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˜˜˜˜˜˜Smoke and mirror (Marlene)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna 30178 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: Smoke and mirror (Marlene)
Mer 23 Aoû - 1:42

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❝ Smoke and mirrors ❞
Murphy Cavendish & Marlene Rhodes
(22 août 2117)


Les mois d'été avaient défilé à une vitesse affolante. Pas assez vite pour oublier la chaleur caniculaire, mais beaucoup trop vite lorsqu'elle constatait les avancées ridicules des travaux de sa maison. Certaines tâches paraissaient s'accomplir d'elles-mêmes et elle mettait ces oublis sur le dos d'un cerveau partiellement fondu par les journées accablantes de chaleur. Il lui semblait parfois voir Antarès surgir du mur qui séparait sa moitié de la maison de celle de Tennessee, et puis elle comprenait qu'un nouveau trou y avait creusé par la bouclée pour donner au chien l'occasion de la visiter à sa guise. Murphy n'aimait pas ça, et elle passait probablement plus de temps à combler ces trous de nouvelles pierres qu'à réellement reprendre la reconstruction de sa demi-maison. L'automne arrivait doucement mais sûrement, et même si elle l'avait su dès le début, le fait de devoir retrouver les dortoirs communs pour les saisons moins clémentes ne l'inspirait guère. Elle avait pris goût à cette indépendance que seules ses excursions solitaires avaient su lui offrir jusqu'alors. Elle aimait observer les étoiles d'été et le nuage blanc d'une voie lactée qui s'étendait aussi loin d'eux qu'elle appartenait à leur passé. Elle aimait pouvoir permettre à Antarès de gambader chez lui et chez eux pendant qu'elle cherchait le sommeil, l'accueillir sous son bras fatigué lorsqu'il cherchait la chaleur réconfortante de sa maîtresse. Mais il n'y avait toujours pas de toit au-dessus de sa tête, pas plus que ce qu'elle avait réussi à bricoler pour protéger sa couche des pluies. Avec le mois de septembre qui se rapprochait et l'automne avec lui, Murphy se surprenait à se hâter plus qu'elle l'avait fait pendant l'été. Les derniers mois étaient passés beaucoup trop vite lorsqu'il s'agissait des travaux, et elle reléguait régulièrement des expéditions aux oubliettes pour gagner quelques heures de travaux ici et là.

Assise par terre au milieu des gravas et pierres qui trônaient devant l'entrée de sa maison, Murphy s'autorisait une brève pause qu'elle consacrait à gratifier son fidèle compagnon canin de quelques caresses tendres. Elle leva les yeux vers le ciel, qui perdait progressivement de sa clarté. Elle avait eu le temps d'apprendre depuis qu'elle foulait ce sol que si la nuit n'approchait pas, alors c'était que la pluie s'apprêtait à faire son entrée. Elle jurait pouvoir déjà sentir l'odeur du sol brûlé par l'été caressé par la pluie salvatrice, mais aucune goutte d'eau ne semblait encore avoir trouvé le chemin de leur village. Elle embrassa le pelage d'Antarès et se redressa face à la façade de sa moitié de maison. La porte de bois était massive et c'était vers elle qu'elle se tournait lorsqu'elle cherchait du réconfort; une preuve qu'elle n'avait pas passé l'été à voguer de patrouilles en expéditions sans accorder le temps nécessaire à cette maison qui ne demandait qu'à renaître de ses cendres. La haute porte était ce qui séparait le monde de ce cocon personnel qu'elle aurait encore à construire pendant des années sûrement. Les bras ballants contre son corps, Murphy inspira une profonde bouffée d'air avant de se remettre au travail. Il fallait au moins qu'elle déblaie l'accès jusqu'à sa porte avant l'arrivée de la pluie; c'était son objectif. Elle ouvrit sa porte d'entrée et, faisant attention à ne pas se prendre les pieds dans un chien trop avenant, se saisit d'une des massives pierres qui l'attendaient là pour la rentrer. Elle en avait une dizaine à déplacer près d'un pan de mur extérieur en reconstruction. Elles attendraient là le temps qu'elle réunisse suffisamment de matériau pour reprendre la tâche. Comment à son habitude, Murphy grogna en sentant ses muscles hurler à l’infamie et elle serra la mâchoire au point de se demander comme elle pouvait supporter une telle pression. Comme à son habitude, il lui fallut s'y reprendre à plusieurs fois pour déplacer la pierre et elle finit par la traîner dans le sol poussiéreux pour épargner ses bras tant que possible. En laissant la pierre près de ses consœurs prêtes à être utilisées, Murphy leva le nez vers le ciel grisâtre et jura sentir une première goutte de pluie, qu'elle essuya d'un revers de main poussiéreux. L'atmosphère était encore bien lourde, et elle croisait les doigts pour n'avoir qu'à faire à une pluie classique sans tous les aléas des pluies acides qui ne les avaient pas épargnés depuis qu'ils étaient là. Ses épaules portaient encore les stigmates de plusieurs d'entre elles, et sa main de l'une d'entre elles tout particulièrement. Une chose était sûre : elle ne pourrait pas déplacer le reste de son chargement sous la pluie, même si celle-ci n'était pas corrosive. Elle avait déjà testé la pierre mouillée et la savait trop glissante pour écarter tout risque. En passant le seuil de sa porte, elle l'ouvrit en grand pour se faciliter le trajet en sens inverse, même si elle savait qu'il s'agissait plus d'un mirage psychologique que d'une réelle contribution au bon déroulement des choses.

Elle s'arrêta pourtant dans les gravas, sous le vent qui commençait à se lever, et fixa la silhouette qui coupait à le terrain pour la rejoindre. Elle la reconnaîtrait entre mille, cette silhouette, mais il y avait quelque chose en elle qui détonnait complètement avec la Marlene à laquelle elle était habituée. Le regard froncé pour essayer de mieux percevoir les choses, Murphy resta bête, devant sa porte, à attendre que son amie arrive à ses côtés. Elle ne redoutait à présent qu'une chose : que le bordel de la rébellion la rattrape même lorsqu'elle se sentait à leur abri. « Salut, Marlene ! » La voix s'était élevé dans le calme des environs. Quelques Odysséens trottaient ça et là pour rejoindre un abri avant que le ciel ne leur tombe sur la tête. Marlene, elle, se dirigeait droit vers elle d'un pas déterminé. « Tu vas si vite parce que t'as peur de te prendre la pluie ? »
 

Smoke and mirror (Marlene)

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