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˜˜˜˜˜˜let's burn the past, forget the truth // chris
maybe life should be about more than just surviving


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15/05/2017 stockholm syndrome / solène 137 eliza taylor dakini (avatar) professeur / diplomatie & soins 45


Sujet: let's burn the past, forget the truth // chris
Jeu 10 Aoû - 13:13

❝let's burn the past   
forget the truth 

CHRIS & CHIRAZ

C’était un nouveau départ, peut-être le signe - le bon, cette fois - qu’enfin les choses allaient s’arranger pour tout le monde. Que la vie serait plus simple pour les Odysséens comme pour les Cents, que tout serait plus confortable et accueillant. Que cette planète hostile ressemblerait enfin à un chez-soi, qu’enfin on se sentirait à la maison. Les travaux, commencés depuis peu, allaient bon train. Chaque jour, le bâtiment principal se consolidait, s’embellissait. Les Odysséens, doucement mais sûrement, se l’appropriaient et s’en faisaient un foyer. Les familles se regroupaient, créaient comme ils pouvaient une forme d’intimité, intimité qu’ils venaient à peine de retrouver depuis leur arrivée sur Terre. Chiraz n’avait pas traîné, ces derniers temps. Étrangement, elle s’était presque donnée corps et âme dans les travaux de rénovation. Elle s’était investie plus qu’elle ne l’avait jamais fait depuis l’atterrissage. La jeune femme se sentait mue par ce désir de prendre un nouveau départ, un nouvel envol, et d’effacer ce qui avait pu se passer. Oublier, tourner la page. Elle se répétait constamment ces paroles, quand parfois la force ou le courage l’abandonnait. Elle n’avait pas toujours été exemplaire, au sein du groupe ; souvent partie ailleurs ou fuyant les moments en communauté, Chiraz s’était elle-même exclue du groupe à plusieurs reprises. Aujourd’hui, elle voulait que tout cela change. Alors, elle se concentrait sur les travaux. Son investissement revêtait une dimension personnelle qui lui faisait mettre encore davantage d’ardeur dans son travail. Elle se levait tôt, et prêtait volontiers main forte à ceux qui en avaient besoin. La blonde ne savait parfois que faire depuis que l’infirmerie était terminée, ou presque ; ç’avait été l’une des parties du camp les plus rapidement aménagées, pour des raisons évidentes. Chiraz s’y était beaucoup donnée, probablement plus pour se faire pardonner de ses trop nombreuses absences que par réel intérêt. Un vertige l’avait néanmoins saisie quand elle et d’autres s’étaient rendus compte de l’amoindrissement des réserves. Comme une ombre au tableau. Le retour à la réalité était parfois dur, et force avait été de constater, au fur et à mesure des jours et ce malgré toute l’ardeur que Chiraz et les autres Odysséens pouvaient mettre dans l’aménagement du camp… - Force était de constater que si le déménagement avait eu des points positifs, certaines choses étaient loin de s’être améliorées. Comme l’amoindrissement des réserves, entre autres. Qu’allaient-ils faire quand les médicaments et autres réserves médicales auront disparu ? Cette perspective effrayait la blonde, pas parce qu’elle avait peur de tomber malade ou autre, mais dans ce que cela traduisait. Ils perdaient peu à peu ce qu’ils étaient, ils perdaient leur science, leurs capacités à créer, à soigner. Ils perdaient leurs connaissances. Comment allaient-ils faire pour recréer des médicaments ici, sur Terre ? Il n’y avait aucun doute que dans peu de temps, les soigneurs allaient devoir se mettre à l’herboristerie - mais malgré tout, Chiraz éprouvait une sorte d’étrange pincement au coeur quand elle réalisait qu’ils ne seraient bientôt rien de plus que des Terriens. Pas qu’elle éprouve le moindre mépris envers ceux-ci, et il n’y avait pour elle rien de déshonorant à l’être, bien au contraire, mais elle voyait tout cela comme l’éloignement et la disparition tangible de la vie sur l’Odyssée. La disparition progressive de sa vie passée, une vie heureuse et si lointaine…

Dans le dortoir où la jeune femme s’était sommairement installée, il lui arrivait parfois de s’imaginer être encore là-haut, dans le vaisseau. Tout était différent, sur Terre, et pourtant les ressemblances entre le nouveau camp et l’Odyssée lui sautaient parfois aux yeux. Peut-être parce qu’on s’y installait comme si on allait y rester pendant longtemps. On y construisait un foyer, alors que cela n’avait jamais été le but sur l’ancien camp. Ce dernier n’avait pour but que d’assurer la survie de ses habitants. A contrario, une ambiance bien différente semblait régner sur le nouveau camp. Mais malgré tout, Chiraz ne se sentait toujours pas chez elle, ici. Elle avait beaucoup oeuvré pour reconstruire et consolider le bâtiment principal, quitte à se réveiller le matin avec des courbatures monstrueuses qui lui sciaient le dos et les membres. Elle avait oeuvré pour la communauté, mais son dortoir, à elle, demeurait vide. Une page blanche qu’elle n’avait jamais cherché à remplir. Elle avait entendu les rumeurs qui disaient que les dortoirs n’étaient qu’une solution temporaire, en attendant que chacun ait une véritable demeure, à l’extérieur. Des téméraires étaient d’ores et déjà en train de construire des baraquements, parfois de simples bicoques instables, sur les ruines d’anciens bâtiments. La jeune femme ne portait aucun intérêt à tout cela, en vérité. Elle voulait faire de la Terre son foyer ; elle voulait se sentir chez elle partout, dans la forêt, allongée dans l’herbe, elle voulait se sentir chez elle parmi les siens. Pas dans un dortoir ou dans un bâtiment. Aussi ne passait-elle qu’un temps très limité dans son dortoir, qu’elle n’avait pas du tout aménagé, contrairement à d’autres. Elle s’était contenté d’entrer dans une chambre et de poser ses affaires à côté d’un lit libre. Chiraz n’y venait que pour dormir, quelques heures, chaque nuit. Elle n’avait jamais été du genre à dormir beaucoup, de toute façon, et ça n’avait pas été en s’arrangeant depuis l’atterrissage. La jeune femme se sentait à l’étroit sur son lit, qui avait plus des airs de couchette, d’ailleurs, et profitait souvent de la tombée du jour pour passer du temps à l’extérieur, loin de tous les bruits. Elle avait besoin de cela.

Pourtant, il fallait dormir. Il le fallait. Cela faisait déjà plusieurs heures que le Soleil s’était couché et a minima une heure que Chiraz peinait à trouver le sommeil. Elle se sentait fatiguée, épuisée ; ses muscles endoloris peinaient à se mouvoir et l’éreintaient encore davantage. Allongée sur le dos, une fine couverture remontée sur sa poitrine, elle fixait le plafond, l’esprit vide. Vide, ou presque. Tellement plein qu’il lui paraissait vide ; les pensées se bousculaient, flottaient, tremblaient, s’entrechoquaient dans un capharnaüm d’idées qui lui donnait presque la nausée. Alors elle attendait, elle attendait qu’enfin toutes ces noires pensées cessent, qu’enfin le sommeil vienne la trouver et l’arracher de tout cela. Non loin d’elle, sur l’un des trois lits qui occupaient le dortoir, une femme ronflait. Chiraz ne la connaissait pas, mais la croisait, souvent. La femme était déjà installée quand Chiraz avait jeté son dévolu sur ce lit, et cela n’eut pas l’air de la déranger outre mesure. Du reste, elle dormait beaucoup, et la blonde ne la croisait jamais en journée. Elle ne se souvenait jamais de son nom, mais il lui semblait qu’elle chassait. Ce qui pouvait expliquer les innombrables heures de sommeil dont elle avait besoin. Chiraz regardait sa silhouette sombre, immobile, à peine secouée par les ronflements, pendant un long instant, pensant peut-être que son corps prendrait exemple sur le sien. Elle tâcha de fermer les yeux, mais rien ne vint. La sérénité qu’elle cherchait ne venait jamais, une fois le Soleil couché, comme si cela faisait resurgir tous ses vieux démons. Elle avait pourtant l’impression que tout allait mieux, ces temps-ci, que son moral s’améliorait, ainsi que son comportement. Elle tâchait de participer activement à la vie du groupe, sans broncher, sans rechigner, sans se cacher, sans s’agacer. Elle faisait, sans y réfléchir outre mesure, ce qu’on attendait d’elle. Une grande première pour la jeune femme, qui faisait rarement ce qu’on lui demandait de faire sans râler intérieurement. Si Chiraz avait toujours eu le sens du collectif et surtout l’indélébile connaissance du fait qu’elle n’était qu’une goutte d’eau dans un océan, et que par conséquent ses besoins individuels passaient bien après ceux du groupe, elle ne s’était jamais habituée à cela. C’était une individualiste, au fond, et une indépendante, en plus de ça. Elle essayait de contrôler ses sales réflexes, désormais. Soudain, un bruit, proche d’elle, vint la sortir de sa torpeur. La jeune femme ouvrit les yeux quasiment instantanément, mais resta immobile dans son lit. Des réflexes de survie qu’elle tenait, sans doute, de sa vie sur l’ancien camp. Elle tourna légèrement la tête et vit une silhouette se diriger vers le troisième lit du dortoir. Chiraz savait que quelqu’un dormait là, parfois. Pas toutes les nuits ; mais parfois, quand elle se réveillait au beau milieu de la nuit, il y avait quelqu’un allongé sur ce lit sans qu’elle l’ait vu arriver et sans qu’elle le voit partir non plus. Il n’était pas là tout le temps, elle non plus ; c’était d’ailleurs la première fois qu’elle le voyait arriver. I lui semblait qu’elle l’aurait reconnu entre mille. Elle l’avait reconnu dès la première nuit où elle l’avait entr’aperçu dans l’obscurité. Chris. Chiraz était persuadée qu’il savait qu’elle était là, que c’était elle qui dormait dans ce lit à seulement quelques mètres du sien, mais il ne voulait probablement pas lui parler. Cela faisait plusieurs semaines que les deux cohabitaient sans que ni l’un ni l’autre ne s’adresse la parole. Drôle de coïncidence, se disait parfois la jeune femme. Mais rien à faire ; elle ne comptait pas lui adresser la parole. Pas d’elle-même, en tout cas. En vérité, elle aurait bien aimé lui reparler. Dans un contexte différent, peut-être, juste pour voir qui était Chris. Toutefois, probablement par fierté, elle ne disait rien. Il lui avait dit de s’en aller, alors elle s’était exécutée, et elle ne comptait pas faire le premier pas vers lui. Alors elle le regarda sans rien dire et, au bout d’un moment, se retourna dans son lit. Le sommeil vint la trouver quelques minutes plus tard.

Le Soleil venait à peine de se lever quand Chiraz sortit du lit et enfila quelques fringues discrètement ; le Soleil atteignait presque son zénith quand elle revint dans le dortoir, les muscles encore plus endoloris, pour chercher quelques affaires. Chris était là quand elle entra, rangeant quelques affaires. Elle ne prit pas la peine de regarder avec précision ce qu’il faisait, d’ailleurs. Elle se contentait de rapides coups d’oeil, presque nerveux, tandis que le jeune homme ne semblait même pas l’avoir remarqué. Chiraz finit par se retourner complètement, faisant face à un Chris qui ne lui prêtait pas une once d’attention. « Alors ? » finit-elle par lâcher, rompant instantanément sa promesse de ne pas faire le premier pas vers lui. Ils s’étaient recroisés à plusieurs reprises sur le camp, mais là encore, il avait choisi de l’ignorer. Ou elle avait choisi de le faire. Elle ignorait qui avait commencé ce jeu. « On va vraiment cohabiter sans s’adresser la parole ? » Chiraz avait dit cela d’un ton très calme. Elle n’attendait pas grand chose de Chris, elle n’attendait ni une réponse positive, ni une réponse négative. Mais elle était néanmoins curieuse de savoir ce qu’il lui répondrait.  

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01/11/2015 Glacy 1058 Brett Dalton murphy (avatar) ancien militaire - maniement des armes - statège 848
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Sujet: Re: let's burn the past, forget the truth // chris
Jeu 10 Aoû - 18:03


Chaque jour se ressemblait et différait. Il y avait des petits détails qui restaient les mêmes mais souvent ce n'était pas le cas.

L'aurore ores et déjà là. Restant une seconde là à reprendre mon souffle avant de finir par me mettre en mouvement. Une nouvelle journée qui s'annonçait chargée alors que je n'étais pas seulement de patrouille pour une fois, mais que je comptais avancer sur la maison. La maison. De grands mots tout de suite et pourtant cet élan de fierté que je ne pouvais que ressentir en y pensant. Je comptais bien arriver à mes fins, comptant bien réussir à redonner vie à d'anciennes ruines. Il y en avait tellement. A vrai dire tout le campement était un amas de ruine. Un campement qui reposait sur les anciennes fondations d'une ville. Une ville qui avait été vite pris d'assaut alors que chaque rue était devenue un nouveau chantier entre nos mains. Tout le monde s'y était mis. Comme le désir d'en faire un nouveau chez-soi pour chacun. Comme si chacun souhaitait avoir son nouveau départ. Ce qui avait été possible alors qu'en mettant chacun la main à la pâte il avait été possible de donner une autre figure à cet endroit qui n'était de base qu'un champ de ruines. La structure principale avait été transformée complètement tant en un lieu de vie, qu'un dortoir. Une réelle cuisine avait pu être aménagée en face du bâtiment principal, permettant de réunir tout le monde en un seul lieu pour manger. Une base militaire avait aussi être pu construite et c'était avec une certaine satisfaction que je m'y rendais tous les jours. De réels locaux existaient désormais. La possibilité d'accéder autant aux entrées du métro où des armes étaient gardées sans arrêt. Dans un sens, certains rôles étaient toujours les mêmes alors que j’étais toujours bel et bien un garde. Et si il était possible de se demander pourquoi il fallait toujours des gardes alors qu’il paraissait si facile d’évoluer, de réaliser de nouvelles activités, il n’en restait pas moins que je tenais encore à ce rôle. Me pliant toujours aux ordres autant que je développais mes aptitudes. Prêt à devenir un bâtisseur apparement alors que j’étais bel et bien déterminé à rebâtir une maison sur d’anciennes ruines. D’autres s’y étais mis aussi. Si j’avais hésité et longuement réfléchi sur la question, je m’y étais aussi mis, suivant le mouvement. Ayant choisi un lieu un peu éloigné du centre du campement. Non pas que mes journée étaient moins chargées alors qu’autant que j’accomplissais mes fonctions, j’en venais en parallèle à déblayer les ruines, les consolidant aussi pour tenter de rendre ce lieu habitable. L’espoir pour de nombreux que dans un an les constructions majeures soient terminées afin de pouvoir vivre là-bas. Un chantier qui ne serait pas toutefois terminé demain et qui me conduisait autant à devoir passer des nuits dans le dortoir de la structure principale.

Un dortoir sommaire avec des lits de camps. Ici il n’y avait pas d’habitations individuelles comme il y avait eu alors que nous étions dans l’espace. Mais le dortoir était protégé alors que des murs solides l’entourés. Dormir là, c’était toujours mieux que de dormir parmi la ferraille. Ne pouvant que me rappeler le dortoir qui existait entre les restes de l’arche. A proportion, il n’était rien. Un dortoir qui ne ressemblait pas non plus aux tentes dans lesquel nous étions nombreux à avoir passer la nuit. Non pas que cela m’avait dérangé alors que de là, il semblait plus facile de voir le ciel. Bien qu’il était certain que je n’en n’avais sans doute jamais été proche que sur l’arche alors que nous étions alors au cœur de l’espace. Mais dans un sens, j’aimais autant cette nouvelle perspective qui s’était offerte à nous alors que de là, sur terre, nous pouvions admirer les étoiles. Amusant de se dire qu’on avait vécu parmi elles un laps de temps. Des souvenirs qui semblaient bien loin à proportion. Alors dormir dans le dortoir me convenait parfaitement. Ce n’était pas comme si j’avais de nombreuses affaires non plus alors que je n’avais pas tardé à échanger mes maigres effets lorsque l’occasion de troquer avec les natifs s’étaient présentés. Prêt à échanger ce jour-ci des objets qui n’avaient pas de valeur sentimentale à mes yeux. Un pendentif qui avait appartenu à une mère dont je n’avais aucun souvenirs. Une montre qui avait appartenu à mon père et avec qui je n’avais pas partagé de réels moments si ce n’était ce lien de sang qui nous unissait. Ayant d’ailleurs pu échanger un livre contre une peau de chamois. Ce qui me semblait avoir été une bonne affaire alors que cette peau de chamois me serait utile pour l’hiver, j’en étais conscient. Des possessions qui me seraient plus utiles que celles que j’avais jusque là possédé. Démuni de biens qui avaient de réels valeurs, cela m’avait semblé plus facile de m’installer dans le dortoir. Non pas que le dortoir révélait d’une certaine importance à mes yeux alors qu’il était juste un endroit où j’allais dormir. Rien de plus, ni de moins. Je n’y passais pas ma vie, ne comptant pas le faire alors que je préférai autant être dehors en mouvement. Un lit de camp sur lequel je m’écroulais le plus souvent épuisé. Des muscles endoloris et pourtant prêt à repartir le lendemain comme chaque jour. Ne m’accordant jamais plus de quelques secondes que je passais en restant là, allongé sur le dos, songeur. Ce qui ne durait jamais longtemps alors que je repartais rapidement. Un dortoir qui contenait peu d’habitants. A vrai dire nous n’étions que trois pour ainsi dire. Il y avait une femme à la chevelure rousse flamboyante qui se prénommait Emma, et qui je savais donner un coup de main en cuisine ou pour chasser. Une jeune femme au regard flamboyant tout autant que sa chevelure qui semblait préférer autant que moi passer sa vie dehors qu’à l’intérieur du dortoir. Il y avait aussi une autre femme, celle-ci avec un visage connu alors que je l’avais reconnu à l’instant où elle avait jeté son dévolu sur un lit de camp. Chiraz.

Chiraz à qui je n’avais pourtant pas adressé un regard en particulier. Je savais qu’elle était là. Bien entendu que je le savais alors qu’il paraissait plus que difficile désormais de la manquer depuis que je l’avais remarqué. Non pas que je me demandais toujours pourquoi je ne l’avais pas repérée plutôt. Et il semblait vraiment difficile de ne plus la remarquer alors qu’elle ressemblait définitivement à Ailina. Pour autant, je l’avais laissé filer. Ne m’arrêtant pas particulièrement pour lui adresser un mot. Elle n’avait pas semblé vouloir m’adresser la parole et je n’avais pas fait un premier pas vers elle non plus comme si j’avais jugé que ce n’était pas nécessaire. Non pas que je l’avais oublié mais j’avais juste recalé notre discussion en arrière-plan dans mon esprit, fermant la clef derrière la porte. D’autres faits à me préoccuper comme la construction de cette maison, mais au-delà de cela il y avait autant le sujet du rébellion et d’autres sujets qui tournaient en boucle dans mon esprit. Toujours à se remettre en question alors que certains mots restaient gravés. Pouvant me rappeler chaque détail de notre réunion au sein du bunker, dans les bois, entre membres rebelles. Pour ainsi dire cette réunion avait été un véritable fiasco. Un fiasco que je ne m’étais pas attendu à ce qu’il ait lieu. Mais il y avait lieu. Des mots durs qui avaient été dits. Des secrets qui avaient été dévoilés. Des lignes qui avaient été franchies. Des fossés qui s’étaient agrandis. L’impression de faire un pas pour en reculer de trois. Non pas que mes oreilles étaient restées fermées alors que je continuais de me jouer chaque dialogue en tête. La tentative de s’améliorer ou de sortir ce qu’il y avait le meilleur de ces discussions. Autant dire que nous avons encore des progrès à faire. Poussant un soupir avant de me mettre finalement en mouvement. J’étais autant conscient que cela ne servait à rien que je continue de ruminer encore et encore sur ce sujet. Autant avancer. Je finirai bien par trouver un moyen. Mais en attendant, il y avait encore à faire.

Apercevant du coin du regard la silhouette de dos de Chiraz qui s’éloignait, ses cheveux blonds qui retombaient dans son dos. Mon regard qui s’attardait sur sa silhouette l’espace de quelques secondes avant que je me mette tout autant en mouvement après avoir jeté un coup d’œil tout aussi au lit de notre voisine qui continuait de dormir à côté. Son sommeil qui semblait ne pas pouvoir être troublé alors que rien ne semblait pouvait la déranger quand elle dormait ni une explosion, ni le bruit de voix. Dormant profondément visiblement alors que ses cheveux roux retombaient devant ses yeux, cachant son visage, sa fine couverture en partie remontée sur sa tête. Ne restant pour autant pas là alors que je me changais rapidement non sans plier mes affaires au carré . Une tenue aux couleurs obscures non pas que mes tenues différaient les unes beaucoup des autres. Non pas que j’y portais beaucoup d’importance comme toujours, c’était même loin de là. Me tournant ensuite vers le lit de camp alors que je pliais la fine couverture aux carrés. Par certains moments, ma nature de soldat ne pouvait que ressortir. Un gène que m’avait sans doute transmis mon père là encore même s’il avait toujours voulu que ce soit autrement. Dommage pour lui alors qu’autant que j’avais transgressé les règles, je n’en n’étais que venu à suivre ses pas. Et s’il avait sans doute eu un élan dérisoire de me protéger, il n’en restait pas moins que cet élan n’en n’était que venu à s’effriter en morceaux. Chassant ses pensées de mon esprit alors que mon regard se posait sur les maigres possessions que j’avais. Et ce fut avec un sentiment de satisfaction que j’en venais à pivoter pour me diriger hors du dortoir que pour faire face à Chiraz. Chiraz qui semblait avoir eu autant conscience de moi de la présence de l’autre dans le dortoir bien qu’aucun de nous deux n’y avait réellement prêté attention. Non pas que je pouvais réellement lui repprocher de ne pas avoir fait le premier pas alors que notre conversation s’était soldé par moi lui ordonnant de partir et de retourner au campement.

« Alors ? » Je levai un sourcil sans prononcer un mot toutefois. Comme si je ne voulais pas lui faciliter la tâche, non pas que je comptais jouer à un jeu particulier en ce moment. Semblant juste attendre la suite, ce que je faisais à vrai dire alors que j’attendais qu’elle termine plus ou moins sa phrase ou sa question. Ce que je me doutais qu’elle n’en viendrait qu’à faire. « On va vraiment cohabiter sans s’adresser la parole ? » Oh. Ne pouvant m’empêcher d’esquisser un sourire moqueur alors que je ne tardais pas moins à lui répondre comme s’il ne s’était jamais rien passé. « Donc je t’ai manqué. Non pas que j’en attendais moins. » M’amusant déjà légèrement sans pouvoir m’empêcher, comme pour tenter une nouvelle fois de la faire sortir de ces sentiers signalisés qu’elle semblait toujours vouloir être prête à emprunter. « Mais tu sais techniquement on ne cohabite pas réellement. Pour cela il faudrait qu’on se côtoie 24h sur 24, ce qui n’est qui n’est pas le cas. Après tout ce dortoir ne nous sert qu’à dormir, donc il n’y a pas réellement d’utilité à user le terme de cohabitation, ne penses-tu pas ?  » Curieux d’entendre sa réponse. Continuant pas moins sans réellement lui laisser le temps de répondre alors que je répondais finalement à la question qu’elle m’avait posée. « Et puis ce n’était pas comme si je n’avais pas voulu t’adresser la parole, je n’ai juste pas trouvé de raison de le faire. » Ce qui n’était sans doute pas entièrement vrai, alors qu’il était toujours facile de trouver une raison pour adresser la parole à quelqu’un ou presque. Et ce n’était pas comme si je ne l’avais pas croisé sur le campement ou dans le dortoir au cours des semaines qui avaient précédées. Non pas que je n’avais réellement tenté de l’ignorer alors que le temps semblait juste avoir filé. Juste deux navires qui se croisaient dans la brume sans se voir. Ce qui avait changé toutefois aujourd’hui alors qu’elle m’avait adressée la parole. Et il fallait avouer que j’étais légèrement curieux de voir comment cette conversation se terminerait.
 

let's burn the past, forget the truth // chris

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