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˜˜˜˜˜˜You Have The Right To Remain Silent...
maybe life should be about more than just surviving

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20/12/2016 ELOW ; ĆIRO + IRINA + JONAS ; 1181 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 72
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You have the right
to remain silent...
29 sept 2117

C’était comme avancée dans le vide. Il avait beau faire des pas en avant, sentir son corps bouger, tendre la main… mais rien. Le monde qui l’entourait, ne semblait pas pouvoir changer. L’échec murmurait à ses oreilles qu’il n’allait jamais y arriver. Qu’il n’avait ni les compétences, ni le cœur pour réussir à comprendre le trou qui s’était installé entre Tennessee et lui. Ses tentatives ne semblaient aboutir à rien et puis le temps passé, plus Devos se sentait coincé. Son inefficacité ne le surprenait pas, mais il avait espéré. Parce qu’avec Tennessee, tout est toujours plus facile, plus simple. Parce qu’ils sont souvent sur la même longueur d’onde. Mais pas aujourd’hui. Pas maintenant et peut-être plus depuis des jours.

Ce n’était peut-être un trou, qu’il y avait entre eux. C’était la terre. La planète elle-même avait réveillé des choses en chacun d’eux. Lui qui s’était habitué à un rythme bien précis sur l’Odyssée, n’avait pas vraiment accueilli avec joie le retour sur la terre de leurs ancêtres. Rapidement, il s’est focalisé sur ce qu’il pouvait ou pas faire, essayant de ne pas s’éparpiller malgré l’envie. Sa curiosité ne se limitait jamais, même lorsqu’elle était enfermée dans les horaires stricts du rôle d’informaticien. Ses désirs d’inventions et d’évolutions, ne s’étaient pas créés sur la terre, ils existaient déjà là-haut. Cependant, Devos refusait d’être égoïste. Il refusait de vivre uniquement pour lui-même et laissait volontiers ses rêves d’aventures dans un coin de son esprit. Pour Tennessee, c’était encore autre chose. Peut-être bien qu’elle s’ennuyait, là-haut. Il ne pouvait pas mentir : lui-même avait croisé la monotonie sur son chemin de nombreuses fois. Maintenant, elle n’hésitait pas une seule seconde à découvrir un peu plus les pratiques terriennes. Elle s’y plonger volontiers, presque à conquérir l’impossible. La manière dont elle tentait de cuisiner ce poisson en était une preuve. Ils avaient donc emprunté deux chemins différents. Elle, elle était tournée vers le savoir-faire des Terriens, convaincu que pour vivre ici, ils étaient essentiels de comprendre cette terre comme eux la comprenait. Devos ne disait pas le contraire et avouait sans problème qu’elle était sur une bonne route. Que le partage et les échanges de connaissances étaient primordiales à leurs survies à tous. Mais lui, il gardait aussi un pied plongé dans le passé. Dans tout ce qui a déjà été fait, dans tout ce qui déjà été créé. Leur histoire avait une importance et il se voyait mal l’ignorer.

J'ai peut-être fait bouger les choses, comme tu le dis, mais ce qui s'est produit lors de notre dernière réunion a prouvé une chose : sans toi et les autres, je ne suis rien. De la même manière que le futur ne semblait pas probable sans avoir un passé et un présent. Et une société ne pouvait pas se construire sans un groupe d’individus. Il sait qu’il travaille d’une façon à entreprendre cet avenir et que Tennessee a sa propre manière d’agir. Mais peut-être, peut-être que le futur, c’était eux. Réunis, ensemble, avec les deux facettes d’un monde qui se rejoignait pour mieux avancer. Pourtant, s'il parvenait à voir ce demain, il se demandait si elle, elle l'imaginait. Où s'était-elle trop éloigné pour pouvoir le retrouver ? L’idée le fit légèrement trembler alors qu’il l’écouta parler.

Pas seulement attractif. Ajoute t-il. Je ne te savais pas si fataliste. Même si certaines choses nous semblent impossible à modifier, doit-on pour autant l’accepter et baisser les bras ? Nous allons tous mourir un jour, alors, doit-on attendre que cela nous arrive sans profiter de notre existence ou se battre pour elle ? Loin de lui l’idée d’entraîner Tennessee dans un débat. Il restait sur ses positions, simplement. Et la plupart de son savoir à elle et à lui, ils le doivent bien à ceux d’avant et à ses archives qu’il aimerait retrouver. Il ne voulait pas considérer la terre comme un obstacle à ce savoir.

Il aimerait avoir la force de sa secouer. De lui faire sortir les mots qu’elle conservait. Pourtant, il ne fait rien. Il laisse tomber, ou plutôt, il s’arrête. Il est déjà fatigué de se cogner la tête à un mur et peut-être qu’un jour, il pourra de nouveau chercher à comprendre la distance entre eux. En attendant, il perdait ses forces inutilement. Ce n’était pas son genre. Il devait se remettre au travail, faire des tests, réfléchir à d’autres solutions. Pourtant, il ne parvenait pas pour autant à quitter Tennessee tout de suite. Parce qu’il a peur. Oui, c’est ça.

Et si une fois partie, elle n’est plus là ? Un simple regard en arrière et rien. Comme si elle ne faisait plus partie de sa vie. Comme si elle appartenait à un autre…

Gen ne viendra pas. Dit-il d'un ton sec, n'aimant pas se répéter. Et non. Je ne pensais pas à lui, ni à ce qu’il pourrait penser de mon prototype. Il ne comble pas mon esprit comme il semble combler le tiens... Parce qu'il lui était évidemment que Tennessee ne pensait qu'à lui, et ce, depuis le début de cette rencontre. Et puis son nom entrait dans la conversation, plus cela irritait. Sans vraiment comprendre, sans vraiment savoir. C’était instinctive.

Il s’étonna lui-même d’avoir réussi à aider Tennesse avec le feu. Voilà une chose étrangement satisfaisante, mais pas pourtant capable de le dévier de ses sujets. La rébellion était une chose particulièrement difficile à entretenir, surtout depuis ce qu’il avait fait. Il avait remarqué la manière dont tout s'était effondré et pas sa faute. Il avait jugé nécessaire de parler à Chris, puis Murphy. De remettre les choses dans l'ordre, sans remarquer que son action avait sans doute réveiller d'autres blessures. C'était plus profond que ce qu'il imaginait et cela affectait aussi la jeune mécanicienne. Le fait qu'elle ne parle jamais avec Chris le surprend un peu, mais c'est plutôt le silence de Murphy qui le perturbe. Elle lui en veut. Peut-être parce qu'elle croit que Tennesse était sa complice, alors qu'elle était simplement la première personne à qui Devos s'était confié. Il l'avait mise dans une sacrée position.

Et moi ? Les circonstances, n'est-ce pas ? Dit-il alors, tout en l'observant. Il revient à l'attaque, il le sait. Il s'était dit qu'il arrêterait, mais il avait vu une porte ouverte et l'avait emprunté. Il se lève alors, reprenant le contrôle sur son corps et sentant une légère douleur au bas du dos. Ça va s'arranger. Je parlerais à Chris et Murphy, on va trouver une solution... Il marque une pause, tout en regardant la rivière. Il devait reprendre sa mallette et aller plus haut.

Ne t’éloigne pas trop. Murmura t-il en se tournant vers elle. Je sais que tu as beaucoup à faire, mais ne t’éloigne pas trop de nous, tu veux. Sa voix était étrangement douce. Parce que ça me ferait tellement mal de ne plus t’avoir à mes côtés, putain...




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14/11/2015 Isa & I My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam 3723 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 55
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Devos & Ten @Aghostbetweenthem


Elle n'a pas coupé les ondes qui la relient à Devos. Non. Simplement elles se sont affolées sous l'effet d'événements sur lesquels elle ne possède aucun pouvoir. La plupart pourrait croire que la vie de la mécanicienne se résume au mot *simplicité*, dans l'optique ou généralement elle agit de la manière dont elle a envie. Et que surtout l'opinion de ceux qui l'entourent ne parait pas influer sur ses décisions. Mais ils auraient tort. Et si beaucoup de points s'interconnectent entre le Génie et la surdouée ils ne sont pas complètement semblables. Sur l'Odyssée cela ne portait pas à conséquence, et probablement que cette entente simultanée perdurerait encore pour des décades. Cependant l'atterrissage à provoqué quelques scissions, révélé quelques failles d'un côté comme de l'autre. Déjà ils ont vécus l'aventure très différemment. Néanmoins ça n'a pas écarté la bouclée de l'informaticien, au contraire, elle n'a eu de cesse de l'entraîner vers l'extérieur, et à défaut de lui rapporter des tas de petites découvertes pour les partager avec lui. C'est une force de le la nature Tennessee, Curieuse, entreprenante, parfois un peu trop insouciante, et qui ne parvient pas encore à assimiler que ses différentes amitiés s'entremêlent en dehors de sa présence. Les conséquences de tous ces entrechats humains, elle n'y accorde que peu d'importance, parce qu'au départ elle ne ressent pas d'empathie pour qui que ce soit. Ça ne signifie pourtant pas que cette dernière ne naisse pas à l'issu de liens pour l'un ou l'autre, qui pénètre dans son cercle d'intimes. Voilà ou tout se complique.

Elle n'ignore pas sciemment les tentatives de Devos. La jeune femme ne prend pas conscience de sa propre attitude de fuite face à ce qu'elle refuse de voir ou d'incorporer à sa philosophie de vie. Oui dans l'espace Tristam l'a amenée à regarder certaines réalités en face, et oui la mécanicienne accepte avoir morflé un gros coup quand il fut emprisonné. Elle espérait le faire libérer avant qu'il se fasse éjecter dans l'espace, la bouclée appliquait toute son énergie dans ce but final. Puis Boom, on lui apprit les jeunes expédiés dans l'espace. Eux les Odysséens furent dans l'obligation de retourner sur terre. Des rescapés, des morts, son père qu'elle acheva, Tristam qu'elle retrouva mais chercha à la tuer. Exécuté par Gen pour la sauver. La perte de Faustine. Tout ça. Elle croit le jeter par-dessus son épaule la mécanicienne, mais non, au fond de son estomac il reste un tas de boue noire qu'elle ne digère pas. Et cette dispute dans le bunker vient s'y ajouter. Elle n'envisage plus de perdre personne, dans ses mains elle jongle avec une culpabilité qu'elle n'appréhende pas du tout, et qui la force à occuper son esprit sans cesse. Alors Devos plus il avance vers Tennessee, plus elle recule pour éviter de le mettre dans des sales draps, de le blesser, de le pousser vers un accident fatal ... Allez deviner, quand on se rend compte finalement  qu'on ne peut pas tout prédire de l'avenir. Et qu'en chantonnant joyeusement on n'empêchera pas un pot de fleur - tombé du ciel - de s'écraser sur votre tête ou celle d'un autre « Tu ne seras jamais ... Rien »

Cette remarque pleine de gaucherie se veut un compliment bien qu'elle sonne comme une condamnation, comme si Tennessee décrétait l'invisibilité de Devos. Alors qu'elle souligne en réalité son tout, son importance, sa présence troublante. Elle ne chemine pourtant pas jusqu'au bout de sa phrase quand il la traite de fataliste. Ses grandes prunelles dorées s'élèvent alors lui interrogatives, la bouclée en oublie la rivière, le poisson dénaturé, le feu qui pétille tranquillement, ses habits mouillés, souillés, son visage un peu noirci par toute cette aventure ... « Ho tu me trouves fataliste ? Pourtant je profite de cette existence depuis que je suis arrivée ici, j'aurais pu me laisser abattre parce que je n'ai plus la possibilité de me perdre dans ... ce que je connais le mieux. Mais je trouve au contraire, avoir  bien accepté de m'adapter à ce monde en attendant qu'on puisse récupérer un petit bout de notre ancienne vie » Elle aurait pu Tennessee, ne plus bouger, se morfondre avec ce foutu espoir que tout remarcherait comme par miracle. Mais non, tout de suite elle s'est mise à explorer les environs, à l’affût du moindre indice qui lui donnerait une piste pour retrouver la technique d'antan. La mécanicienne en arrive à une terrible conclusion, elle à vraiment du lui faire très mal au génie pour qu'il en vienne  penser ça de sa personne.

Jamais encore elle n'a songé à l'image qu'elle renvoyait. Et pourquoi ? Elle sait qu'elle ne changera pas. Enfin elle si, elle consentirait à faire quelques efforts pour ses proches si ils lui mettaient les points sur les i. Sans s'apercevoir, ou le niant, que Devos s'y applique avec cœur. Mais ne lui parvient que la voix sèche de ce dernier quand il prononce de prénom de Gen. Elle écoute une partie de ses paroles mais le reste s'envole. A nouveau elle pétrit son butin jusqu'à le transformer en bouillie écœurante. Personne et encore moins l'Athna n'acceptera de consommer une telle chose. Dissimulée au pays de ses songes, elle s'éloigne tandis que le génie lui supplie de ne pas le faire. Par mégarde sans doute, mais très certainement par inattention ou méconnaissance de l'âme humaine. Mettez deux surdoués ensembles ils arriveront sans doute à des sommets tout en se perdant lamentablement dans la foule « Je ... Mais non ! Il ne comble pas mon esprit ! Pourquoi dire de telles sottises ? Par contre je le trouve fascinant oui, il est quand même le descendant de ceux qui ont été abandonnés et ont su survivre par-delà toutes les difficultés. Qui mieux que lui pourrait nous montrer la voie pour survivre dans ce monde ? Il ne suffit pas de vivre sur l'espoir Devos il faut aussi le mettre en pratique et parfois laisser en suspend ce qui nous importe, pour apprécier ce que les autres, lui dans ce cas précis nous offre ... »

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29 sept 2117

Il n’avait aucune idée de ce qui était en train de se produire. D’habitude, lorsqu’ils se croisaient, le temps s’arrêtait pour mieux leur appartenir à tous les deux. Pas cette fois. C’était même bien plus compliqué. Les minutes s’en allaient sans être savouré. Devos avait l’impression de perdre son temps. Et cela faisait partie des choses qu’il haïssait le plus. Comme s’il voulait être ailleurs, faire autre chose, être avec quelqu’un d’autres. Mais pourquoi se sentir ainsi face à elle ? Face à Tennessee ? Et surtout, pourquoi maintenant ? En quoi cette rencontre était-elle si différente des autres ? Il n’en savait rien et aucune réponse évidente ne semblait clarifier sa pensée. Devos était comme perdue devant plusieurs portes. Où était donc la femme avec qui il partageait une complicité unique ? Il avait beau chercher, il ne la trouvait pas. La distance s’était peut-être plus ancré dans sa réalité qu’il ne le croyait. Une partie de lui se jugeait encore coupable de beaucoup de choses, mais elle avait tenté de le rassurer en lui disant qu’elle ne lui en voulait pas. Que ce qu’il avait fait, était fait. Que tout ça, ne changerait pas. Mais tout avait changé. Sans le savoir, peut-être qu’elle s’était fourvoyé en prononçant une réalité qui n’en était pas une. Peut-être qu’elle s’était trompé. Peut-être qu’elle lui en voulait. Ou peut-être que c’était un aspect de la situation qui ne pouvait être vu que de son côté et qu’il ne comprendrait jamais. Dans ce cas, comment faire ? Quelles sont les actions à entreprendre dans ce type de situation ? La démarche pour ne pas laisser le trou s’agrandir ? Devos croyait que les mots l’aideraient. Il croyait aussi qu’en essayant de forcer la main à la jeune mécanicienne, elle réussirait à s’ouvrir et à lui les choses. Il ne s’attendait pas à profusion d’émotions comme le font si souvent les autres, mais plutôt à des phrases plus propres à eux. Mais rien, en dehors d’un système de rebonds qui éternise la conversation. Devos connaissait Tennessee. Il avait toujours eu la sensation de la connaitre par cœur. Comme si elle était une partie intégrante de sa propre existence. Comme si elle était connectée à lui depuis toujours.

Sauf que cette connexion était désormais brouillée, sur le point de s’en aller. Devos avait subi tout un tas d’événement dernièrement, mais aucun ne semblait aussi douloureux que l’idée de ne plus avoir Tennessee à ses côtés. Il ne se voyait pas lui tourner le dos, malgré l’envie de faire quelque chose du prototype qu’il avait apporté. Il ne parvenait pas à passer son chemin comme si un simple salut était tout ce qui restait entre eux. C’était… triste. D’un triste si profond que même lui, le robot, le ressentait. Était-ce donc si facile de connaitre quelqu’un jour, pour mieux l’ignorer le lendemain ? Dans son cas à lui, il ne connaissait jamais vraiment ceux qui l’entouraient alors son indifférence lui semblait en tout point justifié. La politesse, il l’oubliait assez souvent. Certains noms lui échappaient, mais il avait une bonne mémoire des visages. Par chance, les autres venaient à lui, il n’avait donc pas d’effort à fournir pour feindre un quelconque intérêt à leurs vies quotidiennes. Ses journées étaient rarement synonymes de retrouvailles et de conversation endiablé et le personnage qu’il était aux yeux des survivants de l’Odyssée, l’autorisait à être un loup solitaire, pas toujours apprécié, mais serviable. L’image qu’il renvoyait, cependant, ne semblait jamais touché Tennessee qui apercevait bien plus en lui. Elle sait, s’était-il dit la première fois qu’ils avaient échangé un mot. Elle sait de quoi elle parle, elle sait avec qui elle parle. Il n’est pas une brume épaisse oscillant dans l’air, non. Elle le voit clairement et c’était un regard qui lui plaisait. Qui le réchauffait. Qui lui laissait imaginer qu’il n’était peut-être pas si différent que ça. Jusqu’à maintenant. Tout ce qu’il croyait savoir, s’effritait. Il avance, elle recule. Il brille, elle s’efface. Elle est l’ombre d’autrefois qu’il n’arrive pas à saisir de sa main tendue.

Il ne sera jamais rien.

Ces mots ont une drôle de résonance. Pouvait-il vraiment être quelque chose sans eux ? Où est-ce qu’il y avait là l’envie que le groupe soit pour toujours un ensemble, un quelque chose dont il ferait partie ? Ou encore, pouvait-il s’illusionner de la possibilité qu’elle, elle serait toujours là, pour lui ?

Ce petit bout de notre ancienne vie, ne reviendra pas de lui-même. Et peut-être pas de notre vivant. C’est vrai, elle s’ajuster à ce monde plus que lui ne le ferait jamais. Elle avait cette force que lui n’avait pas. Devos se demandait si la peur était une chose pour elle, ou si elle l’avait placé ailleurs. Beaucoup avaient quitté tout espoir, devenant inutile à la communauté. Ils étaient plusieurs les bras croisés, à faire le minimum pour ne pas se faire retirer tout avantage. Pas Tennessee. Pourtant, il sentait qu’elle choisissait un autre chemin. Comme si elle préférait se focaliser autre chose et peut-être que c’était là ce qu’elle devait accomplir. Ils avaient chacun à un rôle à jouer et peut-être que leurs rôles à eux, n’étaient plus du tout lié.

Et la rébellion dans tout ça ? Quels que soient ses objectifs, elle ne renoncerait pas. Il ne pouvait pas revenir sur ce sujet, encore et encore, il devait partir. Prendre ses affaires et suivre la rivière plus haut. Il n’y arrivait pas, il devait se forcer. Ordonner à ses muscles de l’écouter, comme ils le faisaient si souvent. Pourtant, la mécanicienne semble ailleurs. Ses mots ne l’atteignent pas. Est-ce qu’il est trop tard. Sans comprendre, il sert les mains, comme prêt à frapper à un arbre pour être remarqué. Etait-il invisible ? Plus rien comparé à Gen.

Mettre en suspend ce qui importe… Il a envie de grogner comme un animal blessé. Il se gratte la barbe, un sourire perdu sur le visage. Il n’a plus envie de parler. Il se contente d’attraper sa mallette, sentant la gravité résister. A l’instant où il n’a plus Tennessee devant lui, c’est comme si elle ne serait plus jamais là. Pourtant, il refuse de se retourner. Il se sent comme un virus dans un logiciel trop sophistiqué pour lui. Sa main tremble légèrement, mais il met ça sur le compte du poids de son prototype mécanique.

Gen avait des choses à offrir, mais pas Devos. Gen avait un monde à faire découvrir, mais pas Devos. Gen était l’avenir, mais pas Devos. Alors Tennessee avait choisi Gen, elle avait choisi un univers qu’elle pourrait saisir et comprendre, un univers qui lui permettrait de vivre. Devos lui, resté profondément attaché à son langage binaire et sa mécanique des fluides. Il regardait dans une direction, elle dans une autre. Si parle passé, ils se tenaient la main dans la main, se fichant bien des projets qu’ils avaient à accomplir, désormais le lien était rompu. Devos s’éloigna dans un silence de mort, le regard pointait vers l’horizon, se coupant mentalement de tout ce qui l’entouraient. Il essayait de comprendre, ce poids dans sa poitrine. Il avait l’impression que ce moment était un adieu, et c’était en train de le dévorer.



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