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˜˜˜˜˜˜[Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
maybe life should be about more than just surviving

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20/01/2016 avengedinchains Charlie, Baelfire, Richard, Astrid & Meeka 989 Tom Hardy ava by sarasvati ;; signa by beylin guerrier Athna 30
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isolated system

25 Novembre 2117 ;; Il n’est pas possible de déterminer ce qu’un animal peut faire, lorsque le monde s’effondre autour des gens. Surtout lorsqu’il s’agit d’une situation qu’il affronte pour la toute première fois. Les choses échappent au monde, et les animaux le sentent bien avant. Alors forcément, sans doute est-il parti en espérant réussir à se mettre à l’abri quelque part. Ils contrôlent leurs peurs avec la fuite et parfois, la situation ne s’arrange pas. Et en fin de compte, peut-être que ce n’est pas plus mal. Elias ne prétend pas que sur son campement, elle n’aurait pas réussi à survivre mais il faut bien avouer que s’en éloigner n’était pas si stupide que ça, puisqu’elle est tombée sur lui. Et en réalité, il part du principe que ce genre de chose est plus facilement affrontable avec un Natif de la planète plutôt qu’avec un peuple qui ne sait rien de ce qui l’entoure. Alors peut-être qu’il se trompe malgré tout mais c’est pourtant bien ainsi qu’il visualise les choses, sans aller plus loin que ça, d’ailleurs, puisqu’il n’en éprouve pas vraiment un intérêt évident. En réalité, si elle avait perdu la vie aujourd’hui, sans doute ne l’aurait-il appris que plus tard, après plusieurs jours, et par hasard. Isdès n’en aurait même pas parlé avec lui, peut-être aurait-il affiché une certaine tristesse mais comment savoir, puisqu’il ne parvient pas à déterminer le lien qui les lie ? Enfin bref. Tout ça pour dire que peut-être qu’il aurait éprouvé quelque chose. Mais ça n’aurait duré qu’un faible temps puisqu’il ne la connaît pas suffisamment pour être pleinement attachée à elle. Elias met du temps, parfois trop de temps et certaines choses continuent de lui échapper, malgré le temps qui a pu s’écouler. Il n’est tout simplement pas comme les autres mais c’est une leçon qu’il est compliqué d’apprendre. Donc oui, il s’est inquiété parce que c’était sa première tempête, sans doute. Pour autant, s’il met en danger les gens autour de lui dès qu’une tempête fait rage, est-ce que c’est une bonne chose ? Elle a du mal à l’admettre et à l’accepter, c’est vrai. Alors il se contente de hausser les épaules, puisque de toute manière, il ne voit pas ce qu’il pourrait ajouter à toute cette histoire. En tout cas, elle marque un point. Non, il n’espérait pas tomber sur elle mais il ne cache pas qu’il aurait été agacé de s’occuper d’un chien qu’il ne connaît pas vraiment, juste pour une débarquée qui lui tape régulièrement sur les nerfs. Mais c’est encore une autre histoire à laquelle il n’est pas bon de s’attarder, évidemment. ” Moi pas aimé m’occuper d’autres. Chien ou humain”. C’est ça en réalité le truc. Il n’aime pas s’occuper des autres et il est suffisamment réfléchi pour s’attarder sur les choses de sa propre existence pour ne pas avoir à chercher plus loin. Il ne va pas laisser mourir son prochain juste par ennui. Mais pour autant, il ne va certainement pas se mettre à sauver la veuve et l’orphelin. Il n’a jamais été question de ça. Et ce n’est pas près de changer. Peut-être que ça ne donne pas une bonne image de lui, vis à vis des gens, mais on ne peut pas dire que ça y change grand chose.

Elle s’agace, se vexe, s’intéresse et s’énerve. Elias n’est pas du genre à s’attarder sur ce qu’on lui dit, surtout lorsque cela se passe de cette manière. Si son intention n’est pas de blesser la jeune femme, il ne cache pas pour autant qu’elle a tendance à se formaliser pour bien peu de choses. De toute manière, sans dire qu’il est stupide, il sait qu’il n’est pas plus intelligent qu’un autre, au contraire. Il use de ses poings et moins de son cerveau alors ce n’est certainement pas maintenant qu’il va se mettre à s’offusquer pour aussi peu de choses. Qu’elle pense ce qu’elle veut, de toute manière, elle est bien trop têtue pour qu’on parvienne à la mettre sur le droit chemin. Elle est juste la seule à ne pas s’en rendre compte.

Il n’apprécie pas de parler de sa famille, c’est un sujet délicat qu’il garde pour lui en général pour ne pas attirer la pitié ou la compassion. Il n’aime pas ça et il ne demande rien à personne. Il n’a pas besoin de la sympathie fausse de ces crétins qui s’imaginent tout mieux savoir que les autres. Au final, il fait les choses comme il le veut et bien qu’elle soit probablement choquée et un poil traumatisée à l’idée qu’il puisse vouloir mourir, ça ne change pas grand chose. Il en compte pas changer de façon d’être. Ce n’est pas pour la compassion qu’il avance, c’est pour retrouver les siens. Mais le guerrier ne fonctionne pas par lâcheté et il fait grandement attention aux décisions qu’il peut prendre. Il n’aime pas qu’on juge ce qu’il fait, en réalité, et il aime quand les autres restent à leurs places. Disons qu’il a juste compris que ce n’était pas une chose que Murphy savait faire. Elle s’inquiète peut-être vraiment pour lui, mais qu’est-ce que ça change, hein ? Il ne risque pas de poser la question, parce que ce serait probablement maladroit de sa part. Et ce n’est pas ce qu’il faut faire, dans la situation. Disons juste que de toute façon, si elle continue à penser à ça, la colère va finir par atteindre une apothéose qu’il est préférable d’éviter.

Fort heureusement, la tempête dehors continue et elle permet d’arrêter le bordel qui aurait pu se produire à l’intérieur. Est-il vraiment important de se focaliser sur une conversation qui ne lui plaît pas du tout et qui pourrait avoir tout un tas de conséquences ? Parce que c’est de ça qu’il aurait pu s’agir. Le bruit n’est sans doute rien mais il attire l’attention de Murphy et c’est tout ce qui compte. Sauf que du coup, elle se met à paniquer, stupidement. Elle s’imagine que la maison pourrait les avaler ou en tout cas, qu’elle n’est pas en mesure de les protéger et ça finit par l’agacer, lui. Il comprend qu’elle panique, qu’elle ne sache pas où donner de la tête ou qu’elle s’imagine vraiment qu’ils n’y sont pas à l’abri. Sauf que, pour le moment, rien ne prouve qu’ils ne sont pas biens. Elle panique et oublie plus ou moins tout ce qui les entoure. Et bien soit, il ne compte pas chercher plus loin, si c’est ce qu’elle veut entendre. il ne va pas se mettre à la rassurer davantage. S’imagine-t-elle que pour la réconforter, il serait disposé à la prendre dans ses bras ? il est bien loin de ce genre de geste réconfortant.

Lorsqu’elle parle d’alcool, il ne voit pas le lien avec le reste. Il la fixe un instant, cherchant à comprendre où elle pourrait bien en venir mais il n’y parvient pas vraiment. Il ne saisit pas la nuance dans tout ça. Alors il la fixe, attend qu’elle parle un peu plus. Il la connaît, il sait qu’elle ne garde jamais la bouche fermée bien longtemps. Maintenant hein ? Cela paraît compliqué, il n’en a pas. D’ailleurs, il n’en boit pas. Jamais. Elias parvient déjà à garder le contrôle sans alcool dans le sang, il n’imagine même pas ce que ça donnerait s’il en absorbait. Il ne vaut sans doute mieux ne pas savoir ou en tout cas, ne pas poser réellement la question. Il a la tête de quelqu’un qui en boit ? C’est bien mal le connaître. C’est la peur qui la fait parler et il ne risque pas de rentrer dans son ridicule petit jeu pitoyable. ” Moi pas en avoir. Toi devoir te taire seule”. Et il est préférable pour elle qu’elle le fasse. La panique est peut-être en train de s’emparer d’elle mais l’impatience est en train de l’emporter lui. Et des deux, il gagnera toujours. Elle ne veut sans doute pas savoir à quel prix. Il serre la mâchoire, s’installe un peu plus à son aise. Il fait de son mieux pour se détendre le corps. L’esprit est trop foutu pour qu’il y parvienne. Et sa peur à elle finira par avoir raison de ce qui reste.
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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36135 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1220





❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Murphy avait toujours rien répondu aux situations critiques. Les urgences, c'était son domaine. Elle répondait à la pression par la réflexion, la précision, la maîtrise d'elle-même. De ce qui était inattendu ou incompréhensible, elle parvenait à faire quelque chose de connu et de compréhensible. C'était un exercice dans lequel elle excellait, réduire l'inconnu à une multitude de choses connues. C'était peut-être un des moteurs qui l'avaient propulsés au grade de lieutenant, d'ailleurs, main dans la main avec son esprit stratège et sa fibre humaine. Elle était faite pour ça : elle anticipait, apprenait, rationalisait, s'adaptait. Elle gardait la tête froide sous la pression et le stress, parce que c'était son rôle de militaire et de lieutenant, mais aussi parce qu'elle avait toujours été guidée par ce besoin d'avancer. Stagner, surtout dans les situations où la moindre seconde comptait, c'était signer son propre arrêt de mort. C'était encore plus vrai dans ce monde. Cette Terre ne pardonnait pas l'erreur de l'hésitation ou de la panique. Il fallait prendre sur soi si on sentait poindre l'affolement. On ne pouvait pas se laisser déboussoler, on ne pouvait pas se laisser noyer. Dans les situations critiques et subites, il fallait réagir à la fois avec une tête froide, un esprit pragmatique, et l'instinct des entrailles.

Mais la Terre, elle avait déjà apporté son lot de conneries à Murphy. Et lorsqu'en plus de faire tomber tout son poids de planète sur la gueule de la militaire, elle offrait tout loisir d'y penser et interdisait la moindre prise de contrôle, c'en était trop. Elle ôtait à la brune toutes les armes dont elle disposait en temps normal dans les moments qui prêtaient à la panique. Etre forcée à l'immobilité, il n'y avait rien de pire pour nourrir son esprit fantasque et imaginatif. Elle sentait la panique gagner du terrain à mesure que la patience en perdait. Elle ne se reconnaissait plus et se transformait en ce genre de personnes qu'elle détestait avoir à gérer, lorsqu'elle était en mesure de gérer les moments délicats. Mais elle était trop loin de ce qu'elle avait transformé en chez elle, elle était trop loin des siens, et elle était trop loin d'avoir un quelconque contrôle sur la situation. Que pouvait-il se passait, là où elle n'était pas ? Que se passait-il au village ? A quoi ressemblaient les structures, maintenant ? A quoi ressembleraient-elles dans quelques minutes ? Elle avait dépassé le stade de l'inquiétude pour les biens matériels depuis un moment déjà. Elle se moquait de l'état dans lequel elle retrouverait la maison qu'elle avait mis tout son cœur à commencer à retaper l'été précédent avec Tennessee. Elle se moquait de l'état des grilles, des arbres autour, des toitures et des plaques de tôle qui comblaient les trous laissés par le temps dans les murs. Elle voulait juste retrouver les siens vivants, tous autant qu'ils étaient -même Chris, même ce connard de Chris. Avaient-ils eu le temps de se protéger ? Avaient-ils choisi le bâtiment des dortoirs ? Était-il assez solide, ce bâtiment ? Est-ce que tout le monde avait été aussi raisonnable qu'elle avait été déraisonnable, est-ce qu'ils avaient quitté leurs postes pour chercher un abri, loin de la forêt et du danger particulier qu'elle représentait à ce moment précis ?

Elle pensait à tout ça bien plus qu'à sa propre sécurité, sans doute parce qu'elle pouvait se le permettre. Elle se confortait dans la confiance étrange et entière qu'elle avait mise dans les conseils et directions de celui qui l'accompagnait dans cette aventure. C'était peut-être naïf, d'ailleurs, et elle s'en rendit compte lorsqu'Elias avoua n'avoir personne pour qui s'inquiéter. Cette résignation était incroyablement triste pour l'amoureuse de la vie qu'elle demeurait malgré les événements -et d'ailleurs peut-être encore plus sous le poids des événements-, mais elle devenaient aussi un rappel que sa confiance n'était probablement à donner à quelqu'un qu'elle connaissait à peine, comme c'était le cas d'Elias. Comment pouvait-elle confier sa vie à un homme dont elle n'était plus tellement sûre qu'il souhaitait protéger la sienne ? Elle se forçait à demeurer calme, à s'accrocher ce qui était ici et maintenant au lieu d'imaginer le pire là-bas, plus tard. C'était l'un des exercices qu'elle avait jamais eu à faire subir à son esprit, celui de laisser d'ignorer les assauts continuels de son imagination débordante et de son inquiétude maladive. Mais c'était quelque chose de beau, d'être inquiet. Etre inquiet, ça voulait dire qu'on avait à perdre. Et oh putain, oui, Murphy avait encore des êtres aimés à perdre. Que ça ne soit pas le cas d'Elias lui brisa le cœur en même temps que des dizaines de branches se brisaient autour de leur maison protectrice. Même dans ses moments les plus sombres, Murphy n'a jamais atteint ces profondeurs. Il y avait toujours eu un peu de lumière, pour elle. Elias n'était pas un ami mais il n'était plus une simple connaissance non plus. On pouvait compter leurs rencontres sur les doigts d'une main et pourtant, il y avait quelque chose chez l'homme qui lui semblait incroyablement familier. C'était peut-être sa détresse, réalisait-elle maintenant. Et face à une telle détresse, dans laquelle se reflétait celle qu'elle pouvait parfois ressentir, Murphy ne pouvait pas rester de glace. Elle ne pouvait pas la balayer d'un revers de main et prétendre qu'elle n'était pas là. Le poids de son empathie l'alourdissait d'une peine nouvelle. Pendant quelques instants, les remarques acerbes de l'homme et les vents violents semblèrent bien loin. Jusqu'à ce qu'un bruit sourd ne fasse subitement mourir son élan de compassion.

Ses idées paniquées reprirent de plus belle. Et si la maison était encore moins solide que ce qu'elle avait imaginé ? Et si la prochaine chute de branche ou d'arbre leur était fatale ? Elle ne savait même pas où ils étaient. A la frontière entre la vie et la mort, sans doute. Et si on cherchait une localisation plus précise que ça, on n'avait pas de réponses. Antarès était trop fatigué pour réagir à quoi que ce soit. Pour lui, c'était sans doute la fin des emmerdes. Protégé par cette maison, il n'avait aucune raison de penser que ce qui était à venir était susceptible d'être pire que ce qu'il venait de vivre dehors. Le chanceux naïf.

Le toit ne s'effondrait pas. Pas encore. Mais peut-être le choc avait-il avancé la fin d'un cran; peut-être que le prochain serait fatal. De l'alcool, suppliait-elle presque son compagnon. Mais il ne comprenait pas son besoin, et il n'était pas plus en mesure de le satisfaire. Elle ne s'offusqua même pas de sa réponse, trop concentrée sur le moindre des bruits qui lui parvenaient de dehors -hors de la pièce, hors du bâtiment. « Laisse tomber » soupira-t-elle simplement d'une petite voix en se relevant, laissant Elias et Antarès devant le feu. Elle se dirigea vers la porte, qu'elle fit grincer d'une longue plainte en l'ouvrant. S'engouffrèrent immédiatement dans la pièce tous les courants d'air. Elle resta postée sur le pas de la porte quelques instants, réajustant la fourrure d'Elias sur ses épaules. Elle jeta un bref coup d'oeil par-dessus son épaule avant de quitter la pièce et de fermer la porte derrière elle. Il faisait bien plus frais, loin du petit feu. Ses cheveux volaient autour de son visage, lui rappelant l'environnement sécurisé qu'elle venait de quitter. Précautionneuse, sentant les vieilles lattes de bois craquer sous ses pas, elle s'approcha d'un trou béant qui laissait le vent s'engouffrer dans la pièce principale, et, se protégeant un maximum derrière les pierres, jeta un coup d'oeil à l'extérieur, cherchant désespérément à trouver de quoi se rassurer. Des arbres étaient tombés au loin, s'accrochant dans leurs voisins. D'un regard furtif, elle guetta du côté extérieur de leur cachette. Le mur, solide, semblait résister aux assauts des vents. Impossible de voir si quelque chose trônait sur le toit. Dans un soupir à peine perceptible au milieu du raffut, elle battit en retraite et s'engouffra à nouveau dans la petite pièce. « Je... » se perdit-elle, le dos plaqué à la porte qu'elle venait de refermer. Je sais pas ce que je fous. Clignant les yeux comme si ça pouvait lui remettre les idées en place, elle retourna s'asseoir là où elle était installée plus tôt, un peu tremblante. « Ca fait combien de temps ? Ca va s'arrêter un jour, ce bordel ? » Le regard perdu dans les flammes, les deux mains posées sur ses épaules pour retenir la fourrure trop grande qui n'avait de cesse de glisser, elle réalisait que si attendre était l'une des pires choses pour elle en temps normal, c'était carrément la pire dans cette situation. Les secondes s'égrainaient, au point que Murphy perde toute notion du temps. Ses paupières s'étaient closes par réflexe et sans qu'elle s'en rende compte, alors qu'elle se forçait à écouter les crépitements du feu plutôt que de subir le bruit des rafales. « Je suis désolée si tu crèves avec moi. T'as sans doute rêvé d'une plus belle mort » plaisanta-t-elle nerveusement en brisant le long silence, sans ouvrir les yeux pour autant, maintenant ce drôle d'équilibre calme dans sa tête. Peut-être que le temps passait plus vite, dans le noir.
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25 Novembre 2117 ;; Elias ne cherche jamais la compagnie, il ne cherche l’attention de personne et il ne fait que peu attention aux gens. Oh, bien sûr, quelqu’un qui se faufile devant lui, sans doute le regardera-t-il mais la garantie n’est pas grande. Ce n’est pas de sa faute, il n’a pas ce qu’il faut pour y parvenir. Il ne cherche pas non plus à changer. En réalité, il est comme il est et il n’a jamais cherché à devenir quelqu’un d’autre. Il estime le monde plus facile à supporter quand on ne cherche pas à avancer ou à aller mieux. Il ne veut pas qu’on le prenne en pitié tout comme il ne supporte pas qu’on s’attarde sur son existence. Ses questions ? Il ne les apprécie pas et il doit serrer la mâchoire pour s’empêcher de lui en faire part. Il ne le veut pas, parce qu’il n’a pas pour intention de la blesser. Murphy, c’est un peu une personne qu’il apprécie, sans l’avouer à voix haute parce qu’il a du mal à dire ce genre de chose. D’ailleurs, pour tout dire, il est bien incapable de dire pourquoi il l’apprécie, c’est là toute la subtilité de la chose. S’il doit la décrire, il n'emploiera que bien peu de mots plaisants. Bien sûr, quand du bruit se fait entendre autour d’eux, il en est presque reconnaissant. Il préfère la voir un peu paniquer plutôt que de l’entendre lui poser d’autres questions, plutôt que de la voir s’attarder sur les choses qu’il peut dire. Il ne supporte pas ça, il n’aime pas qu’on s’intéresse à lui et il n’aime pas devoir justifier du fait qu’il n’aime pas les gens. Est-ce que ça concerne le monde ? Et il y a cette colère, celle qu’il tente de garder dans un coin de sa tête, celle qu’il essaie de taire mais qu’il n’arrive qu’à atténuer. Elle reste, là, agaçante, éreintante. Mais présente. Et il ne saurait dire ce qui pourrait se passer le jour où elle choisira de se faire remarquer. Dans le fond, il n’est même pas certain d’avoir envie de le savoir.

Lorsqu’elle décide de sortir de la pièce, il ne l’accompagne pas. Pour tout dire, il ne bouge même pas non plus. Il soupire, la trouve ridicule et lève les yeux au ciel mais il ne fait aucun mouvement pour la rejoindre. Tout simplement parce qu’il sait qu’elle reviendra. Avec la météo actuelle et le bruit qu’ils entendent à l’intérieur, il sait que la tempête n’est pas terminée. Et pour cette raison, il ne bouge pas. Si elle décide de sortir, et prend le risque de se mettre en danger, il ne voit pas ce qu’il pourrait dire. Sans doute pourrait-il la prévenir une nouvelle fois mais il n’en a pas particulièrement envie. Si elle choisit de se mettre en danger, qu’est-ce qu’il pourrait faire pour que ça se passe bien ? Ce n’est certainement pas à lui de faire le point ou de chercher plus loin. Toute cette histoire ne le concerne pas, ou du moins, pas vraiment. Si lui, il est en mesure de ne pas bouger, n’est-ce pas ce qui compte le plus, dans tout ça ? Il ne sait pas quoi dire et se contente alors de caresser le chien, le regard fixé sur les flammes. Il ne fait pas attention à ce qui se passe. De toute manière, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire, non plus. Et il ne cherche pas plus loin. Maigres sont les minutes qui s’écoulent avant que la porte ne s’ouvre à nouveau. Il ne tourne même pas la tête, il sait de qui il est question et il n’a pas particulièrement envie de chercher. Il ne va pas lui poser de question désobligeante ni même lui faire remarquer que c’était un geste stupide. A quoi ça pourrait bien servir, hein ? Autant se contenter de ne rien dire. Il la connaît, elle reprendra bien assez vite la parole. Ce qu’elle ne tarde d’ailleurs pas à faire. Combien de temps ? Qu’est-ce qu’il en sait. Une nouvelle fois, il n’a pas été disposé à faire attention à ce genre de chose, il ne cherche jamais, il ne fait pas attention, de toute façon, ça ne servirait pas à grand chose. ” Il faut savoir attendre”. L’impatience ici n’a guère de sens, puisqu’il n’est pas possible de contrôler la météo. C’est une chose impossible et impensable. Si parfois il s’en agace, c’est une leçon qu’il a su tirer assez facilement. Lorsque la nature parviendra à affronter sa colère, alors les choses s’arrangeront. Mais oui, parfois, ça prend plus de temps que prévu. Est-ce qu’on peut vraiment reprocher au monde de se déchaîner lorsqu’il en éprouve le besoin ?

A-t-il rêvé d’une plus belle mort que celle qui se produit lorsqu’on attend quelque part ? Ce n’est guère compliqué. Pour tout dire, cette histoire est même plus destructrice qu’il ne pourrait bien l’admettre. Il refuse d’attendre la mort et de la laisser le frapper dans le creux de l’estomac, juste comme ça. Il ne pourrait pas le supporter, il ne l’accepterait pas non plus. Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait. Dans le fond, il est tout aussi bien disposé à attendre la mort, quelle que soit la forme qu’elle pourrait prendre. Mais pourtant, son côté guerrier lui fait se mordre la joue et grogner. Il sait qu’il ne va pas mourir, il sait que ce n’est pas prévu dans l’immédiat tout comme il a conscience du fait que les choses ne peuvent pas être aussi simple que ça. Mais il faut parfois faire avec ce qu’on a et parfois, ce n’est pas supportable, voilà tout. Il faut juste apprendre à faire avec ce qu’on a. Et parfois, c’est plus compliqué qu’on ne le voudrait. Elias ne va pas mourir aujourd’hui, c’est tout ce qu’il sait. Que ce soit supportable ou non, il faut parfois apprendre à faire avec. ” La mort va m’emmener auprès de ma femme”. Et ce n’est donc pas lui qui s’en offusquera. ” Mais nous n’allons pas mourir aujourd’hui”. S’il lui est difficile de l’admettre, très bien. Pourtant, il faudra bien qu’elle se fasse à l’idée. Mais là n’est guère le sujet. La conversation ne la concerne pas et une nouvelle fois, on se retrouve face à un sujet qui ne concerne personne. Mais c’est une histoire qu’il est bien difficile à admettre. Un sujet qu’elle ne risque même pas d’accepter. ” Parle moi de toi. Comment tu vas quand temps clément ?”. Il n’en revient pas de lui dire ça. Il s’imagine que si elle se met à parler, les choses deviendront plus supportable. Est-ce vraiment le cas ? Il ne saurait le dire. Il tente, histoire qu’elle cesse de l’envahir de toute sa paranoïa.
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❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Même si n'était pas des plus évidents, on ne pouvait pas dire que Murphy ne se sentait pas en sécurité. En réalité, c'était parce qu'elle se sentait elle-même en sécurité, dans l'immédiat, que son inconscient laissait ses pensées et craintes s'échapper du côté du village. Calée au coin d'un petit feu, dans une pièce confinée, abritée par un toit et à l'abri des folles giboulées qui s'agitaient dehors, Murphy avait conscience qu'elle n'aurait guère plus rêver mieux pour achever sa fuite au milieu de la forêt. Elle avait retrouvé Antarès, en plus de tomber sur un homme qu'elle connaissait déjà, dont elle ne pouvait qu'admettre qu'il connaissait mieux ce monde et ce genre de situations qu'elle. Avec Elias à ses côtés, elle était plus en sécurité que n'importe lequel de ses confrères et consœurs restés au village et c'était peut-être aussi cette forme d'inégalité qui lui tordait les boyaux. Parce qu'elle avait été déraisonnable, elle était celle qui pouvait profiter des conseils avisés et des stratégies expérimentées d'un homme qui avait toujours connu cette Terre et ses humeurs. Rien ne semblait pouvoir arrêter ses ruminations, même toute la bonne volonté qu'elle mettait à inclure Elias dans son présent. Si, en fait, il y avait peut-être bien une chose qui pouvait la couper de ses inquiétudes pendant quelques instants : c'était les révélations glaçantes que lui avaient faites Elias du ton monotone de celui qui ne réfléchit plus vraiment au poids cette vérité qu'il vit chaque jour comme l'unique réalité à laquelle il avait le droit. Et ce n'était plus ses tripes qui faisaient mal, c'était son cœur.

Mais les vents dominaient toujours dehors, rattrapaient les brumes de son esprit. Un bruit sourd l'avait ramenée à cette réalité-là. Avant de réparer les cœurs, il fallait s'assurer qu'ils puissent encore être.

C'était un acte irréfléchi, stupide, impulsif, mais c'était ce que ses tripes la suppliaient de faire, en lui promettant dans un mensonge particulièrement bien déguisé que c'était tout ce que ça leur prendrait pour se calmer. Mais au moment où elle ouvrit la porte et à chaque pas de plus qu'elle fit en dehors de la protection de leur petite pièce chauffée, Murphy savait que c'était pour elle, maintenant, qu'elle devait s'en faire. Peut-être que c'était ça qu'elle voulait; s'inquiéter pour sa propre personne, pour oublier toutes celles pour lesquelles elle ne pouvait rien, si loin; toutes celles qu'elle avait laissées derrière elle, malencontreusement, involontairement.

Si elle avait quitté la petite pièce sécurisée et sécurisante, c'était peut-être aussi pour s'aérer l'esprit. La tiédeur du feu qu'elle avait allumé avait commencé à l'étouffer et elle s'en rendait compte maintenant qu'elle pouvait sentir le vent qui s'engouffrait à l'intérieur de la maison heurter son visage. Ici non plus, elle n'était pas bien. Elle avait besoin de bouger, de marcher; de s'asseoir, d'attendre, de penser; de faire taire ses idées, de parler, de réfléchir; elle avait besoin d'être en chaud, au frais, dehors, dedans, seule, avec Elias, avec Antarès. Après avoir constaté... pas grand chose, du coup, Murphy réalisa qu'il était temps de rebrousser chemin -parce qu'il n'avait jamais été temps de quitter l'abri qu'ils avaient miraculeusement trouvé au milieu de la forêt.

En s'engouffrant dans la petite pièce et parce qu'elle savait ce qu'elle laissait derrière elle, Murphy referma aussitôt la porte, non sans créer un appel d'air qui lui colla un frisson et fit voler ses cheveux devant son regard. Plaquée contre la porte comme si elle voulait s'assurer qu'elle était bien fermée et surtout qu'elle ne se rouvrirait pas, Murphy regardait Elias un peu bêtement. Il était resté là sans se poser de questions, attendant sagement que les choses passent, comme la personne sensée qu'il était -au moins lorsque ça concernait la survie, à cet instant précis. Et elle ne savait pas quoi dire, quoi penser, quoi faire; elle était dépassée par les événements, et par les propres réponses de son corps face à eux. Nerveuse, elle cracha les seules questions qui comptaient vraiment; les seules, en réalité, auxquelles il était impossible de donner une réponse. Comment pouvait-il rester si calme, lui ? Elle avait eu une ébauche de réponse, mais ça ne lui suffisait pas. Peut-être que sa connaissance de ce monde l'aidait à relativiser. Peut-être qu'il avait déjà connu ce genre d'aventures, peut-être même des pires encore que celle-là. Peut-être qu'il savait que ça allait bientôt passer, que les dégâts seraient minimes, que les structures construites de la main de l'Homme étaient toutes capables de supporter de tels vents. Son regard s'était perdu sur les flammes qui dansaient à l'abri de la cheminée, non loin de la porte; ses mains dans la fourrure que lui avait prêtée Elias. Savoir attendre, disait-il. Elle ne voulait pas attendre que le hasard prenne une décision pour eux ou pour les autres. La perte de contrôle et l'impuissance la faisaient se perdre dans ses pires cauchemars, là où, paralysée, elle n'avait d'autre choix que d'assister aux pires scènes que son imagination déchaînée pouvait bien inventer. Se mordant la lèvre de nervosité, Murphy rejoignit Elias et Antarès auprès du feu, se laissant tomber à leurs côtés. Le chien en profita pour ouvrir ses lourdes paupières et regarder l'homme qui semblait cacher plus d'affection qu'il le laissait paraître. Murphy, quant à elle, avait retrouvé les flammes face à elle. Les lèvres entrouvertes, elle respirait lourdement, par à-coups, comme si elle courait un marathon. Attendre, c'était le pire enfer qu'on pouvait lui faire vivre.

Contre toute attente, c'est Elias qui reprit la parole le premier. Elle lui jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule recouverte de fourrure et réalisa seulement quelques instants plus tard le poids et l'importance de ce qu'il venait de dire. Sa femme. C'était donc elle, sa proche. Celle qui était partie. « T’emmènera... » le reprit-t-elle dans un souffle à peine perceptible ou convaincant, malgré tout le cœur qu'elle avait à corriger sa conjugaison et la chronologie qu'elle impliquait. Il la rejoindrait, un jour, s'il était de ceux à croire à la vie après la mort. Mais pas aujourd'hui, pas maintenant, pas même demain ou le mois suivant. Murphy le refusait. Et en reprenant la parole, Elias le refusait aussi. Les grands yeux peinés et un peu paniqués de Murphy repassèrent par-dessus la fourrure posée sur son épaule pour observer silencieusement l'homme, quelques secondes. Ils n'allaient pas mourir aujourd'hui, il semblait en être intimement convaincu. Murphy voulait le croire, s'abandonner dans sa confiance, mais les rafales qui continuaient de gronder lui rappelaient que dans de telles circonstances, rien ne pouvait être sûr. Son regard se posa furtivement sur Antarès, posé entre eux, qui entrouvrait les paupières de temps à autres, pour regarder alternativement chacun des deux humains présents. Lui, il se sentait en sécurité. Mais ce n'était pas pour elle qu'elle redoutait le plus; c'était pour les autres, tous ceux qui pouvaient tout aussi bien être morts depuis une heure. C'était ce qu'elle voulait dire à Elias mais elle demeurait silencieuse, laissait glisser une de ses mains de la fourrure qui la couvrait au pelage chaud d'Antarès, posté bien confortablement entre eux deux. « J'espère que t'as raison... » souffla-t-elle simplement pour être polie et ne pas créer de débat, bien incapable, dans l'état où elle était, d'assumer ce genre de défis. Pour rapprocher ses mains froides du feu, elle se décida enfin à lâcher la fourrure que lui avait prêté Elias. Le manteau glissa sur son dos pour tomber au sol. Il faisait déjà meilleur, ici. Le silence était étrange; parce qu'il était bruyant comme un silence ne l'avait probablement jamais été. Le bruit blanc, c'était un bruit de fin du monde. C'était le vent, les bruits soudains, sourds ou feutrés qui se répétaient. On ne s'habituait pas à de pareilles menaces.

La question d'Elias aurait probablement pu lui faire l'effet d'un électrochoc si elle n'avait pas été dans un pareil état. Bouche bée, elle lui lança un regard un peu vide avant qu'enfin, celui-ci ne se remplisse de la lueur qui signifiait qu'elle avait compris la question. Il lui fallut un instant de plus pour saisir qu'il ne s'intéressait pas à ses occupations et ses aspirations mais à la faire parler d'elle, puisqu'elle parlait beaucoup trop et qu'il ne voulait pas parler de lui. « Je suis Cancer, j'aime les longues balades sur la plage et qu'on me dise que je suis belle. » Elle eut un bref et exagéré sourire ironique et reporta son regard grave et préoccupé sur les flammes qui s'élevaient dans la petite cheminée empoussiérée. « J'essayais juste de te dire que ça peut aller mieux, tu sais. Mais "ta gueule" c'est plus efficace, pour me faire taire. » Même s'ils étaient presque épaule contre épaule, elle grognait sans trop savoir s'il pouvait l'entendre. « Mais j'ai compris le message, t'inquiète. Je vais continuer à m'en faire toute seule pour les gens qui comptent pour moi. Toi, fais ce que tu veux. » Volontairement, elle ne lui lança aucun regard, se préparant mentalement à la solitude qu'Elias tentait de lui imposer depuis qu'ils avaient trouvé un refuge. Il avait joué son rôle de guide, peut-être même de protecteur; elle ne pouvait pas lui en demander davantage. Maintenant, c'était à elle de se gérer toute seule, puisqu'il semblait finalement que ce qui pouvait les lier n'avait rien d'une amitié.
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[Intrigue n°20] Isolated system (Elias)

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