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˜˜˜˜˜˜And here we meet again (Harlan)
maybe life should be about more than just surviving

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02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1043 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 256
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Sujet: And here we meet again (Harlan)
Mar 19 Déc - 0:45



And here we meet again
My life is just a fragment of the universe and all



La douleur physique avait fini par s’estomper, après plusieurs jours passés entre les mains d’un sorcier. Néanmoins, elle ne pouvait pas en dire autant des séquelles morales. Rowena, elle n’avait jamais été victime de coups ou de violences à proprement parler. Jusqu’ici, elle s’en était relativement bien sortie. Et elle se rendait compte à présent que ça avait été mieux ainsi. Son corps n’aurait pas supporté d’être une passoire plus d’une fois. C’était bien pour ça qu’elle était chamane, et non guerrière ou sentinelle. Ses doigts effleurèrent les cicatrices laissées sur ses bras et son dos. Heureusement que les flèches ne s’étaient pas enfoncées trop profondément, sinon son coeur ou sa nuque auraient pu être touchés. Et sans être druide, elle savait que ce genre de blessures pouvait lui être fatales. Et inconsciemment, ses pensées se tournèrent vers Harlan. Bordel, déjà qu’elle s’attendait à se faire passer un savon quand ils se croiseront… Oh, il ne deviendrait pas violent, il ne l’avait jamais été, même dans les pires moments de sa vie. Cependant, il n’hésiterait pas à souligner à quel point son comportement avait été stupide : se jeter dans la cité de feu en tant que conseillère Naori n’était pas l’idée la plus brillante qu’elle ait eu. Surtout qu’elle avait fait plusieurs reproches dans ce sens à Harlan, quand il avait fait des erreurs par le passé…

En parlant de son cher ami, il ne devrait pas tarder à arriver, d’après le message que Noah avait reçu. En fait, Rowena ne s’était pas attendue à ce que le Rahjak envoie un mot au druide. Elle était au courant de leur animosité respective, sans pour autant en connaître tous les détails. L’homme les avait évoqués, au cours de leurs discussions, mais Rowena n’irait pas en demander plus à Harlan. De toute manière, il ne lui évoquerait jamais les émotions qui avaient été liées à tout cela. Trop prude, plus assez en confiance. Et la chamane n’avait pas envie de se battre pour extirper tout cela. Pas aujourd’hui. Peut-être qu’elle s’y mettrait d’ici quelques jours, quelques semaines. Si elle trouvait l’envie, ou le besoin d’en savoir plus. En tout cas, cela ne l’enchantait pas plus que cela de devoir faire le chemin du retour avec Harlan. Parce qu’elle se savait en tort. Parce qu’elle s’en voulait d’avoir fini dans cette situation, incapable de rentrer seule. Rowena, elle n’aimait pas être faible face à lui. Et aujourd’hui, elle le serait clairement…

L’heure approchait, irrévocablement. Elle écoutait vaguement les bruits en provenance de l’extérieur du manoir. Depuis la rébellion des montagnes de sel, les gardes royaux semblaient patrouillés avec encore plus d’effervescence, et cela ne dirait rien qui vaille à la femme. Ils finiraient forcément par traquer les rebelles, ceux qui oeuvraient dans l’ombre depuis des années pour renverser leur système d’esclavage et de royauté. Peut-être qu’ils les avaient déjà attrapés. Et la conseillère savait que s’ils y parvenaient, y étaient parvenus, la tribu serait dans le mal. Elle en profiterait pour en toucher deux mots à Harlan, sur le chemin du retour. Il faudrait convoquer une réunion d’urgence, avec Caleb, pour savoir comment ils arrangeraient tout cela. Rowena, elle avait besoin d’avoir une vision stratégique, bien en avance, pour éviter de se faire prendre au piège au dernier moment. Même si bon, ces derniers mois et années, elle avait passé plus de temps à manipuler dans l’urgence qu’en avance. Mais bon, il fallait composer avec une personne qui ne pensait pas utile de la mettre au courant de ses manigances. C’était à elle d’anticiper ses comportements, elle le savait.

Quelques heures plus tard, on la guidait au travers des ruelles de la cité. Son regard s’accrocha sur les différents maisons et échoppes, sur le palais royal au loin. Si on lui demandait ce qu’elle pensait de celui-ci, elle dirait certainement qu’elle attendait avec patience le jour où il sera réduit en cendres. Elle laissa derrière elle l’architecture travaillée, passa à nouveau les portes de la cité. En vie, pas forcément en un seul morceau. Son accompagnateur la laissa seule, lui souhaita un bon voyage. La traversée du désert ne serait pourtant pas de tout repos, elle le savait bien, avant de retrouver la forêt qu’elle aimait tant…

Une silhouette non loin attira son attention. Harlan, elle le reconnaîtrait entre mille. Une profonde inspiration, pour se donner du courage, pour calmer les tremblements qui parcouraient encore son corps par moments. Il ne devait pas percevoir la faiblesse sous la carapace.

« Bonjour Harlan. Merci d’avoir pris du temps pour venir me chercher. » Abandonner la tribu, même quelques jours… Elle avait été égoïste, clairement. Son regard fuit celui du druide, se perdit dans l’immensité du désert. Tant de kilomètres à faire…

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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 6965 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 1753
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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Sam 30 Déc - 23:08

Il y a tes yeux qui se perdent sur les lignes tracées avec précision, qui dénotent une certaine élégance et éducation. Tu t'arrêtes sur les arrêtes et les courbes, la griffe de la plume sur le papier. Tu songes à l'art de la calligraphie chez les Rahjaks, un pan de culture raffinée, que tu as toujours admiré, malgré toi. Une culture riche, brillante et décadente à la fois, qui fascine et dégoûte, attire et révulse. Tu préfères te concentrer sur la forme des lettres, le noir de l'encre sur le papier couleur ocre passé, plutôt que sur les mots. C'est plus facile, au moins pour un moment. Te détacher, toujours, prendre du recul. Analyser la situation de façon froide et sans sentiments, alors même que l'inquiétude fait rage, que la colère pointe, elle aussi. Mais tu les fais taire, les enferme. Elles n'ont pas leur place ici. Elles n'ont pas leur place en toi.

Tes doigts se referment sur le bout de papier, le froissent, se retiennent de le déchiqueter, à peine. Tu le jettes dans le feu de tourbe qui brûle doucement, dans tes quartiers. L'hiver arrive, et l'humidité avec lui. Les feux commencent à se propager, à l'intérieur du village, pour combattre un mal qui vient.

Il n'y a jamais véritablement d'hiver dans le désert.

Tu te lèves, fais mentalement l'inventaire des choses à emporter. Tes remèdes et de quoi soigner, en premier. Des baumes, des onguents, de quoi faire un cataplasme, possiblement, des plantes pour préparer des décoctions anti-douleur. Tes doigts courent sur les étagères, saisissent ce qu'il y a à emporter. Les gestes sont mécaniques, c'est l'habitude qui te guide, tandis que tu évites de songer aux mots inscrits sur la feuille. Tu as un plan, tu sais ce que tu dois faire et tu t'y tiens. Préparer tes affaires, de quoi tenir pour un voyage d'une semaine, prévenir Ashiri et Caleb, prendre un cheval et partir pour la cité de feu. Les propos de Noah Saada sont resté vagues, ne citant même pas de nom, probablement délibérément, mais tu en sais assez pour que l'idée même de rester au village naori te paraisse purement et simplement absurde. Il te faudrait probablement répondre que tu te rendrais à la cité – ou plutôt aux portes de la cité, tu préférais ne pas te risquer entre les murs – sous peu. Après avoir empaqueté ton matériel de druide. Une chose à la fois.

Une folie, qui l'avait prise. Du moins, c'était ce que tu songeais maintenant. Alors que les relations avec les Rahjaks restaient tendues, détériorées par une méfiance d'Arkhip envers tout le monde, Rowena avait dû se rendre là-bas, seule. Comme si les attaques rebelles et tentatives d'assassinat de ces derniers mois n'étaient pas suffisantes pour dissuader de se rendre dans cette cité traître et sanguinaire. Une grève d'esclaves, transformée en révolte, transformée en carnage. Plus rien ne devrait t'étonner de la part de ce fou d'Arkhip, de son enragé de fils. Mais tant que ces soucis restaient confinés à la cité, tant qu'ils ne vous touchaient pas, tu t'en fichais. Tu observais ce chaos, de loin, et tu attendais une potentielle occasion. Un équilibre renversé, un monarque défait, un peuple désuni, une recette parfaite pour gagner du pouvoir, de l'influence.

Mais il avait fallu qu'elle se retrouve mêlée à ça. Empêtrée dans cette guérilla, blessée, immobilisée, incapable de rentrer. Il avait fallu plusieurs jours avant que les nouvelles vous parviennent, avant que tu n'apprennes la situation, tellement le chaos régnait à la cité. Et peut-être était-ce préférable, car alors tu pouvais au moins être assuré que Rowena avait été au minimum soignée. Rien sur l'étendue des blessures, sur les responsables, même si tu pouvais deviner. Tandis que tu fermais ta première sacoche, tu te demandais quel lien pouvaient bien avoir Noah Saada et Rowena, pour qu'il l'héberge dans son manoir, comment ils en étaient venu au contact l'un de l'autre. Y avait-il un but politique derrière ça ? Tu savais la famille Saada noble, mais plus foncièrement très riche. Un tel rapprochement pourrait-il être une manœuvre pour gagner de l'influence ? Tout était possible.

Matériel de soin et effets personnels préparés, tu sors désormais de tes quartiers pour descendre les escaliers de l'arbre de vie, pour te diriger vers les réserves de nourriture. Si tu pourras te débrouiller pour trouver de la nourriture fraîche en forêt, la traversée du désert s'avérera elle plus compliquée, tu le sais. L'eau est la denrée la plus précieuse que tu puisses emporter pour le moment, et tu en fais d'amples réserves. Qui sait quand tu trouveras une oasis ?

Trouver Ashiri et Caleb est un peu plus compliqué, mais tu réussis assez rapidement à parvenir jusqu'à eux pour leur transmettre les nouvelles, de façon succincte. Des conflits ont éclaté à la cité rahjak, Rowena a été blessée lors d'une échauffourée mais a été soignée chez un noble local, tu vas la chercher. Les propos sont acceptés, avec une certaine réticence que tu devines, mais ta décision est prise de toute façon et tu ne te vois pas envoyer une sentinelle à ta place. Avoir deux conseillers sur place est risqué, mais tu es plus que confiant en Ashiri pour prendre ta relève si jamais un malheur devait t'arriver. Et puis, tu ne comptes pas entrer dans la cité. Avant de partir, tu envoies par oiseau messager à Saada que tu seras devant les portes de la cité. Le temps de faire le trajet, tu devrais arriver avant la fermeture de celles-ci.

La traversée du désert est longue, mais ce n'est pas la première fois que tu la fais, et probablement pas la dernière non plus. L'étendue des plaines de sable a toujours été un paysage qui t'a intrigué, par son exotisme, sa différence, mais tu y vois également l'absence de la Nature nourricière tout autour de vous, au village. Dire que vous faisiez partie d'un seul et même clan, des générations auparavant. C'est difficile à croire.

Quand enfin, tu parviens aux portes, ton cheval laissant échapper un léger hennissement, il ne te faut guère attendre bien longtemps avant que Rowena ne te rejoigne. Tu notes rapidement la posture qui semble un peu plus rigide que d'habitude. Signe de douleur, d'ankylose ? Difficile à déterminer sans examen. Ton regard ne manque pas les cicatrices sur les bras de Rowena et tes lèvres se pincent. La réprobation est là, l'indignation et une colère sourde aussi, mais tu les enfouis pour le moment.

Son remerciement te surprend presque. Pensait-elle devoir rentrer seule, par ses propres moyens ? L'idée te paraît absurde, risible. Mais parfois, malgré le temps passé, tu ne comprends tout simplement pas Rowena.

« Bien sûr que j'allais venir. » réponds-tu, sur le ton de l'évidence. Tu n'aimes pas qu'elle fuit ton regard. « Comment vas-tu, Rowena ? »

As-tu été correctement soignée ? As-tu mal ? Que s'est-il passé ?

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Dim 31 Déc - 3:36



And here we meet again
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Elle savait qu’il venait, comme en attestait l’oiseau voyageur reçu par Noah, qu’elle avait lu par-dessus son épaule. Et pourtant, Rowena ne put s’empêcher d’être étonnée par sa présence, si près des portes de la cité. Il n’était pas bien vu chez les Rahjaks, c’était le cas de le dire, et être si proche d’êtres voulant sa mort… Enfin, c’était ainsi que le voyait la conseillère, avec les informations qu’elle avait, les cartes qu’on lui avait transmises. Etaient-elles vraies, ou ne serait-ce que complètes ? Elle n’en savait rien. Et elle avait fini par arrêter de s’interroger. Il fallait mieux partir du principe qu’elle n’avait pas tout en main, et donc agir en connaissance de cause. Enfin… Une part d’elle aurait voulu sourire, alors qu’elle le remerciait. Il était venu, malgré leurs différents, malgré la haine qui était toujours présente, étreignant son cœur, ou plutôt leurs cœurs. La différence, c’était la manière dont ils géraient cela. Lui, dans ses propos, glacials. Elle, qui gardait tout enfoui. Après tout, ce n’était pas vraiment de la haine à son encontre. Non. C’était ce mélange d’incompréhension, lié à cette faille, cette brisure créée par l’homme. Ah, il était bien loin ce temps où la confiance régnait. Et l’amour aussi.

Elle se rapprocha, lentement, avant de jeter un regard derrière elle. Elle laisserait la cité, elle laisserait Noah. Il ne lui avait pas offert les raisons exactes de sa venue, finalement. Ne resterait que des suppositions, des hypothèses. Un soupir quitta ses lèvres. Elle n’aimait pas, évidemment. Pourtant, ce n’était plus le moment d’y penser. La cité ferait désormais part de son passé, et non plus de son présent. Tout comme le Rahjak qu’elle avait suivi. Il fallait se concentrer sur la tribu, sur l’avenir des Naoris. Suffisamment de soucis allait être à prévoir. Déjà, gérer Harlan. Gérer le regard réprobateur qu’elle croisait, la réprimande silencieuse de l’autre. Il y avait quelques mois, quelques années, c’était elle qui le faisait envers lui. Aujourd’hui, les rôles s’inversaient, et elle ne pouvait rien donner comme excuse. Elle était en tort sur toute la ligne. Cependant, elle ne pouvait pas le fuir  indéfiniment. Il fallait y faire face… Profonde inspiration, pour se heurter à nouveau à son regard. A son inquiétude. L’évidence dans la voix, dans les paroles. « Je pensais que tu m’en voudrais. Et que tu aurais considéré qu’un retour seule me mettrait un peu de plomb dans la tête pour le coup. »

Il aurait pu, si logique, si froid, si détaché. Rowena n’était jamais parvenue à le comprendre entièrement. Et puis, il avait quand même bien changé, bien qu’il avait toujours eu sa propre logique. Ses doigts se glissèrent le long de ses bras, suivirent les différentes cicatrices qui les ornaient, et ce, malgré les soins apportés au cours de sa convalescence. Rien ne valait ceux d’un druide des Naoris, n’est-ce pas ? La langue passa sur ses lèvres sèches, et les mots se formèrent, presque trop hésitants : « Je vais bien. Je pense en tout cas. Les blessures ont été soignées, mais je ne peux pas dire que tout est parti... » Elle était fatiguée Rowena. De faire un pas devant l’autre, de vouloir gérer des conflits qui la dépassaient. Il fallait qu’elle lâche prise, qu’elle délègue, et surtout… Qu’elle arrête de vouloir protéger ou aider tout le monde. C’était ce qui l’avait mené chez les Rahjaks, ce qui avait réduit son corps en passoire. « Je suis désolée Harlan. C’était stupide de ma part de venir jusqu’ici. Je suis meilleure pour donner des leçons que pour les appliquer... »

Le ton était amer, et n’était pas seulement utilisé pour son escapade chez les Rahjaks. Il s’agissait aussi de ce qu’elle avait pu dire la dernière fois, des morales qu’elle avait offertes sur les émotions et leur gestion. En fait, Rowena n’était pas mieux placée qu’Harlan. Juste, elle cachait mieux. Les doigts, puis le corps, tremblèrent, et les poings se serrèrent, comme les bras se croisèrent, de manière à contrôler tout cela. Comme si le conseiller ne voyait pas les réactions de son corps. Il était druide, avait cette observation de l’humain qu’elle ne possédait pas. Enfin, elle le pensait. Un nouveau regard fut jeté par-dessus son épaule, avant qu’elle ne murmure : « Il faudrait peut-être penser à s’éloigner de la cité... » Avant d’attirer l’attention sur nous. Les pas se firent d’eux-mêmes, hésitants. Pourvu qu’elle arrive à marcher…

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Dim 31 Déc - 18:02

Ce froid, il est toujours là. Tu penses qu'il ne partira probablement jamais, ce gouffre entre vous. Tu en es responsable, tu le sais et tu l'assumes. À une époque, tu n'étais plus capable de regarder Rowena en face sans être consumé par la haine, par la brûlure âcre de la trahison. Tu l'as détestée, oui. Tu aurais voulu lui hurler et lui cracher ta haine au visage, mais tu ne l'as pas fait. Parce que tu n'as jamais aimé perdre le contrôle, jamais aimé laisser tes émotions parler à ta place. Alors tu as enfoui, enterré, annihilé sous la drogue, caché derrière les murailles. Tu as adopté une attitude glacée, pour que plus rien ne t'atteigne, que plus rien ne te touche. Les sentiments étaient indésirables. Ils étaient responsables de la chute, de la douleur. Alors les enfouir était plus simple. Les tuer était plus simple.

Mais la rancune est vieille. Même si une part de toi n'a toujours pas pardonné à Rowena, ne lui pardonnera probablement jamais, tu peux comprendre pourquoi elle a pris cette décision. Comprendre que, dans sa vision des choses, c'était pour protéger la tribu. Même si ça voulait dire que tu ne pouvais venger Hakon. Même si ça voulait dire te trahir en même temps. Même si ça voulait dire bafouer tes sentiments. La haine est toujours là, mais elle s'est assourdie, amoindrie avec le temps. Et pourtant, Rowena semble toujours te voir sous un jour bien plus noir que tu ne le mérites.

La situation entre vous a toujours été compliquée, depuis ce jour-là. Trop de haine, trop de rancoeur. Une coupure brutale, irrémédiable. Au Conseil, si vous parvenez à travailler ensemble, ce n'est pourtant jamais sans heurts, vos opinions ne concordant que rarement parfaitement. Vous vous connaissez probablement mieux que quiconque et pourtant, par moments vous êtes de complets étrangers l'un face à l'autre.

Tes lèvres se pincent, en signe de mécontentement. Tu ne veux pas l'avouer, mais ses mots te blessent plus qu'ils ne le devraient. Comment peut-elle avoir une si basse opinion de toi ? Tu n'es pas le meilleur homme de ta tribu, tu n'as jamais prétendu l'être, mais tu as toujours essayé d'être juste. Tu as toujours essayé de faire passer le bien de la tribu avant toi. Pense-t-elle vraiment que tu aurais pu l'abandonner ? Pour quelque chose d'aussi...mesquin ? Agir de façon si puérile ?

Quel mal elle doit penser de toi, penses-tu avec amertume.

« Je vois que ton opinion de moi ne s'est pas arrangée. Je ne suis pas aussi sans coeur que tu peux le penser. » Tes traits se durcissent, ton regard se détourne pour fixer la cité de feu, derrière vous. Cité de malheur et d'horreur. « Je n'abandonne jamais un des miens. Même si je n'étais pas venu directement, j'aurais envoyé une sentinelle te chercher. Tu as été blessée, il était hors de question de te laisser rentrer seule. »

Parce que oui, tu t'es inquiété. Tu n'as qu'une confiance très relative en les compétences des sorciers rahjaks. Plus doués pour tuer que sauver, pour empoisonner que guérir. L'un d'entre eux aurait pu profiter de l'occasion pour empoisonner Rowena et faire passer ça pour une mort naturelle suite à ses blessures. A-t-elle songé à ça ? À ce que ça pouvait impliquer pour toi, pour vous ? Non, probablement pas. Et elle a raison, d'un côté tu lui en veux pour son imprudence, alors même qu'elle te faisait des leçons l'avant-dernière fois que tu t'étais rendu dans la cité, au prix de nombreux troubles. Oui, tu avais rencontré des soucis, oui tu avais envenimé la situation en prenant une décision osée. Mais tu étais venu sur invitation de la part du peuple rahjak – était-ce vraiment ta faute si ceux-ci avaient été trop méfiants, trop fous et avaient arrêté les vôtres, tout en t'accusant d'avoir empoisonné leurs nobles ? Tu avais agi du mieux que tu pouvais, selon tes moyens. À quoi avait servi la visite de Rowena ? Pourquoi prendre le risque de se rendre dans la cité alors que la situation interne était déjà si chaotique et dangereuse ? Rowena avait toujours été moralisatrice, mais dans ce cas-ci, c'était elle qui avait été imprudente et irréfléchie. Elle, qui avait eu tort et risqué sa vie, pour rien.

Tu pousses un soupir, à ton tour. Ton cheval s'agite sous toi, tu le retiens de faire trop de mouvements.

« J'examinerai tes blessures à la première oasis qu'on croise, je n'ai pas entièrement confiance dans les compétences des sorciers rahjaks. » Euphémisme. Tu ne mettrais jamais ta vie entre les mains de l'un d'entre eux, c'était certain. Tu notes qu'elle tremble, de plus en plus. « Si tu as mal, j'ai des infusions que tu peux prendre maintenant. » fais-tu, avant de fouiller rapidement ta sacoche de soins et d'en extraire une gourde, pour la tendre à Rowena. « C'est un peu amer, mais ça te soulagera. »

Rowena avoue ses torts, mais au lieu de te tranquilliser, les mots ne font qu'attiser la colère sourde, mêlée à la peur enfouie qui revient. Se rend-t-elle compte seulement, de ce qui aurait pu se passer ? Ce n'est pas qu'une question de tort, qu'une question de leçon ou de morale. C'est avant tout une question de vie ou de mort. Te croit-elle orgueilleux au point où tu préfères avoir raison et la voir morte ou blessée ? Lui parais-tu si cruel, si abject ?

« Oui, c'était stupide de ta part. Complètement imprudent. J'espère que tu sais à quel point ta visite était risquée. Que tu aurais pu te faire tuer pour rien. »

Les derniers mots sont crachés, ton calme s'effrite, tu en as conscience et tu détestes ça. Tu prends une inspiration pour retrouver ton calme avant de tirer les rênes de ton cheval pour le diriger vers le désert et plus loin, la forêt naorie. Tu ne regardes pas Rowena.

« Allons-nous en, je n'ai pas envie de rester ici une minute de plus. »

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Mar 2 Jan - 20:40



And here we meet again
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Il y avait la fatigue, accumulée depuis son départ de la forêt. Rowena ne dormait pas sur ses deux oreilles quand elle était loin de la tribu, et elle s’était fait embarquer dans une histoire empreinte de violence qui l’avait bousculée bien plus qu’elle ne l’avait avoué. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas retrouvée au coeur d’un conflit, bouclier humain. Son corps, bien vieux sur terre, n’était pas fait pour les guerres et les attaques éclairs de la sorte. Si elle était restée au village, tranquille, elle n’aurait jamais vu à vivre cela. D’un autre côté, elle en avait eu besoin, de s’arracher à sa routine, de s’arracher à ses responsabilités. Elle était bouffée par tout cela, la pression qui se dégageait de son statut. Pourtant, la chamane ne s’était jamais considérée comme supérieure aux autres. Néanmoins, dans la réalité, elle se devait de gérer la vie de la tribu, avec ses deux collègues. Conseil à trois, pour éviter la dictature, pour éviter que le chef contrôle tout. Et c’était Harlan qui se prenait la surdose d’émotions dans la gueule. La remarque n’était ni sympathique, ni vraie, mais Rowena n’était plus en mesure de réfléchir, ou de se contrôler. Elle laissait l’acidité du passé glisser sur sa langue, pour se dédouaner de son comportement.

« Ce n’était pas contre toi Harlan, je suis désolée de mes propos... » Fatiguée, épuisée, elle n’avait pas envie de rajouter une couche sur tout ça. En réalité… « Je suis la sans-coeur dans cette histoire, c’est moi qui t’ai laissé tomber. » Il y avait peut-être encore un médicament qui bousillait ses réflexions, à la chamane. Qu’importait. Il était temps qu’elle s’excuse, quitte sa robe de conseillère, de chamane. Les doigts frottèrent les paupières, dévoilèrent un peu plus les cernes noires sous ses yeux. Elle se demandait comment elle pouvait encore tenir debout, avec les blessures qu’elle avait reçues. Certes, il y avait eu un minimum de repos, et des soins prodigués par quelqu’un qu’elle estimerait comme compétent, s’il n’était pas possiblement empoisonneur. Et qu’elle n’avait pas l’un des meilleurs soigneurs connus en tant que collègue. Et pourtant, son corps était encore faible. Il devait l’être trop pour la porter, alors qu’elle continuait à se tenir autant que possible droite. « Il n’y a pas de souci, il faut mieux mettre de la distance avec la cité avant. » D’autant plus qu’elle ne s’imaginait pas forcément enlever certains de ses vêtements alors que les gardes étaient encore non loin.

Une gourde tendue, du contenu pour atténuer la douleur. Elle soupira en l’attrapant, buvant une gorgée. La grimace fut retenue, au goût plus amer qu’elle ne l’aurait pensé. Harlan l’avait prévenue pourtant. La suite lui fit rapidement oublier tout cela.

« C'était peut-être le but recherché. » Le murmure s'était enfui de ses lèvres, comme un courant d'air inattendu. Elle était faible Rowena, derrière le roc qu'elle avait bâti en façade. Elle aurait dû pleurer, il aurait certainement fallu qu'elle le fasse. Qu'elle se brise, et s'ouvre à nouveau. A Harlan surtout. Cependant, elle l'avait toujours refusé, après la mort d'Hakon. Avait-elle pris la bonne décision ? Oui, soulignait cette part d'elle, toujours optimiste, dure. Non, hurlait le cœur, bâillonné depuis des années, des décennies. Elle aurait pu soupirer, mais il fallait reprendre le dessus, avant qu’Harlan ne s’enfonce dans sa colère froide. La chamane ne voulait pas être la cause de celle-ci, une fois de plus. Finalement, si elle n’avait pas été là, le druide aurait pu accomplir sa vengeance, et aujourd’hui, il ne serait pas ainsi renfermé. Et elle aussi, elle aurait peut-être gardé son innocence et son cœur dans cette histoire. « Je regrette d’être venue oui. J’aurais dû y réfléchir plus, plutôt que de vouloir me mêler des problèmes des autres. » Et de vouloir les aider. Parce que c’était ce qu’elle voulait. Les aider, pour mieux les manipuler.

Les doigts attrapèrent les rennes de son cheval, qu’elle guida à la suite d’Harlan. Le silence était retombé entre eux, et c’était peut-être mieux ainsi. Chaque mot ravivait un conflit lointain, et ni l’un, ni l’autre ne parvenaient à comprendre l’autre. Fracture trop profonde de deux êtres qui s’étaient pourtant liés à une époque… Jusqu’à ce qu’elle le rattrape, pose ses doigts autour de son poignet, obligeant un ralentissement. « Tu recommences. A enfermer tes émotions au risque d’exploser. » Et toi, tu recommences, à te mêler de tout ça...

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Mer 3 Jan - 18:27

Tu ne peux pas prétendre savoir ce que ça fait de frôler la mort.

Tu ne peux pas prétendre savoir ce que c'est d'avoir peur pour sa vie, véritablement. Tu ne peux que deviner ce que ça peut faire sur la psyché, sur un corps. Parce que tu en as vu, des presque morts. Des accidents, des morts naturelles. Tu les connais, et ils sont plus fréquents que tu ne le voudrais. Mais toi-même, la mort t'a toujours épargnée. Tu n'as jamais connu de véritable danger. Tu as failli être capturé, enfermé, oui. Peut-être exécuté, si les Rahjaks s'étaient mis en tête que faire couler ton sang ramènerait la santé ou la justice aux leurs, ou simplement parce qu'il s'agit d'un peuple sanguinaire et sans pitié. Mais la vérité est que tu n'as jamais failli mourir. Et tu ne sais pas ce que ça fait.

Tu vois les ravages de l'épreuve sur Rowena. Tu vois la fatigue, les tremblements, les plaies, parce que c'est ce que ton œil de druide est formé à voir. Les faiblesses, les blessures, les signes que quelque chose ne va pas. Tu as toujours tout analysé d'abord ainsi, avant toute chose. Ça te fait paraître froid, pour beaucoup. Pour toi, il s'agit surtout d'efficacité. De neutralité. Car peu importe qui tu as devant toi, tu vois d'abord un malade, et rien d'autre. Rahjak, Naori, Skaikru, un blessé est un blessé à tes yeux.

Et pourtant, parfois, il y a ce coeur qui se réveille, ces émotions que tu détestes. Qui embrouillent et salissent ton jugement, qui t'arrachent à ta froideur habituelle, à ce côté glacial qui te permet de te distancer, d'avoir du recul. Tu n'as pas besoin de ce foutu coeur. Tu le jetterais aux loups si tu le pouvais.

Rowena s'excuse, mais le mal est fait. La blessure est là, que tu le veuilles ou non, que tu l'admettes ou non. Parce qu'avec les défenses abaissées, on révèle bien plus de ce qu'on pense en réalité que dans un autre état. Tu n'as aucun doute que c'est ce que Rowena pense véritablement de toi, que ces excuses ne sont qu'une faible tentative de ne pas envenimer encore plus les choses entre vous. C'est déjà si difficile, parfois, de vous entendre.

« Peu importe. » balaies-tu de deux simples mots. Tu n'as pas envie de t'éterniser là-dessus. Tu ne croiras pas ce qu'elle pourra bien essayer de te faire avaler, de toute façon.

Tu laisses ta colère ressortir, malgré toi. Parce que Rowena a été stupide, incroyablement stupide, et qu'elle te donne des leçons alors qu'elle commet exactement les mêmes impairs que toi. Peut-être même plus graves que toi. Mais tu dois la refouler, cette colère, la faire partir. Elle ne sert à rien. Elle n'est pas productive. Vous avez une longue route devant vous. La passer en rage contre Rowena n'aidera aucun d'entre vous.

Tu te raidis violemment, aux propos murmurés. Tu aurais presque cru les avoir halluciné, mais quand tu te retournes dans ta selle pour observer Rowena, tu vois son air défait, tu vois ses épaules qui s'affaissent. Et il y a l'écho de ses mots qui tournent et tournent. C'était peut-être le but recherché.

La mort, dans ton métier, tu la côtoies, tu la combats, tu la hais. La mort est un échec. Une fin que tu détestes. C'est contre les croyances naoris, c'est contre ce qu'on vous enseigne depuis tout petit, mais c'est comme ça que tu vois les choses. Tu luttes pour la vie, toujours. Toute mort naori veut dire que tu as échoué. Que tu n'as pas réussi à sauver quelqu'un. Et c'est peut-être idiot, c'est peut-être futile, de te penser responsable de la santé de tout ton peuple. Mais c'est comme ça que tu vois les choses. Et oui, il y a la réincarnation. Soit-disant. Depuis la mort de Hakon, tu peines à croire en ce principe, tu peines à garder la foi dans vos croyances. Les valeurs naoris restent là, profondément ancrées en toi. Mais tu as toujours été trop logique. Trop rationnel. Alors tu n'arrives pas à être croyant comme les autres. À croire aveuglément comme les autres. Parce que la mort fait mal. La mort n'est pas une occasion joyeuse ou une fête, un départ vers une nouvelle vie, un nouveau corps. Non, c'est une fin. Un constat de défaite.

Et déclarer volontairement forfait ? Se laisser aller aux bras de la mort ainsi ? Tu n'arrives pas à l'accepter. C'est contre tes idées, c'est contre tes principes. Tout ton être se révolte à cette pensée et tu craches un « Quoi ? » à Rowena, les yeux meurtriers. Parce que tu espères avoir mal entendu. Parce que tu ne veux pas imaginer qu'elle puisse envisager une telle chose. Le suicide ? Non. Non, non, non. Ce n'est pas la Rowena que tu connais. La Rowena que tu connais ne plie pas, n'abandonne pas. Elle livre ses batailles, encore et encore, même quand ça fait mal, même quand les pertes sont lourdes. Tu l'as détestée, pour cette volonté de fer qu'elle a, parce qu'elle t'a tellement coûté. Mais tu l'admires aussi, parce que même si tu as toujours détesté qu'on te tienne tête, tu peux admirer la force de caractère de quelqu'un. C'était une des choses qui t'avait attiré, à l'époque, cette volonté inébranlable et les convictions fortes, cachées sous la timidité et le côté trop effacé. Alors tu n'arrives pas à croire ces mots creux, sortis d'une coquille vide. Non, tu ne veux pas y croire.

La colère brûle, et tu veux hurler, tu veux tonner. Pire, tu veux la secouer, la frapper, comme si la violence lui remettrait les idées en place, et ce n'est pas toi, ce n'est pas toi, tu te refuses à ça, jamais, alors tu carres les mâchoires, tu serres les poings et tu pries pour retrouver ton calme, tu pries pour retrouver ta patience.

Tu ne réponds même pas à ses propos sur les Rahjaks. Tu n'en as pas le coeur, et tu ne le pourrais probablement pas. C'est trop trivial, par rapport à cette révélation. Cette bombe, lâchée sur toi. Alors tu te terres dans ton silence, tu t'emmures dans ton impassibilité, parce que c'est la seule façon dont tu arrives à gérer ce genre de choses. Effacer, éliminer, éradiquer. Ces émotions, indésirables, toujours.

Et tu penses que c'est passé. Que la tempête s'est calmée, si pas en toi, au moins entre vous. Le silence est lourd, inconfortable, mais tu préfères ça à toute nouvelle déclaration choc. Honnêtement, tu ne sais pas si tu serais capable d'encaisser un nouveau coup.

Et pourtant, elle doit te rattraper, poser ses doigts sur ton poignet pour te forcer à t'arrêter. Tu tournes des yeux glacés, face à elle. Et ton regard ne fait que se durcir, face aux critiques qu'elle te fait. Tu pousses un soupir de dédain et réponds, le ton plus sec que tu ne le souhaiterais :

« Parce que tu préférerais que j'explose ? Que je te hurle dessus ? Je ne suis pas comme ça, je ne veux pas m'abaisser à ça. »

Tu ne veux jamais être comme ça. Tu cautionnes peut-être l'utilisation de la violence quand c'est nécessaire mais toi-même tu ne veux pas l'être. C'est inférieur à toi. C'est sale, primal, et tu détestes ça. C'est une perte de contrôle, une énergie destructrice et pas créatrice et tu ne veux pas, tu ne veux pas. Tu ne seras pas comme ça. Tu ne seras pas ce qu'on murmure tout bas que tu es, parfois. Monstre au coeur de pierre.

Tes dents se serrent, tes jointures deviennent presque blanches sous la pression que tu exerces. Les mots tournent et tournent dans ta tête. C'était peut-être le but recherché. Ils te rendent malade à mourir.

« Tu es sérieuse ? Au sujet de...d'un suicide ? »

Les mots t'écorchent la langue, t'arrachent la gorge. Et pourtant, ils sont tombés dans le désert, emportés par son air brûlant. La voix serrée, retenue. Parce que tu détestes cette idée. Tu la détestes et tu es perdu parce que tu ne sais pas ce que tu feras si elle répond oui. Parce que tu as peur, tellement peur et que tu ne sais pas quoi faire.

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Lun 22 Jan - 18:41



And here we meet again
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Il y avait de la colère, au fond de cette fatigue. C’était ce qui la transformait en vipère, à cracher son venin dès qu’elle ouvrait la bouche. Ca et les émotions retenues, pendant des années. Il fallait qu’elle soit au plus bas, l’esprit embrouillé, pour que les vannes s’ouvrent, et que les mots trop longtemps retenus s’échappent. Elle s’en voulait, de ce qu’elle avait pu dire. Parce qu’en réalité, ils auraient dû être prononcés il y a plus de dix ans. Elle aurait dû craquer quand lui l’avait fait. Peut-être qu’une bonne engueulade lui aurait remis les idées en place, et qu’elle n’aurait pas eu ce remords constant, qui marinait un peu plus chaque jour. Parfois, il fallait crever l’abcès rapidement, pour ne pas se retrouver avec une infection plus importante. Elle ne l’avait pas fait, et c’était certainement l’une des erreurs les plus graves de son existence. Parce que ça restait, ça s’accrochait, et ça la poussait dans des erreurs regrettables et surtout évitables. Surtout envers Harlan, mais elle s’en doutait, que Caleb y aurait le droit aussi… Il lui faudrait s’éloigner, ce serait mieux pour tout le monde, le temps que le masque se reconstruise, qu’elle se retrouve elle-même.

Le murmure lui avait échappé, et la réaction ne s’était pas fait attendre. Evidemment, personne ne l’avait jamais vu ainsi, et Rowena en était certaine, personne n’avait pu penser que de telles tendances pouvaient lui être attribuées. Elle, la femme diplomate, celle qui avait tenu tête aux hommes du conseil, qui avait fait son trou, dans un domaine considéré dans tant d’autres tribus comme masculin. La dame de fer ne ployait jamais. Mais tous oubliaient l’humaine derrière le masque. Tous oubliaient la gamine timide, manquant de confiance qu’elle avait été à ses débuts. Parce que dans le fond, elle était toujours un peu ça, quand aucun regard ne s’accrochait à ses traits, quand il n’y avait pas cette fonction à assumer, ou quand des anti-douleurs étaient données.

Harlan ne comprenait pas, et ses pupilles meurtrières n’arrachèrent qu’un sourire triste à la femme. Puis le silence, l’atmosphère lourde qu’elle détestait tant. Souvent, elle s’en estimait responsable. Parfois, elle aimerait partir loin, pour ne plus avoir à la créer. Puis, il y avait la réalité, et les responsabilités face à la tribu, qui l’empêchaient de fuir. Juste fuir. Mais l’esprit s’accrochait, tout comme les doigts au poignet d’Harlan. Pour ne pas le voir replonger dans ses torts, les mêmes que la chamane. Finalement, ils étaient bien plus semblables qu’ils ne l’estimaient. Emotions brisées, dans le cas de leur relation. Morale agaçante de la femme, qui ne manqua pas de faire réagir l’autre. Propos qu’elle encaissa, sans offrir la moindre réaction. Le temps de réfléchir, pour éviter d’envenimer encore plus le débat. Mais n’avait-elle pas dépassé la ligne rouge depuis bien longtemps ? Plus de retour possible, parce qu’elle était celle s’y refusant, dans l’espoir fou de masquer, supprimer les derniers vestiges de sentiments pour Harlan qu’elle avait… « Je ne sais pas. Mais peut-être oui. Ca peut faire du bien pour relâcher la pression. » C’est ce que j’aurais dû faire. Plutôt que d’être l’impassibilité et la fermeté à l’époque. Elle ne savait pas. Elle ne savait plus, ce qui était bien ou pas. Elle était perdue, l’inébranlable Rowena…

Le contact se brisa, le corps se recula d’un pas, et un petit coup fut donné dans son dos, entre ses omoplates. Le cheval. Elle se retourna, laissa ses doigts glisser dans la crinière animale. Les chevaux n’étaient pas vraiment élevés chez les Naoris, et les conseillers les utilisaient seulement si c’était nécessaire. Donc assez peu. Ignorant la douleur et ses membres encore ankylosés, elle grimpa sur la selle. Il était temps de repartir, dans le silence. Ne pas parler, ne pas évoquer à nouveau un possible lâcher-prise de la vie…

Et ce fut Harlan qui revint dessus, à son grand étonnement. Elle resta d’ailleurs silencieuse sur le coup. Etait-elle sérieuse ? Oui, sinon les mots ne seraient pas sortis. Il devait bien y avoir un mal-être quelque part, pour qu’elle y pense. Pourtant, elle ne pensait pas qu’il réagirait ainsi. Les jambes indiquèrent au cheval d’avancer lestement, pour rejoindre celui du druide, ignorant la douleur que cela déclenchait dans ses muscles. « Ca m’effleure l’esprit oui. J’aimerai te dire que c’est à cause des médicaments, mais je n’en suis même pas certaine moi-même. » Elle était faible, non ? Loin de son image habituelle. Les yeux se portèrent sur l’immensité du désert, s’y perdirent, comme elle en ce moment. Elle n’était un petit point sur lequel tapait le soleil, contre lequel le vent se heurtait. Malmenée de toutes parts sans jamais ployer. Jusqu’à cette rencontre avec la Faucheuse. Et l’inébranlable s’est brisée.

« Ca change de celle que tu as eue face à toi pendant des années, non ? Ne t’inquiète pas, elle reviendra. Il me faut juste un peu de repos. » Essayer de supprimer les pensées négatives, pour elle-même, pour lui. Elle déglutit, reprit la parole. « Je n’aurais pas dû dire ça, je suis désolée Harlan. » Elle passait son temps à s’excuser aujourd’hui. Son bras le plus blessé fut serré contre elle, les paupières fermées quelques secondes, pour gérer les pulsions de douleur assez régulières.

« Il s’est passé des choses durant mon absence ? » Modifier le sujet de conversation. Parce qu’elle ne voulait pas aller dans les raisons réelles de son mal-être. Soulever un passé enterré, Rowena ne le voulait pas. Pourtant, ce serait souhaitable, pour qu’elle aille mieux…

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Lun 12 Fév - 15:34

Tu as toujours préféré le silence.

Peut-être parce que ta famille n'a jamais été communicative ou très démonstrative. Peut-être parce que tu as toujours eu l'impression que ce n'était pas nécessaire, que les faits et gestes parlaient d'eux-mêmes. Peut-être n'as-tu juste jamais appris à exprimer correctement ce que tu pensais, tu ressentais. Peut-être que la faute n'est pas à chercher ailleurs, dans ton éducation ou ton environnement. Peut-être que le problème vient de toi, simplement. Peut-être qu'il y a quelque chose qui ne va pas, chez toi, comme tu as pu le soupçonner à une époque, quand l'opinion des autres pouvait encore te blesser trop fort. Tu n'en sais rien, mais tu t'es résolu à cet état de fait, tu as appris à vivre avec. Tu sais que ce n'est pas la façon la plus saine de fonctionner, mais c'est à tes yeux encore le meilleur moyen de te protéger. Nier les problèmes, faire comme s'ils n'existaient pas. Ne pas leur donner de poids. Ne rien laisser t'atteindre, au moins en apparence. Préférer le silence à la confrontation directe, car tu sais que tu peux trop facilement perdre le contrôle, si l'on presse les mauvais boutons. Et tu sais que quand tu le perds, ce n'est jamais...plaisant à voir.

Tu n'aimes pas ce que tu deviens, quand tu n'as plus ton contrôle. Quand tu n'as plus tes murailles pour te protéger. Tu hais ça, tu le hais de toutes tes forces. Alors tu hais ton attitude avec Rowena à cet instant, alors même que tu fais tout pour essayer de ne pas empirer la situation. La colère bouillonne, tu peux la sentir rugir dans tes veines, mais tu ne veux pas la laisser te contrôler. Tu refuses. Tu dois te calmer. Tu le dois.

Tu prends des inspirations lentes, pour essayer de calmer les battements de coeur erratiques, de calmer ce tambour battant. Tu t'emmures dans ton silence, pour ça, parce que c'est ton premier refuge, toujours, et que tu ne peux pas aborder ce sujet si tu n'es pas calme. Tout peut trop vite dérailler. Tu peux trop vite devenir un salaud.

Ce n'est qu'une grimace qui étire ta bouche quand ta collègue répond qu'elle préférerait peut-être que tu exploses, que tu hurles. Que ça ferait relâcher la pression.

« Non merci. » réponds-tu sèchement. Peut-être que ce serait la solution, selon elle, mais tu n'y vois que bassesse, que vulgarité, que perte de contrôle. Ce n'est pas ce que tu veux.

Du coin de l'oeil, tu la vois qui peine, sur le cheval. Tu vois la raideur de ses membres, une grimace de douleur qu'elle ne parvient pas à cacher. Tu devrais t'enquérir de ses blessures. Lui demander si elle a mal, les traitements qu'elle a eu. Tu sais que tu le devrais, mais les mots tournent et tournent dans ta tête et tu n'arrives pas à te focaliser sur autre chose qu'eux. Ta gorge est serrée, quand tu lui demandes si elle est sérieuse. Et quand elle rétorque ça lui a effleuré l'esprit, c'est comme un coup reçu en pleine poitrine. Tu t'attends presque à vaciller, perdre l'équilibre. Car c'est comme ça, que tu te sens. Comme si le monde ne tournait plus rond, comme si, brusquement, le tissu de la réalité s'était déchiré.

Depuis quand ? Pourquoi ? Pourquoi tu n'en as jamais parlé ? Les questions veulent fuser, se bousculent sur ta langue, mais aucune ne passe la barrière de tes lèvres. Tu sais que chaque mot que tu pourrais émettre, à cet instant, sonnerait comme une accusation. Car de façon ridicule, tu te sens blessé, blessé de ne pas avoir su, blessé de ne pas avoir vu. Tu en veux à Rowena, mais tu en veux surtout à toi-même, car jamais tu n'aurais soupçonné pareille chose. Jamais tu n'y aurais songé si les mots fatidiques n'étaient pas tombés, et tu t'en veux d'avoir été aussi aveugle. Les signes étaient-ils là ? Tu ne le sais pas. Tu n'as jamais été doué pour ces choses-là et vous êtes en froid depuis trop longtemps, maintenant, trop longtemps pour que tu saches encore réellement comment agir avec elle sans que tout ne se brise entre tes doigts.

Tu n'aimes pas les accusations voilées dans ses mots. Ou peut-être ne s'agit-il pas d'accusations mais simplement de constatations. Car oui, tu as été aveugle. Non, jamais tu ne t'étais attendu à pareil scénario. Tu es en effet choqué de voir cette nouvelle facette, une facette que tu n'as jamais soupçonné, mais tu n'aimes pas le sous-entendu de ses propos. Comme quoi tu ne désires que cette Rowena-là, celle qui est dure et fière, qui sait s'imposer lors de négociations. Comme si tout ce qui t'importait était une image et rien d'autre. Lui parais-tu si creux ? Si insensible ? Oui, probablement, penses-tu avec amertume. Tu n'as jamais réussi à démontrer que tu n'étais pas aussi froid qu'on murmure que tu l'es. Et ne prouves-tu pas justement à quel point tu te souciais peu d'elle ? Si peu que tu n'as jamais deviné ces blessures ? Ça te rend malade, de ne rien avoir vu. Malade de honte.

Tu essaies de moduler ta voix, en faire disparaître la colère. Tu ne la fixes pas vraiment, pas encore, quand tu lui réponds, à voix basse.

« Je ne te demande pas de mentir, ou d'afficher un visage qui ne te correspond pas. Je suis juste...surpris. » Choqué, perdu. « Je ne m'attendais pas à ça. »

Parce que tu dois réagir, malgré tout, à ces mots, même si tout en toi proteste, préfère faire semblant et nier qu'une telle discussion a eu lieu. Tu dois mettre les choses au clair. Tu n'as pas envie qu'elle croit que tu ne veux avoir affaire qu'à un masque, que tu préfères ignorer sa douleur. Ça n'a jamais été ce que tu as voulu.

Vous n'avez jamais réussi à communiquer correctement, et c'est d'autant plus flagrant quand Rowena essaie de diriger la conversation vers autre chose, vers un sujet moins lourd. Et si d'ordinaire, tu sais que tu préférerais une telle échappatoire, tu ne peux pas aujourd'hui. Pas quand c'est si important.

« Ne change pas de sujet, s'il te plaît. » Un ton doux, presque suppliant. Un contraste saisissant comparé à la colère qui t'avait saisi plus tôt, ces paroles crachées, meurtrières. Tu relèves enfin ton regard vers elle. « Ça fait...ça fait longtemps ? Que tu ressens ça ? »

Malgré tout, tu ne veux pas prononcer à nouveau ce mot honni à voix haute. Il reste trop douloureux. Tu déglutis, tentes de poursuivre, avant que les nerfs ne te lâchent, avant que ce brusque accès de sincérité entre vous ne s'étiole. « Je sais... » Une inspiration. « Je sais que je ne suis pas la meilleure personne pour parler de ça. Que tu ne veux probablement pas en parler avec moi. » Un sourire, amer, réaliste. « Mais malgré nos différends, je tiens à toi, Rowena. Je ne veux pas te voir mourir. »

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Lun 12 Mar - 1:10



And here we meet again
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Ca avait été trop loin. Jamais elle n’aurait pensé qu’une simple phrase, que quelques petits mots pouvaient retourner la situation ainsi. Peut-être seulement n’avait-elle pas voulu voir qu’Harlan tenait encore à elle, qu’il n’était pas ce cœur froid qu’elle pensait depuis tout ce temps. Néanmoins, ça avait toujours été plus facile de le considérer comme cela. Pour elle, pour le fracas des sentiments dans son cœur. C’était pour se protéger qu’elle avait cherché à le voir comme un être horrible, prêt à tout détruire, à ne rien ressentir. C’était toujours plus facile de reporter la faute sur les autres, de mal les voir, plutôt que sur soi, non ? Y’avait des tas de questions, de doutes, qui se chevauchaient dans son esprit, rendant les réflexions plus lentes, plus complexes, laissant place à une certaine impulsivité qu’elle s’était toujours gardée d’avoir. Et il y avait l’angoisse qui s’ajoutait à tout cela, qui pétrifiait un cœur et un esprit déjà bien endommagés. Derrière tout cela, elle était quand même devenue un peu comme lui. Evidemment, elle gardait son empathie, cette capacité si pratique à comprendre les autres, se mettre à leur place. Sauf avec lui.

Quand elle y repensait, il avait toujours été un élément étrange dans son entourage. Et pourtant, il était le seul à qui elle s’était réellement confiée, qu’elle avait appris à apprécier, à aimer. Et qui avait toujours une place si particulière aujourd’hui. D’où l’agacement, la colère, la perte de contrôle. Ca aurait été plus facile, si elle avait juste pu le haïr.

Puis la douleur physique brisa les pensées trop douloureuses, trop vraies. Elle serra son bras contre elle, cherchant par la même occasion à faire taire les brûlures que les mouvements du cheval sous elle déclenchaient. Chaque pas s’apparentait à une vraie torture, mais elle ne pouvait pas demander à ce que les balancements s’arrêtent. Ils étaient encore trop près de la cité, et risquer de se faire arrêter et tuer à cause de ses blessures… Non. Alors, elle serrait les dents, crispait ses doigts sur la selle, et se la fermait.

Le silence résonnait encore plus dans un désert. Atmosphère pesante, lourde, et pas un bruit pour couvrir le manque de conversation. A ce moment-là, Rowena voulait juste revenir en arrière, taire les propos qui lui avaient échappé. Ils avaient fait plus de mal que de bien, et pesaient désormais sur son cœur. Poids de la honte, de la divulgation d’un secret presque trop ancré. Elle aurait aimé parler, dire que ce n’était pas de sa faute, mais finalement, n’y aurait-il pas un peu de mensonge dans de telles paroles ? Elle ne savait pas trop d’où tout cela était venu, quand cela avait commencé. Y’avait certainement une histoire de pression, par son statut… Par leur histoire aussi. Elle avait fait le meilleur choix pour tous, pour la majorité… Mais pour elle-même ? Certes, comme elle l’avait dit, si c’était à refaire, elle le referait sans la moindre hésitation. Parce qu’une guerre de front, ils n’avaient jamais eu la moindre chance de la gagner. Et c’était ce que le comportement d’Harlan aurait pu déclencher. Alors… Elle sacrifierait sa propre vie à ce sujet. Et l’avait certainement fait. Tic, tac, le cœur qui s’emballait, la tête qui tournait. Elle pourrait s’évanouir d’une seconde à l’autre, entre le corps non rétabli, et le soleil qui tapait. Evidemment, ils étaient dans un désert…

Elle s’était toujours poussée à être fière, droite, à tenir d’une main de fer tout ce qui était plus ou moins sous son contrôle, c’est-à-dire, le bien-être de la tribu. Elle mettait toujours un point d’orgue à ce que tout le monde soit heureux, tout le monde aille bien, que ça la desservait aujourd’hui. Il devait être trop tard, pour supprimer les failles créées, l’esprit meurtri. Elle voyait bien Harlan ne pas parvenir à la regarder, ne s’en étonna pas. Elle se contenta d’écouter, même si elle avait proposé de changer le sujet. Parfois, il était plus facile de simplement fermer les yeux, même pour elle. De toute façon, comme elle l’avait dit, elle se reconstruirait, elle redeviendrait comme avant. Il suffisait juste que le masque revienne… Mais le druide le refusait. Il était surpris oui, et c’était toujours étrange, de le voir tenir à elle. Après tout ce qui s’était passé… Profonde inspiration d’air sec, légère toux qui réveilla la douleur dans son abdomen, jamais elle n’avait eu autant de souffrance en elle. Et un instant, elle se demanda comment faisaient les femmes du village lorsqu’elles accouchaient. Non, mieux valait ne pas y penser. Elle n’osait pas le couper, écouta donc les aveux jusqu’au bout. Oui, au premier abord, il n’était pas la personne à qui en parler, mais… « Je ne crois pas qu’il y ait vraiment quelqu’un à qui il est facile de parler de… Ca. Mais en ta qualité de druide, tu es le plus à même d’aider pour ce genre de chose. »

A ses yeux, il pouvait aider. Mais peut-être d’autres. Parce qu’ils avaient un passé trop lourd en commun. Pourtant, elle lui faisait confiance, derrière tout ça. C’était juste… Compliqué d’évoquer ses soucis. De manière générale, Rowena ne l’avait jamais dit, à personne. Même pas Caleb ou Güzis. Même pas Meeka. Ils étaient des amis, comme des frères pour certains, et elle avait toujours refusé de les embêter avec ça. Et puis… Ce n’était que de vagues ressentis jusque-là. Jamais ça n’avait été aussi puissant. Jamais… « J’ai toujours eu du mal avec les… mots que tu as prononcés la dernière fois. » L’aveu de la haine, toujours présente aujourd’hui. C’était dur à supporter oui, même si elle ne l’avait pas vraiment montré. Et désormais, elle avait du mal à croire qu’il puisse tenir à elle. « Je m’en veux quand même, de te faire te sentir mal. Ce n’était pas.. Ce que je voulais. » Elle ne voulait pas non…

Et y’avait le silence qui revenait, quand elle se plongeait dans ses réflexions. Cette fois-ci, c’était elle qui détournait le regard, elle qui fuyait. Elle, encore elle, toujours elle. « Je ne sais pas trop, depuis combien de temps c’est là. » Y’eut une pause. Elle semblait chercher ses mots, peser le pour et le contre. « C’était certainement latent, depuis quelques années… » Ca n’arrivait pas du jour au lendemain, non ? Mais elle n’était pas capable de savoir, la chamane. Elle avait toujours fait en sorte de ne pas s’y attarder, et puis, avec son rôle, elle avait toujours l’esprit occupé. C’était peut-être mieux, d’un côté… « Ce n’est pas visible, tu sais. Tu ne pouvais pas savoir. Personne ne le sait. » Elle était perdue elle-même, d’être aussi bas. Mais c’était peut-être le souci, d’avoir tout enfermé inconsciemment, et toujours se mettre au service des autres et de leurs problèmes…


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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Jeu 5 Avr - 20:37

On t'a souvent décrit comme sans-coeur.

La vérité, c'est que tu as un coeur. Ou avais. Tu ne sais plus vraiment. Mais tu l'as enfoui, étouffé, enterré, parce que ça faisait trop mal d'en avoir un. Ça faisait trop mal, d'avoir ces sentiments de trahison et de chagrin et de deuil et tu ne savais pas comment les gérer. Comment le pouvais-tu, quand tu avais perdu ton mentor, un de tes piliers, et que tu te faisais planter un couteau en plein coeur par la femme que tu aimais, par un ami que tu chérissais ? Non. Non, tu préférais ne pas avoir de coeur, dans ce cas-là. Tu préférais enterrer ces émotions indésirables. Les noyer sous d'autres sensations anesthésiantes. Oublier, simplement, qu'elles avaient existé. C'était plus facile. C'était plus gérable. Alors tu t'es fabriqué des murailles, tu as relégué le muscle cardiaque à sa pure fonction de pompe. Tu t'es fermé à tout et tous, à tes responsabilités, à ta tribu, à tes proches. Tu as appris à ne voir les gens que comme des outils pour parvenir à un but, ou des obstacles dans l'atteinte de ce dit but, ou des éléments à prendre en compte dans un schéma plus grand. Déshumaniser les autres et toi, pour pouvoir t'en sortir. Pour ne pas t'effondrer sous un poids dont tu n'avais jamais voulu, pour lequel tu n'avais jamais foncièrement été prêt.

Mais malgré tous tes efforts, toute ta volonté, tu n'as jamais pu tuer ce coeur. Jamais totalement. Et la douleur qu'il t'évoque aujourd'hui te remplit d'amertume. Tu n'es capable de rien.

Mais ce n'est pas ta douleur qui compte à cet instant, non. Car c'est seulement ton égo qui est blessé, alors que Rowena, elle, souffre. Physiquement comme psychologiquement. Et tu n'as rien vu. Aveugle trop égoïste et insensible, tu n'as rien vu.

Le voile t'est arraché, désormais, et tu ne peux pas retourner à un monde où tu étais la victime en tout. Non, tu dois te rendre compte que vous avez été deux à souffrir. Peut-être Rowena davantage que toi, si elle a songé à aller jusqu'à cet extrême dont toi-même tu ne t'es jamais approché. Et que peut-être que tout ça est en partie ta faute. Que peut-être que tu as une part non-négligeable dans ces mots qui te brûlent et t'évoquent la nausée. Parce que Rowena t'a blessé, oui, mais tu l'as blessée également. Ses mots t'accusant de vouloir conduire la tribu à sa perte t'avaient marqué, horrifié, poussé à te remettre en question. Mais tu n'avais pas songé que ton propre aveu, le fait que tu n'arrivais pas à totalement lui pardonner, aurait pu la marquer à ce point. Tu pensais qu'elle te détestait. Tu pensais qu'elle se fichait bien de ton avis sur la question, que votre relation était enterrée, effacée, réduite à quelque chose de purement professionnel et sans affect. Peut-être as-tu encore été trop aveugle. Peut-être as-tu observé tous ces événements à travers un prisme faussé. Tu ne sais pas vraiment. Mais tu dois y répondre, même si tu n'es pas la meilleure personne pour ça. Tu retiens un soupir auto-dépréciateur quand Rowena déclare qu'en ta qualité de druide, tu es plus à même d'aider pour ce genre de choses. Si seulement. Tu as toujours été doué pour guérir les blessures physiques. Pour les maux visibles. Pour anticiper les coups politiques et les bassesses. Mais la souffrance émotionnelle ? Non, tu n'as jamais été doué là-dedans. Il te suffit de penser à Varghause, si attachée à un frère qui te dégoûtait, toi la poussant à rompre un lien que tu ne comprenais pas, que tu ne voyais que comme une chose néfaste et non quelque chose de constructif et utile. Parce que tu as toujours eu du mal à t'attacher, à éprouver quoique ce soit. Et que ta solution à un problème émotionnel trop grand a toujours été de te détacher, de rompre les liens. Tu n'arrives pas à construire. Tu n'arrives qu'à détruire.

Alors tu tais le « tu as une trop haute opinion de mes compétences » sur le bout de ta langue, pas quand elle te pense déjà le pire des monstres. Elle n'a peut-être pas tort.

« Je ne pensais pas qu'ils te blesseraient à ce point-là. » Ou peut-être que si. Tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tu as toujours eu cette pointe de mesquinerie en toi, cette volonté de rendre les coups, cet esprit vengeur. Peut-être que tu voulais blesser. Peut-être que tu voulais réparer quelque chose. Tu ne te rappelles plus. Tout ce que tu as retenu de cette discussion, c'est ton incommensurable erreur, et ce rejet, et cette accusation qui t'a hanté trop longtemps. Ça t'a fait mal, ça t'a fait terriblement mal, mais ça t'a poussé à réfléchir. À remettre en cause tes actions, te forcer à les voir sous un autre jour. Au final, ça t'a poussé à t'améliorer, du moins, tu le crois, tu l'espères. Mais tu n'as pas songé au poids de tes propres mots. À l'effet que ceux-là pourraient avoir.

Tu pensais qu'elle s'en fichait.

« Non, ne t'en veux pas. Il y a beaucoup de choses que je ne vois pas. J'en suis conscient. Et je suis désolé d'avoir raté tout ça. Je ne me suis pas rendu compte que tu souffrais. »

Tu as toujours été trop cérébral, mettant tes émotions de côté. Rowena est plutôt le contraire, et c'est ce qui faisait que vous vous contrebalanciez, à une époque. Fait que vous ne vous comprenez pas, aujourd'hui.

Elle essaie de te chercher des excuses et ce serait presque risible, si ce n'était pas si typiquement Rowena. Tu secoues la tête tristement : « Tu n'avais pas à souffrir toute seule. Tu n'as pas à souffrir toute seule. Tu comptes, Rowie. Tu n'es pas invincible et on ne te demande pas de l'être. »

Comment continuer, à partir d'ici ? Tu n'as jamais été doué pour ces choses-là. Tu peux l'écouter, tu peux essayer de la comprendre. Mais tu manques trop d'empathie pour réellement pouvoir lui offrir le soutien émotionnel dont elle a besoin. Tu pourrais lui suggérer de parler à Caleb ou même Ashiri – ton apprentie est bien plus douée que toi pour ces choses – mais si elle n'en a jamais parlé à personne, peut-être y a-t-il une raison ? Tu ignores jusqu'à quel point tu peux l'aider. Si même tu peux l'aider. Ne risques-tu pas d'empirer la situation ? Même sans le vouloir, tu détruis les choses. Même en ayant de bonnes intentions, tu fais du mal. Tu ne sais pas comment réparer ça. Tu ne sais même pas si tu en es capable.

Alors, tu te replies sur ce que tu connais le mieux. Ce que tu sais que tu peux réparer. Parce que tu es druide, avant tout, et que tu sais mieux traiter les corps que les esprits, et que c'est une souffrance à laquelle tu peux remédier, tu demandes :

« Peux-tu tenir jusqu'à la prochaine oasis ? »

Vous êtes encore trop près de la cité et la plus grande oasis est encore loin, mais il y a de plus petites parsemées sur le chemin. Si tes souvenirs sont bons, vous en avez pour moins d'une demi-heure jusqu'à la plus proche. Là, vous trouverez une relative sécurité et tu pourras traiter Rowena comme il le faut, avec une source d'eau et des arbres pour vous abriter. Peut-être pourras-tu au moins réparer une part minime de tes erreurs.

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02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1043 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 256
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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Sam 19 Mai - 2:15



And here we meet again
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Y’avait eu beaucoup d’émotions, un tourbillon même. Et durant longtemps, il avait été plus facile de les ignorer que d’y faire face. Rowena, elle était loin d’être infaillible. Oh, évidemment, elle s’était donnée cette image au fil des années, parce qu’il était plus facile d’être un roc sur lequel on pouvait se reposer, que de se rendre compte que quelque chose clochait. Et elle le savait qu’étonnamment, ce ne serait qu’une phase. Son cerveau la protègerait par la suite. Cependant, il faudrait faire attention. Elle avait encore blessé Harlan. Parce qu’il était si facile d’user de haine pour mettre de la distance, après ce qui s’était passé, que de faire comme si rien ne s’était passé. Et au fond, y’avait encore quelques sentiments certainement. Après tout, ils avaient été si proches… Et à force de vouloir se protéger de cela, elle avait haï, elle avait craché sur celui qu’elle avait aimé. Sans arriver à s’arrêter, sans parvenir à se freiner. Elle s’était enlisée au fur et à mesure. C’était de sa faute. Entièrement de sa faute. Si la chamane s’était mieux comportée, elle aurait pu tout éviter. C’était une erreur, comme elle en avait fait des centaines. C’était une erreur qui lui serrait le cœur à chaque fois qu’elle y pensait.

Et rien ne pourrait y changer. A part un retrait de sa part. Elle y pensait si sérieusement, à laisser sa place. Elle estimait Rürik prêt à prendre sa place. Et peut-être que ça l’apaiserait elle, en même temps que les relations au sein du conseil. Elle n’en savait rien, mais ça lui trottait dans la tête depuis un moment. Après, lui en voudrait-on ? C’était une question qui revenait. Cela reviendrait-il à les abandonner ? Elle laissa Harlan parler, quelques secondes, ou minutes. Elle l’écouta, ne sachant que répondre. Avant de secouer négativement la tête, ignorant la douleur que le geste lui provoquait au passage. « Tu n’as pas à t’excuser de ne pas avoir vu. Tu n’as pas à croire que tu aurais dû y penser, que ça pouvait me blesser. Je ne l’ai pas fait non plus, quand j’ai prononcé certains mots à ton égard… » Aucun des deux n’avait été tendre, et encore moins elle. Peut-être qu’elle n’aurait pas voulu le rejeter à ce moment-là. Peut-être qu’elle aurait juste voulu le laisser faire, pour les sentiments qui étaient encore là. Mais c’était juste si effrayant… Et y’avait eu l’instinct de survie. Ce besoin de se protéger. Cette peur de possiblement retomber dans les affres du passé. Parce qu’elle avait eu l’illusion de s’en être sortie. Elle y avait tellement cru… Jusqu’à aujourd’hui.

Le masque s’était craquelé, le masque s’était brisé à ses pieds. Oh non, elle n’avait pas à être invincible. Cependant, elle avait toujours donné cette image à tous. Ce calme, cette intransigeante, cette main de fer. Rowena ne tomberait pas. Rowena ne pourrait pas tomber. C’était certainement la pression qui l’avait construite ainsi. Elle était nettement plus timide, effacée par le passé. Et une part d’elle avait gardé cette fragilité…

Elle fit accélérer son cheval malgré tout, pour se retrouver à côté d’Harlan. Ses doigts tremblants se posèrent sur le bras du druide, comme pour attirer son attention. « Je sais… Mais on ne m’a pas enseigné comment aller chercher de l’aide Harlan. » On l’avait éduqué à aider les autres… Pas l’inverse. Et ça lui portait préjudice. « Je veux en parler avec toi. » Parce qu’ils étaient tous les deux impliqués après tout. Et que c’était le moyen le plus sain d’arriver à retrouver un équilibre… Les doigts ne rompaient à aucun moment le contact. Elle déglutit, hésita, reprit :

« Je suis… Désolée. Pour toute la haine que tu as reçue, pendant des années. Je… C’était juste le seul moyen que j’ai trouvé, pour faire face à tout ça. » Même si ça la bouffait, même si c’était horrible. C’était se sauver, à défaut d’être parvenue à le sauver lui. C’était l’égoïsme d’une femme blessée jusque dans ses sentiments les plus profonds. Pourtant, elle était la plus empathique du conseil. Elle aurait dû comprendre Harlan. Et elle l’avait compris, mais son devoir était passé avant tout. Son devoir passerait toujours avant tout, même son bonheur. Alors, la chamane avait transformé son malaise, et le maelstrom de sentiments restants en colère et haine. Elle l’avait détruit. Elle s’était détruite. Pour que même les derniers éclats de cet amour fini disparaissent. « Je suis… Je suis vraiment heureuse que tu sois venue me chercher Harlan. » Ca ne réglerait pas leur relation. Mais c’était elle qui était dans l’erreur, alors à elle d’essayer de rassembler les morceaux. Ou de subir, le cas échéant. Parce qu’elle comprendrait, s’il voulait couper court à cela. Oh oui, elle comprendrait…

Nauséeuse, elle finit par ramener son bras contre elle. Les douleurs étaient tenaces, mais éparses. Quelques secondes de temps à autre, en fonction du mouvement du cheval souvent. Les paupières se fermèrent le temps de plusieurs respirations. De quoi éviter de vomir certainement. Avant de se rouvrir, et que la chamane puisse adresser un sourire – léger –, à Harlan : « Je pense que ça va le faire. Au pire, le cheval me traînera jusque là-bas. » Elle ne savait même pas où était la prochaine oasis, faisant entièrement confiance au druide. L’orientation au milieu du désert avec les restes de blessures graves, ce n’était pas son fort il fallait croire…


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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 6965 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 1753
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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Lun 28 Mai - 23:05

Les mots résonnent dans l'air sec du désert, avec une cruelle sincérité. Tu n'y es pas habitué, à cette mise à nu des sentiments, à cette vulnérabilité. Ça secoue ton monde, ça te bouleverse. Tu ne sais pas totalement comment réagir, d'un côté tu veux retrouver des murailles et ton silence et ton calme, mais de l'autre, tu te demandes, est-ce que cela n'empirerait pas tout ? Alors que vous commencez seulement à vous exprimer sans artifices, sans parler purement en tant que dirigeants de tribu ? Combien de temps cela fait ? Dix ans ? Plus ? Trop longtemps pour que ça te paraisse naturel. Trop longtemps, pour que ton instinct ne veuille pas revenir au galop. Mais tu le réprimes, car tu le dois à Rowena. Tu n'avais jamais prévu d'être le porteur d'un secret si lourd en venant la chercher aujourd'hui, mais ne lui dois-tu pas ? N'est-ce peut-être pas un peu en partie de ta faute, si ces pensées terribles ont traversé l'esprit de la conseillère ?

Être coupable d'une telle chose, cela t'horrifie, te soulève le coeur. Tu ne pourrais pas supporter être à l'origine de sa mort.

Tu secoues la tête quand elle s'excuse. Pour réfuter son déni.

« Je ne sais plus à quoi je pensais quand je les ai prononcés. Je n'étais pas...dans mon meilleur état d'esprit. » Tu étais pessimiste, perdu, confus, désemparé. Tu as dit des choses enterrées depuis trop longtemps, fait des choses qu'il ne fallait pas. Aujourd'hui, tu te rappelles surtout ces reproches sur ton rôle au sein de la tribu, et ce rejet. Trop loin. Tu avais été trop loin. Tu aurais dû savoir depuis longtemps que tu n'étais plus le bienvenu. « Au moins, tes mots m'ont fait réfléchir et poussé à m'améliorer. Je l'espère, du moins. » ajoutes-tu, avec une tentative de sourire. Comme pour alléger l'atmosphère trop lourde. Comme si ça pouvait changer quoi que ce soit.

Le contact sur ton bras te surprend presque autant que les mots qui tombent de sa bouche. Tu ne parviens probablement pas à cacher l'air surpris qui naît sur tes traits. Mais comment ne pourrais-tu pas l'être ? Tu ne t'attendais clairement pas à ça. Tu pensais honnêtement être dernière personne sur terre à qui elle aurait voulu parler de tout ça. Que cet éclat soudain de sincérité n'était dû qu'à la douleur, peut-être, un moment de faiblesse. Rowena ne pouvait pas spécialement en parler aux Rahjaks sans révéler des secrets qui pourraient lui nuire et ma foi, à part les scorpions ou vos chevaux, elle n'avait pas d'autre interlocuteur possible ici à part toi. Alors entendre de tels mots avait de quoi te prendre de court. Tu retiens l'impulsion de rétorquer que Ashiri ou peut-être même Caleb sont plus qualifiés que toi sur ces choses. Compliquer encore plus la situation n'est pas ce qu'il faut. Elle te fait confiance sur ce point, à toi de t'en montrer le plus digne possible.

« Je suis là pour toi, si tu le veux. »

Pour aujourd'hui, pour ce trajet. Peut-être un autre jour, quand elle ira mal, mais tu en doutes. Rowena a été assez claire sur l'opinion qu'elle a de toi et tu ne te fais guère d'illusions. Tu ignores combien de temps cette paix fragile pourra durer entre vous.

Presque comme si elle devait lire dans tes pensées, deviner tes doutes, Rowena reprend, le ton hésitant, et ses mots te désarçonnent un peu plus, fragilisent tes certitudes. Tu as presque envie de briser le contact qu'elle maintient contre toi, lui demander d'arrêter de mentir et jouer avec toi – ce dont elle t'avait accusé la dernière fois, tu te rappelles. Car assurément, tout ceci n'est qu'une vaste blague. Elle ne peut pas t'accuser d'être cruel et mesquin au point de l'abandonner à son sort juste pour lui mettre du plomb dans la cervelle pour s'excuser quelques minutes plus tard. Délire-t-elle ? Tu as presque envie de lui demander si elle a de la fièvre ou des hallucinations, mais ce serait probablement mal perçu. Tu as l'impression qu'à peu près tout ce qui sort de ta bouche est mal perçu par Rowena, de toute façon.

Ta méfiance et ton pessimisme coutumiers veulent rétorquer que tout ça est faux. Que ce n'est qu'une manipulation qui sert...tu ne sais encore quel but. Il y en a probablement un, quelque part. Alors les mots partent, sans que tu ne puisses les retenir. C'est soit-disant le moment de vérité, n'est-ce pas ? Tu fixes l'encolure de ton cheval plutôt que la regarder elle. Inconsciemment, tu t'attends à de nouveaux coups.

« Je t'ai détestée aussi, pendant longtemps. » Plus maintenant. Mais longtemps. Tu prends une inspiration, pour peut-être essayer de sauver ce fiasco. Malgré tout, tu ne veux pas empirer la situation et tu sais qu'il suffit de peu pour que tu déclenches un nouveau conflit. Tu en es lassé, tu n'en veux plus. « J'imagine que c'était simplement un effet miroir de ma propre hostilité. J'ai mes propres torts, tu m'as fait réaliser ça. » Pas de la manière la plus douce qui soit. Mais de la manière qui fonctionne, au moins. Parce que tu es trop imperturbable, trop arrogant pour qu'il y ait grand-chose qui puisse t'atteindre. Rowena a porté un coup fatal, mais au moins, ça t'a fait réfléchir. Ça a été dur à traverser, mais ça t'a fait réfléchir. Tu essaies de mieux agir. Tu essaies de te repentir. Ça ne fonctionne pas toujours, mais tu essaies.

Tu lui adresses un vague sourire quand elle déclare qu'elle est heureuse que tu sois venu la chercher. Tu n'y crois pas vraiment, mais après tout, n'essayez-vous pas de réparer votre relation ? Il faut bien commencer quelque part. Même si tu aimerais pouvoir te persuader qu'il ne s'agit pas de mensonges.

« Je n'allais pas te laisser seule. » répètes-tu, à voix basse. Une vérité simple, même si elle a peut-être du mal à y croire. Tu n'abandonnes pas les tiens.

Quand le contact se brise, tu es ridiculement déstabilisé, avant de remarquer une grimace de douleur sur ses traits. Son état t'inquiète. Les sorciers rahjaks sont-ils donc incapables de traiter les blessures ? Par instinct, tu tends la main vers son épaule, pour l'empêcher de trop vaciller. Quand tu es certain qu'elle ne va pas tomber de son cheval dans l'immédiat – même si ses propos ne te rassurent vraiment pas – tu scrutes l'horizon et oui, tu peux la deviner, là, presque un mirage. Vous y êtes bientôt.

« On peut accélérer un peu la cadence. Tu n'as pas l'air bien. » proposes-tu, prêt à lancer ton cheval à une allure plus rapide. Dix minutes, tout au plus, à bonne allure.

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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Lun 25 Juin - 21:10



And here we meet again
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La confiance avait été brisée, depuis tant d’années. La chamane ne pouvait pas effacer les propos qu’elle avait eus, la haine qu’elle avait pu ressentir pour masquer le reste, mais l’inverse était également vrai. Les mots d’Harlan, bien que lointains, avaient résonné dans son esprit et son cœur bien trop longtemps pour être effacés de sa mémoire. Elle aurait aimé Rowena, tout faire disparaître d’un claquement de doigt. Elle aurait aimé revenir en arrière, et agir différemment. Mais c’était impossible. Alors, elle se contentait des excuses qui franchissaient la barrière de ses lèvres, que le druide mettrait certainement sur le compte de ses douleurs. Lui en voudrait-elle ? Non. Tout était peut-être trop soudain, ou alors avait-elle commencé à réaliser à quel point elle était en tort. C’était tard, bien trop tard… Les doigts passèrent sur ses paupières, les pressèrent doucement. C’était un moyen de se réveiller, et rester dans l’instant présent. Parce qu’elle se perdait facilement dans ses pensées la chamane. Cependant, elle voulait quand même croire qu’ils remonteraient la pente, qu’ils quitteraient les terres destructrices de leurs ressentiments respectifs. Enfin, cela valait surtout pour elle. Elle avait mis un peu plus de temps à se rendre compte que tout était devenu cendres, de la douleur occasionnée. Alors forcément, elle gueulait en décaler…

Elle ne voulait pas faire souffrir Harlan, alors elle masquait certaines vérités. En réalité, peut-être que ses différentes réactions, par le passé, avaient impacté sa santé mentale. Rowena ne saurait en donner les raisons exactes, car jamais elle ne s’y était attardée, jamais elle n’avait analysé ce ressenti suicidaire. Elle l’avait rangé dans une petite case, et l’avait ignoré. Il était plus simple d’occuper son esprit ailleurs, malgré le déséquilibre dont elle faisait preuve par moment. « Le but n’était pas de te blesser non plus... » Pause, réflexion, soupir. « J’ai été trop loin dans mes propos en retour. J’ai perdu mon sang-froid, je n’aurais pas dû. » Elle aurait pu le pousser au pire avec ses propos. Et désormais, ce n’était plus le meilleur moyen pour le secouer ou le faire changer. Il lui faudrait d’autres personnes, extérieures, pour qu’il s’ouvre à nouveau ou qu’il se remette en question. Ca ne pourrait que lui faire du bien de toute façon. Quand elle sera en meilleure forme, elle en discuterait avec Ashiri. L’apprentie en savait bien plus qu’elle au sujet de son mentor, et elle pourrait être d’une aide précieuse…

Elle ne savait pas si elle agissait de la bonne manière. Mais finalement, à part pour manipuler, elle ne devait pas être bien douée dans les relations humaines… La chamane avait beau vouloir aider, apprécier les autres, elle ne se dévoilait que peu. Les gens lui faisaient confiance, mais avait-elle quiconque à qui se confier ? Une part d’elle disait que oui, qu’il y avait Meeka, Caleb, Güzis, et même Harlan, pendant très longtemps. Elle les estimait tous, elle leur avait tous parlé. Et pourtant, y’avait l’autre part d’elle, plus sombre, comme pour lui rappeler qu’elle n’avait jamais cru bon d’évoquer la souffrance psychique, les obstacles mentaux et sentimentaux… Jamais elle n’en avait parlé, alors même qu’elle considérait ces personnes comme dignes de confiance. Elle ne faisait que jouer peut-être. Elle n’avait jamais rien fait d’autre que jouer… Elle secoua la tête… Mauvaise idée. La douleur s’accentua en même temps que les nausées, comme si les médicaments donnés pour l’endormir ne faisaient plus effet… Ce serait logique, depuis le temps qu’ils étaient sortis de la cité, et qu’elle avait quitté la maison des Saada.

Elle sourit doucement aux propos d’Harlan. Oui, il l’avait haïe, mais pouvait-elle y faire quelque chose ? Elle avait choisi de protéger la tribu et l’homme qu’elle aimait à l’époque, mais lui ne l’avait pas vu. Il vivait pour la vengeance, et elle n’avait été qu’un obstacle à cet instant. Sans doute aurait-elle réagi de la même manière si Yuma avait été amené à mourir aussi brutalement… Ou alors elle aurait glissé dans une léthargie totale jusqu’à la fin de sa vie. Il était compliqué de se mettre à la place de l’autre dans une situation aussi extrême. « Et tu avais certainement des raisons pour cela. » Des raisons pour la détester oui… « J’ai dû penser que c’était la meilleure solution. Et je comprendrais désormais tes ressentis, s’ils étaient toujours présents. » Y’avait de l’égoïsme des deux côtés, et de temps à autre, Rowena s’estimait victime, avant de réfléchir, relativiser. C’était quand les émotions devenaient trop fortes, quand les regrets se nichaient dans son cœur. Mais elle n’avait plus envie d’en parler. Elle n’avait pas envie de soulever les soucis, pas dans son état. Parce qu’il n’y aurait que des remords, si les mots qui sortaient n’étaient pas ceux qu’elle désirait.

Elle n’était pas la victime dans cette histoire. Elle ne l’avait jamais été. Elle n’était qu’un bourreau…

Une larme échappa de ses paupières, battues bien trop rapidement. Rowena mettrait cela sur le compte de la poussière, si questions il y avait. En réalité, c’était la faiblesse émotionnelle, l’épuisement moral qui la faisait réagir ainsi. Néanmoins, elle ne savait pas si elle arriverait à en parler. Y’avait déjà eu les pensées suicidaires évoquées, et cela avait été beaucoup pour elle… Elle serra un peu plus son bras contre elle, répondit dans un murmure : « Comme je l'ai dit, le cheval te suivra quoi qu'il en soit. » Pause, sourire. « Même s’il est vrai que se dépêcher serait une excellente idée finalement. » Peut-être qu’il fallait mieux éviter cela oui, sous peine d’aggraver les blessures… Mais elle était mal. Trop mal. Sa monture adapta son allure à celle d’Harlan, dès que celle-ci accéléra. Et Rowena cessa définitivement de parler, trop concentrée sur l’animal. Elle essayait de ne pas tomber, de ne pas glisser lentement, mais sûrement, dans l’inconscient…

Elle ne sut pas combien de temps le trajet dura, jusqu’à l’oasis désignée plus tôt par Harlan. Tout ce qu’elle remarqua était la relative fraîcheur due à la présence de l’eau. Elle se laissa glisser au sol, s’appuyant contre l’un de ses arbres typiques de la région. Sa respiration se fit sifflante, mais aucune trace de sang ne semblait se dessiner sur ses vêtements. Néanmoins, la terre continuait de tanguer et redescendre littéralement sur terre ne lui avait pas redonné toutes ses capacités. « Bon, ça ne va peut-être pas mieux maintenant… » Oui, naïvement, elle avait cru pouvoir tout mettre sur le dos du cheval, mais peut-être qu’elle était simplement mal physiquement. Tout venait d’elle.


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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Ven 6 Juil - 23:54

Parviendriez-vous enfin à communiquer ? À vous expliquer et vous excuser de façon sincère ? Peut-être, oui. Peut-être enfin que oui. Il vous aura fallu blesser et donner cent coups avant de vous rendre compte que vous blesser l'un l'autre vous blesse également. Affecte les autres autour de vous. Peut-être, peut-être. Tu as toujours été rancunier, vindicatif. Tu essaies de tempérer ces traits, mais tu sais que c'est un de tes défauts. Tu supportes mal l'échec. Tu supportes encore plus mal le deuil.

Tu ne sais plus ce que tu avais en tête à ce moment-là, exactement. Tu ne sais même plus tes mots exacts, pour être franc, seulement l'idée véhiculée. Tu ne mens pas quand tu dis que ton état d'esprit n'était pas optimal. Tu craignais les augures de Luxem, tu craignais le jugement des esprits sur tes actions, tes pensées. Tu doutais. Toi, qui as toujours préféré te reposer sur des choses solides, être solide, tu doutais et tu étais perdu et ça ne te réussissait pas. Tu as agi de façon irrationnelle. Laissé tes émotions guider ton jugement. Tu n'agis jamais pour le mieux quand tu laisses tes émotions parler. C'est un état qui ne te sied pas.

Non, les mots échangés ce jour-là n'ont pas été tendres. Ni venant d'elle, ni venant de toi. Mais même si tu as du mal à changer, ne le fais presque que quand tu es acculé, face à tes torts, tu es capable de changer. De te remettre en question. Ce n'était pas facile et ce n'était pas sans douleur. Mais Rowena a donné cette impulsion, et même si tu ignores le but derrière ça, si c'était pour te blesser, te choquer, se défendre, qu'en sais-tu, le résultat est que ça t'a fait réfléchir. Tu ne peux pas totalement regretter des choses qui te poussent à t'améliorer. Même si le chemin est dur.

Tu acceptes ses propos, malgré tout. « Il n'y a rien à pardonner. » la rassures-tu. Parce qu'il faut que vous mettiez ça derrière vous, tu en as conscience. Vous accrocher à vos haines et vos rancunes ne vous aide en rien. Tu t'accroches toujours trop au passé, au négatif. Tu dois essayer de lâcher prise. Pour le bien de tous.

Rowena accepte facilement ton aveu de haine et cela te surprend à moitié. Mais peut-être est-ce cette humeur...triste – ce mot paraît trop faible mais tu n'aimes pas devoir reconnaître qu'elle pourrait être dépressive – qui lui fait accepter ça si aisément alors qu'auparavant, tu en es persuadé, elle aurait combattu, rétorqué. Mais après tout, vous essayez de parler à coeur ouvert sous vous sauter à la gorge. C'est un premier pas vers une normalisation.

« Je comprends pourquoi tu as fait ce que tu as fait. » Même si c'était si douloureux. Même si tu as détesté Rowena pendant des années, suite à ça. Tu serres les rênes entre tes doigts et ton regard se fait distant, un instant. « Si j'avais réussi à prendre du recul, peut-être que j'aurais compris, à l'époque. Mais j'avais trop mal, j'étais trop en colère et j'ai préféré tout enfermer, tout détruire, tout annihiler. Je n'ai pas vraiment pensé aux dégâts que je pouvais causer en agissant de la sorte. » Ton égoïsme habituel. Tes mécanismes de préservation habituels. Ils sont malsains, tu le sais, tu en es conscient. Mais il t'est difficile de changer. Difficile de ne pas retomber dans ces travers. C'est comme cela que tu fonctionnes. Comme cela que tu tiens debout. Tu ne sais pas comment être autrement. Pire, tu ne veux probablement pas être autrement. Tu as l'impression qu'on te casserait, si l'on essayait de te changer là-dessus. Tu pousses un soupir, avant qu'un sourire vacillant s'affiche sur tes lèvres. « Et cela fait un moment que je ne te déteste plus. »

Tu vois une larme sur les joues de Rowena mais tu ne sais s'il s'agit du produit de la douleur, de votre conversation, de la fatigue. Tu ne veux pas présumer, méjuger. Alors tu préfères ne pas porter l'attention dessus, laisser à Rowena sa dignité. Tu grimaces un peu quand Rowena sous-entend que le cheval la traînera, mais quand sa monture suit l'allure de la tienne, tu t'estimes chanceux.

« On est plus très loin, accroche-toi. » ajoutes-tu quand même, même si ça n'est peut-être pas aussi rassurant que tu l'espères.

Tu surveilles la conseillère du coin de l'oeil, t'assures qu'elle ne glisse pas de son cheval alors que l'allure se fait un peu plus vive. Tu la devines plonger petit à petit dans l'inconscience mais à chaque fois que tu vérifies son état, elle te répond et c'est une assurance suffisante pour toi.

Et puis finalement, vous parvenez à l'oasis, pouvez enfin profiter de l'ombre relative offerte par les quelques palmiers et de la fraîcheur de la petite étendue d'eau. Avant que tu ne puisses réagir, Rowena se laisse glisser jusqu'au sol, s'appuie contre un des arbres. Tu notes la respiration sifflante. Tu t'inquiètes pour l'état de ses poumons. Où a-t-elle été blessée exactement ?

Tu mets rapidement pied à terre, attaches vos montures et récupères ton matériel avant de t'accroupir aux côtés de Rowena, inquiet, mais cachant le souci qui devrait marquer tes traits. Toujours paraître calme pour les patients, ne jamais leur donner la sensation que quelque chose ne va pas.

« Tiens, bois ça en premier. » fais-tu en guidant ses doigts autour d'une gourde en peau, contenant un anti-douleur mêlé à un tonique. Tu espères que ça l'aidera à aller un peu mieux. Tu ajoutes, la voix lente, douce, posée : « Il va falloir que tu te retournes et que tu te dévêtisses en partie pour que j'examine tes blessures aussi. Tu as été touchée principalement dans le dos, c'est ça ? »

Une supposition en voyant la raideur de ses gestes, sa respiration. Si quelque chose a percé un poumon...

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02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 1043 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 256
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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)
Dim 5 Aoû - 23:38



And here we meet again
My life is just a fragment of the universe and all



Y’avait cette nausée qui ne faisait que s’accentuer, malgré la boisson donnée par Harlan. Si dans un premier temps, la douleur s’était calmée, laissant place à une lucidité toute relative, désormais, tout était revenu puissance mille, tout paralysait les muscles de son corps. Le souffle était devenu plus sifflant, chaque inspiration relevait du calvaire, et le mouvement du cheval sous elle ne faisait rien pour arranger sa situation. Mais elle serra les dents, elle monopolisa ses dernières forces pour garder un esprit un minimum clair. Ce n’était pas le moment de cracher sur les efforts fournis, encore moins à cause d’un manque d’énergie flagrant de son cerveau. Déjà que lorsqu’elle était en pleine possession de ses moyens, elle enchaînait les conneries, alors si en plus qu’elle n’avait plus les rênes de ses pensées… La voilà au bord du gouffre. « Tu as raison. » Y’avait rien à pardonner, rien à faire sur ce passé. A force de trop revenir dessus, elle s’y était attachée. Et désormais, il fallait vraiment qu’elle trouve un moyen de s’en sortir, de briser les dernières chaînes, même si ça faisait mal à en crever. C’était mieux que de continuer dans la mauvaise direction, encore et toujours. Elle avait au moins pris conscience de cela, après plus de dix ans…

Elle aurait presque pu sourire Rowena, aux propos d’Harlan. Toutes les émotions qu’il avait expérimentées… Elles le rendaient humain, et vulnérable. Peut-être n’avait-il jamais eu à les expérimenter aussi puissantes, avant le moment fatidique, avant cette mort… « Chacun a sa façon de réagir quand il perd un être cher. » Y’avait une pause, pour respirer, pour éviter de trop parler, de regretter. Y’avait les doigts qui s’accrochaient au pommeau de la selle, alors qu’elle manquait de chuter à chaque pas fait par son cheval. Elle n’avait jamais été une excellente cavalière la conseillère, et cela se ressentait particulièrement aujourd’hui. « Je ne serai pas dans un meilleur état que toi, quand Yuma s’éteindra. » Le lien avec son mentir avait toujours été fort. Très fort. Il avait fait d’elle la femme qu’elle était aujourd’hui, première à atteindre le rôle de conseillère. Il l’avait guidée, lui avait offert une confiance en elle qu’elle était loin d’éprouver à ses débuts. En fait, sans l’apprentissage auprès de l’homme, peut-être qu’elle n’aurait pas eu le courage, la détermination d’arrêter Harlan. Il fallait en posséder, pour se heurter à lui. Que se serait-il passé, sans Caleb et elle ? Elle se demandait toujours Rowena, quelles auraient été les conséquences d’un tel acte…

Et entre deux crises d’inconscience – ou de cerveau qui se faisait la malle –, elle perçut la phrase d’Harlan. Vague espoir dans cette relation qui avait sans cesse volé en éclats, sous l’impulsion de la chamane surtout. Elle se disait que peut-être, ils arriveraient à avoir une discussion à l’avenir, sans se heurter l’un à l’autre. Pas un échange professionnel non… Mais c’était peut-être un rêve, parce que cela impliquerait qu’elle sache se tempérer, se contrôler. Et jamais elle n’avait été si douée que cela dans la vraie communication. « Merci Harlan. » C’était comme un murmure, comme un souffle léger, trop léger…

Et après, c’était des trous noirs dans sa mémoire, quand le cerveau décidait de plonger dans le sommeil. C’était presque un miracle qu’elle reste sur le cheval, puis qu’elle parvienne à se laisser glisser jusqu’à un… Palmier ? Arbre ? Elle ne connaissait pas trop la nature dans le coin, le désert aride où presque rien ne poussait… Puis son regard n’était plus aussi perçant, brouillé par la douleur. Elle vit à peine Harlan s’occuper des chevaux, ou même s’approcher d’elle. Elle entendit en revanche plus le bruit de ses pas, son approche. Y’avait les mots qui étaient compris, alors que les doigts tremblants s’accrochaient à la gourde qu’il lui tendait. Heureusement qu’il guidait ses doigts, elle aurait été foutue de la louper en cherchant à la prendre… Une gorgée du liquide fut prise, et Rowena ne sut jamais vraiment quel goût il avait. C’était comme si sa bouche était pâteuse, plus rien ne s’accrochait dessus, et encore moins la sensation de la boisson. Ainsi, elle aurait pu être dégueulasse que la chamane ne l’aurait même pas perçu. Un super pouvoir en mousse oui, si on prend en compte qu’il faut presque crever pour l’utiliser, ou être paralysée par la douleur. Elle finit par le poser, doucement, pour ne pas en renverser tout le contenu. Les palpitations se calmaient, tout comme sa respiration, mais son corps restait profondément touché par les meurtrissures. Y’avait juste toujours cette difficulté à inspirer de façon correcte, comme si un point beaucoup plus sensible avait été touché. Néanmoins, Rowena faisait assez confiance à Cassian pour se dire qu’il l’avait soignée du mieux possible. Peut-être n’avait-il tout simplement pas pu voir les blessures plus profondes ?

« D’accord. » Elle se détacha tant bien que mal de l’arbre sur lequel elle avait pris appui, celui la maintenant droite. Maintenant, la conseillère vacillait à nouveau, mais elle se maintint assise, se décalant légèrement pour que son dos soit libre. « Je dirai que oui. Ils ne m’ont… Pas loupée avec leurs flèches. J’dirai que les bras ont pris un coup aussi. » Elle se concentrait, pour prononcer quelques mots, pour aider Harlan du mieux qu’elle pouvait. Elle s’accrochait, quand tout lui hurlait de se laisser tomber dans le gouffre. Et elle restait en équilibre, malgré tout. Parce que Rowena avait quand même une foutue détermination qui lui collait à la peau, en toutes circonstances. Les doigts retirèrent le tissu couvrant ses épaules, dévoilant son dos et les cicatrices le parcourant. Elle n’avait jamais été réellement pudique la chamane, et puis, devant Harlan… Cela aurait été doucement ironique. Il était druide dans tous les cas, et sans porter de regard sur les blessures, il ne pourrait porter aucun diagnostic.

« C’est moche à voir ? » Elle n’en savait rien elle, mais elle se disait qu’Harlan ne lui mentirait pas à ce sujet-là.


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Sujet: Re: And here we meet again (Harlan)

 

And here we meet again (Harlan)

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