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˜˜˜˜˜˜La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Sam 22 Juil - 22:55

Le brûlant de l'été flamboyait à son apogée. Groupés en une fine colonne sur le lacis d'une crête escarpée, les cinq marchands tentaient de ménager leurs montures. Ils les guidaient par la bride en allant au devant. Les cochers, pour leur part, en étaient à persuader les ânes de tracter les attelages. Les bêtes n'étaient à juste titre pas très coopératives ; la rudesse du cagnard rendait la progression pénible. La lumière se réverbérait tellement que leurs yeux n'étaient plus que des fentes aveugles. Suintant, suant, tous étaient à la peine, ralentissaient mais ne s'arrêtaient pas. Ils savaient qu'en dépit des apparences, l'été restait la meilleure saison pour franchir sans encombre les cols frontaliers du territoire Athna. C'était le seul moment où le chapeau blanc des montagnes fondait complètement pour laisser place à un tapis multicolore de fleurs éphémères.

Brandik le Borgne nous ouvrait la voie de son œil perçant. Il connaissait tous les chemins et leurs innombrables périls pour les avoir arpenté sans relâche en compagnie de son père et de son grand-père. Je fermai quant à moi la marche de notre convoi, un rien inquiet. Les éboulis soupirant soulevaient parfois des roulis de cailloux sous les sabots des ânes. Lors d'une précédente traversée, la terre avait tremblé, son écorce craquée et tout un pan du sentier s'était effondré en un battement de cil. Juste derrière moi, un attelage avait été englouti dans l'avalanche. Je vis impuissant les dents de la terre se refermer sur les flans de la bête, épandre les coupes d'étain et de cuivre qu'elle transportait et la main éperdue de son cocher disparaître dans la coulée très loin dans la pente.

Nous avions continués notre route, blancs comme la mort, après avoir passé la journée à essayer de franchir le minuscule ruban de pierre restant du chemin effondré. Une partie du convoi se trouvait toujours en arrière et il n'était pas question de faire demi tour. Trop nombreux étaient ceux qui se trouvaient déjà de l'autre côté. Il avait fallu risquer des allers-retours répétés à pieds avec les sacs de marchandises pour alléger les attelages qui avançaient d'un pas de plume l'un après l'autre. Chaque passage donnait lieu à une prière silencieuse qui ne disait pas son nom pour l'âme de l'infortuné suspendu au dessus du ravin.

Aujourd'hui, nous avions de la chance. Exempts de tout incident, nous avions atteint la zone d'échange en moins de trois jours. Il se trouvait au fond de cette charmante vallée un pilier de marbre blanc auquel nos pères avaient arrimé un anneau d'airain aussi large que deux hommes. Quelque ingénieur avait conçu un mécanisme prodigieux qui permettait de faire monter une nacelle chargée de marchandises vers le sommet, où se trouvaient les commerçants Athna. Il suffisait d'actionner un jeu de poulies en s'y mettant à trois ou quatre pour mouvoir le cable et voir la cabine s'élever dans les airs.

Etant en avance, nous nous payâmes le luxe de nous rassembler autour d'une petite source pour nous rafraîchir et soigner nos chevaux. Je plongeai un mouchoir dans l'eau glacée pour le poser sur mon crâne en dessous de mon chapeau. Il restait du pain sur la planche, à commencer par charger notre cargaison de sel Calusas, de remèdes Naori et de grain bien de chez nous. S'y ajoutaient des étoffes brodées de l'atelier de confection de ma famille... et de celui de Zénos, son rival. Le même qui m'a brisé le cœur il y a 15 ans.  Le tout se complétait de papier de première qualité, de bijoux de différents styles et de certaines de mes créations, des bottes et des gants principalement. En prévision de l'hiver. Quelques tonnelets de vin vinrent s'ajouter généreusement à ce qui avait été convenu en contrepartie des épées et des tourmalines Athna. Un geste pour nourrir ces relations fructueuses. A bien regarder l'Amat de coffres et de sacs, il faudrait trois aller-retours pour tout transporter. Que dire de l'époque où cette nacelle de transport n'avait pas encore été installée? Inimaginable!

A la manœuvre au poulies en compagnie des deux autres gardes, nous acheminâmes sans heurts la nacelle jusqu'au promontoire où les Athnas pourraient décharger en sécurité 200m plus haut. La chaleur devait jouer car les poulies résistaient plus que d'habitude à notre effort collectif. Une fumée blanche s'éleva une heure après au dessus des mélèzes pour signifier que la nacelle était vidée et à présent alourdie du matériel échangé. Nous répétâmes la manoeuvre. Mais lors du troisième passage, le mécanisme se grippa. Les autres gardes essayaient de forcer, mais nous nous rendions bien compte que ça ne rimait à rien. Le câble semblait coincé dans l'ornière de l'un des piliers soutenant son ascension.

L'un des marchands fit brûler une poudre rouge pour notifier l'incident aux Athnas, tandis que je demandais à l'un des cochers de me remplacer aux poulies pour maintenir la nacelle. Les marchandises avaient trop de valeur pour notre tribu pour être perdues si bêtement!

Je dis aux autres que j'avais l'intention d'escalader le flan de la montagne pour rallier le pilier proximal de la nacelle. Je l'escaladerai et j'essayerai de me hisser sur la plateforme pour m'accrocher au câble et tenter d'amadouer les rouages qui arrimaient la nacelle au câble. Manque de chance, personne n'avait songé à amener de cordes. Muni d'un fouet à la place, je partis au petit galop avec Mani... l'un des jeunes fils de Zénos.

-"Tu t'es entraîné à la chasse j'espère." lui dis-je sur un fond de moquerie.
-"Oui, oui, je me suis préparer sans relâche pour cette expédition. Je suis tellement excité!! ..."
"C'est bien. Essaye de ne pas mourir," souris-je.

Je ne fis aucun effort pour mesurer ma foulée et lui permettre de me suivre entre les crevasses béantes et les buissons hérissés de piquants. Je le distançai, sans un regard en arrière pour voir s'il s'en sortait ou non. Arrivé sous la plateforme, je grimpais sur les dents de bois de part et d'autre du pilier qui faisaient office d'échelle, avant de m'accrocher tête en bas au câble. Mon poids fit grincer quelque peu la nacelle au dessus de moi. Je serrai les dents et tentai de coulisser, entendant Mani s'égosiller pour me retrouver.

Alors que je tendais fébrilement les doigts pour monter à bord de la nacelle, je me rendis compte qu'un homme m'appelait depuis le pilier. Sans doute un éclaireur Athna venu voir si nous parvenions à nous débrouiller pour reprendre la livraison.

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05/10/2016 Ipiutiminelle 184 Hugh Jackman So' Guerrier & Chasseur > ₪ Combat au corps à corps et armes blanches. Doué aux armes de jets et à l'arc. ₪ Chasseur ₪ Eleveur et dresseur d'oiseaux de proie pour la chasse et la livraison des messages. ₪ 0
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Sujet: Re: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Dim 23 Juil - 2:18

La sécurité du convoi avant tout
#Belen Kaard


« La montagne est un décor intéressant dans la mesure où on ne contrôle plus entièrement sa vie »

[ Ruben Östlund ]

La chaleur de l'été rendait les herbes sèches et les hommes fainéants. Combien ne faisaient-ils plus rien lorsque la température ne faisait que s'élever un peu ? Oh bien sûr il était dur d'affronter le soleil lors des heures les plus chaudes de la journée mais de là à tout négliger, je n'étais pas d'accord. Les anciens avaient peut-être l'excuse de l'âge ce que les jeunes de la tribu ne pouvaient invoquer et je me faisais une joie de le leur rappeler. Aujourd'hui nous devions avoir une livraison de denrées, j'avais entendu des marchands de notre peuple en faire mention, des guetteurs avaient repéré un groupe s'engageant dans nos montagnes. Personnellement je préférais moi-même voyager que d'attendre mais j'étais revenu au village depuis un peu avant la fête du solstice et je n'étais pas encore reparti. Comme une pause éphémère dans ma vie de nomade. Il m'arrivait parfois de me poser quelques mois avant de repartir à nouveau sur les routes, renouer avec mon peuple malgré ma réputation d'être ermite. Je ne l'étais pas tant que les gens voulaient bien le croire, mais combien me connaissaient vraiment ?

Ce matin, je m'étais levé à l'aube, bien avant que les rayons ardents ne réchauffent trop la terre et j'étais parti en quête de gibier. Les animaux aussi évitaient les heures les plus chaudes et c'était là le moment idéal pour la chasse. Dans ma besace se trouvaient deux lapins, trois hermines et un renard et ils commençaient à me peser. La température qui montait n'arrangeait certainement pas les choses et je sentais ma nuque cuire alors que je parcourais les chemins escarpés maintes fois foulés par mes soins. Dans l'air un cri familier retenti et je souris. Je n'avais pas remis le cache sur la tête de mon faucon et il faisait des cercles au dessus de moi, suivant ma progression. Parfois j'enviais cette liberté que mes oiseaux avaient et je rêvais moi aussi de m'élever avec eux tel ce Icare que j'avais connu en conte. Mais ce n'était là que des rêves un peu fou d'un homme qui savait très bien qu'il ne pourrait jamais le faire. Il y avait bien longtemps que les hommes ne volaient plus... mais certains aujourd'hui tombaient pourtant du ciel.

Chemin faisant j'approchais du point habituel de nos échanges avec les autres peuples, ce mécanisme tellement pratique qui évitait que nous descendions tout en bas de la montagne pour faire commerce. Il n'y avait pas toujours là une surveillance de tous les instants mais lorsqu'une cargaison était annoncé, nombre de marchands de notre peuple venaient ici s'enquérir de ce qu'ils pourraient troquer. Ici pas de marché comme à la cité de Feu mais une manière de troquer sans nul autre pareille. Les Athnas savaient négocier.

Il semblait y avoir là une agitation peu ordinaire. Deux hommes de mon peuple d'habitude si froids et placides faisaient de grands gestes en se penchant de manière répétée au bord de l'éperon rocheux. Il y avait là quelque chose d'anormal... Je hâtais le pas. J'avais un mauvais pressentiment. Je n'étais pas proches de ces deux hommes mais jamais ils ne m'avaient paru si agités et si inquiets et pour peu que je le constate d'aussi loin, il devait se passer quelque chose de grave. Plutôt que de perdre du temps en vaines paroles, et de tenter de comprendre leurs gesticulations et jérémiades, je m'approchais du vide et, surplombant la vallée, je jetais un œil curieux en contrebas. Il m'amusait parfois de deviner ce que contenait les chargements qui remontaient au compte goutte, mais pas aujourd'hui car la scène qui s'offrit devant moi n'avait rien d'heureux ni d'amusant.

Un homme semblait tant bien que mal tenter d'agripper les bords de la nacelle en perdition qui se balançait dangereusement. De loin, elle me semblait fort chargée, peut-être trop... et je n'étais pas certain que le câble la retenant serait assez solide si d'aventure l'homme qui tentait de s'y hisser réussissait sa manœuvre. J'étais souvent le premier à me risquer dans des aventures où le danger et l’adrénaline étaient reines au mépris du danger mais là il me semblait que c'était presque suicidaire et le mauvais grincement de la poulie dans l'air sembla faire échos à mes pensées. Si ce n'était pas le filin qui cédait, ce serait la poulie et il en serait fini de cet homme tout aussi courageux qu'il pouvait être.

Je voulus le mettre en garde mais de là où je me trouvais j'avais bien peur que mes paroles ne se laissent pas porter convenablement. Je tentais cependant de lancer quelques paroles à son attention. Il avait déjà quitté la sécurité relative du pilier et suspendu dans le vide accroché au filin, il me semblait qu'il allait y laisser sa peau. Un nouveau grincement et la nacelle se balança de plus belle, penchant dangereusement d'un côté, puis de l'autre. Un tonneau sans doute mal arrimé se détacha et tomba dans le vide, manquant de peu de percuter le pikuni dont j'ignorais le nom. En bas retentit un cri puissant, le tonneau s'était écrasé aux pieds d'un jeune garçon. Au diable la marchandise, il fallait lui faire comprendre qu'il devait renoncer.

La nacelle se balançant mettait à rude épreuve la résistance de la poulie et je voyais presque le moment où un morceau du mécanisme fatigué céderait. Me retournant, je fis mentalement l'inventaire de ce que possédions. Repérant une corde qui me semblait solide, je m'en emparais. J'avais peur qu'elle ne soit pas assez longue que pour le rejoindre mais nous ne perdions rien à essayer... S'il pouvait au moins la passer autour de lui, nous pourrions peut-être le remonter... Pour peu bien sûr qu'il ne tente pas de sauver son chargement plutôt que sa peau. Je déposais mon sac chargé sur le sol et levant mon bras en une invitation, je rappelais ainsi mon faucon. Posé sur mon bras je lui enjoignit de prendre dans ses serres un bout de la corde et je lui désignais sa cible. Il serait plus aisé ainsi de faire parvenir l'embout léger de cette dernière à l'inconnu. Une pierre pour la lester n'aurait pas été fiable et aurait risqué de le blesser par inadvertance.

Mon faucon fondit vers sa cible mais je vis bien vite que jamais la corde n'aurait la longueur escomptée et je rappelais mon oiseau. Il manquait au bas mot deux bons mètres, approximativement la taille d'un homme en vérité... Je savais ce qu'il me restait à faire. Arrimant la corde à un arbre non loin du vide, je m'accrochais à elle et entreprit de descendre le long de la falaise en rappel... Il me faudrait ensuite me balancer pour le récupérer, et que lui, peut-être, en fasse de même... J'espérais simplement que j'arriverai à temps. Alors que je descendais dans le vide, j'entendis des exclamations de stupeur derrière moi et je faillis lever les yeux au ciel. Bon sang qu'avaient-ils espéré ? Qu'un miracle soudainement arrange tout ?


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Sujet: Re: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Dim 23 Juil - 22:07

J'y étais presque. Plus qu'un mètre.  Je percevais à présent distinctement les patins de roulement qui s'étaient grippés. C'était à n'y rien comprendre. J'avais moi-même fait monter le funiculaire des dizaines de fois sans rencontrer de problème particulier. Depuis plus de vingt ans, il fonctionnait à merveille. Il ne semblait pas que nous ayons chargé la nacelle plus que de raison. Pas plus que d'habitude en tout cas. Elle devait peser dans les 300 kilos, sans compter le poids de la nacelle elle-même, qui restait assez légère.

Aucune explication ne me paraissait plausible. A part un sabotage. Ou une absence totale de maintenance. Ce serait là chose absurde, n'est-ce pas? Croire qu'une mécanique aussi sophistiquée et intensément utilisée puisse endurer l'alternance continue du gel et du soleil dardant des fournaises estivales. Feu. Glace. Feu. Glace. Danse incessante des éléments sur le métal, le bois et le chanvre. Peut-être, les barrières de la nacelle avaient-elles été entretenues. Les poteaux aussi.
Ce n'étaient apparemment pas le cas du roulement dont le métal avait fini par se déformer et se fissurer sous la pression continuelle des marchandises, jusqu'à devenir tranchants.

Un craquement inquiétant se fit entendre. La tension immense qui étirait le câble n'était pas visible, si ce n'est par le balancement dolent de la nacelle, dont certains sacs de sels commençaient à glisser irrévocablement du même côté. Elle penchait de plus en plus.

Dans une fulgurance, je compris ce qui allait se passait. Loin au dessus de moi, j'entendis des cris, je vis cet homme défier la falaise pour tenter de me rejoindre. Le coup de main pour les réparations arrivait un peu tard...

Plus bas, la voix paniquée de Mani m'électrisa et me donna l'énergie de réagir avec vivacité en ce moment critique:

"Descend Belen! Descend! C'est trop tard, tout va s'effondrer! Dépêche-toi! Plus vite!!"

Jetant à la dérobée un coup d'œil vers le poteau, j'entamai à la va-vite une descente le long du filin. Toujours pendu, tête en bas. Quand, soudain, le patin de roulement émit un mugissement de ferraille. Il coulissa d'un mètre vers moi en un à-coup. S'il m'atteignait, ou bien il me cisaillerait les doigts, ou bien il me précipiterait dans le vide. Je n'eus pas le temps de considérer cette sombre idée. Car, l'instant suivant, une partie du roulement partie en miettes. La nacelle se retrouva en chute libre le temps d'un battement de paupière, et son arrêt brutal secoua vivement le filin auquel je me cramponnais avec fièvre.

Un tonnelet de vin défonça l'une des barrière de bois et manqua de fracasser le crâne de Mani, à une coudée près. Quant à moi, je fus éjecté dans le vide, pantin désarticulé. Hurlement d'horreur. Je ne me raccrochai que de  justesse au coin inférieur de la nacelle. Elle se balança de façon encore plus menaçante. L'ajout brutal de mon poids accentua le mouvement pendulaire et toute la marchandise s'empila contre sa paroi. Plusieurs sacs de bijoux et de sel s'éventrèrent et suivirent le chemin du tonnelet dans une pluie étincelante qui s'abattit sur Mani. Le jeune homme ne vit  venir une torque d'argent. Sont front cinglé, il tomba inconscient au milieu des débris.

Mais je n'avais pas le temps de songer à son infortune, car de plus en plus de débris de bois se détachaient de la nacelle. Je tentai de les éviter de mon pauvre petit mieux. Autant dire que ma position me limitait à rentrer la tête dans les épaules et à faire le dos rond en me balançant de gauche à droite dans le vide. J'eus la terrible idée de regarder en bas. Le sol se mua à mes yeux en un abysse sans fond et je vécus pour la première fois dans ma chair la sensation de vertige. Quelque chose de lourd heurta mon épaule gauche au moment où je m'y attendait le moins. Manquant de lâcher-prise, j'eus le souffle coupé, des étoiles blanches se mirent à danser devant mes yeux ébahis.

La conviction de ma fin prochaine enfla. Les risques du métier n'épargnaient personne. J'aurais pu mourir d'une insolation, ou de la lame d'un reapers, ou des crocs d'un animal sauvage. Il fallait reconnaître au moins cela à la scène qu'un vol plané au dessus de la forêt ne manquerait pas de panache. Alors même que j'allais renoncer, mes doigts tétanisés menaçant de me trahir, la pensée de ma fille apprenant la mort de son deuxième parent me causa une peine insurmontable. C'est à ce moment que je décidai vraiment de tout tenter pour m'en sortir.

Tentant de contourner la face éventrée de la nacelle, je m'évertuai à la gravir. Je n'avais plus aucune conscience de ce qui se passait autour de moi. Le temps se dilatait. Toute mon attention focalisée sur mes appuis, je me propulsai comme un lézard sur une façade de granite. Mon poids rééquilibra quelque peu la nacelle, avant qu'elle ne s'affaisse de nouveau. Le patin de métal enserrant le filin à demi cisaillé s'ouvrait aux deux tiers face au ciel.

Heureusement, j'étais maintenant sur le toit.
Ventre à terre, je scrutai le poteau, inaccessible. Le vide ricanait de ma défaite inéluctable. Je sentais son poing gluant se resserrer autour de ma gorge enflammée. Incapable de réfléchir, ma main trouva d'instinct le fouet à ma ceinture. Avant même de m'en servir, je savais qu'il était trop court pour atteindre ma cible. Je n'aurais pas non plus le temps de glisser le long du filin, ce n'était plus qu'une question de secondes. Mon équilibre était tellement précaire. Toute manœuvre serait suicidaire. Attendre l'était tout autant.

C'est alors que je vis l'Athna perché au dessus de moi. Il n'était plus qu'à quelques mètres. L'énergie du désespoir me projeta dans l'action. En espérant qu'il aurait la même idée que moi...
Faisant claquer le fouet, je l'enroulais autour des jambes de mon sauveteur. Je n'eus pas le temps de vérifier la prise que le sol se déroba cruellement sous mes pieds.

Plus de nacelle, plus de filin, rien que le vide en cet instant qui semblait durer plusieurs infinités.

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Sujet: Re: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Sam 29 Juil - 21:43

La sécurité du convoi avant tout
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Le funiculaire n'avait jamais été à l'abandon mais il était vrai que nous ne le surveillons pas en permanence. Un sabotage aurait-il pu être commis pour que nous en arrivions là ? Si la question tournait autour du possible, oui, cela était possible, mais je me refusais à penser qu'un homme ou une femme de mon peuple aurait été capable de cela. Nous n'étions pas à nous renfermer à ce point, et même les plus réfractaires à notre ouverture au monde connaissaient l'importance de ce système pour permettre notre survie et agrémenter notre quotidien. Un extérieur ? Pourquoi et dans quel but aurait-il fait cela ? Non pour moi une telle idée n'avait aucun sens mais il n'était pas moment de comprendre comment tout cela avait pu se produire, il fallait maintenant juste... sauver, sauver ce qui pouvait encore l'être et si ce n'était pas la marchandise, au moins la vie de cet homme qui se balançait au grès de ses mouvements. Son acte aurait pu paraître courageux, moi il me semblait tout de même suicidaire. Pourquoi avait-il mis sa vie en jeu pour quelques produits ? Enfin... j'avais beau dire, combien de fois ne m'étais-je moi-même pas mis en danger seulement pour ressentir un peu d'ivresse ? Oh pas que j'étais l'homme le moins prudent de mon peuple, non, mais j'aimais à ce que l'adrénaline court dans mes veines. En cet instant... c'était le cas mais je tendais à rester calme car n'importe quelle erreur pourrait coûter la vie à cet homme.

Belen, cet homme s’appelait Belen du moins si j'en croyais la voix jeune qui criait en contrebas. La consigne était bonne mais elle arrivait tard. J’espérais qu'elle n'arrivait pas trop tard. Je le vis tenter de descendre alors que je me rapprochais de lui aussi vite que je le pouvais. Soudainement je le vis descendre d'un mètre en un instant... quelque chose venait de lâcher. Heureusement il tient bon. Cet homme devait avoir une certaine force dans les mains et sans doute une dose importante de sang froid à moins que seule l'énergie du désespoir ne l'animait. La nacelle avait failli s'écraser au sol, elle s'était stabilisée et lui avec elle, du moins pour le moment. Son visage était tendu, il semblait marqué par l'inquiétude et aussi concentré que je pouvais l'être dans ma descente, je ne pouvais le manquer. J'aurai aimé le rassurer, lui dire que tout allait bien se passer mais à quoi bon ? Il devait savoir aussi bien que moi qu'il était en mauvaise posture. Je n'avais pas envie de lui mentir.

Un second tonneau ne put supporter tant de mouvements et il quitta le chargement, s'écrasant une nouvelle fois aux pieds du jeune pikuni, le manquant de peur, je ne savais si je devais dire que c'était de la chance ou de la malchance car il avait tout de même échappé de peu deux fois à la mort. Pourquoi ne bougeait-il pas de sa position était pour moi un mystère. Si le chargement se détachait complètement il était foutu.

« Bon sang mais reculez ! »

Je criais... mais ils ne semblaient pas m'entendre ou plutôt pas vouloir m'écouter. Se pensaient-ils plus intelligents que moi, cet homme qui descendait en rappel pour aider leur compatriotes, ou pensaient-ils aider de là où ils se trouvaient ? Un regard n'allait pas le porter pourtant et ils n'avaient ni toile en main, ni couverture pour tenter de le réceptionner. Ils étaient juste en danger, point. Comment ne pouvaient-ils pas le comprendre ? Pour le plus jeune d'entre eux, cela pouvait se comprendre, mais pour les plus âgés ? J'avais toujours pensé que les marchands avaient un esprit pratique, j'avais oublié en cet instant combien ils pouvaient être butés.

« Dégagez ! Si ça tombe... »

Je ne finis pas ma phrase. Une torque en argent n'attendit pas qu'ils réagissent pour tomber étalant le jeune homme dans la poussière. De là où je me trouvais, je ne pouvais dire s'il était ou non en vie mais une mare de sang se mit à colorer le sol. Enfin un homme en bas sembla prendre les choses en main et tirer vivement le plus jeune à sa suite. Une manière comme une autre même s'il aurait sans doute pu le porter. Les autres... je n'y prêtai plus attention. J 'étais arrivé juste au dessus du dénommé Belen désormais.

Je le voyais se balancer désespérément au bout de son filin pour éviter de plus en plus les marchandises qui tombaient, se faisant, la nacelle bien évidement tanguait encore plus... le mettant de plus en plus en danger. J'aurai voulu lui dire de ne pas se balancer, d'arrêter, mais je pouvais comprendre qu'il le fasse. Rester stoïque et mordre sur sa chique pouvait aussi le rendre incapable de s'en sortir. Je pensais qu'il n'y avait pas une solution meilleure que l'autre.

Il ne put éviter un sac de lins. Au bas mot, le sac devait peser vingt-cinq kilos mais avec la vitesse due à la chute... Il devait avoir eu l'impression d'en recevoir cent ou deux cents sur le bras. Je crus qu'il allait lâcher-prise, mais il tient bon par je-ne-sais quel miracle et je ressentis une vague de respect à son égard. Cet homme qui luttait pour sa vie était impressionnant. Était-ce juste de l'instinct de survie ou se battait-il à ce point pour quelqu'un ? Cette question traversa mon esprit en un éclair.

Je le vis tenter de remonter. Oui... c'était une bonne idée. J'étais plus proche et plus accessible que le sol. Je lui souris alors qu'il faisait tout pour se rapprocher de moi. Je ne parlai pas, je ne voulais pas troubler sa lente et pénible ascension. Le temps semblait s'allonger, chaque seconde semblait être des heures mais je savais que le temps pressait. Positionné sur le sommet de la nacelle, il semblait narguer le danger de toute sa prestance. Malgré les circonstances je ne pus en cet instant manquer de le trouver beau.

Le reste se passa très vite, je le vis attraper son fouet à sa ceinture et je sentis la frappe de celui-ci sur le bas de mes jambes. Je fermais une seconde les yeux sous cette morsure violente et c'est alors que je le sentis glisser vivement vers mes pieds. La nacelle filait vers le sol et s'éclata avec une rare violence au sol. J'entendis le son, mais je n'en vis rien tant j'étais occupé. Moi aussi j'avais réagi par instinct, concentré dans un seul but : sauver cet homme. Vivement j'avais attrapé de mes mains ce fouet qui me blessait les jambes à travers mon pantalon, je l'avais saisi de mes mains nues. Je n'avais pas eu le temps ni la présence d'esprit d'enfiler des gants pour descendre et je sentais la brûlure du fouet à l'intérieur de mes doigts alors que je luttais pour le retenir d'une main tandis que mon autre main me cramponnait à mon propre filin.

« Essaye de remonter sur moi et d'attraper mes jambes pour que je puisse lâcher ton fouet, ensuite on pourra aviser. Je ne pense pas qu'ils pourront nous remonter de là-haut mais nous... on peut tenter d'escalader  »

Je ne dis pas les mots ' si tu en as la force '. Car je savais qu'il avait parfaitement conscience de ces mots que je ne prononçais pas mais il était comme dangereux pour moi de les convoquer, comme si le simple fait de les dire pouvaient déclencher sa chute ou la mienne. Pour l'heure, m'escalader et attraper lui même mon filin me semblait être la meilleure option. Il pourrait prendre appui sur ma tête et prendre un peu d'avancement. Nous tirer vers le haut aurait risqué de couper la corde sur les aspérités avec le frottement, ce n'était pas de la mauvaise volonté de la part de ceux d'en haut si personne n'avait encore tenté de nous remonter, mais de la prudence.


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Sujet: Re: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Dim 30 Juil - 9:16

Ma volonté s'était ramassée sur elle-même de sorte que tout mon esprit se focalisait sur un point de la taille d'une tête d'épingle. Ma main droite qui retenait le fouet. Quand le filin céda et que la nacelle se disloqua, ce fut le grand plongeon. J'eus l'impression palpable d'être happé par le vide, comme si un hydre à la face immonde avait jailli de sa prison infernale pour m'avaler dans sa gorge puante. Je balançai dans le néant comme accroché au bout d'une liane, mes efforts paraissant sans doute au dieu de la destinée perché tout en haut de la voute céleste comme les efforts acharnés d'une araignée ridicule tentant de remonter sa toile décomposée.

Un bourdonnement sanguin battait mes tempes. Je n'entendais plus. Je ne voyais plus. Tout mon chi se concentrait et se densifiait dans mon poing. Une partie de moi savait l'attroupement de marchand qui avait fini par rejoindre Mani en l'entendant hurler dans la montagne, qu'il était blessé, et peut-être mort, que la nacelle s'était écrasée en soulevant des monceaux de poussière, dont les colonnes remontaient en tournoyant jusqu'à mes pieds. Tout cela ne m'affectait plus. Mon coeur s'était partitionné entre les information impérieusement vitale à ma survie immédiate et le reste. Un filet de sueur collait des mèches de mes cheveux sur mon front et dégoulinait dans mon dos pour trempait mon pourpoint. A chacun de mes efforts faisant rouler les muscles de mon dos, je sentais le frottement poisseux du tissus. Le fracas accompagnant la chute de la nacelle passée, les cris des marchands finir par s'éteindre dans un silence mortifiant, à contempler l'issus de ma bataille contre la gravité. Seul le grincement ronronnant de la poignée de cuir accompagnait mes pensées.

J'entendais les explications du Athna, dont je ne percevais pas vraiment autre chose que les bottes au dessus de moi. Le fouet semblait solidement arrimé à son corps. Pour l'instant. Mais la situation n'en était pas moins dramatique. J'avais troqué un fil pour un autre, accroché à un autre fil à flanc de falaise. Rien ne disait que j'étais tiré d'affaires. Et nous étions à présents deux dans cette infortune. Mais subsistait l'espoir, brillant, lumineux, du belvédère, là-haut, trente mètre au dessus.

Haletant, la tension de mes muscles me nouait la gorge, que je sentais subitement asséché et rocailleuse comme la montagne. Je tentai pourtant de hocher de la tête avec résolution de la tête à l'attention du grimpeur pour qu'il sache que j'avais compris ses instruction et que je me battrai jusqu'au bout. Qu'il ne me lâche pas.

Mon bras gauche vint agripper le manche de cuir pour consolider la prise de ma main droite. Maintenant, il fallait grimper. Dans une expiration hachée, je tractai mon buste d'un pied, enroulant le fouet autour de ma main droite. Je ressentis alors avec horreur une vive douleur dans mon épaule gauche. L'adrénaline me portait, mais je me souvins de l'objet non identifié qui m'avait heurté une minute plus tôt. Ma mobilité était intacte, les os ne devaient pas être rompus. Mais tout le bras gauche irradiait jusqu'à l'omoplate comme une ecchymose géante.

Je serrai les dents, plissant les yeux avec détermination. Ma vie ne tenait qu'à la force de mes bras. Tant que je ne serai pas assez haut sur le fouet pour y faire un nœud entre mes chevilles et me soulager tant soit peu, l'intégralité de ma masse reposerait sur mes bras endoloris. Je poussai un râle guttural en tirant des deux mains pour monter à nouveau, encore et encore. Je me rendis vite compte que j'avais passé plus de temps que je ne croyais cramponné à la nacelle, résistant à ses à-coup et mes bras commençaient déjà à montrer des signes de faiblesse. L'ascension du poteau et du filin, quoiqu'exécutée calmement et à mon rythme, pesait elle aussi sur mon endurance. Un tremblement diffus pris naissance dans mes mains pour se diffuser jusque dans mes mâchoires.

Un soulagement immense s'empara de moi quand mes pieds s'enroulèrent enfin autour du fouet. Victoire d'une seconde. Je repris haleine. Un regard jeté au dessus de moi, je vis les jambes de l'Athna, presque à portée de bras. Coulissant à présent plus facilement, la traction me parut moins éprouvante, j'étais à peu près sûr d'y arriver malgré la douleur lancinante de mon épaule.

Ma main se referma sur la cheville de l'Athna. Je poussais un cri en donnant une impulsion sur mes jambes afin de bondir pour accrocher sa ceinture de mon autre main. Essoufflé au dernier degré, je me contraint à enrouler mes jambes autour des siennes avant de marquer la pause, des fois que sa ceinture aie l'idée douteuse de lâcher au dernier moment, comme le filin.

-"J'y suis." murmurai-je pour moi-même, comme pour tenter d'y croire et de m'en convaincre après ma remontée d'entre les presque-morts.
Pourtant, j'étais loin d'être serein. Mon âme ne serait en paix que lorsque j'aurais moi-même une accroche solide sur la corde, voire que nous serions en haut de la paroi, ce qui me paraissait inconcevable pour le moment.

Remontant quelque peu dans son dos, je m'accrochais à la corde nouée autour de ses épaule, mon autre bras s'enroulant autour de son torse pour me plaquer complètement à lui, alors que mes jambes se verrouillaient comme un cadenas inexorable d'acier autour de ses hanches, plaquant mon bassin au sien.
-"Merci d'être venu." dis-je, le cœur battant la chamade et encore partiellement inconscient de tout l'improbable succès de la manœuvre que nous venions de réaliser.
"Qu'est-ce qu'on fait maintenant?"

La force brute déployée pour survivre à l'accident de la nacelle et remonter ces quelques mètres était immense. Le vent sifflant rejetait les longs cheveux de l'Athnas contre mon visage, me faisant prendre conscience de la poussière que nous étions, offerte aux éléments. Même si la remontée paraissait plus tranquille, la verticalité à parcourir était telle que je n'étais plus sûr d'être capable d'arriver au bout. Il fallait y croire. Y croire de tout mon être.

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28/05/2014 Partout et nulle part 1682 Nobody 95
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Sujet: Re: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Sam 5 Aoû - 16:59

Intervention de Game Master
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Deux billes ambrées fixaient la scène se déroulant en contrebas. Un intérêt certain pour les corps se balançant, pour cette vie ne tenant qu’à un fil. Le chasseur observait, prêt à passer à l’attaque. Voilà plusieurs jours qu’il attendait de trouver de quoi se nourrir dans ces régions toujours hostiles à la vie. Le prédateur avait juste besoin du bon moment pour lancer la chasse…

Le mécanisme du téléphérique se bloqua, soudainement. L’heure approchait. Belen entreprit une ascension risquée, sans savoir qu’il était observé par un animal, à des centaines de mètres de là. Il devait se sentir en sécurité après tout, à côtoyer le ciel. Mais il apprendra rapidement que cela ne se fait pas impunément…

Le rapace ouvrit ses ailes, décolla de son promontoire et entreprit de faire de grands cercles au-dessus de Belen, à présent rejoint par Antanas. Deux pour le prix d’un… Dangereusement, le faucon géant se rapprocha de ses proies, prêt à profiter du moindre moment de faiblesse pour leur fondre dessus. Saisissant l'instant, les serres cruelles se refermèrent sur l'épaule de l'un, entaillant sans peine le vêtement pour entailler la chair dessous tandis que le bec aiguisé se dirigeait dangereusement vers l'autre.


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05/10/2016 Ipiutiminelle 184 Hugh Jackman So' Guerrier & Chasseur > ₪ Combat au corps à corps et armes blanches. Doué aux armes de jets et à l'arc. ₪ Chasseur ₪ Eleveur et dresseur d'oiseaux de proie pour la chasse et la livraison des messages. ₪ 0
Live as if you were to die tomorrow. Learn as if you were to live forever


Sujet: Re: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Lun 4 Sep - 13:40

La sécurité du convoi avant tout
#Belen Kaard


« La montagne est un décor intéressant dans la mesure où on ne contrôle plus entièrement sa vie »

[ Ruben Östlund ]

Un aquièsement, il semblait m'avoir compris et avoir encore la tête froide. Mentalement je notais cela dans un coin de mon esprit. Nous étions tous deux en train de jouer nos vies sur la solidité d'une corde de fortune et ce n'était pas pour ma plus grande joie. Je doutais qu'un membre de ma tribu puisse nous aider dans l'état actuel de notre situation et il ne fallait même pas penser à la sienne. Ils ne semblaient pas avoir l'idée de mettre une toile tendue entre eux pour nous retenir et même... vu l'éventuelle rapidité de notre chute, il y avait de grandes chances qu'elle se déchire et nous laisse nous fracasser au sol... ou que nous la loupions, tout simplement. Ce n'était pas la solution.

Nous étions deux, juste nous deux. Les autres n'étaient que spectateurs inutiles et impuissants. J'aurai voulu croiser son regard, le rassurer mais nos positions ne nous le permettait pas vraiment. Tout au plus je l’apercevais un peu alors que nous nous balancions. Il tentait de monter vers moi, lentement, centimètre par centimètre je le voyais lutter contre la gravité, essayant de ne serait-ce qu'un peu plus tenir. Je sentais mes bras me cuire sous la pression de nos deux poids mais je tenais bon moi aussi. La sueur commençait à perler fortement sur mes tempes, l'effort était grand mais sans doute l'était-il encore plus pour lui. Moi je devais me contenter de résister, lui devait forcer encore et encore.

« Tiens bon, tu y es presque »

Encouragement léger, l'espoir qu'il tienne bon et que nous soyons tous les deux tirés d'affaire. Juste une phrase à laquelle se raccrocher, comme une poussée de force. Je sentis sa main s'emparer de ma cheville et un sourire serré naquit sur mon visage, enfin je sentis son corps contre le mien. Le plus dur pour lui était passé... ou du moins une grande étape. Il valait mieux ne pas regarder encore la distance qu'il nous restait à parcourir.

« Je n'aurai pas pu faire autrement »

Lui dire qu'il avait été fou de se lancer dans une telle aventure ? A quoi bon ? Ce qui était fait était fait et sans doute aurais-je pu être dans la même situation que lui si j'avais accompagné cette caravane et si cela avait été mes biens qui avaient été en jeu. Les reproches ne nous aideraient pas, pas plus que les regrets.

J'allais répondre à sa question quand soudain un immense oiseau entra dans mon espace de vision. Ses ailes faisaient bien deux fois notre taille... Enfin j'en avais l'impression tant il me semblait immense. C'était un faucon, j'aurai reconnu ces créatures entre mille... Mais un faucon géant, un de ceux que les erreurs des hommes n'avaient pas épargné.

« Oh merde... »

Il ne manquait plus que ça. Il était illusoire de penser qu'il abandonnerait, qu'il nous laisserait. Je vis à son regard sa faim et son envie de nous. Si je fus épargné par ses serres, mon compagnon n'eut pas cette chance et son épaule déjà meurtrie se fit prendre et lacérer. Une patte accrochée à mon compagnon, il tentait de me trancher la gorge de son bac et d'un bras je tentais de le repousser tandis que mon autre nous retenait tous deux. De plus en plus je sentais mes muscles tirer. Heureusement autour de ma taille subsistait encore une sécurité si je finissais par lâcher. De la paroi je parvins à détacher une roche que je fracassait dans l’œil de la bête. Serait-ce suffisant pour la faire lâcher prise ?


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Admin - Tears of the phoenix
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12/10/2014 Brimbelle 46413 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 322
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: La sécurité du convoi avant tout [Antanas]
Sam 9 Sep - 21:37

RP archivé suite au départ de Belen
 

La sécurité du convoi avant tout [Antanas]

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