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˜˜˜˜˜˜Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
maybe life should be about more than just surviving


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05/05/2016 Ponyta 220 Norman Reedus morphine Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 21


Sujet: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Jeu 23 Nov - 13:02

Skylar était inquiet pour Frost. Plus elle grandissait et plus il se posait des questions. Il avait vu une différence dans son comportement depuis quelques mois. Elle était plus agressive, plus à grogner quand des gens osaient s’approcher du second du chef de la garde. Le souci ? On devait l’approcher. Ce n’était pas un luxe qu’il pouvait s’offrir de ne pas laisser les gens s’approcher. L’homme regardait Frost jouer. Elle allait grandir, mais elle restait tout de même dans un gabarit moyen. L’homme avait besoin de conseil et les conseils d’une femme qui avait un chien. Ils étaient les seuls sur le camp à en posséder. Skylar se leva. Il avait besoin de parler à Murphy, qu’il considérait aujourd’hui comme son amie. Sa rencontre l’été passé avec le terrien l’avait quelque peu bouleversé. Cela datait de plus d’un an, mais des événements s’étaient enchaînés et il se posait des questions. Il ne se réveillait plus en pensant à Calliope, sa défunte femme. Non maintenant il se réveillait en pensant à une silhouette masculine qui le serrait dans ses bras. L’homme avala une gorgée d’eau. Il se doutait que quelque chose se passait sans réussir pour autant à mettre le doigt dessus. Il se sentait tellement mal à l’aise. Au fond de lui, il savait quelle vérité l’habitait. L’homme se leva et siffla. Aussitôt Frost abandonna le bâton qu’elle mâchouillait et se présenta joyeusement aux pieds de son maître qui la caressa.

« Allons chercher Murphy. » La petite chienne jappa et trottina aux côtés de l’homme qui se mit en route, songeur. Prendre un chien n’était pas anodin, clairement et là il en voyait une conséquence directe. Il aurait voulu parler avec Oona, mais il avait la crainte que l’éleveuse reprenne sa chienne et cela, il ne le supporterait pas. L’homme salua de la tête plusieurs soldats. La chienne effleurait de sa fourrure ses chevilles, il ne sentait rien, sinon la chaleur de son corps en contraste avec le froid qui arrivait. Il remonta le col de sa veste. L’homme portait un arc offert par ce fameux terrien, il se sentait plus à l’aise maintenant sans son lance-pierre. Par contre pour les flèches, il avait dû s’intéresser au troc, mais aussi à la manière de fabriquer des flèches, qui n’était clairement pas facile. Il avait mis du temps à apprivoiser son arc et à en faire quelque chose d’intéressant. Mais maintenant il était fier de lui. Il arrivait à tuer du petits gibiers et Frost allait les chercher. Ils formaient un bon binôme. Skylar posa son regard clair sur la chienne qui trottinait avec la langue dehors, visiblement très heureuse, les oreilles bien dressées. Le brun l’aimait, pas comme il aurait aimé un autre humain, mais il ressentait une réelle affection pour elle. Il ferait énormément pour elle. Des fois il se disait que la vie ici n’était pas faite pour elle.

Il se demandait bien si elle ne serait pas plus à l’aise dans un grand espace, avec moins de gens autour. Elle restait méfiante, moins sociable qu’Antarès et cela l’inquiétait. Que faisait-il de faux avec la petite chienne ? Il tendit la main et se pencha en avant pour effleurer le dos doux de Frost. Son pelage aussi gris que le ciel quand il menaçait de pleuvoir. Skylar se redressa et distingua au loin Murphy. Un léger sourire passa sur son visage. Il se rendit compte alors à quel point il était heureux de la voir. « Hey Murphy. » Sa voix s’éleva dans l’air. Frost alla joyeusement saluer la femme. C’était bien un des rares personnes qu’elle tolérait. Skylar s’approcha de la brune et lui tapota l’épaule dans un salut. Il n’était pas très chaleureux, mais tentait au maximum de montrer ce qu’il ressentait pour elle à sa manière. « Tu as le temps de discuter ? » Il avait vraiment besoin de parler de Frost, de parler avec quelqu’un de ses inquiétudes. C’était vital à son sens.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Ven 24 Nov - 0:19



❝ Les feuilles virevoltent et tombent ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(4 novembre 2117)


Les teintes chaudes avaient pris possession de la forêt entière en peu de temps, et le froid achevait la brève vie des feuilles brûlées. Déjà elles formaient un tapis sec au sol, glissant lorsque l'humidité envahissait l'air. Le charme des patrouilles avaient décru de façon proportionnellement inverse à l'installation de l'hiver et il devenait presque impensable pour la brune de quitter le camp sans bonnet et gants. Elle commençait à réfléchir à quelques jours chez les Cents. Peut-être à la fin du mois, si elle arrivait à l'organiser, mais rien que l'idée d'avoir à potentiellement passer par Richard pour demander à aménager ses patrouilles la freinait dans son projet. Peut-être qu'elle arriverait à s'arranger avec Skylar comme elle le faisait de plus en plus ces derniers temps, juste pour éviter d'avoir à supporter la déception qu'elle suscitait chez le chef de garde. Ou alors elle oublierait cette idée de quelques jours de vacances loin de son village, c'était une possibilité qu'elle ne considérait plus négligeable depuis qu'elle avait réalisé qu'il lui faudrait peut-être demander une faveur à un Richard qui refusait de lui accorder plus que quelques politesses ou des discours d'un chef à sa subordonnée.

En passant la palissade extérieure, Murphy ôta l'écharpe de devant sa bouche pour échanger quelques politesses avec ceux les patrouilleurs qui prenaient leur tour. Tout était calme dehors, leur disait-elle. Elle avait pu promener Antarès dans la tranquillité et était d'ailleurs contente de l'avoir eu avec elle pour lui éviter de mourir d'ennui. Bon courage, conclut-elle. Bon courage, vous allez vous faire chier.

Et dans un rire exagéré, elle laissa le petit groupe de gardes et de patrouilleurs à la tourelle d'entrée pour descendre au cœur du village. Le jour était encore levé mais midi est passé; ce n'était plus qu'une question d'heures, si on était positif, avant la chute de l'astre solaire derrière l'horizon. C'était là le plus désagréable dans l'hiver, trouvait-elle. Les heures d'ensoleillement que l'on pouvait compter tant elles se faisaient rares. Et lorsqu'il quittait leur ciel, il prenait avec lui les peu de sources de chaleur dont ils disposaient. On ne pouvait plus se permettre de sortir sans tout un attirail lourd, inconfortable et handicapant mais qui avait le mérite de les garder en vie, eux pauvres êtres du ciel habitués à leurs températures stables. Les vents qui se levaient une fois le soleil disparu faisaient pleurer leurs yeux sensibles, s'insinuaient dans la nuque ou sous les manches si on ne faisait pas attention à les protéger. Murphy était de ceux qui n'hésitaient jamais à disparaître sous des tonnes de vêtements, quitte à perdre en aisance dans ses mouvements ou à laisser les frottements de son manteau annoncer sa présence à des kilomètres à la ronde. Elle était beaucoup trop frileuse mais lorsqu'elle se plaignait un peu trop du froid, il lui suffisait de penser aux chaleurs cruelles apportées par l'antagoniste de l'hiver. Non, il n'y avait pas à dire, elle préférait les froids impitoyables de la fin d'année. Ça pourrait être pire, de toute façon, et ça le serait d'ailleurs bientôt : les hautes neiges allaient finir par couvrir la forêt et les feuilles d'automne et bientôt le moindre pas lui coûterait deux fois plus d'énergie. Elle devrait donc manger deux fois plus de ces légumes bizarres qu'on leur proposait à la cantine.

Alors qu'elle s'avançait à l'intérieur du village, Murphy jeta un coup d'oeil à un Antarès épuisé par la patrouille et sourit, satisfaite qu'il ait réussi à se dépenser de la sorte. Le calme de la patrouille lui avait permis de lui courir après et de jouer avec lui à plusieurs reprises et elle aimait voir le chien fatigué par une journée rondement menée. C'était signe qu'elle n'était pas une si mauvaise maîtresse qu'elle était mauvaise amie, mauvaise rebelle, mauvaise famille ou mauvaise amante. Un long soupir fit s'élever dans les airs un nuage de vapeur d'eau et elle se retourna finalement en entendant son prénom. Elle eut à peine le temps de réaliser qu'il s'agissait de Skylar que la chienne de ce dernier se ruait vers elle. Elle entendit à sa droite Antarès qui posait les fesses dans un tas de feuilles mortes; il avait sans doute compris qu'il venait de gagner un peu de temps de repos. S'il le fallait et il le savait sûrement, le petit coquin, Murphy le porterait jusqu'à son lit. Même si ce n'était plus aussi facile que dans les premiers mois de l'animal, elle continuait à le percevoir comme un petit chiot et l'avait à peine vu grandir -elle se demandait si c'était ce que pouvait ressentir un parent, aussi, et puis elle pensait à Adelaide et à Astrae qui grandissait à vue d'oeil, marchait déjà depuis un moment et finirait par prononcer son premier mot, qui, Murphy l'espérait, serait son prénom. Mais c'était lorsqu'elle retrouvait Frost qu'elle réalisait à chaque fois à quel point Antarès avait grandi. La petite chienne était vive et, après avoir ôté un gant qu'elle enfourna dans sa poche, elle s'accroupit pour lui flatter l'encolure, attendrie. La chaleur de la chienne irradia jusqu'au cœur de ses doigts et elle s'inquiéta un instant du froid qu'elle devait lui transmettre en retour. A sa droite, Antarès leva le nez, curieux de la chienne qu'il avait adoptée dès les premiers instants. « Salut Sky ! » Elle ne lui accorda pas immédiatement un regard, trop hypnotisée par Frost qui se laissait caresser. Elle ne réagissait jamais comme Antarès, pourtant, et ne semblait jamais en redemander davantage, mais Murphy ne se démontait pas. Tant qu'elle se laissait approcher, elle offrirait à la chienne toute l'affection qu'elle lui inspirerait. « Pour toi, toujours ! Sauf quand j'ai envie d'aller aux chiottes. Mais j'ai pas envie d'aller aux chiottes, alors t'as tout mon temps. » Elle se décida finalement à se redresser et offrit à Skylar un sourire radieux mais bref. Il ne venait probablement pas lui faire une simple conversation de politesse, en fait. « Ça va, dis ? » Elle s'inquiétait soudainement et fixait son ami gravement sans se rendre compte qu'à ses pieds, Antarès cherchait l'attention de sa congénère à coups de patte et de truffe. « Tu veux qu'on aille s'asseoir quelque part ? On peut sûrement aller chercher une boisson chaude à la cantine » proposa-t-elle pour essayer d'apaiser l'esprit de Skylar, qu'elle devinait bien trop préoccupé.


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05/05/2016 Ponyta 220 Norman Reedus morphine Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 21


Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Dim 3 Déc - 21:44

Skylar regardait tendrement Frost qui se faisait caresser, mais il la connaissait suffisamment pour savoir qu’elle ne resterait pas bien longtemps. Elle aimait les câlins, mais jamais trop. De lui c’était différent, mais il était déjà content que quelqu’un d’autre que lui puisse s’occuper de la petite chienne. Celle-ci tourna la tête vers Antarès et s’en approcha. Elle poussa une sorte de grondement, Skylar la fixait, prêt à intervenir au cas où. Il se rendit compte alors que Murphy parlait de chiottes et la fixa en clignant des yeux une demi-seconde avant de lui offrir un sourire sincère. « Toujours pareille hein ? » Et c’était ce qui faisait qu’ils s’entendaient si bien. Elle était différente de lui, marrante, sociable, lui pas. Il était réservé, observateur, souriait rarement et faisait peur aux plus jeunes qui ne savaient jamais comment interpréter son regard clair et pénétrant. Frost avait cessé de gronder contre Antarès et semblait chercher à jouer alors qu’elle le poussait de sa truffe en glapissant. Skylar ne comprenait pas son comportement, sans savoir qu’en réalité la petite chienne tentait d’établir sa hiérarchie et de voir où elle se situait par rapport au chien plus gros. Peut-être avait-il les traits tirés, sûrement d’ailleurs. La nuit il rêvait, cauchemardait. Le chaos et le bonheur se mêlaient et cela le troublait énormément.

Il était dans la lune, beaucoup trop pour aller bien. « Je… Oui. » Non en fait, il n’allait pas bien. Il plongea son regard dans celui de Murphy et ses yeux disaient la vérité, il était paumé. « Je ne veux pas voir les autres. » Il avait besoin de s’isoler et ne de pas croiser Richard, quand il le croisait il… Il perdait les pédales, se sentait étrange et incohérent. Il ne voulait pas croiser d’autres soldats alors qu’il avait besoin de parler en ce moment-même. « Éloignons-nous. » Sa voix était douce, rassurante. Il ne voulait pas forcer Murphy, il voulait juste qu’elle vienne avec lui. Skylar se mit en route, sifflant Frost qui délaissa aussitôt Antarès pour précéder son maître, toute fière, la queue battant l’air. Elle était aventurière, dominante et franchement sauvage des fois. Sauvage était un mot fort, mais quand le brun la regardait, il ne savait pas comment qualifier son comportement. Il s’arrêta devant un tronc d’arbre mort et s’y assit, attendant son amie. Frost se coucha sagement à ses pieds, fidèle. Elle regarda Antarès, jappa comme pour quémander sa présence. Skylar fixa l’autre chien et se demanda s’ils communiquaient ensemble. Il avait tellement de choses à apprendre et il se sentait tellement incompétent en ce moment. Il ne savait pas comment faire pour gérer tout ceci.

« Je suis inquiet pour Frost. » Le dire à voix haute créa un bouleversement émotionnel auquel il ne s’attendait pas. Il ne pouvait en parler à personne, surtout pas à son meilleur ami qui semblait avoir en horreur Frost et Skylar se rendit compte alors que cela le rendait terriblement malheureux, il préférait juste taire cela. Car Frost n’était qu’un prétexte qui cachait d’autres choses encore plus compliquées. « Elle est différente d’Antarès, Murphy. » Il n’osait regarder son amie, fixant plutôt la chienne mi-joueuse mi-autoritaire. « Elle grogne quand certains soldats s’approchent d’elle, elle n’aime pas être touchée… Je pensais qu’elle serait comme Antarès, mais elle est si différente. » Et alors, il regarda la brune, bouleversé même si jamais il ne pleurait. Il contrôlait bien trop ses émotions. « Et si je devais partir pour qu’elle aille bien ? » Il ne pourrait pas laisser Richard. « Je ne peux pas le laisser Murphy. » Et voilà, tout se mêlait. Il détourna la tête, serrant le poing et aussitôt Frost le fixa, sentant que quelque chose n’allait pas. Elle se redressa et alla poser sa tête sur les genoux de son maître en pleurant. Aussitôt Skylar se mit à la caresser, se détendant. Mais le problème était là, il ne pouvait pas se détendre. Il n’osait pas dire la vérité. Il ne pouvait pas dire ses sentiments, le chaos qu’il ressentait. Il ne pouvait pas dire qu’il rêvait de son meilleur ami.

Il avait aimé des femmes, jamais des hommes et maintenant, il se rendait compte qu’il était tombé amoureux d’un homme. C’était impossible, impossible à gérer. Il avait peur d’être jugé, peur d’être rejeté, mais aussi peur de ce qu’il ressentait. Il n’avait jamais eu aucun doute sur sa sexualité, mais depuis sa rencontre avec le natif, il avait l’impression que sa vision du monde avait changé. Il était mordu de Richard sans même le savoir. Ou du moins, sans oser se l’avouer.

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Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Lun 4 Déc - 0:31



❝ Les feuilles virevoltent et tombent ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(4 novembre 2117)


On ne pouvait pas dire que Murphy avait été particulièrement chanceuse en amitié, ces derniers mois. Les jours qui venaient de passer lui avaient apporté un peu plus de fortune, mais certaines plaies cicatrisaient encore et certains pardons étaient encore timides. La vérité, c'était que le vide que Richard avait laissé derrière lui existerait probablement toujours. Il était peut-être temps pour elle de laisser de côté sa fierté et l'inquiétude de l'aborder. Cette éventualité lui traversait de plus en plus fréquemment l'esprit et quelque part, peut-être était-elle progressivement en train d'apprivoiser l'idée. Elle retrouverait peu à peu les sourires discrets de Tennessee, et c'était d'un réconfort qu'elle se garderait bien pudiquement d'avouer à la mécanicienne. Un peu d'optimisme, enfin, quelque retrouvaille qui réchauffait le cœur en ce début d'hiver frais. Son cœur était un peu plus léger, mais il portait toujours le poids de l'absence de Richard. Lorsqu'elle reconnut la voix de Skylar, pourtant, son visage s'éclaira. Ils ne se côtoyaient encore que trop peu, tous les deux, mais elle était sûre d'une chose : à eux deux, ce n'était pas l'envie qui leur manquait. Richard et lui tenaient les deux plus hauts postes de la garde et Murphy ne pouvait qu'imaginer le conséquent du travail que ça représentait. Il y avait sans doute des responsabilités qu'elle ne pouvait même pas se représenter. Elle les avait toujours admirés, les deux acolytes, même si sa relation aux deux hommes avait toujours été différente. Avec Skylar, la discussion ne s'était instaurée que trop tard à son goût. Après de longues années d'une crainte qui avait dirigé chacun leurs contacts, Murphy avait fini par ouvrir les yeux sur l'ami de Richard. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour réalité que l'aura énigmatique et si impressionnante qui l'entourait n'était qu'une façade. Oui, derrière les regards perçants, intransigeants et silencieux, il y avait un homme. Il leur avait fallu attendre de croiser le chemin de quelques animaux affamés en pleine forêt pour se découvrir. Elle se demandait parfois quelle était la première impression qu'elle lui avait faite, à ce moment-là, au-delà de tous les masques qu'elle s'était efforcée de dresser face au lui pendant des années. Il l'impressionnait toujours, lui, parce que les regards pénétrants complétaient les non-dits et avivaient la crainte de tout ce qu'il pourrait penser sans jamais lui dire. Mais il était devenu son ami, Skylar. Ses silences n'étaient plus aussi effrayants, ses regards plus aussi tranchants. Parfois, il lui arrivait même d'y déceler un brin de tendresse timide, de celles que l'on réserve aux amis qui ont le droit à une part entière de nous. « Mais pourquoi je changerais ? » La question fut accompagnée d'un haussement de sourcils taquin. Elle retrouvait le bonheur d'un peu de cette liberté burlesque qui délassait les esprits abîmés par les journées répétitives.

Pourtant, la préoccupation accompagnait la malice de Murphy. Dans sa discrétion caractéristique, Skylar marquait le souci. La question de la brune n'était pas une de ces politesses lancées à tire-larigot à qui voulait y répondre. Elle était sincèrement authentique, et ses sourcils froncés témoignaient pour elle de l'inquiétude qu'il avait éveillée en l'abordant comme il l'avait fait. Son regard, maintenant, contredisaient les mots hésitants qu'il semblait formuler pour se rassurer lui-même, et le besoin de solitude qu'il exprima acheva d'inquiéter Murphy. Elle n'osait plus quitter son regard, espérait y lire quelque chose, au moins de quoi la rassurer une seconde. Ses pires anxiétés s'étaient subitement réveillées, et elle imaginait Richard disparu à son tour. Son ventre se noua brusquement et, sonnée, elle répondit simplement, avant de suivre Skylar. « Heu... oui, oui bien sûr. » Elle ne faisait plus vraiment attention aux deux canidés qui se cherchaient, se fuyaient, se retrouvaient, se suivaient. Pendant qu'ils prenaient le chemin d'une aire plus calme, près d'un bâtiment peu fréquenté car à l'utilité indéterminée, le calme de Skylar la faisait broyer un peu de noir. S'il était arrivé quelque chose à Richard, elle le saurait déjà, non ? Et puis elle l'avait croisé la veille. Il ne pouvait pas avoir disparu si subitement... quoiqu'une seule sortie suffisait pour ne plus retrouver le chemin du village. Peut-être s'agissait-il de quelque chose qui n'avait rien à voir, alors. Peut-être que Skylar s'était découvert allergique à son plat préféré, et aussi triste que ça puisse être pour lui, c'était tout ce que souhaitait maintenant Murphy. Il trouverait un autre plat préféré. Elle lui ferait goûter un peu de miel si elle en trouvait, et lui aussi succomberait au charme de ce met sucré. C'est un peu apaisée par ces pensées alambiquées qu'elle s'assit sur le tronc abattu, aux côtés de son ami. A leurs pieds, les deux chiens s'appréhendaient l'un l'autre. Ce genre de moments était toujours redouté par la brune parce qu'elle ne savait pas de quoi pouvaient être faites les relations de deux chiens, notamment pour l'un qui avait grandi sans connaître aucun congénère canin. Elle ne savait pas si elle devait intervenir ou s'ils devaient intervenir auprès d'eux, ou ce qui pourrait justifier une intervention humaine d'ailleurs. Avec Skylar, ils demeurèrent un peu bête, quelques secondes, à observer leurs deux chiens. Antarès était toujours dressé sur ses quatre pattes, immobile, et il se tenait à un mètre de la jeune chienne, la fixait sans ciller, la langue pendante. Il sembla finalement décider que Frost l'ennuyait, et fit un tour sur lui-même avant s'allonger de l'autre côté de Murphy, là où on ne l’ennuierait pas. Il avait besoin de rattraper de cette patrouille éreintante, après tout.

La patrouilleuse releva subitement le nez vers Skylar, soucieuse de ce qu'elle venait d'entendre. Il lui fallut quelques secondes pour amortir l'information. Elle voulait dire plusieurs choses, cette information : Richard allait bien, à priori, et le terrain allergique de Skylar était sauf. Mais aussi, elle disait toute son inquiétude vis-à-vis du petit être duquel il se tenait responsable. Attentive, Murphy écouta les détails que son ami lui donnait. Son regard s'était perdu sur la jeune chienne, vive. « Arrête de te creuser les rides pour rien », lui ordonna-t-elle avec un petit sourire qu'elle souhaitait rassurant. « Les animaux, c'est comme les êtres humains. Y'en a pas deux pareils, sinon ce serait chiant. Regarde, je parie que je suis la seule à te parler de mes envies urinaires pour te dire bonjour, non ? Ça fait mon charme. » Elle haussa les épaules avec un petit sourire malicieux et fier. « Le charme de Frost, c'est la méfiance et la défiance. C'est des qualités d'adulte qui a connu la vie. T'as quelqu'un pour t'épauler quand ça va pas. Vous deux, vous êtes amis, c'est ce qui compte, non ? » Mais la question de Skylar raisonnait dans sa tête. C'était plus que de la remise en question, ça. La fuite ? Sans doute pas. C'était qu'il souhaitait le meilleur pour celle qu'il avait prise sous son aile, et c'était tout à son honneur. « Frost c'est une femelle » releva-t-elle simplement avant de se pencher vers lui pour lui donner un coup d'épaule réconfortant. « Pars pas dans un drame. On apprend tous tout, ici. Tout le temps. Ça fait juste un défi de plus pour beaucoup plus de sourires. C'est pas cher payé pour un p'tit peu de bonheur volé. Le plus important c'est vous deux. Les autres, c'est les autres que ça regarde. » Elle se pencha par dessus ses genoux pour gratifier Frost d'une brève caresse avant qu'Antarès ne demande son dû. « L'inconnu, il vient toujours avec le doute, c'est humain. Mais regarde-la. Tes tripes, elles te disent quoi ? »


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