Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜A matter of time (Eléos)
maybe life should be about more than just surviving


avatar
06/12/2015 Lux Aeterna 30178 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: A matter of time (Eléos)
Ven 10 Nov - 23:14



❝ A matter of time ❞
Murphy Cavendish & Eléos Tenvarii
(10 novembre 2117)


Les patrouilles automnales s'étaient enchaînées au fil des semaines et déjà, Murphy pouvait sentir l'air de l'hiver s'emparer de la forêt. Le respirer était moins doux et les manches courtes étaient désormais proscrites. Elle avait ressorti les lainages et son fidèle bonnet ne la quittait plus dès lors qu'elle se savait rester à l'extérieur plus d'une heure. Tout semblait mourir avec la venue du froid, mais c'était déjà la troisième fois qu'elle assistait à ce spectacle. Il ne l'étonnait plus comme il avait pu le faire les premières fois; il la lassait, parce qu'elle savait ce dont il était synonyme. Bientôt tomberaient les premières neiges qui paralyseraient les mouvements et interdiraient la curiosité. Bientôt, Murphy serait à nouveau interdite de ces expéditions solitaires par lesquelles elle aimait ponctuer son quotidien. Il lui faudrait se contenter de ses patrouilles et de l'air froid qui brûlait la peau et les poumons, tirait les larmes, gelait les doigts. En grandissant, Antarès avait gagné en aisance et c'était là quelque chose qui lui apportait un peu de réconfort. Il ne souffrirait plus autant de cet hiver que du précédent. Il l'accompagnait dans la plupart de ses patrouilles, la quittait régulièrement pour s'adonner à ses occupations de chasseur curieux, revenait parfois avec quelque viande que Murphy confiait alors à l'équipe du cuisinier du village. Cassandre gagnait en aisance dans l'exercice et elle aussi, un peu; pourtant elles n'hésitaient jamais à voler un peu de temps en la compagnie l'une de l'autre, et leurs gestes ne faisaient que gagner en assurance.

Ce serait aussi son premier hiver d'archère, et c'était là un second réconfort propre à cette année. Ses couteaux ne la quittaient jamais pour autant, comme de vieux grigris qui avaient plus de pouvoir sur son esprit qu'ils n'en auraient en cas d'extrême nécessité. Les mois lui avaient permis de gagner en agilité avec l'arme, même si elle regrettait tous les entraînements qu'elle s'était accordés seule. Richard aurait dû être là, et son absence était particulièrement pesante dans ces rares moments qu'ils avaient prévus, depuis longtemps déjà, comme leur appartenant. Murphy n'arrivait plus à croire qu'il s'agissait seulement d'un manque de temps. Elle regrettait sa malhabileté, bien sûr, mais plus encore le silence qui semblait durer depuis déjà bien trop longtemps. Il aurait dû comprendre la dureté de ses gestes ce jour-là. Il aurait dû comprendre qu'elle ne pouvait laisser Antarès à personne, même sous la menace, même malgré le prétexte d'une trêve tacite qu'ils étaient censés respecter pour ne pas faire de vagues. Que son coude ait atterri dans le visage de Richard avait été un accident fort malencontreux mais de tous ceux qu'elle côtoyait, il était le seul dont le jugement l'atteignait aussi directement. Puisqu'il était la seule famille qui lui restait, elle espérait tout de lui, y compris le pardon. Son arc le lui rappelait à chaque instant.

En ce mois de novembre, le temps était à l'humidité. De rares premiers flocons fugaces avaient déjà fait acte de présence quelques jours plus tôt, annonçant ceux à venir, mais les températures ne leur permettait pas encore de s'installer comme ça pouvait être le cas dans les premiers mois de l'année. Il pleuvotait de la manière la plus désagréable possible; de petites et fines gouttes qui humidifiaient la peau, collaient peu à peu les cheveux au visage et gelaient les articulations. Les vieilles feuilles tombées à l'automne, trempées par le crachin incessant, crissaient et craquaient sous ses pas tranquilles. Antarès était parti entre les arbres voilà de longues minutes déjà. Elle entendait quelques mouvements de temps à autres, pas d'aboiements. Il ne devait pas être loin et trouver son bonheur dans une piste laissée par une proie ou une proie après laquelle il courait déjà. Son arc fermement tenu à la main, Murphy observait les alentours, en bonne patrouilleuse qu'elle était. Elle avançait tranquillement, le nez perdu sous son manteau. Elle commençait à retrouver quelques repères ici. Les terres étaient différentes et la structure de leur village ne ressemblait à rien à celle du campement de fortune qu'ils avaient installé en panique lorsqu'ils avaient échoué ici, mais au fil des mois, elle avait parcouru les environs, exploré, détaillé, noté ce qui lui semblait digne de l'être. Le déménagement devait représenter à la fois le rêve et le pire cauchemar des cartographes, qui avaient du reprendre leur travail du départ, mais pour Murphy, il s'agissait d'une nécessité presque excitante. Elle savait qu'au sud ouest du village se trouvait la grotte au mille lueurs où elle avait trop attendu Isdès et que si elle descendait suffisamment au sud, elle pouvait retomber sur la décharge aux milles dangers et trésors. Ses repères prenaient progressivement forme et avec eux se construisait la confiance, seule capable de lui apporter un peu d'apaisement. Car si elle avait rêvé de cette nouvelle vie, d'un vrai projet pour eux tous, d'un vrai départ, elle n'arrivait pas à faire toutes les inquiétudes, y compris celles qu'Isdès avait fait naître lorsqu'elle lui avait annoncé la nouvelle. Ne pas s'aventurer dans le désert ou les montagnes; c'était des précautions qui l'avaient davantage inquiétée que s'il s'était contenté de lui jeter ce regard sombre dont il était le spécialiste et de garder le silence. Elle se demandait parfois si lui s'inquiétait vraiment, ou autant qu'elle, qui, d'ailleurs, n'arrivait pas vraiment à appréhender la réalité des menaces contre lesquelles il l'avait mise en garde. Est-ce que c'était l'une d'elles qui lui avait coûté Faust ? Est-ce que si elle affrontait les interdictions d'Isdès, ele avait une chance de retrouver son amie ? C'était des questions qui lui trottaient parfois dans la tête, mais une promesse était une promesse, même auprès de quelqu'un comme Isdès.

Elle entendit Antarès aboyer au loin et un sourire se dessina sur ses lèvres, sous le manteau. Son regard le chercha entre les arbres même si elle savait que l'effort serait vain. Le cri venait de trop loin. Elle se contenta de continuer vers l'est pour ratisser les environs du village qu'on lui avait attribués pour cette patrouille. Les doigts qui serraient l'arc commençaient à être meurtris par le froid mais tant qu'elle leur évitait tout mouvement, ils se faisaient presque oublier. Un autre aboiement la fit se retourner brusquement. L'appréhension avait remplacé la tendresse sur son visage. Antarès n'aboyait que trop rarement de façon aussi rapprochée pour que ça n'attise pas son inquiétude. Elle hésita une seconde, s'attardant sur cette petite voix qui lui soufflait qu'elle s'alarmait de pas grand chose, mais finit par se décider à faire volte-face, juste à temps pour entendre un troisième aboiement. Un aboiement bref, presque enthousiaste; pas une plainte, mais un aboiement tout de même. Son pas s'accéléra subitement pour prendre la direction de laquelle venaient les cris et elle se freina subitement entre les arbres.

Elle regrettait d'avoir été si peu discrète. Elle regrettait son pas lourd qui faisait chanter les feuilles, elle regrettait sa respiration haletante. Sa main s'était posée sur l'écorce humide d'un arbre à sa droite et elle observait une scène à quelques mètres de là. Ces mêmes feuilles mortes qui jonchaient le sol et l'avaient sans doute trahie avaient un second tort : elles ne remplissait plus les airs pour masquer sa présence. Elle se glissa subitement derrière le tronc d'arbre mais eut juste le temps de voir l'homme qui lui faisait dos se retourner. Il était assis près d'un feu et elle pouvait maintenant réaliser que l'odeur de bois brûlé qui emplissait ses narines ne venait pas de leur village. L'image restait gravée sur sa rétine et elle essayait de réunir toutes ses pensées dans un seul but : trouver une solution au dilemme qui se présentait à elle. Antarès était assis aux pieds de l'homme dont elle n'avait vu que le dos. Des cheveux clairs, lui semblait-il -ce seul critère éliminait la plupart des Terriens dont elle avait déjà fait la connaissance. Doucement, presque intimidée mais surtout extrêmement prudente et précautionneuse, elle se détacha de l'arbre pour laisser sa silhouette apparaître à l'homme qui la fixait. « Moba... Em... wif ai » baragouina-t-elle en désignant son chien, alors que ses yeux se fronçaient pour détailler les traits du visage au loin.

Spoiler:
 
 

A matter of time (Eléos)

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Malachi x only a matter of time
» Seize the Time!An essay by Cynthia McKinneySeptember 19, 2008
» Session time out...
» Damon Moon - "It's time to forget about the past"
» 08. Remember that time is money - Benjamin Franklin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: welcome to hell :: Aux alentours de l’Odyssée-