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˜˜˜˜˜˜A matter of time (Eléos)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36215 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1356


Sujet: A matter of time (Eléos)
Ven 10 Nov - 23:14

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❝ A matter of time ❞
Murphy Cavendish & Eléos Tenvarii
(10 novembre 2117)


Les patrouilles automnales s'étaient enchaînées au fil des semaines et déjà, Murphy pouvait sentir l'air de l'hiver s'emparer de la forêt. Le respirer était moins doux et les manches courtes étaient désormais proscrites. Elle avait ressorti les lainages et son fidèle bonnet ne la quittait plus dès lors qu'elle se savait rester à l'extérieur plus d'une heure. Tout semblait mourir avec la venue du froid, mais c'était déjà la troisième fois qu'elle assistait à ce spectacle. Il ne l'étonnait plus comme il avait pu le faire les premières fois; il la lassait, parce qu'elle savait ce dont il était synonyme. Bientôt tomberaient les premières neiges qui paralyseraient les mouvements et interdiraient la curiosité. Bientôt, Murphy serait à nouveau interdite de ces expéditions solitaires par lesquelles elle aimait ponctuer son quotidien. Il lui faudrait se contenter de ses patrouilles et de l'air froid qui brûlait la peau et les poumons, tirait les larmes, gelait les doigts. En grandissant, Antarès avait gagné en aisance et c'était là quelque chose qui lui apportait un peu de réconfort. Il ne souffrirait plus autant de cet hiver que du précédent. Il l'accompagnait dans la plupart de ses patrouilles, la quittait régulièrement pour s'adonner à ses occupations de chasseur curieux, revenait parfois avec quelque viande que Murphy confiait alors à l'équipe du cuisinier du village. Cassandre gagnait en aisance dans l'exercice et elle aussi, un peu; pourtant elles n'hésitaient jamais à voler un peu de temps en la compagnie l'une de l'autre, et leurs gestes ne faisaient que gagner en assurance.

Ce serait aussi son premier hiver d'archère, et c'était là un second réconfort propre à cette année. Ses couteaux ne la quittaient jamais pour autant, comme de vieux grigris qui avaient plus de pouvoir sur son esprit qu'ils n'en auraient en cas d'extrême nécessité. Les mois lui avaient permis de gagner en agilité avec l'arme, même si elle regrettait tous les entraînements qu'elle s'était accordés seule. Richard aurait dû être là, et son absence était particulièrement pesante dans ces rares moments qu'ils avaient prévus, depuis longtemps déjà, comme leur appartenant. Murphy n'arrivait plus à croire qu'il s'agissait seulement d'un manque de temps. Elle regrettait sa malhabileté, bien sûr, mais plus encore le silence qui semblait durer depuis déjà bien trop longtemps. Il aurait dû comprendre la dureté de ses gestes ce jour-là. Il aurait dû comprendre qu'elle ne pouvait laisser Antarès à personne, même sous la menace, même malgré le prétexte d'une trêve tacite qu'ils étaient censés respecter pour ne pas faire de vagues. Que son coude ait atterri dans le visage de Richard avait été un accident fort malencontreux mais de tous ceux qu'elle côtoyait, il était le seul dont le jugement l'atteignait aussi directement. Puisqu'il était la seule famille qui lui restait, elle espérait tout de lui, y compris le pardon. Son arc le lui rappelait à chaque instant.

En ce mois de novembre, le temps était à l'humidité. De rares premiers flocons fugaces avaient déjà fait acte de présence quelques jours plus tôt, annonçant ceux à venir, mais les températures ne leur permettait pas encore de s'installer comme ça pouvait être le cas dans les premiers mois de l'année. Il pleuvotait de la manière la plus désagréable possible; de petites et fines gouttes qui humidifiaient la peau, collaient peu à peu les cheveux au visage et gelaient les articulations. Les vieilles feuilles tombées à l'automne, trempées par le crachin incessant, crissaient et craquaient sous ses pas tranquilles. Antarès était parti entre les arbres voilà de longues minutes déjà. Elle entendait quelques mouvements de temps à autres, pas d'aboiements. Il ne devait pas être loin et trouver son bonheur dans une piste laissée par une proie ou une proie après laquelle il courait déjà. Son arc fermement tenu à la main, Murphy observait les alentours, en bonne patrouilleuse qu'elle était. Elle avançait tranquillement, le nez perdu sous son manteau. Elle commençait à retrouver quelques repères ici. Les terres étaient différentes et la structure de leur village ne ressemblait à rien à celle du campement de fortune qu'ils avaient installé en panique lorsqu'ils avaient échoué ici, mais au fil des mois, elle avait parcouru les environs, exploré, détaillé, noté ce qui lui semblait digne de l'être. Le déménagement devait représenter à la fois le rêve et le pire cauchemar des cartographes, qui avaient du reprendre leur travail du départ, mais pour Murphy, il s'agissait d'une nécessité presque excitante. Elle savait qu'au sud ouest du village se trouvait la grotte au mille lueurs où elle avait trop attendu Isdès et que si elle descendait suffisamment au sud, elle pouvait retomber sur la décharge aux milles dangers et trésors. Ses repères prenaient progressivement forme et avec eux se construisait la confiance, seule capable de lui apporter un peu d'apaisement. Car si elle avait rêvé de cette nouvelle vie, d'un vrai projet pour eux tous, d'un vrai départ, elle n'arrivait pas à faire toutes les inquiétudes, y compris celles qu'Isdès avait fait naître lorsqu'elle lui avait annoncé la nouvelle. Ne pas s'aventurer dans le désert ou les montagnes; c'était des précautions qui l'avaient davantage inquiétée que s'il s'était contenté de lui jeter ce regard sombre dont il était le spécialiste et de garder le silence. Elle se demandait parfois si lui s'inquiétait vraiment, ou autant qu'elle, qui, d'ailleurs, n'arrivait pas vraiment à appréhender la réalité des menaces contre lesquelles il l'avait mise en garde. Est-ce que c'était l'une d'elles qui lui avait coûté Faust ? Est-ce que si elle affrontait les interdictions d'Isdès, ele avait une chance de retrouver son amie ? C'était des questions qui lui trottaient parfois dans la tête, mais une promesse était une promesse, même auprès de quelqu'un comme Isdès.

Elle entendit Antarès aboyer au loin et un sourire se dessina sur ses lèvres, sous le manteau. Son regard le chercha entre les arbres même si elle savait que l'effort serait vain. Le cri venait de trop loin. Elle se contenta de continuer vers l'est pour ratisser les environs du village qu'on lui avait attribués pour cette patrouille. Les doigts qui serraient l'arc commençaient à être meurtris par le froid mais tant qu'elle leur évitait tout mouvement, ils se faisaient presque oublier. Un autre aboiement la fit se retourner brusquement. L'appréhension avait remplacé la tendresse sur son visage. Antarès n'aboyait que trop rarement de façon aussi rapprochée pour que ça n'attise pas son inquiétude. Elle hésita une seconde, s'attardant sur cette petite voix qui lui soufflait qu'elle s'alarmait de pas grand chose, mais finit par se décider à faire volte-face, juste à temps pour entendre un troisième aboiement. Un aboiement bref, presque enthousiaste; pas une plainte, mais un aboiement tout de même. Son pas s'accéléra subitement pour prendre la direction de laquelle venaient les cris et elle se freina subitement entre les arbres.

Elle regrettait d'avoir été si peu discrète. Elle regrettait son pas lourd qui faisait chanter les feuilles, elle regrettait sa respiration haletante. Sa main s'était posée sur l'écorce humide d'un arbre à sa droite et elle observait une scène à quelques mètres de là. Ces mêmes feuilles mortes qui jonchaient le sol et l'avaient sans doute trahie avaient un second tort : elles ne remplissait plus les airs pour masquer sa présence. Elle se glissa subitement derrière le tronc d'arbre mais eut juste le temps de voir l'homme qui lui faisait dos se retourner. Il était assis près d'un feu et elle pouvait maintenant réaliser que l'odeur de bois brûlé qui emplissait ses narines ne venait pas de leur village. L'image restait gravée sur sa rétine et elle essayait de réunir toutes ses pensées dans un seul but : trouver une solution au dilemme qui se présentait à elle. Antarès était assis aux pieds de l'homme dont elle n'avait vu que le dos. Des cheveux clairs, lui semblait-il -ce seul critère éliminait la plupart des Terriens dont elle avait déjà fait la connaissance. Doucement, presque intimidée mais surtout extrêmement prudente et précautionneuse, elle se détacha de l'arbre pour laisser sa silhouette apparaître à l'homme qui la fixait. « Moba... Em... wif ai » baragouina-t-elle en désignant son chien, alors que ses yeux se fronçaient pour détailler les traits du visage au loin.

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Sujet: Re: A matter of time (Eléos)
Lun 25 Déc - 22:29

A matter of time
Murphy
Les rencontres ne sont pas de simple visages au passage d'un chemin, les rencontres sont de véritables contact avec les gens qui font notre quotidien, même lorsque celui-ci n'est composé que d'imprévus.

Cela fait quelques temps que je suis chez les Iksaar, je me suis installé et il a fallut que je me fasse une petite place. Je ne peux pas dire que j'ai été accepté loin de là, je reste un étranger et lorsque je pose des questions on me regarde avec un air suspicieux et limite agressif. Je ne sais pas combien de temps je vais mettre pour avoir des informations sur mon père mais je sens que je vais galérer. J'ai toujours sentit que j'avais comme un vide en moi, ma vie auprès des Kovarii et de ma mère et ma soeur me comblait de joie mais c'est comme si quelque chose en moi manquait et c'est pour cela que j'ai décidé, lorsque je suis partit à la découverte du continent, de retrouver mon père, cette personne qui manquait dans ma vie, dans l'espoir que ce vide se remplisse. Mais maintenant que je suis là, à l'endroit où je voulais être, à chercher cet homme que j'ai toujours essayé d'imaginé parfait, je me demande si c'était une bonne idée. Les doutes m'envahissent, mais en même temps il est trop tard pour faire marche arrière, je vais finir ce que j'ai commencé un point c'est tout.

Cependant, mes mois d'efforts ayant également étés ponctués de ventes et de confection de pas mal de mes œuvres, de mes petits trésors fabriqués avec tout mon amour et le matériel réunis lors de mon voyage vers l'île Iksaar l'année dernière. Les affaires ont été plutôt florissantes, il semblerait que les Iksaar et les marchants venant chez eux ont un goût certain pour les beaux bijoux comme les miens. Mais hélas me voilà à court de certains matériaux et il me faut me ravitailler au plus vite, déjà parce que j'ai une commande, mais aussi parce que faire de bijoux me permet de décompresser, cela me détend, c'est plus qu'un métier c'est aussi une passion et un passe temps et lorsque je suis seul comme à présent chez les Iksaar, c'est une occupation vitale.

Alors me voilà, en plein mois de Novembre à sillonner les tribus et à parcourir des kilomètres afin de me ravitailler avant que la neige ne rende certains endroits impraticables. Le retour vers l'île des Iksaar sera sûrement plus compliqué que l'aller et je me demande si je ne vais pas devoir justifier mon absence et mon retour si soudains auprès de certains, eux qui sont toujours si méfiants. J'ai quand même quelques amis que j'ai mis au courant de mon départ, mais ce n'est clairement pas le peuple le plus facile à intégrer que j'ai pu côtoyer.

Ce soir je me suis installé dans une petite clairière recouverte de feuilles mortes. L'automne est clairement bien installée dans cette partie du continent. Je crois que je ne suis pas très loin du nouveau village des hommes tombés du ciel, je les connais pas très bien mais il me semble qu'on m'a dit qu'ils s'étaient déplacés par ici. Quoi qu'il en soit je me suis installés assez loin de tout signe de vie pour espérer ne pas être dérangé ou en danger. Un petit feu fut nécessaire, le temps n'est clairement pas à la canicule.

Juste après mon repas assez peu frugal je suis là à simplement regarder le feu danser dans le cercle de pierre que je lui ai amoureusement confectionné, quand soudain un chien ou ce que je crois reconnaître comme un chien, s'approche de moi en aboyant. A y regarder de plus près il me dit quelque chose cette grosse boule de poils et il semble me reconnaître lui aussi parce qu'il ne manifeste aucun agressivité. J'ai toujours eu un bon contact avec les animaux et dans ma tribu on a un immense respect pour la nature et tout ce qu'elle nous apporte. Comme il me reste un peu de viande séchée j'entreprend de lui en donner un morceau quand un bruit se fait entendre derrière nous. Lorsque je tourne la tête je vois une jeune femme qui s'empresse de se cacher derrière un arbre. Je crois qu'elle a courue jusqu'à nous, je me demande pourquoi. Elle m'apporta la réponse quelques secondes plus tard en sortant de sa cachette. " Vous, parlez ma langue ? " Je crois comprendre à sa façon de bégayer que cette jeune femme fait partie de ces gens tombés du ciel sur cet énorme vaisseau brillant. " Je connais un peu votre langue, si tu veux... Lui, pas un problème, on est amis maintenant. " Je sais que la suite de la conversation sera surement laborieuse et comique, mais cette jeune personne me dit quelque chose, comme le chien alors j'ai envie d'en savoir plus sur eux.
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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36215 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1356


Sujet: Re: A matter of time (Eléos)
Dim 7 Jan - 21:58

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❝ A matter of time ❞
Murphy Cavendish & Eléos Tenvarii
(10 novembre 2117)


Antarès, jusque-là, ne lui avait jamais causé de tort. Ce n'était pas par simple affection pour lui qu'elle lui faisait confiance; c'était parce qu'il lui avait prouvé à maintes reprises avoir un flair qu'elle n'avait pas, surtout lorsqu'il s'agissait de ses comparses humains. Il était encore beaucoup trop naïf aux dangers de la Terre, mais des hommes, il semblait à Murphy qu'il comprenait déjà davantage qu'elle. C'était dans ses attitudes qu'elle décryptait ces choses-là. Il ressentait la peur d'autrui parce qu'il savait faire peur de délicatesse et de réconfort. Lorsqu'il se mettait à grogner, à aboyer ou lorsqu'il montrait ses crocs, c'était parce qu'il débusquait chez l'autre une malveillance dont il se méfiait pour lui et pour ceux qui l'entouraient. Son affection, aussi, n'était jamais stupide ou naïve : il ne l'accordait qu'à ceux qui le méritaient, tristes ou heureux mais toujours bienveillants. Au fil des mois qui avaient vu Antarès grandir et s'épanouir dans son rôle de chien pionnier parmi les célestes débarqués, Murphy avait progressivement compris que certaines choses lui échapperaient toujours, à commencer par ce sixième sens dont il était pourvu et qui lui était, à elle, tout à fait étranger. Elle s'était toujours considérée bon juge des caractères et intentions d'autrui, capable après analyse minutieuse de décrypter ce qu'il pouvait chercher à masquer, durement ancrée au socle de la méfiance jusqu'à ce qu'on lui donne une raison de s'en détacher, mais Antarès, lui, jouait à un tout autre niveau. Il n'avait pas besoin de scanner un être humain ou de le questionner comme elle le faisait pour comprendre son essence. Il semblait être doté d'un radar dont l'espèce humaine était privée, un radar qui donnait vie aux sentiments, impressions et intentions qui émanaient d'autrui. En un instant, le chien avait tout compris de la personne en face, et jusqu'à présent, il n'avait jamais donné tort à la constatation que Murphy avait faite depuis un bon moment.

Pourtant, lorsqu'il échappait à son contrôle et à sa surveillance, lorsqu'il se fiait à ses propres instincts plutôt qu'à la prudence extrême de sa maîtresse, Murphy oubliait tous les constats qu'elle avait faits jusque-là. Sa propre nature précautionneuse lui rappelait alors qu'il suffisait d'un contre-exemple pour jeter sa théorie aux oubliettes, et que ce contre-exemple pouvait se manifester de la pire des façons. A chaque fois qu'il lui donnait une raison de douter, elle redoutait que le moment fatidique soit arrivé et que les failles des instincts d'Antarès soient dévoilées. Un homme aux mauvaises intentions serait bien plus puissant que leur duo et surtout parce que le chien aurait apaisé malgré lui leurs craintes. Il n'y avait rien de tel pour attaquer avec efficacité que d'anesthésier les méfiances.

Sur le coup, qu'Antarès ait aboyé au loin ne l'avait pas émue une seconde. C'était un amoureux de la nature, un chasseur, un curieux, un survolté. Il avait probablement trouvé une proie qu'ils ramèneraient fièrement au village et offriraient aux bons soins de Cassandre. Mais d'autres salves d'aboiement avaient fait écho aux premiers et le stress avait grimpé en flèche. Ce n'était pas un lapin qu'il avait trouvé. C'était une bien plus grande proie, sans doute, une proie qui le mettait potentiellement dans une situation délicate; ou bien c'était un humain, et cette perspective était probablement pire encore, car l'Homme savait faire en sorte de se rendre indécryptable à l’œil étranger.

Alors la surprise ne fut finalement pas énorme lorsqu'elle retrouva sa boule de poils claire aux côtés d'un homme installé près d'un feu crépitant. La crainte, par contre, atteignit sans doute son apogée à ce moment précis. De voir Antarès aussi proche de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas lui fila des sueurs froides, et il lui fallut quelques secondes pour réaliser que se rendre invisible à l’œil du Terrien serait le plus prudent. Trop tard. Plaquée derrière son arbre, Murphy réalisa qu'elle venait de croiser son regard et qu'elle ne faisait que repousser l'échéance. La familiarité dont son chien faisait preuve face à l'inconnu lui paraissait plus qu'hors de propos et elle lui en voulait de toutes ses tripes. C'était son insouciance qui l'empêchait maintenant de prendre ses jambes à son cou pour éviter le face à face et tout ce qui pourrait en découler. Car certains s'en étonneraient sûrement, mais Murphy préférait éviter les conflits que de les chercher, surtout lorsque cette trêve étrange et fragile avec les Terriens était mise en jeu. Elle avait vécu l'expérience des Terriens farouches et même si elle ne l'avait redoutée à aucun moment, elle pensait encore parfois à la menace de celui qui avait voulu lui prendre Antarès. Cette seule rencontre avait renforcé sa crainte pour toutes celles qui lui succédaient.

Lorsque Murphy montra enfin le bout du nez, elle observa avec un peu plus d'attention la scène qui se dressait à quelques mètres d'elle. Antarès l'observait comme si de rien n'était, assis dans la gadoue des intempéries, mâchonnant énergiquement quelque chose, et elle se tenta finalement, hésitante, à quelques mots terriens. Elle s'efforçait de ne pas penser au piège qu'elle s'imaginait, à l'aliment périmé ou inapproprié que l'inconnu avait pu donner à son chien. Il n'avait aucun intérêt à empoisonner un animal, n'est-ce pas ? Son regard se releva vers l'homme qui prenait la parole et elle se décida, raide d'inquiétude, à s'approcher du petit camp de fortune qu'il s'était installé. Sa main s'était posée par réflexe sur l'une ses lames, accrochée à sa cuisse, et elle dévisageait sans s'en rendre l'inconnu, dont les traits ne lui étaient pas aussi inconnus que ce à quoi elle s'attendait. Il lui répondait dans sa langue d'ailleurs, et sa méfiance la poussa à se demander si elle ne devait pas y lire un peu de condescendance. « C'est toi qui lui as donné quelque chose ? » demanda-t-elle pourtant dans sa langue natale, incapable dans l'inquiétude de réfléchir à la tournure de ses phrases dans un langage qui n'était pas la sienne. « Sha, ai du », ponctua-t-elle pourtant, se sentant presque obligée de prouver qu'elle savait et souhaiter s'adapter, elle qui se rendait malade chaque fois qu'elle repensait à tout ce que d'autres Terriens avaient pu lui dire à elle l'envahisseuse. Une main serrée sur son arc, les doigts de l'autre caressant hâtivement sa dague, elle fit un dernier pas vers l'homme, laissant un bon mètre entre eux, par précaution ou par respect. « Désolée, il est trop sociable pour son bien. » D'un regard et de quelques appels discrets, elle essayait de l'attirer à nouveau à elle, prévoyant de prendre la poudre d'escampette le plus rapidement possible pour éviter que la situation ne prenne une tournure trop délicate pour les protagonistes. Sourcils froncés, pourtant, elle continuait de détailler les traits cachés sous sa barbe claire. Elle ne le connaissait pas mais elle le connaissait, et c'était une bien drôle de situation dans laquelle elle se trouvait. Elle ne se souvenait pas lui avoir parlé, elle qui se souvenait avec une précision chirurgicale de chacune des conversations qu'elle avait pu avoir avec des Terriens. « Excuse-moi, mais on se connaîtrait pas ? » Ses doigts quittèrent le contact froid mais rassurant du poignard pour baisser son écharpe et dévoiler son visage entier à l'inconnu. Cet instant avait quelque chose de trop étrange pour qu'elle n'y accorde pas au moins un peu de son attention.

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Sujet: Re: A matter of time (Eléos)
Lun 12 Fév - 14:28

A matter of time
Murphy
Les rencontres ne sont pas de simple visages au passage d'un chemin, les rencontres sont de véritables contact avec les gens qui font notre quotidien, même lorsque celui-ci n'est composé que d'imprévus.

Des situations étranges j'en ai connu dans ma vie, maintenant j'ai assez vécu pour pouvoir être attentif et sur mes gardes à tout moment de mes aventures et mon instinct me dit que cette situation, aussi étrange soit-elle, n'est pas une situation critique. Cette jeune femme est certes extrêmement sur ses gardes, elle est tendue, elle a peur pour son chien et elle ne lâche pas ses armes des mains, mais il me semble distinguer qu'elle a assez confiance en le jugement de son ami à quatre pattes pour être dubitative. Il faut dire que le voir là, allongé à mes côtés, la queue qui remue et à mâchouiller tranquillement quelque chose qui semblait le passionner, peut être déstabilisant quand on envisage que je suis un étranger à ses yeux. Je crois avoir déjà vu ce chien, c'est vrai, son poils clair me dit quelque chose, mais je n'arrive pas à savoir d'où.

Tout en approchant elle me questionne, j'arrive à comprendre qu'elle voudrait savoir ce que j'ai donné au chien. En levant la main, je lui montre le morceau de viande séché que je tiens également, j'ai pensé qu'il aimerait ça et à le voir tout heureux, je comprends que je ne me suis pas trompé. " Viande, ça bon, pas problème. " Mes quelques notions vont semble-t-il me servir, même si je ne suis pas sur de m'en sortir si bien que ça. Tant qu'elle comprends le message que je veux lui faire passer, on va dire que c'est l'essentiel. Je sens que cette conversation va être drôle et cela me fait sourire légèrement, j'espère qu'elle n’interprétera pas ça comme une quelconque marque de moquerie envers elle. A la regarder je me dis que ces gens tombés du ciel se sont vraiment bien adaptés, ils ont su tirer avantage de chaque situation et se sont fait des armes adaptées à notre monde. J'espère juste qu'ils arriveront à respecter autant cette Terre que nous, après tout ils son également les descendants de ceux qui ont bien faillit détruire tout ce qui nous entoure, mais eux ils n'ont pas eu des générations et générations d’ancêtres qui ont subits et appris de leurs erreurs comme les nôtres.

Malgré toute ma bonne volonté et mon manque total d'hostilité, il semble qu'elle reste extrêmement sur ses gardes, le fait que son chien soit si à l'aise en ma présence devrait la rassurer mais visiblement cela ne fait que l'inquiéter d'avantage, je me demande pourquoi, les animaux ont meilleur instinct que nous en général pourtant, ils ont même développé avec le temps une certaine méfiance pour l'Homme, il faut dire qu'on a bien faillit tous les détruire en un rien de temps alors il ont dû garder une certaine amertume gravée en eux de génération en génération. Alors je ne vois pas pourquoi elle reste aussi tendue en voyant son ami aussi détendu à mes côtés. Je vais essayer de la rassurer comme je peux, et j'espère juste que je ne ferais pas de gaffes en parlant les quelques mots de sa langue que je connais. Tout en se rapprochant encore un tout petit peu, elle enleva quelque peu ce qui couvrait une partie de son visage en me questionnant. C'est vrai qu'en la regardant ainsi je suis encore plus certain que nos chemins se sont déjà croisés. Je me tourne un peu plus vers elle, lui proposant d'un geste de venir s'asseoir autour du feu avec nous, après tout je ne suis pas de nature à mordre sous cette carapace de muscles et cet air bourru.

A force de la fixer, elle va finir par s'imaginer des trucs alors je lui répond simplement. " J'étais justement en train de me dire la même chose, mais je ne me souviens pas. " C'est vrai, je suis plutôt physionomiste, mon métier et mon rythme de vie me l'imposent, aussi je sais que je l'ai déjà vue, son petit visage d'ange et ce nez retroussé, je suis persuadé de l'avoir déjà vu, mais je ne sais pas pourquoi, je n'arrive pas à me souvenir où et quand. " Vous venez souvent en forêt ? " Je ne vois pas vraiment d'autre endroit où on aurait pu se croiser parce que je n'ai pas de commerce chez les hommes venus du ciel, pas encore, peut être un jour, quand nous seront tous un peu moins méfiants. Je repris machinalement un autre bout de viande séchée et commençait à le mâchouiller, comme le chien quelques minutes plus tôt, perdu dans mes réflexions. Où est-ce que j'aurais bien pu voir cette jeune femme et ce chien, il est indéniable que je les ai déjà vu et le fait de ne pas parvenir à m'en souvenir commençait à me taper quelque peu sur les nerfs.
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Sujet: Re: A matter of time (Eléos)
Sam 17 Fév - 22:55

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❝ A matter of time ❞
Murphy Cavendish & Eléos Tenvarii
(10 novembre 2117)


La méfiance faisait partie intégrante du caractère de Murphy et de toutes ses premières rencontres. Ça avait toujours été le cas là-haut, et ça l'était encore plus ici-bas. Il y avait cette première phase d'observation où elle étudiait les mots et les gestes de l'autre, juste pour se faire une idée plus précise de ce qui pourrait lui tomber dessus. Avec les Terriens, ces peurs s'étaient amplifiées. L'inconnu devenait plus dangereux encore. Les intentions pouvaient être les meilleures comme les pires. Elle retenait constamment que tout pouvait basculer d'un coup, qu'une mauvaise rencontre pouvait être synonyme d'une fin imprévue. Elle était curieuse, pourtant, tout le temps et envers tout le monde. Elle était curieuse de l'inconnu et des inconnus, de ce et de ceux qui étaient différents, elle était curieuse de ce qu'elle ne connaissait pas, de ce qui pouvait élargir ses propres horizons; mais ça ne la rendait pas naïve. La curiosité pouvait vous coûter la vie, si vous ne faisiez pas un minimum attention aux détails. Baisser les gardes n'était pas hors d'atteinte, mais comme lorsque l'on plongeait dans des profondeurs inexplorées, ça se faisait par paliers. Il lui semblait qu'elle avait atteint le palier ultime avec un Terrien particulier, mais les choses n'avaient pas changé pour autant. L'expérience lui prouvait même que les relations avec les ceux qui étaient nées ici pouvaient être aussi complexes que celles qu'elle avait pu développer là-haut, avec ceux qu'elle considérait de la même culture qu'elle. Les intentions n'étaient jamais limpides et claires. Son instinct n'était pas une arme suffisante pour faire face aux inconnus, mais elle était la seule dont elle disposait, et il lui fallait faire avec, apprendre à écouter ce qu'il disait et sous-entendait, à faire la part des choses, à n'en retenir que le concret et l'utile.

Avec cet homme-là, pourtant, il y avait quelque chose d'étrange. Comme si autre chose entrait subitement en ligne de compte. Une part d'elle avait abandonné toute méfiance à son égard, et un réflexe étrange avait pris le dessus, la forçant presque à se recréer de toutes pièces une peur nouvelle, juste pour se rassurer. Derrière son arbre, Murphy était totalement perdue. Elle voulait se dire que c'était l'aisance avec laquelle l'homme s'adressait à elle qui la rassurait, mais elle n'y parvenait pas. Ce serait bien la première fois qu'elle baisserait les armes aussi vite. Il y avait quelque chose d'autre, mais elle n'arrivait pas à mettre la main dessus. Antarès, qui s'était installé à côté de l'inconnu, n'était pas pour aider à la rassurer. Peut-être que les Terriens estimaient assez peu les animaux pour en faire des otages quelconques, mais peut-être aussi l'inconnu avait-il saisi le lien qui les unissait. Elle crevait de peur qu'il l'utilise pour combler ses intentions, quelles qu'elles puissent être.

Tout son être, pourtant, voulait croire en la sérénité dont faisait preuve Antarès. Lui, jusqu'à présent, ne lui avait jamais donné de raisons de douter de ses instincts. Mais une seule erreur pourrait leur coûter la vie à tous les deux, et elle préférait encore se cantonner à sa méfiance innée que de risquer leur peau, juste parce qu'elle avait fait confiance à quelques constatations aléatoires et totalement empiriques. Mais il fallait se rendre à l'évidence : son chien avait choisi son camp. Il avait choisi de se rapprocher de l'homme et du feu qu'il avait dressé. Dans le froid de novembre, Murphy ne pouvait pas le blâmer. Mais était-ce tout ce dont il s'agissait ? En s'écartant de son arbre, elle n'avait pu se retenir de poser sa main sur une de ses deux dagues, comme pour prévenir que le bon déroulement de la rencontre ne tenait encore à peu de choses et que rien n'était gagné; ou peut-être pour se prouver à elle-même qu'elle avait un peu de pouvoir là-dedans, au moins celui, si les choses tournaient mal, de dégainer l'arme avec laquelle elle demeurait la plus à l'aise. Sa main gauche se serrait autour de l'arc mais elle savait que si les choses devenaient hors de contrôle, ses réflexes ne seraient pas encore suffisants pour trouver une flèche assez vite. « Mmh, il aime bien la viande », bougonna-t-elle sous son écharpe, se forçant à prendre la parole de l'homme pour argent comptant. Antarès savait ce qui était bon et mauvais pour lui, n'est-ce pas ? Et puis, le Terrien ne se serait spontanément rien préparé de mauvais pour la santé. Le regard posé sur son chien en plein festin, elle s'accrochait à cette logique remplie de bon sens. Elle laissa finalement, par précaution ou par respect, un bon mètre entre eux deux. Antarès demeurait hors d'atteinte mais de le savoir plus proche l'apaisa un peu. Le Terrien, lui aussi, semblait mettre du sien dans cette rencontre; il restait assis et de son regard doré, Murphy tachait de s'en montrer reconnaissante. Il la laissait dominer les lieux, elle qui les découvrait, et acceptait d'être celui qui se laissait surplomber. Pour la petite femme qu'elle était, c'était un sacrifice qu'elle appréciait plus qu'il ne s'en rendait probablement compte. Il lui laissait le pouvoir, et lui accorder ce pouvoir-là, c'était lui accorder l'opportunité de douter de cette méfiance qui la commandait encore.

Et ce quelque chose qui avait englobé l'aura de l'homme depuis le début commença à se préciser. Elle détaillait son visage, sa silhouette. Il y avait quelque chose de familier chez lui, mais Murphy avait une mémoire parfaite lorsqu'il s'agissait des Terriens dont elle avait croisé la route. Elle pouvait les nommer, elle pouvait détailler leurs rencontres. Même en le fixant avec tant d'insistance, avec lui, rien ne revenait. Aucune bribe de souvenir. Au moment où elle dégagea son visage, elle sentit le froid attaquer sa peau claire. Elle la devinait déjà rougir sous les offensives de l'hiver, mais à cet instant précis, c'était le cadet de ses soucis. Elle voulait tirer les choses au clair, comprendre ce qu'elle n'arrivait pas à comprendre, trouver une raison de s'apaiser. D'un geste, l'homme l'invita à le rejoindre et, au lieu de se laisser dominer par la paralysie, elle franchit un pas de plus, puis deux pas, et se décida à s'installer sur une large branche de bois tombée à terre, de l'autre côté du feu.

Le visage de l'homme apparaissait alors de l'autre côté des flammes et elles donnaient l'impression d'une ultime protection érigée entre eux. Elle le fixait encore, cherchait à comprendre cette drôle d'impression qu'il lui donnait, presque convaincue que lui ne pouvait plus la voir. Il lui fallut quelques instants pour décoder lest mots qu'il employa dans sa propre langue. Son esprit tournait au ralenti et elle ne parvint à traduire sa phrase que par une suite de déductions qui la firent froncer des sourcils sous la concentration qu'elles lui demandèrent. La question de l'homme raisonna avant qu'elle n'ait le temps de construire une réponse correcte à sa remarque, et elle fixa son chien, comme pour l'appeler à l'aide. L'extrémité de son arc avait trouvé la terre froide mais elle ne le lâchait, le tenait même maintenant des deux mains. Elle laissait sa dague à sa cuisse, espérait de tout son être qu'aucun compagnon de route du Terrien ne se décide à l'attaquer par l'arrière, maintenant qu'elle était assise, installée à la même hauteur que l'inconnu. « Oui », répondit-elle dans sa langue, incapable de détailler ses pensées et idées dans un langage qui n'était pas le sien. « Notre camp est pas loin d'ici, mais je voyage régulièrement. » Elle pencha subitement la tête sur le côté, les sourcils froncés, et posa son arc à terre.

Le soulagement était plus que visible, il était presque devenu tangible. « Mais je sais... » Elle se leva à nouveau pour lui faire face, par-dessus les flammes. Ses épaules s'étaient délestées d'un poids qui les avait un peu trop accablées jusqu'à présent. Sans l'ombre du feu, elle pouvait revoir le visage de l'homme en détails, même si elle n'avait plus besoin de ça pour être convaincue. « Je vous ai vu... deux fois... » Sa tête était penchée sur le côté et un fin sourire commençait à orner ses lèvres. Leur première rencontre avait été bercée d'une indifférence rassurante qui avait ignoré tout de leurs statuts respectifs. Un Terrien qui passait son chemin devant la Céleste qu'elle était, c'était la preuve ultime d'un désintérêt qui rassurait comme aucune autre réaction ne pouvait le faire.
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Sujet: Re: A matter of time (Eléos)
Dim 1 Avr - 20:48

A matter of time
Murphy
Les rencontres ne sont pas de simple visages au passage d'un chemin, les rencontres sont de véritables contact avec les gens qui font notre quotidien, même lorsque celui-ci n'est composé que d'imprévus.

Je vois bien qu'elle hésite, qu'elle est sur la réserve et qu'elle me craint, elle a bien raison, si elle n'avais pas cette peur qui l'empêche d'accorder sa confiance au premier venu, elle serait déjà morte depuis longtemps. Dans cette nature sauvage il faut être en permanence sur le qui-vive, moi qui voyage toujours seul, je le sais mieux que personne. Si cette jeune femme ne m'avait pas parut si familière et si je n'avais pas cru reconnaître ce chien, je ne serais pas aussi sympathique et détendu, c'est certain. Dans la vie, je suis toujours curieux de faire de nouvelles rencontres, curieux d'apprendre de nouvelles choses, et mon instinct me dit en cet instant que le jeu en vaux peut-être la chandelle. Alors voilà, je reste calme et posé et j'essaye de temporiser pour mettre cette jeune femme plus à l'aise en espérant qu'elle ne me décochera pas une de ces flèches qu'elle porte dans son dos en plein milieu de la poitrine. Le chien lui est toujours confortablement installé à mes côtés près du feu lui et visiblement le bout de viande que je lui ai donné le contente assez pour ne pas faire attention aux craintes de sa maîtresse.

Il semblerait que mon attitude détachée fasse son effet puisqu'elle s'approche tranquillement, toujours sur la défensive mais au moins elle se rapproche. Sa démarche me parle vraiment, je suis plutôt physionomiste, c'est un des avantages de mon travail, je suis censé reconnaître ceux avec qui j'ai déjà traité, alors son allure et sa façon de se déplacer, je les reconnais, je sais que je l'ai déjà croisée et je crois voir dans son regard les mêmes interrogations que celles qui s'imposent à moi. Quand-est-ce que j'ai bien pu la voir et où, cela reste cependant un mystère. Après quelques regard pour son chien qui l'ignorait complètement la pauvre, elle se décida et s'installa en face de moi pour continuer cette conversation qui semblait quelque peu biscornue mais qui tout de même semblait mener vers quelque chose de concret.

Lorsqu'elle se découvrit le visage je vis ses traits se dessinés dans la lumière vacillante du feu de camps entre nous, cette fois-ci j'en suis certain on s'est déjà rencontré quelque part. Comme elle mettait le feu entre nous deux j'eu soudain du mal à la voir, la lumière puissante des flammes cachèrent son visage et ses expression. Cette distance soudaine me fit un peu perdre pied, je ne pouvais plus voir ses pensées défilées sur son visage, je crois bien que nous nous comprenions, malgré mes quelques difficultés dans sa langue et les siennes dans la mienne. Cependant j'ai pu noter qu'elle s'en sortait très bien, je me demande où est-ce qu'elle a bien pu apprendre à parler ainsi la langue du peuple de la terre, comme ils l'appellent, mais elle a des bonnes bases. Je me demande si elle accepterait un jour de m'apprendre à mieux comprendre et parler la sienne, après tout on dit qu'ils descendent comme nous des hommes qui ont détruits la planète alors nous sommes en quelques sortes un peu tous de la même famille, comme toutes les tribus sont liées à cette terre. Ma curiosité me perdra sûrement un jour, mais je suis comme ça, je veux tout savoir sur tout à mes risques et périls.

Lorsqu'elle pencha la tête sur le côté pour discerner mes traits de l'autre côté de l'âtre, je vis l'illumination se faire sur son visage, je crois pouvoir affirmer que c'est à cet instant qu'elle démêla tous les fils et qu'elle compris d'où elle me connaissait. Pour ma part je restais encore un peu dans le flou jusqu'à ce qu'elle se leva pour me faire face au dessus des flammes. C'est alors qu'elle me revint à l'esprit. Je crois que la même expression vint alors se loger sur mon visage tendis que je me levais à mon tour. Le chien, intrigué par cette agitation cessa de mâchouiller son morceau de viande pour nous regarder incrédule, les oreilles dressées. " Oui, c'est vrai ! Je me souviens ! " Je crois que la surprise me gagna, je ne m'attendais pas à voir cette jeune femme ici, les fois précédentes c'était il y a quelques lieux de là, je ne m'attendais pas à ce qu'elle se soit déplacé ainsi. " Toi et lui, depuis longtemps. C'est vrai qu'on avait jamais parlé. Vous voyage beaucoup ? " J'essaye comme je peux de communiquer, faire la conversation comme ça va s'avérer certainement compliqué, mais j'aimerais sincèrement en apprendre plus sur cette jeune femme que j'ai vu deux fois en passant sur le chemin de mes expéditions et avec qui j'échangeais des saluts cordiaux et dénués de toute hostilité alors que nous ne nous connaissions pas. " Tu veux viande ? " Lui dis-je en lui tendant un morceau de viande séchée. Ma mère disait que l'amitié passe avant tout par l'estomac, si tu offre de ta nourriture à un inconnu de passage alors tu pourras t'en faire un ami, c'est le savoir vire.
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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36215 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1356


Sujet: Re: A matter of time (Eléos)
Lun 16 Avr - 2:30

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❝ A matter of time ❞
Murphy Cavendish & Eléos Tenvarii
(10 novembre 2117)


Même des plus confiants en la vie, la suspicion était devenu un réflexe dont il ne faisait plus très bon se départir. Au moins, elle était inutile et au pire, elle devenait nécessaire. Murphy l'avait appris au fil des rencontres. Si celles-ci s'avéraient plus timides, elle apprenait à baisser la garde, mais jamais sans quelques vérifications et observations d'usage. Un Terrien qui brandissait une arme vers elle d'un air belliqueux ne gagnerait pas son apaisement de sitôt. Lorsqu'au contraire, c'était une réflexion de ses propres inquiétudes qu'elle lisait dans les traits de son opposant, alors il fallait que l'un des deux se décide à abaisser les armes en premier. Le duel ne pouvait pas être infini. Pourtant, c'était rarement elle qui faisait preuve de cette sagesse en premier. Elle avait besoin de preuves de bonne foi, et la meilleure preuve de bonne foi qui puisse exister était une arme posée au sol. Elle, elle se cramponnait aux siennes jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de raisons concrètes de penser qu'elle pouvait se retrouver avec une hache ou une flèche plantée entre les yeux.

Antarès, lui, n'était pas une preuve suffisante. Il était, au même titre que les traits qui caractérisaient le visage de l'autre, une observation. Le mensonge ou l'habileté pouvait venir de toutes parts. Même si jusque-là celui-ci ne lui avait jamais failli, son chien pouvait être mis à mal par son instinct. Il suffisait d'une seule erreur pour qu'aucune autre ne soit plus jamais possible. Et puis, lire les expressions d'un autre être humain recourait aux premiers réflexes de l'espèce que représentait l'humanité, mais c'était aussi le cas de l'erreur. L'erreur était incroyablement humaine, après tout. Murphy préférait être perçue comme bien trop inquiète de la vie et de ce qui pouvait lui tomber dessus que trop insouciante, juste un peu trop insouciante de cette part de naïveté qui pourrait lui coûter la vie ou une bonne partie de sa santé.

Mais il y avait de ces rencontres qui donnaient envie de croire à toutes les suivantes, de celles qui changent une personne pour le meilleur, celles qui offrent de quoi rebâtir un espoir depuis longtemps perdu, celles qui apportent du baume à un cœur un peu trop entaillé par les épreuves. Il ne fallait pas les oublier, celles-là. Elles étaient toutes les raisons qui poussaient à abaisser les armes un peu plus facilement -sans abandonner la méfiance nécessaire à la survie, mais à estimer les rencontres avec plus d'optimisme. Qui savait ce qu'elles pouvaient apporter... le pire, bien sûr, parce que le pire existait toujours partout dans ce monde -mais aussi le meilleur, car lui aussi avait appris à se faire sa place ici-bas. Et Murphy se rappelait aussi de cette indifférences polie qui suscitait une confiance calme. L'homme qui se tenait de l'autre côté de l'âtre crépitant, elle le connaissait. Cette rencontre avait été fugace, mais elle l'avait marquée au même titre que chacune des rencontres qu'elle pouvait faire hors de chez elle, et à son propre titre. Depuis qu'elle foulait le sol de cette planète, Murphy n'avait jamais eu le droit à l'indifférence qu'il lui avait offerte ce jour-là. Un hochement de tête poli, un petit sourire, et chacun avait passé son chemin pour vaquer à ses propres occupations. Le cœur de la brune s'était doucement tiédi, comme si le soleil l'atteignait alors de ces doux rayons printaniers. En un instant, il lui avait semblé être devenue une part entière de ce nouveau monde qui ne l'était donc plus tout à fait, nouveau. Pendant un court instant, elle avait fait partie de ce décor et il avait été normal de la croiser là. Pour ça, à cet homme, elle avait été redevable des mois durant. A chaque fois qu'on lui avait fait sentir d'une façon ou d'une autre qu'elle n'était pas à sa place, elle s'était remémoré ce doux instant de quiétude qui avait laissé entrevoir l'espoir que ces moments disparaissent. Et lorsqu'elle avait croisé ce même Terrien quelques temps plus tard, Murphy avait continué à respecter ce silence d'or. Abritée derrière ses arbres, elle s'était contenté de sourire en le regardant passer, se demandant si elle serait amenée à le croiser une troisième fois, si un jour ils échangeraient un peu plus de politesses.

Ce moment-là était venu. Mais comme si le monde réel lui avait fait oublier ces aventures, Murphy avait d'abord cru cette éternelle méfiance nécessaire. En se relevant pour l'observer de l'autre côté des hautes flammes qui réchauffaient les corps et cuisaient les viandes durement gagnées, un sourire authentique et spontané avait étiré les lèvres de l'Odysséenne; ce même sourire qu'elle avait silencieusement se laisser se dessiner lorsqu'elle l'avait observé la seconde fois, cachée, trop respectueuse pour lui couper la route. Le visage de l'homme n'était plus tout à fait celui qu'il avait laissé dans ses souvenirs; pas parce qu'il avait changé, mais parce que ses souvenirs s'étaient déformés, sûrement, et que la quiétude de la première rencontre et le sentiment de danger de celle-ci n'avaient rien à voir, déformaient la réalité chacune à leur manière. Même si elle savait que ce n'était pas tout à fait vrai, il lui semblait que c'était la première fois qu'elle entendait sa voix. Le salut poli qu'il lui avait accordé la première fois ne lui avait pas permis d'imprimer ses tonalités. Elle détaillait son visage, maintenant qu'elle en avait l'occasion. La chaleur des flammes rendaient sa barbe et ses cheveux presque roux. Son regard fut attiré par l'immobilité soudaine d'Antarès. Elle se serait probablement inquiétée de le voir se paralyser de curiosité si elle n'avait pas confiance en cette rencontre. La pointe de son arc restait plantée dans la terre mais elle ne le tenait plus que d'une main légère.

L'homme mélangeait les deux langues avec une aisance qui lui demandait quelques secondes de réflexion intense à chaque fois. Elle saisissait quelques mots à la volée du langage qui n'était pas le sien mais lisait tout autant ses traits, pour saisir le plus d'informations possibles malgré cette barrière dont elle ne s'offusquait plus. « Sha, lui et moi, depuis longtemps. » Elle jeta un coup d'oeil à Antarès, qui avait regagné tout son intérêt pour le morceau de viande qui lui avait été offert. Oui, ça faisait longtemps. En réalité, Murphy avait perdu la notion du temps. Antarès était peut-être même encore très jeune la première fois qu'ils s'étaient croisés. « Oui, ça m'arrive. Mais ici on est à côté de notre village... » Elle désigna vaguement du bras le côté duquel elle venait. Leur présence en ces lieux, bien que relativement récente, n'était plus un secret pour personne. « On a investi des vieilles ruines. » Elle s'accroupit une seconde pour déposer son arc à terre et se redressa, encore loin d'être prête à arrêter de détailler les traits de cet homme qu'elle n'avait pas encore eu le temps de vraiment connaître. C'était peut-être l'occasion. « Et vous ? Vous devez beaucoup voyager, j'imagine, sinon c'est que vous me suivez... » Un sourire taquin se dessina brièvement sur son visage avant qu'elle ne se ressaisisse et se racle la gorge, gênée, réalisant qu'ils n'étaient malgré tout encore probablement pas à un tel niveau de familiarités. Il lui fallut deux secondes de plus pour réaliser que leur deuxième rencontre n'avait existé que pour elle. « Je vous avais revu, après... » fut-elle contrainte d'avouer avant de se rasseoir, sans pour autant quitter des yeux le Terrien. Le silence s'était installé quelques secondes sur le petit campement et c'est lui qui le brisa en lui proposant de quoi manger. « Oh... volontiers, si elle est bien cuite. » Elle autorisa son regard à se porter sur la viande qui suintait au-dessus du feu et fut forcée d'admettre que l'eau lui montait à la bouche. « C'est donc à ça que ressemble votre voix. » Antarès était retourné auprès d'elle, satisfait de son repas, et elle lui flattait l'encolure. Peut-être que ce moment-là était destiné à être bercé de quiétude, lui aussi, et qu'elle était de quoi cet homme s'enveloppait toujours. Il était bon de penser ces choses-là.

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06/12/2015 Electric Soul Kayden Elwood & Einar Helgusson 7459 Jon Kortajarena Electric Soul & tearsflight Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate Naori 711
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Sujet: Re: A matter of time (Eléos)
Dim 24 Juin - 21:12

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A matter of time (Eléos)

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