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˜˜˜˜˜˜“ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
maybe life should be about more than just surviving

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO ALDARIM & IRINA DRAGHSTEEL ; 1024 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 179
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Sujet: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Sam 11 Nov - 21:25



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you matter to me,
more than you think..
11 NOVEMBRE 2117


Il s’était produit quelque chose d'inattendu. Quelque chose de surprenant et de doux à la fois. Sa rencontre avec Azzurra avec diriger les ambitions de Devos vers de toutes nouvelles perspectives. Conscient qu’il ne pouvait pas tout faire en même temps et avec une rapidité qui n’était pas humaine, il avait trouvé un instant pour respirer. Un instant face à ce sentiment que tout était en train de s’effondrer autour de lui. Car c’était ça, la sensation qui le dérangeait depuis quelques temps. Lui qui semblait toujours avoir le contrôle sur tout, n’avait plus les ficelles entre les mains. C’était la réunion du Bunker qui avait tout changé. Comme une carte qui fait écrouler un château. En voyant les failles de la rébellion, il a vu celles de ses autres projets. Ses plans pour amener l’électricité - qu’il menait à bien avec d’autres. Ses plans pour préserver leurs archives, ramener de la vie à des serveurs morts, récupérer des datas qui se retrouvaient à nager dans le vide. Et puis il y avait lui, tout simplement, lui qui ne réfléchissait pas assez à sa propre personne, qui s’éternisait dans le noir des ruines du metros. Il savait désormais qu’il y avait une chose à faire avant de tout poursuivre. Une action à accomplir pour retrouver une organisation cohérente et efficace. Réparer son erreur et ramener l’un des piliers de la rébellion. Il devait prendre ses responsabilités et arranger la situation plutôt que de croire que le temps et les autres allaient faire le travail à sa place. Inutile de se voiler la face et ce n’était pas le genre de Devos. Il s’était pourtant laisser couler sous ses différentes missions, acceptant les remarques des autres, réparant les problèmes des autres sans prendre en compte ses pauvres misères. L’informaticien n’a jamais été du genre à prendre du recul sur les choses passés. Il était comme ses ordinateurs, avançant dans l’inconnu sans prendre en compte certaines erreurs. Il ne pouvait peut-être pas modifier ce qui s’était déjà produit, mais il pouvait améliorer ce qui allait arriver.

Il était d’ailleurs effrayé. Effrayer d’aller à la rencontre de Murphy et de devoir “parler”. Il comprenait l’importance de la confronter, de lui expliquer ses actions et d’essayer de réparer cette confiance qu’il avait ébranlé, mais cela voulait dire qu’il devait faire preuve de prudence dans ses mots. De réflexion dans ses actions. Il aurait été plus sociale et plus proche des hommes que des machines, peut-être qu’il n’aurait pas eut cette peur. Peut-être qu’il n’aurait pas hésiter à aller vers elle. Ces derniers-moi, c’était simplement complexe de l’approcher sans sentir un regard précis poser sur lui. Devos avait enchaîné les excuses pour éviter ce regard. Cette fois, il allait faire l’inverse. Il allait à son encontre et il n’allait pas s’enfuir. Ce n’était pas son genre et il n’avait pas peur de Murphy en elle-même. C’était la façon dont les choses allaient se produire, les circonstances de cette rencontre qui le terrifiait. Là encore, il n’avait pas le moindre contrôle.

Tasse chaude en main, il est assis à l’une des tables improvisés de la cuisine. A cette heure de la nuit, la plupart des survivants sont déjà couché. Il n’y a que deux autres personnes dans les lieux, dans un coin - le père de Devos et un ami. L’informaticien se demande bien ce que son père fait encore debout si tard, mais travailler dans le noir et ne pas dormir, c’était un peu un trait de famille. Derrière les fourneaux, il y a une fille dont Devos ignore le nom. Elle n’allait sans doute pas tarder à partir à son tour, mais semblait bien trop occupé par la tâche de nettoyer des ustensiles et autres récipients. Une partie de lui ne peut que penser à sa mère, qui gérait les rations de survies là-haut. Ce n’était plus tout à fait pareil désormais. Devos ignora son père et son ami et souffla sur sa tasse. Il avait demandé de l’aide pour faire une tisane  avec la plante dont Azzurra lui avait parlé - et étrangement on avait été assez sympa pour l’aider. Son image de difficile s’était évaporé face à sa curiosité. Désormais, il attendait simplement que la température de sa boisson soit plus correcte tant c’était encore très chaud. Avec le froid de l’hiver qui ne cessait de s’approcher, la chaleur de lui faisait pas de mal. Il était sur le point de boire une gorgée quand un mouvement lui indiqua que certains militaires arrivaient. Sans doute un changement dans la patrouille car parmi les visages, il reconnu Murphy. L’endroit était éclairez assez maladroitement par une cheminée et une espèce de tonneau à l’opposé. Devos était juste à côté de la cheminée, qui n’était plus tout à fait à son maximum. Il se pencha pour y lancer quelques branches et ajuster un peu le tas.

Un nouveau coup d’oeil lui permi de remarquer Murphy, assise un peu plus loin. Qui que soit les autres militaires, ils sortirent du lieux la laissant seule. L’informaticien hésita un instant puis attrapa son verre et s’installa en face de la jeune femme. Au même moment, le père du garçon éclate de rire avec son ami. Devos l’observe, plutôt curieux, puis son regard se pose sur Murphy.

Est-ce qu’on peut parler ? Sa voix est étrangement tendre. C’est peut-être l’ambiance. Le côté serein de la cheminée mélangeait à la bonne humeur de son père qui n’avait sans doute pas ris ainsi depuis la mort de sa mère. Il y avait donc quelque chose de doux et de rassurant, quelque chose qui donnait un peu de force à Devos. De la force pour regarder Murphy dans les yeux, pour soutenir son regard et pour lui exprimer qu’il n’allait pas partir cette fois. Qu’il allait lui parler, lui expliquer, la ramener là où était sa place.




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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33505 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1053


Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Dim 12 Nov - 1:06

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❝ You matter to me, more than you think ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(11 novembre 2117)


« Ouais, bah peu importe la manière dont tu le dis, t'as eu peur d'un lapin » raillait Murphy en attrapant la porte qu'avait ouverte un de ses collègues. Un autre s'esclaffa derrière et sous les contre-arguments bancals de l'accusé. Les cuisines, à une heure aussi tardive, avaient pour habitude d'être calmes, souvent désertes. Elles semblaient tacitement appartenir aux militaires qui quittaient leur garde pour doucement rejoindre leur lit, abandonnant ceux qui avaient pris leur tour au froid glacial d'un hiver qui s'était installé progressivement mais sûrement sur le village qu'ils occupaient depuis quelques mois. L'arrivée dans la cuisine était tonitruante et déjà les esprits et les extrémités se réchauffaient. Qu'il faisait bon retrouver la chaleur de quelque foyer flambant ici ou là. Murphy ôta son bonnet d'un geste preste et suivit ses cinq collègues pour aller se servir. Les repas, à une heure aussi tardive, étaient souvent tiédasses car on ne savait trop à quelle moment les attendre, et parce que rares étaient les âmes cuisinières prêtes à attendre patiemment des heures durant l'arrivée de quelques gardes affamés. Il restait souvent un cuisinier, deux tout au plus, de corvée des dernières tâches ingrates de la journée. On ne croisait pas vraiment; ils s'afféraient à l'arrière des cuisines, là où casseroles et vaisselle commençaient et finissaient leur service chaque jour. « Il reste de la viande » s'exclama de surprise un des militaires affamés qui jeta un regard féroce à ses collègues comme s'il était prêt à en découdre. Murphy soupira. « Si tu laissais pas les lapins t'impressionner si facilement, t'en aurais peut-être plus souvent dans ton assiette » fit-elle remarquer innocemment alors que son regard se perdait sur les silhouettes qui se détachaient ça et là dans le réfectoire sur fond chaud des flammes fatiguées par la nuit. Son ventre se noua en reconnaissant les traits de l'un des trois hommes présents, installé seul à sa table. Leurs regards se fuyaient depuis trop longtemps, mais c'était le status quo le plus raisonnable qui semblait fonctionner pour Murphy. Cette nuit ne dérogerait pas à la règle : il resterait probablement cloué à sa table et elle à la sienne, et c'était un équilibre qui avait fait ses preuves pendant ces longs derniers mois.

Avec ses collègues, elle s'installa à une table proche du bidon dont les flammes commençaient peu à peu à se fatiguer. Les militaires parlaient fort, beaucoup trop fort pour une Murphy qui ne rêvait qu'à retrouver Antarès et ses chaudes couvertures. Elle engloutit son assiettée presque aussi vide que les autres, mais après quelques salutations de rigueur, leurs rires bruyants quittèrent les locaux et raisonnèrent de façon de plus en plus lointaine. Ils allaient sûrement s'attirer les foudres des assoupis du dortoir mais c'était leur affaire. Murphy avait encore un peu de légumes à manger et beaucoup de chaleur à emmagasiner. Les nuits cruelles avaient pris le dessus sur la douceur estivale et les journées ne représentaient plus vraiment des accalmies non plus. Il faisait froid tout le temps. Sa main jouait nerveusement avec le bonnet qu'elle avait posé sur la table alors que ses pensées s'évadaient loin d'ici, bien trop loin d'ici. Le feu de l'autre côté de la table avait quelque chose de bien trop apaisant et il lui ôtait toute envie de traverser la place glacée à nouveau pour enfin retrouver la chaleur de son lit. C'était une épreuve qui lui semblait insurmontable, à présent. Et puis les flammes qui dansaient dans son regard étaient hypnotisantes, et puis elle sentait ses articulations se dénouer, sa peau retrouver quelques sensations agréables. Elle s'accouda finalement et écrasa son visage sur son poing ouvert, l'autre main endormie sur le bonnet de laine. Les légumes étaient déjà presque froid, et elle étouffa un frisson qui descendit le long de son échine de la plus désagréable des façons.

L'arrivée de Devos la sortit à peine de sa somnolence. Les gestes étaient trop doux pour ça, et sa voix beaucoup trop posée. Son regard ambré se leva sur le visage du rebelle et elle sentit le désespoir s'emparer d'elle. Le peu de forces qui avaient subsisté jusque-là l'abandonnaient subitement. Elle soupira doucement. « Bah, au moins je peux te laisser parler... » abdiqua-t-elle en arquant un sourcil de résignation dans un haussement d'épaules. Ses doigts encore froids jouèrent avec la manche de la fourchette qui était restée plantée dans le petit tas de légumes. Son menton se jucha dans la paume de sa main et elle l'observa d'un air un peu absent. Il s'était planté entre elle et le feu et l'isolait de la douce chaleur qui en émanait. Il était toujours le même, et pourtant, Murphy avait l'impression de ne plus le reconnaître. Elle n'avait jamais pu prétendre le comprendre, mais si ces derniers mois lui avaient montré quelque chose, c'était qu'elle pouvait moins le comprendre encore. Leurs idées étaient à la fois similaires et terriblement différentes, parce que lui posait un regard tout particulier sur le monde qui l'entourait. Elle l'enviait, parfois; enviait cette capacité à ce détacher du cœur pour écouter l'esprit et la raison. Elle enviait sa disposition à ne penser que pour lui-même, l'indépendance de son intellect et puis son génie, aussi. Elle lui enviait tout ce qu'elle n'était pas et tout ce qui aurait pu la sauver ces derniers mois. Le cœur était toujours celui qui blessait l'être, parce qu'il était le premier à être touché par les impacts du monde. Elle avait vécu beaucoup trop de déceptions et elle jurait pouvoir le sentir s'effriter un peu plus à chaque fois. Elle pensait alors à Tamara, se demandait si elle l'avait vraiment pensée, cette promesse, celle que le palpitant se reconstruisait et se remplissait toujours, puisqu'il n'était pas destiné à la noirceur du vide et à l'absence de la vie. Elle s'était rendu compte au fil des mois qu'il ne s'agissait pas que de la rébellion ou de la confiance qu'elle avait en Devos. Il s'agissait de toute la confiance qu'elle avait perdu en un ami, et c'était sans doute le plus douloureux. Tout ce temps, alors, ils s'étaient encore moins compris que ce qu'elle avait pu penser. Toutes les fois où ils étaient tombé d'accord n'avait été que mirages des mots. Ils ne seraient jamais d'accord sur la forme des choses mais le doute était né pour le fond, aussi. Elle refusait qu'il puisse imposer son propre avis à tout un groupe d'individus. La politique ce n'était peut-être plus ses affaires, mais les amis ça le serait toujours, et elle l'avait appris de la plus dure des façons. Tennessee avait refait un premier pas dans sa vie quelques jours plus tôt et si elle acceptait de baisser la garde quelques instants face à celui qui les avait tous trahis, c'était bien pour honorer la sagesse de son amie aux boucles endiablées. Elle était bien plus objective que la garde ne le serait jamais -il était donc bon de laisser le discernement de Tennessee prendre une décision à sa place, au moins cette fois-ci. « Et s'il-te-plaît me gâche pas mon repas, ces légumes sont... délicieux. »

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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Jeu 16 Nov - 19:21



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you matter to me,
more than you think..
11 NOVEMBRE 2117


Il y a toujours un équilibre. Une force qui parvenait à en retenir une autre sans la moindre violence. Quelque part, c’était ce qui se passait quand Devos était prêt de Murphy. Elle, sa force, elle l'exprimait sans crainte. Cela débordait parfois, avec ce côté envahissant qui attaquait Devos. Il aurait pu la trouver insupportable en de nombreux point, mais jamais entièrement. Quand Murphy était en face de lui, son être se voyait confronté au sien. Elle était solaire, il était glaciale. Il ne dévoilait que le nécessaire, gardant souvent pour lui ses plus intenses pensées. Il calmait donc naturellement l’aura brillante de son alliée, et elle, elle poussait Devos à s’ouvrir un peu plus face à ceux qui avaient besoin de lui. C’était un parfait équilibre. L’un et l’autre de chaque côté de la balance. Devos pouvait apporter à Murphy ce dont elle avait besoin et vice-versa. Depuis leur première rencontre, c’était le sentiment que l’informaticien avait sur eux. Une fois réuni, ils étaient capable d’accomplir beaucoup. Alors forcément, depuis cette réunion presque catastrophique, sans Murphy quelque chose semble s’être effondré. Son côté solitaire et anti-social a poussé Devos à s’enfermer dans des objectifs quasi-impossible et presque trop difficile pour lui. Il s’est focalisé sur les réparations, les rangements, l’électricité toujours inaccessible et surtout le métro. Il avait passé tellement de temps là-dessous qu’il connaissait ces tunnels mieux que quiconque. Il avait commencé à dessiner une carte précise, espérant peut-être trouvé des passages qui pourraient d’une part les sauver en cas d’attaque, d’une autre attaquer sans être vue par l’ennemi. Certes, c’était un peu violent, mais rien ne garantissait la paix actuelle. Et c’était sans doute ce qui lui faisait peur. Qu’allait-faire le conseil si des hostilités se mettaient en place ? Accompagner les survivants de l'Odyssée vers la mort ? Leur efficacité allez sans doute les conduire à leurs pertes.

A chaque fois qu’il sortait de son trou, Devos avait la sensation de redécouvrir le monde. Comme il n’avait aucune réelle notion du temps en bas, il lui arrivait souvent d’être en décalage avec les autres. C’était désagréable, quand il se rendait compte que des jours séparaient sa dernière apparition à l’actuel. La plupart du temps, le fait de ne pas avoir à côtoyer les autres l'arrangeait. Comme ce soir, par exemple. L’endroit était presque désert. Un rythme s’était instauré et les gens normaux le suivait de près là où Devos ne faisait rien comme eux. C’était à son avantage, surtout ce soir. Il pouvait approcher Murphy sans que beaucoup de personne ne remarque cette réunion. Il pouvait lui parler sans craindre qu’une oreille trop près ne capte ses mots. Le problème c’était qu’il ne savait pas par quoi commencer. Comment lancer le sujet, comme s’exprimer et s’expliquer.

On a besoin de toi. Fut la première chose qui traversa ses lettres. C’était une vérité. Sans Murphy, il était dur de croire que la rébellion existait encore. Il avait essayé avec Chris et ça n’avait pas marchait aussi bien qu’il l’aurait espéré. Il y avait encore tant de chose à faire, mais ils étaient bloqués désormais. Comme devant un mur infranchissable. Un mur que seul Devos pourrait briser. Mais comment trouver les bons mots sans heurter la patrouilleuse. Je sais que tu vas me répondre que c’était pas l’impression que tu as eu ces derniers temps, mais c’est le cas, Murphy. Il arrivait presque à deviner ses réactions tant il s’était habitué à sa manière d’être. A sa rapidité dans ses mots, à sa fougue oratoire. Il essayait de tâter le terrain sans faire de faux pas, pourtant il n’a aucune idée de ce qu’il fait. Aucune idée s’il allait réussir à faire quelque chose. Son coeur palpite. Il est devant l’inconnu, l’imprévisible. Les probabilités qu’elle lui balance son restes de légumes à la figure son à 60%. Il n’avait pas envie que les choses se passent ainsi.

Je suis désolé si tu as cru que je voulais prendre les décisions pour tout. Ce n’est pas le cas et je voulais pas que les choses se passent ainsi. Je t’assure, je ne suis pas un traître. Je ne veux pas mettre en danger tout ce que nous avons déjà fait. La rébellion comptait pour Devos. Énormément. Il donnait tout ce qu’il pouvait à la cause, sans y réfléchir plusieurs fois. Il n’avait peur de rien. Il savait, au plus profond de lui-même, que ce qu’ils faisaient étaient pour le bien de tous. Pour trouver une politique plus acceptable, plus à l’image de ce qu’ils étaient. Il voulait se battre pour la paix et la vie. Pour le bonheur, en lui-même. Pour trouver un équilibre.

J’ai vu une opportunité et il fallait agir sans attendre. J’aurais dû vous en parler, vous tenir au courant, mais... Depuis la disparition de Faust, nous étions dispersés… Et ça ne c’est pas améliorer avec le temps. Il l’avait remarqué, mais Murphy sans doute s’en était aussi rendu compte. Déjà l’arrivée sur terre avait changé la donne. Cela avait remis les choses en question, comme si la rébellion n’avait plus lieu d’être. Ils avaient enchaîné les tempêtes. D’abord Faust qui disparaît, les semaines passent sans la trouver. Les anciens leaders qui laissent leurs places. Ils se réorganisent, mais le tremblement de terre les ralentis. Puis Chris perd Robb dans la forêt et devient inapte à toute réflexion. Devos avait vu ce schéma venir dès la disparition de Faust. En arrivant sur terre, elle avait pris les choses en main. Elle avait su, avec les anciens leaders encore vivant, garder la rébellion en vie et concentré sur la cause. Depuis la réorganisation, la force des rebelles n’étaient plus la même.

Je veux que tu comprennes l’état d’esprit dans lequel j’étais à ce moment-là, Murphy. Je comprend mon erreur et je ne veux pas de nouveau me retrouver dans cette position. J’aurais dû vous en parler, m’expliquer... Il soutient le regard de la jeune femme, honnête dans ses propos. Il ne veut plus se retrouver à murmurer dans l’ombre pour le bien de tous. Il veut, au contraire, faire avancer la rébellion. C’est pourquoi il a fait ce qu’il fait.

Mon objectif était simple. Le conseil hésitait sur un possible déménagement. Il était extrêmement réticent sur le sujet, mais pas hermétique. Nous, nous étions certains de ce que nous voulions, quitte à sortir de l’ombre et à diviser le camps en deux. À fragiliser notre communauté. Le conseil avaient le pouvoir et les ressources pour mener à bien ce projet tout en rassemblant tout le monde. Tout en faisant les choses petit à petit, consciencieusement, sans se précipiter. En se focalisant sur ce projet, ils croyaient davantage au fait que nous n'existions plus. En se focalisant sur ce projet, nous avons fait ce que nous voulions : trouver un espace qui nous permettrait plus de liberté, plus de stabilité. Il prit une pause. Lui qui ne parlait pas souvent, s’exprimer avec finesse dans l’espoir de ne pas heurter Murphy. De ne pas dire une chose qu’il ne devrait pas. Je ne pouvais rien vous dire, aux risques de mettre notre fragile rébellion en péril. Seul, j’aurais pu tout encaissé si les choses s’étaient mal passé. Mais ce ne fut pas le cas, parce que je n’ai rien fait de flagrant ou dangereux. Parce qu’ils en avaient déjà l’idée et que je me suis simplement occupé à lui faire prendre de l’ampleur. En aucun cas il n’avait impliquer les rebelles. En aucun cas le conseil avait fait cela pour devancer la rébellion dans leurs actions. Sur le moment, je ne pensais pas qu’il était nécessaire de vous en parler tant mes actions semblaient minimes. Mais quand le conseil a annoncé la nouvelle, quand tu as crains qu’il y avait une taupe parmi nous… J’espérais que vous finiriez par croire en la coïncidence, je ne m’attendais pas à de tel ampleur… J’avais négligé que ma logique en oubliait les sentiments. Que son coeur était celui d'une machine et non d'un homme.




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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Sam 18 Nov - 3:04

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❝ You matter to me, more than you think ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(11 novembre 2117)


Pour Murphy, il n'y avait qu'une vérité, une simple vérité. Elle tenait aux siens, mourrait pour eux si l'occasion lui en était donnée. Elle avait grandi avec cette affection pour ce monde qui avait été bâti là-haut, qui avait repoussé d'anciennes frontières pensées insurmontables. Elle l'aimait, ce monde; elle aimait le paysage qu'il offrait quel que soit l'angle par lequel on observait à son extérieur. Elle aimait cette communauté qui s'était construire à mesure des générations, avec ce qu'elle pouvait avoir de meilleur comme de pire. Elle ne croyait pas à sa perfection parce que rien ne pouvait l'être. Le système là-haut n'avait jamais prétendu s'en approcher. Murphy aurait pu blâmer le monde entier pour ne jamais avoir connu son père, mais cette injustice-là s'était tue parce que l'équilibre était précaire et qu'il devait être conservé. Un système politique ne pouvait être adulé de tous. La vie en société se bâtissait sur les fondements d'une inégalité qui inspirait à son opposé. La justice pouvait toujours être discutée et si on posait la question à Murphy, elle répondrait avec un regard acéré qu'elle avait forcément ses défauts, puisque son père avait péri sous sa décision. Ce monde là-haut avait ses défauts, ses failles, mais elle était de ceux qui travaillaient à annihiler les premiers et à combler les seconds. Ça avait toujours été son aspiration de militaire. Elle n'était pas vide de pouvoir ou de violence, elle était avide de paisibilité et de confiance. Un point utopique, inatteignable, et elle le savait; mais ce n'était pas une raison suffisante pour baisser les bras avant même d'essayer. Leur bulle là-haut était à l'image de ceux qui la fréquentaient : imparfaite et faillible. Certains pouvaient penser qu'ils s'auto-détruisaient comme leurs ancêtres s'étaient auto-détruits sur cette Terre, mais Murphy n'était pas de ceux-là. On pouvait toujours faire mieux, ou tout du moins, il n'y avait pas de mal à essayer de faire mieux. Elle voulait faire bouger les choses, ouvrir les yeux à ceux qui réglaient leurs comptes trop facilement, qui avaient choisi le désespoir comme seule conviction. Car s'il devait exister, qu'il serve à alimenter son opposé. La rébellion avait toujours été affaire de Faust. Murphy ne s'en mêlait que par curiosité et par intérêt pour sa blonde. Elle savait certaines de leurs causes nobles mais n'avait jamais trop de réel intérêt au mouvement. S'ils voulaient changer les choses, et bien qu'ils se présentent aux élections. La démocratie n'était pas une ennemie. Qu'ils utilisent le système qu'ils critiquaient contre ceux qu'ils voulaient faire tomber.

Murphy Cavendish garde et rebelle, ça n'avait été concevable que lorsqu'ils avaient atterri ici et dans les conditions que l'on savait. Les semaines s'étaient égrainées dans la douleur. On avait enterré les morts, ceux dont on avait pu récupérer les corps, et on s'était efforcé de faire le deuil de tous les autres, ceux qui n'étaient pas avec eux. Murphy tenait comme seul responsable le Conseil d'une maladresse pareille. Peut-être avait-ce même été intentionnel; il lui arrivait parfois de penser que les ingénieurs et scientifiques de l'Odyssée avaient été assez nombreux et intelligents pour éviter ce genre de catastrophes. Quelqu'un avait merdé, soit en bas de l'échelle, soit tout en haut, et peu à peu était né dans le cœur de Murphy un ressentiment pour ceux qu'elle tenait responsables de cette tragédie. Sa curiosité envers ce mouvement obscur n'avait alors eu de cesse de croître mais les questions de la brune étaient restées sans réponses. Faust ne la laisserait jamais rejoindre un capharnaüm pareil, ne la laisserait mettre sa propre existence en dangers alors qu'elle-même n'y avait pas choisi sa place. Sa décision, pourtant, lui avait paru limpide. Au moment où ils s'étaient réunis, tous les quatre, avec Chris, Tennessee et Devos, Murphy n'avait pas même considéré une seule seconde rester en dehors de cette rébellion plus longtemps. Peut-être était-ce du la disparition de Faust, une façon de lui rendre hommage ou de garder son siège au chaud le temps qu'elle revienne; peu importait sa réelle motivation. Mais de qui s'était-elle moquée à ce moment là ? Avait-elle seulement cru une seconde que Faust allait revenir pour reprendre les choses en main ? Avait-elle cru une seule seconde que cette rébellion pourrait aller quelque part alors qu'elle venait seulement de franchir le pas radical de l'adhésion ?

Ses doutes n'en étaient même plus tellement de quelques semaines, en réalité. La solution la plus saine était seulement d'aller de l'avant. La rébellion ne pouvait plus exister après une telle scène de tragédie. Que l'une des personnes qui avait été là ose prétendre l'inverse. Le bunker pourrait être réutilisé pour les rendez-vous coquins des Odysséens pudiques; il y trouverait bien plus d'utilité, elle n'en avait aucun doute.

Lorsqu'elle accepta d'un oeil morne que Devos rejoigne sa table, ce n'était donc pas au nom d'une quelconque conviction ou d'une rébellion qui n'existait plus. C'était par fatigue majoritairement, et peut-être aussi un peu parce que l'entêtement de l'informaticien lui manquait. Ses premiers mots, pourtant, tombèrent lourdement dans le silence. Murphy leva les yeux au ciel, peu convaincue, mais les légumes avaient perdu toute son attention au profit de Devos. Elle lâcha sa fourchette et glissa ses mains entre ses cuisses pour les réchauffer, fixant l'homme d'un œil fatigué mais attentif. Non, ils n'avaient pas besoin d'elle et n'avaient jamais eu besoin d'elle. Si elle avait fait partie du mouvement c'était en mémoire de leur amie commune, rien de plus et rien de moins. Devos était hypocrite de prétendre l'inverser; ou peut-être y croyait-il vraiment, ce qui faisait de lui quelqu'un de naïf. Mais au moins, il ne reprit la parole que pour rajouter quelque chose de censé. Alors prouve-le, lui hurlait son regard empreint de défi, prouve-le que vous avez besoin de moi alors que vous m'écoutez pas. Mais pendant son argumentaire, les lèvres de la brune ne délièrent pas une seule seconde. Elle se racla la gorge une ou deux fois, haussa du sourcil, mais ne dit rien. Lui, quand il parlait, elle l'écoutait. Et putain, que ça faisait du bien.

Devos n'était pas de ceux qui obéissaient aux règles de la sociabilité. Les mots n'étaient pas ses alliés et il n'avait jamais trop su comment aborder les autres. Le seul point commun que Murphy avait jamais eu avec lui résidait dans leurs convictions communes. Mais depuis qu'elles leur avaient explosé à la figure, que le restait-il ? Ils n'avaient pas pu être amis s'il n'y avait rien d'autre qui les unissait. Elle ne lui avait certainement pas manqué, même si elle avait ressassé son absence à plusieurs reprises pendant ces derniers mois. Elle lui avait toujours fait confiance, Devos, parce qu'il était l'un des cerveaux de la bande. Avec Tennessee, ils étaient les pragmatiques, les sensés, les rationnels, ceux qui savaient pondérer les risques et profits, les arguments et contre-arguments. En réalité, si elle avait du accuser l'un des leaders de trahison, son choix se serait porté sans aucune hésitation sur Chris. Mais Devos, jamais. Leurs idées étaient trop similaires, n'est-ce pas ? Il ne pouvait pas faire une connerie pareille.

Mais finalement, elle ne le connaissait pas si bien que ça. Et en réalité, comme avec Tennessee, elle avait l'impression d'avoir manqué plein de choses, d'avoir été menée en bateau dès le début. Ce n'était pas forcément volontaire de leur part mais en quelques minutes, tous les doutes lui étaient devenus permis. Et depuis le bunker, ils ne l'avaient pas quittée. Tennessee avait seulement réussi à rétablir quelques unes de ses vérités, et parmi elles résidait le droit aux explications et à la seconde chance. Pourtant et parce qu'elle le savait aussi maladroit avec les mots, elle n'avait pas attendu grand chose de ceux de Devos. Malgré tout, les mois semblaient lui avoir offert un peu de sagesse -ou le temps de cogiter un peu ce qu'elle avait pu lui dire. « Donc, laisse-moi reformuler » commença-t-elle après s'être octroyée quelques longues secondes de silence. « Tu nous as rien dit parce que tu considères que la rébellion est un handicap, c'est ça ? » Son ton était posé mais grave. Elle s'était penchée au-dessus de la table pour mieux scruter Devos. Sur son visage dansaient le reflet des flammes derrière lui. Il avait presque l'air inquiétant. « En fait, ce que tu dis, c'est que t'as pas besoin de nous. » Elle jeta un coup d'oeil aux deux autres hommes encore présents pour être sûre qu'ils étaient trop occupés à discuter pour les entendre. Le calme des lieux ne les exemptait pas de prudence. « Et que la dispersion du mouvement coïncide avec mon arrivée. Alors oui, continue à m'expliquer en quoi vous avez besoin de moi, je suis toute ouïe. » Elle se laissa retomber contre le dossier de sa chaise et croisa les bras sous sa poitrine. Elle n'avait plus vraiment froid. C'était peut-être la chaleur des deux feux qui enfin parvenaient jusqu'à son squelette, ou bien la perspective d'une débat qui la sortait de sa torpeur. « T'as préféré nous faire croire qu'on était parano plutôt que d'admettre que t'avais fait un truc dans ton coin. C'était pas de la prudence, c'était de la fierté. » Ses ses prunelles brillantes, elle le scrutait sans aucune pudeur. Elle voulait comprendre ce qui se cachait derrière les mots, derrière l'homme. « Je veux que tu comprennes un truc, Devos. Jamais je voudrais quelqu'un comme ça à la tête de notre mouvement ou de notre village ou de quoi que ce soit d'autre. C'est tout ce contre quoi je me bats, les décisions prises en petit groupe ou en solitaire. Chris te suit comme un mouton, mais compte pas sur moi pour en faire autant. » Sa main s'était brutalement ouverte sur la table de bois alors qu'elle se penchait à nouveau, le regard fendu en une expression de défiance. « Prouve-moi que j'ai tort, prouve-moi que y'a encore un but à tout ce bordel, qu'on serait pas pires qu'eux, que je peux te faire confiance et vous faire confiance. Que vous avez besoin de moi et que vous m'écouteriez quand je prends la parole et que vous en voudriez, de ma parole. » Elle hocha la tête sans le quitter du regard. « Je suis pas une plante verte, Devos. »

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO ALDARIM & IRINA DRAGHSTEEL ; 1024 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 179
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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Dim 26 Nov - 21:46



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11 NOVEMBRE 2117


Bon sang, qu’est-ce que c’était difficile. Qu’est-ce que c’était compliqué. Regarder Murphy dans les yeux et trouver les bons mots semblaient être une tâche dont il était clairement incapable. Il voyait d’ici l’incompréhension venir. Il voyait d’ici les remarques, trop habitué à ne pas être entendu. Et il n’en voulait même pas à son amie. Il s’en voulait à lui-même de ne pas savoir comment faire.

Ce qu’il voulait, c’était que les choses soient avant tout bien faite et pour tous. Il chérissait l’idée d’un avenir paisible, d’un avenir où la création et les ambitions de chacun pouvait être une réalité. Il pensait à lui aussi, à ses rêves de créer de nouvelle chose, de partir à la conquête de toutes ses inventions qui n’existent plus, qui devraient revenir. Ses doigts le démangent tant il aimerait pouvoir créer. Tant il aimerait réussir dans ses objectifs. Il n’est pas fou, Devos. Il sait que la technologie qu’ils avaient là-haut ne reviendra pas de son vivant. Il faudrait être bête pour croire qu’une chose pareille était possible. Mais il espère. Il espère améliorer leurs quotidiens, faire des avancées dont ils avaient avant tout besoin. Et il insistait sur le besoin. Ce n’est pas grave s’ils n’ont pas d’ordinateur, s’ils n’ont pas de robot. Pas maintenant. Par contre, un semblant d’électricité pour éclairer, pour réchauffer même, pourquoi pas. Des instruments pour l'agriculteur, des changement pour les habitations, pas de souci. Devos était là. Il laissait volontier de côté son langage binaire pour puiser dans ses connaissances en mécanique. Son père était déjà bien assez fier de le voir aider les autres. Son fils, celui qui connaissait leurs ressources. Celui qui ne refusait aucune tâche. Son fils, celui qui apporterait peut-être des solutions miracles à cette nouvelle vie. Rien n’était parfait, mais tout était possible. Devos croyait fermement en cette communauté et il en faisait partie, qu’on le remarque ou non. Il voulait aller vers quelque chose de durable, se diriger là où ses ancêtres se sont plantés. Fini l'autodestruction, ils allaient faire les choses bien et Devos voulait être de ceux qui se levaient chaque matin pour permettre cet avenir.

Cependant, les rebelles ne peuvent pas imposer leurs idéaux. Du moins, pas par la force ou la violence. C’était évident. Là-haut, il y avait une logique aux actions des précédents leaders face à un conseil aux allures tyranniques. Sur terre, tout était à refaire. Tout était à reconstruire, mais le conseil restait fidèle à lui-même comme s’ils avaient éviter la douleur qui avait ravagés leurs populations. La chute de l'Odyssée était ancré dans l’esprit de Devos. Il lui arrivait de revivre ce moment en boucle, cherchant dans sa mémoire les premiers symptômes de cette effondrement. Lui, il avait repéré des failles dans leurs systèmes. Il avait vu le mal venir, mais n’avait pas dit le moindre mot. A quoi bon ? A ce moment, il n’y avait pas de solution. Pourquoi parler pour annoncer la mort sans être capable d’apporter l’espoir ? Il n’en avait vu aucun et il regrettait depuis chaque action prise par le conseil. Il se sentait responsable des morts. Responsables des corps aux fonds de l’océan. La chute, elle avait été inévitable et rien n’aurait pu empêcher ça. Lui, seul, n’aurait trouvé aucun remède aux maux de cette machine vieille de cent ans. Cette instant lui avait prouvé que même dans son génie, il ne pouvait rien accomplir seul.

Quand il disait avoir besoin d’elle, il le croyait.

Pourtant ce qu’il a fait, il l’a fait seul. Sur le coup, il avait simplement agi. Seul, silencieux, dans l’ombre. Il comprend l’erreur qu’il avait commise et en même temps, il se comprenait lui-même. Le contexte de ce moment précis où son esprit s’est tourné vers cette solution, il le comprend. Tout comme il saisi parfaitement cette manière qu’il a de saisir les opportunités, calculant chaque détails. Murphy l’écoutait, Devos craignait chaque mot qu’il employait. Il sait que le moindre faux pas peut conduire à imaginer une chose que lui n’avait absolument pas pensé. C’était sans doute ça le pire. Il pouvait clairement dire “je t’aime” à sa manière, mais c’est l’inverse qui sera compris. Il croyait qu’ils avaient dépassé ce stade là avec Murphy, il s’était trompé sur toute la ligne. Pourtant, lui, il la connaissait. D’une certaine façon, il avait capté l’essentiel de sa personne et l’avait conservé dans une partie de son esprit. Il n’aurait aucun mal à la décrire, aussi bien physiquement que mentalement. Mais même en sachant qui elle était, il ne parvenait pas à se faire comprendre.

Cette fois, c’était à lui d’écouter. De toute façon, il n’était pas du genre bavard à reprendre à la moindre phrase. Il analysait. Et le mot handicap lui donna des frissons. Il repensa à ses paroles et à la manière dont il avait dit ce qu’il avait dit, sans voir pourquoi elle tirait une telle conclusions de son monologue durement prononcés. Si ses yeux peuvent exprimer une chose, c’était de la peine. De la tristesse même. Comment la rébellion aurait pu être un handicap ? Jamais. Ils avaient besoin d’eux, aux contraires. Voilà exactement ce qui se produisait, toujours. L’inverse. Peut-être devrait-il dire qu’il n’aime pas le monde pour que le monde comprenne son admiration ? Peut-être devrait-il souhaité la mort de la rébellion pour qu’on réalise qu’il ne souhaite que sa survie ? Il baisse les yeux alors qu’elle ajoute que son arrivée était, d’une certaines façon, le point de départ de la fin de ce mouvement. Il se sentait rarement blessé par les autres, pourtant face à Murphy il continuait de sentir son corps tout entier tremblait comme si quelque chose était en train de brûler douloureusement au fond de lui.

De la fierté. Il n’en avait pas. Il n’en connaissait même pas la définition, le sentiment ou la volonté. C’était bien une chose qui le dépassait. L’honneur, la noblesse, ce genre de choses qui pourtant étaient dans sa famille, lui n’en avait jamais compris le moindre sens. Certes, il est heureux lorsqu’il accomplit une chose, surtout aujourd’hui. Lorsqu’il parvient à bidouiller, à gagner un sourire. Il est heureux d’achever ses objectifs, de finir ce qu’il commence. D’une certaine façon, son plan avait réussi. Mais il n’en avait rien dit. La paranoïa qui s’était installé l’avait surpris et Devos s’était retrouvé dans l'incapacité à savoir ce qui devait être fait. Il n’avait pas garder le silence par fierté. Il avait gardé le silence parce qu’il n’avait aucune idée de la bonne chose à faire. Parce qu’il ne savait pas gérer les émotions dévorantes des autres. Parler à Tennessee avait été instinctif, surtout qu’il voyait que les choses prenaient des proportions énormes. Mais elle lui avait conseillé le silence, alors qu’il était prêt à parler même tardivement. Que se serait-il passé s’il l’avait fait ? S’ils avaient appris la vérité autrement que par la maladresse de Tennessee ? Sans doute la même chose. Sans doute y aurait-elle vu de la fierté, encore.

Je… Il ne savait pas par quoi commencer. Chris, un mouton ? C’est sa soif d’avancer et d’accomplir quelque chose qui le pousse à passer outre les actions de Devos. Mais était-ce une bonne idée de défendre son ami, face à toutes ses choses qu’elle vient de dire ? Non. Devos se mord la lèvre une seconde, puis relève le regard face à Murphy.

Je ne suis pas un leader, Murphy. Dit-il alors. J’ai suivi Faust et désormais je suis prêt à suivre Chris. Je ne veux pas être celui qui prend les décisions. Je ne veux pas prendre les commandes de quoi que ce soit. C’était une chose simple. Une chose qui tenait à rappeler. Son physique peut-être, continuer de jouer contre lui. Je sais ce que j’ai fait, mais je ne l’ai pas fait parce que j’ai jugé que j’étais le meilleur et le plus adapté à la tâche. Je ne l’ai pas fait parce que j’ai considéré la rébellion comme inutile et inefficace pour une telle action. J’étais simplement au bon endroit, au bon moment et j'ai agi, seul. Le silence protégeait justement l’anonymat et l’implication de notre groupe.

Quelques secondes. Il fallait quelques secondes à Devos pour calculer, préparer, agir. Il avait entendu des mots, il avait songé à ce qu’il pourrait faire et c’était fait. Les conséquences actuels étaient peut-être lié à ses murmures ou peut-être pas. Comme il l’avait précisé, le conseil avait réfléchi, comme eux, à ce déménagement. Le mettre en place était autre chose et peut-être que les actions de Devos avait aidé. Il n’avait rien pourtant rien pour prouver quoi que ce soit.

Pourquoi est-ce que vous ne comprenez-pas que je suis incapable de ressentir ce que vous, vous ressentez ? De comprendre la manière dont vous pensez et dont vous agissez ou même réagissez ? Il y a des failles dans chacun de mes plans, mais ces failles c’est vous autres qui les comblaient. Je suis clairement incomplet sans ton esprit et sans celui de Tennessee et de Chris. Il parle avec une conviction certaine. Il n’est rien sans eux, parce que eux le rendent humain.

Tu te rappels la façon dont je me moquais de Faust ? Dont je la taquinais sur sa manière d’agir ? Comme j’aimais la comparer à un robot ? Il prend une pause. Parler de Faust le ramène vers des souvenirs aussi doux que pénible. C’est moi, le robot Murphy. Ses mots le brise, il a l’impression d’avoir fait un pas en avant. Il n’avait jamais osé le dire et pourtant, ses pensées s’étaient souvent tourné vers cette hypothèses pathétique. Votre paranoïa, je ne pouvais pas la comprendre, parce que j’étais incapable de la ressentir. C’était une conséquence que je n’ai pas vu venir et pourtant j’avais tout envisagé. Même sa mort, dans le pire des cas.




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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33505 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1053


Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Dim 26 Nov - 23:59

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❝ You matter to me, more than you think ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(11 novembre 2117)


Parmi tout ce qui avait toujours caractérisé Murphy, il y avait l'espoir et la positivité. Elle avait toujours cru en l'humanité, malgré ce qu'on avait pu leur raconter de son passé,  malgré ce qu'on savait de son présent, malgré ce qu'on redoutait de son avenir. Elle croyait en la bonté que chacun pouvait receler, même les plus bruts, même les plus tristes. Ce qui définissait l'Homme, c'était sa capacité à prendre des décisions. Il n'était pas comme le reste du règne animal, en cela qu'il s'était affranchi de la plupart de ses réflexes reptiliens. Malgré tout ce qu'on voulait lui faire croire, l'être humain était bon. Murphy n'était pas naïve pour autant; elle savait que la frontière était parfois fine entre tout ce qu'elle espérait et tout ce que chacun pouvait redouter. Elle savait ce qui les avait conduits, tous, dans les étoiles. Elle savait ce qui les faisait expulser parmi elles, tous les jours. Elle savait ce qui était capable de les conduire à leur perte, le vice, la cupidité, l'égoïsme, l'orgueil. Mais c'était là la force de l'espoir le plus authentique : il survivait à ces réalités-là, à celles qui écorchent les convictions et font naître le doute dans le cœur. Elle avait vu la colère de l'Homme, son chagrin, sa violence, son entêtement et son abandon, son désespoir, sa chute. Mais elle avait aussi vu l'espoir, le rire, les lueurs éclatantes du regard, l'amour d'une famille, d'un couple, d'un ami. Elle avait vu la soif de l'apprentissage et de l'évolution, ceux qui apprenaient de leurs erreurs et de celles de leurs semblables, ceux qui se battaient pour qu'elle ne se répètent pas ou plus. Elle avait vu le miracle ultime de la vie, celui de la naissance, et entre ses doigts tremblants elle avait été la première à porter la petite Astrae. Elle avait connu le poids du monde qui s'écroule sur les épaules et le parfum vif de la renaissance lorsque le soulagement prenait la place de son antagoniste. C'était tout ça, l'humanité, tout et son contraire qui vivaient enlacés. L'un n'existait pas sans l'autre et l'un existait grâce à l'autre. La militaire s'était nourrie de ces observations depuis ses premières gardes, en avait consolidé toutes ses conclusions. Même lorsque tous ces jeunes avaient été catapultés ici sans que personne ne soit capable de leur prédire quoi que ce soit, Murphy avait cru. Elle avait cru que c'était la meilleure option pour eux, la seule opportunité qu'ils avaient de vivre -ou simplement de ne pas mourir dans le froid interstellaire. Elle avait défendu la décision du Conseil face aux Cents, même, face à une Andromeda trop bornée pour admettre la chance qu'elle avait eue là, aussi discutable puisse-t-elle être. Même lorsqu'elle avait atterri ici, qu'elle avait compté les corps sans vie et les corps déchiquetés, estimé les pertes relatives à toute l'aile du vaisseau supposément tombée dans l'océan, Murphy n'avait cessé d'espérer, de croire. Même lorsqu'elle avait perdu toute trace de Faust et dû faire face à un deuil basé sur aucune certitude, elle s'était relevée -s'était empêchée de tomber. Elle avait un endroit où se recueillir, maintenant, et portait dans son cœur tous les souvenirs de son amie qu'il ne lui restait plus qu'à chérir dans le secret de ses pensées. Qu'elle le veuille ou non, cette Terre était son nouveau foyer. Qu'il en soit ainsi.

Mais le sort s'était acharné, et Murphy pliait sous le poids des abandons et des trahisons, des échecs, des blessures. Avec les mois qui passaient, son univers n'avait eu de cesse de s'affadir et de s'effondrer. Là où elle avait cru qu'il ne pouvait plus que continuer à s'étendre et à apprendre, elle avait été mise cruellement face aux faits : Tennessee lui cachait la vérité, Devos jouait dans son coin, Chris était aveugle, Richard déçu et Isdès insultant. Le monde qu'elle avait cru sien ne lui appartenait plus.

Tennessee avait fait un premier pas, pourtant. Dans une nuit de premières neiges perdue dans le temps, elle avait adouci son âme. Elle lui avait rappelé les raisons de leur amitié, prouvé que Faust n'était pas tout ce qu'elles avaient en commun. Elles avaient parlé doucement, ri un peu, grelotté, levé les yeux vers le ciel de brume, et puis la mécanicienne l'avait rappelée à la raison. C'était pour elle et seulement pour elle qu'à ce moment précis, Murphy accordait une seconde chance à Devos. Parce que la forme avait été maladroite mais que le fond ne pouvait pas être si éloigné de tout ce qui les avait toujours mis d'accord, si ? Pourtant, elle ne cillait pas, en l'écoutait. Elle s'imprégnait des mots qu'il choisissait, scrutait son regard à la recherche du moindre sens caché ou double-sens, observait ses gestes et ses mimiques. Elle n'avait jamais vraiment réussi à le déchiffrer, Devos, mais s'il y avait un moment où elle devait mettre toute ses forces au service de ce but, c'était maintenant. Elle voulait voir son âme se refléter dans son regard, comprendre ses intentions, ses objectifs, déterminer ses regrets et ses remords. Parce qu'elle avait fait l'erreur une fois de croire le comprendre, elle ne comptait pas s'y faire reprendre.

Et les failles, elle croyait en voir partout. A chaque mot son sous-entendu, à chaque mot son insulte, à chaque mot ses certitudes ressortaient avivées. Il essayait, pourtant, elle pouvait le voir. Il s'accrochait à son regard avec la même détermination qu'elle le faisait en retour, mais Murphy ne voulait pas être dupe ou accepter si facilement quelques explications qu'il avait sans doute répétées. Puisqu'il n'était pas victime d'émotions, lui, il savait manipuler mieux que personne. Puisqu'il ne connaissait pas les sentiments comme elle les connaissait, il savait mieux que quiconque creuser une faille pour s'y engouffrer sans qu'elle s'en rende compte. Le silence qui s'installait entre chacune de leurs réponses n'était pas celui du respect, il était celui de la réflexion, de l'encaissement des mots et du choix de ceux à venir. C'était une partie d'échec dans laquelle le regard pesait presque autant que la sémantique.

Des mimiques horripilées se dessinaient sur son visage alors qu'il reprenait la parole. Elle l'écoutait parler, demeurait silencieuse pour mieux préparer sa contre-attaque. Sa répartie la voulait beaucoup plus vive mais sa raison la rappelait aux enjeux du moment. Ils n'étaient pas seuls, pour commencer; elle ne pouvait pas donner tout loisir à ses cordes vocales d'exprimer le fond de sa pensée comme elles l'avaient fait dans le secret du bunker. Et puis, elle notait. Elle notait dans un coin de son esprit tout ce qu'elle avait à dire, tout ce qu'elle avait à exprimer et tout ce qu'il ne semblait pas comprendre. Elle lisait la tristesse dans son regard et son cœur se serra douloureusement mais elle s'interdit de le laisser paraître. Il n'avait pas le droit de parler de Faust. Il n'avait pas le droit, elle ne le lui donnait pas et l'espace d'une seconde, son regard lança tous les éclairs dont le ciel électrique de l'été les avait épargnés. C'était lui qui s'était mis dans un tel merdier; elle n'y était pour rien. Elle était un dommage collatéral de ses propres conneries et elle lui en voulait pour ça, mais elle ne pouvait pas se blâmer d'avoir réagir comme elle avait réagi. Malgré tout ce qu'il pouvait penser d'elle, il ne s'agissait pas des émotions du cœur. Il s'agissait de la justesse et de l'impartialité de la logique et de l'esprit. Il était pourtant supposé comprendre ce langage-là, non ? « T'attends quoi, que je chante tes louanges ? » L'ironie lui échappa malgré la griffure qu'il venait d'infliger à son être débordant d'émotions et d'empathie. « Excuse-moi d'émettre un doute. Toi, pas vouloir prendre les commandes ? T'as fait quoi, là, tout seul, sans rien dire à personne ? T'appelles ça comment ? Prends uen décision au nom de tout un groupe, sérieux, t'appelles ça comment ? Ça m'intéresse. » Elle leva les yeux au ciel alors que sa nervosité prenait progressivement le pas sur le calme qu'elle s'était imposé jusque-là. « Pourquoi tu l'as fait tout seul ? Et me sers pas des baratins protecteurs de merde, je suis pas conne. On est tous là-dedans parce qu'on l'a choisi. »

Elle fuit son regard quelques instants pour chercher ses mots, choisir parmi tous les contre-arguments qu'elle avait mis de côté. La présence des deux autres hommes l'emmerdait profondément. Il l'obligeaient à un calme qui la faisaient bouillir de l'intérieur. « J'ai bien remarqué que t'étais prêt à suivre Chris. C'est réciproque, de toute façon. Vous avez qu'à faire votre rébellion à deux. Vous pourrez vous caresser dans le sens du poil, vous tresser les cheveux et vous faire croire l'un à l'autre que les problèmes en sont pas. » Ses légumes étaient laissés de côté depuis quelques minutes déjà et ils devaient être froids et immangeables, maintenant. De son bras, elle repoussa l'assiette à sa droite et se promit d'en faire un terreau quelconque pour se pardonner du gaspillage. « Je t'interdis de reparler de Faust. Elle mérite pas d'être utilisée dans une conversation pareille. » Le ton était sec et le regard dur. Sa mémoire ne pouvait pas être souillée dans un discours pareil. Faust n'était pas un argument, pas un bouclier, pas une arme. Elle méritait de reposer en paix. « Cette paranoïa, elle venait de notre logique, Devos. La crainte du danger, c'est un réflexe instinctif, c'est pas un de ces sentiments dont t'es incapable. T'aurais dû la comprendre. Même les mouches sont dotées de l'instinct de survie. » Du dédain ? Oui, son discours en était imprégné. Elle avait toujours su Devos de ceux qui ne s’embarrassaient pas de ces montagnes qui écrasaient les épaules des plus émotifs et sensibles. Pourtant, sans le vivre ou le comprendre, c'était quelque chose qu'elle avait assimilé. Maintenant ? Elle n'était plus sûre de pouvoir l'assimiler. Les idées ne faisaient pas tout un lien. S'il était incapable de penser pour une communauté, alors il était incapable de faire partie d'un groupuscule destiné à parler pour elle. Elle croisa ses bras sur la table pour se pencher un peu plus vers Devos. « Tu sais, si je pensais encore te connaître, je dirais que je lis un peu de tristesse, dans tes yeux. Devos Acciaro le robot serait donc capable de tristesse mais pas de logique. Uh. » Elle se radoucissait un petit peu, Murphy, parce qu'elle, les sentiments l'accablaient.

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO ALDARIM & IRINA DRAGHSTEEL ; 1024 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 179
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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Mar 28 Nov - 0:10



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11 NOVEMBRE 2117


Il ne voulait pas se battre. Il n’était pas là pour ça. Il ne voulait qu’expliquer la situation, qu’expliquer ses choix. Il voulait croire que Murphy pourrait comprendre, qu’elle pourrait passer outre sa colère. Il croyait en elle. En ce qu’elle pouvait apporter aux rebelles, à la communauté. Il savait qu’elle était capable d’accomplir beaucoup, surtout ensemble. Elle ne se rendait pas compte des efforts qu’il était en train d’accomplir, de la manière dont il parlait, dont il s’exprimait. Voilà une chose qu’il n’aurait jamais fait. Voilà typiquement le genre de conversation qui était, logiquement, pas réalisable avec lui. Devos ne se justifiait pas. Il savait toujours parfaitement les raisons de chacune de ses décisions. L’informaticien avait l’impression de retirer les pétales d’une roses, sans parvenir à la fin. A chaque fois qu’il s’approchait d’un peu trop près, les épines attaquaient sans le moindre scrupules. Il connaissait Murphy. Elle était dur. Une véritable carapace pouvait l’entourait lorsqu’elle le décidait. De la même manière qu’elle pouvait être très expressif face à ceux qu’elle appréciait, face à ce qui lui tenait à coeur. Ce qui était difficile aussi, pour Devos, s’était cette entêtement vers une action passé, cette entêtement vers un acte qu’il cherchait à réparer. Comme si elle refusait de le laisser faire. Il n’y avait rien pour justifier ce qu’il avait fait. Aux yeux de Murphy, du moins. Même en cherchant les mots les plus justes, cela n’aboutirait à aucun résultat. S’excuse, s’expliquer, voilà des choses qui semblaient fonctionner avec les autres. Pas avec elle. Pas ce soir. Et encore moins avec lui. Il a beau répéter qu’il ne veut pas prendre les commandes, Murphy s’accroche à cette image qu’elle a de lui. Il sentait dans la voix de la militaire que ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne lui fracasse le nez. Pourquoi il a agit seul ? Pourquoi doit-il se répéter plutôt.

Et ça, Devos en le supporte pas. Dire, encore et encore, les mêmes choses avec des phrases qui changent, mais qui racontent la même idée. Elle est calme, elle semble l’écouter, elle lui répond, mais qu’entend-t-elle réellement ? Il lui a tout dit. L’état d’esprit, le contexte, l’action, l’objectif. Il a tout détaillé. Elle n’y a vu ce que les hommes peuvent voir. Des excuses. Des manipulations pour cacher d’autres ambitions. Pas lui. Il réalise alors qu’il ne peut rien faire de plus. Elle est assez intelligente pour avoir compris depuis le début. Elle n’est pas bête, comme les autres militaires qui frappes sans savoir. Il réalise qu’il est condamnés dans une cage qu’elle a elle-même construite. Les étiquettes qui lui collent à la peau, il ne peut pas les retirer. On est tous là-dedans parce qu’on l’a choisi, avait-elle dit. C’est vrai, lui le premier. Ce qu’elle croit n’être que des baratins, sont des sincérités. Il fallait être stupide pour agir seul et mettre en péril tout un groupe. Non. Jamais. Devos remarque alors que sa tasse, bien que pleine, est froide. Geler, presque. Le liquide ne bouge pas. Son corps non-plus.

Chris. Il sait que sa colère va directement vers lui, plus peut-être même. Ses remarques, c’est des bêtises. Mais Devos n’est pas la genre à agresser dans sa façon de parler. Encore moins dans une telle situation. Surtout avec son père non-loin, étrangement ivre de joie et de bonne humeur. Faire une rébellion à deux… Le problème, ce n’est pas Chris. Le problème, c’est Devos. Lui, tout simplement. Murphy le confirme à chaque seconde un peu plus. Mais elle semble confirmait autre chose aussi, autre chose qui effraie Devos. En plus de parler dans le vide, il était en train de la perdre. Comme il avait perdu Faust. Qu’elle lui interdise - le fait de lui donner un ordre même - lui donne envie de rire. Il ne l’utilise pas. C’était pas son genre. Il imagine parfaitement Faust en train de se foutre de sa gueule et de celle de Murphy actuellement, parce qu’il n’aurait rien fait si elle avait été là. Sa présence aurait tout changé. Il pouvait parler d’elle, car Faust méritait de vivre les années, vivant ou simplement éloigné, Devos espérait que son image resterait intact. L’anneau à son doigt le prouve et souvent il se murmure qu’il irait jusqu’au bout pour cette cause qui était la priorité profonde de son amie disparue.

Ne confond pas la tristesse avec la déception. Il se décevait de plus en plus, lui le sois-disant génie. Il se lève, tasse en main. Elle est vraiment froid. Il repose ses yeux sur Murphy un instant. Je balance des mots à un mur dont tu n’entends qu’un vague échos. Cela en devient ridicule. murmure t-il en allant poser la tasse près du comptoir. Plus loin, son père se lève à son tour. Devos ne parvenait pas à entendre parfaitement ce qu’ils se disaient, mais il est rare que celui-ci ignore son fils qu’il n’aperçoit que rarement en dehors de son trou.

Buona notte Figlio! E questa ragazza è carina. Mi darà un nipote? (Bonne nuit, filston ! Et elle est jolie la demoiselle, elle va me donner un p’tit fils ?). Voilà une chose que Devos n’avait pas entendu depuis longtemps. Pour parler en Italien, c’est que son père était heureux. Quelque part, ça lui fait du bien, il ne l’aurait jamais cru. Entendre une langue qui avait péri sur terre et qu’eux seuls connaissaient. C’était ridicule. Macché! Vai a dormire papà. Buona notte. (Pas du tout ! Va dormir papa. Bonne nuit.) Il lui fait signe, laissant les deux hommes partir. L’inconnue qui s’occupait de finir de nettoyer les ustensiles, semble avoir disparue pour le moment. Elle avait sans doute quitter la salle sans qu’il ne le remarque. Il est tard. Trop tard pour ce genre de confrontation, mais Devos ne peut s’éloigner de Murphy comme ça. Il ne peut pas laisser tomber.

Dit-moi ce qu’il faut que je fasse pour arranger les choses et si m’en aller est ce que tu souhaites, je le ferais. Sa voix était grave, fini de s’excuser et de s’expliquer. Allons droit au but. Elle n’en avait rien à foutre de l’homme derrière les plans, car elle refusait de l’accepter et de le comprendre. Elle n’en avait rien à foutre de ses explications, parce qu’elle avait la sienne. Devos ne perdrait pas la foi qu’il en avait en elle, mais si elle avait perdu celle de la rébellion, il refusait de la forcer. Il croise les bras, accoudés. Ils étaient seuls. Si elle voulait se lâcher, qu’elle se fasse plaisir. Voilà l’occasion parfaite de lui envoyer ses horribles légumes dans la tronche.

Qu’est-ce que tu cherches, Murphy ? Dis-le. Ne tournes pas autours du pot. Si tu ne peux plus me faire confiance, je tâcherais de la regagner. Si tu crois que je vais de nouveau agir, seul, oublis. J’ai fait l’erreur une fois, pas deux. Tout ce qui m’importe, c’est notre cause. C’est parvenir à ce dont on a toujours parlé. Aujourd’hui plus que jamais tant les enjeux sont encore plus énormes. Je crois en ce qu’on va accomplir, ensemble. Et je crois en toi bien plus qu’en moi-même. Il avait fait une promesse. Une promesse à Tennessee. Plus jamais. Il n’allait pas briser ça. Il avait dit à Chris qu’il ne partirait pas, mais secrètement s’était juré de tout faire pour ramener Murphy. Elle avait cette esprit vif et cette logique qui se rapprochait le plus du sien. Elle, elle avait largement plus l’étoffe de leader que lui ne l’aurait jamais.

Dans ce nouveau silence, Devos senti qu’il avait balancé là tout ce qu’il restait. Un mot de sa part et il retournait dans l’ombre. Il ne perdait pas espoir qu’ils réussiront à se retrouver tous. Ou sans lui. Le bien de la communauté et de son fonctionnait passé outre sa volonté à faire partie du mouvement. Il n’était pas égoïste Devos. Il est dévoué, prêt à sacrifier son existence pour un avenir amélioré.

Si tu baisses les bras, n'est pas honte de l'admettre. Mais tu es une battante. T'es impitoyables. Tu affrontes les problèmes, c'est pas ton genre de les fuir. C'était ce qu'il voyait désormais. Une femme qui utilisait la moindre tournure de phrase pour éviter une vraie conversation. Quelqu'un qui, peut-être, doute bien trop désormais pour revenir se battre. Peut-être que ça avait été trop, peut-être que Devos avait déclenché quelque chose d'autres. Murphy avait la sensation qu'elle était seule. Que Tennessee lui mentait, que Devos était solitaire et que Chris assoiffé. Mais la Murphy que Devos connaissait aurait remis chacune de ces personnes à sa place sans le moindre problème.


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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33505 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1053


Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Mar 28 Nov - 20:29

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❝ You matter to me, more than you think ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(11 novembre 2117)


La rancune, sentiment d'animosité durable et caché que quelqu'un porte à quelqu'un d'autre dont il estime avoir eu à se plaindre. Murphy aurait pu être la définition même de la rancune parce qu'elle s'éveillait dès qu'elle relevait une faute chez autrui, une faute qui la trahissait ou pire, trahissait ses propres valeurs. Elle était rigide, entêtée, ne démordait jamais de ses convictions les plus profondes, qu'elles touchent des sujets graves ou plus futiles. Ses vérités étaient par définition inaltérables. Lorsqu'elle lisait les intentions de quelqu'un, elle était sûre d'elle. Son instinct l'avait rarement trompée et c'était peut-être son empathie qui lui donnait cette capacité à comprendre les gens, d'ailleurs, qui la convainquait que l'erreur lui était impossible. Elle devinait plus facilement le meilleur chez l'autre parce que c'était toujours ce qu'elle voulait trouver dans le regard lorsqu'elle sondait les reflets de l'âme. Pourtant, le pire pouvait tomber tout aussi subitement que lourdement. Il pesait plus, obscurcissait l'esprit de l'optimiste de lourds nuages électriques. Avec Devos, la réalité s'était abattue brutalement, fatalement. De Chris, elle n'attendait plus rien depuis longtemps. Avec Devos, les choses avaient toujours été différentes, peut-être parce qu'ils avaient toujours gardé une certaine pudeur dans leurs contacts, peut-être qu'ils savaient que les idées étaient les seules qui les liait, et le souvenir de Faust aussi. Sa réalité lui était apparue brutalement sous les yeux, ce jour-là : le pont qui les liait s'était effondré en même temps que leurs idées communes. Mais le plus douloureux pour Murphy avait probablement été de se rendre compte à la fois de l'ampleur de sa naïveté et de la douleur de la perte. La voilà, la réalité : Devos avait été son ami. Parce qu'elle avait un peu trop baissé la garde, cru à ses baratins et ses discours enflammés par la passion de l'espoir, parce qu'elle lui avait voué une confiance qu'il n'avait jamais gagné. C'était des erreurs qui se faisaient trop récurrentes ces derniers temps. Elle se ramollissait, s'affaiblissait. C'était la faute de cet espoir candide et irraisonné, sans aucun doute, celui de vivre une nouvelle vie guidée par autre chose que la simple survie.

Alors, il avait beau s’asseoir devant elle et profiter du calme d'une journée épuisante et bientôt révolue pour lui sortir de longues tirades déterminées, Murphy n'était pas dupe. Elle ne s'autorisait plus à l'être, cette fois, et à gober tous les mensonges qu'on voulait lui faire avaler. Elle se débattait contre la peine qui lui inspirait, à la regarder comme ça avec ses grands yeux clairs et à la caresser dans le sens du poil comme il le faisait. Ça lui coûtait, elle pouvait le sentir dans ses mimiques, le deviner dans ses gestes et son regard. « Oh, alors je t'inspire la déception, hein ? » Il était toujours aussi maladroit, en tout cas, ça ne faisait aucun doute. « Imagine ce que toi tu m'inspires, alors », ajouta-t-elle en sifflant entre ses lèvres et en le pointant du doigt. « De toute façon je te connais pas, y'a plus à épiloguer là-dessus. » Elle avait tendu une perche, il l'avait saisie pour la frapper en pleine face. Elle ne l'avait probablement jamais réellement connu, elle qui avait pourtant été persuadée pouvoir anticiper ses réactions tant elles reposaient sur la logique. Mais elle ne savait plus lire son regard et toutes les nuances d'impassibilité qui le traversaient. « Devine qui a dressé les barrières et pourquoi », vociféra-t-elle alors que sa patience l'abandonnait, incapable d'attendre pour répliquer à ses remarques intransigeantes. « La conne qui t'a fait confiance s'en mord les doigts, je pensais que c'était évident à comprendre après ce qui s'est passé mais des fois j'oublie que t'es incapable de te mettre à la place des autres. » Le ton était sévère, tranchant, caustique. Il n'arrivait toujours pas à abattre les protections dressées dès qu'elle avait compris que les trois autres leaders se foutaient ouvertement de sa gueule. Tennessee avec les secrets, Chris avec sa partialité évidente, et enfin et surtout Devos avec son mensonge éhonté. Elle n'avait même pas daigné tourner la tête pour le voir ranger sa vaisselle et fixait le feu face à elle, le regard froncé par l'aigreur. Elle ne releva ses prunelles que vers les deux autres hommes présents qui venaient de se lever et d'alpaguer Devos dans une langue qui lui était inconnue. Vexée de ne pas comprendre, elle se renfrogna un peu plus et jeta un coup d'oeil à ses légumes froids et tristes.

Il n'y avait pas d'issue possible, finalement. C'était la seule conclusion qui lui venait. Il avait essayé de lui expliquer et elle avait essayé de comprendre, mais il demeurait des failles qui ne pouvaient être comblées. La confiance évaporée, l'amitié brisée, les idéaux ébranlés. Elle n'avait plus main mise sur rien, et elle s'épuisait à s'accrocher à des fondations depuis longtemps effondrées.

Ses iris se levèrent brusquement sur les flammes lorsque la voix de Devos raisonna à nouveau dans la pièce. Pour une raison obscure, elle avait été persuadée pendant quelques instants que lui aussi avait abdiqué, qu'il avait quitté les lieux sans demander son reste, bien conscient d'avoir tenté de traverser un terrain miné. Un fin sourire triste étira ses lèvres. Elle ne répondit rien, tout d'abord, trop soulagée de constater qu'il était encore là, même dans son dos, et trop atterrée d'être soulagée par sa présence. Les mots de Devos raisonnaient dans le silence de sa caboche noyée dans le doute et l'envie de reconsidérer toutes les convictions dont elle s'était bercée ces derniers mois. Il attaquait, maintenant, sortait ses dernières armes pour ce qu'elle devinait une dernière tentative. Elle voulait croire à ses promesses mais elle était retenue par la leçon qu'elle avait ruminée tous ces derniers mois. Elle avait cru Chris, une fois, et ça avait été une fois de trop. Elle n'arriverait sans doute jamais à croire à des excuses parce que c'était de preuves dont elle avait besoin. Les mots ne lui offriraient jamais ce concret qui lui était nécessaire pour rouvrir à de nouvelles perspectives communes. Elle cherchait les siens, cherchait dans ses entrailles toutes ses motivations et tous les équilibres qu'elle avait besoin de reconstruire. Même de dos, s'il l'observait, Devos pouvait la deviner s'agiter. Elle croisait les jambes, s'enfonçait sur sa chaise, se frottait le visage. Le silence s'installait sans qu'elle arrive à le brise et c'est Devos qui reprit, la terrassant d'un dernier coup, celui du déshonneur, comme s'il la frappait une dernière fois de toutes ses forces pour être sûr qu'elle était devenu un cas aussi désespéré que ce qu'il pensait.

Non, ce n'était pas son genre de fuir les problèmes. Ce qui était son genre, c'était de les éviter. C'était de ne laisser entrer dans son monde que ceux qui ne les causeraient pas, les problèmes. Son genre, c'était la prudence des relations, le choix des proches. Elle avait failli à ses propres valeurs et redoutait d'encore répéter l'erreur. Elle se trompait bien trop souvent, ces temps-ci; elle ne pouvait plus compter sur son instinct et elle était perdue dans sa propre indécision, à court de repères. Elle pensait à Tennessee et à ses doux conseils mais il lui semblait à présent qu'elle devait faire face à ses propres anxiétés qui lui barraient la route et lui interdisaient le pardon. « Je baisse les bras », admit-elle à contrecœur. « Je peux essayer de croire à tes promesses, mais j'en ai marre d'être prise pour une conne, de pas être écoutée. T'as mis quatre mois à présenter tes excuses. Ca me donne pas l'impression d'être nécessaire à quoi que ce soit. » Sa voix avait tout perdu de sa rudesse; n'y demeurait que des marques rocailleuses d'usure et d'abattement. Elle jouait nerveusement avec ses doigts encore gelés, se mordait la lèvre de déception. A présent épargnée du regard de Devos, elle se décevait elle-même, faisait tomber les masques dans le silence et la discrétion de la nuit. « Je suis rien de ce que tu décris. Arrête d'essayer de flatter mon ego. Je t'ai dit, je baisse les bras. »

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO ALDARIM & IRINA DRAGHSTEEL ; 1024 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 179
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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Mer 29 Nov - 21:25



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you matter to me,
more than you think..
11 NOVEMBRE 2117


Elle ne le connaissait pas. Voilà une véritée. Voilà ce qui crée peut-être plus de problème que nécessaire. Pour une cause pourtant, était-ce nécessaire de connaître parfaitement ses alliées ? Son passé, son histoire, son caractère, sa façon de penser. Devos donnait trop peu à ceux qui l’entouraient. Il camouflait tout un morceau sans s’en rendre compte. Il n’était pas question de garder privée ce qui devait l’être par crainte d’avoir une nouvelle étiquette sur le dos. Ce n’était pas non-plus dans un désir de garder le mystère pour le plaisir d’en jouer. Son histoire restait son histoire. La partager n’avait pas d’importance. Pas d’impact sur ce qu’il comptait faire et pourquoi. Celui qu’il était aujourd’hui, c’était le même qu’hier. Il ne percevait pas chez lui une évolution, un changement. S’il y a eut un moment décisif dans sa vie, il ne l’a pas ressenti. Il ne partageait donc pas ce qui représentait son existence. De même qu’il ne demandait pas celle des autres. Cela lui importait peu de la manière dont ils avaient grandis. La manière dont ils avaient aimés ou, à l’inverse, la façon dont ils ont été blessés. Voilà des valeurs dont il n’avait pas besoin. Il observait, il étudiait, il gardait en mémoire ce qu’il semblait important et qui pourrait, par la suite, le pousser dans la confiance. C’était les choix et les pensées actuels qui lui étaient importantes. Pour Murphy, il s’était rapidement fait une idée sur elle tant elle luis semblait ouverte. Il n’avait aucune idée de son parcours, de son enfance ou encore des personnes qui ont su prendre une place cruciales dans sa vie. Il savait pourquoi ce dont elle était capable. Son mauvais caractère, il s’y était fait comme si sa grossièreté ne l’avait jamais dérangé. Les mots, il fallait les utiliser avec précaution. Elle avait commis des erreurs, mais savait faire preuve d’une compassion qui lui échappait. C’est une fonceuse, qui s’accroche à ses convictions et qui n’hésites pas à se briser pour les autres. Ce n’est pas une brute qui frappe les murs pour se défouler. Il lui arrive parfois d’en faire trop, de trop en dire, de trop agir. Il a souvent du mal à la suivre, à garder le même rythme qu’elle, mais elle pense à bien faire. Il le sait. Il ne peut peut-être pas tout comprendre de son histoire, mais il sait ce qu’il a vu par le passé et il sait que c’est encore là, au fond de cette poitrine.

Il y avait de l’espoir en elle, il pouvait le lire dans sa façon de réagir à tout ça. L’espoir pour cette communauté de vivre, de s'agrandir et s’épanouir. L’espoir de ne plus être au crochet d’un conseil qui ne voit pas la réalité de ce nouveau monde. L’espoir de ne plus s’accrocher à la survie et de respirer.

Je ne parlais pas de toi, mais de moi. Il s’arrête et la fixe. Il la fixe comme il fixe une enfant qui ne comprend rien et qui se fait mal bêtement. Il la fixe parce qu’elle n’a pas tord et qu’il sait qu’il lui inspirait, c’était la trahison. C’était quasiment irréparable, il pouvait le sentir maintenant. Il tendait la main vers un trou noir qui aspirait ses moindres tentatives. Il se sentait bête, mais il savait qu’il ne pouvait pas échapper à ce moment. Il devait tout faire pour arranger la situation. C’était sa responsabilité. Entendre Murphy regrettait de lui avoir fait confiance lui fait mal. Mais pas autant que d’entendre qu’il était incapable de se mettre à la place des autres. Debout devant le comptoir, il perd son regard. Oui, il en était incapable, mais il essayait. Vraiment. Avec toute la sincérité qu’il possédait, il essayait de se mettre à sa place. De se mettre à la place des autres. De saisir les nuances des émotions, des volontés, des déceptions. Les résultats, des échecs. Encore, toujours. Il finirait par devenir fou à tenter de comprendre les hommes, fou alors qu’il était lui même de cet espèce. Fou, à ne pas avoir la même logique, la même pensée, la même vision. Fou de blesser les rares personnes qu’il apprécie.

Quand son père s’éloigne, Devos se retrouve devant un champ de bataille. Devant le calme avant la tempête. La solitude de la salle était une alerte. Il n’y avait désormais aucune raison de rester calmes et d’observer les étoiles. Si ces véritées parvenaient à Murphy comme des mensonges, alors il devait cesser.

J’en ai rien à foutre de ton égo. Tu es exactement comme je le dis. Je suis peut-être incapable de me mettre à ta place, mais je ne suis pas aveugle. Il se gratta la tête, son soit-disant génie semblait être en panne. Mais ce n'était pas ça. L’idée qu’elle baisse les bras, vraiment, c’était un désastre. Une perte. Aussi féroce et sensible que lorsque Faust avait tout bonnement disparue. L’idée qu’elle ne soit plus là pour les guider l’effraie. A quatre, ils représentaient un puzzle complet, chacun amenant la dose parfaite de soi-même. Non, sans elle ça ne marcherait pas, mais elle devait y croire. Elle devait éradiquer ses doutes. Elle devait éradiquer ce qui la faisait souffrir en ce moment même. Trouver une solution aux problèmes… Le problème étant lui. Alors Devos se passa une main sur son visage comme pour effacer des mois de nuit blanche et de cogitation. Son regard aperçoit alors Murphy, puis le feu plus loin.

J’avais peur. Dit-il soudain, brisant encore le silence de sa voix grave et immortel. J’ai mis quatre mois à venir te parler, parce que j’avais peur. Dès que je te croiser, j’étais paralyser. Tu n’es pas quelqu’un de facile à saisir. Je ne sais jamais comment tu vas réagir et je crains toujours de faire ce qu’il ne faut pas. Surtout avec toi. Il l’avait éviter, il s’était caché. Il s’était engouffré dans le métro et n’était ressortie que lorsque cela était nécessaire. Il avait peur que la situation soit pire encore. Il avait peur qu’elle exige de lui des choses qui lui briserait le coeur - comme quitter la rébellion. Il avait peur que cette conversation se termine par la conclusion que la rébellion n’était plus rien, par sa faute.

Je veux toujours arranger les choses, mais il est tellement facile pour moi de les détruire… Ses mains s’ouvrent, alors que ses cicatrices offrent un spectacle déplorable. Même catastrophique. Il en fait toujours trop, se plongeons corps et âmes dans ses tentatives. Dès qu’il a une chose en tête, il a dû mal à regarder autours de lui. A faire attention. Il avait parfois le sentiment de n’exister que cette rébellion. Un pion, le genre qu’on sacrifie dès les premières minutes du jeu.

Je ne veux pas être la raison pour laquelle tu baisses les bras. Ni la goutte de trop. Dit-il alors, toujours prêt à se battre pour que Murphy ne disparaisse pas à son tour. Son souffle se coupa une seconde avant que d’autres mots ne s’échappent. Je veux pas te perdre. Il ne respirait plus désormais.




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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33505 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1053


Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Jeu 30 Nov - 23:28

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❝ You matter to me, more than you think ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(11 novembre 2117)


Ne plus le voir, ça rendait les choses plus faciles. Dos à lui, elle pouvait se perdre dans ses propres pensées et accueillir les mots de Devos pour ce qu'ils étaient, sans être influencée par les étincelles de son regard dont elle interprétait sans doute plus que ce qui aurait été raisonnable de faire. Les lueurs chaudes du feu la berçaient et l'apaisaient, et sa tiédeur lui parvenait à nouveau, lui offrant un peu d'un réconfort que Devos lui avait interdit malgré lui en s'interposant. C'était un peu étrange, de n'avoir plus que cette simple donnée qu'était la voix. Il n'y avait que le choix des mots et de la tonalité qui comptaient et ça leur donnait une dimension nouvelle, renforçait le contraste de leur impact. Il arrivait à la faire douter, maintenant, de tout ce qu'elle avait pu penser de lui tous ces mois. Elle commençait à émettre l'hypothèse qu'elle avait pu se tromper en pensant s'être trompée. Peut-être que tout n'était pas perdu, finalement, et peut-être que ces seules explications lui dévoilaient à nouveau le Devos qu'elle avait toujours connu et en lequel elle avait toujours cru. Peut-être qu'une erreur ne déterminait pas une personne dans son entièreté et n'était pas vouée à la définir pour le restant de ses jours. Pourtant, le doute demeurait, les questions se multipliaient. Elle voulait le croire mais une prudence excessive l'empêchait de le faire, de s'abandonner à ses excuses et de laisser tomber toutes les barricades qu'elle avait bâties. Ça prendrait plus de temps que ça, mais peut-être qu'il était temps de commencer quelque chose, une démarche de l'esprit, une ouverture des idées.

Ses remarques ne sortaient plus que comme des plaintes discrètes et désespérées, preuves de tout ce à quoi elle n'était plus sûre de croire ou vouloir croire. A quoi pouvait bien servir une rébellion aussi bancale ? Et à quoi pouvaient bien servir des amis qui trahissaient... Elle avait trop perdu et trop déchanté en trop peu de temps. On lui tournait le dos trop facilement ou on gardait trop facilement ses regrets pour soi-même. Murphy n'était plus qu'un témoin de ces amitiés effritées et de ces relations mensongères qui lui apparaissaient violemment. Elle avait trop attendu de trop de monde, avait-elle conclu. Pourtant, une espèce de lueur d'espoir commençait à germer en son cœur. Le calme des flammes dansantes y contribuaient probablement, mais c'était Devos qui trouvé ses points faibles -ou ses points forts-, qui semblait deviner progressivement ce qu'elle avait besoin d'entendre pour être rassurée. C'était un premier pas, c'était emprunter une nouvelle voie plutôt que de continuer à se laisser immerger dans le désespoir de relations regrettées. Une part d'elle continuait à lui souffler les conseils de Tennessee et toute sa bienveillance. Savoir donner une seconde chance à qui s'en montrait digne et réceptif. Il fallait qu'elle apprenne à laisser un peu de lest à cet esprit trop malmené par la rudesse d'une exigence qui la desservait. Après l'avoir asséné d'une de ces remarques tranchantes dont elle savait flageller ceux qui lui faisaient du tort, elle resta silencieuse. Elle gesticulait, doutait, se surprenait à une nervosité qui ne lui ressemblait pas, signe que ses propres convictions lui laissaient le répit dont elle avait besoin et ouvraient les vannes de l'indulgence, si ce n'était de l'amnistie.

Et les mots de Devos, finalement, raisonnèrent de longues secondes dans le silence qui baignait le réfectoire à une heure aussi tardive. Peur. Il avait peur. Des frissons la parcoururent alors qu'il détaillait tout ce qu'elle lui inspirait. Elle déglutit difficilement et son regard se riva sur ses doigts qui continuaient de se taquiner les uns les autres sous la nervosité. Elle avait toujours cru être un livre ouvert, elle. Parce qu'elle ne mâchait jamais ses mots et fuyait le mensonge, elle avait cru naïvement que lui, Devos, le traducteur de ces codes informatiques alambiqués, savait la décrypter. Elle était si prévisible, pourtant, et elle avait toujours cru qu'ils s'étaient compris dans toutes leurs différences, et que c'était elles qui avaient toujours fait la force de leur lien. Ça aussi, ça s'avérait être une illusion. Il la connaissait suffisamment mal pour la craindre; ou peut-être que le pire était de considérer valable l'idée qu'elle puisse effrayer. Au regard d'un homme qu'elle avait tant considéré, elle était donc de ces furies qui font peur et impressionnent au point de repousser. Ce n'était plus le frisson qui traduisait son malaise, c'était sa gorge nouée qui refusait de laisser échapper le moindre son. Lui revenait en plein visage un reflet qu'elle abhorrait, celui qu'elle avait donné sans s'en rendre compte en ne cherchant qu'à inspirer un respect dans un monde dans lequel elle ne s'était jamais sentie légitime. Devos ne s'était probablement jamais rendu compte de ça, du combat permanent qui était le sien pour faire accepter aux autres qu'elle était aussi capable que n'importe quel homme parmi les militaires. Il ne savait probablement pas toutes les remarques et les surnoms dont on l'avait affublée pendant sa formulation, parce qu'elle était petite et frêle. Il ne savait pas qu'il n'y avait que par la parole qu'elle avait su s'imposer et prouver sa valeur, que sa jugeote et son empathie étaient probablement celles qui l'avaient propulsée si haut dans la hiérarchie. Il n'avait pas conscience de la quantité de travail et tout le temps qu'elle avait consacrés à s'entraîner juste pour espérer égaler les muscles de ces hommes qui faisaient deux fois sa taille et sa corpulence. En la méprisant comme il le faisait, il lui ôtait sa légitimité à la seule arme qu'elle avait jamais réellement maîtrisée, celle de la parole. Elle faisait peur. Au lieu d'inspirer le respect qu'elle avait toujours cherché, elle inspirait la crainte.

Peut-être que c'était bien, d'inspirer la crainte. Peut-être que le respect ne pouvait exister qu'à travers elle. Peut-être qu'elle devait y trouver un peu de fierté, dans cette crainte. Mais était-ce vraiment elle que l'on souhaitait d'un ami ? Que l'on souhaitait d'un allié de la vie ? Il ne l'avait pas respectée, dans ce putain de bunker. Il ne l'avait pas respectée lorsqu'il avait décidé de prendre sa décision seul, il n'avait respecté personne. Devait-elle s'en sentir insultée, offensée ? Est-ce que c'était personnel ? Probablement pas. Il s'était moqué d'elle à ce moment-là comme il s'était moqué de tous les rebelles. Il n'avait pensé à qu'à ses idées et à ce qu'il était prêt à risquer lui. C'était l'acte noble d'un homme qui n'avait pour valeur que de faire changer les choses, avec ou sans les autres. Mais comprenait-il les failles de son intervention ? Comprenait-il l'inquiétude qu'il lui inspirait, maintenant, à elle ? Le paysage menaçant qui se dressait devant elle dès qu'elle s'imaginait qu'une seule personne puisse choisir pour toutes les autres ? Elle voulait croire en ses promesses, elle voulait croire que oui, il avait ouvert les yeux sur sa vérité à elle et qu'elle complétait celle qui l'avait poussé à faire les choses telles qu'il les avaient faites. Il fallait qu'elle, en contrepartie, accepte celle qu'il tentait de lui dresser. Ses convictions, à Devos, avaient toujours été nobles. C'était ce qu'il fallait qu'elle retienne de ce geste désespéré de l'homme qui avait trop longtemps été témoin d'une rébellion qui tournait au ralenti et se contentait de son petit confort souterrain. « Alors je suis un monstre... » lâcha-t-elle dans un souffle qui respirait la peine. Chris ne devait pas en penser moins que Devos. Elle les imaginait cracher ensemble toute leur haine commune de la furie avec qui ils avaient partagé le leadership de la rébellion et au lieu de s'enflammer de rage, son cœur se fit douloureux et quelques larmes humidifièrent discrètement ce regard qui se perdait à nouveau dans les flammes crépitantes. « Détruire, c'est toujours plus facile. C'est nos choix qui nous déterminent », se contenta-t-elle de répondre alors que ses doigts froids s'étaient finalement immobilisés, croisés sur la table de bois. Le ton avait perdu toute sa hargne; ne demeurait que la faiblesse de celle que l'on avait tenté d'achever à coups de vérités glaçantes.

« C'est pas toi, la raison » lança-t-elle par-dessus son épaule, lui accordant un coup d'oeil bref. « Pas que toi. » Elle se racla la gorge et se mit à jouer avec les anneaux pendus à sa chaîne. Toujours hypnotisée par le brasier à un ou deux mètres d'elle, elle pensait à tout ce qui avait explosé dans sa vie durant ces derniers moi. Richard qui lui avait tourné le dos, et puis cette cacophonie rebelle. Il y avait eu Isdès, aussi, un espoir bref qui lui avait donné envie de croire à un avenir ici. Tout avait disparu d'un coup, prétendu qu'il n'avait jamais existé. Ne restaient que des bribes de ses souvenirs heureux et la perspective d'un renouveau l'avait progressivement quittée. Elle n'avait probablement tant perdu foi en les autres qu'en elle-même, à dire vrai. Comment pouvait-il en être autrement lorsque tous ceux qui comptent pour vous finissent par vous tourner le dos ? C'était elle, le dénominateur commun à ces échecs et à ces abandons. Pourquoi se battre pour une cause à laquelle vous n'apportez rien, une cause aux yeux de laquelle vous êtes devenu un boulet que l'on traîne par habitude ?

Le dernier aveu de Devos la tira de ses rêveries désespérées et aliénantes. Il lui fit l'effet d'une décharge électrique et elle se redressa sur sa chaise, fixa le mur devant elle et se retourna, s'accoudant au dossier pour enfin retrouver la silhouette de celui qui avait été l'un de ses compagnons d'infortune les plus fidèles. « T'es sérieux ? » La question était murmurée, suppliante. « Tu me referas jamais de coup de connard comme ça ? J'en ai marre d'être prise pour une conne ou une folle furieuse, mais si tu recommences, je te donnerai toutes les raisons d'avoir peur. » Ce n'était pas tant une menace qu'une imploration. Si elle abandonnait maintenant, si elle lui accordait cette victoire, alors elle ne voulait pas le regretter. Pas encore, pas comme ça avait été le cas avec Chris. Elle voulait que ses pardons gardent de leur valeur, que son amitié, aussi, garde de cette valeur qu'elle lui estimait. Accepter des excuses était un signe de faiblesse, une défaite peut-être; accepter de perdre un peu de son influence ou de son pouvoir, accepter de baisser la garde que l'on avait instinctivement montée pour se protéger des répliques d'un premier cataclysme. C'était ouvrir la porte doucement pour laisser l'autre rentrer à nouveau dans sa vie mais avec un sourire timide, un sacrifice nécessaire mais qui paralysait d'effroi celui qui aurait sans doute préféré le confort de la préservation. Mais l'enjeu était bien plus compliqué qu'un simple choix entre danger et sécurité; c'était aussi s'offrir la possibilité de retrouvailles, d'un pardon sain qui poserait les bases de quelque chose de nouveau et de plus fort, encore, que ce qui avait pu exister auparavant. Faire le choix du risque, c'était le plus difficile; c'était se lancer dans le vide avec un parachute qui avait probablement moitié de chances de ne jamais s'ouvrir. Mais c'était sur les risques que se bâtissaient les plus belles histoires. Murphy sautait dans le vide, et elle espérait que Devos la rattraperait avant qu'elle ne s'écrase au sol.

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO ALDARIM & IRINA DRAGHSTEEL ; 1024 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 179
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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Dim 3 Déc - 16:44



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you matter to me,
more than you think..
11 NOVEMBRE 2117


Devos n’était pas quelqu’un qui pouvait facilement se lier aux autres. Depuis toujours, c’est un peu un paria. Il est abandonné par les autres, trop rapide dans sa façon de comprendre leur monde. Il pense trop vite, il parle trop vite, il fait les choses trop vite. Cela ne veut pas dire que tout ce qu’il entreprend est forcément mauvais, bien au contraire. Devos sait ce qu’il maîtrise, il sait ce qu’il ne maîtrise pas. Il s’améliorer dans tout ce qu’il aime savoir, puis parvient à toucher une excellence qui ne semble l’atteindre que lui. Il a souvent entendu le mot “génie” s’associait à son prénom comme si c’était évident. Pas pour lui. Pour lui, il était normal. Comme un autre. Il n’avait rien de plus qu’eux, mais à force de les entendres, il a acceptait la simple verité qu’il ne serait jamais considérait comme une personne des plus basiques. Son intelligence est devenue sa marque et la seule chose que l’on retient. C’est aussi devenu un fardeau. On le crois capable de tout par magie. De refaire le monde par miracle. Ridicule. Ca l’agaçait, même. A tel point qu’il s’encourager lui-meme à s’éloigner du contact des autres, pour éviter de se retrouver dans cette case qu’il supporte de moins en moins. Pourquoi ne peut-on pas le considérer comme un homme, tout simplement ? Quelqu’un qui était prêt à aider, prêt à rendre service. Quelqu’un qui n’avait aucun atout sociale, mais qui n’était franchement pas méchant. Il avait ses maladresses et ses défauts, mais c’était un coeur pur. Pourquoi personne ne voyait ça ? Pourquoi son physique jouait-il autant dans la moindre de ses actions ? Devos avait depuis longtemps abandonné la moindre justification. Ils étaient comme ils étaient. Peut-être un peu stupide, peut-être un peu trop attachés à la facilité des choses. L’informaticien n’avait aucun pouvoir pour changer les regards. Il n’a qu’à rester l’image de ce qu’ils ont déjà en tête, c’était trop tard maintenant. Il ne parviendrais jamais à être autre chose et il avait laissé tomber tout action qui pourrait faire changer d’avis. Pire, Devos en jouait maintenant. Il jouait de son génie pour qu’on le laisse en paix. Pour maintenir ce gouffre entre lui et eux.

Il avait toujours cru que Murphy ne s’était pas fait avoir par tout ce qu’on disait de lui. Qu’en se joignant à la cause, elle avait vu plus. Elle avait vu au-delà de ce qui était raconté à son sujet. Il y avait cru, profondément. Depuis la réunion du bunker, tout avait explosé. Le pont fragile qui les unissaient s’était écroulé, lamentablement. Devos, pourtant, malgré la douleur de ce moment, tentait de retrouver des briques et de les poser entre eux, prêt à tout reconstruire en mieux et en plus fort. Il avait besoin de Murphy, sincèrement. Il se rendait compte de son erreur et même s’il en avait marre d’en parler, encore et encore, il ne pouvait pas abandonner et laisser la jeune femme partir en baissant les bras. Ce moment, c’était sa chance. C’était l’opportunité pour lui d’attraper Murphy par la main et de lui dire qu’il était désolé. Qu’il était là.

Alors il avoua. Il avoua que ces derniers mois, il avait été guidé par la peur. Il connaissait Murphy sans jamais réellement la saisir dans sa totalité. Elle restait un électron libre, fort et imposant qui pourrait exploser sans prévenir. Et c’était cette explosion qu’il avait cherché à fuir et éviter. Cette explosion qui aurait pu le détruire dans la foulée. Détruire le peu qui restait de leurs convictions et de leur amitié. Cela ne voulait pas dire qu’il considérait Murphy comme un monstre. Il n’irait pas jusque là. Jamais, même. C’était simplement la sensation qui l’avait ressenti ses derniers mois.

Non… non, tu n’es pas un monstre. Il baissa les yeux, croisant de nouveau les bras. Là, dans son coin, il avait froid. Ou alors était un frisson d’un autre chose. Tu es mon ami, mon alliée et il était d’autant plus difficile pour moi de réaliser à quel point je t’avais... blessé. Il avait peur de ne pas être capable de réparer sa bêtise, d’enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. Il avait toujours peur, d’ailleurs. Là, debout, derrière elle, il suppliait que le monde ne leurs tombent pas dessus par inadvertance. Il suppliait que ses mots n'aggrave pas la situation. Il restait donc en retrait, perdu plus que jamais. Murphy devait revenir, lui pardonner, reprendre sa position de leader parmi les rebelles et permettre à leurs communautés d’avancer vers un avenir meilleur. Il n’y avait qu’une seule et simple véritée à tout ça. Il ne voulait pas la perdre, elle. Ses bras se décroise il délaisse le dos de Murphy pour l’anneau à son doigt qu’il tourne sur lui-même. Il cesse de respirer quand ces mots sont prononcés.

Il veut dire à Murphy ce qu’il aurait aimé dire à Faust. Il ne veut pas la perdre, il ne veut pas la voir disparaître de sa vie. Il veut d’elle en tant qu’amie, en tant que leader pour une cause qui représentait tout à ses yeux. Il veut d’elle dans son monde, prêt à faire des efforts pour se montrer un peu plus attentif à ses besoins. Alors que ses yeux fixaient la bague, il sentit ses pupilles brûlaient tout en se noyant en même temps. Quand il releva la tête vers Murphy dont la réactivité le surprit, il s’autorisa de nouveau à respirer alors que les flammes illuminaient ses yeux embrumés. La lumière semblait mettre en valeur des larmes qui n’avaient jamais coulés et qui pourtant tentait de trouver une issue de secours.

Je te le promet. Dit-il d’une voix grave, pleine de sens. C’était une porte qui venait de s’ouvrir, laissant apparaître un peu de lumière. Murphy était fidèle à la cause, fidèle à cette avenir qu’elle souhaitait tout autant que lui. Elle était prête à recommencer, il devait donc tout faire pour que les choses se passent bien à commencer par promette qu’il ne ferait plus jamais un action en solitaire. Plus jamais. Ils ne se rendaient peut-être pas compte, Chris, Tennessee et Murphy, mais ils étaient sa famille. Plus que son père, plus que sa mère et les autres. Eux trois, ils étaient une autre partie de lui. Des moitiés qui l’aidaient à voir le monde différent, à grandir malgré son âge avancés. Des morceaux de son âme, à jamais nécessaire pour respirer. Ensemble, ils étaient l’espoir. Ils n’étaient pas qu’un groupe de rebelle, ils étaient une lueur de printemps à l’auror d’un hiver difficile. Si Tennessee le comprenait mieux que personne, Chris était ce visage du passé et ce frère qu’il avait à ses côtés depuis toujours. Faust lui avait ouvert les yeux sur plus qu’il n'aimerait l’admettre. La raison pour laquel il s’était toujours montré si irritant avec elle, il la comprenait mieux aujourd’hui. Et puis il y avait Murphy. Murphy dont les émotions dépassaient de loin les siennes. Murphy, a qui il avait accordé sa confiance et, au fond, son amitié la plus sincère.

Il arrêta de jouer avec sa bague, fixant Murphy désormais. Il n’arrivait pas à faire son deuil, il n’avait jamais eut personne avec qui parler de la douleur qui était au fond de lui face à la disparition de l’ancienne chef. Il savait que pour Murphy, c’était tout aussi difficile que ça Faustine ne soit plus dans les parages. Peut-être qu’un jour, ils allaient y arriver. Qu’ils pourraient ouvertement s’exprimer sur le sujet. Mais pas maintenant. Maintenant, il y avait peut-être une chance que Devos nettoie le chaos qu’il avait imposait ces derniers mois.

Quand tu disais que le problème, ce n’était pas que moi... Tu parlais de Chris, n’est-ce pas ? Chris qui n’avait pas attendu longtemps avant de le soutenir. Comme le frère qu’il était. Sa confiance en Devos dépassait les doutes qu’il avait. Devos, un traître ? Non. Chris le connaissait mieux que ça. Mais même si l’informaticien avait très envie de le défendre, d’expliquer les choses, il savait que seul Chris pourrait réussi à faire ce qu’il faut.



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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33505 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1053


Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Dim 3 Déc - 21:33

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❝ You matter to me, more than you think ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(11 novembre 2117)


Murphy ne pouvait pas oublier, parce qu'elle n'oubliait jamais rien. Les trahisons n'étaient jamais totalement digérées et lorsque des doutes émergeaient, ils restaient à flot pendant trop longtemps, malgré toute la bonne volonté qu'elle pouvait mettre à tenter de les laisser derrière elle. Tout ce négatif qu'elle exécrait s'accrochait à elle comme une poisse dont on n'avait plus d'autre choix que d'être victime. Elle pensait être de ceux qui arrivaient à cerner rapidement une personne, en fait, par ses mimiques et ses statures, le choix des mots, la nature du regard et tout ce que dégageait naturellement un être humain. Le dédain était ce qui la faisait fuir en premier, parce qu'il était synonyme d'un enfermement, laissait présager de discussions à sens unique. Elle aimait les failles parce qu'elle s'y retrouvait. La perfection impressionnait parce qu'elle ne pouvait qu'être apparente. Rien que parce que sa définition dépendait des valeurs de chacun, elle ne pouvait pas exister. Alors, lorsqu'elle se dessinait d'une manière ou d'une autre chez autrui, Murphy y lisait tout ce qu'on pouvait s'efforcer de masquer sous la cire figée des apparences. Les pires secrets, ceux qui vous faisaient perdre un peu de votre humanité. Elle avait toujours aimé ceux qui étaient faits de contrastes, ceux qui se révélaient faillibles et au moins un peu écorchés par la vie. Ils étaient ceux qui la rendaient intéressante. Ils étaient ceux qui rendaient l'humanité si humaine. Devos était de ceux-là, de ceux qui tentaient de se barricader sans y arriver totalement, parce que leur humanité finissait par les rattraper. Il courait après l'idéal inatteignable, se battait pour ses convictions, se refusait au regard sévère de ceux qui jugeaient ceux qu'ils voulaient voir. Certaines de ses fêlures sautaient aux yeux. La distance qu'il maintenait avec les autres lui avait été imposée autant qu'il l'avait imposée. Malgré tout ce qu'elle pouvait lui dire, il était incroyablement humain, Devos. Il était un parfait exemple d'abnégation, en fait, mais il y avait certaines choses qui avaient fini par sauter au visage de Murphy. Peut-être qu'elle ne le connaissait pas si bien que ça, elle qui avait réussi à se persuader de l'inverse. Peut-être qu'elle n'avait jamais réellement su lire les gens, en fait. Il n'en serait qu'un énième exemple, après tout. Après Richard et Tennessee, après Chris et après Isdès, elle avait gagné toute légitimité à douter du regard qu'elle posait sur autrui. Mais malgré les doutes, elle s'accrochait à ce drôle d'instinct. Ses craintes ne disparaissaient pas. Devos les atténuait, les masquait, mais n'avait pas encore le don de le faire s'évaporer. Un claquement de doigt ne suffirait pas.

Et puis, à lui, elle lui faisait peur.

C'était un mot qui faisait frissonner, lorsqu'il représentait ce que vous inspiriez à ceux qui comptaient. Entêtée, Murphy l'avait toujours été, pourtant. Elle n'avait jamais mâché ses mots, elle avait toujours défendu ses idées avec une persévérance et une constance qui ne plaisaient pas à tous. Mais lorsqu'elle laissait entrer quelques rares privilégiés dans sa vie, elle avait toujours cru que c'était pour les bonnes raisons. Parce qu'elle les comprenait, mais aussi parce qu'eux la comprenaient. Ne pas être prévisible était l'un des plus beaux compliments qu'on puisse lui faire, mais elle n'avait jamais souhaité inspirer la peur. La peur, ce n'était pas le respect; c'était l'arme des désespérés, de ceux à court d'arguments et de bon sens, de ceux contre qui même l'univers se tourne. Elle était devenue de ceux-là, alors, et la tentative de Devos de la rassurer n'eut que très superficiellement l'effet escompté. Elle n'arrivait plus à faire sortir de son esprit la vision qu'elle avait de lui et de Chris qui commentaient ses façons de faire. Murphy la furie, Murphy qui ne comprenait pas, qui hurlait, qui pestait, qu'il ne fallait plus approcher, qu'il ne fallait plus écouter. Peut-être que la rupture était inéluctable, en fait, et qu'elle finirait toute seule avec Antarès, le seul être vivant qui voudrait encore bien se tenir à ses côtés.

Car pour tout l'or du monde, Murphy ne changerait pas. Pas seulement parce que les cicatrices les plus profondes étaient rendues indélébiles par le temps, mais parce que c'était une promesse qu'elle s'était faite et qu'elle avait faite à Faust des années auparavant. On ne changeait pas pour les autres. Si on décidait de le faire, alors c'était pour soi. Sinon, c'était se plier au désir de quelqu'un dont on considérait les valeurs plus importantes que les siennes. Changer pour autrui, c'était accepter qu'on n'était pas assez bien soi-même et qu'on ne méritait pas son attention autrement qu'en se pliant à ses désirs. Contrairement à l'image qu'elle renvoyait, Murphy ne s'aimait pas. Elle ne se détestait pas, mais elle ne s'aimait pas. Elle s'acceptait, et c'était déjà pas mal. Personne n'arriverait à la convaincre qu'elle n'était pas assez bien. Elle hurlerait contre ces idées, pour qu'on la laisse vivre, même si ça voulait dire qu'elle aurait à le faire sans ceux qu'elle avait pu chérir. Si inspirer la peur était le prix à payer pour continuer à se tolérer, alors... alors qu'il en soit ainsi. Aussi douloureux que ce soit de l'admettre, ses valeurs valaient plus que n'importe lequel de ses proches. Elles étaient plus grandes que n'importe quel être humain. Elle ne se plierait pas à ce qu'on voulait d'elle. Elle n'accepterait jamais l’inacceptable, ne se courberait jamais devant des principes opposés aux siens. Elle voulait pouvoir se regarder dans un miroir, ou dans les morceaux de métal récupérés dans l'épave de l'Odyssée et qui en prenaient le rôle. « Que tu m'as blessée » le reprit-elle, la voix tremblante, pour lui rappeler que la rupture entre confiance et doute était toujours aussi brutale qu'elle était longue et compliquée à combler. La blessure n'appartenait pas encore au révolu. Les mots de Devos avaient la douceur d'un cataplasme que l'on apposait sur le cœur blessé, mais les plaies étaient encore ouvertes. La cicatrisation prendrait du temps et bien des soins. En cette soirée, elle ne pouvait guère attendre davantage que quelques mots et promesses, tentait-elle de se raisonner. C'était tout ce qu'il pouvait lui offrir, et il lui offrait de façon princière. Alors les doutes, pourquoi persistaient-ils ? Pourquoi continuaient-ils de la retenir en arrière ? Parce qu'ils étaient tenaces, bien plus que tenaces que la plus aveugle des confiances.

Son apaisement, elle le devait un peu plus aux aveux de Devos qu'aux flammes qui se reflétaient dans son regard humide, mais l'intimité offerte par l'heure tardive et le lieu désert n'étaient pas sans réunir les âmes esseulées. Peut-être qu'il était temps d'abdiquer, de laisser les ressentiments derrière elle et de s'ouvrir à un avenir un peu plus lumineux que ce qu'elle avait vécu les derniers mois. Ça ne tenait qu'à elle, maintenant. Mais il lui semblait que son pardon était retenu par une force invisible et elle demeurait silencieuse, touchée en plein cœur par tout ce que Devos lui confiait et incapable de l'accepter comme une réalité absolue pour autant. Elle se préservait de réitérer une erreur de jugement, à nouveau. On lui avait trop promis, déjà, pour qu'elle ne se méfie plus des mots que l'on enrobe dans la volupté d'une tendresse susceptible d'être confectionnée de toutes pièces pour l'occasion.

Ses questions n'étaient pas des validations. Elles étaient la tentative timide d'une reconnexion espérée, mais elle ne pardonnait pas, pas encore tout à fait. Il y avait certaines blessures qui mettaient plus de temps que d'autres pour cicatriser. Elle avait besoin de concret, maintenant, de savoir que Devos n'était pas que de jolis discours préparés en amont pour affronter le dragon. Elle l'avait trop connu, l'informaticien, pour ne pas deviner ce qu'un tel discours pouvait lui coûter. Même en lui tournant le dos et dans le tremblant de sa voix, elle devinait toute la difficulté de la formulation et de l'expression de regrets desquels il n'était pas le plus fidèle des clients. C'était d'ailleurs ce qui donnait autant de poids à ses excuses, son caractère. A les rendre si rares, il les avait rendues précieuses et elle portaient une sincérité qui avait disparu de toutes celles que pourraient bien lui faire Chris. « J'espère que tu sauras me le montrer, le temps venu » lâcha-t-elle en le fixant, les doigts turbulants, car elle ne l'oubliait pas : tant qu'on ne les honorait pas, les promesses n'étaient que de jolies paroles lancées en l'air. Elle laissa choir son épaule contre le dossier de la chaise et son regard se perdit sur le sol bétonné. « Tu sais, tout ça, c'est pas pour t'emmerder. Je veux pas croire que tu serais capable de faire des conneries, mais tu m'as pas donné le choix, et maintenant ça me fait peur. Va falloir me prouver que j'ai tort. »

Ses prunelles furent attirées par l'immobilisation soudaine de Devos, dont les gestes avaient perdu de leur nervosité, mais elle trouvèrent le plafond dès qu'il reprit la parole. Le soupir fut profond et elle se frotta le front pour chercher ses mots. « Ah. T'es perspicace. » Le ton était redevenu sec. Elle ne ménagerait pas quelqu'un qui s'apprêtait à prendre la défense de Chris. « Si tu comptes argumenter pour lui, je te dis tout de suite, tu perds ton temps. » Elle avait dressé une main devant elle en signe du rejet qu'elle réservait à toutes les tentatives qu'il devait être en train de préparer. Chris avait trop accumulé d'erreurs pour qu'elle lui accorde la moindre considération. Elle n'était pas prête à plier de la sorte devant quelqu'un incapable de l'écouter quand elle prenait la parole. Il était devenu le modèle ultime de tout ce qu'elle détestait, au-delà même d'Isdès et de toute sa suffisance. Incapable de réfléchir pour lui-même, de réfléchir tout court sans doute, de discuter des arguments qu'on faisait l'effort de lui servir sur un plateau d'argent, d'offrir aux débats une quelconque avancée ou à ses semblables la considération qu'ils méritaient, Chris n'était définitivement plus de ceux qu'elle portait dans son cœur. Il y avait de ces amitiés desquelles il fallait s'avoir s'extirper avant d'être consumé entièrement, et Murphy se félicitait, dans le cas de Wilson, d'avoir réussi à le faire à temps.

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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Jeu 14 Déc - 12:09



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you matter to me,
more than you think..
11 NOVEMBRE 2117


La trahison. Trahir, tout simplement. Devos n’y avait jamais songé. C’était une notion inconnue pour celui dont l'honnêteté frappait parfois sans la moindre alerte. Il était loyal. Envers les autres d'abord, envers lui-même ensuite. Il ne se cachait pas derrière des mensonges imbibés de bonne volonté. Il ne faisait jamais semblant. Mais comme tout homme, il lui était arrivé de mentir. Rarement, c’était certain, mais le mensonge était une facilité que tout être choisissait. Lui aussi. Parfois parce que c’est plus simple et que ça lui évite de s’éparpiller. Parfois parce qu’il veut cacher quelque chose de précis, mais jamais pour le plaisir de se moquer des autres, d’abuser d’eux. Il avait ainsi déjà menti à sa mère, simplement pour qu’elle arrête de le sermonner. Des petits mensonges qui glissent aussi aisément que les mots d’un saint. Des mots qui ne font pas mal, d’ailleurs. Depuis toujours, les autres considèrent Devos comme un être insensible focaliser sur des choses diverses comme les mathématiques, les sciences et tous ces détails que tout le monde ne saisit pas totalement. Mais Devos avait des lacunes. Sur beaucoup de choses. Il maîtrisait surtout trois domaines qui, depuis toujours, lui semblent fondamentaux. L’informatique, l’électronique et la mécanique. Aujourd’hui, tout avait royalement changé. Ses connaissances étaient limitées par le simple fait que la terre ne possédait pas les ressources humaines qu’ils avaient préservées dans l’espace. Devos ne s’accrochait donc pas inutilement à ses savoirs qu’ils ne pourraient sans doute plus remettre en pratique totalement. Il essayait de mixer. Avec ce qu’il avait en tête, il trouverait des solutions. Des choses qui pourraient améliorer le quotidien. Il n’était pas du genre à se dire qu’il devait oublier tout ce qu’il avait appris par le passé. Parce que même dans ses connaissances aux apparences obsolètes, il pourrait y piocher des choses qui leur seraient utiles à tous. Il se remettait en question, plus qu’on ne le croyait. Que ça soit sur sa fonction au sein de la communauté, ou l’homme qu’il est tout simplement. Alors lui qui n’avait jamais trahi, se demandait comment il était arrivé à le faire. Comment son action solitaire pouvait représentait cette chose qui avait tout bousculé chez les rebelles.



Devos possèdait un souvenir particulier qui marquait sans doute la fois où il avait décidé que personne n’aurait le droit de choisir pour lui. Six ans. À six ans, Devos savait de quoi il était capable et de l’écart qui existait entre lui et les autres. À six ans, il parlait italien en secret avec son père et bidouillait des jouets en l’observant travailler. À six ans, il avait plus de vocabulaire que les autres, plus de volonté à vouloir s’exprimer. À six ans, il s’était retrouvé à être une cible. Alors Henrik l’avait frappé. D’un an son aîné, il avait attendu la fin d’un cours pour le pousser contre un mur. Cela n’avait duré que quelques secondes. Cela n’était pas allé plus loin. Il n’en fallait pourtant pas plus pour que Devos décide qu’il ne serait jamais comme eux. Impulsif, émotif, colérique pour un rien. Plus les années passaient, plus il avait observé des événements similaires. Des relations qui se déchiraient, des secrets qui se construisaient, des mots qui tuaient. Et puis ses grands-parents ont été éjecté et Devos a perdu toute sensibilité. Il ne lui reste désormais que les bases que son corps peut traduire à sa manière. Que des extrêmes, peut-être bien. Quand il était triste, il l’était complètement. Quand il était heureux, son sourire semblait être éternel et quand il aimait, c’était toute son âme qui s'éveillait. Alors quand il disait à Murphy qu’il avait peur d’elle, mais surtout de cette confrontation, c’était parce qu’il avait peur de se confronter de nouveau à la simple vérité qu’il n’était pas capable de ressentir tout ce qu’elle ressentait. Qu’il n’était pas capable de comprendre des choses qui, pourtant, était simple pour elle, mais pas pour lui.

Il y avait tellement en jeu ce soir, dans cette rencontre. Devos pouvait le sentir tant ses épaules lui semblaient lourdes. À chaque fin de phrase, il voyait les contrecoups. Il aimerait bien retourner dans son petit atelier de fortune et se concentrait sur des choses qu’il pouvait contrôler, mais non. Il avait fait une bêtise, c’était sa responsabilité de se tenir devant Murphy et d’essayer de lui faire comprendre que tout n’était pas perdu. Qu’il prend conscience - ou qu’il essaye même - de son erreur. Qu’il est prêt à panser la blessure qu’il lui avait infligée par accident, quitte à se blesser lui-même pour qu’ils soient équitables.

Il avait peur d’elle, oui, mais il l’appréciait. Il la considérait comme une partie de son existence, un membre de son univers. Murphy était un code vital à la structure de Devos. Sans elle, il perdait le peu qui le rapprochait de l’humanité. En étant à ses côtés, dans la rébellion, elle le poussait à réfléchir davantage. Ses réactions, ses entêtements, c’est la preuve de l’imprévisible qui régnait chez l’homme. La preuve qu’il devait toujours faire attention avant de dire quoi que ce soit. Et dans la catégorie repoussée les autres avec des verbes bien placés, Devos était un spécialiste. Il y avait une liste énorme de visage dont il ne voulait pas savoir l’histoire. De personne qu’il écartait de sa vie sans le moindre scrupule, sans y réfléchir à deux fois. Murphy, il lui avait offert une place. Une vraie place. Elle en doutait désormais, mais pourtant il était là et il serait encore là plus tard pour le lui prouver.

Je te le prouverais. Il y avait de l'espoir en tout. Devos n'y avait jamais cru. Sa mère avait toujours dit que même dans le pire des malheurs, au bout des chemins les plus périlleux, un cadeau attendait. Quelles que soient les difficultés, Devos avait toujours eu sa manière à lui de les affronter. De les surpasser. De changer les problèmes en solution, c'était devenu une spécialité. Mais il était n'était pas devant un problème informatique, c'était un problème humain. Un problème de confiance. Un problème du coeur, quelque part. Il comprenait donc que Murphy ait besoin de temps, de preuve aussi. Il acceptait, c'était tout ce qu'il devait faire dans cette situation. Il acceptait parce qu'il voulait se battre pour elle. Pour eux tous.

C'est un grand garçon, il peut se défendre lui-même. Son ton était tout à fait sérieux et classique de chez Devos. Ce n’était pas lui qui allait le défendre. Ce n'était pas son genre de parler pour un autre. Le ton sec de Murphy ne le surprit pas et clairement, parler de Chris n'était pas une bonne idée, mais Devos n'était pas le genre à se laisser taire par des possibilités. D'ailleurs, il ne savait pas tout de leurs histoires. Il n'en avait que des brides, des petites phrases laissées au coin d'une conversation.

On devrait y aller, il se fait tard. Son regard se pose de nouveau sur le feu, bien moins vif qu'au début. L'aube ne tarderait pas à faire son apparition, Devos le sentait à température de la salle qui changeait.


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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33505 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1053


Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Mar 19 Déc - 3:38

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❝ You matter to me, more than you think ❞
Murphy Cavendish & Devos Acciaro
(11 novembre 2117)


Devos ne pouvait pas changer le passé. C'était ça, maintenant, qu'il lui fallait accepter. Que malgré toute la bonne volonté de celui qui s'excusait, celui-ci ne parviendrait jamais à revenir sur ce qu'il avait fait. C'était ce qui l'aurait convaincue sans l'ombre d'un doute, en réalité, le voir changer les choses. Car en attendant, il ne s'agissait que de mots et de promesses lancées sans aucune preuve d'un ressentiment quelconque. Elle ne se fiait qu'à ses instincts, Murphy, quand elle laissait une part d'elle croire qu'il était sincère. Mais ils lui avaient tellement fait défaut, récemment, qu'elle était retenue par la main invisible du doute. Elle ne pardonnait qu'à moitié et n'oubliait qu'à moitié, tendait une main tremblante car saisie de crainte et d'une méfiance que Devos avait récoltée il y avait bien des mois déjà. Les excuses et les mots, c'était trop facile. Elle les acceptait parce que c'était le seul moyen d'avancer, mais ils n'étaient pas suffisants. Avancer, c'était tout ce qui lui restait. C'était la seule issue qui lui paraissait acceptable, maintenant qu'elle l'entrevoyait. C'était la seule issue qui lui redonnait un peu d'espoir en l'avenir. Il fallait qu'elle se sorte la tête de tout ça, de toutes ces pensées moroses, de tous les regrets et les remords qui avaient envahi son sommeil et l'attaquaient parfois par surprise en pleine journée. Devos avait tendu la main, fait un premier pas, et elle ne pouvait pas se permettre de refuser le geste, tout simplement parce qu'il la sortait de la torpeur dans laquelle elle s'était cloîtrée des mois durant, persuadée que les choses n'avanceraient plus jamais, resteraient paralysées, figées dans l'état dans lequel elle les avait laissées et dans lequel, après tout, ils les avaient tous laissées. Soit elle restait bornée et campée sur ses positions, soit elle s'autorisait à passer à autre chose. C'était une vulnérabilité qu'elle avait tendance à se refuser à autrui car elle s'en remettait entièrement à celui qui devait déjà se faire pardonner. C'était accepter qu'une erreur ne définissait pas une personne et que la seconde chance n'était jamais hors de propos, mais c'était aussi accepter le doute et l'incertitude, chercher dans ses tripes toute la force de croire qu'elle avait pris la bonne décision. Car les promesses ne resteraient que des promesses tant que les premiers obstacles ne se présenteraient pas, tant que Devos n'aurait pas l'occasion de les concrétiser, de lui affirmer avec une preuve entre les doigts qu'il ne baratinait pas. Avec Chris, elle avait déjà fait l'erreur une fois; celle de le pardonner un peu trop vite, ou celle de le pardonner tout court. La première alerte qu'il avait lancée en lui annonçant ce qui l'avait engagé à se rapprocher d'elle aurait dû être la seule. Sotte comme elle l'était, elle avait pourtant choisi de laisser derrière elle et derrière eux ce qu'elle avait alors considéré comme une erreur de parcours. Mais à partir de combien d'erreurs pouvait-on cesser de les attribuer à un parcours maladroit ? Ce n'était plus de la maladresse. Chris n'avait jamais mérité son attention.

Avec Devos, elle voulait croire que les choses étaient différentes. Elle avait besoin de le croire. Elles l'avaient toujours été, se faisait-elle remarquer avec une pointe d'apaisement. Leur relation, avec Devos, avait toujours particulièrement, presque pudique, secrète. Elle existait à travers les convictions et les idées, se transmettait à travers elles mais aussi et surtout les regards et les non-dits. Murphy ne s'était jamais posé de questions sur ce lien avant qu'il ne vole en éclats, tout simplement parce qu'elle n'en avait jamais ressenti la nécessité. Avec Devos, les choses avaient toujours été simples. Elles n'avaient pas besoin d'être dites. Ils combattaient sur le même front, s'acharnaient contre les mêmes inégalités, visaient les mêmes cibles. L'un reconnaissait les façons de fonctionner de l'autre et c'était un équilibre qui semblait exister pour fonctionner. Dans ses silences, Murphy lisait ce qu'il ne disait pas. Il était complexe, Devos, mais pas indécryptable. Parce qu'il étaient unis et animés par ces idées partagées, tout le reste n'existait pas vraiment, ou en tout cas n'était pas source de problème. Ensemble, ils étaient efficaces. Ensemble, ils savaient où ils allaient, empruntaient des chemins différents, mais se retrouvaient toujours un peu plus loin. Lorsque la vérité avait éclaté au regard de Murphy, toutes ces certitudes là s'étaient effondrées. Le passé s'était alors flouté, lui aussi, sous l'effet de tous les doutes accablants. Le problème avec les non-dits, c'était l’ambiguïté. Elle avait été persuadée d'avoir tout compris à Devos, mais un seul gravier dans les rouages et tout avait commencé à déconner. On ne pouvait pas être sûr de ce qui n'avait jamais été dit et Murphy n'était plus sûre de rien.

Mais si elle voulait reconstruire le détruit, elle n'avait d'autre choix que d'accepter la main tendue de Devos. Elle le prévenait, pourtant, que le chemin serait long. Chris avait abusé de cette naïveté avant lui et l'ancien informaticien, lui, devrait faire avec le terrain miné que son ami avait laissé derrière lui. Il était maladroit, Devos, et le pas qu'il venait de faire vers elle valait déjà presque comme une première preuve, tout du moins un témoignage de toute sa bonne volonté. Il n'était pas de ceux qui s'étendaient sur leurs sentiments, courraient après les gens ou se confondaient en excuses à la première occasion venue. C'était ce qui rendait les siennes si précieuses, ses excuses. Mais sa bonne volonté, elle ne la remettait donc pas en doute. Ce qu'elle mettait en doute, c'était sa ténacité à la droiture. Et c'était là qu'elle l'attendait. Aucun d'eux ne pouvait savoir quel tournant prenait la rébellion, si elle en avait déjà pris un ou si elle comptait le faire. Murphy, même, se considérait éjectée de la cause depuis trop longtemps pour savoir ce qui s'y tramait. Elle avait rejeté chaque tentative de conversation comme un organisme sain rejette un parasite affamé. Même après cette conversation avec Devos, elle n'était pas sûre d'arriver à se replonger au cœur du mouvement. Elle n'était plus tellement sûre d'en avoir la volonté. Les convictions étaient toujours là, brûlantes, faisaient bouillir son sang, mais l'envie de les défendre s'était étiolée comme toute l'estime qu'elle avait de la rébellion. Sous son regard, elle était ressortie aussi détruite que ses amitiés, cette rébellion.

A la promesse de Devos, Murphy demeura silencieuse. Encore une promesse, encore des mots. Mais il le savait, maintenant. Elle disait les choses et il savait ce qu'elle attendait de lui. Il n'y avait plus grand chose à faire, maintenant, que d'attendre. Attendre que la confiance grandisse à nouveau. Elle ne savait pas combien de temps pouvaient prendre ces choses-là; elle s'inquiétait même de ne jamais retrouver cette pleine et aveugle confiance qu'elle lui avait auparavant offerte. Mais il fallait au moins essayer, non ? Abandonner, ce serait trop facile. Il n'y avait aucune satisfaction à simplement abandonner. Relever les défis, c'était ce qui faisait battre son cœur. Alors pourquoi ce palpitant s'affolait dès qu'elle réalisait qu'elle avait peut-être commis une erreur naïve, gigantesque et lamentable ? Si la confiance germait au cœur de ces cendres, se rassurait-elle, ce serait l'allégresse de l'amitié ressuscitée qui feraient battre son cœur comme ça.

Mais la perspective de voir Devos commencer à prendre la défense de Chris la raidit immédiatement. Il était hors de question qu'elle l'écoute parler de son cher et tendre... ami. Il était hors de question qu'elle l'écoute vanter ses mérites et lui trouver toutes les excuses qui feraient de lui l'homme parfait qu'il avait l'air persuadé d'être. Un frisson lui parcourut violemment l'échine alors qu'elle repensait à la façon dont il avait décidé de reprendre en main la rébellion avant que la vérité de Devos n'éclate. Les bonnes intentions étaient là, mais elles étaient bien les seules. Convaincu d'être le centre de gravité du mouvement entier, il s'était présenté comme le héros dont ils avaient tous eu besoin tout ce temps sans le savoir. Et lorsque Tennessee avait malencontreusement exposé tout le merdier de Devos, il n'avait pas réfléchi une seule seconde et pris la défense de son ami sans même laisser le temps à ses deux neurones d'établir une connexion. Il était incapable de réfléchir. Il était trop impulsif et ça, ça allait les perdre. Qu'il se perde tout seul; Murphy comptait bien s'éloigner de lui jusqu'à le perdre totalement de vue. Que sa stupidité l'engloutisse tout seul. Elle préférait s'épargner, elle, cette spirale infernale dirigée par tout l'ego de Chris. Si Devos était encore trop aveuglé par l'affection qu'il avait pour lui, c'était son problème. Murphy avait été de ceux-là, elle aussi, et elle avait tenté de prévenir l'informaticien. Maintenant, c'était hors de son ressort. Qu'il lui épargne ses longs discours pompeux remplis d'une bienveillance à vomir, c'était tout ce qu'elle lui demandait. « Merci » accorda-t-elle immédiatement, soulagée. Un sourire sarcastique et moqueur se dessina sur ses lèvres alors qu'elle s'imaginait toutes les façons d'expliquer à Devos que non, il n'était pas capable de s'expliquer tout seul. Il s'enfonçait un peu plus à chaque fois qu'il prenait la parole. Ce mec était une peine perdue et en réalité, même si elle se garderait bien de le dire à son interlocuteur, celui-ci aurait probablement été le seul capable de construire des arguments sensés pour le défendre. Chris, lui, en était bien incapable, car incapable de prendre du recul sur lui-même ou sur n'importe quelle situation. S'il existait un antonyme exact du sensé, Chris en serait la définition. C'est Devos qui la tira de ses rêveries cruelles et elle se racla la gorge en s'étirant. « Oui, t'as raison. » Elle recula sa chaise et se leva, se rhabilla et attrapa son assiette de vieux légumes. Trainant les pieds, toujours aussi fatiguée que lorsqu'elle avait terminé sa garde plus tôt, traversa la pièce pour rejoindre le comptoir où était installé Devos. Elle sentait la chaleur du feu progressivement s'amenuiser et le manteau qu'elle venait de remettre ne suffisait de nouveau plus à la réchauffer des longues heures passées à l'extérieur. Dans un frisson, elle déposa son assiette sur le comptoir et tendit le nez en cherchant quelqu'un à l'arrière, vers les cuisines, gênée de laisser sa vaisselle en plan. « Elle est plus là, la madame de tout à l'heure ? »


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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO ALDARIM & IRINA DRAGHSTEEL ; 1024 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 179
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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)
Mar 2 Jan - 16:31



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you matter to me,
more than you think..
11 NOVEMBRE 2117


C’était comme si une tempête venait de passer. Devos s’était tenu droit, affrontant les vagues et le vent, prenant tout les coups. Il se tenait encore droit maintenant que le calme était de mise. Que le plus dur était partie. La tempête était derrière lui, hurlante, furieuse, mais elle était derrière lui. Il y avait désormais un rayon de soleil sur ce moment, comme l’aube grandissante à l'extérieur de cette pièce. Quelque chose d’apaisant, de serein. Quelque chose qui laissait croire à Devos qu’il y avait des chances que les choses s’arrangent enfin. Qu’il y avait une solution aux problèmes qu’il avait créé. Si Murphy pouvait lui pardonner, alors les rebelles n’allaient pas s’écraser par sa faute. Ils allaient se relever, au contraire. Debout, fort et puissant, prêt à changer les choses pour le bien de chacun. Le temp désormais était son seul allié. Le temp et les prochaines possibilités pour que les rebelles détruisent le conseil et bousculent les mauvaises habitudes. Devos avait passé une étape, la première. Il y avait encore beaucoup à faire pour que Murphy écrase sans l’ombre d’un doute la main invisible qui la retenait à complètement et entièrement pardonner.

Sa mission désormais était de transformer une promesse en réalité. Pour Devos, promettre une chose était un contrat qui ne pouvait pas se briser. Comme si quelqu’un ajouter une ligne à son code de base pour qu’il n’oublie jamais. Il n’était pas comme les autres à user des promesses pour avancer dans des objectifs personnels et égoïste. Le mort “promettre” avait un sens à ses yeux. Une limite aussi. Un trait infranchissable, une marque de confiance absolue. Garder ses promesses était un accomplissement. Une force. Devos était donc prêt à prouver ce qu’il disait, à gagner de nouveau la confiance de Murphy, à retrouver l’équilibre qui s’était installé entre eux aux fils des années. Il avait besoin de la jeune femme, plus qu’elle ne le croyait. Il était sans doute incapable de lui dire concretement tant il était ce solitaire endurci, mais c’était réelle. Murphy était une amie. Une amie qu’il voulait aider, qu’il voulait chérir et accompagné. Même s’ils sont différents, si ce leurs quotidiens est éloignés, le fait de se retrouver à se battre ensemble pour une même cause avait créer un lien fort. Il partageait des convictions similaires et des objectifs proches. Ils pourraient sans doute marcher main dans la main prêt à affronter le pire et à l’écraser. Il n’avait aucun doute là-dessus et cela depuis le jour où il avait rencontré la jeune femme. Elle avait sa place dans cette lutte qui étaient la leurs. Elle avait même une très grande place. Murphy était une des leaders des rebelles et ce n’était pas pour rien. Devos avait une confiance absolue en la personne qu’elle était, ainsi qu’en ses capacités à apporter ce qu’il faut pour réussir. Il sentait désormais qu’en plus d’avoir des doutes sur lui, ce qui s’était passé dans le bunker avait réveillé ses doutes sur la rebellion en elle-même. Pour ça, Devos devait réfléchir à la manière dont ramener Murphy au centre de tout ce qui l’avait poussé là-haut à se battre. Lui faire comprendre que rien n’avait changé en dehors de l’espace dans laquelle ils vivaient.

Mais c’était une chose à accomplir dans le futur, pas maintenant. Pas alors que le pardon était encore faible et tout chaud. Devos allait prendre son temps, laisser l’hiver prendre sa place, se focaliser sur la communauté et ensuite préparer la mission : à la conquête de la rebelle perdue. Pour ça, il devrait reprendre tout, faire le ménage dans les accomplissements de chacun et retrouver les objectifs primordiales des rebelles. Pourquoi, comment, quand… C’était ce qu’il voulait faire avec Chris, quelques semaines plus tôt. Faire le tri. Reprendre tout depuis le début comme lorsqu’il y a un bug informatique dont la source du problème n’est pas apparente. Il faut alors relire tout le code de la structure et repérer seul les caprices informatiques et les erreurs. Devos avait l’impression que les rebelles étaient là : coincé entre deux actions différentes qui s’opposaient et empêché tout déroulement. Entre tout ce qui s’était passé et tout ce qu’il y a à faire, ils sont perdus. Finalement, peut-être que Murphy n’était pas la seule à devoir être convaincu de la cause. Peut-être que tous devaient revoir les choses, ensemble. Aux yeux de Devos les rebelles avaient encore leurs places. Ils avaient encore beaucoup à mettre en place. Mais peut-être qu’ils doivent évoluer aussi, se transformer… devenir autre chose, mais surtout quelque chose de bien plus détaillé et essentiel. Chris aussi, était peut-être plus paumé que les autres sans pour autant s’en rendre compte tant il faisait preuve d’ambition et de bonne volonté. Quelque part, ce qui s’était passé avec Robb avait sans doute bousculer plus que ce que Devos imaginé. Ils avaient tous besoin d’une mise au point pour retrouver ce qui avait alimenté les rebelles par le passé. Devos pouvait le sentir et alors qu’il remarqua que le feu devant lui s'affaiblissait, son instinct lui fit signe qu’il était tant de bouger. L’aube naissante allait apporté une nouvelle journée.

Je pense que la fatigue à eut raison d’elle. Il se tourna pour se pencher sur le comptoire et observer si elle était encore là, mais non. Cela ne serait pas étonnant qu’elle se soit allongé quelque part pour reprendre des forces et s’endormir. Ce que lui ressentait rarement. Laisse, je vais m’en occuper. Il se faufila derrière le comptoire tout en prenant ce que Murphy avait ramené ainsi que sa propre tasse vide et desséché désormais. Devos connaissait chaque espace de ce village par coeur, mais cela lui arrivait rarement qu’il traine longtemps ici ou même dans le dortoir. Pour bricoler un truc, oui, mais pour rester avec quelqu’un aussi longtemps… non. Avec qui parler de toute façon ? Personne n’essayait de lui adresser la parole pour autre chose que des politesses sans fond. De plus, il se disait qu’il pourrait remettre un peu de bois dans le feu pour que la flamme de s’éteigne pas quand d’autres allaient se lever.

Reposes-toi bien, Murphy. Il s’arrêta et observa la jeune femme. Quelque chose coinça son coeur un instant sans qu’il ne trouve d’explication logique à ce mouvement. Il l’observe jusqu’à ce qu’elle quitte les lieux, jusqu’à ce que son ombre disparaisse. Pendant des années, pour les rebelles, Devos avait tenu la main de Murphy sans jamais douter. Sans jamais la remettre en question. Depuis le bunker, ses doigts avaient glisser et Murphy s’était échappé. Voilà désormais qu’il pouvait ressentir de nouveau quelque chose effleurer sa paume, sans complètement la saisir encore. Il allait se battre pour la récupérer, c’était certain. C’était vitale, pour eux, mais aussi et surtout, pour lui.


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Sujet: Re: “ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)

 

“ You matter to me, more than you think. ” (Murphy)

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