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˜˜˜˜˜˜let's burn the past, forget the truth // chris
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: let's burn the past, forget the truth // chris
Jeu 10 Aoû - 13:13

❝let's burn the past   
forget the truth 

CHRIS & CHIRAZ

C’était un nouveau départ, peut-être le signe - le bon, cette fois - qu’enfin les choses allaient s’arranger pour tout le monde. Que la vie serait plus simple pour les Odysséens comme pour les Cents, que tout serait plus confortable et accueillant. Que cette planète hostile ressemblerait enfin à un chez-soi, qu’enfin on se sentirait à la maison. Les travaux, commencés depuis peu, allaient bon train. Chaque jour, le bâtiment principal se consolidait, s’embellissait. Les Odysséens, doucement mais sûrement, se l’appropriaient et s’en faisaient un foyer. Les familles se regroupaient, créaient comme ils pouvaient une forme d’intimité, intimité qu’ils venaient à peine de retrouver depuis leur arrivée sur Terre. Chiraz n’avait pas traîné, ces derniers temps. Étrangement, elle s’était presque donnée corps et âme dans les travaux de rénovation. Elle s’était investie plus qu’elle ne l’avait jamais fait depuis l’atterrissage. La jeune femme se sentait mue par ce désir de prendre un nouveau départ, un nouvel envol, et d’effacer ce qui avait pu se passer. Oublier, tourner la page. Elle se répétait constamment ces paroles, quand parfois la force ou le courage l’abandonnait. Elle n’avait pas toujours été exemplaire, au sein du groupe ; souvent partie ailleurs ou fuyant les moments en communauté, Chiraz s’était elle-même exclue du groupe à plusieurs reprises. Aujourd’hui, elle voulait que tout cela change. Alors, elle se concentrait sur les travaux. Son investissement revêtait une dimension personnelle qui lui faisait mettre encore davantage d’ardeur dans son travail. Elle se levait tôt, et prêtait volontiers main forte à ceux qui en avaient besoin. La blonde ne savait parfois que faire depuis que l’infirmerie était terminée, ou presque ; ç’avait été l’une des parties du camp les plus rapidement aménagées, pour des raisons évidentes. Chiraz s’y était beaucoup donnée, probablement plus pour se faire pardonner de ses trop nombreuses absences que par réel intérêt. Un vertige l’avait néanmoins saisie quand elle et d’autres s’étaient rendus compte de l’amoindrissement des réserves. Comme une ombre au tableau. Le retour à la réalité était parfois dur, et force avait été de constater, au fur et à mesure des jours et ce malgré toute l’ardeur que Chiraz et les autres Odysséens pouvaient mettre dans l’aménagement du camp… - Force était de constater que si le déménagement avait eu des points positifs, certaines choses étaient loin de s’être améliorées. Comme l’amoindrissement des réserves, entre autres. Qu’allaient-ils faire quand les médicaments et autres réserves médicales auront disparu ? Cette perspective effrayait la blonde, pas parce qu’elle avait peur de tomber malade ou autre, mais dans ce que cela traduisait. Ils perdaient peu à peu ce qu’ils étaient, ils perdaient leur science, leurs capacités à créer, à soigner. Ils perdaient leurs connaissances. Comment allaient-ils faire pour recréer des médicaments ici, sur Terre ? Il n’y avait aucun doute que dans peu de temps, les soigneurs allaient devoir se mettre à l’herboristerie - mais malgré tout, Chiraz éprouvait une sorte d’étrange pincement au coeur quand elle réalisait qu’ils ne seraient bientôt rien de plus que des Terriens. Pas qu’elle éprouve le moindre mépris envers ceux-ci, et il n’y avait pour elle rien de déshonorant à l’être, bien au contraire, mais elle voyait tout cela comme l’éloignement et la disparition tangible de la vie sur l’Odyssée. La disparition progressive de sa vie passée, une vie heureuse et si lointaine…

Dans le dortoir où la jeune femme s’était sommairement installée, il lui arrivait parfois de s’imaginer être encore là-haut, dans le vaisseau. Tout était différent, sur Terre, et pourtant les ressemblances entre le nouveau camp et l’Odyssée lui sautaient parfois aux yeux. Peut-être parce qu’on s’y installait comme si on allait y rester pendant longtemps. On y construisait un foyer, alors que cela n’avait jamais été le but sur l’ancien camp. Ce dernier n’avait pour but que d’assurer la survie de ses habitants. A contrario, une ambiance bien différente semblait régner sur le nouveau camp. Mais malgré tout, Chiraz ne se sentait toujours pas chez elle, ici. Elle avait beaucoup oeuvré pour reconstruire et consolider le bâtiment principal, quitte à se réveiller le matin avec des courbatures monstrueuses qui lui sciaient le dos et les membres. Elle avait oeuvré pour la communauté, mais son dortoir, à elle, demeurait vide. Une page blanche qu’elle n’avait jamais cherché à remplir. Elle avait entendu les rumeurs qui disaient que les dortoirs n’étaient qu’une solution temporaire, en attendant que chacun ait une véritable demeure, à l’extérieur. Des téméraires étaient d’ores et déjà en train de construire des baraquements, parfois de simples bicoques instables, sur les ruines d’anciens bâtiments. La jeune femme ne portait aucun intérêt à tout cela, en vérité. Elle voulait faire de la Terre son foyer ; elle voulait se sentir chez elle partout, dans la forêt, allongée dans l’herbe, elle voulait se sentir chez elle parmi les siens. Pas dans un dortoir ou dans un bâtiment. Aussi ne passait-elle qu’un temps très limité dans son dortoir, qu’elle n’avait pas du tout aménagé, contrairement à d’autres. Elle s’était contenté d’entrer dans une chambre et de poser ses affaires à côté d’un lit libre. Chiraz n’y venait que pour dormir, quelques heures, chaque nuit. Elle n’avait jamais été du genre à dormir beaucoup, de toute façon, et ça n’avait pas été en s’arrangeant depuis l’atterrissage. La jeune femme se sentait à l’étroit sur son lit, qui avait plus des airs de couchette, d’ailleurs, et profitait souvent de la tombée du jour pour passer du temps à l’extérieur, loin de tous les bruits. Elle avait besoin de cela.

Pourtant, il fallait dormir. Il le fallait. Cela faisait déjà plusieurs heures que le Soleil s’était couché et a minima une heure que Chiraz peinait à trouver le sommeil. Elle se sentait fatiguée, épuisée ; ses muscles endoloris peinaient à se mouvoir et l’éreintaient encore davantage. Allongée sur le dos, une fine couverture remontée sur sa poitrine, elle fixait le plafond, l’esprit vide. Vide, ou presque. Tellement plein qu’il lui paraissait vide ; les pensées se bousculaient, flottaient, tremblaient, s’entrechoquaient dans un capharnaüm d’idées qui lui donnait presque la nausée. Alors elle attendait, elle attendait qu’enfin toutes ces noires pensées cessent, qu’enfin le sommeil vienne la trouver et l’arracher de tout cela. Non loin d’elle, sur l’un des trois lits qui occupaient le dortoir, une femme ronflait. Chiraz ne la connaissait pas, mais la croisait, souvent. La femme était déjà installée quand Chiraz avait jeté son dévolu sur ce lit, et cela n’eut pas l’air de la déranger outre mesure. Du reste, elle dormait beaucoup, et la blonde ne la croisait jamais en journée. Elle ne se souvenait jamais de son nom, mais il lui semblait qu’elle chassait. Ce qui pouvait expliquer les innombrables heures de sommeil dont elle avait besoin. Chiraz regardait sa silhouette sombre, immobile, à peine secouée par les ronflements, pendant un long instant, pensant peut-être que son corps prendrait exemple sur le sien. Elle tâcha de fermer les yeux, mais rien ne vint. La sérénité qu’elle cherchait ne venait jamais, une fois le Soleil couché, comme si cela faisait resurgir tous ses vieux démons. Elle avait pourtant l’impression que tout allait mieux, ces temps-ci, que son moral s’améliorait, ainsi que son comportement. Elle tâchait de participer activement à la vie du groupe, sans broncher, sans rechigner, sans se cacher, sans s’agacer. Elle faisait, sans y réfléchir outre mesure, ce qu’on attendait d’elle. Une grande première pour la jeune femme, qui faisait rarement ce qu’on lui demandait de faire sans râler intérieurement. Si Chiraz avait toujours eu le sens du collectif et surtout l’indélébile connaissance du fait qu’elle n’était qu’une goutte d’eau dans un océan, et que par conséquent ses besoins individuels passaient bien après ceux du groupe, elle ne s’était jamais habituée à cela. C’était une individualiste, au fond, et une indépendante, en plus de ça. Elle essayait de contrôler ses sales réflexes, désormais. Soudain, un bruit, proche d’elle, vint la sortir de sa torpeur. La jeune femme ouvrit les yeux quasiment instantanément, mais resta immobile dans son lit. Des réflexes de survie qu’elle tenait, sans doute, de sa vie sur l’ancien camp. Elle tourna légèrement la tête et vit une silhouette se diriger vers le troisième lit du dortoir. Chiraz savait que quelqu’un dormait là, parfois. Pas toutes les nuits ; mais parfois, quand elle se réveillait au beau milieu de la nuit, il y avait quelqu’un allongé sur ce lit sans qu’elle l’ait vu arriver et sans qu’elle le voit partir non plus. Il n’était pas là tout le temps, elle non plus ; c’était d’ailleurs la première fois qu’elle le voyait arriver. I lui semblait qu’elle l’aurait reconnu entre mille. Elle l’avait reconnu dès la première nuit où elle l’avait entr’aperçu dans l’obscurité. Chris. Chiraz était persuadée qu’il savait qu’elle était là, que c’était elle qui dormait dans ce lit à seulement quelques mètres du sien, mais il ne voulait probablement pas lui parler. Cela faisait plusieurs semaines que les deux cohabitaient sans que ni l’un ni l’autre ne s’adresse la parole. Drôle de coïncidence, se disait parfois la jeune femme. Mais rien à faire ; elle ne comptait pas lui adresser la parole. Pas d’elle-même, en tout cas. En vérité, elle aurait bien aimé lui reparler. Dans un contexte différent, peut-être, juste pour voir qui était Chris. Toutefois, probablement par fierté, elle ne disait rien. Il lui avait dit de s’en aller, alors elle s’était exécutée, et elle ne comptait pas faire le premier pas vers lui. Alors elle le regarda sans rien dire et, au bout d’un moment, se retourna dans son lit. Le sommeil vint la trouver quelques minutes plus tard.

Le Soleil venait à peine de se lever quand Chiraz sortit du lit et enfila quelques fringues discrètement ; le Soleil atteignait presque son zénith quand elle revint dans le dortoir, les muscles encore plus endoloris, pour chercher quelques affaires. Chris était là quand elle entra, rangeant quelques affaires. Elle ne prit pas la peine de regarder avec précision ce qu’il faisait, d’ailleurs. Elle se contentait de rapides coups d’oeil, presque nerveux, tandis que le jeune homme ne semblait même pas l’avoir remarqué. Chiraz finit par se retourner complètement, faisant face à un Chris qui ne lui prêtait pas une once d’attention. « Alors ? » finit-elle par lâcher, rompant instantanément sa promesse de ne pas faire le premier pas vers lui. Ils s’étaient recroisés à plusieurs reprises sur le camp, mais là encore, il avait choisi de l’ignorer. Ou elle avait choisi de le faire. Elle ignorait qui avait commencé ce jeu. « On va vraiment cohabiter sans s’adresser la parole ? » Chiraz avait dit cela d’un ton très calme. Elle n’attendait pas grand chose de Chris, elle n’attendait ni une réponse positive, ni une réponse négative. Mais elle était néanmoins curieuse de savoir ce qu’il lui répondrait.  

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01/11/2015 Glacy 1449 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris
Jeu 10 Aoû - 18:03


Chaque jour se ressemblait et différait. Il y avait des petits détails qui restaient les mêmes mais souvent ce n'était pas le cas.

L'aurore ores et déjà là. Restant une seconde là à reprendre mon souffle avant de finir par me mettre en mouvement. Une nouvelle journée qui s'annonçait chargée alors que je n'étais pas seulement de patrouille pour une fois, mais que je comptais avancer sur la maison. La maison. De grands mots tout de suite et pourtant cet élan de fierté que je ne pouvais que ressentir en y pensant. Je comptais bien arriver à mes fins, comptant bien réussir à redonner vie à d'anciennes ruines. Il y en avait tellement. A vrai dire tout le campement était un amas de ruine. Un campement qui reposait sur les anciennes fondations d'une ville. Une ville qui avait été vite pris d'assaut alors que chaque rue était devenue un nouveau chantier entre nos mains. Tout le monde s'y était mis. Comme le désir d'en faire un nouveau chez-soi pour chacun. Comme si chacun souhaitait avoir son nouveau départ. Ce qui avait été possible alors qu'en mettant chacun la main à la pâte il avait été possible de donner une autre figure à cet endroit qui n'était de base qu'un champ de ruines. La structure principale avait été transformée complètement tant en un lieu de vie, qu'un dortoir. Une réelle cuisine avait pu être aménagée en face du bâtiment principal, permettant de réunir tout le monde en un seul lieu pour manger. Une base militaire avait aussi être pu construite et c'était avec une certaine satisfaction que je m'y rendais tous les jours. De réels locaux existaient désormais. La possibilité d'accéder autant aux entrées du métro où des armes étaient gardées sans arrêt. Dans un sens, certains rôles étaient toujours les mêmes alors que j’étais toujours bel et bien un garde. Et si il était possible de se demander pourquoi il fallait toujours des gardes alors qu’il paraissait si facile d’évoluer, de réaliser de nouvelles activités, il n’en restait pas moins que je tenais encore à ce rôle. Me pliant toujours aux ordres autant que je développais mes aptitudes. Prêt à devenir un bâtisseur apparement alors que j’étais bel et bien déterminé à rebâtir une maison sur d’anciennes ruines. D’autres s’y étais mis aussi. Si j’avais hésité et longuement réfléchi sur la question, je m’y étais aussi mis, suivant le mouvement. Ayant choisi un lieu un peu éloigné du centre du campement. Non pas que mes journée étaient moins chargées alors qu’autant que j’accomplissais mes fonctions, j’en venais en parallèle à déblayer les ruines, les consolidant aussi pour tenter de rendre ce lieu habitable. L’espoir pour de nombreux que dans un an les constructions majeures soient terminées afin de pouvoir vivre là-bas. Un chantier qui ne serait pas toutefois terminé demain et qui me conduisait autant à devoir passer des nuits dans le dortoir de la structure principale.

Un dortoir sommaire avec des lits de camps. Ici il n’y avait pas d’habitations individuelles comme il y avait eu alors que nous étions dans l’espace. Mais le dortoir était protégé alors que des murs solides l’entourés. Dormir là, c’était toujours mieux que de dormir parmi la ferraille. Ne pouvant que me rappeler le dortoir qui existait entre les restes de l’arche. A proportion, il n’était rien. Un dortoir qui ne ressemblait pas non plus aux tentes dans lesquel nous étions nombreux à avoir passer la nuit. Non pas que cela m’avait dérangé alors que de là, il semblait plus facile de voir le ciel. Bien qu’il était certain que je n’en n’avais sans doute jamais été proche que sur l’arche alors que nous étions alors au cœur de l’espace. Mais dans un sens, j’aimais autant cette nouvelle perspective qui s’était offerte à nous alors que de là, sur terre, nous pouvions admirer les étoiles. Amusant de se dire qu’on avait vécu parmi elles un laps de temps. Des souvenirs qui semblaient bien loin à proportion. Alors dormir dans le dortoir me convenait parfaitement. Ce n’était pas comme si j’avais de nombreuses affaires non plus alors que je n’avais pas tardé à échanger mes maigres effets lorsque l’occasion de troquer avec les natifs s’étaient présentés. Prêt à échanger ce jour-ci des objets qui n’avaient pas de valeur sentimentale à mes yeux. Un pendentif qui avait appartenu à une mère dont je n’avais aucun souvenirs. Une montre qui avait appartenu à mon père et avec qui je n’avais pas partagé de réels moments si ce n’était ce lien de sang qui nous unissait. Ayant d’ailleurs pu échanger un livre contre une peau de chamois. Ce qui me semblait avoir été une bonne affaire alors que cette peau de chamois me serait utile pour l’hiver, j’en étais conscient. Des possessions qui me seraient plus utiles que celles que j’avais jusque là possédé. Démuni de biens qui avaient de réels valeurs, cela m’avait semblé plus facile de m’installer dans le dortoir. Non pas que le dortoir révélait d’une certaine importance à mes yeux alors qu’il était juste un endroit où j’allais dormir. Rien de plus, ni de moins. Je n’y passais pas ma vie, ne comptant pas le faire alors que je préférai autant être dehors en mouvement. Un lit de camp sur lequel je m’écroulais le plus souvent épuisé. Des muscles endoloris et pourtant prêt à repartir le lendemain comme chaque jour. Ne m’accordant jamais plus de quelques secondes que je passais en restant là, allongé sur le dos, songeur. Ce qui ne durait jamais longtemps alors que je repartais rapidement. Un dortoir qui contenait peu d’habitants. A vrai dire nous n’étions que trois pour ainsi dire. Il y avait une femme à la chevelure rousse flamboyante qui se prénommait Emma, et qui je savais donner un coup de main en cuisine ou pour chasser. Une jeune femme au regard flamboyant tout autant que sa chevelure qui semblait préférer autant que moi passer sa vie dehors qu’à l’intérieur du dortoir. Il y avait aussi une autre femme, celle-ci avec un visage connu alors que je l’avais reconnu à l’instant où elle avait jeté son dévolu sur un lit de camp. Chiraz.

Chiraz à qui je n’avais pourtant pas adressé un regard en particulier. Je savais qu’elle était là. Bien entendu que je le savais alors qu’il paraissait plus que difficile désormais de la manquer depuis que je l’avais remarqué. Non pas que je me demandais toujours pourquoi je ne l’avais pas repérée plutôt. Et il semblait vraiment difficile de ne plus la remarquer alors qu’elle ressemblait définitivement à Ailina. Pour autant, je l’avais laissé filer. Ne m’arrêtant pas particulièrement pour lui adresser un mot. Elle n’avait pas semblé vouloir m’adresser la parole et je n’avais pas fait un premier pas vers elle non plus comme si j’avais jugé que ce n’était pas nécessaire. Non pas que je l’avais oublié mais j’avais juste recalé notre discussion en arrière-plan dans mon esprit, fermant la clef derrière la porte. D’autres faits à me préoccuper comme la construction de cette maison, mais au-delà de cela il y avait autant le sujet du rébellion et d’autres sujets qui tournaient en boucle dans mon esprit. Toujours à se remettre en question alors que certains mots restaient gravés. Pouvant me rappeler chaque détail de notre réunion au sein du bunker, dans les bois, entre membres rebelles. Pour ainsi dire cette réunion avait été un véritable fiasco. Un fiasco que je ne m’étais pas attendu à ce qu’il ait lieu. Mais il y avait lieu. Des mots durs qui avaient été dits. Des secrets qui avaient été dévoilés. Des lignes qui avaient été franchies. Des fossés qui s’étaient agrandis. L’impression de faire un pas pour en reculer de trois. Non pas que mes oreilles étaient restées fermées alors que je continuais de me jouer chaque dialogue en tête. La tentative de s’améliorer ou de sortir ce qu’il y avait le meilleur de ces discussions. Autant dire que nous avons encore des progrès à faire. Poussant un soupir avant de me mettre finalement en mouvement. J’étais autant conscient que cela ne servait à rien que je continue de ruminer encore et encore sur ce sujet. Autant avancer. Je finirai bien par trouver un moyen. Mais en attendant, il y avait encore à faire.

Apercevant du coin du regard la silhouette de dos de Chiraz qui s’éloignait, ses cheveux blonds qui retombaient dans son dos. Mon regard qui s’attardait sur sa silhouette l’espace de quelques secondes avant que je me mette tout autant en mouvement après avoir jeté un coup d’œil tout aussi au lit de notre voisine qui continuait de dormir à côté. Son sommeil qui semblait ne pas pouvoir être troublé alors que rien ne semblait pouvait la déranger quand elle dormait ni une explosion, ni le bruit de voix. Dormant profondément visiblement alors que ses cheveux roux retombaient devant ses yeux, cachant son visage, sa fine couverture en partie remontée sur sa tête. Ne restant pour autant pas là alors que je me changais rapidement non sans plier mes affaires au carré . Une tenue aux couleurs obscures non pas que mes tenues différaient les unes beaucoup des autres. Non pas que j’y portais beaucoup d’importance comme toujours, c’était même loin de là. Me tournant ensuite vers le lit de camp alors que je pliais la fine couverture aux carrés. Par certains moments, ma nature de soldat ne pouvait que ressortir. Un gène que m’avait sans doute transmis mon père là encore même s’il avait toujours voulu que ce soit autrement. Dommage pour lui alors qu’autant que j’avais transgressé les règles, je n’en n’étais que venu à suivre ses pas. Et s’il avait sans doute eu un élan dérisoire de me protéger, il n’en restait pas moins que cet élan n’en n’était que venu à s’effriter en morceaux. Chassant ses pensées de mon esprit alors que mon regard se posait sur les maigres possessions que j’avais. Et ce fut avec un sentiment de satisfaction que j’en venais à pivoter pour me diriger hors du dortoir que pour faire face à Chiraz. Chiraz qui semblait avoir eu autant conscience de moi de la présence de l’autre dans le dortoir bien qu’aucun de nous deux n’y avait réellement prêté attention. Non pas que je pouvais réellement lui repprocher de ne pas avoir fait le premier pas alors que notre conversation s’était soldé par moi lui ordonnant de partir et de retourner au campement.

« Alors ? » Je levai un sourcil sans prononcer un mot toutefois. Comme si je ne voulais pas lui faciliter la tâche, non pas que je comptais jouer à un jeu particulier en ce moment. Semblant juste attendre la suite, ce que je faisais à vrai dire alors que j’attendais qu’elle termine plus ou moins sa phrase ou sa question. Ce que je me doutais qu’elle n’en viendrait qu’à faire. « On va vraiment cohabiter sans s’adresser la parole ? » Oh. Ne pouvant m’empêcher d’esquisser un sourire moqueur alors que je ne tardais pas moins à lui répondre comme s’il ne s’était jamais rien passé. « Donc je t’ai manqué. Non pas que j’en attendais moins. » M’amusant déjà légèrement sans pouvoir m’empêcher, comme pour tenter une nouvelle fois de la faire sortir de ces sentiers signalisés qu’elle semblait toujours vouloir être prête à emprunter. « Mais tu sais techniquement on ne cohabite pas réellement. Pour cela il faudrait qu’on se côtoie 24h sur 24, ce qui n’est qui n’est pas le cas. Après tout ce dortoir ne nous sert qu’à dormir, donc il n’y a pas réellement d’utilité à user le terme de cohabitation, ne penses-tu pas ?  » Curieux d’entendre sa réponse. Continuant pas moins sans réellement lui laisser le temps de répondre alors que je répondais finalement à la question qu’elle m’avait posée. « Et puis ce n’était pas comme si je n’avais pas voulu t’adresser la parole, je n’ai juste pas trouvé de raison de le faire. » Ce qui n’était sans doute pas entièrement vrai, alors qu’il était toujours facile de trouver une raison pour adresser la parole à quelqu’un ou presque. Et ce n’était pas comme si je ne l’avais pas croisé sur le campement ou dans le dortoir au cours des semaines qui avaient précédées. Non pas que je n’avais réellement tenté de l’ignorer alors que le temps semblait juste avoir filé. Juste deux navires qui se croisaient dans la brume sans se voir. Ce qui avait changé toutefois aujourd’hui alors qu’elle m’avait adressée la parole. Et il fallait avouer que j’étais légèrement curieux de voir comment cette conversation se terminerait.

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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris
Lun 4 Sep - 22:55

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CHRIS & CHIRAZ

Il savait qu’elle était là, qu’elle partageait son dortoir et dormait toutes les nuits à quelques mètres à peine de lui. Bien sûr qu’il savait très bien tout cela. Si Chris ne lui avait pas encore adressé la parole, c’était parce qu’il le voulait. Chiraz le savait très bien. Elle ne le connaissait pas beaucoup, pour ne pas dire pas du tout, et pourtant elle avait l’impression d’avoir assez bien cerné le personnage. Ou du moins grossièrement. Elle sentait qu’il était du genre à vouloir la faire tourner en bourrique, à l’ignorer pas parce qu’il n’en avait rien à faire d’elle, mais simplement pour la pousser à faire le premier pas. Ce qui fut le cas. La jeune femme s’était pourtant jurée qu’elle n’en ferait rien, qu’elle ne tomberait dans son stupide jeu. Pas une nouvelle fois, pas après leur conversation qui avait ressemblé d’avantage à un duel qu’à une discussion entre adultes. Et pourtant, à ce nouveau petit que Chris avait instauré et qui consistait à s’ignorer l’un l’autre, elle avait perdu. De nouveau. C’était presque plus fort qu’elle - elle avait aimé cette conversation autant qu’elle l’avait trouvée étrange, et autant qu’elle avait jugé Chris déconcertant. C’était bien pour cela qu’elle avait mis le peu de fierté qu’elle avait de côté. Elle avait perdu ce jeu et n’avait pas réussi à ignorer Chris bien longtemps, sûrement parce que le souvenir de leur dernier petit jeu lui restait encore en mémoire. Souvenir bien tenace d’un moment pourtant éphémère, effacé. Un souvenir qui voulait comme de lui-même s’effacer, alors que la jeune femme ne pouvait s’y résoudre. Il y avait encore une amertume au fond de sa gorge, une victoire pas complètement savourée - une victoire, et le terme n’était pas anodin. Cette conversation avait été une véritable joute verbale dont Chiraz avait conscience d’en être sortie victorieuse ; il suffisait de voir la façon dont Chris avait fui, coupant court à la discussion, alors que la blonde s’entêtait à l’affronter. Elle n’avait pas ployé quand Chris avait cherché à l’effrayer, à la faire fuir. Il avait tout tenté, quitte à lui raconter l’un de ses plus sombres secrets. Mais Chiraz n’avait jamais été le genre de femme à faire ce qu’on lui disait. Elle respectait assez peu les ordres de ses supérieurs, alors ceux de Chris…? Elle savait qu’il avait voulu la faire fuir, tout en espérant, d’une façon un peu tordue, qu’elle reste. Il l’avait testée, avait voulu voir jusqu’où les deux s’enfonçeraient dans ce petit jeu vicieux, sournois. Il voulait la faire sortir de ses gonds, les gonds dans lesquels elle s’enfermait en permanence. Il voulait lui faire perdre son sang-froid, et dans un sens, il avait réussi. Il avait réussi à la libérer, un court instant, de ce carcan qui la tenait enfermée dans ses manières, ses mimiques et ses politesses à n’en plus finir. Il avait réussi à la libérer, mais pas comme il voulait, et il avait fui. Voilà pourquoi Chiraz n’appréciait pas vraiment cette victoire douce-amère, et pourquoi aujourd’hui, elle cédait finalement, plusieurs semaines après leur discussion. Elle cédait parce qu’elle voulait encore jouer, sans pour autant l’admettre. Elle ne l’admettrait pas, de toute manière. Ç’aurait été une trop grande joie pour le jeune homme.

Alors elle l’aborda. Une grande respiration pour une question toute bête. Toute bête, toute simple, et que pourtant aucun d’eux n’avait posé. Une question idiote qui devenait une barrière, une cloison difficile à abattre. Chiraz venait de la démolir en seulement quelques mots, mais quelques mots qui heurtèrent sa fierté personnelle. Pas qu’elle en ait une grande, bien au contraire - elle se montrait toujours surprise, et un peu admirative, des Odysséens qui avaient réussi à garder cela, la fierté, après tout ce qui avait pu leur arriver depuis l’atterrissage. Il lui semblait parfois que toute sa dignité et sa fierté s’étaient envolées dès qu’elle avait posé le pied sur terre. Pas Chris. C’était un être singulièrement fier et qui, malgré tout ce qu’il pouvait dire ou faire, possédait encore une ardeur de vivre des plus admirables. Chiraz l’avait sentie chez lui, et le ressentait encore alors que le jeune homme posait lentement son regard sombre sur elle. Il se laissait aller, certes, et pourtant, il n’allait pas abandonner. C’était un vivant, qui se rapprochait parfois un peu trop de la frontière, mais qui restait bien vivant. L’Odysséenne, elle, était morte là-haut. Chris esquissa un sourire narquois, mais Chiraz ne broncha pas. Elle maintint son regard bleu et son expression impassible, presque figée. « Donc je t’ai manqué. Non pas que j’en attendais moins. » Il jouait. C’était reparti. Il ne lui avait pas manqué, ça non. Seulement… Elle avait une impression d’inachevé. Une conversation qui n’avait pas été menée à son but, dont la destination avait été manquée. Un jeu trop vite écourté par sa défaite prématurée, que lui-même n’avait pas prévu. « Non, bien sûr que non » lâcha Chiraz, d’un ton étonnamment froid. Sa voix était claire, mais aucune chaleur ne s’en dégageait. Elle voulait jouer, flirter de nouveau, lui lancer des piques et qu’il la pousse dans ses limites. Elle le désirait ardemment, oui, mais n’osait pas lâcher prise. Pas encore. Encore et toujours cette foutue distance, ce mur qui se mettait toujours entre elle et les autres. Une cloison abattue pour que ce mur s’installe entre eux, désormais. Elle était incapable de s’exprimer franchement, de dire clairement ce qu’elle désirait de lui. Qu’elle voulait jouer, oui. Mais Chiraz comptait sur Chris - et c’était peut dire ! - pour que de nouveau il la libère, la fasse sortir de ses gonds avec son sourire insolent, la taquine, la pique, pour enfin faire tomber la glace. C’était qu’un jeu, ça n’avait toujours été qu’un jeu, au fond, mais ce jeu lui plaisait et lui manquait. Parce que cette conversation avec lui avait été un grand bol d’oxygène dans son quotidien monotone et ses interrogations nietzschéennes qui ne prenaient jamais fin. Elle s’était sentie vivante, avec lui.

« Mais tu sais techniquement on ne cohabite pas réellement. Pour cela il faudrait qu’on se côtoie 24h sur 24, ce qui n’est qui n’est pas le cas. Après tout ce dortoir ne nous sert qu’à dormir, donc il n’y a pas réellement d’utilité à user le terme de cohabitation, ne penses-tu pas ?  » Chiraz haussa un sourcil interrogateur, les bras croisés sur sa poitrine. Il jouait, désormais, il n’y avait lus aucune doute. Une lueur s’était allumée dans son regard, la même qui s’était immédiatement éteinte que sa défaite avait été prononcée. La curiosité, probablement, de voir jusqu’où cette conversation-là irait, de voir jusqu’où Chris pousserait Chiraz et jusqu’où celle tiendrait. Et réciproquement. Qui cèderait en premier, cette fois ? Qui ferait fuir l’autre ? Chiraz se fichait bien de l’issue de ce combat. Tout ce qu’elle voulait, c’était se sentir vivante, que Chris lui rentre dedans avec ses questions tordues et trop personnelles. « Techniquement, cette couchette est mon chez moi. Celle-ci est la tienne. Ce sont les seuls foyers que nous avons » Un petit sourire s’affichait lentement sur le visage de la blonde, au fur et à mesure que les syllabes claquaient dans sa bouche. Son intonation se faisait plus chaleureuse, désormais, parce qu’elle savait que le jeu commençait. Sans toutefois oser aller bien loin, pousser beaucoup, elle commençait à s’échauffer, et rentrait dans la partie. « Peut-être qu’on ne cohabite pas ensemble, c’est vrai… Mais on est voisins, a minima. Ne penses-tu pas ? » lança-t-elle du tac au tac, une lueur presque malicieuse dans les yeux. Elle voulait savoir, peut-être autant que lui, comment tout cela finirait. Se sentirait-elle plus proche de lui ? En vérité, elle voyait déjà beaucoup de ressemblances entre eux deux, mais un nombre égal de différences. Soit tout cela finirait bien, soit cela finirait mal. Très mal. Ils ne pourraient probablement pas s’en empêcher. Mais peu lui importait. Chiraz voulait simplement avoir cette conversation, ce frisson qu’elle avait eu quand Chris s’était approchée trop près d’elle avec ses couteaux, cette attitude impassible et maîtrisée qu’elle avait tâché d’arborer quand Chris lui avait confié avoir éjecté… « Et puis ce n’était pas comme si je n’avais pas voulu t’adresser la parole, je n’ai juste pas trouvé de raison de le faire. » Chris la coupa court dans ses pensées. Il la cherchait, il la taquinait. Il ne pouvait pas faire comme si rien ne s’était passé. Et si… si le jeu ne l’intéressait pas, au final ? L’idée traversa brièvement l’esprit de l’Odysséenne, mais s’effaça rapidement. Elle avait l’impression que si Chris n’avait pas voulu jouer, il l’aurait rembarré de but en blanc. Ce qui n’était pas le cas. « On se demande pourquoi » dit simplement Chiraz. Référence à peine dissimulée à sa fuite lors de leur précédente discussion. Mais Chiraz ne l’avait pas dit sur un ton revanchard, ou moqueur. Loin de là. Sa voix était presque douce, avenante. Elle ne jugeait pas Chris. Elle ne retirait rien de particulier de son attitude, si ce n’était qu’elle avait touché une corde sensible. Comme tous en avaient. Cela ne rendait pas Chris plus faible pour autant. « On avait pas terminé notre discussion, la dernière fois. J’avais encore des choses à dire » dit-elle d’un ton neutre. Égale à elle-même, Chiraz l’était constamment. « Maintenant qu’on est colocataires… ou voisins, comme tu préfères… Je me suis dit qu’il était temps ». Elle le regarda droit dans les yeux, pendant un moment, mais peina à soutenir son regard très longtemps. Une voix à l’intérieur d’elle-même lui criait de se reprendre, mais c’était plus fort qu’elle. Elle voulait jouer. « C’est à mon tour de poser une question, il me semble ». Elle reprit sa respiration, et pourtant son coeur battait un peu plus fort, surtout parce qu’elle appréhendait sa réaction. « Tu cherchais quoi, en vérité ? À m’effrayer ? À me faire fuir ? Tu t’attendais à ce que je rentre au camp en pleurant ? ». Un ton neutre, une question sans sous-entendue. Seulement, de la curiosité, et une volonté d’en avoir le coeur net, alors qu’elle se rapprochait un peu de lui, comme pour appuyer ses propos. Il ne l’effrayait pas.

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01/11/2015 Glacy 1449 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris
Mar 5 Sep - 7:56


Une seconde il avait fallut pour que je commence à la taquiner. Indiquant que je lui avais manqué. Faisant comme ci même si cela aurait pu être faux que pour la faire sortir des sentiers battus qu'elle empruntait. Toutefois ce fut d'un ton étrangement froid qu'elle me répondit. « Non, bien sûr que non » Comme si je l'avais vexé en restant à l'écart. Comme si je l'avais blessé en allant pas la voir. Ce n'était pas pourtant comme je l'avais fui, je n'avais juste pas trouvé de raison suffisante pour me diriger vers elle alors que je préférai autant faire le point et renforcer le mur qui me séparait des autres. Il y avait des secrets que je n'avais pas l'habitude de dévoiler, que je lui avais pourtant dévoilé à elle. Ce n'était pas ce genre de secret que je partageais avec tout le monde, pas ce genre de secret qu'on partageait avec une inconnue. Mais elle se ressemblait tellement à Ailina qu'une voix ne pouvait que me souffler que c'était justement à elle que j'aurai voulu confier ce secret. Mais je ne l'avais pas fait, confiant la vérité à Chiraz, lui avouant ce crime secret alors que j'avais fait éjecté mon père. Respectant les règles scrupuleusement comme il le voulait. Je n'avais toujours aucun remords à ce propos mais il était certain que je ne m'étais pas attendu à sa réaction. J'aurai voulu qu'elle fuit autant qu'une voix dans ma tête aurait préféré qu'elle reste. Mais elle était restée, ne me prenant pas seulement au dépourvu, mais brisant mes défenses. La forçant elle à fuir à mon tour alors qu'en effet si je ne l'évitais pas, je n'étais pas pour autant venu la voir. Ce qui semblait l'avoir blessé alors qu'elle venait de me répondre froidement. Ne faisant comme si de rien n'était, ne tentant pas de me montrer qu'il y avait des détails de sa personnalité qui continuaient de me prendre par surprise alors que je lui répondais d'un ton nonchalant. « Je suis sûr que si, sinon tu ne serais pas venue. » Une dose d'arrogance extrême. « Mais ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas de ne pas vouloir l'avouer à voix haute. » Désignant le dortoir où il n'y avait que des silhouettes endormies. Me déplaçant toutefois silencieusement pour l'entraîner en direction de la porte de sortie et du grand escalier qui conduisait au rez-de-chaussée pour éviter que notre conversation soit entendue si ce n'était que l'on réveille tout le monde.

N'en venant qu'à la conduire un peu plus dans la direction que je le souhaitais alors que tout comme j'en viendrais à argumenter sur la notion d'ami et de doudou avec Rachel dans le futur, je n'en venais là qu'à redéfinir le terme de cohabitation et de voisinage. Ou plutôt j'en donnais ma propre version alors que techniquement en effet nous n'étions pas en train de cohabiter. Je la vis croiser les bras sur sa poitrine alors que je lui adressais un sourire. « Techniquement, cette couchette est mon chez moi. Celle-ci est la tienne. Ce sont les seuls foyers que nous avons. » « Techniquement c'est faux. On n'a pas de réel chez-nous pas encore, sinon cela voudrait dire que notre ancien campement était notre chez-nous alors qu'il n'était qu'éphémère. Les définitions perdraient toutes leur sens si on considérait des couchettes comme des chez-nous. D'autant que cette couchette est juste une couchette pour moi. Tu dors là, d'accord mais cela ne va pas plus loin. » Ce que je pensais alors que le véritable chez-moi qui s'apparenterait serait la maison en ruine que je tentais de construire et non cette simple couchette. La difficulté d'imaginer que cet amas de ruine serait un jour un chez moi alors qu'en effet jusqu'à là tout était resté éphémère. On passait d'un endroit à l'autre mais je ne pouvais que me douter que ce campement était réel alors qu'il continuait de prendre forme jour après jour. Mais déjà elle reprenait la parole, une lueur de malice dans le regard. « Peut-être qu’on ne cohabite pas ensemble, c’est vrai… Mais on est voisins, a minima. Ne penses-tu pas ? » Je levai les mains au ciel comme si je voulais en faire des couches alors que je capitulais. « Tu gagnes celle-là... Mais des voisins ne sont pas obligés de discuter sans arrêt ne penses-tu pas ? » Ne voulant pas abandonner la partie. Une partie qui se dessinait bel et bien. Trop compétiteur pour juste baisser les bras alors que tout comme Arméthyse, je n'avais pas réussi à m'avouer vaincu dans le combat amical qui nous avait exposé des mois plutôt. Un combat amical où nous avions décidé que les deux seraient gagnants alors que cela serait ainsi plus facile. Une autre pensée qui me traversait l'esprit alors que je prenais soudainement la parole d'un ton plus sérieux en posant mon regard sur elle. « Est-ce vrai que dans l'ancien campement tu étais censée venir t'installer dans ma tente ? » Un fait qui n'avait été porté à mon attention que récemment et qui m'avait aussitôt surpris, alors que je savais que la demande avait été faite après notre dernière conversation avant que le campement soit déménagé complètement. Voulant connaître sa réponse alors que c'était comme si elle s'entêtait à vouloir me connaître. Ce que je faisais sans doute aussi à vrai dire mais n'ayant jamais pensé à cette option. Préférant pas moins lui en parler directement que me fier totalement aux paroles qui avaient été prononcées.

Le sujet de conversation qui déviait pas moins alors que je lui avouais que je n'avais pas tenu à la fuir mais que je n'avais juste pas trouvé de motifs pour lui parler. Ce qui aurait été un peu étrange. Me justifiant surtout comme si je lui devais cela, pas moins conscient qu'elle ne me lâcherait pas de sitôt avant de savoir. Une réponse que je lui donnais pas moins non sans scruter les expressions de son visage, attendant sa réaction. Et elle ne tarda pas à prendre la parole non pas d'un ton rallier mais d'un ton doux que je m'empressais de fuir. « On se demande pourquoi » Trop déstabilisant. Mon regard qui se posait plutôt au-delà de l'escalier alors que je me demandais l'espace d'un instant si Mila était là dehors, ne réussissant pas à dormir. Sans aucun doute qu'à cet instant j'aurai préféré la compagnie silencieuse de la jeune femme que celle avenante de Chiraz. Ne pouvant toutefois m'enfuir de nouveau alors que je restais juste là à reprendre mon esprit, faisant comme si je n'avais rien entendu. « On avait pas terminé notre discussion, la dernière fois. J’avais encore des choses à dire ». C'était vrai. Et autant que je pouvais m'en vouloir d'avoir lancer la partie, il ne restait pas moins que je ne pourrai pas échapper à la suivante. Sachant déjà qu'elle viendrait avec ses questions. Mon regard de nouveau tourné vers elle alors que je l'observais sans rien dire, ne pouvant voir qu'elle se montrait plus audacieuse qu'auparavant. Peut-être que son cas n'était pas une cause perdue au final. « Maintenant qu’on est colocataires… ou voisins, comme tu préfères… Je me suis dit qu’il était temps. » La jolie blonde qui commençait à soutenir mon regard avant de le fuir quelques secondes après pour revenir sur des sentiers qu'elle connaissait où elle se sentait en sécurité. « Alors commençons cette partie. » Un air de défi autant que je savais parfaitement que j'avais perdu la dernière, que c'était moi qui était en position de faiblesse et non elle. C'était moi qui m'était dévoilé, me retrouvant dans une position vulnérable alors qu'elle avait réussi à partir la tête haute. Sans aucun doute que j'avais toujours connu les risques alors que ma vie s'était révélée bien plus mouvementée que la sienne alors qu'elle continuait de rester sur des terrains sécurisés, des sentiers qu'elle connaissait de peur de s'égarer. Et soudain ce même désir de la faire sortir de la pousser jusqu'au bout pour voir si elle pouvait se briser. « C’est à mon tour de poser une question, il me semble. » Ce n'était pas à elle mais j'hochai la tête tout de même. « Tu cherchais quoi, en vérité ? À m’effrayer ? À me faire fuir ? Tu t’attendais à ce que je rentre au camp en pleurant ? » Et déjà ses pas résonnaient contre le sol alors qu'elle s'approchait un peu plus, ne laissant que quelques centimètres pour séparer nos deux corps. Jouant avec le feu alors qu'elle comptait me montrer encore qu'elle n'était pas effrayée, même alors qu'elle devrait. Ne flanchant pas alors que mon regard s'attardait sur sa silhouette avant de soutenir le sien, ne tardant à lui répondre pas moins franchement. « Sans doute un peu de tout. » En tout cas il était vrai que je ne m'attendais pas à ce qu'elle reste ou même qu'elle fasse un pas vers moi. Ne lui avouant toutefois pas qu'une part de moi aurait voulu qu'elle reste pendant une fraction de seconde autant que l'autre voulait le contraire. Ce qu'elle n'avait pas fait. « Peut-être qu'on pourra faire quelque chose de toi au final. » Un sourire moqueur. Un masque. Ne m'éloignant toutefois pas d'elle alors que je restais juste à ses côtés, la dépassant pas moins d'une tête. Mon tour pas moins de lui poser une question alors que je ne tardais pas à y réfléchir, non sans tenter d'éviter les questions que je lui avais déjà posé. Reportant mon attention sur elle pour soutenir son regard. Comme pour voir à travers les fenêtres de son âme. « Pourquoi est-ce que tu tenais tant à venir me parler, à me voir ou même à continuer cette conversation ? » Un ton pas moins curieux alors qu'en effet, j'étais curieux de connaître les véritables motifs de sa présence là, de connaître les motifs qui l'avaient poussé à s'éloigner des sentiers banalisés pour revenir me faire la conversation. Tentant encore de comprendre le schéma logique qui pouvait la guider. Tentant encore de comprendre pourquoi elle tenait tant à continuer cette partie et à braver d'autres limites. Curieux.

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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris
Sam 23 Sep - 22:29

❝let's burn the past   
forget the truth 

CHRIS & CHIRAZ

Chiraz n’arrivait pas à se défaire de sa froideur quasi-naturelle. Elle n’arrivait pas à foncer et à dire clairement ce qu’elle voulait. Elle n’y arrivait pas, même face à Chris. La jeune femme ignorait pourquoi, mais… Elle avait en quelque sorte confiance en lui. La certitude que rien ne lui arriverait si elle laissait tomber ses barrières, si elle s’abandonnait, qu’il ne chercherait pas à en profiter bêtement. Sûrement était-elle idiote de penser comme cela, car au fond, elle ne le connaissait pas plus que ça. À moins que…? Elle était partagée sur ce dernier point. Chiraz avait à la fois le sentiment de ne rien savoir de lui mais de connaître ses pires secrets, comme lui savait les siens. Ils avaient capté l’essence de l’autre sans pourtant n’avoir jamais eu un point de vue global sur leur personnalité. Et c’était peut-être cela même qui empêchait Chiraz d’aller de l’avant, sans appréhension. Au lieu de ça, elle se renfrognait, se questionnait, comme une gamine qui désirait quelque chose sans assumer de le vouloir. Face à l’attitude carnassière de Chris, la blonde se demanda si elle avait bien fait, si elle ne ferait pas mieux de tourner les talons avant de regretter tout cela. Et pourtant, un regard et ses doutes s’envolaient. Oui, elle savait ce qu’elle voulait. Elle voulait que Chris la pousse dans ses retranchements, qu’il la mette mal à l’aise, qu’il la bouscule, la chahute, la renverse. Elle voulait être énervée, agacée, malicieuse, joyeuse, indécise. Elle voulait qu’il la sorte, encore une fois, de cette torpeur cadavérique dans laquelle la jeune femme s’était enfermée depuis trop longtemps déjà. Elle désirait tout cela, oui, et c’était ce qui l’avait poussé à mettre sa fierté de côté pour faire le premier pas vers lui. Ça n’était pas lui, en soi, qui lui avait manqué, mais plutôt tout ce qu’il était arrivé à provoquer chez elle, toutes ces sensations si nouvellement éprouvées, qu’elle avait l’impression d’avoir dix-sept ans à nouveau. Son intonation était froide, mais son regard était brûlant, brûlant d’impatience, l’impatience que Chris vienne briser les barrières qui protégeaient Chiraz. Sa remarque, maline, malicieuse, son regard joueur, en faisait déjà trembler les fondations. « Je suis sûr que si, sinon tu ne serais pas venue. » L’arrogance, l’oeil malin, rusé, fier. « Mais ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas de ne pas vouloir l'avouer à voix haute. »  Chiraz tenta de soutenir son regard, avec difficulté. Elle ne sut pas quoi répondre, car au fond, Chris avait peut-être raison. Il lui avait peut-être manqué, à moins que ce soit seulement l’effet qu’il avait sur elle. Elle ne savait pas, en réalité. Mais jamais elle ne lui avouerait, c’était certain. Elle avait déjà trop l’impression de se mettre à nu, de laisser transparaître toute fierté et toute dignité en s’avouant qu’elle avait besoin de ça, de ce frisson, et en venant chercher directement Chris. Il s’agissait déjà d’un effort considérable, nouveau, presque impensable… ! Sans mot dire, elle planta son regard bleu dans le sien, et le suivit doucement, alors qu’il l’emmenait vers le grand escalier.

Un peu pour se donner du courage, et pour tâter le terrain, Chiraz relança Chris sur leur cohabitation récente, nouvelle. Elle savait bien qu’il avait remarqué, et elle savait aussi que s’il ne lui avait pas encore adressé la parole, c’était parce qu’il le voulait - ou plutôt parce qu’il ne le voulait pas. Il l’ignorait, sciemment, et dans un sens, cela faisait plaisir à la blonde. Cela la mettait en position de supériorité, ou plutôt la rassurait, la confortait ; elle avait gagné leur précédent match, et maintenant le jeune homme cherchait à la fuir. Ou peut-être n’était-ce pas le cas, peut-être n’en avait-il simplement rien à faire d’elle, qu’elle n’avait été qu’un amusement temporaire. Elle ignorait, et c’était cette ignorance là qui l’empêchait de basculer entièrement dans le jeu ; toutefois, elle respirait un peu, oubliait la précédente remarque du jeune homme, et son visage se paraît d’un sourire malicieux qui ne fit que s’agrandir au fil des réponses de Chris. « Techniquement c'est faux. On n'a pas de réel chez-nous pas encore, sinon cela voudrait dire que notre ancien campement était notre chez-nous alors qu'il n'était qu'éphémère. Les définitions perdraient toutes leur sens si on considérait des couchettes comme des chez-nous. D'autant que cette couchette est juste une couchette pour moi. Tu dors là, d'accord mais cela ne va pas plus loin. » Elle se détendit. Chris la contredisait, mais ça ne l’étonnait pas vraiment ; le contraire, en fait, l’aurait davantage surpris. C’était là toute l’essence même de leur jeu : ne pas être d’accord et bousculer les idées de l’autre, et ce même sur un sujet aussi futile que leur « cohabitation ». « Ça, je suis bien d’accord avec toi. Nous n’avons pas de chez-nous ». Ses paroles furent accompagnées d’un haussement d’épaule sarcastique. Elle avait plus parlé pour elle-même que pour véritablement exprimer son opinion. Elle ne se sentait pas chez elle dans le nouveau camp, comme elle ne se sentait pas non plus en sécurité sur l’ancien. Elle ne se sentait pas chez elle dans ces habitations de fortune que les Odysséens se donnaient un mal fou à dégotter. Elle peinait à percevoir cette planète comme un foyer, tant elle pouvait parfois se montrer inhospitalière et dangereuse - et pourtant, avec le recul, il lui arrivait de se sentir plus à l’aise ici bas que là haut, peut-être parce que pour une fois, ce n’était pas eux, Odysséens, qui faisaient la loi. « Tu gagnes celle-là... Mais des voisins ne sont pas obligés de discuter sans arrêt ne penses-tu pas ? » Chiraz ne se laissa pas abattre par la pique bien placée de son « voisin ». Loin de là. Elle y voyait davantage une invitation au jeu, en réalité, qu’une remarque mesquine, et son sourire ne fit que s’agrandir. « C’est sûr. Mais enfin, ça ne ressemblait pas trop à mon ‘voisin’ de se taire si longtemps… » répondit-elle sur le même ton. Égalité. Chris prit soudain un air plus sérieux, et sa remarque perturba légèrement Chiraz. « Est-ce vrai que dans l'ancien campement tu étais censée venir t'installer dans ma tente ? » La jeune femme fronça les sourcils, et fut pendant un instant tentée de lui répondre aussi sèchement que quand il avait insinué qu’il lui avait manqué. Mais ç’aurait été trop facile, beaucoup trop facile pour lui, de s’en sortir comme ça. Et, dans un sens, Chiraz sentait qu’il y avait une réelle et sincère curiosité derrière sa question. « On m’avait dit qu’il restait une place dans ta tente. C’était soit ça, soit… soit dormir dehors, en gros. Je m’étais dit qu’en tant que personnes civilisées, la cohabitation aurait été possible ». Elle était troublée, cependant. La question était brutale, et hors contexte, son attitude paraissait étrange. Mais cela ne signifiait rien, à moins que...

Enfin, le jeu commença. Chiraz prit la parole, et posa enfin sa question, celle qui lui tournait en tête depuis plusieurs jours. Enfin, elle exprimait son interrogation, et ce même si elle se doutait déjà un peu de ce que serait la réponse. Car oui, il lui semblait bien deviner la raison du comportement de Chris, ce qui l’avait poussé à lui révéler cette terrible chose - quel autre mot pouvait décrire ce qu’il avait fait, si tenté que cela fut vrai ? Oui, Chris avait admis avoir été la cause de l’éjection de son père, là-haut, sur l’Odyssée ; il l’avait annoncé à Chiraz avait un air arrogant, de l’affront plein le regard. Il l’avait défié, et la jeune femme n’était pas bien certaine sur ses motivations ; car il était clair que Chris avait révélé cela dans un but précis, et pas seulement pour faire la conversation. Son secret, la blonde l’avait surtout compris comme un test, sournoisement élaboré certes, pour voir si elle était capable de tenir la route, pour comprendre jusqu’où irait son courage. Mais Chris s’était heurté à un mur, si la voir rentrer en courant au camp était ce qu’il escomptait voir. Ça n’était pas son genre, loin de là. Si on lui reprochait souvent de tout intellectualiser, c’était justement ce défaut qui l’avait retenue, qui l’avait poussé à lui faire face. Elle avait compris ce qu’il cherchait à faire ; et puis, qui était-elle pour juger cet acte sorti de son contexte ? Aucun d’eux n’était le même sur l’Odyssée. Alors, elle posa la question, clairement, et le jeu commença. Ou plutôt, recommença, et elle sentit de délicieux frissons lui parcourir le corps. « Sans doute un peu de tout. » Un petit sourire victorieux. La confirmation, enfin. Elle avait gagné, elle, ce petit brin de femme effacée, discrète, que Chris avait tout d’abord dédaigné, méprisé. Ça n’était rien, en soi, simplement une petite victoire de pacotille, mais qui signifiait beaucoup pour elle. Elle savait donc se montrer courageuse, tenir tête à quelqu’un, et les mettre en défaut…! « Peut-être qu'on pourra faire quelque chose de toi au final. » dit-il comme pour conclure ce dernier épisode, cette dernière partie dont la trêve n’avait pas été déclarée. Chris arborait un sourire arrogant, moqueur, mais Chiraz s’en fichait, et les yeux rivés sur ce sourire, elle se mit à rire, doucement. Un petit rire amusé, mais sincère, un rire hors du temps, qui surpassait les limites et les règles de leur jeu. Un rire de fierté, enfin, la fierté d’avoir été pour Chris, pendant un moment précis, autre chose qu’un visage, d’avoir vécu, d’avoir été quelque chose. Ses mots étaient salvateurs, en vérité, et lui faisaient sentir qu’elle était autre chose qu’un fantôme ici bas. Et puis, imperceptiblement, les choses redevinrent plus sérieuses, car c’était à Chris se poser une question. La jeune femme sentit l’atmosphère se tendre autour d’eux, comme si les éléments se prenaient eux aussi au jeu. « Pourquoi est-ce que tu tenais tant à venir me parler, à me voir ou même à continuer cette conversation ? » Chiraz le regarda un peu plus intensément, cherchant à deviner son intention derrière ses paroles. Elle ne remarquait plus la proximité entre eux, cherchant simplement ses mots. Allait-elle reculer, ou continuer ? La jeune femme n’avait pas fait tout cela pour rien. Devait-elle se montrer parfaitement honnête avec Chris pour autant ? Elle l’ignorait, et c’était justement ça qui lui plaisait tant. Elle ne savait pas, sortait de ses sentiers battus ; elle ne savait pas dans quelle position ses paroles allaient la mettre, et de fait, ne savait pas quelle serait la réaction de Chris. Elle ne savait pas, et c’était délicieux. Chiraz hésita un bon moment avant de répondre, choisissant ses mots avec soin ; puis, se mordant légèrement la lèvre, elle se jeta à l’eau.

« J’ai bien aimé notre précédente conversation, en fait » commença-t-elle lentement. « Je sais pas, c’était… étrange, mais terriblement bien à la fois ». Elle planta son regard dans le sien, espérant qu’il comprenne par là ce qu’elle voulait dire. « Je crois qu’une conversation ne m’avait pas plu autant depuis des lustres. Parfois, j’avais envie de te claquer, et parfois tu me faisais rire. C’était bizarre, mais… cool. Exaltant, un peu ». Elle souffla, un léger sourire aux lèvres. C’était sorti. Et c’était difficile, pour elle. Difficile d’ouvrir son coeur, d’exprimer ses émotions, d’autant plus que c’était Chris en face d’elle. Elle se foutait bien qu’il ait pu éjecté son père ou qu’il traîne une sale réputation sur le campement. Il l’avait fait se sentir vivante le temps d’une discussion, et c’était ça qu’elle recherchait, encore et encore, désespérément. C’était ce qu’elle avait toujours cherché. « J’imagine que je veux juste… rire encore un peu ». Bien maigre tournure qui n’exprimait que trop légèrement ce que Chiraz voulait vraiment dire, certes, mais au moins, c’était dit. Elle le regarda un instant, se demandant s’il était satisfait de sa réponse. Puis, rompant un peu le silence, la blonde s’éloigna un peu de lui, sentant que son message était passé, maintenant toutefois son regard dans le sien. « Je n’ai plus qu’une question, en vérité » termina-t-elle. « Pourquoi tu as éjecté ton père ? » La boucle était bouclée.

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01/11/2015 Glacy 1449 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris
Dim 24 Sep - 9:29


« Ça, je suis bien d’accord avec toi. Nous n’avons pas de chez-nous. » « Et pourtant ce qui n'est rien peut devenir un chez-nous. Il suffit de le vouloir. » Un haussement d'épaule nonchalant. C'était ce que je pensais alors qu'autant que je considérais ces couchettes comme des simples couchettes, que je n'avais peut être jamais considéré l'ancien campement comme un réel campement, j'étais soulagé que le campement ait changé de place. La tentative d'un nouveau départ. Un nouveau départ pour ce qui le voulait. Un lieu plus structuré qui offrait plus de possibilités. Des ruines qui offraient des toits, des architectures nouvelles. Un campement plus proche de celui des cents. La volonté d'en faire un chez-soi. L'idée du conseil n'avait pas été stupide et si certains auraient aimés restés à l'ancien campement, il n'en restait pas moins que ce nouveau ait été bien plus adapté à nos besoins. Que trop heureux de m'éloigner de cet ancien campement où des pensées sombres s'étaient entassées. Non pas que j'esquivais réellement ses pensées alors que chaque nuit quasiment je me retrouve à mettre un pied dehors. Retrouvant Mila parmi les ombres, au coeur du crépuscule. Si Chiraz m'avait compris, avait réussi à ce que je m'ouvre, il n'y en avait pas besoin avec Mila alors que nous ne comprenons dans un même silence. Si Chiraz était enveloppée d'une certaine lumière dès lors qu'elle se détendait, se mettait à sourire, Mila était toujours entourée d'ombres autant que je l'étais. J'espérai pourtant qu'elle puisse enfin trouver un peu la paix mais j'en doutais alors que l'image de la femme qu'elle avait aimée et tuée la tourmentait toujours. Trouvant ce nouveau campement dans un sens idéal pour échapper à mes pensées alors que mon esprit restait occupé autant que je tentais de faire quelque chose des ruines, de construire un potentiel chez-moi. Une question de volonté ou peut-être le désir de se poser. « Tu sais que tu ne peux pas fuir pour toujours ? » On ne pouvait tout simplement pas. Cela ne marchait jamais. Je le savais. J'avais essayé. Mais tôt ou tard le passé se mêlait au présent, au futur, et les événements nous rattrapaient pour nous heurter de plein fouet. « Ne voudrais-tu pas te poser ? » J'étais curieux alors qu'au-delà de ne pas considérer cet endroit comme un chez-nous, elle ne semblait pas avoir l'intention de le faire tout simplement. « Tu pourrais si tu le voulais vraiment. J'essaye bien moi. Je ne sais pas encore si cela va fonctionner, mais je ne pourrai pas le savoir si je n'essaye pas. » Me demandant si ce n'était pas cela le problème, si justement elle ne voulait pas essayer. Comme si elle voulait encore rester sur des sentiers banalisés. Me demandant si elle avait peur de perdre ce nouvel endroit encore, si elle avait peur de se jeter à l'eau. Et autant que je tentais de le faire sortir des sentiers battus qu'elle empruntait, il y avait encore de nombreuses choses dont je ne savais rien sur elle. Des définitions, des volontés qui changeaient de sens encore et encore dans un perpétuel flot.

Et autant que la discussion pouvait se faire plus sérieuse, elle pouvait aussi l'être plus joyeuse. Un débat qui s'enchaînait. Des différentes auquel nous donnions un sens différent, une différente valeur. Une partie qui s'entamait autant que nous tentions de donner du sens au mot voisin, cohabitation. Une discussion qui ne paraissait pas avoir de tête mais qui pourtant en avait, alors qu'autant qu'elle ce même esprit de compétition m'invitait à lui répondre, à lui donner de la répartie. « C’est sûr. Mais enfin, ça ne ressemblait pas trop à mon ‘voisin’ de se taire si longtemps… » Mon regard qui se posait sur elle alors que c'était d'un ton plus sérieux que j'en venais à lui répondre alors. « Alors si on est ni colocataire, ni voisin, ni deux inconnus l'un pour l'autre, que sommes-nous ? » Une question que je me posais réellement alors que je n'arrivais pas à mettre des mots concrets sur ce que nous étions. Si elle m'attirais, si je me prenais à me prêter au jeu une seconde fois, il n'en restait pas moins que je ne savais toujours pas ce que nous étions l'un pour l'autre. Nous n'étions pas colocataire, ni des voisins visiblement juste deux personnes qui dormaient dans une même pièce et qui s'adressait la parole à l'occasion. Mais nous n'étions pas non plus deux inconnus l'un pour l'autre. Cette dernière définition était tout simplement impossible alors que le terme inconnu ne pouvait pas nous décrire. C'était impossible après ce que nous étions dit, après les secrets que nous nous étions révélés. Pas après que je lui avais avoué certain de mes secrets autant qu'elle m'avait fait part des fragments de sa vie. N'ayant en réalité, oui, aucune idée de ce que nous étions ou de ce qu'elle représentait dans ma vie. Si ce n'était que j'avais peut-être assez fou pour l'écouter et aller trouver Elijah, ce qui avait été loin d'être l'idée du siècle. Ne comptant toutefois pas m'engager sur ce terrain là alors qu'elle comprendrait l'importance qu'elle pouvait avoir sur moi. Une importance que je lui conférais dont j'avais l'impression qu'elle était toxique. Une relation qui l'était sans doute alors que je savais que je lui accordais autant d'importance parce qu'elle ressemblait à Ailina. Conscient que je courrai encore après des fantômes du passé, après des chimères. Et pourtant autant que je me retrouvais à aller vers elle, je ne tentais que de me rappeler encore et encore qu'elle n'était pas Ailina, ne le serait jamais.

Non pas que je me retrouvais à m'arrêter  alors que d'autres questions se posaient dans ma tête comme celle de savoir si ce qu'on m'avait dit était vrai. La volonté de savoir si sur l'ancien campement, elle devait s'installer dans ma tente ou pas. La volonté de savoir si elle le voulait vraiment, si cela lui avait été imposée ou si elle l'avait décidé mais surtout la volonté de connaître la vérité. Lui posant la question presque brutalement alors que je souhaitais obtenir des réponses, sachant qu'elle me les donnerait même si cela ne lui plaisait pas. « On m’avait dit qu’il restait une place dans ta tente. C’était soit ça, soit… soit dormir dehors, en gros. Je m’étais dit qu’en tant que personnes civilisées, la cohabitation aurait été possible » Un regard brûlant posé sur elle autant que je voyais qu'elle était troublée par ma question. Non pas que cela m'importait alors qu'à la seconde où elle prononçait ses mots, j'en venais à tenter de les décortiquer. Une volonté dans doute inutile mais je ne pouvais m'empêcher de me poser des questions. « Il n'y avait plus de place dans le dortoir ?! » Une question presque violente alors que cela me semblait étrange qu'il n'y ait plus eu de place, comme si je voulais qu'elle m'avoue qu'elle aurait voulu s'installer là-bas. Conscient que je me faisais sans doute des idées alors que j'en venais à me réprimer aussitôt. Comme si j'étais déçu qu'elle ne m'ait pas donnée la réponse que je voulais. L'impression qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas alors qu'en vrai, il y avait définitivement quelque chose de malsain dans tout cela. Détournant le regard l'espace de quelques secondes alors que je m'efforçai à reprendre le cours de mes pensées ou à les clarifier. Reprenant la parole quelques instants plus tard après qu'un court silence se soit installé d'un ton qui semblait plus aimable, plus nonchalant. « Mais oui la cohabitation aurait été possible. Je n'aurai pas été cruel au point de te laisser dormir dehors. » Pas méchant à ce point alors que j'étais parfaitement capable de me comporter comme une personne civilisée.

Et de nouveau une nouvelle partie était entamée. Un nouveau jeu commençait alors que je me retrouvais à lui avouer qu'il y avait un peu de tout. C'était vrai alors que je m'étais autant attendu qu'elle s'enfuie en courant, qu'elle se mette à crier, autant qu'une voix dans mon esprit aurait voulu qu'elle reste. Mais la raison ou la folie ne m'avait poussée qu'à la repousser. Ce qui ne semblait pas l'avoir effrayée alors qu'elle se trouvait désormais là, en face de moi, au plein coeur de la nuit. Bravant dangereusement les sentiers qu'elle connaissait pour en emprunter de nouveaux. Ne pouvant manquer de voir ce petit sourire victorieux, de fierté se dessinait sur son visage. Manquant de lever les yeux au ciel par un réflexe que trop sarcastique. Ce que je ne fis toutefois pas alors qu'au contraire je ne pus que sourire en la voyant se mettre à rire. Une réaction qui semblait l'avoir prise au dépourvue alors qu'enfin je pouvais voir qu'elle se laissait aller. Ce qui n'était que plus agréable à regarder, alors que c'était une toute autre Chiraz qui semblait se dessiner alors qu'elle se mettait enfin à sourire, à laisser tomber les masques et à agir naturellement.

Je me contentais de la regarder avant de finalement en venir à prendre la parole d'un ton plus sérieux pour savoir de quoi il en retournait vraiment. Je doutais qu'elle soit juste venue me voir pour que je lui adresse plus qu'un bonjour, pour que je la considère comme une voisine ou une colocataire. Me demandant ce qui se trouvait derrière ses sourires. Me demandant ce dont retournait cette conversation alors que je souhaitais savoir en effet les réelles raisons de sa présence ici. Je voulais qu'elle se débarrasse de tout ce superflus pour que je comprenne pourquoi elle était là. Car, oui, j'étais curieux alors qu'elle avait éveillé ma curiosité en voulant continuer ce petit jeu. Voulant voir jusqu'où elle était prête à aller pour découvrir qui elle était vraiment. « J’ai bien aimé notre précédente conversation, en fait » Je ne pouvais m'empêcher de la regarder alors qu'elle commençait à prendre la parole délicatement, en supposant ses mots. Il fallait avouer que je ne m'étais pas attendu à un tel début de révélations et je ne pouvais que me demander ce qu'elle m'avouerait ensuite. « Je sais pas, c’était… étrange, mais terriblement bien à la fois. » Et je ne disais rien alors que mon regard ne la quittait pas. Ce n'était pas comme si je retenais mon souffle alors que j'attendais tout simplement qu'elle continue. « Je crois qu’une conversation ne m’avait pas plu autant depuis des lustres. Parfois, j’avais envie de te claquer, et parfois tu me faisais rire. C’était bizarre, mais… cool. Exaltant, un peu » Elle s'était vivante. C'était tout. Et c'était vrai que je ne pouvais pas dire le contraire non plus alors qu'avoir cette conversation avec elle m'avait changé, alors que j'avais apprécié qu'elle ne me juge pas comme le faisait la majorité des personnes, qu'elle soit juste prête au finale à se jeter à l'eau avec un petit coup de pouce. « J’imagine que je veux juste… rire encore un peu. » Et je ne comptais pas la repousser alors que oui j'appréciais de la voir sourire, de la voir rire. C'était comme si elle laissait enfin tomber tous ses murs, qu'elle se permettait enfin de se montrer réellement. C'était fascinant. Et je me retrouvais sans aucune réponse à lui donner alors que je me contentais de la regarder, un regard brûlant posé sur elle. Un contact qui ne fut que rompu quand elle se recula. Sans qu'un mot n'ait été échangé de plus.

« Je n’ai plus qu’une question, en vérité » « Je t'écoute. » Presque déçu alors qu'autant que possible j'avais aussi une dernière question pour elle que je comptais lui poser ensuite. « Pourquoi tu as éjecté ton père ? » Une question qui m'aurait presque pris par surprise si en soit elle n'avait pas été dans un sens logique. « Tu es vraiment prête à entendre cette réponse, n'est-ce pas ? » Ce n'était pas vraiment une question alors que je savais qu'elle l'était. Il était clair qu'elle voulait savoir, qu'elle n'en démordrait pas avant d'avoir entendu ma réponse. Une réponse que je savais que je lui donnerai. Faisant quelques pas en avant alors que je lui faisais signe de me suivre un peu plus tandis que je m'éloignais un peu plus loin, un peu plus loin encore. Le silence qui rythmait mes pas avant que je n'en vienne à prendre la parole d'une voix détachée. « Mon père n'était pas quelqu'un de bien. » Il ne l'était pas, loin de là. « Il ne s'est jamais remis de la mort de ma mère, bien qu'en soit je ne l'ai jamais connu. Pour lui, il n'y avait qu'un seul mot qui comptait celui de la discipline. Il était un soldat lui aussi. Pour lui seul les règles comptaient. Il voulait que je devienne comme lui, que j'obéisse aux ordres. Et autant qu'il ne portait pas d'intérêt à moi, je me prenais plaisir à enfreindre ces foutues règles pour le voir réagir, pour déclencher une réaction chez lui. Je le mettais toujours en rogne, il détestait cela. Je ne sais pas si cela me faisait plaisir ou si je voulais le voir juste s'énerver un peu plus alors que je réussissais toujours à ne pas me faire prendre. Je pense qu'après avoir tout tenté pour lui faire plaisir, j'en avais juste marre. J'étais devenu un soldat comme lui pour le rendre fier à la base, mais en soit autant que je racontais n'importais quoi, j'aimais bien ce corps de métier. Et tout aurait bien pu se passer, notre merveilleuse petite relation aurait pu continué son cours si je ne l'avais pas surpris à voler des médicaments, des fournitures. L'homme qui voulait que je suivre les règles les enfreignaient depuis le début. Alors j'ai fait exactement ce qu'il aurait voulu que je fasse, je l'ai dénoncé et il s'est fait expulsé. Fin de l'histoire. » Un arrière-goût d'amertume. Ce n'était pas la fin de l'histoire. Ce n'était pas l'unique raison pour que je l'avais dénoncé alors que les secrets avaient volé en éclat quand j'avais compris qu'il m'avait tenu à l'écart du mouvement rebelle dont je faisais au final partie, depuis des années. Que toute sa notion de discipline n'avait aucun sens alors qu'il rompait les règles, avait lui-même créé le mouvement rebelle avec la mère de Faust. Et pourtant où j'en étais, j'avais encore suivi ses pas. Me demandant s'il était fier ou s'il n'enragerait que de plus belle de là où il était. J'étais devenu un leader des mouvements rebelles, m'impliquant dans le mouvement là où il n'aurait pas voulu que je le fasse. S'il avait tenté de me protéger, il avait échoué alors que son fardeau l'avait au final condamné. Et même encore là alors que je savais qu'il avait fait cela pour le mouvement, je ne regrettais pas mon geste. Ne regrettant pas mon geste alors que c'était le juste retour de sa pièce de monnaie, le juste retour des coups et des insultes. Une dette payée. Et une histoire qui s'écrivait dont il ne faisait plus partie.

Me retournant finalement vers Chiraz alors que je m'arrêtais que pour la regarder et reprendre soudainement la parole. « J'ai une dernière question pour toi aussi. Je voudrai savoir jusqu'où tu es prête à aller pour tes convictions ou plutôt pour découvrir qui tu es réellement, pour faire tomber les masques ? »

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12/10/2014 Brimbelle 47060 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 340
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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris
Mar 7 Nov - 20:25

RP archivé suite à la suppression de Chiraz

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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris

 

let's burn the past, forget the truth // chris

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