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˜˜˜˜˜˜[Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Mar 28 Nov 2017 - 0:02



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


« Major !! T'es où ? » Elle hurlait désespéramment après son chien, bien consciente que ce serait cette appellation qui avait la meilleure des chances à capter son attention. Elle se savait s'enfoncer dans les bois, s'éloigner du village et de toutes les frêles protections qu'ils pouvaient leur apporter. Elle regrettait sa maladresse d'un instant et l'échappée d'un chien paniqué par un environnement qu'il ne reconnaissait plus. Le froid s'infiltrait à travers les hauts arbres de la forêt et fouettait violemment le visage humidifié par une pluie chaotique. Elle leva les yeux, impressionnée par la danse bruyante qu'entreprenaient les branches jusqu'à des dizaines de mètres au-dessus d'elle. Dans la précipitation, Murphy avait tout laissé au campement, y compris ses armes, et la scène qu'elle était en train de vivre lui donnait l'impression asphyxiante d'un de ces cauchemars desquels on arrive pas à se sortir avant qu'ils ne marquent l'esprit au fer rouge. Le ciel avait disparu dans l'obscurité presque nocturne alors qu'au-delà de cette fin du monde, le soleil était à son zénith, ignorant tout ce qui pouvait masquer sa chaleur au sol. Les minutes s'égrainaient et l'air s'agitait. Ses poings s'enfonçaient dans ses poches et son regard se faisait de plus en plus méfiant. Le vent soufflait depuis la veille, avait alerté les célestes qui se préparaient déjà au pire. Ils avaient déjà trop apprécié les humeurs habituelles de la Terre pour se contenter de croire qu'il ne s'agissait que d'une turbulence anodine et inoffensive. Elle perdait un peu ses repères, Murphy, mais continuait à s'enfoncer au hasard dans une forêt aussi paniquée qu'elle. Elle ne rentrerait pas sans Antarès. La seule chose qui la rassurait était de savoir les siens à l'abri. Les structures en pierre sauraient sans aucun doute les protéger des accidents les plus dangereux. Elle se demandait pourtant si elle était la seule à se poser toutes ces questions ou si d'autres personnes au village foraient aussi dans leur mémoire pour y trouver un quelconque souvenir d'une météo aussi étrange. Il ne s'agissait plus seulement du froid; le vent se faisait de plus en plus vif et tranchant et les larmes réflexes tirées par le froid se mélangeaient à la pluie qui frappait son visage de plein fouet. Elle sentit son bonnet remonter le long de son crâne et le renfonça furieusement. L'air froid et violent s'insinuait dans sa nuque découverte par les cheveux abandonnés aux caprices des rafales. Sans s'en rendre compte, elle s'était immobilisée au milieu des arbres et observait les alentours à la recherche du moindre indice signalant la présence ou le passage d'Antarès. Comment réagissait-il à cette atmosphère apocalyptique ? Encore plus mal qu'elle, visiblement, incapable de suivre toutes les précautions qu'elle comptait suivre pour eux deux. Elle l'imaginait terré dans une cachette, seul et paniqué, et son sang se glaça. Et si elle ne retrouvait pas ? Ça faisait déjà trop longtemps qu'elle le cherchait pour considérer cette option négligeable. Mais elle n'était qu'au début de ses peines, la naïve Murphy, et après une inspiration censée lui inspirer tout le courage dont elle manquait, elle reprit son chemin, l’œil vif, l'attention exacerbée par tout l'affolement de la forêt autour d'elle.

Mais les minutes continuaient de défiler sans apporter un brin de clémence, donnèrent bientôt une heure, peut-être même deux. Les éléments se déchaînaient avec plus de ferveur encore et Murphy entendit bientôt le bois chanter un air qu'elle ne lui avait jamais connu, celui des craquements sinistres, presque gutturaux. Elle marchait de plus en plus vite, essayait de se persuader qu'ils ne craignaient pas grand chose, ici, tous les deux et même séparés. Son regard alerte ne quittait plus les airs et les branches, guettait les mouvements suspects et susceptibles d'indiquer la présence d'un chien affolé, et elle se retournait régulièrement en entendant des bruits de chute pour trouver des branches à terre, là où elle avait été quelques secondes plus tôt seulement, là où elle aurait pu l'être. Murphy ne cherchait même pas d'abri, seulement son chien. Il ne serait tant de se protéger que lorsqu'ils se seraient retrouvés; en attendant, c'était hors de question. Elle était sortie pour lui, elle allait revenir avec lui.

Elle n'entendait même plus le rythme pressé de sa respiration. La forêt vociférait pour tous les êtres vivants qu'elle abritait. La pluie glacée l'aveuglait, griffait son visage à découvert. Elle essayait de se souvenir d'où elle venait, de repérer la direction du village, mais elle revenait très vite à son objectif. Elle partait vers l'est et les appels à la prudence d'Isdès lui revinrent. Pourvu qu'elle retrouve Antarès avant le point de non retour, pourvu qu'ils trouvent un abri avant de se faire assommer. Elle redoutait chacun de ses pas parce qu'elle s'attendait à découvrir son ami inerte, assommé ou écrasée par une branche ou le tronc de l'un de ses arbres qui n'avait pas résisté aux rafales. Elle se retourna sans cesser de courir et eut le temps de voir un frêle tronc s'écrouler derrière elle, en travers de la trajectoire qu'elle venait d'emprunter. Ca va aller, ça va aller, putain. Elle ne savait plus où donner de la tête mais se força à reprendre le contrôle de ses esprits et de sa raison. Son regard passa à nouveau devant elle et s'emportait régulièrement vers les cimes devenues invisibles pour évaluer les risques qui en provenaient. « Major !! » Le cri était devenu une supplique désespérée. Elle cherchait le contraste de son pelage clair sur la végétation foncée lorsqu'un craquement sinistre la fit lever les yeux vers l'obscurité du ciel. Elle eut à peine le temps de se jeter sur le côté et de se recroqueviller pour éviter l'accident. Le bruit fût sourd et elle sentit l'onde de choc traverser le sol pendant une seconde. Elle avait porté les mains à sa tête comme pour la protéger et remonté ses jambes contre son corps et n'osa pas tout de suite rouvrir les yeux. Le désespoir commençait à prendre possession de toutes ses facultés.

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20/01/2016 avengedinchains 786 Tom Hardy ava SWAN ; signa by alas guerrier 40
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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Jeu 30 Nov 2017 - 19:21



Isolated system

Il n’a pas vraiment choisi le bon moment pour sortir de la forêt, aujourd’hui. Elias sort régulièrement bien sûr, et il ne passe que bien peu de temp dans sa tribu, sans en sortir. Mais c’est une chose qui peut arrive, en fonction des circonstances, déjà. Pour le coup, il était question de traîner, de profiter un peu aussi. Et quand il n’a pas de grande raison de sortir de sa tribu, il éprouve le besoin de se ressourcer chez lui. La montagne est sa maison, son lieu de prédilection et l’endroit dans lequel il se sent le mieux. Alors il n’a jamais eu besoin d’aller plus loin. Tout est souvent plus facile comme ça et il a juste besoin de prendre son temps, par moment. La solitude ne lui fait pas toujours du bien, surtout quand il ne traîne pas par chez lui. Il ne facilite jamais les choses, surtout quand ça le concerne lui-même. Disons juste qu’il avait besoin de souffler dans son coin et il en a donc profité.

Mais il a fini par décider de sortir du campement, il a fini par choisir de se bouger les fesses mais les choses n’étaient pas évidentes. Il faut bien ce qu’il faut, et parfois, il faut juste se bouger les fesses et souffler un bon coup, en dehors du village, voilà tout. Il ne comptait pas vraiment partir plusieurs jours, mais c’était une éventualité. La vérité, c’est qu’il ne dit jamais combien de temps il part, au moins, on ne le cherche pas si le délai se fait plus long qu’il ne le voudrait. Dans cette forêt, tout peut arriver et il n’a pas mis beaucoup de temps à s’en rendre compte. Il n’aime pas se mettre des limites, il ne supporte pas d’avoir un mur qui l’empêche d’avancer, alors il a toujours fait les choses à sa convenance et on ne lui en a jamais tenu rigueur. Du moins, pas très souvent, etc’est sans doute plus simple comme ça, quoi qu’il en dise. De toute manière, il ne sert à rien de chercher plus loin non ? S’il avait eu des limites chez lui, sans doute se serait-il juste senti bridé. Sans doute aurait-il même été en mesure de changer de tribu s’il avait été question de ça. Il ne saurait le dire mais sa femme lui en aurait donné la possibilité non ? Il ne lui a pas vraiment donné le choix en réalité. Il a imposé son besoin d’être dans sa tribu, son besoin de rester dans sa montagne et elle n’a rien dit. En réalité, elle ne disait jamais rien, c’est sans doute pour cette raison que tout était plus simple, plus facile. Mais il ne cherche pas plus loin parce que ça ne servirait pas à grand chose. C’est du passé, une histoire qu’il doit laisser derrière lui mais il n’y arrive pas. Bordel. Il n’y est jamais parvenu. Malgré le temp qui s’écoule, ça reste une partie de lui et il ne pourra jamais aller contre ça. Moïra sera toujours un prénom qui résonnera dans sa tête, il ne pourra pas l’oublier. Impossible.

Un soupir s’échappe de ses lèvres alors qu’il réalise que les choses ne tournent pas rond quand le vent se fait de plus en plus forte. Les arbres se secouent, se retournent, et la pluie se fait dense. Sa mâchoire se serre alors qu’il observe autour de lui, il voit bien que certaines choses se passent mal et il ne voit absolument pas ce qu’il pourrait faire pour que ça s’arrange. Il faut qu’il se trouve un abri en tout cas, songe-t-il en observant autour de lui. Lorsqu’un arbre se couche devant lui, il grimace et réalise qu’il va devoir réfléchir plus vite que ça. La nature s’acharne une nouvelle fois et il ne doit surtout pas rester en plein milieu de son chemin. Sinon, il ne le vivrait absolument pas bien. Clairement.

Lorsqu’il en vient au point de retourner dans la montagne, s’imaginant que les délais sont bons et que ce n’est pas aussi risqué que ça, sa route croise celle d’un chien, boitant. Animal qu’il a déjà croisé par le passé et qui vient vers lui sans la moindre méfiance. En l’examinant rapidement, pas de patte brisée, mais du sang. Sans doute une sale blessure. Un petit animal encore, pas trop lourd. l ne cherche pas plus longtemps et le soulève, d’un bras. Il faudra sans doute qu’il change régulièrement de bras mais ça devrait le faire. Il faut à tout prix qu’il se mette à l’abri en tout cas. Mais cette fois, c’est une voix qui stoppe sa marche. Le chien aboie un instant, tente de s’échapper mais la poigne de l’Athna est assez forte. De toute manière, il va dans la direction de la voix, il ne cherche pas plus loin. Mais avant que la Terre ne s’ouvre, il faudra se dépêcher. Pour arriver jusque là, déjà, il s’est un peu blessé, déjà. Quelques coupures, rien de bien méchant. Une au visage qui lui strie la joue. Il s’en moque un peu, et il avance, au milieu des arbres, prenant soin d’éviter ceux qui se brisent et tombent. Tout s’écroule et ça ne semble pas s’arranger depuis quelques minutes. Il faut y faire attention.

Quand son regard se pose sur Murphy, il soupire. Elle est là, presque roulée en bole à même le sol. Et il ne comprend vraiment pas ce qui lui prend. Si son intention est de crever dans le coin, elle s’y prend très bien. L’homme a beau être fort, il ne risque pas de pouvoir tout porter comme ça hein. Donc elle va se bouger. ” Toi te lever, moi pas pouvoir faire miracle. “. Le chien qui aboie, le vent qui se fait puissant, et Elias parle fort pour se faire entendre. Et en anglais, en plus. Quelle journée de merde...

notes » w/ Murphy, en forêt, pendant le cyclone. 25/11/2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Ven 1 Déc 2017 - 1:34



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Depuis le temps qu'elle était sur Terre, Murphy avait fini par réussir à se convaincre qu'elle commençait à maîtriser toutes ses particularités. Ses saisons, ses temps, la longueur de ses journées ou de ses nuits, l'angle sous lequel elle présentait ses chères étoiles... mais il demeurerait probablement toujours de ces mystères aux yeux de la céleste. Dès qu'elle s'emballait, dame Nature, Murphy se pétrifiait. Elle réalisait toujours avec la même violence à quel point elle s'était fourvoyée. Ce n'était que le confort des habitudes qui lui donnait l'impression d'une maîtrise qui n'existait pas. Avec le temps, elle avait presque oublié le tremblement de terre et la noyade qu'elle avait manquée de si peu. Ne demeurait dans son esprit que les merveilles que la nature avait mises sous son nez pour l'induire en erreur, lui faire croire que tout allait bien entre elles, maintenant, et qu'elle lui laissait une chance de creuser son trou sur ses terres.

Mais les vents forts de la veille avaient éveillé les soupçons des siens et les esprits s'étaient emballés. La pression était montée crescendo jusqu'à ce que tous se mettent d'accord sur une marche à suivre. Rester à l'abri des structures les plus solides, celles qui avaient été rénovées, reconstruites et solidifiées pendant le printemps et l'été, voilà quel était le plan le plus avisé. Murphy était de ceux qui, paniqués, électrisés par la menace, avaient mis à l'abri tout ce qui devait l'être pour différentes raisons. Ce qui était précieux ou ce qui pouvait blesser était rangé en sécurité pour préserver un maximum le confort qu'ils avaient si difficilement acquis en ces lieux. Pendant la nuit, les vents n'avaient eu de cesse de s'intensifier, et Murphy savait qu'elle n'avait pas été la seule à fuir le sommeil inconsciemment et par peur qu'une catastrophe ne survienne. Mais le pire n'était pas encore arrivé et au petit matin, rien ne s'était calmé comme certains optimistes l'avaient espéré. C'était le moment de rester confiné, d'attendre que le ciel s'apaise. On avait continué d'abriter ce qui pouvait l'être et méritait de l'être, mais il y avait de ces choses que personne ne pouvait commander, prévoir ou maîtriser, comme c'était le cas du comportement d'un animal effrayé par un ciel qu'il n'avait jamais connu. Au moment où elle avait mis le pied dans le dortoir pour s'y installer aux côtés des siens, Antarès avait échappé à sa vigilance.

Elle lui avait découvert toute son endurance, à la bête, et le sol boueux ne l'avait pas aidée dans la course-poursuite. Effarée, elle avait très vite compris que sa course la menait tout droit à l'extérieur et sous le regard d'un garde suspicieux, elle avait franchi en trombe les limites du village. Elle avait espéré pendant plusieurs minutes que les choses iraient vite, qu'Antarès finirait par l'attendre sagement dans un coin et qu'elle n'aurait qu'à lui souffler quelques mots doux pour le calmer. Ils seraient alors rentrés calmement et auraient retrouvé le réconfort d'un dortoir confortable et chaleureux. Mais les minutes avaient défilé et bientôt les heures. Murphy n'arrivait plus à courir si vite, alternait les pauses, la marche et des courses désespérées entre les arbres affolés par la fureur du vent et des pluies glaciales. Peut-être que c'était une fausse alerte; elle voulait s'en persuadée, mais tout ici lui prouvait le contraire. Les arbres s'allongeaient violemment autour d'elle; d'abord les plus gringalets, puis de plus épais commençaient eux aussi à abdiquer face aux conditions. Les branches tombaient, les feuilles et les brindilles flottaient presque dans l'air. C'était un travail de chaque instant de surveiller et éviter tous les dangers. Aux aguets constamment à la fois pour les menaces et pour le moindre signe de son ami à quatre pattes, Murphy s'épuisait à vue d'oeil, commençait à comprendre l'enfer dans lequel elle s'était engouffrée pour retrouver Antarès. Dans de rares moments d'accalmie dans ses pensées paniques, il lui arrivait de penser aux siens, à ceux qu'elle avait laissés derrière elle pour courir après Major. Qu'est-ce que Richard penserait d'une telle imprudence ? Sûrement pas beaucoup de bien. Il ne comprendrait pas un tel risque pour ce qu'il considérait être une si petite récompense. Tennessee, elle, comprendrait plutôt deux fois qu'une. Est-ce que quelqu'un pensait à elle, là-bas ? Est-ce qu'ils avaient remarqué son absence, est-ce que le garde qu'elle avait croisé leur avait expliqué la situation ? Est-ce qu'ils s'inquiétaient pour elle ? Elle ne voulait pas qu'ils s'inquiètent pour elle. Elle le faisait très bien toute seule, de toute façon, commençait à craindre autant pour sa propre vie que pour celle du canidé qu'elle avait laissé échapper à sa vigilance dans un moment d'absence. Elle ne devrait pas lui en vouloir, à Antarès, mais elle lui en voulait abominablement. C'était la première fois qu'il la mettait dans une situation pareille, et il lui en voulait d'avoir choisi ce moment particulier pour le faire, même si elle savait pertinemment qu'il y avait un lien de cause à effet qui dépassait largement son propre inconfort. Et le pire était sans doute l'effarement qui la saisissait toute entière lorsqu'elle réalisait qu'elle était peut-être en train de tenir rigueur à un Antarès mort dans un coin de la forêt. Non, c'était inconcevable, pas lui aussi, pas parce qu'elle n'avait pas été assez attentive pendant deux secondes. Alors elle continuait de s'égosiller, de trotter, de courir, d'espérer pour compenser l'affolement qui s'emparait progressivement d'elle.

Elle ne savait plus trop bien quelles orientations elle prenait au cœur de cette forêt qui avait pris de doux airs de fin du monde. Elle espérait longer le village, se savait seulement de son côté est. Mais elle continuait vers là ou vers ailleurs, vers partout, tant qu'elle ne le retrouverait pas. Elle croyait parfois entendre des jappements dans les hurlements du vent et de la pluie mais elle s'arrêtait, tendait l'oreille et reconnaissait un bruissement qui n'avait rien à voir avec son compagnon canidé. Les environs devenaient d'ailleurs de plus en plus bruyants, la forçant à redoubler de vigilance et d'alerte. Elle ne reconnaissait la pâleur du pelage d'Antarès nulle part mais se surprenait à esquiver plus d'accidents qu'à chercher son chien. Peut-être que c'était peine perdue, alors, maintenant, et qu'il ne lui restait plus qu'à rebrousser chemin en espérant retrouver celui du village avant de se faire assommer ou écraser par un arbre défaitiste.

Le bruit fut sourd et étouffé; c'était l'onde de choc qui fit trembler le sol qui lui indiqua le mieux l'envergure de ce qu'elle venait d'éviter. Recroquevillée sur elle-même, elle n'osait même plus bouger, peut-être parce qu'une part d'elle lui soufflait que la foudre ne tombait jamais deux fois au même endroit, ou peut-être tout simplement parce qu'elle redoutait, en bougeant, de se découvrir une blessure que le froid et l'immobilité arrivaient à masquer pour l'instant. Elle resta paralysée dans cette position de défense pendant quelques longues secondes, serrant très fort les paupières en espérant presque se réveiller dans son lit avec Antarès à ses côtés. Mais il n'en était rien. Le vent continuait de souffler, même si bas, au ras de la terre, et les mains qu'elle avait plaquées contre ses tempes se prenaient de plein fouet toute l'humidité dégueulasse et froide qui volait dans les airs. Ses cheveux allaient et venaient contre son visage et sa nuque, se collaient à ses lèvres et elle les respirait parfois en même temps que quelques poussières qui volaient avec le reste du monde. Ce n'est que lorsqu'une voix grave retentit au milieu du boucan sylvestre qu'elle daigna lever le museau, mais non sans quelque prudence. Ses épaules s'allégèrent brusquement et elle oublia toutes ses inquiétudes en se redressant presque trop vite, à deux doigts de verser une larme. Son visage décrivait pour elle tout le soulagement qui l'envahissait. Elle récupéra Antarès dans les bras du Terrien et le serra contre elle, savoura quelques instants l'étreinte, les paupières mi-closes, et glissa un baiser dans le pelage sale de l'animal. « Merci... Elias. » La réalité la frappa de plein fouet. Avec Elias venaient tous les souvenirs d'un été d'amertume et d'incompréhension et d'un automne ponctué de reproches. « Tu l'as trouvé où ? » La question fût brève, presque volatile, fuyante. Son nez s'était déjà levé vers les grands arbres qui menaçaient de larguer d'autres de leurs hautes branches. Elle se poussa sur le côté non sans pousser Elias avec elle et serra un peu plus Antarès, de peur qu'il lui échappe à nouveau. « Laisse tomber. » Ce n'était pas le plus important; ça ne l'était plus en tout cas, plus pour l'instant. Son regard inquiet se leva vers le visage barbu. « C'est quoi ce merdier ? Ça va passer comme une mauvaise chiasse ou faut mieux s'abriter ? » Un tronc, à une dizaine de mètres d'eux, répondit pour eux. Les prunelles de Murphy quittèrent l'arbre mort et se relevèrent lentement, craintives, vers Elias. « OK, on est où ? On s'abrite où ? »

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