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˜˜˜˜˜˜Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
maybe life should be about more than just surviving

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23/05/2015 avengedinchains 1400 Andrew Lincoln ava by Exception / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 76
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Sujet: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Dim 19 Nov - 17:27

»  I forgive you, I forgive me
C’est fou ce que les choses peuvent être compliquées parfois. Tu t’es plongé dans le travail pour oublier tout ce qui n’allait pas dans ton existence. Et ça a plutôt bien aidé de ce côté là parce que mine de rien, avec le déménagement et tout ça, tu as eu de quoi t’occuper. Tu donnais des ordres, tu redigeais les gens et seul Skylar était en mesure de rester à tes côtés. Faut dire que tu te sens toujours bizarre vis à vis de lui et que c’est pire quand il n’est pas dans ton champ de vision. Si pour l’heure, tu n’as pas encore envie d’y penser, tu réalises doucement que cette relation est différente de ce qu’elle a pu être par le passé, et ça te fait du bien. Y penser te permet de réaliser que ton amitié avec lui pourrait prendre une autre tournure, si tant est que tu finis par l’accepter. L’homme à femmes que tu as un jour été a bien du mal à imaginer qu’un homme s’est doucement glissé dans ta vie. Pris d’immanquables questions continues, et de doutes insupportables, tu ne sais pas vraiment où donner de la tête. Et encore, s’il n’y avait que ça. Mais il y a l’histoire avec Murphy aussi.

Bien sûr que tu t’es éloigné d’elle et bien sûr qu’au passage, ça ne t’a pas vraiment plu. Comment prétendre le contraire hein ? Toute cette histoire autour du chien t’avait déjà épuisé. Alors avec ce Terrien qui a débarqué et qui a pris la peine de foutre le bordel, ça ne s’est pas arrangé. On va pas se mentir, quelque chose s’est brisé chez toi lorsque Murphy t’a frappé. Et t’as beau dire ce que tu veux, t’as beau lui parler poliment, il y a une certaine distance que tu ne parviens pas à foutre en l’air. T’es incapable d’aller de l’avant, incapable d’avancer. Parce que ça t’a fait mal qu’elle te repousse et qu’elle te frappe. Disons que ça a changé beaucoup de choses et que ce n’est pas près de s’améliorer. En tout cas, pas tant que tu ne lui parleras pas. Tu sais qu’il le faudrait, mais t’y arrive juste pas. La distance, la trahison et la déception. Tu l’observes de loin, tu fais de ton mieux pour ne pas lui filer les tâches les plus insupportables et pour ne pas la repousser, ou ce genre de chose. Mais les choses ne vont pas plus loin parce que tu n’en es pas capable. T’as pas envie de penser à ça parce que tu ne vois pas à quoi ça pourrait bien servir. Tu as juste besoin de t’éloigner d’elle parce que c’est nécessaire.

Un soupir s’échappe de tes lèvres alors que ton “boulot” de la journée se termine. Le soleil est déjà en train de se coucher à cette période de l’année. T’es pas vraiment fatigué, pas vraiment affamé non plus. T’es là, tu rôdes sur le campement et tu envisages de te poser un instant devant le feu de camp. Tu n’hésites pas bien longtemps d’ailleurs, parce que tu sais que tu pourras t’y installer. Tu fais juste un détour par le dortoir pour y déposer tes affaires. Tu n’as pas encore pris le parti de te faire un abri à l’écart. Tu n’as pas particulièrement eu le temps et de toute manière ces derniers temps, tu ne dors pas beaucoup. Bien sûr que ça affecte ta santé, t’es un peu plus pâle, t’as perdu du poids. Tu n’irais pas jusqu’à dire que c’est la faute de Murphy, mais ça joue, bien sûr. Et il n’y a pas grand chose à ajouter. Tu fais de ton mieux, tu fais ce que tu peux mais tu t’occupes trop. Et ton temps s’écoule trop vite. Tu manges, tu dors, mais dans les deux cas, tu ne fais pas ça suffisamment.

Quelques mois se sont écoulés depuis l’installation dans le nouveau campement et oui, on ne va pas le cacher, tout est beaucoup mieux comme ça. Vraiment mieux. Tu sais que tu étais parti sur le principe que tout bouleverser n’aiderait pas. Mais les choses ont changé et tout va pour le mieux maintenant. Tu ne risques pas de le nier. Impossible. Tu soupires, alors que tu t’asseois devant le feu. Soulagement, c’est que ça fait du bien de s’asseoir hein, tu ne vas certainement pas le nier. Poser tes fesses, c’est un peu comme un besoin auquel tu ne pensais plus. L’âge qui frappe à la porte, peut être aussi. T’as juste besoin de rester dans ton coin, de te détendre et de souffler un coup. Et dans ce nouveau campement, il y a moins de bruit autour du campement, ce qui est tout autant un plaisir que le reste. Les gens sont dans les bâtiments et restent déjà plus tranquilles. Ils sont plus à l’aise et toi, tu poses moins les yeux sur ceux qui ne font rien.


notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Dim 19 Nov - 19:26



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Murphy était épuisée. A chaque fois qu'elle essayait de prendre un peu de temps pour elle sur les conseils d'Adelaide, elle en ressortait plus épuisée encore. S'occuper lui donnait un peu de temps hors de ses souvenirs malveillants, mais ils ne partaient jamais bien loin. La veille, son trajet de retour avait été ponctué de fantômes qu'elle aurait préféré laisser au passé auquel ils appartenaient. Elle se disait qu'elle devait retourner là où elle avait trouvé les restes du camp que Faust avait établi, y laisser quelques fleurs, et puis elle réalisait qu'il était trop tard pour des fleurs car tout ici mourrait à nouveau pour quelques mois. Elle pensait à Noël qui approchait, aux amitiés qu'elle retrouvait maladroitement et peu à peu, et puis elle pensait à Richard, qui ne lui avait adressé la parole que parce qu'elle était sa subordonnée. La déception qu'elle pouvait lire dans son regard dès qu'il le posait sur elle était sans aucun doute bien plus douloureuse que le coup qu'il avait accidentellement reçu. Son ventre se nouait dès qu'elle le croisait et elle n'arrivait pas à accepter que le Noël à venir n'aurait plus rien du précédent. Sans Richard à ses côtés, elle était sans famille. Elle aurait aimé pouvoir lui expliquer tous ses remords et à quel point il lui manquait. Elle aurait aimé qu'il puisse comprendre qu'on puisse défendre un animal comme on défendait n'importe quel membre de sa famille. Elle aurait aimé qu'il lui sourie, juste une fois, comme avant; qu'il lui laisse penser, même par accident, qu'elle lui manquait au moins un peu, elle aussi.

On lui avait accordé quelques jours pour rejoindre les Cents et profiter d'eux -pour de vrai, cette fois-, mais pas un de plus. La reprise des patrouilles avait été difficile. Le sommeil lui manquait, le froid s'insinuait dans ses articulations et il lui semblait qu'elle n'arrivait plus vraiment à se réchauffer, même malgré la fourrure d'Elias qu'elle avait pourtant ressortie et dans laquelle elle s'enroulait dès qu'elle en avait l'occasion. Sa voix revenait peu à peu mais elle la préservait et en préservait les autres, qui devaient savourer cette trêve imposée par la santé de la brune. Antarès profitait de la fatigue de sa maîtresse pour gambader librement sur le camp et peut-être chercher la présence de son seul congénère présent sur le campement -ou d'une Tennessee aux poches remplies de friandises qu'il ne savait pas refuser. Les journées se faisaient de plus en plus courtes et appelaient à la chaleur d'un dortoir dont on testait un peu plus chaque jour l'isolation. Dans un frisson de soulagement, Murphy laissa sa place à un autre patrouilleur qui allait subir parmi les pires heures de la journée. Elle le plaignit d'un regard cerné et rejoignit le cœur du village et le feu central dont les lueurs chaudes pouvaient être perçues jusqu'aux tours de guet et suscitaient bien des jalousies. En passant devant, Murphy jeta un coup d'oeil à la maison qu'elle partageait avec Tennessee. Dans le noir, elle n'avait pas l'air de grand chose; peut-être un peu plus complète et retapée que certaines de ses voisines, mais on avait de la peine à croire qu'elle ait pu être habitée des mois durant. Les mains enfoncées dans les poches, elle reprit son chemin et un énième frisson glissa le long de son échine alors que la chaleur du feu, déjà, lui parvenait. Malgré les flammes salvatrices qui réchauffaient les environs, on ne pouvait pas dire que ceux-ci bouillonnaient d'effervescence. A dire vrai, on pouvait deviner que l'hiver s'installait seulement à la densité d'Odysséens qui préféraient encore rester à l'extérieur. Avec le temps, Murphy avait appris que rien ne valait la proximité d'un feu, pas même toutes les couvertures du monde. Il serait bientôt l'heure de manger et même les plus frileux devraient se frotter au froid de l'extérieur pour rejoindre le réfectoire. Juste traverser cette place centrale pouvait s'avérer rédhibitoire pour les moins courageux, mais la brune considérait ce feu comme l'un des seuls liens qui subsistaient en toutes saisons entre tous les Odysséens. Comme celui qui avait toujours brûlé à l'entrée de l'épave de l'Odyssée sur leur ancien campement, il tenait lieu de point névralgique de tout le village qui s'étendait autour. Il séparait les cuisines du bâtiment qui leur servait de dortoirs et d'infirmerie; c'était le point de rencontres et de retrouvailles, même en plein hiver, pour les plus courageux. Quelques âmes solitaires s'étaient installées autour du foyer, d'autres discutaient et on pouvait reconnaître quelques rires ponctuels et sporadiques s'élever dans le froid de fin de journée. Les souffles laissaient dans l'air des traînées de vapeur d'eau qui se mélangeaient à la fumée du brasier. Tout le monde était emmitouflé; il aurait été plus qu'imprudent de ne pas l'être.

En s'approchant du feu, Murphy retira ses gants et sa peau fût aussitôt saisie par la chaleur. Elle ronronna de satisfaction et se laissa lourdement tomber sur le premier rondin de bois qui s'imposa à elle. Elle se recroquevilla sur elle-même et soupira, ferma les yeux quelques instants et savoura la proximité de la source de chaleur. Elle manqua probablement de s'endormir et ses paupières s'ouvrirent brusquement en le réalisant. Les environs étaient toujours aussi calmes et paisibles : l'heure de manger n'avait probablement pas encore sonné. Elle jeta un coup d'oeil à ceux qui l'entouraient et se frotta les mains avant de se réveiller brusquement. A sa droite, à quelques mètres, elle avait reconnu Richard. Son sang se glaça et elle se paralysa sous les interrogations. Était-elle supposée dire quelque chose, tenter quelque chose ? Il était l'une des seules personnes capables de lui donner tant de doutes mais ces personnes-là étaient celles pour lesquelles elle avait toujours désiré le plus de réponses. Ses fesses se glissèrent sur le rondin de bois et s'arrêtèrent à un mètre raisonnable de lui. Elle demeura silencieuse quelques instants, cherchant ses mots, se demandant si elle n'en avait pas déjà trop fait. Elle ne savait plus comment se comporter avec lui, et c'était la pire des sensations. « Ça caille, hein ? » La question était le résultat désespéré de mille tentatives avortées par son réseau neuronal et elle ferma aussitôt les yeux dans un soupir de détresse, regrettant la stupidité de son approche.

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23/05/2015 avengedinchains 1400 Andrew Lincoln ava by Exception / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 76
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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Dim 19 Nov - 21:03

»  I forgive you, I forgive me
Il t’es parfaitement impossible de laisser de côté les bons côtés de ton existence ici. Cela n’a pas toujours été facile et sur certains aspects, tu regrettes un peu de te faire discret. Murphy te manque en réalité et la relation que tu avais avec elle surtout. Mais tu ne vois pas comment arranger les choses et la déception que tu ressens t’empêche vraiment de réfléchir. Sur certains points, tu comprends sa réaction, bien sûr, et tu comprends aisément qu’elle ait pu mal prendre le comportement du Natif. Tu comprends aussi qu’elle ait eu peur pour Antarès et qu’elle ait été incapable de lui donner raison ou tort. Mais il y a l’art et la manière et t’es juste du genre à privilégier le langage, la parole, avant de te lancer dans la bataille. Bien sûr que t’es aussi quelqu’un qui peut se faire violent mais à aucun moment tu n’as vraiment estimé que le Natif parlait vraiment mal. Il défendait quelque chose qu’il imaginait lui être propre. T’as juste compris très vite que les deux ne parlaient pas de la même chose. Et elle, elle s’est juste emportée et aveuglée par la colère, elle n’a rien vu de plus. C’est ce que tu trouves dommage, justement. Parce que dans le fond, l’histoire aurait été terminée bien plus tôt si elle avait fait attention aux détails de l’échange. Mais bon, tu peux comprendre, d’une certaine manière. Ce que tu n’apprécies pas et que tu es parfaitement incapable de comprendre, c’est qu’elle n’ait pas été en mesure de t’écouter, toi. Qu’elle ait refusé de comprendre ce que tu essaies de lui dire. Qu’elle n’écoute pas le Natif, c’était une chose, mais toi ? Enfin bon, c’est peut-être juste un soucis d’égo et de fierté. Peut-être que c’est le seul point qui soit véritablement dérangeant et problématique. Tu ne saurais le dire. Et tu n’as, de toute manière, pas particulièrement envie d’y réfléchir.

Assis devant le feu, pourtant, tes songes se perdent dans tous les sens, sans que tu ne sois en mesure d’arrêter ça. Qu’est-ce que tu y peux hein ? Tu ne peux pas y faire grand chose, déjà, et tu dois te concentrer sur ça. Richard, t’es juste quelqu’un de droit et tu tends à penser que tu cherches juste à ce que les gens en arrivent au même point. Et puis bon, si tu as mis des distances avec Murphy, tu n’as pas pour autant rompu le contact et tu espères qu’elle en a conscience. Tu aurais très bien pu la mettre dans un autre service. Mais tu en es convaincu. Tout est compliqué, en tout cas. Encore et toujours. Mais avec elle, tu ne sais pas sur quel pied danser. De ce que tu as déjà pu entendre, les choses peuvent aussi être différentes. Sur un point en particulier, d’abord. En réalité, il n’est pas bien compliqué de ce que concentrer sur le fait que Murphy a cumulé, en un court délai, quelques petits points qui font que tu marques un certain temps d’arrêt. Et tu n’y peux pas grand chose. C’est juste plus fort que toi. outre l’épisode avec le chien et ce Natif, il y a aussi eu le problème avec Autumn. Tu ne connais pas tous les détails vu que tu as uniquement eu la version de ta vie. Disons que tu n’as pas particulièrement envie d’aborder le sujet. De ce que tu as pu comprendre, Murphy a été imbuvable avec elle, usant d’une jalousie déplacée et d’un comportement étouffant. Tu n’as pas tout compris. Et tu n’as pas cherché, pas vraiment. Tu trouvais le sujet déplacé et c’est une lutte qui te concerne de loin ? Un truc que tu ne comprends pas vraiment. Et puisque tu avais mis une certaine distance, tu n’allais quand même pas essayer de te rapprocher pour comprendre, non ?

Tu as le regard un peu dans le vide, tu ne fais pas forcément très attention autour de toi et tu n’en éprouves pas vraiment le besoin. Tu essaies de faire le vide dans ton esprit mais tu n’y parviens absolument pas. Incapable de sortir de ta tête et de te concentrer sur la couleur et la chaleur des flammes, mais non, tu restes là, à vagabonder dans ton esprit, à aller d’un songe à un autre. Jusqu’à ce qu’une voix t’arrête, bien sûr. « Ça caille, hein ? ». Tu ne l’avais même pas remarqué. Tournant la tête vers elle un instant, tu te demandes s’il ne serait pas presque préférable de garder le silence. Sauf que tu es un adulte. Et un adulte responsable. Hors de question de jouer l’enfant et d’ignorer quelqu’un qui, en réalité, compte réellement pour toi. Parce que finalement, c’est surtout de ça qu’il est question. Si tu es aussi frustré et déçu, c’est avant tout parce qu’elle compte plus que beaucoup de personnes et qu’elle occupe une place importante dans ta vie. D’aussi loin que tu t’en souviennes, tu as presque l’impression qu’elle a toujours fait partie de ton sillage. Alors forcément.. .Lui tourner le dos d’un claquement de doigts t’es presque impossible. Tu as beau essayer, tu ne peux pas la laisser de côté. Pour autant, il est parfaitement hors de question pour toi d’amener le sujet sur le tapis. Elle peut très bien le faire et ce serait presque légitime. Elle te doit des excuses après tout ? Mais là encore, ce n’est pas vraiment le comportement d’un adulte. T’es chef de garde ou un adolescent ? ” On approche de l’hiver, cela se sent oui”

Un silence pesant s’installe entre vous. Et en réalité, ça te met pas mal mal à l’aise. Mais qu’est-ce que tu pourrais bien en dire hein ? C’est ça le problème. ” La patrouille s’est bien passée ?”. Au final, parler de boulot, c’est presque ce qui te paraît le plus simple, alors que ça n’a pas le moindre sens. Mais qu’est-ce que tu pourrais ajouter hein ? Tu ne sais pas comment lui parler parce que t’as peur de te montrer détestable ou désagréable. C’est sans doute pour ça que tu prends peu de risques. Tu ne sais pas sur quel pied danser parce que t’as peur d’être désagréable. Alors tu laisses le doute planer et tu lui laisses la chance de parler en premier. Est-ce que c’est seulement de ça qu’il est question ? Encore une fois, t’en as pas la moindre idée bordel… Y a que tu sais pas quoi lui dire. Voilà la vérité.


notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Dim 19 Nov - 23:48



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


L'installation au sein de ces ruines et leur réhabilitation avait été vécue comme une bénédiction par la brune. Elle l'avait souhaitée depuis tellement longtemps qu'elle avait eu du mal à y croire lorsque l'annonce en avait été faite. Elle avait été parmi les premiers à organiser les repérages, le nettoyage et la reconstruction des structures prioritaires. Elle avait failli y laisser Antarès, failli se faire emporter par le courant d'une rivière déchaînée, mais elle ne regrettait pas un seul instant son enthousiasme. L'ancien campement lui manquait, parfois, ou plutôt les vieilles habitudes dans lesquelles ils s'étaient tous enlisés depuis qu'ils étaient ici. Elles étaient confortables, les habitudes, mais elles auraient pu tout aussi bien les piéger dans la facilité. Ici, ils avaient enfin une chance de reprendre les choses pour de bon, de le faire correctement, de trouver un réel foyer. Elle n'oubliait pas la mise en garde d'Isdès, l'avait fait remonter à qui voulait bien l'entendre, avait averti les rebelles avant que le mouvement ne leur explose à la figure. Elle avait fait les choses bien, mais n'arrivait pas à exclure de ses idées toutes les menaces desquelles il l'avait prévenue sans en dire davantage. Ce village, pourtant, c'était tout ce qu'elle avait toujours souhaité depuis qu'ils avaient atterri ici, enterré leurs morts et accepté la disparition de tous ceux qu'ils n'avaient pas retrouvés dans les décombres. Ici, c'était un nouveau départ, une réelle chance à un avenir qui se profilait pour la première fois un peu moins sombre car il n'était plus ancré dans les souvenirs d'une épave qu'ils n'avaient eu d'autre choix que de considérer comme leur maison pendant trop longtemps.

Mais elle devait l'admettre, ce soulagement avait été entaché progressivement par tous ceux qui lui avaient tourné le dos, ou tous ceux à qui elle avait tourné le dos. Ils s'étaient faits trop nombreux, ces derniers temps, et elle regrettait parfois les longs mois passés dans la vieille carcasse de leur ancienne maison, juste parce qu'elle les avait partagé avec ceux qui n'étaient plus à ses côtés. Les rapprochements se faisaient progressivement mais timidement avec les autres leaders rebelles, mais il lui manquait celui qu'elle considérait comme son roc, sa famille. Elle avait engueulé Skylar lorsqu'ils s'était engueulé avec Richard, lui avait exposé ce que son objectivité lui avait permis de lui exposer, mais maintenant qu'elle était celle à qui on avait arraché Richard, les choses avaient totalement basculé. Même si elle n'avait jamais su ce qui avait pu les éloigner, elle comprenait Skylar, maintenant, le sentiment d'impuissance face à l'éloignement et la détresse qui l'accompagnait. La mort n'était pas la seule issue d'une amitié, quelle qu'elle puisse être, et Murphy n'avait eu d'autre choix que de l'accepter depuis l'hiver précédent. Quelque chose semblait s'être brisé en Richard lorsqu'il la regardait et ça la détruisait. Depuis aussi loin qu'elle s'en souvienne, il avait toujours été dans sa vie, et qu'il en disparaisse aussi subitement laissait un vide douloureux. Depuis aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle avait voulu le rendre fier, elle avait voulu voir brûler dans son regard cette satisfaction qu'un père ou un grand frère pouvait ressentir face à sa fille ou à sa petite soeur. Elle avait toujours voulu être ça, pour lui : celle qu'il présentait fièrement à ses proches, celle à laquelle il pensait lorsqu'il avait besoin de sourire, celle sur laquelle il pourrait toujours compter. Mais elle lui avait fait défaut et elle le savait. Elle était l'une des mieux placées pour savoir à quel point de simples excuses pouvaient paraître fades face à la douleur ou à l'incompréhension. S'excuser auprès de Richard lui paraissait évident mais inutile. Depuis des mois, elle restait paralysée par la peur d'empirer les choses en tentant de les améliorer. Il ne pouvait pas y avoir d'issue à une telle séparation. Peut-être que c'était comme ça que devait finir leur relation, après tout. Peut-être qu'ils n'étaient destinés qu'à s'échanger quelques regards et politesses lorsque la situation l'exigeait. Ils travaillaient bien, ensemble, mais ils ne patrouillaient plus ensemble, et Murphy avait bien compris le message qu'il délivrait à travers l'attribution des rôles et des patrouilles de chacun.

Mais il lui manquait, il lui manquait terriblement. D'être traitée de gamine lui manquait, et tout le rappelait toujours à elle. Ils n'avaient trouvé le temps de s'entraîner ensemble à l'arc qu'une fois et les entraînements, depuis, s'étaient faits bien trop solitaires. Elle se demandait s'il la haïssait, maintenant, mais dans son regard c'était toujours la déception, fugace mais réelle, qu'elle lisait, et elle lui tordait les boyaux. Elle avait tant travaillé à y lire de la fierté qu'y trouver son opposé la déchirait. Elle était la seule fautive. Elle s'était excusée à demi-mots lorsqu'ils étaient rentrés, ce jour-là, mais ça n'était pas suffisant. Lorsqu'elle n'arrivait pas à dormir, parfois, elle s'imaginait aller réveiller Richard dans son coin du dortoir et arriver à le surprendre suffisamment pour qu'il se taise et la laisse juste parler. Elle pourrait s'excuser vingt fois, cent fois s'il le fallait, mais ce ne serait probablement pas suffisant. Ce n'était pas seulement avec le coup qu'elle avait fauté; c'était parce qu'elle ne l'avait pas écouté lui, parce qu'elle n'avait pas écouté sa raison et avait laissé de côté toutes les valeurs qu'il lui avaient apprises pendant toutes ces années. En quelques instants, face à ce Terrien, elle avait failli à tout ce qu'il lui avait transmis. Il devait se dire qu'il avait échoué avec elle, qu'elle n'avait jamais mérité son temps ou son attention. Il devait regretter tout ce qu'ils avaient vécu.

Alors ce soir-là, l'occasion était trop belle. C'était peut-être parce qu'elle était frigorifiée ou à demi-endormie qu'elle sentait un regain de confiance; peu importait, en réalité. Quelque chose avait tissé un espoir là où elle n'en avait plus. La crainte l'avait saisie au moment où elle avait glissé jusque lui, mais si pas maintenant, alors quand ?

La première approche fût pourtant des plus maladroites. Murphy se lyncha mentalement d'avoir sorti une telle absurdité. Lorsqu'elle leva son regard vers elle, elle se sentie investie d'une pression supplémentaire. Il ne l'avait pas remarquée avant qu'elle ne prenne la parole. Elle aurait aisément pu éviter quoi que ce soit, mais elle s'était engouffrée dans la brèche qu'elle avait vue. Il lui répondit d'un ton posé qui ne lui inspirait rien de bon. Si c'était pourtant inutile de le rappeler, il marquait bien tout ce qui les avait éloignés ces derniers temps. Rien n'était plus pareil. « Oui. J'ai du retourner au dortoir. » rebondit-elle sans aucune fierté. Elle allait vraiment continuer dans la même voie ? Comment cette discussion allait-elle finir ? Il était beaucoup trop important pour qu'elle se contente de conversations de pluie et de beau temps. Un silence s'installa, pesant, assourdissant. Murphy cherchait un échappatoire, étudiait chacune de ses options avec une hâte qui faisaient danser d'hésitation ses lèvre. C'est lui qui la sauva de la noyade en reprenant la parole et elle lui en fit plus reconnaissance que ce qu'elle voudrait jamais lui admettre. « Oui, oui... » lâcha-t-elle avec un soulagement loin d'être imperceptible, « enfin, à part le froid. » Elle marqua une pause, avala sa salive avec difficulté et se mordit la lèvre avant de plonger. « Comment va ton œil ? » Ses prunelles s'étaient détachées du feu qui leur faisait face pour timidement se lever vers lui et chercher son regard. Est-ce qu'elle faisait totalement fausse route ?

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Lun 20 Nov - 17:17

»  I forgive you, I forgive me
Et l’échange commence de manière bancale, alors que tu n’aurais jamais imaginé que l’échange prendrait place maintenant. T’es pas du genre à réussir à boucher les trous, tu ne sais pas combler les blancs et lorsqu’il y a un malaise, tu ne sais pas ce qu’il faut faire pour qu’il se termine et pour que les choses reviennent à la normale. Tu ne sais pas comment lui parler et en même temps, tu n’as pas envie de voir les choses prendre fin d’une manière aussi ridicule. L’un comme l’autre, si vous ne faites pas un effort, vous ne risquez pas de changer, ou de voir les choses s’améliorer. Ce qui est dommage. Toi, t’es du genre à pas combler les blancs et à laisser le silence s’installer. C’est une chose que tu ne comprends pas forcément, mais de manière général, tu ne cherches pas à comprendre. Ce n’est pas facile mais les choses sont comme elles sont et tu ne te vois pas chercher plus loin. Alors, oui, bien sûr que ce n’est pas évident et que tu ne veux pas la perdre. Pour autant, est-ce qu’il y a vraiment une solution miracle pour que ça passe ? Non, du tout. Tu ne sais pas où donner de la tête, mais tu n’as pas particulièrement envie de chercher bien loin. Tout peut paraître noir, ou sombre. Tout peut paraître étrange. Mais il faudrait trouver une solution. Tu ne peux pas rester dans le noir, dans cette relation bancale. Tu veux que tout redevienne comme avant mais tu sais aussi que tu n’as pas vraiment le choix. Et c’est sans doute ce point en particulier qui pose un réel problème. Mais dans ce cas, qu’est-ce que tu es censé faire, hein ? T’as peur parce que tu as peur de pas réussir à améliorer les choses et en même temps, est-ce qu’il y a vraiment une solution miracle ? Est-ce que tu peux vraiment trouver les mots magiques pour que la relation s’arrange ? Et dans ce cas, est-ce que c’est vraiment ce qu’il faut ? T’en es même pas certain. Tu veux la voir venir vers toi, tu veux la voir arranger les choses mais elle ne peut pas non plus faire tout le boulot. Faut que tu t’y mettes toi aussi. Faut que tu fasses ce qu’il faut Richard. Chacun sa part, chacun son instant. Mais tu peux pas prétendre qu’elle peut le faire, qu’elle peut tout faire. T’es trop faible, Richard. Tu peux pas la laisser partir au loin mais t’as envie de croire que t’en es capable. Tu la guettes de loin, depuis que votre relation est froide, tu l’observes et tu la surveilles. Tu fais de ton mieux mais t’oses pas agir comme si tout allait bien parce que c’est pas le cas. Putain, elle t’a fait mal et alors ? T’as jamais fait souffrir personne ? T’étais chef de secteur, t’as brisé beaucoup de gens et pourtant, t’es pas allé vers eux pour que l’histoire s’améliore. Tu n’es pas allé voir leurs familles pour leurs dire que tu regrettais ou que tu étais désolé. C’est un peu pathétique que tu en demandes autant à tes proches et pourtant, t’es incapable d’agir autrement.

Pourtant, quand tu as entendu sa voix juste à côté de toi, tu t’es sérieusement permis de penser que peut-être, ce serait le bon moment, peut-être, tu aurais l’occasion de faire en sorte que les choses se passent comme tu le voulais. Peut-être qu’elle prend l’initiative et que vous pourrez vous parler comme il se doit. Parce que c’est surtout de ça dont tu as besoin, de ça que tu as envie. Tu veux que ça redevienne comme avant, que ce soit facile ou non. Et tu sais que ça ne le sera pas. Tu peux dire tout ce que tu veux, ça n’a rien d’évident. Absolument rien. Et ça te déprime parce que tu aurais voulu parvenir à avoir ce que tu veux. Mais ce n’est pas le cas, et à cause de ça, tu ne sais pas vraiment où tu pourrais donner de la tête. T’es mal à l’aise parce que tu lui en demandes beaucoup sans rien lui demander. Et c’est ce qui s’avère ridicule dans tout ça. T’es supposé être l’adulte dans l’histoire et t’es le plus gamin des deux. C’est ridicule, non ? Mais tu n’y peux pas grand chose si tu n’arrives pas à te comporter différemment. Tu en attends beaucoup d’elle comme tu as toujours fait et après une telle déception, tu as du mal. Peut-être que tu fabules et que tu vas trop loin, c’est une possibilité. Mais tu n’arrives juste pas à faire autrement et tu espères juste qu’on ne t’en veux pas. Est-ce que c’est vraiment aussi surprenant que ça ? Après, bien entendu, ce n’est absolument pas en parlant du temps et de la fraîcheur de la température que votre relation va s’améliorer. Tu supposes juste qu’il fallait une base, un début, et que vous avez fini par trouver quelque chose. Est-ce donc si étrange ? « Oui. J'ai du retourner au dortoir. ». Sans doute pour se couvrir un peu plus. Tu ne saurais le dire. Les températures ne sont pas très clémentes, ces derniers temps, c’est vrai. Mais la période de l’année veut que les choses soient ainsi. « Oui, oui... ». Après la météo, voilà que tu glisses dans la conversation le boulot. Ce n’est pas forcément le bon plan non plus et c’est un peu étrange. Mais tu ne lui parles que de travail, depuis quelques temps, alors est-ce que ça a vraiment quelque chose de bizarre ? Un sujet, puis l’autre. Tu attends juste que la situation change et qu’il parle de quelque chose d’un peu plus plaisant. Mais on ne peut pas vraiment dire que ce soit comme ça que ce soit supposé fonctionner, n’est-ce pas ? T’oses pas amener le bon sujet parce qu’elle ne veut peut-être pas en parler. Du coup, tu gardes tes distances et tu n’oses pas prendre la parole. Oui, ça peut paraitre bizarre mais tu ne parviens juste pas à changer les choses. Tu ne parviens juste pas à améliorer les choses ou bien les changer. C’est compliqué, disons. Et il n’y a pas grand chose à faire pour que ça s’arrange. Tu ne rebondis pas sur le sujet en tout cas parce que tu ne vois pas à quoi ça pourrait bien servir. Ce n’est pas le sujet qui doit venir sur le tapis. « enfin, à part le froid. ». Tu n’as pas envie de parler du temps qu’il fait et de travail parce que la distance qu’il y a entre vous est déjà bien assez insupportable comme ça. Tu ne veux pas que ça reste ainsi. Tu veux juste que les choses s’arrangent.

« Comment va ton œil ? ». Tu marques un temps d’arrêt, surpris qu’elle aborde le sujet aussi simplement que ça. Tu ne t’y attendais pas mais au moins, tu réalises qu’elle mets les pieds dans le plat. Et ça te fait du bien parce que ça s’avère nécessaire. Et il n’y a pas d’autres choix. C’est compliqué. C’est une histoire vraiment compliquée. Tu soupires alors que tu cherches tes mots. Les mois se sont écoulés depuis ta blessure à l’oeil et bien sûr, aujourd’hui, tu n’as plus rien. Blessure superficiel dans une zone qui saigne beaucoup. Tu as gardé une marque mais c’est tout. Et tu t’en moques un peu de cette petite marque presque invisible. ” Les mois se sont écoulés depuis et bien sûr, je vais mieux.”. Ton ton de voix n’est pas très agréable, tu t’en rends compte. Tu baisses le regard un instant. ” Ce n’était rien de grave”, lâches-tu avec un ton un peu plus chaleureux. Ce n'était rien de grave mais pourquoi agis-tu comme si elle t'avait poignardé ?


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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Lun 20 Nov - 21:50



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Elle avait honte, Murphy, de la façon dont elle prenait les choses en main. Mais elle les prenait en main, au moins, tentait-elle de se rassurer. Elle avait tellement hésité, tellement réfléchi et pendant si longtemps qu'elle se satisfaisait déjà de tenter une approche, aussi maladroite soit-elle. Rester passive face à la situation la tuait à petit feu, et au moins, s'il la repoussait, alors elle aurait une réponse. Elle n'en pouvait plus du doute, des reproches silencieux, des regards lourds de sens et de l'absence éternelle des explications. Elle ne savait pas ce qu'il fallait dire, ce qu'elle voudrait entendre à sa place, mais elle savait qu'elle aurait besoin de savoir que l'autre avait besoin d'elle. Peut-être que Richard avait juste besoin de ça, au final, de savoir qu'elle ne l'oubliait pas, qu'au contraire elle pensait à lui continuellement et que son absence la rongeait un peu plus chaque jour. Il était son roc, Richard, et malgré les quelques amis qu'elle avait pu se faire au fil des années, il restait le seul qu'elle considérait comme sa famille. Il l'avait vue grandir, il l'avait vue évoluer, il lui avait appris ses valeurs et ses convictions. Il était à la fois son protecteur et son guide, déjà là-haut mais peut-être encore plus ici. Elle l'admirait avec une conviction indéfectible, l'aurait suivi dans n'importe quel merdier s'il le lui avait demandé, et l'aurait fait même s'il ne lui avait pas souhaité. Elle avancerait doucement s'il le fallait, ne savait pas de quoi la conversation pourrait se faire ou s'ils toucheraient une réconciliation du bout des doigts. Elle voulait juste essayer, même épuisée, même frigorifiée.

Il avait rebondi une fois, mais pas deux. La météo, ce n'était pas son truc, et Murphy se reprocha un peu plus de n'avoir rien su trouver de plus convaincant pour entamer une conversation. Elle aurait pu juste commencer avec des excuses, car c'était la seule chose qu'elle était sûre de vouloir lui dire. Mais elle n'était pas une habituée des excuses, préférait les entendre que d'avoir à les émettre elle-même. Elle était de ceux qui campent bien trop souvent sur leurs positions pour avoir à le faire, mais même si elle les considérait rares, elle savait reconnaître ses torts. D'avoir frappé Richard, même par accident, était l'une de ses plus grandes erreurs récentes, même au-delà de la rébellion, même au-delà de tous les merdiers dans lesquels elle s'était foutue ces derniers mois. Il était l'une des rares personnes pour lesquelles elle aurait donné sa vie parce que la sienne deviendrait absolument fade sans lui. Il avait les mêmes mérites que sa mère dans ce qu'elle était devenue aujourd'hui; il l'avait façonnée et dirigée pour être sensée et raisonnable, combative et tenace, minutieuse, dans la maîtrise. Mais la vérité, c'est qu'au-delà du coup qui ne lui avait jamais été destiné, ses gestes avaient sans doute été une preuve de son échec à lui et de son échec à elle. Elle n'était pas aussi respectable qu'elle l'aurait aimé, montait au créneau bien trop vite lorsqu'on s'en prenait à ceux auxquels elle tenait, y compris Antarès. Et ça, elle espérait être capable de l'expliquer un jour à Richard, même malgré ses torts et tous les défauts que ça impliquait. Elle n'était pas irréprochable, et elle aurait aimé le garder pour elle. Mais peut-être qu'il lui pardonnerait ses imperfections...

Après la météo, elle aborda un thème beaucoup plus vif. Peut-être que la météo, c'était mieux, finalement, se disait-elle alors qu'il soupirait. Elle n'aurait pas dû mettre les pieds dans le plat comme ça, elle aurait du garder le masque, elle aurait du laisser le temps au temps. La démarche était presque suicidaire. Nécessaire, se rassurait-elle en attendant le verdict de Richard. Le ton de sa voix parlait pour tous les mots qu'il ne disait pas et elle fuit son regard immédiatement, glacée par sa réaction. Elle n'aurait pas dû faire les choses comme ça, elle aurait dû commenter la couleur que ses doigts avaient pris pendant la patrouille et malgré ses gants, elle aurait dû parler de son arc, peut-être, insister sur ses dernières patrouilles, discuter ses quelques jours passés chez les Cents. Mais à la lumière de leur relation effritée, tout ça paraissait superficiel et inapproprié. Elle n'était pas de ceux qui évitaient le danger juste pour le repousser, le reporter à plus tard. Autant arracher le pansement une bonne fois pour toutes, non ? Quitte à risquer la chute de la désillusion... Et la chute, elle arrivait doucement. Elle pouvait la sentir s'installer entre eux. Le mètre qui les séparait encore était sans doute la preuve la plus évidente de toute la distance qui s'était immiscée entre eux. Et que Murphy fuie son regard était une confirmation que plus rien n'était aussi facile que ça avait pu l'être. Richard lui manquait mais le doute l'assaillait. Peut-être que cette conversation était une impasse, que n'importe quelle tentative en serait une. Elle avait des tas de choses à lui dire, pourtant, mais les mots étaient douloureux car ils dévoilaient ses tares et ses faiblesses. Les excuses n'étaient jamais faciles mais Murphy les craignait maladroites et pire, infécondes. Elle posa ses mains nues sur le tronc gelé pour se pencher un peu plus en avant et profiter du feu. Elle ne savait plus quoi dire ou quoi faire; rien ne serait jamais assez fort, rien ne traduirait tout ce qu'elle avait à lui faire comprendre. Et lui, le voulait-il, après tout ? Arranger les choses ?

Elle se racla la gorge en cherchant comment reprendre les choses mais elle ne savait plus quoi dire. La rudesse de sa réponse l'avait paralysée dans sa démarche. Pourtant, c'est lui qui fit un autre pas vers elle et son regard se releva brièvement et timidement vers lui. « Non mais j'aurais jamais dû. J'aurais dû t'écouter. »

Voilà, ce n'était pas si compliqué, Murphy, si ? D'admettre ses erreurs... Elle toussota et renifla, comme pour reprendre un peu de contenance. Des larmes lui montaient aux yeux, des larmes de froid, des larmes de faiblesse, des larmes de regret. « Je suis désolée, Richard. » Le prénom sonna solennel, elle qui l'avait toujours affublé avec plaisir de ce sobriquet taquin qui lui manquait tant, mais elle voulait qu'il sache à quel point elle était sérieuse à cet instant précis. Ses excuses n'étaient jamais à prendre à la légère. Lorsqu'elle les jugeait nécessaires, elle ne les laissait jamais de côté, mais elles lui coûtaient toujours. C'était une mise à nu qu'elle avait du mal à concéder. « Je suis contente que ton œil aille mieux », lâcha-t-elle finalement en hésitant à se rapprocher un tout petit plus de lui, même de quelques centimètres. Elle avait fait le plus difficile, non ?

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Mar 21 Nov - 18:36

»  I forgive you, I forgive me
Richard Coben, chef de secteur devenu chef de garde. Aujourd’hui, son monde a évolué et a tellement changé qu’il lui est parfois difficile de comprendre les choses. Il a plus de quarante ans et parfois, il a l’impression d’avoir suffisamment vécu. Sauf que non, sauf que ce n’est pas comme ça que ça marche et qu’il serait temps pour lui de s’en rendre compte. Mais ce n’est pas forcément le cas. Son monde a pris forme dans l’espace et c’est là-haut qu’il a continué à évoluer. C’est compliqué, parce qu’aujourd’hui, il lui est désormais demandé de prendre les choses en mains, demandé de tout faire autrement. Toutes ses espérances, ses rêves et ses attentes, tout s’est envolé pour donner place à autre chose. Il fait des erreurs évidemment, et parfois, il a l’impression de n’être qu’un adolescent de quinze ans qui cherche encore à savoir qui il est. C’est juste qu’il doit faire face à une situation pleinement différente et que ça n’a strictement rien d’évident. Il doit réapprendre à vivre et parfois, il se perd dans tout ce qu’il faut faire. Alors oui, bien sûr que les nombreux mois se sont écoulés. Et même plus que ça, depuis combien de temps ils sont là maintenant ? S’il prend le temps de faire le calcul, sans doute parviendra-t-il à vous dire que ça fait deux ans. Mais il n’a pas envie d’y réfléchir vraiment. Tout est déjà bien assez agaçant comme ça. Alors oui, encore une fois, il ne peut pas s’empêcher de faire des bourdes et de les enchaîner un peu trop souvent.

C’est peut-être pour ça qu’il ne sait pas vraiment ce qu’il doit faire vis à vis de Murphy. A la regarder comme ça, il a presque envie de quitter son siège et de la prendre dans ses bras. Mais il n’a pas le droit de faire ça parce qu’il n’a absolument pas le droit de se bouger les fesses. Ce n’est pas comme ça que c’est supposé fonctionner. Impossible, même. Il a peur de la blesser et en même temps, il a peur de se faire trop coulant. Oui bordel, il a été déçu. Le terme n’est sans doute même pas suffisamment fort pour le dire. De toutes les personnes sur qui il compte, elle est au-dessus de tous. Depuis qu’ils se connaissent, ils peuvent compter l’un sur l’autre. Parfois, il se permet même de penser qu’elle a un statut plus développé que celui de son meilleur ami. Mais c’est une histoire un peu plus compliquée. C’est même plutôt logique.

Assis devant le feu, Richard repense à son existence là-haut et aux choses qui ont pu évolué depuis. Sa position, les conditions de vie de chacun. Tout a bien changé et il ne s’en formalise pas vraiment parce que c’est une chose qui a permis de faire évoluer bien de choses. Une importance pour la liberté de chacun. Certains points sont encore problématiques évidemment mais les histoires évoluent et avancent dans le bon sens. Aujourd’hui, ils ont réussi à obtenir une existence de vie plus libératrice. Maintenant encore plus depuis qu’ils ont déménagé aussi. Il ne reste plus qu’à changer encore les choses. Mais ça n’a strictement rien d’évident. D’une certaine manière, du moins. Un pas après l’autre, bien que certains y aillent à un rythme plus soutenu et d’autres, à un rythme beaucoup plus lent. Compliqué, disons. Mais il préfère essayer de ne pas y réfléchir. Bien sûr que ce n’est pas toujours facile, mais il essaie de trouver le sien, au milieu. Disons juste que ce n’est pas facile. Mais il apprend, comme les autres, et ses valeurs peuvent différer, bien sûr. Mais que pourrait-il en dire de plus, hein ? Rien.

Enfin bref, il n’est pas vraiment temps maintenant de penser aux choses qui sont bonnes ou mauvaises. Au contraire, même. Là, à côté de Murphy, tout un tas de choses sont en train de se mettre en place, justement. Il est désormais temps pour chacun de souffler et de faire la part des choses. S’ils n’en font rien, cette relation n’ira pas en s’arrangeant et ne risque pas de s’améliorer. Ils ne peuvent pas rester loin l’un de l’autre comme ça, et en même temps, ils ne peuvent pas non plus passer pour des imbéciles. Tout ceci n’aurait pas suffisamment duré, déjà ? S’ils n’échangent pas, le temps qui s’écoule aurait fini par laisser des traces indélébiles. Et ça, il le sait sans doute tout autant qu’elle. Est-ce qu’il aurait été en mesure de lui dire quelque chose pour autant ? Sans doute que non. « Non mais j'aurais jamais dû. J'aurais dû t'écouter. ». En effet, hein qu’elle n’aurait pas dû ? Richard se garde de le dire à voix haute, à cause de cette impression de passer pour un imbécile. Il ne sait pas trop quoi lui dire et il fait de son mieux pour ne pas se montrer désagréable. Inspirant un grand coup, il prend un peu de temps pour prendre les choses en mains, que ce soit facile ou non. Il lui faut surtout parvenir à ne pas passer pour un crétin et il se doit de paraître comme un adulte. Non, ce n’est pas facile, mais il faut bien faire ce qu’il faut non ? Est-ce que c’est si étonnant que ça ? Toute sa vie ou presque, il a fait de son mieux pour lui montrer l’exemple. A lui de faire en sorte que ça continue et pour ça, il faut qu’il arrête de passer pour un imbécile. Voilà tout. Mais on ne peut pas vraiment dire que ce soit gagné. Au moins, elle le reconnaît et c’est vrai, ça fait du bien. « Je suis désolée, Richard. ». Les fameuses excuses qui lui font serrer la mâchoire pour retenir un fin sourire. Disons que ça ne servirait pas à grand chose, à n’en pas douter. Ce n’est absolument pas nécessaire ici, et ce serait sans doute plus simple comme ça. Bien sûr que la partie n’est pas encore gagné, les choses ne peuvent pas se passer aussi simplement. Pourtant, Richard a fait ce qu’il a pu, pour oublier, pour avancer. Peut-être que sa déception est trop grande à cause de l’estime qu’il peut avoir pour Murphy. Et ça ne rend pas vraiment les choses simples. Mais il fait avec, parce que ses options ne sont pas nombreuses. Il doit juste essayer de moins se prendre la tête. Mais la leçon est longue et l’histoire pourrait être compliquée. « Je suis contente que ton œil aille mieux ». Ah bah lui aussi. Les choses auraient été plus compliquées si le coup avait été porté un peu plus bas, si la douleur avait été un peu plus forte, la blessure plus grave, aussi. Mais c’est compliqué, disons. ” Moi aussi.”. Dans ces mots, il amène plusieurs choses dont il ne parle pas. Il amène des excuses dissimulées pour son comportement ces derniers temps, mais aussi le fait qu’il est content de ne pas avoir souffert ou autres choses. Mais il ne dit rien à voix haute, comme s’il persistait à avoir un blocage, sans en comprendre la raison.

La conversation pourrait retomber là, maintenant, s’il ne prend pas la décision de faire un effort et s’il ne fait pas quelque chose pour que ça s’arrange ou s’améliore. BIen sûr qu’il pourrait faire des erreurs, des gaffes et plus encore. Mais hors de question de laisser ça retomber, hors de question de tomber dans le néant, juste pour ça. Elle a fait le premier pas, et c’est désormais à lui de fair ele nécessaire pour que les choses s’arrangent. ” Et toi, comment tu vas ?”. Ce n’est pas grand chose mais ça relance la conversation, n’est-ce pas déjà pas mal ?


notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Mar 21 Nov - 23:14



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Même si elle ne s'était était jamais rendu compte, les choses avaient toujours été simples entre eux. Murphy était pudique face à lui mais seulement parce qu'elle s'était toujours fait un point d'honneur à lui présenter les meilleures facettes d'elle-même. En un instant, elle avait fait voler en éclat des années de ce travail minutieux. Admettre ses défauts n'était jamais chose aisée pour elle et elle préférait apprendre en continu à chercher à les transformer en points forts plutôt qu'à les subir. Elle avait des failles, pourtant, des façons de faire ou de penser qui étaient loin de plaire à l'unanimité, mais Murphy avait toujours fait en sorte, si elle n'arrivait pas à les masquer, à les tourner en des qualités déguisées. Il lui semblait pourtant que depuis de longs mois, tout lui explosait à la figure. Elle n'était pas seulement intrinsèquement vulnérable, elle était aussi faillible en tant que personne et c'était l'aveu le plus dur à admettre. Elle prenait les mauvaises décisions, parfois, et celles-là il fallait toujours les reconnaître, parce que ce défaut qu'était la droiture prenait le pas sur la fierté, aussi vive puisse être cette dernière.

Les excuses coûtaient pour toute l'hésitation qui les précédaient et pour la confession dont elles étaient synonymes. Le seul moyen de les fuir était de ne pas commettre d'erreurs, jamais, mais peut-être que tout le monde était faillible à sa façon. Pourtant, les mots ainsi soufflés n'étaient pas si difficiles. Ils ne brûlaient pas les lèvres et les cavaliers de l'apocalypse s'abattre sur le monde. Rien n'avait réellement changé, en fait, si ce n'était ce silence qui recouvrait tout le reste, assourdissant. Sans s'en rendre compte, Murphy avait manqué une ou deux respirations et elle s'était raidie brusquement. Qu'il réponde, bordel, qu'il réponde enfin, qu'il l'insulte si ça lui chantait, qu'il lui foute un poing au-dessus de l’œil si ça pouvait les mettre sur le même pied d'égalité. Elle lui devait bien ça, un peu de son sang elle aussi. Elle était prête à tout encaisser juste pour un pardon, juste pour le retrouver, juste pour lui voler une étreinte, aussi timide et pudique puisse-t-elle être. Car il lui manquait terriblement, mais ça elle espérait que sa simple démarche suffirait à le traduire. Elle continuait à respecter cette distance qu'elle avait instaurée dès les premiers instants, mais il devenait difficile de l'accepter, tout autant que les longs silences qu'il laissait traîner. Que pensait-il à cet instant ? Était-il en train de l'insulter mentalement, de chercher comment lui exposer à quel point son geste était impardonnable, comment lui expliquer qu'il ne souhaitait plus du tout d'elle dans sa vie ? Peut-être qu'elle ne lui manquait pas, après tout. Peut-être qu'il était mieux sans elle; après tout, il avait une vraie fille, maintenant, une fille de sang, une fille à qui il pourrait enseigner tout ce dont il souhaitait faire son héritage et tout ce qu'elle avait échoué à apprendre. Murphy était à la fois un brouillon et un échec. Si elle avait ouï dire de cette altercation entre eux deux, Autumn devait se frotter les mains, se satisfaire de leur dernière conversation et de la façon dont elle l'avait gagnée sans même faire un geste. Car si elle avait perdu Richard, ce n'était pas à la mort ou à Autumn, c'était à elle seule qu'elle le devait, à ses erreurs et à tout ce qu'elle était et faisait de mal. Il n'était pas le premier à lui tourner le dos, et ne serait probablement pas le dernier. Murphy était un aimant répulsif.

Les quelques centimètres de proximité qu'elle avait voulu grappiller restèrent à l'état de simple idée. Elle ne voulait rien forcer et attendait déjà la sentence qui, elle n'en doutait pas, ne tarderait plus à tomber. Le silence se faisait trop long et elle le savait, il était sans aucun doute bien trop tard. Elle aurait du lui courir après, lui prouver qu'elle le méritait, son pardon, mais elle avait bien trop attendu pour le lui demander. Le mal était fait et le temps avait lissé les choses, commencé à l'exclure de sa vie. Il avait eu tout loisir de se rendre compte qu'elle n'y était pas nécessaire, qu'il avait mieux à faire ailleurs. Mais son œil, oui, il allait mieux, et si elle devait repartir avec cette seule bonne nouvelle, elle saurait s'en contenter.

Mais entendre la voix de Richard finalement s'élever entre les crépitements du feu et les discussions étouffées des autres personnes présentes à sa proximité la fit brusquement relever la tête et le fixer. Sa tonalité ne trahissait pas vraiment de rancoeur ou d'amertume et elle fronça les sourcils, un peu perdue par les messages qu'il essayait de faire passer. Elle resta coite, ouvrit et ferma la bouche à de bien trop nombreuses reprises, cherchant comment attraper la perche qu'il venait de lui tendre. Rien de raisonnable ne lui venait et elle ne voulait absolument pas retourner sur le terrain météorologique; une fois avait été bien suffisante. Le simple fait qu'il ait fini par lui accorder une réponse la faisait reconsidérer toutes ses possibilités, tous les plans auxquels elle aurait du réfléchir avant de s'engouffrer dans un tel défi. Fort heureusement et probablement sans s'en rendre compte, il vola à nouveau à son secours avec une question presque innocente. « Je... » commença-t-elle très bêtement, un peu prise au dépourvu. A part peut-être lors de leurs premières rencontres hésitantes, alors qu'ils n'étaient que formateur et élève, ils n'avaient jamais été si polis et sérieux. Étaient-il redevenus ces inconnus qui n'avaient rien partagé ? « Je vais bien », répondit-elle simplement, bien loin de l'idée de lui détailler toutes les galères qui remplissaient sa vie ces derniers temps. « Enfin, tu sais, la vie c'est toujours mieux avec de la famille, papy », tenta-t-elle avec un petit sourire taquin. « Et toi, en dehors de ton œil ? » Mais, portée par un élan subit, elle ne lui laissa pas le temps de répondre et reprit immédiatement. « Ecoute je vais pas faire dans la dentelle, je suis désolée pour l'autre fois. Pardonne-moi ou me pardonne pas, mais dis quelque chose. Tu peux m'exploser l'arcade, aussi, si tu veux, je t'en voudrais pas. » Et plus elle parlait, plus arrêter l'effrayait. Elle n'était pas prête à entendre sa réponse, pas plus qu'à subir les réactions mécontentes de son visage. Elle fuyait son regard à nouveau, parlait en fixant le ciel noir, parlait vite, beaucoup trop vite. « Je comprendrais si t'étais passé à autre chose, si tu voulais plus de moi, de toute façon t'as plus besoin de moi. En fait t'as sûrement jamais vraiment eu... non, laisse tomber. Merci de pas m'avoir trop mise de garde la nuit malgré tout ça, mais si tu veux le faire, je comprendrais. Il est temps qu'on règle ça, tu crois pas ? » Mais encore une fois, elle n'attendit pas sa réponse, enfourna ses mains dans ses poches et reprit la parole à une vitesse folle. « Moi je pense que si, quelle qu'en soit l'issue. Je veux pas que toi et moi on continue à parler météo pour le reste de nos vies, aussi courtes ou longues qu'elles soient encore. J'ai merdé, je sais que j'ai merdé mais t'es pas Xander et je sais que j'ai tort alors dis quelque chose, même si c'est pour me jeter... » Mais elle chercha ses prunelles et lui lança un long regard suppliant en reprenant de plus belle et sans arriver à s'arrêter. « Mais s'il-te-plaît, me jette pas, on grandit tous même quand on est adulte, je grandis, regarde, je suis foutue de m'excuser maintenant, t'en aurais pas dit autant quand j'avais vingt piges, si ? Non, bah voilà. Je suis pas un total échec, je suis pas... »


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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Mer 22 Nov - 17:41

»  I forgive you, I forgive me
Ce monde est compliqué. Si sur certains aspects, il laisse à croire que tout est plus facile une fois sur Terre, ce n’est pas totalement le cas et il faut un temps d’adaptation pour s’en rendre compte. Dans l’espace, certains aspects étaient difficiles. L’oxygène limité, les repas assez basiques et identiques, l’aspect d’enfermement dans une boîte de métal et l’aspect funéraire d’une expulsion. Pourtant, lorsqu’on a toujours vécu de cette manière, certaines choses paraissent beaucoup plus compliquées. Ils n’ont pas appris à chasser, à vivre au grand air, à supporter le froid ou même le chaud. Ils n’ont pas appris à cultiver et tout un tas d’autres choses de ce genre. Deux années se sont désormais écoulées et il est temps pour eux de tout reconstruire, de bâtir un nouveau monde et d’avancer. Ce n’est pas facile. Et parfois, c’est même tout le contraire. Aujourd’hui, tout prend une autre allure, avec ce nouvel espace qu’ils se sont accaparés. Des bâtiments en ruine, suffisamment grands pour accueillir tout le monde - principalement parce que la majorité d’entre eux a péri lors du crash deux années plus tôt - et il ne restait plus qu’à bâtir une nouvelle communauté, des maisons et ils pourraient véritablement revivre. Bien sûr que ça prendrait du temps, les choses ne se passent pas forcément comme on le voudrait. Mais ils sont disposés à faire le maximum pour que ça se passe bien. Désormais, leurs conditions sont plus supportables. Mais ils n’ont pas encore atteint un degré de liberté réel. Ils dépendent toujours du conseil, et à côté de ça, ils savent très bien que leurs possibilités ne sont pas nombreuses. Ils ne sont, par exemple, pas en mesure de quitter le campement et vivre ailleurs. Richard ne serait pas capable de survivre dehors, tout seul.

Et ça, il a été en mesure de l’apprendre assez vite, tout en préférant garder la plupart de ces choses pour lui. Impossible pour lui de crier sur tous les toits ses craintes et ses doutes. Déjà parce que lui-même est quelqu’un de bien trop fier pour qu’il y parvienne, et ensuite parce qu’il ne serait pas en mesure de laisser une chance à quelqu’un d’autre de lui faire comprendre comment les choses fonctionnent ou autre chose de ce genre. Il n’a pas envie d’en parler. Mais il comprend que cela puisse être utile aussi. S’il venait à parler, ça lui donnerait un aspect un peu plus humain, si on peut le dire comme ça, et c’est une chose qu’il ne pourrait que comprendre. S’il essayait. S’il en avait envie. Mais la fierté mal placée l’en empêche pleinement.

Le retour au présent n’est pas glorieux, alors que proche de Murphy, il réalise que tout aurait pu dégénérer en quelques minutes à peine. Il n’a pris qu’un petit coup mais que ce serait-il passé s’il avait pris un coup un peu plus fort ? Il ne l’aurait pas supporté. Clairement. Si l’acte en lui-même n’a rien de grave et qu’il a bien survécu et avec une aisance démesurée, en plus de ça, il ne nie pas que c’est l’acte en lui-même qui lui a posé un réel problème. C’est sans doute pour cette raison qu’il est incapable de changer de disque. Mais ça il ne saurait le dire correctement. D’ailleurs, il n’en a pas particulièrement envie. Il radote, en fin de compte. Soucis de l’âge ou de l’esprit torturé qui est incapable d’aller de l’avant ? La leçon est difficile à apprendre. Mais c’est mûri qu’il ressortira sans doute de tout ça. Dans toute cette histoire en réalité, il lui semble que le point le plus compliqué c’est qu’il ne parvienne pas à oublier tout ça. Il n’a jamais vraiment été quelqu’un de rancunier. Il a lui-même fait des erreurs au cours de sa vie et il est toujours parti du principe qu’on ne peut pas revenir en arrière, qu’on le regrette ou non. De ce fait, il aurait, dans tout autre contexte, était en mesure de tout mettre de côté et il n’y aurait même plus porté attention. Sans doute est-ce pour cette raison qu’il a du mal à accepter toute cette histoire. Il n’aurait eu qu’à prétendre que tout allait bien pour que les choses s’arrangent. Mais il n’en a pas été capable et c’est ce qui est ridicule. Maintenant, il est temps de devenir un adulte, de prendre ses responsabilités, que ce soit facile ou non. Il ne peut pas rester en arrière et prétendre avoir une blessure qui ne peut pas être soignée. Ce n’est pas de ça qu’il est question, au contraire. Il s’agit d’un plaie qui peut être guérie à tout instant, si tant est qu’on fait l’effort d’essayer. Jusqu’à présent, il n’a pas vraiment essayé, point dommage. Sans doute attendait-il un premier geste de sa part, finalement. Qu’elle vienne vers lui, qu’elle s’excuse, qu’elle lui parle. Tel un enfant, comme il persiste à le penser ces derniers temps. Sauf qu’on ne peut pas toujours être celui qui va vers l’autre et qu’il est bon, parfois, de laisser l’autre venir vers soi.

« Je vais bien », lâche-t-elle doucement. Il ne se rend pas compte lui-même qu’il n’a pas usé du meilleur ton de voix, qu’il n’a pas agi comme son habitude en lui demandant comment elle va de cette manière. Il est content de savoir qu’elle va bien mais se demande si c’est sincère ou s’il ne s’agirait pas seulement d’une idée pour ne pas l’inquiéter ou le pousser à se poser des questions. Il ne saurait le dire. Et il ne cherche pas non plus à trouver des mots. Il ne va quand même pas la pousser à lui dire si elle est vraiment sincère. Ce n’est pas vraiment comme ça que c’est censé fonctionner. Et il aurait sans doute été plus facile de juste serrer les dents. « Enfin, tu sais, la vie c'est toujours mieux avec de la famille, papy ». Un sourire se glisse sur ses lèvres alors qu’il baisse la tête doucement. La famille, elle fait partie de la sienne. Lorsqu’elle ne le frappe pas, lorsqu’elle ne fait pas de réflexion quant à sa fille, en parlant à sa fille. C’est compliqué, disons. Il faudra sans doute qu’il aborde également ce sujet avec elle. Il a juste envie d’enterrer le premier pour ne pas avoir à se tracasser sur le deuxième. Oui, c’est compliqué, disons. Un soupir s’échappe de ses lèvres à cette pensées. « Et toi, en dehors de ton œil ? ». Et bien lui, il ne sait pas sur quel pied danser actuellement. S’il a envie de voir les choses s’améliorer et changer, il ne sait pas ce qu’il est censé faire pour que cela arrive. Il ouvre la bouche pour lui répondre pour, bien sûr, lui dire qu’il va bien. Sauf qu’elle lui en coupe l’élan en reprenant la parole. « Ecoute je vais pas faire dans la dentelle, je suis désolée pour l'autre fois. Pardonne-moi ou me pardonne pas, mais dis quelque chose. Tu peux m'exploser l'arcade, aussi, si tu veux, je t'en voudrais pas. ». Ce sont sûrement les non-dits qui bloquent l’échange entre eux. Les mots qui ne se disent pas, les distances qui s’installent. Il n’est pas facile de changer les choses du jour au lendemain, mais au moins, tu comprends où il veut en venir. Et sans doute est-ce une manière de changer les choses. Mas cela ne veut pas dire que c’est facile. Au contraire. « Je comprendrais si t'étais passé à autre chose, si tu voulais plus de moi, de toute façon t'as plus besoin de moi. En fait t'as sûrement jamais vraiment eu... non, laisse tomber. Merci de pas m'avoir trop mise de garde la nuit malgré tout ça, mais si tu veux le faire, je comprendrais. Il est temps qu'on règle ça, tu crois pas ? ». Impossible pour lui d’en placer une, de trouver les mots, de parler. Il est incapable d’ouvrir la bouche tant son débit est rapide. Mais il comprend malgré tout ce qu’elle essaie de faire. Elle a peut-être peur de ce qu’il pourrait dire, elle a peut-être peur de le voir ouvrir la bouche. Il ne sait pas, et en réalité, peut-être qu’elle a peur de ce qu’elle pourrait dire. Il ne sait pas perdu au milieu de tout ça. « Moi je pense que si, quelle qu'en soit l'issue. Je veux pas que toi et moi on continue à parler météo pour le reste de nos vies, aussi courtes ou longues qu'elles soient encore. J'ai merdé, je sais que j'ai merdé mais t'es pas Xander et je sais que j'ai tort alors dis quelque chose, même si c'est pour me jeter... ». Il est vrai que ce n’est pas un échange très intime, cela reste conventionnel. C’est le genre de conversation qu’il pourrait avoir avec Chris ou quelqu’un avec qui il n’a pas pour habitude de parler. C’est compliqué et prise de tête, mais ce n’est pas facile. Il est difficile de faire comme s’il ne s’était rien passé. Comme s’il n’y avait pas de coup, de mauvais mots. Personne n’est parfait et il serait stupide de devenir regardant quant aux qualités et aux défauts des gens. Richard sait comment la jeune femme est et pourtant, il l’a prise sous son aile et il a insisté pour qu’elle reste à ses côtés, quoi qu’il arrive. Il est désormais hors de question pour lui de laisser tout ça de côté, il ne le supporterait pas. « Mais s'il-te-plaît, me jette pas, on grandit tous même quand on est adulte, je grandis, regarde, je suis foutue de m'excuser maintenant, t'en aurais pas dit autant quand j'avais vingt piges, si ? Non, bah voilà. Je suis pas un total échec, je suis pas... ».

En réalité, il se mentirait à lui-même s’il envisageait un seul instant de la jeter de sa vie. Il n’en a jamais été question. Richard a juste eu besoin de prendre quelques distances face à une situation qui lui échappait et il n’a pas su comment s’y prendre. Perdu, il a juste choisi de prendre ses distances et ça n’a sans doute pas été la bonne solution. Il n’a jamais voulu lui faire du mal mais il le sait, il y a été très doué. En l’écartant de son existence, il a fait des erreurs, de grosses erreurs. Et il faut désormais qu’il reprenne les choses en mains. C’est compliqué. Il a seulement imaginé que les choses seraient plus simple comme ça, alors que ce n’est absolument pas le cas. On ne peut pas prétendre que tout va bien, agir comme on l’a toujours fait juste pour ne blesser personne. Richard n’est pas une personne adorable et dans bien des actions qu’il a pu faire, il est passé pour un parfait crétin. Mais il essaie d’être quelqu’un de bien, c’est déjà ça, n’est-ce pas ? Il fait de son mieux pour que les choses ne soient pas vaines et ça n’a rien de facile. Si elle a pris le parti d’être honnête, c’est à ton tour de faire le nécessaire pour que ça arrive. Ce n’est pas facile, mais évidemment, il est temps pour toi de prendre les choses en main, de devenir responsable aussi. Pas facile, non mais il fera ce qu’il peut pour que ça s’arrange, qu’il y parvienne ou non. Ce n’est juste pas facile. Pas facile du tout. ” Tu as remarqué ? Depuis que nous sommes ici, nous passons notre temps à faire des erreurs. On apprend à vivre à nouveau et la leçon est chaque jour un peu plus difficile.”. Bien sûr, ce n’est pas vraiment le moment de philosopher ou de chercher les mots pour arranger une conversation. Pourtant, il essaie juste de faire comprendre son point de vu, qu’il soit simple ou non. Et il le sait, il n’est pas simple en réalité. C’est une affaire compliquée. ” Je ne sais pas forcément comment faire les choses. Tout me paraît nouveau malgré les années qui s’écoulent. Mais je fais ce que je peux. Alors forcément, lorsque quelque chose ne va pas, j’essaie de comprendre, j’essaie de voir comment je pourrais arranger les choses. C’est… Compliqué.”. La vérité, c’est qu’il ne sait pas vraiment ce qu’il pensait ni comment changer les choses. Il ne sait pas tout et il ne cherche pas vraiment à voir les choses changer. C’est une affaire à laquelle on ne peut pas associer tout et n’importe quoi. ” Bien sûr que j’ai été déçu, de voir que tu cédais à la colère à cause d’un animal. Sns prétendre que je savais que ce n’était pas une bonne idée, je m’attendais à ce que ça pèche d’un point de vu nourriture, et non pas d’un point de vu sociabilité. Je ne dis pas que les méthodes de l’homme étaient les bonnes mais en soit, si tu m’avais écouté, tu aurais compris que vous ne parliez même pas de la même chose”. Il soupire, son regard finissant par quitter les flammes pour se poser sur elle. Bien sûr que le problème ne réside pas uniquement dans le fait qu’elle ait un animal. Ce n’est pas à ça qu’il faut uniquement se référer. Pour autant, ça n’a pas vraiment joué le bon rôle dans tout ça. ” Et il y a le coup, quand j’ai essayé de vous séparer. Bien sûr que ça m’a pris de court”. Oui, clairement. ” Mais ça va”. Dison que ça va mieux. Maintenant.

Mais il est hors de question d’en rester là alors il choisit de se lancer, imagine que c’est le bon moment pour le faire sans savoir si c’est vraiment le cas. Il se lance parce qu’il n’y aura pas de bon moment. ” Que s’est-il passé avec Autumn ?”. Son regard planté dans le sien, il attend une réponse. Il veut comprendre, saisir l’explication qu’elle pourrait lui donner. Elle veut qu’il parle après tout, ils parleront donc de tout ça.



notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Mer 22 Nov - 23:29



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Sans s'en rendre compte, Murphy était passée d'un mutisme timide à son total opposé, comblant la moindre seconde de silence par des mots, aussi inutiles ou superficiels puissent-ils être. Mais elle n'en pouvait plus d'entendre leurs voisins continuer à discuter et à rire alors qu'eux arrivaient à peine difficilement à échanger sur les températures. Si elle allait bien ? Peut-être, peut-être pas; elle n'en savait rien, et ce ne serait pas à Richard qu'elle confierait tous ses états d'âme du moment. Pas maintenant, en tout cas, pas alors qu'ils réapprenaient à peine à s'apprivoiser, ou essayaient tout du moins de le faire. C'était trop timide pour leur ressembler, c'était tout ce qu'ils n'étaient pas; la gêne et les non-dits, la distance, les hésitations. Une barrière s'était dressée entre eux en un rien de temps et si Murphy avait secrètement espéré ne s'être fait que des idées tout ce temps, elle s'imposait maintenant plus haute que jamais. Non, il ne s'agissait pas juste d'un manque de temps des deux partis. Il l'avait évitée, avait sans doute grincé des temps en reconnaissant sa voix un peu plus tôt.

Alors, plutôt que de lui donner une chance de la rejeter, elle parlait, enchaînait arguments bancals et demandes pressées. Elle avait besoin de savoir mais tout à fait, pas maintenant, et surtout pas si ce qu'il avait à lui annoncer était sur le point de mettre un terme à leur relation. Alors quelques mots de plus, une supplique, un espoir, un regard fuyant et tout pour éviter la confrontation qu'elle avait pourtant lancée. Elle préférait foncer droit devant, tête baissée, et attendre de voir le retour qui lui serait accordé. Mais pas encore, en fait, puisqu'elle en venait à reparler de Xander l'oublié sorti des tréfonds de leurs mémoires. Avec Richard, les choses avaient toujours été simples. Ils n'étaient pas d'accord sur tout mais c'était des désaccords que les grandes amitiés se nourrissaient, n'est-ce pas ? Jamais elle n'aurait cru que la leur puisse se briser de la sorte, d'un coup de coude accidentel et de quelques idées non partagées. Alors puisqu'elle ne savait plus ces choses-là, puisqu'elle avait perdu ses repères, elle voyait apparaître à l'horizon tout ce qu'elle redoutait : la rupture définitive, le regard dur d'un Richard intransigeant, le dos qu'il lui tournerait sans remords.

Il avait souri, pourtant, lorsqu'elle l'avait appelé papy, lorsqu'elle avait sous-entendu qu'il lui manquait. Ce n'était peut-être pas tout à fait rien, mais c'était déjà totalement oublié, noyé sous les inquiétudes des pires des perspectives. Elle n'osait à nouveau plus le regarder, laissait ses iris se promener dans le ciel d'encre qui les surplombait et parfois s'échapper sur les flammes qui virevoltaient à quelques mètres d'eux. L'adrénaline de la peur avait envahi ses veines comme si elle s'apprêtait à être poursuivie par un ours en pleine forêt. L'appréhension était telle qu'elle déclenchait les instincts de survie les plus primitifs. Elle ne voulait pas fuir, pourtant, repoussait juste un peu plus la réelle confrontation. Entre fuir et combattre, ce n'était probablement pas évident mais elle avait choisi dès les premiers instants son camp. Elle allait combattre, elle allait faire tout son possible pour apercevoir un sourire de Richard, pour entendre quelques mots rassurants, pour retrouver ne serait-ce qu'une toute petite part de lui qu'elle n'avait plus connu depuis le printemps et ce fameux coup.

Pourtant, il lui fallut bien se taire. Parce que sa bouche s'asséchait, parce que sa voix commençait à l'abandonner à nouveau et à trembler, et ses mots à lui manquer. Je suis pas... Oui, qu'est-ce qu'elle n'était pas ? Une réussite ? Elle n'était pas une fierté, en tout cas. Sa voix rauque atteignait les tympans et elle dut à nouveau se racler la gorge, tousser et manquer de cracher ses poumons. Au passage, peut-être donnait-elle là à Richard quelques réponses à la question innocente qu'il lui avait posée un peu plus tôt.

Lorsqu'enfin il arriva à reprendre la parole, son ton était presque doux, neutre au pire. Il avait raison, ils se foiraient tous sur quelque chose, ici, les uns après les autres. Était-il en train de doucement lui accorder son pardon ? Était-ce ce dont il s'agissait là ? Elle manqua de lui couper la parole, de lui dire que non, avec elle il n'avait pas essayé, et son cœur se serra à l'idée de ne pas en valoir la peine. Elle avait fait le premier pas après de trop nombreux mois mais lui non plus, avant, n'avait pas essayé. Peut-être que ce qu'il cherchait à lui dire était à l'opposé de ça, peut-être qu'il voulait lui faire comprendre qu'il faisait tout pour passer à autre chose et oublier ce coup et toute la déception qu'elle lui avait suscitée. Elle était complètement perdue, Murphy, noyée sous la crainte, mais s'accrochait désespérément au moindre espoir que Richard faisait naître avec un sourire, un mot, le moindre détail. Elle redoutait pourtant chacune de ses prises de paroles parce qu'elle craignait qu'elle annihile ses doute et confirme tout ce qu'elle redoutait. Et puis ça vint, malheureusement pour elle : l'expression de la déception, l'incompréhension des raisons qui l'avaient poussée à agir de la sorte. Penaude comme la gamine qu'elle était face à lui, Murphy fixa ses genoux en écoutant d'une oreille les remontrances mais son sang réagissait aux mots qu'il choisissait. « Tu sais, Antarès se nourrit lui-même... » souffla-t-elle timidement dans l'air glacé, d'une petite voix rauque, malade et tout sauf affirmée. « D'ailleurs, si on calcule ce qu'il nous ramène quand il chasse... » Elle voulait qu'il comprenne ça, qu'il comprenne quel atout il représentait pour eux tous et pour ceux, en particulier, à qui il arrachait de l'affection sans s'en rendre compte. Qu'il lui offre son lit, une nuit, et il comprendrait toute la chaleur d'une main posée dans son pelage tiède, la tendresse de quelques gestes d'un animal qui n'avait pas conscience de tout ça, qui acceptait l'innocence et la bienveillance comme seules vérités. Mais maintenant n'était pas le meilleur moment pour le convaincre de tout ce dont elle était convaincue, et sa tentative était aussi discrète que timide, encore plus altérée par sa voix encore en convalescence. « Mais j'aurais dû t'écouter, je sais, et je ferai plus cette erreur... si tu me laisses une chance. » Son regard s'était brusquement relevé vers lui pour y décrypter un pardon, une réponse, n'importe quoi. Elle avait besoin de se réapproprier la place qu'elle avait perdue dans sa vie, et elle espérait que sa place à lui dans la sienne lui manquait aussi, au moins un peu, au moins de temps en temps, au moins suffisamment pour la lui proposer, cette seconde chance.

Mais au lieu de tout ça, de cet espoir qu'elle cherchait désespérément, de cette ouverture qu'elle avait tant besoin de voir naître, c'est une question lourde qu'elle trouva. Elle tomba comme une sentence, créa la panique. Les oreilles de la brune se mirent brusquement à siffler alors que leurs regards restaient accrochés sans qu'elle arrive à briser le contact, comme hypnotisée par toutes les interrogations qui fusaient à son travers. Des restes de sa crève, sans aucun doute, mais la panique se saisissait de sa conscience toute entière. « Pourquoi, elle t'a dit quelque chose ? » Répondre par une autre question avait été son premier réflexe mais elle ne la considérait pas dérisoire. Qu'est-ce qu'Autumn avait pu aller raconter à son père qui la discréditerait à ce point à son regard ? Elle aurait sûrement certaines choses à lui reprocher, mais elle comprenait pour de bon que la gamine n'était que ça : une gamine. Avec sa simple question et sans le savoir, Richard avait attisé les ressentiments qu'elle éprouvait pour la jeune fille. Incapable de lui prouver ses bons sentiments qu'elle avait tant chantés, elle était allée chercher son père. « Alors c'est pour ça que tu m'en veux, en fait, c'est ça ? » Son regard s'était froncé alors qu'elle pensait à Autumn et que la rancoeur prenait le pas sur le reste. Elle s'était brusquement braquée et fixait Richard, presque choquée. C'était pour ça, mais c'était surtout à cause d'elle. C'était encore pire que ce qu'elle avait pu redouter en prévenant la jeune fille de ses intentions. Autumn n'avait pas attendu très longtemps avant de s'immiscer entre eux.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Jeu 23 Nov - 11:36

»  I forgive you, I forgive me
La situation semble se débloquer lorsque Murphy prend la parole. Il est plus facile de mettre des mots sur une querelle que d’en ignorer les fondements et de ne pas s’y prêter. Alors oui, sur certains points, il est préférable de ne pas réfléchir à tout et n’importe quoi. Mais il n’est pas toujours permis d’y penser. Et ça ne servirait pas vraiment à grand chose. Certains aspects de cet échange sont déplacés et ne se passent pas forcément comme on le voudrait, mais pour le coup, c’est tout ce dont ils avaient besoin. Parler, échanger, et mettre à plat les choses. Si la situation n’est pas débloquée pour autant, Richard ne cache pas que c’est quand même un sacré pas en avant et que ça fait du bien. C’est un peu une nécessité, un besoin de voir les choses évoluer dans le bon sens. Bien sûr que ce n’est pas parce qu’ils parlent enfin ensemble que tout va s’arranger. Si ça avait été aussi simple, tout aurait été réglé depuis bien longtemps. Mais c’est un début et c’est en mettant les choses à plat que tout va clairement aller en s’arrangeant. Non, tout n’est pas facile et dans certaines situations, c’est moins bon quand on se parle. Pour autant, il s’avère que c’est une nécessité évidente et un appui sur lequel il n’est pas possible de faire grand chose. Si Richard espère que ça se passera bien, rien n’est plus sur. Il pourrait s’énerver, elle pourrait en faire tout autant et dans ce cas, tout exploserait. Rien ne serait facile, au contraire. La conversation posée à plat ne peut qu’être bénéfique, en tout cas. Que ce soit facile ou non, les options ne sont pas vraiment nombreuses et il est judicieux de faire en sorte que cela se passe bien.

Pour ce qu’il en est du chien, il est évident que son point de vu à lui est bridé et qu’il ne fait pas vraiment attention aux choses que l’animal est capable de faire. En réalité, depuis qu’il est là, il essaie toujours de faire en sorte de ne pas s’attarder sur lui, comme si ça allait tout changer, comme si c’était aussi simple que ça alors que ça ne l’est pas. Finalement, on ne peut pas toujours obtenir ce qu’on veut et il n’est, par ailleurs, pas toujours possible d’aller en accord avec les gens. Peut-être qu’il s’agit d’un besoin de faire en sorte que tout se passe bien, peut-être qu’il s’imagine juste que tout est normal alors que ce n’est pas le cas. C’est peut-être justement pour ça que tout est simple, que tout paraît simple. Et qu’il ne porte aucun intérêt à l’animal. Sa décision n’est peut-être pa la bonne et il peut aussi avoir fait bon nombre d’erreurs au cours de son existence. Mais à quel moment est-ce que c’est supposé être un problème ? Pourquoi est-ce que ça en deviendrait un ? Peut-être qu’il est trop buté et qu’il passe pour un crétin, peut-être qu’il aurait été judicieux de sa part de prendre les bonnes décisions mais il n’en a jamais été capable et c’est sans doute pour cette raison que les choses deviennent parfois un problème. Il ne saurait le dire et il ne saurait chercher à le comprendre, non plus. En réalité, Richard n’aime pas avoir tort et sur ce point, il peut parfois agir de la pire des manières. Il ne le fait pas exprès, c’est juste dans son caractère ou dans sa manière d’agir. Il fait ce qu’il peut mais… Parfois, il se laisse désabuser par son propre caractère. Alors oui, Antarès est peut-être utile au sein du campement et peut-être qu’il se nourrit seul sans avoir besoin qu’on s’occupe de lui. Mais ce sont des aspects qu’il ne voit pas vraiment. « Tu sais, Antarès se nourrit lui-même... ». Alors bien sûr, quand elle le dit, il hausse les épaules et n’y prête qu’à moitié attention. Le but de cet échange n’est pas forcément de lui faire changer d’avis à propos du chien ou du moins, ce n’est pas pour cette raison que l’échange continue. De son point de vu, du moins. Il ne veut pas qu’ils se prennent la tête pour le chien alors que la situation semble enfin se débloquer. « D'ailleurs, si on calcule ce qu'il nous ramène quand il chasse... ». Et dans le fond, il n’est pas forcément facile pour lui d’assimiler le fait qu’un chien puisse être meilleur chasseur que lui. Mais ça, il le garde pour lui. Un problème d’égo déplacé contre lequel il n’est pas toujours possible d’aller. On ne peut pas toujours faire les choses de la bonne manière, n’est-ce pas ? Enfin bon, il essaie et fait de son mieux, n’est-ce pas suffisant ? Qu’on laisse donc son égo de côté et qu’on lui dise, parfois, qu’il ne fait pas un trop mauvais travail. Il ne demande pas beaucoup plus. Pourtant, il comprend que certaines choses ne se passent pas forcément comme il le voudrait. Il fait de son mieux, déjà, et c’est une bonne avancé, déjà. Un bon début. Il ne répond pas, pour le chien, préfère se taire puisque depuis le début, ils ne partagent pas vraiment un avis assez semblable. Mai pour autant, les choses ne sont pas forcément toujours agréables. Et ici, le but est de faire la part des choses et de remettre leur relation en place. N’est-ce pas à cause du chien en question que les choses ont dégénéré entre eux ? « Mais j'aurais dû t'écouter, je sais, et je ferai plus cette erreur... si tu me laisses une chance. ». Au moins sur ce point, ils sont d’accord. Si tout est parti en vrille, c’est avant tout parce qu’elle a ignoré l’homme et qu’elle ne s’est pas intéressé à ce qu’il pouvait dire. Il ne disait rien de spécial, juste qu’il fallait qu’elle réfléchisse un peu. Trop butée, trop impulsive.

En réalité, ce qui a pu se passer avec Autumn est intervenu après. Et sans doute n’aurait-il pas mis de distance s’il n’y avait pas eu le premier fait. Richard n’est pas du genre à se contenter d’une version des choses. Il a besoin des deux, il a besoin de faire la part des choses et d’y aller doucement. Ce n’est pas toujours facile mais il ne va certainement pas agir comme un parfait crétin parce que ce n’est pas son genre et ce ne sera sans doute jamais le cas. Il fait ce qu’il peut, et c’est déjà un assez bon début, n’est-ce pas ? Alors quand sa fille est venue lui parler, il ne savait pas trop ce qu’il pouvait faire pour que la situation s’arrange. Ni quoi dire. C’est compliqué parfois, de trouver le vrai dans le faux. Mais dans le fond, Autumn n’a pas dit grand chose. Elle n’a pas été le voir en lui criant que Murphy avait été méchante. Elle a juste essayé de comprendre quel était son problème et lui, il n’a pas été capable de lui répondre parce qu’il n’a pas compris non plus. Alors oui, l’échange va mieux et il est désormais permis de se parler plus aisément mais il se doute que ce ne sera pas aussi simple qu’il pourrait le vouloir et c’est peut-être ça justement qui peut poser un problème. Ce qui n’a rien de facile à supporter, évidemment. Mais parfois, il faut juste apprendre à faire avec. C’est d’une voix tranquille qu’il lui pose la question. Il n’a pas pour but de l’agresser ni de mal lui parler. Il veut juste comprendre ce qui a pu se passer entre elles et essayer d’interagir pour que ça se passe au mieux. « Pourquoi, elle t'a dit quelque chose ? ». Le temps d’un instant, il serait presque disposé à prendre la parole. Pourtant, il sait aussi que ce n’est absolument pas le moment. Et surtout, ce n’est pas le but ici. Il n’a pas pour intention de lui raconter toutes les choses que sa fille lui a dit parce que ce n’est pas vraiment comme ça que c’est supposé fonctionner. t il faudrait qu’il s’en rende compte. Ce n’est pas toujours compréhensible et alors ? Pourquoi faudrait-il qu’il y ait un problème dans tout ça ?

En tout cas, sa manièr ede réagir ne le rassure pas vraiment. Plutôt que de lui répondre et de comprendre ce qui a pu se passer, les choses semblent s’envoler pour une raison qui lui échappe. Il n’a pas envie de jouer au soldat de surveillance, ou ce genre de chose. Mais pour le coup, qu’elle lui renvoie la question sous une autre question, cela lui donne l’impression qu’il y a bel et bien quelque chose à cacher. Et il ne se sent pas vraiment à son aise à ce sujet. « Alors c'est pour ça que tu m'en veux, en fait, c'est ça ? ». Elle se met à tout mélanger pour une raison qu’il ne comprend pas. Ce n’est pas le facteur principal ni le soucis principal non plus. Les choses ne sont pas toujours faciles et par moment, c’est une affaire un peu plus compliquée aussi. Il faudrait faire le nécessaire pour que les choses s’arrangent mais… Là pour le coup, elle n’aide pas vraiment. Et lui, il s’y perd presque. Quel peut bien avoir été le problème avec sa fille ? Quelle est l’histoire au milieu de toute cette histoire ? Il n’y comprend pas grand chose mais il aimerait y parvenir. ” Non. Je t’en veux parce que je ne te comprends pas ces derniers temps.”. Et il aimerait y parvenir mais ça, plus ça, et ça, ça ne fait pas un mélange très flatteur. ” Et tu n’as pas répondu à ma question”. Peut-être qu’il ne formule pas ça suffisamment bien. Un soupir s’échappe de ses lèvres alors qu’il passe une main dans ses cheveux grisonnants. ” J’essaie juste de comprendre ce qui t’arrive. Si quelque chose ne va pas, j’aimerais que tu m’en fasses part”. Surtout si ça concerne sa fille, maintenant.


notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Jeu 23 Nov - 20:22



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Antarès n'était pas le fond du sujet qu'ils tentaient tant bien que mal d'aborder, et pourtant, Murphy ne s'empêcher de sauter sur la première occasion de le défendre. Elle voulait qu'il comprenne, si ce n'était l'affection qu'elle lui portait, au moins l'utilité non négligeable qui était la sienne pour ce village. Et si ce n'était pas maintenant, alors quand ? Peut-être que c'était là leur dernière discussion qui se profilait. Peut-être qu'après quelques explications et un peu trop de cette obstination qui causait tant de tort à la patrouilleuse, Richard ne voudrait plus rien avoir à voir avec elle. Cette possibilité se faisait de plus en plus concrète, au point que Murphy pouvait presque la toucher du bout des doigts. Elle redoutait chacune de ses prises de parole mais ne craignait plus son vocabulaire. Elle ne pouvait plus le regarder mais l'assénait de toutes ses vérités à elle, de toutes ses craintes et de tous ses souhaits. Il lui manquait et ça aurait dû leur suffire, non ? Le manque l'un de l'autre, les longs mois passés dans l'indifférence l'un de l'autre. On ne pouvait pas dire qu'ils avaient toujours su se voir autant qu'ils l'auraient souhaité, et particulièrement depuis qu'ils foulaient cette Terre et cette terre, mais il n'y avait même plus les sourires au détour d'un transfert de garde ou de l'organisation de patrouilles. Elle était devenu simple lieutenant et lui était devenu son chef de garde, son supérieur. Elle avait compris le message très tôt et avait soigneusement choisi, jour après jour, de passer par Skylar tant que c'était possible. Par respect pour Richard, sans doute, mais plus encore par peur de tout ce qu'il ne lui avait pas encore dit. C'était à Skylar qu'elle avait demandé les quelques jours qu'elle avait passés chez les jeunes. De préférence, donc, c'était à lui qu'elle demandait les petits services et qu'elle rapportait ses patrouilles un peu inhabituelles. L'indifférence de Richard la glaçait plus qu'elle aurait pu l'admettre mais il était d'affronter ses regards, maintenant, non ?

Non, pas encore. Son regard, elle le fuyait. Ses réponses, elle ne pouvait plus les fuir. Elles tombaient comme des sentences; certaines la rassuraient, d'autres lui glaçaient le sang. Bousculée entre les émotions, Murphy s'était mise en à trembler et lorsqu'elle trouvait les mots, sa voix semblait déterminée à lui rajouter un défi supplémentaire. Le froid, sans doute; c'était juste le froid et le reste de sa crève, se disait-elle. Mais il avait bien parlé d'Autumn, et elle savait tout ce que ce simple prénom était capable de faire naître en elle. De la jalousie, de la possessivité et tout ce qu'elle ne supportait pas d'autrui. Mais surtout un chagrin profond, comme si le prénom lui-même était porteur d'un adieu qu'elle n'était pas prête à affronter, pas après tous ceux que l'on lui avait imposés. Elle se battrait pour lui et pour le garder à ses côtés, et c'était tout ce qu'elle avait souhaité faire comprendre à Autumn. Elle avait été un peu trop franche, peut-être, mais n'avait jamais eu dans l'intention de tourner autour du pot avec elle. C'était elle qui l'avait confrontée, après tout, ne lui avait-elle dès lors pas dû toute sa vérité ? Mais elle l'avait crue adulte, à ce moment-là. Elle l'avait crue capable d'accepter les faits comme un adulte était capable de le faire. Murphy, elle, restait sous le choc de la révélation de Richard. Alors, elle lui avait tout dit, ou peut-être avait-elle même narré les choses de façon un peu déformée. Murphy ne pourrait sans doute jamais en avoir le cœur net et si sa propre question sonna comme une tentative de fuite, ce n'était absolument pas son intention première. Son intention, c'était le reproche déguisé, c'était la recherche d'une réponse simple. Elle voulait entendre Richard lui expliquer à quel point il protégerait Autumn face à elle, à quel point sa propre fille aurait toujours le dessus sur ce qu'elle était elle -ou ce qu'elle n'était plus, d'ailleurs. Elle voulait le défier, Richard, comme si elle avait Autumn face à elle, comme si elle avait besoin de lui montrer à lui aussi toute l'affection qu'elle lui portait et à quel point elle ne comptait pas le laisser à la première personne qui partageait un peu de sang avec lui mais pas grand chose d'autre.

Car malgré l'éloignement, elle ne l'avait pas oublié. Elle n'avait pas oublié son cœur qui se serrait dès qu'elle posait le regard sur la vraie et seule fille de Richard, elle n'avait pas oublié ses lèvres qui se muaient en sourires dans sa barbe lorsqu'il posait le regard sur elle. Elle avait eu sa fierté dès les premiers instants, elle, parce qu'elle était sa fille, parce qu'elle était son sang et ses gènes, sa biologie toute entière, parce que l'humanité même et l'instinct lui criaient qu'elle était lui, qu'elle était son héritage et que rien que pour ça, elle valait tout ce que n'importe qui d'autre ne serait jamais capable d'égaliser. Tout ça, Murphy ne l'oubliait pas et les sentiments revenaient en énormes vagues étouffantes, en un raz-de-marée duquel elle se sentait incapable de sortir sans y laisser ses poumons et peut-être quelques autres organes, aussi. Le cœur, déjà.

C'était pour tout ça qu'il lui en voulait, en fait, et la remarque passa la frontière de ses lèvres dans un soupir rauque. Il avait fait son choix depuis longtemps sans le lui dire. Il avait choisi Autumn parce qu'elle n'était que Murphy. Elle avait gagné, la gamine. Elle n'avait même pas eu besoin de faire grand chose, juste d'attendre que son aînée se décrédibilise et voilà qu'elle l'avait fait en un instant, en un coup malvenu porté par une impulsivité dont elle n'arriverait probablement à se débarasser. Mais le comprenait-il, tout ça, Richard ? Comprenait-il qu'elle se serait battue de la même façon et contre n'importe qui s'il s'était agi de lui ? Il était sa famille, putain, il était la seule famille qui lui restait, et il avait relégué cette réalité-là bien loin de la sienne, maintenant qu'il s'était découvert des enfants et tout un avenir. Murphy n'était plus l'avenir, elle était devenu le terne du passé et des erreurs que l'on voulait oublier. Elle était devenue l'erreur pour trop de monde, Murphy. « Justement, tu me comprends pas » répondit-elle bien plus sèchement que ce que sa raison lui avait pourtant ordonné. Elle leva les yeux au ciel en cherchant ses mots. Il lui en demandait trop. Il aurait du comprendre par lui-même, tout ça. Et le besoin qu'elle avait de garder Antarès à ses côtés, et la nécessité qu'elle avait de ne pas le perdre, lui non plus. Il aurait du le lire dans son regard ou dans leur histoire, dans tout ce qu'ils avaient partagé, le meilleur comme le pire, les rires et les pertes, le deuil, le chagrin et les projets, les espoirs. Le coup de coude avait été malheureux, mais il aurait dû y lire toute la tendresse qu'elle avait pour son chien. Ce qu'elle avait dit à Autumn avait été cru, mais il aurait dû y comprendre tout le besoin qu'elle avait de lui. C'était lui qui lui demandait des explications, maintenant, et la conversation tournait en une forme de procès qu'elle n'avait pas vue venir un seul instant. « Bah tu connais déjà la réponse, j'imagine, non ? Autumn a du te faire un exposé clair et précis. » Comme l'adulte responsable qu'elle est. La voix était éraillée mais amère. Les lèvres de la brune s'étaient étirées dans un rictus acrimonieux mais elle fuyait toujours le regard du barbu. « Si quelqu'un a un problème, ça regarde que lui. Je fais pas chier tout le monde avec les miens, moi. » Elle était à vif, maintenant, et ne comptait plus une seule seconde briser le dernier mètre qui les séparait. Le simple prénom d'Autumn avait suffi à brusquement la braquer et à lui faire oublier toutes ses bonnes intentions. Elle savait qu'elle serait condamnée quoi qu'elle puisse faire ou dire, maintenant.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Dim 26 Nov - 23:00

»  I forgive you, I forgive me
Lorsqu’il a été question de devenir père, Richard n’était absolument pas prêt. Trop jeune, trop peu adulte. Il n’était pas l’homme qu’il est devenu et il n’était pas vraiment prêt à l’être.  On ne peut pas toujours satisfaire les attentes qui nous collent de près. Parfois, on répond mal, parfois, on n’a pas la bonne solution. Il faut juste parvenir à faire en sorte que tout se passe bien, et il n’y a pas vraiment de solution miracle à cela. Mais il a accepté et bien que ses parents n’aient pas été en mesure de supporter qu’il soit un adulte aussi jeune, tout en laissant son passé de côté, il a fait de son mieux pour être présent, malgré tout. Malgré les erreurs et les nombreux aspects négatifs. Devenant un oncle un peu proche et protecteur, il a fait tout ce qu’il a pu pour être là. Alrs la situation lui échappe quelque peu aujourd’hui, évidemment. Les choses ne se sont jamais passées comme il le voulait mais Autumn a toujours fait partie de sa vie. Que les choses puissent changer d’une manière ou d’une autre, c’est une chose qui a toujours persisté à lui échapper, pour une raison ou pour une autre. On ne peut pas toujours mener la vie qu’on veut, et il n’a jamais été question de ça, il le sait. Mais il a fait son maximum. Peut-être que maintenant qu’il peut assumer son statut, il a voulu que les choses changent, ne serait-ce qu’un peu. Mais elles n’ont pas tant changé que ça.

Alors forcément, se retrouver en plein conflit avec Murphy, à propos d’Autumn, ça lui échappe totalement. Une histoire qu’il ne comprend pas et sur laquelle il n’a pas particulièrement envie de se pencher. En réalité il n’a même pas envie de comprendre. Pourtant, pour que la situation s’arrange, il n’a pas vraiment le choix et il se retrouve face à une situation qu’il ne peut pas contrôler et contre laquelle il ne sait pas quoi faire. Comment est-on supposé réagir face à une situation aussi précaire ? Est-ce qu’il y a vraiment un mode d’emploi magique pour que les choses s’arrangent ? Non. Et pour le coup, Richard ne risque pas de trouver la solution. On ne peut juste pas changer de vie du jour au lendemain. Le seul facteur qui l’a perturbé par la suite, ça a été la découverte de son fils, Liam. Cet enfant dont il ne savait rien et dont la découverte fut totalement. Une leçon bien compliquée et difficile à avoir. Mais il faut parfois savoir faire avec, que cela nous plaise ou non. Une leçon qu’on prend en pleine gueule. C’est difficile mais parfois il faut l’endurer, juste comme ça.

Oui, peut-être qu’il n’est pas des plus agréables avec Murphy, peut-être que son comportement a changé mais ça n’a jamais été volontaire, ça n’a jamais été une volonté de sa part. Il n’a jamais cherché à adapter son comportement aux autres. Il est juste resté le même, juste un homme qui tente de comprendre comment faire en sorte que le monde continue de tourner autour de lui sans qu’il n’ait à devenir fou. Et ce n’est pas aussi simple qu’on peut bien l’imaginer. Serrer les dents ne suffit pas à faire en sorte que ce monde continue de tourner. S’il a agi de la mauvaise manière, il en est juste grandement désolé parce que ce n’était absolument pas son intention. Ce monde n’est pas juste. Et il faut tenter de ne pas toujours voir les mauvais côtés. Il faut parfois juste savoir trouver les mots pour échanger, faire part des choses qui ne vont pas, ça peut aider parfois à voir une situation se faire plus douce. Mais il ne faut pas attendre le dernier moment pour que cela arrive. Il faut provoquer l’échange, mais on n’y parvient pas toujours. Ca, il veut bien le croire.

Enfin bref. Perdu au coeur de ses pensées, Richard tente doucement de refaire surface. Il veut comprendre mais pour ça, il faut qu’elle l’aide, il faut qu’elle le guide. Il ne supporterait pas de la perdre ou de la voir sortir de sa vie mais à côté de ça, il n’est pas en mesure de trouver comment faire avancer les choses, ni incapable de trouver l’ordre de tout ça. Il ne veut pas la perdre mais si ça se trouve, ce sera la seule solution ? Il n’imagine pas une seule seconde que ce sera plus simple ou que ça se passera bien, d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas le cas, et ça n’a jamais été le ca, justement. Sans mode d’emploi, il est impossible de trouver l’ordre des choses. Et là, face à elle, alors qu’il ne sait pas quoi lui dire, il se perd. Et ça le blesse. Lui qui pensait presque tout savoir sur elle, il réalise d’un seul coup que c’est loin d’être le cas. Et il ne sait pas comment l’aider. « Justement, tu me comprends pas ». Son ton est froid, et sec. Et il ne sait pas quoi dire, ni comment prendre les choses qui ont pu se passer. Mal à l’aise, il attend un instant avant de trouver les mots de toute cette histoire. Avant de trouver quoi dire, finalement. S’il ne la comprend pas et qu’elle ne lui donne pas un coup de main, comment est-il censé faire pour réussir à la comprendre ? Pourquoi est-ce qu’elle se braque comme ça ? Et il est censé comprendre quoi ? Perdu, il baisse le regard, blessé, déçu une nouvelle fois. Il aimerait que les choses redeviennent comme avant mais comment est-il censé s’y prendre si elle ne l’y aide pas ? Elle a fait le premier pas mais elle ne lui permet pas vraiment de faire les suivants. ” Aide moi à comprendre, peut-être ?”. Est-ce qu’il en demande trop ? Si ça se trouve, elle ne voudra même pas répondre à cette question.

Pour la petite histoire avec Autumn, il n’a pas vraiment le détail. La réaction de sa fille était juste étrange la dernière fois qu’ils ont échangé et elle a laissé entendre sans s’en rendre compte sans doute, que ça pouvait venir de Murphy. Il n’a fait qu'interpréter ce qu’il voyait et entendait. Et maintenant, il se permet juste de poser la question à Murphy, pour comprendre, justement. Mais elle se braque, et s’agace, sans même vraiment savoir. Dans ce cas, il est censé faire quoi ? Se taire ? Ignorer ? Ce n’est pas comme ça que Richard fonctionne. Et il serait désormais temp pour tout le monde de s’en rendre compte. « Bah tu connais déjà la réponse, j'imagine, non ? Autumn a du te faire un exposé clair et précis. ». Son opinion sur sa fille est fausse et bridé. Le chef de garde réalise seulement qu’elle s’est fait son propre avis et qu’elle ne semble pas en démordre. Elle croit savoir les choses et n’attend même pas qu’il se mette à parler pour lui expliquer qu’elle se trompe. « Si quelqu'un a un problème, ça regarde que lui. Je fais pas chier tout le monde avec les miens, moi. ». C’en est assez. Richard en a juste assez du ton de la jeune femme et il est temps qu’il reprenne cet échange en mains. Inspirant un grand coup, il prend quelques secondes pour souffler avant de se lancer. Son but n’est pas de la brusquer, ni de la blesser. Il veut juste qu’elle arrête cette comédie. Parce que là, pour le coup, il a juste l’impression que c’est de ça qu’il est question. ” Tu t’entends parler ?”. Il soupire, finissant par se tourner à nouveau vers elle, agacé. ” Non, Autumn ne m’a rien dit. Elle n’avait pas l’air bien et elle a fini par me dire qu’elle avait eu une accroche avec toi et que tu ne semblais pas beaucoup l’aimer. Elle ne m’a pas dit ce que tu as dit, ni comment tu l’as dit. Elle ne m’a pas fait un exposé clair et précis”. Le ton de l’homme est froid, sans qu’il ne puisse y faire grand chose. Mais le comportement de la jeune femme l’irrite. ” Et malgré ce qui nous lie, ou du moins, ce qui nous liait, je ne te permets pas de me parler comme tu le fais sans la moindre raison”. Cette réplique est gratuite, et méchante. Mais c’est sa dernière barrière pour qu’elle se reprenne, pour qu’elle arrête de mal lui parler gratuitement. Finalement, tout ceci se passe beaucoup moins bien que prévu…


notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Lun 27 Nov - 2:21



❝ I forgive you, I forgive me ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(19 novembre 2117)


Murphy était une boule de nerfs. Pour le meilleur mais aussi pour le pire, elle était une boule de nerfs à vif. Elle réagissait à la provocation par une défense qui s'apparentait à l'attaque, se braquait dès que l'on approchait un peu trop ces failles qu'elle s'évertuait à combler à coups de déni et d'occupations plus ou moins futiles. Elle avait appris à ses dépends que la mort n'était pas la seule entité capable de séparer deux êtres qui s'aiment. Il y avait la vie, aussi, et tous les obstacles qu'elle pouvait imposer entre deux âmes. Faust était peut-être encore de ce monde mais probablement plus, et elle faisait partie de ce cercle familial qui lui avait été volé par la Faucheuse. Non, si quelqu'un lui avait bien démontré que la mort n'était pas la seule capable de séparer avec un sourire indifférent, c'était Richard. Il ne comprenait pas, lui avait-elle asséné d'un ton froid teinté de reproche. Non, il ne comprenait pas, il ne comprenait rien. Il ne comprenait pas qu'il avait justifié toutes ses craintes, qu'il les avait amenées à la vie pour un coup de coude, aussi violent eut-il été. Il ne comprenait pas que chacune des pertes qu'elle avait subies l'avait affaiblie un peu plus à chaque fois, qu'elle n'était plus sûre de pouvoir en supporter une autre, qu'elle avait elle-même engueulé Skylar en espérant lui faire comprendre la préciosité d'une amitié qui n'avait pas eu le malheur d'être brisée par la séparation ultime. Elle avait été hypocrite de lui faire croire une absurdité pareille, ou naïve elle-même d'y avoir cru avec cette certitude qui la caractérisait. Richard ne comprenait pas les remords qui l'empêchaient de dormir le soir, la vision ensanglantée qu'elle avait de lui et de ce jour où elle avait défendu Antarès, les tripes qui se retournaient lorsqu'elle se savait seule responsable d'un capharnaüm pareil. C'était de cette responsabilité-là dont elle s'était excusée, mais il ne comprenait pas, il ne comprenait pas Autumn et tout l'aura de malheur qui l'entourait, toutes les peurs qu'elle voyait se dessiner sous son regard lorsqu'elle voyait la jeune fille. Il ne comprenait pas qu'il était sa seule famille désormais, qu'elle tenait à lui plus qu'à sa propre vie, qu'elle aurait tout donné pour qu'il oublie toute cette déception qu'elle lui inspirait. Car ce regard désenchanté qu'il posait sur elle maintenant la brisait un peu plus à chaque fois, lui rappelait qu'elle avait failli à son devoir d'amie ou de petite soeur ou de fille adoptive, tout ce qu'Autumn saurait combler comme elle n'avait donc jamais été capable de le faire.

Mais tout ça, elle était bien incapable de l'exprimer autrement que dans les reproches et les regards lourds de sens. Alors elle sortait les griffes, répliquait face à une Autumn qui n'était pas présente. Elle avait gagné, la gamine, et Murphy avait la défaite mauvaise. Pour autant, elle n'était pas encore prête à tirer sa révérence. Là où elle aurait pu tourner le dos à Richard pour ne jamais revenir, elle continuait à s'accrocher. Pour des raisons obscures, elle lui jetait de ces regards qui en disaient bien plus long que la moindre des paroles dont elle le préservait et dont elle se préservait. Elle ne pouvait pas abandonner Richard, même face à la défaite, même face à Autumn. Ce ne serait pas elle qui lui tournerait le dos. Peut-être que c'était là leur dernière conversation, leur première et unique tentative d'explication. Elle avait arrêté d'anticiper l'impact des mots qu'elle choisissait, et ceux qui s'échappaient étaient bien la preuve de son impulsivité retrouvée. Son regard ne s'apaisa que lorsqu'il répondit dans la douceur, cette douceur dont elle avait grandement besoin en ce moment, dans laquelle elle se serait lovée toute entière s'il l'avait laissée faire. Ses prunelles cherchèrent s'échappèrent à nouveau du visage de Richard alors que son cœur se serrait. Il ne comprenait pas, mais comment pourrait-elle le lui faire comprendre ? Toutes ces choses-là ne se disaient pas. Elles se sentaient dans le cœur et dans l'âme, troublaient le sommeil, alourdissaient l'être, et le vocabulaire ne serait jamais assez riche pour les décrire, les justifier ou les expliquer. Il aurait dû pouvoir les lire dans son regard peiné et fuyant et dans son front plissé. Les deviner, peut-être, en écorcher la surface, mais elle en demandait sans doute trop. Il ne la comprenait pas parce qu'elle était la seule capable de comprendre tous ces travers-là, la jalousie d'une femme que l'on avait trop laissée de côté et dressait la garde à la moindre menace.

Et à ses questions, l'écorchée répondait toujours avec la même férocité. Elle s'imaginait parfaitement la scène et les accusations d'Autumn, la façon dont elle avait sans aucun doute exagéré ses mots, aussi crus eurent-ils été. Oui, l'existence de la jeune fille l'emmerdait mais c'était un simple fait et c'était tout ce qu'elle lui avait dit. En échangeant quelques mots avec elle, Murphy avait même éprouvé une pointe de remords pour toute cette méfiance qu'elle ressentait à son égard. Mais c'était plus fort qu'elle et Autumn aurait pu être la plus humble et respectueuse des personnes que ça n'aurait fait qu'amplifier toute la crainte et la jalousie qu'elle lui suscitait. C'était une menace, et la menace s'étendait avec la grandeur de celui dont elle émanait. Autumn était une bonne gamine et de le constater n'avait fait qu'attiser et envenimer tout ce qu'elle redoutait d'elle. Richard ne pouvait qu'être fier d'elle et le fossé s'était effondré sous ses pieds lorsqu'elle lui avait donné une raison de plus de chérir et privilégier sa fille biologique. Mais ne le voyait-il donc pas, tout cet amour qu'elle lui portait ? L'amour timide développé au fil des années, des aventures, des expériences, des chagrins et des épreuves ? Ne voyait-il donc pas son reflet dans son regard et tout ce qu'il représentait pour elle ? N'avait-il pas lu dans ses excuses toute la fierté qu'elle avait mise de côté et toute l'affection dont le geste était synonyme ?

Elle rougissait sous les remontrances, serrait les dents. Il ne comprenait toujours pas mais il l'engueulait et Murphy était la gamine de son papy. Il avait sur elle toute l'autorité que son père n'avait jamais eue, toute l'autorité d'un mentor pour son élève. C'était peut-être la dernière fois qu'il faisait son éducation et il lui faudrait peser ses mots à nouveau. Oui, pèse tes mots, ne t'enfonce pas dans ta rancoeur et ta médiocrité. « Moi elle me fait chier aussi et pourtant je t'ai rien dit, si ? » cracha-t-elle sans desserrer les dents, imaginant parfaitement Autumn manipuler Richard pour lui faire croire que l'information lui avait malencontreusement échappé. Oui, bien sûr, à qui allait-elle faire croire que l'aveu était accidentel ? A Richard, sans aucun doute. Avec Murphy, c'était peine perdue. Son regard n'était pas celui d'un père pour son enfant fraîchement retrouvé. Il était celui de la suspicion et de la peur, corrodé par le deuil passé et asséché par les pertes à venir. « Ce qui nous liait ? » répéta-t-elle alors que l'air lui manquait. Elle lui jeta un regard détruit. Toute sa fureur l'avait brusquement quittée sous l'évocation de la sentence, qui était brusquement tombée sur ses frêles épaules fatiguées. Qu'avait-elle espéré de ce moment ? Des retrouvailles, des sourires, des déclarations d'amour ? Des rires, peut-être, des projets, des étreintes affectueuses, des confessions, des confidences ? T'es trop conne, Murphy. Comment t'as pu ne pas le voir avant : tu l'as perdu depuis longtemps. « Donc c'est bien ça, hein. Depuis tout ce temps, c'est ça que tu voulais pas me dire. T'as choisi ta fille, c'est normal. » Son visage criait l'inverse de ses mots et de leur apparente résignation. Quelques larmes avaient perlé dans le coin de ses yeux et ses lèvres étaient déformées par la peine et toute la concentration qu'elle mettait à essayer de retenir les perles lacrymales. « Je me suis excusée pour le coup de coude et c'était sincère. Pour Autumn, puisque tu vas sûrement courir la réconforter du monstre que je suis, autant que tu saches les horreurs que je lui ai dites. Je lui ai dit que ça me faisait chier qu'elle existe, et je m'excuserai pas pour ça, ni à toi ni à elle. » Sa voix s'élevait un peu plus fort dans l'air froid de fin de journée. Les larmes coulaient doucement, révélant au grand jour tout ce que les mots ne disaient pas. Foutu pour foutu, n'est-ce pas ? Autant qu'il lui reproche des faits avérés. Il la voyait sous son vrai jour, maintenant, avec toutes ses failles et sa crainte exaucée. Elle avait perdu, de toute façon. Elle l'avait perdu, mais elle ne s'excuserait jamais de trop l'aimer.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me
Lun 27 Nov - 18:23

»  I forgive you, I forgive me
Lorsque Murphy a pris la décision de lancer la conversation entre eux, Richard s’est permi de voir l’espoir. De voir l’illusion que tout ceci allait exploser ou ce genre de chose. C’est une affaire étrange mais il pensait réellement que tout se passerait bien. Et maintenant, il ira dire à tout va qu’il est sans doute un peu trop naïf et stupide. Mais il ne pourra rien faire pour laisser ça de côté parce que c’est là, bien ancré en lui, quoi qu’il puisse en dire ou accepter d’en dire. Leur relation est si forte qu’il s’est juste imaginé que tout ira plus facilement dès le premier échange. Il s’est permis de penser que dès qu’il baisserait la garde, tout deviendrait plus facile parce que le problème vient de lui. Il est celui qui a provoqué un certain blocage. Mais les choses ont changé. Tout a changé, finalement. Et il a fallu trouver comment arranger les choses. Sauf qu’il semble avoir abordé le sujet qu’il n’aurait pas dû aborder, se le reprochant presque. Seulement presque, parce que c’est à partir de là que tout a dégénéré. Tout a explosé, semble-t-il, sans qu’il ne soit en mesure de savoir pourquoi. Une telle haine à propo d’Autumn, ça l’étonne et le surprend, la jeune femme n’a jamais rien fait de spécial, mais il ne l’a pas autant vu une fois qu’elle a été sur Terre. Peut-être qu’elle a vraiment changé avec les autres, qu’elle est plus irritable ? Il ne saurait le dire et la vérité, c’est qu’il n’a pas particulièrement envie de réfléchir à ce genre de chose. Tout est parti en vrille lorsque sa fille est entrée dans la conversation. Mais il ne le regrette pas.

La vérité, c’est que cette situation est détestable et étrange, mais il ne regrette pas de l’avoir abordé parce que c’était nécessaire. Hors de question pour lui d’agir comme quelqu’un d’autres ou de prétendre que les choses sont supposés être différentes, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne et ce ne sera jamais le cas. Il n’y a pas à avoir de non-dit ou de secret ridicule. Il estime seulement nécessaire d’aborder le sujet justement parce qu’elle semble se braquer. Le sujet dérange ? Très bien, et alors ? Il doit être abordé puisqu’il semble y avoir des points obscurs. Ce qui le dérange vraiment, c’est qu’ils soient en public et qu’elle se permette de hausser le ton sur lui. Une situation qu’il ne tolère absolument pas. Tout le monde sait qu’elle a comme un statut privilégié avec lui, puisqu’ils ont toujours été assez proche. Pour autant, il n’a jamais permi à qui que ce soit de lui parler comme elle semble le faire. Et ça n’a pas de sens, qu’elle s’y mette maintenant.

« Moi elle me fait chier aussi et pourtant je t'ai rien dit, si ? ». Il serre la mâchoire, s’énerve une nouvelle fois. Elle ne comprend donc vraiment pas à quel point elle peut paraître ridicule ? C’est le point qui le fait enrager, sans doute. Et il est incapable d’agir autrement qu’en se braquant et s’énervant à son tour. Il voit bien qu’elle n’est pas capable de comprendre, elle non plus. Et c’est sans doute ce qui l’énerve plus qu’autre chose. Il ne sait pas ce qu’il est censé faire et il est en train de s’énerver parce qu’elle s’énerve et qu’elle ne l’aide absolument pas à comprendre comment faire en sorte que cette histoire s’améliore. Il n’y a pas de mode d’emploi et elle, elle se contente de s’énerver sans chercher à analyser la situation. Tout ceci ne rime à rien et s’il avait le choix, il se serait contenté de tracer la route sans rester plus longtemps. Il serait juste parti sans demander son reste en laissant entendre que cet échange est épuisant. Il n’en voit juste pas le bout, ou même les mots pour débloquer la situation. ” En effet, tu n’as rien dit. Alors la question est de savoir pourquoi tu t’emportes comme ça, maintenant, inutilement ?”. Si son ton reste encore calme, chaque instant passé le fait bouillir de l’intérieur. Le comportement de la brune n’aide pas. Il lui a parlé de manière pacifiste et maintenant, voilà que tout change complètement. Il n’a pas envie de faire d’effort face à l’impulsivité de la jeune femme. Si elle veut jouer aux cons, elle peut également y jouer et se montrer détestable à son tour. Ce n’est sans doute pas ce qu’elle veut entendre, mais il ne voit pas pourquoi il prendrait des gants là où elle-même ne semble même pas essayer de faire un effort véritable. Alors oui, agir de cette manière n’a pas le moindre sens et ça lui paraît parfaitement ridicule, quoi qu’il puisse bien en dire.

« Ce qui nous liait ? ». La faire réagir en usant du passé est presque volontaire. Obtenir une réaction le laisse croire qu’elle entend encore un peu quand il parle et qu’elle n’est pas totalement fermée à un quelconque échange. Disons qu’il ne sait juste plus où ils en sont et qu’il a l’impression qu’après chaque situation arrangée, la suivante n’en sera que plus grave encore. Le sujet Autumn est à peine abordé que déjà, elle s’enflamme et s’énerve. Le tout, sans la moindre raison. Une jalousie mal placée ? Dans ce cas, il comprendrait encore moins que dans une situation différente. C’est aussi simple que ça. Et il n’y a pas grand chose à dire de plus. C’est juste que Autumn était là avant, qu’il la connaît depuis qu’elle est née et pour cette raison, il ne voit pas pourquoi les choses viendraient à devenir totalement différentes. Tout ceci n’a pas le moindre sens. Peut-être qu’elle ne le sait pas, mais il ne voit pas ce qu’il pourrait faire de plus. La situation est juste différente de ce qu’on aurait pu croire. Mais c’est un aspect auquel elle ne semble pas faire attention. ” A l’heure actuelle, oui. Puisque je ne te reconnais pas.”. Elle a toujours eu un certain caractère assez fort et reconnaissable. Mais là, pour le coup, il réalise que c’est bien plus impression que ça n’a pu sembler l’être. Et c’est justement ce qui lui pose problème dans tout ceci. Elle ne fait plus attention à rien, se contente de montrer qu’elle n’est pas contente. Une enfant en réalité, et c’est ce qui le déçoit. Il a imaginé qu’au fil du temps, vu ce dont elle a été capable jusque là, et au vu de la dernière erreur avec le Natif, il a juste cru qu’elle serait en mesure de grandir et d’évoluer. Il semble s’être vainement trompé. Et il ne voit pas pourquoi il devrait subir encore et encore ses frasques, comme ça. « Donc c'est bien ça, hein. Depuis tout ce temps, c'est ça que tu voulais pas me dire. T'as choisi ta fille, c'est normal. ». Il lève les yeux au ciel. C’est donc une jalousie mal placée qui génère tout ça ? Dans ce cas, il ne voit pas quoi lui dire. Il ne voit pas non plus ce qu’il pourrait faire pour que ça se calme et pour que ça arrête de tourner en rond. Là, à l’heure actuelle tout ceci ne rime plus à rien. Elle semble brisée par la tristesse alors que le ton de sa voix est différent de ce qu’elle affiche. Il est triste de la voir ainsi mais il a beau lui parler, il réalise qu’elle ne l’écoute même pas, de près ou de loin.

« Je me suis excusée pour le coup de coude et c'était sincère. Pour Autumn, puisque tu vas sûrement courir la réconforter du monstre que je suis, autant que tu saches les horreurs que je lui ai dites. Je lui ai dit que ça me faisait chier qu'elle existe, et je m'excuserai pas pour ça, ni à toi ni à elle. ». Les propos qu’elle a pu utiliser sont bien plus fort qu’il n’a pu l’imaginer un seul instant. Quant à sa voix qui s’éleve et qui attire les regards, elle incite Richard à détourner le regard et à souffler. Il en a assez de devoir la gérer, de devoir lui faire comprendre que tout ceci ne rime à rien. Elle ne comprend sans doute pas, elle ne fait pas attention aux choses et puisqu’elle est énervée, elle ne fait plus attention à rien. Là, en pleure devant lui, elle ne suscite pas sa compassion ni même sa pitié. Ses mots sont bien trop durs pour ça. Alors c’est maintenant à son tour de parler et il fait de son mieux pour ne pas hausser le ton, bien que sa voix trahisse une froideur qu’il ne peut contrôler davantage. ” Tu sais depuis combien de temps je connais Autumn ? Depuis qu’elle est née. J’ai toujours été dans sa vie, j’ai toujours été là, pour elle”. Il ne parle pas fort parce que cela ne concerne personne. Son secret, il continue de le garder pour lui, bien qu’elle puisse le trahir là, maintenant. ” Elle n’a jamais pris la place de qui que ce soit, en étant dans ma vie, elle n’a jamais pris la tienne, ni celle de personne. Elle a toujours été là. Dans l’ombre, sans que je n’en parle à personne parce que ça ne concernait personne. Même pas toi, et pourtant, elle était dans le sillage. Tu ne la voyais juste pas”. Il inspire un grand coup, il en a assez de tout ça. ” Elle n’a jamais pris ta place parce qu’elle a toujours eu la sienne, et toi la tienne, Gamine. Il n’a jamais été question d’autre chose. Mais toi, tu ne le comprends pas et je ne saurais dire pourquoi. Aux dernières nouvelles, j’ai toujours été là pour toi, je n’ai jamais été contre ça, et je n’ai jamais mis personne entre toi et moi.”

C’est c’est la vérité. Murphy a toujours énormément compté pour lui, comme la petite soeur que l’enfant unique n’a jamais eu. Et personne n’a jamais été en mesure de briser ça. Ni ses amis, ni ses enfants. Il n’a jamais été question de prendre la place de qui que ce soit ou d’une personne capable de prendre la place de quelqu’un. Et il en est absolument hors de question, en réalité. IL n’a jamai été question de ça. Pour personne. Encore que si on y réfléchit, on pourrait presque dire que Murphy a toujours été au dessus. Il est juste dommage qu’elle n’ait pas été en mesure de s’en rendre compte avant… ” La vérité, quand j’y pense, c’est que c’est toi qui a toujours été au-dessus des autres. Tu ne l’a juste jamais compris”. Il quitte son siège, et une fois debout, il réalise que s’il part maintenant, leur relation n’ira pas plus loin. ” Alors dis moi maintenant, ce que tu cherches Murphy.”. Il la fixe, une lueur de tristesse dans le regard. Il a juste l’impression que leur “histoire” peut prendre fin à tout moment, en partant de là, tel un câble fragile…


notes » w/ Murphy sur le campement Odysséen, près du feu, le 19 novembre 2117.

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Sujet: Re: Murphy ♣ I forgive you, I forgive me

 

Murphy ♣ I forgive you, I forgive me

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