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˜˜˜˜˜˜And I Won't Back Down ...
maybe life should be about more than just surviving

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14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3637 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 10
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Sujet: And I Won't Back Down ...
Dim 29 Oct - 16:16

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween


Le verdict tomba irrémédiablement, quand, malgré les bâches agencées sur le toit, l'eau se mit à fuser de toute part à travers le plafond. Mais surtout juste au-dessus de l'endroit ou Tennessee tentait de s'endormir en compagne du marchand de sable. Si Antarès eut été là, elle se fut serrée contre lui afin qu'ils se réchauffent mutuellement en attendant que ça se calme. Malheureusement la mécanicienne ne trouva rien sur quoi elle pourrait se baser pour se rassurer que ça s'améliorait au courant de la nuit. Par la force des choses elle dû s'extraire de ses couvertures trempées avant de se transformer en glaçon elle-même. Bien que très énergique, son courage se diluait à l'idée de se hisser sur un toit glissant ou elle n'y verrait que dalle. La bouclée du reconnaître sa défaite quand elle entendit un étrange claquement résonner dan la pièce avant de comprendre qu'il s'agissait de ses propres dents qui s'entrechoquaient. Elle se releva, peu glorieuse pour se jeter un coup d'œil à travers l'ouverture de la fenêtre. Celle-ci pour laquelle elle espérait ajouter une vitre un jour afin qu'elle la protégea des variations de température quand ça s'avérerait nécessaire. Des cordes tombaient au milieu d'une brume qui donnait l’étrange illusion de doute s'étendre sur toutes les habitations de l'endroit. Pour peu qu'elle eut été un peu superstitieuse, la peur de rencontrer un éventuel fantôme se serait rajouter  au cocktail de cette soirée légèrement apocalyptique, alors que le bruit du tonnerre s'en mêlait.

Il fallait se rendre à l'évidence et rejoindre le dortoir qu'elle abhorrait tant. Trop de monde, trop de proximité, trop de blablas, trop de curieux avec des yeux fureteurs et une langue trop bien pendue. Comme la température déclinait de plus en plus, elle se voyait obliger d'y dormir furtivement de temps à autre pour récupérer un véritable sommeil réparateur. Cependant cette fois-ci elle devinait que ça durerait certainement jusqu'au début du printemps. Elle jeta un regard désolé au milieu de l'obscurité qui l'entourait puis tâtonna pour dénicher la vieille lanterne récupérée dans la décharge, dans laquelle elle déposait une bougie pour faire office de lampe. Elle l'alluma pour éclairer son chemin jusqu'au grand complexe, tout en s'emparant du seul drap blanc à peu près sec qu'il lui restait. La mécanicienne s'en recouvrit un peu comme une momie laissant juste la possibilité à ses prunelles d'apercevoir ou elle se dirigeait ainsi qu'à son bras droit de se mouvoir pour tenir sa lumière. Puis s'armant de ses dernières forces elle se dirigea vers le seuil de sa maison ou elle dû pousser d'un petit coup de rein un porte légèrement grinçante. Un souffle de vent repoussa le tissu qui couvrait sa tête vers l'arrière l'exposant au torrent qui se déversait au dehors. Ses jolies boucles ne ressemblaient plus à rien, toutes collantes elles épousaient ses joues lui apportant sous la lumière un air légèrement cadavérique. Tennessee s'élança donc à l'assaut du parcours qui la mènerait au lieu ou respirait tout l'humanité de ces anciennes habitations.

Quand elle pénétra dans cet immense endroit Tennessee respira d'aise d'avoir échappée aux éléments un peu déchaînés de la nature. Et bien que l'on put encore entendre  le clapotement agressif des gouttes d'eau, ici un silence de mort régnait. Il semblait bien que tous eussent trouvés le repos. Rien d'étonnant car on arriverait bientôt aux heures du petit matin. Le rez-de-chaussée servait à entreposer les matériaux, à la cantine etc. et pour s'accaparer un lit on se devait de monter une volée de marches en béton. Heureusement car en bois elles auraient déjà rendues l'âme depuis quelques décades. Bizarrement, tout en les empruntant, des craquements se déclenchaient malgré toutes les précautions prises par Tennessee. Un ombre se faufila alors jusqu'à elle, avec quatre pattes et une langue doucereuse qui léchouilla sa main en guise de Bonjour. Antarès, toujours aussi vif, elle le remercia avec un sourire au travers de son lampion, pour ne pas avoir déclenché une alerte embarrassante. Telle une voleuse elle se déplaçait parmi les dormeurs que rien ne troublait dans leurs rêves profonds. Flanquée de son acolyte elle passait de lit en lit ... son espoir s'amenuisant petit à petit devant la constatation que tout affichait complet ! Épuisée, elle traînait légèrement des pieds, Glacée, sa respiration sifflante s'élevait dans le dortoir, mouillée, une piste humide se déroulait derrière elle ... Quand la bas dans le coin elle crut déceler une forme, et levant son lumignon se rapprocha de l'alcôve pour mieux l'inspecter ....


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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Lun 30 Oct - 2:41

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❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


L'été avait définitivement levé son camp. Finies les chaleurs étouffantes et la transpiration désagréable qui coulait dans sa nuque. Elle accueillait pourtant l'automne avec amertume, parce qu'elle savait qu'il marquait les prémices d'un hiver paralysant. Les hautes neiges l'empêcheraient à nouveau de s'aventurer trop loin, encore plus maintenant que le terrain lui était redevenu inconnu. Quelques mois n'avaient pas suffi pour lui rendre l'aisance qu'elle avait réussi à connaître près de l'ancien camp. C'était là l'aléa le plus immédiat qu'elle trouvait à ce déménagement. Pour tout le reste, elle y trouvait un confort nouveau, entaché, il était vrai, par quelques idées nocives qui la consumait lorsque la nuit tombait et que les pensées reprenaient leur droit sur son esprit tracassé. Ici, après tout, elle s'était approprié un terrain, une maison. Thaïs elle-même n'en était pas revenue : une maison pour elle toute seule, oui. Pour être toute seule, ou presque. Il y avait un mur mitoyen qu'elle partageait avec un fantôme du passé, une silhouette qu'elle s'évertuait, tout du moins, à laisser au passé. Mais le mur s'effritait trop souvent pour qu'elle arrive à oublier les boucles dansantes de celle qu'elle avait pensée son amie. Antarès échappait trop souvent à sa vigilance pour qu'elle oublie le verger qui vivait continuellement dans les poches de Tennessee. Au moins, l'automne avait aussi ça de bon qu'il mettait fin à sa cohabitation avec la rebelle. Jusqu'au printemps suivant, tout du moins, mais la trêve avait été accueillie avec soulagement lorsque les premières fraîcheurs d'octobre l'avait poussée à plier bagage pour de bon et à retrouver le lit qui l'attendait au milieu de la forêt de couchages. Les premières nuits la rappelèrent à l'inconfort des ronflements anonymes qui se répondaient et le sommeil la bouda plus encore que durant les derniers mois. Elle avait trop froid ou trop chaud, s'agaçait de la présence de personnes qu'elle connaissait à peine, s'inquiétait d'un Antarès qui se faisait furtif et trouvait probablement réconfort dans les vieilles pierres d'une maison abandonnée à l'hiver, le temps pour elle d'attendre une accalmie printanière. Le sommeil n'était plus un fidèle compagnon depuis que sa mère l'avait quittée, mais il lui semblait qu'il arrivait encore à s'éloigner d'elle à mesure que la vie lui arrachait les raisons de sa stabilité. La disparition de Faust avait crée un trou noir qu'elle retrouvait tous les soirs en cherchant le sommeil. Elle l'avait trop nourri et il s'était ennuyé de son chagrin, n'avalait plus que quelques bribes d'elle lorsqu'il en trouvait l'intérêt. Mais des compagnons étaient nés et elle balançait d'angoisse en inquiétude, de questionnement en affolement. Il y avait Chris, dont le simple nom faisait bouillir ses nerfs et son sang; il y avait Devos, l'incompris parce que l'incompréhensible, le têtu dénué d'empathie et de raison; il y avait la Myrtille, qu'elle n'appelait plus que comme ça pour le provoquer même s'il ne l'entendait pas, mais qui n'avait pour effet que de la rendre plus amère encore; il y avait Mila, qui avait découvert un secret sensible; et puis il y avait Tennessee, qu'elle espérait toujours recluse dans sa demi-maison, en proie aux vents froids et aux pluies affolées d'un hiver qui se dessinait sous les lueurs brûlantes des feuilles automnales.

Les deux bras au-dessus de sa couverture, Murphy fixait le plafond. Sa main caressait un Antarès à demi-assoupi, dont la respiration calme était la seule chose qui arrivait à doucement l'apaiser. Les ronflements de ses voisins se faisaient écho. De temps en temps, elle pouvait entendre quelqu'un se retourner ou tousser. Depuis qu'elle avait repris le chemin du dortoir commun, elle se demandait comment elle avait pu réussir à dormir dans de telles conditions. Elle rêvait de silence et d'intimité; d'autres choses plus secrètes encore, aussi, d'étreintes réconfortantes et d'un seul souffle qui viendrait chatouiller son oreille endormie. Dans un soupir agacé, elle glissa sur le côté pour chasser ses pensées parasites. Elle sentit Antarès bouger et sauter du lit, l'entendit détaler vers la sortie du dortoir, grogna rien qu'à l'idée qu'il retrouve Tennessee, qui était sans aucun doute assez maligne pour s'être construit un toit imperméable et se réchauffer à la chaleur d'une cheminée au douces sonorités crépitantes. Mais merde, quand est-ce qu'il allait venir, ce putain de sommeil ? Elle entendait la pluie battre contre les murs épais qui les protégeaient avec bienveillance des intempéries, se demandait si elle ne l'irritait pas plus que toutes ces âmes qui faisaient du bruit autour d'elle, s'exaspérait de s'exaspérer de tout et de rien. Elle soupira et se redressa sur son lit, fit glisser ses pieds contre le sol glacé. Elle se frotta le visage et passa nerveusement la main dans ses cheveux. Elle faisait face au mur contre lequel son lit était installé et fixa l'obscurité pendant de longues secondes. Pourquoi le sommeil ne s'invitait que lorsqu'elle était de garde ? Pourquoi la laissait-il à sa détresse lorsqu'elle le cherchait aussi désespérément ? Elle se pencha pour récupérer quelque chose sous son lit et enfouit son visage dans la fourrure d'Elias, qu'elle serrait contre sa poitrine. Avec le soin qu'elle lui portait, elle avait gardé toute sa douceur et son réconfort, mais ce ne serait certainement pas elle qui l'aider à tomber dans les abysses du sommeil. Quelle heure pouvait-il bien être, d'ailleurs ? Combien de temps lui restait-il pour tenter de recharger les batteries et avant de retourner vaquer à ses patrouilles ? Pourquoi Nadja n'avait pas été foutue de trouver une solution efficace à ces maux nocturnes ? Elle lui en voulut subitement au médecin et soupira au creux de sa couverture en avant de se décider à enfin faire quelque chose, plutôt de rester paralysée par ses lamentations et colères. Son visage quitta la douceur de la fourrure et accrocha une seconde la lueur qui se reflétait sur le mur face à elle et sur laquelle se détachait, sombre, son propre dessin. Elle se retourna brusquement et son pied l'éloigna de son lit dans un réflexe de panique qui la fit tomber à terre.

La silhouette était encore plus impressionnante de contrebas. Une forme livide qui se détachait sur l'obscurité du dortoir endormi, quelques mèches totalement folles qui, collées à lui, encadraient ce qui devait être un visage. De la forme dégoulinait un filet d'eau qu'elle devinait glacée, et elle était sûre de pouvoir retracer tout le trajet de la chose jusqu'ici -si elle y trouvait un quelconque intérêt. Les morts, par principe et par définition, étaient morts; ils ne bougeaient pas, ne trouvaient pas le chemin d'un dortoir et n'étaient pas capables de la fixer comme cet être la fixait à ce moment-là. Au pied du mort, il y avait Antarès qui avait sagement installé ses fesses sur le sol. C'est sa présence qui la força à la raison, et aussi les quelques traits qu'elle devinait sous le tissu détrempé, derrière les mèches de jais et grâce à la faible flamme portée à bout de bras par le nouvel arrivant. Ses yeux se froncèrent sous l'effort et elle finit par souffler, encore trop aimable pour préserver le reste du dortoir de ses cris rageurs. « Ten ? » Elle se redressa un peu maladroitement, se frotta le visage et ramassa la fourrure qu'elle jeta furieusement sur son lit. Son cœur affolé se calmait progressivement après le pic furieux de la panique. « Tu sais qu'il y a cent ans, une fille a été éviscérée vivante juste parce qu'elle avait interrompu le sommeil d'un de mes ancêtres ? Il a même bu son cerveau à la paille et par le nez, il paraît. On a fait de la viande comestible avec la fille, après, et elle a été vendue sous forme de tourtes à plusieurs dizaines de personnes. Il paraît que le fait que sa viande a été récupérée alors qu'elle respirait encore lui a donné un goût tout particulier. » D'un geste irrité et fulminante, elle se saisit à nouveau de la fourrure et la plia pour la glisser à nouveau sous son lit. « Antarès » appela-t-elle derrière son lit avant de soupirer de soulagement en voyant son fidèle compagnon la rejoindre. Elle lui flatta l'encolure et, plus ou moins bien cachée derrière le lit, lui glissa un tendre et sincère « je suis désolée pour tout à l'heure. Tu sais, c'est comme ça quand j'arrive pas à dormir, mais je suis contente quand t'es là. Me boude plus comme ça. » Elle se redressa et tapota sur le lit pour y attirer la boule de poils. « Tu peux dormir, si tu veux, je t'embêterai plus. » Le chien sauta là où sa maîtresse l'avait invitée et celle-ci releva finalement son regard fatigué vers celle qu'elle avait cru être l'une de ses plus proches amies. « Qu'est-ce que tu fous là ? » La question était impétueuse mais toujours presque silencieuse, par respect pour tous ceux qui avaient reçu une invitation de ce connard de Morphée.

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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Sam 4 Nov - 17:29

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween


Quand elle leva sa lanterne improvisée pour mieux distinguer le petite recoin ou elle espérait dormir, Tennessee vit une ombre se redressée puis disparaître sur le vieux mur érodé par les multiples années endurées, exposé aux éléments. Puis un bruit retenti en provenance du sol alors qu'une forme roulait à ses pieds. Aussitôt elle dirigea sa torche vers le plancher pour reconnaître celle qui la fuyait depuis un moment : Murphy ! Le visage livide de cette dernière l'inquiéta immédiatement, et aussitôt elle lui tendit une main pour l'aider à se remettre debout que la garde ignora, alors qu'elle la dévisageait comme si elle se retrouvait face à une des visions des plus effrayantes. D'ailleurs elle s'enquerra de l'identité de la mécanicienne qui laissa échapper un « Oui » Entre deux claquements de dents. Visiblement soulagée, mais surtout furieuse, son amie qui ne se considérait plus comme telle, regagna sa couche avec quelques mouvement d'humeur. Pour ensuite envoyé une description des plus effrayantes de l'histoire du lieu que la bouclée découvrit au rythme des paroles de la garde. On pouvait avancer que Tennessee ne se montrait jamais apeurée, sauf quand un volatile survolait le périmètre dans lequelle elle vivait. Mais le tableau que lui dessinait Murphy, lui procura des frissons dans son corps déjà glacé par la traversée qu'elle venait d'accomplir. De plus elle avalait comme pure vérité, prenant toujours tout au pied de la lettre, ce conte fantastique que l'autre brune lui lançait à la figure !

« Oh » S'exclama-t-elle effarée à la perspective de finir d’une telle manière. Et ses doigts fins se serrèrent sur la lame fine qu'elle ne quittait jamais, dans le cas malencontreux ou un autre malotru se cacherait dans l'obscurité, attendant le bon moment pour venir les étrangler « Mais Heureusement c'était avant que l'on évacue la terre, et depuis il doit être mort celui-là. De plus je ne pense pas que quelqu'un d'aussi dingue se trimbale parmi nous, même si nous ne nous accordons pas tous sur tout » Continua-t-elle sur un ton un peu haut perché se raisonnant plus elle-même qu'Antarès, dont le calme olympien lui servait d'exemple. Les premières minutes de surprise entamées, la garde rappela le doux canidé prêt d'elle, interdisant certainement pas ce fait qu'il resta aux cotés de la bouclée. Cette dernière n'y détectait aucune jalousie, sentiment qu'elle ne comprenant pas du tout, et ne l'affectait jamais ou très rarement. La mécanicienne interprétait cette attitude comme une punition pour une faute qu'elle aurait commise envers son amie. Que cette dernière ne lui pardonnait pas, car elle estimait avoir été trahie de la plus honteuse des manières. D'ailleurs la fautive n'avait jamais présenté ses excuses puisque depuis Murphy fuyait toute approche comme la peste. Tentée de saisir cette petite trêve comme une opportunité, la flaque d'eau qui s'étendait à ses pieds attira son attention « Oh merde, va falloir que j'essuie ça sinon ça va geler et quand tu te lèveras tu vas glisser et te casser la pipe »

Ce serait une occasion de plus pour que celle qui la repoussait ajouta un reproche de plus à l'encontre de la Bouclée. Mais surtout elle ne désirait pas que la garde se blessa dans quelque circonstance que ce fut. Pendant ce temps Murphy s'adressait à Antarès, tout en lui prodiguant des recommandations plutôt personnelles qui ne regardaient pas du tout Tennessee. La mécanicienne fut envahie de l'impression de devenir une intruse,, ce qui lui déplu énormément. Alors elle laissa tomber son drap sur le parquet afin d'essuyer une grosse partie de l'humidité causée par son arrivée. Mais le tissu déjà trop imbibé n'absorbait absolument rien « Saleté » laissa-t-elle échapper de ses lèvres pendant que Murphy la questionnait un peu brutalement sur les raisons de sa présence en ces lieux « Et bien ma maison est sous l'eau, la bâche que j'avais installée a été déchirée, et je dois renoncer à la réparer avant le printemps. Alors je suis venue trouver un endroit où dormir cet hiver » Lui expliqua-t-elle très sérieusement. Très certainement son ancienne amie n'en demandait pas autant. De son pied elle repoussa plus loin l'étoffe trempée, et ce jusqu'au pied du lit de Murphy  « Je l'enlèverais demain, j'ai peur de réveiller tout le monde sinon, Ce ne sera plus là au petit matin quand tu te réveilleras mais faudrait que je trouve ... » Ses mots moururent dans la nuit, tandis qu'avec l'aide de sa torche moderne elle inspectait les lieux, pour découvrir qu'une fenêtre très mal isolée faisait face à la couche de la garde « Dis donc tu dois recevoir un sacrée courant d'air ici ... Sans mentionner qu'en hiver tu auras une piste de ski au pied du lit »

Son esprit pratique, mais surtout l'affection qu'elle portait envers Murphy, reprenait le dessus chez Tennessee, malgré les obstacles que cette dernière lui opposait. Elle acceptait de se tenir loin d'elle, même de ne plus lui parler tant que celle-ci ne lui donnerait pas la permission. Mais comme elle venait d'engager la conversation, il paraissait à la bouclée qu'elle bénéficiait d'un feu vert jusqu'à ce qu'on lui brandisse à nouveau la couleur rouge sous le nez. « Je partirais à la recherche de planches de bois encore utilisable pour te construire un volet que tu pourrais fermer la nuit, quand il y aura trop de vent ou que le temps le nécessitera » Expliqua la mécanicienne dont le cerveau ne parvenait jamais à se mettre au repos pendant qu'elle revenait vers la garde. Elle comptait aussi bâtir une petite niche pour Antarès mais n'en souffla pas mot. Car elle imaginait bien que Murphy protesterait avec vigueur. Mais une fois devant le fait accompli, elle ne pourrait que l'accepter. Ce fut seulement qu'elle aperçut de la carcasse d'un lit, poussée contre le mur du fond, perpendiculaire à celui de celle qu'elle tenait éveillée avec son bavardage et toutes ses allées et venues. Débarrassée de son pardessus de fortune, la bouclée tremblait comme un feuille, et marcher obligeait sa circulation à fonctionner, de manière à ce qu'elle réussit à se réchauffer un peu. Certainement si elle ne finissait avec une bronchite ça se résumerait à un beau miracle « Ecoute, je vais dormir là le temps que je te fabrique tout ça .... » Dans la noirceur elle indiqua la seule place libre dans ce dortoir « Et quand ce sera finit je me trouverais un autre endroit  »

Même si pour ça pour elle dû recourir à se déplacer vers l'étage supérieur oubliant sur le coup qu'il se voyait réquisitionné par le conseil. Elle se rapprocha de ce qui ressemblait plus à un grabat qu'autre chose, le repoussant contre le mur afin de l'éloigner le plus possible de la garde pour ne pas trop la gêner. Un bruit métallique se répercuta dans toute la pièce.  Tennessee s'immobilisa aussitôt pour laisser la place au silence, espérant n'avoir sorti personne du sommeil. Une toux éloignée s'éleva, puis une voix endormie pour protester contre le vacarme. La bouclée devina rapidement que celui à qui elle appartenait ne se manifesterait plus, rattrapé par ses rêves - Ou ses cauchemars -. Avec le plus de douceur possible, Tennessee s'assit sur le matelas pour le tester, il lui sembla qu'un monceau de poussière s'éleva alors dans les airs chatouillant derechef ses narines. Sans aucun doute tout un nettoyage impératif s'imposait. Mais avant tout il lui fallait chercher de quoi se couvrir, car elle méconnaissait le lieu où on entreposait les couvertures. Se mordant les lèvres, prenant sur elle, Tennessee retourna vers Murphy, qui sans doute dormait déjà, pour lui poser une main glacée sur une épaule plutôt chaude  « Je m'excuse de t'ennuyer encore mais tu saurais m'indiquer ou je pourrais emprunter des couvertures ?  » Quelques explications et elle se débrouillerait, pas besoin que la garde ne se leva en pestant contre elle. Malgré tout Tennessee préférait éviter de finir en glaçon après avoir traversé l'affreux temps dont la froideur envahissait toute la pièce. Il manquait d'un petit feu ici, elle songerait à une solution dans les jours à venir.
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Lun 6 Nov - 2:11

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Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


On ne pouvait pas dire de Murphy qu'elle savait s'entourer d'amis. Pourtant, elle n'en avait jamais manqué. Peut-être parce qu'elle se suffisait à elle-même, qu'une part d'elle savait se contenter de solitude, ou peut-être parce qu'elle en avait toujours eu, même lorsqu'elle les avait trop chéris pour se rendre compte de tout l'amour qu'elle leur portait. Sa mère avait été sa première amie, sa confidente dès les premiers instants, celle qui avait sacrifié pour elle sans doute plus que ce qu'elle avait jamais su percevoir. Elle avait été son roc pour deux, aussi pour le père qu'elle n'avait plus; un modèle et une inspiration, une épaule solide sur laquelle elle n'avait jamais hésité à se reposer lorsque le besoin s'en était fait ressentir. Ofelia avait été à la fois celle qu'elle voulait devenir et celle qu'elle ne voulait jamais voir disparaître, mais il lui avait suffi de longues minutes à observer la Terre se rapprocher et à pénétrer son atmosphère pour que Murphy comprenne que cet instant qu'elle redoutait était arrivé sur le pas de sa porte. Sa mère n'était plus, ou bien elle était quelque part au fond de l'océan, dans ce monde qu'elle n'avait jamais connu et que sa fille ne connaîtrait jamais. Elle était confrontée à l'étranger pour toujours et sans aucune capacité d'apprentissage. Elle était devenue le terne et l'inerte, les antipodes de ce tout ce qui avait bâti son existence. Elle était confrontée au noir opaque, aux monstres des mers, à la lourdeur d'un vide qu'aucun d'eux n'avaient jamais appréhendé jusque-là. Ces quelques minutes lui avaient volé sa première amie, mais Faust était encore là. Faust qui avait vécu le même drame comme elle, dans cette fournaise qui leur avait arraché êtres aimés et souvenirs d'une jeunesse innocente. Deux orphelines devenues sœurs avec les années mais aussi, maintenant, par la force des choses. Elles s'observaient en silence et se tenaient la main lorsque la douleur était insoutenable. Elles se couchaient ensemble le soir pour laisser au sommeil une chance de venir les cueillir, pour une fois et pour les empêcher de devenir folles. Elles riaient fort, un peu plus fort à chaque fois, comme pour se convaincre que c'était encore possible et que ce monde, même sans leurs mères, n'était peut-être pas aussi ingrat que ce que les premiers instants de la rencontre avaient pu leur laisser présager. Elles pleuraient, des fois, aussi, mais pleuraient ensemble, parce qu'elles savaient rendre les larmes moins corrosives et arracher un petit sourire maladroitement à l'autre et au moment le plus inopportun. Elles s'étaient coupé les cheveux pour s'amuser, un peu trop et un peu trop mal, mais les cheveux longs qu'arboraient maintenant Murphy n'étaient que stigmates d'une coiffeuse disparue. Elle n'avait plus laissé personne d'autre toucher à sa tignasse parce que personne n'avait les droits de Faust et que Faust aussi, on la lui avait arrachée.

Le vide n'appartenait alors plus seulement aux infinités de l'espace et au crane de Conor. Il avait envahi son cœur, progressivement, jusqu'à se rendre compte qu'il n'était pas seul aux environs. Tennessee était apparue comme une réponse à une question qu'elle n'avait jamais osé se poser. C'était la seule belle chose que la disparition de Faust avait pu lui apporter, cette rencontre-là. Le contact avait été forcé par les circonstances mais il ne s'était brisé qu'un et demi plus tard, et c'était seulement en le perdant que Murphy se rendait compte de toute l'importance qu'il avait pu avoir pour elle. Oui, Tennessee avait été importante pour elle. Probablement l'une des seules âmes qui pouvaient réellement la comprendre, comprendre sa peine. Elle avait des gestes tendres dont elle ne l'aurait jamais devinée capable quelques années auparavant. Tennessee était un mystère doux et sucré, de ceux qui se dévoilent avec pudeur mais une grandeur rayonnante. Ses sourires étaient de ceux qui réconfortaient parce qu'ils n'étaient jamais forcés ou innocents. Ses sourires et ses rires étaient mérités, et la mélodie de ces derniers manquait à une Murphy pourtant bornée. Bornée parce qu'on ne jouait pas avec la confiance qui se bâtissait si difficilement en son cœur, bornée parce sa vision de la rébellion avait volé en éclats en même temps que ses convictions et que tout le mythe qu'elle avait bâti aveuglément autour de Tennessee. Elle l'avait pensée droite et intègre et à son tour, Tennessee avait disparu. Ou peut-être était-ce simplement l'image filtrée par son regard endeuillé qui avait disparu ? Peu importait. On ne pouvait pas réparer une confiance brisée comme une porte un peu trop malmenée par le temps. Tennessee, avec ses mensonges, avait laissé le cœur de Murphy a nouveau à vif. La douceur d'Adelaïde ou de Marlene n'auraient jamais raison de cette douleur-là.

La rancoeur était aussi palpable que la peine était envahissante. L'histoire était un rejet complet de cette présence qu'elle redoutait. Elle n'avait pas pensé que la cohabitation dans ce dortoir pourrait être plus problématique encore que dans leur maison commune. « Je sais pas mais ça peut s'arranger » menaça-t-elle en lui lançant un regard noir. Une main tendue après cette chute accidentelle ne suffirait pas au pardon ou à la naissance d'une nouvelle confiance. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de trouver une part réconfortante à cette présence, juste parce qu'elle allait être un peu moins seule ici, au milieu de tous ces ronfleurs que le sommeil semblait toujours arriver à cueillir sans faire de vagues. Elle, elle se noyait sous les vagues. Elle s'accroupit derrière son lit, qui la séparait d'une Tennessee trempée, et accueillit avec soulagement Antarès, qu'elle cajola avant de le laisser retrouver sa place sur le lit pré-chauffé par l'insomniaque. Elle avait laissé son oreille traîner du côté du fantôme de la nuit et l'avait entendu pester dans son coin et prétendre s'enquérir de son bien-être. Elle aurait volontiers eut un rire moqueur si elle n'avait pas mis tant d'énergie à ignorer les quelques mots de la mécanicienne. Lorsque Murphy se redressa enfin, ce fut pour lui demander les raisons de sa présence. « Ta demi-maison », la reprit-elle aussi sèchement que ses murmures le lui permettaient, comme pour lui faire remarquer que sa moitié était toujours sa moitié, malgré son absence de ces derniers temps et les trous intempestifs qui semblaient se former dans la paroi montée entre les deux parties de la maison. « Alors bienvenue chez les ronfleurs » souffla-t-elle en haussant les épaules et de la façon la discrète dont elle était capable. Pour ne rejoindre les dortoirs que maintenant, Tennessee avait-elle aussi eu dans l'idée de l'éviter ? Il y a quelques mois, la question ne se serait même pas posée, mais maintenant, la militaire n'était plus très sûre de comprendre ce qui pouvait se tramer dans la tête de sa collègue Odysséenne. Du menton, elle désigna le drap détrempé avec lequel Tennessee tentait encore d'essuyer le sol. « Laisse tomber, ça sert à rien. Personne va se réveiller avant la première relève de la garde, ça donne quelques heures pour que ça sèche. » Bien évidemment, ce n'était pas avec le taux d'humidité de cette nuit que l'évaporation allait pouvoir intervenir, mais au moins, aux premières lueurs du jour, les flaques seraient visibles et en perdraient de leur dangerosité. « T'inquiète pas pour moi. Surtout qu'Antarès aura peut-être soif cette nuit... » Elle posa un regard tendre sur son fidèle ami et s'apprêtait à contourner son lit pour s'y réinstaller sans le troubler lorsque Tennessee reprit la parole. Elle se retourna vers le mur auquel elle faisait dos et trouva finalement ce dont le fantôme détrempé voulait parler. « Oh, ça... oui, y'a un morceau qui s'est arraché il y a quelques jours, j'ai prévenu l'équipe de la maintenance mais je pense qu'ils ont d'autres chats à fouetter avec l'approche de l'hiver. » Elle haussa les épaules. « Tant qu'il y a pas trop de vent, ça va. » Elle contourna finalement le lit et se pencha au-dessus du drap pour évaluer les dégâts. « T'emmerde pas », lâcha-t-elle en fixant le sol, gênée par la proposition de Tennessee malgré les circonstances mais non sans apprécier la démarche. « T'as sûrement mieux à faire pour ta demi-maison, et puis y'en a dont c'est le rôle ici, et quand je le leur aurai rappelé assez vigoureusement, t'inquiète pas qu'ils vont rappliquer et encore mieux isoler ça que ça l'était avant que ça casse. » Elle tâta le drap du bout de l'index même si elle savait le geste totalement inutile. Tennessee lui avait tendu une main qu'elle essayait de ne pas repousser et que, de toute façon, elle n'arrivait pas vraiment à repousser. On ne pouvait pas pardonner le mensonge aussi facilement, mais on pouvait accepter un premier pas, non ? « Tu peux dormir ici mais je crois que le lit a été évité par tout le monde jusque-là. Il a pas l'air confortable. » Elle observa la danse de Tennessee avec le lit en question, qui repoussait le lit contre le mur à la fenêtre abîmée pour l'éloigner du sien. Une grimace masquée par l'obscurité des lieux se dessina sur son visage. Le bruit retentissait dans tout le dortoir, mais les remontrances furent suffisamment discrètes pour la rassurer. Elle se rassit sur son lit et se laissa tomber en travers de celui-ci, fixant de son regard fatigué le museau apaisé d'Antarès qui semblait déjà avoir filé vers le monde des songes canins, sans doute rempli de bonne viande et de caresses affectueuses. « Le mec qui dort là-bas est de garde, mais je t'assure qu'il ronfle très fort » la prévint Murphy avec un haussement de sourcils insistant et désignant un lit vide mais bel et bien investi. « Moi je ronfle pas » fut le seul argument qu'elle donna pour l'encourager à rester là où le lit était resté jusqu'à son arrivée. Elle posa une main sur le pelage d'Antarès et, même si elle commençait déjà à grelotter, loin de la tiédeur de ses draps, elle laissa ses paupières se clore quelques instants.

Elle n'aurait su dire si elle s'était vraiment assoupie et combien de temps cet interlude avait bien pu durer. C'est un contact glacé sur son épaule qui la sortit de son état de semi-conscience et elle crût un instant et encore une fois faire face à un mort. C'était la seule chose qui pouvait expliquer un froid pareil. Elle se redressa brusquement sur son lit et se tourna vers Tennessee, un peu sonnée. « A cette heure-ci, je sais pas. Ecoute... » Elle se releva pour s'accroupir et ressortir quelque chose de la protection de son lit. La couverture en fourrure était toujours aussi douce, elle arriverait probablement à réchauffer Tennessee jusqu'à la conduire dans un doux sommeil. « Tu l'auras pour la nuit. » Elle tira aussi deux pulls, un trop large pour leurs gabarits et très fatigué qu'elle tendit à Tennessee, et un beaucoup trop large pour leurs gabarits mais qu'elle ne prêterait à personne. Elle enfila le sien par-dessus son tee-shirt et y accorda sa paire de bottines. « Peut-être qu'on trouvera des couvertures à l'infirmerie » prétexta-t-elle en se levant pour traverser le dortoir vers les escaliers de béton, la grande fourrure sous le bras en ultime précaution. Tennessee n'avait pas menti, le sol de béton mouillé était devenu glissant.

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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Lun 13 Nov - 3:32

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween


Dans l'alchimie de ce qui composait la personnalité de Tennessee, il manquait des petits atomes crochus qui développaient l'empathie envers les autres. Ou du moins chez elle il s'agissait d'un sentiment peu naturel, absent à la toute première interaction avec les étrangers. Pourtant elle avait bien éprouvé des sentiments pour ses parents, ou accordé un intérêt certain à d'autres êtres humains. Comme Faust, Elijah ou Zachary lors de ses premières années. Tout n'avait pas perduré pour différentes raisons parfois tragiques, ou par des événements imposés comme par exemple le crash de l'Odyssée. Et l'intervention dans cette nouvelle perspective d'une terre et des terriens qui forçaient sons système de valeurs à tout reconsidérer autrement. Jamais un instant elle n'eut pensé que les êtres ayant pu s'infiltrer, et s'approprier une place précieuse dans son palpitant s'évaporeraient comme neige au soleil. Il y eut bien cet accroc dans sa petite enfance à propos de celui devenu psychologue depuis. Que ses parents lui interdire  de fréquenter sans qu'elle n'en sut jamais la vraie raison. Trop jeune encore pour remettre en question les décisions des adultes cet événement précis fut considéré comme l'exception qui ne se reproduirait jamais. Une fois dans son âme, cette connexion devenait indéfectible comme un pont à jamais dressé entre elle et l'autre même si il ne devait plus jamais l'emprunter. Avec elle, quand elle vous ouvrait la porte de son petit monde, il n'existait plus de voies sans issues, que si vous refusiez vous même de vous y aventurez. Patiente la bouclée attendait votre retour mais n'hésitait pas à accomplir au moins la moitié du chemin.

La jalousie ne logeait pas dans sa tête, si elle vous appréciait, L'Odysséenne se réjouissait toujours de votre bonheur que ce fut-elle ou non qui y participa. Elle ne comprenait absolument pas les gens qui pinaillaient pour toujours amener l'attention autour comme si ils mesuraient cette dernière. Quelle perte de temps pour la mécanicienne, et elle ne tolérait pas non plus qu'on s'ingéra dans son emploi du temps, ou ses fréquentations. Bien qu'elle répondit facilement aux questions qu'on lui posait, si ça dégénérait en reproche, Tennessee tournait aussitôt les talons. Elle n'accordait le droit à personne de juger ce qui lui convenait ou non. Se remettre en question la laissait plutôt indifférente, il lui fallait des circonstances exceptionnelles pour qu'elle en arriva à ce stade. Comme le crash de l'odyssée et ce tout nouveau contexte que leur procuraient la terre et ses habitants par exemple. Ou ...  les mots de ceux qui comptaient. Elle ne discutait aucunement les ressentis de Murphy, et la trahison qu'elle éprouvait à son égard. La bouclée l'acceptait sachant que dès la découverte des agissements de Devos, le prénom de son amie, qui partageait une maison avec elle, envahit ses pensées. Néanmoins elle ne se trouvait pas dans la capacité de jouer les mauvaises langues et de dénoncer l'informaticien. Bien que le résultat fut identique quant à son impossibilité à tenir longtemps un secret. Enfin deux, puisque la mécanicienne concentrait son attention première à ne pas se lâcher sur la rébellion, et ça depuis qu'elle l’avait intégrée. Aussi elle ne se vexait pas devant les rebuffades de la garde.

« Vraiment ? » Questionna-t-elle légèrement inquiète à l'idée de l'apparition en ces lieux d'un monstre tel que le décrivait la conteuse d'histoires. Qui entre-temps regagna son lit tout en s'empressant de rappeler Antarès, qui planta là, la mécanicienne avec une léchouille timide. Bien entendu il ne désobéirait pas à sa maîtresse, quoi de plus normal ? De plus la bouclée ne lui souhaitait aucunement d'attraper la mort, et par ce froid, elle le préférait sous les couvertures avec la rebelle rétive. Plutôt qu'exposé à la froideur que transportait Tennessee après sa petite escapade entre la "demi-maison" comme le rappelait si bien l'autre habitante, et ce dortoir. A priori elle n'attendait pas de réponses à propos de l'horrifiant récit émit un peu plus tôt. Et surtout elle préférait garder son cerveau sous sa forme première, donc Tennessee choisit de ne pas s'appesantir sur le sujet. Elle tiqua néanmoins quant à la réduction de sa demeure, un peu comme si la conteuse d'histoires horrifiques  lui retirait un droit partagé. Guidée par les ressentiments éprouvés devant ce qu'elle nommait une trahison pure et dure « Sans doute mais j'en avais aussi recouvert ton demi-toit car chez toi ça ressemblait à une piscine ! Oui je me suis permis de vérifier pour que tu n'aies pas fait tes travaux en vain. Et demain il faudra absolument que j'aille réparer ça pour que nous ne soyons pas donné du mal pour des prunes tout cet été  » Des précisions que l'autre demi propriétaire ne demandaient pas de recevoir en pleine nuit, surtout aussi détaillées. Mais que la mécanicienne estimait de son devoir de rapporter aussi précises que possible puisqu'on en venait aux reproches dilués.

Non que La Bouclée lui contesta ce revirement, elle devinait très bien d'où il surgissait, la suite logique de l'attitude que la garde lui opposait désormais. Malgré cela elle considérait important de lui fournir tous les détails possibles, des actes éventuels qui déplairaient à Murphy, afin que cette dernière ne lui reprocha pas par la suite. A la mention des ronfleurs elle haussa les épaules, tout ça composait le combo de dormir dans la promiscuité d'un dortoir, ce qu'elle haïssait au plus haut point. Et des ronfleurs se rangeaient dans la catégorie :"un moindre mal". Bien que la garde sembla s'opposer au fait que Tennessee essuya l'eau qui dégoulinait à chacun de ses pas, elle insista quelques minutes jusqu'à ce que ses doigts devenant bleus, menacèrent de geler complètement. Alors elle les fourra rapidement dans ses poches, bon, ils n'y rencontrèrent pas un chauffage électrique miniature mais ça les empêcha de se transformer en glaçons qui finiraient par tomber tels des stalagmites. Elle secoua sa chevelure humide qui s''accrocha à sa peau comme des ventouses, recouvrant son visage pareilles à des algues brunes. Tennessee souffla alors comme un locomotive pour les écarter de sa vue ainsi que de ses lèvres « Oh mais cette eau est toute souillé, si Antarès boit ça, il va tomber malade  .... » A moins que ce ne fut une ruse pour se débarrasser d'elle le plus vite possible. Aussi abdiqua-t-elle à la place de se proposer pour courir, par monts et par vaux, lui rapporter un bol de liquide avec une bien meilleure allure « D'accord, mais je te laisse ma lanterne alors comme ça tu pourras voir ou tu poses les pieds si tu dois te lever »

La bouclée leva une dernière fois son lumignon vers l'ouverture de la fenêtre mal isolée, avant de le déposer prêt de Murphy. Oui ça ne l'étonnait pas vraiment tout ça. Elle ne prétendait pas que la plupart des Odysséens se décrivaient comme des paresseux mais quand il était question de bricoler ça ne se bousculait pas non plus au portillon. Ou alors un peu trop à la va vite, on pouvait donc en admirer et ressentir le résultat en cet instant même « Ça m'emmerde pas tu sais d'améliorer ce qui ne fonctionne pas » On aurait pu croire qu'elle analysait leur relation comme ça. Mais non elle s'exprimait comme elle le pensait de façon pratique et logique « Je peux faire les deux tu sais, recouvrir le toit de l'entièreté des deux demis maisons puis terminer ma journée sur cette fenêtre. De toute façon pour la culture c'est un peu mort, j'ai déjà protégé tout ce qu'il fallait et donc je suis plutôt libre » Oh ça elle eut très bien pu aussi se diriger dans le coin des mécaniciens, et en profiter pour aller bavarder avec Devos, mais depuis qu'il venait de la planter prêt de la rivière sans un mot, elle évitait de retourner auprès de lui. Sans doute devrait-elle un jour le confronter. Mais pas demain. Pas tant qu'elle trouverait des tâches à exécuter pour sa petite personne beaucoup trop dynamique « Parfait ! Oh Bah tu sais dans ma demi-maison c'était pas encore si confortable, je dormais sur une paillasse alors au pire je m'installerais un petit coin à terre » Bon forcément elle ne bénéficierait plus de la bonne et douce fourrure d'Antarès, mais ça resterait moins frigorifique que d'où elle provenait.

Malheureusement entre se persuader qu'on arrivera à vaincre la poisse dans laquelle elle s'enfonça grâce à un caractère particulièrement têtu et borné, au point de ressembler à la dernière naufragée sur une Isle déserte refusant de rejoindre le bateau qui venait les secourir. En acceptant une nuit dans le froid, dans un lit défoncé avec un matelas déchiré et certainement plein de bestioles .. et la réalité. Heureusement que le mot retraite existait et elle se résolu finalement à demander de quoi se chauffer à Murphy. Celle-ci ne la rembarra pas comme elle s'y préparait, ce qui lui fit craindre une prochaine échappée de blâmes. Mais tant pis, elle les méritait, elle les écouterait sans se plaindre. Plus étonnée encore ut-elle, la garde lui tendit une fourrure épaisse « Oh mais je ne voudrais pas que tu attrapes la mort, tu es déjà toute pâle  » Rétorqua la bouclée qui claquait des dents aux mêmes rythmes qu'une mélodie rock et endiablée sans y accorder beaucoup d'attention « Si tu m'indiques le chemin ça m'ira tout à fait, ça me réchauffera déjà un peu les muscles parce que j'ai l'impression qu'il vont bientôt rouillé comme un vulgaire boîte en fer » L'image de L'Odyssée désormais bien peu reconnaissable s'imposa à elle. Oui, ils n'auraient pas survécus à un hiver de plus là-bas, même si ici on ne pouvait pas affirmer que ce particulièrement luxueux. Mais un pas après l'autre « Faudra vraiment prévoir le chauffage à l'avance pour l'année prochaine ...  » Ajouta t'elle en entourant ses épaules de ce bout de peau couvert de poils doux et épais « C'est magnifique ou t'es-tu procuré une telle chose ?  » L'admiration filtrait dans le ton de la mécanicienne.

Mais la distribution de noël ne s'arrêta pas là, son ancienne amie ajouta un pull, et ça représentait un peu sa bouée de sauvetage « Oh ça c'est trop bien, attends je vais enlever ce que j'ai parce que je pense que c'est en train de geler directement sur moi » Elle s'éloigna un peu non parce que la voilà atteinte de pudeur soudaine, qui n'existait d'ailleurs pas chez elle. Mais bien parce qu'on lui en avait fait la remontrance à maintes occasions, en répétant que ça mettait très mal à l'aise les autres. Elle enfila la laine avec bonheur jetant son ancien vêtement vers le drap mouillé. Mais Murphy ne fut pas sans s'apercevoir qu'il tenait quasiment debout tout seul, pouvant tout simplement se faire confondre avec le prochain fantôme « L'infirmerie c'est en bas Murphy ?  » Questionna Tennessee qui se trouvait à présent devant elle. Et se retrouver face à face avec la garde, lui coupait carrément la respiration, au point qu'elle se s'inquiéta, si en réalité elle ne parcourait pas un cauchemar pendant qu'elle rendait l'âme ans sa demi-maison. Pour preuve cette histoire glauque sortie de la bouche de la maîtresse d'Antarès. Au point que l'épuisement ouvrit la vanne des doutes qui se déversèrent la, entre elles deux, sans prévenir « Dis Murphy, c'est bien toi ? Pas une vengeance qui aurait ton visage et qui me mènerait à cet homme affreux qui boit les cervelles? Ton ancêtre qui voudrait restaurer ton honneur ? »


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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33854 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Mar 14 Nov - 2:41

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❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


L'atmosphère ambiante était presque irréelle. De l'abri du dortoir, on pouvait entendre la pluie s'abattre lourdement à l'extérieur et deviner jusqu'au sol boueux, détrempé, glissant, qui les attendrait le lendemain. L'été paraissait bien loin, maintenant, mais les chaleurs étouffantes ne manquaient pas à une Murphy qui trouvait du réconfort à se lover sous les épaisses couches de couvertures. Seule lui manquait la tranquillité de son propre foyer, celui qu'elle avait dégagé, réparé, commencé à installer avec tout ce cœur d'échouée en pleine reconstruction. Pourtant, le charme du lieu s'était altéré avec l'amitié qu'elle portait à Tennessee. Elle l'entendait, de temps à autres, de l'autre côté de la cloison qui séparait la maison. Les travaux n'étaient jamais silencieux, mais il y avait aussi la vie et le quotidien; les pas feutrés, le soir venu, lorsqu'elle allait se coucher; les premiers bruits du réveil, la porte qui claquait lorsqu'elle quittait les lieux pour aller faire ses trucs de mécanicienne. Murphy ne supportait plus les brèches qui apparaissaient comme par enchantement dans la paroi commune, les percevait comme une provocation constante, une invitation tentante pour un Antarès qui n'avait plus sa place auprès de Tennessee.

La séparation était loin de la laisser de marbre. Pire encore, elle la rongeait dès qu'une réminiscence de leur amitié refaisait surface. Ça pouvait être Antarès qui piquait un morceau de pomme à un inconnu râleur, ça pouvait être ces signes de vie qui traversaient la cloison, ça pouvait être son regard, tout simplement, qu'elle croisait au détour d'un repas frileux au réfectoire. Elle s'en étati voulu, Murphy, elle s'en était voulu beaucoup trop d'avoir accordé sa confiance trop facilement. Elle avait essayé d'analyser la situation et les circonstances, s'était offert un peu de répit en mémoire de Faust et parce que c'était elle qui les avait liées. Sans elle, sans sa disparition, tout aurait été différent. Sans Faust, Murphy n'aurait jamais entendu parler de ce mouvement rebelle maladroit. Elle aurait émis quelques doutes envers le Conseil, comme eux tous et comme elle l'avait toujours fait, comme il était presque de coutume de le faire depuis la nuit des temps, mais elle n'aurait jamais rejoint de mouvement qui prétendait prendre les choses en main. Sans Faust, tout ce pan de son existence lui aurait été épargné. Elle aurait essayé de changer les choses autrement, utilisé le système démocratique odysséen comme chaque conseiller l'avait utilisé pour mettre en ouvre ses idées. Murphy commençait à prendre du recul sur cette rébellion qui n'avait ni queue ni tête, réalisait qu'il avait peut-être tout faux depuis le début et que certains s'étaient embarqués dans des idées beaucoup trop saugrenues pour être raisonnables. Il n'y avait probablement jamais eu d'unité, là-dedans. Parce que Devos avait décidé que son avis primait sur tous les autres, puis que Chris avait supporté sa décision sans ciller, puisque Tennessee l'avait gardée pour elle, Murphy se sentait prise dans un étau, emprisonnée dans des valeurs et idéaux qui semblaient à mille lieues de ceux qui animaient aujourd'hui les trois autres leaders. On ne pouvait pas considérer être meilleur que le Conseil en place si on lui opposait l'irréfléchi et l'autocratie. Car c'était ce qu'avait fait Devos en refusant de discuter son idée, et c'était une valeur qui la faisait poser un regard effrayé sur ce que devenait le mouvement. Ou bien peut-être avait-il toujours été comme ça ? Ses différends avec Devos avaient toujours été multiples et aucun d'eux n'avait caché à l'autre ses désaccords, mais Murphy n'avait réalisé que trop tard qu'il s'agissait sans doute de plus que quelques conflits à discuter. Puisque Devos avait refusé la discussion, elle avait choisi de prendre du recul. Il l'effrayait, Chris l'horripilait, et Tennessee la blessait. Qu'est-ce qui pouvait ressortir de bon d'un tel trio ?

Le pire, sans doute, était que Tennessee n'était pas celle de laquelle elle se sentait la plus éloignée. Lorsque la vérité avait éclaté, elle n'avait pas soutenu Devos. Mais quoi qui ait pu se bâtir au fil des mois et depuis la disparition de Faust s'était instantanément vaporisé. Le mensonge, même par omission, embrasait la confiance et la réduisait à néant. Elle n'avait plus confiance en Tennessee et elle lui en voulait de lui avoir donné quelque raison, des mois auparavant, d'en avoir développé une. Elle n'avait probablement vu les choses clairement, à ce moment-là. Le déchirement de la perte l'avait poussée auprès de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas et qui venait de se dévoiler. Murphy ne remettait pas en cause tout le reste, tous les bons moments qu'elles avaient pu passer ensemble, les sourires qui savaient si rarement mais sûrement illuminer le visage de la mécanicienne, l'enthousiasme d'Antarès dès qu'elle glissait sa main dans sa poche à la recherche d'une friandise. Ce qu'elle remettait en cause, c'était sa capacité à voir des signes invisibles à l’œil de l'autre. La confiance à sens unique n'avait jamais lieu d'être. L'amitié naissait de la réciprocité, et le déséquilibre lui avait explosé à la gueule.

Et puis les abandons étaient devenus trop répétitifs pour qu'elle ne se remette pas en question. On lui avait trop tourné le dos en trop peu de temps. Car il y avait Tennessee, mais il y avait aussi Devos et Chris, Richard, et puis, malgré l'amertume que l'aveu suscitait, il y avait Isdès. C'était elle, le dénominateur commun. Elle qui attendait trop ou ne donnait pas assez, elle à qui il semblait si aisé de tourner le dos sans aucun remord.

Alors ses réactions étaient toujours raides et tranchées. Elle savait se limiter aux discussions minimalistes, celles qui étaient rendues obligatoires par la vie en communauté mais n'amenaient jamais à plus que quelque organisation importante. Tennessee était trempée jusqu'aux os et elle frissonnait rien qu'à la regarder trembler sous ses vêtements détrempés et glacés. Une part d'elle se satisfaisait de l'image mais elle étouffait sous l'instinct qui lui soufflait de lui offrir de quoi se sécher et se réchauffer immédiatement. Les éclairs que lançait son regard devaient être invisibles dans le noir du dortoir mais son esprit était perdu entre deux opposés ravivés par la somnolence. « Vraiment », confirma-t-elle d'un ton sec en accordant quelques flatteries à un Antarès confortablement installé sur son lit.

Mais la détrempée Tennessee n'en avait pas perdu en détermination et elle rappela très justement à la patrouilleuse que leurs maisons n'étaient pas si individuelles qu'elle l'aurait souhaité. Murphy admirait le dévouement qui était encore le sien malgré tout ce qui s'était passé; mais elle l'admirait autant qu'elle l'exécrait, parce qu'il la rappelait à sa propre incapacité à ignorer l'état des faits. « C'est gentil mais si ma demi-maison veut être une piscine, laisse ma demi-maison être une piscine » répliqua-t-elle froidement et peu encline à admettre ne serait-ce qu'une fraction de sa reconnaissance.

Quant à la piscine qui se formait doucement aux pieds de Tennessee, elles ne pouvaient en réalité pas y faire grand chose -et de toute façon, Murphy ne voulait pas y faire grand chose. Beaucoup de leurs voisins de chambrée ne se donneraient pas cette peine non plus. Tout le monde amenait une part de l'extérieur ici, qu'il s'agisse de terre sèche enfoncée dans les crampons des bottes ou de boue glissante qui dégouline des pantalons. L'idée même de trouver des draps pour Tennessee à cette heure-ci paraissait déjà insurmontable, alors mettre la main sur de quoi éponger tout ça ? C'était inconcevable. Et ce qui paraissait encore plus inconcevable à Murphy, c'était la leçon de morale que lui faisait Tennessee. La militaire se raidit brusquement et leva vers la brune un regard noir. « Oh alors pour commenter ma façon de m'occuper de mon chien tu sais dire les choses ! » Sa voix s'était élevée un peu trop au goût d'un Odysséen qui râla à l'autre bout du dortoir. Que Tennessee puisse avoir raison lui effleura à peine l'esprit. C'était de l'eau de pluie, tergiversait-elle à présent, peut-être un peu salie par la boue accrochée à ses chaussures, mais majoritairement de l'eau de pluie qui avait dégouliné de ses vêtements et de son maudit drap. Les bottes, elles, avaient eu tout loisir de laisser leurs saletés à l'étage du dessous et dans l'escalier. Il lui parvint comme évidence qu'Antarès allait de nouveau fréquenter Tennessee beaucoup plus régulièrement, maintenant que le rapatriement dans le dortoir commun était devenu inévitable, et son sang se glaça à la simple idée de le retrouver lové au creux des bras de la mécanicienne un matin. Ce serait trop pour elle. Elle n'avait pas le droit à tout; elle n'avait pas le droit de garder les secrets et les amis qu'elle choisissait dignes d'elle, et elle n'avait pas le droit à l'affection du seul ami fidèle qui lui restait. « Non, c'est bon, garde-la » répondit-elle sèchement, prête déjà à retrouver ses draps et la quiétude de ses pensées hantées. Les fantômes de l'esprit étaient peut-être plus aliénants que ceux de la réalité mais à cet instant précis, ils lui manquaient presque. Mais, puisqu'elle était meilleure que tout le monde et surtout que Murphy, Tennessee proposa de réparer la brèche qui s'était formée dans la protection apposée par les Odysséens sur une ancienne fenêtre. Et elle insistait face au refus. « Fais ce que tu veux, si ça t'amuse. » Elle haussa les épaules en feignant l'indifférence alors que son sang bouillonnait. Le calme et la patience de Tennessee éveillaient la nervosité et la fureur de Murphy.

Quelques secondes ou minutes de demi-sommeil, affalée en travers de son lit, lui offrirent un nouvel apaisement. Elle pouvait sentir la chaleur d'Antarès et son poids qui enfonçait le matelas près de son visage. Ce serait ironique qu'elle s'endorme dans une position et une situation aussi approximatives, pensa-t-elle alors que sa conscience commençait à la quitter. C'est la main froide de la revenante qui la rappela à la réalité et au sol de ce monde.  Pourtant et malgré tout ce qu'elle pourrait penser au sujet de celle qu'elle avait crue être son amie, il y aurait toujours une part de bienveillance en elle pour Tennessee. Peut-être que c'était aussi parce qu'elle transposait sa propre installation en ces lieux dans celle de la mécanicienne; elle compatissait d'avance pour son retour aux dortoirs communs et sa redécouverte des ronflements et autres joyeusetés qui lui avait été épargnées depuis qu'elles avaient choisi de partager et retaper ensemble cette maison. Elle ne refusa donc pas son aide à Tennessee, qui, elle pouvait le voir et le sentir comme si elle était à sa place, était à deux doigts de geler en statue de glace et en plein dortoir. Elle s'accroupit donc sous son lit pour en sortir l'un de ses biens les plus précieux. « Merci, toi aussi t'as une sale gueule » répliqua-t-elle, indifférente, se demandant quelle pouvait être cette tradition nouvelle qui consistait à commenter sa mauvaise mine. « A en tomber à la renverse, d'ailleurs » ironisa-t-elle en enfilant le pull de laine qui lui avait offert et non sans faire référence à l'instant où elle avait posé son regard sur Tennessee un peu plus tôt. « Addie est peut-être de garde, je viens avec toi. » Ce n'était pas un appel à la discussion. Si Addie n'était pas là, peut-être que Nadja le serait. Elles pourraient leur prêter des couvertures, au moins pour la nuit, le temps de trouver à qui s'adresser pour en récupérer. « Sinon si t'en as chez toi tu pourras passer les récupérer demain et les faire sécher. » Respectant son apparente pudeur, le regard de Murphy évita la silhouette de Tennessee qui s'isolait, pour ôter son haut trempé et enfiler le vieux pull que la militaire traînait depuis leur premier hiver ici. « On me l'a donnée », se contenta-t-elle de répondre avant de se sentir obligée d'ajouter, pour être sûre que la séparation ne serait pas trop longue : « mais elle s'appelle reviens. » Lorsque ses yeux retrouvèrent Tennessee, celle-ci jeta son vêtement ruisselant au sol, en compagnie du drap. Murphy n'attendit guère plus longtemps et quitta la proximité de son lit pour s'enfoncer à travers le bordel des lits organisés par affinités entre leurs propriétaires. L'interrogation la fit s'arrêter subitement quelques mètres plus loin et froncer les sourcils. Elle manqua de rire et ce n'est qu'en se retournant et en constatant le sérieux de la cérébrale qu'elle ravala sa moquerie. « Bah heu... sauf si t'as escaladé par l'extérieur, t'es passée devant en montant... » Son murmure tentait de porter au-delà des quelques mètres. Au lieu de rire, son front se fendait de rides d'inquiétude et ses sourcils se fronçaient dans l'obscurité. Qu'est-ce qui était en train de se passer ? Tennessee avait-elle perdu la raison ? Ou bien peut-être était-ce elle qui s'était finalement endormie et qui s'était laissée rattraper par de drôles de rêves ? Tennessee serait bien capable de la suivre jusque dans son inconscient... Tant que Faust restait loin d'ici, ça lui allait. « Je te préviens, moi pour prouver aux gens qu'ils sont pas en train de rêver ou d'halluciner, je pince pas, je fous des baffes » menaça-t-elle en espérant provoquer un électrochoc chez sa compagne de nuit. Ses bottes foulèrent le sol dans le sens inverse et dans un glissement feutré ponctué de quelques bruits aqueux. Elle attrapa brusquement Tennessee par l'épaule et la tira vers le centre du dortoir puis l'escalier de béton. Ce n'est que lorsqu'elle descendit les premières marches, Tennessee sur les talons, que Murphy se permit de reprendre la parole. « Alors, tu crois toujours que je suis un fantôme ? Parce que c'est toi qui en a l'allure... » Elle dévalait l'escalier à la hâte pour s'éloigner des ronfleurs râleurs. Elles les trouveraient, leurs draps; peut-être même de quoi servir de serviettes à la détrempée livide. « Éclaire-moi par ici, jvois pas trop... »

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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Dim 24 Déc - 13:52

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween

Dans sa relation avec Murphy, la bouclée y incluait sans hésiter Antarès, Néanmoins elle les dissociait, les voyant comme un duo avec leur propre désir. Et si elle comprenait, mais regrettait infiniment la décision de Murphy, de lui interdire de fréquenter son jeune chien préféré, tout en l'empêchant de lui rendre visite par tous les moyens, elle considérait aussi le droit à la parole de Major. Car dans ce cas de figure particulier Tennessee ne se rappelait pas qu'on lui eut demandé son avis - Comme si il eut été dans la capacité de répondre -, Non on lui avait - La Garde furieuse - arraché rageusement des mains, - elle en gardait ce souvenir - sans autre forme de procès. Alors qu'il ne demandait qu'à jouer, et que la Mécanicienne lui accordait de son temps plutôt que de céder à toutes ses querelles intestines de la rébellion. La Bouclée n'ignorait aucunement que ça exaspérait sa brune voisine, qu'elle persista à créer des petites failles, juste assez grandes pour que le canidé les empreinta en mode voleur. Mais allouées d’un manque flagrant de discrétion pour que la maîtresse du bel Antarès ne finisse pas par les découvrir rapidement. Au pire quand toute voie se retrouvait barrée dans leur futur maison, l'animal profitait d'une promenade externe pour venir faire des câlins prêt de la mécanicienne qui s'empressait de le gâter deux fois plus. Puisque l'un comme l'autre savaient que ces visites, devenues expéditives se raréfiaient vu l'intolérance de Murphy sur ce point. Tennessee, elle ne désirait pas contrarier son - ancienne - amie, mais elle se trouvait dans l'incapacité de repousser le beau blanc aux mimiques adorables, car tout simplement elle l'intégrait dans son petit cercle intime. Et une fois pénétré à l'intérieur, la porte se refermait à jamais, il n'existait pas d'issue de secours.

Après cette déflagration que fut la réunion du Bunker, la mécanicienne revint dans sa maison pour y travailler comme si de rien n'était, espérant se voir rejoindre par la garde. Mais non. Peu à peu cette dernière boucha toutes les issues aussi bien physiques que "métaphysiques" pour finir tout simplement par abandonner Tennessee dans un cul de sac – Dead end street -. Tout autre eut pu lui en tenir rigueur un petit chouia pour simplement refuser de prêter une écoute un peu attentive à ses explications, que clairement l'intéressée eut souhaité recevoir bien auparavant. Mais surtout, en poussant la réflexion un peu plus profondément la mécanicienne ne retombait sur aucune conversation véritablement intime échangée entre elles-deux ! Et à bien y songer, il ne s'agissait pas d'une activité à laquelle elle se livrait fréquemment, pour ne pas dire jamais. Il exista bien pourtant en des temps reculés une alchimie entre elle et un certain Zachariah, coiffeur qui parvenait à modérer ses ardeurs. Mais depuis l'atterrissage sur terre il paraissait s'être égaré quelque part entre les restes de L'Odyssée et les ruines investies pour créer leur nouveau petit village. S'endormit-il en chemin? Bien qu'elle le rechercha régulièrement elle ne parvenait pas à mettre la main dessus, ce petit malin venait probablement de trouver le moyen d'échapper à tout devoir pour se la couler douce. Dans ses tripes elle vibrait de l'absence de cet ami invisible, bien qu'elle l'accepta tout autant, après tout on ne pouvait pas remettre la responsabilité de cette situation sur un autre. Et bien qu'elle fut très proche pendant longtemps de Devos, il se montrait beaucoup plus hermétique que le barbier, de fait ils n'évoquaient jamais rien de leur pensées ou vie personnelles. La conclusion se déroulait donc comme un tapis rouge devant elle ... S'ouvrir à Murphy.

Toutes ces bonnes résolutions paraissaient donc compromises suite au déménagement de sa voisine vers les dortoirs, alors que la mécanicienne cherchait encore une manière de l'aborder. Sans doute fallait-il se faire une raison et attendre les effets magiques du printemps avant de se risquer à nouveau sur ce terrain glissant. Cependant cette rencontre nocturne annonçait une possibilité d'amorce aussitôt renvoyée à la figure de la bouclée qui pour autant n'en portait jamais rigueur à la garde. Comment eut-elle réagit dans le cas inverse ? Tennessee ne possédait pas une réelle capacité à l'imaginer même si elle le tentait. Tout d'abord parce que la plupart du temps quand les gens intriguaient dans son dos elle ne se gênait pas pour leur dire leur quatre vérités avant de continuer, tout en les avertissant de ne pas recommencer. Certes elle ne leur accordait plus sa confiance - comme si ça avait pu être le cas -, mais elle ne fermait pas complètement les volets non plus. Puisque le travail, la cohésion comptait plus que tout ou que quiconque, et que généralement elle considérait peu ceux qui l'entouraient. Sans pour autant les mépriser. Quand à déplacer cette idée à un niveau supérieur appelé amitié ça se révélait pratiquement impossible. Ni Zachariah, ni Devos - Les oiseaux sifflent ( petit déni ? ) - ne se comportèrent jamais comme de potentiels traîtres. Bon il existait bien ce truc avec Tristam qui s'efforça de la tuer mais dans ce cas on devait reporter ces actes sur le compte de la folie. Insister, donner de l'espace, renoncer, la bouclée demeurait légèrement indécise quant à la marche à suivre car elle refusait de blesser davantage Murphy,  un peu comme une équilibriste sur un fil étendu dans le vide entre deux pics montagneux ou le vent jouait avec tous vos mouvements.

La mécanicienne ne discernait pas l'intérêt de s'envoler dans des diatribes à propos des demi-maisons qui choisissent de devenir des demi-piscines, rien de constructif. Aussi jugea-t-elle préférable ne pas suivre cette ligne sinueuse qui les dirigerait droit vers un mur, celui la même, mitoyen qui les séparait dans la réalité. Pas plus qu'à sa remarque ironisante à propos de l'éducation d'Antarès qui ressemblait à de la provocation pure et dure. Car oui la bouclée lisait mal entre les lignes mais elle s'y appliquait néanmoins, et surtout avec les êtres qui la touchaient. Ayant déjà commis pas mal d'impairs avec Murphy, elle en déduisait qu'analyser la plupart de ses paroles l'aiderait à ne pas prendre tout au pied de la lettre, bien que  l'expression *Chassez le naturel, il revient au galop* s'avérait particulièrement vrai dans son cas. « Merci » lui murmura-t-elle d'une tonalité douce accompagnée d'un sourire que la garde manquerait dans cette obscurité à laquelle elle s'habituait peu à peu grâce à l'aide bienvenue de son lumignon improvisé. Puis elle s'efforça de garder un moral d'acier en songeant aux réparations que nécessiterait cette fenêtre plutôt qu'aux combats futurs pour regagner le respect, l'estime et l'amitié de la brune qu'elle berçait à jamais dans son cœur. Essayer de s'endormir, puis de trouver le sommeil dans un tel état de congélation s'arbora une véritable guerre au cours de laquelle elle dû reconnaître sa défaite, pour ensuite retourner vers la garde afin de lui demander son aide. Tennessee eut voulu épargner ce nouvel affrontement à Murphy autant qu'à sa propre personne mais mourir frigorifier même par amour d'une autre personne ne lui apparaissait pas comme une but très louable puisque ça ne sauvait personne à part la condamner elle.

Peut-être qu'elle réussirait à capturer furtivement son reflet dans un miroir égaré pour vérifier si son visage donnait envie de tout simplement tomber à la renverse sur le sol songeait Tennessee, alors qu'elle écoutait la garde qui pensait connaître ou Addy rangeait les couvertures. Et visiblement se proposait à physiquement l'y conduire alors que la bouclée se serait contentée de l'indication du chemin « Je te ramène sans faute *reviens* après l'avoir nettoyé parce que je suis pleine de boue  » Faute d'avoir vainement invoqué le sommeil dans sa vieille maison délabrée au plancher pourri, et désormais marécageux, juste avant de sauter à pied joint dans la tourmente. Elle ne le partagea pas sur le moment avec Murphy, mais la mécanicienne doutait fortement de la possibilité de récupérer quoi que ce soit de viable dans le bourbier de leur futur chez elles « Oh vraiment ? » Une ses mains s'agrippa imaginairement à l'épaule de la brune à ses côtés, suspendant son vol avant de l'effleurer. Non pas qu'elle fut craintive Tennessee, mais la froidure ralentissait légèrement l'activité habituelle de son cerveau la rendant plus sujette à une certaine crédulité. Ses prunelles fouillaient avec avidité chaque coin sombre incapable d'imputer cette blague de mauvais goût à sa camarade. Alors que celle-ci la menaçait de lui flanquer quelques baffes, Murphy la saisit au moment même où elle dirigeait ses mains fines pour protéger ses joues des éventuelles gifles à venir. L'entraînant à sa suite dans ce que Tennessee décrirait comme une allure folle, parvenant à peine à poser un pied devant l'autre. Heureusement toute cette précipitation n'avait pas eut le malheur de lui faire lâcher sa lanterne par mégarde. Mais comme elle volait un peu dans tous les sens cela provoquait des ombres assez fantomatiques pour appuyer les dires de Murphy.

Les voilà dans les escaliers, accueillies par un courant d'air cruel qui s'infiltrait dans le moindre interstice, se plaquant contre la peau douce des demoiselles, bien que souvent mise à rude épreuve,  pour en faire redresser les poils. Si bien qu'il devenait difficile de deviner si ce résultat était dû à des peur diffuses ou à la température qui baissait vertigineusement. Trébuchant sur une marche, le nez de Tennessee rafla durement le mur la replaçant en face d'une réalité légèrement confuse  « Non finalement tu n'es pas un fantôme mais ça ne t'empêcherait en rien de vouloir te venger ... » Allusion à ce fameux secret qui anéanti en un rien de temps un mouvement qui pétaradait désormais comme une vieille mobylette au bord de la panne. Cependant la garde pressée, sans aucun doute de retourner dans son lit pour y rejoindre enfin un sommeil réparateur lui demandait de relever sa lumière. Sans protester la Bouclée s'exécuta alors mais au-dessus de la tête de la garde se baladait une ombre chimérique  fantomatique aux multiples jambes/pattes, qui menaçait de l'agresser dans les minutes à suivre  « La au-dessus attention  » Indiqua d'un geste vif la mécanicienne en haussant le ton alors qu'elle faisait tournoyer son lampions dans les hauteurs. Malheureusement l'intruse en profita pour descendre rapidement le long d'un fil en soie plutôt que de se carapater face à ses féroces ennemies. Et Tennessee la voyant déjà atterrir sur le visage de son amie se jeta presque sur elle pour la faire débouler plus rapidement les escaliers tant il lui semblait que cette araignée atteignait des proportions monstrueuses - Grâce à son ombre la vicieuse -, pour finir par se retrouver projeter dans son élan contre le mur qui se heurta plus que rudement à elles. N'hésitant pas à les faire rebondir un peu pour la peine de le déranger à une heure si tardive !

Malheureusement la lampiote en percutant la dureté du béton éclata en plusieurs morceaux, les découvrant aussitôt Orphelines de lumière. Mais des ouvertures donnant sur l'extérieur laissaient parvenir un peu de clarté, de sorte qu'elles ne se voyaient pas complément livrées au côté obscur de la nuitée. Même il semblait - Ceci se percevrait quand leur esprit s'apaiserait après une telle dégringolade - que le temps s'apaisait ou s'éclaircissait, que désormais on distinguait les étoiles pointées dans la voûte céleste. Tennessee recula au plus vite pour libérer, et surtout ne pas étouffer Murphy, constatant aussi la perte désolante de leur veilleuse  « Cette araignée elle était si grosse j'ai cru qu'elle allait te manger le visage ... tu vas bien dis ? Elle ne t’a pas mordue ?  » Anxieuse elle se remémorait Tennessee la piqûre d'abeille ayant condamné la vie de Sadik, et son inquiétude se décuplait à la vitesse lumière pour la Garde. L'état frigorifiée de la jeune fille, s'améliorant à peine parmi les bouffées glacées enveloppantes qui les grignotaient, plongeait dans le monde du sommeil l'esprit logique et pourtant si affûte de la mécanicienne. L'éventualité d'assister à la fin d'une Murphy allergique, expirant dans ses bras la poussa à chercher furtivement sur le visage de celle-ci  les traces d'une imaginaire attaque tout en soulignant  « Tu le sais hein Murphy que je ne ferais jamais rien volontairement pour te faire du mal ? »


Joyeux Noël :
 

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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33854 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Jeu 28 Déc - 2:03

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❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


Peut-être qu'elle dormait encore à moitié, en fait. Peut-être qu'elle était coincée dans un état de semi-conscience qui la poussait à adresser la parole à une Tennessee que son inconscient considérait évitée depuis trop longtemps. Peut-être que pendant tout ce temps, il n'aurait suffi que de ça : d'un moment de faiblesse, d'une heure tardive, d'un manque de sommeil qui éveillait les voix les plus discrètes et les plus timides cachées dans les tréfonds de l'esprit. Peu importait. Elles auraient probablement tout oublié à leur réveil, si ça avait été réel. Murphy n'était pas en capacité d'ignorer l'état dans lequel lui apparaissait son ancienne amie, et cette nuit-là, au cœur de leur dortoir commun, c'était tout ce qui semblait compter. Le reste n'était pas oublié; on n'oubliait pas les déceptions ou ce que les plus dramatiques appelaient parfois les trahisons. On n'oubliait pas aussi facilement la sensation de vide qui se saisissait du ventre lorsque l'on comprenait tout ce qu'on avait pas compris avant, tout ce qui nous avait été caché, volontairement ou non, tout ce qui remettait en cause nos plus fermes convictions. Tennessee, depuis qu'elles avaient perdu Faust et partagé malgré elles le deuil d'une femme qui avait tout représenté pour elles, avait été l'une de ces convictions. Avec un seul mensonge et un aveu maladroit, la conviction s'était transformée en doute, et le doute avait toujours été l'un des dangers les plus corrosifs chez Murphy. Il appelait à toutes les éventualités, mais de ces éventualités, elle retenait toujours les pires, se convainquait malgré elle de leur véracité et s'installait dans le confort cruel d'idées noires qui se répondaient à l'infini. Il fallait beaucoup d'énergie pour la tirer d'un tel équilibre. Apporter des explications et les ancrer dans son esprit avec l'espoir qu'elle comprenne et pardonne, c'était comme arracher un corps à l'appel céleste et inexorable d'un de ces trous noirs qui ponctuaient le vide d'un aspirateur de tout. Comme dans un de ces trous noirs, là où elle était, Murphy ne voyait plus vraiment de lumière. Elle était aspirée par l'énergie de l'entêtement du désespoir et de la résignation. Ce n'était pas un bel endroit, ce vide tissé dans l'obscurité, mais c'était confortable. Quand on y acceptait sa place, alors rien de pire ne pouvait s'abattre sur vous. Rien ne pouvait plus vous achever. Ça faisait d'elle une femme à laquelle on aurait tout aussi bien pu voler l'âme. Peu lui importait. Parcourir la vie et le monde avec une âme ou un cœur, c'était les laisser à découvert, les sacrifier au premier crétin à qui on faisait un peu trop confiance. On ne fonctionnait jamais vraiment bien, avec ces choses-là. C'était une responsabilité dont elle ne voulait plus vraiment. Ses passions étaient laissées sans voix car on n'y répondait pas. On ignorait ses opinions, on ignorait ses désirs. On ignorait sa propre voix comme on ignore et laisse parler une folle laissée à l'écart de la société. Elle était devenue au regard de ceux qui avaient été ses amis une furie incontrôlable, une écervelée à éviter. Ça lui avait fait mal, pendant un temps. Et puis l'habitude avait lissé le regret et la douleur, rendu fades et irrattrapables ces restes de relations laissés à l'abandon.

Si elle adressait la parole à Tennessee, c'était parce que, pour une raison qui lui était inconnue, la noirceur de la nuit l'y encourageait. Elle n'espérait rien de cet échange. Elle voulait juste éviter à la bouclée de se choper une saloperie après avoir couru sous la pluie jusqu'ici. C'était là ses réflexes protecteurs habituels, n'est-ce pas ? Ceux de la militaire qui défendrait les siens jusqu'à la mort, ceux de la rebelle qui souhaitait pour eux l'avenir le plus radieux possible.

Mais elle lui rendait la tâche difficile, Tennessee, à la provoque de cette façon, à critiquer les soins et l'attention qu'elle portait à Antarès. Son bon sens aurait pu atténuer la contrariété, parce qu'elle le savait, en fait, que Tennessee ne penserait jamais à mal en tenant ce genre de propos. Mais elle se contrariait et s'offusquait des mots comme s'ils venaient de n'importe qui d'autre. Ça n'avait plus d'importance depuis quatre mois, maintenant, qu'elle ait pu connaître Tennessee ou non. Ça appartenait au passé, tout ça. Ce qu'elle entendait, Murphy, c'était qu'elle n'était pas assez bien pour Antarès, que même lui ferait mieux de lui tourner le dos pour la laisser dans son coin. Ce qu'elle entendait, c'était qu'elle était une aussi piètre maîtresse pour son chien que mauvaise amie pour ceux qu'elle avait pu considérer comme tel. Elle faisait bien de garder le silence, la mécanicienne, car lorsqu'elle était heurtée, Murphy devait être désamorcée. Tennessee l'avait compris, elle; elle avait au moins ce mérite, contrairement à Chris qui n'avait de cesse de surenchérir à chaque fois pour défendre l'indéfendable. Le remerciement que l'intellectuelle lui souffla raisonna un instant dans le silence des dortoirs et ne trouva pas de réponse. Épuisée par le manque de sommeil et l'exercice auquel elle s'adonnait depuis qu'elle avait fait face à Tennessee dans la pénombre, Murphy n'attendait plus que son lit, de clore à nouveau les paupières, de se laisser porter par une paisibilité aussi feinte que nécessaire.

Et bientôt, son souhait était exaucé. Affalée en travers de son vieux lit, elle se sentait partir au doux pays du sommeil -suffisamment, en tout cas, pour que réaliser ce fait ne la réveille pas. C'est la main gelée de la bouclée qui la réveilla. Elle comprit aussitôt que sa mission ne s'arrêtait pas là; elle ne prendrait fin que lorsqu'une Tennessee à peu près séchée trouverait elle aussi place dans des draps réconfortants. Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, à son ancienne amie, de chercher le soutien de la seule personne éveillée en ce lieux -car malgré les quelques éclats de voix dont elles étaient responsables, elles étaient probablement bel et bien les seules âmes éveillées qui furetaient encore en ces lieux. Leur prochaine tâche, en tout cas, c'était de trouver des draps -et peut-être même quelques serviettes. Et pour ça, l'infirmerie s'imposait comme un premier choix, notamment parce qu'elle y traînait suffisamment régulièrement avec Adelaide et sa jeune filleule pour en connaître quelques secrets et recoins égarés. Avec un peu de chance, elles n'auraient même pas à emprunter de matériel dans le dos du personnel médical et l'une de ses amies médecins, Addie ou Nadja, se porterait garantes pour elles le temps qu'elles ramènent le kit du parfait dormeur.

Sa couverture venait de trouver un patronyme, et il n'avait rien pour déplaire à la jeune femme. Elle comptait bien la récupérer dès que Tennessee n'en aurait plus l'utilité. « Vraiment. » Si ce n'était pas évident, Murphy ne comptait pas s'étaler sur le sujet de ses rencontres avec des Terriens. Ça lui causait déjà suffisamment d'ennuis et d'inquiétudes pour qu'elle en rajoute en confiant ses aventures à une amie qui n'en était plus vraiment une. Mila en savait déjà bien suffisamment pour tout le reste de ceux qui ne savaient rien. Mais la patrouilleuse fixait Tennessee d'un drôle d'air, perdue dans ses interrogations étranges, se demandant quelques instants si elle n'était pas en train de se payer sa tête. Dans le doute, elle lui offrit l'une des réponses les plus crues qui lui vinrent à l'esprit, mais non sans préciser, juste au cas où, la localisation de l'infirmerie. Peut-ête que les pluies diluviennes avaient libéré un poison contenu dans un végétal quelconque qui avait tapissé quelques endroits de leur maison sans qu'elles ne s'en rendent compte jusqu'à présent. Murphy avait bien rêvé de sa mère dans des circonstances similaires, plus d'un an auparavant et grâce à quelques effluves libérées par un pauvre champignon, et ça ne lui paraissait pas déraisonnable d'imaginer Tennessee en proie aux mêmes démons chimiques. Mais il était hors de question pour elle de se plier à des interrogatoires quelconques. Ce qui pouvait se passer dans la tête de Tennessee ne la concernait plus. Elle l'agrippa donc sans s'aventurer davantage sur ce terrain étrange et prit la direction de l'escalier, traversant d'un pas pressé et nerveux le dortoir assoupi.

Ce n'est qu'une fois qu'elles furent glissées dans la cage d'escalier que Murphy s'autorisa d'une part à la lâcher, et d'autre part à laisser sa voix remplacer les seuls chuchotements auxquels elle s'était limitée plus tôt à proximité des dormeurs. C'était Tennessee qui tenait la seule source de lumière, et, puisque c'était elle qui ouvrait la marche, la garde se contentait des raies de lumière qui gigotaient sur les murs et autour de l'ombre que sa silhouette découpait au centre du halo vibrant. En remarquant la lueur s'agiter, elle se retourna subitement, surprise, sur une Tennessee maladroite qui s'était rattrapée à un mur de béton. « C'est très vrai. » Indifférente à l'incident, elle reprit sa descente prudente des marches glissantes. Murphy n'était pas un fantôme, mais une part d'elle souhaitait se venger de ce mensonge qui leur avait coûté leur amitié, et lui avait coûté à elle un peu trop de sa fierté. De l'eau avait coulé sous les ponts, diraient les plus sages, mais cette part de son être resterait meurtrie pendant un long moment encore, même dans le meilleur des scénarios possibles. Ce serait elle qui la pousserait à une revanche s'il devait y en avoir une. Mais maintenant, après tout ce temps, c'était la résignation qui dominait. Elle n'avait plus la force de combattre, pas plus celle de se venger. Elle voulait justement apprendre à vivre sans Tennessee et sans la rébellion, comme elle voulait juste apprendre à vivre sans la moindre perspective d'avenir ou d'une échappée belle au cœur des montagnes. Encore une fois, il lui fallait tout réapprendre, lui semblait-il, et pour ça elle ne pouvait pas s'embarrasser d'anciennes querelles. Celles-là, elle devait les laisser sur le bord de la route, et si elle prétendait suffisamment longtemps qu'elles n'avaient pas existé ou n'existaient plus, peut-être qu'elles disparaîtraient. C'était ce qu'elle pouvait espérer de mieux.

Elle demanda finalement à sa compère de l'éclairer plus convenablement, histoire d'éviter un second accident. La pierre au sol lui apparaissait plus clairement et elle accorda un « merci » sincère à celle qui éclairait la voie. Mais le soulagement fut de courte durée. Subitement, la lumière se mit à nouveau à vaciller au-dessus d'elle et sur le mur auquel elles faisaient face et qui indiquait le prochain virage à prendre, presque en bas des escaliers. C'était exigu, ici, et c'était la première fois qu'elle le relevait alors qu'elles n'étaient que deux à fouler les marches. La panique de Tennessee la contamina mais avant qu'elle n'ait eu le temps de comprendre ce dont il pouvait s'agir, elle se retrouva propulsée dans les marches et poussée jusqu'au mur contre lequel elle s'écrasa lamentablement. Un râle de douleur indiqua à la mécanicienne que sa victime était toujours de ce monde. En rouvrant les yeux, Murphy ne put que constater qu'elles n'avaient plus que quelques marches à descendre pour arriver en bas. Tennessee et elle étaient écrasées dans l'angle droit formé par l'escalier. Paniquée, elle chercha du regard ce qui aurait pu provoquer une telle angoisse chez son amie et tenta maladroitement de se redresser contre le béton du mur, le menton enfoncé dans le thorax. La lumière avait disparu, cette fois, et les avait laissées dans une obscurité qui n'avait rien du total auquel elles auraient pu s'attendre. Après quelques instants de flottement déjà, de faibles lueurs parvenaient à nourrir leurs rétines qui s'habituaient progressivement à leur délicatesse. Dans cette obscure clarté, elle pouvait deviner que Tennessee s'était arrachée au sol et à elle. « Quoi ? C'était juste une araignée ? » La question était la question d'une interloquée. Elle se redressa tant bien que mal, une main posée su creux de ses reins et l'autre s'agrippant désespérément à son crâne. Il ne fallait pas qu'Adelaide ou Nadja ait vent de cette chute, pas après les milles précautions qu'elles avaient déjà à son égard depuis ce que la première avait diagnostiqué un an auparavant comme un traumatisme crânien. Soudainement, elle croisa les doigts pour qu'aucune d'elle ne fut de garde ce soir-là. « Mordue ? » Sa voix était devenue faible, encore sous le choc de la chute. Elle cherchait à se rassurer elle, maintenant, quant à l'état de sa boite crânienne. Elle ne voulait pas tomber inconsciente comme elle l'avait fait avec Isdès. Une fois lui avait suffi. Elle se rassura en se répétant en boucle que les chutes étaient incomparables, et dans la pénombre ses prunelles cherchèrent celles de Tennessee. Elle ne comprenait pas vraiment tout ce qu'elle lui racontait si vite, la paniquée. « Quoi ? » Perdue, elle se demandait d'où sortait la question de Tennessee, et, appuyée contre le mur et alors que sa raison lui revenait doucement, elle fronça les sourcils. « J'espère bien que tu m'as pas poussée volontairement. Tu sais que j'ai encore des visites médicales tous les mois pour mon accident de l'année dernière. » Réajustant son pull, un peu étourdie, elle descendit les trois dernières marches qui la menèrent pour de bon au rez-de-chaussée. L'idée d'avoir une araignée dans les cheveux ou quelque part sur ou sous la laine lui paraissait bien trop lointaine pour qu'elle lui accorde une quelconque attention. Un peu plus loin à leur droite, la porte d'entrée. Elle l'observa alternativement avec l'infirmerie face à elle mais se rua dans cette dernière sans demander son reste, sans attendre la mécanicienne non plus. Elle ouvrit un placard sur la droite pour en sortir à la hâte des draps et pesta un peu plus longtemps pour trouver une serviette qu'elle arracha à son rangement. Après un bref coup d'oeil au calme de l'infirmerie, s'assurant que personne ne l'avait vue, elle conclut que le médecin de garde devait être occupé derrière des rideaux, au chevet d'un patient, ou qu'il avait trouvé une fenêtre de temps pour s'assoupir, le chanceux. Au moins, sa chute resterait entre Tennessee et elle. Avec la rapidité d'un courant d'air, elle quitta la limite de l'infirmerie et retrouva Tennessee, à qui elle confia le linge sans ménagement, le lui collant entre les bras. « Donne-moi juste deux secondes, j'ai besoin de... » Elle ne termina pas sa phrase, se ruant d'un pas pressé vers la porte pour l'ouvrir en trombe et profiter de l'air frais. La pluie avait cessé. Le vent soufflait presque sereinement comparé à plus tôt dans la nuit. Tennessee devait être gelée mais maintenant, elle avait au moins de quoi s'essuyer les cheveux. Elle avait la tête qui tournait un peu, Murphy, et elle s'assit sur un vieux bloc de béton dehors, à côté de l'entrée du bâtiment. Dans un soupir, elle s'adossa au mur gelé et ses prunelles trouvèrent les étoiles, ses fidèles amies, avant que ses sourcils ne se froncent. « C'est quoi ce bordel ? Tu t'étais pas pris la pluie, toi ? Tu t'es quand même pas jetée dans la rivière juste pour avoir un prétexte pour m'emmerder la nuit ? » Ce n'était pas un reproche; tout au plus, une taquinerie déguisée. Ses paupières se fermèrent une seconde et elle soupira à nouveau. « Tu t'es pas fait mal, dans les escaliers, au moins ? »

bonnes fêtes à toi aussi, feat. THE team:
 

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14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3637 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 10
ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ


Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Dim 7 Jan - 17:02

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween

Lors de son adolescence, le père de la mécanicienne lui répétait souvent que *L'enfer était fait de bonne intentions*. Car face aux mécontentements qu'elle déclenchait chez les autres, Tennessee répondait invariablement qu'elle agissait de la sorte pour améliorer les choses. Pour le bien de tous selon elle. Souvent traitée d'égoïste elle apprenait à détourner ce jugement à son propos en endossant la doctrine *Si ça améliore ma vie alors cet effet s'étend sur les autres*. Ce qui ne se révélait pas forcément vrai, mais l'aidait à ne pas se diriger vers des choix s'avérant trop dramatiques. Elle ne parvenait pas toujours à décortiquer entièrement les reproches qu'on lui adressait. Surtout si ça se rapportait à l’ego de l'autre, qui d'après elle empiétait partout comme de la colle au bout des doigts dont on ne réussissait pas à se débarrasser. Malheureusement ça ne suffisait pas pour lui éviter la foudre de la plupart des Odysséens qui la côtoyaient. Et avec lesquels elle ne tissait aucun lien invisible mais pourtant solide. Pour elle il y avait son cercle intime et le reste. Un genre de foule anonyme qui n'accrochait pas beaucoup son regard ou son intérêt. Non parce qu'elle se pensait supérieure à eux mais bien à cause d’une incapacité à lier des liens comme la plupart des êtres humains. Elle manquait cruellement d'empathie Tennessee, vexant ainsi sans le désirer un bon nombre de personnes qui se montraient particulièrement agressives par la suite avec elle. Et à ça non plus elle ne réagissait pas, parce que ce genre de comportement la laissait complètement indifférente.

A ce désintérêt total qu'elle démontre envers les siens elle oppose paradoxalement un manque de jugement époustouflant quand on parvient à creuser sa petite place du côté de son palpitant. Quand elle vous englobe dans son monde à part la bouclée, elle vous pardonne tout. Elle ne le dit pas, ni ne le chante, ni ne l'étale. Pourquoi se justifierait-elle sur des choix qu'elle ne qualifierait pas de ce mot. Parce que Tennessee ne s'analyse pas, elle n'y perçoit qu'une perte de temps précieuse. Oui elle se retrouva obligée de consulter un psychologue pour adapter son attitude envers les autres afin de pouvoir garder son travail. Mais que de complications selon elle, parler, bavarder sur sa propre personne quel intérêt ? Avec Tennessee ça se résumait en un tout ou rien. Ça lui paraissait naturel à elle, elle ne distinguait rien qui cloche dans son attitude. Et comme elle ne tenait pas rigueur à ceux qu'elle appréciât ça ne lui chatouillait pas l'esprit une seule seconde que eux oui ... éprouvaient de temps à autre comme une fêlure face à ses dérapages. Si on pointait le doigt dans leur direction, l'Odysséenne les assimilait pour ne plus utiliser la même porte de sortie, mais jamais elle ne s'excusait. Parce qu'en réalité elle ne s'étiquetait pas comme une fautive. Et cela jusqu'à Tristam. Faust l'acceptait totalement comme elle se découvrait à elle, ça la rafraîchissait en un sens, tout comme Zachariah, mais le petit rebelle aux longs cheveux la remettait en cause. Et personne avant lui ne parvint à aboutir à ce résultat.

Elle avançait dans le noir durant cette nuit au goût de frisson, commencée dans un torrent de pluie, illuminée par une lanterne aux flammes hésitantes. En compagnie d'une Murphy découverte un an auparavant. Parce que telle une Rose parmi un rosier, que son œil survolait chaque jour, elle la distingua avec plus d'intensité. Lors de cet événement imprévu, cette disparition de leur amie blonde qu'elles cherchèrent ensemble et qui les amena à éprouver une certaine affection l'une pour l'autre. Elle ne calculait jamais ses amitiés Tennessee, ni la manière dont elle se comportait avec ceux qu'elle nommait ses proches. Pas besoin. Elle écoutait, elle se rendait disponible dès qu'on lui demandait de l'aide, jamais elle ne portait critique négative sur eux, toujours elle expliquait un point noir par la présence d’un rayon de lumière. Au fil des ans elle apprenait à éviter leur faiblesse sans les apposer en exergue. Mais Murphy ça ressemblait au bourgeon de la fleur qui s'épanouissait en elle. Tennessee la dorlotait mais sans que son regard eut incorporé toute les petites subtilités qui bâtissaient la personnalité de la maîtresse d'Antarès. Evidemment au premier obstacle elle se vautra à terre la mécanicienne. Un peu interloquée par la réaction atomique de son amie face à la protection qu'elle exerça envers Devos et son secret. Mais elle comprenait désormais sans pour autant ressentir les douleurs qui perçaient sa guide d'une nuit frigorifique et pleine de fantômes. Alors tel un réservoir sans fond elle recevait les répliques pointues, coupantes, amères de la garde comme une punition méritée, lui octroyant le droit à toutes les insultes.

Pourtant futée, à aucun moment la mécanicienne ne soupçonnerait sa camarade d'attiser intentionnellement ses craintes. Des frissons parcourant son corps, elle évita finalement de décortiquer les ombres qui se dissimulaient, agiles, au fond de la noirceur que n'atteignait pas le pauvre lumignon. Tennessee se garda aussitôt de relancer le sujet plus avant, décidant contre toute logique qu'ignorer l'ennemi le pousserait à disparaître. Quant à la provenance de *reviens* elle ne plongea pas non plus dans les profondeurs de ce mystère. Non pas qu'elle s'en désintéressa mais l'araignée géante se manifesta avant qu'elle se fasse une opinion sur les dires de la garde. Manifestant pourtant un sang-froid à toute épreuve dans des situations catastrophiques, elle se retrouva dans la peau d'une midinette effrayée par une souris qui s'enfuyait bien plus épouvantée qu'elle. S'inquiétant pour le bien-être de Murphy elle la bouscula au point de la faire débouler les escaliers en se percutant sur le mur. Achevant par la même occasion les services de la minuscule lumière qu'elle trimbalait avec elle depuis le début de cette aventure « Oui oui mais elle était monstrueuse Murphy, plus grosse que ta tête j'ai cru qu'elle te l'arracherait ou qu'elle t'injecterait un poison mortel !  » Ses mots, quasiment hystériques, résonnèrent étrangement aux oreilles de la mécanicienne, comme une inconnue qui s'exprimerait à sa place. Tandis que visiblement la garde tentait de reprendre ses esprits, perdue par les phrases empreintes de peur de la bouclée, dont les yeux s'arrondirent comme des soucoupes en en entendant l'accusation de cette dernière.

« Mais ... » Oui, Murphy lui a coupé le sifflet à Tennessee, qui n'assemblait plus aucun morceaux, se retrouvant devant un puzzle insoluble. Comment cette dernière arrivait  à échafauder dans sa caboche un acte d'une telle noirceur de la part de la mécanicienne « Quel accident ? Tu es en danger Murphy ?  » Non elle ne se moquait pas la bouclée. A aucun moment, sa camarade ne lui explicita un tel problème. Et comme elle n'écoutait que peu les conversations des autres, la possibilité que ça lui fut passé sous le nez collait le plus à cette évidente ignorance. La mécanicienne ne surveillait pas tous les gestes, allées ou venues de sa voisine. Elle ne se comportait pas de manière obsessionnelle envers les humains essentiels de son existence. Bien qu'elle leur accorde une grande attention ça ne se transformait pas espionnage. Et si elle se montrait attentive, beaucoup de petits détails - néanmoins importants - échappaient à Tennessee. Celle-ci ne s'interrogea cependant pas plus avant quand elle remarqua que son ex-amie se précipitait dans un loca. Elle enchaîna le pas derrière elle afin de ne pas la perdre, glissant sur un sol humide, elle s'appuya contre les murs pour rejoindre la garde. Qui la percuta presque quand la bouclée se trouvait sur le point de franchir la porte à son tour. La mécanicienne se vit confier un linge de manière brusque alors que la brune marmonnait quelques mots avant de s'enfuir à l'extérieur comme si le diable la poursuivait. Elle se frictionna avec énergie les cheveux tout en rejoignant Murphy dehors désireuse de s'assurer de son bien-être après ses révélations.

Une bourrasque l'accueillit lui plaquant les vêtements contre le corps, puis la repoussant légèrement avant de repartir musarder ailleurs. Levant les yeux vers le ciel, la mécanicienne pu constater qu'il s'éclaircissait rapidement. Une étrange chaleur commençait à se répandre dans tous ses membres réagissant à ce changement de température plutôt insolite  « Quel climat étrange ! » Remarqua-t-elle en prenant place à côté de la Garde. Antarès apparut d'ailleurs miraculeusement à leurs pieds avec un air angélique  « Je sais que les gens me trouvent un peu bizarre Murphy, mais je ne m'amuserais à de tels jeux. Je me serais jeté à la rivière si quelqu’un de ma connaissance se fut trouvé en danger comme toi par exemple, mais pas pour une telle tromperie » Mot qui sans le vouloir la ramenait à ce fameux mensonge pour couvrir Devos, qui en réalité ne devait être vu que comme l'omission d'une information. Capitale. Elle esquissa un geste vers le jeune chien mais s'abstint de le caresser, espérant éviter d'irriter à nouveau la brune à ses côtés  « Tu ne te sens pas bien Murphy ? Je suis désolée de t'avoir bousculée j'ai cru qu’une araignée géante t'attaquait ce qui quand j'y pense est plutôt ridicule. On les aurait rencontré avant si elles existaient ! » L'air frais remettait les idées en place à Tennessee bien qu'il n'effaça ni sa fatigue, ni son état, elle reprenait un peu de couleur alors que ses prunelles admiraient la belle lune au-dessus de leur têtes  « On a de la chance maintenant on à une lumière naturelle pour nous tenir compagnie »

Elle adorait la voûte étoilée l'Odysséenne mais ne le mentionnait jamais, ignorant par la même occasion que elle et Murphy se rejoignaient sur ce point particulier. Peu disserte Tennessee ne parlait jamais d'elle, n'y concevant aucun intérêt. Mais aujourd'hui, elle se tordait les mains, conservant la serviette sur sa chevelure dont les boucles folles s'échappaient à mesure qu'elles séchaient. Saisissant cet instant plutôt unique pour ouvrir un cœur bien dissimulé sous des montagnes de formules plus mathématiques qu'humaines  « Tu sais je m'excuse si jamais tu t'es senti trahie, parce que je ne comprends pas toujours ... Je ne sais pas prendre les bonnes décisions. Je suis ... une personne froide et maladroite. Je ne voulais pas te mentir mais ... Tu sais Murphy dans cette jungle quand je suis revenue et que qu'on a décidé de faire cette réunion je venais juste de perdre un ami, un cent que j'avais retrouvé et il voulait me tuer. Je l'avais perdu, et Faust, et Zachariah qui est aux abonnés absents, tous ces gens que je connais depuis si longtemps ... Il me restait que Devos ... Je ne voulais pas le trahir. J'aurais dû venir te voir parce que toi aussi tu as prit une grande importance dans ma vie » Comme ça de but en blanc, elle déballait tout la mécanicienne, parce que les fioritures ça la faisait fuir. Puis pour l'habileté du discours faudrait repasser. La sincérité y sonnait comme un gong. A la fois forte de sa vérité mais fragile en dehors de l'obscurité ou elle se vautrait d'habitude. Elle détestait se remettre en cause la bouclée, mais dans certains cas elle se devait de sortir sa tête hors du sable comme une autruche pour affronter percer la malaise qui s'agrandissait entre elles « Et puis non je ne me suis pas fait mal, tout au moins j'aurais quelques bleus et toi ? »


Bonne Galette des rois !:
 

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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33854 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Dim 14 Jan - 1:11

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❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


L'arrivée de Tennessee l'avait fait regretter son insomnie. Intérieurement, Murphy avait pesté de ne pas pouvoir continuer à pester toute seule et contre personne d'autre qu'elle-même, contre rien d'autre que cette putain de petite voix qui ne voulait pas se taire et la laisser trouver quelques heures d'un sommeil dont elle n'avait que trop besoin. Elle avait quitté cet état entre sommeil et éveil, entre le réel et l'irréel, et réalisait pleinement que la Tennessee qui l'avait surprise au point de provoquer sa chute était une Tennessee des plus réelles. Ce n'était pas un mauvais rêve censé lui rappeler par toutes les métaphores possibles qu'elle lui avait planté un couteau dans le dos à la première occasion. Et pourtant, malgré toute la rancoeur qu'elle avait nourrie et entretenue au fil des mois, Murphy n'avait pu se résigner à la laisser égoutter dans le dortoir comme un vulgaire vêtement oublié sous la pluie pendant qu'il séchait. Il y avait une part d'elle, encore, un peu oubliée mais toujours présente, qui souhaitait au moins la santé à Tennessee. Qui lui souhaitait de ne pas se choper la mort juste parce que le chemin entre leur maison commune et les dortoirs était trop long, surtout lorsqu'il se faisait sous les torrents déversés par un ciel contrarié. Un pull, elle le savait, ce n'était pas assez. Il lui fallait des draps, et idéalement de quoi essuyait ce trop-plein de flotte qui, elle pouvait le sentir jusque dans ses propres articulations, lui glaçait les os. Après, s'était-elle dit en attrapant le bras de Tennessee pour qu'elle la suive jusque dans les escaliers, elle pourrait retrouver la compagnie d'une insomnie à laquelle elle ne s'était que trop habituée.

Mais rien n'était destiné à se passer aussi facilement qu'elle l'aurait souhaité. La semi-obscurité des escaliers laissait présager de quelques dangers, d'une glissade malencontreuse dans la flotte que Tennessee avait laissée en remontant, ou d'une marche manquée par erreur. En demandant un peu de lumière à son ancienne amie, Murphy avait pensé écarter toutes les menaces potentielles de l'endroit. Le plus vite elles arrivaient en bas, le plus tôt elles pourraient retrouver le cours de leur vie, loin l'une de l'autre, là où elles ne se feraient ni mal ni reproches. Mais, en ce qui lui parût à la fois un millième de seconde et plusieurs minutes, tout bascula, à commencer par les deux protagonistes. Sonnée, Murphy cherchait à se rassurer avec plus de conviction encore qu'elle avait cherché à rassurer Nadja lorsque celle-ci l'avait examinée, avec sa tête cabossée. Non, ça allait. La nuque était un peu raide, les membres un peu douloureux, mais ça allait. Elle se redressa un peu gauchement, demanda quelques explications à la maladroite, qui s'empêcha de répondre à une vitesse qui défiait tout concurrence. Dans l'obscurité nouvelle, Murphy lui jeta un coup d'oeil morne. Le faible éclairage du rez-de-chaussée lui parvenait des extérieurs, et sans doute des lueurs célestes qui la rassuraient tant. Elles éclairaient et se reflétaient dans les prunelles authentiquement paniquées de Tennessee. « Et elle est où, maintenant, cette araignée monstrueuse ? » La question était molle, peu convaincue, comme si elle s'adressait à une enfant et qu'elle cherchait à la rassurer. Mais qu'on ne s'y trompe pas; Murphy ne cherchait pas à réconforter Tennessee. Elle voulait calmer ses hystéries, parce qu'elles étaient celles qui les avaient menées à un tel accident. Et puis, elle voulait peut-être aussi les calmer parce que dans les lueurs que reflétaient ses prunelles sombres se terrait un effroi qu'elle ne lui avait jamais connu.

C'est à cet instant précis que Murphy comprit que ce n'était pas des morceaux d'elle qui étaient peinés de voir Tennessee dans un tel état; c'était la Tennessee qui restait en elle, celle qui s'était insinuée sous son épiderme au fil des mois et qui ne l'avait jamais vraiment quittée. Elle lui en voulut un peu plus encore, à la mécanicienne, de ne pas être capable de la laisser seule et tranquille même quand elle hurlait en avoir besoin. Ce soir, la réunion était un hasard. Tous les autres jours, toutes les fois où elle avait croisé son regard, toutes les fois où elle avait retrouvé Antarès chez elle ou s'était retrouvée contrainte à combler des ouvertures entre leurs deux moitiés de maison, il lui avait semblé que c'était de la faute de Tennessee, qu'elle s'accrochait à elle comme un parasite dont on ne pouvait plus se défaire. Mais finalement, peut-être que le problème venait d'elle. Peut-être que c'était elle qui n'arrivait pas à la laisser partir, parce qu'elle avait tant attendu de leur relation que de tout laisser tomber maintenant lui était une idée insupportable. Et puis, la détresse qui animait maintenant Tennessee lui serrait le cœur. Elle avait des drôles d'air de démence, mais lui rappelait surtout l'inquiétude ultime, celle du danger qui guettait l'autre, qui guettait celui qui avait sa place dans un cœur déjà meurtri par les pertes. Alors, peut-être qu'elle non plus, elle n'avait pas vraiment quitté Tennessee.

Et puis, elle n'en voulait pas à Tennessee. Elle aurait aimé lui en vouloir plus encore, alimenter ce ressentiment et atteindre le trop-plein qui la pousserait à définitivement l'oublier, mais elle ne lui en voulait pas. C'était au-delà de ses forces. Même dans la rancune, Murphy pouvait au moins avoir le mérite de garder toute sa raison. La mécanicienne ne s'était pas jetée sur elle au milieu des escaliers par plaisir de finir de les dévaler sur son dos. C'était un accident, et, à en croire ses excuses paniquées, un accident causé par une appréhension sincère. Murphy, elle, ne s'inquiétait pas une seule seconde de l'araignée géante que décrivait la jeune femme. En réalité, il était même possible qu'elle doute de la présence d'une seule araignée en ces lieux et en cet instant précis. L'esprit de Tennessee semblait s'être embourbé comme le reste du terrain extérieur, sous la pluie glaciale. Elle aurait probablement dû passer quelques minutes à essayer de lui remettre les idées en place, mais c'était trop lui en demander. Sa menace, elle la gardait dans un coin de sa tête : si elle en avait besoin, elle n'hésiterait pas à lui mettre une claque. Il n'y avait rien de plus efficace pour réajuster les neurones. « Je suis tombée l'hiver dernier, c'est pour ça que je vais à l'infirmerie une fois par mois. Je croyais que je te l'avais dit... » Elle regretta presqu'aussitôt d'avoir laissé filer l'information quelques instants plus tôt. Mais maintenant, elle devait bien quelques explications à Tennessee, non ? Au moins, si elle perdait à nouveau connaissance comme ça avait été le cas avec Isdès, elle n'en serait pas surprise. Ah, c'était marrant, en y pensant... toujours perdre connaissance en compagnie de quelqu'un qu'on méprisait, quelle drôle d'idée.

Elle n'attendit pas sa réaction à ce qui semblait donc être une révélation et descendit les dernières marches pour rejoindre l'infirmerie en face. Elle savait où se trouvait ce dont elle avait besoin, et trouva même avec soulagement de quoi tenir lieu de serviette. Avec la chevelure qu'avait Tennessee, elle aurait bien besoin de ça aussi. Aucun médecin en vue; elle n'aurait pas à s'expliquer et pourrait ramener le matériel dès que possible, en toucherait peut-être brièvement un mot à Adelaide ou à Nadja si elles les croisaient d'ici-là. Elle quitta vivement mais discrètement l'infirmerie, ferma la porte derrière elle et faillit se prendre Tennessee de plein fouet. Elle ne s'en émut pas et lui colla tout le linge dans les bras avant de se ruer vers la porte extérieure sans gère plus d'explications.

L'air était froid. Il attaquait la peau mais vivifiait l'esprit. Murphy se frottait les bras par réflexe mais ne pouvait que constater une nouvelle fois toute l'efficacité contre le froid du pull qu'elle avait volé à celui qui avait été son amant. Les étoiles, là-haut, brillaient de cette lueur qui avait toujours apaisé Murphy, peut-être même plus encore depuis qu'elle les regardait de ce sol terrestre. Elle jeta un coup d'oeil à Tennessee, qui venait de la rejoindre, et se poussa sur le bloc de béton pour lui faire un peu de place. Un jappement la fit baisser le regard et elle trouva un Antarès bien éveillé, dont le pelage clair contrastait avec les obscurités de la nuit. « Je te le fais pas dire. Mais tant qu'il nous tue pas, je suis contente. » Pensive, elle laissait ses prunelles fatiguées observer son chien nouvellement retrouvé. Comme une mère trop protectrice, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui; il faisait trop froid, ici, et il était bien mieux là-haut, dans son lit, à offrir quelques ronflements à leurs voisins de dortoir. La voix tremblante de Tennessee s'élevait dans les airs glacés, y laissait un nuage opaque. Quelques nuages se promenaient encore dans le ciel, se fit-elle la remarque en levant le nez vers l'étoile du berger. Les vents semblaient encore aller à une vitesse ahurissante, tout là-haut. Les nuages jouaient à cache-cache avec chaque étoile, les laissaient gagner autant qu'ils s'offraient leurs propres victoires. « Je t'ai jamais trouvée bizarre, moi. » Elle soupira. « Je pensais juste que tu étais loyale. » Elle haussa les épaules, attristée. Ce n'était plus des reproches, c'était sa vérité douloureuse dévoilée aux lueurs d'une lune presque pleine. Elle remarqua la main qui n'osa pas caresser Antarès, y trouva un certain réconfort tout à fait égoïste. « Arrête, tais-toi », dit-elle calmement et en lui jeta un coup d'oeil doux. « Je sais très bien que c'était un accident. J'te l'ai dit, je sais que tu me veux pas de mal. Pas autant que ça, en tout cas. » Elle marqua une pause et regarda Antarès se rouler en boule à leurs pieds. Si c'était le sommeil qu'il cherchait maintenant, pourquoi avait-il quitté le dortoir ? Qu'avait en plus cet extérieur que n'avait pas son lit ? Elle, peut-être ? Ou elles ? Un bref sourire se dessina sur ses visage fatigué. « Oublie l'histoire de l'accident, tu veux ? Tout va bien. »

Elle se pencha au-dessus de leur ami à quatre pattes pour lui grattouiller le sommet du crâne. Elle pouvait deviner tout le contentement de l'animal rien qu'à son manque de réactions. « Il faudra pas oublier de ramasser les débris de ta lanterne en remontant, avant que quelqu'un tombe dedans » fit-elle écho à la remarque de Tennessee. « Mais oui, elle, elle est toujours là... » Sans arrière pensée, elle leva à nouveau le nez vers l'astre sélène. Elle réalisa soudain le double sens de sa remarque mais ne s'en excusa pas, prête à lui asséner encore quelques coups rancuniers. Elle s'agitait à sa gauche, la brunette, avait installé la serviette dans ses cheveux pour la laisser faire son travail et tortillait ses mains sur ses genoux dans une nervosité presque contagieuse. « Mais tu as choisi Devos... alors que tu savais très bien qu'il avait fait une connerie. » Le soupir était las et triste. Elle avait perdu sa fougue haineuse, lançait quelques dernières perches qu'elle espérait pouvoir être saisies. Elle ne demandait qu'à être contredite, qu'à être rassurée, qu'à être rattrapée dans cette chute qui lui paraissait inexorable et sans fin. « Je suis désolée pour tous ceux que tu as perdus, pour ceux qui ont disparu et pour tous les autres, pour Faust et tous ceux que je connais pas. Mais... mais je pensais que les circonstances avaient... je sais pas... fait quelque chose... entre nous. » Sa gorge se serra alors que son regard glissa furtivement vers Tennessee. « Je sais qu'on fonctionne pas pareil, toutes les deux, je suis pas conne. Tu dois penser comme les deux autres crétins que je suis une furie hystérique et incontrôlable avec qui ça vaut pas la peine de discuter des choses importantes. » Sa voix se fit tremblante, sa gorge se noua. C'était sans doute ça, ce qui lui faisait le plus mal; qu'on la refuse pour ce qu'elle était, ses défauts bien entendu mais aussi pour ce qu'elle avait toujours considéré jusque-là comme ses forces. Elle savait réfléchir, et dans le corps militaire, c'était une des choses qu'on lui avait accordées, sa jugeote. Elle était fin stratège, elle analysait les gens et les situations, choisissait les mots exacts, élaborait des plans aussi simples que possibles, toujours efficaces. C'était, avec sa ténacité et son empathie, ce qui lui avait permis de grimper les échelons. En refusant de lui parler, en refusant de l'écouter, Devos et Chris avaient remis en cause sa personne entière. Et Tennessee ne les avait pas contredits. « Jsuis pas... » soupira-t-elle en levant enfin son regard vers elle, plantant son regard dans le sien. « Jveux dire, je veux pas que tu prétendes me comprendre juste parce que le... groupe est dans la merde. C'est eux qui ont fait ça, avec leurs histoires. Jveux pas ramasser la merde que laissent les autres derrière eux. Alors sois franche dans tes intentions. T'as compris que les mensonges c'était vraiment pas mon truc, non ? » Elle laissa glisser son regard vers Antarès, au pelage duquel le vent venait se frotter. Elle retomba subitement dans des considérations bien plus terre-à-terre, et ça soulageait un peu. « Non, ça va... je crois. Sauf si je suis inconsciente et que c'est un rêve, mais je crois pas. Il ferait pas aussi froid, dans un rêve. »

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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Dim 4 Fév - 21:05

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween

Non. Absolument pas. Tennessee ne se remémorait pas d'une quelconque information à propos d'une Murphy blessée à la tête. Ceci dit, il se pouvait très bien que la garde considéra comme un fait acquis que cet incident fut connu de tous. Après elles ne se fréquentaient depuis la disparition de Faust,mais n'échangeaient pas sur des sujets particulièrement importants. A part la blonde et tout  ce qui concernait la rébellion. Et dernièrement des travaux nécessaires pour leurs futures habitations. La communication entre les jeunes femmes se pratiquait généralement de manière silencieuse et entendue. Jusqu'à présent cela suffisait amplement à la mécanicienne qui détestait se perdre en commérages, estimant que les bavardages menaient à entasser une quantité incommensurable de temps perdu. Qui se serait révélé bien plus utile sur divers travaux importants pour leur groupe. Elle n'ignorait pas non plus que le psychologue  - décédé - qui la prenait en charge dans l'espace, la poussait à interférer beaucoup plus avec la parole. La bouclée s'immobilisa donc quelques secondes en recevant l'explication brève de son amie - Oui elle n'acceptait pas au tréfonds de son âme de la qualifier d'ex ( perdue )  -, frappée par l'ignorance que cela manifestait de sa part sur la santé de Murphy. Ce qui permit à celle-ci de prendre un peu d'avance, mettant fin à ce sujet que la mécanicienne se promis de creuser un peu plus tard.

La mécanicienne, épuisée, transie, trempée pourrait - devrait - tout simplement remonter les marches pour se plonger dans un sommeil bienfaiteur, après s'être séchée puis enroulée, dans des couvertures salvatrices. Elle devinait l'agacement de son amie brune mais elle se refusait à battre en retraite. Non par fierté, mais pour l'amour qu'elle éprouvait envers Murphy qu'elle considérait désormais comme une partie d'elle-même. Tout ça remuait ses tripes, agitait ses méninges, éclairait ce qui lui demeurait le plus souvent mystérieux dans les rapports humains. La bouclée n'attendait jamais des autres qu’ils la soutiennent, tout simplement parce depuis sa plus tendre enfance elle se forgeait un parcours de combattante. Son manque d'empathie écartait les démarches ordinaires et habituelles des êtres humains envers les uns et les autres. Tennessee ne les supportait que très mal, comme une envahissement de son propre espace et elle ne se gênait pas pour le faire comprendre. Longtemps elle pensa ses congénères bâtis sur le même moule que le sien, mais elle dut se rendre à l'évidence en fréquentant les cours. Elle dérangeait, elle choquait, elle vexait, elle provoquait aussi la jalousie par sa grande facilité à apprendre puis sauter les étapes pour se retrouver à une poste encore jeune. Alors que beaucoup galéraient pour se sortir de leur cycle d'études. Néanmoins malgré tous les aprioris, des deux côtés elle parvenait parfois à s'attacher à de rares personnes.

Ainsi guidée par leur amitié, le plus souvent bienveillante, elle appréhendait un peu mieux l'âme humaine. Surtout à leur sujet, ça ne n'étendait malheureusement pas très loin. Ça restait un début prometteur qui annonçait en quelque sorte que Tennessee possédait la capacité de progresser sur ce front. Sans forcément qu'on lui indique toujours la marche à suivre en pointant le doigt dans la bonne direction. La disparition, la mort de ses paires appuyait aussi douloureusement sur sa poitrine. Et si elle ne s'en ouvrait pas aux autres? elle découvrait la crainte de perdre le prochain ou la prochaine. Voilà pourquoi elle rejoignit la garde, tout en frottant énergiquement sa chevelure encore humide avant de sortir. Elle ne souhaitait pas finir sa nuit coiffée de dizaine de petites stalagmites pendues à son crâne. L'essuie entourant ses boucles rebelles, elle prit donc place prêt de l'autre brune plongée dans ses songes. Elle hocha de la tête pour manifester son accord à propos du climat qui s'adoucissait si bizarrement, leur octroyant une douce pause au clair de lune. Avec un peu de chance on parviendrait avant de retourner dans le dortoir à apercevoir quelques étoiles. Elle tiqua légèrement quand la garde parla d'elle au passé, un soupir s'échappa de ses lèvres gercées qui se transforma en buée pour finalement disparaître dans l'obscurité  « Oui je le suis mais quand tu aimes deux personnes pareillement ça devient compliqué  »

Oui car les secrets déjà ça ne lui réussit pas à la mécanicienne, et encore moins mentir, la preuve que la vérité à forcer ses cordes vocales à la projeter en pleine lumière. Choisir entre deux personnes qu'elle incluait dans son petit cercle intime. Impossible. Elle s'avouait avoir agi sans réfléchir quand elle se confronta à l'honnêteté de Devos. La bouclée ne calcula que selon la perspective de celui-là, oubliant d'ajouter dans l'addition tous les autres. Mais jamais elle ne songerait à une aussi vile action, telle que la décrit Murphy envers elle. Et le mur qui les séparait lui paraissait soudainement indestructible juste le temps que sa voisine le détruise dans un souffle avec une remarque qui rassura aussitôt la bouclée « Encore moins que ça ... Aucun mal » Appuya-t-elle avec une telle force qu'un léger écho leur revint comme une rappel de cette soirée un peu fantasmagorique *Aucun mal* « Ah ben c'est rassurant on dirait que l'obscurité veille sur nous pour ce soir  » ajouta Tennessee avec son sérieux habituel « Oui d'accord » Elle acceptait de se laisser diluer l'accident dans l'anonymat puisque Murphy le lui proposait. Par contre que tout aille bien pour son amie, elle en doutait fortement, L'Odysséenne respecterait cependant le vœu de la brune de ne pas insister sur ce point précis. Parvenir à obtenir une trêve avec celle-ci impliquait des concessions et si la bouclée y répugnait, aujourd'hui pour Murphy elle apprendrait à passer au-dessus de ce qu'elle balançait généralement allègrement derrière son épaule.  

Des frissons parcouraient son corps aléatoirement, mais pas encore assez pour que ça la fasse fuir. De plus contre ses jambes elle ressentait la chaleur de l'épaisse fourrure d'Antarès qui sagement réclamait des câlins. Jamais avare elle lui en procurait avec générosité. Tout en levant le nez vers l'astre blanchâtre qui se dévoilait rien que pour elles deux  « Oui tu as raison, j'y penserais en remontant, je m'en voudrais que qui que ce soit se blesse à cause de ma maladresse  » Gaucherie extrêmement présente en cette nuit agitée, mais induite par l'immense fatigue dont elle ne se rappelait plus en cette minute auprès de Murphy. Alors que les deux jeunes femmes lorgnaient la boule ronde, pâle, accrochée au-dessus de leur têtes, en cœur  « Oui » Tellement vraie. Tennessee ne le contesterait pas, elle connaissait trop bien ce que la plupart de ses concitoyens lui reprochaient. Cette rudesse, ce manque d'humanité et donc cette présence trop ténue que sous entendait la Garde  « Tout comme je t'aurais choisi si tu avais fait une connerie » Ni plus, ni moins. La simple réalité énoncée comme un postulat. Pour la mécanicienne ça ne méritait pas de développemen.  Car un choix qui s'imposerait de lui-même si il se produisait là maintenant, ou demain, ou ...  « Toujours.... mon problème, je pense que c'est un problème. Mais si je ne l'analyse pas bien c'est que je n'ai jamais eu encore d'amis dont les actions mettaient ... Comme ça ... »

D'étranges bruits se manifestèrent coupant une parole à Tennessee, dont elle ne parvenait à transmettre l’exactitude des phrases qui se formaient dans sa caboche. Détailler le mécanisme intérieur d'un robot lui paraissait dix millions de fois plus logique que les images subtiles qui évoluaient dans son cerveau. La bouclée ne rendrait pourtant pas les armes si facilement, cependant alors qu'elle ouvrait la bouche pour reprendre ses piteuses explications. Elle s'aperçut que, sans doute prise par ses propres rancunes, Murphy continuait sur sa lancée. La mécanicienne se concentrait sur la voix de son amie, comme une jeune femme tombée à l'eau se noyant au milieu d'algues s'enroulant autour de ses jambes pour l'empêcher d'atteindre la rive. Dans l'art de la discussion elle perdait d'avance des kilomètres de terrain avant que le départ fut déclaré. Tennessee n'éprouvait pas les mêmes sensations de trahisons que la garde parce que depuis toujours elle s'en moquait comme d'une guigne. Venant de ceux qu'elle considérait comme des inconnus, pardonnant aux autres sans restriction. Elle s'avançait sur un terrain marécageux ou elle craignait de s'enfoncer pour disparaître à jamais au regard de Murphy  « Je ... Oui... Il y quelque chose Murphy, je ne sais simplement pas ... Le ... C'est là ça je te promets mais ... tu sais on se plaignait de moi parce que je ne montre pas assez d'humanité ... Ou de d'humour mais avec toi je m'y applique tous les jours, mal, mais je le fais »

A la garde de juger si elle détectait toute la sincérité que joignait la bouclée dans sa déclaration. Mais la mécanicienne s'attaquait à une montagne, chaque petit pas effectué menaçait  de créer un éboulis. Elle, si directe, si peu attentive à ce que ses mots déclenchaient comme maux se comportait comme une funambule pour éviter au mieux le terrain miné que représentait le cœur brisé de Murphy « Oh non ! » S'écria-t-elle un peu fort « Jamais une seule seconde l'idée que tu sois hystérique ne m'a effleurée, tu as du caractère mais j'aime ça moi ! Et je ne demande que ça moi de discuter avec toi mais ... Je ne sais pas  si mes intérêts, mes passions peuvent vraiment donner lieu à de longues discussions nocturnes tu sais. Je pense que ... Je suis certaine que ... Faust elle aimait, voulait mon silence, ça le reposait j'ai cru... Et pourtant tu es si différente ... Mais je le veux Murphy oui qu'on ... si toi aussi, parler de tout, de rien ... Faudra juste que tu me dises quand ça devient vraiment ennuyeux ou incompréhensible pour toi parce que des fois ... Je me laisse emporter » Comme maintenant. La voilà qui s'emballait sur un futur hypothétique parce que rien ne lui assurait que la garde la pardonnerait un jour, ou lui accorderait à nouveau sa confiance absolue. Ses prunelles se réfugient à nouveau vers la gardienne blanche de la nuit « Oh Murphy c'est magnifique la voie lactée comme est visible ! Comme elle est magnifique regarde ! »

Parfois la mécanicienne réagissait comme une enfant, s'émerveillant de trois fois rien au milieu d'un moment plutôt pesant et grave. Non par manque de respect, tout simplement elle ne maîtrisait pas sa spontanéité. Ça construisait à la fois son charme et ce petit plus agaçant dont ses collègues l'accusaient. Mais ça ne l'empêchait pas de pouvoir revenir très rapidement au nœud du problème sans se déconcentrer. Elle se pencha, bouleversée par cette pluie d'étoiles qui les chevauchaient, tout autant que par les dernières intonations de Murphy, dissimula son visage dans les poils glacés d'Antarès. Avant d'en ressortir le visage rosé par tous ces bouleversements « Je prétendrais pas te comprendre, j'ai compris des choses te concernant oui mais toi entière non. Je ne le dirais pas pour te faire plaisir, même si je pense que je dois avoir tendance à le faire avec les personnes qui me sont proches. Mais je ne m’en rends pas toujours compte. Oui pour les mensonges, mais tu sais ce n’est pas mon truc non plus, parce que si j'étais une bonne menteuse ben tu n'en saurais toujours rien. Déjà se taire sur notre groupe c'est tout un exploit pour moi. Mais désormais je m’abstiendrai d'omettre quoi que ce soit ... Ça oui tu peux y compter  » Une vague particulièrement mordante les rappela à la réalité leur prouvant comme disait Murphy, que dans un rêve elles se porteraient beaucoup mieux. Rassurée d'apprendre que Murphy ne fut pas blessée, la bouclée fut chatouillée par le désir d'en apprendre un peu plus sur l'accident de celle-ci. Elle préféra ne pas la tourmenter, dégageant sa chevelure pour vérifier l'état de cette dernière.

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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33854 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Jeu 8 Fév - 1:54

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❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


Elle ne dormait vraiment plus, ne cherchait plus vraiment à le faire. Les draps et serviettes confiés à Tennessee, elle laissa la brune derrière elle et chercha d'un pas pressé l'air frais de la nuit. Le froid la saisit brusquement, rafraîchit ses joues que les aventures avaient rendues brûlantes sans qu'elle ne s'en rende compte. Quelques frissons coururent le long de sa peau, sous l'épais pull volé. La décision qu'elle venait de prendre en quittant la douceur du bâtiment n'était probablement pas la meilleure qu'elle ait prise dans sa vie. Leurs souffles laissaient des traînées opaques dans l'air froid, confirmant si c'était nécessaire le froid nocturne. Elle savait que si elles restaient trop longtemps dehors, Tennessee surtout, elles risquaient de le regretter dès le lendemain. Mais l'instant avait quelque chose d'à part; peut-être parce qu'il était né au cœur de la nuit et de la brume, entre sommeil et éveil, ou peut-être parce qu'elle retrouvait une compagnie depuis trop longtemps perdue, qui réapparaissait sans crier gare. Elle n'était pas encore prête à laisser le moment derrière elle. Peut-être qu'elles l'auraient oublié demain, qu'elles le croiraient l'une comme l'autre appartenir à leurs rêves et ne le mentionneraient plus. Peut-être que ces aventures allaient rester ici, dans l'instant, et ne jamais arriver à prendre racine dans le reste du temps et dans leurs vies. Ou bien peut-être que tout allait changer; que les vérités et les confessions allaient enfin éclater, achever de l'éveiller, et s'ancrer solidement dans les cœurs, trop solidement pour en être délogées en une nuit.

C'est le silence, pourtant, qui s'installa le premier. Les corps s'adaptaient au changement de température, les mirettes aux éclats célestes qu'elles redécouvraient par-delà la brume qui s'était faite éparse. Tennessee fut la première des deux à se tenter à quelques mots. C'était la moindre des choses, ne pouvait s'empêcher de se répéter la part tenace de Murphy qui avait encore du mal à laisser de côté ce qui avait fait rompre les deux amies. « Il y a toujours un choix qui est moins mauvais que l'autre. Le mensonge, c'est toujours le mauvais. » Sa voix était ténue, un peu ennuyée. Pour elle, ça avait toujours été évident. Il y avait celui qui blessait, celui qui faisait des dégâts, et puis il y avait celui qui était un peu moins pire, celui qui permettait de repartir sur de bonnes bases. La balance entre bénéfices et risques n'arrivait jamais à un équilibre qui pouvait laisser un doute planer. C'était elle que Tennessee aurait dû choisir, parce que c'était la vérité qu'elle aurait dû choisir. Si pas au nom de leur amitié, au moins à celui de la rébellion. Mais le temps avait adouci et lissé un peu les choses et la fureur avait laissé place à une déception lasse. C'était peut-être ça, le début de l'acceptation des faits. Peut-être qu'elle prenait doucement la direction du pardon. Après tout ce temps, elle n'arrivait plus à en vouloir à Tennessee. Elle la connaissait suffisamment pour comprendre la difficulté dans laquelle Devos avait pu la mettre. Elle n'était pas capable de mentir effrontément et sans ciller : preuve en était la façon dont elle avait laissé l'information s'échapper. Murphy avait une petite idée du duel qui avait dû se jouer dans l'esprit de Tennessee tout le durée pendant laquelle elle avait essayé de le garder, ce secret. Elle imaginait, mais espérait peut-être encore plus, le doute constant qui devait entourer la décision à prendre. Le temps avait choisi pour elle; elle avait laissé les choses se tasser, peut-être en espérant les oublier, et puis avait laissé la vérité éclater au grand. Murphy espérait parfois qu'il s'était agi là non pas d'un accident bête mais d'un acte manqué. Elle espérait que son inconscient avait craqué par delà le conscient déterminé à garder le secret.

Mais Tennessee était patiente avec l'animal blessé. Elle acceptait de le réapprivoiser, de lui laisser un peu de temps. Elle acceptait de l'approcher avec douceur et délicatesse pour éviter de la brusquer. Malgré les apparences, Murphy n'y était pas insensible. Tout le monde n'était pas capable de ce genre de remise en question, tout le monde n'était pas capable de laisser de côté son propre ego pour aider raccommoder celui d'un ami perdu. Il y avait encore de l'espoir, alors; et peut-être qu'il y en avait eu depuis le début, si elle avait été capable de le voir à ce moment-là. Son regard chercha brièvement le visage de Tennessee sous sa serviette de laquelle s'échappaient quelques mèches folles, mais elle ne répondit pas. Aucun mal. Elle n'en doutait pas vraiment. « Je sais. »

Antarès s'agitait un peu à leurs pieds et Murphy se demandait encore ce qui avait pu l'attirer dehors alors qu'il s'était doucement laissé emporter par le sommeil et le confort d'un lit douillet. Elle passa une main froide dans sa nuque encore un peu endolorie et un nouveau frisson détala le long de son échine. Elle ne voulait plus parler de la chute; la chute appartenait déjà au passé, elle, alors que le mensonge était toujours aussi réel, presque palpable, ultime rempart dressé entre les deux amies. Mais les choses avaient un peu changé : Murphy se dressait devant la muraille, maintenant. Elle acceptait enfin de la défier, de l'attaquer, même, pour lui faire perdre de son pouvoir intimidant. On grattait la pierre avec les ongles, d'abord, mais il fallait bien commencer quelque part. Le reste suivrait, d'abord en s'effritant, puis en s'effondrant. N'est-ce pas ?

Un faible sourire étira ses lèvres alors que Tennessee prenait note de sa remarque et du reste de lampion qui trônait probablement encore dans les escaliers. En réalité, Murphy était à deux doigts de l'oublier elle-même, ce cadavre. Dans la fraîcheur de la nuit, sous la lumière lactée et apaisante de l'astre sélène, il devenait un peu plus facile d'oublier ce qu'on laissait derrière soi, même pendant quelques minutes. Mais elle ne pouvait s'empêcher encore de s'opposer à certaines remarques de Tennessee; pas parce qu'elle avait peur de ne pas être comprise, mais parce qu'elle avait besoin d'affirmer et de justifier ses réactions. Elle savait que Tennessee n'avait pensé à mal à aucun moment, mais elle avait eu conscience de ça dès le début, et la douleur n'en avait pas été moins intense. Il demeurait dans l'esprit et dans le cœur l'impression indélébile d'une blessure laissée par ce qui restait une trahison. On l'avait reléguée au second rang, et on avait relégué la rébellion au second; tout ça pour satisfaire l'ego d'un Devos sans aucun doute persuadé que sa décision valait bien mieux que tout ce que les autres rebelles pourraient en dire. « Je t'aurais jamais demandé de me couvrir pour un truc aussi important », répondit-elle un peu plus brusquement, ses pensées ayant réveillé quelque ressentiment. On ne pouvait jamais prédire ce qui pourrait se passer à l'avenir, mais Murphy s'était toujours refusée à mentir à ses amis. Les seules circonstances qui auraient pu la pousser à le faire auraient été une envie de les protéger. Jamais, s'il s'était agi de la rébellion ou de quelque chose de plus grand qu'eux, elle n'aurait considéré que leur cacher la vérité puisse être la meilleure des options.

Mais il ne s'agissait subitement plus tout à fait de ça. On reprenait les choses à la base, on détaillait tous les non dits dans lesquels cette amitié s'était enracinée dès ses premiers mois d'existence. Tennessee s'ouvrait devant elle et Murphy n'osait plus la regarder, de peur, peut-être, de la brusquer, de la faire fuir. Elle ne l'avait jamais connue comme ça, et c'était sans doute ce que la mécanicienne essayait tant bien que mal de lui expliquer; qu'avec elle, elle s'efforçait d'être différente. Murphy n'avait jamais demandé autant, en réalité, et les confessions de Tennessee lui pincèrent le cœur. Tout ça, ce n'était pas ce qu'elle avait voulu dire. Ce n'était pas ce qu'elle avait voulu lui reprocher. La voix de la mécanicienne raisonnait dans sa tête avec une intensité et une profondeur qui reflétaient tout ce qu'elle devinait être sa détresse à ce moment précis. « Tu sais, je te reprocherai jamais ta façon d'être. Ce serait hypocrite de demander à un ami de changer. Un ami, on l'accepte, ou on n'en fait pas son ami. » Son regard glissa fugacement sur la silhouette à sa gauche avant de retrouver la voûte céleste et la multitude d'éclats qu'elle abritait. « Mais un ami, pour moi, il ne ment pas pour des choses aussi importantes. Tu peux me mentir si tu trouves que je me suis mal coupé les cheveux et que tu veux pas me blesser, mais pas pour... ça. » Elle soupira en réalisant qu'elle ne s'était pas coupé les cheveux depuis que Faust avait disparu. C'était elle, avant, sa coiffeuse officielle, et elle lui avait bien rendu le service. Sans s'en rendre compte, elle avait laissé ses doigts glisser dans sa chevelure encore ébouriffée par sa recherche infructueuse du sommeil.

Mais au-delà de ces reproches dont elle n'arrivait pas encore tout à fait à se dépêtrer, il y avait ce qui blessait encore plus, ce qu'elle avait conclu de leurs derniers échanges avec les deux autres leaders rebelles. Chris avait été plus que clair au sujet de ce qu'il pensait d'elle, et il n'y avait eu qu'un pas à franchir pour attribuer les mêmes injures à Devos et à Tennessee. Murphy n'était pas une enfant, elle était probablement bien plus mature que Chris, même, mais ne parvenait que difficilement à accepter l'idée qu'il avait d'elle. Pour Devos et pour Tennessee, c'était encore pire. Elle n'aurait jamais imaginé qu'ils puissent la penser hystérique ou folle furieuse avant cette cacophonie qu'avait été leur première réunion officielle. Pourtant, depuis qu'elle s'était ancré cette idée dans la tête, elle n'arrivait plus à concevoir qu'ils puissent n'avoir jamais pensé les mêmes atrocités que Chris à son sujet.

Mais l'exclamation de la mécanicienne fut des plus surprenantes, au point où Murphy, décontenancée, se tourna subitement vers elle. Et elle était partie, perdue dans son flot de paroles, cherchait désespérément à se justifier, peut-être, ou à se faire comprendre, plus que probablement. Faust se glissa là et elle sentit sa main lui serrer le cœur. Sa prise, avec le temps, s'était faite un peu moins forte, mais ce prénom continuerait probablement de faire naître ce mal-être jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de cœur à malmener. Murphy souhaitait l'arrêter, Tennessee, la calmer, lui expliquer tout ce qu'elle n'avait jamais reproché à leur amitié, mais la mécanicienne ne lui offrait et ne s'offrait aucune seconde de répit. Seule leur vieille amie galactique eut le pouvoir de la libérer de sa longue déclaration paniquée et hésitante. La patrouilleuse leva alors à son tour le regard vers l'infinité stellaire et elle ne trouva pas le courage de briser le silence qui s'était réinstallé pendant la contemplation. « C'est tellement rare de la voir depuis qu'on est ici... » souffla-t-elle enfin dans le froid et alors qu'Antarès se remettait à s'agiter à leurs pieds, cherchant quelques caresses que la militaire lui offrit avec joie. Elle le laissa s'installer à leurs pieds et se perdit à nouveau dans la contemplation de leurs vieilles amies célestes. Elle en avait presque oublié la brume qui s'était abattue sur le village dans la soirée; elle semblait ne jamais avoir été là, et n'avait laissé que de très éparses traînées opaques derrière elle, qui filaient hâtivement avec le vent, dévoilait ça et là de nouvelles lueurs dans le ciel d'encre. « Tu sais... ce qu'on avait, ça m'allait complètement. Si tu veux venir me parler, tu viens me parler. Si j'ai envie de venir te parler, je sais que je peux le faire. J'aime pas non plus parler pour ne rien dire, mais pour moi c'est pas ce qui permet de construire une amitié. » Le calme de la nuit reprit possession d'un instant ou de deux instants. Murphy pouvait entendre le vent siffler entre les bâtiments, se glisser sous ses cheveux et à travers son pull. Le froid s’immisçait dans ses membres, gelait ses mains qu'elle avait rentrées dans les manches en laine. Mais si c'était le prix à payer pour une discussion à cœur ouvert sous les étoiles, alors elle le paierait volontiers. « T'inquiète pas, même moi, après trente-cinq ans, je me comprends pas toujours non plus » lâcha-t-elle, la gorge nouée, non sans penser au propriétaire du pull qu'elle portait. « Mais c'est pas grave, tout ça. On a le temps d'encore apprendre à se découvrir. Les circonstances de tout ça ont été... » Sa voix se brisa et ses prunelles trouvèrent rapidement le chemin du sol et de ses pieds. Elle n'avait pas rencontré Tennessee comme il pouvait être considéré traditionnel que ça soit le cas. Non, les circonstances en question avaient été brusques, brutales, violentes, douloureuses. Elles entoureraient probablement toujours leur amitié, car Faust ne serait jamais très loin. C'était comme ça. « Elles ont été ce qu'elles ont été. Je te comparerai jamais à Faust. Me compare jamais à Faust non plus. Je veux juste... ne pas être prise pour une conne ou reléguée au second rang. Je veux pas être une invitée de temps en temps quand ça arrange. Soit je suis là, soit je le suis pas. » Elle haussa les épaules dans un frisson de froid. Elle parlait de la rébellion, peut-être, mais surtout de leur amitié -car là où elle retrouvait de l'espoir pour la seconde, elle considérait la première déjà morte depuis bien longtemps. « Mais c'est vrai, alors ? Tu penses pas comme Chris à mon sujet ? »

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14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3637 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 10
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Mer 18 Avr - 20:21

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween

Oubli. Un bien grand mot pour la mémoire infaillible de Tennessee. Tous ses gestes, paroles, actions demeuraient indéfectiblement marqués dans son cerveau. Elle ne s'en plaignait pas, mais ressentait parfois une étrange solitude quand personne ne gardait souvenance d'un événement particulier. Sauf elle.

Alors non, l'instant présent ne s'effacerait jamais de ses pensées. Et si jamais il ne se reproduisait pas, elle le garderait précieusement dans son âme. Ou tout du moins ce qui lui en servait.

Evidemment, un peu plus de chaleur eut été bienvenue. Bien qu'elle frictionna régulièrement avec énergie ses cheveux grâce à la serviette généreusement  donnée par Murphy, ses boucles possédaient une tendance à imiter les glaçons, perdant leur élégante souplesse. Ses orteils mis à rude épreuve s'agitaient frénétiquement dans leurs chaussures détrempées pour y faire circuler le sang. La mécanicienne ne désirait pas s'en voir privés dans les jours futurs, mais elle refusait tout autant de briser ce moment que lui accordait la garde. La sentir à ses côtés offrait un regain de joie à la mécanicienne qui picorait toutes les miettes pour les transformées de manière positive et ce, parfois, malgré l'opposition des êtres chers qui peuplaient son existence.

De temps à autre, un peu comme le petit Poucet, elle parsemait des cailloux blancs sur sa route pour qu'eux, ils retrouvent le chemin jusqu'à elle. Jusqu'à présent seul Antarès s'y risquait ...


Dans la lumière évanescente distillée par la lune, les ombres jouaient sur les joues rosées des deux demoiselles assissent en pleine froidure, alors que la pluie s'esquivait et que le brouillard s'estompait. Les cils mouillés se collaient aux paupières de Tennessee, l'obligeant à les nettoyer afin de les empêcher de se transformer en stalactite. Pendant que sa chevelure tentait sournoisement de terminer en statue de glace. Irritée çà et là par des petits pincements elle fut distraite pas la voix étonnamment forte de Murphy qui s'emparait du lieu afin de lui ajouter un étonnant relief coloré. Mais aussi mélancolique.

Elle voudrait la mécanicienne que les humains n'aient pas cette tendance à élever des murs aussi hauts dès qu'une incartade envahissait leur monde. Elle souhaiterait Tennessee serrer avec force Murphy dans ses bras pour effacer toutes les tristesses qui parcourent son corps. Elle désirerait la bouclée promettre un monde meilleur, sans faille et sans douleur pour le reste de sa vie à la garde... Elle se contentera la petite surdouée de lui répondre avec sincérité


« Oui ... Pourtant tu sais, ils m'ont envoyé chez la psychologue pour que j'apprenne à mentir, ils disaient que c'était mieux pour épargner la fierté des autres »

Parce qu'on peut distinguer deux revers à la médaille selon la perspective ou l'on se place. Et la vérité de l'un devient alors le mensonge de l'autre « Dans ma tête je n'arrive pas toujours à décoder ce que veulent vraiment les gens. Mais pour toi je sais maintenant, tu me l'as dit et je me tiendrais à cette ligne directrice »

L'Odysséenne appréhende clairement la vision de sa compagne. Pour elle cependant tout ne se traduit pas aussi simplement. Dans les jugements, les décisions, les actes, Il existe des nuances de gris. Bien que prédisposée à agir rapidement, Tennessee se dirige toujours vers le choix le plus logique. Elle s'exprime souvent très abruptement sur des réalités que les autres ne veulent pas écouter. Plus d'une fois on lui ordonné de modérer ses propos. Les paroles, les gestes tout ça se mélangent dans une soupe opaque qui provoque un mal de tête agressif à la mécanicienne. Va falloir s'appliquer pour réussir à se montrer à la hauteur des exigences morales de la maîtresse d'Antarès « De toute façon Murphy, les secrets ça va à l'encontre de ma nature, tout comme mentir, ça finit toujours par sortir parce que je déteste ça. La rébellion ça suffit déjà largement pour moi »

Une tentative de serment, à la manière de Tennessee  « Et Tristam, mais si j'en ai pas parlé, c'est parce qu'il intéressait personne chez nous ... Enfin je te connaissais pas à ce moment, on commençait à peine a chercher ... » Faust...

Elle préféra abandonner ce prénom dans les ténèbres, qu'il ne vienne pas davantage les hanter qu'il ne s'y ingéniait déjà parmi cette nuit peuplée de fantômes  

« Ce que je peux t'assurer à partir de maintenant c'est que si je viens à savoir un truc très important comme celui de Devos je viendrais directement te chercher pour qu'on décide tous ensemble »

Si une suite à leur aventure perdurait après ce désastreux charivari du Bunker. La bouclée jouait mécaniquement de ses doigts engourdis tout en dessinant des figures imaginaires, invisibles sur ses vêtements. Mais aussi dans le vide sans y prendre garde, ce qui ressemblait étrangement à des signes cabalistiques, destinés à appeler des dieux vengeurs, ou bienfaiteurs ... Harmonisant ainsi le silence qui s'allumait entre elles. Chacune plongée avec ardeur dans les pensées qui débordaient de leur palpitant. Des poitrines qui se soulevaient avec un peu plus de rapidité par la raréfaction de l'oxygène. Deux battantes un million de fois plus sensibles que tous ces prétendus romantiques qui vous marchaient sur les pieds sans aucun égard.

Un pont les séparait qu'elles empruntaient pour se rejoindre, branlant de toutes part, elles se devaient d'avancer avec circonspection, pour ne pas tomber dans les pièges de la facilité. Car si concession il existait, chacune se devait à elle-même de demeurer son essence et non travestie pour plaire et convenir à l'autre. Ce que Tennessee avait tendance à faire car taillée dans un moule légèrement biaisé. Elle pouvait donc par instants, renvoyer l'illusion d'une double personnalité, alors qu'elle ne se conformait qu'à un appel de l'amitié envers son cercle. En dehors y régnait une certaine indifférence.

La mécanicienne obtempéra alors pour enterrer 'la chute' de cet échange-là. A Murphy d'y revenir quand elle estimerait le devoir.


« Mais je l'aurais fait, je le ferais si ça pouvait te sauver la vie  » Lui renvoya tranquillement la Bouclée, ce qui impliquait que si elle promettait de toujours lui rendre compte de tout, elle ne s'y engageait pas forcément pour tous les autres.

Parce que si même la rébellion signifiait beaucoup à ses yeux, elle  n'exerçait pas la priorité sur une personne. Et en cela, très certainement que se marquait la différence entre Devos ( [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ) et Tennessee. Elle l'eut suivit jusqu'au bout de la terre envers et contre tout,  pareil pour Murphy. Peu importe si l'inverse se révélait différent. Jamais elle ne le leur reprocherait.

Ici avec Murphy, on changeait les couleurs, on les effaçait, pour que tout devienne transparent. Vérifier si avec ce reboot de leur relation, ça les mènerait vers de plus beaux paysages
 
« Oui je t'ai toujours prise comme tu étais  » Toujours « Même si je ne t'ai pas forcément bien comprise chaque fois, ça ne me dérangeait pas » Jamais.

Elle s'adaptait Tennessee, aux gens qu'elle aimait, comme elle évoluait avec la découverte de la terre. Elle ne s'enfermait pas dans sa bulle à espérer vainement un retour en arrière qui s'accomplirait par miracle. Non  elle leur devait aux survivants, les terriens, de partir à leur rencontre pour mieux appréhender ce nouveau monde, et le remodeler par la suite, si nécessaire
« tu ne te coupes jamais mal les cheveux alors pas besoin de mentir, mais oui, pour ça ... je ne le ferais plus »

Bien entendu, si la brune eut soumis à nouveau ses doutes à la bouclée, cette dernière lui aurait assuré avec une vérité criante que pas un instant le mot hystérique ne se maria dans sa caboche avec le prénom de la garde. Malheureusement tous les non-dits ne s'égrenaient pas comme une marguerite, certains, difficiles à digérer, se coinçaient dans la gorge pour triturer durement l'esprit de celui qui doutait.

La boule blanche et brillante qui luisait dans le ciel vint les distraire alors que Tennessee relevait la tête happée par la douceur lumineuse qui se répandait sur elles
 « Oui. Je l'aime. Elle nous aide à nous souvenir des belles choses. Tu sais quand on complotait Tristam et moi elle nous couvrait de ses yeux doux » Des métaphore rares dans la bouche de la mécanicienne car elle se plongeait dans les instants les plus importants de son passé  

« Des fois je regrette, ou plutôt je voudrais t'avoir connu plutôt pour posséder des souvenirs avec toi la au-dessus » Il lui apparaissait à la bouclée, que ça signifierait une force de plus, un lien inaltérable qui ne se briserait pas face aux aléas du futur  « Mais maintenant on peut » Malgré le gèle qui les envahissait doucement comme l'avertissement d'un hiver rude, sanglant, irascible ou cruel  

« Moi aussi ... ce qu'on avait ... Ce qu'on à ... Ce qu'on aura »

Parce que non la direction ne divergeait jamais, Tennessee et Murphy convergeraient toujours l'une vers l'autre, l'une avec l'autre....

Si le vent s'apaisait, que les nuages s'éloignaient si rapidement pour leur laisser admirer un voûte céleste majestueuse, la température baissait de plus en plus. Bientôt Tennessee pourrait cracher et ça se transformerait directement en glaçon ... Ou presque.

Finalement les angoisses de Murphy parvinrent à se frayer un passage, et s'installèrent timidement entre elles. Les iris brunes de la mécanicienne s'arrondirent comme si elle venait de recevoir la révélation ultime
 « Mais non voyons ! D'ailleurs à part la rébellion je ne crois pas que lui et moi ayons le moindre atome en commun »

Aucune méchanceté dans cette constatation, un simple fait. La bouclée ne détestait pas Chris, elle le respectait pour Faust, parce que celle-ci le glorifiait assez pour la succéder ou en faire son bras droit. Mais en dehors de leur groupe secret ils ne se fréquentaient pas  

« En plus si tu veux savoir je trouve qu'il l'a joué très drama-queen dans le Bunker, je me demande si ce n'est pas à cause de l'était pendant lequel il s'est enfoncé très longtemps » De sa main rougis par le froid elle balaya les doutes qui se faufilaient partout  « Non tu avais tous les droits de réagir comme ça ... Et je m'en veux beaucoup pour toute cette débandade et ... Devos est je pense très en colère contre moi. Après tout c'est à cause de moi tout ce mic mac  »

Un petit point blanc duveteux atterri dans le creux de sa paume interpellant son regard  « C'est un flocon tu crois ? Déjà ?  »


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06/12/2015 Lux Aeterna Nope 33854 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 97
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Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Dim 22 Avr - 3:12

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❝ And I won't back down ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(31 octobre 2117)


Murphy n'avait jamais été douée en amitié. D'aucun la trouvait sans doute trop exigeante ou difficile à vivre. Elle fuyait quiconque voulait lui voler un peu trop de ses libertés, était rebutée à l'idée de laisser quelqu'un l'approcher un peu de trop près. Elle n'avait jamais été douée en amitié, non, mais elle s'était toujours considérée chanceuse en la matière. Malgré tous les efforts qu'elle avait fait pour retrouver quelques souvenirs de la vie avant Faust, il n'en demeurait aucun. Elle n'avait pas vraiment existé avant elle. Elles avaient grandi ensemble, traversé chaque étape de leur vie ensemble, les plus tristes comme les plus drôles, enrichissantes ou grisantes. Faust avait été sa compagne de route pendant toute son existence. C'était à elle que Murphy devait tout ce qu'elle était devenue. Elle lui devait des leçons insoupçonnables et insoupçonnées. Faust lui avait appris que se laisser approcher était parfois le plus beau cadeau que l'on pouvait se faire. Elle lui avait appris que baisser la garde n'était pas forcément signe de faiblesse, et que lorsque l'on trouvait des raisons de le faire, elles ne pouvaient être que valables.

Ça ne rendait rien plus facile, pourtant. Les souvenirs se faisaient un peu plus brumeux chaque jour, donnant à Murphy l'impression qu'ils appartenaient à une autre vie ou qu'il s'agissait d'un rêve que le cours de la journée estompait progressivement. Les appeler à elle arrivait parfois à la faire sourire de ces sourires mélancoliques qui arrachent le cœur, et ils se détachaient doucement de la panique qui les avait trop longtemps bercés. Elle arrivait à mentionner le prénom de Faust sans trop prendre sur elle. Il lui arrivait parfois de laisser quelques fleurs sauvages près de la poterie qu'avait laissée Tamara, comme promis. Elle en retrouvait parfois d'autres à leur place et elle pensait à cette rencontre, se demandant parfois si elle ne l'avait pas rêvée. Le voilà, l'héritage de Faust : elle acceptait les autres, jusqu'à l'aide de parfaits inconnus. Et des rencontres les plus hasardeuses naissaient des bourgeons qui écloraient à leur rythme. Tennessee était probablement l'un des plus magistraux exemples de ce que la blonde avait laissé derrière elle. Si Murphy avait refusé catégoriquement qu'elle lui mente, ce n'était pas seulement par principe. C'était parce que sans s'en rendre compte, elle avait attribué à la mécanicienne tout les bagages qui étaient les siens. Elle l'avait alourdie du poids de son propre deuil et de celui que tout ce que Faust avait laissé derrière elle. En moins de temps que ce qu'elle aurait aimé admettre, Murphy avait fait de Tennessee l'un de ses rocs. La perdre avait été l'une des choses les plus difficiles à encaisser pour celle qui avait déjà trop encaissé. Mais elle était fière et bornée, et elle préférait encore la solitude à un ego mis de côté. Lorsque celle-ci devenait trop lourde, il lui arrivait de se demander s'il ne serait pas plus simple de prétendre que rien ne s'était passé et que rien n'avait changé, mais malgré toute l'envie qu'elle avait, elle ne pouvait accepter de personne ce qu'elle n'acceptait pas d'elle-même.

Cette nuit-là, pourtant, semblait ouvrir à de nouvelles perspectives. Il ne s'agissait pas de se mentir à soi et à l'autre, de prétendre oublier quelque chose qui avait traumatisé pendant des mois. Il s'agissait de reconstruire progressivement ce qui avait été entaché. Il s'agissait de prendre note, de s'expliquer, et de continuer.

On disait que la nuit portait conseil, mais la nuit donnait surtout un nouvel éclairage à tout ce qui nous paraissait pourtant si sûr pendant la journée. Peut-être que c'était le monde qui dormait ou le fait qu'il semble si apaisé; peut-être que c'était la quiétude des astres qui dominaient le ciel; peut-être que c'était le silence qui faisait converger toutes les pensées qui se laissaient happer trop facilement pendant le jour. Sans doute était-ce l'ensemble de tout ce qui faisait de la nuit ce qu'elle était, mais il y avait quelque chose dans ces quelques heures qui les rendaient affreusement touchantes et révélatrices. Murphy les attendait parfois, les redoutait souvent. Elles forçaient à faire face à ce qui nous manquait pendant la journée, mais aussi à ce qu'on était soulagé de pouvoir laisser de côté pendant la journée. Cette nuit-là ne dérogeait pas à la règle. Elle apaisait les cœurs et rendait les réalités du jour un peu moins lourdes, prêtes à être discutées, enfin, et les choses que l'on gardait sous silence trouvaient enfin le chemin des mots.

« C'est leur fierté à eux qu'ils voulaient épargner. Se donner l'impression qu'ils pouvaient changer quelqu'un pour en faire ce qu'ils en voulaient. » Elle soutint le regard de son amie quelques secondes, attristée de réaliser ce qu'avait subi au nom de ce qui la rendait unique. On acceptait quelqu'un ou on passait son chemin. De réaliser que parmi les tâches assignées à un métier on retrouve celle de changer quelqu'un pour le faire rentrer dans les moules plus classiques de ce que l'on attendait lui colla un frisson. Murphy demeura silencieuse quelques instants, assimilant encore ce que venait de lui confesser Tennessee. « Je te demande pas de plier à ce que je veux, tu sais. » Ce serait hypocrite de sa part de tenir deux discours. Ce qu'elle attendait d'un ami, c'était cet accord entre les idées et les principes. Elle ne prônait pas la vérité à tout prix et sa façon de considérer les choses était beaucoup plus nuancée que ça. Mentir pouvait s'avérer utile ou plus ou moins grave. Sans le mensonge, la rébellion n'aurait même pas existé. Sans le mensonge, Murphy n'aurait pas été bercée de ce déni pendant des mois avant de réaliser que Faust ne reviendrait jamais. Le mensonge pouvait être utile au sens le plus concret comme au sens le plus émotionnel. Mais il y avait des mensonges qui ne valaient jamais la peine et détruisaient plus qu'ils ne préservaient. Celui de Devos était de ceux-là. Il avait été violent et dur à encaisser, parce que Murphy avait alors réalisé que cet accord des idées et principes n'existait pas avec lui. Et Tennessee, oh, Tennessee...

Tennessee comprenait. Elle comprenait les nuances et Murphy sentait quelques regrets poindre au creux de son estomac. Il aurait suffi de s'asseoir plus tôt sous la Lune pour établir à nouveau le dialogue, et elle n'aurait pas eu à supporter tous ces mois sans elle. « C'est vrai que j'ai même pas eu besoin de te cuisiner pour que tu lâches celui de Devos... » la taquina-t-elle avec un sourire en coin et un malicieux coup d'épaule. Non, les secrets ne faisaient pas partie des habitudes et des principes de Tennessee. C'était peut-être aussi pour ça que le choc avait été si rude : il était arrivé de nulle part. Et la gorge se noua : le prénom de Faust demeurait en suspens, silencieux, mais pesait sur les deux paires d'épaules que la nuit dominait. « Tristam ? » fut celui qu'elle choisit de répéter, un brin curieuse mais aussi furieusement déterminée à ne pas laisser le fantôme de Faust prendre le dessus. « J'espère », conclut-elle avec un sourire conciliant, convaincue que Tennessee n'était pas prête à revivre l'expérience. Un sourire fugace se dessina sur ses lèvres lorsque la mécanicienne démontra encore de toute l'affection qu'elle avait pour elle. Murphy n'avait pas besoin de ça. Elle n'en avait pas besoin mais ça rendait la nuit encore plus magique et apaisante. Toutes choses-là, elles ne se les diraient probablement plus pendant un bon moment, aussi pudiques qu'elles l'étaient. Mais pour la première fois depuis trop longtemps, Murphy se sentait aimée et elle avait presque oublié le sentiment. Le retrouver procurait un bonheur comme il n'en existait que peu. Etre apprécié et estimé pour ce que l'on est, sans aucun détour. « Je le ferais aussi si ça pouvait te sauver » se contenta-t-elle de répondre d'une petite voix émue. Oui, elles étaient bien sur la même longueur d'ondes.

Mais les aveux ne s'arrêtaient pas encore. Il y avait tant de choses qui n'avaient jamais été dites qu'elles se précipitaient toutes sur cette nuit. Peut-être qu'elle se démarquait des autres, cette nuit-là, et il suffisait d'observer les humeurs du ciel pour s'en persuader. « Je sais » souffla Murphy. Ça n'avait jamais été remis en question. Même s'il leur avait fallu une épreuve commune et de longues années pour les réunir, les deux femmes n'avaient jamais cherché à se changer. Elles s'étaient trouvées par hasard et s'étaient liées par hasard. Elles s'étaient acceptées sans prendre le temps de le réaliser, s'étaient apprivoisées sans remettre en cause qui elles étaient, l'une et l'autre, aussi différentes puissent-elles être. Elles s'étaient comprises, d'abord pour les pires raisons, et ensuite parce que c'était comme ça, parce que leurs chemins s'étaient rencontrés et semblaient depuis lors liés par une force magnétique. Peu importaient ce qui les différenciait, parce qu'il y avait beaucoup plus qui les réunissait.

Avec un petit rire fatigué, Murphy passa la main dans ses cheveux. Tennessee savait-elle seulement que Faust avait été la seule responsable de sa chevelure pendant des années ? Savait-elle que c'était à elle qu'elle avait dû la coupe courte dont elle avait été parée des mois durant, à l'atterrissage de l'Odyssée ? Elle évitait de se frotter à l'exercice, depuis la disparition de Faust. Elle l'avait fait une ou deux fois par nécessite, tremblante à l'idée de se louper et à celle de ne pas avoir son amie pour se moquer d'elle. « Merci. Alors le jour où je me louperai, t'auras le droit de me mentir », insista-t-elle avec un petit sourire.

La Lune continuait de se dégager des épais nuages qui avaient barrés la route de ses rayons pendant la première partie de la nuit. Murphy se demandait quand son antagoniste prendrait possession des cieux. Elle avait perdu le fil du temps. Elle ne savait pas pendant combien d'heures elle avait cherché le sommeil, là-haut, avant que Tennessee n'arrive. Elle ne savait pas non plus combien de temps elles avaient pesté toutes les deux, au milieu du dortoir, ou depuis quand elles étaient installés ici, dans le froid de début d'hiver. C'était pire encore que les longues nuits de garde qu'elle passait toute seule. Elle n'avait aucun repère auquel accrocher sa temporalité. Mais force était d'admettre qu'elle n'en avait rien à faire. Ne comptaient que l'instant, cette petite parenthèse échappée du temps, l'astre sélène qui faisait danser leurs rayons sur leurs visages fatigués, Antarès qui, calme, assistait à la réunion et posait régulièrement sur elles un regard bienveillant et rassuré. « Tristam... » raisonna le prénom de la voix rocailleuse de la militaire. « Tu m'as jamais trop parlé de toi, tu sais. » A force de faire le deuil de Faust, à force de se soutenir pour le présenter et d'organiser un avenir rebelle, elles en avaient laissé de côté tout ce qu'elles avaient été avant. Et Tennessee releva elle-même cette différence, tout ce qui faisait que leur amitié s'était bâtie d'une rupture entre leur vie d'autrefois, parmi les étoiles, et celle d'aujourd'hui, où tout était à rêver et à reconstruire. « Il faut rien regretter. C'est le hasard qui dirige les gens les uns vers les autres. » Elle haussa les épaules avec un petit sourire réconfortant. On ne pouvait pas réécrire que le passé. On ne pouvait pas s'imaginer de quoi d'autre il aurait pu être fait si telle ou telle variable avait été différente. Le présent et l'avenir étaient les seules temporalités sur lesquelles on possédait un semblant de pouvoir.

Le silence s'abattit à nouveau sur le duo alors qu'Antarès couinait doucement, assis à leurs pieds, fatigué. La lune ne cessait de disparaître et de réapparaître derrière les nuages qui avançaient à une vitesse affolante. Les inquiétudes de Murphy se réveillaient à nouveau et elle pensait à tout ce qu'elle avait pris en plein visage en ce jour de juillet, au fond du bunker. La nuit clarifiait les choses mais tout ce dont elle s'était convaincue au fil des mois continuait à encrasser son système. Chris avait fait d'elle une folle furieuse, une gamine irresponsable, et Murphy était persuadée qu'il n'était plus le seul à la considérer de la sorte. Tennessee lui dévoilait peu à peu que ce n'était pas son cas, mais il lui faudrait sans doute beaucoup plus de temps pour oublier ce qu'elle s'était ancré dans le crâne. Un petit rire lui échappa lorsque son amie avoua n'avoir aucun atome crochu avec Chris. Ces quelques mots suffirent à la soulager d'un peu du poids de l'inquiétude. Elle avait besoin, sans doute, de savoir que Tennessee n'approuvait pas ses façons de faire, et que si les opinions de Chris et les siennes s'opposaient à nouveau, ce serait vers elle que celles de Tennessee pencheraient. Murphy se demandait encore parfois ce qu'elle avait pu lui trouver, autrefois, et qu'est-ce qui l'avait motivée à chaque fois qu'elle appris sa défense face à d'autres, à commencer par Richard. « Je sais pas ce que c'est, cet état » lâcha-t-elle avec plus de froideur que ce qu'elle aurait aimé. Elle n'était pas destinée à Tennessee, mais faisait écho à tous les souvenirs qui lui revenaient. Chris l'avait rejetée sans aucun semblant de considération, de respect ou d'estime. Elle se moquait bien de savoir ce que la solitude avait pu lui faire. La solitude, il l'avait cherchée autant qu'il l'avait méritée. Personne d'autre, à commencer par ceux qui avaient voulu se montrer présents, n'avaient à en payer le prix. « Devos est le seul responsable » vociféra-t-elle, « t'as gardé le secret parce qu'il te l'a demandé. On a même vu à quel point t'avais réussi à le garder... » Une esquisse de sourire forcé aéra son expression furibonde alors qu'elle essayait de laisser Devos et Chris de côté pour la nuit, mais il n'y avait rien à faire. Ils étaient le cœur du problème et elles y reviendraient tôt ou tard. « Chris croit qu'il est le héros de la vie de tout le monde et qu'on est tous figurants », siffla-t-elle en sentant son sang commencer à bouillir dans ses veines. Elle jouait nerveusement avec ses doigts, tentant de contenir le flot de haine que le simple nom du militaire faisait monter. « Quant à Devos, s'il t'en veut, c'est qu'il est encore plus loin de l'idée que je me faisais de lui. Il t'a demandé de faire un truc avec lequel t'étais pas à l'aise. Ce serait plutôt à toi de lui en vouloir. » Elle soupira, nerveuse, hochant la tête en espérant se remettre les idées en place. « Le mouvement, tout ça... c'est mort. Ils ont tout tué avec leurs merdes. J'espère qu'ils sont contents et que leurs egos de mâles alpha aussi. » Une sensation froide sur le sommet de son crâne la fit frissonner une seconde. Le regard plissé, le nez en l'air, elle essayait de distinguer les gouttes d'eau qui tombaient du ciel. Au lieu de lourdes gouttes, elle trouva quelques cristaux légers qui glissaient contre l'air, à leur rythme, avant de venir terminer leur brève existence en fondant au sol ou sur la peau des trois seuls êtres vivants encore debout autour du bâtiment. Elle leva ses doigts vers son regard pour détailler un des flocons qui était venu s'écraser sur son index. « Je suppose... C'est pas un peu tôt ? » Son regard chercha brusquement celui de Tennessee et, subitement inquiète, revivifiée par ce dont elle venait de se rappeler, elle posa ses deux mains sur la serviette que la mécanicienne avait posée sur ses cheveux pour les frotter et tenter de les sécher. « On devrait pas traîner. Tu devrais te sécher près d'un feu avant d'attraper la mort. »

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ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ


Sujet: Re: And I Won't Back Down ...
Jeu 24 Mai - 22:35

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Murphy & Ten  / Guest : Antarès @Smog @Rain #Halloween



A la différence de la jeune femme, à ses côtés, dont la douce clarté de la lune illuminait la chevelure brune, un peu ébouriffée par cette nuit agitée, Tennessee, telle une plante isolée dans le désert poussa toute seule au milieu du peuple de L'Odyssée. Sans tuteur pour la redresser, ses racines plongèrent au plus profond du terreau pour y trouver la nourriture intellectuelle qui lui était nécessaire pour survivre dans un monde qui lui ressemblait si peu.

Jeune bourgeon résistant, dure, intransigeant, la collision avec Faust fut étrange, inusitée et Hautement singulière pour ceux qui les virent devenir amies. Sans s'en douter la mécanicienne s'assouplie au contact de la blonde, tout simplement parce qu'elle fut une des première à pénétrer dans son petit cercle intime très restreint. Les seules paroles, sages ou folles que la bouclée prenait en compte lui parvenait de ce petit lieu chaud et intime au fond de son cœur. Tout petit, minuscule, mais si brûlant.

Néanmoins elle n'éprouvait nul besoin de fréquenter sans cesse ceux qui se rapprochaient d'elle, toujours ils demeuraient dans sa tête, comme une présence constante. Et elle ne faisait pas sienne la si commune expression "tout ami de mon ami est mon ami". Non ça ne fonctionnait pas comme ça pour la mécanicienne, qui manquait cruellement d'empathie pour la plupart de ceux qu'elle croisait. Alors aussi incroyable que cela pu paraître Murphy ne commença d'exister qu'à la disparition de leur amie commune.


Pas un instant il ne serait venu à l'esprit de Tennessee que Murphy eut jalousé le lien qui l'unissait à leur amie commune. Parce que tout ce qui l'intéressait demeurait les interactions qu'elle et la blonde échangeaient. Le reste ne la regardait pas, elle ne s'en mêlait, ça  la laissait de marbre. Sauf si Faut éprouvait le besoin de se confier, alors elle écoutait religieusement, mais elle ne se souvenait d'aucune plainte de la blonde envers la garde.

Habituée à vivre dans une solitude dressée par sa propre perspective, la disparition des autres ne l'émouvait pas, ou elle ne possédait pas encore le maturité pour affronter cette sensation qui vous grignotait le ventre. Ses outils, toute la robotique dans laquelle elle se mouvait suffisait à compenser n'importe quel manque. Ainsi que le rapprochement avec diverses personnes comme Devos, ( [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ) Tristam ou Isaiah ( [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ).

Seulement ce pan de vie s'effondra en même temps que le crash du vaisseau, la mort de son père, l'absence d'électricité mais aussi l'apparition d'une faune et d'une flore particulièrement hypnotisantes. Son esprit d'aventurière se réveilla tout en perdant rapidement trois êtres importants de sa vie. Elle se retrouvait dépourvue devant ces événements, incapable de les analyser, La mécanicienne portait son chagrin en bandoulière comme elle eut transbahuté une simple sacoche avec l'espoir de le déposer quelques part en chemin ou il serait à l'abri des intempéries.


Quand elle se montrait prête à tout accepter de ceux qu'elle aimait sans aucune condition, des mauvaises langues se déliaient prétendant qu'elle ne revendiquait aucune fierté. Alors que non, il n'existait pas une créature aussi orgueilleuse que Tennessee, la reddition elle ne l'acceptait jamais, et elle tolérait très mal que l'on puisse la remettre en question. Surtout pour ce qu'elle eut nommé la simple populace, la foule grise et sans distinction. Les autres anonymes dont elle ne se souciait pas de retenir le prénom, alors que sa mémoire dépassait de loin toutes les petites têtes pensantes des Odysséens. Ou presque.

Mais comme l'orthographe, sans aucune notion de logique ou de justice, il existait des exceptions à cette règle. Comme Murphy qui ne perdrait jamais Tennessee, ce que visiblement elle ne soupçonnait pas une seconde. Aussi la garde pourrait-elle repousser la mécanicienne, la bouder, reboucher incessamment les trous que la bouclée creusait entre le mur mitoyen de leurs futures maisons. Jamais, non jamais la mécanicienne ne le lui reprocherait, et toujours, oui, toujours elle l'accueillerait les bras ouverts.

Et ça ne la révolterait pas, parce que si elle ne comprenait pas le verbe aimer Tennessee, elle savait pourtant le pratiquer mieux que personne. Il ne se révélait pas toujours nécessaire de réciter une définition pour savoir l'appliquer. Et celle-ci, assisse sur une surface détrempée, résolue à affronter la froidure de cette virée nocturne envers et contre tout, pour s'assurer que sa camarade se portait bien, le prouvait parfaitement sans en retirer une seule seconde.


Elle, Tennessee, Ten, qui ne se s'épanchait jamais de tous les manèges qui tournaient dans sa tête, parce que forcément ils s'arrêteraient un jour ou l'autre. La vieille machinerie finirait par rouiller, coincer, et ça se transformerait en un arrêt sur image qui se couvrirait de poussière, et terminerait ranger dans un coin tout sombre.

A part dans les oreilles attentives d'Antarès elle ne se déversait jamais facilement. Mais lui il se contentait de la regarder avec son regard compréhensif alors que sa truffe fouillait la paume de ses mains pour y trouver une bonne pomme. Pas de jugement. Rien. Et ça se terminait comme un jeu, bien plus agréable qu'avec n'importe quel humain. Ou presque.

Pour Murphy, elle désirait faire cet effort, qui finalement ne s'en révélait pas vraiment un, surtout si ça permettait de clarifier la brouillard qui se dressait entre elles
« Oui » Acquiesça-t-elle devant la version de Murphy « Tu as raison, ils se sont plaints parce qu'ils estimaient que je les insultais, que je ne les respectais pas. Mais je sais moi que c'était tout simplement parce qu'ils ne supportaient pas d'entendre la vérité »

Et pourtant, la voilà fourvoyée dans une histoire ou on lui reprochait d'avoir menti. Finalement, la société était parvenue à la modeler un peu selon l'image qu'elle imposait de suivre pour que  tous les égos fussent épargnés, du moins ceux qui comptaient « Mais rassure toi, ici je suis libre, la personne qui m'était assignée n'a pas survécu, et j'ai fait en sorte d'échapper à toute cette paperasserie »

Et puis les têtes pensantes de leurs groupes se laissaient envahir pas tant de soucis divers qu'elle se vit libre pour la toute première fois de sa vie. Un enchantement, un bonheur, une découverte magnifique. Tennessee elle s'adaptait de manière particulièrement impressionnante à cette nouvelle page de leur existence

« Murphy » Murmura-t-elle dans la condensation de sa respiration « Je te promet que je ne plie pas, je le fais toujours avec plaisir pour tout ce qui te concerne, tu le sais bien que ... malgré toi je ne peux pas  résister aux pleurs d'Antarès de l'autre côté du mur » Bien qu'elle s'ingénia à créer le trou pendant les absences de la garde pour ne pas se faire contrecarrer pendant son action, la bouclée n'eut pas nié  son œuvre, si son amie le lui eut demandé. Ce qui n'arriva jamais puisque jusqu'à présent elles ne s'adressaient plus la parole « Tu vois je suis toujours la même  » Rajouta-t-elle en secouant sa crinière statufiée par le gel, ce qui lui donnait la bizarre impression d'une couronne posée sur son crâne. Un peu douloureux pour le cuir chevelu quand-même

« En mieux »
Plaisanta-t-elle avec un air particulièrement sérieux. Une pincée de sourire ça ne pouvait pas donner des maux de cœur au milieu de tant d'émotions qui voyageaient entre les deux demoiselles. Comme des funambules sur des cordes invisibles menaçant de se rompre à tout moment.

L'essuie posé sur les épaules de la mécanicienne glissa, imitant un mouchoir léger et élégant, il atterri sur le museau du canidé qui l'attrapa avec dextérité pour le mordiller avec une grande conviction.



Cette obscurité envahit par l'astre lunaire ne pénétrait pas aussi complètement Tennessee que la température glaciale qui les entouraient. Elle savait. Oui, à force d'accorder cette attention si spéciale à ceux qui logeaient dans son âme que les nuances parsemaient leurs jours et leurs nuit. Oh, elle ne le décodait pas toujours très bien, ni même du tout mais elle "s'entrainait" à les assimiler afin de ne pas blesser les êtres comme Murphy, ou Isaiah, Ou Gen ( [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ), ou Sam ( @"Sam Collins") ou même Devos. Ca ne fonctionnait pas parfaitement, la preuve devant-elle, Et comme la machine à remonter le temps ne faisait pas partie de leur catalogue, il faudrait bien amoindrir la peine dans le futur.

Le plus vite possible. Au rythme de Murphy
 « En réalité je t'ai mise sur la voie, un secret me suffit, je parle de notre groupe et du lieu ... tu sais, alors un en plus, non ce n’est vraiment pas possible. Mais j'ai bien compris ... Même pas un, juré, craché  » Une méthode un peu gamine pour convaincre la garde mais l seule qui lui traversait l'esprit pour établir un code entre elles à ce sujet précis  

« Oh » S'exclama soudainement un peu trop haut la jeune femme  « Je ne voudrais pas que tu mettes ta vie ou ta réputation en danger pour moi, tu es bien trop importante ici, tu nous protèges, je ... je ne sais pas si je ... si Antarès le supporterait et je pourrais jamais le consoler sans toi ! » Affirma-t-elle avec conviction tout en tâchant de ne pas trop faire preuve de sensiblerie ! Décidément, cette soirée la déroutait beaucoup, beaucoup, trop.

Un sourire timide éclaira  les prunelles de Tennessee, à l'idée que Murphy puisse se  rater un jour. Côté coiffure

« Oh tu sais, je n'ai jamais considéré que ma vie pouvait intéresser qui que ce soit. Ce n’est pas que je veux en faire un mystère mais ... » Elle ne réalisait pas, ce qui dans sa caboche, à part ses connaissance, dans tous les éléments de son histoire attirerait l'oreille des autres. Il lui sembla alors plus judicieux de proposer ce qui intriguait déjà sa voisine « Si tu veux, un jour ou tu t'ennuieras, tu viendras prêt de moi, et tu me demanderas de te conter l'histoire de Tristam. Ça te donnera un petit éclairage de ma vie »

Ou alors cela l'endormirait comme ces histoires de princes, d'ogres et de sorcières qui apaisaient les enfants à qui le sommeil se refusait. Légèrement soucieuse, elle tirailla discrètement une de ses boucles complètement frigorifiée, qui se transformait presque en stalactite. Pourvu qu'en se réchauffant à l'intérieur toute sa chevelure ne se décolla pas de son crâne la laissant chauve pour quelques mois au plus mauvais moment. Ses pensées s'emballaient vraiment beaucoup trop sous l'épuisement, elle se devait de rétablir cette panique inattendue et bien encombrante « Alors je trouve que notre hasard à vraiment manigancé des très jolies choses et je le remercie  » Termina-t-elle en adressant un signe à Madame la lune planquée dans les étoiles, qui les observait du haut de son perchoir céleste. Sur le bout de nez elle ressenti des petits picotements qui la chatouillèrent si fort qu'elle éternua à plusieurs reprises.

Ce qui l'empêcha d'entendre la phrase à propos de l'état de Chris. Ou la froideur de la voix de Murphy qui se mettait en parallèle avec la température. Mais ce qu'elle capta par la suite, la désola un peu parce que dans le souvenir de Murphy, pour elle, il apparaissait clairement qu'elle demeurait convaincu que Devos était le seul fauteur  « Non non Murphy, il m'a demandé ce qu'il devait faire, c'est moi qui ait eu peur que ça retombe sur lui alors j'ai dit de garder le secret. Et puis je l'ai rompu. Dans les deux cas je suis fautive » Décemment elle ne renverrait pas le problème sur le dos du génie, De plus son amie venait de lui transmettre par A plus B que plus jamais un mensonge ne se glisserait entre elles deux sous peine de ... - Pendaison -  

« La vérité il voulait vous la dire, je l'ai empêché, tu dois ... La dessus il ne faut pas lui en vouloir. Mais lui ... Je peux comprend qu'il soit fâché contre moi  » Les battements de son cœur se glacèrent à cette pensée, Mordant affreusement sa poitrine si bien qu'elle y porta sa main  

« Mort ? » Une petite moue se dessina sur les lèvres de la mécanicienne, alors qu'elle construisait sa phrase pour suggérer qu'une nouvelle réunion serait salutaire pour eux tous, Murphy surprise par les flocons de neiges doutait de leur réalité « Oh si, oh si, je crois que c'est la lune qui nous offre un joli cadeau » Et ignorant le bon conseil de son amie « Admirons les encore un peu  »

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