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˜˜˜˜˜˜Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
maybe life should be about more than just surviving


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12/03/2017 Ponyta 117 Ruby Rose neon cathedral. notion de soin, orientation, guérisseuse 60


Sujet: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
Mar 26 Déc - 22:11

L’ouragan avait frappé de plein fouet l’île des Kovariis, laissant celles-ci survivantes et seules. La guérisseuse avait du travail et Cyd ne se cessait d’enchaîner les séances auprès des femmes de sa tribu. C’était principalement sa sœur cadette qui l’inquiétait le plus. Celle-ci s’était renfermée sur elle-même avec son bébé. L’androgyne était inquiète, ne sachant quoi faire pour aider sa sœur qui ne parlait plus. Elle souffla un coup et décida de sortir de sa hutte de fortune. Elle leva la tête pour observer certains naoris dans les arbres. Comme beaucoup de sa tribu, la femme restait au sol, angoissée de prendre de la hauteur. Elle n’était pas une grande guerrière, mais probablement plus que ce peuple si différent d’elles. Elle tourna la tête vers les femmes de sa tribu qui tentaient de s’en sortir depuis le grand cyclone. Les temps seraient durs et l’androgyne se demandait bien combien de temps elles resteraient ici, seraient tolérées. Pour l’instant cela se passait relativement bien. Elle espérait que sous le commandement de Calypso et Clio, cela irait. Elle pleurait silencieusement son ancienne cheffe, même si elle savait qu’elle était aux côtés de la Déesse, comme les autres femmes restées sur l’île. Sa mère était morte bien avant le cyclone, Cyd avait décidé d’abréger ses souffrances.

Elle savait que l’esprit de sa mère était aux côtés de la déesse et que tout irait bien. C’était plus pour les vivants que les temps étaient vraiment difficiles. Il fallait renoncer à un certain mode de vie pour s’habituer aux naoris et aux hommes. Il fallait accepter les règles différentes. Les naoris n’étaient pas les plus violents, mais ce mode de vie, leurs pensées, cela intriguait énormément Cyd. Elle avait ainsi vaguement compris qu’ils avaient différents conseillers dans la tribu et que cela était d’une grande importance. La guérisseuse ajusta son arc et décida d’aller prendre l’air, de marcher un peu et de chercher des plantes médicinales. Il faisait froid, c’était l’hiver. Elle avait perdu définitivement la chaleur de sa jungle natale. Les premiers temps, elle avait bu énormément de tisanes spéciales pour supporter le froid et ne pas tomber malade. Son corps n’était pas habitué à un tel régime. Une immense tristesse l’envahit alors qu’elle marchait et pensa aux animaux morts là-bas. Elle pleurait intérieurement, préférant ne pas afficher sa peine devant des inconnus. Elle resta de nombreuses heures dehors, elle avait énormément à apprendre pour ne pas se tromper de plantes et soigner correctement les autres. Elle ne perdait pas son rôle, néanmoins, son statut était différent. Avant elle était celle qui dérangeait, qui était différente.

Maintenant elle était une Kovarii affirmée, comme si les femmes préféraient se renfermer sur elles-mêmes et acceptaient son côté si particulier. Dans cette tribu, auprès des naoris, Cyd n’avait rien expliqué. Elle se laissait appeler « homme », « femme », des mots surfaix pour elle. Elle parlait comme elle le voulait, au fond peut-être que cette situation lui apporterait quelque chose d’énormément positif. Elle se fit la réflexion qu’elle devrait aller voir Tamara qui accepterait peut-être de la loger elle et sa sœur ? A voir. Cyd salua les sentinelles qui gardaient l’entrée de la tribu. Elle marchait calmement dans les lieux reposants quand elle distingua une silhouette qu’elle avait vaguement croisé, Rowena. La conseillère avait accueilli les siennes de manière bienveillante et cela l’avait énormément soulagé quant au bien fondé d’être ici, même si elle restait méfiante. Elle avait besoin de preuve et de voir que les hommes ici étaient bons et non pas mauvais. Elle s’approcha de celle qui était une chamane, même si cette fonction intriguait l’androgyne. « Bonjour conseillère. » Cyd la traitait avec le respect que ce rôle devait apporter. Elle pencha la tête en signe de paix, calme, très calme. Seule sa voix trahissait son genre et encore. Elle avait une voix relativement rauque pour une femme. Elle redressa la tête, affichant son regard clair, presque électrique. Elle fronça les sourcils en voyant la démarche de l’autre femme. « Vous boitez ? » Elle avait l’œil pour ce genre de choses, clairement, elle n’était pas guérisseuse pour rien. Sa tenue était bien plus chaude et couvrante que quand elle vivait sur l’île des Kovariis et cette tenue cachait encore plus ses formes, mettant davantage le flou sur son genre.

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02/03/2017 Thinkky/Angel 796 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate 296
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Sujet: Re: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
Sam 6 Jan - 19:39



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Yeux de lynx, apparence de caméléon



Son regard protecteur balayait les huttes de fortune construites tout autour de l’arbre de vie. La tempête s’était calmée, et la tribu avait dû accueillir les Kovarii. Leur île avait été réduite à néant par le cyclone, malheureusement, et toutes les personnes étant restées sur place étaient… Mortes, d’après les premières estimations. En réalité, avec la puissance de la tornade, il y avait peu de chances de survie de la part des insulaires… Rowena ne l’avait pas encore souligné auprès des survivantes, préférant leur laisser le temps de se remettre de leurs émotions. Néanmoins, il faudrait leur avouer un jour, tout comme le fait qu’y retourner allait être exclus. La conseillère n’était pas une experte en faune et flore, mais il lui paraissait compliqué d’y retourner. On ne savait pas dans quel état l’île était, ou serait à l’avenir. Et si la nature avait définitivement repris ses droits ? Animaux et fleurs vénéneuses pourraient les attendre à leur retour… Et la chamane n’était pas le genre à renvoyer des personnes vers la mort. Donc, les Kovarii feraient partie de la tribu… Sauf si certaines d’entre elles souhaitaient partir vers d’autres horizons, sur le continent. La plupart n’avaient pas bougé de leur île, ce serait l’occasion de découvrir…

La femme jeta un regard vers la cime de leur Arbre de vie, emportée par la tempête. La voilà, la raison principale sur pourquoi Rowena était au même niveau que les réfugiées. Pourquoi elle avait refait construire une maisonnette pour elle, à même la terre. Les quartiers des conseilleurs avaient été rasés par la tempête, mais le reste était en parfait état. Et c’était le principal, du point de vue de la conseillère. Que tout le monde, toutes les choses aillent bien, en dehors des siennes. Et, il fallait l’avouer, Harlan et Caleb avaient l’air nettement mieux avec une bicoque sur la terre ferme que la tête dans les nuages. Alors, Rowena avait supporté cet éloignement avec les étoiles. Et puis, il fallait l’avouer, son corps souffrait encore des blessures reçues chez les Rahjaks. Evidemment, les cicatrices avaient commencé à disparaître, mais elle continuait encore de boiter, malgré les potions données par Harlan. Même le grand druide ne parvenait pas à calmer les dernières douleurs s’accrochant à la carcasse. Si elle devait se traîner cette jambe toute sa vie… Elle l’aurait bien cherché. Sa décision avait été stupide, autant l’assumer.

Chacune de ses nouvelles personnes vaquait à ses occupations, appréhendant la nature si différente de leur précédent lieu de résidence. Rowena leur laissait le temps, se tenant à leur disposition en cas de questions ou de besoins quelconques. Elle était là, telle une ombre, rôdant avec son sourire bienveillant et son regard pétillant. Elle se montrait à la hauteur de ce que sa fonction lui imposait. Les failles, et autres soucis, c’était chez elle, une fois la porte fermée. Ou devant ses rares amis.

Les réflexions furent interrompues par une arrivée soudaine. Une des Kovarii qui venaient dans sa direction, l’interpellant. Bonjour conseillère. Le ton paraissait si formel à la chamane, qui avait plus l’habitude qu’on l’appelle par son prénom que son statut… « Bonjour Cyd. Vous pouvez m’appeler par mon nom usuel vous savez, vous faites partie de la tribu désormais. » Le sourire était doux, avenant. Et oui, Rowena connaissait le nom de tous les arrivants. C’était son devoir, non ? Pour les intégrer dans cette nouvelle dynamique… En revanche, avait-elle une femme ou un homme face à elle ? La chamane n’était pas druide, elle n’était pas capable de voir en un seul coup d’oeil le sexe de son interlocuteur. Surtout sur un tel physique androgyne. Enfin, elle demanderait plus tard, certainement.

Puis une remarque, qui aurait pu lui faire perdre son sourire habituel. Mais elle avait l’habitude la conseillère, et rien ne pouvait l’ébranler. Extérieurement parlant. « En effet. J’ai été blessée il y a quelques semaines lors d’une visite à la cité de feu. Ce n’est pas particulièrement grave, mais ça prend du temps à soigner. » Elle rassurait toujours, que ce soit les autres ou elle-même. Elle préférait ne pas penser à cette possibilité que cela ne s’arrange jamais. Ne pas être pessimiste. Ne pas l’être… En revanche… « Vous avez l’oeil. Vous êtes guérisseur ou druide ? » De quelconques notions de soins ou d’anatomie humaine… De quoi apercevoir la blessure et le changement dans la démarche.

Elle détourna le sujet, ne souhaitant pas inquiéter encore plus cette personne, dont ce n’était pas le travail. Et puis, de façon générale, Rowena ne voulait pas qu’on s’attarde sur ce qui n’allait pas la concernant. Sa santé physique et psychologique passait après le bien-être des autres. « Comment vous sentez-vous ici ? Vous vous habituez à toutes les nouveautés ? »


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Sujet: Re: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
Sam 27 Jan - 21:57

Cyd était très impressionnée face à Rowena et ne faisait pas la fière. Elle n’était pas quelqu’un d’arrogant en temps normal, mais alors là, elle faisait encore moins la fille qui savait tout. Elle était très protocolaire car elle ignorait comment les naoris se traitaient entre eux. Elle faisait donc comme elle pensait être la bonne manière. L’androgyne hocha lentement la tête alors que l’autre femme lui affirma faire parti de la tribu désormais. Elle ne savait pas trop quoi penser, elle ne s’y sentait pas forcément à l’aise, mais elle préférait se taire. Elle ne voulait aucunement mettre de l’huile sur le feu en se comportant comme une sauvage qui ne savait pas s’y prendre. Elle ne savait pas si un jour, elle se sentirait complètement chez elle. Cyd avait décidé de se laisser un peu de temps. D’un côté, elle était heureuse d’être ici, mais quand elle réfléchissait à la raison de sa présence, la destruction de son île la rendait profondément malheureuse, ça et les nombreux morts à cause de la tempête. Cela la rendait tellement mal. Elle savait aussi que certains membres de sa tribu ne supportaient pas la vie ici, que ce serait difficile. Certains avaient l’habitude de leur coutume, d’une certaine place des hommes, ici tout était redistribué. Elle espérait juste que sa tribu n’allait pas s’entredéchirer. Et oui sa tribu resterait pour elle et à jamais, les Kovariis. Cyd était guérisseuse et décelait de suite les choses. Elle avait bien vu Rowena boîter.

Elle n’hésita pas longtemps et posa simplement la question concernant la jambe. La brune était quelqu’un d’assez direct et elle n’hésitait jamais bien longtemps à dire les choses. Avait-elle eu tort de parler de la jambe de Rowena ? La cité de feu, la tribu des Rahjaks, la tribu si différente d’elles, les Kovariis. C’était une tribu qui ne laissait pas de place aux femmes, elles n’étaient rien. Instinctivement, Cyd n’était pas bienveillante avec cette tribu. Elle avait beau avoir de la patience, là c’était au-dessus ses forces. « Je pourrais regarder. » Elle ne demanda pas à la conseillère pourquoi elle avait été dans la cité de feu. Cela lui semblait bien trop délicat de demander. « Guérisseuse. Je ne connais pas… un druide ? Cela n’existe pas chez nous. » Le mot ne lui disait rien et elle avait hésité sur comment le dire. Elle était toujours très fière de dire qu’elle était guérisseuse. Aider les autres était pour elle une vocation. Elle avait trouvé sa voie, transgresser les envies de sa mère qui avait eu honte. Cyd chassa ses pensées et les ombres qui voilèrent quelques secondes son regard. Ce n’était pas le lieu ni le moment pour penser à cela. Cyd se demandait bien ce que c’était un druide. Elle était fortement intriguée.

Cyd réfléchissait déjà à la blessure de Rowena, analysant le peu de choses qu’elle avait vu. Elle ne s’attendait pas du tout à ces questions de la part de Rowena. L’androgyne ne savait pas vraiment quoi répondre. Elle décida de dire la vérité. « Mon île me manque. » L’île, les coutumes, la vie, mais il y avait aussi une autre vérité. « Je venais de temps en temps ici, j’aimais bien, ça me reposait. » Elle ne précisa pas en quoi cela la reposait. Elle était soulagée d’être ici, elle pourrait voir peut-être quelques amis rencontrés ici. Elle serait peut-être enfin elle-même ici. Elle avait toujours nié sa véritable nature, de comment elle se sentait au fond d’elle. « Je vais m’habituer. » Cela voulait dire d’une certaine manière, qu’elle ne s’habituait pas encore. « Vos hommes ici sont différents des nôtres. Je suis inquiète. » Peut-être que la conseillère pourrait comprendre. Elle était une dirigeante après tout. « Connaissez-vous nos règles ? Par rapport aux hommes ? » Savait-elle comment les Kovariis fonctionnaient au fond d’elles ? Cyd n’aimait pas que les hommes leur soient inférieurs, mais elle n’avait connu que cela, eux aussi et les anciennes Kovariis. Comment les plus âgées d’entre elles allaient-elles réagir ? Elle redoutait cela.

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Sujet: Re: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
Ven 16 Fév - 0:52



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Rowena, elle avait toujours eu ce que beaucoup appellent un regard maternel sur les membres de la tribu, ou les réfugiés qu’ils avaient pu accueillir au fil des années, des Kovarii donc récemment, aux rebelles Rahjaks il y a quelque temps. Certes, pour ces derniers, il y avait eu nettement plus d’apriori, et certains membres de la tribu n’avaient pas compris ce qu’ils faisaient dans les parages. Et la raison avait été maintenue le plus secrète possible, car si moins de personnes étaient au courant, moins de fuites seraient possibles. Et s’ils voulaient aider à renverser le pouvoir royal, ce serait mieux. Même si, aux dernières nouvelles, la rébellion avait vécu ces dernières heures plus ou moins. Ce n’était que des échos, de l’un des leurs qui avait disparu, ou s’était fait attraper. Des rumeurs qui avaient couru jusqu’aux oreilles de la conseillère, mais sur lesquelles elle n’avait pas eu le temps de réellement se pencher dessus. Avec l’hiver qui arrivait, les bouches supplémentaires à nourrir et des récoltes foutues pour une partie, mieux valait se concentrer sur les problèmes de la tribu avant d’aller voir l’herbe du voisin.

Et puis elle revint à Cyd, regard toujours calme, doux. Celui d’une mère envers ses nouveaux enfants, du’une mère qui les accueillait dans son foyer, et faisait tout pour masquer ses propres problèmes. Et jusqu’ici, cela avait fonctionné. Sa jambe n’avait que peu attiré l’attention, masquée par d’épais tissus propices à la saison. L’hiver était rude chez eux, il l’avait toujours été. Mais ils étaient à l’abri, entre les grands branchages de leurs arbres chéris. Et en cas de besoin, le temple sacré était capable d’abriter les plus fragiles d’entre eux. C’était suffisant, pour survivre deux ou trois mois. Un sourire envers l’autre, alors que les mots filaient entre ses lèvres, tout comme les réponses de Cyd. Plus femme qu’homme donc. Il est vrai qu’au vu des Kovarii, elle aurait dû s’y attendre Rowena. Néanmoins, jamais elle n’était tombée sur un corps si androgyne, les cultures terriennes préférant les stéréotypes masculins virils et féminins plus fragiles. Deux entités bien différenciables, au grand dam de l’ouverture d’esprit de la conseillère. Même si pour le coup, elle avait fait une grossière erreur dans son appellation, y préférant le masculin, et elle était plutôt heureuse que la jeune femme ne lui en tienne pas rigueur. « Un druide, chez nous, est là pour soigner ses semblables, prendre soin d’eux. Il s’occupe aussi de tout ce qui est potions et herbes par exemple. Dans d’autres tribus, il serait appelé guérisseur, donc si les attributions s’apparentent à ce que vous faites… » Cyd saurait au moins ce qu’elle pourrait faire au sein du village, si elle venait à y rester. Ce qui était fort probable en l’état actuel, il ne fallait pas mentir.

« Je vous laisserai regarder, un œil extérieur ne pourra qu’aider. » Parce qu’Harlan avait déjà essayé, et désormais, seul le repos pourrait lui permettre de tout récupérer. Normalement, cela aurait dû être plus rapide. Deux mois plus tard, elle continuait pourtant de boîter. Peut-être était-ce la vieillesse. A presque 35 ans, il fallait l’avouer, elle avait vécu une bonne partie de la vie d’un terrien. Néanmoins, ses soucis et son apitoiement disparurent bien vite quand Cyd reprit la parole, évoquant son île détruite. Comment se sentirait-elle Rowena, si son chez-elle disparaissait de la surface de la Terre ? Déjà, rien que la cime de l’Arbre de vie avait été un coup dur pour elle, alors même qu’aucune victime n’était à déplorer. C’était purement égoïste de la part de la chamane, à cause de son rapport si spécial aux étoiles. Un besoin de s’en rapprocher, pour mieux les observer. Et aujourd’hui, elle était cantonnée à la terre ferme. Mais elle avait toujours les siens. Et cette discussion la faisait relativiser…

Retourner chez soi, retrouver sa culture, cela ne leur serait plus possible. Bien au contraire, ils allaient devoir s’adapter, comprendre comment fonctionnait l’île principale. Elle se demandait, si certaines iraient chez les Athnas par exemple, eux qui étaient plus suprémacistes envers les hommes que les femmes. Pourtant, les guerrières n’auraient rien à leur envier… Elle perçut l’inquiétude, dans le ton de la voix, même si le mot était utilisé aussi. Evidemment, tout était si différent… « Je comprends, le sentiment de déracinement doit être compliqué à gérer. Nous tenterons de vous aider au mieux dans la transition. » Ils essaieraient de les accompagner pour que tout se fasse au mieux, tant que les nouveaux arrivants y mettaient du leur aussi. Trouver un équilibre n’allait pas être simple, elle en avait parfaitement conscience, il faudrait y aller pas à pas, tout expliquer, pour éradiquer la peur avant que celle-ci ne naisse. « Vous n’avez pas à en avoir peur. En aucun cas, ils ne vous feront du mal, nos lois sont parfaitement claires à ce sujet. » Elle se tut pour laisser l’autre continuer, fit une pause de réflexion, avant de reprendre : « Nous sommes venus lors de votre fête annuelle, et j’ai cru comprendre que votre société était basée sur les femmes plus que sur les hommes. » C’était pour cela que Rowena était plus facilement respectée que ces deux collègues masculins auprès des arrivants. Néanmoins, l’idéologique Naorie était quelque peu différente…

« Mais peut-être pourriez-vous m’en dire plus ? Que j’appréhende plus facilement les soucis que cela vous cause, ou pourrait vous causer à l’avenir… » Invitation à la discussion, la chamane ne souhaitait pas sentir de tensions avec les Kovarii, encore moins après ce que tous avaient vécu. Des pertes terribles, et se serrer les coudes serait la meilleure solution. Mais pour cela, il faudrait se comprendre. « Ici, on recherche quelque chose de plutôt égalitaire. Que vous soyez homme ou femme, si vous possédez les compétences dans un domaine, on vous fera confiance, et vous pourrez accéder aux plus hautes fonctions alors. » Comme elle. Comme Harlan ou Caleb. Comme les apprentis qui les remplaceraient bientôt. « Tenter de ne pas s’arrêter au genre de la personne est apparu à notre sage comme une bonne idée. » Ah, la sagesse des Naoris… Toujours utile pour comploter et manipuler, aussi bien que pour aider et accompagner. Deux facettes d’une même pièce, d’une même tribu.


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Sujet: Re: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
Mer 14 Mar - 16:55

Il était étrange pour Cyd de sentir un regard maternel sur elle. Elle n’avait absolument pas l’habitude de ce genre de regard. Sa mère avait toujours posé un regard dur sur elle. Un peu comme si elle était une sorte de parasite qui gênait. La brune androgyne frissonna en repensant à ce souvenir plus que douloureux. Rowena lui expliqua ce qu’était un druide et Cyd se fit la réflexion que c’était ce qu’elle faisait pour les siennes. « Je fais tout ceci. Je prépare des potions et je cherche les herbes. » Elle serait curieuse de rencontrer des druides et de comparer leurs méthodes de travail. Peut-être étaient-elles différentes. La guérisseuse fut contente que Rowena soit d’accord qu’elle regarde sa jambe, c’était une preuve de confiance selon elle et elle était contente d’en bénéficier. Elle avait l’habitude des guerrières qui ne montraient aucun signe de faiblesse et était un peu déstabilisée par la douceur de Rowena. Bien sûr chez les Kovariis, il y avait des femmes douces, mais jamais elle n’avait vu des dirigeantes comme Rowena. Cyd avait l’impression de baigner dans un cocon de bienveillance et pour une femme comme elle, si androgyne et dérangeante, l’expérience était plus qu’étrange. « On pourra prendre du temps pour que j’examine. » Elle ne savait pas si la conseillère avait beaucoup de temps devant elle pour un petit examen. Surtout qu’un examen se faisait dans un peu d’intimité.

Là clairement, elles étaient à la vue de tous et Cyd n’aimait pas cela. Elle savait aussi que les femmes de sa tribu jugeraient et émettraient des commentaires. La Kovarii décida de parler de ses craintes à quelqu’un qui pourrait l’entendre, sans savoir comment cela serait pris. Elle avoua que son île lui manquait et rien que de l’avouer, son cœur se serra. Savoir que jamais elle ne reverrait sa terre natale, cela lui déchirait profondément le cœur mine de rien. « Merci, c’est très aimable de votre part et de la part de votre peuple. » Car même si les dirigeants étaient d’accord de leur présence, le peuple pouvait aussi émettre son avis et Cyd s’était sentie bien accueillie. Elle était encore perdue, devait s’habituer, mais elle se sentait en sécurité. Elle n’osait imaginer comment c’était pour celles qui n’étaient jamais venues sur le continent. L’expérience devait être un véritable choc. Cyd hocha la tête alors que la femme lui affirma qu’elle ne craignait rien par rapport aux hommes. « En général ils me laissent, je ne suis pas intéressante. C’est pour les autres que je m’inquiète. » Car certaines femmes étaient féroces et n’hésiteraient pas à lever la main sans sourcilier. Cyd pria la Déesse en espérant qu’aucune femme ne ferait un geste malencontreux. L’androgyne hocha la tête alors que Rowena lui dit qu’elle était venue à leur fête annuelle. La Kovarii ressentit une certaine fierté à l’idée que la conseillère ait été sur son île à la fête.

L’androgyne se sentit troublé quand Rowena demanda des informations supplémentaires. La femme baissa la tête, ne sachant que dire. Elle leva les yeux et écouta la femme lui expliquer les règles de leur tribu. Alors oui c’était bien comme on disait, c’était différent. Comment leurs hommes Kovariis le prendraient ? Quand Rowena parla de genre, Cyd se sentit en confiance. « Le genre est chez nous important. Je ne suis pas la mieux placée pour vous parler de notre peuple. Je suis certes une femme, mais… Je suis différente. » Et elle laissa le silence planer quelques secondes. « Je suis une femme qui reconnaît mon masculin, je dérange, je bouscule. Alors si j’osais vous expliquer nos règles… Ce que je peux vous dire et que vous devez savoir, nos hommes n’ont quasi pas de droit. » Sauf vivre et encore, des fois ce n’était pas toujours garanti. « Ce sont nos femmes qui commandent et possèdent tout. Nos hommes effectuent des basses besognes, ne seront jamais guerriers. Il est mal vu de naître homme chez nous. » Et c’était bien vrai. Elle pensa à Tek, son ami qu’elle adorait tant, mais qui par son genre, était enfermé dans quelque chose. Elle pensa à Ciro, à sa foi et sa vie. Cyd regarda Rowena et se demanda comment elle allait réagir en sachant la vérité sur elle, sur ce qu’elle était au fond d’elle. Allait-elle mal le prendre ? C’était aussi une manière de tester les croyances et tolérances de naoris.

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Sujet: Re: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
Jeu 22 Mar - 0:17



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Rowena laissa un sourire s’échapper sur son visage à la réaction de la jeune femme. En effet, avec tous les détails qu’elle lui avait offerts, elle était proche de ce qu’ils appelaient chez les Naoris des druides. « Vous pourriez rejoindre nos druides à l’avenir. Ce serait un bon moyen de vous intégrer dans la tribu. » Une proposition et une possibilité comme une autre. Certes, pour un tel cas de figure, il faudrait l’approbation et le soutien d’Harlan et de ses comparses, mais la chamane, elle ne s’en faisait pas. Après tout, il n’y avait pas de raisons qu’il refuse une aide supplémentaire, avec l’hiver et les maladies qui arrivaient, s’il l’en estimait digne. Parce que c’était bien le problème avec le conseiller : si elle n’avait pas les capacités ou sa confiance, il aurait du mal à travailler de concert avec. Pourtant, ce serait un bon compromis, un bon moyen de les faire s’impliquer parmi eux, oublier cet événement traumatisant qui avait ravagé leur patrie. Elle en parlerait au prochain conseil, l’évoquerait. Ce serait l’occasion rêvée. Elle le nota dans un coin de son esprit, avant de reposer son regard – et son attention – sur la Kovarii. « J’ai quelques heures de libre, j’avais prévu de les passer en compagnie des vôtres, donc on peut toujours prendre dessus pour un examen. »

Elle n’était pas à quelques dizaines de minutes près, et elle aurait l’occasion de venir s’assurer de leur intégration à de nombreuses reprises au cours des prochaines semaines. De toute façon, des entretiens réguliers étaient nécessaires pour voir l’avancement des relations. « C’est tout naturel vous savez. Nous n’avons pas pour habitude d’abandonner ceux qui sont dans le besoin. » Ils ne le faisaient même pas avec ceux qui pourraient être considérés comme leurs pires ennemis, alors de possibles alliés ? Non, il n’y avait pas que de l’altruisme dans cet accueil. D’un côté, ils voulaient aussi profiter des spécificités des Kovarii. Notamment en termes de combat ou d’armement. Un sourcil se arqua à la remarque suivante, et les lèvres se pincèrent. « Si l’une de vous lèvent la main sur un homme de la tribu, malheureusement, je ne pourrais rien faire pour la défendre, si aucune raison il y a. En revanche, si l’un d’entre eux a un comportement déplacé, il ne faut vraiment pas hésiter à venir en parler à un membre du Conseil. » Plutôt elle ou les deux apprenties du coup, si les Kovarii sont méfiantes par rapport aux hommes. Rowena était pour une cohabitation entre les deux tribus, mais il faudrait néanmoins que certaines assimilations, certains efforts, se fassent.

Elle écouta dans un silence religieux chacun des mots prononcés par la jeune femme. Le genre avait donc une place nettement plus importante chez elles qu’ici, au milieu de la forêt. En soi, Rowena ne trouvait pas qu’une société matriarcale soit meilleure ou plus mauvaise. C’était juste différent. Cependant, elle espérait que cela ne les empêcherait pas de retrouver une vie normale au sein du village. Si le seuil de tolérance des Naoris était élevé, les Kovarii devraient comprendre qu’ici, les hommes leur seraient égaux. Et sur ce point, la conseillère serait intransigeante. Elle leur apprendrait le pourquoi et le comment de la chose, durant des mois si cela était nécessaire. « Je comprends un peu mieux alors, pourquoi certains m’ont rapporté les ordres que les vôtres avaient pu leur donner. » Il n’y avait pas vraiment de jugement dans sa voix, juste une constatation. Tout devenait plus limpide concernant les retours qu’elle avait pu avoir. « Je ne peux obliger aucune d’entre vous à renier vos croyances, mais je discuterai avec vos cheffes, pour voir comment on peut concilier au mieux votre culture et l’égalité qui règne ici. »

Elle l’invita à la suivre d’un geste de la main, se dirigeant vers sa nouvelle massure. Finalement, heureusement qu’elle habitait au rez-de-chaussée (même si c’était un peu forcé) maintenant. Pas sûr qu’elle aurait été capable de monter à la cime de l’Arbre de Vie. « Vous savez, vous avez le droit d’être ce que vous voulez. Homme ou femme… Ca importe peu finalement, tant que vous êtes une bonne personne. » Oui, tout ce qui importait, c’était son cœur, ses actions. Rowena était capable d’estimer n’importe qui, pour peu que l’être se comportait avec respect envers tous et tout. Après… « Ici, chaque humain a un animal-totem, qui peut lui donner des conseils, avec qui il peut s’entretenir. On dit qu’il est le reflet de notre âme, de ce qu’on est réellement. Alors le genre, c’est secondaire. » Elle souriait, pouvait presque sentir la chouette dans son dos, posant son regard perçant sur elle. Ah, en voilà un aspect de la culture Naori qui pouvait être compliqué à expliquer…

Les doigts s’appuyèrent contre la porte de sa maison, se glissèrent à l’intérieur en invitant la Kovarii. Relativement chauffé, l’endroit conviendrait à merveille pour un examen des blessures. Toujours pansées par les bandages d’Harlan, camouflant alors les cicatrices laissées par les flèches, se dessinant du haut du dos jusqu’au milieu des cuisses, courant sur sa hanche. Les gardes royaux ne l’avaient pas loupée. Bordel, pourquoi devaient-ils être aussi doués… ?  


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Sujet: Re: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena
Dim 15 Avr - 21:40

Cyd fut étonnée et heureuse d’apprendre qu’elle pourrait intégrer la tribu à sa manière. Elle hocha la tête, cachant l’émotion qui la touchait. « Avec plaisir. Dois-je passer des tests de connaissance ? » L’androgyne n’était pas arrogante au point de croire qu’elle ne devrait pas passer des tests. Elle préférait demander plutôt que d’avoir des mauvaises surprises. Elle se disait qu’elle devait être humble. Elle n’avait pas trop le choix. Cyd voulait absolument s’intégrer. Elle voulait du moins essayer pour les gens de sa tribu. Elle pensait aux siennes avant de penser à elle car c’était son rôle. Cyd hocha la tête quant à la proposition de Rowena. « Cela ne prendra pas longtemps. » A peine une heure, et encore. Elle voulait juste mieux l’examiner. Son regard avait déjà remarqué des petits détails à force de voir la conseillère bouger à côté d’elle. Elle aimait échanger avec cette femme qui semblait bien simple. L’androgyne avait tendance à oublier que cette femme en face d’elle était une cheffe. Elle semblait si différente des cheffes Kovariis. Les naoris étaient des êtres avec des âmes nobles qui aidaient les autres. Néanmoins, elle n’était pas dupe, elle savait bien que chaque tribu s’offrait quelque chose. Les naoris ne savaient pas se battre, n’étaient pas une tribu offensive, les Kovariis oui. Elles n’avaient pas froids aux yeux et même Cyd n’hésiterait pas à empoigner son arc pour se défendre et défendre les plus faibles.

La guérisseuse décida d’expliquer ses craintes, d’expliquer les règles de sa tribu. Elle comprenait bien que frapper un homme sans raison n’était pas toléré. Cela ne voulait pas dire que les Kovariis battaient leurs hommes, mais elles avaient clairement le dessus et eux, très peu de droit et d’autorisation de protester. « Je tâcherai de dire aux miennes et aux hommes. » Dit-elle avec douceur. Elle acceptait aussi de transmettre le message aux hommes, de leur faire comprendre qu’ils auraient plus de droit aussi. Elle pensa à Tek et sut que son ami aurait peut-être plus de chance ici, sur ce continent. Elle l’espérait en tout cas. Elle ne savait pas si les hommes sauraient se défendre et s’ils allaient dénoncer des cas de maltraitance. Parler à un membre du Conseil ne serait pas facile pour certains, Cyd ne savait pas si tout le monde en serait capable. Elle sentait bien que Rowena l’écoutait et était attentive à ce qu’elle disait, cela lui faisait du bien. Elle ne se sentait pas jugé, mais plutôt accepté. Un poids s’ôta dans son estomac et elle se sentit tellement mieux. Elle savait que certaines des femmes avaient donné des ordres aux hommes. Surtout les plus anciennes qui n’étaient pas prêtes à se défaire de leur habitude. « Ne dites pas que je vous en ai parlée. » Il y avait une pointe de peur dans sa voix alors que Rowena avait parlé de discuter avec les cheffes.

Egalité et culture, cela semblait difficile. Cyd espérait du moins que cela se ferait. Elle le souhaitait réellement, mais jamais elle ne l’avouerait à voix haute. Elle ne savait pas combien de temps durait la tolérance entre les deux tribus qui se côtoyaient. Elle espérait que cela durait le plus de temps possible. L’androgyne suivit Rowena, se demandant bien où elles se rendaient. Elle distingua un petit logement et comprit qu’elles se rendaient chez la conseillère. « Merci de votre approbation. » Car elle le ressentait ainsi. Elle se sentait validé dans ce qu’elle était. Elle se demanda étrangement qui avait été son père, s’il était encore vivant et de quelle tribu il descendait. Elle savait que sa mère s’était accouplée avec un homme du continent. Elle ne descendait pas de deux parents Kovariis. Elle décida de ne rien en dire à la conseillère. Elle voulait encore cacher quelques coutumes de sa tribu. Elle se disait que Rowena le découvrirait tôt ou tard. « Un animal-totem ? Comment savez-vous lequel est le vôtre ? Est-ce impoli si je vous demande le vôtre ? » Elle était bien curieuse de cette tradition, accédant à un autre monde qui tout à coup lui offrait peut-être d’autres possibilités de vie. Elle entra dans la maison de Rowena et fut frappée par la chaleur ambiante. Elle se sentit bien dans les lieux. Cyd posa ses affaires dans un coin, passant une main dans ses cheveux courts. « Puis-je voir votre jambe ? Il faudra peut-être vous déshabiller. » Elle parlait avec douceur à l’autre femme. Elle voulait créer une ambiance de confiance.

Pour elle, il était important qu’une future patiente ait confiance en elle. Cyd n’avait pas encore vu l’ensemble des blessures de Rowena, ignorant tout de ce qui était arrivé à la conseillère.

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Sujet: Re: Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena

 

Yeux de lynx, apparence de caméléon | Rowena

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