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˜˜˜˜˜˜[Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33855 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Mar 28 Nov - 0:02



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


« Major !! T'es où ? » Elle hurlait désespéramment après son chien, bien consciente que ce serait cette appellation qui avait la meilleure des chances à capter son attention. Elle se savait s'enfoncer dans les bois, s'éloigner du village et de toutes les frêles protections qu'ils pouvaient leur apporter. Elle regrettait sa maladresse d'un instant et l'échappée d'un chien paniqué par un environnement qu'il ne reconnaissait plus. Le froid s'infiltrait à travers les hauts arbres de la forêt et fouettait violemment le visage humidifié par une pluie chaotique. Elle leva les yeux, impressionnée par la danse bruyante qu'entreprenaient les branches jusqu'à des dizaines de mètres au-dessus d'elle. Dans la précipitation, Murphy avait tout laissé au campement, y compris ses armes, et la scène qu'elle était en train de vivre lui donnait l'impression asphyxiante d'un de ces cauchemars desquels on arrive pas à se sortir avant qu'ils ne marquent l'esprit au fer rouge. Le ciel avait disparu dans l'obscurité presque nocturne alors qu'au-delà de cette fin du monde, le soleil était à son zénith, ignorant tout ce qui pouvait masquer sa chaleur au sol. Les minutes s'égrainaient et l'air s'agitait. Ses poings s'enfonçaient dans ses poches et son regard se faisait de plus en plus méfiant. Le vent soufflait depuis la veille, avait alerté les célestes qui se préparaient déjà au pire. Ils avaient déjà trop apprécié les humeurs habituelles de la Terre pour se contenter de croire qu'il ne s'agissait que d'une turbulence anodine et inoffensive. Elle perdait un peu ses repères, Murphy, mais continuait à s'enfoncer au hasard dans une forêt aussi paniquée qu'elle. Elle ne rentrerait pas sans Antarès. La seule chose qui la rassurait était de savoir les siens à l'abri. Les structures en pierre sauraient sans aucun doute les protéger des accidents les plus dangereux. Elle se demandait pourtant si elle était la seule à se poser toutes ces questions ou si d'autres personnes au village foraient aussi dans leur mémoire pour y trouver un quelconque souvenir d'une météo aussi étrange. Il ne s'agissait plus seulement du froid; le vent se faisait de plus en plus vif et tranchant et les larmes réflexes tirées par le froid se mélangeaient à la pluie qui frappait son visage de plein fouet. Elle sentit son bonnet remonter le long de son crâne et le renfonça furieusement. L'air froid et violent s'insinuait dans sa nuque découverte par les cheveux abandonnés aux caprices des rafales. Sans s'en rendre compte, elle s'était immobilisée au milieu des arbres et observait les alentours à la recherche du moindre indice signalant la présence ou le passage d'Antarès. Comment réagissait-il à cette atmosphère apocalyptique ? Encore plus mal qu'elle, visiblement, incapable de suivre toutes les précautions qu'elle comptait suivre pour eux deux. Elle l'imaginait terré dans une cachette, seul et paniqué, et son sang se glaça. Et si elle ne retrouvait pas ? Ça faisait déjà trop longtemps qu'elle le cherchait pour considérer cette option négligeable. Mais elle n'était qu'au début de ses peines, la naïve Murphy, et après une inspiration censée lui inspirer tout le courage dont elle manquait, elle reprit son chemin, l’œil vif, l'attention exacerbée par tout l'affolement de la forêt autour d'elle.

Mais les minutes continuaient de défiler sans apporter un brin de clémence, donnèrent bientôt une heure, peut-être même deux. Les éléments se déchaînaient avec plus de ferveur encore et Murphy entendit bientôt le bois chanter un air qu'elle ne lui avait jamais connu, celui des craquements sinistres, presque gutturaux. Elle marchait de plus en plus vite, essayait de se persuader qu'ils ne craignaient pas grand chose, ici, tous les deux et même séparés. Son regard alerte ne quittait plus les airs et les branches, guettait les mouvements suspects et susceptibles d'indiquer la présence d'un chien affolé, et elle se retournait régulièrement en entendant des bruits de chute pour trouver des branches à terre, là où elle avait été quelques secondes plus tôt seulement, là où elle aurait pu l'être. Murphy ne cherchait même pas d'abri, seulement son chien. Il ne serait tant de se protéger que lorsqu'ils se seraient retrouvés; en attendant, c'était hors de question. Elle était sortie pour lui, elle allait revenir avec lui.

Elle n'entendait même plus le rythme pressé de sa respiration. La forêt vociférait pour tous les êtres vivants qu'elle abritait. La pluie glacée l'aveuglait, griffait son visage à découvert. Elle essayait de se souvenir d'où elle venait, de repérer la direction du village, mais elle revenait très vite à son objectif. Elle partait vers l'est et les appels à la prudence d'Isdès lui revinrent. Pourvu qu'elle retrouve Antarès avant le point de non retour, pourvu qu'ils trouvent un abri avant de se faire assommer. Elle redoutait chacun de ses pas parce qu'elle s'attendait à découvrir son ami inerte, assommé ou écrasée par une branche ou le tronc de l'un de ses arbres qui n'avait pas résisté aux rafales. Elle se retourna sans cesser de courir et eut le temps de voir un frêle tronc s'écrouler derrière elle, en travers de la trajectoire qu'elle venait d'emprunter. Ca va aller, ça va aller, putain. Elle ne savait plus où donner de la tête mais se força à reprendre le contrôle de ses esprits et de sa raison. Son regard passa à nouveau devant elle et s'emportait régulièrement vers les cimes devenues invisibles pour évaluer les risques qui en provenaient. « Major !! » Le cri était devenu une supplique désespérée. Elle cherchait le contraste de son pelage clair sur la végétation foncée lorsqu'un craquement sinistre la fit lever les yeux vers l'obscurité du ciel. Elle eut à peine le temps de se jeter sur le côté et de se recroqueviller pour éviter l'accident. Le bruit fût sourd et elle sentit l'onde de choc traverser le sol pendant une seconde. Elle avait porté les mains à sa tête comme pour la protéger et remonté ses jambes contre son corps et n'osa pas tout de suite rouvrir les yeux. Le désespoir commençait à prendre possession de toutes ses facultés.


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20/01/2016 avengedinchains Charlie, Baelfire, Richard, Astrid & Meeka 939 Tom Hardy signa by beylin guerrier Athna 21
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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Jeu 30 Nov - 19:21



Isolated system

Il n’a pas vraiment choisi le bon moment pour sortir de la forêt, aujourd’hui. Elias sort régulièrement bien sûr, et il ne passe que bien peu de temp dans sa tribu, sans en sortir. Mais c’est une chose qui peut arrive, en fonction des circonstances, déjà. Pour le coup, il était question de traîner, de profiter un peu aussi. Et quand il n’a pas de grande raison de sortir de sa tribu, il éprouve le besoin de se ressourcer chez lui. La montagne est sa maison, son lieu de prédilection et l’endroit dans lequel il se sent le mieux. Alors il n’a jamais eu besoin d’aller plus loin. Tout est souvent plus facile comme ça et il a juste besoin de prendre son temps, par moment. La solitude ne lui fait pas toujours du bien, surtout quand il ne traîne pas par chez lui. Il ne facilite jamais les choses, surtout quand ça le concerne lui-même. Disons juste qu’il avait besoin de souffler dans son coin et il en a donc profité.

Mais il a fini par décider de sortir du campement, il a fini par choisir de se bouger les fesses mais les choses n’étaient pas évidentes. Il faut bien ce qu’il faut, et parfois, il faut juste se bouger les fesses et souffler un bon coup, en dehors du village, voilà tout. Il ne comptait pas vraiment partir plusieurs jours, mais c’était une éventualité. La vérité, c’est qu’il ne dit jamais combien de temps il part, au moins, on ne le cherche pas si le délai se fait plus long qu’il ne le voudrait. Dans cette forêt, tout peut arriver et il n’a pas mis beaucoup de temps à s’en rendre compte. Il n’aime pas se mettre des limites, il ne supporte pas d’avoir un mur qui l’empêche d’avancer, alors il a toujours fait les choses à sa convenance et on ne lui en a jamais tenu rigueur. Du moins, pas très souvent, etc’est sans doute plus simple comme ça, quoi qu’il en dise. De toute manière, il ne sert à rien de chercher plus loin non ? S’il avait eu des limites chez lui, sans doute se serait-il juste senti bridé. Sans doute aurait-il même été en mesure de changer de tribu s’il avait été question de ça. Il ne saurait le dire mais sa femme lui en aurait donné la possibilité non ? Il ne lui a pas vraiment donné le choix en réalité. Il a imposé son besoin d’être dans sa tribu, son besoin de rester dans sa montagne et elle n’a rien dit. En réalité, elle ne disait jamais rien, c’est sans doute pour cette raison que tout était plus simple, plus facile. Mais il ne cherche pas plus loin parce que ça ne servirait pas à grand chose. C’est du passé, une histoire qu’il doit laisser derrière lui mais il n’y arrive pas. Bordel. Il n’y est jamais parvenu. Malgré le temp qui s’écoule, ça reste une partie de lui et il ne pourra jamais aller contre ça. Moïra sera toujours un prénom qui résonnera dans sa tête, il ne pourra pas l’oublier. Impossible.

Un soupir s’échappe de ses lèvres alors qu’il réalise que les choses ne tournent pas rond quand le vent se fait de plus en plus forte. Les arbres se secouent, se retournent, et la pluie se fait dense. Sa mâchoire se serre alors qu’il observe autour de lui, il voit bien que certaines choses se passent mal et il ne voit absolument pas ce qu’il pourrait faire pour que ça s’arrange. Il faut qu’il se trouve un abri en tout cas, songe-t-il en observant autour de lui. Lorsqu’un arbre se couche devant lui, il grimace et réalise qu’il va devoir réfléchir plus vite que ça. La nature s’acharne une nouvelle fois et il ne doit surtout pas rester en plein milieu de son chemin. Sinon, il ne le vivrait absolument pas bien. Clairement.

Lorsqu’il en vient au point de retourner dans la montagne, s’imaginant que les délais sont bons et que ce n’est pas aussi risqué que ça, sa route croise celle d’un chien, boitant. Animal qu’il a déjà croisé par le passé et qui vient vers lui sans la moindre méfiance. En l’examinant rapidement, pas de patte brisée, mais du sang. Sans doute une sale blessure. Un petit animal encore, pas trop lourd. l ne cherche pas plus longtemps et le soulève, d’un bras. Il faudra sans doute qu’il change régulièrement de bras mais ça devrait le faire. Il faut à tout prix qu’il se mette à l’abri en tout cas. Mais cette fois, c’est une voix qui stoppe sa marche. Le chien aboie un instant, tente de s’échapper mais la poigne de l’Athna est assez forte. De toute manière, il va dans la direction de la voix, il ne cherche pas plus loin. Mais avant que la Terre ne s’ouvre, il faudra se dépêcher. Pour arriver jusque là, déjà, il s’est un peu blessé, déjà. Quelques coupures, rien de bien méchant. Une au visage qui lui strie la joue. Il s’en moque un peu, et il avance, au milieu des arbres, prenant soin d’éviter ceux qui se brisent et tombent. Tout s’écroule et ça ne semble pas s’arranger depuis quelques minutes. Il faut y faire attention.

Quand son regard se pose sur Murphy, il soupire. Elle est là, presque roulée en bole à même le sol. Et il ne comprend vraiment pas ce qui lui prend. Si son intention est de crever dans le coin, elle s’y prend très bien. L’homme a beau être fort, il ne risque pas de pouvoir tout porter comme ça hein. Donc elle va se bouger. ” Toi te lever, moi pas pouvoir faire miracle. “. Le chien qui aboie, le vent qui se fait puissant, et Elias parle fort pour se faire entendre. Et en anglais, en plus. Quelle journée de merde...

notes » w/ Murphy, en forêt, pendant le cyclone. 25/11/2117.

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Ven 1 Déc - 1:34



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Depuis le temps qu'elle était sur Terre, Murphy avait fini par réussir à se convaincre qu'elle commençait à maîtriser toutes ses particularités. Ses saisons, ses temps, la longueur de ses journées ou de ses nuits, l'angle sous lequel elle présentait ses chères étoiles... mais il demeurerait probablement toujours de ces mystères aux yeux de la céleste. Dès qu'elle s'emballait, dame Nature, Murphy se pétrifiait. Elle réalisait toujours avec la même violence à quel point elle s'était fourvoyée. Ce n'était que le confort des habitudes qui lui donnait l'impression d'une maîtrise qui n'existait pas. Avec le temps, elle avait presque oublié le tremblement de terre et la noyade qu'elle avait manquée de si peu. Ne demeurait dans son esprit que les merveilles que la nature avait mises sous son nez pour l'induire en erreur, lui faire croire que tout allait bien entre elles, maintenant, et qu'elle lui laissait une chance de creuser son trou sur ses terres.

Mais les vents forts de la veille avaient éveillé les soupçons des siens et les esprits s'étaient emballés. La pression était montée crescendo jusqu'à ce que tous se mettent d'accord sur une marche à suivre. Rester à l'abri des structures les plus solides, celles qui avaient été rénovées, reconstruites et solidifiées pendant le printemps et l'été, voilà quel était le plan le plus avisé. Murphy était de ceux qui, paniqués, électrisés par la menace, avaient mis à l'abri tout ce qui devait l'être pour différentes raisons. Ce qui était précieux ou ce qui pouvait blesser était rangé en sécurité pour préserver un maximum le confort qu'ils avaient si difficilement acquis en ces lieux. Pendant la nuit, les vents n'avaient eu de cesse de s'intensifier, et Murphy savait qu'elle n'avait pas été la seule à fuir le sommeil inconsciemment et par peur qu'une catastrophe ne survienne. Mais le pire n'était pas encore arrivé et au petit matin, rien ne s'était calmé comme certains optimistes l'avaient espéré. C'était le moment de rester confiné, d'attendre que le ciel s'apaise. On avait continué d'abriter ce qui pouvait l'être et méritait de l'être, mais il y avait de ces choses que personne ne pouvait commander, prévoir ou maîtriser, comme c'était le cas du comportement d'un animal effrayé par un ciel qu'il n'avait jamais connu. Au moment où elle avait mis le pied dans le dortoir pour s'y installer aux côtés des siens, Antarès avait échappé à sa vigilance.

Elle lui avait découvert toute son endurance, à la bête, et le sol boueux ne l'avait pas aidée dans la course-poursuite. Effarée, elle avait très vite compris que sa course la menait tout droit à l'extérieur et sous le regard d'un garde suspicieux, elle avait franchi en trombe les limites du village. Elle avait espéré pendant plusieurs minutes que les choses iraient vite, qu'Antarès finirait par l'attendre sagement dans un coin et qu'elle n'aurait qu'à lui souffler quelques mots doux pour le calmer. Ils seraient alors rentrés calmement et auraient retrouvé le réconfort d'un dortoir confortable et chaleureux. Mais les minutes avaient défilé et bientôt les heures. Murphy n'arrivait plus à courir si vite, alternait les pauses, la marche et des courses désespérées entre les arbres affolés par la fureur du vent et des pluies glaciales. Peut-être que c'était une fausse alerte; elle voulait s'en persuadée, mais tout ici lui prouvait le contraire. Les arbres s'allongeaient violemment autour d'elle; d'abord les plus gringalets, puis de plus épais commençaient eux aussi à abdiquer face aux conditions. Les branches tombaient, les feuilles et les brindilles flottaient presque dans l'air. C'était un travail de chaque instant de surveiller et éviter tous les dangers. Aux aguets constamment à la fois pour les menaces et pour le moindre signe de son ami à quatre pattes, Murphy s'épuisait à vue d'oeil, commençait à comprendre l'enfer dans lequel elle s'était engouffrée pour retrouver Antarès. Dans de rares moments d'accalmie dans ses pensées paniques, il lui arrivait de penser aux siens, à ceux qu'elle avait laissés derrière elle pour courir après Major. Qu'est-ce que Richard penserait d'une telle imprudence ? Sûrement pas beaucoup de bien. Il ne comprendrait pas un tel risque pour ce qu'il considérait être une si petite récompense. Tennessee, elle, comprendrait plutôt deux fois qu'une. Est-ce que quelqu'un pensait à elle, là-bas ? Est-ce qu'ils avaient remarqué son absence, est-ce que le garde qu'elle avait croisé leur avait expliqué la situation ? Est-ce qu'ils s'inquiétaient pour elle ? Elle ne voulait pas qu'ils s'inquiètent pour elle. Elle le faisait très bien toute seule, de toute façon, commençait à craindre autant pour sa propre vie que pour celle du canidé qu'elle avait laissé échapper à sa vigilance dans un moment d'absence. Elle ne devrait pas lui en vouloir, à Antarès, mais elle lui en voulait abominablement. C'était la première fois qu'il la mettait dans une situation pareille, et il lui en voulait d'avoir choisi ce moment particulier pour le faire, même si elle savait pertinemment qu'il y avait un lien de cause à effet qui dépassait largement son propre inconfort. Et le pire était sans doute l'effarement qui la saisissait toute entière lorsqu'elle réalisait qu'elle était peut-être en train de tenir rigueur à un Antarès mort dans un coin de la forêt. Non, c'était inconcevable, pas lui aussi, pas parce qu'elle n'avait pas été assez attentive pendant deux secondes. Alors elle continuait de s'égosiller, de trotter, de courir, d'espérer pour compenser l'affolement qui s'emparait progressivement d'elle.

Elle ne savait plus trop bien quelles orientations elle prenait au cœur de cette forêt qui avait pris de doux airs de fin du monde. Elle espérait longer le village, se savait seulement de son côté est. Mais elle continuait vers là ou vers ailleurs, vers partout, tant qu'elle ne le retrouverait pas. Elle croyait parfois entendre des jappements dans les hurlements du vent et de la pluie mais elle s'arrêtait, tendait l'oreille et reconnaissait un bruissement qui n'avait rien à voir avec son compagnon canidé. Les environs devenaient d'ailleurs de plus en plus bruyants, la forçant à redoubler de vigilance et d'alerte. Elle ne reconnaissait la pâleur du pelage d'Antarès nulle part mais se surprenait à esquiver plus d'accidents qu'à chercher son chien. Peut-être que c'était peine perdue, alors, maintenant, et qu'il ne lui restait plus qu'à rebrousser chemin en espérant retrouver celui du village avant de se faire assommer ou écraser par un arbre défaitiste.

Le bruit fut sourd et étouffé; c'était l'onde de choc qui fit trembler le sol qui lui indiqua le mieux l'envergure de ce qu'elle venait d'éviter. Recroquevillée sur elle-même, elle n'osait même plus bouger, peut-être parce qu'une part d'elle lui soufflait que la foudre ne tombait jamais deux fois au même endroit, ou peut-être tout simplement parce qu'elle redoutait, en bougeant, de se découvrir une blessure que le froid et l'immobilité arrivaient à masquer pour l'instant. Elle resta paralysée dans cette position de défense pendant quelques longues secondes, serrant très fort les paupières en espérant presque se réveiller dans son lit avec Antarès à ses côtés. Mais il n'en était rien. Le vent continuait de souffler, même si bas, au ras de la terre, et les mains qu'elle avait plaquées contre ses tempes se prenaient de plein fouet toute l'humidité dégueulasse et froide qui volait dans les airs. Ses cheveux allaient et venaient contre son visage et sa nuque, se collaient à ses lèvres et elle les respirait parfois en même temps que quelques poussières qui volaient avec le reste du monde. Ce n'est que lorsqu'une voix grave retentit au milieu du boucan sylvestre qu'elle daigna lever le museau, mais non sans quelque prudence. Ses épaules s'allégèrent brusquement et elle oublia toutes ses inquiétudes en se redressant presque trop vite, à deux doigts de verser une larme. Son visage décrivait pour elle tout le soulagement qui l'envahissait. Elle récupéra Antarès dans les bras du Terrien et le serra contre elle, savoura quelques instants l'étreinte, les paupières mi-closes, et glissa un baiser dans le pelage sale de l'animal. « Merci... Elias. » La réalité la frappa de plein fouet. Avec Elias venaient tous les souvenirs d'un été d'amertume et d'incompréhension et d'un automne ponctué de reproches. « Tu l'as trouvé où ? » La question fût brève, presque volatile, fuyante. Son nez s'était déjà levé vers les grands arbres qui menaçaient de larguer d'autres de leurs hautes branches. Elle se poussa sur le côté non sans pousser Elias avec elle et serra un peu plus Antarès, de peur qu'il lui échappe à nouveau. « Laisse tomber. » Ce n'était pas le plus important; ça ne l'était plus en tout cas, plus pour l'instant. Son regard inquiet se leva vers le visage barbu. « C'est quoi ce merdier ? Ça va passer comme une mauvaise chiasse ou faut mieux s'abriter ? » Un tronc, à une dizaine de mètres d'eux, répondit pour eux. Les prunelles de Murphy quittèrent l'arbre mort et se relevèrent lentement, craintives, vers Elias. « OK, on est où ? On s'abrite où ? »


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20/01/2016 avengedinchains Charlie, Baelfire, Richard, Astrid & Meeka 939 Tom Hardy signa by beylin guerrier Athna 21
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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Mer 20 Déc - 17:18



Isolated system

Elias n’a pas encore tout vécu et il le sait. Cette planète est disposée à leurs faire vivre l’enfer en continue et est même disposée à foutre un bordel incommensurable. Il sait que ce monde pourrait encore le punir pour bien des choses qu’il a fait ou des choses qu’il n’a pas fait. Et dans le fond, il ne cherche pas particulièrement à comprendre puisqu’il est persuadé que ça ne le concerne pas vraiment. Et pourquoi chercher plu loin hein ? Quel pourrait bien en être l’intérêt ? Il subit le monde et il ne se tracasse pas pour essayer de comprendre le reste. Il n’y voit pas d’intérêt et il ne cherche jamais à voir les choses changer ou s’améliorer. Sans doute a-t-il fait une erreur en sortant aujourd’hui, il ne serait pas en mesure de vraiment l’expliquer et il n’a pas non plus envie de réfléchir. Disons que c’est un peu plus compliqué que ça mais que ça ne le regarde pas forcément vraiment. Si le ciel était un peu gris au départ, ou du moins, au moment où il est parti, il n’imaginait pas un seul instant que ça puisse être autre chose qu’un peu de pluie ou un peu de vent. Il ne saurait le dire. Et il n’a pas non plus envie d’y réfléchir plus que nécessaire. Les choses ne sont pas toujours très agréables et dans certaines situations, il est facile de péter un câble. Mais là, pour le coup, l’homme ne voyait pas le danger. Et il a toujours un peu de mal à s’inquiéter quant à la météo qu’il peut bien faire. Quoi de plus normal, finalement ? Ce n’est guère un petit vent ou une petite brise qui risque de poser problème, non ? Il n’aurait jamais pu imaginer une météo de ce genre. Les choses ne sont pas évidentes et là, pour le coup, il réalise que tout est parfaitement compliqué. Tout. Beaucoup trop. Mais là, pour le coup, il est disposé à faire ce qu’il faut, à faire le nécessaire, à faire ce qu’il peut, du moins. Mais ce n’est pas forcément gagné.

Et le voilà, avec un chien sous le bras, à se mettre à la recherche d’une débarquée. Sans doute n’est-ce pas le bon plan, et sans doute ne le fait-il même pas volontairement au début. Mais l’animal, il a déjà eu l’occasion de le croiser et connaissant son propriétaire, les choses ne risquent pas de bien se passer. Tout ceci ne peut pas se passer comme ils semble le vouloir. Et c’est tout autant un problème que le reste. Sa conscience humaine l’empêche de la laisser dans une situation aussi dangereuse que celle-ci, et elle est simplement disposée à faire tout ce qu’il faut pour que les choses s’arrangent. Dison qu’elle ne sait juste pas forcément comment s’y prendre pour ça. Et puis, même si elle est insupportable sur les bords et que certains de ses comportements ne sont pas faciles à vivre, il a fini par se rendre compte qu’elle n’était pas si insupportable que ça, finalement. Plutôt agréable, quand on ne s’attarde pas sur les nombreux défauts, même. Mais on peut s’adapter à tout, finalement. Les choses ne sont pas toujours faciles et pour le coup, l’homme n’a pas vraiment envie de chercher plus loin. Tout peut paraître compliqué, quand il est question du peuple du ciel. Et là, pour le coup, il ne ait pas vraiment où donner de la tête. Il n’a, par ailleurs, pas vraiment envie d’y réfléchir. A quoi bon ? Oh évidemment, ce n’est pas le genre de chose qu’il serait en mesure de lui dire, à elle. Elle serait bien trop euphorique. Déjà qu’elle l’est trop, et qu’elle se permet de trop parler.

Dans le fond, il se demande s’il ne lui accorde pas un peu plus d’attention maintenant. Une attention malsaine et déplacée, aussi. Il n’y peut pas grand chose, en réalité, disons juste qu’il réalise que certaines choses ne sont pas faciles et il se permet d’agir comme il le veut. Isdès est un sujet compliqué. Et quand on l’aborde avec lui, il faut songer au fait que ça puisse mal se passer. Il ne fait pas toujours ce qu’il veut mais il ne s’attarde pas non plus sur les choses qui ne comptent pas vraiment. Disons que là, dans le scénario ici présent, cette fille a su le captiver d’une manière qui le dépasse. Alors il s’intéresse à elle, sans doute de la mauvaise façon et pour les mauvaises raisons. Mais il ne risque pas d’aller contre ça parce qu’il n’y voit aucun intérêt. Il aimerait en savoir plus, comprendre. Mais… Il ne risque pas de s’attarder sur ça aujourd’hui. Pour l’heure, il est question de rester en vie ou de faire le nécessaire pour y parvenir. Et non, les choses ne sont pas facile. Mais il faut savoir faire ce qu’il faut pour y parvenir. Et là, pour le coup, il faut déjà qu’il la trouve.

Ce qu’il finit par faire, alors qu’elle est là, près d’un arbre, repliée sur elle-même, loin d’une position de survivant. Ainsi, elle ne risque pas de rester en vie et un arbre peut à tout moment lui tomber sur un coin de la tête. Elle reste toujours aussi imprudente et lui, de son côté, il ne parvient pas à déterminer si elle fait exprès ou si c’est juste une certaine maladresse. « Merci... Elias. ». Elle bute sur son prénom et il grimace légèrement. Là n’est pas le moment de parler de tout ça mais l’histoire au coin de troc, elle reste là, gravée en lui. Signe d’une histoire dissimulée. D’un mensonge de sa part à elle et d’un secret, de la part de son rival. Une affaire intéressante, bien sûr. Mais ce n’est une nouvelle fois pas le moment. L’éclair fugace lié à ce songe s’éloigne de lui alors qu’il est enfin débarrassé du chien et peut faire disparaître un peu du sang autour de son oeil à l’aide de sa main. « Tu l'as trouvé où ? ». Il hausse les épaules, il ne se voit pas lui donner la position exacte. Et lui indiquer qu’il l’a trouvé à côté d’un arbre ne risque pas d’aider non plus. Là, au coeur de cette forêt, les informations ne sont pas forcément suffisantes pour établir une zone. Et ce n’est pas le moment non plus. « Laisse tomber. ». Au moins, elle semble s’en rendre compte, ce qui est un assez bon début. La tempête fait rage autour d’eux et le vent est d’une violence sans précédent.

« C'est quoi ce merdier ? Ça va passer comme une mauvaise chiasse ou faut mieux s'abriter ? ». Si la première question lui échappe parce qu’il n’en comprend pas le mot principal, il comprend la deuxième et grimace. Qu’est-ce qu’il en sait lui ? Si les choses ne sont pas toujours évidentes dans le coin, la planète ne passe pas son temps à tenter de les tuer. Ce qui est déjà très bien. Pas toujours facile mais amusant et suffisant. Clairement suffisant. ” Nature pas contente “. Et il ne voit guère ce qu’il pourrait en dire de plus. Il n’a pas envie de réfléchir à tout ceci, il fait face aux événements et pour ce qu’il en est de comprendre, il laisse ça aux autres. Il ne voit pas à quel moment ça pourrait devenir un réel problème et pour tout dire, il n’a pas particulièrement envie de s’attarder. ET il voit bien que ce n’est pas le moment pour le faire. Les choses ne s’arrangent pas, comme le prouve l’arre non loin de là. Et il est désormais temps pour eux de se remuer suffisamment pour aller de l’avant. Ce n’est pas facile mais c’est principalement à cela qu’ils doivent penser. Vivre, survivre disons. Et attendre que ça se termine. Ici, ils sont bien trop exposés et Elias ne s’en rend compte que trop bien. Cela ne peut absolument pas durer. Alors il réfléchit, à toute vitesse, il essaie de voir à quel endroit ils se trouvent et à quel moment endroit ils pourraient se rendre pour être à l’abri. S’il y a bien quelques lieux en ruines non loin, seraient-ils assez solides pour qu’ils puissent s’y abriter ? Il ne saurait le dire. « OK, on est où ? On s'abrite où ? ». Bien sûr qu’elle lui pose la question, il est bien plus apte à obtenir une quelconque réponse, bien qu’il ne soit pas persuadé de savoir comment s’y prendre. Dans le fond, il n’a pas vraiment envie d’y réfléchir plus que ça. Aucune grotte suffisant proche pour ne pas courir un quelconque risque. Il faut donc se méfier, il faut donc se faire prévenant, si on peut le dire ainsi. Et dans la situation actuelle, il va surtout falloir se dépêcher. ” Maison pas loin. Ps bon état mais seule chance. “. Il espère juste qu’en arrivant, elle n’aura pas déjà été rasée. Option envisageable mais peu rassurante. Elias n’a jamais été très optimiste.

Il n’attend, en tout cas, pas de réponse de sa part et se met en route. Tout sera plus simple comme ça, plutôt que d’attendre une quelconque réaction de sa part. Disons que ça n’aurait pas le moindre sens, pour être tout à fait honnête. Il fait même le choix de ne pas se retourner, persuadé que ce n’est pas vraiment nécessaire. Lorsqu’ils arrivent, il n’y a pas à tergiverser, franchissant la porte, il ne regarde qu’à peine l’intérieur et ce qui s’y trouve. A quoi bon ? Il s’agit ici de l’unique option.

notes » w/ Murphy, en forêt, pendant le cyclone. 25/11/2117.

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Mar 26 Déc - 21:28



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Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Le soulagement comme elle ne l'avait probablement jamais ressenti. Soudain et instantané, elle pouvait presque le sentir couler dans ses veines et glisser le long de ses neurones pour les abreuver de quelque apaisement. Elle serrait son canidé contre elle, presque jusqu'à l'étouffer, juste pour se nourrir de sa présence retrouvée et peut-être, un peu aussi, l'empêcher d'à nouveau échapper à sa vigilance. Pendant un court instant, elle avait presque oublié celui qui avait trouvé son ami et le lui avait rapporté, qui l'avait sortie de la torpeur dans laquelle elle s'était réfugiée quelques secondes, accablée par le poids des éléments devenus incontrôlables. Son prénom lui échappa presque à regret, mais le remerciement n'avait rien à voir les regrets. Sa simple présence, tout aussi inattendue qu'elle soit, lui avait insufflé un nouveau courage, denrée devenue rare depuis un long moment déjà. Les éléments se déchaînaient au-dessus de leur tête et contre leurs corps, appelaient leurs cervelles à l'éveil et à l'attention constants. Mais pendant quelques secondes, Murphy s'autorisa à un peu de répit, apprécia le fait de ne plus être seule et de se voir insufflé une nouvelle vaillance. Lui demeurait silencieux face à sa question stupide, mais elle ne s'en formalisa pas. A ce moment précis, il y avait bien plus important ; et puis, au fond, elle se moquait royalement de l'endroit où Antarès avait pu aller se fourrer. Tout ce qui comptait, c'était qu'il était encore vivant et qu'elle pouvait le serrer contre elle comme elle le faisait.

Mais après ce bref moment de réconfort, la réalité s'imposait à nouveau à elle et un peu plus férocement encore. Le vent et le froid n'étaient plus les principaux problèmes. Ce qui le devenait depuis un bon moment déjà, c'était toutes leurs conséquences. Les branches qui craquaient jusqu'à tomber, les arbres qui abandonnaient le combat et s'écrasaient dans des bruits sourds. Il était de moins en moins rare de voir voler quelques morceaux de bois ou autres végétaux quelques secondes jusqu'à ce qu'ils trouvent leur chemin jusqu'au sol. Murphy avait conscience que pour eux, au cœur de cette forêt, tout se jouait et tout se jouerait à la chance et au hasard. Tant qu'ils ne trouveraient pas d'abri, tant qu'ils ne sauraient mettre un semblant de protection au-dessus de leurs têtes, tout ne serait que jeu de hasard et de chance. Il ne s'agissait que de ça, de probabilités, de chance ou de malchance, de quelques secondes qui pouvaient tout faire basculer, dans un sens ou dans l'autre, d'un écart qui pouvait coûter ou sauver la vie. Etre alerte et constamment aux aguets était tout ce qui restait en leur pouvoir mais ça n'était pas suffisant. On ne pouvait pas avoir des yeux dirigés vers chaque angle et à chaque instant. On ne pouvait pas prévoir les rafales de vents, leur sens et leur direction exactes. On ne pouvait pas anticiper la chute de chaque branche, de chaque arbre, on ne pouvait pas augurer de la signification de chaque craquement sinistre qui raisonnait un peu trop longtemps ou, au contraire, était bien trop sec et bref pour rassurer. Et perdant le contrôle de son environnement, Murphy se retrouvait confrontée à l'une de ses pires inquiétudes, celle de ne plus contrôler sa propre survie. Elle était à la merci de tout ce qu'elle ne pouvait plus maîtriser. Elle détestait ce monde pour ça, pour tout ce qu'il imposait à ses habitants sans chercher à savoir ce que ça pourrait leur faire, à eux. Elle balançait d'une affection presque hypnotique pour cette Terre à son complet opposé, la haine viscérale, celle qui lui donnait un mal physique de ses étoiles. Ici, la liberté n'était qu'une impression, un mirage. Ils étaient prisonniers de cette atmosphère et contraints à tout ce qu'elle souhaitait pour eux. La terre pouvait trembler, l'air s'affoler, la vie s'effondrer devant eux : eux, ils n'avaient que leurs instincts de survie pour les sauver. Leurs instincts de survie et un peu de cette chance sur laquelle Murphy n'avait d'autre choix que de compter depuis qu'elle avait compris qu'il suffisait d'un seul écart pour disparaître de ce monde-là et perdre au grand jeu qu'il leur imposait.

Mais parfois, le hasard, il fallait savoir le forcer. Maintenant qu'elle tenait son chien entre ses bras protecteurs, son esprit passait doucement à l'étape suivante. Ils n'avaient pas le temps de réfléchir ou de partir dans de grandes conversations cyniques et sans fin. Maintenant, la priorité de Murphy n'était plus de courir dans tous les sens dans l'espoir de trouver Antarès, c'était de courir dans tous les sens jusqu'à trouver un abri pour lui -et puis pour elle, aussi. Le temps que la tempête passe, il fallait se calfeutrer, se faire tout petit. « Sans blague... » répondit-elle nerveusement alors qu'elle devinait l'ombre d'un arbre qui s'abattait au loin derrière l'épaule d'Elias. Elle comprenait à son regard que cette agitation des vents n'était pas une plaisanterie. A ses yeux et comme tous les Terriens, il représentait ici un guide, et une part d'elle avait souhaité qu'il sourie et saute sur l'analogie peu élégante qu'elle avait faite. Elle avait espéré un peu d'apaisement, peut-être même qu'il se moque de la façon qu'elle avait de paniquer.

Il connaissait mieux les environs qu'elle, encore nouvelle en ces lieux. Elle qui avait connu par cœur les alentours de leur ancien camp s'était retrouvée propulsée dans un nouvel environnement à redécouvrir entièrement. Elle l'avait fait comme la première fois, à tâtons et avec mille précautions qui l'avaient ralentie. Elle regrettait un peu cet excès de prudence, maintenant. Ils n'étaient pas du côté des grottes qui les avaient déjà abrités avec Isdès, et elle avait si peu de repères dans ce coin que, en l'absence d'Elias, elle aurait probablement tenté sa chance en s'asseyant au pied d'un arbre et en serrant très fort les fesses. Elle évaluait ça moins risqué de rester prostré contre un appui plutôt que de courir partout. Mais Elias, lui, avait une idée d'alternative à ce plan des plus douteux et le regard de Murphy s'éclaira d'une lueur d'espoir. « Une maison ? Sérieusement ? » Elle n'avait jamais trouvé de maison dans les environs de son village, mais présentement, rien ne lui importait moins. Elle avait tellement cavalé en cherchant Antarès qu'elle pouvait se trouver n'importe où, d'ailleurs. Elle pouvait avoir dévié de l'est vers le sud ou le nord, elle s'en moquait. Ce ne serait que si elle survivait à cette apocalypse qu'il serait temps pour elle de penser à ces détails qui importaient maintenant si peu. Antarès paraissait épuisé dans ses bras et gigotait à peine, et, alors qu'Elias lui passa devant pour rejoindre l'abri dont il avait vanté les mérites en quelques mots maladroits, elle déposa un furtif baiser derrière l'une de ses oreilles, histoire de lui donner le courage nécessaire à cette nouvelle course contre le temps et les éléments -lui donner le courage à lui ou à elle, peu importait. Elias avait probablement besoin d'une once de courage, lui aussi, pour braver la tempête, mais elle ne comptait à aucun moment lui offrir les mêmes attentions qu'à Antarès. Elle réajusta sa prise autour du chien et prit la suite d'Elias, qui s'éloignait déjà à une allure folle.

L'air froid rongeait sa trachée lorsque, à bout de souffle, elle s'arrêta derrière le Terrien et face à une maison qui, par miracle, n'avait pas encore pris un arbre sur la tête -ou sur le toit. Les murs de pierre arrachèrent à Murphy un soupir rauque et douloureux mais de soulagement. C'était là l'une des meilleures protections dont ils pouvaient rêver. Elias ne lui laissait guère le temps de s'extasier sur la façade de l'édifice et les vents affolés dehors ne lui accordèrent pas plus de répit. Derrière lui, elle franchit la vieille porte de bois partiellement rongée par le temps et la referma d'un coup de pieds hâtif en cherchant d'un œil pressé l'endroit parfait où se calfeutrer. Elle aurait volontiers lâché Antarès si elle avait plus confiance en la structure qui lui laissait quelques doutes. Ses bras hurlaient de douleur sous le poids du chiot qui était devenu un chien bien trop rapidement. Dans une grimace, elle le lâcha d'un bras qu'elle étira pour le dégourdir et remonta contre son épaule la boule de poils pétrifiée. Elle sentit sa truffe humide trouver la peau de son cou et elle ne pût se résoudre à lui refuser un bref baiser qu'elle déposa contre ses poils clairs et froids. Ils pouvaient encore entendre les éléments s'agiter à l'extérieur et quelque part, Murphy regretta de ne plus pouvoir observer chaque parcelle du terrain environnant pour évaluer les risques qui menaçaient. Mais ils étaient à l'abri, ici, non ? Un vent froid attira son regard vers une ouverture dans le mur, sur le côté de la maison, qui suggéra que cette pièce ne serait probablement pas le meilleur abri pour eux. Dans les environs du mur écroulé, un rai de lumière parvenait du toit et finissait d'appuyer cette conclusion. Déterminée, elle passa à côté d'Elias qui s'activait dans la pièce d'entrée, assez grande, et s'aventura vers l'arrière. Le sol de pierre était plus que bienvenu, il évitait les précautions qu'un vieux plancher auraient nécessitées. De son bras aux muscles encore endoloris, elle poussa un semblant de porte qui, non sans un grincement, s'ouvrit sur une pièce exiguë dans le mur de laquelle un trou béant suggérait qu'elle avait dû être habillée d'une fenêtre. Elle tira la porte, peu convaincue, et passa de l'autre côté de l'étroit couloir. Derrière la porte, cette fois, une pièce de taille moyenne mais aux murs entiers. Elle entra d'un pas prudent pour déterminer si un souffle froid ne la préviendrait pas d'une faille que ses prunelles auraient manquée, mais soupira de soulagement et se pencha pour lâcher Antarès, qui fit quelque pas et se laissa tomber. « ELIAS ? » Elle espérait que le hurlement couvrirait les bruits extérieurs. « C'est entier, ici ! » Elle se retourna pour faire face à la porte de la pièce, les mains sur les hanches, et son œil fût attiré par une structure de pierre à côté d'elle. Une cheminée. « Si tu trouves des trucs en bois, ramène-les ! Y'a une cheminée ! » Elle jeta un coup d'oeil à Antarès pour s'assurer de son amorphisme et passa une tête dans l'ouverture de la porte pour chercher Elias. Elle crevait d'envie d'un petit feu pour se réchauffer, même si elle imaginait déjà la cheminée refouler et se voyait en train de l'éteindre en panique pour éviter l'intoxication. Mais il était bon de rêver un peu à une source de chaleur pour elle qui ne sentait plus ses mains et qui, dans la panique subite qu'avait provoqué l'échappée d'Antarès, n'avait pris sa suite qu'à peine couverte. Trop peu couverte. « C'est ici, la première porte à droite ! T'as regardé le reste de la baraque ? Y'a rien d'autre ? »

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Sam 20 Jan - 13:35



Isolated System


Qu'est-ce qu'il est censé faire hein ? Le temps d'une seconde, l'Athna se demande s'il ne serait pas plus judicieux de prendre le large et de ne pas se tracasser davantage. Il ne saurait le dire et en réalité, il n'a pas particulièrement envie de se prendre la tête; Les choses ne sont pas facile,s c'est vrai. Et pour le coup, il ne sait pas trop quoi faire. Disons qu'il n'a pas l'impression d'être le bienvenue. Mais il n'est pas seulement question de ça. Il sait que les histoires sont compliquées et bien qu'il ne comprenne pas tout, il n'a pas particulièrement envie de comprendre. S'il a trouvé un petit quelque chose pour taquiner Isdès, ce n'est pas la seule chose qui ait de l'importance. Et ça ne risque pas de changer. Cette fille a de l'importance et il imagine qu'en le côtoyant, elle craint la colère de l'autre. Et franchement pour lui, ça n'a pas vraiment de sens. Mais est-ce qu'il est vraiment en mesure de faire le point oud e dire quelque chose ? Il ne saurait le dire. Et il n'a pas non plus envie de voir ou de réfléchir. Tout ceci est trop compliqué. Et il n'est pas vraiment du genre à s'intéresser aux points compliqués. Ce monde explose et autour d'eux tout part en vrille. Pour cette raison, il ne sait pas vraiment quoi dire et il est absolument hors de question pour lui de se prendre la tête. Tout ici est déjà trop chiant pour lui. Et ce n'est pas le bon moment, alors pourquoi chercher plus loin ? Il n'est pas temps de déterminer s'il est possible d'échanger ou s'il est mieux de serrer les dents et de se taire. Ce n'est absolument pas comme ça que ça fonctionne et c'est mieux comme ça hein. Mais c'est une affaire compliquée, c'est tout. Et alors que le monde autour d'eux semble s'écrouler, il sait qu'il n'est pas la personne qu'elle aurait aimé trouver sur son chemin.

Ce monde parviendra à tous les tuer bientôt et il le sait. Elias ne l'a jamais vu autrement. Son pire ennemi, ce n'est pas le peuple du ciel ou un inconnu dans l'ombre. C'est la nature et ses capacités à détruire le monde. Oh bien sûr qu'elle ne l'a pas tué encore et c'est le point qui continue de la terrifier et qu'il ne parvient pas à oublier. C'est douloureux en réalité, ce monde, les choses qu'il ne parvient pas à laisser de côté. Il est pris au piège, finalement, et c'est sans doute la seule chose qui ait de l'importance. Il n'est pas toujours facile de trouver les mots, ou trouver au moins la méthode pour qu'il ne nous arrive rien. Au cours de son existence, il y a eu bon nombre d'épreuves, d'événements qui n'ont pas été facile à supporter, c'est vrai. L'homme ne supporte pas de perdre en réalité et contre la nature et ses droits, il sait que tout change et qu'il ne peut pas y faire grand chose. Il tombe de haut et il ne supporte absolument pas de se retrouver dans ce genre de cas de figure. Que peut-on faire contre le vent, contre la météo hein ? Ses possibilités ne sont pas nombreuses et il ne peut que faire en sorte de rester en vie. Il ne sait juste pas comment il doit s'y prendre. Alors il évoque le fait que oui, la météo n'est pas contente. Ne s'offusque-t-elle pas de la tournure des choses et de l'arrivé du peuple du ciel ? En même temps, il serait relativement stupide de penser ainsi. Les premiers débarqués sont arrivés il y a plus de trois ans, et la deuxième vague un an plus tard. Si la nature avait réellement voulu foutre le bordel, à propos de ça, les choses se seraient passées bien plus vite. Mais ce n'est pas si simple, évidemment. Et il ne peut pas prétendre comprendre les choses. Après tout, à quel moment est-il disposé à comprendre, lui ? Il n'en a pas la position et de toute manière, il n'en a pas particulièrement envie. Les choses se passent lorsqu'elles doivent se passer et ça s'arrête là. A quoi bon chercher plus loin ? « Sans blague... ». Il lève les yeux au ciel. Certes, il n'est pas très adroit ou alors, il n'est pas forcément des plus agréables. Pour autant, il n'est pas vraiment temps non plus pour user d'ironie et plaisanter. M'enfin bon, ce n'est pas non plus le moment d'en faire tout un foin. De toute façon, il l'a toujours trouvé agaçante. Donc ça ne change pas grand chose. S'il n'a rien contre une fille avec du caractère, Elias a néanmoins besoin de douceur. Moïra avait de la fermeté, quand c'était nécessaire mais elle était surtout douce et délicate. Et quand il en avait besoin, les choses étaient considérablement différentes. Et c'était mieux comme ça.

Leurs options de survie sont presque inexistantes. Et pourtant, il n'a pas besoin de réfléchir bien longtemps pour réaliser qu'une maison est là, non loin d'où il se trouve. Abandonnée, en sale état mais il imagine que c'est mieux comme ça, d'une certaine manière en tout cas. Mais les choses ne sont pas forcément des plus agréables et des plus simples, non plus. Les choses sont comme elles sont, en tout cas. Ce n'est absolument pas facile, en tout cas. Réfléchir à une solution rapide et fiable, non, ce n'est pas facile. « Une maison ? Sérieusement ? ». Oui, une maison. C'est leur meilleure chance. Et pourtant, puisqu'il n'a pas vu cette maison depuis un bon moment, il ne saurait dire s'ils y seront à l'abri ou si la maison n'est pas un peu trop une ruine. Il n'en sait rien et il n'a rien de mieux à proposer que d'aller voir. Peut-être qu'ils iront pour rien, mais ça ne peut pas durer et il faut y aller, voilà tout. " Bougeons.".

Il dirige la route, avance et sourit doucement. La maison tient encore debout et surtout, aucune trace n'est apparu sur le toit. Aucun arbre, aucun dommage supplémentaire provoqué par la météo actuelle. Tout aurait pu arriver, et c'est beaucoup mieux comme ça oui. Il faut bien qu'on trouve un peu de chance au milieu de tout le malheur autour d'eux. Oh bien sûr, il ne sait pas à quoi ça ressemble à l'intérieur, mais il n'est pas stupide et il sait pertinemment que seul les toits ont de l'intérêt. Et c'est bien mieux comme ça. Quatre murs et une possibilité d'affronter le froid et le vent. Tout ira mieux. Il y a plusieurs pièces, alors ils choisissent de se séparer pour trouver la pièce en meilleur état. « ELIAS ? ». Visiblement, elle a trouvé avant lui. Pour autant, bien que le vent dehors soit fort et qu'il soit en mesure de dissimuler le moindre bruit, le guerrier préfère la discrétion et il n'est donc pas nécessaire de se faire remarquer. Mai sbon, il n'est pas vraiment dans les habitudes de la débarquée de la jouer discrétion. Et ça, il l'a bien compris. Et maintenant, il doit juste apprendre à faire avec. C'est nécessaire. « C'est entier, ici ! ». Il se dirige vers elle, un soupir s'échappant de ses lèvres. Il ne prétend pas qu'il n'est pas satisfait d'avoir trouvé un endroit. Il espère juste que Isdès ne saura jamais comment les choses se sont déroulées parce que mine de rien, il n'aimerait pas être tué pour une question de jalousie. Il y a une certaine limite à tout ça. « Si tu trouves des trucs en bois, ramène-les ! Y'a une cheminée ! ». Visiblement, ils ont beaucoup de chances. Avec une cheminée sur les lieux, ils vont pouvoir tenir le coup. Et c'est tout ce qui a de l'importance. Vraiment. Autant en profiter. Il ramasse un peu de bois, cela a sans doute été un meuble par le passé, il ne saurait le dire. Mais ça devrait assez bien brûler. Il n'y a guère plus de bois dans le coin, en tout cas. Mais ils devraient être en mesure de s'en contenter. Ou plutôt, disons qu'ils n'ont pas le choix. En plus de ça, il n'est pas certains qu'ils soient en mesure de l'allumer. Tout dépendra des méfaits du vent sur la fumée que le feu va créer. Mais Elias n'est pas une personne suffisamment réfléchie pour y comprendre quelque chose.

« C'est ici, la première porte à droite ! T'as regardé le reste de la baraque ? Y'a rien d'autre ? ». Malheureusement non. La maison est relativement vide, sans doute déjà dépouillée de tous ses biens, et ça n'a pas grand chose d'étonnant, finalement. Lui en tout cas, il ne s'en formalise pas. Et tout est bien mieux ainsi. " Rien non. Maison vide mais abri sûr". Et c'est la seule chose qui ait de l'importance. Pourquoi chercher plus loin hein ? Un instant, il la regarde, grelotante. S'il a un peu froid, ça reste supportable. Suite à un grognement, il retire sa fourrure et la lui tend. " Toi froid mais moi aller bien". Il hausse les épaules et il ne cherche pas plus loin. Disons qu'il ne voit pas à quoi ça pourrait bien servir. Et c'est bien mieux ainsi, d'une certaine manière, du moins. " Plus qu'à attendre fin". Il s'installe dans un coin, se repose un instant. Il a besoin de souffler un peu. Tout ceci n'était pas évident.


notes » w/ Murphy, en forêt, pendant le cyclone. 25/11/2117.

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Dim 21 Jan - 0:45



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Si Elias n'avait pas été là, Murphy aurait probablement repris sa traque d'Antarès jusqu'à le trouver. En fait, elle ne l'aurait abandonnée que si elle y avait été devenue physiquement contrainte. Les quelques instants qu'elle avait passés au sol n'avaient été qu'une pause, un instant de faiblesse où elle avait réalisé la gravité de la situation. Se laisser mourir au milieu d'une tempête n'avait été dans ses intentions, mais même si elle n'était pas prête à se l'avouer, la présence d'Elias la rassurait. Il se repérait sans aucun doute bien mieux en ces lieux qu'elle, encore nouvelle si loin du cadavre de son Odyssée, et puis ce n'était probablement les premières fureurs de l'atmosphère qu'il rencontrait. Elle, après le tremblement de terre, avait espéré naïvement mais secrètement qu'ils pourraient échapper pendant au moins quelques années à de nouvelles humeurs de cette Terre. En réalité, à cet instant précis, Murphy espérait encore qu'il ne s'agissait que de quelques vents forts qui finiraient par s'apaiser d'ici quelques heures.

Pourtant, Elias avait été plutôt clair; d'une part il fallait s'abriter, et d'autre part, tout ça, tout ce bordel n'avait rien d'habituel. Sans demander son reste, sans chercher à le contredire, elle se retrouva à le suivre, à mettre sa sécurité et celle d'Antarès entièrement entre ses mains de Terrien. Elle ne sût trop si les quelques sourires fugaces qu'elle perçut pendant la route sur le visage de l'Athna étaient supposés à la rassurer. Elle qui avait habituellement un sens de l'orientation aiguisé était complètement perdue. Elle n'avait plus aucune idée d'où ils étaient ou de la direction qu'ils prenaient. Et en même temps, se disait-elle, puisqu'il avait parlé d'une maison, ils prenaient le chemin d'un lieu qui lui était totalement inconnu. Elle ne savait trop ce qui la poussait à lui faire confiance. C'était insensé, quand on y pensait. Ils ne s'étaient croisés que deux fois mais la crainte n'avait jamais fait partie de ce qui la dominait lorsqu'elle posait les yeux sur lui. Probablement parce que leur tout premier échange avait consisté à lui qui lui sauvait la vie, elle ne pensait pas vraiment qu'il puisse avoir d'autres intentions aujourd'hui. Ce n'était sans doute pas de la bienveillance au sens noble du terme; c'était sa propre peau qu'il cherchait à sauver, mais si au passage, elle pouvait bénéficier de son expérience avec ce genre de situations, elle ne comptait pas laisser passer l'opportunité.

La vue de la maison fut accueillie avec un soulagement à peine masqué. De l'extérieur, elle avait l'air défraîchie mais de tenir encore debout. On pouvait deviner quelques morceaux de mur ou de toiture manquants ici et là, mais malgré l'âge que sa façade laissait présager, elle semblait surprenamment bien conservée. Murphy suivit Elias à l'intérieur sans perdre une seconde de plus à admirer ce qui allait sans doute leur sauver la peau.

A l'intérieur, quelques restes de meubles démantibulés, bouffés par toutes les formes de vie qui avaient dû conquérir les lieux au fil des décennies. Les planchers étaient rongés par endroit, eux aussi, et grinçaient sous le moindre de leurs pas, inspirant une prudence supplémentaire à la brune. Ils se séparèrent pour mieux investiguer les lieux et elle fut la première des deux à appeler l'autre. Antarès restait penaud dans un coin de la pièce alors qu'elle entrouvrait la porte pour guetter l'arrivée du Terrien. Même si elle se garderait bien de l'exprimer, elle s'inquiétait qu'il ne se fasse piéger dans un coin moins accueillant de la maison. Un parquet qui cédait, un reste de meuble qui s'effondrait ou un arbre qui s'abattait sur la toiture; avec le boucan de la tempête, elle n'aurait probablement bien entendu. Elle l'accueillit avec un sourire pudique et ouvrit la porte pour le laisser entrer, le regard accroché sur les morceaux de bois qu'il avait réussi à trouver. Même si les idées du chien semblaient présentement à mille lieues d'une escapade, elle referma solidement la porte derrière eux pour empêcher Antarès de prendre la fuite une fois. Elle ne revivrait pas pareil enfer une seconde fois. Elle regarda Elias poser le bois près de la cheminée. « Ah, dommage... » répondit-elle malgré tout dans l'indifférence, bien consciente que rien, de toute façon, ne pourrait les soulager de ce qui leur pesait le plus à cet instant précis : l'apocalypse dont ils se préservaient comme ils le pouvaient. Mais il faisait froid ici et Murphy réalisa seulement à ce moment-là ce qu'avait impliqué son départ précipité du camp. Elle était à peine couverte, avait laissé bonnet, écharpe et gants derrière elle, se féliciterait presque d'au moins avoir porté son manteau lorsqu'Antarès avait décidé de déserter le camp. Elle frissonna et s'agenouilla près du bois qu'Elias avait apporté, leva le nez vers la cheminée, cherchant le courage nécessaire à démarrer un feu et prendre le risque que rien ne se passe comme prévu. Elle tourna la tête et son regard se leva vers l'homme qui venait de lui adresser la parole. Il lui tendait sa propre fourrure, et elle resta quelques instants sans voix. Le souvenir de leur dernière entrevue la frappa entièrement pour la première fois depuis qu'ils étaient retombés l'un sur l'autre un peu plus tôt. Les horreurs qu'Isdès lui avait sorties depuis revinrent  à sa mémoire avec violence et son ventre se noua. Elle hésitait à accepter le geste d'Elias, et ce fait l'effara davantage encore. Même s'il était trop tard, même s'ils ne se reverraient probablement plus jamais, et même si, de toute façon, elle ne voulait plus le voir, elle ne comptait pas donner à Isdès de nouvelles armes. Elle ne voulait pas lui donner davantage de raisons de l'insulter. Ses lèvres s'entrouvrirent et se fermèrent à plusieurs reprises, et, le regard s'abaissant à nouveau sur le petit tas de bois, elle répondit enfin. « Non, merci, ça va aller... »

Dans un nouveau frisson, elle soupira et glissa sa tête au-dessus du foyer sale et sous le conduit de la cheminée. « Oui, attendre... » En attrapant une des planches qu'il avait ramenées, elle jeta un coup d'oeil bref à Elias, qui s'était posé dans un coin, non loin d'un Antarès qui s'approchait lourdement et timidement de lui, sans doute à la recherche d'un peu de réconfort après tant d'émotions. Elle leva le morceau de bois dans le conduit de la cheminée pour évaluer son état. Un nuage de crasse la fit tousser mais elle ne perdit pas une once de motivation et continuer de frapper à l'aveugle en espérant trouver une voie dégagée. « Je crois que je vais tenter quand même. Si ça fume trop, on éteint. T'as de quoi faire ? J'ai rien sur moi... » Elle haussa les épaules, dépitée, comme pour prouver qu'elle ne pourrait rien faire de plus sans son aide. « Dis, tu penses que ça va durer longtemps ? Que c'est grave ? » Du menton, elle désigna le mur extérieur de la pièce. Elle se laissa tomber sur les fesses, à côté de la cheminée, et se frotta nerveusement le visage. Tout le monde, au village, était abrité en lieu sûr. Mais, et les autres ? Et tous ceux dont elle ne pouvait pas avoir de nouvelles ? Et puis ceux qui l'avaient vue partir, qui s'inquiétaient peut-être, qui seraient capable de sortir la chercher dans la tempête alors qu'elle était en sécurité ? Le regard perdu dans le vague, elle vit Antarès poser son museau sur la cuisse d'Elias et sourit tendrement. « Merci pour Antarès... Il t'aime bien, tu sais. » Elle croisa son regard brièvement et le fuit en reportant son attention sur la cheminée. Elle ne comptait pas mentionner ce qui s'était passé lors de leur dernière entrevue. Ou tout du moins, pas avant de s'être décongelée. C'était bien la première fois que quelqu'un qu'elle détestait arrivait à guider ses actes et ses paroles. C'était bien la première fois que quelqu'un arrivait à le faire, d'ailleurs.

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Mer 7 Fév - 17:56



Isolated System


Les épreuves de la vie n'épargnent personne. Et aujourd'hui, il semble être encore plus difficile de faire face à un homme qu'on ne comprend pas. Parce que c'est aussi de ça qu'il est question, malgré tout ce qu'on pourrait bien en dire. Les choses ne sont pas faciles. Et sans doute ne le seront-elles jamais. Elias n'est pas du genre à prétendre atteindre la facilitée. Parce qu'il n'a jamais été vraiment question de ça. Pour lui, il n'a jamais eu besoin d'aller plus loin et il n'en a jamais éprouvé le besoin. L'homme n'est pas facile à cerner mais il passe son temps à se plaindre en réalité. Le pessimisme ne lui quitte guère la peau et son comportement n'est pas toujours supportable. Il le comprend, il ne cherche pas à être compris. Parce que c'est aussi de cela qu'il est compris lorsqu'il s'agit de Elias Caroll. Il n'a jamais cherché à plaire aux gens, et pour tout dire, il n'a jamais hésité à tourner le dos aux personnes qui pouvaient se moquer ou prétendre que les choses étaient si évidentes. Ce n'est pas le cas. Ca n'a jamais été le cas. Et il est préférable de ne pas chercher plus loin ou en tout cas, c'est l'idée que l'on se fait avec une facilité déconcertante. Le guerrier ne cherche pas à plaire, il ne demande qu'un peu de respect. Et si lorsqu'il était enfant, il n'en était pas adepte, préférant le jeu avec les gens, il a toujours été un peu à l'écart des autres. Il n'a jamais cherché à devenir quelqu'un d'autre, il n'a jamais cherché à se transformer pour plaire aux gens qui ne sont pas disposés à le comprendre. Et quand il a compris qu'il ne servait à rien de plaire à quelqu'un, il a fini par devenir quelqu'un d'autre, il a fini par devenir une personne bien plu agréable. Enfin.. A ses yeux. Il a cessé de chipoter aux mots des gens, il a cessé de passer pour un imbécile. Mais c'est tout un tas de choses qu'il ne peut que comprendre. Et qui ne facilitent jamais rien.

Alors oui, Elias le sait, son parcours n'attire pas foule et il ne compte pas beaucoup de personnes dans son entourage. Il n'est pas toujours supportable, il a un caractère de cochon et il est tout aussi insupportable. Il ne fait pas les choses comme il le faut. Il n'est pa supportable, il n'est pas agréable, et il ne cherche pas non plus à l'être et ça ne risque pas de changer. En réalité, il n'a pas besoin d'ami. Moïra a longtemps tenté de le lui faire comprendre. Ce n'était pas facile mais elle a fini par y parvenir, d'une certaine manière, du moins. Il sait qu'il n'a pas besoin d'amis mais en réalité, il garde un certain problème vis à vis du fait que tout ceci tenait la route parce que sa femme était là, et ce n'est plus le cas. C'est justement ce qui lui pose un réel problème, dans tout ça. En réalité, il ne sait plus vraiment où donner de la tête. Et c'est justement ce qui pose un réel problème dans tout ça. Réellement. Il est plus seul que jamais mais il ne s'en rend compte que maintenant. Les choses ne sont pas faciles mais c'est ainsi. Et il se rend aisément compte que les choses ne sont pas faciles. Un pas après l'autre. Un jour, l'homme qu'il est changera peut-être, peut-être même parviendra-t-il à s'ouvrir au monde. Mais il en est encore loin. Un coup sur la tête lui faciliterait sans doute la vie. Quelque chose de suffisamment fort pour qu'il oublie le reste.

Aujourd'hui, avec les Débarqués, il n'a pas envie de mettre en doute le parcours qu'il a pu avoir jusque là. Pour autant, il ne peut pas vraiment nier le fait que les choses ne sont pas évidentes. Au contraire. Mais il réalise qu'un nouveau monde s'est ouvert à lui, du fait qu'ils se comportent d'une manière un peu différente et qu'il n'y comprend pas toujours grand chose. Parce que c'est aussi un peu de ça qu'il est question. Il n'y a qu'à observer Murphy pour s'en rendre compte. Un bout de femme un peu étrange qui a su dompter une brute comme le rival de l'homme. Isdès n'est pas facilement abordable. Et s'il n'y comprend pas encore tout, il ne peut pas nier que les choses ne sont pas évidentes. Et que justement, certains aspects semblent être un peu compliqués. Mais même lui, il s'est un peu attaché à elle. Oh, pas de la même manière, il ne faudrait pas imaginer que cette nana a pu lui faire oublier l'amour de sa vie. Elle ne lui arrive même pas à la hauteur. Mais elle apporte une faiblesse à son rival et c'est la seule chose qui ait de l'importance à ses yeux à lui.

Dans cette maison, plus ou moins à l'abri de ses murs, Elias prend le temps de fouiller les pièces qui tiennent encore debout. Il espère que ça ira mais il n'a pas particulièrement envie de se prendre la tête parce qu'il ne voit pas à quoi ça pourrait bien servir. Les choses ne sont pas évidentes, pas évidentes du tout. Mais il fait toujours de son mieux pour que ça se passe bien. Ils vont rester en vie, il en prend conscience dans la situation actuelle parce que c'est bel et bien de ça qu'il est question ici. Rester en vie, et attendre que les choses se terminent. C'est toujours mieux ainsi, et c'est aussi toujours la seule chose qui aient de l'importance. Il faut que les choses avancent. Il le faut vraiment.

La maison est vide. « Ah, dommage... ». Si elle trouve ça dommage, il y voit bon nombre de points positifs. En réalité, il essaie de se focaliser sur les choses importantes. Déjà, si la maison est vide, c'est avant tout que la maison n'appartient à personne. Si le propriétaire avait fini par se pointer, la donne aurait été considérablement différente. Et dans le fond, c'est justement ce qui se trouve être le plus important dans tout ça. La maison n'appartient à personne. Il n'y a peut-être pas de bois à brûler, pour confectionner un feu mais il faut savoir se contenter de ce qu'on possède. Que ce soit facile ou non, les possibilités ne sont pas vraiment nombreuses. Il faut juste savoir faire avec ce qu'ils ont. " Maison qui appartient à personne. bonne chose". Il fronce les sourcils à l'idée qu'elle soit quand même déçue. Cette fille ne sait pas se contenter de ce qu'elle a. Elle est toujours en vie, n'est-ce pas suffisant ? Cela lui rappelle ce jour où il lui a sauvé la vie face à un ours et qu'elle n'a eu de cesse de l'ennuyer jusqu'à ce qu'il libère son couteau.

Il lui propose son manteau. Il n'est pas du genre à faire tourner ses affaires et il aime profiter de ses affaires pour sa propre chaleur. Pour autant, il réalise avec aisance que les choses ne sont pas forcément évidentes. Il voit très bien ce qui la bloque ou en tout cas, il le devine avec une facilité déconcertante. Isdès, bien sûr, et l'échange qu'ils ont eu la dernière fois qu'ils se sont vus. Sans doute s'imagine-t-elle que tout est parti d'elle, que tout a commencé là, pendant ce troc ou ce semblant de troc. Sauf qu'il n'a jamais été question de ça. Et c'est dommage qu'elle ne puisse le comprendre. Pour autant, il n'a absolument pas envie d'y réfléchir ou de voir la situation changer. Il ne risque pas de prétendre que les choses sont faciles parce qu'elles ne le sont pas. Et il ne se voit pas lui expliquer les choses. Ce n'est pas son but, et ça ne risque pas de changer. Ne serait-ce pas un peu trop compliqué, finalement ? De chercher à comprendre ce qui cloche, ici ? « Non, merci, ça va aller... ». Il lève les yeux au ciel, la trouve un peu ridicule. Faible, également, de se focaliser sur ce que les gens pourraient en penser plutôt que de chercher à survivre. N'est-ce pas plus important que le reste ? " Lui pas savoir. Toi pas être ridicule". Sans déconner. Il li claque le manteau sur les épaules et s'éloigne un peu, sans attendre une quelconque réponse de sa part.

« Oui, attendre... ». On ne peut pas vraiment dire qu'ils aient d'autres options. Au contraire. Là pour le coup, il faut juste qu'ils restent là et qu'ils ne s'entretuent pas. Pourtant, elle semble incapable de rester en place. Elle semble même carrément décidée à faire un feu, laissant de côté l'idée que cela puisse être une bien mauvaise idée. Mais il ne risque pas de s'en formaliser. Il ne faut pas nier qu'il fait froid et que ça ne fera pas de mal. « Je crois que je vais tenter quand même. Si ça fume trop, on éteint. T'as de quoi faire ? J'ai rien sur moi... ». Il hausse les épaules, persistant à penser sincèrement que tout ceci est une assez mauvaise idée. Mais qu'est-ce qu'il pourrait en dire ? Elle est bien trop butée pour l'écouter, de toute manière. Alors il lui tend ses silex. Qu'elle en fasse ce qu'elle veut. Tant qu'elle les lui rend, évidemment.

« Dis, tu penses que ça va durer longtemps ? Que c'est grave ? ». Et lui, il serait censé le savoir comment ? Est-ce qu'i lest spécialise en météo ? " Aucune idée, jamais arrivé avant". Il ne voit pas ce qu'il pourrait dire de plus. Puisque ce n'est jamais arrivé avant, comment pourrait-il deviner que ce n'est pas bon ou bien ? Il ne sait pas, et il en cherche pas plus loin. Face à ce genre de situation, lui, il préfère laisser les choses comme elles sont, et attendre que ça s'arrange. " Nous juste attendre. Tout bien aller". Il tente d'être réconfortant mais en réalité, il n'en a aucune idée. Et il n'a pas particulièrement envie de se prendre la tête à ce sujet. A quoi bon ?

Du bout des doigts, il caresse la tête du chien, sans vraiment y prêter attention. « Merci pour Antarès... Il t'aime bien, tu sais. ». Il la fixe un instant, avant de tourner la tête vers le chien. " Bon chien toi avoir.". Clairement oui.

Assis dans son coin, il espère juste que ça ne durera pas longtemps.


notes » w/ Murphy, en forêt, pendant le cyclone. 25/11/2117.

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Dim 11 Fév - 0:00



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


Maintenant qu'elle avait la liberté d'y penser, la tempête qui affolait les airs commençait sérieusement à l'inquiéter. Au-delà de sa propre personne et de l'existence d'Antarès. Elle se demandait si les siens étaient bien abrités, au village, espérait que personne n'avait cherché à la suivre lorsqu'elle avait pris la poudre d'escampette pour courir après son chien. Et puis elle pensait à ceux qui étaient loin, qui avaient autant de chances d'être épargnés par le cataclysme que d'en subir une violence encore plus acharnée. Elle faisait à nouveau face à de totales inconnues et quand elle avait fermé la porte de la pièce derrière Elias, Murphy avait réalisé que les prochaines heures allaient être allongées par toute l'inquiétude qui allait les bercer. Elle ne savait pas de quoi d'autre elles allaient pouvoir être faites, mais elle pouvait déjà sentir ses idées s'affoler et imaginer les pires des scénarios pour tous ceux qu'elle n'avait pas sous les yeux. Alors, pour aérer l'esprit, il fallait occuper les mains. « Oui. Je savais même pas qu'il y avait une maison ici... » souffla-t-elle par politesse, la gorge nouée rien que d'entendre les violentes bourrasques à l'extérieur. C'est Elias qui, par un miracle qui demeurait inconnu, réussit à l'extirper de toutes les questions qui l'affolaient. Il lui proposait sa fourrure, à elle dont le départ précipité avait imposé une tenue trop légère pour la saison. Mais elle ne pouvait pas accepter, pas après ce qui s'était passé. Elle aurait aimé, pourtant, mais préférait perdre ses doigts que d'avoir à subir une nouvelle fois les insultes qu'Isdès lui avait réservées lorsqu'elle lui avait expliqué ce qui la liait à Elias. Il lui avait sauvé la vie une fois et elle ne comptait pas donner à celui qui avait été son amant d'autres armes pour la battre, si d'aventures ils étaient amenés à se revoir un jour -ce qu'elle espérait n'arriverait jamais. C'était probablement la première fois qu'elle se laissait dicter sa conduite de la sorte, encore plus par quelqu'un d'absent, mais elle s'efforçait d'étouffer la voix qui lui susurrait cette vérité en prétextant vouloir se protéger d'insultes qu'elle ne méritait pas.

Mais le sang lui monta aux joues lorsqu'elle réalisa qu'Elias avait compris sans l'ombre d'un doute ce qui la retenait d'accepter sa proposition. Elle n'avait pas évalué ça possible, parce qu'elle ne s'était pas posé la question. Il s'agaçait face à elle et la gène ne cessait de croître, faisant subitement chauffer son visage. Elle avait l'impression de s'être fait surprendre en flagrant délit de bêtise; de la bêtise la plus ultime, celle d'accepter de se conformer aux désirs d'autrui. Pendant les quelques secondes qui lui avaient suffi à refuser la fourrure, Murphy n'avait pas été Murphy, et Elias avait tout perçu avec une précision qui l’embarrassait comme elle n'arrivait que rarement à l'être. Avant qu'elle n'ait eu le temps de trouver quelque chose de cohérent à répliquer pour se défendre, l'Athna lui avait violemment plaqué la fourrure sur les épaules et elle restait coite, immobile, bouche bée, toujours déterminée à trouver de quoi justifier son refus et donner tort à ce qu'Elias avait démasqué. Mais c'était peine perdue. « Je suis pas une menteuse » répliqua-t-elle finalement pour se donner l'illusion d'un honneur conservé malgré l'inquiétude qu'il avait mise au grand jour. Elle n'arrivait même pas à prétendre ne pas voir de qui il parlait; elle savait qu'il savait parfaitement qu'elle comprenait son allusion. A ce stade, il était inutile de tourner autour du pot ou de s'inventer une naïveté qui n'existait plus depuis des mois. « Mais de toute façon, je le reverrai plus. Tu pourras même lui dire, si tu veux », lâcha-t-elle finalement dans un souffle qui fit s'élever quelques volutes de vapeur d'eau dans l'air froid. Elle avait haussé les épaules à peine perceptiblement, sous l'épaisse fourrure qu'il lui avait donnée et qu'elle réajustait sur ses épaules. Il était bon de se lover dans un source de chaleur pareille, celle d'Elias déjà imprégnée à l'intérieur du manteau alors que l'épaisseur de la fourrure la protégeait subitement des températures glaçantes des lieux.

Pour oublier la gène qui avait pris possession de tout son être pendant quelques instants, elle se concentra à nouveau sur la vieille cheminée et ce qu'elle pouvait potentiellement offrir. Une source de chaleur pour eux deux, elle l'espérait. Il avait trouvé du bois et ils n'avaient encore aucune idée de la durée pendant laquelle ils seraient condamnés à rester enfermés ici. S'ils étaient amenés à passer la nuit ici, les températures chuteraient encore et Elias ne pourrait probablement plus se passer de sa fourrure. S'ils comptaient être prévoyants, il leur fallait trouver un moyen durable de se réchauffer -ou du moins, de ne pas se refroidir plus qu'ils ne l'étaient déjà. Mais comme pour les épaisseurs qui lui manquaient, Murphy n'avait pas pris son sac et les minéraux avec lesquels elle était habituée à faire ses feux. Sans dire un mot, Elias répondit à sa requête et lui tendit ses propres outils, qu'elle posa d'abord à côté d'elle, le temps de réarranger le bois qu'il avait ramené.

Le travail était presque instinctif; elle cassait le bois pour en faire des morceaux de longueurs à peu près égales, et triait l'épais du plus fin. Elle disposa le matériel dans un ordre auquel elle s'était habitué à force de pratique. D'abord le petit bois, ensuite les plus gros tronçons. Mais ses pensées allaient encore là où elles n'était ni invitées, ni les bienvenue. La question passa la frontière de ses lèvres sans même qu'elle ne s'en rende compte, trop inquiétée à la fois par le vent qu'ils entendaient souffler violemment dans le silence et par tout ce qu'elle imaginait pour les autres. La réponse d'Elias l'immobilisa un instant, agenouillée face à la cheminée, les deux pierres entre les doigts, alors qu'elle s'apprêtait à les frotter l'une contre l'autre. Elle jeta un coup d'oeil anxieux au Terrien, consciente de tout ce que sa réponse impliquait. Pourtant, lui ne semblait pas inquiet, et ce qu'il ajouta prit alors tout son sens. Il ne s'inquiétait vraiment pas. Il comptait attendre que ça passe et s'il y en avait, constater les dégâts une fois qu'ils y pourraient quelque chose. En avalant sa salive avec difficulté, elle reporta son attention sur les deux morceaux de pierre auxquels elle était agrippée et se décida enfin à les frotter l'un contre l'autre. « C'est normal que ça t'inquiète pas plus que ça ? » demanda-t-elle nerveusement en se penchant près du tas de bois qu'elle avait installé dans la cheminée pour qu'une des éventuelles étincelles auxquelles elle pourrait donner vie trouve tout de suite de quoi la nourrir. « En dehors d'ici, il y a personne dont la sécurité t'inquiète, alors ? » Elle réalisa que ses mains tremblotaient dans leurs gestes mais ignorait les signaux d'inquiétude pour se focaliser sur ce qu'elle pouvait maîtriser, à commencer par ce feu qu'elle était déterminée à faire prendre vie. Une étincelle trouva enfin et finalement refuge dans le petit bois et elle se pencha pour souffler dessus. Quelques instants plus tard, de faibles flammes commençaient à s'élever dans le foyer de la cheminée. « Je sais... » répondit-elle avec un petit sourire en jetant un coup d'oeil à un Elias qu'elle n'aurait jamais deviné du genre à caresser un chien. Antarès regardait l'homme comme s'il l'avait toujours connu, avec un mélange de confiance et de confort qu'elle ne lui connaissait qu'auprès de quelques privilégiés. « Mais c'est lui qui m'a fait quitter notre village. Il a pris la fuite et je lui ai couru après. » Son ventre se noua un peu plus et elle se raidit en pensant aux siens, agglutinés dans les quelques bâtiments jugés assez solides pour les protéger. Et s'ils ne l'étaient pas, solides ? Et si l'un d'eux s'effondrait, et si elle perdait tout le monde ? Et si dans quelques heures, dans quelques jours peut-être, elle ne rentrait que pour retrouver les restes figés d'une hécatombe à laquelle elle aurait échappé malgré elle ? « Qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-elle par curiosité mais aussi pour combler le silence anxiogène. « T'es lassé de tes montagnes ? » Elle se releva maladroitement pour le rejoindre dans le coin de la pièce où il était installé avec Antarès et lui tendre les deux morceaux de pierre qui lui avaient servi à allumer le feu. Derrière elle, les flammes s'élevaient doucement, commençaient à irradier la pièce d'une tiédeur plus que bienvenue. Elles étaient aspirées vers le haut ce qui, en un coup d'oeil, rassura la brune. « Je crois que la cheminée est à peu près dégagée. On devrait pouvoir garder le feu. » Elle se rapprocha de ses deux compagnons d'infortune et s'accroupit pour flatter l'encolure d'Antarès, qui profitait sans aucun remord de toute l'affection qu'on lui portait. « Tu devrais te rapprocher du feu. C'est à ça qu'il sert », suggéra-t-elle à Elias avant de se redresser et de suivre ses propres conseils, se laissant tomber à un mètre de la cheminée, les yeux perdus dans les flammes. « Qu'est-ce que tu penses qui va se passer, maintenant ? Combien de morts on va déplorer ? » Et dans les montagnes ? Les flammes étaient devenues hypnotiques et la chaleur commençait à l'assommer. Dans vos montagnes, il y a le même vent ?

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Dim 22 Avr - 19:55


25 novembre 2117


Bien qu’il sache que le peuple du ciel soit en plein développement de leurs conditions de vie et en pleine expansion, Elias sait parfaitement qu’ils ne savent pas encore tout. Là, au vu de la météo et de la catastrophe qu’elle représente, l’Athna n’a guère le temps à la réflexion et il vise le plus pratique. Sans doute aurait-il davantage réfléchi s’il l’avait pu, sans doute aurait-il aussi choisi de s’installer dans une grotte s’il en avait eu la possibilité. Plus solide peut-être. Mais il n’a jamais vraiment eu à faire face à une telle météo alors forcément, tout lui semble bien trop compliqué. « Oui. Je savais même pas qu'il y avait une maison ici... ». Il hausse les épaules. C’est bien ce qu’il disait. Ils ne savent pas encore tout et pourtant, certains se permettent de prétendre que c’est le cas. Situation qu’il ne tolère pas et qu’il ne comprend qu’à demi-mot. Il n’a pas envie de chercher bien loin et de toute manière, il ne voit pas non plus à quoi ça pourrait bien servir. Le fait qu’elle l’avoue lui prouve, en tout cas, qu’il a raison. Et il ne voit pas pour quelle raison il chercherait plus loin. De toute manière, il n’a pas la moindre raison de le faire. Les choses sont juste comme elles sont et il est donc préférable de s’arrêter là. Dans un sens, du moins. De toute manière, il n’est pas non plus du genre à épiloguer. Et il va encore moins prétendre qu’il sait déjà qu’elle ne sait pas tout. Il espère qu’elle le sait déjà. Elle ne sait pas tout, et elle ne sait que bien peu de chose sur cette planète. S’il lui arrive de faire la maligne, tant qu’elle n’abuse pas en sa compagnie, ce sera suffisant. De toute manière, elle est déjà assez excentrique à sa manière, et c’est une chose qu’il n’apprécie pas toujours. Pour autant, il est disposé à faire avec. Et il n’a pas besoin de chercher plus loin. A quoi est-ce que ça pourrait bien servir, de toute manière ? ” Vous pas pouvoir tout savoir.”. Et il ne la vouvoie pas, évidemment. Disons qu’il a encore du mal à tolérer que ce peuple se permette de s’approprier une planète qui n’a jamais été la leur. C’est un aspect qui ne lui a jamais plu. Mais… Dans le fond, il n’a jamais vraiment apprécié le peuple du ciel. Il les voit comme des squatteurs d’espace. Et il ne le supporte qu’à demi-mot. Principalement parce que c’est ce que sa tribu lui a demandé. L’Athna respecte les décisions des siens, qu’il puisse le supporter ou non.

Avec cette fourrure qu’elle refuse, il ne se fait pas d’idée et fait directement le lien avec son rival. Il n’ira pas en faire tout un foin, il ne sait pas exactement ce qui se trame mais il n’est pas stupide au point de prétendre qu’il n’y a rien. Si c’est ce qu’ils continuent d’imaginer, ça ne change pas grand chose. Il suppose qu’ils ne veulent toujours pas en parler, puisque visiblement, ils gardent le silence. Avec la tempête dehors et le fait qu’il l’ait sauvée, il s’imagine être suffisamment digne de confiance. Elle ne semble même pas le prendre en considération mais soit. Il ne voit pas ce qu’il pourrait dire de plus. Il soupire, s’agace et la trouve pathétique. Tout ceci ne peut pas durer trop longtemps. Du coup, forcément, il n’apprécie pas la situation. Il n’apprécie pas de voir une situation se dérouler différemment. Et pour le coup, c’est bel et bien de ça qu’il est question, c’est bel et bien ce qui lui tombe sur le coin de la tête. Et ça l’énerve. Il serre les poings et finit par lui mettre le manteau sur les épaules, malgré tout. Qu’elle le veuille ou non, elle doit se couvrir. Elle semble gelée et pourtant, elle persiste à s’imaginer que ce serait mal. Et pourquoi, exactement ? Puisqu’il n’y a qu’eux, dans ce contexte, pourquoi est-ce que ça devrait vraiment poser problème ? Et la voir avec ses joues rouges, ça le fait lever les yeux au ciel. Le pathétisme du sentimentaliste. Cela le ferait presque vomir. Mais il comprend et c’est sans doute cette douleur au coin du coeur qui l’empêche d’être touché. Ce mal qui fait qu’il a connu cela mais qu’il a été contraint de perdre cette émotion. Il n’a rien pu faire, si c n’est serrer les dents et la voir le quitter. Qu’aurait-il bien pu faire pour que ça se passe mieux, hein ? Rien sans doute. Et puisque Moïra n’est plus là, ça n’a plus d’importance. Alors oui, il lui fout sa veste sur les épaules et s’éloigne. Il n’a pas envie de la voir refuser encore trois heures. « Je suis pas une menteuse ». Il la fixe le temps d’une seconde, peut-être deux. Elle est sérieuse à prétendre ne pas mentir ? Il s’énerve face à son comportement et il n’est déjà pas de très bonne humeur à cause du temps. Il ne l’est jamais vraiment, finalement. « Mais de toute façon, je le reverrai plus. Tu pourras même lui dire, si tu veux ». Comme s’il allait le voir et lui dire une connerie pareille. Cela ne le concerne pas. ” Qu’est-ce que ça peut me foutre ?”. Le ton est cinglant. C’est dommage, pour une fois qu’il fait une phrase dans un anglais à proximativement correct, il faut qu’il la grogne.

Oui, il compte bien attendre que ça passe et il n’a pas grand chose à faire de plus. S’inquiéter serait ridicule et en réalité, il ne voit pas pour qui il pourrait bien s’inquiéter. La réalité, c’est qu’il n’a plus personne. Et s’il venait à mourir lui-même, ça ne changerait rien. Il ne pourrait rien y faire et il ne pourrait pas vraiment chercher plus loin. Est-ce qu’il est supposé se montrer triste à l’idée de n’avoir personne sur qui compter ? Toute personne qui le connaisse vraiment ne le sait que trop bien, il est réellement triste. Et c’est à cause de ça que le reste du monde ne semble plus vraiment compter. Il est disposé à faire tout ce qu’il peut, et pourtant, il comprend que ce soit une histoire un peu compliquée. Bien trop compliquée, d’ailleurs. « C'est normal que ça t'inquiète pas plus que ça ? ». Une nouvelle fois, il se retrouve à la dévisager, interdit. Il n’est même pas dans ses habitudes de s’inquiéter. Même quand sa famille était encore là, il savait qu’ils avaient de bonnes capacités de survie. Et en cas de danger naturel, Moïra a toujours été capable de se débrouiller. Et heureusement. « En dehors d'ici, il y a personne dont la sécurité t'inquiète, alors ? ». En dehors d’ici ? La réalité est bien plus blessante, sans doute. Bien plus étrange, également. ” Même ici.”. Elias est un homme qui attend la mort, bien qu’il s’agisse d’une réalité qui ne soit pas facile à comprendre. Il attend de mourir, oui, il attend de perdre la vie pour retrouver sa famille, qui l’attend, quelque part. Mais il comprend que ça puisse déplaire. Mais il ne risque pas de s’étaler sur le sujet dans une langue qu’il ne maîtrise qu’à demi-mot. Et elle, qu’est-ce qu’elle pourrait y comprendre ? Il ne pouvait sciemment pas la laisser mourir mais si ça venait à arriver, cela ne l’empêcherait pas davantage de dormir.

Le sujet glisse ailleurs, s’intéresse au chien. Il est vrai qu’il paraît être une bonne pâte. Sans doute le voit-il parce qu’il l’apprécie. Il n’aime pas tous les animaux mais lui, pour le coup, il lui a donné un bon coup de main. Un coup de main qu’il ne peut guère nié. color=mediumseagreen]« Je sais... »[/color]. Il serait difficile de ne pas le savoir, finalement. « Mais c'est lui qui m'a fait quitter notre village. Il a pris la fuite et je lui ai couru après. ». Et il aurait été dommage de le laisser s’échapper seul. Elle ne l’aurait sans doute jamais revu. Tout comme s’il n’était pas tombé sur lui, finalement. Parce que c’est un peu ça qui a changé la donne, finalement. Mais c’est une affaire un peu différente, si on peut le dire comme ça. Il aurait juste été préférable qu’il choisisse un autre jour pour s’échapper. Mais il a peut-être senti le changement. [color=#99E598]” Lui voir le temps changer.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? ». La question le surprend, alors qu’il est assis contre un mur, dans un coin, tranquillement. Il n’imaginait pas un seul instant qu’elle pourrait lui demander ça. Disons qu’il s’échappe souvent de sa montagne, comme un besoin de changer d’air, de temps à autre, pour se ressourcer, plus ou moins. « T'es lassé de tes montagnes ? ». Il hausse les épaules. Est-ce qu’il s’en lasse vraiment ? Il se le demande, oui, mais ce n’est pas suffisant, bien qu’ils n’y comprennent pas forcément grand chose, si on peut le dire comme ça, bien sûr. C’est une affaire sur laquelle il ne parvient pas à s’attarder, à quoi est-ce que ça pourrait bien servir, finalement, hein ? Elle le rejoint dans son coin alors qu’elle lui rend son matériel pour faire un feu. ” Non. Besoin sortir de montagne, parfois.”. Il n’est pas bon de toujours rester au même endroit.

« Je crois que la cheminée est à peu près dégagée. On devrait pouvoir garder le feu. ». Jetant un rapide coup d’oeil derrière elle, oui, elle semble avoir raison. « Tu devrais te rapprocher du feu. C'est à ça qu'il sert ». Il soupire et obéit. Non qu’il en ait envie, disons plutôt qu’il n’a pas particulièrement envie d’épilogue 150 ans. Il finit même par s’installer non loin d’elle. Sans sa fourrure, les flammes lui sont nécessaires, après tout.

« Qu'est-ce que tu penses qui va se passer, maintenant ? Combien de morts on va déplorer ? ». La tempête va continuer à faire rage mais elle finira par s’arrêter. Mais pour ce qu’il en est des morts… Il est difficile de faire le point dans la situation immédiate. On n’y comprend pas grand chose. ” Moi pas savoir. Nous attendre que ça se termine. Rien possible.”. Ce n’est sans doute même pas ce qu’elle veut entendre.
AVENGEDINCHAINS

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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33855 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Mar 24 Avr - 3:03



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


En quelques minutes, Elias et elle étaient devenus un système isolés. Dans cette maison perdue au milieu de la tempête, ils ne pouvaient compter que l'un sur l'autre. Une pièce était sécurisée ; tant mieux, ils venaient de trouver ce qui ferait leur abri le temps que le monde s'apaise. Le reste importait peu.

Le reste, c'était la cheminée qui était apparue comme un second miracle. Le reste, c'était les frissons qui parcouraient l'échine de Murphy, la poussaient à tester la praticabilité du vieil âtre. Le reste, c'était aussi se rendre compte qu'il ne demeurait que le temps à tuer, le temps que la vie reprenne ses droits à l'extérieur et qu'ils y retrouvent leur place. Une fois les angoisses les plus instinctives apaisées s'imposait la réalité la plus crue. Ils ne s'étaient pas revus depuis ce fameux mois de juillet. C'était plus facile d'accepter ce qui s'était passé ce jour-là sans en croiser les instigateurs. Avec Isdès, les choses avaient été réglées -un peu trop vite et un peu trop facilement à son goût, mais elle avait fini par obtenir de la clarté pour compléter le traitement de silence qu'il lui infligé pendant des mois. Avec Elias, c'était différent. Elle n'avait jamais rien eu à lui reprocher. Faire de lui un ami paraissait aberrant et pourtant, même si elle ne l'aurait pas désigné en ces termes, Murphy considérait l'Athna avec plus de bienveillance et de respect qu'elle ne lui admettrait jamais. « Personne ne peut tout savoir » lâcha-t-elle sur la défensive, plus que consciente maintenant de la façon dont les siens pouvaient être perçu par les natifs. Même eux ne pouvaient pas tout savoir de leur monde, et ils en savaient encore moins du monde céleste. Là où les connaissances de l'un s'envolaient, celles de l'autre s'effondraient. Personne n'était fait pour tout savoir. La vie était une perpétuelle quête de la connaissance guidée par la curiosité de l'autre. « Un jour, on connaîtra un peu mieux ce monde. » Comme si elle revenait sur sa réplique, Murphy admettait à demi-mots qu'ils étaient encore des novices ici. Si elle avait la force de l'avouer, elle concéderait même qu'elle ne ferait jamais de ce monde le sien, jamais totalement. A force d'années et de persévérance, ils se rapprocheraient du foyer qu'ils souhaitaient en faire, dans leur coin, mais jamais ils ne retrouveraient le sentiment de sécurité auquel l'Odyssée les avait habitués, là-haut. Ils avaient grandi pour un autre monde. Ici, ils devraient toujours s'adapter. Et ça faisait mal de s'en rendre compte. Pendant une seconde, son regard s'était perdu sur les morceaux de bois qu'Elias avait rapportés. Assomée par la tempête qu'ils pouvaient entendre souffler férocement, Murphy réalisait avec violence que son monde à elle ne lui aurait jamais causé de pareilles inquiétudes. Pas tant qu'il aurait réussi à subsister, tout du moins. Ils n'étaient pas descendus ici pour rien, elle le savait. Mais ses étoiles et la sécurité de leur capsule lui manquaient... Déjà, elle redoutait les pertes. Elle pensait à ceux qu'elle avait laissés derrière elle, au village, aux plus jeunes et à leurs abris fébriles, mais aussi à ceux dont cette Terre avait toujours été le foyer. Comment se débrouillaient-ils, dans les montagnes ? Comment affrontaient-ils des vents pareils ? S'inquiétaient-ils, eux, pendant une seule seconde, de savoir comment de nouveaux venus pouvaient gérer le déchaînement du ciel ?

Mais le ciel pouvait se faire oublier, au moins quelques minutes. De nouvelles considérations entraient en jeu et l'été se rappelait à eux de la plus inattendue des façons. Murphy buta un instant -un instant de trop sur la proposition d'Elias. Elle ne mentirait pas à Isdès s'il recroisait son chemin. Et puis, de toute façon, son chemin, elle ne comptait plus le croiser. Il s'était fort bien fait comprendre, et elle n'accordait jamais de son temps là où elle n'était pas désirée. Sur la défensive, c'est ce qu'elle tenta de faire comprendre à Elias, le ton froid, mais la réplique de celui-ci fut des plus cinglantes et la laissa sans voix quelques instants. L'échange semblait sorti de nulle part. « C'est vrai. Qu'est-ce que ça peut te foutre » siffla-t-elle entre ses dents avant de revenir à son feu. Elle préférait laisser couler ce sujet particulier plutôt que de s'y attarder. Il était celui des deux qui avait mentionné celui qui n'était pas là. Elle ne comptait pas entretenir sa présence ici. Il n'avait plus rien à faire dans son esprit et encore moins dans ses conversations avec Elias.

Les éléments continuaient de se déchaîner en dehors de leur abri, et c'était dans le silence qu'ils s'en rendaient le plus compte. Le calme apparent de l'homme aurait pu l'inquiéter, mais elle préférait en conclure qu'il n'y avait pas de quoi s'alarmer. Après tout, il l'avait bien fait comprendre, c'était lui qui connaissait ce monde-là. Elle soufflait sur les prémices du feu pour essayer, plus que de le faire survivre, d'en faire un feu digne de ce nom. Sa question resta en suspend quelques uns mais la réponse lui glaça subitement le sang. Elle se redressa d'au-dessus de l'âtre pour lui jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule. « Tu pourrais au moins t'inquiéter pour moi. » Ne vous y trompez pas, sa réponse n'avait rien à voir avec une quelconque maladresse. Elle usait de la technique à laquelle elle avait toujours excellé : éloigner le chagrin, quel qu'il soit, en tentant d'arracher quelques sourires. Ça marchait quelques secondes, parfois un peu plus, mais elle se refusait à dramatiser les drames, à s'attarder sur le plus douloureux. Certains appelaient ça le déni; elle appelait ça la survie. « Regarde Antarès. Tu l'as vexé, lui aussi... » La malice se reflétait dans son regard en même temps que les premières lueurs chaudes du feu qui laissait enfin entrapercevoir ses premières flammes. Et Antarès, elle avait quelques reproches à lui faire. Elle ne l'avait jamais connu aussi inconscient. Se rendait-il compte de la situation ? Il n'était pas stupide, même souvent plus sensé qu'elle. Mais c'était de sa faute si elle n'était pas auprès des siens, si elle s'inquiétait pour tous ceux qui étaient restés au village. Des visions d'horreur se glissaient subrepticement dans son esprit ; elle imaginait le village transformé en cimetière, complètement détruit, et tous ceux qu'elle aimait morts. Elle s'imaginait seule survivante parmi eux, endeuillée de chacun de ses amis, regrettant de ne pas être partie avec eux. Ses mains gelées s'étaient figées devant le feu alors que, paralysée par ces idées noires, elle tentait de les laisser là où elles appartenaient, dans le coin des idées folles. « Alors pourquoi il est parti loin des abris ? » Elle soupira avant qu'une autre idée ne lui traverse la tête. Et Elias, pourquoi était-il aussi loin d'un quelconque abri ? Et s'il ne l'avait pas croisée, où serait-il maintenant ? Elle trouva son regard une seconde et le détourna, réalisant que tous les mots lui manqueraient toujours. Qu'on puisse ne plus vouloir vivre au point d'attendre la mort en pleine forêt l'affolait.

Il avait quitté ses montagnes, et en réalité, Murphy n'était plus si sûre d'avoir saisi l'être d'Elias. On ne pouvait nier le mystère qui l'encadrait, mais deux mots avaient suffi à la hanter. Même ici. Elle déposa à côté de lui le matériel qu'il lui avait prêté et offrit un peu de tendresse à un Antarès encore tout retourné de ses aventures. Non, en réalité, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle était la seule à blâmer de cet écart, et pensa aussitôt à Richard qui ne manquerait pas de le lui faire remarquer... s'ils se revoyaient. « T'espérais tomber sur moi, avoue », sourit-elle avant de lui conseiller de se rapprocher du feu et de se redresser pour suivre son propre conseil. Bientôt installés côte à côte, près du feu, le silence se fit à nouveau raisonnant. Antarès se rapprocha tranquillement d'eux pour s'allonger aux pieds de Murphy. Le regard perdu dans les flammes, Murphy ajusta le manteau d'Elias sur ses épaules. Attendre était la pire des choses. Chaque coup de vent pouvait lui coûter un être cher. Et elle les écoutait, se surprenait à les compter, à frissonner à chacun d'entre eux. Elle se demandait si les structures du village tenaient. Elle se demandait si Richard, Tennessee, Nadja ou Devos pensait à elle, s'ils paniquaient, s'ils se demandaient où elle était, s'ils... s'ils la cherchaient. Elle se demandait s'ils avaient quitté le village par sa faute, si elle serait la responsable de leur mort. Elle n'y survivrait pas. Elle fatiguait. Elle fatiguait de tout, de chaque attaque du monde, de chaque attaque de la Terre, de chaque menace et de chaque perte. La réponse d'Elias raisonnait dans les éclats et échos de vents. Ils ne pouvaient rien faire et c'était le pire. Elle fit remonter ses genoux contre sa poitrine et posa son menton dessus, perdue dans ses pensées. « Tu regrettes pas de pas être auprès des tiens, en ce moment ? Je me supporterais plus s'il arrivait quelque chose aux miens. »

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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Jeu 28 Juin - 22:09


isolated system

25 Novembre 2117 ;; La dernière fois qu’ils se sont vu, les choses ont évolué dans une direction qui était bancale. Et il ne s’y est pas attendu un seul instant. En réalité, en allant la trouver, pas un seul instant il ne s’est dit que la situation pourrait être catastrophique. Mais il n’est pas uniquement question de ça, justement, et c’est ce qui se trouve être dommage. Un soupir s’échappe de ses lèvres, sans qu’il ne puisse y faire grand chose. Le souvenir de ce moment est honteux et il est chanceux de se dire que son chef n’a pas voulu en parler ou même aborder le sujet avec lui. Faire attention, ne pas recommencer et maintenir la paix. A ses yeux, c’était bien plus important que le reste et il ne le comprend que trop bien. Mais ça ne veut pas dire que c’est plus facile à tolérer ou même à gérer. Sur certains aspects, certains pourraient dire qu’il a abusé. Lui-même n’appréciait pas qu’un homme approche de Moïra, et ça pouvait le rendre fou, par instant. Mais le comportement d’Isdès n’était pas excusable non plus. il n’avait pas eu le moindre geste déplacé, il s’était montré poli et courtois et pour quelqu’un comme Elias, c’était déjà beaucoup. Moqueur oui, sans doute, mais avec Murphy c’était ainsi entre eux. Il n’y avait rien eu et pourtant, les choses avaient considérablement dégénéré. Il n’avait pas compris. Il n’avait même pas cherché à comprendre. Une guerre avait failli exploser et le traité serait parti en fumée, il le sait. Ces deux hommes lâchés au milieu du peuple du ciel et tout aurait dégénéré. S’il ne s’était rien passé, le prochain événement serait probablement un peu plus cadré. Ou du moins, il se permet de le croire, mais qu’en sait-il.

Le contexte actuel, on ne pourra pas le lui reprocher. Il imagine que Murphy aura été en mesure de survivre au coeur de la forêt, elle est bien trop solide pour que la tempête soit en mesure de s’en prendre à elle. Mais c’est une autre histoire et il ne préfère même pas y réfléchir. Tout ce qu’il sait, c’est qu’en venant, il a été en mesure de sauver son chien et la fille. Que Isdès vienne lui reprocher une chose pareille, qu’il n’hésite pas. Et la prochaine fois, il la laissera en forêt même si le volcan athna venait à entrer en éruption. Pas de soucis.

« Personne ne peut tout savoir ». En effet, sur ce point, ils se retrouvent. Elias sait parfaitement que les gens ne peuvent pas tout savoir, et il n’a jamais demandé à ce que ce soit le cas. Pour autant, il se permet de croire qu’il en sait davantage qu’elle, sur le monde qui les entoure. Ce n’est pas dans sa boîte métallique qu’elle a appris à vivre sur Terre. Quelques livres ne permettent pas d’avancer et de découvrir ce monde, et il n’a jamais été question de ça. Ce n’est pas près de changer. Impossible. C’est évident une situation sur laquelle ils finiront par évoluer, et Elias sait qu’un jour, ils en sauront autant qu’eux. Mais il y aura encore bon nombre d’années. Et le travail entre les tribus devra être grand, afin d’intégrer le peuple du ciel. Une chose pour laquelle il reste encore grandement dubitatif. ”Vous besoin temps, beaucoup de temps.”. Et il ne risque pas d’en démordre parce qu’il est hors de question de lui laisser ce point là. Elle ne sait rien encore de ce monde. La preuve en est qu’elle ait pu courir après un animal dans une tempête comme celle-ci. Une catastrophe. Et c’est bien la preuve qu’elle est ridicule. Oh il ne met pas en doute l’adorabilité de l’animal. Mais plutôt la capacité de sa maîtresse à comprendre que l’animal n’est pas stupide. La maîtresse, elle par contre, elle prend des risques pathétiques. « Un jour, on connaîtra un peu mieux ce monde. ». Il hausse les épaules. Elle-même utilise le terme nécessaire et adéquate à la situation. Oui, ils finiront par connaître ce monde un peu mieux. Un PEU. Et ce n’est pas avec ça qu’on survit seul. Ici, à l’heure actuelle, il n’a pas l’impression qu’elle tiendrait bien longtemps seule. Elle finirait par commettre une erreur qui pourrait lui coûter la vie.

Lorsque le sujet glisse sur Isdès, il s’emporte légèrement. Il sent la colère se glisser peu à peu au creux de ses veines et il sait aussi que c’est une chose qu’il ne peut pas vraiment laisser couler. Il n’y peut rien, il fait des erreurs parfois, et pour l’heure, il en fait une bien belle. Il s’intéresse un peu trop à une histoire à laquelle il ne porte même pas de réel intérêt. Mais il déteste qu’on lui mente ou qu’on n’admette pas les choses. Et son rivan n’aurait jamais réagi comme il l’a fait si les choses avaient été différente. Il aimerait que les deux l’admettent et qu’ils arrêtent de mentir aussi bêtement. S’ils trouvent ça amusant, tant mieux pour eux, il a passé l’âge de ces enfantillages. Ils ne veulent rien admettre, tant mieux pour eux. Alors son ton cinglant glisse et s’envole. Il n’y peut rien, il ne risque pas d’agir différemment. Et encore, il reste calme, dans la situation immédiate. S’il venait à pleinement perdre le contrôle, ce n’est pas la tempête qui devrait faire peur à Murphy. « C'est vrai. Qu'est-ce que ça peut te foutre ». Il soupire, marmonne quelques insultes dans sa langue et choisit de ne pas insister. A quoi bon de toute façon, s’ils estiment pouvoir cacher un sujet aussi stupide, tant mieux pour eux. Mais de son point de vu de veuf, ce n’est pas un sentiment qu’il faut dissimuler sous la stupidité des fiertés. Alors sans doute est-ce la raison qui l’agace outre mesure. Ils sont là l’un pour l’autres et ils ne semblent pas vouloir le montrer. Lui, il ne peut plus aimer celle qui a toujours compté pour lui. Il ne peut plus la serrer dans ses bras. Cette pensée lui fait serrer les poings et la mâchoire. Il doit se calmer. Sincèrement.

La question est étrange, sa réponse est tranchante. Personne ne l’attend tout comme il ne retrouvera personne quand il va rentrer. C’est le lot de son existence depuis plusieurs années. S’il a du mal à l’accepter, encore aujourd’hui, son existence est ainsi et il ne peut rien faire pour que ça s’arrange. Il n’a pas non plus envie que ça s’arrange. Il ne s’imagine pas se lier à quelqu’un d’autre, même si sa femme l’aurait sans doute voulu. Elle sait que l’amour a un effet assez positif sur son existence et que ça lui réussit assez bien. Il est juste difficile de l’admettre et… Il ne veut pas être heureux à nouveau. Il ne cherche absolument pas à l’être. Il n’attend que la mort pour les retrouver, toutes les deux. Mais bien sûr, c’est un sujet qu’elle ne serait pas en mesure de comprendre et il ne veut pas lui en parler. Ici n’est pas le moment pour lancer un quelconque débat à ce sujet. « Tu pourrais au moins t'inquiéter pour moi. ». Son rival doit suffisamment le faire pour lui. Il ne s’inquiète pas pour ses proches. De son point de vu, s’ils viennent à perdre la vie à cause d’une catastrophe naturelle, c’est qu’ils n’étaient pas prêts. Mais c’est aussi une chose qu’il doit taire. Parce qu’il ne veut pas se montrer faible face à elle. Pour tout dire, il déteste se montrer faible face à n’importe qui, alors, forcément, ce n’est pas face à cette fille que son comportement va changer. ce n’est même pas envisageable. Ce n’était pas sa petite blague qui allait lui arracher un sourire en tout cas. Tout simplement parce que l’homme ne rit pas, en général, et ce n’est pas tout de suite que ça va changer. Encore moins avec un tel sujet. « Regarde Antarès. Tu l'as vexé, lui aussi... ». Comme s’il ne se moquait pas de vexer un chien. Ce n’était pas ça qui allait l’impressionner. Impossible. ” ça passera. “. Est-il nécessaire de chercher plus loin ? Il en doute très sérieusement, mais que pourrait-il ajouter à ça hein ? Rien sans doute.

« Alors pourquoi il est parti loin des abris ? ». Il ne peut pas vraiment mettre en doute la solidité de leurs abris, il ne les a jamais vu et pour tout dire, ça ne l’intéresse pas vraiment. Mais il ne cache pas pour autant que cette histoire le surprend et en même temps, c’est le chien de Murphy. Il a eu peur, a paniqué et s’est enfoui lorsqu’il a compris que les choses allaient mal se passer. Il ne s’est pas senti à l’abri, là où il était et ce n’est sans doute pas ce que la jeune femme veut entendre. ” Lui peur, lui stupide quand peur, peut être. Ou abri besoin être plus résistant”. Il n’en sait rien. Mais c’est à elle de se poser les bonnes questions. Mais bon, s’il parle comme ça, il va finir par l’inquiéter encore plus pour ses collègues.

« T'espérais tomber sur moi, avoue ». Il préfère garder le silence plutôt que de prendre un quelconque risque face à une remarque de ce genre. Il n’espérait pas tomber sur elle. En réalité, lorsque la météo s’est fait aussi changeante, il cherchait un abri et il est tombé sur le chien, avant. ” Non, moi tomber sur chien avant. Et moi savoir que si chien mort, toi chagrin”. Ce besoin de sentimentalité face à un animal, c’est une chose qui lui échappe. Pour autant, il ne risque pas de s’offusquer d’une telle bêtise, elle peut-être. Mais ce n’est pas l’intention. La blesser, c’est sans doute un peu stupide. Mais il n’y peut pas grand chose, n’est-ce pas ?

« Tu regrettes pas de pas être auprès des tiens, en ce moment ? Je me supporterais plus s'il arrivait quelque chose aux miens. ». Elle ne le fait sans doute pas exprès, d’aborder une nouvelle fois le sujet. Et c’est une complication évidente, un problème pour lui. Il soupire à nouveau, comme si ça devenait une manie chez lui. Mais elle ne se rend pas compte de ce qu’elle demande, de ce qu’elle dit et de ce que ça lui fait. L’homme se met à frissonner, plongeant le regard dans les flammes où il imagine le visage de sa femme. Si, il regrette d’être ici et non pas auprès des siens. ” Pour rejoindre les miens, je dois mourir.”. L’anglais est bon, sur cette réplique, il s’est appliqué. Il ne faut pas baragouiner une telle remarque. Mais il voulait le lui dire, lui donner son point de vu, voilà tout. Il la regarde, un instant, avant de retourner son attention sur les flammes, la mâchoire serrée. Ce genre de réflexion, ça va sans doute la laisser sans voix. Cela tombe bien, il ne veut pas en parler.
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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33855 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Lun 2 Juil - 2:52



❝ Isolated system ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(25 novembre 2117)


C'était l'une des pires tortures, d'être coincée si loin des siens. Elle était en sécurité, elle n'était pas seule, mais elle était si loin de ceux qu'elle aimait, de ce qu'elle s'était engagée à protéger et aider quoiqu'il arrive. Et un drame arrivait, et elle n'était pas avec eux. Les pires scénarios traversaient ses idées et elle s'imaginait déjà retrouver le village sans dessus-dessous, reconnaître les cadavres un à un, voir son monde s'écrouler seconde après seconde, pas après pas. Elle aurait aimé qu'on la rassure, qu'on apaise ses idées folles, qu'on trouve les bons mots, mais quels étaient-ils ? Quelqu'un aurait-il seulement été capable de les trouver ? Elle-même doutait de pouvoir être apaisée par quoi ou qui que ce soit. Le vent soufflait trop fort, dehors, et elle était trop loin du village. Le temps était trop long. Chaque seconde pouvait être celle de trop pour quelqu'un qu'elle aimait et qu'elle avait laissé derrière elle.

Faire bonne figure, c'était tout ce qui lui restait. Faire une flambée dans cette cheminée miraculeuse, papoter avec son compagnon. Mais la façade s'effritait et elle pouvait le sentir. Ses gestes étaient tremblants, ils respiraient l'inquiétude qui l'envahissait chaque instant un peu plus. Mais ce n'était pas devant Elias qu'elle souhaitait admettre cette faiblesse. Si elle devait craquer devant lui, elle espérait que ce serait le plus tard possible. En attendant, faire la conversation. « Oui. On apprend », admit-elle sans aucune amertume, consciente que ce monde n'était pas le sien et qu'il ne le deviendrait peut-être jamais réellement. Peut-être que les Débarqués, Cents ou Odysséens, appartiendraient toujours à la fois aux deux, à l'espace et à la Terre, donc à aucun des deux. C'était cette seule conclusion qui était amère. Elle n'appartenait plus au monde des cieux. Elle avait presque oublié la vie là-haut, comme si elle en avait hérité les souvenirs de quelqu'un d'autre. Elle aimait tendrement ces réminiscences d'autrefois, les spectacles majestueux de la Terre sous leurs pieds, des étoiles au-dessus de leurs têtes, mais plus rien d'autre qu'une sorte de nostalgie ne l'appelait là-haut. Elle avait perdu presque tous ceux qui avaient rendu son existence parmi les étoiles si douce. Ici, tout restait à bâtir, tout restait à apprendre, mais tout restait à vivre. C'était à cette soif de la découverte qu'elle s'accrochait, parce que se perdre dans ses souvenirs n'apportait que chagrin. Se noyer dans le passé n'était pas une façon d'avancer, pas une façon de vivre. Et vivre, oh, ça elle le voulait plus que tout. C'était pour ça que la tempête lui collait de telles sueurs froides. Elle n'avait pas peur, elle n'était pas inquiète. Elle était terrifiée. C'était son seul instinct de survie qui la gardait loin de la paralysie. Rester statique, elle ne pouvait pas, et probablement plus encore à un moment pareil. Même si l'avouer la tuerait probablement, elle avait besoin d'Elias.

Mais Elias était toujours aussi peu bavard. Il comptait ses mots, à la manière d'Isdès. Était-ce quelque chose qui coulait dans le sang des montagnards, quelque chose qu'on leur apprenait à leur plus jeune âge ? Que les mots devaient être choisis avec parcimonie, qu'ils ne devaient jamais laisser personne leur en voler l'un de trop ? La solitude dans laquelle Elias la laissait s'abattait progressivement sur elle. Le silence se faisait lourd sur ses épaules. Le chant des crépitements du feu se faisaient plus intenses, l’assommait presque.

Et lorsqu'Isdès s'immisça dans la conversation, son sang ne fit qu'un tour. Elle n'accepta la fourrure d'Elias que sous la contrainte et des semblants de justification fusèrent sans qu'elle ne sache pourquoi. Elle n'avait rien à justifier ni à Isdès, ni à Elias. Pourtant, elle n'avait probablement jamais autant cherché à se justifier -même Chris n'avait pas le pouvoir de la pousser à ce point dans ses retranchements. C'était différent, avec eux. Elle ne savait même pas qui ou quoi elle cherchait à défendre. Elle voulait se délester d'un poids ou de raisons qui n'avaient rien de raisonnables. Mais ses justifications, quelles qu'en soit le moteur, Elias n'en avait rien à foutre, et il le fit plus que clairement comprendre, ramenant Murphy à sa propre incompréhension des choses. Pour quoi et pour qui se battait-elle comme ça face à quelqu'un qui n'avait pas envie de perdre son temps à l'écouter ? Pour elle-même ? La réponse de l'Odysséenne fut aussi franche et sèche que celle de son interlocuteur, qui ne manqua pas de faire savoir son mécontentement par quelques grognements qui raisonnèrent de son côté de la pièce. Murphy le fusilla une dernière fois du regard avant de reporter le peu de son attention disponible sur l'allumage de ce malheureux feu.

Mais il ne suffit que quelques instants supplémentaires pour changer toute la donne. Celui qui lui tenait compagnie n'avait pas envie d'être là. Pas envie d'être à l'abri, pas envie de retourner chez lui, probablement aucune envie d'être nulle part. Ce n'était pas qu'elle qui l'emmerdait. Le monde entier l'emmerdait, parce qu'il n'abritait aucune raison pour lui de se battre. Il n'avait personne pour qui s'inquiéter. Entre n'avoir personne pour qui s'inquiéter et s'inquiéter du sort de trop d'amis, quel était le pire ? Délaissant son feu pendant quelques secondes, Murphy s'essaya à la taquinerie, cherchant sans vraiment le réaliser à voler à Elias un morceau de sourire. Mais sa tentative tomba à l'eau et le sourire de la brune s'effaça alors qu'elle avalait sa salive avec difficultés, confrontée à un mur qui ne lui donnait aucun retour. Oui, ça passerait. Rembarrée et peut-être un brin vexée, Murphy regarda les flammes prendre et se redressa pour offrir à Antarès quelques cajoleries, se laissant malgré elle rattraper par ses angoisses. Sa question demeura en suspend quelques secondes avant qu'Elias n'y apporte une réponse -réponse qui ne la convainquit pas une seule seconde. Soit son chien était stupide, soit son peuple l'était. Dans les deux cas, quelqu'un était insulté. Mais dans tous les cas, aucune explication ne lui conviendrait vraiment. Rien ni personne ne pouvait justifier qu'on l'éloigne des siens dans un moment pareil, même un chien qu'elle aimait tendrement. « J'ai compris, on est tous cons et on va tous crever » siffla-t-elle entre ses dents en lui lançant un regard noir. Sa patience était entachée par ses inquiétudes et il lui semblait que si Elias n'avait pas été là, elle aurait probablement fondu en larmes depuis longtemps. Rester enfermée si loin des siens, c'était l'une des pires tortures qu'on pouvait lui infliger. Dans un dictionnaire, cette situation décrirait parfaitement le sentiment d'impuissance. Murphy se noyait sous l'impuissance et la peur de la perspective des prochaines heures.

La réponse qu'il lui accorda quelques secondes plus tard lui arracha un sourire à la fois triste et affectueux. Peut-être qu'il avait un cœur, finalement. Peut-être même qu'il l'aimait bien, après tout - il le faisait juste à sa façon. Il n'espérait pas la voir, mais qu'aurait-elle pu espérer d'autre ? En trouvant Antarès, c'était à elle qu'il avait pensé. Et au chagrin que sa perte pourrait lui cause. C'était une marque de quelque chose, ça, non ? Assise face au feu et à côté d'Elias, elle lui jette un bref regard silencieux. « Donc t'espérais tomber sur moi », réitéra-t-elle malicieusement alors qu'Antarès venait poser sa tête fatiguée sur sa cuisse, fixant l'Athna d'un air fatigué -lorsque ses paupières ne se fermaient pas quelques secondes sous le poids de l'épuisement. La dernière question de Murphy lui fit oublier quelques instants les crépitements du feu. Elle avait besoin de ne pas être seule, de ne pas laisser son esprit s'égarer dans le monde de possibilités lugubres qui entouraient l'avenir des siens et de ses proches. La réponse d'Elias se fit en un soupir, qui la fit se perdre dans les lueurs des flammes qui s'élevaient dans la cheminée face à eux. Ils ne se comprendraient jamais réellement, à ce rythme-là. Elle lui avait paru déplacée ou aberrante, sa question, pour lui tirer un soupir pareil. Mais Murphy, elle, elle avait juste besoin de quelques mots. Et lorsqu'enfin la voix d'Elias retentit dans la pièce, son sang se glaça. Elle sentit son regard posé sur elle et leva le sien juste à temps pour brièvement le rencontrer, avant qu'il ne le détourne pour trouver les hautes flammes rougeoyantes. « Je... je suis désolée » lâcha-t-elle maladroitement. De son épaule, elle frôla celle de l'homme, cherchant à lui offrir un peu de réconfort malgré le ridicule de sa technique. « Il y a encore des tiens ici. Si tu vois pas de qui je parle, alors c'est que t'es pas encore tombé dessus. » Elle lui offrit un demi-sourire attristé. La révélation de l'homme était plutôt claire. Il avait perdu ceux qu'il aimait; qu'il s'agisse de ses parents, ses frères ou ses sœurs, de la famille qu'il s'était construite lui-même, peu importait. Il avait perdu les siens. « Mais les rencontres c'est une toile compliquée. Un jour tu auras à nouveau des gens pour qui t'inquiéter. » Elle soupira en retrouvant du regard les braises ardentes. « Ca peut paraître con, ce que je dis, mais j'aurais aimé qu'on me dise ça quand j'ai perdu ceux que j'aimais. » Elle cajola Antarès, qui était à deux doigts de s'endormir sur sa jambe. A l'extérieur, les vents grondaient toujours violemment, menaçant à chaque instant la structure de la maison qui les abritait. Murphy tira la fourrure qui glissait ses épaules et murmura timidement « la vie c'est pas une ligne dr-- » Elle fût interrompue par un bruit violent au-dessus de leurs têtes. Elle leva brusquement le nez vers le plafond pour se rassurer, et chercha ensuite le regard d'Elias pour que lui la rassure. « C'était quoi ? » La question était presque agressive, mais surtout paniquée. Sans s'en rendre compte, elle avait arrêté de respirer.

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20/01/2016 avengedinchains Charlie, Baelfire, Richard, Astrid & Meeka 939 Tom Hardy signa by beylin guerrier Athna 21
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Sujet: Re: [Intrigue n°20] Isolated system (Elias)
Hier à 17:55


isolated system

25 Novembre 2117 ;; Elias ou plutôt, l’homme à abattre. Sans doute est-ce un terme un peu trop fort et il ne peut pas y faire grand chose. Pour autant, il a toujours agi d’une telle ou telle manière. Il n’a jamais rien pu faire contre ça. Il ne prétend pas qu’il est un monstre qu’on doit enfermer et pourtant, il reste suffisamment dangereux pour qu’on évite de faire attention à lui. Sa carrure n’aide pas à rassurer les gens mais il n’est pas question que de ça et ça aussi, il le sait. C’est juste un peu difficile à comprendre et aussi, un peu difficile à accepter. En réalité, le tuer aurait sauvé bien des causes et des gens. Il n’a pas tué grand monde mais un peu de sang coule encore sur ses mains, il n’ira jamais le nier et il n’éprouve pas le moindre regret à ce sujet. Il est et reste quelqu’un d’instable et en réalité, à tout moment, il pourrait parvenir à faire des choses qu’il regretterait sans l’ombre d’un doute. Il ne sait juste pas comment il est supposé s’y prendre et en plus de ça, il n’a pas particulièrement envie de s’embêter avec tout ça. Son trouble psychologique n’a jamais éclaté au grand jour et grâce à cela, il n’est jamais apparu comme quelqu’un de monstrueux. Sans doute l’aurait-on moins accepté s’il avait fait l’erreur d’afficher ses bêtises aux yeux des gens. Il n’en a rien fait et il ne saurait vraiment dire comment ça aurait pu se passer, si ça avait été le cas. Il n’est pas forcément conseillé d’en parler, de toute manière. Et il est toujours difficile d’aborder un tel sujet. Alors en général, il n’en fait rien, il se tait, garde les choses pour lui en s’imaginant que c’est plus simple comme ça.

Mais se concentrer sur elle, ça facilite les choses d’une manière bien étrange, il faut bien l’avouer. De par certaines de ses manières, elle l’agace au plus haut point ou du moins, elle l’agace bien plus qu’il ne pourrait l’admettre. Et en même temps, il la trouve amusante. Qu’on ne l’imagine pas un seul instant se mettre à rire, parce que ce n’est pas du tout dans ses habitudes, mais disons qu’il fait de son mieux pour que ça ne se passe pas trop mal. Ce n’est juste pas toujours une grosse réussite. C’est justement le point compliqué de toute cette histoire. Elle le perturbe parce qu’avec elle, il ne sait pas toujours comment il doit se comporter et il ne sait pas toujours ce qu’il doit faire. Sans doute y a-t-il une méthode particulière, une raison et une explication mais dans ces cas-là, il ne voit pas vraiment de quoi il peut bien s’agir. Pire encore, il n’a pas particulièrement envie d’y réfléchir. Mais ça,c ‘est encore une autre histoire.

Le peuple du ciel a toujours été étrange, de toute manière, affichant un comportement difficile à cerner. S’ils sont tous différents, ici, du côté des natifs, ils ont une base qui leurs est propre. Ils ont vécu les choses de la même manière. Peut-être pas tout mais sur bon nombre de points, ils ont vécu certaines choses de la même manière. Ca n’a pas toujours été faciles mais ils ont fait ce qu’ils pouvaient avec ce qu’ils avaient. Et de ce qu’il en sait, au niveau technologique et avancement, ils ont toujours été bien mieux placés. Et aujourd’hui qu’ils sont sur Terre, voilà qu’ils entreprennent d’imaginer qu’ils peuvent faire les choses mieux qu’eux. Pour elle, ce n’est même pas négociable ou imaginable. Il ne peut pas accepter une chose pareil et en même temps, on ne peut pas vraiment dire qu’ils ont le choix, justement. Il les voit, se dépatouiller comme ça, avancer, s’arranger. Il les voit développer une amélioration et grandir. Il ne comprend pas toujours tout, et il n’accepte pas toujours la manière dont ils font les choses mais il lui est impossible de changer les choses. « Oui. On apprend ». Et c’est un des faits qui l’agace, d’ailleurs. Ils apprennent, avancent et développent des capacités qu’ils avaient perdu au fil des générations. Des traits qu’ils n’avaient même jamais appris. Et ils débarquent en imaginant qu’ils sont plus débrouillards qu’eux ? Pour lui, ce n’est juste pas envisageable. C’est peut-être aussi pour ça qu’il s’énerve comme il le fait et qu’il est parfaitement incapable d’aller contre ça. S’il est incapable de le comprendre ou même de l’expliquer, il songe parfois à une quelconque jalousie. Peut-être qu’avec leurs capacités plus développées, ils auraient été en mesure de sauver sa femme et sa fille ? Il ne saurait le dire. Et dans le fond, il n’a pas forcément envie de penser à cette éventualité.

Lorsqu’il évoque le fait que leur abri n’est peut-être pas assez fortifié, pourtant, il le pense réellement. L’animal ne serait pas parti s’il s’était senti en sécurité. Et dans le fond, il est difficile d’imaginer que dans l’espace, ils avaient des animaux. Le chien vient donc de la planète et il a appris à se développer ici même. Ce n’est pas une boîte en métal qui va lui donner l’impression qu’il est en sécurité dans le coin. Et c’est relativement normal, en plus de ça. Ce n’est pas à lui de juger et ce ne sera jamais à lui. De toute manière, les choses sont juste comme elles sont et comme elles doivent l’être. Est-il vraiment nécessaire de chercher plus loin ? Il n’a pas pour intention de la blesser ou de lui faire du mal. De toute manière, il a toujours fait les choses comme il le voulait et dit les choses comme il les pensait. Ce n’est certainement pas parce que cela pourrait la vexer qu’il va se mettre à se taire. Les choses n’ont jamais fonctionné comme ça. « J'ai compris, on est tous cons et on va tous crever ». Il s’agace de l’entendre dire un truc pareil. Parce que mine de rien, ce n’est pas ce qu’il voulait dire. Il comprend qu’elle puisse se sentir blessé à l’idée qu’il ait pu prononcer ces mots. Mais quand même, ça tourne complètement au ridicule là. Et ce n’est plus possible. [color=chocolate]” Moi vouloir dire que chien venir de Terre et pas connaître métal. Bon, ce n’est pas totalement ce qu’il a dit mais on ne va quand même pas lui reprocher une chose pareille hein ? Il fait ce qu’il peut dans une langue qui n’est même pas la sienne. Qu’il puisse faire un quelconque effort, c’est déjà censé être suffisant. Mais non, évidemment. Ils ne se contentent pas de ce qu’ils ont, ces crétins. Alors oui, il a voulu dire que ce n’était pas assez solide mais en fait, il n’y connait rien non plus dans leur boîte de fer là. Comment savoir que c’est assez solide pour une tempête ? Ils ont encore besoin du peuple de la Terre, même s’ils continuent à se persuader que ce n’est pas le cas. Ils sont libres de penser ce qu’ils veulent mais la situation est ainsi et il n’y a rien à en dire de plus.

Le fait qu’il ait trouvé le chien lui a fait penser à elle mais il l’imaginait sincèrement à l’abri sur son propre campement. Qu’il le juge solide ou non, il était ridicule de penser un seul instant que ça pourrait être différent. Il n’imaginait pas la trouver en plein coeur de la tempête, stupidement à la poursuite de l’animal. Si l’animal n’est pas méchant et ne semble pas mort, ça ne fait pas de lui pour autant une bête suffisamment intéressante pour laquelle il faudrait mourir. « Donc t'espérais tomber sur moi ». Il lève les yeux au ciel, s’imaginant déjà la blesser avec la réponse qu’il pourrait éventuellement lui donner. Il n’y a pas de solution miracle à ce niveau-là mais cela ne l’intéresse sans doute absolument pas. Qu’elle se plaigne, si c’est ce qu’elle souhaite, il s’en moque. ” Non. Moi penser toi à l’abri. Mais toi un peu stupide”. Et encore, il a eu l’intelligence de glisser un “un peu” devant, pour qu’elle ne se plaigne pas de la petite remarque. Oui, parce qu’elle en est pleinement capable, justement, mais c’est un détail sur lequel il n’a pas envie de réfléchir.

Lorsque le sujet glisse sur les siens, il espère que ça ne va pas durer, il espère qu’elle va comprendre que le sujet ne la concerne pas et espère que ça cessera bien assez vite. Toute cette histoire ne rime à rien et il s’énerve parce qu’il ne voit pas ce qu’il pourrait dire pour que ça se passe bien. Et tout ceci ne se passe absolument pas bien. C’est le point agaçant de l’histoire. Il espère lui clore la bouche et lui donner l’envie de ne rien dire de plus mais évidemment, l’erreur semble évidente et trop forte. Il n’y peut rien et ce n’était pas volontaire du tout. Il n’a pas envie d’en parler et il sent que ça ne l’aidera pas vraiment à aller mieux. Il ne supporte pas cette sensation qui lui tiraille l’estomac et il sait qu’il ne tiendra pas longtemps si ça continue de le tirailler de la sorte. « Je... je suis désolée ». Qu’est-ce que ça y change ? Dans le fond, c’est sa putain de curiosité qui l’a poussé à poser les questions. Elle ne peut jamais s’en empêcher, elle ne semble pas pouvoir se résoudre à agir autrement. Il ne supporte pas de la voir ainsi se mêler de ce qui ne la regarde pas mais évidemment, elle ne peut pas s’en empêcher. C’est dans son caractère. « Il y a encore des tiens ici. Si tu vois pas de qui je parle, alors c'est que t'es pas encore tombé dessus. ». Il l’écoute, la laisse parler. En réalité, il ne fait pas forcément attention aux mots qui sortent de sa bouche. Il s’y prête un peu mais ça l’agace. Qu’elle s’imagine pouvoir arranger ses maux avec quelques réconforts, tant mieux pour elle, mais il est hors de question pour elle de s’attarder sur tout ça. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, ça ne change rien à ses yeux. « Mais les rencontres c'est une toile compliquée. Un jour tu auras à nouveau des gens pour qui t'inquiéter. ». Il n’a pas envie de rencontrer de nouvelles personnes. Et il se met doucement à s’énerver. Son coeur se met à palpiter d’agacement et d’énervement. Il s’énerve et finira par exploser, il le sait. Si le sujet persiste, ça ne s’arrangera guère. « Ca peut paraître con, ce que je dis, mais j'aurais aimé qu'on me dise ça quand j'ai perdu ceux que j'aimais. ». Et voilà qu’elle joue la carte de la nostalgie ? Il est vraiment en train de s’énerver et elle doit le sentir. Son aura devient sombre et sa mâchoire se serre avec une force qu’il ne contrôle pas vraiment. Il ne supporte pas de parler de tout ça et si la confession lui a échappé, c’était uniquement en supposant qu’elle le laisserait tranquille.

« la vie c'est pas une ligne dr-- ». Le bruit permet au moins un changement de mots et un changement de sujeT. Tout devient alors plus supportable et plus vivable, d’une certaine manière, du moins. Le vent frappe la maison avec une violence déconcertante. S’il était persuadé que la maison tiendrait le coup, il commence désormais à se demander si c’est vraiment le cas. Il s’inquiète, en tout cas, mais il espère que ça se passera bien. Et il espère, par la même occasion que c’est la seule chose qui compte vraiment. Il ne peut pas totalement afficher ses doutes à voix haute, ça ne se passerait pas très bien, il le sait. Il ne doit pas émettre ses doutes, ça ne s’est jamais passé de cette manière et c’est préférable ainsi. Cela a toujours été le cas. « C'était quoi ? ». Comme s’il en savait quelque chose avec certitude. Ca n’a jamais été le cas et il ne risque pas de se prendre la tête avec cette histoire. Ne peut-elle pas se contenter d’attendre que le déluge se termine et passe ? Il comprend que ce soit compliqué et qu’il ne soit pas possible d’ignorer tout ça mais les choses sont comme elles sont. ” La tempête qui frappe la maison. Maison solide, nous protégés”. Il faut juste qu’elle le comprenne et ça, ce n’est pas forcément gagné.
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[Intrigue n°20] Isolated system (Elias)

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