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˜˜˜˜˜˜ we're building it up to break it back down + kwanjai
maybe life should be about more than just surviving


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18/12/2016 fio 667 Emily Bador vinylles idylles (ava) + crack in time (signa) + r.meisel (text) chaman (savoir, éloquence) 128
forged from fire


Sujet: we're building it up to break it back down + kwanjai
Dim 15 Oct - 17:09

Tu n’es pas vraiment nomade mais ces derniers temps, entre tes allées et venues chez les Pikuni tu te poserais presque la question. Même si les souvenirs de ton dernier séjour chez eux sont mêlés d’amertume et rancœur à l’égard de cette peste d’Alysha, tu finis toujours par y revenir comme si tes pieds t’y ramenaient inconsciemment. Serait-ce un coup des esprits qui voudraient te faire passer un message implicite ? T’as beau regardé partout autour de toi au fur et à mesure que tu avances dans la forêt, tu n’aperçois nulle part le pelage doré de ta lionne pour te donner ne serait-ce qu’un indice. Tu ne vois que l’étendue verte de la forêt et les arbres, bien moins hauts et fournis que ceux que tu connais, faisant place au paysage traditionnel marquant l’arrivée chez les Pikunis. Aucune trace de félin.

Alors tu continues ta route, le vent fouettant ton visage et balayant tes longs cheveux bruns, les lanières de cuir de ton sac appuyant sur tes frêles épaules. T’es pas très menue Isha, pas très solide non plus, y’a que ton esprit qui t’empêche de t’envoler à la moindre bourrasque. Sur les territoires alliés tu n’as pas grand-chose à craindre, mais ton expérience t’a appris à te méfier des frontières implicites et à ne pas les franchir… La sale cicatrice qui te barre à présent le dos te le rappelle un peu plus tous les jours. Impulsive mais pas suicidaire.

Et puis un craquement retentit et tu te figes, les flashbacks de tes précédentes mésaventures revenant brusquement à la surface. Malgré toi ton rythme cardiaque s’accélère et tu parcoures le lieu d’un regard anxieux, bandant ton arc tout en sachant pertinemment que ce n’est pas cette arme qui te défendra si un étranger venait t’attaquer. Une simple estimation t’indique que tu n’es pas très loin du village Pikuni à présent – peut-être ne s’agit-il que d’un chasseur ou un éclaireur de passage, rien qui ne vaudrait de t’inquiéter autant. Alors lentement tu abaisses ton arme et tu te remets à marcher, t’écartant du chemin familier pour te cacher parmi les arbres et les plantes, la nature t’entourant comme un bouclier protecteur.

Et à quoi t’attendais-tu à trouver à part d’autres arbres et d’autres plantes ? Tout sauf ce qui te saute aux yeux comme une activité humaine, l’esquisse d’une plantation que tu aurais presque piétinée si tu n’avais pas vu la silhouette quelques mètres devant toi. Pas besoin d’être un génie pour faire le lien entre les deux. Tu plisses les yeux, un instant surprise, avant de tomber des nues en reconnaissant le visage familier de Kwanjai. Et c’est comme si ton cerveau arrêtait de fonctionner, comme si tout se figeait instantanément. Ta bouche s’ouvre et tu ne contrôles pas ce qui en sort. Tes mots dépassent toujours ta pensée avec elle.

« Qu’est-ce que tu fabriques ici ? C’est quoi ce bordel ? » Tu fais un pas, bien moins méticuleuse qu’il faudrait. Alors seulement tu te questionnes sur la nature de cette plantation. Pourquoi à l’écart du champ, là où le reste des Pikunis cultivent à longueur d’années ? Pourquoi ce placement précis, presque à l’abri des regards ? Tu baisses les yeux et observes les plantes sous la semelle de ta chaussure et tout autour, jusqu’à ce que ça te saute aux yeux. T’aurais presque voulu croire que tu te trompais.

« J’te donne deux minutes pour t’expliquer. Au-delà, j’cours hurler dans ton village à propos tout ce que je viens de voir. »

Peut-être que Kwanjai est ton amie. Tu pourrais même répondre à l’affirmative si votre impulsivité partagée se mettait toujours entre vous et gâcher toujours tout. Faute de quoi, vous étiez dans cette relation étrange, à l’équilibre toujours foireux, passant de la passion la plus fusionnelle à la rancune extrême. Pas d’entre-deux, pas de concession, tout noir ou tout blanc. Actuellement, c’est plutôt tout noir. Tu les connais ces plantes, tu les connais même très bien. Ce sont les mêmes que les chamans se passent en secret, échangés contre quelques secrets à des druides précautionneux, afin d’alimenter les échanges avec le monde des esprits. Les quelques fois où tu les as pris tu as eu les plus belles visions qu’il soit, les plus grandes révélations aussi. Et pour toi tu peux très bien le tolérer, c’est ton rôle après tout de guider la tribu grâce à tes visions… Mais Kwanjai, il en est hors de question. Tu n’as même pas envie d’entendre ce qu’elle a à te répondre pour se défendre. Tout sera juste très noir aujourd’hui.
 

we're building it up to break it back down + kwanjai

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