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˜˜˜˜˜˜Escaping shores of lunacy (Isphy)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36164 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1302


Sujet: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Jeu 16 Nov - 23:07

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❝ Escaping shores of lunacy ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr
(16 novembre 2117)


Ses mains gelées s'étaient figées autour de la lettre de papier. « J'espère que c'est pas à ça que servent les bouquins que je te ramène, hein. » Les yeux rougis de Thaïs l'avaient fixée et peinée et pour se faire pardonner, Murphy s'était empressée de lui faire chauffer un peu d'eau et d'y glisser de ces plantes qui réconfortaient des plus grands froids. Elle avait planifié cette virée chez les jeunes depuis quelques semaines déjà, mais aucun d'eux n'avait jamais vraiment le dernier mot. La route avait été courte et agréable; c'était la première fois qu'elle faisait le chemin depuis qu'ils s'étaient réinstallés non loin de là. Il lui fallait retrouver quelques repères pour ce trajet nouveau et sa boussole lui avait rendu service une ou deux fois. Les neiges n'étaient pas encore installées et lorsqu'elle avait choisi de prendre quelques jours auprès des jeunes, Murphy savait qu'elle saisissait une des dernières occasions de la saison pour le faire. Elle avait pris avec elle trois nouveaux livres à offrir à Thaïs mais regretté plusieurs fois pendant le trajet de l'avoir fait. Les quelques kilos de charges s'étaient transformés en tonnes à mesure de sa progression et elle repensa aux bouquins qu'elle lui avait offerts avec tant d'entrain lorsque c'était Thaïs qui avait rendu visite à ses aînées. Elle avait dû la maudire pour les cadeaux dont elle avait pourtant été si fière, et s'excuser auprès de la jeune fille avait été la première chose qu'elle avait faite lorsqu'elle l'avait retrouvée.

« OK, je serai de retour dans deux heures maxi. Reste au chaud. Si on me laisse faire, je te ferai une soupe en rentrant. » Le murmure avait été douloureux pour les cordes vocales et pour les oreilles. Elle avait réajusté la couverture sur une Thaïs parcourue de frissons. Novembre avait apporté son lot de virus et les deux brunes semblaient solidaires au point d'en partager la garde. Assise au bord de son lit, Murphy n'avait pu se résoudre à la laisser aussi facilement, et, après une quinte de toux qui écorcha les tympans, elle retira le morceau de tissu posé sur le front de sa cadette pour le rafraîchir dans une bassine au pied du lit et le reposer sur la peau ruisselante de son amie. « Je te laisse Antarès. Fais attention à ce que tu lui dis, lui il peut encore te répondre. » Un clin d'oeil plus tard, elle avait quitté la tente de la jeune fille, une petite lettre entre les doigts. Dans sa besace, elle ne prit la peine que de glisser une gourde remplie d'une eau qui allait sans aucun doute frôler son point de solidification pendant le trajet, ainsi que quelques ustensiles destinés à la rassurer et qui ne pèseraient jamais autant que des livres.

Murphy s'arrêta finalement au milieu des arbres et, du bout de ses doigts glacés et endoloris, déplia la carte que Thaïs avait griffonné juste à son attention. Si elle continuait tout droit, elle tomberait sur un lac. Il fallait qu'elle prenne à droite -au nord, la corrigerait un cartographe à cheval sur les termes. Des montagnes s'élevaient au loin, par-delà les brumes et les arbres et elle refusa à son esprit de s'égarer là elle ne le voulait pas. Elle allait revoir la mer, et c'était déjà pas mal. Dans une nouvelle quinte de toux que le froid n'arrivait pas à anesthésier, elle réajusta son écharpe et son bonnet, s'assura que ses deux poignards étaient toujours accrochés à ses cuisses engourdies par l'hiver. Ses doigts fins ne supportaient plus le contact de l'air d'hiver et elle se décida enfin à ranger la lettre dans sa poche. Pour préserver toute l'affection qu'elle avait vue Thaïs mettre dans ce courrier, c'était ce qu'elle avait évité depuis son départ; mais il y serait toujours moins malmené que dans son sac. Les mains dans les poches, elle reprit la marche. Son esprit vagabondait au milieu de cette nature morte et elle se surprit à l'apaisement. C'était différent, ici, des alentours de son chez-elle. Elle se sentait en sécurité, parce qu'elle savait que les jeunes avaient bien fait les choses et que si proche de leur village, elle n'avait pas grand chose à redouter. Elle avait même laissé son arc chez eux, fatiguée à l'avance d'avoir traîner une arme inutile juste le temps d'un aller et retour. Elle se surprit à penser qu'Antarès lui manquait, qu'il aurait apporté un peu de vie à cette forêt qui semblait tant en manquer, mais il serait d'un bien meilleur réconfort à une Thaïs fiévreuse et asthénique. Les feuilles grillées par l'automne craquelaient sous ses pas et démontraient, si c'était encore nécessaire, de l'hiver qui prenait ses marques et envahissait la terre. Elle regrettait que sa jeune amie soit épuisée au point d'envoyer ses regrets à un Terrien qu'elle mourait d'envie de voir, mais Murphy s'était portée volontaire de bon cœur pour lui transmettre le message. C'était le deuxième jour qu'elle passait à ses côtés et elle n'aurait pu accepter de la voir quitter la chaleur d'un bon feu ou de ses couvertures, même pour une entrevue si attendue. Thaïs lui avait décrit les lieux qu'elle devait trouver, l'emplacement où elle devait laisser la petite note pour être sûre qu'elle soit trouvée. Un aller et retour ne la tueraient pas et même si le froid semblait arracher sa trachée à chaque fois que l'air s'y glissait pour nourrir ses poumons, elle trouvait à ce moment quelque chose de réconfortant. Loin de ses préoccupations odysséennes, de cette rébellion qui n'avait plus vraiment de sens ou commençait peut-être à en retrouver. Une coupure, quelques vacances, une parenthèse à quelques dizaines kilomètres du village dont l'atmosphère lui paraissait devenue presque irrespirable.

Elle n'était pas fiévreuse, juste aphone. Pour transmettre ce message-là, on n'avait pas besoin de sa voix, juste de ses jambes. Elle ne blâmait que le froid de lui avoir volé la parole mais se blâmait honteusement d'avoir empiré l'état de Thaïs. Elle ne savait laquelle avait été malade la première ou si leurs symptômes étaient le fait de la même saloperie, mais elle ne pouvait qu'être persuadée que son propre état ne pouvait pas aider celui de son amie, et elle n'arrivait pas à quitter ses côtés pour autant. Elle ne pouvait pas profiter d'elle comme elle l'aurait aimé mais savourait son séjour de quelques jours comme une ode à la vie pour ce qu'elle avait de plus imprévisible. Elle partageait une tranche de vie de Thaïs et d'Aliénor, aidait la première à supporter sa fièvre et partageait quelques rires réguliers avec la seconde. Peut-être que c'était tout ce dont elle avait besoin, en réalité, de se sentir appartenir à une communauté sans redouter tout ce qui pouvait l'accompagner de si compliqué. Les excuses avaient aplani sa rancoeur mais les regrets subsistaient. Elle savait qu'elle serait toujours mieux accueillie auprès des siens que les jeunes, mais les exceptions n'avaient eu de cesse de s'affirmer des deux côtés, et cette échappée lui rappelait une dernière fois avant la trêve de l'hiver que le monde regorgeait de découvertes. Certaines étaient cauchemardesques, empêchaient de trouver le sommeil ou réveillaient la nuit, étaient teintées de regrets et d'amertume, mais d'autres avaient du bon. Même au cœur de cette forêt dont l'air sentait le glacé résidait un soupçon de magie. Libérée de ses entraves quotidiennes, de son devoir de patrouilleuse, des inquiétudes de qui lui accordait un peu trop d'importance et de l'indifférence de ceux qui ne lui en accordaient pas assez, Murphy retrouvait dans ce silence-là quelque chose de libérateur.

Elle s'adossa finalement à un arbre pour faire face à une plage peu profonde de galets. Devant elle et entre deux terres, à sa gauche et à sa droite, se creusait une baie. L'eau était calme mais les vagues s'échouaient sur les pierres sombres sans les épargner. La brune tenta d'étouffer une quinte de toux qui n'en ressortit que plus enflammée. Elle essuya au coin de son œil une larme née du mariage de la douleur et du froid et s'avança gauchement sur les galets. Puisqu'il n'était opposé par aucun arbre, le vent était plus vif ici et elle remonta son écharpe en même temps qu'elle descendit son bonnet, laissant une seule fente pour son regard qui investiguait les lieux. Là où la mer rentre le plus loin dans les terres, lui avait-elle dit. Alors, pendant de longues minutes, Murphy longea le rivage et évalua les distances. Elle n'arrivait plus à penser au fait qu'elle faisait face à la mer, ou à une toute petite partie d'elle. Son nez était gelé et ne sentait plus l'iode porté par l'air, ses yeux étaient rougis par les embruns glacés, et il lui semblait que son squelette entier était rongé par le le froid et l'humidité. A croire qu'elle ne ferait jamais une belle rencontre avec l'océan. Elle finit par se raidir face à la crique et mentalement s'arrêter sur la grande roche devant elle. Elle soupira pour se donner le courage de sortir ses mains nues des poches protectrices de son manteau et fit le tour du rocher. Dans sa main droite tremblait la petite lettre et un surnom que Murphy avait pudiquement évité de regarder jusque-là. Pour Thaïs, elle voulait bien faire les choses. Elle s'accroupit finalement, dos à l'eau, pour déplacer quelques galets humides. Des mèches de cheveux avaient échappé à la prise de son bonnet et lui revenaient en plein visage au gré des vents maritimes. Thaïs n'aurait clairement pas supporté bien longtemps un tel climat, et elle pensait avec soulagement à tout le confort avec lequel elle l'avait laissée. La lettre manqua de lui voler des mains et elle la cala sous plusieurs palets qu'elle considérait suffisamment lourds et la protégeant le plus possible des embruns ou de quoi qui ce soit qui pourrait s'amuser à l’abîmer. Elle admira son oeuvre quelques secondes et la réajusta à plusieurs reprises pour être sûre qu'on ne puisse pas la manquer. Mission accomplie, pensa-t-elle fièrement en se relevant. L'anonyme de cette planète pourrait rentrer chez lui avec un petit mot rempli, elle le devinait, de tendresse.

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06/05/2016 Dandan/Sonia Aucun. 292 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. Athna, à la vie, à la mort. 70


Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Dim 26 Nov - 18:45

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L’hiver approchait. D’ici une vingtaine de jours, les montagnes du nord seraient gelées et annonceraient le début de l’hibernation. La faune sauvage qui avait résisté à l’apocalypse dévastatrice, il y a des générations de cela, entrerait en hibernation pour la plupart. Les bêtes se réfugieraient dans leur grotte ou leur terrier, soigneusement préparés pour survivre à la saison. À la manière de ces créatures, les Athnas allaient bientôt se retirer dans leur volcan. Pour l’heure, les membres de la communauté rendaient leurs dernières visites, remerciaient leurs alliés par divers cadeaux et échanges. C’étaient non pas des adieux, mais des au revoir. La promesse de retrouvailles lorsque l’astre solaire brillerait suffisamment fort pour faire fondre la glace. C’était le même refrain chaque année, une chorégraphie méticuleusement organisée entre les alliances terriennes. Une tradition qu’on perpétuait sans jamais se poser la question de sa pertinence. Une fois ou deux, Isdès s’était demandé s’il n’allait pas mettre le nez dehors, cette fois. Peut-être avait-on besoin d’eux dehors ? Peut-être que des événements importants se jouaient sans leur présence. Combien de personnes étaient mortes, surprises par le blizzard, en route vers chez eux ? Le souvenir de Varghause lui revenait. Combien des siens, perdus ailleurs, auraient aimé qu’on leur vienne en aide ? Le visage de Nessa se dessinait automatiquement tandis qu’Isdès traversait la forêt dense qui menait jusqu’à l’ouest. Pourquoi allait-il à l’opposé d’où on l’attendait ? Depuis plusieurs semaines, ça le démangeait de marcher vers l’est. Vers l’ennemi, vers le soleil aveuglant et le sable brûlant. La personne qui lui était la plus chère, celle qui ne manquerait jamais à son devoir envers lui, avait certainement besoin de lui. Elle rêvait sûrement de lui comme lui pensait constamment à elle. Il avait l’impression de l’abandonner alors qu’elle lui avait répété un nombre incalculable de fois qu’il devait rester auprès des siens. Mais qu’est-ce qui disait qu’elle était totalement libre de ses gestes et de ses pensées ? Ça le rongeait d’être impuissant, de devoir se contenter d’attendre alors qu’il pourrait remédier à la situation en un seul voyage risqué.

Au lieu de ça, il se hâtait vers le réconfort. Il allait se réfugier dans les bras de l’adolescence et l’innocence. Il allait se faire bercer par les doux mots de la gamine admirative. Il allait s’abreuver de son étoile filante et de ses récits toujours aussi passionnants. C’est fou ce que les mots les plus futiles qui sortaient de la bouche de Thaïs parvenaient à prendre une ampleur des plus fascinantes. Il se régalait de sa vision du monde, il s’en repaissait et apprenait même d’elle. D’elle ou de lui, il n’avait jamais su qui était véritablement le professeur. L’été et l’automne s’étaient montrés cruels et intraitables. Ils ne lui avaient laissé aucune chance, aucun droit à l’erreur. Il s’était pris des revers et ceux-ci continuaient de le hanter, bien longtemps après les faits. Isdès tournait comme un lion en cage. Il en était rendu à un point où les illusions étaient plus douces que la vérité. Il s’était trouvé l’ennemi le plus difficile à appréhender et il n’avait pas encore la volonté nécessaire pour se sortir de cette mauvaise passe. Alors les côtes et les bois qui caractérisaient la région représentaient le dépaysement salvateur. La brise océanique fouettait son visage alors qu’il contournait le campement des 100. Nulle intention d’y faire une apparition qui pourrait constituer un danger. Thaïs et lui avaient leurs coins préférés, leurs adresses auxquelles eux seuls parvenaient à donner une importance. Isdès s’attendait à voir son sourire, son minois insolent et sa silhouette fragile. Mais tandis qu’il approchait de la crique en contrebas, ce n’était pas son étoile qui l’attendait. Il l’avait compris dès le premier coup d’œil, même si une centaine de mètres les séparaient. Qui avait pu la remplacer ? Pourquoi était-elle absente, elle toujours en avance ?

Malgré lui, c’est l’inquiétude qui prit le pouvoir, toujours accompagnée de son amie la colère. L’inconnue lui était de dos et il ne prit même pas le temps d’essayer de la reconnaître qu’il sauta des rochers et accourut vers elle. « Hey ! » Inutile de prétendre à l’anglais, personne ne serait dupe en voyant ses cheveux longs défaits, son manteau doublé de fourrure et son teint toujours buriné malgré les températures basses. « Thaïs. Weron kamp raun ? » Il n’avait pas sorti sa lame, car la personne semblait être seule et il n’avait même pas réfléchi à l’éventualité d’une embuscade, dans un lieu aussi découvert que celui-ci. Mais une fois que la question fatidique fut posée, Isdès prit le temps de se concentrer sur son interlocutrice. Et malgré les couches de vêtements qui la camouflaient, sa chevelure à peine visible, il la reconnut. Il reconnut ses courbes, sa posture et il stoppa net sa marche, à cinq mètres d’elle. Comment Murphy avait-elle fait pour le retrouver ici ? L’avait-elle fait suivre, une fois ? Cherchait-elle encore à le piéger pour obtenir quelque chose de lui ? L’apparition surprise d’une tierce personne lui restait encore en travers de la gorge, mais il décida de faire comme si rien ne s’était passé. Il profita de cet avantage pour obtenir des explications. « Murphy, weron Thaïs kamp raun ? Ha ste em ? » Le ton de sa voix était neutre, faisant ainsi comprendre qu’il ne voulait rien entendre de plus que sa réponse.

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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36164 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1302


Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Dim 26 Nov - 20:48

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❝ Escaping shores of lunacy ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr
(16 novembre 2117)


Ce n'était qu'une question de temps avant de retrouver la chaleur d'un feu et du sourire de Thaïs. Pourtant et malgré le froid qui s'insinuait partout, Murphy était trop pointilleuse pour faire les choses dans la hâte. La lettre claire ressortait vivement sur les galets foncés mais elle commençait à douter de sa visibilité au loin. Il faudrait que l'inconnu passe ici pour la voir. Allumer un petit feu pour attirer son attention ? Laisser un morceau de vêtement aux couleurs vives ? Tout ce qu'elle pouvait faire en attendant qu'une idée fulgurante lui traverse l'esprit, c'était de s'assurer que la petite lettre était disposée de la façon la plus esthétique possible. Droite, à peine courbée par les pierres qui la retenaient. Elle était restée dans un état respectable compte tenu du petit voyage qu'elle venait de faire, et Murphy s'en félicita mentalement. Elle pourrait décrire à Thaïs tout le soin qu'elle avait mis dans la mission qu'elle lui avait confiée, et elles discuteraient un petit peu, et encore un petit peu plus peut-être, jusqu'à trouver le sommeil et laisser leurs systèmes immunitaires mener leur propre combat.

Mais elle râlait intérieurement, parce qu'il manquait quelque chose. Il suffisait que l'ami de Thaïs ne passe pas ici ou lève un peu trop les yeux pour ne pas trouver ce qu'il recherchait sans le savoir. Elle ne pouvait pas se permettre de faillir à sa tâche. Elle ne savait pas quand le Terrien viendrait, et un feu ne tiendrait jamais ici sans surveillance. Malgré toute sa bonne volonté, Murphy ne pouvait se contenter d'attendre ici dans le froid. Si ça avait été le cas, aucune lettre n'aurait jamais été écrite et elle aurait été elle-même le support du message. Non, elle allait la laisser ici, cette putain de lettre, et son imagination finirait bien par lui prodiguer la solution idéale pour la faire sauter aux yeux du Natif. Elle allait la rendre agressive au regard d'une façon ou d'une autre, cette lettre.

Pas tout de suite, en tout cas, pas maintenant. Elle frissonnait, remontait son écharpe sur son cou et son menton, se frottait les mains pour essayer de leur faire oublier le froid qui traversait la protection des gants. Elle n'aurait pas été contre la peau de renard qu'Elias avait embarquée après leur première rencontre, peu importe si ça lui allait aussi mal au teint que la grimace de l'homme lui avait laissé penser. Peut-être qu'il lui faudrait faire une pause avant de repartir, histoire de se réchauffer quelques minutes autour d'un feu. Pas ici, pas sur la plage de galets en tout cas. Le vent y était plus vif, tranchant, et malgré toutes les couches de vêtements sous lesquelles elle s'était abritée, Murphy ne pouvait retenir quelques larmes d'irritation. Elle enfonça son bonnet sur sa tête pour contenir dans sa nuque les cheveux qui pouvaient l'être et y gagner un semblant de protection supplémentaire mais aucun doute possible : l'hiver ici était encore plus incisif, et si elle ne voulait pas tomber raide morte, il lui faudrait bientôt prendre le chemin du retour. Que faire, alors ? Elle allait finir par venir, cette putain d'idée à la con, ou allait-elle devoir abdiquer et croiser les doigts pour que la lettre trouve son destinataire ?

Une voix raisonna par-dessus le vent et le bruit des vagues qui s'écrasaient sur la côte rocailleuse. Elle se retourna vivement, les mains toujours liées l'une à l'autre comme si le gel les avait fusionnées. Elle continuait machinalement de souffler dessus et observait la lourde silhouette qui s'approchait à plusieurs dizaines de mètres de là. Ses cheveux volaient dans la bruine marine et le nom de Thaïs flotta dans l'air un instant, l'empêchant, pour son plus grand soulagement, de dégainer l'un de ses couteaux. Les mouvements auraient été douloureux et le froid lui aurait sans doute empêché la moindre prise. « Pas là » se contenta-t-elle de répondre dans une douleur rauque et en réalisant qu'elle allait faire la connaissance de l'amie de la jeune fille. Le vent sifflait dans ses oreilles, brûlait ses yeux qui s'humidifiaient à outrance. Son souffle était la seule source de chaleur et elle tentait d'en abreuver ses mains et son cou pour leur offrir quelques secondes de répit ça et là. Mais son regard se fendait pour observer l'homme qui approchait. Sa large stature s'imposait de plus en plus clairement à elle, mais les amis des amis sont des amis, non ? Peu importait les vieux dictons et les bonnes intentions, peu importait cette putain de lettre et toutes les bonnes intentions qu'elle avait encore quelques secondes plus tôt. Ses doigts gelés hurlaient à l'abandon du souffle réconfortant et elle s'éloigna de quelques pas, horrifiée. Elle n'avait pas imaginé un seul instant arriver à cette constatation. Lui, encore lui. Un fantôme du passé, lui aussi, et c'est là qu'il aurait du rester, comme tous ceux qui la jugeaient indigne d'un peu plus de leur avenir. Elle ne s'autorisa à s'arrêter dans le recul que lorsqu'il en fit de même dans son avancée et elle le fixa, muette, pétrifiée. Sa tresse avait disparu pour laisser ses cheveux voler dans le chaos d'un ciel farouche et sa grande silhouette se fondait sous la fourrure épaisse. Sa peau à lui était à peine rougie et gardait la chaleur de tous étés qu'elle avait connus, là où elle devinait la sienne écarlate sous l'agression continuelle de l'environnement. Son regard était perçant de clarté et d'une neutralité qui acheva de la glacer, en parfait contraste avec tous les feux qu'il avait fait brûler et exploser en elle, pas si loin en arrière.

La voix d'Isdès retentit à nouveau au milieu des cailloux et Murphy ouvrit la bouche pour répondre mais il ne s'en échappa qu'une plainte éraillée, douloureuse à l'oreille. Ses lèvres se scellèrent à nouveau alors qu'elle tentait d'éclaircir sa gorge et elle fuit son regard quelques instants en désignant de sa main gantée la lettre qu'elle avait laissée à quelques mètres d'elle, toujours enterrée sous les galets soigneusement choisis et disposés. Il trouverait toutes ses réponses là-dedans. Il connaissait Thaïs, putain, et Thaïs le connaissait. Avait-elle la moindre idée des atrocités dont il était capable ? De l'opinion qu'il avait d'elle ? Maintenant qu'il savait qu'elle connaissait Thaïs, serait-il capable de ternir son image auprès de la jeune fille ? Et surtout, est-ce que Thaïs avait été en sécurité un seul instant auprès de lui ? Elle se remémorait tous les bons mots que la jeune fille avait eus pour son ami terrien mais ils dépeignaient quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Puisqu'il semblait que c'était encore possible, Isdès l'avait atteinte dans son intimité la plus secrète, celle de ses amis, du monde auquel il n'avait pas le droit. Elle se prenait cette nouvelle réalité comme un poing en plein abdomen. A croire que quoiqu'ils décident, ils resteraient toujours liés, au moins par cette amie commune. Le rêve d'une rupture franche entre eux s'était brusquement évaporé sous le regard affolé de la brune. Même à ça, il faudrait qu'elle fasse attention; éviter de parler de lui, avec les mots ou les regards, éviter sa présence et ne pas laisser son absence l'envahir. La lutte ne faisait que commencer. Elle s'éloigna encore un peu plus en attendant qu'il lise la lettre et croisa les bras sous sa poitrine pour gagner en assurance et en prestance autant que le froid et la situation le lui permettaient. Un rictus de rancoeur avait fleuri sur ses lèvres laissées à découvert par l'écharpe et elle observait la mer, prenait de plein fouet les embruns salés et agités. Qu'il accuse bonne réception du message et son rôle ici serait terminé. A elle la chaleur d'un bon feu crépitant.

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Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Lun 11 Déc - 22:42

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Comment le destin pouvait-il s’acharner ? Comment le hasard avait fait que la personne qu’il voulait le plus avait été remplacée par la seule personne sur laquelle il aurait voulu ne plus jamais poser les yeux ? Alors que Thaïs respirait la sérénité et la malice, Murphy irradiait la froideur et l’incertitude. Dès qu’elle posait le pied quelque part, elle ébranlait tout ce qui l’entourait : le sol, le monde, les certitudes, les assurances. Rien que sa présence ici avait suffi à balayer toutes les idées que s’était fait l’Athna. Lui qui avait aspiré à un brin d’air frais, c’était comme si elle l’avait saisi à la gorge sitôt qu’elle s’était retournée. Elle lui avait coupé le souffle, comme un coup de poing dans le diaphragme. Elle l’avait coupé dans son élan, comme une météorite qui tombait du ciel. Tout autour de lui devenait inhospitalier et sans comprendre pourquoi, Isdès ne se sentit plus à sa place. C’était pourtant sa terre, quand bien même les Skaikru y avaient élu domicile. C’était lui qui avait montré à l’adolescente des recoins insoupçonnés, cette petite crique légèrement escarpée par rapport aux étendues de sable voisines. Cette fois, c’était Murphy qui semblait s’être approprié les lieux. Elle était plantée au beau milieu, tel l’étendard du conquérant, et surtout il n’y avait aucune trace de sa jeune amie. On lui confirma la triste nouvelle en deux simples mots, prononcée d’une voix qui laissait deviner l’état de ses cordes vocales. L’homme prit le temps d’analyser la situation : la multitude de couches qui couvraient son corps parfait, le bonnet vissé sur sa tête, le bas du visage réfugié sous le tissu pour tenter de faire face aux assauts répétés du vent, puis ce nez légèrement plus rougi que le reste. Murphy était malade. Peu étonnant quand on considérait l’habitat naturel des Skaikru. Ils étaient nés et avaient grandi dans une cellule de fer, au beau milieu du vide intersidéral, de l’espace où leur organisme n’était pas censé pouvoir survivre. Leur corps avait évolué dans un environnement aseptisé, spécialement conçu pour préserver leur système immunitaire. Comment pouvaient-ils s’en sortir ici, sans risquer la maladie ? Outre le fait d’avoir comme alliée une tribu entière soit experte en guérison, les Athnas tombaient rarement malades, parce qu’eux subsistaient dans un environnement fondamentalement hostile. Le froid éprouvait peut-être leurs corps, mais il tuait également tous les virus qui puissent se développer. Ce que les autres appelaient communément le rhume était un événement exceptionnel, presque risible pour celui qui avait le malheur d’y être sensible.

Murphy ne bougea pas d’un pouce quand il s’approcha d’elle. Ils se jaugeaient sans réellement se l’avouer. Ils étaient revenus des mois en arrière, ou l’inconnu motivait toute la méfiance qui puisse exister entre eux. Elle était là en tant que représentante du ciel et lui de la Terre. Isdès décida de ne rien céder, aucune mimique, aucune lueur dans ses iris qui trahirait ce qu’il ressentait. La fureur de leur dernière entrevue s’était éteinte au profit d’une déception qu’il peignait d’indifférence. Quand il lui demanda plus d’explications, les seuls sons douloureux qui franchirent ses lèvres furent accompagnés d’un geste en direction d’un amas de pierres non loin d’elle. Il n’attendit pas pour s’y précipiter, dégageant de la cachette un message écrit à la main. Il remarqua bien qu’au fur et à mesure qu’il avançait, elle reculait. Elle agissait comme s’il représentait une menace. On aurait dit qu’elle faisait face à un prédateur qui rôdait autour d’elle. Fronçant les sourcils, il essaya tant bien que mal de se concentrer sur ce que lui avait écrit Thaïs. Elle aussi était malade et n’était pas en état de se rendre à leur rendez-vous. Malgré lui, il arqua un sourcil en jetant un coup d’œil à Murphy. Qui avait contaminé l’autre, ça restait à définir. En tout cas, si elle était dans le même état que sa comparse, ce n’était pas étonnant et elle avait bien fait de ne pas se pointer ici. Thaïs savait sans doute qu’elle aurait subi les remontrances de son aîné. Il plia le message en quatre et fourra le papier dans sa poche. Même si ce n’était qu’un message d’excuses, ça venait de la gamine et étrangement, il tenait à conserver cette trace écrite d’elle. Après quelques secondes de silence pesant, Isdès finit par faire remarquer : « Vous envoyez toujours les autres cacher des messages dans les pierres ? Pas étonnant que vous toujours malades... » N’avaient-ils toujours pas inventé une autre façon de se faire porter les messages ? Il savait qu’il aurait dû léguer une de ses chouettes à Thaïs et intérieurement, il se promit qu’à la prochaine rencontre, il lui apprendrait comment lui faire parvenir des messages sans intervention humaine.

Que fallait-il dire ? Le regard de la jeune femme était volontairement fuyant, attendant que l’invité dispose. Elle avait certainement hâte de retrouver la chaleur d’un foyer. Rien n’ouvrait à la conversation. Que pouvaient-ils bien se dire de toute manière ? Isdès plongea ses mains dans ses poches pour les protéger de la brise maritime. Même s’il ignorait s’il souhaitait véritablement avoir la réponse, il posa la question qui lui brûlait les lèvres : « C’est ton amie ? » Que partageaient-elles ? Peut-être étaient-elles de la même famille ? Ni l’une ni l’autre ne lui avait jamais parlé de leurs proches. Avaient-elles déjà parlé de lui ? Était-ce pour cette raison que Murphy était là, parce que Thaïs l’avait sciemment envoyée dans la gueule du loup ? Il ne pouvait pas y croire. Elle était trop secrète, comme lui. Il se souvenait encore de son regard quand l’autre Skaikru avait surgi des bois, en ayant tout entendu. Réalisant soudain que tout ça était vain et stupide, il finit par ajouter plus distant : « Tu dois rentrer. Il fait très froid. J’écris plus tard à Thaïs. » Il leva ses yeux ambrés vers elle. Même affaiblie, étoile fragile dans un climat difficile, elle dégageait quelque chose. Elle avait beau être en colère, montrer par tous les moyens qu’elle le détestait, elle évoquait encore de lointains souvenirs qui n’avaient rien à voir avec ce dédain qu’ils se vouaient mutuellement. Son corps démontrait qu’il n’avait rien à faire d’elle, mais ses entrailles brûlaient de lui hurler le contraire. Si son regard affichait la neutralité, le picotement qu’il ressentait dans les doigts le flagellait de se sentir aussi frustré. Il n’y avait rien à faire.

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Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Mar 12 Déc - 1:26

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❝ Escaping shores of lunacy ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr
(16 novembre 2117)


Si elle s'était douté un seul instant de l'identité de ce Terrien dont Thaïs vantait tant les mérites, est-ce que Murphy aurait fait le déplacement ? C'était une question qui la tiraillait alors qu'il se dressait maintenant face à elle, dans toute cette fierté qui lui était propre, teintée cette fois d'une inquiétude qu'elle ne lui connaissait pas. Il devait vraiment tenir à Thaïs. Tout le monde tenait à Thaïs, de toute façon. Tous les humains qui passaient un peu de temps avec elle succombaient à son sourire et son tempérament de feu. Est-ce que ça faisait d'Isdès un humain pour autant ? Probablement pas. A Isdès, on avait probablement arraché le palpitant quand il était enfant. Ce qu'elle avait senti tambouriner si fort sous sa peau n'était qu'une de ces machines mystiques qui servent à raccommoder ceux qui en ont besoin. Un humain n'aurait pas tenu le discours qu'il avait tenu au début de l'automne. C'était là tout le mur d'incompréhension auquel elle faisait face : Thaïs et Isdès, comment était-ce possible ? Posait-il sur la jeune fille le même regard dédaigneux que sur elle ? Est-ce qu'il se considérait supérieur à elle comme il se considérait supérieur à Murphy ? Ou peut-être que ce traitement lui avait été réservé depuis le début. Qu'est-ce que Thaïs pouvait trouver à un homme aussi secret et taciturne, où avait-elle pu trouver ces qualités qu'elle n'avait eu de cesse d'énumérer à Murphy dès que celle-ci s'était proposée pour délivrer le message de son absence ?

Sa présence broyait ses entrailles. Dans son esprit se répétaient des scènes au langage indécent, et puis des mots caustiques nourris de sous-entendus qui glaçaient le sang. Elle se rappelait que c'était probablement tout ce qu'elle avait été pour lui, une semaine insolente au cœur d'un printemps bourgeonnant. Le froid et l'hiver les avaient rattrapés pour de bon. Elle retrouvait face à elle l'Isdès des cavernes, celui qui, emmitouflé sous toutes ses fourrures qu'elle enviait, la toisait. Elle le vomissait, ce regard-là, celui de l'envahi frustré des nouvelles arrivées, de la comète qui l'avait arraché au confort de sa vie d'antan. A croire que tout avait été oublié; la rencontre des deux mondes au cœur des montagnes luxuriantes, les douces caresses au réveil et les étreintes qui appelaient au sommeil. Les images qui lui revenaient semblaient appartenir à un autre temps et à un autre monde, qui étaient nés de leur premier baiser sous cette cascade et s'étaient effondrés un mois après, dans la caverne aux lueurs bleues, après une unique retrouvaille. Peut-être même qu'ils n'avaient existé que pendant une semaine, en fait, que le poing que l'Athna avait serré sous son tee-shirt avant la séparation avait été le premier présage d'une ruine à venir, d'un hiver inévitable. Elle frissonna une seconde en repensant à ce contact d'autrefois et son regard se posa une seconde et malgré elle sur le visage d'Isdès. Est-ce qu'il pouvait lire dans ses prunelles mordorées tous les souvenirs du printemps ? Dans le doute, elle préféra à nouveau chercher les vagues qui roulaient sur les galets. Qu'il lise cette lettre; il était grand temps de mettre fin à cette rencontre accidentelle qui indisposait les deux parties.

Lorsqu'enfin il s'approcha de la pierre que Murphy avait élue pour protéger et porter le message, la brune s'éloigna. C'était un réflexe de survie étrange que de s'éloigner de quelqu'un de qui on avait pu être si proche, et ce n'était pas la peur qui guidait ses pas. C'était l'orgueil de la femme blessée. Elle n'avait plus rien à lui accorder, si ce n'était cette lettre qui l'avait piégée ici. Ses prunelles retrouvèrent à nouveau l'homme lorsqu'elle fût sûre de ne pas croiser les siennes. Il lisait vite, fronçait les sourcils. Il s'inquiétait et elle pouvait le sentir dans ses gestes et ses expressions, comme si elle le connaissait par cœur. Sa peau respirait encore le soleil de l'été et elle se surprit à l'envier, cet été-là -ou peut-être Isdès qui le portait toujours avec lui. Elle se sentait gelée, elle, et encore plus maintenant qu'il était là, comme s'il lui arrachait toute son énergie et le peu de chaleur qu'elle avait réussi à conserver jusque-là. C'était un pouvoir magnétique, ou une de ces forces que les règles de l'univers elles-mêmes ne pouvaient pas expliquer. Comment une seule personne pouvait vous voler tout ce qui fait de vous la personne que vous êtes et tout ce qui vous ancre dans votre réalité ? Il lui volait sa chaleur parce qu'il y avait eu le droit tant de fois que c'en était devenu irrévérencieux. Elle connaissait le chemin, maintenant. Murphy ne l'avait jamais vu les cheveux détachés, pensa-t-elle bêtement. Elle était aussi impertinente que lui, sa chevelure, à voler dans tous les sens en ignorant la peine qu'il aurait probablement à les démêler plus tard pour tenter de les tresser à nouveau. Perdue dans ses pensées, elle remarqua à peine qu'il avait fini de lettre la lettre et s'appuya sur une jambe, une main à la taille, pour le toiser. « Toujours ? » La douleur lui rappela qu'elle devait compter ses mots, et c'était un exercice bien difficile que d'avoir à le faire face à un tel adversaire. Impuissante face à tous les arguments qu'elle ne pouvait apporter à sa défense, elle leva les bras et les yeux au ciel et soupira avant de tousser, la trachée saisie par le froid de l'air. Au moins t'as ta putain de lettre, crevait-elle de lui dire. J'ai fait l'oiseau messager, tu pourrais me remercier. « Je transmettrai. » Ce fût la réponse la plus brève à laquelle elle parvint mais ce n'était pas l'envie qui lui manquait de le noyer sous toutes les autres remarques qui grouillaient le long de ses neurones. Egalité des traitements, pensait-elle. Ce qu'il lui reprochait, il le reprochait aussi à Thaïs. Peut-être que ça allait le forcer à se calmer, s'il était aussi humain avec la jeune fille qu'il était inhumain avec elle.

C'était le temps de la conclusion, alors. Ils n'avaient plus rien à se dire, et de toute façon, elle ne pouvait plus rien dire. S'ils n'étaient plus armés des mots, alors que leur restait-il ? Le reste avait été abandonné aux montagnes d'Isdès. Une part d'elle se félicitait d'avoir apposé dans la pierre une marque qu'il ne pourrait jamais oublier. Elle se remémorait parfois ce qu'il lui avait dit, ce besoin viscéral qu'il avait exprimé de ne plus jamais remettre les pieds là où elle avait été, et elle triomphait en pensant à l'empreinte qu'elle avait dû laisser là-bas, dans tous les lieux qu'ils avaient fréquentés. Elle voulait l'avoir marqué comme il l'avait marquée de cette encre indélébile qui s'échappait de chacun de ses pores, du regard vert dans lequel elle s'était tant noyée, du sourire rare qui avait le pouvoir d'illuminer tout un monde, de ses gestes conquérants qui avaient reflété tout ce qu'il avait pu penser d'elle. « Oui. » Elle planta son regard dans le sien, défiante. « Et quand je la remercie, je couche pas avec elle non plus. » Sa voix l'avait abandonnée plusieurs fois pendant la brève phrase et elle se demanda un instant s'il arriverait à lire sur ses lèvres ce que ses cordes vocales n'avaient pas réussi à exprimer, mais conclut bien rapidement que ça lui importait peu -ou que ça ne devait pas lui importer.

Elle grogna à peine distinctement quand il tenta de conclure l'échange. Donc elle avait subi sa présence pour rien, en plus ? « Maintenant. » Elle désigna la poche dans laquelle il avait glissé la lettre de Thaïs d'un mouvement du menton qui le dévoila à l'air glacé. Elle comptait revenir avec une réponse d'Isdès à donner à Thaïs. Par une de ses pirouettes qu'elle ne comprenait pas, il parviendrait certainement, en quelques mots, à lui arracher un de ces sourires qui réchauffaient le cœur. Qu'il lui prouve qu'il était humain, tiens, elle le mettait au défi. Elle se racla la gorge avec l'espoir de redonner à sa voix un regain de confiance et de combustible. « Je dois me réchauffer avant de repartir. Écris. » Elle le laissa planté là et fit demi-tour dans les galets qui la déséquilibraient. Elle déposa son sac à l'orée du bois pour aller y chercher quelques petites branches mortes qu'elle installa à côté de sa besace, encadrées de quelques galets choisis aléatoirement. Elle se laissa tomber genoux à terre, face à l'étendue d'eau, et ôta à la hâte ses gants pour sortir son petit nécessaire à feu. Elle frotta pyrite et silex, les doigts gelés par le contact des pierres et le vent dont les avaient à peu près protégés les gants jusque-là, tremblant de tout son être. L'air marin apportait l'humidité et le bois, même celui qu'elle était allée chercher une dizaine de mètres à l'intérieur de la forêt, était moite. Aucune braise ne semblait encore décidée à en prendre possession. Du coin de l’œil et malgré toute sa détermination à ne pas le faire, elle guettait la présence d'Isdès, s'assurait discrètement qu'il ne prenait pas la poudre d'escampette. Parce qu'en fait, si elle avait su que c'était jusqu'à Isdès qu'elle escortait cette petite note, elle le savait, Murphy... elle aurait fait le déplacement.

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Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Ven 12 Jan - 22:57

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Même si le destin semblait se jouer d’eux, Isdès ne pouvait nier d’être rassuré par la présence de Murphy. Il ne savait pas comment il aurait réagi si un inconnu s’était présenté pour lui délivrer ce désagréable message. Il prenait soin de fréquenter les Skaikru uniquement lorsque la situation l’exigeait, et toujours en compagnie des siens. Les tête-à-tête n’avaient jamais donné de bons résultats. L’Athna était trop méfiant, trop sanguin pour donner sa chance à un autre individu. Il fallait qu’il soit porté par l’âme des siens, jugulé par les règles que sa communauté lui imposait. Des chaînes oui, si encore il parvenait à mettre des mots sur quelque chose qu’il n’assumait pas. C’était le chien de garde fidèle dont on ne saurait se passer, mais dont on redoutait le comportement une fois laissé en liberté. Les lignes céruléennes qui l’accompagneraient jusqu’à la fin de sa vie témoignait de l’instabilité de la montagne et des fréquentes avalanches sous la force desquelles on pouvait périr. Alors peut-être qu’il redoutait désormais de rencontrer la jeune femme, mais au moins, il était certain de ne pas commettre un impair. Son attitude envers elle était tout à fait justifiée et il se terrait dans cette mauvaise foi pour mieux affronter cette nouvelle entrevue. Elle serait courte, il le savait. Elle sautait sur chaque remarque et renvoyait la balle avec ardeur, afin de lui faire comprendre qu’elle ne baisserait plus la garde face à lui. Elle était armée de sa rancœur et ça la rendait invulnérable. Même s’il en était responsable, Isdès appréciait presque de la voir aussi mordante. Elle ne se ferait plus avoir par personne maintenant, et c’était grâce à lui. L’orgueil le berçait de réconfort, tandis qu’il laissait sa curiosité parler. Depuis quand se connaissaient-elles ? Se voyaient-elles souvent ? Quels souvenirs avaient-elles en commun ? Tant d’interrogations qui le dévoraient et Murphy ne fut même pas capable de les satisfaire. Elle se contenta d’une réponse âpre, en écho à une des horreurs qui avaient franchi les lèvres du barbu, il y a de ça déjà quelques mois. Il n’avait pas besoin qu’elle lui rappelle son propre comportement. Qu’elle laisse tomber les puérilités et qu’elle lui réponde clairement. Qu’y avait-il entre elles ? « Je sais. » répondit-il, sur la défensive, alors qu’il ne savait rien du tout. Il n’avait évidemment jamais discuté de ces choses-là avec Thaïs. C’était comme l’étoile que rien n’atteignait, Thaïs était intouchable et rien n’était digne d’elle. Dès que Murphy lui lançait un regard de défiance, Isdès essayait de répliquer par un air indifférent. Mais c’était compliqué. Son visage était toujours de marbre, masque indispensable, mais elle pouvait commencer à lire d’elle-même. La roche se craquelait.

Quelle ne fut pas sa déconvenue quand elle lui aboya d’écrire sa réponse maintenant. « Quoi ? » Isdès resta interdit un instant, le temps qu’elle lui aboie à nouveau l’ordre. De quel droit l’obligeait-elle à écrire maintenant ? L’impertinente lui tourna le dos sans plus de cérémonie pour aller chercher de quoi allumer un feu. Elle s’agenouilla auprès de son camp de fortune et se mit en tête de faire apparaître les étincelles salvatrices. Espérait-elle vraiment réussir ? Instinctivement, l’homme finit par se rapprocher d’elle. « Tu es face à la mer. Le vent. Ça allumera jamais le feu. » Il pointa du doigt le bois qu’elle avait choisi. « Le bois est mouillé par l’air de la mer, même si tu sens pas. Mouillé à l’intérieur. La prochaine fois, prends du bois au milieu de la forêt ou prends-en avec toi. » Il sortit de sa besace du petit bois que les Athnas faisaient sécher au sein de leur village volcanique sitôt l’automne arrivé. Ça permettait de rester au chaud tout l’hiver et surtout d’éviter les mauvaises surprises lorsqu’on était en déplacement. Il le déposa au-dessus du tas que Murphy avait constitué, puis se posta face à elle, faisant écran à la brise marine le temps de nouvelles tentatives. « Comme ça, je peux écrire sans le froid. » Quand le feu fut allumé, il s’assit en tailleur, sans bouger de place. Le vent dans son dos faisait voler quelques mèches de cheveux et Isdès finit par coincer sa tignasse sous son manteau. À contrecœur, il sortit la lettre de Thaïs et la retourna pour écrire sa réponse. Puisque Murphy ne lui avait pas laissé le choix, il ne pourrait pas garder le mot de sa jeune amie et ça le frustrait plus que tout. « Tu as un crayon ? » demanda-t-il, réalisant soudain qu’il n’était évidemment pas venu équipé. Après qu’elle lui eut tendu de quoi écrire, Isdès griffonna quelques mots. Des mots rapides, sans saveur. Si l’homme n’accordait pas un regard à la jeune femme en face de lui, il savait que c’était sa présence qui le faisait agir ainsi. Même quand elle ne parlait pas, elle se frayait un chemin dans son être, titillant les mauvais côtés et éveillant les instincts enfouis. Elle le déstabilisait, il avait l’impression d’être démasqué par ses prunelles noisette. On se verra plus tard. Fais attention, strik skaifaya. Le crayon suspendu à quelques millimètres du papier, Isdès ne sut pas quoi ajouter. Le crépitement du feu l’accaparait, tous les détails qui lui permettaient de s’isoler occupaient toute son attention. Mais c’était peine perdue. Deux minutes plus tard, l’Athna tendait à l’Odysséenne le papier plié, d’un geste frustré. « Tiens. » Pouvait-il enfin disposer ?

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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36164 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1302


Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Dim 14 Jan - 22:59

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❝ Escaping shores of lunacy ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr
(16 novembre 2117)


Thaïs, elle méritait bien ce sacrifice. Elle méritait tous les sacrifices du monde, de subir ce froid mordant, les embruns salés, acérés et glacés, refoulés par une mer qui rencontrait la terre sans s'en émouvoir. Elle méritait le mutisme imposé par des cordes vocales en repos - ou bien mourantes, peut-être. Elle méritait même celui de subir les expressions dédaigneuses d'un homme auquel elle aurait pu tout donner dans un moment de faiblesse, il n'y avait encore pas si longtemps. Il y avait tant de choses qu'elle avait envie de lui cracher au visage, toute la rancoeur qu'elle avait de lui et de ses accusations, tous les remords qu'elle avait d'avoir dévoilé malgré elle une relation qui n'avait jamais existé à une femme qui n'avait jamais eu besoin de la connaître. Il était devenu le secret ultime, celui qu'elle voulait cacher de sa propre conscience mais qui s'y accrochait avec une ténacité qu'elle n'avait jamais connu à personne auparavant. Si la hasard s'était évertué sans relâche à faire croiser leurs chemins pendant de si longs mois, Murphy avait espéré que cette rupture était maintenant souhaitée avec tellement d'animosité des deux côtés que même la vie n'y pouvait plus rien, qu'elle n'avait plus d'autre choix que d'abdiquer face à cette obstination commune. Mais non, elle aussi, elle se foutait de leur gueule. Il aurait suffi de quelques minutes seulement pour que leurs routes ne se croisent pas. Il aurait suffi qu'elle passe un peu de moins de temps à installer la petite lettre dont le destinataire, d'ailleurs, ne méritait pas telle attention. Il aurait suffi qu'elle parte un peu plus tôt du campement des jeunes, qu'elle s'attarde un peu moins au chevet de Thaïs, qu'elle cajole un peu moins longtemps Antarès. Il aurait suffi qu'elle marche un peu plus vite jusqu'à cette plage de galets glaciale, qu'elle s'accorde moins de pauses, qu'elle connaisse un peu mieux son chemin, doute un peu moins de celui qu'elle empruntait.

Mais non, il se dressait face à elle dans toute sa fierté de myrtille périmée. Comme il était pourtant si rare que ça soit le cas, ses pensées dépassaient de loin ses paroles, qui mourraient dans sa gorge avant d'avoir eu l'occasion de franchir la barrière de ses lèvres sèches. Il n'y avait sans doute pas pire occasion d'être muette que celle-là, face à un Isdès auquel elle crevait de dire ses quatre vérités. L'indifférence, c'était un jeu trop difficile pour elle, et le simple regard qu'il posait sur elle lui donnait envie de l'envoyer chier à l'autre bout de la galaxie, cette indifférence. Il savait ? Il savait quoi ? Il ne savait rien du tout. Il n'avait jamais rien su du tout, lui qui croyait tout savoir du monde, lui qui croyait tout savoir d'elle juste parce qu'elle ne savait rien de lui. C'est ce que son regard noir transmit malgré elle alors que l'atrocité qui la hantait depuis des mois lui revenait en plein visage, rafraîchie par la simple présence de l'homme. Il ne regrettait pas et ne regretterait probablement jamais, parce qu'il était aussi borné qu'elle; mais il ne comprenait pas non plus ce qu'elle avait essayé de souffler entre les mots, presque timidement, presque comme si elle dévoilait avec la vérité une part de cette faiblesse qui la faisait chavirer depuis trop longtemps, et plus encore depuis qu'elle avait saisi son existence. Qu'il reste réfractaire et têtu; ça leur épargnerait encore bien des troubles, et ce n'était pas plus mal.

L'ordre était aussi sec que l'atmosphère était poisseuse. Thaïs méritait tous les sacrifices, mais Murphy, elle, après avoir enduré cette rencontre, méritait de ne pas rentrer les mains vides. Elle méritait de voir le regard de la brunette s'illuminer de joie malgré la fièvre. Elle ne comprendrait plus pourquoi ces lueurs d'exaltation lorsque l'on parlait de sa myrtille écrasée, mais elle s'en abreuverait comme si c'était tout ce qui pouvait la soigner, elle aussi, et lui redonner un peu de la vigueur qui s'étouffait sous le poids du virus, du froid et de la réunion malheureuse.

L'injonction laissa la montagne muette à son tour et c'est satisfaite que Murphy lui tourna le dos. Elle se satisfaisait de la moindre victoire. Elle allait profiter de ces prochaines minutes pour allumer un feu, même tout petit, même quelques instants, juste pour décongeler ses extrémités. Juste pour se réchauffer, hein ? Mais déjà, son petit tas de bois installé face à elle, elle comprenait qu'elle était en passe de donner raison une nouvelle fois à toute la pitié que l'Athna éprouvait à son égard. Plus elle frottait les minéraux entre eux, plus elle pestait. Quelques grognements la firent grimacer de douleur, faisant écho à toutes les grossièretés qu'elle pensait sans avoir le moyen de les exprimer. Aucune étincelle ne semblait décidée à poindre malgré tout l'acharnement qui rendait violents ses gestes. Mais malgré toute la concentration qui était la sienne, elle ne pouvait empêcher ses prunelles dorées de vagabonder, le temps d'un éclair ou deux, vers la silhouette haute qui se détachait encore au loin, près du rivage. Elle avait utilisé Thaïs pour le retenir; il ne pouvait pas partir tant qu'il ne lui avait pas donné de note à lui transmettre en retour. Secrètement, elle se satisfaisait de sa présence, craignait de le voir disparaître de son champ de vision. Et plus secrètement encore, elle sentit ses tripes se nouer lorsqu'il la rejoignit à l'orée du bois. Ses mains tremblaient à la fois sous le froid, l'effort, l'agacement d'un feu qui ne prenait pas mais aussi et surtout l'effarement causé par ce simple fait. Elle avait envie de vouloir qu'il parte, qu'il la laisse tranquille, mais même maintenant, même ici, il restait une ancre, un phare, un repère, un besoin.

Elle se figea soudainement dans ses gestes, horripilée par les conseils paternalistes, et leva un regard d'encre vers lui. Elle avait fait ce qu'elle avait pu, avait-elle envie de lui hurler. Je peux pas bouger la mer, je peux pas sécher le bois. Elle essayait juste de se faire un peu de bien, et elle n'avait pas besoin de lui. Elle grogna et leva finalement les yeux au ciel comme seule réponse, s'acharnant avec plus d'énergie et de véhémence encore sur les deux minéraux gelés. La main arriva lentement au-dessus de son tas de bois, y déposant du végétal sec, bien plus sec que ce qu'elle avait pu trouver quelques instants plus tôt. Elle s'arrêta un instant et c'est cette fois un regard reconnaissant, presque redevable, qui se leva vers la haute silhouette. Elle se demanda un instant pourquoi il lui accordait son aide, alors qu'il lui souhaitait probablement la plus atroce des morts. Comme s'il lisait dans ses pensées, il lui donna une réponse brève et logique. Un électrochoc. Oui, bien sûr, c'était pour Thaïs, pour lui écrire correctement, former de belles lettres. Le froid reprenait doucement possession de ses doigts bleuis et elle reprit la manipulation, s'approchant du petit bois sec, bien déterminée le faire flamber.

La première étincelle lui arracha un « ahhhh » faible et rauque de satisfaction et elle souffla dessus sans attendre une seconde de plus. Quelques instants plus tard, un petit feu prenait naissance sous leurs yeux, crépitait doucement, faisait voler quelques volutes de fumée sombre dans les airs. Du coin de l’œil, les mains dressées face aux petites flammes pour se réchauffer, elle regardait Isdès s'installer. Sa carrure se détachait sur le ciel d'une blancheur à faire retrouver la vue à un aveugle. Ses cheveux volaient encore autour de son visage, furent finalement privés de leur liberté. Un crayon ? Elle attrapa son sac et fouilla hâtivement mais pendant de longs instants pour enfin dégainer une vieille pointe de graphite, de celles qui dégueulassaient les doigts. Elle s'excusa d'un regard de n'avoir que ce matériel à lui offrir et, pendant qu'il écrivait, laissa ses prunelles claires voler quelques images de lui par-dessus les flammes grandissantes. Ses mains se réchauffaient doucement et elle pouvait sentir la douceur du feu gagner le reste de son être.

Perdu dans les flammes qui s'étiolaient dans l'air froid, son regard accrocha finalement la main qu'il tendait. Interrogatrice, elle se raidit. « Sûr ? Tu as tout dit ? » Un frisson la parcourut toute entière et elle se racla la gorge, n'osant pas encore toucher au morceau de papier, comme si elle savait qu'elle n'aurait alors plus rien pour le retenir, plus aucune justification à se donner non plus. « Thaïs... très triste de pas te voir. » Les éclats du feu se reflétaient sur sa peau matte et faisaient flamboyer le regard d'Isdès. Elle le soutint quelques instants, manqua de s'y perdre et baissa finalement le sien vers ses mains qui retrouvaient quelques couleurs. Non, elle ne comprenait toujours pourquoi Thaïs pouvait être triste de manquer un rendez-vous avec la grande Myrtille.

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Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Dim 11 Fév - 22:06

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Murphy n’avait pas pipé mot pendant la rédaction de son mot, mais elle n’avait pas manqué d’observer ses moindres faits et gestes. Même quand il ne le méritait pas, elle lui accordait son attention. N’en avait-elle pas eu assez ? N’avait-elle pas eu assez de cette animosité entre eux ? N’avait-elle pas assez souffert de ses réflexions désobligeantes ? Ne l’avait-elle pas assez rendu fou de ses actes litigieux ? Les deux jeunes gens semblaient être voués à se faire mutuellement du mal, comme si l’un existait pour mettre à mal l’autre. Isdès avait détesté voir les larmes perler au bord de ses yeux, la déception dans ses mots, le ressentiment qui la hérissait sitôt qu’il était dans les parages. Tout ce dont il était responsable, tout ce qu’il avait fait sciemment lui avait tellement coûté. Il ne comprenait pas comment elle faisait pour réussir à poser les yeux sur lui. S’il était en mesure de le faire, lui-même ne pourrait pas se regarder dans la glace. Il ne supportait pas d’être épié de la sorte. Il était partagé entre le regret – sentiment tout nouveau pour lui – et la certitude qu’il avait fait le bon choix. Ils n’avaient pas pu continuer de la sorte. Ils devaient se séparer, c’était inévitable. Pendant la rédaction de sa réponse, l’Athna avait veillé à ne pas lever la tête une seule fois. Ce message-là, c’était pour Thaïs. C’était pour sa petite étoile malade qui n’avait pas pu faire le déplacement. Dans ces quelques mots futiles, il la rassurait quant à son absence. Ils auraient tout le temps de se voir plus tard. Quand le soleil brillerait, quand les températures se réchaufferaient, l’étoile retrouverait sa montagne. Il ne s’inquiétait pas de son état : même s’il n’accordait aucune confiance en ceux avec qui Thaïs vivait, il faisait néanmoins confiance en son jugement. Elle avait de la jugeote la gamine, elle savait ce qui était bon pour elle. Puis au vu de la santé de Murphy, le virus était passager et tout le monde serait rapidement sur pieds. Non, il ne laissait pas transparaître sa frustration de ne pas voir le minois joli, le sourire mutin. Il ne lui montrait pas qu’il aurait voulu l’entendre parler jusqu’à pas d’heure, remettre en question son autorité pour mieux se faire protéger des grands bras par la suite. Tout ça faisait partie du secret de leur complicité et il n’y avait pas besoin de le coucher sur papier pour qu’elle le comprenne. De plus, il n’était pas certain que le message ne soit pas lu avant qu’il soit remis à sa destinataire. Mille précautions valaient mieux qu’une.

En revanche, Murphy préféra s’assurer qu’il n’avait rien oublié. La main demeura tendue, entre deux corps qui n’osaient plus s’approcher. Non, il n’avait pas tout dit, mais pour Thaïs, il n’avait rien à ajouter. C’était à la femme en face de lui que les autres choses auraient dû être dites. Finalement, Isdès se ravisa et redéplia le papier sur ses genoux. Il fallait peut-être convenir d’un nouveau point de rencontre, histoire de donner une date de retrouvailles. Alors qu’il réfléchissait, la Skaikru usa de ses cordes vocales fatiguées pour lui dire combien Thaïs avait été déçue de ne pas pouvoir venir. L’ombre imperceptible d’un sourire apparut très brièvement sur son visage, tandis qu’Isdès essayait de rester neutre. « Je sais. » Il leva les yeux pour rencontrer les iris noisette dans lesquels se reflétaient les flammes du feu de camp. Ils étaient toujours aussi expressifs, malgré l’atmosphère glaciale qui ponctuait leurs échanges. Ils donnaient toujours aussi envie de s’y noyer, jusqu’à perdre pied, tout autant qu’ils rappelaient qu’il était l’auteur de ce malaise entre eux. Il n’avait fait que mettre des mots sur un destin inévitable. Il n’avait rien à se reprocher, se répétait-il inlassablement. Pourtant, il choisit de reconcentrer son attention sur le papier. « Elle sait que moi aussi. On se verra très vite. » dit-il, distrait, tout en griffonnant à nouveau. Rendez-vous en février. Sur tes montagnes à toi. Le feu t’attendra. Thaïs comprendrait. Il n’avait qu’une hâte, c’était de revoir sa frimousse et d’oublier cet épisode malencontreux.

Isdès finit par lui rendre le papier pour de bon. Il savait qu’à travers sa remarque, Murphy essayait de comprendre ce qui les liait. Mais elle devait savoir qu’elle n’y parviendrait pas. C’était indescriptible tellement c’était naturel. Il n’avait pas envie de lui confier sa relation avec l’adolescente. Pourtant, il partageait cette même curiosité à l’égard des deux jeunes femmes. « Tu la connais depuis longtemps ? » Se connaissaient-elles depuis leur vie dans le ciel ? Pourquoi l’avait-elle choisie elle pour aller confier son message ? Qu’est-ce qui le justifiait ? Il avait cru entendre que les jeunes Skaikru ne s’entendaient pas vraiment avec leurs aînés. Puis il se souvint alors des dernières confidences de Thaïs alors qu’il l’avait ramenée près de son campement, au début de l’année. Était-ce la seule et même personne ?

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Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Lun 12 Fév - 15:35

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(16 novembre 2117)


La vérité, c'est que Murphy pestait intérieurement de s'être proposée pour porter ce message à celui qui n'était censé être rien de plus qu'un ami de Thaïs. La vérité, c'est qu'elle aurait préféré rester sous les couvertures, avec Thaïs et Antarès non loin de là, à rigoler un peu et à dormir beaucoup. La vérité, c'est qu'elle aurait probablement tout donné pour ne pas revoir Isdès, pour pouvoir le laisser derrière elle comme ils en avaient convenu ensemble quelques mois plus tôt, à coups de cris et d'insultes. Mais la vérité n'était pas lisse. Elle comportait deux facettes. La vérité, c'était aussi qu'elle retardait le moment de la séparation, maintenant. La vérité, c'est qu'elle se nourrissait de la présence volée de l'homme, qu'elle y trouvait un réconfort dont elle aurait souhaité de tout son être n'avoir jamais besoin. La vérité, c'est qu'elle espérait l'inespérable, l'impossible, le mirage ultime. Elle espérait des excuses, des remords, elle espérait un pas de son adversaire vers elle, elle espérait qu'il puisse se rendre compte de la stupidité de ses reproches et s'excuser de ses mots autant qu'elle le méritait. Elle souhaitait qu'il trouve un moyen de lui faire oublier ce qu'il lui avait dit, elle souhaitait qu'il trouve un moyen d'oublier, lui, toutes les horreurs qu'il pensait d'elle.

L'espoir était tenace mais il était vain. Elle espérait mais elle n'était pas stupide ou naïve. Elle avait déjà suffisamment côtoyé Isdès pour savoir de quelle essence il était fait. La violence de ses mots n'avait d'égal que son entêtement et Murphy, elle, ne verrait jamais l'ombre d'une excuse ou d'un remord. Ils étaient faits du même bois, elle le savait, et c'était ce qui rendait leurs rencontres aussi violentes, aussi sujettes à l'enflammement. C'était ce qui le rendait à la fois si compatibles et incompatibles, et c'était ce qui les avait fait courir à leur perte. Thaïs venait de devenir, sous leurs yeux ébahis, un lien qui les connecterait à jamais, et Murphy ne pouvait s'empêcher de ressentir à la fois une haine immense envers le hasard des rencontres et un nouvel espoir. Elle détestait Isdès comme elle n'avait jamais détesté aucun ennemi avant, parce qu'elle lui avait tout donné d'elle et qu'il s'en était servi comme l'une des armes les plus aiguisées qui puissent l'atteindre. Il avait touché sa cible mais les ressentiments l'avaient fait se relever. Par-dessus les flammes crépitantes, silencieuse, elle l'avait observé alors qu'il écrivait ses quelques mots à Thaïs. Ces mots la dépassaient sûrement; elle n'arrivait pas à comprendre ce que la jeune fille pouvait trouver à une brute pareille. Une pointe de jalousie s'était mêlée à la partie, lui soufflant à l'oreille que le problème, comme toujours, c'était elle. Comme avec Devos et Chris, comme avec Tennessee, comme avec Richard, elle était l'unique dénominateur commun, l'unique rouage qui expliquait que tout s'émiettait, que même ses plus belles relations s'effritaient sous son regard paniqué. Thaïs avait de la chance d'avoir mis à jour un Isdès capable de tant s'inquiéter de ne pas la voir, de tant s'appliquer à lui écrire. Les flammes chaudes dessinaient sur son visage des motifs changeants, fantasques, éphémères. Ils caressaient sa peau avec une aisance qu'elle leur enviait. Avec un bout de bois, elle avivait le feu face à elle mais son regard ne se perdait jamais très loin de l'homme duquel il la séparait.

La main tendue était signe d'une séparation imminente. Dans un soubresaut d'espoir, comme si elle s'était persuadée qu'elle pouvait voler quelques minutes supplémentaire de cette illusion aussi inconfortable qu'hors du temps, elle vérifia qu'il n'avait rien oublié dans ses notes. L'indifférence de l'instant était glaçante mais son sang se berçait toujours de la même chaleur qu'à chaque fois qu'elle croisait le chemin de l'Athna. Croiser son regard, aussi bref fut l'instant, titilla à la fois toute la haine qu'elle éprouvait à son égard et la peine de n'y lire que cette éternelle impassibilité. Cette dernière était seule témoin du rien qui persistait entre eux après tout, après tout le reste. Ne plus exister au regard de l'homme lui incitait une douleur proche du deuil et une aigreur qui aurait pu la faire hurler à tout moment si elle n'avait pas été aussi abattue et résignée dans la défaite.

Elle enviait la relation qu'il avait avec Thaïs. Elle avait parlé de lui avec une tendresse et un entrain qui ne lui avaient permis à un aucun moment de deviner l'identité de cet ami caché. Elle connaissait un autre Isdès qu'elle, mais à ce moment précis, Murphy réalisait qu'elle enviait le simple fait qu'ils avaient encore une relation, eux deux. Il parlait d'elle avec une bienveillance et une affection desquelles elle ne l'aurait jamais cru capable. « J'espère. Je ferai plus le pigeon voyageur » lâcha-t-elle de sa voix d'un rauque à en faire pâlir les capacités abrasives d'un morceau de papier de verre. Elle ne ferait plus le pigeon voyageur puisque le destinataire était Isdès. Il semblait de plus en plus difficile de séparer leurs existences mais elle s'évertuerait à courir dans cette direction tant qu'elle respirerait. Elle ne voulait plus croiser son regard, subir son indifférence, se remémorer ce qui avait été si beau et s'était transformé en un cauchemar. La vie semblait décidée à faire de leurs erreurs passées de réguliers rappels ancrés dans le présent. Elle n'en voulait pas, de ces rappels. Que Thaïs continue de le voir, lui qui lui accordait une toute autre facette. Qu'elle entretienne cette tendresse dont il semblait finalement capable. Ça ne faisait pas de lui un humain. Il était une montagne bouffée par la corrosion et la haine d'autrui -ou juste d'elle, probablement.

La lettre réapparut au-dessus du petit feu et, cette fois sans une question, Murphy la saisit. La chaleur de la flambée lui piqua les doigts quelques instants et elle glissa le morceau de papier dans la poche de son manteau, bien déterminée à ce qu'il ne s'abîme pas plus qu'il ne l'était déjà. Elle redoutait déjà les quelques questions de Thaïs qui suivraient la réception de la lettre mais elle avait tout le chemin de retour pour choisir ce qu'elle accepterait de divulguer à la jeune fille. Elle avait croisé son ami, voilà tout; c'était tout ce qu'elle aurait besoin de savoir. Son regard chaud se releva vers l'homme lorsqu'il chercha à nourrir sa curiosité. Se demandait-il, lui aussi, quel lien existait entre elle et Thaïs ? Il devait s'inquiéter pour la jeune Cent. Qu'est-ce que quelqu'un d'aussi mauvais que Murphy pouvait bien avoir à faire avec elle, n'est-ce pas ? « Tout est relatif » se contenta-t-elle de répondre en disant à la fois tout et rien. Elle réalisa subitement qu'elle connaissait Isdès depuis plus longtemps qu'elle connaissait Thaïs et cette seule constatation suffit à lui donner le vertige. « Réchauffée. » Le regard rivé sur le feu qui les séparait, elle se glissa dans la terre pour en pousser vers les flammes. Le sol était froid et humide, désagréable au toucher. « T'inquiète pas, je lirai pas. » Sa voix était blessée mais cherchait la neutralité indifférente. Réchauffée, l'Odysséenne ne l'était pas vraiment; lassée de ce que lui faisait subir la présence d'Isdès, elle l'était. Il était temps de se séparer, cette fois. Pour de bon, pour de vrai, pour toujours.

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06/05/2016 Dandan/Sonia Aucun. 292 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. Athna, à la vie, à la mort. 70


Sujet: Re: Escaping shores of lunacy (Isphy)
Mar 27 Mar - 22:01

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Le mot suffirait à faire patienter Thaïs jusqu’à leur prochaine rencontre. Il l’espérait. Isdès concentrait toutes ses pensées sur sa jeune amie, parce qu’il était bien plus facile de se raccrocher à l’abstrait quand la réalité était trop difficile. La froideur de l’échange n’arrangeait rien, confortait les deux interlocuteurs dans l’idée qu’il n’y avait plus rien à tirer de tout ça. Murphy s’entêtait à lui rappeler qu’elle ne réitèrerait plus le service, qu’elle était là contre son gré. Si elle avait su que c’était lui qu’elle allait rencontrer, serait-elle seulement venue ? C’était ce genre de questions auxquelles Isdès ne voulait pas répondre et pourtant, elles n’avaient cesse de lui revenir en tête. Ce malaise était inhérent à la présence de la jeune femme, il avait toujours été là et ne le quittait jamais avant qu’elle lui tourne le dos. Parfois, ça subsistait même en son absence. C’est ainsi qu’il en était venu à abhorrer ostensiblement l’influence qu’elle avait sur lui. Elle le prenait peut-être pour elle, mais à partir du moment où elle avait affecté son esprit et son attitude, il avait fait une croix sur une possible relation amicale – ou autre. L’union des corps avait brièvement donné l’illusion d’une éclaircie, mais celle-ci s’était assombrie sitôt le premier désaccord venu. Isdès préférait se concentrer sur les personnes sûres, plutôt que sur les causes perdues. Elle lui en voulait peut-être pour cette décision, mais c’était ainsi. L’idée avait fait son chemin depuis leurs explications ratées du début de l’automne, c’est pourquoi il se montrait désormais plus apaisé. Murphy lisait peut-être de la méfiance, mais ce n’était que de la distance. Elle s’imaginait de la haine, alors qu’il n’y avait plus de la résignation. Il se plaisait à se dire qu’il avait tourné la page. La page d’un chapitre dont seules les premières lignes avaient été écrites d’une encre brûlante.

En lui rendant le message, Isdès céda à la tention de lui demander ce qui la liait à Murphy. Il n’avait pas de mal à imaginer Thaïs entourée d’une dizaine d’amis, même si elle n’en avait jamais évoqué plus de deux ou trois. Elle était beaucoup trop pure pour être détestée de qui que ce soit, de toute manière. Mais sa réponse laissa plutôt croire qu’elles n’étaient que des connaissances qui s’appréciaient. Isdès hocha la tête en silence, dissimulant la légère déception qui s’était manifestée. La discussion coupa court tandis que déjà les flammes étaient éteintes. D’un coup, la lueur orangée qui reflétait le visage de porcelaine de la céleste disparut et l’atmosphère grisâtre du bord de mer porta le coup fatal à l’échange incertain. La montagne obtempéra et se releva aussitôt, époussetant son pantalon d’un geste sec. Qu’il en soit ainsi. Il cala la bandoulière de son sac à dos contre son épaule. « Je sais. Je dis rien d’autre qu’elle me manque. » Pensée exagérée, légère pique parfaitement volontaire pour mettre un peu plus à mal l’égo qui avait blessé le sien. Il jeta un œil en direction de la falaise et jaugea en fonction de la position du soleil, le temps qu’il mettrait à rejoindre le camp des Pikunis. Il ferait certainement un arrêt là-bas, avant de repartir pour son volcan. Il tourna la tête vers Murphy, seulement pour la saluer. « Bon hiver. » Voilà sa façon de dire au revoir, ou adieu peut-être, il n’en avait jamais eu l’occasion auparavant. Pourquoi s’entêter à rester ici ? Il hocha la tête, comme pour conclure un accord tacite, puis il la dépassa pour redescendre jusque dans la forêt. Le message était passé.

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Escaping shores of lunacy (Isphy)

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