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˜˜˜˜˜˜Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
maybe life should be about more than just surviving


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28/07/2015 I 2421 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna Verrier & Parfumeur 15
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Dim 3 Sep - 23:22


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


L’odeur. Pour l'odorat du blond, ça se résumait à une hérésie, mais il ne parvenait pas à faire avancer sa jument ou il désirait qu'elle aille. Le calusa se souvenait bien des conseils de Gen, mais entre la théorie et la pratique, il ne suffisait pas de claquer des doigts. Il revenait des chez les Naoris, après avoir été festoyé du côté des Kovariis, dans l'idée de devenir plus ouvert à la nouveauté. Et aux autres. Hyacinthe demeurait mitigé quant au résultat, bien qu'il eut apprécié en parti l'événement, il ne gardait pas l'impression d'avoir progressé par rapport à sa vision du monde. Rien de foudroyant. Finalement le seul véritable intérêt de ce voyage s'avérait le temps passé en compagnie de Hiro. Quand il s'en alla rechercher sa blanche Azalée à la crinière immaculée auprès de celui-ci, qui serviable accepta de veiller dessus le temps de son absence.. Au départ, le verrier se pensait se diriger directement vers le village des Pikunis, afin de prendre des nouvelle d'Amaryllis. Et sans doute ramasser le beau terreau qui se trouvait dans leurs champs et que ses plantes adoraient tant. Pas trop, juste la quantité nécessaire pour remplir sa besace. Mais l'équidé, d'une allure folâtre, préféra se diriger vers la décharge. Le verrier s'interrogeait bien du pourquoi, car il ne trouvait rien de savoureux dans les flagrances qui les assaillaient lui, elle, et le chien-loup. Enfin il supposait que Lou descendait d'un tel mélange quand il regardait son allure, mais le blond n'en détenait pas la preuve. Tout ce qu'il pouvait avancer à propos de ce canidé était que ce dernier agissait comme il le désirait. Reconnaissant de son aide pour l'avoir soigné, il rodait désormais dans le lieu de vie de Hyacinthe. Tout en disparaissant parfois de longs jours. Et soudainement, comme aujourd'hui il apparaissait décidant de venir se joindre à lui et courant entre les pattes de la jument qui ne s'en retournait absolument pas. Les deux animaux se fréquentaient depuis le début du printemps, quand l'Athna lui fit une visite surprise pour lui céder ce magnifique cheval. Maintenant ils se trouvaient devant le paysage de détritus qui dégageait cette horrible puanteur.

Ne connaissant pas la résistance d'un équidé, bien qu'il se souvienne de toutes les paroles de son ami guerrier, il ne veut pas épuiser la blanche jument trop vite et la dégoutter de lui. Sans doute que le blond fait un peu trop d'anthropomorphisme  mais il se découvre légèrement désemparé, que cette âme animale dépende un peu trop de ses désirs. A la fois il la voudrait libre mais craint de fâcher Gen si jamais elle s'enfuyait pour se blesser ou pour se perdre. Alors il l'attache à une vieille carcasse métallique afin de la garder sous la main si il s'éloigne. Mais pas assez solidement pour qu'elle parvienne à se dégager si un danger se pointait comme une félin ou un ours en quête d'un bon repas. A présent qu'il venait d'atterrir en ces lieux, plutôt que de la bonne terre, le verrier s'interrogea à savoir s'il ne trouverait pas des éléments intéressants à tester pour ses créations. D'ailleurs au loin il crut apercevoir une fleur sauvage de couleur violette de plus en plus rare a dégoter, surtout cet été. S'aventurant vers l'intérieur de cet amas d'immondices de toutes les couleurs, il crut vivre une altération de sa réalité. En vérité il connaissait ce lieu-dit mais ne s'y aventurait jamais. Pour aucune raison précise à part sa maniaquerie ... Ici Hyacinthe s'attendait à éprouver quelques haut le cœur et non pas exclusivement à cause des émanations chatouillant ses narines. Soudainement Lou se retrouva au sommet d'un monticule essentiellement constitué de vieille ferraille et de terre, un petit mulot dans la gueule, il s'agitait comme s'il exécutait une danse de la victoire.

Puis l'animal fila plus rapide que le vent, indubitablement pour dévorer sa capture. Hyacinthe ne put le discerner mais il s'allongea non loin d'Azalée qui tendait le coup pour atteindre et chiper une graminée orpheline mais singulièrement affriolante. Alors que le Calusa reprenait ses investigations tout en sautant à cloche-pied pour éviter les roches trop volumineuses. Ses prunelles furent appâtées par un étrange bloc qui se désagrégeait. Ses mains se promenèrent le long de sa surface pour en définir l'exacte appellation, le blond présumait se retrouver en présence de grès, élément extrêmement complexe à trouver. Il dégaina son arme blanche pour en acquérir un morceau qu'il testerait chez lui. Et si ça s'avérait productif il savait désormais ou s'approvisionner. Son oreille capta soudainement des aboiements qui n'appartenaient pas à Lou. Que ? Quoi ? Inquiet il rangea rapidement le morceau dans le sac pour revenir sur ses pas. Malencontreusement, plus éloigné qu'il ne le spéculait, le verrier pressa l'allure en discernant la riposte De Lou, plus effrayé en réalité que menaçant. Depuis les jours que le chien-loup les côtoyait, le verrier le décryptait de mieux en mieux. Si par malheur il se trouvait face à un terrien sanguin, celui-ci n'hésiterait pas un instant à le terrasser avec sa flèche ou même un lancer de couteau   « daun ste pleni ! daun ste pleni ! daun ste pleni !  *» S’égosilla le jeune homme pour qu'à la fois on puisse distinguer son appel, et patienter jusqu'à son arrivée. Mais Hyacinthe n'ignorait pas que la tonalité de sa voix rassurerait Lou à défaut de le faire taire.
*= Assez du calme

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06/12/2015 Lux Aeterna 31712 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 134


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Jeu 7 Sep - 3:30



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


La décharge était source de trésors insoupçonnés, et Murphy l'avait appris la première fois qu'elle avait osé y mettre les pieds malgré toutes les mises en garde qui se faisaient écho sur le campement. Les incidents n'avaient pas manqué, et elle gardait en mémoire que sans Chris, elle n'aurait probablement pas vécu les choses de la même façon la première fois. Le container dans lequel elle avait failli rester enfermée, malgré tout, recellait des trésors. Elle avait retrouvé quelques vêtements et sous-vêtements qu'elle avait bien usés depuis, et puis il y avait les livres dont débordait ce vieux carton caché dans une voiture sinistre. Lorsqu'ils avaient déménagés au nord, Murphy avait accueilli le nouvel endroit avec un sourire discret, parce qu'elle savait qu'ils ne s'éloigneraient pas vraiment de cette zone qu'elle affectionnait lorsque revenaient les beaux jours et sa curiosité. C'était un terrain de jeu pour ce qu'il avait de plus attisant comme de plus dangereux. Elle venait ici le plus souvent accompagnée, mais il lui arrivait aussi de partir d'elle-même et seule, comme pour tester ses propres capacités à survivre dans un endroit aussi miné qu'il l'était. Sans en faire son quotidien, elle considérait intelligent de se défier de temps en temps à de telles aventures, parce qu'elles étaient celles qui maintenaient sa réactivité et sa méfiance au beau fixe et lui permettaient de pouvoir compter dessus aux moments les plus prévisibles. Et puis, et elle ne l'oubliait pas, elle ne revenait jamais de la décharge les mains vides. Ou si, les mains vides, mais le sac plein. Ce jour-là, elle avait pris les choses en main d'avance et récupéré un sac à dos assez gros pour contenir tout ce qu'elle considérerait susceptible de lui être utile ou d'être utile aux siens. Elle venait ici avec la ferme idée de ramener quelques livres au campement pour, une fois qu'elle les aurait lus pour combler une insomnie, les offrir à la boule d'énergie dont elle avait fait la connaissance chez les jeunes l'hiver précédent. Thaïs était devenue l'une de ses meilleures clientes lorsqu'il s'agissait de récupérer des bricoles venues d'ici, parce qu'elle paraissait insatiable lorsqu'il s'agissait de mots qui dansaient sur des pages fatiguées par le temps. Elle lui aurait volontiers prêté celui de Steinbeck si elle n'y tenait pas tant, mais elle ne manquait pas de lui confier n'importe quel autre livre qui passait entre ses mains, et puisqu'il lui était impossible de rester elle-même impassible devant un peu de lecture, elle pouvait offrir à Thaïs de brefs résumés et commentaires des œuvres qu'elle lui glissait. Cette décharge était une mine d'or et lorsqu'il s'agissait de livres, elle savait toujours vers quel coin se diriger. Cette vieille voiture en regorgeait encore, et elle s'appliquait à ré-abriter le carton du mieux possible pour le retrouver dans un état semblable la prochaine fois qu'elle viendrait.

C'était cependant la première fois qu'ils revenait ici depuis qu'ils avaient officiellement installé leurs quartiers près de l'ancienne bouche du métro, et à l'orée du bois, face aux ordures et débris qui s'étendaient à perte de vue, elle dut s'arrêter un instant pour reprendre ses esprits. Antarès s'avançait déjà, prudent, mais ce n'était pas la première fois qu'il venait ici non plus. Ils savaient, tous les deux, rester ensemble pour éviter de se perdre, et surtout, parce que Murphy qu'il se retrouve piégé ou pris dans un accident. Ils étaient arrivés par le nord, c'était une certitude, et d'après ses calculs, ils étaient plutôt du côté ouest. C'était le moment de bien faire les choses pour ne pas se perdre bêtement là-dedans. Elle imprima mentalement les environs pour prendre ses marques et trouver des nouveaux repères et avança, prudemment, précautionneusement et attentivement. Des blocs métalliques s'entassaient ça et là à des hauteurs aussi diverses qu'inquiétantes. Murphy faisait attention à garder une certaine distance avec les installations qui lui paraissaient les plus bancales pour éviter de se retrouver prise dans un éboulement. Son regard était aussi prudent que curieux; elle devait noter son chemin en même temps que chercher de quoi satisfaire son âme d'exploratrice. De temps en temps, elle marquait le sol encore sec de l'été de son poignard.

Quelques heures lui suffirent à remplir son sac. Les livres furent les premiers sur lesquels elle mit la main; il fallut traverser la décharge pour arriver au sud et retrouver la zone la plus proche de leur ancien campement et qu'elle connaissait le mieux. Elle retrouva rapidement le container sur lequel elle était tombé avec Chris, mais quelqu'un d'autre était repassé par là depuis eux et avait récupéré ce qui était susceptible de l'intéresser. Elle soupira à l'idée de ne pas retrouver de lingerie pour remplacer celle qu'Isdès avait gardée, mais elle repensa très vite à la façon qu'il avait de l'ignorer depuis le troc de l'été, et puis elle pensa à Tennessee avec qui son lien n'avait eu de cesse de s'effriter depuis que le secret de Devos avait révélé aux yeux de tous. Tout le monde lui tournait le dos. Elle chassa l'idée de ses pensées en cherchant, portée par sa soif de découverte, n'importe quoi d'autre qui puisse être susceptible de lui ou de leur servir. Elle était remontée progressivement vers le nord en suivant la course du soleil, calant les quatre bouquins dans le creux de ses reins pour arriver à garder un rythme convenable. Elle récupéra ça et là un peu de linge, une vieille couverture qui mériterait plusieurs lavages mais dont l'état paraissait encore convenable, un service de couverts qui seraient probablement utile aux cuisines, et finit par retrouver la bordure ouest de la décharge. Si elle se perdait, elle n'aurait qu'à longer l'orée de la forêt pour retomber sur ses pas, ou, si elle se sentait encore d'humeur aventureuse, il lui serait également possible de couper vers l'est pour retrouver les traces qu'elle avait laissées en descendent vers le sud. Elle s'arrêta un instant pour soulager son dos et Antarès s’éclipsa dans la forêt. « Je reste dans le coin, mais va pas trop loin », glissa-t-elle à l'animal, persuadée qu'il la comprenait, alors que son regard était attiré par une ombre sous une voiture. Elle s'agenouilla dans la terre sèche et tendit la main, pesta un moment mais tira de là un vieux coffre de bois recouvert de déchets divers peu ragoûtants. Elle jura apercevoir quelques rongeurs prendre la fuite et glissa la boîte un peu plus loin, de peur de se retrouver nez-à-nez avec un animal peu fréquentable. Elle entendit un jappement derrière elle et retrouva Antarès qui la fixait, la langue pendue. Souriante, elle lui flatta l’encolure avant d'enlever son sac et de d'ouvrir précautionneusement le coffre dont le bois avait eu tout loisir de pourrir. Une odeur nauséabonde se dégageait de la boîte mais son visage s'illumina lorsqu'elle y découvrit de quoi remplacer ce qu'Isdès avait gardé. Mais en détaillant les morceaux de tissu, ses sourcils se froncèrent et elle soupira. Il lui faudrait des chaussettes pour pouvoir utiliser ces soutien-gorges sans avoir l'air ridicule, et c'était se donner bien trop de peine pour un stupidité pareille. Elle les glissa dans son sac pour des Odysséennes mieux dotées qu'elle et continua de fouiller quelques instants avant de se relever brusquement. Une décharge d'adrénaline venait d'abreuver son sang. Elle entendait Antarès hurler non loin de là, mais ne le voyait plus.

Depuis un an qu'il était devenu l'un de ses plus fidèles amis, Murphy considérait connaître son chien. Il était sage mais savait se montrer féroce lorsque c'était nécessaire. C'était un chasseur et un pisteur, et s'il démontrait de qualités qui attendrissaient comme la tendresse et la gourmandise, il était aussi capable de reconnaître les dangers lorsqu'il en croisait sur son chemin. Il n'était pas des plus combattants, pourtant, se contentait de montrer les crocs et d'avertir sa maîtresse qu'il sentait que quelque chose d'inhabituel se tramait, mais c'était précisément pour cette raison qu'elle savait qu'il n'aboyait pas dans le vent. Il le faisait toujours pour attirer l'attention ou signaler sa présence. Quelque chose se tramait et le sang de Murphy ne fit qu'un tour. Elle récupéra son sac et suivi les aboiements incessants d'Antarès auxquels semblait se mélanger un autre hurlement, deux autres hurlements. Ils n'étaient pas seuls, ou plus seuls. Elle trouva trois animaux au lieu de son seul chien et une voix humaine raisonnait au milieu des décombres. Elle aurait du fuir, elle le savait, mais elle restait médusée devant l'animal blanc attaché à une carcasse. Elle savait que c'était un cheval pour avoir déjà vu accompagner les Naoris, mais parce qu'elle n'en avait que trop peu croisé, leur majesté l'impressionnait encore comme au premier jour. Elle vit un homme apparaître au loin, au milieu des décombres, et ce n'est qu'en cherchant son poignard à sa cuisse qu'elle se rendit compte qu'elle serrait entre ses doigts un des sous-vêtements dont elle ne voulait pas. Le tissu rouge vif tomba à terre alors qu'elle ne saisissait de son arme et elle regretta aussitôt d'avoir préféré un sac-à-dos à son désormais fidèle arc. Elle était trop peu armée face à un homme et deux animaux dont elle ne savait rien. L'une des bêtes ressemblait incroyablement à un chien mais il y avait quelque chose de différent en lui -ou peut-être était-ce simplement parce qu'il n'était pas Antarès qu'elle le redoutait autant que n'importe quelle autre animal inconnu. Antarès, lui, continuait de s’égosiller alors que Murphy essayait de lui glisser quelques mots rassurants, mais qui espérait-elle tromper ? Elle-même était tétanisée à l'idée de se retrouver face à un groupe de Terriens mal intentionnés et n'excluait pas non plus la possibilité de croiser la route de Cents qui étaient loin de porter leurs aînés dans leur cœur. « T'es seul ? » demanda-t-elle, son poignard tendu devant elle, alors que l'homme s'approchait d'eux tous. Elle ne savait plus où donner de la tête; les deux chiens se hurlaient dessus et le cheval commençait à s'agiter. Murphy, elle, était perdue entre maintenir une distance de sécurité entre elle et les animaux et s'avancer pour protéger Antarès. « Fais taire ton... animal ! » Mais les mots doux ne faisaient aucun effet à son chien et les deux continuaient de se regarder et de s'hurler dessus sans s'approcher l'un de l'autre, comme s'ils se testaient. Pourvu qu'il ne s'agisse que de ça, d'un test dont elle n'aurait pas idée. « Major, chhhht ! » s'impatientait-elle en lui jetant des regards désespérés. Plusieurs situations méritaient d'être désamorcées, et son regard continuait irrémédiablement d'être attiré par l'équidé qui ne semblait guère apprécier plus qu'elle l'agitation à laquelle il était soumis.

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28/07/2015 I 2421 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna Verrier & Parfumeur 15
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Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Ven 13 Oct - 0:14


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


Le grabuge qui parvenait jusqu'à ses oreilles l'inquiétait. Non pour lui, mais pour les animaux qui l'accompagnaient. Qu'il considérait comme des compagnons qui acceptaient de faire un bout de chemin avec lui plutôt que comme une propriété acquise. Il refusait de se donner la dénomination de maître mais n'ignorait pas la responsabilité qui pesait sur ses épaules si Azalée ou Lou provoquaient des catastrophes assorties de blessures plus ou moins graves. Cependant ce qui l'effrayait plus que tout demeurait l'idée taraudant-e de retrouver l'un des deux sans vie ou massacré par un terrien nomade, devenu agressif dans sa solitude. Ceux qui peuplaient les villages généralement se comportaient de façon encore raisonnable, surtout envers les bêtes, mais les bannis, les anciens esclaves en fuite ou les êtres dont l'esprit divaguait depuis des lustres affichaient des comportements erratiques et dangereux. Le verrier connaissait à quoi il s'exposait en venant seul en ses lieux, mais l'affrontement ne lui procurait aucune véritable crainte pour sa propre personne. Ne luttait-il pas depuis sa plus tendre enfance contre des querelleurs ? Ne se trouvait-il pas en bute à des actes volontairement malveillants à la limite du criminel de par sa personnalité ?

Il courrait donc avec énergie envahit d'une inquiétude qui faisait office de fouet accélérant son allure. Ainsi il déboucha légèrement échevelé pour découvrir le spectacle de cette jeune femme brune accompagnée d'un chien blanc provoquant une réaction de défense chez le chien-loup qui ne prétendait pas les laisser approcher de la pale jument. L'animal sauvage tournait autour de ces deux intrus en montrant les dents pour leur couper le passage.


Hyacinthe se débarrassa tout de suite de la sacoche qu'il portait, alourdie par son chargement, elle l'encombrait, ralentissant ses mouvements. Une fois sur le sol, elle s'ouvrit crachant une partie de la glaise récupérée dans laquelle le calusa marcha distraitement alors qu'il évaluait la situation dans son ensemble. Il glissa légèrement alors que la voix de la femme résonnait au-dessus des glapissements animaliers. Une débarquée, la manière différente dont ils accentuaient certains mots ne trompait plus Hyacinthe depuis sa rencontre avec Rose, puis Raphaël, ensuite Hope et enfin Andromeda.

Celle-ci néanmoins lui semblait plus âgée que ses précédentes rencontres, et le blond n'était pas sans savoir qu'une deuxième cargaison d'enfants du ciel se posa sur ces terres. Peut-être s'agissait-il de l'un d'eux, mais il ne possédait pas le temps d'y réfléchir indéfiniment. Il se devait de réagir afin qu'un geste malheureux ne fit pas tout tourner au drame. Pour lui comme pour elle. Déjà ils pouvaient se comprendre car le calusa maîtrisait la langue des skayru plutôt bien. Il hésitait parfois sur certains mots, mais grâce à ses rencontres avec les étrangers ses connaissances s'étendaient régulièrement.
« Oui oui oui » Répondit-il malgré tout anxieux, ce qui réanimait ses tocs, qui généralement se terraient désormais quand il se retrouvait seul en extérieur. Mais celui-là ne générait habituellement que de stupides moqueries, car il amenait à le croire atteint de bégaiement « Et toi toi toi ?  » Visiblement oui, mais rien ne prouvait que d'autres ne la rejoindraient pas d'ici peu. Et dans ce cas il désirait le savoir pour s'éloigner au plus vite car la foule l'angoissait beaucoup trop.

Non pas que Hyacinthe souhaita absolument s'en aller, il estimait que chacun pouvait évoluer dans la décharge de son côté dans se gêner particulièrement. Mais le blond devenait méfiant face à des groupes trop soudés « Lou ... Lou  » Articula-t-il avec douceur mais force une fois que la jeune femme lui eut demandé de faire taire le chien mâtiné de loup. Il claqua de la langue pour attirer ce dernier, le verrier ne lui donnait jamais d'ordre, il le laissait toujours évoluer à sa guise, ne se manifestant que pour l'apaiser quand des clients approchaient de chez lui, et que le chien-loup réagissait plus mal que d'habitude. Ce dernier d'ailleurs tourna sa truffe vers le jeune homme sans pour autant cesser d'encercler les deux derniers arrivants. Il consenti néanmoins à arrêter ses gémissements tout en amplifiant ses grognements. De son côté Hyacinthe alla détacher l'équidé pour qu'il n'éprouve pas l'impression de piège sans aucune possibilité de partir. Azalée piétinait doucement tout en agitant sa crinière blanche, laissant ainsi apparaître le mal être qui l'envahissait. Se faisant il apprit le prénom du jeune canidé blanc qui ne quittait pas l'Odysséenne arrivée sur les lieux. Major. Se dirigeant vers cette dernière d'un doigt il indiqua l'animal qui exécutait des cercles autour d'elle et le dénommé Major « Lou lou lou  » Celui-ci frôla d'ailleurs ses jambes en passant à sa hauteur sans se décider à arrêter son manège « Je vais venir vous rejoindre tranquillement, ainsi il verra que tu ne me veux  pas de mal, car ... c'est bien le cas n'est-ce pas ... Et et et il se calmera ... » Si besoin il donnerait plus de détails par la suite, mais la femme préférerait sans doute s'en aller sans demander son reste et chacun retournerait à ses petites affaires.

La belle blanche ne craignait rien du gris soupçonneux qui défiait les nouveau venus, aussi suivit-elle Hyacinthe sans se faire prier. Apaisée par la présence du jeune homme, elle avançait la tête curieuse vers les inconnus. Ses naseaux soufflèrent en se tendant vers Major alors que le blond arrivait à la hauteur de l'inconnue. Il se figea en apercevant quelques cailloux aux pieds de celle-ci et aussitôt s'abaissa sans prévenir pour s'en emparer et les jeter au loin. Il ne supportait absolument pas leur présence à ses côtés et évitait de passer par les sentiers qui en regorgeaient. Evidemment, la débarquée ne comprendrait pas tellement ce geste, mais une fois finit il la dévisagea avec un léger sourire pour la rassurer. Il n'expliqua cependant pas son geste, inutile de ressembler à un fou dès le départ « J'ai soigné ce chien-loup alors qu'il était blessé, je je je pensais qu'il retournerait dans la nature, mais il a décidé de vivre prêt de chez moi ... Il m'accompagne pagne pagne parfois ... Il est très territorial et protecteur » Finalement le blond brossait le tableau à l'étrangère, pour qu'elle bénéficie de toutes les données en présence. Le Calusa se comportait de manière amicale avec elle puisque il ne se rappelait d'aucune rencontre, a part la toute première avec le débarqué en colère, qui se fut réellement mal passée. Chacun ayant logé chez lui plusieurs jours pour différentes raisons avant de repartir vers sa vie. Et bien qu'il ressenti encore de la colère envers Rose, Hyacinthe n'imaginait pas la reporter une seconde sur la femme brune, tant qu'elle lui offrirait aucune base sur laquelle s'appuyer.

Entre eux deux se trouvait la jument blanche, Sa jolie tête les séparait amenant un distance de sécurité que le verrier songeait importante.

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Alors que l'allure de Lou ralentissait, bien qu'il refusa encore de s'immobiliser, le Calusa caressait doucement le chanfrein du cheval immaculé qui tentait d'aller renifler le  dénommé Major, qui l'intriguait visiblement. Hyacinthe n'osait malgré tout lui laisser trop de liberté car il méconnaissait la bête qui ne quittait pas la femme tout en la défendant avec force « Tu peux la toucher, elle est gentille, elle se nomme Azalée et si Lou te voit être douce avec elle il se calmera plus vite, il pense qu'il doit absolument nous protéger ger ger ... » Hyacinthe ne se figura pas en émettant ses mots que la débarquée ne fréquentait pas ce genre d'animal dans son quotidien. Il savait par Hope que les plus jeunes détenaient un cheval, et que donc probablement ceux-là aussi par l'entremise des premiers avaient du entrer en possession d'un tel animal. Poussé par une curiosité qu'il ne parvenait pas à éteindre dans une promiscuité passagère, le blond ne put retenir une question qui le pourchassait depuis quelques mois « Tu connais bien Rose rose rose ... ?  » Non il ne prenait pas la peine de lui demander de quelle tribu elle sortait, tellement ça lui paraissait évident. A contrario il se fit la réflexion que faire une présentation succincte ne mangerait pas de pain dans de telles conditions « Je suis Calusa, je vis prêt de la mer mer mer  » Ça suffisait largement, le reste de ses misères n'intéressaient personne et ne s'intégraient pas dans leur petite aventure qui se terminerait certainement très rapidement. Dès que Lou se déciderait à ne plus retrousser ses jolies babines. Désormais il ne trottinait plus, se déplaçant de manière lente, il continuait pourtant à faire admirer ses crocs.

Hyacinthe devinait que de les voir échanger des paroles réconforterait le chien sauvage dont les choix se guidaient sur de l'instinctif. Il ne considérait cependant pas comme une option d'avouer qu'il ne contrôlait absolument pas le contexte actuel. Et que si Lou se disposait à s'incliner devant eux cela ne serait absolument pas lier à une quelconque obéissance de sa part. Le verrier restait toujours hanté par cette crainte qu'un jour ou l'autre le chien-loup ne s'emporta au point de déclencher un incident irrémédiable. Il aspirait de toute son âme que ce ne fut pas aujourd'hui. Son regard vert, légèrement pensif accrocha le sac abandonné au sol, et tout son contenu souillé. Maniaque comme il se connaissait, il lui serait nécessaire de retourner récolter un nouveau chargement.

L'odeur, d'ailleurs, s'infiltrait dans ses narines, lui rappelant que ce lieu ne se voyait troublé que par des courageux en quête de trésors oubliés. Ou parfois des jeunes fauteurs de troubles s'ennuyant qui cherchaient des bêtises faciles à réaliser comme détruire tout ce qui leur tombait sous la main 99]]« Vous vous vous cherchiez quelque chose de particulier ? » Après tout pour se séparer en tout bonne entente le blond ne se découvrait pas rétif à lui indiquer un espace intéressant, mais si bien dissimulé qu'un débarqué n'y accorderait même pas une œillade.

Soudainement la jument lui donna un coup d'épaule le propulsant un peu plus loin alors qu'elle se tournait vers la jeune femme pour mâchouiller ses cheveux bruns comme si elle eut y déceler une odeur particulièrement intéressante. Le blond tira sur la longe pour l'écarter de la chevelure mais Azalée persista, inopinément capricieuse.


Sans prévenir, le chien-loup s'assit sur son séant pour admirer les embrassades d'Azalée pour la nouvelle venue. Lou ne montrait plus les dents, mais ne remuait pas la queue non plus, il observait tranquillement ce groupe de quatre à quelque distance de lui, puis se coucha entreprenant de se laver les pattes. Non sans garder des prunelles attentives sur les gestes de chacun. Probablement que ni la brune, ni le blond ne remarquèrent cette nouvelle sagesse. L'une occupée à sauver sa tignasse, l'autre à réprimandé l'éblouissante jument blanche. Surement que la flagrance qui se dégageait de la toison de l'Odysséenne lui convenait bien mieux que la puanteur qui régnait dans les alentours, et prenait en otage la plus belle des verdure.

Après quelques essais infructueux le calusa réussit à éloigner l'équidé, à moins que ce ne fut la jeune femme même qui eut réussi à lui faire lâcher prise
« Désolé désolé désolé  » S'exclama-t-il criant de sincérité « Je crois qu'elle doit t'aimer un peu trop, tu n'es pas blessée ?  » Pourvu que cette illuminée blanche ne lui ait pas mordu le cuir chevelu. Il fouilla vivement dans ses poches car il transportait toujours des plantes mais si jamais la peau se vérifiait trop entamée, recoudre s’avérerait la seule option. Et malheureusement le blond ne trimbalait pas en ce jour le matériel essentiel pour ce traitement ...

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Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Dim 15 Oct - 2:48



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


Murphy n'avait jamais fait de rencontres inopportunes à la décharge, et pourtant elle savait qu'elle n'était sans aucun doute pas la seule à y voir un terrain de jeu privilégié. L'endroit empestait et regorgeait de dangers inattendus; il rebutait sans doute les plus sensibles ou les moins téméraires, mais elle avait appris avec le temps que ces lieux pouvaient offrir des trésors à ceux qui prenaient la peine de s'y risquer. Il fallait savoir oser y mettre les pieds mais aussi y avancer avec une prudence de chaque instant; il fallait savoir chercher sans se mettre en danger plus qu'on ne l'était déjà par sa simple présence en ces lieux, il fallait garder trace de son chemin dans un dédale où chaque vieille carcasse croulante ressemblait à sa voisine. Une chose était sûre : il ne fallait pas rentrer ici à l'aveugle, sur le chemin d'un voyage quelconque et dans l'espoir un peu fou d'y trouver quelque chose par hasard. Cet endroit demandait du courage et de la détermination, mais aussi un peu de sagesse, de cette sagesse qui est capable de vous garder en vie et de vous sortir de là avec tous vos membres et toute votre tête. C'était sans doute pour ça qu'elle n'y avait jamais croisé d'autre âme que quelques petits rongeurs ou d'oiseaux aux pelages noir de jais; les hommes évitaient ces repères à maladies et à accidents.

Mais elle n'en était jamais revenu les mains vides, de la décharge. Au fil des visites, elle avait même commence à prendre quelques repères dans la partie sud, là où elle arrivait quand elle prenait son départ de l'ancien campement. Là, c'était la première fois qu'elle faisait les choses à l'envers et descendait vers la décharge au lieu d'y monter. C'était la première fois qu'elle découvrait son extrémité nord. La traverser pour retrouver ses anciennes habitudes n'était sans doute pas l'idée la plus sage qu'elle puisse avoir en ces lieux, mais elle ne s'était pas si mal débrouillée, avec ses petits cailloux. Elle avait découvert d'autres endroits, certains qui ne lui avaient inspiré que des grimaces et d'autres quelques frissons de curiosité. Son sac avait pris du poids alors qu'elle avait repris la traversée de la décharge dans l'autre sens. Les livres n'étaient pas choses légères et c'était dans ces moments particuliers qu'elle regrettait l'informatisation systématiques de leurs lectures là-haut. Elle n'avait découvert pleinement le charme du papier qu'ici mais pestait dans ses voyages de son poids et de la place qu'il pouvait prendre dans un sac à dos ou une besace. En venant ici, pourtant, elle savait ce qu'elle cherchait et ce n'était pas maintenant qu'elle l'avait trouvé qu'elle allait s'en plaindre.

Et puis elle avait bien d'autres choses desquelles s'inquiéter. Le sous-vêtement était tombé dans la terre poussiéreuse de cette fin d'été et elle s'était saisi de l'une de ses deux pauvres armes. Deux animaux face à elle, un homme dont la silhouette se détachait de plus en plus clairement sur le décor aux allures d'apocalypse. Parce que c'était la première fois qu'elle faisait une telle rencontre ici, elle se demandait ce qu'elle devait en attendre. Qui ici prenait le risque de se perdre dans une décharge ? Qui considérait ses possessions assez pauvres pour être attiré par les sirènes d'un lieu aussi inconfortable ? Elle, c'était évident. Les Odysséens ne possédaient presque plus rien, se reconstruisaient à base de trouvailles curieuses comme celles que l'on pouvait faire ici. Les jeunes étaient à peine plus galonnés en la matière; mais les Terriens ? C'était leur monde. Si certains pouvaient se permettre d'éviter ce genre d'endroits, c'était bien eux. Et pourtant, l'homme au loin n'était pas l'un d'eux. Entre Terriens et Célestes, ils pouvaient sans aucun doute se reconnaître en quelques instants à peine. Si ce n'était pas leur allure qui les différenciait, ce serait la parole. Avec l'homme aux cheveux d'or, il y avait une troisième variable qui entrait en jeu : les animaux. Les Cents en possédaient trop peu et elle avait rencontré leur seul chien. Ce n'était pas lui.

Que devait-elle donc attendre d'une telle rencontre ? Murphy, plutôt que de se forcer au calme, redoutait déjà le pire. Peut-être n'était-il pas seul, peut-être était-ce un piège, peut-être qu'ils étaient cinq ou dix derrière les arbres au loin, à la limite de la décharge, près à lui sauter dessus. Une montée d'adrénaline irrigua subitement ses veines et elle se détesta, comme c'était le cas à chaque fois qu'elle faisait une rencontre hasardeuse et douteuse, d'avoir considéré être capable de se défendre seule si elle rencontrait un danger sur sa route. De qui se moquait-elle ? Elle était entraînée mais seule. Elle n'avait même pas pris son arc, estimé que pouvoir ramener le plus de choses possibles d'ici prenait le dessus sur sa propre sécurité. Même Antarès n'aimait pas la situation et elle qui le connaissait si calme habituellement se demandait si elle devait y voir une alerte particulière. Dans tous les cas, les aboiements de son fidèle ami ne la rassuraient guère -quoique son silence aurait probablement apporté sa dose d'anxiété à la jeune femme. Pourtant, c'était le Terrien au loin qu'elle fixait. Elle faisait porter sa voix le plus loin possible, comme pour prouver qu'elle en était capable et qu'elle ne redoutait pas de se faire entendre. Sa posture de défense la trahissait malgré tout; son poing était serré autour de son poignard, son bras tremblait presque sous la méfiance et son corps s'était automatiquement mis en position de défense. C'était encore les animaux qui faisaient le plus de bruit. La première réponse du Terrien ne la rassura pas pour autant. Le mensonge était universel. Elle avala sa salive avec difficulté, se demandant ce qui l'attendait maintenant, mais la question qu'il lui renvoya la força à croire qu'ils étaient peut-être simplement dans la même situation, tous les deux : seul face à un inconnu de l'autre monde. « Oui. Oui ! »

L'inconnu, pourtant, ne semblait guère plus à l'aise face à la situation dans lesquels ils se trouvaient tous les deux emprisonnés à ce moment-là. Sur sa demande, il attirait l'attention de son chien pour le calmer. Murphy observait la scène le plus calmement possible et par quelques gestes et souffles discrets cherchait à apaiser son propre ami canidé. C'est le grand gris qui fût le plus sage des deux et se tranquillisa le premier. Son museau cherchait son maître mais il ne quittait les côtés de l'Odysséenne et d'Antarès. Ses grognements n'étaient guère plus rassurants que ses aboiements. Plus calmes, certes, mais pas vraiment plus rassurants. Alors que le blond se rapprochait de la troupe, Murphy tendait son arme devant elle, tentant d'ignorer toute l'agitation autour d'elle. Elle guettait du coin de l’œil l'équidé, comptait sur le fait qu'il demeurerait aussi calme que ceux qu'elle avait brièvement croisés jusque-là. Elle redoutait davantage le chien, mais peut-être encore plus son maître. Elle sentait à ses pieds les canidés s'agiter. Antarès aboyait un peu moins que plus tôt mais plus que l'autre. C'était sur lui qu'elle comptait pour distraire le grand chien. Ce n'est que lorsque le Terrien reprit la parole pour répéter trois fois cette même syllabe qu'elle daigna jeter un coup d'oeil aux animaux qui tournaient sans relâche. Son regard méfiant se releva vers le Terrien et de quelques mots il commença à l'apaiser à son tour, comme l'animal sauvage que l'on apprenait à apprivoiser. « Je te veux pas de mal si tu me veux pas de mal... » Ses doigts se détendaient autour de la dague mais son regard était toujours à l'affût du moindre geste. Elle guettait malgré elle les environs, encore; les carcasses qui les entouraient, les arbres un peu plus loin et tout ce qui pouvait servir de cachettes à d'éventuels nouveaux arrivants. Le mensonge était universel.

Ce n'est que lorsque son regard rencontra à nouveau le Terrien qu'elle comprit qu'il avait détaché le cheval. C'était une nouvelle variable dans l'équation, maintenant qu'elle était libre. Une de ces bêtes-là pouvait tuer un humain, n'est-ce pas ? Une menace de plus. Antarès se recula dans un bond effrayé lorsque l'animal se pencha à sa rencontre. Murphy tentait de rester impassible, fixait le grand blond qui lui faisait face en soutenant son regard, le poignard toujours tendu devant elle. Qu'était-il censé se passer maintenant ? Devait-elle prendre Antarès et son soutien-gorge sous le bras, puis la fuite ? C'aurait sans doute été la décision la plus sage en cet instant, mais l'homme reprit la parole. Elle le scrutait silencieusement, d'un air méfiant, un peu effrayé, mais presque curieux. Elle ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Était-ce une ruse ? Allait-il profiter d'un moment de calme pour lui sauter dessus et l'égorger ? Allait-il lui voler... ses livres et sa lingerie ? Elle fronça les sourcils alors que sa propre réflexion la faisait douter de ce qui était en train de se passer. S'ennuyant sans doute de la réaction d'Antarès, le cheval avait passé sa tête entre les deux humains, sage et paisible comme aucun autre d'entre eux ne semblait l'être. « Est-ce que c'est un ami de l'Homme, alors ? » Sa voix rauque recouvrait les aboiements furtifs d'Antarès, qui tournait vaguement sur lui-même en s'éloignant du grand animal blanc puis en la rejoignant à nouveau, poussé par la curiosité et dans un cycle infini. Elle ne craignait plus son chien depuis longtemps mais redoutait tous les animaux qu'elle ne connaissait pas, n'avait pas eu le temps d'apprivoiser, y compris les cousins éloignés de Major. Murphy aurait volontiers répondu à la proposition de l'inconnu si elle n'y voyait pas une menace, fusse-t-elle délibérée ou totalement inconsciente. « Je tiens trop à mes mains, désolée », lâcha-t-elle dans un sarcasme qui la détendit presque. « Rose ? » Elle arqua un sourcil, détaillant le visage du Terrien qui se détachait derrière le profil clair de la jument. Il était calme et serein, beaucoup plus qu'elle. Cette interrogation semblait être la seule capable de l'inquiéter à ce moment précis, alors que Murphy dressait encore son poignard devant elle. Sans doute savait-il qu'elle ne s'en servirait pas. Et s'il le savait, alors il y avait des chances que c'était parce qu'il ne considérait pas comme une menace pour elle. Ses doigts roulèrent autour de l'arme, détendant encore un peu plus leur prise. « C'est une Odysséenne ? Je veux dire... elle est arrivée avec moi ? La deuxième arrivée... » Car la vérité lui faisait presque mal pour l'homme qui semblait attendre beaucoup plus de sa réponse que ce qu'elle pouvait lui donner. Elle ne connaissait aucune Rose; ni parmi les Odysséens, ni parmi les Cents. « Oh. » La réponse était succincte parce qu'il était le premier Calusa qu'elle rencontrait. Peut-être s'étaient-ils croisés au troc au début de l'été. Qu'il appartienne à une tribu déterminée la rassurait davantage encore. C'était probablement poussé par le même genre de curiosité qu'elle qu'il fréquentait ces lieux. « Je suis... » Elle se sentait obligée de se présenter à son tour mais un petit rire s'échappa de ses lèvres avant qu'elle ne termine sa phrase tant celle-ci était ridicule car évidente. « Bah je suis de là-haut, hein. » Le chien gris semblait se calmer progressivement mais Murphy pouvait encore entrevoir ses crocs. Antarès l'ignorait royalement, trop concentré sur le grand animal blanc dont il cherchait à renifler le museau autant qu'il le redoutait.

« Non, enfin oui, je... » Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase et fut contrainte par ses instincts à un mouvement de recul. La dénommée Azalée avait repoussé son maître pour reporter toute son attention sur elle. Elle la fixa, interdit, pendant ce qui lui parût une éternité. Elle n'avait jamais vu l'un de ces animaux de face. Elle était étrange, la belle blanche, de cet angle là et maintenant qu'elle avait tout loisir de le remarquer. Deux grands yeux foncés qui contrastaient avec le laiteux de son pelage, deux grands naseaux qui expiraient un air chaud qui glissait jusqu'à son cou et son visage. Mais ce tête-à-tête ne semblait pas satisfaire la jument, dont le museau s'approcha de ses épaules sans crier gare. Avant qu'elle n'ait eu le temps de quoi que ce soit, quelques mèches de cheveux se trouvaient emprisonnées dans la gueule de l'animal et elle n'avait d'autre choix, pour les garder accrochés à son crâne, que de s'approcher encore plus de l'animal. Une grimace de douleur annonça qu'elle avait déjà perdu quelques cheveux dans la bataille et elle fixa bêtement le ciel pendant quelques secondes, espérant bêtement que son indifférence suffirait à la rendre dénuée d'intérêt aux yeux de l'animal. Elle se sentit subitement attirée un peu plus loin et suivit le mouvement, la pointe de sa lame tendue vers le ciel pour éviter tout accident, les doigts collés de chaque côté des naseaux de l'animal pour essayer de se sortir de sa prise. Est-ce que l'animal pouvait l'avaler comme ça ? Un coup de langue et elle se retrouverait prise au piège de son estomac ? Non, ça ne pouvait pas fonctionner comme ça, ces bêtes-là. Azalée avait l'air beaucoup trop calme pour faire d'elle son repas. Le silence autour d'eux se faisait presque complet; à moins que ce ne soit sa psyché qui ait dressé une barrière entre elle et le monde environnant ? Murphy elle-même restait silencieuse, comptant peut-être sur sa chance ou sur le hasard pour redonner raison à l'animal un peu trop entreprenant. Lorsqu'elle ne fermait pas les yeux, elle fixait le ciel d'azur. Elle sentait le contact du museau contre son crâne, devinait parfois que ses dents s'en mêlaient, mais son adrénaline masquait toute douleur. Elle attendait juste que ça passe.

Quand enfin ce fut le cas, elle ne sût pas si ce fut de son fait ou si le Terrien était intervenu -ou bien si la jument seule avait décidé qu'il était temps d'arrêter de taquiner une inconnue, aussi attractifs puissent être ses cheveux. Elle resta un peu bête, toujours silencieuse, s'éloigna d'un pas, manqua de marcher sur Antarès qui, dans un couinement, s'éloigna pour laisser sa maîtresse s'écrouler à sa place. Sa lame était tombée à terre et elle fixait droit devant elle. Des frissons commençaient à la parcourir alors que l'adrénaline quittait progressivement son sang pour la laisser à toute sa réalité. Elle était parcourue de sueurs froides et sentait l'odeur que l'animal avait laissé sur ses cheveux. L'homme prenait la parole mais ses oreilles sifflaient et elle ne l'entendait pas encore. Quelque chose de chaud ruisselait sur son front et s'accrocha à ses sourcils avant de tomber sur ses cils. Du sang. Un fin filet de sang. « Non, ça va... » mentit-elle pour des raisons qui lui furent à elle-même obscures, « je crois que je saigne un peu, mais ça va... » Ses doigts tremblants cherchaient le couteau dans la terre mais elle ne trouva que le soutien-gorge trop grand. « Assieds-toi. » L'ordre n'était pas vraiment convaincant, bien moins autoritaire que ce qu'elle aurait voulu. Elle voulait juste être son égale, ou s'en approcher le plus possible. Elle était déjà la seule sonnée d'une telle rencontre; elle ne pouvait pas être la seule à terre. Sa main se porta à la racine de ses cheveux et remonta jusqu'à trouver la source du saignement. Ça la piquait un peu. Une éraflure, sans aucun doute. A contrecœur, elle ôta le sac à dos qui lui servait de dossier et le fit glisser sur le côté pour l'ouvrir et tenter d'en extraire, d'une main tremblante, sa gourde. « Je t'avais pas dit, mais je tiens autant à ma tête qu'à mes mains... » Son ton était neutre; elle ne savait pas elle-même si elle s'essayait à une tentative d'humour. Peut-être un peu, peut-être pas du tout. Elle avait juste besoin de rester consciente, de s'assurer que l'homme ne profiterait pas de ce moment de faiblesse. « Garde-la loin de moi... »

Elle fit subitement un autre bond en sentant quelque chose dans son dos. Ce n'est qu'en se retournant qu'elle trouva Antarès, penaud, qui tentait d'attirer son attention de quelques coups de truffe. Sa main chercha son pelage et leur rencontre l'apaisa quelque peu, mais son regard cherchait vivement, paniqué, l'autre chien.

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« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Dim 31 Déc - 12:32


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


Toute petiote elle y accompagnait son père avec son oncle et ses cousins. A l'époque ce lieu odorifique restait encore fort fréquenté car on y dénichait des trésors. Surtout pour le père du blond, qui professait déjà de le métier de verrier. Ils s'y rendaient à plusieurs avec une chariote et des roulottes pour ramener le plus matériaux possible pour les besoins des uns et des autres. En groupe ils se protégeaient ainsi des mauvaises rencontres, et ça se transformait en escapade ou l'on chassait puis mangeait tous ensemble avant de repartir pour le village. De jolis souvenirs enfantins qui fleuraient les rires ou les courses poursuite,  ou la gravité n'y possédait pas sa place. Tout alors s'amenuisait déjà, au cours des années d'autres lieux plus proches furent découverts puis préférés. D'autant qu'a chaque visite il fallait s'enfoncer dans les endroits les plus répugnants, y creuser des heures pour finir par découvrir : rien ou ce qui s'y apparentait. Au point que même les pillards délaissèrent la décharge. Réputée dangereuse, beaucoup s'y blessaient, parfois mortellement, si bien qu'il n'était pas impossible d'enjamber un squelette au cours de ses recherches, si par déraison on s'obstinait encore à plonger au milieu de tous ces détritus. Hyacinthe par exemple appréciait d'y flâner au moins une fois par an, il y trouvait des tas de petites choses qu'il réussissait à rendre utiles, et du terreau particulièrement fertile pour sa serre ou son jardin. Malheureusement ça restait bien trop éloigné pour qu'il pu en transporter des seaux. Cependant avec ce nouvel équidé qui lui tombait du ciel - Merci Gen - il songeait à se faire construire une carriole pour tenter une expédition pour productive l'été à venir, car maintenant rien ne serait prêt assez vite.

Néanmoins on tombait parfois sur des petits groupes cherchant la misère pour le plaisir, ou des solitaires agressifs ou étranges dont il demeurait préférable de s'éloigner. Mais aussi, très rarement sur un  pauvre ère comme soi, décidé à se battre contre la crasse pour déterrer une petit miracle à ramener à la maison. Plus récemment des rumeurs persistantes racontaient que  les derniers débarqués s'y risquaient régulièrement, paraissant savoir quoi faire de certains objets complètement disjonctés, déglingués, sur lesquels les terriens ne posaient plus les yeux. Un peu comme des statues des temps modernes hantant un univers apocalyptique. Pas une seconde Hyacinthe n'imagina se retrouver face à l'un d'entre eux. Pourtant il eut du se rappeler son inénarrable chance depuis leur venue sur terre. Le Calusa ne cessait de se confronter à eux sans jamais le désirer, il ne désirait même pas les connaître au départ, mais ils s'imposaient toujours à lui. Et cette fois ne démentirait pas les autres. Sauf que l'instant de quelques secondes, qui parurent des minutes s'étirant des heures, l'impression que tout finirait en bain de sang s'imposa à lui. Un pas de trop, un mot de travers, un geste mal placé, un sabot lourd, un croc mordant, une intention mal comprise ... un imbroglio cauchemardesque qui se métamorphosa en rencontre un peu biscornue, prenant l'allure d'une maison faite de bric et de broc. Déjà elle lui confirma ne pas être accompagnée, elle eut pu mentir mais son anxiété à vérifier si lui-même se résumait à plusieurs le poussa à la croire. Une personne tempétueuse mais au caractère droit, ce naufrage ne s'annonçait pas forcément fatidique finalement. Le regard d'Hyacinthe capta un étrange vêtement sur le sol qui l'intrigua au plus haut point si bien qu'il oublia de confirmer que lui non plus ne recherchait pas le mal.

Sans qu'il le devina la débarquée décryptait bien son malaise. Parce qu'il craignait de perdre la maîtrise des animaux d'un instant à l'autre. Lui-même ne parvenait pas toujours à contrôler sa propre personne, qui à son corps défendant se mettait par inadvertance à agir de manière inconsidérée. Comme par exemple exécuté des petits sauts de gauche à droite pareils à la danse de st Guy quand il se rapprochait de la femme. Tout simplement parce que sa phobie des pierres l'empêchait de poser le pied sur l'une d'elle. Le jeu tranquillement se calmait alors qu'il se plaçait prêt de l'inconnue, accompagné de sa jument blanche, qui intelligente paraissait comprendre ce qu'il s'efforçait de faire. Pour Lou ça se révélait plus complexe car il s'avérait d'un chien-loup attaché à lui sans pour autant qu'il fut apprivoisé. Du moins le Calusa ne le considérait pas comme sien, il n'obéissait jamais ou quand ça ne le dérangeait pas. Dans ce cas précis aucun mot réel n'existait pour décrire "la relation" qui unissait l'homme et la bête « Je ne sais pas mais c'est un ami de l'homme qui est à ton côté en tout cas, et par la force des choses si tu ne me frappes pas et qu'il perçoit des signes d'apaisement sur ton visage il pensera la même chose. Il t'englobera dans mon aura et il passera à autre chose » Tout comme cela se produisit pour Azalée et le canidé. Au début il prétendait toujours la mordre aux jarrets mais à force de voir Hyacinthe la caresser il finit par l'inclure dans les habitants de la maison sur la plage. Evidemment l'endroit différait mais avec un peu de chance le même effet se déclencherait. On ne déplorait aucune morsure pour le moment ce qui selon Hyacinthe encourageait à penser que l'issue ne finirait pas par faire couler l'hémoglobine sur la terre nourricière ...

Pourquoi évoquait-elle ses mains, voilà que sa remarque plongeait le jeune homme dans les affres de l'incompréhension ... Ou commençait le croisement entre deux deux humanités éclosent du même moule pourtant désormais si différentes ? Grâce à ceux côtoyés auparavant, il interprétait les mots résonnant d'une correspondance dissemblable de celle qu'il utilisait lui-même, pour éviter les gros qui pro quo. Ça ne protégeait malencontreusement pas d'une erreur fatale. La capacité de se déplacer sur le bord d'un ravin pendant des heures n'excluait jamais la cabriole vers le vide. Son regard vert se perdit parmi les crins de la crinière d'Azalée alors qu'il recherchait la signification de des mots de la femme, au travers la chevelure brune qui recouvrait la nuque de cette dernière. Mais son esprit se déplaça comme une équerre vers une obsession qui l'étreignait nuit et jour désormais : découvrir la signification des paroles émises par Rose à son égard. La tonalité qui s'échappa des lèvres lointaines de l'étrangère le dérangeait, l'esprit de cette dernière s'activait pour découvrir de qui il parlait. Ainsi donc il devait commencer à en conclure que tous les tombés du ciel ne formaient pas une chaîne qui eut pu donner le nom exact de tous ceux qui la formaient « Non la première, je n'ai rencontré personne encore de cette deuxième chute ... Vous n'êtes pas pareils ? Vous ne veniez pas les sauver ? » Déduction plutôt logique de part du Calusa qui n'expliquait pas autrement le désir de se mettre en danger d'une manière aussi dangereuse une fois encore « Il y en à encore d'autres la au-dessus ? » Parce que sans les repousser fallait quand même avouer que sur cette Isle il ne parviendrait pas à se faire tous une place avec une cargaison tous les deux ans, ça deviendrait un peu trop surpeuplé.

Attentif toujours Hyacinthe constatait que l'anxiété de Lou diminuait grâce aux mots cordiaux - traduire : pas de hurlements - qu'ils s'adressaient. Aussi son cœur bourdonnant dans ses oreilles se rangeait au rythme normal des tambours. Le semblant de sourire qui rehaussait les commissures de sa bouche se teintait doucement de réalité, il ne se détendrait complètement que quand l'animal se coucherait, roulerait dans la boue ou inspecterait les yeux sans plus leur accorder aucun intérêt. La haut ? Ah oui au-dessus des nuages. Dans un truc en métal qui restait suspendu dans une atmosphère qu'on nommait l'espace. Difficile d'appréhender ce qu'impliquait un tel véhicule quand ici on ne se déplaçait plus d'un point à un autre que sur ses pieds, à cheval ou en pirogue - navire aussi -. D'accord, jadis ils respiraient au-dessus du blond. Invisibles. Trop loin même pour les discerner des étoiles qui les éclipsaient par leur brillance. En dessous de la blondeur de son crâne ça piquait parfois de se plonger dans cette énigme qui rodait tout autour de cette survie loin des condamnés abandonnés derrière.

L'immaculée blanche étirait son coup vers le chien sable dont la truffe s'agitait avec énergie vers la jument. Les naseaux humides rencontrèrent les narines d'Antarès. Ça se jaugeait semblables à des statues de sel avant un petit recul, et des têtes qui se réajustaient sur les épaules pour bien assimiler la nouveauté. Alors que l'humaine bafouillait à l'instant précis ou elle lui révélerait la raison de sa présence dans le dépotoir pendant qu'Azalée entreprenait de fouiller sa voisine, intriguée par une odeur bien différente que celles qu'elle humait chaque jour. Et qui se précisait tout particulièrement au-dessus de la Caboche de la débarquée, la en plein milieu de cette toison brune.


La belle blanche, elle broutait calmement dans son jardin comme activité principale depuis son entrée inopinée dans l'existence du blond. Les premiers jours elle saccagea un bout du potager qui le nourrissait une grande partie de l'année. Alors Hyacinthe corrigea le tir en construisant une petit clôture en bois qu'elle n'essaya jamais de franchir. Plutôt douce elle ne se livrait pas à des caprices excentriques et le suivait à courte distance quand il effectuait des travaux dans son jardin. Elle mangeait assidûment tout ce qu'il lui laissait dans un vieil abreuvoir ayant servi à l'époque où il élevait encore quelques vaches pour leur lait. Quand elle désirait faire un petit tour Azalée lui donnait un coup de tête, aussitôt il abandonnant tout pour l'entraîner sur la plage afin de parcourir un chemin conséquent les pieds et les pattes se mélangeant dans l'eau. Facile à vivre, le verrier s'y attacha très vite. Bien qu'elle explora souvent sa blondeur, jamais encore il ne lui avait vu avoir cette velléité d'en saisir la texture entre ses dents. Atterré il se pendit à son cou pour lui infliger une traction qui l'obligerait à libérer sa prisonnière, ce qui se produisit au bout de ce qui lui parut un siècle sans vraiment analyser comment l'incident cessa. Il ne s' y attarda pas, beaucoup plus inquiet pour celle qui venait de subir l'assaut mais qui le rassura rapidement « Oh est-ce que tu veux que je vérifie ? J'ai l'habitude de me soigner si besoin  » Tout en même temps il exerça une pression sur l'épaule de la jument blanche afin qu'elle recula assez loin pour qu’elle ne fut pas dans la possibilité de recommencer son manège. Tant qu'il ne mettait pas le doigts sur la cause de cette folie soudaine « Elle est vraiment calme d'habitude, c'est la première fois que je lui vois faire une telle action »

La femme lui enjoignit de s’asseoir, car à la suite de cet incident son derrière rencontra le sol de manière peu orthodoxe, et visiblement elle préférait y demeurer encore un peu. Sans doute quelques vertiges chatouillaient son front l'affaiblissant temporairement. Drôle d'idée que cet étrange duo qui de loin bivouaquait au milieu de nul part. Néanmoins Hyacinthe après quelques hésitations se résolu à partager la même promiscuité que l'étrangère. Après tout la cause provenait d'un de ses animaux *domestiques* qui n'en portaient que la désignation mais se comportaient à leur guise « Non mais il faut avouer qu'on à pas eu le temps de se dire grand-chose jusqu'à maintenant nant nant  » Sans rigoler Hyacinthe ? Ben non, il n'ironisait pas le Calusa. Il s'efforçait de garder le contrôle, encore heureux qu'aucun rocher ne louchait vers lui, prêt à lui sauter à la gorge. Pour se rassurer, le blond caressa la terre tout autour de lui en se livrant à d'étranges contorsions avant de rediriger son attention vers la femme qui fouillait désormais son sac pour en sortir une gourde. Aussitôt il songea au sien, ses prunelles s'illuminèrent alors qu'elles inspectaient le sol pour détecter l'objet du délit. Ha le voilà « Je reviens je dois récupérer mes affaires » D'un bond il se leva. Puis se rassit. Trois fois. Tout ça avant de finalement s'élancer vers  sa hallebarde dont il vérifia le contenu tandis qu'il reprenait place aux cotés de la débarquée. Se livrant au même manège des répétitions sur la fermeture de son bien « Voilà ... Ca va un peu mieux ?  » Soudainement saisit par l'inquiétude en pleine tripes face à l'adjonction de la femme des étoiles d'éloigner Azalée, Hyacinthe paniqua légèrement. Une autre attaque pendant qu'il tournait le dos ? Mais non l'immaculée n'a pas bougé d'un centimètre comme figée dans l'intemporalité

« C'est finit elle ne le refera plus plus plus » Affirma-t-il beaucoup moins assuré de ce qu'il avançait que la certitude qu'il octroyait à son interlocutrice. Il ne domptait pas les animaux Hyacinthe, il les côtoyait refusant toute idée d'appartenance. Bien qu'il fût bien aise qu'Azalée ne se carapata pas à la moindre brise suspecte. Tandis que les narines du jeune homme s'actionnèrent en captant une flagrance qu'il n'utilisait jamais   « Tes cheveux tu les laves avec quoi, ils ont une odeur différente ... C'est peut-être ça qui l'a appâtée Azalée... » Le voilà dévoré d'envie de se pencher afin de respirer la flagrance qui s'échappait de la tignasse de la femme, mais il se retint. Certainement elle s'offusquerait de ce geste, lui donnant des interprétations malsaines. A moins de lui révéler son métier ce qui simplifierait la situation. Alors qu'il ouvrait la bouche pour lui décliner  son identité, son œil s'accrocha à nouveau sur ce vêtement étrange  « C'est exprès pour les filles  » Questionna-t'il en pointant *la chose*  « C'est ce que vous cherchiez ? Je peux toucher ? » L'étoffe lui parait si douce, et lui il n'a jamais rien endossé de pareil lors de son adolescence. Sa curiosité de jeune fille - jamais annihilée - s'éveillait abattant toute l'honorabilité qu'il aspirait à lui prouver depuis sa première vision d'elle. Le Calusa s'acharnait à conserver la main mise sur une partie de sa personne beaucoup plus féminine que sa carrure n'annonçait mais qui filait comme le vent dès qu'une brèche s'ouvrait sur le monde extérieur  « Je n'ai jamais eut l'occasion d'en essayer, est ce que c'est dou dou dou loureux ?  » Autour d'eux dansait le chien-loup, qui de proie potentielle intégrait désormais Murphy dans le territoire et la meute à défendre contre toute intrusion.


Bon réveillon et Bonne Année:
 

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06/12/2015 Lux Aeterna 31712 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 134


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Sam 13 Jan - 0:48



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


La méfiance, au fil des mois et des années, c'était devenu le premier réflexe de Murphy. Que ce soit lors de premières rencontres ou de discussions endiablées, de confiance qui n'avait jamais été accordée ou d'une confiance qui avait été perdue, elle s'accrochait à cette forme de prudence comme au dernier rempart qui la protégeait du monde extérieur et de tout ce qu'il pouvait en laisser filtrer de pire. C'était un défi d'arriver à l'abaisser, ce rempart, et même lorsqu'elle le souhaitait, une part d'elle y demeurait accrochée, terrifiée à l'idée de se retrouver à découvert. C'était à force d'erreurs, sans doute, qu'elle avait renforcé ce bouclier, qu'elle l'avait ancré solidement, mais ses expériences récentes lui avaient prouvé que rien ne pourrait jamais la préparer à l’inattendu. Même en s'imaginant tous les scénarios possibles, même en s'imaginant le pire, il demeurait des variables que l'on ne pouvait contrôler. Le hasard de la vie et celui qui gouvernait cette planète, pour commencer; celui qui lui avait sans aucun doute volé Faust, et puis Harley à Andromeda, et puis tant de gens à tant de proches. Et puis il y avait les autres, les humains, ceux que l'on pensait connaître en sachant qu'il demeurait toujours des zones d'ombre, parce que personne n'était sans secrets. Dans ses rares amitiés, Murphy avait rejoint cette courbe asymptotique qui menait sans jamais l'atteindre à la connaissance parfaite de l'autre. Faust, elle avait cru la connaître par cœur, au point parfois de prédire ses répliques, ses gestes et ses mimiques. Pourtant, un petit nuage d'ombre avait toujours plané; il suffisait à Murphy de considérer sa disparition pour réaliser que des mystères demeuraient, même après toute cette année, même malgré la force de ce lien qui les unissait et les unirait jusqu'au bout. Elle aimait Richard comme on aime un grand frère, un modèle, un mentor ou un ami, et pourtant lui aussi entretenait un aura de mystères qui étaient les siens, qui ne la regardaient pas. Elle avait accordé sa confiance à Chris, aussi, bien trop rapidement et contre l'avis de sa propre logique et de son entourage. L'amitié qui l'avait liée à Tennessee, elle aussi, avec été naturelle. Elle était née progressivement, avait grandi sans qu'aucune des deux protagonistes ne s'en rende réellement compte. D'une relation qui s'était amorcée par instinct de survie avait cru quelque chose de plus désintéressé, de plus doux, et quelque part de plus nécessaire encore. Faust n'était depuis lors plus le seul lien qui les unissait. Murphy avait laissé cette amitié l'envahir comme toute la consolidation dont elle avait besoin. Il ne s'agissait plus seulement de chercher Faust ou d'accepter à deux d'en faire le deuil, il s'agissait de regarder l'horizon d'un œil plus serein, car postées côte à côté. Elle était devenue une épaule, un socle. Mais suivre son instinct, ça jouait parfois des tours. C'était lui qu'elle considérait bien trop rapidement comme guide unique lorsqu'il s'agissait de naviguer à travers l'inconnu. Les autres étaient sources d'inconnu, source d'imprévisible, source d'incontrôlable, d'un chaos naturel auquel on ne se préparait jamais assez bien. Et Tennessee avait fait voler en éclats toutes les excuses et tous les prétextes qu'elle avait donnés à cet instinct au moment où elle l'avait laissé parler.

Alors, même lorsqu'il s'agissait d'inconnus, Murphy se retrouvait confrontée à cette angoisse du revers avec plus d'intensité encore. Il ne s'agissait pas de confiance, il ne s'agissait pas d'amitié; cette fois, il s'agissait de simple survie, des impairs à éviter, des bons réflexes à adopter. Elle avait appris à ses dépens que cette Terre, comme son ciel, regorgeait de tous les êtres possibles, des pires charognes aux plus douces personnes. Et jusqu'à preuve du contraire, pour elle, un inconnu serait toujours la pire des charognes, un mélange de cet odieux voleur de chien qui l'avait menacée d'un geste pathétique et du Isdès qui lui avait tourné le dos de la plus inélégante des façons. Le blond, oui, portait en ce moment précis tout ce qu'elle connaissait de pire chez l'Homme, ne lui inspirerait que de la méfiante et de la crainte jusqu'à ce qu'il lui prouve que ces réactions étaient erronées.

Ce Terrien-là, pourtant, dégageait quelque chose d'étrange. Dans sa façon de se déplacer ou de s'exprimer, peut-être, ou bien dans le regard empreint de méfiance qu'il lui lançait en retour. Il n'était pas armé; pas de ce qu'elle pouvait voir en tout cas. La voix de son entraîneur militaire et mentor lui soufflait à l'oreille que ça ne voulait rien dire, que les apparences étaient parfois trompeuses et que les pires adversaires étaient ceux qui ne se présentaient pas comme tel. Il n'y avait pourtant en cet homme rien de la provocation qui inspirait la pire des peurs. Si c'était une ruse, alors il jouait drôlement bien la comédie. Les trois inconnus, l'homme et ses deux accompagnateurs, l'effrayaient sans doute moins que ce que son bon sens et la petite voix de Richard lui dictaient. Elle était tendue, doigts contractés autour de sa dague, mais quelque chose la poussait à vouloir croire que la menace n'était pas aussi impressionnante que ça -son instinct, encore lui, peut-être, mais cette fois, elle ne lui laisserait pas l'opportunité de donner raison à ses inquiétudes. Elle le ferait taire, cet instinct.

Et puis, il n'y avait pas que l'homme. Il y avait cette jument, aussi, qui se tenait entre eux, et le chien hurlant qui, elle en était persuadée, avait tout à envier à son propre Antarès. Ils étaient deux, eux, face à trois Terriens -et c'était sans compter sur la possibilité qu'ils ne soient pas seuls, que d'autres se cachent derrière ce container, là-bas, ou un peu plus loin, dans l'obscurité de la forêt. S'il devait avoir lieu, le duel ne serait jamais équitable, et cette constatation acheva de raviver toute sa méfiance. « Je compte pas te frapper », se contenta-t-elle de répliquer à la réponse de l'homme, beaucoup trop sereine à son goût. C'était peut-être son ami à lui, mais pas son ami à elle, et à ses grognements, elle doutait que la situation puisse changer sous peu. Antarès répliquait, lui aussi, et elle se surprit à le trouver bien plus adulte et impressionnant que ça n'avait jamais été le cas. Il n'était plus un petit chiot depuis un moment, et même si son coeur se pinça une seconde à cette pensée, la fierté fit briller son œil d'une lueur qui partageait quelques teintes avec le défi.

Mais tendre la main à ce cheval blanc, très peu pour elle. Elle comptait les garder ses mains, et elle comptait encore garder son poignard serré dans l'une d'elles un peu, oui, encore au moins un peu. L'angoisse de l'inconnu avait légèrement été anesthésiée par un quelque chose, un ensemble d'observations et de conclusions qui en avaient été hâtivement tirées, mais elle n'était pas devenue stupide pour autant. Le chien gueulait, la jument observait, et l'homme parlait. Ça faisait trop à gérer, trop de variables dont il fallait tenir compte. Même Antarès contribuait à cette cacophonie qui entachait toute sa réflexion panique.

Contre toute attente, c'est l'homme qui la ramena d'abord à la réalité. Elle ne connaissait pas de Rose, et s'en excusa presque du regard. Elle savait les manques de nouvelle et les inquiétudes qui n'en finissaient plus. Ça aussi, c'était universel. Tout ce qui se passait à l'intérieur de l'être, le pire et le meilleur, c'était universel, c'est le langage que tous partageaient. Mais elle ne connaissait pas de Rose, non. « Ah, bah maintenant, tu pourras dire que si, t'as rencontré une Odysséenne » annonça-t-elle dans un demi-sourire, rassurée elle-même par l'espièglerie de sa propre remarque. « C'est... » Elle soupira. La question du blond était simple; la réponse n'avait rien de basique. « C'est... compliqué. Ils ont été jugés coupables de trucs discutables, là-haut. » Ses doigts s'engourdissaient autour de la lame, se desserraient progressivement, la faisaient danser quelques secondes ça et là pour les raviver. « Mais on est les mêmes, si. On a tous été dans la même boîte de conserve. » C'était bizarre, d'avoir à expliquer tout ça à quelqu'un qui semblait complètement naïf de toutes ces informations. C'était la première fois qu'elle abordait le sujet avec un Terrien, d'ailleurs, et qu'elle avait l'occasion de se demander ce qu'eux pouvaient penser d'un tel système, de telles façons de faire. A chaque fois qu'elle en avait discuté avec quelqu'un, les camps étaient choisis depuis longtemps. Les avis s'étaient tranchés chez les Odysséens dès que l'information leur avait été livrée, qu'il s'agisse de ceux qui descendaient sur Terre ou de ceux qui restaient là-haut à observer une aventure qui n'était pas tout à fait la leur. Et dévoiler ces choses-là à quelqu'un qui en était totalement naïf, c'était lui offrir parmi les secrets les plus controversés de son peuple. Alors, quelques données peut-être, des lignes larges, mais elle n'en disait pas plus que nécessaire, presqu'intimidée à l'idée de donner une image plus sale encore des siens auprès de ceux qui avaient été envahis malgré eux par les célestes. « Si, on venait les sauver... » Elle haussa les épaules, le regard un brin trop fuyant pour ne pas apporter son lot d'informations à lui tout seul. Il n'avait pas besoin de savoir que les décisionnaires avaient cherché à se sauver, eux, depuis le début. Il n'avait pas non plus besoin de savoir toutes les pertes que ces décisions avaient représenté, les deuils qui n'en finissaient plus. « Non, à ma connaissance, tout le monde est ici. Ici ou quelque part au fond de l'océan. Plus personne qui scrute de là-haut, en tout cas. » Sa gorge se nouait alors qu'elle présentait ce qui n'était pourtant que des faits. D'avoir à les mentionner de cette façon leur donnait une nouvelle dimension, ravivait presque ces malencontreuses aventures, au point de leur donner le goût de la veille.

Sans qu'elle ne s'en rende compte, perdue entre ses pensées et la méfiance qui la faisait toujours brandir ce couteau devant elle, les chiens s'étaient progressivement calmés. Les aboiements ne raisonnaient plus de la même façon entre les container et les carcasses métalliques qui les entouraient. Antarès était devenu plus curieux que craintif, et Murphy voulait voir dans cet apaisement une raison pour elle de baisser sa première ligne de défense. Car tendue, elle l'était toujours, et elle sentait ses propres ongles s'enfoncer dans la paume de cette main qui tenait un peu trop fermement la lame qu'elle dressait comme seul moyen de dissuasion à toute tentative de l'inconnu. Mais ce n'est pas lui qui brisa ce drôle de moment de premiers échanges. C'est son accompagnatrice équestre.

Elle qui aurait pensé ça impossible quelques secondes plus tôt se raidit encore davantage, comme si c'était en soi une façon de se défendre. Elle fermait les yeux, sentait ses muscles se contracter jusqu'à la douleur, attendait simplement que ça passe, que l'animal finisse son tour d'horizon dans ses cheveux. Elle sentait l'air chaud qu'il expirait contre elle, l'humidité de ses naseaux tout proches, et puis ses propres cheveux qui volaient à son contact. Elle perdait le fil de la réalité, de ce qui se passait autour d'elle. Elle jurait pouvoir entendre Antarès aboyer, mais à ce moment précis, elle était seule avec son agresseur et le temps, les secondes qui s’égrenaient beaucoup trop lentement, incalculables, insurmontables. Murphy ne comprit pas vraiment ce qui rompit cette torture, mais le soulagement l'envahit toute entière, au point même où sa main libéra la lame qui tomba dans la terre, et au ses fesses se laissèrent lourdement avoir par la loi de la gravité. C'est en reprenant une bouffée d'air qu'elle réalisa qu'elle avait interdit à ses poumons la moindre particule d'oxygène pendant quelques instants. Son souffle était ardent et vorace, maintenant, et son regard se posa brièvement sur un Antarès dont le calme signifiait toute l'inquiétude. Il comprenait toujours ce qui se passait, lui, et elle fût rassurée un instant en réalisant qu'il s'était calmé avant elle face aux inconnus. C'était lui le plus sensé des deux.

Quelques mèches de cheveux collaient à son front, empestaient l'haleine de la jument qu'elle avait sentie plus tôt. Elle ne redoutait plus vraiment grand chose, maintenant, peut-être parce que le point limite déclencheur de crainte venait de brusquement grimper en flèche, ou peut-être parce que son système vasculaire regorgeait encore d'une adrénaline qui semblait lui donner tous les pouvoirs. La part d'elle qui arrivait encore à aligner deux pensées cohérentes lui fit remarquer que personne n'avait profité de ce moment de faiblesse qui avait été le sien, et qu'il y avait même des chances, en réalité, que le blond ait volé à son secours sans qu'elle ne puisse s'en rendre compte, coupée du monde extérieur en attendant que ce moment de gêne ultime ne passe. Son regard se leva finalement vers le blond qui avait parlé et elle décrypta ce que son cerveau avait refusé d'écouter, le temps de se remettre de ses émotions. « Oui, je veux bien... c'est qu'une égratignure, hein ? » Elle se pencha vers celui qui venait de s'asseoir face à elle, présenta son crâne en écartant le plus possible ses cheveux de ce qui semblait être la source de ce fin filet de sang qui commençait déjà à sécher sur sa tempe. « Elle a aimé mes cheveux » fut tout ce qu'elle trouva à ajouter, dans la neutralité la plus totale et sans aucune accusation. L'incident semblait tendre à lui prouver qu'aucun des trois nouveaux arrivés ne lui voulait vraiment de mal. La jument, aussi peur lui eût-elle fait, ne l'avait pas attaquée; car si ça avait été le cas, et elle n'en doutait pas, ce ne serait pas d'un peu de salive équestre dans les cheveux et d'une petite écorchure dont elle souffrirait. Le chien non plus ne lui voulait rien de mal. En réalité, Antarès commençait à s'en rapprocher, et elle savait que les probabilités tendaient à prouver que c'était gage d'une confiance qu'elle pouvait lui accorder -même si, il fallait bien l'avouer, c'était toujours dans ses rapports aux Hommes que Major s'était montré incollable; pour les animaux, elle ne pouvait faire confiance qu'à sa relation avec la jeune Frost. Et le Terrien le prouvait seconde après seconde, lui aussi, qu'il ne n'avait aucune mauvaise intention à son égard. Le fait qu'il se soit assis lorsqu'elle l'avait demandé l'avait rassuré plus que ce qu'elle aurait avoué; non seulement ils étaient à peu près à situation égale, mais en plus il avait accédé à sa demande sans faire toute polémique et sans profiter de son avantage pour lui couper la tête par surprise. « Et bah maintenant tu le sais », ricana-t-elle un peu maladroitement, « je tiens aussi à ma tête. » Un coup d'oeil méfiant vers la jument qui semblait maintenant s'intéresser à d'autres horizons l'autorisa à respirer un peu plus sereinement. La main encore un peu tremblante, légèrement tâchée du sang qu'elle avait trouvé sur son front, elle bût quelques gorgées d'eau qui la rafraîchirent. Son regard se leva, étonné, vers l'homme qui expliqua aller chercher ses affaires et enchaîna une suite de mouvements qui la laissèrent bête. « Ça... va. Je crois. » Elle le scrutait d'un drôle d'air, presque prête à lui retourner la question. Mais celle qu'il appelait Azalée était encore trop proche d'elle pour qu'elle arrive à l'oublier. Ce n'était peut-être qu'une question de minutes avant qu'elle ne fouine à nouveau dans sa chevelure, et elle réalisait qu'assise, elle était devenue une proie plus facile encore. « T'es sûr ? » La question était grave, et elle avait plongé son regard d'ambre dans le sien, insistante. Elle bût une nouvelle gorgée d'eau, pour s'aider à continuer à reprendre quelques forces, et tapota du bout des doigts la petite plaie pour s'assurer qu'elle ne saignait déjà plus. « Je sais pas... du savon ? Je me lave avec du savon. » Sous l'étonnement, sa main s'était brièvement figée sur son crâne. Elle n'avait pas grand chose de spécial, Murphy, même dans ses cheveux. Elle les lavait et c'était déjà pas mal. Un peu interloquée, elle laissa sa main retomber au sol et chercher un Antarès qui ne demandait à présent plus que son attention. Son regard suivit l'index du Terrien pour atterrir sur la dentelle salie par la terre humide. « Oui, c'est pour les femmes... » répondit-elle sans s'émouvoir un instant, flattant l'encolure de son chien et savourant la sérénité qu'elle retrouvait peu à peu. Les Terriennes ne devaient pas porter ce genre de sous-vêtements comme c'était de coutume pour les célestes. Blasée, dans un soupir, elle repensa à celui que lui avait volé Isdès malgré lui et parce qu'il l'avait considéré inutile dès qu'il s'était présenté à lui. « J'en cherchais pas vraiment, mais j'aurais pas été contre en trouver... » Elle se pencha pour récupérer la dentelle rouge et la tendre au blond. « Ça peut l'être », répondit-elle en haussant les épaules, déposant un baiser sur le front d'Antarès. « Il y a parfois du métal en-dessous » Elle se mit à genoux pour se rapprocher de lui et désigner les baleines du soutien-gorge. « Et quand c'est mal foutu, ça rentre dans la chair » Elle posa son index sur l'extrémité d'une des barres métalliques et se laissa retomber par terre, non sans un regard méfiant au chien de couleur sombre qui tournait autour d'eux. « Celui-là est pas de la bonne taille pour moi. Si tu veux, tu peux le garder. » Murphy, distributrice de soutiens-gorge aux Terriens masculins. Elle remonta les genoux contre sa poitrine et posa ses avants bras dessus, observant l'homme par-dessus. « Les femmes portent pas ça, chez vous ? » Elle n'entendait plus Azalée, un peu plus loin, et le chien de l'inconnu avait capté toute l'attention d'Antarès, qui avait échappé à ses tendresses. L'instant n'avait plus rien à voir avec ceux qui avaient précédé la catastrophe capillaire. Elle s'assura d'un regard que son poignard était toujours là où elle l'avait laissé tombé, derrière elle, mais elle n'était plus très sûre d'en avoir besoin.

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