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˜˜˜˜˜˜Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
maybe life should be about more than just surviving

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06/12/2015 Lux Aeterna 31710 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 134


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Lun 27 Nov - 21:52



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Malgré tout l'honneur qu'elle faisait à sa part de mystère, les réactions de Murphy auraient pu être comprises par n'importe qui. C'était ce qui la sidérait, l'incompréhension à laquelle elle se heurtait, le regard de rage que Richard posait sur elle. Peut-être qu'ils ne s'étaient jamais tant compris, en fait, que tout avait toujours manqué de voler en éclat, que tout n'avait attendu que le premier obstacle pour le faire. Les années avaient défilé sans donner raison à cette théorie mais elle émergeait maintenant plus claire que jamais. Ils atteignaient doucement le point de non retour et tout était à deux doigts d'exploser sous leur nez. Murphy avait totalement perdu le contrôle dès l'instant où le sujet d'Autumn avait été abordé. Un seul prénom et l'apocalypse avait atteint sa raison, déclenché ses phobies, nourri toutes les inquiétudes qu'elle s'était efforcée d'enterrer jusque-là. Il ne comprenait vraiment pas ? La peur irrationnelle et irraisonnée de le perdre, l'impression que la bataille était déjà terminée ? Ne comprenait-il pas le mal de l'absence, les questionnements et les doutes, l'envie d'être une meilleure personne mais la paralysie du caractère qui empêchait d'avancer ? Ne comprenait-il pas tout ce qui se cachait derrière les reproches lancés avec violence ?

Autumn, elle la détestait pour tout ce qu'elle représentait. Parce qu'elle était la fille de Richard, parce qu'elle était sa biologie, son sang, son ADN, parce qu'elle était tout ce qu'elle ne serait jamais, l'innocence jeune d'une gamine qui avait encore toute la vie devant elle pour apprendre et comprendre, s'adapter au nouveau monde et rendre son père fier d'avoir découvert cette paternité. Pour Murphy, il était trop tard. Elle tentait constamment mais c'était peine perdue; ce monde ne voulait pas d'elle car elle n'avait pas été taillée pour lui. Elle était taillée pour les étoiles et le monde sécuritaire d'une boîte de conserve en orbite autour d'une planète qui l'avait vue naître. Elle était un rejet de greffe, celle qui s'accroche malgré tous les signes de dégoût de son hôte, le parasite indésirable, nuisible, toxique. Elle n'aurait simplement jamais cru que Richard serait des hôtes. Il était censé être son partenaire, son coéquipier, son ami, son frère, son protecteur, son roc, son père, sa famille. Le ton montait autant que sa voix le lui permettait mais cette dernière s'étranglait, rauque, atteinte par le froid et le virus, la peine, la tenacité. « Parce qu'elle me fait chier même quand elle est pas là ! » Si sa physiologie le lui avait permis, elle aurait sans doute hurlé dans un réflexe déraisonnable. Les mots étaient devenus son arme dans cette bataille, puisqu'il était incapable de comprendre ses regards et tout ce qu'elle taisait. Les problèmes d'Autumn ne regardaient qu'elle jusqu'à ce qu'ils atteignent son propre monde. Et son monde à elle, la gamine le bouffait avec avarice, en témoignait le passé dont Richard usait à présent, reléguant au passé et au révolu tout ce qui avait pu les lier. Le choc était rude et n'atteignait plus seulement l'esprit. Des frissons la parcoururent alors qu'elle réalisait qu'ils s'apprêtaient à franchir la ligne finale, ensemble. La fin d'une amitié, la fin de sa famille, la fin de tout ce qu'elle chérissait et qui lui avait donné la force de se lever le matin et de continuer à vivre malgré les pertes, malgré Ofelia et malgré Faust. Si c'était toute l'importance qu'il lui attribuait, alors peut-être était-ce là pour le mieux. Elle n'avait jamais eu de cesse de se le répéter : si elle n'était pas assez bien pour quelqu'un, alors c'est que ce quelqu'un n'était pas assez bien pour elle. L'équation était simple, pourtant. La considération qu'un parti avait pour l'autre devait être égale à son inverse. L'équilibre devait être parfait, c'était comme ça que fonctionnaient les relations. Parce qu'à trop donner d'importance à autrui, on se perdait dans l'attente d'un retour qui n'arrivait jamais. Alors pourquoi maintenant tout changeait ? Pourquoi la balance devenait si instable dans chacune de ses relations, pourquoi était-elle incapable de laisser partir ceux qui ne lui accordaient pas l'importance et l'affection qu'elle pensait mériter ? Elle se fragilisait, vacillait, la vulnérable. La carapace était trop usée, devenait poreuse.

Et il le lui répétait, Richard. Il ne la reconnaissait pas. Mais elle avait toujours été comme ça, il était peut-être simplement temps qu'il ouvre les yeux, qu'il la découvre dans ses peurs et ses incertitudes. Ils avaient toujours été liés face à l'épreuve, main dans la main, épaule contre épaule. Maintenant, l'épreuve ne se dressait plus face à eux deux, elle s'interposait entre eux, les séparait violemment. Tout ce qui avait pu la lier à Richard devenait flou, brumeux et vaporeux face à tout le concret dont se teintait le clivage. La seule certitude qui lui restait était celle de l'angoisse de l'abandon. Elle s'accrochait à son regard comme on s'accroche à une bouée de sauvetage en pleine tempête. Ne comprenait-il donc pas ?

C'était Autumn, la seule responsable. Elle avait déclenché le mode de défense ultime chez Murphy; répondre aux menaces par la menace. Mais elle, elle avait compris. Elle avait compris ce qu'il lui disait, lui, la rupture qu'il avait confirmée et l'avenir qui s'effondrait devant elle, la perte de la seule stabilité, l'abandon ultime.

Il la connaissait depuis qu'elle était née, la petite, et elle manqua une respiration. C'était encore pire. Il connaissait sa fille depuis sa naissance, en quoi était-ce censé la rassurer ? Elle le regardait, à bout de souffle, les lèvres entrouvertes par le choc de la révélation. Elle l'écoutait, scrutait son regard, ne maîtrisait plus les expressions qui défilaient sur son visage à la fois paniqué, peiné, agressif. Elle attrapait ses mots à la volée, cherchait dans chacun d'eux un peu de réconfort mais le doute prenait le dessus sur tout le reste, rongeait ses tentatives à l'optimisme. Sonnée, incapable de répondre dans l'immédiat, elle le regarda bêtement se lever et lui faire face. « A elle, tu lui pardonneras toujours tout. Moi je te décevrai toujours. » La constatation s'éleva comme une plainte au milieu des crépitements d'un feu qui ne parvenait même plus à la réchauffer. « Au-dessus des autres ? C'est pas l'impression que tu m'as donnée ces derniers mois. » Le reproche n'en était pas vraiment un, plutôt une observation. Qu'Autumn ait toujours été dans la vie de Richard ne changeait pas grand chose, finalement. Elle avait toujours plus à offrir qu'elle, et lui serait toujours déçu. Ce moment en était le parfait exemple. Il n'aimait pas celle qu'il voyait, mais elle était incapable de changer. Elle se battrait toujours férocement contre ceux qui essayeraient de lui voler ceux qui comptaient. Elle s'était battue contre Elouan pour Antarès et Richard ne l'avait pas compris. Maintenant, elle se battait contre Autumn et pour lui, mais il ne le comprenait pas davantage. « Ce que je veux ? Tu comprends vraiment pas ? » Elle se leva pour lui faire face et, non sans hésitation, brisa la distance qui les séparait. Leur conversation n'appartenait qu'à eux. Les autres n'avaient pas besoin de savoir toute l'électricité qui faisait maintenant leur relation. « Je veux que tu partes pas comme tous les autres. Et pis que t'arrêtes de me regarder comme si j'étais la pire erreur que t'as jamais faite. » Elle ne serait jamais parfaite, pour lui ou pour quiconque, mais ce qu'elle voulait, c'était qu'il l'accepte avec tout les parts d'ombre qui la composaient et qui contrastaient avec la lumière qu'elle s'était toujours efforcée de mettre en avant lorsqu'il regardait. Ses prunelles dorées reflétaient les lueurs brûlantes du feu mais surtout tout le supplice qu'elle traversait. Elle murmurait, suppliait du regard, attrapait désespérément la bouée qu'il lui avait lancée, espérait l'avoir bien fait. Il était peut-être trop tard pour s'en rendre compte, mais elle avait besoin de lui et elle avait toujours eu besoin de lui. « Comment je peux être au-dessus des autres et laissée de côté pendant dix mois ? »
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23/05/2015 avengedinchains 1434 Andrew Lincoln ava by Lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 69
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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Mar 28 Nov - 22:12



I forgive you, I forgive me

Comment est-ce que les choses ont pu dégénérer comme ça ? Il n’en a pas la moindre idée. En réalité, Richard sait qu’il a été accaparé par ses songes et perdu au milieu des travaux. Se plongeant dans les travaux, il n’a pas été en mesure de voir que le temps passait si vite. Tout s’est passé si vite qu’il n’a pas fait attention à tout. Skylar occupait ses pensées, bien plus qu’il n’aurait pu l’admettre. Et certaines choses se sont très mal passées. Sans qu’il ne soit en mesure de le comprendre. Alors qu’elle se perdait dans ce monde à essayer de comprendre les choses et à tenter d’attirer son attention peut-être ? Lui, il restait muré dans ses songes, se concentrant sur ses problèmes et tentant d’y mettre de l’ordre en la laissant elle de côté. Sauf qu’il ne s’en est pas rendu compte, qu’il a été suffisamment stupide pour ne pas prendre conscience des choses qui ont pu mal se passer. Est-ce qu’il apprécie la situation ? Pas du tout, mais il ne nie pas qu’il en est tout aussi responsable. Il est fautif dans cette histoire et il ne le fait même pas exprès. Il ne sait pas comment il est censé revenir en arrière et il réalise bien que de simples excuses ne suffiront pa, surtout quand il voit à quel point elle semble remonter. Pour autant, il est aussi hors de question pour lui de la laisser lui parler comme s’il était normal d’agir ainsi. Si elle se met à crier et qu’il ne fait rien, c’est la porte ouverte pour que tout le monde se mette à réagir comme ça. Et il ne le supporterait pas. Mais comment arranger les choses en la grondant comme une gamine hein ? A quel moment est-ce que c’est censé marcher ? Mais il ne sait juste plus comment gérer avec elle parce qu’elle s’emporte pour bien peu de choses.

Il n’y a qu’à voir l’effet que peut bien avoir Autumn sur elle. Il n’y a jamais fait attention avant et il se sent un peu ridicule maintenant. Il ne supporte pas la situation actuelle mais il ne voit pas non plus ce qu’il pourrait faire pour que tout ceci se reprenne en mains. Il n’y a aucune solution miracle pour ça et il a peur que quoi qu’il fasse, elle garde sa haine et cette jalousie si étrange. Peut-être qu’il y a autre chose qu’il n’a pas vu ? Et dans ce cas, qu’est-ce qu’il est censé faire pour que tout redevienne comme avant ? Est-ce qu’il y a une solution cachée ? Est-ce qu’il y a moyen d’arranger les choses ? Est-ce qu’il est au moins possible de le faire ? Pourquoi n’a-t-il rien vu jusque là ? C’est ça qu’il ne comprend pas ? Est-ce que ses sentiments pour Skylar ont caché tout ce qu’il y avait d’autres autour d’eux ? Et dan ce cas, il aurait dû faire quoi ? Il ne peut pas toujours faire attention à tout le monde. Ce que les gens ne semblent pas se rendre compte, c’est que Richard est aussi humain que les autres et il est aussi en mesure de faire des erreurs. Alors oui, certains ne sont pas foutus de se rendre compte de tout ça, mais qu’est-ce qu’il est supposé faire, dans ce cas ? Il n’en as pas la moindre idée. Et il n’a, de toute manière, pas particulièrement envie d’y réfléchir. « Parce qu'elle me fait chier même quand elle est pas là ! ». Blessé, il baisse le regard. Elles ne peuvent pas se tolérer, très bien. Et dans ce cas, qu’est-ce que lui, il est censé y faire ? Choisir quelqu’un ? Non, ce n’est même pas envisageable et ce n’est pas près d’arriver. Il n’a vraiment pas envie de perdre son temps sur de tels enfantillages et pourtant, il voit bien qu’il n’a pas le choix. Murphy semble ne pas comprendre sa déroute et lui reproche tous les maux du monde. Et face à ça, qu’est-ce qu’il est supposé faire ? Au vu du ton qu’elle emploi, Richard choisit de tout simplement pas lui répondre. Il n’y voit pas d’intérêt. Elle déteste Autumn, très bien. Et lui, il ne risque pas de prendre parti à une joute verbale d’enfants de quatre ans. Elle veut élever la voix ? Très bien, qu’elle montre à tout le monde qu’elle n’est qu’une enfant. Il ne cherchera pas plus loin. Il a fait des erreurs ? Certes, mais au vu de sa manière de se comportement, il est absolument hors de question pour lui de faire quelconque effort. Hors de question.

« A elle, tu lui pardonneras toujours tout. Moi je te décevrai toujours. ». A quel moment avait-il dit une chose pareille ? A quel instant s’est-il permis de dire qu’il pardonnerait tout et n’importe quoi à sa fille. Il parle d’elle, elle s’offusque mais prend-elle le temps de comprendre ce qu’elle est en train de lui dire ? Est-ce qu’elle a oublié qui il est et comment il est ? Richard n’est pas un homme parfait et il n’a jamais été responsable de tout ce qu’il faisait. Il a obéi aux ordres et fait bien des bourdes mais soit. Pour le reste, les choses sont différentes. Vraiment différentes. Parce qu’elle le juge autrement que tel qu’elle le connait et c’est justement ce qui se trouve être pathétique dans tout ça. ” Tu me critiques vis à vi d’Autumn mais ta colère et ton entêtement t’empêche de te souvenir comment je suis. Tu ne me connais donc plus ?”. Mais il n’est pas certain d’avoir envie d’entendre la réponse à sa question. Au vu de sa manière de lui parler, elle ne fait plus attention au reste. Elle ne l’écoute plus, ne prête plus attention à ce qu’il dit. Elle se moque des choses qu’il peut bien dire, elle l’ignore et crache sa haine et sa colère. Elle semble s’en amuser, très bien. Mais il ne risque pas de chercher plus loin. Butée, elle s’imagine avoir raison sur tout. Soit, il ne veut pas se battre pour qu’elle arrête de le croire.

« Au-dessus des autres ? C'est pas l'impression que tu m'as donnée ces derniers mois. ». Elle lui met dans les dents son absence, son besoin de rester loin et de souffler dans son coin. Son besoin de s’éloigner de Murphy et de la déception qu’elle lui a suscité. De Skylar et de ses sentiments contradictoires. Pour autant, au milieu de tout ça, il y avait de vrais problèmes bien sûr. Il y avait le déménagement et les choses que ça a bien pu apporter au reste. Ici, il sait qu’il a des torts mais elle n’est pas non plus venue vers lui non ? Elle sait qu’il y avait du travail, elle sait qu’il est chef de garde et qu’il n’a pas que ça a faire que de se prendre la tête avec les problèmes et les émotions de ses proches. Il n’y a pas que ça, et il a des responsabilités. Sur certains points, les choses n’étaient pas faciles du tout. Et il ne voit toujours pas ce qu’il pourrait faire pour que les choses évoluent, désormais. Rien n’est facile. Jamais. Mais elle ne veut pas entendre ses excuses, elle ne veut pas comprendre où il veut en venir et elle ne veut pas l’écouter non plus. Lui, il n’a pas envie de réfléchir plus loin. Elle ne veut même pas l’écouter de toute manière, alors qu’est-ce que ça change ? Il ne supporte pas l’idée que cette relation ait pu prendre fin aussi vite et sans qu’il ne soit en mesure d’aller contre ça. Pour autant, il réalise qu’il ne voit pas comment revenir en arrière. Il peut bien essayer autant qu’il le peut, il ne voit pas comment arranger tout ça. ” Je ne t’ai pas beaucoup vu non plus, si tu veux jouer à ça.”. Plutôt que de tout lui mettre dans la gueule maintenant, elle aurait pu venir le voir à plusieurs reprises, elle n’en a rien fait. Et là, maintenant, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire pour que tout change.

« Ce que je veux ? Tu comprends vraiment pas ? ». Absolument pas en effet. Il est perdu face à ses réactions qui lui échappent totalement. Il ne sait plus comment réagir face à ses attaques et ses larmes. Quand elle se rapproche pour que l’échange se fasse un peu plus privé, il en rigolerait presque. Ne voit-elle pas que tous les regards sont déjà tournés vers eux ? Ne réalise-t-elle pas qu’il est trop tard pour prétendre que tout va bien entre eux ? « Je veux que tu partes pas comme tous les autres. Et pis que t'arrêtes de me regarder comme si j'étais la pire erreur que t'as jamais faite. ». Il baisse la tête, soupire un instant, ne comprend pas ce qui peut bien se passer. A aucun moment il n’a laissé entendre qu’il envisageait de partir. Il n’a jamais dit qu’il allait s’éloigner. Même en restant un minimum loin, il a toujours fait en sorte de la guetter, de la protéger si c’était nécessaire. Mais ça ne pouvait pas se passer aussi simplement, bien sûr. Mais là, maintenant, tout est visiblement différent. Si c’est vraiment ce qu’il lui a laissé entendre, il ne voit pas ce qu’il pourrait vraiment faire pour arranger ça mais il s’en veut, vraiment. Si elle a peur qu’il parte c’est qu’il lui en a donné l’impression, et ce n’est pas ce qu’il cherchait. Pas du tout même. ” Il ne suffit pas toujours d’attendre que tout explose pour entrer dans une colère monstre ou pour entrer dans tes derniers retranchements. Tu me tombes dessus sans que je puisse répliquer une seule seconde, sans que je puisse y faire quoi que ce soit et tu ne me laisses aucun répit, prétendant que de ton côté quoi ? Tu n’as aucun tort ?”. Il n’a pas envie de l’agresser à son tour, mais il ne supporte pas sa manière de se comporter et à son tour, il perd patience, qu’est-ce qu’il peut en dire hein ? Rien. Elle ne semble pas comprendre grand chose et c’est dommage mais il ne va pas passer trois heures à lui expliquer.

« Comment je peux être au-dessus des autres et laissée de côté pendant dix mois ? ». Cette fois, il ne détourne pas le regard. Il en a assez. Et elle, elle était où ? Le moindre travers et elle disparaît pendant des mois ? Faire le premier pas après dix mois, ça ne veut absolument rien dire. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne et il faudrait qu’elle l’accepte et le comprenne. Sauf qu’elle n’en fait rien. Rien du tout. Et il en a marre. A bout, exténué, il ne supporte plus cet échange et il n’a plus envie de chercher plus loin. Il en a marre de se retrouver devant tout ça sans pouvoir reprendre le contrôle. Il est fatigué par ses journées, et son comportement à elle, par sa tristesse, sa déception et sa frustration. Il ne comprend pas tout et il n’a pas vraiment envie de comprendre. Il veut l’aider mais il n’y arrive pas. Et puisqu’elle est butée au point de ne même plus l’écouter ou de remettre en cause tout ce qu’il peut bien dire, qu’est-ce qu’il est censé faire ? Il est à bout et c’est sans doute pour ça qu’il finit par l’ouvrir une fois de trop, heureusement pas trop fort. ” Parce que tu crois que j’étais là, dans un coin, à attendre le déluge ou que je tournais autour des autres comme si tu n’existais plus ? J’étais avec personne. Juste moi, avec mon boulot, les soucis du déménagements et mes sentiments pour Skylar. Arrête de croire que tu es le centre du monde”. Il soupire, il a trop parlé et il n’a pas envie d’en dire plus. Puisqu’il est debout, il choisit de prendre le large, ne voulant pas qu’elle lui mette ça dans la gueule en plus du reste.

notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Mer 29 Nov - 19:40



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Elle était bornée, Murphy, ne retenait des répliques de Richard que les aveux qu'elle voulait y trouver. En quelques minutes, elle avait oublié toutes ses bonnes intentions, les avait abandonnées au profit de ce pessimisme qui la guidait depuis de trop longs mois. Elle avait regretté le coup accidentel dès qu'il était parti mais il avait suffi pour Richard de prononcer le prénom de sa fille pour lâcher tout le flot de jalousie qu'elle avait retenu trop longtemps. Délaissé le remord de l'accident, abandonné la douceur des mots bercés de regrets. Elle ne voyait plus l'issue de cette discussion avec grand espoir, se demandait encore si elle pouvait changer, maintenant, si elle pouvait aboutir à autre chose qu'à une rupture définitive. Elle s'accrochait désespérément, le fixait sans plus redouter ses réactions parce qu'elle lui avait déjà donné tout le pire en se braquant dès l'évocation du prénom d'Autumn. Mais elle se décevait elle-même, peut-être même plus encore qu'elle décevait son ami, parce qu'elle lisait la peine qu'elle lui faisait et toute la surprise qui était la sienne maintenant qu'il découvrait tout ce qu'elle n'avait pas dit pendant tout ce temps qu'elle avait laissé coulé. Elle ne savait pas si elle devait regretter ou se féliciter d'avoir tenu son envie secrète jusque-là. Elle aurait dû tenir plus longtemps, tenir toujours. Le regard fuyant de Richard traduisait tout ce qu'il pensait d'elle et se reflétait dans ses propres iris. Elle ne voulait pas le blesser, n'avait jamais voulu le blesser. Elle s'était perdue en route, elle s'était perdue en ne lui souhaitant que le meilleur mais en se souhaitant un peu trop à elle-même. Elle savait ses reproches irraisonnés, elle se savait le maltraiter et ne pouvait s'empêcher de se mettre à sa place dans quelques moments de lucidité. Elle ne lui demanderait jamais de choisir, n'avait jamais eu l'intention de le faire, mais les dernières minutes avaient été fatales. Il avait choisi, lui.

Non, elle ne connaissait pas, ne le connaissait plus. Ou alors elle ne se connaissait plus elle-même ? Perdue dans un labyrinthe de la pensée, Murphy se trouvait confrontée à ses plus grandes angoisses au point de ne plus voir les lueurs d'espoir qui s'éclairaient ça et là pour lui montrer le chemin. Emprisonnée dans l'obscurité, elle avait perdu la vue, refusait d'admettre ses peurs déraisonnables, répondait à chaque tentative d'autrui par un nouveau bouclier. Tennessee avait été la première à trouver son chemin et ça lui avait donné un peu d'espoir mais la confiance ne réapparaissait jamais aussi facilement qu'elle naissait pour la première fois, naïve de tous les travers. Avec Devos, les choses avaient été plus compliquées. Avec Isdès, elles le seraient probablement toujours. Alors, avec Richard, quelle issue pouvait-elle maintenant espérer ? Elle lui avait offert sur un plateau d'argent tous ses défauts et les névroses cachées depuis un peu trop longtemps, et avec ça l'opportunité pour lui de la rayer de sa vie. Il n'avait plus qu'un mot à dire, maintenant, mais Murphy n'en avait pas vraiment besoin pour comprendre ses intentions. Il avait parlé d'eux au passé, et c'était la façon la plus vicieuse d'annoncer les choses. « Mais putain, c'est pas toi que je critique... » souffla-t-elle de sa voix éraillée, le regard fuyant vers le sol où brillait quelque humidité gelée par le froid de fin de journée. Ne comprenait-il donc pas ? Elle ne lui reprocherait jamais d'avoir une fille. Elle ne lui reprocherait jamais de l'aimer, cette fille, comme un père aimait ses enfants, et elle ne lui reprocherait jamais toutes les atrocités égoïstes qu'il imaginait sûrement. Elle comprenait la chance d'avoir un père, elle qui n'avait jamais connu le sien. On ne pouvait pas connaître le manque de l'absence si on avait jamais connu la présence, mais Murphy connaissait à le comprendre. Elle n'avait aucun souvenir de son père mais avait tout construit avec Richard à ses côtés, et ce manque-là se faisait déjà bien trop envahissant. Elle était pétrifiée à l'idée de le perdre, à l'idée qu'il n'ait pas assez de place pour elles deux et qu'il choisisse, comme il semblait être en train de le faire sous ses yeux.

Elle lui reprochait l'éloignement, l'absence, les dix mois d'un silence ponctué seulement de quelques nécessités d'organisation et politesses lisses et fades. Mais le reproche lui revint comme un boomerang et la laissa étourdie quelques instants. « Tu me vois ce soir » répondit-elle, tentant de se convaincre de son propre argument. « T'aurais fait un premier pas, toi, ou t'aurais juste continué à attendre que le temps coule et nous achève ? » C'était ça, la vraie question. Sa décision d'un premier pas n'avait pas tenu à grand chose, juste à un excès de courage ponctuel qui avait suffi à initier une conversation banale. Où elle était, cette conversation banale ? Où étaient la météo, le froid, les patrouilles ? Ils lui manquaient, maintenant.

Quand elle se lève, ce n'est pas pour le défier. C'est pour qu'ils restent seuls propriétaires de leurs mots. Sa voix était encore faible mais elle avait vu les visages se tourner sur eux. Les tonalités de reproche et de colère se repéraient de loin, ici. Certains attendaient même parfois qu'une bagarre éclate, juste pour passer le temps. Eux deux ne leur feraient pas ce plaisir, mais elle ne comptait pas plus exposer les failles de leur relation à la vue du monde. Elle savait comment pouvait être perçue une amitié entre un supérieur et un subordonné; ce n'était jamais vu d'un très bon œil. Alors la supplique avait été soufflée dans un murmure et le regard de Murphy s'était perdu un instant dans celui de Richard pour qu'elle puisse y lire tout le reste. « Mais j'ai admis mes torts, non ? » De retour sur la défensive, elle ne savait plus sur quel pied danser. Elle avait été poussée dans ses retranchements par l'évocation d'un seul prénom, toujours ce prénom maudit, mais ce qu'il ne comprenait pas c'était qu'elle était presque aussi perdue que lui, qu'elle admettait pour la première fois se sentir menacée par la gamine, qu'elle admettait pour la première fois et sans détours redouter qu'il lui tourne le dos. Finis leur affection détournée et leurs sourires pudiques; en quelques minutes ils avaient mis le pied dans une nouvelle ère où tout était plus rude car les menaces omniprésentes. « Tu m'as jamais vue en colère, Richard. Je suis pas en colère » siffla-t-elle, amère. Braquée, méfiante, vive, mais pas en colère. Parce qu'elle ne lui en voulait pas, à Richard. Elle en voulait au hasard de la vie de lui avoir offert une fille de son sang, elle s'en voulait à elle de ne pas le supporter, mais elle n'en voulait pas à Richard. Mais lui ne démentait pas ses craintes, ne leur donnait pas tort. Il continuait à la regarder comme l'erreur qu'elle était, le remord qu'elle représentait, et toute l'incompréhension qu'elle suscitait. Elle voulait qu'il brise cette crainte; elle saurait se contenter d'une seule étincelle du regard si c'était tout ce qu'il pouvait lui donner, mais pour le moment, elle ne recevait des reflets exacts de ses propres reproches. Elle voyait où il voulait en venir avec ce temps qui avait filé; elle leva les yeux au ciel comme une adolescente agacée qui attendait que les remontrances finissent par passer.

Mais ses prunelles alertes finirent par quitter le ciel d'encre pour retrouver Richard. Que venait-il de dire ? Par quoi avait-il conclu son discours ? « Quoi ?? » Elle était sonnée, n'était pas sûre d'avoir bien compris, restait bêtement sur place, bras ballants, alors que lui, ça y était, lui tournait vraiment le dos. « Quoi ? T'as dit quoi ? » Sa voix ne portait toujours pas autant qu'elle l'aurait souhaité mais elle devina quelques regards se poser à nouveau sur eux et elle trotta jusque Richard pour l'attraper par le bras et le forcer à la regarder. Ils étaient excentrés, maintenant, s'étaient éloignés de la densité qu'appelait la douce chaleur réconfortante du feu du cœur du village. « T'as dit quoi ? » C'était tout ce qu'elle était capable de dire, de répéter. Le sujet avait dévié trop vite et elle avait presque oublié tous les reproches qu'ils s'étaient balancés au visage. Il le savait, non, qu'elle serait toujours pour lui ? « Je suis désolée si t'as eu des merdes, Richard. T'aurais pas du avoir à les gérer tout seul. Je pensais que tu savais que j'étais là. Tu pouvais venir me chercher quand tu voulais. Mais je suis là, maintenant, non ? On devrait pas avoir à se dire ces choses-là. On a jamais eu à le faire, avant. » Elle le fixait d'un air grave mais tendre, comme pour le forcer à assimiler toute l'affection qui coulait de cette déclaration soudaine. Elle le savait, qu'elle n'était pas le centre du monde. Elle voulait juste faire partie de celui de Richard.
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23/05/2015 avengedinchains 1434 Andrew Lincoln ava by Lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 69
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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Mar 12 Déc - 21:58



I forgive you, I forgive me

Comment est-ce que ça pourrait être pire ? Richard a l’impression que rien ne s’arrangera. Rien ne s’arrange, de toute manière. Il ne voit pas ce qu’il pourrait dire parce qu’il ne voit pas à quel moment il serait en mesure d’arranger tout ça. Murphy est butée, mais ça, c’est un fait avéré depuis bon nombre d’années déjà. Il a seulement pensé que ça pourrait s’arranger au fil du temps, sauf que ce n’est jamais arrivé et c’est justement ce qui lui pose un problème. Ici, l’homme a simplement l’impression que tout va exploser, ou en tout cas, que ça ne va pas tarder à le faire. Leur relation ne tient plus qu’à un fil, une situation qui lui échappe. Il a beau espérer que ça puisse s’arranger, il sait malgré tout que ça ne fonctionne pas comme ça. Et il a peur, en réalité. Peur de perdre cette femme qui compte tellement pour lui. Il a fait des erreurs ? Oui, d’accord, et il ne risque pas de prétendre que ça va s’arranger. Parce que ce n’est pas le cas. Un soupir s’échappe des lèvres de l’homme alors qu’il passe une main dans sa barbe. Il ne sait pas comment vivre face à tout ça et il n’a, par ailleurs, absolument pas envie de se prendre la tête à ce sujet. Finalement, tout ceci ne part pas de bien loin et les conséquences sont indescriptibles. Il ne sait pas quoi dire, ni quoi en penser et il n’a pas vraiment envie d’y réfléchir. Pour autant, il sait que ses options ne sont pas nombreuses. Tout se joue ici, et maintenant. Que ce soit supportable ou non. Ils ressemblent à deux inconnus qui ne savent pas où donner de la tête. Sans doute fait-il des erreurs en lui parlant, mais il n’est pas facile de trouver l’ordre des mots lorsque les esprits s’échauffent.

« Mais putain, c'est pas toi que je critique... ». Il ne sait toujours pas de quoi elle parle, d’où se trouve le problème. Peut-être que c’est lui qui a un problème et dans ce cas, il ne voit pas ce qu’il pourrait dire. Il veut que les choses s’arrangent mais il ne sait pas ce qu’il devrait faire. Il ne vois pas quels sont les mots à utiliser, le ton de voix à prendre ou les gestes à avoir. Il ne sait pas du tout et il n’a pas vraiment envie de chercher plus loin. Il ne sait pas quoi lui dire et à chaque fois qu’il prend la parole, il a l’impression de faire une gaffe, de faire une erreur. Il ne sait pas quoi dire ni quoi faire. Et il n’a pas vraiment envie de chercher plus loin. A quoi est-ce que ça pourrait bien servir ? A rien sans doute. ” Je ne vois pas ce que je pourrais te dire. Quoi qui puisse sortir de ma bouche, j’ai l’impression que ce n’est pas ce que tu veux entendre”. Est-ce qu’il se trompe vraiment ? Il n’est pas toujours doué avec les mots, on ne va quand même pas le lui reprocher si ? Il fait ce qu’il peut. Mais il n’y a pas de méthode miracle à propos de tout ça. Il fait ce qu’il peut et il tape à côté, ce n’est pas le bon moment pour se tromper de discours mais il fait de son mieux et suppose que c’est suffisant. Il sait juste que quoi qu’il puisse se passer, il ne veut pas la perdre alors qu’il a l’impression que c’est ce qui arrive. Il ne voit pas comment arranger les choses parce qu’il a l’impression qu’une barrière s’est glissée entre eux avec Autumn et qu’elle risque de s’élargir avec Liam. Il ne sait pas quoi dire parce qu’elle a toujours connu James ou presque et qu’il n’était pas question d’un quelconque problème avec lui. Il ne sait pas quoi dire parce qu’il ne veut pas renier ses enfants et que c’est même une chose qu’il ne risque pas de faire.

Bien sûr que ses torts sont évidents et palpables, il serait mentir que de prétendre le contraire. Pour autant, il ne voit pas ce qu’il pourrait dire. Oui, il aurait pu, à tout moment, aller vers elle pour lui parler, pour qu’ils échangent et puissent se dire tout ce qui ne va pas. Il a ses torts mais il avait aussi ses doutes et son tas de questions. Il n’était pas en mesure de vraiment songer à cette querelle avec elle et il n’en avait pas envie non plus. Les mois ont fini par s’écouler et il n’a pas fait ce qu’il fallait. S’il s’en veut, il ne peut guère revenir en arrière et corriger les choses qu’il a fait. C’est trop tard. « Tu me vois ce soir ». Il soupire. Sans doute les choses se seraient passées autrement s’il avait fait le premier pas, quelques temps auparavant, mais il n’en avait pas la force ou même le courage. Il était maladroit dans ses choix et ses décision mais il n’a pas pu y faire grand chose et à force, il était comme trop tard et la honte a pris le pouvoir. Encore une fois, il sait très bien que ses décisions n’étaient pas les bonnes et qu’il aurait dû faire les choses autrement. Sauf qu’il n’en a pas été capable. Et maintenant, il doit ramasser les pots cassés sans même savoir comment il est supposé s’y prendre. Ca n’a rien de facile. « T'aurais fait un premier pas, toi, ou t'aurais juste continué à attendre que le temps coule et nous achève ? ». Il soupire légèrement. Il sait qu’il est en faute mais après la déception et la colère, il n’a pas sû comment lui parler et il n’a pas été en mesure de venir la voir. Mais n’était-ce pas à elle de faire le premier pas ? Peut-être que c’est une fierté mal placée qui l’a empêché de venir vers elle, et au niveau de l’égo, elle n’est pas vraiment en mesure de lui faire une quelconque leçon. ” Je ne sais pas.”. La réponse fuse et elle est sincère. Il ne sait pas s’il aurait été en mesure de faire le premier pas et il n’aurait pas cherché à le faire peut-être, avant quelques temps encore. Le sujet Murphy n’était pas le sujet principal de son existence ces derniers temps. Alors forcément… Mais elle lui manquait, quoi qu’il puisse bien en dire. Disons qu’il aurait juste aimé que les retrouvailles soient plus agréables. Mais ça n’a pas grand chose d’étonnant. ” Je pensais que tu viendrais.”. Une nouvelle vérité, simple. Pourtant est-ce qu’elle l’est vraiment ? Toute cette histoire est compliquée, en tout cas. C’est sans doute pour cette raison qu’il ne sait absolument pas quoi penser de tout ça. Il ne voit pas quels sont les mots qu’il devrait utiliser.

« Mais j'ai admis mes torts, non ? ». Oui sans doute, tout en laissant apparaître les autres, aussi. Toute cette histoire est compliquée parce qu’il a l’impression que les non-dits sont intenables et incompréhensibles. Ils se parlent pour la première fois non ? Après tout le temps écoulé, comment est-il possible de voir que les choses ne se sont pas bien passées hein ? Tout est compliqué, et il n’y a rien de plus à en dire, rien, non. Il faut juste parvenir à voir tout ça d’un autre oeil. Et c’est sans doute l’étape la plus compliquée de tout ça. Elle a admis ses torts oui, pour au final laisser apparaître que le malaise est bien plus ancré qu’on ne peut bien le croire. Et sans doute est-ce là que se situe le malaise, réel. ” Cela ne les fait pas disparaître”. C’est ça le problème. Admettre quelque chose ne laisse pas entendre que le reste disparaît et que tout va mieux. Ca aide, oui, mais ce n’est pourtant pas suffisant, du tout. Les choses avancent cependant et c’est un point qui aide à se sentir mieux, dans un sens. Rien n’est gagné mais les problèmes apparaissent à la surface et tout va mieux. Ou en tout cas, les non-dits apparaissent. Et ça se dirige vers les choses qui peuvent tout arranger. C’est ce qui compte. Justement. Ou en tout cas, c’est ce dont il essaie de se convaincre. « Tu m'as jamais vue en colère, Richard. Je suis pas en colère ». Il soupire doucement, plante son regard sur elle. Peut-être qu’il ne l’a jamais vu en colère et dans ce cas, qu’est-ce qu’il est censé en dire ? Il peut jouer à ce petit jeu aussi et laisser comprendre qu’elle non plus, elle ne l’a jamais vu en colère. Mais ce n’est pas suffisant et ce n’est pas non plus comme ça que ça marche, justement. ” Aux dernières nouvelles, moi non plus. Et je perds patience”. Il plante une nouvelle fois son regard sur lui et il ne peut pas s’en empêcher mais il faut qu’elle comprenne que tout ceci ne rime à rien et que si certaines de ses accusations sont valables, elles ne le sont pas toutes et il faudrait qu’elle se reprenne. Clairement.

Si les mots lui échappent, il ne veut plus vraiment revenir sur le sujet. Ou plutôt, il ne voit pas ce qu’il pourrait ajouter. Alors il s’éloigne, parce qu’il est allé trop loin et qu’il ne veut pas mêler ses problèmes à tout ce bordel. Tout ceci, ça ne lui plaît pas, cette tournure ne lui convient pas et il s’imagine qu’il sera plus facile de se taire et de prendre la fuite. Sauf que ce n’est pas comme ça que ça marche, bien sûr. « Quoi ?? ». Il choisit de ne pas lui répondre, il s’imagine que c’est plus facile comme ça, il s’imagine que garder le silencer permettra aux choses de s’arranger. Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça, et qu’il sait, malgré tout, qu’elle ne lâchera pas l’affaire. « Quoi ? T'as dit quoi ? ». Une fois encore mais il ignore alors qu’autour, les regards se tournent doucement. Il ne veut pas attirer l’attention et pourtant, c’est un échec et ça lui tombe plus ou moins dessus. Il ne supporte pas vraiment ça mais il ne peut pas y faire grand chose. De toute manière, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire. C’est chiant. Et pourtant, il cherche les solutions là où il peut potentiellement y en avoir.

Mais elle finit par lui attraper le bras et l’empêcher de continuer cette fuite vaine. De toute manière, il s’en doutait. Il ne voulait pas parler de ce qui a pu échapper de ses lèvres. Le sujet Skylar est encore bancale et un peu effrayant. Il veut croire que tout va bien ou que ça peut aller. Il veut croire qu’il va comprendre ce qui ne va pas et qu’il va pouvoir aller dans cette direction, mais il n’en sait rien et il s’y perd. Ses sentiments sont flous et il doit prendre le contrôle. Mais ça prend du temps et de la réflexion. Là, maintenant, alors que sa relation avec Murphy semble tenir sur un fil, il ne se voit pas jouer à la confession et aux conseils. « T'as dit quoi ? ». Il détourne le regard une nouvelle fois, gêné, pris au piège face à la situation qu’il ne parvient pas à comprendre. Et c’et effrayant, d’une certaine manière, parce qu’il ne voit pas ce qu’il pourrait faire pour que les choses s’arrangent. Et ici, maintenant, ses problèmes ne sont pas supposés arranger les choses. « Je suis désolée si t'as eu des merdes, Richard. T'aurais pas du avoir à les gérer tout seul. Je pensais que tu savais que j'étais là. Tu pouvais venir me chercher quand tu voulais. Mais je suis là, maintenant, non ? On devrait pas avoir à se dire ces choses-là. On a jamais eu à le faire, avant. ». Sauf qu’il ne le savait pas. Alors qu’ils étaient loins l’un de l’autre, il ne voit pas à quel moment ils auraient pu être proches, à quel moment il aurait pu imaginer que ça pourrait bien se passer. Ce n’est pas le cas. ” Sauf qu’elles ont été dites. Et pour l’heure, je ne me vois pas passer de tout ça à une cession de confidences. Ce n’est malheureusement pas comme ça que ça fonctionne… Je veux que tout redevienne à la normale entre nous. Je veux que mes problèmes et mes doutes s’envolent sauf que ça ne marche pas ainsi. Il faut parfois du temps. Parfois trop de temps s’écoule alors…”. Il ne sait plus, il se perd, passant une main sur son visage. ” Je ne veux pas te perdre Murphy, mais il faut que tu comprennes que mon existence n’est pas tout blanc ou tout noir, tu vois ? Je suis en mesure de gérer plusieurs personnes à la fois. Et je tiens à toi tout autant qu’à elle.”. Sans doute est-il déplacé, mais il ne voit pas ce qu’il pourrait dire. Il ne voit pas du tout.

notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 31710 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 134


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Dim 17 Déc - 1:10



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Voilà, elle avait sa réponse. Il avait suffi de quelques minutes pour briser les longs mois d'incertitude qui avaient précédé. Peut-être qu'elle aurait apprécié quelques uns pour les compléter, en fait. Peut-être que l'incertitude avait un confort auquel la décision de la rupture mettait brutalement fin. Elle voyait tout exploser devant elle, Murphy, et le pire était sans doute qu'elle en était l'instigatrice. Car elle s'en rendait compte, de tout l'illogisme de ses reproches, de l'incompréhension à laquelle Richard devait se heurter face au mur qu'elle avait dressé. Non, il ne comprenait pas, mais c'était bien parce qu'elle ne le laissait pas comprendre, ne lui laissait aucune ouverture, se contentait de lui asséner ses vérités dans des sens qui n'en avaient pas, de sens. Elle se croyait dans sa légitimité quelques instants, se savait ne pas l'être tout le reste du temps. Ses sentiments et toutes ces vagues d'impressions qui poussaient sa jalousie à un paroxysme qui l'effrayait étaient réels. Elle, elle les subissait. Si elle avait pu les épargner à Richard, elle l'aurait fait. Elle l'avait fait pendant des mois, d'ailleurs, s'était contentée de garder tout ça pour elle en espérant que les aigreurs de la possessivité finissent par se laisser étouffer sous le poids de toute sa bonne volonté. Mais rien n'y avait fait et ces dernières semaines n'avaient eu de cesse, au contraire, de nourrir tous les non-dits. En mentionnant sa fille, Richard avait amorcé ce qu'il n'aurait jamais deviné, appuyé là où ça faisait mal, déclenché une fureur inavouée. Elle aurait dû s'en douter, pourtant, que de telles accusations ferait fuir son ami plutôt que l'inverse. Mais il semblait qu'il avait des choses à lui reprocher, lui aussi, alors autant faire les choses bien et crever l’abcès une bonne fois pour toutes, non ?

Non. Lorsqu'il lui tourna le dos, Murphy en conclut que non, rien ne valait qu'une telle image frappe sa rétine, qu'un tel sentiment d'abandon ne heurte sa poitrine. Même pas la vérité, celle qui la rongeait lorsqu'elle y pensait un peu trop longtemps, ne méritait pas une telle réponse. Elle aurait dû la garder secrète, parce que Richard valait ce sacrifice-là, et parce qu'elle lui en avait déjà trop fait voir avec ce coude maladroit. Mais elle l'avait poussé à bout et maintenant, existait-il un retour possible ? La décision était prise. Celle de la rupture finale parce que le dialogue était devenu impossible. Il ne savait pas s'il aurait fait le premier pas, lui avouait-il maintenant de toute sa vérité à lui, pour ce qu'elle avait de plus douloureux à entendre. Elle la reçut comme on reçoit un coup dans le thorax, réalisant qu'elle n'était probablement pas si utile à sa vie que lui l'était à son existence. Elle ne méritait pas quelques minutes, ou ne méritait pas qu'il mette sa fierté de côté. Elle l'avait fait, elle, aussi penaude et confuse fut-elle lorsqu'elle s'était présentée à lui quelques instants plus tôt et dans l'espoir d'arranger les choses. Après des précautions presque exagérées, ils étaient passés à la violence des accusations et révélations. Non, il ne savait pas s'il aurait fait un pas vers elle et elle, ce qu'elle entendait, c'était qu'il n'en avait pas vraiment le temps ou l'envie, que la perspective d'arranger les choses était passée au second ou au dixième plan tout ce temps, et qu'elle aurait fini par passer au centième plan, derrière l'allure de sa coupe de cheveux et l'état des latrines. C'était un coup à encaisser, même s'il ajoutait qu'il avait pensé qu'elle viendrait, elle. Il avait attendu tout ce temps parce qu'elle avait attendu tout ce temps, et si elle n'avait pas brisé cette danse infernale, jamais ils n'auraient échangé ces quelques mots. Ça aurait sans doute été pour le mieux, d'ailleurs, mais peut-être que clôturer cette amitié une bonne fois pour toutes finirait par lui profiter. Pas maintenant, pas de main, mais peut-être un jour. Cette perspective-là, c'était tout ce qui lui restait, de toute façon. « Eh bah me voilà ! » Irritée, elle se désigna d'un geste vif des deux mains. Elle était là et il lui reprochait de ne pas avoir été plus tôt. Mais elle était là, elle. Elle lui avait montré qu'elle tenait à lui, elle. Elle avait mis sa fierté et ses certitudes de côté, elle. Elle avait été prête à faire face aux reproches, elle. Et lui, il lui tournait le dos, refusait de voir tout ce qui l'avait rongée tout ce temps, même pour quelques minutes. Elle avait ses torts, en avait reconnu certains, et elle avait espéré naïvement que tout le reste suivrait, qu'il arriverait à comprendre cette jalousie maladive qui se nourrissait de ses doutes et de son manque de confiance. Mais il ne comprenait pas ce qui ne pouvait être décrypté, s'offusquait de toute cette affection masquée sous les traits accablants de la possessivité, reculait devant les démonstrations théâtrales de tout ce qu'il représentait pour elle. « Si je pouvais les faire disparaître je le ferais, mais j'ai pas encore ce pouvoir. » Car puisqu'elle les regrettait, elle aurait tout fait pour revenir en arrière et empêcher à son coude cet écart qui avait valu à Richard une arcade sourcilière sanglante. Elle aurait tout fait pour le préserver de ça, et égoïstement se préserver de toute la déception que le geste avait inspiré à l'homme. Toucher à Richard ne lui était jamais venu à l'esprit. Même agacée par l'incompréhension dont il faisait preuve face à l'affection qu'elle avait pour Antarès, elle n'avait pas pensé une seule fois à en venir aux mains. Richard était intouchable. Elle respectait chacune de ses opinions, même si elle en regrettait certaines. Ce n'était pas avec les coups qu'on faisait changer d'avis les gens. C'était un pur accident et elle espérait qu'il finirait par le comprendre, mais elle savait que ce ne serait pas suffisant. Car c'était un accident qui découlait d'une rage protectrice qu'il n'avait probablement jamais souhaité voir. Il l'avait entraînée à la retenue, au calme, à l'objectivité, à la lucidité. C'était comme ça qu'on résolvait les crises, et c'était les meilleures armes des militaires, bien avant celles qui frappaient les corps et n'étaient utilisées qu'en cas d'extrême nécessité. Par peur de voir disparaître un être cher de plus de son existence, Murphy avait oublié toutes ces règles. Elle avait révélé toute l'impulsivité qui la caractérisait lorsque l'on touchait à ce qu'elle aimait. Et ça, c'était sans doute le plus difficile à comprendre lorsque l'on était pas dans sa tête; cette nécessité de défendre les siens quitte à se mettre en danger, ce besoin de protéger ceux qui ne pouvaient pas le faire eux-mêmes, quitte à briser toutes ses nobles valeurs l'espace de quelques instants.

Mais puisqu'il ne comprenait pas tout ce qu'elle essayait de lui dire maintenant, alors il ne comprenait sans doute pas ce qui l'avait poussée à défendre Antarès comme elle l'avait fait, aveugle de la réalité, bornée, limitée par des œillères dressées comme une défense contre l'inenvisageable. Elle lui tombait dessus, entrait dans une colère noire ? Non, il ne l'avait jamais vue en colère, parce que c'était une frontière qu'elle ne franchirait jamais face à lui. Il l'impressionnait trop pour ça, et elle cherchait trop son respect et son affection pour ça. C'était étrange, d'ailleurs, de considérer qu'il avait ce pouvoir-là, celui de calmer les rages auxquelles tous les autres avaient le droit. Il n'avait sans doute pas conscience de cette influence qu'il avait encore sur elle à ce moment-là, même lorsqu'elle était au fond du trou, désespérée, convaincue de vivre les derniers moments d'une amitié qui s'éteignait à tout jamais. « J'ai jamais dit que tu l'étais » se contenta-t-elle de répliquer, grinçante, alors qu'elle réalisait que le sang de Richard commençait à bouillonner, lui aussi. Ils buttaient l'un face à l'autre, incapables de se comprendre, incapable de s'écouter, et c'était l'un des spectacles les plus désolants qui lui avaient été donné de voir. Impuissante face à tout ce qui émanait d'elle malgré elle, impuissante face à cette déception qui irradiait de Richard.

Le claquement de porte ultime. Elle resta bête une seconde, à le regarder lui tourner le dos, lui faire le pire des affronts, lui asséner la pire des insultes, lui imposer le pire des adieux. Mais ses mots raisonnaient dans sa caboche, et bien vite elle répéta une question, encore et encore, la même en boucle, juste parce qu'elle n'était plus sûre de bien avoir écouté ou attendu, et juste parce que si elle avait bien écouté et entendu, alors tout le reste s'effondrait et  n'avait plus le droit d'exister. Elle le suivait, s'accrochait à l'éventualité de la révélation désespérément, comme à l'unique recours qu'elle représentait. Elle lui avait attrapé le bras, comme pour s'assurer qu'il ne poursuivrait pas sa fuite jusqu'à être hors de sa portée. Elle voulait être là pour lui, maintenant, puisqu'elle ne l'avait pas été avant, et son regard ancré de celui de l'ancien chef de garde, c'est tout ce qu'elle tenta de lui dire.

Le discours de Richard la laissa pantoise, la fit suffoquer quelques secondes. Ce qu'il lui disait, c'était que les choses étaient trop compliquées, maintenant, pour être oubliées. Ce qu'il lui disait, alors, c'était que leur amitié ne valait pas quelques sacrifices, que la main qu'elle venait de lui tendre ne trouverait pas la sienne. Il ne voulait pas la perdre mais pas la récupérer non plus, et Murphy ne comprenait plus grand chose à ses intentions. Sa main retomba le long de son corps, abandonnant la prise ferme qu'elle avait autour du bras de Richard pour le retenir. Sa conclusion, alors, c'est qu'elle était une parmi d'autres, qu'au pire il pourrait se passer d'elle, qu'au mieux ça lui ferait une compagnie de plus. « Je voulais dire... qu'on avait pas à se dire qu'on est là l'un pour l'autre. » Sa voix était retombée, rauque, blessée. Son regard n'était pas fuyant mais presque. Il n'accrochait les prunelles de Richard que par intermittence, s'assurait par la même occasion qu'ils n'avaient plus de public. « Moi aussi je veux que mes problèmes et mes doutes s'envolent. Y'a pas si longtemps que ça, on pouvait compter l'un sur l'autre, au moins pour se comprendre, au mieux pour se parler, si on s'en sentait capable. » Et elle avait perdu son repère. Elle avait perdu son pilier et tous les silences dans lesquels ils se comprenaient, tous les deux. Tous les sourires pudiques qui disaient ce que les lèvres n'osaient pas prononcer. Elle n'était plus sûre qu'il puisse avoir besoin d'elle, maintenant, parce que les confidences semblaient hors de sa portée ou même irréelles, mais elle, elle avait besoin de lui. Pour tous ceux qui lui avaient tourné le dos, lui remuaient encore les tripes, elle avait besoin de lui. Elle avait besoin de savoir que lui voulait encore d'elle à ses côtés, dans son existence; qu'il avait besoin d'elle, aussi, et même si c'était un peu présomptueux, elle avait besoin de savoir qu'il ne pourrait pas la remplacer, pas maintenant ni jamais, peu importe l'amour qu'il portait à Autumn ou n'importe qui d'autre. Parce que lui, jamais elle ne pourrait le remplacer, et c'était ce qu'elle essayait désespérément de lui faire comprendre depuis qu'elle l'avait retrouvé près du feu. Elle avait besoin d'être choisie, pour une fois; pas d'être choisie en étant opposée à quelqu'un d'autre, mais simplement face à elle-même, pour ce qu'elle était dans l'absolu, pour toute sa personne et malgré ses erreurs, son coude capricieux et ses crises instables et versatiles de jalousie incontrôlée car incontrôlable. « Mais si trop de temps a passé, alors dis-le, qu'on en finisse. J'ai plus la force de me battre pour les causes perdues. » Elle haussa les épaules, rivant son regard au sol dans un soupir qui concluait pour lui, trop effrayée à l'idée d'entendre sa réponse. « Mais je suis une cause perdue, moi, de toute façon, hein ? De qui je me moque, c'est ça que t'essaies de me dire depuis tout à l'heure. » Toute la pression était retombée. Le froid s'emparait progressivement des muscles qu'elle leur avait abandonnés. Elle avait sa réponse, se l'était donnée à elle-même. Les larmes étaient réelles et elle attendait bêtement qu'il s'éloigne, comme pour confirmer que tout était terminé. Le givre faisait briller le sol sous les lueurs stellaires et le croissant de lune qui éclairait l'encre du ciel. C'était la nuit de la fin de Richard et Murphy. Qu'elle en retienne chaque sensation, chaque grain de lumière, chaque souffle du vent qui gelait sa carcasse. C'était comme ça que ça se terminait, eux deux. Oui, définitivement, le doute était beaucoup plus confortable. Sa tiédeur indifférente lui manquait déjà.
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23/05/2015 avengedinchains 1434 Andrew Lincoln ava by Lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 69
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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Lun 15 Jan - 22:54



I forgive you, I forgive me

Richard n’a absolument pas envie de se prendre la tête quant au contexte actuel. Il réalise que les choses ne sont pas facile et il n’a pas particulièrement envie d’y réfléchir. Toute cette histoire est bien compliquée en tout cas, mais il voit bien que s'il s'y prend mal, ce sera leur dernier échange, et c'est une chose qui ne se passe pas comme on le voudrait. Tout est un peu compliqué, par moment, et il faut apprendre à comprendre ce monde, qu'on le veuille ou non. Rien n'est facile, et rien ne le sera, sans doute. Tout est un peu compliqué. Mais il n'a pas forcément envie d'y réfléchir. C'est trop chiant, comme ça. C'est perturbant mais il faut comprendre et aller de l'avant. Il s'y perd, ses songes se mélangent et il ne sait pas quoi dire. Il réalise que Murphy est une épreuve à laquelle il ne s'est pas préparé et il lui faut désormais aller de l'avant. Mais ce n'est pourtant pas aussi simple que ça. Il le sait et il ne peut que le comprendre. Il ne veut pas rompre le lien qu'on trouve entre eux mais il sait aussi que ce n'est pas aussi simple qu'il le voudrait. La douleur qui lui traverse le coeur à chaque fois qu'il inspire n'est pas évidente. Mais il sait que ses possibilités ne sont pas nombreuses. Il doit éviter de faire une bourde mais il n'y a pas de miracle. Malgré tout.

Bien sûr oui, avec ses maladresses, il ne se débrouille pas assez bien. Encore une fois, il le prouve en lui laissant entendre qu'il l'a attendu. Il faut juste dire qu'il était concentré sur tout un tas de choses et il n'a pas réfléchi au reste. Sans doute aurait-il du faire attention, sans doute aurait-il du être plus adulte. Mais est-ce qu'être chef de garde ou être âgé, ça empêche de faire des erreurs ? Il en doute plutôt bien. Et il n'a pas vraiment envie d'y penser puisque les choses pourraient se passer d'une bien meilleure façon, dans un sens, du moins. Son cerveau a longtemps cogité et il n'a pas voulu chercher plus loin. C'est compliqué mais il faut savoir faire avec et le supporter, que ce soit plaisant ou non. Il fait des erreurs, comme beaucoup de personnes en font et il comprend, oui, qu'il a fauté et que sa responsabilité est conséquente. Mais ce n'est pas la seule chose qui compte et il espère juste qu'il est possible de s'en rendre compte, il espère juste qu'on peut le comprendre et qu'elle ne va pas lui en tenir rigueur trop longtemps. Pourtant, au vu de la situation, il s'imagine que ce ne sera absolument pas aussi simple qu'il ne peut bien le vouloir. « Eh bah me voilà ! ». Oui, la voilà, mais si l'échange fut au début plus ou moins cordial, ils en sont désormais bien loin. Et c'est ce qu'il rejette, dans cette histoire. Il n'y comprend pas grand chose mais il est malgré tout disposé à faire avec. Il fait de son mieux pour rester calme, alors qu'à chaque fois qu'elle ouvre la bouche, il a l'impression de faire face à un certain manque de respect. Il n'y comprend pas grand chose mais malgré cela, il est disposé à faire. Dans un sens. Il comprend pourtant. Il comprend qu'elle puisse li en vouloir. Elle est venue et pas lui, il est resté là, dans son coin, à attendre snas trop savoir ce qu'il attendait. Mais les choses se sont passées ainsi. Alors il n'ajoute rien à cela, parce qu'il ne vot pas vraiment ce qu'il pourrait en dire, persuadé que ses mots ne seraient sans doute pas les bons à employer. Il faut toujours savoir faire attention à ce qu'on utilise.

« Si je pouvais les faire disparaître je le ferais, mais j'ai pas encore ce pouvoir. ». C'est toujours comme ça. On commet des erreurs, on se trompe, on se leurre et on essaie ensuite de réparer les choses. Mais ce n'est pas toujours aussi simple et parfois, il faut se taire et savoir serrer les dents. Alors oui, ce n'est pas facile, mais il faut savoir faire le nécessaire quand ça se montre utile. Il faut assumer les choses de la vie, qu'elles soient supportables ou non. On n'efface pas nos erreurs, on se montre meilleur. Mais ce n'était qu'un accident et par rapport à cela, sans doute aurait-il dû faire son maximum pour arranger les choses. Mais il ne l'a pas fait, est-ce qu'on peut vraiment le lui reprocher ? Il ne saurait le dire. " S'il était possible de faire disparaître nos erreurs, les choses seraient considérablement différentes". Et il ne parle pas juste d'elle, il imagine le monde s'il avait été possible d'agir ainsi. Mais ce n'est pas aussi simple que ça et il faut savoir faire avec, il faut savoir le comprendre, également. Rien n'est simple, c'est tout ce qu'il sait. Ce monde serait différent mais ce n'est pas aussi simple que ça. Et il faut savoir faire avec, il faut savoir prendre les choses comme elles sont. Et affronter les épreuves des remords. Mais ce n'est certainement pas à lui de se tromper de la sorte. Il ne peut pas lui reprocher d'envisager cette option. Pour autant, bien sûr qu'il sait que ce n'était qu'un accident et qu'elle l'a regretté à l'instant où cela s'est produit. Est-ce que ça rend l'histoire plus facile ? Non, pas du tout, parce que ça n'a rien efface à ce qui s'est passé, justement. Mais il est au moins disposé à faire comprendre qu'il voit les choses de cette manière, et c'est un bon début n'est-ce pas ? Ce qu'il lui reproche, ce n'est pas le coup qu'il a pris mais plutôt l'impulsivité stupide dont elle a fait preuve face à un Terrien qui ne demandait qu'à récupérer son bien. Son chien. Et si Richard a été en mesure de comprendre qu'il se trompait assez rapidement, elle aurait dû en arriver au même point, mais elle n'en a pas été capable et c'est justement ce qui se trouve être le point ultime de son erreur. Elle a été maladroite, et stupide. Et bien qu'il ait connu son caractère toutes ces années, il n'aurait jamais imaginé qu'elle pourrait se montrer aussi insupportable. Le coup qu'il a prit n'a été que le point d'apothéose de toute cette histoire.

Ils butent, l'un contre l'autre et personne ne cède de terrain, tout ça n'a pas le moindre sens et pourtant, ils continuent à se tracasser, à ce sujet. Ils font de leurs mieux mais ce n'est pas une réussite, une histoire qu'il ne comprend pas forcément. Aucun d'eux ne se permet de plier le genou, s'il peut se permettre de le dire ainsi et il réalise que toute cette histoire risque de durer encore longtemps. C'est ridicule ? Oui, sans doute. « J'ai jamais dit que tu l'étais ». Heureusement. En réalité, Richard lui-même ne se souvient pas vraiment de quand date la dernière fois qu'il s'est réellement mis en colère. Il est de nature assez calme mais il est capable de s'emporter lorsque ça le demande vraiment. Mais ça va, ça ne se passe pas trop mal pour lui. Et les choses ne sont pas évidentes, voilà tout. Il a souffert au cours de sa vie, et il ne pourra pas le nier. Depuis qu'il est sur Terre surtout, se sont enchaînés bien des situations désagréables et destructrices. Mais est-il possible d'aller contre ça ? Sans doute que non. La colère n'est pas une chose qui lui va au teint et il serait capable d'enchaîner les erreurs, c'est une évidence qui n'a guère de sens. Il ne préfère pas y réfléchir. " Bien.". Il ne voit pas ce qu'il pourrait dire de plus et il n'y voit pas de réel intérêt. Pourquoi se tracasser à propos de toute cette histoire hein ? Tout ceci est déjà bien assez compliqué, lorsqu'on y pense. Et c'est presque plus facile comme ça.

Pourtant, la situation change, s'envole et se modifie. L'histoire change et explose, tout se modifie et prend une tournure incompréhensible. Alors il choisit de fuir alors que la révélation échappe de ses lèvres. N'est-ce pas plus facile ainsi ? N'est-il pas plus facile de serrer les dents et de se taire ? Il ne saurait le dire et il n'a pas vraiment envie d'y songer, il imagine que tout est plus simple comme ça. La fuite est stupide et pourtant, ça lui paraître être la solution adéquate, il s'imagine que c'est plus simple comme ça alors que ce n'est même pas le cas. Il sait, il la connaît, elle ne va pas le quitter ni le laisser tomber. C'est une autre histoire. Une affaire qui ne marche pas comme ça. Rien n'est jamais facile, et il faut malheureusement apprendre à faire avec. Les choses ne s'envolent pas. Impossible.

En lui disant qu'il n'est pas en mesure d'oublier tout ce qui a été dit, c'est vrai. Il ne peut pas laisser de côté le fait qu'elle se soit excusée de lui avoir fait mal et qu'elle lui ait fait comprendre qu'elle a peur de le perdre. Elle ne peut pas laisser tout ça de côté et ce n'est même pas envisageable. Pour autant, il sait aussi que les choses ne sont pas évidentes, il sait aussi que ses attaques contre Autumn ne sont pas fondées et sont insupportables. Qu'elle est bien trop butée pour comprendre les choses qu'il peut bien lui dire, aussi. Il comprend que ce ne soit pas facile, il ne peut que le comprendre. Mais il faut aussi qu'elle mette de l'eau dans son vin. Il faut qu'elle comprenne que les choses ne fonctionnent pas forcément comme elle le désire juste parce qu'elle en a envie. Il ne peut pas oublier tout ça parce que leur relation a pris une toute autre tournure. Mais ça ne veut pas dire qu'ils doivent se tourner le dos. C'est le point qu'elle ne semble pas comprendre, justement. Et c'est bien dommage. « Je voulais dire... qu'on avait pas à se dire qu'on est là l'un pour l'autre. ». Non, ils ne sont pas censés avoir besoin de se dire qu'ils sont là l'un pour l'autre. Ils ne sont pas là l'un pour l'autre, justement, c'est une affaire un peu plus compliquée que ça. La relation qui les lie l'un à l'autre est plus forte et il espère que c'est évident, il espère que ça se comprend. Mais ce n'est pas le cas, et c'est le problème de toute cette histoire. " Non, en effet. Parce que jusqu'à présent ou en tout cas, jusqu'à notre dernier échange, c'était dans l'air, sans qu'on ait besoin de le dire". Il est difficile de prétendre que c'était le cas ces dix derniers mois. S'il était dans l'ombre, non loin et qu'il veillait à ne pas lui donner de tâches trop ingrates, il n'était pas vraiment là. « Moi aussi je veux que mes problèmes et mes doutes s'envolent. Y'a pas si longtemps que ça, on pouvait compter l'un sur l'autre, au moins pour se comprendre, au mieux pour se parler, si on s'en sentait capable. ». Un point sur lequel ils sont d'accord oui. Et sans doute seraient-ils en mesure de revenir à ça s'ils essaient vraiment. Mais Richard a l'impression que ce sera bien plus complexe que ça, et il n'a pas forcément envie de se tracasser. Il veut que les choses redeviennent comme avant mais il sait que ce n'est pas aussi simple que ça. Il sait qu'il faut faire un pas après l'autre. Il sait que ce n'est pas facile mais bordel, cette histoire prend une tournure bien trop dramatique pour lui.

« Mais si trop de temps a passé, alors dis-le, qu'on en finisse. J'ai plus la force de me battre pour les causes perdues. ». Ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Si les choses ne sont pas forcément facile; il a conscience du fait que toute cette histoire ne tourne pas forcément très rond. Mais en parallèle à cela, il sait tout aussi bien que les choses sont un peu plus complexes, il sait que rien n'est aussi facile qu'avant. Mais pas impossible, et c'est le point le plus culminant de toute cette histoire. Il n'est pas question d'une cause perdue et à aucun moment il n'a sous entendu que tout ceci était fini. Leur relation est forte et si elle n'est pas indestructible, il espère qu'elle est un peu plus résistante que ça. « Mais je suis une cause perdue, moi, de toute façon, hein ? De qui je me moque, c'est ça que t'essaies de me dire depuis tout à l'heure. ». Les larmes qu'il voit sur son visage, il ne les attend pas et ne pensait pas vraiment les voir arriver. A force de voir quelqu'un fort, on ne s'attend pas à voir ses larmes. Mais c'est une affaire un peu trop compliquée que voilà. Et maintenant, il doit faire attention aux mots qu'il va bien pouvoir utiliser pour lui faire comprendre qu'elle se trompe, une nouvelle fois. Le problème c'est qu'elle ne veut pas toujours l'écouter et que dans la situation actuelle, elle ne le veut tout simplement pas. Elle ne voit que le mauvais côtés de chacune de ses phrases. Il soupire et se frotte le visage un instant. Ouais, elle n'est pas vraiment facile à vivre, dans l'instant présent. Et c'est pour ça que c'est si difficile de se faire entendre avec elle. " Tu continues d’interpréter tout ce que je dis sans la moindre raison". Il soupire à nouveau, tente de faire le point sur ses phrases, tente de trouver ce qu'il pourrait bien dire. Mais rien n'est jamais facile et c'est sans doute le problème au milieu de tout ceci. Il doit faire les choses dans l'ordre, dans un sens. Mais il ne connaît pas l'ordre idéal à tout ceci, c'est justement ça son problème, dans tout ça. " Tout ceci ne veut pas dire que notre histoire dans prendre fin ici. Et j'espère que ce n'est pas ainsi que vont se passer les choses. Tu n'es pas une cause perdue, tu es juste un caractère fort qui refuse de reconnaître ses torts parfois.". Il inspire un grand coup, il tente de trouver les mots et de ne pas la bleser une nouvelle fois mais pour le coup, il ne voit pas vraiment ce qu'il pourrait dire et il n'a pas particulièrement envie de lui faire davantage mal. Il pose doucement une main sur son épaule, il aimerait la prendre dans ses bras mais il peut pas trop précipiter les choses. " Je serais toujours là, même dans l'ombre". Et il l'était, pas loin.Sans doute trop, malgré tout...


notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 31710 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 134


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Ven 19 Jan - 3:04



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Elle s'interdisait de perdre une personne de plus.  Par-dessus tout, elle s'interdisait de perdre Richard, l'un des seuls piliers qui restaient à son existence. Mais les minutes s’égrainaient sous les reproches et les voix portaient de plus en plus haut. Elle perdait pied, elle pouvait le sentir dans son sang qui bouillonnait et lui montait aux joues, à l'effort qu'elle faisait pour ne pas éclater en sanglots à la fois de désespoir et de colère. Avec toutes ces pertes, tous ces chagrins, ces deuils, cette adaptation perpétuelle dont elle devait faire preuve, elle était devenue un volcan dont l'on attisait les fureurs un peu trop facilement. Elle était devenue une menace pour elle-même, car lorsqu'elle laissait la marée de sentiments l'assaillir, elle savait que la noyade n'était jamais loin. Avec Richard, elle avait essayé de les contenir, ces émotions, mais le volcan finissait toujours pas se réveiller. Elle ne voulait pas le perdre, son ami, et elle ne savait plus comment le lui dire. Parce qu'ils n'avaient jamais été de ceux qui brodent de ces dentelles sentimentales, elle buttait face à l'incompréhension nouvelle qui s'interposait à présent entre eux. Comme briser cette inertie-là ? Comment décrire l'indescriptible ?

Ils ne se comprenaient plus.

Les excuses, d'un côté comme de l'autre, prenaient la forme de reproches. Ils se laissaient embourber dans la maladresse, jouaient avec les mots comme s'ils représentait un dernier espoir pour sauver cette amitié qui se détricotait à vue d'oeil. Mais leurs efforts semblaient vains, et chaque seconde les éloignait un peu plus l'un de l'autre encore. Murphy perdait son souffle à essayer de faire comprendre tous ses remords, et ses regrets aussi. Elle ne pouvait pas faire disparaître ses erreurs, elle pouvait juste exprimer tout le souhait qui était le sien de ne jamais les avoir commises. C'était trop facile, et elle le savait pour l'avoir tellement pensé de ceux qui avaient usé de cette méthode auprès d'elle. C'était trop facile, oui mais maintenant, elle le réalisait entièrement : c'était la seule option de ceux qui ne pouvaient pas repeindre le passé à l'image de leurs désirs. De s'excuser lui avait arraché une part d'elle mais elle espérait qu'il comprenait ça, le coût et l'importance du mot. Il était seul, maintenant, à avoir tout le pouvoir sur l'avenir de leur amitié. C'était à lui d'accepter ou de refuser cette démarche. Et, face aux indices qu'il lui donnait, Murphy avait perdu tout optimisme.

Adieu, donc, l'espoir et les bonnes intentions des premières minutes. Tout avait dégénéré en moins de temps qu'il en faut pour le dire. Des politesses courtoises que l'on aurait presque pu attribuer à deux étrangers, ils étaient passés à l'expression de ressentiments, d'une colère laissée terrée trop longtemps. A ne pas exprimer ce qui doit l'être, on alimentait les monstres. A présent, tout explosait sous leurs regards perdus. « Je te le fais pas dire » répondit-elle amèrement et sans trop savoir où il voulait en venir, s'il acceptait ses remords, s'il en prenait note, ou s'il refusait leur existence. Les échanges devenaient si brefs qu'elle pouvait sentir la clôture de l'argument se faire imminente. Elle n'était pas bête, Murphy, elle savait très bien reconnaître ce dont elle était témoin. Richard ne la pardonnait pas. Richard n'oubliait pas. Richard n'acceptait pas ses remords. Richard s'était laissé envahir par les siens, par l'erreur qu'il avait faite en faisant d'elle une alliée, bien des années auparavant. Elle le savait, elle, qu'il se demandait où il avait merdé, ce qu'il avait pu voir en elle. Et c'était le plus douloureux, de voir reconsidérée une relation toute entière, une amitié comme celle-là qui semblait avoir bercée son existence toute entière. Leur première rencontre semblait appartenir à un autre monde et à un autre temps tant elle était ancrée dans la réalité de Murphy. Elle ne se souvenait pas d'un avant lui, elle s'alarmait à l'idée de voir s'adapter à un après lui. Elle ne voulait pas d'un après lui, mais les jeux étaient déjà faits.

Les jeux étaient faits.

Il n'y avait pas besoin d'être dotée d'un diplôme en empathie pour comprendre la signification de la fuite de Richard. Il lui tournait le dos comme il tournait le dos à leur amitié, à leur histoire, à ses excuses, à la culpabilité qui la rongeait. Mais il restait à Murphy une rage qu'elle ne se serait pas soupçonnée, un dernier recours, une dernière soubresaut d'espoir. Richard avait fléchi devant elle, avant de partir, le temps de quelques mots, d'une seconde à peine. C'était une ouverture qu'elle ne pouvait se résoudre à ignorer, et sans qu'elle ne s'en rende compte, il fut temps, alors, d'abandonner les dernières barrières, de le laisser entrevoir la Murphy brute, nue, débarrassée de tout ce qui faisait d'elle un bastion imprenable. Pour lui, elle serait le cœur que l'on protégeait de toutes ses forces, le fragile, l'angoisse, le nébuleux.

Mettre des mots sur tout ce qu'ils étaient ou tout ce qu'ils avaient été, c'était accepter que les choses allaient aussi mal que c'était le cas. Elle était là pour lui, elle l'avait toujours été, n'avait jamais eu à le lui dire. C'était un nouveau pas, de l'exprimer. C'était étrange de s'essayer à un tel exercice, après toutes les habitudes qui s'étaient installés au fil des années. C'était une première fois. « Je sais, c'est ce que j'essaie de dire... » Penaude, elle commençait à ne plus savoir où se mettre, dérangée par ses propres aveux, accablée par les réponses de Richard qui ne faisaient que confirmer ses propres dires sans comprendre où elle voulait en venir. Le dernier espoir se mourrait sous le poids de la gêne et de cette culpabilité qu'il n'avait de cesse de vouloir attiser chez elle. Tous les deux, ils étaient face à une impasse. Et elle, elle baissait les armes. Dans une dernière supplique, elle lui imposa ce qu'elle aurait refusé elle-même : un ultimatum. Qu'il fixe les barrières dès maintenant. Qu'il lui fasse ses adieux sans ciller, si c'était ce qu'il voulait. Mais elle l'en suppliait d'un regard brillant de larmes, qu'il mette fin à tous ces questionnements. Qu'il le lui dise, combien elle l'avait déçu; qu'il le lui avoue, son besoin de la laisser derrière lui. Qu'il achève cet espoir porté par le doute de ces derniers mois.

Et cette fois, les larmes débordaient, quittaient le lit de ses prunelles. Elle n'espérait plus, elle suppliait. Sans parvenir à avoir une quelconque confiance en la réponse qu'il lui donnerait, Murphy attendait le coup fatal. Et il soupira, Richard, introduisait déjà tout l'ennui qu'il allait lui exprimer, tout le recul qu'il souhaitait prendre avec elle. Elle n'avait prétendu cette amitié indestructible; aucune relation ne l'était. Mais Richard était son dernier pilier, le dernier membre de cette famille qui l'avait vue grandir. Tous les autres avaient abandonné ses côtés, et même parmi les arrivés les plus récents dans sa vie, la démission semblait être dans l'air du temps. Avec Richard, elle avait pourtant toujours cru être à l'abri de ces choses-là. Justement parce qu'ils n'avaient jamais eu besoin d'exprimer leurs secrets pour les comprendre. Les deuils qu'ils avaient traversés ensemble l'avaient été dans des silences qui parlaient plus que n'importe quel mot aurait pu le faire. Aujourd'hui, tout explosait pour ces derniers mois, tout contrastait avec ce qui les avait toujours guidés.

Interpréter ? Murphy étouffa un hoquet, le regard levé vers le visage de Richard pour essayer de comprendre où il voulait en venir. Murphy interprétait ce qu'il ne voulait pas lui dire, parce que c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Elle avait besoin de l'entendre, qu'il ne voulait plus d'elle. Elle avait besoin qu'il le lui dise, qu'elle l'avait déçu comme jamais il ne l'aurait crû possible. Pour mieux se reconstruire -si c'était seulement possible-, il lui fallait accepter la rupture, faire le deuil de quinze ans d'une amitié volatilisée dans plusieurs mois d'un silence raisonnant d'angoisse. Mais il soupirait et les mots ne sortaient pas. Elle avait envie de le secouer, de le faire cracher cette vérité douloureuse mais elle restait pétrifiée par la peur d'entendre ce qu'elle avait tant besoin d'entendre. Lorsqu'il reprit la parole, pourtant, Richard prit une toute autre direction, la désarmant de la plus ridicule des façons. Un sourcil arqué, bouche bée, malgré elle en apnée, elle le regardait parler. Une lueur venait de s'allumer au milieu de la brume. Il ouvrait une porte. Pour quelques minutes peut-être, histoire de repousser le moment fatal, mais elle les prendrait, ces quelques minutes, finalement, et avec un soulagement qu'elle ne prendrait même pas la peine de cacher. Elle demeurait muette alors que les soupirs de Richard prenait possession du silence glacé de l'hiver. Elle se rendait compte de la situation dans laquelle Richard se retrouvait. Elle se rendait compte de la difficulté qu'il avait à trouver ses mots, lui qui n'était pourtant pas du genre à en mesurer les effets avant de les utiliser. S'il cherchait ses mots, se disaient en silence les quelques neurones encore responsables de la renaissance de cet espoir timide, alors c'est qu'il chercher à tempérer les choses. Qu'il redoutait leur sévérité. Qu'il redoutait de la blesser, peut-être, tout simplement. Et que sa décision soit celle qu'elle attendait ou celle qu'elle n'osait plus attendre, il y avait toujours et au moins ça : le soin qu'il mettait à chercher ses mots. La main qu'il posa sur son épaule la fit frissonner de surprise sous toutes ses couches épaisses; elle dût poser un œil sur son épaule pour s'assurer qu'elle était bien posée là, la main de Richard. Revirement de situation. « T'es... t'es sérieux ? » Elle hoqueta en relevant son regard vers lui, fit un petit pas timide en sa direction, comme pour aider à briser cette distance, et posa finalement sa main gelée par-dessus celle de son mentor. « Pas dans l'ombre, s'il-te-plaît... » A son tour, elle soupira, ferma les yeux pour laisser glisser quelques unes des larmes qui brouillaient encore sa vue. « J'ai reconnu mes torts... » Peut-être pas pour Autumn, pensa-t-elle, mais c'était encore au-dessus de ses forces. Peut-être avait-il compris la jalousie qui la rongeait, les angoisses qui la réveillaient. C'était tout ce qu'elle pouvait lui donner pour le moment. « Je suis désolée si je t'ai déçu, j'ai jamais voulu te décevoir tu sais... je veux que tu sois fier de moi, tout le temps. Tes la seule personne dont l'avis compte autant... » Sa voix se brisa alors qu'elle traduisait par des mots tout ce qu'elle s'était contentée de penser depuis toutes ces années, mais l'exercice était étonnamment simple comparé à ce qu'elle avait imaginé. C'était peut-être à ça qu'on reconnaissait les vraies amitiés : à la simplicité avec laquelle les vérités les plus secrètes savaient finalement se dévoiler.
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23/05/2015 avengedinchains 1434 Andrew Lincoln ava by Lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 69
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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Sam 17 Fév - 23:03


I forgive you, I forgive me

Ce monde n’est pas facilement abordable. Il est compliqué, destructeur. Il n’est pas aisé et il ne donne pas l’impression aux gens que tout tourne comme il le faudrait. En réalité, Richard le déteste mais il ne s’en rend compte que dans les moments où rien n’est facile et où tout semble foutre le camp. Il n’est pas du genre à pleurer sur son torse mais quand il y songe, les choses n’étaient pas plus simples lorsqu’ils étaient là-haut ? Certes, certains aspects n’étaient pas évident et il était question de faire la part des choses. Ce n’était pas toujours supportable, mais ils étaient capables de gérer les situations. Enfin, pas toutes, mais ils essayaient. Aujourd’hui, disons qu’il a l’impression que tout part en sucette, et qu’il n’est pas facile de tout rattraper. Il ne sait pas et il n’a pas vraiment envie d’y réfléchir. Mais il n’y a qu’à voir comment les choses ont dégénéré avec Murphy pour le comprendre. Tout pète autour de lui. Il les perd les uns après les autres sans qu’il ne sache ce qu’il a fait pour que ça en arrive là. Et de toute manière, il n’a pas vraiment envie de comprendre, il ne cherche pas, n’essaie pas. Il réalise au fil des jours que ça ne rime à rien et que ça ne lui apportera rien non plus. Il a mal au bide, au coeur, à l’esprit parce qu’il réalise que tout explose autour de lui et qu’il n’y a rien à y faire. Il sait comment s’y prendre pour pousser les gens à obéir, à suivre les ordres et à faire les choses comme il faut. C’est vrai. C’est un leader ou en tout cas, il a appris à le devenir. Mais qu’est-ce que ça change quand du point de vu social, rien ne fonctionne comme ça le devrait ? Il est disposé à faire en sorte que tout se passe bien sur le campement mais il n’est pas foutu d’aller vers Murphy lorsque cela devient nécessaire. De qui se moque-t-il, hein ?

Un soupir s’échappe de ses lèvres après ses propres mots. Oui, les choses seraient différentes mais les erreurs font les hommes et on ne peut guère revenir contre ça. Parce qu’il n’y a pas de méthode particulière et que le voyage dans le temps n’est pas d’actualité. Ils ne peuvent pas effacer ce qu’ils font ou les mots qu’ils utilisent, ils ne peuvent pas revenir en arrière parce que ce n’est même pas une option à laquelle ils peuvent se permettre de penser. Elle a fait des erreurs et lui aussi. Il ne prétend pas que ça ne va que dans un sens. Disons juste que c’est compliqué. Et il ne peut pas vraiment voir le bon côté des choses ou se dire que ça ne peut que s’arranger. C’est le cas, s’il met les pieds dans le plat, s’il se décide à faire ce qu’il faut. Mais il n’y arrive pas et plus il patauge, plus Murphy s’éloigne, se braque, se réfugie dans ce qu’elle croit entendre. Tout s’écroule et il ne sait même pas comment arranger ça. Mais il est disposé à faire ce qu’il faut. Et rien n’est évident. Rien ne l’est jamais. Il a beau réfléchir au continu, il réalise que rien ne s’arrange et que ça ne risque pas d’y parvenir. Murphy est entêtée et prise de tête, c’est vrai. Elle ne facilite pas la vie et pourtant, ce n’est pas faute d’essayer. En parallèle, cela dit, il sait qu’il n’use pas forcément des bons mots, il sait qu’il fait bien des erreurs, mais il fait ce qu’il peut et si la finalité n’est pas la bonne, il ne peut rien en dire. « Je te le fais pas dire ». Il inspire un grand coup, il ne sait pas quoi dire, et il n’a pas particulièrement envie de réfléchir plus que nécessaire. Les choses sont compliquées. Mais il fait ce qu’il peut pour que ça se passe bien. Ce n’est juste pas évident. Il ne cherche pas à parler davantage, il ne cherche pas à user des mots plus évidents, parce que ce n’est pas le cas. Les choses sont juste comme elles sont. Il n’y a rien à en dire, il n’y a rien à rajouter, aussi. C’est une affaire un peu plus compliquée que ça, d’une mesure, du moins. Il faut trouver les mots mais ils ne nous tombent pas dessus. C’est compliqué.

Tout au long de leurs vies et ce, peu important comment ça évoluait, ils ont toujours été liés. Là l’un pour l’autre, présents et entourés. Et c’est réellement ce qui a foutu le bordel dans tout ça, c’est ce point qui fait que tout a fini par dégénérer. Ils ont toujours été là l’un pour l’autre sans même avoir besoin de se parler, ou de faire une véritable conversation et maintenant, ils se retrouvent pris au piège parce qu’ils essaient de communiquer mais qu’ils s’y prennent très mal. C’est réellement ça, le problème hein ? « Je sais, c'est ce que j'essaie de dire... ». C’est ça le problème, justement. Ils essaient de parler, mais ils ne sont pas capable de trouver les mots exacts pour y parvenir. Ils se faufilent sur des mots maladroits et se foirent considérablement. Il faut vraiment qu’ils arrêtent de tourner en rond, il faut qu’ils se mettent à trouver le sens des choses, qu’ils y parviennent ou non. Ils doivent se montrer adultes et trouver ce qu’il sera bon de dire, mais ils n’y parviennent pas et il est incapable de savoir pourquoi. Encore que, Richard n’est juste pas quelqu’un de très causant. Ce qui ne facilite en rien la situation. Il est maladroit et régulièrement, il tape à côté, qu’est-ce qu’il pourrait faire de plus hein ? ” Les mots ne sont pas mon fort, c’est vrai.”. Il ne voit pas vraiment ce qu’il pourrait dire de plus. Dans l’instant présent, sans doute n’y a-t-il rien à dire, d’ailleurs. Mais qu’est-ce qu’il pourrait faire de plus ? Rien. Et évidemment, c’est la seule chose qui compte. Il faut vraiment qu’il trouve les mots.

Sauf que les choses dégénèrent une nouvelle fois. Et de la pire des manières. Il lui révèle qu’il tient à Skylar, il prend la fuite. Elle se met à pleurer. Autant dire que les choses ne se passent absolument pas de la manière dont il le voudrait. Il ne prend pas la bonne décision en prenant la fuite, et il ne le sait que trop bien. Il n’a pas envie de passer pour un fou, et il n’a pas envie de laisser ses émotions lui échappaient. Il refuse de se tracasser sur des points qu’il ne comprend pas. Il est hors de question pour lui de chercher plus loin. Ou en tout cas, il ne veut pas. Alors il fuit, s’éloigne, tente de disparaître. Alors que ce n’est pas non plus comme ça que c’est supposé fonctionner. Il ne veut pas lui parler de ses problèmes parce qu’en réalité, il juge que ce n’est absolument pas le bon moment, il réalise qu’il est là pour régler leurs problèmes communs. Skylar ? C’est un sujet compliqué mais ce n’est pas le sujet nécessaire ici. Plutôt le sujet à éviter puisqu’il n’a pas envie de débattre sur le fait que ce soit bien ou non, ou encore partir sur une quelconque nécessité de se déclarer à son meilleur ami. Ici, l’intention est de régler cette histoire avec Murphy, pas de passer outre en attaquant un autre sujet. Ils en sont enfin venus à discuter. Il faut donc désormais faire en sorte de voir leurs échanges s’améliorer.

« T'es... t'es sérieux ? ». Il fait de son mieux pour faire avancer les choses mais il n’y parvient pas forcément comme elle le voudrait. Il fait ce qu’il peut mais ce n’est juste pas une très grosse réussite. Il fait ce qu’il peut, en tout cas, mais il n’y parvient pas forcément. C’est un peu compliqué. Il ne veut pas la perdre et visiblement, il a enfin réussi à l’atteindre d’une quelconque manière pour lui faire comprendre que non, il ne veut pas sortir de sa vie. Il avait fini par croire que ça ne s’arrangerait jamais. Qu’il ne réussirait pas à lui faire entendre les choses comme il le voudrait. Mais les choses s’arrangent. Ne serait-ce qu’un peu. Est-ce le contact physique qui parvient à lui faire prendre conscience des choses ? ” Tu imagines que je pourrais plaisanter sur ce genre de sujet ?”. Ce n’est même pas envisageable. Clairement.

La main de Murphy se pose doucement sur la sienne. Elle semble fragile, vulnérable, et il ne sait pas quoi faire avec son comportement actuel. Il ne l’a jamais vu de cette manière. C’est perturbant, mais ce n’est pas particulièrement dérangeant. Au contraire, même. « Pas dans l'ombre, s'il-te-plaît... ». Bien sûr qu’il ne va pas rester dans l’ombre, bien sûr qu’il ne va pas le faire si elle lui permet de ne pas rester en dehors de sa vie. Il veut s’impliquer, être présent, il veut être là pour elle bien qu’il ne sache pas comment il est supposé s’y prendre pour que les choses se passent de la bonne manière. C’est une affaire compliquée, en tout cas, mais c’est la seule chose dont il soit certain. Face à la situation, ses doutes sont sans doute un peu trop nombreux. Mais ça s’améliore, c’est là, dans l’air, et il ne saurait pas vraiment comment l’expliquer. « J'ai reconnu mes torts... ». C’est vrai, bien que certains persistent à garder un semblant de complication. Un aspect auquel il n’a pas envie de trop penser pour l’heure. Autumn, oui, c’est une affaire un peu compliquée à laquelle il faudra qu’ils reparlent. Mais ce n’est visiblement pas le bon moment. Autant prendre ses distances, ou du moins, autant faire ce qu’il est possible de faire pour que les choses se passent de la meilleure des manières. Mais ce n’est pas vraiment une certitude. « Je suis désolée si je t'ai déçu, j'ai jamais voulu te décevoir tu sais... je veux que tu sois fier de moi, tout le temps. Tes la seule personne dont l'avis compte autant... ». On ne peut pas vraiment être fier de quelqu’un tout le temps, les choses n’ont jamais fonctionné comme ça. Il y a les hauts et les bas et ce, avec un peu tout le monde. Et pour le coup, il fait ce qu’il peut, mais il sait que ce n’est pas si simple que ça. Il fait son maximum, n’est-ce pas un bon début ? Il passe sa main derrière sa tête et l’attire à lui pour la prendre dans ses bras. ” Tout ira bien. Ou en tout cas, mieux.”. Mais les choses ne sont pas évidentes. Et ça ne risque pas d’aller en s’arrangeant. D’une certaine manière, du moins. ” On n’a pas besoin de s’éloigner. Faut juste qu’on réussisse à communiquer”. Oui, ce sera déjà pas mal. C’est sans doute le sujet sur lequel les choses ne vont vraiment pas bien.

notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 31710 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 134


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Hier à 3:28



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Ils ne se comprenaient plus. C'était peut-être les mois qui les avaient éloignés, ou peut-être que les mois de séparation n'étaient qu'une conséquence de plus de ce langage qu'ils ne partageaient plus. Pour la toute première fois, Murphy avait l'impression de perdre Richard. Car si les fondations d'une amitié s'écroulaient subitement, que pouvait-il en subsister ? Qu'est-ce qui pouvait être sauvé ?

Pendant un moment, Murphy avait cru connaître la réponse à ces questions. Pendant un moment, elle avait cru que tout avait été englouti par le temps et toutes les opportunités que chacun d'eux avait laissé passer. Il aurait fallu battre le fer tant qu'il était encore chaud, s'expliquer d'avoir eu le temps de se monter des scénarios abracadabrantesques chacun de son côté. Faire bonne figure, elle savait y exceller, et ça lui rendait bien service. Elle arrivait à se berner elle-même, à se mentir pour tenir le coup. Les plus cultivés appelaient ça le déni; elle, elle considérait ça comme une stratégie de survie comme une autre. Il y avait le célèbre duel du combat et de la fuite, et puis il y avait aussi le mensonge dont on arrivait à se convaincre soi-même pour continuer à avancer, au moins le temps que ça fonctionne. Tant qu'elle n'avait pas parlé à Richard, elle n'avait pas eu cette réponse finale, celle qui était en train de la bouffer à vue d'oeil. Tant qu'elle avait repoussé l'échéance, le doute avait été permis. Peut-être manquait-il de temps, peut-être manquaient-ils de temps tous les deux. Peut-être que leur éloignement n'était que l'illusion qui s'imposait aux yeux d'une fille un peu trop inquiète. Peut-être, peut-être...

Mais à force de peut-être, on perdait de vue le probable et la réalité. La réalité, c'était que pour l'une des premières fois, elle ne l'avait pas écouté. Elle avait ignoré ses conseils, s'était laissée porter par sa rage et son inquiétude. La réalité, c'est que dans la manœuvre, elle lui avait éclaté l'arcade du sourcil, qu'elle avait oublié la fragilité des ententes entre peuples. La réalité, c'était aussi les non dits qui explosaient, Autumn qui apparaissait dans des conversations qu'elle avait toujours réussi à éviter jusqu'à présent. Il ne comprendrait probablement jamais ces choses-là. Personne ne la volerait jamais à Richard. Et les probabilités, maintenant, se confirmaient. Les lois mathématiques avaient eu raison tout du long, et maintenant, elles avaient raison d'elle. Les discours buttaient des deux côtés. Ils étaient incapables de s'entendre, de s'écouter peut-être, de se comprendre très certainement. Les mots lui manquaient, à Murphy. Il était impossible de lui décrire le manque qu'elle avait de lui. Dix mois sans lui, c'était beaucoup trop long, et dix mois sans lui, c'était bien suffisant pour briser tout ce qui leur avait paru évident des années durant. Ils ne parlaient plus la même langue et au jeu des mots, aucun des deux ne s'était jamais montré particulièrement doué. Ils abordaient un terrain glissant et oh, oui, ils glissaient. Ce n'était pas faute de tentatives qu'ils se perdaient, c'était faute d'accroches. A croire que tous ces mois les avaient rendus différents au moins de ne plus se reconnaître l'un et l'autre. Tout ce qui avait construit leur amitié, tout l'instinct et les regards qui leur avaient toujours suffi semblaient à des années-lumière, maintenant. En le voyant lui tourner le dos, Murphy avait pu sentir la part d'elle qu'il lui arrachait. Mais il y avait en elle un dernier feu qui brûlait encore. Elle se vanterait de détermination en public mais elle le savait, c'était le carburant du désespoir qui lui donnait la force de s'accrocher encore un peu.

Mais il ne suffirait pas de grand chose. Un geste, un mot, un regard. Une première étincelle pour enflammer tout le reste. Elle se raccrocherait à tout ce qu'on voudrait bien lui donner, si ça lui offrait quelques secondes d'espoir supplémentaires. Ses grands yeux embués cherchaient le moindre réconfort dans le regard de l'homme, la moindre accroche de laquelle se saisir. Mais lorsque les mots tant attendus raisonnèrent entre eux, Murphy n'était plus trop sûre de savoir comment faire. Elle n'était pas douée avec eux, elle non plus. Sa question était maladroite. Elle répondait au retournement de situation qui la laissait toute sonnée. Même en espérait de tout son être, Murphy n'avait pas cru une seconde en sa bonne étoile. Elle avait attendu le coup fatal, celui dont elle ne pourrait plus se remettre et dont ils sauraient, tous les deux, qu'ils ne pourraient plus se remettre. Là, ils faisaient demi-tour. C'était revivifiant, comme une bouffée d'air lorsque vous échappez de justesse à la noyade, comme la proximité d'un feu après de longues heures passées dehors en plein hiver.

Richard, lui, semblait presque étonné d'avoir réussi à la toucher comme ça. Il la fixait avec une intensité qui parlait pour toutes les réponses qu'il n'allait pas lui donner. Oui, il était sérieux. Murphy ne parvenait pas à sourire, à la fois médusée par la tournure de la situation et accablée par le soulagement qu'elle lui procurait finalement et contre toute attente. Mais elle ne voulait pas en rester là. Elle ne voulait pas de lui dans l'ombre, elle ne voulait pas de lui à moitié. Elle le voulait entièrement, comme avant, comme lorsque leur équilibre n'avait pas été brisé. Il ne pouvait pas oublier ses conneries, elle le savait, mais qu'il arrive à passer outre serait probablement l'une des plus belles preuves de son attachement qu'il pourrait lui offrir. Elle allait faire des efforts, elle allait apprendre à contenir sa peur de perdre les autres, à la fois Richard à Autumn, et Antarès à ce Terrien détestable. Car au final, tout pointait dans la même direction : celle de son angoisse de voir ce même schéma reprendre, encore et encore, dans un cycle qui ne trouverait de fin que lorsqu'elle n'aurait plus personne d'autre à perdre qu'elle-même. Mais peut-être qu'il n'était pas encore temps de dire au revoir à Richard, après tout. Peut-être qu'il avait envie de sauver les choses, de laisser ça derrière eux, de donner une seconde chance à une amitié qui avait bercé plus de la moitié de la vie de Murphy. Alors elle fit un premier pas, elle aussi, figurativement comme verbalement. Sa main trouva celle que Richard avait posé sur son épaule et il lui parût soudainement évident que rien, vraiment, ne pourrait les séparer. Même sans se comprendre, même en hurlant, en pleurant et en se tournant le dos, ils seraient toujours liés, non pas par le passé, qui ne caractérisait jamais vraiment l'avenir, mais par tout ce qui avait permis à leur amitié de se tisser au fil des mois et des années. Ce n'était pas le confort ou l'habitude qui les guidait. Ça n'avait jamais été le cas. Ils avaient besoin l'un de l'autre. Murphy avait besoin de Richard comme d'un père ou d'un grand frère, d'une part de cette famille qu'elle avait choisie, d'un allié pour lequel elle aurait tout donné, qu'elle défendrait de sa propre existence si ça s'avérait un rempart nécessaire. Alors, dans une pluie de termes maladroits, elle se tenta à une énième explications, des tentatives d'excuses, de justifications. Elle voulait l'assommer de toutes les raisons qui devraient le pousser dans ses bras. Elle voulait le noyer dans ses propres craintes pour qu'il comprenne, lui aussi, et qu'il s'accroche comme elle à tout ce qu'elle essayait de raccommoder.

Et la main de Richard lui échappa juste un instant. Une seconde plus tard, elle enfouissait son visage contre l'épaule de son ami, tremblante, réalisant à peine le geste et le moment. Ils étaient d'une telle rareté qu'elle aurait pu remettre en doute leur existence même. Elle ferma les paupières un instant, laissant quelques dernières larmes glisser sur ses joues rougies par leurs prédécesseures et le froid de ce début d'hiver. De ces deux bras, elle serrait un peu plus Richard contre elle, avec une pudeur pourtant qui témoignait de la rareté de telles marques d'affection. Mais si pas maintenant, alors quand ? Si pas dans un tel état de vulnérabilité, quand est-ce qu'ils sauraient se prouver toute l'importance qu'ils avaient l'un pour l'autre ? Elle renifla de façon sonore contre le manteau du chef de garde et répondit un faible et rauque « oui », qui se perdit dans les quelques particules d'air que leur proximité leur faisait partager. Avait-il entendu ses confessions ? Avait-il réalisé tout ce qu'il représentait pour elle ? Elles n'étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd, se rassurait-elle en le serrant un peu plus contre elle. Il savait, et c'était le plus important. Il l'avait probablement toujours su, même lorsqu'il n'avaient pas besoin de se dire ces choses-là pour les rendre réelles. « Non, tout ira bien. Parce que ça doit aller bien. » Elle s'éloigna de lui à contrecœur et accrocha son regard clair, les deux mains encore posées sur ses bras comme si elle redoutait qu'il ne s'échappe. « On a assez perdu, tous les deux, pour savoir que chaque moment compte. Je veux pas qu'on regrette... » Elle s'essuya le visage d'une main encore tremblotante. « Papy, ça compte pour tout le monde... » A demi-mots, elle s'aventurait sur un terrain qu'elle ne maîtrisait pas. Mais les regrets pouvaient naître bien trop tôt, bien avant que l'on réalise qu'ils pouvaient creuser leur place. « Je regrette les derniers mots que j'ai dits à Faust, tu sais. » Elle inspira profondément pour s'éviter de perdre pieds une nouvelle fois. Ses lèvres frémissaient sous l'émotion, son regard s'était détaché de celui de Richard et voguait vers les coins du village que les lueurs du feu n'atteignaient pas. Elle voulait tout dire à la fois mais ne disait peut-être pas grand chose. Elle pensait à Skylar et à ses inquiétudes, à toutes leurs inquiétudes qui les bouffaient alors que les regrets guettaient déjà au loin, attendaient que les peurs n'abandonnent le terrain pour le gagner vicieusement et s'y installer à jamais. A Faust, elle aurait aimé savoir dire tout l'amour qui était le sien, tout celui que les bêtises n'avaient probablement pas su exprimer correctement. Elle aurait aimé lui dire le manque qu'elle ressentait maintenant, qu'elle aurait pu prédire avant même qu'elle ne disparaisse, sans savoir qu'elle allait disparaître. Elle aurait aimé qu'elle sache tout ce qu'elle ressentait maintenant, tout ce qu'elle avait ressenti alors, tout le trou béant que son absence laissait en son cœur. Il était trop tard pour ça, mais jamais tout à fait trop tard pour apprendre de ses erreurs. Que Richard ne fasse pas ces erreurs. Qu'eux deux ne fassent pas cette erreur. « Il y a des choses que j'aurais aimé qu'elle sache... faut pas qu'on perde de temps pour ces choses-là, tu comprends ? Une fois qu'on a des regrets, c'est qu'il est trop tard. » Dans un regain de témérité, elle laissa ses prunelles se lever vers Richard et elle sentait malgré elle ses mains se serrer autour des bras de l'homme. « Tu comprends ? »
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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me

 

Murphy ♣ I forgive you, I forgive me

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