Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
maybe life should be about more than just surviving


avatar
28/07/2015 I My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Elouan & Tam-Tam 3054 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & HOney Verrier & Parfumeur Calusa 878
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Dim 3 Sep - 23:22


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


L’odeur. Pour l'odorat du blond, ça se résumait à une hérésie, mais il ne parvenait pas à faire avancer sa jument ou il désirait qu'elle aille. Le calusa se souvenait bien des conseils de Gen, mais entre la théorie et la pratique, il ne suffisait pas de claquer des doigts. Il revenait des chez les Naoris, après avoir été festoyé du côté des Kovariis, dans l'idée de devenir plus ouvert à la nouveauté. Et aux autres. Hyacinthe demeurait mitigé quant au résultat, bien qu'il eut apprécié en parti l'événement, il ne gardait pas l'impression d'avoir progressé par rapport à sa vision du monde. Rien de foudroyant. Finalement le seul véritable intérêt de ce voyage s'avérait le temps passé en compagnie de Hiro. Quand il s'en alla rechercher sa blanche Azalée à la crinière immaculée auprès de celui-ci, qui serviable accepta de veiller dessus le temps de son absence.. Au départ, le verrier se pensait se diriger directement vers le village des Pikunis, afin de prendre des nouvelle d'Amaryllis. Et sans doute ramasser le beau terreau qui se trouvait dans leurs champs et que ses plantes adoraient tant. Pas trop, juste la quantité nécessaire pour remplir sa besace. Mais l'équidé, d'une allure folâtre, préféra se diriger vers la décharge. Le verrier s'interrogeait bien du pourquoi, car il ne trouvait rien de savoureux dans les flagrances qui les assaillaient lui, elle, et le chien-loup. Enfin il supposait que Lou descendait d'un tel mélange quand il regardait son allure, mais le blond n'en détenait pas la preuve. Tout ce qu'il pouvait avancer à propos de ce canidé était que ce dernier agissait comme il le désirait. Reconnaissant de son aide pour l'avoir soigné, il rodait désormais dans le lieu de vie de Hyacinthe. Tout en disparaissant parfois de longs jours. Et soudainement, comme aujourd'hui il apparaissait décidant de venir se joindre à lui et courant entre les pattes de la jument qui ne s'en retournait absolument pas. Les deux animaux se fréquentaient depuis le début du printemps, quand l'Athna lui fit une visite surprise pour lui céder ce magnifique cheval. Maintenant ils se trouvaient devant le paysage de détritus qui dégageait cette horrible puanteur.

Ne connaissant pas la résistance d'un équidé, bien qu'il se souvienne de toutes les paroles de son ami guerrier, il ne veut pas épuiser la blanche jument trop vite et la dégoutter de lui. Sans doute que le blond fait un peu trop d'anthropomorphisme  mais il se découvre légèrement désemparé, que cette âme animale dépende un peu trop de ses désirs. A la fois il la voudrait libre mais craint de fâcher Gen si jamais elle s'enfuyait pour se blesser ou pour se perdre. Alors il l'attache à une vieille carcasse métallique afin de la garder sous la main si il s'éloigne. Mais pas assez solidement pour qu'elle parvienne à se dégager si un danger se pointait comme une félin ou un ours en quête d'un bon repas. A présent qu'il venait d'atterrir en ces lieux, plutôt que de la bonne terre, le verrier s'interrogea à savoir s'il ne trouverait pas des éléments intéressants à tester pour ses créations. D'ailleurs au loin il crut apercevoir une fleur sauvage de couleur violette de plus en plus rare a dégoter, surtout cet été. S'aventurant vers l'intérieur de cet amas d'immondices de toutes les couleurs, il crut vivre une altération de sa réalité. En vérité il connaissait ce lieu-dit mais ne s'y aventurait jamais. Pour aucune raison précise à part sa maniaquerie ... Ici Hyacinthe s'attendait à éprouver quelques haut le cœur et non pas exclusivement à cause des émanations chatouillant ses narines. Soudainement Lou se retrouva au sommet d'un monticule essentiellement constitué de vieille ferraille et de terre, un petit mulot dans la gueule, il s'agitait comme s'il exécutait une danse de la victoire.

Puis l'animal fila plus rapide que le vent, indubitablement pour dévorer sa capture. Hyacinthe ne put le discerner mais il s'allongea non loin d'Azalée qui tendait le coup pour atteindre et chiper une graminée orpheline mais singulièrement affriolante. Alors que le Calusa reprenait ses investigations tout en sautant à cloche-pied pour éviter les roches trop volumineuses. Ses prunelles furent appâtées par un étrange bloc qui se désagrégeait. Ses mains se promenèrent le long de sa surface pour en définir l'exacte appellation, le blond présumait se retrouver en présence de grès, élément extrêmement complexe à trouver. Il dégaina son arme blanche pour en acquérir un morceau qu'il testerait chez lui. Et si ça s'avérait productif il savait désormais ou s'approvisionner. Son oreille capta soudainement des aboiements qui n'appartenaient pas à Lou. Que ? Quoi ? Inquiet il rangea rapidement le morceau dans le sac pour revenir sur ses pas. Malencontreusement, plus éloigné qu'il ne le spéculait, le verrier pressa l'allure en discernant la riposte De Lou, plus effrayé en réalité que menaçant. Depuis les jours que le chien-loup les côtoyait, le verrier le décryptait de mieux en mieux. Si par malheur il se trouvait face à un terrien sanguin, celui-ci n'hésiterait pas un instant à le terrasser avec sa flèche ou même un lancer de couteau   « daun ste pleni ! daun ste pleni ! daun ste pleni !  *» S’égosilla le jeune homme pour qu'à la fois on puisse distinguer son appel, et patienter jusqu'à son arrivée. Mais Hyacinthe n'ignorait pas que la tonalité de sa voix rassurerait Lou à défaut de le faire taire.
*= Assez du calme

Meilleur voteur
avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nope 34993 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1100
Meilleur voteur


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Jeu 7 Sep - 3:30



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


La décharge était source de trésors insoupçonnés, et Murphy l'avait appris la première fois qu'elle avait osé y mettre les pieds malgré toutes les mises en garde qui se faisaient écho sur le campement. Les incidents n'avaient pas manqué, et elle gardait en mémoire que sans Chris, elle n'aurait probablement pas vécu les choses de la même façon la première fois. Le container dans lequel elle avait failli rester enfermée, malgré tout, recellait des trésors. Elle avait retrouvé quelques vêtements et sous-vêtements qu'elle avait bien usés depuis, et puis il y avait les livres dont débordait ce vieux carton caché dans une voiture sinistre. Lorsqu'ils avaient déménagés au nord, Murphy avait accueilli le nouvel endroit avec un sourire discret, parce qu'elle savait qu'ils ne s'éloigneraient pas vraiment de cette zone qu'elle affectionnait lorsque revenaient les beaux jours et sa curiosité. C'était un terrain de jeu pour ce qu'il avait de plus attisant comme de plus dangereux. Elle venait ici le plus souvent accompagnée, mais il lui arrivait aussi de partir d'elle-même et seule, comme pour tester ses propres capacités à survivre dans un endroit aussi miné qu'il l'était. Sans en faire son quotidien, elle considérait intelligent de se défier de temps en temps à de telles aventures, parce qu'elles étaient celles qui maintenaient sa réactivité et sa méfiance au beau fixe et lui permettaient de pouvoir compter dessus aux moments les plus prévisibles. Et puis, et elle ne l'oubliait pas, elle ne revenait jamais de la décharge les mains vides. Ou si, les mains vides, mais le sac plein. Ce jour-là, elle avait pris les choses en main d'avance et récupéré un sac à dos assez gros pour contenir tout ce qu'elle considérerait susceptible de lui être utile ou d'être utile aux siens. Elle venait ici avec la ferme idée de ramener quelques livres au campement pour, une fois qu'elle les aurait lus pour combler une insomnie, les offrir à la boule d'énergie dont elle avait fait la connaissance chez les jeunes l'hiver précédent. Thaïs était devenue l'une de ses meilleures clientes lorsqu'il s'agissait de récupérer des bricoles venues d'ici, parce qu'elle paraissait insatiable lorsqu'il s'agissait de mots qui dansaient sur des pages fatiguées par le temps. Elle lui aurait volontiers prêté celui de Steinbeck si elle n'y tenait pas tant, mais elle ne manquait pas de lui confier n'importe quel autre livre qui passait entre ses mains, et puisqu'il lui était impossible de rester elle-même impassible devant un peu de lecture, elle pouvait offrir à Thaïs de brefs résumés et commentaires des œuvres qu'elle lui glissait. Cette décharge était une mine d'or et lorsqu'il s'agissait de livres, elle savait toujours vers quel coin se diriger. Cette vieille voiture en regorgeait encore, et elle s'appliquait à ré-abriter le carton du mieux possible pour le retrouver dans un état semblable la prochaine fois qu'elle viendrait.

C'était cependant la première fois qu'ils revenait ici depuis qu'ils avaient officiellement installé leurs quartiers près de l'ancienne bouche du métro, et à l'orée du bois, face aux ordures et débris qui s'étendaient à perte de vue, elle dut s'arrêter un instant pour reprendre ses esprits. Antarès s'avançait déjà, prudent, mais ce n'était pas la première fois qu'il venait ici non plus. Ils savaient, tous les deux, rester ensemble pour éviter de se perdre, et surtout, parce que Murphy qu'il se retrouve piégé ou pris dans un accident. Ils étaient arrivés par le nord, c'était une certitude, et d'après ses calculs, ils étaient plutôt du côté ouest. C'était le moment de bien faire les choses pour ne pas se perdre bêtement là-dedans. Elle imprima mentalement les environs pour prendre ses marques et trouver des nouveaux repères et avança, prudemment, précautionneusement et attentivement. Des blocs métalliques s'entassaient ça et là à des hauteurs aussi diverses qu'inquiétantes. Murphy faisait attention à garder une certaine distance avec les installations qui lui paraissaient les plus bancales pour éviter de se retrouver prise dans un éboulement. Son regard était aussi prudent que curieux; elle devait noter son chemin en même temps que chercher de quoi satisfaire son âme d'exploratrice. De temps en temps, elle marquait le sol encore sec de l'été de son poignard.

Quelques heures lui suffirent à remplir son sac. Les livres furent les premiers sur lesquels elle mit la main; il fallut traverser la décharge pour arriver au sud et retrouver la zone la plus proche de leur ancien campement et qu'elle connaissait le mieux. Elle retrouva rapidement le container sur lequel elle était tombé avec Chris, mais quelqu'un d'autre était repassé par là depuis eux et avait récupéré ce qui était susceptible de l'intéresser. Elle soupira à l'idée de ne pas retrouver de lingerie pour remplacer celle qu'Isdès avait gardée, mais elle repensa très vite à la façon qu'il avait de l'ignorer depuis le troc de l'été, et puis elle pensa à Tennessee avec qui son lien n'avait eu de cesse de s'effriter depuis que le secret de Devos avait révélé aux yeux de tous. Tout le monde lui tournait le dos. Elle chassa l'idée de ses pensées en cherchant, portée par sa soif de découverte, n'importe quoi d'autre qui puisse être susceptible de lui ou de leur servir. Elle était remontée progressivement vers le nord en suivant la course du soleil, calant les quatre bouquins dans le creux de ses reins pour arriver à garder un rythme convenable. Elle récupéra ça et là un peu de linge, une vieille couverture qui mériterait plusieurs lavages mais dont l'état paraissait encore convenable, un service de couverts qui seraient probablement utile aux cuisines, et finit par retrouver la bordure ouest de la décharge. Si elle se perdait, elle n'aurait qu'à longer l'orée de la forêt pour retomber sur ses pas, ou, si elle se sentait encore d'humeur aventureuse, il lui serait également possible de couper vers l'est pour retrouver les traces qu'elle avait laissées en descendent vers le sud. Elle s'arrêta un instant pour soulager son dos et Antarès s’éclipsa dans la forêt. « Je reste dans le coin, mais va pas trop loin », glissa-t-elle à l'animal, persuadée qu'il la comprenait, alors que son regard était attiré par une ombre sous une voiture. Elle s'agenouilla dans la terre sèche et tendit la main, pesta un moment mais tira de là un vieux coffre de bois recouvert de déchets divers peu ragoûtants. Elle jura apercevoir quelques rongeurs prendre la fuite et glissa la boîte un peu plus loin, de peur de se retrouver nez-à-nez avec un animal peu fréquentable. Elle entendit un jappement derrière elle et retrouva Antarès qui la fixait, la langue pendue. Souriante, elle lui flatta l’encolure avant d'enlever son sac et de d'ouvrir précautionneusement le coffre dont le bois avait eu tout loisir de pourrir. Une odeur nauséabonde se dégageait de la boîte mais son visage s'illumina lorsqu'elle y découvrit de quoi remplacer ce qu'Isdès avait gardé. Mais en détaillant les morceaux de tissu, ses sourcils se froncèrent et elle soupira. Il lui faudrait des chaussettes pour pouvoir utiliser ces soutien-gorges sans avoir l'air ridicule, et c'était se donner bien trop de peine pour un stupidité pareille. Elle les glissa dans son sac pour des Odysséennes mieux dotées qu'elle et continua de fouiller quelques instants avant de se relever brusquement. Une décharge d'adrénaline venait d'abreuver son sang. Elle entendait Antarès hurler non loin de là, mais ne le voyait plus.

Depuis un an qu'il était devenu l'un de ses plus fidèles amis, Murphy considérait connaître son chien. Il était sage mais savait se montrer féroce lorsque c'était nécessaire. C'était un chasseur et un pisteur, et s'il démontrait de qualités qui attendrissaient comme la tendresse et la gourmandise, il était aussi capable de reconnaître les dangers lorsqu'il en croisait sur son chemin. Il n'était pas des plus combattants, pourtant, se contentait de montrer les crocs et d'avertir sa maîtresse qu'il sentait que quelque chose d'inhabituel se tramait, mais c'était précisément pour cette raison qu'elle savait qu'il n'aboyait pas dans le vent. Il le faisait toujours pour attirer l'attention ou signaler sa présence. Quelque chose se tramait et le sang de Murphy ne fit qu'un tour. Elle récupéra son sac et suivi les aboiements incessants d'Antarès auxquels semblait se mélanger un autre hurlement, deux autres hurlements. Ils n'étaient pas seuls, ou plus seuls. Elle trouva trois animaux au lieu de son seul chien et une voix humaine raisonnait au milieu des décombres. Elle aurait du fuir, elle le savait, mais elle restait médusée devant l'animal blanc attaché à une carcasse. Elle savait que c'était un cheval pour avoir déjà vu accompagner les Naoris, mais parce qu'elle n'en avait que trop peu croisé, leur majesté l'impressionnait encore comme au premier jour. Elle vit un homme apparaître au loin, au milieu des décombres, et ce n'est qu'en cherchant son poignard à sa cuisse qu'elle se rendit compte qu'elle serrait entre ses doigts un des sous-vêtements dont elle ne voulait pas. Le tissu rouge vif tomba à terre alors qu'elle ne saisissait de son arme et elle regretta aussitôt d'avoir préféré un sac-à-dos à son désormais fidèle arc. Elle était trop peu armée face à un homme et deux animaux dont elle ne savait rien. L'une des bêtes ressemblait incroyablement à un chien mais il y avait quelque chose de différent en lui -ou peut-être était-ce simplement parce qu'il n'était pas Antarès qu'elle le redoutait autant que n'importe quelle autre animal inconnu. Antarès, lui, continuait de s’égosiller alors que Murphy essayait de lui glisser quelques mots rassurants, mais qui espérait-elle tromper ? Elle-même était tétanisée à l'idée de se retrouver face à un groupe de Terriens mal intentionnés et n'excluait pas non plus la possibilité de croiser la route de Cents qui étaient loin de porter leurs aînés dans leur cœur. « T'es seul ? » demanda-t-elle, son poignard tendu devant elle, alors que l'homme s'approchait d'eux tous. Elle ne savait plus où donner de la tête; les deux chiens se hurlaient dessus et le cheval commençait à s'agiter. Murphy, elle, était perdue entre maintenir une distance de sécurité entre elle et les animaux et s'avancer pour protéger Antarès. « Fais taire ton... animal ! » Mais les mots doux ne faisaient aucun effet à son chien et les deux continuaient de se regarder et de s'hurler dessus sans s'approcher l'un de l'autre, comme s'ils se testaient. Pourvu qu'il ne s'agisse que de ça, d'un test dont elle n'aurait pas idée. « Major, chhhht ! » s'impatientait-elle en lui jetant des regards désespérés. Plusieurs situations méritaient d'être désamorcées, et son regard continuait irrémédiablement d'être attiré par l'équidé qui ne semblait guère apprécier plus qu'elle l'agitation à laquelle il était soumis.

avatar
28/07/2015 I My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Elouan & Tam-Tam 3054 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & HOney Verrier & Parfumeur Calusa 878
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Ven 13 Oct - 0:14


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


Le grabuge qui parvenait jusqu'à ses oreilles l'inquiétait. Non pour lui, mais pour les animaux qui l'accompagnaient. Qu'il considérait comme des compagnons qui acceptaient de faire un bout de chemin avec lui plutôt que comme une propriété acquise. Il refusait de se donner la dénomination de maître mais n'ignorait pas la responsabilité qui pesait sur ses épaules si Azalée ou Lou provoquaient des catastrophes assorties de blessures plus ou moins graves. Cependant ce qui l'effrayait plus que tout demeurait l'idée taraudant-e de retrouver l'un des deux sans vie ou massacré par un terrien nomade, devenu agressif dans sa solitude. Ceux qui peuplaient les villages généralement se comportaient de façon encore raisonnable, surtout envers les bêtes, mais les bannis, les anciens esclaves en fuite ou les êtres dont l'esprit divaguait depuis des lustres affichaient des comportements erratiques et dangereux. Le verrier connaissait à quoi il s'exposait en venant seul en ses lieux, mais l'affrontement ne lui procurait aucune véritable crainte pour sa propre personne. Ne luttait-il pas depuis sa plus tendre enfance contre des querelleurs ? Ne se trouvait-il pas en bute à des actes volontairement malveillants à la limite du criminel de par sa personnalité ?

Il courrait donc avec énergie envahit d'une inquiétude qui faisait office de fouet accélérant son allure. Ainsi il déboucha légèrement échevelé pour découvrir le spectacle de cette jeune femme brune accompagnée d'un chien blanc provoquant une réaction de défense chez le chien-loup qui ne prétendait pas les laisser approcher de la pale jument. L'animal sauvage tournait autour de ces deux intrus en montrant les dents pour leur couper le passage.


Hyacinthe se débarrassa tout de suite de la sacoche qu'il portait, alourdie par son chargement, elle l'encombrait, ralentissant ses mouvements. Une fois sur le sol, elle s'ouvrit crachant une partie de la glaise récupérée dans laquelle le calusa marcha distraitement alors qu'il évaluait la situation dans son ensemble. Il glissa légèrement alors que la voix de la femme résonnait au-dessus des glapissements animaliers. Une débarquée, la manière différente dont ils accentuaient certains mots ne trompait plus Hyacinthe depuis sa rencontre avec Rose, puis Raphaël, ensuite Hope et enfin Andromeda.

Celle-ci néanmoins lui semblait plus âgée que ses précédentes rencontres, et le blond n'était pas sans savoir qu'une deuxième cargaison d'enfants du ciel se posa sur ces terres. Peut-être s'agissait-il de l'un d'eux, mais il ne possédait pas le temps d'y réfléchir indéfiniment. Il se devait de réagir afin qu'un geste malheureux ne fit pas tout tourner au drame. Pour lui comme pour elle. Déjà ils pouvaient se comprendre car le calusa maîtrisait la langue des skayru plutôt bien. Il hésitait parfois sur certains mots, mais grâce à ses rencontres avec les étrangers ses connaissances s'étendaient régulièrement.
« Oui oui oui » Répondit-il malgré tout anxieux, ce qui réanimait ses tocs, qui généralement se terraient désormais quand il se retrouvait seul en extérieur. Mais celui-là ne générait habituellement que de stupides moqueries, car il amenait à le croire atteint de bégaiement « Et toi toi toi ?  » Visiblement oui, mais rien ne prouvait que d'autres ne la rejoindraient pas d'ici peu. Et dans ce cas il désirait le savoir pour s'éloigner au plus vite car la foule l'angoissait beaucoup trop.

Non pas que Hyacinthe souhaita absolument s'en aller, il estimait que chacun pouvait évoluer dans la décharge de son côté dans se gêner particulièrement. Mais le blond devenait méfiant face à des groupes trop soudés « Lou ... Lou  » Articula-t-il avec douceur mais force une fois que la jeune femme lui eut demandé de faire taire le chien mâtiné de loup. Il claqua de la langue pour attirer ce dernier, le verrier ne lui donnait jamais d'ordre, il le laissait toujours évoluer à sa guise, ne se manifestant que pour l'apaiser quand des clients approchaient de chez lui, et que le chien-loup réagissait plus mal que d'habitude. Ce dernier d'ailleurs tourna sa truffe vers le jeune homme sans pour autant cesser d'encercler les deux derniers arrivants. Il consenti néanmoins à arrêter ses gémissements tout en amplifiant ses grognements. De son côté Hyacinthe alla détacher l'équidé pour qu'il n'éprouve pas l'impression de piège sans aucune possibilité de partir. Azalée piétinait doucement tout en agitant sa crinière blanche, laissant ainsi apparaître le mal être qui l'envahissait. Se faisant il apprit le prénom du jeune canidé blanc qui ne quittait pas l'Odysséenne arrivée sur les lieux. Major. Se dirigeant vers cette dernière d'un doigt il indiqua l'animal qui exécutait des cercles autour d'elle et le dénommé Major « Lou lou lou  » Celui-ci frôla d'ailleurs ses jambes en passant à sa hauteur sans se décider à arrêter son manège « Je vais venir vous rejoindre tranquillement, ainsi il verra que tu ne me veux  pas de mal, car ... c'est bien le cas n'est-ce pas ... Et et et il se calmera ... » Si besoin il donnerait plus de détails par la suite, mais la femme préférerait sans doute s'en aller sans demander son reste et chacun retournerait à ses petites affaires.

La belle blanche ne craignait rien du gris soupçonneux qui défiait les nouveau venus, aussi suivit-elle Hyacinthe sans se faire prier. Apaisée par la présence du jeune homme, elle avançait la tête curieuse vers les inconnus. Ses naseaux soufflèrent en se tendant vers Major alors que le blond arrivait à la hauteur de l'inconnue. Il se figea en apercevant quelques cailloux aux pieds de celle-ci et aussitôt s'abaissa sans prévenir pour s'en emparer et les jeter au loin. Il ne supportait absolument pas leur présence à ses côtés et évitait de passer par les sentiers qui en regorgeaient. Evidemment, la débarquée ne comprendrait pas tellement ce geste, mais une fois finit il la dévisagea avec un léger sourire pour la rassurer. Il n'expliqua cependant pas son geste, inutile de ressembler à un fou dès le départ « J'ai soigné ce chien-loup alors qu'il était blessé, je je je pensais qu'il retournerait dans la nature, mais il a décidé de vivre prêt de chez moi ... Il m'accompagne pagne pagne parfois ... Il est très territorial et protecteur » Finalement le blond brossait le tableau à l'étrangère, pour qu'elle bénéficie de toutes les données en présence. Le Calusa se comportait de manière amicale avec elle puisque il ne se rappelait d'aucune rencontre, a part la toute première avec le débarqué en colère, qui se fut réellement mal passée. Chacun ayant logé chez lui plusieurs jours pour différentes raisons avant de repartir vers sa vie. Et bien qu'il ressenti encore de la colère envers Rose, Hyacinthe n'imaginait pas la reporter une seconde sur la femme brune, tant qu'elle lui offrirait aucune base sur laquelle s'appuyer.

Entre eux deux se trouvait la jument blanche, Sa jolie tête les séparait amenant un distance de sécurité que le verrier songeait importante.

,
Alors que l'allure de Lou ralentissait, bien qu'il refusa encore de s'immobiliser, le Calusa caressait doucement le chanfrein du cheval immaculé qui tentait d'aller renifler le  dénommé Major, qui l'intriguait visiblement. Hyacinthe n'osait malgré tout lui laisser trop de liberté car il méconnaissait la bête qui ne quittait pas la femme tout en la défendant avec force « Tu peux la toucher, elle est gentille, elle se nomme Azalée et si Lou te voit être douce avec elle il se calmera plus vite, il pense qu'il doit absolument nous protéger ger ger ... » Hyacinthe ne se figura pas en émettant ses mots que la débarquée ne fréquentait pas ce genre d'animal dans son quotidien. Il savait par Hope que les plus jeunes détenaient un cheval, et que donc probablement ceux-là aussi par l'entremise des premiers avaient du entrer en possession d'un tel animal. Poussé par une curiosité qu'il ne parvenait pas à éteindre dans une promiscuité passagère, le blond ne put retenir une question qui le pourchassait depuis quelques mois « Tu connais bien Rose rose rose ... ?  » Non il ne prenait pas la peine de lui demander de quelle tribu elle sortait, tellement ça lui paraissait évident. A contrario il se fit la réflexion que faire une présentation succincte ne mangerait pas de pain dans de telles conditions « Je suis Calusa, je vis prêt de la mer mer mer  » Ça suffisait largement, le reste de ses misères n'intéressaient personne et ne s'intégraient pas dans leur petite aventure qui se terminerait certainement très rapidement. Dès que Lou se déciderait à ne plus retrousser ses jolies babines. Désormais il ne trottinait plus, se déplaçant de manière lente, il continuait pourtant à faire admirer ses crocs.

Hyacinthe devinait que de les voir échanger des paroles réconforterait le chien sauvage dont les choix se guidaient sur de l'instinctif. Il ne considérait cependant pas comme une option d'avouer qu'il ne contrôlait absolument pas le contexte actuel. Et que si Lou se disposait à s'incliner devant eux cela ne serait absolument pas lier à une quelconque obéissance de sa part. Le verrier restait toujours hanté par cette crainte qu'un jour ou l'autre le chien-loup ne s'emporta au point de déclencher un incident irrémédiable. Il aspirait de toute son âme que ce ne fut pas aujourd'hui. Son regard vert, légèrement pensif accrocha le sac abandonné au sol, et tout son contenu souillé. Maniaque comme il se connaissait, il lui serait nécessaire de retourner récolter un nouveau chargement.

L'odeur, d'ailleurs, s'infiltrait dans ses narines, lui rappelant que ce lieu ne se voyait troublé que par des courageux en quête de trésors oubliés. Ou parfois des jeunes fauteurs de troubles s'ennuyant qui cherchaient des bêtises faciles à réaliser comme détruire tout ce qui leur tombait sous la main 99]]« Vous vous vous cherchiez quelque chose de particulier ? » Après tout pour se séparer en tout bonne entente le blond ne se découvrait pas rétif à lui indiquer un espace intéressant, mais si bien dissimulé qu'un débarqué n'y accorderait même pas une œillade.

Soudainement la jument lui donna un coup d'épaule le propulsant un peu plus loin alors qu'elle se tournait vers la jeune femme pour mâchouiller ses cheveux bruns comme si elle eut y déceler une odeur particulièrement intéressante. Le blond tira sur la longe pour l'écarter de la chevelure mais Azalée persista, inopinément capricieuse.


Sans prévenir, le chien-loup s'assit sur son séant pour admirer les embrassades d'Azalée pour la nouvelle venue. Lou ne montrait plus les dents, mais ne remuait pas la queue non plus, il observait tranquillement ce groupe de quatre à quelque distance de lui, puis se coucha entreprenant de se laver les pattes. Non sans garder des prunelles attentives sur les gestes de chacun. Probablement que ni la brune, ni le blond ne remarquèrent cette nouvelle sagesse. L'une occupée à sauver sa tignasse, l'autre à réprimandé l'éblouissante jument blanche. Surement que la flagrance qui se dégageait de la toison de l'Odysséenne lui convenait bien mieux que la puanteur qui régnait dans les alentours, et prenait en otage la plus belle des verdure.

Après quelques essais infructueux le calusa réussit à éloigner l'équidé, à moins que ce ne fut la jeune femme même qui eut réussi à lui faire lâcher prise
« Désolé désolé désolé  » S'exclama-t-il criant de sincérité « Je crois qu'elle doit t'aimer un peu trop, tu n'es pas blessée ?  » Pourvu que cette illuminée blanche ne lui ait pas mordu le cuir chevelu. Il fouilla vivement dans ses poches car il transportait toujours des plantes mais si jamais la peau se vérifiait trop entamée, recoudre s’avérerait la seule option. Et malheureusement le blond ne trimbalait pas en ce jour le matériel essentiel pour ce traitement ...

Meilleur voteur
avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nope 34993 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1100
Meilleur voteur


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Dim 15 Oct - 2:48



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


Murphy n'avait jamais fait de rencontres inopportunes à la décharge, et pourtant elle savait qu'elle n'était sans aucun doute pas la seule à y voir un terrain de jeu privilégié. L'endroit empestait et regorgeait de dangers inattendus; il rebutait sans doute les plus sensibles ou les moins téméraires, mais elle avait appris avec le temps que ces lieux pouvaient offrir des trésors à ceux qui prenaient la peine de s'y risquer. Il fallait savoir oser y mettre les pieds mais aussi y avancer avec une prudence de chaque instant; il fallait savoir chercher sans se mettre en danger plus qu'on ne l'était déjà par sa simple présence en ces lieux, il fallait garder trace de son chemin dans un dédale où chaque vieille carcasse croulante ressemblait à sa voisine. Une chose était sûre : il ne fallait pas rentrer ici à l'aveugle, sur le chemin d'un voyage quelconque et dans l'espoir un peu fou d'y trouver quelque chose par hasard. Cet endroit demandait du courage et de la détermination, mais aussi un peu de sagesse, de cette sagesse qui est capable de vous garder en vie et de vous sortir de là avec tous vos membres et toute votre tête. C'était sans doute pour ça qu'elle n'y avait jamais croisé d'autre âme que quelques petits rongeurs ou d'oiseaux aux pelages noir de jais; les hommes évitaient ces repères à maladies et à accidents.

Mais elle n'en était jamais revenu les mains vides, de la décharge. Au fil des visites, elle avait même commence à prendre quelques repères dans la partie sud, là où elle arrivait quand elle prenait son départ de l'ancien campement. Là, c'était la première fois qu'elle faisait les choses à l'envers et descendait vers la décharge au lieu d'y monter. C'était la première fois qu'elle découvrait son extrémité nord. La traverser pour retrouver ses anciennes habitudes n'était sans doute pas l'idée la plus sage qu'elle puisse avoir en ces lieux, mais elle ne s'était pas si mal débrouillée, avec ses petits cailloux. Elle avait découvert d'autres endroits, certains qui ne lui avaient inspiré que des grimaces et d'autres quelques frissons de curiosité. Son sac avait pris du poids alors qu'elle avait repris la traversée de la décharge dans l'autre sens. Les livres n'étaient pas choses légères et c'était dans ces moments particuliers qu'elle regrettait l'informatisation systématiques de leurs lectures là-haut. Elle n'avait découvert pleinement le charme du papier qu'ici mais pestait dans ses voyages de son poids et de la place qu'il pouvait prendre dans un sac à dos ou une besace. En venant ici, pourtant, elle savait ce qu'elle cherchait et ce n'était pas maintenant qu'elle l'avait trouvé qu'elle allait s'en plaindre.

Et puis elle avait bien d'autres choses desquelles s'inquiéter. Le sous-vêtement était tombé dans la terre poussiéreuse de cette fin d'été et elle s'était saisi de l'une de ses deux pauvres armes. Deux animaux face à elle, un homme dont la silhouette se détachait de plus en plus clairement sur le décor aux allures d'apocalypse. Parce que c'était la première fois qu'elle faisait une telle rencontre ici, elle se demandait ce qu'elle devait en attendre. Qui ici prenait le risque de se perdre dans une décharge ? Qui considérait ses possessions assez pauvres pour être attiré par les sirènes d'un lieu aussi inconfortable ? Elle, c'était évident. Les Odysséens ne possédaient presque plus rien, se reconstruisaient à base de trouvailles curieuses comme celles que l'on pouvait faire ici. Les jeunes étaient à peine plus galonnés en la matière; mais les Terriens ? C'était leur monde. Si certains pouvaient se permettre d'éviter ce genre d'endroits, c'était bien eux. Et pourtant, l'homme au loin n'était pas l'un d'eux. Entre Terriens et Célestes, ils pouvaient sans aucun doute se reconnaître en quelques instants à peine. Si ce n'était pas leur allure qui les différenciait, ce serait la parole. Avec l'homme aux cheveux d'or, il y avait une troisième variable qui entrait en jeu : les animaux. Les Cents en possédaient trop peu et elle avait rencontré leur seul chien. Ce n'était pas lui.

Que devait-elle donc attendre d'une telle rencontre ? Murphy, plutôt que de se forcer au calme, redoutait déjà le pire. Peut-être n'était-il pas seul, peut-être était-ce un piège, peut-être qu'ils étaient cinq ou dix derrière les arbres au loin, à la limite de la décharge, près à lui sauter dessus. Une montée d'adrénaline irrigua subitement ses veines et elle se détesta, comme c'était le cas à chaque fois qu'elle faisait une rencontre hasardeuse et douteuse, d'avoir considéré être capable de se défendre seule si elle rencontrait un danger sur sa route. De qui se moquait-elle ? Elle était entraînée mais seule. Elle n'avait même pas pris son arc, estimé que pouvoir ramener le plus de choses possibles d'ici prenait le dessus sur sa propre sécurité. Même Antarès n'aimait pas la situation et elle qui le connaissait si calme habituellement se demandait si elle devait y voir une alerte particulière. Dans tous les cas, les aboiements de son fidèle ami ne la rassuraient guère -quoique son silence aurait probablement apporté sa dose d'anxiété à la jeune femme. Pourtant, c'était le Terrien au loin qu'elle fixait. Elle faisait porter sa voix le plus loin possible, comme pour prouver qu'elle en était capable et qu'elle ne redoutait pas de se faire entendre. Sa posture de défense la trahissait malgré tout; son poing était serré autour de son poignard, son bras tremblait presque sous la méfiance et son corps s'était automatiquement mis en position de défense. C'était encore les animaux qui faisaient le plus de bruit. La première réponse du Terrien ne la rassura pas pour autant. Le mensonge était universel. Elle avala sa salive avec difficulté, se demandant ce qui l'attendait maintenant, mais la question qu'il lui renvoya la força à croire qu'ils étaient peut-être simplement dans la même situation, tous les deux : seul face à un inconnu de l'autre monde. « Oui. Oui ! »

L'inconnu, pourtant, ne semblait guère plus à l'aise face à la situation dans lesquels ils se trouvaient tous les deux emprisonnés à ce moment-là. Sur sa demande, il attirait l'attention de son chien pour le calmer. Murphy observait la scène le plus calmement possible et par quelques gestes et souffles discrets cherchait à apaiser son propre ami canidé. C'est le grand gris qui fût le plus sage des deux et se tranquillisa le premier. Son museau cherchait son maître mais il ne quittait les côtés de l'Odysséenne et d'Antarès. Ses grognements n'étaient guère plus rassurants que ses aboiements. Plus calmes, certes, mais pas vraiment plus rassurants. Alors que le blond se rapprochait de la troupe, Murphy tendait son arme devant elle, tentant d'ignorer toute l'agitation autour d'elle. Elle guettait du coin de l’œil l'équidé, comptait sur le fait qu'il demeurerait aussi calme que ceux qu'elle avait brièvement croisés jusque-là. Elle redoutait davantage le chien, mais peut-être encore plus son maître. Elle sentait à ses pieds les canidés s'agiter. Antarès aboyait un peu moins que plus tôt mais plus que l'autre. C'était sur lui qu'elle comptait pour distraire le grand chien. Ce n'est que lorsque le Terrien reprit la parole pour répéter trois fois cette même syllabe qu'elle daigna jeter un coup d'oeil aux animaux qui tournaient sans relâche. Son regard méfiant se releva vers le Terrien et de quelques mots il commença à l'apaiser à son tour, comme l'animal sauvage que l'on apprenait à apprivoiser. « Je te veux pas de mal si tu me veux pas de mal... » Ses doigts se détendaient autour de la dague mais son regard était toujours à l'affût du moindre geste. Elle guettait malgré elle les environs, encore; les carcasses qui les entouraient, les arbres un peu plus loin et tout ce qui pouvait servir de cachettes à d'éventuels nouveaux arrivants. Le mensonge était universel.

Ce n'est que lorsque son regard rencontra à nouveau le Terrien qu'elle comprit qu'il avait détaché le cheval. C'était une nouvelle variable dans l'équation, maintenant qu'elle était libre. Une de ces bêtes-là pouvait tuer un humain, n'est-ce pas ? Une menace de plus. Antarès se recula dans un bond effrayé lorsque l'animal se pencha à sa rencontre. Murphy tentait de rester impassible, fixait le grand blond qui lui faisait face en soutenant son regard, le poignard toujours tendu devant elle. Qu'était-il censé se passer maintenant ? Devait-elle prendre Antarès et son soutien-gorge sous le bras, puis la fuite ? C'aurait sans doute été la décision la plus sage en cet instant, mais l'homme reprit la parole. Elle le scrutait silencieusement, d'un air méfiant, un peu effrayé, mais presque curieux. Elle ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Était-ce une ruse ? Allait-il profiter d'un moment de calme pour lui sauter dessus et l'égorger ? Allait-il lui voler... ses livres et sa lingerie ? Elle fronça les sourcils alors que sa propre réflexion la faisait douter de ce qui était en train de se passer. S'ennuyant sans doute de la réaction d'Antarès, le cheval avait passé sa tête entre les deux humains, sage et paisible comme aucun autre d'entre eux ne semblait l'être. « Est-ce que c'est un ami de l'Homme, alors ? » Sa voix rauque recouvrait les aboiements furtifs d'Antarès, qui tournait vaguement sur lui-même en s'éloignant du grand animal blanc puis en la rejoignant à nouveau, poussé par la curiosité et dans un cycle infini. Elle ne craignait plus son chien depuis longtemps mais redoutait tous les animaux qu'elle ne connaissait pas, n'avait pas eu le temps d'apprivoiser, y compris les cousins éloignés de Major. Murphy aurait volontiers répondu à la proposition de l'inconnu si elle n'y voyait pas une menace, fusse-t-elle délibérée ou totalement inconsciente. « Je tiens trop à mes mains, désolée », lâcha-t-elle dans un sarcasme qui la détendit presque. « Rose ? » Elle arqua un sourcil, détaillant le visage du Terrien qui se détachait derrière le profil clair de la jument. Il était calme et serein, beaucoup plus qu'elle. Cette interrogation semblait être la seule capable de l'inquiéter à ce moment précis, alors que Murphy dressait encore son poignard devant elle. Sans doute savait-il qu'elle ne s'en servirait pas. Et s'il le savait, alors il y avait des chances que c'était parce qu'il ne considérait pas comme une menace pour elle. Ses doigts roulèrent autour de l'arme, détendant encore un peu plus leur prise. « C'est une Odysséenne ? Je veux dire... elle est arrivée avec moi ? La deuxième arrivée... » Car la vérité lui faisait presque mal pour l'homme qui semblait attendre beaucoup plus de sa réponse que ce qu'elle pouvait lui donner. Elle ne connaissait aucune Rose; ni parmi les Odysséens, ni parmi les Cents. « Oh. » La réponse était succincte parce qu'il était le premier Calusa qu'elle rencontrait. Peut-être s'étaient-ils croisés au troc au début de l'été. Qu'il appartienne à une tribu déterminée la rassurait davantage encore. C'était probablement poussé par le même genre de curiosité qu'elle qu'il fréquentait ces lieux. « Je suis... » Elle se sentait obligée de se présenter à son tour mais un petit rire s'échappa de ses lèvres avant qu'elle ne termine sa phrase tant celle-ci était ridicule car évidente. « Bah je suis de là-haut, hein. » Le chien gris semblait se calmer progressivement mais Murphy pouvait encore entrevoir ses crocs. Antarès l'ignorait royalement, trop concentré sur le grand animal blanc dont il cherchait à renifler le museau autant qu'il le redoutait.

« Non, enfin oui, je... » Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase et fut contrainte par ses instincts à un mouvement de recul. La dénommée Azalée avait repoussé son maître pour reporter toute son attention sur elle. Elle la fixa, interdit, pendant ce qui lui parût une éternité. Elle n'avait jamais vu l'un de ces animaux de face. Elle était étrange, la belle blanche, de cet angle là et maintenant qu'elle avait tout loisir de le remarquer. Deux grands yeux foncés qui contrastaient avec le laiteux de son pelage, deux grands naseaux qui expiraient un air chaud qui glissait jusqu'à son cou et son visage. Mais ce tête-à-tête ne semblait pas satisfaire la jument, dont le museau s'approcha de ses épaules sans crier gare. Avant qu'elle n'ait eu le temps de quoi que ce soit, quelques mèches de cheveux se trouvaient emprisonnées dans la gueule de l'animal et elle n'avait d'autre choix, pour les garder accrochés à son crâne, que de s'approcher encore plus de l'animal. Une grimace de douleur annonça qu'elle avait déjà perdu quelques cheveux dans la bataille et elle fixa bêtement le ciel pendant quelques secondes, espérant bêtement que son indifférence suffirait à la rendre dénuée d'intérêt aux yeux de l'animal. Elle se sentit subitement attirée un peu plus loin et suivit le mouvement, la pointe de sa lame tendue vers le ciel pour éviter tout accident, les doigts collés de chaque côté des naseaux de l'animal pour essayer de se sortir de sa prise. Est-ce que l'animal pouvait l'avaler comme ça ? Un coup de langue et elle se retrouverait prise au piège de son estomac ? Non, ça ne pouvait pas fonctionner comme ça, ces bêtes-là. Azalée avait l'air beaucoup trop calme pour faire d'elle son repas. Le silence autour d'eux se faisait presque complet; à moins que ce ne soit sa psyché qui ait dressé une barrière entre elle et le monde environnant ? Murphy elle-même restait silencieuse, comptant peut-être sur sa chance ou sur le hasard pour redonner raison à l'animal un peu trop entreprenant. Lorsqu'elle ne fermait pas les yeux, elle fixait le ciel d'azur. Elle sentait le contact du museau contre son crâne, devinait parfois que ses dents s'en mêlaient, mais son adrénaline masquait toute douleur. Elle attendait juste que ça passe.

Quand enfin ce fut le cas, elle ne sût pas si ce fut de son fait ou si le Terrien était intervenu -ou bien si la jument seule avait décidé qu'il était temps d'arrêter de taquiner une inconnue, aussi attractifs puissent être ses cheveux. Elle resta un peu bête, toujours silencieuse, s'éloigna d'un pas, manqua de marcher sur Antarès qui, dans un couinement, s'éloigna pour laisser sa maîtresse s'écrouler à sa place. Sa lame était tombée à terre et elle fixait droit devant elle. Des frissons commençaient à la parcourir alors que l'adrénaline quittait progressivement son sang pour la laisser à toute sa réalité. Elle était parcourue de sueurs froides et sentait l'odeur que l'animal avait laissé sur ses cheveux. L'homme prenait la parole mais ses oreilles sifflaient et elle ne l'entendait pas encore. Quelque chose de chaud ruisselait sur son front et s'accrocha à ses sourcils avant de tomber sur ses cils. Du sang. Un fin filet de sang. « Non, ça va... » mentit-elle pour des raisons qui lui furent à elle-même obscures, « je crois que je saigne un peu, mais ça va... » Ses doigts tremblants cherchaient le couteau dans la terre mais elle ne trouva que le soutien-gorge trop grand. « Assieds-toi. » L'ordre n'était pas vraiment convaincant, bien moins autoritaire que ce qu'elle aurait voulu. Elle voulait juste être son égale, ou s'en approcher le plus possible. Elle était déjà la seule sonnée d'une telle rencontre; elle ne pouvait pas être la seule à terre. Sa main se porta à la racine de ses cheveux et remonta jusqu'à trouver la source du saignement. Ça la piquait un peu. Une éraflure, sans aucun doute. A contrecœur, elle ôta le sac à dos qui lui servait de dossier et le fit glisser sur le côté pour l'ouvrir et tenter d'en extraire, d'une main tremblante, sa gourde. « Je t'avais pas dit, mais je tiens autant à ma tête qu'à mes mains... » Son ton était neutre; elle ne savait pas elle-même si elle s'essayait à une tentative d'humour. Peut-être un peu, peut-être pas du tout. Elle avait juste besoin de rester consciente, de s'assurer que l'homme ne profiterait pas de ce moment de faiblesse. « Garde-la loin de moi... »

Elle fit subitement un autre bond en sentant quelque chose dans son dos. Ce n'est qu'en se retournant qu'elle trouva Antarès, penaud, qui tentait d'attirer son attention de quelques coups de truffe. Sa main chercha son pelage et leur rencontre l'apaisa quelque peu, mais son regard cherchait vivement, paniqué, l'autre chien.

avatar
28/07/2015 I My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Elouan & Tam-Tam 3054 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & HOney Verrier & Parfumeur Calusa 878
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Dim 31 Déc - 12:32


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


Toute petiote elle y accompagnait son père avec son oncle et ses cousins. A l'époque ce lieu odorifique restait encore fort fréquenté car on y dénichait des trésors. Surtout pour le père du blond, qui professait déjà de le métier de verrier. Ils s'y rendaient à plusieurs avec une chariote et des roulottes pour ramener le plus matériaux possible pour les besoins des uns et des autres. En groupe ils se protégeaient ainsi des mauvaises rencontres, et ça se transformait en escapade ou l'on chassait puis mangeait tous ensemble avant de repartir pour le village. De jolis souvenirs enfantins qui fleuraient les rires ou les courses poursuite,  ou la gravité n'y possédait pas sa place. Tout alors s'amenuisait déjà, au cours des années d'autres lieux plus proches furent découverts puis préférés. D'autant qu'a chaque visite il fallait s'enfoncer dans les endroits les plus répugnants, y creuser des heures pour finir par découvrir : rien ou ce qui s'y apparentait. Au point que même les pillards délaissèrent la décharge. Réputée dangereuse, beaucoup s'y blessaient, parfois mortellement, si bien qu'il n'était pas impossible d'enjamber un squelette au cours de ses recherches, si par déraison on s'obstinait encore à plonger au milieu de tous ces détritus. Hyacinthe par exemple appréciait d'y flâner au moins une fois par an, il y trouvait des tas de petites choses qu'il réussissait à rendre utiles, et du terreau particulièrement fertile pour sa serre ou son jardin. Malheureusement ça restait bien trop éloigné pour qu'il pu en transporter des seaux. Cependant avec ce nouvel équidé qui lui tombait du ciel - Merci Gen - il songeait à se faire construire une carriole pour tenter une expédition pour productive l'été à venir, car maintenant rien ne serait prêt assez vite.

Néanmoins on tombait parfois sur des petits groupes cherchant la misère pour le plaisir, ou des solitaires agressifs ou étranges dont il demeurait préférable de s'éloigner. Mais aussi, très rarement sur un  pauvre ère comme soi, décidé à se battre contre la crasse pour déterrer une petit miracle à ramener à la maison. Plus récemment des rumeurs persistantes racontaient que  les derniers débarqués s'y risquaient régulièrement, paraissant savoir quoi faire de certains objets complètement disjonctés, déglingués, sur lesquels les terriens ne posaient plus les yeux. Un peu comme des statues des temps modernes hantant un univers apocalyptique. Pas une seconde Hyacinthe n'imagina se retrouver face à l'un d'entre eux. Pourtant il eut du se rappeler son inénarrable chance depuis leur venue sur terre. Le Calusa ne cessait de se confronter à eux sans jamais le désirer, il ne désirait même pas les connaître au départ, mais ils s'imposaient toujours à lui. Et cette fois ne démentirait pas les autres. Sauf que l'instant de quelques secondes, qui parurent des minutes s'étirant des heures, l'impression que tout finirait en bain de sang s'imposa à lui. Un pas de trop, un mot de travers, un geste mal placé, un sabot lourd, un croc mordant, une intention mal comprise ... un imbroglio cauchemardesque qui se métamorphosa en rencontre un peu biscornue, prenant l'allure d'une maison faite de bric et de broc. Déjà elle lui confirma ne pas être accompagnée, elle eut pu mentir mais son anxiété à vérifier si lui-même se résumait à plusieurs le poussa à la croire. Une personne tempétueuse mais au caractère droit, ce naufrage ne s'annonçait pas forcément fatidique finalement. Le regard d'Hyacinthe capta un étrange vêtement sur le sol qui l'intrigua au plus haut point si bien qu'il oublia de confirmer que lui non plus ne recherchait pas le mal.

Sans qu'il le devina la débarquée décryptait bien son malaise. Parce qu'il craignait de perdre la maîtrise des animaux d'un instant à l'autre. Lui-même ne parvenait pas toujours à contrôler sa propre personne, qui à son corps défendant se mettait par inadvertance à agir de manière inconsidérée. Comme par exemple exécuté des petits sauts de gauche à droite pareils à la danse de st Guy quand il se rapprochait de la femme. Tout simplement parce que sa phobie des pierres l'empêchait de poser le pied sur l'une d'elle. Le jeu tranquillement se calmait alors qu'il se plaçait prêt de l'inconnue, accompagné de sa jument blanche, qui intelligente paraissait comprendre ce qu'il s'efforçait de faire. Pour Lou ça se révélait plus complexe car il s'avérait d'un chien-loup attaché à lui sans pour autant qu'il fut apprivoisé. Du moins le Calusa ne le considérait pas comme sien, il n'obéissait jamais ou quand ça ne le dérangeait pas. Dans ce cas précis aucun mot réel n'existait pour décrire "la relation" qui unissait l'homme et la bête « Je ne sais pas mais c'est un ami de l'homme qui est à ton côté en tout cas, et par la force des choses si tu ne me frappes pas et qu'il perçoit des signes d'apaisement sur ton visage il pensera la même chose. Il t'englobera dans mon aura et il passera à autre chose » Tout comme cela se produisit pour Azalée et le canidé. Au début il prétendait toujours la mordre aux jarrets mais à force de voir Hyacinthe la caresser il finit par l'inclure dans les habitants de la maison sur la plage. Evidemment l'endroit différait mais avec un peu de chance le même effet se déclencherait. On ne déplorait aucune morsure pour le moment ce qui selon Hyacinthe encourageait à penser que l'issue ne finirait pas par faire couler l'hémoglobine sur la terre nourricière ...

Pourquoi évoquait-elle ses mains, voilà que sa remarque plongeait le jeune homme dans les affres de l'incompréhension ... Ou commençait le croisement entre deux deux humanités éclosent du même moule pourtant désormais si différentes ? Grâce à ceux côtoyés auparavant, il interprétait les mots résonnant d'une correspondance dissemblable de celle qu'il utilisait lui-même, pour éviter les gros qui pro quo. Ça ne protégeait malencontreusement pas d'une erreur fatale. La capacité de se déplacer sur le bord d'un ravin pendant des heures n'excluait jamais la cabriole vers le vide. Son regard vert se perdit parmi les crins de la crinière d'Azalée alors qu'il recherchait la signification de des mots de la femme, au travers la chevelure brune qui recouvrait la nuque de cette dernière. Mais son esprit se déplaça comme une équerre vers une obsession qui l'étreignait nuit et jour désormais : découvrir la signification des paroles émises par Rose à son égard. La tonalité qui s'échappa des lèvres lointaines de l'étrangère le dérangeait, l'esprit de cette dernière s'activait pour découvrir de qui il parlait. Ainsi donc il devait commencer à en conclure que tous les tombés du ciel ne formaient pas une chaîne qui eut pu donner le nom exact de tous ceux qui la formaient « Non la première, je n'ai rencontré personne encore de cette deuxième chute ... Vous n'êtes pas pareils ? Vous ne veniez pas les sauver ? » Déduction plutôt logique de part du Calusa qui n'expliquait pas autrement le désir de se mettre en danger d'une manière aussi dangereuse une fois encore « Il y en à encore d'autres la au-dessus ? » Parce que sans les repousser fallait quand même avouer que sur cette Isle il ne parviendrait pas à se faire tous une place avec une cargaison tous les deux ans, ça deviendrait un peu trop surpeuplé.

Attentif toujours Hyacinthe constatait que l'anxiété de Lou diminuait grâce aux mots cordiaux - traduire : pas de hurlements - qu'ils s'adressaient. Aussi son cœur bourdonnant dans ses oreilles se rangeait au rythme normal des tambours. Le semblant de sourire qui rehaussait les commissures de sa bouche se teintait doucement de réalité, il ne se détendrait complètement que quand l'animal se coucherait, roulerait dans la boue ou inspecterait les yeux sans plus leur accorder aucun intérêt. La haut ? Ah oui au-dessus des nuages. Dans un truc en métal qui restait suspendu dans une atmosphère qu'on nommait l'espace. Difficile d'appréhender ce qu'impliquait un tel véhicule quand ici on ne se déplaçait plus d'un point à un autre que sur ses pieds, à cheval ou en pirogue - navire aussi -. D'accord, jadis ils respiraient au-dessus du blond. Invisibles. Trop loin même pour les discerner des étoiles qui les éclipsaient par leur brillance. En dessous de la blondeur de son crâne ça piquait parfois de se plonger dans cette énigme qui rodait tout autour de cette survie loin des condamnés abandonnés derrière.

L'immaculée blanche étirait son coup vers le chien sable dont la truffe s'agitait avec énergie vers la jument. Les naseaux humides rencontrèrent les narines d'Antarès. Ça se jaugeait semblables à des statues de sel avant un petit recul, et des têtes qui se réajustaient sur les épaules pour bien assimiler la nouveauté. Alors que l'humaine bafouillait à l'instant précis ou elle lui révélerait la raison de sa présence dans le dépotoir pendant qu'Azalée entreprenait de fouiller sa voisine, intriguée par une odeur bien différente que celles qu'elle humait chaque jour. Et qui se précisait tout particulièrement au-dessus de la Caboche de la débarquée, la en plein milieu de cette toison brune.


La belle blanche, elle broutait calmement dans son jardin comme activité principale depuis son entrée inopinée dans l'existence du blond. Les premiers jours elle saccagea un bout du potager qui le nourrissait une grande partie de l'année. Alors Hyacinthe corrigea le tir en construisant une petit clôture en bois qu'elle n'essaya jamais de franchir. Plutôt douce elle ne se livrait pas à des caprices excentriques et le suivait à courte distance quand il effectuait des travaux dans son jardin. Elle mangeait assidûment tout ce qu'il lui laissait dans un vieil abreuvoir ayant servi à l'époque où il élevait encore quelques vaches pour leur lait. Quand elle désirait faire un petit tour Azalée lui donnait un coup de tête, aussitôt il abandonnant tout pour l'entraîner sur la plage afin de parcourir un chemin conséquent les pieds et les pattes se mélangeant dans l'eau. Facile à vivre, le verrier s'y attacha très vite. Bien qu'elle explora souvent sa blondeur, jamais encore il ne lui avait vu avoir cette velléité d'en saisir la texture entre ses dents. Atterré il se pendit à son cou pour lui infliger une traction qui l'obligerait à libérer sa prisonnière, ce qui se produisit au bout de ce qui lui parut un siècle sans vraiment analyser comment l'incident cessa. Il ne s' y attarda pas, beaucoup plus inquiet pour celle qui venait de subir l'assaut mais qui le rassura rapidement « Oh est-ce que tu veux que je vérifie ? J'ai l'habitude de me soigner si besoin  » Tout en même temps il exerça une pression sur l'épaule de la jument blanche afin qu'elle recula assez loin pour qu’elle ne fut pas dans la possibilité de recommencer son manège. Tant qu'il ne mettait pas le doigts sur la cause de cette folie soudaine « Elle est vraiment calme d'habitude, c'est la première fois que je lui vois faire une telle action »

La femme lui enjoignit de s’asseoir, car à la suite de cet incident son derrière rencontra le sol de manière peu orthodoxe, et visiblement elle préférait y demeurer encore un peu. Sans doute quelques vertiges chatouillaient son front l'affaiblissant temporairement. Drôle d'idée que cet étrange duo qui de loin bivouaquait au milieu de nul part. Néanmoins Hyacinthe après quelques hésitations se résolu à partager la même promiscuité que l'étrangère. Après tout la cause provenait d'un de ses animaux *domestiques* qui n'en portaient que la désignation mais se comportaient à leur guise « Non mais il faut avouer qu'on à pas eu le temps de se dire grand-chose jusqu'à maintenant nant nant  » Sans rigoler Hyacinthe ? Ben non, il n'ironisait pas le Calusa. Il s'efforçait de garder le contrôle, encore heureux qu'aucun rocher ne louchait vers lui, prêt à lui sauter à la gorge. Pour se rassurer, le blond caressa la terre tout autour de lui en se livrant à d'étranges contorsions avant de rediriger son attention vers la femme qui fouillait désormais son sac pour en sortir une gourde. Aussitôt il songea au sien, ses prunelles s'illuminèrent alors qu'elles inspectaient le sol pour détecter l'objet du délit. Ha le voilà « Je reviens je dois récupérer mes affaires » D'un bond il se leva. Puis se rassit. Trois fois. Tout ça avant de finalement s'élancer vers  sa hallebarde dont il vérifia le contenu tandis qu'il reprenait place aux cotés de la débarquée. Se livrant au même manège des répétitions sur la fermeture de son bien « Voilà ... Ca va un peu mieux ?  » Soudainement saisit par l'inquiétude en pleine tripes face à l'adjonction de la femme des étoiles d'éloigner Azalée, Hyacinthe paniqua légèrement. Une autre attaque pendant qu'il tournait le dos ? Mais non l'immaculée n'a pas bougé d'un centimètre comme figée dans l'intemporalité

« C'est finit elle ne le refera plus plus plus » Affirma-t-il beaucoup moins assuré de ce qu'il avançait que la certitude qu'il octroyait à son interlocutrice. Il ne domptait pas les animaux Hyacinthe, il les côtoyait refusant toute idée d'appartenance. Bien qu'il fût bien aise qu'Azalée ne se carapata pas à la moindre brise suspecte. Tandis que les narines du jeune homme s'actionnèrent en captant une flagrance qu'il n'utilisait jamais   « Tes cheveux tu les laves avec quoi, ils ont une odeur différente ... C'est peut-être ça qui l'a appâtée Azalée... » Le voilà dévoré d'envie de se pencher afin de respirer la flagrance qui s'échappait de la tignasse de la femme, mais il se retint. Certainement elle s'offusquerait de ce geste, lui donnant des interprétations malsaines. A moins de lui révéler son métier ce qui simplifierait la situation. Alors qu'il ouvrait la bouche pour lui décliner  son identité, son œil s'accrocha à nouveau sur ce vêtement étrange  « C'est exprès pour les filles  » Questionna-t'il en pointant *la chose*  « C'est ce que vous cherchiez ? Je peux toucher ? » L'étoffe lui parait si douce, et lui il n'a jamais rien endossé de pareil lors de son adolescence. Sa curiosité de jeune fille - jamais annihilée - s'éveillait abattant toute l'honorabilité qu'il aspirait à lui prouver depuis sa première vision d'elle. Le Calusa s'acharnait à conserver la main mise sur une partie de sa personne beaucoup plus féminine que sa carrure n'annonçait mais qui filait comme le vent dès qu'une brèche s'ouvrait sur le monde extérieur  « Je n'ai jamais eut l'occasion d'en essayer, est ce que c'est dou dou dou loureux ?  » Autour d'eux dansait le chien-loup, qui de proie potentielle intégrait désormais Murphy dans le territoire et la meute à défendre contre toute intrusion.


Bon réveillon et Bonne Année:
 

Meilleur voteur
avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nope 34993 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1100
Meilleur voteur


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Sam 13 Jan - 0:48



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


La méfiance, au fil des mois et des années, c'était devenu le premier réflexe de Murphy. Que ce soit lors de premières rencontres ou de discussions endiablées, de confiance qui n'avait jamais été accordée ou d'une confiance qui avait été perdue, elle s'accrochait à cette forme de prudence comme au dernier rempart qui la protégeait du monde extérieur et de tout ce qu'il pouvait en laisser filtrer de pire. C'était un défi d'arriver à l'abaisser, ce rempart, et même lorsqu'elle le souhaitait, une part d'elle y demeurait accrochée, terrifiée à l'idée de se retrouver à découvert. C'était à force d'erreurs, sans doute, qu'elle avait renforcé ce bouclier, qu'elle l'avait ancré solidement, mais ses expériences récentes lui avaient prouvé que rien ne pourrait jamais la préparer à l’inattendu. Même en s'imaginant tous les scénarios possibles, même en s'imaginant le pire, il demeurait des variables que l'on ne pouvait contrôler. Le hasard de la vie et celui qui gouvernait cette planète, pour commencer; celui qui lui avait sans aucun doute volé Faust, et puis Harley à Andromeda, et puis tant de gens à tant de proches. Et puis il y avait les autres, les humains, ceux que l'on pensait connaître en sachant qu'il demeurait toujours des zones d'ombre, parce que personne n'était sans secrets. Dans ses rares amitiés, Murphy avait rejoint cette courbe asymptotique qui menait sans jamais l'atteindre à la connaissance parfaite de l'autre. Faust, elle avait cru la connaître par cœur, au point parfois de prédire ses répliques, ses gestes et ses mimiques. Pourtant, un petit nuage d'ombre avait toujours plané; il suffisait à Murphy de considérer sa disparition pour réaliser que des mystères demeuraient, même après toute cette année, même malgré la force de ce lien qui les unissait et les unirait jusqu'au bout. Elle aimait Richard comme on aime un grand frère, un modèle, un mentor ou un ami, et pourtant lui aussi entretenait un aura de mystères qui étaient les siens, qui ne la regardaient pas. Elle avait accordé sa confiance à Chris, aussi, bien trop rapidement et contre l'avis de sa propre logique et de son entourage. L'amitié qui l'avait liée à Tennessee, elle aussi, avec été naturelle. Elle était née progressivement, avait grandi sans qu'aucune des deux protagonistes ne s'en rende réellement compte. D'une relation qui s'était amorcée par instinct de survie avait cru quelque chose de plus désintéressé, de plus doux, et quelque part de plus nécessaire encore. Faust n'était depuis lors plus le seul lien qui les unissait. Murphy avait laissé cette amitié l'envahir comme toute la consolidation dont elle avait besoin. Il ne s'agissait plus seulement de chercher Faust ou d'accepter à deux d'en faire le deuil, il s'agissait de regarder l'horizon d'un œil plus serein, car postées côte à côté. Elle était devenue une épaule, un socle. Mais suivre son instinct, ça jouait parfois des tours. C'était lui qu'elle considérait bien trop rapidement comme guide unique lorsqu'il s'agissait de naviguer à travers l'inconnu. Les autres étaient sources d'inconnu, source d'imprévisible, source d'incontrôlable, d'un chaos naturel auquel on ne se préparait jamais assez bien. Et Tennessee avait fait voler en éclats toutes les excuses et tous les prétextes qu'elle avait donnés à cet instinct au moment où elle l'avait laissé parler.

Alors, même lorsqu'il s'agissait d'inconnus, Murphy se retrouvait confrontée à cette angoisse du revers avec plus d'intensité encore. Il ne s'agissait pas de confiance, il ne s'agissait pas d'amitié; cette fois, il s'agissait de simple survie, des impairs à éviter, des bons réflexes à adopter. Elle avait appris à ses dépens que cette Terre, comme son ciel, regorgeait de tous les êtres possibles, des pires charognes aux plus douces personnes. Et jusqu'à preuve du contraire, pour elle, un inconnu serait toujours la pire des charognes, un mélange de cet odieux voleur de chien qui l'avait menacée d'un geste pathétique et du Isdès qui lui avait tourné le dos de la plus inélégante des façons. Le blond, oui, portait en ce moment précis tout ce qu'elle connaissait de pire chez l'Homme, ne lui inspirerait que de la méfiante et de la crainte jusqu'à ce qu'il lui prouve que ces réactions étaient erronées.

Ce Terrien-là, pourtant, dégageait quelque chose d'étrange. Dans sa façon de se déplacer ou de s'exprimer, peut-être, ou bien dans le regard empreint de méfiance qu'il lui lançait en retour. Il n'était pas armé; pas de ce qu'elle pouvait voir en tout cas. La voix de son entraîneur militaire et mentor lui soufflait à l'oreille que ça ne voulait rien dire, que les apparences étaient parfois trompeuses et que les pires adversaires étaient ceux qui ne se présentaient pas comme tel. Il n'y avait pourtant en cet homme rien de la provocation qui inspirait la pire des peurs. Si c'était une ruse, alors il jouait drôlement bien la comédie. Les trois inconnus, l'homme et ses deux accompagnateurs, l'effrayaient sans doute moins que ce que son bon sens et la petite voix de Richard lui dictaient. Elle était tendue, doigts contractés autour de sa dague, mais quelque chose la poussait à vouloir croire que la menace n'était pas aussi impressionnante que ça -son instinct, encore lui, peut-être, mais cette fois, elle ne lui laisserait pas l'opportunité de donner raison à ses inquiétudes. Elle le ferait taire, cet instinct.

Et puis, il n'y avait pas que l'homme. Il y avait cette jument, aussi, qui se tenait entre eux, et le chien hurlant qui, elle en était persuadée, avait tout à envier à son propre Antarès. Ils étaient deux, eux, face à trois Terriens -et c'était sans compter sur la possibilité qu'ils ne soient pas seuls, que d'autres se cachent derrière ce container, là-bas, ou un peu plus loin, dans l'obscurité de la forêt. S'il devait avoir lieu, le duel ne serait jamais équitable, et cette constatation acheva de raviver toute sa méfiance. « Je compte pas te frapper », se contenta-t-elle de répliquer à la réponse de l'homme, beaucoup trop sereine à son goût. C'était peut-être son ami à lui, mais pas son ami à elle, et à ses grognements, elle doutait que la situation puisse changer sous peu. Antarès répliquait, lui aussi, et elle se surprit à le trouver bien plus adulte et impressionnant que ça n'avait jamais été le cas. Il n'était plus un petit chiot depuis un moment, et même si son coeur se pinça une seconde à cette pensée, la fierté fit briller son œil d'une lueur qui partageait quelques teintes avec le défi.

Mais tendre la main à ce cheval blanc, très peu pour elle. Elle comptait les garder ses mains, et elle comptait encore garder son poignard serré dans l'une d'elles un peu, oui, encore au moins un peu. L'angoisse de l'inconnu avait légèrement été anesthésiée par un quelque chose, un ensemble d'observations et de conclusions qui en avaient été hâtivement tirées, mais elle n'était pas devenue stupide pour autant. Le chien gueulait, la jument observait, et l'homme parlait. Ça faisait trop à gérer, trop de variables dont il fallait tenir compte. Même Antarès contribuait à cette cacophonie qui entachait toute sa réflexion panique.

Contre toute attente, c'est l'homme qui la ramena d'abord à la réalité. Elle ne connaissait pas de Rose, et s'en excusa presque du regard. Elle savait les manques de nouvelle et les inquiétudes qui n'en finissaient plus. Ça aussi, c'était universel. Tout ce qui se passait à l'intérieur de l'être, le pire et le meilleur, c'était universel, c'est le langage que tous partageaient. Mais elle ne connaissait pas de Rose, non. « Ah, bah maintenant, tu pourras dire que si, t'as rencontré une Odysséenne » annonça-t-elle dans un demi-sourire, rassurée elle-même par l'espièglerie de sa propre remarque. « C'est... » Elle soupira. La question du blond était simple; la réponse n'avait rien de basique. « C'est... compliqué. Ils ont été jugés coupables de trucs discutables, là-haut. » Ses doigts s'engourdissaient autour de la lame, se desserraient progressivement, la faisaient danser quelques secondes ça et là pour les raviver. « Mais on est les mêmes, si. On a tous été dans la même boîte de conserve. » C'était bizarre, d'avoir à expliquer tout ça à quelqu'un qui semblait complètement naïf de toutes ces informations. C'était la première fois qu'elle abordait le sujet avec un Terrien, d'ailleurs, et qu'elle avait l'occasion de se demander ce qu'eux pouvaient penser d'un tel système, de telles façons de faire. A chaque fois qu'elle en avait discuté avec quelqu'un, les camps étaient choisis depuis longtemps. Les avis s'étaient tranchés chez les Odysséens dès que l'information leur avait été livrée, qu'il s'agisse de ceux qui descendaient sur Terre ou de ceux qui restaient là-haut à observer une aventure qui n'était pas tout à fait la leur. Et dévoiler ces choses-là à quelqu'un qui en était totalement naïf, c'était lui offrir parmi les secrets les plus controversés de son peuple. Alors, quelques données peut-être, des lignes larges, mais elle n'en disait pas plus que nécessaire, presqu'intimidée à l'idée de donner une image plus sale encore des siens auprès de ceux qui avaient été envahis malgré eux par les célestes. « Si, on venait les sauver... » Elle haussa les épaules, le regard un brin trop fuyant pour ne pas apporter son lot d'informations à lui tout seul. Il n'avait pas besoin de savoir que les décisionnaires avaient cherché à se sauver, eux, depuis le début. Il n'avait pas non plus besoin de savoir toutes les pertes que ces décisions avaient représenté, les deuils qui n'en finissaient plus. « Non, à ma connaissance, tout le monde est ici. Ici ou quelque part au fond de l'océan. Plus personne qui scrute de là-haut, en tout cas. » Sa gorge se nouait alors qu'elle présentait ce qui n'était pourtant que des faits. D'avoir à les mentionner de cette façon leur donnait une nouvelle dimension, ravivait presque ces malencontreuses aventures, au point de leur donner le goût de la veille.

Sans qu'elle ne s'en rende compte, perdue entre ses pensées et la méfiance qui la faisait toujours brandir ce couteau devant elle, les chiens s'étaient progressivement calmés. Les aboiements ne raisonnaient plus de la même façon entre les container et les carcasses métalliques qui les entouraient. Antarès était devenu plus curieux que craintif, et Murphy voulait voir dans cet apaisement une raison pour elle de baisser sa première ligne de défense. Car tendue, elle l'était toujours, et elle sentait ses propres ongles s'enfoncer dans la paume de cette main qui tenait un peu trop fermement la lame qu'elle dressait comme seul moyen de dissuasion à toute tentative de l'inconnu. Mais ce n'est pas lui qui brisa ce drôle de moment de premiers échanges. C'est son accompagnatrice équestre.

Elle qui aurait pensé ça impossible quelques secondes plus tôt se raidit encore davantage, comme si c'était en soi une façon de se défendre. Elle fermait les yeux, sentait ses muscles se contracter jusqu'à la douleur, attendait simplement que ça passe, que l'animal finisse son tour d'horizon dans ses cheveux. Elle sentait l'air chaud qu'il expirait contre elle, l'humidité de ses naseaux tout proches, et puis ses propres cheveux qui volaient à son contact. Elle perdait le fil de la réalité, de ce qui se passait autour d'elle. Elle jurait pouvoir entendre Antarès aboyer, mais à ce moment précis, elle était seule avec son agresseur et le temps, les secondes qui s’égrenaient beaucoup trop lentement, incalculables, insurmontables. Murphy ne comprit pas vraiment ce qui rompit cette torture, mais le soulagement l'envahit toute entière, au point même où sa main libéra la lame qui tomba dans la terre, et au ses fesses se laissèrent lourdement avoir par la loi de la gravité. C'est en reprenant une bouffée d'air qu'elle réalisa qu'elle avait interdit à ses poumons la moindre particule d'oxygène pendant quelques instants. Son souffle était ardent et vorace, maintenant, et son regard se posa brièvement sur un Antarès dont le calme signifiait toute l'inquiétude. Il comprenait toujours ce qui se passait, lui, et elle fût rassurée un instant en réalisant qu'il s'était calmé avant elle face aux inconnus. C'était lui le plus sensé des deux.

Quelques mèches de cheveux collaient à son front, empestaient l'haleine de la jument qu'elle avait sentie plus tôt. Elle ne redoutait plus vraiment grand chose, maintenant, peut-être parce que le point limite déclencheur de crainte venait de brusquement grimper en flèche, ou peut-être parce que son système vasculaire regorgeait encore d'une adrénaline qui semblait lui donner tous les pouvoirs. La part d'elle qui arrivait encore à aligner deux pensées cohérentes lui fit remarquer que personne n'avait profité de ce moment de faiblesse qui avait été le sien, et qu'il y avait même des chances, en réalité, que le blond ait volé à son secours sans qu'elle ne puisse s'en rendre compte, coupée du monde extérieur en attendant que ce moment de gêne ultime ne passe. Son regard se leva finalement vers le blond qui avait parlé et elle décrypta ce que son cerveau avait refusé d'écouter, le temps de se remettre de ses émotions. « Oui, je veux bien... c'est qu'une égratignure, hein ? » Elle se pencha vers celui qui venait de s'asseoir face à elle, présenta son crâne en écartant le plus possible ses cheveux de ce qui semblait être la source de ce fin filet de sang qui commençait déjà à sécher sur sa tempe. « Elle a aimé mes cheveux » fut tout ce qu'elle trouva à ajouter, dans la neutralité la plus totale et sans aucune accusation. L'incident semblait tendre à lui prouver qu'aucun des trois nouveaux arrivés ne lui voulait vraiment de mal. La jument, aussi peur lui eût-elle fait, ne l'avait pas attaquée; car si ça avait été le cas, et elle n'en doutait pas, ce ne serait pas d'un peu de salive équestre dans les cheveux et d'une petite écorchure dont elle souffrirait. Le chien non plus ne lui voulait rien de mal. En réalité, Antarès commençait à s'en rapprocher, et elle savait que les probabilités tendaient à prouver que c'était gage d'une confiance qu'elle pouvait lui accorder -même si, il fallait bien l'avouer, c'était toujours dans ses rapports aux Hommes que Major s'était montré incollable; pour les animaux, elle ne pouvait faire confiance qu'à sa relation avec la jeune Frost. Et le Terrien le prouvait seconde après seconde, lui aussi, qu'il ne n'avait aucune mauvaise intention à son égard. Le fait qu'il se soit assis lorsqu'elle l'avait demandé l'avait rassuré plus que ce qu'elle aurait avoué; non seulement ils étaient à peu près à situation égale, mais en plus il avait accédé à sa demande sans faire toute polémique et sans profiter de son avantage pour lui couper la tête par surprise. « Et bah maintenant tu le sais », ricana-t-elle un peu maladroitement, « je tiens aussi à ma tête. » Un coup d'oeil méfiant vers la jument qui semblait maintenant s'intéresser à d'autres horizons l'autorisa à respirer un peu plus sereinement. La main encore un peu tremblante, légèrement tâchée du sang qu'elle avait trouvé sur son front, elle bût quelques gorgées d'eau qui la rafraîchirent. Son regard se leva, étonné, vers l'homme qui expliqua aller chercher ses affaires et enchaîna une suite de mouvements qui la laissèrent bête. « Ça... va. Je crois. » Elle le scrutait d'un drôle d'air, presque prête à lui retourner la question. Mais celle qu'il appelait Azalée était encore trop proche d'elle pour qu'elle arrive à l'oublier. Ce n'était peut-être qu'une question de minutes avant qu'elle ne fouine à nouveau dans sa chevelure, et elle réalisait qu'assise, elle était devenue une proie plus facile encore. « T'es sûr ? » La question était grave, et elle avait plongé son regard d'ambre dans le sien, insistante. Elle bût une nouvelle gorgée d'eau, pour s'aider à continuer à reprendre quelques forces, et tapota du bout des doigts la petite plaie pour s'assurer qu'elle ne saignait déjà plus. « Je sais pas... du savon ? Je me lave avec du savon. » Sous l'étonnement, sa main s'était brièvement figée sur son crâne. Elle n'avait pas grand chose de spécial, Murphy, même dans ses cheveux. Elle les lavait et c'était déjà pas mal. Un peu interloquée, elle laissa sa main retomber au sol et chercher un Antarès qui ne demandait à présent plus que son attention. Son regard suivit l'index du Terrien pour atterrir sur la dentelle salie par la terre humide. « Oui, c'est pour les femmes... » répondit-elle sans s'émouvoir un instant, flattant l'encolure de son chien et savourant la sérénité qu'elle retrouvait peu à peu. Les Terriennes ne devaient pas porter ce genre de sous-vêtements comme c'était de coutume pour les célestes. Blasée, dans un soupir, elle repensa à celui que lui avait volé Isdès malgré lui et parce qu'il l'avait considéré inutile dès qu'il s'était présenté à lui. « J'en cherchais pas vraiment, mais j'aurais pas été contre en trouver... » Elle se pencha pour récupérer la dentelle rouge et la tendre au blond. « Ça peut l'être », répondit-elle en haussant les épaules, déposant un baiser sur le front d'Antarès. « Il y a parfois du métal en-dessous » Elle se mit à genoux pour se rapprocher de lui et désigner les baleines du soutien-gorge. « Et quand c'est mal foutu, ça rentre dans la chair » Elle posa son index sur l'extrémité d'une des barres métalliques et se laissa retomber par terre, non sans un regard méfiant au chien de couleur sombre qui tournait autour d'eux. « Celui-là est pas de la bonne taille pour moi. Si tu veux, tu peux le garder. » Murphy, distributrice de soutiens-gorge aux Terriens masculins. Elle remonta les genoux contre sa poitrine et posa ses avants bras dessus, observant l'homme par-dessus. « Les femmes portent pas ça, chez vous ? » Elle n'entendait plus Azalée, un peu plus loin, et le chien de l'inconnu avait capté toute l'attention d'Antarès, qui avait échappé à ses tendresses. L'instant n'avait plus rien à voir avec ceux qui avaient précédé la catastrophe capillaire. Elle s'assura d'un regard que son poignard était toujours là où elle l'avait laissé tombé, derrière elle, mais elle n'était plus très sûre d'en avoir besoin.

avatar
28/07/2015 I My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Elouan & Tam-Tam 3054 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & HOney Verrier & Parfumeur Calusa 878
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Lun 2 Avr - 21:06


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


Exposé aux moqueries dès son adolescence, Hyacinthe n'eut pas véritablement le loisir de se bâtir un mur, ni de se cacher derrière, en réalité il devint son propre mur. Celui qui en recevant les coups se fêlait, se ressoudait, gardait de légères, mais plus profondes cicatrices. Arraché comme une mauvaise herbe du jardin ou il s'épanouissait en s'imaginant être une fleur parmi toutes les autres, le voilà transformé en Ortie. Devant un tel écroulement de ses fondations il du apprendre à se faire confiance à lui tout d'abord. Ce qui restait alors, et encore maintenant, le plus périlleux tour d'acrobatie à accomplir pour un artiste.

Après tout quand tout le monde vous compare à un monstre, un aberration de la nature, un pervers comment éprouver une once de sensibilité envers soi ? Surtout quand on se découvre particulièrement émotif, que votre mère suite à cette révélation s'enfonce dans un silence qui ne sera rompu que par des pleures silencieuse. Et que votre père vous apprend à devenir celui que vous n'êtes pas, pour effacer celle que vous êtes. Bien avant cette époque il possédait cet amour de la mer, la seule qui demeurait inchangée face à cet ouragan de transformation quand la vérité éclata face à Baelfire ( @Baelfire Ksestos ).

A elle il pouvait lui tourner le dos, Le blond savait qu'elle ne le trahirait pas... Il transportait donc, toujours avec lui un zeste de méfiance contrebalancé par une étrange naïveté.


Une fois son père mort, il ne s'entoura pendant très longtemps que de Shane. Considéré par la plupart comme un monstre, fuit par une grande partie des autres Calusas. Lui seul supportait les bizarreries de Hyacinthe, sans jamais le lui reprocher, et ne manquait jamais de lui amener de la viande, sachant la nullité du verrier pour chasser. En échange Le blond le soignait, l'autorisait à se rendre dans sa serre pour se servir et parfois se cacher chez lui pour éviter ceux qui désiraientt se venger de l'homme parfois trop cruel. Jusqu'à ce que ce dernier disparaisse en même temps que cette déclarée aux débarqués. A laquelle il ne participa pas.

Au départ le verrier se tenait loin d'eux, aucune curiosité ne le taraudait de se rendre de leur côté jusqu'à Raphaël, puis Rose, ensuite Hope, et Andromèda. Tous ils s'introduirent dans sa vie pour venir y semer la zizanie, chacun passa un peu de temps danss sa demeure avant de retourner vers les siens. D'aucuns il ne recevait plus de nouvelles, bien qu'il s'inquiéta de Rose malgré lui, mais surtout à cause des paroles qu'elle prononça à son égard, qui provoquèrent sa colère.

Sentiment diffus qui  rejoignait ce qu'il éprouvait à propos de Basile, le bonimenteur jamais réapparu avec son produit miracle, sensé le guérir de sa malédiction. Et qui insinua, au point de créer une panique totale dans son cerveau, que son corps incapable de se stabiliser finirait par se rompre en deux.


Ses relations les plus stables concernaient Hiro le Naori et Gen L'Athna ( @Gen Deng ), par qui arrivèrent étonnamment les animaux qui peuplaient désormais sa vie : Azalée et Lou.

En dehors de ça, entre les disparus, les clients, les individus de passage il s'apercevait ne pas avoir de lien véritablement ancré dans la terre. Sans doute évitait-il ainsi les déceptions, ou simplement effrayait-il la plupart des êtres par ses particularités,  qui ne cherchaient pas à en connaître plus. En souffrait-il ? Pas réellement... Ou un peu. Ou bien plus que ne lui permettait d'admettre sa fierté.

Néanmoins depuis deux ans il entreprenait un mouvement de socialisation, sauf qu’il se heurtait à des milliers d'incertitudes et de subtilités qui le maintenaient en dehors du jardin des merveilles. A la fois il désirait se rapprocher, tout en continuant à préserver cette indépendance qu'il cultivait depuis des années. Imposée au début mais chèrement défendue désormais. Au fond il n'espérait plus vraiment se lier de manière intense avec les humains, enfin autre que ceux avec qui il développait déjà une amitié. Ça lui suffisait amplement, ainsi que les échanges furtifs, parfois étonnants et instructifs qu'il rencontrait avec ceux qui le cherchaient pour la maîtrise de son Art. Créer un parfum pour une personnalité hors du commun comme Alysha par exemple le comblait complètement, ça se soulignait même d'une pierre rouge à cause de sa rareté...


Aussi confronté à cette femme du ciel il n'en attendait rien de particulier, en bon comme en mauvais, il vivait le moment. Apaisé de découvrir qu'il ne devrait pas affronter une bande de reapers, qui bien qu'en voie de disparation se manifestaient encore de temps à autre. Ou simplement des voyous qui trompaient leur ennuie en rendant la vie impossible à d'autres, pourvu qu'ils l'estime plus faible qu'eux.

Hyacinthe lisait de la suspicion dans le regard de la femme, tout comme ses propres iris en reflétèrent quelques instants auparavant. Désormais il la considérait plutôt comme une alliée de fortune? si jamais surgissaient une menace. Car dans cette décharge vagabondaient toutes les misères du monde. Bien que tout d'abord préoccupé par le comportement de Lou il ne baissait pas sa garde, continuant à inspecter chaque recoin de ce lieu sombre, triste, encombré de richesses cachées.

Quant à l'odeur suffocante au premier abord, elle attaquait tellement l'intérieur des narines qu'une insensibilité s'établissait au bout d'un moment


« J'en suis ravi » La brune assurait ne pas envisager de le frapper. D'accord. Il acceptait cette éventuelle vérité pour l'instant. Car si jamais elle esquissait ce geste, trois seconde plus tard elle se retrouverait avec les canines du chien-loup enfoncé dans la main qui brandissait l'arme. Et là, il supposait bien ne plus du tout pouvoir intervenir sur les instincts de cet étrange canidé que personne ne maîtrisait vraiment.

En attendant, Azalée, elle s'amusait bien. Enfin, Hyacinthe ne comprenait pas le cheval, mais il percevait son contentement à la rencontre des gens. Il se pouvait très bien qu'élevée dans un village, habituée à voir un peu de foule autour d'elle, la solitude dans laquelle se complaisait le Calusa, la déstabilisa un poil. Aussi se faisait-elle comprendre à sa façon en empiétant sur la chevelure de L'Odysséenne.

Femme qui lui lâchait des indications au compte-goutte sur leurs origines et leur histoire. Le Blond de toute façon ne s'attendait pas à un historique complet, il rangeait juste les informations de manière à y trouver une logique. Ainsi il se comparait aux premiers arrivants, rejetés par les seconds à cause de faits plus ou moins discutables


« Qu'est-ce qui est jugé comme discutable chez vous ? Une apparence ? Un geste ? Une pensée ? Une maladie ?  »
Un changement de sexe inopportun ? Ça l'intriguait grandement Hyacinthe, la vision des hommes des cieux sur le bien ou le mal. Ou là ou se situait la frontière à ne pas franchir. Après tout eux se comportaient sans doute de manière naturelle mais effrayantes pour les nouveaux venus. Et si l'apprendre évitait un bain de sang, ça valait le coup de s'y intéresser.

Alors que Lou, calmé, agitait sa queue en invitant l'autre canidé pour un parti de jeu. La première fois qu'il se comportait de la sorte devant lui, ce qui amena un éclat de joie dans ses iris verts ...


Il ne commenta pas vraiment la suite des propos de l'inconnue, il n'y décodait aucun sens, ça le perturbait un peu, lui s'efforçait de trouver un ordre dans tout. Pourquoi condamner un être pour venir le sauver et se retrouver dans la même position que lui ? Erreur de jugement collectif probablement

« Maintenant vous êtres revenus ou vous de de deviez être » Murmura le blond.

Le verrier ne s'en réjouissait pas, ni ne compatissait. Tout reprenait sa place. Evidemment il s'ensuivait des remous, parce que de l'espace on devait leur en refiler maintenant, et ça ne contentait pas tout le monde
« Dans quelques années vous ferez partie du paysage, on ne pensera plus à tout tout tout ça » Ou oui. Les mauvais coucheurs, les pinailleurs, les esprits trop fermés ... Mais peu à peu ils intégreraient les mythes et légendes que les conteurs se passaient d'année en année. A moins que l'un ne massacre totalement l'autre, ce que Hyacinthe trouverait particulièrement dommage.

Tout ça fut cependant balayé par la trop grande curiosité de la jument envers les cheveux de la femme, quand elle finit par les happer pour les presque arracher de la tête de la brune. Qui frôla presque, par ce fait, la calvitie. Et comme elle acceptait son aide il se pencha sans se faire prier vers la blessure qu'il commença par éponger de sa manche, puis retira un foulard de son cou qu'il subtilisa au premier pansement « Ça va, ce n’est pas profond mais ça saigne beaucoup, faudrait juste pas trop bouger pendant l'heure qui vient pour être certain que tout va bien  »

Ce qui allait les obliger à se tenir compagnie. Il la laissa assimiler la nouvelle pendant qu'il récupérait son sac

« Oui j'en suis certain ... Et du savon fait avec quoi ? » Voilà un domaine qui le passionnait, et ou il savait faire preuve d'un bavardage incommensurable. Bien entendu il ne poursuivrait dans cette direction que si la jeune femme accrochait à cette distraction, pour la tenir occupée pendant que l'heure de vigilance s'écoulerait

« Tiens là-bas je vois un peu d'herbes, ce serait sans doute plus agréable qu'ici, en plein milieu de nul part, on forme un cible idéale. Tandis que là, il y a ce vieux truc en métal qui nous protégerait déjà le dos » Après si elle s'obstinait à se planter là, Hyacinthe ne la traînerait pas non plus, avec cette terre un peu boueuse ils finiraient tous les deux aussi noirs que des ramoneurs.

Du mouvement se fit à leur droite, la jument s'en allait voir vers les deux chiens qui se tournaient autour pour se découvrir. le verrier ne distinguait aucune babine retroussée laissant admirer l'émail des crocs. Plutôt rassurant. Parce que se jeter au milieu de ces trois-là ne le l'amusait pas plus que ça, pas meilleur exercice pour finir en charpie. Et puis surtout, oui, elle lui donnait sa réponse a propos de ce qu'elle tenait en main, son regard s'éclairait à cette vue, comme une jeune fille qui découvrait enfin la pierre précieuse tant poursuivie pendant des décades.


Le blond l'écoutait raconter avec des yeux d'enfants, ceux de la petite Hyacinthe aux cheveux flottants dans le vent qui dissimulait son trouble devant un joli garçon. Et comme la femme lui proposait de le prendre, il saisit l'occasion le Calusa, de le tenir dans ses mains, et de l'observer sous toutes les coutures « J'en avais vu sur des vieux livres, mais ... ça expliquait pas que ça pouvait faire mal. Et non je ne sais pas, en fait, je ne connais pas vraiment beaucoup de femmes, je ne sais pas trop ... Mais tu sais je pense que j'en ai vu une fois ou deux. Et c'est quoi la bonne taille pour toi toi toi ? » Ses joues rosissaient, sa parole buttait plus que d'habitude, il s'exprimait trop rapidement mangeant la moitié de ses phrases, un peu intimidé d'aborder ce sujet ... Cette femme elle lui semblait plutôt savante, comme Rose qui distillait du charabia dans ses discours.

En dehors de tout autre débarqué, elle possédait sans doute la capacité de lui traduire certaines expressions. A pas hésitants il s'engagea donc vers une prière en direction de cette inconnue « Dis-moi, je pourrais te demander un un un service ? C'est en rapport à Rose, elle m'a expliqué des trucs à propos de L'ADN et des anomalies génétiques mais j'y ai rien compris, est-ce que tu pourrais un peu m'en dire plus ?  »

Délicat de se dévoiler, mais ça l'obligerait éventuellement à se tenir tranquille, pour s'assurer qu'en dehors de plusieurs cheveux arrachés, rien d'autre ne clochait chez cette femme.


Pour toi @Murphy Cavendish

Meilleur voteur
avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nope 34993 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1100
Meilleur voteur


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Mar 17 Avr - 0:28



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


On ne pouvait pas dire de Murphy qu'elle savait faire confiance au premier inconnu dont elle croisait le chemin. Elle avait appris au fil du temps, et depuis plus depuis qu'elle était sur cette planète, que de trop s'inquiéter était toujours préférable à de l'indifférence, qui, elle en était persuadée, dans ce monde, était de ces défauts qui pouvaient coûter la vie à ceux les moins armés pour l'affronter. Ici, la méfiance était sélectionnée par les mêmes pressions environnementales que les capacités à courir devant le danger ou à le combattre. Pourtant, force était de constater qu'elle l'avait abaissée malgré elle face à cet homme à la tranquillité contagieuse. Des deux, elle était celle et la seule qui montrait les crocs. C'était assez rare pour la faire douter de l'utilité de sa méthode. La confiance n'était pas encore gagnée, mais elle se bâtissait plus vite qu'elle aurait aimé. Richard aurait probablement eu quelques remarques à lui faire. Elle n'avait aucune preuve concrète de la bonne foi de l'homme. Mais aucun allié armé jusqu'aux dents ne volait à son secours. Il ne l'avait menacée ni avec des lames tranchantes, ni avec une ribambelle de termes agressifs.

Alors non, ce blond sorti de nulle part, elle ne comptait pas le frapper. Pas dans l'immédiat, en tout cas, pas tant qu'il ne lui donnait pas de raisons de le faire. Son ancien foyer stellaire suscitait la curiosité avec une ferveur qui la surprenait, mais elle se pliait volontiers à l'exercice des réponses. C'était difficile, pourtant, de présenter le monde de là-bas. Même elle n'était plus vraiment sûre de le comprendre ou de l'avoir compris un jour. Comment des Hommes qui ne l'avaient jamais connu pouvaient appréhender le monde des étoiles, les règles que le groupe avaient dû s'imposer ? Elles avaient paru si évidentes, là-haut. Elles paraissaient si ridicules, maintenant. Les problématiques n'étaient plus les mêmes. La balance s'était violemment déséquilibrée lorsqu'il avait atteint le sol. On ne redoutait plus le surnombre, le feu ou que le matériel ne lâche. On redoutait tout ce qui avait semblé acquis là-haut, tout ce à quoi on n'avait jamais vraiment pensé : les températures et les vents, la nourriture, le soleil et les neiges, le cours des saisons et les rencontres improbables. « Des faits. Des crimes » soupira-t-elle en s'entendant parler comme la militaire qu'elle avait été là-haut. Était considéré comme un crime n'importe quelle erreur irréfléchie. Des Cents avec lesquels elle s'était liée, Murphy n'avait su de quoi ils avaient été accusés et reconnus coupables. Les crimes, là-haut, représentaient à la fois tout et n'importe quoi. Les jugement étaient parfois un peu trop hâtifs. Mais lorsque l'on était condamné à mort, il n'y avait aucune issue possible. Ce projet d'envoyer certains condamnés sur ce sol avait été la meilleure chose qui ait pu arriver aux concernés. Même si la plupart n'étaient pas prêts à l'entendre, il leur avait sauvé la vie. « Certaines condamnations étaient justifiées, d'autres pas. » Il y avait eu des décisions stupides, des accidents, mais aussi des choix qui auraient pu leur coûter la vie. Là-haut, tous vivaient en groupe. Tous les maillons de la chaîne devaient s'emboîter. Le moindre faux pas était susceptible de les mener à l'annihilation. Et peut-être qu'il avait été plus que temps qu'ils retrouvent le foyer de leurs ancêtres, là ils étaient tous nés, avant de naître parmi les étoiles. Et le Terrien souffla sa propre interprétation de leur retour. Elle rejoignait les idées perdues de l'Odysséenne dans une synchronisation presque étonnante. Son regard se fit curieux alors qu'elle le dévisageait, puis un sourire appréciateur se glissa sur ses fines lèvres. Il ne s'en rendait pas compte, mais en estimant sa constatation comme un simple fait, il accordait à demi-mot l'asile à Murphy. Il donnait une légitimité à sa présence ici. Il l'accueillait ici comme l'une des siens. Et enfin elle rencontrait un Terrien prêt à accepter l'arrivée de personnes dont il ne savait rien. C'était un monde à redécouvrir pour eux aussi, celui que foulaient des êtres venus d'en-haut, elle en avait conscience. Mais la redécouverte devrait se faire main dans la main ou ne pas se faire, et cette seconde option lui paraissait inconcevable. On ne pouvait pas répondre à la fatalité par la guerre. Tous avaient déjà trop donné pour perdre encore. Elle ne put s'empêcher que tous ne seraient presque plus là, en fait. A force de voir les siens disparaître, il lui arrivait parfois de douter de leur présence quelques années plus tard. Mais elle voulait y croire, car sinon, à quoi ça pouvait bien servir de continuer d'essayer, à quoi ça pouvait bien servir de continuer d'avancer ?

Tous ces questionnements auraient pu l'emmener trop loin et lui tirer d'autres réponses mais la brune fut forcée à adopter d'autres stratégies face à l'inattendu.

En fait, le plus belliqueux de tous, c'était peut-être la jument qui accompagnait l'homme. Elle ne connaissait pas ces bêtes-là, l'Odysséenne, ou en tout cas pas suffisamment pour savoir anticiper leurs mouvements et encore moins leurs désirs. Le moindre geste de l'équidé aurait pu la convaincre d'installer un périmètre de sécurité autour d'elle et d'Antarès, mais il avait été beaucoup trop vif pour elle. Quelques instants plus tard, elle s'était laissée tomber dans la terre, la main portée à la tête, tentant de se raisonner et de reprendre ses esprits. Un cheval venait de prendre sa tignasse pour un met comestible, et ça faisait une sacrée information à assimiler. Les fesses solidement ancrées au sol, Murphy n'avait rien attendu de l'homme. La tension était redescendue bien trop subitement pour qu'elle ne parvienne à s'inquiéter de quoi que ce soit d'autre, y compris du doute qui entourait encore le Terrien. C'est d'ailleurs lui qui se rappela à elle, l'ancrant doucement dans la réalité alors qu'elle se perdait sous l'effet du contrecoup. Quand il s'enquit de son état et de sa santé, Murphy se surprit à penser qu'elle devait être tombée sur un Terrien comme il devait en exister peu, lui-même convaincu, pour une raison qui lui était obscure, qu'elle ne représentait pas une menace pour sa personne ou pour celles de ses accompagnants. Dans n'importe quelle autre situation, la brune y aurait probablement vu une insulte -elle, une Odysséenne, une femme, une frêle femme, était trop souvent considérée comme loin d'être dangereuse. Elle se rassurait toujours en se disant qu'elle y gagnait au change, que ça lui permettait de cacher son jeu, mais elle avait déjà réglé leur compte à des hommes qui avaient pensé un peu trop fort qu'ils n'avaient pas à s'en faire une seule seconde face à elle.

Les premiers soins que l'inconnu lui accordait la poussaient subitement à croire qu'il ne lui volait pas cette confiance qui commençait à la rassurer, mais qu'il la gagnait geste après geste, mot après mot. Elle reprenait peu à peu ses esprits en évaluant les alentours et l'odeur pestilentielle du lieu se rappela subitement à elle, déformant son visage dans une grimace de dégoût alors qu'elle glissait mollement le couteau dans la terre pour ne pas l'oublier. Elle n'avait pas trop de deux couteaux et malgré l'arc dont elle s'était armée, elle ne pouvait pas concevoir de se délester de l'un d'eux -encore moins de celui qu'elle avait retrouvé dans les affaires de Faust. Pendant une seconde, ses idées se perdirent du côté de la forêt, là-haut, de la poterie qu'elle avait trouvée au pied d'un arbre et de la jeune fille avec qui elle avait découvert l'arme. Peut-être qu'avec la plupart des Terriens, la confiance était vouée à naître, tôt ou tard, et que ce n'était toujours que question de temps. Et peut-être que question de temps, aussi, avant qu'elle ne meure...

Encore sonnée, Murphy essayait de centraliser toutes les informations qui lui parvenaient, d'ignorer celles qui n'avaient pas grand intérêt, comme l'odeur nauséabonde qui attaquait ses narines, et d'intégrer les plus importantes, comme l'état qu'il faisait de son crâne. Elle ne voulait pas revivre les perpétuelles visites à l’infirmerie pour rassurer ses amies médecins. Un traumatisme crânien l'avait guérie de toute envie de repasser par les mêmes soins. Les quelques mots qu'il prononça avec une douceur apaisante lui rappelèrent que le choc avait été moindre, si ce n'était inexistant. Elle avait seulement éraflé la peau là où elle se faisait des plus vascularisées. « C'est sûr ? Il y a pas besoin de recoudre ? » De ses doigts clairs elle chercha à nouveau la plaie et ne trouva que le sang chaud et visqueux. Elle pouvait sentir un fin filet glisser lentement le long de sa tempe mais l'analyse du Terrien la rassurait. « Hmm... » approuva-t-elle d'un signe de tête le conseil de l'homme en maintenant le tissu qu'il avait posé sur sa tête. Elle regrettait de ne pas avoir pris avec elle l'une de ces fioles d'alcool qui étaient si précieuses aux siens, mais c'était précisément parce qu'elles étaient si précieuses qu'elle ne s'en accompagnait que dans les situations les plus périlleuses. Bêtement affalée au sol, elle assimilait les questions de l'homme, qui la considérait à sa plus grande surprise comme digne d'intérêt ou comme une sorte de source de savoir. Comprendrait-il jamais le monde de là-haut ? Parvenait-elle, avec ces quelques mots hésitants, à lui transmettre tout ce qu'elle avait connu mais tout ce qu'elle ne reconnaissait plus ? « Je sais pas, c'est pas moi qui le fais. De la cendre, je crois. Pourquoi, il y a d'autres façons de faire ? » Elle l'observait récupérer son sac et guetter les environs à la recherche d'un endroit plus prompt à les abriter d'éventuelles surprises. « Mais ça sent pas grand chose, je suis pas persuadée que ça ait pu intéresser... Azalée ? » Elle butta un instant sur le nom de la jument avant de suivre la main tendue par le blond en direction de hauts cadavres métalliques, un peu plus loin au cœur de la décharge. Son regard finit par retrouver Antarès, qu'elle cajolait d'une main encore engourdie par les émotions, l'autre toujours accrochée au pansement que lui avait laissé l'homme. Il lui échappa une seconde après, encore bien trop curieux de cette nouvelle rencontre, lui qui se montrait de plus intéressé par la découverte de congénères. Frost avait été sa première amie, mais à voir l'aisance avec laquelle il interagissait avec ses compagnons canidés, Murphy ne pouvait que deviner qu'il appréciait ce genre de rencontres fortuites.

Avant de se relever, la patrouilleuse récupéra son couteau, qui retrouva aussitôt sa place contre sa cuisse, ainsi que le lourd sac qui contenait tous les petits trésors trouvés dans la journée -y compris les livres qui rejoindraient bientôt la collection de Thaïs. Sa main parsemée de taches ensanglantées ne quittait pas son crâne mais en se redressant, elle tendit la dentelle à l'homme et lui offrit quelques explications qui la firent sourire. Son sac sur le dos, elle se traîna vers l'endroit que l'homme avait jugé plus sécurisé, et se laissa tomber contre une haute paroi métallique froide car installée dans l'ombre du soleil. Un frisson parcourût son échine. Ce n'était encore que le début de l'hiver, pourtant. Le sol, quant à lui, était plus confortable, comme attendu par le blond. Elle poussa son sac sur le côté et observa les deux chiens s'amuser entre eux. Ce n'est qu'en achevant ses quelques explications qu'elle croisa le regard du Terrien. Émerveillé, c'était le mot. C'était une discussion un peu hors du commun, il fallait l'admettre. Le blond semblait, quant à lui, aborder un sujet qui le mettait mal à l'aise. Probablement parce qu'il n'était pas familier avec, se disait-elle, mais cet embarras soudain acheva de donner raison à la confiance qu'elle avait en lui. Elle avait à côté d'elle quelqu'un d'incroyablement humain.

Elle avait plus ou moins compris qu'au moins certaines femmes d'ici ne portaient pas de ces choses-là; après tout, Isdès s'était offusqué que ce fut son cas à elle, et il le lui avait bien fait comprendre en décidant de ne pas lui rendre sa dentelle claire. « Ça se cache pas comme un renard apeuré, les soutiens-gorge. Si les femmes en portaient chez toi, t'en aurais vu. » Un sourire presque tendre en direction de l'homme. Les choses prenaient un tournant plus qu’inattendu. Mais la question du Terrien la laissa coite quelques instants. « Heu, 85C, je crois... mais je fais surtout avec ce que je trouve. C'est aussi rare que du pet de licorne, ces trucs-là. » Elle éloigna un instant le bandage de son crâne pour vérifier l'état du saignement. Il lui semblait que le sang commençait à coaguler et du bout du doigt et avec délicatesse, elle vérifia. Non sans la rassurer, sa peau ressortit immaculée de la manœuvre. Par précaution, elle reposa le tissu sur son cuir chevelu. Quelque chose lui disait que la peau de son crâne ne manquerait pas de temps pour se remettre de ses émotions. Du menton, elle désigna la dentelle que tenait à présent l'homme. « J'ai pas regardé la taille, mais celui-là est définitivement trop grand pour moi. Si tu veux voir ce que ça fait, essaie-le. On s'y fait vite, je suppose. » Avec un sourire amusé, elle laissa son regard se déporter vers le petit groupe d'animaux et s'installa en tailleur pour gagner en confort. La question qui brisa le silence la laissa muette quelques instants.

L'ADN, c'était tout un domaine, et ce n'était pas le sien. Elle n'en savait que ce que sa mère lui en avait appris, mais il fallait admettre que ce n'était pas les aides-soignantes qui en savaient le plus. « L'ADN, c'est ce qui fait que t'es comme t'es, en tant qu'être physique. Les anomalies, ça peut être tout et rien en même temps. La couleur de tes cheveux, à la base, c'est une anomalie génétique, par exemple. » Elle sourit et planta son index dans sa joue pour faire apparaître et désigner l'une de ses fossettes. « Ça aussi, c'est une anomalie génétique. On hérite ça de nos parents ou des fois, ça peut apparaître tout seul. C'est grâce à ça qu'on est différent des premiers Hommes qui sont nés sur la planète. » Elle cherchait ses mots, encore, n'était pas bien sûre d'avoir répondu à la question du blond ou même de l'avoir bien saisie en premier lieu. Elle ne connaissait pas Rose, mais celle-ci devait en connaître bien plus qu'elle en la matière; comment était-elle censée rivaliser, maintenant, et expliquer à nouveau quelque chose dont elle n'avait pas la moindre idée ? Son regard se fendit alors qu'elle scrutait l'inconnu à la recherche de la moindre réaction de se part. « Je... je sais pas trop ce que tu me demandes, en fait. Elle t'avait dit quelque chose de ce genre-là, Rose ? »

avatar
28/07/2015 I My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Elouan & Tam-Tam 3054 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & HOney Verrier & Parfumeur Calusa 878
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Jeu 31 Mai - 16:19


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


La dégradation de cet environnement ne nécessitait nullement qu'on le décrive, il suffisait qu'on y jette un œil pour s'en trouver convaincu. Et si ça ne suffisait pas, les effluves qui envahissaient les narines finissaient de convaincre le malheureux promeneur ou l'audacieux visiteur. Néanmoins il s'échappait une certaine beauté de toute cette vie déchiquetée, accumulée puis abandonnée aux charognards. Il se dissimulait sous des pierres jetées à la va vite, ou encore des plaques de métal rouillé des trésors de l'ancien temps. Des objets inédits dont les terriens ne savaient plus que faire, mais qu’ils employaient de façon tout à fait hétéroclite. Et bien que la nature regagna ses droit sur ce lieu, elle ne prédominait pas encore totalement. Un jour tout se recouvrirait de verdure, de plantes sauvages, d'arbres insolites, mais aujourd'hui du terrain demeurait à conquérir.

De là où il se tenait, Hyacinthe apercevait une fleur solitaire qui leur offrait ses belles nuances au sommet d'un tas de détritus. Et comme il ne la reconnaissait pas de si loin, il se fit la réflexion qu'une fois les échanges terminés avec la brune Odysséenne, quand ils se sépareraient, il ne manquerait pas d'aller faire un tour dans ce coin-là. Il ne souhaitait pas manquer une rareté qu'il exploiterait dans sa serre.



Depuis sa tendre enfance, ou adolescence plutôt, on le persuada de sa nature de monstre. Bien qu'il ait essayé de se faire accepter à maintes reprises des années auparavant, il se présentait désormais tel qu'il se croyait. Les gens fuyaient ou non, et avouons-le, en réalité, très rarement. Mais quand on vous imprimait une idée au fer rouge dans le cerveau, elle s'y accrochait comme un graffiti indélébile. Même si l'onde lui renvoyait le visage d'un humain pareil à tous ceux qui parcouraient cette Isle, lui captait des nuances plus troublantes. Inquiétantes.

Alors il renonça une décade plutôt à réconforter ceux qui croisaient son chemin. Il ne jouait aucun rôle a part pour lui-même, cette pièce de théâtre qu'il transportait dans son âme se révélait  une simple monologue qu'il ne partageait plus depuis longtemps. Tellement il se persuadait de son évidence. Si bien que le blond ignorait complètement les scénarios divers qui traversaient les pensées de la débarquée. Le Calusa ne prétendait pas posséder la science infuse en ce qui concernait tout ces enfants du ciel. Après tout l'un deux, le bâti jusqu'à le laisser pour mort.
Bien qu'il ne leur porta aucun intérêt à leur arrivée dans son Isle, il ne pu éviter de se heurter à eux plus d'une fois. Il en déduisit pour le premier groupe, qu'ils transbahutaient beaucoup de souffrances, les menant à se comporter de manière incontrôlée ou incompréhensible par instants. Mais rien qui fut réellement dans un but de les détruire pour le plaisir.


La complexité des relations avec ces deux groupes venus des cieux, le découvrait légèrement dubitatif. L'un se révoltait contre l'autre qui, à la fois aspirait à l'attirer vers soi tout en le considérant avec sévérité. Enfin, Selon les informations recueillies par ceux qui prénommaient eux-mêmes "Cent". Une question de nombre. Même si depuis lors, ce chiffre avait dû diminué au moins d'un quart, ils continuaient à se définir de la sorte. Pas très logique selon le verrier.

L'autre groupe que Tristam lui désigna sous l'appellation "Odysséen", ce que lui confirma Hope, ainsi qu'Andromeda se définissait par leur vaisseau. Abandonné depuis au profit d'anciennes ruines, il ne semblait pas non plus désireux de marquer le coup en se re-baptisant. Etrange. Enfin ça n'affectait en rien les échanges ou les relations que lui et eux bâtissaient. Le pire comme le meilleur.

Bref la brune n'entrait pas détails, se cachait dans un description vague quant aux raisons des toutes ces punitions. Lui, Hyacinthe ne jugeait pas, il embrassait le tout pour décoder leur histoire, et mieux en appréhender les conséquences. Mais il respectait aussi le désir de Murphy de ne pas en dévoiler plus que nécessaire
« Oui, On ne peut pas se montrer avisé tout le temps, il y à forcément des erreurs et c'est bien déplora ra ra ble » Acquiesça-t-il sans développer plus avant.

Cependant, ils furent coupés dans leur discussion par Azalée qui entreprit de visiter le cuir chevelu de la jeune femme. Avec Lou qui tournoyait comme un requin prêt à l'attaque, ils ne furent pas loin d'en arriver à la tragédie. Mais le canidé de la femme apprivoisa, adoucit la bête plus sauvage, et sans encore jouer comme les meilleurs copains du monde ils sautillaient l'un autour de l'autre. Tandis qu’Hyacinthe rassurait l'Odysséenne sur la relative gravité de sa blessure. Oui ça saignait « C'est toujours impressionnant quand on se blesse sse sse à sur le crâne, on à l'impression de perdre des flots de sang mais ça reste en général très sommaire, il faudra juste désinfecter » Non il n'appuyait pas sur la morsure, autant ne pas envenimer tout cet incident dont il sortait particulièrement désolé « On va juste rester un peu tranquille pour s'assurer que la terre ne tourne pas soudainement autour de vos vos vos pieds  »

Au pire il la forcerait à chevaucher la jument blanche pour la reconduire dans ses ruines. Oui un peu ironique. Surtout qu'il s'attendait de sa part à des protestations dignes de ce nom. Mais là, tout de suite, rien n'annonçait que ce ne fut autre chose qu'une méchante morsure, d'une gentille immaculée, un peu trop curieuse  « De de de toute façon je reste là, si la terre tourne, je vous rattraperais. Mais je suis certain que tout finira pour le mieux »

L'important demeurait pour l'instant qu'elle maintienne bien le tissu sur sa plaie. La belle blanche éloignée, qui s'approcha doucement D'Antarès et Lou qui se découvraient, tout en traînant ses naseaux sur le sol. LOdysséenne pouvait enfin se donner le droit de se détendre. Sans pour autant rendre les armes, car tout en restant fixée sur elle, les yeux du blond fouillaient régulièrement les alentours, alors que son Ouïe analysait chaque bruit qu'elle récoltait.

Se laisser surprendre par une bande de voyous ne figurait pas parmi les possibilités que le Calusa envisageait par la suite. Et si pour l'éviter, il se voyait obligé de porter la femme sur ses épaules, il n'hésiterait pas une seconde. Cependant, aidant à meubler les moments ou la brune prenait une pause, Hyacinthe se renseignait en quoi consistait exactement le produit qu'elle utilisait pour ses cheveux
« Oui de la cendre, en fait je me demandais surtout si vous utilisiez un parfum particulier que vous rajoutiez dedans  » Un intérêt qui, il le devinait, étonnait probablement la brune. Pourquoi cette insistance ? Il se résolu donc à dévoiler un peu de ce qui se dérobait derrière ses iris vertes afin d'éclairer un peu le paysage qui s'étendait entre eux  « Ca m'intéresse surtout parce que je suis parfumeur et très intrigué par sa réaction » De son Index le blond pointa Azalée qui humait l'air ambiant.

Tout cela en lui proposant de se déplacer vers un endroit plus agréable et sécuritaire. Elle y jeta un coup d'oeil sans lui répondre, alors que ses doigts frôlèrent la fourrure de son Antarès revenu s'allonger auprès d'elle comme si il eut deviné son besoin de lui. Comme ça, elle ne réagit pas véritablement, d'ailleurs le blond douta qu'elle eut tenu compte de sa proposition mais finalement elle se releva. Et lui l'imita dans une parfaite symbiose, il ne lui offrit pas son épaule, mais Le Terrien restait non loin dans le cas ou elle ressenti un vertige. Ils se dirigèrent donc vers un lieu plus propice pour se protéger d'un vent qui pouvait devenir mordant. Mais aussei pour se prémunir d'idiots qui ne parviendraient pas à les surprendre en leur sautant dans le dos.

Telle une caravane dans le désert, le cortège des animaux leur emboîtèrent le pas
« Oui Azalée » Renchérit-il à l'ancienne interrogation de L'odysséenne « C'est une jolie fleur qui se fait bien rare  » Ajouta-t-il en accordant une légère caresse à la jument quand cette dernière se laissa attirée par une petit bout de verdure bien appétissant  « J'en en en cultive justement des blanches comme sa robe, quand je l'ai vu j'y ai tout de suite pensé » Des petits anecdotes sans importances pour la jeune femme, mais meublaient de façon inoffensive leur conversation. Pour l'un comme pour l'autre.

Il décida de retourner chercher sa sacoche remplie de glaise, un peu lourde pour le voyage de retour, mais il ne reculerait pas devant un peu de difficulté, car ça améliorerait de loin son travail de vitrier. Flagrance mise à part, le blond avançait sur un terrain miné, non pas pour les raisons que  la brune eut pu supputer, mais bien à cause de son passé. Alors qu'il lâcha son paquet non loin des chiens qui jouaient, pour s'assurer qu'aucun caillou ne perturbait sa route, son visage rosit légèrement

« Je... » La vérité toute nue résidait dans ceci que, aussi *jolie* qu'il ait pu être quand il se pensait fille, sa poitrine ne pointa jamais sous ses habits. Ça aurait pu - du ? - Les alerter lui et sa famille, mais des femmes plates ça existaient aussi « je n'en ai jamais po po po ... vu, Non » Et d'ailleurs la taille de ce truc ne lui apprenait pas grand-chose. Fallait dire qu'il louchait pas sur les seins de filles, des femmes ou ... Ça lui paraissait étrange comme s'il eut pu fantasmer sur lui-même alors que depuis longtemps Hyacinthe ne portait plus ses beaux atours « Ça doit faire mal non si c'est trop petit ? » Questionna-t-il malgré tout, intrigué par le fonctionnement de la chose  « Est-ce ce ce que tu en portes parce que tu es obligée ou que tu sens mieux avec ? » S'intéressa-t-il pour en dénicher les éventuels bienfaits.

Pendant qu'elle vérifiait sa blessure, il tortilla un peu le tissu qui laissa échapper de la poussière et une odeur légèrement renfermée. A quoi s'attendre d'autres, surtout si ça datait de ... Étonnant que ce fut encore en état. Et en plus quand le blond tirait sur l'étoffe ça s'étirait. La suggestion de l'endosser ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd. Puisqu'il était un monstre de toute façon, pourquoi ne pas se livrer à cette expérience ? « Oui ? Pourquoi pas ! » Tranquillement il enleva la chemise qu'il portait, non il n'existait rien en dessous qui put le trahir, à part sans doute son comportement. Il posa son vêtement trois fois par terre avant de se concentrer sur ce fameux soutien-gorge. Bon ça s'endossait comment exactement ?Légèrement dubitatif son regard se tourna vers la jeune femme

« Je sais que tu vas trouver ça bizarre mais est-ce que tu pourrais m'expliquer comme ça se met ? Ou alors m'aider ? » Très certainement qu'elle lui rirait au nez, mais au pire il ne risquait qu'un non. Et l'adolescente perdue dans ses mémoires, mais toujours vivante, aspirait à cette expérience. Un peu comme si il - elle - nourrissait le besoin de poursuivre le plus loin cette aventure jamais achevée  « Et toi tu t'y es habituée vite ?  » Une supposition ne signifiant pas une certitude. Tout dépendait certainement de la facilité à s'y adapter !

Avant de prétendre à aucune manœuvre de ce genre, il laissa la brune s'exprimer sur ce qui le grignotait depuis sa dernière entrevue avec Rose, et malgré les encouragements de Baelfire ( @Baelfire Ksestos ) à ne pas s'attarder sur le sujet  « La couleur de mes cheveux c'est une anomalie ? Mais des blondes il y en à d'autres » Son esprit si imprégné de son enfance oubliait parfois son genre, si bien q'un très court moment il s'identifia comme une fille. Par inadvertance « Des blonds j'en aie pourtant vu d'autres, personne ne leur jette la pierre pierre pierre ... »

Le Terrien se pencha pour mieux voir sa fossette. Lui il trouvait ça plutôt mignon « Oh une anomalie ce n’est pas dangereux alors ? Ça ne te met pas en danger au point de perdre la vie ? » Comme le lui assurait si bien Basile qui se targuait de tout régler.

Les phrases de la brune coulaient comme un ruisseau dans sa tête, elles chantaient un air clair, si simple qu'il ne s'apparentait pas du tout au charabia de la cent. Qu'est-ce qui différait ici qui lui donnait cette bizarre impression de converser de la pluie et du beau temps
« Oui des mots compliqués, elle m'avait montré un livre mais j'ai pas voulu voir, je me suis enfuit, je pensais qu'elle mentait. J'ai réfléchi maintenant ... Est-ce que tu connais quelqu'un, tu pourrais chercher pour moi ? Et je te donnerais les mots exacts ... »


@Murphy Cavendish

Meilleur voteur
avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nope 34993 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1100
Meilleur voteur


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Ven 8 Juin - 23:56



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


C'était bizarre, la décharge, quand on était accompagné. On en oubliait presque les odeurs nauséabondes qui se mélangeaient, les animaux qui rampaient de déchets en cadavres métalliques d'anciennes carcasses, les multiples cachettes qui pouvaient abriter des dizaines de dangers potentiels. C'était la première fois qu'elle posait ce regard sur la déchetterie, qui sans qu'elle s'en rende compte était devenue un lieu de rencontre. Le contraste entre leur discussion et les environs était presque théâtral mais il apportait à l'endroit une douceur nouvelle et plus que bienvenue. Murphy n'aurait probablement jamais deviné possible de croiser ici une autre âme humaine. De tous les sols de cette Terre qu'elle avait pu fouler depuis qu'elle était là, la déchetterie lui avait toujours semblé à part. Elle était hors du temps et hors du monde. Elle était un paysage d'apocalypse, où rien ne semblait capable de vivre. Mais lorsqu'on y regardait d'un peu plus près, on trouvait toujours quelques signes de vie, quelques signes de résilience, quelles signes de renouveau. L'endroit évoluait à une vitesse différente de la forêt qui l'entourait. C'était un microcosme, un écosystème à part entière. Les quelques animaux qui vivaient ici avaient du y naître et y mourraient sans aucun doute. Il semblait impossible de connaître le monde extérieur et d'y préférer un tel endroit. Les rats et autres bestioles qui se nourrissaient de restes, de ce que la nature voulait bien leur donner, pullulaient pour une raison. Ces lieux leur appartenaient. Ici, les Hommes n'étaient plus que visiteurs depuis des décennies.

Alors, lorsque deux Hommes se rencontraient, l'encadrement changeait peut-être un peu la donne. On ne pouvait pas rester ici sans être inconscient de tout ce qui nous entourait, à commencer par les menaces constantes et inévitables. A chaque instant, il fallait rester sur ses gardes. On ne venait pas ici pour le plaisir des sens. On venait ici pour chasser. Murphy avait toujours pesé les pour et les contre avant de mettre les pieds ici. De bien nombreuses fois, c'était les pour qui l'avaient emporté. Les quelques rares fois où elle s'était aventurée ici avaient résulté de ce qu'elle avait considéré comme une accumulation de nécessités. Cette fois-ci, en plus des vêtements et des sous-vêtements, il y avait des envies de quelque mobilier pour sa maison en reconstruction, mais aussi et même surtout de livres, pour l'étoile remplie d'énergie qui s'était imposée à son existence depuis le début de l'année. Elle crevait déjà d'envie de voir le sourire que Thaïs lui offrirait lorsqu'elle lui donnerait la petite pile de livres sur laquelle elle avait réussi à mettre la main. Pour le reste, aujourd'hui, les recherches avaient été moins fructueuses. C'était les aléas des chasses que l'on pouvait faire ici. Tout résidait sur l'aléatoire le plus total, et malgré les envies qui nous avaient poussé à entrer dans ce monde d'ordures, il ne fallait jamais oublier la règle première : avoir des yeux et des oreilles partout. Les animaux n'étaient probablement pas les dangers les plus immédiats. Ici, le plus susceptible de vous arracher la vie, c'était sans doute l'équilibre précaire sur lequel reposait toute l'installation enchevêtrée de vieux cadavres mécaniques rouillés. Une chute s'accompagnait souvent d'une multitude d'autres incidents. Le temps avait tout mélangé; les vieux conteneurs étaient intriqués avec des véhicules retournés, des cadavres d'animaux piégés pourrissaient chacun à leur rythme dans des recoins cachés ou à la vue et à l'odorat de tout passant, humain ou non. Les métaux s'étaient oxydés, avaient rouillé. Rien n'était plus que la vague trame de ce que le lieu avait été autrefois. Le temps avaient achevé les détritus et fragilisé toute la structure qu'il les avaient laissé former.

Alors, peut-être aussi que toutes les rencontres humains que l'on pouvait faire en de tels lieux paraissaient inoffensives. Ou peut-être que l'homme lui-même sur lequel elle était tombée contribuait à lui donner cette impression. Elle ne s'accorda à dévoiler un peu de la relation entre les Odysséens et leurs jeunes compatriotes que grâce à l'apaisement et à la confiance que le blond lui inspirait. Pour autant, elle n'en avait pas moins faire preuve de retenue, de pudeur peut-être, et sans doute encore d'une méfiance raisonnable. « C'est dur d'être juste » approuva-t-elle, le regard perdu un instant dans le vague. Même avec toute la volonté du monde, la justesse ne dépendait que de la vérité, et la vérité n'appartenait qu'à celui qui la connaissait. Il fallait juste savoir accepter les erreurs, même si on en était une victime. Apaiser les aigreurs et entretenir l'indulgence.

Les premières politesses furent violemment interrompues par la curiosité de l'équidé qui accompagnait le blond et son fidèle chien. Fermer les yeux très fort et attendre que ça passe, voilà quelle avait été la solution pour Murphy -pas la solution la plus sensée et réfléchie, mais la seule solution qui s'était imposée à elle lorsqu'elle avait compris que le cheval était devenu maître de son crâne. Le reste ne dépendait plus d'elle. Elle ne comprit donc pas réellement ce qui lui valut d'être finalement libérée; ce qui comptait, c'était qu'elle était libérée. Un fin filet de sang coulait au-dessus de sa tempe, laissant entendre que les dents de la jument avaient du s'aventurer un peu trop près du cuir chevelu. Encore sonnée, Murphy accueillit les soins et conseils du Terrien avec une gratitude masquée par la panique qui redescendait seulement et progressivement. « Merci » lâcha-t-elle simplement d'une petite voix chevrotante, pressant sur son crâne le morceau de tissu que l'homme lui avait donné. Il était le seul des deux à pouvoir évaluer l'étendue des dégâts et pour une raison qui demeurait floue à la femme, elle le croyait sur parole. Pas besoin de points de suture, c'est tout ce qu'elle avait besoin de savoir. L'éraflement était superficiel et il y avait eu bien plus de peur que de mal. L'adrénaline commençait seulement à se diluer dans ses veines, laissant son palpitant reprendre un rythme plus raisonnable. Avec les petites plaies, elle savait s'y prendre. Ça n'avait rien à voir avec un traumatisme crânien, et son esprit retrouvant peu à peu de sa vivacité lui confirma que seule la peur avait été responsable de ces espèces de vertiges. C'était terminé. « Non non, t'en fais pas, ça va déjà mieux. J'ai juste un peu trop paniqué, je crois. » Elle jeta un coup d'oeil méfiant à la jument, qui avait déjà oublié la crinière de la brune. « Si tu dis que c'est superficiel, jte crois. Je me désinfecterai en rentrant. » Elle décolla une seconde le morceau de tissu du crâne pour observer l'étendue des saignements. Le pansement de fortune était à peine taché de quelques gouttes. Le sang devait déjà commencer à sécher entre ses cheveux et le long de sa tempe mais par précaution, elle le posa à nouveau sur sa peau. Ça éviterait au moins de tacher ses vêtements -ces choses-là se faisaient trop rares et précieuses pour se permettre de les marquer d'un peu d'hémoglobine.

Murphy s'autorisa quelques secondes pour reprendre ses esprits. Les paupières mi-closes pendant un instant, elle pouvait sentir l'apaisement d'Antarès, où qu'il soit. Elle reconnaissait son pas tranquille. Et si on oubliait l'odeur pestilentielle qui envahissait les narines et la constante imminence d'un danger, cet instant aurait presque pu être de ceux de quiétude qui ressourcent l'âme et apaisent le corps. « Oh, non... » Un rayon de soleil aveuglant lui arracha une brève grimace alors qu'elle laissait ses paupières se relever sur le monde des poubelles. « Enfin, je crois pas. » A dire vrai, elle ne s'était jamais posé la question. Rien que parce qu'elle aimait se tenir occupée au village et refusait toute forme d'inertie, elle savait se montrer polyvalente dans ses activités. La demi-maison qu'elle retapait en était l'un des exemples les plus évidents et probants, mais elle savait apprendre lorsque l'on avait besoin de lui apprendre. Elle fréquentait les bâtisseurs et les cartographes, les médecins, mais elle devait s'admettre vaincue lorsque l'on abordait les détails de l'hygiène. Le savon, elle se contentait de le consommer. « Parfumeur ? » Elle arqua un sourcil, surprise, soudainement bien loin de son cuir chevelu endommagé. Les parfums, c'était un truc de l'autre temps. C'était pour ceux qui pouvaient le prendre, le temps. Murphy, elle, se contentait d'être propre. Ne pas sentir, c'était mieux que de sentir le vieil animal en fin de vie. Sentir bon ? C'était utopique, chimérique. Peut-être un peu inutile, aussi, pour quelqu'un qui n'avait jamais connu les doux parfums des fleurs, des résines, de la terre mouillée, des mousses humides. « Je... je sais vraiment pas. Peut-être que c'est mon parfum naturel qui a du charme... auprès des chevaux. » Elle eut un sourire en coin, à moitié jaune et à moitié amusé à l'idée d'avoir un effet plus convaincant auprès des équidés que des hommes.

Mais il n'était pas question de s'éterniser par terre, au milieu de rien, perdus dans une zone floue entre la forêt et les structures branlantes de la déchetterie. S'abriter un minimum était une idée plus que sensée dans un environnement pareil, et bientôt le petit groupe se déplaça à l'ombre d'une haute structure métallique. Alors qu'elle s'épongeait tranquillement le front, l'homme revint sur l'interrogation qui avait été la sienne quelques instants plus tôt. Azalée la fleurie, donc. « Une fleur carnivore, alors... » fit-elle remarquer avec un petit sourire. « Les azalées, là... tu les cultives pour leur parfum, alors ? » Que pouvaient sentir les azalées pour qu'un homme décide de leur offrir un cocon de survie ?

Elle le regarda une seconde se lever mais reporta son attention sur les animaux, un peu plus loin. Antarès semblait gagner en aisance minute après minute, comme s'il avait trouvé en son collègue canidé un compagnon de jeu. Elle n'entendit la voix de l'homme que d'une oreille distraite, un sourire affectueux illuminant son visage à mesure qu'elle observait les animaux s'apprivoiser. Elle leva son regard vers lui sans se départir de son sourire. Elle avait perçu quelques hésitations et les réalisait seulement, fronçant un sourcil une demi-seconde en comprenant qu'elle s'était peut-être aventurée là sur un terrain glissant. L'explication la plus logique, c'était qu'il n'avait probablement jamais été intime avec une femme. Contre toute attente face à un inconnu, son regard se fit tendre, bienveillant, et peut-être aussi un peu amusé par la gêne qui résultait de l'instant. « Oui... et si c'est trop grand aussi, d'ailleurs. » Sans se défaire du petit sourire qui s'était accroché à ses lèvres, elle contournait volontairement le terrain miné. « Hmm... » La question n'était pas bête. Elle n'y avait jamais vraiment réfléchi, aux raisons qui la poussaient à toujours enfermer sa poitrine. Même dans les montagnes, quand elle n'avait rien porté d'autre qu'un tee-shirt pendant des jours -lorsqu'elle portait quelque chose-, on avait choisi pour elle. « Je me sens mieux avec... par habitude, je pense. » Elle haussa les épaules en repensant à l'aisance avec laquelle elle avait oublié l'absence de lingerie. Il y avait un peu de liberté dans la démarche de faire sans, et beaucoup de bonnes choses qui reposaient dans l'idée qu'un homme trouve superficiel quelque chose qui n'avait pour rôle que de cacher une part de vous. Contre Isdès, la dentelle n'avait jamais fait le poids. Considérée et classée inutile dès qu'il avait posé les mains sur Murphy, elle n'avait jamais retrouvé sa propriétaire.

Un coup d'oeil au morceau de tissu prêté par l'homme l'informa que l’hémorragie était maîtrisée. L'air confus, elle le lui tendit. « Désolée pour le sang... » L'excuse fut accompagnée d'un haussement gêné d'épaules. L'homme, lui, continuait de triturer le morceau de tissu poussiéreux. Elle lui offrait de bon cœur et l'idée d'une offrande pareille à un inconnu fit s'esclaffer une voix dans son esprit un peu barré. Ce genre de rencontres n'était pas commun; ce genre de discussions et de cadeaux, encore moins. La réponse du blond à sa proposition la surprit --elle n'imaginait aucun des siens s'essayer à un pareil exercice. Supportrice de l'essai, elle se leva alors qu'il ôtait son haut, prête à lui offrir son assistance. « Attends, attends... » le calma-t-elle en prenant doucement le sous-vêtement de ses mains. Elle le retourna et posa l'avant sur la poitrine musclée de l'homme. L'image était peu usuelle, mais elle pouvait sentir une sorte d'enthousiasme et de malaise s'emparer de son compagnon d'aventure. « Donne tes bras », demanda-t-elle doucement en lui offrant les bretelles, avant de passer derrière lui. « C'est des crochets. A force, on s'y fait » expliqua-t-elle en les liant avec difficultés dans le dos de l'homme. Il était plus musclé que la femme qui avait du s'offrir le sous-vêtement des décennies auparavant. « Je suppose... » Elle posa la main sur son épaule pour qu'il se tourne vers elle. « J'en sais rien. Pour moi c'est comme n'importe quelle fringue. On oublie vite. » Avec un geste du menton, elle s'enquit d'une petite inquiétude. « T'es pas trop serré ? J'ai l'impression d'avoir trop serré en fermant. Normalement ça fait pas ça. Si tu peux plus respirer... c'est pas comme ça d'habitude. Si c'est ajusté, tu peux passer deux ou trois doigts entre ton dos et le truc. » Persuadée de ne pas être claire, elle lui tourna le dos à son tour et tira son tee-shirt jusqu'à ses épaules, dévoilant la pâleur de sa peau mais surtout son propre soutien-gorge. En jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule, elle glissa quelques doigts derrière les crochets pour illustrer ce qu'elle avait tenté d'expliquer. « Et pour l'avant... et bien, il faut juste que... ça emboîte. » Hésitante, elle se demanda une seconde si elle allait là aussi lier l'image à la parole. Murphy faisait probablement partie des personnes les moins pudiques chez elle. De là à se dévoiler face à un inconnu... ? Même Isdès avait attendu plus longtemps que ça. « Tu veux... voir ? » La question était hésitante, mais pas innocente. Depuis quelques minutes, elle se positionnait instinctivement et peut-être à tort comme le professeur d'un autre monde. Ce qu'il voulait apprendre, elle le lui dirait. Ce qu'il voulait voir, elle le lui montrerait.

Et des questions, il en avait d'autres. Étrangement, Murphy se surprit à être bien plus à l'aise à discuter de lingerie que des mystères de la génétique. Elle se sentait la responsabilité de la transmission d'un savoir qu'elle n'était même pas sûre d'avoir -elle avait retenu quelques discours et explications offerts par sa mère, Adelaide ou Nadja, autrefois. Ces souvenirs n'étaient plus tout à fait récents, et peut-être même les avait-elle écoutés seulement d'une oreille à l'époque. A l'infirmerie, ce qui l'avait toujours plus intéressée, c'était la pratique. La génétique, aucun d'eux n'avait jamais rien pu y faire. Murphy avait toujours refusé cette impuissance-là; elle voulait du concret, elle voulait des clés matérielles aux maux que l'on pouvait rencontrer. Alors, transcrire les quelques souvenirs de savoirs théoriques relevait d'une responsabilité qui la rendait hésitante. « Oui, des blondes et des blonds, il y en a partout », approuva-t-elle, soulagée que cette assertion-là ne présente aucun danger. « Non, une anomalie génétique c'est... » Ses prunelles se perdirent dans l'azuré du ciel l'espace d'un instant. « c'est ce qui fait avancer l'espèce. Des fois ça sert à rien, et des fois ça t'avantage. » Elle loucha sur lui lorsqu'il s'approcha pour observer sa propre défaillance génétique. « Des fois ça peut te défavoriser. Si la génétique t'empêche de bien courir, t'es plus susceptible de servir de dîner à un ours affamé que quelqu'un d'autre. » Avec un petit sourire bienveillant, elle ajouta : « tout le monde est porteur d'anomalies génétiques, au point que des fois on sait plus ce qui est censé être normal ou pas. Les Hommes normaux d'aujourd'hui sont plus les mêmes qu'il y a mille ans. C'est l'évolution. » Il lui revint à l'esprit un discours passionné d'Adelaide sur la disparition progressive des dents de sagesse chez l'homme. Devenues inutiles, elles laissaient peu à peu la pression évolutive avoir raison de leur existence. Son regard clair se leva vers l'homme face à elle. « Pourquoi tu me poses toutes ces questions ? Tu comptes fabriquer un clone ou un supervirus mutant ? » Le ton était à la plaisanterie, mais la question raisonnait sérieusement. Elle avait besoin d'une réponse. Elle ne voulait pas être responsable d'un cataclysme biologique. « Je... oui, si tu veux. Je connais du monde qui pourra répondre, mais j'ai besoin de savoir ce que tu comptes faire de ces informations. » Ce n'était quand même pas commun comme échange pour une première rencontre. Elle préférait largement faire enfiler un sous-vêtement à un parfait inconnu que révéler des connaissances dont elle ne savait pas ce qu'elles pouvaient devenir.

avatar
28/07/2015 I My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Elouan & Tam-Tam 3054 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & HOney Verrier & Parfumeur Calusa 878
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Ven 13 Juil - 19:46


Murphy  & Hyacinthe @Antarès @Azalée @Lou


Ce lieu, à part, Hors du temps, possédait une étrange connexion avec le blond. Comme ce dernier il se détachait du reste de l'île. D'autres solitaires, plus ou moins rejetés, pour des tas de raisons, existaient sur ce morceau de terre. Et souvent, plutôt de que de mendier les ressources chez des êtres qui les regardaient avec mépris, ils  finissaient par échouer en ce lieu. Son odeur révulsait assez la plupart des visiteurs, pour qu'on puisse y faire ses petites recherches tranquilles la plupart du temps. Et finalement le nez s'habituait, au bout d'un laps de temps, même si de retour chez soi il demeurait préférable de se jeter dans un bon bain.

Ici, enfermés dans des carcasses de fer dont on devinait plus la forme, on réussissait encore à tomber sur des trésors ayant traversés les années par miracle. Bien entendu, il ne fallait pas avoir peur de se salir les mains, et avancer très prudemment pour ne pas se couper à du fer rouillé, et finir avec une infection qui vous menait tout droit au royaume des morts. Le père d’Hyacinthe lui fit découvrir cet endroit, probablement pensait-il au futur de cet enfant, dont le destin se trouvait entre les mains de dieux légèrement moqueurs et cruels.

Tout aussi bien, le Calusa eut pu tenter au cours des ans de se rapprocher des siens, mais cette idée même le poussait à la fuite. Habité sur les mêmes rivages lui suffisait amplement.


Ici comme ailleurs s'invitaient régulièrement les habitués, les laissés pour comptes, les fuyards, les solitaires, et la plupart du temps ils se reconnaissaient. Alors ils toléraient la présence des autres, chacun inspectant ou faisant ses petites affaires de son côté. Mais, parfois le lieu se laissait envahir par des petits groupes aux intentions plus ou moins louches, qui profitaient de leur nombre quand ils rencontraient de pauvres ères à moitié fous. Les visiteurs réguliers qui y traînaient,  s'évanouissaient alors miraculeusement, empruntant des sorties ou des cachettes bien dissimulées. Le temps que les quelques contrevenants disparaissent pas enthousiasmés par l'endroit et le peu de ressources à leurs yeux "aveugles".

Plus rarement, un terrien errant, devenu fou, y élisait son domicile et chassait tous ceux qui s'aventuraient sur son site. Mais, et Hyacinthe eut pu en témoigner, ça faisait un long moment que ce genre d'incident n'avait agité les détritus, ainsi que les vieilleries qui y décrépissaient.

Ou alors ça servait de logement provisoire un jour ou deux, mais tout humain normalement constitué, terrien, cent ou Odysséen ne s'y attardait jamais plus. Des rats gros comme des poings, effrontés, affamés, se découvraient plus qu'entreprenants pendant la nuit, et donnaient l'assaut à tout ce qui pouvait servir de repas. Donc pour ceux qui espéraient conservés leurs orteils, leurs oreilles ou même le bout de leur nez, deux ou trois heures en journée s'avéraient le minimum syndical.


Malgré sa connaissance du terrain, le blond ne se prétendait pas un expert. Il eut fallu des heures d'investigations pour connaître tous les tenants et les aboutissants de ce grand enchevêtrement labyrinthique de carcasses. Aussi, entre deux visites, on se voyait souvent surpris par des mouvements inédits, ayant libérés des matériaux utilisables, indescriptibles ou juste sans intérêt. Tout dépendant du pourquoi on finissait dans tout ce fatras, en explorateur de l'impossible. Hyacinthe quant à lui, inspectait quelques heures, ramassait ce qu'il jugeait utile, puis se permettait une petite pause pour se sustenter avant de d'effectuer le retour vers la mer.

Cette fois-ci, il croyait revenir vite, avant que ne disparaisse cette glaise miraculeuse. Néanmoins il n'avait pas été capable d'effectuer toutes ses manœuvres, alerté par Lou et ses aboiements intempestifs. Tout ça pour se retrouver une fois de plus en compagnie d'un de ses célestes. Il ignorait le blond, s'il pouvait se considérer béni ou maudit des dieux pour ces rencontres constantes. lui demandait-on de leur faire bénéficier de son expérience de mise au ban de la société ? Qui finalement disparaissait, puisque son histoire sombrait dans l'oubli. Au fond quand on vous croisait mais que l'image de ce que vous étiez n'existait plus que dans vos pensées, il devenait facile de réintégrer une place. Devait-on changer les débarqués, une question intéressante ...


Lui, il se méfiait à la fois de leur science, du moins, le blond remarqua qu'ils s'y réfugiaient souvent quand on allait au fond des choses. Lui il s'intéressait aussi à la complexité du monde. Mais quand les mots le perdaient complètement dans une ratatouille innommable, il se réfugiait dans les vieilles certitudes, ce pourquoi il finit par se disputer avec Rose. Et d'une, le blond le regrettait amèrement, plus d'une fois il rôda autour du campement des premiers arrivants, mais plus jamais il ne la croisa. Alors le voilà résolu à en toucher un mot à d'autres des leurs si l'occasion s'ouvrait à lui. Aussi, à bien y réfléchir il ne croyait pas que les changer complètement, au bout du compte, se révéla très judicieux, chaque peuple devait apprendre de l'autre, en retirer le meilleur et avancer. Jusqu'à ce que ce retour des étoiles prennent les teintes d'un mythe. Un jour, quand lui-même s'apparenterait à des cendres dispersées aux quatre vents.

Absolument en d'accord avec l'Odysséenne sur la faculté de se montrer juste envers tout le monde, il ne rajouta aucun commentaire. D'ailleurs il se voyait si étranger à leur monde qui se déplaçait dans un vaisseau  suspendu dans les airs, qu'il doutait d'apporter de la clarté sur un sujet aussi obscure pour lui. Oui se suffire ici demandait une certaine énergie et des savoirs, mais quand on les observait si démunis on en déduisait que ces débarqués avaient été drôlement préservés, bien qu'exposés à des défis plus alambiqués


L'incident de la jument blanche, prénommée Azalée, faillit se transformer en drame, Jamais encore elle ne démontra un tel comportement envers ses visiteurs. Tous terriens. Sans doute nota-t-elle un truc particulièrement différent selon un de ses sens, qu'il supputait surtout olfactif. Et bien que Hyacinthe rassura la brune sur les dégâts, il préférait que tous les deux prennent le temps de converser un petit moment, pour qu'il puisse vérifier que ne s'ajouta au cause d'effets secondaires à cette aventure. L'Odysséenne ne refusa pas hostilement sa proposition, au contraire. Et si elle eut décidé de continuer son chemin en lui tirant la langue, le blond l'eut tout à fait accepté.

Par contre, l'idée de la suivre de très loin l'eut effleuré, pour simplement vérifier qu'elle retournait sans aucun incident difficile au bercail. Oui ça le retarderait, et certes il s'en passerait bien, mais les relations entre les terriens et les skairus menaçaient encore de s'enflammer rapidement si quoi que ce soit s'interprétait comme un geste menaçant de l'un envers l'autre. Et bien que le Calusa n'imagina pas que ce fut le genre de la brune de l'accuser pour le plaisir, il n'excluait pas des interprétations erronées de ceux qui la découvriraient inconsciente, et ça il désirait l'éviter par-dessus tout.

Mais visiblement, elle lui accordait le droit veiller sur elle quelques minutes, ou un peu plus. Bien qu'il ne le laissa pas voir, le soulagement l'envahit, il se détendit un peu, pas entièrement, des imbéciles pouvaient toujours surgir à tout moment!


La Brune lui assura qu'elle se portait bien, et lui, le Solitaire, il acceptait de la croire. Il n'appréciait pas quand on sous entendait qu'il mentait, alors il s'abstenait de reproduire ce schéma avec ses interlocuteurs « Oui, je peux comprendre, quand je panique je je je deviens paranoïaque » Enchaîna-t-il compréhensif, et c'était peu de le dire. Lui, ça lui arrivait d'effleurer la folie quand ses démons se réveillaient, bien qu'il sut les maîtriser de mieux en mieux, les années passant « Et bien on va dire ça alors, jusqu'à preuve du contraire, c'est votre parfum naturel »

Et ça pour un parfumeur, ça s'appelait un concurrent, rien ne parvenait à vaincre la nature, si sa propre odeur charmait les animaux, peu de gens devaient lui résister. Enfin tant que leur nez se laissait hypnotiser en bien par la flagrance qu'elle dégageait. Parce que oui, ça provoquait aussi l'effet contraire

« Oui tout à fait parfumeur, en fait c'était le hobby de ma mère, j'en aie fait ma passion, et je crée des parfums pour les terriennes, ça vous étonne ? ... En vérité mon vrai métier c'est verrier mais on vient me voir pour les deux choses » Précisa-t-il amusé et perplexe. S'imaginait-elle que les femmes, au ciel ou sur terre se révélaient si différentes, toutes, ou presque, souhaitaient sentir bon. Et même, des hommes commandaient sous prétexte d'offrir un cadeau, mais au fil du temps il reconnaissait le goût sur la peau de ceux-ci quand ils repassaient chez lui.

En partie sur le même thème, alors qu'ils se retrouvaient plus abrités qu'auparavant, et bien moins exposés aux vents, la femme plaisanta sur la nature de l'Azalée. Et même si les équidés ne possédaient en rien une seconde nature carnivore, le blond esquissa un timide sourire. Oui, selon l'expérience de l'Odysséenne, ça se résumait un peu à ça  « C'est peut-être un peu plus compliqué, parce que je suis devenu aussi passionné de toutes les plantes, de leurs bienfaits et j'ai construit une immense serre mais oui .. oui .. Oui, elles sont été choisies pour leur parfum »

Bien qu'il eut conversé avec bien des étrangers tombés du ciel, aucun ne montra jamais un réel intérêt pour ses occupations. Oh ceux qu'il hébergea adorait son jardin, sa serre, mais leur curiosité s'arrêtait là, et s'étendait beaucoup plus à la mer qui bordait presque sa maison, il suffisait de franchir une dune et l'océan vous ouvrait les bras. Les débarqués se préoccupaient surtout de l'abri qu'il leur offrait, et de sa capacité à les sortir des ennuis. Le reste ne pesait pas beaucoup dans la balance. A part sans doute pour Raphaël ou Rose ... Généralement il ne se répandait pas sur lui, ou ses occupations.

Mais tout dépendant de la personne en face de lui, et celle-ci lui inspirait assez de confiance pour qu'il parvint à s'ouvrir sans pour autant le réaliser à contrecœur. Et finalement ça faisait quand même du bien, de ne pas se méfier des coups qui suivraient ...


Si bien qu'il se risqua à quémander une démonstration, une petite flamme au fond de son esprit le démangeait trop, au point qu'il s'en moquait de paraître idiot aux yeux de la femme.  Contre toute attente, elle ne lui envoya pas son poing dans le visage. Et aucune insulte fleurie ne s'échappa des lèvres rougies par l'air frais à son encontre. Pourtant il ne doutait pas qu'elle en eut en réserve une grande panoplie. Oui trop grand, ça ne devait pas non plus être très agréable, néanmoins  Hyacinthe, préférait large que trop serrer « Oui je vois ... Et par habitude, si jamais tu venais à en manquer, est-ce que tu pourrais malgré tout te sentir bien ? »

Oui, ça l'intriguait tout ça, le blond, il ne discutait pas souvent avec des filles. Ou alors avec les terriennes il flirtait un temps? et puis finissait par se fâcher. Surtout, il ne voulait pas non plus allumer cette bougie dans le cerveau qui eut soufflé à une native que tout ça lui rappelait un conte bizarre. A propos de cette fille qui finalement n'en était pas une, mais un garçon pervers qui se dissimulait pour tous les tromper. Oui ça se résumait un peu à ça désormais sa réputation. Et avec Murphy, il ne craignait rien, il ne jouait plus, il parvenait enfin à devenir lui-même, se risquant sur un terrain miné qu'il lui devenait nécessaire de parcourir pour enfin s'affranchir de toutes les illusions qui lui barraient encore la vue.

La jeune femme vérifia une dernière fois sa blessure qui finalement ne se révélait pas si profonde que ça ! Il accepta de reprendre le tissu souillé, bien qu'il lui eut cédé sans aucun problème, au cas où elle eut du en avoir recours à nouveau. Mais le Calusa ne s'éternisa pas avec ses songes, il favorisa la démonstration de la femme des cieux. Comme un enfant avide de comprendre le fonctionnement du "jouet" qu'on lui donnait, il avalait toutes les paroles de Murphy comme si ses mots se fussent transformés en savoureux morceaux de chocolats. Et torse nu il tendit ses bras comme elle le lui demandait tandis qu'il devisait dans sa caboche sur les sensations du vêtement sur lui.

Hyacinthe y jeta des prunelles vertes, curieuses, un peu dubitatives sur la forme que ça prenait sur lui. Mais soit, une expérience se vivait jusqu'au bout, et il la désirait passionnément. Mais une fois que L'Odysséenne rejoignit les crochets dans son dos, il agita d'abord les épaules. Puis le blond émit une longue respiration afin de vérifier que tout ça ne lui couperait pas le souffle
« Vous êtes courageuses les filles, j'ai l'impression que ça gêne pas mal les mouvements ment ment ... Et puis peut-être bien qu'il me faudrait une taille plus grande oui ... J'étais plus fine ... fin ... avant »

A l'époque quand il, elle - l'adolescente disparue - eut pu se trouver confrontée à cette possibilité-là. Il se leva donc pour effectuer quelques pas, s'en alla caresser Azalée alors qu'une bande qui passait en dessous de son épaule lui mordait durement la peau.

Tandis que Lou se jetait dans ses jambes en jouant avec Antarès, les voilà super amis tous les deux. Ça l'émeut un peu le marin d'eau douce, alors il se penche vers les deux canidés pour se mêler à leur amusement quelques instants. Mais un truc saute dans son dos. Sa Poitrine d'ailleurs lui apparaît bien plus dégagée  

« Oh je crois bien que j'ai brisé un de vos petits crochets ! » Déclara-t-il un peu piteux mais l'Odysséenne ne tiqua pas sur l'instant, quelque, idées différentes occupaient l'esprit de la belle. Oui, à propos de cette bouillasse informe que lui servit Rose. Les anomalies génétiques. Finalement la blondeur ne lui apportait pas trop de problème, mais le Calusa ne percevait pas en quoi ce changement ait pu faire grimper l'homme d'un créneau au-dessus. Il eut bien débattu à ce sujet si elle n'eut pas continué avec des précisions qui permirent à une petite lucarne de prendre vie dans son cerveau.

Est-ce que dans son être dormait une possibilité si bizarre que les siens ne l'acceptèrent tout simplement pas. Puisque jamais vu auparavant ?

Evidemment, L'Odysséenne s'interrogeait sur le pourquoi  de ce service. D'un geste presque doux il écarta un petit caillou de sa route, puis il s'inclina vers elle. Trois fois
 « Un clone ? Non je ne sais que fabriquer des vitres, créer des essences et m'occuper d'un jardin ... Et puis avec les reapers on a bien assez de tracas, même si on en croise beaucoup moins  » Seraient-ils en voie de disparition ?  « C'est pour moi » Finit-il par murmurer en triturant un vieux chardon flétri  « Pour comprendre ce que je suis exactement... Je peux ... T'expliquer un peu ... Si tu as vraiment besoin de ces informations »



@Murphy Cavendish

Meilleur voteur
avatar
06/12/2015 Lux Aeterna Nope 34993 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1100
Meilleur voteur


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...
Lun 6 Aoû - 2:38



❝ Hope of deliverance from the darkness that surrounds us... ❞
Murphy Cavendish & Hyacinthe Bosco
(4 septembre 2117)


La chaleur et la lumière se réverbéraient sur les surfaces métalliques qui constituaient le squelette de la décharge. Le mois de septembre n'apportait que peu de fraîcheur lorsqu'on le comparait à l'été passé, et ici, la moindre particule de chaud semblait amplifiée par dix tant les sens en prenaient pour leur grade. Lorsque l'on parvenait à faire oublier à ses rétines les brûlures des parois métalliques brûlantes, il restait l'odeur pestilentielle et constante, mille fois plus agressive sous le soleil qu'elle pouvait l'être lorsque les jours étaient plus froids. A l'abri d'une barricade faite d'un mélange de matériaux peu conventionnel, de ceux que l'on pouvait probablement trouver seulement en ces lieux, Murphy n'était qu'à moitié vaccinée contre les horreurs qui attaquaient tous les sens. Ceux et ce qui décidaient de fréquenter le coin ne pouvaient le faire que pour de bonnes raisons; des raisons qui contrebalançaient suffisamment avec l'adaptation qu'il impliquait, en tout cas. Les Hommes qu'elle avait déjà croisés ici y recherchaient tous quelque chose, qu'elle ait su ou pas ce dont il s'agissait. Des petits trésors se cachaient sous la surface dégueulasse, si on prenait le temps de fouiner un peu et de mettre en sourdine les sens paniqués par ce qu'ils percevaient malgré eux. Malgré tout, y faire une rencontre n'avait jamais été le but premier de quiconque mettait les pieds ici. Ici, fuir le moindre signe de vie était un réflexe instinctif, comme si sa survie en dépendait. La vie qui grouillait ici n'était pas de celle que l'on aimait côtoyer -ou bien peut-être était-ce là les manières d'une Débarquée peu habituée à ce que la Terre abritait ? L'Odysséenne avait toujours fui le moindre mouvement ou bruit comme s'il laissait présager des pires nouvelles. Si ce n'était pas un animal dont elle préférait ignorer l'existence même, alors c'était une pile de déchets qui perdait au jeu de l'équilibre. Dans tous les cas, Murphy avait appris à force de visites à la décharge que plus les environs étaient calmes, plus elle se rapprochait d'un état sécuritaire. Aux premiers abords, donc, elle aurait eu tendance à se méfier de cette rencontre incongrue. Il ne s'agissait pas seulement du Terrien, mais de toute la petite armée qui l'entourait. Ils n'étaient pas deux mais cinq, et ça amplifiait encore l'effet de l'inquiétude créée par une rencontre hasardeuse en ces lieux.

Pourtant, une dose raisonnable de confiance s'installa rapidement entre eux -peut-être un peu trop rapidement pour la raisonnable et méfiante qu'elle était. Peut-être parce que la méfiance n'avait pas été maîtresse de leurs premiers échanges, ils dépassèrent rapidement le stade de la danse loufoque qui consiste à se montrer vigilant voire inquisiteur, en tout cas peu apte à tomber dans le jeu de charme de l'autre, et surtout prêt à trancher une carotide si ça s'avérait nécessaire. Cet esprit là avait survolé les deux âmes égarées pendant quelques instants seulement, avant que le hasard ne vienne installer quelque chose de plus calme et inattendu, comme pour court-circuiter le superflu et leur prouver dès maintenant que la querelle n'avait pas sa place entre eux.

Installée contre une paroi métallique qui avait miraculeusement baigné dans l'ombre suffisamment longtemps pour demeurer fraîche, Murphy s'autorisa donc à reprendre son souffle pour encaisser les fortes émotions des derniers instants. Elle ferma ses paupières quelques instants, oubliant presque dans le même temps que l'homme à ses côtés était encore un total inconnu quelques minutes plus tôt et que même maintenant, elle ne connaissait pas son prénom. Qu'il l'ait sauvée face à l'attaque surprise de l'un de ses compagnons de route marquait sans doute le point temporel décisif à partir duquel Murphy avait senti poindre une réelle confiance envers l'homme. C'était un concours de circonstances qui avait mené à son sauvetage par le Terrien, et c'était sans doute l'une des preuves les plus fiables du fait qu'il ne lui voulait aucun mal -et qui plus est, qu'il ne souhaitait pas la voir dans une mauvaise situation, qu'il en soit ou non responsable. A moins que la jument ait été spécifiquement briefée pour chercher à lui croquer les cheveux au moment même de leur rencontre, Murphy pouvait affirmer avec confiance qu'elle faisait face à un homme, si ce n'était pas pacifiste, au moins bienveillant. C'était aussi l'une des premières fois qu'un Terrien la considérait presque comme une de ses égales, acceptant son vécu et sa réalité comme une norme acceptable -et plus qu'acceptable même, digne d'intérêt et génératrice de curiosité. « Paranoïaque ? » Son nez se retroussa un peu, signe de l'offense qu'elle venait de prendre pour elle. Elle tâtait un peu nerveusement la plaie sur son crâne en jetant un coup d'oeil offusqué au Terrien, cherchant à savoir quelles avaient été ses intentions en utilisant ce terme. Murphy n'était jamais paranoïaque; elle était méfiante, et il n'existait pas de telles choses qu'un trop-plein de méfiance. La méfiance, c'était votre meilleure alliée face à un inconnu ou à une situation inconnue. C'était le dernier bastion avant la déconne. Lorsque cette défense était tombée, il était trop tard pour rattraper les choses. On ne pouvait guère que subir, attendre que ça passe, reconstruire un peu les choses comme on pouvait, mais elle avait appris ici que tout pouvait aller beaucoup trop vite pour qu'un quelconque espoir d'un retour en arrière soit possible. Une fois les dernières défenses tombées, alors un seul moment pouvait suffire à tout changer, y compris votre propre existence. Dans ce monde, il n'y avait pas de telles choses que la paranoïa. Mais après avoir sondé le visage du blond quelques instants, elle conclut à une maladresse linguistique et ses épaules s'apaisèrent sous le soulagement. « Je savais pas que je sentais quelque chose de particulier », souffla-t-elle finalement avec un petit sourire, consciente que son hygiène avait pourtant décliné dès l'instant où le vaisseau mère s'était écrasé. L'odeur et l'inconfort, elle s'y était progressivement fait, même si le soulagement d'un bain était toujours aussi important. Mais la transpiration sentait la même chose pour tout le monde, non ? Alors ce charme que la jument lui avait trouvé, elle ne le comprenait toujours pas réellement. Le principal, se disait-elle en jetant un énième coup d'oeil à l'animal, c'était que ce dernier avait trouvé un autre centre d'intérêt et que son cuir chevelu et que sa tignasse prenaient un repos bien mérité après tant d'émotions.

Mais bien vite, elle comprit qu'elle avait à faire à quelqu'un qui s'y connaissait bien plus en odeurs et parfums que ce ne serait jamais son cas. C'était une de ses spécialités, à dire vrai. Parfumeur. C'était une drôle de chose, d'en faire sa spécialité. « Je... oui, ça m'étonne un peu », répondit-elle franchement. Mais en y réfléchissant -maintenant qu'elle prenait le temps de le faire-, Murphy pouvait comprendre cet attrait. La Terre regorgeait d'occupations pour l'odorat. Sa capsule céleste semblait presque aseptisée à côté de ce que l'air et la terre offraient ici. Il y avait le minéral, le parfum de la terre, celui du soleil, celui du chaud et du froid; il y avait le végétal, les multitudes de fleurs qui donnaient à leurs pollinisatrices de quoi se délecter, comme un moteur ou une récompense à leur mission, les arbres, l'herbe, les fruits savoureux et ceux desquels il fallait mieux rester éloignés; et puis il y avait l'animal, les odeurs naturelles qui piquaient les naseaux et celles qui plaisaient comme celles d'une peau que l'on aimait... ce monde-ci regorgeait d'odeurs nouvelles et c'était la première fois qu'elle se posait la question de leur étude, de leur passion. Depuis qu'elle était ici, renifler le parfum d'une fleur relevait de l'expérience agréable mais qui ne durait que quelques instants. A part quelques rares exceptions, elle laissait les fleurs là où elles les avaient trouvées, sur l'arbre ou dans la terre qui les avait vues naître. C'était là que s'arrêtait l'expérience de la recherche de parfum. De temps en temps, un parfum nouveau s'ajoutait à sa liste de découvertes, ou d'anciens parfums refaisaient surface, mais elle les glissait dans des tiroirs qu'elle ne rouvrait que lorsque le souvenir était à nouveau appelé, des jours, des semaines ou des mois plus tard. C'était celui de la terre lorsqu'il pleuvait, du feu de bois rassurant et salvateur en plein hiver, des herbes lorsque le printemps naissait, d'une peau mate sous les chaleureux rayons d'été... Le parfum était une science autant qu'un art. Tout compte fait, c'était logique que l'on veuille s'y consacrer comme ça semblait être le cas de l'inconnu. « Je sais pas... » ajouta-t-elle finalement, « j'ai toujours vu les odeurs comme des trucs spécifiques à un machin. Ce serait ridicule si je sentais la fleur, non ? » Elle pouffa en arquant un sourcil amusé à l'idée de sentir comme la plus parfumée des fleurs qu'elle avait pu sentir jusqu'ici, et réalisa un instant trop tard qu'elle venait probablement de commettre une gaffe. « Je veux dire, à quoi ça sert de sentir bon ? Si c'est pas notre vraie odeur, c'est tricher... c'est déjà bien de pas sentir mauvais. » Elle réalisa soudainement que face à un homme spécialisé en la matière, elle devait être source d'une odeur pestilentielle. La longue marche jusqu'ici sous le soleil de septembre n'avait pas pu ne pas laisser de trace, et elle pouvait sentir de façon décuplée la moindre goutte de sueur qui glissait sur son front ou dans sa nuque, sous l'épaisse tignasse qu'elle ne s'était pas encore décidée à attacher. Mais peut-être que les parfums dégueulasses de la décharge la sauvaient, au moins pour cette fois ? Au milieu de ces questionnements un peu étranges, qu'elle avait pour la première fois depuis un bon moment et pour la première fois en ces lieux, Murphy releva subitement le regard vers le blond. Verrier, aussi ? Il était donc plein de ressources ! Et l'information n'était pas tombée dans l'oreille d'une sourde. « Verrier ? Comme si tu faisais... du verre ? » Elle pencha la tête, hésitante. Elle n'avait jamais osé d'un tel luxe, même dans ses instants les plus optimistes, mais leur maison, à Tennessee et elle, ne pourraient ressortir que solidifiées d'une éventuelle coopération. Même si cette dernière ressemblait pour l'instant à une forme de science-fiction, Murphy ne pouvait pas laisser passer l'information sans rien relever. Que pourrait dire Tennessee lorsqu'elle lui annoncerait qu'elle avait fait la connaissance d'un verrier ? Pas grand chose, à dire vrai -elle ne lui annoncerait probablement même pas et se contenterait de garder ce petit miracle pour elle. Si elle était un peu suffisante, Murphy s'en vanterait même un peu une fois de belles fenêtres posées de son côté de la maison. Mais encore une fois... ce scénario appartenait à un avenir lointain, lointain au point d'être inexistant. « Du coup, tu fais quoi ? De la vaisselle ? » Dans le cas d'espoirs pareils, il fallait toujours demeurer vigilant. Les fenêtres de verre n'appartenaient pas une autre époque, mais à un autre monde. Ce serait ridicule de se mettre à croire à une absurdité pareille. Au mieux, elle pourrait peut-être gagner un beau service de table duquel elle pourrait se vanter auprès de Tennessee. Encore faudrait-il qu'elle ait quelque chose à offrir en retour -encore faudrait-il qu'il soit question d'une forme de troc entre les deux inconnus qu'ils demeuraient malgré les minutes qui défilaient.

Et plus les minutes passaient, plus il devenait évident qu'il était celui des deux qui avait le plus à offrir, lui rappelant sans le vouloir -une première sur cette Terre- qu'il était celui qui était d'ici. « Le bienfait des plantes ? » La brune arqua un sourcil sans chercher à cacher l'intérêt qu'elle avait pour la matière. On lui avait déjà donné quelques enseignements par-ci par-là pour combler les lacunes matérielles qu'ils accumulaient, mais elle ne pouvait pas accepter d'abandonner les enseignements médicaux de sa mère juste parce que les moyens changeaient. Ces nouveaux moyens, elle devait apprendre à les apprivoiser, et comme cette langue qui n'était pas la sienne, elle faisait à son rythme mais surtout au rythme que lui imposaient ses rencontres et ses retrouvailles. Oona était sa professeur de langue officielle, mais qu'en était-il des plantes, qu'en était-il de ce qui devait prendre la suite des antibiotiques et de toutes les molécules qu'ils n'avaient plus ? « Et ça sent bon, les azalées ? » La question était légère, authentique. A quoi servait-il de rêver à des connaissances qui demeuraient inaccessible ? Des fenêtres de verre comme des dizaines de plantes miraculeuses, c'était inaccessible pour des débarqués comme eux. C'était ce qu'on lui avait fait comprendre trop souvent déjà. Les choses auraient d'ailleurs pu être résumées à un "démerdez-vous ou crevez", voire même à un magistral et condescendant "démerdez-vous et crevez".

Mais son esprit vola à nouveau du côté des occupations que le Terrien décrivait. Une serre, ça devait être beau, un petit trésor au milieu du monde qu'elle était habituée à fréquenter. C'était réconfortant d'imaginer qu'on puisse aussi bien s'installer ici, même si ça n'était plus vraiment un problème depuis quelques générations pour les descendants de ceux qui étaient restés sur Terre. Elle rêvait à ça pour elle aussi, un petit confort personnel et choisi, une petite parcelle de terre qui serait sienne, entourée de ceux qu'elle aimait, remplissant ses journées à faire ce qu'elle aimait. Elle le voulait pour les générations à venir, si les survivants du crash parvenaient à perpétuer leur groupe, mais égoïstement, elle le voulait pour elle aussi. Elle ne voulait pas se contenter de quitter ce monde avec une oeuvre inachevée et le seul espoir pour ceux qui lui survivraient de connaître ce qu'elle n'aurait jamais pu connaître.

Penser à ces choses-là ici, c'était rester sur cette marche habituelle de la pyramide de Maslow malgré les nouvelles variables venues s'ajouter à l'équation en même temps que l'homme et ses deux compagnons s'étaient ajoutés au duo formé par Murphy et Antarès. Les derniers remparts, elle les avait bien abattus, qu'elle le veuille ou non -et en réalité elle le voulait, parce que c'était doux, comme sensation, d'accepter une nouvelle connaissance sans lui prêter les pires intentions possibles.

Et peut-être que finalement, elle avait quelques petites choses à lui apprendre -des choses auxquelles elle n'aurait jamais pensé, et des choses qui n'avaient probablement de valeur qu'au regard de l'homme qui lui faisait face. Murphy n'aurait jamais cru devoir expliquer la lingerie à un Terrien; le seul qui y avait prêté attention jusque-là s'était empressé de faire disparaître ce qu'il avait considéré inutile et superflu. Elle n'avait jamais pensé non plus qu'on puisse lui poser tant de questions au sujet d'un bout de tissu qui avait toujours fait partie de son existence de celle de la plupart des femmes qu'elle avait côtoyés là-haut. Après avoir allié le geste à la proposition et habillé le Terrien de ce morceau de tissu, Murphy se fit hésitante ; pas seulement parce qu'elle se demandait si elle allait devoir en dévoiler un peu plus d'elle-même pour expliquer les choses, mais aussi parce que ce n'était pas courant comme exercice de faire essayer un soutien-gorge lors d'une première rencontre. Certaines filles faisaient peut-être ça entre elles pour s'amuser -ça n'avait pourtant jamais été son cas avec Faust-, mais elle avait toujours considéré ces pièces comme à la fois appartenant à sa sphère privée et bien peu digne d'intérêt. Pour résumer : lorsqu'elle y portait un peu d'intérêt, c'était pour jouer avec lorsqu'elle cherchait à faire naître une étincelle dans un regard masculin, et elle avait bien compris au dernier regard masculin qu'elle avait fait flamber que c'était un accessoire devenu obsolète. Ce qui faisait vibrer le Terrien qu'elle venait de rencontrer, c'était sans doute une forme de curiosité qu'elle ne pouvait qu'imaginer, elle qui avait tant à découvrir de son monde, face à lui qui ne devait faire la connaissance que de ces petites choses et d'autres petites choses du même acabit. « Je pense que je pourrais m'y faire » haussa-t-elle les épaules, même si elle n'avait jamais vraiment réfléchi à la question. Pendant les quelques jours passés aux côtés d'Isdès, ces conneries délicates ne lui avaient pas vraiment manqué. C'était une question d'habitude et, quand on y réfléchissait, c'était probablement le cas de toutes les fringues qu'ils portaient.

Elle lui tendit le morceau de tissu qu'il lui avait offert un peu plus tôt, rassurée de constater que les saignements de sa plaie avaient pris fin. Cet incident était clos et les explications s'accompagnèrent de quelques épreuves pratiques. Les crochets se refermèrent en un instant sur la peau du blond alors que Murphy s'éloignait de son oeuvre pour mieux la contempler et mieux reprendre ses explications. Quelques doigts dans son dos pour expliquer ce qui justifiait le confort d'une bonne taille et déjà elle s'imaginait devoir exposer le côté face de son propre soutien-gorge. Elle n'était pas des plus pudiques mais dès la première rencontre ? Il faudrait au moins qu'il lui offre une tranche de sanglier rôti, quand même, non ?

Mais l'homme se perdait dans ses propres mots et dans l'exercice qu'était celui de porter un soutien-gorge pour la première fois. Murphy lui sourit doucement et amicalement, d'un air presque protecteur et maternel. « Avec une bonne taille, ça va déjà mieux. Et puis c'est une question d'habitude, j'imagine... » Elle réajusta son tee-shirt dans son dos avant de vérifier d'un bref coup d'oeil que les animaux étaient toujours tranquillement installés dans leur coin, en train de se présenter poliment, sans montrer les crocs. Elle le regarda s'éloigner pour rejoindre la bande d'animaux, un peu tendue sans qu'elle ne sache expliquer pourquoi. Elle en profita pour tâter délicatement et à nouveau la plaie désormais bel et bien sèche et alors que ses prunelles s'étaient perdues du côté des chiens joueurs, elles retrouvèrent l'homme rapidement lorsqu'il reprit la parole. « C'est pas mes crochets, c'est les tiens... je t'ai dit qu'il m'irait pas, garde-le si ça te dit. Mais s'il était trop petit tu dois respirer à nouveau... » Son esprit commençait déjà à se perdre vers d'autres considérations, vers un enseignement moins évident et moins instinctif et pour lequel elle devait avoir recours à des souvenirs plus anciens, plus chaotique, moins cultivés au fil des années. Quel militaire parlait suffisamment de génétique pour entretenir ses savoirs ? Certainement pas elle. Il fallait rappeler de vieux souvenirs, tous liés à Ofelia, dont elle laissa volontairement la présence de côté pour ne pas perdre le fil.

C'était étrange de parler de ces choses-là à un novice alors qu'elle avait toujours baigné au milieu de ces termes bizarres qui abreuvent le domaine de la génétique. Peut-être qu'elle avait quelque chose à apporter, finalement -quelque chose d'autre que de la lingerie trop petite. La génétique demeurait un mystère même pour les plus aguerris; elle se contentait de reporter les faits qu'on lui avait exposés, et quelque part, il lui semblait percevoir à mesure de ses explications comme une forme de soulagement du côté de son interlocuteur. C'était gratifiant d'être responsable de ce genre de légèreté retrouvée. La gravité, lorsqu'elle vous tombait dessus, était souvent dure à évincer. Lorsqu'une chance s'offrait de la laisser prendre son propre chemin, le monde entier semblait prendre une teinte différente, et Murphy sourit en réalisant que c'était peut-être ce dont elle était responsable. Mais les questions demeuraient étranges et avec ses réponses qui semblaient avoir un réel impact sur le blond, une question inquiète s'imposa au creux de son estomac et dans les airs. Nerveuse, elle se demandait quelles pouvaient être les raisons qui poussaient à se poser de telles questions, surtout dans un monde pareil. Lorsque l'on pensait médecine ici, les premiers réflexes étaient de se focaliser sur les centaines d'agents pathogènes ou toxiques dont les environs regorgeaient. Les gènes, c'était secondaire; c'était le luxe que l'on se permettait de penser à un peu plus long terme.

Restée sous la protection du bloc métallique duquel ils s'étaient rapprochés un peu plus tôt, Murphy regarda l'homme la rejoindre et se pencher vers elle pour lui répondre. « Les Reapers ? » Elle fronça les sourcils, perdue. Elle ne le quittait pas des yeux alors qu'il murmurait quelques précisions sur le ton de la confidence, une fois l'éventualité des clones mise de côté. « Je manque peut-être de délicatesse mais j'aimerais bien » demanda-t-elle assez sérieusement, pas par curiosité ou cruauté mais par esprit de devoir, pour aller jusqu'au bout des choses. Elle sourit un peu timidement, consciente qu'elle en demandait peut-être plus que ce qu'il était prêt à lui donner, avant de se rapprocher de lui pour glisser un index sous une bretelle du soutien-gorge et la faire claquer sur son épaule avec un petit sourire. « S'il te fait mal, tu devrais l'enlever », conseilla-t-elle alors qu'il s'occupait nerveusement des quelques brins de végétation qui avaient trouvé le moyen de naître ici. Ils s'aventuraient sur un terrain glissant et c'était ce que tous ses sens lui renvoyaient; ce n'était plus que la timidité de l'homme était palpable, c'était qu'elle était devenue visible dans chacun de ses gestes. « Moi c'est Murphy. » Puisqu'elle cherchait à rendre fluides les prochains instants, elle considérait qu'il était temps que les présentations officielles soient faites. C'était le moment de l'accompagner dans les confidences qu'elle lui demandaient, quelles qu'elles soient.

Contenu sponsorisé


Sujet: Re: Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...

 

Hope of deliverance from the darkness that surrounds us...

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La loi Hope, est-ce une solution? et IT?
» Le Congres americain pourrait adopter le HOPE
» • I hope that tomorrow will be better
» Le HOPE, une bouffée de gaz carbonique pour l’économie ?
» 01. Only Hope • Dakota (terminé)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: welcome to hell :: Aux alentours de l’Odyssée :: La décharge-