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˜˜˜˜˜˜Find you [PV Grace]
maybe life should be about more than just surviving


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14/08/2017 Ketro 199 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 752
The secret side of me

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Sujet: Find you [PV Grace]
Mer 16 Aoû - 10:04

La paix régnait. Une paix aussi fragile qu'une fine couche de glace sur laquelle il fallait progresser avec la plus grande vigilance, si délicate que la moindre pression trop forte risquait de la faire se briser et plonger votre être dans un abime glacial dont il sera difficile de s'extirper... mais la paix quand même. Les conflits étaient en apparence suspendus, les menaces tenues plus ou moins à l'écart en attendant de voir comment allaient se régler les problèmes survenus ces derniers mois, entre trahisons et dangers permanents. Dans un tel climat de tensions, comment un guerrier n'aurait-il pas pu se tenir en alerte et patrouiller ? Si les alentours du village Pikuni étaient des plus tranquilles avec la plaine qui s'étendait à perte de vue dans certaines directions, il restait la dense forêt à proximité qui dissimulait bien trop de choses pour ne pas nécessiter d'être arpentée. Une épée au côté, jadis troquée avec les Athnas réputés pour la qualité de leurs armes que personne ne remettait en doute tant elles avaient fait leurs preuves, Finn marchait d'un pas en apparence calme et mesuré, les sens aux aguets et le regard aiguisé. Il avait toujours aimé ce qui s'apparentait à ses yeux à de longues promenades à l'époque où les tribus vivaient réellement en paix et où aucun homme n'était tombé du ciel pour venir les menacer ni tenter de leur arracher ce qu'ils possédaient. Bien sûr les bêtes sauvages représentaient à l'époque la plus grande menace qui soit et il est vrai que certaines n'avaient rien de comparable avec celles qui parait-il étaient les véritables animaux non irradiés qui foulaient cette terre avant la grande catastrophe.

Quoi qu'il en soit, le Gona ne pouvait plus savourer ces patrouilles comme autrefois et c'était avec le plus grand sérieux et une certaine prudence qu'il allait par les chemins naturels que lui offrait la forêt, guettant le moindre craquement inhabituel de broussailles qui ne soit pas le fait des petits animaux, le moindre piaillement d'oiseaux qui s'il s'arrêterait indiquerait la présence d'un intrus au milieu de toute cette nature, ou même tout simplement d'éventuels éclats de voix qui pourraient indiquer la position d'individus bipèdes. Alliés ou ennemis, telle serait alors la question... et comme si le simple fait d'y songer suffisait à le provoquer, ce fut bel et bien un bref cri humain qui le figea sur place, raide et la main déjà sur la poignée de son épée. Son cerveau analysa en un éclair ce qu'il venait d'entendre : un cri aiguë, peut-être bien féminin, pas celui d'un enfant en tout cas, peut-être de surprise plus que de peur, mais suffisamment bref pour signaler un évènement inattendu, quant à la direction... Il fronça les sourcils et entreprit de courir vers la position supposée de l'émission du bruit, prenant garde à ne pas accrocher de silhouettes dans son champ de vision et se tapissant contre un tronc dès qu'il lui sembla apercevoir du mouvement. C'était là, cela faisait la taille d'un adulte et ça se balançait au bout d'une corde, la tête en bas et... Finn cligna vivement des paupières puis sortit du couvert de l'arbre, ôtant la main de son épée et se parant d'un sourire qui alla grandissant tandis qu'il s'approchait de la silhouette féminine qui s'agitait et pestait tout en maintenant au mieux sa robe à l'endroit.

- Je savais que tu pouvais parfois être tête en l'air, mais là je crois que tu en fais un peu trop cette fois.

Les pieds prisonniers d'un nœud coulant fait avec une solide corde, la tête en bas et le visage rougit par l'effort et la position inconfortable , ses mains tentant machinalement de préserver sa vertu en gardant sa robe à peu près sur ses jambes, Grace avait davantage l'air d'une furie que d'un petit lapin pris au piège et le Pikuni ne pu pas s'empêcher de rire un peu tandis qu'il s'accroupissait pour être à sa hauteur, venant d'une main à la poigne solide maintenir son épaule pour l'empêcher de tournoyer sur l'axe de la corde.

-Je te croyais en voyage, mais en fait tu t'amusais dans les bois tout ce temps, petite cachotière va.

Ses yeux noisettes se firent attendris tandis qu'il observait celle qui était à la fois la meilleure médecin qu'il connaisse et son amie de longue date, celle qui le connaissait mieux que la plupart des gens et qui avait toujours été là pour lui, et vice versa. Elle avait fière allure à s'être fait prendre au piège comme une débutante, la corde n'avait même pas été dissimulée par des plantes ni recouverte de ce résidu verdâtre de fougères qui permettait de la dissimuler au mieux. Tout à ces réflexions, son esprit le surpris à errer vers quelques vieux souvenirs d'une époque où ils s'amusaient à chahuter gentiment, où elle apprenait son métier et s'entrainait sur lui pour les soins quand il se blessait aux entrainements, ce qui arrivait très souvent tant il était doué pour foncer droit sur son adversaire sans jamais reculer. Avec les années, les choses avaient toujours été ainsi : il se blessait, elle le soignait, elle savait l'écouter et le réconforter, il la protégeait de son mieux et veillait sur sa sécurité. Jusqu'à-ce qu'elle se marie... Une protestation de la belle le ramena à l'instant présent et il sourit plus grandement encore, riant un peu avant de se demander s'il devait ou non la détacher.

- Je pourrais demander à ce qu'on vienne t'admirer avant, mais j'avoue que s'il prend l'envie à un putois de t'approcher, ça risque de devenir assez délicat.

Il tira de son fourreau l'épée qui ne le quittait jamais et entreprit de passer ses bras autour de son amie, la soulevant contre lui suffisamment haut pour qu'elle puisse s'accrocher à son cou.

- Tiens-toi bien.

Dit-il gravement avant de trancher la corde d'un coup sec, tentant de retenir Grace au mieux de son bras libre, gardant l'épée hors de la zone de chute de la Pikuni. Rengainant rapidement, il insista pour que la jeune femme s'asseye et jette un regard à ses chevilles, sachant parfaitement ce qu'une corde trop serrée pouvait faire à une peau nue. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas vue ? Bien trop à son goût en tout cas, assurément.

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Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 15:04

Il arrive à un moment que tout s’évapore, tout se perde. Les gouttes formant l’océan s’échappent, se transforment, vagabondent au-delà du crépuscule, là-bas derrière les montagnes. Nul ne s’en inquiète, à l’échelle de cette immense étendue bleue, personne n’a ressenti ce minuscule rétrécissement. Ce qu’il en est parti ? Comment savoir ou deviner, il y a bien trop de gouttes. C’est insignifiant, sans intérêt. Une particule envolée se remplace par celles qui sont restées. Le regardant une dernière fois, je le quitte en direction de cette patrie longtemps quittée. L’appel à la retrouver semble aussi étranger que le départ de cette île dans laquelle j’ai séjourné. Aucun lieu ne me donne cette agréable sensation d’être en sécurité. Celle qui fut ma maison durant les années de mariage avec Achim ne ressemble qu’à un lieu hanté par les spectres de nos souvenirs. Mon esprit reste coincé dans ce qui a été, sans pouvoir passer le cap du ce qui sera. Là-bas sur cette île, leur accueil n’a pas suffi à décrisper ces muscles raidis par l’étrangère qui ne se reconnait plus. Des efforts j’en ai fait : seulement, on ne donne pas un sens à sa vie au saut du lit. Quand l’esprit se retrouve détaché de la réalité s’offrant à lui, le faire replonger demande bien trop de patience, patience que peu se risqueraient à avoir face à celle qui ne semble pas non plus désirer une aide quelconque. Et puis vient ce jour où le jeu des aventures vagabondes se termine, où l’on se redemande finalement le sens à tout cela, l’objectif à atteindre : faute de réponse convaincante, j’ai abandonné cette potentielle guérison chez les Kovariis.
 
Mon fils. Des mois que je ne l’ai plus vu. Saurais-je le reconnaître à mon arrivée ? L’inverse témoignera cette émotion familière au lendemain de mon anémie. Aucune mère n’oublie son enfant, aucune ! Moi si. Il ne sera pas possible de réparer la catastrophe : le passé ne se réécrit pas, il est soit accepté, soit rejeté. Jamais réparé. Le lien a été détruit, fragilisé par une mémoire défaillante, annonçant les prémices d’une séparation irréversible. Il aurait dû être toute ma vie. Il aurait dû être celui pour lequel j’aurais dû me battre. J’en fus incapable. Cet enfant m’apparaissait tel un étranger, autant que le père, que les bribes de souvenir n’avaient pas suffi à rendre l’image claire, nette. Les morceaux recollés ne rendraient pas d’éclat à la pièce une fois montés. Il n’y avait plus rien, tout semblait parti, disparu pour de bon. Le bonheur faisait partie de ces gouttes évaporées de l’océan tandis que je m’enfonçais dans les limbes des eaux profondes sans solution pour remonter à la surface. Je me noyais sans pour autant y voir là une terrible fatalité. Après tout, la faucheuse et moi n’avions cessé de nous côtoyer sans jamais nous rejoindre complètement. Les morts ne cesseraient jamais de tourner autour de mon moi ; il suffisait de composer avec leur présence et d’éviter un attardement trop fatal.
 
Mes pas se hâtaient face à l’orage menaçant. Des jours que je marchais à travers ces contrées inconnues, ces endroits que je ne connaissais pas. La fatigue de mes membres ne m’empêchait aucunement d’avancer, comme si le motif ne suffisait pas à une pause. Le mental assurait au corps qu’il pouvait encore poursuivre, ignorant ses cris et ses appels. Dans ces conditions, une seconde d’inattention suffit à basculer la journée à l’envers… littéralement parlant. Sous la surprise de ce pied qui subitement se fit entrainer par une force non identifiée, un cri s’échappa. La terreur passée, j’analysais la situation, suspendue dans les airs par une corde qui tirait sans douceur mon pied vers le haut. Et mon poignard s’était tout simplement renversé sur le sol. Génial.
Je ne saurais dire ce qui fut le pire : porter une robe dans cette condition ou devoir faire de la balançoire à l’envers pour aller chercher l’arme de ma délivrance.
 
Mes doigts touchant le sol, je me cramponnais au carré d’herbe pour me donner un élan suffisant en direction de mon arme. Mon poids tirait sur la cheville, et c’est en grommelant que je tentais de l’attraper avant de l’apercevoir. D’un réflexe je remontais ce qui restait de ma dignité à supposer que j’en avais vraiment une dans ces conditions. Croisant mes jambes pour retenir les pans de mon vêtement, je riais jaune face à celui qui semblait amusé de la situation.
 
 
« Finn, merci pour ta brillante contribution »
 
D’humeur ? Pas vraiment non. Se faire prendre par surprise par un piège à lapins, ça n’est agréable pour personne. Au milieu du chemin de surcroît ! En proie à la fatigue des derniers jours, la situation se suffisait pour me rendre irritable au plus haut point. Nous ne nous étions vus depuis une éternité : belle amorce pour des retrouvailles des plus riches, vraiment.
 
« Je peux parfaitement me débrouiller, laisse-moi »
 
Têtue ? A peine. Qu’il s’amuse, je savais comment me dépatouiller de cette situation sans son aide. Qu’est-ce qui lui prenait de me prendre l’épaule ainsi ? M’empêcher de pouvoir me détacher ? Je le fusillais du regard, agacée de ne pouvoir maîtriser la situation. Le pire, c’est qu’il poursuivait dans ses moqueries, l’air de rien, ignorant mon agacement.
 
« Qui est le sombre crétin qui a posé ça là ? C’est toi ? Arrête de sourire ça n’a rien de drôle ! »
 
Ses petits commentaires terminés, et certainement lassé de faire face à l’hystérique que j’étais, pommettes rougies et yeux foudroyants à son égard,  ma cheville fut enfin libérée de cette corde dure et fripée. A deux doigts de basculer sur le sol, je me cramponnais in extremis au cou masculin. Ma cheville claqua brutalement contre le sol, m’arrachant une grimace. Râlant, je m’exécutais face à l’insistance de Finn et m’asseyait. Au passage, je tirais le bras pour ramasser mon couteau et le ranger dans l’espace prévu à cet effet.
 
« C’est bon, je n’ai rien. »
 
Menteuse. Pour ne pas changer de d’habitude. Il n’aurait pas le temps de le voir, l’inspection avait été aussi rapide qu’efficace. A peine debout que les premiers pas trahirent la douleur des muscles mis à rude épreuve. Tant pis. J’aviserai plus tard. Boitillant légèrement, je me relevais, prête à tracer le chemin en direction du village Pikuni sans état d’âme pour mon corps. Je ne savais pas quoi penser de cette rencontre hasardeuse. Au fond, je ne souhaitais nullement renouer avec les miens avant d’être prête à le faire. Me retrouver prise au dépourvu au milieu des bois me poussait inconsciemment à prendre de la distance. Je me refusais à laisser entrer les émotions des retrouvailles aussi rapidement, sans pouvoir les contrôler.
 
« Dépêche-toi l’orage arrive » lançais-je dans sa direction avant de poursuivre.

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Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 15:37

Seul un imbécile en la voyant ainsi aurait pu la croire inoffensive. Si Finn avait pu l'approcher et la toucher sans rien risquer, n'importe quel inconnu se permettant d'entrer en contact avec Grace aurait certainement prit au mieux un coup, au pire et bien... allez savoir, une femme prise au piège pouvait être aussi redoutable qu'une louve acculée, surtout quand elle avait ce genre de caractère. Pour sa part si l'homme se permettait de se moquer gentiment et de se comporter comme un idiot, le fait est qu'il ne l'était pas et que son amie le savait parfaitement, ce qui expliquait sans doute pourquoi cela l'énervait d'autant plus qu'il perde autant de temps à s'amuser de la situation au lieu de l'aider. Le Pikuni avait secoué négativement la tête à la mention du piège, non ce n'était pas lui qui l'avait posé, la chasse n'était pas son fort loin de là. Afin d'en finir il décrocha la rouquine en la retenant au mieux, fronçant les sourcils en entendant le bruit mat de la cheville cognant contre le sol, car ça n'avait pas été faute pourtant d'essayer de l'empêcher de heurter terre. Connaissant sa manie de prendre davantage soin des autres que d'elle-même, le Gona l'obligea à vérifier sa cheville en lui adressant un regard suspicieux, yeux plissés et scrutateurs. Plus têtue tu meurs et il ne chercha même pas à retenir le soupir qui lui échappa alors que la médecin se relevait déjà pour commencer à s'éloigner avec une volonté mise à mal par son propre corps.

- Si tu n'as rien alors pourquoi tu boites ?

Lança-t-il en la rejoignant d'un pas rapide, levant brièvement le nez vers les frondaisons qui masquaient le ciel chargé de lourds nuages allant en s'obscurcissant. La belle affaire, l'air sentait effectivement cette odeur si particulière qui précède toujours les orages, mélange de terre et d'humidité oppressante, un cocktail qui avait le don de vous mettre les nerfs en pelote pour peu que vous n'aimiez pas le mélange des deux.

- Tu n'iras pas loin dans ton état Grace et puis qu'est-ce qui t'es arrivé ? Tu as une mine affreuse.

Elle avait les traits tirés par la fatigue, au mieux, peut-être par autre chose aussi, c'était difficile à dire, douleur sans doute à présent, il espérait en tout cas que ce n'était pas la faim en sus. Finn la rattrapa pour de bon et vint poser sa main sur son bras, cherchant à la stopper, la dépassant pour venir se placer face à elle.

- Tête de mule, arrête-toi un peu. On ne s'est pas vu depuis des mois et c'est comme ça que tu réagis ? Je suis heureux de te revoir, mais ne compte pas sur moi pour te laisser te blesser davantage et encore moins m'ignorer.

C'était à croire qu'il avait fait quelque chose de mal, à moins que ce ne soit son voyage qui l'ait changée, pourtant elle avait dit vouloir le faire pour se retrouver, pas pour s'éloigner de ses proches. Enfin il l'espérait... Son regard se fit plus inquiet tandis qu'il la scrutait avec attention, cherchant les différences entre celle qui était partie si soudainement et celle qui se trouvait désormais devant lui. La serrer dans ses bras lui paraissait être une bonne idée, mais vu son expression il n'était pas certain qu'elle apprécie ce genre de démonstration affective pour l'instant. Bien sûr il y avait l'orage et le fait qu'il l'avait taquiné en la voyant suspendue la tête en bas, mais ils s'étaient vus dans de bien pires situations et cela n'avait jamais altéré leur complicité jusqu'à présent.

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Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 20:08

Les rudes épreuves auxquelles vous soumette la vie apparaissent pour celui qui les vit comme des montagnes à franchir. Elles ne se présentent à nous avec pour unique objectif que de nous faire rebrousser chemin. Dans le meilleur des cas, le contournement s’annonce comme la méthode la plus douce pour le braver : dans le pire, le mur, de plus en plus menaçant, ne cesse de s’agrandir à mesure que le temps passe, à mesure que l’angoisse se fait croissante. Cette bulle dans laquelle je me suis enfermée est à deux doigts d’éclater pour me laisser mise à nue face à ce monde hostile dans lequel je ne trouve pas de refuge. Il n’y a que le vide, pesant pour m’entourer de son manteau blanc. Pas même de larmes pour pleurer, ou de tristesse à manifester : le sentiment se rapproche davantage du masque d’indifférence que de l’hyperémotivité. Depuis presque une année, je ne suis plus en mesure de dire où j’en suis, encore moins ce que je souhaite. Seule solution à cette mélancolie intérieure : l’expérience, le lâcher prise, auxquelles je ne suis pas naturelle ni même habituée. Preuve étant que la surprise de voir Finn en pleine forêt, rencontre hautement probable malgré tout, me déstabilise au point de choisir la fuite plutôt que l’affrontement.

La douleur se faisait plus pesante, et malgré tous mes pieds avançaient, l’ignorant jusqu’à devoir l’affronter en face. Là était mon mur, ce mal rongeant vos organes vitaux, à la fois familier et en même temps l’étranger, le parasite. Son origine avait été brouillée par sa présence habituelle depuis bien trop de temps. Un moment elle avait disparu, pour ensuite revenir à la vitesse de la lumière. Il suffisait de stopper le temps pour la sentir rejaillir. Pour ma défense, je choisissais l’ignorance tandis qu’elle m’attirait dans le sens inverse. Quand bien même j’aurais pu la soigner, ma sacoche remplie avec le nécessaire, je ne souhaitais nullement m’arrêter et affronter Finn maintenant.
Affronter. En étais-je arrivée à craindre mes proches ? J’appréhendais leurs réactions, ce qui ne tarda pas à sortir des lèvres masculines : mots qui sonnèrent en premier lieu comme des reproches.

« Je ne crois pas que tu sois le mieux placé pour faire le donneur de leçons.»

Monsieur a eu son lot de plaies et tout le cirque qui s’en est suivi. Les rôles s’inversent et le voilà conseiller des soins du corps d’autrui ! Qu’il s’occupe d’abord du sien avant de s’occuper du mien. Il y avait comme une fierté stupide d’aller vers mon idée sans m’arrêter, sans accepter que moi je pouvais avoir besoin d’une épaule sur laquelle me poser. Inconcevable, impossible. Le contact entre nous me raidit davantage, et durant quelques secondes je scrutais cette main sur mon bras, silencieuse. Gênée, je lui prenais la main pour l’écarter. Malgré tout je baissais le ton, la pression retombant légèrement.

« Je ne t’ignore pas » grommelais-je, refusant que cette idée lui germe à l’esprit.

S’il l’avait dit, c’était justement l’image que je lui renvoyais. Je ne pouvais juste pas revenir et faire comme si tout s’était bien passé, que tout était réparé que ma quête avait été riche et prometteuse. Rien de tout cela. A l’inverse, davantage de questionnement, de recherches à entreprendre, de pistes à explorer. Une problématique se dressait, n’en finissant pas d’agrandir la toile d’araignées vers de nouvelles probabilités, estimations. Parmi tous ces choix, aucun pour me convenir suffisamment.

« Qu’est-ce que tu fais ici d’abord ? Tu ne peux pas être, je ne sais pas, patrouiller dans un autre coin et me retrouver comme tout le monde au village ? »

Etre ailleurs. Pas là, pas maintenant, pas ici face à ces traits tirés. Je ne le pensais pas vraiment mais cela me paraissait la meilleure des solutions pour qu’il cesse de jouer au chevalier blanc. Peut-être même étais-je heureuse de le croiser avant la rafale de questions oppressantes à mon retour. Mais en même temps je me retrouvais face à mon propre reflet à travers ses mots à mon égard. Encore une petite chose fragile à protéger et prendre soin. Les derniers mois ne comptaient pas, j’avais forcément été secourue et aidée.

« C’est une erreur de revenir. »

Non « c’était ». Car le présent se pointe, réel, dessinant l’avenir, seconde après seconde. Rien ne m’empêche de reprendre la route dans une autre direction, hasardeuse, vers de nouveaux lieux. Et si c’était là que l’on m’appelait ?


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Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Dim 10 Sep - 22:30

Leurs ancêtres auraient dit que c'était l'hôpital qui se foutait de la charité, car si Finn était bien connu pour quelque chose auprès des siens, c'était son don pour être blessé d'une façon ou d'une autre, le fait qu'il troquait plus que quiconque ses ressources contre des remèdes et des soins, plutôt qu'à améliorer son confort de vie. Il faisait attention pourtant, enfin parfois, mais il était certaines choses immuables qui faisaient partie du quotidien, d'une habitude de vie dont il était difficile de se défaire. Il était normal que Grace lui reproche d'être mal placé pour jouer le donneur de leçons, ce qui n'empêcha pas le Gona de rester planté devant elle, bien campé sur ses jambes, n'ôtant sa main que quand celle de la jeune femme vint la chasser. Elle disait ne pas l'ignorer, mais si ce n'était pas le cas, alors c'est qu'elle essayait de fuir, ce qui n'était guère mieux. Ses questions sonnèrent à leur tour comme des reproches, pourtant ce fut avec un léger sourire que les réponses vinrent.

- Avec tous ces gens du ciel qui s'approchent de plus en plus des villages, il faut bien que quelqu'un monte la garde. Et je préfère te revoir ici et maintenant, seul à seule, plutôt que d'avoir à te partager une fois que tu seras rentrée chez nous.

Le Pikuni cligna des paupières à ses propres mots, prenant conscience de leur possible connotation, puis entreprit de sourire un peu plus, masquant sa gêne comme il le faisait toujours derrière un air un peu plus imbécile heureux que seule une poignée de personnes -dont faisait partie la médecin- savait identifier et décrypter. L'inconvénient de connaitre quelqu'un depuis de longues années.

- Enfin je veux dire que tout le monde va vouloir te sauter dans les bras et te parler, alors tu n'auras même plus un seul instant pour m...

« C’est une erreur de revenir. »

Le sourire s'évanouit du visage de Finn qui fixa soudain Grace comme si elle venait de lui jeter à la figure la plus terrible des nouvelles, sa bonne humeur semblant vouloir le déserter alors qu'un air passablement inquiet prenait place sur ses traits. Sa voix se fit plus posée, son ton plus grave, quoique précautionneux, tandis qu'il faisait un simple pas vers elle, une amorce pour tenter de ne pas perdre le contact visuel pourtant avéré.

- ... Tu n'as vraiment pas envie de rentrer ?

Il inspira, sembla hésiter, puis eut une esquisse de sourire plus triste que joyeux agrémenté d'un regard inquiet à l'idée qu'elle puisse sérieusement songer à tourner les talons, là tout de suite, peut-être même à cause de lui.

- Écoute je... je ne voulais pas t'embêter, c'est juste que je me suis inquiété et... enfin on s'est tous inquiétés pour toi, on ne savait pas où tu étais ni si tu allais bien. Tu aurais pu être capturée par ces vendeurs d'esclaves du désert ou traquée par une bête sauvage, peut-être même kidnappée par ces gens venus du ciel ! Je sais que tu sais te défendre, en plus d'être la meilleure guérisseuse au monde que je connaisse, mais je ne pouvais pas ne pas m'inquiéter pour toi et...

Il s'interrompit en sentant qu'il risquait d'aller plus avant dans ses propos, sur un terrain particulièrement glissant qu'il avait toujours pris soin de soigneusement éviter, notamment depuis que la Pikuni avait été mariée, avec tout ce qui en avait découlé. Au lieu de ça Finn recula d'un pas, hésitant visiblement avant de forcer un sourire sur ses lèvres, un mélange de déception et de contrôle au fond des yeux. Il avait été suffisamment bête pour le reste de la journée, peut-être même pour plus longtemps encore.

- Écoute, je suis heureux de te voir sauve et à peu près saine, je peux t'accompagner pour le chemin qu'il te reste à faire, peu importe la direction que tu décideras de prendre. D'accord ?

Juste encore un peu de temps avec elle, en sa compagnie, était-ce trop demander ? Cela faisait des mois qu'il ne l'avait pas vue et vu sa réaction défensive, mieux valait ne pas chercher à brusquer les choses ni à faire comme si elle était la même qu'avant... et bien avant tout ce qui était arrivé. Ainsi le Pikuni lui offrit-il un autre sourire, cette fois chargé de tendresse sincère, au-delà du simple désir de protection qu'il avait toujours en temps normal. Si elle voulait bien de lui à ses côtés, ne serait-ce que pour quelques heures, ce serait déjà ça de prit pour le Gona qui saurait s'en contenter.

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Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Mar 12 Sep - 23:09

Si j’avais pu, j’aurais foudroyé l’univers pour tout le répit qu’il ne me laissait pas, pour le courage dont constamment je devais faire preuve. Sur le pont des précipices, j’avais regardé vers le bas, me demandant parfois l’effet que l’envol en direction des entrailles de la Terre pourrait avoir. Serait-ce plus simple après tout de laisser ces pensées amères me traverser face à l’immense bâtisse infranchissable que je ne cessais de lorgner ? Sous toutes ces coutures, elle ne semblait céder, devenant de plus en plus forte, de plus en plus résistante à chaque coup porté. Rien ne laissait supposer non plus que de l’autre côté le calme reviendrait. Tout n’était que fabulation, hypothèse d’un chemin aventureux, libérateur, tandis que devant moi ne se dressait aucune promesse de son existence. Comme pour se justifier, Finn s’engouffrait dans des explications sans intérêt. Les raisons de sa présence ne m’intéressaient nullement : il était là, fin de l’histoire. C’était tout ce qui importait et à la fois ce qui me préoccupait.

« Je ne les laisserai pas faire »

Point de retrouvailles. J’irai chercher mon fils et nous irons ensemble dans cette bâtisse qui m’a si souvent servi de maison. Fin de l’histoire. Leurs interrogations n’auraient que faire à mon esprit fermé par ce si grand accueil. Trop généreux, j’en aurais presque les larmes aux yeux, si seulement ils m’avaient manqué. N’avais-je donc pas de cœur pour ainsi les repousser ? Dans le paradoxe de mes actions, cette question me revenait souvent, en écho. Que l’altruiste s’éveillait lorsqu’il s’agissait de soigner, tandis que cette face plus sombre se révélait dans des temps difficiles. L’amertume, la rancœur prenaient le relais, prêts à se nourrir du mal être humain, niché au creux de leur âme, bien installé dans leurs cœurs noyés de chagrin. Tempêtant contre ces questions répétées inlassablement en écho, j’avais trouvé une solution radicale pour m’en séparer : la fuite vers ce qui n’appellerait qu’une impression floutée de ce qui un jour avait existé. Le village Pikuni n’incarnerait jamais cet endroit : un fait.

« Pourquoi faire ? Pour retrouver un bébé que je connais à peine ? Pour reprendre mes activités de guérisseuse l’air de rien ? Ce village n’est pas mon avenir Finn, il ne ressasse que les souvenirs de mon passé : rien d’autre »

Un temps il aurait tracé les voies d’une destinée chaleureuse. Un mariage certes arrangé mais au premier abord heureux, des projets de vie, avant que ne sonne le glas des premières désastres et le spectre latent de ma propre mort. Le temps des innocences avait volé en éclat pour éparpiller les débris de ce qui ne ressemblait désormais qu’à un pâle reflet optimiste.
C’est ainsi. C’est fini. Cette force, cette énergie, elle me manque pour affronter ce que je fuis depuis des mois. Elle ne veut même plus se donner la peine de se présenter, désormais envolée. Je ne saurais même plus la reconnaitre, et pourtant me voici encore debout, prête à repartir telle une idiote pour ne suivre que mon idée et fuir ce qui m’angoisse. Dans une vaine tentative, Finn laissa ses émotions s’exprimer : un vrai manche à peine à l’aise tirant sa dernière carte en main. Il avait le cran, mais tout n’était qu’une mascarade astucieuse pour m’empêcher de partir.

« Tu racontes vraiment n’importe quoi »

Ces paroles, ces mots étaient prononcés hors du temps, hors de la réalité. Qui il pensait voir n’était en réalité plus la même personne. Les bouleversements vous soumettaient à rude épreuve, poussant parfois à redessiner les lignes de vie que vous pensiez les bonnes depuis toujours. Puis finalement en y repensant, le schéma se retraçait, la carte se développait pour créer une arborescence d’autant plus complexe que la précédente. Il suffisait simplement de se laisser entraîner par le souvenir de notre enfance pour ensuite sauter à la fin de cette adolescence et finir à l’ère adulte : aucun lien ne ressemblait à l’autre. Naguère de cohérence, estompée par le sable qui l’a emporté. Les gouttes de l’océan ne se retrouvent plus à leur source, dispersée sinon égarées dans des contrées lointaines.

Je ne sais pas quoi faire. Encore moins comment. J’ignore si demain vaudra la peine d’être vécu, aujourd’hui me demande pourtant trop d’efforts. Des faux-semblants, des jeux pour sauver les apparences, pour qu’il m’en coûte davantage qu’il ne m’en rapporte. Pourquoi s’étendre à poursuivre en des eaux insipides, pour plaire à autrui ? Laissons aux adolescents cette superficialité si caractéristique à leur âge et comportons-nous comme des adultes. Les pas ne se hâtèrent guère, retenir par cette douleur lancinante qui ne cesserait de m’accompagner. Les maux et ceux de mon cœur prenaient bien trop de place pour que je ne puisse en faire la moindre abstraction. Battant en retraite, je m’installais sur le premier talus se présentant à ma portée. Qu’il ne s’avise de faire le moindre commentaire. Déclinant poliment l’invitation, je l’empêchais d’entrer, de nous retrouver en quelque sorte. Il ne retrouverait pas son amie, alors autant qu’il ne se berce pas d’illusion. J’avais changé, lui aussi. Les conditions ne semblaient aucunement réunies à notre avantage pour favoriser la rencontre. Pourquoi donc s’acharner et forcer ce qui ne se dénoue pas ?

« Ne te donne pas cette peine. De toute façon, je ne peux pas marcher »
haussais-je les épaules avant de me focaliser sur le membre endolori. Mon attirail exhibé, je sortais un bandage que j’entrepris de nouer pour amortir la force pressée sur ma cheville. Encore une singularité à laquelle je ne pliais pas : demander de l’aide. Cela n’avait jamais été envisageable. Mon père le prenait pour un acte de faiblesse et il fallait pour devenir médecin que je sois forte en toutes circonstances. Ce que je n’avais cessé de faire.

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14/08/2017 Ketro 199 Alex Pettyfer Pivette Gona/Combat & Agriculture 752
The secret side of me

I never let you see


Sujet: Re: Find you [PV Grace]
Mar 12 Sep - 23:44

Elle était là, avec ce même visage et cette même voix, mais c'était une autre qui semblait parler à sa place, le regard d'une autre qui se posait sur lui et semblait désapprouver la situation. Si elle avait été une vague connaissance, nul doute que Finn n'aurait pas insisté et aurait passé son chemin pour s'en retourner au village. Mais voilà, Grace était une amie sincère dont il était proche, ou l'avait été jusqu'à ce jour en tout cas. Le Pikuni lui proposait de rentrer chez elle, mais la médecin ne voyait pas les choses de cette façon, comme elle su si bien le lui expliquer, avec la rigueur d'un vent hivernal qui vous plaçait face à l'essentiel plutôt qu'au couvert trompeur d'un abri glacial. L'expression du Gona avait définitivement perdue tout entrain et son écoute s'était faite grave et attentive, notamment lorsque la rousse affirma qu'il disait n'importe quoi. Sans doute avait-elle raison, après tout il était lui-même un peu perdu, ne s'étant guère préparé à ces retrouvailles improvisées, hasardeuses et, apparemment, non désirées. Les pas de la Terrienne les menèrent à une petite bute où elle s'installa pour s'occuper de sa cheville blessée sous le regard songeur et légèrement chagrin de son vis-à-vis.

- Si tu ne peux pas marcher, alors j'attendrais à tes côtés que tu le puisses. Quel genre d'ami je serais si je te laissais seule au beau milieu de la forêt avec une cheville blessée ?

Un léger sourire qui se voulait encourageant revint à la charge sur son visage, timide tentative de lui prouver qu'il acceptait d'être passablement rejeté et traité comme un indésirable, pourvu qu'il puisse lui porter assistance. Grace plus que quiconque savait qu'il avait la pitié en horreur, Grace plus que quiconque saurait normalement reconnaitre qu'il ne voulait que passer un moment de plus en sa compagnie... oui mais, Grace n'avait-elle pas changée, terriblement ? Finn peinait à retrouver chez la femme en face de lui les mots et les réactions de celle qu'il avait toujours connu, cependant il ne lui en tenait pas rigueur, ne la jugerait pas pour cela, certainement pas. Il y aurait bien assez des autres membres de la tribu, lui ne voulait que son bien, quitte à ce que cela signifie qu'elle ne soit que de passage. Quitte à ce qu'elle parte de nouveau et les abandonne... Elle avait bien le droit d'être libre après tout.

- Quoi que tu veuilles faire, je veux que tu saches que je suis de ton côté. Je ne peux pas me mettre à ta place, mais tu auras tout mon soutien quoi que tu décides de faire. Rester, partir... Du moment que c'est ce que tu veux vraiment, je comprendrais.

Son sourire se fit un rien plus prononcé même si ses yeux noisettes trahissaient son émotion à l'idée que l'une des personnes les plus importantes qui soient pour lui décide de s'éloigner vers d'autres terres. Le Pikuni se souvenait de son ami Seren qu'il avait lui-même encouragé à aller retrouver cette femme qui l'attendait pour être son épouse, pour être enfin réunis avec ses enfants, qu'ils forment tous une grande et belle famille. Cela ferait bientôt un an qu'il ne l'avait pas vu, qu'il n'avait pas entendu le son de sa voix ni croiser le fer avec lui. Est-ce que Grace allait faire pareil ? Partir au loin pour ne plus revenir ? Cette seule idée suffisait à lui déchirer le cœur, mais en tant qu'ami loyal et sincère, il ne pouvait que l'encourager à suivre son chemin et à faire ses propres choix.

- Bon, tu me laisseras bien t'inviter à manger chez moi quand même, non ? A moins que tu ne veuilles pas aller au village, alors je pourrais aller nous chercher de quoi se remplir le ventre et on se ferait un petit feu dans un coin tranquille. Qu'en dis-tu ?

Un peu de légèreté, un sourire encore davantage prononcé avec une lueur d'espoir au fond des yeux, elle accepterait bien au moins cela, n'est-ce pas ? Rien que manger en sa compagnie ne serait pas si terrible quand même, non ? En tout cas Finn l'espérait, sinon autant lui dire d'aller se faire voir chez les Skaikru et tant pis pour les conséquences.
 

Find you [PV Grace]

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