métal qui ronronnait, c'était l'assurance qu'elle fonctionnait, qu'elle continuait de les abriter contre le vide de l'espace, contre le froid de l'espace. Qu'elle continuait d'orbiter, fidèle à elle-même, cette colonie spatiale qui devait préserver l'humanité loin de la Terre. Un rêve de modernité devenu petit à petit une prison, loin de la réalité.

La Terre, elle est jamais vraiment silencieuse. Il y a toujours le vent qui souffle, la pluie qui tombe et distille ses gouttes sur la tôle, le métal. Les animaux, qui filent dans les hautes herbes, qui croassent, hululent, hurlent, glapissent. Tant de mots différents pour tant d'animaux différents. Ça le fascine, Kay, de voir tout ce que la Terre a à offrir. Ça lui fait peur, parfois, aussi. Parce qu'il se sent toujours un peu étranger malgré tout, toujours un peu pas à sa place, même s'il essaie tellement fort. Il reste un homme tombé des étoiles, comme disent les terriens. Il trouve ça joli, comme formulation. Poétique. Des mots pour embellir une réalité bien plus terrible et plus horrible. Les centaines et centaines de morts, de blessés. Et le traumatisme, qui reste là, malgré tout. Tout bruit de métal entrechoqué de façon trop violente ravive les mauvais souvenirs, et le sentiment de la chute, vertigineuse. Il aime pas les hauteurs, Kay, depuis, mais il ne le dit à personne. Heureusement qu'ils ne doivent pas grimper aux montagnes ou même aux arbres. Et même s'ils vivent techniquement un peu en hauteur, dans l'énorme bâtiment qui leur sert de lieu de vie, tout est en béton, solide. Il n'a rien à craindre.

Ce bâtiment, d'ailleurs...c'est de là qu'il s'échappe. Il devrait dormir dans le dortoir, mais il a préféré le silence de la nuit pour compagne, au moins pour quelques heures. Il le regrettera peut-être au matin, mais il a un peu besoin de s'éloigner. De ne pas entendre les respirations d'une centaine de personnes à ses côtés.

Y'aurait la solution de retaper une maison, Kay sait que certains le font, après tout, il y a pas mal de vieilles habitations en ruines, dans leur petit village. Mais il n'a jamais vraiment eu de talent manuel – qu'il ne tue pas les plantes dont il s'occupe est déjà presque un miracle en soi – et reconstruire un foyer lui semble totalement hors de ses compétences. Et puis, il n'y voit pas spécialement l'intérêt, à vrai dire. Il a toujours été un tout petit peu solitaire, Kay, un peu réservé, mais ça veut pas dire qu'il veut vivre tout seul pour autant. Il a quand même besoin de la communauté, besoin de se sentir entouré, même si ça parfois, ça l'étouffe un peu. Il est pas toujours logique, Kay, il est parfois contradictoire. C'est la beauté de la nature humaine.

La lune brille tellement ce soir, même si elle n'est pas pleine. C'est bizarre comme tout semble différent, vu d'en-bas. Les étoiles et la lune paraissent si petites, si lointaines, alors que sur l'Odyssée, elles semblaient parfois presque à portée de doigt. À penser qu'il suffirait de passer ces fenêtres vitrées et qu'ils pourraient jouer les explorateurs lunaires. Kay sait qu'il y a eu quelques expéditions, pour aller y prélever de l'eau, mais pas de son époque, lui semble-t-il. Mais il peut se tromper, il était honnêtement un peu détaché de tout ce qui touchait à la science. Et quand on vivait entouré de la lune et des étoiles, la planète bleue semblait bien plus mystérieuse et fascinante que quelques gros rochers flottants.

Il sait que c'est pas très prudent, de traîner comme ça dehors la nuit. Il croise la route de quelques gardes, qui effectuent leurs rondes, surveillent les alentours et lui lancent un regard un peu réprobateur. Il leur fait juste un sourire innocent en retour et les salue de la main, sous leurs roulements d'yeux exaspérés. C'est pas la première fois qu'il s'éloigne, et de toute façon, ils savent qu'il ne le fait jamais pour bien longtemps ou jamais très loin, normalement. Il a essayé d'être garde, un moment, Kay, au tout début, quand ils essayaient encore de trouver leurs marques sur Terre et qu'il a bien dû se rendre compte que ses compétences de professeur ne serviraient à rien, ici. Alors il a papillonné, un peu tout testé. Il a usé la patience de Richard, il croit. Mais il était sympa, le chef de la garde, à pas trop lui en vouloir d'être un cas désespéré, et à lui conseiller de se tourner vers autre chose. C'était pas sa faute, à Kay, s'il était facilement distrait. S'il trouvait que les reflets fascinants des yeux d'une chouette étaient plus importants que de potentiels ennemis qui pourraient les surprendre dans la nuit. Et puis, ils étaient sympas les Naoris, non ? Ils n'allaient pas les attaquer.

Autant dire que Kay est pas resté garde très longtemps.

Aujourd'hui, il s'avance pas trop en-dehors des limites du campement. Il veut juste s'aérer un peu la tête, exercer son corps. Pour trouver plus facilement le sommeil, pour retrouver une certaine sérénité que la nuit semble plus facilement lui apporter. Ici, les barrières sont moins nombreuses, moins solides. Ils n'ont pas encore tout reconstruit après le cyclone, et cette partie-ci des barricades est plus éloignée du centre de leur campement, alors ce n'est pas la priorité. Y'a moins de surveillance, ici, c'est plus tranquille. Alors c'est pour ça qu'il est un peu étonné d'entendre un léger bruit. Des bruits de pas ?

Intrigué, Kay avance, sens à l'affût, complètement conscient qu'il n'a aucune arme sur lui et sachant pertinemment que même s'il en avait une, il ne saurait peut-être pas vraiment s'en servir pour se défendre. La logique voudrait qu'à la moindre chose suspecte, il alerte les gardes, mais il n'a pas envie d'aller courir les chercher pour rien, s'il ne s'agit que d'un lapin ou quelque chose de ce genre.

Alors, il avance, prudemment. En plissant les yeux, il croit apercevoir une silhouette, mais c'est difficile à dire, dans la pénombre, et la lune a beau briller, sa lumière est pâle et bleutée.

« Y'a quelqu'un ? » qu'il appelle, en espérant ne pas tomber sur un ennemi. La voix, pas assez élevée pour alerter les gardes, juste assez pour se faire entendre de ce quelqu'un, s'il y en a bien un.

Il voit du mouvement, près de la clôture. Une forme accroupie, qui se relève au son de sa voix, qui se retourne. Pas un terrien, est sa première pensée, soulagée. Probablement pas un ennemi, dans ce cas.

Il met un temps à reconnaître les traits, pourtant autrefois connus. Ça fait des années, qu'il a plus vu ce visage. C'est les larmes, sur ses joues, qui lui rappellent, surtout. Comme un écho du passé. C'est la surprise et la curiosité, qui se mêlent dans son âme.

« ...Eris ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Il s'est passé quelque chose ? »

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21/12/2017 Thinkky / Angel 76 Sophie Turner (c) Lux aeterna mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique 24
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Sujet: Re: Until the end (Kayden)
Mer 31 Jan - 17:07



Until the end
Today could be my death.



Elle ne savait pas trop pourquoi elle avait fini ici. Enfin, plus précisément, une part d’elle répétait en boucle à quel point c’était une idée stupide, et Eris commençait à se ranger à cette opinion, maintenant que le passé refaisait surface. Elle était venue sans prévenir, avait évité, d’une manière ou d’une autre, les miradors et les rondes de gardes. Ou plutôt, elle était suffisamment excentrée pour que personne ne lui prête attention, à la petite forme à peine visible dans l’ombre. Finalement, elle était là sans autorisation, comme une criminelle. Exactement la même situation que sur l’Odyssée. Si on la découvrait, ce serait la fin. Du moins, c’était ce qu’elle pensait. Certains cents souhaitaient revenir parmi les adultes, les Odysséens, et Eris ne pouvait pas leur en vouloir. Malheureusement, elle, elle n’avait plus de famille, n’avait jamais réellement d’amis, avec son caractère introverti, son implication dans ses études au-dessus du reste. Qu’elle les apprécie ou non n’avait jamais été une question posée, elle faisait tout simplement ce qu’on lui demandait, et accumulait la frustration au fond de son cœur. Jusqu’à ce qu’elle craque, que tout explose, et que la goutte de trop la pousse à l’irréparable.

Et les bâtiments lui rappelaient tout cela. Sa vie d’avant, celle dans laquelle elle s’était enlisée. Les personnes qui l’avaient soutenue, parfois appréciée, et qui s’étaient pris la vérité en pleine face. Elle n’était pas ce qu’elle paraissait, plus violente, plus dangereuse. En réalité, non. Eris était surtout bien plus faible, perdait son esprit et sa mémoire pour rien. Fragments qui lui échappaient, réactions logiques pour se protéger.

Elle ne perçut pas le bruit de pas non loin d’elle, personne trop discrète. Ou alors était-elle simplement trop perdue dans ses pensées pour y faire attention, alors que les larmes furent nettoyées avec la manche de son pull. Les perles transparentes continuaient pourtant de rouler sur ses joues, instoppables. Et la jeune fille laissa tomber. A quoi bon se battre quand votre corps vous disait d’aller vous faire voir ? Et puis, elle était là pour chercher des informations, observer les constructions qui avaient l’air de tenir debout, bien plus que dans leur campement à quelques heures d’ici. Comment avaient-ils fait, pour rénover ce qui ressemblait à des ruines quelques mois auparavant ? Elle était curieuse la gamine, néanmoins, elle ne l’était pas encore assez pour aller poser directement la question aux concernés. Peut-être qu’elle aurait dû…

Une voix, qui perça le silence. Voix basse, que la cent perçut. Les battements de son cœur s’accélèrent, et la peur se glissa dans son regard, derrière le rideau de larmes. Elle se releva, trop rapidement, entraînant une perte de repères, et une certaine nausée pendant quelques secondes. Si elle avait réfléchi un peu, elle n’aurait pas bougé d’un pouce, laissant croire à l’autre qu’il avait eu une hallucination.

Son regard se heurta à deux pupilles et un visage connu. Kayden. Le choc pouvait se lire sur ses traits. Elle ne s’attendait pas à tomber sur lui, n’en avait pas particulièrement envie. Et pourtant… Il avait été là pour elle, les fois où elle avait craqué sur l’Odyssée, visage ravagé par des larmes trop nombreuses. Comme aujourd’hui. Elle essuya rageusement les perles salées, préférant afficher une face plus dure, comme si elle pouvait y arriver. « Kayden… » Instinctivement, elle finit quand même par reculer d’un pas, regarder par-dessus l’épaule de l’homme. Elle s’attendait à voir des gardes débarquer, à se faire embarquer dans une quelconque prison. Elle était là sans autorisation après tout…

Il y eut de l’étonnement dans ses yeux, une fois les questions de l’Odysséen posées. Pourquoi semblait-il s’inquiéter ? Le visage se pencha légèrement, les mirettes s’accrochèrent à celles de l’autre. Eris n’aurait jamais dû se poser la question, tout simplement parce que cela faisait partie de l’homme d’agir ainsi. Toujours un peu la tête dans les nuages, doux, inquiet pour les autres. Naïf aussi. Après, il aurait pu changer, depuis son arrivée sur Terre. Elle en avait vu plusieurs devenir différents au fil des semaines, mois… Elle ne pouvait s’empêcher d’être sur ses gardes, malgré tout. « Je… Je sais que je ne devrais pas être là. Je voulais juste voir comment vous aviez rénové les bâtiments pour… Pour l’adapter à notre campement. » Parce que c’était son boulot, non ? De trouver des solutions, construire de futurs abris. Certes, pas seule, et cela n’excusait en aucun cas sa présence ici. Néanmoins, c’était la seule qu’elle avait.

Les yeux se baissèrent sur ses pieds, les doigts s’entremêlèrent en réponse à sa nervosité. « Je sais que c’était une mauvaise idée, je suis désolée. » Une enfant prise la main dans le sac, murmurant pour essayer de s’en sortir sans punition. Sauf qu’ici, ce ne serait pas être privé de desserts, ce serait un peu plus grave, du moins le pensait-elle. Puis l’autre question lui revint, et elle hésita encore plus en répondant : « Je crois que venir ici m’a rappelé des souvenirs de l’Odyssée… J’avais oublié beaucoup de choses. » Passé révolu, relégué au rang de boulet et chaînes dont elle s’était débarrassée. Du moins le croyait-elle…


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