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˜˜˜˜˜˜And I Won't Back Down ...
maybe life should be about more than just surviving


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14/11/2015 Isa & I 3274 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 43
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Sujet: And I Won't Back Down ...
Dim 29 Oct 2017 - 16:16


Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween


Le verdict tomba irrémédiablement, quand, malgré les bâches agencées sur le toit, l'eau se mit à fuser de toute part à travers le plafond. Mais surtout juste au-dessus de l'endroit ou Tennessee tentait de s'endormir en compagne du marchand de sable. Si Antarès eut été là, elle se fut serrée contre lui afin qu'ils se réchauffent mutuellement en attendant que ça se calme. Malheureusement la mécanicienne ne trouva rien sur quoi elle pourrait se baser pour se rassurer que ça s'améliorait au courant de la nuit. Par la force des choses elle dû s'extraire de ses couvertures trempées avant de se transformer en glaçon elle-même. Bien que très énergique, son courage se diluait à l'idée de se hisser sur un toit glissant ou elle n'y verrait que dalle. La bouclée du reconnaître sa défaite quand elle entendit un étrange claquement résonner dan la pièce avant de comprendre qu'il s'agissait de ses propres dents qui s'entrechoquaient. Elle se releva, peu glorieuse pour se jeter un coup d'œil à travers l'ouverture de la fenêtre. Celle-ci pour laquelle elle espérait ajouter une vitre un jour afin qu'elle la protégea des variations de température quand ça s'avérerait nécessaire. Des cordes tombaient au milieu d'une brume qui donnait l’étrange illusion de doute s'étendre sur toutes les habitations de l'endroit. Pour peu qu'elle eut été un peu superstitieuse, la peur de rencontrer un éventuel fantôme se serait rajouter  au cocktail de cette soirée légèrement apocalyptique, alors que le bruit du tonnerre s'en mêlait.

Il fallait se rendre à l'évidence et rejoindre le dortoir qu'elle abhorrait tant. Trop de monde, trop de proximité, trop de blablas, trop de curieux avec des yeux fureteurs et une langue trop bien pendue. Comme la température déclinait de plus en plus, elle se voyait obliger d'y dormir furtivement de temps à autre pour récupérer un véritable sommeil réparateur. Cependant cette fois-ci elle devinait que ça durerait certainement jusqu'au début du printemps. Elle jeta un regard désolé au milieu de l'obscurité qui l'entourait puis tâtonna pour dénicher la vieille lanterne récupérée dans la décharge, dans laquelle elle déposait une bougie pour faire office de lampe. Elle l'alluma pour éclairer son chemin jusqu'au grand complexe, tout en s'emparant du seul drap blanc à peu près sec qu'il lui restait. La mécanicienne s'en recouvrit un peu comme une momie laissant juste la possibilité à ses prunelles d'apercevoir ou elle se dirigeait ainsi qu'à son bras droit de se mouvoir pour tenir sa lumière. Puis s'armant de ses dernières forces elle se dirigea vers le seuil de sa maison ou elle dû pousser d'un petit coup de rein un porte légèrement grinçante. Un souffle de vent repoussa le tissu qui couvrait sa tête vers l'arrière l'exposant au torrent qui se déversait au dehors. Ses jolies boucles ne ressemblaient plus à rien, toutes collantes elles épousaient ses joues lui apportant sous la lumière un air légèrement cadavérique. Tennessee s'élança donc à l'assaut du parcours qui la mènerait au lieu ou respirait tout l'humanité de ces anciennes habitations.

Quand elle pénétra dans cet immense endroit Tennessee respira d'aise d'avoir échappée aux éléments un peu déchaînés de la nature. Et bien que l'on put encore entendre  le clapotement agressif des gouttes d'eau, ici un silence de mort régnait. Il semblait bien que tous eussent trouvés le repos. Rien d'étonnant car on arriverait bientôt aux heures du petit matin. Le rez-de-chaussée servait à entreposer les matériaux, à la cantine etc. et pour s'accaparer un lit on se devait de monter une volée de marches en béton. Heureusement car en bois elles auraient déjà rendues l'âme depuis quelques décades. Bizarrement, tout en les empruntant, des craquements se déclenchaient malgré toutes les précautions prises par Tennessee. Un ombre se faufila alors jusqu'à elle, avec quatre pattes et une langue doucereuse qui léchouilla sa main en guise de Bonjour. Antarès, toujours aussi vif, elle le remercia avec un sourire au travers de son lampion, pour ne pas avoir déclenché une alerte embarrassante. Telle une voleuse elle se déplaçait parmi les dormeurs que rien ne troublait dans leurs rêves profonds. Flanquée de son acolyte elle passait de lit en lit ... son espoir s'amenuisant petit à petit devant la constatation que tout affichait complet ! Épuisée, elle traînait légèrement des pieds, Glacée, sa respiration sifflante s'élevait dans le dortoir, mouillée, une piste humide se déroulait derrière elle ... Quand la bas dans le coin elle crut déceler une forme, et levant son lumignon se rapprocha de l'alcôve pour mieux l'inspecter ....



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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Lun 30 Oct 2017 - 2:41





❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


L'été avait définitivement levé son camp. Finies les chaleurs étouffantes et la transpiration désagréable qui coulait dans sa nuque. Elle accueillait pourtant l'automne avec amertume, parce qu'elle savait qu'il marquait les prémices d'un hiver paralysant. Les hautes neiges l'empêcheraient à nouveau de s'aventurer trop loin, encore plus maintenant que le terrain lui était redevenu inconnu. Quelques mois n'avaient pas suffi pour lui rendre l'aisance qu'elle avait réussi à connaître près de l'ancien camp. C'était là l'aléa le plus immédiat qu'elle trouvait à ce déménagement. Pour tout le reste, elle y trouvait un confort nouveau, entaché, il était vrai, par quelques idées nocives qui la consumait lorsque la nuit tombait et que les pensées reprenaient leur droit sur son esprit tracassé. Ici, après tout, elle s'était approprié un terrain, une maison. Thaïs elle-même n'en était pas revenue : une maison pour elle toute seule, oui. Pour être toute seule, ou presque. Il y avait un mur mitoyen qu'elle partageait avec un fantôme du passé, une silhouette qu'elle s'évertuait, tout du moins, à laisser au passé. Mais le mur s'effritait trop souvent pour qu'elle arrive à oublier les boucles dansantes de celle qu'elle avait pensée son amie. Antarès échappait trop souvent à sa vigilance pour qu'elle oublie le verger qui vivait continuellement dans les poches de Tennessee. Au moins, l'automne avait aussi ça de bon qu'il mettait fin à sa cohabitation avec la rebelle. Jusqu'au printemps suivant, tout du moins, mais la trêve avait été accueillie avec soulagement lorsque les premières fraîcheurs d'octobre l'avait poussée à plier bagage pour de bon et à retrouver le lit qui l'attendait au milieu de la forêt de couchages. Les premières nuits la rappelèrent à l'inconfort des ronflements anonymes qui se répondaient et le sommeil la bouda plus encore que durant les derniers mois. Elle avait trop froid ou trop chaud, s'agaçait de la présence de personnes qu'elle connaissait à peine, s'inquiétait d'un Antarès qui se faisait furtif et trouvait probablement réconfort dans les vieilles pierres d'une maison abandonnée à l'hiver, le temps pour elle d'attendre une accalmie printanière. Le sommeil n'était plus un fidèle compagnon depuis que sa mère l'avait quittée, mais il lui semblait qu'il arrivait encore à s'éloigner d'elle à mesure que la vie lui arrachait les raisons de sa stabilité. La disparition de Faust avait crée un trou noir qu'elle retrouvait tous les soirs en cherchant le sommeil. Elle l'avait trop nourri et il s'était ennuyé de son chagrin, n'avalait plus que quelques bribes d'elle lorsqu'il en trouvait l'intérêt. Mais des compagnons étaient nés et elle balançait d'angoisse en inquiétude, de questionnement en affolement. Il y avait Chris, dont le simple nom faisait bouillir ses nerfs et son sang; il y avait Devos, l'incompris parce que l'incompréhensible, le têtu dénué d'empathie et de raison; il y avait la Myrtille, qu'elle n'appelait plus que comme ça pour le provoquer même s'il ne l'entendait pas, mais qui n'avait pour effet que de la rendre plus amère encore; il y avait Mila, qui avait découvert un secret sensible; et puis il y avait Tennessee, qu'elle espérait toujours recluse dans sa demi-maison, en proie aux vents froids et aux pluies affolées d'un hiver qui se dessinait sous les lueurs brûlantes des feuilles automnales.

Les deux bras au-dessus de sa couverture, Murphy fixait le plafond. Sa main caressait un Antarès à demi-assoupi, dont la respiration calme était la seule chose qui arrivait à doucement l'apaiser. Les ronflements de ses voisins se faisaient écho. De temps en temps, elle pouvait entendre quelqu'un se retourner ou tousser. Depuis qu'elle avait repris le chemin du dortoir commun, elle se demandait comment elle avait pu réussir à dormir dans de telles conditions. Elle rêvait de silence et d'intimité; d'autres choses plus secrètes encore, aussi, d'étreintes réconfortantes et d'un seul souffle qui viendrait chatouiller son oreille endormie. Dans un soupir agacé, elle glissa sur le côté pour chasser ses pensées parasites. Elle sentit Antarès bouger et sauter du lit, l'entendit détaler vers la sortie du dortoir, grogna rien qu'à l'idée qu'il retrouve Tennessee, qui était sans aucun doute assez maligne pour s'être construit un toit imperméable et se réchauffer à la chaleur d'une cheminée au douces sonorités crépitantes. Mais merde, quand est-ce qu'il allait venir, ce putain de sommeil ? Elle entendait la pluie battre contre les murs épais qui les protégeaient avec bienveillance des intempéries, se demandait si elle ne l'irritait pas plus que toutes ces âmes qui faisaient du bruit autour d'elle, s'exaspérait de s'exaspérer de tout et de rien. Elle soupira et se redressa sur son lit, fit glisser ses pieds contre le sol glacé. Elle se frotta le visage et passa nerveusement la main dans ses cheveux. Elle faisait face au mur contre lequel son lit était installé et fixa l'obscurité pendant de longues secondes. Pourquoi le sommeil ne s'invitait que lorsqu'elle était de garde ? Pourquoi la laissait-il à sa détresse lorsqu'elle le cherchait aussi désespérément ? Elle se pencha pour récupérer quelque chose sous son lit et enfouit son visage dans la fourrure d'Elias, qu'elle serrait contre sa poitrine. Avec le soin qu'elle lui portait, elle avait gardé toute sa douceur et son réconfort, mais ce ne serait certainement pas elle qui l'aider à tomber dans les abysses du sommeil. Quelle heure pouvait-il bien être, d'ailleurs ? Combien de temps lui restait-il pour tenter de recharger les batteries et avant de retourner vaquer à ses patrouilles ? Pourquoi Nadja n'avait pas été foutue de trouver une solution efficace à ces maux nocturnes ? Elle lui en voulut subitement au médecin et soupira au creux de sa couverture en avant de se décider à enfin faire quelque chose, plutôt de rester paralysée par ses lamentations et colères. Son visage quitta la douceur de la fourrure et accrocha une seconde la lueur qui se reflétait sur le mur face à elle et sur laquelle se détachait, sombre, son propre dessin. Elle se retourna brusquement et son pied l'éloigna de son lit dans un réflexe de panique qui la fit tomber à terre.

La silhouette était encore plus impressionnante de contrebas. Une forme livide qui se détachait sur l'obscurité du dortoir endormi, quelques mèches totalement folles qui, collées à lui, encadraient ce qui devait être un visage. De la forme dégoulinait un filet d'eau qu'elle devinait glacée, et elle était sûre de pouvoir retracer tout le trajet de la chose jusqu'ici -si elle y trouvait un quelconque intérêt. Les morts, par principe et par définition, étaient morts; ils ne bougeaient pas, ne trouvaient pas le chemin d'un dortoir et n'étaient pas capables de la fixer comme cet être la fixait à ce moment-là. Au pied du mort, il y avait Antarès qui avait sagement installé ses fesses sur le sol. C'est sa présence qui la força à la raison, et aussi les quelques traits qu'elle devinait sous le tissu détrempé, derrière les mèches de jais et grâce à la faible flamme portée à bout de bras par le nouvel arrivant. Ses yeux se froncèrent sous l'effort et elle finit par souffler, encore trop aimable pour préserver le reste du dortoir de ses cris rageurs. « Ten ? » Elle se redressa un peu maladroitement, se frotta le visage et ramassa la fourrure qu'elle jeta furieusement sur son lit. Son cœur affolé se calmait progressivement après le pic furieux de la panique. « Tu sais qu'il y a cent ans, une fille a été éviscérée vivante juste parce qu'elle avait interrompu le sommeil d'un de mes ancêtres ? Il a même bu son cerveau à la paille et par le nez, il paraît. On a fait de la viande comestible avec la fille, après, et elle a été vendue sous forme de tourtes à plusieurs dizaines de personnes. Il paraît que le fait que sa viande a été récupérée alors qu'elle respirait encore lui a donné un goût tout particulier. » D'un geste irrité et fulminante, elle se saisit à nouveau de la fourrure et la plia pour la glisser à nouveau sous son lit. « Antarès » appela-t-elle derrière son lit avant de soupirer de soulagement en voyant son fidèle compagnon la rejoindre. Elle lui flatta l'encolure et, plus ou moins bien cachée derrière le lit, lui glissa un tendre et sincère « je suis désolée pour tout à l'heure. Tu sais, c'est comme ça quand j'arrive pas à dormir, mais je suis contente quand t'es là. Me boude plus comme ça. » Elle se redressa et tapota sur le lit pour y attirer la boule de poils. « Tu peux dormir, si tu veux, je t'embêterai plus. » Le chien sauta là où sa maîtresse l'avait invitée et celle-ci releva finalement son regard fatigué vers celle qu'elle avait cru être l'une de ses plus proches amies. « Qu'est-ce que tu fous là ? » La question était impétueuse mais toujours presque silencieuse, par respect pour tous ceux qui avaient reçu une invitation de ce connard de Morphée.
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Sam 4 Nov 2017 - 17:29






Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween


Quand elle leva sa lanterne improvisée pour mieux distinguer le petite recoin ou elle espérait dormir, Tennessee vit une ombre se redressée puis disparaître sur le vieux mur érodé par les multiples années endurées, exposé aux éléments. Puis un bruit retenti en provenance du sol alors qu'une forme roulait à ses pieds. Aussitôt elle dirigea sa torche vers le plancher pour reconnaître celle qui la fuyait depuis un moment : Murphy ! Le visage livide de cette dernière l'inquiéta immédiatement, et aussitôt elle lui tendit une main pour l'aider à se remettre debout que la garde ignora, alors qu'elle la dévisageait comme si elle se retrouvait face à une des visions des plus effrayantes. D'ailleurs elle s'enquerra de l'identité de la mécanicienne qui laissa échapper un « Oui » Entre deux claquements de dents. Visiblement soulagée, mais surtout furieuse, son amie qui ne se considérait plus comme telle, regagna sa couche avec quelques mouvement d'humeur. Pour ensuite envoyé une description des plus effrayantes de l'histoire du lieu que la bouclée découvrit au rythme des paroles de la garde. On pouvait avancer que Tennessee ne se montrait jamais apeurée, sauf quand un volatile survolait le périmètre dans lequelle elle vivait. Mais le tableau que lui dessinait Murphy, lui procura des frissons dans son corps déjà glacé par la traversée qu'elle venait d'accomplir. De plus elle avalait comme pure vérité, prenant toujours tout au pied de la lettre, ce conte fantastique que l'autre brune lui lançait à la figure !

« Oh » S'exclama-t-elle effarée à la perspective de finir d’une telle manière. Et ses doigts fins se serrèrent sur la lame fine qu'elle ne quittait jamais, dans le cas malencontreux ou un autre malotru se cacherait dans l'obscurité, attendant le bon moment pour venir les étrangler « Mais Heureusement c'était avant que l'on évacue la terre, et depuis il doit être mort celui-là. De plus je ne pense pas que quelqu'un d'aussi dingue se trimbale parmi nous, même si nous ne nous accordons pas tous sur tout » Continua-t-elle sur un ton un peu haut perché se raisonnant plus elle-même qu'Antarès, dont le calme olympien lui servait d'exemple. Les premières minutes de surprise entamées, la garde rappela le doux canidé prêt d'elle, interdisant certainement pas ce fait qu'il resta aux cotés de la bouclée. Cette dernière n'y détectait aucune jalousie, sentiment qu'elle ne comprenant pas du tout, et ne l'affectait jamais ou très rarement. La mécanicienne interprétait cette attitude comme une punition pour une faute qu'elle aurait commise envers son amie. Que cette dernière ne lui pardonnait pas, car elle estimait avoir été trahie de la plus honteuse des manières. D'ailleurs la fautive n'avait jamais présenté ses excuses puisque depuis Murphy fuyait toute approche comme la peste. Tentée de saisir cette petite trêve comme une opportunité, la flaque d'eau qui s'étendait à ses pieds attira son attention « Oh merde, va falloir que j'essuie ça sinon ça va geler et quand tu te lèveras tu vas glisser et te casser la pipe »

Ce serait une occasion de plus pour que celle qui la repoussait ajouta un reproche de plus à l'encontre de la Bouclée. Mais surtout elle ne désirait pas que la garde se blessa dans quelque circonstance que ce fut. Pendant ce temps Murphy s'adressait à Antarès, tout en lui prodiguant des recommandations plutôt personnelles qui ne regardaient pas du tout Tennessee. La mécanicienne fut envahie de l'impression de devenir une intruse,, ce qui lui déplu énormément. Alors elle laissa tomber son drap sur le parquet afin d'essuyer une grosse partie de l'humidité causée par son arrivée. Mais le tissu déjà trop imbibé n'absorbait absolument rien « Saleté » laissa-t-elle échapper de ses lèvres pendant que Murphy la questionnait un peu brutalement sur les raisons de sa présence en ces lieux « Et bien ma maison est sous l'eau, la bâche que j'avais installée a été déchirée, et je dois renoncer à la réparer avant le printemps. Alors je suis venue trouver un endroit où dormir cet hiver » Lui expliqua-t-elle très sérieusement. Très certainement son ancienne amie n'en demandait pas autant. De son pied elle repoussa plus loin l'étoffe trempée, et ce jusqu'au pied du lit de Murphy  « Je l'enlèverais demain, j'ai peur de réveiller tout le monde sinon, Ce ne sera plus là au petit matin quand tu te réveilleras mais faudrait que je trouve ... » Ses mots moururent dans la nuit, tandis qu'avec l'aide de sa torche moderne elle inspectait les lieux, pour découvrir qu'une fenêtre très mal isolée faisait face à la couche de la garde « Dis donc tu dois recevoir un sacrée courant d'air ici ... Sans mentionner qu'en hiver tu auras une piste de ski au pied du lit »

Son esprit pratique, mais surtout l'affection qu'elle portait envers Murphy, reprenait le dessus chez Tennessee, malgré les obstacles que cette dernière lui opposait. Elle acceptait de se tenir loin d'elle, même de ne plus lui parler tant que celle-ci ne lui donnerait pas la permission. Mais comme elle venait d'engager la conversation, il paraissait à la bouclée qu'elle bénéficiait d'un feu vert jusqu'à ce qu'on lui brandisse à nouveau la couleur rouge sous le nez. « Je partirais à la recherche de planches de bois encore utilisable pour te construire un volet que tu pourrais fermer la nuit, quand il y aura trop de vent ou que le temps le nécessitera » Expliqua la mécanicienne dont le cerveau ne parvenait jamais à se mettre au repos pendant qu'elle revenait vers la garde. Elle comptait aussi bâtir une petite niche pour Antarès mais n'en souffla pas mot. Car elle imaginait bien que Murphy protesterait avec vigueur. Mais une fois devant le fait accompli, elle ne pourrait que l'accepter. Ce fut seulement qu'elle aperçut de la carcasse d'un lit, poussée contre le mur du fond, perpendiculaire à celui de celle qu'elle tenait éveillée avec son bavardage et toutes ses allées et venues. Débarrassée de son pardessus de fortune, la bouclée tremblait comme un feuille, et marcher obligeait sa circulation à fonctionner, de manière à ce qu'elle réussit à se réchauffer un peu. Certainement si elle ne finissait avec une bronchite ça se résumerait à un beau miracle « Ecoute, je vais dormir là le temps que je te fabrique tout ça .... » Dans la noirceur elle indiqua la seule place libre dans ce dortoir « Et quand ce sera finit je me trouverais un autre endroit  »

Même si pour ça pour elle dû recourir à se déplacer vers l'étage supérieur oubliant sur le coup qu'il se voyait réquisitionné par le conseil. Elle se rapprocha de ce qui ressemblait plus à un grabat qu'autre chose, le repoussant contre le mur afin de l'éloigner le plus possible de la garde pour ne pas trop la gêner. Un bruit métallique se répercuta dans toute la pièce.  Tennessee s'immobilisa aussitôt pour laisser la place au silence, espérant n'avoir sorti personne du sommeil. Une toux éloignée s'éleva, puis une voix endormie pour protester contre le vacarme. La bouclée devina rapidement que celui à qui elle appartenait ne se manifesterait plus, rattrapé par ses rêves - Ou ses cauchemars -. Avec le plus de douceur possible, Tennessee s'assit sur le matelas pour le tester, il lui sembla qu'un monceau de poussière s'éleva alors dans les airs chatouillant derechef ses narines. Sans aucun doute tout un nettoyage impératif s'imposait. Mais avant tout il lui fallait chercher de quoi se couvrir, car elle méconnaissait le lieu où on entreposait les couvertures. Se mordant les lèvres, prenant sur elle, Tennessee retourna vers Murphy, qui sans doute dormait déjà, pour lui poser une main glacée sur une épaule plutôt chaude  « Je m'excuse de t'ennuyer encore mais tu saurais m'indiquer ou je pourrais emprunter des couvertures ?  » Quelques explications et elle se débrouillerait, pas besoin que la garde ne se leva en pestant contre elle. Malgré tout Tennessee préférait éviter de finir en glaçon après avoir traversé l'affreux temps dont la froideur envahissait toute la pièce. Il manquait d'un petit feu ici, elle songerait à une solution dans les jours à venir.

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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Lun 6 Nov 2017 - 2:11





❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


On ne pouvait pas dire de Murphy qu'elle savait s'entourer d'amis. Pourtant, elle n'en avait jamais manqué. Peut-être parce qu'elle se suffisait à elle-même, qu'une part d'elle savait se contenter de solitude, ou peut-être parce qu'elle en avait toujours eu, même lorsqu'elle les avait trop chéris pour se rendre compte de tout l'amour qu'elle leur portait. Sa mère avait été sa première amie, sa confidente dès les premiers instants, celle qui avait sacrifié pour elle sans doute plus que ce qu'elle avait jamais su percevoir. Elle avait été son roc pour deux, aussi pour le père qu'elle n'avait plus; un modèle et une inspiration, une épaule solide sur laquelle elle n'avait jamais hésité à se reposer lorsque le besoin s'en était fait ressentir. Ofelia avait été à la fois celle qu'elle voulait devenir et celle qu'elle ne voulait jamais voir disparaître, mais il lui avait suffi de longues minutes à observer la Terre se rapprocher et à pénétrer son atmosphère pour que Murphy comprenne que cet instant qu'elle redoutait était arrivé sur le pas de sa porte. Sa mère n'était plus, ou bien elle était quelque part au fond de l'océan, dans ce monde qu'elle n'avait jamais connu et que sa fille ne connaîtrait jamais. Elle était confrontée à l'étranger pour toujours et sans aucune capacité d'apprentissage. Elle était devenue le terne et l'inerte, les antipodes de ce tout ce qui avait bâti son existence. Elle était confrontée au noir opaque, aux monstres des mers, à la lourdeur d'un vide qu'aucun d'eux n'avaient jamais appréhendé jusque-là. Ces quelques minutes lui avaient volé sa première amie, mais Faust était encore là. Faust qui avait vécu le même drame comme elle, dans cette fournaise qui leur avait arraché êtres aimés et souvenirs d'une jeunesse innocente. Deux orphelines devenues sœurs avec les années mais aussi, maintenant, par la force des choses. Elles s'observaient en silence et se tenaient la main lorsque la douleur était insoutenable. Elles se couchaient ensemble le soir pour laisser au sommeil une chance de venir les cueillir, pour une fois et pour les empêcher de devenir folles. Elles riaient fort, un peu plus fort à chaque fois, comme pour se convaincre que c'était encore possible et que ce monde, même sans leurs mères, n'était peut-être pas aussi ingrat que ce que les premiers instants de la rencontre avaient pu leur laisser présager. Elles pleuraient, des fois, aussi, mais pleuraient ensemble, parce qu'elles savaient rendre les larmes moins corrosives et arracher un petit sourire maladroitement à l'autre et au moment le plus inopportun. Elles s'étaient coupé les cheveux pour s'amuser, un peu trop et un peu trop mal, mais les cheveux longs qu'arboraient maintenant Murphy n'étaient que stigmates d'une coiffeuse disparue. Elle n'avait plus laissé personne d'autre toucher à sa tignasse parce que personne n'avait les droits de Faust et que Faust aussi, on la lui avait arrachée.

Le vide n'appartenait alors plus seulement aux infinités de l'espace et au crane de Conor. Il avait envahi son cœur, progressivement, jusqu'à se rendre compte qu'il n'était pas seul aux environs. Tennessee était apparue comme une réponse à une question qu'elle n'avait jamais osé se poser. C'était la seule belle chose que la disparition de Faust avait pu lui apporter, cette rencontre-là. Le contact avait été forcé par les circonstances mais il ne s'était brisé qu'un et demi plus tard, et c'était seulement en le perdant que Murphy se rendait compte de toute l'importance qu'il avait pu avoir pour elle. Oui, Tennessee avait été importante pour elle. Probablement l'une des seules âmes qui pouvaient réellement la comprendre, comprendre sa peine. Elle avait des gestes tendres dont elle ne l'aurait jamais devinée capable quelques années auparavant. Tennessee était un mystère doux et sucré, de ceux qui se dévoilent avec pudeur mais une grandeur rayonnante. Ses sourires étaient de ceux qui réconfortaient parce qu'ils n'étaient jamais forcés ou innocents. Ses sourires et ses rires étaient mérités, et la mélodie de ces derniers manquait à une Murphy pourtant bornée. Bornée parce qu'on ne jouait pas avec la confiance qui se bâtissait si difficilement en son cœur, bornée parce sa vision de la rébellion avait volé en éclats en même temps que ses convictions et que tout le mythe qu'elle avait bâti aveuglément autour de Tennessee. Elle l'avait pensée droite et intègre et à son tour, Tennessee avait disparu. Ou peut-être était-ce simplement l'image filtrée par son regard endeuillé qui avait disparu ? Peu importait. On ne pouvait pas réparer une confiance brisée comme une porte un peu trop malmenée par le temps. Tennessee, avec ses mensonges, avait laissé le cœur de Murphy a nouveau à vif. La douceur d'Adelaïde ou de Marlene n'auraient jamais raison de cette douleur-là.

La rancoeur était aussi palpable que la peine était envahissante. L'histoire était un rejet complet de cette présence qu'elle redoutait. Elle n'avait pas pensé que la cohabitation dans ce dortoir pourrait être plus problématique encore que dans leur maison commune. « Je sais pas mais ça peut s'arranger » menaça-t-elle en lui lançant un regard noir. Une main tendue après cette chute accidentelle ne suffirait pas au pardon ou à la naissance d'une nouvelle confiance. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de trouver une part réconfortante à cette présence, juste parce qu'elle allait être un peu moins seule ici, au milieu de tous ces ronfleurs que le sommeil semblait toujours arriver à cueillir sans faire de vagues. Elle, elle se noyait sous les vagues. Elle s'accroupit derrière son lit, qui la séparait d'une Tennessee trempée, et accueillit avec soulagement Antarès, qu'elle cajola avant de le laisser retrouver sa place sur le lit pré-chauffé par l'insomniaque. Elle avait laissé son oreille traîner du côté du fantôme de la nuit et l'avait entendu pester dans son coin et prétendre s'enquérir de son bien-être. Elle aurait volontiers eut un rire moqueur si elle n'avait pas mis tant d'énergie à ignorer les quelques mots de la mécanicienne. Lorsque Murphy se redressa enfin, ce fut pour lui demander les raisons de sa présence. « Ta demi-maison », la reprit-elle aussi sèchement que ses murmures le lui permettaient, comme pour lui faire remarquer que sa moitié était toujours sa moitié, malgré son absence de ces derniers temps et les trous intempestifs qui semblaient se former dans la paroi montée entre les deux parties de la maison. « Alors bienvenue chez les ronfleurs » souffla-t-elle en haussant les épaules et de la façon la discrète dont elle était capable. Pour ne rejoindre les dortoirs que maintenant, Tennessee avait-elle aussi eu dans l'idée de l'éviter ? Il y a quelques mois, la question ne se serait même pas posée, mais maintenant, la militaire n'était plus très sûre de comprendre ce qui pouvait se tramer dans la tête de sa collègue Odysséenne. Du menton, elle désigna le drap détrempé avec lequel Tennessee tentait encore d'essuyer le sol. « Laisse tomber, ça sert à rien. Personne va se réveiller avant la première relève de la garde, ça donne quelques heures pour que ça sèche. » Bien évidemment, ce n'était pas avec le taux d'humidité de cette nuit que l'évaporation allait pouvoir intervenir, mais au moins, aux premières lueurs du jour, les flaques seraient visibles et en perdraient de leur dangerosité. « T'inquiète pas pour moi. Surtout qu'Antarès aura peut-être soif cette nuit... » Elle posa un regard tendre sur son fidèle ami et s'apprêtait à contourner son lit pour s'y réinstaller sans le troubler lorsque Tennessee reprit la parole. Elle se retourna vers le mur auquel elle faisait dos et trouva finalement ce dont le fantôme détrempé voulait parler. « Oh, ça... oui, y'a un morceau qui s'est arraché il y a quelques jours, j'ai prévenu l'équipe de la maintenance mais je pense qu'ils ont d'autres chats à fouetter avec l'approche de l'hiver. » Elle haussa les épaules. « Tant qu'il y a pas trop de vent, ça va. » Elle contourna finalement le lit et se pencha au-dessus du drap pour évaluer les dégâts. « T'emmerde pas », lâcha-t-elle en fixant le sol, gênée par la proposition de Tennessee malgré les circonstances mais non sans apprécier la démarche. « T'as sûrement mieux à faire pour ta demi-maison, et puis y'en a dont c'est le rôle ici, et quand je le leur aurai rappelé assez vigoureusement, t'inquiète pas qu'ils vont rappliquer et encore mieux isoler ça que ça l'était avant que ça casse. » Elle tâta le drap du bout de l'index même si elle savait le geste totalement inutile. Tennessee lui avait tendu une main qu'elle essayait de ne pas repousser et que, de toute façon, elle n'arrivait pas vraiment à repousser. On ne pouvait pas pardonner le mensonge aussi facilement, mais on pouvait accepter un premier pas, non ? « Tu peux dormir ici mais je crois que le lit a été évité par tout le monde jusque-là. Il a pas l'air confortable. » Elle observa la danse de Tennessee avec le lit en question, qui repoussait le lit contre le mur à la fenêtre abîmée pour l'éloigner du sien. Une grimace masquée par l'obscurité des lieux se dessina sur son visage. Le bruit retentissait dans tout le dortoir, mais les remontrances furent suffisamment discrètes pour la rassurer. Elle se rassit sur son lit et se laissa tomber en travers de celui-ci, fixant de son regard fatigué le museau apaisé d'Antarès qui semblait déjà avoir filé vers le monde des songes canins, sans doute rempli de bonne viande et de caresses affectueuses. « Le mec qui dort là-bas est de garde, mais je t'assure qu'il ronfle très fort » la prévint Murphy avec un haussement de sourcils insistant et désignant un lit vide mais bel et bien investi. « Moi je ronfle pas » fut le seul argument qu'elle donna pour l'encourager à rester là où le lit était resté jusqu'à son arrivée. Elle posa une main sur le pelage d'Antarès et, même si elle commençait déjà à grelotter, loin de la tiédeur de ses draps, elle laissa ses paupières se clore quelques instants.

Elle n'aurait su dire si elle s'était vraiment assoupie et combien de temps cet interlude avait bien pu durer. C'est un contact glacé sur son épaule qui la sortit de son état de semi-conscience et elle crût un instant et encore une fois faire face à un mort. C'était la seule chose qui pouvait expliquer un froid pareil. Elle se redressa brusquement sur son lit et se tourna vers Tennessee, un peu sonnée. « A cette heure-ci, je sais pas. Ecoute... » Elle se releva pour s'accroupir et ressortir quelque chose de la protection de son lit. La couverture en fourrure était toujours aussi douce, elle arriverait probablement à réchauffer Tennessee jusqu'à la conduire dans un doux sommeil. « Tu l'auras pour la nuit. » Elle tira aussi deux pulls, un trop large pour leurs gabarits et très fatigué qu'elle tendit à Tennessee, et un beaucoup trop large pour leurs gabarits mais qu'elle ne prêterait à personne. Elle enfila le sien par-dessus son tee-shirt et y accorda sa paire de bottines. « Peut-être qu'on trouvera des couvertures à l'infirmerie » prétexta-t-elle en se levant pour traverser le dortoir vers les escaliers de béton, la grande fourrure sous le bras en ultime précaution. Tennessee n'avait pas menti, le sol de béton mouillé était devenu glissant.
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14/11/2015 Isa & I 3274 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 43
ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ


Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Lun 13 Nov 2017 - 3:32






Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween


Dans l'alchimie de ce qui composait la personnalité de Tennessee, il manquait des petits atomes crochus qui développaient l'empathie envers les autres. Ou du moins chez elle il s'agissait d'un sentiment peu naturel, absent à la toute première interaction avec les étrangers. Pourtant elle avait bien éprouvé des sentiments pour ses parents, ou accordé un intérêt certain à d'autres êtres humains. Comme Faust, Elijah ou Zachary lors de ses premières années. Tout n'avait pas perduré pour différentes raisons parfois tragiques, ou par des événements imposés comme par exemple le crash de l'Odyssée. Et l'intervention dans cette nouvelle perspective d'une terre et des terriens qui forçaient sons système de valeurs à tout reconsidérer autrement. Jamais un instant elle n'eut pensé que les êtres ayant pu s'infiltrer, et s'approprier une place précieuse dans son palpitant s'évaporeraient comme neige au soleil. Il y eut bien cet accroc dans sa petite enfance à propos de celui devenu psychologue depuis. Que ses parents lui interdire  de fréquenter sans qu'elle n'en sut jamais la vraie raison. Trop jeune encore pour remettre en question les décisions des adultes cet événement précis fut considéré comme l'exception qui ne se reproduirait jamais. Une fois dans son âme, cette connexion devenait indéfectible comme un pont à jamais dressé entre elle et l'autre même si il ne devait plus jamais l'emprunter. Avec elle, quand elle vous ouvrait la porte de son petit monde, il n'existait plus de voies sans issues, que si vous refusiez vous même de vous y aventurez. Patiente la bouclée attendait votre retour mais n'hésitait pas à accomplir au moins la moitié du chemin.

La jalousie ne logeait pas dans sa tête, si elle vous appréciait, L'Odysséenne se réjouissait toujours de votre bonheur que ce fut-elle ou non qui y participa. Elle ne comprenait absolument pas les gens qui pinaillaient pour toujours amener l'attention autour comme si ils mesuraient cette dernière. Quelle perte de temps pour la mécanicienne, et elle ne tolérait pas non plus qu'on s'ingéra dans son emploi du temps, ou ses fréquentations. Bien qu'elle répondit facilement aux questions qu'on lui posait, si ça dégénérait en reproche, Tennessee tournait aussitôt les talons. Elle n'accordait le droit à personne de juger ce qui lui convenait ou non. Se remettre en question la laissait plutôt indifférente, il lui fallait des circonstances exceptionnelles pour qu'elle en arriva à ce stade. Comme le crash de l'odyssée et ce tout nouveau contexte que leur procuraient la terre et ses habitants par exemple. Ou ...  les mots de ceux qui comptaient. Elle ne discutait aucunement les ressentis de Murphy, et la trahison qu'elle éprouvait à son égard. La bouclée l'acceptait sachant que dès la découverte des agissements de Devos, le prénom de son amie, qui partageait une maison avec elle, envahit ses pensées. Néanmoins elle ne se trouvait pas dans la capacité de jouer les mauvaises langues et de dénoncer l'informaticien. Bien que le résultat fut identique quant à son impossibilité à tenir longtemps un secret. Enfin deux, puisque la mécanicienne concentrait son attention première à ne pas se lâcher sur la rébellion, et ça depuis qu'elle l’avait intégrée. Aussi elle ne se vexait pas devant les rebuffades de la garde.

« Vraiment ? » Questionna-t-elle légèrement inquiète à l'idée de l'apparition en ces lieux d'un monstre tel que le décrivait la conteuse d'histoires. Qui entre-temps regagna son lit tout en s'empressant de rappeler Antarès, qui planta là, la mécanicienne avec une léchouille timide. Bien entendu il ne désobéirait pas à sa maîtresse, quoi de plus normal ? De plus la bouclée ne lui souhaitait aucunement d'attraper la mort, et par ce froid, elle le préférait sous les couvertures avec la rebelle rétive. Plutôt qu'exposé à la froideur que transportait Tennessee après sa petite escapade entre la "demi-maison" comme le rappelait si bien l'autre habitante, et ce dortoir. A priori elle n'attendait pas de réponses à propos de l'horrifiant récit émit un peu plus tôt. Et surtout elle préférait garder son cerveau sous sa forme première, donc Tennessee choisit de ne pas s'appesantir sur le sujet. Elle tiqua néanmoins quant à la réduction de sa demeure, un peu comme si la conteuse d'histoires horrifiques  lui retirait un droit partagé. Guidée par les ressentiments éprouvés devant ce qu'elle nommait une trahison pure et dure « Sans doute mais j'en avais aussi recouvert ton demi-toit car chez toi ça ressemblait à une piscine ! Oui je me suis permis de vérifier pour que tu n'aies pas fait tes travaux en vain. Et demain il faudra absolument que j'aille réparer ça pour que nous ne soyons pas donné du mal pour des prunes tout cet été  » Des précisions que l'autre demi propriétaire ne demandaient pas de recevoir en pleine nuit, surtout aussi détaillées. Mais que la mécanicienne estimait de son devoir de rapporter aussi précises que possible puisqu'on en venait aux reproches dilués.

Non que La Bouclée lui contesta ce revirement, elle devinait très bien d'où il surgissait, la suite logique de l'attitude que la garde lui opposait désormais. Malgré cela elle considérait important de lui fournir tous les détails possibles, des actes éventuels qui déplairaient à Murphy, afin que cette dernière ne lui reprocha pas par la suite. A la mention des ronfleurs elle haussa les épaules, tout ça composait le combo de dormir dans la promiscuité d'un dortoir, ce qu'elle haïssait au plus haut point. Et des ronfleurs se rangeaient dans la catégorie :"un moindre mal". Bien que la garde sembla s'opposer au fait que Tennessee essuya l'eau qui dégoulinait à chacun de ses pas, elle insista quelques minutes jusqu'à ce que ses doigts devenant bleus, menacèrent de geler complètement. Alors elle les fourra rapidement dans ses poches, bon, ils n'y rencontrèrent pas un chauffage électrique miniature mais ça les empêcha de se transformer en glaçons qui finiraient par tomber tels des stalagmites. Elle secoua sa chevelure humide qui s''accrocha à sa peau comme des ventouses, recouvrant son visage pareilles à des algues brunes. Tennessee souffla alors comme un locomotive pour les écarter de sa vue ainsi que de ses lèvres « Oh mais cette eau est toute souillé, si Antarès boit ça, il va tomber malade  .... » A moins que ce ne fut une ruse pour se débarrasser d'elle le plus vite possible. Aussi abdiqua-t-elle à la place de se proposer pour courir, par monts et par vaux, lui rapporter un bol de liquide avec une bien meilleure allure « D'accord, mais je te laisse ma lanterne alors comme ça tu pourras voir ou tu poses les pieds si tu dois te lever »

La bouclée leva une dernière fois son lumignon vers l'ouverture de la fenêtre mal isolée, avant de le déposer prêt de Murphy. Oui ça ne l'étonnait pas vraiment tout ça. Elle ne prétendait pas que la plupart des Odysséens se décrivaient comme des paresseux mais quand il était question de bricoler ça ne se bousculait pas non plus au portillon. Ou alors un peu trop à la va vite, on pouvait donc en admirer et ressentir le résultat en cet instant même « Ça m'emmerde pas tu sais d'améliorer ce qui ne fonctionne pas » On aurait pu croire qu'elle analysait leur relation comme ça. Mais non elle s'exprimait comme elle le pensait de façon pratique et logique « Je peux faire les deux tu sais, recouvrir le toit de l'entièreté des deux demis maisons puis terminer ma journée sur cette fenêtre. De toute façon pour la culture c'est un peu mort, j'ai déjà protégé tout ce qu'il fallait et donc je suis plutôt libre » Oh ça elle eut très bien pu aussi se diriger dans le coin des mécaniciens, et en profiter pour aller bavarder avec Devos, mais depuis qu'il venait de la planter prêt de la rivière sans un mot, elle évitait de retourner auprès de lui. Sans doute devrait-elle un jour le confronter. Mais pas demain. Pas tant qu'elle trouverait des tâches à exécuter pour sa petite personne beaucoup trop dynamique « Parfait ! Oh Bah tu sais dans ma demi-maison c'était pas encore si confortable, je dormais sur une paillasse alors au pire je m'installerais un petit coin à terre » Bon forcément elle ne bénéficierait plus de la bonne et douce fourrure d'Antarès, mais ça resterait moins frigorifique que d'où elle provenait.

Malheureusement entre se persuader qu'on arrivera à vaincre la poisse dans laquelle elle s'enfonça grâce à un caractère particulièrement têtu et borné, au point de ressembler à la dernière naufragée sur une Isle déserte refusant de rejoindre le bateau qui venait les secourir. En acceptant une nuit dans le froid, dans un lit défoncé avec un matelas déchiré et certainement plein de bestioles .. et la réalité. Heureusement que le mot retraite existait et elle se résolu finalement à demander de quoi se chauffer à Murphy. Celle-ci ne la rembarra pas comme elle s'y préparait, ce qui lui fit craindre une prochaine échappée de blâmes. Mais tant pis, elle les méritait, elle les écouterait sans se plaindre. Plus étonnée encore ut-elle, la garde lui tendit une fourrure épaisse « Oh mais je ne voudrais pas que tu attrapes la mort, tu es déjà toute pâle  » Rétorqua la bouclée qui claquait des dents aux mêmes rythmes qu'une mélodie rock et endiablée sans y accorder beaucoup d'attention « Si tu m'indiques le chemin ça m'ira tout à fait, ça me réchauffera déjà un peu les muscles parce que j'ai l'impression qu'il vont bientôt rouillé comme un vulgaire boîte en fer » L'image de L'Odyssée désormais bien peu reconnaissable s'imposa à elle. Oui, ils n'auraient pas survécus à un hiver de plus là-bas, même si ici on ne pouvait pas affirmer que ce particulièrement luxueux. Mais un pas après l'autre « Faudra vraiment prévoir le chauffage à l'avance pour l'année prochaine ...  » Ajouta t'elle en entourant ses épaules de ce bout de peau couvert de poils doux et épais « C'est magnifique ou t'es-tu procuré une telle chose ?  » L'admiration filtrait dans le ton de la mécanicienne.

Mais la distribution de noël ne s'arrêta pas là, son ancienne amie ajouta un pull, et ça représentait un peu sa bouée de sauvetage « Oh ça c'est trop bien, attends je vais enlever ce que j'ai parce que je pense que c'est en train de geler directement sur moi » Elle s'éloigna un peu non parce que la voilà atteinte de pudeur soudaine, qui n'existait d'ailleurs pas chez elle. Mais bien parce qu'on lui en avait fait la remontrance à maintes occasions, en répétant que ça mettait très mal à l'aise les autres. Elle enfila la laine avec bonheur jetant son ancien vêtement vers le drap mouillé. Mais Murphy ne fut pas sans s'apercevoir qu'il tenait quasiment debout tout seul, pouvant tout simplement se faire confondre avec le prochain fantôme « L'infirmerie c'est en bas Murphy ?  » Questionna Tennessee qui se trouvait à présent devant elle. Et se retrouver face à face avec la garde, lui coupait carrément la respiration, au point qu'elle se s'inquiéta, si en réalité elle ne parcourait pas un cauchemar pendant qu'elle rendait l'âme ans sa demi-maison. Pour preuve cette histoire glauque sortie de la bouche de la maîtresse d'Antarès. Au point que l'épuisement ouvrit la vanne des doutes qui se déversèrent la, entre elles deux, sans prévenir « Dis Murphy, c'est bien toi ? Pas une vengeance qui aurait ton visage et qui me mènerait à cet homme affreux qui boit les cervelles? Ton ancêtre qui voudrait restaurer ton honneur ? »


Spoiler:
 

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06/12/2015 Lux Aeterna 30609 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Mar 14 Nov 2017 - 2:41





❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


L'atmosphère ambiante était presque irréelle. De l'abri du dortoir, on pouvait entendre la pluie s'abattre lourdement à l'extérieur et deviner jusqu'au sol boueux, détrempé, glissant, qui les attendrait le lendemain. L'été paraissait bien loin, maintenant, mais les chaleurs étouffantes ne manquaient pas à une Murphy qui trouvait du réconfort à se lover sous les épaisses couches de couvertures. Seule lui manquait la tranquillité de son propre foyer, celui qu'elle avait dégagé, réparé, commencé à installer avec tout ce cœur d'échouée en pleine reconstruction. Pourtant, le charme du lieu s'était altéré avec l'amitié qu'elle portait à Tennessee. Elle l'entendait, de temps à autres, de l'autre côté de la cloison qui séparait la maison. Les travaux n'étaient jamais silencieux, mais il y avait aussi la vie et le quotidien; les pas feutrés, le soir venu, lorsqu'elle allait se coucher; les premiers bruits du réveil, la porte qui claquait lorsqu'elle quittait les lieux pour aller faire ses trucs de mécanicienne. Murphy ne supportait plus les brèches qui apparaissaient comme par enchantement dans la paroi commune, les percevait comme une provocation constante, une invitation tentante pour un Antarès qui n'avait plus sa place auprès de Tennessee.

La séparation était loin de la laisser de marbre. Pire encore, elle la rongeait dès qu'une réminiscence de leur amitié refaisait surface. Ça pouvait être Antarès qui piquait un morceau de pomme à un inconnu râleur, ça pouvait être ces signes de vie qui traversaient la cloison, ça pouvait être son regard, tout simplement, qu'elle croisait au détour d'un repas frileux au réfectoire. Elle s'en étati voulu, Murphy, elle s'en était voulu beaucoup trop d'avoir accordé sa confiance trop facilement. Elle avait essayé d'analyser la situation et les circonstances, s'était offert un peu de répit en mémoire de Faust et parce que c'était elle qui les avait liées. Sans elle, sans sa disparition, tout aurait été différent. Sans Faust, Murphy n'aurait jamais entendu parler de ce mouvement rebelle maladroit. Elle aurait émis quelques doutes envers le Conseil, comme eux tous et comme elle l'avait toujours fait, comme il était presque de coutume de le faire depuis la nuit des temps, mais elle n'aurait jamais rejoint de mouvement qui prétendait prendre les choses en main. Sans Faust, tout ce pan de son existence lui aurait été épargné. Elle aurait essayé de changer les choses autrement, utilisé le système démocratique odysséen comme chaque conseiller l'avait utilisé pour mettre en ouvre ses idées. Murphy commençait à prendre du recul sur cette rébellion qui n'avait ni queue ni tête, réalisait qu'il avait peut-être tout faux depuis le début et que certains s'étaient embarqués dans des idées beaucoup trop saugrenues pour être raisonnables. Il n'y avait probablement jamais eu d'unité, là-dedans. Parce que Devos avait décidé que son avis primait sur tous les autres, puis que Chris avait supporté sa décision sans ciller, puisque Tennessee l'avait gardée pour elle, Murphy se sentait prise dans un étau, emprisonnée dans des valeurs et idéaux qui semblaient à mille lieues de ceux qui animaient aujourd'hui les trois autres leaders. On ne pouvait pas considérer être meilleur que le Conseil en place si on lui opposait l'irréfléchi et l'autocratie. Car c'était ce qu'avait fait Devos en refusant de discuter son idée, et c'était une valeur qui la faisait poser un regard effrayé sur ce que devenait le mouvement. Ou bien peut-être avait-il toujours été comme ça ? Ses différends avec Devos avaient toujours été multiples et aucun d'eux n'avait caché à l'autre ses désaccords, mais Murphy n'avait réalisé que trop tard qu'il s'agissait sans doute de plus que quelques conflits à discuter. Puisque Devos avait refusé la discussion, elle avait choisi de prendre du recul. Il l'effrayait, Chris l'horripilait, et Tennessee la blessait. Qu'est-ce qui pouvait ressortir de bon d'un tel trio ?

Le pire, sans doute, était que Tennessee n'était pas celle de laquelle elle se sentait la plus éloignée. Lorsque la vérité avait éclaté, elle n'avait pas soutenu Devos. Mais quoi qui ait pu se bâtir au fil des mois et depuis la disparition de Faust s'était instantanément vaporisé. Le mensonge, même par omission, embrasait la confiance et la réduisait à néant. Elle n'avait plus confiance en Tennessee et elle lui en voulait de lui avoir donné quelque raison, des mois auparavant, d'en avoir développé une. Elle n'avait probablement vu les choses clairement, à ce moment-là. Le déchirement de la perte l'avait poussée auprès de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas et qui venait de se dévoiler. Murphy ne remettait pas en cause tout le reste, tous les bons moments qu'elles avaient pu passer ensemble, les sourires qui savaient si rarement mais sûrement illuminer le visage de la mécanicienne, l'enthousiasme d'Antarès dès qu'elle glissait sa main dans sa poche à la recherche d'une friandise. Ce qu'elle remettait en cause, c'était sa capacité à voir des signes invisibles à l’œil de l'autre. La confiance à sens unique n'avait jamais lieu d'être. L'amitié naissait de la réciprocité, et le déséquilibre lui avait explosé à la gueule.

Et puis les abandons étaient devenus trop répétitifs pour qu'elle ne se remette pas en question. On lui avait trop tourné le dos en trop peu de temps. Car il y avait Tennessee, mais il y avait aussi Devos et Chris, Richard, et puis, malgré l'amertume que l'aveu suscitait, il y avait Isdès. C'était elle, le dénominateur commun. Elle qui attendait trop ou ne donnait pas assez, elle à qui il semblait si aisé de tourner le dos sans aucun remord.

Alors ses réactions étaient toujours raides et tranchées. Elle savait se limiter aux discussions minimalistes, celles qui étaient rendues obligatoires par la vie en communauté mais n'amenaient jamais à plus que quelque organisation importante. Tennessee était trempée jusqu'aux os et elle frissonnait rien qu'à la regarder trembler sous ses vêtements détrempés et glacés. Une part d'elle se satisfaisait de l'image mais elle étouffait sous l'instinct qui lui soufflait de lui offrir de quoi se sécher et se réchauffer immédiatement. Les éclairs que lançait son regard devaient être invisibles dans le noir du dortoir mais son esprit était perdu entre deux opposés ravivés par la somnolence. « Vraiment », confirma-t-elle d'un ton sec en accordant quelques flatteries à un Antarès confortablement installé sur son lit.

Mais la détrempée Tennessee n'en avait pas perdu en détermination et elle rappela très justement à la patrouilleuse que leurs maisons n'étaient pas si individuelles qu'elle l'aurait souhaité. Murphy admirait le dévouement qui était encore le sien malgré tout ce qui s'était passé; mais elle l'admirait autant qu'elle l'exécrait, parce qu'il la rappelait à sa propre incapacité à ignorer l'état des faits. « C'est gentil mais si ma demi-maison veut être une piscine, laisse ma demi-maison être une piscine » répliqua-t-elle froidement et peu encline à admettre ne serait-ce qu'une fraction de sa reconnaissance.

Quant à la piscine qui se formait doucement aux pieds de Tennessee, elles ne pouvaient en réalité pas y faire grand chose -et de toute façon, Murphy ne voulait pas y faire grand chose. Beaucoup de leurs voisins de chambrée ne se donneraient pas cette peine non plus. Tout le monde amenait une part de l'extérieur ici, qu'il s'agisse de terre sèche enfoncée dans les crampons des bottes ou de boue glissante qui dégouline des pantalons. L'idée même de trouver des draps pour Tennessee à cette heure-ci paraissait déjà insurmontable, alors mettre la main sur de quoi éponger tout ça ? C'était inconcevable. Et ce qui paraissait encore plus inconcevable à Murphy, c'était la leçon de morale que lui faisait Tennessee. La militaire se raidit brusquement et leva vers la brune un regard noir. « Oh alors pour commenter ma façon de m'occuper de mon chien tu sais dire les choses ! » Sa voix s'était élevée un peu trop au goût d'un Odysséen qui râla à l'autre bout du dortoir. Que Tennessee puisse avoir raison lui effleura à peine l'esprit. C'était de l'eau de pluie, tergiversait-elle à présent, peut-être un peu salie par la boue accrochée à ses chaussures, mais majoritairement de l'eau de pluie qui avait dégouliné de ses vêtements et de son maudit drap. Les bottes, elles, avaient eu tout loisir de laisser leurs saletés à l'étage du dessous et dans l'escalier. Il lui parvint comme évidence qu'Antarès allait de nouveau fréquenter Tennessee beaucoup plus régulièrement, maintenant que le rapatriement dans le dortoir commun était devenu inévitable, et son sang se glaça à la simple idée de le retrouver lové au creux des bras de la mécanicienne un matin. Ce serait trop pour elle. Elle n'avait pas le droit à tout; elle n'avait pas le droit de garder les secrets et les amis qu'elle choisissait dignes d'elle, et elle n'avait pas le droit à l'affection du seul ami fidèle qui lui restait. « Non, c'est bon, garde-la » répondit-elle sèchement, prête déjà à retrouver ses draps et la quiétude de ses pensées hantées. Les fantômes de l'esprit étaient peut-être plus aliénants que ceux de la réalité mais à cet instant précis, ils lui manquaient presque. Mais, puisqu'elle était meilleure que tout le monde et surtout que Murphy, Tennessee proposa de réparer la brèche qui s'était formée dans la protection apposée par les Odysséens sur une ancienne fenêtre. Et elle insistait face au refus. « Fais ce que tu veux, si ça t'amuse. » Elle haussa les épaules en feignant l'indifférence alors que son sang bouillonnait. Le calme et la patience de Tennessee éveillaient la nervosité et la fureur de Murphy.

Quelques secondes ou minutes de demi-sommeil, affalée en travers de son lit, lui offrirent un nouvel apaisement. Elle pouvait sentir la chaleur d'Antarès et son poids qui enfonçait le matelas près de son visage. Ce serait ironique qu'elle s'endorme dans une position et une situation aussi approximatives, pensa-t-elle alors que sa conscience commençait à la quitter. C'est la main froide de la revenante qui la rappela à la réalité et au sol de ce monde.  Pourtant et malgré tout ce qu'elle pourrait penser au sujet de celle qu'elle avait crue être son amie, il y aurait toujours une part de bienveillance en elle pour Tennessee. Peut-être que c'était aussi parce qu'elle transposait sa propre installation en ces lieux dans celle de la mécanicienne; elle compatissait d'avance pour son retour aux dortoirs communs et sa redécouverte des ronflements et autres joyeusetés qui lui avait été épargnées depuis qu'elles avaient choisi de partager et retaper ensemble cette maison. Elle ne refusa donc pas son aide à Tennessee, qui, elle pouvait le voir et le sentir comme si elle était à sa place, était à deux doigts de geler en statue de glace et en plein dortoir. Elle s'accroupit donc sous son lit pour en sortir l'un de ses biens les plus précieux. « Merci, toi aussi t'as une sale gueule » répliqua-t-elle, indifférente, se demandant quelle pouvait être cette tradition nouvelle qui consistait à commenter sa mauvaise mine. « A en tomber à la renverse, d'ailleurs » ironisa-t-elle en enfilant le pull de laine qui lui avait offert et non sans faire référence à l'instant où elle avait posé son regard sur Tennessee un peu plus tôt. « Addie est peut-être de garde, je viens avec toi. » Ce n'était pas un appel à la discussion. Si Addie n'était pas là, peut-être que Nadja le serait. Elles pourraient leur prêter des couvertures, au moins pour la nuit, le temps de trouver à qui s'adresser pour en récupérer. « Sinon si t'en as chez toi tu pourras passer les récupérer demain et les faire sécher. » Respectant son apparente pudeur, le regard de Murphy évita la silhouette de Tennessee qui s'isolait, pour ôter son haut trempé et enfiler le vieux pull que la militaire traînait depuis leur premier hiver ici. « On me l'a donnée », se contenta-t-elle de répondre avant de se sentir obligée d'ajouter, pour être sûre que la séparation ne serait pas trop longue : « mais elle s'appelle reviens. » Lorsque ses yeux retrouvèrent Tennessee, celle-ci jeta son vêtement ruisselant au sol, en compagnie du drap. Murphy n'attendit guère plus longtemps et quitta la proximité de son lit pour s'enfoncer à travers le bordel des lits organisés par affinités entre leurs propriétaires. L'interrogation la fit s'arrêter subitement quelques mètres plus loin et froncer les sourcils. Elle manqua de rire et ce n'est qu'en se retournant et en constatant le sérieux de la cérébrale qu'elle ravala sa moquerie. « Bah heu... sauf si t'as escaladé par l'extérieur, t'es passée devant en montant... » Son murmure tentait de porter au-delà des quelques mètres. Au lieu de rire, son front se fendait de rides d'inquiétude et ses sourcils se fronçaient dans l'obscurité. Qu'est-ce qui était en train de se passer ? Tennessee avait-elle perdu la raison ? Ou bien peut-être était-ce elle qui s'était finalement endormie et qui s'était laissée rattraper par de drôles de rêves ? Tennessee serait bien capable de la suivre jusque dans son inconscient... Tant que Faust restait loin d'ici, ça lui allait. « Je te préviens, moi pour prouver aux gens qu'ils sont pas en train de rêver ou d'halluciner, je pince pas, je fous des baffes » menaça-t-elle en espérant provoquer un électrochoc chez sa compagne de nuit. Ses bottes foulèrent le sol dans le sens inverse et dans un glissement feutré ponctué de quelques bruits aqueux. Elle attrapa brusquement Tennessee par l'épaule et la tira vers le centre du dortoir puis l'escalier de béton. Ce n'est que lorsqu'elle descendit les premières marches, Tennessee sur les talons, que Murphy se permit de reprendre la parole. « Alors, tu crois toujours que je suis un fantôme ? Parce que c'est toi qui en a l'allure... » Elle dévalait l'escalier à la hâte pour s'éloigner des ronfleurs râleurs. Elles les trouveraient, leurs draps; peut-être même de quoi servir de serviettes à la détrempée livide. « Éclaire-moi par ici, jvois pas trop... »
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