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˜˜˜˜˜˜Dans la tanière d'Asclépios [Cassian]
maybe life should be about more than just surviving


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29/05/2016 Pivette 2060 Cynthia Addai-Robinson ava : Pivette / sign : Grey Wind Guérisseuse / soin & combat 237
I may be a twin but I'm one of a kind


Sujet: Dans la tanière d'Asclépios [Cassian]
Sam 2 Déc - 0:24


Dans la tanière d'Asclépios
Feat. Nessa Cermath & Cassian Saada


Un départ preste, il avait détalé presque sans demander son reste, disparut dans un claquement de porte qui pouvait rappeler celui de son arrivée fracassante. On pouvait au moins dire que Ciaphas avait le mérite d'agir de manière constante. J'avais esquissé léger sourire lorsqu'après que j'ai griffonné quelques mots sur un morceau de vélin, il s'était empressé de le fourrer dans sa poche avant de se pencher sur moi et de déposer rapidement ses lèvres au coin des miennes. En souvenir de notre première rencontre avait-il dit. C'est ça qui m'avait fait sourire d'y repenser, sans le savoir il m'avait mis un peu de baume au cœur, en l'espace d'une seconde, d'un geste aussi simple que celui-ci je me retrouvais sur cette plage, à une époque ou tout était simple ou je n'avais pas d'autre soucis que de pleurer mon père et vaincre ma peur de l'eau. Aujourd'hui les temps avaient changé, drastiquement. Je n'étais plus la même jeune femme que cette insouciante qui s'était jetée à l'eau avec un parfait inconnu sous prétexte qu'il voulait lui apprendre à nager et l'aider à terrasser sa phobie. Aujourd'hui, en pareil situation, je savais que jamais je ne pourrais prendre une décision avec autant de légèreté, cela me désolait, j'avais envie de retrouver la Nessa qui ne pensait que le plus grand bien de toute situation, celle qui était capable de positiver dans chaque instant même les plus démoralisant.

C'est cette envie qui m'avait guidé lorsque j'avais couché sur le papier les quelques mots à l'attention du seul être que je pensais capable de m'aider, de venir à bout de ma douleur. Bien que nous ne nous soyons pas quittés dans les meilleurs termes, bien qu'il ait refusé de m'accordé son aide par le passé, j'y croyais. Cette simple petite flamme d'optimisme était ce qui m'avait décidé à accepter l'or de Ciaphas, si quelqu'un pouvait s'occuper de moi et me remettre sur pied, ce serait lui. Cassian. Lui avec qui j'avais failli succomber à la morsure assassine du froid de mes si chères montagnes. Lui qui d'un geste aurait pu me faire passer de vie à trépas, mais qui pour une raison qui m'intriguait toujours autant n'en avait rien fait. Lui qui d'après ce que j'avais pu entendre n'était pas seulement persuadé d'être un grand sorcier mais l'était réellement.  

Mon arrivée à la cité, mon installation chez Arméthyse, notre cohabitation un peu laborieuse au début, puis cette collocation des plus naturelles et agréables, retrouver ma si chère amie, savoir qu'ici en ces terres que j'avais toujours pensée si hostiles, j'avais une alliée. Quelqu'un sur qui compter, qui était là pour moi qui m'hébergeait même si elle avait du s'absenter, depuis quelques semaines elle se faisait rare et je savais, je comprenais que c'était mon état, mon attitude qui devait la pousser à ne pas rester trop longtemps en ma compagnie. J'avais toujours eu une profonde affection pour elle et je crois que c'était réciproque mais au fond de moi, dans mes moments de lucidité, je savais à quel point me voir dans cet état d'abandon de toute dignité, enfermée dans mes délires opiacés, elle ne pouvait rien pour moi. Je savais le mal que cela pouvait faire, je n'avais que trop mal vécu la blessure de mon frère, mon impuissance à trouver un remède pour qu'il retrouve l'usage correcte de ses doigts rapidement. Je ne pouvais pas me permettre de monopoliser son attention plus longtemps. Au début, lorsque ma jambe ne me faisait pas autant souffrir que depuis quelques très longues semaines, des mois peut-être, je me souvenais parfaitement de nos balades dans les rues de sa cité qu'elle me faisait découvrir, elle en connaissait presque chaque recoin, chaque pierre. C'est au détour d'une ruelle qu'elle me parla des Saada, je l'écoutais d'une oreille un peu distraite jusqu'à ce que l'on arrive devant ce qui semblait être la demeure de cette famille dont elle me parlait, l'évocation du prénom de certains membres de cette fameuse fratrie m'était terriblement familière. J'avais compris, j'avais posé des questions, j'avais voulu savoir tant de choses, nous avions parlé ce soir-là, des heures durant de ses déboires avec Kamil, de ma mésaventure dans la crevasse avec Cassian, de la jeune Scylla que j'avais soignée et sauvée comme je l'avais fait avec Arméthyse il y a plus de quinze ans. Les pièces du puzzle se mettaient doucement en place dans mon esprit et je n'avais qu'une envie, redécouvrir ses deux êtres qui étaient venus se perdre l'un et l'autre au cœur de mes montagnes. Deux renards des sables égarés au sommets des crètes acérés de mon domaine.

Je n'avais aucune idée de la suite des événements, je ne savais pas quoi penser, quoi espérer. Allait-il répondre et accepter de m'aider ou resterait-il sourd une fois de plus à ma demande. De tout mon être j'espérais que sa réponse serait positive, dans le cas contraire, je me voyais déjà accepter la proposition d'Isdès de venir me chercher à la frontière du désert, de rentrer chez moi et de pourrir au fond de notre village. L'estropiée déserteuse qui rentrait au bercail. Bien sûr je pouvais imaginer le bonheur qui pourrait se lire sur le visage de ma mère de me retrouver, mais cela ne pourrait pas suffire à me pousser à tout recommencer, reprendre ma vie en main et rebâtir tout ce que j'avais perdu, tout ce qui avait été détruit, tout ce qui m'avait détruit. La simple idée de revoir Seren me laissait un goût amer au fond de la gorge. Bien entendu j'étais heureuse au fond de moi qu'il vive sa vie, qu'il soit heureux avec cette femme que je n'avais aucune envie de connaître, avec ses enfants que je n'avais pas envie de voir sachant pertinemment que chaque fois que je poserais les yeux sur eux je ne verrais que la douleur de ce que je n'aurai jamais. Son bonheur il pouvait se le garder, perdu sur son île avec sa nouvelle famille, qu'il vive son bonheur mais qu'il ne vienne pas l'exposer à ma vue.

Utilisant le reste de papier que Ciaphas avait apporté près de moi tout à l'heure je griffonnais une lettre pour Isdès, puis, péniblement au prix d'efforts qui me semblaient surhumain, j'arrivais à me relever, me trainant jusqu'au perchoir sur lequel trônait fièrement Hermès. Roulant le morceau de vélin, le plaçant dans la fine capsule de bois qui était attachée à la serre de ma chouette. Lui donnant un morceau de viande je passais mes doigts sur son crâne avant de lui tendre mon bras, détachant l'ample lanière de cuir qui le retenait sur son perchoir. "Je ne sais pas si je serais encore ici quand tu reviendras … Arméthyse saura où me trouver, j'aurais toujours besoin de toi, même si Isdès te nourris sans doute bien mieux que moi …" Je savais ce qu'il dirait s'il était là, que je devenais sans doute folle à faire la conversation à un oiseau, mais durant de longs mois, il avait été mon seul compagnon, la seule présence vivante à mes côtés, pour moi il était bien plus qu'un messager. Lui ouvrant l'unique fenêtre je le laissais partir avant de me laisser retomber sur une chaise, il fallait que je laisse un mot à Arméthyse, il fallait qu'elle sache où me trouver si Cassian acceptait de me soigner… Je revenais en trainant ma jambe jusqu'au lit sur lequel je me laissais choir, me maudissant de ne plus rien avoir à utiliser pour m'évader, pour soulager la douleur qui se rappelait à mon bon souvenir à intervalles plus que régulier. Au bout de quelques dizaines de minutes, ou peut être quelques heures je finis par m'endormir, avant de me réveiller net, troublé dans mon sommeil agité par quelques coups qui résonnait contre la porte. Je laissais comprendre à la personne qui se trouvait à l'extérieur que la porte était ouverte, ne pouvant me relever pour l'ouvrir.

Un bruit. La lumière et le bruit de la rue qui s'invite dans la maison et mon regard se pose sur la silhouette dessinée sur le sol. Un détail de cette ombre allongée sur le sol poussiéreux retient mon attention, lorsque je porte mon regard sur la tête du contour obscurcissant la terre, je souris en distinguant quelques boucles et me tourne vers le propriétaire de l'ombre en question. Il est à la fois pareil et différent de mon souvenir, sans doute la nuit que nous avions passé dans cette crevasse, l'adrénaline, le manque de sommeil et la douleur avaient effacer quelques détails de mes souvenirs. Je le regardais dans l'embrasure de la porte, voyant le morceau de vélin chiffonné qu'il tenait dans sa main, le mot que j'avais écrit plus tôt et au dos duquel j'avais vaguement dessiné le plan pour atteindre la maison d'Arméthyse. Je me contentais d'un simple "Tu es venu !" qui sonnait comme un soulagement et un étonnement à la fois.




©️ Pivette
 

Dans la tanière d'Asclépios [Cassian]

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