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˜˜˜˜˜˜Our hopeless opus (Alysha)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna Nuna Cortez 36123 Sophia Bush Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1215


Sujet: Our hopeless opus (Alysha)
Sam 5 Aoû - 22:34

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❝ Our hopeless opus. ❞
Murphy Cavendish & Alysha Jovayuj
(05 août 2117)


L'installation sur leur nouveau village continuait sous une chaleur écrasante. Les pierres des ruines dont Murphy espérait qu'elles deviendraient un jour sa maison retenaient la chaleur en journée et les nuits en devenaient à peine reposantes. Le froid de l'hiver dont elle s'était tant plaint quelques mois auparavant lui manquait atrocement. Le seul point positif qu'elle trouvait à cet enfer brûlant était la possibilité qu'il lui donnait de dormir dans son semblant de maison. Lorsque les températures chuteraient à nouveau, il lui faudrait retrouver le chemin des dortoirs et composer avec les ronflements de personnes qu'elle connaissait à peine et les horaires disparates de tout un chacun. Elle y avait pris goût, à cette indépendance nouvelle. Le confort n'était pas toujours de la partie; elle avait aménagé une couche qui lui suffisait, et, en cherchant le sommeil, elle savourait les ciels encrés de l'été et la multitude d'étoiles qui y brillaient. Pour l'instant, c'était tout ce dont elle pouvait avoir besoin. Avec ce village venait la sensation d'enfin retrouver un foyer. Les habitudes lui étaient vite venues, probablement parce qu'elle avait activement participé au nettoyage et à la reconstruction de la zone avant que tous ne viennent s'y installer, mais aussi et peut-être surtout parce qu'elle savait qu'enfin, ils construisaient quelque chose. Pas pour survivre, par pour se débrouiller, mais pour vivre pour de bon. Au fil des mois, sa vie semblait se greffer à celle de cette Terre. Enfin, un avenir semblait se dessiner devant eux. Enfin, ils prenaient les problèmes à bras le corps. Enfin, il lui semblait que son but prenait doucement forme sous ses yeux, qu'elle pouvait presque le toucher, qu'il devenait atteignable. Elle avait encore beaucoup à apprendre, comme eux tous, mais elle n'était plus ignorante de tout. Elle n'avait probablement jamais autant grandi que cette dernière année, mais Murphy se sentait pour la toute première fois capable de grandes choses. Ses espoirs, annihilés par la disparition de Faustine, semblaient enfin renaître de leurs cendres. C'était peut-être là le fruit d'une multitude de petites ou moins petites choses, mais elle en gardait une secrète, comme si la dévoiler pourrait la mettre en danger. C'était son âme entière qui se trouvait revivifiée, comme une étoile qui enfin éclatait de toute sa lumière lorsque ses atomes se rencontraient pour faire naître un tout nouvel univers en son cœur.

Les patrouilles, même, semblaient se parer d'un nouveau charme. Antarès gambadait autour d'elle, un peu plus loin, passait parfois hors de sa vue. Lui aussi semblait assommé par la chaleur de ce milieu de journée, mais il ne perdait jamais de son endurance. Murphy essuyait sa sueur de revers de main agacés à mesure qu'elle s'enfonçait dans la forêt mais elle n'oubliait pas le but des patrouilles pour autant. Malgré l'adaptation dont elle avait fait preuve jusque-là, elle ne connaissait pas les environs des ruines comme elle avait pu connaître ceux de leur ancien campement, qu'elle aurait presque pu explorer les yeux fermés. Elle restait alerte et vigilante, s'attendant presque à chaque instant à voir débouler un animal enragé ou un Terrien aux intentions douteuses. Elle devait être capable de parer à n'importe quelle éventualité, et la main qu'elle gardait serrée autour de son arc pouvait témoigner de la méfiance dont elle faisait encore preuve dans cette forêt qui ne semblait plus rien avoir à voir avec celle qu'elle avait fréquentée tout ce temps. C'était un nouveau de terrain de jeu pour Antarès, mais de nouvelles raisons pour elles de rester aux aguets. Elle n'avait pas peur des Terriens autant qu'elle avait peur des rencontres animales qu'elle pouvait faire en pleine nature. Les Hommes pouvaient être raisonnés, et si ce n'était pas le cas, elle avait été entraînée toute sa vie pour parer à leurs gestes les moins réfléchis. Qui plus est, son expérience tendait à lui montrer qu'ils n'étaient pas le réel ennemi ici. Elle avait rencontré des Terriens méfiants, sceptiques, bienveillants, en proie au doute ou sujets à la violence, mais jamais elle ne s'était sentie menacée par l'un d'eux comme ça avait pu être le cas lorsqu'elle avait été coursée par un ours quelques mois plus tôt ou qu'elle s'était retrouvée à découvert sous une de ces pluies acides qui pouvaient parfois tomber sur la forêt.

Murphy entendit finalement son chien grogner et japper à ce qu'elle devinait être quelques dizaines de mètres de là. Avec un peu de chance, il lui ramènerait un lapin qu'elle offrirait avec fierté à Cassandre -et avec encore plus de chance, elle échapperait à la corvée de dépeçage ce jour-là. Mais à dire vrai, ce n'était présentement pas ce qui lui pesait le plus. Les neiges gelées de l'hiver lui manquaient et elle se promit de les apprécier à leur juste valeur lorsqu'elles reviendraient dans quelques mois. La chaleur était accablante et même si elle avait tout fait pour découvrir sa peau et lui offrir quelques libertés, elle avait l'impression que chaque pas l'alourdissait un peu plus. Même sous la protection de la densité végétale que lui offrait la forêt, l'été laissait sa fournaise envelopper chaque parcelle de terre et chaque volume d'air. Elle avait attaché ses cheveux sur le sommet de son crâne mais sentait la sueur glisser dans sa nuque. Sa main était moite autour du manche de son arc et elle essayait de la déplacer sur le bois régulièrement pour s'offrir l'illusion d'une fraîcheur nouvelle. Elle s'accrochait à son rôle de patrouilleuse pourtant, restait déterminée à ne laisser passer aucun détail susceptible d'attirer son attention. Elle était de patrouille au sud du village, ce jour-là, et avait croisé un collègue qui était responsable du même territoire. Ce ne serait que lorsque le soleil descendrait dans le ciel qu'elle pourrait emprunter le chemin du retour et chercher l'abri de sa maison de pierre sans être capable, elle le savait d'avance, d'avancer un temps soit peu les travaux. L'étuve dans laquelle l'été les avait plongés avait la fâcheuse tendance à la faire chercher fraîcheur, calme et inertie. En attendant, elle faisait avec, parce que le reste du monde n'arrêtait pas de tourner et qu'elle ne devait pas baisser sa vigilance, encore moins en patrouille, encore moins maintenant qu'ils foulaient un nouveau sol dont ils ne connaissaient certainement pas encore tous les pièges. Elle guettait sur sa gauche, là où était parti Antarès, se demandant si elle allait le voir revenir avec une proie déchiquetée ou s'il était occupé à courser un danger qu'elle n'aurait pas remarqué. Elle avait toujours le doute, Murphy, même si les statistiques tendaient plutôt à lui prouver qu'il était plus souvent guidé par ses instincts de chasseur. Ce n'est qu'en entendant un craquement sourd de bois desséché qu'elle se tourna brusquement du côté opposé. Un visage émergea de derrière les arbres et elle resta coite quelques instants. « Alysha... » murmura-t-elle comme pour avoir quelque chose à dire. Ce n'était pas tant la présence d'un Terrien aux environs du campement qui la chamboulait, c'était qu'il s'agisse de la jolie brune. Elle avait presque nié leurs rencontres, les avait refoulées jusqu'à ce qu'elles semblent appartenir à une autre vie. Car Alysha personnifiait maintenant le plus grand duel qui se tenait dans son esprit, celui qui n'attendait qu'une réponse : le lâcher prise. Cette rencontre sous le soleil accablant était une piqûre de rappel, une chute violente qui marquait son retour dans les questions auxquelles elle semblait incapable de donner des réponses définitives. « Qu'est-ce que... tu fais là ? »

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Sujet: Re: Our hopeless opus (Alysha)
Lun 27 Nov - 22:49

Our hopeless opus.
Murphy & Alysha

Mes pas se font lourds et lents. Je suis concentrée sans l'être vraiment. Forcée par l'habitude, je fais attention à ne pas faire trop de bruit et à écouter. Toujours écouter. Et j'en finis pas écouter mes pensées. Je commence à perdre patience. Pas maintenant. Là, alors que j'écarte une énième branche. Non, je perds patience un peu plus chaque jour. J'ai beau toujours sentir le grondement de la rage au fond de mon cœur, j'en deviens lasse. Je me raccroche à des moments de colère passagers pour nourrir cette rage profonde que je ne veux pas voir mourir. Cela en devient ridicule, à tel point que je ne sais plus si je chasse l'animal ou mon père aujourd'hui. Les deux, sans doute. J'essaye de me focaliser sur les animaux mais je n'espère rien d'autre que de le voir apparaître derrière un tronc d'arbre. Je l'imagine comme il nous a quitté. Dans mon esprit, il n'a pas vieillit. Mais son sourire bienveillant s'est transformé en une grimace de mépris. Je soupire en essuyant la sueur dans mon dos, celle que je déteste le plus, avec un bout de tissu. Au moins, si je ne me sens pas légère d'esprit, je me sens légère de corps. L'été a ce don d'alléger tout le monde. Les membres se dénudent et je n'en fait pas exception. Dès les premières chaleurs, mon haut s'est drastiquement raccourci. Il n'en reste plus, aujourd'hui, que deux bretelles et un tissu suffisant pour cacher et soutenir un minimum ma poitrine. Quant aux jambes, elles sont entièrement à l'air libre grâce à mon short favori, petit mais assez solide pour porter mes dagues. Le seul poids sur mes épaules reste ma besace dont je ne peux pas me séparer. J'avance plus lentement que d'habitude, comme à chaque fois que les températures montent. Inutile de se fatiguer pour l'instant. Lorsqu'il faudra courir, parce qu'il faut toujours courir, je serai bien contente d'avoir gardé mes forces.

Je me demande si on sent encore sur mon corps les effluves du parfum de Hyacinthe ou si j'empeste à nouveau. J'ai fait de mon mieux pour l'économiser mais il n'en reste quasiment plus. Une fois que les dernières gouttes tomberont, j'aurai encore l'impression de perdre quelqu'un. C'est sans doute ce que je crains le plus, tellement plus que de gêner les narines de mes interlocuteurs. J'essaye de chasser ces pensées avant de virer au mélodrame. Il faut que je me reconcentre. Je ne rapporterai jamais rien au camp si je ne fais que réfléchir à ce à quoi je ne veux pas penser. Je commence à calmer ma respiration. Je m'agenouille près d'une racine un moment. Attentive au moindre bruissement. Soudain, j'entends un choc au loin. Je ne l'identifie pas immédiatement. Il n'est pas très puissant. Il est suivi par d'autres bruits que je ne perçois pas assez clairement pour mettre des mots dessus. Tout ce que je comprends, c'est qu'il y a de la vie par là-bas. Je me mets en route sans me poser plus de questions. Je réalise rapidement que je me dirige vers les ruines d'antan. Plus je me rapproche et plus j'entends bien qu'il n'y a pas qu'une vie dans ce coin. Il y en a des dizaines. Peut-être des centaines. Un camp. Un camp aux ruines ? Aurais-je manqué une information capitale ? J'essaye de me souvenir de conversations entendues de ci de là mais rien ne me vient. Je pensais pourtant avoir fait des efforts pour sociabiliser. Peut-être pas assez. Je m'arrête derrière un tronc d'arbre couché. J'essaye d'identifier les voix lointaines mais je perçois difficilement des paroles. Le camp en lui-même est bien trop éloigné. Mais certains sont de sortie et naviguent dans la forêt comme s'ils étaient déjà chez eux. Je me force à me dire qu'ils le sont, chez eux, alors qu'ils seraient bien mieux dans les airs à mon goût. Quelques secondes plus tard, j'entends bien plus distinctement les grognements d'un mammifère. Puis ses aboiements. Foutu clébard. Je jette un coup d'oeil autour de moi et je décide me glisser derrière les branches de l'arbre tombé. Juste histoire de changer de position et de ne pas me faire voir tout de suite. Je ne me fatiguerai pas à grimper en hauteur pour un chien. Chien qui passe à cinq mètres de moi sans s'arrêter un instant, certain de rencontrer sa proie sur son chemin. Je n'ai pas le temps de me dire que le chien me semble familier que, déjà, je vois une tête que je reconnais immédiatement. J'hésite entre rebrousser chemin et me montrer. Je ne suis pas certaine d'avoir envie de lui faire face aujourd'hui. Et, en même temps, je suis bien trop curieuse d'en savoir plus sur elle pour laisser passer cette chance. Alors je me relève sans faire aucun effort pour être silencieuse. Je passe les arbres qui nous séparent en quelques pas à peine. Mon nom effleure ses lèvres. Je sens qu'elle est tout aussi heureuse que moi de cette rencontre. « Murphy. » Sa présence ici veut dire que ce sont les siens qui prennent possession des bois. Et si cela avait été quelqu'un d'autre, n'importe qui d'autre plutôt qu'elle, je leur aurait probablement fait comprendre mes premières impressions. Mais c'est elle. Alors je me contiens. Un minimum. « Je chasse. » Mon sourire en coin appuie le fait que je n'indique pas ce que je chasse. Sans qu'elle n'en soit la fautive, elle est celle qui m'a fait remettre en question l'utilité de ma recherche désespérée d'un paternel absent. Pour autant, je ne me sens pas prête à abandonner. Au fond, j'ai encore l'impression que c'est la seule chose qui me fasse avancer. Et pourtant je regarde la jeune fille tombée du ciel et nos conversations embrumées n'essayent plus de se cacher. Elles ont mis des points d'interrogation là où je ne voulais que des points d'exclamation. Je n'ai pas su réagir alors et cela n'a pas changé. « Vous bougez ? » Je fais un signe en direction des ruines, espérant qu'elle comprenne que je lui demande s'ils s'installent ici définitivement. Je n'arrive même pas à m'énerver. Je veux me convaincre que c'est la chaleur qui m'engourdie, qui endors mes convictions. Sauf que je crois bien que je suis en train de capituler. Sur ce point-là au moins. Juste sur ce point-là. Tant qu'ils se tiennent bien. Tant qu'il fait trop chaud pour qu'ils vaillent la peine d'user mon énergie. D'ailleurs, je l'observe et je vois bien qu'elle aussi, elle a chaud. Je me demande s'ils pouvaient avoir aussi chaud quand ils étaient aux côtés des étoiles. « La chaleur, ça va ? » Cela m'exaspère de ne pas arriver à dire exactement ce que je pense mais je me rassure en me disant que ça peut être aussi un test. Arrivera-t-elle à me décrypter ? Arriverais-je à la décrypter ?




©️ Gasmask

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Sujet: Re: Our hopeless opus (Alysha)
Mar 28 Nov - 1:32

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❝ Our hopeless opus. ❞
Murphy Cavendish & Alysha Jovayuj
(05 août 2117)


Oh, que l'hiver lui manquait. Les couches épaisses de vêtements, la neige qui gelait les doigts, l'air qui paralysait les articulations, le vent qui fouettait la peau qui lui était offerte. Elle préférait mille fois l'hiver à cette fournaise irrespirable. Elle s'inquiétait pour Antarès, aussi, lui qui pourtant et contrairement à elle était né sur cette planète. La régularité des températures de l'Odyssée lui manquait, et puis la rigueur avec laquelle chaque paramètre était maîtrisé, aussi. Elle ne retrouverait probablement jamais ce confort-là et le regrettait particulièrement lorsqu'elle pouvait sentir chaque molécule d'eau fuir son pauvre corps agonisant de chaleur. Même en suivant Antarès, elle se sentait ralentie par un poids qu'elle ne s'était jamais deviné. Chacun d'eux lui coûtait un peu plus d'eau encore et ce n'était probablement qu'une question de minutes avant qu'elle ne crève de soif à nouveau. Il n'y avait guère qu'en trouvant le réconfort d'une rivière fraîche qu'elle se sentait apaisée. Les nuits, même elles, gardaient toute la lourdeur des journées et dormir relevait d'un nouveau défi qui lui semblait chaque soir un peu plus difficile encore à relever. Les pierres de sa maison emmagasinaient moins de chaleur que le métal de leur vieille Odyssée restée au cœur de la forêt, dans le sud, mais rien ne pouvait les isoler suffisamment de cet air surchargé. Elle n'arrivait même plus à essuyer les gouttelettes qui perlaient sur son visage ou dans sa nuque. Ses mains étaient aussi moites que tout le reste du corps et elle se satisfaisait de la solitude de l'instant pour oublier ces convenances-là. Antarès, par un miracle qui lui restait bien trop obscur, n'avait pas perdu de son entrain un seul instant. Rien que de l'imaginer ramener un animal qui finirait dans leurs assiettes lui donna un haut le cœur. La nourriture, même, la dégoûtait. Elle voulait juste boire et boire encore, s'abandonner quelques instants à la fraîcheur d'une rivière salutaire.

Mais tout le désagréable de cette chaleur harassante ne fût bientôt plus son premier problème. Malgré lui, Antarès l'avait menée à une figure qu'elle avait espérée ne jamais revoir. Elle murmura son nom dans un réflexe destiné à lui donner un peu d'assurance mais en réalité, elle aurait préféré halluciner. La jeune femme semblait subir autant la chaleur qu'elle et sa peau mat était dévoilée au soleil et à la vue. Elle ne rougissait sans doute pas aussi facilement que Murphy, elle. La patrouilleuse resta de marbre lorsqu'Alysha prononça son prénom en écho au sien et pendant quelques secondes, Murphy se demanda s'il ne serait pas plus simple qu'elles en restent simplement là, qu'elles se saluent poliment et se tournent le dos pour reprendre leurs vies respectives là où elles les avaient laissées. Mais pour une raison qui lui demeurait inconnue, elle restait plantée là, face à la mystérieuse Terrienne, sans savoir si elle attendait quelque chose du monde ou si elle espérait le claquer de quelques mots bien trouvés. Les bribes de souvenirs accompagnaient le visage d'Alysha et lui revenait celui de Faust, et puis de Tamara, aussi, de cette presque-tombe qu'elles avaient bricolées juste pour l'esprit abîmé de ceux qui avaient besoin de se recueillir. Arrêter de courir après les fantasmes de retrouvailles qui s'apparentaient à des mirages plus qu'à des réalités, voilà la conclusion qui lui revenait en plein visage lorsqu'elle détaillait celui de la brune. « Antarès, ici ! » L'appel était sec et vif. « Antarès aussi » répondit-elle calmement et sans la quitter du regard. Elle ne savait pas comment se comporter face à elle. La méfiance n'était plus vraiment de mise, mais elle n'avait pas laissé place à son opposé pour autant. La confiance se gagnait avec l'expérience, pas avec les longues discussions graves et les conclusions douloureuses. Ce qu'Alysha avait pu gagner, c'était son respect. Son admiration, peut-être aussi, mais pas sa confiance. Le regard perçant que la Terrienne posait sur elle témoignait de tout le mal qu'elle devait encore penser d'elle. « On s'est installés au printemps, oui. » La réponse était simple et brève. Elle s'en tenait aux faits parce qu'elle ne savait pas quoi faire de plus, ou parce qu'elle ne voulait pas en faire plus. Elle avait laissé la jeune femme apercevoir plus que trop de ses proches, et cette simple idée lui donnait envie de disparaître sous terre. Elle n'aurait jamais dû réapparaître. Ce malaise était supposé appartenir au passé et se restreindre à leurs souvenirs respectifs. Elles auraient dû se contenter de se demander pendant des années si cette étrange conversation avait bien eu lieu ou si c'était juste une part de leur subconscient qui avait volé au secours de leur conscience pendant un moment d'égarement offert par une quelconque substance toxique dont ce monde regorgeait. Alors Murphy ne pouvait pas exclure cette possibilité : peut-être que son corps et son esprit avaient fini par abdiquer face à l'adversaire imbattable que représentait la chaleur asphyxiante, ou peut-être qu'elle avait vraiment été trop stupide pour parler avec une inconnue de la détermination malsaine de la recherche insatiable.

Ses prunelles mordorées ne la quittaient pas. Elle passa une main lassée dans sa nuque trempée de sueur et posa une extrémité de son arc à terre pour aérer la paume de sa main moite. « Au moins autant que toi », se contenta-t-elle de répondre en détaillant la tenue minimaliste de la Terrienne, qui savait sans doute bien mieux qu'elle comment affronter un tel climat. Elle, elle était complètement poisseuse, se raccrochait à l'idée d'une baignade un peu plus tard. « Qu'est-ce que tu fais là ? T'as des affaires dans le coin ? » Un sourcil s'était arqué sous la curiosité et la préoccupation. C'était un nouveau terrain qu'ils devaient tous apprivoiser, mais que les habitués devaient ré-apprivoiser à nouveau et comme s'ils le découvraient seulement. Elle le savait, ils volaient une part de terrain à ce monde, à leur tour, et ça attiserait sans aucun doute quelques contestations. Elle espérait encore que le Conseil s'était assuré d'éviter ce genre d'embarras mais les instructions d'Isdès ne l'avaient jamais quitté. Elle faisait attention à l'est et au nord, mais surtout à ce terrain nouveau, qu'ils avaient beau avoir fouillé et nettoyé, leur était encore partiellement inconnu. Quelles pouvaient être les allées et venues ici au cours d'une année ? Pour répondre à la provocation de la brune et avec un sourire taquin, elle tapota d'une main les muscles de son abdomen. « Me dis pas que le gibier est plus intéressant ici. La viande est sèche et fade. » Son tee-shirt resta collé à sa sueur et elle soupira d'agacement en le détachant de sa peau. « Non, mais la chaleur ça va, hein. Tu vas finir par marcher dans une flaque de Murphy et c'est tout ce qui restera de moi. » Elle ironisa dans un rire rauque mais exaspéré et ne trouva qu'une solution pour épargner Alysha d'une autre tentative d'humour. « Major ! Qu'est-ce que tu fous !? » Le cri indigné s'éleva entre les arbres alors que ses iris quittaient enfin la silhouette de la jeune femme pour chercher celle de son compagnon à quatre pattes.

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Sujet: Re: Our hopeless opus (Alysha)
Dim 21 Jan - 18:38

RP archivé suite au départ d'Alysha

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Our hopeless opus (Alysha)

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