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˜˜˜˜˜˜Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
maybe life should be about more than just surviving


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05/05/2016 Ponyta 276 Norman Reedus shiya Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 74


Sujet: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Jeu 23 Nov - 13:02

Skylar était inquiet pour Frost. Plus elle grandissait et plus il se posait des questions. Il avait vu une différence dans son comportement depuis quelques mois. Elle était plus agressive, plus à grogner quand des gens osaient s’approcher du second du chef de la garde. Le souci ? On devait l’approcher. Ce n’était pas un luxe qu’il pouvait s’offrir de ne pas laisser les gens s’approcher. L’homme regardait Frost jouer. Elle allait grandir, mais elle restait tout de même dans un gabarit moyen. L’homme avait besoin de conseil et les conseils d’une femme qui avait un chien. Ils étaient les seuls sur le camp à en posséder. Skylar se leva. Il avait besoin de parler à Murphy, qu’il considérait aujourd’hui comme son amie. Sa rencontre l’été passé avec le terrien l’avait quelque peu bouleversé. Cela datait de plus d’un an, mais des événements s’étaient enchaînés et il se posait des questions. Il ne se réveillait plus en pensant à Calliope, sa défunte femme. Non maintenant il se réveillait en pensant à une silhouette masculine qui le serrait dans ses bras. L’homme avala une gorgée d’eau. Il se doutait que quelque chose se passait sans réussir pour autant à mettre le doigt dessus. Il se sentait tellement mal à l’aise. Au fond de lui, il savait quelle vérité l’habitait. L’homme se leva et siffla. Aussitôt Frost abandonna le bâton qu’elle mâchouillait et se présenta joyeusement aux pieds de son maître qui la caressa.

« Allons chercher Murphy. » La petite chienne jappa et trottina aux côtés de l’homme qui se mit en route, songeur. Prendre un chien n’était pas anodin, clairement et là il en voyait une conséquence directe. Il aurait voulu parler avec Oona, mais il avait la crainte que l’éleveuse reprenne sa chienne et cela, il ne le supporterait pas. L’homme salua de la tête plusieurs soldats. La chienne effleurait de sa fourrure ses chevilles, il ne sentait rien, sinon la chaleur de son corps en contraste avec le froid qui arrivait. Il remonta le col de sa veste. L’homme portait un arc offert par ce fameux terrien, il se sentait plus à l’aise maintenant sans son lance-pierre. Par contre pour les flèches, il avait dû s’intéresser au troc, mais aussi à la manière de fabriquer des flèches, qui n’était clairement pas facile. Il avait mis du temps à apprivoiser son arc et à en faire quelque chose d’intéressant. Mais maintenant il était fier de lui. Il arrivait à tuer du petits gibiers et Frost allait les chercher. Ils formaient un bon binôme. Skylar posa son regard clair sur la chienne qui trottinait avec la langue dehors, visiblement très heureuse, les oreilles bien dressées. Le brun l’aimait, pas comme il aurait aimé un autre humain, mais il ressentait une réelle affection pour elle. Il ferait énormément pour elle. Des fois il se disait que la vie ici n’était pas faite pour elle.

Il se demandait bien si elle ne serait pas plus à l’aise dans un grand espace, avec moins de gens autour. Elle restait méfiante, moins sociable qu’Antarès et cela l’inquiétait. Que faisait-il de faux avec la petite chienne ? Il tendit la main et se pencha en avant pour effleurer le dos doux de Frost. Son pelage aussi gris que le ciel quand il menaçait de pleuvoir. Skylar se redressa et distingua au loin Murphy. Un léger sourire passa sur son visage. Il se rendit compte alors à quel point il était heureux de la voir. « Hey Murphy. » Sa voix s’éleva dans l’air. Frost alla joyeusement saluer la femme. C’était bien un des rares personnes qu’elle tolérait. Skylar s’approcha de la brune et lui tapota l’épaule dans un salut. Il n’était pas très chaleureux, mais tentait au maximum de montrer ce qu’il ressentait pour elle à sa manière. « Tu as le temps de discuter ? » Il avait vraiment besoin de parler de Frost, de parler avec quelqu’un de ses inquiétudes. C’était vital à son sens.

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06/12/2015 Lux Aeterna 32374 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 372


Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Ven 24 Nov - 0:19

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❝ Les feuilles virevoltent et tombent ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(4 novembre 2117)


Les teintes chaudes avaient pris possession de la forêt entière en peu de temps, et le froid achevait la brève vie des feuilles brûlées. Déjà elles formaient un tapis sec au sol, glissant lorsque l'humidité envahissait l'air. Le charme des patrouilles avaient décru de façon proportionnellement inverse à l'installation de l'hiver et il devenait presque impensable pour la brune de quitter le camp sans bonnet et gants. Elle commençait à réfléchir à quelques jours chez les Cents. Peut-être à la fin du mois, si elle arrivait à l'organiser, mais rien que l'idée d'avoir à potentiellement passer par Richard pour demander à aménager ses patrouilles la freinait dans son projet. Peut-être qu'elle arriverait à s'arranger avec Skylar comme elle le faisait de plus en plus ces derniers temps, juste pour éviter d'avoir à supporter la déception qu'elle suscitait chez le chef de garde. Ou alors elle oublierait cette idée de quelques jours de vacances loin de son village, c'était une possibilité qu'elle ne considérait plus négligeable depuis qu'elle avait réalisé qu'il lui faudrait peut-être demander une faveur à un Richard qui refusait de lui accorder plus que quelques politesses ou des discours d'un chef à sa subordonnée.

En passant la palissade extérieure, Murphy ôta l'écharpe de devant sa bouche pour échanger quelques politesses avec ceux les patrouilleurs qui prenaient leur tour. Tout était calme dehors, leur disait-elle. Elle avait pu promener Antarès dans la tranquillité et était d'ailleurs contente de l'avoir eu avec elle pour lui éviter de mourir d'ennui. Bon courage, conclut-elle. Bon courage, vous allez vous faire chier.

Et dans un rire exagéré, elle laissa le petit groupe de gardes et de patrouilleurs à la tourelle d'entrée pour descendre au cœur du village. Le jour était encore levé mais midi est passé; ce n'était plus qu'une question d'heures, si on était positif, avant la chute de l'astre solaire derrière l'horizon. C'était là le plus désagréable dans l'hiver, trouvait-elle. Les heures d'ensoleillement que l'on pouvait compter tant elles se faisaient rares. Et lorsqu'il quittait leur ciel, il prenait avec lui les peu de sources de chaleur dont ils disposaient. On ne pouvait plus se permettre de sortir sans tout un attirail lourd, inconfortable et handicapant mais qui avait le mérite de les garder en vie, eux pauvres êtres du ciel habitués à leurs températures stables. Les vents qui se levaient une fois le soleil disparu faisaient pleurer leurs yeux sensibles, s'insinuaient dans la nuque ou sous les manches si on ne faisait pas attention à les protéger. Murphy était de ceux qui n'hésitaient jamais à disparaître sous des tonnes de vêtements, quitte à perdre en aisance dans ses mouvements ou à laisser les frottements de son manteau annoncer sa présence à des kilomètres à la ronde. Elle était beaucoup trop frileuse mais lorsqu'elle se plaignait un peu trop du froid, il lui suffisait de penser aux chaleurs cruelles apportées par l'antagoniste de l'hiver. Non, il n'y avait pas à dire, elle préférait les froids impitoyables de la fin d'année. Ça pourrait être pire, de toute façon, et ça le serait d'ailleurs bientôt : les hautes neiges allaient finir par couvrir la forêt et les feuilles d'automne et bientôt le moindre pas lui coûterait deux fois plus d'énergie. Elle devrait donc manger deux fois plus de ces légumes bizarres qu'on leur proposait à la cantine.

Alors qu'elle s'avançait à l'intérieur du village, Murphy jeta un coup d'oeil à un Antarès épuisé par la patrouille et sourit, satisfaite qu'il ait réussi à se dépenser de la sorte. Le calme de la patrouille lui avait permis de lui courir après et de jouer avec lui à plusieurs reprises et elle aimait voir le chien fatigué par une journée rondement menée. C'était signe qu'elle n'était pas une si mauvaise maîtresse qu'elle était mauvaise amie, mauvaise rebelle, mauvaise famille ou mauvaise amante. Un long soupir fit s'élever dans les airs un nuage de vapeur d'eau et elle se retourna finalement en entendant son prénom. Elle eut à peine le temps de réaliser qu'il s'agissait de Skylar que la chienne de ce dernier se ruait vers elle. Elle entendit à sa droite Antarès qui posait les fesses dans un tas de feuilles mortes; il avait sans doute compris qu'il venait de gagner un peu de temps de repos. S'il le fallait et il le savait sûrement, le petit coquin, Murphy le porterait jusqu'à son lit. Même si ce n'était plus aussi facile que dans les premiers mois de l'animal, elle continuait à le percevoir comme un petit chiot et l'avait à peine vu grandir -elle se demandait si c'était ce que pouvait ressentir un parent, aussi, et puis elle pensait à Adelaide et à Astrae qui grandissait à vue d'oeil, marchait déjà depuis un moment et finirait par prononcer son premier mot, qui, Murphy l'espérait, serait son prénom. Mais c'était lorsqu'elle retrouvait Frost qu'elle réalisait à chaque fois à quel point Antarès avait grandi. La petite chienne était vive et, après avoir ôté un gant qu'elle enfourna dans sa poche, elle s'accroupit pour lui flatter l'encolure, attendrie. La chaleur de la chienne irradia jusqu'au cœur de ses doigts et elle s'inquiéta un instant du froid qu'elle devait lui transmettre en retour. A sa droite, Antarès leva le nez, curieux de la chienne qu'il avait adoptée dès les premiers instants. « Salut Sky ! » Elle ne lui accorda pas immédiatement un regard, trop hypnotisée par Frost qui se laissait caresser. Elle ne réagissait jamais comme Antarès, pourtant, et ne semblait jamais en redemander davantage, mais Murphy ne se démontait pas. Tant qu'elle se laissait approcher, elle offrirait à la chienne toute l'affection qu'elle lui inspirerait. « Pour toi, toujours ! Sauf quand j'ai envie d'aller aux chiottes. Mais j'ai pas envie d'aller aux chiottes, alors t'as tout mon temps. » Elle se décida finalement à se redresser et offrit à Skylar un sourire radieux mais bref. Il ne venait probablement pas lui faire une simple conversation de politesse, en fait. « Ça va, dis ? » Elle s'inquiétait soudainement et fixait son ami gravement sans se rendre compte qu'à ses pieds, Antarès cherchait l'attention de sa congénère à coups de patte et de truffe. « Tu veux qu'on aille s'asseoir quelque part ? On peut sûrement aller chercher une boisson chaude à la cantine » proposa-t-elle pour essayer d'apaiser l'esprit de Skylar, qu'elle devinait bien trop préoccupé.


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05/05/2016 Ponyta 276 Norman Reedus shiya Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 74


Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Dim 3 Déc - 21:44

Skylar regardait tendrement Frost qui se faisait caresser, mais il la connaissait suffisamment pour savoir qu’elle ne resterait pas bien longtemps. Elle aimait les câlins, mais jamais trop. De lui c’était différent, mais il était déjà content que quelqu’un d’autre que lui puisse s’occuper de la petite chienne. Celle-ci tourna la tête vers Antarès et s’en approcha. Elle poussa une sorte de grondement, Skylar la fixait, prêt à intervenir au cas où. Il se rendit compte alors que Murphy parlait de chiottes et la fixa en clignant des yeux une demi-seconde avant de lui offrir un sourire sincère. « Toujours pareille hein ? » Et c’était ce qui faisait qu’ils s’entendaient si bien. Elle était différente de lui, marrante, sociable, lui pas. Il était réservé, observateur, souriait rarement et faisait peur aux plus jeunes qui ne savaient jamais comment interpréter son regard clair et pénétrant. Frost avait cessé de gronder contre Antarès et semblait chercher à jouer alors qu’elle le poussait de sa truffe en glapissant. Skylar ne comprenait pas son comportement, sans savoir qu’en réalité la petite chienne tentait d’établir sa hiérarchie et de voir où elle se situait par rapport au chien plus gros. Peut-être avait-il les traits tirés, sûrement d’ailleurs. La nuit il rêvait, cauchemardait. Le chaos et le bonheur se mêlaient et cela le troublait énormément.

Il était dans la lune, beaucoup trop pour aller bien. « Je… Oui. » Non en fait, il n’allait pas bien. Il plongea son regard dans celui de Murphy et ses yeux disaient la vérité, il était paumé. « Je ne veux pas voir les autres. » Il avait besoin de s’isoler et ne de pas croiser Richard, quand il le croisait il… Il perdait les pédales, se sentait étrange et incohérent. Il ne voulait pas croiser d’autres soldats alors qu’il avait besoin de parler en ce moment-même. « Éloignons-nous. » Sa voix était douce, rassurante. Il ne voulait pas forcer Murphy, il voulait juste qu’elle vienne avec lui. Skylar se mit en route, sifflant Frost qui délaissa aussitôt Antarès pour précéder son maître, toute fière, la queue battant l’air. Elle était aventurière, dominante et franchement sauvage des fois. Sauvage était un mot fort, mais quand le brun la regardait, il ne savait pas comment qualifier son comportement. Il s’arrêta devant un tronc d’arbre mort et s’y assit, attendant son amie. Frost se coucha sagement à ses pieds, fidèle. Elle regarda Antarès, jappa comme pour quémander sa présence. Skylar fixa l’autre chien et se demanda s’ils communiquaient ensemble. Il avait tellement de choses à apprendre et il se sentait tellement incompétent en ce moment. Il ne savait pas comment faire pour gérer tout ceci.

« Je suis inquiet pour Frost. » Le dire à voix haute créa un bouleversement émotionnel auquel il ne s’attendait pas. Il ne pouvait en parler à personne, surtout pas à son meilleur ami qui semblait avoir en horreur Frost et Skylar se rendit compte alors que cela le rendait terriblement malheureux, il préférait juste taire cela. Car Frost n’était qu’un prétexte qui cachait d’autres choses encore plus compliquées. « Elle est différente d’Antarès, Murphy. » Il n’osait regarder son amie, fixant plutôt la chienne mi-joueuse mi-autoritaire. « Elle grogne quand certains soldats s’approchent d’elle, elle n’aime pas être touchée… Je pensais qu’elle serait comme Antarès, mais elle est si différente. » Et alors, il regarda la brune, bouleversé même si jamais il ne pleurait. Il contrôlait bien trop ses émotions. « Et si je devais partir pour qu’elle aille bien ? » Il ne pourrait pas laisser Richard. « Je ne peux pas le laisser Murphy. » Et voilà, tout se mêlait. Il détourna la tête, serrant le poing et aussitôt Frost le fixa, sentant que quelque chose n’allait pas. Elle se redressa et alla poser sa tête sur les genoux de son maître en pleurant. Aussitôt Skylar se mit à la caresser, se détendant. Mais le problème était là, il ne pouvait pas se détendre. Il n’osait pas dire la vérité. Il ne pouvait pas dire ses sentiments, le chaos qu’il ressentait. Il ne pouvait pas dire qu’il rêvait de son meilleur ami.

Il avait aimé des femmes, jamais des hommes et maintenant, il se rendait compte qu’il était tombé amoureux d’un homme. C’était impossible, impossible à gérer. Il avait peur d’être jugé, peur d’être rejeté, mais aussi peur de ce qu’il ressentait. Il n’avait jamais eu aucun doute sur sa sexualité, mais depuis sa rencontre avec le natif, il avait l’impression que sa vision du monde avait changé. Il était mordu de Richard sans même le savoir. Ou du moins, sans oser se l’avouer.

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Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Lun 4 Déc - 0:31

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❝ Les feuilles virevoltent et tombent ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(4 novembre 2117)


On ne pouvait pas dire que Murphy avait été particulièrement chanceuse en amitié, ces derniers mois. Les jours qui venaient de passer lui avaient apporté un peu plus de fortune, mais certaines plaies cicatrisaient encore et certains pardons étaient encore timides. La vérité, c'était que le vide que Richard avait laissé derrière lui existerait probablement toujours. Il était peut-être temps pour elle de laisser de côté sa fierté et l'inquiétude de l'aborder. Cette éventualité lui traversait de plus en plus fréquemment l'esprit et quelque part, peut-être était-elle progressivement en train d'apprivoiser l'idée. Elle retrouverait peu à peu les sourires discrets de Tennessee, et c'était d'un réconfort qu'elle se garderait bien pudiquement d'avouer à la mécanicienne. Un peu d'optimisme, enfin, quelque retrouvaille qui réchauffait le cœur en ce début d'hiver frais. Son cœur était un peu plus léger, mais il portait toujours le poids de l'absence de Richard. Lorsqu'elle reconnut la voix de Skylar, pourtant, son visage s'éclaira. Ils ne se côtoyaient encore que trop peu, tous les deux, mais elle était sûre d'une chose : à eux deux, ce n'était pas l'envie qui leur manquait. Richard et lui tenaient les deux plus hauts postes de la garde et Murphy ne pouvait qu'imaginer le conséquent du travail que ça représentait. Il y avait sans doute des responsabilités qu'elle ne pouvait même pas se représenter. Elle les avait toujours admirés, les deux acolytes, même si sa relation aux deux hommes avait toujours été différente. Avec Skylar, la discussion ne s'était instaurée que trop tard à son goût. Après de longues années d'une crainte qui avait dirigé chacun leurs contacts, Murphy avait fini par ouvrir les yeux sur l'ami de Richard. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour réalité que l'aura énigmatique et si impressionnante qui l'entourait n'était qu'une façade. Oui, derrière les regards perçants, intransigeants et silencieux, il y avait un homme. Il leur avait fallu attendre de croiser le chemin de quelques animaux affamés en pleine forêt pour se découvrir. Elle se demandait parfois quelle était la première impression qu'elle lui avait faite, à ce moment-là, au-delà de tous les masques qu'elle s'était efforcée de dresser face au lui pendant des années. Il l'impressionnait toujours, lui, parce que les regards pénétrants complétaient les non-dits et avivaient la crainte de tout ce qu'il pourrait penser sans jamais lui dire. Mais il était devenu son ami, Skylar. Ses silences n'étaient plus aussi effrayants, ses regards plus aussi tranchants. Parfois, il lui arrivait même d'y déceler un brin de tendresse timide, de celles que l'on réserve aux amis qui ont le droit à une part entière de nous. « Mais pourquoi je changerais ? » La question fut accompagnée d'un haussement de sourcils taquin. Elle retrouvait le bonheur d'un peu de cette liberté burlesque qui délassait les esprits abîmés par les journées répétitives.

Pourtant, la préoccupation accompagnait la malice de Murphy. Dans sa discrétion caractéristique, Skylar marquait le souci. La question de la brune n'était pas une de ces politesses lancées à tire-larigot à qui voulait y répondre. Elle était sincèrement authentique, et ses sourcils froncés témoignaient pour elle de l'inquiétude qu'il avait éveillée en l'abordant comme il l'avait fait. Son regard, maintenant, contredisaient les mots hésitants qu'il semblait formuler pour se rassurer lui-même, et le besoin de solitude qu'il exprima acheva d'inquiéter Murphy. Elle n'osait plus quitter son regard, espérait y lire quelque chose, au moins de quoi la rassurer une seconde. Ses pires anxiétés s'étaient subitement réveillées, et elle imaginait Richard disparu à son tour. Son ventre se noua brusquement et, sonnée, elle répondit simplement, avant de suivre Skylar. « Heu... oui, oui bien sûr. » Elle ne faisait plus vraiment attention aux deux canidés qui se cherchaient, se fuyaient, se retrouvaient, se suivaient. Pendant qu'ils prenaient le chemin d'une aire plus calme, près d'un bâtiment peu fréquenté car à l'utilité indéterminée, le calme de Skylar la faisait broyer un peu de noir. S'il était arrivé quelque chose à Richard, elle le saurait déjà, non ? Et puis elle l'avait croisé la veille. Il ne pouvait pas avoir disparu si subitement... quoiqu'une seule sortie suffisait pour ne plus retrouver le chemin du village. Peut-être s'agissait-il de quelque chose qui n'avait rien à voir, alors. Peut-être que Skylar s'était découvert allergique à son plat préféré, et aussi triste que ça puisse être pour lui, c'était tout ce que souhaitait maintenant Murphy. Il trouverait un autre plat préféré. Elle lui ferait goûter un peu de miel si elle en trouvait, et lui aussi succomberait au charme de ce met sucré. C'est un peu apaisée par ces pensées alambiquées qu'elle s'assit sur le tronc abattu, aux côtés de son ami. A leurs pieds, les deux chiens s'appréhendaient l'un l'autre. Ce genre de moments était toujours redouté par la brune parce qu'elle ne savait pas de quoi pouvaient être faites les relations de deux chiens, notamment pour l'un qui avait grandi sans connaître aucun congénère canin. Elle ne savait pas si elle devait intervenir ou s'ils devaient intervenir auprès d'eux, ou ce qui pourrait justifier une intervention humaine d'ailleurs. Avec Skylar, ils demeurèrent un peu bête, quelques secondes, à observer leurs deux chiens. Antarès était toujours dressé sur ses quatre pattes, immobile, et il se tenait à un mètre de la jeune chienne, la fixait sans ciller, la langue pendante. Il sembla finalement décider que Frost l'ennuyait, et fit un tour sur lui-même avant s'allonger de l'autre côté de Murphy, là où on ne l’ennuierait pas. Il avait besoin de rattraper de cette patrouille éreintante, après tout.

La patrouilleuse releva subitement le nez vers Skylar, soucieuse de ce qu'elle venait d'entendre. Il lui fallut quelques secondes pour amortir l'information. Elle voulait dire plusieurs choses, cette information : Richard allait bien, à priori, et le terrain allergique de Skylar était sauf. Mais aussi, elle disait toute son inquiétude vis-à-vis du petit être duquel il se tenait responsable. Attentive, Murphy écouta les détails que son ami lui donnait. Son regard s'était perdu sur la jeune chienne, vive. « Arrête de te creuser les rides pour rien », lui ordonna-t-elle avec un petit sourire qu'elle souhaitait rassurant. « Les animaux, c'est comme les êtres humains. Y'en a pas deux pareils, sinon ce serait chiant. Regarde, je parie que je suis la seule à te parler de mes envies urinaires pour te dire bonjour, non ? Ça fait mon charme. » Elle haussa les épaules avec un petit sourire malicieux et fier. « Le charme de Frost, c'est la méfiance et la défiance. C'est des qualités d'adulte qui a connu la vie. T'as quelqu'un pour t'épauler quand ça va pas. Vous deux, vous êtes amis, c'est ce qui compte, non ? » Mais la question de Skylar raisonnait dans sa tête. C'était plus que de la remise en question, ça. La fuite ? Sans doute pas. C'était qu'il souhaitait le meilleur pour celle qu'il avait prise sous son aile, et c'était tout à son honneur. « Frost c'est une femelle » releva-t-elle simplement avant de se pencher vers lui pour lui donner un coup d'épaule réconfortant. « Pars pas dans un drame. On apprend tous tout, ici. Tout le temps. Ça fait juste un défi de plus pour beaucoup plus de sourires. C'est pas cher payé pour un p'tit peu de bonheur volé. Le plus important c'est vous deux. Les autres, c'est les autres que ça regarde. » Elle se pencha par dessus ses genoux pour gratifier Frost d'une brève caresse avant qu'Antarès ne demande son dû. « L'inconnu, il vient toujours avec le doute, c'est humain. Mais regarde-la. Tes tripes, elles te disent quoi ? »


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Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Dim 31 Déc - 18:28

Bien entendu que Murphy ne changerait pas, elle restait Murphy. C’était une valeur sûre dans le chaos général que Skylar traversait. Il ne savait plus vraiment comment faire pour se reprendre correctement. Il était bien loin de se douter qu’il troublait son amie et que sa manière de parler pouvait rendre inquiet. Il était complètement dans ses pensées et dans ses problèmes. Il observa Antarès s’éloigner de Frost et la chienne revint auprès de son maître, posant sa tête sur ses genoux. Skylar lui caressa tendrement la tête et expliqua tous ses doutes. Il se sentait bête, vulnérable, mais il prenait sur lui pour dire la vérité. Il leva son regard clair sur son amie quand elle parla de ses rides. « Je ne suis pas ridé. » Bon peut-être un peu, mais il avait décidé de répliquer. Elle était amusante et il devait vraiment se retenir de sourire. Pourquoi se retenir ? Aucune idée, c’était plus car cela le gênait de sourire. Il ne saurait pas expliquer pourquoi. Et il rit franchement quand elle parla de ses envies urinaires. Elle savait le détendre alors qu’ils se connaissaient à peine, mais cela faisait du bien. Néanmoins elle avait raison, il n’y avait pas deux être pareils. Il gratouilla Frost entre les deux yeux, la chienne avait fermé les yeux et poussa un soupir heureux. Elle semblait si détendue. « Oui… Mais et si elle mordait quelqu’un ? » C’était sa plus grande peur.

Elle avait beau être méfiante, il se demandait jusqu’où cela irait et si elle pouvait faire du mal. Si elle mordait quelqu’un, Skylar ne saurait pas quoi faire. Il ne la tuerait pas, ne l’abandonnerait pas, il devrait partir avec elle. Il parla à un moment de Richard sans même s’en douter. Ce fut quand Murphy précisa le sexe de la chienne que le soldat tilta. Frost, Richard, tout s’emmêlait et le stressait énormément mine de rien. Il sentait une migraine poindre alors qu’il n’était habituellement pas migraineux. Oui le plus important était eux deux, mais qui était ces eux deux ? Skylar et Frost ou Skylar et Richard ? Le soldat se sentait nerveux, mal à l’aise, sous pression. Il accepta de regarder sa chienne et d’écouter ses tripes. « Je l’aime énormément. Ma femme l’aurait aimé. Frost me protégera, toujours. » La chienne ouvrit à ce moment-là les yeux et le regarda. Skylar se sentait bien et flatta le flanc de la chienne qui décida de se coucher sur les pieds de son maître. Elle était collante avec lui, très possessive et protectrice. « Oona t’a-t-elle appris des choses sur les chiens ? J’ai l’impression d’être dans le flou sans savoir si ce que je fais est bien. Je n’ai que toi pour parler de Frost. » Et il regarda Murphy droit dans les yeux, la testant à sa manière pour voir si elle aurait les épaules pour écouter la suite. « Richard n’apprécie pas les chiens. » Et cela l’inquiétait car il ne voulait pas perdre son meilleur ami.

Cela c’était insinué année après année, mois après mois, mais Skylar le sentait, c’était plus que de l’amitié, aussi forte soit-elle. « T’es-tu déjà demandé si tes sentiments à l’égard de quelqu’un étaient juste ? Sérieusement. » Il n’était pas sorti avec des hommes, jamais de sa vie. Il n’y avait eu qu’Ozvan l’été passé, le terrien, qui avait réveillé quelque chose de sauvage, brut, réel. Ils n’étaient pas sortis ensemble, le natif l’avait un peu provoqué et cela avait chamboulé Skylar. « Quand je te dis que je ne peux pas le perdre, je ne parle pas de Frost, je parle de Richard. Je ne peux pas le perdre Murphy… Je… Je ne peux pas le laisser ici si je dois partir. » Et il eut un éclat féroce dans son regard, un éclat qui voulait dire qu’il ferait tout pour l’autre, c’était plus que de l’amitié, c’était de l’amour. Un genre d’amour qu’il avait nié longtemps, le genre d’amour où le désir se mêlait. Skylar était mordu de son meilleur ami. S’avouer une homosexualité a passé quarante ans, ce n’était pas facile. Il ne savait même pas s’il était homosexuel, cela lui donnait le vertige. La bouche du soldat se fit sèche. « Murphy… Je crois que je fais une connerie. » Sa voix était terriblement rauque. Oui il faisait une connerie, une énorme connerie. Oserait-il faire ce qu’il n’avait jamais osé ? Draguer son meilleur ami, oser tenter le tout pour le tour au risque de perdre ce qu’ils vivaient ensemble depuis toujours ? Skylar n’en savait rien, il était perdu. Peut-être devrait-il voyager un moment, aller respirer, peut-être que tout reviendrait comme avant.

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Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Sam 13 Jan - 22:18

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❝ Les feuilles virevoltent et tombent ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(4 novembre 2117)


Le cœur de Murphy était un peu plus léger, depuis quelques jours. Un moment brumeux, entre sommeil et éveil, lui avait ramené Tennessee. De la rupture qu'elle avait souhaitée la plus totale, les deux femmes étaient passées à un exercice de reconstruction progressive. Il fallait se ré-apprivoiser, doucement, et c'était un processus qui mettrait autant de temps que nécessaire mais l'esprit s'adoucissait à la perspective de cette réunion qui se bâtissait pierre après pierre. Ça avait été difficile, même pour la bornée qu'elle était, de se tenir à une hostilité qu'elle n'avait jamais souhaitée. Elle avait perdu son amie sans qu'on lui donne le choix, parce que le mensonge était l'une des trahisons qui faisaient le plus mal. Alors, la retrouver, même aussi timidement, c'était doux, et ça révélait tout le tiraillement qui l'avait assaillie des mois durant sans qu'elle s'en rende vraiment compte, trop entêtée dans sa rancoeur. Il y avait tout à reconstruire, et elle savait que c'était à son tour de travailler. Elle était la seule à qui incombait maintenant la responsabilité de laisser derrière elles le passé; elle était la seule qui devait apprendre à abaisser les remparts, à laisser les derniers échos de rancune derrière elle. Pourtant, de savoir à nouveau Tennessee à ses côtés, d'avoir accordé à la brune et à elle-même, par la même occasion, un nouveau départ, ça changeait tout. Subitement, elle arrivait à nouveau croire à un avenir réconfortant.

Alors, de retrouver Skylar dans les méandres sinueuses du hasard des plannings, ça lui collait un sourire aux lèvres en une seconde à peine. Le cœur était léger et plus réceptif aux petits bonheurs. Pourtant, l'inquiétude prit bientôt le pas sur la malice, mais Murphy n'était pas du genre à se laisser abattre. « Bon, d'accord, c'est pas des rides, c'est des marques d'expression... » La taquinerie ne détournait pas de l'inquiétude de Skyler, ni pour elle, ni, elle en était sûre, pour lui. Mais les atmosphères les plus lourdes finissaient toujours pas exploser, et Murphy, elle, préférait désamorcer lentement les tensions plutôt que d'attendre que les orages n'éclatent. Elle le déridait, justement, celui qui n'était pas ridé, et c'était déjà une première victoire. « Alors tu lui apprendras que c'est mal. Elle est encore trop jeune pour blesser sévèrement quelqu'un. C'est une des premières choses que m'a dites Oona quand elle m'a confié Antarès : tout s'apprend, même pour un chien. » Elle lui donna un coup d'épaule réconfortant pour ajouter ce qu'elle considérait un ultime argument. « Et puis Oona n'élève pas de chiens qui seraient instinctivement dangereux pour l'Homme. Elle y aurait aucun avantage elle-même. » Elle suivit le regard de Skylar qui s'attardait sur sa jeune chienne. Quitter Frost, quitter le campement, peu importe, personne n'aurait à quitter personne, et Murphy pouvait deviner toute la détresse de l'homme rien qu'à sa brève erreur. « Et bah voilà ce qu'elle te disent, tes tripes. Ecoute-les. » Elle jeta un coup d'oeil bref à Antarès qui, écroulé à ses pieds, semblait avoir abandonné le monde réel pour une sieste bien méritée. « J'ai eu peur, aussi, quand j'ai eu Antarès. Même si j'étais supposée le garder qu'un mois, j'étais paralysée à l'idée de ramener une source de danger au camp, ou de mal faire les choses auprès d'un animal qui avait rien demandé à personne. » C'était étrange, maintenant, de reconsidérer tout le chemin qu'ils avaient parcouru, eux deux; Murphy et Antarès. D'un mois ensemble ils étaient passés à toute une vie. De l'angoisse qui l'avait saisie dès ses premiers instants passés en tête-à-tête avec le chien, Murphy était passée à une tendresse et une affection qui dépassait toute raison. Là-haut, on n'avait jamais vraiment pris la peine de leur expliquer les animaux. De vraiment leur expliquer les animaux, en tout cas. C'était des êtres vivants, comme eux, et ça faisait partie de cette chaîne alimentaire dont ils n'avaient connaissance que de la théorie. La vie avec les animaux, en vrai, c'était tout autre chose. C'était un équilibre entre la nécessité constante de se nourrir et les rencontres hors du temps, qui faisaient reconsidérer toute la nécessité des mots alors devenus superflus. « La confiance, avec n'importe qui, avec Antarès comme avec Frost, elle se construit avec le temps et les preuves. Elle va te prouver que t'as aucune raison de t'en faire, tu verras. » Elle gratta le crâne de Frost, à cet instant plus réceptive aux cajoleries qu'Antarès. « Oona avait été très vague, et ça m'avait encore plus fait flipper. Quand ça dépasse le pragmatique, j'imagine que c'est à nous d'apprendre progressivement. On peut nous dire quoi leur donner à manger, on peut pas nous expliquer comment les élever. J'imagine qu'il y a pas de façon parfaite de faire. » Il fallait punir lorsque ça n'allait pas, récompenser lorsque ça allait. C'était ce que Murphy avait appris, elle, et c'était ce qu'elle avait expliqué à Skylar sur le chemin du retour, des mois auparavant, alors qu'il tenait une Frost encore toute jeune contre lui. Malgré les inquiétudes, les choses avaient été incroyablement simples avec Antarès. Il avait fait quelques bêtises, mais il détestait être réprimandé. Il avait appris à une vitesse folle ce qu'elle tolérait et ce qu'elle ne tolérait pas. Leur relation était aujourd'hui bâtie sur la confiance, et, elle le voyait de là où elle était, elle pouvait en dire autant de celle de Skylar avec sa jeune chienne. C'était peut-être à lui-même que son ami devrait apprendre à faire confiance. « Je sais », répondit-elle dans un soupir triste, jouant nerveusement avec ses ongles en repensant au moment où tout avait basculé entre eux, où il avait été prêt à la séparer d'Antarès. « J'ai arrêté d'essayer de le faire aimer Antarès. » En fait, elle avait tout arrêté, avec lui. Amère, subitement un peu plus refermée, elle jeta un coup d'oeil à Skylar. Ce n'était probablement pas le moment de lui mentionner tout le mal que Richard devait penser d'elle et toute la peine qu'il lui avait faite en la forçant à ramener Antarès à un homme qui n'avait pas hésité à la menacer de mort quelques instants plus tard. Elle se demandait encore s'il l'avait vu, ce geste, Richard, s'il s'en était ému ou s'il n'avait plus rien à faire d'elle au point d'être indifférent à une menace pareille.

Elle essayait de trouver quelque chose de plus positif à répondre à cette remarque-là. Elle pourrait lui dire que c'était le problème de Richard, de ne pas aimer les chiens, mais elle savait à quel point c'était insignifiant. Elle aussi, elle aurait aimé qu'il aime Antarès. C'était peut-être un peu égoïste, un peu besoin personnel de savoir qu'il approuvait sa décision d'accueillir un membre à quatre pattes dans son entourage, mais elle n'avait jamais vraiment perdu l'espoir de voir Antarès lui voler un sourire dans un moment d'inattention. Alors, à Skylar, elle ne savait pas trop quoi exprimer de plus que ses propres regrets. Mais il la tira lui-même de toutes ses considérations avec une autre question qui lui glaça le sang. Sans qu'elle ne maîtrise quoi que ce soit, son regard affolé se leva vers Skylar pour essayer de comprendre où il voulait en venir.

Est-ce qu'il savait pour Isdès ? Est-ce qu'il parlait à Mila, est-ce qu'elle avait dit quelque chose ? Est-ce qu'il était de ceux qui lui reprocheraient de lui avoir gardé un secret pareil ? « Justes ? Des sentiments demandent jamais à être justes, c'est pour ça que c'est des sentiments » répondit-elle nerveusement et avec toute l'amertume qui se saisissait d'elle lorsqu'elle pensait à Isdès -même si, bien évidemment, il ne s'agissait pas des sentiments auxquels Skylar semblait faire référence. « Les sentiments s'opposent souvent à la raison. L'inverse serait trop simple pour nous autres, pauvres humains ridicules. » Mais il mentionna à nouveau Richard, et le regard de Murphy paniquait en cherchant dans les prunelles de son ami un quelconque indice. Elle n'était plus très sûre de suivre ce qui se passait -est-ce que ça avait encore un rapport avec Frost ? Est-ce qu'elle avait sauté trop tôt à des conclusions lorsqu'il avait parlé de sentiments ? Car on éprouvait toutes sortes de sentiments qui n'étaient pas amoureux, et c'était bien pour cette raison que son premier réflexe avait été de penser à Isdès : d'autres sentiments qui n'avaient rien à voir avec les violons, les roses et les longues déclarations d'amour qui donnaient envie de vomir. Avec Isdès, ils s'étaient contentés des chants d'une cascade, d'un edelweiss et d'une expression physique et langoureuse de tout ce que leurs corps ressentaient. Leurs corps, pas leurs esprits; rien à voir, donc, avec les sentiments amoureux. Skylar, lui non plus, ne devait donc pas s'être aventuré sur ce chemin-là. « Arrête de dire que tu vas partir », lâcha-t-elle plus sévèrement que ce qu'elle avait souhaité. « Tu aimes Frost et elle t'aime », tenta-t-elle de clarifier les choses en cherchant le moindre indice dans les lueurs du regard de son interlocuteur, « tu es responsable de son éducation, mais t'es pas seul. Je t'aiderai si besoin, mais il y aura pas besoin. Elle est pas carnivore, elle va manger personne pendant une nuit où tu dormiras un peu trop profondément. » Elle parlait vite, d'un coup, parce qu'elle n'était plus sûre de comprendre grand chose, plus sûre de répondre aux réelles angoisses de Skylar, plus sûre de faire ou de dire ce qu'il fallait. « Je sais ce que c'est, ça prend du temps, mais tu verras, dans quelques mois tu penseras plus à tout ça. Frost, c'est une bonne chienne. » Dans le regard de Skylar, elle lisait plein de choses, mais elle n'était subitement plus sûre d'en comprendre le langage. Une... une connerie, maintenant ? Ses sourcils se froncèrent gravement et elle ouvrit la bouche à plusieurs reprise sans qu'aucun son ne parvienne à en sortir. « Qu'est-ce que t'es en train de me dire, Sky ? J'ai l'impression que ça a plus vraiment tout à voir avec Frost... » Le moment avait subitement quelque d'irréel. Il lui semblait, en fait, que depuis le début, elle avait été sur la bonne voie. Et c'était étrange, comme sensation, de réaliser quelque chose d'aussi important que ce qu'elle était en train de s'imaginer. Il y avait des éclats dans les regards qui ne pouvaient laisser personne totalement innocent de la vérité.

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Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Sam 10 Fév - 19:01

Skylar était très nerveux, il avait peur pour Frost et l’avenir. Murphy était logique et énonçait des faits, il hocha la tête. La chienne était jeune, elle apprendrait. Le coup d’épaule de la brune le fit légèrement sourire et les derniers arguments le convainquirent. Il hocha la tête en regarda la petite chienne à ses pieds.  « Tu as raison, si je lui apprends, elle protègera les autres. » Il regarda Antarès et comprit les paroles de son amie. « Je te comprends. Nous avons la responsabilité de nos animaux, mais des autres aussi. Certains ont peur et se méfient. » Et c’était normal, sur le vaisseau il n’y avait jamais eu d’animal, ce qui était considéré comme superflu et qui pouvait prendre l’oxygène qu’eux, les humains avaient besoin. La confiance prenait du temps, avec les animaux aussi. Ils s’apprivoisaient à peine. Skylar regarda Murphy caresser Frost et fut heureux de constater que la chienne tolérait son amie. S’il lui arrivait quoique ce soit, il savait que la brune serait là pour la petite chienne. « J’imagine, un peu comme un enfant. » Mais il n’était pas père et ne le serait jamais. Sa maigre expérience de transmettre avait été de transmettre aux jeunes soldats et la plupart du temps il leur faisait peur car il dégageait une autorité particulière. Il avait cette froideur qu’il mettait entre les gens et lui au début. Quand ils parlèrent de Richard, il vit bien la tristesse de son amie et lui toucha son épaule, ignorant tout de leur dispute.

« Tu ne te résumes pas à un chien. Si vous vous entendez, cela ne se brisera pas. » Peut-être aurait-elle envie de lui parler de ce qui la travaillait. Lui sentait son cœur s’emballer en pensant à Richard, comme à chaque fois depuis un petit moment. Son meilleur ami le chamboulait définitivement. Il décida de percer son abcès et de dire à quelqu’un sa vérité. Peut-être ne la dirait-il jamais à son meilleur ami, mais peut-être pouvait-il tenté de le dire à Murphy ? Il vit alors le regard affolé de Murphy et se demanda ce qui se passait. Son instinct lui souffla de creuser, mais son cœur amoureux voulait tout dire, ne voulait pas réfléchir à la vérité de Murphy. Il l’écouta parler des sentiments et ne sut pas quoi dire. « Je sais, les sentiments sont compliqués. » Murmura-t-il. Il avait toujours aimé Richard, il s’était menti durant des années, il avait préféré taire une certaine vérité qui maintenant risquait d’explorer très fort. Les mots de son ami le frappèrent et il la regarda. Frost n’était pas le problème, elle était le prétexte, la pointe de l’iceberg. Skylar la regarda et quelque part, il se dit que Murphy avait compris. « Ne me rejette pas. » Soudainement il paraissait si vieux, si fragile, si peu sûr de lui. Frost redressa la tête, sentant la peur de son maître et gronda contre cet ennemi invisible qui terrifiait son maître. Fais-le souffla une voix, fais-le, dis-le, avoue-le. Il attrapa les mains de Murphy et les serra. Il la regarda droit dans les yeux. « Je… Je suis amoureux. » Il avait perdu Calliope, il n’avait jamais cru retomber amoureux. En fait il n’était pas retombé amoureux, tout ce temps il avait été amoureux.

Tout ce temps il l’avait regardé, protégé, il avait ri, l’avait touché. Il avait étouffé cet amour, il avait menti, mais sa femme avait toujours su, maintenant il le savait. Des souvenirs remontaient, des paroles qu’elle disait, des regards tendres qui voulaient dire qu’il devait avouer la vérité, mais jamais il n’avait pu. Il se souvenait des mots qu’elle avait dit, que Richard serait toujours là et qu’elle savait qu’ensemble, ils iraient bien. Il n’avait pas compris, maintenant il comprenait. Il aimait son meilleur ami. « J’aime Richard. » C’était dit. Les mots tombèrent dans l’air et Skylar lâcha les mains de Murphy. Il la toisa, se demandant si elle allait rire, le frapper, le rejeter. L’homosexualité était quelque chose de particulier de l’espace, pas complètement rejeté, mais pas complètement accepté, un entre-deux dangereux. « Je sais ce que tu vas dire, mais non ce n’est pas une passade. Je l’ai toujours su… Mais regarde-moi, j’aime un homme à femme qui croit que je suis son meilleur pote. » Et il se leva. Aussitôt Frost se leva, prête à se battre en sentant la rage de Skylar qui passa une main dans ses cheveux mi-longs. Il regarda l’horizon. « Je… J’ai rencontré un terrien qui… m’a dragué. » Et il regarda Murphy. « Jamais aucun homme ne m’avait… montré cette attention… J’ignorais que les hommes regardaient ainsi, je me suis senti… Etrange et j’ai su. J’ai su que je ne voulais pas de lui et de qui je voulais. Je… J’ai essayé je te jure. De me dire que Richard était un ami, que tout irait bien. Mais non, je le vois et je… Je n’ai jamais aimé ma femme ainsi. » Il se souvenait de son désir pour Calliope, de son corps aux formes arrondies, de sa voix claire, de sa force. Mais elle avait été une femme. Il se souvenait maintenant de son regard sur Richard, sur son torse, sur ses bras musclés. Il se souvenait de leur mue, il se souvenait des rires, il se souvenait qu’un jour il avait pensé rien qu’une seconde que cette voix grave le chamboulait. Sauf que Richard était son meilleur ami, son pilier, il ne pouvait pas le perdre pour cette connerie. Il ne pouvait pas le dire. « Il me repousserait, me… On est ami depuis toujours. Il va me chasser. » Tout sera détruit entre eux et Skylar ne pourrait pas rester et le regarder en face, jamais.


Dernière édition par Skylar Rees le Mar 13 Fév - 18:48, édité 2 fois

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06/12/2015 Lux Aeterna 32374 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 372


Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Dim 11 Fév - 21:58

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❝ Les feuilles virevoltent et tombent ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(4 novembre 2117)


De trouver Skylar dans un tel état était déstabilisant, presque autant que ça la peinait. Elle apprenait encore à découvrir l'homme, même des années après en avoir fait la rencontre, mais seulement quelques mois passés dans son existence. Ils étaient devenus amis en un temps record, comme si de s'être côtoyés de loin et à travers Richard pendant de temps avait enclenché des choses qu'ils n'avaient pas réalisées à ce moment-là. Dès l'instant où elle avait compris que toute l'impression qu'elle avait de lui était surfaite, elle avait réalisé qu'elle le connaissait, parce qu'en lui se trouvait une part de Richard, et parce que Richard avait choisi comme meilleur ami quelqu'un qui n'était pas n'importe qui. Mais Skylar n'était pas devenu limpide pour autant et il y avait des choses qu'encore elle ne comprenait pas. Quelque chose n'allait pas et à mesure qu'ils creusaient le problème, Murphy percevait quelque chose d'autre que des inquiétudes qui concernaient Frost. Elle partait dans de longues tirades, essayait de prouver à celui qui était devenu son ami que toutes ses peurs étaient injustifiées, que toutes ses inquiétudes trouvaient réponses, mais son soulagement n'était qu'à peine perceptible. Ses sourires étaient trop timides et fugaces, ses épaules encore affaissées par un poids invisible. Il y avait quelque chose de sous-jacent mais elle n'insistait pas. Frost et Antarès étaient installés calmement à leurs pieds et elle espérait que ça le suffirait à l'apaiser au moins un peu, si ses propres mots n'y parvenaient pas plus que ça. « Les peureux restent loin de nos chiens » rappela-t-elle en haussant les épaules. C'était les autres que ça regardait; aucun des compagnons à quatre pattes qu'ils avaient introduits au village n'avait encore donné raison aux plus inquiets. Ils étaient calmes et Murphy ne s'inquiétait pas un seul instant de la quiétude de Frost, même si ça semblait être plus difficile pour son maître. La chienne était encore jeune, elle testait les limites, construisait son caractère à partir d'elles. Elle ne deviendrait jamais une carnassière qui irait se fournir en viande dans les dortoirs pendant la nuit. Il suffisait de l'observer lorsqu'elle était entourée de ceux qu'elle acceptait; ce n'était pas une mauvaise chienne. Elle était un peu revêche, bornée et peu docile; mais ça ne faisait pas d'elle une mauvaise chienne. Elle avait pleinement confiance en Oona et elle savait qu'elle ne leur aurait jamais confié un chien susceptible d'être dangereux. « C'est ça... c'est ton bébé... » affirma-t-elle avec un petit sourire espiègle qui voulait tout dire; à la fois qu'ils se comprenaient et qu'ils étaient les deux seuls à pouvoir se comprendre lorsqu'il s'agissait de canidés, à la fois que leurs chiens étaient leurs enfants et que sans s'en rendre compte, ils étaient devenus parents, presqu'ensemble d'ailleurs. C'était un lien particulier qui renforçait une amitié déjà solidement enracinée. « T'en fais pas », tenta-t-elle encore de le rassurer, « aux questions que tu te poses encore, elle t'apportera les réponses au moment voulu. »

Mais elle en avait bien conscience, la présence des chiens sur le village n'enchantait pas tout le monde. Richard avait été le premier à lui faire savoir le fond de sa pensée. Elle avait cru que ça ne durerait pas et qu'il suffirait de quelques instants passés avec Antarès pour le faire changer d'opinion mais rien à faire. Richard n'aimait pas Antarès pour tout ce qu'il représentait, pour le poids inutile qu'il ajoutait à leurs vies, la responsabilité qu'il pouvait représenter. Elle avait eu beau expliquer qu'il se nourrissait lui-même et ne demandait guère d'attention, elle s'était heurtée à un mur. C'était une déception pour elle et peu à peu, l'espoir de le voir aimer son chien s'était amenuisé. Maintenant qu'ils ne s'accordaient même plus la parole, ce problème semblait appartenir à une autre ère. Richard ne faisait plus partie de son existence et chaque jour enfonçait un peu plus le clou de la séparation. Si elle comptait pour lui, il aurait dû le montrer. C'était trop tard pour rattraper les choses, maintenant. Elle avait merdé et Antarès n'avait plus rien à voir avec les désaccords. Il s'agissait de bien d'autres choses, de choses que l'on pouvait considérer impardonnables, pour lesquelles il était sans doute bien trop difficile de trouver un terrain d'entente. Pour la première fois, elle ne l'avait pas écouté. Pour la première fois, elle s'était laissée emporter sous ses yeux et avait dévoilé une facette d'elle-même qu'elle aurait préféré ne jamais voir apparaître, surtout devant l'une des personnes dont elle cherchait le plus le respect. Antarès n'avait été qu'un prétexte et même si Richard avait montré tout le peu d'importance que le chien avait à son regard, il ne s'agissait pas que de ça. Elle lui en voulait de ne pas l'avoir défendue mais il avait toutes les raisons de lui en vouloir plus encore. Tout était rompu entre eux et le gouffre n'avait de cesse de se creuser entre eux. Jour après jour, quelques centimètres de plus, quelque proximité en moins. « Ouais, c'est trop tard pour ça », lâcha-t-elle dans un souffle de déception, le regard rivé sur les doigts qu'elle faisait jouer nerveusement entre eux. « Il t'a parlé de moi, récemment ? » La question était à peine audible tant elle était timide. Elle avait été expirée pudiquement, comme si elle avait échappé à la surveillance de Murphy.

Mais Richard ne fut bientôt plus au centre de ses inquiétudes. La question de Skylar était simple et fut brève, mais elle suffit à lui coller de subites sueurs froides. Le sang lui était monté aux joues sans qu'elle n'arrive à maîtriser le moindre signe de gêne. Il lui avait paru, pendant l'espace de quelques secondes, qu'il avait percé son secret le plus jalousement et honteusement gardé. Elle avait cru être assez douée pour oublier elle-même jusqu'à son existence mais le flot de confusion qui l'avait envahie prouvait qu'il ne suffisait pas de grand chose pour lui faire à nouveau perdre pieds -elle n'avait même plus besoin de la présence du principal concerné pour se sentir piégée par sa propre stupidité. Elle ne prit la parole que pour masquer toute la gêne qui l'avait envahie et s'efforça de l'ignorer, convaincue que c'était tout ce qui pourrait la sauver face à Skylar. Le murmure de son ami lui arracha un soupir triste. Elle savait, à cet instant précis, pour une raison qui lui était inconnue, qu'ils étaient encore connectés par quelque chose d'autre. Le silence entrecoupés de soupirs perdus parlaient pour eux, sous-entendaient tout ce qu'ils ne disaient pas. Dans le doute, pourtant, elle mentionna Frost à nouveau. Elle s'approchait timidement de tout ce qu'il ne disait pas pour essayer de l'encourager à exprimer... peu importe ce qu'il essayait de lui dire. La supplique de son ami la fit lever son regard vers lui. Elle ne savait subitement plus quoi dire. On n'avait jamais aucune raison de rejeter un ami.

Elle cherchait ses mots, alors, entrouvrait ses lèvres sans arriver à trouver de quoi suffisamment le rassurer et l'encourager. Elle espérait que son regard parlait pour elle et quand il lui prit les mains, Murphy sut qu'elle n'avait plus rien à faire. Elle accrocha son regard et scella ses lèvres en attendant patiemment, crevant d'envie de parler, de lui dire toute l'affection qu'elle avait pour lui, toute l'inquiétude qu'il n'avait pas à avoir. Ses doigts se serraient autour de ceux de Skylar pour lui signifier tout ça en même temps.

La vérité tomba avec une douceur qui l’allégea subitement d'un poids. Il lui fallut ça pour réaliser qu'elle s'attendait à une de ces confessions qui faisaient reconsidérer une amitié toute entière. Elle n'était pas prête à perdre Skylar. Elle n'était pas prête à le voir tourner le dos, lui aussi, à le voir la trahir pour une raison quelconque. Pourtant, ses joues s'enflammèrent et ses mains se firent lourdes de tout leur poids au creux de celles de l'homme. « De... de moi ? » lâcha-t-elle soudain, le regard paralysé dans l'état de surprise qui l'avait saisie. Elle n'avait jamais considéré les choses comme ça, pas avec Skylar -et pas avec grand monde, en réalité. On n'aimait pas Murphy, pas comme ça, pas aussi bien que Skylar savait sans doute le faire. Son esprit paniquait passait en revue toutes les réponses qu'elle pouvait lui donner pour lui signifier que l'intérêt, cet intérêt particulier, n'était pas réciproque. Il n'était pas Chris; lui, elle voulait le garder à ses côtés, faire les choses bien. Elle ne voulait pas heurter ses émotions, elle ne voulait pas le perdre.

Mais comme s'il lisait dans son esprit, dans son regard ou dans la peau claire de son visage devenue brûlante, il précisa l'identité de celui qui lui causait tant de peine. « Oh » fut sa première réaction. Elle ne fuyait pas son regard, le soutenait même pour essayer de lui prouver qu'il n'avait pas à se soucier de son regard. « Et alors ? » Elle serra un peu ses doigts autour de ceux de Skylar qui abandonnèrent l'étreinte. Elle fronça sévèrement les sourcils en l'entendant parler à sa place et le regarda se lever et s'emballer dans tout un tas de considérations qui la blessèrent pour lui. Depuis combien de temps gardait-il ça pour lui ? Depuis combien de temps souffrait-il de ce secret ? Depuis combien de temps était-il persuadé qu'elle allait lui tourner le dos, qu'il allait lui tourner le dos ? Qu'il allait perdre tout le monde ? « Oui, les hommes ont un sacré pouvoir, tu sais... » lâcha-t-elle avec un sourire espiègle et un haussement de sourcils qui voulait tout dire. Quelques images d'une cascade lui revinrent en mémoire et lui rappelèrent tout le pouvoir que pouvait avoir un homme sur une personne qui était sensible à ces charmes. « Tu rigoles, c'est génial d'aimer son meilleur ami. Vous vous connaissez déjà par cœur. » Son regard s'était levé vers l'homme qui gesticulait nerveusement face à elle. Du coin de l’œil, elle voyait les deux chiens gigoter à ses pieds mais n'y prêtait guère d'attention, leur offrant seulement quelques tendres caresses. « Arrête de parler pour les autres, tu veux ? L'incertitude fait aussi peur qu'elle est blindée de possibilités. » Il lui fallait encore amortir la nouvelle. Il n'avait pas à redouter un rejet de sa part, mais il lui fallait apprendre à appréhender son lien avec Richard d'un autre angle. Elle voyait deux amis devenir potentiellement plus que ça. Elle voyait deux veufs potentiellement retrouver un bonheur perdu. « Donne-toi le temps qu'il faut pour lui annoncer les choses. Mais le sous-estime pas. » Elle se leva à son tour et se dressa face à elle de sa petite taille, leva le nez vers lui et posa ses doigts froids sur les joues enflammées de l'homme pour le forcer à la regarder. « Tu me perds pas. T'allais pas me perdre non plus quand j'ai cru que j'étais celle qui faisait chavirer ton cœur. Tu comptes trop pour Richard pour que ça soit la fin de quoi que ce soit. » Elle scruta un instant son regard clair et se dressa sur la pointe des pieds pour déposer un petit baiser sonore sur sa joue, avant de le serrer dans ses bras. « Il paraît que l'amour c'est chouette. Arrête de penser au pire », souffla-t-elle au creux de son épaule, le ventre noué par ses propres souvenirs que l'instant avait fait resurgir.

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Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Jeu 8 Mar - 22:15

Bien entendu que les peureux restaient loin de leurs chiens, même si Skylar ne comprenait pas ce genre d’attitude. Leurs chiens n’étaient pas mauvais, mais il fallait accepter. Accepter l’idée que des gens avaient peur. Il n’avait jamais eu d’enfants car il avait eu peur qu’ils souffrent autant que lui avait souffert à la mort de ses parents. Il constatait aujourd’hui qu’avoir un chien était un peu comme avoir un enfant, mais avec d’autres responsabilités qui impliquaient d’autres choses. La conversation tournait autour de Frost, de Richard et ils parlèrent des tensions avec Richard. Il voyait la peine chez Murphy et lui tapota l’épaule pour essayer de la réconforter comme il le pouvait. « Il n’est jamais trop tard. » Il voyait bien sa nervosité. Il connaissait par cœur Richard, il savait que son ami pouvait être très têtu et que parfois, il fallait dépasser la barrière qu’il mettait entre lui et les autres. Skylar savait très bien comment déjouer l’attitude de son meilleur ami, mais il comprenait que cela ne soit pas le cas pour tout le monde. « Oui il m’a parlé de votre dispute, de ton coup. » Et il regarda la brune avec une pointe d’amusement. Il savait que Richard et Murphy prenaient mal tout ceci, lui était amusé par le coup de Murphy. Il masqua son amusement, sachant que ce sujet était sérieux pour les deux protagonistes. Son meilleur ami lui racontait tout, alors bien entendu il était au courant.

Impossible de ne pas l’être. Il décida qu’il devait se lancer, avouer la vérité qui le brûlait. Il décida de parler de son amour qu’il ressentait pour Richard. D’abord il cligna mollement des yeux quand Murphy demanda si c’était d’elle dont il était amoureux. Jamais il ne l’avait envisagé comme une potentielle amante. Il la regardait plutôt avec le regard d’un ami, rien d’autre. Il fut forcé d’avouer que ce n’était pas elle qu’il aimait, mais Richard. Skylar vit bien la réaction de Murphy, était-elle déçue ? Le brun était complètement en panique, incapable de voir que son amie ne lui voulait aucun mal, bien au contraire. Il se leva, bougea, s’il restait statique, il avait peur de perdre la tête. La tête lui tournait, son cœur battait vite, il avait peur de ne plus arriver à respirer. Le brun s’attendait à voir du dégoût chez son amie, du rejet, mais elle resta égale à elle-même, parlant avec espièglerie et expliquant les choses. Skylar l’écoutait à peine. « Non ce n’est pas génial, justement c’est mon meilleur ami. » Il cessa de gesticuler, de s’agiter quand elle lui ordonna d’arrêter de parler pour les autres. Le soldat s’apaisa, ses émotions se calmèrent et il respira un grand coup. Il n’avait pas vu l’incertitude de manière positive, il ne voyait cela que de manière négative et anarchique. Skylar ignorait si un jour il oserait dire la vérité à Richard. Comment pourrait-il dire ? Oserait-il seulement le faire ? Rien que d’imaginer la scène, le brun se sentait se pétrifier.

Il avait trop à perdre et le jeu n’en valait pas la chandelle, clairement. Une montée d’angoisse le traversa à cette pensée. Les doigts frais de Murphy l’encrèrent dans la réalité et il baissa son regard clair sur elle. Il reprit une respiration normale alors qu’elle énonça des faits et lui expliqua qu’il ne la perdrait pas. Bien entendu qu’il comptait énormément pour Richard, mais des fois cela ne pouvait pas être suffisant. Skylar était un homme pudique et même si les mots de Murphy le touchèrent, il n’en montra rien, ses yeux restèrent secs. Il passa juste un bras autour d’elle en guise de remerciement. « Merci de m’accepter. » Se rendait-elle compte de l’ouverture d’esprit dont elle faisait preuve ? Ou alors pas du tout ? Il n’avait pas son âge, il n’avait eu des expériences amoureuses et charnelles seulement avec des femmes. Un nouveau monde s’ouvrait à lui et cela l’angoissait. « Comment peux-tu être si sûre qu’il ne me tournera pas le dos ? Rien n’est acquis. » Skylar avait un regard très critique sur la vie de manière général. Il la laissa l’embrasser sur la joue et il crut avoir face à lui une petite sœur. Il tendit la main pour lui ébouriffer tendrement les cheveux. Il fut étonné des paroles qu’elle disait. « Tu aimes quelqu’un ? » Même si la panique était encore là, même s’il était nerveux à l’idée d’en parler à Richard, il venait de capter quelque chose chez Murphy qui piquait son intérêt. Skylar détourna le regard, il y avait tant de questions dans sa tête. Comment aborder Richard, que dire, comment dire ? Il devait établir une stratégie, il était doué là-dedans. L’avantage le plus sûr qu’il avait, c’était qu’il connaissait par cœur son meilleur ami. Il pouvait peut-être l’anticiper un peu. Il fallait l’avouer, il se sentait plus léger maintenant qu’il avait avoué la vérité à quelqu’un concernant ses sentiments.

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06/12/2015 Lux Aeterna 32374 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 372


Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Mar 20 Mar - 1:12

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❝ Les feuilles virevoltent et tombent ❞
Murphy Cavendish & Skylar Rees
(4 novembre 2117)


Il y avait dans l'air un drôle de parfum de confidences. Il ne s'agissait plus seulement de Frost; s'en était-il réellement agi à aucun moment, dans le fond ? Murphy savait son ami censé. Inquiété, peut-être, par l'arrivée dans son existence d'un animal dont il ne savait pas encore grand chose, mais censé. Au fond, il devait savoir qu'il n'avait pas à s'en faire. Murphy l'avait toujours idéalisé, et peut-être qu'une part d'elle continuait à le faire, persuadée que les émotions ne pouvaient pas impacter son jugement comme c'était son cas à elle, et comme elle l'avait démontré malgré elle à Richard. Mais si les mois et les années qu'elle avait passés sur cette Terre lui avaient bien appris quelque chose, c'était que ce qu'on pensait savoir n'était jamais acquis. Skylar, malgré leur amitié née au fil des rencontres forcées et du hasard, elle ne commençait que seulement à le connaître. Elle le découvrait un peu plus chaque jour et se révélait à elle une sensibilité qu'elle n'aurait jamais devinée quelques années auparavant. Il n'était pas insubmersible comme elle se l'était imaginé. Il n'en était pour autant pas moins un modèle et un sujet d'inspiration; peu à peu, comme Richard avant lui, il prenait une forme humaine, faillible mais terriblement plus accessible. Il arrivait encore parfois à Murphy, pendant de brefs moments, d'être envahie par la crainte qu'il lui avait autrefois inspirée. Le reste du temps, c'était la modestie et la bienveillance qui dominaient. Lorsqu'elle avait rencontré son malaise, un peu plus tôt, Murphy avait senti son cœur se serrer, comme si une part d'elle vivait tout ce qu'il vivait.

Mais ils s'étaient trouvés. Contre toute attente, ils s'étaient trouvés et ils ne s'étaient plus séparés depuis. Ils ne se croisaient que trop peu, mais les mois et les rencontres, aussi brèves étaient la majorité d'entre elles, faisaient fait les choses pour eux. S'était installé entre eux un climat de confiance qui dépassait l'entendement. Aux côtés de Skylar, Murphy s'était surprise à retrouver le confort et le sentiment de sécurité que seul Richard avait été capable d'instaurer chez elle jusque-là. Les deux hommes ne s'étaient pas trouvés pour rien. Ils partageaient cette même grandeur qui donnait l'impression d'une invincibilité, mais aussi cette humanité qui les rendait l'un comme l'autre nécessaires à l'existence de la jeune femme. Mais il y avait une ombre au tableau, et si elle essayait de la laisser de côté en repoussant jour après jour le moment où réaliserait l'ampleur des dégâts, elle savait l'état des choses. Elle savait où elle les avait laissées avec Richard et tout ce qui avait disparu depuis de trop longs et nombreux mois déjà. Elle n'arrivait plus à mettre ça sur le compte de leurs vies effrénées, donc plus à se rassurer à coups de ces mensonges confortables dans lesquels elle savait habituellement si bien s'enliser. Il fallait se rendre à l'évidence : il était probablement déjà trop tard pour sauver quoi que ce soit. Il aurait fallu battre le fer tant qu'il était encore chaud. Maintenant, elle ne se heurterait probablement qu'à une rancoeur électrisée par le temps. Mais cette fois, alors qu'elle se perdait dans ses remords et ses regrets, une main tiède et rassurante vint trouver son épaule. Quelques mots réconfortants lui tirèrent un sourire mélancolique mais elle s'enquit de davantage, curieuse de savoir si Richard prononçait encore son prénom parfois, même si ce n'était pas pour l'appeler et bavasser comme ils le faisaient autrefois. Le sourire malicieux qu'elle capta sur le visage de son ami la consola encore un peu plus et elle secoua la tête pour laisser derrière elle son pessimisme. « Moi je crois qu'il est trop tard. Ça fait neuf mois qu'il m'a plus rien dit d'autre que les tours de garde et de patrouilles. » Elle secoua les épaules pour se faire croire à elle-même que ce n'était pas grave, qu'elle ne souffrait pas vraiment de la situation, ou bien que si c'était le cas, alors ça passerait bien assez tôt. Mais il s'agissait de Skylar, ce jour-là, et ils s'approchaient de plus en plus l'un de l'autre et du fond du trouble qui agitait l'homme.

La vérité claqua dans l'air une première fois, laissant la brune interdite. Elle hésita une seconde alors que l'idée qu'il puisse en pincer pour elle lui traversa l'esprit. Elle n'était jamais passée par là auparavant, cette idée, mais il lui semblait que quel que fut le message que Skylar essayait de lui transmettre, il était trop important et grave pour ne pas la perdre, au moins quelques secondes, au moins le temps de rééquilibrer ses pensées. Quelques secondes, justement, c'est tout ce dont elle eut besoin pour clarifier la situation. Skylar, sans doute après avoir buté un instant sur sa question, précisa l'objet de son désarroi. Impuissante, elle le regarda se lever pour s'agiter nerveusement devant elle. Elle avait conscience de se trouver dans un instant particulier de la vie de Skylar. Il resterait probablement gravé dans sa mémoire pendant un bon moment et il guiderait sans doute certaines de ces décisions. Le défi que représentait sa réponse à venir aurait pu l'intimider, mais elle décida qu'elle le lui interdisait. C'est avec sa malice habituelle et une tendresse nouvelle qu'elle répliqua, comme pour donner tort à toutes les inquiétudes qu'elle pouvait voir ronger son ami. Elle cherchait ses mots, un peu, redoutait d'amplifier les angoisses de Skylar en les choisissant mal. Elle vulait le préserver, elle. Le préserver de lui-même, de tous les chamboulements que cette vérité avait dû faire naître, de toutes les inquiétudes qui avaient dû germer au regard de l'amitié qui le liait à un homme qu'il aimait plus que ça. « Il y a pire que de tomber amoureux de quelqu'un avec qui on partage déjà sa vie depuis des années... » lâcha-t-elle dans un souffle timide, contrecarrant avec douceur l'inquiétude du meilleur ami. Ils se connaissaient déjà par cœur. Ils vivaient déjà tout ensemble, ou presque. Ils avaient déjà tout vécu ensemble, ou presque. Murphy ne put s'empêcher de penser à Faust, de qui elle aurait encore pu en dire autant quelques temps plus tôt. Aimer quelqu'un dont on connaissait déjà les meilleures qualités et les pires travers... c'était sans doute l'une des formes les plus pures et sincères d'amour qui puisse exister. Même une Murphy qui n'avait jamais vraiment cru à ces choses-là, à ces descriptions dignes de romans aux notes exagérées, se surprenait à envier le lien qui existait entre les deux hommes. Pour certaines choses, elle était probablement autant dans le flou que son ami. Aucun d'eux ne pouvait prédire la réaction de Richard si Skylar choisissait de se dévoiler. Pourtant, l'idée d'un lien plus symbiotique encore entre les deux hommes faisait naître en elle un espoir nouveau, comme si de belles choses pouvaient encore être créées ici, comme s'ils pouvaient trouver sur cette Terre, loin de leurs étoiles, un peu de cette lumière qu'ils avaient pensée mourante ou déjà perdue.

Murphy ne sut vraiment si ce furent ces mots qui calmèrent Skylar mais il lui sembla qu'il s'était apaisé presque instantanément. Elle se leva à son tour, sans cesser de parler, comblant un vide qu'elle devinait angoissant pour son ami dans un pareil moment, énonçant les faits tels qu'ils lui paraissaient. Elle sourit pudiquement lorsqu'il la remercia, réalisant une fois de plus si c'était nécessaire toutes les angoisses qui devaient être liées à la nouvelle. « On connait Richard tous les deux, non ? » La réponse était simple, creusait ses fossettes d'une manière entendue. Richard, même s'il ne partageait pas les sentiments de Skylar, refuserait de perdre son meilleur ami au nom de quoi que ce soit. Dans la vie, il y avait des choses qui paraissaient évidentes, et la loyauté et l'attachement de Richard envers son ami en faisaient partie. Elle se faisait affectueuse, de cette affection qu'elle ne réservait qu'à ceux qui l'avaient gagnée. Son ami répondit en ébouriffant sa tignasse, lui arrachant une plainte amusée. Mais maintenant, contre Skylar, Murphy se sentait protégée du monde entier et de tous les peines qui l'avaient attaquée au fil des dernières années et continuaient vicieusement de l'attaquer un peu plus chaque jour. Ses paupières tombèrent un instant devant son regard attristé par tout ce qui lui revenait en mémoire, par les parallèles qu'elle ne pouvait s'empêcher de faire avec sa propre vie, et elle se sépara à contrecœur de Skylar. La question fit fuir brusquement son regard, qui s'évada vers des contrées lointaines, là où les groupes s'afféraient à ce à quoi ils étaient destinés à s'afférer. « Non ! Non, bien sûr que non. » Elle s'efforça de capter à nouveau le regard de son ami pour donner de la contenance à sa réponse mais ne trottait dans son esprit que quelques épisodes d'un passé tristement révolu. Elle soupira et s'accroupit subitement pour flatter l'encolure de leurs deux canidés, fuyant la conversation avec une hâte qu'elle avait du mal à dissimuler. « Tu... tu vas lui parler, à Richard ? » Elle avait la gorge nouée, mais elle ne savait plus trop pourquoi exactement. Elle voulait juste que Skylar la quitte l'esprit ne serait-ce qu'un peu plus apaisé, déterminé à faire ce qui s'avérait nécessaire pour trouver un peu de bonheur dans ce monde trop incertain.

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05/05/2016 Ponyta 276 Norman Reedus shiya Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège 74


Sujet: Re: Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy
Mer 11 Avr - 16:49

Richard était leur principal sujet de conversation et Skylar ne savait plus vraiment quoi faire ou penser. Il était extrêmement perdu. La peur le tenait au ventre. Il n’aurait pas été le genre à vomir, heureusement son corps ne le lâcherait pas là-dessus. Skylar ignorait comment sortir de son rôle de meilleur ami pour obtenir plus de la part de Richard. Il ne savait même pas si son ami continuerait à lui parler ensuite. Il regarda son amie alors qu’elle disait qu’il y avait pire que de tomber amoureux de quelqu’un qui partageait sa vie depuis longtemps. Il ne savait pas quoi penser et peut-être que son interrogation se voyait au fond de son regard. « Nous avons notre routine. Les habitudes ne sont pas si faciles à changer. » Ils se connaissaient par cœur et Skylar osait tout changer, tout chambouler. Il osait envisager de modifier leur rythme de vie. Il ignorait complètement comment Richard allait prendre cela, voire s’il le prendrait bien. Une fois debout, le militaire se sentait nettement mieux. Il devait réfléchir l’esprit clair. Oui ils connaissaient les deux Richard et cela ne manqua pas de le faire sourire. « Bien sûr. » Et il la serra contre lui car il avait besoin de chaleur humaine à cet instant. Il savait qu’il pouvait le faire, que sa force c’était qu’il connaissait Richard par cœur.

Ils se séparèrent l’un de l’autre. Le militaire frissonna, il se dit à cet instant qu’il aurait voulu que quelqu’un d’autre le serre dans ses bras. Peut-être cela arriverait-il un jour, mais il ne voulait pas se laisser aller à rêver. Skylar n’avait jamais été un rêveur, plus quelqu’un de très terre à terre. Le soldat avait un instinct et avait une drôle d’impression concernant Murphy. Il décida de demander frontalement pour voir sa réaction. Elle eut une réaction qu’il arrivait difficilement à interpréter et la regarda. Une personne qui ne serait pas amoureuse n’aurait pas appuyé autant sur le fait de ne pas aimer quelqu’un. Néanmoins, le soldat comprit qu’il devait lâcher l’histoire maintenant. Peut-être qu’ils en parleraient une autre fois, mais assurément pas aujourd’hui. Skylar lui sourit avec tendresse et hocha la tête pour lui dire qu’il la croyait. Non pas vraiment, mais il ne voulait pas la stresser plus que cela. Ils en parleraient quand il serait temps d’en parler. Le second du chef de la garde regarda son amie alors qu’elle caressa les chiens. Il était dans ses pensées, mais oubliait presque son questionnement concernant Richard car il ne voulait pas trop se torturer avec cela. Il avait besoin de laisser ses pensées aller dans tous les sens un petit instant.

A la question de Murphy, il eut comme un sursaut et la regarda. « Il faudra bien, tôt ou tard. » Et son regard clair retourna dans le vague tandis qu’il pesait le pour et le contre. « Je continuerai toujours de lui parler de toute manière. » Il se refusait à rompre le dialogue car il l’avait déjà fait et il en avait tellement souffert à dire vrai. Il n’avait pas supporté cela. Il ne savait juste pas quand il parlerait de ce sujet. « Je jugerai quand ce sera le bon moment. » Skylar ignorait complètement que Richard était dans le même état que lui, que leurs cœurs étaient à l’unisson. « Retournons à notre travail. Sinon les autres vont s’inquiéter pour nous. » Et il tapota l’épaule de Murphy. « Merci pour tout. » Il la regarda droit dans les yeux pour appuyer ses propos. Il savait qu’il pouvait lui faire confiance, qu’elle n’irait pas hurler sur tous les toits les sentiments qu’il avait pour Richard.

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Les feuilles virevoltent et tombent. | Murphy

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