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˜˜˜˜˜˜The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna 30178 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Mar 29 Aoû - 1:56



❝ The science of fighting the forces of gravity ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr & Mila Swann
(24 septembre 2117)


Myrtille,
Si tu ne viens pas le mois prochain, je te trouverai et te ferai manger tes propres yeux.
Pamplemousse


La première menace qui lui était venue avait été la bonne, et elle avait dû arracher la page d'un des livres qu'elle gardait pour Thaïs pour griffonner le petit mot. Même si la manoeuvre n'avait pas été sans quelques craintes, elle avait espéré et attendu patiemment de croiser le chemin de la buse d'Isdès pour lui confier la note. Puisqu'il n'avait daigné faire acte de présence à aucun de leurs derniers rendez-vous, le troc de juillet semblait marquer un tournant important dans leur relation, quelle qu'elle puisse être. Elle redoutait de ne déjà ne plus jamais le voir, mais elle crevait d'envie de lui sauter à la gorge pour les avoir mis à découvert, tous les deux, au mois de juillet. Même deux mois après, Murphy n'avait pas compris ce qui avait guidé la réaction de l'Athna ce jour-là. Tout ce qui lui restait, c'était des déambulations nostalgiques près de leur grotte à chaque fin de mois, espérant de tout son cœur croiser le chemin d'Isdès. Mais il ne venait plus, et le seul réconfort qu'elle arrivait à trouver résidait en la présence brève et ponctuelle de sa base ça et là. Elle était le dernier lien qui semblait leur rester, et elle s'était mise à lui porter une affection toute nouvelle, oubliant presque que l'oiseau l'avait pincée dans les montagnes et qu'elle l'avait détestée pendant des heures. Elle reprochait à Isdès d'être parti sans un mot et d'avoir été incapable de la confronter depuis, quels que soient ses arguments et les raisons qui l'avaient poussé à réagir de la sorte devant une assemblée composée de leurs semblables.

Mais la vérité, c'est que même en ce début d'automne, Murphy ne croyait plus qu'Isdès pouvait accepter de la revoir. Quoi qu'il ait pu se passer dans sa tête, ça semblait être plus important pour lui que ce qu'ils avaient pu vivre dans ses montagnes ou cachés dans la grotte qui les avait maintes fois réunis. Encore une fois, elle était confrontée à leurs différences à l'incompréhension qui pouvait l'envahir face à certaines de ses réponses. Avait-il seulement pris la peine de retourner là où il l'avait emmenée, même après lui avoir fait comprendre qu'il ne comptait plus y remettre les pieds ? Elle s'efforçait de ne plus y penser, mais c'était peine perdue. La rébellion aurait du occuper toutes ses pensées en ces temps de crise, et pourtant, lorsqu'elle s'allongeait sur sa couche de fortune pour chercher le sommeil, dans sa demi-maison en ruines, ce n'était pas à la rébellion qu'elle pensait. Et elle se retournait parfois toute une nuit, envahie par des dizaines de suppositions. Il lui semblait presque qu'elle revivait le cauchemar de la disparition de Faust, et elle en voulait à Isdès de la faire à nouveau traverser un tel calvaire. Il n'avait pas le droit de la laisser tomber, pas sans quelques explications, pas sans toutes ces réponses dont elle avait tant besoin. Il lui arrivait de fixer les étoiles à travers la fenêtre sous laquelle était placé son lit en énumérant toutes les insultes qui lui venaient à l'esprit. Et en une seconde, elle passait à un état d'angoisse profond qu'elle mettait sur le compte du manque. Parce que de ce lâche incapable d'assumer ses gestes, c'était du visage dont elle de se souvenait. Elle se rappelait de son visage sous l'eau du lac, du premier sourire qu'elle lui avait arraché, de son regard lorsqu'elle avait abdiqué pour la première fois, des rugissements de contentement qui s'échappaient du fond de sa gorge lorsqu'elle devenait maîtresse de ses instincts et de ses désirs. Elle le haïssait, ce connard, et elle se détestait encore plus de sentir encore ses mains sur sa peau et la caresse de ses lèvres sur chaque parcelle de sa peau qui se languissait de lui, comme s'il y avait apposé une marque dont les stigmates ne la quitteraient jamais plus.

Peut-être aurait-elle du choisir d'autres mots à lui envoyer. Peut-être que ceux-ci le dissuaderaient à tout jamais de venir à sa rencontre, et alors qu'elle traversait la forêt en direction de leur grotte, elle ne croyait plus vraiment le revoir un jour. Elle avait laissé son arc chez elle, convaincue qu'en une telle journée, les menaces à son bien-être ne viendraient pas du monde extérieur et n'atteindraient pas sa chair. Armée seulement de ses deux couteaux, elle avait aussi décidé de laisser Antarès au campement et ne doutait pas que Tennnessee saurait le gâter comme elle en semblait incapable. Aigrie et défaitiste, Murphy marchait d'un pas pressé non pas parce qu'elle était convaincue de quoi que ce soit, si ce n'était qu'elle ferait chou blanc, mais simplement parce qu'elle voulait en finir le plus vite possible. Elle se retourna une ou deux fois, aux aguets, persuadée d'avoir entendu quelque chose, et pria le hasard qu'aucune bête affamée ne lui tombe dessus. La terre était encore sèche de l'été qui venait de s'achever et l'air restait chaud. Elle ne s’embarrassait pas encore de couches inutiles et portait dans son sac seulement de quoi se désaltérer. Elle n'avait pas revu la buse d'Isdès depuis qu'elle avait vaillamment accroché le mot à sa patte et se souvint dans un sourire nostalgique du regard qu'elle avait posé sur elle à ce moment-là et qu'elle aurait juré empreint de compassion et de bienveillance.

Elle rôda quelques longues minutes autour de l'entrée de la grotte où ils s'étaient déjà retrouvés une fois depuis les montagnes, mais ne trouva aucun signe de sa présence. Elle l'avait déjà fait la veille et savait qu'elle le ferait de nouveau le lendemain si ce jour-là s'avérait être un échec -juste pour être sûre, juste pour n'avoir aucun regret. Elle détestait la personne qu'il avait faite d'elle et, le visage fermé, elle se laissa tomber sur un rocher à l'entrée de la caverne. Elle jeta un coup d'oeil bref à l'intérieur, par-dessus son épaule, et se demanda si les lueurs bleues étincelaient toujours de leur lumière sereine au milieu de l'obscurité. Probablement que oui. Pas comme l'Edelweiss qui était morte sous leurs yeux ou le cœur que Murphy se découvrait de la plus cruelle et rebutante des façons.


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06/05/2016 Dandan/Sonia 245 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 100


Sujet: Re: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Jeu 5 Oct - 14:42

the golden age is over

La menace avait été dure, l’invective si déterminée. Isdès n’avait pas pu s’empêcher d’esquisser un bref sourire amusé en lisant le mot que sa buse lui avait rapporté. C’était étrange de trouver un papier attaché à sa patte, alors que lui-même n’avait rien envoyé. D’ordinaire, il préférait toujours utiliser un de ses oiseaux plutôt que sa buse qui, loin d’un messager, était plutôt un compagnon de tous les jours. C’était ses yeux dans le ciel, sa méfiance animale, sa confidente... Tant de choses mais certainement pas un vulgaire messager. Mais il aurait dû se douter que la personne qu’il l’envoyait régulièrement surveiller aurait fini par déceler le manège. Voilà deux rendez-vous déjà qu’il avait volontairement manqués. Deux moments de retrouvailles secrètes qu’il avait sciemment reniés pour mieux faire entendre sa colère. Depuis juillet dernier, l’Athna n’en démordait pas. Il se confortait dans sa rancœur qui jamais ne faiblissait. Il se réfugiait dans son ressentiment, dans toutes les émotions négatives qu’il avait cru entrapercevoir sitôt qu’il avait posé les yeux sur eux. Elias et Murphy. Une paire à laquelle il ne se serait jamais attendu, un duo qui l’avait embrasé sitôt qu’il l’avait remarqué. Avaient-ils fait exprès ? S’étaient-ils volontairement rapprochés pour attiser la fureur de l’Athna ? Sa raison lui disait que non. Il était impossible qu’Elias et Murphy se connaissent déjà. Pour lui, il était inconcevable qu’elle ait déjà passé des instants avec un autre Athna que lui. Était-ce encore un mensonge qu’elle s’était bien gardée de révéler ? Quand bien même... Comment Elias aurait-il pu être au courant ? Il n’était pas suffisamment stupide pour le suivre dans ses pérégrinations. De toute manière, il l’aurait repéré bien assez vite. Non, c’était impossible que la Skaikru et son rival se soient exposés pour le rendre fou. Et pourtant, ça avait fonctionné. Chaque fois qu’il y repensait, ses entrailles se tordaient violemment et une bile acide lui remontait le long de la gorge. Un frisson de dégoût le parcourait, et surtout cette douleur. Ce pincement dans sa poitrine qui lui donnait des envies de meurtre et qui avait aussitôt fait trembler ses mains. Il ne s’était plus contrôlé, sitôt qu’il les avait vus. C’était sans doute le plus difficile à admettre : que tous les deux ensembles aient un tel pouvoir sur lui.

Il avait longtemps hésité à ne jamais donner suite. Le matin même, Isdès ignorait encore s’il allait se déplacer jusqu’à la grotte ou non. Il ignorait s’il avait envie de la revoir, de revoir ce visage qui lui causait tant de tort. À cause d’elle, il avait bien failli mettre en porte-à-faux sa communauté entière. Il était passé pour un sauvage, pour un Terrien incapable de mettre de côté ses opinions individuelles pour le bien collectif. Il avait détesté le regard qu’on lui avait jeté et deux mois après, certains Athnas se moquaient parfois gentiment de lui pour la catastrophe qu’il avait failli provoquer. Si c’était fait avec le sourire, tout le monde savait que le cas Caroll et Hakantarr était une bombe à retardement et encore aujourd’hui, on ignorait ce qui avait failli allumer la mèche pour de bon. Tout l’été, Isdès s’était réfugié dans le travail. Dès que c’était possible, il avait accompagné des délégations, mené des groupes sains et saufs à leur destination. Il n’avait jamais quitté seul le village, s’assurant ainsi de ne pas faire de rencontre fortuite. Il avait longtemps fui la confrontation et quand il s’était mis en route pour le lieu de rencontre, il n’était même pas certain de vouloir y faire face. Murphy suscitait tant de doutes, il commençait à croire que c’était sa proximité qui le rendait faible. Depuis mai, elle occupait chacune de ses pensées, le soir et le matin si ce n’était pas du matin au soir. Elle intervenait dans chaque décision, dans chaque questionnement qui concernait la relation d’Isdès à l’extérieur. Parfois, il se surprenait à imaginer ce qu’elle pouvait bien faire, dans son nouveau campement. Prenait-elle des décisions ? Était-elle un leader au sein des siens ou bien était-elle encore l’aventurière zélée et maladroite ? Quand il s’y attendait le moins, des flashs d’elle, aussi indécents que voluptueux, s’insinuaient dans son esprit pour ne jamais le quitter. C’était difficile de désirer une personne autant qu’il la détestait. Il briguait autant sa présence que son absence et c’était submergé de ses contradictions qu’il approchait enfin de la grotte. Déjà, les feuilles au-dessus de sa tête commençaient à jaunir. Il faisait encore bon, à l’abri du bois, mais les températures baissaient très rapidement, sitôt le soleil couché. Ils approchaient déjà de l’automne et il avait l’impression de se diriger à nouveau vers l’inconnu.

Presque arrivé, Isdès descendit de son cheval. Par automatisme, il préférait toujours arriver de façon discrète, de sorte à être préparé à toute mauvaise surprise. C’était le réflexe du garde qui arrivait sur des terres qui ne lui appartenaient pas ou sur des lieux censés être neutres sans jamais l’être vraiment. Avec Murphy, il se doutait qu’il n’avait rien à craindre sinon le courroux d’une femme vexée. C’était bien peu comparé à sa propre colère. Il l’aperçut, assise devant l’entrée, les yeux dans le vide. Depuis combien de temps attendait-elle ? Allait-elle lui passer un savon ? Il laissa les sabots de sa monture annoncer son arrivée. Quand la jeune femme put enfin le voir, il arbora le masque de marbre qu’elle lui connaissait tant. Celui qui montrait que rien ne l’atteindrait alors qu’une fois de plus, il flambait de l’intérieur. « Toi tu as déjà goûté aux yeux ? Je veux garder mes miens. » bougonna-t-il d’une voix désinvolte, en guise de salutations. Il attacha les rênes de son cheval au tronc le plus proche et laissa tomber lourdement son sac au sol. « Qu’est-ce que tu veux ? » Autant ne pas tourner autour du pot, quatre heures. Isdès comptait être reparti l'heure suivante et ses mots succincts étaient destinés à lui faire comprendre qu'il n'y avait rien à dire.

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Sujet: Re: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Dim 8 Oct - 1:14



❝ The science of fighting the forces of gravity ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr & Mila Swann
(24 septembre 2117)


La montagne te donne déjà tout. Les mots raisonnaient dans son esprit lorsqu'elle voulait se rassurer, lorsque les frissons de la déception électrisaient sa peau. Lorsqu'au bout de longues heures de lutte acharnée contre ses pensées parasites Murphy n'arrivait qu'à s'abandonner à un sommeil à demi-éveillé et à peine salvateur, elle cherchait les quelques bribes d'odeur qu'il avait pu laisser sur les fibres de sa laine et se promettait de ne jamais repenser à cette faiblesse. Elle aurait aimé se faire une raison, avoir cette force de caractère qu'elle s'était forgée au fil des années, des expériences et des déceptions. Elle aurait aimé pouvoir se convaincre que tout ça n'avait compté qu'une semaine et une journée un mois plus tard, mais c'était un jeu de miroirs et de réflexions sans fin. Elle voulait se persuader de l'idiotie de la situation et de la force de son tempérament mais tout ce qu'elle construisait n'était qu'une façade qui s'effondrait dès que le sommeil faisait tomber les barrières du conscient. Elle cherchait alors parfois sa présence à ses côtés, espérait autant sentir son bras venir se lover au creux de sa taille et la serrer contre lui qu'elle le savait impossible. Ce n'était que lorsque le jour et sa raison revenaient qu'elle se détestait d'avoir laissé son absence l'envahir, et c'était pourtant un cycle qui se renouvelait incessamment. Elle trouvait dans chaque moment et chaque objet une part de lui. Elle n'osait plus ouvrir son livre fétiche parce qu'elle avait peur de signer l'arrêt de mort d'Edelweiss, qui y avait trouvé logement, en la dévoilant à nouveau à l'air humide des basses altitudes. Elle ne réfléchissait plus aux dates parce que toutes les quatre semaines revenait les questions et le rejet. Parfois elle se faisait force, prenait son rôle de patrouilleuse plus à cœur encore, accompagnait des chasseurs ou des cartographes à l'extérieur, apprenait de leurs compétences. Et puis il suffisait d'un instant pour la ramener à sa nouvelle réalité, celle dans laquelle Richard lui tenait rigueur de sa fougue et de son tempérament, celle où Chris semblait accepter la folie au sein des rebelles, celle où Tennessee l'acceptait sans broncher, celle où ses idéaux semblaient voler aux éclats les uns après les autres. Elle se sentait stupide d'avoir tant reposé sur leurs parenthèses hors du temps, parce que la vie, ce n'était pas ça. La vie, c'était tout le reste, un combat de chaque instant contre tout ce qui se retournait contre vous. Rien que parce qu'il semblait si facile de lui tourner le dos, il y avait des moments où Murphy ne croyait plus ne serait-ce qu'en elle. Et elle détestait tous ceux qui la confrontaient à de telles pensées, à commencer par Isdès. Sa présence s'était imposée trop rapidement pour qu'elle l'intègre correctement et son absence laissait un vide dans lequel toute sa déception raisonnait sans fin.

Défaitiste, Murphy s'était finalement laissée tomber sur une roche à hauteur de cuisses à l'entrée de la grotte aux lueurs bleutées. Elle ne voulait pas y croire pour ne pas s'enfoncer dans le désenchantement mais se surprenait à quelques superstitions en se disant que ce serait lorsqu'elle n'y croirait plus qu'il rappliquerait. Elle ne voulait pas y croire pour passer à autre chose, enfin, laisser le passé au passé, mais relevait le nez dès qu'une branche craquait au loin. Elle le détestait, viscéralement, de l'avoir transformée en quelqu'un qu'elle ne reconnaissait plus. Elle aurait du comprendre au moment où l'équilibre entre raison et abandon avait basculé que quelque chose avait été détruit en elle, mais ce n'était que sous le poids de son absence qu'elle le réalisait. Il n'était plus à ses côtés pour lui faire oublier toutes ces questions presque métaphysiques et, pire encore, il avait laissé derrière lui un champ de mines périlleux. Elle était la première victime des éclats explosifs, mais sans le savoir, il en subissait dans son esprit toutes les conséquences avec elle. Elle ne savait pas ce qu'elle pouvait entendre d'une entrevue avec lui, maintenant qu'il avait décidé de tout briser. Il était puéril, fulminait-elle en l'attendant, il était puéril de ne pas avoir su lui dire même un dernier mot. Elle avait parfois l'impression de revivre la même incertitude qu'avec Faust et elle s'en voulait alors de comparer les deux situations. Faust était son âme soeur. Isdès était... il était Isdès. Le sourire fugace, les yeux clairs et les muscles qui emprisonnaient. Elle n'aurait pas du lui donner tant d'importance et s'en voulait d'avoir laissé un moment de faiblesse -ou de nombreux moments de faiblesse- la diriger pendant des mois.

Elle leva finalement les yeux, s'arrachant à un état de semi-léthargie en voyant de grandes silhouettes se détacher des arbres face à elle. Elle savait ce qui l'accompagnait, Isdès, redoutait ces animaux qu'elle ne connaissait que trop peu, mais son regard restait hypnotisé par la présence de celui qu'elle avait menacé. Quelque chose venait de brusquement s'ouvrir en elle. L'étau qui compressait son être venait de la libérer. Elle s'efforçait de rester impassible mais s'offrit quelques secondes de silence pour l'observer dans toute sa grandeur, l'Athna. Sa tresse avait pris quelques centimètres, semblait-il, mais ce fut par la lecture de son expression qu'elle resta accaparée quelques instants. Ses traits étaient immobiles et il restait de marbre, comme toujours, comme avant, comme lorsqu'il s'enfermait dans ce silence qu'elle dépréciait particulièrement depuis qu'elle l'avait vraiment entendu s'exprimer. C'est lui qui brisa le silence avec une impertinence qui suffit à lui rappeler pourquoi elle le détestait. A croire que rien n'avait changé entre eux depuis leur première rencontre. Il lui jetait le même regard froid et impassible et lui donnait à nouveau l'impression d'être la femme la plus incapable et ridicule de l'univers. « Non mais c'est pas un problème, tu me diras ce que ça sent. » Elle le toisait tant que sa hauteur le lui permettait, les mains plantées sur sa taille. « Merci d'avoir daigné m'honorer de ta présence, Myrtille » lâcha-t-elle avec un sarcasme abrasif en accrochant volontairement sur ce surnom qu'il détestait tant, lui accordant au passage une petite révérence ironique. S'il se moquait d'être là autant qu'il le laissait paraître, pourquoi avait-il seulement pris la peine de venir ? Juste pour lui montrer toute l'indifférence qu'elle lui inspirait ? « Ce que je veux ? » Elle répéta la question, abasourdie par sa stupidité et le reproche qu'elle contenait, se laissant déjà abandonner par son calme. « Oh je sais pas, des explications, par exemple ? Ou au moins un dernier mot, genre même juste "merci pour le sexe, c'était sympa" ? » Ses sourcils s'étaient haussés comme pour appuyer ses réponses. Elle s'avança de quelques pas vers lui et le jaugea alors que son teint prenait déjà les nuances de la colère. « Je suis pas un objet et t'es pas un gamin. » L'un de ses poings avait quitté sa taille pour se transformer en index menaçant. « Si t'as des choses à me dire, on est censé être assez grands pour le supporter. Deux mois à bouder comme un gamin et à attendre la menace pour se ramener, c'est pas digne de toi. Ou si, ça l'est ? Ça l'est peut-être, en fait, je sais pas. » D'un geste désespéré, elle leva les bras au ciel et les laissa tomber contre ses cuisses. « Si tu préfères frapper des mecs pendant un troc à... je sais pas, me voir, ait au moins les couilles de me le dire. » Elle marqua une pause et le fixa silencieusement, se mordant la langue, levant les sourcils, provocatrice, croisant nerveusement les bras sur sa poitrine. Elle se demandait si ses lèvres avaient le goût du miel, aujourd'hui, ou s'il avait encore quelques balafres qu'elle pourrait embrasser. Elle se demandait s'il avait pensé à elle, tout ce temps, comme elle avait pensé à lui. S'il avait hésité avant de venir ce jour-là, s'il avait hésité avant de ne pas venir les mois précédents. Elle se demandait ce qu'il avait pensé de sa lettre, s'il avait trouvé sa menace ridicule, mignonne ou teigneuse, s'il s'était vraiment inquiété de ce qu'elle pensait de lui ou de ce qu'elle allait penser de lui s'il ne venait pas. Elle se demandait de quoi sa vie avait été faite pendant l'été, s'il avait vraiment fui le lac où tout avait changé comme on fuyait une zone de quarantaine ou un mauvais souvenir, s'il était revenu dans les parages par curiosité, s'il avait gardé sa dentelle blanche comme elle avait gardé son pull. « Allez, vas-y, dis-le. Finis-en. »


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Sujet: Re: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Mer 18 Oct - 22:33

the golden age is over

Le regard de Murphy était sans appel : elle lui en voulait. C’était certainement la réaction qu’Isdès avait voulu susciter en ignorant les deux rendez-vous suivants – rencontres qu’il avait autrefois attendues avec impatience. Peut-être qu’il voulait lui faire payer un affront dont elle ne soupçonnait même pas la gravité. Il lui faisait payer une nouvelle fois son ignorance et son imprudence. Qu’est-ce qui lui prenait de traîner auprès de Terriens dont elle ne connaissait rien ? N’avait-elle pas une idée des alliances et des rivalités qui liaient les tribus entre elles ? N’avait-elle pas pensé qu’elles puissent également concerner des individus au sein même d’une communauté. Elle avait certainement pu expérimenter la personnalité colérique et incontrôlable d’Elias, comment pouvait-elle encore avoir envie de se promener à ses côtés ? Comment osait-elle s’exposer aux yeux des autres ainsi, dans un climat tendu d’approches et d’échanges ? Il avait tant à lui dire qu’Isdès préférait encore se taire. Il préférait la laisser gamberger, puisqu’il savait qu’elle détestait ça. Il se servait du peu qu’il connaissait d’elle à son avantage, et qu’elle le lui reproche, elle n’aurait jamais dû s’ouvrir autant. Si elle avait commis l’erreur de lui donner les clefs de son être, lui n’en ferait pas de même. L’Athna ne lui donnerait pas une autre occasion de le toucher comme elle l’avait fait, en ce jour de juillet. Peut-être que c’était ce déménagement, plus près de ses montagnes cachées, qui lui avait permis de rencontrer Elias. Peut-être que certains Skaikru commençaient à se lier d’amitié avec les siens. C’était une hypothèse incongrue, presque impossible, puisqu’au cœur du volcan, les Skaikru suscitaient encore davantage la méfiance que la bienveillance. Il avait l’impression que le monde ne tournait plus rond. Il avait l’impression d’avoir été lâché dans un univers qui n’était pas le sien, dans lequel il ne se sentait plus lui-même. Depuis quelques mois, Isdès perdait ses repères et il avait élu Murphy comme seule et unique coupable. Car la comète avait été la seule rencontre inédite de cette dernière année. C’était elle qui avait bousculé ses habitudes et ses certitudes. Quand elle osa lui parler sur un ton qui lui déplaisait pour lui faire une remarque désobligeante, il en était convaincu. Ça ne pouvait être qu’elle. Personne ne se serait permis une telle critique sans craindre de subir la cruelle revanche de sa fierté souveraine. Murphy se croyait tout permis, mais elle allait rapidement atterrir sur terre.

La jeune femme l’affubla de ce vieux surnom qui aurait dû être oublié depuis longtemps et aussitôt, Isdès répliqua, sur un ton froid : « Encore ? On a encore les noms débiles ? Myrtille. Pamplemousse. » Cette époque-là était révolue. Face à sa révérence provocatrice, il ne bougea pas d’un pouce. Il la toisait du regard et déjà, il sentait la colère le submerger à nouveau. Pourquoi avait-elle tout compliqué ? Malgré lui, malgré eux, il sentait le fossé se creuser de nouveau entre eux. Murphy commença un discours sorti de nulle part, qui n’avait aucune logique selon sa façon à lui de voir les choses. Pilier inébranlable, Isdès la laissa déverser son venin, en silence. Depuis quand lui devait-il quoi que ce soit ? Depuis quand étaient-ils si proches qu’il devait justifier chacune de ses réactions pour chaque situation ? Les célestes n’avaient donc aucun de secret, les uns pour les autres ? Vu les tensions qui semblaient ébranler la communauté, il avait du mal à croire que la confiance régnait. À ce même titre, Isdès ne faisait pas confiance à Murphy. Quelques nuits partagées n’étaient en aucun cas le signe d’une quelconque confiance. Il pourrait lui tourner le dos du jour au lendemain, si cela lui chantait, et il n’aurait aucun remord. Il n’y avait rien qui la liait à elle, c’était ce qu’il s’efforçait de croire. Sa présence même contredisait ces pensées, mais ça, il était trop aveugle pour s’en rendre compte. Il ne lui accorda que le dédain et l’incrédulité devant tant de ferveur dans ses mots. Ah ça, elle savait manier les mots. Elle savait faire persuader que sa parole reflétait parfaitement son état d’esprit. Après tout, n’était-elle pas le plus éduqué des deux ? Murphy refaisait renaître ses vieux démons, et il détestait ça. À la fin de sa tirade enflammée, Isdès la fit patienter quelques secondes avant de répondre : « Tu as raison. Tu me connais pas. » Il plongea ses mains dans ses poches, roc immuable. « Tu as pas le droit d’obliger moi à venir si je veux pas. Tu as pas le droit de savoir ce que je pense, si moi pas envie. Pense pas que tu as un droit sur moi. » Il approcha d’un pas, pour démontrer qu’une fois de plus, il aurait le dessus. « Tu te trompes. Tu penses connaître moi, nous, Maunkru, Kyongedon. Yu get in non. » Il pensait se maîtriser, mais peu à peu, son instinct prenait le contrôle. « Tu sais avec qui tu étais ? Tu connais l’homme que il est ? Tu connais son histoire ? » Il laissa échapper un rictus outré qui trahissait sa jalousie. « Tu crois que Skaikru et Maunkru sont amis ? Tu crois que nous aidons vous ? Lui peut te tuer d’une seule main. » Si seulement elle savait l’histoire que dissimulaient les lignes bleues qui ornaient son propre torse. « Toi peux pas tout avoir. Pas moi et lui et les autres. Tu dois mériter que moi je te parle. No ai laik yun. » Faisant écho à sa propre marque de possession, il y a de ça des mois... Inconsciemment, il avait à son tour pointé un index vers elle. Quand il s'en rendit compte, il fit retomber sa main et s'efforça de se calmer.  « Je suis là si tu veux me parler, mais moi j'ai pas envie de te parler. Moi, j’écoute si tu veux. » Elle n’avait qu’à en tirer les conclusions qu’elle voulait. Qu’elle comprenne seule combien ça l’avait rongé de la voir sourire à un autre et pas n’importe quel autre, qui plus est. Lui refusait de laisser passer quoi que ce soit, désormais.

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Sujet: Re: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Sam 21 Oct - 21:33



❝ The science of fighting the forces of gravity ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr & Mila Swann
(24 septembre 2117)


C'était insoutenable de perdre ses moyens comme ça, d'être dépendant de variables sur lesquelles on n'avait aucun contrôle. De ressentir autant de détresse après une décision qui n'était même pas la sienne, de s'accrocher naïvement au mirage d'une image du passé, mais aussi de ressentir un tel soulagement face à la présence de quelqu'un qui ne désirait même pas être là. Murphy ne voulait pas savoir ce qui l'avait poussé à venir parce qu'elle redoutait la réponse. Peut-être avait-il des vérités tranchantes à lui asséner, juste pour la faire taire pour de bon. Au regard qu'il lui lançait, elle savait qu'il n'était là ni pour s'expliquer, ni pour s'excuser -encore moins le second que le premier. Mais il était hors de question qu'elle reste muette, qu'elle ne lui fasse pas payer l'affront qu'elle lui avait fait. Elle n'attendait plus rien d'autre de lui que sa vérité, parce qu'elle ne la comprenait pas. Parce qu'il avait disparu sans crier gare, sans un dernier regard, et parce que quoi qui ait pu exister entre eux deux s'était brisé au moment précis où il avait décidé qu'elle n'en valait pas la peine.

Alors, lui non plus n'en valait pas la peine. Il ne valait pas la peine qu'elle lui hurle au visage toute la haine qu'elle avait de lui, il ne valait pas la peine qu'elle lui accorde une minute ou une heure, une demi-journée. Il ne valait pas la peine qu'elle quitte le camp et le peu de personnes qui la voulaient encore là-bas; il ne valait pas la peine qu'elle attende comme une godiche une présence qu'elle espérait autant qu'elle appréhendait. Pourtant, elle était là devant lui, à chercher ses mots d'abord, à se dire qu'elle devait les dompter comme on domptait des animaux sauvages, à se poser des dizaines de questions qui n'avaient plus lieu d'être depuis qu'il lui avait tourné le dos. Elle n'en avait rien à faire de ses occupations estivales, de ce qui avait pu lui occuper l'esprit ou les mains; elle n'en avait rien à faire des raisons qui l'avaient poussé à répondre à sa lettre par sa présence; elle n'en avait rien à faire de ce regard transperçant avec lequel il la fixait, avec lequel il aurait pu la tuer. Rien à faire de ce qu'il pouvait penser d'elle et de ses menaces, qu'il les aies prises au sérieux ou ait ri d'elles. Rien à faire qu'il l'ait ignorée pendant deux mois sans aucune explication, qu'elle ait du s'abaisser à le supplier de lui accorder quelques instants, juste quelques instants, et qu'il les offre finalement avec un dédain insultant. « Non, on a de nouveau les noms débiles. » La remontrance était volontairement infantilisante. Elle aurait préféré qu'il ne vienne pas que de subir son regard froid et toutes ces réponses qui n'en étaient pas. Murphy s'était braquée subitement, son visage s'était refermé alors qu'elle niait tout ce qu'il était en train d'avancer. Qu'il ne la connaisse pas, c'était un mensonge. Elle ne pouvait pas admettre qu'ils étaient des inconnus, pas après ce qui s'était passé, pas après... pas après tout. Elle ne pouvait pas admettre qu'il ne veuille pas la voir, tout simplement, qu'il soit aussi facile pour lui de l'ignorer qu'il l'était pour elle de laisser ses pensées lui échapper lorsque la solitude rendait son absence encore plus envahissante. Peut-être que de ses remontrances, elle aurait dû comprendre qu'il n'était pas là parce qu'elle lui avait demandé. « Pardon, je te connais pas », ironisa-t-elle avec un petit rire qu'un haussement de sourcils bref et horripilé accompagna, « j'ai vraiment cru que t'avais un sens de l'honneur et du respect, au temps pour moi, on fait tous des erreurs. » Elle darda sur lui un regard pénétrant, acéré, glaciaire. Il éveillait de nouveau toutes ces fureurs qui l'avaient fait hurler face à lui. Il se croyait mieux qu'elle; plus honorable, plus important, digne de tout ce qu'elle n'était même pas en mesure de comprendre, pauvre étoile naïve, écrasée dans la violence d'un atterrissage inattendu, perdue au milieu d'un monde qui n'était pas le sien et ne le deviendrait jamais. « Alors mes menaces ont du faire leur effet puisque t'es là », fit-elle remarquer d'un ton sec en appuyant ses mots d'un haussement de sourcil provocateur. C'était un exercice de fierté pour lui. Il était là pour lui cracher à la figure toute l'indifférence qu'elle lui inspirait. Il était là pour rire de la rage qu'il avait fait naître et cultivé avec son absence. Et ça la rendait malade, Murphy, de lui donner raison, de lui offrir précisément tout ce qu'il avait prévu d'elle. « Elias m'a sauvé la vie », siffla-t-elle entre ses dents. Comme Isdès, d'ailleurs; comme beaucoup trop de Terriens dont elle avait dû valider l'opinion qu'ils se faisaient sur les Débarqués. Ce n'était pas de l'amitié qui la liait à Elias, mais peu importe la nature de la relation qu'ils pouvaient avoir, elle était toujours beaucoup plus claire dans son esprit que ce qu'elle pouvait avoir avec Isdès. Lui n'était plus rien pour elle. Il la jugeait incapable de tout, de simplement vivre dans ce monde, de se reconstruire loin de ses étoiles; mais par-dessus tout, il la jugeait indigne de son attention ou de son respect. Qu'avait-elle donc espéré ? Avait-elle pensé une seule seconde qu'une semaine à se découvrir pouvait lui inspirer le respect ? Elle n'était rien d'autre qu'un passe-temps, la voilà la cruelle vérité. Elle n'était qu'une femme parmi tant d'autres, sûrement, une curiosité tombée du ciel qui n'avait d'autre attrait que celui du mystère d'une vie qu'il ne connaîtrait jamais. Elle était quelque chose de rare ici, une singularité nouvelle, comme une mauvaise maladie qui attire les regards malsains. Isdès l'avait fait se sentir si vivante, importante et désirée, mais elle se rappelait à présent qu'il était aussi capable de tout l'inverse. A travers son regard, Murphy se voyait de la pire des façons. A travers son regard, elle devenait à nouveau malhabile, incapable, stupide, désarmée. Elle était inapte à la vie dans ce monde, naïve d'espérer y trouver sa place, ridicule de fouler un sol qui n'était pas le sien. « Je crois que certains le sont, amis, oui. » Son ton était tranchant. Elle avait envie de lui expliquer à quel point Elias était son ami, quitte à inventer quelques anecdotes pour combler les manques. Elle avait envie de lui prouver par toutes les règles mathématiques qu'il avait tort et qu'ils étaient censés avancer, tous ensemble, s'apprivoiser, apprendre à s'écouter et à se connaître. Elle avait cru le comprendre, au moins sur ça, pendant quelques moments. S'ils n'étaient pas une preuve que c'était possible, alors qu'étaient-ils ? Un mirage de plus, un échec de plus ? « Ah, c'est sûr, toi tu peux pas me tuer d'une seule main », ricana-t-elle. « D'ailleurs, c'est rigolo, je vous connais tous les deux, mais je suis toujours vivante ! Est-ce que ça voudrait dire que... » Elle marqua une pause et ironisa d'un ton qui feignait la naïveté : « que je suis capable de prendre soin de moi... ? » Elle porta un index à ses lèvres, ses prunelles se perdirent un instant dans les airs et ses sourcils se froncèrent sous l'effet d'une fausse mais intense réflexion. « Mmh, c'est fou ça. Serait-elle dotée d'un cerveau ? » Mais la réflexion factice n'exista que quelques instants. Déjà, son regard noir d'indignation le retrouvait. Il paraissait aussi déterminé qu'elle, mais elle n'en démordait pas. « Je suis pas à ta disposition pour ton bon vouloir. Arrête de croire que je suis trop conne pour prendre mes décisions, aussi. » Car c'était là qu'ils étaient le plus différents l'un de l'autre, sans doute. Là où il lui inspirait respect et admiration, d'elle ne semblait émaner que de la médiocrité. Ses remarques sonnaient comme des ultimatums, blessaient comme des poignards acérés. Le même schéma se répétait. Voilà la question à toutes ses réponses : il n'avait pas changé. C'était elle qui avait posé sur lui un regard différent, mais lui n'avait pas changé. Il était toujours aussi orgueilleux et condescendant. Mais ce qu'il y avait de nouveau, ce qui devenait peut-être le plus blessant, c'était son indifférence, sa capacité à lui tourner le dos sans même jeter un regard derrière lui. De qui se moquait-elle ? Il ne s'était jamais inquiété de ce qu'elle pensait de lui ou de ses absences répétées. Il n'avait jamais ressenti le moindre remord à la laisser comme ça, sans aucune explication, en lui laissant pour dernière image son regard turbulent, bouillonnant, et sa carrure rustre qui s'enfonçait dans la forêt.

Le déséquilibre était plus que flagrant, et Murphy se fustigeait pour ça. Elle s'était laissée tomber plus bas que terre, s'était laissée entraîner dans les flots du lac, avec l'image trouble d'Isdès. Il avait joué avec elle et mis fin au jeu. La montagne ne lui avait jamais donné ce qu'elle avait prétendu. Lui la regardait de haut parce qu'il était resté là-haut, témoin moqueur de sa chute ridicule dans la crédulité ignorante de ceux qui osent espérer un peu trop, un peu trop souvent. Il avait raison sur toute la ligne : elle était faible. « Si c'est que tu penses de moi, que je mérite pas ton attention, alors casse-toi ! Je suis pas conne, je suis pas ridicule, j'ai pas besoin qu'on me fasse la leçon. Je suis pas acquise non plus, et je vais certainement pas me battre pour quelqu'un qui se bat pas pour moi ! » Ses traits étaient tirés par la rage, ses yeux commençaient à s'embuer. Elle était faible parce qu'elle avait cru un instant qu'il deviendrait son échappatoire, une sorte de lueur d'espoir dans un monde qui la repoussait de plus en plus franchement. Elle était faible parce qu'elle réalisait qu'aujourd'hui était sans doute un au revoir, un au revoir fruste et irrespectueux, mais un au revoir qui lui donnait la réponse qu'elle avait tant redoutée. « Non, t'écoutes pas... » Elle fit un pas en arrière alors que ses bras retombaient le long de son corps. Elle l'observa un instant, comme si elle cherchait à comprendre ce qui était devenu incompréhensible, puis son regard trouva refuge auprès de l'équidé, qui lui rappela son existence, et enfin des feuilles que l'automne enflammait. « T'écoutes pas parce que sinon tu me tiendrais pas un discours pareil. » Sa voix avait perdu de sa superbe. Elle ne criait plus. Elle s'apprêtait à lui dire au revoir.

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06/05/2016 Dandan/Sonia 245 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 100


Sujet: Re: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Mar 14 Nov - 19:59

the golden age is over

Murphy ne voulait pas le provoquer. Elle était là pour apaiser les tensions et essayer de trouver un terrain d’entente, quelque part où il n’y en aurait pas. Isdès n’était pas là pour s’excuser de son comportement, d’abord parce qu’il ne le regrettait pas – excepté peut-être pour l’image peu accueillante des Athnas qu’il avait involontairement donnée – mais parce qu’il était de toute manière incapable d’exprimer un quelconque regret. Le passé était le passé pour une raison bien précise : parce qu’il n’était pas fait pour qu’on revienne dessus. Comment se construire, comment se forger un avenir si on avait cesse de reculer ? Non, il avait bêtement cru qu’elle était là pour améliorer les choses. Peut-être que c’était à elle de demander pardon aussi ? Après tout, elle s’infiltrait partout, même là où n’était pas sa place. Elle s’immisçait dans des histoires dont elle n’avait même pas conscience et elle réclamait ensuite des explications. Avait-elle seulement réfléchi avant de s’afficher avec un des Athnas les plus virulents de la tribu ? Avait-elle seulement réfléchi à ce que tout ça pouvait renvoyer de ses ambitions ici même ? Non, Isdès n’avait pas envie de croire à une amitié saine, non, c’était tellement plus simple de voir le mal, d’imaginer le pire. Ainsi, il se barricadait, il faisait les conclusions qu’il avait toujours redoutées d’avoir. Comme pour montrer qu’il avait eu raison. Que tout ça n’était qu’une folie. Sa présence n’était destinée qu’à la faire enrager. Il voulait lui montrer ce à quoi elle avait renoncé en un claquement de doigts, ce qu’elle était en train de perdre pour une fierté mal placée. Pourquoi ne lui avait-elle jamais parlé d’Elias ? Qu’avait-elle à lui cacher ? Égoïstement, il voulait tout et rien à la fois. Il voulait qu’elle lui rende des comptes alors qu’il refusait l’inverse. Elle voulait qu’elle soit privée de liberté comme lui tenait à la sienne. Ça ne pouvait fonctionner de la sorte et Murphy était en train de lui faire comprendre. Chacune de ses interventions était commentée, chaque argumentation démontée avec férocité. Il reconnaissait bien là la guerrier, pourtant c’était elle qui semblait la plus calme des deux. Elle avait raison. Elle avait réussi à le traîner ici en quelques mots couchés sur un papier. Elle l’avait sommé ici et il avait accouru. La jeune femme avait intelligemment compris que l’homme marchait à la menace, à l’extrême. Elle avait tout compris et cet affront faisait lentement son chemin dans l’être d’Isdès, dévorant tout sur son passage.

Au fur et mesure qu’elle continuait de répliquer, Isdès sentait l’agitation s’emparer de son corps. Ses mains commençaient à trembler et il aurait pu facilement la gifler pour la faire taire. Sa mâchoire se serrait, faisant grincer désagréablement ses dents. C’était atroce. Elle n’avait aucune arme, aucun pouvoir et elle parvenait à le rendre hors de lui. Elle le rendait furieux, par des mots bien choisis, par des faits qu’il ne supportait pas. Elle lui confia qu’Elias lui avait sauvé la vie, malmenant sa fierté d’avoir été l’ultime sauveur jusqu’ici. Elle était redevable à quelqu’un d’autre que lui, que pouvait-il y avoir de pire ? Elle affirmait que certains étaient amis et Isdès secoua la tête de gauche à droite, refusant d’en croire un mot. Tout le monde était trop différent. Ils avaient vécu des décennies à des milliers de kilomètres les uns des autres, dans des univers séparés. Ils ne partageaient plus qu’une histoire, des ancêtres qui avaient été balayés d’un revers de main quand la nature avait repris ses droits. Il ignorait pourquoi, mais il ressentait ce besoin de se dire que tout était irréconciliable. Il refusait d’abandonner la conception de son monde à lui, où ils étaient les survivants victorieux et où les autres étaient les déchus. Non, personne ne pouvait être ami, puisqu’eux ne l’avaient jamais été. Murphy asséna de nouveaux coups à l’égo, lui rappelant qu’il avait bien pu la tuer s’il l’avait souhaité. Et il ne l’avait pas fait, l’idiot. Il sentit la fureur lui brûler le thorax, la gorge, jusqu’aux oreilles alors qu’elle lui démontrait par A + B qu’elle savait se débrouiller. Elle était encore debout pour l’affronter et cette fois, c’était lui qui était en position de faiblesse. Avait-il seulement réussi à lui faire mal comme elle était en train de l’écorcher ? Ses iris se perdaient dans le regard déçu de la céleste. Au contraire, elle n’avait jamais aussi bien manié la douleur. La souffrance qu’il semblait lui avoir infligée, elle lui rendait au centuple. Elle se servait de sa tristesse, de sa déception comme d’une force, ce dont Isdès était tout bonnement incapable. La frustration et l’humiliation étaient en train de le submerger. Elle ne criait même plus, mais lui avait envie de hurler. Ne voyait-elle pas ? Il osait à peine déglutir de peur que tout explose. Elle n’avait pas envie de voir ça. Et pourtant...

Quand il sentit que sa voix perdait de l’éclat, lui reprochant de ne pas écouter, Isdès sauta sur l’occasion. « Oh, moi j’écoute très bien. » Il n’avait pas le droit à la violence, pas envers elle. Sans savoir pourquoi, il savait qu’il ne se le pardonnerait jamais. Alors, il essayait de jouer sur son terrain des mots, mais c’était compliqué. « Tu voulais quoi quand moi ai ste don kam raun hir ? »  Il poussa un râle de mécontentement qui raisonna dans toute la forêt. Son anglais commençait à lui faire défaut, mais elle avait besoin d’entendre chaque syllabe. « Si toi vouloir être amis avec tout le monde, d’accord, moi rien à faire. » Au contraire, ça ne le concernait que trop. Plutôt mentir que d’avouer ce qui le rongeait. « Toi assez forte pour supporter ça, toi parfaite ! Toi faire quoi ici alors ? Tu as tout ce qu'il faut. » Il s’avança, tandis que ses ongles étaient en train d’ensanglanter ses paumes pour ne pas commettre l’irréparable. « Toi pas besoin de moi d'accord, car Elias est là. Toi lui avoir dit merci ? Toi aller visiter les lacs du nord, une fois encore alors. » Il ne contrôlait plus les horreurs qu’il sous-entendait. Qui était-il en train d’essayer de violenter verbalement, il ne savait plus vraiment, tant ce qui sortait de sa bouche lui revenait plus brutalement dans le visage. « Moi, je peux partir. Conscience tranquille. » Et il n’avait jamais été aussi ancré sur le sol. Prêt à se battre contre elle, contre lui-même, à rivaliser de cruauté si c’était ce qu’il fallait. « Moi, je veux aucun ami. »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30178 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: Re: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Jeu 16 Nov - 2:06



❝ The science of fighting the forces of gravity ❞
Murphy Cavendish & Isdès Hakantarr & Mila Swann
(24 septembre 2117)


La vérité, Murphy aurait pu la supporter. Parce qu'elle était toujours définitive et sans appel, elle formait déjà un début de réponse. Et la réalité, Murphy avait toujours appris qu'on avait d'autre choix que de la confronter. Des fois elle était irrémédiable; des fois, on pouvait, en choisissant d'en étudier les fondements, la modeler pour la rendre plus acceptable. Dans tous les cas, elle était le début de tout. Elle était ce qui lui manquait lorsqu'il s'agissait de Faust et du deuil qu'elle avait tant de mal à accepter. Il lui manquait les faits établis, mais c'était un concours de circonstances et c'était là-même une autre vérité sur laquelle elle n'avait aucun pouvoir. Mais les doutes étaient les plus difficiles à gérer parce qu'ils volaient le présent et enfonçaient les pieds dans le passé, dans ce qui aurait dû être révolu mais ne parvenait pas à le devenir. Faust ne faisait pas tout à fait partie de son passé parce qu'elle était encore un peu dans son présent, qu'un espoir subsistait, se réveillait ponctuellement ou ne disparaissait jamais complètement. C'était les faits d'un chaos qu'elle ne contrôlait pas mais qui la rendait malade. Et de ceux qui étaient encore là, elle attendait le sincère. De Richard qui l'évitait depuis le coup parti accidentellement, elle attendait le sincère. De Tennessee et Devos, naïvement, elle avait aussi attendu le sincère. Et d'Isdès, même, elle attendait le sincère. Parce que le mensonge et la fuite étaient les outils de ceux qui n'estimaient pas l'autre, Murphy se sentait rabaissée à un rôle vulgaire, et c'était le genre de situations qui l'insupportaient.

De lui, elle aurait pu accepter le rejet, le regret, la violence des mots. Elle aurait même pu accepter qu'il revienne sur cette semaine au cœur des montagnes, si c'était ce qu'il avait ressenti. Mais ce n'était même plus de l'incertitude qui s'emparait d'elle lorsqu'elle pensait à lui; c'était de la fureur pure, parce qu'elle comprenait ce que son silence et son absence voulaient dire et qu'elle lui reprochait de ne pas avoir su l'exprimer par lui-même. Elle accepterait qu'on ne veuille pas d'elle; ou tout du moins, c'est ce qu'elle s'efforçait de se faire croire lorsqu'elle y parvenait. Mais ce déséquilibre entre les considérations respectives qu'ils se portaient l'avait atteinte en plein cœur. Elle n'était pas de ceux qui se laissaient marcher sur les pieds sans réagir. Oublier, ce serait trop facile -ou c'était tout bonnement impossible. Oublier, ça serait accepter sans contre-attaquer, ou surtout sans être sûr. Elle ne lui demanderait que quelques minutes, que quelques mots, un regard, une tranche de cette sincérité qu'il semblait à tout prix vouloir garder secrète.

Pourtant, des deux et au jeu qu'elle avait lancé, elle était bel et bien la grande perdante. Le soulagement avait presque pris possession de ses prunelles lorsqu'elles s'était posées sur lui. Il était là, bel et bien réel, devant elle, près de chez elle. Il avait fait le déplacement pour répondre aux quelques mots qu'elle avait griffonnés, hors d'elle. Si elle s'avançait suffisamment, elle pourrait le toucher. Si elle ne le détestait pas tant, elle pourrait même lui voler un baiser. Parce qu'il se tenait là, devant elle, à quelques mètres, et que ce simple fait avait fait brûler son cœur d'un feu qu'elle n'avait jamais connu. Pour ça, elle se détestait; et pour ça, elle le détestait encore plus. Sa présence la rappelait à toutes ces absences, aux longues heures qu'elle avait déjà passées assise sur ce rocher à l'attendre. Elle lui rappelait l'incompréhension de la première fois, l'inquiétude aussi, et toutes les questions. Elle avait pensé à ce qu'elle avait considéré à l'époque à la pire des perspectives : qu'il n'était plus de ce monde, lui non plus. Mais il n'était pas venu le mois suivant plus que le lendemain et ses inquiétudes s'étaient transformées en impatience, l'impatience en exaspération et l'exaspération en rancoeur. Qui était-il pour oser diriger ses pensées et ses sentiments de la sorte ? Qui était-il pour oser pour provoquer tant de ressentiment ? Elle méritait son attention, elle méritait des explications. Elle méritait qu'il voie son visage lorsqu'il lui diraient ces mots qu'elle avait besoin d'entendre. Mais s'il n'était pas venu, Murphy savait qu'elle aurait été grande perdante. En lui envoyant quelques mots, elle s'était presque mise à nu; elle lui avait donné le pouvoir de les ignorer. Pourtant, contrairement et tout ce qu'elle avait pu espérer et tout le soulagement qu'elle avait pu ressentir au premier abord, la présence d'Isdès en ces lieux ne laissait rien présager de bon. Ses sourires étaient rares, ses expressions presque indéchiffrables, mais cette fois semblait différentes de toutes les autres, de tous les cris d'incompréhension qui avaient déjà été les leurs. Chaque mot lui coûtait, elle pouvait le ressentir. Sa simple présence ici lui coûtait. Elle se raccrochait à ce qu'elle pouvait, au déplacement qu'il avait fait et qui contredisaient ses mots et les traits crispés de son visage. C'était le seul réconfort qu'elle trouvait en l'instant, le phare au milieu de toute la colère qui le ressentiment et la déception qui la rattrapaient.

Et ses mots volaient dans les airs comme les seules armes qu'elle pouvait contrôler face à lui et face au désespoir. Et son visage parlait pour tout ce qu'ils ne parvenaient pas à exprimer. Elle usait d'ironie, de ses propres vérités, les souhaitait incisives, tranchantes, brûlants, corrosives. Elle voulait le laisser là comme il l'avait laissée là-bas, dans la clairière, face aux siens. Elle voulait qu'il connaisse ce désespoir de l'abandon, cette part de l'être qui se brisait parce que l'autre n'y avait pas fait attention. Elle voulait qu'il perde le sommeil, lui aussi, qu'il repense à elle et à eux, peu importe ce qu'ils avaient pu être, et qu'il regrette cette semaine abandonnée à ses hautes montagnes. Elle voulait le marquer comme elle avait marqué la roche, là-haut, et elle voulait que sa pensée l'empêche de retrouver ce lac et cette cascade comme il l'avait tant redouté. Elle voulait devenir le pire pour lui, parce qu'il était devenu le pire d'elle. Mais les larmes s'emparaient de ses iris, noyaient peu à peu le réconfort qu'elle avait trouvé en sa venue, et lui demeurait silencieux. Il se crispait mais restait silencieux comme jamais il ne l'avait été face à la virulence de ses mots. Peut-être augurait-ce de choses qu'elle n'était même pas en capacité de s'imaginer; à dire vrai, elle s'en moquait complètement. Elle le touchait là où ça faisait mal, elle retournait le couteau dans la plaie. Que ses vérités lui fassent perdre le sommeil, à lui aussi, parce qu'il avait flingué trop de ses nuits et envahi trop de ses jours.

Lorsque la voix d'Isdès enfin retentit, elle envahit le cœur de la forêt et la fit frissonner, mais elle n'en démordrait pas. Il ne lui faisait pas peur. Ses mots lui servaient d'armes et sa rage de bouclier. Il ne pouvait pas lui faire plus de mal que tout le mal qu'il lui avait fait durant ces deux mois. Il pouvait être fier de lui mais maintenant, il allait payer le prix de son mépris et de son insolence. Et l'anglais qu'il perdait ne semblait être qu'une preuve qu'elle atteignait son but. « Des explications, putain ! Pourquoi ça te vient même pas à l'esprit que je puisse vouloir des putains d'explications ? » Ses sourcils se fronçaient, son regard envoyait des éclairs avant de traduire une déception sombre et profonde. « Non, j'ai pas tout ce qui faut, j'ai pas tes explications ! Je suis pas à ta disposition. C'est une option, chez vous, la vérité ? » Son regard se fit fuyant, chercha le réconfort de l'environnement calme, mais son corps se raidit tout entier aux mots qui raisonnèrent ensuite. Comme si on venait de la frapper en plein estomac, elle eut un mouvement de recul instinctif. Une ancienne larme coula le long de sa joue pour assécher son regard alors qu'elle le fixait, le souffle court. « Qu'est-ce que tu viens de dire ? » Le murmure lui coûtait. Elle cherchait des regrets dans son regard, dans ses traits, dans ses gestes peut-être, mais la voilà donc, sa vérité à lui. C'était ce qu'il pensait d'elle, et ça expliquait tout. Le poids du monde entier pesait sur ses épaules et l'air manquait à ses poumons. Quelque chose venait de s'effondrer en elle, probablement un dernier espoir naïf qui n'avait pu résister au sous-entendu. Elle avait perdu ses mots et son énergie l'avait brusquement quittée. En lui disant des atrocités pareilles, il soutenait son regard, et le faisait avec une détermination qui renforçait sa détresse. « Casse-toi, alors. Je serai pas ton amie. Je les ai eues, mes explications. » Qu'il savoure tout le désarroi et la désillusion qui s'emparaient et émanaient d'elle à ce moment précis. Qu'il s'en repaisse si ça lui chantait. Mais surtout, qu'il sorte de sa vie, qu'il abandonne ses pensées et ses rêves, qu'il la quitte entièrement. Car de cet affrontement dont elle avait tant espéré, c'était bel et bien elle, la grande perdante.


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26/08/2017 ΛURORΛ BOREΛLIS 147 anna speckhart BOREΛLIS // ASTRA // ZELLA DAY tu cultives la terre selon les saisons (botanique & agriculture) 292


Sujet: Re: The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)
Hier à 13:27

Behind the dreams of mastery. Love dies silently. Torn to the flesh as the fire bleeds. Echoes of history. I'm ready to start the conquest of spaces. Reaching the starlight and silver fields. Come with the night the science of fighting. The forces of gravity (@woodkids // beerus)
science of fighting
☆ Murphy Isdès Mila


Depuis ta rencontre avec le mystérieux terrien, tu t’aventures régulièrement hors du campement sans prendre la peine de justifier ton comportement. A vrai dire, tu gardes sous silence son existence, ne souhaitant pas la partager avec les autres. Égoïstement, tu veux qu’il ne soit connu que de toi, comme un enfant conservant jalousement son jouet. Néanmoins, tu ne le considères pas comme un simple divertissement au cours d’une escapade. A tes yeux, il représente bien plus... une sensation difficilement à décrire, un sentiment qui te traverse à la manière d’une onde qui va et vient, un bouleversement inédit. Alors, tu retournes souvent à la rivière, espérant le recroiser juste une fois mais avant d’atteindre ton but, tu fais demi-tour. Parce que tu crains autant que tu désires ce qu’il te fait ressentir. Et tu es bien incapable de trancher définitivement. En vain, tu cherches une autre occupation pour te dévier de ce dilemme qui te fait perdre pied, t’empêche presque de dormir. Son visage te hante, sa voix t’obsède. Les semaines passent mais tu n’oublies absolument rien, te remémorant cet instant en boucle.

Piégée au sein de ton propre esprit, c’est au près d’une autre que tu trouves, ce qui semble représenter, une échappatoire. En effet, le regard de Murphy t’accroche avec une telle poigne que ça te percute de plein fouet. Tu reconnais les émotions au fond de ses yeux. Cette sorte de désespoir que le chagrin et la colère nourrissent à défaut d’autre chose. Et tu plonges à l'intérieur pour t'y noyer avec elle, consciente que cela risque de t'entraîner bien plus bas que terre. A ta manière, tu essaies d'entrer en contact, de suivre le fil conducteur de sa pensée, de comprendre ce qui la trouble autant. Hélas, tu ne parviens à capturer son attention, elle t'échappe encore et encore. Alors tu décides finalement de tenter une démarche différente et quand tu l'aperçois, une fois de plus, s'éloigner discrètement du campement, tu n'hésites pas à faire de même. Tu marches dans ses pas, sans jamais trahir ta présence, conservant une certaine distance à cet effet. Ainsi, tu t'aventures sur une piste inconnue, loin d'imaginer une seule seconde l'étendue de ce que tu vas découvrir.

Lorsque Murphy finit par s'arrêter à l'orée d'une grotte, tu grimpes dans un arbre pour avoir une meilleure vue et surtout, être dissimulée par les feuillages. Bien que tu ignores la raison de sa venue, tu supposes aisément qu'un autre individu y soit mêlé. Sinon, pourquoi s'éloigner autant du campement ? Et surtout, pourquoi si souvent ? C'est probablement un lieu de rendez-vous. Avec qui ? Voilà la question qui taraude dans ton esprit. Tu connais ses fréquentations, à force de l'observer, mais ce que tu aperçois à ce moment précis balaie d'un revers de la main tes connaissances antérieures. Un terrien. Nul doute n'est possible, sa tenue, sa monture, sa démarche. Il te rappelle ton mystérieux inconnu. Réflexion faîte, tu n'es pas vraiment étonnée que l'Odysséenne pactise avec les autres tribus, cela correspond aux traits de sa personnalité. Néanmoins, un détail te chiffonne. Pourquoi cet endroit secret ? Tu obtiens rapidement une réponse, la conversation te mène sur la piste, te dévoile les nuances de l'idylle qui les lie ou plutôt les liait. Il semble qu'un obstacle entrave leur route commune.

Rapidement, tu saisis le propos dont il est question. Un homme. Une interférence au milieu de leur romance. Elias. Tu butes sur ce prénom comme s’il t’évoquait un souvenir particulier. Pourtant, tu ne connais aucun individu répondant à l’appel. Alors pourquoi cet acharnement ? Comment cet individu peut-il être responsable à lui seul de toutes ces souffrances ? Tu ne les vois pas à l’œil nu mais parviens aisément à les deviner. Il suffit d’écouter les mots qui se succèdent pour déceler les maux qui se dissimulent entre eux. C’est un jeu auquel tu te prêtes sans le moindre mal. Elias. Tu écoutes d'une oreille distraite la suite de la dispute, perdue dans tes pensées. Lorsque les deux amants s’impatient finalement, menaçant de quitter les lieux, risquant de t’échapper à tout instant. Or, tu ne peux te permettre de les laisser partir. Il te faut obtenir la réponse à ta question, celle-là même qui te brûle les lèvres, qui t’obsède abruptement. Tu quittes discrètement ton perchoir, fais un pas puis deux dans leur direction et t'arrête à quelques mètres du couple. Avant qu'ils ne puissent dire quoi que ce soit, tu les devances.

« Qui est Elias ? »

Trois mots. C'est tout ce qu'il te faut. C'est tout ce que tu as besoin. Trois mots pour provoquer le destin car tu es loin d'imaginer ce qui se trame, loin de concevoir l'effet que tu vas provoquer dans le regard du terrien. Ignorante, tu ne te doutes pas un instant de l'identité d'Elias, du lien implicite que tu possèdes avec lui, de la ressemblance frappante avec sa femme. Et surtout, tu ignores l'avoir déjà croisé, marqué, désiré.

→ murphy & isdès, alentours de l'odyssée, 24 septembre 2117.
 

The science of fighting the forces of gravity (Isdès et Mila)

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