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˜˜˜˜˜˜All things bright and cruel △ Leary
maybe life should be about more than just surviving


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05/10/2015 Electric Soul Harlan Tikaani & Einar Helgusson 6612 Dan Stevens BoxShock & tumblr Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture Odysséen 207
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Sujet: All things bright and cruel △ Leary
Mar 26 Déc - 17:46

Y'a eu le ciel, menaçant. Gris orage, noir suie. Lourd, lourd, lourd de pluie. C'était pas neuf, il l'avait déjà vu, ce ciel anthracite, Kay, depuis plus de deux ans qu'ils étaient ici. Il pensait que ce n'était rien. Rien qu'un ciel qui fait un peu plus grise mine que d'habitude. Peut-être juste une grosse averse qui se prépare, rien de plus.

Mais y'a eu les recommandations du Conseil. Tout le monde mis à pied d'oeuvre pour ramasser tout ce qui traîne dehors, tout ce qui pourrait être sensible à la pluie. Il a été réquisitionné comme tous les autres, Kay. Un parmi les petites mains par dizaines, parce que quand le Conseil vous demande de faire quelque chose, on obéit. Il a pas toujours tout apprécié, Kay, dans la vie sur l'Odyssée, mais il a toujours respecté les règles. C'était autrement qu'il défiait. Autrement qu'il se rebellait. Dans sa propre tête et ses propres idées plutôt qu'à la face des autres. Il tenait à sa peau, Kay. Il faisait pas de vagues.

Ils ont attendu. Les heures qui s'égrènent, impossibles à calculer vraiment, sans montre, sans soleil, avec juste son horloge biologique qui parle. Faut se réfugier dans le bâtiment principal, alors Kay, il suit. Il s'inquiète un peu, aussi. Parce qu'il voit les stocks de vivres, il voit l'inquiétude sur les visages. Et il se dit que peut-être que ce sera pas juste de la pluie. Peut-être que ce sera plus grave que ça. Mais il y connaît rien, Kay, il connaît plus les tableaux de Turner et Friedrich que les phénomènes météorologiques et il est perdu. Il voit qu'on distribue des couvertures, il voit les gens qu'on regroupe dans les dortoirs. Il suit, aveuglément. Y'a pas de gens qu'il connaît mieux que d'autres près de lui, juste des visages vaguement familiers à force de les croiser dans les couloirs et les allées. Alors il se tait, un peu, il attend, comme tout le monde. Il pourrait chercher Leary, mais avec le monde qu'il y a, il n'ose pas trop bouger, au risque de perdre sa place. Petit à petit, il réalise que la situation est peut-être grave. Que peut-être qu'il y a vraiment du danger.

Et puis y'a le vent. Qui frappe et cingle et tempête. La Terre, qu'il a toujours aimée, qui se retourne contre eux. Qui hurle et hurle et hurle à n'en plus finir. Et on se recroqueville, on reste emmitouflés dans les couvertures. On regarde les fenêtres barricadées, et on espère que le verre résistera, que le bois tiendra. Les heures s'écoulent. Il tombe de sommeil, à un moment ou un autre. Parce qu'il arrive pas à veiller comme ça, même quand y'a la nervosité tout autour. Il rêve d'aquarelles. De couleurs douces et pastels, qui tourbillonnent encore et encore.

Y'a des voix qui le réveillent. Des bruits de pas, des grognements. C'est dur d'avoir le silence, dans un dortoir où on entasse pratiquement deux cent personnes, et y'a ses grands yeux bleus qui clignent, peinent un peu à réaliser. Il a toujours eu un peu de mal à se réveiller, Kay, il a jamais été très matinal. Y'a les brumes du rêve qui continuent de s'accrocher, le voyageur contemplant une mer de nuages. Il se demande à quoi ressemblent les nuages, maintenant.

Il se relève, il garde la couverture sur les épaules, parce qu'il a un peu froid. Y'a l'hiver qui approche, le troisième depuis qu'ils sont sur Terre. C'est étrange de se dire que le temps passe si vite. Il espère que ça ira mieux, cette fois-ci. Y'a les cultures, qui les nourrissent, cette fois. Et les abris sont plus solides, l'air moins humide, ils auront moins froid. Peut-être que tout se passera bien, cette fois-ci ? Il est optimiste comme ça, Kay.

Et puis, les mots commencent à tomber. Le cyclone qui est passé. Kay, il écoutait probablement pas quand on a annoncé qu'il y avait un cyclone, ou il dormait. Il est surpris, un peu, enchanté d'une étrange façon aussi. C'est le genre de choses qu'il n'a lu que dans les archives, le genre de phénomène pour lequel il a toujours ressenti curiosité et admiration. La Nature dans toute sa splendeur et son déchaînement.

Et puis, au bout d'heures, de jours, il ne sait plus, enfin, il sort. Il voit la lumière du jour, le soleil pâle, qui commence à moins chauffer les peaux de ses rayons. Et puis il voit la boue, partout. Et les branches, et les pierres, et le bois qui jonchent le sol. Et les yeux bleus voient peu à peu les dégâts. Tout ce qui était solide ou consolidé a tenu. Mais la terre, la terre…

L'émerveillement fait place à du dépit. À du désespoir, presque, aussi. En voyant les semis arrachés, dispersés, détruits. Le fruit de mois de travail, réduits à néant. Ils vont devoir tout recommencer. Presque à zéro. Il avance, hagard, perdu. Et puis, il voit une autre silhouette. Une silhouette bien familière, et y'a un soupir de soulagement qui s'échappe de sa gorge. Il l'a pas vu, dans tout ce fatras, Leary, mais il est soulagé de le voir là. De voir qu'il va bien. Égoïstement, Kay se dit aussi que tout sera plus facile à supporter si Leary est là. Le pilier l'un de l'autre.

« Triste spectacle, hein ? » qu'il murmure en direction de l'autre professeur, devant le champ en ruines.

Dis-moi que tout ira mieux, s'il te plaît.

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07/12/2015 Gen Deng & Eirik Thorvald & Skylar Rees & Cyd Raye 236 Luke Evans avengedinchains Professeur en biologie 25



Jamais ils n’avaient vécu une chose pareille et pourtant en deux ans, ils en avaient vécu des choses. Mais là, c’était autre chose. Ils s’étaient tous rassemblés dans le bâtiment principal et Leary avait mal vécu cela. Le biologiste aimait bien avoir son espace, sortir, bouger. Là, c’était difficile. Il avait une couverture, comme les autres, mais il se sentait gelé. La nuit avait été difficile, mais il se demandait surtout comment c’était dehors pour les installations, les cultures. Il se sentait mal, tellement mal. Il ne savait pas combien de temps cela allait durer. Il pensait aux terriens qu’il connaissait et une boule se forma dans son ventre. Il espérait qu’ils n’avaient les mêmes problèmes qu’eux ici. Le temps passa et finalement, ils purent sortir pour constater les dégâts et les dégâts, il y en avait pas mal. Cela touchait les habitations, les cultures, tout. Leary était extrêmement frustré. En tant que biologiste, il s’occupait des cultures même si ce n’était pas un expert. Néanmoins, il ne manquait jamais de donner son avis si c’était possible. Il avait envie d’aller voir les terriens connus, de voir comment c’était dehors. L’homme se sentait comme un lion en cage. Même sa méditation quotidienne ne l’aidait pas à se détendre suffisamment. Une fois dehors, il resta sans voix. Les habitations avaient tenu, mais le reste avait été dévasté. La terre avait été retournée et il n’osait pas imaginer l’état des cultures. Aussitôt l’angoissa grimpa en lui. Une énorme bouffée d’angoisse. Il s’approcha des terres et constata que les semis avaient été retirés par le cyclone.

Cyclone, il en avait lu le phénomène dans des livres, jamais il n’en avait vu en vrai. Le voir en vrai lui donna un immense sentiment d’échec. Il distingua une silhouette, Kayden, son meilleur ami qu’il connaissait depuis longtemps. Il s’approcha de l’autre homme qui était son pilier. Son ami avait été là quand Leary avait tout perdu. Il n’avait pas été inquiet de pas voir l’autre homme dans l’immense bâtiment. Il savait que c’était assez grand pour se perdre. Le brun voyait bien la tête de Kay, il avait l’air d’un oiseau tombé du nid. Il s’approcha de l’autre homme et lui tapota sur l’épaule. « On va tout remettre en place. » Il regarda le champ dévasté. Il voulait rassurer Kayden, pas qu’il ne déprime trop. Néanmoins, du travail il y en avait. Il faudrait être rigoureux. Leary s’accroupit et attrapa une poignée de terre, regardant les dégâts plus en profondeur. « Peut-être les natifs pourraient nous donner des graines. » C’était quelque chose d’envisageable, il faudrait aller faire du troc. Il faudrait voir ce qu’ils pourraient troquer par contre. Il se redressa et regarda son ami qui tout comme lui avait été prof dans l’Odyssée. A croire que c’était dans une autre vie. Tellement de choses s’était produit, c’était tout simplement hallucinant. En deux ans, Leary avait appris plus que des années dans l’espace.

« Tu étais où durant la tempête ? » Cyclone, tempête, c’était presque pareil, même si dans la définition de chaque terme, cela n’était pas le cas. Leary avait étudié la faune et la flore, pas forcément les conséquences météorologiques de la nature. Et cette nature-ci était tellement différente de l’ancienne nature, tellement impitoyable. Des fois, Leary se demandait comment les natifs avaient pu survivre ici. Au moins, il était content que Kayden n’ait rien et se porte très bien. Cela dissipait un peu l’angoisse qu’il avait eu auparavant. « Je me demande jusqu’où les dégâts s’étendent. » Murmura-t-il pensivement. Il regarda les terres autour d’eux, tout était retourné, ravagé. Rien n’avait été épargné dans cette tempête, au contraire. C’était une véritable catastrophe. Une forme de tristesse l’envahit. Il était si triste de voir un tel paysage, une telle destruction. Comment tout ceci était-il possible ?! Il ne comprenait pas. Ou plutôt, ils avaient subi la Nature et n’avaient rien pu faire. Ce n’était pas la première fois qu’ils souffraient, mais là il ressentait un immense sentiment d’échec.

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05/10/2015 Electric Soul Harlan Tikaani & Einar Helgusson 6612 Dan Stevens BoxShock & tumblr Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture Odysséen 207
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Il a jamais été particulièrement fort, Kay.

Ni physiquement, ni mentalement. Toujours trop rêveur, toujours trop doux. À s'opposer dans les idées, à essayer de guider, mais jamais à forcer, jamais à imposer. Il préfère suivre et faire profil bas, s'évader dans les pensées, s'affranchir dans ces libertés de l'esprit. Malgré tout, il a été le soutien de beaucoup, Kay. Peut-être parce qu'il écoute bien. Peut-être parce qu'on se dit qu'on peut lui faire confiance, qu'il ne dira rien, ne divulguera rien. Et c'est vrai, c'est pas un traître, Kay, du moins, tant qu'on le blesse pas directement, tant qu'on le frappe pas directement. Il veut aider les autres, il veut leur faire voir le beau, le vrai, le délicat, il est comme ça. Il a guidé, beaucoup. La faute à son poste, sûrement, parce qu'un professeur, c'est fait pour guider, aider, pas vrai ? Alors Kay, il a parfois dû combattre son côté plus réservé, se mettre au service des autres. Il est toujours là pour les autres, Kay. Mais on est rarement là pour lui. Peut-être juste parce qu'il s'ouvre pas à beaucoup de gens, pas vraiment. Le superficiel, tout le monde le connaît. Mais y'a pas grand-monde qui sait les côtés plus sombres, la blessure enfouie, la rébellion sans issue. Mais c'est pas grave, il sait qu'il peut compter sur une petite poignée de gens. Il vit bien comme ça. Il a pas besoin de beaucoup plus.

Peut-être par fainéantise, peut-être parce que c'était la première chose relativement chaude qui lui est tombée sous la main, Kay porte une couverture de grosse laine autour de lui, comme on porterait un poncho, au lieu d'une veste d'hiver ou encore les fourrures troquées avec les terriens. Sous l'offensive du froid matinal, il resserre le tissu contre lui, comme un enfant qu'on réveille dans la nuit et qui s'accroche à son doudou. Toujours un peu trop enfantin, Kay, malgré tout. À garder une naïveté et un émerveillement de gamin, même quand ça lui nuit. Parfois, il veut juste pas ouvrir les yeux sur la réalité. Les rêves sont toujours plus aisés.

Il sent une main lui tapoter l'épaule, une présence qui le tire de ses pensées noires – tant de dégâts, tant de gâchis, tant à reconstruire – et ses yeux bleus se tournent vers Leary. Un sourire faible étire ses lèvres, quand son meilleur ami dit qu'ils vont tout remettre en place. Il ne parle pas de destruction, mais de reconstruction. Et c'est ce dont il a besoin, Kay, à cet instant. Ne pas voir le négatif, quand il crève les yeux, lui qui s'aveugle généralement à ça. Lui qui ne le voit souvent que trop tard. Il essaie de penser au positif, devant ce champ dévasté, il essaie, mais il a du mal à voir les opportunités de reconstruction. Il voit surtout tout ce qu'ils ont perdu. Ça passera, il le sait, il reviendra tôt ou tard à son optimisme habituel, mais ce matin, au lendemain de ce cyclone, il est encore trop secoué, trop choqué par ce déchaînement de la nature. Ce brusque et cruel rappel qu'ils vivent dans un monde sauvage et que tout ce qu'ils ont construit peut disparaître, à n'importe quel instant.

Un peu détaché, Kay regarde Leary s'accroupir, examiner les dégâts du champ, émettre l'hypothèse d'une aide terrienne. Kay frissonne, dans l'air matinal. La réponse est pensive, murmurée, presque. « Oui, peut-être. Enfin, je suis pas totalement sûr avec ces nouveaux voisins mais on peut toujours essayer. »

Kay, il regrette toujours un peu ne plus être proche des Naoris. Il ne les connaît pas assez, ces nouveaux terriens, mais il sait qu'ils sont beaucoup moins pacifiques. Alors Kay se méfie, n'ose trop espérer.

Les lèvres se mordent, devant le rappel de la tempête. Il ne veut pas penser au vacarme, à la peur, à tous ces gens entassés dans le bâtiment. Il a réussi à mettre une muraille entre lui et l'agitation, à se réfugier dans le sommeil et les rêves, mais il sait que ce n'était qu'un répit de quelques heures.

« Dans les dortoirs. Y'avait trop de monde, c'était trop compliqué de te chercher. » Il aurait pu, il le sait, et il y a pensé. Mais devant la détresse de la marée humaine, Kay s'est juste réfugié en lui-même, comme il a tendance à le faire quand ça ne va pas. « T'étais à l'abri aussi, hein ? » Une question un peu bête, sans doute, puisque Leary est bel et bien vivant devant lui. Mais il s'en veut un peu de ne pas avoir cherché son meilleur ami. Et s'il s'était passé quelque chose ? Et si Leary avait été coincé là, dehors, et que Kay avait juste été trop sûr que tout allait bien alors que ce n'était pas le cas ? Non, il n'a pas envie de songer à ça. Leary va bien, et de ce qu'il a entendu, il n'y a aucune victime parmi eux. Juste des dégâts matériels. Il faudra que les experts évaluent tout, la stabilité des bâtiments, des barrières, mais Kay sait déjà que les plus gros dégâts ont été faits à leurs cultures.

Et puis, y'a la pensée qui s'engouffre, celle à laquelle Kay n'a pas songé, tout dans sa bulle qu'il était, ces deux jours de cauchemar. L'étendue des dégâts. Sont-ils les seuls à avoir été touchés ? Et les cents, alors, qu'en est-il d'eux ? Et les terriens, les Naoris, Meeka, l'ont-ils vécu, ce cyclone ?

Les iris bleus se promènent sur les terres autour d'eux, suivent le regard de Leary. Kay déglutit difficilement. Tout d'un coup, sa gorge est serrée.

« Vu la violence des dégâts ici, j'ai peur que ça ne se soit propagé ailleurs. Peut-être jusqu'aux cents. » répond-t-il, inquiet. Il a des anciens élèves là-bas, Leary aussi, sûrement. Son ton se fait triste, quand il ajoute, à voix basse : « On lit tellement de choses dans les archives, mais on est jamais préparé quand ça arrive. »

Non, on est jamais préparé à la violence de la nature.

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Kayden avait l’air d’un enfant avec sa couverture de grosse laine, mais Leary n’allait pas l’infantiliser. Malgré tout, il tentait de rester positif. Il parlait de reconstruction au lieu de destruction. Leary proposait même l’idée de demander des graines aux natifs. C’était peut-être une idée complètement folle, mais pourquoi ne pas tester ? L’homme du ciel voulait toujours tester de nouvelles choses et pour lui c’était une possibilité à explorer. Il ne savait pas si son meilleur ami allait approuver. De toute manière ils ne décidaient pas tous à deux. Il y avait les militaires, les équipes d’exploration. Ce n’était pas un moulin ici, bien loin de là. « Certains des nôtres rencontreront peut-être des terriens. » Lui en avait déjà rencontré et avait raconté à Kay car il pouvait difficilement lui cacher la vérité. Leary avait appris ces derniers mois aux côtés des terriens. Il avait eu peur, il avait élargi aussi ses connaissances concernant cet endroit et la langue. Le biologiste se détacha de ses envies et demanda à son ami où il était. Il était inquiet et avait besoin d’être rassuré d’une manière ou d’une autre. Son côté paternel resterait toujours là. Il avait été un père, il avait été prof. Tout ceci resterait en lui et façonnait sa manière d’être. Alors il restait inquiet pour lui et surtout pour Kayden.

Son ami lui semblait fragile, même si Leary savait que Kay était capable de grandes choses. « Ne t’en fais pas. » Répondit-il quand l’autre homme expliqua qu’il avait trop de monde pour le chercher. Jamais le veuf ne lui ferait des reproches et surtout pas de ce genre. Ce qui comptait en ce moment-même, c’était que les deux aient survécu et c’était amplement suffisant. Leary sourit avec douceur à Kayden quand celui-ci lui demanda s’il était aussi à l’abri. « Oui j’étais dans le bâtiment principal avec les autres. C’était un peu l’anarchie, mais ça a été supportable. » Pour Leary tout était toujours supportable. Il pouvait s’en sortir dès qu’il pouvait être tranquille mentalement et que la situation n’en était pas au point où tout le monde criait. Le scientifique perdait difficilement son sang-froid. Il lui en fallait vraiment beaucoup pour cela. Il se demandait jusqu’où avait été les dégâts et il sentit une profonde angoisse monter le long de ses entrailles. Cela ne le rassurait vraiment pas. Il n’osait imaginer comment était le reste de l’environnement. Il pensa aux terriens qu’il connaissait, mais aussi aux cents. « Il faudra qu’on aille les voir. » Il avait encore certains élèves là-bas et l’angoisse monta encore plus. Il tenta de la contrôler, de ne pas y réfléchir, mais ce n’était pas aussi facile.

C’était quelqu’un de très émotif et il ne voulait pas penser à tout ceci. Il se secoua un peu comme un oiseau tombé du nid, fermant la chape qui était au-dessus de son bol d’émotions. Le calme l’envahit. Il avait tendance à couper les choses quand c’était trop douloureux, trop insoutenable. Kayden parla de la violence de la nature et Leary resta songeur. « C’est violent, mais c’était comme si tout recommençait à zéro ensuite. » Et même s’ils perdaient, le biologiste était sûr que quelque part, tout ce chamboulement créait la vie, il avait envie d’y croire. Eternel optimiste qui s’accrochait à certaines croyances pour ne pas perdre complètement pied. « C’est impossible de détailler ce genre de phénomène par écrit. Si j’étais croyant, je dirais que c’est un des dieux qui peuple le folklore d’autrefois qui a frappé. » Il ignorait tout des croyances des terriens. Il avait juste lu sur l’ancien temps, quand les gens croyaient à plein de dieux. Il y avait eu aussi des croyances monothéistes selon les pays. Il y avait eu encore des religions polythéistes, mais en tant que scientifique, Leary ne comprenait pas ce qui donnait envie de croire. Il avait beau lire des choses, des fois le voir sur le terrain parlait plus.

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Prudent et un peu méfiant, mais malgré tout curieux, Kay réfléchit à la proposition de Leary. Rencontrer des terriens. Leurs nouveaux voisins, il ne les a pas encore vraiment croisés, n'a pas encore vraiment eu l'occasion de parler avec eux. Mine de rien, les Naoris sont venus à leur rencontre, les ont aidés. Ces terriens-là...ils ont attaqué les cents, pas vrai ? Enfin, c'est peut-être pas exactement ça, mais le fait est qu'il y a eu des relations suffisamment mauvaises pour que ça escalade en conflit armé. Kay sait qu'il ne peut pas passer pour un natif, il ne parle déjà pas assez bien leur langue et se ferait trahir en moins de deux. Alors, il n'ose pas trop s'aventurer par là. Avec son sens de l'orientation catastrophique, il serait capable de s'égarer par là sans le vouloir, certes, mais volontairement...il est un peu méfiant malgré tout. Il ne les connaît pas ces terriens, même s'il aimerait quand même les connaître, voir leurs différences avec les Naoris. Ils auraient à y gagner à avoir de bonnes relations, pas vrai ? Un jour ou l'autre, ils devront bien accepter qu'ils vivent tous sur la même terre, que c'est plus facile de coopérer que de se regarder en chiens de faïence. Enfin, dans un monde idéal, ce serait comme ça. Et Kay sait qu'il n'a pas assez de cran pour aller être le pionnier dans ce monde visionnaire, non. S'il y a des rencontres organisées, s'ils se déplacent avec la sécurité d'un groupe, pourquoi pas. Mais se rendre seul dans un territoire qui n'est ni ami, ni ennemi ? Kay préfère ne pas prendre ce risque. Même si ça lui coûte des graines et la reconstruction du camp. De toute façon, Kay, c'est juste une des nombreuses petites mains qui aide aux cultures, ce n'est pas lui qui organise le tout, qui traite avec les terriens. Il suivra le groupe, observera tout comme il a regardé tant de films en noir et blanc dans les archives, mais il ne fera pas le premier pas.

« Comment ils sont ? Ces terriens ? Ils sont très différents des Naoris ? » Il sait que Leary en a rencontré quelques uns, qu'il les connaît au moins un peu. Si Leary dit qu'on peut leur faire confiance, il le croira. Et puis, s'il suggère un troc, c'est qu'il doit savoir que c'est possible, non ? Kay a entendu parler de ça, mais il a pas trop rejoint le groupe qui a tenté cette approche. Il n'avait rien à échanger et il ne se voyait pas se ramener les mains vides, face à des terriens qui n'apprécieraient peut-être pas leur venue.

Il répond par un sourire quand Leary n'a pas l'air de lui en vouloir de pas l'avoir cherché et le rassure sur le fait qu'il était bien à l'abri. L'anarchie...oui, c'était une façon de décrire des centaines de gens entassées dans un bâtiment en attendant qu'un cyclone dévastateur passe à côté d'eux. À craindre que les portes ou les fenêtres cèdent et que tout ne soit emporté sur son passage. Mais Kay préfère ne pas épiloguer là-dessus. Ce n'était pas agréable, oui, c'était même angoissant, oui, mais c'est passé, c'est fini et c'est sur ça qu'ils doivent se concentrer. Kay envie à Leary son calme, sa solidité. L'autre professeur a toujours été son point d'ancrage à la réalité, quand Kay divaguait trop, se perdait trop. Il lui permet de respirer, le rassure et il ne sera jamais assez reconnaissant envers son meilleur ami.

« Il faudrait, oui. Enfin, j'espère qu'ils accepteront de nous voir. Certains ne nous aiment vraiment pas. » dit-il, avec une moue un peu triste. Ça le blesse un peu, Kay, d'être mis dans le même sac que le Conseil. C'est pas lui qui a pris la décision de les enfermer, si ? Pas Leary non plus. Alors pourquoi est-ce que les cents s'acharnent à les détester en groupe, alors qu'ils vivaient tous de la même façon ? Pourquoi ne pas avoir été en prison fait automatiquement d'eux les méchants de l'histoire ? Ce n'est pas comme ça que ça se passe, normalement. Kay ne comprend pas. Mais peut-être que les cents le taxeraient de naïf ou d'idéaliste ou de trop gentil. Il a trop souvent entendu ces mots-là, Kay. Des adjectifs positifs tournés en insultes et en moqueries. « J'espère qu'ils n'ont rien. » qu'il murmure, en se mordant les lèvres.

Ce serait terrible s'il y avait eu des pertes parmi eux. Ils sont déjà si peu, du vaisseau mère à avoir survécu. Un millier de vies, fauchées en plein ciel, dans un océan de flammes. Un souvenir qui continue de hanter ses nuits, parfois.

Le pli de la bouche de Kay se tord, en entendant que ce serait comme recommencer à zéro. Aujourd'hui, il n'arrive pas à être optimiste, à se dire que c'est une opportunité. Il voit ça comme un fardeau. « J'ai parfois l'impression qu'on arrête pas de commencer à zéro. En tombant ici. En déménageant. Et maintenant ça. » Son regard se promène sur la boue et les champs en ruine. « Quand est-ce qu'on va enfin pouvoir garder quelque chose ? Construire quelque chose ? » Il a l'envie puérile de frapper quelque chose, alors il ne résiste pas, même si ce ne n'est que de la boue qu'il dégage du pied. Il se dit qu'il peut se permettre ces écarts avec Leary. Qu'il a pas à mentir ou cacher ce qu'il ressent. Il doit pas être le prof impeccable, qui doit retenir ses pensées rebelles et iconoclastes. La censure, il en a eu assez, sur l'Odyssée.

« Dieu qui envoie le déluge. Thor qui envoie l'orage et la tempête. Je peux y croire. Peut-être qu'ils ont des dieux, ici, qu'ils ont un poids, une colère. C'est un autre monde, cette Terre. » qu'il répond, en écho aux propos de Leary. Il a toujours apprécié lire ces récits, plus fabulés qu'autre chose, certainement, mais il aimait ces images et cette imagination, la poésie des mythes. Il les apprécie comme œuvre littéraire, comme mythe explicatif, aussi. Mais la religion ? Non, pas vraiment. Ses dieux, à Kay, ce sont les mots, la musique et les images qu'ils évoquent. Rien de plus, rien de moins.

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Kayden était différent de Leary, mais c’était ainsi qu’ils se complétaient, depuis des années. Ils se rejoignaient sur certains points et se séparaient sur d’autres. Son meilleur ami savait bien qu’il avait rencontré des terriens, plusieurs fois. « Ils sont différents. J’en ai rencontré un il y a quelque temps, il était plutôt jeune et très agressif, un guerrier je crois. » Leary pensait à Finn qui avait été si agressif en le croissant. Le brun avait su le gérer sans le faire exploser. Mais il avait eu chaud, il avait eu peur. Le brun ne savait pas se battre et il se sentait toujours à la merci des autres plein d’agressivité. Le scientifique n’en voulait pas son ami de ne pas l’avoir cherché dans la folie de la tempête. Leary était difficilement rancunier ou fâché, il lui en fallait énormément. Il faudrait l’aide et les conseils des terriens. « Je suis sûre que certains seront compréhensibles. » C’était du moins ce qu’il espérait. Il restait un éternel optimiste qui comptait sur la bonté humaine. Il pensa aux cents et se demanda comment eux allaient et s’en étaient sortis. « Je pense que oui, on saura assez vite. » Leary pensa à certains cents qu’il appréciait sur le camp. Il regarda Kayden qui se mordait la lèvre. Il connaissait bien cette expression, mais ne dit rien, restant silencieux. Il savait qu’il ne devait pas en faire trop, juste être là au maximum pour son ami.

Le scientifique voyait cette remise à zéro comme une opportunité. C’était leur chance. Kay n’avait pas tort en disant qu’ils n’arrêtaient pas de recommencer à zéro. Il l’écouta et baissa les yeux en le voyant pousser la boue du pied. Leary le connaissait bien son meilleur ami pour savoir qu’il avait ce petit côté rebelle qu’il cachait aux autres. « Cela viendra, c’est notre chance. Cet endroit est idéal, mieux que le précédent. Le temps fera son œuvre. » Il espérait qu’ils ne bougeraient plus. De toute manière, Leary ne se voyait pas à l’époque finir sa vie dans le vaisseau. « On a beaucoup souffert, c’est vrai. » Et il pensa à Barbara. Il l’avait perdue dans l’atterrissage, comme tant d’autres. Cela avait été très difficile. Il n’avait jamais cru s’en sortir, il avait cru sombrer dans la dépression. Mais il avait toujours su que sa femme n’aurait jamais désiré cela pour lui. Alors il se battait, il acceptait les défis que la vie lui lançait. Leary n’en était pas devenu pour autant croyant, bien au contraire. Il ne croyait pas au destin, les choses arrivaient par hasard. C’était un peu par hasard qu’il avait souffert, qu’il avait été blessé et avait croisé certains individus plutôt que d’autres. « C’est un autre monde. Peut-être que les terriens ont donné cette explication. »

Même si lui, ne s’en contentait absolument pas. Il était un scientifique, il avait besoin de réfléchir aux choses, de trouver une explication. Il savait que cela avait une cause météorologique. Quand il regardait cette terre retournée, l’état actuel des choses, il était tout de même chamboulé. Il ressentit une intense fatigue. Comment allaient-ils faire ? « On devrait s’y mettre. » Pour ne pas trop déprimer, pour ne pas se contenter d’être là et d’attendre que d’autres viennent les motiver. Il regarda son ami, se demandant si celui-ci était toujours en colère ou si à présent, s’il était un peu calmé. Leary comprenait sa colère, lui aussi se sentait dans ce même état, agacé, désespéré. Il se demandait comment ils allaient faire. Le scientifique savait qu’ils réussiraient même si ce serait très fatigant, très intense. « A nous deux comme bras cassés on y arrivera bien. » Dit-il avec un sourire pour essayer de détendre l’atmosphère.

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Y'a des choses pour lesquelles Kay sera toujours moins doué, toujours moins à l'aise. Il aime les nouveautés et les choses inconnues, il aime les découvertes. Mais surtout sur un plan intellectuel, spirituel. Il a voué sa vie à l'intangible, à l'esprit, au coeur. Tout ce qui est physique ou manuel n'a jamais eu sa faveur et s'échouer sur Terre a changé quelque peu ses perspectives, l'a forcé à devoir penser d'une façon autre. Il a papillonné entre les intérêts, avant de trouver quelque chose pour lequel il n'était pas un cas désespéré.

Mais le fait est que Kay n'est pas quelqu'un de foncièrement courageux ou fonceur. Que, entouré de terriens qu'il sait potentiellement agressifs et belliqueux, il n'a pas confiance et préfère éviter de s'aventurer trop loin, trop près de leurs villages. Il ne veut pas déclencher des hostilités malencontreusement, Kay.

Alors il se fie aux dires de Leary. Des propos qui ne le rassurent pas, qui lui font froncer les sourcils, porter son regard vers l'horizon, vers – peut-être – ces villages inconnus. Il se demande si ce guerrier agressif était un cas isolé ou si là-bas, ils leur sont tous hostiles. Il les connaît si peu, ces terriens. Il devrait probablement faire un effort, tenter d'aller vers eux, pourquoi pas accompagner les autres quand ils veulent troquer quelque chose mais...pour l'instant, il préfère ne pas s'y risquer. Il n'y est pas assez préparé.

« J'espère que tu n'as rien eu. Il s'est passé quelque chose pour qu'il soit aussi agressif envers toi ? » Il s'inquiète un peu pour son ami, Kay, c'est normal. Leary n'a pas l'air mal en point et il ne sait pas de quand date cette rencontre, mais il y a parfois des séquelles qui ne sont pas visibles. Kay s'en voudrait de ne pas les avoir devinées.

Le sujet des cents est évoqué, Kay s'inquiète mais Leary le fait relativiser, l'apaise avec son optimisme quand lui-même en manque et n'arrive pas à retrouver sa vision positive. Il offre un sourire à son meilleur ami, prie pour les jeunes, prie qu'ils n'aient rien. Prie pour de meilleures relations à l'avenir, même si parfois ça semble relever plus du rêve et de l'utopie qu'autre chose.

Son souffle colore de blanc le petit matin. La boue a tout envahi mais les fondations ont tenu bon, les bâtiments ont tenu bon. Qui sait ce qu'il se serait passé s'ils étaient restés dans la carcasse de l'Odyssée ? Est-ce que la grande dame de fer se serait écroulée, après ce nouveau choc ? Elle avait déjà souffert après le tremblement de terre. Peut-être se serait-elle écroulée sur leurs têtes, avec la force du vent. Le professeur se demande si le vaisseau est encore debout, aujourd'hui, ou si il a fini totalement démantelé par la force du cyclone.

Non, il ne vaut mieux pas penser à ça. De toute façon, il imagine qu'ils le reverront bien assez tôt, pas vrai ? Trop d'attachement à ce vaisseau, qui les a maintenu en vie pendant un siècle.

Leary dit que cet endroit est idéal et c'est vrai, Kay doit le reconnaître. Il était plutôt pour le déménagement, quand les premiers échos de celui-ci ont parcouru le camp, et il sait que leurs conditions de vie sont meilleures ici. Mais Kay aimerait une situation stable, claire, pour une fois. Ne pas avoir la sensation que certains jours, cette Terre veut les recracher dans l'espace, à force de cataclysmes et autres malheurs.

Parfois, il se dit que l'espace était plus simple. Quelle ironie.

« Tu as raison. » qu'il soupire, avant de tourner un sourire un peu contrit vers Leary. Oui, lui a beaucoup souffert avec ce crash. Kay a perdu des proches, comme tous, mais perdre sa femme ? C'est autrement plus dur. Et soudain, sa colère semble tellement futile à côté de ça, il se sent un peu idiot. Il pose une main légère sur l'épaule de son meilleur ami, offre un soutien silencieux à la peine qu'il devine, sous la surface. « On y arrivera. » Oui, Kay peut bien partager la confiance de Leary. Ils y arriveront. Il faudra juste du temps. Le pessimisme ne lui sied pas.

Il hoche la tête en assentiment, quand Leary propose de se mettre au travail. Oui, c'est encore probablement la meilleure solution. Reconstruire. Rebâtir. Effacer les traces de cet ouragan de malheur.

« On va se transformer en fées du logis et pros du jardinage. » qu'il répond, dans le même esprit de détente.

Oui, plus qu'à chercher les outils pour commencer à déblayer tout ça. Autant s'y mettre maintenant.

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Leary ne croisait pas si souvent des natifs, mais le peu qu’il avait croisé, cela l’avait inquiété. Il avait su apaiser Finn, mais cela n’avait pas été facile du tout. Il balaya les paroles de Kayden en faisant un mouvement de main. « Tout va bien. » Il avait eu énormément de chance, mais il ne précisa aucunement. « Non pas particulièrement. Je crois qu’il voulait juste me prévenir qu’il pouvait être dangereux. » Dit-il avec un petit sourire en coin, aucunement inquiété. Était-ce de l’arrogance de sa part ? Non pas forcément. Il espérait juste qu’ils ne seraient pas tous agressifs. C’était un peu usant à dire vrai. Malgré tout, il gardait son optimiste légendaire et ne voulait pas broyer du noir inutilement. Il y avait bien plus grave dans la vie selon lui. La vie était difficile, mais ils étaient mieux ici que dans l’espace, tous confinés et attendant d’exploser. C’était du moins ce que se disait l’homme pour rester calme. Il y avait des gens qui étaient morts inutilement selon lui. Alors il était heureux d’être ici, même si lui aussi avait payé un certain prix pour arriver là où il était. Il laissa son meilleur ami le toucher et ses épaules se détendirent. C’était vrai qu’il vivait avec cette peine. Il avait appris à faire avec. Il n’allait pas se plaindre. Il pouvait encore marcher, était indépendant. Oui il y avait toujours pire que soit.

La situation était tout de même difficile se dit-il en voyant les dégâts que le camp avait essuyé. Il faudrait du temps pour tout reconstruire et de la patience. Ils en seraient capables, il le savait. Leary constata que Kayden semblait bien plus calme à côté de lui et il était content. Le brun avait le don pour calmer les autres quand il s’y mettait. Le scientifique avait toujours été ainsi. Il n’en allait pas autrement. Il décida de profiter de sa chance et de motiver encore plus l’autre homme. « Allons chercher les outils alors. » Et il le regarda droit dans les yeux en attendant sa réaction. Leary n’avait rien d’autre à faire et il ne se voyait pas sortir maintenant étudier les animaux ou la flore. Cela serait ridicule. « Je pense qu’il nous faut des pelles. » Ils devaient bien avoir cela dans leur réserve. Certains outils étaient tout simplement de la récupération ou des vieux objets qui avaient survécu à la chute du ciel. Mais il ne fallait pas en attendre à grand-chose. Leary avait fait énormément avec ses mains. Il savait être patient et manipuler la terre. Le brun alla chercher le matériel qu’il leur fallait. « Tu viens m’aider ? » Heureusement le matériel n’était pas si loin.

Une petite réserve où il y avait tout pour son bonheur. Leary attrapa effectivement des pelles, ce qui aurait pu ressembler à des râteaux et les passa à Kayden avant de retourner auprès de leur culture. Il observa les plantes qui faisaient la gueule. « Je pense qu’il faudra carrément en retirer non ? Certaines ne survivront pas, d’autres peut-être, il faut tenter. » Il faudrait des conseils d’agriculteurs se dit-il. Des agriculteurs natifs, cela devait bien exister ? Leary n’avait jamais visité les tribus, mais elles devaient bien se nourrir d’une manière ou d’une autre. Et pour cela, il fallait des cultures qu’ils n’avaient pas vraiment. Tout était à titre expérimental. Alors que Leary se concentrait et se demandait comment ils allaient remettre en ordre ce bazar, il s’arrêta un instant. « Peut-être qu’on fait mal les cultures. » Peut-être faudrait-il aussi demander aux cents des conseils ? Ce serait peut-être un moyen de se lier encore plus à eux. Il nourrissait beaucoup d’espoir à ce sujet, mais c’était parce qu’il ne voulait pas lâcher prise avec eux. L’ancien professeur restait convaincu qu’ils pouvaient se réconcilier avec les cents, malgré tout ce qui s’était passé.

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Ce n'était pas vraiment rassurant en soi de se faire menacer par des terriens. Et Kay ne savait franchement pas comment Leary avait fait pour s'en sortir dans ce cas-là. Lui, il aurait probablement fui. Ou essayé d'atténuer la tension. Mais aurait probablement fini percé par une lame ou quelque chose de ce genre à la place. Bizarrement, il avait la sensation que ses tentatives d'apaisement ne fonctionneraient pas trop avec des terriens plutôt portés sur le combat. Mais clairement, il pouvait admirer son meilleur ami d'avoir pu garder ainsi son calme et s'en être sorti sans une égratignure. Ça demandait un sacré mental. Kay était peut-être même un poil envieux, à vrai dire. Mais ça, il allait gentiment le garder pour lui, merci. Pas la peine de renforcer ce petit sourire, même si le compliment ferait probablement du bien à son meilleur ami.

« Super la rencontre. » ironisa quelque peu Kay. « J'espère que je ne tomberais jamais sur lui, dans ce cas. »

Ou sur un autre terrien agressif. Pour l'instant, l'ex-professeur avait plutôt eu de la chance dans ses errances mais rien ne disait que ça continuerait ainsi. À un moment ou un autre, la roue tournait, non ? Et un jour, son sens de l'orientation catastrophique et son côté très peu manuel lui joueraient des tours, il en était persuadé.

Il se laissait contaminer par l'optimisme de Leary, revivifier par lui. Si Leary pouvait encore réussir à voir le positif dans tout ça, Kay le pouvait aussi, non ? La situation n'était pas si désespérée que ça, quand on prenait un peu de recul. En réalité, mourir asphyxiés sur l'Odyssée aurait probablement été pire que le cyclone. Ils n'avaient pas eu de morts, juste des dégâts matériels. C'était juste démoralisant, mais rien d'insurmontable. Oui, il devait arrêter de broyer du noir. Ça ne lui allait pas. Surtout quand d'autres avaient perdu bien plus que lui.

Calme retrouvé grâce aux paroles de Leary, un sourire glissa sur ses lèvres quand il entendit la proposition de son meilleur ami. Il savait ce qu'il cherchait à faire : le distraire, le pousser à aller de l'avant. Et ça marchait, et Kay était reconnaissant. Il avait tendance à vite s'enfoncer dans la déprime quand il s'y mettait – et heureusement, c'était plutôt rare – mais Leary avait toujours été là pour l'aider à remonter la pente. Kay espérait qu'il jouait ce même rôle pour son meilleur ami, au moins un peu. L'ex-professeur hocha la tête face à l'invitation de Leary. Oui, autant se mettre au travail et chercher des outils était la première étape. Heureusement que des gens plus doués qu'eux étaient là pour bricoler ce dont ils avaient besoin. C'était rudimentaire, quand on comparait aux images qu'en en avait dans les archives de l'Odyssée, mais après tout, ils étaient loin de posséder de quoi faire des outils performant.

« Bien sûr, j'te suis. » fit-il, en s'exécutant à la suite. Il attrapa les pelles tarabiscotées tendues par Leary avant de retourner vers les cultures. Elles auraient pu avoir une meilleure tête, mais après les torrents de boue, c'était même surprenant que certaines soient encore accrochées à la terre. Temps de replanter et de sauver ce qui pouvait l'être.

« Ouais je pense. Celles-là... » Il désigna du doigt certaines plantes plus mal en point que d'autres. « ...me semblent foutues. Je suis pas expert, mais je ne pense pas que les racines pourront repartir. Autant se concentrer d'abord sur celles qui peuvent s'en tirer. »

Ils en étaient aux balbutiements de leurs cultures, les Odysséens. Ils n'avaient pas l'expérience des cents et encore moins celle des terriens. Et s'il y en avait bien qui avaient travaillé à la serre, sur l'Odyssée, c'était un environnement contrôlé, pas une Terre qui pouvait vous envoyer des pluies torrentielles du jour au lendemain. Ils n'étaient pas préparés à ça, eux.

Il se mordit un peu les lèvres en entendant Leary dire qu'ils avaient peut-être mal fait les cultures. Ce n'était pas impossible. Mais honnêtement, Kay faisait ce qu'on lui disait de faire, l'agriculture, ce n'était pas son domaine et il apprenait sur le tas, en observant les autres. Une erreur était totalement possible. Même si ça le peinait de voir leurs efforts réduits à néant.

« Peut-être bien. Mais je pense que face à un cyclone, on ne peut pas faire grand-chose. Même les cultures des terriens ont dû en souffrir, je crois. Même s'ils ont peut-être des conseils pour éviter tout ça. Ou les cents, ils sont là depuis plus longtemps que nous. »

Mince espoir d'une entraide, oui. Mince, tellement mince.

Et puis avec un mince sourire, il ajouta : « Allez, faisons du mieux qu'on peut, ça devra suffire pour le moment. »

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Leary avait souri à Kay quand celui-ci lui avait dit espérer ne jamais tomber lui. Le scientifique pensait pareil car il ne pensait pas son ami capable de patience comme lui l’avait été. Peut-être que Leary était trop gentil, il le savait bien au fond de lui. Il était content de remotiver son ami. Il avait eu peur que celui-ci sombre dans la dépression ou dans la solitude. Il ne le souhaitait absolument pas pour lui. Les pelles étaient en sale état, mais clairement c’était tout ce qu’ils avaient, alors il fallait faire avec. Ils devaient tenter de replanter ce qui pouvait l’être. Leary avait beau être biologiste, ses notions en flore n’étaient pas forcément les meilleures de l’année. Il s’approcha des plantes qui avaient mauvaise mine selon Kay et s’accroupit devant. « A mon avis tu as raison. Les racines ont l’air coupé par endroit. » Probablement car elles avaient été arrachées avec violence par l’ouragan. Le biologiste se redressa. Il ne fallait pas disperser son énergie inutilement. Ils allèrent vers une autre zone de plantes en espérant pouvoir arranger les choses. Leary était en train de se demander s’ils avaient bien fait les choses sincèrement. Il creusait la terre, soucieux. Il avait beau être biologiste, il apprenait sur le tas comme beaucoup d’autres odysséens. Il partagea ses réflexions à voix haute avec son meilleur ami.

Il espérait qu’ils pourraient arranger les choses. Car mine de rien, avant le cyclone, il y avait eu quelques récoltes. Pas assez pour nourrir tout le monde, mais tout de même en suffisance pour se nourrir un peu. Et pis ce n’était que la première année qu’ils faisaient quelque chose de bien. Nul-doute que l’année prochaine, cela serait encore mieux et que cela aurait mieux pris. C’était du moins ce qu’espérait le brun au fond de lui. Il fallait éviter une famine. Leary se dit que oui, Kay avait raison, probablement que les natifs et les cents souffraient eux aussi des récoltes détruites par le cyclone. « Peut-être qu’en réalité, on avait réussi ? » C’était permis de rêver, mais pourquoi pas après tout ? C’était ce que Leary préférait se dire. Peut-être n’étaient-ils pas si nuls que cela. L’homme creusait la terre, pensif. Ils n’avaient pas le choix de faire du mieux qu’ils pouvaient sincèrement. Leary fit une pause une dizaine de minutes plus tard, le front couvert de sueur et s’essuya. « Il faut vraiment qu’on les rencontre. Quand les cents sont venus ici, je n’ai pas pensé à demander comment ils s’en sortaient pour les cultures. » Pourtant, c’étaient des informations utiles, mais aucun d’eux n’avait pensé à demander. En tout cas, Leary n’avait eu aucun retour à propos des cultures. Alors qu’il creusait la terre, il partagea ses réflexions. « Je me demande si un jour, les enfants nous feront confiance à nouveau. » Pour lui, ce serait toujours des enfants, alors même qu’ils grandissaient et s’affermissaient comme camp à part.

Il était évident, que les cents ne retourneraient pas auprès des odysséens pour former un seul et unique camp. C’était tout simplement une utopie qu’il fallait oublier, aussi mal que cela pouvait faire. D’un côté, Leary leur enviait cette liberté, loin du Conseil et des fois, de leurs règles qui ne parlaient plus au scientifique depuis l’envoie des enfants sur Terre bien avant eux. « Si j’étais eux, je ne reviendrais pas ici. Ils ont pris goût à la liberté. » Et la liberté avait cette saveur que rien d’autre ne pouvait remplacer. Le brun le pensait vraiment. Il savait qu’il ne risquait rien avec Kayden de parler ainsi. Son meilleur ami ne le dénoncerait pas. Et pis, Leary ne lui avait jamais caché le fond de sa pensée. Il avait eu nombreux de ces élèves qui avaient fini en prison avant d’être envoyés sur Terre. Cela l’avait tout simplement anéanti. Il n’avait rien pu faire pour eux, sauf leur apprendre la survie sur Terre, le peu qu’il en savait et cela l’avait rendu malade.

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Travailler la terre, effectuer des gestes mécaniques, mais qui nettoient et nourrissent l'âme, d'une certaine façon, c'est ce qui a un peu poussé Kay à se mettre à l'agriculture, ce qui l'y a fait rester, aussi. Il a trouvé une quiétude, ici, un sentiment d'accomplissement qu'il n'a pas vraiment trouvé ailleurs. Ça l'empêche de trop s'évader dans des mondes chimériques et tous ses « et si ? ». Ça l'ancre, d'une certaine façon, tout en lui permettant de se perdre dans autre chose, ou même de rêver un peu, mais pas trop. Parce qu'il ne faudrait pas qu'il se plante un râteau dans le pied, pas vrai ?

C'est apaisant, quelque part, d'être ici avec Leary. Sûr, le paysage est un peu en désolation, mais ils vont reconstruire, n'est-ce pas ? Ils vont de l'avant. Et ils peuvent apprendre de leurs erreurs comme ça ? Peut-être planter plus profondément, ou faire des tranchées ou qu'importe le nom que ça porte, près des champs ? Y'a sûrement les spécialistes du coin qui s'y connaissent mieux qu'eux qui ont déjà la réponse mais bon. Leary semble à moitié convaincu quand il lui demande « peut-être qu'en réalité, on avait réussi ? » et Kay a envie d'y croire. Il se dit qu'ils ne sont pas des cas si désespérés. Qu'ils ont quand même dû réussi à construire quelque chose. Mais tout ça l'entraîne dans une spirale désagréable et il vient juste de s'en tirer d'une. Il n'a pas envie d'y replonger. Alors il offre juste un sourire à la remarque de Leary, tandis qu'ils continuent à creuser, en silence pendant quelques minutes.

Le temps est frais, avec l'hiver qui approche, mais le travail manuel les réchauffe, heureusement. Les réchauffe peut-être même un peu trop, au point que la sueur perle sur leurs fronts.

« On avait tous l'esprit à autre chose, je pense. » qu'il répond, en haussant un peu les épaules. Ils avaient été contents de voir les cents. Avaient pensé que c'était peut-être enfin l'occasion de se rapprocher, grâce à ce nouveau campement. Il y avait de la place pour tout le monde, pourquoi ne pas tous vivre ensemble, comme avant ? Mais Kay avait été trop naïf de croire que tout serait pardonné, que le passé était le passé. Les cents avaient pris leur indépendance et ils voulaient farouchement la garder. Sans surprise, son meilleur ami fait écho à ses pensées. Ils avaient toujours été proches de cette façon. Kay eut un sourire un peu triste : « J'aimerais bien qu'on puisse tous vivre ensemble, ou au moins, au minium, pouvoir parler ensemble sans tous ces murs entre nous. Mais je ne sais pas si c'est possible. Il faut juste...espérer qu'ils abandonnent leurs rancoeurs un jour, je pense. »

Pour Kay, il n'y avait qu'un an et quelques mois qui séparaient leurs venues sur Terre. Mais certains avaient été enfermés des années, avant tout ça. Avaient perdu le contact avec le reste de l'Odyssée depuis trop longtemps pour voir le vaisseau comme autre chose qu'une prison. Tous n'étaient pas comme ça, mais une bonne partie songeait ainsi. C'était triste.

Aux prochains propos de Leary, Kay se redresse soudainement. Choqué par ces mots, qui semblent presque fleurer la dissidence. Il y avait des mots indignés sur le bout de sa langue : comment peux-tu dire ça ? Kay était à peu près sûr qu'il devait avoir la trahison peinte claire comme de l'eau de roche sur son visage. Mais avant que les mots puissent franchir la barrière de ses lèvres, Kay réfléchit, juste un instant. Juste un instant, il tente de se mettre à leur place, à la place de Leary. La liberté. Vivre comme ils le voulaient, loin de l'Odyssée et de ses règles. Être son propre dirigeant. Et alors l'indignation quitta Kay, la colère retombe aussi rapidement qu'elle était venue.

« J'aurais voulu dire que c'était contre toutes mes idées mais en fait... » L'ex-professeur lâche un petit rire, cassé. « Mais en fait, à leur place, je voudrais probablement la liberté aussi. T'as réalisé ça avant moi. » Il pousse un soupir, regarde le campement qui se dresse, dans la lueur matinale. « On a des bonnes bases, ici. Peut-être qu'un jour, ça ira mieux, peut-être qu'un jour, on changera, nous aussi. » Une structure moins rigide, des règles assouplies. Peut-être qu'il faudrait tourner la page, simplement.

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