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˜˜˜˜˜˜Who are you ? [Nashi]
maybe life should be about more than just surviving


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28/02/2016 Glacy 725 Jessica Parker Kennedy bazzart esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée 52
† Game of survival †


Sujet: Who are you ? [Nashi]
Ven 28 Juil - 11:28


Mon regard qui glissait à travers le miroir qui reflétait mon image. Mon visage renvoyé. Rien de beau à voir. Des ecchymoses couvraient ma peau et la peau autour de mon oeil avait pris la couleur d'un coquard. Passant mon doigt sur ma peau marquée à vif, réprimant une grimace. Abaissant mes doigts avant de reporter mon regard sur le reflet renvoyé par la glace. Je pouvais sentir dans tous mes muscles les douleurs répercutées. Je me rappelais de chacun de ses gestes, à lui. Je me rappelais à chaque instant de ce qu'il avait fait, de chaque coup. La bête se dévoilant de nouveau. Il n'avait pas réussi à la tenir sous contrôle bien longtemps. Et peut être était-ce que c'était en partie ma faute alors que j'avais été trop loin. Je ne pouvais pas dénier que je ne l'avais pas cherché un peu. Je ne pouvais pas dénier que je n'avais pas joué avec les flammes comme à chaque autre fois, mais il était certain que je n'avais pas imaginé que mes actions auraient un tel impact. Non pas que c'était la première fois que je finissais dans cet état quoique cette fois-ci la sentence avait été plus violente. Ne pouvant m'en plaindre, ne pouvant le reporter alors que je n'avais aucun droit, alors qu'il était le maître. Pouvant me rappeler tout autant des clients qui étaient un peu trop violents au bordel, mais là-bas, j'avais toujours eu le contrôle. Ici, ce n'était pas le cas. Reprenant mon souffle.

Il fallait que je sorte d'ici. Et déjà des images du passé qui traversaient mon esprit. Des images que trop violentes, que trop sombres qui revenaient tôt ou tard me hanter. Des silhouettes du passé qui dansaient dans mon esprit alors que mes doigts se posaient sur la surface froide. Un bref retour à la réalité. La tentative de trouver un point de contact, d'ancrage. Reprenant mon souffle. Allez Ezra, bouge de là. Tentative de m'intimider de sortir de là, d'oublier le passé. Tentative d'oublier les démons du passé qui ne m'aidait en rien à avancer. M'ordonnant de bouger, de me remuer ou de remuer mon corps. Il ne servait à rien que je m’apitoie sur mon sort. Demain serait un jour meilleur, du moins je l'espérai. Ainsi était fait notre vie. Nous prenons des coups et tentons de nous relever en silence. On ne pouvait rien attendre de mieux, et je savais qu'il ne servait à rien d'attendre plus. Bien entendu, on pouvait rêver d'une vie meilleure mais que trop souvent les uns et autres disparaissaient, comme Erika. Je ne savais rien, je n'avais plus de nouvelles. Peut être avait-elle réussi à s'enfuir, peut-être était-elle morte. Je n'en savais rien. Mais cet arrière-goût d'amertume était toujours là à chaque instant que je pensais à elle. D'autres esclaves étaient quant à eux affranchis. Un espoir pour certains que je n'avais pas. Je doutais être affranchi un jour. Estimant bien plus que le seul moyen de m'en sortir serait de fuir la cité. Ce que j'avais déjà tenté de faire, et j'avais échoué. Autant consciente que si je tentais de fuir, il se lancerait à ma poursuite.

Une raison de plus pour m'éloigner de là alors que je ne comptais pas m'enfermer dans un cercle vicieux. Fuir de là était un plan que je comptais mijoter encore, ne comptant pas rester juste à cause de la peur. Mais pour le moment, j'avais besoin de m'échapper littéralement autant que s'il le découvrait, les répercutions seront aussi là. Ce qui ne comptait pas à cet instant face à cet instinct frénétique qui me poussait à m'éloigner d'ici. Sortant furtivement de sa demeure avant de m'éloigner dans les ruelles non sans avoir caché une partie de mon visage grâce à mes cheveux. Marchant sans réel but si ce n'était que je n'en venais qu'à raser les murs pour que personne ne remarque. Ce qui marchait le bien plus souvent alors que mieux valait se faire discret dans les ruelles de la cité. Poussant une porte alors que mes pas m'avaient conduit au dernier lieu où j'habitais. Un lieu bien particulier alors que je me retrouvais au sein du bordel. Un bordel où j'avais passé plusieurs années de ma vie.

Reprenant mon souffle, soudain replongé dans cette atmosphère que trop particulière. Les bruits environnants. Les éclats de passion. Les caresses en coin. Mon regard qui passait sur les silhouettes qui se trouvaient là. Des silhouettes pour certaines familières. D'anciens clients, d'anciennes collègues. De nouvelles têtes aussi. M'avançant un peu plus non sans jeter un coup d'oeil à l'escalier qui conduisait vers l'étage supérieur et les différentes chambres. Une soudaine caresse contre ma peau. Des mains qui se posaient sur mes fesses. Un baiser dans un cou alors que je me retournais subitement pour découvrir un ancien client. Amar. « Aaah ma préférée. De retour dans le jeu ? » Son haleine chargée d'alcool. Ses lèvres qui s'écrasaient contre les miennes avant qu'il n'attrape ma main sans me laisser le temps de réagir. M'entraînant derrière lui avant de me faire m'asseoir sur ses genoux comme si j'étais une poupée de chiffon. Posant ma main sur son torse alors que je le regardai, dévoilant mon visage tuméfié. « Je ne suis pas là pour cela Amar, et je ne suis plus cette fille. » Non je ne l'étais plus, sans pour autant que je comprenne pourquoi j'étais venue ici.

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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Sam 26 Aoû - 0:20


Who are you ?
feat. Ezra Aerys & Avinashi Ijaya


Trois coups. Secs et pourtant timides, ce n’est pas le martèlement qu’elle peut avoir entendu quand quelque chose ne va pas et qu’il faut qu’elle, la patronne, se déplace pour venir constater les dégâts ou protéger ses filles d’une manière ou d’une autre. Non, ces coups semblent un rien retenus, l’hésitation du poing peut presque se ressentir à travers la lourde porte de bois qui l’enferme dans son bureau. Son appartement, son antre. Cet endroit où bien peu de vivants ont pu y mettre un pied. Elle sait donc parfaitement qui est de l’autre côté de la porte, refermant son livre de comptes, elle quitte sa place et ses pas la guide vers la porte, ses doigts se refermant sur la clé qui tourne doucement dans la serrure. Ouvrant la porte de quelques centimètres, son intuition est confirmée en découvrant le visage d’une femme de son âge, d’un regard elle l’interroge sur la raison de ce dérangement. "Je ne voulais pas te déranger mais je pense que tu m’en aurais voulu si je ne l’avais pas fait …" Elle est la seule de ses employées à la tutoyer, mais cela uniquement lorsqu’elles sont seules. Les deux femmes se connaissent de longues dates, arrivées au bordel au même âge, à quelques mois d’intervalle, tour à tour rivales, concurrentes, amies, confidentes elle est l’une des seule qu’Avinashi a souhaité gardé à son service lorsqu’elle a fait racheter l’établissement par son cher mari. L’une des rares sur qui elle puisse compter en toute situation, elle est celle qui veille à sa place lorsqu’elle reste loin du bordel, lorsqu’elle s’occupe de ses affaires privées ou souhaite passer du temps avec sa fille, ou se montrer au chevet de son époux.

S’écartant un peu, la maquerelle ouvre la porte et laisse entrer la prostituée avant de la refermer derrière elles. Sans un mot l’esclave se dirige vers la fenêtre qui donne vers le patio à l’étage inférieur, où clients et catins se mêlent. La rejoignant, Nashi suit la direction qu’indique l’index de son employée, à travers le moucharabieh, lorgnant sur la silhouette féminine qui déambulait dans la cour. Ne la quittant pas des yeux, scrutant ses moindres gestes afin d'apercevoir son visage, la prostituée répondait à la question qu'elle n'avait pas encore formulée de manière intelligible. "C'est bien Ezra, j'ai pu apercevoir son visage … ce n'est pas beau à voir, c'est pour ça que je suis venue te voir tout de suite." Posant sa main sur l'avant-bras de son employée, un geste familier que jamais elle ne se permettrait aux yeux des autres filles. Elle les traites toutes de la même manière, même si elle est différente, elle était là à l'époque, elles ont travaillé ensemble, elle lui a sauver la mise plus d'une fois. Elle lui avait même éviter le pire. Malgré elle, elle avait sa favorite. "Tu as bien fait, je vais aller la voir, pendant que je t'ai sous la main, on va nous amener une nouvelle fille d'ici une heure ou deux, je te laisse t'en occuper, l'accueil, la toilette et lui montrer la chambre qu'elle partagera avec les deux autres filles. Je la verrai dans la soirée, veille sur elle qu'aucun client ne pose la main sur elle avant que je l'aie vue."

La catin partie s'occuper de ses tâches, Nashi resta encore quelques instants à observer le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Ezra. Combien de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vue ? Elle avait beau chercher elle ne trouvait pas un instant précis dans sa mémoire. Jetant au passage un regard à son reflet dans le miroir, elle quitta la pièce, la ferma à double tour avant de dissimuler la clé dans sa cachette. Lorsqu'elle fit son entrée dans le patio quelques visages la regardèrent comme à l'accoutumée, elle ne leur prêtait pas plus d'attention que d'habitude, saluant d'un geste de la tête certains clients habitués avant de se rendre auprès de la jeune femme. S'adressant tout d'abord au client aviné qui semble vouloir reprendre ses bonnes vieilles habitudes avec Ezra. "Amar, ne me dites pas qu'il n'y a pas assez de choix parmi mes filles ? Celle-ci n'est pas là pour vous aujourd'hui, c'est moi qu'elle est venue voir, ne jouez pas les jaloux …" Offrant son plus beau sourire à son client, elle attrape la main d'Ezra et l'entraine avec elle un peu à l'écart.

Se tenant face à la jeune esclave, face à son amie, Nashi se pose des dizaines de questions, mais la plus pressée ne tarde pas à franchir ses lèvres alors qu'elle dégage une mèche de ses cheveux du visage congestionné d'Ezra. "C'est son oeuvre ? Est-ce qu'il t'a vu partir ?" Pour elle le plus important à cet instant était la sécurité, bien que temporaire qu'elle pouvait offrir à sa compagne de galère de l'époque.



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Dernière édition par Avinashi Ijaya le Dim 26 Nov - 14:23, édité 1 fois

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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Sam 26 Aoû - 18:12


Posant mes mains sur son torse pour le repousser. Un geste qu'il aurait pu considéré comme signifiant plus si je n'avais pas été ferme dans mes intentions. Je savais ce que je voulais. Et à cet instant je ne comptais pas retomber dans mon ancienne vie ou dans les trépas d'une vie qui n'était plus la mienne.

Je n'étais plus une esclave prostituée. Mon corps n'était plus un objet entre leurs mains alors que j'étais chargée de répondre à leurs demandes, de réaliser leurs fantasmes ou de satisfaire leurs désirs les plus profonds. Il n'y avait rien de magique dans cela. Il n'y avait rien de merveilleux à être une esclave prostituée. Ce n'était pas le genre de travail qu'on souhaitait faire à première vue autant qu'on pouvait aimer s'envoyer en l'air. Ce n'était pas la vie que j'avais demandé.

Certes, j'aurai pu tombé plus bas. Après tout, j'avais tenté de tuer mon maître. Ce n'était pas rien. Une tentative d'assassinat ratée. Une tentative que j'avais échouée à réaliser. Une tentative qui avait échoué que j'avais payé durement alors que s'il ne m'avait violée, il m'avait tout aussi vendue au bordel. Un bordel dans lequel je n'avais jamais pensé me retrouver mais la haine avait été plus forte que la sagesse. Dans un sens ma situation aurait pu être pire. Il aurait pu me tuer, me punir en public, m'envoyer aux mines. Mais il ne l'avait pas fait, m'envoyant plutôt au bordel. Je ne savais pas si j'avais été chanceuse ou s'il avait juste fait cela en retour de faveur, pensant que ce serait un sort approprié. Je tentais de ne plus penser à lui, je tentais de ne pas penser à cet épisode, aux conséquences de mes actes. Non pas que je regrettais d'avoir tenté le coup. Je regrettais juste d'avoir échoué.

Le bordel était devenu une seconde maison par la suite, une maison dans laquelle je me retrouvais de nouveau aujourd'hui. Des silhouettes familières. Une atmosphère familière que je retrouvais tout aussi alors que la vie au bordel m'avait transformée. J'avais réalisé leurs désirs, leur offrant mon corps en échange d'argent sans jamais arrêter de chercher une voie de secours. J'avais tenté de trouver des pigeons. Petit à petit j'avais gagné leur confiance. Certes je leur avais offert mon corps mais jamais mon esprit, et je n'avais toujours pu que me demander si je n'avais pas le contrôle au final. A vrai dire, je savais que j'avais eu le contrôle alors qu'ils en étaient venus à se confier, me donnant des informations, dévoilant leurs secrets. Des hommes ou femmes que j'avais réussir à tenir dans le creux de ma main avant de réussir à pouvoir m'enfuir. M'enfuir pour retomber dans les mains d'Astrid avant d'être vendue à Roan. Ce n'était pas ce que j'avais voulu. Mais là encore cela n'avait été qu'un rappel que je n'étais pas une citoyenne à part entière si ce n'était une esclave. N'ayant pas mon mot à dire alors que je devais m'incliner et me taire. Devant payer en silence, souffrir en silence. Vivre à genoux n'était pas un choix, préférant encore mourir debout que continuer cette vie.

Incapable de faire quoique ce soit dans cet état toutefois alors que mon visage était toujours tuméfié. Pouvant encore sentir la douleur se propageait dans mon corps. Un visage tuméfié, une apparence délaissée qui ne semblait être un problème pour Amar. Il avait toujours été satisfait de mes services et s'il pouvait avoir plus, c'était certain qu'il ne dirait pas non. Se mettant déjà à son aise alors que ses doigts commençaient à tripoter mes vêtements, glissant sur ma peau dénudée alors que je tentais de le repousser. Ferme toutefois. Consciente que la situation n'avait pas encore dérapée. Mais il n'y avait jamais de certitudes alors qu'au bordel, il était toujours possible que la situation dérape avec des clients qui en voudraient plus. Des clients que j'avais toujours su maîtriser, prenant parfois la place d'autres filles plus jeunes qui finissaient en pleur et voulaient juste en finir. Des filles qui étaient des amies, des soeurs, des camarades de galère pour qui j'avais été là. Et ce n'était qu'une de ces silhouettes connues qui resurgissait du passé. Avinashi. « Amar, ne me dites pas qu'il n'y a pas assez de choix parmi mes filles ? Celle-ci n'est pas là pour vous aujourd'hui, c'est moi qu'elle est venue voir, ne jouez pas les jaloux …» Autant qu'elle lui adressait un sourire, l'homme ne put s'empêcher de s'esquisser une grimace non sans me laisser aller à contre-coeur. S'inclinant face aux règles du bordel alors qu'il préférait garder sa place ici que ne plus pouvoir y remettre les pieds. Attrapant la main tendue dans ma direction alors que je suivais Avinashi. Me retournant pourtant l'espace d'une seconde. « Désolé Amar. » Adressant un sourire à l'homme qui hocha la tête alors qu'au final ceux qui venaient ici avaient autant besoin de satisfaire leurs appétits charnels que de trouver une oreille pour les écouter. Des hommes ou femmes seuls qui avaient autant ce besoin de plonger dans leurs vices, dans cette frénésie que de trouver là des personnes à qui ils pourront parler encore et encore. Des clients qui différaient les uns des autres.

Reportant mon attention sur Avinashi qui en venait délicatement à déplacer une mèche de mes cheveux bruns. « C'est son oeuvre ? Est-ce qu'il t'a vu partir ? » Je secouai la tête. Evidemment tout le monde savait ce que les uns et les autres devenaient. Les nouvelles passant vite alors que les morts étaient honorés, pleurés et les uns désolés. La jeune femme n'ayant pu qu'être au courant de ma situation comme d'autres. Lui désignant l'escalier rapidement pour m'éloigner du bruit et avoir une conversation plus intime avec elle. Attendant que la porte se referme derrière nous pour prendre la parole non sans que mes doigts plissent les couvertures avant que je ne me pose sur la couche qui se trouvait là. « La situation a dégénérée... » par ta faute. « Mais non il ne m'a pas vu partir... J'avais juste besoin de m'éloigner à tout prix et... je me suis retrouvée là. » N'ayant fait que suivre mes pas qui m'avaient conduits au bordel. Reportant mon regard sur elle. « Est-ce que je peux rester ici quelques heures ? » Connaissant déjà sa réponse mais n'ayant pas pu m'empêcher de demander. Je n'étais pas effrayée alors que la peur m'avait désertée, mais comme toujours je ne pouvais m'empêcher de vouloir satisfaire les autres, de m'assurer que je ne dérangerai pas plutôt que de devoir m'imposer.

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01/02/2017 Pivette 131 Deepika Padukone ava : Pivette / sign : Grey Wind Gérante d'un bordel / Oratrice & Gestionnaire 25


Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Jeu 2 Nov - 0:16


Who are you ?
feat. Ezra Aerys & Avinashi Ijaya


Le simple signe de tête effectué par Ezra fut compris par la maquerelle, et toutes deux se dirigèrent vers l'escalier menant à l'étage. Traversant les couloirs en silence, la tête haute, le pas assuré mais un rien rapide, Nashi la précédait et poussa la porte d'une des petites chambre vide, laissant la jeune femme entrer elle referma la porte derrière elles et laissa la fugitive s'installer sur la couche. Elle l'écouta attentivement, silencieuse tout en s'approchant d'elle et venant prendre place à ses côtés.

Combien de fois avait-elle passé du temps avec elle à l'époque, essayer de compter aurait été une vaine opération, le chiffre était bien trop élevé pour ne pas perdre le fil. Parler de tout et de rien, débriefer leurs anecdotes avec leurs clients respectifs ou communs. Combien de fois Ezra l'avait-elle réconfortée à son arrivée, après ses premiers clients. Elle avait même pris sa place de temps en temps quand elle ne tentait plus debout. Elles s'étaient rapprochées, elles avaient vécu pas mal de galère toutes les deux et cela avait établi un lien fort entre les deux jeunes femmes. Chacune se souciant de l'autre. Pour Avinashi cela avait paru un peu étrange au début, qu'une jeune femme un peu plus jeune qu'elle ne prenne soin d'elle. Après tout, dans l'ordre des choses c'est souvent au plus âgés de veiller sur leurs cadets, et pourtant Ezra avait été là, elle avait été un soutien inestimable pour réussir à ne pas totalement craquer et perdre la raison dans un lieu comme celui-ci, avec ce qu'on leur infligeait, ce qu'on attendait d'elles.

Le passé c'est le passé, on ne revient pas en arrière même si parfois, pour certaines chose la brune rêverait de trouver le moyen de retourner des années plus tôt, revivre les rares moment de pur bonheur qui ont pu ensoleiller ses souvenirs. On ne réécrit pas le passé, tout le monde le sait, elle mieux que personne et c'est bien pour cela qu'elle a décidé de fermer son palpitant à double tour dans une cage de glace bien au fond de sa cage thoracique. Voir Ezra dans cet état n'était pas sans conséquences, au creux de son ventre la rage bouillonnait elle aurait voulu pouvoir corriger celui qui lui infligeait ces coups, mais en même temps elle savait qu'elle se compromettrait en s'en prenant un Rahjak. Son statut ne l'aiderait en rien, la loi était limpide, on ne s'en prenait pas impunément à un membre de la tribu du désert.

Libérer Ezra. Elle y avait pensé, souvent. Très souvent au début, de temps en temps ensuite et puis plus du tout lorsqu'elle avait eu sa fille. Elle s'en voulait mais ne le montrerait pas, se montrer faible, pleine de remord n'effacerait pas les marques sur le visage de son amie. Au fond d'elle, la conscience qu'il fallait entreprendre quelque chose était là et bien là, mais à qui pouvait-elle en parler, à qui pouvait-elle faire part d'un tel projet ? Personne malheureusement. Les autres filles risqueraient d'en parler à des oreilles mal intentionnées, son mari pourrait peut-être comprendre son geste mais il était bien trop fatigué et malade pour l'affaiblir encore plus avec de nouvelles préoccupations. Surtout il y avait une personne aux oreilles de qui elle ne voudrait jamais que cela arrive. Si l'une de ses plus fidèles clientes savait qu'elle avait pour projet de soustraire de l'esclavage la proie qu'elle n'a cessé de courser, la mercenaire risquerait de faire volte-face et, il ne fallait pas se mentir, les sommes qu'elles laissait dans l'escarcelle de Nashi étaient loin d'être négligeables.

Elle se relève sans mot dire lorsqu'Ezra lui annonce que la situation a dégénérée … le regard qu'elle lui lance lui défend de manière silencieuse de ne pas lui trouver d'excuses. Il lève la main sur elle, c'est lui le coupable, tout maître qu'il puisse être. Elle sait que c'est totalement contradictoire, elle sait qu'elle-même peut se révéler être la dernière des pourritures avec ses filles lorsqu'elles lui donnent de bonnes raisons de sortir de ses gonds. Elle aussi est violente, elle aussi fait du mal … et bien pire … et pourtant elle se drape dans les faux semblants, les apparences, ce n'est pas pareil. Là il a levé la main sur son amie, celle qui autrefois avait veillé sur elle, rien ne pouvait lui pardonner ces actes. S'approchant d'une carafe elle verse un peu d'eau sur un chiffon propre et revient prendre place près de la jeune femme, appliquant délicatement le morceau de tissus sur ses blessures. "Il ne t'a pas vu partir, tu es au moins tranquille pour un moment, le temps qu'il se mette à ta recherche tu peux rester ici tu sais que tu as frappé à la bonne porte."

Tamponnant ses blessures avec douceur, les nettoyant le plus possible d'une main, elle dégageait les cheveux de son visage de l'autre main. Des gestes simples, presque maternel comme elle pourrait les avoir avec sa fille lorsque celle-ci se fait quelques petites blessures. Le visage d'Ezra nettoyé, elle se relève et va rincer le chiffon avant de revenir vers elle, lui tendant le tissu imbibé. "Garde ça sur ton visage encore un peu, il cogne peut-être fort, mais s'il visait mieux je n'aurais pas donné cher de tes yeux !" Se penchant vers elle, la maquerelle se permets un geste qu'aux yeux de tous jamais elle n'aurait pour personne, elle dépose un baiser sur son front avant de se redresser et se diriger vers la porte. "J'ai une nouvelle fille qui est arrivée et qu'il faut que j'aille voir, repose-toi et on discutera dès que je reviens. Je te demande juste de rester ici et de ne pas te montrer, je ne voudrais pas que d'autres clients te voient."



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Dernière édition par Avinashi Ijaya le Dim 26 Nov - 14:24, édité 1 fois

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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Jeu 2 Nov - 9:36


« Il ne t'a pas vu partir, tu es au moins tranquille pour un moment, le temps qu'il se mette à ta recherche tu peux rester ici tu sais que tu as frappé à la bonne porte. » Une question que je ne pouvais que me poser alors qu'à vrai dire je n'étais pas certaine d'avoir frappé à la bonne porte. Il ne pouvait y avoir de certitude. Ne pensant pas avoir fait le bon choix forcément alors que revenir là où tout avait commencé n'était pas forcément la plus glorieuse des idées. Et non venir là n'était pas rien alors que c'était là que j'avais retrouvé misère, désenchantement. Un endroit que j'avais tenté de fuir bien qu'autant que possible cela avait été un échec alors qu'Astrid m'avait retrouvé. N'ayant même pas réussi à passer le seuil des portes qui barraient l'entrée de la cité. Et pourtant autant que j'avais tenté de fuir cet endroit, c'était ici que je me retrouvais. Comme si j'avais tenté de retrouver un endroit que j'aurai pu considérer comme une maison. Ce qui avait été le cas et qui ne l'était d'autant pas. Mais je savais aussi qu'elle n'avait pas tort alors que non il ne me rechercherait sans doute pas ici, du moins pas tout de suite.

Me laissant faire alors qu'elle nettoyait mes blessures délicatement. Fermant les yeux pendant l'espace d'un instant alors qu'en effet j'avais confiance en elle comme on aurait confiance en une soeur pour prendre soin de moi. Et elle l'avait été, ayant été mon amie et une soeur par la même occasion. Et si j'avais pris soin d'elle la première, les rôles étaient désormais inversés alors que je restais là, la laissant s'occuper de mes blessures délicatement. Rouvrant mes paupières finalement pour attraper le chiffon qu'elle me tendait alors. « Garde ça sur ton visage encore un peu, il cogne peut-être fort, mais s'il visait mieux je n'aurais pas donné cher de tes yeux ! » « Qui te dit qu'il ne savait pas exactement où frapper ? » Ce que je savais alors qu'il avait la maîtrise de sa force, qu'il pouvait frapper là où cela faisait mal. A vrai dire il tenait autant ma vie entre ses mains alors qu'il avait possibilité de me tuer, de juste me blesser. Il était un mercenaire mais autant que possible il avait autant la possibilité d'user de sa violence et d'appuyer là où cela faisait mal. Non pas que je pouvais réellement lui en vouloir alors que j'avais joué avec le feu, que c'était autant ma faute que la sienne que ces hématomes se retrouvaient sur ma peau. Ce qui n'avait pas été une dernière danse loin de là alors que j'étais toujours debout. Mais pour autant, j'avais en effet conscience que le pire pouvait toujours arriver. Mon regard qui se posait un bref instant sur les hématomes d'un bleu ciel qui étaient sur ma peau, sur mon visage. « J'ai une nouvelle fille qui est arrivée et qu'il faut que j'aille voir, repose-toi et on discutera dès que je reviens. Je te demande juste de rester ici et de ne pas te montrer, je ne voudrais pas que d'autres clients te voient. » « Pourquoi parce que tu as peur que ta réputation en prenne un coup ? » N'ayant pu m'empêcher cette soudaine note de sarcasme autant que je me retrouvais à l'observer. Car si je savais qu'elle me cacherait, qu'elle m'avait soigné, il n'en restait pas moins que je n'étais pas dupe. Consciente qu'elle avait gagné en position ici. Devenue une autre personne alors qu'elle avait évolué au sein du bordel, que j'avais vu le regard des autres prostituées qui s'étaient posées sur elle avec autant de respect et une pointe de crainte lorsque nous avions monté l'escalier. D'autant qu'elle avait parlé d'une nouvelle fille qu'elle devait s'occuper et que j'avais autant conscience de ce qui se disait dans les ruelles à propos de sa nouvelle place au sein du bordel. Et pourtant je n'en venais qu'à hocher la tête alors que je la regarder sortir de la pièce.

Mes doigts qui glissaient sur les couvertures et si j'aurai pu rester là, il n'en restait pas moins que je n'en fis rien. Me contentant d'attraper l'étoffe de tissus le plus proche pour m'en draper les épaules avant de me mettre en mouvement. Bougeant dans l'ombre dans ce lieu dont je connaissais chaque recoin. Suivant les chambres situées à l'étage, des pièces vides qui permettaient d'accueillir tout ceux qui avaient besoin d'intimité autant que les nouvelles filles. Et je savais que si Avinashi l'accueillait quelque part, ce serait là. Ma main qui glissait le long des murs, me focalisant sur les bruits de voix autant que je ne tardais pas à trouver la chambre où elles se retrouveraient. Et ce n'était qu'un instant plus tard que je poussais la porte pour découvrir une scène qui me laissa figée sur place. « Une toute autre personne n'est-ce pas. » Elle l'était devenue, étant devenu quelqu'un d'autre. Me positionnant devant la jeune femme qui se trouvait là. Une quinzaine d'années. Une beauté. Des cheveux bruns qui encadraient son visage fin. Donnant l'impression qu'elle était une poupée qui allait se briser à tout moment. Une poupée qui serait bel et bien brisée de toutes pièces alors que cet endroit la briserait ou la transformerait en une toute autre personne. « Les monstres ne sont toujours pas là où on le pense. » Me positionnant en face d'elle entre les deux alors qu'en effet, je ne pouvais m'empêcher de la regarder. Mon regard ancré dans le sien.


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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Jeu 2 Nov - 23:06


Who are you ?
feat. Ezra Aerys & Avinashi Ijaya


Avant qu'elle ne franchisse la porte, les mots d'Ezra lui pique la nuque. Ouvrant la porte, elle ne se retourne qu'un court instant pour lui répondre. "Je ne veux juste pas que l'épisode avec Amar se reproduise, imagine que des clients te reconnaissent, qu'ils parlent, en peu de temps Roan serait à la porte." N'attendant pas de réaction supplémentaire de sa part, Nashi referme la porte derrière elle et traverse le couloir. Bien sur ma réputation était en jeu, bien sûr si Roan apprenait qu'elle la cachait au bordel, ce ne serait pas bon, pas bon du tout pour les affaires et pour l'image du lupanar. Elle n'en veut pas à Ezra de penser ça, elle ne peut pas lui en vouloir, elles ont changé toutes les deux, elles ont grandi, mûri, sont devenues de vraies femmes l'une réussissant plus que l'autre certes. Bien entendu l'Ijaya avait réussi à s'élever, elle s'était donné les moyens de s'en sortir, de quitter la fange et de naviguer dans les hautes sphères. L'affranchie face à l'esclave. La lutte des classes dans toute sa splendeur.

Elle s'arrêta quelques instants dans le couloir, échangeant quelques mots avec une catin qui souhaitais lui parler, elle lui fit comprendre que ce n'était pas le moment mais qu'elle la recevrait plus tard dans la soirée. Arrivée au fond du couloir, au bout d'un dédale de chambres, elle retrouva Treena qui l'attendait devant une porte. "Elle est prête, je te laisse la rejoindre et je m'occupe du reste pour le moment. Dis-moi … et Ezra ?" Nashi passa sa main sur l'avant-bras de sa fidèle employée et amie, les remerciements n'étaient pas le fort de la maquerelle mais elle avait quelques gestes qui prouvaient qu'elle n'en pensait pas moins. "Elle est un peu amochée… je lui ai dit de rester dans l'une des chambres, j'irai la rejoindre plus tard, elle va pouvoir se reposer un peu." Pressant ses phalanges sur la peau de la jeune femme, elle relâcha ensuite cette faible étreinte avant de s'engouffrer dans la pièce ou la nouvelle fille l'attendait.

La gamine se lève à son arrivée. Gamine. C'est ce qui la frappe tout de suite, elle est jeune, trop jeune, elle a pratiquement l'âge de sa fille, elle ne peut pas la livrer en pâture aux mâles en rut qui franchissent les portes du bordel. Les questions s'enchainent, la gamine répond d'une voix timide mais qui ne tremble pas pour autant. Elle a quinze ans tout juste, elle a été battue par son précédant maître mais elle est encore vierge. Elle ne peut pas la répudier elle l'a achetée sur recommandation, elle a été marquée, elle lui appartient désormais mais elle ne peut se résoudre à la prostituer, pas encore, et puis sa virginité pourra se monnayer à bon prix, elle pourra choisir elle-même l'homme qui la possédera en premier, elle pourra trouver un client pas trop rude afin de ne pas dégoûter la gamine de la chose. Elle s'approche du petit bureau qui trône au fond de la pièce, attrape un morceau de vélin et griffonne quelques mots avant de le plier en quatre. Revenant vers elle, elle l'observe de pas en haut, tourne autour d'elle afin de confirmer qu'elle a fait le bon choix.

Elle n'a pas entendu la porte s'ouvrir dans son dos, mais la voix qui parvient à ses oreilles est bien loin de la faire sourire. Ezra. Elle n'avait pas tenu compte de ses recommandations. Nashi prenait des risques en la cachant chez elle et voilà que la jeune femme ne trouvait rien de mieux que de se balader comme si de rien n'était. S'incruster ainsi dans ses activités, venir la déranger était tout simplement indécent. Pourtant elle ne dit rien, gardant au fond de sa gorge la colère qui ne demandait qu'à sortir à l'air libre. Elle serra le poing lorsque son amie vient se mettre entre elle et la gamine. Son amie. L'était-elle encore vraiment ? Lorsque les mots franchirent les lèvres d'Ezra. Une insinuation qui faisait l'effet d'une lame acérée. Un poignard que l'esclave maniait sans se douter qu'il risquait fort de se retourner contre elle. Cette accusation signait la fin d'un ère. Brisait un lien pourtant fort. Sans un mot pour Ezra, elle fit un pas, la poussant de côté et glissant le morceau de vélin plié au creux de la paume de la gamine. "Va retrouver Treena et donne-lui ça, elle s'occupera de t'expliquer ce que tu auras à faire." Se retournant, elle ouvrit la porte et la fit sortir, refermant la porte ensuite, faisant jouer la clé dans la serrure.

Dans un volte-face elle fit rapidement les quelques pas qui la séparaient d'Ezra, se rapprochant d'elle, le laissant que quelques centimètres entre son visage et celui de l'esclave. Sa voix n'avait plus rien de chaleureux désormais, fini le ton amical, fini les gestes un rien maternel qu'elle avait pu avoir avec elle quelques minutes plus tôt. Froide, sévère, glaçante, sa voix était dure et autoritaire. "Tu peux m'expliquer à quoi tu joues ? Qu'est-ce que tu cherches ? Tu veux vraiment te faire repérer, tu ne voudrais pas que je fasse avertir Roan tout de suite, je pourrais aussi te livrer à Shana, j'imagine qu'elle se ferait une joie de s'occuper de toi." Désignant la porte par laquelle la gamine avait filé sans demander son reste avant que l'orage n'éclate. "De quel droit tu débarques ici et tu viens te mêler de mes affaires ? De quel droit tu me juges alors que tu devrais me remercier de te permettre de rester ici ?" La maquerelle se recule de quelques pas, regardant la jeune femme de haut en bas, croisant les bras sur sa poitrine, lui lançant un regard hautain presque dédaigneux. "Qui es-tu pour te permettre de me traiter de monstre Ezra …"



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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Ven 3 Nov - 14:23


"Va retrouver Treena et donne-lui ça, elle s'occupera de t'expliquer ce que tu auras à faire." Mon regard posée sur Avinashi autant que je m'étais positionnée entre elle et la jeune fille. Une jeune fille qui n'obéit pas moins. Perdue. Fuyant un combat qui n'aurait que lieu alors qu'elle obéissait docilement et sortait de la pièce. Regardant la porte se fermer et Avinashi en verrouillait l'entrée. La regardant s'approcher. Proche. Dangereusement proche alors que seulement quelques centimètres séparaient nos deux corps. Un éclat qui scintillait dans mon regard alors qu'à cet instant je n'étais pas effrayée par elle, seulement déçue. Ne pouvant que voir le masque qui s'effritait alors que son visage se transformait. Un éclat plus glacial. Et une toute autre personne qui se dessinait devant moi. "Tu peux m'expliquer à quoi tu joues ? Qu'est-ce que tu cherches ? Tu veux vraiment te faire repérer, tu ne voudrais pas que je fasse avertir Roan tout de suite, je pourrais aussi te livrer à Shana, j'imagine qu'elle se ferait une joie de s'occuper de toi." Ne pouvant m'empêcher d'hausser un sourcil. « Vraiment ? » Et si je ne pouvais que la regarder, il n'en restait pas moins comme si soudainement tout ce qui existait entre nous n'existait plus. Soudainement une autre personne prête à trahir ses amis apparement parce que je ne partageais pas ses opinions, parce que j'avais franchi le seuil d'une pièce et franchi des limites. Et si je savais qu'elle pouvait risquer gros, il n'en restait pas moins que non en effet, à mes yeux elle ne risquait rien alors que je savais que Roan ne s'en prendrait jamais à elle. « Si tu veux l'avertir, va-y mais je ne pense pas que tu le feras. Et tu sais autant que moi que Roan ne s'en prendra pas à toi... maintenant que tu es devenue une personne si... influente. » Presque une note de dégoût alors qu'en effet c'était le cas alors que j'avais pu que découvrir qu'elle était une personne complètement différente. Et si elle avait été à la place de cette fille, effrayée, perdue, elle était désormais devenue une personne que nous avions l'habitude de détester. Devenu autant un bourreau à mes yeux alors que s'élever là pour prendre le dessus sur d'autres filles pour faire plus de profit n'avait rien de glorieux. Une vie qui n'était que composée de souffrance et fruit de la chair. Une vie que je savais que les autres filles ne pouvaient que détester alors que peu réussissait à trouver un certain équilibre. Me rappelant très bien chacun de ces instants où je m'étais retrouvée à remplacer une autre fille, à la prendre entre mes bras parce qu'elle était trop effrayée. Pas moins devenue un de ces personnes que je détestais. "De quel droit tu débarques ici et tu viens te mêler de mes affaires ? De quel droit tu me juges alors que tu devrais me remercier de te permettre de rester ici ?" « Excuse-moi si je ne suis pas fan de la nouvelle version de toi. » Une note de sarcasme. Ce qui n'était pas le cas alors qu'en effet je ne l'étais pas, nullement fan de cette nouvelle version d'elle. "Qui es-tu pour te permettre de me traiter de monstre Ezra …" « Peut-être parce que tu es devenue ce genre de personne que nous détestions toutes deux. Es-tu vraiment prête à l'envoyer parmi eux ?! Elle est vierge, 15 ans, totalement effrayée et tu es prête à lui faire vivre un enfer. » M'approchant à mon tour alors que je ponctuais chacun de mes mots, alors qu'on savait toutes deux comment la plupart du temps comment cela se finissait pour ce genre de filles. Leur vie qui était foutue. Et si le bordel m'avait permise de survivre, il n'en restait pas moins que cela n'avait pas été une chance juste un billet pour un aller simple en enfer de nouveau. N'ayant jamais quitté le lieu alors que là-bas je n'avais pu qu'osciller de nouveau entre ombres et un certain sens de folie. « Je ne te reconnais plus. » Une note de tristesse perceptible dans le ton de ma voix. Une note de tristesse qui était peut-même plus existentielle que le sentiment d'amertume et de déception qui s'était saisi de moi. Et si je savais que certes, je n'étais peut-être pas en droit de la juger, il n'en n'était pas moins venue à se transformer en une personne que je n'aurai jamais cru qu'elle serait. Devenant la maîtresse de ce bordel. Un harem autour d'elle. Un spectacle orchestrée précisément. Comme un ballet. Et autant de secret. Car en effet ce n'était pas tant pour les plaisirs de la chair que les clients venaient si ce n'était pour avoir des oreilles attentives. La volonté de se faire écouter alors que parfois c'était tout ce qu'il voulait mais bien tout avait un prix en effet. Non pas que cela rendait des vies plus faciles si ce n'était que cela conférant un certain pouvoir à ceux que détenaient ses informations. Sachant de ce fait que Roan ne viendrait pas pour elle, autant qu'il le pourrait si elle me faisait quoique ce soit alors qu'il restait possessif et violent. Les hématomes couleur ciel que j'avais sur la peau qu'une preuve supplémentaire. Ne comptant à cet instant me mettre à genoux devant elle pour la supplier alors que non, je ne pouvais que la regarder avec une certaine pointe de tristesse mêlée à la déception et au dégoût.

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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Jeu 23 Nov - 22:44


Who are you ?
feat. Ezra Aerys & Avinashi Ijaya


Son attitude, cette manière de défier l'autre, Ezra n'était autre qu'un esprit de contradiction ayant pris forme humaine. Cette simple constatation n'était pas basée sur les maigres éléments du jour, non, bien sûr que non. Il y avait derrière cette sensation des années d'observation et de souvenirs. Elle avait été là, cet esprit rebelle dont faisait preuve l'esclave, avait sauvé la mise à la maquerelle à plusieurs reprises lorsqu'elle aussi n'était autre qu'une marchandise vendue encore et encore à qui voulait bien mettre le prix. Ce n'est pas parce que l'on donne un jour que l'on reçoit quelque chose en échange, cela fonctionne parfois, mais Avinashi avait appris à se débrouiller seule, bien qu'à l'époque un coup de main de temps en temps n'ait pas été refusé. Mais aujourd'hui les choses avaient changé. Elle n'était plus l'esclave d'alors. Elle n'était plus celle qui avait besoin qu'on la sauve ou qu'on la protège. La maquerelle n'était bien entendu pas à l'abri d'une déconvenue, mais elle avait plus d'un as dans sa manche et au cours de son ascension elle a toujours su s'entourer des bonnes personnes. Elle ne baisse pas le regard une seconde, elle sait très bien qui elle est, ce qu'elle est devenue et soutenir le regard d'Ezra n'était qu'une formalité.

"Tu as raison sur un point, il ne s'en prendra pas à moi, je ne vois donc pas ce qui pourrait m'empêcher de te livrer à lui."

Rien que pour la beauté du geste, l'envie de livrer la fugueuse à son maître trottait de manière incessante dans un coin de son esprit. Elle ne l'en pensait pas capable ? Si elle pouvait ne serait-ce qu'imaginer le dixième de ce que la tenancière était capable de faire pour protéger ses affaires, ses intérêts, protéger les siens … peut importe qui se dresse en travers de son chemin, elle ne rebrousse pas chemin une fois lancée. Ezra avait activé le mécanisme de défense de celle qui avait pu être son amie par le passé. La pauvre n'avait pas idée de ce qu'elle venait de déclencher. Aucune idée ! Pauvre folle.

Les bras croisés sur sa poitrine, elle la toisait, ne voyant plus que la pauvre idiote qui avait eu l'idée saugrenue d'agir et de réfléchir ensuite. Elle avait presque autant de pitié pour elle en la regardant se tenir devant elle qu'en regardant un poisson qui suffoquerait au bord d'une mare asséchée. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle la rejetterait à l'eau, non. Bien au contraire. A chaque nouveau mot qui s'échappait des lèvres de l'esclave, l'affranchie n'avait qu'une envie. Lui montrer qu'elle avait eu tort. Tort de se montrer aussi ingrate avec celle qui lui offrait un refuge.

"Toutes mes excuses si je ne réponds pas à tes attentes, contrairement à toi j'ai fait en sorte de m'en sortir au lieu de me contenter d'inlassables fuites infructueuses."

La fugueuse n'en était pas à son coup d'essai, mais aussi nombreuses qu'aient été ses escapades, il fallait se rendre à l'évidence, Ezra était douée pour prendre la poudre d'escampette mais elle avait une tendance tenace à ne jamais parvenir à ses fins. Capturée à nouveau, retrouvée, remise à son maître. A chaque nouvelle fuite correspondait un échec dans sa quête de liberté. Voir ce que celle qui se pense plus forte que les lois qui règnent ici, plus forte que ceux qui sont au-dessus d'elle sur l'échelle sociale, et qui ose tenter de jouer du sarcasme est juste un délice. Elle s'approche, elle n'a peur de rien c'est bien, elle tombera sans doute d'encore plus haut. A trop vouloir grimper, la chute n'en sera que plus vertigineuse. Mais certains de ses mots ont le don de faire remonter le long de la colonne vertébrale de la patronne du lupanar, un frisson de colère. Les mots qu'elle rapporte, elle n'a pas pu les entendre avant d'être dans la pièce à moins d'avoir écouté aux portes … Elle se permet de donner des leçons ? La voix de la maquerelle est froide, proche du visage d'Ezra elle garde son regard durement planté dans le sien alors qu'elle déverse ses paroles.

"La porte était encore fermée lorsqu'elle m'a donné ces informations, donc en plus de t'incruster tu as le culot de m'espionner ? Tu as déjà tes idées bien arrêtées sur moi, à quoi cela me servirait que je te réponde … Moi, le monstre que je suis, l'ai envoyée chez Treena pour qu'elle la forme et l'envoie s'occuper de l'intendance. C'est ce qui était écrit sur le mot que je lui ai donné, cette gamine va s'occuper du linge et du ménage des filles avant qu'elle ne grandisse encore un peu pour qu'elle devienne l'une d'entre elle. Mais ce ne serait pas ton genre de juger sans avoir toutes les informations, non toi tu es bien au-dessus de ça !"

La fusillant du regard, l'écartant de son passage pour retourner sur ses pas, revenant vers le bureau du fond de la pièce, attrapant l'épais carnet qui y trônait et pivotant pour le soumettre au regard de l'accusatrice. L'encre n'était pas encore sèche en face du prénom de la nouvelle venue, sur la même ligne, à la suite on pouvait y lire les mots "bien trop jeune, la tenir à l'écart des hommes, envoyée à Treena pour la former à l'intendance." Refermant le carnet dans un claquement sec après quelques secondes, le reposant sur le bureau, elle se retourne, feignant l'effroi et le désespoir, portant une main sur son cœur, l'autre sur sa hanche.

"Tu ne me reconnais plus ? Par tous les dieux quelle horreur que tu ne me reconnaisses pas, c'est vrai qu'avec toutes ces fréquentes visites de ta part c'est étonnant. Ah non, je dois me tromper vu que tu me trouves uniquement lorsque tu es dans la merde et que tu n'as personne d'autre vers qui te tourner."

Lui jeter en pleine face une réalité des plus crues et violente était totalement calculé. Bien entendu qu'en tant qu'esclave Ezra n'avait pas la possibilité de se déplacer comme bon lui semblait, elle le savait, elle le savait mieux que personne mais c'était son but. La remettre à sa place. Lui faire comprendre une fois pour tout qu'elles n'étaient plus sur un pied d'égalité depuis de nombreuses années. Elles avaient été amies, collègues, se supportant dans les bons comme les mauvais moments, mais toute cette époque était révolue, elles n'avaient plus rien à voir désormais. Elles ne faisaient plus partie du même monde, elles n'évoluent plus dans les mêmes sphères. L'esclave et l'affranchie. La femme qui a réussi à grimper les échelons un par un jusqu'à se hisser au sommet face à celle qui rêve de le faire mais ne se donne pas les moyens d'y parvenir. Pour Avinashi, c'était clair, si Ezra était toujours esclave, elle ne pouvait s'en vouloir qu'à elle-même.

"Tu ne m'as pas répondu … qui es-tu pour me faire la morale ? Rappelle-moi qui de nous deux à réussi à s'en tirer ! Rappelle-moi qui de nous deux n'est plus une esclave ! Personne. Tu n'es personne Ezra."



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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Mar 28 Nov - 21:43


"Tu as raison sur un point, il ne s'en prendra pas à moi, je ne vois donc pas ce qui pourrait m'empêcher de te livrer à lui." « Peut-être parce que tu m'as laissé entrer là ? » Un jeu dangereux qui s'installait. Ne pouvant que me demander comment la situation avait pu dégénéré si facilement. Une mauvaise idée de venir ici alors que j'aurai mieux fait de tourner le dos au bordel, mais j'étais venue. J'étais venue, oui, que pour découvrir que Nashi qui avait été esclave comme moi était devenue ce bourreau que nous détestions il y a un temps. Ne pouvant comprendre comment elle avait pu se retourner pour les siens et en venir à évoluer au sein du bordel pour acheter d'autres filles, pour leur faire subir cet enfer, pour qu'elles deviennent le jouet sexuel d'autres hommes ou femmes. Car pour eux, c'était ce que nous étions. Des objets qu'ils pouvaient utiliser. Là pour leur donner du plaisir, pour leur permettre de rejoindre le septième ciel. Là pour apaiser leur confiance, leurs doutes. Là pour leur permettre d'oublier que dans ce monde la misère existait, que leurs mains étaient tâchées de sang, et leur coeur noire comme le charbon. Là pour leur permettre de nourrir leurs désirs croissants, leur appêtit insatiable pour la chair et le plaisir de se retrouver bien entouré. Mais autant là pour accomplir leurs fantasmes, certains jeux que plus ignobles que d'autres. Et si autant que moi elle n'avait que pu maudire ses êtres, elles n'avaient pu que maudire le bordel, il n'en restait pas moins qu'elle y était restée. En devenant sa maîtresse. Un pouvoir qu'elle possédait sur les autres alors qu'au coin des oreillers, des secrets étaient dévoilés. Capable de renverser les pions de l'échiquier, capable de renverser le jeu en sa faveur. En effet, elle possédait plus de pouvoir qu'elle n'avait jamais possédé auparavant alors que des têtes pouvaient que tomber grâce à elle. Capable de faire miroiter l'or, capable d'accumuler une fortune et autant capable d'en faire tomber plus d'un. Des réputations qui pouvaient être détruites. Alors qu'au bordel, il suffisait d'être connu, de passer de main en main pour tout savoir. Des informations que j'avais autant connu alors que je me rappelais encore ces moments passés là. Des souvenirs qui étaient gravés dans ma mémoire. Et si certes le plaisir avait pu être là, il n'en restait pas moins que cela n'avait effacé l'arrière-goût amer que j'avais eu une bouche d'être salie. Incapable de faire disparaître ce sentiment et autant incapable de lui sourire.

"Toutes mes excuses si je ne réponds pas à tes attentes, contrairement à toi j'ai fait en sorte de m'en sortir au lieu de me contenter d'inlassables fuites infructueuses." Ne pouvant que sourire amèrement. Les mots qui devenaient des dagues qu'on plantait dans le dos. Des mots qu'elle me lançait et qui ne pouvaient que faire mal alors qu'en effet toutes mes tentatives de fuite s'étaient soldées par échec. Mais autant la facilité de montrer que ses mots ne m'atteignaient pas. Une facilité qui m'était venue à force, avec la nécessité de faire le vide autour de moi et de laisser les mots couler sur ma peau comme s'ils n'étaient que les rayons du soleil.  « Je ne vois pas en quoi tu t'en es sortie en devenant une personne que tu détestais, en devenant pire qu'une catin. » Des mots cruels mais pas moins lancés sous le coup de la fougue alors que cette conversation se faisait autant à coeur ouvert. Comme si des étincelles scintillaient dans l'air. L'électricité là ou juste des flammes qui miroitaient dans nos prunelles. Disciples du dieu du soleil.

Des visages qui étaient proches. Pouvant voir l'éclat de la colère miroitait dans son regard. "La porte était encore fermée lorsqu'elle m'a donné ces informations, donc en plus de t'incruster tu as le culot de m'espionner ? [...] Mais ce ne serait pas ton genre de juger sans avoir toutes les informations, non toi tu es bien au-dessus de ça !" N'ayant le temps de ne rien dire si ce n'était d'encaisser ce qu'elle venait de me dire alors que le carnet présentait à mes yeux ne valaient que vérité, ne faisant que déclamer ce qu'elle venait de dire. Des battements de coeur accélérés alors que je comprenais autant que je l'avais mal jugée sur le coup. Sans que pour autant cet éclat de colère à son égard ne puisse disparaisse alors qu'elle était bel et bien devenue une personne que nous avions détesté toutes deux. "Tu ne me reconnais plus ? [...] Ah non, je dois me tromper vu que tu me trouves uniquement lorsque tu es dans la merde et que tu n'as personne d'autre vers qui te tourner." Une langue de vipère sans doute aussi acérée que celle de Shanareth. Des mots qui claquaient violemment dans mon esprit. Consciente que je n'étais pas venue la voir, non pas que je le pouvais. Si au bordel il était facile de sortir, de s'éclipser pour faire un tour dans la cité aux bras des uns et autres, il l'était beaucoup moins quand nous étions la possession d'un autre. Un sentiment qu'elle ne connaissait plus alors qu'elle était devenue la maquerelle des lieux. Ne sachant plus ce que cela faisait alors qu'en effet cette colère ne pouvait s'éteindre. Comme si elle ne pouvait plus comprendre cette vision du monde qu'elle avait connu avant maintenant qu'elle se trouvait de l'autre côté de la barrière.  

Ne lui répondant pas alors que je gardais le silence. Un regard que trop flamboyant alors que je ne pouvais que me demander où était passée cette fille que j'avais connue. Une fille dont il ne restait plus que des morceaux. Chacun devenant un fantôme. La cité qui nous rongeait, qui rongeait nos âmes. Vivre en enfer qui nous transformait. Devenant quelqu'un d'autre, incapable de se regarder dans le reflet dans l'eau et de voir la personne que j'étais réellement. Incapable de voir la personne que j'avais connue en elle, alors qu'elle avait été juste brisée et façonnée sous la chaleur ardente du feu. Qu'une volonté de plus de fuir ce monde. "Tu ne m'as pas répondu … qui es-tu pour me faire la morale ? Rappelle-moi qui de nous deux à réussi à s'en tirer ! Rappelle-moi qui de nous deux n'est plus une esclave ! Personne. Tu n'es personne Ezra." Et un sourire qui naissait sur mon visage alors que je m'approchai d'elle tandis qu'elle prononçait ses mots.  « J'espère vraiment que tu es heureuse de la personne que tu es devenue Nashi. Parce que je suis peut être rien comme tu dis, mais je sais encore qui je suis. » Désignant les marques que je portais, qui faisait de moi cette esclave que j'étais.  « Tu vois cette marque. Tu l'as encore. Tu peux te donner tous les noms que tu veux, tu peux te dire maquerelle si tu le veux,  tu peux avoir tout le pouvoir que tu veux, faire miroiter désir et or, cela ne change pas qu'au fond tu es toujours prisonnière de cet même enfer. Tu es toujours une esclave autant que je le suis. »



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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]
Mer 29 Nov - 22:42


Who are you ?
feat. Ezra Aerys & Avinashi Ijaya


Est-ce qu'elle regrettait de lui avoir ouvert sa porte ? Est-ce qu'elle regrettait de lui avoir accorder sa confiance et de lui avoir offert un refuge pour quelques heures ? Oui. Définitivement. Faire preuve de pitié et de clémence ne lui avait jamais réussi et voilà qu'Ezra lui crachait son hospitalité en pleine face. Un affront qui resterait pas sans conséquences, l'esclave pouvait penser ce qu'elle voulait dans l'esprit de l'affranchie c'était clair comme de l'eau de roche, limpide : entre elle il n'y avait plus rien. Cette amitié avait désormais volé en éclats, tout ce qui en restait à présent n'était autre que de vagues souvenirs réduits en poussière, bientôt balayé par les vents chauds du désert.

Ne prenant pas la peine de lui répondre, elle gardait pour elle la réflexion qui trottait dans son esprit. Elle pensait que la maquerelle aurait des scrupules à prévenir Roan parce qu'elle avait accepté de laisser son esclave fugueuse entrer chez elle. Mais si elle prenait la peine de réfléchir ne serait-ce qu'un seul instant, elle réaliserait qu'entre la parole d'une esclave qui prend la fuite à répétition et une affranchie qui lui livre la dite fugueuse, celle qui aurait le plus de soucis à se faire, ce n'était pas celle qui était désormais libre.

Pire qu'une catin. Et elle le disait avec le sourire en prime. Elle ne manquait vraiment pas d'air. Mais malgré tout, sa phrase eu le dont d'arracher un rictus à la tenancière du lupanar. Le fait qu'elle insinue que Nashi soit devenue une personne qu'elle aurait détesté par le passé montrait une fois de plus qu'Ezra ne la connaissait pas, ne la connaissait plus. Rien, elle se contentait de secouer la tête avec lassitude, comme lorsqu'un enfant vous raconte des histoires et que l'on fait semblant de s'y intéresser comme si le récit était la chose la plus passionnante qui avait pu arriver à nos oreilles. Pour qui se prenait elle, là face à elle, à oser lui tenir tête et lui balancer ces attaques. Pour quelles raisons se permettait-elle de débarquer dans son monde et de venir la juger et lui faire la morale. Elle n'était rien. Elle n'était plus rien. Avec ses phrases, elle avait signé elle-même la fin du lien qui avait pu exister entre elles des années auparavant. Un lien qui avait été fort, mais qui une fois qu'elle avait quitté le bordel, une fois que Nashi s'était retrouvée seule, elles n'avaient plus eu de contact, ou de très rares entrevue lorsque la nouvelle affranchie pouvait enfin sortir comme bon lui semble et découvrir cette cité qui s'étendait, tentaculaire, au dehors du bordel.

Elle s'approchait, les deux jeunes femmes n'étaient qu'à quelques centimètres avant qu'une fois de plus elle ne crache son venin, ce venin là Nashi n'y était plus sensible, depuis de bien nombreuses années. Comment pourrait-elle être encore en vie, être à la place qu'elle occupe aujourd'hui si les rumeurs et les autres critiques qui se colportait à son sujet avait le pouvoir de l'atteindre. Elle savait parfaitement qui elle était, d’où elle venait, ce qu'elle avait dû faire, ce qu'elle avait dû sacrifier pour avoir la vie qu'elle vivait aujourd'hui. Pas un instant elle ne regrettait ses choix, s'il elle devait tout recommencer, elle ne changerait absolument rien. Le simple fait de voir grandir sa fille, l'avoir mise au monde libre, était tout ce qui comptait pour elle aujourd'hui. Protéger son enfant, son avenir, rien que pour cela elle était capable de tout, absolument tout, et ça, Ezra n'en avait absolument aucune idée sinon, jamais elle n'oserait proférer des jugements ou des menaces à son encontre.

Après avoir écouté ses critiques qu'elle prend plutôt comme de vagues jérémiades, après avoir apporté des preuves supplémentaires en lui révélant son livre contenant les quelques notes sur les différentes filles, elle s'éloigne, la contourne en allant jusqu'au petit guéridon qui se trouve un peu en retrait du bureau, elle y attrape la carafe et verse une rasade de vin aux épices dans un verre avant de revenir vers le bureau et s'installer silencieuse sur le fauteuil avant de porter le verre à ses lèvres, d'en boire une gorger et de reporter ensuite son regard sur Ezra avec un air interrogateur. "T'as fini ? Non parce que si tu veux encore dresser la liste de tous les méfaits que j'ai, selon ton imagination, à mon actif, autant que je prenne mes aises non ?"

Elle veut que la maquerelle s'énerve, elle peut le sentir, cet esprit bravache et belliqueux qui brille au fond de ses prunelles, elle le voit, et le plaisir de ne pas lui donner satisfaction est des plus délectable. Elle pense la connaitre aujourd'hui parce qu'elle l'a connue à une autre époque, bien lointaine, révolue, disparue. Quelle victoire ce serait pour elle qu'Avinashi sorte de ses gonds et perde patience, elle aurait prouvé qu'elle avait raison, qu'elle avait vu clair dans le soi-disant jeu de la maitresse des lieux. Jamais. Jamais elle ne lui ferait ce cadeau, du moins pas avant d'en avoir fini avec elle. Avalant en silence une nouvelle gorgée du liquide carmin et épicé, elle reposa ensuite le verre délicatement, posant ses coudes sur le bureau, ses mains se joignant, ses phalanges s'entrelaçant sous son menton elle la regardait avec un sourire au coin des lèvres, elle entreprit de lui répondre, avec une voix calme, posée, un brin moqueur. "Je suis fière de ce que je suis devenue Ezra, très fière. Je ne suis plus esclave, je suis une femme libre, j'ai su faire mon chemin pour en être là où je suis aujourd'hui et tu peux garder tes jugements pour toi, je n'en ai absolument rien à faire, mais je vais juste t'expliquer quelque chose. As-tu seulement regardé autour de toi lorsque tu es venue ici ? La bâtisse à beau être la même, les activités qui y ont lieu ont beau être les mêmes, rien n'est plus pareil pour celles qui vivent ici. Toi et tes jugements hâtifs, ne voyez qu'une seule et unique chose, une ancienne esclave, une ancienne prostituée qui dirige aujourd'hui un bordel. Quel sacrilège, comment peut-elle faire ça alors qu'elle a connu cette vie là ? Seulement tu regardes, tu juges selon tes critères … mais tu n'observe pas, tu ne poses pas de questions avant de te faire tes propres idées. Qui d'autre que moi pouvait reprendre cet établissement ? Qui d'autre qu'une ancienne catin pouvait diriger de la meilleure des manières un bordel ? As-tu seulement parlé aux filles ? As-tu seulement eu l'idée de leur adresser la parole ? Non tu te cantonnes à ce que tu connaissais, à tes souvenirs, tu ne vois que ta réalité biaisée par ton passé ! Tu me prends pour un monstre, et bien sache que le monstre en question protège ses filles comme une louve, que le premier qui lève la main sur l'une d'elle est banni de cette maison. Te rappelles tu seulement la crasse dans laquelle nous vivions, comment ne sommes-nous pas morte de je ne sais quelle maladie comme certaines de nos comparses d'alors … n'as-tu pas remarqué à quel point cela a changé ? Je tiens à ce que mes filles aient une hygiène et une santé irréprochable, pas seulement pour les clients, mais pour elles. J'ai à mes côté le meilleur médecin qui puisse exister à la cité, j'ai des gardes qui veillent sur l'entrée des appartements des filles afin qu'aucuns clients indésirables ne viennent faire sa loi. Te rappelles-tu la fatigue que nous accumulions toutes ? Mes filles ont des jours de repos. Elles sont esclaves, elles ne l'ont pas choisi, mais au moins ici, malgré tout ce que tu puisses avoir comme préjugé à mon sujet, ces filles sont en sécurité, elles vivent bien mieux que si elles avaient été vendues au premier venu, elles vivent bien mieux que toi ! Alors j'ai beau être le diable pour toi, je sais ce que je fais et je le fais bien, je dirige cet établissement mieux que personne car moi je sais ce que ces filles pourraient endurer si je n'étais pas là pour elles."

Adossée au siège, avalant encore quelques gorgées de vin, son visage se ferme définitivement lorsqu'Ezra se tourne et dégage sa nuque, montrant le cercle tatoué sur sa nuque. La marque de l'esclavage, ce symbole qui faisait d'elle dès ses dix ans un être inférieur, privé de liberté, une esclave, une moins que rien, un individu qui ne valait plus rien. Reposant le verre sur le bureau, repoussant le fauteuil l'Ijaya se redresse et reviens vers l'esclave un sourire mesquin aux lèvres alors qu'elle se dirige vers la porte, fait tourner la clé dans la serrure pour la déverrouillée avant de dégager sa propre nuque offrant à la vue d'Ezra le soleil qui irradiait le sommet de son épine dorsale. Revenant vers elle. Proche. Très proche. Trop proche. Elle lève la main et d'un geste sec attrape la gorge de l'esclave, la regardant droit dans les yeux. Son regard n'a plus rien d'amical ou de bienveillant. Susurrant ses paroles d'un ton glacial et posé. "C'est là où tu te trompes … tu l'as vu de tes yeux, la seule esclave dans cette pièce c'est toi Ezra, tu devrais te mettre ça dans le crâne une fois pour toute. Je suis un monstre à tes yeux, soit, mais je suis un monstre libre moi !" serrant un peu plus sa prise sur sa gorge, elle peut sentir sa carotide battre contre ses phalanges "Toi, tes jugements et ton esprit de rébellion vous allez dégager de chez moi ! Je te laisse dix minutes pour disparaitre avant que je ne lance mes gardes sur tes talons, j'espère que tu cours vite ! Que je ne te revois plus ici, jamais !" Relâchant son étreinte, faisant quelques pas, ses doigts se posant sur la poignée de la porte, elle l'ouvre en grand, l'invitant à ne plus perdre de temps pour s'en aller elle ne lui jette même pas un dernier regard avant de retourner vers le bureau, sans se retourner lui lançant un dernier "Adieu Ezra !"

Plus un regard, plus une attention, elle s'assied, lui se plongeant dans l'inspection du carnet qu'elle avait déposé quelques minutes plus tôt. Retournant un sablier sur le coin du meuble, elle regarde s'égrainer les fines poussières… lorsque la dernière particule aura tracé son chemin, elle lancera deux de ses gardes à la poursuite d'Ezra, elle ne sait pas si elle serait contente ou non qu'ils la rattrapent ou non, elle ne sait plus, elle ne s'en fera plus désormais. Pour elle, sans son esprit les choses sont claires, limpides, une page s'est définitivement tournée. Faire une croix sur une vieille amitié, au profit de sa sécurité, de sa réputation ne lui posait aucun problème de conscience, une fois de plus si c'était à refaire, elle ne changerait rien. Absolument rien !



©️ Pivette

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Sujet: Re: Who are you ? [Nashi]

 

Who are you ? [Nashi]

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