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˜˜˜˜˜˜[Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
Mar 28 Nov - 0:26


Do you ever wish you had a second chance ?
Feat. Demetra Knight & Ozvan Hickok-Cannary
[Intrigue n°20]


Est-ce qu'il fallait désormais compter le temps qui s'était écoulé en heures ou en jours ? Je n'en avais absolument aucune idée, je marchais, je ne savais pas depuis combien de temps, mais je marchais encore et encore. La pluie avait cédé sa place à des vents qui par moments me poussaient en avant, me portant et me faisant avaler quelques kilomètres de plus. A l'inverse, lorsque les bourrasques me faisaient face, plusieurs fois j'ai reculé, lutté pour continuer à avancer, encore. Mettre de la distance entre le camp et moi voilà la seule chose qui trottait en boucle dans mon esprit, partir, pour de bon. Je ne voulais pas qu'on me trouve, je ne voulais pas qu'on me cherche. Vu le temps exécrable, il faudrait être fou pour vouloir se lancer à ma suite, personne n'est aussi fou, personne ne ferait un pareil exploit. Pas pour moi. Je ne le méritais pas de toute manière. J'étais un monstre c'est bien ce que l'on murmurait après tout, j'étais cette folle qui parle à quelqu'un que personne d'autre que moi ne peut voir, cette arriviste qui joue de ses charmes pour arriver à ses fins, cette criminelle dangereuse dont on tient tout de même à se méfier, juste par principe. Je suis tout ça, ça fait partie de moi je ne peux pas lutter contre ces éléments comme je lutte en ce moment contre ceux qui se déchainent au-dessus de ma tête.

La tête baissée vers le sol, affrontant un Eole de plus en plus virulent, je cherche un endroit pour m'abriter au moins quelques heures, le temps de reprendre des forces, de me reposer un peu. Je marche encore une heure ou deux avant de réussir à trouver quelques ruines, qui pourraient m'offrir un abri. Je ne sais pas exactement où je suis d'après les cartes que j'ai pu dessiner suites aux instructions de mes compagnons de galère, je me suis dirigée au nord jusqu'à arriver à la rivière, j'ai dû marcher pas mal de temps avant de trouver le pont. C'est après l'avoir traversé que le vent à commencé à forcir, durant les deux nuits que j'ai passé à marché j'ai réussi à me trouver quelques souches qui pouvaient m'offrir un abri de fortune, mais on ne peut pas dire que j'ai passé de nuit correcte depuis mon départ. Je ne sais pas où je vais. J'avance, c'est la seule certitude que j'ai pour l'instant. Ces ruines, je ne me souviens pas de les avoir dessinées sur aucune carte, je ne sais pas si l'un de nous s'est aventurés jusqu'ici. Tout ce que je veux, c'est pouvoir me poser, dormir, ne plus penser à rien, me vider la tête et pouvoir recommencer une nouvelle vie. Enfin.

Adossée à un mur, je tente de me calfeutrer pour éviter le plus les coups que tente de m'assener cette proche tempête qui se lève. Je pioche dans mon sac et cherche ce qui pourrait me rester comme vivres. Pas grand-chose, un bien maigre butin en vérité, quelques fruits secs et de l'eau pour toute subsistance, il allait vraiment falloir que le vent se calme que je puisse essayer de trouver de quoi me nourrir, reprendre des forces. Me couchant sur le sol, je m'emballais dans la couverture encore un peu humide que j'avais emportée, utilisant mon sac comme oreiller. En temps normal le sifflement aurait sans doute eu le don de m'effrayer, de m'empêcher de trouver le sommeil, pourtant, là, ces derniers jours m'ont épuisé, j'ai besoin de dormir, mon corps n'en peut tout simplement plus, il crie grâce, demande quelques heures de répit.

Le réveil est brutal, violent en un quart de seconde je suis sur mes pieds, debout, le dos collé contre le mur, si je pouvais je me coulerais dans ce dernier. Mes yeux écarquillés contemplent le bloc de béton qui git à mes pieds. A quelques dizaines de centimètres près, c'était sur moi qu'il tombait. "On peut dire que tu as de la chance … ça te prend souvent de partir comme ça, sans rien ne dire à personne, te mettre en danger et jouer les aventurières ? Qu'est-ce que tu essaies de prouver ? C'est bon t'es pas morte, t'as survécu trois jours toute seule, bravo, t'as fini ta petite crise ? On peut rentrer maintenant ?" Myrtle ou l'art de se manifester dans les meilleurs moments, je la regarde mais ne dit rien, scrutant au-dessus de sa tête un bloc qui ne semble pas des plus stables, le vent siffle de plus en plus fort, elle a raison, qu'est-ce que je cherche à prouver ? Vers quoi je me dirige ? Une mort certaine ? Non ! Je refuse de me laisser abattre, je n'ai pas survécu à la mort dans l'espace pour mourir bêtement sur Terre. "Tu n'avais pas à me suivre si tu voulais rester au camp, si tu n'es pas d'accord avec mes choix, tu peux me foutre la paix, pour une fois dans ma vie je décide enfin d'agir pour moi, uniquement pour moi, alors si c'est pour me critiquer, tu peux disparaitre Myrtle, tu m'entends ? Dégage, laisse-moi ! Je veux plus te voir !"

J'attrape mon sac, y roule la couverture humide avant de le jeter sur mon épaule avant de tourner les talons, me protégeant le visage de mon bras pour avancer, je découvre un peu les lieu, des ruines imposantes, on dirait presque ce qui aurait pu être un village il y a bien longtemps, je marche sur ce qui ressemble à une ancienne voie de passage, une route peut-être, ce qu'il en reste tout au plus, le vent est fort, mais rester près des ruines pourrait être dangereux, il faut que je me tienne éloignée de ce qui pourrait me tomber dessus. Mes genoux entrèrent brutalement en contacte avec le sol, mon corps s'allongeant de tout mon long, tentant de garder les yeux ouverts je lutte un instant avant de comprendre que quelque chose m'a heurté et m'a projeté à l'à terre. J'ouvre les yeux quelques fois encore, peut-être à intervalles régulier ou non, je n'ai plus aucune notion du temps.

C'est donc pour ça que je suis partie ? Pour crever au milieu d'un champ de ruines d'une autre époque, sur une planète que j'avais enfin eu envie de découvrir après m'être cantonnée au confort rudimentaire de notre point de ralliement. Alors que j'avais évité une mort certaine dans l'espace, survécu à un crash, à cette nouvelle terre plus ou moins hostile, voilà qu'à peu près trois ans plus tard, j'allais finir sur un chemin, balayé par une tornade. Bravo Demetra … Le ciel s’assombrit, je n'arrive plus à savoir si c'est un orage qui arrive ou si c'est simplement mes yeux qui se ferme et mon esprit qui part voguer je ne sais où. Cela devient de plus en plus sombre, plus aucune clarté à l'horizon, puis, le noir total.



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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
Sam 9 Déc - 22:40

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Demetra & Oz @AndTheLost


Pas un mot. Il n'a averti personne de son départ. Pourquoi ? La seule qui comptait en ses lieux a quitté cette vie. Encore une. Ca ne s'arrêtera jamais. Il n’en veut plus de ces êtres qui disparaissent de son existence, alors il a précipité sa sortie le Rahjak. Même si il doit sa vie à Grâce. Merci. Non Merci. Il refusait de sombrer une fois encore dans toutes ces considérations. Là tout de suite il veut récupérer Emzelt, son Appaloosa, celui qui le supporte tous les jours. Et vice versa. Ozvan il n'enterrera pas une personne de plus, il ne le regardera pas se faire recouvrir par la terre, la ou elle finira rongée par les vers, et toutes les autres sales bestioles. Pas Freÿa. Et pour ne pas se voir entraîner dans ses fonds obscurs il lui semblait nécessaire de bouger. L'équidé à prit la poudre d'escampette, sur ce sol mouillé le vagabond à pu distinguer ses traces. Ce qu'il restait de son sac sur le dos, il s'éclipsa des décombres du défunt village des Calusas, ne comptant pas revenir de sitôt. Bien que le plus fort de ce cyclone fut passé, le vent demeurait batailleur, et avancer ressemblait à un véritable combat. D'autant qu’une pluie battante s'en mêlait de temps à autre, et que la terre sous ses pieds ne lui apparaissaient pas très stable. Peu importait, rien ne le dérouterait de son objectif...

Dans la forêt la piste se raréfiait, par la faute des troncs arrachés par ce qu'il hésitait encore à appeler une tempête. Car la furie qui les combattit ne lui rappelait rien qu'il eut affronté auparavant. Néanmoins ces difficultés ne le contreraient pas très longtemps, L'homme du désert bénéficiait de son expérience d'éclaireur - et de grand crapahuteur devant l'éternel -, alors il devinait aisément où le fougueux étalon se dirigeait. Les ruines. Parce qu'ils s'y abritaient souvent, mais surtout Ozvan appréciait de s'y rendre. Particulièrement pour la petite Ahn, quand il la croisait encore,  car elle s'y réfugiait régulièrement pour rêver ou dessiner. L'équidé vénérait quasiment cette jeune fille, et souvent ils passaient la soirée, tous les trois, assit autour d'un feu à se raconter les histoires des plus farfelues aux plus effrayantes. Sans doute l'animal croyait-il y découvrir un refuge serein, mais Ozvan doutait de ne pas le retrouver aussi ravagé que le reste du paysage. Soudainement un renard probablement particulièrement choqué sauta, surgissant de l'ombre d'un arbre arraché, pour s'enfuir à toute allure entre les deux jambes du voyageur comme s'il était poursuivi par une bande d'ours enragés. La flore déchirée, la faune déchiquetée, une nouvelle ère surgissait de cette catastrophe, que s'en dégagerait-il ?

Les vieilles pierres percèrent à travers une végétation gorgées d'eau qui rendait la progression d'Ozvan semblable à un véritable combat. De plus il restait dans l'atmosphère comme une multitudes de gouttelettes microscopiques invisibles à l'œil nu, mais qui donnaient un effet de brouillard épais, qu'il eut fallu couper au couteau pour y voir à un mètre devant soi. Cependant son Ouïe le dirigea sur la droite, quand ce qui s'apparentait à des claquements de sabots l'attirèrent. L'animal effarouché tournait sur lui-même en envoyait quelques ruades qui n'encourageaient pas l'éclaireur à s'en approcher tout de suite. Restant à une certaine distance, le terrien pénétra par l'ouverture d'un mur dans ce qui gardait encore la carapace d'une ancienne maison. Au moins là il se verrait moins exposé aux coups de grisous sournois qui vous renversaient traîtreusement. La seule certitude qui le rongeait pour le moment se résumait au fait qu'il ne repartirait pas sans son Appaloosa. Dusse-t-il patienter des jours pour que ce dernier le laissa s'apprivoiser une seconde fois. Et qu'il le poursuivre à travers la jungle pour ne pas le perdre de vue, ce dont il doutait fortement sachant à quel point celui-ci se plaisait dans cet ancien village. Le voyageur inspecta donc les lieux de ses prunelles afin de vérifier la qualité de son futur bivouac.


Dans l'obscurité il cru voir quelques vieux tissus, qu'un squatteur à du oublié après avoir logé dans l'endroit quelques jours. S'interrogeant si il ça se récupérerait pour boucher quelques trous, en prévision des mauvais courants d'air.  Ozvan esquissa plusieurs pas vers le tas de linges qui entreprit soudainement de respirer bruyamment, par à-coups avec de forts sifflements ! Apparemment on le précédait. Et pour souffler de la sorte on devait dormir profondément sinon "on" ne s'annoncerait pas en trompette et fanfares sans vérifier les intentions du nouveau venu. A moins qu'"on" ne fut complètement fou, délirant ou inconscient. Le Rahjak opta pour la dernière supposition, suite à la toux caverneuse qui se répercuta comme un écho sur les parois les entourant. Ozvan prit sur lui de vérifier s'il ne se trouvait pas en compagnie d'un moribond blessé lors de l'ouragan, et entrain de rendre l'âme. Le Rahjak s'agenouilla donc, puis tira la couverture qui recouvrait l'être humain en dessous avec douceur. Un visage féminin se révéla à lui. Trempé de sueur, ou de l'humidité envahissante comme des cloportes. Endormie ou dans le coma il ne le décelait pas encore. Si jamais elle se réveillait subitement, le chassant à grands cris ulcérés, Ozvan hausserait les épaules, puis chercherait un autre coin. Dans de telles conditions on ne se livre pas à une guerre idiote.

L'image de Freÿa dans toutes ses pensées, il ne tournerait pas le dos à cette personne inconnue, et ne pensa pas prendre un grand risque en posant sa main sur le front de cette dernière. Brûlante. Il secoua ensuite son épaule pour vérifier les éventuelles réactions. Rien. Elle respirait néanmoins, mais l'importance de la réchauffer très vite s'imposa au terrien directement. D'un coup il lui retira cette matière imbibée qui la ,recouvrait pour repêcher une protection sèche dans ses affaires. Tout en la déplaçant sur un sol nettoyé, il entreprit de récupérer des bouts de bois qui traînaient dans la "demeure". Quitte à sortir pour en picorer quelques autres afin de démarrer un petit foyer qui la réchaufferait. Tout cela sans qu'elle ouvrit les yeux une seule fois, ou alors pour refermer ses paupières aussi vite, certainement persuadée de traverser un rêve à la limite du cauchemar. Pour terminer il se mêla de lui faire avaler un peu d'eau, tout en appuyant la tête blonde de la jeune fille, quasiment une gamine,  sur ses genoux. Ozvan força le seuil de ses lèvres avec le goulot de sa gourde, jusqu'à ce qu'elle fut obligée de déglutir le liquide qu'il lui fournissait. La prochaine étape essentielle se faufilerait à travers les paroles ou les gestes qu’ils échangeraient. Pour le moment Ozvan veillerait à alimenter le feu pour la garder au chaud.

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
Ven 22 Déc - 17:40


Do you ever wish you had a second chance ?
Feat. Demetra Knight & Ozvan Hickok-Cannary
[Intrigue n°20]


Le vent ne cesse pas, loin de là il redouble, s’intensifie et le corps inerte se retrouve projeté contre quelques débris et autres ruines. Aucun craquement d’os, aucune plaie ouverte mais le réveil n’en sera pas moins difficile et douloureux. Quelques nouvelles bourrasques arrivent à déloger la couverture du sac de cuir, petit à petit, rafale après rafale jusqu’à ce que l’étoffe humide ne soit à moitié déposée sur le corps léthargique , balayée de temps à autres contre un morceau de mur. Elle semble lui faire du vent elle aussi, comme s’il n’y en avait pas suffisamment alentours, voletant dans un ballet incessant, tour à tour tombant sur elle et se relevant, plaquée contre les vestiges de béton. Puis le calme, tout relatif, le bruit assourdissant laissait peu à peu place à une forte brise sifflant dans les arbres, douce mélodie lancinante, compagne parfaite de rêves en tous genres.

Le noir. Le vide. Le néant. Plus aucune sensation ne semble habiter mon corps, plus aucun son ne parvient à mes oreilles, plus rien. Puis un point lumineux, un second, un troisième, un dixième, un centième, des milliers, des milliards. Je flotte, sereine, pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai l’impression d’être dans une bulle de coton, ne plus rien sentir, ne plus rien ressentir. Je flotte au milieu de myriades d’étoiles, ces astres que j’ai si souvent contemplé depuis la minuscule fenêtre de ma chambre puis celle de ma cellule durant des années avant de pouvoir les admirer depuis cette nouvelle planète sur laquelle nous avions échoués. Tournant la tête d’un côté puis de l’autre dans cette immensité mon regard se posait sur des ombres mobiles qui par endroit cachaient momentanément mes si chères étoiles. Des silhouettes dansant dans l’espace comme tant de marionnettes délivrées de leurs fils, sans protection, sans système d’aide à la respiration. Sans vie. Ces figures étaient totalement inconnues, des apparitions sans visage, anonymes, oubliées. L’un d’eux pourtant semble se dessiner au fur et à mesure que je le scrute jusqu’à ce que les traits apparaissent distinctement, un visage fin, féminin, en de nombreux points semblable au mien si ce n’était cette expression de terreur au fond des prunelles figées. Elle est là, elle me regarde de son air fixe, accusateur et culpabilisant, bien que silencieuse elle semble vouloir me faire parler, vouloir que je m’épanche en remords et autres regrets. Jamais. C’est toi qui a fait de ma vie un enfer, c’est toi par ta faute que j’ai été enfermée, par ta faute qu’ai fait partie de ceux que l’on a expédiés vers une mort certaine. Regarde-moi avec les yeux que tu veux chère mère, mais jamais, jamais je n’éprouverai autre chose que du soulagement de t’avoir ôté la vie. Ce que je regrette c’est de ne pas avoir anticipé sa réaction à lui, lui dont la silhouette flotte près de nous, lui dont le visage semble déformé par la douleur ou la peur. C’est donc à cela que ressemblait mon si honorable paternel au moment de son trépas ? Pathétique. Le regret de ne pas avoir su, ne pas avoir pensé qu’il me démasquerait, qu’il se retournerait contre moi et qu’il me ferait enfermer pour t’avoir tuée. Lui le cocu qui venge celle qui la trompait sans aucun remord, vraiment pathétique.

L’idée qui me traverse l’esprit ne me plait pas, pas du tout même. Qu’est-ce que je fous là ? Si je flotte au milieu du cosmos en compagnie de mes géniteurs et de je ne sais trop quels autres membres décédés de notre communauté, est-ce que j’en fais partie moi aussi ? Est-ce que c’est à cela que ça ressemble quand tout s’éteint, quand le rideau tombe pour la dernière fois ? J’ai lu tant de descriptions fascinantes par tant d’auteurs tous plus prolixes les uns que les autres, jamais avides de détails pour faire surgir de mon imaginaire des images de cet après vie. Si c’était ça, je demandais à pouvoir parler à ces dits auteurs sur le champ pour leur expliquer ma façon de voir les choses. Qu’eux, mes parents, soient morts cela ne me faisait rien, au contraire, leur morts m’avait libérée d’une certaine manière, c’est lorsque j’ai compris que mon père avait péri dans le crash de l’Odyssée que ce poids sur mes épaules m’avait réellement quitté pour de bon, que j’avais enfin commencé à vivre et décidé de découvrir ce monde nouveau qui était désormais le mien. Elle je ne voulais même plus en parler, après plus de douze ans, ce souvenir était si lointain qu’il ne me touchait plus. Mais moi. Je ne pouvais pas mourir. Bien sur aucun de nous n’est immortel, mais je ne pouvais pas survivre à une exécution programmée, un crash et finir par voltiger au firmament pour l’éternité sans avoir pu découvrir ce que cette planète me réservait.

Ils se rapprochent de moi tous les deux toujours immobiles, pantins sans vie, et pourtant ils sont poussés vers moi comme si cette petite réunion de famille improvisée devait se terminer et qu’ils ne voulaient pas me laisser repartir sans avoir la possibilité de voir la sentence de mon crime enfin exécutée. Je tente de me débattre mais rien n’y fait, moi aussi je suis immobile, je suis une marionnette comme eux, je suis capable d’aucun mouvement, aucune parole. Me lançant dans un combat acharné avec mon esprit afin qu’il m’aide à bouger un membre, je lutte jusqu’à ce qu’enfin au pris d’effort quasi surhumain mes doigts se meuvent. La douleur qui en résulte est intense, foudroyante, je ne sais pas d’où elle vient mais je veux qu’elle s’arrête, une force m’attire vers le bas et petit à petit je les vois s’éloignée, je suis soulagée un instant jusqu’à ce que je comprenne que je suis en train de tomber, tomber à travers le vide intersidéral vers un point de chute dont j’ignore absolument tout. Je me débats mais rien autour de moi d’autre que le vide, rien à quoi me raccrocher, rien pour freiner un tant soit peu ma dégringolade vertigineuse. Les étoiles d’éloignes, ne formant plus qu’un tapis de points lumineux fixes au-dessus de moi alors que la vitesse augmente et ma vision se trouble, un sifflement résonne à mes oreilles, je veux qu’il s’arrête, je veux que tout s’arrête, je veux pouvoir ouvrir les yeux et me réveiller dans mon lit, dans cet abri qui est mon chez moi, je veux me réveiller et qu’Atlas me dise que j’ai juste fait un mauvais rêve de plus.

Mes paupières refusent de s’ouvrir et la sensation de chute s’accélère, mes membres doivent frotter contre l’air car je ressens des douleurs de plus en plus intenses, ma cheville et mon coude brulent mais c’est principalement l’arrière de ma tête qui me fait le plus mal, une douleur intense, irradiant tout l’arrière de mon crâne, je veux pouvoir porter y porter la main mais rien n’y fait, je ne peux pas bouger, je ne sais pas quand la chute va se terminer, je ne suis plus actrice de rien, jusqu’à ce que je plonge, mon dos semble se fracasser contre une surface avant que je ne comprenne qu’elle n’a rien de solide, je m’enfonce dans un liquide, il m’entoure et je me débat comme je peux, il monte et arrive bientôt à mon visage, je ne peux plus lutter et alors que ma bouche s’entrouvre une grande quantité d’eau coule dans ma gorge. Si je suis morte comment est-ce que pourrais avoir autant mal, est-ce que c’est ça l’enfer ? Je veux pas crever, merde !

L’eau rempli ma gorge et même si je lutte, mes forces m’abandonnent et je me résigne à avaler une première gorgée. Comme si cette eau avait un quelconque pouvoir, à peine entrée dans mon organisme je sens mon corps reprendre ses droits et mes paupières se desceller doucement. La lumière vive contraste avec la noirceur dans laquelle j’ai été plongée jusqu’à maintenant, je cligne plusieurs fois avant que mes yeux n’osent vraiment s’ouvrir, ma vue est encore trouble mais je distingue vaguement une silhouette penchée au-dessus de moi. L’espace d’un instant je me surprends à espérer qu’Atlas est parti à ma recherche que c’est lui qui m’a retrouvé, mais au fur et à mesure que mes yeux s’habituent à la clarté je réalise que ce n’est pas lui. C’est un homme, mais que je ne connais pas, je me rends compte que je suis allongée, la tête reposant sur ses genoux et que ce que je prenais pour une noyade n’était autre que mon sauveur essayant de me faire boire quelques gorgées d’eau pour me faire émerger de ma léthargie. Alors que j’esquisse un mouvement pour me redresser je n’y arrive pas et ma tête douloureuse retrouve les genoux de l’inconnu. Levant les yeux je croise son regard, qui est-il ? Pas l’un des miens c’est certain, il est plus âgé, je ne parierai pas non plus sur un membre de l’Odyssée non plus, je me contente de le fixer et après avoir déglutis une ou deux fois un simple "Merci" s’échappe de mes lèvres.




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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
Jeu 11 Jan - 18:51

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Demetra & Oz @AndTheLost


Le feu Crépite. Le vent tournoie, puis s'apitoie sur lui-même avec des plaintes étranges alors que la pluie rebondit sur les vieilles pierres noyées dans ces multiples gouttes torrentielles. Érodées par des décades solitaires, elles se prélassent dans toute cette fraîcheur inattendue, avec une couleur qui bien qu'entachée d'humidité, se marierait presque avec de la gaieté. Unique note douce dans ce paysage saccagé par la colère des éléments. L'homme sur le seuil, planté là comme un gardien observe les branches roulées par des bourrasques hargneuses dont la rage diminue doucement au fil des heures. Des millions de feuilles tournoient dans les airs cherchant à se déposer sur n'importe quelle surface disponible, autant sa peau, ses vêtements que les murs à moitié écroulés qui les héberge. Elle et lui. L'inconnue plongée dans un sommeil fiévreux derrière son dos, prêt du feu dont les étincelles illuminent parfois son visage de madone. L'ouïe du vagabond, vrillée au souffle perturbé de l'endormie. Il devine le Rahjak qu'elle se débat dans un rêve offrant la belle part au cauchemar. Enfin c'est ce que l'agitation fébrile qui se dégage de son corps meurtri comme message silencieux. Pendant des heures les prunelles du voyageur n'ont pas quittées l'Appaloosa farouche qui s'ébrouait frileusement jusqu'à ce qu'il pénètre dans d'autres décombres pour se protéger de l'averse meurtrière. le bruit de ses sabots à résonné pendant un moment avant que le silence le remplac. Ozvan sait que l'équidé, épuisé par cette fuite folle se repose désormais.

Plus tard il songera à s'y rendre pour vérifier si le jeune étalon ne s'est pas infligé des blessures importantes, que son agitation lui eut dissimulé. Cependant Ozvan estime plus prudent de ne pas s'éloigner de l'égarée. Ainsi la surnomme-t-il dans son esprit l'homme du désert. Elle semblait échouée là par hasard quand le regard de l'éclaireur perça l'obscurité qui l'englobait dans ses atours. Comme si elle eut surfé sur le vent qui se fut embouti par accident dans les anfractuosités de cette ancienne maison. Rien n'avertit le terrien qu’elle ne soit pas entrain de succomber à une maladie quelconque. Ou qu'elle ne fut pas non plus posséder par une folie qui la rongerait comme feu Tristam. Ozvan s'abstient de tout jugement, attendant que la respiration de cette dernière s'apaise, que ses paupières se soulèvent afin que le monde s'y engouffre à nouveau, puis que les premiers mots jaillissent de ses lèvres pour qu'une opinion se forge si l'échange se découvre possible. Alors il patiente. Il ronge ses propres os de malheur comme un dogue enragé au fond de son âme. Il pleure la perte de son unique famille, le visage offert aux intempéries qui détruisent son Isle. Il ne désire pas la présence d'un humain qui essayera de lui remonter le moral. Le Rahjak il souhaite goûter à son chagrin jusqu'à la lie dans son intimité. Et cette présence délétère lui convient parfaitement. Chacun, Lui et Elle, remontent à leur manière du fond du puits ou ils ont atterris. De leur plein gré ou non, peu importe, le résultat s'écoule de manière similaire.

Des paroles se faufilent entre deux respirations sifflantes qui parviennent aux oreilles de l'éclaireur, bannissant tous les autres bruits. Tranquillement il se tourne vers la comateuse dirigeant son attention vers la face cireuse qui émerge des couvertures soigneusement remontées jusqu'à son menton. Mais redescendues jusqu'aux épaules sous les gigotements de la blonde. Une expression douloureuse répandue sur sa mine inquiète ou le front se fend d'une ride beaucoup trop sérieuse. Ozvan il entend les mots sans les comprendre. Une ancienne conversation ? Un délire ? Un drame secret ? Il n'essaye pas de décoder les énigmes que la débarquée exhale dans l'air humide de leur abri. Il s'en va simplement poser sa main sur le derme brûlant de la bavarde pour évaluer sa température. Elle ne doit pas se déshydrater, alors il s'empare de sa gourde qu'une fois de plus il glisse entre les dents de la fille délirant pour la forcer à engloutir le minimum de liquide et éviter le pire. Ensuite, il dégage avec une douceur infinie, comme il l'eut fait pour sa nièce, quelques mèches claires qui s'aventurent sur la bouille humide de sueur de la demoiselle. Faut éviter qu'elle s'étouffe puisque la voilà déterminée à papoter dans ses songes, et d'en faire bénéficier son unique spectateur. Fatigué, Ozvan s'assied auprès d'elle, appuyé contre des pierres mordantes il voile son regard pour obtenir un peu de repos tout en se laissant bercer par le discours accidenté de la fille du ciel, dévoilant un passif tourmenté ou une imagination forcenée.

Ses narines le chatouillent intensément alors il éternue et ça le sort des bras de Morphée auxquels il a succombé. Aussitôt il se tourne vers l'égarée qui n'a pas retrouvé le chemin de l'éveil encore. Des petites bestioles grouillent sur lui et Elle. L'humidité les fait sortir de la terre, elles se promènent en quête d'un bon repas. Avec des gestes vifs et précis il les retire pour les balancer à l'extérieur. Son estomac gronde alors il pense cuisiner un petit encas pour se remplir le ventre. Il fouille dans sa besace retire de la viande séchée, quelques plantes recueillies dans le potager de Freÿa avant la catastrophe. Un récipient en fer qu'il réchauffe dans le foyer rempli de cette nourriture de fortune. La fille émet des plaintes, elle gémit, se contorsionne. Elle ne parle plus. Encore un peu d'eau peut-être ou de la tisane. De la verveine il y en à dans ses affaires, il lui en préparera par la suite mais la priorité momentanée : L'apaiser. Alors comme au tout début il attire délicatement la tête blonde sur ses genoux afin de la bercer. Ozvan commence seulement à penser qu'il existe une chance minime de l'extirper de cet état. La sauver, pas encore, trop d'optimisme empêche la logique de bien évoluer ou d'apercevoir les points faibles. Le terrien chantonne en humidifiant ses lippes. Un chant qui s'adresse aux esprits, il leur demande leur clémence. Ne pas achever un être qui est parvenu à traverser cette tempête intacte, qui plus est une débarquée. Ça mérite une chance ça non ? Ainsi occupé il ne perçoit pas les iris qui le dévisage ...

*Merci* Aussitôt il retire le goulot qui s'écoule auprès de la bouche de la jeune fille alors qu'une parole à capturé son attention. Pas besoin de la rendre plus malade en la refroidissant, rapidement un peu maladroitement il essuie la joue de celle-ci avec un bout de tissu, récupéré dans sa poche, qui fleure bon la noisette. Le Rahjak ne réagit pas au merci, il n'en attendait pas en réalité. Il eut plutôt mérité des insultes si son choix se fut résumé à lui tourner le dos. Avec force mais sans rudesse il appuie sur son dos pour qu'elle se redresse ce qui lui permet de se dégager. Il retire l'écuelle des flammes, la place à ses côtés pour finalement lâcher « Faut que tu manges, ça fait plus de 48 heures que tu dors depuis que je  t'ai trouvé. Combien avant j'en sais rien mais tu dois reprendre des forces si tu veux retourner chez toi  » A priori il suppute que ça doit être sa destination. Si non il avisera alors, si elle l'en informe, car oui la réveillée peut ironiquement en quittant le marchand de sable devenir muette. Oh ça ne n'embêtera pas Ozvan, il s'adaptE très bien à ceux qui ne communiquent pas. Puis il y a eu le cas paillette *, la taiseuse qui s'obstinait à le fuir au risque de se trouver aux prises avec un animal dangereux. Celle-ci lui parait plus réfléchie, ils établissent les prémices de cette relation, tous les possibles s'envisagent donc « Tu t'es perdue pour terminer dans ce lieu désert et abandonné ? On t'a attaqué ?  » L'homme du désert se renseigne, s'inquiète aussi de l'éventualité d'un bande d'imbéciles qui profiteraient de tout cette promiscuité pour accomplir leurs méfaits.

Il n'a pas donné son prénom, ni demandé le sien. Les civilités passent un peu au-dessus de sa tête. D'ailleurs il remarque seulement qu'il n'a pas pas ajouté de couverts dans le contenant. Il  s'éloigne donc sans attendre les réponses qui ne viendront éventuellement jamais, et reviens avec une cuillère tordue qu'il lance dans le pot. « Y'a mieux mais ça m'étonnerait que je puisse partir à la chasse aujourd'hui ! »


Spoiler:
 

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
Dim 14 Jan - 17:31


Do you ever wish you had a second chance ?
Feat. Demetra Knight & Ozvan Hickok-Cannary
[Intrigue n°20]


Ne sachant pas exactement où je me trouve, peut-être que je ne m'en souviens tout simplement plus vu la douleur qui reste solidement ancrée dans mon crâne ça peut s'expliquer. Mon regard se pose çà et là, pourtant cet environnement ne m'est pas familier. Petit à petit tout se remet en place dans mon esprit encore un peu embrumé. La tempête, ces vents violents qui m'ont projetée au sol et ce coup à la tête, je ne sais pas ce qui m'a assommée mais ça ne m'a pas raté. Je sens l'inconnu pousser dans mon dos pour que je me redresse, ma tête tourne encore un peu plus alors qu'il se dégage et s'éloigne un peu. Ramenant mes genoux vers moi, j'y enfouie ma tête, comme si je pouvais me cacher, comme si je pouvais réussir à prendre le moins de place possible, comme si je voulais disparaitre. Ce n'est pas véritablement moi qui voulait m'éclipser mais si je pouvais faire s'envoler ce foutu mal de tête je serais déjà soulagée d'un bien grand poids. Un geste, un mouvement dans ma direction, un son léger de quelque chose qui se pose à mes côtés me fait ouvrir les paupières à nouveaux. Plus que le son c'est l'odeur qui me chatouille les narines et fait réagir mon estomac. La tête encore un peu endolorie, je m'assieds et attrape la gamelle qu'il a posé à côté de moi, mon regard se pose tour à tour sur son contenu de l'assiette et sur celui qui l'a préparée alors que je me concentre sur ses paroles.

Il faut que je mange, ça tu vas pas avoir à me le dire deux fois, la faim me déchire les entrailles et je n'arrive pas à me souvenir de quand date mon dernier véritable repas digne de ce nom. 48 heures de sommeil ? Il déconne ce n'est pas possible que j'ai dormi autant, ou alors j'ai été assommée bien plus fort que je ne l'aurais pensé finalement. C'est donc lui qui m'a retrouvée et mise à l'abri, lui qui s'est occupée de moi alors qu'il ne me connait pas, qu'il ne sait rien de moi, qu'il ne sait pas quel genre de personne je peux être, pourtant il a certainement du se demandé si arrêter son chemin pour m'aider était quelque chose à faire ou non, il a peut-être hésité après tout si j'étais dans le coton pendant tout ce temps, il est peut-être parti et revenu, il aurait tout aussi bien pu me mettre à l'abri et partir sans demandé son reste. Je suis intriguée, pourquoi l'a-t-il fait ? Mais sa phrase vient mettre un terme à mes réflexions. Retourner chez moi ?

"Chez moi ? Je suis partie, mais je n'y retournerai pas …"

Retourner au camp était tout simplement impossible pour moi, plus maintenant, comment le pourrais-je ? Revenir et retrouver Atlas ? Devoir cohabiter avec lui comme s'il ne s'était rien passé, comme si je n'avais pas dit ce que j'avais sur le cœur et comme il m'avait rabrouée, repoussée. Non je n'y remettrai pas les pieds. J'ai mal au cœur, mon esprit s'éloigne et un instant je pense à Thaïs, ma merveilleuse et adorable petite tête brune, je m'en veux d'être partie sans rien lui dire, de ne pas lui avoir laisser un mot, une explication, quoi que ce soit pour qu'elle comprenne que c'était trop dur de rester, mais si je l'avais croisée ce soir-là je sais que jamais je n'aurais été capable de partir, jamais je n'aurais pu l'abandonner en la regardant dans les yeux, j'ai été lâche, j'espère qu'elle me le pardonnera. Si ça se trouve quelqu'un lui parlera, quelqu'un lui révélera mon crime et elle n'aura plus jamais au fond des yeux cette petite étincelle qui danse quand elle me regardait, comme il y a si longtemps lorsque nous étions tout là-haut, la seule à être suffisamment innocente à mes yeux pour ne pas agir différemment avec moi sur Terre, malgré moi, comme lorsque je la gardais quand elle n'était qu'une toute petite fille, j'avais voulu protéger son innocence même si aujourd'hui elle devenait une véritable petite femme, déterminée et qui ne se laisserait pas marcher sur les pieds. Est-ce qu'il fallait que je rentre, pour elle ?

Il lui dira que je suis partie, il trouvera certainement les mots pour lui dire que si je l'ai fait c'est que je devais avoir mes raisons, de très bonnes raisons et que je reviendrais vers eux un jour ou l'autre, que je suis comme ça. Il trouve toujours les mots, il les a toujours trouvés avec moi, c'est pour ça qu'il est le seul que j'ai voulu prévenir de mon départ. Devos connait mon endroit favori, on petit coin de paradis, ce morceau de mur en ruines à près d'un kilomètre du camp, ce vieux morceau de béton plane qui me sert de toile, de canevas pour laisser libre cours à mon inspiration et ma créativité. En quittant le camp je m'y suis rendue, je ne sais pas s'il verra le mot que j'ai laissé expliquant que je partais, que je ne pouvais pas rester, que je ne pouvais plus rester. Depuis que nos routes se sont recroisées, après plus de dix ans de séparation, j'ai parfois l'impression d'être une jeune femme normale lorsque je suis en sa compagnie, il ne me regarde pas comme la folle que les autres voient en moi, il ne me regarde pas comme la criminelle que je suis, il ne me regarde pas comme la séductrice que j'aime être, dans son regard ce n'est que l'amie d'enfance, la presque sœur, celle qui a presque toujours fait partie de son quotidien que j'ai l'impression d'être. Je relève le regard et le fixe sur mon sauveur avant de répondre à ses nouvelles questions.

"Je ne sais pas où j'avais l'intention d'aller donc je ne peux pas vraiment dire que je suis perdue, il faut se tromper de chemin par rapport à l'endroit où on veut se rendre pour se perdre non ? Si on m'a attaqué, je n'ai rien vu, je n'ai croisé personne depuis mon départ de chez moi, je pense que c'est le vent qui a dû projeter quelque chose contre moi pour que je perde ainsi connaissance."

Si moi j'ai eu de la chance, je me demande comment ça se passe au campement, est-ce qu'il y a des dégâts, est-ce que tout le monde va bien ? Je suis tiraillée par l'envie de rentrer pour en avoir le cœur net, et cette envie d'aller de l'avant, de me construire une vie nouvelle, partir sur de nouvelles bases, découvrir que je suis vraiment lorsque je ne suis pas cantonnée à l'étiquette de criminelle, meurtrière, séductrice j'en passe et des meilleures. Je souris lorsqu'il jette une cuillère dans la gamelle je n'attends pas et m'en saisis pour goûter à ce qui ressemble à un festin pour ma panse. Les paupières closes j'avale une première bouchée avant de laisser un sourire se dessiner sur mon visage.

"Je ne suis peut-être pas objective parce que je meurs de faim, mais tu es un cuisinier hors pair si tu arrive à faire quelque chose d'aussi bon avec aussi peu !"

J'ai envie de me jeter sur le plat et de le dévorer en quelques secondes mais je prends mon temps et déguste, bouchée après bouchée. Reposant le plat, à moitié terminé, je pousse la gamelle dans sa direction, il faut que je mange certes mais je ne vais pas lui prendre tout ce qu'il a préparé non plus. J'ai envie de lui poser des tonnes de questions mais je me retiens, je ne veux pas le harceler il a été plus que serviable et aimable avec moi jusqu'à maintenant ce ne serait pas le moment de me mettre à dos mon bienfaiteur, je me limite donc à la question la plus élémentaire, tendant la main vers lui. Me contenant de l'une des rares phrases que je connais dans sa langue.

"Ai laik Demetra kom Skaikru … et je suis navrée mais c'est à peu près tout ce que je sais dire …"



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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
Mer 7 Fév - 18:56

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Demetra & Oz @AndTheLost


Au dehors la pluie battante ricochait sur les vieux murs, s'infiltrant dans les anfractuosités creusées par l'érosion, elle investissait les parois créant des rigoles qui suintaient sur le sol. Heureusement le coin qu'ils occupaient demeurait relativement sec grâce aux flammes qui grésillaient tout en leur procurant une chaleur bienfaitrice. De plus Ozvan avait veillé à déplacer la jeune femme dans le lieu le moins humide. Attraper une saloperie qui l'aliterait plus encore ne semblait pas souhaitable au Rahjak. Ni pour elle, ni pour lui. La blonde s'interressa à sur la nourriture à peine ses paupières soulevées. Une note plutôt positive en ces temps sombres, destructeurs et orageux. A part Elle et son Appaloosa qu'il entendait souffler plus loin par moment il n'avait jamais vu personne regarder avec tant de joie ce qu'il cuisinait. Et pour être honnête, il ne s'en donnait jamais la peine pour qui que ce soit. Le voyageur partageait parfois son repas au coin d'un foyer, avec un pauvre égaré qui surgissait de la nuit, mais bien plus souvent l'alcool qu'il transportait quand l'humeur virait au noir. Elle lui déclara ne pas vouloir retourner d'où elle venait. Et lui ne pouvait contester ses paroles, il ne se mêlait pas du choix de ses pairs, assez âgés pour savoir quoi faire de leur vie. Cependant il ne put s'empêcher de songer qu'elle ne ferait pas long feu à la merci de ce monde sauvage. Si elle ne s'équipait pas un peu mieux pour l'affronter.

Mais ... Ozvan gardait en mémoire Tristam, et l'un ou l'autre de ces enfants du ciel parvenus à se débrouiller parmi eux les terriens. Avec parfois une aide substantielle de ces derniers. Sans doute en connaissait-elle acceptant de lui apporter un coup de pouce « Tu sais déjà ou tu vas t'installer alors ?  » Lui demanda-t-il pour alimenter la conversation sans s'inquiéter de la raison qui l'incitait à quitter les siens. Après tout, lui-même ne passait que très de temps auprès des hommes du désert dans la cité de feu. De plus un drame se cachait probablement derrière cette décision - Ou juste une envie de liberté -. Et il n'imaginait pas que remettre toutes ses raisons sur le tapis l'aiderait à garder une esprit positif. A vrai dire il ne souhaitait pas passer les 48 prochaines heures  avec une jeune fille en pleurs à ses côtés. L'Eclaireur préférait la quitter, si pas avec un sourire sur les lèvres, au moins envahit d'une énergie qui l'encouragerait à se battre contre l'adversité. Car du courage pour s'établir seule dans cette Isle dévastée, elle devrait en puiser au plus profond de son âme. Et Ozvan détestait quitter un lieu en y abandonnant êtres en perdition. Pas besoin qu'il éprouva une sympathie quelconque envers eux, ou elle, il estimait simplement que chacun méritait de rebâtir sa vie avec les bonnes cartes en main. Autant un débarqué qu'un terrien « Tu fais partie du groupe de Gamora ? Je la croise de temps en temps puisque je troque régulièrement avec elle  » Plus vraiment un secret mais pas non plus un fait connu de tous les jeunes.

La demande Du vagabond échoua un peu dans le silence, la blonde, plongée dans ses pensées retournait probablement vers des actions blessantes ou regrettées. Ozvan n'insista pas, la laissant revenir vers la vie présente à son rythme, car elle se réveillait d'un long sommeil. Et forcément se devait de mettre de l'ordre dans ses souvenirs. Il ramassa quelques vieilles planches vermoulues et pourries qu'il ajouta au feu. Une fumée épaisse et odorante s'éleva vers le plafond, malheureusement avant que de s'aventurer à l'extérieur il leur faudrait user le peu de débris à leur disposition. De plus avec l'averse à l'extérieur le moindre morceau de bois devait être trempé. Rien de mieux pour faire mourir un foyer. Heureusement pour eux les émanations s'échappaient par les trous qu'on devinait au plafond. Ils s'en sortiraient avec quelques éternuements et raclements de gorge. Une voix féminine se rappela à lui, fournissant les explications à la question zappée par la demoiselle un peu plus tôt « Oui ... On peut aussi marcher droit devant soi sans savoir ou on va, ni ou on est, ni ce qu'on va faire ensuite.. Et j'appellerais ça perdue pour ma part. Mais chacun voit midi à sa porte. Sinon oui, pour ce que j'ai pu constater la violence des éléments à du avoir raison de toi, elle a bien démoli ma maison, heureusement que ces ruines sont solides » Et tué sa nièce après avoir eu presque raison de lui. Mais il choisit d'écarter ce détail intime de leur conversation, il n'apporterait rien de plus ici ... « Il faudra attendre demain pour que ça se calme et qu'on puisse reprendre la route »

Chacun vers son propre but, il ne le précisa pas, car une évidence flagrante pour lui. Mais Ozvan n'élabora pas plus la voyant saisir la cuillère et manger avec appétit. Reprendre des forces pour posséder une bonne santé devenait le but primordial pour la jeune pas-perdue. Çà lui assurait un esprit beaucoup plus sain pour réfléchir et agir en conséquence. Quand elle repoussa l'écuelle, du bout de son pied il la ramena auprès d'elle  « Et ben n'hésite pas à tout terminer si je suis si bon cuisinier car moi j'ai déjà mangé en attendant ton réveil » Un peu. Bien assez pour lui qui se morfondait dans sa rage de la perte de Freÿa, mais tout autant d'inquiétude pour Gen. Pourvu que les Athnas, dans leurs montagnes ne se fussent pas fait encore plus malmenés que les Calusas  « Ne t'inquiète je connais ton langage, peut-être que quelques subtilités m'échappent mais on devrait pouvoir se comprendre à défaut de s'entendre. Et si tu t'ennuies pour passer le temps, je pourrais toujours t'apprendre des formules ou mots essentiel pour que tu te débrouilles si tu rencontres d'autres terriens par la suite. Et qui ne pratiquent pas ton dialecte  » Ce qui irrémédiablement les énervera. Enfin une grande majorité d'entre eux. Le traité ça restait joli dans l'intention mais pas toujours efficace. Et des échauffourées se produisaient encore souvent, des disparitions que personne n'expliquaient, des morts enterrés dans les profondeurs de la terre, tout simplement portés disparus le plus souvent.

« Je suis Ozvan mais tu peux dire Oz comme la plupart de ceux qui me connaissent » D'autres continuaient à le nommer par son prénom entier, lui l'homme du désert n'exprimait aucune préférence. Il répondait. Une appellation ne forgeait pas un homme, ça le désignait simplement. Il se pencha pour récupérer sa besace et vint s’asseoir à côté de la blonde. Il en extirpa une bouteille à la teinte sombre, une rescapée de sa nuit de beuverie avec Eirik. Un trophée volé à l'auberge d'Orion que celui-ci ne manquerait pas de lui faire payer lors de son prochain passage « Ça te dit un petit remontant maintenant que tu as quelque chose dans le ventre, après une telle aventure je dirais qu'on le mérite bien » Il ne s'inquiétait pas de son âge, il ne jouait pas le rôle de son père, pour le moment ils se résumaient à deux inconnus obligés de se tenir compagnie, alors autant le faire en bonne compagnie et se réchauffer un peu les tripes. Il dévissa le couvercle avala une gorgée au goulot puis déposa l'objet entre elle et lui « Hésite pas si ça te fait de l'œil. Sinon je n’ai pas trop su t'examiner, je ne voulais pas empirer les choses, as-tu des douleurs ? J'ai quelques plantes qui pourraient peut-être te soulager » A Défaut de l'alcool qui lui endormait les peines - ou les aiguisait -, car les blessures physiques apparentes il savait les soignées, mais celles qui se dérobaient sous la peau rien ne lui permettait de les adoucir. Non pas qu'il se prétendit guérisseur mais il arpentait depuis si longtemps le monde en solitaire qu'il se préparait au mieux pour les hostilités.

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]
Dim 15 Avr - 19:48

RP archivé suite au départ de Demetra

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]

 

[Intrigue n°20] Do you ever wish you had a second chance ? [Ozvan]

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