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˜˜˜˜˜˜I prefer to choose my hell (Kyran)
maybe life should be about more than just surviving


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27/09/2017 Babycakes 26 Sofia Boutella Lux aeterna (ava), Lazare (sign), la Catabase (quote) Druide, officiellement pratique la botanique, officieusement la sorcellerie 62


Sujet: I prefer to choose my hell (Kyran)
Mer 4 Oct - 2:39


a route obscure and lonely
haunted by ill minds only


Arrête de te montrer si empressé à rejoindre ces chiens de Rajhak… ta belle patrie, mercenaire.
Murmure acerbe, ironique, à peine audible, qu'elle laisse mourir dans la nuit montante. Teha sent la fébrilité croitre. Cette peur étendre lentement ses griffes acérées sur son être et la faire ployer un peu plus sur le cordage de ses liens. Tuer son maître n'a pas été une mince affaire. Ayant du s'y reprendre plusieurs fois. A côtoyer un peu plus ce vieux cinglé de sorcier pour amadouer sa méfiance toute naturelle. Pour mener à bien son plan macabre. Reprendre ses droits, sa liberté qui, autrefois, lui était naturellement acquise.
Et alors qu'elle touchait enfin à son but, fauchée dans son élan, Teha n'arrive pas à accepter. A accepter cette mort qui rode. Relents nécrophages qui lui vrillent les intestins et lui broie l'estomac à lui en donner la nausée. Mais trop fière, bouffie d'orgueil et entière, préfère encore s'enferrer et rester obtus, nourrissant sa rébellion de paroles acérées. Aussi, refusant d'avancer plus pour aujourd'hui, frissonnant dans le vent qui s'élève en une longue et douloureuse agonie, se laisse choir, à genou, dans le sable frais du désert.
Se désintéressant complètement de l'attention qui se porte enfin vers elle, Teha, sur les flots bleus, navigue. Cherchant un lieu, un port, une digue. Sur les flots bleus, elle monte et descend comme happée par le courant, elle coule mais se reprend quand l'envie de renoncer guette ses moindres faiblesses. Charogne, fier rapace qui passent et repassent. Là-haut, tout là-haut, sur les ailes du vent.
Le corps fourbu, la chevelure éparse de cette tentative d'échappatoire trop vite avortée. De cette exode, violente et tellement inespérée. A trop vouloir se précipiter. Quitter les lugubres souvenirs, les souvenances du corps. C'est amer qu'elle a fait la rencontre la plus maudite de son existence. Et alors que le cœur se gonflait d'un espoir nouveau, qu'elle le goûtait, enfin, sur sa langue, sur ses lèvres, l'adrénaline battant, foutant ses tempes. Rêveries malvenues, sortant, enfin, de la citadelle, l'espoir gonflait sa poitrine de sentiments trop vivaces. Trop violents la noyant sous le flot d'une digue depuis bien trop longtemps amoindrie. Et la liberté au bout des doigts, Teha arborait le sourire fébrile qu'on les condamnés qui entrevoient, enfin, les chaudes lueurs du soleil après être passés des mois dans l'obscurité, la médiocrité la plus totale.
Sans se retourner. Sans remords pour ses actes, pour cette longue agonie affligée à son maître, mort, seul, dans les affres de sa latente vengeance. Et alors que les mètres s'installaient, que le vent foutait ses vêtements, que la sueur coulait le long de ses tempes, que le rire hystérique frôlait ses lèvres, le regard s'est un instant posé sur une silhouette immobile. A quelques mètres d'elle. Obstacle à ses désirs, à ses envies, l'œil sombre de cette étendue argotique lugubre. La gueule des mauvais jours et cette étrange mais vive certitude qu'il n'allait en rien lui faciliter la tâche.
D'abord, lâche, à tenter la fuite. A tenter de biaiser, à contre-courant. Détalant sur le mont mouvant d'une dune, entre les cris et les coups. A ramper sur les ergs chaudes. A s'extraire de cette poigne violente. Brutale et colérique. L'homme rationnel est méchant. L'homme rationnel est violent… l'homme instinctif est animal.
Chapelet d'insultes contre un palabre âpre et belliqueux, sonnée d'une chute dont elle ne garde aucun souvenir, Teha a tenté, quelques minutes, de se soustraire, de glisser et d'échapper à cette entrave qu'on lui imposait. Un instant bâillonnée afin de tarir, épuiser, ce flot continue de paroles irrévérencieuses, de morsures, le visage qui reposait dans le sable et le regard salin qui réalisait, à cette lourde présence pesante contre ses reins, que les rêves ne sont faits que de chimères oniriques.
Répondant à la violence par la violence, actes brutaux, l'enferrant un peu plus dans ses tristes conclusions concernant ce peuple sanguin. A ne plus savoir comment les regarder, les aborder. Les appréhender. Sales bestioles venimeuses, s'élevant, s'éduquant dans l'agressivité, ne laissant de place aux esprits libres et féminins, les tuants dans un machisme étouffant. Dans des castes sociales avilissantes.
Je suis fatiguée… juste une seconde.
L'attention qui se porte sur ses mains, sales et jointes. Les liens solidement attachés en une entrave cinglante autour de ses poignets pour lui éviter toutes nouvelles fuites. Toutes s'étant déjà soldées par un échec cuisant, Teha est amère et sa témérité en prend un sacré coup, la laissant lasse de ces nombreuses tentatives bien trop vite avortées. S'enferrant dans le silence pesant, rongée par des idées. Branchée en boucle. A s'admonester et se blâmer de son imprudence. Suivant du regard les ecchymoses, caresse d'une main, tendresse d'un poing, souvenirs amères parcheminant ses avant-bras couverts d'une grasse de plusieurs jours de marche. A lutter sous la chaleur pour s'engourdir dans la fraîcheur mordante des nuits. Les vêtements, tristes vestiges de ce qu'elle a pu emmener, amas de tissus autrefois agnelin dont la poussière du désert a su avilir avec les jours. Affligeant tableau, les genoux qui s'enfoncent un peu plus dans le sable et le regard qui s'intensifie sur les lueurs pâles du lointain.
Là-bas, le bourreau guette. Il attend. Sombre et sournois dans les lueurs tremblotantes de la ville. La chaire de poule couvre son corps et soulèvent quelques cheveux le long de sa nuque. Et reste cette sensation qui creuse un peu plus le vide qui s'intensifie dans ses tripes et cette haine qui irradie quand l'œil lasse se pose sur la silhouette qui la dépasse. Silencieuse. Membres déliés de cette arrogance innée. Il avance. Encore. Peut-être va-t-il continuer à avancer et la laisser ici. Peut-être qu'elle a réussi à le fatiguer…
Peut-être.
Peut-être.
Et plus la distance se fait moindre entre eux et Rajhak, et plus le palpitant frémit, frémissant d'une frénésie dans cette certitude que seule la mort l'attend au-delà des murs de la ville.
Juste une seconde… si ce n'est pas trop te demander pour le spadassin que tu es.
Les lèvres sèchent, douloureuses, le regard qui assassine entre ses cils. Paupières à moitié fermées, détaillant, décortiquant ce visage, ces traits cruels pour mieux les abhorrer. Renversant le visage, l'offrant à la fraîcheur du soir, cette dernière glaçant les derniers vestiges de chaleur peuplant ses membres moites et engourdies. Instant fragile, à regarder l'étendue lactée pour mieux se perdre dans cette sombre obsidienne naissante. La nuit fait un pas. Les choses de l'ombre vont vivre. Déchirure extrême, images trop vivantes de son passé qui naissent d'un maelström de sentiments contradictoires, à la frontière de l'hystérie, le cerveau déploie ses facultés.
S'appliquant au calme, longues et lentes inspirations. S'assenant au rationalisme, ne souhaitant pas laisser la névrose prendre le pas sur sa raison, l'esprit vivifié mais raisonné, Teha cherche un nouveau moyen de se faire la malle. Encore. Tout plutôt que de capituler, encore.

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05/10/2015 Electric Soul 5516 Jensen Ackles Tag & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 490
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Sujet: Re: I prefer to choose my hell (Kyran)
Jeu 12 Oct - 0:27

Pour une raison obscure, tu dois toujours tomber sur des esclaves qui aiment ouvrir leur gueule.

Tu te demandes si les autres mercenaires tombent sur autant de cas sociaux que toi ou si t'as juste la poisse, à tomber sur des pipelettes. Quasiment à chaque fois que t'es tombé sur un esclave à ramener, il ou elle a tenté de marchander avec toi. Peut-être qu'ils ont entendu parler de ta réputation, qu'ils t'ont vu combattre dans l'arène. Peut-être qu'ils ont simplement remarqué le tatouage sur ta nuque qui te désigne aux yeux de tous comme un esclave affranchi. Peut-être qu'ils essaient simplement de s'en tirer et qu'ils feraient ça avec absolument tout le monde. T'en sais rien, mais en tout cas, ça a jamais marché.

Deux jours que tu dois entendre celle-là, et t'en as déjà marre. Ses remarques acerbes sur ta magnifique patrie et ces chiens de Rahjaks, t'y réponds pas. Parce qu'au fond, t'es plutôt d'accord avec elle mais ça, tu l'avoueras jamais à voix haute. Aux yeux de tous, t'es peut-être un paria, ouais, mais tu restes un mercenaire. Tu restes un Rahjak. Tes parents étaient soit-disant des traîtres – et ils ont beau cracher sur ton nom, tous, tu l'acceptes pas cette vérité, que des conneries, aucune preuve qu'ils avaient, aucune, avant de les exécuter – mais on a jamais pu nier que y'a que du sang rahjak dans tes veines et que t'es né libre. Alors ouais, t'es un chien de Rahjak. Un ex-esclave devenu chasseur d'esclaves, un connard, un salaud, mais un Rahjak. Pour des esclaves comme elle, ça revient un peu au même. Et ouais, t'as envie de rentrer dans ta magnifique patrie, parce que dans la cité, au moins, tu peux boire tout ton content, c'est pas comme si y'avait une taverne dans le désert. Et qui dit esclave ramené dit nouveau contrat trouvé à ladite taverne, dit nouvelle excursion dehors qui te permettra peut-être de trouver d'autres infos, d'autres pistes pour trouver l'assassin de Stelios. Après des années, tu perds pas encore espoir. Tes chances s'amenuisent, tu le sais, mais si tu continues pas, qui le fera ? Qui vengera ton frère ? Alors tu continues. Tu condamnes des esclaves à un destin pire que la mort, tu les fais retourner aux chaînes, à des maîtres enragés, aux mines. Tu t'en fous, parce que c'est eux ou toi, et que t'as toujours été un putain d'égoïste.

Celle-là, tu sais pas d'où elle sort. Esclave domestique, officiellement, mais t'as l'impression que la moitié des femmes esclaves domestiques sont en réalité des putes cachées. Des putes personnelles, qu'on a besoin de payer qu'une fois pour en profiter autant qu'on veut. M'enfin, qui t'es pour juger ? Tu ramènes la propriété à son maître, t'empoches ton or et puis tu passes à un autre contrat. Sa vie, tu t'en fous. Tout ce que t'as besoin de savoir sur tes victimes, c'est leur gueule, si elles peuvent être dangereuses et d'où elles viennent. Parce que tu vas pas courser une Naori près de la plage des Calusas, t'es pas con. Enfin, celle-là, tu peux t'estimer chanceux que t'as eu son contrat rapidement et que tu l'as attrapée avant qu'elle ne s'aventure trop loin dans la forêt naori. Tu hais vraiment cette putain de forêt, ce terrain traître où des ennemis peuvent se cacher derrière chaque putain d'arbre. En plus, ça te force à prendre un cheval pour pouvoir t'aventurer sur ce terrain si tu veux pas tout faire à pied, et tu préfères un chameau, merci bien, t'es un fils du désert, toi. C'est peut-être plus lent, mais t'en préfères le pas chaloupé et la hauteur. Sans dire que c'est carrément plus adapté au désert et que ça peut transporter bien plus.

Enfin, t'as déjà une esclave en moins à porter sur la croupe de la bête, c'est pas plus désagréable. À force de te faire chier à tenter de fuir, fallait bien que tu lui apprennes sa leçon. Plus elle tentera de t'échapper, la souris des sables ? Plus elle va en baver. Pas de monture. Pas de nourriture. Pas d'eau. Tu vas pas la laisser crever, non, parce que tu dois la ramener en vie, mais t'as le droit d'utiliser les méthodes que tu veux pour te faire obéir. C'est le bon côté des contrats sans trop de précisions sur l'état de la marchandise. Si on te dit pas que tu dois pas abîmer un visage ? Tu vas pas spécialement retenir tes coups pour réprimer la rébellion.

La nuit approche et ça fait plusieurs heures que tu traînes l'esclave derrière toi plutôt que sur le chameau. Ça ne l'a malheureusement pas fait taire pour autant, tandis qu'elle tire toujours un peu plus sur la corde qui la retient, comme si elle pourrait arriver à s'en défaire juste par la force de sa volonté. Si elle te fait trop chier, tu devras sortir le fouet. T'as jamais beaucoup aimé l'utiliser, parce que tu te rappelles toi-même trop bien ce que ça fait, de se faire déchirer la peau par sa morsure, mais si t'y es contraint, tu le feras.

Et forcément, elle doit contrecarrer tes plans quand tu sens l'animal gémir parce qu'il doit tirer un poids mort plutôt qu'un humain qui le suit. Tu tournes les yeux vers l'esclave, la fusilles du regard tandis qu'elle est tombée à genoux dans le sable. Qu'est-ce qu'elle veut encore, celle-là ? Déjà qu'elle n'a pas été facile à capturer et que t'as dû user de force. Elle veut subir de nouveaux coups ? En espérant que te cracher de nouvelles insultes à la gueule va te faire être plus clément ? Pauvre idiote.

Elle te dit qu'elle est fatiguée, qu'elle veut se reposer. Tu grimaces, acceptes de ralentir la cadence de l'animal, sans vraiment t'arrêter pour autant. Elle est lente, cette esclave, et si ça avait été une proie facile, tu serais probablement déjà rentré à la cité. Mais elle n'a cessé de se rebeller, n'a cessé d'essayer de t'échapper. Courir après une proie dans le désert n'a jamais été ce que tu préférais et tu lui as fait chèrement payer ses escapades. Ton regard passe sur les marques que t'as laissé, les ecchymoses qui parsèment ses bras, son visage. Y'a une part de toi qui éprouve du remords, de la honte, qui sait ce que tu fais est mal, qui murmure qu'un esclave est quand même un être humain, mais tu la fais taire cette partie de toi, tu la roues de coups comme tu roues de coups tous les autres. Parce que c'est l'esclave en toi qui parle, l'esclave qui se reconnaît dans tes victimes, qui veut te faire avoir pitié. Mais la pitié ne sert à rien, elle ne remplit pas ta bourse d'or, elle ne t'aide pas dans ta mission. L'esclave que t'as été a passé quinze ans de sa vie à se battre pour servir de distraction, un objet bon à exposer et saigner quand on le voulait. T'aimes pas avoir été gladiateur. Alors tu le tues, tu le tues comme t'as tué tous les autres.

« Plus vite on rentre, plus vite j'empoche mon or et plus vite j'peux passer au contrat suivant. » marmonnes-tu, sans réellement te soucier de si elle t'entend ou non.

Plusieurs minutes passent, avant qu'elle ne murmure à nouveau pour supplier une seconde de répit.

Tu pousses un long soupir et t'arrêtes. Tes yeux se tournent vers le ciel, qui vire peu à peu au noir. Tu peux te repérer avec les étoiles et la lune, tu connais le paysage des dunes comme ta poche, et avec ta monture tu pourrais arriver à la cité pour l'ouverture des portes au matin, mais si tu la laisses traîner à pied, tu es sûr qu'elle s'effondrera de fatigue. Tu ne lui as pas donné d'eau depuis des heures, et tu sais les limites d'un corps humain, elle ne peut pas continuer longtemps à marcher ainsi. Pas quand le froid de la nuit désertique risque de forcer son corps à s'évanouir d'épuisement. Et vous n'êtes pas si loin d'une rare plante du désert, qui peut vous offrir un vague abri contre le vent. Tu te mords les lèvres, secoues la tête avant d'admettre la défaite.

Tu descends du chameau, saisis la deuxième gourde que tu lui réserves à elle, sans réellement te soucier de viser correctement pour qu'elle l'attrape. Son regard te couvre de haine depuis deux jours. Un peu plus, un peu moins, quelle importance ?

« On s'arrête pour la nuit. Mais essaie encore une fois de t'enfuir et je t'assure que tu vas le regretter. » la préviens-tu, le regard noir.
 

I prefer to choose my hell (Kyran)

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