Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜[Intrigue n°20] Just pretend you're like a feather [Near]
maybe life should be about more than just surviving


Admin - Tears of the phoenix
avatar
12/10/2014 Brimbelle 47757 Jessica Chastain Shizophrenic Médecin / Herboriste 151
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: [Intrigue n°20] Just pretend you're like a feather [Near]
Dim 26 Nov - 19:34

Par-delà les collines, l’appel de la mer se fait sentir. Cette pensée furtive s’est installée au milieu de ma tête. Impossible de la faire partir, elle finissait toujours par revenir. Elle ne voulait nullement se laisser emporter par une vague d’idées nouvelles, demeurait là, tandis que d’autres passaient, s’oubliaient pour laisser de la place dans un va-et-vient perpétuel. Droite comme un i, postée sur son perchoir, elle tremblait un peu, puis se manifestait, telle une aiguille aiguisée placée à l’endroit le plus stratégique. Sans cesse prête à lancer un rappel, dès que l’occasion se manifestait. Toutes les occasions semblaient bonnes pour empêcher l’esprit de dévier de sa trajectoire. Les souvenirs ne m’appelaient pas vers cette tribu que je connaissais depuis fort longtemps. J’y avais croisé beaucoup de monde, lié, défait des amitiés, mais d’aucun ne m’appelait à y aller expressément. Mes amis les plus chers n’y vivaient plus ou étaient tragiquement décédés : je me surpris à penser à mon ami Stacey auquel j’avais récemment appris la mort, à défaut de me souvenir avoir été présente à ses obsèques. Amaryllis m’avait également parlé de cet homme d’origine calusa avec qui j’avais prévu de m’installer quelques mois après l’arrivée dramatique de mon amnésie : père de Daario, il semblait cher à mon cœur et important. Tous ceux qui m’avaient parlé de notre lien demeuraient unanimes pour assurer la force de ce lien dont nous n’avions sans doute pas conscience. J’appris également que de beaucoup j’avais été enviée, ou que cet homme avait attiré la méfiance dans le village peu après son arrivée. Pour avoir été un jour le père de Daario, il devait y avoir autre chose qu’une simple nuit volée, et pourtant on me les avait pris, ces mémoires susceptibles de me les rappeler. Ce Chavo ne présageait qu’un souvenir fabriqué, imaginé de toutes pièces par les témoignages ici et là.

Les barrières cédèrent face à cette curiosité grandissante qui ne pouvait se taire dès lors qu’elle était attisée. Je devais me rendre chez les Calusas. Quoi que je cherche, quoi que je trouve, il se manifesterait ou demeurerait isolé comme un trésor dissimulé. S’il devait dire quelque chose, il trouverait le moyen de se manifester d’une quelconque manière. Cette fois il n’était pas question de fuir mes responsabilités. Voilà un peu plus d’un mois que j’avais retrouvé mes racines, et je m’accrochais à celles de mon enfance dans l’espoir d’apporter le meilleur à mon fils. De l’amour, j’en avais à lui donner, bien qu’il m’en apporte davantage par ses sourires quotidiens, cette insouciance et cette joie de vivre liée à l’innocence de cet être. Il m’apprenait beaucoup, sur moi-même, et en même temps pour ce voyage je ne pouvais me résoudre à l’abandonner une fois encore. Plus d’un an que je fuyais mes responsabilités, manquais à mes devoirs. Daario partirait avec moi sur les traces de sa famille, puisqu’il était de sang Calusa. Dans des tribus amies depuis une vingtaine d’années, que pouvait-il arriver de plus ? Ce n’était pas la première fois que je m’y déplacerai. Finn avait insisté pour m’accompagner, mais j’avais poliment décliné : remuer mon passé aurait des conséquences, que je souhaitais affronter seule pour l’instant. Ignorant la manière dont elles se manifesteraient, je préférais actuellement en demeurer le seul juge.

Une bonne journée fut nécessaire pour m’y rendre, Daario ne demeurant pas en place sur un cheval : heureusement il tomba de sommeil une bonne partie du chemin, et j’en profitais ainsi pour poursuivre. Le soleil déclina à l’horizon lorsque nous arrivâmes dans ce village, et sans demander mon reste nous fîmes tous deux escales dans une auberge peu fréquentée par les hommes en quête de bière.
Le lendemain présagea un temps néfaste, grisonnant et venteux. Avant que la pluie ne s’abatte sur le village, nous fîmes un tour des environs, avant qu’une maison ne m’interpelle. Un flash, un souvenir se manifesta sous une forme étonnante : la maison était construction, et un homme alignait deux planches avant de râler de n’avoir pas pris ses outils pour les fixer. Plus rien. L’observant, j’hésitais à me hisser sur l’échelle et frapper. Et si je faisais erreur, que se passerait-il ? Déviant mon regard vers l’horizon, j’aperçus cet homme, à l’allure familière, ressemblant étonnamment au garnement que je tenais par la main. Des cheveux ébène, teinte que prenaient ceux de Daario depuis quelques mois. Alors je tentais une conversation, hésitante par mon estomac qui se noua, une drôle d’impression que je ne parvenais à faire partir.

« Excusez-moi… nous connaissons-nous ? Il me semble que vous êtes déjà venu chez moi… Mais je serai incapable d’en expliquer la raison ni qui vous êtes en réalité. Cela parait insensé mais voyez-vous je souffre d’amnésie, est ce que nous nous sommes effectivement rencontré ? »  

C’était stupide de bafouer ainsi ; aborder des inconnus avec une raison aussi étrange que celle-ci n’avait jamais fait partie de mes capacités. Je ne pouvais feindre de maîtriser la situation dans ces conditions, et les questions déboulaient comme une tornade impossible à maîtriser. Daario profitait déjà de la situation où je ne posais plus toute mon attention sur lui pour me tirer le bras, s’étirant de tout son long en direction de l’échelle qu’il voulait grimper. « Monter, monter ! » gazouillait-il.  Reportant l’attention sur mon fils, je soutenais fortement sa main pour l’empêcher de s’échapper et tenter de faire des bêtises. Mon attention revint vers ce visage amical en qui j’osais une question de plus qui me brûlait les lèvres.

« Excusez-moi encore, savez-vous qui vivait là ? »  

Admin - The Kids From Yesterday
avatar
25/05/2015 Emma, plum 1897 Colin Morgan Hoodwink , perséphone, whatliesbeneathshouldbeleft.tumblr gif, Konoba paroles principalement pêcheur mais aussi amateur de troc 246
Admin - The Kids From Yesterday


Sujet: Re: [Intrigue n°20] Just pretend you're like a feather [Near]
Mar 2 Jan - 1:32



[Intrigue n°20] Just pretend you're like a feather


Near & Grace


Il aimait bien l’idée de rester. S’il partait parfois plusieurs jours à vagabonder sur l’île ou sur l’eau, il aimait tout autant l’idée de rester au village, celui qui l’avait accueillit tout petit. Ça lui permettait de renouer des liens plus facilement aussi que s’il partait comme il l’avait souvent fait. Il revenait toujours papotait joyeusement avec l’un ou avec l’autre dans le village, n’avait jamais eu de soucis avec son peuple d’adoption mais rester faisait toujours du bien parce qu’il faisait toujours bon d’être chez les Calusas. Le temps était maussade, plus maussade que d’habitude ? Il ne savait pas trop. Personne n’avait pris la mer aujourd’hui et personne ne savait non plus dire si ce temps s’améliorerait sous peu ou si au contraire il s’empirerait. Near ne savait pas trop, restait songeur, s’était d’abord assit sur le sable à observer l’horizon, comme si le ciel si sombre pourrait lui donner les réponses sur ce futur incertain. Ils avaient besoin que le temps s’éclaircisse, pour aller pêcher, pour que les commerçants viennent, pour que la vie reprenne son cours même si elle ne s’était pas pour autant arrêtée par mauvais temps. Il y avait chez les Calusas comme un optimisme que l’on ne savait arrêter, que la mer n’avait pas su arrêter malgré tous ses caprices, tous ces morts causées par mauvais temps, par imprudence humaine, parfois aussi.

Il hésitait, ne savait trop que penser de tout ceci, de ce temps qui semblait ne pas se stabiliser mais ne pas trop empirer non plus. Ils étaient comme les observateurs d’un événement naturel dont ils ne sauraient prédire aucun de ses mouvements. Certains étaient restés chez eux, d’autres continuaient les réparations et d’autres encore comme lui observait cette mer qui s’agitait, ce ciel gris dans bien des nuances sans savoir s’il s’éclaircirait un jour. Un jour, surement.

Aujourd’hui ? Demain ? Ils n’en savaient trop rien.

La pluie s’était rapidement invitée quand il décida de se relever sans trop savoir quoi faire. L’idée d’aller dans les terres l’effleura un moment mais parti bien vite comme s’il était important qu’il soit chez lui aujourd’hui. Rester dans la maison, aller dans les abris près des grottes non loin de la plage, c’était deux options bien différentes qui seraient à envisager selon l’évolution du temps mais pour le moment il pouvait bien rester. Des petites tempêtes ils en avaient vécu, le ciel deviendrait rapidement bleu et cela serait comme si jamais ce ciel capricieux était venu perturber leur journée. Il remonta sur la plage près d’une maison qui lui rappela bien des souvenirs, des souvenirs de quelqu’un parti en mer, jamais revenu. Il se souvenait de Chavo parce que c’était toujours compliqué avec lui mais que y’avait le mérite de dire qu’on ne pouvait jamais s’ennuyer lorsqu’il était dans les parages. C’était des histoires de famille, il avait l’impression que l’histoire de sa famille, il en aurait pour des heures à la raconter et qu’encore cela ne serait pas suffisant parce qu’il y avait des zones d’ombres, des zones qu’il valait mieux cacher quant aux autres, c’était tout simplement qu’il y avait des parts et autres bouts de cette fameuse histoire qu’il ne connaissait pas comme celle de sa propre famille ou celle de Chavo dans le désert ou en mer dans des lieux où il n’était encore jamais allé. C’était surprenant parfois ce que l’on pouvait apprendre sur sa famille, l’on en apprenait tous les jours comme lorsqu’il avait rencontré cet homme dans une taverne.

Compliqué oui tout était compliqué depuis quelques temps, depuis l’arrivée de certains mais en même temps tout était compliqué depuis bien plus longtemps alors pourquoi trop en faire alors qu’ils avaient des histoires à régler jusque chez eux ? S’il adorait les Calusa, il préférait lorsque le temps était clément, lorsqu’il ne l’amenait pas à réfléchir, lorsqu’il y avait toujours de quoi faire pour penser à autre chose. Une vision familière dans la tempête, une femme rousse accompagnée d’un adorable petiot brun qui tentait de monter sur l’échelle alors qu’elle tentait de lui parler malgré le vent qui se faisait de plus en plus fort, du moins, c’était l’impression qu’il donnait.

« Excusez-moi… nous connaissons-nous ? » Maintenant qu’il s’était rapproché, il pouvait répondre à l’affirmative d’un hochement de tête. La question était étrange même s’il n’était pas venu les voir depuis un moment. Depuis un sacré moment même, peut-être bien plusieurs mois. Depuis peut-être la disparition de Chavo. « Il me semble que vous êtes déjà venu chez moi… Mais je serai incapable d’en expliquer la raison ni qui vous êtes en réalité. Cela parait insensé mais voyez-vous je souffre d’amnésie, est ce que nous nous sommes effectivement rencontré ? » C’était étrange. Il n’avait pourtant pas une excellente mémoire mais il se souvenait précisément avoir été bien surpris d’arriver un jour chez les Pikunis pour y trouver son oncle dans une maison avec cette femme qu’il avait trouvée sympathique mais surtout avec ce petiot qui était encore plus petit à l’époque. Il se souvenait parce que ça l’avait surpris alors qu’il n’aurait pas dû l’être vu la vie rocambolesque de son oncle. « Ils grandissent vite, pas vrai ? » Il était encore un peu sous le choc de se rendre compte qu’il n’était pas passé les voir depuis tout ce temps même s’ils n’étaient pas forcément de la famille, de la sienne, enfin, c’était compliqué mais c’était la famille et il s’en voulait un peu de ne pas être allé les voir plus souvent. « C’est la maison de mon oncle, enfin, il l’a reconstruite mais je ne sais pas où il se trouve pour le moment. » C’était une vérité des plus grandes. Il savait juste qu’il avait pris la mer et qu’il n’était pas revenu. Chavo était souvent parti sans revenir parfois pendant des mois alors il ne serait pas étonné de le savoir encore en vie quelque part. Juste. Quelque part ailleurs.

« Je m’appelle Near, ça fait un long moment que l’on ne s’est pas vu c’est normal si vous ne vous souvenez pas de moi. » Il n’allait pas en faire un drame. Lui s’en souvenait parce qu’il avait, ce jour là, découvert ces deux phénomènes. Il se souvenait d’elle, du gamin mais avait comme un trou de mémoire aussi alors bon, ils se trouvaient sur un même pied égalité. « J’me souviens de vous mais si ça peut vous rassurer j’ai toujours eu une mauvaise mémoire. » Il la regarda un moment, elle semblait chercher quelque chose, ou il y avait quelque chose d’étrange à son propos sans qu’il ne sache dire pourquoi. « Vous allez bien ? » Silence hésitant, il n’était pas monté dans cette maison sur pilotis depuis un moment. « Vous pouvez monter si vous voulez, l’a l’air d’en avoir envie… » Il fit mine de réfléchir, un nom qui lui disait quelque chose comme ancré dans sa famille. « Daario c’est bien ça ? »




— code by lizzou —

 

[Intrigue n°20] Just pretend you're like a feather [Near]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Résumé de l'intrigue
» INTRIGUE #1 ☠ halloween party
» ♣ intrigue oo5.
» "Une femme d'esprit est un diable en intrigue." [Eléonore - Emmanuelle]
» Intrigue 3 - Carnaval de Broadway [terminée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: no one came back :: La mer :: Les ruines du village des Calusas-