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˜˜˜˜˜˜Long way from home (Nadja)
maybe life should be about more than just surviving

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Sujet: Re: Long way from home (Nadja)
Sam 3 Fév - 11:45

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long way from
home


Nadja & Murphy
I'm a long way from home and so all alone. Homesick like I never thought I'd be. I'm a long way from home, everything is wrong.
13 Octobre 2117 ☾ L’appréhension de la rencontre qui disparaît d’abord. L’inquiétude des résultats qu’elle espère qui s'amenuise, ensuite. L’angoisse générale qui s’évapore à mesure que le soulagement la gagne. Les conclusions qu’elle tire de son examen rudimentaire sont rassurantes. La chirurgienne ne peut retenir un sourire électrique en pensant à la réaction de Murphy quand elle lui annoncera la bonne nouvelle. Mais la médecin ne peut se résoudre à troubler le sommeil si bien engagé de son amie. Du moins pas maintenant. Pas immédiatement. Lui offrant ainsi quelques heures d’un repos bien mérité, le temps pour elle de vaquer à ses occupations avant de se prendre un « je te l’avais dit » en pleine figure. Elle n’apprécie pas ce genre de leçons idiotes. Pas d’habitude. Cette fois c’est différent. Cette fois, il s’agit de la santé de sa plus chère amie. Cette fois elle s’en fiche. Elle pourra lui répéter cent fois qu’elle en rira davantage. Quand elle s’en retourne finalement à l’infirmerie, et se décide à tirer Murphy de sa torpeur, ça lui fait presque mal aux tripes. Elles espère tout de même que l’ancienne militaire aura eu le temps de rattraper quelques précieuses heures de sommeil, de celles qui lui manquaient.

Elle sourit à la première réflexion de la brune. Peu étonnée par son automatisme. En prenant place au pied du lit de fortune, Nadja soupire un instant. Se préparant à délivrer son verdict. « - On est toujours aujourd’hui, je t’ai laissée dormir un peu pour atténuer les horribles valises que t’as sous les yeux » Échange de politesses qu’elle réapprend à apprécier. Ça redevient presque naturel, ce petit jeu autrefois si familier. Elle en oublierait presque la raison pour laquelle elle prolonge la conversation. Oubli très vite réparé. « - Tu sais qu’au fond je ne peux pas vivre sans toi, Murphy Cavendish », plaisante-t-elle une seconde en évitant le regard pointilleux de la lieutenant. Elle rit, juste un instant, avant de replonger ses prunelles sombres dans celles de son amie. Décelant son inquiétude nouvelle face à cette situation particulière. « - Tu ne vas pas mourir non. Tes analyses sont bonnes, je n’ai rien trouvé d’anormal dans ton échantillon de sang » La ton employé est celui du médecin annonçant son diagnostique à un patient. Elle retrouve un peu de son sérieux en essayant de se faire la plus claire possible, pour qu’aucun doute ne persiste.

« - Je t’autorise à me le dire, une fois et une seule » Rictus apparu au coin des lèvres, la doctoresse croise les bras sur son abdomen, retrouvant cet air taquin qui caractérise leur entrevue. « - Je sais que t’en meurs d’envie, alors vas-y fais-toi plaisir. Dis-le » Elle en rajoute volontairement des tonnes, pour donner un caractère plus léger à l’annonce, puisqu’au final, rien de grave n’est à signaler. Rien d’important n’est à déplorer. Pas cette fois, du moins. « - Dis-le, que tu avais raison depuis le début » Mine boudeuse, faussement effarouchée. Elle se passe une main dans les cheveux, comme pour dégager les traits tirés de son visage et laisser apparaître sa vexation feinte. Elle s’avachit sur le matelas, se détend après avoir bien trop éprouvé ses nerfs. « - Quelque chose me dit que tu vas me rappeler cette histoire pendant longtemps. J’aurais sûrement mieux fait de mentir pour que tu me fiches la paix », articule-t-elle dans un souffle en taquinant la patiente du regard. Elle n’en pense pas un mot. Bien évidemment. N’aurait jamais osé. La scientifique hausse un sourcil, ne quitte pas Murphy du regard en s’imaginant déjà toutes les réflexions à laquelle elle s’expose, volontairement.
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Sujet: Re: Long way from home (Nadja)
Dim 4 Fév - 18:52

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❝ Long way from home ❞
Murphy Cavendish & Nadja Wolkoff
(13 octobre 2117)


Le réveil était aussi long que le sommeil avait été nécessaire, lourd, dénué de tout rêve. Les paupières s'entrouvrirent doucement pour se faire à la lumière de milieu de journée qui se glissait à l'intérieur de la grande infimermie, même par-delà les rideaux qu'elle avait fermés pour s'offrir un peu d'intimité. Elle se sentait un peu coupable de s'être laissée emporter par l'assoupissement aussi facilement et ce qu'elle devinait longtemps, trop longtemps. Elle n'avait plus l'habitude d'autant de repos, se sentait coupable d'une quiétude qu'elle ne méritait pas ou pour laquelle elle n'avait pas le temps. Trop dormir, sur cette Terre, c'était perdre un temps qui leur était précieux à tous. Lorsqu'elle n'était pas de garde, elle crapahutait encore, préférait se sentir utile à quelque exploration plutôt que contrainte à un amorphisme qui ne lui ressemblait pas. Et lorsqu'elle arrivait à libérer quelques heures ou jours de son planning, elle quittait le village pour découvrir par elle-même des contrées plus lointaines encore, des existences étrangères. C'était peut-être une erreur, ça créait encore plus de situations sur lesquelles elle n'avait aucun contrôle; mais si vous demandiez à Murphy, en ce jour précis, alors qu'elle se réveillait au fond de l'infirmerie, à quand remontait la dernière fois qu'elle avait dormi d'un sommeil si reposant, elle n'aurait d'autre choix que de confesser, même dans un souffle et à demi-mots, qu'il s'agissait de la dernière qu'elle avait passée en une compagnie à laquelle elle n'avait aujourd'hui plus le droit.

Encore à demi-endormie, sous ses paupières qui permettaient encore à ses rétines de s'épargner la lumière du jour, elle fusilla Nadja du regard. « Mais... maintenant, elles vont mieux, alors ? C'est plus que des valisettes ? Des petits sacs ? » Elle se frotta les yeux pour les forcer à se ré-acclimater à l'éveil. La forme au pieds de son lit se dessinait de plus en plus nettement, révélait doucement la Nadja présagée par sa voix -et son rire, son petit rire qui s'éleva un instant dans le silence de l'infirmerie. « Je sais bien, c'est un mal qui attaque tous ceux qui font ma rencontre... » Un petit sourire discret, taquin, se dessina sur son visage fatigué. Elle glissa l'oreiller dans son dos pour se caler un peu plus confortablement contre le mur. Son regard croisa celui, clair, de la chirurgienne et ne s'en détacha pas, attendant avec peu de patience et quelque inquiétude la réponse qu'elle s'apprêtait à donner. Peut-être que les nouvelles allaient être plus difficiles à encaisser que c'est qu'elle avait affirmé tout du long et que ce à quoi elle s'attendait. Elle n'avait pas imaginé une seule seconde avant maintenant que ça puisse être le cas, mais une inquiétude incontrôlable la crispa quelques secondes, achevant violemment de l'éveiller. C'est seulement lorsque la sentence de Nadja tomba, toute douce, qu'elle se surprit à reprendre son souffle. Elle allait vivre. Le soulagement allégea brusquement ses épaules et la laissa sonnée quelques secondes, l'empêchant de répondre aussitôt quelque chose à son amie, mais celle-ci semblait s'impatienter, inquiète de ne pas encore avoir reçu cette remarque qu'elle attendait tant. Les prunelles dorées de Murphy suivaient le regard du médecin, ses gestes nerveux, détaillaient son sourire taquin et cet air effarouché qu'elle retrouvait après tant d'années mais qui ne semblait pas avoir changé d'un pouce. Elle la laissait pester toute seule, un peu, s'amusait de son impatience et des réactions qu'elle initiait.

Le sourire de la patrouilleuse s'élargit progressivement jusqu'à ce que la chirurgienne s'étale un peu plus sur le lit, s'avachissant sur ses pieds. Taquine, elle fit danser ses orteils sous les couvertures et haussa les sourcils, provocatrice. « Tu me connais bien... » commença-t-elle en allant dans le sens de la brune. « Mais tu l'aurais pas fait, tu m'aurais pas menti. Il y a sûrement un code de déontologie dans ton métier, et tu l'aurais pas brisé, même pour t'éviter tout ce qui va suivre. » Elle se pencha au-dessus de ses jambes, par-dessus les couvertures, pour s'approcher du médecin. « Je te l'avais bien dit... » souffla-t-elle doucement, d'abord, malicieuse, avant de se redresser et de se mettre à gigoter dans ce qu'elle assimilait à une danse de la victoire, les bras dressés autour de son visage. « Je te l'avais dit, je te l'avais dit, je te l'avais dit... ! » Elle glissa brusquement ses jambes de sous les draps et de la Nadja affalée et sauta hors du lit pour continuer sa danse victorieuse, sans se taire, sa voix rauque portant peut-être un peu trop loin pour les lieux, et attrapa les mains de Nadja pour la tirer à son tour et l'inviter à la rejoindre. « Je sais que t'aimes avoir raison, mais danse au moins avec moi le fait que je vais pouvoir encore t'emmerder un moment ! » Espiègle, elle haussait des sourcils, tortillait des fesses, ignorait le froid du sol qui gelait ses pieds nus. Les retrouvailles étaient grandioses, peu importe les prétextes derrière lesquels elle cachait leurs célébrations.

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Sujet: Re: Long way from home (Nadja)
Jeu 15 Fév - 13:31

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Nadja & Murphy
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13 Octobre 2117 ☾ Ça la ronge à l’intérieur, de devoir tirer la militaire de son sommeil réparateur. Un sommeil mérité, nécessaire. Mais l’envie de lui annoncer la bonne nouvelle est plus forte. Elle se contraint alors à éveiller l’endormie, installée mollement au pied du lit dans lequel elle s’est allongée quelques heures auparavant. Nadja ne la quitte pas des yeux pendant tout le temps de son processus de réveil. Un réveil bien difficile à en juger par le regard que lui jette son amie. « - Des petits sacs bien remplis. Tu pourrais partir en voyage avec » Elle ironise en haussant un sourcil. Le timbre est railleur et taquin mais l’intention reste le même : bienveillante. La scientifique croise les bras sur son abdomen, en prenant cet air qu’elle adopte quasi systématiquement dans son rôle de médecin. Fausse autorité, sévérité feinte pour l’occasion. Elle se replonge machinalement dans le jeu constitutif de leur relation. Comme une bonne habitude qu’on reprend après l’avoir perdue. Mais le flegme de Murphy ne tarde pas à lui arracher de nouveaux rires alors que sa patiente se cale dans le fond de son lit.

Les deux femmes se font face quand Nadja délivre enfin son verdict. Elle peut lire le soulagement dans les yeux de la brune quand elle lui confirme que tout va bien. Peut-être que ses mises en garde ont finalement fait leur effet. Peut-être que Murphy avait finalement compris que l’inquiétude était bien réelle et surtout, justifiée. Mais Nadja ne s’attarde pas sur ce point en particulier et préfère se concentrer sur la conclusion positive qu’elle a pu tirer de son analyse. Murphy va bien. Et sentir ses orteils danser à travers le drap le lui confirme. Elle rit de nouveau en se laissant aller de tout son poids sur le matelas de fortune avant de se redresser doucement. « - Toi aussi, tu me connais bien », se contente-t-elle de répondre en approbation à la supposition de la patrouilleuse. En effet, elle n’aurait jamais pu lui mentir. Pas à elle. Ni à personne. Nadja est bien trop franche, trop entière pour se laisser aller au mensonge. Encore moins dans le cadre de ses fonctions. Elle a des responsabilités et ces responsabilités lui demandent une certaine droiture qu’elle a toujours adoptée. Portée avec fierté.

Elle lève les yeux au ciel en soupirant alors que la militaire s’agite. Elle savait très bien que Murphy allait en rajouter des tonnes et lui faire payer son précieux temps perdu à coup de « je te l’avais dit ». Nadja se laisse entraîner, d’abord à contre cœur dans la dans victorieuse de la brune qui ne cache pas sa joie. La chirurgienne se retrouve sur ses deux jambes à gigoter n’importe comment en se laissant bercer par les remarques espiègles et répétitives de son amie. « - Très bien, très bien, évite de gaspiller l’énergie que tu viens de retrouver pendant ta sieste », conclu-t-elle en s’éloignant volontairement de l’agitée. Nadja ne peut cependant pas dissimuler son sourire très longtemps et ce dernier s’approprie de nouveau ses traits bien vite. La médecin revient vers Murphy les mains pleines, apportant avec elle deux verres d’eau. « - Bois un peu. Évite de t’étouffer ou tu serais obligée de te taire », lance-t-elle dans un sarcasme voulu poignant, en tendant l’un des deux récipients à son alliée.

« - Pour revenir aux choses sérieuses une minute », commence la médecin en reprenant un air bien moins jovial. « - Je suis ravie que tu ailles bien, mais je veux quand même que tu me promettes de venir me voir moi, ou Adélaïde, si tu sens que quelque chose ne va pas » C’est l’amie qui parle plus que la chirurgienne. Elle a fait tout ce qu’elle a pu, aujourd’hui, pour contenter Addie. Pour se prouver a elle-même qu’elle ne pouvait rien faire de plus dans l’état actuel des choses. Murphy va bien. Elle doit s’en convaincre. « - Même la moindre petite chose » insiste-t-elle en reprenant place au bord du lit. « - C’est compris ? » Elle le demande comme une confirmation, une promesse. Elle s’autorise une gorgée d’eau avant de plonger son regard de médecin dans celui de sa patience.
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Sujet: Re: Long way from home (Nadja)
Dim 18 Fév - 2:05

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❝ Long way from home ❞
Murphy Cavendish & Nadja Wolkoff
(13 octobre 2117)


En fait, il y avait quelque chose que Murphy ne commençait à comprendre que maintenant. La santé de l'esprit est aussi importante que celle du corps, car l'un n'est pas grand chose sans l'autre. Son manque de sommeil, ce n'était pas à son corps qu'elle le devait. Elle ne pouvait pas le blâmer malgré ce qu'elle lui avait fait subir par inadvertance, malgré la chute qu'elle lui avait infligée l'été passé et le désaccord dont il avait fait preuve en l'abandonnant quelques instants, offrant alors l'entière responsabilité de son existence à un homme qui n'avait rien demandé. Elle ne pouvait pas accuser son corps de la lâcher alors qu'en réalité, c'était son esprit qui se sentait sous attaque constante, incapable de se laisser aller ne serait-ce que les quelques instants nécessaires à trouver le sommeil. Ce fut en retrouvant la réalité de l'infirmerie qu'elle le comprit. Nadja lui avait apporté le sommeil en même temps que la sérénité dont elle avait cruellement manqué tout ce temps. A ses côtés, elle avait à nouveau l'impression d'exister. Avec elle à ses côtés, elle se sentait à nouveau capable des plus grandes choses, capable de traverser le monde et d'accueillir les pires nouvelles avec honneur. Elle comprenait aussi tout ce qu'elle avait perdu, tous ceux qu'elle avait perdus, mais sous le regard de Nadja, elle reprenait quelques forces. Elle avait toujours tout connu d'elle et elle avait été son amie malgré tout. C'était ça, la réelle amitié, n'est-ce pas ? Les vraies amitiés ne se tissaient pas sur des mots, des prétextes, des beaux discours ou des mensonges. Elles prenaient vie dans la sincérité. « Remplis ? Remplis, les sacs ? » s'offusqua-t-elle en portant ses doigts auxdites cernes. Ses paupières se fendirent dans un regard inquisiteur. « Tu te fous de moi, hein, c'est ça ? Si j'arrive même plus à retrouver la fraîcheur de ma jeunesse en dormant à l'infirmerie... » Elle soupira lourdement, laissant son regard triste se balader sur les couvertures, bien consciente de chercher à manipuler les sentiments de Nadja pour obtenir quelques observations plus gratifiantes.

Mais Nadja ne perdait pas de vue les raisons qui avaient mené Murphy à la trouver. Elle restait la médecin, la sérieuse, celle dont la sentence finale dépendait. Subitement, l'inquiétude s'était emparée de la patiente, et lorsque la chirurgienne rendit son verdict, le soulagement fut immédiat. Un peu sonnée par la peur qui s'était trop vite emparée d'elle, il lui fallut pourtant quelques instants pour reprendre ses esprits, et Nadja combla elle-même le silence en devançant toutes les remarques qu'aurait faites Murphy. Les pieds de la militaire, perdus sous les draps, furent sans doute aussi expressifs que son visage, mais le poids de son amie retrouvée les paralysèrent un instant. De son sourire, pourtant, elle ne se départait pas. Elle allait vivre, bien sûr, mais en plus, elle avait eu raison. Elle avait eu raison sur toute la ligne, et Nadja avait eu tort. Nadja s'était inquiétée pour rien, n'avait pas voulu la croire. C'était la victoire de celle qui ne s'inquiétait jamais pour sa propre santé et tentait toujours de retenir les autres avec elle, se refusant à laisser ses proches le faire à sa place. Murphy avait eu raison, et elle en était bien trop satisfaite pour se taire. Nadja, elle, avait cerné la patrouilleuse depuis longtemps, et elle lisait dans ses pensées avant même que ces pensées ne prennent vie. Elle avait répliqué à sa place, se molestait avant qu'elle n'ait eu le temps de réunir ses idées et de le faire elle-même. C'était presque décevant de se voir voler ce privilège. Mais non; de son sourire, Murphy ne se départait toujours pas. La satisfaction demeurait trop grande. « Je sais, c'est un de mes super-pouvoirs... » Les sourcils se haussaient, provocants, taquins. Elles se retrouvaient de façon grandiose, toutes les deux, preuve qu'elles ne s'étaient jamais vraiment séparées.

Et bientôt, il s'agit d'un peu plus que d'un grand sourire étalé d'une oreille à l'autre, qui creuse les sillons de ses fossettes. Elle s'était levée, dansait dans le silence d'une infirmerie calme et endormie. Elle paraissait ridicule mais elle le savait. Elle ne cherchait qu'à entraîner son amie dans son sillage, persuadée que la situation y perdrait un peu de son grotesque. Ce fut le cas pendant quelques instants qu'elle savoura comme si elle venait de retrouver la vie après une longue errance dans l'obscurité. Elle se trémoussait comme elle ne l'avait plus fait depuis longtemps, mettant tout son cœur à la besogne, et se satisfaisait de voir Nadja en faire autant. Mais la satisfaction fut de courte durée pourtant; la médecin qu'était son amie l'arrêtait déjà. Soudainement gênée, comme si un adulte venait de surprendre l'enfant qu'elle était à faire l'une des bêtises les plus risibles, elle s'immobilisa devant la brune, passa la main dans ses cheveux pour les ôter de sa vue, et, haletante, attendit que l'autre danseuse en dise davantage. Elle n'allait quand même pas juste l'arrêter comme ça, l'air de rien, en prétextant de s'inquiéter pour sa forme, si ?

Mais Nadja s'éloignait et Murphy restait bêtement debout, pieds nus sur le vieux carrelage abîmé. Elle avait remarqué le sourire de la jeune femme, mais elle ne savait plus à quoi s'attendre. Lorsqu'elle revint vers elle, elle jeta un coup d'oeil interdit au verre rempli d'eau. « T'essaierais pas de me piéger pour me faire un test d'urine, quand même ? Tu sais que je t'offrirai pas mon pipi même pour tout l'or du monde, hein ? » Mais le verre était déjà tendu entre elles deux et elle l'attrapa non sans faire une grimace moqueuse. Il fallait bien la mort pour la faire taire, Murphy. Moins ne serait pas suffisant. Elle abdiqua finalement et, le regard levé vers son acolyte, trempa les lèvres dans l'eau fraîche. Les quelques gorgées la rafraîchirent mais elle écoutait tout ce que disait Nadja avec grande attention. « Promis », lâcha-t-elle une fois qu'elle eut terminé ce qui avait ressemblé au sermon d'un médecin. « Mais t'inquiète pas, tout va bien. » Bornée, elle n'en démordait pas. Ce n'était pas parce qu'elle avait eu une petite frayeur pendant quelques instants qu'elle allait accepter de se laisser ronger par une inquiétude constante. Tout allait toujours bien, avec elle. Et si depuis sa chute et sa perte de consciente elle n'avait plus eu aucun symptôme, c'était que c'était terminé, non ? « Je reviendrai, mais pas parce que j'ai mal... » Un sourire entendu et fugace s'esquissa sur ses lèvres. Elle y porta à nouveau le verre et but d'une traite le reste de son contenu, avant de le poster sur un de ces multiples chariots qui occupaient l'infirmerie. Avec un regard reconnaissant à Nadja, elle se laissa retomber sur le matelas et renfila ses bottines. « Je vais pas t'embêter plus longtemps, tu dois avoir de quoi faire. Tout le monde est pas un patient modèle comme moi... » Un bref sourire taquin et la voilà debout à refaire proprement le lit qu'elle avait occupé. « Tu passeras le bonjour à Addie ? J'espère que je lui manque. » Elle lissa une dernière fois les draps et se retourna vers Nadja. « Alors, la leçon à retenir d'aujourd'hui c'est que j'ai toujours raison, c'est ça ? » Difficile de clôturer l'entrevue... quelles pouvaient être les convenances, dans ce genre de situations ? On se promettait de se revoir sans rien n'en penser ? Murphy aurait pu le promettre, mais elle aurait craint que Nadja s'imagine qu'elle n'en pense rien. Peut-être qu'il suffisait de se dire au revoir, l'air de rien, comme si elles ne s'étaient jamais séparées et jamais retrouvées, comme s'il s'agissait d'une rencontre comme une autre qui invitait à d'autres rencontres comme les autres.

Spoiler:
 

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Sujet: Re: Long way from home (Nadja)
Dim 25 Fév - 15:16

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Nadja & Murphy
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13 Octobre 2117 ☾ Les yeux rivés sur la silhouette de la militaire, Nadja peine à croire que quelques heures auparavant, quelques heures à peine, elle angoissait terriblement de se retrouver confrontée à elle. Devoir lui parler, seule à seule, sans aucun intermédiaire, sans aucun prétexte qui aurait pu justifier une éventuelle fuite de l’une ou de l’autre. Sans faux semblants. Tout ça mettait la médecin dans un état de stress qui n’était pas habituel du tout. Pas pour elle. Quelques heures à peine avant ce moment précis, elle angoissait rien qu’à l’idée de devoir adresser la parole directement à Murphy. Quelques heures à peine avant ce moment précis, ça la rongeait de savoir qu’elle pouvait lui en vouloir. Parce qu’elle était persuadée de cela, sans en avoir aucune preuve. Un sourire finit par fendre son visage quand, assise au bord du matelas de l’infirmerie, elle se rend finalement compte qu’elle n’avait aucune raison de s’en faire autant. Parce que justement, il s’agit de Murphy. De son amitié avec la patrouilleuse. Et qu’elle aurait du savoir depuis le départ, que le lien qui les unit est beaucoup plus fort que ça. Plus fort que le temps qui passe. Plus fort que ses doutes.

« - De quelle jeunesse tu parles ? J’ai bien peur que la belle époque soit passée depuis quelques temps déjà, pour toi comme pour moi d’ailleurs », rétorque-t-elle en riant, l’esprit joueur au bord des lèvres. Les années adolescentes passées à se chamailler dans l’infirmerie de l’Odyssée, Adélaïde comme superviseur lui paraissent bien loin. Mais ce sont des souvenirs qu’elle garde précieusement en mémoire. Comme s’ils faisaient partie d’une autre vie. D’une autre existence. Des images qu’elle chérit pour tout ce qu’elles ont pu lui apporter. À commencer par son amitié avec la militaire. La danse dans laquelle elle l’entraîne est naturelle. Pas de contrôle, pas de retenue. Nadja se laisse embarquer par le regard rieur de Murphy alors qu’elle sautillent dans tous les sens. Ce moment paraît presque irréel tant il est anodin. C’est peut-être la première fois depuis son arrivée sur Terre que la scientifique peut se targuer de rire sincèrement, viscéralement. Lorsqu’elle s’arrête, c’est presque à regret. Surtout lorsqu’elle constate la déception dans les yeux de la brune en revenant vers elle avec un simple verre d’eau.

« - Te piéger, moi ? », fait-elle mine de s’offusquer en portant une main à sa poitrine, l’air faussement surpris. « - C’est mal me connaître, très chère » Le timbre imite la sévérité mais il n’en est rien. Lorsqu’elle reprend place sur le matelas, la médecin fait preuve de bonne volonté et montre l’exemple en avalant son verre d’une traite. Le repose dès qu’elle en a finit en adressant un regard encourageant à Murphy. « - Tu es la bienvenue dans mon antre », répond-elle sans plus de fioriture qu’un sourire sincère à la promesse ainsi faite. Il ne lui en faut pas plus pour se satisfaire. Bien qu’elle sache Murphy au moins aussi têtue qu’elle, ça lui va. Elle n’en demandera pas plus. « - Un patient modèle ne râle pas et ne conteste pas les décisions de son médecin », raille-t-elle en donnant un coup de coude entre les côtes de la patrouilleuse qui renfile déjà ses chaussures abandonnées au sol. « - Évidemment que tu lui manques. À Astrae aussi. Elle réclame toujours après toi, Marraine la bonne fée » Nadja se fait taquine mais elle enregistre la demande de son amie. Promesse faite à demi mot alors qu’elle se lève, croisant les bras sur son abdomen en observant la lieutenant refaire son lit.

« - Je te l’accorde pour cette fois, si ça peut te faire plaisir », articule-t-elle en souriant largement, quelques mots ponctués d’un souffle las mais bon enfant. Comme une enfant qui accepte de partager son goûter à la pause de dix-heures. Le silence ne dure que quelques secondes. Nadja ne lui laisse pas l’occasion d’englober la pièce encore plus. Sans un mot, elle se penche vers Murphy et l’entoure de ses bras. Une étreinte brève. Mais lourde de sens. « - File. Avant que je change d’avis » Petit rire discret esquissé alors qu’elle se sépare de la militaire. La laissant quitter l’infirmerie dans un dernier regard. Pas certaine que ce soit la meilleure manière de clôturer ces retrouvailles. Pas certaine qu’il existe vraiment une bonne manière de le faire.

⎟TOPIC TERMINÉ
(c) DΛNDELION

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Sujet: Re: Long way from home (Nadja)

 

Long way from home (Nadja)

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