Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
maybe life should be about more than just surviving


avatar
Invité
Invité


Sujet: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
Dim 3 Sep - 6:53


when all those shadows almost killed your light
Feat Chris
Tu t’étais réveillée avec les yeux bouffis. Rougis par la nuit que tu avais passée à pleurer toutes les larmes de ton corps. Tu revoyais la scène à chaque fois que tu fermais les yeux. Tu revoyais le visage brisé de Chris. Le corps sans vie de Robb. Les cris. Non ... ton cri. À la fois humain et animal. Le parfait hybride du désespoir le plus total. Et le sang … tellement de sang.

Tu ne sais pas comment, mais à un moment, tu t’étais endormis ... probablement épuisée par toutes les émotions qui faisaient des ravages en toi. Mais le soleil s’était levé sans la moindre merci. Se moquant bien de ton chagrin. Commençant une nouvelle journée comme si rien ne s’était passé. Comme si tout était normal. Comme s’il ne manquait pas un humain sur cette Terre. Les rayons chauds venaient chatouiller ta peau, mais tu les ignorais. Tu préférais rester dans l’ombre. Tu t'y sentais mieux. À ta place. Mais en même temps, tu aurais voulu être accompagnée dans les ténèbres. Ne pas être seule. Tu avais envie, non pas de te faire consoler, mais de te faire comprendre. Des bruits de pas se firent entendre tout près de ta tente et dès que tu entendis quelqu’un y pénétrer, tu te redressas rapidement pour faire face à l’entrée. « Chris ?! ». Tu espérais entendre sa voix répondre à l’affirmatif, mais ton visage se décomposa lorsque tu vis que ce n’était qu’Aliénor. Tu adorais ton amie … vraiment. Mais à cet instant, ce n’était pas elle que tu avais envie de voir. Tu remontas donc ta couverture sur ton corps, jusqu'à tes épaules, puis y cacha ta tête dessous comme si tu pouvais y disparaître. « Si tu veux le voir, tu devrais tout de suite y aller Rach’. Il est sur le point de partir du campement. » Quoi ? Tu ne pouvais pas le croire. Tu ne pouvais pas. Tu avais certainement mal entendu. C’était impossible. Il ne partirait pas. Du moins, pas sans venir te le dire. N’est-ce pas ?

Ton amie vint s’assoir près de toi, rabattant le drap sous lequel tu étais emmitouflée pour en libérer ton visage. « Je suis sérieuse Rach’, si tu veux le voir, c’est maintenant. » Sa voix était douce. Comme si elle avait peur que tu ne te brises en deux par les vibrations de ses cordes vocales. Tu ne pouvais pas lui en vouloir ... Tout le monde te prenait en pitié. Mais le poids de ses mots te tomba dessus, t’obligeant à te lever précipitamment. Te dirigeant à l’extérieur sans la moindre cérémonie.

Tu regardais de gauche à droite. Complètement affolée.
Tu voyais les gens qui s’affairaient à leurs tâches quotidiennes, cherchant parmi eux une silhouette qui t’étais familière. Ali’ était sortit en même temps que toi, sur tes talons, te révélant rapidement que la dernière fois qu’elle l’avait vu, c’était près du feu de camp. Tu t’y précipitas donc. Au pas de course. Pieds nus, des brindilles venaient pincer leurs plantes. Te faisaient grimacer. Mais tu t’en foutais si tu avais les pieds en sang. Il fallait que tu le trouves.

Lorsque tu fus suffisamment près, tu le vis, en train de balancer son sac sur son épaule. Prêt à partir. Comme elle te l'avait dit. Soudainement, tu te sentis bouillir. Contre lui. Contre le monde entier. Il était dos à toi. Tu avais l’effet de surprise. À peine quelques mètres. Quelques centimètres. Puis tu tiras sur son sac. Suffisamment fort pour en détacher la couture d’une bretelle, le laissant ainsi tomber sur le sol. Chris se retourna vers toi, surpris. Se demandant sans doute qui avait eu le culot de faire une chose pareille. Mais, ne lui laissant pas le temps de dire quoique ce soit, tu commenças à t’acharner sur lui. Joignant tes deux mains sur son torse. Le repoussant de toutes tes forces. L'obligeant à faire un pas en arrière. Puis un autre. Puis un autre. « Tu allais partir ?! Sans même me dire au revoir ? En me laissant seule ?! » Un autre pas. Puis un autre. Tu sentais les regards se diriger vers vous. Tu t’en foutais. « Pourquoi ? Pourquoi ?! » Tu étais si en colère. Tu n'arrivais pas à te contrôler. Ta gorge te faisait mal tant tu criais. Les gens commençaient à se disperser, soudainement gênés par la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Tu continuais de le repousser, mais cette fois-ci, avec moins de puissance. Tes bras commençaient à te faire atrocement mal. « Tu n'es qu'un lâche ! J'arrives pas à y croire ! »

© FRIMELDA



Dernière édition par Rachel Gomez le Dim 10 Sep - 5:45, édité 9 fois

avatar
01/11/2015 Glacy 1452 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
- Whatever it takes -


Sujet: Re: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
Dim 3 Sep - 9:31


Mon cerveau qui s'était déconnecté alors que j'étais juste passé dans un mode robotique. Mon cerveau qui s'était déconnecté à l'instant où j'avais vu tout le sang, où j'avais vu les yeux de Robb se fermaient. Je me rappelais mes bras qui soulevaient le corps alors que je l'avais serré contre moi, des larmes dégoulinant silencieusement le long de mes joues avant que je les essuies furieusement. Mon visage qui s'était couvert de sang de nouveau. Mes mains étaient tâchées de sang, ma peau l'était aussi alors que le sang ne maculait pas tant le tee-shirt déchiré que je portais que ma peau. Du sang qui n'était pas le mien mais celui du loup géant dont j'avais abandonné la carcasse derrière-moi au coeur de la forêt. Une carcasse que j'avais laissé derrière non sans récupérer les poignards que j'avais planté dans sa chair encore et encore jusqu'à ce qu'il succombe. Du sang qui n'était pas tant celui du loup géant mais aussi celui de Robb.

Je ne me rappelais même pas la marche jusqu'à leur campement. Taël là pour me guider dans le noir alors que j'avançais sans savoir où j'allais réellement. Je l'avais déposé par terre alors qu'ils accouraient tous, venant de toute direction du campement pour voir ce qui s'était passé. Je ne me rappelais pas leurs visages. Des visages qui étaient flous. Je ne me rappelais pas leur nom. Je ne me rappelais pas leurs regards. Je ne me rappelais pas leurs pleurs. Je ne me rappelais pas de leurs cris ni de leurs chuchotements. Tout s'était arrêté à l'instant où il était mort. Et si une flamme avait paru danser dans mon regard quand Rachel avait crié, cette flamme s'était éteinte aussitôt. Plus rien n'avait substitué alors que je ne pouvais faire taire le sentiment de culpabilité qui grandissait dans mon coeur.

Le visage de Robb. Robb qui meure. Les cris de Robb. Ma silhouette pivotant sur ses talons. Le loup géant qui bondissait. Les griffes acérés qui s'enfonçaient dans le corps du soldat. Les battements de mon coeur qui s'accélèrent. Mes pas précipités sur le sol. Les poignards qui s'enfonçaient dans le pelage touffu du loup géant. Comme si j'échouais encore et encore. M'interposant. Les griffes. La lame qui se plante encore et encore dans la bête. Le sang. Les touffes de poil qui volent. Le visage de Robb. Robb qui meure.

Tout n'était qu'images floues qui s'orchestraient dans mon esprit sans que je puisse en ralentir le rythme. Noyé sous les flots alors que je m'exécutais silencieusement. Regardant les flammes s'emparer du corps silencieusement, plongé dans l'ombre. Avant sur l'odyssée, les morts disparaissaient dans l'espace devenant des étoiles filantes, ici les corps étaient brûlés ou enterrés. Les flammes qui dansaient dans la nuit. Des flammes qui ne réussirent pas à me réchauffer alors que je restais là pour veiller sur le corps. J'aurai pu partir aussitôt. Je l'avais presque fait. Mais une main s'était posée sur mon épaule et m'avait guidé jusqu'aux flammes. Je ne me rappelais pas à qui appartenait sa main. Peut-être était-celle d'Ailina, peut-être celle d'un autre. Je me rappelais pas les mots qui avaient été soufflés si ce n'était ce sentiment de vide qui s'était emparé de moi. Etant resté toute la nuit plongé dans les ténèbres sans faire attention à ce qui se passait autour, sans prononcer un mot. Comme si j'avais appuyer sur le bouton pour éteindre la lumière et que toute la scène avait été plongée dans le noir. Ce qui s'était un peu passé. Incapable de me rappeler réellement les événements qui avaient suivi. Incapable de me souvenir si ce n'était des images de sa mort.

Et alors quand l'aube était là, je m'étais levé. Attrapant un sac à dos qu'on m'avait remis. Je n'étais toujours pas changé mais à cet instant mes vêtements n'avaient pas d'importance. Rien n'avait d'importance à vrai dire alors que j'emportais avec moi l'odeur de la mort et de la culpabilité. Me dirigeant vers l'entrée du campement sans un mot, sans un regard pour les silhouettes qui s'agitaient tout autour. Mes pas qui résonnaient les uns après les autres sur le sol sans que je jette un regard en arrière. M'arrêtant une seconde pour réajuster les bretelles de mon sac.

Ce fut tout ce qui suffit pour qu'elle survienne. Le craquement de la bretelle du sac qui se déchirait alors que je me retournais pour lui faire face. J'étais surpris. Si encore cette expression pouvait se dessiner sur mon visage alors qu'à vrai dire mon regard était hagard. Elle se tenait devant moi, pieds nu. Un détail que mon esprit notait sans que je le retienne complètement alors que déjà elle se mettait à crier. Des mots qu'elle criait qui n'avaient aucun sens alors qu'ils résonnaient juste en écho dans mon esprit sans s'arrêter. « Tu allais partir ?! Sans même me dire au revoir ? En me laissant seule ?! » La regardant comme si elle n'existait pas. Et dans un sens c'était vrai alors qu'elle n'existait pas, pas à cet instant où il n'y avait que les souvenirs et le goût amer de la mort en bouche. Le visage de Robb. Robb qui meure. Les cris de Robb. Ma silhouette pivotant sur ses talons. Le loup géant qui bondissait. Les griffes acérés qui s'enfonçaient dans le corps du soldat. Les battements de mon coeur qui s'accélèrent. Mes pas précipités sur le sol. Les poignards qui s'enfonçaient dans le pelage touffu du loup géant. Comme si j'échouais encore et encore. M'interposant. Les griffes. La lame qui se plante encore et encore dans la bête. Le sang. Les touffes de poil qui volent. Le visage de Robb. Robb qui meure. « Pourquoi ? Pourquoi ?! » Elle cria mais je n'entendis pas ces cris alors qu'elle me repoussait violemment. Me laissant malmener. Une voix dans mon esprit qui me soufflait que je le méritait. Une voix que j'écoutais. Coupable de l'avoir tué. Coupable de l'avoir laissé mourir. « Tu n'es qu'un lâche ! J'arrives pas à y croire ! » Son visage qui s'affichait devant moi, ses mots qui laissaient une marque dans mon esprit autant que je ne laissais rien paraître. L'écartant alors que je me penchais pour ramasser le sac à dos qui était tombé sur le sol comme si elle n'existait pas, comme si elle était une ombre. Le remettant sur mon épaule sans le voir alors que même une bretelle était cassée. Sans la regarder. Sans voir son regard ni celui des personnes autour. Déjà dans les abysses.

avatar
Invité
Invité


Sujet: Re: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
Lun 4 Sep - 5:21


When all those shadows almost killed your light
Feat Chris
Tes pieds étaient gelés. Frigorifiés même. Si la neige n’avait pas encore commencé à couvrir le sol, elle n’allait sûrement pas tarder à descendre des cieux. À ensevelir tout votre campement sous sa pureté blanche. Mais à cet instant, ce n’était pas ce qui était le plus important à tes yeux. C'était même au plus bas de ta liste. À la place, tu avais relâché toute ta colère. Relâché toute la pression qu'elle exerçait sur toi. Ta haine contre le monde entier. Contre Robb pour t'avoir laissée. Contre celle qui t'avait provoquée sur l'Odyssée et qui, au fond, avait raison. Tu détruisais bel et bien la vie de tous ceux que tu touchais. Tant de corps étaient disséminés autour de toi. Alors que toi, tu t'en sortais indemne à chaque fois. Une malédiction, pure et simple. Il n'y avait pas d'autres explications plausibles. Et à cet instant, il n’y avait aucun moyen de remettre ta rage sous clé. Elle était là, invisible, mais si présente. Indomptable. Et elle allait tout détruire sur son passage.

Tu aurais voulu qu’il te réponde. Qu’il fasse quelque chose. N’importe quoi. Mais il restait là. Sans bouger. Sans rien faire. Son regard était absent. Vide. Et c’était comme si tu n’étais pas là, devant lui, en chair et en os. « Tu vas vraiment faire comme si je n’existais pas ? J’importe si peu à tes yeux ? » En tant normal, ça t'aurait attristé. Tu aurais peut-être même versé quelques larmes en pensant qu'en fait, il s'en foutait de toi. Tu avais osé croire que tu étais importante dans sa vie, comme lui, l'était dans la tienne. Mais peut-être qu'en fait, sans Robb, plus rien ne vous liait. Que vous étiez destinés à redevenir de simples étrangers. Mais tu refusais de le croire. Tu le devais. Puis, sans crier gare, il t'écarta de son chemin, bloquant vraisemblablement l'accès à son sac qu'il récupéra du sol avant de le remettre tant bien que mal sur son dos. « T’es sérieux, là ?! Tu vas vraiment partir sans rien me dire ?! Je ne mérites même pas un seul regard de ta part ? » Tu n'arrivais pas à y croire. Le saisissant par le poignet, tu l'obligeas à s'arrêter, geste qui, tu le savais, face à lui, était inutile. Il pouvait, en un tourne main, se libérer de ton emprise. Mais tu espérais que ton geste l'obligerait au moins à te regarder. « Aie au moins le courage de me regarder et me dire pourquoi tu es si pressé de repartir ! »

Spoiler:
 
©️ FRIMELDA



Dernière édition par Rachel Gomez le Dim 10 Sep - 5:45, édité 3 fois

avatar
01/11/2015 Glacy 1452 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
- Whatever it takes -


Sujet: Re: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
Lun 4 Sep - 7:54


Je ne lui répondais pas, c'était comme si elle n'existait pas à vrai dire. C'était l'impression que j'avais qu'elle n'existait pas. Ou du moins autant que je pouvais la voir en face de moi. Elle était là pourtant, en chair et en os devant moi. Son visage n'était pas flou à la différence de celui qu'incarnait la foule autour de moi. Je pouvais mettre un nom sur son visage, un prénom mais pour autant je n'arrivais pas à m'ancrer dans la réalité.

J'étais perdu dans les limbes dans mon esprit, là où les ténèbres m'entouraient. Ne pouvant que repenser à Robb. La difficulté de réaliser qu'il était mort. La difficulté de croire que ce qui s'était passé était réel pourtant je le savais alors que le sang qui se trouvait sur mes mains n'était qu'une preuve supplémentaire de ce qui s'était passé. Autant le désir de rejeter en boucle tous les derniers événements qui s'étaient produits. Autant le désir de rejeter la certitude que je ne le verrai plus demain. Pourtant au fond de moi, je savais qu'il était mort. J'avais regardé le corps disparaître sous les flammes. Restant là jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de cendre. Restant dans l'ombre alors qu'à côté des silhouettes s'agitaient dans le pénombre comme des fantômes qui allaient et venaient. J'étais resté là pendant des heures avant de décider à me lever quand l'aube surgissait, illuminant le ciel d'une teinte orangée. L'incapacité de rester là alors qu'il y avait personne qui m'attendait. Le désir de rentrer. Un geste presque automatique qui m'avait forcé à me lever alors que je me retrouvais à me remettre debout.

Mais elle, elle était la variable que je n'avais pas prévu. Autant que je l'avais vu la veille, je n'avais pas imaginé qu'elle pourrait tenter de me retenir, qu'elle pourrait tenter de vouloir des réponses. Des réponses qu'elle voulait que je n'étais pas prêt à lui donner. Mon regard posé sur elle alors que je la regardais comme si elle n'était pas réellement là. Ce qui était sans doute ridicule alors que tout mon comportement donnait l'impression que je la voyais mais que j'avais décidé de l'ignorer. Le seul petit détail qui montrait que je n'étais pas réellement là n'était que ce regard hagard et perdu que j'abordais. Continuant de réaliser des mouvements automatiques alors que je réajustais la bretelle de mon sac à dos sans prendre compte des larmes qui coulaient le long de ses joues. « Tu vas vraiment faire comme si je n’existais pas ? J’importe si peu à tes yeux ? » Des mots qui résonnaient dans ma tête. Si j'avais été en possession de tous mes moyens, je lui aurai sans doute dit que si elle importait justement. Elle était mini-Miller et je m'étais habituée à sa présence, même avant là-haut dans le ciel, même alors que je trouvais mille raisons pour qu'elle ne nous suive pas partout. Je m'étais attaché à elle comme on s'attache à une petite soeur alors qu'il était difficile de ne pas s'attacher à elle. Ayant pu prendre plaisir à la retrouver à chaque fois que je l'avais revu sur terre alors que tous les anciens mots avaient été oubliés. Heureux de la retrouver alors que j'avais autant retrouver ces piques que nous nous échangions et son sourire. Ce qui n'était pas rien alors qu'elle restait une constante de l'ombre dans ma vie. Et la réalité était que je tenais à elle. Mais je n'arrivais à lui dire autant qu'une voix me criait dans ma tête de lui dire tout, de lui dire la vérité. Une voix qui m'injurait de lui dire que c'était justement pour cela que je devais m'éloigner d'elle. Autant cela, alors que j'avais l'impression que toutes les personnes qui se retrouvaient près de moi perdaient le sourire, disparaissaient ou mouraient. Un sentiment de culpabilité qui m'écrasait alors que je me sentais coupable de sa mort. C'était plus que se sentir coupable, c'était un état alors que j'étais bel et bien coupable de sa mort. Ce que je pensais alors que s'il n'avait pas voulu me sauver la vie, il ne serait pas mort. Méritant de mourir à sa place. Un jugement qui se déroulait dans mon esprit sans avoir de répercussion sur l'extérieur alors que Rachel ne tardait à reprendre la parole, continuant de crier. « T’es sérieux, là ?! Tu vas vraiment partir sans rien me dire ?! Je ne mérites même pas un seul regard de ta part ? » Mais je la regardais justement, sauf que je la regardais sans la voir alors que ce n'était pas tant elle que je voyais que Robb en train de mourir. Voyant les griffes du loup qui transperçaient sa chair, le sang qui coulait. Mes doigts qui se refermaient sur le poignard que je plantais encore et encore dans le loup dans l'espoir qu'il le lâche. Il l'avait lâché mais la partie était alors déjà finie. Ne pouvant que rester là à regarder sa vie s'éteindre. Ne pouvant que m'en vouloir un peu plus pour ne pas avoir été vers lui plutôt, pour ne pas m'être excusé et avoir mis ma fierté de côté. Les regrets, la culpabilité là. Déjà bouffé par eux. Et Rachel continuait de parler sans se rendre compte qu'elle n'aurait jamais une réponse correcte de ma part. Pas aujourd'hui, ni demain, ni dans quelques mois alors qu'il me faudrait un peu plus pour m'ouvrir et parler de ce qui s'était passé.
« Aie au moins le courage de me regarder et me dire pourquoi tu es si pressé de repartir ! » Mais je ne lui répondis pas, ne lui donnant aucune réponse qui pourrait la satisfaire. Ne la prenant pas non plus dans mes bras pour la réconforter. J'aurai pu mais je ne le fis pas alors qu'au lieu de cela je me contentais de la contempler l'espace d'une seconde avant de me remettre à ajuster la bretelle de mon sac à dos qui s'était craquée comme si elle n'était qu'un vulgaire insecte que je venais d'écraser. Ce qu'elle n'était pas. Ce qu'elle ne serait jamais.

avatar
Invité
Invité


Sujet: Re: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
Lun 11 Sep - 9:00


when all those shadows almost killed your light
Feat Chris
Il te regarda pendant quelques secondes, avant de continuer d’ajuster son maudit sac à dos. Il s’en foutait totalement de toi. Ou du moins, il agissait comme tel. Comme si tu ne comptais pas. Comme si toi aussi, tu ne venais pas de perdre quelqu’un qui était cher à ton coeur. « Qu’est-ce qui s’est passé Chris ? » Son regard était absent. Endormis. « J’ai besoin de savoir … » Tu en avais désespérément besoin. Ta voix se brisait. Les larmes continuaient de couler sur tes joues. Ta main alla chercher doucement la sienne, dans un geste qui t'étais naturel. Ses doigts étaient froids - ou alors, peut-être que c'était les tiens. Et le fait qu'il n'essaie pas de s'extirper à ton contact te signalait qu'il n'était pas dans son état normal. Mais ce n'était pas pour autant que tu allais le ménager. Tu en avait besoin. Il fallait que tu saches. Que tu l'entende de sa bouche à lui. Tu avanças donc de quelques pas, te positionnant entre lui et la sortie. S'il voulait partir, il devrait te passer sur le corps. Littéralement. Tes pieds étaient bien encrés dans le sol, et tu n'allais pas déroger de ta position. Excepté par la force. « Tu n'as qu'à me le dire ... » C'était tout ce que tu souhaitais. « Tu n'as qu'à me le dire et je te laisserai partir. Tu pourras aller où tu veux. Faire ce que tu veux. Je te le jure. » Tu étais complètement désespéré, et le ton que tu employais le montrait clairement, mais à ce moment, tu n'en pouvais plus. Tu étais fatiguée. Tes yeux te démangeaient. Te brûlaient. « Je t'en prie Chris, c'était mon frère, j'ai le droit de savoir ! » C'était ... Tu employais déjà l'imparfait. Comme si c'était tout à fait normal. Comme si cela ne faisait pas à peine 24 heures qu'il n'était plus de ce monde. Ce qui ne fit qu'accentuer les sanglots qui prenaient déjà le contrôle de ton corps. « S'il-te-plaît, j'en peux plus ... »

© FRIMELDA


avatar
01/11/2015 Glacy 1452 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
- Whatever it takes -


Sujet: Re: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
Lun 11 Sep - 17:28


Les larmes dégoulinaient le long de ses joues alors que je restais là. Je ne fis aucun geste dans sa direction. Je ne levais pas un doigt pour l'aider ou pour essuyer les gouttes d'eau salé qui coulaient le long de sa peau. Je n'esquissais pas le moindre geste qui aurait pu montré que j'éprouvais la moindre compassion pour elle, qui aurait montré que je l'avais remarqué. C'était le cas pourtant alors que je savais qu'elle était là. Elle était la seule que je voyais distinctement mais pour autant c'était comme si elle était invisible. Comme s'il y avait deux mondes, l'un où j'étais près d'elle ancré dans la réalité mais où mon regard était éteint, et un autre où je me retrouvais prisonnier dans les limbes de mon esprit. Rien n'existait si ce n'était la mort de Robb alors que je ne pouvais échapper aux souvenirs qui tournoyaient dans mon esprit. « Qu’est-ce qui s’est passé Chris ? » Une réponse que j'entendis mais auquel je ne répondis pas. La tentative de fuir le temps, la temps d'échapper à la réalité. Comme si ne rien dit me permettrait de repousser sa mort. Comme si ne rien dit effacerait les derniers événements qui s'étaient déroulés la veille. Comme si je pouvais effacer la vision des flammes qui rougeoyaient dans la nuit alors que le corps de Robb revenait poussière ou plutôt cendre. « J’ai besoin de savoir … » Sa voix se brisa. La sensation de ses doigts qui se glissait contre les miens alors que je n'exerçai pourtant aucune pression contre sa main pour lui prouver que j'avais conscience de sa présence à mes côtés. Comme si j'étais mort ou que j'étais devenu un fantôme. Un contact froid auquel elle ne pouvait échapper alors que je n'étais juste pas en mesure de lui répondre ou de la réconforter. Incapable de me sauver moi-même alors que déjà je m'enfonçais dans un océan d'obscurité. Effectuant un pas en avant alors qu'au même instant elle se déplaçait, lâchant ma main pour se positionner entre ma personne et la sortie. Ultime volonté de faire face à mon implacable marche en direction de la sortie. M'arrêtant tel un automate à quelques centimètres d'elle. Comme si elle était un mur. Un arrêt instinctif alors que pourtant il serait si facile de la contourner. Peut-être que j'avais juste le désir d'entendre les mots qu'elle prononçait, la voix brisée. Comme si je voulais une dernière fois me torturer un peu plus « Tu n'as qu'à me le dire ... » Des mots qui résonnaient en écho. Pourtant leur sonorité était fausse alors que c'était comme s'ils étaient creux. Comme s'ils étaient des noix qu'on taperait contre un rocher et qui se cacherait en morceau. « Tu n'as qu'à me le dire et je te laisserai partir. Tu pourras aller où tu veux. Faire ce que tu veux. Je te le jure. » Son ton qui était monté dans les aiguës alors que les larmes continuaient de couler le long de ses joues. Ses yeux qui devaient déjà la piquer, rougies par ses pleurs. Ses cheveux bruns qui étaient emmêlés, défaits. A cet instant, il était certain qu'elle n'avait pas une très belle allure. Non pas que j'étais mieux qu'elle alors que ma peau, mes vêtements étaient tâchés de sang. Du sang auquel je ne prêtais pas attention. Une tenue vestimentaire ou même des personnes auquel je ne prêtais pas attention alors qu'il ne semblait ne rien avoir si ce n'était une obscurité palpable.  « Je t'en prie Chris, c'était mon frère, j'ai le droit de savoir ! » Les sanglots qui reprenaient de nouveau alors qu'elle n'en venait de pleurer de plus belles. Des mots qui résonnaient dans ma tête alors qu'une voix dans mon esprit était conscient qu'elle avait utilisé l'imparfait. Elle avait déjà accepté sa mort. Il le semblait. Ce qui n'était pas mon cas, alors que je m'efforçais de repousser la réalité. Des événements que je n'assistais pas encore alors que je me contentais de la regarder, le regard éteint. Une certaine cruauté même alors que je ne lui donnais pas les réponses qu'elle voulait tant entendre. L'ignorant tout simplement. « S'il-te-plaît, j'en peux plus ... » Sa voix qui se brisait de nouveau. Mes mains qui se posaient sur ses épaules. Et pendant l'espace d'un instant, on aurait presque cru que je m'étais repris, que j'avais enfin repris contact avec la réalité et que j'allais agir, que j'allais la réconforter. On aurait presque pu croire que j'allais l'attirer à moi pour la laisser pleurer tout son soul et trouver le réconfort qu'elle attendait sans aucun doute. Mais ce ne fut pas le cas alors que je me contentais de l'écarter de mon chemin et de la pousser sur le côté. Comme si elle était une poupée de chiffon ou un pantin. Automate que j'étais sans aucun doute bien plus qu'elle. Et ce fut sans un regard dans sa direction que je m'éloignais alors du campement, mes pas qui résonnaient sur le sol. Je ne me retournais pas. Je ne lui accordais pas un regard de plus que celui éteint que je lui avais accordé auparavant alors que ma silhouette finissait par disparaître dans l'ombre des arbres. Avalé par la forêt.

avatar
Invité
Invité


Sujet: Re: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris
Mar 12 Sep - 4:10


when all those shadows almost killed your light
Feat Chris
Tu n’arrivais plus à empêcher les sanglots de prendre d’assaut ton corps. Ton souffle manquait. Tu avais de la difficulté à acheminer l’air jusqu’à tes poumons. Ta gorge était en feu. Tes yeux brûlaient. Tu arrivais à peine à distinguer sa silhouette parmi les larmes qui coulaient de tes orbites. Tu ne devais pas être belle à voir. Tu devais avoir une allure épouvantable. Mais tu t’en foutais bien. Tu te foutais des gens qui vous regardaient comme des bêtes de foire. Tu te foutais de tes pieds qui te faisaient souffrir. Tout ce qui t’importais, c’était d’avoir des réponses à tes interrogations. C’était tout ce que tu voulais à ce moment précis. Mais quelqu’un t’en empêchais. De tes paumes, tu essuyas les gouttes d’eau salée et ses mains vinrent s'écraser sur tes épaules. Pendant une seconde, tu cru voir quelque chose illuminer son regard, avant de finalement, se volatiliser dans les airs et laisser place à l’obscurité. Au vide. Tu avais vraiment cru qu’il allait enfin te parler. Qu’il allait te répondre. Son geste … c’était ce que ça signifiait pour toi. C’était comme s’il n’y avait plus que lui et toi. Comme si le temps s’était arrêté ... Mais il repris de plus belle lorsque Chris t’écartas brutalement de son chemin. Comme si tu n’étais rien du tout. Passant son chemin, sans même adresser un dernier regard dans ta direction. Tes jambes croulèrent sous ton poids, te laissant ainsi tomber sur le sol dans un bruit sourd. Comme si jusqu’à maintenant, tu n’avais fonctionné qu’à l’adrénaline et qu’il ne te restait désormais plus rien. Plus aucune énergie pour te porter. Tu ne pouvais plus rien faire pour le retenir. Pour avoir des réponses. Sa silhouette s’éloignait, jusqu’à finalement disparaître complètement sous le couvert des arbres. « Tu sais où me trouver … » Paroles inutiles, lâchées dans un murmure.

FIN


© FRIMELDA


Contenu sponsorisé


Sujet: Re: When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris

 

When all those shadows almost killed your light ✽ Rachris

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Haitian official says 2 journalists killed in mob attack
» Editeur light libre
» the light of aerendil
» Lucky Light
» Moon Light [Pouffy]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: Il était une fois des jolies histoires-