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Elias Caroll
DATE D'INSCRIPTION : 20/01/2016 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Baelfire, Richard, Astrid & Meeka MESSAGES : 1035 CELEBRITE : Tom Hardy COPYRIGHT : signa by beylin METIER/APTITUDES : guerrier TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 0
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[Intrigue n°20] Isolated system (Elias) - Page 2 Empty Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)

le Lun 24 Sep - 0:51

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25 Novembre 2117 ;; Il n’est pas possible de déterminer ce qu’un animal peut faire, lorsque le monde s’effondre autour des gens. Surtout lorsqu’il s’agit d’une situation qu’il affronte pour la toute première fois. Les choses échappent au monde, et les animaux le sentent bien avant. Alors forcément, sans doute est-il parti en espérant réussir à se mettre à l’abri quelque part. Ils contrôlent leurs peurs avec la fuite et parfois, la situation ne s’arrange pas. Et en fin de compte, peut-être que ce n’est pas plus mal. Elias ne prétend pas que sur son campement, elle n’aurait pas réussi à survivre mais il faut bien avouer que s’en éloigner n’était pas si stupide que ça, puisqu’elle est tombée sur lui. Et en réalité, il part du principe que ce genre de chose est plus facilement affrontable avec un Natif de la planète plutôt qu’avec un peuple qui ne sait rien de ce qui l’entoure. Alors peut-être qu’il se trompe malgré tout mais c’est pourtant bien ainsi qu’il visualise les choses, sans aller plus loin que ça, d’ailleurs, puisqu’il n’en éprouve pas vraiment un intérêt évident. En réalité, si elle avait perdu la vie aujourd’hui, sans doute ne l’aurait-il appris que plus tard, après plusieurs jours, et par hasard. Isdès n’en aurait même pas parlé avec lui, peut-être aurait-il affiché une certaine tristesse mais comment savoir, puisqu’il ne parvient pas à déterminer le lien qui les lie ? Enfin bref. Tout ça pour dire que peut-être qu’il aurait éprouvé quelque chose. Mais ça n’aurait duré qu’un faible temps puisqu’il ne la connaît pas suffisamment pour être pleinement attachée à elle. Elias met du temps, parfois trop de temps et certaines choses continuent de lui échapper, malgré le temps qui a pu s’écouler. Il n’est tout simplement pas comme les autres mais c’est une leçon qu’il est compliqué d’apprendre. Donc oui, il s’est inquiété parce que c’était sa première tempête, sans doute. Pour autant, s’il met en danger les gens autour de lui dès qu’une tempête fait rage, est-ce que c’est une bonne chose ? Elle a du mal à l’admettre et à l’accepter, c’est vrai. Alors il se contente de hausser les épaules, puisque de toute manière, il ne voit pas ce qu’il pourrait ajouter à toute cette histoire. En tout cas, elle marque un point. Non, il n’espérait pas tomber sur elle mais il ne cache pas qu’il aurait été agacé de s’occuper d’un chien qu’il ne connaît pas vraiment, juste pour une débarquée qui lui tape régulièrement sur les nerfs. Mais c’est encore une autre histoire à laquelle il n’est pas bon de s’attarder, évidemment. ” Moi pas aimé m’occuper d’autres. Chien ou humain”. C’est ça en réalité le truc. Il n’aime pas s’occuper des autres et il est suffisamment réfléchi pour s’attarder sur les choses de sa propre existence pour ne pas avoir à chercher plus loin. Il ne va pas laisser mourir son prochain juste par ennui. Mais pour autant, il ne va certainement pas se mettre à sauver la veuve et l’orphelin. Il n’a jamais été question de ça. Et ce n’est pas près de changer. Peut-être que ça ne donne pas une bonne image de lui, vis à vis des gens, mais on ne peut pas dire que ça y change grand chose.

Elle s’agace, se vexe, s’intéresse et s’énerve. Elias n’est pas du genre à s’attarder sur ce qu’on lui dit, surtout lorsque cela se passe de cette manière. Si son intention n’est pas de blesser la jeune femme, il ne cache pas pour autant qu’elle a tendance à se formaliser pour bien peu de choses. De toute manière, sans dire qu’il est stupide, il sait qu’il n’est pas plus intelligent qu’un autre, au contraire. Il use de ses poings et moins de son cerveau alors ce n’est certainement pas maintenant qu’il va se mettre à s’offusquer pour aussi peu de choses. Qu’elle pense ce qu’elle veut, de toute manière, elle est bien trop têtue pour qu’on parvienne à la mettre sur le droit chemin. Elle est juste la seule à ne pas s’en rendre compte.

Il n’apprécie pas de parler de sa famille, c’est un sujet délicat qu’il garde pour lui en général pour ne pas attirer la pitié ou la compassion. Il n’aime pas ça et il ne demande rien à personne. Il n’a pas besoin de la sympathie fausse de ces crétins qui s’imaginent tout mieux savoir que les autres. Au final, il fait les choses comme il le veut et bien qu’elle soit probablement choquée et un poil traumatisée à l’idée qu’il puisse vouloir mourir, ça ne change pas grand chose. Il en compte pas changer de façon d’être. Ce n’est pas pour la compassion qu’il avance, c’est pour retrouver les siens. Mais le guerrier ne fonctionne pas par lâcheté et il fait grandement attention aux décisions qu’il peut prendre. Il n’aime pas qu’on juge ce qu’il fait, en réalité, et il aime quand les autres restent à leurs places. Disons qu’il a juste compris que ce n’était pas une chose que Murphy savait faire. Elle s’inquiète peut-être vraiment pour lui, mais qu’est-ce que ça change, hein ? Il ne risque pas de poser la question, parce que ce serait probablement maladroit de sa part. Et ce n’est pas ce qu’il faut faire, dans la situation. Disons juste que de toute façon, si elle continue à penser à ça, la colère va finir par atteindre une apothéose qu’il est préférable d’éviter.

Fort heureusement, la tempête dehors continue et elle permet d’arrêter le bordel qui aurait pu se produire à l’intérieur. Est-il vraiment important de se focaliser sur une conversation qui ne lui plaît pas du tout et qui pourrait avoir tout un tas de conséquences ? Parce que c’est de ça qu’il aurait pu s’agir. Le bruit n’est sans doute rien mais il attire l’attention de Murphy et c’est tout ce qui compte. Sauf que du coup, elle se met à paniquer, stupidement. Elle s’imagine que la maison pourrait les avaler ou en tout cas, qu’elle n’est pas en mesure de les protéger et ça finit par l’agacer, lui. Il comprend qu’elle panique, qu’elle ne sache pas où donner de la tête ou qu’elle s’imagine vraiment qu’ils n’y sont pas à l’abri. Sauf que, pour le moment, rien ne prouve qu’ils ne sont pas biens. Elle panique et oublie plus ou moins tout ce qui les entoure. Et bien soit, il ne compte pas chercher plus loin, si c’est ce qu’elle veut entendre. il ne va pas se mettre à la rassurer davantage. S’imagine-t-elle que pour la réconforter, il serait disposé à la prendre dans ses bras ? il est bien loin de ce genre de geste réconfortant.

Lorsqu’elle parle d’alcool, il ne voit pas le lien avec le reste. Il la fixe un instant, cherchant à comprendre où elle pourrait bien en venir mais il n’y parvient pas vraiment. Il ne saisit pas la nuance dans tout ça. Alors il la fixe, attend qu’elle parle un peu plus. Il la connaît, il sait qu’elle ne garde jamais la bouche fermée bien longtemps. Maintenant hein ? Cela paraît compliqué, il n’en a pas. D’ailleurs, il n’en boit pas. Jamais. Elias parvient déjà à garder le contrôle sans alcool dans le sang, il n’imagine même pas ce que ça donnerait s’il en absorbait. Il ne vaut sans doute mieux ne pas savoir ou en tout cas, ne pas poser réellement la question. Il a la tête de quelqu’un qui en boit ? C’est bien mal le connaître. C’est la peur qui la fait parler et il ne risque pas de rentrer dans son ridicule petit jeu pitoyable. ” Moi pas en avoir. Toi devoir te taire seule”. Et il est préférable pour elle qu’elle le fasse. La panique est peut-être en train de s’emparer d’elle mais l’impatience est en train de l’emporter lui. Et des deux, il gagnera toujours. Elle ne veut sans doute pas savoir à quel prix. Il serre la mâchoire, s’installe un peu plus à son aise. Il fait de son mieux pour se détendre le corps. L’esprit est trop foutu pour qu’il y parvienne. Et sa peur à elle finira par avoir raison de ce qui reste.
AVENGEDINCHAINS
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 38208 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 328
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le Ven 28 Sep - 19:45
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❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Murphy avait toujours rien répondu aux situations critiques. Les urgences, c'était son domaine. Elle répondait à la pression par la réflexion, la précision, la maîtrise d'elle-même. De ce qui était inattendu ou incompréhensible, elle parvenait à faire quelque chose de connu et de compréhensible. C'était un exercice dans lequel elle excellait, réduire l'inconnu à une multitude de choses connues. C'était peut-être un des moteurs qui l'avaient propulsés au grade de lieutenant, d'ailleurs, main dans la main avec son esprit stratège et sa fibre humaine. Elle était faite pour ça : elle anticipait, apprenait, rationalisait, s'adaptait. Elle gardait la tête froide sous la pression et le stress, parce que c'était son rôle de militaire et de lieutenant, mais aussi parce qu'elle avait toujours été guidée par ce besoin d'avancer. Stagner, surtout dans les situations où la moindre seconde comptait, c'était signer son propre arrêt de mort. C'était encore plus vrai dans ce monde. Cette Terre ne pardonnait pas l'erreur de l'hésitation ou de la panique. Il fallait prendre sur soi si on sentait poindre l'affolement. On ne pouvait pas se laisser déboussoler, on ne pouvait pas se laisser noyer. Dans les situations critiques et subites, il fallait réagir à la fois avec une tête froide, un esprit pragmatique, et l'instinct des entrailles.

Mais la Terre, elle avait déjà apporté son lot de conneries à Murphy. Et lorsqu'en plus de faire tomber tout son poids de planète sur la gueule de la militaire, elle offrait tout loisir d'y penser et interdisait la moindre prise de contrôle, c'en était trop. Elle ôtait à la brune toutes les armes dont elle disposait en temps normal dans les moments qui prêtaient à la panique. Etre forcée à l'immobilité, il n'y avait rien de pire pour nourrir son esprit fantasque et imaginatif. Elle sentait la panique gagner du terrain à mesure que la patience en perdait. Elle ne se reconnaissait plus et se transformait en ce genre de personnes qu'elle détestait avoir à gérer, lorsqu'elle était en mesure de gérer les moments délicats. Mais elle était trop loin de ce qu'elle avait transformé en chez elle, elle était trop loin des siens, et elle était trop loin d'avoir un quelconque contrôle sur la situation. Que pouvait-il se passait, là où elle n'était pas ? Que se passait-il au village ? A quoi ressemblaient les structures, maintenant ? A quoi ressembleraient-elles dans quelques minutes ? Elle avait dépassé le stade de l'inquiétude pour les biens matériels depuis un moment déjà. Elle se moquait de l'état dans lequel elle retrouverait la maison qu'elle avait mis tout son cœur à commencer à retaper l'été précédent avec Tennessee. Elle se moquait de l'état des grilles, des arbres autour, des toitures et des plaques de tôle qui comblaient les trous laissés par le temps dans les murs. Elle voulait juste retrouver les siens vivants, tous autant qu'ils étaient -même Chris, même ce connard de Chris. Avaient-ils eu le temps de se protéger ? Avaient-ils choisi le bâtiment des dortoirs ? Était-il assez solide, ce bâtiment ? Est-ce que tout le monde avait été aussi raisonnable qu'elle avait été déraisonnable, est-ce qu'ils avaient quitté leurs postes pour chercher un abri, loin de la forêt et du danger particulier qu'elle représentait à ce moment précis ?

Elle pensait à tout ça bien plus qu'à sa propre sécurité, sans doute parce qu'elle pouvait se le permettre. Elle se confortait dans la confiance étrange et entière qu'elle avait mise dans les conseils et directions de celui qui l'accompagnait dans cette aventure. C'était peut-être naïf, d'ailleurs, et elle s'en rendit compte lorsqu'Elias avoua n'avoir personne pour qui s'inquiéter. Cette résignation était incroyablement triste pour l'amoureuse de la vie qu'elle demeurait malgré les événements -et d'ailleurs peut-être encore plus sous le poids des événements-, mais elle devenaient aussi un rappel que sa confiance n'était probablement à donner à quelqu'un qu'elle connaissait à peine, comme c'était le cas d'Elias. Comment pouvait-elle confier sa vie à un homme dont elle n'était plus tellement sûre qu'il souhaitait protéger la sienne ? Elle se forçait à demeurer calme, à s'accrocher ce qui était ici et maintenant au lieu d'imaginer le pire là-bas, plus tard. C'était l'un des exercices qu'elle avait jamais eu à faire subir à son esprit, celui de laisser d'ignorer les assauts continuels de son imagination débordante et de son inquiétude maladive. Mais c'était quelque chose de beau, d'être inquiet. Etre inquiet, ça voulait dire qu'on avait à perdre. Et oh putain, oui, Murphy avait encore des êtres aimés à perdre. Que ça ne soit pas le cas d'Elias lui brisa le cœur en même temps que des dizaines de branches se brisaient autour de leur maison protectrice. Même dans ses moments les plus sombres, Murphy n'a jamais atteint ces profondeurs. Il y avait toujours eu un peu de lumière, pour elle. Elias n'était pas un ami mais il n'était plus une simple connaissance non plus. On pouvait compter leurs rencontres sur les doigts d'une main et pourtant, il y avait quelque chose chez l'homme qui lui semblait incroyablement familier. C'était peut-être sa détresse, réalisait-elle maintenant. Et face à une telle détresse, dans laquelle se reflétait celle qu'elle pouvait parfois ressentir, Murphy ne pouvait pas rester de glace. Elle ne pouvait pas la balayer d'un revers de main et prétendre qu'elle n'était pas là. Le poids de son empathie l'alourdissait d'une peine nouvelle. Pendant quelques instants, les remarques acerbes de l'homme et les vents violents semblèrent bien loin. Jusqu'à ce qu'un bruit sourd ne fasse subitement mourir son élan de compassion.

Ses idées paniquées reprirent de plus belle. Et si la maison était encore moins solide que ce qu'elle avait imaginé ? Et si la prochaine chute de branche ou d'arbre leur était fatale ? Elle ne savait même pas où ils étaient. A la frontière entre la vie et la mort, sans doute. Et si on cherchait une localisation plus précise que ça, on n'avait pas de réponses. Antarès était trop fatigué pour réagir à quoi que ce soit. Pour lui, c'était sans doute la fin des emmerdes. Protégé par cette maison, il n'avait aucune raison de penser que ce qui était à venir était susceptible d'être pire que ce qu'il venait de vivre dehors. Le chanceux naïf.

Le toit ne s'effondrait pas. Pas encore. Mais peut-être le choc avait-il avancé la fin d'un cran; peut-être que le prochain serait fatal. De l'alcool, suppliait-elle presque son compagnon. Mais il ne comprenait pas son besoin, et il n'était pas plus en mesure de le satisfaire. Elle ne s'offusqua même pas de sa réponse, trop concentrée sur le moindre des bruits qui lui parvenaient de dehors -hors de la pièce, hors du bâtiment. « Laisse tomber » soupira-t-elle simplement d'une petite voix en se relevant, laissant Elias et Antarès devant le feu. Elle se dirigea vers la porte, qu'elle fit grincer d'une longue plainte en l'ouvrant. S'engouffrèrent immédiatement dans la pièce tous les courants d'air. Elle resta postée sur le pas de la porte quelques instants, réajustant la fourrure d'Elias sur ses épaules. Elle jeta un bref coup d'oeil par-dessus son épaule avant de quitter la pièce et de fermer la porte derrière elle. Il faisait bien plus frais, loin du petit feu. Ses cheveux volaient autour de son visage, lui rappelant l'environnement sécurisé qu'elle venait de quitter. Précautionneuse, sentant les vieilles lattes de bois craquer sous ses pas, elle s'approcha d'un trou béant qui laissait le vent s'engouffrer dans la pièce principale, et, se protégeant un maximum derrière les pierres, jeta un coup d'oeil à l'extérieur, cherchant désespérément à trouver de quoi se rassurer. Des arbres étaient tombés au loin, s'accrochant dans leurs voisins. D'un regard furtif, elle guetta du côté extérieur de leur cachette. Le mur, solide, semblait résister aux assauts des vents. Impossible de voir si quelque chose trônait sur le toit. Dans un soupir à peine perceptible au milieu du raffut, elle battit en retraite et s'engouffra à nouveau dans la petite pièce. « Je... » se perdit-elle, le dos plaqué à la porte qu'elle venait de refermer. Je sais pas ce que je fous. Clignant les yeux comme si ça pouvait lui remettre les idées en place, elle retourna s'asseoir là où elle était installée plus tôt, un peu tremblante. « Ca fait combien de temps ? Ca va s'arrêter un jour, ce bordel ? » Le regard perdu dans les flammes, les deux mains posées sur ses épaules pour retenir la fourrure trop grande qui n'avait de cesse de glisser, elle réalisait que si attendre était l'une des pires choses pour elle en temps normal, c'était carrément la pire dans cette situation. Les secondes s'égrainaient, au point que Murphy perde toute notion du temps. Ses paupières s'étaient closes par réflexe et sans qu'elle s'en rende compte, alors qu'elle se forçait à écouter les crépitements du feu plutôt que de subir le bruit des rafales. « Je suis désolée si tu crèves avec moi. T'as sans doute rêvé d'une plus belle mort » plaisanta-t-elle nerveusement en brisant le long silence, sans ouvrir les yeux pour autant, maintenant ce drôle d'équilibre calme dans sa tête. Peut-être que le temps passait plus vite, dans le noir.
Elias Caroll
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le Mer 7 Nov - 15:36

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25 Novembre 2117 ;; Elias ne cherche jamais la compagnie, il ne cherche l’attention de personne et il ne fait que peu attention aux gens. Oh, bien sûr, quelqu’un qui se faufile devant lui, sans doute le regardera-t-il mais la garantie n’est pas grande. Ce n’est pas de sa faute, il n’a pas ce qu’il faut pour y parvenir. Il ne cherche pas non plus à changer. En réalité, il est comme il est et il n’a jamais cherché à devenir quelqu’un d’autre. Il estime le monde plus facile à supporter quand on ne cherche pas à avancer ou à aller mieux. Il ne veut pas qu’on le prenne en pitié tout comme il ne supporte pas qu’on s’attarde sur son existence. Ses questions ? Il ne les apprécie pas et il doit serrer la mâchoire pour s’empêcher de lui en faire part. Il ne le veut pas, parce qu’il n’a pas pour intention de la blesser. Murphy, c’est un peu une personne qu’il apprécie, sans l’avouer à voix haute parce qu’il a du mal à dire ce genre de chose. D’ailleurs, pour tout dire, il est bien incapable de dire pourquoi il l’apprécie, c’est là toute la subtilité de la chose. S’il doit la décrire, il n'emploiera que bien peu de mots plaisants. Bien sûr, quand du bruit se fait entendre autour d’eux, il en est presque reconnaissant. Il préfère la voir un peu paniquer plutôt que de l’entendre lui poser d’autres questions, plutôt que de la voir s’attarder sur les choses qu’il peut dire. Il ne supporte pas ça, il n’aime pas qu’on s’intéresse à lui et il n’aime pas devoir justifier du fait qu’il n’aime pas les gens. Est-ce que ça concerne le monde ? Et il y a cette colère, celle qu’il tente de garder dans un coin de sa tête, celle qu’il essaie de taire mais qu’il n’arrive qu’à atténuer. Elle reste, là, agaçante, éreintante. Mais présente. Et il ne saurait dire ce qui pourrait se passer le jour où elle choisira de se faire remarquer. Dans le fond, il n’est même pas certain d’avoir envie de le savoir.

Lorsqu’elle décide de sortir de la pièce, il ne l’accompagne pas. Pour tout dire, il ne bouge même pas non plus. Il soupire, la trouve ridicule et lève les yeux au ciel mais il ne fait aucun mouvement pour la rejoindre. Tout simplement parce qu’il sait qu’elle reviendra. Avec la météo actuelle et le bruit qu’ils entendent à l’intérieur, il sait que la tempête n’est pas terminée. Et pour cette raison, il ne bouge pas. Si elle décide de sortir, et prend le risque de se mettre en danger, il ne voit pas ce qu’il pourrait dire. Sans doute pourrait-il la prévenir une nouvelle fois mais il n’en a pas particulièrement envie. Si elle choisit de se mettre en danger, qu’est-ce qu’il pourrait faire pour que ça se passe bien ? Ce n’est certainement pas à lui de faire le point ou de chercher plus loin. Toute cette histoire ne le concerne pas, ou du moins, pas vraiment. Si lui, il est en mesure de ne pas bouger, n’est-ce pas ce qui compte le plus, dans tout ça ? Il ne sait pas quoi dire et se contente alors de caresser le chien, le regard fixé sur les flammes. Il ne fait pas attention à ce qui se passe. De toute manière, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire, non plus. Et il ne cherche pas plus loin. Maigres sont les minutes qui s’écoulent avant que la porte ne s’ouvre à nouveau. Il ne tourne même pas la tête, il sait de qui il est question et il n’a pas particulièrement envie de chercher. Il ne va pas lui poser de question désobligeante ni même lui faire remarquer que c’était un geste stupide. A quoi ça pourrait bien servir, hein ? Autant se contenter de ne rien dire. Il la connaît, elle reprendra bien assez vite la parole. Ce qu’elle ne tarde d’ailleurs pas à faire. Combien de temps ? Qu’est-ce qu’il en sait. Une nouvelle fois, il n’a pas été disposé à faire attention à ce genre de chose, il ne cherche jamais, il ne fait pas attention, de toute façon, ça ne servirait pas à grand chose. ” Il faut savoir attendre”. L’impatience ici n’a guère de sens, puisqu’il n’est pas possible de contrôler la météo. C’est une chose impossible et impensable. Si parfois il s’en agace, c’est une leçon qu’il a su tirer assez facilement. Lorsque la nature parviendra à affronter sa colère, alors les choses s’arrangeront. Mais oui, parfois, ça prend plus de temps que prévu. Est-ce qu’on peut vraiment reprocher au monde de se déchaîner lorsqu’il en éprouve le besoin ?

A-t-il rêvé d’une plus belle mort que celle qui se produit lorsqu’on attend quelque part ? Ce n’est guère compliqué. Pour tout dire, cette histoire est même plus destructrice qu’il ne pourrait bien l’admettre. Il refuse d’attendre la mort et de la laisser le frapper dans le creux de l’estomac, juste comme ça. Il ne pourrait pas le supporter, il ne l’accepterait pas non plus. Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait. Dans le fond, il est tout aussi bien disposé à attendre la mort, quelle que soit la forme qu’elle pourrait prendre. Mais pourtant, son côté guerrier lui fait se mordre la joue et grogner. Il sait qu’il ne va pas mourir, il sait que ce n’est pas prévu dans l’immédiat tout comme il a conscience du fait que les choses ne peuvent pas être aussi simple que ça. Mais il faut parfois faire avec ce qu’on a et parfois, ce n’est pas supportable, voilà tout. Il faut juste apprendre à faire avec ce qu’on a. Et parfois, c’est plus compliqué qu’on ne le voudrait. Elias ne va pas mourir aujourd’hui, c’est tout ce qu’il sait. Que ce soit supportable ou non, il faut parfois apprendre à faire avec. ” La mort va m’emmener auprès de ma femme”. Et ce n’est donc pas lui qui s’en offusquera. ” Mais nous n’allons pas mourir aujourd’hui”. S’il lui est difficile de l’admettre, très bien. Pourtant, il faudra bien qu’elle se fasse à l’idée. Mais là n’est guère le sujet. La conversation ne la concerne pas et une nouvelle fois, on se retrouve face à un sujet qui ne concerne personne. Mais c’est une histoire qu’il est bien difficile à admettre. Un sujet qu’elle ne risque même pas d’accepter. ” Parle moi de toi. Comment tu vas quand temps clément ?”. Il n’en revient pas de lui dire ça. Il s’imagine que si elle se met à parler, les choses deviendront plus supportable. Est-ce vraiment le cas ? Il ne saurait le dire. Il tente, histoire qu’elle cesse de l’envahir de toute sa paranoïa.
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Murphy Cavendish
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le Ven 9 Nov - 23:47
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❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Même si n'était pas des plus évidents, on ne pouvait pas dire que Murphy ne se sentait pas en sécurité. En réalité, c'était parce qu'elle se sentait elle-même en sécurité, dans l'immédiat, que son inconscient laissait ses pensées et craintes s'échapper du côté du village. Calée au coin d'un petit feu, dans une pièce confinée, abritée par un toit et à l'abri des folles giboulées qui s'agitaient dehors, Murphy avait conscience qu'elle n'aurait guère plus rêver mieux pour achever sa fuite au milieu de la forêt. Elle avait retrouvé Antarès, en plus de tomber sur un homme qu'elle connaissait déjà, dont elle ne pouvait qu'admettre qu'il connaissait mieux ce monde et ce genre de situations qu'elle. Avec Elias à ses côtés, elle était plus en sécurité que n'importe lequel de ses confrères et consœurs restés au village et c'était peut-être aussi cette forme d'inégalité qui lui tordait les boyaux. Parce qu'elle avait été déraisonnable, elle était celle qui pouvait profiter des conseils avisés et des stratégies expérimentées d'un homme qui avait toujours connu cette Terre et ses humeurs. Rien ne semblait pouvoir arrêter ses ruminations, même toute la bonne volonté qu'elle mettait à inclure Elias dans son présent. Si, en fait, il y avait peut-être bien une chose qui pouvait la couper de ses inquiétudes pendant quelques instants : c'était les révélations glaçantes que lui avaient faites Elias du ton monotone de celui qui ne réfléchit plus vraiment au poids cette vérité qu'il vit chaque jour comme l'unique réalité à laquelle il avait le droit. Et ce n'était plus ses tripes qui faisaient mal, c'était son cœur.

Mais les vents dominaient toujours dehors, rattrapaient les brumes de son esprit. Un bruit sourd l'avait ramenée à cette réalité-là. Avant de réparer les cœurs, il fallait s'assurer qu'ils puissent encore être.

C'était un acte irréfléchi, stupide, impulsif, mais c'était ce que ses tripes la suppliaient de faire, en lui promettant dans un mensonge particulièrement bien déguisé que c'était tout ce que ça leur prendrait pour se calmer. Mais au moment où elle ouvrit la porte et à chaque pas de plus qu'elle fit en dehors de la protection de leur petite pièce chauffée, Murphy savait que c'était pour elle, maintenant, qu'elle devait s'en faire. Peut-être que c'était ça qu'elle voulait; s'inquiéter pour sa propre personne, pour oublier toutes celles pour lesquelles elle ne pouvait rien, si loin; toutes celles qu'elle avait laissées derrière elle, malencontreusement, involontairement.

Si elle avait quitté la petite pièce sécurisée et sécurisante, c'était peut-être aussi pour s'aérer l'esprit. La tiédeur du feu qu'elle avait allumé avait commencé à l'étouffer et elle s'en rendait compte maintenant qu'elle pouvait sentir le vent qui s'engouffrait à l'intérieur de la maison heurter son visage. Ici non plus, elle n'était pas bien. Elle avait besoin de bouger, de marcher; de s'asseoir, d'attendre, de penser; de faire taire ses idées, de parler, de réfléchir; elle avait besoin d'être en chaud, au frais, dehors, dedans, seule, avec Elias, avec Antarès. Après avoir constaté... pas grand chose, du coup, Murphy réalisa qu'il était temps de rebrousser chemin -parce qu'il n'avait jamais été temps de quitter l'abri qu'ils avaient miraculeusement trouvé au milieu de la forêt.

En s'engouffrant dans la petite pièce et parce qu'elle savait ce qu'elle laissait derrière elle, Murphy referma aussitôt la porte, non sans créer un appel d'air qui lui colla un frisson et fit voler ses cheveux devant son regard. Plaquée contre la porte comme si elle voulait s'assurer qu'elle était bien fermée et surtout qu'elle ne se rouvrirait pas, Murphy regardait Elias un peu bêtement. Il était resté là sans se poser de questions, attendant sagement que les choses passent, comme la personne sensée qu'il était -au moins lorsque ça concernait la survie, à cet instant précis. Et elle ne savait pas quoi dire, quoi penser, quoi faire; elle était dépassée par les événements, et par les propres réponses de son corps face à eux. Nerveuse, elle cracha les seules questions qui comptaient vraiment; les seules, en réalité, auxquelles il était impossible de donner une réponse. Comment pouvait-il rester si calme, lui ? Elle avait eu une ébauche de réponse, mais ça ne lui suffisait pas. Peut-être que sa connaissance de ce monde l'aidait à relativiser. Peut-être qu'il avait déjà connu ce genre d'aventures, peut-être même des pires encore que celle-là. Peut-être qu'il savait que ça allait bientôt passer, que les dégâts seraient minimes, que les structures construites de la main de l'Homme étaient toutes capables de supporter de tels vents. Son regard s'était perdu sur les flammes qui dansaient à l'abri de la cheminée, non loin de la porte; ses mains dans la fourrure que lui avait prêtée Elias. Savoir attendre, disait-il. Elle ne voulait pas attendre que le hasard prenne une décision pour eux ou pour les autres. La perte de contrôle et l'impuissance la faisaient se perdre dans ses pires cauchemars, là où, paralysée, elle n'avait d'autre choix que d'assister aux pires scènes que son imagination déchaînée pouvait bien inventer. Se mordant la lèvre de nervosité, Murphy rejoignit Elias et Antarès auprès du feu, se laissant tomber à leurs côtés. Le chien en profita pour ouvrir ses lourdes paupières et regarder l'homme qui semblait cacher plus d'affection qu'il le laissait paraître. Murphy, quant à elle, avait retrouvé les flammes face à elle. Les lèvres entrouvertes, elle respirait lourdement, par à-coups, comme si elle courait un marathon. Attendre, c'était le pire enfer qu'on pouvait lui faire vivre.

Contre toute attente, c'est Elias qui reprit la parole le premier. Elle lui jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule recouverte de fourrure et réalisa seulement quelques instants plus tard le poids et l'importance de ce qu'il venait de dire. Sa femme. C'était donc elle, sa proche. Celle qui était partie. « T’emmènera... » le reprit-t-elle dans un souffle à peine perceptible ou convaincant, malgré tout le cœur qu'elle avait à corriger sa conjugaison et la chronologie qu'elle impliquait. Il la rejoindrait, un jour, s'il était de ceux à croire à la vie après la mort. Mais pas aujourd'hui, pas maintenant, pas même demain ou le mois suivant. Murphy le refusait. Et en reprenant la parole, Elias le refusait aussi. Les grands yeux peinés et un peu paniqués de Murphy repassèrent par-dessus la fourrure posée sur son épaule pour observer silencieusement l'homme, quelques secondes. Ils n'allaient pas mourir aujourd'hui, il semblait en être intimement convaincu. Murphy voulait le croire, s'abandonner dans sa confiance, mais les rafales qui continuaient de gronder lui rappelaient que dans de telles circonstances, rien ne pouvait être sûr. Son regard se posa furtivement sur Antarès, posé entre eux, qui entrouvrait les paupières de temps à autres, pour regarder alternativement chacun des deux humains présents. Lui, il se sentait en sécurité. Mais ce n'était pas pour elle qu'elle redoutait le plus; c'était pour les autres, tous ceux qui pouvaient tout aussi bien être morts depuis une heure. C'était ce qu'elle voulait dire à Elias mais elle demeurait silencieuse, laissait glisser une de ses mains de la fourrure qui la couvrait au pelage chaud d'Antarès, posté bien confortablement entre eux deux. « J'espère que t'as raison... » souffla-t-elle simplement pour être polie et ne pas créer de débat, bien incapable, dans l'état où elle était, d'assumer ce genre de défis. Pour rapprocher ses mains froides du feu, elle se décida enfin à lâcher la fourrure que lui avait prêté Elias. Le manteau glissa sur son dos pour tomber au sol. Il faisait déjà meilleur, ici. Le silence était étrange; parce qu'il était bruyant comme un silence ne l'avait probablement jamais été. Le bruit blanc, c'était un bruit de fin du monde. C'était le vent, les bruits soudains, sourds ou feutrés qui se répétaient. On ne s'habituait pas à de pareilles menaces.

La question d'Elias aurait probablement pu lui faire l'effet d'un électrochoc si elle n'avait pas été dans un pareil état. Bouche bée, elle lui lança un regard un peu vide avant qu'enfin, celui-ci ne se remplisse de la lueur qui signifiait qu'elle avait compris la question. Il lui fallut un instant de plus pour saisir qu'il ne s'intéressait pas à ses occupations et ses aspirations mais à la faire parler d'elle, puisqu'elle parlait beaucoup trop et qu'il ne voulait pas parler de lui. « Je suis Cancer, j'aime les longues balades sur la plage et qu'on me dise que je suis belle. » Elle eut un bref et exagéré sourire ironique et reporta son regard grave et préoccupé sur les flammes qui s'élevaient dans la petite cheminée empoussiérée. « J'essayais juste de te dire que ça peut aller mieux, tu sais. Mais "ta gueule" c'est plus efficace, pour me faire taire. » Même s'ils étaient presque épaule contre épaule, elle grognait sans trop savoir s'il pouvait l'entendre. « Mais j'ai compris le message, t'inquiète. Je vais continuer à m'en faire toute seule pour les gens qui comptent pour moi. Toi, fais ce que tu veux. » Volontairement, elle ne lui lança aucun regard, se préparant mentalement à la solitude qu'Elias tentait de lui imposer depuis qu'ils avaient trouvé un refuge. Il avait joué son rôle de guide, peut-être même de protecteur; elle ne pouvait pas lui en demander davantage. Maintenant, c'était à elle de se gérer toute seule, puisqu'il semblait finalement que ce qui pouvait les lier n'avait rien d'une amitié.
Elias Caroll
DATE D'INSCRIPTION : 20/01/2016 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Baelfire, Richard, Astrid & Meeka MESSAGES : 1035 CELEBRITE : Tom Hardy COPYRIGHT : signa by beylin METIER/APTITUDES : guerrier TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 0
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le Ven 21 Déc - 19:05

isolated system

25 Novembre 2117 ;; Il n’aime pas parler des femmes de sa vie, il n’aime pas parler de celles qui ont réellement compté. Les choses ne sont jamais faciles et pour lui, ce sujet est bien trop compliqué, bien trop étouffant pour qu’elle ne puisse l’admettre et elle ne le supporterait qu’à moitié. Mais il essaie de se taire, il tente de ne pas aborder n’importe quel sujet, sans que ça ne serve à grand chose. Non, les choses ne sont jamais faciles et ça ne risque pas de changer. C’est insupportable mais elle ne saurait dire quoi faire. En tout cas, elle ne peut rien lui apporter, Murphy et lui parler de tout ça, ça ne lui sert à rien, ça ne lui apporte rien. Alors il ne parle pas de sa fille, Clara reste un sujet de l’ombre, une histoire dont il ne parle pas à voix haute. Sinon, ça ne servirait pas à grand chose. Il est préférable de serrer les dents avant de laisser une nouvelle chose échapper de ses lèvres. Elias n’est pas un homme de confidence et tout a toujours été plus simple comme ça. Du moins, dans son esprit, parce que ça n’a jamais été aussi simple que ça.

Hors de question pour lui d’épiloguer, de continuer à parler d’elle ou même d’admettre une quelconque erreur de langue. Ce n’est pas son genre et il ne risque pas d’admettre une chose pareille. En réalité, il n’a jamais été très agréable, et il n’a jamais été du genre très causant. Du fait qu’il fasse un effort pour parler sa langue, il imagine que rien ne sera insupportable, en parallèle à cela. De toute façon, qu’elle lui dise à voix haute qu’il parle mal sa langue et il ne fera plus le moindre effort. Alors, elle pourra se plaindre davantage. Lorsqu’ils sont arrivés sur Terre, l’Athna partait du principe que s’il était nécessaire de parler avec eux, il ne ferait pas le moindre geste pour que l’échange soit facile. Et c’est bel et bien ça qui est compliqué, justement. Il n’y a jamais eu de méthode particulière pour que les choses se passent au mieux. Mais il a appris à faire des efforts quand il a estimé cela justifié. Et ça n’a jamais été supportable ou satisfaisait. Il se sent rabaissé, en réalité, quand il parle anglais. Il n’aime pas faire les choses à moitié et il a cette sale illusion qu’il ne le fait pas assez bien. Il n’a pas envie de passer pour un crétin alors qu’il sait avec aise qu’il n’est pas l’être le plus intelligent de la planète. Il se permet juste de croire qu’il fait de son mieux et que son insistance et sa force peuvent être suffisants. Sa persévérance est grande mais guère ne l’est sa patience.

Sa question est délicate et son intention n’est guère louable. Le questionner ainsi est une chose mais en réalité, il est bon de rappeler qu’il n’aurait jamais posé une telle question dans un autre contexte. Pire encore, sans doute aurait-il été en mesure de faire bien des erreurs si la situation avait été différente mais ce n’est jamais aussi simple que ça et c’est parfois plus compliqué qu’on ne pourrait l’admettre. Alors si au début, il imagine qu’il pourra l’avoir et la calmer en la laissant raconter sa vie, il se trompe malheureusement. Son sourire est ridicule et agaçant, et elle est là, à paraître se moquer de lui. Il ne supporte pas ça et serre la mâchoire. Il ne voit pas ce qu’il pourrait lui dire, et dans le fond, il n’a pas particulièrement envie de rentrer dans son jeu stupide. Elle est là, à se plaindre encore un peu, à prétendre qu’elle va faire ce qu’elle veut et qu’il n’a pas la moindre raison de se plaindre, qu’elle ne le dérangera plus. Il trouve ça facile, stupide et ridicule, mais il serait bon de faire les choses correctement. Elle ne fait jamais dans la demi mesure et c’est justement ce qu’il ne parvient pas à comprendre dans tout ça. Elle est là, à se plaindre continuellement pour les siens, se souciant à peine de son sort ou alors en abusant, sur ça aussi. Il ne comprend pas pourquoi il faut toujours qu’elle soit dans l’extrème et ça l’agace tellement qu’il en oublie parfois les mots vraiment nécessaire. Dans un tout autre contexte, sans la tempête qui se joue dehors, sans doute n’aurait-il pas vraiment cherché, sans doute se serait-il contenté de prendre le large, sans même envisager de rester, même un instant.

Pour autant, il faut aussi qu’elle comprenne que nombreux sont les efforts qu’il a pu faire pour elle et si elle n’est pas en mesure de s’en rendre compte, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire pour cet effet. Et de toute manière, il n’a pas non plus envie de faire un quelconque effort à ce sujet. Les choses sont comme elles sont, il n’est donc pas nécessaire de chercher plus loin. Elias n’est pas un homme social, et dans sa solitude, il se complaît au plus haut point. Mais forcément, ce n’est pas ce qui plaît aux gens, évidemment, ça bloque et sature, chez les gens. Il fait de son mieux pour que ça ne se passe pas trop mal mais ça ne se passe jamais comme on le voudrait et ça, il en a conscience. Les gens ne veulent pas faire les choses comme les autres, et ils ne veulent pas non plus faire d’effort face aux changements. Qu’est-ce qu’il devrait faire, dans ce cas ? Il ne va pas changer pour plaire à la majorité. Dans tous les cas, il y aura toujours des gens pour se plaindre. " Je suis comme ça. Pas bavard. Content ou pas, pareil. ". Il hausse les épaules. Hors de question pour lui de changer de fonctionnement. De toute façon, il ne voit pas ce que ça ferait. Qu’elle râle si elle le souhaite. Elle ne semble savoir faire que ça. Et lui, il n’a pas la patience pour ça.

Les minutes semblent doucement s’écouler et lui, il a le regard rivé sur les flammes, il ne parle plus. De toute façon, il a l’impression qu’ils ne feront que s’agacer l’un l’autre et ça ne sert à rien. Elias se doit de rester calme, il se doit de faire de son mieux pour ne pas s’énerver ou pour ne pas s’en prendre à elle. Et ça n’a strictement rien d’évident, justement. Serrer les dents ne résout pas tous les problèmes.

Alors lorsqu’il remarque que dehors, la tempête semble se calmer, tout devient plus supportable, plus facile, plus compréhensible, si on peut le dire ainsi. Il sait que d’ici quelques minutes, trente au maximum, ils seront en mesure de sortir, de constater les dégâts et surtout, de rentrer chez eux. Et alors, tout deviendra plus facile, et il n’aura plus à parler de choses et d’autres, il n’aura plus à faire des efforts. " Temps se calme. ". Malheureusement, il faut aussi craindre pour les catastrophes qui ont pu avoir lieu à cause de la météo. Il est difficile de déterminer s’il fait beau ou non, difficile de savoir s’il n’y a pas des blessés, ou même des morts. Les gens qui restent compte bien moins que les autres mais à côté de ça, comment savoir ? " Bientôt pouvoir sortir. ". Mais il n’est pas vraiment pressé de sortir, il préfère attendre d’être sûr. Dans le fond, à tout moment, la tempête pourrait éventuellement reprendre, et il ne veut pas prendre la pluie. Autant se faire discret, ce sera bien plus simple comme ça.

Un soupir s’échappe de ses lèvres alors qu’il se met debout, histoire de s’étirer un peu les jambes, histoire de pouvoir partir dès que ce sera pleinement calme dehors. Il espère que ce sera pour bientôt. Il ne supporte pas l’ambiance qui demeure ici. Et il n’a pas envie de faire d’autres efforts pour que ça se passe bien.

Spoiler:
on va pouvoir amener la fin bientôt [Intrigue n°20] Isolated system (Elias) - Page 2 2215546156

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Murphy Cavendish
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le Lun 24 Déc - 4:11
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❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


En fait, même en concentrant toutes ses pensées sur cette idée, Murphy ne trouvait pas de moyen idéal de passer ces quelques heures. Quoi qu'ils décident de faire; parler, rire, s'engueuler, explorer, se protéger, sortir, rester à l'abri, attendre, ignorer le soucis ou se torturer à en imaginer toutes les conséquences présentes et à venir; quoi qu'ils choisissent pour passer le temps, rien ne parviendrait à leur faire oublier la gravité de l'instant et tous les enjeux qui découlaient de chaque minute supplémentaire passée à entendre les rafales attaquer la maison dans laquelle ils étaient cachés. C'était parce qu'il était rare pour elle de ne pas savoir ce qui pouvait être le plus logique et pragmatique à faire dans une situation délicate qu'elle était si perdue. Elle ne savait plus quoi dire ou écouter, quoi faire et même Antarès n'arrivait plus à la sortir de ce drôle d'état de torpeur dans lequel ce sentiment d'impuissance la laissait. Elle, l'angoisse, c'était toujours par l'action qu'elle la faisait taire. Ca valait pour tout, tout le temps; les inquiétudes assaillaient les pensées avec moins d'aplomb quand ces dernières étaient déjà bien occupées à d'autres choses.

Mais même parler, ici, ne suffisait pas à occuper son esprit suffisamment pour oublier tout ce qui passait dehors, hors de sa vue et de son contrôle. Elias ne l'aidait pas à essayer de masquer les angoisses à grands renforts de conversations futiles ou moins futiles. C'était probablement parce qu'ils avaient abordé le moins futile, d'ailleurs, qu'il lui rendait les choses si difficiles. Bien loin déjà étaient laissés les souvenirs et morosités de l'homme. Murphy avait fait malgré elle quelques liens, peut-être, avec ce qui les avait tracassés quelques plus tôt. Moïra. Il n'avait pas dit son prénom, mais il semblait à la militaire que tout tournait maintenant autour de ce simple prénom. Elle revoyait la rage d'Isdès, et le revoyait mettre de côté leurs différends pour lui faire promettre d'un regard de garder Mila loin de tout ça. C'était important, voilà ce que ça voulait dire; et la taciturnité d'Elias avait toujours inspiré à Murphy quelque chose de grave, quelque chose qui le marquait jusque dans sa chair, le suivait partout où il allait, caché dans les tréfonds secrets de son esprit d'homme. Mais elle aurait probablement pu en dire autant d'Isdès. Trop longtemps, elle s'était contentée de se dire que ça venait de là-haut, que les montagnes forgeaient des montagnes aussi rudes qu'elles à l'abri de leurs rocs. Mais ils étaient des êtres humains, eux aussi, et même si c'était quelque chose qu'elle se faisait toujours un plaisir à se rappeler lorsqu'elle faisait face à des inconnus, on arrivait parfois à le lui faire oublier. A force de relever les différences, on oubliait ce qui pouvait être semblable chez tous ceux qui partageaient cette drôle de condition d'Homme. Il demeurait toujours ce langage universel qu'était celui de l'amour et du deuil, peu importe la forme qu'ils pouvaient prendre. Il suffisait pour s'en rappeler à Murphy de se remémorer sa drôle de rencontre avec Tamara. C'était Faust qui les avaient accordées, toutes les deux. Avec Elias, c'était différent. Parce que c'était d'un deuil qui n'était pas le sien dont elle s'était autorisée à parler, sans doute; parce qu'il lui ressemblait peut-être plus qu'aucun des deux ne souhaitait l'admettre, et que lui aussi préférait garder secrets ses remords, ses regrets et ses grands chagrins. Murphy n'avait pas gagné la place de confidence ou d'amie; elle n'était qu'une passante dans sa vie. Une présence qu'il ne détestait pas viscéralement, sans doute, mais dont il attendait qu'elle n'ajoute pas plus de malheurs à ses malheurs.

Mais leurs malheurs, à cette heure-ci, étaient les mêmes. C'était là que les différents caractères se montraient. Elias endurait silencieusement, conscient qu'il n'avait aucun pouvoir sur ce qui se passait. La force de l'habitude, sans doute. Murphy, quant à elle, ne savait plus si extérioriser sa panique était plus sain ou efficace que la confiner en espérant l'étouffer. Alors si elle parlait, si elle se levait pour aller vérifier l'état de la toiture, des autres pièces ou des arbres alentours, c'était parce que l'immobilité la rendait folle. Se lever, quitter l'abri de cette petite pièce qui se réchauffait progressivement, pourtant, ne lui avait apporté aucune sorte de paix. Ici, devant leur petite flambée, elle devait l'admettre, elle se sentait en sécurité. Plus qu'elle ne pourrait jamais se sentir en sécurité n'importe où ailleurs. Si elle avait eu les siens à ses côtés, ça aurait été parfait -ou en tout cas la meilleure situation possible étant données les circonstances. Mais ses Odysséens étaient confinés bien loin d'elle, dans des structures desquelles elle n'avait jamais eu les capacités d'évaluer la solidité.

En réalité, même les efforts d'Elias ne lui faisaient plus vraiment d'effet. Elle était dans un tel état d'instabilité qu'il la coupait un peu du monde; du monde réel tout du moins. Elle était coincée dans toutes les perspectives que cette apocalypse laissait se dessiner et chaque bruit, chaque coup de vent, chaque à coup lui rappelait qu'aucun de ses pires idées n'était vraiment à exclure. Sa réponse à Elias n'eut guère d'autre tonalité que celle d'un sarcasme qu'elle ne chercha même pas à masquer. Qu'ils s'emmurent chacun dans leur silence, si c'était leur façon de gérer les choses. « Je sais » répondit-elle d'un ton plus doux, alors qu'il lui faisait réaliser la rudesse de ses propos. S'il ne voulait pas parler de lui, il lui avait laissé la possibilité de parler d'elle; et elle le savait, ce n'était pas tout à fait rien, de sa part, de lui offrir une oreille. « Ca doit être passionnant, les conversations entre Isdès et toi », ricana-t-elle avant de se racler la gorge et de lâcher un long soupir, prenant conscience qu'elle abordait à nouveau un terrain qu'il fallait mieux laisser tranquille. Qu'est-ce qu'il faisait encore dans son esprit, d'ailleurs ?

Le silence remplaça rapidement les tentatives de bavardage et c'est emportées par lui que les pensées de Murphy vadrouillèrent bien loin d'ici, dans le passé et les perspectives d'avenir, dans ce qu'elle avait laissé derrière elle et ce qu'elle retrouverait d'ici quelques heures, jours ou mois. Que se passait-il dans son village ? Que se passait-il au camp des jeunes ? Que se passait-il dans la forêt du sud, chez les Naoris, sur leur ancien campement ? Que se passait-il encore plus loin, au phare, ou dans les montagnes du nord ? Il lui semblait que c'était le monde entier qui se redessinait à chaque rafale sans qu'elle ne puisse rien faire d'autre que d'attendre de le découvrir. Chaque seconde pouvait sonner le glas d'une vie qui comptait autant que la sienne à ses yeux, mais le regard perdu dans les flammes qui crépitaient face à eux, Murphy apprenait à gérer cette idée autant que le sentiment d'impuissance lui en laissait la capacité.

Et à mesure que les minutes s'écoulaient, le silence parvenait à trouver quelque chose de réconfortant et d'apaisant. Les vents berçaient Murphy, et la tête qu'Antarès avait posée sur ses genoux trouva finalement quelques tendres caresses qui plongèrent l'animal dans un état de demi-sommeil. La brune demeurait pourtant à l'affût de ce qui se passait dehors, et se forçait à ne tendre l'oreille qu'une fois de temps à autre pour évaluer l'état des choses à l'extérieur. C'est finalement Elias qui brisa le long silence pour annoncer ce qu'elle avait tant attendu. Les choses se calmaient progressivement dehors, et subitement, Murphy n'était plus tellement sûre de vouloir mettre le museau à l'extérieur. Ici, ils avaient été protégés des fortes bourrasques, mais aussi du monde et de tous les drames qui avaient pu s'y tramer pendant ces quelques heures. Silencieusement, alors qu'elle se tordait les mains et se mordait les lèvres de nervosité, Murphy regarda Elias se lever presque comme si elle attendait de lui qu'il dirige les choses, maintenant; qu'il lui donne quelques minutes de répit de plus avant de redécouvrir le monde. « On est... à l'est de chez moi, c'est ça ? » tremblota-t-elle en grattant entre les yeux d'Antarès pour doucement le réveiller. Car après tout, le retour à la maison n'était pas encore donné. Elle n'avait aucun repère, par ici, puisque cette maison ne faisait partie d'aucune des cartes qu'elle avait croisées ou complétées. Depuis quelques minutes déjà, le feu qui crépitait dans la petite cheminée le faisait avec un peu moins de vigueur, comme pour pousser les invités à quitter les lieux. Peu convaincue, Murphy tenta de revenir dans le moment présent et se força à se secouer alors qu'Antarès reprenait ses esprits.

Elle suivit Elias presque à regrets en se levant à son tour, poussant malgré elle son chien à en faire de même. Son regard vogua de la cheminée à Antarès à Elias aux murs qui donnaient sur l'extérieur et n'avalaient plus les mêmes vents que quelques heures plus tôt. Peu convaincue à l'idée de se confronter à l'extérieur sans s'octroyer quelques minutes pour être sûre de l'état de la météo, Murphy s'accroupit quelques minutes pour jouer nerveusement avec son chien, jetant quelques coups d'oeil interrogatifs à Elias de temps en temps.

Quelques minutes plus tard, ils passaient le pas de la porte de la petite pièce qui les avait abrités. Prudemment, se méfiant de la moindre latte de bois dont la solidité ou la stabilité semblait douteuse, ils s'avancèrent jusqu'à la porte de la maisonnette. Murphy, la gorge nouée, profita qu'ils s'arrêtent au niveau du porche pour observer les environs. Le sol était recouvert de branches plus ou moins larges, et les airs n'avaient pas été épargnés. Les arbres semblaient emmêlés par tous les morceaux de bois qui s'étaient coincés dans leurs branchages laissés nus par l'hiver. Sans oser regarder Elias, les prunelles se balandant, affolées, sur tout ce qui s'étendait devant eux, elle glissa quelques mots de plus; quelques mots de trop, peut-être, pour quelqu'un qui préférait le silence à presque n'importe quoi d'autre. « Merci pour Antarès, et de nous avoir emmenés ici... et pour... tu sais... » Elle croisa brièvement son regard mais ne put le soutenir guère plus longtemps qu'une demi-seconde. « ... ta patience. » Gênée, elle se racla la gorge en jetant un coup d'oeil à Antarès, qui demeurait assis entre eux, qui observait la forêt face à eux. « J'imagine que maintenant, on a plus qu'à découvrir les dégâts chacun de notre côté. » Elle soupira en se mordant la lèvre, les prunelles humidifiées par des larmes d'inquiétude qui ne se décidaient pas à les quitter. Il lui faudrait encore retrouver le chemin vers son côté à elle. Dépourvue de boussole, elle n'avait plus qu'à espérer retrouver de vieux repères, quelque part à l'ouest, jusqu'à retrouver les hautes clôtures de son village. « J'espère que tout le monde va bien, dans vos montagnes. » Même lui, même l'autre auquel elle n'aurait pas dû penser dans un tel moment. « Prends soin de toi, Elias. » D'ici, on pouvait presque se dire qu'aucun dégât humain n'était à déplorer. Il y avait encore plus de vent que ce à quoi Murphy avait été habituée, mais aucun cri d'humain paniqué par la mise en évidence d'une sombre découverte. En y réfléchissant, elle n'entendait pas plus d'animaux. Le monde s'était arrêté, paralysé, endormi. Il allait se réveiller sous leurs regards. Il était temps de se confronter au réel.

Spoiler:
Je te laisse conclure si tu le souhaites, sinon ce post peut peut-être servir de clôture, c'est comme t'as envie belle gosse [Intrigue n°20] Isolated system (Elias) - Page 2 484338566
Elias Caroll
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le Jeu 27 Déc - 16:53

isolated system

25 Novembre 2117 ;; Elias ne cherche jamais à plaire mais il a parfaitement conscience du fait que de temps à autre, il est bon de faire quelques efforts. Ce n’est pas facile, et parfois, ça donne envie de crier, mais il sait que s’il ne fait pas de temps en temps un pas vers les autres, ça ne risque pas d’aller en s’arrangeant. C’est une tournure déstabilisante, une direction déplacée et une idée ridicule. L’homme estime qu’il est libre de faire ce qu’il veut et de parler à qui il veut. Le problème, c’est qu’on ne l’écoute pas toujours, le soucis c’est que bien souvent, on se contente de l’image qu’il donne et on ne cherche pas plus loin. C’est ce qu’il trouve ridicule, justement, c’est ce qu’il ne supporte pas mais qu’est-ce qu’on peut y faire ? Mais forcément, dans un contexte où il est bon de rassurer les gens, il n’est absolument pas bien placé et il ne parvient pas à faire les choses de la bonne manière. Bien sûr qu’il s’en veut, dans un sens mais c’est une chose qu’il ne sera jamais en mesure de dire à voix haute. Il n’a pas envie de se prendre la tête mais c’est toujours plus facile comme ça. En fait, il ne sait même pas comment il devrait s’y prendre ou alors il n’est juste pas suffisamment proche des gens pour envisager d’une quelconque façon de les réconforter. Oui, bien sûr qu’il l’apprécie. Murphy est une personne un peu étrange, un peu lunaire, si on peut le dire comme ça, et ça ne vient pas seulement du fait qu’elle vient du ciel. Elle est différente en tout cas et c’est bien pour cette raison qu’il a envie de la protéger, dans un sens. Il aurait très bien pu la laisser au coeur de la tempête, la laisser se débrouiller, il aurait pu laisser son chien mourir aussi. Mais il n’a rien laissé se produire, il était là et il l’a protégée. Si maintenant, il ne sait pas comment lui parler, il se demande ce que ça change, est-ce qu’elle doit malgré tout se sentir blessée par les choses qu’il dit ? A quel moment s’est-il mis à prétendre qu’il était doué avec les mots, hein ? Ce n’est jamais arrivé.

Alors oui, il lui fait part du fait qu’il n’est pas bavard, il lui fait comprendre que ça ne risque pas de changer et que son comportement est bien comme il est. Il s’est longtemps dit qu’il aurait aimé changer, qu’il aurait aimé être social, ou bien de bonne compagnie. il n’a juste jamais su comment il fallait s’y prendre. De toute manière, il a fini par se dire que son comportement était très bien comme il était. Il n’est jamais nécessaire de devenir quelqu’un d’autre pour s’adapter au monde mais malgré ça, Elias sait qu’il n’aurait jamais été en mesure de changer suffisamment pour convenir à ce monde. Alors il reste dans son coin, se contente de ses capacités et ne cherche pas plus loin. Quant aux conversations avec Hakantarr, c’est sûr, ça n’a rien de vraiment valorisant ou plaisant. Et il n’a jamais cherché à voir la situation changé. Ca arrive, parfois, et il leurs arrive d’échanger quelques mots, mais ça ne va jamais plus loin. " Moi parler même langue que lui. Echange facile. ". Du moins, quand ils en ont envie et ça n’arrive pas souvent. Ils ont juste une manière de communiquer un peu différente des autres, si on peut le dire ainsi. Forcément, puisque la plupart du temps, ils se servent de leurs poings pour parler. En tout cas, il ne rebondit pas sur le fait qu’elle aborde une nouvelle fois le sujet de son rival, même si la situation s’y serait volontiers prêtée. Là n’est plus sujet à la taquinerie. De toute manière, l’histoire semble un peu plus compliquée qu’il n’y paraît. Et lui, il n’est pas du genre à fouiner dans la vie des gens juste pour assouvir une curiosité déplacée. Parce que c’est un peu de ça qu’il est question, finalement. Il se mêle d’un business qui ne le concerne pas vraiment. Et il n’est même pas capable de savoir pourquoi, vu que ça ne le concerne pas. D’ordinaire, il n’y aurait même pas prêté attention.

Bien sûr, lorsque la météo finit par enfin changer, et se calmer, il n’est plus vraiment temps pour eux de s’attarder dans cette maison en ruine. A quoi bon ? Oh bien sûr, il n’ira pas se plaindre s’il traîne ici encore quelques minutes mais pour lui, ça n’a pas vraiment d’intérêt. Il préfère rentrer chez lui et aider les gens à faire en sorte que la catastrophe ne les touche pas trop. Et c’est souvent plus facile à dire qu’à faire, puisque dans l’idée, il ne sait pas à quoi il va s’attendre. Il espère d’ailleurs que tout se passe bien, il espère sincèrement que ce n’est pas trop une catastrophe, dans la montagne et que les siens ne sont pas aussi touchés qu’on ne semble le croire. Mais c’est possible, malheureusement, et on ne sait pas de quoi il pourrait vraiment s’agir. Mais son village quitte ses pensées, pendant une seconde, quand Murphy lui demande si son campement est bien à l’est. Il réfléchit un instant et réalise qu’elle se trompe malheureusement. De peu, mais si elle était partie dans la direction qu’elle donne, sans doute se serait-elle perdu. Et dans ce cas, la situation aurait été mauvaise. Disons qu’il n’a pas particulièrement envie de la protéger d’une tempête pour la laisser tomber dans un piège ridicule et improbable, ça n’aurait pas de réel sens. " Au Nord. ". En même temps, est-ce qu’il pourrait vraiment lui en vouloir ? Il ne faut pas oublier qu’il y avait une tempête et que la vitesse pour survivre était de rigueur. Pas la peine de regarder autour de soi ou de surveiller la véritable route quand on est avec un Natif qui connaît la forêt par coeur. Elle n’a peut-être juste pas cherché, elle n’a pas observé et il ne lui en veut même pas. A quoi bon ?

En tout cas il n’a pas envie de s’attarder plus longtemps ici, il n’en voit pas l’intérêt. De toute manière, ça servirait à quoi ? Cette maison n’est pas sûre à 100%, même s’il a voulu affirmer le contraire. Oh bien sûr, contre la tempête, elle était bien et ses murs sont solides, mais tout de même, il n’est pas certain de vouloir rester dans une maison dans laquelle il fait un feu alors qu’elle n’est guère sécuritaire. Tout pourrait s’écrouler à tout moment et ce n’est absolument pas ce qu’il veut. Parfois, c’est après une tempête que les dégâts se font ressentir. Quand le vent ne souffle plus, que le calme reprend le contrôle et que les murs ne sont plus travaillés. Parfois, c’est là que les choses s’écroulent.

Lorsqu’elle le remercie, Elias se contente de hausser les épaules. Pour lui dans le fond, c’est une chose relativement normal mais il comprend que ça puisse lui échapper, il comprend qu’elle puisse ne pas comprendre pourquoi il a fait ça. Il paraît méchant, déstabilisant et froid. Alors forcément, imaginer qu’il puisse sauver la vie d’un animal et d’une personne, ça peut échapper aux gens. Pourtant, il se permet sincèrement de penser qu’elle a eu l’occasion de voir qu’il n’a pas un aussi mauvais fond qu’on ne veut lui prêter. Mais ça, c’est encore un songe, une idée stupide. Après tout, il n’accroche pas tant d’importance que ça aux choses que les gens pensent, au contraire, il trouve ça toujours un peu amusant. En tout cas, elle a raison, hors de question pour lui de s’attarder alors qu’il doit aider les siens. Il n’apprécie pas davantage l’un que l’autre mais il a tendance à vouloir protéger sa tribu. C’est une chose qu’on lui a appris toute sa vie, ça ne risque pas de changer. " Etre normal pour moi. ". Mais ce n’estpas normal pour tout le monde alors pas la peine de chercher plus loin.

Quand elle lui dit qu’elle espère que tout le monde va bien là haut, il l’espère aussi. Mais en même temps, il ne peut pas s’empêcher de croire qu’elle parle d’une personne en particulier et c’est là que ça devient amusant, justement. Mais bien sûr, il ne va pas se mettre à en rire à gorge déployé. D’ailleurs, il est bien incapable de se souvenir de quand il a fait une chose pareille pour la dernière fois. " Lui fort, lui aller bien.". Et il s’en moque qu’elle puisse une nouvelle fois essayer de le contredire. De toute façon, il a bien compris qu’elle n’avouerait rien devant lui. " Attention à chien et toi. ". Mais bien sûr, sous cette formulation, ça ne sonne pas pareil. Il s’en moque et hausse les épaules une dernière fois avant de partir.

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