Partagez | 
 

˜˜˜˜˜˜Find you [PV Grace]
maybe life should be about more than just surviving


avatar
14/08/2017 Ketro 276 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 104
The secret side of me

I never let you see


Sujet: Find you [PV Grace]
Mer 16 Aoû - 10:04

La paix régnait. Une paix aussi fragile qu'une fine couche de glace sur laquelle il fallait progresser avec la plus grande vigilance, si délicate que la moindre pression trop forte risquait de la faire se briser et plonger votre être dans un abime glacial dont il sera difficile de s'extirper... mais la paix quand même. Les conflits étaient en apparence suspendus, les menaces tenues plus ou moins à l'écart en attendant de voir comment allaient se régler les problèmes survenus ces derniers mois, entre trahisons et dangers permanents. Dans un tel climat de tensions, comment un guerrier n'aurait-il pas pu se tenir en alerte et patrouiller ? Si les alentours du village Pikuni étaient des plus tranquilles avec la plaine qui s'étendait à perte de vue dans certaines directions, il restait la dense forêt à proximité qui dissimulait bien trop de choses pour ne pas nécessiter d'être arpentée. Une épée au côté, jadis troquée avec les Athnas réputés pour la qualité de leurs armes que personne ne remettait en doute tant elles avaient fait leurs preuves, Finn marchait d'un pas en apparence calme et mesuré, les sens aux aguets et le regard aiguisé. Il avait toujours aimé ce qui s'apparentait à ses yeux à de longues promenades à l'époque où les tribus vivaient réellement en paix et où aucun homme n'était tombé du ciel pour venir les menacer ni tenter de leur arracher ce qu'ils possédaient. Bien sûr les bêtes sauvages représentaient à l'époque la plus grande menace qui soit et il est vrai que certaines n'avaient rien de comparable avec celles qui parait-il étaient les véritables animaux non irradiés qui foulaient cette terre avant la grande catastrophe.

Quoi qu'il en soit, le Gona ne pouvait plus savourer ces patrouilles comme autrefois et c'était avec le plus grand sérieux et une certaine prudence qu'il allait par les chemins naturels que lui offrait la forêt, guettant le moindre craquement inhabituel de broussailles qui ne soit pas le fait des petits animaux, le moindre piaillement d'oiseaux qui s'il s'arrêterait indiquerait la présence d'un intrus au milieu de toute cette nature, ou même tout simplement d'éventuels éclats de voix qui pourraient indiquer la position d'individus bipèdes. Alliés ou ennemis, telle serait alors la question... et comme si le simple fait d'y songer suffisait à le provoquer, ce fut bel et bien un bref cri humain qui le figea sur place, raide et la main déjà sur la poignée de son épée. Son cerveau analysa en un éclair ce qu'il venait d'entendre : un cri aiguë, peut-être bien féminin, pas celui d'un enfant en tout cas, peut-être de surprise plus que de peur, mais suffisamment bref pour signaler un évènement inattendu, quant à la direction... Il fronça les sourcils et entreprit de courir vers la position supposée de l'émission du bruit, prenant garde à ne pas accrocher de silhouettes dans son champ de vision et se tapissant contre un tronc dès qu'il lui sembla apercevoir du mouvement. C'était là, cela faisait la taille d'un adulte et ça se balançait au bout d'une corde, la tête en bas et... Finn cligna vivement des paupières puis sortit du couvert de l'arbre, ôtant la main de son épée et se parant d'un sourire qui alla grandissant tandis qu'il s'approchait de la silhouette féminine qui s'agitait et pestait tout en maintenant au mieux sa robe à l'endroit.

- Je savais que tu pouvais parfois être tête en l'air, mais là je crois que tu en fais un peu trop cette fois.

Les pieds prisonniers d'un nœud coulant fait avec une solide corde, la tête en bas et le visage rougit par l'effort et la position inconfortable , ses mains tentant machinalement de préserver sa vertu en gardant sa robe à peu près sur ses jambes, Grace avait davantage l'air d'une furie que d'un petit lapin pris au piège et le Pikuni ne pu pas s'empêcher de rire un peu tandis qu'il s'accroupissait pour être à sa hauteur, venant d'une main à la poigne solide maintenir son épaule pour l'empêcher de tournoyer sur l'axe de la corde.

-Je te croyais en voyage, mais en fait tu t'amusais dans les bois tout ce temps, petite cachotière va.

Ses yeux noisettes se firent attendris tandis qu'il observait celle qui était à la fois la meilleure médecin qu'il connaisse et son amie de longue date, celle qui le connaissait mieux que la plupart des gens et qui avait toujours été là pour lui, et vice versa. Elle avait fière allure à s'être fait prendre au piège comme une débutante, la corde n'avait même pas été dissimulée par des plantes ni recouverte de ce résidu verdâtre de fougères qui permettait de la dissimuler au mieux. Tout à ces réflexions, son esprit le surpris à errer vers quelques vieux souvenirs d'une époque où ils s'amusaient à chahuter gentiment, où elle apprenait son métier et s'entrainait sur lui pour les soins quand il se blessait aux entrainements, ce qui arrivait très souvent tant il était doué pour foncer droit sur son adversaire sans jamais reculer. Avec les années, les choses avaient toujours été ainsi : il se blessait, elle le soignait, elle savait l'écouter et le réconforter, il la protégeait de son mieux et veillait sur sa sécurité. Jusqu'à-ce qu'elle se marie... Une protestation de la belle le ramena à l'instant présent et il sourit plus grandement encore, riant un peu avant de se demander s'il devait ou non la détacher.

- Je pourrais demander à ce qu'on vienne t'admirer avant, mais j'avoue que s'il prend l'envie à un putois de t'approcher, ça risque de devenir assez délicat.

Il tira de son fourreau l'épée qui ne le quittait jamais et entreprit de passer ses bras autour de son amie, la soulevant contre lui suffisamment haut pour qu'elle puisse s'accrocher à son cou.

- Tiens-toi bien.

Dit-il gravement avant de trancher la corde d'un coup sec, tentant de retenir Grace au mieux de son bras libre, gardant l'épée hors de la zone de chute de la Pikuni. Rengainant rapidement, il insista pour que la jeune femme s'asseye et jette un regard à ses chevilles, sachant parfaitement ce qu'une corde trop serrée pouvait faire à une peau nue. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas vue ? Bien trop à son goût en tout cas, assurément.

Admin - Tears of the phoenix
avatar
12/10/2014 Brimbelle 47080 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 348
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 15:04

Il arrive à un moment que tout s’évapore, tout se perde. Les gouttes formant l’océan s’échappent, se transforment, vagabondent au-delà du crépuscule, là-bas derrière les montagnes. Nul ne s’en inquiète, à l’échelle de cette immense étendue bleue, personne n’a ressenti ce minuscule rétrécissement. Ce qu’il en est parti ? Comment savoir ou deviner, il y a bien trop de gouttes. C’est insignifiant, sans intérêt. Une particule envolée se remplace par celles qui sont restées. Le regardant une dernière fois, je le quitte en direction de cette patrie longtemps quittée. L’appel à la retrouver semble aussi étranger que le départ de cette île dans laquelle j’ai séjourné. Aucun lieu ne me donne cette agréable sensation d’être en sécurité. Celle qui fut ma maison durant les années de mariage avec Achim ne ressemble qu’à un lieu hanté par les spectres de nos souvenirs. Mon esprit reste coincé dans ce qui a été, sans pouvoir passer le cap du ce qui sera. Là-bas sur cette île, leur accueil n’a pas suffi à décrisper ces muscles raidis par l’étrangère qui ne se reconnait plus. Des efforts j’en ai fait : seulement, on ne donne pas un sens à sa vie au saut du lit. Quand l’esprit se retrouve détaché de la réalité s’offrant à lui, le faire replonger demande bien trop de patience, patience que peu se risqueraient à avoir face à celle qui ne semble pas non plus désirer une aide quelconque. Et puis vient ce jour où le jeu des aventures vagabondes se termine, où l’on se redemande finalement le sens à tout cela, l’objectif à atteindre : faute de réponse convaincante, j’ai abandonné cette potentielle guérison chez les Kovariis.
 
Mon fils. Des mois que je ne l’ai plus vu. Saurais-je le reconnaître à mon arrivée ? L’inverse témoignera cette émotion familière au lendemain de mon anémie. Aucune mère n’oublie son enfant, aucune ! Moi si. Il ne sera pas possible de réparer la catastrophe : le passé ne se réécrit pas, il est soit accepté, soit rejeté. Jamais réparé. Le lien a été détruit, fragilisé par une mémoire défaillante, annonçant les prémices d’une séparation irréversible. Il aurait dû être toute ma vie. Il aurait dû être celui pour lequel j’aurais dû me battre. J’en fus incapable. Cet enfant m’apparaissait tel un étranger, autant que le père, que les bribes de souvenir n’avaient pas suffi à rendre l’image claire, nette. Les morceaux recollés ne rendraient pas d’éclat à la pièce une fois montés. Il n’y avait plus rien, tout semblait parti, disparu pour de bon. Le bonheur faisait partie de ces gouttes évaporées de l’océan tandis que je m’enfonçais dans les limbes des eaux profondes sans solution pour remonter à la surface. Je me noyais sans pour autant y voir là une terrible fatalité. Après tout, la faucheuse et moi n’avions cessé de nous côtoyer sans jamais nous rejoindre complètement. Les morts ne cesseraient jamais de tourner autour de mon moi ; il suffisait de composer avec leur présence et d’éviter un attardement trop fatal.
 
Mes pas se hâtaient face à l’orage menaçant. Des jours que je marchais à travers ces contrées inconnues, ces endroits que je ne connaissais pas. La fatigue de mes membres ne m’empêchait aucunement d’avancer, comme si le motif ne suffisait pas à une pause. Le mental assurait au corps qu’il pouvait encore poursuivre, ignorant ses cris et ses appels. Dans ces conditions, une seconde d’inattention suffit à basculer la journée à l’envers… littéralement parlant. Sous la surprise de ce pied qui subitement se fit entrainer par une force non identifiée, un cri s’échappa. La terreur passée, j’analysais la situation, suspendue dans les airs par une corde qui tirait sans douceur mon pied vers le haut. Et mon poignard s’était tout simplement renversé sur le sol. Génial.
Je ne saurais dire ce qui fut le pire : porter une robe dans cette condition ou devoir faire de la balançoire à l’envers pour aller chercher l’arme de ma délivrance.
 
Mes doigts touchant le sol, je me cramponnais au carré d’herbe pour me donner un élan suffisant en direction de mon arme. Mon poids tirait sur la cheville, et c’est en grommelant que je tentais de l’attraper avant de l’apercevoir. D’un réflexe je remontais ce qui restait de ma dignité à supposer que j’en avais vraiment une dans ces conditions. Croisant mes jambes pour retenir les pans de mon vêtement, je riais jaune face à celui qui semblait amusé de la situation.
 
 
« Finn, merci pour ta brillante contribution »
 
D’humeur ? Pas vraiment non. Se faire prendre par surprise par un piège à lapins, ça n’est agréable pour personne. Au milieu du chemin de surcroît ! En proie à la fatigue des derniers jours, la situation se suffisait pour me rendre irritable au plus haut point. Nous ne nous étions vus depuis une éternité : belle amorce pour des retrouvailles des plus riches, vraiment.
 
« Je peux parfaitement me débrouiller, laisse-moi »
 
Têtue ? A peine. Qu’il s’amuse, je savais comment me dépatouiller de cette situation sans son aide. Qu’est-ce qui lui prenait de me prendre l’épaule ainsi ? M’empêcher de pouvoir me détacher ? Je le fusillais du regard, agacée de ne pouvoir maîtriser la situation. Le pire, c’est qu’il poursuivait dans ses moqueries, l’air de rien, ignorant mon agacement.
 
« Qui est le sombre crétin qui a posé ça là ? C’est toi ? Arrête de sourire ça n’a rien de drôle ! »
 
Ses petits commentaires terminés, et certainement lassé de faire face à l’hystérique que j’étais, pommettes rougies et yeux foudroyants à son égard,  ma cheville fut enfin libérée de cette corde dure et fripée. A deux doigts de basculer sur le sol, je me cramponnais in extremis au cou masculin. Ma cheville claqua brutalement contre le sol, m’arrachant une grimace. Râlant, je m’exécutais face à l’insistance de Finn et m’asseyait. Au passage, je tirais le bras pour ramasser mon couteau et le ranger dans l’espace prévu à cet effet.
 
« C’est bon, je n’ai rien. »
 
Menteuse. Pour ne pas changer de d’habitude. Il n’aurait pas le temps de le voir, l’inspection avait été aussi rapide qu’efficace. A peine debout que les premiers pas trahirent la douleur des muscles mis à rude épreuve. Tant pis. J’aviserai plus tard. Boitillant légèrement, je me relevais, prête à tracer le chemin en direction du village Pikuni sans état d’âme pour mon corps. Je ne savais pas quoi penser de cette rencontre hasardeuse. Au fond, je ne souhaitais nullement renouer avec les miens avant d’être prête à le faire. Me retrouver prise au dépourvu au milieu des bois me poussait inconsciemment à prendre de la distance. Je me refusais à laisser entrer les émotions des retrouvailles aussi rapidement, sans pouvoir les contrôler.
 
« Dépêche-toi l’orage arrive » lançais-je dans sa direction avant de poursuivre.

avatar
14/08/2017 Ketro 276 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 104
The secret side of me

I never let you see


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 15:37

Seul un imbécile en la voyant ainsi aurait pu la croire inoffensive. Si Finn avait pu l'approcher et la toucher sans rien risquer, n'importe quel inconnu se permettant d'entrer en contact avec Grace aurait certainement prit au mieux un coup, au pire et bien... allez savoir, une femme prise au piège pouvait être aussi redoutable qu'une louve acculée, surtout quand elle avait ce genre de caractère. Pour sa part si l'homme se permettait de se moquer gentiment et de se comporter comme un idiot, le fait est qu'il ne l'était pas et que son amie le savait parfaitement, ce qui expliquait sans doute pourquoi cela l'énervait d'autant plus qu'il perde autant de temps à s'amuser de la situation au lieu de l'aider. Le Pikuni avait secoué négativement la tête à la mention du piège, non ce n'était pas lui qui l'avait posé, la chasse n'était pas son fort loin de là. Afin d'en finir il décrocha la rouquine en la retenant au mieux, fronçant les sourcils en entendant le bruit mat de la cheville cognant contre le sol, car ça n'avait pas été faute pourtant d'essayer de l'empêcher de heurter terre. Connaissant sa manie de prendre davantage soin des autres que d'elle-même, le Gona l'obligea à vérifier sa cheville en lui adressant un regard suspicieux, yeux plissés et scrutateurs. Plus têtue tu meurs et il ne chercha même pas à retenir le soupir qui lui échappa alors que la médecin se relevait déjà pour commencer à s'éloigner avec une volonté mise à mal par son propre corps.

- Si tu n'as rien alors pourquoi tu boites ?

Lança-t-il en la rejoignant d'un pas rapide, levant brièvement le nez vers les frondaisons qui masquaient le ciel chargé de lourds nuages allant en s'obscurcissant. La belle affaire, l'air sentait effectivement cette odeur si particulière qui précède toujours les orages, mélange de terre et d'humidité oppressante, un cocktail qui avait le don de vous mettre les nerfs en pelote pour peu que vous n'aimiez pas le mélange des deux.

- Tu n'iras pas loin dans ton état Grace et puis qu'est-ce qui t'es arrivé ? Tu as une mine affreuse.

Elle avait les traits tirés par la fatigue, au mieux, peut-être par autre chose aussi, c'était difficile à dire, douleur sans doute à présent, il espérait en tout cas que ce n'était pas la faim en sus. Finn la rattrapa pour de bon et vint poser sa main sur son bras, cherchant à la stopper, la dépassant pour venir se placer face à elle.

- Tête de mule, arrête-toi un peu. On ne s'est pas vu depuis des mois et c'est comme ça que tu réagis ? Je suis heureux de te revoir, mais ne compte pas sur moi pour te laisser te blesser davantage et encore moins m'ignorer.

C'était à croire qu'il avait fait quelque chose de mal, à moins que ce ne soit son voyage qui l'ait changée, pourtant elle avait dit vouloir le faire pour se retrouver, pas pour s'éloigner de ses proches. Enfin il l'espérait... Son regard se fit plus inquiet tandis qu'il la scrutait avec attention, cherchant les différences entre celle qui était partie si soudainement et celle qui se trouvait désormais devant lui. La serrer dans ses bras lui paraissait être une bonne idée, mais vu son expression il n'était pas certain qu'elle apprécie ce genre de démonstration affective pour l'instant. Bien sûr il y avait l'orage et le fait qu'il l'avait taquiné en la voyant suspendue la tête en bas, mais ils s'étaient vus dans de bien pires situations et cela n'avait jamais altéré leur complicité jusqu'à présent.

Admin - Tears of the phoenix
avatar
12/10/2014 Brimbelle 47080 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 348
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 20:08

Les rudes épreuves auxquelles vous soumette la vie apparaissent pour celui qui les vit comme des montagnes à franchir. Elles ne se présentent à nous avec pour unique objectif que de nous faire rebrousser chemin. Dans le meilleur des cas, le contournement s’annonce comme la méthode la plus douce pour le braver : dans le pire, le mur, de plus en plus menaçant, ne cesse de s’agrandir à mesure que le temps passe, à mesure que l’angoisse se fait croissante. Cette bulle dans laquelle je me suis enfermée est à deux doigts d’éclater pour me laisser mise à nue face à ce monde hostile dans lequel je ne trouve pas de refuge. Il n’y a que le vide, pesant pour m’entourer de son manteau blanc. Pas même de larmes pour pleurer, ou de tristesse à manifester : le sentiment se rapproche davantage du masque d’indifférence que de l’hyperémotivité. Depuis presque une année, je ne suis plus en mesure de dire où j’en suis, encore moins ce que je souhaite. Seule solution à cette mélancolie intérieure : l’expérience, le lâcher prise, auxquelles je ne suis pas naturelle ni même habituée. Preuve étant que la surprise de voir Finn en pleine forêt, rencontre hautement probable malgré tout, me déstabilise au point de choisir la fuite plutôt que l’affrontement.

La douleur se faisait plus pesante, et malgré tous mes pieds avançaient, l’ignorant jusqu’à devoir l’affronter en face. Là était mon mur, ce mal rongeant vos organes vitaux, à la fois familier et en même temps l’étranger, le parasite. Son origine avait été brouillée par sa présence habituelle depuis bien trop de temps. Un moment elle avait disparu, pour ensuite revenir à la vitesse de la lumière. Il suffisait de stopper le temps pour la sentir rejaillir. Pour ma défense, je choisissais l’ignorance tandis qu’elle m’attirait dans le sens inverse. Quand bien même j’aurais pu la soigner, ma sacoche remplie avec le nécessaire, je ne souhaitais nullement m’arrêter et affronter Finn maintenant.
Affronter. En étais-je arrivée à craindre mes proches ? J’appréhendais leurs réactions, ce qui ne tarda pas à sortir des lèvres masculines : mots qui sonnèrent en premier lieu comme des reproches.

« Je ne crois pas que tu sois le mieux placé pour faire le donneur de leçons.»

Monsieur a eu son lot de plaies et tout le cirque qui s’en est suivi. Les rôles s’inversent et le voilà conseiller des soins du corps d’autrui ! Qu’il s’occupe d’abord du sien avant de s’occuper du mien. Il y avait comme une fierté stupide d’aller vers mon idée sans m’arrêter, sans accepter que moi je pouvais avoir besoin d’une épaule sur laquelle me poser. Inconcevable, impossible. Le contact entre nous me raidit davantage, et durant quelques secondes je scrutais cette main sur mon bras, silencieuse. Gênée, je lui prenais la main pour l’écarter. Malgré tout je baissais le ton, la pression retombant légèrement.

« Je ne t’ignore pas » grommelais-je, refusant que cette idée lui germe à l’esprit.

S’il l’avait dit, c’était justement l’image que je lui renvoyais. Je ne pouvais juste pas revenir et faire comme si tout s’était bien passé, que tout était réparé que ma quête avait été riche et prometteuse. Rien de tout cela. A l’inverse, davantage de questionnement, de recherches à entreprendre, de pistes à explorer. Une problématique se dressait, n’en finissant pas d’agrandir la toile d’araignées vers de nouvelles probabilités, estimations. Parmi tous ces choix, aucun pour me convenir suffisamment.

« Qu’est-ce que tu fais ici d’abord ? Tu ne peux pas être, je ne sais pas, patrouiller dans un autre coin et me retrouver comme tout le monde au village ? »

Etre ailleurs. Pas là, pas maintenant, pas ici face à ces traits tirés. Je ne le pensais pas vraiment mais cela me paraissait la meilleure des solutions pour qu’il cesse de jouer au chevalier blanc. Peut-être même étais-je heureuse de le croiser avant la rafale de questions oppressantes à mon retour. Mais en même temps je me retrouvais face à mon propre reflet à travers ses mots à mon égard. Encore une petite chose fragile à protéger et prendre soin. Les derniers mois ne comptaient pas, j’avais forcément été secourue et aidée.

« C’est une erreur de revenir. »

Non « c’était ». Car le présent se pointe, réel, dessinant l’avenir, seconde après seconde. Rien ne m’empêche de reprendre la route dans une autre direction, hasardeuse, vers de nouveaux lieux. Et si c’était là que l’on m’appelait ?


avatar
14/08/2017 Ketro 276 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 104
The secret side of me

I never let you see


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 22:30

Leurs ancêtres auraient dit que c'était l'hôpital qui se foutait de la charité, car si Finn était bien connu pour quelque chose auprès des siens, c'était son don pour être blessé d'une façon ou d'une autre, le fait qu'il troquait plus que quiconque ses ressources contre des remèdes et des soins, plutôt qu'à améliorer son confort de vie. Il faisait attention pourtant, enfin parfois, mais il était certaines choses immuables qui faisaient partie du quotidien, d'une habitude de vie dont il était difficile de se défaire. Il était normal que Grace lui reproche d'être mal placé pour jouer le donneur de leçons, ce qui n'empêcha pas le Gona de rester planté devant elle, bien campé sur ses jambes, n'ôtant sa main que quand celle de la jeune femme vint la chasser. Elle disait ne pas l'ignorer, mais si ce n'était pas le cas, alors c'est qu'elle essayait de fuir, ce qui n'était guère mieux. Ses questions sonnèrent à leur tour comme des reproches, pourtant ce fut avec un léger sourire que les réponses vinrent.

- Avec tous ces gens du ciel qui s'approchent de plus en plus des villages, il faut bien que quelqu'un monte la garde. Et je préfère te revoir ici et maintenant, seul à seule, plutôt que d'avoir à te partager une fois que tu seras rentrée chez nous.

Le Pikuni cligna des paupières à ses propres mots, prenant conscience de leur possible connotation, puis entreprit de sourire un peu plus, masquant sa gêne comme il le faisait toujours derrière un air un peu plus imbécile heureux que seule une poignée de personnes -dont faisait partie la médecin- savait identifier et décrypter. L'inconvénient de connaitre quelqu'un depuis de longues années.

- Enfin je veux dire que tout le monde va vouloir te sauter dans les bras et te parler, alors tu n'auras même plus un seul instant pour m...

« C’est une erreur de revenir. »

Le sourire s'évanouit du visage de Finn qui fixa soudain Grace comme si elle venait de lui jeter à la figure la plus terrible des nouvelles, sa bonne humeur semblant vouloir le déserter alors qu'un air passablement inquiet prenait place sur ses traits. Sa voix se fit plus posée, son ton plus grave, quoique précautionneux, tandis qu'il faisait un simple pas vers elle, une amorce pour tenter de ne pas perdre le contact visuel pourtant avéré.

- ... Tu n'as vraiment pas envie de rentrer ?

Il inspira, sembla hésiter, puis eut une esquisse de sourire plus triste que joyeux agrémenté d'un regard inquiet à l'idée qu'elle puisse sérieusement songer à tourner les talons, là tout de suite, peut-être même à cause de lui.

- Écoute je... je ne voulais pas t'embêter, c'est juste que je me suis inquiété et... enfin on s'est tous inquiétés pour toi, on ne savait pas où tu étais ni si tu allais bien. Tu aurais pu être capturée par ces vendeurs d'esclaves du désert ou traquée par une bête sauvage, peut-être même kidnappée par ces gens venus du ciel ! Je sais que tu sais te défendre, en plus d'être la meilleure guérisseuse au monde que je connaisse, mais je ne pouvais pas ne pas m'inquiéter pour toi et...

Il s'interrompit en sentant qu'il risquait d'aller plus avant dans ses propos, sur un terrain particulièrement glissant qu'il avait toujours pris soin de soigneusement éviter, notamment depuis que la Pikuni avait été mariée, avec tout ce qui en avait découlé. Au lieu de ça Finn recula d'un pas, hésitant visiblement avant de forcer un sourire sur ses lèvres, un mélange de déception et de contrôle au fond des yeux. Il avait été suffisamment bête pour le reste de la journée, peut-être même pour plus longtemps encore.

- Écoute, je suis heureux de te voir sauve et à peu près saine, je peux t'accompagner pour le chemin qu'il te reste à faire, peu importe la direction que tu décideras de prendre. D'accord ?

Juste encore un peu de temps avec elle, en sa compagnie, était-ce trop demander ? Cela faisait des mois qu'il ne l'avait pas vue et vu sa réaction défensive, mieux valait ne pas chercher à brusquer les choses ni à faire comme si elle était la même qu'avant... et bien avant tout ce qui était arrivé. Ainsi le Pikuni lui offrit-il un autre sourire, cette fois chargé de tendresse sincère, au-delà du simple désir de protection qu'il avait toujours en temps normal. Si elle voulait bien de lui à ses côtés, ne serait-ce que pour quelques heures, ce serait déjà ça de prit pour le Gona qui saurait s'en contenter.

Admin - Tears of the phoenix
avatar
12/10/2014 Brimbelle 47080 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 348
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Mar 12 Sep - 23:09

Si j’avais pu, j’aurais foudroyé l’univers pour tout le répit qu’il ne me laissait pas, pour le courage dont constamment je devais faire preuve. Sur le pont des précipices, j’avais regardé vers le bas, me demandant parfois l’effet que l’envol en direction des entrailles de la Terre pourrait avoir. Serait-ce plus simple après tout de laisser ces pensées amères me traverser face à l’immense bâtisse infranchissable que je ne cessais de lorgner ? Sous toutes ces coutures, elle ne semblait céder, devenant de plus en plus forte, de plus en plus résistante à chaque coup porté. Rien ne laissait supposer non plus que de l’autre côté le calme reviendrait. Tout n’était que fabulation, hypothèse d’un chemin aventureux, libérateur, tandis que devant moi ne se dressait aucune promesse de son existence. Comme pour se justifier, Finn s’engouffrait dans des explications sans intérêt. Les raisons de sa présence ne m’intéressaient nullement : il était là, fin de l’histoire. C’était tout ce qui importait et à la fois ce qui me préoccupait.

« Je ne les laisserai pas faire »

Point de retrouvailles. J’irai chercher mon fils et nous irons ensemble dans cette bâtisse qui m’a si souvent servi de maison. Fin de l’histoire. Leurs interrogations n’auraient que faire à mon esprit fermé par ce si grand accueil. Trop généreux, j’en aurais presque les larmes aux yeux, si seulement ils m’avaient manqué. N’avais-je donc pas de cœur pour ainsi les repousser ? Dans le paradoxe de mes actions, cette question me revenait souvent, en écho. Que l’altruiste s’éveillait lorsqu’il s’agissait de soigner, tandis que cette face plus sombre se révélait dans des temps difficiles. L’amertume, la rancœur prenaient le relais, prêts à se nourrir du mal être humain, niché au creux de leur âme, bien installé dans leurs cœurs noyés de chagrin. Tempêtant contre ces questions répétées inlassablement en écho, j’avais trouvé une solution radicale pour m’en séparer : la fuite vers ce qui n’appellerait qu’une impression floutée de ce qui un jour avait existé. Le village Pikuni n’incarnerait jamais cet endroit : un fait.

« Pourquoi faire ? Pour retrouver un bébé que je connais à peine ? Pour reprendre mes activités de guérisseuse l’air de rien ? Ce village n’est pas mon avenir Finn, il ne ressasse que les souvenirs de mon passé : rien d’autre »

Un temps il aurait tracé les voies d’une destinée chaleureuse. Un mariage certes arrangé mais au premier abord heureux, des projets de vie, avant que ne sonne le glas des premières désastres et le spectre latent de ma propre mort. Le temps des innocences avait volé en éclat pour éparpiller les débris de ce qui ne ressemblait désormais qu’à un pâle reflet optimiste.
C’est ainsi. C’est fini. Cette force, cette énergie, elle me manque pour affronter ce que je fuis depuis des mois. Elle ne veut même plus se donner la peine de se présenter, désormais envolée. Je ne saurais même plus la reconnaitre, et pourtant me voici encore debout, prête à repartir telle une idiote pour ne suivre que mon idée et fuir ce qui m’angoisse. Dans une vaine tentative, Finn laissa ses émotions s’exprimer : un vrai manche à peine à l’aise tirant sa dernière carte en main. Il avait le cran, mais tout n’était qu’une mascarade astucieuse pour m’empêcher de partir.

« Tu racontes vraiment n’importe quoi »

Ces paroles, ces mots étaient prononcés hors du temps, hors de la réalité. Qui il pensait voir n’était en réalité plus la même personne. Les bouleversements vous soumettaient à rude épreuve, poussant parfois à redessiner les lignes de vie que vous pensiez les bonnes depuis toujours. Puis finalement en y repensant, le schéma se retraçait, la carte se développait pour créer une arborescence d’autant plus complexe que la précédente. Il suffisait simplement de se laisser entraîner par le souvenir de notre enfance pour ensuite sauter à la fin de cette adolescence et finir à l’ère adulte : aucun lien ne ressemblait à l’autre. Naguère de cohérence, estompée par le sable qui l’a emporté. Les gouttes de l’océan ne se retrouvent plus à leur source, dispersée sinon égarées dans des contrées lointaines.

Je ne sais pas quoi faire. Encore moins comment. J’ignore si demain vaudra la peine d’être vécu, aujourd’hui me demande pourtant trop d’efforts. Des faux-semblants, des jeux pour sauver les apparences, pour qu’il m’en coûte davantage qu’il ne m’en rapporte. Pourquoi s’étendre à poursuivre en des eaux insipides, pour plaire à autrui ? Laissons aux adolescents cette superficialité si caractéristique à leur âge et comportons-nous comme des adultes. Les pas ne se hâtèrent guère, retenir par cette douleur lancinante qui ne cesserait de m’accompagner. Les maux et ceux de mon cœur prenaient bien trop de place pour que je ne puisse en faire la moindre abstraction. Battant en retraite, je m’installais sur le premier talus se présentant à ma portée. Qu’il ne s’avise de faire le moindre commentaire. Déclinant poliment l’invitation, je l’empêchais d’entrer, de nous retrouver en quelque sorte. Il ne retrouverait pas son amie, alors autant qu’il ne se berce pas d’illusion. J’avais changé, lui aussi. Les conditions ne semblaient aucunement réunies à notre avantage pour favoriser la rencontre. Pourquoi donc s’acharner et forcer ce qui ne se dénoue pas ?

« Ne te donne pas cette peine. De toute façon, je ne peux pas marcher »
haussais-je les épaules avant de me focaliser sur le membre endolori. Mon attirail exhibé, je sortais un bandage que j’entrepris de nouer pour amortir la force pressée sur ma cheville. Encore une singularité à laquelle je ne pliais pas : demander de l’aide. Cela n’avait jamais été envisageable. Mon père le prenait pour un acte de faiblesse et il fallait pour devenir médecin que je sois forte en toutes circonstances. Ce que je n’avais cessé de faire.

avatar
14/08/2017 Ketro 276 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 104
The secret side of me

I never let you see


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Mar 12 Sep - 23:44

Elle était là, avec ce même visage et cette même voix, mais c'était une autre qui semblait parler à sa place, le regard d'une autre qui se posait sur lui et semblait désapprouver la situation. Si elle avait été une vague connaissance, nul doute que Finn n'aurait pas insisté et aurait passé son chemin pour s'en retourner au village. Mais voilà, Grace était une amie sincère dont il était proche, ou l'avait été jusqu'à ce jour en tout cas. Le Pikuni lui proposait de rentrer chez elle, mais la médecin ne voyait pas les choses de cette façon, comme elle su si bien le lui expliquer, avec la rigueur d'un vent hivernal qui vous plaçait face à l'essentiel plutôt qu'au couvert trompeur d'un abri glacial. L'expression du Gona avait définitivement perdue tout entrain et son écoute s'était faite grave et attentive, notamment lorsque la rousse affirma qu'il disait n'importe quoi. Sans doute avait-elle raison, après tout il était lui-même un peu perdu, ne s'étant guère préparé à ces retrouvailles improvisées, hasardeuses et, apparemment, non désirées. Les pas de la Terrienne les menèrent à une petite bute où elle s'installa pour s'occuper de sa cheville blessée sous le regard songeur et légèrement chagrin de son vis-à-vis.

- Si tu ne peux pas marcher, alors j'attendrais à tes côtés que tu le puisses. Quel genre d'ami je serais si je te laissais seule au beau milieu de la forêt avec une cheville blessée ?

Un léger sourire qui se voulait encourageant revint à la charge sur son visage, timide tentative de lui prouver qu'il acceptait d'être passablement rejeté et traité comme un indésirable, pourvu qu'il puisse lui porter assistance. Grace plus que quiconque savait qu'il avait la pitié en horreur, Grace plus que quiconque saurait normalement reconnaitre qu'il ne voulait que passer un moment de plus en sa compagnie... oui mais, Grace n'avait-elle pas changée, terriblement ? Finn peinait à retrouver chez la femme en face de lui les mots et les réactions de celle qu'il avait toujours connu, cependant il ne lui en tenait pas rigueur, ne la jugerait pas pour cela, certainement pas. Il y aurait bien assez des autres membres de la tribu, lui ne voulait que son bien, quitte à ce que cela signifie qu'elle ne soit que de passage. Quitte à ce qu'elle parte de nouveau et les abandonne... Elle avait bien le droit d'être libre après tout.

- Quoi que tu veuilles faire, je veux que tu saches que je suis de ton côté. Je ne peux pas me mettre à ta place, mais tu auras tout mon soutien quoi que tu décides de faire. Rester, partir... Du moment que c'est ce que tu veux vraiment, je comprendrais.

Son sourire se fit un rien plus prononcé même si ses yeux noisettes trahissaient son émotion à l'idée que l'une des personnes les plus importantes qui soient pour lui décide de s'éloigner vers d'autres terres. Le Pikuni se souvenait de son ami Seren qu'il avait lui-même encouragé à aller retrouver cette femme qui l'attendait pour être son épouse, pour être enfin réunis avec ses enfants, qu'ils forment tous une grande et belle famille. Cela ferait bientôt un an qu'il ne l'avait pas vu, qu'il n'avait pas entendu le son de sa voix ni croiser le fer avec lui. Est-ce que Grace allait faire pareil ? Partir au loin pour ne plus revenir ? Cette seule idée suffisait à lui déchirer le cœur, mais en tant qu'ami loyal et sincère, il ne pouvait que l'encourager à suivre son chemin et à faire ses propres choix.

- Bon, tu me laisseras bien t'inviter à manger chez moi quand même, non ? A moins que tu ne veuilles pas aller au village, alors je pourrais aller nous chercher de quoi se remplir le ventre et on se ferait un petit feu dans un coin tranquille. Qu'en dis-tu ?

Un peu de légèreté, un sourire encore davantage prononcé avec une lueur d'espoir au fond des yeux, elle accepterait bien au moins cela, n'est-ce pas ? Rien que manger en sa compagnie ne serait pas si terrible quand même, non ? En tout cas Finn l'espérait, sinon autant lui dire d'aller se faire voir chez les Skaikru et tant pis pour les conséquences.

Admin - Tears of the phoenix
avatar
12/10/2014 Brimbelle 47080 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 348
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 26 Nov - 12:14

Il était bien trop gentil, bien trop attentionné et cela me gênait. Je me souvenais bien de notre amitié, les souvenirs étaient encore vifs : pour une fois qu’il y avait quelque chose au lieu du néant habituel quotidiennement subi. Il sévissait pourtant ce syndrome constant de l’imposteur, celui à qui on ne laissait pas d’autres choix que de jouer un rôle pour dissimuler les apparences et éviter de s’effondrer. Car il ne manquait pas grand-chose au grain de sable pour déséquilibrer un état de fait mis en place en vitrine bien agencée, donnant l’illusion d’une maîtrise à la vulnérabilité d’une feuille de papier. Il se veut serviable, mais cela ne m’atteint pas vraiment : le bandage est terminé, bien serré, il soutiendra mon pied jusqu’à ce que je puisse y apposer un onguent pour soulager la douleur.

« Ne t’embarrasse pas pour moi, je m’en sortirai. »

Il n’y a pas de raisons qu’il remette en cause son amitié. En réalité, j’ai oublié ce que c’était véritablement : pour ceux qui s’enferment dans des tours d’ivoire sévit au loin cette impression qui finalement s’estompe. Qu’est-il, ce partage entre deux êtres, cet échange que la force d’un lien suffit à unir ? Je demeure toujours persuadée que l’altruisme est une force, sans pour autant accepter celui des autres à mon encontre. Il sévit comme une impression d’avoir ensuite une dette à acquitter, à payer. Et moi quand je les aide, jamais je n’ai cette pensée qui me traverse, d’attente que l’on rembourse la main tendue vers eux. Ce n’est pas pareil, je suis médecin, il est de mon devoir d’aider, de soigner les maux, panser les plaies.

Comment peut-il comprendre ? Comment pourrait-il ? Ne peut-il pas se focaliser sur quelqu’un d’autre, user de cette énergie pour aider celui qui attend qu’on le sort de son gouffre ? Tout se chamboule et je ne sais pas, rien n’est clair, tout s’embourbe. Avant de le croiser, j’avais cette volonté néanmoins inquiète de retourner parmi les miens. C’est comme si elle venait tout simplement de s’évaporer sans crier gare. Une remontée de l’inconscient en plein jour, en pleine figure.

« Il est là le problème : je ne sais pas ce que je veux. Un jour c’est le besoin d’aventure, la découverte de nouveaux horizons. Une autre fois c’est le besoin de rentrer à la maison. Mais je ne sais pas où elle est. »

J’ai oublié, depuis le temps. Le regard soutenu de mon père quand il tentait de capter mon attention. Le bruit du clou planté sur le parquet de notre maison de jeunes de mariés. Le sourire d’Amaryllis, espiègle enfant. Le regard de ce nourrisson étranger pourtant s’intègre difficilement dans le décor de cette maison de souvenirs qui n’a matériellement plus aucune place. Chaque espace où j’ai passé une grande partie de ma vie s’est transformé avec le temps en lot de désolation, terre stérile où plus rien ne pousse dorénavant.

« Non. »

C’est net, dur. Il n’y a pas d’hésitation dans cette voix qui s’étouffe, qui hurle intérieurement sans que l’on ne puisse entendre. Père m’a toujours dit d’être forte, solide, de bâtir mes armes sur des poutres de bois, et non dans du sable. La faiblesse ne m’apporterait que tristesse et désolation. Il fallait tenir debout et avancer, toujours et constamment : si je fléchissais, alors je me relèverai pour poursuivre. Père ne m’avait jamais laissé abandonner alors que la bataille n’avait pas encore commencé. Aujourd’hui ne serait pas un de ces jours où je laisse mes forces m’abandonner à cause d’une situation qui a perdu mon contrôle. Je connaissais Finn depuis tant d’années, et pourtant il parvenait encore à me déstabiliser. Malgré cela mes pensées s’entremêlent, se cisaillent dans différentes directions sans savoir quoi dire, quoi faire. Pourquoi ai-je été aussi directe, froide ? Il n’a rien fait pour mériter autant de rejet alors que l’initiative était bonne. Maladresse quand tu nous tiens, tu ne nous quittes plus, pas même pour récupérer le vase qui manquât un instant de se briser.

« Je veux dire, c’est très gentil de ta part. Tu es attentionné, reste-le, d’autres en ont besoin. Mais c’est inutile pour moi. »

Menteuse, une fois encore. L’oiseau libéré de sa cage refuse de se laisser à nouveau attacher par des sentiments susceptibles de la détruire. Il fuit, s’échappe au plus loin, parce qu’il a peur que son cœur se fasse attraper, comprimé par trop d’empathie pour ceux qu’il aime. Alors il s’imagine qu’en le fermant, qu’en verrouillant les portes de son âme au monde extérieur, il ne souffrira plus de ce mal être qui ne cesse de l’empoisonner dans l’eau de son abreuvoir. S’il pouvait, il aurait déjà repris son envol, mais il demeure pourtant coincé au sol, blessé à cette patte qui l’empêche de reprendre le chemin de sa liberté, en fuite.

Le membre est endolori. J’ai mal, et malgré tout je fais abstraction de cette douleur, l’ignore pour laisser les pas avancer, vers cette destination que je rejette. Au moins cette psychée meurtrie a-t-elle un écho physique pour lui donner sens, pour lui donner cette existence que je lui réfute depuis tant de temps. Décision prise, je me prépare, reprenant ce chemin, ignorant toute aide. Mon entêtement me perdra.

« Je vais aller jusqu’au village. J’aviserai si je reste ou si je pars.» puis, finalement dans un souffle « Allons-y.»


avatar
14/08/2017 Ketro 276 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 104
The secret side of me

I never let you see


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 26 Nov - 16:17

Grace avait toujours été une femme forte et indépendante, elle avait su trouver un équilibre entre son travail et sa vie privée, mais pour autant Finn ne se rappelait pas qu'elle l'ai jamais repoussé de la sorte, ou en tout cas pas sans qu'il ne se soit rendu coupable de quelque action qu'elle aurait pu fortement désapprouver. Or elle n'avait sans doute eu vent de rien durant tout le temps qu'avait duré son absence, sans quoi elle lui en aurait déjà fait part ou insinué quelque chose à ce sujet après qu'ils se soient revus. Mais non, il n'y avait là rien de tout cela, rien qu'une envie évidente de demeurer à distance, de ne pas trop se rapprocher, de ne pas essayer de renouer... presque comme s'ils n'avaient pas été de parfaits amis, aussi proches que complices, chacun complétant l'autre à sa façon, les deux s'équilibrant dans une relation que certains leur avait même envié. Mais non, ce n'était pas ça, ce n'était plus ça et au-delà de l'éprouver, de le ressentir, cela faisait mal de ne serait-ce que le constater, de se rendre compte que les choses avaient changées sans pour autant savoir dans quelle mesure. Pour autant la rousse ne s'était pas refermée comme une huitre, elle alla même jusqu'à lui avouer ne pas savoir ce qu'elle voulait exactement, permettant ainsi au Gona de comprendre une chose essentielle : elle était perdue et cherchait à présent la voie sur laquelle s'engager. Cela faisait mal à entendre, mais cela permettait au moins de mettre quelques mots sur ces étranges retrouvailles.

- Ta maison sera là où tu te sentiras bien, peu importe où ce sera.

Que pouvait-il lui dire d'autre ? On lui avait jadis dit ces mots quand il s'était lui-même senti complètement déboussolé, quand il avait songé à quitter le village pour des raisons qui ne regardaient que lui. Mais il était resté, parce qu'au final il se sentait bien au milieu de ses semblables et qu'il ne se voyait vraiment pas aller vivre ailleurs, laisser ceux qu'il connaissait pour une grande aventure qui ne l'attirait guère. Si Grace en éprouvait le besoin, à l'inverse de lui, ce n'était pas forcément une mauvaise chose, bien au contraire, du moment qu'elle était heureuse. Et alors qu'il pense ainsi, Finn entend résonner ce "non", sec et dur, tranchant et net, comme un coup porté en plein visage, une claque qu'il n'aurait pas vu arriver, une épée qui l'aurait transpercé. Comment ça, "non" ? Non quoi ? Non je ne viens pas au village avec toi ? Non je ne veux plus jamais y retourner ? Non je ne veux pas pique-niquer ? Non je ne veux pas manger ? Non je ne veux plus te voir ? Non quoi ?! Son esprit s'emballe, son cœur panique et s'agite dans sa poitrine. En l'espace d'une fraction de seconde, l'univers vacille autour de lui et pour un peu des points noirs danseraient devant ses yeux s'il n'avait pas eu autant de contrôle sur ses réactions. "Non" était un mot si puissant, si destructeur, il pouvait porter aux nus les plus grands espoirs et les détruire avec une horrible facilité, comme l'on balayerait un fétu de paille du revers de la main. Ce serait mentir pour le Gona de dire qu'il ne voulait que l'aider, car en vérité et maintenant plus que jamais, il ressentait à quel point il voulait bien plus que cela pour elle, à quel point il pourrait soulever des montagnes, gravir des sommets, ou au contraire disparaitre dans les entrailles de la terre si l'on devait briser ses espoirs à tout jamais.

« Je veux dire, c’est très gentil de ta part. Tu es attentionné, reste-le, d’autres en ont besoin. Mais c’est inutile pour moi. »

Le souffle se bloque dans sa gorge qui se noue violemment alors qu'il entrouvre les lèvres sur des mots qui ne parviennent pas à franchir leur barrière. Elle, plus que n'importe qui d'autre en ce monde, mérite toute son attention et toute son affection, elle plus que n'importe quelle autre personne en ce monde incarne la lumière au milieu des ténèbres qui l'assaillent jour après jour... Elle plus que n'importe qui d'autre est celle dont il ne voudrait jamais être séparé, pas même le plus petit instant. Et il reste planté là comme un imbécile, à la regarder se lever pour commencer à s'éloigner, à fixer chacun de ses gestes si fort qu'il pourrait se les graver au fond des yeux, ces yeux qui le fuient presque, qui refusent de le regarder comme jadis elle le regardait, presque comme un étranger ou, à tout le moins, quelqu'un loin d'être proche comme elle le fut. Elle s'éloigne et il reste statique, paralysée, au bord de l'anéantissement alors qu'il sent son âme se fissurer davantage qu'elle ne l'es déjà... Et cette pensée qui sans cesse tournait dans sa tête, comme un sombre mantra voué à désormais le hanter : mais qu'avait-il fait de si mal ?

« Je vais aller jusqu’au village. J’aviserai si je reste ou si je pars... Allons-y.»

Le souffle lui revient soudain et Finn réalise qu'il avait brièvement cessé de respirer durant les quelques secondes qui viennent de s'écouler. Tels ces longs cauchemars dont il s'éveille en panique, haletant et cherchant son épée à tâtons dans l'obscurité, il se sent soudain revivre et respire bruyamment alors que son cœur se gonfle d'un espoir vacillant. Il s'élance à la suite de Grace, la rattrape presque en courant tel un chien rattrapant son maitre de peur qu'on ne l'oublie derrière, mais le lien par lequel elle le tient n'a rien de semblable, bien au contraire et pourtant... elle demeure son univers.

- Ce sera comme tu voudras.

La voix lui est revenue, faussement assurée, surtout rassurée et, même si son sourire n'est pas aussi grand qu'il pourrait l'espérer, l'inquiétude ayant désormais une prise en son cœur, il ne peut qu'être heureux de pouvoir encore passer davantage de temps en sa compagnie. Rien qu'un peu de temps, juste un peu, encore un peu, qui sait s'il n'arrivera pas à la convaincre de rester quelques jours, quelques semaines ? Ah, si seulement elle pouvait ne plus jamais le quitter. Imbécile heureux, qui va à ses côtés d'un pas enjoué et dont la main pour autant ne quitte pas la garde de son épée, sait-on jamais dans cette forêt.

- Il s'est passé beaucoup de choses au village en ton absence, mais bon je ne vais pas t'ennuyer tout de suite avec ça. J'ai pris l'habitude de voir un autre guérisseur en ton absence, il est un peu froid et distant au premier abord, mais il m'a soigné pas mal de fois et je dois dire que j'ai confiance en lui depuis le temps. Maman et papa voudront peut-être te voir, mais si tu n'as pas envie, tu n'es pas obligée, au pire je pourrais juste leur passer ton bonjour. Ils seront contents de savoir que tu es saine et sauve, tu les connais, ils s'inquiétaient pour toi.

Et pas seulement eux, mais il n'allait pas non plus en rajouter une couche au risque de la faire fuir, si bien qu'il s'en tint à ces deux seules informations, préférant ne pas l'inonder de nouveautés et la laisser poser les questions qu'elle jugerait nécessaire. Cela faisait si longtemps, tout ne serait pas rattraper en quelques instants de conversation, même s'ils en avaient pour un moment à marcher.

Admin - Tears of the phoenix
avatar
12/10/2014 Brimbelle 47080 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 348
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Déc - 16:24

Il y avait trop de bienveillance en lui, ce qui augmentait le malaise. Pourquoi ne pas me laisser emporter par cette vague positive, me laisser aller au lieu de m’entêter à vouloir garder le contrôle de mes émotions, de cette existence qui n’avait plus de sens et qui pesait trop lourd sur mes épaules ? Je tenais ce poids dans mes mains sans vouloir le lâcher, le transportant à ma suite comme s’il faisait partie intégrante de mon foyer, de ma vie. Mais je n’avais nullement envie d’évoquer ces histoires, ou m’exprimer sur un sujet ou un autre. J’ignorais comment aligner les morceaux, comment leur trouver du sens pour les rendre compréhensibles aux autres. Il était question d'émotions, de sentiments, et je ne savais pas véritablement les traduire, puisqu'ancrées bien trop profondément dans des lieux inaccessibles à l'environnement extérieur. Je ne pourrais laisser à n'importe qui le loisir d'entrer librement pour tout saccager et anéantir cette fragilité d'esprit que je n'acceptais pas.

Finalement je lançais le chemin du retour, évitant que le temps ne reprenne les rênes pour me déstabiliser à nouveau. Demeurer dans un élan actif me ferait oublier toute cette introspection douloureuse que je ne cessais de ressasser et de tourner de tous les côtés sans en trouver une perception confortable, rassurante, pour calmer ces pensées sans cesse en mouvement, incapables de trouver la moindre tranquillité d'esprit. Il était difficile d'en extraire les racines troubles, d'en expier la source du problème pour savoir l'expliquer correctement : tout était désordonné, et ne donnait aucun fil rouge narratif pour le rendre digeste pour celui qui ne ignorait. C'est ce que je refutais par-dessus tout : que mon problème soit relégué au rang des incompris alors qu'il y avait une intensité telle en moi qu'il ne m'était pas concevable actuellement de l'atténuer pour la seule raison que je me faisais des idées.

Finalement je me laissais porter par sa voix, par ce qu'il avait envie de dire, de raconter. Au lieu de chercher à narrer quelque chose pour meubler quand je n'en avais aucune envie, j'écoutais. C'était plus simple, plus confortable, plutôt que de me lancer dans des explications que personne ne comprendrait. Parce que je savais très bien dans quel état me mettait ces sujets : celui de l'instabilité émotionnelle forte, à laquelle je perdais toute rationnalité et sens analytique. Me maintenant aux pensées de Finn, à celles qui semblaient porteuse de davantage de sens, je demeurais silencieuse, portant attention à ses paroles pour tenter d'oublier ce qui maintenait mon esprit aux bords de la folie, à proximité du précipice. Mon attention pour autrui reprit le dessus, une phrase portant mon attention : il avait eu besoin d'un guérisseur pendant mon absence. Pour combien de blessures encore, combien d'ecchymoses et de douleurs ? Son corps finirait par ne plus le supporter, à force de jouer avec le feu.

« Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? As-tu besoin que j’ausculte quelque chose ?»

Car il était bien évident que je savais davantage accorder de l'attention et du soin à n'importe qui d'autre que ma propre personne. Cela ne ressemblait pas aucunement à une requête ciblée, simplement une importance que je considérais moindre envers ma propre vie qu'envers celles des autres. A tort, et pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'orienter mes décisions dans ce sens à maintes reprises, jusqu'à franchir les limites.
La marche se poursuivait, silencieuse. A un moment donné, je dus capituler et laisser cette fierté, et ce refus d'aide, -appelez-le comme vous l'entendez- de côté. La douleur à la cheville ne passait pas, et ce malgré le bandage serré que j'avais posé pour la maintenir. Il y avait encore du mouvement et des frottements qui la rendait encore endolorie. Me rapprochant de lui, je prenais appui sur son épaule pour diminuer le poids que je plaçais sur chacun de mes pas. Je n'avais rien dit, me contenant seulement d'agir : il n'y avait rien à commenter, ou dire. Puis finalement je pensais à mon fils.

« Et Daario ? Sais-tu comment il va ? »

Je ne suis pas une mauvaise mère. Ce n’est pas l’étiquette que je souhaite subir, bien que les faits ne jouent nullement en ma faveur. J'avais tenté de faire au mieux, mais j'avais pourtant l'impression de ne pas être suffisamment à la hauteur. Comme si mes actes n'allaient pas de pair avec mes pensées, comme s'il co-existait un décalage qui n'en finissait pas de me laisser cette impression d'être un imposteur envers tous.



avatar
14/08/2017 Ketro 276 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 104
The secret side of me

I never let you see


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Déc - 16:56

Ce n'était jamais facile de combler les vides et les silences, de demeurer aux côtés de quelqu'un qui semblait avoir à la fois cruellement besoin de parler et désespérément envie de se taire, de demeurer muette sur quelque chose qui l'affligeait au point que son humeur et sa façon de se comporter avait changé. Bien sûr Finn aurait pu se contenter de hausser les épaules et de se décharger de tout cela, de ce poids qu'il voyait peser sur Grace sans qu'il ne puisse en déterminer la cause... Mais voilà, c'était contre ses principes et, plus encore, c'était d'elle dont il s'agissait, une personne unique à ses yeux que son cœur ne pourrait sans doute jamais abandonner, quand bien même elle lui hurlerait de le faire et le frapperait au sang pour tenter de l'en convaincre. Têtu, borné, probablement fleur bleue, très certainement stupide, il était de ces gens rares à l'époque de leurs ancêtres qui ne vous laissaient jamais tomber, quoi qu'il puisse arriver. Une race jadis en voie de disparition qui avait apparemment refait surface après que les bombes aient tout rasé et que les survivants aient du se serrer les coudes pour tenir bon et revenir vivre à la surface. Qu'importait en tous les cas, puisque sa tentative de faire la conversation se solda par quelque chose d'aussi inattendu que salvateur, tout du moins de son propre point de vue.

« Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? As-tu besoin que j’ausculte quelque chose ?»

- ... !

Le Gona avait tourné la tête vers elle avec un air surpris, puis avait éclaté de rire dans la foulée, visiblement heureux rien qu'à entendre ces questions si familières à son oreille. Intérieurement il devait bien le reconnaitre, il était soudain soulagé d'un poids qui avait menacé de le plonger dans l'affliction, mais la médecin était toujours elle-même et sa réaction en était la preuve. Ne voulant pas la voir se vexer pour autant, il se força à calmer son rire et secoua la tête, un immense sourire placardé sur son visage, comme lors de leurs rendez-vous pour ses soins.

- Non je te remercie, ça a bien cicatrisé même si ça n'était pas beau à voir. Mais si jamais tu restes un peu, qui sait si je n'aurais pas la chance de pouvoir te consulter de nouveau ?

Le ton était clairement taquin et juste au cas où elle aurait pu avoir un doute, la Pikuni pu voir son ami lui adresser un clin d’œil complice, l'air encore rieur au fond des yeux. Non vraiment, elle avait levé le voile qui menaçait de s'installer pour longtemps sur lui et bien que la suite de leur marche fut marquée par un long moment de silence, Finn progressait désormais d'un pas plus léger, l'air d'une humeur que personne ou presque ne pourrait entamer, encore que la question qui brisa le silence de leur balade forestière avait de quoi laisser songeur.

- Il va bien oui, sa maman lui manque bien sûr, mais il va bien. Il grandit vite et il est déjà fort pour son âge, il n'a pas l'air de tomber facilement malade et il déborde d'énergie.

Le Gona eut un air attendri en songeant au garçon, se rappelant qu'à une époque il avait pu éprouver quelques pincements au cœur en le voyant, mais l'enfant était innocent et, au final, le Pikuni avait tendance à garder un œil sur lui sans en avoir l'air, demeurant à distance tout en s'assurant que tout aille bien. Après tout, n'était-ce pas le fils de Grace ? Et puis, il était mignon ce bonhomme et déjà bien éveillé, qui sait quel brave homme il deviendrait un jour.

Contenu sponsorisé


Sujet: Re: Find you [PV Grace]

 

Find you [PV Grace]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Amazing grace
» Effondrement de l'école ''Grace Divine''Canapé Vert
» Grace Asthon
» Grace De Slewer
» (akhésa) ✚ those who don't believe in magic will never find it.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Hundred :: place of death :: La forêt profonde-