Aller en bas
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 38779 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1280
Voir le profil de l'utilisateur

Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 Empty Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...

le Jeu 10 Jan - 2:55
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


En quelques minutes, Murphy avait complètement oublié le silence de la solitude qui avait régné sur les lieux pendant qu'elle avait fait ses recherches. C'était la première fois qu'elle tombait sur un être humain ici, mais la rencontre se fondait au décor avec une facilité déconcertante. Passés les premiers moments d'hésitations inconfortables, les deux inconnus se trouvaient comme s'ils se connaissaient déjà et rattrapaient tout le temps qu'ils avaient pu laisser se perdre. Assis à l'abri d'une des nombreuses carcasses métalliques qui constituaient la décharge, ils bavardaient presque en oubliant la froideur et la crasse qui se dégageaient des lieux. Si elle se perdait dans les questions et les idées qu'ils échangeaient inlassablement, Murphy pouvait même oublier qu'ils ne venaient pas du même monde et ne parlaient pas la même langue. Des différences qu'ils mettaient en avant malgré eux, ils parvenaient très vite à faire des sources de connaissances, de quoi nourrir des curiosités en miroir, de quoi avancer. On en oubliait toutes les différences qu'on avait trop rappelées à Murphy depuis les quelques années qu'elle foulait cette Terre. Cette parenthèse représentait tout ce qu'elle souhaitait de ce monde, pour elle et pour les siens, pour ceux qu'ils rencontraient ici. Pour tous qui foulaient ce sol, qu'ils le fassent depuis des générations ou le retrouvent comme un vieil ami délaissé trop longtemps. Et bientôt, laisser de côté les différences mena les deux inconnus à se perdre dans des divagations de vieux amis qui se retrouvaient autour d'un feu crépitant et d'un bon repas. « T'endurcir... » répéta-t-elle dans un soupir attristé. « Je suis désolée que tu te sois habitué à ce genre de mots. C'est pas les plus beaux. » Mais Murphy avait beau imaginer toutes les relations compliquées qu'un enfant pouvait avoir avec ses parents, c'était quelque chose qu'elle ne pourrait jamais appréhender autrement que par ça : l'imagination. Elle savait que c'était un équilibre précaire, celui d'un lien entre un parent et son enfant, mais elle ne parvenait pas à imaginer connaître une famille autre que la sienne, qui se résumait à Ofelia. Elle ne parvenait pas à se voir avec un père, un réel père dont l'image ne dépendait pas de contes racontés au fil des années par ceux qui l'avaient connu; elle parvenait encore moins à s'imaginer subir les violences verbales d'un père qui voudrait la changer. Sa mère avait toujours joué les deux rôles à la perfection, elle en était persuadée. Elle avait été ses deux parents, et probablement joué le rôle d'une grande soeur qu'on n'autorisait plus depuis des générations, là-haut. Elle avait tout été à la fois, à commencer par son meilleur soutien. Murphy ne serait probablement celle qu'elle était aujourd'hui si sa mère ne l'avait pas encouragée à embrasser l'adulte qui s'était dessinée quand elle avait grandi. Elle lui manquait, Ofelia. Tous les jours. En la lui prenant, on lui avait pris une partie d'elle-même. On lui avait pris la seule part d'elle persuadée qu'elle valait vraiment quelque chose, qu'elle pouvait accomplir de grandes choses et rêver à de grands projets, parce qu'elle n'était pas moins capables que n'importe qui d'autre. Quand elle se répétait ces choses-là, maintenant, c'était un peu comme si elle se mentait, comme si elle dressait un écran de fumée pour masquer les doutes qui n'avaient jamais réellement disparu. Mais elle le réalisait parfois, quand elle était témoin de tels troubles familiaux, que même si on la lui avait prise trop tôt, avoir eu sa mère avait été un cadeau du ciel. Si l'homme ne parlait que de son père, elle espérait que ce qu'il pourrait dire de sa mère était aux antipodes des insultes qu'il décrivait. « T'habitue pas aux insultes. C'est pas normal d'avoir à s'habituer aux insultes. » Elle lui jeta un coup d'oeil désolé, peiné, comme si elle cherchait à protéger et à couver un ami cher.

Mais même sans se connaître, et peut-être même parce qu'ils ne se connaissaient pas, ils avaient tant à se dire. Ils sautèrent du coq à l'âne et abordèrent bientôt le sujet étrange que pouvait représenter le parfum. Le parfum comme une recherche, comme un art, comme une identité, comme tout ce à quoi Murphy n'avait jamais pris la peine ni le temps de réfléchir. L'univers encapsulé dans leur vaisseau là-haut n'avait jamais été aseptisé au point qu'aucune odeur ne puisse titiller leurs narines, mais jamais les parfums n'avaient été considérés comme autre chose que des conséquences d'autres choses. Les entraînements, combats ou courses des militaires entraînaient l'odeur désagréable de la transpiration. On reconnaissait facilement l'odeur des légumes et autres tambouilles près des cuisines; elle sonnait l'heure des repas. Parfois, on pouvait reconnaître une personne par l'odeur que dégageait sa peau, mais jamais personne, là-haut, n'avait songé à l'idée de la fausser. De l'embellir, peut-être, plutôt. En arrivant sur Terre, pourtant, les parfums avaient fait partie des choses nouvelles les plus envahissantes. Ils n'avaient rien à voir avec ceux auxquels ils s'étaient habitués là-haut. Ils venaient de partout, attaquait le nez où que l'on soit. Ici, tout puait vite. Les parfums doux et réconfortants avaient aussi fait leur apparence dans la vie de Murphy, mais ça n'avait peut-être pas tant à voir avec les fleurs, les feux crépitants ou la viande qui rôtissait qu'avec celui d'une peau toute particulière. C'était bizarre, maintenant, d'admettre à demi-mots aimer une odeur comme elle aimait celle qu'Isdès avait laissé sur son pull de laine. Pourtant sans y mettre de mots, elle venait d'admettre tous les instants volés de quelques secondes à chercher le réconfort de ce parfum, toutes les longues heures nocturnes passées le nez dans le vêtement en espérant trouver le sommeil. Alors oui, Murphy voyait ce qu'il voulait dire autant qu'elle le niait en bloc. Le propriétaire du pull n'était pas imprégné en elle comme il le disait. C'était une vérité qui marchait peut-être dans beaucoup de cas, mais pas dans celui-ci. Pas vraiment, en tout cas. Pas à ce point-là. Ici, les parfums avaient un pouvoir naturel que jamais personne ne leur avait accordé là-haut, parce que jamais ils n'avaient jamais réellement cherché à s'imposer, à gagner un autre terrain que celui des vieilles habitudes qui se transmettaient de générations en générations. Ici, c'était comme si elle pouvait sentir se réveiller des circuits neuronaux nouveaux à chaque nouvelle molécule odorante respirée. Ici était en ébullition, ici était une effervescence de découvertes pour l'odorat. Ici était un nouveau monde pour les sens qui avaient été habitués au neutre, enfermés dans des carcans définis et imposés par leur condition d'humains catapultés dans une enveloppe métallique au milieu du rien. Mais à voir la passion qui animait l'homme en face d'elle, on ne pouvait jamais réellement se lasser de ce que l'on pouvait sentir. Il y avait toujours des pages à remplir, des découvertes à faire. La lassitude semblait ne pas pouvoir exister, dans ce monde et il n'en fallait guère plus pour toucher Murphy au cœur. La lassitude était ce qui tuait la passion, et la mort de la passion entraînait celle de l'Homme. « On peut aussi aimer l'odeur de quelqu'un juste pour l'odeur, non ? » Pendant une demi-seconde, elle chercha l'approbation dans le regard de l'inconnu avant d'en détourner le sien, trop peureuse d'y lire l'inverse. Elle balaya sa question d'un revers de main, s'intéressant à l'art de l'homme plutôt qu'à tout ce qu'ils venaient de questionner chez elle et dans ses souvenirs, pauvre Murphy délaissée par un propriétaire de pull. Malgré elle, elle était forcée à se faire à l'idée que le vêtement serait tout ce qui lui resterait de lui avec les souvenirs qu'ils avaient créés ensemble. Mais qu'avait-elle cru, hein ? Qu'avait-elle pu croire ou espérer de ces parenthèses volées à leur réalité ?

« Oh, tu portes du parfum ? » demanda-t-elle lorsqu'il répondit qu'il était loin d'exclure les hommes de ses projets parfumeurs. Elle tendit un peu le nez pour essayer de déceler des relents agréables au milieu de l'enfer olfactif que représentait la décharge, mais rien à faire. Elle ne détecta que des atrocités nauséabondes, et retint un haut-le-cœur réflexe qui força son instinct à bloquer tous les circuits olfactifs une nouvelle fois, histoire de faire barrage et de se préserver de l'horreur. « Désolée mais si c'est le cas... alors c'était le cas », excusa-t-elle sa réaction, les traits encore déformés par le dégoût. « Oh heu... je sais pas. Pas plus ou pas moins que les nanas, j'imagine. J'te dis, on connaît pas trop ça... » Il y avait toute une découverte à faire. Des premiers pas, comme ceux qu'elle était en train de faire en compagnie de l'inconnu, et peut-être davantage s'ils accrochaient à cet art de la parfumerie comme ça semblait être le cas d'au moins certains Terriens. A la suggestion du blond, Murphy hésita, à la fois ravie et doutant d'avoir bien compris la proposition. Et quand il confirma que c'était bien d'elle dont il parlait, un sourire ravi s'étira sur ses lèvres à demi masquées par les deux mains enthousiastes et impatientes qu'elle avait unies devant son visage. Ses prunelles se baissèrent sur la main qu'il ouvrait devant elle et les trois flacons de verre qui y étaient installés. Doucement, du bout des doigts, parce qu'elle entrait en contact avec un art intime, elle les attrapa pour les poser sur une petite roche coupante qui dépassait de la terre à côté d'elle. Elle hésita pendant quelques secondes, se mordant la lèvre en se demandant laquelle elle avait humer en premier. Ses doigts trouvèrent finalement au hasard la petite fiole qu'elle avait posée au milieu, entre les deux autres. Elle l'ouvrit pour la respirer à plein nez et réitéra l'opération deux fois de plus. « J'adore celui-là. C'est quoi ? » demanda-t-elle après quelques instants à alterner les flacons pour être sûre de ce qu'elle sentait. Celui qu'elle tendait à présent à l'homme contenait probablement le parfum qu'il avait qualifié de frais. Ca lui rappelait les fleurs et leurs couleurs vives, la fraîcheur des montagnes, les vents doux et peut-être aussi Edelweiss, l'habitante des hauteurs qui avait trouvé son ultime repos entre les pages du livre de Steinbeck qui faisait partie de ses biens les plus personnels. « On se retrouve souvent cons avec nos trucs, nous » se contenta-t-elle de répondre non sans se sentir bête de ne pas avoir pensé plus que ça à tous les mélanges et liquides qui pouvaient demander à être protégés et transportés à l'abri de petites fioles. Rien que l'allure de sa gourde pouvait renseigner n'importe qui sur l'état de leur attirail. La plupart des onguents et mélanges que leurs connaissances herboristes leur permettaient de faire était fabriqué dans l'urgence et sur besoin. C'était une question de conservation mais pas seulement. Les petits contenants manquaient.

Mais l'homme avait plus d'un tour dans sa poche, et à sa douance en parfums vinrent s'ajouter ses connaissances et capacités de verrier. Le verre n'en était encore qu'à ses balbutiements chez eux. Peut-être un jour auraient-ils un verrier attitré, mais pour Murphy il s'agissait pour l'instant d'une idée, d'une conception, d'un rêve peut-être. D'un idéal qu'elle souhaitait pour les siens, qui accompagnerait un confort que plus aucun manque ne pouvait vraiment freiner. Quand on lui parlait de verre, Murphy pensait à de la vaisselle; une vaisselle fragile mais belle, bien plus hygiénique que certaines de leurs écuelles taillées dans le bois poreux une fois que les métaux avaient manqué. Mais elle pensait aussi à des utilités plu ambitieuses et s'imaginait déjà quelque chose qu'elle n'avait osé imaginer que dans ses rêves les plus fous : des carreaux de fenêtres hermétiques, transparents, solides. A sa question timide, le verrier donnait plus de réponses qu'elle l'aurait espéré. C'était un rêve qui devenait presque accessible. Il lui vint brièvement à l'idée celle d'en parler à Tennessee, de partager ce grand projet comme un ultime grand projet à concrétiser pour leur maison, mais ça lui revint violemment : Tennessee et elle, ça n'existait plus vraiment. « Non... on s'est installé dans les ruines, heu... » comment les localiser, ces ruines ? Au nord d'ici, au sud des montagnes ? Ca couvrait un terrain au moins aussi large que l'ego de Chris. « On est plusieurs à entamer le projet de maisons personnelles... » A lui, ça ne voulait sans doute pas dire grand chose. Pour des gens comme eux, qui avaient toujours vécu dans le partage diraient certains, dans la promiscuité diraient d'autres, ça représentait énormément. Certains étaient même récalcitrants à la vie en solitaire. Murphy, ce n'était pas vraiment elle qu'elle avait recherchée, mais c'était certainement elle qu'elle trouverait dans sa demi-maison. Peu importait, en réalité, puisqu'une fois passée la joie de la perspective de fenêtres de verre, Murphy réalisait doucement toutes les difficultés qui seraient liées à un tel projet. Pour qu'un Terrien puisse travailler au village, il faudrait le laisser entrer. Même s'il parvenait à fabriquer les plaques de verre dehors et à les transporter en évitant la casse, le soucis demeurait : laisser entrer un étranger dans leur village, c'était du jamais vu jusqu'à présent. La déception se lisait sur son visage, peut-être particulièrement à cause du contraste avec l'espoir qui l'avait précédée. Lui-même, s'il avait perçu la demande qu'elle avait faite entre les mots, freinait ses ardeurs. « Peut-être qu'on pourra en reparler un autre jour. » Un sourire triste signifiait malgré elle qu'elle n'y croyait pas. Même si leurs chemins se recroisaient un jour, l'idée de fenêtres de verre disparaissait aussi vite qu'elle était apparue.

Et puisqu'il était herboriste en plus d'être parfumeur et verrier, voilà Murphy qui se mettait à lui envier ces connaissances-là en plus. Elle devait admettre, Murphy, que le pouvoir des plantes était l'une des choses les plus merveilleuses qu'elle ait découverte de la nature. Les cuisiniers les chassaient pour leurs valeurs caloriques ou les multitudes de goûts qu'elles pouvaient donner à leurs plats. Les médecins avaient appris à remplacer les stocks médicaux qui avaient fondu comme neige au soleil par des plantes dans lesquelles ils n'avaient plus guère d'autre choix que de placer leur entière confiance. « Oh, si t'as une plante pour dormir comme une masse, je prends. » Elle sourit, un peu amusée, sans trop parvenir à croire qu'on pouvait résoudre ses problèmes de sommeil aussi facilement. Pour vaincre son cerveau en ébullition et réussir à l’assommer, il lui faudrait sans doute des doses de cheval -sans offense pour Azalée.

Mais le blond marquait un point. Dans certaines situations qui impliquaient une forme de solitude, on ne pouvait compter que sur soi-même. C'était là qu'on se rendait compte de l'importance de l'apprentissage et de la curiosité. Regarder les autres exceller dans leur domaine ne suffisait pas, ne suffisait plus. Il fallait apprendre à approprier des connaissances qui n'étaient pas les siennes, qui ne deviendraient jamais les siennes, mais dont on ne pouvait décemment plus vraiment se tenir éloigné pour de telles raisons. Dès lors qu'on était susceptible de n'être dépendant que de soi-même, il fallait être capable de remplir toutes les tâches nécessaires à sa propre survie. En bas de l'échelle se trouvaient des notions basiques comme l'orientation ou la capacité à se nourrir en chassant ou en reconnaissant les plantes comestibles de celles qui nous tueraient en quelques heures ou quelques minutes. Mais il suffisait parfois d'un seul instant pour avoir subitement besoin de talents de guérisseur. Savoir évaluer les dégâts d'une mauvaise chute, d'une attaque de bestiole ou d'ennemi ou d'une ingestion maladroite, peu importait. Dans l'urgence, il fallait être capable de poser un garrot ou de désinfecter une plaie, au moins le temps de retrouver des médecins qui connaissaient plus que les grandes lignes médicales dont on pouvait se contenter pour quelques heures seulement. Pour Murphy, gagner en connaissances herboristes était nécessaire qu'un processus lent. Elle piochait là où elle le pouvait, auprès de personnes plus ou moins compétences, qu'elle connaissait de plus ou moins longue date, qui avaient elles mêmes plus ou moins expérimenté les choses elles-mêmes. Sa prudence la poussait à ne pas trop s'éloigner des sentiers battus et elle se contentait toujours des quelques plantes dont elle avait elle-même déjà attesté des bienfaits en notant l'absence d'effets regrettables. Le millepertuis, le calendula et le thym pour désinfecter; c'était déjà pas mal, pour quelqu'un qui, quelques années plus tôt seulement, ne connaissait de plantes que celles qu'on lui avait mises dans son assiette là-haut, pendant trente ans. Mais un jour, ces quelques bases ne suffiraient plus. Et ce jour, elle le redoutait au point de l'ignorer. « Peut-être qu'à l'occasion, si on s'recroise un de ces jours, tu pourras m'apprendre un truc ou deux » tenta-t-elle avec un petit sourire. « Si tu me donnes le nom d'une plante qui serait susceptible de m'assommer pendant les nuits les plus compliquées, t'auras déjà tout mon respect. » Ce n'était pas une supplique ou la demande d'un service; peut-être plus un défi que n'importe quoi d'autre, comme si elle attendait de lui qu'il lui prouve que tout ce qu'elle ne connaissait pas encore des plantes valait bien la peine qu'elle le découvre. Et les plantes, elles, avaient gagné plus de terrain dans la vie du Terrien que leur seules vertus médicinales et olfactives. La jument portait le nom d'une fleur dont le parfum ne semblait pas faire envier l'homme tant que ça; pas tant que son cousin rhododendron, en tout cas. Une raison ? Bien sûr qu'il y avait une raison. Murphy ne parvenait pas à croire qu'il n'y en avait aucune. Peut-être que même si elles ne sentaient pas tant que ça, les azalées étaient de bien jolies fleurs qui décoraient sa serre comme aucune autre ou se noyaient dans les chevelures comme si elles y étaient nées ou y avaient toujours été destinées. Aux explications de l'homme, alors, Murphy sourit doucement. « Il y a toujours une raison. » Du menton, elle désigna son chien, qui jouait avec son nouvel ami comme s'ils s'étaient toujours connus. La tempête de la rencontre semblait bien loin derrière eux, maintenant. « Je lui ai donné le nom d'une des étoiles les plus lumineuses. » Oui, la raison la plus simple était qu'Antarès sonnait bien. Mais parmi les noms qui sonnaient bien, il y en avait toujours un ou deux qui signifiaient un peu plus que de jolies consonances. Antarès, c'était l'une des étoiles les plus lumineuses que l'on pouvait trouver dans le ciel nocturne, mais il fallait savoir la chercher. Cachée dans la constellation du scorpion, elle n'était pas accessible aux néophytes comme l'était Sirius ou la planète que certains prenaient parfois pour une étoile. Et maintenant que les Odysséens avaient trouvé la terre et la Terre, ils avaient emmené avec eux le seul souvenir de son observation. Ils n'étaient pas tombés du bon côté de la planète bleue pour voir Antarès d'ici. Alors lorsqu'elle avait nommé son chien, Murphy ne l'avait pas joué seulement à la sonorité de la suite de lettres; en le nommant, elle lui avait donné une partie d'elle et d'eux tous, du monde qu'il ne connaîtrait jamais mais dans lequel il baignerait toujours malgré lui, de leurs souvenirs et de leurs rêves. A travers ces quelques noms, elle avait donné à son ami à quatre pattes un peu de sa mère, un peu de Wyatt, un peu de Faust, un peu de toutes les personnes avec qui elle avait observé les étoiles, de là-haut.

L'invitation de l'homme chez lui la toucha autant qu'elle l'intimida. De toute façon, il pouvait toujours la guider à partir du village calusa, ça ne l'aidait pas réellement. Elle ne voyait pas vraiment où il était. Chercher bien plus loin en longeant la plage, comme il le précisait une nouvelle fois, semblait rendre la tâche d'orientation encore plus ardue. « Peut-être que je tomberai sur ta maison par hasard, alors » sourit-elle avant d'ajouter, la tête penchée : « je la reconnaîtrai à la serre. » Elle n'allait dans ces coins-là que si elle y cherchait quelque chose de particulier. C'était trop loin pour de simples balades. Peut-être que la prochaine fois qu'elle séjournerait chez les Cents, elle pourrait s'aventurer dans des nouveaux coins, histoire de donner une chance à ce lien de continuer de croître. Ils semblaient être capable de tant échanger, avec une confiance qui s'était tissée en si peu de temps, que ça serait dommage de tout laisser à aujourd'hui sans se retourner.

La confiance était justement telle qu'ils avaient oublié toute forme de pudeur, Murphy soulevant son tee-shirt pour montrer comme devait être portée la lingerie, l'homme se dévêtant pour enfiler celle qu'elle lui donnait et offrait de bon cœur. « Oui, tu peux peut-être ajouter un morceau de tissu et découper et greffer la dernière rangée de crochets dessus » étudiait-elle, concentrée, imaginant le plan ingénieux de l'adaptation du vêtement pour convenir au corps du Terrien. Sa contribution s'arrêterait pourtant là; la couture était l'un des domaines qu'elle n'avait pas encore approchés. Timidement, sans oser lever la tête vers l'homme qui examinait sa plaie, Murphy leva les yeux vers lui à s'en donner mal à la tête. « Tant mieux » souffla-t-elle, soulagée de la conclusion qu'il lui partagea. Mais la détente fut de courte durée, puisque bientôt son interlocuteur fit mention d'une population dont elle n'avait jamais entendu parler. A la manière dont il la présentait, elle savait que leur existence ne présageait rien de bon. Et elle avait peut-être poussé les choses un peu loin en cherchant à être rassurée, parce que la réponse qu'il lui donna eut l'effet inverse. Elle le regarda une seconde, l'air terrorisé, et avala sa salive pour se forcer à passer à autre chose. Si aucun des siens n'en avait croisé depuis tout ce temps, alors ils devaient être bien peu nombreux ou timides. Pas de quoi s'affoler, en tout cas. N'est-ce pas ? Oh, il semblait que ce monde regorgeait encore de secrets terrifiants, à en perdre encore plus le sommeil...

Tout dans leur conversation et les sujets divers qu'ils avaient abordés avaient probablement menés à ce moment plus intime. Comme s'ils se connaissaient depuis toujours, ils entrèrent côte à côte dans un moment doux, délicat et personnel. Murphy ne réalisa qu'ils étaient arrivés là seulement lorsqu'elle perçut quelque chose d'étrange et de nouveau poindre dans le regard de l'homme au moment où il s'apprêtait à dévoiler ce secret qui le rongeait au point de poser des questions à l'inconnue qu'elle était. La lingerie qu'il avait essayée plus tôt lui parût évidente, maintenant. Il semblait à Murphy que le blond était partagé entre deux identités, sans trop savoir qui il était vraiment, parce qu'on avait trop essayé de répondre à cette question à sa place. Ce n'était pas une situation banale que celle dans laquelle elle se trouvait à présent, les fesses plantées sur ses talons, cherchant ses mots comme si elle redoutait que le moindre d'entre eux puisse avoir l'effet d'un raz-de-marée dans l'esprit de celui qu'elle commençait à apprécier un peu trop. « J'imagine que chacun donne le sens qu'il veut aux mots. » Elle tentait de réconcilier le Terrien avec cette Rose, peu importe qui elle puisse être. Peut-être avait-elle manqué de précision ou de sensibilité en choisissant ses mots. Mais Murphy percevait la délicatesse du moment et tout ce qui pourrait ressortir du choix de ceux qu'elle pouvait utiliser. « Pour moi, anomalie sous-entend que tu devrais pas être là, ou pas être comme ça. Et ça c'est pas vrai. » Elle haussa les épaules, comme si ça pouvait faire disparaître ce mot de leur conversation. « Ta situation est pas commune mais ça fait pas de toi quelqu'un d'anormal. Tu vois ce que je veux dire ? » Elle plongea son regard dans le sien pour s'assurer qu'il la suivait bien. « Exactement ! » Le regard brillant, elle s'enthousiasma subitement quand il demanda si tout ça voulait dire qu'il ne pouvait pas en mourir. « Appelle ça une situation. Une maladie implique que t'es en mauvaise santé. Et ta santé est bonne, non ? » Elle cherchait dans son regard une approbation. Peut-être avait-il déjà été victime de mauvais micro-organismes ou de toxines, mais rien qui ne pouvait avoir à voir avec cette différence que portaient ses chromosomes, peu importe ce qu'elle pouvait être. Elle soupira tristement, laissant malgré elle son dos se voûter, lorsqu'il confessa avoir subi l'aversion des autres. « J'espère quand même que tout ça, j'étais pas la première à te le dire. » Murphy pencha la tête sur le côté, les sourcils froncés, osant à peine imaginer ce qu'il avait traversé. « Tu sais, les gens peuvent être de sacrés connards. En général c'est quand ils comprennent pas, d'ailleurs. La peur rend vraiment con. J'espère juste que tu te comprends, toi, et que t'es pas ton propre connard. Quand on vit des trucs pareils, on est son premier allié, l'oublie pas. » Malheureusement, les connards pouvaient parfois gagner du terrain jusqu'à nous contaminer nous-mêmes jusqu'à faire de nous notre propre ennemi. Etre son propre connard, c'était tuer toutes ses chances à l'acceptation de soi-même. Dans un geste qu'elle prendrait sans doute grand soin de regretter plus tard, Murphy conclut en posant une main sur l'épaule de Hyacinthe et un baiser sur sa joue. Ils se relevèrent ensemble et Antarès se rua sur sa maîtresse pour venir réclamer quelques marques d'affection qu'elle lui offrit avec un grand sourire. Il était temps de reprendre la route, et il y avait bien des kilomètres à se mettre sous le pied. La pluie ne faciliterait sans doute pas le trajet si elle décidait de s'installer trop confortablement. La mine effrayée et d'une main dressée, Murphy refusa poliment de monter Azalée. Elle n'était pas encore prête à apprivoiser les chevaux, de près ou de loin. « T'inquiète pas, si j'ai survécu aux odeurs d'ici, je peux survivre à tout », sourit-elle alors qu'ils s'enfonçaient doucement dans la forêt, entourés de leurs trois compagnons à quatre pattes.

Spoiler:
Je me répète du coup mais bonne et très chouette année à toi aussi chou Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 171928021
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4012 CELEBRITE : Chris Brown ( model )/Cristopher Mason COPYRIGHT : Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU : Calusa POINTS GAGNES : 1312
Voir le profil de l'utilisateur

Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 Empty Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...

le Ven 19 Avr - 15:27
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


Cet interlude lui plaisait. Pourtant, le blond ne manifesta au début aucun véritable intérêt envers les enfants du ciel. Quand on lui en parlait il haussait les épaules. Beaucoup trop de problèmes dans sa vie pour aller s'en coltiner des autres. Hyacinthe il ne les craignait pas, tout en ne les fuyant pas pour autant. Et surtout qu'ils ne viennent pas envahir ses terres. Ensuite il vit obligé de porter de l'aide à cette pauvre demoiselle aux habits si bizarres, perdue dans la neige, qui fuyait les siens. Rose. Il la sauva contre son gré, puis s'attacha à son caractère de battante. Il y eut aussi Rafaël qui le laissa pour mort, le battant avec un acharnement qui expulsait toute la haine qu'il ressentait envers lui-même. Celui-là le troublait si fort, mais jamais il ne sut aller jusqu'au fond de ce sentiment car ce dernier s'en alla bien trop tôt. Puis Andromeda qu'il empêcha de sauter de la falaise ... Ensuite Ikoku ...

Tous ils s'imposaient à lui. Mais finalement, de cette manière il réussit à les cerner un tout petit peu. Il comprenait que lui est eux venaient de la même planète. La seule différence résidait dans cette centaine d'années ou les grands parents des débarqués s'envolèrent vers l'espace avec des rêves plein la tête pour tenir compagnie à un cœur bien lourd. Une origine similaire. Qui désormais pourrait affirmer qu'il croisait ou non un cousin lointain. Des familles se côtoyaient peut-être, ou s'affrontaient sans en posséder le moindre indice.

Alors cela le rendait, si on faisait exception de ses fâcheries avec Rose, plutôt ouvert à la communication avec les débarqués. Des différences, il en existerait encore des années, puisque le blond supposait que les derniers arrivants - Ainsi que les premiers - ne retourneraient pas au-delà des nuages. Bien que ça ne ressembla plus du tout au monde qu'ils quittèrent, ils ne disposaient plus des capacités pour réparer leur vaisseau et s'en aller à nouveau. De plus dans la tête du Calusa ça ne rimerait à pas grand-chose, en tout cas lui ne prendrait pas le risque de se perdre dans l'espace alors que tout se trouvait à porter de main ici. Et pas besoin de s'enfermer dans une carcasse en métal pour y avoir accès.

Aussi il apparaissait évident à Hyacinthe que plus vite il les traiterait sur un pied d'égalité, mieux les problèmes se résolveraient « Les mots n'ont pas l'obligation d'être beaux, tant qu'on les comprend, je pense que c'est l'essentiel » Rétorqua-t-il pour s'éloigner d'un sujet sensible et pas des plus joyeux. Il la regardait tandis qu'elle s'enfonçait dans ses réflexions qu'il ne troubla pas, en profitant pour flatter sa belle Azalée qui terminait les dernières touffes d'herbes du lieu. Visiblement le blond et la brune se forgeait d'enfances différentes, et parfois ça demeurait obscur pour ceux  qui n'imaginaient pas que ça puisse être autrement. Comme un placard où se cachait le monstre, celui que l'on n'ouvrait jamais la nuit pour se protéger de son horrible intrusion ...

« Je ne sais pas si on ne peut jamais s'habituer aux insultes ou aux injures, on peut le prétendre, après ... » Quand ça arrivait trop souvent, ça vous passait par-dessus la tête, ou vous faisait sortir de vos gonds. Tout dépendait de la vie qu'on menait, si on s'en satisfaisait ou non. Et lui Hyacinthe il trouvait son équilibre prêt de l'océan, en solitaire, parmi ses plantes, son potager, sa serre et ses fioles. Au fond il aurait pu s'appeler Voltaire - qui cultivait si bien son jardin - s'il n'eut dissimulé une ombre de l'autre côté de son âme lumineuse. Chacun voyage avec ses secrets, pour autant il ne les sème pas dans l'esprit de tous ceux qu'il rencontre. Sympathiques ou non. Alors parfois quand les actes pesaient trop, une parole malheureuse déclenchait une colère dévastatrice.

Heureusement les flagrances qu'il transportait partout avec lui, dissimulaient la casserole nauséabonde que le blond trainait derrière lui. Elles voilaient toujours les trous noir rapetissés tout au fond de sa mémoire, faisant office de paravent. Toujours une discussion sur les parfums l'animait, le réveillait de ses craintes, tout autant que le marchand qui dormait en lui. Sauf dans les cas ou il accordait une coudée amicale à la personne qu'il côtoyait. Comme Murphy par exemple. Le blond souhaitait lui inspirer ce que lui ressentait face à la création de ses odeurs « Oh mais bien entendu ... L'effluve d'une personne en particulier peut surpasser toutes les autres, et rien n'arrivera jamais à sa hauteur » Déclara-t-il avec passion alors que l'image de Rafaël flottait encore dans sa tête ...

Le regard de la brune se détourna avant que le Calusa ne puisse lui répondre. Prise d'une étrange timidité qui le conforta dans l'étrange ressenti, que derrière tout cet échange existait une vérité qu'elle dérobait aux yeux des autres. Il ne tenta pas de creuser dans cette direction, il n'eut pas apprécié non plus qu'on essaya de s'introduire dans sa vie privée. A moins qu'il ne tournât lui-même la serrure.

« Si si si moi je porte un parfum ? Ou...iii, j'aime bien sentir bon » Admit le blond dans un murmure durant lequel ses joues se teintèrent de rose. Au même instant où elle reniflait parmi les détritus avec des grimaces peu encourageantes. Et si elle détestait ses créations ? allait-il s'en offusquer Hyacinthe ? Pas du tout, des telles réactions il en observait régulièrement, tous ne finissaient pas charmés par les effluves qu'il leur offrait. Et ça le blond devait l'accepter, sinon il ne lui restait plus qu'à se morfonde à chaque échec.

Et son existence lui apprenait chaque jour que Lutter contre les obstacles, aussi terrifiants qu'ils soient, l'aidait à rester debout, mais surtout s'améliorer. Lui si futé, oubliait que la pestilence qui régnait dans l'air en obturait les narines de Murphy, les empêchant de capter quelque senteur que ce soit. Pourtant elle lui montra une des petites bouteilles en lui demandant de quoi il s'agissait « Oh garde là, et essaye de deviner, tu me diras ce que tu as cru y retrouver la prochaine fois » Décida-t'il en reprenant les deux autres flacons.  

« On est jamais vraiment con quand on a quelques trucs même si ils sont ob ob ob .. solètes .... » Il butait sur le mot Hyacinthe, pas vraiment assuré d'avoir opté pour celui qui traduisait réellement l'idée qui se promenait dans sa caboche. Après il s'agissait d'une simple constatation, qu'il n'entendait pas forcément développer. Juste remarquer qu'un objet devenu inutile pouvait toujours trouver une nouvelle vie. Mais ça les enfants du ciel le prouvaient régulièrement depuis leur arrivée.

De fil en aiguille elle émit le désir d'installer des fenêtres dans sa "nouvelle" habitation. Forcément le blond, lui, s'enquerra de quelques précisions afin de réfléchir aux diverses possibilités. Les ruines ? Il connaissait plusieurs endroits mais n'en voyait pas des tas ou il pensait judicieux de s'installer « Les ruines, celles où se trouve ce qu'on appelait dans le temps une église ? » Ou alors là où la possibilité de descendre dans un trou qui menait dans les entrailles de la terre vous offrait une balade mystérieuse ? Pour l'instant il ne jugeait pas d'autres décombres que ceux-là, assez intéressants pour y reconstruire un éventuel village. D'autant qu'apparemment ils semblaient se démener à plusieurs pour ce genre d'activité « J'ai construit moi-même ma maison, c'est une bonne solution de s'appuyer sur des fondations encore résistantes » Approuva Hyacinthe, surtout s'ils parvenaient à rebâtir solidement, l'hiver s'annoncerait alors moins rude pour eux.

Malheureusement la lumière qui animait le visage de la jeune femme disparue doucement telle une bougie qui s'éteignait. Il n'eut pas avancé que l'expression de Murphy passait de l'espoir au désespoir, mais plutôt à un manque total de conviction. Et le lui le terrien ne saisissait pas réellement la problématique puisque que même s'ils se dressaient des inconvénients, lui y entrevoyait une magnifique opportunité de grandir ensemble, Terriens et Skairus « Oui il faudrait en parler ... » Pourquoi pas maintenant ?

« Je pourrais peut-être passer près de chez vous pour que je puisse me rendre compte ... » Le blond tendait une main invisible à La Brune, à elle de s'en emparer maintenant ou plus tard. Hyacinthe il n'insisterait pas davantage, toute évolution exigeait de se construire côte à côte dans la plus parfaite sérénité. Et bien qu'il fût un solitaire, il ne méconnaissait pas toute la distance qui restait à parcourir avant aplanir les malentendus, les difficultés, la méfiance qui trainaient encore dans le coin, quand ils se regardaient face à face. Chaque rencontre n'adoptait pas les couleurs de celle-ci. Alors si au milieu de cette décharge elle souhaitait parles des plantes, il la suivrait de bon cœur, puisqu'on abordait un autre de ses domaines de prédilection .

« Tu ne dors pas bien ? » s'intéressa-t-il avant de rajouter « Oui mais il faut faire attention de ne pas en devenir dépendant sinon c'est encore pire après »

Le blond trimballait bien une mixture apprise auprès de Thirizi, à l'époque ou Basile lui tournait tellement la tête qu'il le persuada que son corps se diviserait en deux. Désormais il l'utilisait peu, mais le voilà réticent face à l'incertitude des symptômes de L'Odysséenne. Oui il s'y connaissait un peu mais on ne s'improvisait pas guérisseur comme ça. Cependant il ne lui était pas interdit de la diriger vers des infusions de plantes qui ne provoquaient pas de mauvaise accoutumance « Et bien ... » Commença-t-il en plongeant ses pupilles dans les yeux plein d'espérance de Murphy « Je ne sais pas si tu sais les reconnaître ou si quelqu'un de chez toi pourrais t'aider, mais tu peux te faire des infusions de camomille, de mélisse ... Et je ... J'ai sur moi ... Du Houblon. Je t'en donne un peu si tu veux, il faudra que tu le fasses chauffer dans de l'eau et que tu le boives un peu avant d'aller dormir » Hyacinthe n'en usait que rarement, mais après plusieurs essais, il découvrit que, pour lui, cette décoction lui convenait mieux que les autres.

Lou s'agita tout prêt d'eux, il devait humer l'odeur de futurs contrevenants, encore trop loin pour les déranger tout de suite. Le temps de bouger sonnait. Alors il se mit a ramasser les quelques affaires éparses qui trainaient autour de lui attendant la décision de Murphy avant de lui chercher l'herbe suggérée. A voir si elle les connaissait ou si tout ça se résumait à du pur charabia pour la femme venue de l'espace...

L'esprit du blond se laissa capturer par les jeux des deux canidés, ils se découvraient, se testaient, s'amusaient dans un lieu où on n'atterrissait jamais par pur plaisir. Mais eux ils s'en moquaient complétement, parfois il eut aimé avoir ce genre de futilité, se détacher de la gravité ... « Oui il y a toujours une raison, parfois on ne veut juste pas la partager, parce que les autres ne comprendraient pas ... » Son attention se fixa particulièrement sur Antarès « Parce que tu aimes les étoiles ? Ou parce qu'elles étaient pendant bien longtemps la seule nature que vous pouviez côtoyer ? »

Dans sa tête, il ne comprenait pas forcément que ces lumières brillantes se positionnaient à des millions d'années de lui. Son imagination les lui dessinait flottant auprès de cet étrange vaisseau métallique « Est-ce qu'elles faisaient mal aux yeux là-haut ? Un peu comme le soleil si on le regarde trop ? » Quoi qu'il en soit, voilà un joli nom, particulièrement bien porté. Amusant comme la gourmandise d'une jument menait à un papotage ressemblant à celui de deux amis de longue date

« Et et et cette étoile lumineuse elle avait ... elle a de l'importance pour toi ? » Il demandait tout en regardant si La jument blanche serait prête à redémarrer rapidement. Le blond il laissait les silences s'installer sans les interrompre quand il voyait Murphy plonger dans une vague rêverie. Elle lui donnait l'impression de porter beaucoup de drames, de tristesse, de secrets sur ses épaules. Son âme s'apparentait sans aucun doute à un jardin secret ou s'épanouissaient les fleurs les plus rares.  

Malheureusement, il devenait nécessaire de se mettre en route rapidement pour éviter tout fâcheuse rencontre. Il restait bien des sujets à explorer ou approfondir, voilà pourquoi il l'invita chez elle. Évidement ça se révélait un peu compliqué, il ne se promenait pas avec une carte, tous les sentiers ou les raccourcis vivaient dans sa caboche. Retransmettre des images par des mots s'avéraient difficile, surtout si on parlait d'endroits qu'elle ne fréquentait pas ou très peu « Si jamais tu la vois, tu ne pourras pas te tromper, c'est la seule maison solitaire au bord de la mer, derrière une dune. Avec une serre, un jardin, Azalée et Lou » Bon après il se pouvait que le Calusa s'éloigna pour de multiples occupations. Que l'équidé fut absent tout autant que le chien loup.

Il ne se permettrait pas de faire une promesse qui se basait sur son emploi du temps, celui-ci évoluant au fil des jours « Si je ne suis pas là, tu peux toujours aller te rafraîchir au puits dans le jardin ? tu n'auras qu'à laisser le sceau sur le rebord, je saurais que tu es passée. Alors peut-être que j'entreprendrais de venir jusqu'à vos ruines » Sans y pénétrer. Il tournerait un peu, tranquillement, comme il évoluait autour des cent quand il s'y rendait. Et puis s'il ne l'apercevait pas et bien il s'en irait « On finira bien par se revoir un jour » Lui il n'en doutait pas. Il suffisait de pratiquer la patience, de se laisser porter par les jours. Ce qui devait être ne manquait jamais de se produire ...

Puis cet intermède un peu hors du temps qu'ils devraient clore. Un peu à contre cœur. A propos de lingerie et de soutien-gorge. Hyacinthe qui continuait à le porter, alors qu'ils discutaient passant de charybde en scylla, y revint pour le détacher car malgré tout. Ses poumons un peu comprimés ne respiraient plus aussi aisément « Oui c'est une bonne idée pour le morceau de tissu, j'essayerais ça quand je serais de retour chez moi » Il s'enfoncerait dans les mystères d'une vie défendue, qui flottait encore dans ses souvenirs comme un fantôme, tel un morceau de chocolat qu'un affamé lui eut dérobé alors qu'il allait en découvrir le goût.

Hyacinthe retira donc son harnachement pour enfiler le vêtement jeté par terre, désormais légèrement sali. Il fut alors temps de vérifier la blessure de Murphy. Il la rassura, liberté rendue, il remercia le ciel pour ne pas avoir rajouté un incident de trop entre eux et les débarqués. Hyacinthe ne s'attarda pas sur la description des reapers. Il lui souhaitait de ne jamais en voir se pointer un devant son nez. En voie de disparition ils en vagabondaient encore dans des trous déserts.

Dans leur mouvement pour s'éloigner de ce lieu sinistre, puant mais aussi plein de richesses ils s'attardaient sur ce qui hantait depuis son enfance le Calusa. La raison qui le fâcha avec Rose ... « Et puis ces mots on n'est pas toujours prêt à les entendre non plus » l'entièreté de son être devait se rallier avec la solution qu'on lui suggérait. Et cette évolution, maintenant il se persuadait l'avoir embrassée.

Néanmoins il penchait la tête laissant flottée sa chevelure blonde par-dessus ses prunelles vertes. Hyacinthe il n'appréhendait pas la globalité des paroles de Murphy, mais il en décodait l'essence. Tout en prenant les rênes de la belle blanche, il fit quelques pas, puis s'arrêta, attendant que la brune le - les - rejoigne, car elle seule connaissait le chemin pour retourner vers les siens « je ne suis pas en mauvaise santé » Affirma-t-il sans certitude absolue. Le blond ne déterminait toujours pas si ses maniaqueries qui en agaçaient beaucoup se rangeaient dans les maladies. Ou alors ça faisait aussi parti de l'ADN ? « Si tu es la première à le dire, peut-être parce que je n'ai pas laissé parler assez longtemps Rose »

Après tout la petite cent, elle l'attendrissait tellement avant qu'il ne se mît en colère contre elle. Elle lui inspirait beaucoup d'humanité, ainsi que de douceur « Et toi Murphy, tu es ta propre amie ? Ta première alliée quand tu as dû faire face à cette nouvelle vie ? » Comme il lui proposait de monter sur Azalée, elle batifolait comme une brave « Alors on survivra ensemble... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]  Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 171928021 Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 620182214 Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 1415237354 Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 2790306669


Dernière édition par Hyacinthe Bosco le Dim 26 Mai - 16:21, édité 1 fois
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 38779 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 1280
Voir le profil de l'utilisateur

Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 Empty Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...

le Dim 12 Mai - 2:19
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


Le temps avait filé à une vitesse affolante, signe que les choses, ici, avaient pris une tournure à la fois inattendue et agréable. Il suffisait à Murphy de regarder à ses pieds la hauteur de l'ombre de la structure métallique derrière lequel les deux inconnus s'étaient abrités du soleil un peu plus tôt. Elle avait déjà eu le temps de continuer sa rotation et de se rétrécir, signe que le zénith n'était plus très loin d'être atteint. Si elle voulait rentrer au village le soir comme prévu, il ne faudrait pas qu'elle s'éternise ici. Elle avait de la route, et ne comptait pas faire défaut à la garde qu'elle s'était engagée auprès de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de prendre dès le lendemain matin. Pourtant, elle devait admettre que cette parenthèse inopinée avait quelque chose de doux et d'agréable, et semblait justifier tout ce qu'elle croyait de ce monde et tout ce qu'elle voulait croire de ce qu'ils pouvaient construire, tous ensemble. Il suffisait de prendre quelques minutes ou quelques heures par-ci par-là pour se rendre compte du gigantisme du monde qui les entourait, contrairement à ce qu'ils avaient toujours connus, eux Débarqués qui avaient été condamnés, jusque-là, aux limites d'une embarcation protectrice mais limitatrice. Ici, les horizons s'étaient étendus violemment, à en devenir sombres et agressifs. Mais aujourd'hui n'était qu'une preuve supplémentaire sur la liste déjà longue de Murphy que ce monde était fait pour être exploré et découvert, appris et aimé, comme un être vivant à part entière. Cette planète, les siens devaient s'en rappeler, avait vu naître leurs ancêtres à tous, ancêtres communs qui avaient provoqué tout ce qui les avait séparés, tout ce qui marquait encore le monde d'aujourd'hui. Ici c'était l'ouverture à l'avenir commun qui se tissait dans les conversations, dans les partages, dans le respect, dans les quelques minutes ou quelques heures volées à des représentants de deux communautés - représentants malgré eux, ils choisissaient, par contre, de se tendre la main, de s'offrir un sourire, quelques mots, quelques instants. A l'image de tout ce qui se dessinait dans leur avenir, c'était un choix. Son choix, Murphy l'avait fait depuis longtemps. Elle y avait été contrainte par l'envie de survivre, d'abord, le besoin d'apporter à la communauté tout ce qu'elle était capable de lui apporter, au sens propre comme au figuré. Un soutien moral, un moteur, une motivation peut-être; mais aussi des ressources récupérées là où elles n'avaient aucune autre utilité que décorer les environs. Les rencontres comme celles d'aujourd'hui étaient rares à ses yeux; nombreuses à ceux de ceux qui quittaient le campement plus rarement. Murphy ne les cachait pas aux siens, parce qu'elles représentaient mieux que n'importe quel idéal scandé à ceux qui voulaient bien y croire l'avenir qu'ils pouvaient se créer ici.

Et puis cette rencontre se teintait d'autres couleurs, de celles d'une sensibilité rare, de celles qui émanent des parfums les plus doux. « Les mots les plus moches sont moches parce qu'on les comprend... » La fin de la phrase fut laissé dans un suspend triste. Murphy n'était pas quelqu'un de sensible -elle faisait tout pour ne pas l'être, en tout cas, tant on lui avait rabâché dans ses années militaires que les émotions n'avaient pas leur place dans cette profession. Elle savait que son empathie et son écoute avaient fait partie des qualités qui avaient fini par lui faire grimper les échelons de la force militaire petit à petit, mais elle n'avait jamais réussi à complètement décrasser son esprit de ce que certains collègues lui avaient tant répété pendant les années où elle avait construit son identité de militaire. Pourtant, elle devait l'admettre, il y avait des situations et des mots et des regards et des tremblements de voix qui pouvaient avoir raison en quelques secondes à peine des barrières qu'elle avait construites. Murphy était sensible, en fait, et particulièrement à la peine et à la douleur d'autrui. C'était une vision qui lui était insupportable. Son propre visage lui avait semblé inconnu quand elle en voyait le reflet dans l'eau et les parois métalliques, lorsque Faust avait disparu. Son regard lui avaient fait peur, pendant tous ces mois. Elle avait vu ses traits se creuser de sa perte d'appétit, ses sourcils s'affaisser sous le poids de la détresse et du désespoir. Elle était devenue sa propre étrangère, sa propre vision de celle qu'il fallait aider. Dans le regard de l'inconnu, il n'y avait pas cette forme de désespoir; il y avait une peine douce, comme une résilience que Murphy ne pouvait se résilier à laisser là. On acceptait pas d'être blessé simplement parce que c'était l'état des choses. On acceptait pas les remarques et les insultes simplement parce qu'on ne savait pas les refuser. C'était un combat contre soi-même et contre ce qu'on essayait de nous distiller dans les idées, mais c'était un combat dont ressortir gagnant ferait ressortir plus grand, plus puissant. Comprendre les mots, lorsqu'ils étaient moches, quelque part, c'était les accepter dans sa propre réalité. Mais Murphy n'insista guère plus que ces quelques mots, laissant là, elle l'espérait, quelques graines prêtes à germer dans l'esprit de l'inconnu lorsqu'il serait prêt à en accueillir les fruits. « Je pense que le seuil de tolérance aux insultes, c'est comme celui à la douleur. A force, il devient de plus en plus haut. Et c'est ça qui est triste, parce qu'on les admet dans sa vie et dans son quotidien, quand c'est comme ça. Il faut continuer à être révolté par ce qui est pas normal. » Murphy ne regardait plus vraiment l'inconnu, tant elle se perdait dans ses considérations philosophiques. L'Homme pouvait être l'un de ses pires ennemis - il était même parfois son pire ennemi. « En refusant de se laisser atteindre, c'est pas prétendre, c'est se défendre. » Murphy devait admettre qu'elle n'avait probablement pas été une grande victime d'insultes au sens premier du terme. On l'avait souvent critiquée, elle avait souvent été moquée; mais pas insultée. Et face à ses détracteurs, elle avait choisi de mettre l'emphase sur tout ce qu'on lui reprochait. Mais elle ne pouvait nier que ce genre de choses, malgré toute la bonne volonté qu'on avait à l'éviter, ça laissait des traces.

Mais il y avait des sujets plus heureux, et qui faisaient qui ne faisaient pas resurgir autant de mauvais souvenirs. Les parfums, ceux auxquels Murphy n'avait jamais vraiment pris le temps de penser, qu'elle n'avait jamais pris le temps d'étudier. Les odeurs nauséabondes pouvaient mettre l'estomac à mal; les odeurs les plus agréables pouvaient arracher un sourire ou rappeler un souvenir, donner envie de faire une pause de quelques secondes dans sa journée pour en savourer les douces effluves. Mais peut-être que ce sujet n'était pas tout à fait moins douloureux que ceux qui avaient précédé : s'il y avait une odeur qui lui manquait particulièrement, c'était celle d'un @"Isdès Hakantarr" qu'elle souhaitait haïr avec plus de conviction. Elle souhaitait rejeter l'idée avec une hargne qu'elle ne trouvait pas dans ses tripes, et se contenta de l'accueillir tristement. Elle avait la réponse à sa question avant même de l'avoir posée, et celle que lui donna l'homme ne fut que trop évasive pour la convaincre qu'elle se trompait. On ne pouvait pas vraiment dissocier un parfum particulier de son propriétaire.

La question suivante fut plus légère parce que c'était ainsi qu'elle souhaitait le reste de la conversation. A force de soulever des sujets désagréables, ce serait ce qu'ils retiendraient, l'un et l'autre, de cette rencontre. Murphy sourit presque affectueusement lorsqu'elle vit le sang monter aux joues du blond pendant qu'il lui répondait. « C'est normal pour un parfumeur. Si on aime le parfum, pourquoi on deviendrait pas son propre parfumé ? » Son regard brillait de bienveillance et deux fossettes se creusaient aux coins de son sourire. En attrapant les trois fioles qu'il lui tendait, elle se demandait à quel genre de parfum elle pouvait s'attendre. A sa grande surprise, elle n'eut pas besoin de coller son nom aux parois de verre pour renifler les essences. Les trois bouquets étaient agréables, mais l'un d'eux attira particulièrement son attention. « Oh, merci », accepta-t-elle, surprise et gênée mais non sans un petit sourire. Elle s'assura que la petite fiole était bien fermée et la glissa soigneusement dans son sac. « Oh, je t'assure qu'on est vraiment cons avec ce qu'on a ! » Elle rit d'un petit rire poli et amusé. Ils apprenaient encore beaucoup de choses, les Débarqués, et y compris à se reforger un attirail pour les petites choses de tous les jours.

Mais ils avaient fait un progrès monumental, déjà, cette dernière année. Enfin ils avaient réalisé le projet idéaliste de Murphy de s'installer pour de vrai dans ce monde, en s'installant ailleurs que dans ces ruines qui ne portaient rien d'autre que le poids de la vie d'autrefois, de l'accident et de la survie. « Une église ? » Elle fronça les sourcils, hésitante. « Non, je crois pas... On est dans un coin où il y a surtout des maisons qui servent de base pour reconstruire de nouvelles choses. On a aussi des grosses galeries à côté. » Elle ne savait pas comment mieux décrire les lieux. Pour elle, c'était chez eux, c'était chez elle. C'était le début du reste de leur vie. Elle leva son regard vers lui en lui souriant lorsqu'il expliqua qu'il avait construit sa propre maison. Il avait certainement plus de compétences et de connaissances que n'importe lequel d'entre eux en la matière. « Tu sais, là-haut on avait pas chacun notre chez-nous. Je vais enfin savoir ce que c'est. » Elle eut un petit sourire rêveur, un brin nostalgique aussi. Elle profitait encore de son premier été passé dans les ruines dont les travaux de réhabilitation avaient à peine commencé. Et les projets étaient grands, peut-être même déraisonnables. A terme, d'ici deux ou trois ans, elle souhaitait une maison dans laquelle s'installer toute l'année avec son chien. L'hiver ne lui ferait plus peur puisqu'elle aurait sa propre cheminée fonctionnelle, devant laquelle elle pourrait s'endormir sagement, dans le silence que seule l'intimité d'une maison personnelle pouvait offrir. Mais ses grandes idées venaient de rencontrer un mur qui, elle ne se faisait pas d'illusions, demeurerait un moment. Aucun contact officiel n'avait encore été pris entre le village et les Terriens. Si on était pessimiste, on pouvait d'ailleurs voir dans l'approximation  des relations avec les Cents tout ce qui pouvait les attendre avec les Natifs. Mais Murphy n'était pas pessimiste. Un jour peut-être pourraient-ils circuler entre villages sans que ça ne fasse grincer les dents de quiconque. En attendant, il fallait faire attention au moindre contact. L'entrée dans le village d'un Terrien était encore inconcevable et elle pouvait le comprendre. Quant à voir un Terrien rôder autour du village, c'était probablement peu conseillé aussi. « Pour l'instant je sais pas si c'est une bonne idée », dut-elle se résoudre à répondre pour éviter de tourner autour du pot. « Tant qu'aucun contact a été pris entre nos groupes, je pense qu'il faut mieux être méfiant... » Et c'était à regret qu'elle l'admettait. Ce serait bête et dommage qu'un malentendu coupe court aux moindres contacts avant même qu'ils ne puissent voir le jour. « Il faut pas brusquer les choses », soupira-t-elle. Ca faisait trop longtemps déjà qu'il ne fallait pas brusquer les choses, regrettait-elle, mais elle avait compris qu'à trop forcer les choses elles se cassaient. La résistance était gagnée dans la modération et dans l'équilibre. « On en reparlera pas quand ça nous apparaîtra plus comme une folie. » Avec un petit sourire désolé, elle chercha le regard du blond pour s'assurer que le freinage n'avait pas été trop violent.

Mais de son chapeau, l'inconnu ne sortait pas seulement la parfumerie et la construction; il était aussi doué avec les plantes. Murphy, en la matière, apprenait autant qu'elle découvrait. Elle savait reconnaître le danger là où il était et se méfier de lui même là où il n'était pas, et c'était déjà le plus important à ses yeux. Mais elle avait aussi appris que la nature regorgeait de petits miracles prêts à leur être offerts, et si le Terrien était prêt à lui donner quelques indices pour l'aider à trouver le sommeil dans ses nuits d'insomnies, elle ne le refuserait pas. « Je ferai attention, promis. » Elle le rassura, regard plongé dans le sien, en attendant impatiemment qu'il lui donne quelques conseils. « Oh, on a des infusions de camomille parfois, mais je savais pas que ça aidait à dormir ! » C'était une bonne chose à savoir. Il arrivait parfois qu'on leur propose ce genre d'infusions selon ce qui avait été trouvé dans les bois dernièrement. Si elle arrivait à reconnaître les plantes sans craindre de les confondre avec des voisines aux propriétés opposés, Murphy pourrait peut-être se créer sa propre réserve, qu'elle garderait dans son chez-elle. Quelle étrange envie que celle de la propriété... « Je suis pas contre, merci... » Mais elle se rendait compte qu'elle accumulait les cadeaux alors qu'elle n'avait pas grand chose à offrir. Le vieux soutien-gorge qu'il portait n'avait jamais été le sien. Elle était venue ici pour récupérer plutôt que pour offrir, et son sac n'était rempli que d'objets nécessaires à sa survie et dont elle ne pouvait se séparer. « Je suis désolée, j'ai rien sur moi... » Elle s'excusa platement, un peu penaude, en attrapant les petites tiges remplies de fleurs vertes qu'on lui tendait. Elle rouvrit son sac pour délicatement les déposer au-dessus de tout son barda, se promettant de penser aux plants fragiles lorsqu'elle devrait fouiller ou récupérer quelque chose. « Merci beaucoup. Je t'en dirai des nouvelles » promit-elle comme si c'était une façon -bien pauvre- de le payer pour le service qu'il venait de lui rendre.

A leurs côtés, les chiens continuaient de faire connaissance, ou achevaient de le faire. Bien loin des crocs et des grognements méfiants et mécontents qu'ils avaient sortis un peu plus tôt, ils jouaient comme de vieux amis, oubliant presque leurs compagnons humains qui se mettaient doucement sur le départ. Un peu rêveuse, Murphy regardait Antarès, dont l'innocence joyeuse avait le pouvoir presque inégalable d'apaiser les poids qui pouvaient peser sur ses épaules. « Oui, t'as raison... mais j'ai rien à cacher. Les étoiles ça fera toujours partie de mon identité, même si là-haut on les a pas plus fréquentées que vous. C'est juste que c'était la majorité de nos paysages... alors c'est un peu nous, les étoiles. » Et puis un peu sa mère, et puis un peu [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]; un peu leurs longues conversations, un peu leurs longs silences, un peu de leurs sourires et beaucoup de ces souvenirs qui s'étaient tissés sur fond d'encre parsemés d'éclats stellaires. Ici, les étoiles n'étaient plus tout à fait les mêmes, parce qu'elles devenaient secondaires. A côté de l'immensité du monde dans lequel ils évoluaient maintenant, celle des étoiles semblait infime, insignifiante, presque inexistante. On ne pouvait plus les voir que la nuit, et puis on ne pouvait plus que se contenter d'une voûte céleste qui se cantonnait à la moitié des horizons observables de là-haut. « Non, pas du tout », répondit-elle d'un ton un peu rêveur, un petit sourire au coin des lèvres, le regard perdu dans le vague en repensant à ces immensités qu'elle ne côtoierait jamais plus comme elle les avait tant côtoyées. « Elles étaient pas si différentes d'ici, en fait. Leur éclat était plus net parce qu'il y avait pas l'atmosphère, mais c'était les mêmes points dans le ciel que ce qu'on voit ici la nuit. C'est juste que... ouais, c'était notre environnement. » Elle ne savait pas les mots qui pourraient le mieux décrire son existence d'avant, probablement parce que les souvenirs s'atténuaient à mesure qu'elle évoluait ici. Peut-être que ceux de sa mère finiraient par se volatiliser avec eux, comme si tout appartenait à un autre monde, à une autre vie, à une autre Murphy. Elle aimait voir les étoiles d'ici, la patrouilleuse. C'était les mêmes étoiles; c'était juste un autre point de vue. « Par contre les levers et les couchers de soleil avaient rien à voir. On en avait plusieurs par jour, d'ailleurs. » Quant à Antarès, cette étoile particulière qu'elle avait décidé de faire vivre ici, il y aurait sans doute eu plein de souvenirs à raconter. Mais ces souvenirs étaient secrets, à peine descriptibles, des bribes d'histoires et de conversations qui s'éparpillaient sur des années de partage et de minutes volées près des hautes vitres de l'Odyssée qui laissaient admirer la planète. « On la voit plus, maintenant. Même là-haut, fallait la connaître pour la trouver. Mais ici... je pourrai plus jamais la voir. Elle est partie comme beaucoup d'entre nous quand on a atterri ici. Antarès, c'est un peu de là-haut que je ramène ici, je suppose. » Elle haussa les épaules, le regard fuyant, les prunelles un peu humides, la gorge nouée. C'était la première fois qu'on lui avait demandé d'expliquer aussi précisément l'histoire du prénom de son chien; elle n'avait rien contre l'exercice, mais elle l'avait trouvé plus difficile que ce qu'elle aurait attendu. Malgré tous les souvenirs et significations qu'elle avait donnés à ce nom, ce n'était qu'un nom, pourtant, non ?

Et il suffit de ces quelques mots échangés pour que les confidences soient poussées à des extrêmes presque intimidants. Sans s'en rendre compte, Murphy était devenue porteuse d'une confession qui pesait que les épaules de l'homme d'un poids à peine insupportable. Elle cherchait ses mots autant que ceux qui la quittaient étaient spontanés. Elle ne le connaissait pas, ce bonhomme-là; elle ne connaissait pas son nom, ne savait que vaguement où il habitait, et malgré les projets qu'ils avaient commencé à dessiner de prochaines retrouvailles, rien ne garantissait que cette première rencontre ne serait pas la seule. Pourtant, Murphy ne pouvait se résoudre à laisser ce tiraillement identitaire sans réponse aucune, aussi insignifiante puisse-t-elle être. Dans un coin de sa mémoire, elle mettait de côté les indices qu'il lui donnait sur sa maison près de la mer. Elle savait qu'elle n'oserait jamais s'y inviter, d'autant qu'elle ne se sentait pas capable de la trouver dans un coin qu'elle fréquentait et connaissait si peu. Mais si un jour elle était de passage là-haut, volontairement ou accidentellement, ces quelques informations n'étaient pas à bannir. Elle sourit, reconnaissante de l'invitation et des précisions qui lui montraient tout le sérieux de l'interlocuteur. Le conseil de Murphy ne tomba pas non plus dans l'oreille d'un sourd, puisque le blond mettait de côté l'idée d'adapter le soutien-gorge à sa morphologie avec un morceau de tissu supplémentaire. « J'espère que ça marchera ! » Silencieusement, Murphy détourna le regard pour accorder à l'homme un peu d'intimité au moment où se rhabilla.

Une fois que le blond fut rhabillé, il vérifia une dernière fois l'état de la plaie qui avait forcé la rencontre. Murphy avait presque oublié qu'elle avait un peu saigné plus tôt. L'hémoglobine s'était séchée sur son crâne, signe que le processus de cicatrisation avait déjà commencé son oeuvre. Cet incident ne serait bientôt plus qu'un mauvais souvenir.

Et installés contre leur haute ordure métallique, les deux interlocuteurs virent quelques confessions intimes se glisser au centre de la conversation dans un naturel à en impressionner Dame Nature elle-même. On lui avait dit certaines choses, à l'inconnu, certaines choses qui laissaient des traces, certaines choses qui avaient été incroyablement maladroites et qui faisaient mal à Murphy à la fois pour lui, et pour celle qui avait prononcé ces mots, sans doute bien loin de l'intention de ce qu'ils pouvaient générer. « Surtout s'ils sont pas appropriés » rétorqua la brune en haussant les épaules d'un air désolé. A cette Rose, il avait l'air de tenir ou d'avoir tenu : on ne pouvait pas imaginer la réciproque invraisemblable.

Doucement, naturellement, Murphy avait poussé la rencontre à sa fin, concluant dans un geste affectueux qu'elle sembla être la seule à regretter. Elle commença doucement à réunir ses affaires pour se redresser. Il fallait qu'elle prenne particulièrement soin de son sac, aujourd'hui, si elle ne voulait pas rentrer avec une fiole de parfum brisée et du houblon en miettes inutilisables. « Non, t'es pas en mauvaise santé », confirma-t-elle dans un sourire bienveillant et rassuré. Si elle avait réussi à le convaincre de se répéter cette phrase, ce serait déjà une victoire. « Alors je suis contente qu'on se soit rencontrés ! » Avec un sourire radieux, elle s'avança loin de l'ombre dans laquelle ils s'étaient abrités. Il lui fallait partir vers le nord. « Mmh ? » Elle releva la tête vers Hyacinthe, finissant de réajuster son sac dans son dos alors qu'ils rejoignaient l'orée des bois. « J'essaie. Faut trouver un équilibre entre prendre soin de soi et laisser les autres prendre soin de nous, aussi. L'espèce humaine est une espèce sociale. » Ils s'éloignaient de la puanteur sans se rendre compte que leurs narines s'en déshabituaient progressivement.

Spoiler:
j'ai fait au mieux parce qu'il y avait des petits soucis de chrono il me semble, donc j'espère que ça ira, mais sinon hésite pas à m'écrire Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 484338566 tu me diras si on peut archiver ça, ou tu peux demander l'archive si tu considères que c'est tout bon pour toi Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 171928021


The end
Contenu sponsorisé

Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...  - Page 2 Empty Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum